Lutter contre l’extrême-droite au quotidien
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue à cette troisième et dernière conférence du village “Le Vent dans les Voiles”. Un gros gros merci d'être aussi nombreux et nombreuses. J’espère que vous êtes vraiment sous la tente parce que vous voulez voir cette conférence et pas parce qu’il pleut dehors. En tout cas on est ravis de cette journée, on est ravi aussi de tout ce qui se passe que vous pouvez voir à l'écran du coup il y a des gens qui demandaient, qui ne savaient pas mais c’est vraiment du live donc ce que vous voyez est en direct depuis la Baie de Fouesnant et on peut applaudir C'était pas une mince affaire de faire en sorte que ça existe et il n’y a pas que ça qui existe puisque ça a aussi retransmis en live, notamment sur différents réseaux sociaux, différents relais web. Donc je propose qu’on prenne vraiment un petit moment pour faire un tonnerre d’applaudissements à toutes les équipes techniques qui font en sorte qu’il y ait du live là-bas, qu' il y ait des lives ici, qu' il y ait des lives en mer. Merci, merci, merci.On va en parler durant cette table ronde, mais il y a un enjeu qu’on partage pour beaucoup ici, c’est comment est-ce qu' on fait pour être encore plus nombreux et nombreuses, comment on fait aussi pour toucher nos proches qui ne sont pas forcément politisés sur ces questions-là, comment on faire pour parler de la lutte contre l’extrême-droite à des gens que, a priori, ça n’intéresse pas, mais pourtant qui sont directement concernés. Enfin, ce sont des sujets qui nous importent beaucoup. Et de pouvoir, à minima, avoir un live qui soit diffusé sur les réseaux sociaux, c' est une première marche dans le fait de produire du contenu qui aille à destination des gens qui ne vont pas prendre le voilier pour aller en mer pour diverses raisons, qui ne vont pas venir jusqu'à Guiscriff sur le magnifique village de Levez-Voiles pour diverses raisons, mais qui peut-être pourront au moins trouver ce contenu-là en ligne pour pouvoir voir ce que nous on essaye de faire ici. C’est-à-dire déjà lutter contre l’extrême droite et l’Empire Bolloré parce que c’est pour ça qu’on est là, mais aussi pour incarner les valeurs de solidarité, les valeurs internationalistes, les valeurs d’ouverture qu’en essayant d’incarner ici au maximum. Et donc ça me permet de rappeler que déjà demain, il y aura aussi tout un moment internationaliste, dimanche matin, qu’il ne faut pas oublier, qui fait aussi partie de la conférence. Je remercie les personnes déplacées pour ça et qui seront là demain. Donc merci beaucoup. Applaudissements, applaudissements, applaudissements. Donc moi je m’appelle Maxime, je suis membre du collectif “Levons Les Voiles” et je suis ravi de vous accueillir pour cette grande troisième table ronde parce qu’il y a beaucoup de monde, parce qu on avait aussi envie de montrer qu' il y a une diversité d’action, de moyens d’actions et que chacun et chacune d’entre vous peut trouver sa manière de faire face à l’extrême droite.Et donc il y à une diversité d’acteurs et d’actrices ici qui ont un engagement dans la lutte contre l’Extrême-Droite au quotidien et qui vous nous en parlez. Et avant d’aller sur ces terrains des actions concrètes, on va juste assurer, ensemble qu’on parle bien de la même chose et qu' on sait de quoi on parle quand on parle de l’extrême-droite et on avait envie de faire un petit sondage avant juste pour savoir est-ce que, juste pour les gens qui peuvent lever la main, qui est originaire de Bretagne et qui habite en Bretagne en ce moment ? Est-ce qu’il y a des gens qui ne viennent pas de Bretagne et qui sont là aussi ? Voilà, merci de vous être déplacés, merci à vous ! Je ne voudrais pas faire du chauvinisme, mais on va parler de l’extrême-droite en Bretagne. On a quand même choisi cet angle-là en se disant que c'était important de pouvoir aussi parler de la spécificité de ce que c’est qu’on matrice l’Extrême droite en Bretagne. Et se dire que parler de l’Extrême-Droite dans un territoire, notamment aussi on va aussi parler du territoire rural à certains moments, ça peut faire écho à plein de vécu dans d’autres territoires aussi. Donc j’espère que vous allez y trouver votre compte, même si vous n'êtes pas habitant ou habitant en Bretagne. On va démarrer, j’ai quand même envie de faire un dernier truc parce que ça n’a pas été fait jusqu'à présent je crois et quand on connaît tout le travail que ça représente je pense que c’est important aussi il y a peut-être pour beaucoup d’entre vous, vous avez mangé ce midi, vous allez manger ce soir et donc on peut faire un tonnerre d’applaudissements pour la cantine qui fait les repas toute la journée Et la boulangerie mobile qui fait du pain frais toutes les week-ends ! À chaque fois, j’hallucine de cette information, mais on a du pain frais sur le camp, voilà. Il paraît qu’on avait mis des cookies, moi j’avais pas eu de cookies, mais il paraît qu’il y avait des cookies. J’ai loupé les cookies, si jamais il en reste, voilà, petit appel. Bon, parlons peu. Allons-y. De quoi on va parler ensemble ? Donc, on a différents intervenants que je vais présenter rapidement et puis ensuite, on va pouvoir rentrer dans le dur du sujet. Il y aura un gros moment pour parler avec les intervenants. Il y a aura un moment de question-réponse. Et je vous prépare tout de suite. Puisqu’on va parler aussi de mode d’action. Il y à une chose qu’on aimerait bien essayer d’incarner ce soir ensemble. On va tester. Peut-être que ça va être le bordel. Au pire, ce sera un joyeux bordel, mais c’est de passer dans un moment d’auto-organisation collective aussi en disant, on va essayer de sortir de cette passivité que peut vous mettre une conférence. On fait beaucoup de conférences, on fait beaucoup de contenus, mais l’idée c’est comment est-ce que chacun et chacune d’entre vous qui est là peut aussi trouver dès aujourd’hui un moyen d’action concret. Donc on va essayer d’un moment donné dans la conférence, vous allez voir, créer des groupes, où vous pourrez échanger en petits groupes. Vous pouvez parler directement avec les intervenants pour pouvoir potentiellement monter je ne sais quoi, une manifestation, une action, un rassemblement d’essayer de savoir comment est-ce qu’on pourrait lutter sur l’extrême droite dans votre ville s’il y a un truc très concret dans votre village qui fait écho à ce qui a été dit et c’est qu’on prenne peut-être une grosse demi-heure à la fin pour que vous puissiez repartir de là, au moins avec un prochain petit pas, une actions concrètes que vous puissiez mener et sortir un peu de la passivité que peut nous mettre de fait dans laquelle peut nous mettent les conférences. On va tester ça ensemble après et si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas grave, on en aura testé mais je vous fais confiance pour être des spectateurs actifs et actives Les intervenants-intervenantes, on va commencer avec toi Erwan Chartier qui est là, qui est journaliste et rédacteur du POHER qui a publié ce livre qui est notamment ce pour quoi nous t’avons invité ce soir, « Callac de Bretagne ou les obsessions de l’extrême droite françaises ». On va revenir avec toi sur ce qui s’est passé à Callac, sur les menaces de mort que tu as subies en tant que journaliste pour avoir couvert aussi ce qui est passé à Callac. Je ne vous en dis pas plus mais Erwan va nous en parler. On va avoir les intervenants suivants qui vont nous parler un petit peu de comment est-ce qu’il et elle luttent au quotidien contre l’extrême-droite avec la Ligue des droits de l’Homme, qu’on est ravis d’avoir et qui fait un gros travail avec Patrick et David qui vont nous en parler. On va voir aussi comment est ce qu’on lutte contre l’extrême-droites dans le secteur du travail en tant que travailleur-travailleuse, donc aussi dans les syndicats avec Damien du collectif Vigilance Inter-Syndicale Antifasciste.
Alors, c’est une association qui s’appelle Vigilance Initiatives Syndicales Anti-Fascistes.
Initiatives syndicales antifascistes, pardon, VISA. On va ensuite avoir Mélanie et Caro qui vont nous parler du travail qu’elles font très concrètement au planning familial du 56 à Kestemberg, notamment auprès des femmes victimes de violence. Et puis, on va avoir page 15 du collectif. On peut applaudir, on peut applaudir. Et page 15 du collectif L’Orient La Combative pour aussi tous les collectifs antifas qui se montent et qui luttent très concrètement aussi dans la rue contre le fait que les fachos reprennent aussi la rue et comment est-ce qu’on se mobilise pour ça, et aussi les questions de sensibilisation dont on parlera ensemble. Ça nous fait un super programme. Moi je suis ravi, je ne sais pas dans quel état d’esprit vous êtes. Est-ce que vous êtes chauds ou pas ? Ok, super, très bien. C’est parti, commençons par comprendre de quoi on parle, c’est quoi l’extrême droite en Bretagne aujourd’hui, à quoi on fait face, on peut rappeler peut-être quelques chiffres mais il y a un truc qui m’a marqué et qui m' a donné envie d’aller creuser ce sujet-là particulièrement, c’est que paradoxalement en Bretagne on est l’une des seules régions qui n’a pas vu l’arrivée de député RN aux législatives dernières.Donc c' est une première petite victoire qu’on peut célébrer. On est l' une des seules régions de France dans laquelle il n' y a pas de début et rassemblement national. Donc ça c'était un fait où je me suis dit, waouh c’est super, on est trop fort les bretons, on a un croyable et tout. Et puis en fait quand on creuse un peu dans le détail, on se rend compte que mine de rien l’extrême droite, comme partout en France, elle progresse aussi en Bretagne. Et donc on va en parler avec toi Erwan, tu vas commencer par nous raconter un petit peu ce qui s’est passé à Callac, puisque j’ai teasé un peu au début. Qu’est ce qui s’est passé à Callac et comment est-ce que vous avez découvert ça avec le Power, et qu’est-ce qu’y toi t’es arrivé, et puis on va tirer le fil de ça.
Je pense que c'était important d’en parler de Callac parce que ça a été une des premières victoires symboliques de l’extrême droite, voire de l’ultra-droite en Bretagne. Donc Callac, c’est un projet privé d’une fondation qui nous a envoyé un communiqué de presse, on était en 2022, qui voulait restaurer l’ancien collège privé qui était en ruine de Callac. Donc Callac, c’est un petit bourg de 2000 habitants pour faire venir une des familles de réfugiés qui auraient occupé ce local et qui seraient insérés dans le tissu local. Alors je dois vous avouer, je le dis dans le bouquin, quand j’ai reçu le communiqué de près, c'était très sympa, c’est très communiquant, un peu bobo. Je le dis avec beaucoup de tendresse. Mais je me suis dit, aïe, réfugiée. La présidente de la Fondation s’appelle Cohen. Je me suis dis, on va avoir l’extrême droite assez rapidement sur ce truc. Ils sont venus faire une conférence, une réunion publique à Callac, on est au printemps 2022. Ça s’est bien passé. Il y avait quatre-cinq militants identitaires qui étaient quand même là mais qui qui n’ont pas ouvert la parole. Et puis le projet qui était porté par les élus a suivi son cours. Nous on suivait l’actualité, on était en pleine élection. Donc c’est le moment où on voit arriver un nouveau parti d’extrême droite avec Zemmour reconquête. Et nous on suit les campagnes, on est en centre-Bretagne, on a un hebdo local généraliste tout ce qu’il y a de plus banal. Et pendant le printemps, on voit quand même des trucs arrivés. On voit un site d’extrême droite locale Breizh Info qui commence à parler de 105 ans de réfugiés qui vont arriver à Callac. Et bon, on ne le relaie pas, c’est assez… En Centre-Bretagne, moi, j’ai là ma particularité. Je n’ai pas de militant d’Extrême-Droite. Je n’ai pas d'élu d’Extrême -Droite. J’ai un vote RN qui augmente, comme dans toutes les zones rurales. Mais voilà, c’est tout. Ce n’est pas un sujet vraiment dans notre quotidien de journalistes. Donc nous on fait notre boulot, on fait état de la réunion publique, on fait aussi état d’un comité anti contre le projet qui se monte avec deux, trois habitants, qui étaient plutôt des gens de droite réac, mais pas… Voilà, et là on arrive à l'été, on passe les élections. Zemmour fait un bon score, enfin 7 % quand même à la présidentielle, mais il n’a aucun député. Donc pour motiver les troupes, on voit bien qu’ils vont aller chercher après, mais ça on la suit après. Tous les moyens possibles de faire du buzz et de tout ce qui était accueil de réfugiés ou démolition d'églises. C'était un peu l’ordre de thème. Fin juin, on découvre un peu la fachosphère, comment ça fonctionne, avec des sites qui commencent à s’emparer du sujet, dont deux sites, un qui s’appelle Résistance Républicaine et l’autre qui s’appelle Riposte Laïque. Je vous conseille pas, c’est un peu rude comme prose. Donc là on a des gens, c’est un couple en fait.Donc il y a Mme Tasin qui a la résistance républicaine et M. Cassin qui à riposte laïque. Et là, ils étaient très pros et mûrs, mais ils commencent à s’emparer du truc. Et là on voit Reconquête et ses quelques cadres dans les Côtes d’Armor qui commencent à se rapprocher du comité d’opposants et qui vont faire de l’entrisme dedans. Dont un monsieur Germain qui était candidat au législatif pour Reconquête. Et lui, je le dis parce que c’est important dans leur démarche, lui, il parle de 70 familles de réfugiés qui allaient arriver à Callac. Donc des réfugiés sud-africains et musulmans, donc avec 10 enfants, donc ça faisait 700 réfugiés qui allaient arriver d’un coup à Callac. Dans un bourg de 2000 habitants. Ça fait rigoler mais ils ont commencé à faire de la propagande là-dessus quoi. Et il y avait des anciens ma foi qui ont commencé à avoir peur aussi, enfin ils ont commencé à faire peur aux gens en fait. Juste avant l'été ils ont lancé aussi une pétition contre le projet. Alors il y avait plein de gens aux Etats-Unis qui ont signé une pétition contre des réfugiés à Calais parce que c'était leur préoccupation principale. Et pendant l'été, on n’a pas vu, mais ça commençait à peser sur leur réseau. Et début septembre, il y a un événement, c’est la première université d'été de reconquête. Moi j’y étais pas, mais quelques collègues journalistes m’en ont parlé en me disant qu’ils ne parlaient que de Callac. Notamment pour, et ils ont organisé une première manif un peu reconquête Riposte Laïque et résistance républicaine, donc on a eu le droit à une première manif début septembre. Donc là, alors manif qui a réuni 300 personnes, alors nous en tant que journalistes on est arrivés, alors on n'était vraiment pas habitués aux manifs d’extrême droite, ça fait un peu bizarre.Donc c'était un peu comme un dessin de Cabu, il y avait l’adjudant Kronenbourg, enfin des gens en uniforme militaire, enfin assez âgés. Des dames avec des chignons, beaucoup de gens qui venaient de Vendée, aussi. J’ai rien contre les Vendéens, par contre, il y avait une contre-manif, aussi.. Ah ouais, le préfet des Comores avait été superbe, il nous avait organisé. Il y a deux ronds-points pour arriver à Callac. Donc il y a avait un rond-point manifestation des frais de droite et un rond point contre manifestation. Donc il y avait un énorme bouchon sur la route entre Guingamp et Carhaix. Et bon, voilà. Donc 200 gendarmes mobiles dans Callac, 300 manifestants pour l’extrême droite, dont une vingtaine de personnes du coin, on les a comptés, parce que j’avais ma correspondante qui était dans le bureau du maire, qui s’est fait insulter pendant 3-4 heures, et donc les a à peu près comptés. Et puis 350, par contre pas beaucoup de monde dans la contre-manifestation, et je pense qu’il y a 10-15 ans il y aurait eu beaucoup plus de monde, 350-400 quoi. Bon, ça se passe et l’extrême droite continue, reconquête notamment. Ils viennent notamment sur le marché toutes les semaines, donc il y a des échanges vigoureux avec les élus.On commence à comprendre que les élus sont menacés aussi, mais ils ne communiquent pas trop. Et puis il y à une seconde manif qui est annoncée en novembre. Alors ce qu’on n’avait pas vu aussi c’est comment les médias… Alors d’abord c'était la fachosphère, et puis après il y a eu les médias, on va dire, très à droite, comme Valeurs Actuelles, CNews qui sont arrivés. Et alors, ils ont pris un truc assez efficace, c'était Callac, le petit village breton qui résiste aux réfugiés. Ce n'était pas des kalakis mais bon, ça fonctionnait très bien. On a vu aussi, même le Figaro, ne plus parler de réfugié mais de migrant. Or les réfugiés, c’est pas le même statut. Donc pour faire un amalgame, gloubi-boulga, et donc nous, journalistes locaux, il y a une deuxième manif qui est annoncée en novembre et là on fait un truc incroyable. On interviewe le maire, on va sur le marché. J’interviewe la directrice du projet du centre de réfugiés qui me dit ben non il n’y aura pas 700 migrants qui vont arriver d’un coup, c’est nous deux familles, on voit si ça marche et puis après des gens très normaux quoi et voilà et on rappelle quand même le cv de certaines personnes qui étaient dans le comité notamment la présidente, la nouvelle présidente du comité d’opposants qui avait été quand même viré du RN pour propos homophobes et condamné pour apologie du terrorisme après des tweets survenus après un meurtre de masse dans une mosquée en Nouvelle-Zélande. Bon, c'était quand même une info pour nos lecteurs.Pas anodin non plus. Et donc voilà, la manif se passe et puis peu après on reçoit… On reçoit une capture d'écran d’un article de Résistance Républicaine sur le père qui est traité d’infâme, torchon gauchiste, de misérable, enfin, on était misérables, et surtout on nous traitait de collabos. Donc je téléphone à mon avocat, je lui dis qu’il y a peut-être un peu de diffamation, et c'était un truc qu’on avait observé dans les manifs de Callac, ce renversement sémantique. Où il disait, c’est nous les résistants, c’est eux les collabos. Facile donc Collabo, moi je considère que c’est une injure, donc on porte plainte, on le fait aux civils pour que ça aille plus vite, parce que donc la plainte est arrivée le 30 janvier et le 31 janvier, sur la boîte mailde la rédaction, on avait un charretier, on va te jeter dans une fosse avec tes gros copains, enfin plein dangereux de style. Donc là, je reporte plainte pour menaces. En tout, j’en suis à dix plaintes maintenant. Ça va de l’alerte à la bombe à la rédaction, de menaces de mort au téléphone. Les enquêtes sont toujours en cours. C'était des gens qui avaient quand même un sacré savoir-faire parce qu’ils ont généré des faux numéros. Ça s’arrête en Russie. Pour les menaces par Internet, ça s' arrête aux États-Unis. Donc on continue quand même. Quand ils ont vu quand même qu’on restait ferme, il y a eu une manif qui a été organisée par le club de la presse de Rennes et je les remercierai toujours pour ça, qu’on tenait bon et qu’ils s’en foutait un peu. Donc ça s’est calmé jusqu'à mai dernier. J’ai eu la chance d'être invité par la LDH de Roscoff. Et là j’ai un monsieur qui m’a fait un salut nazi. Voilà, on est en pleine conférence. Bon, il a été condamné depuis. Surtout quand il a demandé, on en rigole mais c’est hallucinant le degré. En mai-juin quand on était mal après ce truc-là parce que c'était vraiment choquant sur le coup. Et au tribunal, il l’a continué. C'était un ancien candidat RN. Il l’avait quitté en 2015 parce qu’il trouvait ça trop mou. Et quand il à demandé au président du tribunal correctionnel de récupérer le Mein Kampf que lui avait offert son grand-père, Je me suis fait voir Bon, il a été condamné, nous on voulait qu’il ait de la prison avec sursis, ça a été fait, mais il a fait quand même appel. Donc voilà, c’est aussi pour dire que nous, la presse, on est aussi menacés. On avait fait juste notre boulot d’aller voir. On n’avait pas d’articles particulièrement agressifs au moment de Callac. Et surtout, Callac, les élus se sont fractionnés et finalement, le maire a renoncé au projet. Donc voilà il y a un grand bâtiment vide à Callac, ça a vraiment, comment dire, divisé le village profondément, même dans les familles. Par contre, Reconquête a fait moins d’un pour cent aux dernières législatives.
Merci pour ce témoignage, Erwan. J’aimerais qu’on puisse l’applaudir, on peut l’applaudimètre parce que c’est vrai que c’est quelque chose dont on va aussi parler beaucoup sur le village et aussi avec les intervenants, mais peut-être qu’il y a aussi beaucoup de gens qui sont dans ce village et qui sont là parce qu’ils ont une histoire intime et directe avec l’extrême droite, que ce soit une histoire familiale, de liens familiaux qui sont rompus, ou que ce soient des histoires un peu plus violentes parfois, comme cette enquête des menaces de mort qui peuvent être reçues, etc. Et donc là peut-être l’enjeu pour nous c’est aussi de regarder, on voulait partir de cet exemple de Cala qui était comme tu l’as dit au début, c'était une espèce de première victoire, un peu de l’extrême droite ici en Bretagne qui a fait interdire, qui a reculé un maire sur la mise en place d’un centre de réfugiés. Mais peut-être de finir avec toi du coup Erwan, sur un peu l'état des lieux de cette extrême droite, quelle conclusion on peut en tirer et peut- être si tu peux nous dresser un peu le portrait ? De cette extrême droite en Bretagne, donc tu as dit dans les urnes, on dit aujourd’hui qu’il y a peu ou pas d'élus extrême-droite, alors on sait qu’ils sont dans les conseils municipaux, peut-être que vous venez de villages ou de villes dans lesquelles il commence à y avoir des élus d’extrême-droit dans l’opposition notamment, il y a peut-être des mairies aussi qui passent à l’extrême droite. Mais peut-être que tu peux, au-delà des urnes, tirer un peu le portrait de cette extrême droite qui existe aujourd’hui en Bretagne, à la fois électoralement mais aussi sur les groupes qu’on connaît, qu' on a identifiés et qu’en apprenne plus pour savoir face à quoi on est exactement.
On est gâtés en Bretagne, on a deux extrêmes droites, la Bretonne et la Française qui sont censés se détester. Parce qu’il y a une extrême droite française qui est quand même en général de tradition très centraliste et très nationaliste française. Marine Le Pen est contre les langues régionales, elle veut même supprimer les régions. Et puis, je pense que ça ne doit pas être très loin. Et puis on a une extrême droite indépendantiste, alors là c’est quand même assez groupusculaire. On a le Parti National Breton. Une quinzaine de personnes ont repris le nom d’une formation des années 30, qui a été d’ailleurs le 10 août en 39, avec des gens qui ont collaboré pendant la guerre.Ce qu’on observe, nous, c’est quand même Reconquête, c'était quand même très spécifique. Vraiment, dans les manifestants, il y avait vraiment des gens qui venaient beaucoup de Vendée. Il y a eu aussi autre chose qui s’est passé à Saint-Brévin-les-Pins, en Loire-Atlantique. Et c'était vraiment les mêmes, Résistance Républicaine, Riposte Laïque, le rassemblement Vendéen. Donc là, ça va peut-être, je vais dire quelque chose de bizarre, mais c’est la droite de Reconquête. Depuis, ils ont été exclus de Reconquête.
Est-ce qu’il y a une gauche à la reconquête ? Non, je ne suis pas sûr
On est quand même très à droite là, j’ai vu. Donc les sites riposte laïques et tout ça, c’est ultra-apropoutine, toute l’extrême islamophobe. Parce que riposte laïque, ils ont un problème avec la religion. Et ce n’est pas les bouddhistes. Et donc voilà, on a ces gens-là qui sont derrière leurs écrans. C’est difficile de s’attaquer à ces sites Internet. Même s’ils croient que la liberté d’expression est absolue. Et non, elle n’est pas absolue, en France on a la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui est très bien faite, et qui borne justement la liberté d’expression. Donc on a ça, et on a le Rassemblement national qui fait des grands scores. Mais moi je suis désolé, même aux dernières élections, je couvre trois circonscriptions. Une dans le Morbihan, celle d’Enron, la candidate RN, elle ne voulait même pas communiquer. J’ai la 6ème du Finistère où le candidat EN est arrivé au second tour mais il habite pas là, il habite à Fouesnant, c'était un ancien militaire, il n'était jamais là quand même, il avait vraiment pas travaillé mais il a quand même été au second tour et j’avais la circo de Guingamp aussi où le RN est aussi arrivé au 2nd tour avec un vieux monsieur qui était, son nom m'échappe, je suis désolé. Qui était, il y a encore 4-5 ans, qui avait été élu sur une liste de gauche à Rostronin et qui, depuis les Gilets jaunes, est complètement passé à l’extrême droite et qui était au second tour et lui, c'était Libé qui avait fait des tweets alors là, carrément racistes, qualifiant la CAF de 3ème lieu saint de l’islam, enfin, un grand humaniste. Et donc voilà, on a des gens comme ça, qui sont plutôt marginaux, qui ne sont pas forcément sur les territoires, mais avec un vote RN qui monte, qui est alimenté par pas mal de choses, mais voilà, c’est ce que j’observe moi.
Merci beaucoup Erwan. On va décrypter au fur et à mesure aussi avec les autres intervenants ce à quoi correspondent aujourd’hui l’extrême-droite et l’ultra-droite réactionnaires, notamment ici en Bretagne, avec notamment des collectifs aussi qui sont dans les rues, qui organisent aussi des festivals néo-nazis aussi. Il y a le festival néo nazi qui a lieu parfois à Carnaval, dont vous avez peut-être entendu parler. On va parler du collectif de La Digue aussi, avec toi, page 15. Donc on va reparler un peu de tout ça. Pour continuer peut-être sur comment est-ce qu’on fait face à l’extrême droite ici ensemble, l’idée c'était de faire un peu un état des lieux en disant qu’aussi on est chacun et chacune plus ou moins déjà informés sur la montée de l’Extrême-Droite aujourd’hui en France et en Bretagne. Et que l’objectif de cette table ronde, c'était aussi de pouvoir se donner des clés et des outils, et donc les intervenants qui vont suivre et les intervenantes qui vont suivre vont aussi vous donner un peu leur perspective de leur lutte au quotidien face à l’extrême droite. Et du coup, on va donner la parole à David pour que tu nous parles. Tiens, moi si tu peux filer le micro, on va donner la parole à David sur de la Ligue des Droits de l’Homme, sur le travail que tu fais toi notamment auprès des étrangers, parce qu’on a parlé du coup d’un centre de réfugiés qui n’a pas vu le jour à Callac. Peut-être rappeler ce que vous faites avec la LDH et rappeler concrètement ce que toi tu fais du coup avec les étranger en tant que Ligue des Droits d’Hommes tout simplement.
Ok, puis peut-être aussi faire le parallèle
C’est l’expérience qu’il y a eu en…
C’est-à-dire qu’en 2016, 6 ans avant Callac, il y a eu le démantèlement des camps de Calais. L'État a démantelé les camps de Calais et a réparti un petit peu dans toute la France tout un certain nombre de centres d’accueil, ils appelaient ça les CAO. Et donc nous, en fin 2015, début 2016, on a appris qu’il y avait un centre d' accueil qui allait se monter chez moi à Fouesnant, également chez Bolloré. Et donc on a pris ça, je crois, autour du 13 au 14 janvier. Et tout de suite, il y a eu une manifestation du Rassemblement National.Non, d’abord, il a d' d’avoir eu les identitaires bretons. Il y a eut l’extrême droite bretonnes. Bon, ils étaient une petite dizaine. Et encore, je pense, en levant les bras. Le lendemain, il y a eu le RN. Ils étaient une trentaine. Et du coup, on a fait une contre-manif. Pas au nom de la LDH, c'était un rassemblement citoyen spontané, et on était 450, donc on était plus de dix fois plus qu’eux. Et le centre d’accueil s’est ouvert un hiver, ils se mèment rouvert une deuxième fois à l’hiver d’après, et ça s'était très bien passé. En l’occurrence, mon nom avait circulé dans la presse comme étant un pro-migrant, donc j’ai eu quelques coups de fil et quelques mails pas très sympathiques, mais absolument rien à voir. Avec ce qu’ont vécu le maire de Callac, le maire de Saint-Brévin, je crois qu’il y a eu une tentative d’incendie de son domicile, et sans parler de toi, ce que tu as vécue avec les menaces de mort, moi, c’est sans aucune, comme une mesure. Mais voilà, mais c'était il y a six ans avant. Donc, ça montre en six ans comment le rapport de force s’est inversé. Six ans avant, ils étaient 30, on était 450. 6 ans après les chiffres étaient à peu près équilibrés des deux côtés. Et le centre n’a pas eu lieu. L’initiative a été abandonnée. Je ne dis pas ça pour décourager. Je pense qu’il faut le bilan tirer. C’est au contraire qu’on soit mobilisés. On l’a vu, en six ans, ils se sont organisés. Ils sont de plus en plus nombreux. On doit être de plus en plus nombreux sur Callac. Et là, je ferme la page Je fais partie de ceux qui n’ont pas vu le truc venir. Je n’y suis pas allé. On est à certains nombres de bénévoles et d’assauts qui somme pourtant de toutes les manifs, mais on n’y est pas allé. Je pense qu’en tout cas, moi, ce qu’il y a eu quand même du monde, mais en tout cas ceux qui n' y sont pas allés comme moi, je pense qu' on a fait une erreur, clairement. On leur a laissé le terrain.Et ça, c’est dramatique parce qu’un centre comme ça ne peut pas s’ouvrir, alors que c'était, voilà, ça n’avait aucune commise de mesure. Avec le centre qu’y a eu à Fouesnant, y a eut deux fois cinquante personnes. Et là, juste quelques familles de réfugiés, c’est inadmissible que ça ait été annulé. Donc ça, c'était vraiment pour moi un constat d'échec, mais qu’on doit transformer en une mobilisation encore plus forte. Il faut qu’il soit plus mobilisé, il faut qu’on soit plus nombreux, il faut que l’on monte des réseaux pour que s’il y a de nouveau cette situation qui se présente, on soit de plus en plus nombreux.
Et bien justement sur la mobilisation, donc toi t’es membre de la LDH à Fouesnant mais t’est aussi membre de la LDH au niveau national dans le groupe de travail sur les étrangers et la lutte contre l’extrême droite. Ça va être intéressant justement de comprendre, j’ai l’impression qu’on parle aussi beaucoup de la réaction. C’est-à-dire on réagit à là quand l’Extrême-Droite va venir faire interdire à un centre de réfugiés par exemple, on va réagir à ça pour essayer de se mobiliser. Comment est-ce qu' on peut peut-être être notamment peut-être un lien dont tu peux nous parler, qui est peut-être pour les liens avec les élus locaux aussi. Comment est-ce qu’on peut être dans du plaidoyer, plutôt qu'être sur la défensive, d'être l’offensive en disant, en étant en force de proposition auprès de nos élus locaux, en disons à nos élu locaux, en fait, on va vous soutenir si vous vous portez volontaires pour créer des centres de réfugiés, créer des centres d’accueil. C’est aussi souvent la pression populaire qui permet à des élus locaux de se sentir motivé et porté par cet élan-là pour faire ce genre de projet, D’autant plus en sachant quand on voit les menaces de mort et les risques que peuvent prendre les élus locaux en montant ce genre de projet, c’est important qu’ils et elles se sentent soutenus, voire poussés à créer ça. C’est plus facile quand on est à gauche que à droite, j’en ai bien conscience. Voilà, désolé pour celles et ceux qui ne sont pas forcément dans lesquelles c'était encore possible. Mais peut-être que toi tu peux nous parler, tu es du plaidoyer qui est faisable auprès des élus justement pour aller… Soutenir les personnes qui sont les premières victimes de l’extrême droite, c’est-à-dire les personnes étrangères ou les personnes en situation d émigration.
Il y a plusieurs niveaux, c’est vrai que la LDH, mais pas qu’eux, il y a plein d’assauts, la CIMADE, sur Quimper, il y a le droit d’asile, il y à beaucoup d’associations qui mettent en place des permanences d’accueil pour conseiller les étrangers dans leur démarche, dans la défense de leurs droits, il y en a beaucoup, il a des avocats militants, il en a quelques-uns dans la salle. Toutes ces permanences, les associations qui montent des permanences manquent de monde, mais je suis parfaitement conscient que c’est difficile, on ne peut pas s’improviser du jour au lendemain de conseiller des personnes. Mais ça ne peut être vraiment que de l’accueil, de la redirection, de mise en lien. Donc ça, c' est important. Par rapport aux élus, en fait, ce qui est assez très très énervant, c’est de voir comment les différentes institutions se renvoient la balle.C’est-à-dire qu’alors, sans rentrer dans la technique, mais voilà, un mineur isolé étranger et de sa prise en charge et de la responsabilité du conseil départemental. Si c' est une femme avec un enfant de moins de trois ans, elle dépend aussi du conseillé départementale. Si c' est plus de trois, ça dépend de l'État. On a l’impression qu’il n’y a que le département et l’Etat qui est responsable, mais les mairies… Ne sont absolument pas irresponsables sur le sujet. Elles peuvent parfaitement faire le lien, appuyer les dossiers, elles peuvent aussi accueillir dans les CDAS, CCAS.
Je vais vous dire ce que c’est.
Alors, centre communal d’action sociale ou centre départemental d’action sociale, enfin, les mairies, en tout cas, peuvent avoir un rôle à jouer. Le meilleur exemple, c’est quand même que, au moment du conflit Russie-Ukraine, mine de rien, au mois de mars 2022, la France a accueilli en un mois 45 000 Ukrainiens. Ça a multiplié par 400 le nombre d'étrangers en demande de protection ce mois-là. On n’a pas été submergés. En l’occurrence, on a vu que l’Etat a fait appel au conseil départemental et aux communes pour trouver des bâtiments. Ils les ont trouvés. À Quimper, habituellement, le délai pour avoir un rendez-vous pour un étranger qui demande un titre de séjour, c’est trois mois minimum. Là, la préfecture a mis en place une après-midi dédiée par semaine pour les ukrainiens. C’est absolument pas un reproche à cet accueil.Au contraire, je peux le dire demain. Mais en tout cas, c’est la preuve que s’il y a une volonté politique, l’Etat, le département, les communes arrivent parfaitement à se coordonner et à gérer un accueil. Ce n’est pas une histoire de moyens. C’est uniquement une histoire d’une volonté politique. Et là, on peut au moins s’appuyer là-dessus en disant qu’ils nous ont prouvé, que s’ils le voulaient, ils pouvaient. Donc il y a les permanences. Et effectivement, faire le lien avec les élus, il y à les cours de français. En tout cas en ce qui concerne l’accueil des étrangers, il y a plein plein de choses possibles Il y a un tissu associatif en Bretagne qui est très, très fort dans toutes les villes. Mais le problème, c’est que je pense que là, dans la salle, il y a certainement beaucoup qui sont déjà actifs. Mais voilà, on peut se dire que ce qu’il faut retenir, c’est qu’il ne faut pas lâcher le terrain. Il faut se mobiliser. Même si c' est une heure par mois, il y a de quoi faire. Et surtout, effectivement, voilà, s’il y a deux nouvelles ouvertures de centre, que ce soit en Bretagne ou ailleurs, il ne doit pas y avoir un autre abandon de projet à cause d’une mobilisation trop faible de l’autre part.
Merci beaucoup David. On peut applaudir le travail de la LDH quand même au quotidien. Tout le travail qui est fait notamment sur le droit des étrangers et aussi ce fameux millefeuille dont tu parlais qui est que quand on veut se mobiliser notamment pour soutenir des personnes en situation de migration qui sont dans nos communes ou dans nos villes, parfois on ne sait pas à quel acteur public s’adresser, est-ce que ça relève du département, de l'État qui se renvoie là-bas, est- ce que la mairie peut faire quelque chose, la maire dit qu’elle peut rien faire mais en fait si elle peut faire quelques choses. Donc il y a aussi tous ces enjeux là à bien comprendre à qui s’adresser pour savoir. À qui demander de se mobiliser, à qui mettre la pression aussi parce que c’est aussi le rôle du citoyen de mettre la pression sur les élus pour qu’ils puissent se mobiliser à l’endroit où ils ou elles sont compétents. Donc c'était aussi des infos qu’on peut retrouver notamment sur le site de la LDH puisque il y a pas mal de détails sur le droit des étrangers sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme. On va passer à la mobilisation, vous avez un micro juste à côté de vous, à Caro et Mélanie sur le travail que vous faites de Planning Familial avec Estambert parce que au-delà des personnes en situation de migration, l’idée c'était de s’intéresser à comment est-ce qu’on soutient et comment on est mobilisé auprès des personnes qui sont les premières victimes aussi de l’extrême-raide sur notre territoire et donc les personnes en situation migratoire bien sûr avec des discours xénophobes et des actions violentes qui peuvent être faits comme on en a parlé là à l’instant sur les exemples à Calacou. Ou avec la Ligue des Droits de l’Homme, mais peut-être parler aussi du coup de la situation des femmes. Et notamment des femmes en ruralité, c'était un angle qu’on trouvait intéressant, notamment parce que, tu vas en parler Caro pour commencer, mais qu’est-ce que ça a fait aujourd’hui d'être une femme victime de violences en ruralités ? C’est quoi les différences dans le fait d’être victime d’une femme de violence ou victime en zone urbaine ? Et le lien aussi du coup qu’il y a avec la propagation de l’extrême droite, idéologiquement bien sûr, qu’est-ce-que ça génère aussi localement pour les personnes que vous recevez au planning familial 56 dont tu vas parler ?
Bonjour à tout le monde je vais peut-être présenter vite fait le planning même si tout le monde a l’air de connaître Donc on est une association d'éducation populaire très ancienne qui défend les droits à la santé sexuelle et reproductive qui lutte contre les violences conjugales, les violences sexistes et sexuelles, les violence intrafamiliales, les violences de genre, les violations contre les mineurs. On fait aussi du plaidoyer politique au niveau national. On est organisé en fait, on est une confédération. D’associations départementales et ensuite regroupées au niveau régional et ensuite regroupées au niveau national. Et donc, au niveau national, il y a des personnes de tous les départements, de chaque région qui se rassemblent régulièrement pour travailler sur les projets politiques du mouvement et sur du plaidoyer en fait à court terme lié à l’actualité et à long terme. Et donc, juste pour donner une idée, dans ce travail-là qui est au niveau national, on a ce qu’on appelle des feuilles de route. C’est un endroit où on va travailler sur des thématiques, par exemple l'élimination de toutes les formes de violence. On peut avoir de l’ambition. Récemment, du coup, il y a des feuilles de route qui se sont mises en place spécifiquement par rapport à la droitisation générale du paysage politique et la montée de l’extrême-droite. Donc c’est lutter contre les anti-choix, et donc il y a une brochure qui est sortie récemment, je peux la montrer, décrypter et combattre les discours anti- choix, vous pouvez la trouver sur le site du planning, vous pouvez l’accommoder, elle est vraiment très très élaborée, très riche. Et donc ça c’est sur le volet, justement, éducation populaire, c' est produire du contenu pour que les personnes puissent se former et combattre les discours anchois, les discours réactionnaires, les discours fascistes. Et on a une autre feuille de route qui est le féminisme et l' anti-fascisme. Donc feuille des routes, c’est des groupes de travail qui font de la recherche et qui cherchent à produire du contenu d’auto-formation.
Peut-être préciser quand tu dis la doctrine anti-choix, de quoi on parle exactement et en quoi l’idéologie de l’extrême-droite est aussi tu veux y aller Mélanie, mais sur la position de l’extrême-droit sur l’IVG, peut-être que tu vas pouvoir détailler ?
Oui, c’est ça, nous on les appelle les anti-choix, eux ils se nomment pro-vie. Les anti-choix, c’est tout ce qu’on parle depuis le début de la journée aujourd’hui, c'était des gens, des organisations plutôt racistes, d’extrême droite, mais de droite aussi. Et lgbtq, aprysophobes, misogynes et compagnie Voilà, et du coup ils s’organisent, on n’a pas le même projet de société, clairement. Eux, c’est un projet de sociétés de piliers de la famille blanche, hétérosexuels et baisés pour avoir des enfants, et sinon c'était l’abstinence, c’est vraiment ça leur projet. C’est pas comme ça qu’ils mettent ça dans les journaux, mais c’est ça leur projets de société derrière. Et nous, tout l’inverse, pas tout à fait, mais quand même. Bien l’inverse à plein d’endroits. Voilà, je suis un peu stressée de parler.
On peut apprécier le planning fabuleux, c’est pas évident
Et du coup, ce truc qui n’a pas le carreau au niveau du mouvement, donc nous on est à Kestemberg, en milieu rural, mais c’est vrai que ce truc au national, au régional, on fait quand même du contre-pouvoir en fait parce que les personnes du planning à Paris, elles vont taper aux portes des ministères, il y a des groupes de veille au niveau des réseaux sociaux, médiatiques et juridiques, parce que ces anchois-là font régulièrement des incursions pour essayer de faire des recours juridiques sur l’IVG, mais aussi sur les caissons de genre, sur la PMA, d’essayer de faire reconnaître, mais ça c’est directement à l’IVG, embryon le fœtus en tant qu'être juridique, tout ça pour attaquer ces droits-là. Et ils ont plein de moyens, enfin ils ont ont des thunes et du coup des compétences parce qu’ils peuvent les acheter et ils sont dans plein de quoi, enfin juridiques mais aussi ils sont dans les hostos, ils sont bien organisés quand même.
Ça répond tout à fait à la question, l’enjeu du coup c'était de comprendre un truc avec vous, c’est quoi la situation particulière, notamment des femmes victimes de violences, donc je n’ai pas défini les violences mais toutes les violentes dont on a parlé là, l’incapacité à faire des choix pour son propre corps, les violents sexistes et sexuels de manière générale, et donc c'était peut-être la particularité qu’il y a en zone rurale aussi, et en quoi l’idéologie d’extrême droite qui est propagée notamment par les médias de Vincent Bolloré, puisque c' est pour ça que nous sommes là aussi. Un flux en fait sur votre travail au quotidien, c’est un truc dont on a parlé ensemble mais dans les témoignages que vous recevez aussi.
En fait oui, le lien avec Bolloré et les autres milliardaires comme Stérin dont on a parlé ce matin et tout un tas d’autres c’est qu’effectivement ils financent ces groupes. Ils financent vraiment toutes ces actions, la com sur les réseaux comme disait Mélanie, ils ont les moyens de s’acheter, de payer des personnes très compétentes pour faire tout ce boulot. Et en fait ce qui se passe c' est que la montée de l’extrême droite aujourd’hui ça, tout le monde est au courant de ça mais en fait, ça désinhibe les gens qui étaient déjà un peu à droite ou légèrement fachos ou qui se posent des questions. Et notamment, ça fait augmenter, par exemple, les violences conjugales. C’est-à-dire que les mecs se sentent plus légitimes d'être dans une position de patriarche, d’imposer des violences intra-familiales à leur femme, à leurs enfants e t de reprendre cette espèce de posture de mal-dominant, en fait. Donc ça, c’est un impact directement.Après, la particularité dans notre travail en milieu rural, que moi je trouve très importante de nommer par rapport à la différence du travail en ville, c’est que les femmes en milieu rurale sont beaucoup plus dépendantes du fait d’avoir moins d’accès à la mobilité. C’est compliqué, c' est compliqué de mettre fin à des situations d’emprise, c' est compliqué de dénoncer des violences, c’est compliqué de partir sur un autre schéma que le schéma familial quand on est déjà dedans depuis longtemps. Parce qu’il n’y a pas de recours, il n’a pas d’endroit, il n’y a pas de refuge. Et voilà, beaucoup de femmes sont coincées dans des situations de violence qui sont terribles et n’ont pas d’alternative, de moyen de s’en sortir. Du coup, le planning, c’est un endroit où c' est une porte, où elles peuvent venir frapper. Donc nous, on se retrouve à accueillir des femmes de tous les milieux sociaux, de tous les âges. Et donc une partie du travail que moi je trouve vraiment hyper intéressant et enthousiasmant, c’est que à travers les entretiens qu’on mène avec ces personnes, du coup les entretiens individuels, qui peuvent être assez longs, durer une heure par exemple, on va petit à petit en fait travailler direct en partant de l’intime de leur situation personnelle pour aller vers du politique.Et en fait on va politiser l’intime leur situation pour les aider à sortir de la culpabilité. La plupart des femmes arrivent en disant j’ai j’aie foiré mon voilà j' ai pas bien choisi mon mari ou j’ai foirer ma vie ou j ai fait une connerie je me suis fait taper dessus mais c’est parce que je dis tout le temps des conneries tous ces trucs là ils sont hyper ancrés le sexisme intériorisé il est très très fort et du coup nous on fait ce travail de rappeler bah on est dans une société sexiste on est dans une société oppressive c' est pas de votre faute en fait c’est un système global etc et du coût en faisant ce travail là c’est l’opportunité pour ces personnes-là qui sont souvent aussi loin de cette culture de se rendre compte et de se penser elles-mêmes comme faisant partie d’un système qui est en place et dont elles sont les victimes en fait.C’est pas elles qu’on fait de la merde quoi. Et donc ce travail-là, pour moi, c'était un travail où on fait vraiment de la politique très très à la base en fait, en partant des personnes de leur vie intime. Et à ce moment-là ça les touche vraiment. Et je trouve que plutôt qu’un tract distribué sur un marché ou autre, là, c’est relié à leur vécu direct. Et du coup, pour moi, un des trucs pour lutter contre l’extrême droite, c'était en fait comment on relie l’intime aux politiques. Parce qu’en fait, les politiques d’extrême droite, elles agissent sur la vie des personnes, sur leur corps. Et aujourd’hui, ce qu’on voit, c’est que notamment les personnes, qui sont queers ou LGBT ou Intersexe, etc., vont de moins en moins s’afficher, se dévisibiliser, alors que ces dernières années, notamment dans les lycées, moi je travaille dans un lycée, dans les lycés il y avait de plus en plus de jeunes qui se mettaient, qui se rendaient visibles avec les petits badges arc-en-ciel, etc. Donc là ils vont avoir tendance à les enlever, à plus trop se montrer, à moins se tenir la main les couples l’homo Et même s’il n’y a pas forcément d’agressions directes, même si il y en a toujours énormément, ça c’est sûr, mais même dans des contextes où il n’a pas eu d' agressions, cette ambiance-là en ce moment qu’il y a dans les médias fait que les gens se mettent un peu en retrait, les personnes minorisées.
Merci beaucoup sur cette question-là, notamment, j’aimerais qu’on puisse applaudir évidemment, merci. Parce que c’est un sujet aussi que tu viens d'évoquer et c'était aussi cool de célébrer des victoires parce qu’il y en a et vous dire si vous n’avez pas suivi cette information qu’une initiative citoyenne européenne a tourné récemment. Pour mettre à l’ordre du jour de la Commission européenne le fait d’interdire les thérapies de conversion en Europe et il se trouve que c’est là, c' est une des rares fois où cette pétition a atteint le million de signataires et donc ça va être mis à l or du jour en Europe et c' était une énorme victoire Si vous voulez en savoir plus, donc il y a les informations sur Act-LGBT sur Instagram et sur plein d’autres. Donc c’est Against Conversion Therapy en anglais, Act, et c'était une mobilisation sans précédent. C’est la dixième fois seulement, depuis que ce processus a été mis en place, qu’une initiative citoyenne atteint le million de signataires.Vous vous rappelez aussi qu’en fait, pour que ce processus aboutisse, il faut qu’il atteigne un seuil de signatures dans sept pays européens. Donc c’est un processus assez compliqué, ce qui a été atteint aussi sur l’année de mobilisation, parce qu’y a un an, pour pouvoir aboutir à ce chiffre-là. Et vous dire quand même que c’est en France que la pétition a atteint le plus de signatures. On a littéralement explosé le compteur sur le million, je crois, de signatures, il y a plus de 500 000 signatures qui sont uniquement en France. Donc ça dit aussi qu’il y a cet extrême réactionnaire, mais qu' il y en France plein de gens qui sont prêts et prêts à se mobiliser pour protéger aussi les personnes LGBT et pour dire non à l’idéologie réactionnaire qu’on va se déployer. Donc c'était une belle victoire et montrer qu’y a des gens Et qu’on n’a pas totalement perdu la bataille culturelle là-dessus et qu' on peut encore se battre. Donc on peut déjà applaudir aussi cette initiative.Et vous pouvez encore la signer évidemment, mais du coup ça va être mis à l’ordre du jour de la commission européenne pour faire en sorte de l’interdire. Bien sûr les thérapies de conversion sont interdites aujourd’hui en France, mais il y a encore plein de pays en Europe dans lesquels ce n’est pas le cas et donc c’est important de continuer à se mobiliser. Est-ce que vous voulez dire un dernier mot peut-être parce que je sais que vous le portez sur votre stand sur la lutte très concrète sur les droits et notamment l’IVG, sur la lutte très concrète sur les délais de deux semaines dans lesquels les hôpitaux aujourd’hui refusent potentiellement de faire, enfin de permettre aux femmes d’avoir un IVG ? C’est un truc dont vous parlez sur votre stand, je trouve ça cool, c’est un exemple très concret de ce qu’il faut porter, est-ce qu’on doit partager autour de nous aussi ?
Oui, il y a des victoires. En gros, en France, on gagne deux semaines supplémentaires pour accéder à l’IVG tous les 20 ans quand même. Donc bon, il faut garder la foi. Donc là, on a gagné deux semaines il y à quatre ans. Donc là on est à 14 semaines de grossesse ou 16 semaines d’aménorrhées. Il y a des personnes qui sont en grossesse au-delà de ça. Il y a plein d’hostos, déjà la loi est passée, donc normalement c’est une obligation de le faire, il y a plein d´hostos qui le font quand même pas de 14 à 16 semaines, pour plusieurs raisons mais aussi pour des raisons politiques parfois, mais aussi des raisons des fois ils ont pas le matos, ils sont pas formés, il ya des petites différences à ces semaines-là, mais quand même la loi et passé le font pas et je sais pas, enfin les ARS tout ça, c’est chiant quoi, bref. Du coup, il y a des personnes qui sont au-delà de ça, par déni de grossesse, des situations de violence et du coup, on s’aperçoit de la grossesse après, il n’y en a pas, des milliards.C’est toujours cette peur de « si on autorise l’IVG plus loin, ils prennent vraiment les femmes pour des teubés, ils feront toute une IVG à 20 semaines ». En fait, ce n’est pas drôle de faire une IVG à 20 semaines de grossesse. Donc il n’y en a pas plein, mais il y en a dans des situations difficiles. Et du coup, les personnes doivent aller à l'étranger. Donc nos plannings, on accompagne ça, pas forcément physiquement, mais on fait des caisses de soutien parce que c’est payant et ça coûte cher. On donne les noms des cliniques. Des fois, on arrive à avoir des tarifs. On file comment il y a l’entrain, en bus, en avion, enfin bon, c'était un accompagnement parce que ce n’est pas simple et souvent on est pris par le temps aussi. Voilà, donc ça c’est un truc militant aussi dont on a besoin, on a besoin de remplir nos caisses parce que…
Hum
tout en continuant à lutter pour l’allongement des délais en France. En fait, ce n’est pas oublier ça quand on fait les deux en même temps, quoi. Voilà, j’espère que j’ai été claire. Vous poserez des questions, on restera là un peu après. Je serais plus à l’aise en plus, t’y crois.
Merci beaucoup, on peut applaudir Caro et Mélanie du planning familial de Test en mer du 56, Non mais c’est super cool de vous entendre, tu veux rajouter quelque chose ? Ouais, juste rapidement, je voudrais dire…
Juste rapidement, je voudrais dire les conséquences déjà de la droitisation globale parce qu’il y a la montée du FN partout, mais du coup il y a aussi la droite qui se sent plus pissée et qui va de plus en plus à droite quoi. Et du coup je voulais déjà dire ce qui se passe pour les plannings et du coup soyez vigilants avec les planning de chez vous parce que à Marseille, à Marseille c’est une énorme agglomération, là ils ont 300 000 euros de subventions qui sont les subventions de fonctionnement pour tout le travail qu’on fait d’intervention dans les lycées, d’accueil des femmes, enfin tout le boulot du planning qui là va être soumis cette année, pour 2025, on a déjà commencé l’année 2025, à une charte, comment il s’appelle ça ? Chartes républicaines ou un truc comme ça, engagement républicain par la mairie, non c’est quoi ? C’est la région, non, c' est la région et du coup ils suspendent les 300 000 euros de subventions au fait d' arrêter d’utiliser l'écriture inclusive, de ne plus utiliser le mot « yel » et de supprimer le point médian de tous leurs documents et de toutes leurs communications.Donc là, c’est comme Trump en fait. Voilà, donc ça c' est en PACA. Voilà, et en Loser, donc dans le 48, ils ont 5000 euros de subventions par an qui leur ont été attribuées depuis quatre ans, qui sont suspendues maintenant parce qu’ils ont organisé l’année dernière des formations qui étaient ouvertes aux personnes trans. Donc, c’est hyper choquant, et c' est maintenant, en fait. Et voilà, ça se passe aussi Il y a plein d’autres exemples. Sur le plateau des 1000 vaches, il y a une problématique. Ils veulent supprimer une partie des financements du planning de Limoges pour les transférer sur une autre assaut, qui est une sorte d’assaut caritatif, alors que le planning de Limoges est quand même labellisé EVARS. Mais bon, voilà.
Pour info. Soyez vigilants. Merci. On peut les applaudir encore. Caro et Mélanie du Planning Questionnaire du 56. L’idée c'était de parler du coup des premiers concernés aussi et d’essayer de soutenir, de se mobiliser pour protéger les premières et premiers concernés, donc notamment les personnes en situation de migration, aussi les femmes victimes de violences, les personnes LGBT. Dans les intervenants qui l’ont suivi, l’idée, c’est de discuter un petit peu de comment est-ce qu’on arrive aussi à gagner cette bataille culturelle-là dont on parle, ça veut dire d'élargir un peu nos cercles.Personnellement, je suis très bien avec vous. J’aimerais bien qu’on soit encore plus nombreux et qu' on arrive à toucher encore plus de gens et qu' on arrive à ramener des gens qui sont plus éloignés de ces sujets-là. On est vraiment dans une bataille des idées, tu l’as dit Mélanie, en fait on ne porte pas le même projet de société et donc c’est important qu’on se batte pour ce projet-là et donc avec les intervenants qui vont suivre on va discuter un petit peu de comment aller justement toucher, sensibiliser, convaincre, élargir nos cercles pour pouvoir être de plus en plus nombreux et nombreuses et donc on va commencer par toi Damien, notamment qui lutte dans le collectif Visa pour qu' on parle de la montée de l’extrême-droite aussi au travail et quels sont le rôle des syndicats aujourd’hui dans la monté de l’extra droite aussi dans les entreprises Et quel est le rôle que vous avez en tant que visa dans cette lutte-là et le rôle en tant que syndicat que vous portez ?
J’ai cinq minutes, je vais essayer de faire vite. Si je parle trop vite parce que je vais vouloir casser tout ce que j’ai noté là, vous m’arrêtez. Si je fais un petit historique pour expliquer ce que c’est que l’association Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes, les plus anciens et anciennes d’entre vous doivent se rappeler de la période au milieu des années 90 où le Front National, puisqu’il s’appelait encore le Front national, a essayé de s’implanter en créant des organisations syndicales.Alors, pas n’importe où, donc FN Police. FN pénitentiaire, FN RATP, et puis je sais plus, un quatrième. Donc, à ce moment-là, dans Ral Front, il y a des camarades socialistes qui sont organisés en se disant que l’extrême droite était en train d’essayer de reprendre une de ses vieilles aptitudes et qui était de venir s’implanter sur le terrain du travail. L’extrême droite, quand on regarde l’histoire que le syndicalisme a entretenue avec l’extrême-droite, quand même très sérieusement élargi, parce que si on fait le constat que l’extrême droite est en train de se développer, nous on voit aussi que syndicalement, la lutte contre l’extrême-droite est en train de développer puisque il y a cinq ans on était moins de 100 organisations adhérentes, aujourd’hui on est plus de 300 et à la fin de l’année on compte bien exploser les 400 voire plus aujourd’hui.Et puis, chose étonnante, on commence à être rejoint par certains syndicats qu’on ne s’attendait pas trop à voir sur le terrain de la lutte anti-fasciste. Je pense à certains syndics de FO, un syndicat de l’UNSA, la Confédération Paysanne et puis des organisations étudiantes telles que l’Union Pirate, ce qui fait qu' on gagne quand même en largeur sur cette base syndicale, ce qui va nous permettre d’avoir de l’audience et avoir une audience antifasciste au sein de FO. Je peux vous assurer que ça nous fait quand même. Sérieusement, j’espère qu’ils vont en parler à leurs camarades qui sont syndiqués chez eux et qui sont flics. Alors, le boulot de visa, je vous l’ai dit, vu qu’on s’est créé sur cette histoire de relations compliquées entre l’extrême-droite et les organisations syndicales, Nous notre objectif premier, c’est de faire tenir la digue qu’il y a entre l’extrême-droites et les organisation syndicale parce qu' on est convaincu que l’Extrême droite est le pire ennemi des travailleurs et des travailleuses. Je pense que l’extrême droite incarne la seule idéologie qui voudra nous faire la peau si jamais elle arrive au pouvoir et donc ça nous donne une bonne raison de l’en vouloir et de faire en sorte qu’il n’y arrive pas au pouvoir. Donc faire tenir la digue, pour ça on développe plusieurs outils, on se dit que si en face ils ont des thunes, nous on a quand même un atout énorme, c’est d'être partout. Alors partout sauf dans les syndicats, on ne va pas se mentir et ça je vais le dire à la fin mais je peux le dire dès maintenant, syndiquez-vous, peu importe l’endroit où vous bossez, syndiquez-vous.Et donc, nous on a cet atout-là d'être présent partout, d’avoir des droits syndicaux puisque l’extrême droite n’est pas encore au pouvoir, donc on va en profiter et notamment le droit d’affichage et le droit de réunion. Et si des gens comme Sterin, comme Bolloré possèdent des médias et engagent cette bataille culturelle avec l’objectif clair, comme disait Gramsci, c’est du Gramscisme de droite, ils veulent gagner la tête et les cœurs avant d’arriver au pouvoir et ça ils le disent clairement, Zemmour l'écrit dans son bouquin, ils le disent tous Et donc nous il est important qu’on ait aussi cette logique là de mener cette bataille culturelle en face avec les outils et le peu de moyens qu' on a et c’est dire que ça va pas être simple parce qu’en face ils en ont beaucoup de moyens financiers. Ceci étant, nous on a une base beaucoup plus large et donc on compte bien en profiter. Donc notre objectif nous avisa, c’est de produire du matériel, faire de la formation pour armer, on va pas dire outiller, on vas dire armer carrément, les militantes et les militants qui sont présents sur les lieux de travail parce qu’on veut que la lutte contre l’extrême droite, elle s’incarne concrètement en fait dans notre travail syndical, dans notre boulot quoi en fait. Tu parlais de l’ENVERS tout à l’heure, alors pour celles et ceux qui ne savent pas ce que c’est les programmes d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle et autant ce que sur CNews ils appellent l’apprentissage de la masturbation à 3 ans. Autant vous dire que ça c’est une bataille pour nous qui est hyper importante dans le secteur de l'éducation parce qu’on sait qu'à chaque fois que maintenant on essaie d’organiser des séances et autant vous le dire qu’il y en a très très peu qui sont organisés parce que il y a très peu on en parle beaucoup mais il y à très très de moyens qui sont donnés au personnel de l éducation nationale pour les mettre en place on sait très bien que systématiquement la riposte de collectifs tels que parents vigilants qui est clairement une émanation de reconquête on va les avoir sur le dos donc pour nous, à Visa, c’est d’essayer de faire en sorte que les travailleurs du secteur de l'éducation soient outillés pour mettre en place ces séances réellement parce que c’est un vrai outil pour faire avancer l'égalité des droits mais les préparer aussi à la potentielle riposte qu’il va falloir mettre en places si jamais il se mange des campagnes de cyberharcèlement de la part des parents vigilants qui sont bien bien organisés pour les mettre en place très très rapidement avec des lettres type les mêmes genres de conneries qu’on Ils ont outillé les militants d’extrême droite Il y avait un projet d’accueil de réfugiés qui se mettait en place, le site est fermé. La bonne nouvelle, c’est que le site est fermé, ça fait une victoire en plus. On va y croire.
Je voulais juste aller dans ton sens qu’effectivement, nous, au niveau des vies scolaires à l’intérieur des établissements, des parents qui, on voit très bien, ils ont des lettres types et ils nous harcèlent dès qu’il y a des interventions d'éducation à la sexualité. C’est clair.
Je ne prendrai pas le jaune. Du coup, je continue avec le rouge. Dans les outils que Visa met en place, je vous disais, il y a ça. Vous verrez sur la tête de presse, parce que je n’ai pas ramené tous les bouquins, il y a une grosse prose. Un du gros boulot qui a été fait par visa, c'était notamment de travailler avec les salariés de la territoriale qui se retrouvaient du jour au lendemain avec un maire FN RN, ce qu’on appelle les mairies brunes. Et donc, ça nous permettait d’avoir quelques arguments pour répondre aux gens qui osent encore dire l’extrême droite, on n’a pas essayé. Et bah si, il y a une bonne dizaine de villes en France qui sont tenues par l’extrême droite et autant vous dire que c'était important d’expliquer ce qui se passait, notamment comment on sucre les subventions du Planning ou de la LDH ou comment on les vire des locaux. Et ça c’est que les leviers en fait qui permettent l’accès à une mairie. Donc imaginez s’ils prenaient le pouvoir avec tout ce que peut permettre la Ve République. Donc ça, ça a été un gros boulot pour répondre à cet argumentaire et puis le dernier travail qu’on a fait, c'était après les élections qu’il y a eu dans les chambres d’agriculture d’expliquer la proximité qu’y avait entre l’extrême droite et un syndicat qui s’appelle la coordination rurale de façon à montrer aussi comment l’extrême-droite essaie de s’implanter dans la ruralité et quelle vision, en fait, l' extrême-droite essaient de fantasmé comme C'était pas le lieu où les gens sont enracinés et donc forcément menacés par le danger, si jamais il y a des personnes qui viennent d’ailleurs avec évidemment des volontés belliqueuses, n’est-ce pas ? Donc voilà, c’est tout ce boulot là et puis pour la suite, donc là c’est pour l’actualité de visa, au mois de janvier on sortira un bouquin avec en fait ce qu’on a appelé les nouveaux fascismes avec l'émergence de ce dont on parlait tout à l’heure donc le Trumpisme aux Etats-Unis, mais Meloni aussi en Italie, la Hongrie et Milei. Oh j’arrive jamais à le prononcer, de Orban. Et donc du coup essaie de faire un panorama de l’implantation de l’extrême droite au niveau européen parce que clairement aujourd’hui on a de bonnes raisons de penser une internationale brune qui est en train de se constituer. On a quelques éléments assez objectifs qui permettent de dire que les différentes extrêmes droites qui normalement nationalistes ne se parlent pas à partir du moment où il y a une frontière commencent à avoir des liens qui sont très très ténus et donc de voir un peu partout dans le monde où comment se montent les résistances anti-fascistes un peu partout sur la planète. Je crois que j’ai fait le tour. Dans les 5 minutes, j’y suis.
C’est super ! On peut applaudir Damien de VISA.
J’ai vraiment oublié un truc, j’avais fait un teasing donc je vais le refaire. Un des meilleurs moyens de faire reculer l’extrême droite, c’est de gagner des victoires sur le terrain du social, sur le terrain de la lutte, d’accord ? Ça va éloigner les gens de l’imposture sociale auquel nous fait croire le FNRN avec la stratégie de la cravate. Donc encore une fois, syndiquez-vous et puis une fois que vous serez syndiqué, faites en sorte que votre syndicat adhère à visa.
Merci Damien. Et donc on va finir avec nos deux derniers intervenants, page 15, pour parler avec toi de la lutte antifasciste très concrète. Comment est-ce que quand on voit apparaître des groupes ultra-droites aussi dans nos villes ou dans nos villages, comment est- ce qu’on peut se mobiliser ? Donc toi tu es parti du collectif Lorient à la Combative, qui est un collectif antifasciste de Lorient, comme son nom l’indique. Et donc tu vas nous parler un petit peu de cette lutte que vous menez à Lorient. Je vais juste te revenir sur ce que tu as dit, on est un auto-médiatique. Auto-média partisan.Ça veut dire qu’en fait on a choisi de prendre une ligne très très à gauche et de relayer ce qui se passe un petit peu sur le pays l’orienté, sur les luttes locales, les événements qui se passent et qui se montent dans notre pays lorientais et de faire des analyses d’actualité aussi parler un petit peu d’antifascisme institutionnel et d’anti-fascisme de terrain parce qu’on parle pas assez de ce qui se passe sur le terrain et des modalités d’action qui sont mises en oeuvre. Donc, on fait surtout ça. Et le premier point qui nous semble important, c’est justement de soutenir les collectifs et les organisations qui organisent des événements. Il y a tout plein de choses qui se passent sur le pays l’orienté. Éventuellement parler d’arpentages, de néphrites, de rencontres avec des auteurs et des autrices, de tout plein d'événements qui se multiplient pour occuper nos espaces collectifs. Parce qu’on l’a vu, du côté de chez nous, il y a quand même des groupes qui sont minoritaires. Ils sont issus, globalement, après ce qui s’est passé à Callac et Saint-Brévin. C’est surtout là que ça a commencé, on l’a vu. Donc ils ont pris le nom de la cocarde, puis ils ont changé six ou sept fois de nom et d’appellation en trois ans. Mais c’est toujours les mêmes individus qui agissent de façon très sporadique, nocturne, qui ne se mettent pas en avant jusqu'à il n’y a pas très longtemps.Et je pense bien évidemment aux caméras du planning familial, puisqu'à Lorient, il y avait eu une soirée sur la vie affective et sexuelle qui s'était déroulée, et ils ont même intimidé les participants et les participantes. Il y a aussi tout ce qui s' est passé avec le Tiers lieux, le concept à Lorient. Je pense qu’il faut les applaudir. Parce qu’elles font un très très gros travail, très gros travail. Et le concept, c’est un petit peu notre première bastion de résistance en fait. Parce que Lisa et Elise, les deux co-gérantes, elles permettent l’organisation de soirées, de rencontres avec la dernière, c'était avec Contre attaque, qui a eu la diffusion du film documentaire de Mathieu Rigouste, Nous sommes des champs de bataille. Et ça, tout ce qui est organisé à l’Orient… L’extrême droite elle le déteste et donc je pense que sincèrement il faut multiplier les événements ce qu’on essaie de faire ce qu' on essaye de soutenir parce que notre premier rôle c’est le soutien le soutien et voilà ne pas leur laisser de place effectivement il y a dans les espaces collectifs et il y à dans l’espace public où il ya eu une manifestation qui s’est passé début mars à l’orient régional Parce que pourquoi il y a ces manifestations et ces rassemblements, c’est parce qu’il faut quand même bien prendre en compte qu’ils y a une vingtaine de plaintes qui ont été déposées depuis octobre 2022.Donc depuis que SOS Méditerranée se fait attaquer.Non, les intervenants, pardon, de SOS Méditerranée devaient donc intervenir dans un lycée l’orienté et ils ont été menacés par ces mêmes individus quoi. Donc voilà il faut pas qu’on lâche, il faut qu' on continue la lutte anti-fasciste et la luttes antiraciste aussi parce qu’il n’y a pas assez souligné à l’Orient la lutten antirraciste et de proposer à plein de minorités d’intervenir on a fait aussi pas mal de trucs avec les Kanaques Donc voilà, là on souhaite faire aussi prochainement une soirée justement sur l’antiracisme. Donc voilà tu vois, on essaie de se bouger, de faire bouger aussi nos camarades. Et on peut voir tout votre travail notamment sur les réseaux sociaux aussi parce que vous partagez beaucoup de choses en tant que médias sur l’Orient la Combative.Donc si jamais vous voulez regarder tout ce qui se passe notamment à l’orient, c’est pour s’inspirer des villes dans lesquelles il y a une auto-organisation plus grande parce qu’il y a aussi plus de monde parfois. C’est intéressant de regarder ce que vous faites aussi, tous les éléments que vous organisez, les intervenants que vous faîtes venir. Ça permet aussi de se donner aussi du courage. Et potentiellement, quand on fait venir un intervenant dans une ville, il va lui proposer d’aller dans un autre endroit aussi. Il y a un peu cette envie-là de partager, cette nécessité de partager des contacts, de se dire que quand on veut venir des intervenants intervenants dans des grandes villes de Bretagne, peut-être les pousser à venir plutôt un ou deux jours pour qu’ils puissent aussi aller dans des endroits où il y a moins de conférences de table ronde aussi sur ces sujets pour qu’on puisse élargir encore une fois les cercles, ce ne soit pas uniquement dans les gros pôles urbains que se trouve la liste contre l’extrême-droite donc on est aussi ça dans les zones plus rurales de Bretagne. Ouais et il y a un truc qui est hyper important de ce que tu viens de dire là, c’est qu’il y a quand même les éditions Divergence qui sont à Quimperlé et on essaye, là on va essayer de proposer un événement le vendredi à Quimperlé et puis un autre le samedi pour éventuellement toucher d’autres personnes qui ont peut-être pas de voiture ou qui utilisent les transports en commun donc plein de choses comme ça qui vont tenter de se mettre en place, mais on y croit en tout cas. La lutte n’est pas perdue, il faut juste qu’on se donne les moyens de la gagner.Merci beaucoup, Pascal. On va passer le micro à Patrick pour terminer. Je voulais qu’on termine la table ronde aussi par cet enjeu qu’on partage ensemble et qui est de savoir comment est-ce qu' on arrive à toucher encore plus de monde. Et donc toi, Patrick, t’es à la Ligue des droits de l’homme à Concarneau. T’es ancien prof d'écho, mais t’est aussi très intéressé par la question de pédagogie. Et donc, on voulait parler avec toi de tous les outils qu’il peut utiliser en termes de sensibilisation. Moi, je le dis souvent, mais je pense que en vrai, l’entre-soi qu’on peut créer à des endroits, je pense qu’il est sain et qu' il est nécessaire. Je pense que c’est compliqué d'être dans des situations conflictuelles en permanence avec des gens qui sont à l’opposé du spectre politique. Enfin, moi, je pense que c’est important de revendiquer la nécessité entre nous idéologiquement d’avoir une forme d’entre soi à des endroits, aussi pour des questions de santé mentale, notamment pour les personnes LGBT ou les personnes qui sont constamment genrées, pour les personnes trans, etc. Donc c' est important d' avoir ces espaces d' entre-sois. Il ne faut pas jeter tout l’entre-soi à la poubelle, on se crée aussi ces espaces-là entre nous parce que ça nous fait du bien, ça nous permet de se serrer les coudes, ça permet de célébrer, de construire une culture commune et donc merci à cet entre-sois d’exister, merci à ces endroits-là, ensemble, de se sentir dans des espaces en tout cas moi je me sens dans un espace en sécurité avec vous et ça fait du biens de vivre ça ensemble donc merci, à vous tous et toutes d'être là, on peut améliorer ça ? Non. Je dis ça parce que j’ai l’impression que, enfin moi je parle pour moi, mais en tout cas en tant que militant on peut avoir tendance à s’auto-flageller en ayant l’impression de ne pas faire assez, de toujours être dans cette forme d’entre-soi. Je pense qu’il est important et je pense que c’est important de le souligner. Maintenant la question qu’on peut se poser, c' est une fois qu' on repart de ces entre-sois un peu ressourcés, qu' On a rechargé les batteries, qu' on est prêt et prête, avec des nouveaux arguments, avec de nouvelles manières de faire, Comment est-ce que justement on peut aller toucher d’autres personnes, peut-être son entourage, avec qui on a des conversations parfois un peu difficiles sur Vincent Bolloré et Repas de famille parce que quand même c’est un bon patron et qu’il crée de l’emploi. Voilà, donc comment est-ce qu’on fait justement pour parler de ces sujets-là à nos proches, autour de nous, au travail, dans nos universités et donc peut-être parler avec toi des outils aussi de sensibilisation et comment on change un peu des outil qui peuvent être un peu différents et qui peuvent permettre de toucher un plus large public.
D’accord, merci pour l’intro. Effectivement, ça rejoint un peu la dernière intervention, c’est comment se donner les moyens d’aller au-delà, donc de l’entre-soi et des personnes mobilisées. En fait, la réponse, bon, moi, je suis effectivement, j'étais directeur pédagogique du CNAM, bon, j’ai beaucoup travaillé sur les outils pédagogiques et c' est vrai que je m’aperçois que dans le contexte qui est effectivement de plus en plus difficile, le rapport de force. David le disait tout à l’heure, il y a de plus en plus de personnes prêtes à se mobiliser contre la société, contre la démocratie. Il faut donc s’outiller et se doter de moyens pour toucher un public plus large. Et effectivement, l’idée qu’on a eu à la section de Concarneau de la LDH, c’est de travailler sur la production de ces outils.Et ça ne se fait pas en cinq minutes donc c’est un peu différent de l’action militante qui consiste à créer des événements etc c'était un travail de préparation d’outils qui permettent de dialoguer avec un public large sur les thèmes très sensibles et s’adresser à ce que tu disais tout à l’heure la tête et les cœurs puisque l’extrême droite a comme projet de convaincre la tête et les cœurs. Prendre le pouvoir et une fois qu’ils sont au pouvoir se donner les moyens de plus jamais en ressortir c’est nous qui qui souhaitons nous opposer à ça il faut qu’on se donne les moyens, de s’adresser aussi à la tête et les cœurs et pas de le faire forcément directement mais d’avoir des idées.Alors l’idée c' est d' avoir des outils qui permettent à toutes les associations toutes les personnes mobilisées, qu’il s’agisse de syndicats. Ou de regroupement comme visa, qu’il s’agisse de planning familial, qu’ils s' agissent d’associations militantes, d'écoles, d’enseignants, qui leur permettent de dialoguer avec un public assez large. Et donc, on a eu l’idée de créer des scénettes qui, en fait, mettent en scène des dialogues ou des propos ou des situations qui sont… Favorable à l’extrême droite, c’est-à-dire qu’on connaît où l’extrême-droite introduit justement ces idées dans la société. Donc de concevoir des scénettes, alors c' est un peu comme des petites pièces de théâtre, ça peut prendre des formes de livret ou ça peut prendre les formes des clips vidéo qui présentent une situation avec des personnages, avec des dialogues, avec des échanges qui débouchent souvent sur une situation de blocage, parce qu’on ne sait pas quoi faire face à ça. Par exemple, quand Marine Le Pen est dit que l’immigration c’est faire entrer des Mohamed Merah en France, et quand on a, sans aller jusqu’aux saluts nazis, j'étais aussi à Rosporden quand on à assisté à ça, et tout le monde était démuni, on ne savait pas quoi faire, et parce qu' on n’a pas l’habitude, parce qu’on n’est pas formé, qu' on n’a pas les outils. Donc, pour avoir ces outils, être capable de réagir et de s’adresser à un public plus large, il faut s’entraîner.Et donc, on a commencé à travailler sur deux scénettes. Une qui concerne sur le thème de l’immigration, l’immigré, le colon, c’est-à-dire le fait qu’on a été colonisateur, on à exterminé les Indiens aux États-Unis. Et puis aujourd’hui, on s’oppose, l’extrême droite n’accepte pas l’immigration et traite de colonisateurs les immigrés. Donc c’est un paradoxe. Donc on a fait une scénette là-dessus, qui se passe dans une école et qui prend la forme d’un clip vidéo et qui peut être utilisé par une association, etc. Pour amener ensuite le dialogue, la réflexion, alors qui est l' immigré ? Qui est le colon, c’est quoi être immigré, c’est quoi être étranger, c’est quoi la frontière.Donc c’est des outils qui permettent d’ouvrir la discussion et le dialogue. Alors on a comme ça toute une série de thèmes qui sont, on ne les a pas inventés, vous connaissez peut-être le bouquin de Haydn où il parle des propos de l’extrême droite et par exemple c'était la notion de « on n’est plus chez nous », il y a toujours des chapitres comme ça où il fait l’inventaire. De ces propos, de ces messages subliminaux qui sont introduits par l’extrême droite dans la société, dans les différents milieux, qu’il s’agisse du travail, qu’ils s’agitent des familles ou des écoles, l’identité, la sécurité, ils profitent de nous, le problème c’est l’islam, les français d’abord, la solution, donc on a ces thèmes-là sur chaque thème, on travaille sur des scènes où ça se joue.Et on utilise en fait beaucoup d’analyses, les analyses des mécanismes de l’extrême droite sont bien connues sauf que on ne les a pas travaillé, on ne s’est pas entraîné à travailler. Et par exemple on sait que les mythes, l’Extrême-Droite s’appuient sur des mythes qui ne sont pas d’aujourd’hui. Le mythe de la décadence après l'âge d’or, le racisme et la hiérarchie des humains, bon ça c’est plus connu. Les parasites, nous les travailleurs. Nous sommes bouffés par des parasites d’en haut, souvent les juifs, d’en bas, les immigrés, et donc le complotisme, le messianisme, le chef, on a besoin d’un chef pour nous sauver. Donc on a tous ces mécanismes-là, on les a identifiés. Maintenant, il faut pouvoir s’entraîner à réagir, à s’organiser pour pouvoir… À aller contre tout ça. Donc, on a commencé à travailler sur deux saynètes, on en a une série en préparation, et on a besoin de deux choses. Et c’est pour ça qu’on pourra en parler si on fait des sous-groupes tout à l’heure.C’est assez concret, mais ça ne se fait pas en cinq minutes. On a besoin d’une part de milieux pour expérimenter ces outils qui permettent de les peaufiner, de les améliorer. Et aussi on a besoin de rédacteurs ou de contributeurs. Et la méthode quand on a une scénette, un thème, c’est d’identifier des propos tenus, des déclarations, de les mettre dans la bouche de personnages et de pouvoir les jouer et voir sur quoi ça débouche comme réflexion et quel dialogue on peut établir avec un public plus large. Donc voilà un peu le projet. C’est très ambitieux, la section de Concarneau, on n’est pas très très nombreux, mais on a commencé à bosser et je pense que ça vaut la peine d’investir pour pouvoir élargir le cercle
Merci beaucoup, Patrick. Je vois l’heure qui tourne. On va prendre quelques questions, c'était important d’essayer d’avoir différents modes d’action aussi. C’est pour aussi boucler avec la première table ronde sur les médias et la question des réseaux sociaux qui est beaucoup revenue de savoir est-ce qu’on utilise les réseaux sociaux comme un outil de mobilisation ou pas. Et donc c'était aussi important de se poser la question de quels sont les autres outils qu’on a à notre disposition, sur lesquels on a plus de prises. Bien sûr les réseaux sociaux c’est un outil qu’on peut utiliser, mais du coup de se rappeler qu’il y a aussi des outils d'éducation populaire que peut-être on met un peu de côté parfois parce qu’ils sont, tu l’as dit, plus fastidieux, plus long à mettre en place, ça nécessite de la formation.C’est pas forcément toujours aussi évident de faire des outils d'éducation populaire que de faire des publications sur les réseaux sociaux. Et donc là, ce que tu as dit là, c’est très inspiré aussi du théâtre forum d’Augusto Boal pour celles de ceux qui connaissent, mais en tout cas de revenir un peu à ces formats-là d’interaction pour pouvoir essayer de sensibiliser, convaincre, toucher d’autres publics. On va quand même poser quelques questions. Et après ça, si ça vous va, moi ce que j’avais envie d’essayer pour les personnes qui ont envie de rester jusqu’au bout, c'était de voir comment est-ce que on peut essayer de passer dans une posture d’acteur et d’artiste à la fin de cette conférence, peut-être que les intervenants se répartissent dans l’espace.Et vous pourrez former des petits groupes autour de ces intervenants pour que vous puissiez discuter avec elles et eux directement, leur poser des questions en disant « bah moi j’ai un centre de réfugiés, qu’est-ce que je peux faire ? » ou alors « moi j’veux donner mon temps pour accompagner les mineurs isolés, qu’est-ce-que je peux faire ? » ou alors, « moi, j’voulais contribuer à des médias indépendants, auto partisans, ou sur le projet de Patrick, notamment sur les scénettes. » Mais l’idée, c’est de pouvoir avoir ces espaces d'échanges après les questions. Et qu’on finisse bien à l’heure, si c’est possible quand même. Je vois qu’il y a des mains qui se sont déjà levées, donc on va faire passer un micro, la technique, je sais pas si on a un deuxième micro, et je vais donner la parole aussi à Erwan avant les questions. On a un 2ème micro ou c' est celui-là ? C’est le seul sans fil, donc je vais me déplacer.
Et donc je te donne la parole, au temps qui me dépasse. Juste un petit truc que j’ai oublié de parler. L’année dernière, juste après Rosporna, en juin, j'étais à Eur Journalisme. C’est une ONG qui fait de la protection des journalistes en Europe. Donc je me suis retrouvé avec des collègues hongrois, slovaques et juste deux éléments très importants, que moi je trouve importants. C'était parce qu’il venait de sortir une grosse enquête en Amérique du Nord où on voyait que la disparition des médias locaux et régionaux correspondait à une montée des populismes et des votes populistes, notamment pour Trump. Et la deuxième chose, ben on a pas mal causé avec le collègue hongroisEt donc, en Hongrie, Orban, quand il a pris le pouvoir, il a d’abord pris les médias nationaux, parce qu’il avait aussi des amis milliardaires qui ont acheté des médias nationaux, soit pour les contrôler, soit les fermer. Le plus gros journal d’opposition hongrois a été racheté et ils l’ont fermé la semaine d’après. Et après, ils ont racheté le Fidesz. Plein de médias locaux et quand les médias locaux ne voulaient pas se vendre, ils mettaient en face les maires du Parti d’Orban, ils mettaient des médias municipaux ou régionaux en face et ils faisaient faillite les indépendants. Donc voilà, on est parfois exaspérant envers la presse et tout ça mais c’est quand même pas mal qu’on est là. En fait, moi c’est plutôt une question qui est un peu ouverte, c’est surtout dans le combat face à l’extrême droite, on a le constat qu’on n’est pas très nombreux, nombreuses dans les différents trucs, ça parle de parler à la tête et les cœurs, mais j’ai l’impression qu’il y a, on oublie la période Covid et aussi tout l'éducation de merde qu' on a, mais moi la question que j’amène c' est comment on aborde la question du soin en fait parce qu’il y a énormément de personnes qui sont qui ont qui trimballent leurs traumas et du coup se sentir légitime sentir légitimes à rentrer dans un collectif de lutte c’est compliqué dans les endroits où ça lutte il y a beaucoup de il y à beaucoup de mépris par exemple je sais pas de toxicophobie de méprise de classe la parole des premières concernées et pas souvent est pas souvent entendu donc moi et puis même c'était que je parle face à l’extrême droite ben on se fait tabasser la gueule il y a plein de choses comme ça et du coup en fait c’est une invitation à vraiment à se concentrer sur la question du soin et même autour de vous vos potes qui sont peut-être un peu qui virent un peu racistes et tout, bah en fait il y à sans doute d’autres choses qui se jouent et il y a une solitude à briser, voilà et reprendre la rue, pas rester chez soi c'était bien les conférences mais faut reprendre de toutes les manières possibles
Merci beaucoup. Je ne sais pas si Caro, Mélanie, puisque c’est Caro, on en a un peu parlé ensemble, mais sur l’enjeu aussi de l'écoute et du soin dans les milieux militants, je ne sais si c'était un truc, vu que toi t’as l’expertise sur ce sujet-là, dans le travail que tu fais au planning, tu veux en parler un petit peu. J’en profite peut-être juste pour dire qu’il y a aussi sur le camp de l'écoute psy qui est proposé, il y a une team soin qu’on peut applaudir, un grand merci à elles qui sont là aussi pour ça et donc je crois que si je visualise bien ça doit être derrière là bas si je me souviens bien l’attente de l'écoute psy.
Du coup, par rapport aux soins, je suis hyper d’accord avec toi. Je trouve que ce que tu as décrit, c’est vraiment très clair et très réel dans ce qui se produit un peu partout et notamment dans les milieux militants. En fait, moi, l’outil que je trouve hyper enthousiasmant et efficace, c' est le groupe de parole. C’est hyper fort, d’un coup. Du coup le groupe, ça peut se mettre en place assez facilement. Au planning familial, on organise régulièrement des formations. Pour nos bénévoles, pour qu’ils et elles soient capables de mettre en place un groupe de parole. C’est assez simple, ce n’est pas forcément un groupe de parole pour les femmes victimes de violences conjugales ou victimes de viols, parce que ça, c’est vrai que ça demande un peu de level, je ne sais pas comment dire, de niveau d'écoute et tout ça. Mais on peut faire des groupes de parole sur plein d’autres thématiques.On peut faire des groupes de paroles pour les personnes militantes. Qui sont en burnout ou pas encore en burnout pour les ados pour enfin tout ce qu’on peut imaginer en fait Voilà et pour les personnes qui viennent de la classe ouvrière par exemple et qui se sentent discriminés par rapport à leur situation de classe on peut faire des groupes de soutien entre personnes de la class moyenne pour se dire comment on fait pour être un peu moins classe moyenne dans nos automatismes ou faire des choses comme ça Ce qui est génial avec cet outil, c’est qu’on peut s’en saisir relativement facilement. Une fois que la personne qui l’organise pose le cadre, c’en est de l'éducation populaire qui se produit de manière horizontale entre les personnes participantes parce que chacun a forcément quelque chose à apporter. Et le fait d'être ensemble, de s’emparer, de soutenir et d'échanger sur nos problématiques et les solutions que les uns, les unes, les autres ont pu trouver et mettre en place. Ça fait vraiment un travail. Et pour moi, ce qui est révolutionnaire dans cette pratique-là, c’est qu’on sort du rapport expert-patient, psy-expert qui a fait plein d'études, et quelqu’un qui est victime et qui n’est pas en bon état, et qui a besoin d'être soigné par quelqu’une qui est ultra-diplômée. En fait, ce n'était pas vrai. En réalité on peut s’entraider et même quand on est dans des situations de détresse et qu’on se sent pas bien et qu il y a des endroits où on a du mal à gérer dans nos vies et ben par ailleurs on peut être une ressource pour quelqu’un d’autre et on peut l’aider à elle à s’en sortir et en fait donc les groupes de parole pour moi c’est des méthodes de soutien mutuel qui sont très émancipatrices et très anticapitalistes
Merci beaucoup. On va reprendre d’autres questions. Avant ça, il y a la Régie qui m’a fait passer un mot. On a une petite capsule vidéo qui est très en lien avec tous ceux dont on parle, qui sont les modes d’action pour faire face à l’extrême droite. Et il y à un mode d’actions qui, détenant moi, me tient particulièrement à cœur, qui est aussi comment est-ce qu’on utilise l’art, la création, l’humour aussi pour aller toucher des gens qui n’iront pas lire des rapports, qui n’iront plus lire le livre Déborder Bolloré. Et c’est important aussi, je pense que dans nos luttes, on trouve une manière d’incarner la joie qui est importante pour nous. On entend la musique à côté. On va avoir les concerts à 20h tout à l’heure, mais je pense que le village ici, il est aussi là, et on l’a vu dans les images en mer aussi, c'était important, c’est d’incarner la joie, la fête, la célébration, parce que malgré la période un peu angoissante et insécurisante qu’on peut vivre, je pense qu' on va aussi attirer un maximum de gens dans nos luttes et dans nos combats, parce qu’on montre que ce qu’ont fait, ça nous fait kiffer. Et je pense ça, c’est hyper important et on le voit, et on va essayer d' y arriver.Et je pense qu’on va vous montrer un petit film qui est en lien avec ça, mais voilà, c’est un collectif d’artistes engagés qui s’appelle Le bruit qui court et qui a produit une gazette humoristique sur Vincent Bolloré et qui l’a essayé de la distribuer, notamment sur les marchés, etc. Pour aller toucher d’autres publics. Vous allez voir ça dès maintenant. Et puis, si vous voulez récupérer la gazette, je pense que les gens du collectif qui les ont peuvent lever la main comme ça on vous identifie tout de suite. Qui sont plutôt par là-bas, voilà, et donc ensuite c’est une gazette qui est vraiment allée mettre dans toutes les toilettes de vos potes de droite, avec qui vous savez pas comment parler de Bolloré, allez leur glisser ce genre de choses dans leurs toilettes pour qu’ils tombent dessus quand c'était en train de chier, et là BAM, ça change ! Vas-y, c' est parti pour la technique si c’est bon pour vous !
On est en voiture jusqu'à la place du marché de Concarneau pour essayer de prendre des vidéos des crieurs et crieuses de distribution de la gazette. J’espère que les bretons seront réceptifs à la distribution d’un petit canard qui leur permettra de s’informer sur le boulot réel et son imprimeur éthique. Pourquoi c’est pas bien ?En gros, on a rencontré Lisette et Daniel au marché ce midi, qui sont de Concarneau, qui sont dans la région depuis super longtemps et qui ne sont pas du tout politisés. Ça crée du bien !Et je pense que c’est ça dont on a besoin quoi.Et la Gazette, malgré les nombreux refus qu’on s’est pris, ça a vraiment permis de créer un objet juste pour informer et apporter de la nuance et décrédibiliser d’une certaine façon. Le fait qu’il y ait des jeux,Un titre qui était assez fun, les gens s’arrêtaient, posaient des questions et des personnes qui étaient pas d’accord mais finalement la conversation se… Ok, super, super. On ne se confie pas du temps de l’attente, c’est bon. Les conversations qu’on a eu ce matin ça m’a dit On est en voiture jusqu'à la place des marchés de Concarneau On essaie de prendre des vidéos des crieurs et crieuses de distribution de la gazette J’espère que les bretons seront réceptifs à la distribution d’un petit canard qui leur permettra de s’informer sur le boulot ré et son imperméritique Pourquoi c’est pas bien ?En gros, on a rencontré Lisette et Daniel au marché ce midi, qui sont de Concarneau, qui sont dans la région depuis super longtemps et qui ne sont pas du tout politisés. Ça crée du lien et je pense que c’est ça dont on a besoin. Et la Gazette, malgré les nombreux refus qu’on s’est pris, ça permet vraiment de créer un objet juste pour informer et apporter de la nuance et décrédibiliser d’une certaine façon. Le fait qu’il y ait des jeux et un titre qui était assez fun, les gens s’arrêtaient, posaient des questions et des personnes qui n'étaient pas d’accord, mais finalement la conversation se faisait. Et là les conversations qu’on a eues ce matin, ça me vient que ça marche, d’avoir un ton un peu plus léger même si les messages restent toujours aussi importants et aussi sérieux. Pour moi, amener de la création et de l’art dans le militantisme, c’est vraiment une manière d’amener de beaux et de potentiellement se mettre en mouvement des personnes. Que ça recrée des liens et ça nous fait faire communauté et c’est exactement l’inverse de toutes les idées de l’extrême droite. Oui, c’est une manière de connecter, comme sourire aux inconnus, rendre service à des gens qu’on ne connaît pas dans la rue, indique un truc. Les blagues, c’est pareil, faire du lien avec les gens. Et le beau, c’est essayer de faire du liens avec les autres.
Il faut arrêter de penser qu’on va faire devenir un monde meilleur dans le futur et il faut le vivre au présent. Et dans ce monde de demain, il y a quoi ? Il y a du kif, il y a du fun, il y a de la joie, il y a de l’humour, il y à de l’autodérision, il à de la capacité à se décentrer de soi. Parfois c’est contre-productif, par quoi c' est pas efficace, on a l’impression qu' on perd son temps. Mais si on prend pas du fun et du kif sur la route, on va perdre des gens et on va se perdre à soi. On va perdre des gens et on va se faire recevoir. Ok. Super. Je ne l’avais pas vu non plus, mais super. Très bien. Voilà, c'était une petite interview d’artistique, mais c’est aussi parce que c' est un autre mode d’action qu’on a envie de promouvoir, de voir comment est-ce qu' on remet de l’art et de la création dans nos luttes Et donc il y a aussi des super t-shirts d’ailleurs qui ont été chorégraphiés par une organe militante qui s’appelle Sape de Lutte qu’ont remercié aussi. Que vous pouvez des t-shirts que vous pouvez acheter à prix libre pour financer toute l’organisation de ce village, bien sûr. Personne n’est rémunéré, hein, mais il s’agit juste de rentrer dans les frais, voilà. Et dire qu’il y a toujours des ateliers scénographiques, il y a plein de choses qui se passent aussi sur le camp pour pouvoir essayer d’incarner tout ça. Et la musique en fera partie, je préviens tout de suite, mais pour celles et ceux qui ne sont pas au courant, il y à des concerts à partir de 20h sur la grande scène. Et c’est là aussi où on fera les prises de parole à 19h.Peut-être reprendre juste quelques questions pour clôturer cette table ronde, est-ce qu’il y avait des envies de partager quelque chose, des modes d’action, des trucs qui vous parlent ou des choses qui se passent sur votre territoire, que vous avez envie de partager avec nos intervenants, une ou deux prises de parole pour terminer, et puis après l’idée c’est que les intervenants et intervenantes puissent se répartir dans l’espace, et que toutes les personnes un peu timides qui n’ont pas osé poser leurs questions puissent aussi aller leur parler directement, puisque je sais que ça peut être un peu impressionnant de potentiellement prendre la parole en grand groupe comme ça. Il y avait une question à ma gauche là-bas. Ça m’arrange parce qu'à ma droite ça m’aurait fait chier.Ouais donc j’avais une question parce que vous avez dit tout à l’heure que vous fassiez, vous organisez des saynètes, vous écriviez des saynètes pour vous entraîner pour une fois sur le terrain, je sais pas si on m’entend bien, une fois le terrain qu’on puisse avoir les outils et être armé. Et donc ma question par rapport à ça c’est à quel niveau est-ce qu’un peut aller, enfin quel genre de personne on peut toucher en ayant les armes justement comme vous dites ? Est-ce qu’on peut convaincre n’importe qui, par exemple, j’imagine les cadres du RN, on va pas pouvoir, on perd notre temps et donc, est-ce que l’on peut, enfin, jusqu’où on peut aller, jusqu'à quel stade de radicalisation on peut essayer de convaincre ?
Merci. Je pense que ça dépend de ceux qui vont les utiliser, c’est-à-dire par exemple les maisons familiales ou le syndicat. Ils connaissent des interlocuteurs qui sont peut-être perdus ou qui ne sont pas convaincus ou qui ne demandent qu'à réfléchir. Donc c'était un moyen de faire progresser les gens. On cherche pas, en fait c’est pas le coup du chiffon rouge, hein, on va taper sur le plus extrême pour essayer de le convaincre ou de le renverser. C’est plutôt de s’adresser à des personnes qui sont un peu paumées, qui sont tentées d’emprunter le chemin proposé par les messianistes ou l’extrême droite et qui peuvent très bien amorcer une réflexion. Donc en fait, c’est le tout un chacun, à mon avis, parce que la majorité de la population n’est pas fasciste. Donc, inutile de se taper sur les plus fascistes des fascistes. Moi, j’avoue que dans ma vie étudiante, j’ai fait certaines actions comme ça, d’essayer de convaincre des gens qu’on ne pouvait pas convaincre, mais je pense qu' on peut convaincre une grande majorité des gens.Et puis de toute façon, on n’a pas le choix, il y a plus de 11 millions d'électeurs, du coup ça nous laisse le choix des gens à qui on peut aller parler. Le FAFO MAÎTRE, il n’existe pas encore. Alors c’est sûr, il ya des gens comme De Akré, c'était pas trop la peine d’y aller. Mais nos collègues, clairement, à la machine à café, on a plein d’espace justement pour discuter des banalités, genre des conneries qu’ils ont entendues sur Sinoz, parce que c’est quand même un truc qui nous prend la tête. Nous aussi, on est en train de monter un outil qui s’appelle le TACO FAF, c’est-à-dire une réponse du tac au tac quand on entend une connerie à la machine à café parce qu’en fait on a cet atout-là, on a une proximité avec nos collègues mais en dehors du travail on a quand même une proximité aussi avec nos voisins alors on a tous notre compte voisin c' est sûr mais il y en a quand-même avec qui on peut parler et donc du coup il ne faut pas se priver parce que de fait on n’a pas le choix on ne peut pas laisser perdurer une situation où il y a 11 millions d'électeurs FN RN il faut quand même, histoire d’avoir une vision un peu optimiste.N’oubliez pas que dans l’histoire du FN, ils se sont déjà cassé la gueule électoralement parlant quand Mégret s’est barré, ça a été une véritable catastrophe pour eux. On n’est pas obligé d’attendre qu’il y ait une catastrophe au sein du parti parce que c’est ça qu’y a de bien avec les fascistes et que quand il s’agit de suivre le chef ils sont tous contents mais quand ils sont pas d’accord sur qui est le chef, ils ont tendance à se mettre sur la tronche. Mais avant d’atteindre ça comme solution, on a quand même des outils, on essaie d’aller voir les gens et leur parler concrètement. En fait, c' est une idéologie qui n’appelle qu' à la haine.Ils ne visent que la guerre civile, on a quand même des atouts énormes, c’est que nous on vise l'égalité des droits et un vivre-ensemble, j’aime pas trop cette expression, mais enfin vous m’avez compris, qui fait qu’on n’a pas de haine vis-à-vis des gens qui vivent avec nous, quand bien même ils peuvent être différents, suivant leur orientation sexuelle, suivants leurs origines réelles ou supposées, suivant leurs religions réelles, ou supposées, on à quand même un atout énorme, cette capacité-là, et on n’as pas le choix. Il faut aller voir les gens et parler avec eux quand bien-même ils nous sortent des dingueries.
Je voulais juste rajouter les jeunes, les jeunes les jeunes quoi, les gens au lycée, les gamins, il y en a dans les milieux ruraux, dans les lycées agricoles, dans le lycée des petits villages, ils sont beaucoup à se poser la question, ils n’ont pas encore le droit de vote, leurs parents votent déjà RN et ils sont à pas savoir et à se dire est-ce que je vais faire comme papa et maman ? Et en fait il y a beaucoup moins, quand moi j'étais au lycée, on avait régulièrement des temps d'éducation populaire avec justement du théâtre forum, avec des lectures qui cherchent à nous faire réfléchir sur la démocratie et tout ça.Alors il y en a toujours un petit peu, l'éducation à la vie civique, etc. Mais il n’y en a pas autant qu’avant. Et en fait, les gamins, ils vont vachement moins dans les centres aérés, dans les éclaireurs de France, les colos, les Cemea, les trucs comme ça. Et du coup, il y a beaucoup moins d’endroits où ils sont mis dans des situations comme ça à réfléchir, à faire un peu de philo pour les jeunes, de la politique pour les jeunes. Et vraiment là, il y a énormément de boulot, il y a vraiment un truc à jouer parce qu’ils votent dans deux ans quoi.
Justement pour rebondir, il y a un endroit où les jeunes sont tous et toutes, c’est à l'école et nous on voulait parler de ce qu’on fait à Saint-Nazaire. On s’est retrouvé entre les militantes de la civise, donc le collectif qui a mis en lumière le nombre incroyable de victimes d’inceste en France et qui a été puni de ce résultat par le gouvernement. Et on s’est allié avec elle, et l’intercollectif féministe dans lequel il y a plusieurs profs de l'éducation nationale, et on a décidé de faire le boulot du gouvernement d’une certaine façon, c’est-à-dire qu’on s'était dit qu’il fallait absolument contrecarrer le discours de parents vigilants et consorts sur les VARS, donc éducation à la vie affective et relationnelle et sexuelle. Sur leur réseau ils disent tout et n’importe quoi, ils disent que l'éducation nationale va apprendre la sodomie aux enfants de 4 ans.Et donc on s’est réunis, on a organisé des réunions d’informations aux parents, et aussi parfois aux collègues, parce que des fois c’est des collègues qui viennent à nos réunions, pour dire ce que c'était vraiment ce programme d'éducation qui est sorti en février dernier. On est censé le faire dans les écoles depuis 20 ans et là, il y a un vrai programme qui oblige à trois malheureuses séances d'éducation à la vie sexuelle, relationnelle et affective par an et par niveau. Donc voilà, c’est tout simple, on est moins de 10 à faire ça, on en a déjà fait une, on va en faire une autre dans la Presqu'île de Guérande. Notre prochain objectif c' est d’aller à Donge, qui est la future mairie FN du coin. Et voilà, ça demande du temps, un petit peu de temps, un peu d'énergie, mais c’est assez simple à faire en réalité.
J’en profite pour rajouter que sur cette thématique-là, un mot qu’on n’a pas encore prononcé aujourd’hui mais qui a été prononcé dans les autres tables rondes, c’est désarmé bolloré.net. “Désarmer Bolloré”, c'était une campagne lancée par différentes organisations, dont les soulèvements de la Terre, mais pas que. Il y a plus de 150 organisations qui ont signé le démarrage de cette campagne. Et donc, il y a notamment cette question de la lutte dans les écoles, notamment la question des manuels scolaires, qui fait lien avec ce que tu dis là, puisque Bolloré a racheté la maison d'édition Hachette qui édite plus de 70 % des livres scolaires aujourd’hui en France. Et donc il y a un vrai questionnement sur quand on sait la ligne idéologique qui est portée dans les médias qui sont possédés par Bolloré. Quelle peut être l’implication qu’il peut y avoir sur les programmes scolaires ?Alors c’est du plus long terme parce que les manuels sont réédités. Il me semble que c’est tous les 5 ou 6 ans, ce n’est pas des rééditions tous les ans, mais en tout cas, il y a un vrai travail à faire sur du plaidoyer auprès des institutions de l'éducation, peut-être au prés de vos écoles si vous êtes parents d'élèves, etc., pour savoir quels sont les livres scolaires qu’on achète et comment est-ce qu’il peut y avoir aussi une vraie campagne à mener sur les manuels scolaire, puisque c' est un espace de boycott très intéressant en termes de rapport financier, rapport économique que ça peut, le coût que ça peut avoir pour les maisons d'édition achètes aussi. Et donc faire attention aux contenus qui sont diffusés par ces manuels-là.Voilà donc c’est un autre aspect de la campagne des armées Bolloré qui est pris aussi en charge par beaucoup de gens qui sont dans les milieux éduqués et tout. Et je crois que notamment le syndicat sud éduque donc ou solidaires éduqués enfin qui sont ici présents aussi sur le camp sont assez mobilisés sur cette question si vous voulez aller les voir. Est-ce que je vois qu’il y a une dernière question et ensuite j’ai vraiment envie de tester ce truc, de vous mettre à contribution et tout ça. Je vais aller jusqu’au bout de cette idée, on va voir si ça prend, mais vraiment l’idée, c’est de mettre un peu les intervenants dans l’espace et que vous puissiez aller autour des intervenants pour discuter avec elles et eux et que puissiez essayer de repartir de cette table ronde en passant la porte du chapitre en vous disant qu’est-ce que moi, je peux faire concrètement ? Est-ce-que c' est un taco-fa à la machine à café avec le visa qui propose ça ? Est- ce-que soutenir le planning familial, c’est proposer de l'écoute ? Est-ce que c’est donné une heure de mon temps à l’ALSH pour aller accompagner des… Personnes en situation de migration, est-ce que c’est faire aussi de la création artistique, de l’art, de l'éducation populaire, d’aller toucher les jeunes ? Je donne la prise de parole pour la dernière question et ensuite on essaiera de faire ça.Merci, je vais essayer d'être claire et je pense que ça va peut-être faire le lien avec la première question et ma question elle est très ouverte en fait mais c’est hormis, enfin si on enlève la question précédente tout ce qui a été dit dans les minutes qui ont précédé j’aimerais bien avoir la vidéo et compter le nombre de fois qu’a été dit les gens, il y a eu beaucoup les gens les gens et et du coup à force ça fait vraiment sentir à quel point il y a. S’il y a les gens c’est qu’il ya nous, il y a un côté nous, un côté les gens que finalement tout ce qui s’est dit au fur et à mesure c'était de plus en plus sans jamais dire le nous mais ça concrétise ce fait qu' Ici on avait des gens qui étaient le nous et qui pensaient des actions pour les gens. Peut-être je pense que la première intervention se faisait au nom de ces gens-là, qui au moins une personne était venue, elle est partie.Et du coup, si les actions, la pensée pour les gens sont un peu paumés marchent, ce sera quoi après quand il n’y aura plus d’un côté les gens et d’une côté nous ? J’ai l’impression qu’il y a un manque ou un espace imaginaire à ouvrir, ou quelque chose à préciser d' où on va en fait. Parce que séparer comme ça le nous, les gens d’un côté, faire du lien, oui, mais faire du lien, pour faire quoi ? Enfin, il manque un truc, pardon, je ne sais pas si c’est clair, mais je ne vois pas comment on peut passer à autre chose si tout ce qui est pensé et tout ce projet en terme d’action l’est à partir de cette distinction entre le nous et les gens.
Je suis tout à fait d’accord. C’est vrai que c’est un problème de poser la situation comme ça. Et moi mon point de vue très personnel, mon expérience, c'était qu’il faut admettre qu’on apprend des deux côtés. C'était à dire que nous qui parlons avec ces personnes qui sont les autres, il faut qu' on comprenne un peu plus pourquoi tout ça s’est produit. Pourquoi on en est arrivé à cette situation et eux aussi nous comprennent et donc je pense que c’est trouver les occasions de dialogue, de débats et ces occasions manquent aujourd’hui en toute honnêteté.
Un d’eux, j’aurais envie d’entendre, peut-être Caroline, quand tu m’as partagé ton expérience par rapport à cette question que se pose notamment la militante féministe Emma Conquay sur notre posture en tant que militant et sur la posture classiste qui peut y avoir parfois dans ces démarches très descendantes qui peut avoir. Et pour mettre les pieds dans le plat, tu me partageais cet exemple de est-ce que notre manière de parler, les mots qu’on utilise, est- ce que parfois il faut décider de se passer de l'écriture inclusive dans certains contenus pour aller toucher des personnes qui ne sont pas adeptes de l'écritur inclusive. Toutes ces questions là donc tu m’as parlé un petit peu qui me semblait répondre un peu à cette question de posture que j’entends si j’essaye de reformuler ce que moi j’ai entendu dans ta question sur la posture qu’on adapte aussi en tant que militant pour pas créer cette histoire de nous qui avons qui sommes du bon côté et d’autres personnes qui voudraient aller convaincre et sensibiliser qui serait du mauvais côté ou pas encore du bon côté Je ne sais pas si ça te parle en terme de posture, de dialogue qu’on a eu tout à l’heure avant la conférence.
C’est une question qui est hyper vaste, je trouve. Du coup, nous et les autres, je pense que déjà, on a un automatisme, en fait, dans nos représentations mentales et dans nos manières de s’exprimer en tant que militant, qui n’est pas juste. Mais je pense que ce n'était pas la réalité de ce qu’on décrivait, parce que là, dans toutes les propositions qui ont été faites, que ce soit les ateliers d’art, ça inclut, enfin, c’est faire du fun pour nous, en faite, pour que notre vie, elle soit fun et qu’il n’y a pas… Justement les gens, plein de gens, n’importe quel gens qui puissent avoir envie de participer à ce fun parce que c’est cool.Le théâtre forum, c' est pas quelque chose qui s’organise pour les gens. Quand on crée des scénettes, on participe aussi. Il faut d’abord bosser, bien sûr, mais après on va participer, on est dedans. On va réfléchir avec, on n’est pas à côté en train de regarder les gens penser. Les groupes de paroles dont je parlais tout à l’heure, c' est pareil. On est dedans, la personne qui pose le cadre, elle participe aussi, elle va évoluer elle aussi, elle va apprendre, elle va partager, elle va pouvoir parler de ses problématiques, etc. Donc je pense que dans tout ce qui a été cité, il y avait quand même beaucoup de propositions qui étaient très horizontales, je ne sais pas trop quels mots sont utilisés.Par contre, effectivement, le sujet dont je te parlais, Maxime, par rapport à Emma Conquay, donc Emma Conquer, c’est une journaliste féministe qui est dans le lot et qui vit en milieu rural et qui travaille beaucoup sur le féminisme de subsistance et comment justement sortir de cette vision qui est un peu Urbano-descendante, urban gaze, elle parle d’urban gaze sur les femmes de la campagne et comment des personnes qui sont des personnes néo-rurales s’imaginent arriver dans des milieux ruraux et se dire, tiens je vais ramener mes pratiques urbaines pour montrer aux personnes ici comment on fait pour être féministe ou pour être militant ou etc. Et que ça, c’est une posture dans la tête qui est une posture oppressive. C’est un posture de supériorité, de condescendance d’une certaine manière. Ça part pas d’un mauvais sentiment, mais c’est le résultat. C’est une posture de colon donc elle, ce dont elle parle, c' est au lieu de créer des groupes par exemple, elle donnait l’exemple de groupes de parole ou groupes d’autodéfense.J’ai parlé de ça tout à l’heure. Mais elle disait qu’il vaut mieux essayer d’aller dans des groupés qui existent déjà. De couture ou des choses comme ça et parler avec les gens qui sont là et pas considérer que nous on a la solution, la meilleure idée du truc qui va enfin faire quelque chose de nouveau et qui change vraiment parce qu’en fait ce qu’elle explique beaucoup c’est qu' il y a beaucoup de choses qui sont déjà présentes dans les milieux ruraux et que c' est aussi à nous si on a envie d’agir et d’intégrer ces territoires parce qu on kiffe d’habiter à la campagne et de… De faire toute cette vie de féminisme de subsistance, c’est d’intégrer ce qui est déjà là. C’est pas d’imaginer qu’on arrive, on a des super plans, et ça arrive souvent. Donc ça, je pense que oui, c' est un endroit où ce qui est en jeu, c' est des prises de conscience, que c’est de re-questionner nos positionnements, d’où on vient, où on arrive, et d'être un petit peu plus, comme on dit, humbles. Voila c' est à quoi on fait penser.
Et dans cette histoire du nous et du vous, moi je pense qu’il y a un truc qui est génial, c’est de valoriser ce que nous avons tous et toutes, et il y a un truc que nous avions tout et tout, ça s’appelle la Sécu. C’est un outil génial qu’on pourrait vraiment perfectionner, qu' on pourrait étendre vers la sécurité sociale et alimentaire, mais n’empêche que c' est un héritage de la résistance. Et ce système permet à toutes et tous, quelle que soit son orientation sexuelle, quelle que soit sa religion, quelle que soit son origine, de mettre dans une caisse qui, au final, nous donne des droits à toutes et à tous et on s’en fout de savoir à qui ça appartient. Et cette Sécu, elle est la cible de la droite et de l’extrême droite aujourd’hui parce que justement ils veulent instiller de la préférence nationale là-dedans. Et donc je pense que sur cette histoire du nous, on peut valoriser cet outil génial et continuer à faire ce qu’on a fait, et on n’a pas gagné sur les retraites, mais on empêche qu’on a quand même gagné au moins une victoire symbolique, c’est que le premier ou la première qui va essayer de faire remonter encore le temps de travail,On sait qu’on y sera toutes et tous, encore une fois, pour la défendre, mais n’empêche qu’en peut engager de nouveaux combats vers l’extension des droits de la Sécurité sociale alimentaire, par exemple.
Il est déjà 18h donc ce qui va se passer c’est que je vais clôturer là le moment comme ça et puis l’idée c'était que les intervenants puissent aussi aller dans l’espace s’ils voulaient aller leur parler vous dire qu'à 19h sur la grande scène il y a les prises de paroles de fin de journée avec des gens qui vont revenir de la mer qui vont prendre la parole et puis des concerts qui commencent à 20h Est-ce que je peux avoir un tonnerre d’applaudissement encore avant que vous partiez tous pour la technique ? La régie, la technique là-bas, ici, là, là derrière vous, là derrière la caméra ici, on était en live pendant 10 heures, non stop depuis ce matin donc 10 heures de live depuis là La terre, le village, avec aussi des vidéos qui ont été tournées en amont, qui vous ont été projetées.Donc un gros merci à toutes les personnes qui ont géré ce live et aux équipes qui l’ont diffusé. Et je vous invite maintenant à échanger avec nos intervenants si vous voulez leur poser des questions encore en plus. Et on se retrouve à 19h sur la grande scène pour les prises de parole de clôture de la journée. Et demain, moment internationaliste à 10h dans la tente internationale juste à côté du chapiteau. Je crois que j’ai tout dit. Si j' ai oublié des trucs, pardon. Bonne soirée !
