« Macron, c’est le bordelisateur en chef ». Marc Endeweld au rapport.
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Voilà notre invité Marc. Bonjour Marc, comment vas tu ?
Bah ça va, écoute, ça va.
Ça va dans l’adversité ?
Oui, on va dire ça.
Journaliste d’investigation très favorablement connu de nos services, un des meilleurs connaisseurs de la Macronie, tu viens ce vendredi au poste pour nous partager tes points de vue, tes analyses, des indiscrétions sur cette auto dissolution en direct. Marc ayant commis par ailleurs un livre sur France Télé, on causera peut-être de la privatisation du service public audiovisuel voulu par le centre, la droite, l’extrême droite. Prenez tous du café, vous êtes toutes et tous les bienvenus dans le tchat. Je salue Euryale qui modère. Je salue Pauline qui va remonter les questions et en fait, pour tout vous dire, Marc a préparé un plan de bataille extraordinaire pour cette édition. Il m’a absolument tout déroulé. Et vous savez quoi ? C’est une très bonne chose car nous allons pouvoir annoncer une bonne nouvelle dans quelques instants. Et là, je vois que le mec est dissout. Voilà. Marc, la présentation te convient ? Il est laissé pour mort ?
Écoute, parfait, Allons y mais c’est toi le pilote.
Tu sais que le langage corporel compte pour faire le même effet. Imaginons, Tu es dans la tête d’Emmanuel Macron qui t’a dit ce qui t’est quand même arrivé plus d’une fois ? Tu es dans quel état là ? À 9 h Le 21 juin 2024 ?
Dans quel état ? Écoute, grande question. La tête d’Emmanuel Macron. Il faut comprendre qu' il est persuadé depuis très longtemps d’avoir un destin personnel. En tout cas, il. Pour se grandir dans sa posture et dans sa figure, il a toujours expliqué à son entourage qu’il avait un destin personnel. Donc ça, ça remonte à très longtemps quand même, quand il était. Jeune étudiant. Mais ensuite, quand par exemple, pendant les premiers mois de sa campagne, en 2016 et en 2017, quand il y a les premières semaines, les dernières semaines de sa campagne en 2017 auprès de son entourage, il est déjà, entre guillemets, en train de jouer son personnage. Le Président. C’est toujours ça, c’est : je joue le personnage. Le Président La vraie question, c’est : a t il les moyens de ses ambitions ? Est ce que le costume n’est pas trop grand pour lui finalement ? Bon, donc pour revenir à ta question sur ces derniers jours, il croit toujours plus malin que les autres, plus intelligent que les autres. Donc on en reviendra sur la chauve. Oui, on reviendra sur la dissolution. Mais contrairement à ce qui était raconté, elle a été beaucoup moins préparée que ça. Même si l’idée de la dissolution était réfléchie depuis très longtemps, depuis qu’il n’avait qu’une majorité relative ou en fait une fausse majorité puisqu' il n’avait pas la majorité au parlement. Donc bien évidemment, l’idée de dissolution était dans les cartons. Est ce qu’il y a eu une vraie préparation surprise, comme on l’a pu le lire dans les différentes offres politiques dans les journaux suite à l’annonce de la dissolution ? Moi, je serais beaucoup plus prudent. Il a décidé même si il y a son entourage, on reviendra sur son entourage initial mais il a décidé seul, totalement seul. Et ça c’est aussi le contraire. La caractéristique d’Emmanuel Macron, ce n’est pas la première fois qui décide totalement seul et qui décide de conduire, de tout faire valdinguer sur la table. Son impulsivité, il l’a déjà montré par le passé et. Et donc aujourd’hui je pense qu’il pense qu’il peut toujours jouer sa carte. D’ailleurs, il n’y a qu'à voir la violence des termes qu’il peut utiliser, notamment contre la gauche. Mais politiquement il n’avait pas prévu quelque chose, c’est-à dire la constitution nouveau Front populaire. C’est ça. C’est clair qu’il ne pensait pas que les gauches non en en toutes leurs différences, allaient pouvoir s’allier aussi rapidement.
Mon cher Marc, je dois rappeler que tu es l’auteur de l’Ambigu, Monsieur Macron qui t’a fait largement connaître en 2015, puis Le choix de l’insoumission avec un dénommé Mélenchon. Jean-Luc, Peut être qu’on pourra parler de Mélenchon, Jean-Luc et puis ensuite ? Le grand manipulateur, Les réseaux secrets de Macron en 2019, chez stocks, L’emprise. La France sous influence. Plus généralement, Macron apparaît beaucoup au Seuil. Et tu étais venu. Tu étais venu Au poste pour en parler. Je dis ça pour dire que ce que tu vas nous raconter ce matin, tu le tiens de ton travail. Alors bien évidemment, je ne te demande pas tes sources. Mais qu’est ce qui fait de toi quelqu’un de particulièrement bien informé ? Est ce que tu peux nous expliquer si tu veux attraper ta position pour qu’on se dise ça vaut le coup de l'écouter celui là. Bien plus que les éditorialistes tout haut, logues, etc. C’est quoi ton travail de tous les jours en fait ? Comment est-ce que tu vas nous restituer ? Ça vient d’où ?
Ça vient, ça vient de sources que j’ai toujours, que j’ai toujours au cœur du pouvoir, parfois que j’ai toujours dans la Macronie, même s’ils ont essayé, écrits après écrits, de faire la chasse aux sources et d'élaguer mes contacts, ça ne marche pas. Et pourquoi ? Parce qu’en fait, Emmanuel Macron, je le suis. Là, on est en 2024. Il me fatigue d’ailleurs parce que c’est fatigant. Mais j’ai commencé à enquêter sur lui il y a dix ans exactement. C’est dire que j’ai fait un premier papier sur lui à l’automne 2014, quand il devient ministre de l'économie de François Hollande, où je découvre déjà des choses assez particulières. Parce qu’en fait, j’explique Dans ce premier article, j’explique les copains via la commission Attali avec Yves de Kerdrel. Alors Yves de Kerdrel, ça ne vous dira rien, mais c’est l’ancien directeur général de Valeurs Actuelles quand même, le magazine d’extrême droite. Et donc, dès l’automne 2014, je comprends qu’un ancien conseiller de François Hollande et ministre, François Hollande, un de ses grands copains de la commission Attali, ce n’est pas Attali comme on l’a dit, mais c’est par exemple Yves de Kerdrel. Il en a bien beaucoup d’autres à l'époque.
Il s’appelait ainsi l’ancien éditorialiste du Figaro.
Ancien éditorial du Figaro je crois, ou en tout cas il est journaliste, ça c’est sûr,
Donc c’est ce monsieur qui a, de par sa famille un petit château dans un village dénommé Tarnac
J’avais oublié cette histoire que j’avais racontée au Figaro. Voilà, très bien Très urbain comme Monsieur du Cercle. Voilà qui est moins, qui est moins, qui est très conservateur. Et on pourra qualifier de droitier qui dit moi d’extrême droite que ne le laissait entendre sa fonction de direction générale de Valeurs Actuelles. Sauf qu'à la tête de Valeurs Actuelles, il a quand même fait embaucher toute l'équipe qu’on connaît, c’est à dire Geoffroy le Jeune, et il a également accompagné le renforcement de la ligne extrêmement droitière de Valeurs Actuelles il y a plus d’une dizaine d’années. Et donc Emmanuel Macron à l'époque, il est copain avec ce mec là, est très copain. C’est attesté de différentes manières. Et déjà parce qu'à l'époque j’avais rencontré les deux intéressés. D’ailleurs, et par cette première enquête, je comprends qu’il y a déjà un sujet. Emmanuel Macron. Ce que je me demande pourquoi un ministre de François Hollande, ancien conseiller fort, essaye d’avoir de multiples réseaux et en fait de multiples réseaux, de l’extrême droite au Parti communiste. En fait, on reviendra sur ça peut-être. Et donc c’est comme ça que j’entre ou que j’approche la tête d’Emmanuel Macron et que j’entre en fait dans sa préparation à la présidentielle que je comprendrais très tôt. Parce que quand j'écris l’Ambigu, Monsieur Macron en a et que je le publie en novembre 2015. J’explique que, contrairement à tous les éditorialistes politiques ou même à certains égards politiques, j’explique qu’Emmanuel Macron est en train de trahir François Hollande et Manuel Valls et qu’il se prépare à la présidentielle. Et si tu veux, à l'époque, je suis le seul à l'écrire. Mais ça me vient d’où ? Pour reprendre ta question sur ma typologie de sources à l'époque, c’est qu'à l'époque je n’ai pas que des sources politiques ou je suis ambiancé comme on dit par des petits hommes politiques. En off, ses indiscrétions non pas officielles, où les journalistes utilisent souvent des citations anonymisées comme ça, où sous le manteau, comme ça tout le monde est content. Sauf que moi, je ne travaille pas comme ça, je fais vraiment de l’enquête plus lourde. Et donc à l'époque, quand j'écris l’Ambigu, Monsieur Macron, j’ai rencontré plus d’une centaine de personnes dans l’entourage d’Emmanuel Macron et notamment dans son réseau économique. Je rencontre énormément de ses copains, de ses collègues qui l’ont connu à Rothschild. Je rencontre une partie de la commission Attali, des grands patrons et tous me disent à l'époque Bah écoutez, y vas y, va se préparer à la présidentielle. Il est en train de se préparer pour la présidentielle et notamment un de ceux que je rencontre à l'époque. On en parle parce que c’est important. Je rencontre un de ses mentors historiques qui est aujourd’hui décédé, elle, Henri Armand et Henri Armand. C’est un grand monsieur, entre guillemets, de l’industrie de la de la grande distribution parce qu’il a fait les premiers centres commerciaux en France et entièrement qui était un catho de gauche, social libéral pour le coup, et qui a été le financier historique de Michel Rocard. Et c’est lui aussi à l'époque qui me glisse une indiscrétion et qui me dit Emmanuel est en train de se préparer à la présidentielle. D’ailleurs, je lui ai fait des notes sur ça. Et ce qu’il faut savoir, c’est qu’en légèrement, il connaissait à l’avoir à la fois François Hollande et Manuel Valls. Très bien. Il était souvent consulté par l’un ou l’autre d’ailleurs. Plus Hollande que par Barbara, comme ancien financier et ancien conseiller de Michel Rocard. Et c’est comme ça qu’on va dire je peux approcher encore aujourd’hui. La Macronie. Parce qu’en fait, une telle antériorité de sources que contrairement à une bonne partie de la Macronie en fait, je connais presque plus Macron avant que bien d’autres macronistes qui l’ont rejoint opportunément par la suite.
Tu es un macroniste de la première heure.
Oui, c’est ça oui. Et pour préciser une dernière chose, en 2015, comme je vois une centaine de personnes et des poussières, je n’ai pas fait le compte. Mais en tout cas, je rencontre beaucoup de gens. Je rencontre beaucoup de gens en six mois, en six mois d’enquête. A l'époque, l’entourage d’Emmanuel Macron est extrêmement méfiant par rapport à mon travail d’enquête. Ils ont très peur que je dévoile justement pas mal de secrets déjà, et surtout pas mal d’ambitions cachées, ce qui sera l’objet du livre en partie. Et puis par ailleurs, je m’intéresse également à la structure idéologique de Macron très tôt, d’où l’ambigu Monsieur Macron. On reviendra dessus. Et donc à l'époque, il y a un élément aussi, comment dire, important, c’est que l'équipe ne souhaite pas que je rencontre Emmanuel Macron, alors que comme c’est un livre sur Emmanuel Macron, je fais la demande de rencontrer, de l’interviewer. Je mettrais six, cinq, six mois à convaincre son équipe de le rencontrer et donc je vais le rencontrer environ quatre fois et notamment de longue interview que je ferai avec lui. Et donc j’ai pu approcher, on va dire la bête, le personnage assez longuement à l'époque.
Voilà ce que je te propose avec le plan de bataille que tu m’as envoyé hier. Si on remonte le temps, on va partir des origines véritables du macronisme. Alors dans ton image, tu mets macronisme entre guillemets. Et puis pour arriver à aujourd’hui, ce qui arrive. Je voulais juste signaler, parce que tu viens de parler des milieux d’affaires, il y a Le Monde et Mediapart qui ont publié au même moment des enquêtes que je trouve effroyables sur comment le patronat se prépare à l’arrivée des possibles du Rassemblement national, comment le grand patronat pourrait s’accommoder du rassemblement national ainsi terminé aux origines des véritables du macronisme et de Macron ? Tu parles d’un caractère profondément réactionnaire et anti révolutionnaire alors que ce monsieur a précisément sorti un livre intitulé Révolution.
Et justement.
Alors il y a tromperie sur la marchandise dès le départ.
Il y a tromperie sur la marchandise. Oui, complètement, dès le départ. Et par ailleurs, si tu veux, combien je lisais encore récemment des articles pour dire que le canal historique de la Macronie, c'était justement le progressisme. Bon, ça c’est tout à fait faux. C’est le package marketing que Macron a utilisé et qu’une partie de ses conseillers en communication a utilisé en 2017 pendant sa campagne de 2017. Mais ça ne correspondait quasiment à aucune de ses propositions électorales à l'époque, à part quelques petits gadgets ou quelques mesures nécessaires. Mais vraiment, en France, par exemple à l’ouverture de la PMA par rapport aux couples de lesbiennes par exemple. Mais globalement, le projet était déjà extrêmement dur pendant la campagne. Simplement, je vais revenir dessus juste après. Mais surtout, ce que les gens n’ont pas compris, c’est qu’Emmanuel Macron n’est pas, entre guillemets, le fils spirituel de Michel Rocard ou de la deuxième gauche. À l'époque, c'était le sens commun des commentateurs politiques. C'était dire Ah mais finalement, Emmanuel Macron est l’héritier de Michel Rocard, l’héritier de Jacques Delors, en gros de la droite du PS, pour aller vite. Et en plus, on est présenté comme un libéral, dans tous les sens du terme, autant économique que politique. En fait, moi, à travers l’ambigu, Monsieur Macron, c’est ce que je démontre déjà à l'époque, je découvre une première chose qui aurait dû interroger beaucoup plus, notamment à gauche. C’est que je m’aperçois que Emmanuel Macron, fin 90, début 2000 quand il est jeune étudiant à Sciences-Po. Et bien en fait, si, il est dans les rangs des chevènementistes, il a quand même sa carte chez les chevènementistes, y fait un stage de six mois auprès de la mairie du 11ᵉ auprès de Georges Sarre, le maire du 11ᵉ arrondissement à Paris et un très proche, très proche de Jean-Pierre Chevènement. Et donc j’apprends même ensuite qu’il va continuer son petit bonhomme de chemin auprès des jeunes artistes. Et donc, par exemple, quand je lui pose des questions pour Le Point, l’ouvrage par exemple sur ce qu’il pense, par exemple des questions minoritaires, par exemple des minorités dans le pays, eh bien moi, par exemple, je ne sais pas pourquoi on a parlé de ce sujet là, mais je me rappelle très bien avoir parlé des dispositifs de discrimination positive à Sciences-Po Paris. En bon chevènementiste qu’il était, il était contre. Après, c’est une tradition, on va dire républicanisme du républicanisme du Chevènement chevènementiste. Mais en fait, je m’aperçois en réalité à l'époque qu’il est beaucoup plus néo bonapartiste, comme on l’a dit un peu après, qui est beaucoup plus autoritaire, beaucoup plus vertical, comme ensuite certains commentateurs ou conseillers allemands l’ont théorisé. Et d’ailleurs, j’ai une autre anecdote extrêmement importante : on est à l'été 2016 et donc Emmanuel Macron a claqué la porte à la fin et à la toute fin de l'été 2016 a claqué la porte du gouvernement de François Hollande. Et quand il claque la porte, quelques jours après, il fait un déplacement au Puy du Fou devant les caméras et il se présente auprès de Philippe de Villiers, tout sourire. Et là, il explique devant les caméras Je ne suis pas socialiste. Et là, il y a tout le monde qui s'étonne très légèrement, mais en disant mais qu’est ce qu’il fait ? Pourquoi il a Philippe de Villiers ? Mais tout le monde oublie. Il y a quelqu’un qui n’a pas du tout oublié cette scène, je l’ai cité juste avant. C’est en regardant justement le grand financier de Rocard qui lui d’origine catho sociale après la guerre, était dans un état de totale incompréhension par rapport à cette proximité affichée entre Emmanuel Macron et Philippe de Villiers. Il m’a confié à l'époque qu’il était outré et scandalisé par ce rapprochement d’images, au moins à tout du moins qu’il savait que Macron avait déjà franchi la ligne rouge. Et il faut vous rappeler aussi à l'époque que Michel Rocard, qui meurt en juillet 2016, y donnera quinze jours avant sa mort, trois semaines avant sa mort, une grande interview au magazine Le Point. Et dans cette interview au magazine Le Point Rocard, qui connaissait et qui connaît très bien entièrement parce qu’il avait ses bureaux à la fin de sa vie dans les bureaux de Michel Rocard. Michel Rocard, dans cette interview, explique que Macron n’a rien à voir avec l’histoire de la gauche, qu’il n’a aucune culture de gauche et qu’il ne se reconnaît pas dans Macron comme un de ses héritiers. Et il dit exactement la même chose de Manuel Valls. Donc ça, c’est pour déjà. Te dire que, à l'époque, sur tout un tas de sujets, on l’a dépeint comme un libéral progressiste, comme Barack Obama ou Justin Trudeau. Les images de marketing ont été balancées par certains médias, y compris les médias, plutôt teintés à gauche. Et en réalité, moi, ce que j’avais découvert très tôt, c’est qu’il était beaucoup plus conservateur. C’est pour ça que je parlais de chevènementiste. Mais et même petit à petit, je comprendrais qu’il ne fait pas uniquement de ce qu’on appelle dans le jargon des journalistes politiques de la triangulation politique avec l’extrême droite, mais qui n’en a qu’il a en réalité une proximité idéologique et personnelle et culturelle avec la droite, la droite très dure, voire l’extrême droite. Et ça, je l’ai répété à plusieurs reprises dans des interviews. Je l’ai écrit à plusieurs reprises, mais ça n’a jamais vraiment. Les gens, pas vous, les gens en tout cas. Les gens qui s’intéressent à Macron, et notamment des gens qui n’avaient pas pu voter pour lui en 2017. Ils n’ont pas voulu l’entendre avant, très récemment, alors que tout était déjà en place. Je te donne un autre exemple. Un peu plus tard dans la campagne. Donc moi je suis à l'époque, je couvre la campagne d’Emmanuel Macron.
Et tu parles de la première ou la deuxième ?
De la première en 2017 ? Oui, en 2017. On y donne également plein de signaux à l'égard de la droite la plus dure, parce que c’est pareil à l'été 2016. Ça, je le sais par une indiscrétion. Et il explique à Richard Ferrand, un député du Parti socialiste qui vient officiellement d’une partie de la gauche du PS, en tout cas qui était proche, très proche de Martine Aubry à l'époque, et donc Richard Ferrand qui a trahi le PS à l'époque et qui rejoint les rangs macronistes. Macron, un des premiers. Il confie à Richard Ferrand dès l'été 2016 De toute manière, cette campagne se gagnera à droite. Donc ça aussi c’est la complexité de Macron. C’est que je te parlais d’osmose culturelle ou de compréhension avec les codes culturels et idéologiques de la droite la plus dure et l’extrême droite. Ça c’est une chose, on va revenir dessus, il y a des choses, des choses assez précises sur ça. De l’autre côté, comment dire ? Il voit la politique d’une manière très stratégique, très tactique, comme un banquier d’affaires. Et quand on présente, oui, on en a peut présenter la toujours pareil des commentateurs Emmanuel Macron, l’homme de la transgression. En fait, il est surtout l’homme de la transgression par rapport à l’extrême droite. C’est à dire qu’il a toujours inclus l’extrême droite dans son jeu stratégique, beaucoup plus que la gauche, parce qu’en fait il n’a cessé d’exclure la gauche de son bac à sable. D’une certaine manière, il a toujours composé avec l’extrême droite et jamais avec une bonne partie de la gauche ou en tout cas de la gauche qui restée sur ses principes. Et à l'époque, au cours de la campagne, une fois que le Parti socialiste a fait nommer après la primaire Benoît Hamon comme son candidat, Emmanuel Macron a considéré que l'électorat de centre gauche lui était acquis parce qu’il a considéré que Benoît Hamon serait trop à gauche pour l'électorat de centre gauche. Et dès lors qu’il a considéré que l'électorat de centre gauche lui était acquis et que cet électorat de centre gauche croyait sincèrement que madame Macron était un Hollande bis, un peu plus moderne, un peu plus libéral et qui présentait mieux. En gros, les gens ont voté sur ça. Après je reviendrai aussi sur sa. Pourquoi ? Dès le mois de février 2017, il fait plusieurs déclarations extrêmement droitières. Il dit. Il reprend la terminologie. Il reprend la terminologie de tolérance zéro qui avait été utilisée par Nicolas Sarkozy une dizaine d’années plus tôt comme ministre de l’Intérieur, notamment contre la délinquance, les quartiers pauvres contre les populations des quartiers populaires. Tolérance zéro. Je me rappelle, c’est une expression qui vient de Rudolph Giuliani, ancien maire de New York, pour la criminalisation totale et à outrance des petites peines encourues pour demander des petits délits avec des peines plancher automatique. Il y reprend donc cette expression là, y donne une interview. Là, c’est pareil, tout le monde a oublié, mais il donne une interview en pleine campagne et il fait la couverture du journal Causeur Élisabeth Lévy. Et ça, c’est en février. Je le répète, 2017 et en février 2017, il donne une interview à l’Obs. Dans laquelle, dans l’Obs, il explique tout tranquillement que la Manif pour tous a été humilié par François Hollande et par exemple, sur le spectre de ce qu’on peut appeler même si ça, ce terme et ce mot est aujourd’hui extrêmement galvaudé, le progressisme, parce qu’on ne sait plus vraiment au final ce que sème Donc, donc, à travers ce terme, derrière ce terme du progressif. Ce qu’il faut savoir, c’est que dans l’ambigu, Monsieur Macron, je dévoile par exemple que quand Macron est secrétaire général adjoint de l'Élysée auprès de François Hollande, qu’il se dévoile que comme secrétaire général devant l'Élysée à François Hollande, il n’est pas particulièrement chaud et partisan d’accélérer une des grandes réformes emblématiques de François Hollande, c’est à dire le mariage pour tous. Et à l'époque, il argumente auprès de François Hollande en disant Mais ce n’est pas une disposition prioritaire. En gros, il faut nous occuper d’abord d'économie. Donc ça, c’est pour donner quelques petits cailloux. Après, on a un peu plus de temps pour développer, mais pour expliquer que dès 2016 2017, ça c’est on va dire, C’est les premiers signaux qui m’ont amené dans la compréhension d’Emmanuel Macron et qui ont amené à me dire qu’Emmanuel Macron est beaucoup plus droitier et pas du tout progressiste. Et donc, dès 2018, dans une postface à l’Ambigu, Monsieur Macron, j’explique ça et je intitulé la fable du progressisme des mains d’Emmanuel Macron. Et il y a un autre élément aussi que je comprends très tôt, dès la campagne de 2016 2017 donc après l’ambigu monsieur Macron, c’est que, en fait, c’est même bel ambigu Monsieur Macron. Il y a une autre chose importante que je comprends, c’est qu’il a un rapport ambigu à l'État et à la démocratie. C’est-à-dire que quand je parlais de néo bonapartisme.
Je te conseille de respirer, de me laisser en placer une. Je dois dire que je pense que nous avons battu le record de Plenel de la réponse la plus longue mais passionnante et détaillée. C’est gentil, c’est gentil. Néanmoins, avant que t’arrives sur l’autre point qui est évidemment essentiel, il y a beaucoup d’interrogations dans le tchat. Il y avait notamment Chico qui demande Mais comment se fait-il qu’il y ait eu cette croyance ? Comment se fait-il qu’il ait pu berner à ce point tout le monde ? Florent Calvez, que je salue, nous propose l’hypnose. Et est ce que le pays était sous hypnose ? Là on perd. En t’entendant, on a l’impression que c’est la construction médiatique et la communication. Le marketing alors c’est que ça ou pas ? Est ce que je sais que ça va être une telle réponse ? Comment la France a été bernée en 2017 ? Et quand même, je voudrais dire un petit truc. Dans le même temps, il parle de tolérance zéro. Il parle aussi de violences policières, c’est à dire quand il entre en 2017 dans sa campagne,
Alors en fait, je vais rebondir sur ta dernière anecdote, mais je vais répondre à l’hypnose sur le fait que comment il a réussi sa séduction, en tout cas à l'époque. Est ce que cette séduction a actionné au bout du compte ? Il a été élu président de la République. Alors ta remarque sur les violences policières est très intéressante parce qu’en fait il fait ses déclarations sur les violences policières notamment. Je me souviens si je ne me trompe pas, tu me contredis dans une interview qu’il donne à Mediapart dans les derniers jours de la campagne
Il va à Mediapart et Quotidien je crois.
Voilà Mediapart et Quotidien. Justement, c’est très intéressant parce que donc ça montre là, pour le coup, sa stratégie médiatique vis à vis des médias installés est professionnelle, c’est à dire qu’il a compris très tôt, d’une manière extrêmement cynique. Et c’est pour ça que parfois il y a des commentateurs qui le dépeignent comme girouette, comme caméléon, comme il n’a pas de convictions. Donc ce serait un être totalement vide. Oui, il y a une partie de vrai là dedans, ce qu’il appelle un tel caractère manipulatoire de la politique qu’il peut apparaître vide et sans conviction. Moi ce n’est pas mon propos, mais je dis qu’il a des convictions et ses convictions sont particulièrement contre les valeurs de la gauche depuis très longtemps. Et je reviens sur ta remarque, il parle des violences policières à deux types de public réceptif à ce discours là. C’est à dire que là il fait du Trumpisme dans le sens ou au sens populiste du terme, pas il ne fait pas du Trump en parlant et en critiquant les violences policières, évidemment, mais il fait du Trumpisme sur deux points qu’on a retrouvés depuis sept ans. D’ailleurs c’est il s’adapte tout. A son public qu’il a en face de lui et il peut changer diamétralement de discours en fonction du public qui la savoure au sens public du terme, dans des émissions télé, radio, média, des interviews de presse écrite. Ça vaut également dans des meetings, mais ça vaut également. Dans des conciliabules en privé. C’est-à dire à Emmanuel Macron. Pour séduire, il a toujours tendu un miroir aux gens et pas pour dire "Regardez comme je suis beau ! Même si on peut revenir sur ça, mais regardez comment vous êtes beaux ! Et donc, il a toujours flatté les gens, y compris dans leurs convictions. C’est là où il y a tromperie et c’est là où je parle de populisme. C’est à dire qu’il a très bien compris qu’aujourd’hui, dans nos années, dans nos démocraties, des réseaux sociaux et des communautés de réseaux sociaux, en fait, le public médiatique s'était fragmenté en valeur, en positionnement politique. Et ça, il l’a compris très vite. Et donc il a fragmenté son discours politique pour essayer de convaincre chaque groupe plutôt que d’avoir un discours global.
Quand tu dis il a compris, mais est ce qu’il y a des conseillers ? Comment ça se passe ? Parce que tout talentueux qui soit aussi sympathique, le maître peut être omniscient.
Il y a plusieurs équipes et il y a eu plusieurs équipes. Si tu veux ça, je peux revenir dessus après. Mais sur les différents clans autour de lui, les différentes influences qu’il a, qu’il peut avoir quand même en fonction des uns et des autres. Reste qu’au bout du compte, il a cet état d’esprit où il est réceptif à certains conseils. Donc quand je dis il a compris très vite la fragmentation, par exemple la fragmentation des publics. Bien évidemment qu’un conseiller à l'époque comme Ismaël Émilien, qui a fait une bonne partie de sa carrière chez Havas, qui est donc la plus grosse agence de communication et de relations publiques et de lobbying à Paris et qui est la propriété de Vincent Bolloré. Bien évidemment, ça a joué dans leur langue, dans leur rapport hyper cynique vis à vis de l’opinion, si tu veux.Ça, c’est ça, c’est incontestable. Mais à l'époque, il y a un autre élément important et que lui même théorisé face caméra devant un de ses amis, entre guillemets à l'époque, qui est un documentariste qui s’appelle Bertrand Delay, Bertrand Delay qui a été pendant tout le long du septennat quasiment pendant plus de six ans, patron de la chaîne parlementaire, il a été nommé par la Macronie et Bertrand Delay est d’abord un documentariste politique plutôt talentueux et il avait très tôt réussi à entrer en contact avec Macron. Il a fait plusieurs documentaires sur Emmanuel Macron avant la campagne et pendant la campagne, et dans un documentaire qui fait pour Envoyé Spécial, qui sera diffusé juste après la victoire d’Emmanuel Macron en 2017. Il interroge Macron sur son rapport à l’opinion, aux Français et à la campagne. Et là, Macron, il dit une chose, il dit deux choses très importantes. Il dit. Et ça, c’est peut être contre intuitif dans la tête de plein de gens, mais il dit. La politique aujourd’hui, c’est de l’image. La politique aujourd’hui, c’est de l’image et donc il n’y a que l’image qui compte.
On pourrait dire que Giscard avait aussi compris ça d’une certaine manière.
Oui, mais, à Giscard, il utilisait l’image en supplétif. Macron sature la politique de l’image et par ailleurs par l’image. Et par ailleurs, il ne fait pas que saturer la politique par l’image. C’est l’image qui prime avant tout sur le discours, les mots entre guillemets. Alors c’est là où je suis un peu contradictoire, mais les mots sont vidés de leur sens, si tu veux. Il est capable de dire par exemple que Nouveau Front Populaire dans ses derniers jours est immigrationniste. Tu vois par exemple, on va revenir sur le clin d'œil qui est plus un clin d'œil vis à vis de l’extrême droite, mais il est capable. Et c’est là où je disais trumpisme, populisme et pas populiste façon Trump, c’est que sa focalisation sur l’image l’amène au mensonge constant. C’est une constante chez lui, c’est-à-dire qu’il est capable de mentir effrontément, constamment. Et ça, c’est ce que j’avais découvert d’ailleurs, dans son trait de personnalité à lui. Et c’est pour ça que là, c’est pas ses conseillers, ce n’est pas son entourage, ce n’est pas des stratèges autour de lui, c’est son état d’esprit, c’est à dire que c’est sa capacité à jouer le théâtre en fonction des publics qu’il a en face de lui, en fonction des interlocuteurs qu’il en face de lui, et donc à duper les gens qui sont en face de lui de cette manière là. Et là, dans ce mécanisme là, il n’a aucun scrupule à mentir effrontément. Et c’est ce que moi j’avais découvert dans l’Ambigu, Monsieur Macron, parce que j’avais fait un chapitre qui ensuite a été largement repris par plein de confrères et plein de journalistes. C’est un épisode extrêmement important pour comprendre justement la psychologie. Puisque tu parlais de la tête d’Emmanuel Macron, Si on continue sur la thématique de la psychologie du personnage, il y a un élément extrêmement important là dedans, c’est quand il conseille la rédaction du Monde à titre gratuit, alors qu’il est banquier d’affaires chez Rothschild.C’est un épisode qui est connu quand il est, donc il fait du « pro bono »comme on dit non ? Qui conseille gratuitement les journalistes du Monde au moment du rachat du Monde en 2010 ? En fait, les journalistes du Monde croient qu’il fait ça avec la plus grande bonté, un geste totalement gratuit, alors qu’ils s’apercevront en réalité qu’ils conseillent la partie adverse, notamment, c’est à dire la partie autour du conseiller proche de Nicolas Sarkozy, encore à l'époque Alain Minc, et une partie qui voulait racheter Le Monde et que les journalistes du Monde ne souhaitent. Elle ne sonnait pas, ne souhaitait pas se faire racheter par cette partie là. Et ils s’en aperçoivent parce que I. Ils vont à rendez vous près du bureau d’Alain Minc à Paris et y voient Emmanuel Macron sortir du bureau d’Alain Minc. Et là donc, la supercherie dévoilée Et pour te dire où le mensonge se loge chez Emmanuel Macron, il y a un des journalistes du Monde, non, qui est plus le petit plus au monde aujourd’hui, qui s’appelle Adrien Corneau, qui le reconnaît mais qui va en avoir le cœur net. Et donc là, il y a une scène complètement délirante où Tricorne le poursuit dans les escaliers de l’immeuble parce que Macron s’enfuit dans les escaliers de l’immeuble plutôt que de partir, de sortir de l’immeuble parce qu’il voit qu’il a été reconnu. Et Macron monte jusqu’au sixième étage et au sixième étage Tricorne. On le retrouve à l’entrée de l’ascenseur. Et là, Macron fait semblant de téléphoner. Macron fait semblant de téléphoner et il explique qu’il est là par hasard, il raconte et il est complètement défait. C’est à dire que son masque du menteur a été déjoué par ce journaliste du Monde en l’occurrence, et les journalistes du Monde et donc ceux sa sur son cloisonnement et sa capacité à s’adapter et à jouer des jeux contraires et immédiatement dévoilés. Il a dit ça pour revenir à ta question sur les violences policières en 2017. Oui, mais en fait il en parle à un certain, à une certaine cible de l'électorat. En réalité, quand tu regardes précisément l’ensemble de ces discours et la globalité de ses discours à partir de février 2017, sa priorité, c’est grignoter le plus d'électeurs qui vient de François Fillon et donc de la droite la plus conservatrice, la plus dure pour pouvoir tenir, pour pouvoir passer devant ses concurrents dès le premier tour et donc pour arriver au second tour. C’est ça son objectif. Et il le fait. Et ça, les gens ne l’ont pas compris à l'époque. Ça explique pourquoi dès 2019, une bonne partie de son électorat, c’est l'électorat qui vient de l’UMP. François Fillon.
Et j’aimerais qu’on aille sur la page que tu lui a sous entendu plusieurs fois. Les rapports entre l’extrême droite et Macron, est ce que tu peux entrer dans les détails par rapport à ça ? Parce que beaucoup de gens semblent découvrir que y a d’accointance des accointances entre la Macronie et le RN. Aujourd’hui, le terme immigrationnisme employé hier par Macron étant un terme d’extrême droite. Toi tu dis non, non, attendez, les amis ne s’adaptent pas. Ce n’est pas une question électorale de ces derniers mois ou de ces dernières années. Il a idéologiquement. Des choses qui sont proches. C’est plus qu’une instrumentalisation.
Non, ce n’est pas qu’une instrumentalisation. Il y a quelques jours, j’ai vu un tweet d’Edwy Plenel. D’ailleurs, je citais Plenel tout à l’heure qui disait que ce n’est pas une triangulation, mais aussi une compromission. Et en fait, cette compromission là, elle est ancienne. Je parlais d’Yves de Kerdrel, ancien directeur général de Valeurs Actuelles. On est en commission Attali, c’est-à-dire on est quand il est à la banque Rothschild. Oui, il a toujours côtoyé des gens de droite extrêmement conservateurs. Ça passe aussi par la présence de sa femme, Brigitte Macron, qui ne s’est jamais cachée d’avoir voté à droite, d’avoir voté Nicolas Sarkozy de droite, conservatrice, droite provinciale d’Amiens. Mais là aussi, y a tout un jeu de commentaires qui ont fait de Brigitte Macron la droitière du couple et de Macron qui serait le progressiste du couple. Absolument. Les choses sont de nouveau beaucoup plus, beaucoup plus noires d’une certaine manière, ou beaucoup plus grises que cet aspect de cette analyse binaire. En fait, Emmanuel Macron je parlais du fanatisme il y a plus de 20 ans. Il a un rapport à l’ordre qui est très droitier. Quand je parlais de verticalité, pour reprendre les termes des commentateurs, il a un rapport, comme je disais tout à l’heure, ambigu, à l'État, à la démocratie. Et ça, je le comprends très tôt parce que je tombe sur des écrits de lui, notamment un article qu’il écrit dans la revue Esprit, dans lequel il est capable d’expliquer que, notamment sur les questions budgétaires et là le cadre européen ou l’Union européenne, on peut mettre en place une pause démocratique. Là, on est sur un terrain budgétaire, économique et financier. Mais il explique en gros que l’idéologie néolibérale, le néolibéralisme, implique un auto, un autoritarisme, c’est-à-dire l’effacement de la démocratie. Et d’une certaine manière, c’est intrinsèque au néolibéralisme.
Il explique tout ça.
Il l’explique dans un article. Il explique dans un article de la revue Esprit qui est une revue d’obédience catholique à la base plutôt progressiste, mais qui a eu un parcours un peu en zigzag, même si une partie de l'équipe est revenue depuis, puis Sarkozy sur ses tentations droitières. Et dans cette revue là, il écrit ça en 2011. Dans mon souvenir, ça s’appelle dans les labyrinthes de la vie politique. Et donc dans cet article là, qui est très paradoxal d’ailleurs, à la fois à l'époque, dans cet article, il se fait rocardien dans le sens où il critique la fonction présidentialiste de la cinquième République. Et en même temps, dans cet article, il y a tout un développement pour expliquer que les contraintes budgétaires de l’Union européenne peuvent impliquer une pause démocratique. C’est à dire que finalement, il explique que les élections c’est ce sont fait, on va dire, des accidents politiques et que, au contraire, on a besoin de stabilité et que donc il faut par tous les moyens contourner l’expression populaire, notamment sur les grands choix qui impliquent pas une décision du peuple. Donc là, je comprends très vite à ce moment-là, qu’il a un rapport que je qualifierais totalement réactionnaire à l'égard de la démocratie. Il considère qu’il fait partie des élites et que seules les élites doivent décider, juger et que le peuple n’a pas à juger, n’a pas à décider, n’a pas la capacité à prendre des choix éclairés. Et d’ailleurs, il dit ça à un autre moment, il donne, il dit ça très tôt, il dit ça. En juillet 2015, dans une interview qui donne au journal l qui à l'époque, est financé par le Journal d' Eric Fottorino, ancien patron du Monde. Dans cette interview du un qui est maintenant célèbre, il dit dès juillet 2015 qu’il y a une figure manquante dans la démocratie française, c’est la figure du roi. Et il explique Là, il fait tout un discours pour dire que la France n’aurait jamais dû, entre guillemets. Là, je caricature un peu ses propos, mais en fait, la France pâtit du fait qu’on a tué le roi Louis XVI ans, en 1793. Et donc là, on voit très clairement qu’il met de côté et c’est ce que disait d’ailleurs Rocard. Sur. C’est ce que disait Rocard sur Gandhi, le fait que Macron était totalement étranger à l’histoire de la gauche et c’est pour ça que je te disais qu’il était réactionnaire et anti révolutionnaire. C’est-à-dire que dans son panthéon historique qu’il adore utiliser et instrumentaliser et il adore utiliser les grandes figures historiques. Et cette scène, c’est grand, ce grand travail de mémoire. Il oublie toujours l'épisode de la Révolution française, mais comme il oublie généralement et souvent l'épisode de la décolonisation, il y va toujours ou régulièrement mettre en parenthèse ces grands mouvements populaires. Il ne va jamais parler de la commune, quasiment pas. Et donc Emmanuel Macron, il l’est. Il s’inscrit dans une tradition beaucoup plus réactionnaire et inquiétante de mon point de vue. C’est pour ça que très tôt je disais qu’il y a une ambiguïté par rapport à la démocratie et à l'État. Après, sur le rapport à l’extrême droite, c’est passé par de multiples canaux. Je parlais d’Yves de Kerdrel tout à l’heure, mais il y a une personne aussi qui la rencontre très tôt dans son parcours et qui va l’ouvrir à des canaux droitiers et barbouzes. D’ailleurs, la cinquième République, Le Monde en a un peu parlé en évoquant Bruno Roger-Petit sur le fait que Bruno Roger-Petit, donc conseiller mémoire à l’Élysée, était très proche de Michel Charasse, l’ancien conseiller historique de François Mitterrand. En fait, j’ai écrit très tôt, dès 2019, que l’un des mentors d’Emmanuel Macron, l’un des mentors d’Emmanuel Macron, est historique. Ce n’est si justement pas Jacques Attali ou Alain Minc, c’est Charasse, mais c’est Michel Charasse, c’est ça ? Charasse a utilisé d’ailleurs Macron d’une manière assez cynique comme arme contre François Hollande pour des raisons de vengeance personnelle, parce qu’il n’a jamais supporté que Hollande devienne président de la République. Et Charasse, ce n’est pas uniquement Charasse. Et Mitterrand dit que c’est également ses rapports avec la droite la plus dure, c’est-à-dire avec Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur. C’est toutes les zones d’ombre de la Résistance. Et comme me l’a dit un contact que j’ai utilisé sur un récent portrait que j’ai fait de Bruno Roger-Petit. Finalement, Bruno Roger-Petit, il est fasciné comme Macron, par la face obscure des années Mitterrand. Il est fasciné par la face Bousquet de Mitterrand et par l’aspect barbouze Dumas, on va dire Roland Dumas deux, François Mitterrand. Et ça, ça implique deux choses, c’est à dire un flirt avec des réseaux d’extrême droite très tôt et deux ça implique également un rapport au pouvoir qui de nouveau n’est pas démocratique parce que très lié à l’appareil policier, à la barbouze, à l’obsession des complots, à la paranoïa. Il faut voir dans quel état d’esprit sont Macron et la Macronie. Depuis sept ans, il critique tout le monde en disant que tout le monde est complotiste, mais en réalité souvent c’est eux qui le sont. En voyant des complots partout contre eux et en imaginant parfois on l’a. On a pu le voir là encore récemment, qu’on a parlé de Pierre Charon, des choses comme ça, dont Pierre Charon rappelle, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, qui a été présenté comme un des inspirateurs de la dissolution avec Bruno Roger-Petit et Pierre Charon. C’est là où on trouve aussi tous les réseaux de Pasqua, des Hauts de Seine. On a parlé également ces dernières années de la proximité de quelqu’un qui s’appelle Thierry Solère, multi condamné et multi mis en examen, mais qui vient également de cette droite des Hauts de Seine. Et là, je te donne des premiers éléments qui montrent qu’en réalité Emmanuel Macron est beaucoup plus imprégné et surtout est beaucoup plus proche des réseaux droitiers et d’extrême droite. Parce que l’extrême droite ou les réseaux droitiers, ce n’est pas uniquement le Rassemblement national. C’est également, comme je l’ai dit à un instant, une partie des réseaux policiers, une partie des réseaux de renseignement. Et ça, Emmanuel Macron, il a toujours été très réceptif et très est très soucieux de conserver et de surtout d’acquérir des relations dans cet univers là, en clair obscur.
Alors comment ce réseau d’extrême droite a t il perçu à deux reprises Et il est peut être en train de nous jouer une troisième reprise. L’idée de vote. Le vote des Français m’oblige. Je suis le barrage à l’extrême droite. Grosso modo. Comment ces réseaux d’extrême droite apprécient ce discours là ?
Eux idéologiquement, dans leur combat idéologique, ils vont dire que Macron est totalement faux par rapport à tout ça et que c’est uniquement un jeu et qu’il fait que de la triangulation. Mais ceux- là ils sont dans leur pays, ils sont dans leur rôle de combat politique, ils vont dire préférer l’original à la copie si tu le fais. Voilà. Après, pour revenir à la collusion, Emmanuel Todd, par exemple, a parlé de Macron lepénisme d’un point de vue sociologique. Mais il y a également un politologue français qui enseigne en Suisse, Jean-François Bayart, qui a montré qu’il y avait une conjonction entre le néo libéralisme et le conservatisme, entre néolibéralisme et autoritarisme. Ça, c’est ça. Il est connu dans l’analyse des politologues, des sociologues et des sciences humaines. Macron c’est ça que moi je comprends très tôt et la quintessence même de ce néo libéralisme autoritaire. Et pour quand dire. Pour répondre à ta question également, c’est on en a pas parlé encore, il s’explique tout le flirt poussé qu’il a eu finalement, même s’il y a eu toute une période pendant le premier quinquennat où il y a eu effectivement une guerre avec Vincent Bolloré. En réalité, tout le monde a oublié. Mais en 2016 2017, quand il se présente à la présidentielle de 2017, 2016, 2017, il utilise beaucoup de canaux qui viennent du groupe Bolloré. Il utilise Havas mais il utilise Tout le monde a oublié, mais il utilise. Par exemple en utilisant la vase. Il utilise toutes les ressources du groupe Canal+. À l'époque, il y a Cyril Eldin qui le suit à chaque fois justement pour faire de l’image, pour le rendre sympathique, pour le rendre humain. Et donc il n’utilise pas uniquement les canaux Lagardère avec les marchands. Il utilise également beaucoup de canaux médiatiques qui sont déjà la propriété et qui sont déjà sous le contrôle de Vincent Bolloré. Et c’est déjà des canaux médiatiques qui sont déjà transformés d’un point de vue idéologique et culturel. Ça, c’est quand même un point important parce qu’on a l’impression que le retour au flirt avec Bolloré est récent. En fait, il a toujours eu. Il y a eu une période effectivement extrêmement dure que je quelques jeunes que je connais bien, qui a commencé dès l’automne 2017 et début 2018, jusqu' à mon point de vue, jusqu’en 2021 2022. Certes, la réconciliation avec Bolloré, notamment dans le monde des affaires, de mon point de vue, se fait entre l'Élysée et Bolloré, se fait entre 2021 et 2022 pendant l'élection présidentielle, justement. Et donc là aussi, il y a une collusion et une porosité entre le système Bolloré et la Macronie. Et d’ailleurs la Macronie, on va dire officielle entre guillemets, les députés qui suivent comme un seul homme, Emmanuel Macron. Ils ont mis aussi beaucoup de temps à comprendre que Macron n'était plus fâché avec Bolloré. Mais dès lors, il y a à peu près un an qu’ils ont compris qu’ils n'étaient plus fâchés avec Bolloré. Tout d’un coup, ça a été open bar. On les a tous retrouvés sur les antennes de Bolloré et ça a été la surenchère de discours idéologiques tous les ans apparaît de plus en plus droitier. Si tu veux, pour essayer de faire comme le chef, il y a un autre groupe.
Je pense à cette interview qu’il avait accordée à Marianne où tu te posais la question est ce que Zemmour donc là, la campagne plus récente avait joué les idiots utiles ? Et est ce que c'était un deal entre Macron et Bolloré ? Il y a eu beaucoup, beaucoup de supputations par rapport à ça. Qu’en est-il exactement ?
Bon, la question, elle a été retenue en titre, tu sais bien, les titres, c’est réducteur. Donc la question est un peu rapide. C’est une question que je pose, une question rhétorique que je posais dans l’interview. Qu’est ce que j’expliquais dans cette interview et qu’est ce que j’expliquais notamment dans mon ouvrage ? L’emprise, c' est la principale opposition entre Bolloré et Macron à l'époque ? C’est en fait le terrain africain, la question de la gestion des ports et de la logistique de Bolloré en Afrique et de son contrôle. Et Bolloré a considéré à partir de 2017 2018 qu’il n’était pas suffisamment soutenu par l’Élysée.Et par ailleurs, j’explique qu'à l'époque, il y a un conflit important, économique et commercial entre le plus grand armateur mondial, c’est-à-dire MSC et Bolloré. Considère que la présence d’Alexis, secrétaire général de l’Élysée, principal collaborateur d’Emmanuel Macron et qui fait partie de la famille de propriétaire du groupe MSC, est un problème pour lui. Donc moi j’explique l’origine du conflit. Il n’est pas idéologique entre Macron et Bolloré, mais c’est un conflit business. Et qu’est ce que je m’aperçois toujours des éléments d’enquête factuels et des rencontres des gens de cet univers là, des armateurs et de la première dame dans l’entourage de Bolloré comme dans l’entourage. De MSC ou d’autres armateurs comme C.M A CGM, l’armateur franco libanais et qui est localisé à Marseille, dont le siège est localisé à Marseille. En fait, je comprends et je vois, et ailleurs si des informations qu’on me donne à l'époque que dès l'été 2021, Bolloré est en train de vendre ses activités africaines et logistiques et que sur les rangs il y a FM, CGM et MSC. Et je sais qu’en octobre et j’apprends qu’en octobre 2021 ils entrent en négociations exclusives avec MSC et que l’Élysée a fait passer le message CMA CGM. Donc l’autre armateur, de ne pas surenchérir sur l’offre concernant les activités africaines. Donc je comprends. C’est pour ça que je parle de deal dans l’interview parce que je comprends qu’il y a un rapprochement entre MSC Bolloré alors même que les mois précédents, les années précédentes, l’objet du contentieux entre Bolloré et l’Élysée porte justement entre MSC et Bolloré. Et donc je comprends que c’est la fin de la guerre d’un point de vue économique comme à l'époque. Eric Zemmour est soutenu idéologiquement et logistiquement via tous ces médias, par l'écosystème Bolloré. C’est pour ça que je dis ironiquement je pose la question. Et si Eric Zemmour était l’idiot utile d’un deal entre l’Elysée et Bolloré ? Parce qu’en fait, au moment de l'élection et avant et juste avant l'élection, qu’est ce qui était l’objet du contentieux entre Bolloré et l’Elysée disparaît, disparaît totalement. À tel point d’ailleurs que le timing, même très, très important au moment de l'élection, en 2022, une semaine après l'élection, est officialisé la fin des négociations exclusives entre et Bolloré, c’est à dire est annoncé le rachat des activités africaines et logistiques du groupe Bolloré par MSC et CMC GM, chose que je savais dès l’automne 2021, récupèrera ensuite en négociant, en en négociant avec Bolloré récupèrera le reste des activités logistiques mondiales du groupe Bolloré, notamment vers l’Asie et le Moyen-Orient. Donc on ne peut pas croire à l'époque que ça n’ait pas d’incidence. Ces grands dossiers de business à coups de milliards d’euros n’ont pas d’incidence sur les relations entre Bolloré avec le pouvoir élyséen. Si je ne dis pas que Bolloré aime Macron, ce n’est pas vrai. Mais dans les affaires Bolloré comme Macron d’ailleurs, les sentiments, ils s’en foutent complètement. Et puis, comme je te l’ai dit, on en revient à cette collusion, cette collusion conservatrice extrêmement conservatrice. Ça fait partie des points communs. Et ce qui fait que par exemple, pour le coup. Dans la répartition du pouvoir au sein de l’Elysée et dans la Macronie, bien évidemment, ce qu’on appelle l’aile madame, c’est à dire c’est ce dysfonctionnement de la cinquième République. Emmanuel Macron, c’est-à-dire le fait que Brigitte Macron se présente comme la première dame ait du pouvoir et de l’influence politique dans la Macronie. Tous les réseaux de Brigitte Macron sont proches de Bernard Arnault et également de la sphère de la sphère Bolloré. Et donc ce n’est pas uniquement Bruno Roger-Petit qui va être en collusion avec le groupe Bolloré, c’est tout l'écosystème macroniste qui va finalement revenir dans le giron du groupe Bolloré. Je te donne un exemple : le nouveau conseiller en communication, qui n’a duré que deux ans entre 2022 et 2023, dont on a assez peu parlé. Y compris à gauche, qui s’appelle Frédéric Michel. Frédéric Michel a eu un petit parcours inverse et surtout, il a travaillé. Il a travaillé plus de quinze ans pour la famille Murdoch et le groupe Murdoch. Donc si ça ce n’est pas la droite extrême et l’extrême droite internationale, je ne sais pas ce que c’est. Et Frédéric Michel qui a aussi travaillé pour Tony Blair, donc pour les néoconservateurs anglais et américains. Il y a 20 ans, Michel est devenu conseiller en communication d’Emmanuel Macron et une stratégie Attention, en septembre 2022, il en est là. Il s’est fait congédié en décembre 2023 et Frédéric Michel tutoie tous les grands de ce monde, entre guillemets, et notamment Vincent Bolloré et Xavier Niel, également été proches de Berlusconi et Frédéric Michel, je le sais, a aussi œuvré pour le rapprochement de Bolloré, Macron, notamment d’un point de vue médiatique après l'élection de 2022. Donc ça, c’est très, très, très important à comprendre parce que les gens ont mis du temps à entrer et notamment les gens en politique. Et la gauche et les forces sociales ont mis énormément de temps à comprendre qu’il y avait ce rapprochement qui était en cours depuis 2022.
Et moi, Marc tout parce que tout le monde est là. Il est impressionnant ce Marc, il oublie rien, il révèle tout.
J’essaie de faire le résumé
C’est parfait, c’est parfait. Elle est dans sa forme française parfaite. Il y a juste une caméra qui. Dans ce qui nous est fait aujourd’hui, c’est-à-dire une dissolution. Nous sommes en trois semaines à faire des choix colossaux. Quelle est la part de deal qu’il peut y avoir avec l’extrême droite ? Est ce qu’il y en a ou pas du tout ? Tu as parlé tout à l’heure de compromission ? S’il y a un compromis, c’est qu’il y a un échange. Quel serait l'échange ?
Quel serait le piège ? Mais je vais t’expliquer ça. Je veux juste rajouter. Un élément dans mon analyse que j’ai complètement oublié de tout à l’heure. Pour juste continuer deux minutes sur Emmanuel Macron et l’extrême droite. Pour revenir sur l’idéologie et la proximité de Macron avec l’extrême droite. Quand je fais la postface à l’Ambigu, Monsieur Macron qui s’appelle la fable du progressisme. Donc dans le texte, je dis j'écris que Macron n’est pas de tradition révolutionnaire au sens de la gauche et du progressisme et je dis qu’il a un projet et une inclinaison réactionnaire. Donc j’explique ça dans la postface et à l'époque, en privé, je le dis à certains de mes contacts, je dis c’est une caricature, mais je dis c’est finalement Emmanuel Macron, il est dans les premières années de l'école d’Uriage. Alors je fais un petit point. L'École d’Uriage était un groupe de hauts fonctionnaires plutôt issus du personnalisme chrétien, mais pas uniquement, qui, pendant la guerre, avait dans un premier temps avant de rejoindre la Résistance, avait collaboré avec le régime de Vichy. Donc tu vois, j'étais un peu dans la provoc, mais y a quand même de ça et très tôt. Et là, toujours c’est toujours. Mes analyses sont toujours fondées sur des enquêtes très précises et des témoignages directs de gens au cœur de la machine. Dès 2018 2019, j’ai un contact qui m’alerte et qui me dit Emmanuel Macron ne cesse de dire, dans des réunions à l'Élysée, à employer l’expression du Grand remplacement, expression comme tu sais, qui est utilisée par l'écrivain d’extrême droite Renaud Camus, entre autres. Et donc dans les réunions de l'Élysée, on y parle du Grand remplacement. Pas pour critiquer la notion, mais pour reprendre, comme il fait souvent, une terminologie d’extrême droite, comme s’il accrédite qu’il y avait un grand remplacement.
On est à quel moment exactement.
En 2018, 2019, très tôt. Et donc ça, quand je te dis il a une proximité avec la droite et l’extrême droite, c’est que en privé, il a toujours plus joué avec les terminologies et le vocabulaire de l’extrême droite, en privé, en réunion en tout cas avec auprès de ses collaborateurs que en utilisant des références de la gauche. C’est très fort le terme de grand remplacement. D’ailleurs, les gens qui ont témoigné auprès de moi à ce sujet là étaient choqués. C’est pour ça, alors même qu’il était au cœur de la Macronie. C’est pour ça qu’ils ont exprimé leurs doutes très tôt auprès de moi en expliquant Mais comment ça se fait qu’on a un président de la République qui utilise dans les réunions déguisées le terme de grand remplacement ? Ça, c’est pour éclairer l’actualité récente sur le fait qu’il a employé le terme immigrationnisme ou c’est pour éclairer le fait qu’il a laissé passer la loi immigration en décembre dernier.
Le 9 juin, le soir de la dissolution, tu sors un fil dont tu as le secret sur Twitter. Qui va, qui va, qui va cartonner, dans lequel tu. Tu rappelles que, en 2022, un dénommé Jean-Bernard Gayot réussit ex responsable de la droite avec Macron en 2017, tu avais appris que Macron avait accueilli à l'Élysée avec beaucoup d'égards Marine Le Pen comme patronne du couple reine au point de recevoir une bise de Brigitte Macron. Donc là, voilà une proximité qui est quand même démente. Tu peux nous raconter cette histoire là ?
Alors tout à fait, on va dire c’est un scoop, même si j’en ai fait un tweet, mais effectivement très tôt. Donc Jean-Bernard Gayot à Jean-Bernard Gayot à Renucci, je vais, je vais vous expliquer qui c’est. C’est un conseiller politique qui au départ a beaucoup travaillé pour la chiraquie, qui se définit comme étant de droite gaulliste mais parfois plutôt gaulliste social qui vient de la région de Perpignan et donc qui est très claire vis à vis de l’extrême droite. C’est-à-dire qu’il combat l’extrême droite depuis toujours et puis et puis voilà. Donc Jean Bernard Gaillot, Renucci, que je connais depuis longtemps, qui a fini par rompre avec la Macronie il y a à peu près deux ou trois ans, un peu après le Quid Yves Me. Il me parlait du travail qu’il avait eu dans la Macronie. Donc pour vous expliquer, Jean-Bernard Gayot Renucci il a été responsable de la droite avec Macron qui a un groupe informel qui s’est constitué pendant la campagne de 2016 2017 pour faciliter les transfuges venant de la droite UMP jusqu'à Emmanuel Macron. Et à ce poste là, il a été dans les derniers mois de campagne, c’est-à-dire entre février 2017 et mai 2017. Il a été au QG de campagne. Donc c’est quelqu’un qui est totalement au cœur de la machine. Sur la campagne de 2017, il a vu beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Il connaît tous les jeunes avec Macron, notamment Sacha Houlié, qui a été vice -président. L’Assemblée nationale, il connaît, il connaît. Dans cet univers-là, il connaît d’ailleurs tout, tout, tout les gens qui ont collaboré avec Macron pendant la campagne et donc il connaît très bien, Il connaît très bien à la fois la politique et il connaît très bien la Macronie. Ensuite, quand Macron a récupéré le pouvoir, il est devenu attaché parlementaire et collaborateur parlementaire à l’Assemblée nationale. Et donc là encore une fois, il est connu, très connu et connaît très bien le fonctionnement de la Macronie. Et donc Jean-Bernard qui est une source crédible à Dijon et bien d’autres gens et bien d’autres. Mais en rompant avec la Macronie depuis quelques années, c’est-à-dire depuis deux ou trois ans à peu près. Ces derniers mois, il était de plus en plus, il voulait de plus en plus sortir du bois publiquement et personnellement, c’est à dire se dévoiler comme un témoin direct de ce qui s'était passé depuis sept ans. Et donc à plusieurs reprises dans mes articles, notamment dans mes chroniques de La Tribune, quand je collaborais encore pour la Tribune à plusieurs reprises, il a accepté des propos honnêtes dans mes chroniques. Donc proposé un non, des propos officiels à citer Jean-Bernard Gaillard et donc ulcéré de la décision de dissolution Un dimanche soir, il m’a dit dévoile cette anecdote que je t’avais donnée. Il le tient d’une source très importante dans l'écosystème macronien. Donc c’est une source indirecte, mais tout ça, que je connais par ailleurs, sa source initiale, je la connais également et il me fait état effectivement de cette rencontre Marine Le Pen, Macron. Alors pour préciser les choses à l'époque, c’est quand Macron, après les législatives, reçoit l’ensemble des patrons de groupes parlementaires du Parlement. C’est au moment où il est obligé de composer parce qu’il s’aperçoit qu’il n’a pas la majorité au parlement et donc il reçoit Marine Le Pen à l'Élysée. Et effectivement, comme tu l’a rappelé à cette occasion, Marine Le Pen est totalement étonnée d'être reçue comme si c'était une amie de la famille et au point que Brigitte Macron lui fait la bise selon le témoignage qu’on m’a transmis. Donc c’est ce que je dévoile dans ce tweet. Ça montre effectivement une proximité très forte entre le principal leader du parti d’extrême droite RN avec Emmanuel Macron. On imagine mal Brigitte Macron faire une bise à Mathilde Panot ou à Manuel Bompard, parler de la FI ou même ou même à François Hollande.
Attends, attends une seconde, laisse nous imaginer
Ou même avec François Hollande. Et donc, c’est un autre signe qui montre une collusion, une compromission. Je vais te répondre sur la compromission ou l'éventuelle contrepartie ou ce que j’ai appelé un piège. Je t’ai expliqué ça juste après mai dernier, élément que j’ai oublié. Je te parlerai de la loi immigration en 2020. Tout le monde a oublié également l’interview qu’Emmanuel Macron donne à Valeurs Actuelles dès octobre 2019, lors d’un voyage qu’il fait à l'île Maurice et à Mayotte et y donne une interview à Louis Regain, elle à l'époque journaliste à l'époque, à l’heure actuelle dans l’Aude, dans l’avion du retour. Et l’interview est déjà délirante vis à vis de l’islam, vis à vis de la laïcité. vis à vis de la police, des gilets jaunes. C’est déjà une interview où il y a déjà toute son inclinaison d’extrême droite qui est mis noir sur blanc. Et dernière petite anecdote à ce sujet là, je sais que justement en privé, en off. Devant une règle comme ça. Je ne tiens pas ça de Louis de Aragonais, mais je tiens ça d’une indiscrétion Nancy, et donc d’une de ses connaissances. Je sais que, en off lors de cette interview, Emmanuel Macron va multiplier le vocabulaire d’extrême droite pour faire plaisir à Louis Dragonet et Louis Aragon. Elle en est choquée, c’est à dire qu’il ne s’attend pas à ce que le président de la République française utilise du vocabulaire d’extrême droite, notamment pour qualifier, notamment pour qualifier les arabo-musulmans. Alors je n’ai plus la dénomination exacte, la dénomination exacte d’Emmanuel Macron. Mais je sais. En tout cas, je certifie qu'à l'époque, il avait utilisé des termes d’extrême droite pour qualifier sa population et c'était un vocabulaire qui venait de la période de la colonisation et de la décolonisation, de l’Algérie notamment. Ça, c’est pour te dire encore une fois.
Tu vas me répondre sur le piège ou les ou les compromissions. Mais Glaudioman te demande : Tout ça, est-ce que c’est du racisme intériorisé ou est ce que c’est du clientélisme ?
Est ce que c’est uniquement instrumental ou est ce que moi je pense que moi je pense que ce n’est pas que instrumental ? C’est à dire que je pense qu’il est, culturellement de droite et d’ailleurs il y a quelqu’un qui ne cesse de le répéter, y compris pour dédouaner sa propre responsabilité, mais c’est Bruno Roger-Petit. Il y a tout un tas de commentateurs qui expliquent que bon, en Roger-Petit est le Patrick Buisson dont Patrick Buisson, c’est le conseiller d’extrême droite de Nicolas Sarkozy. Il y a tout un tas de commentateurs ou d’analystes qui vont expliquer que Bruno Roger-Petit est la cause de tout Et voilà est notamment la cause de son tour, de son tournant droitier. Et donc ça serait Bruno Roger-Petit qui aurait influencé le chef de l’État sur son tournant droitier. En fait, Bruno Roger-Petit, sa réponse est très claire Et moi je connais Bruno Roger-Petit depuis très longtemps parce que justement, j’avais fait le livre sur France Télévisions il y a plus de quinze ans. On le connaît bien. Mon petit Bruno Roger-Petit m’a toujours dit mais de toute façon, Emmanuel Macron, il a un étau de droite. Emmanuel Macron a un étau de droite, comme qui ? Comme François Mitterrand. Et donc ça, ça subjugue. Bruno Roger-Petit. Et en fait, pourquoi Bruno Roger-Petit est resté aussi longtemps à l’Élysée, c’est-à-dire sept ans ? Sept ans, c’est le dernier, avec Alexis Colère, à être resté aussi longtemps auprès du président de la République. Bruno Roger-Petit a très tôt compris qu’Emmanuel Macron n'était pas du tout la deuxième gauche du social libéral où Justin Trudeau ou Barack Obama. Il a compris très tôt qu’Emmanuel Macron avait fait toute cette hausse de droite. Donc bien évidemment, dans son rôle de conseiller, il va toujours nourrir la machine, si tu veux. Donc, pour répondre à cette question là, notamment par rapport à son racisme exprimé, par rapport à des propos totalement réactionnaires qu’il peut exprimer bien sûr, qui est une dose de stratégie, une dose importante de stratégie et de clientélisme vis à vis de l'électorat d’extrême droite. C’est à dire c’est la stratégie Buisson de Nicolas Sarkozy, de l’union des deux droites et de siphonnage de l'électorat du RN. D’ailleurs, on voit qu’Emmanuel Macron, ça ne fonctionne pas du tout, bien évidemment, qui a également l’influence de Michel Charasse, qui est également un très grand inspirateur de ce qui se passe aujourd’hui dans l’instrumentalisation du Rassemblement national pour préserver son pouvoir. Et ça, Mitterrand, d’une certaine manière, l’avait fait. Et Charasse, les deux l’ont fait à l'époque. Donc l’inspiration vient également beaucoup de Michel Charasse. Mais dans cette instrumentalisation et dans cette instrumentalisation, dans cette triangulation, pour reprendre des termes de journaliste politique, en réalité, il y a une part de sincérité chez Emmanuel Macron.C’est justement l'étau de droite que BRP présente comme étant réellement la quintessence et l’essence même personnelle d’Emmanuel Macron. Et donc moi je le dis et je l’ai compris très vite, c’est ce que j'écris dans la vie de Monsieur Macron, je l’ai écrit par la suite. Emmanuel Macron est culturellement de droite et à tel point qu’il flirte et il a flirté depuis très longtemps avec des références d’extrême droite. LR Et par ailleurs, il a eu une politique, et ça, je l’ai dit, autoritaire, de réduction des libertés publiques, de répression des mouvements sociaux, des gilets jaunes, de toute manifestation, de tout ce qui était l’expression démocratique hors du vote et que donc il a un rapport à la cinquième République qui est totalement plébiscitaire et anti-démocratique. Donc entre sa pratique de pouvoir autoritaire, son rapport à la barbouzerie proche de l’extrême droite et l'étau de droite, ça fait quand même beaucoup d'éléments. Alors après, pour revenir à ta question qui est très importante, qu’est ce qui fait depuis 2022 ? Ils instrumentalisent le RN, mais ça en fait depuis 2016 2017 en réalité. Et il nous a fait le coup entre guillemets à deux reprises en 2017, en 2022, au second tour, en appelant justement aux électeurs de gauche, y compris aux électeurs de l’extrême gauche et de la fille qu’il a pour le coup, n' était plus en dehors du champ républicain. Il a appelé tous ces gens de gauche à le sauver au second tour contre l’extrême droite, donc à faire barrage. Mais ça, c'était pour le coup. Là, s’il y a instrumentalisation insincère, elle est là, elle n’est pas de l’autre côté, je dirais l’instrumentalisation insincère. Elle est quand pendant cinq ans, il fait une politique antisociale en détruisant les acquis sociaux issus de la Seconde guerre, parle de la sortie de la sans guerre mondiale, le Conseil national de Résistance et son vrai projet de détruire l’héritage du Conseil national de la Résistance. Et il l’a confié très tôt à des proches dès 2015 de 2016 et il fait donc une politique anti sociale depuis sept ans. Il fait une politique réactionnaire depuis sept ans sur plein d’aspects et plein de sujets, en dépit de quelques signaux pour une partie de l'électorat justement, les CSP+, les journalistes, les intermittents du spectacle. Voilà. Et y préserve, on va dire, une partie de son image par rapport aux centres urbains. Mais il y fait cette politique antisociale. Mais l’instrumentalisation, globalement, c’est quand à chaque fois il demande à ses électeurs de gauche de le sauver aux différentes présidentielles. Là, qu’est ce que me disait Jean-Bernard Gaillot à Nancy depuis quatre ans, cinq ans, Ce que ça fait très longtemps qu’il m’en parle. Il n’y a pas que lui qui m’entende, c’est que derrière l’idée de triangulation, il y a vraiment l’idée de compromission. C’est à dire que, en fait, Emmanuel Macron, est ce que les gens n’ont pas compris et y compris les décideurs, y compris les dirigeants économiques et politiques par exemple, comme quand on parle d’Emmanuel Macron à François Hollande ou quand on parle d’Emmanuel Macron à d’anciens dirigeants de droite ou de gauche. Il y a quelque chose qu’ils n’ont toujours pas compris, c’est qu’Emmanuel Macron est quelque chose et par-dessus tout, il veut, c’est pouvoir et conserver le pouvoir. Il y a un sarkozyste qui me disait très tôt lors du premier quinquennat que de toute manière, on l’a, on va l’avoir pour dix ans. Et donc ça, c'était avant l'élection de 2022. Souvenez-vous, avant 2022, il y a une partie des dirigeants de droite et de gauche traditionnelle, de centre droit et de centre gauche, on va dire, qui parie tous sur le fait que Macron n’allait pas se faire élire. Il s’est fait réélire depuis début 2022 et j’en parle justement dans le fil Twitter que tu as évoqué. Emmanuel Macron a ambiancé son entourage sur le projet fou de faire un troisième mandat. Moi j’en ai parlé très tôt parce que j’ai eu une indiscrétion en cœur du Palais. J’en ai parlé très tôt dans une chronique, dans un article politique de La Tribune en octobre 2022. Je dis Emmanuel Macron a pour objectif de faire un troisième mandat. Moi je dis dans cet article je ne parle pas de 2027 parce que effectivement, il y a un blocage constitutionnel sur un troisième mandat consécutif. Même si beaucoup de gens ont imaginé une possibilité de transformer la Constitution, de faire appel à un référendum et de se retrouver avec une situation Article seize, c’est-à-dire tous les pleins pouvoirs face à une situation exceptionnelle. Mais moi, qu’est ce que j'écrivais dans le papier ? C’est un troisième mandat avec l’objectif de 2032, c’est-à-dire un retour d’Emmanuel Macron en 2032. Et en fait, je ne dis pas que c’est crédible, je ne fais pas de la prospective politique ou je ne fais pas de commentaire politique. Quand je dis ça, je dis que dès 2022, Emmanuel Macron à la fois pour ambiancer et pourquoi ? C’est ce que j’explique dans l’article pourquoi il a besoin d’ambiancer la Macronie et l’entourage. C’est qui sait très bien que ne pouvant pas officiellement et constitutionnellement se représenter pour un troisième mandat consécutif, il sait très bien que depuis mai 2022, il y a l’ensemble de ses troupes macronistes qui regardent déjà vers l’avenir et donc il essaye déjà de se trouver un successeur. Et donc Emmanuel Macron, comme sa peur panique d'être oublié et d'être mis de côté et donc de subir ce qu’on appelle une chiraquisation comme Chirac a subi avec la montée de Nicolas Sarkozy à la fin de son deuxième quinquennat, il a tout fait pour que ça ne soit pas possible. Il a tout fait pour rester au cœur du jeu. D’un point de vue narcissique et personnel, avec un ego politique démesuré, une hubris comme on dit, une ambition folle et démesurée qui fait qu’en gros il veut toujours compter, alors même que tout était fait structurellement avec son arrivée au pouvoir en 2022, pour que l’ensemble des forces politiques, y compris au sein de la Macronie, commencent à l’oublier. Et donc il a institué l’idée de ce troisième mandat également pour ça, pour pas qu’on l’oublie. Reste que le troisième mandat aligné dans la tête, là, pour le coup, de conserver l’idée, c’est quelque chose. C’est un plan qui a été réellement réfléchi. A tel point qu’en juin 2023, c’est à dire plus de neuf mois après mon article, Richard Ferrand et d’autres sources macronistes ont commencé à ambiancer les canaux officiels de la Macronie, notamment le JDD je crois, et puis d’autres journaux, pour effectivement évoquer l’idée d’un troisième mandat. Je ne sais pas si vous vous souvenez, tout au long de l’année 2023, il y a eu une sorte de débat constitutionnel. Alors, il y a des journalistes qui sont venus voir des constitutionnalistes et la Macronie parle d’un troisième mandat. Est ce qu’un troisième mandat consécutif est possible Est ce qu’on pourrait changer la constitution et compagnie et compagnie en fait ? A minima, Emmanuel Macron dans sa tête tu me parlais de la tête d’Emmanuel Macron souhaite un troisième mandat. Pas forcément en 2027. Est ce que c’est pour l’instant rendu impossible, mais au moins en 2032 ? Il est là, sa folie, sa folie politique. C’est à dire qu’il a tellement d’ambition politique que, comme il est, il est le plus jeune président de la République. Il ne faut jamais oublier. Eh bien, il pense que pour marquer l’histoire, il sera le premier président de la République à faire trois mandats à l'Élysée. Je ne dis pas que c’est possible. On a bien vu que les retours d’ancien président de la République sous la cinquième République, ces retours là ont toujours été un échec. On peut penser à Giscard. Je parlais de Giscard, on peut penser à Nicolas Sarkozy. On peut même penser à la tentation de François Hollande de revenir. Emmanuel Macron, il est dans cet état d’esprit et donc dans cet état d’esprit. Il y a quelque chose que font plusieurs macronistes. Et donc là je cite à Jean-Bernard parce que lui, pour le coup, il s’est dévoilé à travers ce tweet là. Mais il y a plein. Il y a bien d’autres sources qui me le me l’expliquent et le disent. Depuis 2019 au moins, Emmanuel Macron détruit ses enfants ou les éventuels héritiers qu’il a et donc il ne supporte pas qu’une tête puisse dépasser dans la Macronie. C’est déjà tout. Tout est pour le chef, tout est pour le chef. Tout le monde doit travailler pour le chef, c’est-à-dire lui. Aucune dette, aucune tête ne doit dépasser. Et donc depuis 2019, je l’avais déjà écrit dès 2019, il ne vous. Il voue une haine extrêmement importante à l'égard d’Édouard Philippe. Il veut détruire politiquement Édouard Philippe. Il ne cesse de vouloir détruire Édouard Philippe et de l’autre côté, ce qui a été présenté parfois comme le chouchou du président de la République, c’est-à-dire Gabriel Attal, Il s’est retrouvé dans la même situation, en concurrence avec Gabriel Attal.
On va parler de Gabriel Attal dans quelques instants. Mais là, par rapport à ce qui se joue dans huit jours maintenant, neuf jours, le RN, les fachos. Qu’est ce que Macron selon toi ? Qu’est ce qu’il a en tête ? Il est au pouvoir sous l’idée que : Ah, vous vous dites qu’on les a jamais essayés, On va les essayer, vous allez voir, ils sont incompétents et. Mais cela dit, ça ne règle pas son problème du troisième mandat. C’est-à-dire que de toute façon il est obligé de passer la main. C’est là où je me demande si. Tu ne discutes pas trop avec tes sources, hein ?
Je ne dis pas qu’encore une fois là, ce que je te raconte, je ne dis pas que j’y mets du crédit dans la réalisation, effectivement. Bien sûr, j’essaye de t’expliquer la rationalité politique et le pouvoir que Macron y met. Si tu veux que je te donne, je te donne une anecdote. Depuis l’annonce de la dissolution, j’ai tout mon carnet d’adresses des gens de gauche, de droite, d’extrême droite, d’extrême gauche, 200 du centre de la Macronie. Ils m’envoient plein de messages : mais t’avais raison, il est fou ! Moi je n’ai jamais dit totalement qu’Emmanuel Macron était psychologiquement fou. Je pense qu’il est dans une ambition de pouvoir folle. C’est différent on va dire. J’y mets une petite nuance et surtout je ne psychologie pas uniquement le personnage. Ce que je dis, c’est que c’est l’ensemble du système de pouvoir macroniste qui est dysfonctionnel et qui est digne de la folie. C’est-à-dire ? Quand je parlais de Brigitte Macron et le fait qu’elle avait une influence politique à l'Élysée où quand on sait le poids énorme depuis sept ans du secrétaire général de l'Élysée avec ses colères, on voit bien que la cinquième République est totalement devenue folle et complètement défaillante et dysfonctionnelle. Moi, c’est ce que je dis dans mes enquêtes. Pour revenir à ta question, qui est tout à fait juste et légitime. Hum. En fait, y joue la stratégie du chaos et d’ailleurs il n’y a pas que lui, il joue la stratégie du chaos. Nicolas Sarkozy a essayé de faire ça également. Je ne dis pas que ça sera effectif au final et qu’il réussira à tirer son épingle du jeu. Je ne pense pas, mais au final, y a de fortes chances pour qu’il donne les clefs du camion aux assemblées nationales et à l’extrême droite et que l’extrême droite y reste. Si tu veux, il y a quand même dans les offres et des explications, là pour le coup, auprès des journalistes politiques. Depuis l’annonce de la dissolution par les conseils de l’Élysée depuis quelques jours, l’idée que finalement vaut mieux les mettre au pouvoir à Matignon que de leur donner le pouvoir à l'Élysée. Je ne sais pas si tu t’es rendu compte, ça fait partie des éléments de langage que la plupart des responsables macronistes sur les plateaux télé délivrent comme ça.Et il y en a certains quand même qui disent ça en direct si tu veux ça, cet élément de langage, c’est de la folie pure parce que Mais pourquoi il fait ça par rapport à ce que je vous expliquais juste avant ? Pourquoi il irait jusqu'à vouloir, quasiment inconsciemment ou consciemment, mettre leur Assemblée nationale à la tête, à Rome, à Matignon. Alors c’est vrai qu’en termes d’analyse politique, on pourrait dire mais si ceci donne les conditions par cette dissolution, de donner les clefs du camion aux arènes pour Matignon, sa vie politique est terminée. Et ça, c’est un argument qui s’entend tout à fait en termes d’analyse politique. Mais là encore, c’est une analyse politique traditionnelle, je dirais, c’est-à-dire comme si la cinquième République et la démocratie française fonctionnaient encore normalement. Tu sais très bien aujourd’hui, c’est pour ça que je parlais de traumatismes au mois d’août au début, de fake news de Trump, de faux semblants, de mensonges. On est dans des démocraties tellement chamboulées, y compris par les manipulations de tous ordres, par le contact direct à l'électorat, par les réseaux sociaux. Eh bien je ne dis pas que les réseaux sociaux, c’est marrant, mais il y a des tentatives de manipulation fortes à travers les réseaux sociaux. Tous ces mécanismes là qui sont utilisés aujourd’hui peuvent amener à penser que du chaos naîtra autre chose. Et donc Emmanuel Macron, il est dans cet entre guillemets, transgression là. Il n’est pas du tout dans l’idée. Le président de la République, c’est la concorde nationale, non pour reprendre le terme d’ailleurs par exemple de Jean Bernard qu’on a déjà cité dans ce que j’ai déjà cité dans un article de La Tribune, c’est le bordel isolateur en chef Emmanuel Macron et le bordel isolateur en chef, si tu veux. Et donc il faut voir qu’il a toujours bordélisé depuis qu’il est arrivé à l'Élysée il y a sept ans. Depuis sept ans, il ne fait que bordeliser depuis sept ans, il ne fait que mettre les Français les uns contre les autres intérêts et de jouer entre intérêts antagonistes. In fine, il n’a cessé de faire ça. D’ailleurs, une des caractéristiques politiques d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a jamais réussi comme homme de faire comme s’il était un homme de gauche, ce qu’il n’est pas. Il n’a jamais réussi à imprimer un rapport de force, il ne sait pas imprimer un rapport de force collectif ou même défendre des intérêts collectifs en rapport de force. Il ne sait pas faire ça. Il ne sait même pas, d’une certaine manière, est un bon chargé de pouvoir du patronat ou des milieux dirigeants. Parce que les milieux dirigeants, il faut le savoir, il y en a une bonne partie de ces milieux dirigeants. Tu parlais du flirt des milieux dirigeants, aujourd’hui économiques, avec leur Assemblée nationale. On en parlait un instant. En fait, c’est aussi parce que les grands patrons, les patrons en ont ras le bol de Macron. Et ça, c’est très inquiétant par rapport à la situation politique. Mais donc, il n’est ni un bon chargé de. De ses forces d’argent, ni en capacité d’impulser un rapport de forces pour transformer la société. Non, lui, sa caractéristique Emmanuel Macron en banque, un bon banquier d’affaires de Rothschild, c’est qu’il a toujours réussi à se placer au milieu d’un antagonisme dans un jeu de rapports de forces entre différents acteurs pour être au cœur de ce rapport de force dont il a toujours joué avec les antagonismes pour son pouvoir. Ça a toujours été sa tactique, si tu veux. Et c’est ce qui fait aujourd’hui avec le Rassemblement national. Et c’est pour ça que depuis trois ou quatre ans, j’ai toujours écrit que Emmanuel Macron jouait le jeu de l' Assemblée nationale, jouait le jeu de bordélisation et du chaos pour essayer d’asseoir son pouvoir et uniquement d’une manière très court-termiste. Sur un point je ne te dis pas encore comment ça va se passer, est ce que ça va se passer ? Je pense que malheureusement ça va être très dur, y compris pour lui. Je dis malheureusement pour la France, pour les Français, mais. Pas pour lui. Je m’en fous et au contraire. Quand je te disais tout à l’heure il a une obsession d’Édouard Philippe ou depuis que Gabriel Attal a eu des ambitions présidentielles dès 2027. Il a également une obsession contre Gabriel Attal. Parce qu’on me dit mais non, c’est faux, ils sont en totale collusion. Gabriel Attal et sa chose.Non, ce n’est pas vrai du tout. Il faut savoir qu’entre Matignon et l'Élysée, ces derniers mois, c'était la guerre totale. Il y avait du sang sur les murs, chacun balançait des peaux de banane en offre, même sur des canaux différents, sur le numérique, sur des comptes, des faux comptes. Balancer des peaux de banane contre le Premier ministre ou au contraire contre le président de la République. Les rumeurs se multipliaient donc on était dans le champ de la modélisation au sein même de la Macronie depuis 2022 et notamment depuis 2023. C’est un champ de ruines. Il faut voir que oui, Emmanuel Macron est un homme seul aujourd’hui, comme certains observateurs et commentateurs l’ont noté. Mais un homme seul d’abord à cause de lui, et surtout, il a voulu faire table rase du passé. De cette manière, il a voulu faire table rase autour de lui, la foule faisant place nette autour de lui. Et donc il ne veut surtout pas d’héritier, c’est à dire qu’il est dans une pulsion mortifère de pouvoir, c’est à dire en gros après moi le déluge. Il est dans cette dans cette inclination là pour le coup, inclinaison psychologique.
Alors il a dit après moi le déluge. Ça me fait penser à l’indiscrétion de la grenade dégoupillée, il aurait dit J’ai lancé la disruption comme une grenade débridée. J’ai même pu, comme on dit, le dégoupiller. Bon, ça a été démenti par les dits et par l’Élysée du type tu pourras nous dire ce que tu en penses. Il y a deux, deux, deux points importants qui sont évoqués par le Tchad. Là. D’abord, il y a une question d’Olivier : est-ce vraiment un plan machiavélique où il essaye grossièrement de faire passer un geste orgueilleux, impulsif et inconscient, comme une stratégie pour sauver la démocratie ? Voilà. Et beaucoup de gens comme Grand Silence et d’autres évoquent l’article seize du C qui a été suggéré par Europa, là aussi démenti par l’Élysée article seize qui donnerait les pleins pouvoirs à Macron. Au lieu d’avoir un troisième mandat, il aurait un deuxième mandat, premièrement.
Si je puis dire. Pour la première remarque.
Le plan machiavélique où finalement tu vois, sauve qui peut et puis on décide d’habiller les choses. Voilà. Et la deuxième chose, l’article seize.
À l’heure actuelle, j’ai déjà un petit peu répondu à la première question, mais je vais réviser et préciser les choses. Donc, comme ce que j’ai dit, c’est la chose suivante : l’idée de dissolution était depuis longtemps dans les cartons, mais je ne crois pas au fait qu’il y avait un plan machiavélique. Enfin, quand je dis je ne crois pas, je le sais que y avait un plan machiavélique comme ce qui a été présenté par des off et des indiscrétions pour rationaliser la décision d’Emmanuel Macron et que ce plan machiavélique n'était pas constitué à partir d’un cabinet noir ou d’une petite structure à l'Élysée qui se préparait à faire le binz grec de la dissolution. Ce n’est pas comme ça que ça s’est passé qu’il y ait des conseillers, des courtisans comme Pierre Charon, comme Bruno Roger-Petit qui d’une certaine manière, dans leur propre responsabilité, ont d’une certaine manière abondé dans l’idée de la dissolution auprès du président de la République. Ça, c’est évident. Mais ce n’est pas eux qui ont influencé le président de la République sur la dissolution, réellement. Et c’est vraiment Emmanuel Macron qui l’a décidé seul dans son coin. D’ailleurs, ça a été expliqué en long, en large et en travers, à tel point que Gabriel Attal n'était pas au courant et que plein. Tous les ministres étaient d’ailleurs comme quasiment pour le black pour la plupart pas au courant. Et donc il y a seulement quelques conseillers proches qui ont été tenus au courant dans les heures précédentes. L’annonce de la dissolution et donc tous les récits qui veulent expliquer que tout ça c’est une grande. Stratégie. Non, ça c’est des éléments de langage. Quand je disais stratégie, je parlais de stratégie du chaos. Je pense que c’est quelque chose qui fait depuis 2022. Je parlais de faire place nette autour de moi. Ça c’est plutôt son état d’esprit Et ce que j’essaie de faire comprendre, c’est qu’il y a dans cette stratégie du chaos. Il ne faut pas sous-estimer son appétit de pouvoir à l’avenir, quel que soit son avenir politique. Mais moi, ça, je ne regarde pas dans la boule de cristal. Je te, je j’essaie de vous faire comprendre là pour le coup, son état d’esprit par rapport à sa volonté coûte que coûte de continuer à rester au pouvoir d’une manière ou d’une autre, en tout cas à rester dans la tête des Français pour l’avenir. En gros, il est un peu dans l’histoire, dans la situation d’un grand toxicomane si tu veux, qui veut pas, il ne veut pas filer et qui veut pas filer les clés de l'Élysée. Il veut toujours rester en réalité. Alors par rapport à l’autre question sur l’article seize, ou également à l’idée d’une démission parce que l’idée d’une démission a été également évoquée. Et dans les deux cas, c’est des idées qui ont été démentis très rapidement par l’Élysée. Bien évidemment que c’est des choses qui sont sur la table et c’est des choses qu’Emmanuel Macron, de mon point de vue, pourrait très bien utiliser tant démissionner que, au contraire article. C’est toujours dans l’idée du chaos de tirer son épingle du jeu par rapport au chaos, de préserver son pouvoir coûte que coûte et éventuellement, comme l’exposent, ça, c’est ce que j’expliquais dans mon fil Twitter de dimanche soir de la dissolution. Et ça, c’est une source de quelqu’un qui fait très bien. Et le Macron est. Il a côtoyé au début de son premier quinquennat très fortement, qui me disait finalement sa seule possibilité maintenant, vu qu’il veut faire un troisième mandat, c’est d'être suffisamment dans des conditions de bordel, de proposer aux Français comme un référendum pour changer la constitution et donc leur proposer Est ce que vous voulez que je fasse un troisième mandat ? Donc encore une fois, je ne dis pas que c’est réaliste, mais on est ce que je dis, c’est qu’on est dans un système politique totalement dysfonctionnel et défaillant, qu’Emmanuel Macron est totalement, justement transgressif, même si le mot est très galvaudé mais transgressif par rapport aux règles de l'État de droit en tout cas, et par rapport aux règles démocratiques. Et que donc, dans son ambition au pouvoir démesuré, il peut tout imaginer sur la tard et il peut mettre tout sur la table, réellement, concrètement. Et donc là dedans, il peut très bien, d’une manière très impulsive, décider l’un ou l’autre de ces deux sujets, de l’une ou l’autre de ses options. Et d’ailleurs le fait que éventuellement l’idée de l’article seize, et alors que les conditions ne sont pas du tout réunies parce que j’ai plus les conditions de l’article seize, mais elles sont extrêmement précises et restrictives, il faut que l’intégrité territoriale du pays, je crois, soit menacée une seule fois. L’article Seize Entre les pleins pouvoirs a été a été utilisé. C'était par le général de Gaulle en 1961, lors des putschs des généraux en Algérie, pour expliquer la gravité de la situation à l'époque qui avait amené général de Gaulle à utiliser l’article seize, le général de Gaulle n’a pas utilisé l’article seize entre 68 et 69, ni au moment des événements de 68, ni même ensuite dans les mois.
Cela dit, si le RN arrive au pouvoir, c’est quand même les nostalgiques des généraux putschistes. Donc oui, il pourrait presque y avoir Tiens Je fais comme De Gaulle
C’est bête, c’est ce que je te disais, c’est qu’on peut, on peut effectivement on peut effectivement tout imaginer
Alors peut-être justement n’imaginons pas, nous sommes rattrapés par la patrouille parce que tu dis il y avait très peu de gens qui étaient au courant de la dissolution. Et puis bah évidemment, le tchat se soulève comme il sait le faire il y avait Pascal Praud. Est ce que tu sais ? Le monde qui a révélé ça, a priori, Bruno Roger-Petit aurait eu une discussion à 18 h avec Praud lui annonçant à mots couverts la dissolution. Alors, outre le fait que d’un point de vue constitutionnel, tout ça est très étrange puisque normalement cette décision aurait dû se prendre avec le premier ministre, ça c’est dans la constitution. Visiblement, il a pris sur lui, donc je me demande si on pourrait presque attaquer Macron là dessus.
Mais c’est ce que je sais, ce que je me suis dit et je me répète, mais c’est ce que je disais là depuis quelques années, que le système de pouvoir de la Macronie est totalement défaillant, dysfonctionnel. C’est ceci confine à la folie, c’est les règles de droit et constitution. Elles ne sont plus respectées depuis des années et des années. Il faut s’en rendre compte au-delà même de deux pas, au-delà même de la question pure, du respect des libertés publiques, comme on a pu le voir par rapport à la répression totale et délirante décidée par Macron vis-à -vis de toute opposition.
Et presque tout à l’heure Tutu puis a expliqué à plusieurs reprises, j’ai employé le terme ambiancer. CDC je l’ai dit, s’est déroulé et donc parce que certains demandaient dans le chat mais ça veut dire quoi ambiancer ? On a bien compris. Ambiancer, ça veut dire laisser entendre, ça veut dire agiter des esprits, etc. Mais là, par exemple, quand Bruno Roger-Petit appelle Pascal Praud pour lui dire ça, outre le côté déliquescent total de l'État, qu’est ce que ça signifie pour nous tous en tant que en tant que citoyen, ça veut dire que notre voix n’a aucune espèce d’importance, C’est à dire que c’est entre le pouvoir médiatique, industriel et politique et le reste.
Alors, c’est une anecdote effectivement très révélatrice. Quand je dis personne n’était au courant ou très peu de gens l'étaient. Je parle des et je parle des jours précédant la date de la dissolution. Moi je dis que la dissolution y a pas eu un cabinet noir trois semaines avant pour la préparer mais que dans les heures ou les jours et les tout derniers jours y a commençait à avoir une rumeur voir le dimanche. Que Bruno Roger-Petit ait fait partie des quelques rares conseillers à être tenus au courant avant Gabriel Attal de la perspective d’une dissolution. Alors ça, c’est tout à fait crédible. D’ailleurs, le Monde l’a dit, l’expliquer de toute façon, prend lui-même la dit à l’antenne C’est bien ça qui a foutu le bordel. Bien que Praud se soit vanté d’avoir eu l’info avant tout le monde. Mais ça, c’est parce que les gens, et notamment les gens de gauche, je m’inclus dedans, ne regardent pas parce qu’elle prose est fun. Non mais moi j’ai des sources qui me racontent et qui regardent. Oui, j’ai des sources qui regardent parce qu’elles prouvent et donc me racontent régulièrement ce qui se dit sur le plateau de Pascal Praud. Ça m'évite de regarder Pascal Praud. Donc comme ça j’ai les nouvelles du plateau de Pascal Praud et en fait ça fait déjà quasiment trois ou quatre ans que Pascal Praud arrête pas de jouer avec sa promo, ni avec sa proximité avec Bruno Roger-Petit. Parce que y a des dizaines et des dizaines d’exemples qui fait que sur le plateau de Pascal Praud, Pascal Praud explique qu’il a une très bonne source à l’Élysée, que son et que c’est son grand ami Bruno Roger-Petit y s’en cache même quasiment plus que.Il avait cité d’ailleurs un des anciens éditorial de Bruno Roger-Petit dans Challenges en lobbys en disant Ceci est un très grand éditorialiste et autour de la table, tout le monde le regardait avec un sourire entendu Ben oui, on sait très bien que c’est ta source à l’Élysée, c’est ton grand copain et compagnie. Donc ça c’est pour expliquer. Et oui, y a une très forte proximité entre mon âge à petit. Pascal Praud ça date je sais plus d’une émission de radio qu’il avait fait ensemble qu’il avait co-animé ou en tout cas où il était chroniqueur. Je crois que c'était du temps d’i-Télé. J’avais écrit ça dans le portrait enquête que j’ai consacré à BRP il y a quelques mois. Et donc rien que ça, c’est totalement dysfonctionnel en fait. Un sbire que le conseiller de l’Élysée qui passe son temps à faire des off et à donner des indiscrétions à quelqu’un comme Pascal Praud, c’est un peu lunaire.
Et en faisant ça et il donne du crédit à Pascal Praud puisqu’il peut argumenter, A peut avoir des informations importantes, donc dans un déversoir de saloperies, de débats. Bref, on le connaît et tout d’un coup t’as une information qui vient, qui est donnée par la main de Dieu ou quoi ? Donc ça crédite le l’ensemble du travail de pro et c’est là où c’est absolument épouvantable. Alors là, j’ai mis à l'écran le portrait de Bruno Roger-Petit.Je voudrais qu’on en parle parce que moi, pendant longtemps je pensais que ce n’était pas si important. Et puis bon, là on se rend compte que quand même, le gars, je ne sais pas qui se souvient que Bruno Roger-Petit dans les années 90, c’est un présentateur télé assez totalement atypique. Il a le journal de la nuit sur France deux, il fait un jour un coup d'éclat, il balance ses notes, etc. Il est le chouchou des avocats, presque de Libération. Il a été longtemps catalogué comme homme de gauche, etc. Là je viens de comprendre par ce que tu nous as dit que, en fait, homme de gauche, c’est surtout la fascination de la face noire sombre de Mitterrand. Mais qu’est ce que comment t’explique l’itinéraire d’un. Un type comme ça. Est ce que c’est. Est ce que c’est la photo qui nous montre tout ? C’est-à-dire le. La suffisance du pouvoir, L’installation du pouvoir, les beaux costumes taillés. Est ce que c’est ça ? Est ce que c’est autre chose ?
C’est plein de choses. Pour rebondir sur ce que tu viens de dire et ce que je révélais avec mon collègue de Marianne dans le portrait enquête qu’on a fait en février. Bruno Roger-Petit est l’un des trois plus gros salaires de l’Élysée. On n’a pas dit on a pas réussi à avoir le chiffre exact. Donc j’ai une fourchette que je n’ai pas publiée mais mes amis y gagneraient entre 12 000 et 15 000 €. Ça s’apprend avec des pincettes, des chiffres que je n’ai pas publiés, mais c’est ce qu’on a, C’est ce qu’on m’a dit il y a quelques années et c’est l’un des trois plus gros salaires de l’Élysée. Donc bien évidemment, il y a le décorum du château, les dorures, la carte de visite, le fait que socialement ça lui donne une importance. Bien évidemment qu’il y a ce confort là. Surtout que et, et ça je l'écrivais également dans le portrait est Bruno Roger-Petit. C’est vrai que notamment son coup d'éclat à la télévision, tout le monde s’en souvient. Il avait balancé ses feuilles lors d’un journal de la nuit, à la fin d’un journal de minuit qu’il présentait, ce qui l’a amené finalement à se faire licencier de France deux. Il y a eu d’autres choses, mais en tout cas, à ce moment-là, il a été licencié de France deux. Bruno Roger-Petit était plutôt regardé comme un gentil provocateur de télé, un peu déconnant par rapport aux journalistes politiques traditionnels, puisque je rappelle qu’il a commencé sa carrière à l’antenne de France deux en 88 en intégrant le service politique et justement en suivant l’Élysée et Mitterrand à l'époque. Et c’est de là d’où vient. Sa fan attitude à l'égard de Mitterrand. Et donc on le regardait, on le regardait un peu comme ça. Et en fait, c’est quelqu’un qui a très tôt compris les ambiguïtés, les mêmes qu’on a pour pouvoir et qu’il adore lui-même les ambiguïtés. Et ça, c’est ce que me disait un de ses amis à Bruno Roger-Petit. Finalement, Bruno s’est logé dans les ambiguïtés de Macron, notamment idéologiques et de pouvoir, parce que finalement, lui-même, entre guillemets, prend son pied dans ses ambiguïtés là. BRP, c’est un caméléon, c’est un séducteur aussi. Il est dans de multiples réseaux très contradictoires bien évidemment, depuis très longtemps, très proche de Geoffroy le Jeune, ancien directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles et devenu patron du JDD. Pour revenir sur ce que tu disais sur Praud dans le système BRP aujourd’hui à l’Élysée, il faut, il faut savoir que si tu veux être le mieux informé et je te le dis sans rien, si tu veux être le mieux informé sur l'état d’esprit de l’Élysée et sur les anecdotes au cœur de l'Élysée le dimanche, c’est pas le Parisien dimanche qu’il faut lire, c’est pas la tribune du dimanche qu’il faut lire, c’est le Journal du dimanche. C’est à dire que le Journal du Dimanche, qu’a toujours été de toute manière historiquement la Pravda du pouvoir, mais version Bolloré et entièrement utilisée par l’Élysée pour mettre en place son storytelling comme on dit. En tout cas son récit, et notamment à travers les fameux papiers et portraits politiques qui sont écrits, parlés par les confrères en politique si tu veux. Et Bruno Roger-Petit utilise le JDD totalement comme un canal d’information auprès de la Macronie, auprès des autres journalistes politiques. Et il utilise beaucoup plus le Journal du Dimanche que le journal Le Monde. Et donc ça, ça dit beaucoup de choses aussi, de la transformation du champ médiatique, de la fragmentation, de la crise de la presse. Parce qu’une institution comme Le Monde, finalement, eh bien finalement, a perdu de son magistère, à tel point que l’Élysée est même capable d’utiliser des canaux d’extrême droite quand ils le font d’une manière instrumentale bien évidemment, pour, comme tu dis, pour leur donner du crédit. C’est tout à fait vrai. Mais là, je vais revenir à un trait de caractère personnel et du parcours de mon ouvrage Le petit Bruno Roger-Petit. Alors il a fait Sciences-Po Paris, il a fait Sciences-Po Paris, comme plein d’autres journalistes, notamment du Monde. Mais il n’est pas entré au monde et il a un fort ressentiment dans sa carrière journalistique. C’est un journaliste de télé, donc il s’est senti méprisé par les grands journaux d’information générale et politique type Le Monde. Et il a toujours eu soif de reconnaissance, y compris professionnelle. Il faut savoir que, après s'être fait licencier de France deux, il a travaillé en petites mains avec Jean-Luc Delarue dans ses émissions débats. Tout le monde a oublié cette période là et extrêmement. A connaître et donc Bruno Roger-Petit, il est dans une soif de reconnaissance terrible. C’est aussi pour ça que quand Macron lui propose le poste de conseiller en 2017, il accepte immédiatement. Parce qu’en fait, pour lui, c’est le Graal. D’une certaine manière, il va pouvoir entrer dans le saint des saints. Et d’ailleurs, pour la petite histoire, il ne connaît pas totalement encore Michel Charasse. C’est Emmanuel Macron qui fait rencontrer Michel Charasse à Bruno Roger-Petit. Charasse convoque Bruno Roger-Petit dans son bureau du Conseil constitutionnel à l'époque et essaye de le tester justement sur son vrai rapport à Mitterrand et sa connaissance, comme l’a confié Bruno Roger-Petit, quand on nous a répondu aux questions qu’il a, il a renâcle à nous répondre. Il a fini par nous répondre, il nous a expliqué. Finalement, Michel Charasse a donné toutes les clefs du fonctionnement du château et de la présidence de la République. Ça explique également la longévité de mon petit Alain à l’Élysée. Mais là aussi, c’est pareil. J’ai un de ses amis qui me disait la chose suivante : finalement Bruno, on a cru qu’il était de gauche, mais en réalité, il a toujours au fond été extrêmement droite, extrêmement droitier. Il a toujours été d’extrême droite. Là, je n’ai pas le temps de l’expliquer.
Ça commence à faire beaucoup. Alors il est dit je te dis ça, nous on a tout notre temps, mais je sais que toi tu as des rendez vous. Il y a, il y a déjà, j’imagine, plein de gens qui débarquent. Et qu’est ce que tu leur racontes aux autorités dans Oppose tiens, ferme ta table, ta bouche Et nous on aime beaucoup, on aime, on aime beaucoup s’arrêter.
Je peux rester jusqu'à 11 h 30.
Oh, génial ! Génial ! Alors, je n’oublie pas que tu as dit. On en parlera plus tard concernant Attal, concernant Kohler. Mais là je voudrais qu’on comprenne un peu de hauteur et qu’on parle non plus des gens, mais du fond. Nous avons eu, nous avons eu beaucoup d’entretiens aux postes ces derniers jours. Je pense à Stefano Borini qui est un des théoriciens du bloc bourgeois. Je pense à Chapiteau, je pense à beaucoup, beaucoup de gens. Et ce qui ressort, c’est que finalement, il y aurait beaucoup plus de proximité idéologique entre le centre, le, le, la droite et l’extrême droite qu’on ne l’affiche. Et notamment une simple chose c’est une même vision économique, une même vision du monde. Est ce que tous les gens que tu côtoies, je ne veux pas les mettre en cause, mais est ce que. Parmi tous ces gens qui font partie du pouvoir, qui sont dans les rangs du pouvoir, est ce que tout le monde va absolument s’accommoder d’une prise de pouvoir possible du RN ? Ou est ce qu’il y aura quelques Jean Moulin qui ne prêtent pas allégeance ? Ou est-ce qu’ils prêteront allégeance parce que finalement c’est le même monde ? Et pas les mêmes méthodes, mais c’est le même principe.
Une petite question.
On n’est pas chez les cons ici ? Alors à propos, et c’est le moment de balancer le petit scoop. La recette ? Ben non, là en fait là en fait, les amis. Est ce que vous voyez, c’est un entretien d’embauche puisque Marc devra le plaisir à la rentrée de devenir. Il aura carte blanche. Une fois par mois, Il animera une émission. On ne sait pas encore quoi. Moi, à mon avis, t’es tellement intarissable. Si tu veux, on va se démerder.
Moi je m’auto saoule alors j’espère que les gens ne sont pas saoulés, mais à part mon entretien validé.
Joli recrutement, ça c’est bien joué. Trop bien. Un bon brigadier chef ! Excellent ! Voilà. Champomy pour tout le monde ! Let’s go ! Bravo, c’est super ! Bon, voilà, tu vois, c’est bon. Alors sur le fond,
Alors il y a plusieurs choses aussi, dans le récit médiatique du Rassemblement national, il y a plein de choses à la fois justes et fausses. Par exemple, il y a plein de papiers là-bas depuis à peu près six mois, un an pour essayer de comprendre. Les relations entre le patronat, les dirigeants économiques et le Rassemblement national est une des seules anecdotes réelles qui a été publiée a été un déjeuner répété d’Henri Proglio, ancien patron d’EDF, ancien patron de Veolia, figure des réseaux de l’ombre de la cinquième République avec Marine Le Pen. Et pas dans n’importe quel restaurant chez Laurent, près de Champs Elysées, chez Laurence et un restaurant bling-bling des Champs-Élysées et proche de l’Elysée. Et donc c'était fait pour qu’on en parle, c'était fait pour que ça soit répété. Et c’est très difficile de savoir exactement qui rencontre qui. Entre dirigeants économiques et responsables de l’extrême droite et du Rassemblement national, Il y a deux choses qui sont fausses.
Ça reste honteux. Oui, parce que c’est mauvais pour les affaires ?
Oui, oui, ça reste dans la sphère. Alors après, y a plusieurs patronats, c’est à dire qu’il y a le patronat, des petits patrons de région, tu as le patronat familial, tu as des dirigeants de groupes du CAC40 qui ne sont pas forcément actionnaires mais qui sont salariés de fonds de pension et fonds d’investissement américain pour beaucoup et une bonne partie du CAC 40 aujourd’hui. Donc on est quand même dans une pour reprendre le terme du sondeur conservateur. Jérôme Fourquet On est dans une archi politisation à dire du patronat français, mais. Donc là dedans, il y a vraiment des profils très différents. Ce qui est faux, c’est que le RN n’arrive toujours pas réellement à avoir en direct de réel support de dirigeants organiques avec le parti. C’est-à dire que les gens, les conseillers économiques du RN ne sont pas organiquement liés à lui. Il y en a très peu cerclés. On a. Là, j’ai cité Proglio qui a déjeuné à un moment donné Loïk Le Floch-Prigent, ancien patron d’Elf, avait conseillé Eric Zemmour et Sophie de Menthon et qui se définit comme elle-même comme ultra libérale, a exprimé son intérêt pour le Rassemblement national auquel Proglio Loïk Le Floch-Prigent, c’est des vieilles gloires. Ce n’est pas le CAC 40 aujourd’hui. Et donc il n’y a pas de conneries. Il n’y a qu’une proximité instrumentale. C’est-à-dire que, d’ailleurs c’est pour ça que c’est un peu la panique dans les milieux dirigeants économiques quand même de ces derniers jours. Et c’est pour ça qu’ils sont furieux contre Macron. Parce qu’il y a deux choses qui veulent ils veulent la stabilité pour les affaires et ils veulent la stabilité au regard des règles fiscales et économiques. Donc en fait, ils ne comprennent pas la décision d’Emmanuel Macron de la dissolution. Si tu veux ils sont furieux de cette décision auprès des Emmanuel Macron et Emmanuel Macron a reçu des dizaines, voire des centaines de messages de grands patrons qui, depuis déjà bien longtemps, en avaient ras le bol de son comportement erratique. Et donc, en fait, s’ils font avec le RN, ils le feront contraints et forcés pour une part d’entre eux. Il y a une autre part d’eux qui sont organiquement et historiquement et culturellement beaucoup plus proches de l’extrême droite et d’un rapport tout simplement antidémocratique et oligarchique du capitalisme français et même mondial. Donc ça, c’est Bolloré. Arnault a un enjeu d’image par rapport au groupe LVMH quand même, parce que c’est le premier groupe de luxe mondial. Il n’a pas spécialement envie que ça soit le bazar en France. Ça, c’est une question d’image, d’intérêt immédiat. Première destination touristique. Il ne faudrait quand même pas que tout ça. Il y a d’énormes manifestations à quelques jours des J.O, mais je parlais de Vincent Bolloré où par exemple dans les articles, je pense notamment à un article du Nouvel Obs. qui parlait du lien entre patronat, dirigeants économiques et raison nationale. Le quotidien Le Journal évoquait le fait que la famille Dassault. C'était pour certains. Certains de ses membres étaient proches ou en tout cas pouvaient exprimer de l’intérêt à l'égard d’extrême droite et du racisme national. Il faut savoir que en fait, rien de nouveau sous le soleil. Pourquoi ? Parce que dans les années 80, Serge Dassault, Serge Dassault, fils de Marcel Dassault qui s’appelait en fait Marcel Bloch, avec qui a connu les camps de concentration et d’extermination nazis. Marcel Blok, c’est une sacrée histoire. La famille Dassault. Dans les années 80, Serge Dassault côtoie Jean-Marie Le Pen. Voire même. Avait donné un peu d’argent à Jean-Marie Le Pen dans les années 80. Donc, ce flirt avec l’extrême droite, avec certains milieux dirigeants économiques français toujours, a toujours un peu existé. Et là, on retrouve les réseaux transversaux de la cinquième République. Ce que je disais, Pasqua, Charasse, les barbouzes, certains milieux patronaux et d’extrême droite, ça a toujours existé. Et c’est vrai. Après que l’on assiste à une. Pour reprendre les analyses des gens. Qui que tu citais d’une imbrication du néolibéralisme et d’une composante autoritaire du néolibéralisme et de l’imbrication, donc du néolibéralisme et de sa compromission à l’extrême droite. On le voit dans tous les pays, on l’a vu finalement avec Trump, on l’a vu, on le voit avec Israël, on le voit maintenant quand on le voit avec Meloni en Italie. Bien évidemment que les milieux d’affaires finissent toujours par se mettre d’accord avec l’extrême droite, surtout que l’extrême droite, notamment, y compris autour de Marine Le Pen, ne cesse depuis notamment cinq ans, 25 ans depuis 22 022, mais même depuis 2017, à essayer de donner des gages de sa bonne volonté économique, entre guillemets. Donc là, ils ont annoncé qu’ils ne reviendraient pas sur la contre réforme des retraites, disons. Ils avaient déjà expliqué il y a longtemps, il y a deux ou trois ans, qu’ils allaient suivre les règles budgétaires de Bruxelles et qu’il n'était pas du tout question de remettre en cause les règles budgétaires et monétaires de Bruxelles et que donc ils revenaient tout à fait sur toute idée de sortie de l’Union de l’Union européenne, mais notamment de l’Union européenne libérale économiquement et néo libérale. Donc bien évidemment, ils ont cessé de donner des gages, si tu veux, après. Dernier élément deux Dernier élément pour te répondre, je parlais de Bolloré. Les relations qu’il a avec Marine Le Pen sont compliquées en fait. Il ne faut jamais oublier que Bolloré, il a soutenu Zemmour.
Oui bien sur
Et Marine Le Pen n’a pas supporté le fait que Bolloré soutienne Zemmour parce que ça a effrité sa base électorale et notamment entre le premier et le deuxième tour
Même si par la suite ça l’a recentré. Et ça, je ne dis pas que ça a été fait pour ça, je dis qu' elle est apparue comme elle avait envie d’apparaître.
Ça c’est évident. Mais moi ce que je te dis, c’est que les relations RN /Groupe Bolloré ne sont pas organiques. Si tu veux. Après, ça passe, ça peut passer par des intermédiaires, c’est à dire par exemple Pierre Édouard Sterin, Pierre Édouard Sterin, jeune milliardaire versaillais ultra catholique qui a fait fortune dans les Smart box, qui est donc en train de racheter Marianne, mon employeur actuel, Pierre Édouard, sera son directeur, le directeur général du fonds d’investissement, sa holding, le directeur général de sa holding et le conseiller économique de Marine Le Pen.Et avait même préparé Marine Le Pen en 2022 dans son manoir de Normandie. C'était avant lui dément. Mais ça a été raconté par le journal. Libération a essayé avec d’autres conseillers. J’ai eu d’autres sources sur cet élément là. C’est bien ce directeur général qui, avec d’autres conseillers, ont préparé Marine Le Pen aux débats du second tour. Mais là aussi, c’est pareil. Moi, dans les indiscrétions, j’ai d’anciens conseillers de Marine Le Pen. Et oui, ça m’arrive parfois de parler avec eux. Ils sont atterrés par la réalité et le niveau des gens qui sont autour de Marine Le Pen, y compris du côté de la sphère économique. Pour reprendre ta remarque de tout à l’heure. Effectivement, même si l’influence de la sphère fait que vis à vis notamment de l’islam, parce qu’il faut réduire les choses par rapport à ce qu’ils pensent ces gens là. La montée du. Racisme et la décomplexions des discours contre l’islam, contre les arabo musulmans, contre les minorités, contre le romantisme. En ce qui présente comme le motif, c’est-à-dire l’inspiration trumpiste, a largement influé et infusé dans les cercles économiques français de ces dernières années.
Et de ce point de vue là chez Kate, demande. Sais-tu pourquoi Bolloré, qui est d’extrême droite, a plutôt soutenu Zemmour que Le Pen ?
Mais parce que ça, c’est une grande question. Mystère. D’où le fait. D’où ma question aussi est ce que Zemmour était l’idiot utile d’un deal entre Bolloré et Macron ? Est ce que c'était une manière de peser dans les négociations économiques avec le groupe africain de Bolloré ? Est ce que c'était une manière de fracturer la droite de la droite et l’extrême droite et donc de présenter ça finalement auprès de Macron, comme regarder acheter des mangas ? Parce que j’ai fragmenté, j’ai fragmenté l’extrême droite. Je ne dis pas que c'était un grand complot ou un je ne dis pas qu’on lui a demandé de faire ça, mais il a pu très bien, en tout cas moins présenter les choses en sa faveur en voyant les choses comme en tournée. Et puis par ailleurs, y a quand même un élément, c’est que le Rassemblement national, donc je suis obligé de le dire encore, mais là on est dans un public plutôt convaincu, j’imagine, mais ça reste le plus un parti d’extrême droite, pur antisémite, héritier du pétainisme et même de néonazis ou néo fascistes. Et donc c’est encore leur Assemblée nationale. Or, Vincent Bolloré a beau être présenté de plus en plus comme ultra catholique conservateur, il a une histoire particulière. La famille Bolloré a une histoire particulière. Avant la Seconde Guerre mondiale, dans les années 30, ils avaient accueilli Léon Blum. Il faut savoir qu’une des grands-mères de Vincent Bolloré était au sein du BCRA
Donc attends, t’es en train de me dire que Bolloré, la famille, la famille Bolloré, on lui doit peut être le Front populaire ?
Non, je n’ai pas dit ça.
Je sais bien.
Mais il y avait des liens entre Blum et la famille Bolloré à l'époque, alors ça n’avait rien à voir. Bien sûr, bien sûr, mais il faut savoir que Vincent Bolloré et alors ? Ça fait partie de la mythologie du groupe Bolloré. Évidemment qu’il faut prendre avec des pincettes. Mais enfin, quand je dis mythologie, c’est quand même d’histoire familiale. Donc ça existe en mythologie, c’est Vincent Bolloré adore parler de sa famille, de l’histoire de sa famille. D’ailleurs, lors de la commission d’enquête à laquelle il a dû répondre à l’Assemblée nationale sur les médias, il a utilisé cet argument là. Ma famille a reçu Léon Blum et il a accueilli chez nous. Nous l’avons accueilli chez lui. Je ne suis pas d’extrême droite et compagnie et compagnie, donc ça fait partie aujourd’hui de son storytelling. Je ne suis pas dupe de ça. Ce que je veux te dire quand même, c’est que, aux origines de la famille Bolloré, et même dans la suite des choses, il y a des il y a des choses qui peuvent expliquer qu’il n’est pas totalement organiquement lié au RN, et notamment sur la question de l’antisémitisme, parce que par exemple, sa grand mère ou arrière grand mère,sa grand mère, qui était donc au BCRA, qui était en fait le bureau de services secrets du général de Gaulle à Londres, l’ancêtre du SDEC et de la DGSE que cette grand mère là avait également travaillé pour les premiers services israéliens de renseignement après la guerre, au moment de la Constitution, l'État d’Israël après 1948. Donc c’est une clé d’explication que j’y vois sur le fait que le RN et Bolloré, ce n’est pas totalement organiquement aussi proche qu’on pourrait le penser. En tout cas du point de vue de gauche. Je ne dis pas en termes de valeur, d’influence, de guerre culturelle, d’hégémonie culturelle ou de complaisance. Là je dis vraiment organique, c’est à dire d’organisations qui sont imbriquées d’une manière liée d’une manière à la fois imbriquées. Je parlais de la famille Dassault, y compris avec une histoire complexe, enfin complexe et forte à la fois. Mais par exemple, Marine Le Pen, historiquement un de ses anciens conseillers économiques qui fait partie du groupe des Horaces, c’est le terme qui était employé. Le groupe des Horace, un des responsables du groupe des Horaces de ces dernières années.
Bien sûr.
Je peux prendre une figure ancienne qui est maintenant vieille et fatiguée. Éminente figure ancienne du catholicisme français, Claude Bébéar. Claude Bébéar, patron d’Axa. Il avait une politique d’inclusivité, notamment à travers le financement de l’Institut Montaigne, un institut ultralibéral. Mais quand je dis Poutine inclusivité, c’est bien dit Sur le terrain diversitaire, c’est-à dire il faut inclure les minorités à l’entreprise. Alors qu’en réalité, comme Bébéar est extrême droitier, surtout à l'égard de tout ce qui n'était pas blanc, catholique, homme masculin. Voilà, ça c'était le leur. Qu’en dire ? Le faux semblant et le positionnement dans les élites économiques et la réalité de ce que ces responsables là pensent. Pour ajouter un élément sur ta question concernant les hauts fonctionnaires au sein de l'État, est ce que c’est une vraie question ? Est ce qu’il y collaborera ou pas aux façons nationales ? Là, il y a des typologies d’administrations très différentes. Autant l'éducation nationale, voire même une partie de Bercy, les douanes, les services des impôts. La culture, bien évidemment, la santé pour. Certains hauts fonctionnaires de ces corps pourraient exprimer une défiance, voire se battre en interne contre un gouvernement national d’extrême droite. Autant d’autres administrations, je pense à la défense, mais notamment surtout à la place Beauvau et bien sûr, et aux policiers qui, là, pour le coup, seraient totalement main dans la main avec eux, avec leur façon nationale.
Je profite que tu parles de la police et de la place Beauvau pour dire qu' à ces heures, on fera un deuxième poste. Parce que dans ce monde, les bouchées doubles ou triples, allez voir Ugo Bernalicis. Qui viendra avec qui ? On va parler du programme du nouveau Front populaire sur les questions de police, et vous verrez qu’il y a des choses qui sont très intéressantes et d’autres qui sont en recul par rapport à ce qui avait été proposé en 2022. Mais là, on parlera que du fond. Cet après 12 h, avec Ugo Bernalicis à 16 h, voilà, l’incident s’est passé. Il y a ISU dans Le chat qui te demande si tu as une analyse sur Matthieu Pigasse, donc patron entrepreneur et notamment patron de presse, qui a clairement pris parti pour le nouveau Front populaire contre le RN. Quel est ce signe ?
Alors bon, Matthieu Pigasse, il a toujours dit qu’il était né le soi-disant de gauche. Bon, il a financé les Inrockuptibles, donc c’est sûr qu’il n’est pas de droite et pas d’extrême droite. Donc voilà, il a voulu en 2016, candidater à l'élection présidentielle. Il s’est fait doubler par Emmanuel Macron. Donc c’est bon signe. C’est assez logique qu’il appelle à voter pour le nouveau Front populaire. Il y a pourtant un de ses anciens amis, c’est à dire Arnaud Montebourg, avec qui il s’est fâché pour des raisons de fraude d’affaires, mais qui lui fait le chemin inverse, ainsi que Montebourg, qui d’ailleurs a collaboré avec Pierre Édouard Stérin, le milliardaire catholique versaillais que j'évoquais tout à l’heure. Mais pour revenir à Pigasse, il faut savoir en plus qu’il a une mésentente personnelle qui est la sienne la banque Rothschild et lui qui était à la banque Lazard, la banque d’affaires concurrente de chez Rothschild à Paris, entre autres d’autres banquiers d’affaires et les deux principales banques d’affaires autonomes. Il a un contentieux personnel avec Emmanuel Macron ancien, une rivalité, des ambitions contraires et un positionnement politique relativement différent. Pour la petite anecdote, il a publié aussi un livre quelques années avant 2016, c’est à dire, je crois, six mois ou un an, il a publié un livre qui s’appelait également Révolutions, mais avec un S
Et bien sûr, c'était aussi la période où il se disait banquier punk ce qui est quand même un problème. Enfin, pour nous ici, ce n’est pas possible, se fâcher pour des raisons d’affaires, c’est un peu de droite.
Ben oui, mais par exemple, se pose la question. Là-dedans, dans les prochaines semaines se pose la question du positionnement. Xavier Niel, par exemple, qui serait quand même Dieu, qui est très instrumental comme grand patron, on l’a souvent présenté comme très proche d’Emmanuel Macron. Les choses sont beaucoup plus complexes, on a pu le dire. Niel, c’est d’abord lui, c’est d’abord son pouvoir à lui. Il a toujours utilisé les responsables politiques, quels qu’ils soient. Il était proche. Fillon était proche de Copé, il était proche de François Hollande. Donc c’est son intérêt et son intérêt avant tout qui compte. Concernant Xavier Niel, est ce que dans la prise de position de Matthieu Pigasse, il y a quelque chose vis à vis de Xavier Niel qui extrait ça ? Je ne sais pas. C’est une question en tout cas que je me pose, moi.
Alors tu voulais évoquer Attal et Alexis Kohler Il nous reste quelques minutes et après je prendrai une ou deux questions du tchat sur Attal. Qu’est ce qu’il y a d’intéressant à savoir ?
Sur Attal, quand y a comme colère d’une certaine manière, ils sont l’expression de la dissolution de la Macronie en direct si tu veux. Je ne sais pas si tu l’as vu. Enfin, les gens ont peut être vu. Bruno Le Maire a expliqué que Macron était aujourd’hui un homme seul ayant eu encore des déclarations. Il y a eu Édouard Philippe qui a expliqué également que c'était un homme seul, qu’il avait justement dissous la Macronie. Donc maintenant c’est le sauve qui peut général, les forces centrifuges de la Macronie sont en train de d’imploser et d’exploser en même temps. D’ailleurs, quand j’ai écrit « le grand manipulateur » en 2019, la postface du Grand manipulateur s’intitule Le château de cartes. Est ce que. Qu’est ce que j’explique ? J’explique que tous ces réseaux politiques ou ces réseaux de l’ombre de la cinquième République se sont opportunément logés derrière Emmanuel Macron et que Emmanuel Macron en lui-même, de par son petit parcours en fait, n’a pas finalement un assez grand, un aussi grand pouvoir qu’on pourrait le penser. En tout cas, un aussi grand réseau générationnel et de proximité avec tout un tas de cercles, dirigeants et autres. Disons qu’il a plus été utilisé, même si lui a utilisé tous ces réseaux là, il a parfois été plus utilisé par ces réseaux là qu’autre chose. Donc j’annonçais que si à la première difficulté politique d’Emmanuel Macron, et c’est d’ailleurs toute sa fragilité aujourd’hui, et pas que tous ces réseaux là, toutes ces puissances, tous ces star dirigeants allaient le lâcher du jour au lendemain. D’où l’image du château de cartes qui d’ailleurs moi, m’amène à être inquiet, notamment par rapport à l’hypothèse de l’article seize. Parce que tu sais bien qu’une bête blessée peut être très méchante si j’utilise cette image là, et donc j’en ai assez peur de la réaction, Là, pour le coup d’Emmanuel Macron par rapport aux faits qui ont pris ses soutiens politiques. Pour revenir à Attal, que tous ses courtisans historiques, Attal, que tous ces courtisans historiques, le lâche bien évidemment. En fait, il a lancé et si je le dévoile, je suis le premier à l’avoir annoncé et si je le dévoile, je suis le premier à avoir à l’avoir écrit. L’année dernière, en février 2023, je fais un article alors qui m’a posé quelques soucis. Je fais un article. Alors là pour le coup totalement politique, ce n’est pas un article d’enquête proprement dit, donc c’est un article de chronique politique que je faisais pour la Tribune. J’explique que les ambitions de Gabriel Attal séduit et divise la Macronie. Je prends ce papier là en février 2 1 février 2023 et j’explique que les ambitions de Gabriel Attal, c’est de concourir à la présidentielle dès 2027 ou 2032, donc très jeune. Et en fait, qui veut réussir et qui veut se mobiliser pour récupérer l’Élysée à moi, là ? Je ne dis pas que c’est réaliste. Encore une fois, ça démontre encore une fois que le système politique français est devenu totalement dysfonctionnel. Qu’un jeune comme Attal en plus, après le coup de Trafalgar d’Emmanuel Macron, faire son holdup comme on l’a présenté en 2017, imaginé en fait Macron tout le monde imagine t il qu’il peut être capable d'être président de la République ? Moi, je ne fais pas un jugement de valeur. J’explique simplement à l'époque, j’ai expliqué à l'époque que le plan Gabriel Attal, quand il était ministre des Comptes publics puis ministre de l'Éducation nationale, c’est devenir président de la République et de devenir l’héritier immédiat d’Emmanuel Macron. Et j’explique dans ce papier, c’est ça qui m’a valu quelques ennuis, c’est que justement, autant Brigitte Macron le soutient et regarde cette ambition avec sympathie et intérêt, autant il suscite l’irritation d’Emmanuel Macron de par cette ambition de plus en plus affichée, même s’il va essayer de faire exactement comme Emmanuel Macron avec François Hollande. Sauf qu’il le fait moins brillamment. Et puis on n’est pas du tout dans le même contexte. Il va, il va, ne va cesser, ne va cesser de dire qu’il est loyal à l'égard du président de la République et que c’est la chose du président de la République qui est Emmanuel Macron. Il l’a fait, mais en réalité, dans les coulisses, il a multiplié les contacts justement avec le monde économique, il a multiplié les contacts avec le monde politique, culturel et ça explique en grande partie pourquoi Emmanuel Macron décide de le nommer à Matignon en janvier. Il faut savoir qu'à l’automne, notamment en novembre à l'Élysée, il s’est passé beaucoup de choses très violentes. En interne, on a parlé d’une guerre de conseillers. Je vous expliquais tout à l’heure que l’ancien conseiller en communication, Frédéric Michel s'était fait congédier. C’est dans ce contexte là assez obscur où Emmanuel Macron s’est. Je n’ai jamais écrit donc jusqu’au décidé fin novembre 2023, de nommer Gabriel Attal à Matignon. Il en informe Alexis Colère qui pique une colère. Je connais bien Nicolas, désolé, qui pique une colère à ce moment-là. C’est à dire que moi j’ai écrit depuis 2022 que les relations entre Alexis Kohler et Emmanuel Macron sont extrêmement tendues, pour ne pas dire plus. Et il y a de multiples témoins d’engueulades entre le secrétaire général de l'Élysée et Emmanuel Macron. J’en avais fait un article à Pourquoi que je n'étais pas mieux passé en juin 2022. C’est tout l'épisode Charlie. Pour le coup, les Macron ne l’ont pas vu de près, mais je ne suis pas sûr. Ça intéressait beaucoup de monde des gens qui nous écoutent. Mais, mais, mais il faut savoir qu'à l'Élysée, en mai 2022, Emmanuel Macron souhaitait nommer Catherine Vautrin, donc l’ancienne patronne de l’agglomération de Reims, UMP à Matignon. Et que ça, c'était le choix de Brigitte Macron. Et finalement, à l'époque, en deux ans, en mai 2022, Alexis Kohler a lutté pour que ça ne soit pas Vautrin et Alexis Kohler a gagné. En fait, c’est Alexis Kohler qui a gagné. Et c’est lui qui a fait nommer Élisabeth Borne à Matignon. Et en fait, ce qui s’est passé à la fin 2020, fin 2023, début 2024, c’est à la fois le fait qu’il y a toute une partie des réseaux macronistes en politique les députés, une partie des députés, des soutiens du président de la République, des milieux d’affaires, Bernard Arnault, Vincent Bolloré en particulier, Lagardère Le groupe Lagardère qui, tout d’un coup, s’est intéressé à Gabriel Attal. Et donc, d’une certaine manière, dès l’automne 2023, il y a toute une partie de la techno à la technostructure économique qui avait déjà lâché Macron. Ça c’est important à savoir et en même temps. Et donc. Et donc, c’est la raison pour laquelle Macron avait utilisé la dernière carte qui pouvait utiliser, c’est-à-dire de nommer Attal à Matignon pour le pour tenter de le griller. D’où la colère d’Alexis Kohler parce qu’Alexis Kohler, lui. Et on voit déjà que la Macronie était en train d’imploser. Alexis Kohler lui, son candidat pour la suite, c’est Édouard Philippe. Donc c’est pour te dire, c’est pour te donner un peu l'état d’esprit, ce qui est de ce qui se fait à l'époque, si tu veux. Gabriel Attal, en bon politique, a expliqué que bien évidemment, c'était un grand honneur de devenir Premier ministre d’Emmanuel Macron. Quand il est arrivé au pouvoir en janvier, mais en fait en privé, il savait déjà que c'était un piège pour lui, que c'était une catastrophe en fait. Et entre janvier et juin, il y a plein de commentateurs politiques qui se sont demandé pourquoi Emmanuel Macron mettait autant de temps à organiser la campagne des européennes, comment et pourquoi Emmanuel Macron était nommé aussi tardivement, hier à la tête de la liste de Renaissance ? En réalité, c'était uniquement parce que Emmanuel Macron ne voulait pas, ne voulait pas que les Européennes soit un succès pour son Premier ministre Gabriel Attal.
Le tchat dit. Et dire qu’on s’emmerde avec les séries télé. Ah, pour te dire que tout le monde buvait tes paroles. Mais moi, j’en reviens au fond. Est ce que tous ces gens là, tout ce que tu nous racontes, toutes ces intrigues du pouvoir ? Est ce que ces gens là ont le temps de s’occuper du fond ? Est ce qu’ils bossent ?
Pas du tout. Enfin bon, tout y passe.
Ils sont toujours dans la conquête du pouvoir et dans garder le pouvoir. Il n’y a pas d’idée de changer la société à la fin.
Non, la société, il s’en fout d’une certaine manière. Comme Emmanuel Macron, il considère les Français, c’est pour ça d’où l’image du roi. Il a toujours considéré les Français comme des sujets, pas comme des citoyens. D’où son grand mépris à l'égard de plein de catégories de Français, d’où son autoritarisme à l'égard de toute opposition, d’où son mépris pour le cadre démocratique lors de l'élection plébiscitaire. Donc Emmanuel Macron, il est dans cet état d’esprit depuis le début, si tu veux. Donc la société, il ne sait pas trop ce que c’est en fait. De ce point de vue là, son autoritarisme. C’est pour ça que je parlais de l'école d’Uriage tout à l’heure. Elle a donc créé sous Pétain, même si ensuite ils ont rejoint la Résistance.Emmanuel Macron y est pour le coup pleinement technocrate de ce point de vue là vis-à -vis de la société. Et donc, dans ce cadre là, par rapport à ce que tu es, ce que tu notes, justement, il est plus, oui, dans le fait absolu de préserver son pouvoir et le pouvoir de certains de ses affidés, mais seulement de certains de ses affidés, pas beaucoup que dans la volonté transformatrice au sens où on l’entendait à gauche d’un point de vue et même de la gauche un peu plus, plus, plus clair, mais non au sens de du réformisme même ou de la transformation de la société. Et justement, là où il y a un point commun avec l’extrême droite, c’est que la stratégie du chaos, c’est de toute manière historiquement la stratégie d’extrême droite entre guillemets en fait, en réalité, parce que par le chaos aboutit à la réaction et à l’ordre.En fait c’est comme ça. C’est toujours dans ce sens là que ça s’est passé. Mais donc oui, ce fut un oiseau de nuit. Mais en tout cas, Emmanuel Macron, si tu veux et surtout son entourage. Ils ont trahi, ils ont détruit des choses. C’est ce que je te disais tout à l’heure sur le Conseil national de résistance. Ils y sont dans un projet de destruction. Oui, de l'état social, de l’expulsion, de la question sociale, du champ politique. Il est dans un projet de criminalisation de la gauche. Ça c’est vrai, c’est évident et Mais c’est évident en fait, depuis très longtemps, depuis 2017 de mon point de vue. Mais il est de cette destruction là, il a rien véritablement créé si tu veux. Et après, là où il passe beaucoup de temps, notamment à l'Élysée notamment. Alexis Colère, tu parlais d’Alexis Colère. Il passe beaucoup de temps sur le meccano industriel de l'État sur là, par exemple, la relance du nucléaire. Il ne le fait pas par véritable conviction. Il le fait parce que le nucléaire, c’est un très gros lobby de la cinquième République, au cœur même de l'État. Que le nucléaire, c’est des réseaux de financement à. Nationaux qui ne sont pas forcément toujours très clean. C’est comme les marchés d’armement. Emmanuel Macron, avec sa colère et l’administration macroniste s’est toujours très intéressé. À l’armement, au nucléaire et également à tout ce qui est de l’ordre de l’allocation des ressources financières auprès d’intérêts dont, par exemple, ils se sont beaucoup intéressés à la Banque publique d’investissement. C’est-à dire qu’ils sont dans une logique. Tout à fait. Tu parlais de clientélisme tout à l’heure. D’un point de vue électoral, ils sont tout à fait dans une logique clientéliste vis-à - vis de tout intérêt. Et donc ils se sont toujours, et on l’a vu au moment du quoi qu’il en coûte, ils ne réfléchissent que transactionnel ment si tu veux. Et dans cette réflexion transactionnelle, même le management pour reprendre un terme mais de l'état et transactionnel d’une certaine manière, mais pas émise, ni surtout pas là. D’une part d’un point de vue d'émancipation ou de transformation de la société ou l'État, ou même dans. Y compris dans son efficacité. Où voilà d’ailleurs une partie des libéraux et des libéraux économiques qui se vivent comme tels, je crois. Moi je pourrais te prendre une figure entre guillemets, un intellectuel organique de salon, Gaspard Koenig, ou des gens comme ça, ceux qui disent qu’il faut toujours moins d'État en France, ils ont été exaspérés par le comportement d’Emmanuel Macron. Puis ce n’est pas parce qu’ils se sont aperçus qu’en réalité, Emmanuel Macron mettait toujours plus d'État dans plein de dossiers industriels, dans un dossier économique, mais pas. Et que donc, en réalité, encore une fois, on en revient à ce qui est l’expression ultime du néolibéralisme, qui est également la dérivation et l’instrumentalisation de l'État, et donc l’instrumentalisation du public, de notre argent, de notre commun au profit d’intérêts privés. C’est ça une partie du néolibéralisme, c’est comment ? C’est la privatisation de l'État, mais de l’intérieur, comment la machine étatique se met au service d’intérêts privés, d’intérêts privés. Ça a toujours été ça, le néolibéralisme. Et ce n’est pas du tout le marché libre et parfait que certains libéraux ultra convaincus pensent encore pouvoir mettre en place.Et Macron, il est beaucoup plus néolibéral dans cette instrumentalisation de l'État autoritaire au profit d’intérêts privés que dans une volonté même de créer un marché formidable avec des acteurs concurrentiels et compagnies et compagnies. Et donc il y a énormément de gens de droite, un libéral dits convaincus comme tel ici, qui aurait souhaité une transformation, par exemple de l'économie française dans ce sens là. En fait, ils se sont aperçus que Macron ne faisait pas ça non plus.
Ultime question mais tu pourras y répondre quand tu viendras prendre tes quartiers dans le poste. Donc là, à la rentrée, sur des questions personnelles, la petite question pour Marc a-t-il déjà subi des procédures bâillons pour ses articles et ses livres ? Ça, c'était Portalis. Chicos te demande est ce qu’avec tous les dossiers que sort Marc, il est obligé de sortir avec perruque et casquette pour échapper aux hommes en noir Est ce que Marc a reçu des coups de pression de l'Élysée ou de Macron ou d’ailleurs sur son travail ? Et enfin Gazouz 93 zéro six Pourquoi toutes ces informations ne sont pas relayées dans les grands quotidiens ?
Disons qu’il y a dans toutes ces questions, il y a un peu de vrai dans chacune d’entre elles. Et un peu de faux aussi. Qu’est ce que je peux dire rapidement ? Oui, une partie de la Macronie a essayé, notamment une partie des courtisans de la Macronie que certains barbouzes dans la Macronie ont essayé par tous les moyens de décrédibiliser mon travail. Auprès de mes sources. Je vous disais à la chasse aux sources. Le fait de décrédibiliser mon travail auprès des milieux dirigeants. Ils ont. Ils ont essayé de décrédibiliser mon travail auprès des rédacteurs en chef, des directeurs de rédaction. Ça, c’est vrai aussi. Ils ont raison, ils ont raison. Ils font des pressions diverses et variées. Si d’autres réseaux ont fait des coups de pression. Mais ça, j’en avais, je t’en avais parlé précédemment.Voilà une anecdote parmi d’autres. Bruno Roger-Petit. En 2019, je déjeune avec lui alors qu’un mois et demi après, je vais publier le grand manipulateur. On déjeune ensemble parce que je l’apprends, je lui ai appris. De toute façon, ça commence à se savoir aiguiser que j'étais en train de préparer un livre sur les réseaux du président de la République. Et lors de ce déjeuner, Oui, là, il y a eu des coups de pression de diverses natures et notamment un conseil qui se voulait un conseil amical. J’ai pas pris ça comme un conseil amical, mais qui était ne fait pas ce livre parce que de toute manière ta carrière est finie après. Et il me disait quand même un truc assez intéressant dans la volonté d’instituer de la peur. Encore une fois, est ce que c’est un management de peur de la Macronie, y compris en interne ?C'était la remarque qu’il avait, faite de toute manière, aucun rédacteur en chef prendra le risque de t' embaucher par la suite. Donc de peur de déplaire au roi, au roi Macron, au château. Bon, je ne vais pas m'étendre là dessus. Disons que là dedans il y a un peu de fantasme et aussi un peu de réalité. C’est à dire que j’ai plein d’anecdotes qui montrent que parfois, parfois c’est effectif, parfois non. Quand je dis X, on essaie de décrédibiliser mon travail. En fait, au final, j’ai toujours énormément de sources diverses et variées dans différents secteurs. Et en fait, disons les j’ai plein de gens qui me lisent quand même. D’ailleurs, j’ai reçu des livres et j’ai vendu des livres auprès de gens qui peuvent me donner des informations et donc en fait ils n’ont pas réussi à décrédibiliser mon travail aussi parce que j’ai toujours été très scrupuleux. Et ça c’est pour répondre à une dernière question, c’est ce qui fait que finalement j’ai été à la fois tout en disant beaucoup de choses et parfois des choses dangereuses. Dans mes études, dans mes livres, je suis resté toujours très prudent dans l’expression. Et quand on reste prudent dans l’expression, on évite parfois les procédures en diffamation qui n’est pas, contrairement à ce que le grand public peut croire, le droit. La diffamation n’est pas Est ce que le journaliste a dit quelque chose de vrai ou faux ? Les juridictions ne se prononcent en réalité pas sur le fond des dossiers, même si l’exactitude des informations fait partie de la bonne foi du journaliste qui est pris en compte par les tribunaux. Mais les procès en diffamation, c’est est ce que le journaliste a atteint à l’honneur d’une personne ? C’est ça la question qui est posée techniquement à magistrat. Et le bonne foi et le sérieux de l’enquête fait partie des éléments comme dire qui vont dans le sens du journaliste qui permet de relaxer les journalistes. Mais il faut savoir que dans les procédures de diffamation d’ailleurs, c’est d’ailleurs aux journalistes de démontrer qu’il n’est pas coupable, c’est à dire qu’il est présumé, d’une certaine manière, ayant fait acte de diffamation par rapport au plaignant. Ça, c’est quand même très important parce que jamais dans le reste du droit français, c’est comme ça. Mais dans le même temps, dans ce cas, dans cette procédure là, c’est atteinte à l’honneur qui suffit d'être scrupuleux, de faire le contradictoire, d'être toujours mesuré. C’est pour ça que parfois il y a des gens qui me disent ah mais il faudrait que tu gueules plus ou il faudrait que tu critiques plus, il faudrait que tu dises davantage les choses. Non, moi je ne peux dire les choses que factuellement dans mes enquêtes. Et donc j’essaye d'être le plus scrupuleux possible aussi pour pas pour ne pas être attaqué. Et c’est vrai que depuis sept ans, juridiquement par exemple, ils m’ont jamais avant aucun intérêt que j’ai évoqué, qui sont pas forcément des intérêts d’ailleurs liés directement par la Macronie mais bien liés plus. Globalement au pouvoir, au pluriel, économique et politique. J’ai eu depuis 2017, j’ai eu aucune poursuite judiciaire sur mais sur l'état, sur mes travaux d’enquête.
Marc c’était absolument passionné, passionnant. Évidemment, on va se retrouver à la. A la rentrée, on ne sait pas encore ce que c’est ce que tu vas faire, mais ce sera, ce sera ce sera formidable. Je voulais juste rassurer ton ami Macron parce que tu as dit au tout début de l’entretien, je te cite de mémoire, il a peur d'être oublié, y a pas de doute, il ne sera pas oublié. Si c’est ça qui s’arrête, si c’est bon, c’est gagné. Ah tant pis pour la perruque de diva psycho qui t’imaginais avec un impair et une perruque pour ressortir des informations. Voilà un bel entretien encore aujourd’hui. Merci. Un grand merci à vous. Édifiant, non ? On ne va pas t’oublier Manu. Merci. Voilà, ça n’arrête pas. Et bien écoute Macron, j’espère.
J’ai été assez clair et parfois pas trop alambiqué dans mes explications. Mais voilà, je le sais être complet.
Et quand tu dis j’espère ne pas avoir été parfois trop alambiquée, tu aurais voulu l'être tout le temps, c’est ça ? C’est gagner dans as été super, bien sûr, très clair.Merci beaucoup pour ce travail d’enquête. Tu as été parfait, te dit Thomas. Merci beaucoup, te dis Atika. Merci Auposte parfait, passionnant. Et j’aime beaucoup quand tu dis qu’il suffit de faire du contradictoire, d’enquêter pour éviter des procès. Il y a peu de journalistes de ta trempe quand même. Le il suffit il est pas, il n’est pas très partagé.
Ah non et puis et puis ce que je peux dire parce que j’ai oublié de le dire, il n’a jamais été aussi difficile de faire des enquêtes aujourd’hui que sous la Macronie, et pas uniquement du fait de la personne de Macron ou du pouvoir Macron. Dès lors que tous les pouvoirs économiques, politiques, institutionnels se retrouvent dans l’ombrelle de la position centrale du bloc central et renvoient toute alternative aux extrêmes, disons y compris la gauche, le camp vert. Le mécanisme d’alternance traditionnelle de la cinquième République est cassé et que dans ces conditions là, en plus des dispositions contre les libertés publiques très concrètes d’espionnage des journalistes, de même de pression policière vis-à vis des journalistes, on a eu encore un exemple récemment.
Voilà un magnifique appel aux dons que tu viens de faire. Merci Marc, parce que sinon je te garde et les aupostiens, ils connaissent.
Pour le coup, je dois y aller.
Merci beaucoup Marc, On se retrouve à la rentrée, c'était un bonheur ! Merci, merci beaucoup, Merci, beaucoup mes amis.
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