Manès Nadel : Bardella c’est du « Macron radicalisé à l’extrême »
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Bien le bonsoir les amis, ravi de vous recevoir de lancer cette émission du moins pardon sur au post le grand, le grand retour de la barricade. Et ma foi s’impose dans cette période face à l’extrême droite. Eh bien, il est important de rappeler que la jeunesse emmerde le Front National et pour ce faire, je suis en belle et bonne compagnie avec le camarade Manès Nadel qui nous fait le plaisir de venir pour ce dernier numéro de la saison de la barricade sur auposte. Comment ça va ?
Ça va, ça va. C’est un peu une formule rhétorique, mais on est dans l’action actuellement.
C’est le c’est le principal. Et du coup, moi j’ai peut être une première question. Pas en tant que jeune. Le 9 juin au soir, quelle a été ta réaction en voyant le bloc réactionnaire à l’extrême droite à plus de 40 % dans le pays ? Et qui attendait.
On s’y attendait un peu. En fait, pour le coup, le résultat a été assez proche des sondages. Mis à part le score un peu plus haut que prévu de la LFI C'était un peu près dans les temps, les ordres de grandeur qu’on imaginait. Euh non, non, c’est de la stupeur. Du dégoût aussi, en vrai. Face à face à face au résultat qui est annoncé avec extrêmement à plus de 40 %. Mais c’est aussi en fait un sentiment Ouais, comme je l’ai dit, de dégoût face aussi au matraquage médiatique qui a été fait pendant toute cette campagne qui n’en était pas vraiment une et qui était surtout l’occasion de stigmatiser vraiment la gauche et en particulier, il faut le dire, la France Insoumise. Donc c’est un peu la conséquence logique de tout ça qui s’est passé, du nom aussi d’une radicalisation, je pense, du bloc bourgeois et en général de l’espace médiatique et politique depuis le 7 octobre où tout s’est un peu accéléré de ce point de vue là et qui amène logiquement, mais de manière surprenante, à cette dissolution surprise entre guillemets. Alors après moi, il y avait beaucoup de beaucoup de stupeur quoi. Et quand j’ai quand j’ai vu, je me suis dit est ce qu’il va dissoudre finalement ? Parce qu’on en avait déjà un peu parlé auparavant Et finalement, dès qu’il y a eu cette annonce de la dissolution, dès qu’il mentionne l’article douze, on s’est très vite organisé, nous au Bureau national on a très vite les premiers, je pense, fait un communiqué pour appeler à la formation d’un bloc antifasciste.
Mais justement. Alors, avant d’y revenir sur la question de la dissolution, comment, euh, comment tu l’as perçue ? Enfin comment du coup tu la perçois ? Est ce que tu la perçois comme un boulevard offert à Macron, à l’extrême droite ?
Oui, c’est un choix qui est un peu absurde. Je pense qu’on ne peut pas non plus tout expliquer de manière un peu raisonnable quand on a des choix qui sont aussi irraisonnés de la part de nos gouvernants. En l’occurrence, je pense qu’il y a de ça. Je pense qu’il y a peut être l’idée de se dire oui, je ne me suis pas présenté, c’est à dire que je suis vice président de l’USN, je le redis, mais je pense qu’il y a quelque chose d’un peu irraisonné et de se dire peut être que Macron veut un peu instaurer lui même un chaos en mettant l’extrême droite au pouvoir pour ensuite placer lui ou son camp comme un peu les seuls qui sortirait de ce chaos qui en soit né. En tout cas, il y a une réaction quand même assez salutaire de la gauche, malheureusement. Par contre, j’ai l’impression qu’il y avait effectivement ce sursaut dans les deux ou trois premiers jours qui a poussé à l’union de la gauche très rapidement. C’est un peu épuisé, comme si on était dans une phase un peu floue. On commence à s’habituer à cette information, à s’habituer aussi à la forte probabilité de l’arrivée au pouvoir que sans majorité absolue relative de l’extrême droite. Et on est dans une situation quand même de chaos politique et presque institutionnel. Je pense qu’on vit une crise de régime de toute façon depuis un certain temps et qui fait que s’accélérer au fur et à mesure qu’on avance dans le temps.
On va pouvoir prendre le temps d’en discuter. Je reprécise donc que nous sommes avec ma nièce Nadège, vice président de la SL, l’Union syndicale lycéenne, et c’est vrai qu’on se croise tellement que j’ai perdu l’habitude de le présenter. C’est vrai qu'à force de tenir la barricade, et bien on perd les bonnes habitudes. Mais merci,David de réinstaurer la discipline. Et justement, en parlant de discipline. En quoi selon toi, un Front national qui arrive au pouvoir, j’en donne par delà qui arrive au pouvoir ? C’est un danger pour la jeunesse en particulier.
Je pense qu’en fait n’y a aucune population pour laquelle ce n’est pas un danger. Ils vont nous faire croire qu’ils vont un an en stigmatisant encore plus les populations immigrées ou en tout cas identifiés comme tels, qui vont en plus mettre en sécurité les autres. C’est un peu l’idée de déporter le problème vers une population, mais je pense que tout le monde va en souffrir et que même s’il peut y avoir un effet au moment où ils arrivent au pouvoir, au fur et à mesure leurs mesures, elles restent libérales et réactionnaires. Donc les conditions de vie concrètes de la population, elles vont de toute façon encore se dégrader si l’extrême droite arrive au pouvoir. Pour la jeunesse, c’est très concret il va y avoir, je pense, une sorte de retour à un modèle encore plus réactionnaire de l'école, sachant que Macron est déjà allé assez loin. Et là, pour le coup, je pense qu’on va se retrouver avec des mesures qui ont été annoncées. On aura encore moins d’accès à l’université, d’accès à l'éducation qui sera de moins en moins égalitaire et c’est très dangereux. Et je pense notamment à toute une série de personnes qui sont assez nombreuses en France, qui ont accès à l'école actuellement et pour qui ça peut être aussi une forme de refuge. Et si leurs parents perdent le droit de les y mettre et perdent aussi un certain nombre d’allocations, on va se retrouver dans une misère très concrète et on sait très bien à quel type de personnes l’extrême droite va s’attaquer en premier. Donc je pense que pour toutes les lycéennes et lycéens qui soit appartiennent à des minorités ethniques, religieuses ou qui y sont, donc qui ont des orientations sexuelles qui ne sont pas celles appréciées par l’extrême droite, C’est un danger concret et immédiat, l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite et c’est pour ça qu’il faut se mobiliser contre. Mais il faut bien prendre conscience d’une part de l’imposture sociale, c’est à dire du fait qu’ils ne vont pas défendre des intérêts concrets de la majorité de la population et en plus du fait que c’est un programme, un parti profondément raciste, profondément xénophobe et qui va mettre en place des mesures dans ce sens. On dit souvent Bardella c’est Macron enrobé de racisme et économiquement c’est ça aussi. C’est dire que c’est un libéralisme auquel on ajoute en fait du racisme. Mais du point de vue économique, en fait pour tout le monde, ça va être encore une dégradation de nos conditions d’existence.
Et toi du coup, plus personnellement, en quoi la lutte contre l’extrême tu le tu, elle te tient particulièrement à cœur et en quoi tu te sens particulièrement concerné ?
Oh bien, je pense qu’on est comme je l’ai dit, on est tous concernés. Après, en tant que militant de gauche, on sait très bien à qui ils vont s’attaquer en premier. Actuellement, le bloc bourgeois radicalisé comme dans la période actuelle, il s’attaque déjà en fait à nos organisations, qui s’attaquent déjà à nos militants. Il réprime déjà les mobilisations, par exemple, lycéennes sur la Palestine. On sait que ça va être puissance dix. Donc il y a un risque immédiat pour nous de se dire est ce qu’on va continuer ? Est ce que je vais continuer à faire partie de celle dissoute ? Est ce qu’on va être dissous ? Est ce qu’on va être mis au ban médiatiquement, politiquement ? C’est quand même très grave ce qui s’annonce. Il faut en prendre conscience et donc il faut mesurer le danger immédiat. Et là, c’est tout simplement juste un enjeu de rester dans un pays un peu près démocratique et avec à peu près des libertés publiques qui sont respectées, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Et pour ça, comme ce bloc bourgeois centriste se réduit et en fait. Pas le chemin à l’extrême droite. Il y a une seule solution, c’est la gauche et le Front populaire.
Et alors, justement, face à la gravité de la période, lui, Hessel, l’Union syndicale lycéenne dont tu es le vice président, a fait le choix très rapidement de rejoindre le nouveau Front populaire, cette union des mouvements de gauche, des mouvements syndicaux, associatifs. C’est assez rare dans l’histoire. C’est même inédit que les formations syndicales du pays rejoignent le cartel des organisations partisanes, que ce n'était pas forcément le cas d’ailleurs en 36, dans le cadre du Front populaire, le premier. Comment tu expliques cela ? Et pourquoi avoir impulsé cette dynamique ? Car vous avez été les premiers avec l’USL.
Oui, si ça peut te rassurer le 9 juin au soir, comme je l’ai dit, à 21 h 30, on publie nos communiqués qui appellent à la formation d’un bloc antifasciste. Le lendemain, avec l’Union étudiante, on appelle à organiser une manifestation à 20 h. Spontanée, La jeunesse emmerde le Front national. Une première manifestation est suivie et dans le même temps, la CGT, après des discussions internes, annonce contre l’extrême droite Front populaire donc, reprend le mot d’ordre qui a été celui de François Ruffin et ensuite de tous les partis de gauche globalement. Pour nous, c'était important de ne pas s’associer à une démarche d’une personne, d’une autre, d’un parti ou d’un autre, mais plutôt de voir que s’il y avait une union politique, effectivement, on n’allait pas faire semblant de ne pas la soutenir et que l’heure était trop grave pour rester dans une posture partisane. Donc le lendemain, ce qui nous a paru important de rappeler nos lignes politiques, c’est à dire que si on soutient un tel projet, il faut qu’on ait des garanties derrière. Donc on publie encore avec l’Union étudiante un appel à ce qu’il y ait effectivement cette union politique là. On transgresse notre cadre et on dit sur un programme de rupture, de rupture avec l'économie capitaliste libérale actuelle et de rupture avec les politiques racistes de l’extrême droite et maintenant de Macron. Ça, c'était fondamental. Ensuite, on a encore appelé une deuxième manifestation et c’est intéressant. Elle est rejointe par la CGT. La CGT parle de Front populaire, on parle même de Front populaire. Il y a cette union là qui se concrétise au cours de cette manifestation d’ailleurs où on était déjà présents la manifestation, principalement jeune, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes, se dirige vers le siège d’Europe Écologie Les Verts, où se tiennent les négociations. Et c’est donc là qui a annoncé la volonté d’un accord parce qu’il n'était pas encore d’accord sur les circonscriptions à ce moment-là. Et de dire Ok, on fait, on fait ce Front populaire. À partir de là, nous, on ne voulait pas prendre de décision trop hâtive dans ce qu’on a. On a réuni le Conseil confédéral de l’Union syndicale lycéenne. C’est donc des gens et on a un système avec des fédérations et des syndicats locaux indépendants, et donc on les renie tous au sein d’un même conseil et on vote démocratiquement la démarche à suivre. Ce qui a été décidé, c’est tout simplement de faire cette union, de participer à cette union. Une fois que le programme disait que c'était sur une base, sur une base de rupture et de la faire en gardant deux choses en tête la priorité absolue de faire campagne, c’est à dire qu’on a écrit noir sur blanc. Nous ferons campagne pour les candidats du Front populaire partout. Maintenant qu’il y a un candidat par circonscription ou presque. Mais on va dire ça, on fait candidat pour chaque candidat, on fait campagne pour chaque candidat et donc on met notre force militante en adéquation avec ça. Et donc on s’engage pleinement dans cette campagne. Et de rappeler dans un texte qu’on signe tous notre indépendance et notre absence de naïveté face à la situation on sait très bien que maintenant, imaginons que le Front populaire arrive au pouvoir et on va tout faire pour ça d’ici au 7 juillet. Après, il faudra être derrière lui, il faudra l’appuyer. Ce cadre, il faudra le dépasser pour avoir les mesures les plus radicales et les plus de rupture possible. Donc ça, c’est une condition très importante pour nous. Donc, je le dis, on rejoint ce Front populaire, le nouveau Front populaire, c’est à dire on fait parti officiellement comme l’Union étudiante d’ailleurs, comme d’autres organisations qui ne sont pas les quatre grands partis de gauche.Mais maintenant, c’est pas un blanc, c’est pas un chèque en blanc et ça veut dire que voilà, on va mettre notre force, on va aussi essayer d’imposer un certain nombre de conditions, un certain nombre d’aspirations qui sont celles du syndicat que nous sommes, pour que le Front populaire au pouvoir puisse rapidement prendre des mesures d’urgence. D’où l’idée de cette idée des 100 jours 100 premiers jours de législature avec 25 milliards, ça, je pense, c’est très pertinent parce que ça permet très vite de mettre des mesures de soulagement au pouvoir d’achat des Français et ensuite de remettre des cadres démocratiques dans le pays et des imbriqué profondément, ce qui permettrait d’apaiser un peu en fait le climat politique en France.
Et alors ? Tu disais que ce Front populaire, il doit se faire et c’est particulièrement important pour vous, à lui et celles autour d’un programme de rupture. Beaucoup disent à travers que le programme du nouveau Front populaire, qu’il y a des reculs par rapport au programme de la NEP, notamment sur l’abrogation de la loi El Khomri et également sur le fait que le programme de ce nouveau Front populaire y tire plutôt, non pas, contrairement au programme du PS, avec la gauche de rupture, Mélenchon et les 22 % de la présidentielle. Mais il est plutôt sous la dynamique de place publique du Parti socialiste et du score de Raphaël Glucksmann aux européennes. Quelle est votre position, vous à ce sujet ? Est-ce que ça renforce des réticences ou des craintes ou pas ?
Il y a toujours des craintes, toujours des réticences, c’est normal. Et je pense que personne dans cette alliance, d’accord avec chacun des mots qui a été écrit, mais c’est le principe d’un compromis. En l’occurrence, moi je nuance quand on constate un certain nombre de propositions programmatiques qui ont été réitérées dans ce contrat là. Donc après, je comprends qu’il soit exprimé, mais il y a quand même on parle de sixième République, on parle d’abolition de Parcoursup, etc. Donc il y a un certain nombre de conditions qui ont été respectées, sinon on n’y serait pas allé. En l’occurrence, ça reste un programme de transformation sociale, de rupture avec le néolibéralisme. Et donc, comme toutes les forces de gauche, quasiment même le NPA sont d’accord dessus. Je pense qu’actuellement le problème, ce n’est plus ce programme qui a été signé, on est d’accord dessus, OK, c’est le fait de le respecter, de le mettre en œuvre et c’est le fait d’avoir effectivement des politiques qui vont vite. Je le dis un peu de manière triviale, mais ne pas trahir, c'était le sens de ce que je disais aussi à Montreuil, mais ça me paraît vraiment fondamental et pour ça, il n’y a pas de solution magique. De toute façon, on ne va pas changer les candidats qui ont été présentés. Changer les équilibres dans cette alliance, il faut simplement mettre la pression. Je dis simplement que ce n’est pas simple du tout, mais il faut dans ce qu’on dit. En fait, c’est simple, il faut mettre la pression sur ce front populaire là. Après, il y a quand même si, ce programme est vraiment appliqué. Et moi je suis satisfait du fait que malgré son aspect de rupture, il soit quand même soutenu par un certain nombre d'économistes, etc. Dans sa crédibilité économique aussi, il faut qu’il y ait très vite le SMIC à 1 600 € la conférence sur les salaires. Moi je trouve qu’il y a quelque chose d’assez louable quand même dans le fait qu’on en revienne à des logiques de négociation syndicales, salariales, à des logiques on pourrait dire de social démocratie, mais ce n’est pas pour moi, ce n’est pas dans ce sens là un gros mot, c’est à dire de concertation avec les syndicats et de remise en valeur des services publics qui ont été profondément détruits. Je ne pense qu’aux électeurs. RN Je divague un peu, je sais qu’on en parlera, mais les électeurs RN sont aussi en recherche de service public. Il ne faut pas faire croire qu’il serait naïf sur le vrai programme du RN, mais je pense qu’il y a aussi ce besoin là dans la population et il faut le Front populaire. En fait, il n’a pas le droit à l’erreur. C’est à dire que si l' on est au pouvoir pendant deux ou trois ans, on ne peut pas se permettre d'échouer. Sinon c’est un boulevard pour le Front National parce qu’aujourd’hui les gens disent oui, on n’a pas essayé le traitement national, c’est pour ça qu’on vote pour lui. Si en plus on essaye la gauche juste avant et qu’elle échoue, c’est un boulevard pas possible. Il faut en avoir conscience qu’actuellement on n’a pas le droit à l’erreur.
Et alors justement, comment on fait entendre une voix critique ? Comment on mène une saine pression au sein de ce Front populaire ? En tant qu’organisation de jeunesse, comment comptez vous y prendre avec le pour faire entendre la voix des lycéens, des lycéennes au sein de cette nouvelle structure là ?
Justement, la question qui s’est posée, c’est est ce qu’on reste en dehors en voulant mettre la pression dessus dans un quelque chose de vraiment contestataire envers ce front ? Bon, ce nouveau Front populaire, je me mets dans l’optique où il est au pouvoir, soit on rentre dedans pour en changer l'équilibre interne. Celui qui a été choisi c’est la seconde et je pense que c’est effectivement pertinent et qu’on a la possibilité déjà d’une part d’avoir un accès aux concertations. Une fois que ce gouvernement sera mis en place. Je mets des petites, des petites parenthèses dessus, parce qu’il faut voir qu’on peut s’interroger sur pourquoi 81 83 Il y a une politique de rupture et ensuite Mitterrand, On change complètement et rien n’est possible. Je pense que le fait qu’il y ait une absence de mobilisation sociale est une cause. Le fait que la CGT à l'époque, qui a un syndicat de masse beaucoup plus qu’elle ne l’est aujourd’hui, soit dans un an dans un rapport complètement filiale avec le Parti communiste, fasse qu’elle ne soit pas en capacité d’imposer des choses, de négocier, mais qu’elle suive en fait que dans les négociations salariales de l'époque, on a l'équivalent du Medef et PCF, CGT avec le PCF au pouvoir. Ça fait qu’il n’y a absolument pas de pression qui est mise sur le gouvernement. Il ne va pas falloir refaire ça. Il va falloir, je l’ai dit en fait, s’il n’abroge pas Parcoursup, s’ils ne prennent pas rapidement et efficacement des mesures d’urgence, alors oui, il faudra retourner dans la rue. Je pense qu’il faudra faire des manifestations, mais dans des modalités un peu différentes en accompagnant quand même. Je pense qu’il y a un exemple qui me vient en tête, même si évidemment les situations historiques se valent pas, mais il y a un sous ND Avant qu’il soit démis de ses fonctions par le putsch des Etats-Unis, il y a derrière lui des forces à sa gauche, le MIR, et des forces un peu moins radicales que des syndicats notamment, qui sont à la fois derrière lui puisqu’ils soutiennent la seule option politique de rupture qu’il y a en face d’eux et en même temps dans quelque chose de critique, dans quelque chose où ils veulent aller plus loin dans les avancées sociales. Pour moi, il faut avoir cette démarche à la fois constructive et à la fois contestataire, si je peux dire ça comme ça.
Donc, si le 7 juillet, le Front populaire remporte les élections législatives, dès le lendemain, il y aura cette pression du monde syndical et politique qui se fera entendre, et de la jeunesse notamment.
Bien sûr, après la campagne pendant là, il reste trois semaines jusqu’au second tour. On va y aller à fond. Donc je pense qu’on prendra peut-être une ou deux semaines de vacances quoi. Mais après, oui.
Et alors ? Du coup, on parle en ce moment de la campagne et des élections en elle-même. C’est vrai que les sondages sont pas forcément rassurants, on a quand même 10 % au bas mot d'écart entre le nouveau Front populaire autour de 25, 27 %, voire 28 et un Front national autour de 30, 32 voire 35 % par rapport à ça où sont a contrario une dynamique sur le terrain qui est plutôt favorable.
Moi, je ne veux pas inciter à la démoralisation. Je ne veux pas non plus masquer ce que je pense réellement. Je suis très inquiet depuis le 9 juin, sur ce qui va advenir là, dans le pays. En l’occurrence, je pense qu’il n’y a qu’une seule chose à faire, c’est de se mettre à fond dans le Front populaire et de militer dans. Je ne vois pas d’autres options. Alors s’il y a quelqu’un qui a une autre option, je veux bien, mais personnellement, actuellement, je n’envisage pas autre chose. Donc il y a un sentiment d’inquiétude qui est très fort effectivement, du fait qu’on est soit le RN majoritaire, ce qui est plausible, soit ce qui paraît actuellement le plus probable, c’est à dire en gros, une assemblée complètement chaotique avec des équilibres encore plus resserrés qu’ils le sont actuellement, et donc un front populaire assez fort mais pas, mais pas majoritaire, un RN dans la même situation et un bloc bourgeois, un bloc bourgeois macroniste qui se resserre parce qu’on va vers ça si on n’arrive pas à mettre plus de dynamique. Donc il faut mettre plus de dynamique. Et voilà, après pessimisme de la raison, optimisme de la volonté, il n’y a qu’une seule chose à faire, c’est de se mettre à fond dans le Front populaire, masquer un temps nos divergence je ne veux pas rentrer dans les querelles de premier ministre, etc. Ce n’est vraiment pas mon sujet, parce que ceux qui y entrent font d’une part le jeu des détracteurs du Front populaire et font le jeu de la défaite, en fait du Front populaire. C’est à dire que là, on n’a pas le temps pour ça. Non pas qu’il faille lâcher toutes nos conditions politiques. Je t’ai déjà dit pourquoi je pensais qu’il fallait mettre une pression en même temps, mais à ce moment-là, il y a une unité dans l’action à avoir et c’est trois semaines. Il faut s’y mettre à fond et j’invite chacun, chacune à rentrer en contact dans sa circonscription avec les forces en présence. Et donc voilà, il faut un peu combler ce désespoir ou cette désillusion qu’on peut avoir face à la situation politique par une action parce qu’il n’y a que ça qui change. Et de toute façon, on a quand même le pouvoir, je pense, de faire changer les événements. Donc il faut se mettre à fond derrière ça.
Et en parlant toujours de ce nouveau Front populaire, comment tu perçois toi, la d’une part, la diabolisation de ce dernier avec une assimilation à l’antisémitisme, etc. Et d’autre part une réhabilitation du Front National qui serait érigée comme un parti défenseur des juifs de France notamment. C’est vrai qu’il y a cet emballement médiatique et notamment un certain nombre de figures médiatiques qui sont invitées à prendre la parole et qui disent clairement qu’elles ne voteront pas pour un candidat du Front populaire et notamment de la France Insoumise face Alexandra et qui voteront blonde se prononceront pas.
Oui, alors je pense qu’il faut que je réponde. Je peux prendre un peu plus de temps sur cette question. C’est les deux faces d’une même pièce la diabolisation de la gauche de rupture et la normalisation de l’extrême droite sur le thème de l’antisémitisme. Je pense que d’une part, il ne faut pas non pas qu’il faille assigner les Juifs à Israël, ce que font la droite et l’extrême droite. Il faut quand même en revenir un peu au commencement de tout ça, au niveau médiatique ou à l’exacerbation de tout ça. Donc le 7 octobre, il y a effectivement ces massacres du Hamas que nous on a condamné et tout le monde a condamné malgré ce qu’on raconte, on les a condamné et à partir de là, dans une accélération médiatique et politique, on va commencer à mettre sur, à remplacer encore plus vite ce qu'était le Front national, c’est à dire diaboliser comme l'était Jean-Marie Le Pen par la France insoumise. Je ne sais pas. Solidaire dans tout ce que fait la France insoumise, je n’en suis pas dépendant et quand j’ai des critiques, je les ai. Mais souvent je ne les mets pas publiquement parce que je pense que ce n’est pas le moment. Mais, mais, en tout cas, j’ai des critiques. En l’occurrence, il y a en fait une instrumentalisation de l’antisémitisme en faisant croire qu’il y a plus d’un sémitisme militant à l’extrême droite, ce qui est factuelle ment faux. C’est à dire que d’une part c’est consubstantiel à leur idéologie, mais c’est en plus très présent en fait chez leurs militants de base qui parfois militent aussi dans des groupes étudiants de ce qu’on appelle l’ultra droite et qui sont en fait on est antisémite. Et surtout, c’est une instrumentalisation qui, et en elle-même, met en danger les Juifs à mes yeux. C’est à dire que quand on met ce qui a été le choix en fait des macronistes et de l’extrême droite, les juifs au centre du débat politique, en ne parlant d’eux tout le temps en fait, que n’a jamais choisi de faire ni la gauche ni la France insoumise, On peut reprocher, je pense, que s’il faut dire je ne pense pas que l’antisémitisme soit résiduel en France en ce qu’il a une dimension à caractère systémique, sans pour autant dire que tout le monde est antisémite. Mais en l’occurrence, dire que fondamentalement, la FI est un parti antisémite, c’est faux, c’est à dire que c’est structurel, c’est faux aussi. Et donc on met comme ça dans un premier temps une équivalence entre les deux, ce que continue à faire un certain nombre de responsables macronistes, mettre à égalité Rassemblement national et FI. Mais ça va encore plus loin. C’est à dire que voilà, on va à la déclaration honteuse de Serge Klarsfeld qui dit voilà RN contre France Insoumise, je vote France Insoumise.C’est d’une part profondément cynique où de la part des personnes qui ont été à l’origine de cette instrumentalisation là, parce que, comme je l’ai dit, pour moi ça met en danger les Juifs. Et il ne faut pas oublier que sur cette question du soutien au non à Israël, quand on assigne profondément une part. Tous les Juifs à ce que font Israël et tous les pro-palestiniens, à ce que fait le Hamas. On incite les gens à être antisémites, tout simplement si dans la tête de tout le monde. Parce que c’est ça, la pensée dominante devient effectivement dominante dans la société. Si on dit juif égal Israël, donc ça veut dire que les gens au bout d’un moment vont se dire c’est bon, je suis contre ce que fait Israël. Et d’une part légitime parce que ce que fait Israël justement ne l’est pas. Et donc je suis contre les juifs et donc antisémitisme.La question n’est pas dire qu’il y a de l’antisémitisme qu'à l’extrême droite et pas à gauche. Il peut y avoir des bouts d’antisémitisme à gauche. Mais comme je l’ai dit, d’une part ce n’est pas structurel, ce n’est pas dans le programme, c’est à dire que le RN tout un programme, mais ils ont quand même toujours des choses antisémites. L’interdiction des signes religieux dans l’espace public, l’interdiction de la viande cachère. Et là, on se rend compte que si la France insoumise proposait ça, je ne sais pas, d’un point de vue animaliste ou je ne sais pas, on se rend compte que si ils proposaient l’interdiction de la vendre cachère, on ne dirait pas tiens, y a un petit problème. Donc voilà.Donc moi je ne cherche pas à dire voilà, la gauche est parfaite sur l’antisémitisme. Honnêtement, je ne pense pas que ce soit le cas. Et là il s’agit de faire bloc, c’est de faire bloc contre des accusations qui pour le coup sont infâmes. Parce que dire la gauche que la FI est un parti antisémite et le premier parti de France, c’est juste honteux vis à vis des militants de la fille qui dans leur énorme majorité sont des gens tout à fait universalistes et républicains et donc pas antisémites. C’est une instrumentalisation qui est dangereuse, qui vise, qui a visé sur la question palestinienne, a empêché les voix pro-palestiniennes de s’exprimer et qui vise là, dans le champ politique, tout simplement à faire qu’une fois dans l’urne les Juifs, mais pas qu’eux, se disent bombardés contre les flics et antisémites visiblement RN. C’est gravissime et comme je l’ai dit, ça met en danger les juifs et ça met en danger aussi les musulmans qui sont dans cette histoire aussi les victimes. Je ne sais pas si c’est collatéral, mais en tout cas on a des discours islamophobes profondément dans les médias en permanence. Que si. Sans faire de hiérarchisation des discriminations, si on appliquait ces discours aux chrétiens, aux juifs ou à qui on veut, on se rendrait compte que ce n’est pas possible. Donc si on veut lutter contre les racismes, il faut voter pour le Front Populaire parce qu’une fois au pouvoir, personne ne me croira sincèrement qu’il y aura pas de la lutte contre l’antisémitisme et qu’il y aura des mesures anti. C’est impossible. Et il s’agit aujourd’hui en fait d’avoir une politique cohérente, non pas de dire que tous les racismes sont équivalents et sont tous de la même nature. Il y a des spécificités à l’antisémitisme, à l’islamophobie, au racisme ou à la négrophobie ou à la tzigane phobie, tout ce qu’on veut. Mais. Mais aujourd’hui, il faut en fait être dans un combat universel. Et précisément quand Klarsfeld dit moi je vote pour un parti pro juif, même si on enlève le fait que ce n’est pas le cas, qu’il n’est pas pro juif fondamentalement, même si le RN défendait les juifs. D’accord. Donc il faudrait accepter l’islamophobie juste pour défendre les juifs. Non, on n’est pas dans un enjeu communautaire, on est dans un enjeu justement universel, quelle que soit notre origine religieuse, notre confession, notre appartenance. Et là, c’est un enjeu, c’est de faire naître une harmonie dans la société française qui s’est profondément profondément brisée. Et je ne pense pas du fait du peuple lui même qui n’a pas de volonté intrinsèque de se fragmenter, mais de la part de dirigeants politiques qui, cyniquement, ont mis ces questions sur le devant de la scène pour tout simplement arriver à des fins, que ce soit le RN depuis les années 80, en choisissant effectivement de moins parler des juifs, mais de parler des Africains et des Maghrébins. En gros, je résume parce qu’ils disent l’immigration, mais on sait très bien ce que ça veut dire et aussi des macronistes qui ont décidé de faire taire les voix qui visaient à la défense de Gaza.
Et alors ? Selon toi, comment ? Comment on lutte contre l’amnésie et voir contre cette réhabilitation du Front National vis à vis de ses origines, de son, de son passé, de son présent profondément raciste ? Comment on combat ça ? Et notamment chez la jeunesse avec l'éducation populaire ? Comment on rappelle que le passé, le Front national, est effectivement un parti profondément raciste.
Je pense qu’il y a une partie de la réponse qui est déjà dans la question, c’est à dire qui, il faut le rappeler, il faut le faire, il faut faire de l'éducation populaire. Après. Malheureusement, il n’y a pas de réponse magique.
Chez les jeunes, on a l’impression que dans notre génération, il n’y a pas du tout cette conscience là
C’est à dire qu’effectivement chez les personnes un peu plus âgées, les boomers, comme pourrait le dire, il y a quand même toujours, même s’il y a de plus en plus qui sont et qui auraient cette mémoire de la guerre. Et c’est aussi ce qui faisait qu’il y avait un cordon sanitaire à droite qu’il en. Maintenant. Je pense qu’il faut s’engager à fond dans la lutte et il faut aussi, je le dis, être irréprochable. On n’a pas toujours été irréprochables. Je ne dis pas qu’il va falloir faire notre grande autocritique sur telle ou telle question. Est ce qu’on peut faire une autocritique sur l’islamophobie dans la gauche, sur l’antisémitisme, Mais on peut aussi le faire sur l’islamophobie plutôt centre gauche, là, pour le coup. Mais honnêtement, on ne va pas faire un grand congrès sur cette question. Maintenant, je pense que la priorité, c’est de gagner les élections, c’est d’avoir une politique cohérente une fois au pouvoir. Pour ça, encore une fois, il faudra être derrière le Front populaire. Et tout simplement, il faut montrer que la gauche est le camp de l’antiracisme, de l’universalité des droits et de la défense de la condition humaine.
Permanent. Mais sans vouloir faire de la politique fiction, ce n’est pas l’objet. Mais je pense qu’il faut vraiment réfléchir à ça dans l’optique où on a le 7 juillet 1 arrivée au pouvoir de Jordan Bardella, et de l’extrême droite en France et ce qu’on peut faire. Quel sera le rôle de ce de ce Front populaire ? Est ce que c’est possible de se mobiliser, d’envisager des mobilisations face à l’extrême droite ?
Ah ce n’est pas possible, c’est obligatoire. Évidemment, nous, on essaiera d'être à la hauteur de la situation. Comme d’habitude. Pense que dans ce contexte, ce qui serait fondamental, c’est l’unité de notre camp. Or, quand l’on à l’extrême droite au pouvoir. Du point de vue du premier ni du gouvernement. Il faut tout simplement mettre en place, tout simplement. Il faut que je pense qu’il faudra passer du Front populaire électoral à la résistance populaire, il va falloir concrètement défendre les minorités qui vont être attaquées. Il va falloir se structurer, il va falloir se syndiquer, il va falloir faire ce que ne font pas assez. En Italie, par exemple, on n’a plus ces corps intermédiaires qui s’entre-opposent, qui tentent de résister. Et effectivement, il va falloir, on n’arrêtera pas de se battre.
On cite l’exemple de l’Italie, mais oui, il finit le risque. Justement, c’est ça qui est une forme de que les gens soient inertes et laissent passer en quelque sorte.
Ça peut arriver. Je pense que ça peut arriver. Et si le travail médiatique continue ainsi, ça risque d’arriver en septembre. Et si le Front populaire ne gagne pas ou n’est pas ou moins majoritaire, même relativement le 7 juillet ? En l’occurrence, je pense qu’il faudra organiser des nouvelles modalités d’action, ça c’est une certitude. Il faudra renforcer nos liens entre nous pour nous serrer les coudes en disant que, en fait, il faut être soudé, il faut défendre. Concrètement, comme je l’ai dit, les personnes qui vont être attaquées et ça va passer aussi par renforcer nos coordinations entre différentes organisations et faire en sorte de protéger. Et aussi, par exemple, ce que faisait au moment de la loi immigration, il y avait toute une série de conseillers de présidents de départements qui avait dit on n’appliquera pas telle ou telle mesure, on va faire ça aussi de la désobéissance. Et en tout cas, il va falloir continuer de se battre, c’est sûr. Je ne peux pas dire comment c’est bien de faire la politique fiction, mais quand on sera devant la situation, ce sera bien différent. Mais en tout cas, oui.
Et donc l'évêque avec le missel, comment vous vous êtes mobilisés, là, dans le cadre de cette campagne législative, vous allez sur des circonscriptions. Enfin, ça fait quoi pour un pour des syndicalistes de se retrouver dans le cadre d’une campagne électorale ?
Ce n’est pas ce pas désagréable quand on est militant ? Mais en l’occurrence, pas beaucoup de choses déjà toutes les fédérations se mobilisent sur chacune des circonscriptions. On essaye aussi. Il y a eu certaines listes qui ont été faites, des swings circonscriptions qui vont faire que l'élection va basculer ou pas. Il y a une grande incertitude sur le nombre de triangulaires, sur le nombre de circonscriptions qui sont ou pas gagnables ou perdues. Mais en tout cas, je pense que là, les forces militantes, malgré le peu de temps, toutes les forces militantes de gauche du Front populaire redoublent d’efforts. Toutes. On ne peut pas faire ce procès là. Maintenant, il faut qu’il y ait un mouvement plus populaire derrière qui se mette en place. Mais nous, concrètement, voilà, on fait ça, on participe à des tractages, on participe à des manifestations quand elles sont organisées.Moi même, voilà, j'étais à Montreuil. On essaye d'être dans des initiatives qui dépassent aussi un peu les partis politiques. Mais il faut faire ce qui est efficace. C’est ce que je dis aux gens, c’est renseignez vous sur les modalités d’action qu’il y a près de chez vous et souvent c’est porte à porte, tractage, ce genre de choses qui sont vraiment efficaces. Et c’est un travail militant du quotidien et compliqué parfois, mais qui permet vraiment d’aller chercher quelques voix et ça va se jouer à vraiment pas grand chose.C’est déjà au moment de la 2022, il y avait des circonscriptions qui étaient passées à 20 voix, de la gauche à la droite. Là, je pense que ça va être le cas aussi. Il va y avoir pas mal de triangulaires. En tout cas, rien n’est perdu d’avance, c’est sûr. Je pense qu’il y a une partie des choses qu’on n’arrive pas à anticiper encore, mais en tout cas, il y a une vraie possibilité que la gauche arrive au pouvoir et ça ne dépend que de nous.
Et alors justement, ce qui est drôle, c’est que toi, ma nièce cadette qui représente l’USN dans le cadre de ce nouveau Front populaire, il s’avère que, en tant que lycéen, tu ne peux pas voter parce que ça ne génère pas une grosse frustration quand même.
Euh oui, frustration. Après, je ne vais pas. Elle est satisfaite de l'âge que j’ai. Ce n’est pas d’avis, je ne pense pas trop possible de le faire évoluer plus que le temps qui passe. Mais en l’occurrence, oui, je pense qu’après Molokai je ne peux rien y faire donc je peux très bien être déçu. Je ne sais pas trop ce que ça va changer, mais par contre on peut agir avec ses proches. Est ce que t’es inscrit ? Est ce que t’as voté aux européennes ? Vérifie ton inscription et en l’occurrence c’est celle du 5010.
On ne peut rien faire, on ne peut pas voter.
Oui bah il y en a qui peuvent voter John et ceux qui ne peuvent pas voter. Je leur dit, je leur dis et quand je suis avec eux ou quoi ? Mais en fait on peut très bien convaincre ses parents, ses grands parents et là il va falloir mobiliser toute la société, peut être des gens qui ne votent plus ou qui votent plus bien, il va falloir faire ça. Et en l’occurrence, c’est possible. Je pense que chacun le fait déjà dans un cadre personnel, chacun. La politique est revenue au centre des discussions. Je pense aussi et en l’occurrence, il va falloir mettre en œuvre un peu partout, à la machine à café.
Au casier et dans les circo qui sont qui sont acquises au RN où il y a des députés sortants du Rassemblement national par exemple dans beaucoup des circo rurales. Selon toi, comment on peut casser, avec quelle méthode on peut casser le vote RN, le déconstruire ? Quelle approche faudrait adopter ?
Alors il y a un peu un vent de vision qui se pose à gauche. En tout cas c’est soit on dit que c’est fasciste, en gros on dit que c’est une imposture sociale. Par exemple, aux européennes, on a dit que c'était une imposture sociale je pense. Il faut faire les deux en fait, tout simplement. Il faut bien expliquer et souvent on ne réalise pas à quel point le programme du Rassemblement national et de Macron, ça l’est encore plus au fur et à mesure. Oui et non. À peu près toutes les mesures qu’ils ont dit qu’il mettrait en place. Et donc il faut dire ça en fait, regarder concrètement quand on a, quand on aussi, Si vous élisez le Front populaire, en fait, tout simplement, votre salaire va augmenter, votre retraite va augmenter à la rentrée si vous êtes, si vous avez 60, 63 ans et vous travaillez, hop, vous repassez à 62 ans, vous êtes à la retraite, vous vous occupez de vos petits enfants, d’une association, du jardinage, de ce que vous voulez et ça, c’est très concret comme situation. Il faut l’expliquer et il faut montrer que c’est crédible. Il faut montrer surtout que le racisme ne résoudra rien. Moi je ne suis pas pour dire qu’il n’y a aucun moteur raciste dans le vote pour le Front National. Je pense que malheureusement il y en a un, mais ce n’est pas quelque chose d’irréversible. Le racisme c’est une plaie dans la société, Vraiment, je le pense. Par contre, on peut souvent les gens peuvent avoir des mécaniques racistes dans leurs votes, dans leur manière de penser certaines choses. L’exemple typique mais qui revient vraiment souvent, c’est ah bah regardez moi je suis à la retraite, je gagne 800 €, J’ai travaillé toute ma vie. La famille qui est à côté, qui a émigré, gagne autant que moi alors qu’elle a rien fait. C’est la figure typique. Mais en fait il faut montrer déjà que c’est faux, que la famille à côté ce n’est pas forcément évident qu’elle gagne autant, etc. Déconstruire ce qui est faux et dire qu’en fait ce n’est pas parce qu’on va enlever à certains que vous allez y gagner parce qu’en fait ce n’est pas vrai.Donc il faut expliquer toutes sortes de choses. Et encore une fois, je le dis, ça peut paraître parfois impossible à faire, tant la part, la dynamique qui porte l’extrême droite est forte et paraît irréversible. Mais honnêtement, le travail de terrain et le travail militant, il permet quand même vraiment de contrer ça. Après, l’enjeu, là, c’est pas enfin je veux dire les millions de personnes qui votent, qui sont convaincus Rassemblement national, c’est pas eux qu’il faut aller chercher et il y a des secteurs spécifiques de la société à enclencher. Et donc là c’est la priorité, c’est les circo qui peuvent basculer et les quartiers, les populations qui sont en capacité de se mobiliser un peu plus et de faire gagner à la gauche.
Et dans la même logique, il y avait une question dans le charbon elle a joué quand elle a été qu’on ne la voit plus, mais c'était de dire que quelles stratégies on peut mettre en place, notamment sur les réseaux sociaux, pour contrer les discours du RN et plus précisément, par exemple, quand on a un Bardet, là, qui cartonne sur TIK TOK comment on fait, comment on occupe cet espace là et on participe à la bataille culturelle sur les réseaux sociaux. Et ça concerne particulièrement les jeunes pour le coup.
Effectivement Bardet l’a un peu, faut pas sur résumé et effectivement dit il marche bien parce qu’il est beau, parce qu’il fait des multicoques certes, mais en l’occurrence il faut le déconstruire ça je trouve. Il y a beaucoup de gens qui le font, ils ne sont pas forcément des militants mais qui vont faire une vidéo en réponse par exemple en disant ça c’est faux, etc. Je pense qu’il faut le faire. Il faut évidemment utiliser les réseaux sociaux. Là dessus, je ne dirais pas qu’on est en avance, mais la gauche est quand même assez compétente de ce point de vue là. Et nous mêmes, on essaye quand même qu’il y ait un peu de répercussion et j’essaye de faire le maximum de tweets pour déconstruire, pour dire regardez, c’est ça le RN. Récemment, j’avais dit regardez ce style qu’on dit à Rennes qui relativise la chose. Vous voyez bien que c’est des racistes antisémites, il faut le dire quand même. Peut être qu’on ne l’entend pas assez aussi. C’est très compliqué de faire contrepoids face aux discours médiatiques dominants, mais ce n’est pas impossible. Il faut le faire. Il y a tout un tas aujourd’hui d’espaces médiatiques qui s’organisent. Mais vous n'êtes pas les seuls pour ce post. Je vous reposte. Non mais. Mais voilà. En tout cas, il y a tout un tas d’espaces à activer au maximum et à organiser en fait. Et aujourd’hui, il y a quand même des nouvelles modalités d’engagement qui se font
Ok. Et peut-être qu’on peut regarder du côté du chat. S’il y a des questions. Il y en a une qui dit qu’elles sont aussi. Source qui dit : Quelles sont les restrictions de liberté syndicale en cas d'état d’urgence et de déclenchement de l’article seize ?
Ouh là là ! Alors, cette possibilité de l’article, c’est une bonne question. Cette possibilité de l’article seize, donc, c’est les pleins pouvoirs à Macron, c’est ça ? Euh pour le coup je pense. Après bon, des pouvoirs exceptionnels.
Oui, bien pouvoir, ça permet la répression syndicale, ça c’est sûr. Il y en a même pas besoin en fait. Donc c’est une première chose. Après, du point de vue est ce que ça permet d’interdire ou pas les syndicats ? Honnêtement, je ne le sais pas. En l’occurrence, si Macron a les pleins pouvoirs, ce qui est pour le moment, je ne sais pas si c’est très probable aussi s’il active cette possibilité là. Honnêtement oui, on est toutes et tous en danger, mais quoi qu’il arrive, si ce n’est pas le Front populaire qui gagne, ça sera le cas.
David a une question.
Non, non, celle ci c’est pour moi qu’il est question, c’est le tchat. Merci. Merci à tous les deux. Alors, au débotté et au hasard. Question de Boomer les jeunes et les étudiants qui votent RN. Comment Nadel analyse ce vote ? Je crois que grosso modo, les jeunes, c’est 25 % de 25 % des jeunes des moins de 25 ans votent Front national.
Mais alors comment tu analyses ça ? Puisque voilà, c’est cette idée de la jeunesse emmerde le Front National. Est ce que c’est effectivement exact ?
Ah ! Alors je pense qu’en majorité, oui, quand même. En tout cas, moi, de ce que je vois, de ce que j’analyse. Par contre, il y a une dynamique d’extrême droite chez les jeunes qui a été mesurée dans certaines études, même au niveau européen il y a tout un mouvement de jeunes un peu masculinistes, frustrés aussi. Je pense qu’on peut dire ça comme ça et pas qu’un peu, mais. Et ils se radicalisent à l’extrême de ce fait là. Mouvement culturel autour des influenceurs d’extrême droite aussi. Donc je pense que ce n’est pas néant et que ça progresse un peu chez les lycéens, notamment pour parler de ce que je connais le mieux.Après voilà, je ne pense pas qu’il faut être défaitiste. Je pense qu’il y a quand même une culture un peu de masse de gauche. Et les lycéens, les lycéennes et pas que dans les lycées de centre ville bourgeois, il faut le dire quand même. Les mobilisations sur la retraite, les mobilisations, les mobilisations pro-palestiniennes ont aussi aidé. Donc je pense qu’il faut aussi arriver à mobiliser ça. Mais en l’occurrence, j’analyse effectivement l’impact culturel, c’est à dire que les gens ne sont pas étrangers à la société, donc nécessairement ils sont aussi, ils peuvent être sensibles à ce genre de choses. Pour ce qui est des étudiants, on sait que la plupart des étudiants ont des conditions de vie qui sont vraiment terribles. Certains trouvent des. Solutions politiques à travers la gauche. Une grande partie des étudiants votent pour la gauche et d’autres peuvent se dire que peut être qu’on finance les étudiants étrangers et que c’est ça le problème. C’est la même mécanique. En l’occurrence, il faut aussi déconstruire ça pour montrer que ce n’est pas le cas.
Il y a ce corse frais qui est demandé qu’est ce que tu penses de la stratégie des éditeurs ?
Ah mais ça je sais pas hein, je ne sais pas moi, quand c’est l’Amérique dans Interstellar et tout, j’ai du mal. Ce sont des effets aussi, j’en sais. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas.
D’autres questions de ton côté ?
En fait, il faut dire la vérité Ritchy, il est rincé et l’honnêteté commande de dire que tu es en campagne. C’est important de le dire. Attends, je vais te montrer à l'écran. Et après je poserais des questions du tchat
En ce moment, je suis à Meaux, en Seine et Marne et je participe, et c’est un honneur pour moi. La compagne de Amal Ben Boutih, qui d’ailleurs subi tout un tas de calomnies. On en a parlé et. Et donc c’est vrai que c’est rude. Et puis c’est une grosse campagne de terrain justement, où on va chercher les abstentionnistes, on va chercher les gens dans les quartiers populaires, notamment les jeunes qui pour beaucoup d’entre eux, n’ont jamais voté. Donc c’est un travail assez énergivore, chronophage. Donc voilà. Et donc c’est vrai que je m’appuie énormément sur la ressource de nos amis au poste, bien au poste. Il faut dire les choses, ça peut être trompeur. Il faut dire les choses telles qu’elles sont, mais euh, comment dire. La situation est telle que y a aucun, y a aucun problème et le chat est là. Il y a beaucoup, beaucoup de monde qui nous regarde. Merci à toutes et à tous. Alors comme une source, je te demande deux choses à part les appels aux manifs, y a t il des scénarios sur la table en intersyndicale en cas de victoire du RN ou en cas de majorité relative du RN et autres points de la même personne à. À quel moment se posera la question de la grève générale du point de vue des syndicats ? Si elle se pose.
Alors deux choses sur l’intersyndicale. Samaras avait dit participer pendant les retraites, on est en lien. Bien sûr, il y a plus le modèle intersyndical avec tous les syndicats plus organisations de jeunesse dont on faisait partie à l'époque. Je reproduis ça sur le 1ᵉʳ mai aussi. Non, pas exactement, mais c’est un peu ça. Je sais qu’il va y avoir une intersyndicale dans laquelle nous on sera pas, mais qui sera mise en place le soir du premier tour pour notamment voir si on a une consigne de vote contre l’extrême droite Ça, c’est la première chose. Et ensuite, il y en avait un deuxième. Ah oui, grève générale. En fait, on n’a pas de bouton pour l’activer. Je pense que si moi aussi on peut l’avoir, c’est cool. En attendant, en fait, ça ne dépend pas vraiment des syndicats. Les syndicats, on l’a vu, sont en mesure de faire des grandes dynamiques populaires. Ça a été le cas pendant les retraites. Malheureusement qu’il n’y a pas été victorieuses, mais quand même. En l’occurrence, pour la grève générale. En fait, d’une part tous les syndicats, il faut être honnête, tous les syndicats ne sont pas en mesure d’y appeler. D’autre part, même si, même si tout le monde appelait à la grève générale, je ne pense pas qu’elle se mettrait en place. Il faut construire des dynamiques populaires, il faut renforcer les syndicats de transformation sociale et si possible un jour avoir ce bouton. Pour le moment, ce n’est pas le cas.
D’autant que ça risque d'être difficile de mobiliser les jeunes en plein été puisque c’est quand même le pari de Macron. En fait, c’est exactement à cet endroit là. Évidemment, nous on peut plus faire de mobilisation lycéenne, je pense qu’il y aura peut être des mouvements de blocus, etc. Si ça avait été le cas. Après, en l’occurrence, il faut, comme je l’ai dit, faire tout ce qui est possible. Après ce sera pendant les jeux. Donc on peut se donner le défi de lancer une révolte olympique
Excusez moi, mais si à l’inverse, Luke Weber, vous vous posez les mêmes questions en cas de victoire du Front populaire, que font les syndicats exactement ? Tu as dit il faudra accompagner, il faudra surveiller. Mais vous voyez quoi ? Imaginons. Le Front populaire est majoritaire à l’Assemblée.
Deux choses il faut qu’on arrive à exiger de retrouver des cadres d'échange avec l’Etat, ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, notamment pour nous dire qu'à l'époque on était financé et reçus, etc. Je parle pour les syndicats lycéens, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas du tout. En l’occurrence, je pense qu’il y a des modalités d’action à prévoir. Après, en l’occurrence, je répète beaucoup, en l’occurrence pour le coup, l’expression. En fait, on m’interroge souvent sur les modalités d’action sociale, syndicale. Ouais, enfin je veux dire, depuis mai 68 et même avant, elles n’ont pas évolué en grève. Occupation, blocage c’est un peu tout le temps pareil je pense. C’est surtout le niveau qui diffère et le soutien populaire aussi. Après, je ne vais pas dire s’ils ne font pas telle ou telle mesure grève générale. Pas utopique non plus. Utopiste. Par contre, si le Front populaire est bien au pouvoir, il faudra d’une part réintroduire, forcer pour réintroduire un certain nombre de cadres de discussion entre l’Etat et les syndicats. Ça prouve quelque chose de bien là dedans. C’est à dire que auparavant, lorsque ça a été mis en place, notamment par les communistes, les systèmes de retraites, les systèmes d’assurance sociale, les systèmes, un grand nombre de choses étaient cogérer en fait avec les représentants de la société organisée, pas directement l'État et les gouvernants élus tous les cinq ans. Je pense qu’il faut retrouver quelque chose de ce type et en l’occurrence, il faut effectivement s’investir aussi dans. C’est dans ces cadres là, les renforcer pour nous permettre de peser de plus en plus. Pour moi, il y a de ça et après mobilisation sociale, on verra bien si des secteurs spécifiques estiment qu’ils ne sont pas assez défendus. Je soutiendrai, mais je ne veux pas leur dire Ah, vous devriez vous mobiliser
Mais d’autant que tu disais tout à l’heure qu’il y a un vrai risque de désillusion. En fait, si la gauche arrive au pouvoir, se solde par un échec, si ça ne génère pas un engouement, un engouement populaire avec des progrès sociaux, sociétaux, il y a le risque majeur d’offrir pour le coup un énorme boulevard à l’extrême droite.
Oui, oui, je l’ai déjà dit. Donc il faut le faire, donc il faut faire le maximum pour que ça marche. Je n’ai pas grand chose d’autre à dire en l’occurrence, et c’est ça la situation.
Bien, il y a des gens qui demandent aussi, Alors là, c’est comment sortir toujours qui demande comment ça se finance un syndicat comme le SL et quels sont les moyens notamment. D’où la nécessité de financer ces organisations.
Alors avant je fais un récap,
Tu vas nous faire un petit rappel la mémoire du temps long, ça doit lui parler. Non, non. C’est un syndicat en fait, qui a été créé notamment pour concurrencer l’UNL à l'époque à laquelle on se rattache historiquement et qui avait été créé notamment par le ministère de l'Éducation à Blanquer, etc. Et donc, quand il y a eu ces révélations là, notamment par Mediapart, ils ont dit ah bah très bien, ils vont bouder un peu et donc ils ont arrêté complètement de financer tous les syndicats dont l’UNL, etc. Donc depuis ce jour-là, en fait, on n’a plus. Quelle que soit la représentation institutionnelle, nous n’avons plus aucun financement public qui, quand même, nous. C’est très compliqué pour nous. Et donc maintenant on est financé en fait par les adhésions, d’une part. Alors, la vaisselle a été faite.Une unification de plusieurs syndicats a été faite en février dernier, en novembre dernier avec un congrès en février dernier et qui donc n’a pas encore mis de système d’adhésion. Mais à la rentrée, on mettra en place un système d’adhésion généralisée pour pouvoir améliorer notre financement. Et en complément de ça, parce que ça reste pas énorme, on a aussi des financements inter syndicaux, c’est à dire qu’un certain nombre de syndicats soit nous aident sur telle ou telle chose financière à faire, c’est à dire financer tel événement, financer tel achat de matériel par des stickers, imprimer des stickers par exemple.
Et donc voilà, c’est un peu comme ça qu’on finance, alors c’est quand même faux. Il faut rappeler qu'à l'époque, Union nationale lycéenne pour parler de ça avait genre plusieurs dizaines de milliers d’euros de financement annuel, ce qui du coup on est beaucoup plus bas que ça.
Vraiment. Alors Morgane vous pose une question posée : N’est il pas temps de nommer ploutocratie et non démocratie ? Le système, le régime dans lequel nous sommes ?
Alors ploutocratie et l'étymologie, c’est les riches ont le pouvoir en gros.
Absolument pas. Ce n’est pas les ploucs, c’est les riches. Soit ça, soit ça marche ensemble. Mais non, c’est les riches.
Bien vu ! Non, non. En l’occurrence, au niveau politique, pas faire autrement. Nos institutions, elles sont sclérosées dans les moyens d’action qu’elles offrent aux gouvernements. Elles sont aussi problématiques dans le principe même des circonscriptions électorales, permet de manipuler les résultats in fine et en général ont été découpées par la droite, donc favorise la droite. En l’occurrence, pour ce qui est de la ploutocratie, au niveau économique, c’est clair. Et d’ailleurs pour moi c’est un projet. Enfin c’est ça la base du projet de gauche, aussi radicale qu’il puisse être, c’est de remettre. C’est de mettre la démocratie à tous les étages, mettre la démocratie dans l'économie. Actuellement, en fait, le pouvoir économique est détenu par des personnes qui simplement sont riches, soit parce qu’elles ont hérité, soit parce qu’elles ont eu la chance de devenir riche et de pouvoir posséder des entreprises.Et qui, grâce à la plus value tout simplement, sont accrochés à leur petit pouvoir économique et donc contrôlent simplement l'économie. Et ça nous empêche d’avoir une politique écologique, ça nous empêche d’avoir une société juste. En fait, actuellement, il faut bien se rendre compte que quand une personne va travailler 1 h, si 7 h étaient réparties en argent, elle va gagner quinze minutes et 45 minutes vont aller. Il y a peut être dix minutes à l'état et le reste à son employeur qui n’a rien fait d’autre que de tout simplement détenir le capital et d’acheter sa force de travail.Je ne vais pas refaire tout le côté marxiste, mais ça va être un peu compliqué. Alors que quand je disais ploutocratie antisémite, je crois qu’effectivement traiter de ploutocrate les gens mais pas le système n’était quelque chose d’un peu utilisé à l'époque de l’antisémitisme des années 30, etc. En l’occurrence, oui, je pense que ce n’est pas forcément pertinent de réfléchir comme ça, c’est à dire que c’est des effets de structure et ce n’est pas on prend les plus riches, on les met au pouvoir, c’est un peu plus compliqué que ça. Mais en l’occurrence, oui, le pouvoir est détenu par on ne peut pas, en tout cas au niveau économique, par ces personnes là.
Et sur la question des richesses du capital et du capitalisme dans la gauche de rupture, certains disent, et je pense notamment à vous, qu’on avait reçu pour le premier numéro de la barricade, qu’il faut abolir les milliardaires parce que c’est un cap et un horizon que tu partages à eux.
Au global, Oui. Après pour dire, je pense que sans le vouloir, couper les têtes non plus. Donc moi non plus malgré le pays dans lequel on se trouve. Et après Oui en fait je pense en tout cas que ce n’est pas assez milliardaire en général on n’est pas milliardaire sans s’enrichir sur le dos des autres. Après moi je ne déteste pas si je peux dire ça comme ça les milliardaires pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils font. Et en l’occurrence ce n’est pas comme je dis, c’est pour moi les personnes, le problème du système économique qui produit ça. Alors est ce que je m’identifie comme marxiste ? Je rebondis moi même, c’est incroyable du point de vue de l’analyse des rapports de classe, des rapports de force dans la société.Je suis plutôt marxiste, matérialiste. Après, je pense qu' aujourd’hui, ce n’est pas pertinent, avec le contexte climatique notamment de revenir dans les termes bourgeois prolétaires. Je pense qu’il faille engueuler hyper, mais ça dépend par qui je pense qui permettent de penser la société et qu’il y a un certain nombre de stratégies. Thèses marxistes léninistes. Ils permettent de penser les périodes qu’on vit, mais que ce n’est pas un décalque de la situation de l'époque.Et en l’occurrence, il y a un certain nombre de choses à changer. Je trouve que ce cadre pertinent dans la stratégie de la gauche de la gauche, on va dire, dans le fait d’avoir une dialectique qui est plutôt sur peuple et qui repose sur ces questions là, c’est que ça permet en fait de poser la question démocratique et institutionnelle. Je pense que c’est pertinent et je trouve que c’est normal parce qu'à l'époque ce n'étaient pas les mêmes structures. Mais Marx ne pouvait pas analyser l'État comme il est aujourd’hui. Et en l’occurrence, je réponds encore sur Lénine si ça ne dérange pas sur Lénine. Moi je trouve qu’effectivement j’ai cité. Alors il y en a qui ont aimé et quelques fans de Benoît Hamon qui ont peut-être un peu rigolé quand je l’ai fait. Mais en l’occurrence, outre la situation qui est sympa, je trouve qu’en penser ? La stratégie du Front unique dans la période actuelle me paraît très pertinente, avancer, séparer, mais frapper ensemble à un moment où il faut frapper ensemble. Et c’est une stratégie qui promeut que les forces vraiment révolutionnaires lâchent. Pour le coup, je parle dans les termes que lui utilise, s’unissent à des forces peut être un peu moins subversives, tout en gardant leur indépendance d’action pour arriver à des buts communs qui sont par exemple préserver la société du fascisme. Et c’est notamment ce qui fait qu'à l'époque, le Parti communiste choisit de faire le Front populaire et pas de rester en dehors. Donc c’est une citation, une citation qui est sympa et une stratégie qui me paraît pertinente. Et je pense que d’ailleurs les quelques prétendus léninistes en 2024 qui refusent de faire front unique sont dans l’erreur attitude gauchiste.
Je pense que Lénine, Lénine, lequel exactement ?
Et d’ailleurs même on est dans des trucs, un peu de jargon, mais même Lordon là récemment, je ne suis pas d’accord avec lui sur tout, loin de là, a fait un billet justement pour en parler, donc je l’invite chacun à le lire, même si c’est un peu galère à lire et lance t il un peu.
En parlant d’idéologie, tu te dis souvent collectiviste et en ce sens, quelles sont les figures et les penseurs qui t’inspirent, qui nourrissent tes réflexions ?
Ouf ! Ben alors, par l’activiste Ouais ben nous, quand on a fait lui, Hessel, il a fallu faire adhérer des personnes qui pour la plupart sont des lycéens qui ne sont pas dans un parti, d’autres qui sont insoumis, d’autres qui sont communistes, écologistes, socialistes, incertains. Et il fallait trouver une sorte de modalité idéologique un peu globale qui ne soit pas molle, qui ne soit pas le plus bas seuil possible, mais qui soit qui permet quand même à chacun de se sentir bien dans cette organisation. Et donc, ce que je sais, c’est moi qui me suis occupé de ça en tant que vice -président. Du côté plus idéologique, on a rédigé un manifeste, on a rédigé un texte d’orientations qui sont assez précis et en l’occurrence, on a choisi quatre mots d’ordre qui sont féministes, antifascistes, écologistes et collectivistes. Je crois que c’est ça. Et n’oubliez pas que pour confirmer mes interlocuteurs, je crois, ou peut être pas cet ordre là, mais en tout cas c’est ça. Et pour moi collectiviste, c’est vraiment le dernier et c’est ce qui résume tout dans mon dans ma pensée et c’est un peu celle de lui. Au global, il y a toute une série. On en passe par l'éducation parce qu’on défend les intérêts des lycéens et même si on s'étend à d’autres champs au fur et à mesure que la société est dévastée de l’intérieur, il est quand même pertinent de rappeler que si ce n’est pas les intérêts qu’on défend. Et donc je pense que l'éducation est un levier fondamental de changement de cette société qui actuellement va à la misère sociale et climatique. Et donc je pense que c’est par l'éducation qu’on pourrait rendre égalitaire, qu’on pourrait rendre émancipatrice, qu’on pourrait changer le fondement de cette société. D’où la phrase de Mandela assez connue et changer l'éducation, c’est le plus puissant.
L'éducation et l’arme la plus puissante que l’on possède pour changer.
Pourquoi ? Et donc il y a ça. D’autre part, collectiviste, c’est l’idée en fait qu’il y a toute une série de biens qui actuellement sont détenus par non démocratiquement justement, et qu’il faut les faire entrer dans le champ démocratique et certain qu’il faut faire entrer dans le champ du marché. Est ce que dans société, il faut citer des conseils ?
Peut être, peut être. Mais en tout cas, est ce que dans la société idéale qu’on veut, il y a plus de marché du tout ? Donc je pense qu’il n’est pas pertinent de se poser. Par contre, il y a un certain nombre de biens communs qu’il faut immédiatement enlever du champ du marché, parce qu’on voit bien que ça ne marche pas pour les mettre dans le champ de l'état social. L'État social est important pour moi parce que face à ce qui arrive et en l’occurrence, on n’a vraiment pas le temps, on a besoin d’un État, ou en tout cas d’une forme d’organisation collective qui permette de faire ça. Et donc il y a ça. Donc l'école doit retourner entièrement dans la sphère publique, mais aussi insérer le bien commun comme l’eau par exemple. L’eau, pour moi, ne doit plus être dans le champ du marché. Je prends cet exemple là, mais c’est un peu l’idée au global.
Alors non, pour le coup, ce n’est pas le tchat que c’est moi. Et moi je voudrais demander à ton invité ce qu’il pense du programme du RN qui a été révélé aujourd’hui sur le volet éducatif. Jordan Bardet, là, préconise entre guillemets un big bang de l’autorité à l'école dès la rentrée de septembre, notamment avec l’interdiction des téléphones portables. Dans les établissements, le port de l’uniforme ainsi que le vouvoiement obligatoire. Bardella a dit que s’il s’installe à Matignon, il soutiendra systématiquement les enseignants avec l’instauration de peines planchers dans les conseils disciplinaires et la création de centres spécialisés pour accueillir les élèves perturbateurs ou harceleurs. Bardella promet par ailleurs de renouer avec l’esprit de la loi Ciotti de 2010, abrogée par François Hollande, qui prévoit la suspension des allocations familiales et des bourses scolaires en cas de perturbation grave et répétée au sein de l'établissement scolaire. Enfin, il propose genre je sais qui tu es. Tu t’occupes plutôt des lycéens, mais tout de même. Il réitère, par delà la volonté du RN, de remplacer le collège unique par un collège modulaire.
Le lycée aussi
Bien dans le monde, ne parle que des collèges. Le collège unique par un collège modulaire. Est ce que tu as une réaction par rapport à AC à ces propositions faites par Bardella, ou du moins de comment dire, de ce qui s’en dégage, l’esprit qui s’en dégage ?
Est ce que c’est Attal qui s’inspire de Bardella
J’allais dire en fait, est ce qu’on est vraiment surpris ? Non. Parce qu’en l’occurrence, je pense que si on laissait Macron encore quelques années, il pourrait se permettre de prendre des mesures. Après oui, c’est pas surprenant que ce n’est pas une politique égalitaire en terme d'éducation, c’est une politique d’autorité réactionnaire et quelque chose d’assez vichyste, carrément dans cette vision d'éducation et complètement orientée sur l’aspect autoritaire et vertical qu’elle doit avoir. Et donc c’est dans cette logique là. Quand tu dis collège modulaire Bardet, là on sait bien comment il va trier les gens ou bien un peu des idées qu’il pourrait avoir. On ne va pas décevoir de ce côté là et là voilà, honnêtement, c’est du Macron dans le texte mais en radicalisé à l’extrême. Et ça montre bien en fait que le RN n’est pas du tout une force subversive de ce point de vue là et qu’il a tout simplement un programme libéral encore plus réactionnaire, c’est vrai et encore plus d’extrême droite. Je n'étais pas. Je n’ai pas de réaction.
Ne t’inquiète pas, tout va bien.
Le tchat se tient sage, c’est ça ? un très bon, un très bon film.
Alors il y a Saül qui te demande les jeunes de mon établissement. Plus de 800 élèves ne semblent pas tentés par l’aspect organisation syndicat. Comment les sensibiliser ? Alors ça, on ne dit pas si les profs ou si les profs font partie de la direction, mais bon. Ah, tu ne sais peut-être pas comment les sensibiliser.
Ou alors il y a plusieurs leviers que nous pourrions faire entrer.Que faire ? On en revient alors que faire ? Il faut amener la conscience, si on peut dire ça comme ça, il faut. Utiliser tous les leviers qui sont en notre faveur. Nous, ce qu’on fait en général, c’est qu’on passe au maximum par les réseaux sociaux parce que c’est quelque chose de facile entre guillemets, même si c’est une technique aussi, mais d’accessible à tout le monde d’essayer d'être au maximum vue médiatiquement, de voir quelle est notre parole, quels sont nos engagements, quelle est notre utilité pour les lycéens. Et après on a tout un tas d’actions de type Âge et sur les sur les lycées et aussi des campagnes. Alors à la rentrée, je ne sais pas ce qu’on fera comme campagne, mais il y a pas mal de lycéens qui viennent à l’action sur des thématiques spécifiques. Ça peut être les retraites. On a eu beaucoup pour la Palestine plus récemment. Et après, au niveau local, il arrive que des lycées se mobilisent dans des dans un contexte plus local sur le lycée, avec le mur qui tombe, avec l’amiante qu’il y a au plafond et que ça s'étende un peu. Je pense au 93 par exemple. On a eu des mobilisations assez massives qui ont été appuyées, rejointes par Louis Hessel et nous. En tout cas, c’est nos moyens de santé et de faire entrer dans l’action collective.
Et là, il y a, depuis les résultats des européennes, l’annonce de la dissolution, la montée en flèche de l’extrême droite. Est ce qu’il y a un boost et un regain de mobilisation dans la jeunesse ? Vous avez de nouvelles adhésions ?
Alors on n’est pas en période de rentrée scolaire où il y a des nouveaux lycéens en fait sur le marché des lycéens de gauche. Mais après, oui, il y a un peu, je crois que pas mal d’orga politique ont des pics d’adhésion. Je ne peux pas dire si on a vu ça, mais je sais qu’il y a pas mal d’endroits où il y a des nouvelles personnes qui essayent de te rejoindre, même parfois des gens qui sont en troisième et qui vont rentrer en seconde et qui donc commencent à prendre contact. Donc c’est très bien, on essaye d’agir au mieux. Après, là, effectivement, en tant que syndicaliste lycéen, comme on a plus de lycées, c’est la période où on se met sur d’autres terrains d’action et là en l’occurrence, avec cette campagne Front populaire, c’est est l’occasion de le faire. Soit on se repose un peu et c’est les vacances.
Et pas un congrès pendant l'été.
Non, on n’a pas pu le maintenir. Du coup, à cause de cette dissolution, comme on a mis toutes nos forces dans la dans la bataille du Front populaire, donc on n’a pas maintenu notre congrès comme l’ont fait pas mal d’organisations, mais on va quand même avoir des réunions, tout ça, et on ne fait pas rien, vous n’inquiétez pas le même, on se repose, on peut se reposer un peu, mais on se reposera le 7 juillet
Je me permets d’insister quand même sur la question des bourses scolaires qui seraient suspendues à l’attitude des gamins, des enfants, des lycéens, des collégiens. Qu’est ce que. Est ce que dans le syndicat, vous avez eu des retours par rapport à ça ? Est ce qu’il y a des craintes par rapport à ça ? Euh, comment vous pourriez. Parce que ça me semble être une des propositions les plus les plus fortes de Bardet, là. Est ce que déjà vous, vous avez eu le cas ? De lycéens, d’adhérents ou non ? Qui s’inquiète de ça ?
Alors je pense que là, elle n’a pas trop été mise en lumière en général. Évidemment, leurs mesures les plus sympathiques de prime abord, sont beaucoup plus mises en lumière par les médias que celles qui ne le sont pas. Il va falloir sensibiliser là-dessus aussi. Donc après ça, c’est un élément un peu nouveau, donc je n’ai pas vraiment eu de retours. Par contre, je pense que ce sera le cas et c’est proprement honteux. Enfin, sur le fondement. C’est incroyable déjà qui va fixer ce mérite là. On voit aussi que ça va aussi être le cas quand il y a des élèves qui sont politisés, ils sont déjà aujourd’hui, quand ils s’engagent sur des blocus, par exemple, très réprimés par leur établissement. Je pense que ce sera encore plus le cas si c’est le RN qui arrive au pouvoir.
Il y a une autre question que j’ai vu passer de plusieurs de F qui demandait qu’est ce que lui il pense ? Des lycées autogérés ?
Des lycées autogérés, il y en a qu’un seul, c’est le lycée de Paris. Non mais je pense qu’effectivement c’est un modèle intéressant pour tout un tas d'élèves et qu’il faudrait effectivement avoir des noms, pas mettre fin au lycée unique. A mon avis, ce n’est pas le lycée unique, mais en tout cas des choses plus universelles. Par contre, il y a toute une série de sons d'élèves qui ne sont pas adaptés au système scolaire tel qu’il est. Donc ce genre d’espace est important à préserver et c’est dommage qu’il soit attaqué. Donc il faut les défendre.
Je reprends la parole pour deux dernières questions que lui et celle s’engagent et portent des propositions sur la question de l'éducation populaire cette fois ci ? Et l’autre question est ce que ton syndicat a des propositions pour réformer le secondaire ?
Alors les deux. C’est incroyable comment on fait l' éducation populaire. Absolument. Et c’est aussi le rôle de l’UE. SL Nous on met en place souvent des formations, que ce soit lors de nos événements nationaux ou même pendant l’année, de sensibiliser effectivement nos adhérents. Et c’est quelque chose qui est hyper important pour nous. C’est à dire que non seulement on essaye de mettre en action les personnes lycéennes en général, mais surtout on leur permet aussi d’acquérir en général une structure politique, des manières de penser, d’agir et de devenir des citoyens éclairés si on peut dire ça comme ça. Donc c’est hyper important pour nous. Et l’aspect enfin, ça passe par la formation en fait, que ce soit notre journal, nos publications, nos formations en interne, que ce soit en Visioconférence avec des intervenants. Et ce volet là est hyper important et je trouve qu’il manque un peu à la gauche et en tout cas on essaye de prononcer un maximum sur les réformes du secondaire. Absolument. Ce qu’on a toujours porté, c’est l’idée d’avoir effectivement un lycée modulaire et de revenir à un système idéal. Mais ça, ça peut, ça peut se faire un système de lycée polyvalent, c’est à dire plutôt que d’avoir une ségrégation scolaire entre les filières technologiques, les filières professionnelles, les filières générales, on parle beaucoup plus des filières générales d’avoir tout dans le même lycée, de pouvoir adapter en l’occurrence et de viser une fin de ces filières pour qu’il y ait une plus grande égalité entre les lycéens, les lycéennes. Ça demande des investissements massifs, une nouvelle politique de l'éducation et ça pourrait être vraiment un levier efficace pour changer le mode de société. Et je pense qu’en priorité, il faudrait effectivement investir beaucoup dans le lycée polyvalent. Et je voudrais dire aussi qu’il y avait une polémique. C'était l’année dernière quand j’avais dit que les voies technologiques étaient souvent déconsidérées et qu’on essayait d’envoyer les élèves les moins favorisés dans ces voies-là. Je les retirais, mais je le pense toujours. Il y a effectivement. Il ne s’agit pas de cracher sur les élèves, ni sur les professeurs, ni sur le principe même qui est plutôt louable. Mais, mais en l’occurrence, c’est le cas. En fait, c’est des filières qui sont déconsidérées et moi je me souviens souvent, c’est très connu que ça, c’est plutôt en général, je crois que c'était l'étude, c'était en CE2, et les enfants d’ouvriers, à niveau égal, redoublent trois fois plus dans des situations un peu touchy que des enfants qui ne sont pas des enfants d’ouvriers. Et c’est aussi le cas j’ai l’impression. Moi je ne vois pas d'études qui était ça, mais ce que je ressens aussi, c’est à dire que souvent en secondaire, un certain nombre d'élèves qui sont en difficulté mais qui peuvent être onze douze de moyenne et qui sont envoyés dans les voies technologiques de type STMG, alors que c’est pas ce qu’ils souhaitent, tout simplement pour dégager de la place et faire une ségrégation de niveau mais aussi de niveau social. Je pense que c’est une très mauvaise chose qu’il va falloir réformer.
Et du coup, sur ces demandes-là, notamment de refonte du secondaire, est ce que vous êtes entendus au sein du nouveau Front populaire ? Et quand vous, on vous demande à vous aider, vous écoutez vous entendre dans le cadre programmatique ?
Oui. Alors, dans le cas de problématique, ça fait longtemps que les programmes de gauche, que ce soit là, ici, les Verts aussi nous reçoivent, nous écoutent dans nos propositions. Après, il y a aussi ce qui est faisable en deux ans et ce qui n’est pas. Non, il ne faut pas être dogmatique. Il y a un certain nombre de choses qui sont inscrites sur le programme et c’est aussi pour ça qu’on y adhère, notamment à l’abolition de Parcoursup, l’ouverture de dizaines de milliers de places à l’université. Donc là dessus, c’est effectivement suffisant. Comme je l’ai dit, voilà, une fois au pouvoir, il faudra trouver des modalités d’entente, de discussion, de contestation de ces mesures là pour que ce soit fait avec un lien concret avec le terrain. Et c’est vrai que parfois ça manque quand je vais faire en 2022, je crois que c’est les Verts qui parlaient de zones d'éducation prioritaire dans leur programme alors que ça existait au plus haut. Faire ça aussi. Mais d’un point de vue programmatique, c’est plutôt clair et c’est en fait le programme, il est là, il faut simplement le respecter et le mettre en œuvre.
C'était vrai. On va faire une petite conclusion. En tout cas, moi j’ai été ravie de prendre ce moment de discussions et d'échanges avec toi pour rappeler que oui, il y a bien une jeunesse.
Plus détendue, mais celle qui emmerde le Front national dans ce pays qui est prés à éradiquer le fascisme. Ce qui me vaut d’ailleurs un éventuel hypothétique procès contre Jordan Bardella
Il faut que tu t exprimes un peu plus
En gros j’avais dit que j’avais dit il y a quelques mois, l’an dernier pendant la réforme des retraites sur Jordan Bardella on était sur un plateau et je lui avais dit que le fascisme était une menace à éradiquer et que nous nous occuperons du cas de l’extrême droite. Et de ce fait, j’ai été convoqué le 3 juin et. Et depuis on n’a pas de nouvelles du parquet. Avec mon avocat, on les a, on les a relancés. Mais bon, ce n’est pas étonnant comme il y a la période électorale actuelle. Ceci étant dit, on en est de nombreux jeunes à porter ce combat antifasciste et notamment LVSL. Donc ça fait plaisir. Merci à nos amis, au postier, au postier de m’avoir soutenu dans le cadre de cet entretien. Parce que c’est vrai que la période est éreintante, mais pour la bonne cause. On vit une période d’accélération historique où il se passe tout en quelques semaines, pour reprendre notre ami Lénine qu’on a beaucoup cité ce soir. Et ceci étant dit, peut être une dernière question en guise de conclusion c’est quoi l’agenda là pour toi dans les prochains, dans les prochains jours ?
Alors pour moi, ce sera le général. Après pour moi, ce sera encore quelques passages médiatiques parce que c’est utile aussi. Donc je les accepte. Quand ça ? Quand ça me convient. Donc vous pourrez me retrouver. Suivez-nous sur les réseaux sociaux bien sûr, et je serai sur Blast mercredi à 20 h avec Sophie Binet, normalement. Voilà, je vous dis. Ensuite, on sera présents un peu partout. Non, On continuera à faire campagne chaque jour. Je vais essayer de réviser l’oral de français mais pas trop le temps. Mais ce n’est pas grave, ce qui compte c’est la campagne pour le nouveau Front populaire. Et donc je voudrais redire quand même que là, il y a quand même une situation qui est urgente. Tout se passe très vite, comme tu l’as dit, et la campagne, elle n’est vraiment pas facile parce qu’elle est très, on se rend pas compte mais c’est dimanche, le vote et surtout beaucoup de choses. Beaucoup de choses vont se jouer entre les deux tours, ça va être très important le nombre de triangulaires. Je n’entre pas dans les détails, mais c’est vraiment là qu’il va falloir aussi mettre toute notre énergie. Donc je dis à chacun, chacune évidemment, des divergences à gauche. Je l’ai exprimé pendant cette émission, évidemment, on peut ne pas être d’accord avec tout sur le programme, sur ce qui sera respecté ensuite, mais là, aucune force politique qui ne soit pas le nouveau Front populaire n’est en capacité de faire reculer l’extrême droite et d’empêcher simplement qu’elle arrive au pouvoir. L’arrivée au pouvoir de l’extrême droite et des politiques racistes et des politiques antisociales, il faut absolument éviter ça à tout prix. Donc il faut que chacun fasse ce qui est en sa mesure pour aider le Front populaire à arriver au pouvoir. Et donc il ne faut vraiment pas oublier qu’il y a cet horizon là du 7 juillet et qu’on peut se retrouver le 8 juillet avec des racistes, des antisémites, des xénophobes à tous les postes de l'État et que surtout la peste brune et surtout, en fait, notre démocratie, elle n’est pas prête à encaisser ça, tout simplement. Aujourd’hui déjà, on est quasiment plus dans une démocratie. Je pense qu’on peut le dire. Mais surtout, c’est le syndicat de magistrats notamment qui dit ça. Le reste, ils n’auront pas besoin de grand chose une fois au pouvoir. Pour oui, il y a des musiques à écouter. Alors j’ai été très sérieux. Ils ne sont pas cons, ils n’auront pas besoin de grand chose une fois au pouvoir pour instaurer un ordre autoritaire. En fait, les mesures, elles sont déjà là. Notre cinquième République, elle permet ça. Donc il faut absolument éviter ça. Il faut absolument remettre de la démocratie et c’est pour ça qu’il faut voter, faire voter pour le Front populaire.
Et on nous dit, David, qu’on perd les bonnes habitudes parce qu’il faut prendre la photo.
Est ce que je peux raconter une anecdote mon cher Ritchy, quand même, puisque tu as parlé de tes déboires avec le dénommé Jordan Bardella
Euh parce que j’ai donné ton numéro, mais tu peux raconter alors.
Ça ne te dérange pas que je te raconte ça ? Alors attends, je vais essayer de te mettre en solo. Attends, je vais te mettre en solo, c’est toi qu’on va voir. Écoute, il y en a pour deux secondes donc je rigole. Donc il y a quelques jours de ça, j’ai reçu un appel à part, plus exactement un message téléphonique. Bonjour, au commissariat d’Asnières, Monsieur Ritchy Thibault ne pourra pas se rendre sur son lieu de travail demain lundi.. Tu étais en garde à vue et donc je me suis dit tiens si,il m’a fait appeler puisqu’ils m’ont appelé. J’ai quand même beaucoup rigolé et je me suis dit en fait que tu me passerais un message pour que je tweet en disant il est au commissariat d’Asnières, ce que j’ai fait tout de suite, Est ce que c'était ça ou pas ?
Çà aide d’avoir David Dufresne comme patron c’est vrai que, en fait, il y a un certain nombre de droits quand vous êtes placés en garde à vue, et notamment le fait de faire prévenir un proche, de faire prévenir votre employeur, votre avocat. Et donc il s’avère que moi, je bosse ici pour tenir la barricade. Alors c’est un vrai plaisir, je le prends pas comme une activité aliénante. Ceci étant dit, ça me permet, lorsque je me retrouve dans les geôles du pouvoir, de ne pas faire passer un petit coup de fil à David et ensuite pour David d’actionner la machine. Voilà pour l’un pour faire appel à la solidarité.
Très bien.
Voilà la petite anecdote.
La petite anecdote. J’avoue, ça m’a beaucoup fait rire.
Et en plus c’est le, c’est le poste qui appelle Au poste.
Oui, c’est ça. Mais surtout le ton très à la fois cordial de l’OPJ me disant que tu ne te rendrais pas sur ton lieu de travail alors qu’en fait, si, tu viens ici une fois par mois.
Mais c'était mon lieu de travail quand même. Il faut s’imprégner de la contestation pour ensuite en discuter ici, sur ce fauteuil orange.
Écoute, voilà, j’espère qu’ils se sont bien comportés avec toi. C’est tout ce que je te souhaite. Voilà, moi je peux donner mon numéro de téléphone à ces gens et je comprends le message immédiatement.
Alors vous voyez, il y a un excellent livre que je n’ai pas lu, mais j’aimerais beaucoup lire. Il s’appelle Une vie meilleure, que j’ai écrite au cours des derniers mois d’action de lutte. Et c’est un manifeste qui revient sur mon arrivée à l’action politique par le feu à l'âge de quatorze ans, sur un rond point, alors que je venais d’entrer au lycée à l'époque du mouvement des gilets jaunes. Je parle de ça, je parle de stratégie politique, je parle de justement, quelles peuvent être nos modalités de lutte à cette époque ? Je parle également des combats, des indignations qui animent notre génération et des défis qu’on va devoir relever qui sont nombreux. Et je parle également de l’imaginaire vers lequel on veut tendre, du monde que l’on veut construire demain, tous ensembles. D’ailleurs, à la fin, il y a un certain nombre de textes de jeunes camarades, dont Merlin qui est ici, qui peut venir faire un coucou.
Bien, j’ai trouvé ça très intéressant et on en reparlera. C’est intéressant et je trouve ça intéressant de réfléchir à comment agir face au fascisme qui monte en flèche.
Et alors Manès c’est un bon porte voix pour les lycéens et lycéennes ?
En partie oui. Après je pense hein ? Mais je pense qu’en partie oui. Après je pense qu’il faut multiplier les portes voix et que pas se focaliser sur un petit c’est super.
Et alors je disais qu'à l’intérieur de ce bouquin, il y a un texte que tu as rédigé.
Oui, j’ai rédigé un texte sur l’après, nos modalités d’action et comment, Comment inventer un monde qui sera un peu plus vivable celui là ?
Tout à fait. Et du coup, je rappelle également que pour boucler la boucle, eh bien il y a sur le site du post les liens, les bonnes pages, c’est comme ça qu’on dit et. Et du coup, les bonnes feuilles, les bonnes feuilles, pardon, bonnes feuilles et vous, vous pourrez les retrouver. Et puis peut être que ça vous donnera envie ou pas de poursuivre la lecture. En attendant, il est en précommande sur KissKissBankBank. Voilà, c'était le moment auto promo.
Très beau moment, très émouvant par ailleurs.
Mais c’est bien, c’est bien. J’ai oublié de préciser d’où venait Merlin.
Tu peux même nous raconter comment vous vous êtes rencontrés.
Alors écoutez, oui, c’est extraordinaire. Pour ceux que tu m’autorises à raconter. Ben non, vas-y toi, Raconte pour ce projet, pour les aupostiens. Tiens, les plus, les plus fidèles. Merlin est venu avec Ritchy Le monde est petit, et en fait, le visage de Merlin me disait quelque chose quand il m’a dit qu’il venait de Toulouse. J’ai commencé à me dire On t’aime, ça te dit quelque chose ? Et en fait, Merlin a raconté ce qui s'était passé il y a quelques mois de ça lors d’une manifestation de la réforme des retraites. Nous nous sommes rencontrés parce qu’il me semble que tu cherchais une perche pour pouvoir mieux filmer et du coup on est rentré dans un magasin ensemble.
Après j’ai pu tenir la caméra et c'était assez chouette comme rencontre. Oui parce qu’en fait, tu me disais que quant à ton rêve, ton projet c'était d'être journaliste. Donc je t’ai dit vas-y, démarre !
Voilà, voilà, ça part dans tous les sens, mais ça converge dans la lutte contre le fascisme.
Chers amis, je vois qu’il m’incombe de finir cette émission. Merci à vous deux
