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Manuel Bompard convoqué Au Poste

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Voilà ! Bonjour, bonsoir tout le monde, Bonsoir, Go Manu, Il y a écrit dans le tchat, on dit Manu Bompard, on dit Manuel Bompard, Il faut tenir le micro plus près, ça vient d’où ce prénom ? Manuel ?
Manuel Bompard
Bonne question. Je ne sais pas répondre à cette question.
David Dufresne
Mais il y a des origines…
Manuel Bompard
Non ? Je n’ai pas d’origines particulières. Non, pas d’origine Vallciennes, non, ni Vallciennes, ni macroniste.
David Dufresne
Bonsoir à tous. Ben oui, bonjour Emmanuel, Il y a quelqu’un qui dit immanence ? Emmanuel Bonsoir à toutes et tous. L’introduction est un tout petit peu longue, mais après on a 1 h et demie, 1 h et demie, 90 minutes. Quel luxe ! C’est l’une des chevilles ouvrières et de direction de la France insoumise à LFI. On dit le coordinateur, parfois le nettoyeur, ancien député européen. S’il y a un truc qui ne vous convient pas ou qui vous convient, j’y répondrai à la fin de l’introduction. Ancien député européen, aujourd’hui député de la quatrième circonscription des Bouches du Rhône, on dit de vous que vous êtes à la manœuvre. Partout, tout le temps. Un soir de mai, le matin, comme on dit aussi, a réagi à un de mes tweets énervé à cause de ton équipe de com. de campagne nous faisait tourner un peu en bourrique. Il était 23 h, je reçois un DM et c'était vous, vous même qui me disiez qu’on allait se mettre d’accord, que vous viendriez Au Poste En toute franchise, 90 minutes et plus si affinités. J’ai épluché le programme de l’Union populaire. Neuf chapitres, neuf mots d’ordre. Ça va du partage des richesses à la planification écologique européenne d'étendre les droits et libertés face aux réactionnaires, voilà qui nous est cher Au poste jusqu’aux nouvelles frontières de l’humanité. Et tout en haut, tel un étendard, il est écrit que notre méthode ne pas hésiter à recourir aux rapports de force et à la désobéissance. On va causer de tout ça. Et aussi, si on peut, de mobilisation contre le fascisme, du mouvement France Insoumise de Gaza, des médias et de gauche Monsieur Bompard est un peu fatigué ?
Manuel Bompard
Bonjour à toutes et tous, sur le tchat. Comment ça va ? Dernière ligne droite de la campagne : l’élection le 9 juin. On est pleinement mobilisés pour cette échéance et en même temps l’actualité à l’Assemblée nationale, dans l’assemblée où on était en niche du groupe communiste. Oui, notamment. On a voté ce matin en faveur d’une résolution pour rejeter la ratification CETA, ce fameux accord de libre échange avec le Canada, qu’on a réussi à faire voter une résolution qui appelle que la France ne ratifie pas cet accord de libre échange. Parler des élections européennes, c’est clairement et avec clairement un lien. Ah ben oui, pour le vote ce matin sur l’accord de libre échange, parce que c’est carrément dans le diagramme, donc ça va, donc ça va campagne et tout le monde sait que les élections européennes sont des élections particulières, parce que l’enjeu, c’est plutôt un enjeu de mobilisation. Tout le monde n’est pas forcément intéressé par les élections européennes et l’enjeu pour nous, c’est de convaincre de l’importance d’aller voter le 9 juin. Il y a qu’un seul tour et on se déploie un peu partout dans les médias, sur le terrain, dans les manifestations notamment ces derniers jours, dans les mobilisations qui sont organisées. Ça dure depuis plusieurs semaines, mais ça monte en puissance ces derniers jours, en solidarité avec la population palestinienne. Bref, on est sur tous les fronts. On va on va y venir ici, on n’est pas sur BFM, on a le temps, Donc pas la peine parce que j’ai vu sur Twitter des gens qui réclamaient des punchline, des trucs comme ça. Moi je n’en ai pas besoin. Je ne suis pas venu pour faire des punchlines, je suis venu pour discuter. On a le temps. Effectivement, il y a peu de formats où on a la possibilité de s’exprimer. Et je pense que l’objectif, là, c’est qu’on puisse rentrer dans le détail sur le programme, sur les éléments stratégiques. Exactement. Exactement.
David Dufresne
Alors d’abord, je reviens sur cette phrase là qui m’a vachement étonné de ne pas hésiter à recourir au rapport de force et à la désobéissance. Donc, c’est sur le site de la France Insoumise de la France Insoumise, on retrouve le programme de l’Union populaire. Est ce que c’est. Le nom officiel de la liste. Et il y a cette phrase tout en haut en disant qu’on ne va pas à Bruxelles pour conforter Bruxelles et on est capable de désobéissance. Ça veut dire quoi d'être élu et de désobéir ?
Manuel Bompard
Alors d’abord, c’est effectivement le programme sur les élections européennes qui viennent. Et le chapeau auquel vous faites référence est un chapeau qui détermine quelle est notre méthode vis-à -vis de l’Union européenne. Pendant bien longtemps, en quelque sorte, les formations politiques, elles se partageaient entre celles qui disaient on est pour l’Union européenne et puis celles qui disaient on est pour sortir de l’Union européenne. Et nous, on a voulu sortir un peu de cette dichotomie et de ce choix binaire. Et en posant la question le sujet ce n’est pas être pour ou être contre, c’est pour faire quoi ? Et l’idée c’est de dire à partir du moment où on croit à la souveraineté populaire, à partir du moment où on veut gouverner ce pays, et c’est notre objectif bien évidemment. Avec la France insoumise, la question qui nous est posée, c’est comment faire en sorte que les institutions européennes ne soient pas un obstacle à la mise en œuvre du programme pour lequel nous aurions été élu, c’est-à -dire pour lequel les Françaises et les Français auraient voté. Et l’idée, c’est de dire ça nécessite que quand il y a des contradictions entre ce qu’on veut faire en France et ce qu’on nous impose au niveau européen, il faut être en capacité de construire du rapport de forces et parfois de désobéir, c’est à dire de ne pas appliquer les règles européennes. Prenons un exemple très concret. Il y a eu une manifestation, je crois, mardi dans la question du fret ferroviaire. Si vous voulez, comme nous le proposons au niveau national, développer le fret ferroviaire à développer le service ferroviaire. De manière générale, vous devez désobéir aux directives européennes qui vous obligent à la libéralisation du ferroviaire. Ça veut dire tout simplement que vous n’allez pas appliquer une directive européenne. Souvent, quand on nous dit ça, on dit oui, mais si vous n’appliquez pas, vous allez donc avoir des amendes, etc. Oui, on aura, on sera menacé d’avoir des amendes, sans aucun doute. A la question c’est est ce que vous les payer ou est ce que vous, les Pays-Bas Et si vous êtes constants dans votre stratégie de désobéissance, vous ne payez pas les amendes non plus. Donc l’idée ce n’est pas de provoquer pour provoquer, c’est de dire à partir du moment où les Français choisissent un programme, choisissent des mesures à mettre en œuvre, il n’est pas normal qu’il y ait une instance au dessus qui impose quelque chose qui nous empêche de mettre en œuvre notre programme. Voilà, c’est un peu ça l'état d’esprit général de la désobéissance et du rapport de force.
David Dufresne
Pourquoi ? Il y a les deux mots rapport de force ?
Manuel Bompard
Parce qu’on peut essayer de faire changer des choses. Oui, bien sûr, on est opposés à la directive de libéralisation du ferroviaire. D’abord, on met la pression, on dit cette directive, il faut qu’elle change et puis désobéissance. Et si on n’arrive pas par le rapport de force à faire changer, on dit Bien, faites le si vous voulez, mais nous, ça s’appliquera pas chez nous. Mais évidemment, je vais me faire l’avocat du diable. Qu’est ce qui change entre l’Union populaire qui dit, on n’oubliera pas forcément à tout ce que l’Europe demande d’un Darmanin qui dit que le Conseil d'état ou l’Europe, à la limite il s’en fout Bien sur telle ou telle affaire que j’entends c’est oui ce que je veux dire, c’est tout fait, c’est sur quel thème on est prêt à désobéir et voilà. Et je pense qu’il faut c’est désobéir sur quoi ? Et sur ça, il faut être clair. Il ne s’agit bien évidemment pas pour nous de ne pas respecter la Convention ou la Couronne. Les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme. Il ne s’agit pas de ne pas respecter ce qu’on appelle les choses liées à l'état de droit, aux libertés. D’ailleurs, on part observer quand même ces derniers mois, on voit bien qu’il y a des règles européennes sur ce sujet. On ne peut pas considérer qu’en France on soit exonéré de recul sur ces questions là, je pense. C’est le contenu qui détermine ce sur quoi il faut désobéir. Mais clairement, à partir du moment où la France, par le voie, la voix du peuple français, dit je reprends ces exemples, les biens communs, nous on pense qu’ils ne doivent pas être soumis aux marchés, on pense qu’ils doivent être protégés, garantis par la puissance publique. Ils ne doivent pas être des sujets sur lesquels on cherche du profit ou de la rentabilité. Par exemple l’eau à l’eau, les transports, l'énergie. Là, il y a par exemple un sujet majeur de cette campagne des élections européennes : nos factures d'électricité à tous. Elles ont augmenté de 20, 30, parfois 40 % ces deux dernières ces deux dernières années. Il y a une conséquence directe avec ce qu’on appelle le marché européen de l'électricité. C’est à dire qu’aujourd’hui le prix de l'électricité est décorrélé du prix de la production de l'électricité, il est déterminé par un marché. Nous, on dit ça suffit. Ce système est absurde. Il faut mettre un terme à ce système. Au Parlement européen, il y a quelques semaines de ça, ils viennent de décider de prolonger le marché européen de l'électricité. Dans cet exemple là, il y a l’eau, il y a l'énergie, il y a les transports. À partir du moment où nous, on considère que ça, ça doit être géré par la puissance publique comme des biens communs, on ne respecte pas même les directives. Darmanin serait là. Ouais Darmanin, ce serait la sueur qui vient des yeux. Je ne pense pas, mais imaginons, il pourrait sortir la même chose, il pourrait dire mais moi je considère que. Je crois que c'était sur les OQTF ou quelque chose comme ça qui. Après tout, j’y vais et j’expulse pour la sécurité des Français. C’est-à -dire que chacun va trouver son intérêt supérieur pour désobéir. Qu’est ce qui distingue des hommes frais ? Qu’est ce qui les distingue à la fin ? C’est que vous vous appuyez sur la décision du peuple. Après, ça ramène une autre question, c’est qu’est ce que vous faites ? Si une majorité du peuple considère que je prends un exemple radical ? Il faut rétablir la peine de mort. Ce que vous faites, vous vous battez pour faire en sorte qu’il n’y ait pas une majorité du peuple qui soit sur ce point de vue là à la fin. Sinon, vous ne pouvez pas dire, même si tout le monde veut faire ça grâce à l’Europe, ça ne va pas être fait parce que sinon vous êtes sorti d’un système démocratique. Il me semble qu’on est quand même attaché à l’idée que c’est la souveraineté populaire qui doit l’emporter. Mais en tout cas, nous on fixe comme en tout cas, est ce que ce que je veux dire quand même, c’est que depuis des années et des années, il y a des dire des candidats aux élections, en particulier présidentielles, aux législatives, qui font des promesses sur un certain nombre de sujets, et puis qui une fois l'élection passée, disent ah désolé, je voulais faire ça, mais je peux pas le faire parce que l’Union européenne m’empêche de le faire. Je dis ça, ce n’est pas possible.
David Dufresne
Donc si vous dites des choses pendant la campagne, ça veut dire que vous devez faire la démonstration que vous êtes prêts à aller jusqu’au bout, même si ça doit conduire à désobéir à un certain nombre de règles.
Manuel Bompard
Pour le reste, moi, je ne propose pas de désobéir aux règles en matière d'État de droit.Je ne propose pas de désobéir aux règles en matière de législation environnementale. Et je veux dire parce que parfois on me dit mais vous êtes irresponsables de dire ça, ça me fait doucement sourire parce que vous avez quand même la France qui désobéit déjà un certain nombre de règles européennes par exemple, chaque année, la France ne respecte pas les règles en matière de pollution de l’air, n’a jamais dérangé personne. Pourtant on ne respecte pas les règles européennes sur ce sujet. Donc Macron a déjà choisi ce sur quoi il est prêt à désobéir. Donc moi je dis ce n’est pas sur ça qu’il faut désobéir, il faut désobéir sur la remise en cause des droits sociaux, la remise en cause de nos services publics, etc. Donc ce qui nous distingue, c’est sur quoi on est prêt à désobéir et sur quoi au contraire, on veut tenir bon et faire avancer le droit de manière positive. Et puis après un deuxième principe qui est déterminant et qui est aussi une manière de répondre à la question, puisque nous, on a appelé le principe de non-régression, c’est à dire qu’on est, on ne prend pas, on désobéit ou on veut modifier les règles européennes à partir du moment où elles nous obligent à revenir en arrière sur nos législations sociales ou sur notre législation environnementale. Voilà donc je pense qu’en disant désobéissance, rapport de force, principe de non-régression, lorsqu’on est à peu près protégé, oui, mais revenir en arrière, ça veut dire que si on met le curseur, c’est bien ça et qu’il est curseur. Alors bien sûr, ça veut dire que vous avez. Je suis d’accord. La question c’est qui détermine qu’est ce qui est l’avant et qu’est ce qui est large ? Et on est d’accord. Bon, je pense qu’on sera d’accord tous les deux et j’entends bien, mais encore une fois, ça c’est le peuple qui doit trancher. Sinon, il me semble que sinon ça veut dire qu’on accepte l’idée qu’il y a quelque sorte une instance supranationale qui va décider à la place du peuple. Ça on ne peut pas être d’accord avec ça. On est attachés à la souveraineté populaire et à la démocratie. Donc bien sûr, c’est nous qui allons le définir sur certains sujets, c’est quand même assez simple. Si demain l’Union européenne vous dit la retraite, c’est forcément à 67 ans, ça, je pense que tout le monde sera d’accord pour dire que c’est une régression par rapport à la situation actuelle qui est elle- même une régression par rapport à ce qu’on avait avant. Il y a quand même une régression par rapport à ce qu’on voudrait. Nous voilà donc là, je pense qu’il y a le l’ordre de ce qui est positif, négatif ou ce qui va plus en avant ou plus en arrière est assez simple. Sur des sujets comme celui-ci, il y a des sujets où ça peut être plus compliqué. Je suis d’accord. Eh bien ça c’est le peuple qui déterminera et je n’ai pas souvent des anciens députés européens avec moi, là, sur ce canapé. C’est quoi la vie d’un ou d’une députée européenne ? Ça bosse beaucoup ou pas ? Je ne prends pas l’exemple de Bardella. Moi je dis non, on a des moyens. Honnêtement, ça dépend beaucoup de ce que veut faire le député. Soyons honnêtes. Pour être très concret pour les gens qui nous écoutent, en gros, un député européen sur quatre semaines, il a une semaine de session plénière à Strasbourg et ça c’est les sessions où il y a les votes. Là, c’est une semaine sur quatre, à peu près une semaine par mois, la durée du lundi au jeudi. Et puis après il a une semaine qui a une semaine de réunion de commission. Donc c’est un peu comme à l’Assemblée nationale, en commission, on prépare les votes, donc il y a un certain nombre de commissions. Moi, par exemple, j’ai siégé dans la commission qui s’appelle Industrie en charge des questions industrielles, a titré Ça s’appelle. Et donc ça, c’est une semaine sur quatre, donc une semaine sur quatre, la séance une semaine sur quatre, la commission. Après, il y a une semaine sur quatre qui est consacrée aux réunions de groupe, qu’on siège quand on est au Parlement européen, dans des groupes qui sont des groupes européens, pas des groupes nationaux où siègent avec des collègues allemands, espagnols, portugais, etc. Et puis il y a une dernière semaine qui est censée être dédiée au travail, comme ils disent en circonscription. Paris. Je trouve qu’en fait, en France, aux élections européennes, il y a plus de circonscriptions. Il y en a qu’une, c’est une liste nationale. En gros, c’est une semaine dans laquelle vous êtes censés aller aux rencontres d’associations, de collectifs, faire des déplacements thématiques sur tel ou tel sujet. Ça, c’est la semaine type. Après, comme tous les mandats, ça dépend des élus. Moi, je ne peux témoigner que pour les élus de la. Insoumise pour Manon Aubry comme tête de liste Honnêtement, je ne suis pas objective, mais ça bosse, ça se dépose des amendements, ça travaille des rapports, ça prend des luttes et ça essaye de les amener dans l’enceinte du Parlement européen. Il y a un côté un peu ingrat au Parlement européen, c’est que souvent les sujets sont très techniques, très techniques. Il y a peu de médiatisation sur ce qui s’y passe et donc il y a tout un travail stratégique pour comment on essaie de marquer les esprits pour qu’un sujet ils sortent de l’enceinte du Parlement européen pour exister dans la société. Dans le programme de l’Union populaire, je n’ai pas vu à quel groupe vous étiez rattaché.
David Dufresne
Alors je ne connais pas les gens qui vont voter pour vous éventuellement le 9 juin, sauf s’ils veulent vraiment se renseigner. Ils ne savent pas exactement dans quel groupe vous allez siéger et que défend ce groupe au fond ?
Manuel Bompard
Oui, ce groupe, il s’appelait initialement le groupe de la boue. J’ai eu la Gauche Unie Européenne. Il a changé de nom il y a quelques mois. Il s’appelle le groupe de gauche. Tout simplement pour vous donner une illustration, dans ce groupe, vous allez retrouver les Espagnols de Podemos, vous allez retrouver les Allemands de Digging que vous allez retrouver, les Irlandais du FN, vous allez retrouver les Belges du PTB, un parti qu’on commence pas mal à connaître et à identifier en France, et le parti notamment de Raoul et de Bocquet, une personnalité assez charismatique, assez connue en Belgique. C’est celui pour lequel Poutou est candidat ou pas ? Je ne crois pas. Je dis ça. Non, je ne pense pas. Alors le PTB, c’est un parti qui est d’ailleurs et en ce moment annoncé, c’est parti du travail de Belgique annoncé entre 17 18 de 20 % en Belgique en plus, soit en même temps que les élections européennes, il y a les élections. Ils disent fédéral, mais c’est les élections au parlement, les élections nationales. Donc ça c’est un parti très puissant. Le chinois est un parti qui est en mesure de gouverner en Irlande, il gouverne déjà la partie irlandaise et ils sont annoncés gagnant en Irlande du Nord. Elle est un parti puissant et il y a des partis moins puissants qui ne sont pas au pouvoir. En tout cas, j’ai donné l’exemple de Podemos en Espagne, le Bloc de gauche au Portugal. Il y a des partis en Suède, en Finlande, au Danemark. Voilà pourquoi. Pourquoi vous ne portez pas plus ça ? Tous les partis, c’est-à -dire vous allez intégrer des groupes où il y a des discussions, où il y a des commissions, etc. Et en fait, on a l’impression que c’est toujours un scrutin qui est nationalisé, c’est-à -dire dans le programme. Le troisième truc, c’est contre Le Pen et contre moi. Soyons clairs, nous, on assume la nationalisation du scrutin pour une raison simple, c’est que pour beaucoup de gens, on peut le regretter, mais c’est comme ça. Ce n’est pas la question européenne qui va déterminer si oui ou non ils vont décider d’aller voter. On sait que c’est une élection dans laquelle on a au mieux 50 % de participation sur les dernières échéances. Donc nous, notre sujet, c’est comment on fait en sorte qu’un maximum de gens aille voter. Donc il faut donner des raisons de voter et qui sont des raisons qui apparaissent immédiatement identifiables. Or, on peut le regretter parce qu’en fait, beaucoup de décisions qui sont prises en France dépendent souvent des décisions qui sont prises au niveau européen. Mais vous savez que c’est difficile déjà de faire voter sur une élection nationale alors que l’impact sur la vie des gens est quand même à peu près assez simple à expliquer. Sur une élection européenne, c’est compliqué. Donc nous, on assume de dire qu’on a à la fois un programme européen, des choses qu’on va défendre au Parlement européen, des combats qu’on va y mener. Mais on suppose aussi qu’il y a dans l'élection européenne un enjeu national et tout le monde le sait. Parce que la vérité, c’est que si, au lendemain de l'élection européenne, telle formation politique par exemple, je donne un exemple, moi, j'étais pour qu’il y ait une liste commune du PS aux élections européennes. On s’est battu pour ça. Si aujourd’hui il y avait eu une liste commune du PS aux élections européennes, on serait en mesure d'être premier au soir du 9 juin. Et ça, franchement, ça changerait la situation politique nationale. On le sait parce que tout le monde sait qu’au lendemain des élections européennes, dans le cas de figure actuelle, malheureusement, c’est sans doute l’extrême droite qui va arriver en tête et que tout le monde va dire voilà, l’extrême droite a préparé le terrain à paver le terrain pour l'élection présidentielle à venir. Et je pense qu’il ne faut pas, ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, Il faut assumer qu’il y a une dimension nationale Je ne voudrais pas qu’on nationalise trop le débat, mais il y a d’autres théories qui disent que les voix de Glucksmann n’iraient pas chez Manon Aubry. C’est-à -dire que de dire que tout le monde serait associé. En plus, vous vous chamailler beaucoup en ce moment, les uns et les autres. Mais attention Glucksmann et là du PS, ce n’est pas pareil. Ou justement c’est le PS. Ben oui, mais précisément, quand le PS choisit de mettre Glucksmann comme tête de liste, il fait un choix stratégique très clair : il tourne le dos à la nuance. Pardon, mais quand Glucksmann, dans cette campagne, dit par je prends cet exemple là, pour moi, la retraite à 60 ans, c’est pas possible, pardon, mais dans le programme de la nuit, s’il y a la retraite à 60 ans, donc, c’est Glucksmann qui tourne le dos. Au programme de la nuit, Pascal Glucksmann dit Je parlais du marché européen de l'électricité et dit : "Moi, je ne suis pas pour la sortie du marché européen de l'électricité. Pardon ? Il tourne le dos au programme de la nuit. PS quand il dit. Qu’il est pour les projets de bassines. Non, désolé, nous on n’est pas pour. Mais ce que je veux dire, c’est qu’entre nous, on a porté l’exigence ou la proposition d’une liste commune de la noblesse. C'était sur les orientations du programme de la noblesse. Donc le PS a fait un choix, il a fait un choix qui est de dire je tourne le dos au programme de l’année. PS et je reviens, pardon, c’est mon avis aux vieux démons du Hollandisme qui est en train de resurgir comme ça. Glucksmann en est en quelque sorte le l’outil, le fer de lance. Le PS, c’est celui qui prépare le retour de François Hollande ou en tout cas de son orientation politique. Voilà, ça c’est juste pour répondre sur la question des listes communes, je voulais juste dire que ce n’est pas tout à fait honnête d’additionner les scores actuels en disant que si c'était qu’une seule liste, ça ferait bloc. Non, ce n’est pas tout à fait exact, non. Soyons clairs, je ne prétends pas que ça, que ça aurait forcément produit exactement le résultat de la somme. Ça peut produire moins, ça peut arriver parce qu’il y a des gens qui disent Ah, vous, vous êtes alliés avec les autres, je n’ai pas envie, etc. Bien évidemment, ça peut aussi produire plus. Et vous arrivez à produire une dynamique de rassemblement qui convainc des gens à aller voter. Mais la question de savoir si ça produit moins pareil ou si ça produit plus, ça dépend de la clarté du rassemblement que vous faites. Tout le monde parle d’unité en permanence à gauche, mais ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est qui est contre le fait de se rassembler et pas ça. C’est se rassembler pour faire quoi ? Si vous voulez un rassemblement qui soit un rassemblement efficace, utile, propice politiquement, il faut le faire sur une orientation politique et une orientation claire. Sinon, vous savez très bien ce qui se passe et que vous décevez les gens et qu’après vous préparez le retour ou l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Qui dira vous voyez ? Que ce soit les macronistes, les socialistes, les républicains, c’est la même chose. Donc la seule alternative, vraiment, c’est moi. Donc moi, jamais. Je pense que les choses sont très claires derrière le programme ou les orientations qui sont portées aujourd’hui, c’est impossible. Mais ce n’est pas impossible. Juste parce qu’on n’aurait pas envie ou qu’on veut être devant. Mais c’est impossible parce que ça amènerait le pays dans l’impasse, dans le mur. Parce qu’on a besoin d’une alternative qui soit une alternative franche. Parce que sinon on laisse l’extrême droite incarner la rupture avec le macronisme, ça ce n’est pas possible. Alors j’ai un petit truc technique à faire, mais je vais poser une question du chat euh je t’embrouille. Vous même vous répondez à un Glaudioman que je salue bien fort Qui vous demande seriez vous pour une suppression du droit de vote des PI beaucoup utilisé par la France et Macron ? Il est question de ça dans le dans le programme et après suppression. Je n’ai pas compris la question. La suppression du droit de veto, pardon, pas de pardon du droit de veto. Alors là on revient sur l’Europe, je fais ma tambouille. Ouais. En fait la question est relative à LA, aux décisions qui sont prises au niveau du conseil, hein. Il faut bien comprendre que les institutions européennes aujourd’hui, elles sont organisées autour d’eux. Il y a trois institutions, il y a la Commission européenne, il y a le Conseil et il y a la queue et il y a le Parlement. A la question qui est posée aujourd’hui, donc, c’est à dire le Conseil, c’est les représentants des différents États membres de l’Union européenne. Le Parlement, c’est les représentants des députés élus par les citoyens de chaque pays au Parlement européen. Et en gros, une directive à un règlement. Il faut. Il est souvent proposé quasiment exclusivement d’ailleurs proposé par la Commission européenne et ensuite il doit être validé par le Parlement et par le Conseil pour entrer en vigueur. Or, il se trouve que sur un certain nombre de thématiques au Conseil, aujourd’hui, il y a un droit de veto, c’est-à -dire que les décisions doivent être prises à l’unanimité. Donc, la question qui est posée, c’est est ce que oui ou non on veut lever le droit de veto au Conseil sur certaines décisions ? À cette question là, on répond ça dépend du sujet sur et notamment la proposition qui est dans notre programme, c’est de dire que sur les questions fiscales, on est favorables à la levée du droit de veto pour une raison simple, c’est que sinon, quand vous voulez lutter contre la fraude et contre l'évasion fiscale, si vous laissez le véto, vous avez les paradis fiscaux qui sont aujourd’hui au sein de l’Union européenne. Je pense au Luxembourg en particulier, qui va dire droit de veto, droit de veto, droit de veto et qui empêche en fait toute politique d’harmonisation fiscale, de lutte efficace contre la fraude et l'évasion fiscale. Par contre, nous, on n’est pas favorable, par exemple, à la levée du droit de veto sur ce qui va être de l’ordre de la politique étrangère, pour une raison simple, c’est qu’il n’y a pas de politique étrangère uni unifiée aujourd’hui au niveau de l’Union européenne. Donc voilà comment je réponds à la question Oui, sur les questions fiscales en particulier, non sur certains autres sujets. Et j’ai donc lu le programme, je l’ai trouvé dense. On va y venir, il y a neuf chapitres.
David Dufresne
On ne va évidemment pas évoquer tous les chapitres, malheureusement, parce qu’on n’a pas le temps, mais certains quand même. Alors, au départ, vous expliquez comment c’est. Alors vous voulez nous faire croire ?
Manuel Bompard
Peut être que c’est vrai que c’est les jeunes qui ont écrit ce programme, que c’est les jeunes de la nuit. PS et oh non, ça a été contrôlé, c’est à faire quand même parce que c’est quand même très technique. C’est contrôlé. Vous croyez qu’on va partir avec un programme et qu’on l’a fait écrire par trois passants dans la rue ? Bien sûr que non. Mais la philosophie générale, c’est quoi ? Je disais tout à l’heure après les élections présidentielles et législatives, je reviens à ça parce que c’est important, ça explique comment on l’a construit après les élections législatives où il y a eu la PS, où on a fait 151 députés, où on est arrivé quand même en tête du premier tour des élections législatives. Tout le monde a oublié. Mais la première formation politique au soir du premier tour des élections législatives, c'était la New Paisley. Qu’est ce qu’on a dit après ça ? On a dit si maintenant gueule de bois que les autres avaient 88, bien sûr, et qu’on n’a pas eu la majorité, notre objectif, c'était d’avoir la majorité. On l’a bien, Les sionistes l’ont pas eu non plus, mais ils ont la majorité dite relative, c’est-à -dire qui sont les plus nombreux. On a dit justement qu’on ne va pas laisser l’extrême droite gagner. Et puis il faut prendre le pouvoir sur les macronistes, donc on a besoin de se projeter dans les étapes futures. Et on l’a dit au milieu, avant les prochaines présidentielles législatives, va y avoir les élections européennes. Pour franchir cette étape ensemble, il faut qu’on ait une liste commune. C’est la proposition qu’on a faite. Elle a été refusée d’abord par les communistes, les écologistes et, depuis le début, Dinan. Il n’en est pas question. Et puis après les socialistes. Et pour essayer de dépasser ces refus, il y avait une initiative qui avait été prise par les différentes organisations de jeunesse. Il y avait les jeunes socialistes, les jeunes insoumis, les jeunes Verts, les jeunes de génération qui ont dit Nous les jeunes, on va se mettre autour d’une table et on va voir si il est possible de trouver un programme qui a un programme commun. Une initiative qui a eu lieu l'été dernier et à la fin de l'été, ils ont présenté ce qu’ils ont appelé le programme des jeunes de l’année. Leur idée, c'était de faire la démonstration que d’un point de vue programmatique, il était possible de faire cette liste commune. Et nous, quand on a fait notre programme parce que les autres n’ont pas voulu malgré ça faire la liste commune, on a dit bon, on va repartir du programme des jeunes de la nuit. PS Parce que c’est celui qui a montré qu’on pouvait faire le rassemblement et puis ce que les appareils ne veulent pas faire, le rassemblement. Nous, on va rassembler tous ceux qui veulent se rassembler autour de ce programme. Et donc c’est pour ça que sur la liste de Manon Aubry aujourd’hui, vous allez retrouver par exemple quelqu’un comme Damien Carême qui était eurodéputé écologiste. Vous allez retrouver Arash Saïdi, qui était l’ex coordinateur de génération, mais vous allez retrouver aussi des figures syndicales ou associatives entre deux soumises que vous connaissez, qui est inspecteur du travail. Je pense que beaucoup de gens connaissent maintenant qui est juriste en droit international et militante de la cause palestinienne. Donc l’idée, ça a été de faire une liste d’Union populaire puisque l’union des partis n'était pas possible. Et pour faire cette liste d’Union populaire, on l’a fait sur le programme qui a été construit à partir du programme des jeunes de la nuit passée. Mais bien évidemment que ce programme, ensuite, il a été malaxé. Par exemple, dans la France insoumise, il y a ce qu’on appelle des livrets thématiques, des gens qui travaillent sur tel ou tel thème. Chacun a produit une note. Et puis après, comme tout programme, je qui veut le sujet, le programme à la fin, il est validé. Parce que forcément, un programme c’est sensible. Il ne faut pas avoir écrit une bêtise quelque part, On l’a toujours fait, on continue à le faire. Il y a des candidats qui portent ce programme et ils vérifient. Mais il n’y a pas de bêtises qui sont écrites dans ce programme parce qu’en lisant le programme, je l’ai trouvé très vert, très écolo. Donc je me suis dit tiens, est ce que ça, c’est des jeunes qui ont mis ça ? Est ce que c’est des préoccupations plus portées par une jeune génération que les anciennes qui sont responsables de beaucoup de choses ? Et puis le deuxième effet, c’est que je me suis dit bon bah ça explique aussi pourquoi les Verts sont un peu à la ramasse aujourd’hui. Parce que votre programme, il est très écolo ou en tout cas il s’annonce cool. Mais dans notre programme, il est très écolo. Mais bien sûr que la jeune génération est encore voilée. Elle est très mobilisée sur cette question et à juste titre, et elle y est très sensible, etc. Mais pour être juste, je voudrais quand même dire que le fait que la question écologique soit centrale dans notre programme, ça n’a pas commencé à cette élection européenne que déjà dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, dès 2012, on avait déjà une dimension écologique forte et on se parle ici. C’est vrai qu’il est là depuis longtemps, on parlera de Mélenchon si vous voulez, mais on peut, on peut faire toutes les critiques que vous voulez à Mélenchon, je n’ai pas de problème, j’en parlerai, mais sur le fait que par exemple, il fait partie de ceux qui assez vite ont pris en compte la question écologique de manière assez centrale dès 2012, même si en 2012 il y avait une difficulté on ne va pas se cacher et je parle franchement ici, c’est qu’on était en alliance dans le Front de gauche avec le Parti communiste, qui avait une vision de l'économie plus productiviste et un peu moins ouverte, même si eux aussi évoluent pour être justes sur les questions écologiques. Donc dès 2012, la question était centrale. En 2017 dans le programme Mélenchon, la question, le thème par exemple, de la planification écologique, justement, c’est nous qui l’avons abordé. Sinon Macron reprend ce terme là, mais c’est nous qui l’avons introduit dans le débat public à vous. C’est le ruissellement des idées chez moi, j’appelle ça, j’appelle ça une victoire idéologique. Et je sais. Et il y a des gens ici, je sais, qui écoutent cette émission, qui connaissent, mais que par exemple, Gramsci disait toujours que les victoires politiques succèdent aux victoires culturelles. Donc à chaque fois qu’on gagne quelque chose d’un point de vue culturel, normalement ça prépare les victoires politiques de demain. Ce pauvre Gramsci que tout le monde revendique, y compris les fachos, c’est vrai, c’est dur. Oui, c’est bien sûr que c’est faux. Ils le font, bien sûr qu’ils le font, mais en plus, la nouvelle droite, non seulement ils le revendiquent, mais en plus ils le mettent en pratique, évidemment. Bien sûr. Et ça, ça fait pas mal de se dire que finalement, les fachos arrivent plus facilement. Je ne sais pas si j’y arrive plus facilement. En tout cas, ils essayent d’utiliser aussi ces outils. Depuis les années 80, ils ont théorisé la nouvelle droite, exactement, la bataille culturelle, etc. A nous on essaye de la mettre en œuvre aussi. Après on est dans il faut, il faut, il faut parler franchement. On est dans une course de vitesse, on est dans une bataille avec eux. Ma conviction depuis des années et des années, c’est qu'à la fin ça se terminera entre eux et nous. Et le problème, par exemple, quand tu sais pas ce qui se passe sur les européennes, c’est qu’on perd du temps et que le fait que, après nous, après avoir tranché la question de où devait être le centre de gravité du rassemblement à l'élection présidentielle après avoir fait l’inverse autour de ça, voire que certains, par irresponsabilité ou intérêt, boutiquiers, retournent tout seuls à la maison alors que les autres sont en train de dérouler. Pardon, mais on perd du temps dans la bataille, donc il va falloir rattraper ce retard. Parfois on gagne, on gagne du terrain dans certaines échéances et parfois on en perd. Mais à la fin ça va se terminer entre eux et nous, j’en suis convaincu. Le chapitre quatre.
David Dufresne
Donc, il y a neuf chapitres. Je disais dans le programme à la limite, Euryale tu peux retrouver des chapitres sur le site de la France Insoumise et les mettre dans le chat, ce serait super. Le chapitre quatre, c’est Il est intitulé justement faire la planification écologique européenne. Il y a trois idées clés. C’est bien foutu votre affaire.
Manuel Bompard
On peut le lire de manière transversale ou tout lire va baisser les prix de l’alimentation en encadrant les marges des multinationales, sortir des pesticides et garantir une rémunération digne aux salariés de l’agriculture. Passer aux 100 % d'énergies renouvelables dès 2050. Traduire dans le langage courant, ça veut dire quoi tout ça ? Bah c’est assez simple. Le troisième point, ça veut dire l’idée de faire ce que j’appellerai là la bifurcation en matière de politique énergétique, c’est à dire la sortie du nucléaire et la revendication d’un 100 % énergies renouvelables à horizon 2050. On le propose au niveau français, on l’a proposé au niveau français et dans le programme présidentiel législatif, on le propose au niveau européen. Donc ça veut dire quoi ? Très concrètement, ça veut dire avoir une politique qui s’appuie sur trois piliers, en vérité, parce que tous les scénarios scientifiques disent que si vous voulez aller vers du 100 % renouvelable aujourd’hui, ce n’est pas à consommation énergétique constante. Donc, ça veut dire qu’il y a un pilier et tout ce qu’on appelle politique d’efficacité énergétique, ça va être un investissement massif dans la rénovation thermique des logements, par exemple, pour prendre ces exemples là, moins gaspillé. Politique de sobriété énergétique, deuxième pilier de la sobriété énergétique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire modifier nos habitudes, nos modes de consommation, nos modes de production pour être moins consommateur en énergie. Et troisième pilier, le développement des énergies renouvelables. Ça, c’est sur le troisième point et ça veut dire fermer de manière progressive quand il arrive à échéance les réacteurs nucléaires. C’est que c’est un débat, un sujet qui fait débat, y compris à gauche. Moi, j’assume de dire que je considère qu’il est d’abord mensonger, comme je l’entends parfois, de faire croire que le nucléaire est la solution au réchauffement climatique pour une raison très simple et que tout le monde sait que les temps de construction des centrales, y compris les nouvelles centrales, là que Macron a annoncé, c’est des temps de construction qui sont respectés. J’attends de voir parce que l’EPR de Flamanville, il a pris du retard pendant des années et des années, même s’il était respecté, arriverait en 2040. Or, aujourd’hui, si vous voulez respecter les objectifs des accords de Paris en matière de réchauffement climatique, c’est-à -dire limiter la hausse de la température en dessous de 1,5, voire deux degrés, on essaye de faire 1,5. Il faut baisser les émissions de gaz à effet de serre de 65 à 70 % d’ici à 2030. Vous pouvez faire croire qu’en 2040, vous aurez des centrales nucléaires. Donc ça, c’est d’un point de vue déjà, je trouve la malhonnêteté de l’argument. Et pour le reste, je considère que la problématique des déchets, la problématique de la sécurité du nucléaire, la problématique du refroidissement des centrales dans un monde dans lequel la température va augmenter parce qu’il y a une partie du réchauffement climatique irréversible, je pense que c’est irresponsable. Donc ça c’est le troisième pilier. Mais il y aura peut-être des questions parce que je sais que la question du nucléaire, elle peut faire débat. Oui, oui, ça, ça n’arrête pas. Il y a plein de questions, je les prendrai après parce que ça marche si on ne va pas après. Le deuxième pilier, c'était la question de garantir un revenu digne pour les agriculteurs. Là, il faut entendre que la PAC, la PAC, la politique agricole commune, c’est le premier budget de l’Union européenne. C’est déterminant. C’est ce qui fait vivre les agricultrices, les agriculteurs. Mais la PAC, elle, est très injustement répartie. Il y a à peu près 20 % des exploitations en Europe qui captent 80 % des subventions européennes. Pourquoi les scolaires ? Oui, parce qu’en fait, les subventions sont attribuées sur la base de la surface de l’exploitation agricole. Plus vous avez une surface portante, plus vous avez d’argent. Nous, nous avons à plusieurs reprises proposé des modifications pour que la PAC soit attribuée en fonction du nombre de personnes nombre d’actifs qui travaillent sur l’exploitation agricole parce que sinon vous poussez à la mécanisation, à avoir des immenses surfaces, etc. Donc ça veut dire modifier les règles d’attribution de la PAC, et ça veut dire mettre en place un débat qui a été assez médiatique ces derniers mois, la question des prix plancher et moi même avec Aurélie Trouvé, on a dans la niche parlementaire au groupe national et international. Au mois de novembre, on avait déposé une proposition de loi pour introduire des « prix plancher » et cette proposition de loi avait été rejetée. Finalement, Macron a dit qu’il était pour les écolos en fait deux de deux idées en une demi-heure. Et voilà que Macron a repris. Comme quoi. Malheureusement, malheureusement, c’est chez les autres parfois malheureusement. Donc ça c’est le deuxième point. Voilà, et le premier point et je m’arrête là, pas trop long, mais c’est la question de l’encadrement des marges pour baisser les prix. Pourquoi Donne juste un chiffre l’année dernière, l’inflation sur les produits alimentaires, c’est plus de 10 %. Les prix payés aux producteurs, aux agriculteurs ont baissé de 10 %. Il y a un problème et vous payez vos 10 %. De plus, les agriculteurs gagnent 10 % de moins. Pourquoi ? Parce qu’au milieu, vous avez l’industrie agroalimentaire, la grande distribution qui a vu ses marges augmenter de 70 %. Guy Si vous voulez à la fois faire en sorte que les agriculteurs puissent vivre de leur travail et faire en sorte que les gens ne tirent pas la langue quand ils vont faire leurs courses pour encadrer au milieu les marges de l’industrie agro alimentaire de la grande distribution. Ah ça, les trois sujets ! Et est ce que sur cette partie là, vous vous ne péchez pas un peu par eux, par mollesse, comme dirait l’autre ? Est ce que je veux dire par là que le dérèglement climatique, celui qui fait qu’en ce moment il pleut beaucoup ? Est-ce lié au réchauffement ? C’est rare qu’on me dise sur un plateau de télévision que je pèche par mollesse, mais ce n’est pas la télévision. Eh ben voilà, tout est là. On n’est pas à la télé, mais je ne sais pas qu’est ce qu’il faudrait faire de mieux au large, je ne sais pas, mais j’en ai marre. Ce que je veux dire, c’est que est ce qu’il n’y a pas eu par rapport à la fameuse urgence, quelque chose de plus, de plus révolutionnaire à mettre en place, c’est à dire attaquer les esprits, les opinions, essayer les uns avec les autres ? C’est à dire que là je présente ou je réagis sur la présentation d’un programme politique pour les élections. Mais bien évidemment que ce programme doit s’accompagner d’une prise en charge d’une prise en compte de l’urgence climatique par l’ensemble des acteurs de la société. Mais quand même, ce qui est important dans ce programme, et c’est ça aussi l’idée de la planification écologique, c’est de sortir de cette idée que finalement, c’est par la modification des comportements individuels. Voilà, c’est ça la différence majeure. Donc c’est donner à la puissance publique un rôle d’organisateur, de planificateur. Bien sûr qu’il faut aussi modifier des comportements individuels. Mais par exemple, je rebondis à une question qui vous est posée par Stéphane Crois Stéphane, le champignon qui vous demande est ce que l’Union européenne est réformable ? En gros, est-ce que la planification écologique c’est une réforme ou c’est quelque chose de plus fort que ça ? Non. Est ce qu’elle ne sera pas hyper contraignante votre affaire ? Sauf sur le nucléaire. Bah en fait la planification écologique, c’est quoi la planification écologique ? C’est l’idée de se dire qu’on a des objectifs. On les fixe et ensuite on les décline secteur par secteur. Donc il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 10 % d’ici à l’année prochaine. On voit ce que ça donne secteur par secteur, secteur par secteur. Mais il n’y a pas que ça dans notre programme. Par exemple, dans le programme national et à ce qu’on appelle, pour vous donner un exemple de quelque chose de peut être plus contraignant, ce qu’on appelle la règle verte. L’idée de la règle verte, c’est de dire on inscrit dans la Constitution l’idée qu’on ne peut pas utiliser chaque année davantage de ressources que ce que la planète est capable de reconstituer. D’ailleurs, on parle souvent de ce qu’on appelle le jour du dépassement. Le jour du débat, chaque année, on a la règle verte. Ça revient à dire le jour du dépassement. Le 31 décembre ne doit pas être avant. Sinon, c’est qu’il y a un problème, sinon c’est que ça veut dire qu’on vit à crédit de la capacité de la planète à recycler les ressources qu’on consomme dans nos sociétés. Donc ça, par exemple, c’est très contraignant. Vous inscrivez ça dans la Constitution, c’est-à -dire que tout nouveau projet d’investissement, de construction, etc. Doit être examiné à l’aune du respect ou pas de cette règle. Et si on vous dit non, désolé mais là vous avez consommé, on a trop consommé par rapport à ce que la planète est capable de régénérer, On s’arrête là en fait pas plus. C’est très contraignant par exemple. Mais qu’est ce que vous répondez à ceux qui disent en fait, c’est le capitalisme qu’il faut mettre à bas ? Bien sûr, si on veut sauver la planète parce que c’est le capitalisme qui nous mène. Mais bien sûr ! Mais c'était abstraction bien évidemment. Mais moi je suis très clair : il n’y a pas d'écologie crédible sans rupture avec le système capitaliste. Ça me paraît être une évidence. Et la planification écologique, c’est bien la différence. Je voyais dans le Tchad quelqu’un qui disait la planification écologique de Macron, on l’attend toujours, mais parce qu’il a repris le mot, il n’a pas repris l’idée, c’est la com. Mais la vérité, c’est que l’idée même de planification écologique, c’est quoi ? C’est de substituer à la dictature du profit comme étant l'élément qui flèche les investissements, ce qu’on va faire, etc. L’intérêt général humain, c’est à dire la question de notre capacité à pouvoir être dans une planète dans laquelle on peut encore vivre ces prochaines années. C’est ça l’idée même de la planification écologique. Donc en soi, c’est une idée foncièrement anticapitaliste. Après, à un moment, quand on se pose la question d’accéder au pouvoir dans les institutions de la cinquième République, dans une stratégie de la révolution citoyenne par les urnes, mais aussi en s’appuyant sur les mobilisations, alors la question qui doit être posée, c’est ça veut dire quoi sortir du capitalisme ? Je peux aussi venir sur des tribunes et dire je vais sortir du capitalisme. Mais une fois que vous êtes au pouvoir, aux responsabilités, qu’est ce que ça veut dire ? Ça veut dire que dès le lendemain, vous allez décider que vous allez nationaliser l’ensemble des secteurs de la production. Pourquoi pas ça ? Par contre, je crois que ça veut dire vous allez extirper du système capitaliste un certain nombre de secteurs. Je parlais des biens communs tout à l’heure. Vous allez dire déjà ça, c’est en dehors des biens communs Donc vous étendez la sphère publique. Une première manière de lutter contre, d’attaquer le capitalisme, et de manière concrète, pas juste avec des slogans. Ensuite, vous allez sortir du marché classique un certain nombre d’autres secteurs de l'économie et vous allez émettre et vous allez aider à développer l'économie sociale et solidaire d’autres formes d'économie, c’est-à -dire des formes d'économie dans lequel on va encadrer les salaires, etc. Puis après vous prenez le marché privé tel qu’il est aujourd’hui, et puis vous allez mettre des contraintes du droit du travail, des réglementations. Vous allez dire par exemple qu’il n’y a pas d'écart de salaire de plus de 1 à 20 entre le plus bas et le plus gros salaire dans l’entreprise. D’un certain point de vue, vous pouvez considérer que vous êtes encore dans un système capitaliste, mais vous êtes dans un système capitaliste fortement encadré. Donc moi je pense et je vous le dis, les rapports de salaire, il est de combien à l’intérieur de la France insoumise ne sont pas payés à la France Insoumise à juge ? Je touche une indemnité comme député, Oui, qui est autour de vous ? Je n’ai pas de problème à le dire, c’est autour de 5 000 € par mois. Et nous les insoumis, on reverse à peu près 15 % de notre indemnité. L’impôt révolutionnaire, euh ouais, c’est pour, c’est normal. Et après ? Les salariés de la France Insoumise sont payés entre le plus bas salaire vers la France insoumise, on ne paye pas en dessous du SMIC tel que nous. On avait proposé de le mettre, c’est à dire autour de 1 700 €. Et puis après les plus hauts salaires ils sont autour de 2006, 2007, 2 000 € et donc nous on est bien dans la fourchette. Il n’y a pas de gens qui gagnent 20 fois plus que le SMIC. La France Insoumise, ça je le garantis à tout le monde. Je vous demande ça parce que. Dans le programme. C’est pas aussi que ce n’est pas aussi frontal, Voilà. Mais il faut aussi comprendre que là, le post n’a pas du tout les choses du tout et du programme. Il ne faut pas faire trois ans. Franchement si on reprend, on peut reprocher plein de trucs à la France insoumise, mais je ne crois pas qu’on puisse lui reprocher de ne pas assumer ses positions. Ok, mais non, mais là on parle d’un programme européen par ailleurs hors d’un programme européen. On ne va pas raconter des histoires aux gens non plus. Faut être honnête, ce n’est pas au Parlement européen qu’on va changer la société et sortir du capitalisme. Ce n’est pas vrai. Pour vraiment rompre avec le modèle capitaliste tel qu’il est aujourd’hui, dans l'état actuel des choses, c’est dans un État, dans un pays qu’il faut prendre le pouvoir. C’est là où on peut faire craquer la chaîne. Donc je ne vais pas raconter d’histoire aux gens, mais le fait de dire que notre programme est un programme d'écologie anticapitaliste, je n’ai pas de problème à le dire ici. Comme je n’aurai pas de problème à le dire sur BFM TV sans aucun problème, mais vous n’aurez pas le temps. Il faudra parler d’abord de la polémique, puis grosse polémique, de la polémique, puis du commentaire du comment c’est possible avant d’aller au fond. Et puis là c’est trop tard. C’est possible, mais ça amène à un débat. Mais on va en parler et on va en parler, on en reparlera après les médias. Restons sur le fond. Il y a un chapitre sur les médias qui m’a vraiment intéressé, donc je l’ai lu. Mais là, il y a l’idée de la défense de la souveraineté. Je vais reprendre le terme exact de souveraineté populaire en Europe, c’est le chapitre cinq.
David Dufresne
Attends, excuse moi, excusez moi, y a Vinz qui dit pourquoi c’est 1 700 € en 2012 et 1 500 € en 2022 ? Je veux dire à ce petit Vinz qui compare c'était le SMIC et le net et le brut.
Manuel Bompard
C’est à dire qu’en 2012, dans le programme, on avait fixé un objectif de montant du SMIC brut. En 2022, on est passé à un objectif de montant du smic net. C’est pour ça que c'était 1 700 € brut en 2012. Notre proposition est 1 500 € net en 2022. Donc ce n’est pas qu’on a baissé, c’est qu’on est passé du brut au net. Voilà, ça c’est juste excusez moi pour l’interruption, mais on est là pour ça, c’est parfait et juste pour la précision, c’est parfait sous ce regard comme ça où il dit Il est terrible. Ah non, pas du tout les yeux comme ça. Ouais mais ce n’est pas ce que je disais tout à l’heure, à force de courir partout, au bout d’un moment, il faut se concentrer, tout va bien, mais y' a rien de méchant dans mon regard. J’ai bien vu, j’ai bien vu. Chapitre cinq : Faire respecter la souveraineté populaire en Europe. Interdire par exemple les rémunérations annexes des députés et responsables européens susceptibles de créer des conflits d’intérêts, tout comme les cadeaux et voyages.
David Dufresne
Alors maintenant, Aubry a soulevé la question il y a quelques jours, j’ai vu passer ça. Elle a accusé certains députés qui ne seraient pas forcément aussi stipendiés que ça, mais enfin, on sait que ce phénomène existe. Vous, quand vous étiez député européen. Est ce qu’il y a des lobbies qui sont venus vous voir ? Oui, bien sûr. Eh Manu, il faudrait vivre honnêtement, oui, avec nous. Et alors ? Comment ça se passe précisément ?
Manuel Bompard
Alors d’abord, d’abord repréciser, puisque j’ai vu une question en me disant oui, le 1 500 € net, on y est déjà presque là aujourd’hui. Oui, c’est vrai, puisqu’il y a eu beaucoup d’inflation ces deux dernières années. Mais c’est pour ça que notre programme a évolué et que maintenant on est passé à 1 700 € net justement pour tenir compte de l’inflation. Je mets ça de côté, mais je voulais faire cette précision sur la question après deux questions. La première, c’est la question de ce qu’on appelle les rémunérations annexes. Aubry a effectivement mis au cœur de la campagne, et à juste titre je crois. L’idée était de dire comment vous pouvez accepter que, alors que vous avez des députés européens qui touchent déjà une indemnité qui leur permet d’exercer leur mandat. En plus de ça, vous avez un certain nombre de députés européens aujourd’hui qui perçoivent des rémunérations annexes, des rémunérations. En plus, ces rémunérations sont de différentes natures. Par exemple, on a appris que Rachida Dati, quand elle était députée européenne, touchait de l’argent de Orange Ça pose un problème démocratique majeur, c’est à dire qui commande ? Est ce que ce sont les électeurs qui l’ont élu en quelque sorte, dont elle est la garante parce qu’elle s’est engagée auprès d’eux ou est ce que c’est eux qui lui verse une rémunération annexe ? La proposition qu’on a faite avec Aubry et dire qu’il devrait y avoir au Parlement européen une interdiction de toucher des rémunérations annexes. On nous a cherché des polémiques sur la question des droits d’auteur. Est ce que vous avez des députés européens qui ont écrit des livres et qui perçoivent donc des droits d’auteur ? À aucun moment nous avons proposé d’interdire la perception de droits d’auteur. Il ne s’agit pas de ça. Il s’agit des rémunérations annexes qui peuvent être versées par une entreprise. Ça pose un problème soit versé par un État étranger. Ça pose un problème aussi. C’est pour répondre à cette question. Maintenant, sur mon expérience à moi, oui. Quand vous arrivez au début au Parlement européen, vous allez recevoir des gens qui vont se cacher souvent derrière des intitulés un peu particuliers. Par exemple, je suis le fonds pour le Conseil de l'énergie verte en Europe. C’est intéressant ça. On va prendre rendez vous que je ne faisais pas parce qu’on a quand même. On avait des collègues avant qui nous ont dit Faites attention aux invitations que vous allez recevoir. Puis vous vous rendez compte que dans le Conseil de l'énergie verte en Europe, finalement, vous allez avoir Engie, Total Machin qui se sont cachés derrière ce nom là pour faire semblant et qui vont voir et venir vous voir et vous dire que quand même, interdire les énergies fossiles en Europe à horizon 2041 problème pour l'écologie, parce que vous voyez qu’ils vont essayer de vous manipuler en vous donnant des arguments. Donc ça c’est le premier type de donne, l’influence des lobbies. Vous allez avoir sur chaque texte des lobbies qui vont vous envoyer des amendements pré écrits en disant Je vous propose de reprendre l’amendement que nous avons écrit, nous, le Conseil de l'énergie verte. Je disais je ne sais pas si ça existe par hasard, et vous avez des députés qui vont copier coller l’amendement et le mettre avec leur nom, Mais ça, ça existe au Parlement européen comme à l’Assemblée nationale. Mais c’est vrai qu’il y en a plus au Parlement européen qui sont plus puissants, qui ont plus de moyens financiers. Mais encore une fois, je sais qu’on a tendance à dire oui, c’est les lobbies, mais à un moment y a aussi des lobbies qui ont du pouvoir parce qu’il y a des dirigeants politiques qui acceptent de les écouter et de leur donner du pouvoir. Moi ce que je peux vous dire est que, au bout d’un moment, les lobbys ont arrêté de nous contacter parce qu’ils ont compris que ça ne servait à rien et qui perdaient leur temps. Mais oui, on vous envoie des cadeaux et vous envoie des trucs, mais quel genre de cadeaux ? Des petits vous disent. Et puis je pense qu’avec d’autres avec nous, ils ne sont pas allés plus loin parce qu’on les prenait pas, on les prend pas, c’est nous. Prend un Moody’s prend un bœuf, bah vous connaissez le truc. Et puis après je pense qu'à d’autres il leur paie des voyages, il les invite à voir des trucs. Donc là aussi, y a des choses à faire évoluer au Parlement européen sur la transparence de tout ça, sur le fait que, Alors, il y a des acteurs économiques qui viennent vous voir, pourquoi pas ? Ils ont le droit de défendre leurs options comme les nôtres. La question c’est de savoir si ensuite ils essayent de vous acheter ou de peser sur vos opinions. La souveraineté populaire, ça ne se réduirait pas à ça. Ça veut dire quoi faire respecter la souveraineté populaire ? Considérer que le 9 juin, à 20 h et une minute, le peuple a parlé, c’est fini. Les élus iront faire leurs trucs. Non, précisément, non. Précisément. Pourquoi on dit ça dans le programme ? C’est parce que l’histoire même de la construction européenne a été entachée d’un certain nombre de passages en force vis-à -vis de la souveraineté populaire. On a une bonne date pour en parler ici. On était le 29 mai 29 mai, c’est l’anniversaire du 29 mai 2005, c’est-à -dire le vote non d’une majorité du peuple français sur le traité constitutionnel européen. Et ça, c’est assez marrant. Moi je fais partie d’une génération politique qui sait, investi en politique sur 2005 et plein de gens en fait. Aujourd’hui à la France Insoumise, à peu près de ma génération, ça a été un peu leur première bataille politique. Et vous voyez bien qu’après, malgré le fait que le peuple avait rejeté ce traité, il est quand même arrivé puisqu’ils ont découpé en petits morceaux. Et puis ils ont dit on le passe par la voie parlementaire. Respecter la souveraineté populaire, c’est simple, c’est de dire que le peuple a dit non, c’est non, c’est pas oui, voilà. Tout à l’heure, je vous parlais du CETA, du fait que j’arrivais de l’Assemblée nationale dans lequel le CETA, l’accord de libre échange avec le Canada. C’est quand même hallucinant que les gens qui nous écoutent entendent bien. Cet accord n’a jamais été voté ni à l’Assemblée nationale, ni au Sénat. En France, il n’a jamais été voté par référendum. En France, jamais. Mais c’est un accord de libre échange, un accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada. Mais cet accord est en vigueur aujourd’hui, c’est à dire qu’il y a quatre 20 10 % de l’accord qui s’applique déjà et 1 à 10 %. Il ne s’appliquerait que si le texte était ratifié. L’Accord. Au Sénat. On a réussi il y a quelques semaines à faire voter le Sénat contre la ratification. En vous dites vous, il n’y a personne. La France n'était pas la seule insoumise. C'étaient les communistes qui avaient inscrit, fait ce qu’ils ont fait. Les communistes, c’est qu’ils ont profité de leur niche parlementaire et ils ont dit on va prendre le CETA et on va le mettre dans notre niche en mode allez y ratifier le CETA en espérant que majorité du Sénat vote contre. Bien joué ! Le Sénat a voté contre.Donc maintenant, si le CETA est inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et qu’une majorité de députés à l’Assemblée nationale votent contre, ça veut dire que la France rejette le CETA. Si la France rejette le CETA, il suffit d’un seul pays en Europe et rejette le CETA. Tout l’accord tombe, y compris les 90 % qui s’appliquent déjà. Après le vote au Sénat, on dit au gouvernement français que vous allez vous inscrire. C'était à l’ordre du jour et on verra. On ne le fait pas. Pour l’instant, vous avez un accord qui s’applique à 90 % de manière transitoire, parce que le gouvernement refuse, parce qu’il sait qu’il est minoritaire d’inscrire sa ratification définitive à l’ordre du jour. Et ça peut durer pendant des années et des années. Du point de vue du respect de la souveraineté populaire, c’est quand même un énorme problème.Donc voilà, cette phrase, elle consiste à dire il faut en finir avec l’Europe qui se construit contre les peuples, c’est à dire le projet. Il ne peut pas se construire contre la décision souveraine d’une majorité du peuple, d’un pays. C’est à ça que nous sommes attachés.
David Dufresne
Alors je prends quelques questions du chat et après je reviendrai sur le programme. Il y a l’autre, là, l’autre là, qui vous demande. La stratégie de la France insoumise vis-à -vis de l’Union européenne a-t-elle évolué depuis celle du plan A ? Négocier ? Plan B Désobéir.
Manuel Bompard
En fait, je ne crois pas qu’elle ait évolué dans sa forme, dans ses fondamentaux, mais dans la manière de la présenter. C’est à dire que le tout à l’heure, on a dit rapport de force et désobéissance en quelque sorte, rapport de force. Et ce qu’on a appelé plan A avant, là, ça voulait dire on va. Mais encore une fois, je veux juste préciser un point et je réponds à la questionMais oui, oui, oui, ça soit très clair. En vérité, la question de notre positionnement par rapport à la construction européenne, et c’est un peu contre intuitif ce que je vais dire, mais c’est -1 question des élections européennes qu’une question des élections nationales. Parce que la forme de notre participation à l’Union européenne, nous, la France, en fait, c’est décider au niveau des États si on veut changer les traités européens. Pour prendre cet exemple, c’est au niveau des États que ça se discute, pas au niveau du Parlement européen. Les gens que vous envoyez au Parlement européen, les Anglais pour mener des batailles sur des sujets, on en a listé un certain nombre.Donc, ça, c’est juste. Cette précision là me paraît importante. Maintenant, nous, on dit quoi ? Si on arrive au pouvoir au niveau national, ici en France, on a d’abord une stratégie de rapport de force. On a appelé le plan A dans le passé. Et cette stratégie de rapports de force et dire : Écoutez, nous les Français, ils nous ont élus pour faire ça, ça, ça et ça, ils ne nous ont pas élus pour mettre en place votre politique d’austérité ne sont pas élus pour détruire notre système de retraites. Ils ne nous ont pas élus pour multiplier les accords de libre échange. Tout ça, on ne va pas le faire. Écoutez-moi bien les autres pays européens, soit vous vous entêtez, soit c’est ce que vous voulez faire et ce sera sans nous. Soit vous acceptez l’idée qu’on change les règles parce que nous on fera pas ça. Deux solutions soit disant on s’en fout de vous les français donc on va rien changer, c’est comme ça et pas autrement. Et vous allez prendre un chantier pas très bien, vous voulez faire ça ? Ça ne s’appliquera pas à nous maintenant, les y poursuivre devant les tribunaux si vous voulez. Européens, à la fin, je le dis.Si à la fin, ils disent les tribunaux européens vous ont qu’on vous a condamné à une amende, il se trouve quand même quelque chose, c’est que la France, elle est contributeur net au budget de l’Union européenne. Ça veut dire qu’on donne chaque année au budget de l’Union européenne davantage que ce que l’on récupère. Si à la fin ils nous mettent des amendes, très bien en déduira le montant des amendes de notre contribution nette au budget de l’Union européenne. Ça ne coûtera pas 0,01 €. Non mais voilà, il faut aller au bout de la stratégie de rapport de force. Mais parce que sinon quoi ? Parce que si vous ne faites pas ça, vous dites comme François Hollande. Oui, oui, on va changer les choses. Vous n’inquiétez pas si vous aussi je suis président de la République, ça va changer en Europe. Et puis va voir madame Merkel à l'époque et lui dire faut que ça change des trucs, des trucs, des trucs de Merkel. Hoodies Bannon lui dit bon d’accord et rentre à la maison et dit Bran, désolé, ça peut pas changer. Pis là, la moitié du programme que vous avez défendu devant les électeurs parce qu’il est contraire aux règles européennes, vous l’abandonnez. Bah non, on a pas envie de faire ça. Donc on essaye d’avoir une stratégie qui soit une stratégie sérieuse et crédible. Oui, on va faire un rapport de force parce qu’on préfère faire changer d’avis tout le monde. Mais si à la fin le rapport de force n’est pas possible, on fera quand même. Et ce n’est pas la sortie de l’Union européenne, c’est juste on fait quand ? Vous pensez qu’il n’y a pas d’autre manière de faire de la politique que d'être dans le dans le rapport de force ? Bah dans une construction dans laquelle vous avez 26 états dont chacun, et c’est normal d’un certain point de vue, défend aussi les intérêts de sa population. Est ce que vous voulez faire des rapports de force ? Mais le rapport de force, pas la guerre en face, ne fait pression pour un coup.
David Dufresne
Allez-y, je vais reprendre le bon. Alors il nous reste une demi-heure à mon avis, on va faire un peu plus ça. On a le temps, on a le temps, on a le temps. Je veux juste dire que très bien aller devant TF1, oui, à 20 h 30. Ah oui non, on voulait dire à l' heure à 19 h, mais si on est là, on leur enverra un message de solidarité d’ici. Voilà. Alors ben justement, y a une manifestation devant TF1, parce que ce soir sur elle, c’est elle. Si il y a une interview de Netanyahou qui je pense se fait à distance et il y a une manifestation pour protester contre cette interview justement dans le chapitre huit du programme de l’Union populaire pour les élections européennes du 9 juin, il y a le chapitre huit pour la paix, refuser la vassalisation de l’Europe. Et il y a évidemment tout un tout, un chapitre, un sous chapitre concernant Gaza. Et notamment vous exigez un cessez le feu immédiat au Proche-Orient, la création de corridors humanitaires, le retour de tous les déplacés, la fin immédiate du blocus de la bande de Gaza. De mémoire, la Ligue. Vous demandez la libération des otages israéliens du Hamas et les prisonniers palestiniens des geôles israéliennes. Il y a tout ça. C’est quoi la vassalisation de l’Europe ?
Manuel Bompard
C’est cette idée que finalement l’Europe et l’Union européenne a une politique en matière étrangère qui est tout simplement alignée sur la politique des Etats-Unis d’Amérique et donc d’avoir une Union européenne aujourd’hui vassalisée dans un pseudo bloc occidental sous domination étasunienne. Et non n’est pas d’accord avec ça. Voilà, donc on n’est pas d’accord avec ça sur tous les sujets sur la question de la guerre, entre déclencher la Russie contre l’Ukraine, comme on n’est pas d’accord sur ce à quoi ça nous conduit et d’un certain point de vue, en disant ça, on rétablit ce qui a été pendant longtemps une forme de singularité de la politique extérieure de la France. C'était cette idée qu’on était non-alignés.
David Dufresne
Alors vous voilà gaullistes en matière de politique étrangère, peut-être.
Manuel Bompard
En matière de politique nationale, certainement pas. Mais en matière de politique étrangère, il me semble que oui. Il y avait une spécificité de la France qui était de dire mais nous on n’est pas sur un bloc, on refuse l’alignement sur un bloc.
David Dufresne
Alors je ne m’attendais pas à vous poser cette question, mais je le fais culturellement, là. La culture américaine c’est votre truc ou pas du tout Moyen de musique en termes de cinéma, en termes de littérature, Non ?
Manuel Bompard
Bah soyons honnête, on vit dans un pays dans lequel il est très difficile d'être complètement en dehors de la culture américaine qui quand même, en terme musical, en terme cinématographique, occupe une grande partie de notre actualité. Donc je ne dis pas que je suis par définition hostile à la culture américaine, mais ce n’est pas forcément ce qui a ma préférence.
David Dufresne
Donc ce que vous reprochez à l’Amérique, c’est quoi exactement ?
Manuel Bompard
Mais en fait moi je ne reproche rien à l’Amérique, je vois. Si je reviens, j’aurais plein de choses à reprocher aux Etats-Unis en matière de politique étrangère, Mais mon sujet n’est pas de savoir si je suis copain, copain, copain avec un tel ou avec un tel. Il s’agit juste de dire qu’il me semble que la France, et par là même l’Union européenne aussi, a le droit d’avoir sa propre parole sur en matière de et sa propre stratégie et ses propres intérêts sur la scène internationale, et qu’on n’est pas là pour servir de faire valoir ou de bagage accompagné des Etats-Unis d’Amérique. Ce n’est pas dire ça, ce n’est pas un acte particulièrement d’hostilité vis à vis d’un tel ou d’un tel. C’est dire que dans le concert politique et le concert des nations, eh bien chaque bloc a ses entrées, chaque pays défend aussi ses intérêts et on essaye de faire un. L’intérêt humain. Ah bon ça, c’est quand on dit ça, on dit oui, vous voulez. J’entends dans les médias dits traditionnels en gros, vous êtes pro-russe. Si on vous dit qu’on est non-aligné, c’est que ce n’est pas qu’on veut substituer à l’alignement sur les Etats-Unis d’Amérique les alignements sur la Russie, sur la Chine ou sur je ne sais quoi. Est ce qu’on va être non-aligné, c’est -à -dire qu’on va être à distance des différents blocs et parler avec tout le monde, tout simplement. Ça, oui, ça ne peut pas être. Et là, pour le coup, est-ce que ce n’est pas le projet européen qui pourrait porter votre parole ? Parce que la France seule, non alignée justement, on n’est peut être plus comme dans les années 50/60.
Dufresne
Donc ça c’est un grand débat.
Manuel Bompard
Alors d’abord, je veux dire en soit, d’un point de vue théorique, peut être, mais le problème aujourd’hui, c’est que ça amène à tout le débat sur ce qu’on appelle l’Europe de la défense, par exemple, que j’ai vu dans votre programme. Mais le problème aujourd’hui, c’est que cette fameuse Europe de la défense, quand vous regardez dans les traités européens, cette Europe de la défense, elle est arrimée à l’OTAN et l’OTAN, c’est l’outil le bras armé militaire de la domination américaine. Donc s’il s’agissait vraiment de construire une autonomie, je dis pourquoi pas. Après, il faudrait qu’il y ait une politique étrangère commune dans notre sujet, nous réunir. Mais s’il s’agit de faire une pseudo Europe de la défense qui s’appelle comme ça pour faire joli mais qui en fait est branchée sur l’OTAN et dépend des décisions de l’OTAN et retour au point de départ. Donc voilà pourquoi nous on a une opposition avec ce qu’on a appelé l’Europe de la défense. Ça ne veut pas dire qu’on est opposé à des coopérations européennes en matière de défense, mais l’idée d’Europe de la défense, elle, est présentée très clairement dans les traités européens, collée à la question de l’OTAN. Donc ça ce n’est pas possible pour nous. Après, sur le côté est ce que la France n’est pas trompée ? Pardonnez-moi mon ignorance, mais l’Europe est rattachée à l’OTAN. Ce sont des non européens qui sont rattachés. Non, non et les autres ? Les pays européens sont ou pas membres de l’OTAN ? Oui, il y en a qui ne le sont pas. Mais l’Europe en tant que telle, elle ne l’est pas. Mais par contre les traités dans les. Dans le texte des traités, l’idée d’Europe de la défense est marquée comme étant articulée avec l’OTAN. Ok, il y a une référence à l’OTAN à cet endroit là, des traités européens, mais ça c’est pas possible pour nous. Donc après, l’idée de dire que la France est trop faible est trop petite en quelque sorte pour peser sur la scène internationale. Bon, moi je ne le crois pas pour plein de raisons. D’abord parce que la France a une spécificité, il y a un poids diplomatique important par le fait qu’elle a quand même une place au Conseil de sécurité des Nations Unies. Je ne dis pas que c’est forcément normal et qu’il ne faudrait pas à terme qu’il y ait une réforme de l’ONU, mais ça c’est un autre sujet. Mais aujourd’hui, c’est le cas en tout cas que la France, elle dispose quand même de l’arme nucléaire. Et je ne dis pas qu’il ne faudrait pas qu’elle se désarme. Je suis favorable au désarmement, mais il doit être multilatéral. On n’a pas à être les premiers à enlever notre arme nucléaire et puis laisser aux autres.Donc oui, ok, on fait un traité et on désarme tous ensemble, ça oui, on ne va pas faire les dindons de la farce non plus. Donc la France, elle dispose quand même d’outils qui lui permettent que sa voix, son poids, soient entendus dans la scène internationale. Voilà pourquoi je pense que non, la France, elle peut avoir une politique de non-alignement et si elle a une politique de non-alignement, agréger autour d’elle d’autres pays qui vont aussi vouloir avoir une politique de non-alignement, ce qui est ce qui donne un peu de grain à moudre à ceux qui vous disent trop proche de la Russie, c’est que dans votre programme même, le chapitre huit toujours qui est celui sur le sur le sur la vassalisation de l’Europe. Je vais revenir sur Gaza dans quelques instants, mais je vais faire un détour, si je puis dire, sur l’Ukraine.
David Dufresne
C’est le chapitre le plus petit et c’est justement celui ci où vous dites on veut bien envoyer des armes, mais faudrait pas désarmer la France. Vous avez un truc presque comme diraient les notaires de bon père de famille, genre moi je ne vais pas mettre tout fait maison dans le même panier, c’est assez curieux.
Manuel Bompard
Ah bon ? Ben je vais répondre Mais d’abord, je veux dire, heureusement, ce n’est pas la taille du chapitre qui détermine l’importance qu’on accorde à une question. Euh ben non, c’est à nous le nombre de propositions qu’on met à l’intérieur et de savoir si ces propositions sont crédibles ou pas. C’est la première chose.Deuxièmement, on peut avoir un débat sur notre position est bonne ou pas bonne, on va la voir, mais franchement. Utilisez pas parce que vous avez fait. Mais est ce qu’on entend ce que font nos adversaires politiques quand votre position n’est pas bonne et quand vous êtes des amis cachés de la Russie ? Je veux juste dire une chose. Samedi dernier, on avait un meeting à Paris pour les élections européennes se sont exprimés sur la scène des opposants russes en exil. On peut me faire les reproches qu’on veut, mais en l’occurrence, ceux que Vladimir Poutine réprime le groupe des socialistes contre la guerre, c’est nos amis et nos alliés. Et nous, on travaille avec eux. Donc nous, nos amis en Russie, en fait, ils sont soit en exil, soit en prison. Pour essayer de m’expliquer que je. Le meilleur ami de Vladimir Poutine, si vous voulez, ça ne marche pas tout à fait, c’est quand même. Je veux juste faire cette précision. Pour le reste, ce qu’on dit, c’est qu’on est prudent. On dit mais on parle d’une guerre dans laquelle un des belligérants, en l’occurrence la Russie et la puissance qui dispose d’un des plus gros arsenal nucléaire du monde. Pas faire n’importe quoi. On parle d’une guerre qui peut dégénérer en un conflit mondial généralisé. Faut pas faire n’importe quoi. Parce que moi je connais aussi les logiques d’embrasement, les logiques d’escalade de tel un tel cas, un accord de protection avec un tel, si vous avez touché celui là. Et puis de l’autre, il est obligé de rentrer dans le conflit parce qu’il avait pris un engagement de vous défendre. Et c’est comme ça que vous arrivez à une généralisation du conflit. On se bat en Ukraine au milieu de réacteurs nucléaires, pas les gens. Et là, ils ont peut-être oublié. Mais il y a eu une alerte de l’agence atomique il y a quelques mois il y a quelques mois, qui disaient "On a un problème, c’est qu’il y a une centrale, la centrale de sa région, la mise sous coffret. Sauf qu’on ne peut pas mettre sous coffret pendant trop longtemps la centrale. Qu’est ce qu’on fait ? Le sujet, c’est quand même c’est des sujets majeurs. Donc nous on dit quoi ? On dit 1 L’agression de la Russie est inacceptable pour une raison simple, c’est que nous on croit au droit international et on n’a pas de droit international à géométrie variable. Donc le droit international, c’est qu’on ne franchit pas une frontière, c’est contraire au droit international.Donc c’est inacceptable de l’avoir fait. Donc ça doit s’arrêter. Premièrement. Deuxièmement, on dit oui à la France. C’est normal qu’on aide les Ukrainiens à se défendre face à une violation qui est inacceptable. Mais on fait attention à ce qu’on leur livre parce qu’il ne s’agit pas de contribuer par la même à une escalade. Ensuite, il y a d’autres belligérants qui rentrent dans le conflit. Et troisièmement, on doit faire en sorte de travailler à une solution diplomatique parce que ce n’est pas la guerre. La solution, pas la solution, c’est la négociation et la discussion. J’ai dit ça pendant deux ans.On m’a dit Vous êtes enfin je dis, je dis je pour être puissant dans la discussion, mais je parle de moi, de nous, de tous les députés insoumis, de tout le monde, du mouvement. On a dit ça pendant deux ans. On nous a dit Vous êtes naïf, ce n’est pas possible. Qu’est ce qu’on apprend au mois de juin ? Va se tenir en Suisse, à l’initiative de l’Ukraine, de la Chine, de l’Allemagne, un sommet pour essayer d’opposer les conditions d’un accord de paix. Et la France n’est pas dedans. Pourquoi ? Parce que Macron a voulu faire le malin et s’est montré Voilà, je vais être le chef du camp de la guerre. Moi, j’aurais préféré qu’il soit chef du camp de la paix. En tout cas, nous, c’est ce que l’on demandait. Donc il n’y a pas de désintérêt pour la question ukrainienne. Notre solidarité avec la population civile ukrainienne qui est frappée est totale. Et on dit juste un truc. Et si on veut justement être solidaires, il faut que la guerre s’arrête le plus rapidement possible chaque jour de guerre. De plus, c’est un risque de généralisation arrive de catastrophes environnementales et plus de morts civils côté ukrainien, plus de morts militaires côté ukrainien et côté russe. Vaut mieux s’arrêter le plus vite possible et je pense qu’on peut y arriver. Que la Chine rentre dans la balance. Par exemple, la Chine a un poids sur les Russes. Voilà, c’est ce qu’on essaye de dire sur ce sujet. Je reviens à Gaza par le tchat citadelle, je te construirai. Je vous demande donc. Les Etats-Unis se refusent à bouger concernant le massacre en cours à Gaza. Que peut-on faire concrètement ? Moi je ne pense que bien sûr que les Etats-Unis ont un poids majeur. Mais à un moment, je prends juste un exemple pour illustrer. Quand les Etats-Unis ont voulu faire la guerre en Irak. Capable de dire non. Ben oui. Et la vérité quand même, Pardon. Là aussi, j’avais beaucoup de désaccords avec Chirac en matière de politique, méthode générale et internationale, et un certain nombre de ses déclarations qui étaient tout à fait inacceptables et insupportables. Mais il faut dire la vérité, qu’on soit de gauche, de droite, pas de nous. Plein de gens étaient fiers de la France à ce moment-là en se disant ah bah au moins sur ce sujet, on a tenu bon, on a incarné le camp de la paix.Donc je veux juste dire on peut aussi. À l'époque, la France n'était pas dans l’OTAN, elle n'était pas dans le commandement militaire, dans le commandement de l’OTAN, elle était dans l’OTAN, mais même dans le commandement militaire. Sa maman me disait Ouais. Donc je veux dire, on peut agir, donc qu’est ce qu’on peut faire ? C'était ça la question. Moi, je mets quatre idées sur la table. Très simple. Et qui ne dépendent pas des États-Unis. Premièrement, c’est symbolique, j’entends et je crois que ça pèse. Et d’ailleurs c’est pour ça qu’il y a un certain nombre de pays qui sont en train de le faire. On peut décider de manière unilatérale. Il y a besoin d’une personne. C’est la France tout seul qui, dit-on, reconnaît l’Etat de Palestine. Je dis la France, tout ça. Il y a déjà une majorité des États dans le monde qui reconnaissent l'État de Palestine. Vous avez vu ces derniers jours l’Espagne, la Norvège, l’Irlande. C’est la Slovénie aujourd’hui qui vient d’annoncer aussi s’engager sur cette voie. Pourquoi la France le fait ? Bah, on peut le faire, ça pèse dans le rapport de force. Deuxièmement. Le premier partenaire commercial de l’UE de l'État d’Israël aujourd’hui, c’est l’Union européenne. Très concrètement, cela veut dire que le pays, l’ensemble de pays avec lequel Israël commercialise le plus en importation export, ce sont les pays de l’Union européenne. Il y a un accord d’association qu’un accord de libre échange entre l’Union européenne et Israël, qui facilite ces échanges en réduisant les barrières douanières, vous menace. Et dans cet accord, c’est quand même fou. Dans cet accord, il y a des clauses de respect des droits humains. C’est-à -dire ? Cet accord ne tient que si les deux parties respectent les droits humains, considérant que les droits humains sont respectés aujourd’hui par l’Etat d’Israël. Franchement, non. Donc on doit dénoncer cet accord et on doit dire tant qu’il n’y a pas un cessez le feu, stop ! Plus d’accord, plus d’accord, ça veut dire remise des barrières douanières, ça veut dire réduction des échanges, importation, exportation avec Israël. Je peux vous dire que ça va peser sur le rapport de force. Troisièmement. 30 % des armes sont livrées à Israël le sont par l’Allemagne, le premier producteur d’armes et exportateur d’armes vers Israël, c’est les Etats-Unis. Le deuxième, c’est l’Allemagne. Pas que vous allez empêcher toutes les armes décidées au niveau européen, un embargo sur les livraisons d’armes à venir vous amputer 30 % de la capacité militaire en terme d’utilisation d’armes de l'État d’Israël.Ça va peser dans le rapport quatrièmement, on parlait de la Russie à l’instant. Pardon. Quand Poutine a violé le droit international immédiatement au Parlement européen. En réponse ici, on a voté des sanctions économiques contre le gouvernement russe. On avait raison contre le gouvernement, on avait raison contre la population. Jetons-en. Franchement, elles n’ont pas fonctionné les sanctions. Elle les a aidés à organiser leur chaîne de production. Pourquoi on n’est pas capable de mettre des sanctions économiques contre le gouvernement de Netanyahou ? Pourquoi ? Je pense qu’en fait on est capable et je joue pour être clair. Je pense que pour une grande partie de la classe politique et de la classe médiatique de ce pays, un Arabe qui meurt n’a pas la même valeur qu’un alien. Il y a une grande partie de la classe médiatique et politique de ce pays qui est gangréné par le racisme, la haine des musulmans. C’est ça la vérité. Parce que si on voulait, on pourrait. Donc moi je pense que le problème c’est le problème de la volonté politique. Et je crois pas du tout que ce soit d’ailleurs l’avis d’une grande partie du peuple français. Et au contraire, quand vous faites ça, quand vous dites ce que je dis, là, vous vous retrouvez avec des gens qui vous disent que vous voulez importer. Je trouve ça extraordinaire. On dénonce les massacres en cours à Gaza, on nous dit Vous voulez importer le conflit de la dernière fois ? Un journaliste J’ai dit Mais quand on a appris tous la défonce de la population ukrainienne, personne ne nous a reproché de vouloir importer le conflit entre l’Ukraine et la Russie. On la fait au nom de principes d’humanité, au nom d’une vision qu’on a du droit international, en se disant s’il n’y a pas de droit international, c’est la loi du plus fort. C’est pour ça qu’on prend position sur la question de Gaza. On dit que vous voulez importer le conflit par électoralisme, C’est extraordinaire, on prend dans la gueule. Pardon si c'était électoraliste de faire ça. Je pense que le drame, c'était plutôt de ne rien dire. Alors là, c’est compliqué à dire parce que parce que quand même, vous avez mis au centre de l'équipe de campagne parmi les candidats.Alors vous allez me dire si c’est vous qui l’avez mis au centre ou si c’est le jeu médiatique justement. Rima Hassan qui est arrivée, qui a déboulé et qui a pris, euh. Vous le savez bien, il y a quelqu’un qui a pris la parole, qui a pris le dessus, on va dire, dans le discours qu’on tente de faire depuis 1 h, de parler d’autre chose, mais on y vient, évidemment.
David Dufresne
Donc elle a, elle a la quasiment presque été invisibilisée encore que. Mais par exemple Anthony Smith, on l’a très peu entendu, je veux dire sur le droit du travail. Bon, il y a eu ce choix là. On vous accuse d’avoir fait ce choix pour avoir le vote qu’on appelait avant immigrés, qu’on dit aujourd’hui des quartiers et des banlieues. Il en est quoi exactement ?
Manuel Bompard
Non mais d’abord je vais dire une chose c’est pas nous qui bombardons la population civile de Gaza, On en est d’accord, bien sûr.Donc ça se déroule.Donc ne pas mettre au centre de la campagne, ça voudrait dire quoi ? Ne pas en parler, pardon ce qui se passe là bas, et c’est le cas de tous mes amis insoumis, ça nous révolte, donc ça nous révolte, On en parle. Et il se trouve par ailleurs qu’au niveau du Parlement européen, j’ai donné des exemples tout à l’heure. On a des leviers d’action pour agir sur ce sujet. Bien sûr que c’est un des thèmes de la campagne, mais ne pas mettre ce thème dans la campagne, ce serait passer à côté de notre devoir d’humanité. Et on a une figure qui est une figure brillante qui s’appelle Rima. Hassan est juriste en droit international. C’est l’une des plus grandes spécialistes du conflit et de la situation en Palestine depuis des années et des années. Et cette jeune femme, elle vient et elle dit Moi, maintenant, j’ai envie de m’engager en politique pour porter des choses. On va lui dire non. On a quelqu’un qui vient, qui est brillant, qui est d’accord avec nous. Nos idées, nos propositions qui portent ce sujet de manière admirable. A Heureusement qu’elle a sa place avec nous, ce serait une folie de ne pas le faire. C’est quand même la première chose que je vais dire après. Moi je ne choisis pas l’actualité médiatique. Comme ça. Mais entre nous donc. D’abord, franchement, quand j’entends des gens, je lis parfois Rima Ah ! Il y en a plusieurs a pris le dessus sur le pardon. Il y a encore des débats. Il y en a un ce soir. Il y en a eu un lundi, Manon Aubry et elle est très visible dans cette campagne. Elle fait tous les grands débats. Tête de liste, elle fait tous les médias, les matinales.C’est très visible dans cette campagne. Elle fait des meetings, elle est très forte. Et moi je suis très content d’avoir Manon Aubry comme tête de liste et d’avoir d’autres figures qui sont visibles. Plus de gens sont identifiés, plus. C’est des gens qui mènent des batailles politiques et c’est positif. Après, nous, on a fait des meetings. Anthony, Damien, Carême, Arash, Saïdi, Leila et Marina sont là. La parole. Tout le monde a la parole, tout le monde mène la bataille. Et ça, je vais vous dire ce que j’en pense. Je pense que c’est une tentative médiatique parce que la manière de nous fragiliser a toujours été la même. C'était d’essayer de poser des problèmes entre nous, de mettre le ferment de la division à l’intérieur de la France insoumise et ils essayent, mais j’y arrive pas.Donc je leur dis laissez tomber, ça ne marchera pas. Ils essayent de mettre le bordel, de dire non à Rima, mais Manon et Rima, ça marche très bien, il n’y a pas de problème, vous n’inquiétez pas, il y en a qui nous écoutent. Je leur dis de lâcher l’affaire, ça ne sert à rien, vous n’y arriverez pas. On est unis, on est groupé, on mène campagne ensemble avec un objectif, c’est de faire un résultat maximum. Le plus drôle à ce sujet, on en parle de plein d’autres au moins. Vous êtes un journaliste qui a lu le programme et qui sait qu’il y a neuf chapitres et il n’y en a pas qu’un seul. Absolument tout le monde. Depuis des mois et des mois, peut être même des années, vous, vous vous attaquez là dessus. En dix ans, il y en a même eu. C’est un sujet qui m’est cher, les violences policières. A un moment donné, j’avais lu un éditorial qui disait que si Mélenchon parlait des violences policières, c'était pour avoir le vote des quartiers. On dit la même chose aujourd’hui. Qu’est ce que vous répondez à cette question ? J’ai pas compris. En fait, il faut que les gens des quartiers ne votent pas ça. Je veux dire quand Macron propose de supprimer les charges sur les charges un. A chaque fois que je dis cotisation. Cotisation pour ça parce que j’ai été gangrenée Cela dit, il y a des cotisations sociales et des charges patronales. Oui, En tout cas, quand Macron dit je vais supprimer, je prends un autre exemple quand Macron dit je vais supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune, ce qui ferait en quelque sorte de l'électoralisme riche, personne ne lui reproche bizarrement. Donc excusez-moi ou je défends les intérêts des gens qui sont le plus dans la galère, le plus dans la souffrance ? Et si vous croyez que la question des factures d'électricité, ça ne parle pas aux habitantes et aux habitants des quartiers populaires, franchement, moi j’habite dans une ville à Marseille dans laquelle les bailleurs sociaux, ils ont augmenté les charges. Là, c’est les charges locatives aux locataires multipliées par deux, par trois parce que le prix de l'électricité a explosé. Donc plein de sujets parlent aux habitants des quartiers populaires. Mais il y a cette idée que finalement, essayer de parler aux habitants des quartiers populaires parce qu’ils n’ont pas tout à fait la bonne couleur de peau. La bonne religion, ce serait faire du communautarisme ou je ne sais quoi, mais que cette histoire, je veux dire nous on ne segmente pas nos positions en fonction de qui, à qui on s’adresse, on défend des principes d’humanité, on défend une notre manière d’organiser l'économie, on défend des progrès sociaux pour tout le monde et à aucun moment on a fait des propositions qui s’adressent qu'à une catégorie ou qu'à une partie de la population. Ça, ce serait du communautarisme, du clientélisme ou je ne sais pas quoi. On défend une position, vous savez, moi je rencontre plein de gens qui me disent mais moi je suis musulman. Mais la position que l’on défend sur Gaza, ce n’est pas parce que ma religion, c’est parce que pour l’humanité, je me battrai pareil de la même manière. Oui, je sais bien qu’il y a une manière, parce qu’en fait ils essayent l’infamie. Vous savez très bien ce qu’il y a derrière. En gros, c’est une logique raciste et insupportable. En gros, les habitants des quartiers populaires et musulmans dans leurs logiques à eux les islamistes. Manuel Bompard et la France insoumise. Vous êtes les complices des islamistes ? Très bien. Le film est titré comme ça. C’est insupportable.
David Dufresne
Le surnom qui vous est donné ? La France islamiste est exactement ce supporter. Ça fait du bien d’entendre la réponse. C’est pour ça que je pose la question. Mais néanmoins, dans votre propre camp, il y a aussi des gens qui disent qu’il faudrait s’adresser un peu plus à la population. Hier, on avait un débat passionnant dans notre rendez- vous mensuel sur les fachos qui s’appelle Extrêmorama, il y avait Félicien Fory
Manuel Bompard
Oui, j’ai lu le livre Super. Et bien le livre, il est là, devant des électeurs ordinaires, Je trouvais excellent.
David Dufresne
Eh bien, Félicien était là hier. Et alors, d’une certaine manière, il s’adresse à vous à la gauche en disant Vous vous adressez pas tout à fait comme il faudrait aux électeurs.
Manuel Bompard
Je ne sais pas, je n’ai pas entendu l'émission, donc je ne veux pas réagir sur l'émission. Mais dans le bouquin, moi j’ai trouvé intéressant le livre quand même. Là peut être que je ne serais pas d’accord avec ce qu’il a dit dans l'émission et dans ce cas là, je me rendrai compte après moi en tout cas, de ce que j’ai retenu du livre, c’est quand même à quel point la question du racisme était centrale dans le vote d’extrême droite.C’est exactement pas qu’elle soit le seule, la seule motivation du vote, mais qu’elle s’articule avec les autres questions. En tout cas, et ça, j’ai trouvé ça assez passionnant et ça m’a plutôt amené à la conclusion. Et ça, ça peut être un sujet de débat, mais ça m’a plutôt amené à la conclusion que vous ne luttez pas contre le vote d’extrême droite en mettant de côté la question du racisme. Je pense que vous l’avez voulue très contre la progression de l’extrême droite, en les affrontant, en la déconstruisant, en montrant à quel point en quelque sorte, c’est une manière de. Diviser pour conserver et pour que les dominants conservent leur pouvoir de domination. Et je sais que certains ont parfois essayé ou considéré que finalement, il fallait essayer de pas polariser les gens sur ce sujet, de les polariser sur une note, un autre sujet, et que le racisme n'était pas forcément la dimension centrale du vote et que c'était la colère ou c'était. Je crois que ça a peut être été un moment, je crois que ça allait pas du tout.
David Dufresne
Et donc je pense que vous êtes obligés aujourd’hui en fait de prendre en frontal à bras le corps la question du racisme. C’est un débat que j’aimerais bien avoir avec Félicien. Florian Je sais pas ce qu’il disait de lui sur ce sujet, mais en tout cas moi c’est comme ça que cet enseignement là que j’ai tiré, on va laisser passer les élections puis on vous invitera tous avec plaisir. En tout cas, j’ai trouvé son livre excellent, vraiment super. Sur Gaza, il y a ce que vous avez appelé à juste raison la criminalisation, la volonté de faire taire Mathilde Panot, Rima Hassan, etc. Sophie Binet, qui était avant hier ici, a lancé une pétition avec la Ligue des droits de l’homme sur le fait que l’apologie du terrorisme, si c'était vraiment une attentatoire enfin à l’accusation d’apologie terroriste, c’est attentatoire à nos libertés.Qu’est ce que vous vous décrivez ? L'époque dans laquelle on est par rapport à tout ça ?
Manuel Bompard
Moi je trouve que le mot, quand on parlait de recul tout à l’heure, là, c’est pire que ça. Non, moi je trouve qu’on ne vient pas. Je pense qu’on est dans un moment de fascisation de la société et je trouve qu’il y a une ambiance qu’artiste. Ah, c’est à dire de plus en moi. Mon analyse, c’est que ce qui a fait la domination du système capitaliste qui a trop très longtemps parlé tout à l’heure de la culture américaine, ça parlait de Gramsci très longtemps. Le système capitaliste est maintenu par le pouvoir, d’où un soft power, c’est-à -dire cette idée que les codes, les rites, les habitudes culturelles. Du capitalisme nous avait gagné la société et donc finalement vous trouviez ça normal, la compétition, etc. Et puis je pense que petit à petit, notamment parce qu’il y a des grandes crises, il y a eu la crise des supprimes.
David Dufresne
On est le 8 octobre. Le lendemain. Est ce que vous referiez le même communiqué ?
Manuel Bompard
Pour moi c’est important, je vous le dis, c’est important, mais je trouve que vous avez merdé avec tel mot du communiqué. Non mais parce que je parlerai le problème à un moment sur ce débat. Pardon, je ne dis pas ça par rapport à vous. Les gens écoutent ce que les médias disent de notre communiqué, mais ils ne lisent pas le communiqué. Notre communiqué y dit quoi et dit qu’on est solidaires de toutes les victimes.
David Dufresne
Donc il y a une partie des médias dont on va parler. Mais d’abord. Et puis je vais faire un dernier petit réglage technique pour défendre les droits des femmes.
Manuel Bompard
Donc, c’est notamment l’IVG. Oui, puisque là on parlait curseur et de retour en arrière, en effet, passé par rapport aux réactionnaires. On a, on a un vrai souci le droit de vivre dans la dignité, la lutte contre le racisme et ensuite il y a le droit à l’information on va dire, Mais sur les points bas, l’IVG.Vous savez, quand on a remporté. Ce qui me paraît être une grande victoire. Pas uniquement pour la France insoumise, bien sûr, mais pour les mouvements féministes. Depuis des années et des années, c’est-à -dire en France, l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution. Que les choses soient claires, ça ne règle pas tous les problèmes auxquels on est confronté aujourd’hui. Dans plein d’endroits, les difficultés d’accès et d’effectivité du droit à l’IVG. Mais je crois que l’inscrire dans la Constitution, ça permet de continuer à avancer sur le chemin de cette bataille qui dure depuis des années et des années. Là, on le met dans le programme. L’idée de dire on va inscrire le droit à l’IVG dans la Charte européen des droits fondamentaux. Donc. Et c’est pourquoi c’est parce que si on fait ça, ça permet notamment de lutter contre les remises en cause du droit à l’IVG qui existent aujourd’hui en Pologne, en Hongrie, qui sont des pays qui aujourd’hui sont membres de l’Union européenne. Donc, c’est un sujet qui est d’actualité et qui permet de montrer à quel point l’extrême droite française, le Rassemblement national, est hypocrite. Parce que quand à l’Assemblée nationale, il y a eu le débat sur l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution, c’est nous qui l’avions proposé par l’intermédiaire de Mathilde Panot. A l'époque, le Rassemblement national a dit non, on n’est pas contre l’IVG etc. Mais ça ne sert à rien de l’inscrire dans la constitution parce que de toute façon, il n’est pas menacé en France. C’est ça leur argument. Car quand on dépose une résolution au niveau européen pour inscrire le droit à l’IVG dans la Charte européenne des droits fondamentaux, il est menacé Hongrie, Pologne et vote contre. Bizarrement, ils ne disent pas je suis pour et je ne vote pas pour le protéger. Donc je trouve ça c’est intéressant pour montrer leur hypocrisie et leur tartufferie. Voilà, Donc ça c’est important, le droit à mourir dans la dignité. Ensuite et plus tard, on est en train de l’examiner. D’ailleurs, en ce moment à l’Assemblée nationale, on y est favorable, on est favorable depuis 2012. Je veux préciser quand même qu’il s’agit d’ouvrir un droit. Contrairement à ce que j’entends dans les médias, parfois une liberté. Pas l’obligation, la vous pouvez y avoir recours ou pas. Bien sûr, mais vous allez forcer personne à mourir avant qu’il ait envie de mourir. Ça s’appelle une loi de liberté.Donc l’idée de dire que l’on puisse aussi avancer sur ce sujet au niveau européen me paraît me paraît important.
David Dufresne
Je vois que le tchat s'énerve un peu les amis. Euryale, elle fait tout ce qu’elle peut pour faire en sorte que nous soyons dans le dissensus constructif et dans quoi il s'énerve. Je sais pourquoi il y a un message qui a été supprimé.Alors voilà, je pourrai au moins cette fois, Cette fois c’est non-coupable. Cette fois-ci, c’est bon. Alors, dans le chapitre six, étendre les droits et libertés face aux réactionnaires, il y a tout un truc qui m’a bien plu, évidemment. Garantir le droit à l’information et protéger les journalistes.Alors ça c’est on va rentrer dans le détail. Mais c’est marrant parce que vous êtes considéré comme le parti le plus anti journalistes. Vous faites des affiches avec des stars du show business, de la formation. La meilleure campagne, ça. Pour eux. Franchement, on l’a fait. Personne ne voulait parler de l’inscription sur les listes électorales, a fait un visuel en disant tel journaliste vote et vous télé journaliste votent et vous ?
Manuel Bompard
Et ils sont tous indignés. On n’a jamais parlé autant de l’inscription sur les listes électorales. On a fait des records dans un certain nombre de villes d’inscription sur les listes électorales. Finalement, madame Saint-Cricq a porté plainte contre nous. Ça nous a coûté 500 €. Franchement, 500 €, je les aurais mis pour avoir autant de publicité pour l’inscription sur les listes. Et vous avez vraiment un drôle de truc, vous, avec le côté ce n’est pas grave, je suis hors la loi, je paye l’amende, la désobéissance. C’est marrant votre affaire, ça a marché quoi maintenant ? Mais en fait, elle a gagné quoi ? C’est quoi le fait qu’on a utilisé sa photo ? Ah, c’est le droit, L’image, ce n’est pas malin. Ils ont même reconnu que c'était une campagne d’intérêt général, mais qu’on ne pouvait pas utiliser sa photo sans lui demander son avis. Je n’aurais pas fait faux. Ouais d’accord. Enfin, ils n’ont pas de problème à utiliser la mienne. Je dirais même Nathalie Saint-Cricq. C’est une personnalité publique. Donc oui, oui, bien sûr, pour moi, peut être pourrait s’appliquer pour elle, mais bref.
David Dufresne
Alors voilà, ils ont décidé. Ça pose juste la question de la désobéissance. C’est intéressant parce que, en fait, la question c’est les objectifs. Si les objectifs sont des objectifs nobles.
Manuel Bompard
Ouais, j’assume. Là, il s’agissait de faire inscrire des gens sur les listes électorales. Ça me paraît. Avant de faire ça, on a quand même porté, posé, posé une question à Darmanin, on a proposé nos services pour travailler, pour faire en sorte qu’il y ait des campagnes d’information sur ce sujet. Ils n’ont rien fait, donc bon, on utilise les méthodes à notre disposition. Et oui, j’assume de jouer un peu avec leur colère et notre stratégie de communication. Elle vise aussi à comprendre que les journalistes parlent des sujets quand ils pensent qu’ils vous nuisent. Donc parfois, il faut leur donner des sujets dans lesquels ils pensent qu’ils vous nuisent mais qui finalement vous servent, et donc dans votre dos, dans votre programme, vous voulez défendre le droit à l’information et même la protection des journalistes. La mesure clé : lutter contre la concentration des médias dans les mains de quelques ultra riches, donc abroger la loi de déconcentration. Que ce ne soit pas qu’une poignée de milliardaires qui bénit, qui dispose de tous les médias. Jusqu'à quel niveau de l’action pourrait avoir Bolloré par exemple ? A vous ça ! Vous irez bien jusqu'à quoi ? 20 % ? 30 % ? Franchement, je ne sais pas pour vous. Vos enfants vont discuter, mais pas comme aujourd’hui. Enfin aujourd’hui. Pardon. Vous avez dit milliardaire qui possède à peu près l’ensemble des médias en France ? 81 Plus de 90 % et c’est un problème de ligne éditoriale. C’est un problème du poids de l'économie sur le politique, un problème du poids des intérêts de ceux qui possèdent ces médias sur la vie politique. Donc il faut une loi de déconcentration dans les médias. Après les et les modalités, les détails, ça peut être discutable, mais pas comme aujourd’hui, en tout cas pas comme aujourd’hui. Et puis après, il y a un deuxième sujet, c’est les modalités de contrôle. Euh, il y a quand même un problème depuis le. On parlait du 7 octobre tout à l’heure. Encore une fois, moi je veux bien un débat, discuter, on peut être d’accord ou pas avec les positions qui sont les nôtres. On peut considérer qu’elles étaient bien ou pas bien. C’est la vie. Je n’ai pas de problème, j’assume mes positions, je reste fidèle avec, mais je comprends qu’on ne soit pas d’accord. Mais le traitement médiatique est fait contre la France en octobre. Un traitement est-il vraiment dingue ? Dingue. C’est à dire que vous avez à longueur de journée des gens qui viennent nous insulter d’antisémites, de terroristes, de complices du Hamas sur la base de rien ou d’interprétations médiatiques. Et nous ne disposons d’aucun moyen de contrôle pour dire peut être qu’il faudrait que ça s’arrête. Vous avez une instance qui s’appelle ARCOM qui ne fait strictement rien. Quand vous dites que nous n’avons pas voulu parler de votre parti, vous voulez parler notre parti, notre mouvement, nous. Eh bien, vous voudriez avoir une instance de contrôle. Moi, je suis favorable pas à pas, j’ai pas une instance de contrôle que moi j’aurai. Bien évidemment, je suis favorable à ce qui est, ce qui existe dans d’autres pays, un conseil de déontologie dans les médias que vous pouvez saisir, qui est composé de journalistes et qui dit bon, on a quand même des règles, les journalistes ont des règles déontologiques à respecter aussi.
David Dufresne
Il y en a qui vous demandent pourquoi vous ne portez pas plus souvent plainte pour diffamation. Je vais être très clair parce que c’est vrai que c’est une question qu’on me pose souvent. Le problème, c’est que la loi sur la diffamation en France, une loi qui est très permissive en débat, si c’est bien ou si ce n’est pas bien, est très pour la liberté de la presse. Exactement. Et souvent c’est une diffamation, c’est un procès contre soi, c’est-à -dire que vous n'êtes, vous n'êtes pas obligé. Il ne suffit pas de convaincre que ce que la personne a dit est faux. Pour qu’elle soit condamnée, il faut que vous arriviez à la convaincre qu’elle ne l’a pas dit de bonnes intentions. Il y a plusieurs possibilités : la dictature, l’intention de nuire est ce qu’elle avait l’intention de nuire. Elle peut vous diffamer, mais si elle n’avait pas l’intention exactement, on ne sera pas condamné. Si elle fait une enquête sérieuse, même si elle se trompe, on ne va pas condamner. Voilà, c’est pour ça que je dis c’est un procès contre soi. C’est juste. Vous avez donné l’essentiel des précisions.
Manuel Bompard
Donc premier problème quand même. Et si vous perdez votre procès en diffamation parce que la justice a considéré que la personne effectivement a dit quelque chose de faux mais qu’elle n’avait pas l’intention de nuire, vous allez vous retrouver avec nos adversaires politiques sur l’ensemble des plateaux de télévision qui vont pouvoir dire en permanence J’ai le droit de dire ça puisque vous m’avez poursuivi pour diffamation et que vous avez été débouté. Première pour premier problème. Deuxième problème si vous faites des plaintes à chaque fois que vous êtes insultés d’antisémite, ça coûte cher. Il y a des avocats, c’est des procédures qui durent longtemps à coups de beaucoup d’argent. Troisième problème et là je parle aux gens qui nous écoutent et qui ont un intérêt pour la chose politique. Il faut sortir, il faut sortir du crâne cette idée que la justice serait une sorte d’espace neutre, déconnecté des rapports de force qui existe dans la société, une sorte d’arbitre impartial. Je trouve qu’il y a une forme de naïveté. Dans l’idée de dire bon, nous on se met dans le jeu politique, on s’envoie des arguments les uns contre les autres et tout. Mais il y a un arbitre neutre au-dessus de tout le monde, etc. Qui va pouvoir trancher si vous aviez le droit de dire ça ou pas ça. Mais la justice, elle est perméable aux rapports de force qui existent dans la société. La justice est perméable à la domination capitaliste. La justice, elle, est perméable à l’idéologie dominante. Et vous croyez pas que si tous les médias de la Terre vous disent que vous êtes complice de terroristes, que la justice va être super éclairée, on va dire non, non. Ce qu’ils disent dans les au fond, faut prendre en compte ce paramètre là. Pardon, mais quand le syndicaliste de la CGT a été condamné à un an de prison avec sursis, un an de prison avec sursis pour un tract de soutien à la Palestine dans lequel il avait une formule qu’on peut considérer bien ou pas bien, à la limite, c’est pas le sujet, mais un an de prison avec sursis, c’est une condamnation, c’est un juge qui l’a décidé.Donc ne croyez pas que la justice soit décorrélé des rapports de force, des pressions qui existent dans la société. Donc jeu, une fois qu’on a dit ça, qu’est ce qu’on fait nous ? On ne fait rien, on prend tous les coups. À chaque fois qu’il y a des attaques, on les examine. D’un point de vue juridique. On a un cabinet d’avocats avec qui on travaille, on les classe et on regarde nos pourcentages de chances de victoire. Et puis on prend le haut du panier et là on attaque que là on se dit là on a des chances sérieuses de pouvoir gagner, mais après c’est des procédures qui durent un an, un an et demi, deux ans, et puis vous gagnez dans trois ans. Le mal est déjà fait parce qu’on vous a calomnié pendant des mois et des mois. Donc à la fin, ma conclusion c’est quoi ? Ma conclusion, c’est notre seule, notre seule manière de nous défendre, c’est notre capacité à riposter en direct sur les réseaux sociaux, renvoyer d’autres informations, aller se battre sur le terrain médiatique. Je sais, souvent on a ce débat pourquoi vous allez sur BFM ? Parce qu’ils racontent n’importe quoi. Mais si je n’y vais pas, qui va y répondre ? Qu’on y va ? On se bat, on renvoie, on réplique, on mène la bataille là où elle se mène en fait. Voilà, moi je crois ça que c’est plus efficace de faire ça que de croire de manière un peu à mon avis idéalisée, que la justice immanente. Vous vous n’en voulez pas ? Et quand je dis vous, je parle, je pense à la France Insoumise de quand même parfois à aller un peu loin dans l’acceptation du jeu médiatique. Je ne sais pas sur quoi par exemple. Je pense par exemple à ce qui s’est passé avec Hanouna pendant très longtemps, où il y avait des gens de chez vous qui étaient chez lui comme chroniqueur à radio Classique et qu’on a invité à beaucoup parler de ça. On a expliqué que vous n’aviez jamais pu en réalité imposer, vous imposer vos thèmes.
David Dufresne
Quand David Guiraud va sur Cnews, alors je ne sais pas s’il y va encore, mais il y est allé beaucoup, il y il y a et il tweete, etc. Avec des tweets qui sont remontés, avec des zooms et des machins et des trucs, des bidules et de la musique. Est ce que là on n’est pas quand même, on ne participe pas à la grande bouillie de ces informations ? Honnêtement, c’est une vraie question : quelle stratégie par rapport au système médiatique ?
Manuel Bompard
J’admets qu’il peut y avoir des points de vue différents sur cette question. Vraiment. Mais le problème aujourd’hui, c’est quand même ces nouvelles. Dont je pense. Personne ici n’a de doute sur la réalité de la ligne éditoriale. Mais même ces nouvelles. Ne croyez pas que tous les gens qui écoutent ces news partagent forcément l’orientation de la ligne éditoriale de ses news. Moi je suis allé dans des endroits où les gens me reconnaissaient parce qu’ils m’avaient vu sur CNews. On ne dit pas que ça veut dire que vous devez tout accepter, mais ça veut dire que vous les abandonnez aussi à un seul discours.Donc en fait, vous êtes toujours dans une forme de compromis entre aller mener la contradiction et d’un certain point de vue, légitimer aussi l’idée qu’il y a plusieurs avis qui peuvent s’exprimer sur ses chaînes en y allant. J’admets qu’il y a aussi ça. C’est une question de tactique et stratégique. Nous sur c’est mieux de ne pas dévoiler ici toutes nos cartes parce que sinon s’il y a des espions, il pourrait y en avoir quelques uns, il peut y en avoir, mais peut être des gens qui vont vous reconnaître ou vous dire. Et je vous ai vu Au poste que peut être j’espère, pour vous, c'était l’objectif. Ce n’est pas forcément qu’il reconnaisse, mais bien j’espère qu’il a été d’accord avec certaines choses que j’ai pu dire. Mais ce que je veux dire c’est qu’il faut avoir une stratégie médiatique.
David Dufresne
Et alors c’est quoi la stratégie ?
Manuel Bompard
Mais elle arrive maintenant. Mais la stratégie médiatique, c’est d’aller dans les espaces dans lesquels on considère qu’il y a un espace pour la confrontation et un espace dans lequel on peut exprimer nos idées. C’est d’ailleurs nous on va plus aujourd’hui, on ne va pas sur les plateaux de news où on considère que le format comme il est monté, le truc avec six chroniqueurs etc vous empêche toute façon d’en placer une. Après, quand vous allez dans une matinale dans laquelle vous avez un journaliste qui va vous poser des questions tout à fait orientées, tout à fait biaisées, c’est une évidence et dans lequel après vous allez quand même pouvoir répondre. Vous avez un espace dans lequel vous faites de la politique et après il faut être bon, c’est tout. Donc on travaille. Après, des fois on est bon, des fois on est moins bon et il faut être meilleur que ce qu’on gagne. Vous travaillez, ça veut dire quoi ? Vous faites du coaching ? Vous jouez un média, C’est beaucoup de temps de préparation et d’abord du travail de fond.Et puis après, oui, on se regarde beaucoup les uns les autres. Et je veux dire, c’est une stratégie dont on se pique les arguments. Il faut trouver des réponses, il faut anticiper les polémiques sur lesquelles ils vont venir nous chercher. Voilà, ça, bien des fois, on peut être moins bien. Moi, je ne suis pas venu ici pour dire que tout ce qu’on fait, c’est parfait, C’est génial. Non, non, non, c’est que ça va, tout va bien. La vérité, c’est qu’on est des êtres humains comme tout le monde. Et vous aussi, vous avez une boucle média. Comment ça se passe ? On a Oui, on a plusieurs boucles médias, on a des boucles, des ripostes, on a des boucles de médias, on suit tout ce qui se passe et puis après ça a un côté assez marrant la France insoumise. Sur ça, il y a un côté très euh on se regarde les uns les autres et puis onze ans, les trucs et donc l'élément et bah on ne reçoit pas de note avec des éléments de langage. C’est chez les macronistes que ça marche comme ça. Chez nous ça ne fonctionne pas comme ça, on en a une bonne unité idéologique.
David Dufresne
Donc là il y a Mélenchon qui vous regarde par exemple et vous regarde en ce moment. Je ne sais pas s’il te regarde, je ne sais pas en fait. Et puis il y a les replays et puis ce n’est pas Mélenchon, mais ça. Il faut sortir de cette idée que la France insoumise, c’est Mélenchon qui envoie les consignes à tout le monde. Non mais je ne sais pas quand, j’aimerais bien qu’il vienne un jour, juste pour qu’on parle de police et d’ordre. Ah bah je pense que. Écoute, l’invitation est lancée, si nous ne l’acceptons pas, je la renverrai.Alors dans le chapitre six, il y a une proposition…
Manuel Bompard
Ah non mais est ce que je veux dire je suis là avec Mélenchon, ce n’est pas possible, mais on hurlait sur la police, sinon ça va durer 12 heures. Moi je peux, si veut garantir le droit à l’information, protéger les journalistes. Je l’ai dit et vous avez carrément une petite chose : je sais engager les États membres. Là, on parle bien du programme bâti en neuf chapitres. C’est le chapitre six. Engager les États membres à consacrer 1 % de l’aide publique au développement au soutien en faveur de médias indépendants et conditionner des financements européens au respect de la liberté de la presse et de l'État de droit. Voilà qui sauverait Au poste, par exemple, et d’autres. Et donc les oppositions, elle aussi, elle n’aurait plus à faire. Pas sûr que vous soyez sauvé par ça, parce que, sauf erreur de ma part, je ne connais pas le programme non plus par cœur. Complètement. Mais je pense que cette proposition fait référence à l’aide publique au développement, donc je pense qu’elle considère plutôt l’aide versée par la France à l’extérieur de la France.
David Dufresne
Donc pas sûr que ça ait porté, hormis si Au poste décide par exemple de venir à un média dans un autre pays. Mais ce n’est pas l’idée pour l’instant. Comment peut-on soutenir la presse indépendante ?
Manuel Bompard
Bonne question. Je pense que bon, je pense qu’il y a un sujet sur les aides à la presse de manière générale en France aujourd’hui, pardon, sont captées par quelques gros titres. Là, je trouve qu’il y a un sujet. Je ne suis pas un expert en organisation médiatique, mais je pense qu’une meilleure distribution des aides à la presse par exemple, c’est un sujet. Je pense qu’il y a un sujet qui est aussi donné davantage de pouvoir aux journalistes dans les rédactions. Et là ça a été un débat qui a été pas mal occupé au moment du rachat du JDD. Euh, c’est à dire est ce que vous pouvez vous y opposer en tant que journaliste ? Ça, c’est un deuxième sujet majeur. Et puis après, il y a un sujet dont on ne parle jamais, jamais personne en parle, jamais. Et la question du poids de la précarité dans la presse, euh sur la ligne éditoriale, c’est-à -dire l’impact qu’a la précarité, le système de pige dans la qualité du travail réalisé. Parce qu'à partir du moment où vous êtes dans un système économique où vous disposez, pas de dû, du statut de la protection qui vous permet de. Avec du temps et que vous êtes là en quelque sorte. Et il y a la commande ou fait au papier, à l’article à vous produisez de l’information qu’elle l’information facile à produire, l’information facile à produire a toujours la meilleure et la plus intelligente. Voilà, je pense qu’il y. Quand je ne suis pas expert en ce sujet, il y a des gens qui connaissent un peu mieux que moi, mais je pense que c’est un bien, une vraie question centrale. Moi je dis toujours vous savez, pour qu’une démocratie fonctionne bien, il faut que les gens bénéficient d' une formation qui leur permet de disposer des. Connaissance pour se positionner dans le débat politique. Et puis il faut que les gens disposent des informations qui leur permettent de bien se positionner dans le débat politique. La question de l'école, c’est la question des médias et de l’information. Il y a un volet sur l'école dans le programme et notamment sur l’enseignement supérieur. Et vous voudriez à nouveau gratuit ? C’est quand même deux piliers qui sont deux piliers essentiels si vous voulez que notre démocratie fonctionne bien. Et la place des médias aujourd’hui, elle est dramatique, mais je trouve que parfois, à gauche, on a tendance à mener cette bataille uniquement en disant on va construire des médias et c’est ce que je vais dire. C’est un peu ce que vous aviez fait avec le média, mais juste on va construire des médias alternatifs, c’est vrai. Mais le problème qu’on doit se poser, c’est quand même comment on fait en sorte que ces médias alternatifs ne soient pas des médias de niche. Parce que le principe du quand vous allez dans un média, c’est quand même pour toucher des gens qui ne sont pas d’accord avec ce que vous dites. Or, si les médias que vous construisez sont des médias de niche qui ne sont écoutés que par des gens qui sont d’accord avec ce que vous dites, Vous perdez quand même. Un atout principal des autres médias, c’est de pouvoir vous adresser à des gens qui sont en hésitation. Donc si on doit faire des médias alternatifs, moi j’ai toujours défendu l’idée. Les Espagnols avaient été assez pionniers sur ce sujet, avec la RDC en particulier. Qu’avait fait Podemos, de dire comment dans ces médias alternatifs, on ne sera pas juste dans l’information qui fait que personne n’a envie de venir. Mais comment ? On reprend aussi des codes de la culture populaire pour essayer de faire passer de la politique. Après, je sais que c’est des balles réelles.
David Dufresne
Alors est ce que ces informations là, ce qu’on vient de faire ?
Manuel Bompard
Non, non, non. En tout cas, ce n’est pas chiant pour moi. Pas du tout. Mais c’est de niche. J’espère que ce n’est pas chiant pour les gens qui nous écoutent. Je ne crois pas. C’est utile, je n’ai aucun doute sur ce sujet. Mais soyons honnête et vous et moi, les gens qui vont nous écouter sont des gens qui sont déjà assez intéressés par les thèmes dont on est en train de parler. Ça ne veut pas dire qu’ils sont tous d’accord avec moi, mais en tout cas, c’est des gens qui participent quand même dans un espace politique on va dire, dans lequel la France Insoumise est un des points de cet espace. Oui, merci, vous n’avez pas parlé au grand nombre. Bon quand même, je trouve que la question du média c’est quand même d’essayer parfois de parler aux grands nombres pour parler aux grands nombres. On est obligés d’aller dans les médias capitalistes. Sans doute qu’il faut avoir un volume, donc c’est de notre faute. Non, non, pas du tout. Je ne crois pas franchement ça, j’ai bien compris. Je veux dire par là, je pense qu’on doit avoir une réflexion, mais ça ne veut pas dire que tous les médias alternatifs doivent être uniformes. Mais je crois que les médias alternatifs doivent se poser la question aussi de donner des formats qui sont peut être pas des formats où la politique apparaît immédiatement, mais qui véhicule aussi des idées. Mais, mais, mais justement, c'était la question que je voulais vous poser. C’est celle où est ce que vous classez l’indépendance ? On parle de presse indépendante, de presse alternative. Les choses sont assez claires. Mais l’indépendance, par exemple. L’indépendance a toujours été un très long débat sur la question du rapport entre le rapport à la presse qu' aujourd’hui, on a tendance à positionner uniquement sur la question de l’indépendance vis-à -vis du politique, et c’est une vraie question. Mais moi, je voudrais qu’on n’oublie pas l’indépendance vis-à -vis de l'économie et celle-là, elle n’est jamais posée. Quand je parle de loi de déconcentration dans les médias, c’est que je mets la question de l’indépendance sur la capacité de la presse à être libérée de pressions extérieures. Mais ces pressions externes ne viennent pas toujours et j’ai envie de dire, à mon avis, elles viennent même assez rarement du politique, mais elles viennent souvent de l'économie.Elles viennent peut être plus du politique dans le service public parce qu’il y a un lien au pouvoir politique, au gouvernement, etc qui sont tous des mécanismes. La vérité, c’est que c’est plutôt des mécanismes. Je pense que ça n’existe quasiment plus. Du côté je passe un coup de téléphone au journaliste pour lui dire tu vas faire ci ou tu vas faire ça ? En fait, c’est plus pernicieux, on est quasiment dans des modes d’auto censure aujourd’hui. Bien sûr, c’est -à -dire si je dis ça, on va d’autocensure, de culture partagée. Plus loin, c’est encore plus doux, la culture partagée. On a été formés tous dans les mêmes écoles et donc en fait on a les mêmes réflexes.
David Dufresne
Donc renforcer l’indépendance des médias, c’est bien évidemment vis à vis du politique, mais c’est aussi vis à vis de l'économie, donc c’est mettre à distance.Alors moi ce que j’aime bien chez La France Insoumise, c’est votre rapport aigre-doux et vous êtes capable de dire à des journalistes que vous allez vous faire foutre, mais ça veut dire ça. Par exemple, il y a eu un coup d'éclat, je crois que c'était hier de votre part, sur le plateau de BFM TV, avant hier soir, avant hier soir. Voilà. Mais vous avez des rapports qui sont aigre-doux, donc je trouve ça très bien, mais parfois assez désagréable quand même. Par exemple sur Mediapart, vous n’êtes pas sympathique, vous considérez qu’ils sont contre vous ?
Manuel Bompard
Non, ils font leur travail. Euh vous voulez dire qui peut être déplaisant, désagréable ? Parce que moi, humainement, je n’ai pas de rapport désagréable voulait dire qu’on est un peu durs avec eux sur les réseaux sociaux, c’est ça ? Oui, par exemple. En voilà donc bien un média indépendant de masse puisqu’il est aujourd’hui le troisième quotidien numérique domestique. Pas parce qu’il est indépendant et de masse qu’on n’a pas le droit de le critiquer. Bien sûr que non. Ce que je veux dire ? Il faut distinguer quand même. Je vois qu’il y a un peu derrière la question il y a quoi ? Il y a cette idée que finalement, parce qu’on critique, je ne vais pas faire de procès d’intention, vous me corrigerez si je dis une bêtise, d’accord ? Il y a cette idée que finalement, comme on est dans un rapport qui peut être parfois un rapport critique, voire conflictuel avec certains médias, si on arrivait au pouvoir, on pourrait menacer l’indépendance, passer de choses tout à fait différentes.Pardon, Ce n’est pas pareil d'être dans la bataille politique pour prendre le pouvoir et de considérer, et c’est peut être notre point de divergence, que les acteurs médiatiques jouent aussi un rôle dans cette bataille politique et que parfois, faire de la politique, c’est aussi les décrédibiliser, les délégitimer. Moi je suis dit franchement, ce n’est pas la même chose que de gouverner un pays dans lequel vous devez garantir aux médias d’avoir un certain nombre de règles d’indépendance. Moi j’assume de dire que dans le débat politique, les médias sont pour nous. Pas tous sans doute, ou pas de même nature. Tous sont parfois un adversaire qu’il faut affronter et confronter, bien sûr, mais je le fais toujours par les règles de la démocratie, par les règles. Je ne le fais jamais par la violence, je ne le fais jamais, mais je le fais. Oui, bien sûr. Donc quand Mediapart fait un bon papier, eh bien je le partage parce que je dis que c’est un très bon papier. Et quand Mediapart fait un papier qui critique vis à vis de nous et que je ne me retrouve pas dans la critique qui est faite par Mediapart, bah je le dis aussi, ça ne veut pas dire remettre en cause leur indépendance. Je ne considère pas que Mediapart doit faire que des bons papiers sur la France insoumise, mais néanmoins quand on me dit aparté un mauvais papier sur la France insoumise, j’ai le droit de le critiquer. Je prends quelques questions du type il est 19 h 56, avait encore 2h qu’on est là. Ça va très bien, ça va très bien. Super !
David Dufresne
Alors vous pouvez en prendre en direct.Alors je les prends, je les prends au débotté. Oh là purée, la question, je ne l’ai pas posée. Passion mangue Question pour Bompard Mélenchon il se présentera en 2027 ou Ruffin ?
Manuel Bompard
Alors là, c’est des réponses courtes. Moi j’ai trois réponses courtes. C’est trop tôt pour le décider. Garrido qui était là, disait que pour 2027, il faut préparer le terrain maintenant.
David Dufresne
Donc ce n’est pas trop tôt selon elle.
Manuel Bompard
Non mais ce n’est pas la même chose. Préparer le terrain et le décider. Il prépare le terrain. Mais attendez, attendez, attendez, attendez, attendez. En clair, sur ce sujet, il ne faut pas. Mélenchon, Il a dit quoi en 2022 ? Mélenchon ? Il a dit : Faites mieux. Il a dit aspirer à être remplacé. Qu’est ce qu’il a dit ? Il a dit "Construisez vous, faites vous aimez". Je l’ai vu dire ça une fois. Ok, faites vous aimer. On y travaille, on essaye de se faire aimer les uns les autres. Donc ça, c’est très bien, il n’y a pas de problème. Mais ce n’est pas maintenant qu’on va décider qui va être notre candidat à l'élection présidentielle de 2027. Ce serait absurde. Donc on y travaille. Plus il y a de gens et franchement, moi je trouve qu’on progresse plutôt bien. Depuis deux ans, il y a de plus en plus de gens de la densifier, il y a de plus en plus de figures féminines comme masculines commencent à être identifiés et je préfère qu’au moment où on doit décider de qui va être notre candidat à l'élection présidentielle, on ait un certain nombre de positions possibles, un certain nombre de possibilités sur la table, parce que ça sera une force et une richesse.
David Dufresne
Est ce que Mélenchon peut être candidat ?
Manuel Bompard
Bien évidemment qu’il peut être candidat. Il a été trois fois, il a fait 22 % la dernière fois. Faudrait être complètement fou pour dire que Mélenchon ne peut pas être candidat. Est ce que si moi je réponds franchement de mon avis à moi, est ce que si demain il y a une élection présidentielle, c’est Mélenchon le candidat Oui, je pense qu’aujourd’hui c’est le mieux placé. Je le pense. Est ce que c’est forcément lui en 2027 ? On verra, ça dépend. Mais lui même, Mélenchon, il essaie de faire en sorte qu’il y ait d’autres candidatures possibles pour une raison simple, c’est que ce n’est pas un irresponsable et qui sait très bien qu’on a construit tout ce qu’on a construit. On ne sait pas dans trois ans, dans quatre ans, dans cinq ans, si les circonstances sont réunies pour que lui même puisse être candidat et que si ne lui peut pas être candidat, il faut qu’il y en ait quelqu’un d’autre qui peut être candidat au carré, à quelqu’un qui dit il a perdu trois fois. Oui, c’est vrai, il a perdu trois fois, il fait mieux. Ah bah voilà, il a commencé ça, C’est marrant, il a fait 19, il a fait 22 et il est parti. On est parti, on était une petite poignée. Je ne dis pas que c’est parfait, je ne dis pas que c’est génial, je ne dis pas qu’on ne peut pas faire mieux. On peut faire mieux, mais considérer que le bilan est négatif, je ne suis pas d’accord. C’est marrant Manuel, parce que le mieux, comme vous l’avez dit, c’est comme je l’ai ressenti. On était en direct, c'était dans une petite je ne sais plus où c'était au Cirque d’Hiver. Ouais, il me semble ouais. Et j’avais trouvé la phrase à la fois désespérée et un peu donneuse de leçons. Vous me faites pas chier ! Hé ! Et par contre, les militants étaient très heureux d’entendre ça. Faites mieux, C'était porteur d’espoir. Moi j’avais trouvé que c'était assez désagréable pour ceux qui avaient qui avaient travaillé à la campagne du tout au monde, que chacun pouvait le percevoir comme il veut.Mais moi personnellement, qui ai beaucoup travaillé à la campagne puisque je n’en ai pas le directeur de campagne, je ne l’ai pas du tout perçu comme tel. J’ai trouvé que c'était un discours très émouvant pour être honnête, et qui, je trouve, visait plutôt à dire. Voilà, on a fait tout ça. La phrase d’avant, c’est de dire certains vont dire on n’y est pas encore arrivé. Je leur dis faites mieux, ça veut dire voilà, on a déjà, on est déjà arrivés jusqu'à ce niveau là et maintenant l'étape d’après, c’est d’y arriver et de gagner cette fois ci. En tout cas, moi je le voulais, je l’ai perçu comme ça. Alors c’est drôle parce que c’est la beauté de la vie. Le tchat se déchire sur ce que je viens de dire. Certains disent que non, au contraire, c'était très émouvant, d’autres que c'était un passage de relais, un passage de flambeau. Voilà, il y a des zones qui disent qu’il est un peu amoureux. Je pense que ça vous concerne non ? Amoureux, non, mais j’ai du respect, je le reconnais. Voilà. Franchement, j’admets l’idée.Peut être que certains vous trouvent ça pas bien, mais moi j’admets, je crois, la fidélité en politique. En fait, je crois à la loyauté, je crois au fait qu’il y a des moments faciles et puis des moments difficiles. Et je crois qu’on construit aussi un climat de confiance entre des gens quand on est capables d'être ensemble dans les moments faciles, mais aussi quand on est capable de s’appuyer, de se soutenir dans les moments difficiles. Et j’ai toujours trouvé ça particulièrement déplorable. Les gens qui, après avoir bien profité d’un collectif finalement, essayent au moindre moment plus difficile ou moins intéressant de finalement repartir tout seul dans leur coin. Voilà, ce n’est pas ma philosophie, j’ai pas envie de fonctionner comme ça. Bon, je ne veux pas qu’on tourne trop dans le puisqu’on a fait 2 h en évitant cet écueil de politique. Jean-Paul : Moi, je réponds aux questions incongrues. Oui, bien sûr.
David Dufresne
Alors lors de la dernière présidentielle, PS et PC vous en tailler des croupières, Vous n’avez pas moufté, c’est à votre honneur. Mais à un moment donné, est ce qu’il ne fallait pas, par exemple, préciser que Jadot avait un programme écolo qui se cachait derrière sans se rendre compte trop au Parlement de l’Union européenne ? N’aurait-il pas aidé à passer au second tour ? Voilà. En gros, est ce qu’il ne vaudrait mieux pas de temps en temps dire les choses, dire les termes. Mais moi, mon problème, ce n’est pas dire ou pas dire, c’est est ce que c’est efficace pour gagner ? Je veux dire moi, caution engagée dans la campagne présidentielle ?
Manuel Bompard
La question que je me pose est qu’est ce qui est le plus efficace ? Or, il me semble que dans une élection présidentielle, quand vous commencez, puisqu’on parle de ça, de l'élection présidentielle 2022, quand vous commencez à être la candidature dominante à gauche, comme ça a été le cas la dernière fois, et que Jadot il y a cinq ou 6 %, vous n’avez aucun intérêt à aller polémiquer avec lui puisque si vous polémiquer avec lui, vous lui donner de la force, vous le fait exister et donc je pense que ce n’est pas efficace d’ailleurs. D’ailleurs, on va raconter les coulisses, on a eu un petit message ensemble et je vous ai dit tiens, peut être que c’est vrai, quelqu’un des Verts m’a aidé. Aucun intérêt, je dis et puis bon bah on sera bien tous les deux. Ce n’est pas bête. Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne voudrais pas dire aucun intérêt, mais euh je ne vois pas trop l’intérêt public. Je ne vois pas trop l’intérêt de débaucher parce que je ne sais pas. Je crois quand même, même si j’ai des divergences avec certains d’entre eux. La vérité, c’est quand même que franchement, nos adversaires principaux dans cette campagne, ils ne sont pas là. Et donc cette idée qu’on va se tailler des croupières les uns les autres, c’est un peu comme quand France Télévisions nous propose de faire un débat, des listes de gauche, quoi. J’ai envie de dire ok, très bien, mais moi, mon sujet, ce n’est pas ça quand même, c’est d’aller m’affronter avec Bardella c’est d’aller m’affronter avec Macron et. C’est pour ça que j’ai réagi comme ça. Mais je n’ai pas peur du débat. Assez déçu nous dit dans le et dans le show, c’est assez drôle. C’est comme dans le rap, on ne répond pas au clash des plus petits. Ouais, enfin envie de vous demander. Y aura t il une primaire ? Ah et les filles, c’est quand même paradoxal que le parti soit si peu démocratique et c’est un vrai problème pour une partie de l'électorat. C’est vrai qu’on avait évoqué l’opacité démocratique interne. Certains disent qu’ils ne savent pas comment vous êtes nommés, comment vous avez fait la preuve, vous avez nommé d’abord la primaire et puis l’opacité. D’abord, ce n’est pas vraiment une question parce que dans la question, il y a déjà un point de vue qui est exprimé. Donc je réponds ce n’est pas parce qu’on ne fonctionne pas comme les partis politiques traditionnels qu’on n’est pas démocratique. Voilà. Euh, pardon, mais là on est par exemple en campagne européenne, la liste qui est présentée le 9 juin aux électrices et aux électeurs. Elle a été votée par l’ensemble des insoumis. D’ailleurs, elle a été approuvée à 93 %. Et la stratégie qu’on met en place dans cette élection européenne qu’on a appelée la stratégie de l’Union populaire, elle a été votée après notre assemblée représentative du mois de décembre et l’idée de proposer une liste commune de l’année aux élections européennes elle a été votée. Ça a été l'élection à l’assemblée représentative précédente, donc à la France insoumise. Il y a une manière de fonctionner qui est différente. Ça c’est vrai des partis politiques traditionnels, on ne veut pas de courants, ça c’est vrai. Pourquoi ? Parce que le mouvement s’est construit sur l’idée de courants trotskistes. Vous savez que si y a trop de courant, c’est le bordel. Ouais, mais c’est aussi un truc. Ce n’est pas que ça. C’est aussi parce que d’abord, je veux quand même partir d’un principe de base : on n’est pas obligé de rejoindre une organisation politique, mais si on a envie. Et quand on rejoint une organisation politique, c’est parce qu’on adhère à son programme, mais aussi qu’on adhère à son fonctionnement. Nous, on a jamais vendu, on n’a jamais menti sur la marchandise. La France insoumise, depuis le début, on a dit non n’est pas pour les courants. Pourquoi ? Parce qu’on a envie d'être un mouvement tourné vers l’action. Et dans ce mouvement tourné vers l’action, on a envie que l’essentiel de l'énergie qu’on passe à l’intérieur du mouvement, on la consacre à la transformation de la société et pas à se battre entre nous, à l’intérieur, sur les orientations des uns et des autres. On dit que ce n’est pas démocratique, mais ce n’est pas le sujet, que ce ne soit pas démocratique ou pas. Si quelqu’un n’est pas d’accord avec ses modalités de fonctionnement, il a tout à fait la possibilité de créer un autre parti qui fonctionne autrement. Mais par contre, nous, on a monté la France Insoumise, on l’a monté avec une certaine vision sur la manière avec laquelle elle devait s’organiser. Et je crois que les gens de la France Insoumise ne sont pas si malheureux que ça. C’est que ça fait sans doute. C’est sans doute le parti mouvement en l’occurrence contre l’organisation politique aujourd’hui de gauche dans lequel il y a le plus de membres. A des adhérents qui participent sur Action Populaire. Quand vous dites ça a été voté sur l’ensemble, si voté par les membres, oui. Aujourd’hui vous rejoignez la France Insoumise en allant sur la France insoumise fr, vous rejoignez en profite un peu de publicité même si ensuite vous n’avez pas de petits profits. Vous êtes signataires de La France Insoumise. Et quand il y a des consultations dans la France insoumise, vous êtes sollicité ou voté. On vous donne votre avis sur des textes d’orientation. Généralement, le processus est ce qu’on appelle une assemblée représentative. Dans cette assemblée représentative, il y a des personnes, une personne tirée au sort dans chaque département. Et avant ces personnes tirées au sort, elles se réunissent avec les représentants des groupes locaux et avant se sont réunies. C’est un long processus. Ces personnes tirées au sort, elles se réunissent avec les représentants des groupes locaux de leur département. Elles remontent un certain nombre de choses. On travaille dans ces assemblées représentatives. À l’issue de ces assemblées représentatives, on a une position qui a été déterminée, qui a évolué. Cette position est soumise au vote sur la plateforme de l’ensemble des signataires. Je ne dis pas que c’est idéal, je ne dis pas que c’est parfait, je dis pas que c’est génial, je vous dis même la vérité. La France insoumise a un côté pâte à modeler. On a toujours dit qu’on ne veut pas faire comme les autres, donc on va inventer quelque chose. Et quand on invente quelque chose. Parfois on tâtonne, parfois il y a des trucs qu’on essaye, c’est bien, parfois il y a des trucs. Essayer c’est moins bien. Mais il faut arrêter de se raconter des histoires. Il y a toujours une tension dans les formations politiques. Entre démocratie et efficacité, il y en a toujours une. La démocratie exacte, parfaite 100 %, ça n’existe pas dans les formations. Ce qui vous dit ça et vous raconte des histoires. Et moi j’assume de dire que le nom est attaché à une forme de fonctionnement collectif mais qu’on n’a pas envie de passer notre temps à nous embrouiller les uns avec les autres. Mais est ce que les courants ce n’est pas une façon de faire mieux ? Je ne crois pas non plus. Je crois que c’est une façon de faire pire que moi. Mais en tout cas, en l’occurrence, ce n’est pas une richesse intellectuelle, mais le fait de ne pas structurer des courants qui petit à petit, vous le savez comme moi, deviennent des écuries où finalement le sujet c’est plus le débat intellectuel. Conquête c’est on va préparer les prochaines élections municipales et si mon courant a fait plus de voix que le courant d'à côté, j’aurais plus de poste pour mes amis. Pour les listes sur les élections municipales. Franchement, si ça c’est faire mieux, non, je suis désolé, c’est pire. Refuser la constitution d'écuries sous forme de courants, ça ne veut pas dire refuser la confrontation des points de vue, ça ne veut pas dire refuser la prise en compte des points de vue. Ce que nous, on a essayé de faire à la France insoumise, c’est-à-dire. On va sortir de ce clivage majorité minorité. C’est à dire que sur n’importe quel sujet, vous vous posez la question de savoir si vous voulez être dans la majorité, dans la minorité, vous divisez votre organisation politique en particulier, on va essayer de construire des formes de prises de position par consensus imparfait. Ce n’est pas l’idéal. C’est à dire on essaye de tenir compte, on prend ce qui nous rassemble dans nos positions et ce qui nous rassemble. Pas pour l’instant, on le met de côté jusqu'à ce que ça nous rassemble. Parce que peut être que dans un mois, dans deux mois, dans trois mois, finalement, sur ce sujet, on se rendra compte qu’on est Et qu’est ce qui nous rassemble ? C’est l’action. Si je prends aujourd’hui le sujet à la France Insoumise de voir un exemple très concret de la condition animale. Il y a des gens qui votent dans la France insoumise qu’il faut sortir de l'élevage. Il y a des gens à la fois sommés de dire maintenant qu’il faut interdire l'élevage intensif. Si je commence à ouvrir la discussion pour savoir si dans le programme on va mettre telle ou telle position, on va se diviser. Par contre, si on commence par agir pour sortir de l'élevage intensif, tout le monde va s’y retrouver parce que celui qui va sortir de l'élevage, il va d’abord être d’accord pour la première étape en ligne, une image. Je ne dis pas que c’est génial mon exemple. On a toujours essayé de travailler comme ça. Est ce que c’est parfait ? Non. Est ce que c’est génial ? Non. Est ce qu’on peut faire mieux ? Sans doute. Mais est ce que faire mieux, c’est faire ce que font les autres partis politiques ? Je ne crois pas. Je suis convaincu que non et moi je n’ai pas envie de le faire en tout cas. Et je crois qu’il y a beaucoup d’insoumis qui n’ont pas envie de le faire non plus. J’ai promis à Teddy qui sur tweeter a juré qu’il ferait un don Au poste si je posais la question et à financer si je réponds bien à la pression. C’est quand même une catastrophe. Adaptateur parce que ça, c’est une question importante. Il y a des données qui disent que j’ai fait un don de 100 € à la France insoumise, ils en font quoi ? Et de donner Les comptes de la France insoumise sont publiés chaque année et sur le site de la France Insoumise, il y a une page de transparence financière dans laquelle il y a la manière, nos recettes, nos dépenses, la manière avec laquelle on les utilise. Voilà, je veux juste dire ça. Sauf si vous donnez. Dans le cadre de la campagne électorale pour les élections européennes, j’en profite. On a fait campagne d’emprunt populaire et dans ce cas là, ces budgets sont utilisés pour le financement de la campagne. Oui, j’ai vu sur le site qu’il y a deux possibilités de vous soutenir. Oui il y a faire un don ou faire un prêt un don il y a des gens que ça arrange, comme Au poste exactement, de faire des dons Au poste et bien aussi pour elle. Et vous pouvez faire un prêt. Je cite J’encourage Faites un don à Au Poste.Alors c’est là la caméra et après vous pouvez, vous pouvez faire un prêt effectivement. Et la vente, c’est un prêt sans intérêt. Que les choses soient claires, on ne fait pas de l’argent sur votre dos, mais ça nous permet de limiter le recours à l’emprunt bancaire pour les élections. Or, l’emprunt bancaire, lui, a des intérêts à plein d’avantages. On ne finance pas les banques, Pas mal, non ? Ça nous paye moins cher, ça nous coûte moins cher. Après, y a pas de taux d’intérêts. Troisièmement, vous êtes remboursés. Après, c’est une manière de nous aider. On en a déjà plus. Peut-on donner monétaire 700 000 aux 800 000 ? Ça marche bien le curseur. Et il se trouve que, en fait, on n’a pas le droit de le faire malheureusement parce qu’on a voulu le faire pour les élections présidentielles. Mais la loi aujourd’hui nous l’interdit, l’autorise pour les élections européennes, mais pas pour les élections présidentielles. On va essayer de faire changer ça parce que je pense que c’est une bonne manière de résoudre le problème.
David Dufresne
On parlait tout à l’heure des puissances du poids des puissances de l’argent sur les médias et un autre problème, c’est le poids des puissances de l’argent sur la politique. C’est à dire qu’aujourd’hui, si vous disposez, pas d’un prêt ne pourrait pas faire une campagne présidentielle. Or, si vous n'êtes pas sûr de faire 5 %, généralement c’est ce que Le Pen fille dit. C’est un peu la vérité sur le fait qu’ils ont été obligés d'être allés, d’aller faire des prêts ailleurs. Aujourd’hui, je crois que les puissances financières ont choisi leur camp et malheureusement ils risquent de ne pas avoir de difficultés à avoir accès à un prêt.Donc Teddy, sur Twitter, est ce que les élus et les FI pourraient relire ou se faire expliquer la stratégie de conflit actualisation afin de contredire ceux qui les attaquent sur une prétendue modélisation et surtout pour que ces élus appliquent correctement cette stratégie ?
Manuel Bompard
Je ne sais pas par quel exemple. Je ne sais pas non plus. Je ne sais pas c’est quoi la stratégie de conflictualité. Mais il a raison sur le fait qu’on va dire que notre stratégie de communication. Est une stratégie qui s’appuie sur la volonté de provoquer du débat. Ah c’est vrai. Peut Conflictualité de dos d’un certain point de vue. La dire que En gros, quand tu veux donner l’exemple tout à l’heure de l’inscription sur les listes électorales, si tu vas sur les places de télévision et que tu dis c’est très important de s’inscrire sur les listes électorales, on va sans doute te laisser parler. On se moque de moi. La Bompard soutien Au poste, mais devant la mauvaise caméra, celle-là est- elle bonne ou pas ? Faites un don à Au poste. Je veux pas que ça reste. Donc je disais pardon et je disais il faut bien que vous provoquez du débat, faut provoquer du sujet pour provoquer du sujet, faut créer de la comment je vais rester indépendant si mon parti demande aux gens de faire un don ? Ouais ça ne va pas. Non mais j’ai le droit quand même. Ce n’est pas parce que je suis un député que je n’ai pas le droit d’appuyer ou de soutenir le FN. Il faut que ces médias là existent. Ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout ce qu’ils disent, mais je pense que c’est utile que ces médias là existent. Ça va, je m’en suis bien sorti sans ça. Donc je disais juste la stratégie de la conflictualité, je pense, c’est l’idée de dire il faut provoquer du débat et ce qui provoque du débat, c’est la conflictualité sur un sujet. Si vous parlez que du sujet sur lequel tout le monde est d’accord, on ne va jamais parler du sujet dont vous avez envie de parler. Par contre, si vous mettez un sujet qui va provoquer de la réaction, un échange, etc. Donc le drapeau palestinien, c’est une forme de stratégie de la conflictualité. Moi j’appelle ça la stratégie du coup de pied dans la porte, c’est à dire que vous tapez un bon coup de pied dans la porte et puis après vous pouvez rentrer et là, cette fois, vous pouvez développer vos arguments de manière tranquille. Donc après, comme toute stratégie de communication médiatique, ben il peut y avoir des coups réussis et puis avoir des coups moins réussis. Mais ça j’ai envie de dire à la personne qui nous pose la question si vous vous êtes parfait, envoie vous, mais personne ne l’est donc. Enfin je veux dire la communication médiatique, c’est une bataille dans une bataille. Vous avez des adversaires dans Bataille où vous marquez des points. Parfois c’est votre camp. Marc Et il suffit. Il n’y a pas de petite recette parfaite qu’il faut appliquer exactement. Donc il y a des coups qu’on réussit bien et il y a des coups qu’on réussit moins bien. Je le reconnais, je l’assume. Et puis quand on le reconnaît moins bien, on essaie de réagir pour cette fois. Et je ne sais pas si c’est clair ma réponse, mais honnêtement, la question n'était pas forcément très méchante. Et c’est ce que. Est ce que vous vous attendiez à ce que le RN fasse l’absolu contrepied de vous, c’est à dire arrive en costard cravate, s’inscrit dans une stratégie qui elle est plutôt gagnante et donc de ce pas, elle n’est pas et elle est plutôt gagnante. Oui mais en fait. Et donc comment on reste soi même par rapport à ça ? Si on se dit merde en face, ça marche mieux ? Alors que bien sûr c’est mais c’est sûr. Mais non mais c’est sujet ! Bien sûr, c’est de la tromperie, bien sûr, mais le sujet c’est quand on n’a pas la même position. Je ne parle pas politique, ça c’est évident pour tout le monde. Mais on est des adversaires du système politique. Le Rassemblement national en est la béquille. Donc nos stratégies ne peuvent par définition pas être les seules. Car notre objectif, ce n’est pas de rassurer le système pour qu’il nous confie le pouvoir. Pardon, ça va vous choquer. Notre stratégie, c’est de renverser le système. Le Rassemblement national. Sa stratégie, c’est. De moins faire peur au système pour que petit à petit, les grandes puissances économiques de ce pays se disent de toute façon, les macronistes sont incapables de garantir la sauvegarde de nos intérêts. Donc on a le Rassemblement national qui est là avec l’histoire du fascisme. Pardon, Enfin nous ce n’est pas ça. Enfin je veux dire, notre objectif ce n’est pas celui là. Donc par définition, puisqu’on n’a pas le même rôle dans l’histoire, on n’a pas la même stratégie pour correspondre et certainement pas l’intention, mais parce qu’il faut comprendre. Je ne sais pas si on arrive à notre projet qui est de prendre le pouvoir, on va être, on va se heurter à une hostilité médiatique, économique telle que si vous n’avez six pour prendre le pouvoir, vous avez été obligé de faire ci vous, pour prendre le pouvoir. Vous n’avez pas durci votre base le lendemain de votre arrivée au pouvoir. Pour moi, j’entends parfois, et c’est un point de désaccord parfois avec certains camarades qui disent en gros qu’il faut au fond être plus acceptable par tout le monde pour pouvoir gagner. D’abord, quand vous commencez à dire que pendant la campagne, il faut plus que d'être acceptable pour pouvoir gagner, ça veut dire déjà qu’après l'élection, vous allez être encore plus acceptable pour pouvoir gouverner. Moi et j’ai pas envie de prendre le pouvoir pour pas faire ce que j’ai dit. Ce qu’on a dit dans notre programme. Donc moi je crois qu’il ne faut pas faire ça. Je crois que si vous voulez vous préparer, le choc va être votre arrivée au pouvoir. Vous devez gagner sur une orientation qui une orientation qui correspond à ce que vous avez l’intention de mettre en place. Après, et c’est une orientation qui vous permet de construire un peuple révolutionnaire. Vous ne construisez pas un peuple révolutionnaire en faisant un compromis avec le système médiatique. Et même si dans un premier temps vous allez être dans l’affrontement, vous allez vous faire caricaturer. Il y a des gens qui vont croire dans un premier temps ce qu’il va y avoir dans les médias qui vont dire que vous êtes trop des sauvages, que le bordel etc. Et puis au bout d’un moment, la polarisation de la société fait qu’il y a des gens qui vont se dire Ah ! Finalement, c’est peut être moi qui avais raison depuis le début. Pas moi. Je crois ça. Après, obligé d'être d’accord avec moi. Ça. Et je crois qu’on croit aussi en ce grand nombre de mes collègues partenaires députés de la France insoumise et militantes et militants de la France.
David Dufresne
J’ai l’impression qu’il faut qu’on finisse là dessus. Après, c’est une bonne idée dans tout j’ai l’impression. Parce que voilà, j’ai l’impression,elle débarque, elle le partage cette stratégie elle n’arrivera jamais à 50 % des voix.
Manuel Bompard
Ah d’accord, Ok. Donc cette stratégie n’arrivera jamais à 50 % des voix.
David Dufresne
Ah bon ?
Manuel Bompard
Ça, c’est la question de comment on arrive à 50 % des voix. Et donc c’est la question de savoir pourquoi on n’est pas arrivé à 50 % des voix la dernière fois. Donc en gros, où se situent nos marges de progression ?Parce que vous croyez que nos marges de progression ? De ce que j’entends de la question qui est posée, elle se situe au centre, c’est ça ? Est ce que c’est ça l’idée qu’il y a derrière ? En gros, faut faire moins peur, donc il faut faire moins peur. Faut aller chercher de l'électorat du bloc central qui va décrocher, du bloc macronisme qui va venir sur nous. Je crois que vous mettez le doigt dans l'œil jusqu’au bout. Ça peut arriver d’en voir quelques-uns, mais au cœur de ce qu’on doit mettre en mouvement pour essayer de gagner, il est dans l’abstention, le cœur de ce qu’on doit gagner. D’un certain point de vue, je ne suis pas d’accord avec tout, mais ce qu’il y a dans le bouquin Piketty que j’ai eu. Quel est l'élément qui est pour moi, même si ce n’est pas forcément eux ce qu’ils disent de leur lit, mais qui pour moi est déterminant, c’est celui qui consiste à dire le différentiel de taux de participation entre les pauvres et les riches qu’on connaît aujourd’hui dans notre pays, c’est à dire aujourd’hui où vous avez à peu près les catégories les plus pauvres, vote 20 % en moyenne moins que les riches n’est pas une constante de l’histoire. Les périodes, notamment les années 60, les années 70, les pauvres votent 20 % de plus, les riches. Donc si vous avez une marge de progression pour gagner, cette marge de progression la situe dans les niveaux immensément importants de gens qui pourraient aller voter mais qui ne sont pas allés voter à l'élection. Et pourquoi ? Dans les années 60 et 70, les pauvres votent plus que les riches ? Parce que dans les années 60, quel que soit ce qu’on en pense, il y avait une véritable alternative identifiée. En gros, il y avait le communisme. Il y avait un contre modèle au niveau mondial et au niveau national. Et donc les gens se disaient on peut faire différemment. Personnellement, j’ai un désaccord radical avec ceux qui pensent que vous allez gagner en estompant. Je pense qu’au contraire, vous allez gagner en rendant visible votre différence. Est ce que ça prend plus de temps ? Peut être que c’est moins évident, peut être que c’est moins intuitif a priori. En tout cas, c’est toujours la stratégie qu’on a mis en place avec Jean-Luc Mélenchon. Certes, elle ne nous a pas permis de gagner. C’est possible pour l’instant, mais on est parti de quelques uns et on a fait 22 % trois. Faut faire plus. Après, quand vous êtes au deuxième tour, il y a une campagne de deuxième tour des gens qui me disent oui, mais quand vous allez faire 22, comment allez-vous faire pour gagner après ? Laissez-nous faire la campagne de deuxième tour au moment où il y a le deuxième tour. Parce que, par définition, si vous faites votre campagne de deuxième tour avant le premier tour, vous vous trompez. Donc, il y a ce qu’on fait loin de l'élection, selon l'élection, ce qu’on est en train de faire en car. Vous allez essayer d’aller travailler les gens qui sont les plus éloignés de la politique et vous arrivez dans la dernière ligne droite. Ah ! Vous faites un peu attention à ouvrir un peu plus les bras et tous ceux qui vous disent un an avant Mélenchon, j’ai voté deux ou trois fois pour lui, mais je ne voterai plus jamais pour lui. Et après ils se mettent tous à revoter pour lui parce que c’est ce qui s’est passé en 2022.C’est vrai. Franchement, combien de gens disaient dans plus jamais il y a eu des perquisitions avant. On n’est pas des "on était assez intelligents". D’abord, on va chercher à élargir le socle de ce qu’on peut avoir et puis après on tend les bras comme on l’a toujours fait. Après, au deuxième tour, vous avez une stratégie de deuxième tour. Un deuxième tour, on ne va pas la dire banal, ça dépend de qui vous avez en face de vous. Ce n’est pas la même chose. Si vous avez macro, si vous avez Le Pen, ça pourrait être une longue discussion, mais il faudra revenir mais après avec plaisir. Mais c’est juste que je trouve que souvent ce débat est l’esprit de manière simpliste. En gros, le monde politique est comme ça gauche droite, il y aurait des électorats qui sont stables et puis vous allez chercher à faire l’enclos qui vous permet d’avoir une majorité.Mais ce n’est pas ça une campagne électorale, une campagne électorale. Vous devez faire bouger des lignes, vous devez produire des dynamiques. Et non, c’est facile quand vous vous avez au milieu dirigé. J’ai dirigé les deux dernières campagnes, les deux dernières à la présidentielle. Vous, vous avez lu des milliers de bouquins, vous avez regardé des films sur les campagnes du passé. Comment s’improvise le directeur de campagne ? Si c’est un truc de dingue, c’est à faire. J’ai beaucoup lu des bouquins. Oui. Eh bien j’essaye de lire des bouquins, mais pas spécialement des bouquins sur les hautes campagnes. Mais par contre on n’a pas des recettes de cuisine par contre, ça n’existe pas. Mais par contre on a beaucoup ou non et on ne prétend pas du tout être les plus intelligents du monde. Donc on a on a toujours essayé d’aller aussi puiser de l’inspiration Nabucco observé à chaque fois qu’il y a une raison. On a des gens qui sont allés au Mexique dans la campagne présidentielle de Hanouna, des gens qui sont allés aux Etats-Unis dans la campagne de Sanders. On a des gens qui sont allés en Espagne dans les campagnes de Podemos et on fait pareil avec les autres. On essaye de pardonner et ça, c’est la première chose. Et puis surtout, je pense qu’on n’a jamais considéré ça. C’est une différence avec d’autres formations politiques en fait, la communication déconnectée de la théorie, c’est à dire que notre stratégie de communication, elle est toujours à l’appui d’une stratégie politique, alors que des fois je trouve qu’il y a une forme de communication dans le monde politique où c’est comme des gens qui vendent des produits. Bon voilà. Et puis après, on a toujours essayé d’innover dans nos campagnes. Une campagne, c’est une campagne, quelle qu’elle soit. La campagne européenne, c’est pareil. Une gestion du temps. Un rythme. Ah, et c’est une musique avec une harmonie. C’est à dire que plus vous allez vous rapprocher de l'élection, plus il faut que vous arriviez à rythmer votre campagne. Je dis souvent au début de votre campagne que vous avez des séquences qui durent plusieurs mois et puis après vont durer un mois et puis après vont durer une semaine. Et puis dans la dernière semaine, ça va durer une journée et la dernière journée ça va durer 1h et vont se contracter. Donc qu’est ce qu'être plus excitant qu’une campagne ? Ce qui est le plus excitant, c’est quand vous sentez que ce que vous avez pensé comme étant une idée devient une réalité avec des gens. C’est-à -dire que la première campagne de 2012, moi je n'étais pas directeur de campagne, mais je donnais déjà un coup de main. On pense à la marche pour la sixième République à la Bastille. Au début, on se dit mais c’est une folie, On n’a jamais fait un meeting de plus de 1000 personnes. C’est notre première campagne présidentielle. L’arrivée le jour même viennent de milliers de personnes. Et là, vous dites Ah non, moi, moi, ça me met la chair de poule et les salles pleines, l’enthousiasme, les gens qui se mettent en mouvement sur une idée matérielle, je trouve que c’est une notion, une idée théorique qui devient une réalité. Je trouve ça extraordinaire. Et sur les européennes, vous avez réussi quoi pour l’instant de cet ordre là ? Je pense qu’en fait les européennes sont. Il ne faut pas les faire comme la présidentielle. Par définition, ce n’est pas la même élection. Et l’Europe, c’est une élection. Car mon avis a deux caractéristiques. Premièrement, c’est une élection qui se fait, qui se joue sur le différentiel de mobilisation entre les électorats. Rare que votre sujet, c’est moins d’aller convaincre des gens. Ils n’ont pas voté Mélenchon à la présidentielle pour venir voter pour madame Aubry. La question, c’est de convaincre un maximum de gens pour voter Mélenchon à la présidentielle et là de venir voter. Ils viennent voter pour Aubry.
David Dufresne
Donc votre sujet dans l'élection européenne, c’est la présidentielle. C’est moins compliqué. Bien sûr qu’il y a une lutte contre l’abstention, mais c’est quand même l'élection reine de la cinquième République. Tout le monde sait que c’est là que se joue la question du pouvoir européen. Le problème, c’est que déjà, il faut convaincre les gens que ça sert à quelque chose d’aller voter.
Manuel Bompard
Donc il faut trouver des idées et si on Mobilise des vaines mobilisations, des sujets, des crises qui cristallisent, où les gens se disent sur ce sujet ça vaut le coup d’aller voter. Moi je crois que sur la question par exemple International paix Gaza Palestine. Ouais, je trouve. Je suis convaincu que grâce à notre campagne, il y a des gens qui ne seraient pas allés voter à l’européenne et qui vont venir voter dans cette campagne. Ça, déjà, c’est un succès parce que c'était notre volonté. Mais il n’y a pas que ceux ci ont la mobilisation. À nous d’essayer d’en produire d’autres. Ça, ça dépend aussi de l’actualité, ça dépend de la société. Moi, je suis content de ça. Après, le résultat, on verra si on a raison ou pas. Mais pour l’instant, je suis content. Je suis content des performances médiatiques de Manon que je trouve performante.
David Dufresne
L’arme ultime, ultime question rituelle fait pour l’instant Au poste. Vous deviez venir 1 h et demie. Vous êtes restés 2 h et demie.Question rituelle : qu’est ce qu’on a fait pendant 2h et demie ici ?
Manuel Bompard
On a discuté de politique. On a fait de la stratégie, on a partagé aussi et on a essayé de se comprendre. On a aussi assumé quand on n’était pas d’accord.

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