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Manuel Bompard : « Macron doit comprendre qu’il a perdu les élections »

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour les amis ! Bonjour les Aupostiens les Aupostiennes mon invité qui est en face de moi se fout de moi. Il me dit : "Je ne sais même pas de quoi tu veux parler. " Monsieur Bompard, c’est une façon de décontenancer l’intervieweur, c’est ça ? Juste avant l’entrée dans l’arène
Manuel Bompard
C’est pour dire à tous les gens qui nous écoutent qu’on n’a rien préparé et que donc cet échange va être un échange plein de sincérité, de franchise comme la dernière fois
David Dufresne
C'était super, c'était super ! Alors comment Robin tu changes tout ce que tu veux. Normalement le titre c'était Crise politique. Comment le NFP prépare la riposte ? Et le sous titre ? Manuel Bompard, coordinateur et défis.
Manuel Bompard
C’est ça les thèmes.
David Dufresne
Alors bien sûr, les thèmes. Alors effectivement, la dernière émission a cartonné, elle a fait jaser, et notamment la dernière partie qui était la partie sur la stratégie. Alors nous avons décidé que nous avions une bonne heure, c’est à dire qu’ici c’est 2 h 01 bonne heure, c’est 2 h et il y a le tchat. Tu te souviens maintenant ? Tu as repéré les caméras cette fois-ci, ou pas ?
Manuel Bompard
Après y a le tchat ici. Voilà, il y en a une derrière moi,.
David Dufresne
Regardez, voilà tout l'été, tout l'été, Manuel Bompard était au four et au moulin en conclave en juillet, à l’Élysée, en août à BFM avant hier soir où ça n’a pas été marrant. Enfin si, ça a été marrant pour le spectateur. On en reparlera peut-être tout à l’heure. Et ce soir au poste en direct, à l’heure avec le tchat justement de la communauté au poste de coordinateur des défis, Manuel Bompard, bien connu de nos services puisque c’est la deuxième audition, vient nous dire comment le nouveau Front populaire entend organiser la riposte à Macron. Emmanuel. Motion de censure, de destitution, marche pour le respect de la démocratie. Journée nationale pour la démocratie. Mobilisation face aux coups de force de Macron. Alors ça, c’est le dernier titre. Ce sera samedi, on y sera au poste qui sera. On va prendre le temps pour parler du fond. Comme toujours. C’est la rentrée. On donne tout et on vous rappelle. Pour que l’info libre tienne, il faut la.
Manuel Bompard
Partager, l'écouter, la respecter et plein de trucs. Faut donner au poste, il faut l’aider à la financer et faut contribuer.
David Dufresne
Merci 1000 fois aux donateurs et aux donatrices. Bon. Comment ça va ?
Manuel Bompard
Ça va très bien, ça va très bien, comme tout le monde dans le pays, c’est à dire pas très bien personnellement, mais avec colère, je pense. Une colère froide un peu partout en France, là, avec le sentiment qu’il y a eu des élections législatives. On s’est vus avant.
David Dufresne
On s’est vu le 30 mai.
Manuel Bompard
Et j’en profite pour te remercier de ton invitation. Deuxième invitation et comme beaucoup, il y a eu quand même une mobilisation assez extraordinaire dans ces élections et une participation importante. Il y a eu des résultats de ces élections et les résultats de ces élections, c’est que le nouveau Front populaire a fini en tête au sein du plus grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale. On n’est pas sur BFM TV, mais je sais qu’on me dirait immédiatement Oui, mais vous avez une majorité relative. Oui, c’est vrai, on a une majorité relative, mais pour autant, à leur tête.
David Dufresne
On va parler de BFM TV
Manuel Bompard
On en parlera, Mais tout ça. Pour dire, c’est une majorité relative. Oui, mais c’est bien le nouveau Front populaire qui dispose du plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale. Et donc je suis comme tout le monde, c’est à dire je suis choqué et en colère face au déni de démocratie du président de la République qui en fait tout pour faire comme si les élections n’avaient pas existé. Ça fait depuis maintenant quasiment deux mois que ça dure. Demain, on aura 50 jours sans gouvernement. Et ce n’est pas une question politicienne, c’est que si les Françaises et les Français vont voter au moment des élections législatives, c’est qu’ils attendent un changement de politique et que le président de la République nous empêche de mettre en œuvre ce changement de politique. Donc, je suis déterminé à essayer de lutter contre ce déni de démocratie.
David Dufresne
Tel est dans l’intérêt général, nous dit Mon père a voté pour Manu. Jusqu’ici, on tutoie, on est des gens de gauche alors que c’est un anar. C’est dire si l’heure est grave ça, 9h Qui s’occupe de la technique ? Si lui même en Belgique puisqu’il est belge, on est en colère vu ce qu’il passe, ce qu’il se passe chez vous. Donc là, il y a Xavier Bertrand qui est en une de mon fils, Google Actu. Mais il se trouve que tu es venu avec quelqu’un qu’on a un peu la tête à la silhouette qui à tout moment peut, comme sur BFM, réagir, faire Breaking news. Le Premier ministre Jean-Luc Mélenchon. Ça peut arriver à tout moment. Il y a quelqu’un ?
Manuel Bompard
Je ne suis pas sûr que ça arrive presque de ce que j’ai entendu. Les intentions de Macron. En vérité, tout le monde a compris Macron et cherche tous les prétextes du monde pour conserver le pouvoir. Je ne sais pas si vous avez vu hier c'était extraordinaire. On apprend qu’il avait déjà identifié qui serait le prochain directeur de cabinet du Premier ministre. Alors pour les gens qui ne savent pas, le directeur de cabinet du Premier ministre, c’est une position essentielle, centrale, c’est-à -dire les réunions au plus haut niveau de l'État. C’est le président de la République, son directeur de cabinet, le Premier ministre, son directeur de cabinet. Donc Macron, il a déjà choisi, il n’a pas choisi le Premier ministre, mais il a déjà choisi le directeur de cabinet du Premier ministre. Et on apprend aussi qu’il veut choisir.
David Dufresne
Je veux dire qu’il imposerait.
Manuel Bompard
Quelles que soient les informations qu’on a eues hier dans la presse qui avait identifié un homme.
David Dufresne
Oui, mais ça, c'était ?
Manuel Bompard
Thierry Baudet, c’est ça..
David Dufresne
Je pensais que c'était le même mais en tout cas, il a déjà identifié.
Manuel Bompard
. Normalement, c’est quand même le premier ministre qui choisit son directeur de cabinet. Et puis ensuite, il veut choisir qui va être le prochain ministre des Affaires étrangères, qui est le prochain ministre de la Défense, qui est le prochain ministre de l’Intérieur et qui est le prochain ministre du Budget ? Parce que Macron, il n’a pas encore compris, il a perdu les élections. Il faut qu’il lâche le pouvoir en fait. Et voilà. Donc c’est pour ça que je plaisante sur ce que tu dis, parce qu’on voit bien que ce n’est pas une question de casting ou de personne en fait. Son problème c’est que la politique du pays ne change pas. Il refuse l’idée que par exemple, et c’est ce que nous avions proposé, nous avions initié un gouvernement avec Lucy Castets comme première ministre. Une des premières mesures, ça sera l’abrogation de la réforme des retraites. Il dit qu' il n’est pas question que vous construisez des choses que soi-disant j’ai construites.
David Dufresne
Alors, je pense que tous ceux qui nous regardent, qui discutent dans le chat sont un peu au courant du feuilleton. Chacun a remonté le truc, on est un peu, on est un peu au courant. Alors quand tu étais venu le 30 mai, on avait parlé de ce qu’on fait ici du fond, là. Malheureusement, on va être obligés de parler un peu de la forme, parce que le fond, il est, il est sous-jacent. C’est-à -dire qu’il y a un gouvernement démissionnaire qui continue sa politique. On apprend qu’il y a plus de pognon pour ceux qui arrivent après, tout est déjà décidé donc malheureusement on va être. Je sais que toi tu aimes parler de stratégie.
Manuel Bompard
J’aime bien parler du fond aussi, mais parler des deux
David Dufresne
Alors il y a une question à l’instant du tchat, Le nom m'échappe. Pourquoi vous avez refusé ? Tout aurait refusé d’aller chez à l'Élysée pour une consultation express ?.
Manuel Bompard
Ah ! D’abord, il y a un et il y a une petite heure, on reçoit un coup de téléphone pour que tout le monde comprenne. On reçoit un coup de téléphone. Oui, bonjour. C’est le bureau du président de la République. Est ce qu’avec le panneau vous êtes disponible dans quinze minutes pour venir nous parler avec le président de la République ? Pardon, mais euh les présidents de groupe parlementaire, je suis coordinateur d’un mouvement. On n’est pas à la disposition du président de la République dans quinze minutes. La première chose, mais ce n’est pas la plus importante.
David Dufresne
C'était le fait que j’avais rendez vous au palais.
Manuel Bompard
Pas. Par exemple, vous avez non seulement ce rendez vous là, mais surtout le nouveau Front populaire, les quatre composantes du Front populaire. On avait publié il y a dix jours maintenant un communiqué de presse dans lequel on disait qu’on ne va pas nous participer à ce cirque des consultations permanentes qui ne servent à rien. Donc on est allés voir le président de la République une fois, on y allait tous ensemble, on y allait en présence de Lucie Castets, la candidate que nous avons désignée pour être Premier ministre. On a dit au président de la République : Nous avons gagné les élections, nous sommes arrivés en tête. Vous devez nommer Lucie Castets. On a répondu à ses questions. Et une fois que ça s’est terminé, on a dit Maintenant, notre proposition, elle est claire on ne va pas participer à des combines et des manigances de couloir, donc on reviendra pas voir le président de la République à nouveau, hormis si c’est pour discuter des modalités de la cohabitation entre un président de la République, Emmanuel Macron, et une première ministre Lucie Castets. Donc moi, quand je dis quelque chose, quand j'écris quelque chose il y a dix jours, je ne change pas d’avis au bout de dix jours. Donc au bout de dix jours, quand le président de la République essaye d’abord de fracturer de nouveau le Front populaire parce qu’il appelle les uns et les autres différemment en leur proposant à chacun des moments d'échange différents alors qu’on avait convenu depuis le début, on y allait ensemble.
David Dufresne
Et les autres, ils sont là en ce moment ou pas ?
Manuel Bompard
Je crois savoir que certains, malheureusement, y sont allés. Ce que je regrette. Je. Je n’ose pas croire. On va dire qu’il y aille pour défendre autre chose que l’hypothèse sur laquelle nous avons, les uns et les autres, pris une position commune. J’ai respecté la position commune qui avait été celle du nouveau Front populaire dans un communiqué du nouveau Front populaire il y a dix jours. Donc à partir de ce moment-là, je ne vois pas de raison. Si vous voulez discuter avec Macron d’autre chose que de la nomination de Lucie Castets, puisque vous savez bien ce que va faire Macron, on va dire oui, mais alors peut être que ça peut être quelqu’un d’autre et puis quelqu’un d’autre. Peut-être qu’il fera un petit signe sur les retraites et puis ça va être quoi le petit signe sur les retraites ? Ah non, pas l'âge de la retraite, parce que ça a 64 ans, c’est indispensable, on peut ne pas faire autrement. Mais peut être qu’on pourrait discuter des carrières longues et je ne sais pas quoi.
David Dufresne
Sur la base du résultat des élections. Ce n’est pas écrit dans la Constitution, bien sûr, c’est vrai, c’est là la zone grise.
Manuel Bompard
En fait, dans la Constitution, il est aussi dit que la souveraineté du peuple s’exprime à travers les élections et par ses représentants. Et bien sûr, on peut toujours trouver des arguties qui permettent de dire la Constitution, on peut l’appliquer autrement. Mais c’est intéressant sur ce débat là, de prendre un petit peu de hauteur et de lire la presse internationale. Personne ne comprend ce qui se passe, c’est-à -dire les gens et disent qu’il y a eu une surprise au moment des élections législatives et c’est le nouveau Front populaire qui a gagné. Alors tout le monde pensait que c’est l’extrême droite qui allait prendre le pouvoir en France. Ça faisait peur à plein de gens en Europe. Et le nouveau Front populaire qui a gagné les élections, les gens se disent mais pourquoi ce n’est pas le nouveau Front populaire qui gouverne ? Donc bien sûr qu’après un nouveau Front populaire, s’il gouverne, il est dans une situation de majorité relative. Donc après, il y a un débat au Parlement, ça veut dire que forcément faut arriver à convaincre. Il y a des amendements qui peuvent être bien sûr qu’après il faut tenir compte de cette situation spécifique. Et le respect des élections. Il est simple, il y a une formation politique qui est arrivée en tête, c’est elle qui doit être appelée à gouverner. Après, on me dit vous pouvez être censuré, peut être censuré, mais ce n’est pas le président de la République qui doit décider a priori à la place des 577 députés, lequel gouvernement serait censuré, De quel gouvernement ne serait pas censuré ? Gouvernement Il doit être nommé, il doit commencer à mettre en place sa politique. Et si après il y a une majorité de députés qui veulent le censurer, ils le censurent. Et à ce moment-là, le président de la République peut dire : "Moi, la première formation politique, je lui ai laissé sa chance, elle a été censurée. Je vais demander à la deuxième ou à la troisième d’essayer de constituer un gouvernement. Mais là, il y a une inversion de la logique institutionnelle qui vise à masquer en fait la volonté pour Macron de conserver le pouvoir, de continuer à tirer les ficelles, de choisir lui même qui est le Premier ministre avec lequel il peut se dire Je vais m’arranger ça, ça ne peut pas être acceptable en démocratie.
David Dufresne
Comment tu Comment tu fais ? On se tutoie, mais c’est la deuxième fois qu’on se voit. Mais comment fais -tu pour tenir cet entretien ? Alors que tu sais qu’à l’Élysée, il y a des décisions qui sont en train d'être prises. Je veux dire, là c’est vraiment un pour moi un mystère. Et dans le personnel politique, c’est comment vous faites physiquement. Comment faites-vous faites mentalement ? Mentalement, je resterai à ta place. Je n’ai rien à foutre des questions, des oppositions et tout ça.
Manuel Bompard
D’abord, je pense qu’il faut garder son sang froid. Euh. En fait, je pense qu’on tient d’autant plus facilement qu’on est sur une ligne claire, précise. On a dit les choses, nous on ne fait pas les discussions de manière opaque, on ne va pas faire des rencontres de couloirs pour ça. Vous me posez la question parce que j’ai fait un tweet. Pourquoi j’ai fait un tweet ? Parce que Macron nous appelle, etc. Je ne veux pas juste lui dire non mais je veux.
David Dufresne
Tu veux tout savoir,
Manuel Bompard
mais, j’explique aux gens quelle est notre position. Et à partir du moment où il y a une position claire, dites clairement. Je pense qu’après on peut être serein sur la position qui est la sienne. Après je ne vais pas le cacher, si là dans cinq minutes on reçoit un coup de téléphone d’Emmanuel Macron qui dit bon, j’ai changé d’avis, c’est Lucie Castets que je vais nommer à Matignon. Sans doute que je vais interrompre l’entretien entre nous. Vous ne m’en voudrez pas trop.
David Dufresne
Non, mais on fera la BFM, on prendra une moto, on suivra.
Manuel Bompard
Vu ce qu’il a dit ces derniers jours, j’ai l’impression que ce n’est pas le scénario le plus probable.
David Dufresne
Alors on va évidemment, on va évidemment rentrer dans les détails de tout ce que tu viens de dire ici. J’ai vu passer une question que je voulais te poser, parler de prendre de la hauteur ? Comment ça se passe exactement ? C'était au mois de juillet je crois. Le rendez-vous avec Macron..
Manuel Bompard
C'était à la rentrée. Là, c'était il y a deux semaines et le vendredi, fin août.
David Dufresne
Comment ça se passe ? Comment ça se passe ? Précisément parce qu’il vous a fait passer par le jardin afin d'être bien filmé sous toutes les coutures, les photos ? Moi je voudrais comprendre le fond et la forme, mais tu prends le temps de nous raconter.
Manuel Bompard
Comment on est contacté d’abord. En fait, généralement là, on a été contactés individuellement, c’est-à -dire chacun. J’ai été contacté. N’a t il pas été contacté pour La France insoumise, Olivier Faure, Roussel c’est là. Moi, c'était un conseiller parlementaire du président de la République qui nous appelle pour dire Voilà, le président de la République vous organise et on va vous recevoir, quelle idée, etc. En haut, immédiatement avec nous, on a fait la proposition à une boucle ou un échange avec les autres sur WhatsApp avec le nouveau Front populaire. Mais parfois on utilise Telegram aussi sur laquelle on a, on a, on a fait la proposition, on a dit voilà, on a été contactés. Est ce que vous avez été contactés aussi ? Et on vous propose d’y aller ensemble. Premièrement, parce que l’enjeu face à Macron, c'était de faire bloc et de pas accepter. On voit bien que la volonté de Macron, c’est de nous fracturer l’enjeu face à Macron, cette blague. Donc on a proposé d’y aller tous ensemble et puis on a proposé qu’on demande que Lucie Castets, qui est la candidate que nous avons proposée, soit aussi présente. Donc après ça discutait et finalement tout le monde s’est mis d’accord là dessus et donc on a repris contact avec le conseiller appuyé pour lui dire Bon, on veut bien venir à cet échange, mais on veut être tous ensemble avec Lucie Cassez et on en a discuté la date pour avoir une date qui nous convient à tous et puis à une date qui convenait au président de la République. Ensuite, on a fait une petite réunion au mois d’août de préparation entre nous, avec l’outil, avec les autres. Parlons un peu de ce qu’on allait y faire. La proposition qu’on a faite là aussi. Toujours dans ce même 100, cette même optique, parce qu’on voyait bien que la volonté de Macron, ça allait être de profiter de la délégation nombreuse de nous pour essayer de trouver des coins enfoncés pour dire vous voyez les socialistes, vous ne dites pas exactement la même chose que les insoumis. Donc la proposition qu’on avait faite et que les autres ont accepté, c'était que ça soit que Castets qui s’exprime. De l’anticiper. Parce que quand il y a qu’une seule personne qui s’exprime, c’est quand même un peu plus difficile de contradictions elles-mêmes. Donc on a fait cette préparation. Lucie a soumis un petit peu comment elle voyait les choses qu’elle allait dire. On en a convenu ensemble. La France s’est donné rendez- vous avant le rendez- vous à l’Élysée, dans un café pas très loin. On a préparé ensemble.Ce n’est pas les cafés où le café le moins cher, il faut le reconnaître, mais ça c’est le quartier Et là on arrive.
David Dufresne
On vous a dit vous passez par la Porte des Arts.
Manuel Bompard
Mais en fait, quand vous vous approchez de l'Élysée, vous avez la Garde nationale et les personnes de l’organisation de l'Élysée qui nous ont indiqué le chemin auquel on allait rentrer, qui effectivement l’a fait passer par un chemin en particulier par le jardin de l'Élysée. Et puis ensuite, quand vous arrivez devant le palais et quand vous rentrez devant le palais, il y a un endroit où il y a tous les journalistes et vous pouvez décider ou pas d’aller devant la presse pour faire une déclaration avant.
David Dufresne
C’est à dire vous pouvez décider, c’est à dire qu’il y a quelqu’un qui te dit Allez là.
Manuel Bompard
Non, non, dans tous les cas, vous passez devant, mais vous pouvez décider de parler. Oui, d’accord, on ne parle pas. Donc nous, on avait décidé que Lucie allait aller leur parler, d’accord, et tout le monde et allait dire pourquoi on était venu, c’est-à -dire pour demander au président de la République de la nommer comme première ministre. Ensuite, on est rentré, installé autour d’une table un Macron vient et puis la discussion commence et elle dure le temps qu’elle doit durer. Au bout d’un moment, c’est nous qui avons dit Bah écoutez, voilà, on vous a dit ce qu’on avait à dire. Parce que finalement, dire à Emmanuel Macron vous devez nommer comme première ministre, ce n’est pas quelque chose qui prend 1 h. Après, il a posé quelques questions. On en a posées aussi. Par exemple, moi, je lui ai demandé Mais c’est quoi votre calendrier ? Euh je le dis parce que c’est a posteriori, c’est intéressant de le savoir. Quand on lui a posé la question, il nous a dit qu’il y aurait un premier ministre avant l’ouverture des Jeux paralympiques. A t il ajouté. Mais nous ne sommes pas à 24 h ou 48 h près. L’ouverture des Jeux paralympiques, c'était mercredi dernier. On est aujourd’hui mardi, donc ça fait quasiment une semaine. Donc on voit bien que le président de la République s’est mis lui-même dans une situation de blocage et dans une situation d’impasse parce qu’il n’arrive pas lui-même à tenir le calendrier qu’il nous avait annoncé. Et puis, une fois que la réunion est terminée, on ressort, on peut s' adresser à la presse pour faire une déclaration et puis après on rentre chacun chez nous ou on débriefe en avant pour débriefer avec d’autres. Et chez nous, dans les cafés aussi.
David Dufresne
Alors pourquoi je te fais parler de ça ? Parce que j’aimerais savoir si le décorum, si la joie qu’on pourrait dire de la procédure, si ça joue sur les nerfs, justement, c’est quelque chose qui fait qu’on n’est pas tout à fait soi même, parce que tout d’un coup il y a un risque.
Manuel Bompard
C’est le grand risque je pense. Après, justement, on va dire que c’est un point de vigilance pour nous, c’est cru et c’est vrai aussi. Quand vous devenez député à l’Assemblée nationale, c’est que l’institution peut avoir tendance à vous ramollir un peu, parce qu’il faut être bien élevé, parce que c’est quand même le président de la République en face. Nous, c’est un risque qu’on a identifié, détecté depuis longtemps. Euh, comment ? Dans n’importe quel cadre, vous continuez à défendre les positions qui sont les vôtres et, vous ne vous faites pas impressionner par le décor.
David Dufresne
Mais par exemple.
Manuel Bompard
Mais en tout cas c’est un risque qu’on a identifié. C’est un point de vigilance pour nous et parmi les autres. Par exemple pour donner des détails sur les autres points de vigilance. Parfois, il y a un photographe pendant les réunions qui vient et qui prend des photos faut faire attention à la manière avec laquelle vous savez, c’est le point de l’image. Si quand vous serrez la main au président de la République, vous donnez l’impression d'être un agneau et qu’en face il y a un loup qui va vous manger, l’image est désastreuse pour vous. Regarder droit dans les yeux. Oui, bien sûr, ça compte. La politique a une part de communication aussi.
David Dufresne
Oui aussi. À la limite, c’est un lieu commun, je pourrais dire mais comment on fait pour rester soi même ? Malgré ce protocole, je remercie le tchat qui m’a soufflé le mot malgré tout ça. Oui, c’est un point de vigilance, donc c’est quelque chose qui encombre l’esprit, mine de rien, non ?
Manuel Bompard
Qui peut encombrer ? Mais moi je préfère l’avoir détecté avant comme une difficulté plutôt que de se faire absorber pendant le rendez-vous. À part le fait que petit à petit, on ose pas trop parce qu’on se dit ça s' fait pas. Non mais il ne s’agit pas. Moi je ne dis pas qu’il faut être incorrect avec le président de la République. Je dis juste qu’on a des choses à dire et que le cadre ne doit pas vous pousser à modifier la position qui est la vôtre. Mais moi, je ne trouve pas ça très compliqué à partir du moment où, en vous disant Attendez, en fait, vous ou moi, j’en n’attends pas de la reconnaissance personnelle du président de la République. Mon sujet, ce n’est pas qu’Emmanuel Macron m’apprécie. On ne m’apprécie pas à ce poste et à partir du moment où vous avez défini c’est pour ça que je l’ai raconté, le fait qu’on avait fait une réunion en amont et tout. Parce qu’en fait, à partir du moment où vous avez identifié clairement vos objectifs dans ce rendez vous, clairement les messages que vous allez faire passer, que vous vous êtes bien mis d’accord dans la délégation, dans le fait que c’est ça le message et pas un autre. Finalement, il y a assez peu de place pour l’improvisation et ça évite de faire des erreurs ou de se faire ramollir par le cadre nostalgique.
David Dufresne
On te demande si quelqu’un a pensé à venir avec un dictaphone parce que, semble t il, d’après ses informations, le téléphone est interdit.
Manuel Bompard
Les dictaphones aussi. Oui, c’est ça l’idée qu’on peut regretter mais qu’on peut aussi. Je comprends le côté insupportable de ça, mais en même temps, c’est aussi l’idée que pendant le rendez- vous, vous n’avez pas tweeté toutes les deux minutes pour raconter ce qui s’y fait. Parce que c’est aussi un cadre de confiance. Après moi je raconte ce qui se fait dedans parce que je trouve ça normal que les citoyennes et les citoyens en soient informés. Je ne vois pas pourquoi y aurait des choses qui devraient être cachées ou masquer votre problème à dire ce qui s’y est dit. Mais oui, effectivement, quand on rentre dans la salle de réunion, il y a une petite boîte dans laquelle on met nos téléphones et pas non plus illégitime d’un point de vue y compris de la sécurité publique. Et vous savez que les téléphones, ils peuvent être, et ce n’est pas absurde, que dans un rendez vous avec le Président de la République, vous ne puissiez pas vous même ramener un téléphone qui pourrait permettre, je ne sais pas, à d’autres états ou je ne sais pas quoi de nous écouter, ça me paraît pas.
David Dufresne
On est d’accord, ils aspirent vos données ou pas.
Manuel Bompard
Ça c’est impossible.
David Dufresne
Dans la petite boîte, il n’y a pas de nom.
Manuel Bompard
Vous savez. Malheureusement, je crains que s’ils veulent aspirer nos données.
David Dufresne
Il n’y a pas besoin d’aller à l'Élysée
Manuel Bompard
Je crois qu’on est nombreux à avoir des opérateurs et des systèmes d’exploitation dont je ne suis pas certain qu’on puisse garantir l’absence totale de porosité sur nos données.
David Dufresne
J’ai réécouté Lucie Castets qui sort de l’Élysée. Je ne dirais pas qu’elle est optimiste, mais elle semble dire bon, Macron, je cite de mémoire malheureusement, mais Macron a compris qu’il s'était passé quelque chose dans les élections etc. Le petit mot qui passe est un mot, un peu d’ouverture et puis on comprend le lendemain, quelques heures après que probablement c'était une manipulation pour évacuer cette piste. C’est comme ça que la presse qui vous adore, la traduit. Ce n’est pas tout à fait faux non plus.
Manuel Bompard
Enfin, oui, il y a bien sûr, il y avait un plan de Macron, en tout cas moi c’est ça qu’on a identifié assez vite et c’est pour ça, peut être qu’on y reviendra, qu’on a pas fait un mouvement dans le weekend pour déjouer ce plan.
David Dufresne
On va en parler.
Manuel Bompard
Mais le plan de Macron, c’est que pendant le rendez vous avec Lucie Castets et lui posaient des questions et il lui a posé en particulier la question de est ce qu’il y aura des ministres insoumis dans votre gouvernement ? Ce à quoi je remercie, et c’est ce qu’on avait convenu. Elle a dit bien évidemment chacune des composantes du nouveau Front populaire et va pouvoir intégrer le gouvernement. Et il n’est pas question, il y a une composante qui reste sur le côté. Et puis après, tout au long de la journée qui s’est écoulée, on a vu que les groupes macronistes qui sont allés voir Macron sortent sur le sujet en disant Mais nous, nous avons dit que s’il y avait des ministres et dans le gouvernement, nous allions censurer. Et on a bien vu que petit à petit, ils allaient chercher à dessiner un scénario. Parce qu’après le vendredi soir, c'était un vendredi, le jour de rendez-vous, le vendredi soir, on apprend que le lundi, Macron va s’exprimer pour faire un bilan des consultations. On a compris à ce moment là que Macron allait dire la main sur le cœur Ah, moi je voulais respecter le résultat des élections, Je voulais nommer madame Lucie Castets à Matignon, mais je ne pouvais pas parce que les autres groupes m’ont dit que s’il y avait des ministres en sommeil, alors ils allaient censurer ce gouvernement et qu’ils allaient en quelque sorte. C'était donc la faute des insoumis si le gouvernement du nouveau Front populaire ne peut pas voir le jour. Parce que les insoumis veulent être aux ministres. Ils veulent être au gouvernement et c’est à cause de ça que ça empêche le pays d’avoir un gouvernement fort. Et comme nous, on a l’habitude d’essayer d’anticiper les plans des autres et de les déjouer. Et la raison pour laquelle le samedi, on dit bon ben nous aussi on a une question à poser est ce que s’il n’y a pas de ministres insoumis au gouvernement, est ce que dans ce cas là les groupes macronistes puisqu’ils avaient dit que s’il y avait un ministre insoumis vous allait censurer ? Est ce que dans ce cas là vous vous engagez à ne pas censurer un nouveau gouvernement du nouveau ?
David Dufresne
Donc ça, c’est la déclaration de Mélenchon.
Manuel Bompard
Je l’ai repris après le dimanche et il les a bien mis dans la difficulté parce que ça a déjoué le plan de Macron et ils pouvaient plus dire que c'était la présence des ministres qui était l’obstacle à la nomination d’un gouvernement du nouveau Front populaire. En quelque sorte. Ça a permis de faire exploser leur hypocrisie au grand jour que leur problème c’est pas les ministres insoumis dans le gouvernement. Leur problème c’est le programme du nouveau Front populaire. Leur problème c’est l’abrogation de la réforme des retraites. Leur problème c’est l’augmentation du SMIC et c’est ça qu’ils ne veulent pas. Et les ministres insoumis étaient un prétexte, une manière de déjouer.
David Dufresne
Très précisément, on nous dit dans le tchat Le Mouv de Jean-Luc Mélenchon c’est une master class. Félicitations à vous avec des majuscules. Est ce que ce n’est pas aussi. On a reconnu que c'était le master class et que c'était un coût. Mais est ce que ce n’est pas aussi une façon de remettre 1 € dans la caisse en disant au fond, tout ça c’est de la politicaillerie, c’est des c’est des jeux, c’est des jeux d’appareil, c’est du rapport de force et ça n’est pas du fond. Est ce qu’il n’y a pas ce risque là ? Et on est plus malin que lui.
Manuel Bompard
Non mais il y a toujours ce risque là. Mais le problème, c’est que le problème, c’est que vous faites de la politique dans un champ dont vous ne déterminez pas totalement vous même les paramètres. Là, vous n’avez pas le choix, soit vous laissez le plan de Macron se dérouler jusqu’au bout. Donc Macron, le lundi, prend la parole devant tous les Françaises et les Français et dit moi je voulais un nommé le nouveau Front populaire, mais c’est les ministres insoumis, je ne peux pas. Et donc vous avez une partie du pays qui dit que c’est à cause de vous les insoumis, parce que vous vous êtes accrochés aux ministères et qu’il ne peut pas y avoir de gouvernement nouveau Front populaire. Or, nous on est pas obligés de nous croire, mais en tout cas on a essayé tout le temps d’en faire la démonstration. On a toujours dit mais le sujet, ce panneau personne. Le sujet, ce n’est pas que je sois ministre de chais pas quoi, m’a t il dit, je ne sais pas quoi et ou d’autres députés ou représentants responsables de la France Insoumise. Le sujet c’est est ce que le programme du nouveau Front populaire peut être appliqué parce qu’on pense qu’il est bon pour le pays ? Donc il y a toujours un défaut, il n’y a aucune stratégie politique parfaite, mais il me semble que les avantages l’emportent très largement sur les défauts et que ça a permis de faire exploser cette hypocrisie. Voilà donc tout ça pour dire, je pense que la sortie de Lucie Castets, elle s’inscrivait aussi dans cette séquence. Après, il est vrai que dans le rendez vous avec Macron pour la première fois, même pour la première fois devant nous, il dit Je reconnais que j’ai perdu les élections et si je vous reçois, vous, le nouveau Front populaire en premier, c’est bien que je tiens compte du fait que c’est vous qui êtes arrivé en tête. Donc on a pris acte du fait qu’il les avait reconnus. Mais ce qu’on observe, c’est qu’il a peut être reconnu ou il a peut être commencé à réaliser qu’il était le résultat des élections, mais il n’en tire pas les conséquences. Parce que s’il en tire les conséquences, c’est simple il nomme le casting et nomme un gouvernement de nouveau Front populaire. Si on regarde la réaction à la sortie de l'Élysée, il y a celle de l’efficacité et puis il y a celle de chacun. Et puis à la mienne, comme j'étais un petit peu plus prudent, c’est-à -dire que je disais précisément que le président de la République commençait à reconnaître le résultat de l'élection, mais qu’il n’en tirait pas les conclusions. Moi, précisément ce que je viens de dire à cet instant. Donc voilà. Parce que Macron c’est aussi un, c’est aussi un emberlificoté là haut, comme on dit un prestidigitateur. Il essaie de vous séduire, il essaie de vous faire croire qu’il vous a entendu, qui vous a écouté. Puis vous sortez un peu ce que tu disais tout à l’heure sur le protocole en disant Ah quand même ! Et il nous a peut-être. Donc moi, ça fait deux ou trois fois que j’ai l’occasion de participer à des rendez vous comme ça, donc j’ai appris à chasser toute forme de naïveté.
David Dufresne
Mais ce jour-là, par exemple, ça s’est traduit façon Gérard Majax ?
Manuel Bompard
C’est comme ça dans l'échange, mais non. Mais bien sûr que je reconnais que j’ai perdu. Il me disait "moi je suis". Je suis là pour garantir la stabilité institutionnelle du pays. Alors on lui dit mais la stabilité institutionnelle, ce n’est pas la stabilité programmatique, ça ne veut pas dire que vous pensez que c’est le dit. Non, non, bien sûr, ce n’est pas la stabilité programmatique. Vous avez raison, les Français veulent du changement, ils disent des choses et puis après il fait l’inverse une fois quand il est avec d’autres, qui dit autre chose ? Et puis quand il est à la télévision, il dit autre chose. Donc il y a une forme d’hypocrisie, de malhonnêteté, d’enquiquiner. On meurt, on gère, ce n’est pas mon mot, mais il est pas mal et emberlificoté.
David Dufresne
La fatigue et la pression.
Manuel Bompard
Mais vigilant.
David Dufresne
Là, ici, c’est l’avant-garde. Il ne faut pas rigoler le jour où Macron sera à ta place.
Manuel Bompard
Pas sûr qu’il vienne
David Dufresne
Précisément l’instabilité, la stabilité institutionnelle. Ça va être l’argument de Macron pour dire ça ne peut pas être vrai.
Manuel Bompard
C’est déjà l’argument qu’il a utilisé.
David Dufresne
Voilà, ça veut dire quoi exactement ? Donc toi tu dis qui vous l’a ? Il vous l’a déjà dit en fait, dans le rendez-vous, il vous le dit déjà.
Manuel Bompard
Oui, oui, il dit je vais en gros, je vais explorer votre hypothèse auprès des autres. Mais en fait, j’ai aussi utilisé cette formule En sortant, il dit mais il nous dit qu’il veut être arbitre. Il veut revenir au rôle d’arbitre, de garant des institutions. Mais en vérité, il se comporte comme le sélectionneur, c’est-à -dire celui qui veut composer l'équipe, pas un arbitre et un sélectionneur, ce n’est pas la même chose. Et le Macron n’a pas ce n’est pas de sa responsabilité, ce n’est pas de son pouvoir de dire je ne peux pas nommer tel gouvernement parce que si un homme, tel gouvernement, il va y avoir une motion de censure parce que ça c’est la négation du fait que les députés sont des individus, ils siègent dans des groupes politiques. Mais au nom de quoi Macron va décider à la place de tous les députés républicains macronistes qui vont censurer ? À lui de le décider. C’est aux autres députés de se positionner. Ils représentent une fraction du peuple, pas et ce n’est pas il ne représente pas Macron. Et puis par ailleurs, c’est ça laisse penser l’idée qu’on ne peut pas les convaincre. Moi je dis que je ne me fais pas d’illusions bien sûr sur leur bonne foi, mais je dis qu’un gouvernement qui commence à dire on va abroger la réforme des retraites, on va augmenter les salaires et puis on va développer nos services publics à l’hôpital, à l'école. Je dis que le renverser immédiatement, ça a un coût politique. Et quand on est un électeur, un député élu, il s’interroge quand même sur le coût politique de ses actes. Et quand on prend par exemple la bataille sur la réforme des retraites à l’Assemblée, mathématiquement, au début de l’examen du texte de loi, il y avait une majorité pour voter ce texte. Si on faisait les républicains plus le bloc macroniste majorité sur les 577 députés. Et si à la fin Macron a dû faire le 49 3, c’est bien la preuve que quand il y a une mobilisation de la société, y compris sur des députés de droite ou du camp macroniste, il y en a qui vacillent puisqu’il y en a qui disent oh, vous avez raison, faut peut être la faire, mais. Là, je veux me mouiller.
David Dufresne
La discussion, évidemment est très agréable, on est tranquille, il y a beaucoup de monde dans le tchat, ça réagit, c’est formidable. Mais comment se fait-il qu’on ait été en train de dire, c’est-à -dire finalement une captation du débat ? Alors tu viens de me dire moi je suis pour débattre pour eux, pour faire en sorte que j’essaie de donner mes arguments, de faire changer, comme sur la loi retraite. Comment tu expliques que le pays finalement reste attentiste et attend et aussi attentif, mais attentiste ? Comment expliquer ça ?
Manuel Bompard
Ça c’est la grande question. D’abord, je pense qu’il y a plein de gens qui ne l’acceptent pas. Je ne crois pas que les gens l’acceptent. Après, la question, c’est est ce que les gens ont l’impression qu’ils disposent des moyens d’action qui leur permettent que leur refus se traduise par l’action concrète pour l’empêcher ? C’est ça la question. C’est l'équation qui n’est pas nouvelle. Elle ne commence pas aujourd’hui. C’est ça, c’est l'équation de la mobilisation sociale, de la mobilisation politique. Après, c’est la responsabilité, bien sûr, des citoyennes et des citoyens de se mobiliser. C’est pour ça que nous, on a dit depuis le début que si Macron ne nommait pas le 6 mai à Matignon, on allait répondre en utilisant tous les moyens à notre disposition. Certains de ces moyens, c’est des moyens institutionnels, c’est normal, on a envie de les utiliser, on y viendra. Mais il y a aussi la mobilisation populaire. Pourquoi nous ? Depuis le mois de juillet, on travaillait à l’hypothèse de proposer des initiatives de mobilisation. Il y a une date qui a été posée par les organisations de jeunesse. On en a parlé tout à l’heure. C’est ce samedi et samedi 7 septembre à moi. Je dis aux gens qui nous écoutent, c’est si vous ne l’acceptez pas comme ça. Il faut mobiliser les marchés. Alors je sais, certains peuvent me dire ça ne fonctionne pas, d’accord ? Il n’y a pas de garantie que ça va fonctionner. Alors, si vous restez à la maison, il y a une garantie que ça ne fonctionnera pas. Ça, c’est certain. Si vous ne faites rien, Macron, il passera en force. Donc il faut connaître la date pour appeler les gens à y participer. Et ça, c’est notre rôle et notre responsabilité. Faire en sorte qu’il y a un maximum d’organisations qui appellent si possible faire encore ce que les organisations syndicales, parce qu’elles ont aussi un pouvoir de mobilisation, est aussi là. Moi, je ne suis pas sûr que le pays veuille l’accepter. Le rejet de Macron, il est très puissant. Les gens se posent surtout la question de savoir s’il y a eu, s’il y a un chemin qui permet de changer ça. Et c’est notre rôle et notre responsabilité de montrer qu’il y en a un et de le crédibiliser.
David Dufresne
Est ce que puisqu’on parlait de prendre de la hauteur tout à l’heure, est ce que ce qui se passe aussi, ce n’est pas aussi une manière que le pays a de se dire qu’il ne croit plus tellement en la politique représentative ?
Manuel Bompard
Il y a une partie de ça, mais en même temps, ça c’est évident que depuis maintenant un temps, 30 ans, quand vous regardez, élection après élection, le taux de participation, il est évident qu’il y a un mouvement profond dans la société française de rejet de la classe politique dans son ensemble et de l’idée que finalement le jeu politique est vicié. Mais il y a aussi parfois des signaux contradictoires d’un certain point de vue des élections législatives, il y a eu une participation qui a été puissante, plus puissante en tout cas qu’aux élections législatives précédentes. Donc, il y a parfois aussi des moments dans lesquels le pays se dit ah bah peut être qu’on peut changer quelque chose. Après, moi j’ai toujours dit on n’est pas coupables de l’abstention, on en est victime. C’est à dire que dans un comportement qui est le résultat d’une trahison, d’une désillusion, dans un moment politique aussi où on avait l’impression que la gauche, la droite, quand elle se succède au pouvoir, ça produit la même politique. Après, vous ne pouvez pas vous étonner du fait qu’il y a des gens qui se disent ça, ça ne sert à rien, c’est tous les mêmes. Moi, avec mes petits bras, avec mes collègues, on essaye justement de montrer que non, on n’est pas tous les mêmes. De montrer que oui, la politique, elle peut changer les choses. Et je pense quand même, même si on a tout bien fait, je pense quand même qu’on a redonné à un certain nombre de gens qui n’y croyait plus, la France insoumise en particulier, des raisons de se dire peut-être que ça vaut le coup d’y aller quand même. Donc moi je trouve qu’on a plutôt avancé dans la bonne direction, mais je suis conscient de tout le travail qui reste à faire à ce sujet.
David Dufresne
Et en fait, je voulais finir l’entretien, mais on est loin d’avoir fini. Mais sur ces questions là, à presque deux ans de prospective, on va revenir sur institutions, mais simplement comment quelqu’un comme toi qui a envie que les choses changent, passent nuit et jour dans une politique, la politique. Alors que le sens de l’histoire a l’air de dire c’est plus là que ça se passe vraiment. Il n’y a pas des moments où tu te dis mais pourquoi on est là depuis un mois et demi à se demander ?
Manuel Bompard
Non.
David Dufresne
si c’est untel ou untel qui va être premier ministre.
Manuel Bompard
Pardon, mais j’essaie de fonctionner de manière rationnelle. Si on me présente, moi, je pense que la situation dans laquelle est notre pays, que notre société, il y a des inégalités insupportables, qu’on va dans le mur d’un point de vue climatique, que notre démocratie fonctionne mal. Donc je suis révolté par ça. Je me dis je ne vais pas juste me plaindre et mettre des coups de poing dans ma télévision. Donc je me dis comment on fait pour faire changer les choses ? Et je cherche le chemin que de mon point de vue, je peux me tromper. Je n’ai pas la science infuse, mais qui est de mon point de vue, le chemin qui permet le plus de changer les choses. Il n’y a pas de garantie de réussite. Si on me dit il y a un autre chemin que celui-là et il est plus crédible et il y a plus de chances qu’il fonctionne, je veux bien l’explorer, par exemple sur l'écologie.
David Dufresne
Tu as, tu le sais très bien, tu as des mouvements de désarmement. Donc pour attaquer de manière plus ou moins pacifique, on va dire telle ou telle installation pour, euh, pour aller peser sur les entreprises par des gens qui considèrent que finalement le monde politique n’a plus, n’a plus la main sur les entreprises par exemple. Pour ce qui est de l’environnement, c’est très clairement sur le capitalisme et sur les entreprises que des choses peuvent changer. Ce n’est pas sur moi.
Manuel Bompard
En tout cas le cœur du changement, c’est notre mode de production, c’est ça et ce n’est pas les comportements individuels, ça y contribue, il faut le faire aussi.
David Dufresne
Et c’est ce que toi tu es encore convaincu que c’est par la politique qu’on peut y arriver ?
Manuel Bompard
Mais attention, je ne dis pas ça. Je veux dire, je pense que les moyens d’action y sont complémentaires. Je veux dire, nous, la France Insoumise, on a toujours dit notre stratégie, c’est la stratégie de la révolution citoyenne dans la révolution citoyenne et l’idée qu’on va rompre avec les politiques mises en place. Mais ça passe par les élections, mais pas que par les élections. Et on a jamais opposé les formes de mobilisation dans la société écologique, sociale, les actions de solidarité concrète pour essayer d’apporter des réponses aux souffrances des gens et en même temps le changement politique. Mais je. Par contre, je mets à distance ce qui a été parfois et je ne dis pas ça pour les modes d’action dont tu parles, mais il y a eu aussi des tendances. Peut on se replier sur une forme de micro société dans laquelle on va faire en sorte que ça on nous envie ou bien on va mettre nos propres règles, nos propres trucs ? Ok, mais d’abord, la problématique écologique, c’est une problématique mondiale. Donc pardon, mais vous n’allez pas régler le problème à l'échelon d’une petite communauté. Et puis il me semble que un principe d’humanité, ce n’est pas de considérer qu’on va se mettre entre quelques uns pour avoir une belle vie et qu’on va laisser le monde extérieur de côté sans se poser la question de savoir comment on fait en sorte que chacun puisse vivre dans des conditions dignes. Donc moi je ne serais surtout pas moi vis-à -vis de qui que ce soit, parce que je pense que chacun peut choisir ses modes d’action et que tout ça peut contribuer au même chemin à la fin. Donc je veux dire, moi je me sens très proche des gens qui se battent contre le projet d’autoroute à 69, on a peut être pas les mêmes moyens d’action, mais en tout cas pour moi, c’est des gens qui agissent dans la même direction que le projet politique qu’on a. Je me sens proche des femmes de manager de Marseille qui se sont battues pendant tout l'été pour améliorer leurs conditions de travail et qui ont gagné. Je les félicite et elle les n’avait pas trop le choix en l’occurrence. Par ailleurs, je veux dire, il y a différents moyens, modes d’action et tous peuvent être complémentaires. Mais par contre, celui qui consisterait à dire qu’il faut évacuer la perspective de la prise du pouvoir dans le cadre des institutions pour changer les choses, à mon avis, c’est lui qui écarte un mode d’action qui pour l’instant me paraît quand même être celui qui permet d’obtenir les plus gros changements. Alors l’un n’empêche pas l’autre. L’un même, à mon avis, encourage et facilite. L’autre veut dire créer des expériences locales. C’est toujours la question du local et du global. Bon, créer des expériences locales qui vont permettre de faire évoluer les consciences et donc qui vont préparer la perspective d’un changement global. J’ai aucune objection à ça, mais se renfermer uniquement dans la mobilisation locale, personnellement je trouve que c’est laisser de côté un champ de bataille qui est déterminant.
David Dufresne
Je repose différemment la question de la tu en profites parce que tu vas vite, tu regardes le château, tu tapes le terrain. Très bien, mais tu as raison, c’est fait pour ça. N’hésite pas à répondre, mais dans vos boucles WhatsApp, il n’y a pas des moments où vous vous dites et puis de moi mais et que le peuple est rare, on se bat et Et ça, ça ne se soulève pas et ça note et ça ne gronde pas, ça ronchonne, oui, mais ça ne gronde pas. Non parce que tu parlais de révolution citoyenne, là, il y a quand même. On est quand même dans un dans un moment tout à fait unique.
Manuel Bompard
Ouais, mais enfin, ce n’est pas à la responsabilité d’un responsable ou d’un militant politique dans. Militant syndical, ce n’est pas de dire s’il n’y a pas de mobilisation, c’est parce que les gens sont bêtes. Et de se poser la question de comment créer les conditions de la mobilisation. Sinon, il faut renoncer. Moi ? Bien sûr, des fois, je préfèrerais qu'à la manifestation y ait 10 millions de personnes parce que ça faciliterait les choses.
David Dufresne
Donc ça veut dire que tu aimerais que tous les partis appellent à la manifestation ? Oui, que tous les syndicats se mettent d’accord sur.
Manuel Bompard
Ah oui, je préfère, mais ce n’est pas le cas.
David Dufresne
Pourquoi ce n’est pas le cas ?
Manuel Bompard
Bah les partis, il faudrait prendre les exemples les uns après les autres pour la manifestation par exemple de samedi. Globalement, quasiment tout le monde appelle les seuls qui ont une position très claire, c’est le Parti socialiste avec Olivier Faure qui dit moi j’irais manifester, mais je n’appelle pas et tout le monde connaît l’explication. On sait que le Parti socialiste est pris dans des contradictions et des tensions internes qui font que vous avez une opposition à Olivier Faure qui cherche n’importe quel prétexte parce que leur sujet à eux, ce n’est pas le prochain gouvernement du pays, c’est qui est le prochain premier secrétaire du Parti socialiste. Donc en fait, dès qu’il y a un prétexte qui permet de dire vous voyez Olivier Faure, tu t’es vendu aux insoumis alors que nous, nous n’aurions pas fait ça. Ils se saisissent du prétexte. Mais moi, je ne vais pas commencer à calquer ma politique, si vous voulez, sur celle de Carole Delga ou de Nicolas Mayer-Rossignol, parce que leur sujet, c’est le Parti socialiste et comment ils en deviennent les dirigeants. Excusez-moi, mon sujet c’est le pays, mais on fait en sorte que la situation politique du pays change. Après les syndicats, ils ont chacun leur explication. Je te dis pas que ça me ravit, mais je ne pense pas malin de Je ne vois pas en quoi ça améliorerait la situation de frontalement dire que ce qu’ils font n’est pas bien parce que je me pose pas.
David Dufresne
Ne pas désespérer Billancourt ni la CGT. Non mais c’est à peine le 1ᵉʳ octobre, donc pas avant, pas samedi.
Manuel Bompard
Non mais moi je n’ai pas de problème. Ah Mais je veux dire, l’objectif pour samedi, c’est de montrer qu’on est le plus. On peut être le plus nombreux possible. Si dans ma communication publique, ce qui domine finalement dans la préparation de samedi, c’est que je ne suis pas content parce que untel un, je n’appelle pas finalement, je ne facilite pas de créer les conditions de la mobilisation la plus puissante possible. Après je peux en penser ce que j’en pense, je ne le comprends pas. Personnellement, je pense que ce serait mieux que tout le monde appelle à cette date là. Je trouve qu’on a appelé au mois d’août.
David Dufresne
J’apprécie beaucoup, vraiment, sincèrement, ta franchise. D’une certaine manière, c’est terrible. Si c’est ça la politique, pourquoi ?
Manuel Bompard
Chaque homme est dans sa responsabilité ce qu’on attend de moi. Je dis moi, je suis en face de ce qu’on attend de nous. A vrai dire, il faut aussi tenir compte de dans quel monde de systèmes politiques, médiatiques on vit. Tu vois bien que n’importe quel sujet devient un prétexte pour parler d’autre chose que du sujet central. Moi, ce qui m’importe, c’est qu’on parle de la manifestation et qu’on dénonce le coup de force de Macron. Si je change le sujet du débat et que le sujet du débat, ça devient plus il y a une manifestation samedi, il faut qu’on soit nombreux pour s’opposer à Macron mais que par mon intervention je fais que le sujet du débat c’est la France Insoumise et la CGT sont pas d’accord sur la date du 7 mai. Je ne facilite pas le fait que la date du sept soit le plus grand succès possible. Donc ce n’est pas ce n’est pas par lâcheté, ce n’est pas par mauvaise foi, ce n’est pas par volonté de ne pas dire les choses, c’est par sens des responsabilités politiques.
David Dufresne
Alors samedi, je ne te fais pas le coup de BFM qui te dit.
Manuel Bompard
En tant que journaliste, je décide maintenant. Le droit de manifester ce qu’on n’a pas le droit. Combien de personnes peuvent venir ? Mais dans le fond, ce n’est pas parce que tu as dit que c’est les organisations de jeunesse qui appellent. Bon, là, là, c’est un peu les organisations de jeunesse et elles ont pris l’initiative. Mais on ne s’en est pas caché, on a tout de suite dit que nous allions bien. On en avait même parlé avec eux en leur disant que nous on était favorables et que s’ils le faisaient.
David Dufresne
Alors le fond et le fond, c’est quoi ? C’est-à -dire samedi pour toi, une manifestation, c’est avant tout une épreuve de force. Imaginons, il y a beaucoup de monde. Qu’est ce que tu aimerais que l’on retienne du message ? Ce serait quoi le message ? Parce que vous avez appelé plein de gens. Je disais en introduction des marches pour la démocratie des marches contre le coup de force. Tu as annoncé aux amphi donc l’université d'été de ton parti des caravanes. Je ne sais pas si ces caravanes ont été lancées.
Manuel Bompard
On y revient sur la destitution.
David Dufresne
On va y revenir sur la destitution, c’est des caravanes de discussion. Mais d’abord, cette manifestation de samedi, c’est quoi le sens ?
Manuel Bompard
D’abord, le sens, c’est, je le disais tout à l’heure, c’est on ne peut pas accepter un coup de force du président de la ville. Donc il faut qu’il y ait une réaction populaire. Et le message que je veux qu’on retienne, c’est qu’il y ait une partie importante du peuple français qui dise à Macron stop, ça suffit, vous ne faites pas ce que vous voulez avec le résultat des élections. Et donc si vous décidez de faire ce que vous voulez avec le résultat des élections, nous on vous fait la démonstration qu’on n’est pas d’accord avec ça et on l’exprime par les moyens dont on dispose. Et là, le moyen dont on dispose, c’est la manifestation. Moi, je forme le vœu que samedi, on soit le plus nombreux possible. Peut être ça peut être le déclenchement d’un mouvement et ensuite prendre la puissance. On disait il y en a qu’on a appelé cette fois. Ben oui, mais sauf que s’il y a du monde et qu' après les gens se disent on se donne un autre rendez vous, ça peut déclencher quelque chose. Moi j’ai pas de garantie, je n’ai pas de certitude. Je ne vais pas vous dire ici vous allez voir samedi parce qu’on va être super nombreux, Macron va changer d’avis. Et je lui ai dit que c'était un rapport de force. C’est un bras de fer et dans ce bras de fer, il faut mettre tous les moyens à votre disposition pour y parvenir. Il n’y a que les batailles qu’on mène, pas qu’on ne peut pas gagner. Mais ce dont je suis certain, c’est que si on l’amène pas, on ne la gagnera pas. Donc, et c’est un des objets de la bataille, donc moi, et j’espère qu’on va être le plus nombreux possible et on construit un rapport de force avec le pouvoir et le rapport de force avec le pouvoir. Il a un objectif simple : soit Macron se soumet au vote des électrices et des électeurs, soit il se démet, c’est-à -dire soit il cède.
David Dufresne
En fait, ça c’est une grande citation de qui ?
Manuel Bompard
C’est une citation. J’ai raconté ça dans mon discours aux universités d'été.
David Dufresne
Je les entends, c’est très grave. Ça tombe bien, c’est en fait un pari.
Manuel Bompard
à la fin du jeu, je la raconte pour ce qu’il leur est rendu. Bien sûr, c’est assez marrant. Et à la fin du XXᵉ siècle, je me rappelle plus exactement ça doit être à la fin des années 1870,
David Dufresne
Au XIXᵉ siècle.
Manuel Bompard
Au XIXᵉ siècle, il y a un président de la République. C’est ça qui s’appelle Mac-Mahon.
David Dufresne
Exactement.
Manuel Bompard
Et Mac-Mahon ? Pour la petite histoire.
David Dufresne
Emmanuel Mac-Mahon.
Manuel Bompard
Ne s’appelle pas Emmanuel Macron, mais quand même pour montrer les parallèles de l’histoire, parce qu’ils sont parfois marrants. Mac-Mahon, c’est celui qui, quelques années plus tôt, c'était un militaire, avait pris la tête de l’armée versaillaise pour aller réprimer la Commune de Paris.
David Dufresne
Un camarade.
Manuel Bompard
J’ai sa position d’individu et à l'époque il dissout l’Assemblée nationale et les monarchistes. Et à l'époque c’est les républicains, Les Républicains, c’est conduit par Gambetta et Mac-Mahon y dissout l’Assemblée nationale en espérant que la chambre va devenir monarchiste. Manque de pot, c’est les Républicains qui gagnent les élections Mac-Mahon et dit Bah non, moi je ne nomme pas de premier ministre. Je laisse un monarchiste. Au bout d’un moment, ça dure pendant plusieurs années, y perd les élections et à la fin, il est obligé de céder. Il est inhumain. Il démissionne. Il part. Et à l'époque, c’est Gambetta qui est le leader du camp républicain. Et il y a un discours de Gambetta où Gambetta dit à Macron doit se soumettre.
David Dufresne
Ou se démettre.
Manuel Bompard
Voilà ce qui marche pour Macron. Je trouve que ce n’est pas bête.
David Dufresne
On est passé à des allitérations.
Manuel Bompard
Bon point un, je n’ai pas dit ça. Par ailleurs, je ne suis pas sûr que Gambetta soit sur plein de sujets, forcément au point de référence politique.
David Dufresne
Pour nous.
Manuel Bompard
C'était plutôt un républicain. Donc il y a des limites au parallèle absolu
David Dufresne
Oui, oui, tu as raison, mais je dis ça parce que c’est Mélenchon notamment qui l’a dit. Vous l’avez dit plusieurs fois et c’est une phrase qui peut sembler agressive se soumettre ou se démettre. Et je trouvais intéressant de faire un retour historique. Est ce que tu penses que la violence en politique, la violence verbale, le seuil de tolérance, notamment médiatique, a baissé ? C’est à dire qu’on considère beaucoup plus rapidement aujourd’hui qu’il y a des choses qu’on ne peut pas dire, qu’on est dans le bordel, qu’on est dans ceci, dans cela, puisqu’il y a dix, quinze ou 20 ans.
Manuel Bompard
Je ne crois pas, par exemple, à l’Assemblée nationale.
David Dufresne
On me dit que c’est député de Marseille.
Manuel Bompard
Gambetta
David Dufresne
Ça je ne sais pas.
Manuel Bompard
Comment c’est possible qu’il ait fait ça, je ne saurais pas y répondre. Euh mais pour répondre à ta question, moi d’abord je trouve qu’il y a une forme d’instrumentalisation de ce sujet qui est assez stupéfiant. C’est-à -dire que par exemple, on a décrit depuis deux ans l’assemblée nationale comme étant le cadre où y a jamais eu autant de violence, etc. Mais tous les gens connaissent un peu l’histoire de l’Assemblée nationale, savent que ça n’a pas de sens. Il y a eu avant on se battait en duel quand il y avait un problème et qu’il y avait quelqu’un qui avait été incorrect avec quelqu’un dans l’Assemblée nationale. On m’a raconté des histoires où un président, les républicains de l’Assemblée nationale, se faisait courser dans les couloirs jusqu'à son bureau dans lequel il était obligé de se réfugier parce qu’il y avait un député d’opposition qui n'était pas d’accord avec lui.
David Dufresne
Donc un ancêtre de Ciotti.
Manuel Bompard
Je ne connais pas le nom. Et puis je ne voudrais pas donner parce que en ce moment, attention à la justice. Diffamation directement, hein ? Ah bon ? Offre à vous faire très attention, on ouvrira peut être ce sujet. Ah oui, mais en tout cas, je pense que c’est un cirque tout ça. Et c’est un cirque. C’est quelque chose qui a été construit politiquement pour salir le mouvement. Insoumis a expliqué que quelqu’un qui met son pied sur un ballon avec un ballon de foot, c’est devenu un acte d’une extrême violence. Et comparer ça avec une tête qu’on avait décapitée, moi je trouve ça stupéfiant. Donc je trouve qu’il y a beaucoup de cirque sur ce sujet. Mais qu’ils se soumettent ou qu’ils se démerdent, ce n’est pas une phrase particulièrement violente. Reprenez les débats par exemple après la deuxième guerre mondiale. Ah ouais, les députés communistes à l'époque à l’Assemblée nationale qui disaient à d’autres vous êtes des et des traîtres, des complices à des Américains. Enfin, c'était beaucoup plus violent, beaucoup plus violent que ce qu’on peut dire aujourd’hui. Et par ailleurs, moi, je fais partie des gens qui pensent que le style dur, parfois franc, c’est aussi une caresse, une catharsis de la violence qui existe dans la société. Et c’est de lui donner aussi des moyens d’expression par la parole, par le débat politique qui doit permettre aussi de résoudre les contradictions qui existent dans la société. Et croire qu’une société qui soit aseptisée dans la forme, dans le ton où on se parlerait gentiment à l’Assemblée nationale en faisant semblant qu’on est tous copains et copines, croire que ça, ça réduirait la violence qui est la contradiction inhérente qui existe dans la société, c’est une vue de l’esprit, ça serait précisément l’inverse, elle s’exprimait par d’autres moyens. Donc je trouve que c’est vraiment un mauvais procès qui est fait aux mouvements insoumis dont personne, on peut dire de personne qu’il est violent, qu’il est agressif. C’est vraiment une manière. Mais ça, vous savez, il y a des textes très beaux, par exemple de Jaurès sur le sujet, et un texte magnifique de Jean Jaurès qui dit en gros l’ouvrier qui fait grève, on dit qu’il est violent, alors que le patron qui signe un lettre de licenciement dans le silence de son bureau, ce n’est pas du tout violent. Mais où est la vraie violence ? Est ce que c’est dans l’ouvrier qui fait grève ou est ce que c’est dans le patron qui signe sa lettre de licenciement ? Peut être qu’il le fait avec une musique d’opéra derrière lui et avec un beau stylo plume dans lequel il fait une belle écriture. Mais la violence, elle est là. Elle est dans cet acte là, même si l’acte lui-même n’apparaît pas particulièrement violent. Et ça a toujours été la question dans l’histoire du mouvement ouvrier et de la conflictualité sociale. Quand on a essayé de faire croire que les dominants étaient les non-violents et que ceux qui contestent la domination étaient les violents. Mais la véritable violence est celle de la domination. Voilà, et je pense que c’est surtout le paysage médiatique aujourd’hui qui a décidé de faire le jeu des puissants en essayant d’expliquer que tout ceux qui. La domination. Ce sont des horribles violents. On n’est pas violent. On aspire à un monde qui fonctionne en harmonie, où les gens vivent dignement. On a jamais, on n’a jamais cru à la violence en politique, précisément l’inverse. Ah mais oui, bien sûr, on dit franchement les choses et on a été élu pour ça aussi par des gens qui sont en colère et qu’ils n’attendent pas de nous qu’on fasse semblant, qu’on est copain copine avec Emmanuel Macron et Yaël Braun-Pivet. On est pas copains, on n’est pas copines, on n’est pas d’accord avec eux et on le dit et on continuera à le dire.
David Dufresne
Alors on va venir sur la destitution, je te le promets. Mais puisqu’on est dans les repères historiques, je ne sais pas comment formuler ma question. Ça tombe mal, vous, vous êtes pour la sixième République et en fait, grâce à vous, on est dans la quatrième.
Manuel Bompard
Grâce à nous.
David Dufresne
Est ce que vous avez gagné les élections ?
Manuel Bompard
Il en est revenu, c’est vrai.
David Dufresne
D’un certain point de vue. Le Monde a publié aujourd’hui une infographie très intéressante sur le nombre de jours sans Premier ministre, et Gabriel Attal explose.
Manuel Bompard
Sur le trottoir de la quatrième.
David Dufresne
Et aujourd’hui, c’est le record de la cinquième République. A l'époque, c'était Raymond Barre, Je crois qu’il détenait et maintenant c’est même la quatrième. Et donc là, vous, vous êtes là, on veut la sixième et en fait on a rétrogradé en quatrième.
Manuel Bompard
Mais on peut voir les choses autrement. C’est assez amusant, c’est qu’on nous a dit pendant des années et des années que la cinquième République, la cinquième République, a été imposée de force, la cinquième République, mais elle a été imposée, en rupture avec la quatrième République. Sur l’argument de la stabilité, en disant qu’on a besoin de la cinquième République parce que la quatrième République est trop instable, que c’est le régime des partis, donc ce sont les partis qui font et défont les majorités, etc. C'était l’argument qui a consisté à essayer d’expliquer pourquoi il ne fallait surtout pas remettre en cause la cinquième République. Seulement l’argument est tombé complètement à l’eau. Et par contre, ce qui n’est pas tombé à l’eau et qui n’existait pas dans la quatrième République, c’est le rôle du président de la République qui est là. On parle de monarchie présidentielle pour parler de la cinquième République, c’est-à -dire qu’il y a en quelque sorte les pouvoirs d’un monarque responsable devant personne, hormis au moment des élections présidentielles. Une fois tous les cinq ans. Il n’y a aucun moyen de dire au président de la République c’est un problème ce que vous faites, hormis la procédure de destitution sur laquelle on reviendra peut être. Donc moi je considère au contraire que s’il y a quelque chose de positif dans la séquence qu’on vit, c’est qu’elle jette les dernières pelletées de terre sur le tombeau de la cinquième République. Tout le monde est en train de se rendre compte du problème de ses institutions qui s’incarnent dans la figure, le rôle, le pouvoir exorbitant du président de la République et que c’est ça qu’il faut balayer si on veut avoir une démocratie qui fonctionne mieux.
David Dufresne
Je suis allé sur le site Macron Destitution point fr puisque je t’ai écouté à BFM et que c'était un peu le message du jour. Allez y, et alors je suis allé voir et. Il n’y a pas écrit LFI, il n’y a pas écrit NFP. Quand on regarde les mentions légales, il y a écrit que le directeur de publication s’appelle Bompard Manuel. Et on va sur le site de l’AFIS cette pétition. Il n’y a pas le nom, mais tu as dit qu’il y avait 100 000 personnes.
Manuel Bompard
On est quasiment à 2000. Je ne sais pas. Il y a des amis dans le champ, quasiment à 200 200. Il y a quelqu’un qui a mis dans le tchat tout à l’heure, Je crois qu’on est à 190 001 peu plus. D’ailleurs, si vous n’avez pas signé, je vous invite à les signer parce que c’est aussi un moyen de pression. Et les manifs ? Il y a les pétitions, il y a les motions de censure, tout ça, ça y contribue. C’est pas mal, mais si on peut en faire 200 000 franchement ça peut le faire.
David Dufresne
Ah le chantage à l’argent. !
Manuel Bompard
Le chantage, mais faites le donner un petit coup de main, ça prend deux minutes. Après on ne s' est pas caché, on n’a pas mis, on ne veut pas de la caméra. Je réponds à la question mais on ne s’est pas caché. Il y a un bouton Mentions légales dans les mentions légales. Il est dit très clairement que c’est la France Insoumise qui a l’initiative de cette pétition. Mais on ne veut pas donner l’impression que si vous signez la pétition pour la destitution, c’est forcément que vous êtes d’accord avec les idées de la France Insoumise, parce que c’est un sujet qui va au-delà de l’accord avec la France Insoumise. Donc nous on a mis cet outil à disposition, on ne s’est jamais caché du fait qu’on était à l’initiative de cette pétition. C’est présent dans les mentions légales. On ne cherche pas à se cacher, on dit aux gens est ce que vous vous laissez vos coordonnées ou vous ne voulez pas les laisser ? Ceux qui ne veulent pas les laisser, n’est ce pas ? Et dans ce cas là, leurs coordonnées ne sont pas utilisées. Franchement, c’est assez transparent comme démarche, mais si on avait mis un gros logo insoumis au milieu, on nous aurait dit récupération. Vous voulez que les gens qui signent pour la destitution soient forcément d’accord avec les insoumis ? Donc on n’a pas mis LFI. C’est une plateforme qu’on met à disposition de tous ceux qui ont envie de s’engager dans la campagne pour la destitution du Président de la République par l’article 68 de la Constitution.
David Dufresne
Si sur les 187 000, la moitié c’est des RN.
Manuel Bompard
D’abord, c’est une bonne question, je suis d’accord. Mais la procédure de destitution, c’est une procédure qui vise, comme son nom l’indique, à destituer le président de la République. Après nous, quand on fait la campagne pour la destitution, on dit pourquoi on veut destituer le président de la République. Nous, par exemple, on va sortir des affiches et les affiches, ça va être pour le SMIC à 1 600 €, Macron, destitution pour la retraite à 60 ans, Macron, destitution pour la sixième République, Macron, destitution pour la reconnaissance de l'état de Palestine, Macron destitution. Ça c’est nous, notre campagne. Après moi je ne vais pas aller empêcher quelqu’un qui de mon point de vue, pour des mauvaises raisons, veut destituer le président de la République de signer la pétition. D’abord, je ne peux pas le détecter, bien sûr, pas à mon sujet. Par contre, dans la campagne publique que nous on fait, on a parlé de. J’ai parlé d’affiches, de tracts, on va faire des, on fait des. Les Insoumis partout font des points de signatures de cet œil, expliquent pourquoi et qu’est ce que nous on veut mettre à la place de Macron, la sixième République en notre pouvoir ? Une autre politique après ça, c’est la démocratie, hein ?
David Dufresne
Et par exemple, sur la sixième République, j’ai été étonné. Est ce que c’est parce qu’on ne te laisse pas le temps dans les sur les plateaux exposés, ça ? Mais que soit Mathilde Panot, que soit toi, soit Aubry, etc. Vous vous parlez assez peu de la sixième République, alors que là, on pourrait dire qu’il y a un instant politique qui serait plutôt favorable à l’idée de dire tout le monde. Ce que tu viens de dire a bien compris que ça patinait et qu’il fallait passer à autre chose.
Manuel Bompard
Parce que tu penses que si je prends la remarque, moi j’essaie d’en parler mais peut être pas suffisamment. Moi je ne dis pas que je suis parfait parfois parce qu’on ne trouve peut être pas les dents sur un plateau télé. Il faut aussi trouver une porte d’entrée pour les, pour, les et pour les sujets, je crois. Par exemple, tu parlais de Bayrou, je crois en avoir parlé dimanche dernier un petit peu, mais c’est vrai qu’on a pas parlé en détail, ça c’est vrai, parce que c’est un sujet sans doute qui intéresse pas beaucoup médiatiquement, mais surtout aussi parce qu’il faut dire la vérité, c’est que la première étape pour passer à la sixième République, c’est de déverrouiller la serrure et la serrure. C’est le président de la République aujourd’hui. Donc la destitution, c’est aussi un chemin vers ça.
David Dufresne
Alors la destitution, si j’ai bien compris, il faut 1/10 des députés, le nouveau Front populaire tel qu’il est aujourd’hui à 1/10 de députés. Il faut une majorité au bureau de l’Assemblée nationale. Oui, vous l’avez.
Manuel Bompard
Oui, le nouveau Front populaire,
David Dufresne
Nouveau Front populaire. Vous n’avez pas la présidence, mais vous l’avez.
Manuel Bompard
Et après, on l’a parce que Gabriel Attal et ses amis sont allés se coucher. Pour la petite histoire, parce que vous n’avez peut-être pas suivi, c'était pendant l'été, c’est quand même intéressant. C'était au lendemain du vote sur la présidence de l’Assemblée nationale. On élit les gens, donc on élit les vices présidents, on élit les questeurs et on élit les secrétaires au bureau de l’Assemblée nationale. Et quand on est arrivé au vote des secrétaires, nous on avait mis des candidats. Les macronistes amis des candidats et les reines avaient mis des candidats dans les reines sont partis. Il ne restait plus que nous les macronistes, normalement, les macronistes avec LR parce qu’ils avaient fait un accord avec LR, devaient être plus nombreux, mais ils ont considéré que c'était pas important. Ils sont partis comme ils sont partis, on a rajouté des candidats, on a mis autant de candidats qu’il y avait de postes et on a tout pris. Et donc comme on a tout pris au bureau de l’Assemblée, c'était aussi une manière de leur rendre la monnaie de la pièce. Parce qu’ils nous ont quand même imposé Yaël Braun-Pivet comme nouvelle présidente de l’Assemblée nationale. On est effectivement majoritaire. Il y a de mémoire 21 membres de l’Assemblée nationale. On a douze personnes du nouveau Front populaire. La première étape, c’est de déposer la motion signée par 1/10 des députés marocains. 1/10 des députés, ça fait 58. Donc même les Insoumis tout seul, on les a. Et on a proposé à tous ceux au Front populaire qui veulent signer avec nous de signer avec nous. Ensuite, il faut effectivement que ça passe la barrière de la recevabilité par le bureau de l’Assemblée. Il est en attente de la convocation du prochain bureau de l’Assemblée. Mais normalement, si tout le nouveau Front populaire et au bureau, on ne dit pas qu’on est d’accord ou pas d’accord avec la destitution, on dit est ce qu’on est d’accord pour dire que le sujet doit être examiné à l’assemblée ? Normalement, ça doit passer. Cette étape. Si ça ne passe pas à cette étape, c’est qu’il y a des gens au sein du nouveau Front populaire, pas seulement se seraient opposés à la destitution, mais se seraient opposés à l’idée qu’on puisse discuter dans l’Assemblée nationale de la procédure de destitution. Ensuite, si ça passe, cette étape, ça va à la commission des lois, à l’Assemblée, à l’Assemblée. Il y a ce qu’on a l’habitude de voir à la télé et c’est les 100 177 députés qui sont ensemble. Et puis après, il y a des moments où on est en commission, chacun est dans une commission, commission des lois, c’est là que ça sera discuté. Et pour que ça vienne dans l’hémicycle, il faut que ça soit voté à la majorité simple, à la commission des lois, là, ça veut dire que le nouveau Front populaire, tout ça n’est pas à majorité absolue. On aura la majorité absolue. Là, la responsabilité, elle appartient aux autres oppositions qui, normalement sont dans l’opposition à Macron, soit de couvrir Macron, soit d’accepter l’idée qu’on puisse avancer une étape de plus dans la procédure de destitution. Si on en est, on franchit cette étape. De plus, on arrive dans l’hémicycle et là il faut la majorité des deux tiers. Or il se trouve que les macronistes disposent de moins d’un tiers des députés. Donc là, à nouveau, la question est posée aux autres oppositions que le nouveau Front populaire de savoir s’il couvre Macron aussi, il accepte d’engager cette procédure de destitution. Si on va au bout du fil, une fois que c’est fait à l’Assemblée, il faut le même processus au Sénat. Heureusement, je ne suis pas en train de dire que ce soit facile.
David Dufresne
Non, non, bien sûr.
Manuel Bompard
Mais le raisonnement, c’est que si les oppositions à l’Assemblée ont basculé et qu’il y a donc les deux tiers qui ont voté à l’Assemblée, ça veut dire que les élèves ont basculé. Si les élèves ont basculé à l’Assemblée et LR au Sénat et dispose de la majorité à la fois. C’est possible d’avoir le même processus au Sénat ? Bien sûr que tout ça nécessite. Et peut être qu’ils le feront pas, mais s’ils le font pas, ça fera aussi une clarification politique.
David Dufresne
Mais est ce que tu dans ton raisonnement toute logique qui soit, tu n’oublies pas, tu mets, tu n'écarte pas le côté très conservateur d’une partie des sénateurs et des députés, qu’ils soient de gauche ou de droite. Et que la destitution, c’est à la fois Macron la personne, mais c’est aussi le président de la République et que donc ça pourrait faire peur à tous.
Manuel Bompard
Un tas de cibles
David Dufresne
Sans même parler de pour ou contre la politique.
Manuel Bompard
C’est pour ça qu’il faut deux choses à répondre à ça. Premièrement, c’est pour ça qu’il faut monter la mobilisation populaire. Je veux dire le député LR, il a peut être pas envie de voter la motion de destitution, mais si le député LR, dans sa circonscription, alors qu’il a fait 8000 voix à la dernière élection législative, il se rend compte qu’il y a 10000 personnes qui ont signé Parce qu’il paraît que les sondages disent que 50 % des gens sont pour la destitution de Macron. Si dans chaque circonscription, il y a 50 pour 100 des électeurs qui ont voté le député LR, il y réfléchira à deux fois avant de s’y opposer. C’est la première chose. Il faut monter la pression. Les manifs, les pétitions, ça sert à ça. S’il ne le fait pas bien, s’il ne le fait pas, ça clarifie politiquement la situation. Donc peut être que dans ce cas là, on ne peut pas destituer, mais au moins les gens voient qui s’y opposait et qui s’est posé en conservateur du système et qui a accepté de le changer. Donc dans tous les cas, tu gagnes quelque chose, soit parce que t’arrives à temps, soit parce que t’as clarifié le champ politique. Et chaque étape du processus que je viens de décrire comme hémicycle clarifie le champ politique d’un certain point de vue. Donc, qu’est ce qu’il y a à perdre à mener la bataille ? Il y a des gens qui me disent que vous ne devriez pas annoncer beaucoup la destitution parce que ce n’est pas possible de gagner. D’accord, mais si vous faites dans la vie que les choses que vous êtes sûr de gagner.
David Dufresne
Cette étude, la Jennifer Lopez, elle a l’habitude des formats d’une heure. Là, ça fait si on dépasse 1 h. Donc tu redis attention.
Manuel Bompard
Ouais, mais ça reste vrai, non ?
David Dufresne
Grainville sur Twitter nous dit ainsi que LFI veut rallier plus largement, c’est la démission de Macron qu’il faudrait réclamer et non pas la procédure de destitution qui n’ayant aucune chance d’aboutir.
Manuel Bompard
À qui ? À moi.
David Dufresne
À toi, à toi et LFI
Manuel Bompard
Je reviendrai sur ça. Mais d’abord très bien. Moi je peux dire ma grande démission et après il va me dire non. Et qu’est ce que ça a changé de la situation ? Ah forcément. Et lui imposer puisque si vous attendez que Macron démissionne. En quoi il démissionnerait. Et donc la destitution, c’est une manière d’augmenter le rapport de force sur lui. Peut-être que la destitution, elle, ne produit peut-être pas à la fin. Le fait qu’elle, elle aboutit, abouti, mais peut être qu’elle peut produire un rapport de force. Ce qui fait que Macron se retrouve tellement dans une impasse qu’il décide de partir par lui-même. C’est possible, ça y contribue aussi. Mais j’avoue, je ne vois pas en quoi demander la démission plutôt que la destitution donne plus de chances d’y aboutir. Je ne suis pas convaincu par cela. J’ai à ouvrir, élargir le socle électoral de la gauche, bien sûr, mais là où on a peut être débat entre nous, je me rappelle plus le nom de la personne qui me posait la question dans mon avis, c’est dans quelle direction faut-il travailler pour élargir ce socle électoral ? Moi, je considère que la France insoumise, on a plutôt, ces derniers mois, dernières années, contribué à cet élargissement et je pourrais y revenir s’il y a des questions sur ce sujet.
David Dufresne
J’ai promis à Didier Boucher qui a commenté ton annonce puisque ta community manager ou toi-même, En tout cas, tu annonçais ta venue et je lui ai promis de poser la question Qui ? Et pas une question piège. Où en est exactement la procédure de destitution ? Te demande Didier. Pouvez-vous nous en donner le calendrier, s’il vous plaît ? Les Français sont directement concernés. Nous voudrions y participer d’une manière ou d’une autre, fût-elle par l’information sur son bon déroulement.
Manuel Bompard
Alors c’est très simple. Il y a avant nos universités d'été, une tribune dans laquelle nous avions dit : Si le Président de la République ne nomme pas Lucie Castets, nous engagerons la procédure de destitution. Le Président de la République a décidé il y a dix jours, d'écarter la possibilité de nommer Lucie Castets. Nous sommes passés à la vitesse supérieure samedi dernier, m’a t il. Panneau, qui est président du groupe parlementaire insoumis, a envoyé à Jaurès le panneau envoyé à tous les députés. Le texte de la motion qu’il faut déposer à l’Assemblée nationale pour leur proposer la signature. Et on a annoncé tout à l’heure, à 13h, que ça y est, nous avons fait le dépôt de la procédure de destitution.
David Dufresne
C’est-à -dire ?
Manuel Bompard
C’est-à -dire que nous sommes allés dans les services de l’Assemblée nationale et nous avons déposé un texte signé par plus de 58 députés qui engage.
David Dufresne
Le fameux indice.
Manuel Bompard
Voilà qui engage la procédure. Les prochaines étapes. Et le calendrier ne dépend pas que de moi. Mais comme je le disais tout à l’heure, la première étape, c’est qu’ensuite cette procédure sera examinée au bureau de l’Assemblée nationale. Il appartient à la présidente de l’Assemblée nationale de convoquer le prochain bureau de l’Assemblée nationale. Initialement, il était question de la date du 11 septembre pour tenir ce premier bureau de l’Assemblée nationale. Il semble, selon les bruits de couloir qu’on a, et peut être est ce une conséquence du dépôt de notre texte que la président de l’Assemblée nationale voudrait finalement convoquer le bureau plus tard. Mais la première étape, c’est qu’il faut que ce bureau ait été convoqué une fois que le bureau a été convoqué. Si la majorité simple, le bureau valide cette procédure, ça doit aller en commission des lois. Et là, il appartient au bureau de la commission des lois de déterminer l’ordre du jour de la commission des lois. Les réunions de commissions, généralement, c’est le mercredi matin. Chaque semaine, à partir du moment où on a repris les travaux de l’Assemblée, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.
David Dufresne
Voilà.
Manuel Bompard
Normalement, c’est censé reprendre début octobre. Ce qui pose un autre sujet. On en parlera peut être aussi, mais il y a beaucoup de sujets dont on pourrait parler. On en parlera peut être.
David Dufresne
Ou bien revenir.
Manuel Bompard
En gros, on pourrait dire que ce serait quand même bien qu’on siège maintenant. Mais. Et c’est qu’en octobre et à ce moment là, il y aura un mercredi matin dans lequel ce sera inscrit à l’ordre du jour d’une commission. Et après c’est les différentes étapes, c’est l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Mais bien sûr, on vous informera des différentes.
David Dufresne
Laurent Mignot te demande Est ce que le pardon ? Est ce que le vote de la destitution dans les deux chambres est un scrutin public ?
Manuel Bompard
Très bonne question auquel je n’ai pas la réponse. Je ne veux pas dire de bêtises
David Dufresne
Arrakis, je te demande si la présidente refuse de convoquer le Bureau.
Manuel Bompard
. Ah, c’est une très bonne question C’est une très bonne question. Si elle refuse, c’est un gros problème. Mais si elle refuse en vérité. Théoriquement, c’est la seule qui peut convoquer le bureau.
David Dufresne
Mais il faudrait la destituer d’abord.
Manuel Bompard
Sauf qu’i n’y a aucun moyen de destituer la présidente de l’Assemblée nationale. Non mais ça c’est tous les problèmes de nos institutions et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Donc elle peut gagner, jouer un peu la montre. Le problème c’est que si elle refuse de convoquer le bureau, c’est tout le fonctionnement de l’Assemblée nationale qui est paralysé. Donc on a la majorité. Si elle refuse, on peut faire signer un texte majoritaire des membres du bureau qui demande la convocation. Mais formellement, à ma connaissance, c’est le président de la présidente de l’Assemblée nationale qui peut convoquer ce bureau.
David Dufresne
Mehdi nous dit Il est compliqué ce jeu de société.
Manuel Bompard
Il est compliqué, mais en fait, c’est une des choses comme ça. Juste pour l’anecdote, mais qui m’a un peu frappé quand je suis arrivé à l’Assemblée nationale, c’est que moi j’avais une vision assez formelle des choses en me disant bon, il y a des règles, il faut qu’il y a un règlement. Et puis, si le règlement faisait ce que tout le monde se dit, si le règlement n’est pas respecté, eh bien il y a des moyens de recours pour. Et en fait, il y en a aucun. Si le règlement de l’Assemblée nationale n’est pas respecté, vous n’avez aucun moyen de recours. Tout est dans. Le règlement de l’Assemblée nationale ne tient que sur le fait qu’une majorité de députés soutiennent les décisions qui sont prises. Donc, si une majorité de députés décide de violer le règlement de l’Assemblée nationale, vous n’avez aucun moyen de recours. C’est ce qui m’a choqué. Le Conseil constitutionnel, quand vous le saisissez, on la fait. Sur la question des ministres démissionnaires, ça réagit à une question qui est posée dans le tchat. J’ai dit non, non, je ne suis pas compétent pour l’organisation et vote à l’Assemblée nationale. Donc en fait, on l’avait.
David Dufresne
C’est à dire que là où le droit savant, c’est une zone de non-droit.
Manuel Bompard
Tout à fait de non-droit, de dire qu’en fait. Mais, mais, mais c’est important de l’avoir en tête parce que c’est assez stupéfiant quand vous regardez les choses. C’est-à -dire que demain vous avez une majorité fasciste à l’Assemblée nationale.
David Dufresne
Eh oui, elle fait ce qu’elle veut du règlement de l’Assemblée nationale.
Manuel Bompard
. Elle peut décider parce qu’elle a la majorité au bureau, que Manuel Bompard. Il est venu avec une chemise un peu froissée parce qu’elle n'était pas suffisamment bien repassée. Et donc, à partir de ce moment-là, il doit être exclu pendant un mois de l’Assemblée nationale. C’est scandaleux. Mais la majorité des députés de l’Assemblée ont voté pour mon exclusion. Donc je ne peux pas siéger pendant un mois. Je vous laisse réfléchir à ce que ça peut vouloir dire et ce que ce à quoi ça peut conduire dans l’hypothèse où une majorité de fascistes débarque à l’Assemblée nationale.
David Dufresne
Précisément, il y a la cigale et la cigale. Gaby qui te demande est ce qu’il est possible que le RN voit une opportunité pour accéder à la présidence au travers de la destitution ?
Manuel Bompard
Par définition et si c’est possible dans le sens où je vais dire le RN et sa volonté, c’est de conquérir le pouvoir. Donc il voit dans chacune des élections la possibilité d’essayer de gagner.
David Dufresne
Là, on a vu que le RN, depuis cet après 12 h, avait annoncé qu’il allait censurer tout, tous les noms qui circulent.
Manuel Bompard
, Bertrand Cazeneuve et Baudet après avoir dit et maintenant ils disent qu’ils sont pour un gouvernement technique. Après avoir dit il y a une semaine Marine Le Pen par gouvernement technique, ça n’existait pas, ça n’avait pas de sens. Donc ils ne sont pas très, très clairs. Ce n’est pas nouveau. On a vu dans les élections législatives qu’ils disent des choses et une semaine plus tard, ils disent et disent euh, mais oui, bien sûr que le Rassemblement national voit dans une élection présidentielle. Oui, mais qu’est ce que vous voulez faire ? Vous voulez donc attendre la fin du mandat ? Parce que vous vous dites que si vous destituer le président de la République est un risque que l’extrême droite s’empare du pouvoir ? Par définition, quand vous rentrez dans une élection, vous pouvez la gagner et puis vous pouvez aussi la perdre. Mais si vous voulez avoir une garantie de ne pas la perdre, alors il ne faut pas faire d'élections. Ça s’appelle une dictature.
David Dufresne
Alors je ne sais pas si votre collaboratrice peut vous confirmer. Est ce que vous avez l’information concernant Édouard Philippe ou pas ? Vous confirmez ?
Manuel Bompard
Voilà le sens du timing.
David Dufresne
Monsieur, Monsieur Bompard. Édouard Philippe a attendu ta présence au poste pour te demander une réaction. Je ne te demande pas de réaction
Manuel Bompard
Toujours une réaction, mais pas sur Édouard Philippe. Je m’en fous, mais je suppose que ça dit quand même le fait.
David Dufresne
C’est à dire que là on est en train de dire on va chez Macron.
Manuel Bompard
Le fait qu’il le fasse à ce moment là. Ça dit quand même l'état de fracturation et de dégénérescence dans lequel est la Macronie ne dit rien à Macron qui est en train de s’empêtrer dans un blocage et dans une impasse qui n’arrive pas à sortir un gouvernement. Et de l’autre côté, il y avait celui qui était son premier ministre la dernière fois et qui est censé être son allié, qui lui du moins. Je m’en fous de tes problèmes. Moi je suis candidat pour prendre ta place la prochaine fois. Ah, ça dit quand même des choses sur le niveau puisque souvent la presse cherche les divisions du nouveau Front Populaire. Alors là, les divisions de la Macronie, je crois qu’elles sont assez béantes. Non, pas d’accord.
David Dufresne
C’est de l’or, C’est mon stop, non ? Oui, c’est le stop. C’est le stop des chaînes d’info en continu où on se dit stop et j’arrête les réflexes.
David Dufresne
Comme ça il prend l’extrait puis c’est bon, tu peux, tu peux détailler.
Manuel Bompard
Non mais voilà, je pense qu’on voit bien, il y a Attal qui a son propre agenda. Il y a Édouard Philippe qui a son propre agenda, il y a Bayrou qui se dit qu’il a peut être une petite opportunité pour devenir premier ministre. Il y a Élisabeth Borne qui veut devenir chef du parti macroniste. Il y a Attali qui est devenu chef du groupe macroniste. On voit bien que chacun essaie de jouer sa propre partition personnelle. Et c’est vrai que Macron ne pouvant théoriquement pas se représenter pour l'élection présidentielle, ce qui est un peu la clef de voûte qui tenait tout le monde uni n'étant plus là, on va assister à tout ça. C’est des mercenaires, donc ils vont se battre les uns par rapport aux autres. On ne peut pas dire que le bloc macroniste soit en très grande forme, tout simplement.
David Dufresne
Bon alors il y a des noms qui circulent de votre camp de gens qui ont accepté le. J’ai eu le coup de fil.
Manuel Bompard
J’ai vu.
David Dufresne
C’est celui que tu avais en tête.
Manuel Bompard
Non, non, mais ça je le savais.
David Dufresne
Donc là on parle de ton arrivée.
Manuel Bompard
En fait, à partir du moment où le Parti socialiste a décidé d’y aller et d’un certain point de vue, par là même, de ne pas tenir la position qu’on avait tenu collectivement il y a une semaine, je ne suis pas très surpris derrière qu’il y en ait d’autres qui se disent bah si le PS le fait, on va le faire aussi. Écoutez, franchement, moi après, je n’ai pas comme intention de servir. Je parle franchement là aussi, c’est comme tout à l’heure sur la manif du sept, je pourrai dire c’est abusé etc. Mais je vois bien que tout l’agenda de Macron depuis dix jours, c’est d’essayer de trouver les prétextes pour fracturer le nouveau Front populaire. Et je ne vais pas, moi, s’engouffrer là dedans pour donner à Macron une manière de dérouler son agenda. Donc moi, je forme le vœu que l’ensemble du nouveau Front populaire reste uni sur la position qui est la sienne. C’est-à -dire c’est Lucie qui a cité notre candidate pour un gouvernement du nouveau Front populaire. Il y en a pas d’autre et ça sert à rien d’aller discuter avec Macron d’autre chose que des modalités d’une cohabitation entre lui et Lucie. Point à la ligne. Donc Cazeneuve, il n’en est pas question et tout autre candidat que lui si casse tête, il n’en est pas question. C’est la position qui est la mienne. Et jusqu'à peu en tout cas, c'était la position commune du nouveau Front populaire et j’espère qu’elle ne changera pas l’article seize.
David Dufresne
Ça revient tous les jours les 50 messages dans le chat. Je vais en profiter pour régler la caméra. Je suis désolé parce que comme tu t’approches plus, tu bouges. Donc je vais mettre ça en automatique. Emmanuel Bon bref, l’article seize donc les pleins pouvoirs, certains disent ça sent l’article seize, Est ce que c’est possible une chose pareille ?
Manuel Bompard
C’est un peu celui-là. C’est un peu comme le débat tout à l’heure sur le formalisme du règlement de l’Assemblée nationale. C’est un article qui existe dans la Constitution. Il y a très peu de contre pouvoirs pour empêcher son utilisation. Il y aurait comment ? Si le président de la République utilise l’article seize de mémoire, c’est au bout de 50 jours qu’il est possible de saisir le Conseil constitutionnel pour savoir si l’article seize correspondait aux caractéristiques prévues par la Constitution. Donc il y a très peu de contre pouvoirs. Donc là aussi je réponds de la même manière. Mais c’est quand je dis qu’il faut créer les conditions d’un rapport de force avec Macron, les manifs, les pétitions, c’est aussi une manière de dire qu’on ne se laissera pas faire. Parce que si vous donnez l’impression que vous vous laissez faire, qu’on vous fasse le résultat des élections. Macron, c’est aussi quelqu’un qui teste le rapport de force avec le pays, avec la société. S’il a l’impression que quand il usurpe, quand il va trop loin, quand il bafoue la constitution, il y a une réaction du pays Ah il pourra pas aller trop loin, mais s’il a l’impression qu’il peut dérouler, croyez pas qu’il va s’arrêter comme ça. Qu’est ce qu’il en a à faire ? Il a déjà fait la démonstration à de multiples reprises que globalement, son objectif c’est pas de rester dans l’histoire comme le président qui a le plus respecter la constitution comme en affaires.
David Dufresne
Comment vous faites les cadres de LFI pour vous informer ? Est ce que vous avez une boucle par exemple particulière qui serait factuelle ? Machin vient de dire ça, Bidule a dit ça.
Manuel Bompard
La débauche de veille par formation politique.
David Dufresne
Ma formation politique.
Manuel Bompard
Oui, et puis après on a une boucle de veille d’actualité globale et souvent des boucles.
David Dufresne
Ah oui, tu bouges.
Manuel Bompard
La part du bouzin.
David Dufresne
. Non mais ça va,
Manuel Bompard
Mais c’est une boucle. Il y a des boucles dans lesquelles on a des enfants, des collaborateurs qui dès qu’il y a une information, se la partage pour que tout aille bien informés. Donc paye. Macron veillait, LR veillait à la reine. Et puis on a toutes les infos qui permettent forcément, si vous ne voulez pas faire trop d’erreurs, il faut être bien informé. Ça c’est une base.
David Dufresne
Est ce que Mélenchon, qui est d’une autre génération ? Lui a parlé de ça avec lui et cette espèce d’accélération de la vie en général et de la vie politique, de ce travail de veille qui se faisait de manière quotidienne avec les journaux du soir et du matin. Puis ça s’arrêta là. Aujourd’hui, c’est minute par minute. Est ce que ça, ce n’est pas un truc complètement étouffant et handicapant pour des gens qui veulent changer la société ? D'être constamment en train de courir ?
Manuel Bompard
Alors d’abord, je ne sais pas pourquoi. C’est important de le dire, ça participe de la discussion. C’est vrai que Mélenchon est d’une autre génération, mais paradoxalement, c’est quelqu’un qui est très alerte sur les nouvelles technologies. Peut être, mais l’un n’empêche pas l’autre.
David Dufresne
J’avais dit que tu ferais passer le message
Manuel Bompard
Je le referais passer après. Moi je suis moi bien sûr. Mais ce que je veux dire par là, c’est que c’est quelqu’un qui n’est pas du tout réticent aux réseaux sociaux.
David Dufresne
Ça, on a un goût pour les téléphones, c’est important de le dire. Non mais je parlais de Mélenchon, mais là ce n’était pas la personne, je voulais dire voilà, il a connu son époque et notre temps.
Manuel Bompard
Oui mais justement par ailleurs aussi, là j’en parle deux minutes. Il a aussi écrit et de ce point de vue là, c’est intéressant, On n’est pas d’accord sur tout, mais il paraît assez porté sur le rapport au temps était dans le dernier bouquin de Mélenchon, mais il y a tout un chapitre sur le temps qui me paraît intéressant du point de vue de la question. Ok, maintenant cette accélération, le règne des réseaux sociaux, des chaînes d’information, moi je pense, c’est comme toutes les évolutions, ça, ça a l’art et l’intelligence artificielle, c’est pareil, ça recèle et ça contient des risques, des dangers. Remise en cause de nos libertés, mise à distance des débats de fond, de l’instantanéité qui domine tout, de la politique du fait divers. Oui, mais ça recèle aussi et ça produit aussi des opportunités. Pardon, mais le fait de disposer par exemple de réseaux aujourd’hui qui vous permettent immédiatement d'être informés, d’en former, de pouvoir disposer de moyens. Maintenant, moi, la France insoumise, on fait une fois par mois, on fait des réunions avec l’ensemble des animateurs des groupes locaux de la France insoumise, on fait une visio un soir, il y a 1000 personnes qui se connectent pour 1500.
David Dufresne
Il y a bien un ou deux journalistes de Mediapart.
Manuel Bompard
Non, je ne crois pas. Si on n’a rien à cacher. Mais pardon, mais avant et il y a quinze ans et à 20 ans, pourquoi on faisait des congrès dans les partis politiques ? C'était le moment dans l’année où tout le monde se déplaçait. Non, j’y allais. Donc je vais dire que ça offre aussi des opportunités.
David Dufresne
Je me permets de te dire ça, tu vas comprendre pourquoi il me semble. Pour avoir lu quelques papiers lors de votre rencontre avec Macron. Ils vous ont donné des exemples étrangers en disant Mais attendez, ça ne va pas forcément si vite Et je crois que vous avez donné l’exemple allemand que vous auriez contre balancer dans le tchat. Il y a beaucoup de belges. On peut dire que pendant deux ans il n’y a pas eu de gouvernement en Belgique et donc c’est à front renversé. Ma question finalement est ce que Macron pourrait pas aussi dire bah finalement il n’y a pas d’urgence absolue à tout de suite nommé sous prétexte que c’est les us et coutumes.
Manuel Bompard
D’abord dans les exemples, la discussion qu’on a eu sur les exemples étrangers, c’est que Macron dans la discussion, on me dit mais regardez en Allemagne, il faut aller constituer des coalitions, on est très bien, mais en Allemagne, ce qui se passe, c’est qu’on confie au parti arrivé en tête. Le rôle d’aller chercher de construire des coalitions parlementaires sur BFM dimanche avec Bruno Jeudy qui dit Oui, mais en Espagne, la droite est arrivée deuxième et c’est elle qui gouverne. Précisément, qu’est ce qui s’est passé en Espagne après les. La gauche est arrivée deuxième et c’est les leaders gouvernent. Qu’est ce qui s’est passé en Espagne précisément lors de cette élection ? Le roi, c’est le roi. Monarchie en Espagne dit à la droite Maintenant, c’est à vous d’aller. Il y a un vote d’investiture en Espagne. Vous devez gagner ce vote d’investiture. Donc c’est à vous que je confie la responsabilité de construire la coalition, la majorité qui vous permet de gagner ce vote d’investiture. La droite échoue. Ensuite, c’est le deuxième qui passe ou je dis à Macron sur l’Allemagne, sur l’Espagne, vous devez faire pareil. D’abord, vous laissez les premiers tenter leur chance, mais après s’il n’arrive pas, pas de problème, passez au deuxième. Donc ça c’est juste pour reprendre la question. Après oui, il y a des exemples internationaux. La Belgique en fait partie, dans lequel on n’a pas été pendant de nombreux mois et parfois de nombreuses années sans son gouvernement. Bon, moi je ne pense pas que ce soit satisfaisant d’un point de vue démocratique de considérer par exemple très concrètement. Prenons un exemple, c’est la rentrée scolaire. Il y a une réforme sur le choc des savoirs qui a été mise en place par l’ancien gouvernement. Il y a eu des élections. Ceux qui ont gagné sont ceux qui sont contre cette réforme. Et pourtant cette réforme va s’appliquer. C’est quand même un problème. Il ne faut pas organiser d' élections. Il y a une majorité des gens qui ont voté pour des députés pour l’abrogation de la réforme des retraites et cette réforme va continuer à être en vigueur. Donc, ce n’est pas possible. Si c’est un gouvernement démissionnaire, ça permet de maintenir la politique qui a été mise en place avant. Bien sûr, normalement, c’est censé être les affaires courantes. Tout le monde sait que ce gouvernement ne fait pas que les affaires courantes. Quand vous commencez à cadrer le budget, envoyer lettre de cadrage au ministère, on va mettre le même budget que celui d’avant, c’est un budget dans lequel on va faire encore des coupes encore plus importantes. Quand vous signez des décrets à tour de bras, ça, ça ne s’appelle pas gérer les affaires courantes. Il y a un exemple en Belgique. Je ne sais pas si ils l’ont fait depuis hier, mais peut être qu’il y a des gens dans le chat qui nous le diront et on va construire la Commission européenne là bas au niveau européen, ils vont installer la Commission européenne. Chaque pays doit transmettre son candidat à la Commission européenne en Belgique. Jusqu'à hier, peut-être qu’ils l’ont fait depuis jusqu'à hier en Belgique, ils ont dit on n’a pas de gouvernement, donc on n’a pas transmis de candidat en France. Fin juillet, avant même les vacances, Macron, il a dit ou un autre candidat, c’est Thierry Breton. D’où pourquoi ? Qui a décidé ça et pas Thierry Breton ? Et la formation politique de Thierry Breton qui a gagné les élections ? Donc même vis à vis de la Belgique par exemple, peut être qu’ils n’ont pas de gouvernement, mais au moins ils se comportent un peu différemment qu’Emmanuel Macron.
David Dufresne
Est ce que tu penses que la dévalorisation de la politique sert plus la droite que la gauche ?
Manuel Bompard
La dévalorisation ?
David Dufresne
Est ce que tu viens de dire par exemple que des gens peuvent très bien te dire ben écoute, regarde Macron et décide d’envoyer Thierry Breton alors que les Belges ont l’honnêteté de ne pas envoyer de candidats.
Manuel Bompard
Bien sûr que ça sert plutôt la droite ou la gauche. Plutôt la droite. Et pourquoi ? Mais très simplement parce qu’il est humain et c’est une règle de base. Seul le capitalisme ne peut assurer sa domination. C’est un système économique qui profite à une minorité de la population vieillit et pour assurer sa domination, il doit d’abord fracturer le peuple pour faire en sorte que malgré sa position de minorité dans la société, il n’y a pas une majorité qui conteste ce projet. Ça, c’est la première chose. Et puis surtout, il doit faire en sorte qu’une majorité des gens n’aillent pas voter. Parce que si une majorité des gens ne votent pas ou ne s’intéressent pas à l'élection, alors malgré le fait qu’ils sont minoritaires, ils peuvent quand même gagner les élections de base. Donc à partir de ce moment-là, dégoûté de la politique et les catégories populaires, les laissés à distance du champ politique virent l’abstention. Ça ne leur fait pas peur à eux, ça les arrange. Pourquoi ne font jamais de campagnes d’inscription sur les listes électorales ? Ce n’est pas parce qu’ils vont faire, c’est parce qu’ils n’ont aucun intérêt à le faire que quand les gens s’inscrivent. Et quand on va voter dans les quartiers populaires, quand on va voter chez les jeunes, ben on ne vote pas pour ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui. Donc le dégoût vis-à -vis de la politique, produit de l’abstention qui produit du repli sur soi, assure la domination de ceux qui dominent aujourd’hui. Moi, personnellement, ça me paraît être une évidence. Je sais que certains pensent que les élections ont sans doute lieu parmi les gens ici, rien qu’on ne peut pas changer et que ok, mais pour l’instant il faut faire la démonstration inverse. Ce que je sais, c’est que quand il y a une puissante mobilisation de la société dans son ensemble, ça permet de transformer la société. Donc moi, il me semble que c’est évident que le dégoût assure la domination de la droite, du capitalisme, des grands bourgeois qui dirigent ce pays.
David Dufresne
Alors Lucas, qui a rejoint l'équipe dans le chat, nous dit que c’est Hadja Lahbib qui est candidate belge. Ça a été annoncé hier.
Manuel Bompard
Ils l’ont annoncé hier, jusqu'à hier ils l’avaient pas annoncé parce que je crois que la date limite c'était le 1ᵉʳ septembre. Mais merci pour l’information.
Manuel Bompard
On est plus intelligent à plusieurs.
David Dufresne
Cas qui a rejoint. Il y a une question qui a été je pense déjà comment dirais je remonté par Pauline ? Je la pose moi, parce que je ne sais pas où Pourquoi lui cassé ? Elle n’a pas annoncé son gouvernement par exemple.
Manuel Bompard
Poser une question qu’on s’est posée, y compris avec elle.
David Dufresne
Euh non.
Manuel Bompard
Non mais en fait, c’est la question qu’on s’est posée. C’est est ce qu’il fallait annoncer d’accord ou pas ? Ou est-ce qu’il fallait attendre la nomination pour le constituer et l’annoncer ? On a plutôt décidé de ne pas l’annoncer avant, parce que le bras de fer, il est sur la nomination de Lucy. Si vous commencez à égrener une composition gouvernementale dans un trait, ça a été ça le raisonnement et on peut le contester. Vous allez donner à vos adversaires ceux qui ne veulent pas la nommer, vous allez leur donner plein d’autres prétextes pour aller chercher telle personne ministre, on va aller chercher si dans sa vie, une fois, il n’a pas eu, par exemple, il a passé un feu rouge. Ah bah non, ce n’est pas possible, Vous voyez, si vous nommez Lucie, vous allez avoir un délinquant routier qui va. Vous voyez ce que je vais dire ? C’est à dire vous donnez, vous augmentez la surface comme ça, un rapport de force, vous augmentez la surface de polémique possible contre votre gouvernement. On s’est dit "On a une clé de voûte, elle est solide. Le bras de fer, il est entre Macron et nous. Sur le fait de la nommer, elle ne leur donne pas la possibilité, on va dire. Il y a des ministres insoumis quoi, Vous allez mettre un ministre insoumis dans tel ministère, mais c’est impossible, etc. C'était en tout cas dans notre vision, plutôt une manière d’affaiblir, d’un point de vue de la bataille de communication de la bataille médiatique, la candidature de Lucie Cassez plutôt que de la renforcer.
David Dufresne
A propos de bataille médiatique, j’imagine que tu as lu ou qu’il devait y avoir une veille média aussi dans notre boucle, l'édito cinglant du Monde aujourd’hui.
Manuel Bompard
Françoise Fressoz Incroyable.
David Dufresne
Qui vous accuse d’avoir perdu du temps. Et c’est de votre faute si on est là où on en est.
Manuel Bompard
Globalement, c’est toujours de notre faute.
David Dufresne
Et selon le monde. Voilà, voilà. Mais néanmoins, qu’est ce que tu réponds à ça ? En gros, pour résumer, ce qu’elle dit, c’est que vous vous êtes fait voler la présidence. Vous n’avez pas réussi à avoir la présidence de l’Assemblée nationale ? Tu as très bien expliqué en quoi c’est un verrou absolument incroyable, une position de pouvoir exceptionnelle que vous avez mis du temps. Vous avez été très rapide. Elle reconnaît que vous avez été très rapide pour faire l’Union, mais que vous avez mis du temps pour vous mettre d’accord sur le premier nom et que finalement, si on est dans la mouise, c’est de votre faute.
Manuel Bompard
D’abord, je veux dire, je suis, j’ai écouté, j’ai vu, j’ai lu cet article, j’ai écouté aussi. J’ai trouvé formidable aussi l'édito ce matin de comment il s’appelle Matthieu Croissandeau Extraordinaire choc.
David Dufresne
Attention, nous venons d’apprendre que Lucie Castets n’a jamais grillé un feu rouge.
Manuel Bompard
C’est moi, j’ai compris. Honnêtement, j’ai une certaine admiration de leur capacité à ces gens là à trouver tous les arguments possibles pour essayer d’expliquer que c’est jamais de la faute du président de la République collé, jamais de la faute de Macron et mais ils sont forts quoi, Ils y croient en plus ? Non vraiment, je trouve ça assez. Assez stupéfiant. Alors qui sincèrement peut penser aujourd’hui en France que si au lieu de nommer Lucie Castets une fois on a mis douze jours, si au lieu de peut être quinze jours, si au lieu de nommer Lucie Castets, au bout de quinze jours, on l’avait nommé au bout de quatre jours, Qui pense sincèrement que Macron était en train d’attendre et dire : je n’attendais que ça. J’attendais que vous soyez enfin nommé. Franchement, ça ne tient pas la route. Et donc, madame Françoise Fressoz du Monde, plutôt que de se poser la question et de se demander pourquoi au bout de 50 jours, Macron n’a pas été capable de nommer la première ministre issue du bloc le plus important, Elle essaie d’expliquer et d’arriver à essayer de nous faire croire que la responsabilité, elle viendrait nous, parce qu’on l’a pas nommée au bout de quatre jours mais au bout de quinze jours. Pardon. Oui, j’assume de dire que quand vous allez confier à une personne la responsabilité de constituer un gouvernement et de diriger les affaires du pays, bah ouais, vous le faites pas en deux jours, pardon. Et notamment quand vous êtes dans une coalition, que dans cette coalition, il y a aussi des rapports de force et que ça ne peut pas être quelqu’un de la coalition puisque c’est au bout d’un moment ce qu’on a constaté, puisque personne ne voulait des autres. On l’a constaté à un moment. Donc à partir de là, vous êtes obligés d’aller chercher dans des profils qui sont peut être des profils moins identifiés politiquement et avec moins d’expérience politique. C’est normal de prendre un peu de temps pour être sûrs que ce sont des profils.
David Dufresne
Je n’ai pas les moyens.
Manuel Bompard
je n’ai pas été déçu par Lucie Castets
David Dufresne
Je n’ai pas les moyens techniques de vérifier, mais le tchat dit non quand même.
Manuel Bompard
Trois semaines de mémoire. Alors on va refaire le calcul. L'élection a eu lieu dimanche soir et je pense qu’on l’a faite le mardi. Donc le vrai chiffre, ça doit être exactement seize jours puisque sept plus sept ça fait quatorze, plus de ça fait seize.
David Dufresne
Comme à BFM. Je. Je rappelle à tout le monde que vous êtes mathématicien au tchat.
Manuel Bompard
Pour le fact-checking, c'était seize jours et j’ai dit treize. J’ai un peu exagéré mes seize jours. Ok, je ne pense pas que ça change radicalement les choses. En tout cas, le président de la République ne s'était pas prononcé et il avait tout à fait la possibilité avant l'été de nommer Lucie Castets.
David Dufresne
Donc je pense que le tchat va être très précis
Manuel Bompard
J’ai refait le calcul, mais vous pouvez le vérifier.
David Dufresne
Dans mon souvenir, c'était le 23
Manuel Bompard
Le 23 et l'élection elle a eu lieu le 7 juillet je crois, donc ça doit faire seize jours. Ça fait trois mois maintenant.
David Dufresne
Moi je ne suis pas matheux,
Manuel Bompard
Le tchat me donne raison. Je crains le côté bon, m’a t on dit, le compte est bon.
David Dufresne
. Très bien, ça, ça se transforme en chiffres et en lettres ici. Bon, Lucie Castille, comment elle est arrivée ? C’est le PS qui vous l’a proposé je crois ?
Manuel Bompard
Euh. On en a discuté sur un certain nombre de noms. Et puis après chacun avait des avec des noms qu’il avait identifiés. Et puis il y a eu plusieurs propositions qui ont été faites. Nous, depuis le début, on a dit le sujet pour nous, ce n’est pas l'étiquette de la personne de ce qu’elle propose, c’est sa fidélité au programme du nouveau Front populaire et sa capacité à le défendre, à tenir bon et à ne pas se laisser impressionner. Donc il y a plusieurs histoires. Certains disent que c’est le Parti socialiste qui l’a proposé formellement dans la discussion. Ce n’est pas faux qu'à un moment ils ont donné son nom. D’autres disent, comme sur le tchat, que d’autres ont pris des insoumis l’avait suggéré avant retweeter sur les réseaux sociaux. C’est vrai aussi à la vérité, un peu entre tout ça.
David Dufresne
Qu’est ce qui ? Qu’est ce qu’il pourrait devenir ? Non, non, on ne fait pas de politique, on laisse tomber. En revanche, que se passera-t-il quand même ? C’est une question de logique. 27 Que se passera-t -il si il n’y a toujours pas de premier ou de première ministre lors de la rentrée parlementaire début octobre ? Le vote de la destitution peut-il avoir lieu avant ?
Manuel Bompard
Il peut avoir lieu sans Premier ministre. Il n’y a pas d’obligation à ce qu’il y ait un Premier ministre pour que la procédure de destitution. Il a avancé, mais je vous ai présenté tout à l’heure le calendrier. Et c’est vrai que dans le calendrier, c’est quand même un calendrier qui prend plusieurs semaines. Je le dis et le vote au bureau, etc. S’il y a une session parlementaire sans qu’il y ait un nouveau premier ministre, c’est encore le gouvernement démissionnaire. Piège donc. Par exemple, si vous examinez un projet de loi à l’Assemblée nationale, il faut toujours qu’il y ait un ministre au banc. S’il n’y a pas de ministre, on ne peut pas examiner en même temps que le ministre démissionnaire, par exemple, chargé des relations avec le Parlement devrait être là. Donc oui, bien sûr, il n’y a pas d’obligation à ce qu’il y ait un gouvernement pour que l’Assemblée nationale siège. D’ailleurs, nous avons demandé de convoquer une session extraordinaire. Maintenant, on va attendre, nous les Insoumis et le RN aussi. Le RN l’a fait, mais depuis le mois de juillet qu’on l’a fait. Parce que la moitié des députés demandent la convocation d’une session extraordinaire. Normalement, elle est convoquée lundi normalement parce que c’est le président de la République qui doit signer le décret de convocation. Et il y a deux exemples dans l’histoire de la cinquième République. Il y a un exemple sous Pompidou et un exemple sous Giscard d’Estaing sous Pompidou. Et le président de la République avait refusé de signer le décret de convocation. Donc la session extraordinaire, alors qu’elle avait été demandée par une majorité, n’avait pas été convoquée. Sous Giscard d’Estaing, il avait accepté. Donc la session extraordinaire avait été acceptée. Donc, si une majorité de députés demande une session extraordinaire normalement et de droit, mais le président de la République peut signer ou ne pas signer. Là, c’est la responsabilité du président de la République. Mais nous, on est prêt à siéger demain. On a fait des propositions. On veut bien examiner demain la proposition de loi sur l’abrogation de la réforme des retraites. On va bien examiner demain une proposition de loi sur l’augmentation, mais il n’y a pas de problème sur l’augmentation des salaires. On compense parce que le SMIC, ça peut se faire par décret. Il n’y a pas de problème, on est prêt à siéger. Demande C’est les macronistes qui veulent.
David Dufresne
Le SMIC, il n’y a pas que les macronistes, il y a un paquet de gens, notamment le patronat, évidemment qui est vent debout. Qu’est ce que tu réponds aux petits patrons et aux grands patrons ? Bah si le SMIC à 1000, Si c’est possible, qu’est ce que tu réponds à ceux qui te disent ce n’est pas possible avec la terre d’abord ?
Manuel Bompard
D’abord, je leur dis d'être un peu plus originaux parce que honnêtement, à chaque fois qu’il y a eu des débats sur l’augmentation du SMIC en France, on nous a dit si le SMIC est augmenté dans le monde, d’ailleurs, ici le SMIC va augmenter, l'économie va être à terre et ça a été le résultat différent en Espagne, là, récemment, en deux ans de ça le visant, augmenter le SMIC, j’ai eu quasiment 30 %. Et contrairement à ce que dit Gabriel Attal, qui avait inventé un chiffre pendant la campagne des élections législatives en disant que ça allait se traduire par des plusieurs centaines de milliers d’emplois perdus en Espagne. Augmenter le SMIC, c’est aussi créer des emplois. Là, je parle pour les gens de mauvaise foi. Il y a des gens de mauvaise foi. Le grand patronat est de mauvaise foi, le grand patronat, il veut juste ne pas partager. Donc à chaque fois, il a fallu lui arracher les augmentations du SMIC pour les gens de mauvaise foi, j’ai dit arrêtez de nous prendre pour des imbéciles. L’augmentation du SMIC, on en a besoin parce qu’on ne peut pas vivre avec le SMIC aujourd’hui. Après, il y a les gens de bonne foi, les gens de bonne foi et ceux qui croient que. Attention, tu comprends, nos petites entreprises, on ne va pas s’en sortir etc. Et là, moi, je les invite à réfléchir à la logique économique dans son ensemble. Si vous augmentez le SMIC, ça veut dire que vous allez aussi permettre à des gens qui aujourd’hui sont dans la difficulté et que cette difficulté se réduit par des baisses de consommation populaire. Vous allez leur permettre. Il y avait eu des études qui avaient été faites en Grèce à l'époque. Ils disaient que la première chose quand les gens ont plus d’argent, c’est le coiffeur et le restaurant. Et notre groupe est bon. Et donc le restaurateur et le coiffeur, il a intérêt à l’augmentation du SMIC. Vous augmentez le SMIC, les gens, ils vont pouvoir vivre, vont pouvoir respirer, vont pouvoir souffler, pouvoir consommer ça, remplir les carnets de commandes des artisans, remplir les carnets de commandes des petites entreprises, etc.La première chose que je dis il ne faut pas avoir l'économie et des trucs isolés, c’est un cercle vertueux. Et dans ce cercle vertueux, si vous l’alimenter, en tout cas, vous alimentez davantage l'économie quand vous augmentez le SMIC que quand vous distribuez des cadeaux aux plus riches qui vont les placer sur des comptes en banque à Jersey, à Monaco ou je ne sais pas où, dans les paradis fiscaux. Donc ça, c’est la première chose. La deuxième chose, c’est que pour les petites et les moyennes entreprises, pareil, il faut prendre le programme du nouveau Front populaire dans sa globalité. Dans ce programme, il y a par exemple le fait qu’on va bloquer les prix de l'électricité hors un certain nombre d’artisans, de boulangers, de petites entreprises, si elles ont été en très grande difficulté. Il y a eu beaucoup de faillites ces dernières années. C’est parce qu’elles ont été étouffées par l’augmentation. Mais l’explosion du prix de l'électricité. Donc quand on bloque le prix de l'électricité à la baisse, on donne aussi des marges de manœuvre à ces petites entreprises, à ces artisans. Et troisième chose que je leur ai dit, on a toujours dit nous, Il était évident que l’augmentation du prix du. La part que comprend les salaires dans ce cas là dans la comptabilité des petites entreprises ne pouvaient pas être assumés par ces petites entreprises seule et qu’il devait y avoir des mécanismes de péréquation pour que ce soient les grands groupes qui assument l’essentiel de cette de cette charge entre guillemets. Et donc on avait appelé une caisse de péréquation dans laquelle les grandes entreprises vont cotiser et qui vont permettre d’alléger la charge de l’augmentation des salaires pour les petites et moyennes entreprises. Voilà, ça, ça me paraît être un programme complet, assez sérieux et, je pense qu' il y a plein de petites entreprises et elles ont intérêt au programme du nouveau Front.
David Dufresne
Il y a plein de questions sur l'économie, mais c’est quand même un peu de 44 et je ne sais pas non plus au moment où ça parle. Il y a juste une question quand même pas parmi toutes celles qui sont posées, c’est Niamh Toto qui te demande. Qu’en est-il de proposer l’automatisation des droits CAF, RSA, APL, etc.
Manuel Bompard
Ben moi j’y suis favorable, mais je crois que les macronistes avaient eux même évoqué cette possibilité. On n’en a plus entendu parler depuis. Mais c’est vrai que dans le débat médiatique, on a souvent tendance à penser que les gens qui sont au RSA, les gens qui sont au chômage, ont tendance à penser ou à vouloir faire penser ou à vouloir faire croire. Les gens qui sont au RSA, au chômage sont des profiteurs qui veulent profiter des aides. Or, la vérité, tout le monde sait que c’est la principale difficulté. C’est la question appelle le non-recours, c’est à dire des gens qui normalement, théoriquement auraient le droit à assez d’aides et qui ne les demandent pas parce qu’ils savent pas que ça existe, soit parce qu’ils savent pas comment faire, soit parce qu’ils ont honte de les demander et que c’est clair que des principes qui permettraient de lutter contre le non-recours, à mon avis, iraient dans la bonne, dans la bonne direction. Donc ça, c’est plutôt des choses auxquelles on est favorable sur l’idée en tout cas, de faire en sorte que tous les gens qui ont le droit au RSA, aux allocations chômage aussi par le genre. Mais je n’ai pas d’informations sur où en sont ces projets. Et je me méfie beaucoup de ce type de projet quand ils sont à l’initiative des macronistes. Parce que souvent, ce qui vous donne d’une main, c’est pour vous le reprendre de l’autre et notamment pour. Sans doute ça se traduirait par le fait qu’ensuite on va baisser ou on va lutter contre soi disant la fraude sociale. Vous les connaissez ? Alors faire quoi ?
David Dufresne
La fraude fiscale, elle est de combien ?
Manuel Bompard
Ouais, c’est un peu. Il y a des chiffres différents qui circulent, mais on parle de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. Oui, bien sûr, Il y en a qui disent 100 milliards, il y en a qui disent 80 milliards, on en a qui disent 60. J’ai entendu, j’ai vu plusieurs chiffres sur ce sujet, mais en tout cas, il y a des dizaines de milliards d’euros à aller chercher à frauder l'évasion fiscale parce qu’il y a une partie qui est de la fraude, du non-respect de la loi. Il y a une partie utilisation de la loi avec des spécialistes de l'évasion.
David Dufresne
Je demande soit Lucas, soit Euryale, soit Pauline. Si vous pouvez vérifier les déclarations de Marine qui ont été mises dans le dans le tchat, juste pour. Voilà pour savoir si c’est exact. Et puis comme ça on peut éventuellement en parler ensemble. Si on n’a pas moyen de vérifier tant pis. Je voudrais terminer, mais parce que c’est quand même exceptionnel que tu sois là plutôt que d'être à l'Élysée, je t’en remercie. C’est quand même le premier invité qui fait ça.
Manuel Bompard
Mais après on est un peu mieux assis à l’Elysée. Mais je plaisante.
David Dufresne
Ah c’est ça ! Et il est beau, mais il n’est pas conforme.
Manuel Bompard
Il fait un peu mal au dos au bout d’un moment. Mais bon, au bout d’une heure 45, c’est peut être pour ça.
David Dufresne
J’aurais préféré que tu me dises c’est les questions qui font mal.
Manuel Bompard
Ça ne veut pas dire qu’elles sont complaisantes ça nous permet d’explorer les sujets.
David Dufresne
Je vais sacrifier, ainsi, d’habitude, je ne fais pas de politique politicienne, mais j’aimerais te demander….
Manuel Bompard
Je suis inquiet par l’introduction, Ruffin. C’est quoi la question ?
David Dufresne
Ruffin oui
Manuel Bompard
C’est à lui qu’il faut poser la question. Je n’ai pas compris. Voilà, je parle avec franchise. Je n’ai pas compris ce qu’il a fait. Au moment des élections législatives. Je pense que. Je dirais qu’on peut avoir parfois des et des discussions, parfois des débats, parfois même des désaccords. Mais je pense que tout le monde qui nous écoute peut comprendre que ça se traduit par le fait. D’abord parce que. C’est quand même ce qui s’est passé. En quelque sorte de vouloir engager des discussions avec les autres formations politiques en laissant la France Insoumise de côté. Et puis quand après, au deuxième tour de l'élection législative, ça se traduit par le fait que pour gagner en quelque sorte, on préfère mettre Bayrou sur son tract que le soutien de la France Insoumise et de Mélenchon, j’ai été déçu. Voilà. Après moi je parle de mon envie de polémiquer parce que dans le moment où on est et je pense que le plus important ça important, c’est de se donner un maximum de force. Mais oui, je dis la vérité franchement déçu.
David Dufresne
Donc manifestement. Comment ça se passe avec Dalila ?
Manuel Bompard
Ma suppléante ? Elle est géniale, elle est géniale ! Ah quand même, je suis obligée de répondre à cette question.
David Dufresne
Si Dalloz passe Dalloz, qu’en pensez-vous ? Ce n’est pas sa collaboratrice qui s’occupe les dans les meetings de placer les gens, Très déçu aussi, ça parle de François Ruffin, François Ruffin qui est invité ici comme Marine autour de lui. Et je n’ai pas la vidéo mais semble t il. Marine Tondelier est inquiète et en colère.
Manuel Bompard
Et elle a tweeté notre chien que nous venons d’avoir, Cyril Chatelain et moi, au nom des écologistes avec le président de la République, est extrêmement préoccupant. Voici ce que j’en retiens. Comme vous le comprendrez, j’en ressors inquiète mais pas surprise. On continue, oui, mais là, on n’a pas. Voilà ce que l’on retient. Mais bon. Ça m'étonne pas trop qu’elle soit occupée, parce que la vérité est que l’objet de Macron c’est pas de changer d’avis et que tout le monde a compris. Ce que Macron veut faire, c’est de capturer le nouveau Front populaire et de récupérer une partie du parti socialiste pour pouvoir les intégrer dans sa coalition et de faire la même chose à droite et de faire croire aux gens que ça va changer alors que c’est lui qui va rester en position centrale. Et tirer toutes les ficelles C’est pourquoi j’ai dit Je ne vois pas l’intérêt d’aller participer de l’opération de communication de Macron. Tout le monde sait que c’est ça son objectif. À quoi ça sert ? Moi, je ne sais pas. On me dit oui, mais alors vous donnez l’impression que vous voulez discuter avec personne. Mais moi je veux bien discuter avec tout le monde, mais quand ça sert à quelque chose, quand c’est pour participer.
David Dufresne
Comme il y a une critique qui vous est, qui vous est faite, c’est la dernière question après la question. Et ensuite il y a la question rituelle que tu connais la dernière. On dit de vous que ce n’est pas un parti de gouvernement, ils ne veulent pas gouverner. Ce qu’ils veulent, c’est protester. Ici, on aime bien la protestation. Ce n’est pas je ne sais pas parler, mais enfin voilà, en gros, c’est ce qu’on vous dit, vous êtes dans une position confortable. Et par exemple, j’imagine que demain les éditorialistes diront vous n’avez pas été responsable et même pas voulu parler avec le président qui maintenant fait du télétravail.
Manuel Bompard
On a bien compris. Mais enfin, je vais dire tout ce qui s’est passé depuis des années et des années, mais encore dans la dernière séquence, depuis la destitution et la dissolution avancée prouve l’inverse. Enfin je veux dire, d’abord, on a toujours dit non, c’est toujours présenté aux élections avec un programme de gouvernement. Donc c’est un peu paradoxal pour des gens qui soi-disant ne veulent pas gouverner. Ensuite, quand on fait le nouveau Front Populaire, on gagne, qu’on propose une candidate à la fonction de premier ministre. Ah, c’est bien la preuve que notre objectif, c’est de gouverner. Par contre, oui, c’est ça, c’est vrai, je l’assume. Notre objectif ce n’est pas gouverner pour gouverner, donc ce n’est pas gouverner à n’importe quel prix. Ce n’est pas pour rentrer dans le gouvernement, pour avoir montré qu’on est, on peut rentrer dans le vrai, c’est gouverner pour sur un programme de rupture. Donc, s’il n’est pas possible, si les conditions ne permettent pas de gouverner sur un programme de rupture, alors oui, je préfère dans ce cas là ne pas gouverner plutôt que trahir les aspirations à la rupture, ça c’est clair. Mais l’objectif, bien sûr, c’est de gouverner. Mais de toute façon, quel que soit ce que vous dites, on vous dit que vous ne voulez pas gouverner et vous dites qu’il faut des ministres insoumis au gouvernement, vous êtes préoccupés par votre intérêt personnel. Si vous dites que ça permet d’appliquer le programme du nouveau Front populaire en ouvrant le débat, est ce que c’est un problème que des ministres sommés de dire Vous ne voulez pas gouverner ? On me dit vous proposez Lucie Castets parce que vous savez très bien que Macron on va pas le nommer et qu’après Macron va devoir partir et qu’il va y avoir une élection présidentielle et que vous allez pouvoir vous présenter à l'élection présidentielle. Mais moi, si Macron veut nommer Lucie Castex, ça nous permettra de commencer à mettre en place notre programme. Ça ne nous empêchera pas ensuite de vouloir gagner l'élection présidentielle. Mais je suis d’accord, sinon on ne l’aurait pas proposé, on n’aurait pas dit après les élections législatives, on est arrivé en tête. C’est Lucie qu’il faut nommer Si on n’avait pas envie de gouverner. Je veux dire, c’est un mauvais procès. Donc oui, bien sûr qu’on veut gouverner. Mais si programme de gouvernement, ça veut dire la trahison des aspirations des électrices et des électeurs. Et ça veut dire rentrer dans le moule et accepter les oukases de Macron. Alors oui, moi je ne fais pas partie de ça, ça c’est vrai. Mais bien sûr que notre objectif, c’est d’appliquer notre programme.
David Dufresne
Glaudioman est un des piliers d’Au poste te pose la question ne regrette tu pas les échanges publics sur les réseaux sociaux au moment des négociations pour le nom du Premier ministre ? N’aurait-il pas mieux fallu faire ça en vase clos et garder un esprit collectif sur la place publique ?
Manuel Bompard
Bah oui, mais ça, c’est surtout ce qu’on préfère toujours quand vous pouvez régler un problème à quatre ou à trois en face à face, vous préférez. Mais quand c’est bloqué, qu’est ce que vous faites ? Si vous bloquez, celle-ci a toujours fonctionné. C’est futé maintenant. Moi je n’ai jamais fait fuiter, j’aime pas faire fuiter. J’assume ma position, je la donne. Je n’ai pas fait fuiter dans la négociation. Quand y a eu un problème, je suis allé à la télévision et j’ai expliqué quel était le problème. Moi je préfère me passer de cette séquence, mais quand la situation est bloquée, soit vous ne dites rien pendant des jours, des jours et des jours, mais ça ne va pas débloquer par magie la situation. Soit vous informez les gens des raisons du blocage et soit vous informez les gens des raisons du blocage. Ensuite, ça pèse sur le blocage parce que ceux qui sont responsables du blocage y sont. Ils doivent rendre des comptes aux électrices et aux électeurs du nouveau Front populaire. Quand je l’ai fait, je n’avais pas de problème à dire. Je l’ai fait quand je l’ai fait, c’est parce que le Parti socialiste refuse toute autre proposition à la fonction de Premier ministre que Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. Mais nous, on était prêts à faire des ouvertures qu’on avait proposées. On avait dit qu’on était d’accord et le PS nous disait non, c’est fort et personne d’autre. Donc à un moment, c'était bloqué. Et en fait, je suis allé, a t il dit, il y a un problème, c’est que le Parti socialiste nous dit c’est fort et personne d’autre. Ça va augmenter la pression sur le Parti socialiste, le Parti socialiste est revenu en disant Ok, c’est vrai, on est prêt à envisager une autre hypothèse. Donc moi, je préfère qu’on n’ait pas besoin d’en venir là parce que c’est un marrant de devoir étaler ce type de sujet sur la place publique. Mais quand la situation est bloquée, il faut bien trouver une solution pour la débloquer un.
David Dufresne
Cher invité. La dernière fois, tu t'étais plein qu’il n’y avait pas de pizza. Aujourd’hui, tu te plains du confort, du confort du canapé. Le tchat te dit il te garde à vue, ce n’est pas fait pour être confortable. C’est parfois la question rituelle. Et je suis désolé. Il y a énormément de gens qui sont là pour vous poser des questions.
Manuel Bompard
Après, il y a d’autres insoumis que tu peux inviter aussi parce qu’il y en a des très intéressants parmi lesquels. Clémence Guette Elle peut être très intéressante, précise. Je faisais, j’avais oublié des noms.
David Dufresne
Alors là, tu parles du préfacier et de la postface, mais c’est Ugo Palheta qui est à la manœuvre. Ugo sera là.
Manuel Bompard
Manon Aubry ?
David Dufresne
Bon alors tu donnes mon numéro à la boucle en disant s' ils sont les bienvenus un par un, mais certains sont déjà venus, t' inquiète pas. Mais je trouve que tu te prête bien au jeu parce que tu comprends qu’il faut prendre du temps.
Manuel Bompard
Ouais, je trouve. On en avait discuté. Après le premier. C’est vrai qu’il y a en vérité, il y a peu de format dans lequel un peu de temps pour développer les idées. Souvent les médias traditionnels étant dans un exercice qu’il faut faire aussi parce que la bataille politique, c’est aussi une bataille culturelle rurale. Elle passe aussi par la bataille médiatique. Mais c’est vrai que ce n’est pas du tout un exercice dans lequel on a développé des idées. Et je trouve qu’avoir un format dans lequel on peut poser les choses, avancer, écouter les questions, préciser des choses quand elles ne sont pas claires, pouvoir évoluer aussi parfois dans sa position, je trouve que c’est loin.
David Dufresne
En effet, Ugo Bernalicis était venu 5 h et demie.
Manuel Bompard
Pas mal.
David Dufresne
Ah oui.
Manuel Bompard
C’est vrai, mais là, quand on va comptabiliser les élections, je vais bien l’avoir bientôt, l’avoir battu. On compte les deux éditions.
David Dufresne
Tu viens de répondre un peu à la question rituelle qui était Mais cela dit, je te la pose quand même qu’est ce que nous avons fait pendant presque. Il est 20 h 57. Est ce que nous avons fait d’après toi ce soir ?
Manuel Bompard
Oui, je pense qu’on a réfléchi ensemble. Essayer de décrypter une actualité qui malheureusement, telle qu’elle est présentée dans le système médiatique traditionnel, est réduite, est renvoyé à des affaires de personnes. Je pense qu’on a essayé de comprendre aussi ce qui est véritablement dessous.
David Dufresne
Quand tu sors du plateau de BFM il y a deux jours où t’as rencontré Bruno Jeudy, la madame Loyal qui est plutôt correcte et une autre journaliste. Tu sors de là n’a absolument pas pu une seule minute avoir la parole seule, c’est-à -dire développer la moindre pensée. Je dis ça à toi, mais je le dirais à quelqu’un de droite. On sort de là, on se dit quoi franchement ?
Manuel Bompard
Mais on se dit que et que c’est une bataille. Donc en fait il faut sortir de la naïveté. Mais parfois qu’on peut avoir au début, qui consistera à croire que les médias seraient une arène neutre dans laquelle finalement tu pourrais venir pour. Je souhaite y penser demain. Donc ce n’est pas possible qu’après tes choix en 40 et soit tu y vas en connaissant les dispositifs et en essayant. De retourner le dispositif contre les organisateurs. Soit tu y vas pas ça veut dire que tu renonces à un des vecteurs possibles de la bataille culturelle.
David Dufresne
Mais t’as pas moyen dans les loges d’aller voir Bruno en lui disant un jour est ce qu’on pourrait parler du fond ?
Manuel Bompard
Mais je m’en fous, moi, de convaincre Bruno Jeudy, ce n’est pas mon sujet. Je dis ça, c’est pour que chacun en sorte grandi, dire qu’on a parlé du front. Je pense que ça ne sert à rien en fait de penser qu’on va pouvoir changer le dispositif parce que c’est croire à la bonne foi de nos interlocuteurs. Ils ne sont pas de bonne foi ni d’agenda. Bon. Donc à partir de ce moment là, mon sujet ce n’est pas celui là, c’est comment j’utilise le dispositif tel qu’il est pour qu’il se fasse. Je ne dis pas que j’y arrive à chaque fois qu’il se fait à notre à notre avantage et pas à notre désavantage. Donc il faut produire. Je cite Lénine avec quelques guillemets, mais les capitalistes vendront la corde pour les pendre. Bon. Dans les cas de guillemets. C’est une citation, je précise. Je ne dis pas que je veux pendre les capitalistes, je précise par cas où quelqu’un s’amusait à extraire ce petit extrait. On sait maintenant comment tout ça peut avancer. Mais derrière cette image, il y a l’idée que le système, par exemple médiatique, dans sa course de l’audience, y produit là aussi quelque chose des égarements insupportables à voir, mais aussi des opportunités de prendre le vecteur qu’il nous offre et de le retourner contre le système lui-même. Moi, c’est comme ça que je vois.
David Dufresne
Encore une fois, merci beaucoup d’avoir pris 2 h dans le tchat. Beaucoup de noms sont donnés en fait. Beaucoup de défis sont déjà venus. Beaucoup de. Groupes. J’ai un peu de mal avec les socialistes qui viennent plus difficilement. Si ce n’est pas ta tambouille, c’est la mienne.
Manuel Bompard
Merci beaucoup d’avoir peut être comme si tu invites Nicolas Mayer-Rossignol ou Carole Delga, ils viendront pour taper sur Olivier Faure.
David Dufresne
Oui, mais ce n’est pas le pied dans l’objet, ce n’est pas ça.
Manuel Bompard
C’est une blague.
David Dufresne
Voilà, c’est ça, on ne répond pas aux blagues, on rigole.
Manuel Bompard
Voilà pour les gens dans le tchat. Merci pour les questions. Je vois qu’il y a pas mal de gens qui disent ah samedi ! Donc moi je vous dis aussi à samedi. Et puis j’en profite quand même si vous ne l’avez pas fait, prenez la pétition. La Macrondestitution.fr Signez-la, envoyez-la là autour de vous.
David Dufresne
Alors je voulais faire durer le plaisir. J’ai cru comprendre qu’on était à 198 000.
Manuel Bompard
Moi j’aimerais bien avoir les 200 000 ce soir.
David Dufresne
C'était ça ? Si tu veux me citer, puisque c'était le défi que tu as lancé au postier, je vous dis si on pouvait arriver à la fin de l'émission. Mais je crois qu’on est bloqué à 100.
Manuel Bompard
On a encore quelques heures, non ? Regarde, il y a oui mais attention, le compteur il se met pas à jour, il se met à jour tous les ans. Peut être que quand ça va être un jour le bourrage des urnes.
David Dufresne
Donner une urne à gauche.
Manuel Bompard
Toutes les heures. On va voir. Mais allez-y, allez-y, soutenez et faites connaître, faites signer autour de vous et samedi dans la manifestation.
David Dufresne
On est d’accord qu’elle n’a pas de valeur particulière, cette pétition, c’est un rapport de force.
Manuel Bompard
Voilà.

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