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Matignon aspergé de peinture à l’eau, 6 mois ferme : « on nous condamne pour avoir dénoncé l’inaction climatique » Rachel Simon

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Transcription de l’émission

David Dufresne
7H04, 3 novembre 2025, vous pouvez remercier Euryale sans elle France Déter n’aurait pas lieu. Je faisais le flemmard vendredi-je crois que je suis fatigué.Bonjour Euryale ! Bonjour la France ! Bonjour tout le monde ! Bonjour la francophonie ! J’en ai marre ! Elle a su trouver les mots ! Bonjour aux aupostiens et aux aupostiennes ! j’allais dire de droite et de gauche, de droite je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup mais ils sont les bienvenus, en tout cas de France, de Navarre, de Suisse, de Belgique Amis du café, amis de la police, bonjour ! Bienvenue sur France Déter la matinale d’Au poste, c’est l’heure, comme chaque lundi matin, Au poste va tenter de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages, des oiseaux et des luttes, explore le passé et trie le présent. C’est en direct, c’est fait maison, préparez le café ! Au menu de ce lundi, deux invités, on espère qu’il y aura les pépins techniques que vous adorez et que j’exècre désormais. A 8h, la courageuse Rachel Simon, militante de dernière Rénovation, devenue Riposte alimentaire, a été condamnée le 23 septembre dernier à 6 mois ferme de prison par le tribunal de Paris pour avoir aspergé de peinture orange la façade de l’hôtel de Matignon. Fin 2023, je vous avais dit on l’invitera, c’est fait, elle sera là à 8 heures. Et à 7h30, dans une demi-heure, le délicieux Renaud Epstein, bien connu de nos services, professeur de sociologie, chercheur au CESDIP qui sera avec nous pour évoquer le colloque qu’il organise "quand les quartiers protestent", qui aura lieu les 6 et 7 novembre à Paris. Météo des luttes, Revue Antifa, Retour sur les lieux du crime, Convocation de la semaine, Radio Police, vous aurez tout ça pendant deux heures jusqu'à neuf heures.
David Dufresne
Eh oui, on est à l’antenne depuis 5 minutes. Désolé pour le son, effectivement c’est un film,de mémoire de 1967, d’où la West Germany. Bonjour à tous, il est 7h18, c' est l’heure d’un petit message promotionnel, et juste après, la météo ! Eh, on ne se fait pas chier ici !
Et voici donc la météo du 3 novembre 2025, je ne vais pas paraphraser ce que vous voyez. Au sud, plein soleil, au centre nuage machin, et puis nord-est nuage nuage. Voilà, voilà à peu près la météo, nous aurons la météo du chat dans quelques instants, enfin dans une petite demi-heure, tenez-vous prêts pour nous donner les nouvelles derrière votre fenêtre. C’est pour ce matin, cet après-midi c' est pire, et ce soir c’est comme ça, très bien. Voilà la prévision pour la semaine. Alors, elle n’arrive pas, bon ben voilà, ça n’arrivait pas. Bravo Météo France. Donc vous avez à peu près la météo, est-ce que ça correspond à ce qu’il y a derrière votre fenêtre tendance, pardon. La semaine devait être marquée par plusieurs passages pluvieux et des températures supérieures aux normales climatiques, et ben oui. Et chaque semaine c’est la même chose, chaque semaine on dépasse les normales climatiques, puisqu’il n’y a plus de normalité climatique, on ne cesse de vous le dire. C' est donc pour la semaine du 10 Qu’est-ce que c’est que ça ? je suis en train de vous donner la tendance pour la semaine prochaine. Et tout d’un coup, je lui met un truc spatio-temporl, je me suis dit mais attends, mais on n’est pas le 10 novembre, on est le 3. Ah donc, c’est la tendance pour la semaine prochaine. Bon, ben, je n’ai pas la tendance pour cette semaine. Je suis navré. Toutes mes excuses, camarades. Ce n'était pas la bonne tendance. Ah ben bravo. Nous allons passer maintenant à un moment qui commence à nous faire connaître. Et ce n’est pas pour me déplaire la météo des luttes.
David Dufresne
Bella ciao Bella ciao ciao ciao alors je peux vous dire que ça va pas louper youtube va une heure après l'émission me dire : vous ne pouvez pas monétiser cette vidéo. On s’en fout, on ne les monétise pas !
Renaud Epstein
Tu m’entends ?
David Dufresne
Oui, moi je t’entends
David Dufresne
Tu m’avais dit que ton problème c'était ton réveil, mais en fait non, c’est autre chose. Bonjour mon cher Renaud, je t’ai qualifié de délicieux, c’est la troisième fois que tu viens Au poste. Tu es professeur de sociologie, tu es chercheur au CESDIP, tu étais venu deux fois, une première fois pour ton magnifique livre autour des banlieues et des cartes postales autour des cités. Banlieues, un décor de carte postale et tu étais revenu à l'été 2023 au moment du soulèvement des quartiers dans le sillage de l’assassinat de Naël. Tu étais venu nous dire tout le fiasco des politiques publiques et aujourd’hui tu organises le 6 et 7 novembre à Paris un colloque sur les révoltes des quartiers populaires de 2005 à nos jours.
Renaud Epstein
J’organise avec des collègues, Marion Carel, Thomas Karibeaume, Marwan Mohamed et Julien Talpain.
David Dufresne
Alors, en deux mots, qu’est-ce que vous voulez nous raconter pendant ce colloque ? Et ce colloque est-il ouvert au grand public ?
Renaud Epstein
Alors, je vais commencer par la fin. Oui, c’est un colloque qui est ouvert. On fait ça sur le campus Jourdan à Paris le 14e. On a le grand amphi qui se passe en place. Mais je dois dire, là, on a regardé hier soir. On a déjà près de 290 inscrits. C’est-à-dire qu’il doit rester une dizaine de places encore. Et donc, ce n’est pas qu’un public de chercheurs chercheuses. Pour qu’est ce qu’on cherchait à faire ? Déjà, quand on a lancé l’idée ça c’est toujours à l’avance, parce qu’on voyait arriver le frite anniversaire des 20 ans de cliché. On avait vu aussi que les révoltes de 2023 suite à la mort de Nahel Merzouk n’avaient été suivies de rien, en tout cas du point de vue des réponses politiques de rien et du point du traitement médiatique, très vite on n’en a plus parlé. Et donc, on avait un peu cette crainte que finalement, les 20 ans de cet événement, qu’un événement majeur dans l’histoire des quartiers populaires, soit un peu passé sous silence. Et surtout, on l’avait vu à l’occasion des émeutes de 2023, comment les sollicitations médiatiques, qui s’adressent aussi aux chercheurs, conduisaient à d’abord voir un peu toujours les mêmes, et j’en fais partie, les vieux, ceux qui avaient déjà parlé il y a 20 ans, on les invitait. Et finalement, par contre, on donnait assez peu la parole à toute une série d’autres chercheurs, d’autre chercheuses, notamment des jeunes chercheurs et chercheuses qui eux avaient pu faire sur les émeutes de 2023 ou sur d’autres petites émeute qui ont eu lieu entre 2005 et 2023, on leur donnait peu la parole et on s’est dit ce serait intéressant d’organiser un colloque qui fera un peu un état des lieux, essayer de voir un peu tout ce qu’il y a pu se produire là ces dernières années sur ces révoltes de banlieues. Avec aussi l’occasion de mettre en avant de nouveaux cas théoriques, de nouveaux questionnements, de nouveaux terrains et je dois dire qu’on n’a pas été déçus, on a reçu énormément de propositions et on a des regards très contrastés, je trouve des approches assez nouvelles.
David Dufresne
Alors lesquels monsieur Renaud ?
Renaud Epstein
Alors, d’abord, on a reçu, alors que ce n'était pas nécessairement central dans l’appel à communication que ça avait fait, beaucoup de communication qui parle de la mémoire et de la transmission intergénérationnelle de la Mémoire des émeutes. Et que ces émeutes, ces révoltes, on en parle comme des événements complètement ponctuels. Et pour 2023, plus encore que 2005, 2005, ça a duré trois semaines, 2023, ça a duré moins d’une semaine. Et on a l’impression que c’est un événement, un embrassement et puis après il ne se passe plus grand chose. Et on est frappé, alors nous on était frappés sur le terrain qu’on faisait déjà les autres, depuis la communication des collègues, nous montre à quel point ces émeutes laissent des traces, laissent les traces dans l’espace urbain, on a une belle communication sur les graffiti autour des émeutes, il y a des politiques locales, des politiques mémorielles à Clichy-sous-Bois dans d’autres villes pour maintenir ces mémoires et puis surtout il y à énormément de transmission entre pères intergénérationnels dans les quartiers, les grands qui racontent aux petits, en 2005 voilà comment c’est fait. Donc il y a quelque chose qui se structure, on peut d’ailleurs inscrire dans une histoire plus longue de lutte des classes populaires et de luttes de l’immigration et je trouve qu’il y a quelque chose d’important dans cette histoire de transmission par rapport à une approche sans doute trop présentiste, spontanéiste de l'émeute. On a aussi des communications très intéressantes sur les images de la révolte. On avait parlé en 2005 beaucoup des émeutes TF1, avec une esthétique TF1 avec le rôle important joué par la télé, dans la propagation des émeutes, dans les compétitions entre cas.
David Dufresne
TF1 et aussi LCI à l'époque. C'était un petit peu le début de l’avènement, il y avait LCI, il y avait Itélé, de l’avènement des télés en continu, c’est rien du tout par rapport à ce qu’elles sont aujourd’hui, mais effectivement le ministre de l intérieur avait même demandé à ce que les hits parades, puisque c'était comme ça que c'étaient appelés, les hits parade du nombre de voitures brûlées nuit après nuit ne soient plus diffusés. D’ailleurs les chaînes avaient tout à fait obtempérer, ce qui en dit long, mais en gros, ce que tu veux dire, c’est qu’aujourd’hui, 20 ans plus tard, c’est tout à fait autre chose.
Renaud Epstein
On a des révolutions, ça ne sera pas télévisé, comme t’as dit, elle sera Instagramée ou Snapchatée. En l’occurrence, ça a plutôt été visiblement Snapchat, c'était le média d’une certaine façon des émeutes et de leurs entourages. Et on a comme ça deux communications, une d’Anastasia Maga qui porte justement sur les émeutes via Snap et une qui porte sur la fabrique télévisuelle des émeutes et qui compare 2005-2023. Je trouve que là, il y a des choses très intéressantes sur les émeutes.
David Dufresne
Par exemple, par exemple,
Renaud Epstein
Ah ben moi j'étais très frappé en lisant la communication de de Zillier-Maga de voir à quel point la grammaire télévisuelle de TF1 se retrouve sur Snap. C’est-à-dire que ceux qui ont émis des Snap pendant les émeutes de 2023 ont repris toute une série de codes qui ont été ceux de la fabrique télévisuelle de ces émeutes, mais en leur rajoutant une touche un peu pop comme elle dit. C’est très intéressant et c’est d’autant plus intéressant qu’il y a eu tout un discours, de la même façon qu’en 2005 on disait c'était à cause de la télé, c'était la compétition, là il y a tout un discours jusqu’au sommet d'État, expliquant les émeutes et les dimensions nationales des émeute par les réseaux sociaux. C'était la volonté de pouvoir interdire les réseaux sociaux pendant des événements. Donc je trouve que là, on a des éléments empiriques que je trouve très intéressants et puis on a aussi toute une série de communications qui nous parlent au plus près des émeutiers. C’est vrai qu’une des difficultés sur ces émeutes, toutes sortes ces révoltes, la controverse infinie sur est-ce qu’il faut parler d'émeute, est- ce qu’il faut parler de révolte. Donc derrière ça, est-ce qu’il y a une dimension politique ou est-ce que c’est juste spontané de colère. On a une série de communications de Michel Scheller, d’Anaïs Purenne, de François Bradfer qui vraiment sont au plus près des émeutiers, qui les interrogent, qui ont mis en place des dispositifs, c’est le cas d’Annaïk Puren, plus participatifs pour parler des petites émeutes, toutes celles qui ont lieu rituellement le 14 juillet. Et en ayant accès plus directement aux paroles, dans une approche aussi très ethnographique pour Michael Schenal, on voit comment d’abord se construit collectivement les meutes et comment la police construit les émeutes.
David Dufresne
Alors mon cher Renault, maintenant que tu as déroulé le colloque, nous allons passer aux questions qui fâchent. Non, ça ne fâche pas, non, juste je me fais l’avocat du diable. D’abord, tu as dit, il y a des nouveaux visages de chercheurs et de chercheuses, et c’est tout à fait exact, et ça, bravo à vous. Est-ce que la sociologie doit nécessairement parler à la place des autres ? Est-il qu’il n’aurait pas fallu inviter des émeutiers à venir parler avec leurs mots sans filtre ? En tout cas pas le filtre des sociologues. Et est-ce qu’ici il n’y a pas une limite aux colloques ?
Renaud Epstein
Si, si, bien sûr. En même temps, c’est…
David Dufresne
Je vous l’ai dit, il est délicieux, vous lui dites qu’est-ce que tu as fait ? Oui, oui
Renaud Epstein
Oui alors à la fois tu as parfaitement raison en même temps c’est un colloque. Bien sûr, bien sûr. Voilà et ce serait compliqué sur une certaine violence d’arriver à prendre une émotion.
David Dufresne
Bien sûr.
Renaud Epstein
Je vais le mettre au milieu de l’amphi, Daniel Cohen, le NS cachant, après le cherchant et disant bon, voilà. Le problème, il y a une vraie difficulté aussi dans l’accès à la parole émeutière. Marouane Mohamed avait beaucoup travaillé sur cette question. Il avait même réussi à en faire un très beau documentaire sur les émeutes de 2005. Justement là, en donnant la parole aux émeutiers ou en donnant parole à des grands qui avaient été émeutiers à quelques années près.
David Dufresne
Absolument.
Renaud Epstein
Donc je pense que c’est d’autres dispositifs pour donner la parole aux émeutiers et ces dispositifs sont importants, ils sont complémentaires et d’ailleurs c'était une vraie question dans les sciences sociales aussi, comment est-ce qu’on arrive à ne pas capturer cette parole, mais aussi à la restituer de façon jamais complètement brute, mais comment est ce qu' on arrive aussi à structurer des dispositifs de recherche, des questionnements qui ne sont pas simplement plaqués par des questionnements de la recherche, mais qui font écho aussi aux types d’interrogations, aux types de messages que veulent donner les jeunes. Et de ce point de vue-là, encore une fois, on a au moins une recherche, celle de Purin, qui est vraiment une recherche participative, qui a été faite avec des jeunes dont certains ont pu être émeutiers. Donc oui, c’est une limite, mais on l’assume.
David Dufresne
A contrario de ma question précédente, on peut reconnaître, mais alors vraiment avec grand plaisir, que vous nous nourrissez vraiment de très belles réflexions les uns et les autres depuis tant d’années. Il y a un vrai gros travail sur ces questions sociologiques en France, et vraiment un grand merci à vous. Reste qu’on se demande s’ils percent au-delà du… Du coin des amis de Pierre Bourdieu et du club Lévi-Strauss. Est-ce que vous arrivez à déborder du cadre et notamment dans votre appel à communication pour organiser ce colloque, vous aviez une très belle question, les émeutes conduisent-elles à des inflexions dans les orientations des politiques publiques ? Et là, je pourrais vous dire, est-ce que votre travail est récupéré au bon sens du terme, est utilisé, nourrit les ministères, les préfectures, les collectivités publiques ou pas ? Vous avez deux heures.
Renaud Epstein
Non mais ça peut être, il faut répondre assez rapidement, alors si vous placez à un niveau très macro, très général, c’est-à-dire pas simplement là aujourd’hui 2023 en France, déjà à l'échelle internationale, parce que certes… Il y a pas mal de révolte en France depuis une quarantaine d’années, mais on n’est pas seul sur terre. Et ces révoltes, on les a dans des quartiers, on la retrouve dans pas mal d’autres pays, évidemment aux États-Unis, en Angleterre, maintenant en Allemagne, en Suède et en Belgique. Et on pourrait dire que globalement, si on se situe sur le temps long, les recherches qui ont été faites sur ces émeutes ou à la suite de ces émeutes ont pu, dans l’histoire, marquer de grandes transformations politiques. On pense évidemment aux réformes policières en Grande-Bretagne, aux réformes des politiques urbaines aux États-Unis. Et même en 2005, on peut dire que les émeutes et les travaux qui les ont accompagnés de la part des défis sociaux ont pu avoir un certain nombre d’effets. Ils ont pu être entendus avoir un certain nombre de faits, alors on reste en France, mais sur la prise en compte des discriminations, déjà faites-mêmes de pouvoir parler il y a une spécificité française sur le temps long, c’est que la police, les réformes policières n’ont pas lieu au regard de ce que produisent les sciences sociales sur la police dans les quartiers, que ce soit produit à l’occasion des émeutes ou en dehors des émeutes. Ce qu’on explique bien avec Fabien Jobard et Marion Guedot dans un article qu’ont publié on comparait les effets des émeutes, des analyses faites sur les émeutes sur d’un côté la politique de la ville, d’autre côté la police, c’est que l’histoire de la politique en France, elle est marquée par ces émeutes et par des travaux qui partent sur ces émeutes. L’histoire des réformes policières dans les quartiers en France est nulle. En tout cas, elle est nulle au regard des émeutes dans les quartiers. La police s’intéresse beaucoup, il y a beaucoup sur ce qui se passe à l’occasion des émeutes, il y a beaucoup de, ce qu’ils appellent des retexts, de retours d’expériences. Et on peut être très très très frappé de voir à quel point, quand on parle de 2023 et 2005, à quel point la police a appris l’apprentissage organisationnel. En 2005, les flics arrivent, ils ne trouvent pas Clichy. Ils ne savent pas, leurs cartes ne sont pas à jour,ils se perdent. Les gamins ont débranché les lumières. Les flics sont complètement perdus. Ils mettent trois semaines à reprendre le contrôle.
David Dufresne
Renaud ?
Renaud Epstein
3 jours
David Dufresne
Renaud, est-ce que tu dirais, puisque je crois que ça fait aussi partie de vos interrogations, de vos questionnements, est- ce que tu dirais que cet apprentissage policier explique la durée très courte des émeutes ou des révoltes ? Nous appelons ça des révoltes. D’ailleurs, je rappelle toujours que les renseignements généraux à l'époque de 2005, la direction centrale des renseignements généraux avait elle-même parlé de soulèvement populaire des quartiers. N’oublions pas ça. Est-ce que cet apprentissage, ces retexts, ces retours d’expérience des flics depuis 2005, ensuite il y a eu Villiers-le-Bel 2007, est-ce-que ça expliquerait le fait que les révoltes de 2023 s’inscrivent dans une durée beaucoup plus courte ? Où, justement, la réponse policière a semblé beaucoup moins cafouilleuse, on s’entend, qu’en 2005.
Renaud Epstein
Alors, c’est sans doute un des éléments d’explication, mais il y en a plusieurs. Parmi les éléments d’explications, évidemment, il y a le fait que les policiers sont bien mieux équipés, équipés dans tous les sens du terme. Leur armement est plus dense, plus diversifié. Ils sont équipés de lunettes de vue nocturnes, il y a surtout des dispositifs de coordination, des protocoles de coordination parce qu’on l’a vu à l’occasion des émeutes de 2023, on dit la police et la police on vient de division quoi, il y a énormément d’unités différentes avec des pratiques différentes, des armements différents, des commandements différents. Il y a la gendarmerie, il y a les polices municipales, il y a les pompiers, voilà, la main droite de l'État, il y a énormément de divisions et donc ce qui a été très frappant en 2023, c’est la qualité de la coordination. Très vite, au bout de 24 heures, il a des centres de commandement qui sont faits, il y à des articulations avec les polices municipales qui gèrent les centres de supervision des caméras qui permettent de piloter la police. Donc, il y a eu des améliorations sur l'équipement, il y a eu une amélioration sur la coordination. Et puis, il n’y a pas que ça, il y a aussi le fait qu’en 2023 et 2005, les quartiers ne sont pas les mêmes. Il y a eu 20 ans de rénovation urbaine qui a été marquée par la doctrine de la prévention situationnelle, la prévention de la délinquance par l’aménagement urbain.
David Dufresne
Écoutez bien, écoutez bien aupostiens, parce qu’il est 7h50. Monsieur Renaud Epstein vient de vous parler d’une notion extrêmement importante, comme ça, au débotté. La prévention situationnelle, c’est-à-dire comment, quand il y a des rénovations urbaines, la police est associée à ces rénovations et elle dit, ben non, cet abribus, je le veux pas comme ça. Je le veux par là. Les toits ne doivent plus, il ne doit plus y avoir d’accès aux toits pour éviter les jets de frigos. C’est ça, la prévention situationnelle.
Renaud Epstein
C’est ça et c’est bien d’autres choses, la prévention situationnelle, c'était aussi les bancs inconfortables
David Dufresne
Dans les métros.
Renaud Epstein
Mais c’est plein de choses, c'était toute une série d'éléments qui font que quand on produit de l’urbanisme, maintenant on pense à la sécurité. Et dans les quartiers en particulier, ça s’est traduit par des principes comme la réintroduction des voiries traversantes. Les quartiers, ils étaient essentiellement piétons fondamentalement. On pouvait rentrer en bagnole que pour se garer. Maintenant, on a mis des grandes rues qui traversent, ce qui permet aux flics de rentrer rapidement.
David Dufresne
On a hausmanisé ?
Renaud Epstein
Un petit peu, un petit peu oui. Et donc ça, ça a aussi une conséquence, c’est que les émeutes, elles ont duré, en gros, on dit elles ont, durant une semaine, mais ce n’était même pas vrai, elles sont durées dans chaque quartier, elles durent trois jours. Et qu’est-ce qui s’est passé ? Il s'était passé simplement qu’au début, après la première journée, les flics sont débordés, ensuite ils se mettent en ordre de bataille, ils interviennent, Mais là, qu’est-ce qui s’est passé, très différent de 2005, c’est en face, l’armement des émotions, pourrait-on dire, lui aussi il a changé, c'était plus des pierres, c'était des mortiers. Et le mortier, ça fait quoi ? Ça fait que…
David Dufresne
Mortier de feu d’artifice, s’il vous plaît.
Renaud Epstein
C’est le nom qu’ils donnent, le mortier ça permet de tenir à distance les flics, d’autant plus que la portée des mortiers peut être un peu plus élevée que celle des LBD. Donc au moins tant qu’il y avait des mortiers, les policiers ne pouvaient pas s’approcher ou risquer de le faire trop systématiquement. Sauf que les mortiers, il y avait du stock qui avait été constitué en juillet du 14 juillet, parce que c’est devenu un petit rituel. Au camp, au bout de deux jours, trois jours, les stocks s'épuisent, c’est plus compliqué. Là, les flics retrouvent l’avantage tactique des armes et surtout, l’avantage tactique avait les émeutes et les habitants des quartiers en 2005 qui étaient ceux de la connaissance fine du quartier, de ses recoins, de ces passages qu’on savait où aller se cacher, là maintenant c’est beaucoup plus compliqué. Il y a des grilles partout, il y a les digicodes, il y a beaucoup moins d’espace où on peut se casser, donc je pense qu’il y a plusieurs choses qui ont changé de ce point de vue-là. Et puis il y avait une dernière chose qu'à me souligner, c'était l’extrême violence de la répression. On se souvient de la mobilisation d’unités.
David Dufresne
Absolument.
Renaud Epstein
Absolument pas dédiées au maintien de l’ordre, le GIGN, des choses comme ça, et comme le monde, je crois que c’est Michel Scheller qui le montre dans ce travail sur Rosny-sous-Bois,vous vous souvenez, au bout de 2-3 jours, il y a les grands du quartier, les 25-30 ans, qui vont voir des petits, qui leur disent non non, là maintenant, il faut arrêter parce que vous vous mettez en danger.
David Dufresne
Non, non, je t’en prie mon cher Renaud, mais tu sais, parce que je sais, bah non, comme t’es déjà venu deux fois, tu crois qu’on a trois heures, mais non, c’est la matinale. Donc l’idée, c’est d’inciter les 20 personnes qui peuvent encore venir dans votre colloque parce qu’il reste encore 20 places à venir vous écouter parce que ça sera absolument formidable. Mais je voudrais, juste pour terminer, revenir sur les 20 ans de 2005. Il y a deux questions. Il y a celle de Rolland qui te demande une réaction à la dernière intervention de Dominique de Villepin sur son rôle lors des émeutes. Alors je ne sais pas quelle est la dernière intervention, Peut-être que cet homme qui apparaît aujourd’hui comme le de Gaulle aux petits pieds de 2025, que les gens de gauche pourraient voter pour lui parce qu’il serait moins à droite que les autres, est-ce qu’on peut rappeler quel était son rôle en 2005 tout de même ? Et l’autre chose, rapidement, la couverture médiatique de la célébration des 20 ans de Zyed et Bouna. Tu as parlé tout à l’heure du travail de mémoire qui est dans les quartiers, notamment à Clichy-sous-Bois, mais pas seulement. En deux mots, quel est votre regard ? Est-ce que vous êtes dépité ? Est-que justement là, c’est les sciences sociales qui reculent ? Ou est-ce qu’au contraire, tu considères que la couverture politico-médiatique a été plutôt correcte ?
Renaud Epstein
Alors, pour la première question sur Dominique de Villepin qui se retourne, comment dire les choses ? Je renvoie vers l’excellent livre maintien de l’ordre de David Dufresne.
David Dufresne
Mais non !
Renaud Epstein
Mais si, si je me permets ! Qui est très documenté justement sur ce moment et sur le rôle des uns et des autres. Et c'était vrai que c'était assez cocasse de voir Dominique De Villepin se positionner comme une sorte de Che Guevara du centre, du centre-gauche. Quand on sait qu’elle avait été son rôle en 2005, bon, c’est pas Sarkozy, un rôle très direct actif, mais on pourrait dire que Dominique de Villepin en 2005 il était pas mécontent de laisser les trucs un peu tourner au vinaigre parce qu’avec l’espoir que Sarkozy allait se griller.
David Dufresne
Et ensuite, reprenant la main sur un ton extrêmement martial, en déclarant, il faut le rappeler, la première fois sur le sol métropolitain, l'état d’urgence, ce qui n’avait pas été fait par exemple en 68. Et là, c'était vraiment une démarche martiale en vue de 2007, alors que même les flics eux-mêmes disaient, ça ne sert à rien, on n’a pas besoin de ça, on n’a pas de militariser le conflit d’une certaine manière, parce que c’est ça que ça veut dire, Et on sait depuis ce qu’il s’est passé avec l'état d’urgence quasi-permanent. Et sur la couverture médiatique des 20 ans.
Renaud Epstein
Écoute, comment dire, Mediapart a fait un beau boulot, vraiment, de faire toute une série de dossiers sur le sujet. T’as quelques journaux qui ont traité, Libé a fait sa Une avec quelques papiers. Moi, j’ai pas regardé partout, mais ce qui est quand même très très frappant, c’est de voir que le Monde, qui est un peu le journal de référence, n’a rien fait. N’a rien fait, pas une ligne, pas une ligne ! S’il y a dû avoir en ligne sur les décodeurs un petit truc, mais il y a eu un choix éditorial de ne pas parler des vingt ans. Et ça quand on connaît le rôle du Monde, de la manière dont le Monde, la société est perçue par des élites politiques, économiques, intellectuelles qui se jouent quand même pour partie au prisme de cette hiérarchisation de l’information par ce quotidien, le fait qu’il n’y a rien eu. Et en soi je trouve extrêmement frappant et pour ce que j’ai pu en voir on ne peut pas dire qu’il y a eu hormis Mediapart et peut-être quelques journaux. La gauche au sphère, ça n’a pas été traité, ça a été, voilà, de la même façon que d’autres questions sont passées sous silence, mais moi je ne suis pas extrêmement surpris. La question des quartiers populaires, des discriminations dont ils sont victimes, l’intendance, la ségrégation, tout ça, c’est des questions que la société française veut de moins en moins voir. On en parlait dans les années 80, dans les années 90, en 2005. Souvenons-nous 2005, même si il y a eu ces discours martiaux il y avait aussi le discours de Chirac à la fin, un discours qu’on réécoute aujourd’hui, je veux dire, tous les enfants des quartiers qui sont les filles et les fils de la République, mais on a du mal à imaginer, moi je parle à mes étudiants, étudiantes aujourd’hui, ils ont du mal à imaginer que la droite française a pu à une certaine époque, pas si lointaine, c’est-à-dire 20 ans, tenir ce genre de discours. Aujourd’hui non seulement on ne tient plus de discours si ce n’est des discours "l’ordre, l’ordre, l’ordre", comme a dit Macron pendant ces émeutes, et on ne veut surtout plus parler des problèmes des quartiers. Et donc le fait qu’on ne parle plus des émeutes, qui sont le moment dans lequel les quartiers se soulèvent, contre toutes les injustices, les discriminations, toutes les violences, le fait que l’on n’en parle pas ou qu’on en parle peu, n’est malheureusement pas si surprenant.
David Dufresne
Mon cher Renaud, merci infiniment. Bon colloque à vous, ça va être absolument passionnant. Ça aura lieu au campus Jourdan à Paris, les 6 et 7 novembre. Bonne journée à toi. Tu vois, tu es réveillé. Tu as une belle journée qui s’annonce pour toi. À très bientôt. Merci beaucoup. C'était un plaisir, comme toujours. À bientôt, merci beaucoup.
Jingle
La riposte c’est vous, suivez la chaîne, activez la cloche, donnez Au poste. Soutenez-nous sur auposte.media
David Dufresne
Ah là là, la machine à café qui ne veut pas démarrer, c’est quoi ce bordel ? Alors, nous attendons notre deuxième invité qui, j’espère, va pouvoir se connecter dans pas trop longtemps. Nous allons faire, bah écoutez France Déter il est les huit heures. Nous attendons donc Rachel Simon, cette militante de Dernière Rénovation qui a été condamnée à six mois ferme pour avoir aspergé de peinture à l’eau, à l’eau, sur l’hôtel de Matignon en 2023. Elle a été condamnée il y a quelques semaines. Elle doit nous rejoindre d’un moment à l´autre. Météo du chat, allez-y les amis, dîtes-nous, ouvrez la fenêtre et dites-nous où vous êtes. Ou, enfin, pas à l’adresse exacte ! Et le temps qu’il fait. Alors, où êtes-vous ? Quel temps fait-il ? Nous attendons, je regarde si j’ai un petit message de Rachel, mais pour l’instant, non, je n’ai pas de message. Là, j n’en ai pas non plus. J’attends, j’attends, alors Paris, Fulmar nous dit, Paris, c’est nuageux.
Rachel Simon
Oui oui, effectivement je crois.
David Dufresne
Comment ça se fait ? Racontez-nous comment ça s'était passé en septembre 2023.
Rachel Simon
C'était au moment du vote suivi du projet de loi de finances pour l’année 2024 et en fait ce qui s’est passé c’est qu’avec ma camarade Manon, l’autre personne qui a fait l’action avec moi, on avait rempli deux extincteurs, on a une idée de leurs contenus, pour les remplir d’un mélange d’eau et de peinture orange, pour en fait pouvoir asperger l’hôtel Matignon de ce mélange d’eau et de peinture orange. Un peu pour en fait dénoncer d’une part l’ordination climatique, mais là c'était très contextuel puisqu’en fait l’Assemblée était en train de voter le projet de loi finance pour l’année à venir et Élisabeth Borne comme d’habitude à coup de 49.3 avait fait passer le budget en force et en l’occurrence avec son 16ème 49. 3 qui venait de passer avait coupé un budget qui avait été voté par l’assemblée nationale qui augmentait le budget pour la rénovation thermique des bâtiments qui était la révocation de Dernière Rénovation, c’est pour ça qu’on a fait cette action à ce moment-là.
David Dufresne
Alors, les images je vais les retrouver, mais là pour l’instant j’essaie de bien caler le rendez-vous. Alors, ah oui, vous êtes en retard pour le boulot ou vous avez un peu de temps ? Ou c’est bon, ils vous ont accordé cinq minutes ?
Rachel Simon
Non, c’est bon, ça va aller.
David Dufresne
Bon, ça va aller. Alors, vous souriez, vous avez 23 ans et moi je serais à votre place, je serai catastrophé, je n’aurai pas le courage que vous avez d’aller parler devant les aupostiens qui sont 2 ou 3 millions à leur qu’il est, à nous écouter. Vous avez été condamnée à 6 mois ferme. Nous sommes scandalisés par ce jugement et vous gardez la patate.
Rachel Simon
Alors oui, en fait je suis scandalisée aussi, après je pense qu’il y a une part de moi qui ne réalise pas forcément tellement ses hors sol comme condamnation. En fait, moi j’analyse cette augmentation de la répression et en plus je ne suis pas du tout la seule dans ce cas parce qu’en plus il y a déjà ma camarade qui a fait l’action avec moi. Et ce même jour au tribunal, le jour où on a eu justement le délibéré, il y avait toute la comparution immédiate pour le 18 septembre en fait. Et donc il y a des gens, notamment une personne qui est partie directement en prison l’essuie de cette journée. Donc en fait, on note une augmentation de la répression qui ne touche pas que moi et ma camarade, mais en manière générale, les personnes qui manifestent, en fait. Et même sans qu’il y ait d’infractions commises juste à leur manifestation, inévitablement. Et donc en fait c’est quelque chose d’assez contextuel en l’occurrence, puisque en ce moment, on voit cette augmentation. Des relaxes en fait, parce que cette action-là, on l’avait déjà faite une première fois, donc mettre de la peinture sur Matignon, et les militants ont eu leurs pensées, et il l'était relaxé, le parquet n’a même pas fait appel de la relaxe. Donc ça veut dire qu’en quelques mois, on passe pour une même action d’une relaxe à une condamnation qui est la plus sévère qu’on ait jamais vue, en tout cas récemment, pour des militants écolos non violents, donc en fait vraiment c’est quelque chose, une répression qui se durcit.
David Dufresne
Alors vous parlez de Manon je crois, votre collègue, elle a été condamnée à une autre peine que vous.
Rachel Simon
Oui c’est ça, elle en fait, c'était un peu particulier parce que dans notre procès ils avaient joint une autre action qu’elle avait fait, c'était globalement la même chose, sans même consider, donc des extincteurs remplis de peinture, mais c’était sur LVMH pendant la Fashion Week, c' était une action qui datait de quelques mois avant celle qu’on a faite à Matignon. Et puisqu’elle n’avait jamais été condamnée en fait, elle était encore éligible au sursis, c’est pour ça qu’elle a pris 8 mois de sursis. En fait, il y a huit mois sur six. C’est déjà le plus sévère qu’on ait connu à Dernière Rénovation et à Riposte alimentaire et même je pense à d’autres organisations qui ont des actions à dire de ce niveau de non-violence et de très faible dégradation. Je crois qu’il y a eu des condamnations plus sévères que j’ai eu avec sursis pour d’autres militants en France mais en tout cas pour ce niveau aussi faible et aussi ridicule d’infraction. Voilà, c’est aussi un cap aussi la concernant, même si ça reste du sursis, mais c'était quand même vraiment choquant de voir des condamnations de prison aussi élevées.
David Dufresne
Absolument, absolument. Vous avez été condamné pour dégradation de biens classés, dégradations, alors la phrase est compliquée : dégradation de biens classés en réunion avec violence volontaire sur personnes dépositaires de l’autorité publique. On voit par exemple, je pense que c’est votre camarade qui une fois que le gendarme vient lui chercher, lui prendre l’extincteur, s’assied d’elle-même au sol, se laissant menotter sans aucune protestation, donc je ne sais pas d’où vient l’idée des violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique, sans ITT, puisque quatre gendarmes avaient porté plainte pour avoir reçu de la peinture.
Rachel Simon
Et voilà oui c’est vrai que effectivement les quatre gendarmes qui n’y en fait de base devaient garder la porte de Matignon, garder l’entrée, ont porté plainte contre nous pendant notre garde à vue et ça on l’a pris quand on était enfermé parce que certains ont reçu de la peinture sur leur uniforme Alors bon, déjà, en quoi, est-ce que c’est de la violence volontaire ? Parce que dans une violence volontaire, il y a la partie violence qui certes pourrait être caractérisée par un jet de peinture sur un uniforme, bon, voilà. Mais surtout volontaire, et c'était tout ce qui a un peu été soulevé comme débat pendant le procès. Est-ce-que c'était volontaire nos soi-disant violences ? Et à ça, on a évidemment entendu qu’on n’a pas la volonté de commettre des violences envers qui que ce soit. Et surtout, voilà, dernière qu’une fois, on n’avait jamais été violent avant. Pourquoi est-ce que cette fois-ci on l’aurait été et volontairement ça n’a aucun sens ? Ce n’est absolument pas notre philosophie. Et aussi, encore plus choquant que ça, c'était que dans les quatre gendarmes qui ont porté plainte, on a quand même tout dit effectivement que c'était une violence volontaire, que je les ai regardés et que j’avais exprès de les viser avec de la peinture.
David Dufresne
Vous avez été, je crois, également condamnée, vous êtes actuellement condamné. Alors il faut s’empresser de dire que vous avez fait appel, c’est bien ça ?
Rachel Simon
Bien sûr.
David Dufresne
Bah oui, bah oui, bien sûr !
Rachel Simon
On a hésité à faire appel parce que l’appel ça peut être dans très longtemps et moi personnellement j’ai hésité vraiment à faire appel parce que je me suis dit qu' en 2027, on aura l’extrême droite élue au pouvoir et bon peut-être qu'être militant…
David Dufresne
Mais non..
Rachel Simon
On n’espère pas, mais j’ai quand même fait appel parce que c’est important aussi de ne pas céder face à cette situation.
David Dufresne
Non mais alors je disais, donc là vous avez fait appel, on va évidemment après parler de vos revendications, il ne s’agit pas de parler que du scandale qui vous est fait, mais d’expliquer aussi votre geste, pourquoi vous aviez fait ça à l'époque. Je crois que l'État vous poursuit financièrement pour dégradation.
Rachel Simon
L’hôtel Matignon s’est en fait constitué partie civile, il demandait 163 000 euros de dommages d’intérêt, en sachant qu’il ne s'était pas constitué partie civile la première fois qu’on a fait cette action. Et même à l’audience, le mec qui représentait Matignon, avait déjà versé les documents de demande de dommages et intérêts au dossier au tout dernier moment, donc déjà ce n’est pas très clair, surtout, on ne savait pas si la dégradation qui avait causé autant de réparations était due à une autre action, C’est quand même assez choquant. Et effectivement, il y a eu une enquête qui est sortie dans Libération. Il y a quelques jours et en fait on se rend bien compte que même dans les documents que fournit Matignon, il y a des bons de commandes qui datent d’avant notre action. Donc en fait comme justification de réparation, voilà, des bons de commandes passés avant notre action mais plusieurs mois avant donc c’est quand même scandaleux et pour ça on va dire aujourd’hui qu’elle ne peut pas s’y fier puisque la demande a été faite au dernier moment par Matignon et donc on sera rejugé uniquement au civil en octobre prochain.
David Dufresne
On essaiera de vous soutenir, tenez-nous au courant. À propos de soutien, je suis assez étonné par le peu de retentissement, peut-être que je me trompe, de la condamnation que vous avez subie. 1. Est-ce que je goure ? Et si je ne goure pas, 2. Qu’est-ce que vous ressentez en tant que militant ?
Rachel Simon
Alors effectivement, c’est assez vrai, même si dernièrement on commence à voir. En vrai, il y a quand même eu des journaux qui sont venus immédiatement, des médias qui sont venus immédiatement parler de ces condamnations, Blast, Reporterre, tout ça et voilà. Et dernièrement, on a eu Le Monde et Libération. Mais effectivement, on n’en parle quand même assez peu, alors qu’en vrai c' est grave, même pour la question des droits des Français et des Français, la répression est plus sévère,aussi, on n’en parle pas parce que Nicolas Sarkozy a été condamné deux jours après. Donc voilà, il y a aussi ça qui, à mon avis, a joué en notre défaveur. Je le reçois comme une injustice, mais finalement, ça reste très cohérent avec la période globale politique qu’on est en train de vivre. Je ne veux pas dire que c’est normal, ce n’est absolument pas normal. On devrait en parler, c'était un sujet important. Mais en vrai, ça va dans la situation politique générale. Voilà, on préfère parler de la condamnation peu sévère d’un ancien président pour des faits gravissimes, plutôt que de parler d’une condamnation très sévère de 2018 pour des faits vraiment pas graves du tout en réalité. Et voilà, c’est triste à dire, mais ça reste très cohérent si je trouve, malheureusement.
David Dufresne
Est-ce que vous pouvez nous expliquer, Rachel, pourquoi vous étiez venue avec vos copains de Dernière Rénovation décorée ? Alors, d’ailleurs, je tiens à vous remercier parce que c’est de l’orange, non ? C’est la couleur d’au poste, vous ne le savez pas, mais pour nous, là, par exemple, là, je suis en train de mettre en boucle, je le fais jamais, mais là, c’est tellement magnifique cet orange. Donc je vous remercie d’avoir respecté la charte graphique d’Au poste. Mais expliquez-nous, donc, pourquoi vous étiez allées sur Matignon ? Qu’est-ce que vous vouliez démontrer, prouver à ce moment-là de quoi vous vouliez parler ? Alors, je me rappelle que c'était Dernière Rénovation qui s’est transformé depuis en Riposte Alimentaire. On parlera de Riposte alimentaire juste après. Mais d’abord, Dernière Rénovation, c'était quoi votre idée ? Vous étiez allées au Louvre, ou plutôt que de piquer des bijoux, vous aviez fait également une intervention. Pourquoi vous étiez là ce jour-là ?
Rachel Simon
Bah en fait, c’est parce que Matignon c'était là, à l'époque, le premier ministre, Élisabeth Borne. Donc c'était le premier ministère, et en fait puisqu’il y avait énormément de 49.3 à ce moment-là, et particulièrement sur la question d’un vote pour l’augmentation du budget de la rénovation terminée des bâtiments, qui était la revendication de dernière rénovations, parce que ces revendications et de justice sociale, évidemment, on parle de plus en plus. Il n’y a encore pas assez évidemment des drames que sont les bouilloires thermiques et les passoires thermiques et la difficulté pour les gens qui vivent dans des conditions juste insalubres dans ces logements-là. Vous allez nous demander la rénovation du parc immobilier essentiel pour des questions de justice sociale et aussi évidemment écologique parce que c’est une perte d'énergie énorme, le mal logement, donc voilà, c'était une mesure qui nous semblait être terre à terre. C’est en vrai assez peu sexy de méditer pour la rénovation thermique des bâtiments, mais qui était ô combien importante pour tout le monde. Et voilà. Et puisque là c’est 1,493 qui justement aurait pu nous permettre de gagner et d’avoir cette augmentation du budget qu’on voulait. Voilà, donc c'était coupé par un coup 49.3 par Élisabeth Borne. Bah en fait, nous évidemment, on a répliqué. Et en fait on voulait, en cas de question, les tracher, les pointer du doigt. De leur inaction avec une action très très symbolique parce que voilà quand on 10 minutes après l’action la porte était toute propre, elle avait qu’elle avait avec un jet d’eau donc c'était vraiment uniquement symbolique et en parallèle de ça il y avait un rassemblement avec des députés, des prises de parole, voilà ça faisait un petit peu plus politique mais voilà c’est pour ça qu’on a fait cette action en fait pour ne pas laisser passer ce déni de démocratie et voilà pour montrer qu’en fait non on ne ne laissera pas faire les choses, que ce n’est pas normal qu’il y ait autant de 49.3 alors que l’Assemblée vote des lois.
David Dufresne
Il y a Lily dans le chat qui, je pense, résume la pensée de pas mal de gens, toute mon admiration à cette jeune femme qui se bat avec courage pour nous tous. Parlons maintenant de là aussi, magnifique couleur orange, décidément, riposte-alimentaire puisque, effectivement, la passoire thermique c’est compliqué quoi, ce n’est pas hyper sexy, je suis d’accord. Par ailleurs, alors vous, vous êtes dans un jardin, on entend des oiseaux, je crois qu’il y a un rosier derrière vous,Vous avez bien choisi votre endroit, bravo, bien joué, Vous êtes très forte. Est-ce qu’on peut parler de Riposte alimentaire, de quoi s’agit-il ?
Rachel Simon
En fait, c’est la campagne qui a suivi Dernière Rénovation. Là, on estime qu’on est arrivés au bout de ce qu’on pouvait faire sur cette revendication-là avec le mode d’action. Évidemment, on travaillait aussi avec d’autres associations qui faisaient un travail différent mais sur la même question. Et on s’est posé la question de quelle serait aussi une question fondamentale et finalement l’une des premières choses qui va être attaquée avec la crise climatique mais qui est importante et qui est essentielle, c’est l’alimentation. Et au fait aussi que la malnutrition est un problème de santé publique et aussi qui touche évidemment à l’agriculture, à la détresse des paysans et paysannes,donc ça nous semblait tout à fait logique de prendre ça comme nouvelle revendication pour une nouvelle campagne, donc nous on demandait la sécurité sociale de l’alimentation un peu comme… La carte vitale qu’on a, voilà l’hôpital, on cotise chaque mois et en fait on ne paye pas même si on doit avoir une opération très coûteuse, et bien l’idée c’est à peu près d’instaurer le même type de choses, donc d’avoir une sorte de carte vitales de l’alimentation qui par système de cotisation permet à tous et toutes de pouvoir s’alimenter correctement avec des produits conventionnés, et voilà, c'était en gros une association citoyenne qu’ils choisissent quel produit serait conventionné ou pas, quel type d’agriculture serait mis en avant ou pas. Et qu’en fait, voilà, on remet de la démocratie dans l’alimentation, là où les gens n’ont pas le choix de leur alimentation, bien souvent pour des raisons financières, à quel point l' alimentation bio est chère aussi. Et c’est ça notre communication pour Riposte alimentaire.
David Dufresne
Magnifique combat, ultime question. Après, je vous laisse aller travailler. La home du site de Riposte alimentaire, magnifique site, dit que nous sommes la dernière génération capable d’empêcher un effondrement sociétal. Qu’est ce que vous avez envie de dire à ma génération, à celle qui est juste avant ?
Rachel Simon
En vrai, la question n’est pas de chimer les générations ou quoi que ce soit.
David Dufresne
Non, ne chîmez pas les vieux.
Rachel Simon
Non, non, mais à aucun moment ça a été notre façon de faire, non l’idée c’est vraiment juste en fait de, bah qu’en fait là faut vraiment tous qu’on lutte, alors je sais que tout le monde, à part ça on a la possibilité de faire de la résistance civile parce que c'était un peu que d’aller en garde à vue et de s’exposer à l’aperçu pénal et que bah ça, voilà, tout le monde ne peut pas le faire pour plein de raisons, mais par contre en fait, parler des revendications, médiatiser certains sujets, voilà juste ne pas rester aveugle sur la situation, c’est ça aussi qui est important, et juste de militer à la manière dont on peut le faire. C’est ce que j’aurais envie de dire et que tout le monde est nécessaire dans ce combat.
David Dufresne
Et donc à vous, bon courage, n’hésitez pas s’il faut qu’on fasse du bruit.
Rachel Simon
En face à d’autres combats aussi, évidemment.
David Dufresne
Merci beaucoup à l’approche de votre appel à me sonner. On fera ce qu’on peut avec nos petits moyens pour vous soutenir. Moi, je suis comme le chat admiratif de vous et à travers vous, de tous vos copains et copines qui militent physiquement. Bravo, c’est super.
Rachel Simon
Merci beaucoup.
David Dufresne
Et bonne journée à vous !
Rachel Simon
Bonne journée, au revoir.
David Dufresne
À très bientôt. Merci beaucoup. Merci.
Jingle
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David Dufresne
Eh bien me revoilà, nous sommes le 3 novembre, il est 8h27. Et je me suis trompé, c’est l’heure de ça :
David Dufresne
Et voilà, c’est donc les convocations de la semaine et il me plaît, il me plaît de sauter les générations puisque nous serons le 5 novembre, mercredi. Nous étions à l’instant avec Rachel Simon, 23 ans, Nous serons mercredi avec une dame de 78 ans, extraordinaire, qui s’appelle Lola Mieseroff. Son dernier ouvrage est une forme de manifeste de désobéissance sénile. C’est ainsi qu’elle le dit. Lola, on la voit de temps en temps dans les manifs à Paris avec une pancarte, le Vioques Block. A 78 ans, elle pétroleuse de 68, à gauche de l’aile du Far le front homosexuel d’action révolutionnaire au début des années 70, "fille à pédé" comme elle se dit, danseuse de clips dans les belles années du rock alternatif, meneuse du Vioque bloc dans les manifs contre la dernière réforme des retraites, à 78 ans elle revient et nous tient en joue, nous avons toujours combattu et nous n’allons pas nous laisser vaincre sans lutter jusqu’au bout. Avec "vieillir sans temps mort". Mourir sans entrave" ! Paru chez Libertalia, Lola soutient que le vieil âge peut aussi être le bel âge de la vie. Délivré de contraintes du travail, de l’opinion et du regard des autres, la vieille génération a enfin la liberté de s’offrir d’autres plaisirs et de nouvelles aventures, en rejetant les diktats supposés garantir sa bonne conduite. L’autrice propose de lutter ensemble contre les formes spécifiques de la misère, de l’exploitation et de l’oppression qu’ont à subir les anciens et les anciennes, tout en restant partie prenante des autres combats collectifs. Elle en appelle à la solidarité entre les générations, en particulier pour conquérir l’ultime liberté, celle de choisir librement sa fin de vie. C’est un bonheur de savoir que, bientôt, elle sera sur l’orange canapé d’Au poste. Je vous mets un petit extrait, quand on s'était croisé au mois de septembre dans les rues de Paris, tout à fait par hasard, lors d’une manifestation.
Miesseroff Lola
Ils sont séniles et c’est chez Libertalia et ça sort le 3 octobre.
David Dufresne
Et tu es donc.
Miesseroff Lola
Miesseroff
David Dufresne
Il me semble que lundi, tu manifestes devant le palais de justice, non ?
Miesseroff Lola
À partir du 15 nous avons l’association ultime liberté défenses et militants qui sont accusés pour avoir acheté des produits létaux à l'étranger. On est pour le suicide assisté, la liberté de mourir quand on veut et on passe un jugement pour ça. Et donc on défendra nos camarades, c’est un tract.
David Dufresne
Soutien aux militants d’Ultime Liberté, c’est l’asso ?
Miesseroff Lola
La plus radicale et c'était la plupart, il y a des militants du choix également qui passent en procès, mais le gros c’est le Team Liberté, ce sont les vieillards, ils ont passé en procès pour avoir acheté des produits létaux, comme s’ils étaient des dealers de drogue.
David Dufresne
Alors, en deux mots, la loi, il y a une loi qui a, mais les décrets d’application… Alors là, je coupe parce que c'était un truc d’actualité. Voilà, Lola sera là, c’est ça, Au poste non pas le choc des générations, mais la cohésion, la cohésion dans la révolte, la cohésion dans la colère, la cohésion dans le refus, dans le refus. Voilà la cohésion dans le refus. Désobéissance, sénile, fabuleux. Merci beaucoup, Esther. Voilà, donc ça, c'était le rendez-vous de mercredi soir à 18 heures. Nous serons avec Lola en direct d’Au poste. Voilà pour cette semaine, il y aura peut-être d’autres rendez-vous dans la semaine. Surveillez le site auposte.media et vous aurez tous les rendez-vous à venir.. Alors attendez, il est 8h32, on a encore un peu de temps. Je vais découvrir avec vous une bande annonce. J’ai découvert ça ce matin quand j’ai compilé les informations de 8 heures. C’est un film intitulé Les Braises, c’est Virginie Efira qui enfile le gilet jaune dans un film de Thomas Kruithof sur le mouvement qui a enflammé la France de 2018. Je vais découvrir avec vous la bande annonce. J’y vais parce que ce gars là, Thomas, il a réalisé un film que j’avais vraiment aimé qui s’appelait Les Promesses, avec Isabelle Huppert dans le rôle d’une mairesse de Seine-Saint-Denis. Des histoires de marchands de sommeil, des difficultés à gérer une ville qui était vraiment un film bien foutu. Donc je vais découvrir, avec vous, ce film. Sachant que le 15 novembre sort également un film de Dominik Moll sur l’IGPN. J’ai vu le film, l’IGPN enquête sur des flics qui ont mutilé un manifestant pendant le 1er ou le 8 décembre, qu’importe, en tout cas en décembre 2018 à Paris. Donc ça fait deux fictions qui sortent coup sur coup autour des gilets jaunes. Avec vous, je découvre les Braises, la bande annonce, le film sort mercredi.
Bande annonce
Un jour-là, j’avais rendez-vous pour la toute première fois avec une certaine jeune fille. On s'était donné rendez-vous à la gare, elle descendait du train. C’est qu’on est plus de 300 000 depuis ce matin. Le groupe Facebook sur lequel je me suis inscrite. Ah, sur la hausse du gasoil ? Il y a même un rassemblement qui se prépare samedi. C’est magnifique. Jimmy, j’ai envie d’y aller. Ça ne sert à rien ce coup. Ce n’est pas de ta faute mais ça ne changera rien du tout. J’ai envie de croire qu’on peut essayer de rendre le monde moins con. Moi je veux qu’on l’ensemble Jimmy. Et toi tu veux rebondir dans ta boîte ? Tu veux quoi ? Que je paie les dommages et les pénalités pour un problème qui vient de chez toi ? J’ai rien fait de mal. Moi, je vais sur un rond-point, j’apprends, je rencontre des gens, je lis, j’écoute. Et c’est à nous, maintenant, d'être endurant. On va casser les couilles à tout, on n’a que ces gilets jaunes. Vous êtes quelqu’un d’ambitieux, M.Bouillier. Pourquoi on t’en est arrivé là ? Il faut sauver la boîte, parce que je ne veux pas voir la famille couler avec. Je n’ai rien sacrifié, je n’ai rien lâché.
David Dufresne
Voilà les amis, ça a l’air honnête. Quelqu’un disait dans le tchat, je m’attends au pire, honnêtement. Ah non, ça a l’air honnête, on verra, on ne juge pas un livre par sa couverture, on ne juge pas un film par sa bande annonce. Voilà, si jamais vous allez voir le film, parlons-en dans le Discord et parlons en évidemment la semaine prochaine dans France Déter. Attention, c’est l’heure maintenant de ceci.
Jingle
Assurez-vous madame Bourdelle, c’est français, c’est la police française.
David Dufresne
Radiopolice, Radiopolice, la revue de presse de la maison Poulaga.
David Dufresne
Darmanin qui piétine l’indépendance judiciaire au nom de la sécurité d’un prisonnier, tandis que Núñez criminalise la critique du pouvoir policier, la machine judiciaire, elle, s’enfile, s’enlise, dans l’absurde, et au Brésil, on rappelle, la police rappelle jusqu’où conduit l’impunité armée. Nous allons donc démarrer cette revue de presse par cet article de Le Monde, Darmanin visite Sarkozy en prison, c'était il y a quelques jours, la confusion des pouvoirs. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ancien ministre de La Maison Poulaga, s’est donc rendu à la prison de la Santé pour rendre visite à Nicolas Sarkozy. Une visite d’une durée de 45 minutes qui a suscité quelques critiques et certaines vivent dans la magistrature, notamment Rémi Heitz, procureur général près de la cour de cassation, qui y voit un risque d’obstacle à la sérénité de la justice. Darmanin se défend en invoquant son chef, son rôle de chef de rôle, son rôle de chef de l’administration pénitentiaire, responsable de la sécurité de tous les détenus, y compris celle d’un ancien président.
Bande annonce
Audio clip
Audio
500 signatures pour Jean-Marie Le Pen, mais hier soir, Jacques Chirac a réaffirmé son attitude vis-à-vis de l’extrême droite. Vous ne contractez jamais d’alliance, ni à l’aide de votre personnel, ni en tant que responsable d’un mouvement politique, avec telle ou telle vitesse, d’extrême-droite, dont les valeurs, les idées, que ce soit bon ou mal affichées.
David Dufresne
Et voilà, c'était en 1987, c'était Jacques Chirac, on ne va pas le panthéoniser, mais enfin tout de même, on mesure, on mesure l'évolution des choses.On nous dit, pas de désertion, tout cramer nous dit Sattrape. Évidemment qu’on regarde la réalité en face de Nodizepter c’est ce que je pense. À la droite, à l'époque la droite ne tractait pas, nous dit Sentierbattant, en référence à Chirac. Il faut regarder les choses en face et se soutenir, nous dit Optimistik. On continue, ni sourd ni aveugle, ni muet, nous dit Rolland. Je tente de déserter dans la musique, qui soit de mon âme, mais la réalité se rappelle à moi à chaque instant, nous dit Esther sur YouTube. Que faire ? S’organiser un petit groupe d’entraide de proximité, nous dit Valka. La France des signatures et la France des comptes à rebours. Oui, on n’oublie pas le bruit, l’odeur évidemment, évidemment, on déserte. Pourquoi pas le Burkina Faso dit Isabelle. On résiste ensemble. Voilà, Heisman nous dit, je préférais brûler pas trop de trucs, j’ai trop chaud et je suis photosensible. Tout surgeler plutôt que tout cramer, nous vous propose Heisman, il est 8h47, c’est bien là, c'était bien, ça avance, ça a avancé, 8h 47, j 'envoie quoi ?
Audio
Les Français parlent aux Français. Vous pouvez écouter tout d’abord quelques messages personnels. Les sanglots longs des violons de l’automne, je le répète, les sanglots longs des violons de l’automne, blessent mon cœur d’une langueur monotone Radio Paris, Radio Paris…
David Dufresne
Radio Paris est allemand
Audio
Radio Paris, Radio Paris est allemand. La fortune vient en dormant. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage. De Marie-Thérèse à Marie-Louise. Un ami viendra ce soir.
David Dufresne
Ici Londres, il est 8h49, les aupostiens parlent aux aupostiennes, les aupostiennes parlent au aupostiens. Et c’est l’heure de notre revue de presse Antifa.
Jingle
Mademoiselle, êtes-vous sûr de nous dire absolument toute la vérité ? Pas exactement. Il n’y a plus une goutte de café dans cet avion.
David Dufresne
Il est 8h57, c’est bientôt l’heure de se quitter. Est-ce que vous avez envie de, je ne sais pas, qu’on discute un petit peu de trois minutes le temps que ça s’arrête ? Est- ce que vous avez envie de faire un petit débriefe de l'émission du jour ? C’est le moment où jamais, et je vais en profiter pour vous faire la lecture des nouveaux bouquins reçus Au poste. Alors, logocratie de Clément Viktorovitch, comment sommes-nous sortis de la démocratie ?. Bon bah j’ai pas de nouvelles, ça fait un an que je l’invite, pas de nouvelles. Je ne sais pas si ça va avoir lieu un jour ou l’autre. Logocratie Clément Viktorovitch Deleuze. Aujourd’hui, Camille Chamois Thomas de Chevery est publié chez La vie des idées. Deleuze, dont on fête les centaines de naissances. Petit livre sur ce grand philosophe Alain Brossat. Écrire au bord du gouffre. Victor Klemperer, ou la résistance dans le langage, c’est chez Mimésis. À l'épreuve de 12 ans du Reich, ce ne sont pas le temps ni les occasions qui ont manqué à Klemperer de faire la différence autour de lui, entre ce qui se soumettait à la bête enragée et ce qui s'était suffisamment endurci pour ne pas plier, se mettre à penser, à parler, en novlangue nazie pour ne ne pas se conduire en conséquence. Ici encore. Klemperer est pour nous une inépuisable source d’inspiration. Ça vient de sortir. Et c’est donc aux éditions Mimesis qu’on aime beaucoup. Dans la collection Samsa, je crois, Alain Brossat écrit au bord du gouffre Victor Klemperer.
Audio:
Je suis arrivé, j’ai fait le cacou là, comme ça, j’suis rationalisé, mutualisé, supprimé, bon, alors on a fait ce qu’on a pu. Visiblement la police de projection que j’aie proposé, là ça vaut pas un clou, ça fait monter les tensions dans le pays, c’est pas lutter contre la délinquance. Alors c’est sûr qu'électoralement ça fait voter à droite. (Ugo Bernalicis)
David Dufresne
Merci à vous tous. C'était un plaisir, un bonheur d’animer cette France Déter. Merci aux invités de s'être levés tôt. Merci à vous de participer dans le chat. En effet, je lis que le chat n'était pas super lors du débat. Néanmoins, nous continuons, contre vents et marées, à considérer que le tchat est au cœur d' Au poste. J’ai vu que certains arrêtaient Twitch à cause du chat. Je n’ai pas bien compris, je pense à Pasdustream, notamment. Je ne comprenais pas bien la raison pour laquelle le chat les perturbait. En tout cas, pour nous, c’est le cœur de ce que nous faisons.

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