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Media Crash, qui a tué le débat public ?

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour, amies du café, amis de la police, Amis des médias libres, Amies de l’argent des milliardaires. C’est un grand plaisir de recevoir Valentine Oberti et François Bonnet. Bonjour Marine. Bonjour Jessie, modératrice hors pair du tchat avec Euryale. Elle est là aussi. Je sais les gars, j’imagine qu’ils dorment Olivier, Robin comme d’habitude, mais la fine fleur de la modération est là. Alors attendez, attendez, je vais prévenir maintenant mes invités François Bonnet et Valentine. Vous allez être à l’antenne. C’est le moment de se redresser, de se tenir droit. Ce n’est pas de la presse écrite. François Bonnet, Ce n’est pas de la gravité. Bonjour les amis. Comment allez-vous ?
François Bonnet
Très bien
David Dufresne
Ça va très bien alors bon. Alors, cher monsieur, cher Monsieur Bonnet, tu disais hors antenne que parfois j’inventais des questions du chat désagréables,
François Bonnet
Ben oui, parce qu’on ne peut pas lire, nous. Donc on connaît les vieilles ruses,
David Dufresne
Alors, vieilles ruses que j’ai appris à bonne école, Chers amis, je vais vous présenter les invités. Donc, à gauche, Valentine Oberti Inutile de la présenter puisque c’est la vedette. Ce matin, c’est la mode, c’est la savane. On peut même dire la croix. On peut même dire la star. Regardez, regardez ce décor extraordinaire. Merci beaucoup pour l’accordéon, là. Oh là là là, je sens que ça va être popcorn aujourd’hui. Regardez ce décor et regardez ce décor. Oui, oui, Il y a donc Valentine Oberti, à l’air libre, à l’air libre. C’est un peu notre Bolloré, c’est des milliards de Mediapart pour y être pour une émission quotidienne qui va écraser la concurrence, donc aux postes. Ça, c’est comme ça que tu es perçu ici. Il faut quand même que tu saches.
Valentine Oberti
Je suis en terrain hostile, alors.
David Dufresne
Très hostile. Donc, Valentine tu es la réalisatrice du film Media Crash, avec un dénommé Luc Hermann, bien connu de nos services. Donc on va montrer la bande annonce. D’ailleurs, vous êtes. On est là pour parler de ce film. Et à droite ? François Bonnet Alors là, c’est compliqué. François Bonnet Deux fois, il a. Il a essayé de l’exploiter. Il m’a d’abord exploité très jeune, très jeune. On pourrait ressortir sur ces dossiers là.
François Bonnet
C’est vrai.
David Dufresne
Tu te souviens ?
François Bonnet
Ah bah oui.
David Dufresne
Vas y, raconte, raconte.
François Bonnet
Mais tu en as fait un joli petit livre.
David Dufresne
C’est ça ? Donc François Bonnet était chef de service à Libération, la grande époque, et il m’envoyait dans le métro, comme d’autres à la mine, jour et nuit, jour et nuit, pour faire une chronique quotidienne. C'était le début des années nonante. Et quinze ans plus tard, il m’explique à nouveau un petit projet dans un garage. Un truc assez étrange. Média Mediapart, Mediapart. Est ce qu’on l’appelle comme ça, ce qu’on n’appelle pas comme ça ? Est ce qu’on fait un précis ? Est ce qu’on fait tout de suite le site, le club, le club, les moustaches, etc et voilà, etc. Et l’aventure de Dogs, les débuts de Mediapart, Il y a combien de temps maintenant ?
François Bonnet
Il y a bientôt quatorze ans.
David Dufresne
Tu n’es plus à Mediapart
François Bonnet
C’est ça ma première carte orange. La première année que j’ai passé dans le métro sans frauder, c’est grâce à Libération.
David Dufresne
C'était formateur.
François Bonnet
Bon alors le grand-père était super content.
David Dufresne
Alors oui, mais nous sommes là, nous sommes là pour parler de vous.
François Bonnet
Oui.
David Dufresne
Alors chers amis du tchat il est possible qu'à un moment donné, la conversation dévie sur un épineux problème qui s’appelle la motocyclette. Car il y a une guerre de religion entre François et moi sur les motos. On va essayer d'éviter ça pour pas pour embêter Valentine. Valentine des petits yeux parce que des avant premières partout. Alors comment ça se passe ?
Valentine Oberti
Voilà, c’est vraiment la tournée. Dingue ! En fait, ça se passe bien. Hier, le film est sorti en salle, il y a eu. L’avant première a été un peu chaotique mardi soir, le film s’est coupé en pleine séance. Ça a duré 45 minutes, donc les gens étaient dans la salle et devaient et devait attendre. On a essayé de meubler un peu comme vous, comme tu le fais ce matin finalement, on papote quoi. Donc voilà.
David Dufresne
Et. nous on ne fait pas semblant. Tandis que vous, vous avez essayé de faire un happening
Valentine Oberti
C’est une sorte de mise en abyme de ça, du titre. Et voilà. Des médias qui se cachent en direct.
David Dufresne
On les connaît, les gens de télé, on les connaît.
Valentine Oberti
C’est là, bien là, pour manipuler tout ça, non ? Donc voilà, il y a 20 ans, on était à Paris, dans les trois cinémas dans lequel le film est diffusé à Paris, donc le Luminor, L’espace Saint-Michel et les sept Parnassiens, on a fait un peu le tour et d’après le distributeur, c'était une bonne, un bon début avec pas mal d’entrées des salles. Le soir. Je crois que Fabrice Arfi était à Lyon. Il y avait trois salles pleines. Puis il a commencé à être diffusé un peu partout en France.
David Dufresne
Rappelons nous, sauf erreur de ma part ici, mes fiches à jour que Monsieur Arfi, Fabrice et régional de l'étape.
Valentine Oberti
Tout à fait, C’est l’enfance qui rentre au pays, c’est ça ?
David Dufresne
Et qu’il y reste.
Valentine Oberti
Donc bon, évidemment, il attire les foules.
David Dufresne
Il attire, il dort pas du tout ou pas du tout. Alors oui, Fabrice Arfi à poème quand il est arrivé de Lyon avec sa petite valise pour arriver à Mediapart, on ne connaissait pas Joël, jeune journaliste dans l’ombre d’autres journalistes. Il est venu alors, il est venu, il est devenu incroyable. Bon alors ce film, il faut que tu le résumes, Valentine, Je fais mon Yann Barthes, ça va. Sauf que moi j’ai vu le film, mais je fais comme si je ne l’avais pas vu. C’est quoi ce film ?
Valentine Oberti
Ben ce film, c’est un peu une boîte noire du journalisme en fait, pour reprendre un outil de Mediapart, La boîte noire, c’est si on vous raconte un peu les arrière cuisines et la façon dont on produit une information, la façon dont on ne peut pas la produire. Qu’est ce qui peut l’entraver parfois ? Qu’est ce qui les presse, l’auto censure et les censures ? Et on place ça dans le contexte global de la concentration, de l’hyper concentration, incarnée notamment par Vincent Bolloré, dont l’appétit pour les médias est insatiable. Et puis, dans le contexte aussi de fusion TF1, M6 qui pourrait créer une espèce de mastodonte audiovisuel. Voilà, ça c’est pour le contexte. Et donc l’idée, c’est de raconter ça et de dire si les médias sont hyper concentrés, s’il n’y a pas de garde-fous votre information, elle peut être empêchée. On donne des exemples, on le démontre, on le déclare pas, on le démontre. Et ça, c’est un problème pour la démocratie parce que c’est un enjeu citoyen. La bonne information d’intérêt général. Voilà en gros le pitch.
David Dufresne
Il y a Léon Blum qui est dans le château. C’est comme ça. Oui, oui, c’est lui, Léon Blum, il n'écrit pas pareil. Je suis désolé Valentine. La question s’adresse évidemment à toi et tu vas voir qu’est ce qu’elle renvoie au film ? Y avait-il de la censure à Quotidien ? Il y a toute une scène dans le film. La scène qui, sauf erreur de ma part si j’ai bien compris, inédite, où tu racontes où tu racontes ça donc directement.
Valentine Oberti
Oui. Alors est ce qu’il y a de la censure à Quotidien ? De manière générale, je n’en sais rien. Je ne pense pas qu’il y en ait plus à Quotidien qu’ailleurs. On va peut-être jusqu'à Mediapart sans doute, mais voilà, il y a, il y a eu de l’autocensure. Ce que moi j’ai vécu précisément, c’est, je pense en tout cas, ce que je peux documenter, c’est l’autocensure et je récupère des documents confidentiels. Défense Une matière assez explosive que le quotidien n’a pas forcément l’habitude d’avoir entre les mains. Bref, je commence à travailler là-dessus. Donc ce document concerne les ventes d’armes, les ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis, les armes qui sont utilisées dans la guerre au Yémen. Voilà. Et donc je récupère ça. Je commence à vérifier qu’il est authentique, j’appelle des spécialistes. Bref, je travaille sur le sujet. Et puis un moment, on décide d’aller voir la ministre pour lui poser des questions parce qu'à cette époque là, on était fin 2018. L’Exécutif était beaucoup questionné sur ça et ai donné comme version officielle qu’il n’y avait pas grosso modo d’armes françaises qui tuaient des civils au Yémen. Et donc je vais questionner la ministre avec ça. Et ça a créé une panique au ministère. On se prend un mail de pression en disant qu’on risque la prison et qu’il faut rendre le document confidentiel, défense qu’on n’est pas censé l’avoir. Et à partir de là, tout s’arrête et tout s’arrête. Pas en me disant bon, écoute, c’est trop gros pour nous, c’est compliqué en disant qu’il n’y a rien dans le document, que c’est pas intéressant, que j’aurais pas dû aller voir la milice comme ça, que maintenant que j’y suis allé, on peut plus enquêter. Au nom de quoi ? Je n’en sais rien et tout s’arrête comme ça. Et voilà. Et donc l’information est sortie ailleurs, comme c’est expliqué dans le canard de celui- ci. Des abonnés, enfin des gens qui suivent Twitch. On se détaille un petit peu.
David Dufresne
Ici c’est autre chose.
Valentine Oberti
Twitch, pardon. Et donc du coup, du coup voilà, je donne les infos à d’autres qui la sortent. Et oui, au moins j’estime clairement avoir été censuré. Et je pense que mon producteur qui a décidé que je n’irais pas au bout s’est auto censuré. En tout cas, voilà ce que je peux dire sur cette histoire.
David Dufresne
Alors dans le tchat, effectivement des gens ont vu le film, d’autres non, puisque par exemple la question est posée est ce que tu as dit est ce que tu cours des risques d’avoir justement brisé le secret défense ?
Valentine Oberti
Alors théoriquement, oui, juridiquement oui, puisque quand on a un rappel, avoir brisé le secret défense, oui, ça nous a exposé. Je dis nous parce qu’il y eu des journalistes de Disclose qui ont sorti l’affaire. Ça expose donc à cinq ans de prison et 75 000 € d’amende. Dans les faits, ce qui s’est passé là, c’est qu’il y a eu une enquête préliminaire, donc une procédure qui n’est pas contradictoire. On n’a pas accès au dossier, pas accès aux pièces, aux actes d’enquête. On a été auditionné par la DGSI. Et puis l’affaire a été classée sans suite. Et donc j’ai reçu un joli courrier du procureur de la République de Paris me disant voilà, l’infraction est caractérisée, c’est à dire en gros oui, vous avez bien commis un délit, mais, oh, chère Madame, nous sommes tellement cléments qu’on va s’arrêter là, hein, parce que c’est très grave ce qui s’est passé. Mais on va s’arrêter là, mais on va vous coller un rappel à la loi et un rappel à la loi. C’est inscrit aux otages, au traitement des antécédents judiciaires et ça pèse comme un sursis. Ça ne s’applique pas comme ça. Mais pendant six ans, je ne suis pas censée venir rompre le secret de la défense nationale. Donc je ne peux plus pendant six ans normalement va sortir des infos avec Confidentiel Défense. La raison pour laquelle on en reparle ?
François Bonnet
Est ce qu’il y a une procédure d’appel là dessus ? Quand je te notifie le rappel à la loi, tu peux contester, tu dois pouvoir.
Valentine Oberti
Bah je ne sais pas en fait. Est ce qu’on peut ? Ouais, on peut consolider et demander qui rouvre une procédure qui est une vraie procédure, une vraie enquête, et qui comporte le débat du secret de la défense.
François Bonnet
De dire que je ne me trompe pas, il y a l’information. Si je ne me trompe pas, il y avait quand même le scandale de la perquisition de la DG
Valentine Oberti
Non, il n’y a pas eu perquisition, ils ont été entendus,
David Dufresne
On peut arranger ça, à tort ou à raison.
Valentine Oberti
Ce serait pas mal parce qu’on pourrait porter la question qu’on a devant. On pourrait porter publiquement la question de l’information. Le droit à l’information est-il supérieur au secret défense ? Et voilà. Mais par contre, l’effet que ça, c’est que je pense que c’est dissuasif. Si on était, si je n'étais pas dans une rédac forte comme Mediapart, avec une équipe qui a les reins solides et une équipe juridique prête à en découdre, ben je pense que si j'étais pigiste, je ne m’aventurerai plus trop sur ces sujets quoi. Alors c’est ça le problème. C’est une pression qui a le même effet de dissuasion que celle de Bernard Arnault,
David Dufresne
Alors c’est très bien. Tu parles de Bernard Arnault parce que vous parlez dans le film, vous évoquez longuement Bolloré mais aussi Arnault. Il y a tout le passage que tu viens de résumer, mais je vais me permettre un petit pas de côté. J’en profite. Euh, je ne parle pas, je ne parle pas des poursuites qui te sont faites et de ce que tu racontes, mais de la méthode de quotidien qui consiste à aller sur un salon, etc. Et à demander comme ça, sans prévenir, tu as cette technique qui est aussi celle de Elise Lucet, etc. Est ce que tu ne trouves pas qu’elle est un peu déloyale ? Je veux dire, si moi j’arrive, je sors de chez toi, je sens la caméra.
Valentine Oberti
Non mais ça n’a rien à voir en soi.
David Dufresne
Ce n’est pas la gueule.
Valentine Oberti
Non, je ne suis pas d’accord du tout. Non, je crois qu' en fait, les responsables politiques sont des personnes publiques et quand ils se déplacent dans un salon, ils accréditent la presse, mais qui sont soumis afin qu’ils soient soumis. Ils ont, ils sont susceptibles, pardon, je voulais dire ils sont susceptibles d'être questionnés sur tout un tas de sujets. La ministre, je l’approuve, je n’ai pas à demander un rendez- vous avant, mais bon, y a fort à parier qu’elle ne l’aurait pas donnée. J’aurais pu lui demander, mais j’estime être dans mon bon droit. Quand je m’interdis à un salon et que je vais lui poser des questions et qui poser des questions qui sont dans l’actualité à ce moment-là. C’est à dire qu’elle va sur n’importe quel plateau, elle a des questions, elle va à l’assemblée, elle a des questions. Enfin, sur les six mois qui ont précédé mon interpellation dans le salon, elle a posé des questions là-dessus. Moi, je pense que les personnages publics sont amenés à répondre. Là, on pousse le piège. Pas sur un truc qui sort de nulle part. Je ne demande pas à ses goûts littéraires ou je ne sais quoi, Je lui parle dans ses dossiers quoi. Pas déloyale du tout et je ne suis pas comptable de ce qu’elle fait. Mais il me semble que les équipes de Cash Investigation font des demandes, des demandes, des demandes et n’y arrivent pas. Moi je travaille dans le cadre d’une quotidienne et. Et donc je ne pense pas que tout journaliste qui travaille dans une quotidienne ou dans un JT ne fait des demandes d’interviews toutes les cinq minutes. Je pense que faut profiter des moments où ils sont en déplacement. Ils sont publics et puis ils répondent aux questions, ils passent leur temps à les éviter les questions que quand on les a sous la main, évidemment qu’on les pose en soi.
David Dufresne
Tu veux intervenir ?
François Bonnet
Oui, parce que je pense que ce qu’il faut donner, c’est le background. Parce qu’effectivement ces méthodes peuvent sembler un peu cavalières. Ce que les lecteurs, les auditeurs, les téléspectateurs ne savent pas ou ne voient pas, c’est comment il y a deux trous noirs aujourd’hui dans la République, c’est la défense et c’est les Affaires étrangères. C’est deux ministères qui ont pris la détestable habitude de ne jamais répondre aux questions des journalistes.Moi, je l’ai expérimenté il y a deux ans environ, quand un papier de la presse anglo saxonne a sorti qu’on avait retrouvé dans les entrepôts d’armements abandonnés du général Haftar en Libye lorsqu’il faisait le siège de Tripoli, on a retrouvé dans ses entrepôts des missiles français. Donc, officiellement, la France soutenait le gouvernement de Tripoli et on savait. Et là, on avait une preuve concrète qui était l’Armée Haftar ? Donc j’appelle le ministère de la Défense. Et là, on tombe sur un mur et j’envoie des questions, j’appelle et je me rappelle, etc. Pour in fine avoir un chargé de communication qui me fait un communiqué de quatre lignes qui n’a aucun sens et qui évidemment ne répond pas à la question. Quand je repose la question, plus de réponses. Donc c’est aussi à ça que sœur Valentine que heurte la plupart des journalistes, c’est que vous posez une question. On vous envoie un vague communiqué qui ne répond pas, qui ne répond pas à la question. Vous n’avez pas de pouvoir de relance, de dire non. Attendez. Ma question c’est celle ci est ce que vous pouvez répondre à ma question ? Et voilà. Donc ce n’est pas possible. Y a. Il y a une Y, comment dirais je, Il y a une culture dans ce pays d’un exécutif qui choisit de répondre ou de ne pas répondre. Mais c’est pas comme ça que ça se passe, n’importe quelle démocratie européenne. Les ministres sont tenus de répondre aux journalistes, pas parce que ce sont des journalistes. On n’a pas un statut particulier, mais simplement parce qu'à travers les journalistes, ils répondent aux questions que se posent les citoyens et les citoyennes. Voilà, on n’est jamais que des intermédiaires entre la société et des acteurs politiques. Et ça, en France, c’est un véritable problème.
Valentine Oberti
Alors je disais je vais et je peux compléter. Pardon ? Non, je voudrais bien sûr. En plus, moi, je n’ai pas l’impression d’avoir une démarche ni déloyale, ni malhonnête. Enfin, en tout cas, vraiment ça c’est hyper important pour moi de guide, d'être intellectuellement honnête. Est ce que je pourrais trouver malhonnête ou déloyale ? C’est de se pointer par exemple à brûle pourpoint sur un salon ou dans un déplacement et lui poser une question très précise sur chais pas combien on a vendu ou combien la France dispose de porte avion, ou c’est combien de tickets de métro ça, ce genre de trucs, je vais, comment dire, la coincer sur un truc qu’elle sait pas alors qu’elle devrait le savoir comme ça, à brûle pourpoint, n’ayant pas bossé ses dossiers, ça ce serait complètement débile et on en aurait même aucun intérêt journalistique. Là, je trouve que la démarche était différente. Moi je vais entre guillemets choper les gens, les politiques, pour des questions quand ça me paraît important et quand ils sont censés pouvoir y répondre en fait.
David Dufresne
Ah non mais alors Non mais attends, c'était vraiment un détail. Mais je vais te.
Valentine Oberti
Dire, je vais te dire m’intéresse de faire de la pédagogie là dessus.
David Dufresne
Parce que d’une certaine manière, je trouve que cette idée en média crash d’une certaine manière, est assez choquant, parce qu’au fond, cette scène, tu peux la tourner, mais l’information, la réelle information, celle que tu as, tu ne peux pas la sortir. Et c’est pour ça que je. Je me suis demandé en regardant le film si d’une certaine manière vous n’étiez pas en train d’expliquer mais sans méchanceté. Il y a quelqu’un qui dit que ce passage là est un peu à charge pour Quotidien la question. Là on va parler des vies, on va parler des milliards d’erreurs. Mais qu’est ce que je veux dire ? C’est que je trouve que, en creux, en fait, là, ce qu’on comprend, c’est que le producteur te dit ça, ça ne sort pas. Et la scène, la scène, elle, elle ne peut pas être filmée, elle. Je ne sais pas si ça avait été diffusé, même pas la scène de la mort, même la scène de l’interpellation. Ouais non.
Valentine Oberti
Justement, il l’avait, il avait dit il n’y a pas eu de confrontation avec la ministre, etc. Non, non, c’est un pur mensonge. En fait, il y avait, il y avait tout ce qu’il faut pour faire un sujet et y compris à Quotidien, que ces quotidiens renient leurs propres méthodes. Moi j’ai adoré.
Valentine Oberti
Comment je m’appelle.
David Dufresne
Pour que pour que tu sois rassuré, tout va bien Valentine, y a Coco, copain 56 qui dit Valentine depuis Quotidien, je l’adore et depuis qu’elle est à Mediapart c’est encore mieux et encore quand elle va venir au poste. Enfin je veux dire à ma place, parce que moi je sais qu'à un moment donné il faut, il faut, il faut vraiment aller dans l’underground quoi, tu vois ce qu’il faut, quitte à lâcher la proie pour l’ombre, quitte à lâcher la proie pour l’ombre ? Bon alors le gros morceau du film, c’est quand même l’ami Vincent, c’est quand même la vie. Vincent en soi, veux-tu parler de Vincent Bolloré ou Valentine ?
Valentine Oberti
Mais non, vas-y François.
David Dufresne
Je sens que François, il a envie de sortir sa voix, grave même.
François Bonnet
Sous son grand jour. Parce que l’ami Vincent y prend sa retraite et.
David Dufresne
C’est le pot de départ. C’est le pot de départ de Vincent.
François Bonnet
Moi, je me souviens de l’avoir rencontré à deux reprises en 2006 et déjà il me sortait effectivement son téléphone portable où il y avait le compte à rebours et il m’expliquait Oui, déjà, il faisait le coup à tout le monde. Il m’expliquait déjà que le 17 février 2022, pour les 200 ans du groupe familial, il prendrait sa retraite. Bon alors il y a hier, on a publié plusieurs papiers.
David Dufresne
notamment dans Mediapart.
François Bonnet
Gérard ou qui explique très bien comment commençait une fausse retraite et que le 10 mai, simplement un petit peu, un petit peu en retrait, pour qui le demeurera évidemment le pilote. Et à minima le copilote de son énorme, de son énorme groupe. Donc voilà.
David Dufresne
Euh. Valentine ou François ? Oui. Que représente ? Quel est le danger selon vous ? Le plus grand représenté par Bolloré, c’est quoi en réalité ? C’est qu’il avance masqué.
Valentine Oberti
Ben moi je trouve qu’il n’avance pas. Tellement masqué au final, puisque c’est assez clair en fait. Son objectif est idéologique, il est peut être économique, mais en tout cas ce qui apparaît c’est que c’est idéologique, contrairement peut être à d’autres de ses industriels. C’est ça sa spécificité, c’est que les causes, il les assume. Plusieurs exemples. Eric Zemmour lui-même dit que c’est Vincent Bolloré qui l’a convaincu de venir quotidiennement sur ces news. Vincent Bolloré ne le dément pas. Dans la commission d’enquête du Sénat, il y a des travaux assez intéressants qui sont en train d'être fait ou qui viennent juste d'être publiés. C'était un peu court pour le documentaire écrit par Julia Cagé et trois autres chercheurs. Nicolas Hervé notamment, ne peut pas dire de bêtises. Et puis deux autres dont j’ai oublié le nom. Pardon, mais en gros, ils mesurent la couleur politique des invités sur les chaînes d’info depuis 2002 et ce qui montre sur la période plus récente et sur i-Télé CNews, c’est qu’au moment du rachat de Bolloré, il y a vraiment à un moment il tire un trait dans la courbe et l’inflexion des invités va vraiment vers plus de beaucoup, beaucoup plus de thèmes et d’invités de droite et d’extrême droite. C’est assez. C’est assez flagrant en fait de voir qu’il y a un changement de ligne au moment où l’actionnaire arrive. Donc ça, c’est un exemple précis. Ce qu’on raconte avec Hanouna, on s’attend pas à ce que Cyril Hanouna et TPMP soit un tremplin pour Eric Zemmour. Peut être que c’est du pur cynisme parce que ça fait de l’audience. Toujours est-il que Cyril Hanouna participe à l’entreprise idéologique de Vincent Bolloré en propulsant la candidature d’Eric Zemmour, en diffusant des petits clips faits spécialement pour TPMP. Donc voilà.
David Dufresne
Alors, j’ai une petite précision je fais mon Hamon, mon Plenel, abonnez vous au poste. Parce que lundi justement, le pape François l’a dit lundi, Claire sait qu’elle sera au poste à 9 h à votre place pour nous parler du père de son étude. Et effectivement, j'étais. J'étais heureux de la voir dans le film. On sent que le film a été tourné en urgence parce que vous avez injecté des informations toute récentes. C’est à dire que là, on est vraiment dans un mode journalistique. Vous avez intégré notamment le Sénat et les et les comment ils appellent ça déjà, les auditions par les chambres d’enregistrement plus exactement, parce que c'était quand même bon, voilà. Alors sur Bolloré, à part ça, est ce qu’il y a d’autres choses ou pas ? Parce que sinon, il y a une scène qui m’a évidemment passionné dans le film dont je vous ai parlé.
François Bonnet
Bolloré Express, qui sont un groupe Bolloré. C’est, historiquement, c’est la vieille famille catholique ultra traditionaliste, c’est déjà toute la sphère culturelle qui est vraiment entre la droite extrême et l’extrême droite. Oui, voilà, c’est ça, Oui, on baigne dans cet environnement culturel là. Surprise, parce que je pense que ça gène nos autres oligarques, ça les met en difficulté. Le cas Bolloré les met en difficulté. La surprise, c’est que Bolloré, Bolloré, à partir du moment où il prend Canal+ puis Itélé, il transforme en enseignant, il construit un agenda politique et idéologique et va construire ce candidat, Eric Zemmour, multi condamné pour incitation à la discrimination et à la haine raciale. Donc ça, c’est un peu nouveau qu’un milliardaire de bascule, une chaîne d’information en chaîne de pignons et chaînes de films qui devient la chaîne de l’extrême droite. C’est ce que montrent justement les mesures faites par l'étude de Julia Cagé et de son équipe. Donc ça, c’est quand même nouveau dans le paysage français. Et c’est pour ça que Bolloré devient une sorte d'épouvantail absolu. Parce qu’il l’est effectivement, c’est New York et sa capacité à construire l’agenda informatif du pays est en train de détruire le débat public ou de l’emporter dans le nauséabond et dans un très grand danger. Même si c’est notre débat public et notre débat et nos débats démocratiques, ce que ne font pas les autres milliardaires qui eux, sont plutôt dans d’autres stratégies d’influence, de protection. En faisant ça, on y reviendra. Donc c’est vrai qu’il y a une particularité Bolloré, euh.
Valentine Oberti
Clairement.
David Dufresne
Alors dans les films, je crois. Alors de petites choses, de petits points techniques. Je crois que Clear Sky est dans le chat
François Bonnet
Toi, tu es nommé à l’IGPN. David.
David Dufresne
On va rigoler.
David Dufresne
Dans le film, on parlera de la forme du film après. Parce que là, ce qui. Parlons d’abord du fond. Il y a eu hier un fait très important que vous expliquez c’est Havas qui appartient à Bolloré pour aller très vite. Et Havas, c’est donc cette agence de publicité. Et en fait cette agence est capable de faire pression. Et là vous révélez des choses. En tout cas, moi, je ne connaissais pas cette histoire des pressions qui ont été faites sur une journaliste correspondante du Monde du Monde Afrique en Afrique qui fait un papier qui va déplaire, si j’ai bien compris, au groupe Bolloré. Et quand elle arrive à parler dans une radio, dans une conférence de rédaction très agréable, un peu comme à Mediapart, tu te sens pas trop mal d’avoir coûté 16 millions d’euros au monde, lui dit on. Louis dit non pas Louis Vuitton parce que c’est assez long.
Valentine Oberti
Pardon, lui dit on. Non, il faut rendre justice aux confrères. L’histoire avait été racontée dans plusieurs.
David Dufresne
Oui, En fait.
Valentine Oberti
C’est ce qui avait été révélé par le Canard Enchaîné et elle a été racontée dans le livre Un son tout puissant de Jean-Pierre Canet et Nicolas Vacher. Il y a un livre intéressant sur Vincent Bolloré et sur sa vie.
David Dufresne
On l’a reçu au petit déjeuner, on l’a reçu déjà ici.
Valentine Oberti
Et puis je crois que Jean-Baptiste Rivoire là, on en a parlé dans son dernier livre. Il disait contre les idées, contre les oligarques. Donc voilà, une fois qu’on a dit ça, ce qui est intéressant, c’est d’avoir le président du directoire du monde qui nous le confirme. Et puis la journaliste qui le dit et c'était assez.
David Dufresne
Froid Valentine, tu vas trop vite, Louis-Dreyfus,
David Dufresne
Oui, oui, Louis.
Valentine Oberti
C’est le président du directoire du monde, donc c’est un peu le patron.
David Dufresne
On reconnaît qu’il a perdu entre cinq à 6 millions d’euros sur deux ans. J’ai repris mes vieilles habitudes avec vous. J’ai repris des notes payées d’habitude. Ouais, à l’ancienne.
Valentine Oberti
À moitié quoi.
David Dufresne
Finalement. Ouais, c’est ça. Et donc il dit voilà, effectivement, cet article là nous a coûté ça cinq à 6 millions d’euros sur deux ans. Donc ce n’est pas, ce n’est pas petit. Surtout qu'à l'époque, le Monde ne va pas très bien,
Valentine Oberti
N’allait pas très bien. Voilà.
David Dufresne
Et il a cette phrase, il dit J’ai été obligé de faire du porte à porte pour aller rechercher des annonceurs. Je trouve franchement ça, je trouve. C’est un beau geste que de vous le raconter.
Valentine Oberti
Ouais, on a, on était, on a apprécié qu’il accepte. Ils ont été rares ceux qui ont accepté de nous raconter des choses comme ça. Donc oui, c'était intéressant de l’entendre le dire et puis de l’entendre confirmer que c'était un boycott, que c'était pas une marque en passant qui était un peu énervée d’un article et qui avait retiré trois ans. Car non, c'était une réponse à me contredire. Je le vois. Non, non, non. Et il reconnaît que c’est un boycott organisé qui dure. Il nous a même raconté qu' on n’a pas regardé dans l’interview parce que c'était un peu long, mais il nous a même raconté qu’Areva n’avait pas payé les factures des pubs déjà placées en fait dans des campagnes qui précédaient donc. Mais Valentini a facturé. Hallucinant quand même, non ?
David Dufresne
Alors d’abord Valentine, je suis très furieux parce que tout le monde veut faire 43 % si tu arrives en tête pour me présenter au poste. Donc ça démarre là. D’ailleurs je tiens à te le dire déjà, premier truc. Et deuxième truc, je m'étonne que tu ne comprennes pas comment les gens deviennent milliardaires. Ça commence comme ça, tu ne payes pas tes dix, tu paies, vous n’allez plus là.
Valentine Oberti
Non mais franchement, c'était complètement dingue quoi.
François Bonnet
Alors pardon, je. Étant un peu plus âgé que vous et ayant travaillé au monde, c’est pas la première fois que ça arrive, c’est passé. Et le haut, ça doit être en 2000, quand le monde part sous la plume de Martine, Orange sort les très grosses enquêtes qui vont faire tomber Jean-Marie Messier, qui dirigeait à l'époque Vivendi. La première mesure de rétorsion prise par Messier est de couper tous les budgets publicitaires alloués au monde à l'époque. C’est des sommes énormes et c’est un vrai problème pour. Pour le journal, il y a un précédent, souvenez vous, c’est le Arnault et Libération. Quand Libération ? Oui, c’est une formule, une histoire. Lorsqu’une première mesure de rétorsion de Bernard Arnault qui coupe la publicité est pour Libé. De mémoire, ça représente, me semble t il, six ou 8 millions d’euros sur l’année. Arnault est le premier annonceur en France. Donc c’est ça, ça a été quand même pas mal souligné devant la commission d’enquête du Sénat, Bolloré à la première agence, la deuxième agence de pub en France. Et Arnault est le premier annonceur. Donc vous voyez les leviers de pression dont ils disposent dans les médias via l’allocation des budgets publicitaires.
David Dufresne
Bernard Arnault est revenu lors de son audition au Sénat sur cette question. Par rapport à Libération. Il a eu ce petit mot. Grosso modo, il a dit à son ami que ce n’est pas très intéressant parce que le lectorat de Libération et n’achète pas du luxe.
Valentine Oberti
Il y a même.
David Dufresne
Plus là dedans. Il se cache, il se cache même plus. Mais alors, sur Bolloré, qu’est ce que vous pourriez dire d’autre ? Qu’est ce que vous avez dit là bas ?
Valentine Oberti
Ben ce qu’on peut dire, c’est que voilà, on a parlé de l’aspect idéologique de Vincent Bolloré. On n’a pas parlé de la manière de l'énergie qui déployait pour empêcher Jean Pierre de travailler, alors que peut être que les twittos connaissent déjà ces méthodes avec la justice et donc les procédures bâillons. C’est-à-dire il dépose plainte à tout va. En fait, dès qu’il y a quelque chose qui sort sur lui, enfin ou presque. Mais il dépose énormément de plainte contre les journalistes. Encore une fois, il ne pense pas forcément gagner ses procès. D’ailleurs, il en perd beaucoup et il a même été déjà condamné pour procédure. Abusive, ce qui est rare quoi. Mais le but c’est de dissuader. Pareil quand on est journaliste pigiste, lâche Maurine Grison dans le documentaire. Mais aussi Fanny Pigeon, qui est une journaliste qui écrivait pour Mediapart, qui a écrit pour Mediapart. Ces deux personnes sont indépendantes, donc elles se retrouvent avec des procédures. L’une comme l’autre ont été attaquées, par exemple par Vincent Bolloré en justice, mais aussi le journaliste de complément d’enquête Tristan relaxe plusieurs fois et même à le signalement. Homme politique également Bastard, Benoît Collombat de France Inter, Service public. Mais voilà, personne n’y échappe. On verra ce que le sort nous réserve parce qu’on raconte quand même François Juste après, on révèle quand même un jugement dont je ne dirai pas qu’il est faux, mais dont je vais dire qu’il n’est pas authentifié. Fable c’est ça qu’on raconte dans le documentaire. Il utilise un document de justice qui n’est à ce jour pas authentifié dans un procès contre Mediapart et un document qui contribue en première instance à faire condamner Mediapart. Donc ça peut aller quand même.
David Dufresne
Et dont l’authenticité est douteuse. On peut dire ça comme ça.
Valentine Oberti
Ouais, on peut dire douteuse, ouais, ouais, tout à fait. On peut dire douteux, très douteux. On a fait des diligences et comme disent les avocats, non, On a essayé de nous renseigner. Le tribunal qui est censé avoir émis jugement n’existait pas sous ce nom au moment où le jugement était émis. Donc ça c’est déjà un premier problème. Et le deuxième problème, c’est que quand tout le monde vous huissier d’aller regarder dans les archives de la justice au Cameroun, ils ne trouvent pas de jugement. Alors peut être que c’est mal rangé, mais en attendant, pour l’instant ça, ça ressemble pas à quelque chose qui existe quoi.
David Dufresne
Je mets cette carte de Politis, s’il en existe plusieurs, j’en mettrai d’autres tout à l’heure. La fameuse carte du Monde diplomatique. Il y a aussi Challenges. Il y en a eu fini. Elles vont, elles vont défiler tout à l’heure. On dit Et vous, dans votre promo et dans le film, vous, vous vous affirmez que 90 % de la presse appartient privée appartient à. Neuf milliardaires, c’est bien ça ?
Valentine Oberti
Oui, bon.
David Dufresne
Commence à monter l’idée de dire Est ce qu’on en est ? Bien sûr ? Est ce que qui a sorti ce chiffre ? Qui l’a vraiment comptabilisé ?
Valentine Oberti
Alors c’est dans un bouquin de Julia Cagé qui s’appelle L’information est un bien public que je n’ai pas là sous la main. Ils ont mis dans mon bureau, je vais les chercher. Qui dit parle de neuf industriels qui possèdent 90 % des médias.
François Bonnet
Et pour Compléter Le chiffre des 90 % qui moi aussi m’avait interrogé. Donc j’ai dit chercher la source de ce chiffre. Ce sont les mesures à PCM, l'équivalent de Lex Médiamétrie. C’est à dire qu’en fait ce sont des mesures d’audience et d’impact de la de la presse privée, audiovisuelle, presse, papier, presse web. Et c’est une mesure globale d’audience. Et on arrive Alors ce chiffre peut être discuté comme le sont toutes les mesures plus anciennes, et on arrive à cette proportion qui est effectivement extravagante, de 90 %. Mais de toute façon, j’allais dire bon.
Valentine Oberti
Donc c’est presque un peu gardé, il va se faire manger.
François Bonnet
Ce que je veux dire, c’est que j’ai vu effectivement que ce chiffre de cette proportion, ce taux de 90 % est discuté surtout derrière, etc. Comment dire ?
David Dufresne
Ce n’est pas inintéressant en soi, ce n’est pas inintéressant.
François Bonnet
Mais bien sûr ! Et y a un an ou quatre cinq mois, je n’avais jamais tenté de trouver. Donc c’est un chiffre qui a été produit avec une méthodologie qui peut être contestée encore une fois, et qui s’appuie sur les audiences globales des médias. Encore une fois, ça peut être discuté, mais c’est un chiffre qui normalement le signe méthodologique est en gros utilisé pour fixer les tarifs publicitaires des médias. D’accord, il y a plusieurs audiences. Donc moi c’est ce que j’avais trouvé comme source. Effectivement, cette idée repris dans des termes. Julia Cagé Il a été repris dans le temps dans pas mal d’enquêtes. Ce que je veux dire, c’est que bon, s’il faut donner, effectivement cette source a tout à fait raison. Après une ben si c’est 80 % de 75 %, le problème demeure.
David Dufresne
En pratique. J’allais y venir, bien sûr.
François Bonnet
Mais le problème demeure absolument identique.
Valentine Oberti
Voire moins milliardaire puisque Lagardère est en vue.
François Bonnet
Juste pour terminer, je pense que c’est une proportion qui a baissé depuis un an. Pourquoi ? Parce que ce à quoi on assiste, c’est qu’il y a une telle défiance de l’opinion des citoyennes et des citoyens par rapport à ce qu’est le système médiatique et en particulier avec ce qu’on vit et ce qu’on subit depuis le mois de juin dernier, avec un débat public complètement pourri par les thèmes d’extrême droite. Que les gens se détournent massivement de ça. Et c’est pour ça qu’on avait fait en novembre dernier cet appel sur la presse indépendante été titré Ouvrez les fenêtres, lisez la façon suivante. C'était pour rappeler que y a quand même toute une galaxie de titres indépendants qui aujourd’hui, chaque jour, ont des millions de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs. Les gens vont s’informer ailleurs, de plus en plus. Et là, y. Voilà ce système médiatique dominant, privé, tenu par huit neuf hommes d’affaires dont les intérêts ne sont pas nombreux dans les médias. Après, ce n’est pas leur métier, ce n’est pas leur cœur de métier. Les gens sont détruits, les gens commencent à comprendre que ça ne va pas, que ça ne peut pas fonctionner comme ça. Et d’où le quand vous regardez le. Alors ça a été lié au confinement. Mais bon, moi je vois quand même beaucoup de collègues d'élite de la presse indépendants. C’est plutôt positif ce qui est en train de se passer, c’est à dire public Ben c’est à dire qu’il y a de nouveaux lecteurs, on voit arriver de nouveaux lecteurs, qu’on regarde les tendances de J’ai d’une dizaine de types de la presse indépendante. Certes, c’est quand même en forte progression.
David Dufresne
Le nombre de titres, oui, mais leur audience ?
François Bonnet
Non. Leur audience, le rythme de leur audience, leur audience. On parle de Basta, Reporterre, Blast ou AuPoste, Le média cité Marsactu. Bon, voilà le journal de Mediapart. Il y a toute une série de titres qui, depuis un an et demi, deux ans, voire des, sont en train de passer un cap en termes d’audience, de public, d’abonnés, de donateurs. Et je discutais avec les gens de StreetPress vont à StreetPress depuis un an et c’est en train de progresser très fortement. Bon, et ces gens là, ils ont décroché de ce système médiatique qu’ils estiment être tenus être vraiment en pleine crise d’indépendance. Donc ils partent, ils s’en vont.
David Dufresne
Alors, tu parlais de vous parliez tous les deux de milliardaires dont les médias ne sont pas le métier. Vous êtes, vous êtes salauds. Bernard Arnault est quand même venu au Sénat nous expliquer que c'était un mécène, mais qu’il était là, l’argent public, qu’il était là pour nous aider. Bon alors, dans votre film, vous vous mettez en scène, ça c’est votre côté bien médiatique, c’est bien foutu. Vous mettez en scène une affaire très connue ici, de Squarcini avec Fakir et avec François Ruffin, François Ruffin qui est venu ici, qui a raconté cette chose là. Donc, on se souvient que donc, le journal Fakir a été espionné par les services de Squarcini, eux mêmes payés par Bernard Arnault, qui s’inquiétait que des actionnaires agissent un peu trop puisque au fond, c'était, quand même ça. Ça, on le reconnaît bien. En revanche, ce que j’ai plus découvert, c’est le témoignage de Tristan Vallet. Alors lui, lui, c’est le Monsieur le Fabrice Arfi d’Antenne deux, Antenne deux, qui vous raconte quand même. Un délire de ce qu’on appelle un chantier dans le langage policier, c’est à dire comment ils ont monté des affaires contre lui. Est ce que Valentine, tu peux, tu peux résumer Sinon j’ai mes notes. Ouais.
Valentine Oberti
Je peux résumer. Donc on est en 2014, Tristan, que l’accident est reporté à complément d’enquête et il se consacre à un rêve, à un grand portrait, à Bernard Arnault. Il visait les grands portraits de grands patrons, donc 52 minutes sur Bernard Arnault. Il enquête et il raconte que c’est un entrepreneur à succès, mais y raconte aussi. Il va aussi gratouiller. Il parle du made in France, du made in Italie. Il se rend compte qu’en fait, les chaussures Vuitton sont majoritairement fabriquées en Roumanie et que il ne veut pas ou ne veut pas trop que ça se sache. Il y a et toute la question de l’exil fiscal de Bernard Arnault, il récupère des documents. Bref, il y a deux ou trois sujets sur lesquels il les chatouille un peu et tout au long de ce reportage, en fait, il va subir des pressions et des pressions qui vont lui redescendre. C’est à dire que les cadres de LVMH, Nicolas Bazire pour le citer, appellent son rédacteur en chef de l'époque, Benoît Duquesne, pour lui dire à deux reprises qu’il a vu qu’ils ont des preuves que Tristan ou Alex payent des gens, soit pour aller filmer en caméra cachée dans une usine en Roumanie, soit pour des trucs à acheter, des témoignages en fait d’ouvrières roumaines. Donc, Benoît Duquesne appelle Tristan ou Alex pour lui dire Mais est ce que t’as hâte ? Voilà, je sais que c’est faux, mais je te pose la question est ce que t’as à payer des gens pour aller filmer ? Ah bah non, je n’ai pas payé des gens pour les filmer. Et ensuite il lui basculé un mail de Bazire
David Dufresne
Est ce que t’as payé des gens pour venir, pour témoigner face caméra, pour.
Valentine Oberti
Témoigner pour les films ? Il y a deux manières d'être et de payer. Donc voilà, il y a des pressions, lui descend comme ça. Et puis il y a même une histoire assez énigmatique et qui l’est encore un peu aujourd’hui. Tristan Molex est accusé par les cadres de LVMH d’extorsion de fonds. Il est accusé d'être allé à Bordeaux.C’est une extorsion de fonds et ce n’est toujours pas clair. Mais Bernard Arnault a déposé une plainte pour extorsion de fonds. Qui contre X, j’imagine, qui visait Tristan ou Alex. Au final, on s’est rendu compte qu'à Bordeaux, le jour où il affirmait que Tristan Wake se trouvait bien, c'était une équipe de. C’est au programme de France deux qui faisait un reportage anodin sur le ciel de Pékin. Bon, voilà.
David Dufresne
Cela dit, cela, dit Valentine, je n’arrive pas à comprendre que. Je veux dire, ce n’est pas con de vouloir extorquer des fonds à un milliardaire.
Valentine Oberti
Ce n’est même jamais une bonne idée si on veut avoir un peu d’or.
David Dufresne
Mais tu ne fais pas de mal. Je veux dire mieux.
Valentine Oberti
Aux riches qu’aux pauvres. Même si le gouvernement a tendance à faire le contraire. Mais bon.
David Dufresne
Il aurait fallu dire à Tristan et on comprend pourquoi t’as fait ça.
Valentine Oberti
Donc évidemment, je n'écoute pas Benoît Duquesne.
David Dufresne
Évidemment, je décode, il n’a jamais fait ça. Ça c’est complètement sidérant.
Valentine Oberti
C’est complètement sidérant. Et ce qui est sidérant, c’est que derrière, ça continue à s’appeler. Ils s’en prennent à Benoît du Canon qui aujourd’hui est décédé et il est décédé quelques mois après ce reportage. Et en fait, ils s’en prennent à lui dans le sens oui, ils essaient de trouver des infos sur lui. Il y a une journaliste qui était rédactrice en chef de Complément d’enquête qui témoigne. Dans le documentaire, on retrouve encore le nôtre, notre cher Bernard Squarcini qui cherche des infos en fait compromettantes sur un benêt Duquesne. De quel ordre ? On n’a pas de certitudes probablement privées, mais aucune certitude là-dessus. Donc des infos en tout cas qui pourraient le faire plier.
David Dufresne
Est ce que vous êtes d’accord pour que je mette la petite bande annonce du tome ?
François Bonnet
Un petit mot avant pour compléter ce que dit Valentine, il faut avoir conscience que tous ces grands groupes ont des services de sécurité internes extrêmement sophistiqués. On peut comprendre, que ce soit pour protéger des secrets industriels, pour éviter les systèmes d’espionnage,
David Dufresne
un cabinet composé d’anciens flics, etc.
François Bonnet
Orsini, ancien patron des services français, homme lige de Sarkozy, est immédiatement recyclé chez lui. MH, chez Bernard Arnault. Souvenez-vous que Bolloré avait immédiatement recyclé. Il a quitté le groupe il y a quelques années. Michel Roussin, qui est un ancien poids lourd des services français, devient chiraquien, ministre de la Coopération de Chirac et en gros chargé à l'époque de la Françafrique. Et quand il quitte la politique, hop, il est immédiatement pris par le groupe Laurier pour réorganiser la sécurité du groupe. Officiellement pour être l’envoyé spécial en Afrique des affaires du groupe Bolloré, mais construisant aussi ce système de sécurité interne. Donc, ce que moi je trouve très intéressant, bandant dans ce documentaire, c’est de voir comment des services de sécurité dont on peut juger qu’ils sont légitimes pour protéger le secret industriel, etc. En fait ont été détournés et sont. Utilisé pour une surveillance extrêmement stricte des journalistes. Et on peut penser la je dirais conditionnel. Mais puisqu’il surveille avec autant d’attention les journalistes, il n’y a pas de raison qu’il ne surveille pas les politiques. Bon, et là on voit quand même de la barbouzerie à grande échelle en nom des dossiers, on écoute les téléphones, etc
David Dufresne
Par là on mettrait bien.
François Bonnet
On voit.
David Dufresne
Très bien. Alors si vous voulez bien, la bande annonce. Alors ça dure deux minutes et zéro huit. Ce que vous vous êtes dit Ouais, c’est le web, alors on peut faire long.
Valentine Oberti
Mais alors non, On s’est dit c’est le cinéma et c’est comme ça qu’on fait.
David Dufresne
On parlera cinéma tout à l’heure, chère Madame.
Valentine Oberti
Il avait des choses à nous apprendre.
David Dufresne
Je pense aux poubelles, pas à pas du tout. Alors donc là, si vous voulez en profiter pour aller vaquer à vos occupations, pour faire un petit café, vous pouvez, moi je mets la bande annonce, sinon vous restez hein ? C’est un peu court.
Valentine Oberti
Et bien fait en plus.
David Dufresne
T’as vu ça ? Alors trois, trois, Quatre.
David Dufresne
Enfin c’est supportable, mais je ne vais pas vous répondre. C’est plus une émission de débat là. Si vous n’êtes pas content, vous partez.
François Bonnet
On n’a pas le son, c’est normal, j’imagine.
David Dufresne
Alors vous, c’est normal, vous n’avez pas de sons. Je suis désolé, je n’ai pas les moyens de diriger le Service public.
François Bonnet
Mon cher.
David Dufresne
Parce que par contre, tout le monde t’entend.
François Bonnet
À part enquêter sur Bolloré en Afrique, c’est se confronter à un mur de silence et à des gens qui ont peur.
Audio
Le vrai patron, c’est Bolloré. Tout cela dans un écosystème dont on voit bien qu’il est au service d’une idéologie politique clairement assumée. En l’espace de cinq mois, Europe1, qui était une radio vraiment indépendante et devenue une radio dont le contrôle est celui de Bolloré. J’ai trouvé la boîte qui a infiltré l’organisation.
Audio
Un service personnalisé. Bien sûr, on y est déjà présent. Et non, Bernard Arnault n’est pas habitué à avoir de la confrontation. Déjà, la police s'était fait acheter pour moi par Bernard Arnault et maintenant c’est la justice. Je n’ai pas, Monsieur le député, je n’ai jamais eu de compte à l'étranger. Il faudrait vraiment avoir très peu de caractère pour changer d’avis sur un coup de fil. C’est ridicule. Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs. C’est tout ce qu’ils sont.
Valentine Oberti
Il peut y avoir une alliance objective entre les intérêts de Cyril Hanouna et les intérêts plus idéologiques de son patron, Vincent Bolloré.
David Dufresne
Là, c’est clair. Qui sera avec nous.
Valentine Oberti
Entre nous, non ? Oh, on va vous expliquer.
François Bonnet
Un peu ce qui se passe là dedans.
David Dufresne
Actuellement en salle. Alors on va revenir sur Bernard Arnault. Mais il y a des questions, comment on voit le film, notamment comment on voit le film quand on habite la Diagonale du vide ? Est ce que le film sera rediffusé sur Mediapart après son existence en salles ? Et ensuite il y aura une question que je poserai à François sur le financement. Mais d’abord, alors, où est ce qu’on peut voir le.
Valentine Oberti
Film et donc le film ? On peut le voir dans une cinquantaine de salles en France, il y a des cinémas qui le diffusent vraiment, comme un film, avec plusieurs séances par jour, etc. Il y a des cinémas qui le diffusent uniquement quand on fait un débat. L’idée de départ de le faire, là, au cinéma, est d’accompagner ça de débats. Et donc là, on va faire une espèce de tournée des débats que tu connais bien, ça, David, puisque tu l’as fait.
David Dufresne
Moi, j’ai mouillé le maillot, on peut dire ça.
Valentine Oberti
Donc voilà, donc il faut aller sur pour voir quand est ce qu’il y a des séances avec des débats. Il faut aller au Média. Crache fr, Ça vous renvoie vers une page de Mediapart. Avec les débats, on la met à jour dès que, dès qu’il y a un nouveau débat qui ce qui ce qui se fait. Et puis sinon, il y a après, je n’ai pas les salles en tête dans le détail, mais normalement sur Allociné vous avez les salles sont répertoriées. Et si vous êtes dans une région où vous avez un cinéma indépendant à côté de vous ou pas indépendant d’ailleurs, et que vous n’avez pas le choix, que le film n’est pas à projeter, ou vous pouvez écrire à vos cinémas et leur demander qu’il le projette, Vous pouvez leur dire que qui le diffuse et que l’on peut faire une séance avec des débats, etc. Quoi ? En tout cas, vous. Nous, notre distributeur nous a dit qu’on pouvait faire ça. Ça ne veut pas dire que ça marche à tous les coups, mais ça se tente.
David Dufresne
Donc là, si je comprends bien, c’est Edwy son nom.
Valentine Oberti
Et après.
David Dufresne
C’est Edwy, son orchestre.
Valentine Oberti
Parce que c’est ?
David Dufresne
Exactement dans toute la France, ça s’est fait tout seul.
Valentine Oberti
Ouais, c’est pour ça la diagonale du vide. Je pense qu’on y va, hein.
David Dufresne
Il y en a, il y en a partout.
Valentine Oberti
Donc bien partout.
David Dufresne
Mais je ne crache pas de partout.
Valentine Oberti
Mais on essaye. Et après oui, ça reviendra sur Mediapart quand précisément, je ne sais pas. On doit respecter ce qu’on appelle la chronologie des médias, donc c’est pour ça qu’on avait le droit de le mettre en avant. Première sur Mediapart mardi. Comme tout avant première en fait. Mais là, il n’y en a plus.
François Bonnet
Le Temps qui le temps de sa présence au cinéma. Et après il faudra qu’on décide quand est ce qu’on peut le remettre sur Mediapart quand il sera plus diffusé au cinéma. Mais oui, il reviendra sur Mediapart, peut-être même en VO. Dès lors, il faudra avoir des discussions avec le distributeur et avec Mediapart.
David Dufresne
Alors souvent ça rouspète dans le chat et c’est le cas aussi. Alors pas forcément maintenant François mais c’est des gens qui venaient. Précédent Si ce matin je lisais quelqu’un qui disait c’est un film d’utilité publique, le travail de Mediapart, c’est un travail d’utilité publique. Pourquoi ce n’est pas gratuit ? Pourquoi ce n’est pas pour tout le monde ? Qu’est ce que vous répondez à cette question qui est quand même lancinante et qui rejoint François quand même ? La question de la presse indépendante dont tu parlais tout à l’heure ?
François Bonnet
Mais ce n’est pas gratuit parce qu’un film comme ça, je parle sous le rôle de Valentine parce que je. Moi j’ai quitté Mediapart le 31 décembre donc je n’ai pas suivi les dossiers mais il doit y avoir de quoi, environ 150 000 €.
Valentine Oberti
Ouais, en fait il a coûté 20, il a coûté en apport en numéraire à peu près 70 000 €. Et après il y a de l’apport en industrie qui.
François Bonnet
A bien sûr.
Valentine Oberti
La guerre et où en est on est au dessus.
François Bonnet
Du niveau donc bon. Et voilà, un film comme ça, c’est un budget de -100 50 000 €. Comment on finance ça ? On n’a pas de publicité, on refuse les aides publiques, on peut parler tellement c’est un système nauséabond. Donc voilà, il faut que c’est encore une fois le slogan Mediapart, c’est le seul, nos lecteurs peuvent nous acheter. Ce qui dit bien une chose, c’est que le journalisme n’a pas de valeur, donc ça a un coût et il faut bien que les journalistes soient correctement rémunérés pour le travail qu’ils effectuent et pour les frais que cela demande d’engager. Quand on envoie un Fabrice Arfi enquêter pendant plus de six mois sur l’affaire Cahuzac, c’est six mois, six mois de travail. On ne sait pas ce qu’est ce qu’il va y avoir à l’arrivée.
David Dufresne
À six mois de travail et de restaurant lyonnais. Je veux dire, on connaît l’animal. Non, je déconne, je déconne, j’ai honte.
François Bonnet
Donc voilà, tout ça c’est des gros budgets. Et comment on le finance et on les finance par nos lecteurs qui sont le seul gage de notre indépendance. Ce n’est pas la publicité qui va financer ça. Donc il faut que ce qu’on observe d’ici à ce qu’on observe plus largement dans la presse indépendante, c’est que les médias qui ont les moyens sont aujourd’hui ceux qui vivent de leurs lecteurs, de leurs lectrices. Il y a deux moyens, ça peut être le système d’abonnement ou ça peut être des systèmes de dons, de dons récurrents ou de grandes collectes qui marchent très, très bien. Il y a eu toute une série de collectes faites à l’automne dernier par le part de ce que j’allais dire sept huit titres chaque fois le montant demandé a été atteint et généralement très largement dépensé. Donc, je pense que les gens ont conscience que s’ils veulent une information de qualité, deux une information indépendante, ça a un coût. Donc ça a un prix et il faut que le public soutienne ces démarches-là.
David Dufresne
Alors, on reviendra tout à l’heure. François Effectivement, sur la question des finances publiques, et tu expliqueras pourquoi tu tubes, tu évoques, tu dis que c’est nauséabond, ce système là, parce que voilà, il y a des questions là dessus, mais à l’instant où tu viens de parler de Cahuzac et dans le film justement, vous avez aussi un autre témoin qu’on n’avait pas entendu jusqu’ici, c’est l’ancien directeur du Point, si mes souvenirs sont bons, qu’on vient d’apercevoir dans la dans la bande annonce.
Valentine Oberti
C’est la vie elle-même Directeur Dubois.
David Dufresne
Avoue.
Valentine Oberti
Il est parti parce qu’il n’est pas à l’aise. Il n’est pas à l’aise, non. Mais il est y dirige le point et au moment des faits qu’on raconte, il était le directeur de la rédaction et Franz-Olivier Giesbert était directeur et directeur de la publication.
David Dufresne
Alors justement, les faits, rien que les faits que vous racontez, tu peux les rappeler.
Valentine Oberti
Oui, donc on est, on raconte, hum, on raconte une censure du Point dans l’affaire Cahuzac. Donc on est en janvier 2013, le ministre du budget socialiste est accusé d’avoir un compte en Suisse. Enfin, Mediapart révèle qu’il a un compte en Suisse donc il est en pleine tourmente. C’est un moment compliqué parce que si communicant essaie d’imposer sa version, donc carrément une bataille de communication très forte qui divise la presse et qui essaie de jouer un match Mediapart contre le reste des journaux. Et donc voilà, il y a une offensive des communicants pour dire que les informations de Mediapart sont fausses et il y a quand même des journaux qui enquêtent. Et donc au Point, il y a deux journalistes qui enquêtent, continuent à enquêter sur Cahuzac et qui ont une bonne info, une très bonne info en d’autant plus de contexte qui est un mémo de l’expert comptable des Cahuzac qui explique que le leur explique que le fisc a fait des recherches aussi sur la façon dont ils ont financé leur appartement et sur les montres de luxe de Jérôme Cahuzac qui n’ont pas été déclarés à l’ISF. Et donc peut être ça posera problème. Donc c’est une vraie bonne info sur la situation fiscale du ministre du Budget, accusé d’avoir des comptes en Suisse. Et donc le papier est monté sur ce qu’on appelle un chemin de fer, un chemin de fer comme l'étalage de toutes les banques, tout, tout, tout, tout le journal en fait, dans l’ordre des pages qui est affiché.
David Dufresne
Avant qu’il soit imprimé.
Valentine Oberti
Avant qu’il soit imprimé, voilà pour avoir une vue d’ensemble, etc. Faire les dernières modifications. Donc un premier papier est affiché, puis il est à noter, le titre est un petit peu. Atténuée. Voilà un petit peu plus light quoi, si je puis dire. Ensuite, il y a de nouveau un deuxième papier contre le bon titre. Tout ça est validé, des initiales du rédacteur en chef. Et puis 1 h avant le bouclage, le papier disparaît. Et entre-temps, il y a eu un appel de Marion Bouchard qui était la communicante de Jérôme Cahuzac, la conseillère en communication. Voilà. Et donc, à la suite de ce de cet appel, de cette pression, en fait, le papier n’est finalement pas diffusé. Donc Etienne Jardel se défend d’avoir son sur un papier. Il évoque un passage pour sa défense. Il dit que voilà, il y avait un passage qui ne lui convenait pas, qui n'était pas suffisamment étayé. L’angle du papier n'était pas ce passage, ce passage où visiblement Jérôme Cahuzac devait démissionner. On a vérifié, il n’y en avait pas. C'était pas du tout écrit en ces termes, mais ce n'était pas ça le gros du papier. Et puis il se défend en disant Mais à l’affaire Cahuzac, on l’a beaucoup couvert dans Le Point. Vraiment, on n’a pas de difficulté là dessus. Eh bien, on a vérifié. En fait, il n’y a pas eu beaucoup d’articles sur l’affaire Cahuzac dans Le Point et ils ont été plutôt favorables au ministre dans leur immense majorité. Donc voilà. Évidemment, jamais personne ne revendique une censure. J’avais entendu dire bah oui, je l’ai censuré ce papier parce qu’il nous mettait mal à l’aise et c'était compliqué. On a eu un peu de pression, on ne s’est jamais dit Mais ce qu’on démontre, c’est qu’il n’y a pas de raison éditoriale à ne pas avoir publié ce papier. Bien sûr que Le Point est un journal totalement libre de sa ligne. Ce n’est pas nous qui allons dire bah ça, vous l’avez pas fait, ce n’est pas bien, ils font ce qu’ils veulent, mais à partir du moment où ils ont une information de la base du staff, on est journaliste, on sort des infos. Sinon le reste, le reste c’est du bavardage. Mais. Et donc là ils ont une info, ils la sortent pas. Eh bien non, on a considéré que les éléments qui nous étaient apportés n'étaient pas convaincants et qu’on avait de quoi documenter que c'était une censure.
David Dufresne
Est ce que ce n’est pas justement la limite de la critique portée aux journalistes ou aux milliardaires ? Je me fais évidemment l’avocat du diable parce que sinon ce ne serait pas rigolo. Mais est ce que. Et est ce qu’il n’y a pas un côté redresseur de torts, donneur de leçons à l’idée de dire à Bolloré ces journaux, il fait ça, lui fait ça, etc. Après tout, n’ont pas t il alors la liberté de le faire ? Je sens que vous êtes énervés.
David Dufresne
Langage corporel Non. Remonté ?
Valentine Oberti
Non, pas du tout. Non, non, pas du tout. Pas du tout. Donc pas du tout. Non, non, non, pas du tout. Non, mais alors oui, ça peut être perçu comme ça, mais en fait je ne pense pas que ça le soit. Je ne pense pas que ce soit le ton docu. Et en tout cas ce n’est pas l’intention. Moi je ne cesse de répéter à Dans tous les débats où je vais, il n’y en a pas eu 15 000 amis. Les quelques questions qu’on a pu avoir, que donc ce n’est pas un journal, une chaîne, une station, c’est pas un bloc monolithique, c’est des journalistes qui sont obsessionnels et qui essaient de sortir des trucs, d’autres qui le sont un peu moins, des chefs courageux à des moments précis et qui vont pousser pour sortir des choses, d’autres qui vont l'être un tout petit peu moins. Et voilà. Enfin moi je pense qu'à BFM, il y a des gens qui font bien leur travail à ces news, je dis pas qui font mal leur travail, Je pense qu’ils sont extrêmement contraint et qu’ils ont très peu de marge de manœuvre pour faire correctement et très peu de moyens et ça se voit. Donc voilà. Là c’est encore une autre problématique. Et puis pour répondre à ta question sur redresseur de torts, un exemple qui, qui, qui me laisse penser que en tout cas, ça peut ne pas être perçu comme tel et que ça peut être utile dans la salle, je sais plus trop laquelle. À Luminor hier à Paris, il y avait deux journalistes de la SDJ de Paris-Match qui nous ont remerciés à la fin de l’avoir fait, d’avoir parlé de leur position et de dire voilà, nous on n’en peut plus en fait, de cette cause.
David Dufresne
Des gens, ces socialistes, des journalistes.
Valentine Oberti
Oui, voilà, ce sont des journalistes qui représentent les journalistes dans une rédaction et qui veillent à la déontologie de leur média. Eh bien, ils ont du boulot à Paris-Match. Parce que voilà, la proximité entre Nicolas Sarkozy qui est au conseil de surveillance du groupe Lagardère et donc d’Arnaud Lagardère, l’actionnaire des journaux Paris-Match et JDD, qui ont notamment beaucoup traité par exemple l’affaire libyenne et donc étaient beaucoup du côté de Nicolas Sarkozy, cette collusion entre le politique et l’industriel, et là, elle, elle leur pose problème. Donc voilà.
François Bonnet
Voici François Noyer je trouve. Il y a autre chose que n’adore pas le documentaire. Mais si ça pouvait être l’occasion d’un deuxième volet. Là on parle de censure, de pression, de censure, d’achat, d’influence, d’achat, de protection par les hommes d’affaires. Et tout ça est vrai, et je dirais, le moteur principal donc, de leur volonté d’acquérir des médias et de se battre entre eux pour en prendre le contrôle. En ce moment, Arnault et Bolloré sur le contrôle de Paris Match et du Journal du Dimanche, ça provoque autre chose depuis une quinzaine d’années, puisque ce processus de rachat de la presse privée parle par des hommes d’affaires dont ce n’est pas le métier a commencé, a commencé il y a une quinzaine d’années et on voit très bien ce que ça provoque sur le moyen terme. Et moi j’insiste là-dessus parce que si je dis ça me frappe beaucoup, c’est une médiocrité générale de l’information. Si on se compare à d’autres pays européens de taille semblable, nous avons des systèmes d’information sans doute le plus médiocre si on se compare à l’Allemagne, où il y a de grands groupes de presse mais qui ne font que la presse, que d’information. Bon, voilà, il y a une information, il y a un jour. La vérité est extrêmement puissante. L’hebdomadaire Der Spiegel, qui reste l’hebdomadaire leader, c’est d’abord un hebdomadaire d’enquête et qui sort des enquêtes dévastatrices incroyables. Si on se compare à la presse britannique, c’est pareil. Il y a une inventivité, une concurrence, une création dans la presse britannique qui est formidable. La presse espagnole, c’est pareil. Donc en France, vraiment, on a une information qui, petit à petit, ça ne se voit pas parce que c’est au fil de l’eau, c’est resserré, c’est rétréci, c’est de plus en plus conformiste, c’est de plus en plus redondant. Tout le monde fait son journal en regardant ce que fait le voisin, ce qui explique des problèmes d’agenda, d’information. Ce qui explique comment cette news qui est quand même une chaîne et qui fait quoi, un demi pour 100 d’audience arrive et ça, moi je trouve ça complètement dingue, Arrive depuis le mois de septembre, depuis le mois de juin à. Imposer son agenda d’information qui est encore une fois un agenda d’extrême droite. C’est un agenda identitaire obsédé par l’islam, les musulmans, le terrorisme, la sécurité et déroulant toutes les thèses d’extrême droite Et finalement, peu ou prou, énormément de médias dominants reprennent cet agenda. Donc on est dans un champ d’information et de plus en plus rétréci, qui est de plus en plus resserré et de plus en plus communautariste quand on ne produit pas de l’information ou commentent les dépêches AFP. Cauchemar. Comparons-nous. On connaît cette fameuse phrase Quand je me regarde, je me désole et quand je me compare, je me console. Pour la presse, c’est l’inverse. C’est quand.
David Dufresne
On n’est pas chez les gros et on n’est pas chez les Riches.
François Bonnet
Visage intéressant qui est prêté à qui ?
David Dufresne
On avait préparé cette émission.
François Bonnet
Je le savais, je le sais, je le sens. Mais franchement, quand on se compare, on se désole. C’est désolant. Et je ne parle pas non plus d’un continent dont on ne parle jamais et dont on va parler beaucoup plus. C’est celui de la presse régionale. Il y a une audition très intéressante du patron des brasseries, Marianne du Crédit Mutuel, qui contrôle tous les quotidiens de l’Est de la France au quotidien. Mais quand vous lisez ce quotidien où franchement, si c’est ce qui s’est passé depuis quinze ans dans ses journaux, c’est terrible. Il y a un appauvrissement de la proposition d’information aux lecteurs qui est absolument incroyable. Donc ça produit aussi la presse des milliers de milliardaires. Ça produit un appauvrissement de l’information.
David Dufresne
Ça te dit la vérité à la Bourse du travail ? Pour le débat lancé par Acrimed sur la presse, la banalisation d’extrême droite dans la presse. Et il y a eu dans le public quelqu’un qui s’est levé à un moment donné et qui a dit que c'était très bien d’attaquer ces news mais qu’il cite. Ils étaient surpris de la défense corporatiste qu’il y avait eu d’i-Télé en disant mais Itélé n'était pas non plus terrible. Et ces gens là, finalement ont découvert que je fais dit pour expliquer, ont découvert les ravages du capitalisme et du libéralisme, ils se font virer par plus riches alors que pendant des années ils avaient accepté ça. Et ma question c’est est ce que vous ne trouvez pas que, avant même l’arrivée des milliardaires, il y a quand même une lâche ? Peut-être plus pour François depuis quinze 20 ans quand même. Une vision du monde par la presse avant même d'être rachetée par des milliardaires qui sont quand même univoques, blancs, capitalistes, très capitalistes, libéral, très libéral, à droite, très à droite avant. Et est ce qu’il n’y a pas d’abord un problème journalistique ?
François Bonnet
Je pense que mes ustensiles, c’est une vieille histoire. Non, non, il n’y a pas en mars 2008 et tu t’en souviens, Sandrine. Il fallait justifier pourquoi, écrit le journal absolument, que dans un journal comme ça, si c’est pour faire comme les autres, ce n’est pas la peine de faire un journal. Pourquoi on triche dans la vie ? Et je me souviens du pardon de Dieu. Je ne sais pas que vous n’hésitez pas, mais vous avez écrit un papier qui justifiait la création. Mediapart qui était titré Une crise d’indépendance déjà en mars 2008. Cette crise d’indépendance, qui est une vieille affaire de la presse française, qui est spécifique à l’histoire française, elle produit du mauvais journalisme, elle produit un journalisme conformiste. Donc voilà. Et il très intéressant, c’est justement comment, avec la révolution numérique, ont émergé toute une série de titres indépendants. Parce qu’effectivement on peut rentrer sur le marché, si je puis dire, plus simplement grâce à la révolution numérique et à Internet que voilà, on n’a pas besoin d’acheter des imprimeries, des camions de papier, des immeubles, Les compagnies, on peut rentrer à des coûts beaucoup plus, beaucoup plus légers. Mais y a bien un problème de journalisme dans cette structure qui est celle des médias dominants dont les financeurs sont ou bien des milliardaires, ou bien la publicité.
David Dufresne
Valentine, je t’ai coupé le micro parce que j’ai l’impression que tes batteries mais là je te remets. Non mais c’est bon là, c’est bon dans l’univers, pas de parasitage.
Valentine Oberti
Pardon, D’accord. Heu non mais. Ben oui, il y a toujours une part, une responsabilité individuelle des journalistes à être un peu homme, à se lever le matin, à être combatif et à arrêter de faire des trucs.
François Bonnet
Alors si je peux ajouter un truc, parce que oui, ça nous permettra de faire une très brève parenthèse publicitaire.
David Dufresne
Alors abonnez-vous à Mediapart.
François Bonnet
Le souci, c’est que maintenant ce n’est pas du tout le fond.
David Dufresne
Abonnez vous à Mediapart, abonnez vous aux posts, tu peux le faire une fois et puis après je l’envoie. Edwy Juste pour.
François Bonnet
Le fond, pour le travail de fond, pour les frères ennemis ce soir.
David Dufresne
Bon, on va parler François, on va en parler. Mais je commence.
François Bonnet
Sur cette question de l’agenda informatif parce que moi je trouve que c’est vraiment la clé. Si. Chaque média doit créer son propre agenda d’information.
David Dufresne
C’est à dire qu’est ce qu’on peut dire.
François Bonnet
Ce dont on crève. Et c’est pour ça que pour ceux qui arrivent à lire l’anglais, franchement. Mais lisez la presse britannique, j’y arrive pas en modèle absolu, mais scoop ou en espèce. Et devant la diversité de sujets, les hiérarchies très différentes d’informations. Donc on a l’impression dans ce pays qu’y a cinq infos par jour, que tout le monde reprend ses cinq infos. Les classes dans le même ordre les traitent de la même façon et ajoutent là dessus une couche de bavardage qu’on appelle éditorial. Donc ce n’est pas ça l’information, ce n’est pas ça la presse. Et pour ça, il faut regarder ce que font d’autres pays avec une diversité de sujets, des informations, mais hiérarchiser de manière radicalement différente des manières de couvrir ces sujets par les écritures, par le type d’infos, par les angles des papiers qui là aussi sont complètement différents. Et donc on est dans une richesse, dans un pluralisme de sujets, d’infos, d’idées, etc qui dit voilà et tu dis.
David Dufresne
Tu ne dirais pas par exemple que le monde que tu as longtemps servi, c’est quand même rajeuni, diversifié, justement avec les nouvelles écritures et les enquêtes vidéo par exemple, et que aujourd’hui il y a une offre numérique qui est plus, qui est plus dense, plus intéressante qu’il y a quinze, 20 ans. Non. Le Monde, Le Monde, le Journal, Le Monde.
François Bonnet
Le journal Le Monde bien sûr, Le Monde avec quand même un peu de retard, mais quand même, aujourd’hui, et bien évidemment, du moins, disons 400 journalistes français. Bon, ils peuvent, ils peuvent, ils peuvent, certes, ils peuvent faire des choses.
David Dufresne
Et bleu ou bleu te demandent mais à qui appartient le monde ?
François Bonnet
Oui, mais je veux dire qu’il faut mettre un peu de côté le monde dans tout ce système de presse, dit le dominant. Parce que le monde a quand même réussi. Par rapport à Xavier Niel, à construire des dispositifs d’indépendance qui sont assez forts. Je ne dis pas que c’est gravé dans le marbre, etc. Donc le monde reste quand même sur ce qui est son identité, j’allais dire historique et sa culture professionnelle. Voilà. Xavier Niel Par ailleurs, je pense que c’est assez évidemment le plus malin de tous nos oligarques et il a accepté, justement avec la rédaction du Monde, de la laisser construire son contrôle. Bon, non, on ne peut pas dire que le monde, éditoriale ment, ait été bouleversé. C’est ça ce c’est absurde de dire ça. On peut dire à la limite que le monde, qui était culturellement un journal de centre gauche, est plutôt devenu un journal de centre et parfois dans certaines de ses pages. Si on parle justement de l'économie d’une certaine vision de l’international est devenu un journal de centre droit. Bon, sinon, si on veut faire des classements comme ça, il y a eu des évolutions, il n’y a pas eu de bouleversement et on reste surtout dans une culture professionnelle. Faut pas critiquer de manière absurde le monde. On reste dans une culture professionnelle qui produit un journalisme de très grande qualité. Bon, ça c’est ça me semble incontestable et qui a réussi ces deux trois dernières années justement une très grande variété de formats et qui a réussi à enrichir son offre rédactionnelle, sa proposition rédactionnelle de manière intéressante. Voilà comme on l’a fait à Mediapart ou presque, dès qu’on a eu des moyens, dès que Mediapart a été à l'équilibre puis bénéficiaire, on a tout le temps réinvesti l’argent gagné dans la production de contenu, dans cette diversification de l’offre éditoriale. Et là on voit que c’est le ressort du succès des médias, tant pour Le Monde aujourd’hui que pour Mediapart également que pour d’autres titres. Politis se dispute avec Agnès Rousseau. On est en train de se réorganiser, de se reconstruire et tous et également leur objectif diversifier de un sur deux. Voilà, il faut avoir les moyens de se développer et pour ça, encore une fois, il faut avoir des moyens financiers pour le faire.
David Dufresne
Tu sais que c’est quand même un petit peu le discours de Bolloré qui est de dire laissez nous avoir les moyens de développer, Nous sommes des nains à l'échelle mondiale.
François Bonnet
D’accord, mais pour. Moi c’est des idées, de la grosse blague quoi. Voilà quand même, il faut quand même noter que. Bon, passons sur Bolloré. Parlons d’Arnaud. Arnault perd des dizaines de millions d’euros. La Tribune est un journal qui est détruit. Bon. Donc il laisse la tribune la rejoindre à 1 €, même en faisant un chèque pour parvenir à s’en débarrasser. Quand il rachète les Échos, quand il rachète les Échos au groupe britannique Pearson, celui qui détient le Financial Times. Les Écossais sont à ce moment là, j’allais dire au meilleur de leur forme. C’est Ils sont en excellente santé en termes de ventes, de diffusion, de résultats, etc. Deux ans plus tard, ils perdent de l’argent et ils perdent de l’argent pendant plus de dix ans. Arnaud assure que les échos sont revenus à un petit équilibre l’an dernier. Donc, qu’est ce que font ces gens quand ils rachètent des médias ? Qu’est ce qu’ils créent ? Où sont les innovations ? Rien. Au contraire, ils détruisent des rédactions, ils détruisent de la valeur, ils détruisent des cultures professionnelles. Et donc, en fait, quel est le bilan de tout ça en termes sociaux ? Rien du tout.
David Dufresne
Valentine je reviens au film parce que là, je vois que tu es plongé dans des trucs, dans tes SMS,
David Dufresne
Le sous titre de média crash des films que tu as réalisés avec Luc Hermann. C’est qui a tué le débat public. Est ce que depuis deux ou trois jours que vous faites des réunions, des projets au débat, des cinés débats. Est ce qu’il y a dans les interrogations des surprises pour toi ? Où est ce que tout cela est et est entendu, attendu.
Valentine Oberti
Non, une surprise, c’est un quelque chose. Il y a une remarque à laquelle je ne m’attendais pas et qui et qui revient de temps en temps c’est est ce que en faisant ça, on ne ressort pas en se disant tous pourris ? Et est ce qu’on ne nourrit pas le complotisme ? C’est une remarque à laquelle je ne m'étais pas préparée en vérité, et qui n’est pas inintéressante
David Dufresne
Excuse-moi, je te coupe Oui, vas-y pour alimenter ce que tu dis. Il y a des études de chercheurs. Moi, ça m’a énervé quand je les ai découvertes, notamment aux Etats-Unis, qui expliquent qu’en effet, l’investigation, l’investigation a pu. Amener ça, le côté tous pourris etc. Parce que l’investigation, elle tape notamment plus sur les États, sur les pouvoirs publics que sur les entreprises privées qui sont mieux protégées. François parliez tout à l’heure de cabinet, fait d’anciens flic. Il y a la loi, le secret des affaires, C’est très compliqué. C’est plus compliqué d’enquêter sur le privé et sur le public, grosso modo, et que effectivement, ça pouvait. Moi, quand j’avais lu ça, j’avais l’impression que c'était une critique du travail d’investigation qui me semble tellement essentielle. Mais je trouve intéressant que des gens dans le dans la salle vous disent un peu la même chose.
Valentine Oberti
Ouais, c’est une question, c’est vrai, mais du coup nous là, on ne critique pas les uns les états. Finalement on n’est plus dans la critique des entreprises privées de fait, mais enfin on critique le système médiatique, disons le comme ça, pour faire rapide, euh ouais, on nous dit ben voilà. Du coup on ne sait plus qui croire. Comment on fait pour s’informer ? Voilà, ça, ça revient beaucoup, c’est qu’est ce qu’on doit lire ? Quoi et qui et qui croire ? Si on voit à chaque fois partout, on nous manipule quoi ? Voilà, donc c’est légitime de se poser la question et ce n’est pas toujours facile d’y répondre en fait je trouve. Même si je reste persuadé. Enfin, c’est ce que je dis d’ailleurs. C’est que. Il vaut mieux faire acte de transparence et raconter ce qui se passe et essayer de corriger les choses. Le documentaire raconte des entraves et des censures. Ça prouve bien quand même qu’on peut dire des choses puisqu’on a raconté quoi ?
David Dufresne
Commence alors sur la forme d’abord, je dis des choses dans le tchat. Il y a pas mal de gens qui ont vu le film soit au cinéma, soit parce qu’ils sont abonnés à Mediapart, donc en avant première et qu’ils l’ont trouvé super, etc. Il y a quand même des critiques qui sont remontées. Je vais, je vais, je vais t’en passer une par exemple. Alors ça c'était sur le Discord, parce que François Bonnet, je sais ce qu’il va faire, il va vérifier. Est ce que c'était bien dans le chat ? Donc François, ce n'était pas dans le tchat, c'était dans le discord de l'émission. C’est un dénommé Imparfait Inconnu.
François Bonnet
C’est ton tiroir secret, c’est ça ?
David Dufresne
C’est bon.
François Bonnet
Je vais m’arrêter.
David Dufresne
Là, je te le dis. J’ai été à bonne école, là. Très bien. Alors retour post visionnage, Rien de vraiment neuf pour celles et ceux suivant les actualités, les enquêtes. En revanche, bon état des lieux, Séance de rattrapage pour des personnes n'étant pas en contact régulier de ce sujet. C’est un format typique doc télé, pas ciné, d’où mon regret tout relatif quant au canal de diffusion. Est-ce lié à une absence d’intérêt des médias clients habituels de l’agence première ligne qui coproduit le film ? Après, la diffusion ciné permet peut être l’organisation potentielle de débats, T’as vu ?
Valentine Oberti
Eh bien voilà, il a tout résumé.
David Dufresne
Ses doubles tiroirs Secrets Ses doubles tiroirs.
Valentine Oberti
Il y a une question, mais il y a déjà la réponse non ? Alors, il n’a jamais été question pour nous, Mediapart, de le diffuser à la télé, ce documentaire. Maintenant, si la télé veut l’acheter, je pense que tout le monde sera ravi. En tout cas, je trouverais ça super. Non mais c’est vrai. Mais il n’en a jamais été question. Déjà, il était question de le diffuser sur Mediapart. On est un site internet, on a vocation à diffuser des contenus vidéos, on le fait déjà. On n’a pas besoin de la télé pour diffuser des contenus vidéo en fait. Ce serait vraiment absurde. En revanche, peut être qu’on aura un jour des partenariats, je n’en sais rien. Ce n’est pas à l’ordre du jour, mais il n’y a pas de véto là dessus et ce n’est pas le sujet. Mais là, l’idée, c'était en effet d’aller dans les salles, de rencontrer des gens et de faire le maximum de débats. Donc là on en a organisé déjà une quarantaine cinquantaine, j’ai plus de chiffres précis en tête.
David Dufresne
On salue Mélanie, Simon, François
Valentine Oberti
Mélanie qui est super géniale.
David Dufresne
La Rolls des débats.
Valentine Oberti
Voilà exactement qui organise nos débats comme elle avait organisé les tiens pour un pays qui se tient sage. Et pour rebondir sur hum, on n’apprend pas grand chose à dire. Ah oui, non, évidemment, ce n’est pas un film de cinéma, ce n’est pas un objet cinématographique comme un pays qui se tient sage, mais là. Mais mec, mais c’est un film qui a toute sa place au cinéma. Ouais, ça c’est clair. Donc je comprends. Effectivement, ça ressemble plus à un documentaire de télé, ça. On ne va pas faire comme si ce n’était pas le cas, mais pour susciter le débat et pour ce que ça raconte, ça a toute sa place au cinéma. Ça, c’est comme ça qu’on l’a imaginé.
David Dufresne
On en parlait au tout début, le fait que vous colliez autant l’actualité, c’est à la fois votre grande force d’un point de vue d’information, mais effectivement, c’est ce qui enlève l’aspect documentaire qui a priori est plus un geste de maturation, de réflexion, etc. Alors que là, vous êtes, vous êtes dans l’action, vous êtes dans l’intervention
Valentine Oberti
Un film d’intervention, Tout à fait. Et sur le côté, je n’ai pas pris grand chose. Un parfait inconnu doit être quelqu’un d’extrêmement bien informé.
David Dufresne
C’est un abonné d Auposte. Voilà, c’est la brigade.
Valentine Oberti
Exactement. Mais quand même, s’il y a des choses nouvelles, vraiment nouvelles, le faux Bolloré, on va l’appeler comme ça au Cameroun. C’est nouveau la censure Yémen, elle n’avait jamais été racontée comme ça, y compris avec les images. Elle avait à peine été racontée dans le livre de Jean-Baptiste Rivoire, là, tout récemment. Qu’est ce qu’il y a d’autre ? La censure Cahuzac, elle n’était pas vraiment connue non plus. Pareil, quelques lignes dans un livre, mais pas le document du papier. Qu’est ce qu’il y a d’autre ? La remise en scène des écoutes Squarcini était sans doute passée un peu inaperçue et inaperçue, mais je n’avais pas forcément rencontré l'écho que ça méritait celui-là avec les images LVMH. Et puis il y a d’autres trucs nouveaux, hélas. Et les pressions de Bernard Arnault, pareil. Jean-Baptiste rapporté dans son livre, mais c’est la seule, le seul endroit où ça a été raconté. Et entendre Bernard Arnault qui menace un journaliste, ça c’est mal, c’est inédit. Et puis les écoutes qui entourent Bolloré, elles étaient sorties dans Mediapart juste avant en guise d’appétit Bizarre. Mais c'était. C'était nouveau aussi.
David Dufresne
Alors je prends quelques questions du chat sur le film et après François, si tu as le temps, parlons du fond pour la presse libre pour lequel tu veux ne pas citer Président Grand Timonier. Bon bref, tu es le représentant ce matin de ce fonds là et je rappelle que ce soir à 19 h, vous faites des débats là dessus. Alors, Mr Z. B te demande, Valentine, comment est diffusé le film ? Est ce qu’il est visible dans toutes les salles ? Est ce qu’il faut faire une demande ? Comment on peut faire pour qu’un cinéma le prenne.
Valentine Oberti
Bien et précisément comment il faut faire ? Je ne sais pas, mais ce que nous a dit le distributeur, c’est qu’il fallait appeler le cinéma et ou leur écrire et leur demander qu’ils le prennent un peu. Faire du lobbying quoi. Je ne crois pas qu’il y ait d’autres méthodes et leur promettre va pas leur promettre, mais leur dire que voilà, si la personne veut organiser un débat, que voilà, elle peut essayer d’amener du monde et dans ce cas, il faut peut être se rapprocher de jour de fête. J’avoue que je ne sais pas plus.
David Dufresne
Est ce que le film va sortir en DVD ?
Valentine Oberti
Peut être. J’en parlais hier avec Étienne Ollagnier de » jour de fête ». Il disait que c'était envisageable, mais c’est beaucoup trop tôt pour le dire. Il faut voir comment ça marche en salle. Est ce qu’il y a un intérêt ou est ce que privilégie ce support ? Ou est ce qu’on fait que de la vidéo différenciée ? Ce n’est pas encore du tout tranché ?
David Dufresne
Lionel Simon te demande pourquoi France Télé ou Arte ne sont pas coproducteurs pour une audience plus large, sachant que d’autres se réveillent habituellement de première ligne.
Valentine Oberti
Tout à fait. Mais il y a vraiment, il y a, il n’y a pas de sujet Finalement. Première année est une agence de presse qui produit des contenus qu’on lui demande de produire. Là, elle en produit pour Mediapart et pour le cinéma. Si c’est un autre débouché en fait. Et pourquoi vous heurtez et équipez France Télé, ça oui ? Bah parce qu’on n’a pas, on n’a pas vraiment pour ça. On est sollicité, on est en mesure de produire nous même un documentaire, donc on est plutôt fier de ça. En fait, c’est assez content de le faire. Est ce qu’on aurait une audience plus large en terme de nombre de cinéma ? Peut être. Peut-être, je ne sais pas. Alors en plus. Et aussi, on s’est situé en sous place, dans un format. J’ai déjà fait du documentaire pour la télévision, c’est super long. J’ai fait un documentaire sur la grossophobie pour Arte je crois, contre l’idée, le moment où elle a germé dans ma tête, où j’ai commencé à en parler au rédacteur en chef et la diffusion, il s’est passé quasiment trois ans. Donc c’est très long. Donc là, si on avait parlé. À ce moment-là, si on avait voulu associer des chaînes, on n’aurait pas pu faire de documentaire en six mois. Ces gens, je suis certaine que du coup, Bolloré aurait déjà tout racheté, y compris au poste, parce on aurait vraiment été dans la merde si le documentaire était sorti à 30 ans. Trois ans quoi. C’est ça le problème.
David Dufresne
Attends, c’est une information de Mediapart, on peut la twitter.
Valentine Oberti
Comment choisir a accepté combien il était gros, le chèque.
David Dufresne
Vous savez qu’ici on est chez Jeff Bezos, le Twitch.
Valentine Oberti
Amazon ?
David Dufresne
Bien sûr, bien sûr.
Valentine Oberti
Parce que je sais qu’ils regardent ton émission tous les jours avec un petit décalage horaire,
David Dufresne
. Il était bridé. Alors je trouve la question que je te pose intéressante en regard de celle qui arrive de Gérald qui est plus sur le fond, mais qui parle aussi de France Télévisions. Petite question : le documentaire que Gérald semble avoir apprécié montre une série d’affaires dans laquelle il y a eu des pressions, censures ou plus, mais la plupart des sujets sont passés quand même. Merci du service public. On pourrait en conclure faussement que la censure ne marche pas. Ce qui manque à mon sens est un point sur les effets qu’ont ces manœuvres sur l’opinion publique, sur la fabrique d’un consensus autour des faits. Est ce un choix ? Et si oui, pourquoi avoir fait ce choix ? Donc en gros, ce que vous expliquez, c’est que oui, c’est vrai que c’est un peu une galerie en même temps quand même.
Valentine Oberti
Ouais enfin un on montre quand même que dans le cas de Bernard Arnault et de Bolloré sur France deux, c’est passé. Mais on montre quand même que dans le point passé, un papier n’est pas passé dans Quotidien, un sujet n’est pas passé dans Takieddine, une fausse information est passée mais une information manipulée, donc les méchants y gagnent aussi un peu quand même dans ce documentaire, faut pas oublier.
François Bonnet
Oui, mais c’est ce qui se passe quand même depuis un an maintenant. En gros, la retenue, le rachat, la prise de contrôle de Canal+ par le Gorille. Ce qui se passe, c’est que le secteur privé qui était jusqu’alors dominant en termes de production de journalisme d’enquête, a complètement basculé sur le sur le service public. Et il n’y a plus de journalisme d’enquête. Dans les médias privés audiovisuels, toutes les grandes émissions qui existaient, personne dans les années 90 à ce que produisait l’agence Capa Tous ces formats là ont disparu et donc il ne reste que le service public. Bon, avec les deux émissions phares de son complément d’enquête et Cash Investigation, il ne reste que le service public à faire du journalisme d’enquête. Alors après ces débats, en fait-il suffisamment ? Dans quelles conditions Athanor s’est diffusé ? Enfin bon, tout ça. Et évidemment, on va discuter, mais quand même. Ce qui a de très frappant, c’est que la tendance dure depuis une dizaine d’années. Une petite dizaine d’années, une élimination de ce type de journalisme et aussi ce type de traitement dans la presse publie.
David Dufresne
Un flot vous demande à tous les deux la possibilité. Alors là, François, tu vas pouvoir répondre, je pense, de créer un fond commun à tous les titres alternatifs dont tu parlais tout à l’heure pour créer une sorte de licence globale qui permettrait une péréquation et un accès à l’info. Alors.
François Bonnet
Je ne suis pas sûr d’avoir totalement compris la question. Une licence globale, ce serait une sorte d’abonnement.
David Dufresne
D’abonnement qui donnerait accès
François Bonnet
J’en sais rien. Cinq, dix, quinze titres de la presse indépendante. Ça a été discuté plein de fois entre deux titres proches, où on se connaît, où on a discuté de sa plate forme. La jamais. Pourquoi ? Pour d’abord répondre à des questions très simplement. Mais c’est très compliqué pour des questions techniques, de comment on branche des systèmes, etc. Ensuite, en se disant mais finalement où tout le monde risque d’y perdre et ce n’est pas plus mal que chacun reste indépendant dans la gestion de ses publics, dans ses stratégies de conquête d’abonnés ou de donateurs, etc. Donc on peut s’entraider ou pas, donc dans une concurrence acharnée. Il y a certes quelques contentieux entre titres, entre responsables de rédaction, entre journalistes, mais ça c’est la mise à jour des contentieux et des cadavres des cadavres dans les placards.
David Dufresne
Mais bon aussi, il y a aussi quelques cons tout court.
François Bonnet
Parfois, ça arrive. Voilà. Bon, voilà, c’est la matinée. Là, on peut être encore œcuménique pendant un petit moment, hein ? Non mais c’est normal, il y a des contentieux dans ce métier, c’est comme dans tous les métiers, non ? Donc bref, pour répondre à ce système là, une sorte d’abonnement licence qui permettrait le jour où finalement on n’a pas fait peur, c’est que c'était une erreur. Il existe d’autres outils par contre qui fédèrent. C’est par exemple une plateforme de dons qui s’appelle J’aime l’info et vous allez sur cette plateforme, vous pouvez faire des dons en plus qui sont défiscalisés et vous flécher votre don. Vous dites bah tiens, je donne à tel ou tel titre. Il y a un autre outil qui existe et dont je m’occupe aujourd’hui, qui est ce fameux fonds pour une presse libre ? Le fond pour une presse libre, c’est quoi ? C’est un seul organisme à but non lucratif. Tout fonctionne par bénévolat et collecte des dons privés et qui les distribue via des appels à projets. On fait des appels à projets auprès de titres indépendants et voilà, vous avez des projets éditoriaux, des projets de développement, etc. On les examine et à ce moment où on les subventionne, on a déjà comme ça. En deux ans, on a été sept titres, sept médias et on a un appel à projets qui se termine le 25 février, qui va être doté en papier doté d’un peu plus de 100 000 €.
David Dufresne
Malheureusement Au poste n’est pas éligible, hein, puisqu’il faut être une société de presse Donc je dis ça parce que voilà, il n’y a pas de conflit d’intérêt Je ne peux pas bénéficier de votre zèle et de votre super initiative.
François Bonnet
Donc voilà, on distribue. Là, par exemple, on va distribuer un peu plus de salaires, un peu plus de 200 000 €, ça va concerner trois ou quatre titres. On attend de recevoir les dernières fois, les dernières candidatures. Donc voilà, il y a des outils quand même qui commencent à émerger. Et puis il y a tout ce qui est évidemment les collectes de financement participatif sur Ulule, sur le site en banque, sur d’autres plateformes de collecte. Il y a quand même donc des outils qui permettent de fédérer ça. Moi, je trouve que le climat a beaucoup changé et en positif, en dynamique, il y a une conscience nouvelle des médias indépendants qui ne se vivent plus comme une presse dite alternative ou dite militante, mais vraiment comme des médias d’information portant des engagements, des engagements qui peuvent être d’ailleurs très différents. Donc voilà. Mais ils mettent en avant la question de la production, du journalisme et d’un journalisme de qualité. Et je trouve que là, quand même, ce qui se passe est encourageant. C’est peut être pas très visible, mais je suis plutôt en tous les cas très optimiste par rapport à ce que je vois dans Blanche, tous ces titres indépendants. Alors juste pour dire un mot, je ne vais pas faire de la prose publicitaire, mais quand même, venez ce soir, C’est à 19 h 01 réunion dans la grande salle de la Bourse du Travail, à neuf boulevard du Temple, métro République à Paris. Alors c’est à Paris. On étudie pour des gens qui habitent en région et ce sera diffusé en vidéo streaming sur notre site et sur des sites sur plusieurs sites avec diffusé sur une dizaine de sites qui vont reprendre le circuit du streaming. Venez parce qu’on poursuivra ces débats et en particulier on insistera sur deux points dont on a beaucoup parlé, comment on construit un autre agenda informatif et en quoi la presse indépendante permet de montrer que c’est possible de le faire. La deuxième chose, c’est des propositions. Quelles sont les propositions faites par des collectifs de journalistes, des syndicats, des médias, etc pour changer ce système médiatique, le réformer ? Je rappelle quand même, on est dans un truc de malade, c’est que le secteur est actuellement régulé par la loi de 1986. C’est dans Internet n’existait même pas. Donc c’est on se fourvoie. Voilà, donc venez ce soir à 19 h parce que ça promet d'être intéressant. Il y a une quinzaine d’intervenants, etc. Je pense que ça va être pas mal.
David Dufresne
En début d'émission, on a évoqué les aides à la presse. C’est 185 millions par an. Et tu as parlé d’aide dans un climat nauséabond. Est ce que tu peux rentrer dans les détails.
François Bonnet
D’où vient cet argent et quel rôle il a dans éventuellement le contrôle des médias ?
Valentine Oberti
Il vient de ton porte monnaie, David, cet argent.
François Bonnet
Oui, climat nauséabond. Parce que le résultat absolument invraisemblable, c’est que la très grande majorité des six est publique. Donc tu le disais, c’est plus de 150 millions d’euros. La très grande majorité en tout et beaucoup plus, et presque 1 milliard si on compte le musée de reportage, les aides postales à l’angoisse des grappes humaines, les déductions, les déductions fiscales, etc. C’est considérable. C’est un budget absolument énorme. Et ce budget là profite insensiblement, justement, à nos hommes d’affaires milliardaires qui détiennent les lieux et principaux médias de ce pays. Donc on est dans un système qui marche sur la tête avec l’attribution d’aides selon des critères quand même extrêmement discutables, voire opaques. On est donc dans un système qui marche sur la tête puisque les aides publiques, pas franchement. Pourquoi verse t on 12 millions d’euros par an en aides directes ? Au groupe de Bernard Arnault qui détient Les Echos et Le Parisien.
David Dufresne
Alain François Il faut expliquer pourquoi il y a des aides publiques au départ. C’est pour. C’est au sortir de la guerre. C’est le CNR qui dit que l’information est une marchandise, pas comme les autres, qui n’a pas vocation à être rentable. Et il faut pour la pluralité, aider la passion.
François Bonnet
Bien sûr.
David Dufresne
Mais ce que je vais dire, c’est qu’au départ, ce n’est pas ce n’est pas un cadeau fait pour les riches.
François Bonnet
Non, et ce n’est pas un cadeau. Et ce n’est pas un cadeau fait pour les patrons de presse. Les aides publiques à la Libération sont coincés sur. Il faut que l’information soit accessible pour toutes et tous. Il ne faut pas que ce soit cher. Donc il ne faut pas à un barrage par l’argent à l’accès de l’information. Donc l’État aide les éditeurs. Le problème depuis la Libération, c’est que le système admis tente d'être très largement dévoyé et qu’on est aujourd’hui dans un système terriblement malsain et inégalitaire qui en fait organisé une sorte de rang public pour les neuf milliardaires qui contrôlent aujourd’hui des centaines de médias. Je vous donne un exemple au Royaume-Uni. L’aide public principal risque de le rester. C’est des aides quasi inexistantes tellement elles sont faibles. C’est la TVA à taux zéro. Pour la presse, voilà toute TVA zéro. Donc ça veut dire que c’est une aide fiscale indirecte et qui s’applique de manière absolument égale à tout le monde. Aujourd’hui, on est dans un système belge de distribution d’eau publique. Je suis désolé, mais c’est profondément inégalitaire. La je renvoie à tous. Les travaux ont été faits du SPIL, c’est à dire le syndicat de la presse indépendante d’information en ligne qui a fait des études vraiment super bien faites là dessus et qui dit c’est un système opaque, inégalitaire, qui organise une concurrence déloyale, qui finalement, alors qu’elle veut qu’elle prétend vouloir aider la presse indépendante, contribue à l'écraser ou à la défavorisés. Donc on marche sur la tête avec ce système.
David Dufresne
Valentine La question du public a -t -elle traversé votre écriture dans le documentaire ?
Valentine Oberti
À la fin, en fait, c’est notre chute C’est juste pour le mentionner. Mais on n’a pas développé cet angle là. On aurait pu aussi franchement, tout ce que dit François est intéressant. Après, il y a des questions de place, de choix
François Bonnet
. Il faudra expliquer. À tout le monde si tu veux. Pourquoi un journal comme Le Figaro, qui est la propriété de la famille Dassault, l’une des plus grandes fortunes de France, reçoit en moyenne entre cinq et 7 millions d’euros d’aides publiques directes chaque année. Mais pourquoi ? Si c’est toujours les détenues à 100 % par la famille Dassault qui est l’une des plus grandes fortunes qui investissent dans leur journal ? Qu’ils ne fassent pas en public, ça tout de même. Je sais, c’est incompréhensible.
Valentine Oberti
C’est très gênant.
David Dufresne
Et je finis avec deux questions philosophiques, si vous voulez bien Rubis Clio vous demande qui contrôle les médias, contrôle le monde. Vous avez deux minutes.
Valentine Oberti
Qui contrôle les médias ? Contrôle le monde. Je dirais Le monde appartient aux gens qui se lèvent tôt, qu’ils contrôlent ou pas.
Valentine Oberti
Sarkozy ennemi quoi ? Je ne sais pas quoi dire.
David Dufresne
Nom, mais c’est la question.
François Bonnet
Oui, c’est dans un journal qu’on ne peut pas y avoir de prime à la formation indépendante. Donc pour faire un peu de philosophie. Depuis, depuis la Révolution française, et même bien avant, depuis des Lumières, on a compris ça, c’est qu’il n’y aurait pas de débat et de vivre ensemble de qualité pouvant être discuté de manière informée, etc. Si nous n’avons pas une information indépendante, alors qui contrôle les médias contrôle le monde judiciaire ? Il y a un exemple quand même Fox News, Trump ? Donc là quand même, on l’a eu sous les yeux pendant longtemps.
David Dufresne
Monsieur, bien Sûr.
David Dufresne
Et d’ailleurs je me rappelle les études là dessus, surtout dans certains états américains où il y avait une forte pénétration de Fox News, les électeurs se sont massivement portés sur Trump. Donc il y a un lien. Et l’autre, l’autre question de patate télescopique est ce que les gens se méfient ?
François Bonnet
Ah ouais.
David Dufresne
Ils ont des noms incroyables.
David Dufresne
Non pas ne risque t on pas une ségrégation de l’information avec d’un côté des gens surinformés, abonnés à la presse en ligne, de l’autre des gens qui regardent BFM et le journal télévisé.
François Bonnet
C’est une très bonne idée.
Valentine Oberti
C’est un risque. C’est une très bonne question je pense. Je pense que non quand même. Parce que si on prend l’exemple de Mediapart qui est un donc un journal par abonnement. Sa assertion sur Mediapart que les abonnés peuvent offrir Un article, c’est 30 ou 40 000 articles qui sont ainsi offerts tous les mois. Donc, même dans ce qui peut être perçu comme étant un mur, on a quand même fait plein de trous dans le mur. Un Tu te souviens, c'était les discussions.
François Bonnet
Pour que les gens puissent passer rapidement à un euros découvert pendant quinze jours, etc. Par ailleurs, il y a une partie et c’est aussi très intéressant. Il y a une partie de cette presse indépendante. Je pense par exemple à Basta, à Reporterre et à StreetPress qui disent non mais non, justement, on veut rester ouverts, que tout le monde puisse accéder à nos contenus. Donc comment on se finance ? Pas par l’abonnement, mais par un système de dons récurrents. Alors il y a cet anglicisme là qui s’appelle le membership, c’est quoi ? C’est en gros c’est le principe. Vous acceptez de donner deux, trois, cinq, 10 € par mois à un prix libre en quelque sorte, et d’une même et ça permet Blast. C’est le cas, ça permet à ces médias de rester en accès libre. C’est certainement beaucoup plus difficile de pouvoir tout de même se financer, être financé par un public. Donc je crois que voilà, il y a quand même beaucoup de possibilités d’accès à cette information qui, même pour des titres qui fonctionnent sur le modèle de la pompe.
David Dufresne
Merci beaucoup Valentine.
Valentine Oberti
Non, je suis peut-être un peu plus pessimiste que François. Bien sûr que Mediapart peut un peu élargir et il y a des gens qui savent par exemple ce que vous faites.
François Bonnet
Oui, mais ça, ça a toujours été comme ça,
Valentine Oberti
Oui, bien sûr, ça a toujours été comme ça.
François Bonnet
Objectivement, la question qui est importante, est celle de l’accessibilité ? Est ce que je peux et est ce que je peux ou est ce que vraiment ça m’est interdit pour des raisons financières.
Valentine Oberti
Financières ou culturelles aussi Franchement, il ne faut pas négliger ça je pense.
François Bonnet
Bien sûr, bien sûr.
Valentine Oberti
Non mais vraiment, c’est une sorte de capital culturel à mon avis avant toutes choses Ce que je réponds juste à la question de David, vu ce qu’on a dit de ce qu'étaient les médias traditionnels, la façon dont on nous abreuvait et on nous hypnotisé d’opinion, là. Est ce que de fait, y est finalement l'écart entre ce journalisme là et celui que fait limite ? Que font les médias indépendants ? Ils se creusent. Et donc, est ce qu’il y a un moment où il n’y aura pas de journalisme irréconciliable entre guillemets, Quoi ? Ou enfin, est ce que voilà, quand on est public de Mediapart, qu’on lit Mediapart, tout ce qu’on veut, on allume toujours la télé et vice versa quoi. C’est tellement différent de ce qu’on produit. Est ce que vraiment, à part être un grand fan d’actu, on regarde tout parce qu’on fait son autocritique des médiations, sa critique des médias soi même ? Est ce qu’on. Est ce qu’au final, il n’y a pas effectivement un écart énorme qui se creuse ?
François Bonnet
C’est une bonne question, mais c’est une vieille question, parce que la question qui devient quand même centrale, c’est est ce qu’on s’informe par le journalisme ou est ce qu’on s’informe par l’opinion et la rumeur ? Oui, soit sur ces news dans des bulles, soit sur Facebook, dans des bulles tweeters ou réseaux sociaux. Je pense que le vrai enjeu des années à venir, il est là s’il est ce que l’information. Passe par le journalisme avec des règles déontologiques, professionnelles, etc. Où est ce qui se passe ? Et c’est aussi le problème du débat auquel on a assisté à grande échelle aux Etats Unis. Ou est ce qu’elle passe par ce système des enfermements dans des bulles informationnelles qui sont alimentées par du tout et n’importe quoi ? Et c’est pour ça que ces news sont un vrai danger. Parce que CNews prétend être une chaîne d’information on ne produisant pas d’information et en ne faisant que du bavardage, du commentaire et de l'éditorial. Et ça c’est très problématique. Pas seulement parce que c’est un relais de l’extrême droite, mais aussi parce que ça laisse penser que finalement, on n’a plus besoin de journalisme, on n’en a pas besoin. Il y a la FP. Et bien le débat public s’organisera à partir des commentaires qui sont faits des dépêches AFP Et alors là, on va droit dans le mur, c’est une cata.
Valentine Oberti
Merci à toi, David.
David Dufresne
C'était super ! Attendez, attendez, attendez ! Parce que là, les gens vont vous remercie
Valentine Oberti
Saluons-les. C’est nous qui les remercions.
David Dufresne
Merci beaucoup Super intéressant, Allez voir, allez voir le film, aidez le fonds d’aide, de la presse libre
Valentine Oberti
Merci à tous

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