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Messe caféinée & Champagne Antoine

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour Antoine
Antoine Champagne
Bonjour,
David Dufresne
Alors là, vous venez d’entendre Antoine, je crois.
Antoine Champagne
Est ce qu’on m’entend ?
David Dufresne
Oui c’est bon.
Antoine Champagne
Alors là, ils sont tous contents.
David Dufresne
Les joies de l’informatique.
David Dufresne
Salut Antoine, Merci beaucoup.
Antoine Champagne
Salut !
David Dufresne
Excuse beau mon cher Antoine, j’ai expliqué il y a quelques temps, avec tes copains de Reflets, tu as commencé une enquête sur le groupe Altice à partir de données qui ont été volées au groupe Altice et qui ont été mises sur Internet, mais qui sont devenues à ce moment là publiques. Vous avez commencé vos enquêtes, vous êtes venu pour ça ? Tu étais notamment venu parce que je trouvais étrange qu’il y ait quasiment aucun écho dans la presse et que vous étiez les seuls finalement à dépiauter ces informations. Et on apprend hier que le groupe Altice trouve que même si vous êtes tout seul, c’est déjà trop. Puisque vous y êtes, vous, vous attaquez ? Est ce que j’ai bien résumé la situation ?
Antoine Champagne
Bien, écoute tu as parfaitement résumé la situation. Mais en fait, dans cette histoire, ce qui est vraiment intéressant, c’est qu Altice contourne le droit de la presse. Tu sais que quand tu attaques un journal, généralement tout le monde se retrouve devant la 17ᵉ chambre à Paris, qui est une chambre spécialisée qui s’occupe que des délits de presse qui sont encadrés par une vieille et respectable loi qui s’appelle la Loi sur la liberté de la presse.
David Dufresne
De 1881, 29 juillet 1881.
Antoine Champagne
Exactement.Le nom de cette loi est important. Et donc là, pour contourner ce droit de la presse et ne pas se retrouver dans un contexte où les juges vont se pencher sur est ce qu’on a le droit d'écrire ce que l’on a écrit et ce que l’on a fait de la diffamation ? Est ce que les écrits sont juste ce que l’enquête a été, une vraie enquête, etc. Non, là il nous assigne en référé, donc c’est mal je pense.
David Dufresne
Il faut être plus précis que ça. C’est à dire que, en fait, la loi sur la presse est plutôt favorable aux journalistes, il faut le reconnaître, puisque tu peux à la limite diffamer mais ne pas être condamné parce que soi tu auras montré le sérieux de ton enquête, soit tu auras prouvé que tu ne voulais pas nuire. Et le troisième truc, je ne sais plus ce que c’est ; il y a trois points. Ce qui veut dire que parfois on peut aussi. Les journalistes peuvent gagner même s’ils ont diffamé. Mais oui, la bonne foi. Le troisième point, c’est la bonne foi. Mais il était de bonne foi et aujourd’hui, les grandes entreprises utilisent en fait un autre texte de loi pour bâillonner la presse. Et d’ailleurs, je vois que tu as déjà de quoi te bâillonner tout seul autour du cou.
David Dufresne
Oui, c’est ça donc en fait, Altice utilise la loi sur le secret des affaires,
Antoine Champagne
Exactement, donc en fait, ils nous assignent en référé devant le tribunal de commerce pour une atteinte au secret des affaires. C’est-à dire que, en gros, ils vont considérer que ces données appartiennent à l’entreprise, font partie de leur business. Et du coup, c’est une atteinte au secret des affaires et du fait du business de l’entreprise donc, en fait, ils nous demandent et c’est intéressant parce qu’il y a Monsieur Dreyfus qui a fait des déclarations et notamment un journaliste, la lettre en disant qu’il n’y avait pas de et pas de données sensibles dans ce piratage.
David Dufresne
Qui est ce Monsieur Dreyfus ?
Antoine Champagne
Ah bah c’est le patron d Altice France.
David Dufresne
Et la lettre, c’est une lettre d’information très chère sur abonnement, mais qui existe depuis très longtemps, qui s’appelait avant la lettre du renseignement dans les années 80-90 et qui effectivement distille pas mal de choses. Et donc c’est de ça dont tu parles.
Antoine Champagne
Et donc du coup, il nous demande un certain nombre de choses. Alors d’abord de le défendre, de retirer un des articles qui sont déjà publiés. S’il n’y a pas de données dedans, on se demande pourquoi sous astreinte de 500 € par jour. C’est à dire que si le tribunal décide que nos articles doivent être retirés, si on ne retire pas, on devra payer une amende de 500 € chaque jour, probablement pour chaque article. Autre chose. Il nous demande de ne plus écrire sur ce sujet là.
David Dufresne
C’est sympa, ils choisissent.
Antoine Champagne
Et dernière chose intéressante. Et là dehors, c’est très marrant. Et ils demandent au tribunal de nous interdire de consulter à l’avenir ces documents qui sont librement consultables sur Internet. Ça, ça me fait un peu rire parce que, en gros, c’est un peu comme si le patron d’une d’une boîte ne trouvait que sa fiche et la fiche Wikipédia de son entreprise n'était pas terrible.
David Dufresne
Oh, tu es en train de citer ton article ?
Antoine Champagne
Je cite mon article.
David Dufresne
Si c’est écrit comme ça. C’est pas toi qui l'écrit, c’est moi qui est dedans.
Antoine Champagne
Car il savait de quoi j’avais parlé.
Antoine Champagne
En gros non mais je trouve ça marrant parce que si c’est le cas, il y a une fiche Wikipédia pour une entreprise. Le patron n’aime pas sa fiche Wikipédia, et demande au tribunal d’interdire tout le tout à tous les journalistes de se servir de cette page Wikipédia pour écrire leurs articles parce que ça lui déplaît. En gros, on est dans un monde complètement dystopique à cause de trucs racistes, c’est hallucinant. Donc voilà, on est embêté avec cette histoire. Alors bon, on a fait un appel à dons. Pourquoi ? Parce qu' en fait, en douze ans d’existence, les dix premières années, on a fait des révélations pas possibles sur des histoires de systèmes d’interception des et des intersections, interceptions, pardon, à l'échelle de pays entiers. Si avant Snowden, des outils d’une boîte, c'était la musique vendue à toutes sortes de dictateurs, à Kadhafi, au Maroc, en Arabie Saoudite, pour traquer les opposants, etc. Tout ça avec l’aide du gouvernement français des services de renseignement. On a raconté je ne sais combien de choses absolument incroyables sur ces histoires-là. On a jamais eu un procès, jamais.
David Dufresne
C’est ce que tu nous disais quand tu étais venu.
Antoine Champagne
Et là, depuis, depuis maintenant un an, on a des procès qui s’accumulent. Donc on en est un troisième avec Altice. Merci Altice, jamais deux sans trois. Et du coup bon, les le premier procès on a puisé sur nos réserves pour payer les frais de justice, des avocats etc machin. Mais là, on commence à être un peu embêté parce qu’en fait tout, tout ce que tout l’argent qui rentre dans refait va devoir partir dans des frais d’avocats, c’est complètement contre productif pour nous, Ce que nous, on préfère faire des enquêtes rigolotes. Donc on fait un appel, un appel aux dons..
David Dufresne
Et il y a l'écran, j’ai mis le lien dans le tchat et on va ce matin faire comme un téléthon. On va voir si ça sert à quelque chose. Là on est toujours à 1 791 € donc on va voir si dans le tchat, plutôt qu’exceptionnellement d’aider au post, les gens peuvent aider Reflets parce qu’il y a une petite urgence, parce que c’est mardi que ça se passe votre affaire, c’est ça ?
Antoine Champagne
Ouais, c’est mardi donc ça va aller très très vite et et tu vas voir, en fait, ils ont fait un truc à double détente. Il y a une autre plainte, ils ont une plainte contre X qu’ils ont déposé dans le cas, ce qui est assez logique dans le cadre du piratage, c’est à dire que leur entreprise, c’est fait, c’est fait, piraté bien sûr, un qui porte plainte. Mais ce qui est un peu plus étrange, c’est que dans leur plainte, alors là c’est au pénal. Piratage informatique. Alors on appelle ça accès, accès, maintien dans un système de traitement automatisé de données et et tentative d’extorsion évidemment, puisque les pirates ont voulu obtenir une rançon et. Mais ce qui est assez étrange, c’est que dans cette plainte là, eh bien ils nous visent également. C’est à dire que oui, évidemment, ils visent le groupe live, ils disent qu’ils arrivent à publier des données, font des copies d'écran, etc. Donc en gros, une plainte contre X, je ne sais pas qui m’a piraté mais je vous demande de trouver. Je vous donne une petite piste. Le groupe a publié mes données d’annonces. Et puis à côté de ça, le journal Reflets a également publié des articles qui se basent sur ces données et qu’il y a et ils ont diffusé des données qui sont dedans, ce qui est faux puisqu’on a diffusé deux copies d'écran ridicules de choses qui n’ont aucun aucun intérêt en soi. En fait, il ne révèle rien de particulier.
Antoine Champagne
Et donc en fait, ils nous assimilent quelque part au groupe rival sur la partie un du piratage de leur de leur réseau. Alors c’est un peu simple. C’est un peu triste parce que. Enfin, je comprends pas, les journalistes ne nous sont pas, ne sont pas des pirates et je ne vois pas très bien ce qu’ils cherchent en fait. En revanche, tout ça, moi je trouve que SAS a dit beaucoup de de la direction d' Altice. Et faut pas oublier une chose, c’est qu' Altice détient un certain nombre de médias en France et donc ça dit quelque chose d’une vision du journalisme
David Dufresne
Absolument, alors là je suis 1000 fois d’accord avec toi, mais justement, il serait peut être bon de rappeler quels sont les groupes possédés par par quels sont les médias possédés par Altice. Est ce que dans le tchat il y a eu des noms qui ont été donnés ? Mais en fait ça bouge tout le temps. Donc à l’heure où l’on se parle, à l’heure de la messe, Altice possède quels leaders d’opinion ? Parce que c’est un peu de ça dont on peut parler aussi pour certaines chaînes d’information notamment,Altice possède quoi ? Ou à des parts ou holding ?
Antoine Champagne
Alors le problème c’est que dans ces documents publiés par reflets tu as un truc qui est très intéressant. Voilà, donc il y a quelqu’un en Turquie qui en parle Dans le tchat il y a et c’est faire. Alors c’est perçu par la presse en soi, mais il y a le kiosque et c’est fait. Enfin bref, il y a, c’est, c’est une galaxie. Il y a BFM également qui est quand même franchement un gros média. un gros morceau. C’est étonnant parce que sur BFM, il y a des journalistes tech assez pointus et il y en a un qui est très très visible sur tweeter, qui fait beaucoup de bruit sur Twitter, qui a beaucoup d’abonnés et qui se saisit de tous les sujets liés à internet un peu touchy. Et bizarrement, ce sujet là, il s’en est pas saisi, c’est qu’il y a eu un tel gradient.
David Dufresne
D’accord ? Et pourquoi selon toi ?
Antoine Champagne
Ah je ne sais pas pourquoi il a pas parlé de ce piratage d’Altice qui est quand même un des plus gros trucs que j’ai vu dans le monde du ransomware depuis que ça existe. Peut être parce que Altice est le propriétaire de BFM TV, j’en sais rien, je fais des suppositions. Et puis tu as RMC, tu as LEXPRESS Libération, c’est un peu plus dans Libération.
David Dufresne
Alors justement là on apprend qu’il y a un changement de mains. Ah si oui, c’est ça aussi.
Antoine Champagne
Ben en fait c’est de ça dont on est en train de parler aussi, et pas uniquement de vos déboires qui sont terribles. Mais ce que je veux dire, c’est que c’est une vision du journalisme, c’est une vision de l’information qui est en train de s'écrire sous nos yeux puisque dans un groupe comme ça, je fais un petit petit récap puisqu’il y a du monde qui arrive. Un groupe comme Altice utilise la loi sur le secret des affaires pour vous attaquer vous et pour finalement empêcher que l’information circule.
David Dufresne
Donc c’est quand même assez gravissime ce dont on parle.
Antoine Champagne
Oui, mais en fait on parle de choses, enfin on peut élargir le sujet. Je pense que c’est très intéressant. On a on a un gros problème avec. Nous, on n’a pas de problème. Vous, lecteurs, auditeurs, citoyens, vous avez un gros problème avec la presse. Pourquoi ? La presse c’est C’est pas un quatrième pouvoir ça, c’est une vision romantique des choses. C’est pas un quatrième pouvoir, c’est un outil de la démocratie. C’est-à-dire que les journalistes dont on fait notre métier. Par force et parce que c’est notre métier, on est surinformés. C’est à dire qu’on a un nombre d’informations à qui qui nous tombe dessus en permanence, qui est absolument dément. On fait le tri, on vérifie ses informations et une fois que les informations sont vérifiées et qu’on sait qu’elles sont justes, on va les transmettre aux citoyens parce qu’on pense qu’elles sont d’intérêt général. Mais c’est à ça que sert la presse. La presse, elle sert à ça. Son but, c’est de transmettre des informations qui vont permettre aux citoyens de faire des choix éclairés, c’est-à-dire qu’ils aient le même niveau d’information que nous et qu' ils puissent faire leur choix en conséquence. Si demain vous avez une presse qui vous assomme d’une information absolument non essentielle, qui vous embarque sur des sujets qui n’ont aucun intérêt, Kim Kardashian s’est cassé un ongle.Oui, sa famille c’est important, Bidule a rencontré Machin, est tombé amoureux de Bidule, etc. Enfin, tout ça n’a aucun intérêt et vous ne faites plus vos choix de manière éclairée. Et à la fin, on va vous imposer un certain nombre de choses et vous allez voir que la démocratie, elle sera devenue autre chose. J’espère que vous allez vivre en dictature. Je vous dis que la démocratie sera autre. Ce n’est pas exactement ce que l’on avait souhaité il y a de ça quelques années. Donc c’est un vrai problème. Sans cette information scoop que vous allez recevoir et qui va vous inonder, elle va venir de groupes qui ont monté des groupes de presse, des entreprises qui ont monté des groupes de presse. Pour quoi faire ? Pour uniquement gagner de l’argent, pas pour aussi avoir ce rôle sociétal que doit avoir la presse. Donc si leur but n’est que de gagner de l’argent, eh bien l’information perd en qualité parce qu’on va faire ce qui va marcher le mieux, buzzer le mieux en marché, le mieux, c’est à dire peser, le mieux faire, faire le plus de buzz, circuler le plus possible, etc.Et donc vous allez vous retrouver avec des groupes de presse qui produisent en faite de l’information de très très mauvaise qualité et sans aucun intérêt. Il n’y aura plus du tout d’enquête, n’aura plus aucun argument, aucun sens, ne sera plus le but de la presse. Et ça vous l’avez avec deux types de groupes, Vous l’avez avec les quelques grands milliardaires en France en tout cas. Mais ça marche aussi aux Etats-Unis, avec quelques grands milliardaires qui créent des groupes de presse. Parfois, ils ont des déceptions s’ils se rendent compte que la presse n’est pas un truc aussi rentable que le reste de leur activité. Par exemple, Bernard Arnault a dû se rendre compte assez rapidement que quand il fait 20 % de marge chez LVMH et pas 20 % de marge dans le groupe Les Echos, donc ça perd plutôt de l’argent. Donc c’est compliqué pour mettre au pot tous les ans. Parfois ils ne sont pas très content,tu vois, Libération, on en parlait tout à l’heure. Patrick Drahi s’est rendu compte que ben il n’arrivait pas à le rendre à rendre ce journal. bénéficiaire,du coup, il s’en est séparé avec une petite entourloupe, une façon de tourner le truc en disant regardez, je fais quelque chose de génial et en fait c'était pas du tout quelque chose d’autre.
David Dufresne
En fait, c'était une forme de fondation qui aurait dû, qui était présentée comme redonnant le pouvoir à la rédaction de Libération. Et en fait on apprend notamment. Et là il y a une enquête de Médiapart pour ceux que ça intéresse, le milliardaire crétin qui passe la corde au cou de Libération. Le renflouement du quotidien par le milliardaire tchèque marque un nouvel épisode dans le mouvement tectonique qui secoue le secteur. La concentration sans précédent aux mains de quelques milliardaires s’accélère. L’aide apportée au quotidien par le milliardaire tchèque se fait dans des conditions drastiques. Une enquête de Martine que je salue, et donc tout ça, c’est un très bon papier..
Antoine Champagne
Mais juste pour Info. Il n’y a pas qu’il n’y a pas que ces groupes là. Tu as des groupes de milliardaires qui eux qui concentrent la presse actuellement, mais tu as aussi des groupes comme Free World qui commencent à faire de la presse sans journalistes, qui ils embauchent des gens qui sont des gens qui fabriquent du contenu, alors ils leur donnent des noms aberrants. Bande de contention produit. Sauf qu’on va faire des trucs complètement débiles. Donc ce sont des gens qui ne font pas du tout la même chose.
David Dufresne
Mais moi je vais essayer de faire pareil. Tu sais, depuis un an et demi avec du café, Jacques Vabre
Antoine Champagne
C’est désolant, mais c’est un peu comme nous. On essaye en anglais de dire qu’on est OK pour être corrompu. On demande aux gens de venir nous corrompre. De ce fait, ça fait des années et la personne qui vient nous corrompre. Achetez-nous un monster truck et on fait ce que vous voulezet bien non, on attend toujours le Monster truck. Bon fin bref.
David Dufresne
Nous allons prendre des nouvelles du jeune du Reflétons puisque c’est ainsi que ça monte,
David Dufresne
C’est dingue, c’est assez génial. Enfin moi ça me touche pour vous.
Antoine Champagne
Ça réchauffe le cœur donc il y a des choses que j’aime comme huer de qui ? A qui, qui fabrique une information un peu, un peu bizarre. Mais il y a plein de groupes comme ça où on a l’impression que c’est de la presse. Oui, c’est pas de la presse de donner un autre exemple. Je vais encore me faire des amis chez Brut, par exemple, des trucs à tout. Tous les jeunes regardent des petites vidéos Brut, etc qui sont informatives, souvent sur des sujets comme ça, parfois sur des sujets un peu plus, un peu plus profonds. Mais derrière l’activité qui ressemble à de la presse, il y a l’autre activité qui permet à l’entreprise de vivre, qui est le brand content, c’est à dire en fait de la publicité déguisée, comme on fabrique des vidéos qui ressemblent à de la presse mais qui sont en fait achetées.Je ne sais pas ce qu’on va pouvoir inventer pour la semaine. Essayez de réfléchir faire un brainstorming.
David Dufresne
Donc Brut ou konbini, je crois que c’est un peu le même système, mais en tout cas, brut finit tout ces trucs là, c’est une autre forme de presse. Et je pense qu à terme, vraiment des espèces de vieux pachydermes comme nous disparaissent
Antoine Champagne
Voilà, je pense que les citoyens ne pourront plus faire leur choix éclairé. Exercer dans un flou riche nous dit on ne dit pas un fond tellement oui, c’est ça.
David Dufresne
Mais cela dit, le ver était dans le fruit déjà dans les années 80-90 avec les premiers publireportages dans la presse écrite, avec aussi il y a eu ces trucs, je crois que ça existe encore les croisières très chères où tu te promènes avec tel ou tel éditorialiste qui vient te parler le matin.
Antoine Champagne
Oh là là ! Mais c'était il y a très très longtemps. Mais c'était dans un autre cadre. Mais eux, ils en ont au début de Reflets en Inde pour des articles qu’on avait fait sur l’enseigne ST D’accord donc là, il y avait eu une enquête puisque c'était un c'était un olivier, ça s’appelle en fait un organisme d’importance vitale. Donc on avait écrit des choses sur eux.
David Dufresne
Alors concrètement, mardi, vous allez au tribunal de commerce avec un peu d’argent pour l’avocat, puisque les fonds que vous récoltez là, c’est pour payer les frais d’avocat. C’est pour les avocats,c’est à dire c’est les frais de justice. Si tout va bien, vous pourriez éventuellement condamner aux dépens celui qui vous attaque. Alors ça, c’est beaucoup plus tard, de toute façon, les quelques noms, même pas aussi.
Antoine Champagne
Mais ça peut,on peut demander ça. C’est-à dire que chaque fois qu’il y a un procès, tu peux demander est ce que la personne qui perd paye les frais de justice ? Mais en fait, les juges à chaque fois accordent un vague pourcentage ridicule de ce que tu as vraiment payé et même si tu fournis les factures de ton avocat. Donc si en fait tu récupères jamais, mais c'était pour un CCP ou ce qu’on appelle des procès baillons et c’est Ça leur intérêt..Pour que ça te coûte très cher et qu' à la fin tu réfléchisses à deux fois avant d'écrire un article.
David Dufresne
Bolloré par exemple, Bolloré étant là aussi, c’est intéressant. C’est Alice le grand spécialiste des procédures bâillons, ils attaquent des petits journaux. Mais en fait, on est bien d’accord. Vous attaquer vous, c’est en fait prévenir tout le monde, c’est menacer tout le monde, c’est ça ?
Antoine Champagne
Et menace tout le monde surtout si vous obtenez une décision du tribunal en référé, là c’est un message. C’est à dire que, en gros, tu ne peux plus, en tant que journaliste, ne plus utiliser des leaks. Alors les leaks c’est une partie des informations qu’on peut avoir, mais je pense Panama Papers, LuxLeaks, les documents publiés par Wikileaks, tous ces documents, les Football Leaks, etc. Tous ces documents qui ont été soustraits à leur propriétaire par des lanceurs d’alerte, par des pirates par qui tu veux, les Macrons leaks, tout ça c’est fini. Les journalistes ne peuvent être au-delà de nous et de notre histoire avec eux, avec Altice. Tous les journalistes devraient à ce moment-là arrêter de se baser sur ce genre de documents pour écrire des articles. En gros, les documents sont là et sont publiéssont sur internet mais pas demandés.
David Dufresne
On avait quand même évoqué, même si c’est tout à fait différent de la procédure qui vous est faite là. On a quand même évoqué la nature de l’obtention de ces données entre un lanceur d’alerte qui, dans une entreprise ou une ONG, part avec des données et des gens des maîtres chanteurs qui vont pirater. Il y a quand même un degré moral, me semble-t il, à donner.
Antoine Champagne
C’est purement moral, il est purement moral.
David Dufresne
Oui, bien sûr.
Antoine Champagne
Bon, d’accord, je les ais.
David Dufresne
On avait parlé de, ça. Vous avez donc lancé cet appel aux dons, il y a 24 h, c’est quelque chose comme ça. Il y a un après 2 h, hier après 12 h. Vous avez fait un papier hier soir, à 1 h du matin, nous faisions nos réglages. Ce matin, nous avons fait des réglages pour que tu viennes. Est ce que vous êtes soutenus par la profession ? Je n’ai vu qu’un syndicat
Antoine Champagne
SNJ.
David Dufresne
De SNJ, CGT je crois, ou le SNJ tout court.
Antoine Champagne
Oui, tout court, mais peut être aussi la CGT. Je t’avoue qu’il y a eu tellement de mentions sur le compte Twitter depuis A depuis un après 12 h que j’ai pas tout bien sûr. Mais oui, je vais te dire d’ailleurs je suis déjà un peu transparent comme garçon, mais pour la première fois, je dirais que l’ensemble de la profession quasiment à part, à part BFM TV et RMC Express, euh l’ensemble de la profession nous soutient et c’est c’est sympa. Franchement, ça fait du bien parce que depuis que RFI existe, on a toujours fait nos trucs.
David Dufresne
Vous avez quand même été pendant longtemps les vilains petits canards à dire du mal de tous les copains.
Antoine Champagne
Tu sais je vais te dire une chose : dire du mal des copains. On est capable de dire du bien aussi. Qu’est ce qui est ? Ce qui est embêtant, c’est quand tu vois le truc. C’est marrant la façon qu’il a formulé de dire du mal des copains. C’est pas parce qu’on fait le même métier qu’on nous assure siles gars déconnent bien sûr.
Antoine Champagne
Vraiment des conneries, On est les premiers à le dire. Pourquoi ? Parce que regarde les pourcentages dans les études annuelles, le pourcentage de gens qui ont confiance dans la presse. Et bien sûr, c’est en chute libre. Depuis que je suis journaliste, ça fait 30 et quelques années.
David Dufresne
Excuse moi, j’allais dire depuis le XIXᵉ siècle, mais je ne vais pas non plus te vieillir. Parce qu’au XIXᵉ siècle après les duels. Parce que là, en train de faire le distinguo qui est absolument important entre la confraternité et le corporatisme.
Antoine Champagne
Oui, viola mais je pense que c’est ça l’important, c’est que la presse sache s’auto analyser et dire quand elle, quand elle a déconné, reconnaître, c’est quand même une des règles de base. Dire qui a fait une erreur, tu le reconnais, tu fais un article, tu te trompes bien, tu fais une correction et tu fais un article pour dire que tu t’es trompé.
David Dufresne
Oui, bien sûr.
Antoine Champagne
Et aussi après des gens en conference de presse, ils se disent ah bah oui, ils savent quand ils se trompent, ils savent bien qui se sont trompés et si tu le fais pas, tu perds la confiance des lecteurs. Et sit u perds la confiance des lecteurs, c’est foutu ça n’existe plus. Donc oui, bien sûr, on a parfois du mal avec certains confrères. Ben oui, pour un temps, pas parce que c'était c'était mal de le faire.
David Dufresne
Et donc là, ça vous fait chaud au cœur d'être soutenu, c’est ça ?
Antoine Champagne
Oui, bien sûr. Après puisqu' on a souvent fait des enquêtes qui avaient peu d'écho dans le reste de la presse, qui dit peu, reprises, etc. Alors qu’on sortait un gros truc et on se disait quand même dommage, c’est un peu bizarre, qu’on n’est jamais de reprises ou quand il y avait des reprises des gens cités dans d’autres journaux, je le rappelle, histoire d’amnésie que pour la sortie, la plupart du temps, quand les journaux ou les faits cités, cette histoire, c’est toujours le Wall Street Journal qui avait sorti cette affaire,alors que c'était moi avant.
David Dufresne
Bon, et tu rappelles nous en deux mots l’affaire Amesys.
Antoine Champagne
Bull c’est une société française qui, avec l’aide du gouvernement Sarkozy et des services de renseignements extérieurs variés et a renseigné un service de renseignement intérieur aussi la DRM. Enfin bref, va vendre et installer en Libye la Libye sous Kadhafi, un système qui permet d’intercepter tout le trafic internet du pays. C’est à dire qu’en gros à l'époque rien n'était chiffré sur tous les mail, toutes les conversations facebook, toutes les fins, toutes. Tout ce que les gens faisaient sur sur internet était intercepté et ausculté par les services de renseignement libyens qui après évidemment aller chercher chez eux des opposants ou des gens qui n'étaient pas d’accord avec le régime et les torturaient et ça, ce système là, ils l’ont, ils l’ont béta testé en Libye et après ils l’ont vendu. C’est ça ou y en a un qui est installé au Maroc ? Ça, c’est un truc qui a personne n’en parle. Celle-ci, y compris les documents techniques, les contrats, etc. Pour montrer que ça avait été vendu au Maroc. Le Maroc a poursuivi des blogueurs qui disaient qu’il y avait ce système installé là bas, la France est complètement silencieuse sur cette histoire et sur nos français aussi. Bon voila donc ils détruisent, des trucs comme ça. On avait sorti ce scoop. Alors on était au début, on racontait doucement l’histoire, on est monté crescendo et en fait, six mois plus tard, quasiment, une journaliste du Wall Street Journal, c’est très très bien qu’elle ait eu cette occasion, qu’elle ait fait le papier et ça a donné une a mis une visibilité internationale à cette histoire. Moi, je suis super fan de ce qu’elle a fait. Et là, son fixeur, elle a embarqué pour visiter. Elle cherchait un centre pour chercher un centre de services de renseignement pour des histoires de tortures. Tu vois les services de la police secrète qui torturaient les gens et en fait, le fixeur finit par l’empêcher de passer. Time finit par l’emmener là-bas et il se trouve qu' entre-temps, ça a changé. Ce centre a été complètement refait et il abrite les outils d’interception de Dam’s. Il y a des logos amnésiques partout dans le centre et des milliers de dossiers de gens qui ont été dans les communications ont été interceptés. Donc elle fait un reportage là dessus, elle fait des photos, il y a la boutique et avec elle qui fait une vidéo de mémoire, ils ramassent des dossiers, etc. Donc précieux comme comme c'était Wall Street Journal et comme il a une beaucoup plus forte visibilité que Reflets. Pour info, après tout le monde a attribué le scoop au Wall Street Journal et il a fallu, je crois que c’est l’année dernière ou l’année d’avant où on a enfin obtenu que l’AFP change sa dépêche de base en fin d’annonce, basé toutes les autres bien sûr, dans laquelle ils disent l’affaire Amesys révélée par le Wall Street Journal pour qu’il mettent par révéler Reflets OVNIS et et le Wall Street Journal que maintenant c’est réparé. Mais ça a pris dix ans.
David Dufresne
OVNI qui est un journal qui a disparu. Dans lequel un certain nombre de mal rasés ont fait leur et leur classe. Qu’est ce que c'était bien Ovni, nous dit Buck.
David Dufresne
Et peut être qu’on va en finir là dessus. Si tu veux parler encore de ce qui vous arrive. Mais est ce que d’une part, la solidarité affichée sur Twitter par vos collègues journalistes, est-ce que tu penses que ça va amener des papiers ? Parce que Twitter, c’est une chose, mais des papiers, c’est une autre. Et est ce que dans un deuxième temps, on peut s’attendre à un effet Streisand ? C’est à dire que finalement, les révélations que vous avez faites qui était passé inaperçu, le fait d'être que Altice vous attaquent et que certains journalistes prennent position pour vous. Est ce que tu es ce que vous espérez ? Ça a un contre effet pour Altice ?
Antoine Champagne
Oui, je pense que c’est une très bonne nouvelle. Ils montrent qu’eux, en gestion de communication, ils ne sont pas excellents. Ils ne sont pas très bons visiblement en protection informatique puisque ils se sont fait avoir d’une manière absolument incroyable. Car en fait je t’assure, je découpe le truc, mais en informatique, tout le monde peut se faire pirater par un groupe de ransomware, ça arrive au plus gros, il n’y a pas de souci, ça peut arriver, mais quand même. Deuxième truc, dans les documents stockés sur les ordinateurs en de manière non chiffrée, c’est un nom protégé. Il y a des milliers et des milliers de blogging, de passoire, de trucs machins en face. C’est une catastrophe. C’est pas comme ça qu’on gère les informations sensibles d’une société. Ils ne sont pas très doués dessus en matière de comm y compris d’ailleurs.
David Dufresne
Vous révélez que oui, c’est ça. Il y a un papier où ils se sont réveillés il y a pas longtemps.
Antoine Champagne
Les campagnes de phishing.
David Dufresne
Donc là, c’est alerte, sécurité, bureautique, messages malveillants. En plus, graphiquement, c’est pas génial. C’est quand même pas bon. Depuis ce matin, plusieurs collaborateurs ont reçu des images suspectes usurpant l’adresse email de personne interne à l’entreprise et dont l’objet est en anglais. Il contient une pièce jointe HTML menant vers une fausse mire de connexion Microsoft. Et comme tu le comme tu le racontes en fait oui, parce que nous on est grâce à vos dons Au poste, abonné à Reflet. Et l’article, il est là. Et donc tu expliques qu’en fait cette campagne vient tout juste d’avoir lieu alors que Altice a été piraté cet été, ou peut être même avant.
Antoine Champagne
Peut être même avant, Mais vous le saurez en vous connectant à Reflets dans quelques jours, on va vous expliquer ce qui s’est passé. Donc c’est un scoop que je balance.
David Dufresne
Ah ouais, donc ils sont pas très tendres, Il faut que je mette de la musique.
Antoine Champagne
T’as pas le bandeau du stagiaire en fait, ils ne sont pas bons non plus en com parce qu’effectivement il y a un petit journal sur internet, etc. C’est pas un faux qui a qui commence à détailler un peu l’histoire. Il y a très très peu de reprise à part dans Libé en fait principalement. Et là ils déclenchent une espèce d’arme nucléaire pour essayer de nous faire taire. Il a effectivement fait parler tout le monde parce que tout le monde commence à comprendre que derrière Reflets, c’est un truc qui peut arriver à n’importe quel autre journal. Donc donc voilà, les histoires de principe en fait, les gens se braquent sur un principe.
David Dufresne
La Loi du secret des affaires qui permet à Altice de vous attaquer mardi en référé, c’est-à dire en procédure d’urgence. Elle date de quand en fait ? Depuis quand les entreprises peuvent faire ça ?
Antoine Champagne
C’est une bonne question, mais c’est assez récent. Je sais, je sais plus. J’ai mis un lien vers un truc dont je vais te dire ça.
David Dufresne
Pendant que tu dis ça, PH dans le tchat dit tout le monde dans le tchat a bien mis sa contribution dix ou 15 € par personne, ça ferait énormément grimper la cagnotte.
Antoine Champagne
C’est une bonne idée ça. C’est ce que j’ai dit sur Twitter tout à l’heure, c’est qu ' on a 29000 personnes qui nous suivent si chacun avait donné 2 €, on aurait fini de cette cagnotte et on serait tranquille pour les années à venir. Parce que je pense que ce n’est pas le dernier procès qu’on aura. Alors le secret des affaires, c’est sur ça date de 2018. A priori 2018, 30 juillet 2018 Et déjà à l'époque, tout le monde se posait des questions que tout le monde se disait Mais les temps y’avait des articles là-dessus de juristes qui disaient attention, les entreprises vont contourner le droit de la presse avec ça. Donc voilà, ça y est, c’est fait. Et puis c’est bien dommage.
David Dufresne
On va aller faire un tour du côté du commando du Reflétons pour voir où est ce que, où est ce qu’on en est. Tout à l’heure, on était à 2460 €. Attention, sous vos yeux ébahis, je regarde, je regarde, je découvre en même temps vous. 1490, le 1490. Mais quand on a démarré, on était quand vous étiez à 1700 donc c’est pas mal. Merci infiniment à tous, à tous et à toutes.Petit point technique pourquoi il vaut mieux vous donner là que s’abonner ? C’est quoi la différence en fait ?
Antoine Champagne
Alors en fait, quelque part, il n’y en a pas.
David Dufresne
Merci, merci.
Antoine Champagne
Il y a et il n’y a pas vraiment de différence. Parce que, comme je le disais tout à l’heure, le premier procès que l’on avait jusqu'à il y a quelques semaines, on avait, on avait réglé nos frais de justice sur sur. Sur nos réserves, en fait. En fait, petite structure, petit chiffre d’affaires, mais on met de côté chaque année. Donc on avait un peu de marge et donc du coup on a pu payer nos frais d’avocat pour le premier procès sur nos réserves. Et donc si beaucoup de monde s’abonne, évidemment, on aurait plus de revenus, donc on pourrait aussi payer nos frais d’avocat. Mais là on se dit qu’en fait c’est on a une vision un petit peu plus large en fait, on sait, on peut même, on pense plutôt fabriquer en flèche. L’argent fait en gros, on dit cet argent là, il va être uniquement. Dépensé pour des frais de justice et ne va pas du tout servir à payer des journalistes ou des enquêtes, etc. C’est autre chose, mais on essaye de voir un peu plus loin. Je pense qu’il y a probablement on aura d’autres procès parce que, sauf à ce que la justice décourage sérieusement et les gens qui nous attaquent et que ça fasse réfléchir les entreprises. Mais je pense qu’on aura d’autres procès, donc il faut se préparer à ça. Donc il faut préparer une espèce de cagnotte dédiée. Et même moi, personnellement, je vois un peu plus loin, je pense que ce serait bien que la presse, on appelle la presse indépendante. C’est bien une myriade de petits journaux qui se sont créés ces dernières années. Tu vois par exemple, on est poursuivis par Avisa partner pour avec Mediapart, Arrêt sur image et Marianne si je pense à la fin ou je sais pas. Donc plein de journaux qui se sont créés ces dernières années. On a tous séparément des petits moyens et je pense que ce serait pas idiot qu’on commence à réfléchir à un outil. Donc je ne sais pas comment l’appeler “Un outil de défense juridique”.
David Dufresne
Shadock vient de dire juste avant que tu entames ça. Serait il possible de faire une sécurité sociale des entreprises de presse pour mutualiser des frais de justice légitimes ?
Antoine Champagne
Le genre de choses auxquelles on penserait. Donc comme on commence à en parler un petit peu entre nous.
David Dufresne
Il y a des petits messages dans le chat, évidemment. Le message que j’ai lu tout à l’heure s’adressait à ceux qui peuvent, car il y a évidemment des gens qui ont pas une thune et qui, rien qu’en étant là et en propageant le stream, font acte de solidarité. C’est evident, on est pas en train de dire chacun peut donner x euros, c’est donné qui peut et qui veut bien évidemment, mais c'était une façon de dire aussi effectivement que comme on est nombreux là ce matin, on gagne très nombreux, regardez ce que le voisin travaille chez Altice, il vient de lancer sa personne. Voilà, c'était juste ça. C'était évidemment bon esprit. Alors Ignatius pose une question intéressante est ce que ce n’est pas interdit des cagnottes pour les frais de justice ou c’est juste pour payer une amende.
Antoine Champagne
Pour payer une amende qui n’a pas le droit de faire appel aux dons du public ? Tu dois payer ton avant de toi-même.C’est assez logique,évidemment. C’est ça tu touches sinon, sinon tu déresponsabilises les gens quoi.
Antoine Champagne
On est dans un monde à demander à Patrick Drahi de faire un don, tu vas gérer, c’est bon. En fait, il s’achète des appartements à 54 millions de dollars. À New York il peut filer un peu, filer cinq ou 6 000 € quand même.
David Dufresne
Il pourrait franchement.D’ici mardi.Vous faites quoi à Reflet ? Comment vous préparez les choses ?
Antoine Champagne
Comment on prépare les choses ? Écoute, on continue de travailler parce que on est pas tellement du genre à se laisser intimider, bien sûr. Donc on continue à travailler.
David Dufresne
Donc il y aura un papier mardi matin, par exemple, avant l’audience.
Antoine Champagne
Je pense qu’il y aura même un papier avant Alors je pense qu’on aura un petit papier lundi, puis peut-être un deuxième mardi, faut que je travaille un peu cet après-midi, je pense. Mais ouais, si tu pouvais bien, on pourrait pas en faire deux.
David Dufresne
Comme ça t’as l’air cool, reposé, détendu. Mais moi je te remercie d’abord de publier tout ce que vous publiez, toute l'équipe. Mais d’avoir quand même le courage de venir parler de ça un dimanche matin, Enfin voilà, de mener le combat. Je veux dire, c’est pas marrant, faut pour être honnête, c’est pas marrant d’avoir un tigre aux trousses c’est pas marrant.
Antoine Champagne
C’est pas marrant, et surtout c’est fatiguant parce que beaucoup de gens, ne s’en rendent compte, mais c’est beaucoup de travail. Hier, il a fallu qu’on fasse un communiqué de presse qu’on envoie aux journalistes. Il a fallu faire le petit papier pour expliquer ce qui nous arrive et lancer la caisse. Enfin tout ça. Nous on a pas 15 000 personnes au service marketing pour préparer des trucs et tout ça, donc c’est autant de temps qui n’est pas dédié à notre travail de journaliste en fait.
David Dufresne
Reflets est poursuivi par Altice, le groupe de Patrick Drahi. Le groupe Altice vient de lancer un référé devant le tribunal de commerce pour nous obliger à enlever nos articles traitant du piratage informatique dont il a été victime et interdire la publication de la suite de nos investigations. Il invoque la loi sur le secret des affaires pour contourner le droit de la presse et tenter de nous faire taire. En parallèle, Altice a lancé une plainte sur le terrain judiciaire sur la supposée détention de données mises en ligne par les pirates. Ils n’entendent qu’ils entendent ainsi faire jurisprudence en empêchant les médias à l’avenir d’utiliser les fuites ou les leaks de données pour leurs enquêtes. Cette attaque est sans précédent et menace l’ensemble de la presse d’investigation. Soutenez nous en contribuant ici sur cette page. Nous avons besoin de vous pour couvrir les frais de justice que représente ce nouveau procès ? Consultez notre dossier d’enquête sur Altice, etc, etc. Et après, il y a tout un tout un paragraphe sur ce que vous avez fait Dernier pointage on était à 2490 et nous sommes à 2695.
Antoine Champagne
Super ! C’est superbe ! Merci.
David Dufresne
C’est super ! IL n’y a pas de lien Paypal pour les dons. On va commencer à rentrer dans les trucs techniques, ça je ne sais pas si c’est Ulule, c’est Ulule et non pas Usul, mais c’est Ulule, vous passez par la plateforme Ulule.
Antoine Champagne
On passe par Paypal.
David Dufresne
En fait oui, par Ulule, Amitiés aux gens d' Altice. Il y a la boite qui sous traite probablement les sortes de communications qui est en train sans doute de taper l’intégralité du verbatim pour voir s’il n’aurait pas des choses par hasard. Mardi, on les salue bon courage. Vous ne pouvez pas vous servir de ça, la seule chose, c’est qu’on était nombreux ce matin et ça, ça fait chaud au cœur pour vous, pour eux et pour nous. C’est si cool. Et il y a aussi Nico qui est visiblement qui nous dit que pour Reflets on est encore monté un peu. Allez, je vous le montre une dernière fois, Ça c’est une vieille page. Allez, bon courage et bonjour à toute l'équipe.

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