
MeToo a libéré la parole, OnlyFans la vend à l’heure
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Dix ans après MeToo, il est devenu possible de se dire féministe en défendant une vision raciste du monde, et une plateforme facture trois cents millions d’euros par mois le sentiment d'être désiré. Les deux phénomènes ne se croisent jamais dans le débat public. Irène Despontin Lefèvre a enquêté sur ce que le féminisme de masse a gagné avec le numérique et sur ce qu’il a écarté pour l’obtenir. Pierre Brasseur a enquêté sur ce que la plateforme fait du désir, du travail et de la solitude. Au Poste les met côte à côte.
La rencontre avec Irène Despontin Lefèvre et Pierre Brasseur
Deux livres violets, deux enquêtes, un seul canapé. Irène Despontin Lefèvre a suivi Nous Toutes de l'intérieur entre 2018 et 2021 : boucles WhatsApp, chartes graphiques, kits militants. Verdict : un collectif qui se rêve horizontal et s'organise comme un parti-plateforme, où «il y a plutôt une hiérarchie» et «un manque de démocratie en interne». Le prix du succès, c'est le lissage : «on en dit moins parce qu'on veut être repris par les médias dits traditionnels», jusqu'à ce que «ça déplace finalement la cause initiale». Reste, selon une militante rencontrée, «la formule de la militante qui ne fait pas peur aux hommes», un féminisme «qui a l'intérêt de circuler, mais à quel coût !». Dix ans plus tard, le backlash a repris les outils : des collectifs identitaires ont «dévoyé la question des violences pour stigmatiser certaines masculinités issues de l'immigration des quartiers populaires».
Pierre Brasseur, lui, a interrogé une quarantaine de créateurs et créatrices d'OnlyFans, plus une douzaine de clients. La promesse d'émancipation tient trois minutes : «la plupart des personnes que j'ai pu rencontrer gagnent peu», et «La facilité, c'est vraiment l'argument marketing principal». La plateforme ne répare rien, elle réplique : «le fait d'être blanc ou pas blanc, joue beaucoup». Derrière, des managers qu'il décrit comme l'équivalent de proxénètes, et des clients très seuls, «plus des masculinistes que des féministes». Le capitalisme du désir avance masqué : «ce n'est pas écrit sur le site à l'entrée, on va vous dominer ici».
Transcription de l’émission
Mai 2027 ! On prépare nos munitions
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Sources, liens & références
Trop heureuse de retrouver Le Poste ❤
Onlyfans, le capitalisme du désir - Pierre Brasseur - 2026
Photographie, archives, musique et danse sont les axes majeurs du catalogue beaux-livres des éditions Textuel fondées en 1995. Deux collections dédiées au débat d’idées nourrissent le catalogue côté sciences humaines.
#AuPoste avec Irène Despontin Lefèvre
Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’UFR Culture et communication
#AuPoste avec Pierre Brasseur
Pierre Brasseur est reçu AuPoste le 10 septembre 2026.
#AuPoste - s09-43- 16 avril 2025 "French Bukkake", "Jacquie et Michel": derrière les affaires, l’enfer avec Alice Géraud, Hélène Devynck & Noélie
Depuis 8 ans, Noëlie, victime du porno hardcore, se bat pour faire retirer les vidéos de viols en réunion qu’elle a subis : 242 pénétrations en trois jours. Avec elle, Hélène Devynck et Alice Géraud, nous avons parlé de ce qu’il faut appeler la porno-criminalité. Conditions de « tournage », effets de dissociation, recrutement sur des mensonges, fric monstre pour les uns, humiliations totales pour les autres, mort sociale, droit à l’oubli, responsabilité des consommateurs : deux heures d’une grande sincérité. Attention, c’est dur et c’est cru.
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