Monique Pinçon-Charlot à l’assaut du « Méprisant de la République »
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Bonjour les amies, j’espère que ça va. C’est la première dans ce dispositif. Monique est la première, c’est extraordinaire. C’est une place au poste, comme tu le vois.Bonjour Monique, Bonjour Monique te dit sorcière Bonjour dit patouille Bonjour Ronan, cinq sur cinq et que penser de ce magnifique studio les amis ?Est ce que tu aimes le orange ?
J’aime beaucoup le orange, le rouge, les couleurs vives me vont très bien, mais le noir aussi.
Et le vert.
Et le vert.
Oui, le vert le vert, c’est quoi ? C’est l’espoir ?
Oui, et c’est parce que j’ai des yeux verts. Alors du coup, je me dis que c’est bien de Ah voilà, c’est des petites coquetteries, Une bonne femme, Tu vois ?
Ah ouais, très bien. Si c’est parfait, c’est parfait et on peut avoir de l’espoir en lisant ça.
Ou bien Je trouve que oui, ça donne de l’espoir parce que ça, ça dévoile quand même les mécanismes du fonctionnement de cette oligarchie dont aujourd’hui Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir à l’Élysée.
Ah merde, j’avais déjà une question là dessus. Bon. bah ok pour le pouvoir, c’est celui que tu décris page treize je crois. J’aime beaucoup cette expression dans ce n’est pas la page treize mais j’ai trouvé.
L’expression est juste, c’est à dire que c’est une expression qui est, qui a été construite à partir de données précises sur la façon dont Emmanuel Macron a été élu, élu avec les guillemets qu’il convient d’employer en 2017, puis réélu toujours avec encore plus de guillemets en 2022. Donc voilà, il est là pour faire avancer, je dirais, une forme d’autoritarisme, une forme d’autoritarisme, d’accentuation du système capitaliste. Dans cette phase néolibérale qui est celle que nous traversons avec la financiarisation de tous les secteurs de l’activité économique et sociale, dans tout ce qui relève du bien commun. Et là, Emmanuel Macron a donné un grand coup dans ce sens là, avec une dégradation sans précédent des services de santé, d’enseignement, enfin tout ce qui relève du bien commun, pour que les investisseurs, les spéculateurs, les tous les capitalistes qui ont les titres de propriété, l’argent qui va avec, puissent s’enrichir toujours plus, ce qui est le cas.
Donc c’est très bien. Monique par email, tu m’as dit que je serais là dès potron minet !
Redis le !
Mais j’adore cette expression potron minet,dès potron minet. Tu es la première invitée à arriver en avance là, ça souligne ton professionnalisme. Je vais souligner le mien. C'était bien page treize :Emmanuel Macron rêve de généraliser en tant que fondé de pouvoir de l’oligarchie fondé de pouvoir de l’oligarchie. C’est bien page treize que tu le désignes donc ce petit livre orange. Et ça c’est toujours malin quand on veut venir auposte, extraordinaire.
Je trouve que le rendez-vous est baigné d’une cohérence qui me touche beaucoup.
Je pense que ça va aller jusqu’au bout comme ça si tu veux “Le méprisant de la République”, ça sort chez “Textuel” dans la collection de poche, Petite encyclopédie critique, ça vaut 9,90 € et ça vaut ce niveau grandement. Donc j’ai évidemment lu le livre, on va en parler. Le livre en gros, si j’ai bien lu, c’est de relever les mots qui s’ajoutent à la violence économique, à la violence sociale, à la violence physique en fait, c’est une sorte de carnet de bord, on pourrait dire, de la lutte contre la réforme ou la prétendue réforme des retraites. Et tu prends cet employé, ce terme très très à la mode. Tu prends cette séquence pour essayer de décortiquer ce que ce que veut dire en fait Emmanuel Macron, Gabriel Attal et tous les autres pendant les six mois de cette bataille que nous avons perdue je voudrais commencer par ça parce que toi tu laisses entendre qu’on a beaucoup gagné dans cette bataille.
Oui, c’est-à -dire que je pense sincèrement qu’on a gagné la bataille des idées. On a gagné une bataille idéologique sans précédent par une détermination très forte, une unité syndicales et politiques inédites. Qu’est ce que j’ajouterais d’autre ? Et une majorité de la population active française qui ne s’est jamais démentie ? Majorité. Contre cette réforme des retraites, avec le recul de l'âge de la retraite de deux ans de 62 à 64 ans et dont Emmanuel Macron et les siens ont utilisé tout ce qu’il était possible d’utiliser dans la Constitution de 1958, élaboré par le général de Gaulle après un coup d'État et pour faire passer cette réforme. Mais je veux dire, si on se réclame de la démocratie comme il le fait continuellement dans ses discours, il a perdu. Si on se réclame évidemment d’un autre système, beaucoup plus autoritaire, il a gagné. Mais dans la bataille des idées, nous avons gagné et nous allons continuer le combat. Il y a des choses, à mon avis, qui se sont passées, qui sont irréversibles. Je le sens comme ça et je ne suis pas la seule à le sentir comme ça. C’est-à -dire qu’aujourd’hui, ils n’ont plus que des manières. Ils n’ont plus que la pensée unique, une forme de propagande qui est sur toutes les ondes officielles, y compris de service public. La pensée unique, c’est beaucoup plus malin que le parti unique. Qu’est ce que je pourrais dire ?
On va y arriver, ma chère.
C’est comme ça.
Donc je sais que si on a le temps, alors je fais une petite. Je suis un petit point technique ici, je regarde de temps en temps ici, c’est que maintenant, comme tu le vois, j’ai un écran qui me permet de voir ce que les gens du tchat disent que je vais te remonter des questions du chat. par ailleurs, sache que nous subissons un raid amical de Ost politique. Je ne sais pas si tu vois Ost politique, si c’est le complice de monsieur Usul, ça dit quelque chose du genre.
Ah je suis désolée tu sais, je sors de mon trou à moi Mende en Lozère.
Voilà, c’est ça. Si on parle, si on parle de Ost. T’es pas connu en Lozère, alors il a envoyé 1000 personnes. C’est à dire qu’ici là, il y a 1000 personnes qui nous regardent en ce moment.
Bonjour à tous et à toutes.
Dès potron minet, dès potron minet, tout le monde est là, tu vois. Voilà. Vous savez que Monique Pinçon-Charlot, pour son livre qui vient de sortir le méprisons de la République, on va causer de Macron, du mépris dans lequel que nous subissons, que les classes populaires, que les classes moyennes et que les gens intelligents, même riches, subissent par le mépris, par un vocabulaire, par une, par des tournures de phrases dont les plus connues sont rappelées au tout début de ton ouvrage, laquelle voudrais tu que je lise ou laquelle ? Vous avez pu lire des phrases de Macron ? J’en profite pour faire un tout petit peu de technique et je reviens.
Alors une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Et puis je cite celle qui est juste en dessous parce qu’elle est juste trop bien. Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Alors là, c’est vrai que j’ai lu deux petites phrases qui étaient avant la réforme des retraites. Voilà. Donc là, il y a. Alors si là c’est vraiment trop fort, là c’est tout récent. 31 décembre 2022 pour les vœux d’Emmanuel Macron pour la nouvelle année. Qui aurait pu prédire la crise climatique ? Voilà, ce sont des petites phrases. Je continue.
Je vais y compter, continue. Je fais mes petits réglages techniques. Tu es magnifique avec ton livre et cette tasse auposte. Je tweete et là, on va ramener encore plus de monde et après on démarre vraiment. Tu vois, c’est le tour de chauffe de potron minet. Est ce que tu as une autre phrase à lire ?
Alors je vais lire maintenant celle qui compte que celle que j’utilise plus pour ce petit livre. Macron arrête de nous chauffer, la terre brûle. Ça, ce sont des expressions que j’ai relevées. Des manifestants libérés, des managers délivrés, des employeurs retraités. Je travaillerai comme je voudrais. Voilà pour montrer que le sens du travail, si on vit plus vieux, c’est tant mieux. “Qui sème le mépris récolte la colère”. Jeunes et retraités en bande organisée. Donc il y avait une inventivité dans les slogans des manifestants. Ce qui m’a le plus frappé dès le départ, c’est qu’il articule l’avancée du pays, le recul de l'âge de la retraite de deux ans, c’est à dire une amputation de l’avenir avec une autre amputation de l’avenir, celle du réchauffement climatique, du dérèglement climatique, du chaos climatique. Dans ce que je développe dans ce petit livre, la seule cause est le système capitaliste. C’est un capital obscène et non pas un anthropocène comme on nous le dit à longueur d’antenne.
On sent la professionnelle parce que tous les bons passages que j’ai souligné sur lesquels je voulais te faire parler, toi, ils sont là. T’as déjà tout dit. Tu te crois sur BFM ou quoi ?
mais j’ai tellement l’habitude d'être coupée et dans les émissions que je repars comme une comme une mitraillette si tu veux.
Ça c’est intéressant. Est ce qu’au fil de ton travail avec Michel à qui on pense. Tu as senti une évolution médiatique ? En tant que sociologue, quand tu allais sur des débats il y a 20 ans, il y a 30 ans par rapport à aujourd’hui. C'était déjà comme ça, tu étais déjà coupé ou non ?
Pas du tout. Non,pas du tout. Enfin, si tu veux. C’est vraiment extraordinaire. Dans notre travail, on a commencé à travailler après. Après le tournant de la rigueur en 83 sur cette classe dominante. Et je continue aujourd’hui en 2023. Donc ça fait, si je ne dis pas de bêtises, 40 ans à peu près.On a vécu plein d’explosions, on a vécu l’explosion de notre objet de recherche, c’est à dire cette classe dominante, c’est à dire cette classe qui s’approprie les titres de propriété qui permettent d’exploiter toutes les formes du vivant, que ce soit les travailleurs, les animaux, les végétaux, la nature qui aboutit aujourd’hui au dérèglement climatique et toute la mise en place petit à petit. C’est-à -dire que ça se passe un peu, un petit peu chaque jour. Et quand on tient un journal de bord quotidien, comme ce que nous avons toujours fait Michel et moi, et que je continue à faire on. Du coup, on mémorise complètement toutes ces évolutions qui sont des des effets de cliquet, c’est à dire on il n’y a pas de retour en arrière, ça s’accumule et puis on arrive 40 ans plus tard et on se retrouve, je dirais je ne passe plus du tout sur aucune chaîne, ni télévision publique, ni de chaîne de radio. Et je suis content d'être avec toi aujourd’hui.
. Moi aussi il y a du monde et c’est super. On attaque le livre page quinze En réalité, le mépris, donc le mépris on va dire de Macron, mais mais du système. En réalité, le mépris est à double tranchant. Il peut renforcer l’assujettissement des dominés avec de l’auto dénigrement, la perte de confiance en soi ou l’apathie, ou bien au contraire susciter leur exaspération, leur colère et leur envie de rébellion. Donc tu penses qu’on est dans quelle période là ?
Je dirais qu’on est dans un mélange, peut être des deux à la fois. Toute une partie de la population est écrasée, humiliée par l’arrogance d’Emmanuel Macron et des siens. Et une autre partie très forte aujourd’hui, peut être la majorité de la population active, ce qui est important à dire Population active, celle qui fait fonctionner l'économie réelle qui est. Franchement. C’est pour ça que je dis qu’on avait gagné une bataille des idées qui est franchement en colère, en rébellion. Avec. Je le répète, l’unité syndicale est l’unité relative mais toujours fragile, mais qui est très très importante à souligner, parce que cette unité, c’est la seule chose qui nous sauvera. De toute façon, on est tellement nombreux, puisque c’est nous qui faisons fonctionner l'économie réelle. Il faut donc beaucoup de monde pour donner des dividendes aux actionnaires. On est les plus nombreux donc on sera jamais d’accord, ce qu’il faut c’est faire exactement comme cette oligarchie, c’est-à -dire s’entendre. Alors eux ils sont moins nombreux, c’est plus facile et ils sont riches, ils ont tous les pouvoirs, mais avec des instances de coordination. C’est exactement ce qui s’est passé avec l’intersyndicale et la NVA, ça pour moi, ça a été une vraie victoire, une vraie victoire sociologique, une vraie vie. Je l’ai vécue comme ça en tout cas une vraie victoire sociologique, une vraie victoire idéologique. Parce que je me suis dit ça y est, on commence à faire comme dans le fonctionnement de cette oligarchie, on met des instances de coordination pour coordonner des idées, des pensées qui ne sont pas forcément en accord. Mais on sait qu’on veut avancer de manière frontale, classe contre classe, plutôt que de se diviser et de laisser la part belle à ceux qui nous mènent la guerre.
Dans les critiques qui se sont faites ou qui vous ont été faites, à toi et Michel, il y a l’idée de dire que ce sont plus des militants que des sociologues ou en tout cas ils passent leur science de la sociologie. Au service de leur, de leur vision du monde, de leur militantisme. Et ça allait même parfois plus loin en disant mais ce sont des raccourcis de dire que les riches se connaissent, s’organisent et que c’est trop simple d’organiser le monde de cette manière binaire. C’est important pour la huitième fois que tu répondes à ces accusations.
Ah bon ? Lorsqu’il y a d’extraordinaire, je retourne le compliment. Pour moi, c’est le capitalisme qui est complètement binaire. C’est à dire qu’il y a les détenteurs des titres de propriété qui leur permettent, avec le système capitaliste, qu’on peut très bien abolir, comme on a aboli l’esclavage et le colonialisme, qui donnent aux propriétaires de ces titres de propriété des moyens de production et d'échange aujourd’hui des médias, aujourd’hui des cliniques, des écoles privées. Enfin, vraiment, ça s’est étendu dans tous les domaines de l’activité économique et sociale, et c’est ça qui est binaire donc cet arbitraire des privilèges, c’est c’est ça l’intérêt de notre travail. On n’a rien fait d’autre que de dévoiler ce qui est différent, de dénoncer, parce que c’est beaucoup plus fort de dévoiler, livre après livre, 28 livres avec des bandes dessinées, des supports très différents, mais aussi des films, jeux de société. Enfin, on a essayé de varier.
Vous avez capitalisé sur l’affaire quand même, On peut le dire comme ça, bien symbolique.
Mais on a dévoilé la mécanique qui est très simpliste, mais nous on n’y est pour rien si c’est simpliste, c’est comme ça donc parce que si vous voulez, si vous voulez leur objectif, c’est vraiment à travers des stratégies extrêmement complexes que justement nous avons dévoilé par tous les bouts, avec tous ces livres, tous ces angles d’attaque. Celui-ci en est qu’un supplémentaire, une réforme des retraites six mois de la France pour montrer une fois encore comment fonctionne cette oligarchie, comment finalement c’est très simpliste. Et donc nous, on nous renvoie, on nous renvoie cette image et alors qu’au fond on a fait un travail sociologique très important et qui qui, qui se place, je dirais, en dehors des partis et des syndicats. C’est pour ça qu’on peut, on peut travailler un peu avec tout le monde puisque c’est un travail qui ne concerne absolument pas tous ceux qui sont victimes de ce système.
Page 25. Vas-y, je t'écoute. Prends un petit verre d’eau. Ce n’est pas du café les amis. Monique en a pris trop.
Il n’y a pas de vodka dedans.
Il n’y a pas de pain. Et là, c’est de la flotte de fac. L'émeute deux ne l’emporte pas sur les représentants du peuple et la foule n’a pas légitimité face au peuple qui s’exprime souverain à travers ses élus. Il faut le rappeler, cette formule du chef de l'État est prononcée le 21 mars 2023, lorsque l’usage de l’article 49 trois de la Constitution a permis de faire passer la réforme des retraites sans vote au Parlement, provoquant de nombreux mouvements spontanés à Paris et ailleurs, est non seulement dédaigneuse, mais inexacte concernant la légitimité des élections en France. Cette phrase, je la cite à deux reprises dans le livre. Elle est donc importante, elle est presque centrale. Je la redonne. L'émeute ne l’emporte pas sur les représentants du peuple et la foule n’a pas de légitimité face au peuple qui s’exprime souverain à travers ses élus. Il faut le rappeler, c’est Macron. Pourquoi cette phrase est choquante ? Pourquoi cette phrase est dédaigneuse ? Pourquoi cette phrase est menteuse ?
C’est à dire qu’il oppose la foule et l'émeute, c’est à dire un des moyens d’expression qu’une relative démocratie nous permet encore d’utiliser comme moyen de contestation, comme moyen de parler, comme moyen d'être ensemble occupant la rue. Il l’oppose au peuple qui serait légitime, légitime parce qu’il aurait voté. Mais si vous voulez, quand on a analysé très précisément la façon dont les deux élections d’Emmanuel Macron pour parler de ces deux dernières élections de 2017 où, quand même je rappellerai qu’au second tour, il y a eu 3 millions de votes blancs qui sont comptabilisés, mais pas dans les suffrages exprimés avec demande si ma mémoire est bonne, 15 millions d’abstention donc ça fait déjà 18 millions. De plus, de nombreuses personnes de gauche ont voté pour Macron contre Marine Le Pen. Donc un vote par défaut. Et si on ajoute à cela, toujours pour cette première élection, tous les généreux donateurs qui ont permis la mise sur orbite du couple d’Emmanuel Macron et de Brigitte Macron pour cette montée fulgurante à l'Élysée. Bon, on peut quand même se poser des questions sur la légitimité. En tout cas, on a le droit de se poser des questions, de mettre des points d’interrogation pour celle de 2022. Au fond, le scénario est à peu près répété donc voilà. que le vote blanc ne sera pas reconnu dans les suffrages exprimés, eh bien on ne peut pas parler d'élections légitimes et démocratiques.
Qu’est ce que t’aimerais que le vote blanc ? Fasse-t-on exactement ? Tu voudrais qu’il soit comptabilisé ? Comment ça veut dire quoi ?
Ça voudrait dire qu’il faut changer ? Juste un tout petit article dans la constitution, c’est que au second tour par exemple des présidentielles, ça serait pas la majorité absolue qui permettrait au président de la République de présider, mais ça serait une majorité relative puisqu’il y aurait toujours trois candidats évidents dans le vote blanc le plus probable ça serait le vote blanc, c’est quand l’offre politique ne convient pas. Or, je pense que dans notre pays, il y a aujourd’hui un besoin de renouveler en profondeur, de mettre à la retraite, on va dire, la Constitution de 1958 pour une Constitution qui soit beaucoup, beaucoup plus démocratique.
Il y a un point que tu tu soulignes aussi page 18 et les pages précédentes, c’est l’immortelle. L’immortalité symbolique au cœur de certaines institutions, en harmonie avec les intérêts des dominants. Alors tu prends un exemple qui est l’Académie française pour lequel on a, on a du respect, cette vénérable institution, enfin on s’en fout un petit peu pour Pourquoi seize Pourquoi tu fais une page là dessus ? En quoi cette immortalité de certaines institutions agit sur nous, sur notre quotidien ? AGI fait partie du mépris finalement des dominants sur les dominés.
Alors j’ai pris cet exemple à l’appui de quelque chose qui est qui est très important à comprendre, c’est que les dominants, depuis que la Révolution française, depuis que le capitalisme est roi, avec la révolution industrielle, puis aujourd’hui les différentes révolutions économiques, idéologies qui se sont mises en place, alors c’est plus ce que j’allais dire.
Après, je ne sais pas ce que tu allais dire.
Tu sais ce que c’est l’immortalité symbolique, C’est un concept, je pense, de Bourdieu, j’en suis à peu près sûr, qui est très important pour comprendre comment cette oligarchie, petit à petit, a tenté de prédater de manière. De manière séculaire, on va même dire de génération en génération, les richesses et les pouvoirs à son seul profit. En créant cet arbitraire, en créant des dynasties familiales. C’est à dire qu’au fond, la Révolution française a donné le pouvoir à une certaine bourgeoisie plutôt qu’au people cette bourgeoisie, à partir de la Restauration, s’est mise en place petit à petit des dynasties familiales bourgeoises qui ont finalement, d’une certaine manière, on peut dire, signé la noblesse qui s'était construite exactement sur ce thème de l’immortalité symbolique. Cette immortalité est symbolique et peut paraître arbitraire, mais en fait elle est très intéressante. Et il y a un philosophe, Ernst Kantorowicz, qui a vraiment eu cette phrase extraordinaire à propos de la mort du roi Le roi est mort, vive le roi ! C’est-à -dire que la mort humaine n’est rien par rapport à la continuité dynastique donc, en France aujourd’hui, nous avons beaucoup de familles qui sont construites comme ça, sur des dynasties familiales qui permettent, comme je l’ai dit, que les richesses et les pouvoirs se transmettent de génération en génération. Vous naissez à Neuilly, vous naissez avec ce type de propriété dans la Beauce, vous naissez à quelques kilomètres de là, à Bobigny, vous n’avez que votre force de travail à vendre, que des chemins d'épines à emprunter, que des difficultés, que la galère et la galère et la misère. Alors que de l’autre côté, ça va être l’immunité, l’impunité, la sécurité, les jets privés, la richesse, la richesse infinie quoi.
Je te vois la slameuse.
J’essaye de m’approcher.
Et c’est bon pour me concentrer sur moi. On me dit qu’il faut que je monte un peu au son. Je vais te poser une question. Ne t’inquiète pas. Si je me lève pour aller à la technique, monter ton son, je t'écoute et tout le monde, tout le monde t'écoute. Tu viens de citer Bourdieu et tu parles beaucoup dans ton livre de la violence symbolique. Hors ce concept magnifique on pourrait dire de Bourdieu. Est aujourd’hui mis à mal par une partie des philosophes, on va dire conservateurs ou de droite, en disant la violence symbolique, ça n’existe pas. Il y a la violence, point barre, qui serait physique. Mais la violence symbolique, ça n’existe pas. Est-ce que cette bataille des mots, évidemment, va la mener ? Qu’est ce que ça dit au fond, d’après toi ? Là, il faut que tu prennes au moins, moi je te fais confiance, tu vas parler.
Ça, c’est la pire des choses. C’est faire un compliment pour que l’autre se sente obligé.
Non, c’est juste pour te dire t’as deux minutes, fastoche.
Parfait, c’est parfait, ça me va très bien, va très bien. Il faut que je parle à ton fauteuil. Voilà qui fait quand même bizarre. Mais c’est vrai que la violence symbolique, c’est un concept extrêmement fort de Pierre Bourdieu et qui, pour Michel et moi, a été essentiel dans notre approche sociologique. Parce que personnellement, ce concept nous a fait beaucoup de bien. Parce que, au fond, la violence symbolique, c’est la pire des violences, parce que c’est une violence qui est intériorisée dans une forme de timidité sociale par rapport aux dominants pour lesquels on n’ose pas, on n’ose pas les contredire, on n’ose pas penser que ce sont des prédateurs, que toutes nos misères proviennent de leur prédation cette violence symbolique, c’est par exemple vous vous placez avenue Montaigne, devant le grand magasin de la plus grande fortune de France, Bernard Arnault, de la plus grande fortune du monde. Aujourd’hui, vous vous placez là et puis vous regardez les gens qui regardent les vitrines, qui regardent, qui regardent les prix si vous leur dites Mais pourquoi vous ne rentrez pas ? C’est un magasin et on a le droit de rentrer dans tous les magasins. L’entrée est libre, vous pouvez rentrer. Ils disent mais c’est absolument impossible, on n’a pas le droit de rentrer là, C’est pas pour nous, c’est pas pour nous. Et c’est cette violence intérieure intériorisée est une violence qui vous paralyse, qui vous tétanise, qui vous empêche de penser le changement, qui vous, qui vous, qui vous sidère, qui vous paralyse. Je ne sais pas tous les mots qu’on peut employer et qui entraînent un fatalisme qui vous empêche alors qu’on est tellement heureux quand on quand on voit clair, quand on comprend ce qui nous arrive et qu’on a le courage d’affronter, d’aller au devant, de parler, de dire quelle libération c’est un petit peu, je dirais la même libération, comme si toi tu étais mon psychanalyste, tu vois mon psychiatre, que tout d’un coup tu aurais le bon mot et la bonne phrase pour m’aider dans mes propres vieux démons. Euh, Je sortirai de cette salle orange, mais heureuse, Je ne sais pas tout d’un coup, tout ce serait libérer en moi la violence symbolique de Bourdieu. C’est vraiment un concept sociologique d’une importance capitale.
Et pourquoi elle est mise en cause. Vous cherchez ma souris en attendant ? Je te promets. Après je te fais plus court pour. Pourquoi est-elle mise en cause aujourd’hui par une partie des philosophes médiatiques, conservateurs, etc.
Parce qu’elle est potentiellement peut être pas révolutionnaire, ça ne serait pas le bon mot, mais elle est potentiellement libératrice. Et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai dit au début de cet entretien que, et je ne suis pas la seule à le penser, que nous avions gagné la bataille des idées, parce que maintenant on peut monter dans un taxi et parler au chauffeur, ce qu’on ne pouvait pas faire il y a dix ou quinze ans tout le monde est en général d’accord sur le diagnostic d’une violence de classe être capable de parler de la situation avec les bons mots ça, c’est assez extraordinaire. Mais ça ne veut pas dire que ça va vraiment déboucher sur quelque chose de fort. Mais si on s’y met tous, oui, ça en peut de manière. Après, c’est un autre en tout cas. Déjà, moi, la bataille des idées, c’est quand même mon combat comme sociologue.
Et bien cette sale orange des grandes ouvertes, quand tu veux, Il y a deux manuscrits qui nous disent que les héritiers sont morts, vive les héritiers ! Je reviens à ce que tu disais tout à l’heure et toi tu as un mot superbe. Tu dis que les hérétiques sont des morts vivants en fait.
Oui, c’est-à -dire que cette immortalité symbolique, il faut bien qu’elle soit construite. Et donc tout notre travail à Michel et moi a été précisément de travailler au plus près des familles les plus anciennes de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie les plus fortunés dans les beaux quartiers, d'être invités dans des cercles, d'être invités. Voilà, au plus près de nous un travail ethnologique, un travail anthropologique, précisément pour comprendre comment se produit cette transmission. Et une des clés qui aujourd’hui est devenue banale, c’est d’avoir su décortiquer les niches d’entre soi qui s’encastrent les unes dans les autres comme des poupées russes depuis la naissance dans les beaux quartiers. Ensuite, l'éducation dans des familles qui ne sont pas seulement des familles restreintes, avec papa, maman et bébé qui sont des grandes familles. Bourdieu disait que les grands ont des grandes familles en cousines larges pour que s’il y a un raté, s’il y a quoi que ce soit, par exemple un enfant qui ne veut pas rentrer dans la finance, qu’il aille faire autre chose, pourvu qu’il soit au top. Si c’est la vénerie qui l’intéresse, qu’il soit le meilleur vendeur, si c’est le vin qui l’intéresse, qu’il soit le meilleur producteur du meilleur vin de Bordeaux. Voilà les familles, la première instance de socialisation. La deuxième, c’est des écoles, des écoles spécifiques avec des méthodes pédagogiques qui relayent la fabrication, la fabrication, la constitution de corps de classe. Certes, le social est intériorisé, mais il est aussi incorporé et il arrive à créer même une espèce. On peut parler de somatisation des rapports sociaux de domination et d’exploitation avec des corps fins, minces et redressés qui manifestent l’excellence de classe pour transformer en propriété naturelle ce qui est totalement arbitraire, donc trop fort. C’est relié cette socialisation avec cette incorporation de la domination de classe pour qu’on puisse passer de la domination économique à la domination symbolique. Donc on en revient à la violence symbolique. Je reconnais que c’est normal que les gens qui détiennent le titre de propriété dominent et exploitent les autres qui n’ont que leur force de travail parce qu’en effet ils nous sont supérieurs, cela se voit. Donc après, ce sont les écoles spéciales de la bourgeoisie qui sont très diverses, mais qui ont quand même ce point commun de relayer les valeurs des grandes familles. Et puis ils ont créé, à partir de la Seconde Guerre mondiale de 1950, une troisième instance de socialisation qui est tout à fait spécifique à ce milieu : les rallyes, les rallyes pour les jeunes, qui sont un espèce de cursus scolaire parallèle à l'école.
Çà existe encore, ça existe toujours et c’est très important.
On va faire un rallye au poste et tu seras la base.
Donc ça explique un tout petit peu, vas y. C’est donc au départ. Par exemple, les enfants à partir de dix ans sortent ensemble pour faire des sorties avec les parents et par exemple, ils vont visiter l’ambassade de Grande-Bretagne à Paris. Ils seront accueillis par l’ambassadeur. Un petit goûter sera organisé par l’ambassadeur qui répondra à toutes les questions des enfants. Donc voilà, ils apprennent à s’approprier des lieux de pouvoir et de richesse. Une autre fois, ça sera allé de manière plus ou moins privative dans un musée. Enfin voilà, dans des conditions en tout cas toujours spécifiques dans un château. Alors après, on apprend les jeux de société spécifiques à la grande bourgeoisie, le bridge notamment. Enfin voilà, des trucs comme ça. Et puis après c’est on apprend à danser ensemble et donc à maîtriser son corps. Ce sont ça devient un peu des acteurs, des acteurs professionnels qui resteront acteurs, voilà tout. Toute leur vie, à tous les moments de leur existence. Mais ce n’est pas joué. Ils deviennent des acteurs parce qu’ils sont formés, codifiés, fabriqués pour être comme ça puis après, ce seront donc les grandes, les grandes soirées dansantes pour au final éviter les méga alliances. Parce que les rallyes, ça va leur permettre d’apprendre à aimer leurs semblables et aimer en amitié et en amour, reconnaître leurs semblables afin que finalement, le mariage qui avant la seconde guerre mondiale était très souvent arrangé par une tante qui était spécialisée dans ce genre de choses. Il y a qu'à relire les romans de Mauriac pour être dans le coup de foudre amoureux. Charles-Henri était là tout à fait par hasard à ce cocktail de l’ambassade de Grande-Bretagne. Et Marie-Laure est arrivée et ils se sont rencontrés. Ça a été le coup de foudre. Bon sang ne peut mentir tous les deux Fabien, ils se sont rencontrés par le plus grand des hasards. Et c’est trop fort.
Et ça, c’est en région parisienne, à Bordeaux, à Lyon, dans toutes les grandes villes où il y a absolument, et dans les villes moyennes aussi.
Et dans des villes moyennes. Alors nous, c’est vrai qu’on a beaucoup enquêté à Paris, mais aussi à Bordeaux, à Lyon, dans les grandes villes. Et donc on peut tout à fait. Et puis c’est à l'échelle de même de l’Europe, enfin des pays même aux Etats-Unis, tout ça existe. Et puis ça se parachève avec ce fameux bal des débutantes qui est beaucoup plus international.
Oui, alors à tous ces modes de reproduction, tu ajoutes dans ton livre là, le méprisant de la république sexuelle, ce que tu appelles les filtrages institutionnels, page 40, page 40. Je vais te citer ça.
Oui, je peux souffler.
Un petit peu le système capitaliste, à l’heure du néolibéralisme représenté en France de manière brutale par Emmanuel Macron, forme une nasse de laquelle il est difficile de sortir puisque tous les pouvoirs sont aux mains des membres de la même classe sociale. Ce que tu viens de décrire qu’ils occupent les plus hautes fonctions des États ou qu’ils soient en charge d’en contrôler la solvabilité financière. En quoi Macron, l'État, Macron et plus est plus prononcé dans son verrouillage et son filtrage que l'État Sarkozy, l'État Hollande ou ou l'État Mitterrand par exemple ? J’oublie Chirac,
Alors la logique est toujours la même, c’est à dire là, ce que je montre dans ce petit livre sur la réforme des retraites. C’est à dire que je précise que chacun de nos livres essaye tout le temps à la fois de montrer le fonctionnement général de cette classe des capitalistes, de cette classe oligarchique, de cette classe dominante, peu importe comment on l’appelle. À propos. Par exemple, on a fait un livre sur les beaux quartiers, on a fait un livre sur les châteaux classé monument historique, on a fait un livre sur la transmission des héritages, on a fait je ne sais pas de. Et là je fais un livre sur la réforme des retraites. A propos de la réforme des retraites, j’essaye de montrer toujours de manière précise le fonctionnement de cette oligarchie. Alors là, c’est juste génial puisque Emmanuel Macron utilisé contre l’avis d’un peuple qui est majoritairement, c’est très important de toujours le répéter contre cette réforme des retraites. Il utilise donc tout ce qu’il peut utiliser au forceps le 49 trois, le 47 trois, je vous rappelle plus le 40, puis il y en a encore un 47 un. Enfin bon bref, il y en a un, peu importe, Il fait passer cette réforme des retraites au forceps et elle est validée par le Conseil constitutionnel. Et je montre dans ce petit livre que j’invente rien. Mais c’est le fait de mettre en rapport tout cet ensemble qui est important le Conseil constitutionnel et une niche d’entre soi supplémentaire. Parce que les neuf. Sages ils sont cooptés au sein de l’oligarchie. Non seulement c’est Laurent Fabius qui a été nommé, alors tu parlais de François Hollande.
Tu m’as parlé à un moment donné de deux personnes. Notamment il y a Alain Juppé et une dame dont j’ai oublié le nom, qui avait déjà procédé à madame Gourault, pour procéder à des réformes de retraites qui n’avaient pas abouti. Vraiment. Mais tu dis de toute façon, elle était raccord avec la politique de Macron puisque ces deux personnes avaient échoué. Donc Juppé, cette personne avait échoué par le passé. Tu parles de Laurent Fabius
Elle est issue d’une riche famille d’antiquaires et a été nommée par François Hollande. Ils sont neuf, parmi lesquels il peut y avoir, pour ceux qui l’acceptent, des anciens présidents de la République, puisque quand vous quittez la présidence de la République, vous avez droit à au moins deux formes de retraite. Vous avez tous, vous touchez à peu près 6 000 € par an, pas mal par mois pour le restant de votre vie puis ce n’est pas on peut dire que ce n’est pas énorme, mais quand on est payé au SMIC, c’est quand même beaucoup ensuite, vous avez un siège au Conseil constitutionnel ? Alors là, c’est carrément plus puisque c’est 13 500 € par mois. Mais bon. Et je reconnais qu’Emmanuel Macron a fait savoir en 2019 qui renonçait à ces deux formes de retraite. Alors peut être parce que quand il prendra la retraite, il n’aura même pas 49 ans, Donc il trouvait peut être que c'était un peu insultant pour sa belle jeunesse d'être déjà à la retraite, on sait pas. Mais donc si vous voulez vraiment, c’est une cohabitation sociale à l’intérieur de cette classe dominante qui constitue le Conseil constitutionnel. Et en plus, c’est vrai qu’il y a Alain Juppé et une autre personne qui ont échoué pour la réforme des retraites et qui était là. Mais on ne saura jamais qui a dit quoi que ce soit. Les discussions au sein du Conseil constitutionnel sont sous le secret. On ne le saura jamais. Voilà, c’est un secret qui s’ajoute au secret défense, au secret bancaire, au secret fiscal, au secret des affaires.
C'était la page 34. Je voulais y venir,
Désolée, mais je suis comme ça.
Forte, trop forte et trop fort secret. Et du coup, je vais te chercher d’autres capitaux si y en a plus assez.
Maintenant, je fais très attention d’essayer de tenir jusqu'à la fin.
Ben sinon je vais en chercher, c’est et il n’y a pas de souci. Je te trouve un petit peu injuste avec les anciens présidents, ils ont des frais de justice quand même. Donc bon, c’est Apologie qui cherche un peu le pognon. Alors effectivement, page 34, tu dis que voilà, il y a tout un tas de secrets qui qui verrouillent encore plus. Tu étais en train de le dire. Le secret des délibérés du Conseil constitutionnel.
Ça ne se fait pas tellement ce secret là. Et moi, c’est vrai que j’aurais bien aimé être. Après tout, il y a déjà eu une sociologue qui a été cooptée, Dominique Schnapper, au Conseil constitutionnel. Et ça aurait été bien mais il faut respecter, c’est une condition quoi.
, donc secret des délibérés. Il y a le secret défense, le secret fiscal, il y a le secret bancaire. Et là on rejoint ta fixation sur les sur les riches. En fait, ils expliquent pour vivre, pour tricher, heureux, trichons ensemble. Mais cacher le droit des affaires, le droit fiscal qui est élaboré par les riches pour les riches, par les riches ça, c’est quelque chose qui est assez récent en fait.
Oui, c’est-à -dire que là il y a vraiment une accumulation. Et puis le secret des affaires, c’est vraiment la cerise sur le gâteau, je dirais, c’est à dire que c’est tellement flou que ça concerne tout ce qui n'était pas concerné par les secrets précédents et du coup, c’est quand même un verrouillage, enfin de la contestation. C’est un verrouillage de la démocratie qui est qui n’est pas négligeable du tout et qu’il est important d’avoir le courage de dévoiler, de montrer, d’articuler avec toutes les autres formes de violence.
Depuis le début de ce rendez vous dans la salle orange, on parle des riches, on a riches. Comment tu te définis ? À partir de quand on est riche ?
Ah bah ça, d’abord, la question est stupide. Parce qu' on pourrait. Mais non, parce qu’en fait. Ben oui, tu te rappelles bien de Hollande qui avait déclaré qu’on est riches à partir de 4 000 € ? Non, c’est absurde. C’est-à -dire que tu me traites de François Hollande ?.
J’arrête, on arrête l'émission.
Les auditeurs et auditrices comprendront, parce que c’est très important d’expliquer que c’est absurde, parce que tout notre travail. Je suis bien placé pour parler de cette absurdité qu’une des grandes découvertes naïves de notre travail a été précisément grâce à la théorie de Pierre Bourdieu que nous avons articulée au système de la théorie de l’exploitation de Karl Marx. La théorie de la domination de Bourdieu nous a beaucoup aidé à comprendre qu’en réalité, la richesse, depuis la construction de ses dynasties familiales, n'était pas justement de la richesse économique. Bien entendu, la richesse économique est la condition nécessaire, mais pas du tout suffisante. La richesse des riches, de tous ceux qui constituent ces dynasties familiales capitalistes, est articulée avec aussi de la richesse sociale. On ne peut pas rester longtemps tout seul. Il faut montrer patte blanche et montrer que. A la première génération, on a fait une grande, on a fait. On a un nouveau riche qui a fait une très grande fortune en s’investissant dans la grande distribution, dans des nouveaux secteurs de l’activité économique et sociale, la restauration collective et bien d’autres exemples. Et ceux qui rentreront dans les ghettos du Gotha seront ceux qui auront montré que dès la première génération, ils inscrivent leur richesse dans le temps long d’une nouvelle dynastie. Par exemple, Bernard Arnault a déjà franchi ce cap en mettant ses enfants en orbite sur la succession, l’héritage, la transmission et bien d’autres biens, d’autres Dassault, François Pinault et d’autres. Mais d’autres non. Et donc ceux qui rentrent dans les QI, ceux qui rentrent dans le Gotha, sont ceux qui sont prêts à transmettre aux générations suivantes et donc à inscrire leur famille dans une dynastie. Donc le capital social, c’est une seconde forme de richesse qui est essentielle et qui s’imbrique, qui s’enchevêtre avec le capital économique. La troisième forme de richesse, c’est la richesse culturelle. C’est à dire que le monde de l’oligarchie, c’est le monde de la culture savante, c’est le monde des grandes écoles, c’est le monde du mécénat, c’est le monde des sociétés de vente aux enchères qui leur appartiennent. C’est le monde des collectionneurs d’art. Et il transfigure la violence de la rue, de l’exploitation capitaliste en en qualité culturelle qui permettent ce fameux passage de la domination économique à la domination symbolique. Et en effet, j’introduis comme ça, avec ce passage à la domination symbolique, la richesse symbolique, cette forme de richesse, la quatrième qui vient symboliser les trois autres formes de richesse dans des corps spécifiques, dans des châteaux qui, comme par hasard, sont classés monuments historiques dans toute forme de symbole, avec des patronymes familiaux qui deviennent le symbole de la richesse et de la domination de classe, de la domination légitime de classe,ce sont des richesses qui sont enchevêtrées, de telle sorte que cet enchevêtrement est une des raisons pour lesquelles on ne peut pas établir véritablement un niveau de richesse. Et la seconde raison, c’est l’immense hétérogénéité des richesses de ces familles. Je prends un seul exemple, le dernier palmarès de Challenges 2023. La première étape, bien. c’est vrai que c’est notre sociologie qui l’a mis en image, mis en chiffres ? Pour 6,50 €, franchement, je trouve que ça vaut le coup. Mais il faut avoir les lunettes des Charlot pour être pour bien utiliser correctement ce numéro exceptionnel de SA. Et donc Bernard Arnault, cette année est à 2000. 82 104 milliards d’euros de richesse, ça fait 204 000 millions d’euros. Je suis désolée, ce n’est pas les chiffres de ma vie quotidienne, donc j’ai du mal.
Donc on prend très bien ça à peu près les chiffres des donateurs d’Au poste qui font en sorte que nous ayons une salle orange, un studio comme ça.
Merci beaucoup. Voilà donc les premières fortunes de France et du monde avec sa fortune professionnelle. Et la 500ᵉ, c’est la famille Roche et Bobois dans l’ameublement, un peu de luxe et heu c’est pas c’est pas beaucoup. Je crois que c’est 204 ce ça. Je ne suis pas tout à fait sur 204 millions d’euros et donc c’est.
La peine d’en parler.
Et donc, entre la fortune de la famille Roche et Bobois et la famille Arnault, il y a 870 fois la fortune de Roger Bobois dans la fortune de Bernard Arnault. C’est un niveau de dispersion qui n’existe nulle part ailleurs donc cette hétérogénéité fait précisément que c’est difficile de définir un seuil. Ça n’est pas possible. Aucun statisticien de ligne saute de la. Aucun sociologue ne l’a jamais fait non plus à cause de ces deux difficultés, de ces deux difficultés, enfin de ces deux forces, de cette oligarchie pour que précisément ce soit vraiment un monde à part, qu’il y ait véritablement un fossé entre ces élus qui qui sont mis en scène sur tous les comment on appelle ça, là où on met les journaux, les kiosques à journaux, où on voit qui est le premier, qui est le dernier.
A propos de classement, tu parles dans ton livre qui part vraiment de la séquence de la bataille contre la réforme des retraites, Tu rappelles le nombre de millionnaires au sein du gouvernement. Moi, c’est un chiffre qui. Tu m’as vraiment beaucoup frappé et marqué à l'époque. Qu’est ce qu’il dit exactement ? Est ce que tu peux rappeler le nombre de millionnaires à leurs ministres qui sont millionnaires en patrimoine ?
Oui, c'était effectivement le premier gouvernement. Élisabeth Borne. Après, c’est vrai que, comme le livre. Bref, le livre a été publié. Je n’ai pas actualisé, mais il y avait 19 millionnaires dont Élisabeth Borne elle-même, 19 millionnaires sur 41 ministres dans ce gouvernement et évidemment, le président de la République lui-même. Donc c’est beaucoup. Et puis on peut donner un autre chiffre. Qu’est ce qui. On peut dire Il y avait en 2001, Je suis désolé, là, il y a des fois où vraiment je mélange les pinceaux. Il y avait 300 millionnaires en France et aujourd’hui il y en a 3000000. 3 millions de millionnaires en France.. Non mais alors vraiment, c’est. C’est un. C’est un séparatisme des riches. Et c’est pourquoi j’ai fait un chapitre sur en 2020, le 4 septembre 2020. Emmanuel Macron a fait une déclaration à propos du 150ᵉ anniversaire de la troisième République sur ce que c'était que la République pour lui donc c’est vraiment un discours qui. a dégusté parce que, et notamment il condamne toute aventure de séparatisme. Mais là il pense aux musulmans quand il emploie le terme de séparatisme. Ce discours là vous est magnifique pour parler du séparatisme des riches. Parce que vraiment, s’il y a un séparatisme, s’il y a des Français qui font sécession d’avec les autres, c’est bien précisément les plus riches. En s’appropriant les richesses et les pouvoirs d’une façon telle que, aujourd’hui, on a des tas de statistiques qui tombent tous les jours sur, je ne sais pas, un tiers des Français qui ne peuvent plus assurer trois repas par jour, des étudiants qui vont à la soupe populaire, des salaires qui n’augmentent pas, des fins de mois qui sont impossibles, avec des richesses insolentes en millions et en milliards d’euros, avec des dividendes qui explosent. C’est juste incroyable qu’on accepte un système aussi violent parce que c’est plus que des inégalités sociales, c’est c’est des prédations. Qui mettent à mal la santé et la vie des plus modestes. Il faut rappeler précisément à propos de cette réforme des retraites que si tout le monde doit partir à 64 ans, il y a une inégalité dans les espérances de vie qui est énorme. Les ouvriers aujourd’hui, en six ans d’espérance de vie de moins que les cadres, c’est énorme. Donc si vous voulez tout, tout est à l’avenant. Les inégalités s’accumulent dans le mauvais sens pour les plus pauvres et dans le bon sens pour les plus riches.
Alors les ministres ne sont pas, ne sont pas élus. Mais tu rappelles fort bien que les députés qui eux, sont élus justement très peu, représentent la classe ouvrière, n’est quasiment pas représentée à l’Assemblée. Il y a une sur représentation d’une, on pourrait dire des milieux socio culturels. Comment ? Comment tu le décris toi déjà les classes supérieures.
Les classes supérieures ? Alors c’est vrai que les statistiques sont effroyables. Je suis désolé parce que j’ai l’air de ne pas avoir une bonne mémoire, mais il y a des chiffres quand même que je n’oublie pas que je retiens donc les ouvriers. Les employés qui représentent 47 % de la population active ne sont aujourd’hui à l’Assemblée nationale macronistes. Enfin, depuis les élections de 2022, que 5,7 % de députés et plus à la faveur des employés que des ouvriers. Et puis, par contre, les classes supérieures ? Parce que dans la nomenclature de l’Insee, c’est plus les patrons, mais c’est surtout les classes supérieures intellectuelles et les cadres supérieurs qui eux, forment 22 % de la population active, mais qui sont 72 % à l’Assemblée nationale actuelle. Donc c’est une disproportion qui est énorme et qui explique que finalement les lois sont faites plutôt à la faveur des plus favorisés et à la défaveur des plus démunis.
T’appellerai ça aussi séparatisme.
C’est une des formes. Le séparatisme est évidemment composé, comme toujours avec l’oligarchie. On comprend le séparatisme de la classe dominante en refusant ce qu’on peut appeler la pensée substantialiste. La pensée substantialiste, c’est quand on te présente comme chaque jour sur les ondes dominantes, on te présente à un truc une tranche de saucisson, une tranche de saucisson, une tranche de saucisson et jamais le saucisson entier. C’est-à -dire qu’on met jamais en rapport la réforme des retraites avec la richesse des plus riches. On met jamais en relation les différents éléments et nous, notre travail est précisément en ayant décidé au CNRS, avec notre statut de chercheur, de travailler sur la classe dominante. Si vous travaillez sur une classe sociale, forcément vous entrez dans une pensée relationnelle où vous allez mettre en rapport tous les éléments qui concourent à la domination de classe, que vous soyez dominés ou dominants. Et donc, je ne sais plus où j’allais, quelle était ta question ? Tu t’en rappelles plus ?
J'étais déjà passé à la prochaine. Est ce que c’est du séparatisme ?
Oui, c’est ça.
T’inquiètes pas, tu ne vas pas me prendre comme ça au dépourvu.
J’avais oublié. Donc le séparatisme, cela résulte de tout un travail sociologique de dévoilement de secteur par secteur, de tous les univers, de la domination et de l’exploitation de classe pour arriver à aboutir à un tel constat.
En fait, tu m’avais perturbé avec ton saucisson. Je me suis dit tiens, est ce que tu fais du Roussel sans Roussel ? Voilà, page 32.
Non mais c’est bien de donner des images comme ça quand elles sont argumentées par toi, ça parle.
Ça avait tout à l’heure. Mais ce que Roussel dit aussi pour faire barrage à l’extrême droite. Écris, l’extrême centre adopte ces idées. L’extrême centre, c’est un concept que je trouvais flou jusqu’il y a peu, mais j’arrivais pas trop à comprendre ce que c'était. Et tu me dis tu m’emmènes là ? C’est quoi l’extrême centre pour toi ?
Ben c’est précisément Emmanuel Macron. Il représente. C’est à dire qu’il s’est présenté ni de droite ni de gauche, donc une position où on peut dire au centre, mais en réalité, il sait. Il s’est servi de cette manipulation pour. Accentuer l’autoritarisme, accentuer la financiarisation du capitalisme, accentuer la violence du capitalisme. A travers de multiples de façon depuis les violences policières jusqu'à la les inégalités dont j’ai déjà parlé, tout ce dont j’ai déjà parlé sous couvert de ni de droite ni de gauche. Et donc c’est l’extrême centre. C’est une façon de renvoyer un peu l’image qu’on nous donne à nous, gens de gauche. On est, on est radicalisé, on est extrémiste, on est ultra gauchiste, on est. Et au fond, renvoyer un peu comme dans une cour de récréation, c’est celui qui dit qui est c’est bien moi. C’est des formules comme ça. Je ne suis pas la seule, mais franchement,
c’est bien loin tes petits camarades de cour de récré.
Voilà, de parler de capitalisme radicalisé, de parler d’extrême centre d’extrême droite et Emmanuel Macron quand il a. Il a utilisé les mêmes mots en prenant, en empruntant, à regarder.
Oui, il y a Thibault qui nous propose, c’est l’extrême droite. Sans racisme. Il y a l’idée qui nous propose l’extrême capitalisme qui tout à l’heure dans le château disait : "Qu’est ce que tu disais des grandes familles ? Elle, elle l’avait vécu puisqu’elle en venait et qu’elle s’en était la vie quitter preuve la pauvre, elle se retrouve sur auposte donc bon, c’est qu’effectivement elle a fait une certaine, une certaine démarche. Qu’est ce que tu penses de ça ? C’est l’extrême droite sans le racisme, c’est l’extrême capitalisme.
L’extrême capitalisme, mais aussi le FN. Le racisme est là quand même dans notre société, qu’on le veuille quand le oui, qu’on le veuille ou non, c’est. Je veux dire. Les violences policières, les contrôles au faciès, tout ce que tu et tout ce que tu dévoiles, tout ce que tu dénonces, je veux dire, ça pourrait être supprimé si Macron le voulait. Enfin si c’est je ne sais pas comment ça je ne suis pas vraiment spécialisé donc j’ai du mal. Mais on est dans une phase d’un système capitaliste. Vraiment celui qui accroît avec le dérèglement climatique une violence systématique.
Est ce que tu dirais du haut de tout ton travail depuis un certain nombre d’années.
On peut le dire, le dire quand c’est 40 ans, c’est quand même énorme.
Et est ce que tu dirais quelle est la situation dans laquelle on est ? Et là est la pire que tu aies connue ou il y a eu d’autres moments 2008 par exemple ?
Ah ouais non, c’est clair, j’y vois je ne sais pas comment, peut être que je suis trop bien placée pour le dire dans la mesure où je suis toujours sur ce même sujet, sur ce même objet de recherche. Et donc je suis une des mieux placée pour voir l'évolution. C’est une évolution. Comme je l’ai dit au début, c’est une évolution systématique qui ne verra jamais de recul en arrière, que des effets cliquet qui se décline à l'échelle de la nation, qui se décline à l'échelle de l’Europe, qui se décline à l'échelle de la planète sans retour en arrière possible, sauf évidemment une une révolution, quelque chose de très fort. Les résultats de nos recherches, de mes recherches actuellement me font dire cela.
Page 51, il y a le chapitre intitulé Le bruit assourdissant de la pensée unique Donc tu parles donc du rôle du rôle des médias et tu donnes un exemple très précis. Janvier 2019 vous êtes invités pour le livre Le président des ultra riches sera tué chez Ali Baddou le 2 février 2019. Dans l'émission de France cinq, c’est L’Hebdo. Et en fait tu vas très peu parler. Et puis surtout, un passage va être coupé. Et donc tu en parles dans ton dans ton bouquin là. J’imagine que tous les gens qui ne regardent pas au poste mais qui ne font qu'écouter celui là, il y regarde tout d’un coup et il se dit ça Comment ça ? Un passage a été coupé de la censure, Tout ça, c'était quoi ? Est ce que tu peux le raconter ?
Je peux d’autant plus le raconter que ça a été rendu public puisque cette émission. A été tellement incroyable que Acrimed, cette association qui fait ce travail de suivi du monde des médias, a écrit en fait une transcription.
Pauline Perrenot qui est déjà venue au poste et il y a un de ses bouquins ici.
Peut être la dernière qui est citée donc dans le livre, puisque c’est elle qui consacre un passage sur ce qui est écrit dans ce livre. Et allez donc citer. Et donc voilà, c’est elle qui a fait un décryptage seconde par seconde de ce qui m’est arrivé, qui a pris contact avec moi pour me parler de ce décryptage et qui m’a dit à un moment donné il y a un slash sur une coupure très nette sur le sur ce qui. Voilà ce qui a été finalement diffusé. Est-ce que tu peux te souvenir de ce qui s’est passé ? Et je lui ai dit comme ça, quand elle m’en a parlé, je lui dis Comment veux tu que je me souvienne ? Je suis passé à autre chose. Ça a été tellement dur pour moi cette émission que je préfère même pas revenir dessus puis dans une de mes insomnies qui sont souvent positives et fécondes, avec des fulgurances, je me suis rappelé qu’en effet, je parlais avec Jean-Michel Apathie de qui est membre du.
Alors il faut rappeler ce que c’est le siècle.
Oui, voilà. Alors justement, c'était ça que je disais et qui est censuré,
On va commenter en direct.
Voilà, voilà le siècle. Quand on a commencé à travailler, donc au début des années 80 avec Michel sur cette oligarchie, on a commencé à faire notre travail à partir des faits, des cercles, des grands cercles de sept, parce qu’on sait dire si on a accès aux annuaires, ces cercles, on va avoir accès aux membres de ces familles sur lesquelles on veut travailler. Donc on aura les adresses, on aura tout un ensemble de. Voilà. Et donc on a commencé par faire notre travail en prenant contact avec les directeurs de cercle, en demandant à avoir accès aux annuaires, en voilà, en s’engageant à donner connaissance de notre travail au fur et à mesure à ceux qui nous ouvrent les portes, ce qui s’est passé. On avait exclu le siècle parce que le siècle nous paraissait être un cercle qui ne comptait pas beaucoup à ce moment-là dans l’oligarchie du moment. Et puis ça s’est passé de manière très rapide. L’importance des médias, l’importance. De la prédation de cette oligarchie sur les médias, sur l’information s’est passée d’une façon très rapide qui a fait qu’effectivement aujourd’hui, il faut vraiment travailler sur le siècle. Jean-Michel Apathie en était membre. Et ce siècle a fait beaucoup. L’objet de va de fil notamment, je pense à Pierre Karl avec ces dîners tous les mercredis, tous les derniers mercredis du bois qui réunissent donc et qui organisent des repas, des dîners entre des journalistes, y compris du service public et des hommes politiques, et des patrons et des représentants, disons, de cette oligarchie. Et donc voilà, c’est tout, je ne faisais que le dire dans ce petit livre
Ce passage donc va être coupé et c’est le début de ce chapitre sur ce que tu appelles la pensée unique, qui n’est évidemment pas celle que la droite peut raconter, qui considère que tous les médias sont aux mains de gens de gauche. Mais je n’avais pas fait l’analogie entre les milliardaires qui possèdent les médias et cette prédation dont tu parlais à l’instant de ces dits et de ces dîners du siècle.
Non je n’avais pas fait de lien c’est vrai, comment tu l’expliques ? Ça c’est aussi pour de l’influence évidemment. Mais ça, ça rentrerait dans la catégorie capital culturel de capital. Pourquoi Arnault achète des journaux qui perdent des millions ?
C’est à dire que tu sais, c’est tellement plus astucieux, c’est tellement plus subtil de dominer, non pas avec un parti unique comme dans d’autres pays qui sont stigmatisés à cause de ça, mais de constituer la pensée unique. En censurant, là c'était quand même un phénomène de censure directe avec la coupure, mais de censure indirecte, En me coupant la parole tout le temps et aujourd’hui en étant plus du tout plus du tout invité. La pensée unique, c’est beaucoup plus astucieux que le parti. C’est unique. On se croit en démocratie, on ne se rend pas compte. Alors si même toi, si tu ne m’aimes pas en balade avec ta naïveté. Si même toi, si tu vois ce que je veux dire. On est dans Orwell. Oh bien non, On peut remplacer quand il parle.
Je sens que je me fais gronder. Non, non, je n’avais pas fait de rapport entre les relations type dîner du siècle et le rachat par les nazis. Et c’est la même logique de la réalité. Bon alors après, je ne suis pas tout à fait naïve, je sais pourquoi les autres ils achètent, ils achètent le JDD. Il se trouve que c’est politique, c’est le service public. Tu parles aussi de ça. C’est à dire que tu dis que le service public, finalement est contaminé sans être la propriété des milliardaires par la pensée voulue par les milliardaires, bien sûr.
C’est à dire que si Emmanuel Macron Et bien le fondé de pouvoir de l’oligarchie aujourd’hui à l'Élysée, il n’est pas difficile de comprendre que ce n’est pas par hasard si ce sont ses camarades de classe de promotion de l’ENA qui soit à la direction de France Inter ou de Radio France donc, au cœur du service public.
Il y a une dénommée Mélanie Simon François Franza que tu connais, qui dit David qui se fait gronder par Monique. C’est juste Mélanie qui a accompagné le film.
À de même en amour de Basile Carré Agostini sur Michel et moi.
Et je montrerai un extrait tout à l’heure de la bande annonce, film délicieux qui est disponible sur les mutins de Pangée. Et voilà, comme ça la parenthèse est terminée. Dans ce chapitre là, tu dis tu, tu rappelles une lettre de Macron que tu mentionnes également deux fois. Donc c’est un porte. C’est Macron qui écrit aux militants de son parti. Rien ne serait pire que de laisser couvrir la voix des progressistes par les cris des démagogues. Alors là, on est dans la pensée unique la plus, la plus incroyable, c’est à dire la disqualification de la parole de l’opposant. Enfin voilà, donc c’est nous les démagogues, c’est les gens qui vont dans la rue, c’est ça ?
Et si lui et les siens sont des progressistes ? C’est ce que j’appelle le niveau cour de récréation, quoi. C’est-à -dire ? C’est toujours la meilleure défense, c’est l’attaque. Et cette inversion des mots pour désigner ce qui exploite et ce qui organise des prédations multiples contre le peuple de France. En se faisant passer pour des progressistes, pour des gens généreux, pour des gens qui ont faim, des politiciens qui sont au service du peuple de France. Est ce que c’est des manipulations ? Excuse moi, c’est des manipulations qui ont qui ont l’air d'être, de relever du psychologisme, de la psychologie sociale, alors qu’en réalité, avec ce livre, et c’est quand même la première fois que je fais ça, je suis arrivé à vraiment articuler cette façon d’utiliser la psychanalyse, la psychologie sociale. Pour désarmer l’adversaire de classe utilisé dans la violence de classe. Utiliser l’arrogance d’Emmanuel Macron avec la réforme des retraites s’articule parfaitement dans la panoplie généralisée des violences, instrumentalisée pour que les plus démunis restent à leur place et acceptent qu’en effet ils ils sont à leur place tant ils sont pauvres, toujours relégués à des places inférieures, relégués dans des quartiers défavorisés, relégués systématiquement dans les mauvaises écoles, dans relégués dans la misère c’est toujours qu’ils ne comprennent rien à rien, parce que tout est toujours trop compliqué. Ils n’ont pas accès à la compréhension de ce qui fait leur malheur. Voilà. Et donc là, montrer que cette arrogance ne relève pas d’un trait de caractère d’Emmanuel Macron, mais que cette arrogance, elle est bien là pour masquer la logique de prédation du système capitaliste.
Bravo ! Bravo ! Très beau résumé ton bouquin vois tu l’a écrit donc c’est bien toi ? Tu parles justement dans la panoplie. Tu épingles Attal dont on nous dit qui pourrait être le candidat en 2027. C’est quand même du délire, Ils nous font chier déjà avec 2027.Bon bref tu parles de démagogie infantilisante le concernant parce qu’il a fait croire au moment de la bataille des retraites que les ultra riches pourraient être un tout petit peu plus ponctionnés Et tu parles de l’infantilisation ? Et c’est vrai que Macron, depuis qu’il est là, semble être le président qui n’y fait même pas semblant, c’est-à -dire qui prend, qui prend les citoyens pour des enfants. Cette infantilisation, est ce que c’est le stade suprême de la fin d’une cinquième République ou d’un État qui ne sait plus quoi faire pour se préserver ?
C’est le stade suprême du mépris de la République. C’est à dire que c’est vraiment un mépris qui s’articule. Pour ça que dès le début, pour moi, c'était bien. Après avoir écrit avec Michel, le président des ultra riches, et avoir montré tous les cadeaux fiscaux qu’Emmanuel Macron a fait dès octobre 2017, c’est à dire six mois après son élection, en en construisant un impôt spécial riches qui qui a consisté à supprimer l’ISF à l’impôt de solidarité sur la fortune, qui supprimait donc le stock de l’imposition pour les plus riches de leur stock de valeurs mobilières puisque il faut savoir que les plus riches dont je parle ont des patrimoines lorsqu’ils d’autres qu’ils sont parmi les 100 plus riches de France, les 100 plus riches de l’ISF, leur patrimoine est quand même composé à 97,5 % de valeurs mobilières. C’est à dire c’est vraiment de l’argent spéculatif, de l’argent, des valeurs mobilières qui forment les 97 % de l’or de leur patrimoine, le reste suffisant à ce qu’ils puissent avoir des jets privés, des châteaux et tout ça, tu vois. Et donc ça, le stock est supprimé et l’impôt spécial riche se complète avec ce qui a été appelé la flat tax. Donc rien de mieux que d’utiliser un anglicisme pour que personne n’y comprennent rien ou bien qui s’appelle aussi PFU. Prélèvement forfaitaire unique, c’est-à -dire ? Et là c’est la cerise sur le gâteau, c’est-à -dire qu’il est arrivé à faire, à construire un impôt sur les revenus du capital. Après avoir supprimé la solidarité en supprimant l’impôt de solidarité sur la fortune, il supprime la progressivité sur les impôts, sur les revenus du capital avec un impôt à 12,8 %. Que vous soyez David Dufresne, si jamais tu avais des actions quelque part où Bernard Arnault, tout le monde paye 12,8 %, tandis que pour les salariés, nous, on monte toujours jusqu'à 45 %.
T’as des actions.
Toi, pas moi.
Pourquoi ? Parce que j’ai des actions.
Mais c’est parce que je me suis donnée en exemple Les auditeurs sont dans une figure d’identification si tu veux.
D’accord. La prochaine fois, je choisis un autre exemple ?
donc. Gabriel Attal Alors, quand il est épinglé, si je puis dire, dans ce petit livre Orange, il est donc ministre des Comptes publics à Bercy. Et donc il dit Ouais, pour la fraude fiscale, il faut, il faut donner les vrais chiffres. Mais les vrais chiffres, on les connaît depuis longtemps. Lui, il parle de 30 milliards et puis il dit mais le parent pas parent qui manque dans les caisses de Bercy. En réalité, c’est 100 milliards. Il l’esquisse, mais il fait celui qui sait pas et c’est beaucoup plus si je ne vais pas me lancer là dedans. On a écrit 2 livres là-dessus. Et en plus, ils ils ne touchent pas à ce qui est au cœur de la fraude fiscale des plus riches, au verrou de Bercy qui est une dérogation au droit commun, qui interdit à la justice de poursuivre, même quand c’est elle qui découvre le fraudeur, qui interdit à la justice de basculer le fraudeur au pénal. Il n’y a que le ministre du budget en France, en France, qui peut orienter un fraudeur vers le pénal ou au contraire vers les cellules de repentance de Bercy.
C’est une sorte d’IGPN des riches.
Voilà et quand le ministre du budget s’appelle Jérôme Cahuzac, en fait, on a plus qu'à faire marcher sa tête.
Très bonne bande dessinée sur Jérôme Cahuzac et la phrase la. C’est ça qui est fou, c’est que c'était. On l’a déjà oublié l'écriture, l’exercice du livre a quand même ceci de redoutable, c’est qu’il a de la mémoire. Je veux. C’est donc Gabriel Attal qui parle. Je veux des condamnations pour fraude fiscale. Donc tu viens d’expliquer que déjà pour être condamné à la fraude fiscale, il ne faut vraiment pas être aimé de Bercy. Mais si on est des copains je veux que les condamnations pour fraude fiscale sans peine de privation de liberté s’accompagnent désormais de travaux d’intérêt général. En plus de payer son amende, le gros fraudeur fiscal ira repeindre le centre des impôts de Bercy.
, hein ?
C’est complètement hors de propos. Donc là, tu dis qu’il nous infantilise. J’avais complètement oublié cette phrase. C’est fou, on nous prend vraiment pour des daubes.
Et puis là, tout de suite après, il est nommé, il bascule à l’Éducation Nationale et puis on oublié. Et donc c’est ça la force de l'écriture, c’est que ça reste et que ça permet de réfléchir de manière posée. Et voilà. Tant qu’on pourra publier des livres, je pense que ça sera, ça sera bon.
Je vais prendre quelques questions du chat maintenant.Macron ne s’adresse qu'à la petite partie la plus riche de la bourgeoisie. Ces petites phrases sont-elles des marques de mépris ou bien juste des gages adressés aux très riches ?
Ben c’est effectivement ça c’est les deux. Le mépris de classe à l'égard des plus démunis, à l'égard de ceux qui font fonctionner le monde de l'économie réelle. Le revers de la médaille, c’est effectivement. C’est bien de dire les choses comme ça, c’est c’est des gages qui sont donnés à l’oligarchie. Vous en faites pas, je fais le job. Je fais le job parce que finalement j’ouvre le petit livre là dessus sur le fait que dès les années, au début des années 1970, lorsque se monte une organisation internationale qui s’appelle la Trilatérale, en 1973, la Trilatérale, qui regroupe des hommes d’affaires et de la finance et des hommes politiques des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon. La Trilatérale y a une introduction dont une partie a été rédigée d’ailleurs par un sociologue français, Michel Crozier, qui, dans Je reprends quelques extraits et qui dit que désormais la démocratie est un va être incompatible avec le développement du capitalisme,il parle. Dans cette introduction, il y a l’idée qu' il y a eu une inversion désormais pour les dirigeants de ces trois pays, une inversion vis à vis des mouvements populaires, une inversion vis à vis de cette démocratie qui devient incompatible avec la colère des peoples donc c’est intéressant de voir qu’ils sont toujours très en amont et ils sont toujours en train de tuer la critique sociale dans l'œuf parce qu’ils ont toujours des coups, des coups en avance puisque c’est eux qui sont un peu les maîtres du jeu quoi.
On est d’accord pour dire que les gauche et droite au pouvoir mènent la même politique depuis 40 ans. Est ce que tu es d’accord avec ça ou pas ?
Les gauches, la social-démocratie ? Alors oui, la social démocratie, en tout cas depuis ce qui a été d’ailleurs un peu. Vraiment, c’est difficile de reconstruire l’histoire, il faut être honnête. Mais je pense que le tournant de la rigueur et la trahison des socialistes en 1983, franchement, a été le déclencheur pour Michel et moi de cette volonté au sein du CNRS de travailler sur une classe sociale qui n’avait pas vocation à l’investigation sociologique. C’est-à -dire que ça ne nous était pas interdit explicitement. Mais de fait, les sociologues doivent travailler sur les plus pauvres, doivent proposer des remèdes sans jamais s’intéresser aux causes, à la cause principale.
Je pense à cette trahison que vous éprouvez. Oui, Michel n’est plus de ce monde, mais son œuvre est encore là. Vous êtes testards, mais il y a 40 ans on vous jetiez un peu des tomates, mais qu’est ce que vous avez à y faire ? Vous allez enquiquiner les riches ? Est ce que vous avez anéanti les riches ?
C'était ça, voyons. Je me souviens d’une d’une scène. On est quand on commence à parler dans un séminaire où je trouve qu’il y a une rencontre où il y a Loïc Vaujour, un journaliste qui était là dans la salle et qui faisait des petits dessins au fur et à mesure sur l'écran quand on parlait. Et puis il y avait un chercheur qui m’a dit que les Pinçon-Charlot vont trop loin et Michel, avec son humour qui dit Renaud, est juste allé de Bourg la Reine à Neuilly, cinq kilomètres à pied. Et donc c'était la solution. Et ça, c'était quelque chose que j’ai bien retenu parce qu’en fait non, on a. L’aventure était finalement au bout de notre rue c’est intéressant de se rendre compte à quel point cette oligarchie a su créer un séparatisme et une violence symbolique telle que même les chercheurs qui se spécialisent sur les rapports de classes, sur la domination, même les chercheurs les plus marxistes qu’ils soient. Ne travaillent pas parce que c’est bien. Je pense que c’est nous. Ce qui est, ce qu’il y a, c’est parce qu’on était tous les deux qu'à deux on est plus forts et que. Et puis on le raconte dans nos mémoires, notre vie chez les riches, on raconte dans les ressources psychiques qui expliquent cette volonté de dévoilement des mécanismes d’oppression et d’exploitation de classes.
Alors justement, à propos de votre aventure, vous qui avez rencontré Teddy Chica à nouveau, vous qui avez rencontré des très riches en coulisses, comment parle t il des pauvres, s’il en parle, bien sûr. Est-ce que, comme Macron, ce sont pour eux des ratés, des gens qui ne sont rien ? En gros, sont ils conscients que la pauvreté est le résultat d’une politique qui les avantages ?
Ben je dis on en a. On l’a retrouvé. Les termes étaient toujours les. Les petites gens, Les petits pères, les petites mères. La faune par exemple. La faune des Champs Élysées. C’est à dire toujours rabaisser. Animal disait déshumaniser, mais pas forcément avec la violence qui se dégage d’un président de la République. Nous le vivons plutôt comme une forme paternaliste. C'était plus paternaliste, mais ça faisait vraiment partie de la panoplie de leur vision, de leur vision du monde. Eux, des gens d’excellence, des gens supérieurs aux autres, des voyous, des individus. C’est même pas des individus puisqu’ils disent qu’ils ne disent jamais eux, ils disent toujours nous. Ils sont toujours les maillons d’une lignée, les membres d’une classe sociale. Ils sont toujours dans une forme de communisme, de luxe et de pouvoir
Pensez vous demander Morphosterme que je salue : Pensez vous que la radicalité soit une conséquence inévitable du mépris des dirigeants et du déni des populations ? Autrement dit, y a t il, selon vous, de point de bascule que par un mouvement social impulsif, puisque l’expression ne suffit pas ? Comment “contraindre les puissants pacifiquement ?” Tout à l’heure, tu parlais directement de révolution.
Je ne sais pas si j’ai employé ce mot, mais il est juste. Mais la révolution sera celle que nous ferons. Et du fait que nous sommes vraiment les plus nombreux, du fait que c’est nous qui faisons fonctionner l'économie réelle, du fait que c’est nous qui engraissons les actionnaires. Les dividendes, c’est l’exploitation de la force de travail. Franchement, si on s’unit tous, si on arrête la production, voilà, ce sont des géants aux pieds d’argile. Ils ne sont pas très nombreux. Ils concentrent toutes les richesses et tous les pouvoirs. Et le problème, c’est plutôt nous qui sommes divisés. C’est plutôt nous qui n’arrivons pas à coordonner nos luttes. C’est nous qui. Voilà qui n’arrive pas à vraiment comprendre notre force à cause de cette violence symbolique. C’est pour ça que notre travail, parmi beaucoup d’autres travaux de sociologues, d’hommes, de journalistes et tout ça, je parle de notre travail puisque c’est moi qui suis là face à toi, mais que notre travail est essentiel parce qu’il donne les éléments, il dévoile, il ne dénonce pas, il dévoile. Et quand on dévoile, ça veut dire qu’on permet à nos lecteurs de s’approprier notre savoir, que l’on essaye de rendre intelligible et de rendre accessible au plus grand nombre. En tout cas, c’est notre volonté. Et donc voilà, là, la révolution peut être. Peut être pacifique, mais bon, ça ne sera pas une partie de chatouilles, quoi. Il faut quand même ça.
Ça ne sera pas une partie de chatouilles.
Excuse moi, je ne sais pas.
Si c’est drôle.
Alors je t’ai pas touché, hein ?
Tu imagines si tu touchais ce que ça donnerait ? On va bientôt arrêter donc quand même une question qui me brûlait les lèvres c’est quand même une grande partie de la population vote à l’extrême droite, vote Marine Le Pen. Qu’est ce qu’on a raté là ? Qu’est ce qu’on rate ? Pourquoi ? Pourquoi on n’atteint pas ces gens là ? Pourquoi ne croient pas ?
Parce qu’on n’a pas fait le job. Je pense que justement. Le fait que dans l’univers que je connais bien l’univers de la recherche, comment est il possible que nous n’ayons pas pu faire école ? C’est pas normal, mais c’est pas assez. Il n’y a pas de culpabilisation de personne. C’est systémique, hein ? C’est un système capitaliste qui aujourd’hui contrôle l’information, contrôle la recherche contre les scientifiques. Qu’est ce qu’on n’a pas fait ? Les partis politiques n’ont peut être pas été à la hauteur de la situation. Il y a eu beaucoup de Je pense qu’on peut sans. On peut analyser les raisons de cette montée de l’extrême droite, qui est imputable aussi à des manquements dans le monde de la contestation sociale et politique. C’est sûr. Et donc tout ça peut changer. Et les ouvriers, les gens du peuple qui se sentent concernés par l’extrême droite, peuvent basculer, mais vraiment en un quart de seconde. Autrement, c’est à dire que c’est une forme de, c’est une forme de révolte, c’est une forme de. Et c’est à nous de savoir analyser ça justement, de leur montrer que l’extrême droite est là fait et là, et le côté pile de la même pièce de monnaie que le face d’Emmanuel Macron.
Est ce que tes bons amis depuis 40 ans, les très riches, les riches, les bourgeois ? Est ce qu’ils se préparent à une arrivée de l’extrême droite ? Est ce qu’ils la favorisent ? Est ce qu’ils s’en accommodent très facilement ?
C’est-à -dire que les frontières sont quand même floues de toute façon, d’ores et déjà, et elles l’ont, elles l’ont toujours été, elles l’ont toujours été. L’extrême droite a toujours été présente dans les beaux quartiers, a toujours fait partie de cette classe sociale. La famille Le Pen, c’est quand même aussi constitué, on peut dire en dynastie avec ça. On l’a écrit dans un petit livre Sociologie de la bourgeoisie, on a fait un encadré. Quand la noblesse vient au secours du peuple. Voilà, il y a beaucoup de gens, de l’aristo, de l’ancienne aristocratie, qui sont à la tête du Front national. Donc voilà, c’est une. Ça fait partie. Le Front national. Pour moi, les responsables du Front national font partie de cette oligarchie et ça se manifeste par leur vote au Parlement par rapport au dérèglement climatique, par rapport à beaucoup de la réforme des retraites. Enfin voilà, en.
Ultime question chamanique. Après je te libère Qu’est ce qu’on a fait pendant 1h et demie, là, Au poste ce matin ?
Moi. J’ai bu mon verre d’eau. J’arrive là, au bout,qu’est ce qu’on a fait ? On a eu une belle fin, une belle naissance. Je te remercie beaucoup pour le temps que j’ai eu. Je remercie beaucoup les auditeurs, tous tes compagnons et compagnes de route pour cette émission parce que ça fait du bien de ne pas être stressée, d’avoir du temps pour parler et du temps pour pour essayer d’aller vraiment faire ce que j’ai essayé de faire, d’aller au fond des choses avec une sincérité et une franchise Une forme de courage qu’il faut avoir. Et je suis âgée. Je voudrais que ce courage là, ce que je suis, soit entraîne des vocations
Merci beaucoup Madame pour cet entretien et la justesse de vos paroles dit Rolland Morphoscan qui te dit merci à toi Monique. Merci beaucoup Madame ne nous dit pas des neiges, c’est toujours aussi agréable et instructif de vous écouter. Seigneur Polo nous dit merci pour cet échange. Florent Calvez que je salue Auteur d’une magnifique bande dessinée, Fabien Jobard sur la police que je te conseille, te remercie. Voilà, ça n’arrête pas. Merci Monique, la meilleure nous dit Mélanie. Merci pour votre travail, nous dit encore un autre Ronan. C’est toujours un plaisir. Elle fait aussi de la transmission, C’est super ! Merci beaucoup Madame pour ce moment, dit Atika. bel exposé, on pourra pas dire qu’on ne savait pas nous dit module Grand merci de la part de tous les oiseaux de passage.
Nous dirons super les petits pinsons.
Les petits pinsons.
Super, merci.
Merci pour cette force, ça donne à tout le monde nous dit Ange. Merci pour votre courage nous dit hyper Courgette. Faut que je change de lunettes parce que je suis suisse tu vas le voir. Merci madame, toujours marraine de colère du présent d’Ara. Voilà voilà. Merci d’un vilain petit canard d’une famille de bourgeois, nous dit Lina. Et on en a parlé tout à l’heure. Je connaissais vos travaux mais c’est toujours un plaisir de vous écouter, nous dit Donnelapapatte Alors Monique, je vais te raccompagner, on va faire une petite photo si tu veux bien pour la vignette,Où est -ce que tu veux que je mette ton livre ? Parce que ici ce sont des bouquins,des invités
Et c’est génial ! Mais c’est toi qui décide.
Voilà la meilleure réponse. C’est moi qui décide.
Mais c’est toi qui décides parce que si je te dis met le sur la tête comme comme un chapeau, tu vois, tu l’ouvres comme ça. Après les autres vont dire qu’ils sont sans dessus dessous.
Merci beaucoup Monique
Merci à toi et merci à tous.
