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Municipales 2026 : on scrute le second tour avec Vincent Tiberj (politiste) et Hadrien Clouet (LFI)

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Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Bonjour, bonjour, vous êtes sur France Déter.Vous avez mal dormi ? Il est 7h03 nous sommes le 23 mars 2026 3, 4. Bonjour, bonjour la France de gauche qui se lève tôt, bonjour, la France qui a mal dormi, si j’en crois le tchat, bonjour aux aupostiennes, aux aupostiens, c’est parti pour deux heures de France Déter amis du café, bonjour, amis de la police, amis de la politique, amis du café, amis du travail bien fait, amis d’Euryale amis d’auposte, vous êtes les bienvenus. France Déter, évidemment particulier puisqu’on va faire moins de rubriques habituelles pour être plus dans l’actualité. Et avec deux entretiens à 7h30, un dénommé Clouet Hadrien, député LFI, du côté de Toulouse, sera normalement avec nous pour une vingtaine de minutes peut-être, peut-être un petit peu plus. Et à 8h15, un dénommé Tiberj Vincent, politiste de son état avec qui nous parlerons et notamment de sa théorie de la France qui se droitise moins qu’on ne le croit et là, et là que s’est-il passé ? Mon cher Vincent, il nous le dira à 8h15. On arrive, la France, la France, on arrive, on arrive, on est dépité mais découragé jamais. Comment allez-vous les uns et les autres ? Ça n’a pas été drôle de voter pour Payan, nous dit Sattrape. Euryale nous dit bonjour comme toujours. On peut se réjouir de la déconvenue du RN quand même nous dit Mimi. Est-ce que tout va bien ? Le son a l’air d’aller, tout est correct, l’image va à peu près. Bon, de toute façon, on s’en fout un peu. Il ne s’agit pas de se faire peur, mais je vous redonne les petits résultats de la nuit sur votre écran. Petit tableau qu’on vous a préparé avec amour. Bonjour à tous, nous dit Fallen, bonjour à tous et à toutes. On a fait un vrai cordon, j’ai sué toute la soirée. Qu’est-ce que tu veux dire par là, Evasion ? Donc, évidemment, il s’agit de se retrouver ce matin entre gens de gauche, des gens de gauche de gauche. C’est vraiment le tableau des horreurs, nous dit Hitch Fallen, je vous rappelle pour ceux qui n'étaient pas là.Alors, je vois que Hadrien Clouet m'écrit, a priori ça devrait aller, il devrait être avec nous. Il devrait être avec nous à 7h30. Ouais, je vous disais, l’idée, c’est de comprendre ce qui s’est passé, peut-être de reprocher à tel ou tel. Hier, j’ai fait un truc que je n’avais jamais fait jusqu’ici, qui était assez intéressant, c’est que j’aie regardé trois soirées électorales en même temps. Avec deux écrans incrustés, donc France Télé, LCI et BFM. Et puis, je switche le son de temps en temps. Il y a encore, comme d’habitude, vraiment beaucoup, beaucoup de choses à dire sur le traitement et le cadrage médiatique qui est quand même renversant. Mais bon, voilà, on va taper sur les médias comme il se doit, mais ne pas croire que le problème n’est que là ? Non, non, non. Bien sûr que non. C'était haro sur LFI, en particulier sur France Info, nous dit Florent. Alors, je peux te rassurer, c'était haro sur LFI partout. Partout où j’ai regardé, c'était dingue. On peut dire que c'était haro, sur la gauche. D’une manière générale et alors ce matin on parlera de gauche du PS au NPA, enfin LFI on va dire puisque à la NPA je crois qu’ils n’avaient plus de candidats au second tour mais c'était vraiment donc aux gens du PS et qu’est-ce que vous avez foutu avec LFI, LFI je vous fais pas de mystère, les écolos la même chose ça titillait un peu la droite ici ou là avec la défaite cuisante de Rachida Dati très bonne très bonne nouvelle tout de même Mais surtout, ce qui est absolument renversant, c’est le traitement réservé au Rassemblement National. Ça, c’est complètement dingue, quoi. Les journalistes font vraiment dans leur ensemble le lit du RN, mais d’une manière, c’est incroyable, quoi ! C’est incroyable ! Ah merci, le NPA il y en avait un à Alençon sous une union. Ok, merci, merci beaucoup. Pourquoi là je vois pas bien l’intervention de Faure coupée par celle de Bardella. Alors, le truc qu’il y a m’a permis de voir un truc assez étonnant, c’est que les chaînes te disent qu’elles sont en direct tout le temps, alors qu’il y a des interventions d’hommes et de femmes politiques, des duplex, qui sont parfois totalement décalés. C’est-à-dire que tu regardes, il y a deux chaînes qui sont en direct, la troisième va mettre 3-4 minutes pour le diffuser et te dit que c’est quand même en direct. Alors là, là, je trouve, les gars, c'était pas terrible. C'était terrible, c’est pas terrible, c'était pas terrible bon, évidemment, la question qui va nous occuper ce matin, c’est la question de 2027, c' est la question des alliances. Je rappelle donc les résultats à Paris. La gauche unie PS gauche unie hors LFI a remporté haut la main la mairie. Avec ce moment de télévision assez cocasse. Au début, je me suis dit c’est marrant les Parisiens qui suivent la moto à vélo. Non, en fait, c'était Emmanuel Grégoire qui avait préparé son coup, qui est descendu, je pense, du côté du quai de Jemmapes, pour aller à l’Hôtel de ville. Vous avez peut-être vu ces images, là je dis chapeau à l’artiste parce qu’une moto, ça dure 30 secondes, une minute, le vélo il a tenu 20 minutes le gars, c’est très fort. Avec, avec, avec quand même cette chose extraordinaire, Emmanuel Delahousse et Léa Salamé, incapables d’assurer qu’il s’agissait bien d’un Vélib. C’est-à-dire que les gens vivent à Paris et ils ne reconnaissent même pas le panier vert du Vélib. Là quand même tu te dis, mais ces gens sont déconnectés, mais à un point quand même, c’est quand même stratosphérique quoi. J’ai mal compté au moins 7 des plus grandes villes, sont au moins sous l’union de la gauche, nous demande la Baguettemarxiste. Alors regarde, il y a Paris, il y a Marseille, il y a Lille, il y a Rennes, il y a Montpellier, il y a Nantes, qui sont des fiefs socialistes on va dire conservés. Le PS a conquis Amiens et Saint-Étienne. La droite a remporté Brest Clermont-Ferrand. Beaucoup de peine pour les copains et les copines de Clermont-Ferrand puisque Clermont-Ferrand était à gauche depuis 1944. Besançon a basculé également à droite. Les écolos ont perdu Lyon,non, pardon, pardon, excusez-moi les écologistes ont donc conservé Lyon, mais pas la grande métropole. Alors, il y a Jean-Michel Aulas qui croit que c’est un match de football et qu’il veut la VAR, il veut rejouer le match, il a dit, il y a peut-être des problèmes, il a déposé un recours, voilà, c'était ça, un recours. La bascule de Clermont, ça fait mal, dit Paste, Limoges, les boules, et LFI à Roubaix, David Guiraud, ville de 150 000 habitants, haut-la main, 53,19, Vénissieux, alors je crois que là, il y a effectivement un écart qui est très faible, de quelques dizaines de voix, peut-être même de deux dizaines, donc c’est quand même très peu, Cray et Saint-Denis, c'était au premier tour, on se souvient, on essaye d’ailleurs de caler une interview avec Bally Bagayoko. Mais vous pensez bien que c’est compliqué de caler ça en ce moment. Et Estrosi battu par Eric Ciotti à Nice la peste a battu le choléra. « Dègue pour Toulouse », nous dit Krobel sur YouTube. On va parler justement dans un quart d’heure de Toulouse avec Hadrien Clouet, sénateur LFI, qui soutenait évidemment son camarade de jeu, François Piquemal. Alors, je fais un rapide tour de la presse avec vous. Alors attends, Besançon, je n’ai pas les résultats. Non, je crois que ça a basculé à droite. Tulle passe à droite, absolument. Oui, j’ai beau me lever très tôt, je n’ai pas les moyens des chaînes d’infos. Donc, je ne peux pas vous donner tous les résultats, mais vous les trouverez assez facilement. La une de Le Monde. La gauche cède du terrain face à la droite et au centre, mais sauve Paris, Lyon, Marseille. Le RN poursuit sa conquête des villes moyennes. C’est la une du Monde. À propos du Rassemblement national, je vous rappelle que demain à 18h, c' est notre mensuel Extrêmorama nous allons précisément décortiquer avec les meilleurs historiens politistes, sociologues sur la question des fachos. Émissions co-animées avec mon ami Nicolas Lebourg, demain à 19h, Extrêmorama, spécial résultats des élections à l’extrême droite. Ça, c’est donc la une du Monde qui nous donne à Paris. Emmanuel Grégoire et la gauche unie, remportent une victoire éclatante à Marseille, le maire sortant, Benoît Payan bat largement l’extrême droite sans s'être allié avec LFI, à Lyon l’immense soulagement de la gauche après la courte victoire de Grégory Doucet. L’Humanité : municipales : Payan élu à Marseille, Grégoire écrase Dati à Paris et Aulas battu à Lyon. Je voudrais dire à propos de Dati que de toute façon, avec ses rendez-vous judiciaires à la rentrée, elle ne serait pas restée probablement maire très longtemps. Et ça, c’est quelque chose qu’on a peu évoqué En fait, celui qui allait être le maire de Paris, si Dati l’avait remporté, en fait ç'aurait été son numéro 2. Et ça nulle part s'était rappelé ou très peu. C’est assez étrange. Avec le retrait de LFI précision. Oui, oui, bien sûr, on va ne t’inquiète pas, on va préciser tout ça. Satrappe nous dit dans le chat que Marine Tondelier était exécrable sur TF1. Alors, j’avoue, je n’ai pas regardé TF1, mais je l’ai vue sur France 2. Et c’est elle qui a notamment dit cette petite phrase sur laquelle je ferai peut-être réagir nos invités, non pas parce que c'était une petite phrase, mais c’est parce que ça a du sens. Elle dit : on a merdé nationalement. La question de savoir qui, comment, etc. Mediapart : municipales, la grande confusion une forte abstention au second tour et un paysage politique éclaté. Le RN progresse dans les villes moyennes. La droite et le PS se partagent des grandes villes. LFI progresse au sein des gauches, Les échanges sont de nouveau à couteau tiré à un an de là présidentielle. Alors, c’est vrai qu’il y a une spécificité quand même franco-française, c' est que voilà deux parties moribondes. On va dire la droite qui se disait, enfin qui se dit encore gaulliste, enfin qui n’a vraiment rien de gaullistes, enfin Retailleau Wauquiez etc tout ça, ces mecs-là, donc rien de gaullistes. Et le PS ? bah je peux faire la même chose, qui n’a de socialiste pratiquement que le nom, et bien ces deux entités qui sont là depuis très très longtemps, continuent, de par leur maillage d'élus locaux depuis 10, 20, 30, 40, 50, 60 ans maintenant, continuent à avoir une espèce de prime donc gagnent toujours les mairies, quasi de manière mécanique, alors que sur le plan national, ces deux camps ne proposent plus aucune idée depuis très très longtemps. C’est ça la question centrale, c’est la question des programmes, c' est la question de l’idée. Donc là, il y a une prime à la fois au sortant, mais je dirais presque, de mon point de vue, une prime au confort intellectuel qui est de ne pas se poser de questions où on vote à droite parce qu’on a toujours voté à droite, ou on vote PS parcequ’on a toujours voté PS. Là où sur les élections nationales et législatives, où il y a un peu plus, certes pas assez, mais un peu de débats de fond, ces parties-là sont quand même à la ramasse quoi. Alors ? Bonjour Morfulscank qui vient d’arriver dans le tchat et dont vous entendez la petite musique derrière moi. Libération, PS, LR, RN, LFI, après le second tour, tout le monde raconte des victoires. Bon titre, bon titre, Libération. Alors ça, effectivement, c'était assez saisissant hier soir. Cette espèce de truc que tout le monde a gagné. Tout le monde a gagné. Alors je sais plus, ah oui, c'était Jérôme Guedj, particulièrement véhément, qui répétait de plateau en plateau une petite expression qui n'était pas mauvaise de ce point de vue-là. Ils disaient, mais on dirait que c’est l'école des fans, tout le monde a gagné et c'était vrai que c'était extrêmement déplorable. Parce qu’on n’attend pas du tout de ces hommes et de ces femmes politiques qui passent leur temps, bon, allez, on leur donne une heure. La première heure de 8 à 9, on va dire :on sort le champagne, mais après, on essaie de parler du fond. Et moi, je peux vous dire que pour avoir écouté alternativement LCI, BFM et France 2, le fond, ça n’existe pas. Ça n’existait pas, jamais, jamais. Oui, Fanny nous dit que c’est la technique de Trump. Pourquoi parler du fond quand on peut faire du buzz, nous dit Isfalen. Je ne crois pas que ce soit malheureusement qu’une question de buzz. Je crois que c’est surtout une question de facilité et de paresse intellectuelle. Beaucoup plus facile de faire rebondir quelqu’un sur une petite phrase que sur le fond d’un programme. Et là où on peut trouver déloyales les critiques faites à LFI, c’est en dehors de la masse des critiques envoyées, dont certaines sont légitimes et justifiées, et LFI devrait y répondre, jamais ça porte sur le fond, jamais. Jamais, jamais, jamais ! Hier, c'était très intéressant de ce point de vue-là journalistes, PS, gens de droite étaient uniquement sur Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon antisémitisme, antisémitisme, antisémitisme, jamais, jamais sur le fond. Non, ce que je veux dire, c’est que cette propension à ne pas parler du fond, existait avant même la notion de buzz, voilà, là aussi, je pense qu’il y a une forme de paresse. C’est assez étonnant de voir comment les soirées électorales télévisées manquent totalement d’imagination. Elles sont toutes calquées sur le même moule depuis les années 80. Depuis que les duplex sont possible effarant, avec ce truc qui est très intéressant, de ces invités qui vont de plateau en plateau et qui passent leur temps à dire comme je disais dans l’autre plateau, comme je le disais chez vos confrères de TF1, comme vous le disiez ici et là, ce qui veut bien dire que tout ça est totalement remplaçable, on peut passer de l’un à l’autre, ça pose aucun problème. Il s’agit surtout de dépolitiser le débat, nous dit Florent. Alors il est vrai qu’aujourd’hui, nous sommes aussi, nous, ce matin dans le constat, dans le commentaire, mais vous savez qu’en règle générale, c’est pas ça qui nous anime, nous ce qui nous anime, justement c' est le débat de fond, c est la discussion. Mais enfin, hier, c' était quand même un jour de vérité. Personne ne dit sur YouTube, qu’un jour, il va falloir se rendre compte que Mélenchon fracasse tout à chaque fois dans la dernière ligne droite France info je ne la vois pas arrêter, la défaite de Rachida Dati aux municipales à Paris, sonne-t-elle la fin de sa carrière politique ? C’est une question sans intérêt que se pose France info. Mais alors, l’avenir politique de Rachida Dati, je ne sais pas comment vous le dire. D’abord, je pense qu’il passe d’abord par les prétoires, et ça va être coton pour elle, et franchement on s’en tape. Alors, Mélenchon n’a pas fait de commentaires hier et pourtant, il était sur toutes les lèvres. Si, si, il a fait des commentaires et on va justement les évoquer, je pense, avec Hadrien Clouet, quand il va arriver depuis Toulouse. Politis, alors Politis est plutôt sur des reportages. Il n’y a pas encore d’analyse. On reviendra ce soir.. Reporterre évidemment revient sur les défaites cuisantes des Verts. Strasbourg, Poitiers, Bordeaux, les maires écologistes battus dans la plupart des villes. Alors, il faut rappeler que les Verts avaient gagné haut la main ces villes-là, enfin haut la main, oui, à la grande surprise de beaucoup, beaucoup de gens. Alors, cela dit, à Lyon, c’est conservé. Mais c'était à la faveur d’une élection très particulière en plein confinement. Oui, alors parce que tout le monde dit en plein Covid. Je vous rappelle que le Covid est toujours là. En fait, c’est le confinement, ce qu’on appelait le grand confinement. Donc là, ils avaient gagné à ce moment-là, profitant d’une très très forte abstention. Donc là probablement que les résultats d’hier donnent un peu plus leur juste concernant les verts. En tout cas, reporter revient sur ça. Le Canard enchaîné, alors je vous laisse lire le titre. Ah bien voilà. Voilà, je pense qu’Hadrien Clouet ne va pas tarder à arriver ; Brest, Le Havre-Lille, Toulon, Villers-Cotteret, le Canard commente les résultats du second tour. Alors, quelqu’un disait, Mélenchon n’a pas fait de déclaration. Mais si, si, il en a fait, il a fait une analyse sur son site, sur son blog. Eh oui, il n’est pas venu sur les plateaux, mais ça ne veut pas dire qu’il est resté muet. Bonjour, vous avez parlé de l’intervention de Ruffin ? Pas encore, nous allons le faire tout à l’heure. Dur dur pour Toulouse, nous dit Valeur Anarchiste que j’embrasse, de continuer avec Moudenc, absolument on essaiera de voir comment la bourgeoisie s’est mobilisée entre les deux tours. Montauban passe à l’extrême droite et Albi reste à droite. Montauban passe à l’extrême droite. Mais où est mon Sud-ouest adoré ? Il est où ? Nous avons fait tomber Hélène Geoffroy à Vaux en Velins. Donc voilà, vous pouvez retrouver le blog de Mélenchon. Soir d'élection, tour d’horizon à chaud. En gros, il se félicite des victoires de Saint-Denis la semaine dernière, de celles à Creil, à Roubaix, à Vénissieux, à Saint-Font, au Tampon, à la Courneuve, à Vaux en Velins, à Sarcelles. Il dit que LFI permet la victoire de la gauche à Lyon, Nantes, Grenoble et à Tours, et que, à l’avenir, plus d’un millier d'élus insoumis siègeront dans des conseils municipaux, ce qui devrait permettre au mouvement de siéger au Sénat. Ça c’est un point extrêmement important, évidemment, le Sénat. On en a parlé notamment avec Fabien Gay jeudi dernier. Municipales dans les Landes, on passe désormais à Mont-De-Marsan Frédéric Dutin élu, la gauche savoure titre Sud-ouest. Alors qu’on attend Hadrien Clouet d’un instant à l’autre. François Bayrou est à la retraite. Bon titre, bon titre du tchat. Alors, Grenoble, ça donne quoi ? Alors attends, justement, je vais aller chercher ça. Tiens, tiens, hop ! Alors attends, est-ce que je l’ai dans mon petit truc Grenoble ? Grenoble qu’est-ce qu’il s’est passé ? Ben oui, oui, c’est Laurence Ruffin, qui est la sœur de François Ruffin qui l’a remporté à 56 %. Oui pardon, pardon absolument. Alors Furio se glisse dans le tchat pour nous dire vive le RN. Alors je pense que tu n’es pas à la bonne place, mais nous serions très intéressés de comprendre pourquoi tu voudrais que le RN vive. Ça m’intéresserait. C’est quoi ton programme ? C' est quoi le fondement de ton vote RN ? Allo, allo, alors qu’est-ce qui fait Hadrien Clouet là ? Alors, il s’est cru chez lui excellent, excellent,Bon, évidemment, la question, c’est la présidentielle, même s’il y a toujours quelque chose d’absurde à nationaliser tous les scrutins. Mais bon, voilà, c’est naturel. Et puis, la claque qu’on prend hier fait qu' on doit absolument réfléchir parce qu'à un an, ça passe très, très vite. Le spectacle affligeant auquel on a assisté hier soir. Ah, voilà, il est là, Hadrien Clouet est parmi nous. Alors attention, je vais le mettre à l'écran c’est bon attention, 3 4, allo Hadrien bonjour, comment ça va ?
00:32:18Hadrien Clouet
Eh ben ça va très bien en France puisque les Insoumis rentrent dans près de 500 conseils municipaux.
00:32:25David Dufresne
Ah non, ah non, Hadrien, bon, on va se tutoyer maintenant.
00:32:28Hadrien Clouet
Et nous évidemment on est déçus, voilà.
00:32:32David Dufresne
On n’attend pas ça de toi, tout de même. Toi, la jeune garde, la relève de LFI Donc je rappelle que tu es député LFI de Haute-Garonne, c’est ça, non ?
00:32:43Hadrien Clouet
Oui.
00:32:43David Dufresne
Haute-Garonne, donc tu es le régional de l'Étape, tu as une connexion parfaite, un sourire de bonne à l’oie. On va d’abord parler de Toulouse, c'était ric-rac. Qu’est-ce qui s’est passé entre le moment où on s'était parlé mardi dernier, je crois, et dimanche soir ? Qu' est-ce qu’il s’est passé à Toulouse ?
00:33:07Hadrien Clouet
il s’est passé deux choses. D’abord, une campagne diablement efficace de la mairie sortante qui a ciblé les quartiers aisés de la ville, où il y a un taux de participation extraordinairement élevé. Il y a des bureaux de participation à plus de 80 %, notamment dans certains quartiers est de la ville de Toulouse. Ils ont réussi, ils ont trouvé de nouveaux électeurs, de nouvelles de l'électricité. Deuxième chose qui s’est passée, c’est une campagne qui a été une campagne de fake news et de caniveaux sur toute la semaine, qui rompait d’ailleurs avec le premier tour. Ça a été la campagne, peut-être que vous avez vu ou entendu, y compris celles et ceux qui ne sont pas dans le département, c'était une campagne à base de « Airbus va quitter Toulouse, tous nos commerces vont s’effondrer, on est à deux doigts de vous expliquer que l’Armée Rouge est arrivée par les Pyrénées et qu’on allait vivre dans les nuées de criquets éternels ». Il y a eu cette campagne-là qui a un peu marché quand même chez certains publics qui ont vraiment eu peur, qui ont vu des lettres ouverte du MEDEF, en fait, menacés, la population de Toulouse, c'était du chantage et de la menace et puis peut-être, pardon, un dernier point, c’est évidemment le soutien apporté par certains dirigeants du parti socialiste, de la droite socialiste comme Madame Delga, par exemple, à Jean-Luc Moudenc.
00:34:20David Dufresne
Alors, il y a eu effectivement un appel de 250 personnalités, je crois, je dis ça de mémoire. C’est quoi cet appel ? Et sur le fond des choses, qu’est-ce qu’il disait ? Donc là, t’as parlé de chantage, mais si on va un peu plus loin, quelles que ça disait de la vision sociétale, économique, culturelle de ces gens-là ?
00:34:44Hadrien Clouet
Ça dit qu’il y a un bloc autour de Jean-Luc Moudenc, qu' il y a bloc avec la fraction la plus affairiste du monde économique toulousain, promoteurs, grande restauration, multipropriétaires familiaux, et que toutes ces formes d’activité économique qui existent, il faut évidemment bien mesurer que Toulouse en tant que métropole a des formes contradictoires d’activité économique sur le territoire et tous ces représentants d’intérêts. Ils se sont coalisés autour de Jean-Luc Moudenc et ont fait une campagne. Ils ont véritablement fait campagne, alors eux ils n’ont pas fait campagne en allant voir les marchands avec des tracts à la main comme nous porte à porte, ils ont fait une campagne en leur expliquant qu’ils étaient prêts à fermer finalement leurs magasins, prêts à fermer leur entreprise si jamais la gauche parvenait aux commandes.
00:35:32David Dufresne
C’est ce qu’on appellerait le bloc bourgeois, te suggère le tchat ?
00:35:40Hadrien Clouet
C’est le bloc bourgeois, mais encore plus élargi parce que ici, le bloc bourgeois a reçu l’appui décisif de l’extrême droite, c’est-à-dire le militantisme actif aux côtés du bloc bourgeois, des militants de la droite radicale, RN, Reconquête, qui ont fait campagne pour Jean-Luc Moudenc, de manière très active. On a vu des jeunes dans le métro avec leurs sweats et leurs t-shirts d’extrême droite, qui faisaient des saluts de mauvais aloi en criant « Vive la France, et j’en ai coupé dans les trois.Voilà, ça, jusqu’au bout de l'élection. Bon, et s’ajoutent évidemment à tout cela des pratiques électorales auxquelles on est habitués à Toulouse, mais qui sont toujours l'œuvre de la mairie sortante : coller toute la nuit du vendredi au samedi, y compris en dehors des horaires lorsque c’est interdit. On a eu une responsable, une élue de la mairie hier, qui se baladait avec son journal sous le bras marqué en gros « Mélenchon antisémite » pour le poser sur les bureaux de vote au moment où les gens allaient voter. On a eu les maires de quartier qui attendaient les gens devant, vous savez, il y a un bureau de vote, là, ça a marqué, c’est un bureau de vote à Romainville, pour ceux qui connaissent, où il y avait le maire de quartier qui était en haut des marches, qui attendait les gens, quoi, l’un après l’autre pour les attraper individuellement dans le bureau de vote, pour vérifier qu’ils allaient voter. Bon, ce genre de choses qui sont assez classiques, mais qui coûtent des voix à la fin, en raison de logique de clientélisme et de coups de pression sur les gens.
00:37:04David Dufresne
Alors, certains ont dit de LFI, que tu représentes ce matin, que vous aviez buté contre un plafond de verre à Limoges et à Toulouse, malgré les alliances avec notamment le PS, Briançon était venu d’ailleurs au poste. Qu’est-ce que tu réponds à ça ?
00:37:28Hadrien Clouet
D’abord que ça n’a pas buté un exemple comme celui de Limoges, au second tour la gauche garde les voix du premier. Donc il n’y a pas de déperdition. Le sujet c’est comment on fait pour réussir à élargir et aller encore plus loin. Et ce qu’on a quand même assez largement subi, en tout cas dans le cas de Toulouse, c'était les tireurs dans le dos. C’est quand même que plusieurs personnes qui avaient appelé à voter pour les socialistes au premier tour, et d’ailleurs François Briançon lui-même n’y est pour rien il est une victime collatérale. Il y a plusieurs personnes qui avaient appelé à voter pour lui, je pense du côté de Carole Delga notamment, ont fait une campagne délibérée et explicite de réélection de Jean-Luc Moudenc. C’est-à-dire qu’une partie de la droite socialiste préfère en fait donner la métropole à la droite qu’aux socialistes. C'était quand même assez exceptionnel comme configuration.
00:38:17David Dufresne
La droite socialiste, j’aime bien qu’est-ce que tu entends par « droite socialiste » ? Allons-y, allons-y.
00:38:25Hadrien Clouet
Carole Delga, François Hollande, Raphaël Glucksmann, pour citer le trio de l’enfer.
00:38:34David Dufresne
Attends, excuse-moi, j’ai un petit souci technique et je n’ai pas l’habitude qu’on me réponde de manière aussi ciselée chaîne d’infos, si tu veux, aussi courte. Tu peux dérouler comme dirait l’autre, mais on est d’accord que, alors d’abord, le tchat et nous-mêmes, nous sommes tristes pour Toulouse, on ne va pas se mentir, mais c’est vrai que la question, c' est l’après, on va dire et c’est 2027, qu’est-ce que le cas toulousain a à nous dire là-dessus et prend au moins une bonne minute pour répondre, que je puisse terminer mes problèmes techniques.
00:39:17Hadrien Clouet
Oui oui, non mais je répondais vite avant parce que parler de Carole Delga c’est sans doute un truc qui intéresse personne donc d’ailleurs visiblement pas ses propres électeurs puisqu’elle a perdu le premier tour.
00:39:28David Dufresne
Une vertu, c’est que ça réveille, ça réveille le chat.
00:39:33Hadrien Clouet
Ça pique comme petit mot ! Non, bon, qu’est-ce que ça nous apprend ? Ce qu’on voit à Toulouse, il me semble, c’est que la gauche de rupture, donc ce qu' on a constitué autour des Insoumis, France Insoumise, Assemblée des Quartiers, Tous pour Toulouse, le NPA, les Verts Populaires. Ces différentes formations qui souhaitent la rupture politique, c’est-à-dire qui estiment qu’une ville n’appartient pas à ces notables et ne doit pas se gouverner dans la continuité de ce qui se faisait avant, mais que ce qui doit mobiliser et ce qu’on peut faire, c'était reprendre le pouvoir, notamment le délégant, déléguer le pouvoir dans les quartiers populaires et périphériques, déléguer les pouvoirs dans la gestion de services publics, déléguer des pouvoirs en s'élargissant, disons, en ouvrant le conseil municipal à l’ensemble des forces qui sont actives dans la ville. Donc toutes celles et ceux qui croient à la rupture politique au niveau de la commune sont en tête de la gauche. Et donc on a une responsabilité et on a été en tête la gauche, on a réussi à mobiliser, y compris mobiliser des secteurs qui ne se mobilisent pas. La difficulté qu’on a, c’est évidemment qu' on part de très loin. Donc on a des quartiers populaires à Toulouse qui finalement sont habitués à être à l’abandon depuis maintenant 12 ans. Et où beaucoup de gens ne croient plus guère au processus électoral, déjà parce qu’ils sont mis sous pression des maires de quartier qui leur font du chantage au moment d’aller voter, parce que les associations sont menacées et sont tenues financièrement, c’est-à-dire dès lors qu’elles bougent un peu trop, elles sont muselées et elles sont victimes d’une répression financière de la mairie. Et on a tout de même réussi dans ces circonstances très adverses à amener au vote, à amener à l’exercice électorale, à la bataille électoral des milliers de personnes qui n’avaient pas voté pas assez, il en a manqué, et le loquant d’en face, à lui, réussit aussi à surmobiliser, mais c’est déjà une réussite parce que la gauche de rupture n’a jamais fait des scores tels à Toulouse de son histoire. Enfin, ça fait un siècle qu’il n’y a pas eu un score aussi important pour une liste qui était une liste de gauche de rupture et de rassemblement. Parce qu' il faut quand même noter qu'à Toulouse, on a eu la chance d’avoir face à nous des partenaires socialistes, écologistes, communistes qui ont accepté dans la nuit du premier tour qu’on fasse liste commune parce qu’eux aussi sentaient bien que la dynamique qui est menée par la France Insoumise était en capacité d’arracher la ville et que de toute façon c’est la dynamite qui est en capacité de nous mettre au deuxième tour puisque c'était celle qui est la tête de la gauche. Donc je pense que ça nous invite à construire sur la longue durée ce qu’ont essayé de faire nous. C’est-à-dire avoir des candidatures partout sur le territoire qui ressemblent aux luttes qui ont lieu, qui les portent, évidemment et d’avoir des programmes de rupture, de surtout pas imaginer qu’au terme de la soirée d’hier, en fait ce qui marcherait, c’est d' avoir un programme vaguement social, démocrate, où on modifie le trajet de ligne de bus. C’est-à-dire la plupart des gens, ils ont voté, ils sont motivés au premier tour pour avoir des changements radicaux dans leur municipalité. Et à certains endroits, ça échoue au second. Et moi, je suis assez convaincu qu’une semaine de plus de mobilisation, ça marchait. Parce qu’en fait, le problème qu’on a, d’ailleurs, c’est un problème de calendrier qui amène aussi à réfléchir et qui, peut-être, est un des facteurs explicatifs de la crise générale. Parce qu’on voit que le taux d’abstention est tout de même énorme. Ça reste le septième ou le cinquième, le plus important de la cinquième république. Mais ce qu' on voit assez bien, c’est que dès qu’e on est au second tour, il y a un tir de barrage qui est évidemment préparé par la droite au premier, et qui est allié avec toutes les forces vives d’un territoire sur le plan socio-économique au niveau des grandes entreprises pas les petits commerces, les boulangeries, les fleuristes, ils sont avec nous, ils viennent me demander pour nous. Mais ceux qui ont accès à un pouvoir de nuisance et surtout un pouvoir de fake news immédiat, ce sont les grands intérêts. Et là-dessus, je conclue là-dessus, on a évidemment un adversaire en face qui est très puissant, qui a la dépêche du midi, qui fait campagne de bout en bout. Pour Jean-Luc Moudenc, qui a ouvert ses pages à absolument toutes les personnes qui avaient une critique sur Piquemal. C’est-à-dire, on a fini la semaine, moi je me suis dit, vous retrouvez quelqu’un qui est avec lui en classe de CP, qui à dit qu’un jour, il n’a pas partagé son verre d’eau ou peut passer du sel à la cantine. Franchement, il manquait que ça à la Dépêche du midi pour mener une campagne contre François Piquemal. Donc on a eu ça, une campagne de grands intérêts politico-médiatico-financiers à Toulouse. Et moi, je reste convaincu qu’une semaine de plus, on arrive à les déjouer. Mais que l’effet de sidération de la frappe et du tir de barrage a été trop fort pour nous.
00:43:49David Dufresne
Oui, mais alors le souci, c’est que ce que tu racontes, on peut le transposer quasiment au pays, à un bloc bourgeois capable de se surmobiliser avec l’appui de puissance médiatique. Et là, hier, voilà, vous n’avez pas, vous avez perdu. Donc comment on renverse les choses selon toi ? Comment, ouais, comment on renverse les choses ? La question centrale est évidemment la question de l’alliance, si tu veux je peux t’aider par la phrase de François Ruffin lancé sur TF1 qui dit :déconne pas à la gauche et qui regrette que face à l’iceberg du Rassemblement national des chefs à plumes de partis s’engueulent sur les plateaux de télé pour prendre le gouvernail du Titanic. Est-ce que c’est le Titanic ? Et si c' est le cas, comment changer de cap ?
00:44:42Hadrien Clouet
Non, d’abord on peut voir Saint-Denis, Roubaix, le Tampon, enfin je ne peux pas faire la liste intégrale dans la banlieue lyonnaise, Vaulx-en-Velin Vénissieux, c’est pas le Titanic partout donc il faut évidemment pas exagérer, d’ailleurs moi j'étais très choqué par le propos de François Ruffin hier soir, la manière dont il parlait à Clémence Guetté m’a semblé tout à fait déplacé, d’une violence qui n’a pas lieu d'être dans ce qu’on parle en politique, et par ailleurs avec un sexisme de l’appeler "petite lieutenante", ça me semble un peu… Bref, donc déjà, quand on va faire l’unité, on commence par être courtois et polis, c'était un des très beaux textes de Léon Trotski sur le mode de vie socialiste, la courtoisie, la politesse entre camarades et le fondement de l’unité et de la capacité à se unir.
00:45:23David Dufresne
Vous entendez le chat, vous entendez le chat ?. Ce bon Léon vous demande d'être courtois.
00:45:29Hadrien Clouet
Non mais on peut être en désaccord et être en des accords en vif et se le dire moi je pense qu’il n’y a pas de raison de faire semblant d'être tous mollassons ou vaguement social-démocrate, normalement on peut se le dire correctement. Bon, hier c'était clairement pas le cas dans les formes qui ont pu être prises mais quoi qu’ils en soient la vraie différence c’est qu'à l'élection présidentielle on a le temps et le calendrier Ce qui est quand même bizarre dans ces élections, c’est la compression du temps, je trouve, à une municipale. C’est-à-dire qu’il y a une élection, ça finit le dimanche soir et il faut que le mardi on ait déposé des listes et on a du coup trois jours de campagne. C'était quand même très étrange d’avoir uniquement trois jours pour aller voir tout le monde, leur expliquer où en est le processus électoral, dire voilà, les deux listes de gauche sont fusionnées, etc. En trois jours, tu n’as guère le temps de le faire. Alors tu pourrais le faire si tu avais des médias qui s’en faisaient la caisse de résonance de manière correcte, mais ce n’est pas le cas et donc, à mon avis, l’une des raisons, c’est notamment parce qu’on a ce temps très limité que le pouvoir, notamment des forces médiatiques et politico-financières, est démesuré. Parce que sur une présidentielle, tu as des mois et des mois pour construire un discours, un récit qui se solidifie au fur et à mesure du temps, qui devient évidemment de moins en moins perméable aux fake news et aux critiques au fur à mesure que population. En temps, c’est-à-dire les gens qui n’ont pas le temps de faire de la politique nuit et jour parce qu’ils ont le boulot, ils rentrent tard le soir, ils sont exposés à la présidentielle progressivement. Là, on n’a pas le temps donc c' est une bataille de vitesse, c ‘est une guerre de mouvements qui a lieu dans une seconde semaine municipale et qui est particulièrement dure à mener lorsque vous avez fait une fusion de listes.
00:47:06David Dufresne
Alors petit rappel historique du tchat, Trotski, tout courtois qu’il était, disait ça et après, allait faire fusiller des anarchistes. Bon, voilà, on ferme la parenthèse historique, mais elle est bonne, on valide, mais que je comprenne bien, entre le premier et le deuxième tour à la présidentielle, il y a guère plus de temps pour rejouer les alliances, les promesses, les tape-moi dans le dos, tape- moi dans la main, etc par rapport aux municipales.
00:47:38Hadrien Clouet
Alors, effectivement, il n’y a pas plus de temps, mais généralement, le candidat n’a pas changé. C’est-à-dire, en fait, ce n’est pas un mélange, ce ne sont pas un mix dont on découpe trois candidats et on met la tête, le torse et les jambes. Donc, je trouve que ce n’est pas exactement la même capacité à le faire et puis surtout, dans une présidentielle, en fin de campagne, on est en contact avec des millions de gens directement. Il n' y a pas d’intermédiaire, presse locale, presses régionales, on ne passe par un tout un ensemble de répétiteurs ou au contraire de déformeurs qui ont le monopole sur l’information et ont le monopole sur l’accès qu’on a des milliers de personnes ici c’est le cas ici on a trois journaux qui sont le filtre de notre propos d’ailleurs on n’a pas alors on a évidemment notre capacité de militante à l’aide porte à porte on avait des milliers de gens sur le terrain c'était extraordinaire on n’a jamais mis autant de monde sur le terrain Mais il y a évidemment des personnes qu’on n’a pas touchées parce qu’elles s’informent sur la presse en ligne ou la presse écrite, et que dans un moment des municipales le rapport de force est d’autant plus déséquilibré que chacun est face à sa presse locale. Là pour une présidentielle, c’est le candidat ou la candidate de millions de personnes qui est face à une presse nationale. Donc le rapport de force est évidemment toujours plus facile à négocier dans une pression où on centralise le point d’attaque, alors qu’ici au niveau local, évidemment qu’on a moins la capacité par exemple d’avoir notre média à nous, qui serait impératif ce qu’ont à nous par exemple au niveau national, comme il est en soumise avec l’insoumission qui sur les gros sujets nationaux parvient à créer un contre-discours, à le mobiliser auprès de millions des personnes. Là, lorsqu’il y a des centaines d'élections le même soir, c’est vraiment beaucoup plus compliqué d’opérer cet affrontement parce qu’on est laissé au niveau local sans l’aide des camarades en dehors face à nos propres adversaires.
00:49:20David Dufresne
Alors Jean-Luc Mélenchon est intervenu hier soir, mais comme je le disais pas sur les plateaux, mais sur son blog. Et il a cette phrase, il dit que le PS, nous, c’est à dire vous, LFI, nous a entraîné dans sa chute, nous n’avons, mais nous n’avons pas de regrets. Il estime que votre mouvement a été une force utile à Lyon, Nantes, Tours et Grenoble, où la gauche unie s’est imposée, et il déplore une longue diabolisation diffamante, notamment par les divers clans socialistes. Alors il y a beaucoup de choses dans tout ça. Moi, je te propose qu’on décortique. Mais d’abord, sur la question des alliances et du fait que le PS vous a entraîné dans sa chute. Alors il ne dit pas le PS, mais on comprend très bien en le lisant que c’est de lui dont il parle. Tu vas me dire que le chef a raison. Mais au-delà de ça, peux-tu faire l’exégèse à ce moment-là ? Peux-tu nous dire pourquoi il a raison ?
00:50:21Hadrien Clouet
En fait, ce qu’on voit, c’est que toutes les villes qu’affichent les dirigeants socialistes depuis hier pour dire « l’alliance ne marche pas, etc. », c'était des villes où les socialistes étaient très bas au premier tour, et donc, en fait, de toute façon, l’addition entre nos voix et les leurs visiblement, ne marchait pas au second, sauf bien sûr à réussir à aller faire un sursaut et à aller trouver de nouveaux électeurs et de nouvelles électrices, mais généralement dans beaucoup d’endroits hors Toulouse. Vous avez des dirigeants socialistes qui en fait ne font pas campagne. C’est-à-dire, ils vont voir la presse, ils font quelques communiqués de presse et c’est tout, ils ne vont pas voir les gens à porte à porte. Donc, il y a beaucoup de cas où on s’est allié à eux, je ne pense pas à Clermont-Ferrand par exemple, mais où ce qui était la surprise d’hier soir, pardon, du premier tour, c'était le score très bas des socialistes dans Brest Clermont-Ferrand, les socialistes en fait font un score très mauvais par rapport à ce qu’ils font historiquement. Nous, on fait une percée où ils font de très mauvais scores. Bon bah, pour le coup, en responsabilité, il est normal de s’efforcer de contribuer au maintien à gauche de villes comme Brest et Clermont. Donc, bien sûr qu’au soir du premier tour, on leur a dit on est d’accord pour faire une fusion et pour essayer de faire barrage à la droite dans ces villes-là parce que, oh bah alors, c’est jamais toujours réjouissant d’avoir une mairie socialiste. Il y a plein d’endroits où les maires socialistes font absolument n’importe quoi et gouvernent nos centres droits. Enfin, dans ces endroits-là, on avait aussi vu le programme de la droite, qui était de faire exploser les loyers, gentrifier les cœurs de ville, et ça, c’est des choses qui auraient mis évidemment difficulté dans la panade des milliers de personnes, donc on s’est rendu utiles, on a été faire le boulot, ça échoue, parfois ça échouait de très peu, mais je pense qu’on avait raison de faire ça et de ne pas être responsable par ailleurs de l'échec des mairies socialistes.
00:52:02David Dufresne
Mais alors, qu’est-ce qu’on va bouffer pendant un an ? Vos engueulades, vos retrouvailles, vos engueulades, où est-ce que l’on peut arrêter ce jeu ? Et si oui, comment peut-on vous aider, les uns et les autres, à arrêter ces conneries ?
00:52:19Hadrien Clouet
D’abord, je pense que c’est quand même important de se dire que derrière tout ça, ce n’est pas un jeu. Les mesures politiques posent notamment problème pour le pays entier. Oui, parce que tu as un peu l’expression d’arrêter le jeu. Les mesures politiques qu’on propose pour un pays entier, c’est un enjeu très lourd parce que ça détermine ce qu’il y a dans le portefeuille pour les cinq prochaines années. Et donc, oui, parfois on peut être en désaccord sur des points, mais qui sont des points cruciaux. Si on augmente le SMIC, c’est quand même clairement un point crucial. Si on ouvre des centres de santé publics partout dans le pays, c’est un point crucial. Si on contrôle les loyers, c’est un point crucial, et là-dessus on a besoin d’avoir des débats politiques. Ça, c’est clair ! Et si débat politique ne permet pas de mettre tout le monde autour d’une table, autour d’un programme, nous on porte le nôtre et on essaye de convaincre le plus grand nombre. D’ailleurs c’est ce qu’on a fait les deux fois d’avant, en 2007 et en 2022. On a porté un programme de transformation, de changement social et c'était ce programme d’ailleurs qui arrivait assez largement en tête de la gauche. Et c’est pour ça que j’invite toutes celles et ceux qui ne sont parfois pas d’accord avec nous et ce n’est pas grave, c' est la vie, c' est le jeu, on a des accords de fonds. Ne soyez pas dans ni l’arrogance, ni l’injure envers ce que font les insoumis et les insoumis, mais soyez prêts à faire comme au municipal des rassemblements, éventuellement au second tour. Parce que si dans un an, le soir des présidentielles, c’est de la candidature insoumise, je dis insoumise parce que pour l’instant on est les seuls à avoir proposé un programme politique au pays, à l’avenir en commun, on va le réactualiser, on fait le travail, programmatique, bon. Mais si c’est nous qui sommes en tête, ça comme aux municipales en fait, nous on tendra la main au reste de la gauche, parce qu’on estime que toute personne qui a voté pour des écolos, pour des communistes, c’est normal qu’elle soit représentée ensuite dans les politiques publiques qui sont menées dans le pays. Donc nous, on ne crachera pas sur l’ensemble du reste des forces de gauche, on se dira juste que ce qui importe est de réussir à obtenir une victoire politique à plus de 50 %. Et ce que montrent quand même les municipales aussi, c’est que dans beaucoup de grandes villes, les insoumis font des percées. Et qui a envie de changement. D’ailleurs, il n’y a qu’une vague de dégagisme assez marquée hier soir avec des municipalités qui ont fait deux ou trois mandats et qui sont renversés, Toulouse étant une exception à cet égard par rapport à la ligne nationale. Donc, on a besoin de mobilisation et on se rend compte que là où les insoumis étaient au second tour des municipales, c’est là que la participation a augmenté. Parce qu’on est en capacité d’aller mobiliser des gens qui sinon ne vont pas voter aux élections. Et d’ailleurs ils ne se sont pas trompés dans une ville comme Nantes, par exemple. Jeanine Roland a bien compris, elle a vu la carte électorale, elle sait que ce n’est pas ce que les Insoumis ont ramené avec eux, des insoumis et des électeurs qui d’habitude ne vont pas voter aux municipales, et qu’elle s’en sort.
00:55:08David Dufresne
Oui mais alors, pardonne-moi, mais quand LFI arrive à peser au point de gauchir un petit peu le Parti socialiste avec le programme du NFP, ce qui n’est pas pour nous déplaire, après ça s’engueule, et je pense que vous ne mesurez pas le découragement quand même qu’il y a, enfin si à mon avis vous le mesurez mais vous ne voulez pas en parler.
00:55:38Hadrien Clouet
Non, mais je comprends bien, mais moi, j’ai signé, je fais partie de celles et ceux évidemment, qui ont signé un programme NUPES et NFP qu’on est quand même bien obligé, franchement, entre nous, on est obligé de gueuler quand les autres s’en affranchissent, non ? C’est ça le sujet, oui mais c’est ce qui se passe. Il y a encore deux semaines, quand on a démarré la crise sur le prix de l’essence, qui n’est pas fini, mais qui a démarré il y a deux semaines ou trois semaines, c'était le PS qui nous explique qu’il ne peut pas bloquer les prix de l’essence, alors que c’est la mesure page 6 du programme qu’ils ont signé. On est quand-même obligé d’en faire remarquer, parce que moi je pense que c’est cela qui dégoûte. C’est mon analyse, c’est mon analyse à moi, je pense que ce n’est pas celles et ceux qui ont défendu un programme et qui disent on mourra dans la tranchée bec et ongles pour défendre le programme sur lequel vous nous avez élus, qui dégoûtent le plus grand monde. C'était celles qui nous ont signé et qui trois semaines plus tard nous disent, en fait, c'était pour l'élection.
00:56:30David Dufresne
Mais alors, dans ces cas-là, pourquoi aller avec eux ? En sachant que tôt ou tard, ils n’auront pas lu la page 6 du programme ou en tout cas, ils l’auront oublié. Je veux dire, pourquoi ne pas aller au bout des choses et dire, allez, on laisse tomber, même au deuxième tour, ces accords-là, parce qu’ensuite, on passe notre temps à dire, lui il a trahi, lui, il a pas fait ceci, il n’a pas fait cela et on perd les élections à chaque coup. Donc est-ce qu’il ne faudrait pas être plus frontal, finalement ? Plus en rupture ?
00:57:05Hadrien Clouet
Je pense qu’on est quand même pas mal en rupture mais non mais pour plusieurs raisons d’abord tous les socialistes ne sont pas le bureau national du PS, il y a plein d’endroits où des socialistes prennent des engagements par exemple sur des questions municipales et on le fait ensemble et ça se passe très bien et tant mieux, c’est d’ailleurs plus facile généralement de contrôler l’activité de vos élus au niveau de la municipalité parce que vous les croisez, vous allez les voir, vous pouvez avoir un rapport de force et une pression sur eux qui est plus simple au niveau national donc au niveau local ça se joue d’autant plus, c’est important de le faire. Ensuite, se pose quand même une question des conséquences. C’est-à-dire, si on ne se rassemble pas sur le second tour pour des élections de type municipal, bah en fait, on finit avec des gens, y compris d’extrême droite, à la mairie en fait tous nos électeurs électrices qui ont voté PS ou LFI, à l’affaire, ils prennent. L’augmentation du prix du loyer, la banalisation des acteurs racistes, etc. Ce sont des choses qu’ils vont prendre directement dès lors qu’il y a une mairie de droite et de droite radicalisée qui arrive à notre place. Et puis, enfin, parce qu'à la fin il faut quand même qu’on gagne, à la majorité absolue, et en l'État, et bien à la majorité absolue, ça se fait pas sans des électeurs et des électrices qui sont socialistes, écolos et communistes. Voilà, aujourd’hui, on a besoin aussi d’elle et d’eux, donc c’est notre tâche de continuer à convaincre, de continuer d’argumenter, et puis, ça n’empêche pas d’avoir une mémoire, d’ailleurs je ne suis pas en train de dire que j’ai subitement retrouvé la confiance, c'était bien pour ça que je milite pour la France Insoumise, suite pour qu’il y ait le plus grand score possible pour pouvoir rassembler autour de nous, par ailleurs, la réalité de ce qui s’est passé, c’est que malheureusement on n’a jamais réussi à gagner le pouvoir central avec la NUPES et le NFP, on n’est pas parvenu. Je pense que si on y était parvenus, le rapport de force serait un peu différent. Les mouvements sociaux s’acharnent plus à contrôler un gouvernement en place qu’une opposition.
00:58:50David Dufresne
Qu’est-ce que tu entends par « on n’a pas gagné le pouvoir central » ? Parce que je rappelle que vous avez gagné les législatives, Ben oui, vous n’avez pas pris Matignon. Bon, ça c'était un autre truc dont on parlera un jour, mais il aurait fallu marcher sur Matignon tout de même, enfin quand même, mais ça c’est autre chose.
00:59:10Hadrien Clouet
Non mais moi je suis d’accord, il y a un bras de fer là-dessus, et d’ailleurs je rappelle que dès l'époque, certains ont abdiqué le bras de faire assez vite. Mais ce que je voulais dire par là, et quand je dis certains, ce n’est pas LFI, mais ce que j’vais dire par-là c’est que tu sais quoi, on prend du temps. Voilà, si on était prévenu à accéder à Matignon, moi je n’ai pas de doute sur le fait que le mouvement syndical, associatif, nous aurait mis beaucoup plus sous contrôle et sous pression, et que pour le coup, se délitent de ces engagements. Quand vous exercez une fonction exécutive, c’est quand même autre chose, c’est plus compliqué parce que le programme est frais, il est récent, il sort et il faut bien le mettre en œuvre et l’appliquer. En tout cas, les insoumis sont dans une même équipe que les autres et sont mobilisés pour obtenir sa mise en œuvre. Donc là, c’est évidemment un rapport de force qui est différent que lorsque vous avez perdu, que du coup trois groupes parlementaires différents et que chacun a son activité parlementaire qui est distincte.
01:00:03David Dufresne
On est bien d’accord. Si on parle de tout ça, c’est parce que nous savons tous ici, dans le tchat et toi évidemment, qu’il y a des différences de programmes, en tout cas de vision de la société, qui sont fondamentales entre LFI, le PS, les écolos, etc. Donc là, on parle de tambouille, mais parce qu’on sait le plat à la fin qui nous serait éventuellement servi ; c' est rare qu' on parle que de tambouille ici. Et je vais aller un peu plus loin, si je veux filer la métaphore, est-ce qu’il n’y a pas un problème avec avec les personnes ici ou là dans les parties ? Je veux dire par là que pourquoi la jeunesse que tu représentes ne prend pas le pouvoir à la fois aux PS et à LFI et est- ce qu’on ne serait pas débarrassé de certaines inimitiés qui se voient mais comme le nez au milieu de la figure sur les plateaux télé, je pense par exemple à Jérôme Guedj qui déverse sa bile qui est de l’ordre d’autre chose que de la politique. Voilà, tu n’y es pour rien, je ne te demande pas de répondre à mon commentaire, mais par contre, allons-y alors ?
01:01:08Hadrien Clouet
C’est si, mais parce que je trouve que ce qui s’est passé en 2022 était révélateur. Il y a eu pas mal de jeunes députés qui sont en 2022, y compris au Parti socialiste. Et maintenant, les jeunes députés socialistes, c’est Philippe Brun qui nous explique qu’il faut s’allier avec la droite pour obtenir des choses vis-à-vis du premier ministre, ce que finalement, il faut maintenir en place les macronistes et d’aller mesure après mesure avec eux. Donc, ce n’est pas un gage. Il ne faut pas oublier qu’une organisation politique, c’est une institution qui a des effets sur les gens dedans et que les jeunes socialistes qui sont rentrés à l’Assemblée nationale en 2022 sont très vite devenus des vieux socialistes.
01:01:49David Dufresne
Oui enfin, je pourrais te rétorquer, me semble-t-il, si mes fiches S sont à jour, toi tu votes 100 % LFI dans l’hémicycle.
01:02:03Hadrien Clouet
Bah forcément !
01:02:08David Dufresne
Tu es un des plus disciplinés des députés LFI, je veux dire, la jeunesse peut être aussi ça. Bon voilà, c'était juste au passage.
01:02:19Hadrien Clouet
Non, mais tu as raison, mais par ailleurs, il y a une explication très logique à ça pour que tout le monde comprenne, c’est qu’en fait, vu que moi, je m’occupe de la Commission des Affaires Sociales pour notre groupe parlementaire, je suis vice-président de la Commission des Affaire Sociales, et c'était où il y avait plus de textes de loi qui passent en fait, qui arrivent toutes les semaines, c’est deux à trois textes de loi par semaine. Et donc, vu que du coup, c’est avec les camarades de la Commission qu’on fait les fiches de vote et qu’ont propose au groupe de voter, on est forcément ceux qui avons les taux les plus importants de votes LFI parce qu' on est ceux qui proposons au groupe le plus grand nombre de propositions de vote. Donc, il y a aussi un truc un peu circulaire qui vient expliquer pourquoi la statistique est assez logique, parce que c'était nous qui faisons le plus de propositions de vote à l’ensemble du groupe derrière.
01:03:00David Dufresne
Quelle tête bien faite, Hadrien Clouet ! Tu es auteur de plus de 25 000 abonnements, c’est exact ?
01:03:06Hadrien Clouet
Oui, c’est vrai.
01:03:07David Dufresne
Mais comment les amendements, 25 000 amendements depuis 2022, c’est quoi ? C’est du ChatGPT ? Et après, on va revenir à ma question sur le coup de balais à gauche. Non, non, mais comment on fait pour déposer 25 000 amendements ?
01:03:27Hadrien Clouet
D’abord, si tu ramènes à la semaine, ça fait 52 semaines par an, sur 4 ans, ça fait 200 semaines de mandat, donc sur 200 semaines, finalement, ça en fait une centaine par semaine. Non, mais c’est pas non plus si on le ramène au travail de semaine, parce que c'était ça qui se passe en fait. C’est que sur chaque texte, en moyenne, on en dépose soit 70, 80. Non, même pas, pardon, parce qu’on a plus de textes par semaine. Ouais, ça fait une quarantaine d’amendements par texte de loi. Et c’est vrai, en fait, à chaque fois qu’il y a un texte de loi qui arrive, je rencontre les associations, les syndicats. En général, on se fait des visios pour être sûr d’avoir du temps. On se prend l’après-midi et j’envoie 4-5. Je fais le tour un peu de toutes les personnes qui luttent sur le sujet pour savoir ce qu’ils en ont, leurs revendications, les sujets sur lesquels ils ont besoin qu' on avance. Nous, évidemment, on a des discussions avec mon équipe, on a une discussion avec le groupe parlementaire. Et une fois qu’on a fait tout ça, franchement, on a facilement 40-50 amendements par texte de loi. Et du coup je les dépose et je les défends tous un par un.
01:04:28David Dufresne
Alors tu verras que le chat est en état d’alerte, tout le monde ne travaille pas 52 semaines, 100 par semaine, ça fait quand même beaucoup. N’oublie pas qu’ici, les gens voudraient qu’on travaille moins pour vivre mieux, mais de leur bénéficie. Ils ont raison. C'était une blaguounette. Sparks nous dit, j’ai pas l’impression qu' Hadrien Clouet ait répondu à la question, réalise-t-il à quel point ces guéguerres de plateaux nous saoulent ? Ne peuvent-ils pas éviter d’aller sur les mêmes plateaux que Gedj ? C’est pas forcé. Alors, ton impression est bonne, mais c’est de ma faute parce que j’avais amené Hadrien sur autre chose, mais je n’avais pas oublié ma question. C' est au-delà de la guéguerre sur les plateaux. Est-ce qu’il n’y a pas… Oui, une sorte de ménage à faire pour que, justement, les inimitiés des uns et des autres depuis 20 ou 30 ans qui se sont connus, qui se sont côtoyés, se retrouvent parfois devant la question des programmes, la question du fond, la vision de la société, de comment on voit le partage, la redistribution des richesses. Et là, on voit des gens qui se détestent copieusement pour des raisons dont on se contrefout en réalité. Toi-même, est-ce que tu n’es pas, à certains moments, emmerdés par ça ?
01:05:40Hadrien Clouet
Bah si mais parce qu’en fait j’ai le sentiment que les deux sujets sont durs à déconnecter, tu vois. En fait, les inimitiés, elles sont quand même rarement gratuites quoi. Enfin je veux dire, les gens avec lesquels il y a du mal à s’entendre, c’est rarement parce que, une fois on a mangé à la cantine ensemble et que ça s’est mal passé, et qu’il m’a pas porté mon plateau. Ou parce qu' on est parti en vacances ensemble et finalement ce n'était pas cool les vacances. En fait généralement, ce sont des sujets politiques de fond en fait, qui amènent des ruptures personnelles aussi entre les gens. Enfin, c’est ce dont j’avais l’impression, franchement. Je prends l’exemple de Jérôme Guedj, c’est un bon exemple. C’est quand même quelqu’un qui était le plus unitaire du monde il y a quelques années, y compris avec nous, et du coup ça se passait très bien. Personnellement, on s’entendait très bien. C'était sûr qu’une fois qu’on se fait insulter, traiter d’antisémite sur un plateau de télé par lui, le seul rapport interpersonnel, il en prend un coup. Et donc c'était ça la difficulté, c’est que la politique est faite par des individus réels en chair et en os et que Non mais c’est vrai, les gens ont des ressentis aussi personnels. Et que les ruptures politiques sur quelqu’un à qui on a eu confiance, ou quelqu’un en lequel on a fait confiance, changent de ligne tout d’un coup et que franchement on comprend pas pourquoi. Et que cette personne se mette à vous taper dessus, non pas en disant, bon bah nos chemins séparent dans des accords, mais disons c’est une erreur politique, ces gens sont des dangers, etc. Ça crée une rupture personnelle, et le sujet c’est que vous aurez beau changer les gens, imagine, demain enfin plateau, avec pas les mêmes qu' hier, je sais pas si ça changerait vraiment grand chose. Parce que je pense que le sujet politique et nos débats politiques, on y croit en fait. Tu vois, ce n’est pas un truc qu’on migre en fait, moi j’y crois profondément au programme politique que je porte. Le jour où je n’y croit plus, j’arrête, je fais autre chose, le jour où je retourne bosser à la fac, moi ça me va très bien. Mais parce qu' on croit aux convictions et aux valeurs qu’on défend, du coup forcément ça se personnalise. Et forcément, j’ai un peu la rage, quoi, quand il y a quelqu’un en face pour lequel j’ai fait campagne dans le cadre du NFP qui va m’expliquer qu’il faudrait s’allier avec les macronistes, ou qu’ils voudraient voter leur budget. Franchement, ça me gonfle, y compris personnellement cette personne. J’ai juste pas envie de lui parler, quoi. C’est difficile, je trouve, de distinguer les deux, tu vois. Enfin, je ne sais pas si tout le monde me comprend bien, mais il y a un aspect émotionnel et personnel, en fait, à l’action politique, toujours. Et je pense que ça, on n’arrivera pas à surmonter. Et j’entends la critique. Attention, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire d' efforts et il faut essayer que ça ne prenne pas le dessus. Mais tout le monde doit bien comprendre qu’on a toujours ça. Franchement, c’est comme le collègue du boulot avec lequel vous bossiez dans un projet commun. Tout se passait bien. Au milieu du projet, il vous lâche. Vous allez avoir le patron pour obtenir une prime. Ben voilà, ben ça, c’est le député socialiste. Votre collègue qui a fait ça, le rapport ne sera pas terrible dans les mois d’ici.
01:08:21David Dufresne
D’une certaine manière, vous LFI êtes là pour autogérer, pour gérer, pour changer l’entreprise, pour filer la métaphore. Est-ce que vous êtes obligé de nous bassiner pendant un an en disant ouais bon bah on va pas faire l’union mais par contre au deuxième tour on ira chercher les voix et les autres pareil, etc. Est- ce qu’il ne vaudrait mieux pas être clair dès le départ, ben voilà chacun fait route distincte et basta, ou au contraire, dès maintenant. Hier, Laurent Wauquiez a quand même appelé à l’Union des droites allant de, comment il s’appelle là, le boucher des gilets jaunes là, Édouard Philippe, d'Édouard Philippe à Sarah Knafo. Il a quand même dit ça, donc est-ce que vous, vous voulez dire ça ou est- ce que vous voulez dire, allez on arrête le cinoche et on défend des idées, le PS défendra les siennes et vous les vôtres et ce sera débat contre débat, idées contre idées et non pas on va s’arranger puis finalement on va se tirer dans le dos dès que les résultats sont moyens, dans l’entreprise on vend un peu moins que prévu le nouveau produit.
01:09:35Hadrien Clouet
J’ai quand même le sentiment que notre ligne là-dessus a été assez claire. Nous, il y aura une candidature insoumise à la présidentielle, sur la base d’un programme qui est celui de l’avenir en commun, et on propose à toutes les forces qui sont intéressées à le faire, donc vous avez pas vu que récemment il y a des gens qui ont quitté différentes formations politiques, il en a d’autres qui se rapprochent de nous, on propose, à toutes celles et ceux qui sont intéressés par cette candidature et par ce programme politique, en fait, de se rassembler et de mener campagne ensemble. Voilà, ça c’est clair. C’est-à-dire, il me semble assez acté que les insoumis n’iront pas dans la primaire je ne sais pas quoi. C’est-à-dire, le truc où vous avez cinq socio-démocrates qui vont expliquer pendant trois mois pourquoi il faut voter pour aucun des cinq, pour ensuite nous expliquer que finalement il faut voter pour un des cinq. Bon, voilà, nous ça nous intéresse pas trop, c’est pas en tout cas la manière pour qu’on conçoit le truc, parce qu’on sait très bien ce qu’il se passe, c’est que c'était des gens qui ont passé des mois à discuter de la tambouille de la primaire, et à la fin il n’y aura pas de programme politique. Nous on a fait le pari inverse, on a déjà fini 2017-2022, c’est que c’est l’existence d’un programme politique cohérent, stable, et surtout mis à discussion du plus grand nombre, qui entraîne dans une élection. Pour le coup, c’est une stratégie qu’on met sur la table, qu' on propose, qu' on réaffirme et qu’on va appliquer.
01:10:42David Dufresne
Partir en solo aux municipales au premier tour a été une stratégie claire de LFI nous dit, Foiejaune. Alors, je vois que notre second invité est arrivé, Vincent Tiberj, est-ce que Vincent serait d’accord, par un hochement de tête, de débattre un tout petit peu avec Hadrien ? Et Hadrien, es-tu d’accord de débattre un petit peu ? Là, je te prends un peu au dépourvu.
01:11:07Hadrien Clouet
Bien sûr, d’autant plus que Vincent Tiberj je l’ai même eu comme prof, il y a des années, sur les méthodes quantiques, et donc, évidemment oui..
01:11:17David Dufresne
Eh salut le prof ! Ah je ne savais pas !
01:11:24Vincent Tiberj
C’est comme ça, c’est bien.
01:11:27Hadrien Clouet
Il était très bien par ailleurs, moi je suis ravi, c’est quelqu’un qui arrive à donner le goût à la mise en chiffre du monde et ça c'était très important. Les gens doivent bien comprendre à quel point c' est utile de pouvoir quantifier, compter des choses parce que c’est ça qui les rend comparable au final dans plein d’endroits qui permet de penser.
01:11:49David Dufresne
À toi Vincent, voilà on peut discuter quelques instants tous les trois et puis après je te libère Hadrien bien sûr comme promis mais voilà alors Vincent je sais pas si tu, j’ai vu que tu étais un petit peu dans l'éloge donc je ne sais pas si tu as entendu ce que disait Hadrien. Là, on était en train évidemment de se projeter parce que les nouvelles sont mauvaises, donc autant essayer d’en construire des nouvelles. Et donc on se projetait sur la présidentielle avec la question d’union pas union. Et si oui, à quel moment, voilà, est-ce qu’il ne faudrait pas un petit peu trancher ? Mais d’abord quantifions, quantifions monsieur le professeur, que s’est-il passé hier dans cette phrase, dans cette France qui se droitise malgré tes travaux, malgré ton livre, malgré tes invitations multiples au poste, hier n’est ce pas la grande défaite de Vincent Tiberj ?
01:12:57Vincent Tiberj
Je ne suis pas aussi important que ça, il faut arrêter de suite. Non, non, mais il y a pas mal d’enseignements à tirer. Il faut d’abord, tu vois, il faut toujours faire attention parce qu’effectivement, tu te retrouves quand même de nouveau avec 57 % de participation, 43 % d’abstention, ça, ça pose un vrai enjeu. Et bon, ça montre bien que c’est dur de remobiliser en une semaine et c' est dur de le remobiliser dans plein d’endroits. Ensuite. Ça reste quand même des municipales et donc tu as quand même, c’est toujours frappant. Il y a une très belle carte sur le site de, je crois que c'était Franceinfo qui faisait ça et tu te retrouvais avec une magnifique carte grise de divers. Et je trouve ça assez fascinant, en fait, qu’on utilise ce terme de divers, parce que ça fait un petit peu reliquat en stat, ça serait les autres en fait ces divers, c' est l’essentiel des communes et c' est l' essentiel des combats et des décisions qui ont eu lieu. Donc il faut quand même faire très très très attention quand on se focalise sur certaines grandes vies. Troisièmement, il faut bien bien aussi avoir en tête que tu as quand même un effet de mode de scrutin, et qui est quand même assez terrible, c’est-à-dire que Doucet/Holas ça se joue à 3 000 voix, Cazeneuve, le candidat Renaissance, qui gagne à Bordeaux contre Pierre-Hurmic, le candidat vert, ça se jouent à 2 000 voix. Tu vois, typiquement, pas loin de chez moi que le RN a failli gagner à quelques centaines de voix près. Donc, il y a des modes de scrutin qui nous donnent l’impression qu’il y a des victoires et des défaites qui se jouent à pas grand-chose. François Bayrou, c’est 400 voix, si je me souviens bien. Donc, attention quand on regarde la couleur des cartes, on oublie quand même. C’est aussi un ensemble de petits scrutins locaux qui ont des enjeux particuliers, des personnalités particulières, des bilans particuliers. J’imagine qu’avec Hadrien, ça causait LFI, ça causait Alliance. J’ai entendu Raphaël Glucksmann tout à l’heure, vous étiez au poste, donc vous avez autre chose à faire. Étonnamment, Glucksmann, il te dit, regardez, c’est la preuve que quand la LFI et avec le PS, ça ne fonctionne pas. Ouais, enfin, oui et non, ça dépend des villes, ça dépend des configurations, ça dépend des histoires, il se passent des choses et donc, effectivement, tu peux réfléchir union ou pas union, il faut quand même réfléchir à un moment, aux dynamiques et ce que ça peut raconter au-delà du local et les résultats sont pas simples. Pas simples. Effectivement, tu peux te dire qu’il y a quelque chose pour les insoumis de problématique ou en tout cas de décevant, et à Limoges et à Toulouse. Effectivement alors en partie, l’histoire de Toulouse, ça se joue par un effet de remobilisation qui l’a été défavorable à la gauche. Mais en même temps, là tu pourrais dire c’est de la faute d 'LFI, et en même temps à Tulle et à Brest, le candidat qui tenait la liste, qui était en tête de c'était un socialiste, et ça n’a pas marché non plus. Dans d’autres endroits, à Grenoble, à Lyon, ça a marché. Donc en fait, il y a pas mal de configurations et pas mal d’analyses. Vraisemblablement, il va falloir réfléchir un peu mieux. Et un des trucs qui m’ont frappé quand même hier soir, j’ai passé mon temps devant France 2, alors outre les séquences un peu bizarres pour le reste du territoire, de voir le maire de Paris à vélo, bon c’est rigolo, ça rappelle Jacques Chirac, tout ça tout ça, mais ça fait dix minutes, mais sérieux quoi, bon. Mais quand tu oublies le côté parisiano-parisianiste, des trucs qui est quand même frappant, c’est combien effectivement des partis qui aujourd’hui sont en manque d’enracinement populaire en arrivent quand même à truster le débat et faire comme si de rien n'était quoi. Et c'était assez terrible à entendre. Voilà, je m’arrête là, j’ai commencé déjà à dire beaucoup de choses, je suis désolé. J’ai fait mon prof, il faut se méfier.
01:17:07David Dufresne
Hadrien, ancien élève, qui vient témoigner de ces dures années.
01:17:15Hadrien Clouet
C’est vrai, c’est d’ailleurs, alors en Master 1… Non, non, je rigole. Alors on mangeait rarement en cours quand même, je ne sais pas ce que tu faisais à la fac, mais bref bon, non plus sérieusement, évidemment je suis d’accord avec tout ce qui est dit, j’ai rajouté peut-être un élément qui me paraît intéressant à bien avoir en tête sur l’aspect de crise, peut-être pas du mode de scrutin, mais en tout cas de l'élection municipale en général, c’est le fait que dans 70 % des communes il n’y avait qu’une seule liste. C’est-à-dire que c'était par ailleurs une élection qui dans plein endroit n'était pas une élection. La majorité des communes n’ont pas connu une élection au sens de choix. Elles ont connu la capacité à confirmer ou pas une équipe sortante, ou d’ailleurs une nouvelle équipe entrante. Et ça, ça vient de dire quelque chose aussi sur le rapport au scrutin municipal, parce que c’est assez nouveau cette percée de l’absence de choix dans beaucoup d’endroits. Et il me semble que une des causes, c'était sans doute pas la seule, ça l'épuise pas, mais une des cause importantes. C’est la baisse des dotations publiques aux municipalités qui conduit à ce que 1, on peut mener de moins en moins de politique dans une municipalité et donc c’est beaucoup moins attractif aussi pour des personnes qui ont des projets, qui veulent s’investir sur un territoire. Finalement, avec une association, on peut parfois changer plus de choses qu’avec une municipalité. Vu les moyens de la municipalité, ce qui est quand même assez étonnant, un peu loufoque dans une démocratie, deuxièmement, ça nous montre que les contraintes budgétaires sont telles sur les mairies. Que finalement il y a peu d’alternatives qui se proposent parce qu’en fait quand à la fin de l’année il vous reste 8 000 euros dans la caisse de la mairie ben finalement le débat gauche-droite il disparaît parce que de toute façon que vous soyez de gauche ou de droite vous n’aurez pas les moyens de mettre en œuvre une proposition politique et vous devez juste faire de la trésorerie au cas où il y aura un souci dans la ville et continuer à faire le travail de police, de voiries et de démarchage des gens pour les besoins fondamentaux et l’activité administrative, donc on assiste à une dépolitisation très forte qui est le produit de la coupe budgétaire massive et de la suppression des dotations aux collectivités territoriales.
01:19:30David Dufresne
Alors jusqu’ici on a beaucoup parlé, après Hadrien, je suis très heureux que tu sois là, mais si tu as d’autres occupations et que la Dépêche du midi jusqu' ici, ça fait du bien. Mais quand même, c’est une faute, nous n’avons pas parlé du RN, enfin c'était une faute. Qu’est-ce que l’un et l’autre, vous analysez des scores du RN hier, grosso modo qui n’a pas réussi à choper de grandes villes mais qui gagne du terrain dans les villes moyennes et qui se retrouve, toi qui a regardé France 2 hier, totalement épargné par la critique médiatique. C’est quand même ahurissant, c’est-à-dire qu’il y avait des questions molles, enfin quand même un peu pour la droite, très dures pour la gauche, exécrables pour la gauche de gauche, et sur le RN, rien !
01:20:28Vincent Tiberj
Oui et puis en plus tu vois bien qu’il y a de nouveau des questions de cadrage de manière de raconter c’est à dire que beaucoup insistent sur le fait que effectivement ils ont gagné des mairies c' est indubitable 60 70 faudra voir faudra compter parce qu' il y a diverses configurations de listes tout ça tout ça mais enfin il faut quand même
01:20:49David Dufresne
Vierzon, Liévin, Menton, Montargis, Castres, Orange, Carcassonne, Montauban. La Seyne-sur-Mer, Carpentras.
01:21:03Vincent Tiberj
Tu peux réfléchir à tout ça, alors il y a vraisemblablement là aussi de nouveau des histoires locales. Tu vois, La Flèche, Montauban c’est aussi des villes militaires. Carcassonne, ça se joue dans le cadre d’une triangulaire, le RN n’est pas majoritaire. Mais en même temps, on peut dire Carcassonne d’un côté, mais Nîmes de l’autre. Donc effectivement, ça, ça s’est joué encore une fois avec un certain nombre de logiques locales, mais il faut quand même se souvenir qu’on parle du parti qui était censé et qui est pour l’instant considéré comme favori, mais sans pouvoir y revenir, pour 2027, qui était censé arriver au pouvoir en 2024, et qui effectivement était en tête dans un nombre impressionnant de communes. Donc ça nous raconte quand même quelque chose, à la fois de sa capacité à s’implanter, mais aussi de sa difficulté à s’implanter. Et il y a plein de raisons derrière. La première raison, c’est qu’effectivement le RN mais comme pas mal de partis en fait, c’est des partis hors sol dans le sens où ils ont énormément de mal à rassembler les candidats et quand même faire une liste, ce n’est pas rien. Tu vois, présenter un candidat à la députation et une suppléante ou un suppléant dans une circonscription, ça va, c' est facile, mais là, quand tu commences à devoir mettre une dizaine, une vingtaine, trentaine, voire plus de gens qui vont avoir leur nom auprès de leurs voisins. Sur une liste RN, ce n’est plus la même histoire et donc ça te montre aussi leurs difficultés, effectivement, à s’ancrer. Alors après, il ne faut pas non plus se leurrer, il y a des tentatives au sein, dans certains territoires, dans certain départements, de monter en carrière, c’est-à-dire qu’on voit des gens qui auraient pu être attirés par une carrière de notable à droite basculer vers l’extrême droite, parce qu’effectivement, il y a des postes à prendre. Mais, il n’empêche que le résultat soit à la fois meilleur pour eux qu’avant, mais clairement moins bon que ceux-là qui auraient pu s’attendre. Donc ils ont quand même un certain nombre de défaites conséquentes, mais c’est pas grave, hier soir, effectivement, tout le monde avait gagné. Donc voilà et parce que, de fait, il est extrêmement dur pour les journalistes de faire rapidement une analyse d’un scrutin si disparate puis surtout, il est extrêmement dur de comprendre qu’elles sont à la fois locales et nationales. Tu vois quelque part Carpentras, le Gard, le Vaucluse, Menton, ça nous raconte quand même des choses assez intéressantes. Ça nous raconte effectivement la semaine dernière j’avais dit c’est un peu le “RN de la ville” avec piscine, mais effectivement le RN, ça fonctionne bien. Mais comme ça fonctionne bien aussi dans le Nord, effectivement, Hadrien le sait bien, dans les corons, et avec des logiques diamétralement opposées, parfois des demandes diamétralement opposés dans le point de vue le RN est la solution, qu’ils vont reprendre en main la politique et a il y des gens qui les croient.
01:24:01David Dufresne
Sur le RN ? Alors déjà tu peux parler de Toulouse ou le RN reste quand même éteint ?
01:24:07Hadrien Clouet
Oui, chez nous il a 5 % aux élections municipales, mais en fait il l’est parce que, et ça vient abonder le propos de Vincent, chez-nous il a une fusion quand même très avancée avec une partie de la notabilité des élites locales qui est déjà faite, c’est-à-dire que Jean-Luc Moudenc qui a fait une campagne extrêmement à droite, d’ailleurs il a obtenu le soutien sans condition et actif au second tour de Reconquête et ont été faire campagne activement pour Jean-Luc Moudenc, donc ici l’extrême droite, elle n’est pas en trompe-l'œil, c’est-à-dire que déjà on est évidemment content qu’elle soit faible en termes de participation électorale, en terme d’investissement des gens, mais ça ne doit pas cacher le fait que derrière cette faiblesse chiffrée, il y a une présence tout à fait importante, y compris dans des exécutifs sous des étiquettes de divers droites, on parlait du terme divers tout à l’heure, donc des divers C’est-à-dire qu’ils sont surtout, avant tout, ni de gauche ni de gauche. Donc on a cette fusion quand même qui est très avancée et qui menace parce que dans le sud-ouest c’est pas tellement les menaces de victoire électorale du RN parce que le département voisin bien sûr, si on va jusqu’aux Pyrénées Orientales on a évidemment des exemples d’enracinement profond, mais ce n’est pas tellement la victoire électorale du RN qui me menace en tant que telle, l'étiquette reste un repoussoir, c’est plutôt sa fusion avec la droite classique dans des listes de divers droites qui en fait cacherait ainsi l’arrivée aux commandes de militants d’extrême droite, parce qu’une ville comme Toulouse, les politiques qui sont menées de muselage, de fermeture, encore le BDB récemment, le centre d’art et d’exposition d’arts contemporains qui la tradition d’exposition sur Gaza, bon tout ça c’est une mairie divers droite qui le fait, tous les applaudissements de l’extrême droite.
01:25:59David Dufresne
J’ai cru au départ que c'était un jeu de mots quand tu as dit que Moudenc qui avait fait une campagne très adroite, j’ai crû que c'était en un seul mot, à droite, voilà..
01:26:11Hadrien Clouet
Ceci étant, il a quand même mobilisé et surmobilisé les beaux quartiers, donc la campagne en étant adroite a été à droite.
01:26:21David Dufresne
Voilà, tu peux te permettre au poste ici, c’est libre commune, mais est-ce que c' est pas là le grand problème auquel nous faisons face, nous la gauche, maintenant ? C’est-à-dire que l’alliance droite-extrême droite, elle est là, elle est faite, elle est devant nous. Et ça, ça change considérablement la donne, et de ce point de vue-là, je trouve que Toulouse est assez éclairante. Est-ce que là, on ne doit pas modifier des choses, se ressaisir, repenser les rapports de forces ?Question en l’air.
01:27:01Vincent Tiberj
En tout cas, effectivement, tu mets le doigt sur le truc important. C’est qu’en plus, elle se fait à la fois, elle ne se fait pas encore complètement dans les parties, mais tu vois bien qu’elle se fait du côté des structures électorales. Et de ce point de vue-là, tu vois, il fût un temps, je pense aux années 90, c'était il y a longtemps, vraiment il y avait longtemps. Désolé, c'était mon côté prof, mais il y avait eu une claire distinction entre l'électorat de droite et électorat d’extrême droite, et notamment c’est sur les questions d’immigration. Il y avait quand même des tentatives d’union par en haut, si tu te souviens bien, Charles Millon, tout ça, tout ça. Il y a eu des moments notamment où les alliances avec le FN de l'époque n'étaient pas si incongrues que ça.
01:27:47David Dufresne
Et puis il y avait des ministres qui venaient quand même d’Occident ou d’Ordre nouveau et qui avaient fait leur jeunesse là-dedans, qui se retrouvaient ministres de Chirac. Mais ouvertement, c'était fermé.
01:28:03Vincent Tiberj
C'était fermé, et c'était notamment fermé du côté des électeurs. C’est-à-dire que c’est notamment un truc assez marrant, assez intéressant de voir, par exemple, que les catholiques pratiquants, ça sous-votait extrême droite. Alors même qu’en termes de valeurs, ça aurait pu être attiré par un certain nombre de choses. Tu vois, aux États-Unis ça aurait marché, ça serait aligné facilement. Ce n'était pas le cas. Mais effectivement, à mesure qu’on se rapproche du temps présent, tu constates à la fois des tentations par en haut et des fusions par en bas et c’est ça le truc le plus important. C’est le truc le plus important d’une part parce que ces électeurs ils votent et donc ils votent de manière constante à la différence justement de certains des réservoirs de voix pour la gauche dont je parle régulièrement c'était démissionnaire, les quartiers populaires, tout ça tout ça, les jeunes, et donc eux ils votent et ils n’ont désormais plus de barrières au fait d’aller vers le rassemblement national et c’est quand même quelque chose. Menton, de ce point de vue-là, c’est assez frappant, mais Cagnes-sur-Mer, c’est pareil. C’est des villes qui, de fait, sont des villes sociologiquement de droite, classe moyenne supérieure, capital économique fort, tout ça, tout ça, et ça bascule. Et sans souci en fait, sans même que ça fasse scandale de la part des élites du coin. Et donc, t’as ça en bas, et très clairement. La mauvaise nouvelle c’est qu’il fut un temps le rassemblement d’un front national souffrait de l’abstention, notamment la partie populaire de son vote, du coup s’ils n’arrivaient pas aux urnes, c'était un vrai souci. Aujourd’hui, dès lors qu’ils s’appuient sur des classes moyennes, des classes supérieures, des retraités riches, etc effectivement tu peux te dire qu’elles vont être systématiquement présentes et ce qui se passe en bas sur ce qui se passe en haut. On a bien vu qu’un Lisnard n'était pas si défavorable à un Christian Estrosi. On a bien vu qu’entre le discours d’un Louis Sarkozy, la candidate du RN de Menton, il n’y avait pas beaucoup, beaucoup de différences. Hier soir, on entendait encore, là, c’est toujours sur France 2, Laurent Wauquiez, qui quand même s'était pris une belle défaite à Lyon, expliquait qu’il fallait une primaire de Attal jusqu'à Sknafo, en enjambant le Rassemblement national, en faisant comme si Reconquête, c'était juste un parti de droite comme les autres. Donc effectivement, tout ça permet de briser des digues, de faire en sorte de préparer effectivement un terrain, une fusion, et surtout en tapant effectivement sur la gauche en général LFI en particulier, en faisant en plus porter à la gauche et à LFI une espèce de faute morale, les accords de la honte, etc.
01:30:57David Dufresne
Hadrien, veux-tu répondre ?
01:31:00Hadrien Clouet
Bah non, je suis d’accord avec tout ce qui a été dit.
01:31:03David Dufresne
Ah, très bien, donc à moi de rebondir, la question de l’antifascisme dont on pensait qu’elle était d’une certaine manière acquise à gauche, on voit que ça se pose tout à fait différemment aujourd’hui puisque certains classés à gauche peuvent accuser notamment LFI d’accointances, avec la violence. Tout ce que l’on sait, alors que là, vous venez de démontrer, enfin toi Vincent, tu viens de démontrer vraiment le cœur de la menace LR, RN, Reconquête, etc comment on explique qu'à gauche, il y ait aussi maintenant la peur de cette ombre antifasciste qui était quand même le socle commun ?
01:31:55Hadrien Clouet
Moi je pense qu’il y a quand même aussi une droitisation de la social-démocratie aujourd’hui qui est très forte et qui va sur des thématiques qui étaient celles du RN, ce qui est d’autant plus, encore plus étonnant que la droite classique. Mais le débat qu’on a eu là sur le vote du budget, moi je suis convaincu qu’année 90, une bonne partie du PS aurait dit, on ne peut pas voter un budget qui crée la préférence nationale sans les APL des étudiants. Ou qui augmentent les droits de timbre, ou pour les types de séjour en préfecture, etc. Enfin, là, le PS, finalement, traite des mesures à caractère raciste comme toute autre mesure. Il n’y a pas finalement de rupture morale dans les mesures d'économie budgétaire qui sont concentrées sur une certaine partie de la population, à savoir les populations ou étrangères ou racisées ou parfois les deux. Et ça, c’est nouveau. C’est une rupture d’ailleurs qui n’existait pas avant ce budget-là. À aucun moment, on avait eu des députés socialistes qui nous disaient qu’ils pouvaient envisager de discuter le vote d’une mesure à caractère raciste ou xénophobe. C'était une rupture dans les valeurs. Ça ne correspond pas d’ailleurs aux chartes et aux documents internes aux partis socialistes depuis le début de son histoire. Même si dans les années 30, les socialistes ont déjà voté des lois racistes et xénophobes. En l'État, c’est orthogonal par rapport à tout ce qu’il peut écrire sur eux-mêmes. Et là, ça s’est passé sans débat. Il n’y a pas eu de discussion, ce n’est plus un critère d’indignation morale absolue que des politiques racistes. C’est un truc qui se discute. Est-ce que finalement, entre la politique raciste et la stabilité gouvernementale, qu’est-ce qu’on décide ? Vous voyez, c’est devenu un paramètre ordinaire et banal des débats publics. Et bon, par ailleurs, moi j’en tire la conclusion que les Insoumis, on doit surtout ne rien céder là-dessus, parce qu’en fait, si on est les derniers à essayer de défendre dans le débat public le caractère extraordinaire au vrai sens du terme, c’est-à-dire le caractère non ordinaire des mesures racistes et xénophobes, évidemment qu’on doit s’y maintenir et c'était peut-être aussi une des raisons pour lesquelles parfois dans les municipalités on arrive en tête au premier tour, parce qu’il y a des populations pour le coup ici qui sont ciblées, des populations racisées, LGBT, syndicalistes, qui savent pouvoir compter sur nous contre vent et marées.
01:34:14Vincent Tiberj
Et si on peut aller plus loin, je pense qu’en plus, quand tu regardes ce que sont les militants socialistes, ce que ce sont les militants du reste de la gauche, sur le territoire, sur le terrain, ils ne sont pas loin de ces idées-là aussi. Et là, tu peux t’interroger effectivement sur ce qu’est le PS en tant que parti aujourd’hui. Tu vois, c’est très frappant, hier soir, de les entendre plus taper sur LFI effectivement, plutôt que d’envoyer un certain nombre de messages sur les services publics, sur la nécessaire protection des plus faibles, sur l’adaptation sociale aux changements climatiques, en gros faire autre chose qu’une écologie de jardinage mais aussi une écologie sociale. Tout ça a priori, Hadrien doit côtoyer encore plus que moi, c’est des choses qu’on retrouve en bas.
01:35:04David Dufresne
C’est moche de balancer ses anciens étudiants, ça c’est moche, devant des millions de gens en plus. Vous regardez trop les débats télé Monsieur Tiberj, vous avez le coup bas trop facile à 8h38.
01:35:20Vincent Tiberj
Il faut quand même se souvenir qu’une partie de l’histoire du NFP de 2024, c’est notamment un truc de citoyens et qui se sont engagés non pas derrière un parti, mais se sont engagés derrière une union, derrière un ensemble, derrière des valeurs et tu trouves ça pas qu'à Paris, tu trouves ça à la Souterraine, à Figeac, dans plein plein plein d’endroits où il s’est passé plein de choses de ce point de vue-là. Pour revenir à la question de l’antifascisme, qui était ta question initiale, ce qui est très frappant, c’est qu’on se retrouve quand même dans une histoire où l’argument de l’antifascisme égale de la violence, la violence égale la jeune garde, la jeune garde égale la FI a été extrêmement dure à déconstruire. La remise en perspective de la violence, et notamment la violence de l’ultra-droite, il a fallu un sacré bout de temps, d’un point de vue de temps médiatique, autant d’autant de temps que tu ne passes pas à parler d’autre chose. Et donc tu vois combien, effectivement, c’est inséré, et de la part notamment de médias centraux, je pense au Point, je pense à Marianne, cette idée que les antifascistes deviennent les nouveaux fascistes, alors même que effectivement, les antifascistes, il y a clairement, pour certains d’entre eux, un registre de la violence et à l’endroit de l’ultra-droite. L’ultradroite, sa violence, elle existe, elle est avérée, et à la fois sur les réseaux, dans les mots et dans les actes. Et là effectivement, c’est les racisés, c’est les LGBT, c’est les syndicats, c’est les associations, des gens qui, a priori, eux, ne cultivent pas la violence. Donc on est aujourd’hui dans une situation où effectivement il y a une espèce de totem d’immunité utilisé par la droite, notamment sur cette idée que désormais Jean-Luc Mélenchon serait antisémite, la LFI serait antisémite, la gauche serait antisémite. C’est utilisé du coup à complet rebours de ce que donnent les données d’enquête, de ce qui permet de comprendre les logiques de préjugés, etc. Et ça leur permet quelque part de gérer une condamnation morale. Et là, il faut s’interroger effectivement sur collectivement comment la gauche réussit à se faire piéger sur ça, à se déchirer sur ça. Et donc, là, y a quand même vraiment des torts partagés. C’est-à-dire que j’ai tapé sur Glucksmann, mais Méluche déconne aussi sur un certain nombre de trucs donc il y a un moment, il va falloir réfléchir à ce que ce truc-là produit. Dans un monde très très médiatisé où effectivement désormais l’attention est portée sur ça, et le moindre mot, la moindre expression sera utilisée de ce point de vue-là, et ça te donne des trucs délirants comme le soutien du CRIF à Jean-Michel Aulas alors que le gars voulait mettre Quentin Deranque en hommage sur la mairie de Lyon, enfin, sérieux. Donc il y a un vrai travail là effectivement, il va falloir remettre en question tout ça et aller vite, parce que ça arrive vite non seulement à la présidentielle ça arrive vite, mais vous voyez bien comment ça fonctionne aujourd’hui, en tout cas en termes de bruit médiatique. Si tu ne réussis pas à instiller des trucs sur les inégalités sociales, les éléments de discrimination, les éléments de racisation, le comportement de la police, hier on a encore eu des exemples sur les violences, sur les programmes que veulent défendre la gauche, et bien de toute façon tu vas jouer à l’extérieur et en plus tu vas t’en prendre plein la gueule !
01:38:56David Dufresne
Hadrien, sur la question des torts partagés de "Méluche déconne, es-tu autorisé à répondre ?
01:39:05Hadrien Clouet
Moi, je suis autorisé à répondre à absolument tout, hein, mais… Mais je ne le fais pas !
01:39:10David Dufresne
Ha ha ha ha !
01:39:15Hadrien Clouet
C’est faux, il ne manquerait plus que ça. C'était mon indépendance. Oui, mais si vous saviez, vous savez qu’en fait il nous paye pour venir.
01:39:29David Dufresne
Oh putain, oh putain. Ça y est !
01:39:33Hadrien Clouet
Parce que les gens, ils ne savent pas qu’on s’est vu au restaurant hier soir, et que c’est toi qui a réglé en plus.
01:39:40David Dufresne
N’importe quoi.
01:39:41Vincent Tiberj
C'était un restaurant végan.
01:39:44David Dufresne
Bon bref, allez, on répond à la question, s’il te plaît.
01:39:49Hadrien Clouet
Je peux te dire à tout le monde, c’est une blague, hier soir j'étais à Toulouse et on s’est pas vus.
01:39:53David Dufresne
Et ouais, j'étais dans le train qui allait du sud-ouest qui menait à Paris.
01:40:00Hadrien Clouet
D’accord, bon ben voilà, mais quoi qu’il en soit, moi je n’ai pas de problème à discuter point par point, mais le sentiment que j’ai quand même sur la dernière séquence, c’est que, en fait, il y a deux éléments dans le débat. Il y a d’abord une tentative de disqualification d’un mouvement politique, à savoir la France Insoumise, qui nous met sous une pression, faisant en sorte qu’en fait la moindre expression, de toute façon, étant scrutée et interprétée à l’aune d’une logique qui la précède. Le sujet n’est plus de commenter les déclarations ou l’action d’activité politique des Insoumis, le sujet est de savoir quel terme, quelle expression, quel moment politique peut être utilisé pour venir confirmer ce qui est raconté auparavant. Et donc, en toute façon, une fois qu’on est dans un tel cadre, on ne peut plus faire grand-chose. À part, évidemment, casser le cadre et parler totalement d’autres choses, et refuser de revenir sur les sujets dans lesquels ils veulent t’installer. Et on l’a vu de manière particulièrement violente à Toulouse. Je pense à la cérémonie…
01:41:03David Dufresne
J’allais t’en parler.
01:41:06Hadrien Clouet
La cérémonie de jeudi dernier, en hommage aux victimes de l’attentat islamiste et antisémite de Mohammed Merah c’est un moment de recueillement qui a lieu tous les ans et donc tous les ans il y a préfecture, mairie et les députés qui sont invités et c' est normal, cérémonie publique qui vise à exprimer qu’au delà des options philosophiques ou politiques respectives des uns des unes et des autres, il y à des choses sur lesquelles on se en l’occurrence le respect dû au mort et la commémoration des victimes d’un attentat. Et pour la première fois, il s’est passé une opération politique de la part de Jean-Luc Moudenc et d’ailleurs je me demande de ce qu’a fait le préfet en l’espèce parce qu’il était quand même là sans agir, donc il est également concerné par ce qui s' est passé, puisque l’arrivée des députés insoumis a été, bon, on vit de ça, c’est ce truc dont on se fiche le plus, mais a été sifflé, hué et ensuite victime d’insultes et d injures, notamment à caractère homophobe et raciste. Il y a des militants, des militantes à nous qui ont été frappés, par des participants, c’est des participants. Le protocole avait été modifié exprès pour faire en sorte qu’on dépose nous les gerbes en plein milieu histoire d'être bien pris en tenaille, de rendre visible en fait le fait que les députés LFI sont insultés, puis le maire de Toulouse est célébré, on parle quand même de cérémonie, notamment pour des gamins qui ont étés assassinés et ce qu’ils trouvent à faire c'était de hurler Jean-Luc Moudenc maire dans ce type de cérémonie, enfin c’est d’un pitoyable absolu. Et donc c'était une opération qui était évidemment concertée, puisque d’ailleurs les adjoints de Moudenc les uns ont hurlé avec certains membres de la foule, les autres se sont retournés. Et donc, c'était une mise en scène politique qui a, je trouve, peu de précédent dans le pays et qui montre une complicité de la part de l'État parce que finalement, c’est la police municipale qui nous a sorti de là, à la fin. Enfin sortis de toute façon on sortait quoi, donc voilà, mais la police municipale a, disons, éliminé des gens, ouais, c’est ça, il y en a même un qui a été plaqué au sol par la police municipale, un type qui voulait nous attaquer, tu vois. Bon, on avait un service d’ordre à nous parce qu’on a une confiance tout à fait mesurée dans ce qu' on appelle des services d’ordres publics, à savoir les forces de sûreté, quand je dis confiance très mesurée ça veut dire on n’a pas confiance du tout, et donc on avait notre propre service d' ordre, donc ça allait, mais la situation était quand même pathétique et elle montre en fait le fait que maintenant, non seulement. Ils jouent sur différents registres de disqualification mais surtout qu’en plus en fait ils en viennent à utiliser les cérémonies publiques comme des instances de politisation de l’extrême droite et ça je sais pas ce que ça va faire mais je suis pas sûr que ça fonctionne quand même sur le long terme parce que typiquement il y avait tu vois quand on serre la main aux porte-drapeau à la fin de la cérémonie parce que moi évidemment c’est pas trois hurleurs qui vont m’intimider donc ma cérémonie je la fais, la gerbe de fleurs je la dépose je reste à mon rang protocolaire et je salue les gens après et je les ignore les autres. Mais il y avait deux porte-drapeau qui pleuraient tu vois honnêtement je pense que les deux personnes n'étaient pas totalement des bolcheviks voilà qui étaient là pour la cérémonie mais tu vois ça dépasse largement le truc gauche-droite en fait aussi le fait de désacraliser les formes rituelles républicaines d’hommage aux morts et je trouve que c’est vraiment un truc qui est sans précédent et qui est une rupture assez inédite
01:44:30David Dufresne
Alors je te remercie Hadrien d’avoir pris le temps de nous expliquer ceci parce que je voulais absolument t’en parler pour te donner mon point de vue, c’est que quand j’ai entendu France Info en boucle là-dessus… Je me suis dit, c’est foutu, François Picquemal ne va pas remporter la mairie. J’ai eu cette intuition, mais j’ai aucun élément, parce que je me suis dis, bon, ouais, même à lui, qui n’a jamais eu la moindre déconnade, on va dire, pour reprendre les termes de notre politiste préféré, on lui met ça sur le dos. Et là, j’avoue, c’est un problème auquel vous devez faire face. Non, parce qu’il va se répéter tous les jours. Et donc, excuse-moi, je poursuis et je te laisse évidemment la parole. Quand j’entends Paul Vanier donner comme argument, il y a : si c’est antisémite, telle ou telle déclaration, poursuivez il n’y a pas eu de décision de justice sur l’antisémitisme supposé de LFI. C’est un peu court, c’est un peu court. Ça ne suffit pas de dire qu’il n y a pas une décision de justice, me semble-t-il.
01:45:43Hadrien Clouet
C’est pas tout ce qu’on dit, le cœur de notre réponse est de dire qu' on est favorable à des politiques publiques de lutte contre l’antisémitisme, parce que tout ce qui se passe aujourd’hui, c’est assez étonnant aussi, en fait le discours sur les racismes et l’antisémitisme est un discours qui est devenu purement métaphysique. C’est- à-dire, il y aurait les personnes qui le sont, les personnes qu’ils ne sont pas, très généralement greffé sur des sujets et qui en sont totalement déconnectés. D’ailleurs, un des trucs qui a été hurlé à François à la cérémonie, c’est : retourne à Gaza. Pour te donner un peu une idée des chaînes d'équivalence qui sont faites. Ils n’ont évidemment rigoureusement aucun lien avec les Juifs et les Juives en France, la question de Gaza. C’est-à-dire les seules personnes responsables, les personnes qui votent pour Netanyahou en Israël, point. Ce ne sont pas les Juives et les juifs en France. Donc bref, mais quoiqu’il en soit il y a une jonction de ces différents sujets, mais on voit que le sujet est purement métaphysique. C’est est-ce que vous l'êtes, est- ce que vous ne l'êtes pas ? Il y en a certaines institutions qui s’arrangent le droit de faire ça, ce qui pose deux problèmes. Le premier, c’est que la politique disparaît. Enfin, il me semble que le sujet fondamental, c’est de savoir, est ce qu’on mène des politiques de lutte contre les racismes et l’antisémitisme ? Oui ou non ? Nous, on a des propositions là-dessus. D’un débat public qu’on dépose régulièrement. Par exemple à Toulouse avec François, on se bat depuis des années pour qu’il ouvre enfin sur le volet mémoriel un musée en hommage à la résistance juive. Il n’existe pas aujourd’hui, il n’y a pas de musée spécifique, alors qu’ici on a eu l’armée juive, on a des organisations de lutte armée juives contre le régime de Vichy et l’occupation nazie. On a des revendications comme ça qu' on met sur le débat public mais qui n’existent pas parce qu’elles n’ont pas de relais non plus médiatiques. On profite de la panique morale, exclusive. Donc un sujet qui est métaphysique sur la question de l’antisémitisme et deuxièmement, on a un second enjeu qui est évidemment le fait de tenter de greffer par certains le conflit sur les enjeux électoraux en France, et d’ailleurs évidemment d’utiliser la population juive en France comme un outil géopolitique. En l’associant, de force, à un gouvernement tiers d’un pays étranger pour lequel je n’ai pas de mots assez durs, évidemment et puis, pardon, je termine juste un dernier point et peut-être qu’une des dernières questions que ça pose, c’est sur la définition du racisme et de l’antisémitisme. Est-ce que le racisme ou l’antisémitisme, c’est un attribut de personne ? Est- ce que des gens sont racistes ou antisémites ? Ou est-ce qu’un racisme, l’antisémitisme c' est des actes et des paroles qui sont en circulation ? Et c’est deux manières très différentes de voir la chose, parce que si le sujet c’est de dire que ces des personnes qui le sont. Alors les politiques de lutte finalement n’ont pas beaucoup d’effets et de portée. Si le sujet de se dire que le racisme et l’antisémitisme c’est des actes et des paroles, alors les politiques de luttes elles ont un effet et elles visent évidemment le plus grand nombre qui à tout moment de son existence peut être traversé ou reprendre ou être émetteur de propos ou d’actes qui sont racistes ou antisémites.
01:48:42David Dufresne
Vincent, le tchat remarque que tu bouillonnes.
01:48:46Vincent Tiberj
Non, je ne bouillonne pas, je vais aller dans le sens de la dernière. En fait, et là, je prends ma casquette scientifique. C’est qu’on est aujourd’hui dans un vrai conflit autour de comment on appréhende la question des discriminations, des racismes, des préjugés et effectivement, tu sens bien qu’il y a une partie des acteurs intellectuels, sondeurs qui sont en train d’essayer de décorréler l’antisémitisme de toutes les autres attitudes, et voire même d’utiliser l’antisémitisme comme une manière de décriminaliser toutes les autre politiques de luttes contre les discriminations. En gros, en disant « moi je ne suis pas antisémite », tu peux dire des horreurs sur les noirs à Saint-Denis, les musulmans, tu peux balancer des horreurs sur Roubaix tu peut balancer des horreurs sur les personnes racisées, enfin c’est assez impressionnant, et alors même que quand tu regardes du côté de la sociologie des préjugés, on reste quand même sur un truc où si tu es antisémite, t’as quand même de grandes chances d'être islamophobe, d’avoir des tentations vers du racisme biologique bien classique, etc. Donc il y a aujourd’hui effectivement une lutte y compris sur les instruments, et tu combien moi qui travaille beaucoup avec le baromètre de la CNCDH On se fait aujourd’hui tacler par notamment la Fondation pour l’innovation politique qui nous explique qu’on ne prend pas en compte dans notre mesure de l’antisémitisme les attitudes à l’endroit d’Israël et de Netanyahou tu vois combien, effectivement, il y a aujourd’hui une vraie lutte pour essayer de définir quelque part une manière d’appréhender l’antisémitisme qui serait compatible avec la droite et l’extrême-droite. C’est vraiment très, très troublant.
01:50:37David Dufresne
Vincent, juste pour être bien clair, parce que tu as parlé du baromètre de la CNCDH, la Commission nationale consultative des droits de l’homme, il faut dire ce qui est ce baromètre à tous ceux qui participent dans le chat.
01:50:48Vincent Tiberj
Alors c’est une enquête annuelle commencée en 1990, donc qui continue encore aujourd’hui. Le rapport sortira, j’espère, en juin pour cette année. Et voilà, et c' est un baromètre dont le but du jeu est d’essayer effectivement de faire un point sur les différents racismes, l' antisémitisme, l' islamophobie. On a rajouté des questions récemment sur le racisme anti-asiatique, on a des questions sur les tsiganes etc et tu vois que tout ça Ça forme un patern, en fait, et on se retrouve aujourd’hui dans une forme de captation, comme si, effectivement, parler d’Israël et critiquer Israël, c'était nécessairement être antisémite, et en plus, et tu vois le pendant, effectivement dont parlait Hadrien sur retourne à Gaza cette idée derrière qu’effectivement, la LFI, dès lors qu’elle soutient les Palestiniens il prennent cher, vraiment très très très cher, on n’est pas loin effectivement. Le nombre de morts est quand même assez impressionnant, on n' aurait pas accepté ça il y a bien longtemps. Et en plus, c’est une position qui d’ailleurs se retrouve dans l’opinion française. Tu testes que l’armée israélienne fait trop de victimes civiles, tu as une large majorité des gens, ben oui. On est effectivement dans un truc où l’indignation autour des bombardements à Gaza disparaît au profit d’un espèce de soutien à Netanyahou et avec une forme de préemption de la lutte contre l’antisémitisme associée à Netanyahou. Et là, c’est quand même extrêmement compliqué et tu vois combien la LFI dans son ensemble, quel que soit les gens, se retrouve associée à un cadrage qui, effectivement, vous rend la vie extrêmement compliquée. Et derrière, vous avez effectivement les discours et la manière dont certains acteurs, au sein de la social-démocratie et ailleurs, enfin de la social-démocracie, l’aile droite du Parti Socialiste, parce que la social démocratie, c’est pas ça. Effectivement, on se retrouve à réutiliser des tropes, des manières de penser, des manières de vous caractériser. Et c' est un souci. Et alors même, effectivement que je me souviens de la La loi proposée par Danièle Obono, qui est une loi qui montre bien effectivement combien il faut lutter contre tous les racismes et c’est un mal commun, encore une fois.
01:53:19David Dufresne
Si j’en crois le tchat, Hadrien, qui défile et que vous voyez peut-être sous vos yeux, il y a deux tendances. Il y a ceux qui disent oui, il faut clarifier, LFI doit clarifier ses positions et d’autres qui disent qu' il n’y a aucune clarification à porter. Nous ne sommes pas antisémites, point. J’imagine que vous êtes en train de réfléchir à ça quand même, parce que ce qui est arrivé l’autre jour à Toulouse à votre candidat, à mon avis, va se reproduire tous les jours, quand on voit là l’efficacité, je dis ça avec des guillemets, efficacité de cette accusation qui est totalement infamante, de laquelle il est absolument impossible de sortir, sans faire un effort, me semble-t-il, vous leste ?
01:54:09Hadrien Clouet
Oui, après, bon, il y a deux éléments. Il y a d’abord une partie des accusateurs, de toute façon, ce sont des forces qui sont politiquement hostiles et sont pas de bonne fois, aller se défendre face à des officines d’extrême droite qui sont des relais en France de Benjamin Netanyahou et qui en fait parlent d’antisémitisme parce que c’est un critère de discrimination politique pour eux et qui d’ailleurs n’ont jamais un mot pour ni les cas réels ni d’avoir une proposition de politique publique parce que souvent le principe L’association qui défend des personnes victimes de discrimination, c’est évidemment de les défendre moralement, verbalement, et aussi d’avoir des propositions de modification de l’ordre général du pays pour que ces gens soient protégés et aillent mieux, bien sûr. Les personnes racisées, les personnes juives, les personnes LGBT, etc. Toutes les personnes qui peuvent avoir une vulnérabilité par rapport à des actes de violence qu’elles subissent. Mais moi, je pense que la réponse qu’on doit apporter, c’est toujours une réponse de politique publique, en fait. C’est une réponse qui quitte le côté individuel du jugement moral de l’un de l’autre, de la tentative de sous-peser. Alors toi, tu es à combien de pourcentage dans tel ou tel type d’appel à la discrimination ou de complicité par alliance ? Parce que tu as vu l’ours qui a vu la belle-sœur qui a vu le boulanger, qui lui-même connaît quelqu’un qui un jour a dit un truc. Donc, le sujet pour moi, c' est là-dessus. C' est le travail qu’on conduit en termes de politique publique. Et de propositions dans le débat, et là-dessus on a une difficulté à faire émerger nos propositions. Mais c'était déjà le cas, tu vois, par exemple, au moment de la discussion des débats sur le NFP. Je veux dire, il y avait eu à l'époque, certains disaient, il faut faire une déclaration pour dire qu’on est contre l’antisémitisme d’accord ? Mais nous, notre sujet, c’est quels sont les moyens et les consignes qu’on donne à une direction interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, pour qu’elles soit active, qu’elle agisse, qu’elle fasse le travail de prévention, d’identification, de sanction, etc. Enfin c’est ça le sujet en fait pour moi. Et là pour le coup il y a une vraie division. Il y a ceux qui pensent qu’en fait c'était un sujet de verbiage, et il y en a ceux d’intervention politique, moi je suis effectivement parti de cette seconde catégorie et je pense que c’est là-dessus qu’il faut qu’on aille de manière encore plus offensive.
01:56:25David Dufresne
Il est bientôt 9 heures, j’imagine que vous avez des obligations. Est-ce que je vous laisse le mot de la fin à l’un et à l’autre. Je peux vous poser une question très, très simple : les listes, que faire ?
01:56:45Hadrien Clouet
Alors, je vais peut-être dire un mot pour celles et ceux qui nous écoutent et qui sont de Toulouse ou du coin. Bon, juste pour leur dire que vous savez qu’il y a 1 ou 50 conseillers municipaux insoumis à Toulouse. Ça ne changera rien sur la force de l’engagement qu’on veut avoir et je voudrais dire à toutes celles et ceux, qui ont un loyer trop cher, qu’on se battra toujours pour l’encadrer, celles et ceux qui n’ont plus de médecin traitant, qu’ont se battra toujours pour les centres de santé municipaux, celles est ceux qui sont victimes d’actes racistes, antisémites, LGBTphobes, homophobes qu’on sera toujours à leur côté pour que la ville se porte partie civile, on se battra là-dessus. Bref, je veux dire à toutes celles et ceux qui ont lutté, qui ont cru en nous, qui ont eu l’espoir pour le programme politique qu’en porte qu’on le portera toujours, qu’on soit zéro, qu’on soit 1000 dans un conseil, on sera toujours à vos côtés à se battre et donc on compte sur vous pour venir nous aider. Et évidemment, tout l’intérêt, c’est de croiser les luttes. Si vous vous êtes battus avec nous parce que vous voulez que l’eau soit publique, ça veut dire que vous avez aussi défendu des personnes qui sont victimes d’un racisme et d' antisémitisme. Donc, on a besoin de votre coup de main pour être toujours plus puissants ensemble.
01:57:50David Dufresne
C'était la minute électoraliste d’Hadrien Clouet, très bien.
01:57:55Hadrien Clouet
C’est pas électoraliste parce qu’on en prend pour 7 ans avant la prochaine municipale donc là ce n’est pas électoraliste.
01:58:02David Dufresne
Mais monsieur a de l’avenir, monsieur le sait, donc voilà. Et sur un plan moins local, quand bien même la ville rose est dans mon cœur, qu’est-ce qu’on peut faire Hadrien et après Vincent ?
01:58:17Hadrien Clouet
Je pense que quand vous avez une mairie de droite qui vient d’arriver, c’est important d’aller dans les syndicats, les associations, évidemment les mouvements politiques si vous pouvez, parce qu’il va avoir besoin de résistance. Faut pas oublier qu’une ville, c’est quand même une instance de quelques milliers de personnes et que beaucoup de projets peuvent se bloquer quand on se mobilise. C’est un lieu où les élus, vous les voyez, ils sont quand même sous le contrôle populaire. Donc il faut se bouger, il faut se mobiliser, on ne peut pas abandonner nos villes à des notables qui sont là parce que un notable de droite qui fait son trou, c'était quelqu’un qui risque de rester pendant 20 ans après. Parce qu’il tient le tiroir caisse, il opère des logiques de contrôle par le haut dans la ville donc, il ne faut surtout rien lâcher. Le début d’un mandat, c’est le début le plus difficile pour les nouveaux élus. Donc, c’est là qu' il faut fixer un rapport de force avec eux et avec elles. Il ne faut surtout pas abdiquer et leur laisser la main. Il faut leur pourrir la vie jusqu'à l'été à vos élus de droite pour qu’ils comprennent bien que la ville ne leur appartient pas corps et âme et disons de chaque bout de trottoir à chaque bout de toit. Donc, il est important de se battre. Et là où vous avez des élus, de gauche, Eh bien c’est pareil, allez les contrôler, allez surtout être en rapport avec elles et avec eux, leur dire ce dont vous avez besoin. Il faut s’engager collectivement parce qu’une mairie quand elle est de gauche, évidemment c' est mieux qu’elle est de droite, mais ça ne veut pas forcément dire que les élus sont attentifs à tous les problèmes et donc ils ont besoin en fait, ils ont besoins pour gouverner correctement la ville et que vous soyez impliqués. Parce que, comme le disait Henri Lefebvre, la ville c’est un droit et le droit à la ville, c’est quelque chose qui se conquiert et se reconquiert tous les jours par l’action et par la mobilisation. Effectivement une partie de l’histoire, une partie de l’abstention, une part des résultats qu’on a démontrent quand même qu’il y a d’autres manières d’intervenir, d’autre manière d’agir et notamment par les associations, par les réseaux, par par les collectifs et ça ça existe et c’est effectivement un sacré contre-pouvoir et faire comme si, et c'était un peu le cas de la soirée d’hier soir encore une fois, comme si on revenait à la politique à papa avec des élus qui dirigent, des partis structurés qui vous expliquent la vie, mais non, ce n’est pas ça. Ensuite, effectivement, un des problèmes, c’est qu’on est toujours marqués par ces espèces d'échéances électorales. Et là, déjà, j’ai entendu, c’est dans 385 jours, la présidentielle, bon, il va falloir bosser. Il va falloir bosser à la fois du côté effectivement des collectifs militants, partisans, politiques,mais aussi du côté des collectifs militants. Effectivement, la politique, si vous n’en emparez pas, elle va s’occuper de vous, sachant effectivement, encore une fois, que la droite, l’extrême-droite, les électeurs constants, les boomers conservateurs,eux y sont. Voilà donc si vous ne vous déplacez pas, si vous ne mobilisez pas effectivement, c’est eux qui gagnent à la fin, et encore une fois contre le mouvement de la société.
02:01:21David Dufresne
Merci infiniment à tous les deux d’avoir pris le temps de débattre, de discuter et si on peut faire notre modeste part au poste dans la mobilisation, et bien, on le fera avec cœur, avec joie et avec entrain. Merci. Merci à vous deux.
02:01:40Hadrien Clouet
Merci beaucoup.
02:01:42David Dufresne
Passez une bonne journée. Merci encore ben oui, on est à l’antenne depuis cinq minutes et si on veut y rester à l’antenne et continuer, et bien il faut soutenir auposte, soutenez-nous, soutenez les possibilités. Si vous êtes imposable, vous pouvez faire des dons qui sont défiscalisés au nom du pluralisme de la presse et de l’intérêt général, puisque auposte est reconnu comme un média à part entière. Ou sinon, c’est nouveau, depuis un mois vous pouvez vous abonner. Des abonnements qui démarrent à 2 euros par mois, 5 euros, 10 euros, etc. L’avantage d'être abonné, c’est que vous avez la possibilité de personnaliser un petit peu le site, de choisir votre player préféré, de voter pour les émissions du moment, émission qu’on met en tête, enfin en une. Bientôt il y aura d’autres fonctionnalités, vous avez des avatars sur le Discord, des trucs et des machins, mais surtout vous, aidez aux postes comme personne. Puisque c’est les abonnements où nous avons le moins de frais bancaires, voilà. Donc n’hésitez pas, si vous considérez qu’il faut des médias indépendants et que auposte fait partie de cela, et bien pour ça il faut nous soutenir et ça nous permet de payer nos salaires, ça nous permet de payer le loyer, les assurances, les transports. Par exemple jeudi, nous partons avec Nayan à la réalisation, Nous partons à Melle pour une émission spéciale sur les 3 ans de Sainte-Soline. Attends, non, hop, les convocations, c’est là, ouais, parce que, par ailleurs, on a un tout nouveau site que je vous conseille d’aller voir. Je vous donne vite fait le programme de la semaine. Je ne lis pas le tchat, hein, je suis désolé. Est-ce qu’il y a une application au poste ? Non, pas encore, pas, encore. Mais par contre, le nouveau site est totalement compatible téléphone. Voilà, merci Dave et auposte, nous sortons des sentiers battus et il nous permet de souffler. Engagez-vous, devenez homme sandwich pour auposte. Toc, toc, avez-vous lu l’article de StreetPress sur les agressions de militants ? Non, pas tout à fait. Glycine nous dit pas besoin d’application avec le nouveau site. Ah oui, et puis il va y avoir aussi une newsletter éditoriale dédiée aux abonnés. Mais pour le reste, tous nos contenus sont toujours disponibles pour tout le monde. C’est le principe du mutualisme, c’est-à-dire que quand vous vous abonnez ou quand vous faites un don, en fait, vous financez la production d’auposte qui est rendue disponible à tout le monde, c’est-à-dire que vous aidez à financer des contenus que les gens qui n’ont pas de pognon peuvent quand même continuer à avoir. Il n’y a pas de mur payant. Voilà, il y a aussi la cloche, le pouce, etc. Alors, attends, je trouve intéressant qu’au poste pose toujours la question à LFI. Quand allez-vous enfin faire attention en boucle depuis le début des procédures d’antisémitisme ? N’est-ce pas une manière de toujours remettre une pièce dans la machine dont il n’a pas suffisamment répondu ? Que faut-il ? Demande Saint Thomas. Alors, Saint Thomas, d’abord j’ai une blague pour toi. Si tu as pris ce pseudonyme, c’est probablement parce que comme Saint Thomas tu ne crois que ce que tu vois. Eh bien, je te dirai, as-tu déjà vu Saint Thomas ? Voilà, ça, c’est ma petite blague à et je l’aime bien. On a passé plus d’une heure avec Hadrien Clouet, on a parlé en détail du programme de LFI à Toulouse, et je pense que la question antisémitisme est au cœur de la défaite. En grande partie ici ou là de LFI, vous faites ce que vous voulez. Moi, je pense qu’il faut en parler. Et encore une fois, je le dis et je le redis : ce qui compte, ce n’est pas la question. Ce qui compte, c’est la réponse. Ce qui compte, c’est qu’ici, il n’y a pas de guet-apens pour personne, y compris pour les gens que j’invite avec lesquels je ne suis en accord sur rien. Moi ce qui m’intéresse c’est de comprendre, c’est de réfléchir ensemble, c’est d’essayer de proposer une intelligence collective. Après voilà, si on doit ne pas poser des questions parce qu’elles fâchent, et bien il y a d’autres chaînes, il n' y a pas de problème ! Je lis YouTube. Oui, oui, j’ai les deux chats sous les yeux. Ouais, ouais, je lis YouTube, j’ai le chat de YouTube et de, comment dirais-je, de Twitch. Alors, demain soir à 18h, municipales donc, de Feu et de Cendres, avec Émilien Houard-Vial, grand, grand connaisseur de la droite. Je pense qu’on va se marrer, parce que c’est un mec marrant avec lui, même si ça nous fait froid dans le dos les propositions de Retailleau, de Wauquiez, de la Grande Union de la droite. Il y aura Sylvain Crépon, un des chercheurs les plus sérieux sur la question du Rassemblement national. Marion Jaquet Vaillant qu’on ne présente plus, Nicolas Lebourg qu' on ne présente plus. Notre historien fétiche et complice d’animation d’Extrêmorama depuis plus de trois ans ce sera demain à 18 heures. Tout à l’heure,Vincent Tiberj disait, la démocratie, ça n’est pas que l'élection. Eh bien, précisément, c’est l’objet du bouquin d’Edwy Plenel. Que reste-t-il de l’idéal démocratique ? Edwy sera avec nous le 25 mars à 8 heures du matin, d’un très bon horaire le 8 heures, le 25, le même jour, Antiféminisme, pensez le féminisme à l’aune du validisme, c’est une émission de Nora Bouazzouni avec comme invitées Célia Boucher, Céline Extenso, Mathéa Boudinet C’est donc, ça mercredi et jeudi, comme je vous le disais, Sainte-Soline, trois ans après nous serons en direct de Melle dans les Deux Sèvres avec tout un tas de copains, Julien Leguet de Bassines non Merci, Anne Morwen-Pastier, chercheuse en sciences de la Terre, Najet de La Légal Team, Mika grièvement blessé à Sainte-Soline, et peut-être Benoît Delépine et Antoine Chao qui seront sur Melle pendant trois jours, car cette semaine, il y a partout en France, des célébrations, si je puis dire, des commémorations, des souvenirs de ce moment extrêmement important, Sainte-Soline, avec ce déferlement de violence d'État et de vaillance écologiste et donc tout ça, eh bien on le saluera en allant à Sainte-Soline. Donc voyez le programme, il est chargé et il est chargé parce qu’on met les bouchées doubles d’année en année. Là on a un nouveau site, on a Théophile qui nous a rejoint pour les réseaux sociaux. Je ne sais pas si vous avez vu passer mais ça commence à grossir, il y en a marre, on va. aller mettre un peu plus de troubles dans l’ordre dominant, comme l’avait dit Jacques Rancière d’auposte, on va pas se laisser faire, on n’est pas là pour ça.Alors sachez que dorénavant, les rediffusions sont immédiates sur auposte.media qui est la nouvelle adresse du site Et quelques minutes après les émissions, vous retrouvez tous les liens mis en avant par Euryale sur le site. Qu’est-ce que je pourrais vous dire d’autre ? Je crois que je vous ai tout dit. Je voudrais juste vous montrer pour terminer une bande annonce parce que je l’ai promis aux gens qui s’occupent du film. Il faudrait que la bande annonce arrive tout de même. Hop, là voilà, là, voilà. Attends, là voilà, j’enlève la musique. Il s’agit d’un film intitulé Derrière les drapeaux, le soleil. 120 heures d’images d’archives, voilà ce qui reste de 35 ans de dictature d’Alfredo Stroessner au Paraguay. À partir de ce corpus d’images rares, retrouvées partout dans le monde, le réalisateur, qui s’appelle Juanjo Pereira, reconstruit l’histoire d’une des dictatures les plus longues du XXème siècle, dont les effets perdurent encore aujourd’hui. J’avais promis au distributeur de vous passer la bande-annonce parce que c’est un film de toute beauté. Malheureusement, Juanjo Pereira n’est pas du tout francophone et moi je ne suis pas du tout hispanophone donc je ne peux pas faire d’interview avec lui, mais très chaleureusement je vous conseille d’aller voir son film, je vous mets la bande annonce et on va terminer avec ça.
02:14:10David Dufresne
Pardon, voilà, ça sort mercredi, et effectivement, la bande son est particulièrement anxiogène, mais je veux dire, comment tu ferais différemment, vu le sujet, mais surtout la bande son. Alors attendez, j’apprends que Jospin C’est quoi ces histoires ? Je vérifie, il n’y a rien sur France Info. Il n’y a rien sur France Info, il n' y a rien sur le Monde. Ah si, ah si si, la nécro est sortie. Voilà Jospin socialiste au destin foudroyé est mort, personnalité majeure de la gauche socialiste, il a occupé de nombreuses fonctions, premier secrétaire du PS, député, ministre de France et de Mitterrand, premier ministre de cohabitation sous Jacques Chirac. Par deux fois il échoue à l'élection présidentielle, étant notamment éliminé au premier tour en 2002. Il est décédé à 88 ans, annonce sa famille lundi 23 mars. Voilà Mélenchon parce qu’il y a quelqu’un qui parle de Mélenchon dans le chat. Jospin, mais ça le rapproche, il a longtemps été trotskiste, encore en activité, tout en étant premier secrétaire du PS. C’est une trajectoire politique absolument extraordinaire de sa part. Je me souviens des élections après le mouvement des sans-papiers où le PS avait dans un premier temps régularisé un certain nombre de sans- papiers et pour ensuite durcir les lois d’immigration. Mais enfin c’est un autre sujet, on fera une autre émission un peu plus tard. Merci à vous toutes et à vous tous de nous avoir suivis. On se dit à demain. Et puis, voilà, si vous le pouvez, et bien soutenez auposte, comme auposte essaye de vous soutenir le moral. Je vous embrasse, à demain.

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