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« Ne nous laissez pas tranquilles quand nous serons au pouvoir »

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Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Amis du café, il faut que j’aille très vite parce qu’on vient de perdre une demi-heure à cause de la chaleur. Mathilde Panot, qui vient de boire un café, est avec nous. Bonjour Mathilde.
00:00:14Mathilde Panot
Bonjour.
00:00:19David Dufresne
Il faut que tu fasses des réponses plus rapides parce que tes réponses risquent d'être trop longues.
Mathilde Panot
[00 :0023] Je peux les faire en fois deux, c’est bon ?
00:00:26David Dufresne
A ta gauche, il y a ta commissaire politique qui nous a mis la pression d’entrée en disant que tu devais faire des réponses pas trop longues, sinon elle ferait des grands yeux comme ça, et moi aussi, si je pose des questions trop longues, ce à quoi j’ai répondu et Mélenchon ? Et franchement,il y a des tunnels avec Mélenchon.
00:00:58Mathilde Panot
Ah bah il est philosophe. Il explique quoi, je pense que c’est bien. Les gens ils ont l’appétit, ils ont le goût d’avoir de comprendre aussi le diagnostic qu’on pose sur le monde.
00:01:10David Dufresne
Fort bien, mais pour travailler tous les jours, il y a toujours des préambules comme ça qui durent des heures avant d’avoir la réponse ?
00:01:19Mathilde Panot
À quand on fait des réunions ? Ouais. Ah non, mais on discute politique. Contrairement à d’autres réunions je ne sais même pas d’ailleurs comment ça se passe dans d’autres groupes. Nous on a toujours commencé et nos réunions de groupe et nos réunions politiques par une analyse de la situation politique parce que normalement une force politique elle se base sur l’analyse de la situation politique qu’elle fait pour agir dans le cadre de cette situation politique parce que je suis sûre qu’il y a des groupes qui ne le font pas. Ceux qui ne discutent pas politique avant de commencer leur réunion de groupe, je ne sais pas bien ce qui se raconte. Et puis à la fin ça donne des groupes où il y a un tiers pour, un tiers contre, un tiers abstention, c’est-à-dire ce ne sont plus des groupes.
00:01:55David Dufresne
C'était comment, hier, Marc Bloch ?
00:01:58Mathilde Panot
La panthéonisation. C'était très émouvant, c'était vraiment magnifique. Bon, d’abord parce qu’il y avait de très belles prestations, y compris dans toute l’entrée donc de Marc Bloch et de Simone Bloch. Donc il y avait notamment, bon, à un moment, une cantatrice, des danseurs. Enfin, c'était vraiment beau. Et c'était beau aussi de passer ce moment-là avec la petite fille de Marc Bloch, Suzette Bloch, qui a l’air super. Qui a l’air super, qui a demandé à ce que l’extrême droite ne soit pas présente à la cérémonie en disant que ce parti a été fondé par des Waffen SS qui sont ceux qui ont justement assassiné son grand-père et toute une partie…
00:02:36David Dufresne
Victor Barthélémy, André Dufraisse.
00:02:40Mathilde Panot
Exactement, et toute une partie de la famille qui était là, avec lequel on a eu des échanges, c'était vraiment un beau moment, y compris un beau moment sur l’entrée au Panthéon, aussi la reconnaissance par la République et par la France de la Résistance anti-fasciste qui est entrée au Panthéon hier.
00:02:56David Dufresne
On va démarrer l’entretien, d’ailleurs ça a déjà un peu démarré. Je tiens à dire que nous supportons comme on peut la chaleur car nous avons des bouteilles qui furent fraîches il y a 20 minutes et un ventilo d’une autre époque mais qui ventile quand même. Avant de passer à notre petit jeu des questions comme ça mystère qui sont dans la casquette au poste. Je voudrais juste rester sur la menace fasciste, comment tu expliques qu’on a l’impression que cette menace n’est pas tout à fait prise au sérieux et tout à fait envisagée.
00:03:42Mathilde Panot
C’est pire qu’elle n’est pas prise au sérieux, c’est qu’il y a toute une partie de l'échec qui est politique qui court après l’extrême droite et qui considère que probablement par électoralisme et pour certains par conviction court derrière toutes les thèses de l’extrême droite. Enfin je veux dire avoir eu Bruno Retailleau comme ministre de l' intérieur pendant plusieurs mois qui à la fois glorifiait les belles heures de la colonisation, parlait des français de papier comme hurlant à bas le voile devant des milliers de personnes. Enfin, il n’y a qu'à regarder les trois dernières semaines de la campagne municipale pour se rendre compte qu’il y a quelque chose qui est en train de glisser dans le pays, qui est d’une gravité absolue. On a quand même eu dans les trois dernières semaines de la campagne municipale une marche avec des néo-nazis qui défilaient, avec des saluts nazis qui ont été faits, des slogans racistes qui ont été criés. On a eu une candidate LR qui a assumé reprendre la devise de Pétain travail, famille, patrie. Sans qu’elle n’y voie un problème particulier et on a eu en plus de cela Aurore Berger qui est quand même normalement la ministre en charge de la lutte contre les discriminations qui nous qualifie d’anti-français anti-france étant une expression de Charles Maurras théoricien d’extrême droite antisémite dont elle reprend l’expression et qui appelle très tranquillement les candidats du Rassemblement National à se retirer, donc un sorte de front à l’envers, à se retirer lorsque la France Insoumise est en capacité de gagner des communes. Donc on est dans un moment, c’est pas juste qu’ils ne prennent pas conscience, c’est qu’on est toujours dans un moment, comme existait à l'époque, où on préfère Hitler au Front Populaire. Et la violence qui se déchaîne contre la France insoumises, mais pas que contre la France insoumise, contre toute forme de contestation contre toute manifestation, bon, évidemment, contre les quartiers populaires depuis des décennies, et aussi une forme où, finalement, on met de côté, en se disant qu’avec l’extrême droite qui, maintenant, dîne avec le MEDEF, dîne, avec le grand patronat, avec l’extrême droite, en fait, le modèle économique pourra continuer. C’est ça qui est en jeu, en fait donc il y a une banalisation de l’extrême droite dans notre pays qui est terrifiante.
00:05:56David Dufresne
Ça c'était pour la droite et le centre, mais ma question c’est aussi pour la gauche, c' est à dire qu’on n’est pas si nombreux que ça à quand même se mobiliser dès maintenant et depuis très longtemps tu vois, il y a une forme de quasiment d’accoutumance, quasiment de fatalisme.
00:06:13Mathilde Panot
Je pense qu’il y a aussi la question de tenir ses principes et que tenir ses principes quand il y a une tempête et que ça remue un peu c’est pas si facile que ça et que pour le coup nous je pense en tout cas on essaye à chaque fois de tenir les principes sur les choses Parce que si vous commencez à laisser juste une petite pente, c’est-à-dire juste s’aider un peu face à l’extrême-droite en disant que oui, quand même, je ne sais quoi, ben après vous vous faites emporter. Enfin, il y a plein de choses. Par exemple sur la Palestine, heureusement qu’on a tenu fort. Parce que sinon, dans les forces politiques qui sont au Parlement, personne n’a tenu sur la Palestine. Et on peut parler de plein de choses, sur les violences policières. Sur la question de l'état de droit, bon tu reçois souvent Ugo Bernalicis, mais sur la question de l'état de droits, il y a un glissement de toute la gauche vers le tout répressif, tout prison, enfin on va reparler.Oui, mais oui, bien sûr, mais je le dis, il y a une question de tenir les principes et il y a surtout une chose qui doit tenir de boussole cardinale pour tout le monde, c’est qu’on ne cède rien face à l’extrême droite. Franchement, quand on voit certaines personnes dites à gauche qui, probablement pour séduire un électorat d’extrême droite, reprennent leur thèse, c' est extrêmement grave dans ce que ça veut dire derrière. Donc nous, on essaie de tenir nos principes.
00:07:37David Dufresne
Alors, tu as devant toi une série de questions, surprise. Alors ?
00:07:45Mathilde Panot
Ce que je voudrais être.
00:07:48David Dufresne
Alors, c’est une question du questionnaire de Proust.
00:07:52Mathilde Panot
Exactement. Ce que je voudrais être, ce que je suis actuellement, une révolutionnaire en espérant qu’on l’emporte. Non, moi je suis contente de qui on est collectivement, de ce qu’ont construit et de la place que moi, je n’aimerais pas avoir d’autre place que celle que j’ai actuellement non pas par rapport au poste de député mais dans le combat politique dans lequel je suis. Je trouve que je me suis à ma place.
00:08:17David Dufresne
Ah bah il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec toi parce qu’il y a Aroptopaz dans le tchat qui nous dit Panot 2032 donc lui il voudrait peut-être même plus tôt encore
00:08:25Mathilde Panot
C’est pas mon rêve, enfin moi je rêve qu’on gagne dans ce pays, j’ai envie qu' on gagne. Et moi je suis assez heureuse de militer dans un mouvement politique dans lequel on passe pas son temps à se détester entre nous, à faire une bataille des postes. Et je suis heureuse d’avoir de la joie et du plaisir de militer avec plein de personnes chez nous. Je trouve que c’est très agréable et qu’y compris quand… Je vois d’autres formations politiques qui, en fait, passent tout leur temps en interne. Par exemple, les tendances TOB, TOC, TOA, du Parti Socialiste. Je ne sais pas comment on les prononce exactement. Ça ne fait pas rêver. Alors que nous, au moins, ça donne envie. Et je trouve que, je ne dis pas ça pour dire que les gens n’ont pas forcément des ambitions personnelles ou pas. C’est des choses humaines et normales. Mais je pense qu’une des choses les plus importantes, quand en tout cas on est au poste de combat dans lequel nous on est, c’est de se rappeler pour qui et pourquoi on fait ça, et moi je m’en rappelle extrêmement bien.Pour qui et pour quoi ?..Juste avant de commencer la campagne présidentielle, la première campagne de Jean-Luc, non pas que j’ai fait comme militante, puisque j’avais fait celle de 2011-2012, mais en distribuant des tracts, en écrivant quelques articles, en aidant un peu sur des argumentaires, etc.
00:09:49David Dufresne
Depuis Grigny, c’est ça ?
00:09:50Mathilde Panot
La première que j’ai faite, c’est en quittant justement Grigny, en quitter donc l’association dans laquelle j'étais, les "habitants voisins malins". Exactement, très bonne mémoire. Les habitants avec qui je bossais depuis deux ans…
00:10:02David Dufresne
On a des fiches extrêmement à jour.
00:10:06Mathilde Panot
Et donc, du coup, je leur ai expliqué pourquoi je quittais l’association pour aller créer du coup la France Insoumise, construire les groupes d’action, des campagnes, les caravanes d'égalité des droits qu’on a monté en 2016. Et une des premières choses que m’ont dit plusieurs des habitants avec qui je bossais, c’est « nous oublie pas ». Enfin, rappelle-toi que nous, on est là, quoi. Et moi, en vrai, je fais de la politique pour les gens de Grigny. Pas que, évidemment, mais je fais la politique pour les personnes à qui on a enlevé toute voie politique, qui sont exclus, qu’on méprise, et je ne supporte pas ça.
00:10:46David Dufresne
Et ouais, je pense souvent à eux en fait. Grigny, il faut simplement le redire, la Grande-Borne, c’est quand même particulier, c’est un quartier… C’est un des quartiers les plus pauvres de France. Voilà, c’est de ça dont tu parles quand tu parlais des gens qui sont là-bas.
00:11:01Mathilde Panot
Et avec énormément d’associations et beaucoup de gens qui essayent de faire des belles choses. Par exemple, Grigny, puisqu’on parle souvent du narcotrafic et de ce que ça crée. Par exemple Grigny c’est un endroit où j’ai vu des mères de famille faire partir des gens qui dealaient dans le hall de l’immeuble en occupant l’espace public. Et donc elles se mettaient après l'école des enfants dans le hall. Elles faisaient les devoirs tous ensemble, elles donnaient le goûter aux enfants, et comme ça, elles ont réussi à faire partir par exemple un point de deal.
00:11:38David Dufresne
Tu as dit révolutionnaire, je suis révolutionnaire, mais tu es chef de groupe d’un parti, au parlement, à l’Assemblée nationale, ça c’est plutôt de la réforme.
00:11:51Mathilde Panot
Oui, c’est vrai qu’on a choisi la révolution par les urnes, c’est un choix. C’est aussi par l’expérience qu' on a eue beaucoup en voyant notamment nos camarades d’Amérique latine. Jean-Luc Mélenchon a été dans des grands réseaux pour aider à la fois les Argentins, les Chiliens qui fuient la dictature, qui résistent à la dictature. Y compris Jean-Luc Mélenchon a fait partie de tout un mouvement international qui a aidé à faire sortir des camps des militants qui étaient enfermés dans les camps. Donc on a une grande tradition internationaliste quand même à la France Insoumise, et ça vient y compris de cette expérience-là de dire que nous on pense que la révolution citoyenne passe par les urnes, parce que malheureusement quand elle passe par des armes, et bien généralement c’est les nôtres qui partent en premier, donc on a choisi la voie effectivement de l'élection, mais moi je maintiens que je suis révolutionnaire et que je veux qu’on change de fond en comble cette société. À toi de jouer. Alors, Total énergie, bon bah ça c’est les profiteurs de guerre, non ? T’as une question à me poser dessus ?
00:13:01David Dufresne
Ah non, mais d’abord, je mets à l'épreuve ta sagacité, ton esprit de réplique, ce qu’on connaît de toi à l’Assemblée, puis après, je précise.
00:13:13Mathilde Panot
Alors Total Énergie, profiteurs de guerre, qui ont fait en seulement un mois au début de la guerre illégale de Trump et Netanyahou en Iran, un milliard de profits, qui en fait n’ont fait ça que par de la spéculation, parce que pour que les gens comprennent bien, l’essence et le gasoil qu’on avait dans les stations-essence, donc qui a monté en flèche et qui a étranglé des millions de familles, qui continuent d’ailleurs d'étrangler des millions des familles et qui se répercutent sur tout, c’est pas que le carburant, c’est ensuite le prix des transports, des marchandises, donc c’est l’alimentation, bref, qui aggrave la vie chère partout, alors qu’on a 1,2 million de personnes qui sont tombées sous le seuil de pauvreté. Je précise ça parce que ça me tient vraiment à cœur. Quand on dit 1, 2 million de personne sous le seuil de pauvreté en 9 ans de ma chronique, bon c' est évidemment des personnes, je le précise quand même pour qu' on sorte un peu des chiffres, mais c’est des personnes aujourd’hui en France, on met 6 générations en moyenne pour sortir de la pauvreté. Donc c’est leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs arrière-petits-enfant, tant qu’il n’y aura pas des politiques de rupture, qui resteront sous le seuil de pauvreté avec un pays, le septième pays le plus riche au monde où on a 11 millions de gens sous le seuil des pauvres, ce qui est d’une indignité absolue. Mais donc, Total…
00:14:25David Dufresne
Jamais entendu ça je trouve ça c’est horrible terrible comment quelle est ta source sur les six générations.
00:14:32Mathilde Panot
Je te la retrouverai, je ne l’ai pas en tête, mais je suis sûre de ça, je te la retrouverai. Je vais te la renvoyer après, tu pourras la redire à celles et ceux qui nous écoutent, mais c’est six générations en moyenne, peut-être Juliette va la trouver entre- temps.
00:14:45David Dufresne
Peut-être que Juliette va la trouver et comme ça elle ne nous fera pas les gros yeux le temps qu’elle va chercher dans vos serveurs secrets.
00:14:52Mathilde Panot
Mais du coup, donc, total énergie, donc je disais profiteur, donc quand je disais l’essence et le gasoil qui était aux stations essence, était du gasoil et de l’essence qui a été acheté avant la guerre illégale de Trump et de Netanyahou. Ça veut dire que ce qui a fait que les prix flambent, cela s’appelle de la spéculation. De la spéciation et on le voit bien puisque là il y a un accord dont on ne sait pas bien s’il va tenir entre l’Iran et les États-Unis avec des négociations qui se font. Et Netanyahou qui continue pendant ce temps-là à la fois de bombarder le Liban et de faire un génocide à Gaza, avec encore samedi dernier un journaliste qui a été assassiné à Gaza qui fait que l’armée israélienne est aujourd’hui l’armer qui tue le plus de journalistes au monde. Et du coup, on le voit le détroit d’Ormuz qui dit qu’il serait ouvert, et le prix de l’essence qui, bon même s’il n’a pas vraiment baissé dans les stations-là parce qu'évidemment ils vont mettre beaucoup de temps à baisser puisqu’ils vont essayer de s’en mettre plein les poches encore plus. Mais qui, en tout cas, dans les annonces en direct, baissent immédiatement, ce qui montre que ce n’est pas lié à la situation internationale, c’est lié à de la spéculation. C’est ça que fait Total Énergie et donc, nous, on a eu de cesse de demander le blocage des prix et des marges. Blocage de prix et de marge qui aurait fait peser, non pas dans le portefeuille des Français, l’augmentation du prix de l’essence, les méga-profits de Total et notamment ce qu’il donne à ses actionnaires, 100 milliards d’euros en 10 ans. Mais qui aurait fait peser sur Total lui-même, qu’il réduise ses marges, et il en a largement les moyens pour que ça ne soit pas sur l’ensemble du peuple de France qu’on fasse payer le prix de cette guerre illégale.
00:16:32David Dufresne
Alors, visiblement le tchat nous dit que c’est l’OCDE qui serait la source.
00:16:39Mathilde Panot
Ah voilà, la France, l’Allemagne, le Chili et la Hongrie sont les pays où cette inertie est la plus forte, atteignant six générations.
00:16:45David Dufresne
Voilà, c’est dramatique. Étude OCDE, voilà. Alors, Total Énergie, c'était aussi pour aborder l’international. On a une question de Loïc Ballarini, que je salue, qui a laissé ça sur BlueSky. Sur l’International, comment est-ce possible d'être encore aussi complaisant avec Poutine ? Est-ce que ce que dit Jean-Luc Mélenchon reflète le programme de l' AEC ?
00:17:10Mathilde Panot
Pourquoi complaisants avec Poutine ?
00:17:13David Dufresne
Alors ?
00:17:14Mathilde Panot
Il peut compléter la question, mais on n’est pas complaisant avec Poutine. Nous, on est le seul mouvement politique, tu regardes s’il fait parce que je veux pas lire en même temps. On est le seul mouvement politique à avoir accueilli des opposants à Vladimir Poutine, des opposants à la guerre qu’on a fait sortir de Russie et qu' on aide et qu' on accueille depuis plus de quatre ans, y compris d’ailleurs des déserteurs russes et des déserteurs ukrainiens. Donc on est les seuls à avoir fait ça. Jean-Luc Mélenchon, il se trouve qu’il était en déplacement vers l’Outre-mer au moment où la Russie a violé la souveraineté territoriale de l’Ukraine, en envahissant l’Ukraine. Et donc, il a été le premier responsable politique, un hasard qu’ils étaient réveillés, du coup, je sais plus, à quatre heures du matin ou cinq heures du matin, à dire qu' il n'était pas possible d’accepter qu’un voisin envahisse l’autre. Parce que ça veut dire qu’effectivement, derrière, il n’y a plus de droit international et il n y a plus la loi du plus fort. Donc nous n’avons jamais été complaisants avec Poutine, et d’ailleurs la fois où Jean-Luc Mélenchon a été en Russie, c'était pour rencontrer un opposant à Vladimir Poutine. Par contre, ce que nous disons, c’est que nous n’acceptons pas le deux poids deux mesures révoltant que fait la France. Et ce n’est pas pour soutenir Poutine que nous disons ça. Bien au contraire, je pense que si j'étais russe comme Jean-Luc Mélenchon, je m’en suis même sûre, nous serions des opposants à ce pouvoir. Mais nous ne disons pas cela pour soutenir Poutine nous disant ça parce qu’il y a un deux poids deux mesures révoltant. Quel est-il ? Il y a eu 19 trains de sanctions contre Poutine pour violation du droit international en Ukraine. Il y à toujours zéro sanction contre Netanyahou, alors que Netanyahu est en train d’annexer le Sud Liban, dont ses ministres disent très clairement qu’il va le faire du Sud Liban comme ils l’ont fait à Gaza, c’est-à-dire tout détruire. Et il est en train de continuer le génocide à Gaza, plus un nettoyage ethnique en Cisjordanie avec des bébés de 7 mois qui sont tués par balles directement par des colons, bon des milliers, des centaines de morts qui sont déjà advenus en Cisjordanie, avec une colonisation qui continue, et un apartheid qui va maintenant jusque dans la peine de mort avec cette loi qui a été adoptée à la Knesset, dont j’espère qu’elle ne sera jamais appliquée. Parce que si elle est appliquée, ça veut dire que les 10 000 prisonniers palestiniens qui se trouvent actuellement dans les geôles israéliennes pourraient du jour au lendemain, pour des centaines d’entre eux, voire plus, être directement exécutés, qui dit que lorsqu’un palestinien est accusé de terrorisme, et on sait bien qu’Israël ne fait pas des procès équitables, d’ailleurs ne fait généralement pas de procès, lorsqu’il est accusée de terroriste, il sera automatiquement pendu, sans aucun recours possible. Donc, je crois que ça c’est révoltant et que nous sommes fiers d’incarner une voix de la France qui justement appelle à faire respecter à la fois l’ONU, le multilatéralisme de l’ONU, le droit international et non pas un double standard comme disent les diplomates, qui est révoltant et qui fait que la parole de la France n’est plus entendue à l’international.
00:20:09David Dufresne
Tu m’as demandé quels seraient les exemples qui pourraient être donnés. Je vois que dans le tchat, il y a Éruption Solidaire qui parle de l’invasion d’une partie de la Syrie. On n’avait pas forcément entendu de grandes critiques. Mais grosso modo, ce qui revient le plus souvent, c’est sur Jean-Luc Mélenchon. Et la question c'était, est-ce que ce que dit Mélenchon sur l’International reflète L’avenir en commun. Ça c’est très important. Est-ce qu’il faut faire un distinguo ou pas entre le programme et le candidat sur l’international parce que c' est un des endroits où il y a le plus d’achoppement, tu le sais très bien. En gros son refus d’une politique d’isolement durable de la Russie, sa critique des livraisons d’armes et de la stratégie occidentale, ses analyses qui sont jugés trop proches des arguments géopolitiques avancés par Moscou et je me souviens l'été dernier qu’elle ne fut pas ma surprise quand en direct aux AMFIS, donc aux universités d'été, Mélenchon a dit que Zelensky était moins légitime que Poutine. Tu te souviens sans doute de cette phrase puisque tu étais….
00:21:16Mathilde Panot
Il ne l’a pas dit comme ça mais…
00:21:17David Dufresne
Ouh
00:21:19Mathilde Panot
Ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon, enfin, bon, je vais essayer de reprendre un peu dans l’ordre, parce que sinon… D’abord, je veux répondre très clairement à la première question, qui est la question générale. Oui, Jean-Luc Mélenchon reflète ce qu’il y a dans l’avenir en commun, et l’avenir en commun reflète ce que dit Mélenchon dans le sens que tu veux. Nous, on a toujours essayé, et effectivement, c’est un poids d’achoppement avec le reste de la gauche. Nous, nous, on à une vision qui est une vision cohérente de l’ordre international. Et nous refusons une sorte de bonne manière qui serait faite, où on désignerait des ennemis à tout va, alors ici la Russie, la Chine, etc. Parce que si on avait entendu… Ce que disait, par exemple, Jean-Luc Mélenchon à l'époque, comme de nombreux spécialistes internationaux. Si on avait écouté, par exemple, sur le fait qu’il ne fallait pas amener l' OTAN trop proche de la Russie, qu' il y avait eu de nombreuses alertes sur cette question, peut-être que nous ne serions pas dans cette situation aujourd’hui. Et je ne dis pas ça pour excuser et pour justifier une invasion qui est absolument injustifiable et que nous avons dénoncé depuis le premier moment, que nous continuons de dénoncer et sur lequel nous avons fait… Alors là, chacun peut aller voir les votes qu’on a fait à l’Assemblée nationale, les débats qu' on a demandés, les prises de parole qu’on a faites, qui sont irréprochables sur cette question. Donc la question qu’ont dit, c’est juste si on fait un alignement entier sur les États-Unis d’Amérique et l' OTAN, on amène le monde vers un désordre géopolitique qu’on est en train d’observer. Voilà ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon. Quant à la question de ce qui s’est dit exactement aux Amfis, Jean-Luc Mélenchon pointait une question qui est, à mon avis, une question importante, qui n’est pas la question de la légitimité de Zelensky, nous sommes en temps de guerre, il ne peut pas y avoir d'élection organisée en tant que telle, donc je le mets de côté. C’est la question, de savoir, est-ce que nous demandions, nous, qu’il y ait une solution diplomatique parce qu’y a tous les va t en guerre, qui explique, depuis plus de quatre ans, depuis quatre ans, exactement que l’Ukraine va gagner sur la Russie et qu’on va s’en sortir par une issue militaire. Nous ne croyons pas à cela. Nous nous sommes toujours dit qu’il faut une sortie politique, diplomatique de cette guerre. Et y compris en respectant les peuples qui y vivent. Nous sommes les seuls à dire que par exemple en Crimée, au Donbass, il faut un vote pour que les habitants puissent décider si dans les territoires qui sont disputés. Et tous ceux qui ont dit pendant quatre ans et demi que l’Ukraine allait gagner sur la Russie, se retrouve maintenant avec un président Trump à la tête des États-Unis qui lâche régulièrement l’Ukraine, la menaçant d’enlever les renseignements, ce qui laisserait l’Ukraine dans le noir total pour savoir ce qui se passe, sont en train de laisser l’Ukraine à la merci de devoir accepter des conditions léonines de Poutine, alors que s’il y avait eu de la part notamment de la France et de l’Union Européenne un rôle qui était pris, nous on avait proposé un cadre qui est celui de l' OSCE, dans lequel il y a les différents acteurs qui sont là, qui auraient permis d’avoir une solution politique et diplomatique qui fasse que justement, l’Ukraine ne soit pas prise à la gorge et obligée d’accepter des conditions inacceptables, et bien peut-être que ça aurait été différent. Donc ce que disait Jean-Luc Mélenchon, c’est qu’il fallait dans le cadre d’un cessez-le-feu qu’il puisse y avoir des élections, quitte à ce que ça soit Zelensky qui regagne. C’est pas ça votre question. Mais la question qui est posée, c’est qu’ensuite l’accord de paix pérenne qui se fasse puisse se faire avec une légitimité. J’explique pourquoi. Parce que sinon derrière, si Zelensky, le couteau sous la gorge, est obligé de signer un accord avec Poutine et que derrière, il y a des élections, parce qu’un jour, il y aura des électrons. Tout le monde est d’accord sur le fait que le peuple ukrainien a le droit de voter pour sa représentation. Qui après qu’il y ait des élections et que derrière on se retrouve à avoir des candidats qui n’acceptent pas ce qui a été signé après, vous comprenez que ça pose une question de légitimité. Donc c’est ça que disait Jean-Luc Mélenchon, mais je crois qu’on peut regarder avec attention ce que Jean-Luc Mélenchon a fait et dit depuis des dizaines d’années. Qui sont à chaque fois, à la fois, le respect du droit international, le non-alignement de la France, ça veut dire le non alignement de la France c’est ni sur la Chine, ni sur les États-Unis, ni sur la Russie, ni sous personne, de pouvoir décider selon nos propres intérêts. Et je crois que tous ceux qui étaient béats vis-à-vis des Etats-Unis et qui disaient qu’il fallait continuer, etc. Eh bien je crois que justement tout le monde se rend compte aujourd’hui que les États Unis, sous Trump, mais même sans Trump, ne poursuivent uniquement leurs intérêts qui ne sont pas les nôtres, qui ne sont pas les nôtres donc je crois que Jean-Luc Mélenchon est un président qui, au contraire, permettrait de ne pas impliquer la France dans je ne sais quelle guerre illégale ou autre. Et je vous assure que si depuis 2 ans et demi de génocide à Gaza il y avait eu Jean-Luc Mélenchon, il y aurait déjà des sanctions contre Netanyahou. Si Jean-Luc Mélenchon était le président de la République, il y aurait eu beaucoup plus de Russes opposés à Poutine qu’on aurait accueillis en France pour les aider, justement à se structurer. Parce que y compris en Russie, il faut penser qu’il doit y avoir une opposition à Poutine qui doit pouvoir se construire. Elle fait les gros yeux, même pas…
00:26:13David Dufresne
Non, Juliette ne fait pas les gros yeux parce qu’elle sent, elle sent que c’est important de faire cette mise au point, mais le tchat te dit, quand même, LFI est prêt à lâcher Taïwan.
00:26:24Mathilde Panot
Ah bah ça c’est la position, alors ça c' est, bon alors on va faire toutes les polémiques internationales mais pourquoi pas. Ça c' est la position.
00:26:32David Dufresne
Mais tu sais que c’est quand même quelque chose qui revient beaucoup dans la critique de gauche. Je ne te parle pas de la gauche molle, mais même de la gauche de gauche, il y a quand même des gens qui disent qu’ils ne voteront pas à cause de vos positions internationales.
00:26:47Mathilde Panot
Oui mais alors déjà, moi j’invite quand même à d’abord nous écouter et nous écouter précisément avant de décider, ça c’est la première chose. D’où les questions. Ouais, d’où les questions, mais la deuxième chose qui me semble quand même importante, c'était qu’on a eu quand même des exemples de ce que ça donne, enfin… Je veux dire, quand vous êtes au pouvoir, dire par exemple des mots extrêmement durs contre Vladimir Poutine, on peut les faire, moi j’ai pas de problème, je le dis, si j'étais russe, je serais une opposante à Poutine. On a aidé des opposants à Poutine. Je peux dire des mots très durs contre plein d’autres régimes, mais la question quand vous êtes au pouvoir c’est qu’est-ce que vous faites ? Si c'était juste pour des mots. Qui sont des mots qui ensuite vous font rompre tout dialogue avec tout le monde, où la France ne peut plus parler au reste du monde. Je veux dire, l’histoire de notre pays, quand même, ça a été aussi un pays qui parlait aux différents pays et dont la voix était entendue à l’international. Alors, bon, avec toutes les parts sombres de cette histoire aussi, que j’enlève pas. Mais enfin, donc, la question qui est posée, c’est que nous, on se la pose en responsabilité. Et je pense que c' est ça la différence avec d’autres. Quand, par exemple, on entendait sur la question de l’Iran, les questions sur le régime iranien. Bon nous, ça tombe bien, alors là pour le coup, tout le monde peut aller regarder dans les archives, Jean-Luc Mélenchon n’a jamais, jamais, défendu le régiment iranien
00:28:12David Dufresne
Avoue que la phrase « alors là, ça tombe bien pour le coup », montre qu’il y a quand même quelques ambiguïtés..
00:28:20Mathilde Panot
Ah non, ça tombe bien par rapport à d’autres, y compris parce que tu parlais des gens très très à gauche. Il y a des gens sur le régime iranien qui n’ont pas été très clairs, toujours étaient très clairs, donc je ne parlais pas de Jean-Luc Mélenchon mais je parlais justement des débats qui se faisaient sur cette question là. Alors du coup, sur le Régime iraniens, nous on ne l’a jamais soutenu sur cette question, enfin surtout, on l’a jamais soutenu, on a toujours dit il faut une séparation entre politique et religieux, etc. Sur le régime iranien, on nous parle des droits des femmes, qui expliqueraient que du coup, on irait bombarder un pays. Je pose la question, avec des bonnes intentions comme ça, pourquoi est-ce qu’on ne bombarde pas l’Afghanistan ? Qu’est-ce que l’on fait sur l’Afghanistan, avec des femmes qui ne peuvent plus étudier, des petites filles qui ne peuvent plus étudier, des femmes ne peuvent plus se montrer aux fenêtres, des femmes qui ne peuvent plus chanter ? Pourquoi est- ce qu' on ne va pas bombarder l’Afghanistan ? Moi, je veux demander aux bonnes consciences de gauche et autres, ce n’est généralement pas la gauche radicale qui dit ça. Là, pour le coup, je suis sur la gauche molle. Moi j’aimerais qu’on demande ça, sachant que la première frappe qui a été faite le premier jour de la guerre illégale en janvier, c’est une frappe sur une école où 153 écolières ont été tuées dont personne n’a jamais dit ni les noms, ni les visages, ni les prénoms. Elles avaient entre 6 et 12 ans ces gamines-là et on va nous expliquer qu’en fait une guerre en Iran pour libérer les femmes et les petites filles. Donc je dis juste attention au discours un peu moralisateur de ce qu’on fait en relations internationales. Parce que dans les relations internationales, il faut respecter les pays qui sont en face de nous, et les respecter ne veut pas dire tout accepter, mais il faut respecter les peuples qui sont autour de nous et arrêter d'être dans une logique qui est une logique assez impérialiste d’un autre siècle. Parce que l’ordre international a beaucoup bougé. Quand par exemple Jean-Luc Mélenchon dit qu’est-ce que c’est que ce G7 ? Bon déjà, on est défavorable au G7, puisque nous sommes favorables au multilatéralisme de l’ONU. Mais qu’est-ce que c’est que ce G7 qui ne comprend pas, parce que par exemple, il n’y a pas la Chine dedans ? Est-ce-que c' est pour défendre la Chine qu’on dit ça ? Non ! C’est juste que si vous ne comprenez pas le poids qu’a pris la Chine, comme des pays qui sont agrégés autour de la Chine, vous ne comprendrez pas que l’ordre international a changé. Qu’il y compris quand on parle de la fin du dollar, parce qu’en fait pourquoi est-ce que les États-Unis sont dans un impérialisme aussi fort, c’est aussi parce qu' on arrive à la fin d’un empire, et notamment à la faim du dollar. Ce qui signifierait la fin de la toute-puissance étasunienne.
00:30:41David Dufresne
Mathilde, le tchat est très content de te voir tellement en verve, j’ai lu tout à l’heure, elle envoie du lourd, etc. Mais attention, tu es en train de déclencher une guerre mondiale, puisque là il y a Camarade, Philandron, qui dit du coup, si on parle de bombarder pour libérer les femmes, on peut bombarder les USA, vu qu’ils ne respectent pas les droits des femmes.
00:30:58Mathilde Panot
Bah non mais c’est quand même grave dans la logique.
00:31:01David Dufresne
C’est la première ministre, la future première ministre.
00:31:03Mathilde Panot
La future première ministre de la France qui parle. Donc, qu’est-ce que tu dis ? Non, mais dans la logique ils ont raison. Enfin, je veux dire, c’est quand même incroyable. On a présenté Trump, au moment du déclenchement de la guerre en Iran, on présentait Trump comme un chantre des défenseurs des droits humains. Après que Alex Préty a été tué par l’ICE, une autre militante des droits humains a été tuée par l’ICE et par sa milice raciste. Donc, oui, si on suit cette logique-là, on peut aller très très loin.
00:31:33David Dufresne
Je te propose de prendre une autre question et surtout n’oublie pas de t’hydrater, pas grave si on vous montre les marques.
00:31:39Mathilde Panot
Eh ben justement, on arrive sur canicule KO, c’est comme si tu savais, et alors la première chose pour la canicules c'était bien boire, bien s’hydrater, rester à l’ombre, et voter Jean-Luc Mélenchon en 2027, pourquoi ? Non, pourquoi, alors bon déjà on a eu des exercices qui sont absolument incroyables, alors on a un ministre hier qui en question gouvernement nous a expliqué que depuis 9 ans, la Macronie se préparait au dérèglement climatique, au changement climatique ce qui a quand même fait rire à peu près tout le monde. On a Emmanuel Macron qui nous disait il y a quelques temps qui aurait pu prédire le changement climatique. Bon juste bon tous les scientifiques, le GIEC, enfin bon les collectifs, les associations, enfin voilà. La canicule, c’est un phénomène politique et il faut le politiser. On est dans un moment où on bat des records, donc hier, on était sur la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, record qui vient d'être battu par aujourd’hui qui est la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, et malheureusement…
00:32:38David Dufresne
Ça c’est la faute de Mélenchon ? Il monte dans les sondages, donc ça chauffe
00:32:42Mathilde Panot
Oui, et puis moi j’aime bien dire que puisque nous sommes responsables de tout dans ce pays et coupables de tous, donnez-nous le pouvoir, comme ça au moins on sera vraiment responsables des choses. Planification écologique parce qu’en fait c’est un désastre qui est en train de se passer en fait on est en train de voir un pays dans lequel on est obligé de fermer toutes les écoles, tous les collèges, les lycées, enfin tous à un nombre extrêmement important parce que bon il n’y a pas les dispositions qui ont été prises sur les rénovations des écoles pourtant promis par Attal etc on est dans un pays dont le quel un logement sur deux est une bouilloire thermique et moi peut-être avant de proposer nos solutions je voudrais dire quand même à quel point c’est scandaleux ce qu’est en train de faire le pouvoir parce qu’en pleine canicule, donc c'était la deuxième période de canicules précoce qu’on a donc avec des niveaux vraiment extrêmement élevés, que vient de faire le gouvernement aujourd’hui ? Aujourd’hui, Jeanbrun, ministre du logement, a décidé de présenter un projet de loi, un projet loi au conseil des ministres qui vise à reporter de cinq ans l’obligation pour les propriétaires de rénover les logements. Quand je dis qu’un logement sur deux est une bouilloire thermique, il faut savoir que par exemple l’année dernière, quand on parle de 5 000 morts de la chaleur, la majorité des gens meurent chez eux. C’est chez eux qui meurent. C’est insupportable de voir que les gens se retrouvent dans une situation où ils ne peuvent plus vivre chez eux avec des choses qui sont pourtant des choses extrêmement simples. Il y a de la rénovation et la manière dont ils sont en train de péter à la fois le fond vert divisé par 4 en deux ans alors que c' est l’outil des collectivités pour rénover les écoles où ils sont entrain de péter tous les outils justement pour faire la rénovation dans lesquels ils n’ont pas mis les moyens. Mais par exemple, j'étais très frappée par ce chiffre que donnait la Fondation pour le logement des défavorisés, qui disait « il y a 40 % des logements sociaux qui sont sans volet ». 40 % des logements sociaux sont volés, par exemple des brasseurs d’air et des volets, c’est des choses qui vont… Quand même très vite, et qui coûte selon la fondation 110 millions d’euros par an. Enfin c’est du foutage de gueule de ne pas faire ça en fait. C’est se foutre du quotidien des gens. Moi je connais des gens dans ma circo qui avaient des volets avant, il y a eu des rénovations, ils ont enlevé les volets, ils ne peuvent plus vivre chez eux. Et ils ne peuvent même pas y revenir à 23h puisqu’il n’y a pas de baisse de température, ou en tout cas pas suffisante la nuit. Donc faire ce projet de loi aujourd’hui, c' est un scandale absolu et je veux apporter mon soutien aux travailleurs sociaux du Samu social de paris qui était aujourd’hui en grève parce qu’on leur a demandé pour respecter des objectifs budgétaires de couper 1200 places en hôtel ce qui veut dire qu’il y a dans pour les hôtels donc on va mettre 1200 familles à la rue alors qu' il y a déjà des milliers d’enfants à la ru dans notre pays que je rappelle que on a eu les chiffres de l’année dernière où il y à 31 enfants qui sont morts de la rue dont un gamin qui avait trois mois Nous sommes le septième pays le plus riche au monde. Il y a un gamin de trois mois qui est mort de la rue. Voilà, dans une indifférence totale. Et moi, je suis stupéfait que l’on ne parle pas des gens à la rue, alors que je le rappelle, il y a plus de personnes sans abri qui meurent l'été de la chaleur que de personnes qui meurent en hiver. Donc nous, qu’est-ce qu’on ferait ? Alors il y a des mesures d’urgence, il y a des mesures de planification. Nous, réquisition des logements. Il y a 3,1, 3,2 peut-être maintenant, millions de logements vides. Donc on a de quoi mettre les gens à l’abri immédiatement pour les protéger. Donc nous réclamons des logements pour mettre les gens à la brie. Application d’une sorte de droit de retrait climatique, on a appelé ça comme ça. Pour arrêter les activités dangereuses pour les travailleurs. Je me rappelle, la France est championne d’Europe du nombre de gens qui meurent au travail. C’est inacceptable qu’on voit des gens qui travaillent dehors dans des conditions qui sont dangereuses pour eux. Trois, évidemment, rénovation et rénovation des bouilloires thermiques. On a largement les moyens de le faire et je le dis d’autant plus que par exemple toutes les petites entreprises du BTP, elles, ça leur donnerait aussi du travail et que c’est aussi soutenu. Par plein de petites entreprises dans le pays qui, elles, sont prêtes à faire ces rénovations.
00:36:46David Dufresne
Alors j’ai fait mes devoirs depuis hier, j’avais déjà lu pour Bompard, donc je l’ai relu pour toi, le programme de l’avenir en commun. Excellent, même si on est en train de le revoir, donc il faudra le re-re-revoir encore. C'était ma première question. Partout il y a écrit, merci d’avoir élaboré le nouveau programme, bientôt vous aurez les analyses. C’est jusqu’au 22 juin, je crois ou le 20 juin. Les gens pouvaient participer à l'élaboration. Et là, sur chaque chapitre, il est dit, merci, et vous aurez bientôt le résultat, on l’aura quand le résultat, la synthèse ?
00:37:19Mathilde Panot
Alors ça faut inviter Clémence Guetté, parce que je ne sais même pas moi quand ça va être le résultat, tu vois, je ne sais pas tout.
00:37:26David Dufresne
Comme quoi, c’est pas transparent !
00:37:28Mathilde Panot
Ah si, c’est transparent. En gros, bah si, bah tu vas inviter Clémence, ça va te raconter. Alors, du coup, comment ça se passe ? Il y a eu la possibilité par les gens de faire des contributions individuelles au programme.
00:37:40David Dufresne
Absolument.
00:37:40Mathilde Panot
Ce qui, pour nous, est toujours une phase importante parce que ça permet aussi de brasser toutes les idées qu’il y a dans la société plus une autre phase qui a toujours lieu en même temps qui est une phase d’audition. Là, on est en train d' auditionner tous les syndicats du pays, les associations, les collectifs qui, y compris, nous nourrissent de tous les travaux qui sont faits Parce que généralement, si notre programme est toujours classé dans les meilleures par toutes les associations, c’est aussi parce qu’on pompe tout ce qui est dit par des gens qui ont travaillé de longues dates sur ces questions-là. Et en vrai, par exemple sur la canicule, mais comme sur plein d’autres choses, sur les violences sexistes et sexuelles dont on parlera probablement tout à l’heure pour Lyhanna En fait on sait déjà ce qu’il faut faire, enfin je veux dire il y a des associations qui travaillent depuis des années sur ces questions là et qui ne cessent de dire ce qu il faut faire dans un désert absolu puisqu’on a un gouvernement qui depuis neuf ans n'écoute rien ni personne et à part réprimer tous les mouvements sociaux ne répond à aucune de leurs revendications, enfin, je veux dire, gilets jaunes, retraite, enfin tout ça ils ont réprimé à tout va et ils n’ont répondu à aucune des revendications. Donc, je ne sais pas exactement quelle sera la date, mais en tout cas, tout ça va être brassé pour construire notre nouveau programme, en plus de ce que nous, et ça je le sais, on a fait à l’Assemblée nationale depuis le dernier programme, donc depuis 2022, qui sert aussi à nourrir ce même programme.
00:39:00David Dufresne
Et donc dans ce programme, vous donnez le financement de votre planification écologique. Est-ce que tu l’as en tête ? Bon, ça va changer. Ah bon ? Parce que là, c'était pas mal. Annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus grandes entreprises ces dix dernières années. Utiliser cet argent pour investir et rétablir des pôles publics dans l'énergie, les transports et la santé afin de réindustrialiser le pays par des plans de filières au service de la bifurcation écologique puisque votre planification écologique, c’est pour aller vers une diffère que c'était moins écologique.
00:39:29Mathilde Panot
Ah pardon, je pensais que tu parlais des chiffres, c’est pour ça que je te disais que les chiffres allaient changer parce qu’on a pris du retard quand même entre temps, Ah oui, d’accord. Ah bah oui, en fait ce qu’ont fait généralement, c’est qu’ont fait le programme, donc on a le programme. Derrière on a une quarantaine de livrets thématiques. Et puis généralement on fait aussi des plans pour pouvoir être prêts directement. Peut-être que même cette fois-ci on pourrait même faire des décrets, comme ça on sera prêts, directement, quand on sera au pouvoir. Donc à chaque fois on monte en niveau de compétences. Donc je disais, moi je parlais pas tellement des mesures qui elles sont des mesures qu’on soutient toujours et qu' on continue de soutenir, c’est la cohérence du programme que nous on porte et des idées qu’on continue de porter, mais je parlais du chiffrage parce qu’entre temps quand même on a eu 9 ans de macronie, enfin depuis 2022 4 ans supplémentaires, et entre temps en fait on prend du retard sur l’ensemble des objectifs qu’on s'était fixé. Donc je le disais plutôt sur les chiffres puisqu’on fait généralement des chiffrages du programme aussi, c’est sur les chiffres que ça va changer et donc on va continuer d’avancer. Elle fait les gros yeux ou elle ne fait pas les gros yeux ?
00:40:26David Dufresne
Elle commence, elle commence un petit peu là. Dans les gens que vous consultez, est-ce que vous consultez aussi des gens qui ne sont pas de votre bord politique, mais qui pourraient apporter des contre-arguments qui renforceraient, par exemple dans les syndicats, est ce qu’il y a des syndicats patronaux, je ne sais pas, que vous pourriez rencontrer ?
00:40:44Mathilde Panot
Les syndicats patronaux, on a fait avec eux, il n’y a pas longtemps, c’est Aurélie Troué qui a fait un coloc avec eux notamment, donc oui, on les voit et par ailleurs, il y a deux choses. Il y a les auditions-programmes dans lesquels, évidemment, ce ne sont pas du tout que des insoumis loin de là. Et puis, en plus de ça, tout le travail qui a été fait avec l’Institut La Boétie, qui est vraiment précieux pour nous, et l’institut étant des intellectuels, des syndicalistes, des chercheurs, des associatifs qui viennent et qui ne sont pas forcément insoumis, mais qui acceptent de venir mettre en discussion leurs recherches, leurs idées, ce qu’ils font au quotidien et qui nous est extrêmement précieux. Donc à chaque fois on fait mieux !
00:41:31David Dufresne
N’oublie pas de t’hydrater nouvelle question.
00:41:36Mathilde Panot
Alors, le pays où je désirerais vivre, bah la France, bah oui. Après j’aimerais bien, si j’avais un peu de temps, j’amènerais bien refaire ce que j’ai fait comme étudiante, par exemple, de pouvoir aller vivre quelques mois dans un autre pays, parce que je trouve ça génial. Mais non, vivre ici c’est parfait, avec les gens que j’aime.
00:42:00David Dufresne
C'était le questionnaire de Proust.
00:42:02Mathilde Panot
Et c’est une réponse courte. Question courte, réponse courte. À l’heure ! Question très intéressante. Nouvelle France, c’est où ? C’est qui ? C’est quand ? Nouvelle France, bon c' est un concept, un concept qui à la fois décrit la société telle qu’elle est aujourd’hui, alors en prenant un point de départ qui est un point départ comparatif qui est 1958 et le début de la Ve République, pour montrer que la France doit assumer toutes les composantes de son peuple, et y compris avec un pays qui a changé fortement depuis 1958. Alors évidemment les fachos sont à fond sur la question… De ce qu’on dit souvent, c’est-à-dire qu’avant il y avait une personne sur dix qui avait un grand-parent étranger, aujourd’hui c'était une personne de trois, mais dans la Nouvelle-France, on dit, par exemple, qu’auparavant il avait une famille sur dix, qui était une famille monoparentale, aujourd’hui c’est une famille de quatre, c'était les femmes qui ont conquis des nouveaux droits, c'était les enfants qui doivent être vus aussi comme des sujets de droits. Et en fait, je pense que la puissance de ce concept-là, c’est pas seulement que c'était descriptif, y compris parce qu'à partir de là on peut imaginer ce qu’on voudrait créer, notamment pour notre nouvelle République, qui est la sixième République, mais c’est aussi parce qu'à partir de là on identifie des nouveaux besoins dans la société. Quand je dis une famille sur dix c'était monoparental maintenant, c' est une sur quatre, ça change des choses. Et pareil, quand on dit Une personne sur trois à un grand-père en étranger, c’est pas pour dire que c' est bien ou que c est mal, contrairement à ce que disent les fachos, c est parce que à partir de là, on en tire un besoin et quelque chose de prescriptif qui est de dire que nous ne pouvons pas accepter de vivre dans un pays où le racisme est autant banalisé et à autant court que ce qu’il a lieu aujourd’hui. Parce que ce que l’on dit sur les personnes racisées ou les personnes qui sont héritières de l'émigration, quel que soit le terme qu’on utilise, ce n’est pas de dire que c’est une communauté et une identité figées, c' est de dire, que ce sont des personnes, ces millions de personnes qui subissent le racisme, qui ont en commun une chose, celle justement de vivre l’expérience du racisme. Quand on parle des femmes, ce ne n' est pas pour faire une communauté des femmes. C’est pour dire que les femmes, même si je ne suis pas une communauté avec telle ou telle femme, je ne sais pas avec eux, je peux parler, par exemple, je suis pas en communauté avec Ruth Elkrief Mais par contre, peut-être que toutes les deux, on a subi l’expérience du sexisme. Donc en fait, tous ceux qui renvoient à une forme de racialisation de la France ne comprennent rien à ce qu’on est en train de dire. Nous, ce qu' on est en train de dire, c’est qu’il faut qu' on regarde la France telle qu’elle est aujourd’hui, dans toutes les composantes de son peuple, et du coup, d’imaginer quel est l’avenir que nous voulons construire avec toutes les composantes de ce peuple-là.
00:44:48David Dufresne
Mais quand tu réponds à Proust, La France. Ouais. Tu lui as pas répondu la Nouvelle-France.
00:44:52Mathilde Panot
Ah bah si, moi je suis fière de voir la jeunesse qui dit « Nous sommes la Nouvelle France », c’est magnifique. Mais c' est parce que j’ai tellement confiance dans mon pays et dans mon peuple que je suis sûre que nous allons faire la France de la 6e République et donc la Nouvelle France.
00:45:04David Dufresne
On va parler de la VI ème République mais d’abord je voudrais quand même citer Elsa Marcel et Anasse Kazib qui sont tous les deux de Révolution Permanente et…
00:45:13Mathilde Panot
Je soutiens Anasse Kazib d’ailleurs qui est demain en procès pour la Palestine, son soutien à la Palestine.
00:45:20David Dufresne
Voilà alors, pour Elsa Marcel, la Nouvelle France n’est pas un projet d’affrontement avec les classes dominantes de notre côté, révolution permanente. Nous pensons qu’il faut construire un rapport de force par en bas dans la perspective d’une transformation révolutionnaire de la société. Et Anasse Kazib lui dit que votre programme n’est pas à la hauteur des enjeux, il repose sur l’espoir d’une collaboration avec le patronat et met sous le tapis les antagonismes de classe.
00:45:47Mathilde Panot
C’est bien, c’est des débats présidentiels intéressants. Voilà, ils se présentent à l'élection présidentielle, c’est des débats présidentiels intéressants. Donc, enfin, moi j’ai pas de problème avec le fait qu’on critique notre programme. Et même, je pense que c' est utile d’avoir une extrême gauche dans ce pays, et je le dis avec beaucoup de respect pour les gens qui sont d’extrême gauche. Je pense que c' est important. Qu’il y ait plus à gauche que la France Insoumise. Parce qu’y compris quand on parle souvent de la fenêtre d’Overton, on a besoin que la fenêtre d’Overton, elle s’ouvre un peu de manière plus forte à gauche, et qu’elle ne soit pas uniquement sur une extrême droitisation à la fois du débat et des débats politiques et médiatiques. Donc moi je trouve que c’est des débats intéressants, alors ça impliquerait de répondre assez longuement sur les modèles économiques, sur la manière dont on voit les choses. Effectivement nous, on n’est pas une révolution citoyenne par les urnes, c’est pas toujours le cas d’autres partis qui peuvent faire d’autre choix. Effectivement nous on décide qu’on veut aller vers plus de coopératives des salariés et des ouvriers, qu' on veut sortir petit à petit des pans entiers du capitalisme, notamment en commençant par les communs, l’eau, l’air, qu’on ne pourrait pas marchandiser, qu' on veut étendre la sécurité sociale pour justement sortir des pans du marché. Certains trouvent que ça va pas assez vite, enfin bon tout ça c’est des débats qui sont des débats intéressants je trouve.
00:47:10David Dufresne
Je fais les gros yeux. On peut passer à une autre question si tu veux bien.
00:47:14Mathilde Panot
Comme ça, on va pouvoir tenir les délais.
00:47:16Mathilde Panot
Alors, violence médiatique.
00:47:18David Dufresne
Alors voilà, ça c’est un terme que tu as employé il n’y a pas très longtemps. Je ne sais même pas dans quoi je l’ai employé. Je ne le sais plus, je ne sais plus. Comment ? J’essaie de me souvenir, mais bon, ça me va très bien, je ne renie pas ce mot, cette expression. C'était dans un entretien, mais je ne le retrouverai pas. C’est la question du rapport que vous avez avec les médias, qu’ils soient indépendants, qu’ils soient dépendants, qu’ils soient dominants, qu' ils soient du côté des dominés. Comment qualifiez-vous votre rapport avec tous ces gens-là ? Mélenchon, par exemple, tout à l’heure, a démarré la conférence de presse sur une diatribe contre la presse, satisfaite du désastre, c’est le terme qu' il a employé, de la crédibilité de la presse mainstream.
00:48:15Mathilde Panot
Bah, je pense qu’on a une bataille qui est très très très rude avec l’officialité médiatique. Enfin, c’est notamment les médias, je le dis très clairement, les médias qui sont détenus à 90 % par 9 milliards d’air, dont certains assument très clairement. C’est le cas pour Bolloré, par exemple, d’en faire des outils de combat civilisationnel, je cite les mots qu’il donne, et qui, oui, sont un combat qu' on a avec eux de manière très âpre. Par exemple, quand on regarde CNews, et je pense, l’exemple le plus typique de ça, mais par exemple quand Sleeping Giants avait regardé le nombre de fois où CNews avait dans son bandeau le mot Islam ou le mot immigration. Il y avait seulement 31 jours sur les 365 jours de l’année où il n’y avait pas le mot ni Islam ni immigration sur les bandeaux de Cnews, ce qui ne veut pas dire que sur les plateaux, les gens n’en parlaient pas. Attention ! Enfin, donc, on a une difficulté très, très forte. Et d’où le fait qu’une des premières choses que nous, on veut faire, c’est de déconcentrer les médias. C’est arrêter que les milliardaires détiennent les médias avec des choses enfin, il faut comprendre que la campagne présidentielle qu’on va vivre. Elle ne sera semblable à aucune autre. Elle ne ressemblera à aucune campagne d’abord parce qu’il y a des enjeux très forts, tout à l’heure on parlait des enjeux de risques de guerre généralisée, notamment avec Trump, Netanyahou, Poutine, d’autres. Donc on a des enjeux très forts à l’international sur la paix, on a d' enjeu très fort sur la question de garder un écosystème compatible avec la vie humaine, donc sur le dérèglement climatique, ce qu’on vit dans nos corps actuellement. On a des enjeux très forts sur la justice sociale, sur la démocratie. Donc d’abord, en cela, elle ne ressemblera à aucune autre, mais elle ne semblera aussi à aucune autres, parce qu’il va y avoir sans cesse des mensonges dits contre nous et je pense que nous allons faire une campagne présidentielle qui va être, qui est déjà, mais qui va être extrêmement violente. Je donne des exemples par exemple la dernière garde à vue qu’a fait Rima Hassan donc je rappelle il n’y a pas de moyens vous savez pour la justice et pour la police mais il y a quand même les moyens de suivre pendant trois mois une eurodéputée de suivre dans tous ses déplacements et, sur son téléphone, toutes ses discussions pendant trois mois, plus de la merde en garde à vue pendant plus de 15 heures, pour un simple tweet. Donc il y a les moyens de faire ça et ensuite d’avoir des fuites policières qui sont organisées directement par le porte-parole du ministère. En tout cas, c’est ce qu’ont révélé des journalistes de la presse. Directement par le Parole du Ministère sur le fait que Rima Hassan aurait de la drogue sur elle. Cela fait la une de tous les médias de l’officialité avec des plateaux entiers qui sont organisés pour expliquer que Rima Hassan serait une droguée, une je ne sais quoi, une de je ne sais quoi. Et pour ensuite se rendre compte que Rima Hassan n’avait pas de drogue, sur elle..Évidemment aucun des plateaux ne fera un plateau entier pour dire nous nous sommes trompés, Rima Hassan n’avait pas de drogue sur elle. Quand Sébastien Delogu est pointé du doigt sur le fait qu’il se serait fait lui aussi livrer de la drogue, il s’est fait livrer des meubles par un livreur qui lui-même était dans un réseau de drogues où il livrait de la drogue. Bon bref, passons. Mais en fait ne s'était pas fait livrer de la drogue vous avez les médias qui racontent qu’ils s'étaient fait livrer de la drogue et qui ne raconteront pas qu' il ne sait pas fait livrer de drogue. Et avec un deux poids deux mesures qui est quand même hallucinant je sais pas si vous vous imaginez si on renverse la scène de ce qui s’est passé à Rodez dans la discothèque où vous avez des militants du RN qui chantent Marine le Pen au pouvoir les arabes à l’abattoir si ça avait été des insoumis qui avaient chanté je ne sais quoi on en aurait entendu parler pendant des jours des jours et des jours là c’est le RN silence radio on est obligé de poser une question au gouvernement pour que le gouvernement daigne condamner les propos ?
00:52:02David Dufresne
C’est la une de Mediapart ce soir, ils ont enquêté sur cette vidéo.
00:52:06Mathilde Panot
Donc oui, on a un rapport qui est conflictuel avec eux, et y compris parce que dans le traitement… Pourquoi on y va ?
00:52:15David Dufresne
Pourquoi vous êtes sur le plateau de c news, franchement ?
00:52:18Mathilde Panot
Moi, j’y vais pas, mais en fait, c’est une question qui est posée sur… Alors, déjà, on va pas sur les plateaux de CNews en général, il y a que deux choses sur lesquelles il reste des insoumis qui vont sur le plateau de C NEWS. C’est l’Europe 1. C’est les matinales et celui qui est en lien avec Europe 1, effectivement, qui n’est pas que C NEWS. Bon, y compris, c’est des débats qui nous traversent, hein. Enfin, moi, j’y vais depuis très longtemps, j’ai décidé de ne pas y aller. Après, c’est toujours la question qui est posée par rapport à la presse, qui est une question compliquée qu’est de savoir, est-ce qu’on investit les espaces ou est- ce qu' on ne les investit pas. Et honnêtement, ce sont des questions qui se valent. Je veux dire, voilà, est ce qu' on investit ces espaces, est ce qu' on les investît pas, moi je ne juge pas celles et ceux qui y vont chez nous. Il y a pour l’instant la décision qu’on avait prise, puisqu’on en avait discuté un moment, c'était de ne pas aller sur des plateaux CNews dans lesquels le cadrage qui est fait est terrifiant, à charge, etc. C’est d’aller dans des espaces où on peut quand même parler et délivrer un message. Après, voilà, bon c’est des questions qui se posent quoi. Mais bon, enfin, honnêtement, bon, c' est pas du niveau de CNews, je suis d’accord, il faut par exemple, quand vous allez sur BFM TV, parfois, enfin je veux dire, moi on m' a déjà sorti des phrases sur BFM TV de Jean-Luc Mélenchon qui étaient factuellement fausses, qui étaient fausses donc, bon, je compare pas à BFMTV à New, sinon je vais avoir une polémique, voilà mais je veux dire, il y a dans les médias voilà, on essaie d’investir tous les espaces et c’est l’importance aussi du fait qu’on utilise nos propres réseaux sociaux pour avoir nos propres médias justement.
00:53:54David Dufresne
Et bien justement à propos de réseaux sociaux il y a Emmanuel Touzot. France Info, on me dit, et on dit aussi, mais c’est clair, France Info. Emmanuel qui vous demande, mais pourquoi vous ne quittez pas X chambre d'écho du fascisme où il n’y a aucun potentiel pour convaincre clairement ?
00:54:07Mathilde Panot
C’est la même question que d’autres réseaux.
00:54:10David Dufresne
Ouais mais la réponse, elle est un peu… c’est pas très révolutionnaire comme réponse.
00:54:15Mathilde Panot
Alors je vais dire aux gens qui ont quitté X, alors déjà on peut rigoler un peu des gens qui ont quitté X et qui y sont revenus en toute discrétion, très tranquillement, il y en a plein. Il y en a plein de politiques qui ont annoncé quitter x au moment de boycott X, etc. Et qui sont revenus. Donc ça c’est la première chose. La deuxième chose c' est que nous on assume d’utiliser les espaces, après bon bah ces espaces là je veux dire X c’est de la merde bon enfin franchement META c' est de la merde aussi, enfin bon enfin je veux dire il n’y a aucun endroit qui est pur idéologiquement et donc on emmène la bataille partout
00:54:53David Dufresne
Le terme « officialité », est-ce que tu peux comprendre qu’il sonne bizarrement, quand même ? Pourquoi ? Pourquoi ça te fait écho à quoi ? Ben, on a l’impression que vous vous battez… Ah ça, j’aime beaucoup comme terme, mais c’est très spécifique, c' est à dire c' est les journalistes qui suivent les affaires de police et qui sont les courroies de transmission de la police. Quand vous vous dites les médias de l’officialité, vous semblez dire que vous faites face à un mur qui serait la Pravda et qui serait de bout en bout, univoque, uniforme etc.
00:55:33Mathilde Panot
Face à un mur enfin franchement, quand on parle d’officialité médiatique, je parle des chaînes sur la TNT, des chaînes en continu en particulier, mais aussi du service public. Enfin nous on a défendu beaucoup le service public face notamment à la réforme que faisait, que voulait faire le gouvernement, au changement de financement de l’audiovisuel public qui le rendait plus dépendant. Notamment du pouvoir, sur la question à la fois de l’indépendance, de la nécessité du pluralisme, etc, on l’a défendue face à la commission d’enquête de l’extrême droite, mais on est aussi exigeants sur la questions du service public de l’audiovisuel, et honnêtement, c’est pas satisfaisant. Enfin, je veux dire, sur le service public aussi, sont racontées les mêmes mensonges qui ont été racontés sur Rima Hassan et sur d’autres. Sur le service publique aussi, on retrouve… Enfin, il y a une journaliste qui me disait ça une fois, et que je trouvais très… enfin, c’est très juste, c’est exactement ce qu’est en train de se passer. C’est une journaliste qui suivait l’extrême droite dans la campagne 2016-2017. Elle était chargée du suivi de l’extrême droite. Elle dit c'était terrifiant de voir, comme maintenant, quand, sur les boucles d’extrême droite, un sujet est lancé, ça devient donc le sujet qui est lancé sur les réseaux sociaux, qui arrive sur Valeurs Actuelles, le JDD, bon, etc, etc. Et puis qui, ensuite, arrive en une des bandeaux BFM, et enfin, l’extrême droite arrive à imposer son agenda médiatique. C’est un très gros problème et la détestation d’une force politique est un problème dans ce que j’appelle les médias de l’officialité.
00:57:05David Dufresne
Quelqu’un m’attaque en disant oh le corporatisme moi j’ai quitté ce monde là on va dire des médias dominants il ya plus d’une vingtaine d’années je parlais pour que tu aies pu se prendre un petit peu d’eau si tu avais envie mais sinon on peut passer à une autre question
00:57:24Mathilde Panot
Alors, vie république, mais j’imagine que c’est sixième république. Oh la vache, oui. Non, mais en fait, c'était parce que le E, tu peux pas l'écrire en petit, vu que t'écris en majuscules.
00:57:32David Dufresne
Voilà
00:57:32Mathilde Panot
Voilà, donc c’est…
00:57:34David Dufresne
Alors Sixième République, tu en as un peu parlé, je vais te poser des questions posées sur BlueSky par Razim. Pouvez-vous préciser la composition envisagée pour l’Assemblée constituante de la Sixième République ? Une partie de ces membres sera-t-elle tirée au sort parmi les citoyens ? Si oui, dans quelles proportions ? Et Hugo te demande ton avis sur l'élection présidentielle et les dérives qu’elle apporte dans sa forme actuelle et aux plus importants que le programme, sondage, système de vote premier et deuxième tour.
00:58:05Mathilde Panot
Ok, c’est une longue question. Alors, je vais commencer par le début sur la question tirée au sort. Là, je parle de ce qu'était notre programme jusqu’alors. Il y a des choses qui vont évoluer. Je vais en parler d’une chose dont Jean-Luc Mélenchon a déjà parlé. D’autres pourront encore évoluer. Mais pour l’instant, ce qu’on disait, c’est que pour faire la 6ème République, il faut donc que le peuple puisse réorganiser réinventer les règles du jeu donc réécrire une nouvelle constitution donc ça c’est l’assemblée constituante comment est ce qu’on proposait de faire l’Assemblée constituante on propose de faire des bulletins où chacun défendra son programme nous par exemple on veut mettre des nouveaux droits démocratiques, des nouveaux droit écologiques, des nouveau droits personnels par exemple le droit de choisir librement et gratuitement son état civil directement qui soit inscrit dans la dans la constitution Bref, donc nous c’est les choses qu’on portera, le référendum d’initiative citoyenne, etc. Et puis je sais pas, la droite par exemple, ils présenteront des listes où ils feront la cinquième république bis avec peut-être encore plus de pouvoir au président et puis je ne sais quoi, je ne sais quoi, bon bref. Donc chacun fait ses campagnes et on avait proposé qu’il y ait un dernier bulletin, qui soit le bulletin tirage au sort. Dans lequel, du coup, avec lesquels les gens pourront prendre ce bulletin de tirage au sort, et si il y a 10 % des gens qui prennent le bulletin tirage au sort, alors 10 % de la constituante est tirée au sort. Si c’est 20 %, c’est 20 %, si c’est 30 %, c' est 30 %, etc dans les évolutions qu’on a déjà dans le programme par rapport à la dernière fois, ce qui est nouveau. Jean-Luc Mélenchon, ça l’a déjà dit, c’est que dès qu' on arrivera, on changera la constitution actuelle de la V ème République pour mettre le référendum d’initiative citoyenne. Qui a à la fois un aspect de pouvoir révoquer une loi, mais aussi instituer une loi donc décider d’une loi, et qui a un pouvoir constitutionnel aussi, et le pouvoir révocatoire, le pouvoir de révoquer des élus. Ça serait la première fois dans toute l’histoire de nos républiques
00:59:58David Dufresne
Alors, ne suscite pas de faux espoir, car dans l’avenir en commun, le projet de constitution proposé par l’Assemblée Constituante sera soumis à référendum après deux ans de travaux. Donc, il n’y a pas de sixième république en juin 2027, on est bien d’accord ? Bah oui, mais du coup c’est pour ça qu’on veut mettre le RIC d’abord. Vous mettez le Ric d’abord.
01:00:19Mathilde Panot
Exactement, c’est que le RIC, il nous permet d’avancer. Le temps que la Constituante fasse ses travaux. Parce que si vous voulez avoir la 6ème République en juin ou en juillet 2027, ça veut dire qu’en fait, on ne passe pas par un processus constituant par le peuple. Et nous, ça ne nous convient pas. Nous, on veut que le peuple se réapproprient les règles du jeu et les discute, que ça soit y compris discuté, évidemment dans la Constituante et l’utile Rousseau, mais aussi dans tous les villages qui puissent avoir un droit d’interpellation de la Constituante, bref qui est un moment refondateur du peuple de France sur ce qu’on veut politiquement et la manière dont on veut vivre ensemble. C’est à ça que sert la Constituante. D’où le fait qu’on ferait le RIC d’abord, ce qui permettrait que dans le moment où la Constituante fait ses travaux et que l’ensemble du pays en ébullition sur tout ce qu' on doit changer, il puisse y avoir déjà à la fois le référendum révocatoire et un aspect constituant qui pourrait déjà être là. Donc ça c’est une des modifications qu’on fait, et je dis ça sera la première fois dans toute l’histoire de nos républiques qu’il y a un pouvoir populaire direct, qui n’est pas juste d'élire ses représentants une fois tous les cinq ans en disant que c'était ça la démocratie. Et évidemment, la 6ème République c' est l’idée d’abolir la monarchie présidentielle. Donc pour revenir à la deuxième partie de la question, qui était la question des travers de la 5ème République avec l'élection présidentielle, évidemment il y a un travers qui est fait avec en plus la question d’un homme présidentiel, etc.
01:01:47David Dufresne
Providentiel tu veux dire.
01:01:48Mathilde Panot
Oui, j’ai dit présidentiel, c’est vrai, providentiel, mais bon, du coup, qui serait le présidentiel ?
01:01:54David Dufresne
Je ne sais pas ce que ça signifie, ce là-dessus, je n’ai aucune idée.
01:01:58Mathilde Panot
Ce sera analysé mais c’est aussi moyen dans la 5e République d’en finir avec la 5e république donc donc en fait on doit enfin en tout cas nous on considère que c' est par ce moyen là qu’on peut sortir par le haut de cette monarchie présidentielle où un homme seul décide de tout. Bon, l’exemple le plus frappant étant évidemment la retraite à 64 ans. 90 % des travailleurs et travailleuses sont contre, tous les syndicats du pays, même l’Assemblée Nationale, obligé de faire passer en plus par tout un symbole par le centième 49.3 de la Ve République et du coup où on passe en force comme ça, donc nous on utilise ça et vous remarquerez que cette fois-ci, là aussi, nouveauté de cette campagne là, quand Jean-Luc Mélenchon dit nous c’est carré, on a un seul candidat, on a un programme et une équipe. Et bien on va faire une campagne d'équipe et je pense que ça là aussi, on le faisait déjà un peu en 2022 mais à l'époque on n'était que 17 députés, là on est 71 député plus des maires plus des eurodéputés et donc on va réussir à faire une campagne d' équipe où quand même Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat à la présidentielle qui dit dans ses meetings ne criez pas mon nom, moi la candidature c’est le programme.
01:03:13David Dufresne
Et dis-moi, parce que là, je vais te taquiner un peu, dans l’avenir en commun, il y a écrit qu’aucun parlementaire des anciennes assemblées ne pourra siéger dans cette assemblée constituante. Ça veut dire que vous tous, les députés actuels, vous pensez tous que vous serez ministre en fait, et que vous ne serez pas là pour faire la constituante ?
01:03:36Mathilde Panot
Bah non, bah oui, mais il y a deux assemblées qui vont travailler en même temps, il y à l’Assemblée nationale qui continuera de travailler des budgets, des lois d’urgence, qui abrogera toutes les lois toutes pourries qui ont été faits pendant des années et qui mettra de nouvelles lois, par exemple, je sais pas, on était 2027 discuter justement de la déconcentration des médias pour libérer les journalistes des chaînes de l’argent des milliardaires. Bon, par exemple des lois comme ça, et puis beaucoup d’autres, l’application de la loi sur la réquisition des logements, enfin bon, beaucoup d’autres qu’on fera, donc ça, l’Assemblée nationale, où, j’espère, si on a gagné, nous serons très nombreux et nombreuses. Et puis de l’autre côté, il y aura l’Assemblée constituante qui, en même temps, fera ses travaux. Donc évidemment que ça peut pas être les mêmes personnes, déjà parce qu’ils peuvent pas siéger en même temps, et puis parce que dans l’idée de la constituante, c’est pas seulement les parlementaires actuels qui ne peuvent pas être membres de la Constituante, ce qui, y compris les membres de la constituante, s’engagent à être parlementaire dans la 6ème République. Pourquoi ? L’idée, c’est d'éviter le plus possible de faire des règles pour soi-même. Enfin, tout le monde comprend. Le problème que ça peut créer est donc… Non, moi je trouve ça bien, enfin c’est pas du tout qu’on sera tous ministres, c' est qu' on sera occupés à faire plein de choses pour le pays, à n’importe quel poste.
01:04:52David Dufresne
Ça va aller, ça va aller on peut déborder !
01:04:54Mathilde Panot
Que faire mieux ? Gagner la présidentielle, par exemple. Il nous manquait 420 000 voix la dernière fois pour aller au second tour. Là, on est dans une situation un peu différente puisque c’est dit généralement qu’on serait au second tour, ce qui donne une ambiance différente de travail à la campagne présidentielle. Plus on vient de faire un meeting, alors on vient faire une fête de la musique qui était un immense succès populaire, mais un meeting notamment à Saint-Denis, le premier meeting de campagne. Où il y avait 26 000 personnes pour le premier meeting de campagne.
01:05:27David Dufresne
Ça c’est le chiffre des organisateurs, on est bien d’accord.
01:05:29Mathilde Panot
C’est tout à fait le chiffre des organisateurs sur lequel on peut regarder les images qui sont absolument incroyables, y compris des gens qui ne nous aiment pas beaucoup d’habitude, qui disaient quel que soit le chiffre qui est donné, de toute façon c’est une marée humaine.
01:05:42David Dufresne
Voilà.
01:05:42Mathilde Panot
Donc, ils sont obligés de le reconnaître eux-mêmes. Mais en tout cas, pour donner un exemple par rapport à 2022, on a vraiment des signaux actuellement dans la campagne qui sont normalement des signaux qu’on a en fin de campagne sur l’engagement d’artistes qui nous font l’honneur de venir nous soutenir très loin encore de l'échéance présidentielle. On était très très fiers d’avoir Vuillard et Ernaux qui étaient là au meeting. Prix Nobel, prix Goncourt, enfin pour nous c'était un immense honneur et puis ça me donnait de la profondeur aussi au moment qu’on vivait. Et donc je disais 26 000 personnes, la dernière fois en 2022, notre premier meeting, alors il y avait eu Covid, etc. Mais notre premier meeting c’est en décembre 2021, donc beaucoup plus proche de l'échéance et il y avait 5 000 personnes. On a dépassé les 300 000 personnes je crois qu' on est à 319 000 personnes sur Mélenchon2027.fr où tout le monde peut continuer à aller signer d’ailleurs. Et donc, on a une dynamique.
01:06:38David Dufresne
On signe pour l’homme dont on ne doit pas dire le nom, c’est ça.
01:06:42Mathilde Panot
Pour Mélenchon de 2027, voilà, c’est ça. Non, donc comment faire mieux, il faut qu’on arrive à non seulement être au second tour de cette élection présidentielle, mais à la gagner, parce que je suis persuadée qu’il y a des solutions qui sont bien meilleures pour le pays que tous les autres candidats.
01:06:59David Dufresne
Est ce que vous pensez là avoir terrassé tous les gens sur votre droite mais qui se disent à gauche ? Je parle du PS, de Place publique, etc.
01:07:07Mathilde Panot
Je sais même pas si on a besoin de les terrasser, en fait je pense, je veux dire il y a un spectacle qui est assez pitoyable quand même actuellement, enfin je veux dire, nous on peut dire tout ce qu’on veut sur nous, mais nous au moins quand les gens savent ce qu’on propose, quand on dit des choses, y compris d’ailleurs depuis 9 ans que moi je suis à l’Assemblée nationale, que je préside le groupe Insoumis. On n’a jamais trahi la parole qu’on a donnée devant les électeurs et les électrices sur les positions de vote, sur les propositions de loi qu’ont déposées. Donc ça sera la même chose quand on sera au pouvoir. C’est-à-dire que nous, on est d’accord ou on n’est pas d’accord avec nous, mais au moins on propose des idées et on dit ce qu' on fait et on fait ce qu’on a dit. Donc au moins c’est clair. Le reste du spectacle est donné à côté, enfin je veux dire, je donne un exemple sur ce qui se passe au Parti Socialiste, mais aux partis socialistes, ils ont dévoilé un premier programme puis un deuxième programme. Ce programme ne peut-être pas celui du candidat, en fait, ne sera pas celui du candidat dont on ne sait pas lequel c’est, puisqu’ils ont un nombre de candidats absolument incroyables, potentiels, qui sont sur la ligne de départ, puisque le candidat pourra choisir lui-même à l’intérieur du programme ce qu’il veut choisir. Donc, enfin, c' est pas sérieux, en fait, de faire ça. Enfin, je veux dire, on n’est pas en train de faire un jeu de petits chevaux. On est en train de discuter de l’avenir du pays, de savoir est-ce que on va continuer d’avoir dans notre pays une personne sur trois qui se prive de repas pour nourrir ses gosses. Est-ce qu’on va continuer d'être dans un pays dans lequel les jeunes ont un avenir qui s’assombrit tout le temps parce qu' on leur impose Parcoursup, parce que tout est en train de s’effondrer, du système de santé au système éducatif. Enfin, je veux dire, on est en train de parler de choses extrêmement sérieuses. Donc en fait, enfin, c’est même pas est-ce que on est entrain, je sais pas le mot que tu as utilisé, de les terrasser. En fait, ils se terrent eux-mêmes par un moment. Soyez sérieux. Si vous voulez vous présenter et proposer un autre projet politique au pays, parce que c’est ça que mérite normalement l'élection présidentielle. Ce qui s’est passé en 2022 et qui est grave, c’est qu’on nous a volé l'élection présidentielle quand Emmanuel Macron a pris pour prétexte sans cesse la guerre en Ukraine, qu’il a refusé tous les débats, on nous a violé le débat sur l'élection présidentielle. Là, on est sur le moment de fin de règne de la Macronie, qui est un moteur puissant dans cette élection présidentiel, parce que tout le monde en a ras-le-bol de ce mec qui a détruit absolument tout dans le pays, qui fait que plus rien ne fonctionne, on le voit sur tous les sujets. Bon bah nous, au moins on propose autre chose. Après les gens ils sont d’accord, ils sont pas d’accords, c’est pas grave, c’est bien, c´est la démocratie et nous, la manière dont on va faire mieux, c’est que la dernière fois on a raté à 420 000 voix le second tour de l'élection présidentielle. Moi il y a un truc qui me donne immensément d’espoir dans ce qu’on est en train de vivre, c’est pas seulement le nombre de gens, la dynamique de campagne qu' on a qui est extrêmement enthousiasmante pour nous et qui nous fait plaisir. Nous on est contents, contrairement aux autres qui sont en train d'être trop déchirés, de se mettre des balles dans le dos, des couteaux, des bonbons, je ne sais quoi. Nous on est contents, on est joyeux, on pense qu’on peut gagner cette élection, qu’on propose des choses, etc. Mais c’est que 420 000 voix qu’on a ratées, on a raté le second tour. Il y a 4,2 millions de jeunes qui sont devenus majeurs entre 2022 et 2027. Et la jeunesse de ce pays, je vais vous dire qu' elle donne vraiment beaucoup d’espoir. D’abord parce que la moitié de la jeunesse de ce pays a voté pour les mesures du Nouveau Front Populaire. Donc, la jeunesse de ce pays est massivement antiraciste, elle est massivement féministe, antifasciste, consciente des enjeux écologiques.
01:10:28David Dufresne
Je pourrais te rétorquer que c’est aussi des jeunes à Rodez qui font cette vidéo épouvantable.
01:10:33Mathilde Panot
Oui, il y a une course de vitesse, mais pour l’instant…
01:10:36David Dufresne
Il y a aussi une jeunesse d’extrême droite qui..
01:10:38Mathilde Panot
Ouais, mais beaucoup moins nombreuses que nous. Et je vais te dire même un truc Vincent Tiberj, là, le sociologue, qui écrit La France est-elle de droite ? Qui donne plein de chiffres dedans, qui sont hyper intéressants si vous avez envie d’aller le lire. Bah, Vincent Tiberj, il dit dans le livre que pendant des années et des années, pendant des décennies en fait, on a observé une socialisation qui partait des adultes qui étaient prescripteurs du monde pour les jeunes. Donc c'était les parents, les grands-parents dans une famille, les enseignants dans une école, dans un collège, dans une université, pour la première fois on observe une inversion de ça. C’est-à-dire que c’est les jeunes qui deviennent prescripteurs du monde pour les adultes au-dessus d’eux. Et ça donne des résultats concrets. Par exemple, je reprends ce qu’on a gagné nous avec les associations, c' est-à dire l’inscription du droit à l’avortement dans la constitution. Pour changer la constitution, Assemblée et Sénat doivent voter pareil. Le Sénat, en 50 ans de légalisation de l’avortement, n’a jamais voté en faveur de l’avortement jamais. C’est toujours passé dans les navettes avec l’assemblée qui avait le dernier mot. Donc c'était normalement impossible d’obtenir un vote conforme Assemblée/Sénat. Et là, tu veux dire que les enfants de sénateurs et sénatrices en fait, ils le racontent eux-mêmes. Les sénateurs et sénatrices racontent eux-même qu’ils ont changé leur vote, parce que leurs enfants, petits-enfants, nièces et autres sont venus les voir en leur disant :si tu ne votes pas en faveur des droits des femmes à disposer de leurs corps dans la Constitution, je ne viendrai plus jamais te voir à Noël, je ne viendrais plus jamais de voir aux vacanciers, bref, je ne viendrai jamais de vous voir, et c’est comme ça qu’ils ont changé leur vote. Et bien ça va marcher sur la présidentielle aussi, et il y a beaucoup plus de jeunes qui sont pour une gauche de rupture que de jeunes pour l’extrême droite, fort heureusement en tout cas pour l’instant aujourd’hui.
01:12:18David Dufresne
Mais c’est dans le même temps que tu avais donc ces millions de jeunes qui… Voilà. Il y a aussi des millions de gens qui ont vieilli. Et donc un électorat vieillissant a priori, plutôt favorable aux idées conservatrices, droites, avec un débat entre celles et ceux qui ne voteront jamais extrême droite, mais qui voteront une droite très dure, limite d’extrême droite type Retailleau, Enfin, qui n’ira pas jusqu'à voter Bardella ou Le Pen, mais n’empêche qu’il y a aussi cet électorat-là qui vieillit et qui peut très bien annuler.
01:12:53Mathilde Panot
Il y a deux choses là-dessus, il y a la première chose c’est justement ça, ça fait partie de la Nouvelle-France aussi. Quand je disais qu'à partir de l’analyse de la situation, donc c'était à dire du pays tel qu’il est avec un pays qui vieillit, on arrive vers de nouveaux besoins, par exemple la Nivelle- France, c' est aussi une France qui prend soin beaucoup mieux que ce qu’elle fait aujourd’hui de ses aînés et des personnes âgées c’est aussi prescripteur sur ce qu’on doit faire politiquement que d’observer ça. Ça, c' est la première chose. La deuxième chose en fait le gros problème qu’on a avec le vieillissement de la population c’est qu' on a beaucoup plus de mal à toucher des personnes âgées. Alors nous on fait tout ce qu’on peut, c’est à dire qu' on va à la fois en porte à porte essayer de parler un à un, de convaincre un à l’un autour de nos idées, d’inscrire sur les listes électorales, de parler. Et généralement effectivement les personnes les plus âgés, votent plus, sont plus inscrits sur les listes électorales et même généralement effectivement sont un vote qui contrebalance plutôt vers la droite, parfois même l’extrême droite mais bon vers la droite en tout cas on va dire. Et justement, c’est pour ça que quand je disais que moi ça me donnait beaucoup d’espoir les 4,2 millions de jeunes qui ont obtenu le droit de vote entre 2022 et 2027, mais aussi la jeunesse de ce pays, en fait on a besoin d’aide sur cette question. Et quand je disais qu’il y a une socialisation à l’envers qui se fait, on a besoin d’aide, on a besoin que les jeunes aillent parler avec leurs grands-parents, discuter avec eux, et les convaincre sur ces questions-là. Parce que le plus souvent, malheureusement, notamment parce qu’y a une question d’isolement très fort dans notre société, le lien que vont avoir des personnes âgées avec le monde, ça va être beaucoup la télé. Et comme à la télé, nous sommes extrêmement diabolisés, qu’en plus maintenant, je disais, cette campagne ne ressemblera à aucune autre. Il y a des questions d’ingérences étrangères qui se rajoutent par-dessus, qui ajoutent de nouveaux mensonges et de nouvelles diffamations contre nous. Par exemple, une personne pourrait tomber sur une affichette qui est collée à Marseille qui disait qu’une femme avait été violée par Sébastien Delogu, ce qui était faux et qui vient directement d’une société israélienne qui tentait de faire de l’ingérence, enfin qui a fait de l´ingérence dans le cadre de la campagne municipale à Marseille. D’autres ont été accusés de pédocriminalité, enfin de choses extrêmement graves qui ont été faits et qui n'étaient pas seulement sur les réseaux sociaux, c’est pour ça que je parlais des affichettes, qui étaient aussi des pubs sur Vinted, sur Candy Crush, sur la Dépêche du Midi, ce qu’a eu François Piquemal à Toulouse. Oui, on en a souvent parlé. Du coup, le lien qu’on a avec des personnes dont le seul médium par rapport au monde extérieur, notamment dans des endroits où il n’y a plus d’associations, plus de petits cafés où les gens peuvent discuter et parler.
01:15:27David Dufresne
C’est la télévision ?
01:15:28Mathilde Panot
Bah c’est les télévisions et c' est la famille et du coup on a besoin de l’aide que les gens aillent discuter avec leurs grands-parents parce que c’est un des moyens de les faire changer d’avis.
01:15:36David Dufresne
Euryale modératrice en chef, propose un slogan « menacez vos vieux »
01:15:43Mathilde Panot
Moi, j’aime, faut que les jeunes prennent la procuration de leurs grands-parents, je trouve ça super bien, pour leur dire que, par exemple, s’il fait très chaud le jour du vote, il vaut mieux qu’ils aillent voter pour eux, ça c’est vachement bien. Faut les menacer, bah j’en sais rien, par exemple la menace de pleurer, ça a marché sur des sénateurs et sénatrices, donc après, bon, chacun est libre des relations qu’il a avec ses grands-parents, de la manière, bon il veut les faire, mais en tout cas on a besoin de discussions qui passent les filtres de tout ce qui est dit sur nous sur la télé, de tout ce qui raconté un peu partout, on a besoin que les discussions elles se fassent de personne à personne, d’autant plus dans un moment où va avoir une campagne encore une fois très violente et très diffamante en notre encontre et pour ça on a besoin y compris de gens qui vont démonter un à un les mensonges qui sont faits.
01:16:29David Dufresne
Donc c’est "procurez vos vieux" te propose Satrappe. Attention au chantage affectif.
01:16:37Mathilde Panot
Voilà, c’est ce que je disais, ça dépend des relations que vous avez, mais ça a marché avec mon grand-père, dit-il après…
01:16:45David Dufresne
Je te propose de continuer il ne doit plus y avoir beaucoup de questions.
01:16:49Mathilde Panot
Il en reste quatre ou cinq. Alors, faut-il manger les riches et à quelle sauce ? Évidemment, il faut les manger. À quelle sauce, moi j’aime bien la sauce algérienne, mais bon après chacun choisit. Faut-il manger les riches ? Oui enfin on a un immense, enfin ça fait partie des enjeux de la présidentielle qui sont encore plus prégnants que ce qu’ils étaient encore en 2022. 2022 on disait déjà c’est la dernière station avant le désert bon là je pense qu’on est arrivé à un moment où plus rien ne fonctionne. Enfin, c’est vraiment le sentiment qu’on a sur tous les sujets, plus rien ne fonctionne sous Emmanuel Macron et on a quand même les 500 plus grandes fortunes de ce pays qui ont vu leur fortune doubler. On a 50 personnes qui détiennent autant que la moitié de la population française de ce pays. Faut arrêter en fait, faut arrêter.
01:17:37David Dufresne
Alors voilà, l’avenir en commun, le chapitre 6, partage des richesses, mettre au pas la finance, pour des banques au service de l’intérêt général, dé-financiariser l'économie réelle, refuser le chantage, annuler la dette publique, faire la révolution fiscale, etc il y a tout un tas de trucs. Mais d’une certaine manière, c’est ce que Mitterrand avait proposé, c'était même François Hollande qui avait dit ça, mon ennemi c' est la finance. Une fois arrivés au pouvoir, ces gens-là n’ont même pas pu démarrer le moindre truc. Qu’est-ce qui fait que tu peux nous donner des gages ce soir ?
01:18:08Mathilde Panot
Bon moi je donne, le seul gage que je donne c’est ne nous laissez pas tranquille quand on sera au pouvoir ne nous laissez pas tranquilles en fait. On a besoin de ce qui s’est passé par exemple en 1936, d’avoir des grèves un peu partout, d' avoir des manifestations, d’y avoir un rapport de force qui se fait. Parce que honnêtement, sinon effectivement, il y a plein de choses qui vont être dures à faire, je veux dire. Faut pas croire que quand on a gagné l'élection présidentielle, que du coup on a gagné et c’est fini. C’est pratiquement le début de la bataille qui commence. Donc moi je le dis très clairement, ne nous laissez pas tranquille quand nous serons au pouvoir. Harcelez nous, faites partout des rapports de force qui nous aident parce que la seule chose qu’on aura à opposer c’est la légitimité du peuple par le vote qui aura été fait à l'élection présidentielle et par les mobilisations qu’il y aura qui justement permettent de faire en sorte qu' on aille vraiment chercher l’argent. Puis la deuxième chose c' est que je vais vous dire si on n’arrive pas à faire ça on n' arrivera pas à mettre en place notre programme parce que notre programme ça coûte cher Notre programme, si on veut vraiment être à la hauteur de l’enjeu du XXIe siècle sur la bifurcation écologique, la planification écologique ça coûte cher. Si on veut remettre des moyens dans les services publics, ça coûtera cher. Donc l’argent va falloir aller le chercher et on sait où il faut aller le chercher, y compris, comme on nous dit souvent, de toute façon c’est pas possible, les riches partent. Mais qu’ils partent ? Il n’y a aucun problème. Y' a plein de choses qui existent, l’impôt universel ça existe. Je veux dire, les Etats-Unis, ils le font, alors je ne vois pas pourquoi la France ne le ferait pas. Tu veux garder ta nationalité française ? Tu vis à l'étranger, tu ne payes pas d’impôts ? Bah la différence où tu payes en riquiqui, la différence, tu la payes à la France, sinon on t’enlève ta nationalité française. De même, la taxe Zucman, pas celle dont on parle souvent, qui est déjà une taxe évidemment qu’on fera sur les ultra riches, mais celle sur les multinationales, de dire juste, c’est pas révolutionnaire pour le coup que les multinationales qui sont en France doivent payer réellement, selon l’activité qu’elles réalisent en France sur réellement leurs bénéfices, qu’elle arrêtent de faire de l'évasion fiscale comme Total, dont on nous raconte que s’ils ne payent pas d’impôts, c’est qu’ils ne font pas de bénéfice en France. Non, c’est parce qu’il vont tout planquer en Suisse. Gabriel Zucman l’a très bien montré par exemple. Bah, cette taxe-là, elle rapporte 26 milliards. Bon, bah c’est pas mal, pas mal, donc on ira chercher.
01:20:19David Dufresne
Je te laisse chercher une autre réponse, une autre question.
01:20:24Mathilde Panot
Mais héros dans la vie réelle ? Oh mes héros dans la ville réelle, tous ceux qui bataillent. Tous ceux qui bataillent, il y en a plein. Enfin, il en a pleins qui sont hyper impressionnants. Je pense à Rachel Kéké qui malheureusement n’a pas été réélue mais fait 22 mois de grève avec des femmes de chambre qui ont vécu, mais des choses absolument ignobles pendant leur grève que Rachel Keke a raconté par ailleurs. Et qui ont gagné. Ça j’ai une admiration pour moi, ces femmes sont des héroïnes. Il y en a plein d’autres, j'étais aux côtés des AESH qui bataillent depuis des années et des années pour avoir un vrai salaire. Les AESH, les accompagnants d'élèves en situation de handicap, gagnent en moyenne 800 euros par mois. 800, parfois 900, donc elles doivent cumuler deux ou trois emplois. Elles sont généralement dans la misère alors qu’elles font un travail essentiel. Du coup, on n’arrive pas à recruter des AESH, mais ils ne mettent pas les moyens pour recruter réellement des AESH. Donc, par exemple, rien que dans mon département, il en manque 3000. Donc, ça veut dire derrière des gosses en situation de handicap qui sont mal scolarisés, genre 45 minutes par jour ou déscolarisés. Ce qui veut dire, derrière des familles dans lesquelles généralement la mère doit arrêter de travailler. C’est insupportable, en fait. Bah les AESH qui se battent pour avoir un statut de fonctionnaire, un vrai salaire, une vraie formation, bah elle aussi c’est des formes d’héroïsme aussi, enfin voilà, toutes celles qui se battent, enfin je sais pas, il y en a plein je trouve je trouve faut relire par exemple les cahiers des gilets jaunes sur lesquels il y a eu des grosses batailles pour qu’ils soient rendus publics notamment moi j’ai souvent lu la lettre d’une mère qui est une mère toute seule avec sa fille qui a une lettre à Macron qui dit monsieur le président vous allez expliquer à ma fille pourquoi maman pense que c’est un cadeau incroyable et une chance incroyable quand elle peut se payer juste un café, pourquoi maman ne mange pas le soir, pourquoi et elle liste tout un tas de questions. Et je trouve qu’il y a un truc sur une sorte de littérature populaire du vécu de plein de gens qui sont dans des situations impossibles, qui se battent de toutes les manières qu’ils peuvent pour essayer et qui arrivent d’ailleurs à garder des formes de dignité qui sont vraiment impressionnantes. Voilà. Alors il en reste trois maintenant. Ah ! Lyhanna,après ça c’est un vrai, un gros sujet Lyhanna, Lyhanna, moi je suis révoltée. Alors bon à la fois à la foi il y a vraiment quelque chose de très très important qui est en train de se passer suite au drame qu’a vécu Lyhanna vraiment de la mort de trop avec une lame de fond qui ne s’arrêtera pas dans la société donc ça c’est je crois extrêmement important pour la suite C’est notamment important parce qu’enfin, un peu comme ça s’est passé au moment du Me Too et autres, je pense qu’il y aura un avant et un après sur la question de la domination des adultes sur les enfants, sur la question ouais, je pense que ça fait partie aussi de la question d’une nouvelle France qui n’accepte plus les violences qui sont faites aux femmes et aux enfants et puis après, je suis révoltée, donc ça c’est le côté très positif. Et une colère qui ne s'éteindra pas, et après je suis révoltée sur la manière dont c’est traité en général.
01:23:48David Dufresne
Alors plusieurs choses, le 7 juin tu as demandé, exigé, la démission de Darmanin, que tu as accusé d’avoir enclenché une clochardisation de la justice. Hier, le pré rapport de l’administration est sorti, Le Cornu nous dit que ce rapport ne décrit ni un simple dysfonctionnement administratif, ni un manque de moyens. Il dit qu’il retient une succession d’erreurs, de négligences, d’actions, de mauvaises décisions à plusieurs niveaux de la chaîne judiciaire et de l’enquête. C’est ça que tu appelles un traitement qui n’est pas la hauteur de la situation ?
01:24:24Mathilde Panot
La démission de Darmanin, d’abord, c’est une démission alors qui touche Darmanin pour plein de raisons, parce que Darmanın c'était aussi pour le coup lui aussi l’affaire de trop. Enfin, je veux dire Darmanin qui était quand même celui qui défendait bec et ongle, systématiquement, des policiers, même lorsqu’il y a eu des sanctions de ces policiers derrière. Je rappelle qu’il avait défendu les policiers de la BAC lors de l’affaire Eddy, avec ce jeune qui a eu le crâne défoncé. Je rappelle qu’il avait défendu les policiers lors de l’affaire Michel Zecler, qui avait été tabassé, producteur de musique, auquel je veux redire tout mon soutien, etc. Donc lorsqu' il est à la tête des policiers, il les défend bec et ongle, quoi qu’il se passe, même lorsqu' il y a des manquements manifestes, graves, sanctionnés à la déontologie. Lorsqu’il est à la tête de ce ministère, la première chose qu’il fait, et c’est une chose qui en république et en politique est inacceptable, c’est de mettre sous le bus les magistrats. Et moi, une des raisons pour lesquelles on demande sa démission, c’est non seulement que c' est l’affaire de trop sur Darmanin lui-même, qui est celui qui a dévoyé tous les moyens de la police et de la justice pour faire la guerre aux pauvres, la chasse et la criminalisation de tous les opposants, plutôt que de protéger par exemple les citoyens des agresseurs, des violeurs, etc. Parce qu'à un moment, ce n’est pas que le manque de moyens, c' est aussi l’utilisation des moyens qui doit être pointée. Mais c’est aussi un comportement qui est indigne d’un ministre de mettre sous le bus les agents qui assurent le service public, enfin les magistrats qui assurent le service public de la justice. Parce que dans les choses qui étaient intéressantes chez les magistrats, il y avait plein de magistrats, qui disaient ça aurait pu être moi en fait. Ça aurait pu aussi être moi. Pourquoi ? Parce qu’on on a un état de la justice qui est déplorable, on a donné déjà plein de chiffres, on a 4 fois moins de greffiers en moyenne en France que la moyenne européenne, pas le pays ou il y en a le plus hein, la moyenne européenne de procureurs pardon que la moyenne européenne, 2 fois moins de juges, beaucoup moins de greffiers, beaucoup moins d’avocats, bon bref on est dans une situation qui est catastrophique et contrairement à ce qui est dit…
01:26:14David Dufresne
L’argent est allé dans les prisons parce qu’il y a plus d’argent.
01:26:16Mathilde Panot
Alors c’est intéressant parce que dans le pré rapport là, ce qui est dit et qui est intéressant. Première chose, effectivement il ne cesse de dire qu’on a augmenté comme jamais les moyens de la justice. Première choses, l’argent qui est sur la ligne justice du budget qui a augmenté a été dans la construction de places de prison et dans le pénitentiaire et non pas dans la justice, ça c'était la première chose. Et même lorsqu’on regarde les augmentations, je regardais par exemple dans le rapport, il est pointé, alors là je l’ai dit de mémoire mais vous remettrez bien. Par exemple à Auch, il y a eu une augmentation à la fois de plainte pour viol, pour agressions sexuelles sur enfants, qui a augmenté de 126 %. Pendant ce temps-là, le nombre de magistrats a augmenté de 7 %. C’est pareil à Toulouse, ils donnent des chiffres à peu près similaires. Ça veut dire qu’on a une augmentation des affaires et une augmentation des magistrats, qui est bien moindre par rapport aux besoins. C’est la première chose. Donc 1, ça a été dans la pénitentiaire, 2, c’est bien moindre par rapport aux besoins. 2, je parlais du manque de moyens. Eux, évidemment, ils essaient dans ce rapport de se dédouaner à fond sur, ils auraient donné des circulaires. Bon tout ça est un mensonge absolu. Vous savez de quand date la circulaire qui a été faite pour prioriser vraiment les violences faites contre les enfants. Elle date du 8 juin 2026, c’est-à-dire en pleine affaire Lyhanna, preuve que ça ne l'était pas avant. Et il y a eu 114 circulaires de Darmanin depuis 2025, donc tellement de priorités qu'à la fin plus rien n’est prioritaire. Donc évidemment, ils essayent de se dédouaner à fond et d’essayer de mettre des responsabilités individuelles dedans et quand même pointer le manque de moyens de manière très forte, notamment sur le nombre d’affaires en attente. Donc ça c’est pointé. Puis il y a une chose qui n’a jamais été pointée et qui est quand même très très intéressante sur le détournement des moyens. Parce qu’il y a le manque de moyens, il y à l’instrumentalisation par un pouvoir des moyens de la police et de la justice. Il est dit dans ce rapport que pendant cette semaine, la police est la gendarmerie puisqu’on reproche que ce fameux Barella n’ait pas été mis en garde à vue, ce qui l’aurait dû être suite aux plaintes pour viol d’une autre petite fille Rosa.
01:28:09David Dufresne
Dont on apprend qu’elle aurait été violée 50 fois. 50 fois, oui, c’est affreux. Là quand même, ça dépasse l’entendement que le gars n’ait pas été entendu quand même.
01:28:18Mathilde Panot
Eh bien qu’est-ce qu’on apprend dans ce rapport ? Pendant cette semaine, tous les effectifs de police du département ont été mobilisés pour réprimer les agriculteurs lors de la crise de la DNC qui se battaient contre l’abattage total de leurs troupeaux. Merci beaucoup pour le mot. Donc c’est quand même délirant, ça veut dire que quand je dis par exemple que l’instrumentalisation de la police et de la justice, où on utilise du temps de police et justice pour aller réprimer les manifestations retraite, les manifestations gilets jaunes, les soulèvements de la terre et les manifestations à Sainte-Soline, les agriculteurs qui manifestent etc. Bah à la fin, ça donne un encombrement des tribunaux dont il faut aussi qu’on parle. Parce qu'à un moment va falloir que ça s’arrête d’avoir des comparutions immédiates à tout va, où à la ça ne donne lieu à rien. Je voyais les chiffres par exemple sur la nuit de la fête de la musique, non pas de la fête la musique pardon de la victoire du PSG sur la finale de Ligue des Champions.
01:29:20David Dufresne
Sur quelle équipe ? PSG ? Oui, ils ont gagné contre ? Je ne sais même pas. Ah, ça me plaît de te prendre en défaut. Arsenal.
01:29:32Mathilde Panot
J’ai appris quelque chose j’ai aucun problème avec ça, alors là tranquillement. Mais donc, je regardais les chiffres d’arrestation et de comparution immédiate, etc., il y a 50 % des gardes à vue qui ne donnent lieu à rien. On est parfois sur des chiffres dans les moments où on en arrive à 80 % parfois des gardes à vue qui ne donnent lieu à rien. Donc à un moment, il faut aussi parler de la question de l’utilisation des moyens. Bref, dans ce que je disais dans ce rapport, en fait ce rapport pointe tout à fait ce qu’on dit, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de dysfonctionnement dans l’affaire Lyhanna il y a malheureusement le fonctionnement normal d’une justice et d’un police qui est appauvrie à un point qu’elle ne traite pas les sujets, qui n’a pas de priorité claire sur ce sujet. Et moi là où je suis très en colère, ce que je disais, je suis révoltée de la manière dont c’est traité. Je suis révoltée de voir qu’on ne parle que des peines de police, de la peine de mort, de la castration chimique, comme si en fait tout le monde acceptait comme une sorte d'évidence absolue que l’on puisse continuer en France en 2026 à violer des enfants, à violé des femmes, à avoir des féminicides, à voir des infanticides, à un moment, enfin à quel moment on pose la question courageuse dans notre société, comment on arrête que des hommes violent et tuent ? Comment arrêter ça ? Et moi je suis révoltée de voir que tout se concentre sur après le crime. Bon, de toute façon, ce n’est pas un problème. Après le crime, on verra, si on les met la peine de mort, les je ne sais quoi, tout ce qui n’a aucun impact sur rien. Parce qu’en fait, à un moment, il faut sortir du déni. Quand on parle des violences sexuelles sur les enfants, 8 sur 10 des victimes des violences sexuelles sur les enfants, c' est dans la famille. Ce n' est pas, je ne sais quel étranger, contrairement à ce que dit le RN, sous OQTF, qui eux ne s’occupent que de trier les criminels plutôt que de s' occuper du crime, c’est ton oncle, ton père, ton grand-père. C’est de ça dont on est en train de parler. Donc ça, ça implique qu’il y ait une révolution profonde dans notre pays. Et je pense que le débat qu’on a actuellement n’est pas à la hauteur de cela.
01:31:27David Dufresne
Alors justement, je voudrais te faire écouter, c’est très court, l’intervention de Céline Thiébault-Martinez députée PS de Seine-et-Marne, qui était l’autre jour dans la matinale de d’auposte. Nayan tu me dis si c’est bon, voilà.
01:31:43Mathilde Panot
C’est quand même quelqu’un qui dit qu’il va partir chez Retailleau pour les présidentielles parce que je ne savais pas que c'était Arsenal la finale.
01:31:49David Dufresne
Eh oui, mais attention, tu veux parler aux jeunes,fais gaffe et il y a quelqu’un qui a déjà le bandeau de BFM demain, Mathilde Panot est nulle en foot.
01:31:57Mathilde Panot
Ouais, j’admets, on ne peut pas être bon dans tout.
01:32:00David Dufresne
Alors revenons au sujet en question, Céline Thiébault-Martinez qui porte une proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants. Proposition de loi qui a le numéro 2169, déposée le mardi 2 décembre 2025 et qui est revenue dans la discussion et qui sera discutée en septembre. Elle s’adresse à toi. vous avez des propositions qui sont très, très fortes, mais quand même là, il y a un truc qui a levé. Pourquoi LFI n’est pas dans le coup, selon vous ?
01:32:34Céline Thiébault-Martinez
En fait, il faut leur demander, mais je ne veux pas répondre à leur place. Ce qui est certain, c’est que quand moi je lance la coalition transpartisane, on a identifié dans les propositions des associations tout ce qui relève du législatif. Je propose à mes collègues de venir dans une réunion pour qu’on discute des propositions. Quand je parle de mes collègues, je parle de tous les parlementaires, sauf les ciotistes et sauf ceux du Rassemblement national. Au début, on a fait je pense une ou deux, peut-être trois réunions où il y avait des collègues de LFI qui étaient présents et en fait ensuite ils ne sont plus venus et finalement ils n’ont pas souhaité signer le texte. Ils n’ont pas signé le texte, donc moi je ne peux pas répondre à leur place.
01:33:16David Dufresne
Bien sûr, on leur demandera.
01:33:17Céline Thiébault-Martinez
Mais en tout cas, ils auraient pu selon la démarche. Il n’y avait pas d’exclusif de ce point de vue-là.
01:33:25David Dufresne
Alors, on leur demandera, ne nous laissez pas tranquille, as tu dit, quand vous serez au pouvoir, donc je jouerai toujours mon rôle de contre-pouvoir.
01:33:35Mathilde Panot
Non, bah parce que nous on signe des textes avec lesquels on est en accord et en fait très vite la coalition dont on est entrain de parler, dans lequel effectivement nous avons participé à des premières réunions, on n’a pas du tout été exclu, c’est pas du tout ça le problème ou la question, le problème c'était qu’assez vite des demandes des associations, ça s’est transformé, notamment par la volonté des parlementaires qui était dans une forme… De surenchère pénale qui ne servira à rien, notamment sur la question de la prison à la perpétuité, enfin des choses qui y compris ne sont pas demandées par les associations et qui ne permettent pas de mettre les 3 milliards sur la table qui sont demandés depuis des années, 3 milliards qui normalement sont ce qui a été chiffré par les association pour les violences faites aux femmes. Il faudrait qu’on regarde les violences faites aux femmes et aux enfants. Je le dis pour qu' on comprenne l’ampleur de ce dont on est en train de parler. Donc il y avait des choses avec lesquelles on était en accord et d’autres avec lesquelles on était en désaccord, donc on a décidé de ne pas consigner ce texte. S’il arrive effectivement en septembre, comme c’est dit, on travaillera dessus, mais moi, j’alerte quand même sur un point. C’est que j’ai peur qu’on offre au pouvoir une porte de sortie trop facile. Je cite ce que disait notamment l’avocat de la famille de Lyhanna qui disait nous on ne veut pas de nouvelles lois, nous on veut des moyens maintenant. Et le problème de faire des lois dans lesquelles ça n’arrive pas directement dans un projet de loi de finances qui sera discuté seulement en novembre-décembre, dont on nous demandait qu’il y ait un projet loi de finance rectificatif, c'était pour avoir l’argent maintenant. Et je vais faire un autre point d’attention, c’est que ça serait bien déjà d’appliquer les lois actuelles. Moi je suis effarée que dans ce débat, personne ne parle de l' EVARS, de l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, qui est une loi qui date de 2001, qui dit que chaque élève doit avoir trois séances par an, donc d'éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle, qui est un truc sur lequel l’extrême droite a désinformé en masse pour raconter que ce serait des cours dans lequel on expliquerait aux enfants comment se masturber ou je ne sais quoi, comment devenir obligatoirement transgenre, des choses absolument absurdes que fait l’extrême droite qui portent malheureusement beaucoup dans le pays, alors que c’est les endroits, justement, je veux juste dire ça pour qu’on comprenne, où on apprend ce qu’est le consentement, que c’est notre corps et que personne n’a le droit de le toucher. Je le dis, c' est important quand on dit qu' il y a en moyenne 3 enfants par classe qui sont victimes de violences sexuelles, donc c’est un moyen de repérer cela, comme il faudrait de la médecine scolaire, plus d’infirmières scolaires, plus d’assistants sociaux, partout, dans tous les établissements scolaires, pour aider les enfants, les repérer, les protéger de tout cela, moi je suis effarée de voir qu’on sait par les associations Planning Familial, SOS Homophobie et SIDACTION que seulement 15 % des élèves ont ces séances obligatoires. Donc commençons aussi par respecter les lois qui existent déjà.
01:36:16David Dufresne
Mais cette idée de sortir par le haut, par une loi intégrale, toi qui es députée, toi qui fait la loi, qui vote la loi etc, est-ce que tu ne trouves pas que c’est quand même une bonne idée ? Justement de dire que ce n’est pas une loi de plus, c' est une loi qui remplace les autres de certaines manières, enfin qui embrasse à bras le corps ce fléau.
01:36:32Mathilde Panot
Nous on est favorables à une loi cadre, je donne l’exemple de l’Espagne par exemple qui, elle, a mis les moyens et a fait une loi-cadre sur les violences faites aux femmes, mais qui n’empêchent que l’Espagne a réussi à baisser d’un tiers ces féminicides. Donc en fait quand je disais on sait ce qu’il faut faire, ce n’est pas faire la peine de mort, ce n est pas faire de la prison à perpétuité ou autre, en plus qu' il y a un débat absolument absurde puisque seuls 3 %, enfin je sais pas si on réalise à quel point c’est dramatique, seuls 3 % des plaintes pour viols pour enfants donnent lieu à une condamnation. Enfin je veux dire, le plus gros problème c' est pourquoi 97 % des plaintes ne donnent lieu à aucune condamnation. Et encore c’est les plaintes déposées, c’est- à -dire qu’il y a aussi toutes celles et tous ceux des enfants qui ne portent pas plainte. Donc on sait comment il faut faire. Donc s’il y avait une loi intégrale qui mettait les moyens, nous on serait évidemment immédiatement d’accord, ce n’est malheureusement pas le projet de loi qui est sur la table. Mais on va essayer de le travailler.
01:37:32David Dufresne
Il reste une ou deux questions, je crois. Il reste deux papiers. Deux papiers !
01:37:38Mathilde Panot
Imaginaire de gauche. C’est-à-dire ?
01:37:43David Dufresne
Eh ben, c’est quoi un imaginaire de gauche pour toi ?
01:37:46Mathilde Panot
C’est quoi un imaginaire de gauche ? Ben je sais pas, plein de choses, il faut aller voir des films, lire des livres, aller écouter des concerts, enfin je sais, il y a plein de choses qui invitent le monde qu’on a envie de voir. Faut aller, j’en sais rien, moi j’aime bien. Contrairement à ce qui a été dit souvent à l’encontre de mon engagement associatif, notamment par des gens, un peu extrême gauche, qui me disait que lorsqu’on faisait de l’engagement associatif et bien on participait au désengagement de l'État qui grâce aux associations pouvait se désengager de choses, je trouve que par exemple dans les associations il y a plein de choses qui montrent le monde qu’on veut voir advenir, notamment je pense à plein de jeunes de quartier qui font régulièrement des maraudes et je pense que quelqu’un qui n’accepte pas de voir dans une indifférence totale quelqu’un à la rue avoir faim, avoir froid, c’est des signes aussi de toute la société qu' on veut construire un peu partout.
01:38:37David Dufresne
L’idée de cette question c’est l' idée de dire que est-ce qu’on n’est pas quand je dis on le camp de gauche de gauche de gauche quand même sur une forme de défensive à longueur de temps et pas et pas quelque chose qu’il pas moi ce que j’ai adoré
01:38:50Mathilde Panot
Moi ce que j’ai adoré dans Saint-Denis, c’est que pour la première fois dans nos meetings, les gens ne criaient pas résistance, ce qui est évidemment un beau mot et un mot important.
01:39:00David Dufresne
Non, ils criaient on est chez nous.
01:39:01Mathilde Panot
Non, ils criaient on va gagner.
01:39:04Mathilde Panot
Aussi, aussi parce qu’il y a un retournement de choses comme ça existe dans plein de luttes, il y a eu des retournements de mots et de slogans qui ont été utilisés. Mais moi ce qui m’a vraiment touché, c’est quand les gens criaient, on va gagner ! Et on va gagner, ça nous place dans une autre perspective. Donc moi, je trouve que la campagne qu’on est en train de faire, est au contraire une campagne très joyeuse. Et donc, non, je crois pas qu' on est toujours tristes, toujours un peu… Fallait voir l’ambiance à la fête de la musique. Des jeunes qui criaient Mélenchon ballon d’or, c'était quand même très, très drôle.
01:39:41David Dufresne
Ballon d’or..
01:39:43Mathilde Panot
J' ai mis du temps à comprendre même quand il disait ça, je trouvais ça assez extraordinaire.
01:39:47David Dufresne
C’est ton côté Arsenal.
01:39:49Mathilde Panot
Voilà, alors la dernière, aide à mourir. Ah bah ça c’est un gros dossier aussi. Aide à mourir, droit, donc un nouveau droit, qu’on défend depuis très très très longtemps avec Jean-Luc Mélenchon, qui est très engagé sur cette question depuis des décennies, qui va, je l’espère, aboutir, puisqu’en juillet, le 15 juillets, on va avoir le dernier vote sur ce droit à l’aide à mourir. Je rappelle que c’est un nouveau droit qu’on propose, qui n’enlève aucun droit à personne et qui ne force personne, évidemment, à utiliser ce droit, mais qui, pour nous, est la liberté ultime de l'être humain, d'être maître de son corps jusqu’au bout, jusqu'à choisir de pouvoir partir quand il le souhaite, évidemment Je le dis parce qu’il y a beaucoup de choses qui circulent et évidemment, on parle d’un sujet qui touche tellement à l’intimité de chacun et chacune, à son vécu,voilà, c’est un débat qu’on essaie d'être très respectueux aussi dans la manière dont on le mène avec ceux qui sont en accord et en désaccord, mais je le dis quand même parce qu’il y a des contre-informations qui circulent, notamment sur le fait que ça permettrait de tuer plus facilement des personnes en situation de handicap ou autre, ce qui est faux. Il y a des critères très précis dans la loi qui sont mises, et notamment dans les critères très précis, il y a le fait d'être atteint d’une maladie incurable, donc d'être condamné. Il y à le fait d'être dans la dernière phase de cette maladie et d’avoir des souffrances insupportables, et dans ces conditions-là seulement, la personne pourrait demander dans le cadre d’un parcours, de bénéficier de cette aide du droit à mourir. Moi, personnellement, j’y suis extrêmement favorable. Je pense que, comme beaucoup de gens dans ce pays, enfin, parce que dans le pays, il y a, je crois, 80, 85 % des gens qui sont favorables, je pense qu’on est beaucoup à avoir vécu ces scènes où on voit des gens qu' on aime profondément, des proches souffrir le martyre et n’espérer qu’une chose c’est pouvoir partir, de pouvoir partir entouré des gens, qui s’aiment et je pense que ouais, il y a beaucoup de gens qui attendent cette loi, les malades de Charcot, il y a enfin, en tout cas moi je suis extrêmement favorable et je suis fière que ce nouveau droit arrive à bout je l’espère bientôt.
01:42:09David Dufresne
Alors on a reçu il y a quelques jours Elisa Rojas qui est une des porte-voix de gauche contre cette loi et le hasard fait que le même dispositif arrive en fin d'émission. La même chose, elle a quelque chose à te dire et j’ai l’impression que dans le chat il y a un certain nombre de gens qui ont écouté cette interview, qui a brassé, qui a remué beaucoup de gens. On écoute Elisa Rojas et tu pourras lui répondre.
01:42:42Elisa Rojas
Nous, quand il s’agit de prendre nos votes, là, en fait, on est bien d’accord que on puisse soutenir LFI, mais que par contre, ce parti ne va pas se remettre en question dans le soutien de ce texte, alors même qu’on a des arguments. Extrêmement solide, c’est dramatique en fait. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la position dans laquelle on se retrouve, à devoir voter pour des partis qui sont supposément de gauche, qui doivent nous éviter le pire, qui doivent améliorer nos conditions de vie, et qui au lieu de ça soutiennent un texte qui a un textes, non pas de progrès, mais d’abandon définitif, des personnes malades et handicapées à leur sort en fait, donc c' est très douloureux en fait pour nous, ça ne nous fait pas plaisir de devoir dire que ça ne va pas du tout de ce côté-là, au contraire, nous ce qu’on veut, moi je vous l’ai dit. Moi, en tant que femme de gauche, je veux un autre projet de société. Et ce n’est pas ce que propose ce texte de loi. Donc, moi, je demande aux partis comme LFI, par exemple, de nous écouter et s’ils étaient intelligents, ils proposent un projet de société alternative construit avec nous. Il y a des gens qui ont déjà essayé de participer à l'élaboration du programme de la France en soumise, vous pourrez en parler avec Odile Morin, il y aura beaucoup de choses à vous dire sur le sujet. La réalité, c’est qu’aucune des mesures véritablement transformatrices n’a été retenue, en fait, parce que LFI ne veut pas reconnaître qu’elle est défaillante sur l’analyse de la question de la maladie et du handicap.
01:44:24Mathilde Panot
Je peux réagir ?
01:44:25David Dufresne
Ah bah c’est l’idée.
01:44:27Mathilde Panot
Alors, bon, je pense qu’il y a plusieurs choses dans ce qui est dit. Bon, il y a la question du programme général sur lequel on est en train de retravailler. Je ne sais pas à quoi fait référence exactement le fait que des mesures n’auraient pas été reprises. Je sais sur quelles mesures, donc je mets ça de côté si c’est possible. Parce que bon, il y a plusieurs choses. D’abord, un, ces débats-là, ils traversent, y compris les partis politiques. Donc ça, c' est la première chose. La deuxième chose c’est que nous, on a regardé avec attention, ce qui était dit notamment par les associations qui sont opposées à ce texte, notamment sur la question des personnes en situation de handicap dont je parlais juste avant. Les personnes, être en situation handicap n’est pas un critère valable pour bénéficier du droit à l’aide à mourir. Et je vais même aller un peu plus loin, nous, nous étions défavorables au fait qu’il y ait deux textes. Là, cette fois-ci, je prends la maladie en sens général. Nous étions défavorables à ce qu’il y ait un texte sur les soins palliatifs et un textes sur l’aide à mourir parce que c'était une manière pour ceux qui sont défavorable de l’aide à mourir justement d’essayer de planter ce texte et de faire en sorte que ce nouveau droit n’arrive jamais. Là où il y a toute une hypocrisie, de la part, là je ne parle pas d’elle, je parle de la droite. De la droite, de l’extrême droite, qui disent en fait, vous voulez pas mettre les moyens dans les soins palliatifs, et c’est pour ça, en fait vous abandonnez les gens qui à la fin vont se retrouver dans une situation telle qu’ils vont demander à mourir alors que s’il y avait des vrais soins palliatif, eh bien ils ne m’en avaient pas à mourir. Bon, mais la première chose c' est qu’en fait c’est vous qui êtes responsable de tout ça. Je veux dire, ce sont eux qui, budget après budget, enlèvent de l' argent à l’hôpital public. La deuxième chose c' est que nous, dans les textes, on avait réussi à faire un droit opposable aux soins palliatifs. Ça veut dire que tout le monde pouvait se retourner. Alors on sait que le droit opposable c’est pas magique mais ça permettait au moins qu’on reconnaisse que tout Le monde avait le droit à la question des soins palliatifs et c'était la droite, une partie de la macronie et l’extrême droite qui l’ont fait supprimer du texte alors qu' on l’avait gagné dans une dans une des lectures de textes. Ça c' est la deuxième chose la troisième chose, c’est que, en fait, là où je crois que le débat se cristallise de mauvaise façon, c'était que nous, quand je disais qu’on a écouté les associations sur la question du handicap, j’entends des gens qui disent que dans une société capitaliste, en fait, ça permettra de se débarrasser des personnes dont le système capitaliste...
01:46:52David Dufresne
Elle prend appui sur ce qui s’est passé au Canada ou selon elle c’est ce qui s' est passé…
01:46:58Mathilde Panot
Oui, mais nous n’avons pas inventé la même loi que le Canada. Enfin, c’est, nous n’avons, je ne vais pas rentrer dans les modèles étrangers parce que pour le coup, je pense que quand on rentre dans les modèles étranger, enfin, par exemple, je peux parler de la Belgique sur laquelle, sur la question de l’augmentation du suicide, sur la question, c’est pas du tout ça qui s’est passé. Donc, mais moi, je suis pas spécialiste du Canada, mais vous pourrez inviter soit Hadrien Clouet, soit Élise Le Boucher, qui sont les chefs de file qu’on a sur cette question, René Pilato et d’autres qui seront plus précis que moi sur la questions des exemples étrangers. Moi, je ne veux pas aller là-dessus parce que je ne connais pas assez, mais ce que je vous dis, c’est que dans la loi actuelle, et d’ailleurs ils le reconnaissent généralement quand on discute avec les gens, ils reconnaissent que dans le loi actuel que nous sommes en train de faire ce n’est pas possible de dire qu’il y aurait un droit à mourir pour une personne en situation de handicap uniquement. Il faut qu’elle soit condamnée à une maladie dont elle ne peut pas guérir, dans des souffrances qui sont des souffrance irréfragables, etc. Donc ce n’est pas la loi actuelle. Généralement ils disent oui mais du coup il pourrait y avoir des dérives derrière. Oui mais en fait la question qui est posée, c’est encore une fois, là où je pense que je disais que le débat se cristallise mal, C’est que nous, ce qui est proposé avec cette loi, c’est un nouveau droit. C’est comme le droit à l’avortement, personne ne sera obligé d’avorter. Vous savez qu’un des exemples sur l' avortement une des raisons pour lesquelles les communistes étaient contre le droit à l avortements à l époque, c’est parce qu’ils disaient qu’on obligerait les femmes pauvres à avorter. Ça ressemble beaucoup au débat qu' on a actuellement. C' est un droit, c' est un droit nouveau et on ne peut pas priver, par exemple, des malades de Charcot dont je parlais juste avant, qui scandent cette loi avec espoir de ce nouveau droit. Qui n’enlèvent rien à d’autres, et qui ne forcera jamais personne à le faire. Les débats sur le droit et l’avortement, c’est intéressant parce que sur les droits à disposer de soi-même, c'était les mêmes arguments qu’on a entendu. Et moi, je respecte ce qui est dit, je ne balaye pas d’un revers de la main, y compris si vous voulez un débat plus long sur cette question-là, parce que cette loi va arriver, et donc il y a des choses sérieuses dans le débat à répondre. Nous, on ne le balaie pas d' un revers de la main. Mais je vous assure que ce n’est pas la réalité. Ce n’est pas la réalité du texte que nous sommes en train de discuter et que nous allons voter.
01:49:11David Dufresne
Je pense que le 15 juillet, ça arrive vite, plutôt que de faire un débat ici. Peut-être ça vaudrait le coup, vu que vous êtes deux, trois, il y a deux, trois personnes au sein du groupe LFI, Hadrien Clouet, tu disais, et puis deux autres personnes ?
01:49:27Mathilde Panot
C’est peut-être même possible qu’ils aient déjà eu des discussions avec eux, mais oui, je vais leur transmettre.
01:49:30David Dufresne
Parce que je peux te dire que voilà il y a eu beaucoup beaucoup d'écho de ça et là dans le chat ça s’aligne beaucoup et après on va on va terminer parce que il est tard mais c’est important de prendre le temps. Sur la question de l’anti-validisme, est-ce que tu reconnais qu’il y a une forme d’angle mort à gauche, pas qu'à LFI ?
01:49:52Mathilde Panot
Tu veux dire sur les propositions politiques ou sur quoi ?
01:49:54David Dufresne
Ouais, sur les propositions politiques, sur la prise de conscience de ça.
01:49:57Mathilde Panot
Moi je reconnais qu’il faut en parler plus. Je reconnais que c’est un débat politique qu' il faut prendre plus à bras-le-corps. Ouais, ça je suis entièrement d’accord sur cette question-là. Et par ailleurs, une société vraiment qui prend à bras le corps la question de l’anti-validisme, elle prend à bras le corps aussi toute la question, en fait, de millions de gens dans cette société. De gens qui vont être, avec des poussettes, de gens en fait ça… En fait, c’est inclusif comme manière de voir les choses et donc ça je suis d’accord. Juste, je voyais un truc dans le tchat, je voulais juste donner un point de vue là-dessus. En France, voilà, le dernier rapport de l’Observatoire national du suicide. Parce qu'à un moment, il disait, quand t’as des périodes suicidaires, ce qui est une vraie question. Bon, déjà, il y a toutes les étapes à passer. Où la personne peut changer d’avis à toute étape. Enfin, il faut passer des protocoles avec des médecins, etc. Et la personne peut changer d’avis même jusqu’au dernier instant. Mais le rapport de l’Observateur national du suicide, il dit dans les pays où des dispositifs de mort volontaire ont été légalisés, on ne semble pas observer des faits de déport des suicides vers les dispositifs d’aide à mourir. Le taux de suicide n’y baisse donc pas, ce qui implique que ce sont deux catégories de populations différentes qui meurent selon ces deux modalités. Donc je le dis parce que enfin, en fait, il y a plein de débats, enfin, ça pose, y compris aussi, enfin je vais proposer à nos chefs de fil, mais y compris d’aller écouter aussi les débats parlementaires. Bon, il y a la droite qui fait de l’obstruction à fond, c’est un peu chiant. Mais il y à quand même des vrais débats qui ont lieu et qui sont des débats je crois qui sont intéressants, qui transcendent, y compris les groupes politiques. Et moi, je le dis, je suis vraiment très fière de voter cette loi, vraiment. Je pense qu’on n’a pas le droit de priver des gens d’un droit qui est encore une fois un droit, qui n’oblige personne et qui était souvent, enfin vraiment moi je vous invite aussi à regarder les débats qu’il y avait sur le droit à l’avortement. C'était en fait les mêmes choses qui étaient racontées. Que s’il avait un droit à avortement, et ben pareil, ce serait les femmes les plus précaires, les plus marginalisées qui seraient forcées d’avorter et je crois que c’est pas ça qu’ont voit actuellement. C’est y compris même des femmes les plus précaires qui n’arrivent pas à avoir accès à l’avortement, ce qui est un autre problème. Donc voilà, on propose un droit nouveau. Ça, c’est vraiment quelque chose qui touche l’intime de manière très profonde. Donc encore une fois, il faut être respectueux de la manière dont on passe les choses. Mais il n’est pas vrai que les critères aujourd’hui permettent d’accéder à l’aide à mourir lorsqu’il y a une personne en situation de handicap. Et par ailleurs, je pense que sur la question de se battre pour les moyens du système de santé, je crois que tout le monde a vu qu’on se battait aux côtés des soignantes et soignants de manière très régulière et qu' on avait un programme fourni sur la question.
01:52:52David Dufresne
Si Auposte peut jeter des ponts entre les gens de gauche de bonne composition, et bien on sera heureux d’y participer. Deux dernières questions rituelles, très rapides. As-tu une recommandation culturelle, que ce soit un disque, un film, une pièce de théâtre ?
01:53:07Mathilde Panot
Alors, je vais faire une recommandation culturelle de quelque chose que je n’ai pas encore vu, mais je suis sûre qu’il est très bien. Allez voir Alexis Michalik, la pièce Passeport, qui a été interdite par le nouveau maire RN de Castres. Alors j’ai vu pas Passeport mais j’avais vu Edmond. Castres ou Carcassonne ? Castres, mais à Carcassonne ils font d’autres choses horribles. D’ailleurs, il faut regarder le bilan des mairies RN parce que je pense que c’est assez édifiant. Pour tous ceux qui vous disent, on n’a jamais essayé le rassemblement national.
01:53:34David Dufresne
Notamment les Jours.
01:53:37Mathilde Panot
Exactement, il y a plein de choses, enfin vraiment il faut compiler tout ça, donc allez voir sur le média Les Jours parce que je pense que c’est vraiment édifiant à répondre à ceux qui disent qu’on n’a jamais essayé l’extrême droite. Donc ouais, moi j’avais vu Edmond de Michalik c'était extraordinaire, donc allez voir Passeport parce que ça lui donne de la force et puis ça permet d’avoir aussi une belle réponse anti-fasciste parce que par exemple à l’endroit, cette fois-ci c' est à Carcassonne où ils ont enlevé les 3 000 euros de subventions au Planning Familial, on me racontait au Planning Familial qu’en 3 jours seulement, ils avaient eu 20 000 euros pour ce Planning Familial, donc c’est aussi des belles réponses anti-fascistes. Donc ça, c'était sur la recommandation que j’irais moi-même appliquer à moi-même.
01:54:23David Dufresne
Impeccable, avant de te donner l’ultime question, nous on a une recommandation culturelle, on la mettra à la fin de l'émission, c’est la bande annonce du festival Frida, film festival dont nous sommes partenaires au poste, c’est un festival de trois jours de films, Frida ça veut dire festival et rencontres itinérantes de films d’art, et il y a trois jours, trois jours des documentaires sur l’art etc. Et ce sera absolument super, voilà, sur Paris, vous pouvez aller sur leur site frida.film et sinon on va montrer la bande-annonce en partant, mais là, l’ultime question. Moi, Mathilde Panot, présidente pas présidente de groupe, présidente de la République.
01:55:10Mathilde Panot
C’est pas moi qui me présente, c’est Jean-Luc Mélenchon.
01:55:12David Dufresne
Mais il va se retirer pour toi, tout le monde le sait.
01:55:15Mathilde Panot
Certainement pas. Moi, j’aime beaucoup notre vieux.
01:55:18David Dufresne
Si tu étais présidente, donc en 2032 ou je sais pas quoi, qu’est-ce que tu voudrais faire de toute urgence ?
01:55:29Mathilde Panot
De toute urgence, sortir les gosses de la rue. Honnêtement, sortir les gosses de la rue enfin, on a 3000 gosses à la rue, c’est une honte absolue. Donc commencer par ça, je pense que c'était pas mal et c’est assez facile à faire en plus.
01:55:43David Dufresne
Merci beaucoup d'être venue, d’avoir tenu une heure et cinquante-cinq minutes. T’as vu, on a fait plus court que prévu.Merci beaucoup et à très bientôt.

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