Notre langue quotidienne informatisée nous rend-elle tous cons(puters) ?
Retour à l'émissionTranscription de l’émission
Attendez, attendez, Je vous dégage maintenant de l’ordinateur portable. C’est la meilleure promotion pour le bouquin. On peut arrêter l'émission. Allô, Yann ? Est ce qu’on vous entend ?
Voilà, on n’entendait pas, C’est parfait. Alors je vais essayer de recadrer l’avant.
Parfait. Super ! Bonjour ! On entend bien. Alors Yann, je suis désolé, c’est un bordel pas possible. A l’heure de la messe, le psychanalyste que vous êtes, Yann Diener, vient sonder nos âmes, nos ordis, notre téléphone, nos casques bleus, Tous. Nota Œdipe digicode, code de messagerie, mots de passe, cryptogramme QR code, double authentification, triple vérification binaire. Comment nos cerveaux tournent en boucle et en code dans notre langue quotidienne informatisé Belles-Lettres. Vous nous faites hurler de peur et de rire. À partir de quand et jusqu’où se sont faites jour les conséquences individuelles et collectives du glissement généralisé de la parole vers le langage machine ? À partir de quand on a arrêté de parler pour communiquer, à partir de quand on a eu cette drôle d’idée de passer par ordinateur pour se parler comme on est en train de le faire. C’est à dire qu’en fait votre voix comme la mienne sont transformées en zéro en un, l’image en zéro en un. Puis ça arrive chez vous ou chez moi, puis c’est un zéro et puis bref, on voit qu’on a perdu 20 minutes à régler notre truc. C’est ça l’enjeu du bouquin.
Mais oui, quand on fait des réunions à l’hôpital et fissa, ça ne marche pas du tout. On met 1 h de la réunion à essayer de se brancher avec les gens qui maintenant disent qu’on n’a plus besoin de venir puisqu’on va pouvoir se brancher avec l’ordinateur. Donc ça fait qu’on passe le temps de la réunion à parler technique au lieu de parler des patients, on parle de la machine patiente.
Je dois dire, je dois confesser que hier, je vous ai envoyé un mail que j’envoie régulièrement à tous les invités, qui est un email long comme un jour, sans pain, très technique, en expliquant comment on fait pour se connecter, comment il faut faire le cadrage, le truc, le machin. Et je vous ai écrit en vous disant mais est ce que j’ai bien conscience que là on est au cœur du problème en fait ?
Eh oui, on s'était dit qu’on ferait certainement des travaux pratiques de Dans la question que pose ce bouquin, c’est à dire jusqu’où, dans une idéalisation, on en a besoin, toutes ces machines, on a du mal à repérer à quel endroit elles nous servent, à quel endroit et commencent à nous gêner. C’est des questions qui ont été déjà très travaillées sur le plan sociologique, philosophique. Et là, l’idée avec les belles lettres, c’est elle. Elle dit l'éditeur, c’est de d’envisager cette question là sur un plan vraiment philologique. C’est à dire qu’est ce que ça fait à la langue d’utiliser de plus en plus des mots qu’il y a encore, disons, été utilisés que par des techniciens, par vos amis qui s’occupent du site ? Maintenant on dit non, on dit nous mêmes, on utilise ces mots et ça nous modifie. Le fait de techniciser la langue, la technicité aussi, le sujet, la parole. Et on ne s’en rend pas toujours compte.
C’est ça l’idée du bouquin. Donc je montre à tout le monde. Donc dans ce que je vous envoie, je vous envoie un petit lien en vous disant Est ce que vous pourriez aller faire un test pour voir la connexion ? Et comme ça, ça me permet de savoir. Et là, génial, parce que vous êtes le premier et le seul. Et évidemment, vous êtes psychanalyste à m’avoir envoyé le test avec ce mot. Quel est le diagnostic à faire ? Vous n’avez pas dit quel est le test ? Quels sont les résultats ? Quel est le diagnostic ? Et là je me suis dit le gars, le gars, il a quand même de l’acide dans les idées. Donc là, en gros, c’est quelque chose qu’on fait depuis deux ou trois mois maintenant, on teste les connexions avant. Bon, ça n’a pas marché, visiblement c'était le bordel, mais on y est, on y est. Alors page seize du livre je démarre parce que je l’ai, je l’ai lu de bout en bout, comme toujours. Vous écrivez Je voulais parler de ce qui se modifie durablement dans la langue du fait de l’intrusion du vocabulaire informatique dans le langage courant. Alors par exemple, vous donnez des citations de passion que vous pouvez voir ou de collègues à vous. Dont les tournures de phrases sont totalement informatisées.
Oui, Par exemple, une collègue qui me dis-je n’arrive plus à communiquer avec mes enfants. Je lui dis t’as cassé leur parler ? Donc ça la fait pas vraiment rigoler parce que c’est pas très sympa. Mais c’est vrai qu’on a substitué le terme parler à court terme, communiquer alors que c’est pas vraiment la même chose. Communiquer, c’est échanger des informations avec un but précis et quand on parle, on accepte bien que ça ne marche pas très bien la parole. Des fois ça y a malentendu, des fois on dit beaucoup plus que ce qu’on voulait dire en faisait là dessus. Et justement, comme c’est très embarrassant la parole, ça nous rend beaucoup service, mais ça nous embarrasse aussi. C’est un peu comme les machines, une prothèse de la parole. Ben non, c’est fabriquer des prothèses qu’on espère un peu plus efficaces. Mais voyez, ça entre dans, comme disait Freud. Comme elles ne sont pas nées dans notre corps, nos prothèses nous servent mais nous gênent encore beaucoup. Et il ajoutait en 1929, dans ce magnifique livre, Le malaise dans la civilisation, que sur cette question nous ferons ou nous ferons certainement des progrès considérables. Et je pense qu’on les a fait séparer parce que maintenant la prothèse est mécanicienne. Maintenant ce qu’on techniciste c’est la langue elle même, avec les langages, avec nos agents conversationnels robots de conversation. Dont de moins en moins on va se rendre compte que la technique ne marche pas.
Vous avez saboté ? C’est vous que vous avez fait exprès.
Peut-être il y a un sabotage ? Vous savez que saboter l’expression vient des canuts. Les ouvriers et tisserands à Lyon au XVIIIᵉ siècle contre. Les ouvriers qui peuvent être les tissages à remplacer par des machines par des machines à tisser mécaniques. Eh bien, pour protester et casser leurs bâtons, leurs sabots dans la tête. De là provient l’idée de saboter.
Absolument, absolument. Ça, ça vient de. Ça vient de là. Alors vous avez cité Freud et Freud, vous le cité tout le temps, évidemment, car le livre démarre par une contagion d’oubli. C’est vous passez une très mauvaise journée, vous tous, vous oubliez de tous vos codes de digicode, de vos mots de passe, etc. Et donc, en bon psychanalyste que vous êtes, évidemment, vous allez voir le docteur Sigmund et vous nous dites. Page treize Le premier chapitre de la Psychopathologie de la vie quotidienne est consacré à l’oubli des noms propres. Le deuxième chapitre à l’oubli des mots en langue étrangère, le troisième à l’oubli des suites de mots. Il n’y a pas de chapitre sur l’oubli des identifiants. Êtes-vous le Freud du XXIᵉ siècle ?
J’aimerais bien, ça serait pas mal.. En tout cas, ça m’amuse de décrire des. C’est d'écrire un livre avec la même rigueur qu’avait Freud, c’est à dire qui s’intéressait à quelqu’un comme texte, dans tout ce qu’on fait, dans tout ce qu’on dit. L’hypothèse de Freud, c'était qu’ un lapsus, un rêve, c’est pas des symboles, c’est pas des choses à spacieuses, mystérieuses, c’est un langage. Qu’il s’agisse d’un texte qu’il s’agit de traduire, qui est, qui est chiffré comme le chiffre au sens, comme des messages secrets. Donc. La psychopathologie de la vie quotidienne informatisée. C’est un livre qui reste à écrire puisque c’est ce qu’on fait aujourd’hui. Ce sont en train de faire, là, aux parents d’essayer de repérer comme il le faisait lui. Les petits ratages de la vie quotidienne, les bévues, les oublis. Et par exemple, lui, il avait une prothèse sourde, il avait une prothèse qu’il avait un cancer de la mâchoire dont il avait une prothèse à la mâchoire pour pouvoir continuer à parler. Et bien à un moment donné, il fait tomber sa prothèse, il la casse donc, mais lui il en parle pas comme un acte manqué. Mais son médecin dit c’est peut être un acte manqué. Je pense que nous mêmes, avec nos prothèses numériques, nos robots de conversation attendront. Ça nous arrive de faire acte de manqué, peut être en sabotant comme tout à l’heure tel. J’ai coupé mon micro sans m’en rendre compte. C’est ça l’inconscient. La conscience est sage, je le sais, mais je ne le sais pas. C’est à dire ? En même temps, je ne veux pas le savoir, mais j’ai un savoir. Comme quand on a un oubli d’un nom, on l’a sur le bout de la langue, il est tout près et on le trouve, on n’arrive pas à le choper. C’est ça l’inconscient, c’est là, C’est comme un texte qu’il a sous les yeux, mais on n’arrive pas, on est trop dessus et on ne peut pas le déchiffrer parce que c’est écrit trop gros même. Donc on ne peut pas lire parce qu’on est trop près du texte.
Ben là par exemple, vous êtes trop près de la caméra. Et puis il faudrait un tout petit peu.
On fait tomber son téléphone. C’est souvent après une conversation qui nous a embêtés au sens qui nous a gênés. Mais on était en train de dire des trucs qu’on n’était pas complètement raccord comme on dit en langage technique, où on était en même temps content de cette conversation. En même temps, on ne voulait pas la voir. Donc la solution c’est une solution de compromis, c’est celle des actes manqués car on perd son téléphone comme ça. Eh bien on ne peut pas appeler la personne, ce n’est pas notre faute.
Alors vous, vous avez cité tout à l’heure vos collègues de boulot à l’hosto, et c’est quelque chose qui revient assez souvent dans le dans le bouquin. Et vous écrivez page quatorze Mon premier geste quand je commence mes séances à l’hôpital n’est donc plus de parler avec un patient, mais bien de communiquer avec un ordinateur. C’est même parfois pire que ça. Certains médecins ne regardent même plus les patients. Ils sont rivés alors sur leurs écrans. Et puis de temps en temps, je jette un œil. On dirait des flics
Ah oui, ça fait un interrogatoire regardez moi.
C’est ça ? Oui.
Mais oui, ça montre bien que pour beaucoup, pas pour tout le monde et pas tout le temps avec. Qu’il y ait des écrans nous servent à écran et le réel de la rencontre et du corps à faire un écran au sens vraiment dont on ne veut pas, on ne veut pas voir ça, ça peut servir. C’est une très bonne machine pour la passion de l’ignorance. L’ordinateur et l’informatique, ça a l’air, ça peut servir à communiquer beaucoup, mais à rien dire ou servir comme chez le docteur. Il a fait qu’ écrire sur son ordi et puis vous a pas, il a pas vu, il a pas vu ce que vous avez à y voir, mais c’est lui qui se cache aussi parce qu’il cache son angoisse aussi de rencontrer des patients dont tout le monde se cache.
Et dans le monde hospitalier. En fait, ce que vous racontez, c’est que si c’est le management qui a pris, qui a pris, qui a pris le comment dire, caduque, qui domine finalement et que et que l’outil informatique, c’est justement l’outil qui mesure tout. Toutes ces questions là, quoi, en fait ?
Et puis très concrètement, on parle beaucoup de comment l’hôpital a été bousillé, a été laminé depuis quinze ans en le transformant en entreprise pour que ce soit lucratif. C’est à dire qu’on veut plus que ce soit un service public, mais un des outils de la destruction de l’hôpital public, ça a été un mésusage. Ce que l’ordinateur peut servir, ça peut faire faire des choses formidables. Et les langages informatiques, à mon avis, les plus jeunes avec qui je parle me parlent de langages informatiques qui sont merveilleux aussi, qui permettent de reprendre la parole, de faire des choses très poétiques, très singulières. Mais un mésusage de l’ordinateur à un mauvais endroit, c’est rien. Maintenant, on en met partout, partout dans les bureaux, à l’hôpital. Avant, il n’y avait pas, il n’y avait pas des bureaux partout à l’hôpital. Le fait qu’il y en ait partout et qu’on ait besoin maintenant de brancher un ordinateur dessus, de l’allumer pour regarder l’agenda, pour noter les notes sur les patients, pour échanger avec les collègues. Eh ben ça fait que, concrètement, très directement, ça a participé à la destruction des pratiques à l’hôpital parce qu’on a passé plus de temps sur les ordinateurs pour évaluer ce congé, pour remonter les actes à la Sécu, plus de temps qu' avec le patient. C’est ce que vous disiez, votre médecin, il vous regarde plus. On n’est pas tout le monde encore une fois, mais ça a été un des outils de la sape de l’hôpital public. Et alors il y a eu, il y a eu des grèves, du codage, on a eu des médecins qui ont dit on arrête, on passe, on passe 20 % de notre temps sur les ordinateurs, on arrête, on fait la grève, on arrête. C’est un truc qu’avant les administratifs faisaient. Maintenant ils nous ont dit on embauche plus de secrétaires, vous vous débrouillez, vous saisissez vos AP, On va gagner du temps et puis on aura plus d’argent pour l’hôpital en embauchant Pacificateur, Les soignants y ont cru pendant un moment donné, ils ont dit ok, on ont saisi nos AG. Depuis, ils se disaient avançons, contrôlent leur agenda et tout ce qui s’est rendu compte assez tard qui participait. A la destruction de dollars de l’hôpital en passant 20 % de leur temps devant leur machine plutôt qu’avec les patients.
Alors oui, cette grève du codage, je comptais y venir un peu plus tard parce qu’il y en a. Il va falloir comme quand même qu’on parle de Turing, qu’on parle de deep, enfin on a on a un peu de boulot quand même là ce matin, mais effectivement, la grève du codage, vous en parlez en disant que dans le monde hospitalier, en règle générale, les grèves viennent plutôt du monde des infirmières, des infirmiers. Si je vous dis si je vous ai bien coupée là. Allo ? Oui, c’est bon, c’est bon, c’est parfait. Mais vous faites semblant de boire ? Ou alors vous avez, vous avez vous avez un truc à côté ?
C’est du café ?
Ah non, ici, ici c’est obligatoire Café Mais vous remplissez la tasse au fur et à mesure ou pas ?
Heu. C’est une petite cafetière ?
a bien joué. C’est ça qu’il faudrait que je fasse. Voilà. Plaisirs, plaisirs simples. Et donc, oui, et donc vous expliquez que cette grève du codage, c’est comme ça que vous l’appelez. En fait, c’est venu des médecins et ça a tenu assez longtemps, notamment dans le dans le monde hospitalier parisien, et j'étais assez étonné, ce que je n’avais jamais entendu parler de ça. Mais vous vous dites que ça a pris un certain temps.
Et beaucoup à Marseille aussi. La grève du WE Act a duré longtemps et elle a. Elle a marché aussi effectivement parce que les médecins s’y sont mis. Souvent, ce sont les infirmiers qui initient des grèves à l’hôpital. Et là, c'était une nouvelle, un nouveau mode de grève. Et ça a marché en partie. Mais ça. Parce que si vous ne saisissez pas les acteurs, si vous facturer par la sécu les AG d’un hôpital, eh bien il est plus financé parce que la sécu ne peut plus dire ce qu’il faut rembourser comme a été fait. Et donc. Ça, ça inquiète très vite les directeurs des hôpitaux qui ne voulaient pas négocier et qui ne voulaient pas discuter. Et là, quand ils ont vu qu’on touchait au nerf de la guerre l’argent, ils sont venus. Martin Hirsch est venu discuter alors qu’ils méprisaient jusqu’au chef de service parce qu’il disait on va appliquer notre plan de soi-disant refonte de manager l’hôpital. Il considérait que l’hôpital n’allait pas bien parce qu’il n'était pas bien managé. Mais alors que c’est simplement qu’il était détruit parce qu’on a enlevé tous les moyens et là, contre complet, quand ce n’est par exemple un hôpital à Marseille, ça aurait été de remonter les actes à la sécu. Les directeurs sont venus dire ah ben qu’est ce que vous voulez en fait ? Ah bon ? Voulait des moyens, voulait des postes pour avoir voulu des infirmiers à risque, forcer un peu les directions à venir discuter.
Alors y a dans le chat CharlesVanel qui parle d’Etienne Chateau qui dit le management tel qu’il est pour Etienne, le management tel qu’il est inspiré du système nazi, là le français est bureaucrate, le russe c’est l’interventionnisme étatique permanent. Le bon Germain s’en prend en main. Aujourd’hui, on fait tout en dématérialisé. On va aborder parce que c’est évidemment l’enjeu de votre livre. On vous fait dire une relation avec le langage du Troisième Reich qui a influencé la langue allemande à une certaine époque, avec tout, en disant évidemment que ce n’est pas la même situation, mais tout en disant que l’informatique, le langage informatique est en train de nous d’influencer nos vies comme le vocabulaire nazi a modifié la langue allemande. Si je vous ai bien lu.
En fait, c’est une double relation. C’est l’idée assez connue que. Que toutes les belles, toutes et tous les régimes totalitaires ont commencé par changer le langage pour changer les pratiques. Ce n’est pas les nazis qui ont commencé, mais eux, ils ont fait très fort, c’est-à -dire qui avaient écarté carrément une commission linguistique du NSDAP. C’est à dire qu’il y a des changements qui se font dans la langue comme ça, dans l’usage, dans les médias aussi, des changements qui sont décidés il y a déjà un moment donné, un parti qui dit en dit plus, des choses comme ça, on va dire les choses comme ça, comme des nazis, ils ont jamais, ils disaient et ils disaient pas déportés, ils disaient évacués. Et donc c’est si tout un c’est une décision de ne de, de féminiser d’abord dans la langue pour après rendre acceptables des choses qui sont, si on les nomme, vraiment inacceptables. Ça, tous les régimes totalitaires ont commencé par ça. Le le, l’usage des sigles aussi. C'était très important dans le depuis très longtemps. La Révolution française a fait ça aussi en russe. En français, il y avait aussi une commission linguistique qui a dit bon bah on va changer les choses, on a changé les calendriers, on a changé la langue et ça va changer. Alors c’est vrai que ça modifie les pratiques. Quand on change la langue, il n’y a pas que les nazis qu’il en faut bien, c’est le XXᵉ siècle. Les Soviétiques, elle en fait beaucoup aussi. Il y avait une radio soviétique qui ne qui ne parlait, qui n’utilisait que les lettres du prénom et du nom de Staline.
Georges Perec. Oui, c’est ça.
C’est extrême, mais c’est pour dire qu’il y avait comme ça des contraintes.
Il appelait ça le disparu. Oh la vache, C’est fort, c’est fort !
Bon alors, un autre lien. Donc ça, c’est un premier lien avec le fait qu’on compte maintenant sur un langage informatique qui est peut être la nouvelle langue universelle que l'être humain a toujours souhaité. Et plein de tentatives. Il y a les langages totalitaires. Y a gens et les langages religieux qui tentent, qui tentent d’imposer une pratique ou des croyances en disant on va dire les choses de cette manière, on va essayer de parler tous la même langue et comme ça il n’y aura plus de problème. Parce que » sapiens sapiens », c’est en même temps. Était plus fort que les autres espèces et a bousillé toutes les autres espèces et la planète parce que. Avec la parole. Bien, c’est sûr, on a pu s’adapter. Ça a été un outil formidable pour détruire les autres espèces. Mais c'était aussi plein d’embrouilles parce que Décours Sapiens s’est mis à parler en fonction des coins où ils étaient. Il n’a pas parlé exactement pareil. Donc après, ça fait tout de suite des conflits pour dire les choses, ça, ça se vit comme ça. Et donc là, les gens, c’est aussi pour ça, pour d’autres raisons aussi, pour sa tendance à se foutre sur la gueule parce qu’il fallait dire les choses d’une certaine manière. On a dit s’il y a des origines, il y a le texte, le texte, il est comme ça et on dit les choses comme ça. Donc en même temps, c’est un progrès, la parole dans l’histoire de la vie et en même temps ça a été plein d’informations. Donc très vite, l’humanité a rêvé d’avoir un langage universel catholico, ça veut dire ça en grec, c’est l’universel. C’est une hypothèse que je fais, c’est que maintenant, le langage informatique ou la numérisation du monde, c’est le fait de tout traduire en zéro un. C’est l’idée que ça va communiquer. Enfin ça va, ça va rouler, on aura plus de et des traducteurs automatiques et on va tous parler cette langue. Alors effectivement, ça, ça accélère beaucoup de choses, ça facilite les échanges commerciaux, ça facilite beaucoup de choses, ça fait flamber le capitalisme et le libéralisme, ça, ça, ça fait circuler. Ça fait faire beaucoup de progrès à la communication, mais peut-être pas à la parole singulière. C’est ça la question que je pose. Donc c’est un double lien entre les langages totalitaires et les langages religieux et le langage informatique. Encore une fois, comme vous dites, je dis pas que c’est la même chose, c’est pas une équation, c’est une tentative d’explicitation linguistique de ce qu’on fabrique quand on fait un langage informatique et quand on parle de plus en plus avec des mots, de l’informatique, des mots techniques. Quand je dis je suis connecté avec ma famille ou suis déconnecté de mes amis en ce moment et c’est des mots, ce n’est pas juste des mots, ça fait.
Aussi je vais faire l’interface avec le collègue.
« Passer mon enfance à faire l’interface entre mes parents. » Ce n’est pas juste une expression, ça veut dire que je considère à ce moment là l’autre comme une machine avec qui il faut se brancher sur ces interfaces. Ou alors récemment, je devais prendre rendez- vous à l’hôpital. La secrétaire m’a envoyé la fiche de programmation pour programmer. Il s’agissait de programmer un rendez vous. Avant, on disait "Je prends rendez- vous. Maintenant, au programme, un rendez vous est beau. Carrément. La secrétaire, elle me dit je ne peux pas vous programmer si je n’ai pas idée de programmation. Oui, elle est là. Alors j’ai voulu dire j’ai envie de dire mais je ne suis pas un ordinateur, vous voulez ? Mais comme je voulais avoir mon rendez vous, je n’ai pas fait de blague il y a huit ans pour me programmer, je vous envoie mes cordes. Mais n’empêche, c’est comme ça que les mots passent. Voyez-vous ? Que les expressions s’imposent. C’est par des petits consentements comme ça il fait tout pesant, Ce n’est pas grave. N’empêche que j’ai accepté qu’elle me dise je vais vous programmer. Alors les papillons maintenant on dit plus. A l’hôpital, on dit plus on dit le deuil. Si vous allez alors au lieu dire le dossier du patient, on dit passe moi son début. C’est le dossier de l’usager informatisé. La vache ! Et l’intérieur du donneur. Si vous utilisez ces mots, est-ce que ce sont des mots qui marchent bien ? Parce que c’est efficace Les. Si on dit tiens bah ça, le mec il est sérieux et il a un sigle et c’est pas un, il fait pas des expressions, des périphrases et là il a son sigle. C’est un vrai truc des administrations, un hôpital. Il leur dit mais si vous dites le dossier de l’usager informatisé, moi j’entends que c’est l’usager qui est informatisé. Ben oui, c’est-à-dire le dossier informatisé de l’usager. Ben non, ils ont mis le dossier de l’usager informatisé. Ou encore après j’arrête un jour, mais je vous laisse poser d’autres questions. Et encore. Et ça, parce que ça m'énerve beaucoup à l’hôpital Rosemont, je ne savais pas que l’hôpital je reçois aussi chez moi parce que si je vivais tout le temps avec ces sigles à l’hôpital bêtes, je parlerais que cette langue. C’est pour ça que les psychanalystes y travaillent, pas que à l’hôpital, ils travaillent aussi chez eux. Eh bien, par exemple, on dit que l’Administration m’a dit Ah, vous avez oublié de chaîner les patients. Alors c’est un accident qu’on voudrait en psychiatrie. Quelqu’un qui veut dire on lui dit mais tu sais de quoi tu parles ? Tu sais que Pinel a en 1822, il a il a enlevé les chaînes aux patients. Alors le gars ne veut pas faire de mots avec ça. Administratif parce qu’après en fait, c’est par économie de langage, y va y au lieu de dire il faut chaîner les données des dossiers des patients parce qu’en fait, chaîner les données des dossiers des patients, ça veut dire rentrer les données du patient dans l’ordinateur, ce qui disent plus saisissez vos données, y disent Chaîner les données, ça veut dire les mettre en chaîne avec d’autres données. Ce que savoir ça, c’est un mot technique treize qui va passer dans le langage courant en chaîne, comme on like, comme on fait d’autres chaînes, se mettre comme ça en lien, toute un historique de données. Donc voilà, vous avez un type qui parle pour dire les choses plus vite, au lieu de dire on rentre le dossier du patient et dit chaîne de chaîne
. Page quinze J’ai pris peur. J’ai pris peur parce que vous expliquez. Ni technophile, ni technophobe, Je veux seulement prendre quelques notes pour les temps où nous ne pourrons plus du tout faire la différence. A ce moment-là, j’ai peur. Je me dis bon, ni technophile, ni technophobe, c’est comme les gens qui sont ni de droite ni de gauche, ils sont de droite. Je me dis bon bah il est technophobe le gars. Et puis vous ajoutez un monde où nous ne pourrons plus du tout faire la différence entre la parole et la communication dont se contentent les abeilles, les ordinateurs et les DRH. Je me dis ah bon, il y a un peu d’humour à chaque paragraphe Mais au début, vraiment, je me suis dit oh attends, c’est un mec qui n’aime pas les ordinateurs. Et en fait, si on comprend à la fin que vous êtes, on peut le dire après l'émission, vous allez faire un peu de code du Python.
Et oui, je l’avoue, j’apprends le python en langage Python. Comme vous, adolescence, j’ai appris le langage basic à l'école, le fameux plan informatique pour tous. Puis comment ça avait appris ça ? Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l'Éducation du Petit, s’appelait le. Ça s’appelait le ministère de l'Éducation. Et on a appris le langage Basic if then … des choses comme ça.
Ah bah voilà.
Et bien aujourd’hui, le langage qui écrit, les intelligences artificielles et les robots de conversation, c’est beaucoup le langage Python. Donc c’est vrai que j’ai eu envie de. Pour savoir vraiment comment marchent ces machines et parce que j’ai une curiosité, et puis parce que je suis un peu technophile. Effectivement, j’ai commencé à prendre un langage Python et c’est très intéressant parce qu’effectivement on y voit pourquoi tous ces mots qui sont des instructions, parce que langages informatiques, c’est des instructions. Il faut faire une procédure. L’ordinateur, il parle queue en zéro un, ça y comprend la machine, elle est où ? Il y a du courant qui passe ou ça ne passe pas ? Donc c’est ça qui comprend l’ordinateur et ce qu’il faut c’est des langages interprète pour parler avec une machine. Parce qu’on ne va pas lui parler qu’en Europe, parce que nous, pour nous, c’est trop difficile pour le cerveau d'être humain. Il y a certains autistes Asperger qui peuvent parler en zéro un, ils peuvent tout coder en zéro un. Comme Alan Turing.
On va y venir.
C’est comme un interprète, le langage Python, mais il est fait quand même de beaucoup d’instructions. Ben c’est pour ça que ça glisse. Toutes ces instructions, toutes ces procédures et glissent, elles sont, elles sont dans des langages qu’on a de plus en plus avec les machines. Et puis après vous parlez comme ça aux machines, après vous parlez comme ça à vos collègues ou des dizaines des ça devient des expressions, des ça passe dans le langage. Moi je vous conseille En fait, je voulais faire la pub pour un autre livre aujourd’hui, je vous conseille fortement. Le livre deux qui s’appelle Lettre à un ingénieur qui doute, c’est Olivier Lefebvre. C’est un livre qui vient de sortir aux éditions l’Échappée.
Ah bah oui, l'échappée, c’est des camarades.
L'échappée. C’est formidable tout ce qui sort. Ma. J’ai envie de parler de ces livres-là. La librairie Lambros dans le 11ᵉ, c’est magnifique parce que vous rentrez là, Vous avez tous ces livres de critique sociale, de philosophie politique, de critique de la technique.
Nous avons un auteur, L'échappée la semaine prochaine ?
Oui, ce qui est rare.
C’est sur Guy Debord,
Eh bien, c’est un autre, un autre de cette très belle maison. L'échappée dans la collection En finir avec. Olivier Lefèvre, qui est un ancien ingénieur qui s'était formé à l’informatique et qui un jour a dit s’arrête. Et c’est très intéressant parce qu’il montre qu’il a entendu les malaises qu’il a. Il commence à mal dormir, à avoir des nausées, à vomir comme ça, spontanément dans la journée, et il arrête sur ce travail, lui. Finissez par faire des programmes pour des drones, pour l’armée et en fait il peut plus. Et c’est un très beau livre Lettre aux ingénieurs qui d’autre part, il parle de lui et ça peut servir à se poser des questions aussi pour de vrai. Comme on est tous devenu un peu ingénieur informaticien avec toutes nos machines qu’on utilise tout le temps, qu’on fait tourner des codes tout le temps. Je pense à un livre qui a écrit au-delà de qui s’adresse au-delà des ingénieurs sur le titre ses lettres aux ingénieurs Fields.
J’ai mis à l'écran grâce à Euryale qui a mis le lien dans le chat. J’ai mis à l'écran la couverture du bouquin qui est paru le 5 mai 2023. Donc il est tout récent mais je n’avais pas vu car je n’ai pas vu. Parfait. Alors on va regarder ça.
Pourquoi je suis parti ? Là dessus, je répondais à autre chose.
On partait d’Alan Turing. En fait, c'était ça le départ et l’instruction Python.
Quel Python sur l’idée qu’on ne peut pas tous parler en zéro un ? Donc on utilise des interprètes, notamment le langage Python. Qui ? Si on le parle, on peut un peu plus comprendre ce que font les chats, GPT et autres et on peut un peu rentrer dans le code. C’est ça qui est fascinant aussi dans le monde informatique, c’est quand on apprend le langage, au moins on a un peu l’impression de le contrôler, de savoir ce qu’on dit et cours, de connaître toutes ses instructions et pas simplement de subir toutes ces lignes de code. Eh bien justement, Olivier Lefèvre, C’est pour ça que je pensais à lui. A un moment, il dit abandonner, il dit dans son bouquin Je pense que c’est page seize aussi.
Il dit à la page seize C’est très important. Il faut toujours la soigner. Il faut aller à l’imprimerie. Il faut exiger que la page seize soit la meilleure.
Et moi, la dix, je me suis rendu compte que d’utiliser toute la journée des instructions comme Even also strat et dit Je commençais à penser ma vie comme ça. Il y perçoit ça, ce qu’on n’a pas toujours envie de percevoir. On a envie d'être dans le déni et que ça tourne. Ça marche surtout sur un ingénieur. On a fait de longues études, on apprend vite. Se poser des questions et rêver. Si on veut gagner de l’argent et, dit il, ce n’est pas facile d’arrêter un métier comme ça parce que c’est très valorisé. Mais lui, il a vu qui commençait et avait des effets dans sa vie quotidienne. De raisonner comme ça, ne plus penser au parler mais de raisonner, ce qui n’est pas du tout la même. Vraiment, il vous faut lire ce livre.
Eh bien, on va se le procurer. Et puis peut-être même qu’on invitera ce dénommé Lefebvre. Olivier s’il est recommandé. Et donc là, j’imagine que vous nous avez un peu testé votre prochaine chronique dans Charlie Hebdo, c’est ça ?
Vous savez. Vous savez que si je vous ai dit quasiment mot pour mot non, je ne l’ai pas dit pain et pas dit dans cet ordre là et surtout dans la chronique dans Charlie qui sera consacrée à ce que je m’occupe de la chronique psy dans Charlie qui sera consacrée à ce livre que je trouvais un livre très clinique. Il y a quelque chose d’inédit que je vous dirai aujourd’hui, c’est que j’ai fait passer à Olivier le faire le questionnaire freudien.
Oui, revenons. Revenons à Turing. J’ai noté. J’ai noté ce passage de Turing pour rappeler qui il est. Tout le monde ne le sait pas. Avant même de parler d’Enigma. Mais comment vous pourriez résumer ce bon Alan ?
Alan Turing, c’est un mathématicien d’abord, et il s’intéresse beaucoup à la. C’est une branche des mathématiques. C’est la cryptologie, le fait de pouvoir crypter ses débats en fait, remplacer un mot d’une lettre par une autre lettre en lui faisant subir des opérations. Quand vous dites au lieu de dire votre prénom on a tous fait ça gamin, vous décalez les lettres de deux dans l’ordre alphabétique, ça fait un autre mot. Ça, c’est un. C’est un codage. Ça, c’est un chiffrage. Lui, ça l’intéressait beaucoup, ça oui, il était un peu. Aujourd’hui, je pense qu’il serait, il serait classé autiste et Asperger parce que. Il était très mal à l’aise avec la parole.
Alan Turing et notamment vous parlez de sa voix. C’est très important.
Oui, c’est important parce qu’il avait une voix qui était considérée par ses camarades et ses profs comme difficile, très haut perchée et aiguë. Il ne parlait pas souvent, mais quand il parlait, ça écorchait un peu. Et il a conscience de tout ça. Il a un très cher ami, son amoureux. Il est dans deux classes au-dessus de lui, dans l'âme. A douze ans et le sont. Christopher a quinze ans et parle beaucoup et lui dit dans une lettre. Il lui dit. Un jour, je vais concevoir une machine qui me donnera une voix. En fait en partie pour ça et en partie pour résoudre des problèmes de maths. Des paradoxes de Hilbert, des problèmes mathématiques très difficiles à résoudre au début du XXᵉ siècle. Alan Turing, qui est très doué en maths, se retrouve propulsé dans les grandes universités anglaises pour faire des maths très jeunes. En fait, il va inventer l’ordinateur. Au départ, il n’appelle pas ça comme ça. C’est un computer, mais encore ? Ce n’est même pas lui. Il appelle ça une machine universelle. Il dit et dit Il a. Il n’a que 24 ans en 1932 je crois. Je voudrais que je vérifie dans le bouquin. Il dit qu’un jour on pourra faire une machine qui lira et qui pourra les lire et écrire des informations, qui pourra traiter des informations de manière automatique. Il invente l’idée d’une machine universelle qui pourra. Faire tourner un algorithme de manière automatique. Des algorithmes, c’est le mot, existent depuis l’Antiquité grecque. Ça a toujours existé. C’est l’idée d’une suite d’instructions mathématiques qu’on fait, dans laquelle on fait passer des données. Alan Turing, lui, ajoute qu’on pourrait faire une machine pour faire ça parce qu’il a besoin, lui, d’une machine, comme il a dit à son à son amour. Christopher, Je vais fabriquer une machine qui aura une voix comme une prothèse et qui m’aidera à mieux parler. Et puis ça lui permet aussi de résoudre un problème de maths qui dit comment concevoir un supercalculateur qui va effectivement servir à résoudre ce problème. Donc là il on lui donne carrément sa thèse de math tellement les plus grands sont épatés.
Et alors vous écrivez page 21 qui est aussi une bonne page
Pas très bien.
Ce n’est pas l’excellence de la synthèse, mais c’est une bonne page. Et puis, bien avant que l’ordinateur ne soit construit, Turing lui confère une dimension ontologique. Il y voit, je le cite, un ouvrier, un être calculant. Fermez les guillemets. Donc là, évidemment, ça a fait tilt dans votre tête à naître.
Ils comptent déjà beaucoup dessus. Ça veut dire qu’on donne beaucoup, beaucoup de valeur. Et effectivement, on sait la place que ça va prendre. Ça va être nommé computer parce que parce que d’abord, avant, c’est un supercalculateur, l’ordinateur, après le mot ordinateur en français, on en parlera peut-être.
Oui, bien sûr.
On a appelé ça comme ça justement. Mais pour l’instant, Turing, il y pense. C’est une machine qui peut lui servir. Voyez si c’est une prothèse pour lui. Sauf qu’elle marche tellement bien sa machine et il décrit tellement simplement, tellement efficacement qu’après ça va prendre son nom au lieu de dire machin universel. Les mathématiciens, ça s’appelle pas encore informaticien Dans les années 30 et les années 40, il va appeler ça la machine de Turing. Et il y a des gens qui vont dire on va on va la fabriquer. John Von Neumann notamment, qui vont commencer à concevoir des machines pour réaliser ce que Turing a envisagé, et Alan Turing lui-même, parce que c’est un génie. Il est embauché très vite, en 38, par les services secrets, par le chiffre anglais, par les services secrets de Sa Majesté pour participer à pour rejoindre l'équipe des cryptologies qui s’occupe d’essayer de décrypter les communications militaires nazies, les nazis qui utilisent cette fameuse machine énigme. Le code est inviolable. On ne comprend pas pourtant les services secrets polonais avant d'être complètement envahi, la Pologne qui avait réussi à piquer des machines Enigma, il est passé aux services secrets français qui dépassent aux Anglais avant d'être eux mêmes. Et donc on a une Enigma, on a une machine Enigma et donc on voit les rouages, les noms pour voir. On essaie de comprendre les Anglais, c’est de comprendre comment ça marche possible de décrypter les communications. Et c’est très important pour les Anglais. D’abord parce qu’ils veulent pouvoir anticiper sur les bombardements de l’Angleterre par les V2 ou les bombardements, ou les trajets du U-boot qui détruisent la flotte, qui détruisent des échanges avec les Anglais et les Américains. Bref. Les gens essaient de décrypter Enigma avec une espèce de avec une autre Enigma et Alan Turing. Il arrive là dedans et dit Mais les gars. Pour casser le code, pour casser cette machine, il ne faut pas une super machine, faut pas faire avec la même, il faut inventer une autre machine. Et là, il reprend son idée de faire tourner un programme, de faire résoudre des problèmes par une machine de manière très rapide et très automatique. Il commence à inventer et à construire l’ordinateur. Sa machine, il l’appelle la bombe et en fait c’est sa machine qui va pouvoir décrypter le code casser Enigma. En fait, c’est en codant autrement qui va décoder. Il fait un arbre, il écrit un programme qui va être plus fort et plus rapide que le code Enigma. Et c’est comme ça. Mon hypothèse dans les bouquins, et c’est là où il y a un double lien entre le langage totalitaire et le langage informatique, c’est que le langage informatique est né de ça, d’un désir de coder et de décoder. L’idée n’est des choses, pas des jeux vidéo, voir des choses carrément le code nazi. Et ça a été tellement, ça a tellement bien marché. La note, l’ordinateur ne vient pas que de ça. Il y a d’autres équipes qui commençaient à. Mais ça a explosé à ce moment-là. C’est à dire qu’après il y avait énormément de budget pour l'équipe de Turing et pour elle, on s’est dit vraiment, l’ordinateur, ça peut rendre des services énormes et notamment sa saga même accélérer la fin de la deuxième guerre mondiale parce que ça a résoudre ça, ça a aidé l’Angleterre à tenir. Donc indirectement, ça m’a beaucoup aidé. Ça n’a pas tout fait, mais ça, le décodage par Turing de la machine, ça a quand même beaucoup compté dans la dans la fin de la deuxième guerre mondiale. Mon hypothèse, c’est que ce langage informatique, c’est comme un trauma, c’est-à -dire qu’on a Turing. En décodant le code nazi, il a fait, il a lancé une machine qui par traumatisme. Et là c’est l’hypothèse du psychanalyste qui fait qu' on a hyper idéalisé ce langage là, qu’on utilise tous les jours et qu’on passe notre temps à faire des codes et à défaire des codes à décoder parce que on associe ça à la liberté. En fait, c'était un ordinateur. La machine de Turing, c'était la liberté contre les forces du mal. Oui, eh bien on voudrait qu’on joue les Turing un peu tous les jours avec votre téléphone, avec des codes, le code de carte bancaire, le code digicode. On passe notre temps à se dire "décode moi maintenant, quand j’ai un patient qui me téléphone, qui veut prendre rendez-vous, qui veut programmer un rendez- vous, un des premiers trucs idiots au téléphone avant d’en donner son récit. Ben voilà, mon cabinet, c’est maintenant Eddy et je dois lui dire s’il ne me pose pas la question. Notez le code. Qui combat. C’est comme si on rentrait dans un trou de cryptologie alors qu’il s’agit du mec qui va et vient. Il essaie de venir me parler, il me dit qu’il veut venir me parler de ses problèmes dans la vie et moi je lui dis vous avez le code ? N’oubliez pas le côté tout de suite, ça met les choses sur un autre plan. C’est ça que je veux dire, c’est que ça nous place à un autre endroit, dans les échanges avec la parole.
Oui, et puis vous, vous allez jusqu'à expliquer, évidemment que, par exemple, la reconnaissance faciale pour décoder justement sans avoir le code, c’est un truc qui nous facilite la vie. Le Fife fait ça, y dit et autres. En réalité, si l’opération police. C’est la police qui vous prend en photo. C’est ça ?
C’est des outils ? Oui, on accepte d’utiliser des outils de police parce qu’on trouve que ça nous arrange, ça accélère les choses, mais on accepte de se soumettre comme ça. Des A, des systèmes, c’est des, c’est des violences policières, linguistiques, c’est aussi des mots qu’on utilise. Rien que dire face à dit ou comme vous disiez, le médecin qui est derrière son ordinateur au lieu de parler avec vous, qui quand on se penche pour voir un peu la tête que vous avez. On dirait un interrogatoire, on dirait Le flic est derrière son sa bécane vient de faire le PV. Voyez-vous ? On utilise et on se soumet à cette technique là. Très efficace. En essayant d’oublier tous les jours comment ça résonne en fait, ce que ça nous fait, accepter ce que ça nous fait.
On a évoqué plusieurs fois le nazisme, page 23. Vous parlez donc de ce professeur d’université de Dresde qui s’appelle Victor Klemperer, dont le chat salue le livre qui s’intitule Healthy. Vous allez nous en parler et évidemment le vôtre. S’il s’intitule L q i, c’est parce qu’il y a une. Évidemment, il y a plus qu’un clin d'œil, il y a un hommage qui est rendu. Ce type là, là, ce Victor, il a scrupuleusement noté, écrivez vous, dans son journal, l’apparition des mots imposés par le régime hitlérien. Alors vous expliquez qu’aujourd’hui, on n’est pas du tout comme dans les années 30 sur ce plan là, mais qu’en revanche l’apparition des mots, de la technologie. Après, on va revenir à Alan Turing parce qu’il est idéal, c’est le big bang, c’est lui que ces mots-là, il faut, il faut quand même les prendre au sérieux. Même si là, on est dimanche matin, qu’on rigole, on est 400, c’est cool mais bon. C’est ça ce que vous êtes en train de dire ? Il y a un danger.
Et moi, ce qui m’intéresse…
Ah bah ça y est, j’ai compris. Excusez-moi parce que depuis le début, il y a là un bruit de feuilles pas possible. En fait, vous faites comme dans un cabinet, vous êtes en train de noter ce que je dis là. C’est quoi ce bordel là ?
Je peux prendre assez de mots ? Vos questions intéressantes, ça donne des idées pour un prochain Désolé. Que du bruit avec le papier et le papier, cette ancienne technologie, vous voyez, qui fait du bruit. Le peuple.
Le papier, il ne connaît pas le zéro, il ne connaît pas Il fait chier l’ordinateur. C’est ça ? D’accord. Ok, alors. Dont acte. Ou Saga ? Alors ? Les nazis.
La vie, décide de nommer des choses autrement, de fait, de féminiser leur, leur violence. Et Victor Klemperer ? Il est philologue. Il a fait une thèse sur les Lumières, sur les philosophes français des Lumières et il est juif. Il est interdit progressivement d’emprunter des bibliothèques, puis d’aller à la bibliothèque, lui, et il va en fait noter dans son journal tous les changements comme ça, pas dans les discours des nazis, pas les mots des discours des officiels. Ce qui l’intéresse, c’est noter les changements, les petits mots dans la langue quotidienne. Et c’est ça, ça va être ça, son journal, parce qu’il va l’intitulé Le type lingua imperii, la langue du troisième Reich. Il prend un pour se moquer du fait que les nazis utilisent des sigles, mais partout, pour tout. C'était devenu une blague et tellement de sigles que les Berlinois notamment, qui avaient beaucoup d’humour, s’amusaient à utiliser des signes pour tout pour se moquer de la Gestapo. Même les pays résistants, les US et les Allemands qui restaient là et qui étaient pas déportés se sont amusés à avoir donné et supporté plus les Allemands. Qui est resté, qui survivait, qui utilisaient tellement de cycles, qui avaient eu à un moment donné une idée, mais un formulaire du parti nazi pour dire arrêtez d’utiliser des sigles, ce qu’ils ont compris que tout est là. Donc il y a eu un sigle utilisé puisqu’il a été donné. Ça a commencé en 43 et commençait déjà à plus aller du tout. Bref, Klemperer, il y parle de ça. Dans son livre Healthy, il note tous les jours les changements de mot, y compris et c’est ça qui m’intéresse chez Klemperer. C’est ça qui, à mon avis, est une leçon pour nous. Il note y compris les changements dans le rythme des phrases et donc dans certains mots qu’il utilise lui-même. Il dit en même temps qu’il en reste encore des militants antinazi au début, avant, avant l’accession d’Hitler au pouvoir. Klemperer note déjà des choses sur qu’il y a déjà des affrontements entre les de rue, entre les communistes Il y a encore des résistants au nazisme avant qu’ils soient tous exécutés aux déportés. Klemperer entend que les idées que les adversaires du nazisme eux mêmes utilisent des expressions nazies au sens d’une efficacité. Donc là il dit c’est effrayant, mais comment c’est nous ? Comme c’est une langue qui marche, qui veut aller plus vite, plus fort, qui veut s’adapter, qui veut adapter les Allemands à qui elle ? A qui veut leur donner une langue qui les rend encore plus forts. Il se trouve également Il y a des expressions qui passent. Donc il entend et dit Mais c’est terrible même, même les adversaires utilisent certains mots. Et là où c’est encore plus intéressant, c’est Klemperer entend un jour qu’il utilise lui même un mot qui alors il est philologue, vieilli, s’intéresse aux mots, à l’histoire des mots, à un mot qui n'était pas du tout utilisé cinq ans auparavant. Avant, avant les nazis. C’est. C’est le mot organiser, le verbe s’organiser. Nous voyons, c’est un exemple. Soit on se rend plus du tout compte que quand tu dis quand on dit je dois m’organiser, aujourd’hui, j’ai un rendez vous aux différents, je dois m’organiser parce que je les ai l'émission avec Fred à 11 h à l’heure de la messe. Donc il faut que je m’organise ce matin pour que je m’organise. Et bien ce mot écorche l’oreille de Klemperer quand lui-même l’utilise un jour en disant Mais je me suis bien organisé aujourd’hui. Tout d’un coup, une note dans son journal dit Mais c’est fou ! Ce mot n'était jamais utilisé pour des personnes, pour des sujets organisés. C’est utilisé pour des organisations, ça voulait dire organiser l'État, organiser l’usine, organiser un collectif à l’arrière, un groupe. En fait, les nazis ont rendu. Ils voulaient synchroniser, synchroniser.Les nazis disaient qu’on disait plus j’adhère au parti. On disait je me synchronise en allemand, c’est-à -dire qu’ils ont voulu que chaque personne, sujet parlant soit pris comme une organisation, comme un parti, comme une usine. Ils ont mécanisé, ils ont, ils ont utilisé des mots pour les personnes elles-mêmes, c’est-à -dire que ce mot est entré dans la langue parlé allemand et il est ce qu’on a fini par dire je m’organise alors que et ça nous fait plus rien. Vous voyez, c’est un exemple. Johann Chapoutot, Tout à l’heure, vous lui avez donné un autre prénom, WE CAN. Et Johann Chapoutot, son livre Les DRH du nazisme. Aujourd’hui, c’est ça le titre ? Je ne suis pas sûr, mais en tout cas.
J’ai appelé Étienne. Alors je vais vous faire un petit cadeau,Étienne c’est mon deuxième prénom.
On va arrêter là pour aujourd’hui, là dessus.
C’est ça ?
Je voudrais qu’on oublie un peu. On en a parlé parce que j’ai eu le bonheur de le rencontrer dans un débat. On était invité à parler du film Brummell et dans son livre DRH. Il parle aussi de ça, de ce que c’est que c’est que c’est passé par la langue. Il montrait bien que les premiers ouvrages de management qui sont encore traduits aujourd’hui en anglais dans les Anglais et américains. C’est quand même un juriste SS qui a écrit le premier manuel de management. Avant on pouvait manager, mon n’appelez pas ça comme ça. On n’a pas entendu les nazis, je veux dire pour faire du management, mais on n’appelait pas comme ça et on ne faisait pas des manuels. On n’essaie pas d’expliquer aux gens comment il fallait que les gens se tiennent au boulot. C’est quand même parti de là. Donc on s’est fait pourrir parce qu’on lui a dit tu mélanges tout les pays des époques, tu dis que les DRH sont des nazis. En fait non, il ne dit pas ça du tout. C’est un historien, c’est très précis. Il montre une filiation dans la langue de DRH donné dans les termes avec cette histoire là y monte même comme nous. C’est parti de chef, C’est très documenté. L’USAID, c’est une secte qui a écrit son premier livre là-dessus et que tout ça, on l’a oublié et on l’a oublié. Mais ça resurgit tous les jours, ça a des effets tous les jours.
Donc le titre, c’est libre d’obéir.
Ouais, libre d’obéir. C’est sous titré Alors c’est le titre. Et en dessous, le sous titre, c’est les DRH du nazisme aujourd’hui.
Alors énigme, revenons à l'énigme. Parce que l'énigme, ça vous plaît ? Évidemment, puisque vous écrivez dans le chapitre un trauma nommé Enigma de points aux oreilles d’un psychanalyste, ce nom évoque forcément. Alors là, j’adore forcément l'énigme que le Sphinx pose à Œdipe. Nous sommes dans les temps reculés de l’antiquité grecque, dans la région de Thèbes. NB Aussi ignorant qu’il s’agit de son père, Œdipe vient de tuer Laïos, le roi de Thèbes ou de Thèbes. Je sais jamais comment on dit qui lui barrer le passage sur la route de la cité. Puis après avoir couché avec sa mère et tout ça. Bon ok. Alors pour vous, pour vous. Moi je ne suis pas votre éditeur, donc j’aurais été votre éditeur, j’aurais dit Attendez. Comment ça, ça évoque forcément non ? Pourquoi ? Mais pour quand même avoir à peu de frais un peu de bagage. Alors Enigma, Œdipe, Alan Turing, le langage informatique, qu’est ce qu’il se passe, docteur ?
Qu’est ce qui se passe ? Je suis en train de réussir ce forfait là. C’est pour ça que je ne réponds pas à votre question tout de suite. Je ne voulais pas être. Un homme enfermé dans ce site m’intéresse. Pourquoi ? Parce que vous soulignez en soulignant ce mot que les psys en parlent aussi beaucoup. Il y a une novlangue psychanalytique, on parle beaucoup avec des mots qui nous paraissent évidents, avec un jargon si j’essaie de transmettre ou de me moquer de ça. Mais ça, ça ressort, gît, ça resurgit là, pour moi. Effectivement, c’est peut être un peu trop évident que la question humaine, la question de dix, ça commence par une énigme, effectivement que le Sphinx pose à Œdipe et Œdipe, Il peut répondre à l'énigme afin de trouver la réponse. Parce qu’il entend, il entend phonétiquement la question. Si vous voulez parler de ça, il faut rentrer dans le détail.
Chez nous, on a le temps, on fait de l'éducation populaire à toute heure.
En fait, la question que l’on a forcément d’ailleurs. Pour entrer dans la vie.
Vous savez que là, on voit plus vos yeux. Je ne sais pas si je ne sais pas ce qui est de l’ordre du voulu, du pas voulu. Comme ça vous êtes beaux, perdez là. C’est bien assez intelligent.
Mais je n’avais pas le cadre, je n’avais plus le cadre.
Non mais rentrons dans les détails parce que je pense que c’est important.
Donc le Sphinx ou on dit la Sphinge plutôt C’est un monstre qui pose la question aux impétrants, à ceux qui veulent rentrer dans tel quel est l’animal qui a. Quatre pattes le matin, deux pattes le 12 h et trois pattes le soir. Alors tout le monde se plante, les gens sont bouffés par le monstre. Parce que c’est très difficile de répondre à cette question. Et c’est vrai que ce n’est pas facile de ce qu’il faut avoir pour nous aujourd’hui. Il faut avoir fait un peu de grec ancien et surtout il faut s’appeler Œdipe pour répondre à ces questions. Pourquoi ? Parce que en grec est dit pousse, dit pousse, ça veut dire le pied enflé. C’est la même racine qu’œdème. C’est gonflé. Est ce qu’Œdipe a été nommé Œdipe pied enflé ? Et parce qu’il. Y avait un oracle qui disait qu’il allait tuer ses parents. Il a tué son père et couché avec sa mère et il est transformé. Et donc son père la suspendue par un pied bébé pour la vie bien morte. En fait, il a été sauvé par quelqu’un d’autre, mais il lui restait des séquelles, ça, il avait le pied gonflé. Pour Freud, c’est intéressant parce que c’est déconstruire une entorse ou dès qu’on a le pied enflé. Voyez en est, on est très œdipien au sens où c’est la boiterie humaine, c’est le fait que ça marche pas très bien en boite, on fait des lapsus, on fait des actes manqués, ça roule pas, ça ne roule pas toujours très bien, c’est ça ? C’est ça l’humanité aussi. Donc Œdipe, parce qu’il s’appelle Œdipe, il entend la question qui est posée en grec on est comme vous dites, on est à Thèbes, dans la loi d’Athènes. Antiquité. Donc quand on dit l'énigme en grec, c’est quadri pouces, quatre pieds dix pouces à 12 h 02. Être épouse le soir et Œdipe et répondre Œdipe parce que la vie un homme était toute sa vie, toute l’histoire de dit par cette histoire. Les psychanalystes nous embêtent parce que. Parce que, à part cette blague, ce qu’il essaie d’expliquer, cette blague de Shadock
Le chat dit un psy fait forcément une fixette sur Œdipe. Forcément, il va rester important.
Il a arrêté. En fait, c'était une blague très Marguerite Duras Et parce qu’elle, ben oui, sublime, forcément sublime.
Un non, non, non, coupable.
Et coupable, va !
Bravo ! Bon, je n’inverse pas les rôles, je vous laisse et je sens que cette émission, c’est la descente.
Ça dérape. C’est un lapsus. J’ai dit sublime à la place de coupable.
Donc là on parle de Christine Villemin, de Grégory, du texte de Marguerite Duras dans Libération. Coupable, forcément coupable.
Voilà, elle avait vu et simplement en voyant la maison de Christine Villemin, L’ambiance, voilà la. Simplement comme ça, à la lisière sud, c’est forcément elle quoi. Parce qu'à l’origine donc, elle voyait Œdipe, ça fait venir à toutes ses histoires là un meurtre en. Et donc le dit parce qu’il entend. Il finit la question de la sphinge en disant oui ou quadruple se dit et pousse des pousses, repousse le dit pousse. Œdipe répond, s’exhibe au sens où c’est l’homme. Il dit ne prend pas pour la moitié. Alors il dit qui est, quel est l’animal qui a quatre pattes le matin, deux pattes le 12 h et trois pattes le soir ? C’est l’homme. Pourquoi ? C’est le dit pouce au sens qui est une métonymie qui représente l’homme. Parce que l’animal, c’est l’homme, parce que le matin, il marche à quatre pattes, c’est à dire bébé, c’est à 12 h, c’est à dire au milieu de sa vie adulte, il marche sur deux pattes et le soir, il marche sur ton épouse trois pattes parce qu’il a une canne. Les vieux, il a une canne. Œdipe comprend et décode énigmes vers l'énigme. Et ce qui fait qu’il a gagné, y rentre dans Thèbes, y devient roi de Thèbes. Et après ce que c’est ce que vous expliquiez, ça se passe très mal, parce qu’il lui, il couche avec la reine. Il ne sait pas qu’en fait c’est sa mère. Il a tué au passage sur le chemin, il a tué son père parce qu’il lui après le passage. Donc après ça, ça ne s’arrête pas là. Ça commence le drame, le drame. La tragédie commence à ce moment-là.
Mais, et c’est transposé à aujourd’hui, voilà ce que vous écrivez page 32 Hop, j’avance, C’est la suite. Vous écrivez : « Nous sommes devenus à la fois Œdipe et la Sphinge ». Le sphinx adoré. Je ne sais pas trop comment on dit nous sommes et l'énigme est la solution de l'énigme coincée dans les rouages de la machine Enigma.
Ouais, je pense qu’on s’est complètement identifié à l'énigme elle-même et surtout quand on est coincé parce qu’on ne veut plus entendre les choses et les symptômes, on dit nos lapsus comme le mien tout à l’heure. On n’a plus envie de les entendre comme ça, comme des symptômes, comme du texte. On veut tout de suite les traduire par des traducteurs automatiques, on les considère comme de la communication et éventuellement comme une mauvaise communication. Comme Martin Hirsch qui dit Oh, ça ne va pas à l’hôpital, il faut, il faut le privatiser parce que vous n’êtes pas bien manager, vous ne communiquez pas bien. Là, je pense que c’est autre chose. Mais il y a une étude d’une Start up française qui a montré que les soignants à l’hôpital perdaient 10 % de leur temps à se parler. Ils veulent plus qu’on se parle. Ils ont trouvé que c'était un problème. On a perdu du temps à se parler, donc ils nous ont remplace par une machine messagerie électronique. Il faudrait envoyer des messages. Il pense que ça va mieux s’occuper des gens si on ne se parle plus. Vous voyez, on est identifié à l'énigme et au sphinx, à la Sphinge et à Œdipe. Mais on veut résoudre toutes nos énigmes du quotidien. On n’obtient des ratages non plus en les entendant. C’est pour ça qu’on en veut beaucoup, affreuses à la psychanalyse, pour ne plus l’entendre comme des choses dans lesquelles on est impliqué ou on parle ou on parle. On dit quelque chose comme sujet singulier de notre affaire, de notre histoire, de nous, de notre Œdipe. On veut tout de suite mettre à plat et le décoder, mais de manière machinique. C’est-à -dire qu’on ne veut pas considérer que ça dit quelque chose. C’est aussi pour ça que le livre d’Olivier Lefebvre Lettre aux ingénieurs qui doute intéressant parce que lui, il entend que c’est le fait d’avoir spontanément y vomir dans la journée alors qu’il a mangé. Comme d’habitude, il accepte ce que les autres ingénieurs dit et dit ne font pas parce qu’ils essaient plutôt de se couper du sensible avec leur machine. Lui dit Balzac. Il se passe quelque chose, Y m’arrive un truc, ça dit quelque chose et il en tire des conséquences. Donc effectivement, quand on entre, quand j'écris, on a identifié la machine elle-même. C’est con, on a plus très envie de se poser ces questions là, qu’on a envie que ça tourne. On a envie de communiquer mais on a plus envie de parler parce que ça fait des embrouilles. Mais quand on parle, on fait des lapsus comme on dit sublime à la place de coupable, on dit et ça, ben on en a de moins en moins envie, On a envie de dire c’est l’autre, c’est la machine, c’est on envie, on a envie de s’extraire de tout ça, on a pas envie de s’impliquer comme ça parce que c’est parce que c’est coûteux. A ce moment, je suis parti sur autre chose.
Allez, dites-moi votre question tête je sais. De plus, ce n’est pas grave, c’est passionnant. Et là j’ai un cas d'école surtout qui vient d’arriver dans le tchat. Donc vous savez le tchat, les gens prennent l’identité qu’ils souhaitent, donc ils mettent un pseudonyme et donc là, le pseudonyme c’est. Elle est perdue. Cela a été dit quelque part. ! Attendez, attendez, il faut que je retrouve ça ou je retrouve ça. Euh non, attends, c’est où ? Ah Voilà le pseudonyme. C’est un vrai nom. Voilà, pour déjà ça, ça devrait vous plaire. Et la question c’est. C’est quoi la réf de cette START up ? C’est fou la START up qui vous a dit il faut arrêter de vivre veuve mes patients, ils parlent trop tout ça.
On peut retrouver facilement parce que c’est un. C’est une boîte qui a travaillé pour l’hôpital de Nantes, le nouvel hôpital qui est en travaux à Nantes, qui se veut être l’hôpital du futur parce qu’ils ont appelé ça l’hôpital numérique où l’hôpital attend. Et un autre terme plus digital. Non, c’est encore pire, c’est l’hôpital, c’est l’hôpital dématérialisé ou chez plus virtuel par terre. Avant de quitter la direction de l’APHP avait dit ça doit être notre modèle et l’hôpital doit devenir comme un monde à part. C’est un autre nom encore que Hôpital virtuel, on retrouvera ça, mais où ? Ils disent on va être efficaces parce qu’il y aura des robots qui amèneront des médicaments où il y aura moins le risque du ratage humain. L’humain serait considéré comme le problème. Alors comme on le remarque effectivement, on voit très vite qu’après l’hôpital, il ne marche plus du tout quoi. Mais donc si c’est lié au dossier l’APHP hôpital de Nantes, on peut retrouver cette boîte qui a qui en même temps a dit les gens parlent trop l’hôpital et proposé en même temps la messagerie qui vendait l’APHP pour améliorer ça, pour régler ce problème bien sûr.
Merci. Vous dites un vrai non pour la réf et pour avoir saisi toute la profondeur de mon pseudo. Alors page 34 p Hôpital deux zéro Noonan, ce n’est pas ça. Visiblement, on a du mal à trouver le nom de l’hôpital, mais on va le trouver normal. Pour clore le chapitre sur Alan Turing. Vous vous racontez que Sigmund Freud 1856939 a inventé un dispositif singulier pour déchiffrer le langage de l’inconscient, pour trouver une lecture des rêves et des symptômes. Alan Turing, 1000 912 954, a inventé une machine universelle pour chiffrer la réalité. Là, je me suis dit Tiens, il est en train de placer un futur bouquin, là. Il est malin l’auteur.
David tout à fait. C’est exactement ça.
C’est ça une trilogie.
Bientôt le prochain bouquin, ça va être, pour l’instant, les machines qui butent sur quoi ? Sur quoi se cognent en ce moment les NLP, les Natural Language processeurs et tous ces logiciels par un bar de chez Google ou par exemple RGPD pour Open Eye. C’est-à -dire ? Nous, il nous montre. On a réussi à faire des machines qui nous donnent l’illusion qu’il y a quelqu’un avec qui on discute. Alors on a une conversation, on communique très bien. Ils peuvent communiquer, mais comme ils sont programmés en fonction d’un modèle de la parole qui est très anglo-saxon, qui est à dire en fait c’est communiquer, ce n’est pas parler d’Ariana qui le savent. Il y en a qui savent pas qui font et il y a des et des gros mots de conversation. Maintenant, on appelle ça des agents conversationnels. Il y a un nouveau métier qui s’appelle les designers conversationnels. J’ai lu ça hier. Surtout ceux qui vont fabriquer des robots de conversation. Ces machines, pour l’instant, ne sont pas et ne peuvent pas accéder au second degré où elles prennent les choses à la lettre. Elles sont programmées comme ça ne répond pas. Elles ne peuvent pas pour l’instant faire autre chose. C’est-à -dire qu’elles peuvent faire croire qu’elles comprennent une blague parce qu’elles, elles sont avec le deep Learning. Elles sont, Elles peuvent comparer une blague qu’on leur fait à des états des millions de données. C’est ça l’apprentissage profond auquel peuvent à peu près repérer le contexte d’un truc que cours vous leur dites, mais elles ne peuvent pas vraiment faire l’opération qu’on fait quand on est ou pas un mec quand on utilise des métaphores. Déjà, on dit que parler c’est que les mots tuent la chose. On accepte qu’un objet soit remplacé par un symbole, ou un mot, ou un signifiant ou un. Et quand on fait une métaphore, on utilise qu’un mot disparaisse et soit remplacé par un autre mot. C’est une opération linguistique de substitution. Ben les machines, c’est pour l’instant, c’est là où elles butent, c’est à dire qu’elles ne peuvent pas, elles privilégient le sens, c’est à dire la sémantique. Donc pour l’instant, elles ne peuvent pas bien lire un rébus ou entendre par homme l'énigme du Sphinx à Œdipe. Vous avez entendu dire que ça fonctionne sur le signifiant ? C’est à dire que nous, quand on parle, on privilégie beaucoup le son en fait et pas le sens de chaque objet du sens, le sens de chaque mot qu’on dit. Il y a des gens qui font ça, mais c’est un peu emmerdant et ça peut coincer très vite. Mais pour les DRH conserveries, ça va et s’intéresse à chaque mot que vous avez écrit au. Se basant comment quand on y a rébus ? Ça s’explique par le fait que quand on. Pour comprendre un rébus, le jeu c’est justement de ne pas s’arrêter aux objets qui sont présentés. Au symbole en fait. Parce que ça ne veut rien dire. C’est comme Champollion à lier avec les hiéroglyphes. Il a trouvé. Il a compris qu’en fait. On peut lire si on prononce, si on entend le son que donne le rébus quand on lit Les rêves fonctionnent comme ça. Freud a découvert que les rêves fonctionnent comme des règles. Et si vous ne lâchez pas le. La sémantique, le sens, l’objet, eh ben vous ne pouvez pas accéder à ce qui est, ce qui est dit en fait par le rébus. Ben les machines en ce moment, c’est là où elles s’arrêtent, c’est à dire qu’elles sont les raisons, elles font que du traitement sémantique, elles ne font pas le traitement de signifiant. Et c’est pour ça que vous avez compris ça. Et mon prochain bouquin A J’imagine que. Que des machines qui seraient construites sur complètement une autre, une autre architecture que des machines très binaires dans lesquelles on est complètement coincés aujourd’hui parce qu’on a. Elles nous ont rendu plein de services et du coup, donc les êtres humains, je pense, sont complètement identifiés à des machines. Maintenant, il faut être ceci ou cela pour être aussi binaire. Mais des fois on s’identifie, c’est les carapaces identitaires on est, il faut être ça, il faut être zéro un sur Facebook pour s’identifier, pour donner sa religion, sa couleur, son truc, pour parler cul à des gens qui sont pareils. Il y a même une appli maintenant. Faudrait trouver. Maintenant, pour les psys qui vous ressemblent, est ce qu’on pense que les psys si sont par la même couleur, s’ils n’ont pas eu la même histoire, à la rigueur les mêmes symptômes, ils ne peuvent pas vous comprendre. Donc il y a une appli qui sert à trouver le psy idéal et vous en faites qui vous même et comme vous. Alors pour l’instant, ils sont bloqués là et elles ne peuvent pas entendre. C’est pour ça qu’elles ne peuvent pas entendre des jeux de mots ou des métaphores.
Pimiko résume ça en disant je dis de mémoire, L’intelligence artificielle et autres ne pensent pas mais calculent.
Ils calculent et raisonnent. Ils font très bien, mais ils ne communiquent pas, ne parlent pas. Ils calculent et raisonnent, mais ils ne pensent pas pour l’instant. Avec ces ordinateurs-là, je pense qu’on ne peut pas leur demander autre chose. On peut leur faire simuler d’avoir une conversation, peut être une petite patiente à sept ans à l’arrivée, m’a dit J’ai mis ma robe à carreaux ce matin parce que ma mère m’a demandé de me tenir à carreaux. Eh bien, je vais demander à ChatGPT Je lui ai dit qu’est ce qu’on pense ? Est ce que c’est fort ? Et il C’est pas mal Il m’a répondu ChatGPT. Je ne sais pas sur quel ton elle l’a dit, donc je ne peux pas dire si elle sait qu’elle utilise une métaphore. Ou si au contraire elle est collée. C’est à dire qu’elle pense vraiment qu’en mettant une robe à carreaux, elle va se tenir à carreaux. Ce qui n’est pas une métaphore. Donc effectivement, ça dépend du ton de l'énonciation en fait. Et pour l’instant, les médecins ne peuvent faire plus avec l'énoncé nous on est, on est plutôt doué sur l'énonciation, on prend en compte tout ça, le ton, le rythme. On ne dit pas du tout la même chose si on le dit avec perception aussi.
Et là c’est intéressant parce que cette idée là de se tenir à carreaux, je fait une association d’idées. C’est un peu le truc central de votre bouquin. Le thème numéro cinq va, le chapitre numéro cinq Catholicos Ex-Machina Mettre de l’ordre dans le monde, hein ? Donc se tenir à carreaux, Maître de mettre de l’ordre. Ce serait ça en fait, l’informatique. Et ce serait ça le poison. De ce vocabulaire qu’on emploie, c’est à dire que on serait du côté de l’ordre, quoi.
C’est pour ça, David, que vous prenez cet exemple pour qu’on puisse parler du chapitre cinq.
Et quel numéro de vitesse ? Mais c’est incroyable ! Vous voulez qu’on accélère, c’est ça ? Vous dites et encore, je compte.
Je vais juste rater mon déjeuner avec mes enfants. Mais ce n’est pas grave, on y va, y allons ! Bon, je vais les rejoindre.
Ouais, mais ils savent que papa, les actes manqués, tout ça.
Ils savent qu’un peu plus tard parce que ça ne marchait pas, donc ils vont comprendre. Donc effectivement, ça nous permet de dire pourquoi en français le mot ordinateur a tellement fonctionné. Parce qu’effectivement, quand en 1956, de mémoire.
Le 16 avril 1955, j’ai adoré, c’est ça ? C’est extraordinaire, il faut raconter. J’ignorais totalement cette lettre là.
Elle. C’est le directeur commercial d’IBM France qui veut commercialiser leur dernière machine qui a un supercalculateur en Amérique. Ils appellent ça propriétaire, mais en France ils ne savent pas trop comment traduire ça computer pour le vendre. Euh. Calculateur, c’est un peu un côté enfant. Le mot français a une équivoque péjorative, quelqu’un qui est calculateur. Donc ils font une étude de marché, une étude linguistique. Et il se trouve que le directeur commercial d’IBM France à l'époque, se souvient qu’il a fait des études et qu’il a eu comme prof.
Jacques Perret.
Jacques Perret, philologue, et publie d’ailleurs aux Belles Lettres. Je salue mon éditeur au passage pour faire entrer aussi là dessus Caroline Barrault, mon éditrice aux Belles Lettres, et trouve que mon texte lui a parlé parce que je parlais de Jacques Perret, mais je ne savais même pas, moi, que Jacques Perrin avait été édité aux Belles-Lettres y a longtemps. Jacques Perret était un philologue et un théologien catholique étude et étudiait beaucoup l’histoire des mots et du langage de la religion catholique. Et donc il se trouve que le directeur d’IBM se dit voilà, on a un problème, là, de mots, et je vais en parler avec un philologue. Je connais un mec, il s’appelle Jacques Perret, donc qui lui écrit, lui dit Voilà, voilà le dossier. Je vous envoie le manuel en anglais de Stanford de notre computer. Et est ce que vous auriez des idées ? Comment appeler ça en français ? Et là, la lettre de Jacques Perret qui est publiée dans un bouquin et extraordinaire par ce qui lui en fait.
C’est je suis en train de la montrer et si vous voulez bien, je vais la lire. Si c’est Jacques Perret qui répond au mec d’IBM qui ne sait pas comment appeler la machine et le mec fait donc 16 avril en français 16 avril 1955 Cher Monsieur. Que diriez-vous ? D’ordinateur ? C’est un mot correctement formé qui se trouve même dans le Littré, comme adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde.
Et voilà.
Et là, c’est réglé. Vous n’avez pas. Je veux dire, c’est vraiment le début de la lettre. Nous avons enlevé les politesses.
C’est le début la lettre est publiée. Elle est finie. Elle n’est pas publiée. Elle avait déjà été plus d’une fois dans un truc très spécialisé. Mais elle est aux archives d’IBM et c’est fondateur pour elle. Si on veut vraiment faire une étude sérieuse un jour de l’histoire de l’informatique, notamment française, c’est énorme. Parce que si c’est si vous avez le temps de lire la suite de la lettre, mon gros intérêt lui propose après plein d’autres mots synchronisation, synchronisation électronique ou parce qu’il s’agit quand même, il dit si j’ai bien compris votre phrase, votre machine la sert un peu.
Ou les clés lisent ? Non mais moi je ne voulais pas vous mettre en retard pour vos enfants.
Parce que c’est bien, parce que ça montre que propose des ordinateurs. Après il propose plein d’autres mots et vont garder l’ordinateur et c’est ce mot là qui va s’imposer. Et à mon avis, c’est ça va fonctionner parce que ça, ça connecte le langage informatique avec le langage religieux.
Cela dit, vous avez le livre sous la main ou pas ?
Ouais.
Je vais vous mettre tout seul à l'écran et je vais me chercher un café pendant que vous finissez la lettre. Vous avez les clés de la maison, ça vous va ? C’est page 46.
Donc 16 avril 1955. Lettre de Jacques Perez au directeur commercial d’IBM France qui veut vendre son IBM 650, le dernier modèle qu’ils veulent commercialiser en France, qui ne sait pas comment l’appeler. Cher Monsieur, que diriez-vous ? D’ordinateur ? C’est un mot correctement formé qui se trouve même dans le Littré, comme adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde. Et on dit et on dit ordonné un prêtre. Un mot de ce genre a l’avantage de donner aisément un verbe ordinaire, un nom d’action ordination. L’inconvénient est qu’ordinateur ordination désigne une cérémonie religieuse. Mais les deux champs de signification, la religion et la compagnie de la comptabilité sont si éloignés et la cérémonie d’ordination connue je crois, de si peu de personnes que l’inconvénient est peut être mineur. D’ailleurs, votre machine serait ordinateur et non ordination. Et ce mot est tout à fait sorti de l’usage théologique. Systématisé serait un néologisme, mais qui me paraît qui ne me paraît pas offensant. Il permet de systématiser, mais ce système ne me semble guère utilisable. Combinateurs aurait l’inconvénient du sens péjoratif de combiné. Combiner est usuel, donc peu capable de devenir technique. La combinaison ne me paraît guère viable à cause de la proximité de la combinaison. Mais les Allemands ont bien leur combinat, c’est-à -dire des trusts, si bien que le mot aurait peut être des possibilités autres que celles qu'évoque Comby. Congestion, heurt ou digesteur évoque trop congestion ou digestion. Et les deux mots organs synthétiseur ne me paraissent pas un mot assez neuf pour désigner un objet spécifique déterminé comme votre machine. En relisant les brochures que vous m’avez, que vous m’avez donné, je vois que plusieurs de vos appareils sont désignés par des noms d’agent féminin la trieuse ou la fabulatrice. Alors, ordinateur, il serait parfaitement possible et aurait même l’avantage de séparer plus encore votre machine. Du vocabulaire de la théologie. Il y a aussi la possibilité d’ajouter à un nom d’agent un complément ordonnateur d'éléments complexes ou éléments de composition. Par exemple, un sélecteur systématique sélecteur ordinateur aurait l’inconvénient de deux ou en hiatus comme électro coordinatrice. Il me semble que je me porte et que je pencherais plus pour une ordonnance électronique. Je souhaite que ces suggestions stimulent, orientent vos propres facultés d’invention. N’hésitez pas à me donner un coup de téléphone si vous avez une idée qui vous semble requérir la vie d’un philologue. Votre Jacques Péret.
Fabuleux ! Quelqu’un demandait dans le chat pourquoi c'était à l’heure de la messe, Vous avez dit Il y a peut être un lien avec la religion ? Eh ben voilà.
Voilà. On a fait appeler nos machines des systèmes batterie sur des ordinateurs. Mais le mot s’est imposé tout de suite en français et. Je pense que c’est parce que ça colle avec l’idée d’ordination, comme vous disiez, David de mettre de l’ordre. Et ça, l'être humain est très très preneur.
Il semblerait, surtout en ce moment.
Consciemment et sans que cela ne paraisse trop. S’il veut comme ça, il utilise ses ordinateurs. Il n’a pas l’impression qui met de l’ordre dans le monde en faisant ça. Donc ça c’est tout bénef. Passer en mode où on a l’air d'être.
Et alors c’est là où je l’ai lu. J’espère ne pas avoir sur interpréter, mais je l’ai lu en me disant, en me rappelant à ce moment-là que vous bossez à Charlie Hebdo parce que vous écrivez C’est cette chose là. Ces temps-ci, il est beaucoup question de liberté d’expression, liberté qui, à mon avis, est menacée autant par les discours religieux. D’où la petite référence que j’ai eu et qui, à mon avis, est menacée autant par les discours religieux que par un langage que nous utilisons et consolidant tout autant que nous sommes, le langage machine qui se trouve être particulièrement clivant. Religion et informatique sont peut-être les deux faces du même obscurantisme total. Le grand ordinateur voudrait bien tout organiser. C’est le passage libre où on rigole pas du tout, pas si l’on rigole bien même.
Non mais parce que je pense, c’est le langage religieux idéal, le langage informatique, parce que ça n’a pas l’air d'être une religion, tout le monde peut le pratiquer et on s’en rend pas du tout compte si ce n’est pas un culte très voyant. En fait, on voit un culte à ces machines, on en attend beaucoup, on attend des oracles, on attend de régler tous les problèmes, on pense à nous, on fait modestement modifier notre parole. Ça modifie notre rapport aux autres, ça nous met tous dans le même sens. C’est la religion idéale. C’est là où Victor Klemperer pour moi est très important, parce que c’est lui qui m’a appris à prendre en compte, le reconnaître, que ces mots-là, ce n’est pas des méchants. Les autres, les affreux qui les utilisent et qui me forcent à les utiliser. Le travail de Klemperer, son journal et son livre est l’outil. Il dit : On peut sortir de ce pétrin linguistique et politique si on repère qu’en partie on y participe et repérer à quel endroit on alimente cette machine. Et est pour lui à l'époque dans d’autres enjeux. Mais pour nous aujourd’hui, je pense, est très important d’essayer de repérer à quel endroit j’utilise le mot connecté, présentiel ou existentiel pour ne pas participer complètement à cette machine là, à cette transformation linguistique. Je pense que c’est important que je reconnaisse moi même que c’est des mots que j’utilise et pas juste les autres et moi même, ça m’embête encore plus si je si ça vient dans ma pratique de psychanalyste où on est censé essayer d’aider quelqu’un à dire quelque chose de singulier et pas et pas parler la novlangue. Donc je pense que c’est pour ça que le travail de Klemperer est important et qu’on doit s’en inspirer, y compris pour entendre quels mots de la technique en présentiel. Moi je ne savais pas, mais c’est en m’interrogeant sur le succès de ce terme là maintenant dont on doit dire on doit dire, on doit spécifier qu’on veut faire une réunion en se voyant en vrai, comme disent les enfants par défaut, une réunion. Souvent même dans certains métiers, elle est, elle est distanciée, il faut dire Ah bon ? Ah tu ne voulais pas ? Je n’ai pas compris, tu voulais qu’on se voie vraiment, qu’on se voit dans la même pièce. Et maintenant faut expliquer pour trouver des places faut dire. Ah tu veux dire qu’on se voit alors que c’est évident après ?
Et alors ? Vous avez fait des recherches sur le présentiel et la révélation ?
Et là je réalise que ça ne vient pas du tout de ça. Ça ne vient pas du tout de dire que vivent les pandémies. C’est un terme qui a même été oublié par les théologiens eux-mêmes, mais qui au XVIᵉ siècle est utilisé pour parler de la présence physique du Christ. On disait le Christ en présentiel, c’est débat entre présence ou absence. Donc c’est extraordinaire que soit venu, mais peut être pas, pas directement. Mais n’empêche qu’on a utilisé cette nouvelle opposition au présentiel distanciel et fait une hypothèse.
Mais dans ces cas là, dans ces cas là, dans ces cas là, zoom, c’est le diable, il est à distance par moi, ça peut être un autre livre.
C’est un autre. Mais je pense qu’ils ont marqué aussi ces mots distancié le présentiel. Parce que sur le marché linguistique, c’est Pierre Bourdieu qui disait la langue, c’est pas qui essaie de dire les choses, c’est aussi un marché, c’est très politique, social et c’est petit, c’est un marché, c’est il y a des mots qui marchent mieux que les autres. Il y a des époques où quand on dit les choses d’une manière bah ça va marcher, on va être entendu, on va mieux. Vendre va mieux. Et bien dissocier les présentiel, ça sonnait comme un logiciel ou comme didacticiel.
C’est absolument vrai.
Ça fonctionne. Donc on va réussir. Parce que si on parle ces mots-là, on est efficace. Et donc ça a été, c'était viral, ça a été un peu plus viral que le virus lui-même, ce mot là. Quand on est au collège libre, on ne peut pas dire qu’on se voit souvent en présence. Pourquoi t’as besoin de dire présentiel ? Tu ne peux pas dire en présence de l’intéressé Euh bah non, il pense que je chipote avec les mots que je.
Je ne sais pas,vous chipotez avec votre caméra D’ailleurs, ça y est, c’est parti ! Non, si c’est non, il est bloqué, il est bloqué, c’est bon on entendait. À nouveau. Mais alors ça vous fait tout, ça vous fait dire cette influence de l’informatique dans notre vie, dans notre langage quotidien. Vous, vous vous faites vous demander si nous ne sommes pas collectivement atteints d’une forme d’autisme informatique. Vous revenez beaucoup là dessus. Et d’ailleurs il y a des. Il y a des fois pour moi, j’ai eu des révélations, par exemple sur Asperger, le docteur Asperger. Je ne savais absolument pas que le mec avait servi les nazis. On y revient, mais bon. Bref. Mais vous dites que si les autistes existent, alors nous sommes tous des autistes assistés par ordinateur. Vous pouvez vous expliquez que nous avons peut-être des hallucinations numériques. Ça veut dire quoi ? Parce que c’est un mot important, surtout quand on est psychanalyste autiste.
Autiste. Le mot vient de. …On ne sait pas trop non plus, mais ça vient de l’auto érotisme. C'était forgé par un psychiatre, mais ça vient de l’auto érotisme. Au départ, c'était un site, c'était en allemand. On voit le sexe et l’idée que c’est que c’est artistique au sens où c’est fermé sur soi même, en face et en boucle comme on dit maintenant. Oui, et effectivement, la caricature est la nosographie de ce qu’on appelle l’autisme. Qu’on soit quand j’y suis, ça existe et que ça existe. C’est d’abord une catégorie nosographique. C’est quelqu’un qui malaise la parole, mais qui peut être très doué dans la communication. Des langages symboliques complexes, comme ils disent aussi, sont très forts, malades, sont très doués en informatique. Mais. Et P. Dans cette hypothèse, on est des autistes assistés par une agence parce qu’on se fabrique des outils pour être des supercalculateurs avec un téléphone portable, je peux être. Je pense que je peux me refermer sur moi même très vite. Serge. Comme dans la rue, on voit des gens qui rient, qui au lieu de demander le chemin, regardent sur le plan, sur son téléphone pour peu de vite se mettre en boucle. On peut vite se lasser. Et y compris avec le langage, ça on peut éviter de dire des choses plus personnelles et plus risquées. Parce que comme l'écrivent très bien les autistes qui peut-être ne parlent pas mais qui peuvent écrire pourquoi ils ont fait souvent. Il y a des témoignages que j’ai mis dans le bouquin. Ils ont fait le choix de ne pas parler parce que parler engage beaucoup. On peut dire une connerie, on peut dire on peut dire quelque chose de trop. Trop d’affect. Les autres vont utiliser ce qu’on a dit après contre nous. Et c’est ce que souvent les autistes adultes qui écrivent un témoignage pour dire qu’ils ont chargé, ils ont décidé plutôt de communiquer ou que par la musique, ou que par des signes ou courriers pour ce qu’ils sont dit. La parole non, ça rentre pas dans. Ça c’est bien pour mais c’est trop là ! Moi je ne peux pas ou j’ai essayé, C’est trop douloureux, trop angoissant. Je. La parole ce n’est pas évident avec des gens qui restent au bord et des gens qui font semblant. Un peu rares, qui parlent, qui parlent, qui parlent mais qui ne disent rien. L’indifférence. Parler et dire des choses. Eh ben je pense que tout le monde, ça va avec l’idée que Turing, qui était peut être je dis à Y serait aujourd’hui il est glacé, il a, il a tous les sinistrés, classé autiste Asperger. Ses profs lui disaient qu’il ne communiquait pas bien, ce qui faisait mal. Il écrivait très mal. Puis il s’est équipé. Il a fabriqué des ordinateurs pour ceux pour donner des prothèses, pour être plus efficace pour. Mais nous, je pense qu’on est. On s’est mis dans la course et puis on a besoin d’outils maintenant pour mieux communiquer, mieux calculer et mieux prévoir pour être des aspergers ainsi assistés par des machines.
Mon cher Yann, il est un peu tard, nous avons pris beaucoup plus de temps que prévu. Il y a encore beaucoup de monde aujourd’hui. J’ai pris au fil de l’eau des questions qui venaient du chat. Je vais en prendre une dernière, si vous voulez bien. Ce qui est très important. Elle vient de sentiers battus. Alors nous, on a on a un code chez nous. C’est-à -dire que quand quelqu’un veut poser une question, il fait un crochet. Q Fermer le crochet et ça veut dire qu’on détecte qu’il s’agit de questions. Sinon, les gens donnent leur avis, ils parlent de vous
Alors moi ça je ne peux pas, je ne peux pas le traduire, il faudrait que je la note. Est ce passer dans un rang, un interprète, un convertisseur ? On appelle ça les convertisseurs de sortie ça n’existe pas Mais là je suis battu à ce que je ne peux pas et je n’ai pas le convertisseur donc je ne sais pas si sentier battant peut nous traduire sa gaieté. Mais effectivement. On a besoin encore d’interprètes pour parler avec les machines, sinon on est coincé.
Bah c'était un plaisir. C'était un plaisir de vous écouter. Il y avait évidemment d’autres choses. Vous parlez de bar, il y a quelqu’un qui vous demande s’il y a des références dans votre livre à Bernard Stiegler qui a beaucoup travaillé sur le sujet Technologies de l’information et de la communication.
Bah moi je n’ai pas travaillé directement avec Stiegler, mais c’est des approches connexes et une critique. C’est une critique sérieuse de la technologie, c’est à dire c’est vraiment en partant de son principe même et de son langage.
Merci pour ce bon moment. Vous dit Merlin, Sentier battant qui vous a interprété, vous dit merci Yann Diener. C'était très intéressant. Merci, Yann vous dit Euryale Overflow Redondance : C'était génial ! Je ne regrette pas d’avoir manqué la messe, nous dit Pimiko C'était passionnant, J’ai beaucoup appris
. Et merci beaucoup David. Est ce qu’on peut vraiment parler politique avec vous sur des questions pratiques qui paraissent toutes simples comme ça avec leurs enjeux politiques. Ça, c’est assez important.
C'était un plaisir. Bravo à votre téléphone qui a tenu le coup. C’est intéressant le langage verbal, le langage corporel, donc non verbal justement.
À bientôt. Merci beaucoup.
À bientôt. Merci, Merci !
