Nous ne sommes rien, soyons toutes ! Avec Ludivine Bantigny
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C’est la rentrée. Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue au poste évidemment. Je suis toujours Nora Bouazzouni mais nous ne sommes pas dans Bouffe de là. Nous sommes dans le premier épisode d’une nouvelle émission mensuelle sur les luttes féministes qui s’appelle "Qui va faire la vaisselle ? "Parce que oui j’aime bien avoir un petit fil rouge dans les titres de mes émissions. On parle de qui va faire la vaisselle ? C’est en fait à un famage, on n’est pas hommage ici, à un slogan féministe qui est Qui va la vaisselle ? Nous on fait la révolution ou Qui va faire la vaisselle ? Nous avons fait des manifestations. Donc bonjour à tout le monde, bonjour à celles et ceux qui sont sur ce magnifique chat. Je suis trop contente de vous retrouver. Bonjour à Euryale, bonjour à Nayan qui est à la réalisation, merci beaucoup. N’oubliez pas que vous pouvez évidemment, vous le savez, réagir. S’il y a des nouveaux, des nouvelles aupostiens aupostiennes, posez vos questions, réagissez. On les prendra avec mon invitée que je vais présenter. Réagissez, ah, Uli dit, j’ai fait la vaisselle, je peux vous écouter. Très bien, très bien, tu as le droit, ça y est, je te donne ta petite carte. Bonsoir tout le monde. Donc pour le premier épisode de “Qui va faire la vaisselle ?”
C’est la rentrée. Je sais qu’on a plus beaucoup d’argent après celles et ceux qui ont la chance de partir en vacances. Adonnez-vous au poste évidemment parce que, comme je le dis à chaque fois, pour continuer à proposer des vidéos, interviews de qualité, et bien il faut de l’argent parce que l’indépendance, contrairement à la gentillesse, eh bien ça n’est pas gratuit. J’ai l’immense joie de recevoir pour ce premier épisode Ludivine Bantigny
Bonsoir Nora, merci beaucoup de ton invitation. Et bravo pour cette nouvelle émission, on va la suivre avec ardeur.
Très bien, merci à David Dufresne évidemment qui m’a dit : mais allez vas-y, faisons ça, donc je suis bien contente. Donc on va se tutoyer, on s’est dit qu’on pouvait se tutoyer même si on ne s'était jamais rencontrées, étrangement, dans ce milieu féministe. Parce qu’en est très très nombreuse et nombreux en manifs
Très nombreuses dans les rassemblements. Nora Bouazzouni C’est la preuve qu’on est nombreuses, tu vois, donc optimisme. On ne peut pas toutes se croiser, mais ça arrive toujours. Donc tu es enseignante, chercheuse et historienne des mouvements sociaux et politiques. Tu as déjà été convoquée au poste, tu connais la maison.
C’est la maison, oui.
Et donc on a ce fil, ce ruban qui est très fluide à lire et on y va de femme en femme, de mouvement en mouvement, de lutte en lutte, de groupe en de désaccords aussi en division et ce que j’ai aimé, c’est ce côté un peu cinématographique. Moi j' ai vraiment vu les images dans ma tête, des femmes au XVIIIe siècle, au XIXe, au XXe etc. Et donc j' a découvert plein de gens. Je me suis dit mais c' est fou, pourquoi ces femmes, on en parlera, pourquoi est-ce qu’on ne les connaissait pas ? Ce que tu appelles les anonymes pas anonymes parce qu' en fait elles ont des noms et la preuve tu les as trouvées donc elles étaient bien inscrites quelque part. Ça nous montre donc des mouvements féministes qui sont pluriels. Il y a beaucoup de femmes du peuple dans ton livre et ça on va en parler, c’est très intéressant, des femmes qu’on dirait prolétaires aujourd’hui même si à l'époque le mot n’existait pas au XVIIIe siècle. Et on voit que les mouvements féministes sont non seulement pluriels comme tu l’expliquais dans le bouquin et puis on le voit, mais aussi en perpétuelle construction, reconstruction, adaptation et réinvention et ça c' est très stimulant. Donc c’est passionnant, moi j' ai vraiment adoré. Je voulais évidemment d’abord te demander, donc c’est un gros livre et j’aime beaucoup comment tu incarnes aussi le travail d' historienne dans l’introduction de ton livre et ça revient par petites touches aussi à chaque fois quand tu parles des archives parce que t' as fait un travail de recherche qui est, enfin, il n' y a même pas de monumental considérable, je ne sais pas, énorme. Donc déjà, est-ce qu’il y a eu un élément déclencheur pour l'écriture de ce livre ? Est-ce que c' est parce que tu es tombé sur une de ces femmes en lutte où tu t' es dit, c’est marrant, je ne la connais pas elle et que de lien en lien t' as trouvé les autres. Comment t' as fait ce travail ? Quand est-ce que ça a commencé ? Est-ce que c’est un travail au long cours ? Est- ce que t' a mis ton Butagaz et ta tente dans des archives ?. Voilà, raconte nous la genèse de ce livre. C’est pas très loin de la vérité.
En quoi on peut puiser dans cette espèce de trésor historique où on peut y saisir des tactiques, des stratégies, des espoirs, des combats, de la ténacité, de la détermination, y compris parfois quand elles se battent dans des conditions vraiment d’hostilité maximale. C 'est le cas, par exemple, pendant les guerres. Et donc, je repars aussi de ta question sur ce qui m’a motivé. Alors, il y avait une considération un peu immédiate. C’est-à-dire que j’ai eu l ' immense joie, le bonheur et aussi l’honneur, en fait, d'être, alors j’aime pas beaucoup ce mot, commissaire d’exposition, de la première exposition du futur Musée des féminismes à Angers. Et donc avec, voilà, Christine Bard et Julie Verlaine qui ont lancé une merveilleuse association qui s’appelle L’AFéMuse dont le but est de créer un Musée des féminismes. Peut-être qu’on pourra y revenir. Oui, je pense qu' on pourra en parler à la fin pour expliquer un petit peu ce projet. Et elles m’ont confié cette très belle mission que j’ai accomplie avec un grand bonheur lors d’une première exposition qui a duré neuf mois à Angers, qui s’appelait "Les femmes sont dans la rue".
Sadrunner dit, une commissaire au poste, rien d'étonnant. J’aime beaucoup, j’aime, j’aime beaucoup.
C´est une féministe incroyable du début du XXème siècle. Et d’ailleurs, elle s’est tellement vouée au mouvement féministe et à la collecte d’une mémoire et des archives et d' une bibliothèque qu’elle est morte dans les travées de sa bibliothèque. C’est très fort. Mais derrière Marguerite Durand il y a des milliers et des milliers et des milliers de femmes. Et donc, c’est elle que je voulais retrouver. Alors, bien sûr, c’est une présence absente parce que, voilà, les sources ne nous permettent pas toujours de nommer, mais en fait, essayer de voir plein de sources différentes pour pouvoir restituer non seulement des noms, si tu le disais par rapport aux anonymes, des mômes, mais des projets, des espoirs et des réalisations concrètes qui sont elles-mêmes émancipatrices.
J’ai beaucoup aimé, mais il n’y a pas d’héroïsation. Tu disais justement, on ne va pas effacer des désaccords qui, aujourd’hui, nous semblent complètement ahurissants, le racisme de certaines, ou en tout cas l’angle mort de la race. Certaines personnes, notamment, parlent aussi des suffragettes. Aux Etats-Unis, par exemple, qui réclamaient le vote pour les femmes blanches, on sait qu’on ne va non plus héroïser ça, mais bon, on va pas non plus effacer la lutte derrière qui était pour une certaine émancipation de certaines femmes. Donc je trouvais ça intéressant de ne pas nous faire juste un portrait de femmes, en disant, elle a fait ça, elle pensait ça, et c’est super et c’est génial, on passe à la suivante. De montrer aussi les passations entre ces femmes et ce qu’elles retiennent des luttes passées, ce qu’elles ne gardent pas, ce qu’elles vont peut-être garder un siècle et demi plus tard, et de revenir là-dedans. On va parler des sources, parce que tu écris dans l’intro que tu as privilégié, je cite, l’usage de sources primaires pour ne rien inventer. Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
Et elle dit que le féminisme c´est un peu la même chose, ou les femmes en lutte de manière plus générale, parce que je veux vraiment souligner qu’il y a aussi beaucoup de ces femmes qui s’auto désignaient pas forcément comme féministes, mais qui ont lutté pour des droits qu’elles considéraient comme valant pour tous, pour toutes et tous. Et donc, source primaire, à la fois parce que le plagiat, je pense que c’est un vrai problème d'éthique, de déontologie. Et voilà, on est tellement confronté à ça désormais. Moi, je l’ai moi-même subi, et donc, je suis très, très attentive à cette dimension. Donc, il y a à la fois une fidélité à l'œuvre, qui est, comme je le disais, très abondante, et dont on hérite. Et d’ailleurs, beaucoup de ces femmes en lutte de l’histoire, elles-mêmes, font l’histoire de ces mouvements. Par exemple, j’ai cité Michelle Perrot et souvent on considère que c’est la pionnière, que c’est la première dans l’histoire des femmes et du genre. Mais en fait, on en oublie tellement avant elle. C’est pas elle qui crée cette conséquence, mais voilà, on y participe collectivement.
Je cite beaucoup, d’ailleurs, dans la note de bas de page, les journaux de certaines qui écrivaient, les almanachs, enfin, je veux dire, on voit que ces femmes-là documentent depuis le début, en fait, leur lutte.
Je me soucie vraiment à chaque fois de s’inscrire dans une histoire, dans leur histoire. La conscience historique, parce que le passé les aide aussi. Le passé est une espèce de réserve où puiser justement de la force, du courage. Pas forcément pour le fétichiser, c’est ça qui est vraiment important, mais pour y trouver de l'énergie, de la détermination. Et donc, par exemple, les femmes de la commune connaissent en général assez bien le mouvement révolutionnaire des femmes sous la révolution française. Les féministes des années 1920 essaient de se former solidairement, collectivement, sur l´histoire des femmes et des féministe qui les ont précédées. Je cite une femme que je trouve vraiment extraordinaire et beaucoup trop oubliée, malheureusement, qui est Edith Thomas, qui était d´abord communiste, anti-Stalinienne, résistante, résistantes à la fois par la plume, mais aussi dans des réseaux, dans un maquis, qui était sur les barricades en 1944. Et qui est une merveilleuse, à la fois archiviste et historienne des femmes, notamment des femmes de la commune, mais avant la communes des femmes de 1848. Et on a eu tendance à oublier Edith Thomas. Alors, qu’est-ce qu’elle dit ? C’est que si elle-même, elle n'était pas, elle n’avait pas vécu cette expérience révolutionnaire, insurrectionnelle des barricades de 1944, eh bien, elle n’aurait pas forcément eu cette expérience sensible, qu’elle restitue si bien dans ses livres, de ces femmes sur les barricades de 1848, ou de 1871.
C’est très littéraire. Est-ce que tu t’es dit, allez, là, je vais essayer de créer une forme différente pour raconter l’histoire ? Parce que moi, c’est ce que j’ai ressenti, en tout cas, très personnellement. Je me suis dit, j’aimais beaucoup ta plume, la façon dont tu racontes ces histoires. Et j’ai trouvé ça original, en fait. J’ai trouvé ça assez inédit, dans ce genre de livre, surtout Paru au Seuil. Justement, on se dit, on est pas au PUF, on a quelque chose d’une maison d'édition qui n’est pas une maison d'édition universitaire, etc. C’est super, justement, d’avoir une forme d’histoire racontée différemment, où on sent une plume aventurière, quoi. Épique, est-ce que toi, tu t’es dit ça en s’attelant à l'écriture ? Est-ce qu´dès le début, t´avais cette volonté d'écrire un récit, en fait, plus, presque c´est pas du roman, mais il y a un côté justement, tu dis, pour ne rien inventer, mais dans ta plume, il y´a ce truc épique de presque on se dit, mais c’est pas possible, c´est une fiction, c’est tellement dingue, parfois, comme tu le dis, la subversion de ces femmes, jusqu´où elles sont allées, jusqu'à où elles ont pu aller, à cette époque-là. Moi j’y voyais presque un film, quoi.
Mais du coup ces féministe, pour certaines, vont dire mais nous, on abandonne un peu le féminisme, là c´et plus la question, c´est plus le moment, et puis on va faire du tricot pour envoyer des colis aux soldats. Donc c’est vraiment une dimension qui est elle-même en partie masculiniste, ce qu’elles avaient beaucoup combattu. Il y a une vision patriotique, voire nationaliste, et de rares femmes, pourtant, vont rompre avec ça, avec cette Union sacrée, elles vont lutter absolument contre ça, et elles vont garder cette force internationaliste de solidarité, y compris avec leurs sœurs de lutte allemande ou autrichienne. Et c’est pas un pacifisme un peu béat ou un peu naïf, un peu candide, non, elles sont vraiment des lutteuses.
On n’est pas dans…
Non, c’est pas ça, mais justement, après c’est tout une interrogation, est-ce que les femmes sont nécessairement pacifistes ? Donc ça serait une assignation du genre.
Oui, ça interroge la violence des femmes, là y a un très bon livre à sujet, notamment Coline Cardi qui a écrit, je vous conseille ce livre, “Penser la violence des femmes.”
Alors c’est fou parce que moi je suis là à lire ces archives qui sont dans des énormes cartons qui sont constituées par le ministère de l´intérieur, lequel lit les rapports des préfets, lequel préfet lit les rapports de la sûreté publique, des renseignements généraux en fait, de la police qui les traque, et puis elle, du coup, on la voit au travers de tous ces prismes policiers, judiciaires, répressifs, et quoi qu’elle fasse la police le sait, le préfet le sait. Le ministère de l’intérieur le sait et elle sait qu’ils savent. Alors elle s’en doute, mais ce qu’elle ne sait pas c’est que c ' est à ce point. Par exemple, elle est dans des réunions clandestines, et que ces réunions soient de 7 personnes, de 30 ou de 106, eh bien, on a un compte rendu exhaustif.
En tout, quand tu racontes, il y a plusieurs occasions dans le livre où tu racontes, il y a des taupes à chaque fois, qui envoie le compte rendu précis de ce qui s’est dit, de ce qui s’est passé, quoi. Même justement quand elles savent écouter, etc, et qu' elles se disent, bon, il faut vraiment, on va parler de cette action seulement aux amis d’amis, donc on va vraiment faire gaffe, il y a toujours quelqu’un qui réussit à ne faire confiance à personne. Donc ça, c’est assez impressionnant aussi. Alors, je voudrais justement qu´on parle de ces archives, juste pour savoir, toi, tu as passé, tu dirais combien de temps, déjà, à éplucher tous ces documents, donc est-ce que tu as campé quelque part, est- ce que les gens venaient te donner à manger en voyant, te disant, madame, il faut y aller maintenant, il faut dormir.
J´avais l´impression qu´elle n´avait jamais été touchée, et à l´intérieur, c´était des photos d´hommes de la commune, enfin surtout des hommes, des fédérés qui sont morts, enfin des photos de leurs cadavres, mais avec beaucoup de respect, parce que voilà, il s´agissait aussi de pouvoir les identifier. Bon, c’est des moments qui sont incroyables. Au moins, il y a un livre un peu fétiche pour celles et ceux qui aiment l´histoire, c´et le goût de l´archive d´Arlette Farge, de l’historienne Arlette Farge, “Le goût de l’archive”, où elle décrit, voilà, cette expérience sensible aussi de ces documents. Donc c´est pas poussiéreux, mais surtout, voilà, ce qui m´intéresse, c´est d´aller jusqu´à aujourd’hui de voir comment ça se transmet, ce qu’on retient, ce qu’on oublie puisqu’on parlait de silenciation aussi, de mémoire qui restent souterraines. Je cite très volontiers la révolution haïtienne, parce que déjà, enfin, souvent on se réfère à je ne sais pas, la révolution française, ou la révolution étasunienne. Haïti, enfin Saint-Domingue, qui devient Haïti, la première république noire. C´est une révolution incroyable, parce qu´elle est à la fois anticolonialiste, anti-impérialiste, anti-esclavagiste, et la première, voilà, la première république noire. Et moi, ce qui m´a intéressée, je demande dans le livre, voilà, de rendre vie à certaines de ces femmes, comme Sanité Bélair, comme Solitude, comme l’esclave à La Réunion, comme Claire Heureuse. Pourquoi ? Parce que, en fait, qu´elle soit Guadeloupéenne, dans le cas de Solitude, Réunionnaise, dans le cas d’Eva, ou Sanité Bélair et Claire Heureuse, qui sont haïtiennes, elles sont oubliées, y compris, dans l´histoire d´Haïti, en l´occurrence. Claire Heureuse, elle est la femme “de”, c´est-à-dire la femme Jean-Jacques Dessalines, qui est un des héros haïtiens, enfin, un des héros de l´indépendance et de la révolution haïtienne. En fait, ces femmes sont des combattantes. Elle est exécutée sur ordre, d’ailleurs, de Napoléon Bonaparte en 1802, comme Solitude, aussi l’une en octobre et l’autre en novembre 1802. Et, en fait, elles sont des femmes debout, jusqu'à leur dernier souffle, elles veulent être exécutées comme les hommes.
Il y en a qui se disent qu’on veut être fusillées, comme les hommes, il n’y a pas de raison.
Exactement. Il y a toutes ces dimensions, par exemple, de celles qu’on appelle les esclaves marronnes. Donc, le marronnage, c'était s'échapper justement du statut d’esclave, donc trouver sa liberté dans des conditions extrêmement difficiles. Mais ces femmes, elles sont souvent réduites à des notes de bas de page, ou alors elles ne sont pas statufiées. Bon, les statues, je trouve que ça peut être très problématique, mais statufié dans tous les sens du terme. Tu vois, c’est toujours les grands hommes, aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Et c’est le cas aussi pour Haïti, par exemple. Alors, aujourd’hui, à Paris, par exemple, il y a une statue de solitude. Elle qui est reproduite dans ton livre. Oui, oui, c'était dans le 17e arrondissement. Mais justement, elle est un peu là pour toutes les autres. Finalement, pour toutes ces femmes, notamment esclaves, ou affranchis, ou esclaves marrones, qui se sont tellement battues, mais en tant que femmes.
Oui, en fait, c’est la femme. C’est-à-dire qu’on a ce truc-là. La femme, une femme qui représenterait toutes les femmes, parce qu’il y a pas le temps de toutes les mettre, donc on va en mettre une, alors que les hommes, non, il y a pas l’homme qui représente telle lutte. On l' aimait tous.
Mais c’est déjà une avancée que de savoir aujourd’hui que tu vois, que la solitude existe et les sœurs de solitude, ses sœurs de lutte.
J’en profite juste, petite parenthèse de chat. Je salue tout le monde. Il y a plein de gens qui sont arrivés. Et je remercie Pierre B31 qui s’est réabonné. Merci beaucoup. Vous, il s’est adonné, voilà. Faites comme Pierre, s’il vous plaît, suivez ce bon exemple. Merci beaucoup et aussi Cheese Eatings sur Enderman qui nous dit respect et reconnaissance à tous les professionnels de la conservation et restauration, très souvent invisibilités. Sans qui les autorités ne pourraient tout simplement pas en tirer leur travail et en récolter les fruits. C’est vrai, s’il n’y avait pas des gens pour conserver les archives, on ne pourrait pas les consulter ensuite. On va finir sur les archives avant de parler encore plus de politique On parlait des archives policières, des rapports policiers. Il y a énormément de sources dans ton livre qui sont des rappeurs de police, des rapports des renseignements, etc. Est-ce que ça t’a étonné ? De trouver autant d’informations sur ces femmes grâce. Pas souvent qu’on dit grâce à… Grâce à ?
Non, ça ne m’a pas étonné. D’ailleurs, je les ai cherchées pour ça, tu vois, à cette fin-là. Je savais que c'était absolument indispensable. Et comme tu le soulignes, en fait, c’est un paradoxe, c' est une tension pour l’histoire, la pratique même de l’Histoire, parce qu’on doit tirer profit. C’est dur de le dire comme ça, mais tirer profit des persécutions, de la répression, de toutes les formes oppressives qui se sont abattues sur tous ces combats. Mais c’est ce qui, justement, en fait, c’est comme une vengeance finalement. C’est comme, je ne sais pas, quand je travaillais sur la commune, pardon, mais à un moment, je me suis retrouvée dans la maison de Adolphe Thiers et où désormais il y a une bibliothèque avec des archives. Adolphe Thiers est le massacreur des femmes et des hommes de la Commune en mai 1871 et écrire sur ces femmes et ces hommes sur leurs combats à partir de sources qui sont aujourd’hui dans cette bibliothèque du massacreur du peuple, c’est un peu comme une revanche. Et donc finalement, ces archives de police, elles permettent de restituer des noms, des identités. Par exemple, sous la révolution française. C’est à toutes les époques. Et je précise quand même que ce n’est pas le seul type de source. Il y a aussi beaucoup de textes, de manifestes, de poèmes, d’arts aussi, par ces femmes en lutte ont des correspondances.
Et c’est aussi une manière de voir comment elles étaient perçues. Moi, c' est ça qui m’intéressait aussi. Avec ces rapports du peuple, comment elles étaient perçu par ceux qui représentaient l’autorité, le patriarcat, l’hétéro patriarcat, le pouvoir en quelque sorte. Donc c’est aussi intéressant de voir aussi leur regard sur ces femmes-là.
Mais ce n’est pas vraiment l' enjeu pour Olympe de Gouges, c' est que Olympe de Gouges, elle n' a pas vraiment le souci de la justice sociale. Elle n' a pas le souci d’une société qui serait émancipée justement des formes d’oppressions. Alors que beaucoup de femmes, à la fois des classes populaires, qu’on retrouve dans les archives, policières, dans les assemblées de sections, aussi révolutionnaires. Quand on les retrouve, parce qu' elles sont descendues dans la rue, elles étaient dans les cortèges, elles ont signé, alors parfois c’est juste une croix, des pétitions. Elles se sont donné une identité vraiment politique. Elles sont citoyennes, vraiment dans le sens qu’elles veulent accorder à ce terme, c' est à dire vraiment d'être agissantes dans le monde social. C' est pas uniquement en terme de droit civique formel. Certaines, rares, demandent le droit de vote. Certaines le demandent, mais pour elles, la citoyenneté ne se réduit pas au fait de voter. Non, c’est vraiment participer à des assemblées de sections, des clubs. Alors les clubs, c' est à l'époque, c' est vraiment des sociétés révolutionnaires. Même quand on ne leur demande pas leur avis, non seulement elles le donnent, mais elles prennent cette parole. C' est énorme pour l' époque. Et donc évidemment, y compris la plupart des dirigeants révolutionnaires, écrasante majorité des dirigeants révolutionnaires vont les mégenrer, vont les dégenrer en quelque sorte. Ils vont dire, mais ce n' est pas des vraies femmes ça, c' est des femmes hommes.
Il ne féministe pas exprès les mots. Il y avait aussi une femme, je n ai plus son nom, mais qui était candidate. Il y a écrit le candidat, il y avait écrit l’homme machin, monsieur bidule, beaucoup son, l’auteur. Il faisait exprès de les genrer au masculin. Justement pour de façon péjorative, négative, pour essayer de les décrédibiliser. Çà c' est intéressant aussi, comment rien qu’avec ce langage là “subtilement”. On les écarte de cette radicalité qu’elle revendique en tant que femmes et de liberté.
Et donc, y compris, ces hommes sont parfaitement misogynes, ils naturalisent complètement ce rapport de genre. Voilà, Marat qui est un des hommes révolutionnaires les plus radicaux, dit notamment que c' est pas utile que les femmes aient le droit de vote parce que les chefs de famille votent. Donc c’est une conception familialiste de la citoyenneté. Il y a les citoyens passifs et les citoyens actifs. Et donc elles veulent être des citoyennes actives. Et d’ailleurs, encore une fois, leur revendication première n’est pas nécessairement le droit de vote. Pour elles, c’est ça qui fait aussi leur radicalité. C’est que, on peut pas juste réclamer des droits, s’ils restent formels. C’est ça qui est passionnant.
Aujourd’hui, on en parlera plus tard, mais on nous traite de mauvaises choses en disant vous avez les mêmes droits que les hommes. Mais quand tu parles d'égalité sociale, là on voit exactement que c' est qu’on cherche l' égalité réelle. Avoir les mêmes droit quand on est noir et quand on est blanc, ça ne change pas le fait qu' on est victime de racistes quand on est noir, mais pas quand on en est blanc. Donc c' est pas une question de droit sur le papier, et là on est tous là. Et c’est ça que je trouve intéressant, parce que justement, quand certaines défendent le fait de ne pas forcément demander le droit de vote, elles le font pas en anti-féminisme, elles le font avec des arguments qui sont révolutionnaires eux aussi. Et un truc qui m' a beaucoup marqué sur cette citoyenneté active, passive, et sur ce côté, nous sommes des individus à part entière. C’est sur les chapitres de la seconde Guerre Mondiale, je crois, juste avant, donc le droit de vote, c’est les femmes à qui on propose, allez, on vous donne les miens, c' est-à-dire que celles qui sont veuves parce que les maris sont tués au front récupéreraient le droit de feu leur époux. Je trouvais ça incroyable. Mais on veut pas ça, le droit vote c' est pour tout le monde, on veut pas récupérer, c' est quoi, c' est lui qui vote par notre procuration, c' est comme un absurde, quoi. Oui, ça nous paraît complètement absurde
Elle ne sait pas lire, elle ne sait pas écrire. Et donc c’est grâce aux archives de police, elle est arrêtée, voilà, et là on l’entend. Alors il y a toujours des filtres, évidemment. Il y a des biais dans la source policière, parce que elle, elle va, évidemment, aussi avoir ses tactiques de contournement par rapport à la répression policière. Elle ne dit pas forcément ce qu’elle pensait exactement. Il y a de la retranscription. Mais quand même, on les entend au travers de leur lutte. Donc ces blanchisseuses, ces couturières, vraiment ces femmes du peuple très combatives, très très courageuses. Et puis on parle beaucoup aussi pour la période révolutionnaire du philosophe Condorcet, parce que c’est le rare, c' est le seul, d’ailleurs, philosophe des Lumières et révolutionnaires qui soit féministe, qui demande le droit de vote des femmes. Mais lui, il est idéaliste. Il dit, voilà, bah le droit de vote, oui, c' est parce qu' en fait, c' est dans l’absolu, il faut que tous les individus aient les mêmes droits. Mais il s’interroge assez peu sur, encore une fois, dans quelle société ? Dans quel système ? Dans quelle société ?
En fait, le mot systémique ne mobilise pas trop l’analyse systémique à ce moment-là.
Et donc, en fait, sa femme, alors, donc, moi, je préfère dire que lui, il avait la chance incroyable d'être le compagnon de Sophie de Grouchy. Donc, elle est aristocrate, Sophie de Grouchy, elle épouse assez jeune Nicolas de Condorcet et c’est une philosophe et elle, je la trouve, matérialiste, avant d’ailleurs que le terme lui-même soit forgé également. Matérialisme, c' est-à -dire qu' en fait elle dit : Oui, bien sûr qu' il faut revendiquer des droits égaux pour les femmes et les hommes. Elle lutte contre le patriarcat, elle lutte contre la conjugalité. C’est incroyable pour l'époque, pour une sorte d'émancipation, y compris sexuelle. En fait, on le comprend. Elle est contre aussi cette manière dont les femmes qui ont des enfants hors mariage, donc pas les enfants bâtards, mais sont traités, illégitimes. En fait, les hommes aussi elle est incroyable. Et elle, elle dit, mais pour, d’accord, pour le droit de vote. Très bien, le droit vote, je suppose, mais il faut un abaissement… Énorme des fortunes. Il faut vraiment une égalité matérielle, réelle, sociale. Sinon, le droit de vote, bon, c’est bien gentil, mais c' est pas là qui est l’essentiel de la perspective révolutionnaire. Ça, c' est Sophie de Grouchy Condorcet.
Je crois que c’est elle, parce que tu parles de sexualité, il y a des phrases d’une modernité, une vision sur la sexualité des femmes. Est-ce que c' est elle qui dit qu’on pourrait avoir plusieurs amants, sexualité hors mariage, enfin c' est assez génial. Sur le côté égalité formelle, ce qui traverse le livre, jusqu'à, on va dire, après la seconde guerre mondiale, ou un peu avant, c' est l'égalité salariale. Parce que ça, y a cette revendication qui est beaucoup là. Où, justement, des femmes disent, non mais le droit de vote d’accord, sauf que nous à l’usine, un enfant de 12 ans est payé deux fois plus que moi, parce que je suis une femme. Ça, moi j’ai halluciné de voir les écarts de salaire à ce point là. Où en fait, on leur dit, bon bah d’accord, y a grève, vous demandez du temps, en fait on va donner ça aux hommes. Et les femmes acceptent un peu moins, parce qu’on donne un peu plus aux hommes, et qu’il y a toujours ça qui est derrière cette égalité. Donc ce manque de cette dépendance financière que les femmes mariaient en tout cas. On continue d’avoir, et donc c’est aussi ça, cette idée que bah oui, le droit de vote d’accord, par contre, je suis payé deux fois moins qu’un homme pour le même temps de travail, la même pénibilité. Donc on comprend mieux aussi à cette époque là, que certaines ne voient pas le droit de vote comme une espèce d’alpha et d’oméga, du féminisme, ou comme une fin en soi.
Et d’autres sont universalistes, c’est-à-dire, ils vont dire non, mais nous, on veut pas entendre parler de cet argument, elles ont bien conscience que c' est justement une sorte de reproduction d’une domination masculine. Alors parfois, entre les deux positions, il y a d’ailleurs des tactiques. Il y a une dimension plus stratégique. Le premier grand texte de 1789, je reviens juste encore un peu en arrière parce que ça m’y fait vraiment penser, c’est un texte assez extraordinaire et très rare, avant même le début de la révolution. C’est un texte de femme, une pétition qui s’adresse au roi et qui leur demande le droit à l' éducation des femmes. Elles disent, mais nous n’allons pas usurper le rôle des hommes, rassurez-vous, on demande l'éducation parce que ça nous permettra nous-mêmes d'éduquer nos fils. Mais est-ce qu’on peut pas savoir en fait, on peut pas faire le départ entre un argument qu’elles devraient vraiment complètement incorporer et un argument qui serait purement tactique, c’est-à-dire, en fait nous, c est ça qu' on veut et on va leur dire qu' en fait c' est pour mieux élever leurs fils.
Oui, il ne faut pas interpréter d’office que ces femmes-là étaient très naïves, étaient anti-féministes, parce qu' en fait elles demandent ça, mais qu’elles persistent à croire que… Non, parce que c’est déjà féministe de demander ce droit. Oui, comme tu dis, la stratégie il faut bien les brosser dans le sens du poil.
Et donc, c' est en tant que femmes, elles demandent. Elles exigent la vérité et la justice sur les disparus du 17 octobre. Et puis elles exigent aussi l’indépendance de l’Algérie. Donc, tu vois, elles mêlent vraiment les deux niveaux. La dimension de protection et revendication de où sont nos compagnons et compagnes aussi de lutte, mais surtout les compagnons de luttes. Et aussi, nous sommes des femmes engagées pour la révolution algérienne et pour l’Indépendance, voilà, on a compris, grâce à des archives notamment à la bibliothèque historique de la ville de Paris, ou à la préfecture de police, parce que j’ai passé, en effet, beaucoup de temps dans les archives de la préfecture de police ou des archives départementales, des archives préfectorales, parce que oui, avec toutes ces sources, on les retrouve. C'était un deuxième exemple que je voulais te donner.
Alors, on en est qu'à trois questions, alors que j’ai encore deux pages entières. Voilà, parce que c’est passionnant d’ailleurs. Merci. Les gens disent que c’est passionnant. Bonjour Black Pudding. Yo, les punks avec ou sans chien ? Il n’y a pas de chien ici. On est peut-être punks, mais sans chiens. Uzès, qui dit, quel bonheur de voir cette fabuleuse historienne en interview. Voilà, ça c' est pour toi. Donc, merci, merci à tout le monde. Donc, je vais quand même essayer de poser toutes mes questions. Est-ce qu’il y a quand même des questions qu’on a abordées ? Mais on va beaucoup parler du présent. C’est vrai qu’on a parlé. Donc, je me dis, alors attends, bon, tellement de questions. Oui, et à quoi est-ce qui m’intéresse beaucoup ? Parce qu' on parle souvent du féminisme. Bon, c’est plutôt des féminismes, évidemment. C’est compliqué de parler, mais c' est comme on pourrait parler des socialismes et des communismes. Donc, moi, je voulais savoir, il y a beaucoup de "istes" dans le livre, parce que tu en parlais. Beaucoup de ces femmes du peuple étaient communistes, étaient socialistes, donc on parle un peu d’anarchisme aussi dans le livre. Internationalisme aussi, beaucoup de mots en hisses. Quelle est la particularité, en tant que toi qui es sourdine des mouvements sociaux et des mouvement politiques, du féminisme, justement, c’est un mot en hisse. Et c' est quoi la particularité par rapport à ces autres mouvements qui sont tout aussi politiques, mais qui sont plutôt en partis ?
Donc, pour essayer de répondre à ta question, oui, je crois qu' on ne peut vraiment pas parler du féminisme singulier, même si je viens de le dire, mais on peut pas parler de féminismes, voilà, qui n’auraient pas de pluriel parce qu' elles sont évidemment extrêmement diverses. Mais le projet, voilà, le projet c' est l'égalité sociale des sexes. Bon, c’est évidemment pas, voilà, peut-être qu' on peut en parler, ce n’est pas de la misandrie, malgré les accusations. C’est très, très rare la misandrie, en fait. Il y a un très beau livre de Colette Pipon qui s’appelle, et on tuera tous les affreux, c’est une formule de Boris Vian. C' est un très très beau travail qui était un travail de master à l’origine, qui a été publié avec le prix Mnémozine. Et en fait, elle montre, c' est sur les années 70, mais elle montre que la misandrie.Ça n’a pas existé, globalement, dans les mouvements féministes.
C’est pas un système, ça ne fait pas système, comme on dit, le féministe n’a jamais de personne. Oui, c’est la misandrie, c' est parce qu’on fait des blagues.
Bien sûr, ce que disait Olympe De Gouges voilà, en effet, le féminisme n’a jamais tué personne, mais le machisme, oui. Et donc, en fait, c' est toujours une lutte, soit contre le masculinisme, donc, la masculinité dominante, y compris en tant qu’elle est aussi assignée. Aux hommes, et en tant que c’est aussi une charge dans une certaine mesure, pour eux, c est la question du patriarcat, évidemment, comme tu le dis, c est un système, donc, la misandrie, justement, sur la violence, éventuellement misandre, enfin, des femmes, enfin à ma connaissance, on n ' a qu’un seul exemple revendiqué comme tel, c’est celui de Valérie Solanas, qui a tiré sur Andy Warhol, en juin 1968.
Et encore, quand on lit Manifesto, c est très drôle, enfin, je veux dire, le prendre au premier degré, il n y a bien qu’un mec, pardon, pour le prendre, en disant, mais en fait, son projet, c est un projet de tuer, de supprimer tous les hommes, identifier hommes, mon dieu, mais en faite, cette femme est dangereuse. Vraiment, je vous enjoins à lire Manifesto. Enfin, il y a vraiment des passages hilarants en réalité.
C’est très fort, c’est inventif, justement, et c' est comme du lit, c' est aussi drôle, parce que comme on le disait, l’humour, c' est aussi une forme d’arme. Et pour reprendre la question de la pluralité des féminismes, on le voit aussi avec, du coup, aujourd’hui, de très fortes divergences. D’abord, il y a du féminisme washing, on pourrait dire ça comme ça, dans des groupes d’extrême droite, racialistes, identitaires, le fémonationalisme, bien évidemment, le fémonationalisme, mais qui va jusqu'à une forme de racisme systémique. Et donc, c’est évidemment le féminisme n’est qu’un prétexte. En fait, ces femmes, les groupes identitaires, némésistes, elles ne sont pas féministes, au sens où en fait elles vont distinguer, elles vont discriminer les victimes et elles vont discriminer la violence. Puisqu' en faîte, elles ne vont s’intéresser qu'à certains hommes violents, qu’a certains féminicides, qu' a certains crimes aux violences sexistes et sexuelles. Et donc en fait, ça n’est qu’un prétexte pour exprimer leur racisme. Voilà, tout à fait.
Il y a une offre pléthorique, maintenant, sur les féminismes, notamment, gratuite, payante, des livres, des podcasts, des émissions, enfin, on peut s'éduquer, en féministe, au féminisme, au pluriel, par beaucoup de moyens, et à tout niveau que ce soit, mais parfois, je me demande si on n’est pas un peu en train de réinventer la roue, et qu' on stagne pas, je sais plus qui dans le jet disait, on patauge dans le présent, j’aime bien cette expression, mais j’ai l’impression que parfois, il y a une forme de stagnation où on doit réexpliquer sans arrêt les mêmes concepts. Puis il y en a qui ont l’impression qu’elles ont inventé un truc et donc alors qu’en fait quand on lit ton livre on se dit bah non mais en fait en 1884 il y en a déjà plein qui écrivaient ce dessus, alors peut-être pas avec les mêmes mots mais en tout cas qui l’ont conceptualisé. Donc à la fois c’est bien que ça existe mais à la foi j’ai l’impression que est-ce qu’on avancerait plus vite ? Est-ce que ça ne fait pas de mal mais est-ce que ça fait tant de bien ? Enfin je sais pas je suis un peu perdu. Qu’est-ce-que t’en penses toi ?
Voilà on lutte et on reprend des forces il y a pas d’assignation justement à être des femmes fortes etc oui justement il y a des femmes puissantes dont on va parler juste après mais la deuxième chose que je voulais dire quand même par rapport à ta question c’est que c' est pas tant le problème de tourner en rond de ressasser ou de reprendre des choses qui ont déjà été dit etc le problème c’est plutôt les invisibilité de certaines choses de certaines dimensions de ces luttes ce sont des angles morts ce qui m’a intéressé dans ce livre c’est vraiment comment elles entremêlent des mouvements parfois encore une fois avec des contradictions mais c' est la question de la lutte de classe par exemple ah bah qu’on va aborder évidemment tu penses bien je rétorque le féminisme le la passe sous silence et c’est des enjeux qui sont beaucoup moins travaillés encore par exemple la luttes antivalidistes elle est encore très très très mal connue
Maintenant du coup parce que voilà comme ça on y est voilà j’avais une question pour toi sur les désaccords qu’est ce qu’on en fait aujourd’hui des désaccord quels sont-ils moi j’ai l’impression d’identifier quand même quelques désaccords aujourd’hui alors désaccord est un maigre mot parce que quand même on est sur des choses qui bon moi pour moi me paraissent quand même avérissante la trans identité on parle aujourd’hui des terfs donc pourrait traduire par féministe radicale qui exclut les personnes trans On a le travail du sexe qui reste quand même aussi une question qui divise beaucoup donc les pro sexe les abolitionnistes dans la question du voile aussi donc on parlait du fémonationalisme évidemment on parle aussi de la question de voile et puis validisme et lutte des classes donc moi il me semble que ça c’est des désaccords que quand même qui reste assez présent et que je trouve assez grave ou bien des angles morts c' est à dire qu’on est dans les deux soirs on n’en parle pas le validisme pour moi c’est un angle vraiment sacrément mort dans les luttes féministes et les luttes des classes on en parlera après voilà qu’est ce que toi t’identifie et qu' est ce qu’on en fait c’est des accords aujourd’hui.
De surcroît ce qui est terrible dans le contexte en ce qui concerne justement le travail du sexe c’est que la perspective abolitionniste et là je veux pas me placer sur le plan des principes mais vraiment sur le plan encore une fois matérialiste de la pratique c'était dire que tout ce qui concerne ça a été bien démontré et ça a montré d’abord et avant tout par les premières et premiers concernés au travers de leurs organisations mais c’est aussi montré par exemple Amnesty international qui a fait des enquêtes à l'échelle justement internationale et qui montrait que toutes les législations qui visent à pénaliser Et bien ça crée de terribles régressions de conditions de vie, de travail, des violences, de la précarisation de la mise en danger évidemment enfin la pénalisation des clients on le sait en termes de protection sociale en terme de santé en terme de discrimination et a fortiori pour les les personnes trans les personnes migrants etc. Donc c’est en fait qu’il y ait des désaccords On a essayé de le montrer dans toute cette partie de la conversation ça a toujours existé avec parfois de la virulence là c’est vraiment comme si on oubliait la matrice du féminisme c'était assez frappant et donc pour ce qui concerne les les terres, la lutte, enfin en fait la transphobie, je l’ai vu et compris chez des féministes j’ai pas envie de citer des noms que j’ai toujours admiré pour justement leur dimension très intersectionnelle Oui je veux dire on en connaît.
Les années 70, les années 80, on jette pas le bébé avec l’eau du bain, ils ont fait des travaux notamment les matérialistes ?
Avec par exemple une lutte aussi contre l’islamophobie qui disait en fait c’est hors de question qu’on soit nous-mêmes oppressives d’autres femmes mais qui en effet sont transphobes et après là où j’ai confiance d’abord j’aie confiance dans la capacité malgré tout de dialoguer moi je m’aperçois quand même voilà un peu pragmatiquement que quand on se met vraiment à s’expliquer des choses tranquillement et de manière un peu sorrelienne dans la mesure où c'était possible on finit quand même par emporter la conviction que en effet c’est pas à d’autres femmes de choisir pour voilà pour celles qui sont directement concernées et puis j’ai confiance dans le fait qu’il y a une évolution incroyable et que comme c'était vrai que ce sont des clivages qui sont quand même principalement générationnels on avance énormément et cette révolution anthropologique là aussi elle est si j’ose dire en marche
Est-ce qu’on parle des femmes puissantes guillemets guillemet est-ce que on parle du féminisme blanc bourgeois juste rapidement tu dis que t’aimes pas dans le bouquin tu dis je n’aime pas l’expression femme puissante est- ce que tu peux rapidement me dire pourquoi t’aime par cette expression qui est aussi le titre d’un ouvrage de la nouvelle personnalité du 20h de France 2 bonsoir madame monsieur bonsoir mais moi tous les jours je m’entraîne dans ma douche à récupérer un oscar pour le film que je ferai un jour et à dire madame monsieur bonsoir tu l’as très bien dit tout à l’heure.
Donc on a aussi le droit au doute le droit au mal-être par moment et et aussi on se le disait au repos parfois au retrait pour pour s’y remettre ou pas en fait c' est pas c' n’est pas l’essentiel Donc c’est cette double dimension que j’aime pas assez l’invisibilisation c' est toujours les mêmes qui reviennent Simone Veil, bien sûr Simone Veil incroyable Simone Veil quand elle est face à cette chambre horriblement masculiniste cette assemblée et qu’elle est à la fois il ya de l' antisémitisme il y a du de la misogynie c' est horrible de la réaction mais on parle donc de la loi Veil et on oublie ce qui a été nécessité en termes de niveau de lutte de niveau des conflictualités avec des conditions incroyables de clandestinité le MLAC, le mouvement de libération de l’avortement et de la contraception pratiquer des avortements maîtriser son propre corps aller à l’encontre du puissance du pouvoir médical souvent masculin et puis aller continuer après la loi Veil, tu l’expliques ça parce que en fait c’est pas pour les mineurs c' est pas pour des femmes étrangères et c’est cher et puis en plus il n' y a pas beaucoup de cliniques.
Mais et on parlera aussi de syndicalisme non non mais attendez on est pour la lutte de classe on verra plus tard la luttes de sexes joignez vous aux camarades hommes on parlera de des femmes plus tard quoi mais on voit que ces femmes souvent sont dans la rue Donc sont dans la rue parce qu’il ya des famines des disettes la vie chère etc donc elles sont là pour revendiquer de pouvoir manger nourrir les enfants vivre correctement dignement donc on voit dès le début tu parles enfin on s’ouvre sur les femmes qui marchent et tout et qui parlent le ça justement il y a une disette à paris et aujourd’hui alors tu peux nous parler des gilets jaunes par exemple mais j’ai l’impression vraiment que dans les milieux féministes que je peux fréquenter dans tout ce que je peux lire je peux voir j’ai l’impression que c’est plutôt justement par les mouvements qui sont validistes enfin anti validistes pardon les mouvements aussi queer les mouvement anti grossophobes où on trouve cet aspect là qui est vachement plus moins évacué mais qui en tout cas est assez principal c'était un peu un socle de lutte aussi c’est bah parce qu’on a ces doubles triples oppressions La lutte des classes t’as l’impression que là on en reparlent ou que c’est un peu mis sous le tapis en disant oui non mais d’accord attendez d’abord oui ça me gêne ça me j’ai la raison que ça reste assez gênant d’en parler
Voilà donc le marxisme c’est fini la lutte de classe c’était fini le monde ouvrier n’existait plus alors qu’en fait objectivement dans la population active française on considère qu’il y a à peu près encore le quart de la population qui est ouvrir que le travail à la chaîne par exemple n’a pas du tout disparu et même il a eu tendance à s’accroître parce que c’est un travail à la chaîne à la fois dans l’industrie qui s'étend dans de nouveaux secteurs par exemple la pharmaceutique la chimie etc et puis il y a aussi un travail et la chaîne les centres d’appels téléphoniques enfin bref il y a vraiment une prolétarisation qui est accrue et qui est complètement invisibilisé j’avais eu l’occasion aussi d’y réfléchir sur la visibilité du monde ouvrier à la télévision on en parlait quand même dans les années 60 les mineurs tous enfin les textiles bon bref et ça a disparu
Sociologue à une époque qui est invité à la télé.
En fait évidemment qu’il y a un enjeu politique et idéologique derrière tout ça de dire non la lutte de classe c’est du passé ça n’existe plus il y a plus que des classes moyennes etc donc en fait
Arrêtez de vouloir diviser les gens et de taper sur les riches
Mais si on sort de France bah là on s’aperçoit que oui enfin la question de la grève féministe c’est à dire mêler l’instrument de la lutte de classe par excellence qui est la grèves notamment la gréve du travail productif à une question féministes qui est le la question du la gréve du travaille reproductif donc tout ce qui est lié aux soins etc ça a pris énormément d’importance dans bien des pays il y a eu en Inde la plus grande grève générale de l’histoire de l’humanité il y a trois ans 200 mille personnes en grève générale donc nous c’est vraiment donc qu’est ce que je raconte 200 millions 200 millions de personnes c'était hallucinant que je m’emmêle dans les chiffres donc nous s’est réellement de la petite bière à côté quoi nous le plus grande point de lutte mais par exemple pendant le mouvement contre la contre réforme des retraites 3 millions de personne dans les rues et justement cette dimension féministe elle est apparue aussi sur voilà en quoi les femmes vont subir encore plus encore plus justement cette cette contre réforme et sa violence antisociale donc en inde en argentine ça a été gigantesque 300 mille femmes à Buenos Aires et et dans d’autres villes d’argentine mais justement sur la base de la grève féministe mais qui qui se revendique aussi la lutte de classe le féminisme pour les 99 % c’est vraiment aussi la perspective de mes livres
Quand on me demande ce qu’est le livre qui vous ont marqué je sais que c’est celui que je cite en premier lisez ce livre emprunté ce livre voilà je peux pas vous dire autre chose un livre accessible à tous un livre qui remet l'église au milieu du village et un livre qu’il justement retourne enfin rappelle les fondamentaux dont on parle tout à l’heure des luttes des lutte déjà et des luttes féministes et luttes de classe et lutte des lutte éco féministe des luttes de l’internationalisme aussi enfin je veux dire ce livre il est je comprends pas qu’on ne le cite pas suffisamment.
En effet il y a un anticapitalisme fondamental et en lien avec toutes ces mobilisations le féminisme chicanas par exemple donc notamment au Mexique mais ailleurs aussi sur ni les femmes ni la terre ne sont des territoires de conquête d’ailleurs on a pu retrouver ces mots là qui viennent féminismes chicanes et qui ont la retrouvé sur certains gilets jaunes enfin ça c’est des circulations qui sont intéressantes mais justement l'écoféminisme en tant que c’est fondamentalement un anticapitalisme voilà contre le capital extractiviste prédateur colonisateur et le lien avec le féminisme il y a un autre exemple que je voudrais citer outre ce livre qui en effet très important c’a un manifeste magnifique c'était le collectif Mwasi donc un collectif de femmes assignées comme noires ou métis.
Juste je rappelle le titre du livre dont on parle c’est féminisme pour les 99 %
Et puis aujourd’hui en fait on a un courant qu’on va dire afro féministe qui est lui aussi participant au féminisme décolonial qui va pouvoir parfois même interpeller des sœurs de lutte du black féminism qui vient des états unis qui vient d’Amérique du nord en tout cas et là c’est partir du sud global et donc ce collectif en France moi si en fait bah il dit que on ne peut pas être féministe et afro féministes sans être aussi anticapitaliste sans lutter contre les rapports d’exploitation parce que le système capitaliste si on suit ses sœurs de lutte justement qui sont qui s’organise aussi en non mixité raciser c’est aussi très important c’était prendre aussi un instrument qui a été celui d’une partie du féminisme dans les années 70 la non mixité choisie en réalité ça remonte même avant les années soixante-dix et aussi réfléchir en tant que en tant qu’une personne raciste et ça a suscité beaucoup de polémiques et des attaques extrêmement virulentes contre ce collectif mais elles disent voilà en fait ce système il ne fonctionne pas sans exploitation il ne fonctionne pas sans justement cette cette violence structurelle donc tout est lié alors et c’est merveilleux.
Convergence des luttes comme dit Cathadred Est-ce que tu trouves que le féminisme s’est dépolitisé alors dans le sens du mot politique comme on peut l’entendre de partis politiques parce que tu parlais des grèves dans ton bouquin tu parles beaucoup des grève tu parle de ces on parle beaucoup syndicalisme dans le livre tu en parlais justement là ou bien qui s'était politisé autrement pardon en s'éloignant des partis et des syndicats pour gagner l’autonomie c’est-à-dire qu’est ce que il s’est dit bon est ce que les féminismes au cours de l’histoire sont dit bon on va s’autonomiser parce que tu parles beaucoup autonomie dans le bouquin parce que c'était possible en fait d'être constamment avec un syndicat ou un parti par exemple un parti communiste socialiste dont tu parlais beaucoup dans le livre est-ce que c’est une force ou une faiblesse est- ce que le féminisme devrait d’avantage peut-être créer un parti moi c’était ma grande question depuis des années est-il faudrait un parti politique féministe et s’il faudrait un syndicat national féministes qu’en penses-tu ?
Alors merci Nora, oui en fait il y a plusieurs exceptions du terme politique il y’a déjà une exception la plus forte la plus intéressante la plus passionnante c’est la chose politique comme le bien commun donc l’action pour le bien commun et dès là pour la justice pour l'équité pour l'émancipation.
Donc récupérés par ce terrain avec “La nuit du bien commun”
Donc moi j’ai pas l’impression que il soit en retrait par rapport aux luttes ça reste qu’elle timide et frileux quoi mais ça dépend par exemple je vais citer une une personne que j' admire énormément c’est jDiangou Traoré qui est une militante très active à Saint-Denis au quartier des framoisains et en fait elle mêle toutes les luttes elle m’a l'élu de quartier dans des conditions vraiment extrêmement difficiles avec vraiment des mobilisations d’habitants surtout des femmes surtout des mères mais pas seulement Sur la question de la santé sur la question du logement sur la questions des conditions d’habitation elle elle est elle-même syndiquée voilà donc sécurité sociale etc et puis elle a rejoint un comité du nouveau fonds populaire on la retrouve du côté de la France insoumise de l’union populaire etc enfin moi j’ai pas l’impression qu’il que que ces organisations et manquer beaucoup de choses sur le féminisme Là où il ya justement Et donc y compris sur les droits des salariés sur les droit du travail etc je pense que c’est plutôt il y a de belles avancées quand même.
Si on demande aux femmes et aux hommes politiques aujourd’hui êtes-vous féministe je pense qu’il y en a beaucoup qui “ont poney” à ce moment là ou qui passe sous un tunnel à mon avis on a bien qui se disent écoféministes alors là elle éternue elle se prend en quinze lettres d’insultes pour Sandrine Rousseau il y a quand même encore un truc dans avec rien qu’ils m’ont fait.
Non mais c’est ça que tu cites l’exemple de Sandrine Rousseau et ce qui est très frappant c’est que souvent elle n’est pas soutenue par son propre parti parfois ça manque de solidarité bon toute façon on s’en saurait en effet un autre sujet enfin très vaste cette question là moi je partage en partie même si quand même quand tu vois les proche est pas si tu relisant le programme du nouveau front populaire ou de l’union populaire quand c’est très détaillé vraiment il y a beaucoup de choses et ce qui m’a beaucoup frappé en les lisant ces dernières années c’est de voir que c'était vraiment comme si il y avait une une emprise enfin pas une emprise au sens de d’une domination mais c' est une emprise des luttes sur ces organisations au sens où voilà elles arrivent à s’imprégner de tout ce qui s'élabore souvent en dehors d’elles-mêmes ces organisations bon mais je suis d’accord que ça que ça pêche encore sur pas mal d’aspects c’est pas le pire puisqu’on parlait de l’antivalidisme et là on l’a vu ces derniers temps en fait il y a eu une sorte de silenciation de la part de la parole qui s’exprimait beaucoup sur ces sur ces questions.
Comme tu l’as dit en fait on n’a pas entendu les concerner sur la question justement de la fin de vie etc vraiment Où étaient les personnes concernées justement des personnes qui sont dans ces luttes antivalidistes à part sur des émissions dans les médias indépendants comme opposés gros problème de la part même des politiques qui se disent féministes ou qui sont des luttes aussi des classes et qui parlent sur de nombreux sujets mais alors là il y avait quand même Espèce de consensus pour ne pas aborder cette question qui a l’air de gêner beaucoup de gens aussi quoi j’ai l’impression que c’est gênant ça gêne même au sein du féministe des féministes ces questions là elle gênent beaucoup aux entournures on n’a pas trop envie d’en parler ça ça ça pointe nos contradictions ça pointent justement qu’en fait on nait pas tout ensemble apparemment on a laissé sur le côté beaucoup de camarades.
Sur cette question de l’antivalidisme c’est énorme mais il y a enfin il ya il ya des formes de rattrapage quand même il y a des formations j'étais dans des journées d'été là au cours du mois d’août il y a quand même des formations antivalidistes mais c' est sûr que sur la loi sur la fin de vie c'était énorme de silenciation heureusement qu’on avait des partages des mises en commun via les réseaux sociaux via comme tu dis certaines émissions et oppose y a contribué mais ouais ça c’est un énorme problème mais justement ça rappelle un peu les ces moments où d’autres luttes et en particulier les luttes féministes ont eu tellement de mal à se faire entendre et ont été écrasés sous le poids de cette de cette condescendance ou cette espèce d’assurance et comme tu le dis bon là en plus sur la fin de vie mais ça nous emmènerait sur un terrain qui est passionnant un peu différent mais sur la faim de vie il y avait une telle certitude qu’il fallait faire passer cette loi qu’elle était humaniste qu' elle était progressiste qu elle était attendue et d’ailleurs il faut quand même se dire que la complexité est liée au fait aussi qu' il y avait beaucoup de divisions y compris on va dire chez les personnes Alors là est-ce qu' y a des premières concernées enfin voilà il y a eu des critiques très vives presque des règlements de compte à l'égard d’autres personnes qui disaient que cette loi n’allait pas dans le bon sens enfin voilà c'était extrêmement complexe et on n’a pas pris le temps ça c’est vrai parce qu’il y avait c'était une sorte de temporalité de l’urgence et puis comme tu le dis je suis d’accord avec ton appréciation sur la gêne la peur la peur d'être mis en contradiction placé devant des contradictions on a énormément de travail à mener ça c’est évident.
Ils veulent tous reprendre des gens de droite vers l’extrême droite donc il y a des sujets dont on ne parle pas vraiment par frilosité politique aussi par électoralisme par volonté de essayer d’aller chiper des voix un peu partout en se disant là on peut quand même pas trop en parler parce que sinon on va perdre encore plus d'électeurs l’hémorragie va à droite est-ce que tu penses qu’il faudrait moi je pense que oui est- ce que toi tu pensais qu' il faudrait un parti politique féministe voilà le parti féministes un syndicat national parce que tu en parle de ces syndicats tu parles de comités de comité national des femmes c'était il y a un conseil le comité inter syndical contre l’exploitation des femmes 1915 il est où ce comité aujourd’hui pourquoi ça y est il va surgir.
Faisons le faisons ça quoi donc ça surgit forcément en effet des luttes mais tu as raison c’est c' est vrai que c’est fondamental il y a des collectifs mais c’est vrai qu’ils restent faibles ce collectif par exemple des féministes révolutionnaires qui posent au cœur la question justement de de mêler travail productif et travail reproductif la question de la grève féministe comme perspective stratégique ça c'était vrai que oui un mouvement un syndicat spécifique qui poserait ces questions stratégiques serait extrêmement précieux dans la situation.
Les femmes font grève on l’a vu en Suisse la grève les blocages du pays je crois qu’on se rend pas bien compte de la nécessité de garder les femmes exploitées au travail parce que quand elles arrêtent de garder vos enfants quand elles arrivent de prendre soin des personnes âgées déjà là ça va faire ça va piquer tout le monde donc les profs font grèves blocage bloquent le pays parce que les gens doivent trouver des solutions de garde chiourme au fond grève on les prend en otages.
Enfin voilà c'était très fort et là aussi un mouvement ça veut pas dire encore une fois qu’on tombe dans l’assignation des femmes comme nécessairement pacifistes parce que encore une foi comme on l’avait dit pour la première guerre mondiale Elles sont pas du tout naïves celles qui sont pacifistes elles sont internationalistes mais elles sont radicalement antifascistes et elles s’engagent comme femmes ça c’est vrai que ça pourrait être aussi une dimension très très intéressante à condition vraiment qu’elle ce que ça soit dans une perspective voilà intersectionnelle pour c'était très fondamental justement et là il faudrait trouver un socle qui permette de de relier tout ce qu’on s’est raconté sur le fait qu' on ne peut pas soi même être oppressif le parti féministe français le PFF ou la attention mais pourquoi français non on n’a pas parce que le PCF c'était une blague par rapport au PCF quoi bon voilà pensez au parti populaire français le PFF on est pas loin.
On n’a pas très envie que ça fasse penser à ça ah oui tiens il est tard t’as encore un peu de temps ou pas 19h42.Un quart d’heure encore on m’a dit que je pouvais jusqu'à 20 heures en général moi je me dis toujours c’est de dire une heure et demie pour faire croire aux invités que c’est qu’une heure et demi j’essaie de m’y tenir mais là en fait mais avec grand plaisir en fait j’ai l’impression que les gens kiffent grave la discussion moi je la kiffe grave et j’ai encore des questions que j'étais trop envie j’avais vraiment très envie d’avoir ton point de vue sur ces questions. Attends je vais pas tout mélanger ça on en a parlé ça on a parlé tu regardes encore 15 questions on n’a pas le temps c'était pas grave ça je veux vraiment qu’on en parle aussi peu peu là oui alors juste question on voit bien historiquement les hommes se joignent pas vraiment au lieu des femmes alors que et tu le montres très bien dans ton livre les femmes se sont joins et d’ailleurs il y a des femmes qui ont organisé elles-mêmes des grèves au sein de d’usine où il y avait des hommes comme des femmes ou parfois elles étaient minoritaires elles ont organisé les grèves d’ailleurs il y en a une j’ai pardon j’aie plus on reste la nuit ah oui ma bonne question est ce qu’on reste toute la nuit voilà et oui juste merci il y a eu un don de 52 euros et quelques incroyable j’en remercie la personne qui a fait ce don c’est fabuleux merci beaucoup merci pour au poste c' est vrai on kiffe dit Cacou mais ouais génial merci Donc on voit bien ça tu parles aussi donc d’une femme d’ailleurs les renseignements disent c’est incroyable c' est une femme qui qui commande les hommes si elle leur dit je sais plus quelle femme il s’agit voilà si elle dit aux hommes on reprend il vous reprend c’était incroyable cette femme qui est la tête de cette dame donc il y a ça en fait.
Syndicaliste dès l'âge de 13 ans.
Oui qui fait des coupes qui reprennent les bobines donc travail super pénible et donc on voit bien en ton livre à quel point les femmes ont été partie prenante voir organisatrices de grèves de manifestation dans la rue etc donc instigatrices avec des mouvements mixtes mais quand il s’agit de venir se greffer à des mouvement et de soutenir encore ne pas parler à la place des concernés ne pas dire qu’on va les faire si il fait ça mais de se greffer les camarades sans eux, presque j’ai envie de dire d’abord et puis les eux on le verra pour la suite.
Ça a été structurel il y a eu une sorte de double peur même si je pense que c’est vraiment un prétexte mais une double peur alors spécifique à la France ou au pays catholique c'était l’idée que les femmes elles étaient plus cléricales plus voilà plus croyantes plus pratiquantes et qu’elles allaient suivre les curés etc donc que ça allait poser un problème c' est pour ça que beaucoup d’hommes y compris dans les organisations de gauche Soit étaient foncièrement misogynes et se sont opposés fermement à au droit de vote des femmes notamment Ces arguments là c’est vraiment terrible d’ailleurs j’en avais vraiment au sens physique des hauts le cœur en relisant tous les débats par exemple au sénat et souvent ça vient de la gauche modérée qui s’appelle le parti radical à l'époque donc il y a ça et puis il y aussi la dimension mais ça qui est intrinsèquement capitaliste aussi c' est la mise en concurrence des personnes entre elles donc des travailleuses en fait En même temps travaille heureuse on entend un peu heureuse la danger des travailleurs et des travailleuses.
Soyez au travail heureuse en fait on a envie de l'être.
Voilà l'émancipation les femmes de la Commune par exemple elles réclamaient justement une émancipation par le travail des femmes et un travail qui Soit pas exploité justement qu’il soit autogéré, auto organisé qui soit pas dans un cadre capitaliste mais du coup la cette mise en concurrence elle fait que les hommes ont longtemps vu y compris donc des syndicalistes ont longtemps vus les femmes comme des ses concurrentes parce que et qui allait faire baisser leur salaire.
Classique une profession basé salaire on voit avec l’enseignement dans la restauration que je connais bien il y a eu ça pareil dix-neuvième vingtième siècle.
Et du coup ça voilà c’est la misogynie ambiante s’est structuré aussi autour de ces luttes Internes en fait notamment aux classes populaires aux classes ouvrières etc et donc il a fallu en fait tout simplement c'était elles qui ont pris en charge cette dimension puisque beaucoup en effet se sont syndiqués tout à l’heure je parlais de Madeleine Pelletier elle a été vraiment aussi à l intérieur du parti socialiste vraiment Extrêmement investie pour les droits des femmes mais c’est le cas ailleurs en Russie bon voilà on a des féministes incroyables Alexandra Kollontaï qui devient la première femme ministre et qui au monde au monde ça va être aussi le cas un peu plus tard en très peu temps après en Irlande mais justement le droit à l’avortement la la dépénalisation aussi de de l’homosexualité etc tout ça c'était lié au féministe révolutionnaire comme comme Alexandra Kollontaï et beaucoup d’autres donc et et notamment sur la question du droit de vote des femmes Il y a eu par exemple une grande différence entre l’Angleterre ou quand même le mouvement ouvrier au sens large soit le mouvement travailliste les syndicalistes se sont impliqués ce qui fait qu’il y avait des centaines de milliers de personnes dans les rues et pas que des femmes mais aussi des hommes parce qu’ils n’avaient pas cette espèce de de prétexte de la religion catholique etc vraiment le mouvement ouvrier s’est complètement impliqué dans dans la lutte des suffragistes ou sensuelles et télégalistes et même dans une certaine mesure des suffragettes qui elle avait recours justement à l’action directe à des sabotages à des incendies voilà des formes de violences physiques.
Pour attirer l’attention moi j’ai découvert il y a deux ans je crois cette histoire.
Donc je pense qu’aujourd’hui ça change voilà enfin quand on va au 8 mars ou dans les alors il y a aussi cette part de manifestations non mixtes qui sont apparues à la fois dans les années 70 dans les années 80 avec les marches de nuit les marche de nuit pour que les femmes se réapproprient les femmes et les minorités de genre puissent se réappropriez l’espace de la rue conjurer la peur donc là, c’est non mixte donc c'était les hommes voilà les réunions non mixées soit ici voilà mais je trouve qu’aujourd’hui dans les rassemblements féministes il y a quand même beaucoup d’hommes beaucoup de en fait voilà je sais pas il y a une espèce de grande diversité et en disant beaucoup d’hommes. En fait j’ai vraiment aussi le sentiment finalement de très très vraiment catégorisé et et j’aie à l’esprit ce que disait Monique Vittig voilà sur le fond voilà les lesbiennes ne sont pas des femmes et quand elle a commencé à vraiment interroger avec d’autres l’idée même que cette bicatégorisation pouvait être considérée comme problématique parce que justement c’est toujours des constructions sociales voilà donc non je pense que par rapport à ce que tu dis la question sur la place des hommes dans les mouvements féministes ça ça change aussi énormément et ça c’est autant de de choses qui sont gagnées qui sont gagner à cette révolution anthropologique dont on parlait dans le sondage.
Les aupostiens, les aupostiennes en parlaient les gens veulent qu’on parle toute l’ennemi je suis désolée le divin tu vas devoir annuler tous tes plans moi on va se faire livrer des pizzas on va aller chercher des pizzas voilà on va faire ce qu’on peut ou alors va faire la cuisine et qui va faire la vaisselle aussi voilà Nayan a beaucoup aimé cette petite galéjade on me dit que Pukoumi dit : bah oui mais en France dans la galanterie bah oui madame c’est vrai de la galanterie
Oui madame c’est vrai de la galanterie à la française en effet évidemment voilà ça a été dit beaucoup ça a été rappelé pendant l’affaire de ministres justement j’en profite
J’en profite pour conseiller le bouquin de Valérie Rey-Robert qui s’appelle “Une culture du viol à la française” voilà la galanterie française voilà merci chez Libertalia on soutient les éditeurs indépendants et indépendantes. Je vais te poser encore une ou deux questions comme ça je vais pas te garder après 20 heures parce que c’est des horaires syndicaux quand même de la femme puissante mais voilà madame monsieur bonsoir les titres Donc juste pour finir sur nos questions tu parlais les anglaises on en a parlé, je voulais qu’on parle de la de la radicalité donc de la racine le radisme oui bah voilà maintenant tout le monde découvre que radisme c’est la même racine que racine radicalité juste je voulais même on parlait de la rue les femmes dans la rue On voit beaucoup de femmes dans la rue dans ton livre à des manifestations qui ne les concernent pas forcément directement qui sont pas des manifestations pour les droits des femmes qui feront des grèves, justement pour les conditions dignes d’existence donc très orientées aussi lutte des classes il me semble quand même que les colleuses alors les colleuses il y a quand même beaucoup de femme sont vachement les héritières direct de ces femmes dont tu parles ces féministes d’avant. On va dire avec des actions plutôt directes en fait quoi donc ce collage on s’approprie la rue elles y sont la nuit, elles prennent des risques avec les forces de l’ordre beaucoup sont arrêtées beaucoup je pense sont très surveillées suivies par les renseignements Moi je vois en ces femmes là quelque chose et ces hommes il y a aussi des hommes C’est une chose de très révolutionnaire justement qui me rappelle un peu les actions dont tu parle dans le livre est-ce que toi c’est le sentiment que t’as avec ce ces mouvements des colleuses ?
Donc oui les les colleuses en particulier finalement ça s’inscrit dans une longue tradition où ce sont surtout les femmes des classes populaires qui prenaient la rue parce qu’il y avait des féministes plutôt bourgeoise qui se revendiquaient quasiment comme telle bon en tout cas on en parlait du féminisme bourgeois elle elle prenait pas trop la rue quoi pas trop ça pouvait leur arriver mais globalement non alors qu' il y a vraiment une longue tradition de cortège on disait que les femmes c'était des bouts de feu elles étaient en tête de cortège voilà et donc prendre la rue dans cette perspective alpha créative inventive subversive dangereuse comme tu le dis avec de la répression en plus vraiment de plus en plus il y a des édiles des mères etc qui qui entendent vraiment faire faire s’abattre sur elle une répression c’est réel et donc elles ont à la fois cette gravité incroyable cette originalité nommée renommée des rues aussi au nom rendre famage comme vous le disiez aussi et je citerai aussi les street artistes Dans l’exposition dont je parlais on a aussi évoqué cette question du street art féministe et il y a une une street artiste féministes qui s’appelle Alys C qui travaille surtout à Angers qui avait fait un qui avait fais un voilà une installation autour de his street art another boys club voilà est ce que le street art c’est voilà c'était une bande de mecs en fait parce que justement le street arts c’est quand même aussi genré et donc on voit de plus en plus de femmes de féminisme qui mais c’est c' est un milieu avec aussi ses listes du graphe, on sait que le grapheur donc là aussi c'était une évolution qui est vraiment très très importante.
Oui je me souviens qu'à une époque mystique mystique c'était là la figure en France en tout cas qui pouvait rivaliser en notoriété aussi et en respect justement de la part des hommes qui étaient qui sont les artistes de ce milieu avant dernière question pourquoi parce qu’on parlait de radicalité là je reviens excusez moi je suis un peu celles à rentrer et puis voilà puis on parle c’est une discussion pas besoin de faire un c’est la vie qu’en est peur qu’avec un surgissement Il y a un fantasme réactionnaire sur les féministes c'était mieux avant donc et on a l’exemple de Gisèle Halimi au moins ça c’est une vraie féministe c’est pas comme ses misandres néo-féministes radicales etc donc d’une part pourquoi il y a un fantasme réactionnaire sur c'était mieux avant les féministes d’avant en gros pour dire elle au moins elle était gentille et docile alors vous allez voir tout de suite que puis se jeter sous les sous les pattes d’un cheval au galop voilà c' est comme pas très docile et donc il y a des procès en néo-féminisme ce mot qui m’horripile à un point voilà en misandrie et en radicalité c’est quoi le problème pourquoi il y a ce fantasme de c'était mieux avant les féministes.
Qui existait toujours ce “c'était mieux avant” c’est vraiment justement c’est le propre de cette formule c’est qu’elle se contredit elle-même parce qu' elle a toujours existé.
Dans l’antiquité grecque des philosophes ont parlé il disait mais vraiment il disaient les jeunes c'était mieux avant aujourd’hui c’est des fainéants c' est incroyable c’est incroyable
Donc voilà et Gisèle Halimi, Gisèle Halimi pendant la révolution algérienne pendant la guerre d’indépendance algériennes c'était une combattante justement de cette révolution dans une perspective anticoloniale puissante pour le coup il y a une différence entre femmes puissantes et puis le fait que ces luttes y compris collectives soient puissants donc elle aussi elle s’est pris comme beaucoup de ces femmes beaucoup de de violences misogynes etc on le disait pour Simone Veig Il y a plein d’exemples qui nous montrerait que c’est exactement le contraire c'était aujourd’hui par exemple la marche des femmes des 5 et 6 octobre 1789 presque désormais tous les manuels d’histoire mais à l'époque Elles ont été raillées elles ont été réprimées elles sont parfois pour certaines étaient pourchassées mises en prison j’ai retrouvé des correspondances poignantes des lettres de prison de certaines d’entre elles quand elles savaient écrire Claire Lacombe par exemple une comédienne une répression terrible et notamment parce qu’elles sont des femmes donc non ça c’est vraiment un mythe qui s’auto-contredit.
Elles ne sont plus de ce monde donc elles ne peuvent plus nuire donc c'était des goats
Parce que parce que c’est la peur en fait c'était toujours une peur de des luttes donc quand c'était des lutte anciennes ou quand c est des luttes lointaines ça va on peut dans le discours dominant et répressif on peut les brandir comme des fétiches je me souviens quand il y avait ces révoltes incroyables notamment à Hong Kong il y avait une fascination dans les médias dominants et puis d’un autre côté quand il avait des dispositifs en black bloc en France dans certaines manifestations c'était ou alors même les gilets jaunes voilà c'était c'était horriblement dénigré voilà oui diabolisé En fait il y a toujours la médicalisation la psychologisation psychiatrisation ou l’animalisation et ça ce sont des traits qu’on retrouve tout le temps y compris pour les luttes féministes
Et puis les soi-disant émeutes de banlieue on parle du mot émeute pas de révolte Il y a des gens ici qui ont suivi la nouvelle matinale d’au poste “France Déter” Il y avait la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté je n’ai plus son nom mais qui était interviewé qui participait hier (ndlr Dominique Simonnot) Elle parlait de cette prison face aux lieux de privation pour mineurs à Marseille là que Darmanin a dit on va fermer parce que c’est pas possible et donc on rappelle que c’est des enfants de 13 ans 15 ans qui y sont et on sait aussi que ces enfants sont adultisés ou animalisés on en parle comme des bêtes sauvages a mater où on les traite comme des adultes parce que ces des enfants souvent racisés et des classes populaires donc effectivement pour disqualifier ces luttes là quoi de mieux que la déshumanisation, quoi de mieux de la disqualification comme tu dis en disant vous n'êtes que des femmes vous n êtes que des prolos vous n’êtes que des noirs et des arabes c’est assez ou bien vous n'êtes que des enfants aussi l’infantilisme là dessus marche marche à fond et alors pourquoi est ce qu’on a un procès le mot radicalité il est mobilisé comme une insulte
Oui de temps qu’en fait c’est lié à tout ce qu’on a dit sur la radicalisation autour du terrorisme etc donc en fait on a on a essayé de disqualifier ce terme alors qu’il nous est si important il nous est important parce que justement aller à la racine comme on l’a dit depuis le départ de systèmes d’oppression ça permet vraiment de réfléchir au processus de ces dominations pour pouvoir proposer des projets alternatifs donc voilà je trouve que Autant, par exemple, tu vois, j’aime pas extrême gauche. Moi, j’aime pas la notion d’extrême gauche
Parce qu’il y a une fausse symétrie avec l’extrême droite.
Il y a une fausse symétrie, puis ensuite, on a parlé d’extrême centre, et puis, bien sûr, ça a sa pertinence, mais en même temps, ça signifierait qu’il y ait trois pôles, et puis qu’y a quand même un centre qui est quand même modéré. Moi, même extrême centre. J’ai eu l’occasion de le dire, bon, saurait que ça peut. Pourquoi pas. Mais en fait, c’est une droite dure, une droite qui est violente, une droite brutale, et une extrême gauche toutes ne sont vraiment pas d’extrême gauche, bien évidemment, dans ce que je raconte, je préfère la gauche radicale. C’est pas extrémiste de vouloir la justice, l'émancipation, des formes d'équité, des formules d'égalité, de De boine-Vivir, comme on le dit dans certaines sociétés d’Amérique latine, le bien-vivre. Voilà, c’est pas extrémiste, en fait.
Moi, j’y vois un projet social dans le mot radical, puisqu’on vient au système, à la racine, la racines des mots, M-A-U-X, donc en fait, on revient, on interroge la racine et on dit, ok, comment on fait autrement, c’est pour ça que moi, quand on me dit que, radicale, je suis là, bah, merci, c’est le but, je vois pas comment on pourrait être en vrai féministe sans être radicale et féministe et radicale et en colère Je pense que là, on va libérer Nayan aussi, le pauvre, qui est en mode, excusez-moi, mais là, en fait, je fais des heures sup, du coup, David te les paiera, j’espère. Le taulier ! Je voulais juste finir très très très rapidement sur le futur musée des féminismes, tu peux nous dire très rapidement deux mots là dessus.
Oui, n’hésitez pas si le projet vous enthousiasme. Un Musée des féministes, il n’y en a pas en France, et donc, et même, c’est assez rare à l'échelle internationale. Et c' est très difficile, évidemment, en ce moment, en termes de financement, comme on peut s’imaginer. Donc, L’AFéMuse, l’association dont j’ai parlé tout à l’heure L’AFéMuse, vous pouvez aller retrouver le site, adhérer à cette association et participer à ce projet. On espère vraiment que le musée pourra voir le jour. D’ici trois ans, il y aura d’ores et déjà d’autres expositions préfiguratives de ce musée, notamment sur Planning Family, la contraception, voilà, donc la première, c'était celle dont j’ai parlé. Mais voilà, il aura d’autres expositions Notez les dates, et adonnez-vous aussi à L’AFéMuse merci Euryale, il y a le lien là-dedans. Bon, on n’a pas le temps pour une reco culturelle, parce qu’on va laisser les gens rentrer chez eux, arrêter de travailler et peut-être manger, Nora, excellente, merci. Louis-Yves, exceptionnel, moi, incroyable et inversement. Alors merci beaucoup, merci beaucoup. Merci à tout le monde. J’ajoute juste que toutes les deux, le hasard fait qu’on se retrouve le 13 septembre, bientôt, on sera à Bourg-en-Bresse. On va fêter les 15 ans de la Canaille. On va causer anticapitalisme, révolution et lutte des classes. Donc, si vous êtes à Bourg-en -Bresse ou dans le coin, le 13 Septembre on sera, Ludivine et moi, à une table ronde. Il y a aussi une représentante de la Confédération paysanne qui sera là. Donc, franchement, venez, venez nous dire bonjour, venez nous écouter, venez discuter, venez échanger. Merci beaucoup à tout le monde d’avoir suivi ce tout premier épisode de “Qui va faire la vaisselle ?” Merci encore une fois, Ludivine je suis trop contente de t’avoir écoutée. J’ai encore des frissons à nouveau décidément. Regarde, regarde, regarde. C’est beau, c’est bon, mais merci. Merci beaucoup et bien voilà, la bonne fée L’AFéMuse, bonne fée. Voilà le livre de Ludivine : “Nous ne sommes rien, soyons toutes” aux éditions du Seuil. Merci vraiment à tout le monde pour vos mots et d'être là. Merci à Euryale pour la modération. Merci beaucoup à Nayan pour la régie et la réalisation Voilà, merci à toi, merci d’exister. Merci pour ton existence et puis, à bientôt, je vous retrouverai bientôt pour la rentrée de ” Bouffe de là saison 2”, très bientôt ce mois-ci.
