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« On lâche rien ! ». Le jeu (de l'été) du maintien de l’ordre

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour,est ce que vous m’entendez ? Voici la vignette pour toi, Euryale Vérité et Justice. forte pensée pour la maman de Nahel, les proches de Nahel. Et tous les gens de Nanterre ce soir. Alors effectivement. Pourquoi cette putain d'émission ce soir sur ce jeu truculent qui s’appelle« On lâche rien » Eh bien tout simplement parce que le jeu sort ces jours ci, que l’invitation est lancée depuis des bail et que bien il n'était pas prévu qu’il y ait ce qui est en train de se passer à Nanterre. Et d’une certaine manière, il y a évidemment un rapport de cause à effet. Le jeu s’appelle on lâche rien. Il est intitulé, bon, les mecs, ils ne sont pas génies. Un jeu, un jeu qui ne se tient pas sage. Non mais attends, attends, ce n’est pas ce que va dire mon producteur. En plus ils m’ont envoyé un exemplaire. J’espère qu’ils vont en envoyer deux ou trois parce que sinon ils vont avoir des problèmes. Avec mon producteur. On ne lâche rien, Alors moi ça fait ça fait très longtemps que je n’ai pas joué. Jeu de cartes et de rapidité. Je ne savais pas que ce genre de vie existait. Bonjour Romaric, je vois que Romaric Briand est dans le tchat. Oh la vache ! Alors je ne sais pas si mes invités sont dans les loges. Euh. Je pense qu’il m’entend. Je ne sais pas s’ils savent qui est Romaric en question, mais si c’est un coup sur Romaric Briand. Euh attention, il n’a pas la langue dans sa poche. Concernant les jeux, c’est un spécialiste des jeux de société. Il a. Ma came est un peu basse. Mais ça y est, je l’ai modifié. Alors c’est très bizarre parce que là, je n’entends pas ma voix, mais je n’entends pas ma voix. Bon, ce sera mieux comme ça. On se détend. Donc ce soir, nous avons les deux créateurs du jeu. On ne lâche rien. Un petit jeu avec des cartes ici qu’on va vous présenter, On va vous présenter le but du jeu, les modes de jeu, etc. Et on va vous présenter. Il y a des règles du jeu. Ça, c’est pour les vieux. Il y a une vidéo qui raconte les règles et puis il y a ce petit livret d’une trentaine de pages qui a été rédigé par l’ACAT, l’Association des chrétiens contre la torture et la Ligue des droits de L’homme On pourrait dire une espèce de pense bête de que sais je, expresses sur le maintien de l’ordre en France. Bonjour, bonjour Jérôme, merci pour ton don. Merci beaucoup. Oui, je ne voulais pas oublier ainsi Allan Barte, les cartes. J’essaie de vous les montrer. Les invités, est-ce que vous êtes prêts à vous rencontrer ? Dans une seconde, ils me font un doigt, pas un doigt. Qu’est ce que je raconte ? Un pouce à pouce levé pour l’arracher. Donc, pour tout vous dire, je suis Je suis ravagé par ce qui se passe à Nanterre. On va essayer de faire l'émission, sinon je coupe ma caméra et je laisse les invités causer. Vous êtes à l’antenne, messieurs Luc De Bois Adrien Fulda.
Luc De Bois
Bonsoir, Bonsoir.
David Dufresne
On voit les professionnels. Oui, super, super ! Bonsoir Luc De Bois, Bonsoir Adrien Fulda. Luc est à gauche si je puis dire et Adrien est à droite, c’est bien ça ?
Adrien Fulda
Tout à fait.
David Dufresne
Qui est le concepteur du jeu ?
Adrien Fulda
Avec Luc, Luc a une idée initiale qui, à vrai dire, est partie en fait, il a été sensible à tout ce qui se passait avec les gilets jaunes et a rendu visibles les violences du maintien de l’ordre à la française. Ouais, exactement. D’où certaines cartes qu’on a mises dans le jeu. Et. Et donc, en fait, suite à ça, on se dit qu’il y a à la fois un jeu à faire parce que l’idée d’un jeu venait, parce que nous on travaille dans le domaine du jeu, puis que moi, et puis on s’est dit il y a des messages hier, il y a des messages à faire passer et il a démocratisé.
Luc De Bois
Je suis passé, je suis passé à droite. C’est ça ?
David Dufresne
Oui, je trouve. Ça te va mieux ?
Luc De Bois
Non, hein ?
David Dufresne
Donc au départ, c'était un autre jeu, en effet. Auquel j’avais fait, j’avais eu droit à un petit essai avec un journaliste du Monde Diplo. Si mes souvenirs sont bons. Et quelle ne fut pas ma surprise agréable de recevoir votre boite et de voir que ça avait changé du tout au tout. Alors ce n’est pas la peine de parler du prototype qui n’a pas existé. Mais au fond, en deux mots, peut-être nous raconterons très rapidement comment fonctionne le jeu On lâche rien et pourquoi vous avez choisi cette incroyable simplicité par rapport à ce qui était en gestation au départ.
Adrien Fulda
Donc par rapport à ce qui était en gestation au départ en fait, on avait un jeu de conquête des territoires, on voulait mettre en jeu à la fois le maintien de l’ordre et cette et cette conquête des lieux de pouvoir à Paris.
David Dufresne
Oui.
Adrien Fulda
Et en fait, on s’est rendu compte que le jeu qu’on avait créé, était compliqué. C' était pour des joueurs avertis. Et notre but initial est ce pourquoi on a créé cette maison d'édition ? C’est pour faire des jeux qui soient accessibles à tout le monde. Donc il nous fallait un jeu beaucoup plus simple et beaucoup plus accessible. Et donc c’est pour ça qu’on a on s’est dit on s’est trompé de cible. Notre but, c’est quand même de faire jouer un maximum de personnes pour que ce soit pour que les messages qu’on véhicule dans le jeu soient accessibles à un maximum de monde. Et donc on est parti sur un jeu de rapidité. Donc c’est pour ceux qui connaissent la bataille corse, c’est un peu dans cet esprit là qu’on a conçu. On retourne des cartes les uns après les autres selon certaines configurations. Il va falloir faire preuve de rapidité et taper sur l’un des tas qu’on a créé le plus vite possible. Et donc on met en scène trois configurations. On met en scène une première configuration qui est la charge d’une manifestation. Donc on a deux forces de l’ordre en présence de manifestants. Donc on met en scène la pression des manifestants sur les décisions politiques et les personnalités politiques. Avec donc une configuration qu’on a appelée On ne lâche rien justement. Et une troisième configuration où la pression de la rue est telle qu’elle fait faire une démission au gouvernement. Et donc lorsqu’on a donc dans ce cas là trois personnalités politiques qui sont retournées en même temps, il faut taper le plus vite possible dessus. En quelques mots. Voilà la, le l’esprit du jeu.
David Dufresne
Alors j’ai bien compris l’esprit du jeu. Euh. Est ce que tu peux nous faire une démonstration ?
Luc De Bois
Oui Crazy.
Adrien Fulda
On a des cartes de luxe.
David Dufresne
Ce n’est pas parce que t’es à droite que tu ne peux pas parler, Tu as droit à une minute par heure.
Luc De Bois
Mais Adrien a besoin de parler.
Luc De Bois
Ha ha ha !
Adrien Fulda
Donc on refait vivre l’esprit d’une manifestation aux joueurs. On a trois types de cartes dans le jeu. On a deux cartes, on les voit bien devant ton visage.
Adrien Fulda
Voilà, on a des cartes manifestant qui sont en jaune dans le jeu. On les a vu et on essaie de représenter toutes sortes de personnes. Elles sont en jaune, donc on en a 18.
Luc De Bois
Je continue on a des cartes personnalités politiques. Pareil, y en a 18. Elles sont sur fond bleu.
David Dufresne
Couleurs de droite.
Luc De Bois
Couleurs de droite. Absolument.
Adrien Fulda
Et on a également 18 cartes forces de l’ordre que tu nous a présenté, David. Qui sont sur fond rouge.
Luc De Bois
Couleur de lutte.
Adrien Fulda
Donc effectivement, avec les petits dessins d’Allan Barte que certains connaissent bien pour. Et donc à tour de rôle, on distribue toutes les cartes du paquet et à tour de rôle, on va en tirer une et la placer au centre de la table. Si on en a déjà une au centre de la table concernée, le joueur pose une carte à côté et on va créer un cortège de manifestations. Quand on en a déjà deux, on en pose une troisième et là occurrence, c’est le hasard et la croix trois. Et s’il y en a déjà trois qui sont posées sur la table, quand c’est à moi de jouer, je vais poser une carte sur l’un des tas déjà existants de manière aléatoire et au hasard, le plus vite possible. Et il va se créer certaines configurations, les trois qui ont cette valeur. Et dans ce cas là, il faut vite taper sur l’un des tas. Donc finalement très simple, vous juste taper lorsque certaines. Certains alignements de cartes sont représentés et on collecte les cartes sur lesquelles on a tapé. On les garde devant soi. C’est autant de temps qu’on gagne pour la fin de la partie que le but du jeu est de collecter un maximum de cartes. Voilà le principe du jeu en quelques mots. Et bien sûr, il faut venir le tester pour s’en rendre compte.
David Dufresne
Alors donc, en effet, c’est un jeu où en fait on se bat, parce que quand tu parles de rapidité, il s’agit de taper, si j’ai bien lu les règles, de taper sur la pile quand il y a matière à taper. Et en fait on se bat, on se bat avec le jeune assistant au poste par exemple, on en vient aux mains. Est ce que c’est bien raisonnable de faire un jeu aussi violent concernant le maintien de l’ordre ? Est ce qu’il n’y a pas là chez vous une façon assez déloyale de critiquer les forces de l’ordre ?
Adrien Fulda
Oui, mais on peut aussi taper sur les personnalités politiques. Le on lâche rien.
David Dufresne
Oui, il y a un côté très populiste dans le jeu, je suis d’accord.
Adrien Fulda
Donc on matche rien et d’ailleurs pour la petite histoire, une de nos associations partenaires, on en parlera sans doute bien sûr, nous a demandé de pas mettre le mot taper au moins au dos de la boîte et donc au dos de la boîte, il y a pas le mot taper, y a le mot. On s’empare des piles. Je ne sais même pas s’il y a ici encore ce mot, mais c’est on s’empare des piles. Et parce qu’effectivement le mot taper en fait mal, ça, ça n’allait pas. Et pour une petite anecdote aussi, ce jeu s’appelait au tout départ le nom de code, c'était ça va péter. Et on est allés vers quelque chose de plus consensuel qui représentait la manifestation.
David Dufresne
On a eu l’idée du jeu de cartes. Tu as parlé tout à l’heure d’un jeu de cartes corse dont j’ignore tout. Et est ce que c’est. Est ce que ça existe ? Est ce que. Est ce que c’est une famille de jeux ? Je veux dire des cartes, évidemment, mais euh, jeu de rapidité de cartes, c’est un genre en soi ou pas vraiment une question de béotien.
Adrien Fulda
Oui, en fait, dans le monde du jeu, il y a plein de types de jeux différents. Il y a déjà, il y a des catégories en termes d'âge, il y a des jeux pour enfants, les jeux, ce qu’on appelle familiaux, des jeux plus initiés, des jeux experts, c’est les quatre grandes catégories de jeux. Et effectivement, au sein de chaque catégorie, il y a des sous catégories, des jeux qui vont plutôt être de la réflexion, des jeux abstraits et des jeux de rapidité. Et donc là, bataille, on s’arrête. Et donc, en construisant ce jeu, vous voulez faire appel à un imaginaire collectif commun pour justement qu’il soit le plus simple à rendre possible. Et donc la bataille corse est plutôt un jeu que l’on joue quand on est jeune.
David Dufresne
Est ce qu’il y a une carte ? Personne n’a craqué ? Vous ? Demande Charles Vanel.
Adrien Fulda
Les bassines, elles, sont sous un cadre craqué. En fait, si craquer, c’est sous la pression de ses massages, de ses gaz lacrymos. Je craque et je me mets à devenir violent envers les forces de l’ordre. Y’a une carte effectivement qui est la carte projectile. C’est la seule carte dans le jeu qui nous permet de taper sur une carte force de l’ordre parce que sinon ce ne sont que cinq.
David Dufresne
Par contre, ou est ce que vous avez vu que c'était une bouteille d’eau que l’on lançait puisqu’il s’agit d’eau et non pas une huit six ? C’est l’A4 qui vous a demandé et qui vous a dit Attendez !
Adrien Fulda
Alors ça, ça a été un grand sujet.
Luc De Bois
Ça a été nommé.
Adrien Fulda
Quand même dire On n’a pas présenté, mais il y a des cas.
David Dufresne
Oui, j’allais venir, bien sûr dans le livre.
Adrien Fulda
L’Important aux jeux, aux règles de base, la configuration des cartes spéciales. Et en fait ces cartes spéciales, elles ont deux intérêts majeurs. Le premier, c’est de rajouter du piment, du piquant dans le jeu pour le pour augmenter son caractère ludique et les mécanismes qu’il faut surveiller. Donc voilà, tu les montres, il y a les menottes qui sont l’interpellation, mais elles apportent aussi en fait ces cartes. Elles viennent apporter des éléments, du contexte, des manifestations en France aujourd’hui et des stratégies de maintien de l’ordre.
Luc De Bois
Qui elles, les amènent peut-être.
Adrien Fulda
Potentiellement des discussions à ce qu’on disait. Notre pari, c’est qu’au moins ce jeu amène des discussions, amène des interrogations, peut être une conscience, une conscience politique chez des personnes, chez des joueurs, des personnes, des familles qui n’auraient pas eu cette conscience de l'état, du maintien de l’ordre et des stratégies en France. Et donc cette bouteille là, on parlait de cette bouteille qui permet, c’est la seule carte. Alors d’ailleurs, quand on présente le jeu et qu’on l’anime, on dit surtout ne faites surtout pas ça ! La bouteille d’eau, depuis janvier 2022, c’est cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Adrien Fulda
Même si elle tombe à côté du flic qui est visé et qu’elle ne touche personne, qu’elle ne blesse personne, c’est cinq ans d’emprisonnement.
Adrien Fulda
Donc ça c’est ça interroge en fait juste est ce bien raisonnable ? Est-ce bien équilibré ? Est-ce bien ? Donc ça, c’est ça. C’est des choses que nous, on a apprises
David Dufresne
Cela, dit Nestlé. Parce que Michaux dit dans Le Chat ça coûte cher la flotte. Je crois que c’est Nestlé qui a dit que de toute façon, l’eau n'était plus une denrée universelle. Donc il faut s’attendre à ce genre de prix dans les dans les mois, dans les années qui viennent.
Luc De Bois
Et donc en fait, au tout.
Adrien Fulda
Départ, dans notre jeu qui s’appelait Se répéter, c'était un cocktail Molotov. On avait fait un peu naïvement, on balance un cocktail Molotov, ça nous plaisait et Nathalie Veillon, l’avocate et une des avocates de la LDH, nous a dit Mais non, un cocktail Molotov, c’est une arme par nature. Vous n’avez pas à vous trimballer avec un cocktail Molotov dans la poche. Non, ce qu’il faut représenter, c’est une arme par destination. Donc on avait le choix entre plusieurs, plusieurs armes par destination et on a choisi cette bouteille tout à fait inoffensive. Qui est quelque chose que vous pouvez avoir en manifestation, ne serait-ce que pour vous désaltérer. Et à un moment donné, vous n’en pouvez plus de ce qui se passe et vous balancez. Et là, c’est cette fameuse loi 2 janvier 2022 cinq ans d’emprisonnement, 75 000 € d’amende.
David Dufresne
Alors pour les rouges, bien sûr, pour ceux qui ne suivent pas, ou d’un œil ou d’une oreille distraite, tu as. Tu as cité Natalité. Nathalie était venue au poste il y a quelques temps pour nous parler de la brave M. Puisqu’elle était venue nous parler du rapport vraiment très bien foutu de la Ligue des droits de L’homme sur. Sur la brave M. Voilà. Donc Nathalie, avocate, vous a conseillé pour le petit livret.
Adrien Fulda
C’est ça votre soutien.
David Dufresne
Dont on parlera tout à l’heure.
Adrien Fulda
Et d’ailleurs la référence à ce rapport, le brave M. D’ailleurs, anecdote aussi, Nathalie nous a appelés. C'était à 2 h. On envoyait le livret à l’imprimeur qui devait imprimer. Ah non, il faut absolument que tu mettes la référence au rapport, la référence qu’il y a. Donc la référence, vous voyez le truc ? Vous avez un livret ? Attends, il faut que vous le montriez, vous avez un livret de 30 pages et là vous avez des sources, une ribambelle de sources. Absolument. Petit, petit, petit, petit, petit, petit. D’ailleurs, Adrien ici présent disait qu’il n’y aurait qu’une seule personne qui lirait ce livret, mais je ne pense pas. Moi je pense que ce livret est génial et qu’il sera lu, mais par de nombreuses personnes. Mais alors imaginez les personnes qui vont lire les sources et dit ah non mais la source, il faut absolument que tu mettes le rapport. Eh bien, nous avons appelé l'éditeur, L’imprimeur ne lui a pas dit stop ! Nous changeons la référence car c’est très important. Et donc là dedans, c’est la page de référence du rapport de la LDH sur la bretelle.
David Dufresne
Pimiko nous dit Mais et c’est un jeu éducatif, euh. Je ne sais pas si Romaric est toujours là, mais il me semble que chez Lu et chez les Ludologues dont vous êtes, il y a, il y a des batailles, il y a ceux qui veulent réinventer le jeu, il y a ceux qui veulent raconter des histoires par le jeu. Il y a ceux qui veulent éduquer le bon peuple. Euh, vous vous situez où vous ? Dans ce jeu là pour nous.
Adrien Fulda
En fait, l’idée qu’on a, c’est que le jeu est un objet culturel comme un autre. C’est comme lire un livre, comme lire une bédé, comme aller au théâtre comme. Et en fait, on y va construire notre imaginaire. Et donc, quand on joue à risque, on va conquérir le monde. Quand on joue au Monopoly et que le but c’est ruiner ses adversaires. Finalement, on joue à la guerre en jouant des choses violentes et on met en scène une certaine vision du monde. Et donc nous, pour nous. Le but, c’est effectivement que le jeu de société soit une manière de véhiculer le monde par des images du monde qui nous entoure et de ne pas véhiculer toujours les mêmes idées à la fois consensuel, soit disant neutre, et donc que ça puisse véhiculer aussi des idées de gauche.
Adrien Fulda
Consensuelle égale de droite.
Adrien Fulda
Mais merci effectivement, c’est ce que j’avance. Donc en fait, est ce que c’est un jeu éducatif ? Bah à vrai dire, c’est d’abord un jeu, c’est d’abord un jeu, mais c’est certes y véhicule une certaine idée du monde qui est qu’est la nôtre et qui peut être différente des jeux classiques dans lesquels on s’entretue, mais c’est normal. Et donc on a voulu d’abord avec cette idée de. On appelle ça des jeux qui secouent pour nous parce qu’on vient provoquer une discussion autour de la table. Et si des gens qui. Il est destiné au grand public, il est destiné à des gens qui ne se sont jamais posé de questions sur la matière. Alors tu trouves que les policiers, c’est normal, ils font leur travail. Qu’est ce qu’on y peut ? Eh bien justement, en fait, que ces personnes, quand ils jouent au jeu et donc on les attire par un jeu qui est fait d’une certaine manière, qui est rapide que ça et qui puisse. Si à l’issue du jeu, il y a une discussion, il y a une anecdote qui ressort et finalement il y a un débat autour du maintien de l’ordre en France sans même qui lisent le livret. Eh bah on aura déjà gagné notre pari. Donc d’une certaine manière plus éducatif, c’est un jeu à un jeu qui transmet une certaine idée de la société.
Adrien Fulda
Type et même, je dirais, qui peut transmettre notre grand truc un petit peu machiavélique, notre affaire. Mais c’est ce qu’on a envie de faire, c’est ce qu’on a envie de proposer.
Luc De Bois
C’est un jeu.
Adrien Fulda
Et plutôt que de jouer au Monopoly où tu vas ruiner ton adversaire, comme le dit si bien Bryan, plutôt que de jouer à Colons de Catane ou tu vas coloniser des îles, et bien tu vas jouer à ce jeu.
Luc De Bois
Et tu vas jouer à ce jeu. Et si peut être. Émerge une étincelle de conscience Quand je jouais à ce jeu, il y a des choses. Qui t’interpellent. Le travail est contenu dans une règle du jeu, qui a des mots en gras, qui sont définis par ailleurs et que tu commences à ouvrir quand tu commences à poser des questions.
Adrien Fulda
Tu commences à te dire est ce normal ? D’ailleurs, c’est une citation de David Dufresne que nous avons reprise dans ce paragraphe. C’est normal d’avoir balancé 13 500 grenades lacrymogènes le 8 décembre 2018 contre 5000 gilets jaunes.
Luc De Bois
Sur cette question on posait cette question Est ce que c’est normal.
Adrien Fulda
Ça ? Et bien on aura Ah oui, on aura marqué des points en fait. Mais parce qu'à la base, c’est un jeu en fait, notre truc, notre rêve. En tout cas, mon rêve, moi c’est tu vois un gosse là, qui joue car ses copains, ils ont joué à un jeu génial, ils l’amènent à la maison mais on y est pas du tout, ils ont aucune conscience de rien du tout. Et ils commencent à jouer. Ils commencent à discuter, à prendre conscience. C’est peut être un petit peu naïf, mais on se dit mais ça c’est possible. En fait, c’est possible d’amener une forme de conscience par quelque chose finalement assez anodin, assez, assez sympa, très sympa. D’ailleurs, ce serait très sympa. Un des commentaires vachement sympa, c’est la crème de Paris Game. On a eu quelqu’un qui ne connaît pas Ce n’est pas donné, c’est la crème de Paris. Voilà un jeu sympa. Et bien le jeu sympa, il amène quelque chose, il amène de la pensée, il amène de la pensée politique, il amène une réflexion.
David Dufresne
Romaric Briand dont je vous disais qu’il n’a pas la dent facile, il vous dit La couleur du jeu véhicule ses idées, mais pas les mécaniques. Même si le jeu implique la dynamique de taper entre guillemets, on ne peut pas dire que les mécaniques de ce jeu soient spécialement subversives. Pour interrogation. Et il ajoute pour s’excuser à mon avis, il ne fera pas euh, il ne va pas passer sa soirée à s’excuser. Allez, je secoue le cocotier. Qu’est ce que vous répondez à ça ?
Adrien Fulda
Ça tombe bien, le cocotier, c’est notre logo. Notre logo, c’est un shaker avec noix de coco et des cerises et on sort.
David Dufresne
Ah oui, votre logo, c’est Choco cherry, c’est Cherry Coco, Pardon ? Oui, oui, c’est le nom de votre boîte en fait.
Adrien Fulda
Euh ben en fait ce qui se passe, c’est que. La mécanique, elle est dérangeante en fait, et qu’on le fait jouer. Et là, je le faisais jouer encore tout à l’heure Dans un cercle de joueurs, on présente le jeu, on explique. Et quand on explique la première configuration où il y a deux policiers, un manifestant et le but du jeu, c’est de frapper sur le manifestant, et bien c’est quasi systématique. Soit les gens ça les fait un peu sourire, ça le fait un peu réagir, soit parfois il fronce un peu les sourcils, presque mal à l’aise en fait. Et donc, à partir du moment où un jeu nous met mal à l’aise, c’est bien qu’il véhicule des émotions. C’est bien un objet culturel qui nous fait réagir en fait. Et si derrière les joueurs réagissent à ce malaise, à ces émotions, à ce qui les a fait rire, on provoque la discussion sur le maintien de l’ordre. Et pourquoi est-ce que je trouve ça malaisant ? Ou au contraire, pourquoi est ce que ça drôle de taper sur un manifestant par exemple ? Donc la mécanique en soi provoque, provoque quelque chose.
Adrien Fulda
Oui, on peut montrer cette carte. D’ailleurs, cette carte, elle a une histoire un peu mouvementée puisque au départ c'était une carte où il y avait une grenade, de désencerclement grenades explosives. Et dans la règle du jeu, on le disait comme ça et on faisait jouer comme ça. C’est donc on tient le paquet de la main gauche pour les droitiers, etc. On joue. Et si vous tapez par mégarde sur cette carte qui ressemble très fort aux cartes gaz lacrymogènes sur lesquelles il faut taper, Voilà, merci, Merci Adrien. Eh bien à l’inverse des gaz lacrymogènes où il faut taper tous et c’est le dernier qui les prend. Là, il ne faut surtout pas taper. Donc évidemment, notre but là, c’est que les gens tapent par mégarde. Ça c’est le ressort ludique. Et là on disait Bien, vous perdez un bras perdu, un bras, ça vous a explosé dans la tronche et vous changez de main. Donc vous jouiez de la main gauche, là vous allez jouer de la main droite et après même en rajouter, je me souviens de canne, vous perdez un œil de Dieu, donc c’est évidemment de l’humour très trash et. Mais là, pour le coup, la mécanique reflète une réalité. Alors il se trouve que, à la demande de certains observatoires de la Ligue des Droits de L’homme, on ne veut pas qu’il y ait des ressorts ludiques sur des armes mutilantes. On fait le con, même si c’est évidemment du second degré, même si on est évidemment solidaire. Et on est contre ces violences. Qu’il y ait des. Ressorts ludiques sur des qui expliquent et qui rigolent de gens qui ont eu des mutilations, etc. Donc ça a été et ça a été supprimé, et on a fait cette carte interpellation qui est intéressante aussi d’ailleurs, parce qu’on a gardé la même mécanique. En plus, vous perdez un bras, vous êtes, vos mouvements sont entravés et donc vous changez de main.
David Dufresne
C’est une carte préventive, c’est ça nombre d’arrestations préventives.
Adrien Fulda
Donc ça nous amène. Et alors, exactement, ça nous amène à un concept qui est complètement qui détourne la loi de l’interpellation dite entre guillemets, préventive. Qu’est qui vient détourner une interpellation qui est sur des faits de. Violence ou autre constatée, qui vient le faire de façon préventive ? Donc ça c’est intéressant parce que quelque part, la mécanique du jeu, elle est quand même en lien, en rapport avec ce que fait la carte. D’ailleurs, c'était le cas pour la grenade de encerclement, ça reste le cas pour la carte interpellation, donc ces menottes et. Et c’est aussi intéressant de dire comment ça a évolué au contact de ces associations en fait, ce jeu.
David Dufresne
Alors pour ceux qui prennent l'émission en cours, les deux associations, c’est donc la quatre qui avait fait un rapport vraiment excellent il y a deux ou trois ans de ça, sur le maintien de l’ordre en France et la Ligue des droits de l’homme qu’on ne présente pas, qui, qui, qui connaît très bien aussi ces questions là. C’est cette collaboration en fait aboutie à se livrer, mais aussi finalement à la mécanique du jeu.
Adrien Fulda
Oui, il y a eu en fait, il y a eu des interactions dès le début. Vous vous êtes dit en fait pourquoi on est allé voir ? Bien sûr. Tout simplement. On a eu, on a eu ce jeu. Et d’ailleurs on avait rencontré, on les salue et peut être qu’ils y sont là. Ils nous suivent des. Ce qui. Les personnes de la Horde qui ont fait antifa le jeu, on les avait rencontré.
David Dufresne
Très défavorablement connu de nos services, l’a aussi reçu à deux reprises la première fois pour présenter le jeu, la deuxième fois quand la Fnac a voulu le censurer. Ben ouais, c’est comme ça, mais on a du suivi dans les dires.
Adrien Fulda
Et en fait, ils nous avaient dit Mais les gars, posez vous la question d’où vous parlez, qui êtes vous pour parler de ces sujets là ? Et ça nous avait vraiment marqué, donc on les remercie. En fait, ça nous a interpellés qui on était nous tous les deux et on s’est dit Mais en fait, pour en parler, il faut qu’on trouve des personnes, des personnes expertes en fait du sujet, qui sont à même d’apporter un message pensé, construit, intellectuel, documenté, sourcé sur, sur, c’est sur les manifestations et les violences en manifestations. Et donc on a tout simplement cherché sur internet et on est tombé sur ce rapport de la. Et donc on était là on trouve, on est tombé sur la LDH, on est aussi tombés sur Amnesty, alors on n’a pas voulu. Enfin bon, on a essayé mais ils n’ont pas voulu faire faire le projet avec nous et donc on a travaillé avec LDH et Agate. Adrien je te laisse.
Adrien Fulda
Il y avait un autre acteur aussi avec qui on a failli travailler à côté, c'était la CGT Police. Voilà qui est intéressant. Si on doit les impliquer parce que. Et donc dans ce livret on ne parle pas bien sûr quand on la voit, des observateurs des libertés publiques, la voix de la LDH, de la quatre, etc. sont aux prises en compte et leurs rapports sont cités. Mais on cite aussi le ministère de l’Intérieur. On cite aussi un général de gendarmerie qui explique que de travailler avec des personnes qui ne sont pas formées au maintien de l’ordre, ça met en danger et les manifestants et les forces de l’ordre sont sur le terrain. On parle, on cite des brigadiers de police qui expliquent qu’ils rentrent chez eux. La journée s’est bien passée, on ils ont été 31 sont intervenus sur arme sur des opérations de maintien de l’ordre. Y a pas une manifestation en 100 heures tout allait bien qui rentre chez eux. Puis BFM parle de Nice, de violences, de poubelles qui brûlent etc. Donc ils vont parler.
David Dufresne
Et alors, attendez, j’ai. J’ai pas bien compris la CGT Police, vous les avez approchés et ça ne s’est pas bien passé ?
Adrien Fulda
M Donc, c’est via la Ligue des droits de L’homme. En fait, c’est Nathalie qui avait un contact avec la CGT Police et donc qui avait proposé. Donc ça avait été hésitant, un et puis finalement et finalement, et au final, on n’a pas eu de contact direct, vous pouvez lui demander les propos exacts.
David Dufresne
C’est bien, ça tombe bien, parce que demain, ici même, à 9 h du matin, Anthony Caillet, le porte parole de la CGT Police intérieure, sera au poste. C’est toujours un plaisir pour moi de mettre en garde à vue un flic parce qu’ils ont sorti un communiqué assez étonnant aujourd’hui, mettant en garde Darmanin sur le fait qu' il fallait absolument faire une refonte nécessaire. C’est le terme du communiqué à une réforme nécessaire de la police. Et ça va même plus loin que ça en disant qu’il faut remettre la loi de 2017 sur les refus d’obtempérer. Et voilà, il faut l’abroger. Et donc ils seront là demain matin. C'était juste au passage.
Adrien Fulda
C'était sans doute lui que je pense que. Nathalie Non, il y avait, il y avait la crainte que ce soit un jeu anti-flics. En fait, ce qu’on voulait faire, ce n'était pas du tout notre intention. Notre intention, c'était de poser les choses factuellement et de montrer que c'était systémique. En fait, c'était un système, le maintien de l’ordre, c'était décidé, c'était politique. Et ces stratégies là, on en parle comme si on savait tout ça, tout ça. On a quand même un peu dit on a quand même vachement appris au contact. D’ailleurs, je voyais une question : est ce qu’on a un autre regard dans les manifs ? A changer ? Mais carrément ! Parce que maintenant, franchement, moi j’observe les forces de l’ordre et je vous avoue que me font un peu flipper. En fait ce que je vois et ce que je vois, ce qui est fait, les pratiques, le port du ré ou les comment on enlève les insignes en fin de manif, etc. Toutes choses en fait qu’on a découvertes en fait en travaillant avec ces Assos qui figurent dans ce. Dans ce petit livret.
David Dufresne
Le jeu est mis en vente, il est sorti le 26 juin, il y a eu des précommandes. Euh. Est ce que vous avez déjà des retours de joueurs ?
Adrien Fulda
Donc et deux joueuses dans la fédé s’est solidarisée. Ce week-end donc on a fait l'équivalent de la 250 parties je pense en trois jours parce que donc on avait un stand avec la Ligue des droits de l’homme, on l’avait envoyé en amont à quelques barrages jeux et à des personnes qui ont des qui testent des jeux et qui ensuite font leur retour sur eux, sur Instagram ou autres réseaux. Et et on a. On a globalement des retours très positifs en fait sur la mécanique du jeu. Le fait que soit un jeu plaisant, je pense qu’on a réussi notre premier pari de faire un jeu qui divertit en fait et auquel on a plaisir à jouer, en jouer. Et comme disait Luc, d'être amener chez ses potes pour qu’ils découvrent le jeu aussi. Et c'était nous et en fait le plaisir qu’on a, qu’on anime. Et donc quand on était là pour animer par exemple au solidarisme, c’est quand on donne des petites anecdotes à des gens qui ne connaissent pas, qui ne sont jamais intéressés au maintien de l’ordre, et on leur allume des petites étincelles dans les yeux, dans les yeux. Alors, c’est le bon terme En tout cas, l’oral, on voit qu’ils réalisent des choses quand on leur parle d’une citation du ministère de l’Intérieur qui dit qu’on est la seule nation d’Europe à utiliser des grenades explosives. Là par exemple, on présente je ne sais plus quelle carte et du coup ils disent ah, d’accord. C’est assez petit. Et donc on y repose une ou deux questions et bah ça, ça fait plaisir. Donc non, c’est ça, c’est ce qui nous touche puisque c’est la volonté de ce jeu. C’est justement ça en fait, pas nécessairement d’instruire, de faire des experts du jeu et du maintien de l’ordre surtout, mais juste d’allumer des petites étincelles pour que les gens aient envie de se renseigner davantage. Et d’ailleurs, dans le livret, on cite des films, des bébés, des podcast de huit minutes, de quinze minutes, 1h ou des livres pour ceux qui auraient envie justement d’en savoir plus et d’apprendre autrement En fait, il y a quelque chose qui vient souvent en fait, quand on fait jouer avec des gens qui ne sont pas justement qu’on a une conscience politique, qui. Ils disent Oui, mais attendez, la France, on est en France comme ce n’est pas l’Azerbaïdjan, désolé. Ainsi à des Azerbaïdjanais qui nous écoutent mais on ne le sait pas en Thaïlande ou autre pays Et en fait on leur dit mais attendez, mais en fait vous ne savez pas, vous ne savez pas. Là, ce que tu viens de dire Adrien La France, on en aura bien sûr, bien sûr, il y a toujours pire ailleurs, mais c’est quand même ça interpelle en fait qu’en France, ce soit le seul pays en Europe qui ait des grenades explosives en maintien de l’ordre. C’est quand même curieux, étonnant, interpellant. En tout cas, on peut se poser des questions que la France n’ait pas participé à un groupe de réflexion sur la désescalade des violences par exemple. D’ailleurs, ce qui est amusant à mes entre guillemets bien sûr, ce n’est pas très drôle tout ça, mais quand on a des joueurs belges, donc on a fait jouer dans des festivals et autres, il y a parfois des Belges qui viennent et nous disent ah mais la France vu des manifs en France, c’est pas du tout comme ça chez nous. Ben ouais, en fait ce n’est pas du tout comme ça à côté chez nos voisins. Parce que chez nos voisins, ils ont justement travaillé sur comment on fait, on désescalade les violences, comment quand on balance un pavé à un flic, y répond pas en balançant à LBD, il y a tout un travail à faire. C’est évidemment très compliqué, mais c’est un métier. Et donc cette base, ça, en fait, c’est ça surprend les gens. On leur dit mais non, en fait tu dis c’est la France, le pays des droits de l’homme, en fait, c’est plus ça, ce n’est pas ça en fait, c’est une image d’Épinal que tu as. Et donc justement, c’est ça qu’il faut défendre en fait. Et c’est là où on peut presque dire ce n’est pas, ce n’est pas un jeu politique, c’est un jeu sur la démocratie en fait, c’est un jeu sur le vivre ensemble et comment, comment on peut exprimer un avis contraire sans se faire tabasser en fait.
David Dufresne
Alors il y a quand même et c’est votre droit, mais il y a quand même un petit tropisme très politique, parce que ces cartes bleues là, les cartes des politiques au sens de représentation politique, ces cartes bleues là de ces représentants politiques, quand sur les trois piles il y a trois hommes politiques, ça veut dire que si gagner pour les manifestants, grosso modo, le jeu est quand même plutôt du côté des manifestants. Mais in fine, ce qui salue la victoire des manifestants, c’est le fait qu’il y ait une reprise par le politique. Je me suis demandé si c'était pas un peu daté comme point de vue un. On n’est pas chez les cons.
Adrien Fulda
Si on n’avait pas préparé la réponse à cette question.
David Dufresne
Je vois bien là, vous étiez en train de chauffer la merde.
Luc De Bois
Adrien ? Adrien ? Adrien.
Adrien Fulda
Bah je ne sais pas si c’est daté, mais c’est utopiste. Peut être effectivement parce que. Et d’ailleurs Sacha, ça fait réponse à ta question précédente. C’est quand on joue et qu’on dit bah voilà, sous la pression de la rue, le gouvernement démissionne en bloc. Les gens ça les fait sourire aussi en fait. Et lui disait Tu sais, c’est un jeu en fait. Et oui, ce n’est pas la réalité. Bien sûr, c’est ce qu’il répond spontanément, Il se rend compte que c’est que c’est drôle. Et en même temps, là aussi ça fait ça peut prêter à discussion. Et du coup de dire "ah bon ? Mais qu’est ce qui permettrait d’avoir des représentants politiques ? Qui ? Qui laisse les personnes libres de s’exprimer dans l’espace public. Est ce qu’ils disent qu’il faut tous les dégager entre guillemets ou pas ? Est ce que la pression de la rue sert à quelque chose ou pas ? A quoi bon ? Ça apporte des discussions, tant mieux.
Adrien Fulda
On a demandé à Alan de faire une illustration. Elle était donnée sur une carte postale lors des préventes. Je la montre à la création originale. Et on a voulu justement mettre sur cette image. En fait, il y a tout le monde. Donc il a repris tous les personnages du jeu. Alors merci Alan. D’ailleurs, il a fait un boulot génial en fait sur ce jeu, sans compter ses heures et tout ça. Et il a mis tout le monde, il a mis les personnalités politiques, il a mis des flics, la mamie, tout le monde là, il y a des flics pas très contents tout ça, mais il a mis tout le monde derrière la banderole On lâche rien. En fait, il y a quand même notre vie en société. Et en fait, on parle d’exprimer des avis, on n’est pas d’accord. Ben ouais, on a le droit en fait, ça fait marché. C’est parce qu’on n’est pas d’accord qu’on avance. Si on était tous d’accord, on dirait je ne sais pas ou mais. Donc voilà donc un petit côté utopiste
David Dufresne
Dans le monde du bleu vraiment, que j’ai que j’ai lâché en 1984 lors de ma dernière émission qui s’appelait Viens, on va jouer quand j’avais douze ans à Radio Poitiers Ouest pour sa date. D’accord ? Euh, depuis, je ne sais pas, je ne sais pas. J'étais resté au Wargaming et à Donjons et Dragons. Quoi ? Je ne me rends pas compte de ce type de jeux à connotation politique, sociétale, etc. Est ce que. Est ce que si t’as un site, là aussi un genre à part entière ? Est ce que ce n’est pas quelque chose qui est qui tend à un genre presque de niche ? Je vous dis ça parce que dans le jeu vidéo par exemple, il est très clair que les sommes d’investissement sont sans commune mesure. Il n’y a pas de politique parce que la politique ne fait pas vendre et même au contraire, elle clive. Donc on perd une partie du public en faisant des jeux politiques. Ça m’avait été expliqué notamment à Montréal quand j’y habitais avec les gens d’Ubisoft. Vraiment le jeu, c’est une question là aussi de simple curieux. Est ce que le jeu politique que vous présentez, par exemple, quand vous allez dans des salons, je crois que quand vous allez à Parthenay, c’est ça, ou demain ou ce week-end où il y a un salon terrible visiblement du jeu. Et il y a une aile réservée aux jeux politiques où tout ça est brassicole. Comment ça se passe par la suite ? Prendre la question. En fait, il n’existe pas trop de jeux politiques pour tout te dire.
Luc De Bois
Après, quelques jeux politiques véhiculent des messages. Mais effectivement, on est là, on tente. De faire une apparition quelque part Qui ? Ou on serait plus ou moins les seuls. Donc on pourra te répondre dans six mois. Néanmoins, le pari que nous on fait, c’est de dire qu’il y a des gens qui à qui, à qui ça va parler et qui vont être curieux et qui vont s’en emparer. Et donc effectivement, demain et ce week-end il y a Paris donc l’un des grands festivals en France de jeu, on aura un stand, il y a pas de 100 000 personnes qui sont attendues. Bon bah on sera au milieu parmi les autres éditeurs qui font des jeux sur les lapins et pirates. Et nous on aura un jeu sur les manifs. Et donc c’est aussi notre manière de dire bah on va toucher des gens qui s’y seraient pas intéressés sinon. Ou tu parlais du flip ? Donc le festival ludique international de Parthenay qui est aussi un très gros festival.
David Dufresne
Attends, attends, attends, il faut redire le nom. Le festival international.
Adrien Fulda
C’est. Toujours aussi grand. Envol ludique international de Parthenay dans les Deux-Sèvres.
David Dufresne
Et on dirait Edwy Plenel quand il parle de Saint-Étienne et qui dit Ah, c’est la troisième ville de France. Donc partenaire et partenaire, pas très loin de Poitiers. Donc tu vois comme quoi tout est lié. Dans les Deux Sèvres, je crois par ses acteurs.
Luc De Bois
Donc on a. D’ailleurs été nominés à ce pas à ce festival pour un prix qui s’appelle le prix écoludique. Donc un prix pour des jeux qui à la fois ont des ressorts ludiques indéniables et à la fois pour eux et pour leur engagement écolo, on va dire dans le monde du jeu parce qu’il est fabriqué en France et par des imprimeurs labellisés venant de forêts durablement. Manger du papier vient de forêts durablement gérées, etc. Donc super ! Et en fait, pour tout te dire, ce weekend là, il y a. Hier, j’ai pu rencontrer l’une des personnes qui était au jury quand même. Je ne sais pas si je peux avoir le temps que c’est Étienne
Adrien Fulda
Un nom donc une autre, une autre personne.
David Dufresne
Quel mal, quelle mafia ? Le monde du jeu ? Mais alors, et alors qui a annoncé que vous auriez le prix ? Mais il ne fallait pas le dire, c’est ça ?
Luc De Bois
Non, c’est le public, c’est le public. Il ne va pas hésiter à nous nommer parce que c’est dans les Deux-Sèvres en fait, et que dans les Deux-Sèvres, il n’y a pas longtemps, il y avait Sainte Soline et que le festival ludique de Parthenay. Là, le flip est quand même subventionné en grande partie par les Deux-Sèvres. Et donc, est-ce que c’est allé ? Est ce que ça allait leur porter préjudice justement de faire un jeu ?
David Dufresne
Eh bien, le prix méga bassines est remis à On lâche rien.
Adrien Fulda
Ah non, mais ça, ce serait notre rêve. Tout le monde sur la scène là, avec le truc. Et là tu lèves le poing, on lâche rien. Ah non là, attention Lioran, là, excuse moi ce que je vais dire.
Adrien Fulda
Donc pour répondre à ta question, et bien ils ont dit ben non, il n’y a pas de raison. En fait, les jeux parlent du monde qui nous entoure et donc. Et donc ce jeu là a toute sa place, qui répond au cahier des charges, qu’on le veuille ou non.
Adrien Fulda
Alors ça c’est pareil pour eux, ils ont fait ça. Donc ça, on dit merci, merci de le dire, je découvre, mais on les remercie très fort en fait. Et on est très contents en fait d'être nommés dans ce festival pour ce prix. Mais ça n’a pas été le cas tout le temps. En fait, on a eu des festivals qui nous ont censurés, notamment des festivals. Quand on concourt pour déconner, présenter des jeux, ouais, les politiques, le jeu c’est comme dit Adrien, c’est des lapins.
David Dufresne
Alors qu’est le festival ? Le festival international.
Adrien Fulda
Dogma Sports Balance.
David Dufresne
Balance ici, balance.
Adrien Fulda
Et on s’en fout en fait. Tant pis pour eux. Ouais non mais attends moi ce que je voulais dire parce que là, je voyais passer. Effectivement, il y a des jeux où il y a des jeux politiques indépendants. Oui, bien sûr, ils sont très peu connus. Et justement nous notre grand truc c’est bon, c’est pas on n’est pas encore très connus, mais notre grand truc et notre ambition là, c’est justement d'être connus et que ce jeu y soit joué et. Et là je voulais dire un truc quand même qu’on a réussi et quelqu’un en qui nous a fait confiance, un acteur qui défonce un distributeur parce que pour vendre des jeux en boutique, il faut passer par un distributeur, c’est un modèle. Et le distributeur en Inde, on le salue. Le distri, on peut le nommer. Qui nous a fait confiance ? Qui nous a dit ok les gars. Alors ok, il y va doucement, mais on est contents de pouvoir être distribués, donc si vous allez en boutique de jeu, alors la boutique là, pas forcément, mais vous pouvez le commander. Elle saura le commander auprès de son distributeur qui s’appelle du district des lieux.
David Dufresne
Dans le monde du cinéma, le distributeur donne également de l’argent, parfois une sorte d’avances sur recettes aux producteurs. Donc en l’espèce, là, ce serait l'éditeur. C’est le cas ici aussi.
Adrien Fulda
Ils font des achats fermes en fait. Donc le distri a fait des achats fermes du jeune homme qui l’a parié sur le fait qu’il allait pouvoir vendre le jeu et nous donner.
David Dufresne
Et par exemple si je ne lui demande pas les sommes. Ces achats fermes remplissent par exemple une partie des frais d’impression.
Adrien Fulda
C’est une partie de la production, une partie de la production. C’est une super nouvelle pour nous. C'était l'économie du projet. Elle n’est pas gagnée. Je tiens à le dire. Alors c’est. Ce n’est pas le budget d’un jeu vidéo, mais ça reste un petit budget et va, il va falloir avoir des boites. C’est une phrase que mon bon ami Adrien me dit souvent qui va falloir en vendre des boîtes. Oui. Mais et donc ? Et donc bien des distributeurs. Il y a des distributeurs et on ne citera pas non plus des noms, mais qui on dit Ah ouais non, ça ressemble trop à la bataille Corse. Non, non, ce nom. Voilà. Et ok, en fait. Donc c’est un pari. Non, pas de pari en fait, c’est qu’on entre dans ce circuit du jeu qui est totalement aseptisé ou quasiment aseptisé, en tout cas du jeu avec pignon sur rue et quoi Avec, on enfonce un petit coin avec quelque chose qui fasse réfléchir sur notre époque.
David Dufresne
Comment ? Alain Barte, le dessinateur qui n’est malheureusement jamais venu encore au poste. Comment ? Comment vous l’avez rencontré ? Comment vous l’avez convaincu de vous rejoindre ? Parce que le gars ici, quand même, fallait un certain nombre de cartes. La la la la boîte elle-même, Les deux livrées. Comment ça s’est passé ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Adrien Fulda
Euh. Et bien en fait. On avait repéré les dessins d’Alan, déjà parce qu’on le suivait régulièrement. Pour nous, son dessin, il avait plusieurs, plusieurs bonnes propriétés pour le jeu en fait. D’une part, son dessin, il est. Il a une certaine forme de simplicité qui dédramatise le propos qu’on aborde. Et ça, c'était important pour nous d’avoir un jeu qui soit plutôt lumineux, qui reprend cette couleur là, ludique. On a l’impression, en voyant le jeu, d’avoir quelque chose d’un peu, d’un peu léger, des cartoons qui évoquent peut-être la bande dessinée. Et donc c’est un dessinateur de bande dessinée et donc ça nous. Donc ça nous plaisait beaucoup. Puis deuxièmement, il était lui-même Donc il croque l’actualité comme c’est décrit chaque jour et il a beaucoup parlé, il a beaucoup dessiné et je trouve son sujet justement sur les violences policières. Et donc pour nous, c'était aussi important de travailler avec quelqu’un qui était, qui était sensible à ses sujets, qui étaient engagé sur les sujets, donc assez commun. Comment ça s’est passé ? Bah, on a proposé justement à la Ligue, à la Ligue des droits de l’homme, de le contacter encore. Ils ont plus de légitimé techno pour discuter avec lui et il sur le principe, il a été en fait un tout de suite, tout de suite répondre tout de suite. Partant, je pense que je crois qu’il est. Donc on ne s’est jamais rencontrés en vrai. On s’est beaucoup vu évidemment par un par visio. Il a arrêté tout de suite. Je crois qu’il est joueur en fait. Donc il a tout de suite été moteur et je pense que ça devait répondre à quelque chose qu’il aime : faire des jeux, faire des jeux. Donc c'était super, ça correspondait aussi à ses envies. Et pour la petite, pour le petit clin d'œil, vient ce week-end à Paris. Donc lui il habite, habite dans le centre de la France et il sera là ce week-end à Paris pour faire des dédicaces au stand.
Adrien Fulda
Samedi
Adrien Fulda
Donc pas demain après-demain.
David Dufresne
Et si c’est ou votre petite sauterie à Paris, j’ai rien compris. Donc demain c’est Parthenay.
Adrien Fulda
Et Paris c’est Paris.
David Dufresne
Ce week-end c’est Paris, Paris, Paris et Parthenay c’est quand ?
Adrien Fulda
C’est mi juillet.
David Dufresne
Assez, mi juillet. Pardon. Ok, d’accord. Rendez-vous ce samedi avec Alan.
Adrien Fulda
Samedi fera dédicace en pas toute la journée. Mais enfin il arrive et il va dédicacer le jeu. Et donc ils sont en fait le prototype. Quand on faisait jouer avec un prototype dans nos concours, Tout ça, c'était des images qu’on avait piratées d’Alan Bar et on était tellement habitués à ces images qu’on ne pouvait pas, on pouvait pas ne pas la voir et on se disait hou la la mais si ce n’est pas lui, ça va vraiment va perdre vraiment à quelque chose et on est vraiment super content qu’il ait dit oui.
David Dufresne
Question du chat de Rose-Marie, Romaric qui dit lâcher les coups. Attention à ne pas confondre les jeux dont la couleur ou les méthodes de production sont politiques et des jeux dont les propos en politique. C’est à dire que le fait même d’y jouer peut bouleverser vos opinions politiques et non pas seulement susciter des discussions autour de la politique après la partie ou autour de la partie. Alors je ne sais pas à quel jeu tu fais référence et allusions. Mais vous votre propos c’est de faire un jeu avant tout ludique qui déclenche le débat mais qui ne modifie pas. Si j’ai bien compris Romaric la perception politique qu’on puisse avoir du monde au moment même où l’on joue.
Adrien Fulda
À au moment où on joue sans doute pas, mais après coup, pourquoi pas en fait. En fait le truc c’est un après c’est un parti pris sympa de l'éducation populaire en fait, c’est qu’est ce qu’on préfère. On préfère un jeu qui transmet des messages et qui est peu joué et qu’on va et on va essayer de. Un jeune militant en fait, on va militer avec le jeu. D’ailleurs, ça c’est une question aussi que quand on nous a posé, est ce qu’on préfère ? Est ce qu’on a envie de faire ça ? En fait, ce n’est pas une histoire de préférence. D’ailleurs, peu importe finalement. Est ce que c’est un jeu de militant et on va militer avec le jeu ou c’est un jeu qui se tient tout seul en tant que jeu et qui va amener un jeu subversif ? Il va être chez quelques personnes un début de conscience politique et peut être de changement de pensée politique. Et notre ambition, c’est ça, il n’y a rien. Mais notre ambition, c’est ça, c’est un pari, on va voir ce que ça donne. En fait, on n’en sait rien. Mais notre truc, notre positionnement, c’est ça, c’est on veut, par le jeu objet culturel, amener une conscience politique. Ça. Et en fait, ce qui se passe, c’est que ce qu’on veut, c’est qu’il y en ait pour tous les goûts. Donc, est ce que ça rejoint ce que tu disais tout à l’heure ? Bien effectivement, l’offre est pauvre sur les jeux qui portent des messages qui portent simplement une vision du monde un peu différente. Donc dans un QU’IL qui ait des jeux comme antifa qui soient des vrais outils d'éducation militante mais super qui est des jeux et qui peut être comme le nôtre, qui provoque des discussions à l’aspect. En fait, élargissons le champ des possibles de ce côté là, car l’offre est un peu trop limité en ce moment sur l’art là dessus et on a cette vision un peu étriquée du fait que le jeu doit être apolitique, sachant que cet apolitisme est en réalité de droite, de colonialiste.
Adrien Fulda
De droite, l’apolitisme est de droite tu sais.
David Dufresne
Il y a écrit sur la boîte qu’on peut jouer de 2 à 6 joueurs. Il faut avoir dix ans et plus et que ça dure environ quinze minutes. J’ai fait plusieurs parties, nous n'étions que deux. Est ce qu’il y a une grande différence quand on est trois, quatre, cinq ? Lesquels ? Oui, certes, les coups sont plus violents.
Adrien Fulda
Ça aurait été un jeu, un jeu. Luc disait que c’est un party game. Donc c’est un jeu qui crée une certaine ambiance autour de la table. C’est un jeu léger en fait. Presque. À la fin, on part quand on compte les points, mais le but, c’est en fait de s’amuser. C’est marrant de son père depuis que le voisin ou parce que ça a déclenché des rires. Donc dans ces conditions là, on y joue à deux et il y a un côté duel qui gagne, qui est sympa. Et puis quand on y joue à cinq ou six, il y a une ambiance un peu plus, un peu plus délirante. Et comme dans un peu tous les jeux de ce type, la France.
Adrien Fulda
On a fait des parties. D’ailleurs on apprécie mais parce qu’après y a peu de cartes. Mais moi j’ai fait des parties à douze. Quinze appartenaient d’ailleurs en off à la fin d’un festival, j’ai sorti le jeu et on était douze là, enfin, ils étaient douze et c'était juste dingue. En fait, comme il faut taper ce qui était loin sur la table, il y avait. Ils avaient du mal, mais c'était le délire. En fait, plus on est nombreux et plus c’est marrant. Ça devient un moment marrant en fait, même si le sujet n’est évidemment éminemment pas marrant. Bah le jeu et le jeu est marrant. Et justement d’ailleurs, ça c’est intéressant de se dire tiens, j’ai joué un truc, j’ai tapé sur des manifestations et on s’est marré. On dit d’ailleurs il y a une, il y a une un. Une remarque : les jeux politiques sont-ils plutôt de gauche quand la Monopoly serait plus calme ? L’histoire du Monopoly est vraiment très marrante. Là, pour le coup, elle est très intéressante. C’est qu'à la base, le Monopoly, il a été créé d’ailleurs par une femme déjà number one et number two pour dénoncer la spéculation immobilière. Je crois que c'était en 29. Ou peut-être, en tout cas, début du début du 20ᵉ.
David Dufresne
Si ça arrivait.
Adrien Fulda
Et elle a été totalement spoliée en fait. Un, elle a été spolié, donc elle a vendu pour très peu sont son jeu et elle n’a jamais touché de royalties dessus et de droits d’auteur et deuxième. Deuxièmement, il a été complètement détourné pour en faire un jeu. Comme disait un capitaliste où il faut ruiner son voisin et où l’esprit justement, où il n’y a pas un livret explicatif qui a dit mais vous êtes en train de jouer à la réalité. Il y a des gens qui ont été ruinés parce qu’ils ne pouvaient plus se loger ou autre à telle époque. Et donc c’est intéressant. Nous, ce qu’on dit, c’est qu’en fait, les mécaniques de jeu, elles sont de droite. En fait, c’est marrant de voler son ballon là on n’a pas la tête, on fait un jeu et on est en train de préparer la suite. En fait, un autre jeu sur la surveillance, c’est bien et c’est un jeu où il faut dénoncer son voisin, sinon ce n’est pas du tout. C’est pas du tout sympa, mais la mise en scène en fait, ludique, est le contraire du message. Mais on la mène avec humour, avec un recul, avec un livret d’accompagnement, avec tout ce qui va en fait, qui dit ah ouais non mais là t’as rigolé parce que tu tapais sur un manifestant, mais en fait c’est la réalité. Aujourd’hui en France, le massage, l'échange, le massage, les gaz, quand tu es ça, c’est des choses qui existent.
David Dufresne
Est ce qu’il y a des questions dans le tchat ? Des questions qui grattent, mais je comprends bien votre démarche. Est ce que vous ne craignez pas que la couleur du jeu, les illustrations, les thèmes abordés ne fassent qu’in fine les seules personnes à y jouer, soit des gens déjà politisés dans le bon sens, si j’ose dire. Vous avez l’objectif de transmettre à plein de gens. Vous êtes donc logiquement en mode évangélisateur. Mais est ce que le jeu est en lui-même l’initiateur ?
Adrien Fulda
Je pense que c’est effectivement l’ambition. Donc est-ce qu’on a peur ? Ben oui, on a peur que notre ambition ne soit pas tenue. Mais en tout cas, l’ambition, c’est effectivement qu’il y ait des gens qui soient politisés au sens de Romaric qui joue et qui découvre des choses. Et on a essayé de mettre en place tout ce qu’on pouvait faire pour le faire. Donc juste donc parenthèse est ce que le jeu est évangélisateur ? Nous on pense que oui, que le jeu porte une vision du monde, mais comme quand il y a un livre, une porte qui porte, un imaginaire, qui colporte, un imaginaire qui véhicule un imaginaire. Le jeu aussi. Et les ressorts ludiques aussi. Est ce qu’on va y mettre aussi ? Et donc, encore une fois, comment est ce qu’on fait pour rendre le jeu le plus accessible possible ? C’est la mission. C’est bien de faire un jeu où on va présenter les manières, mais sous à côté et donc et même le maquillage sous un côté léger. La boîte est blanche avec de la couleur, c’est du rouge, du orange et du bleu avec un trait qui est de l’art enfantin.
Adrien Fulda
Cartoon de famille.
Adrien Fulda
Avec un style donc d’Alan qui est le côté léger avec un jeu qui en lui-même peut amener à faire réfléchir. Et c’est notre premier niveau d’engagement, mais où le contenu en lui-même est à côté. On n’a pas de cartes, on doit lire. Et puis si on ne connaît pas la réponse sur à quoi sert la main, bah on a perdu la partie, mais ça reste très accessible et on n' a besoin d’aucune connaissance pour jouer. Et puis on a un livret où il y a quelques citations qui sont mis en avant, qui nous permet de qui nous permet juste en le feuilletant, d’avoir quelques bribes d’informations. On a des index et sous la forme d’un lexique pour justement permettre à ceux qui voudraient lire qu’un tout petit paragraphe de code juste lire ce paragraphe et refermer le mot et refermer le petit bouquin. Et puis avec justement à ce titre ce dont je parlais tout à l’heure, ce petit complément multimédia pour chaque emploi. Donc au final, est ce qu’on a peur des gens qui jouent. On en a un petit peu peur, mais en même temps on met tout en place pour que ce ne soit pas le cas. On le fait jouer dans des salons les plus grand public possible. On le présente au concours justement pour qu’il soit rangé au même titre que les autres jeux, pour que les gens puissent y jouer sans même se poser la question de savoir si les politiques ou pas tout le public.
Adrien Fulda
De flippe donc y va avec un public familial, y vont, il va y avoir des. Animateurs partout qui vont animer ce jeu. On ne lâche rien d’imaginer.
Luc De Bois
Hein ? Mais c’est énorme ! Après, qu’est ce que ça veut dire ? On ne sait pas.
David Dufresne
Est ce que quand on quand on théorise un jeu comme celui-ci, on théorise les chances de gagner ou pas ? Je veux dire par là, est ce que, au fond, est ce que quelqu’un qui a eu les cartes ont toutes la même valeur à la fin ? Simplement sur le but du jeu, c’est à dire que les manifestants valent pas plus que les flics, que les politiques et réciproquement.
Adrien Fulda
Ça aurait pu,
David Dufresne
Vous ne l’avez pas fait. Donc peut être que papa CRS qui sera au salon là dont tu parlais, il dira à fiston regarde le métier de papa et il sera très content.
Luc De Bois
Et d’ailleurs, et en fait, notre but, et d’ailleurs on le voulait, on l’a dit plein de fois. Notre but, c’est que cette personne là, ils ne sont pas mal à l’aise en fait, et qu’elle puisse d’ailleurs parler elle aussi de son expérience. Bon, et d’ailleurs là, moi j’ai fait jouer aux Solidays, je l’ai avant hier, j’ai fait jouer un mec qui disait bah moi je crois que j’ai fait du maintien de l’ordre, mais je ne sais pas, Il n’était pas très loquace sur le sujet, mais en fait il s’est amusé. Il avait dit ça avec eux, il avait un peu chambré ses collègues du là et ça s’est bien passé. Il n’y a eu à aucun moment Roger du jeu je lis beaucoup dans les commentaires La casse toi pauvre con. C’est un beau modèle en fait. Que ce soit pour qu’en terme de jeu et par rapport à ce que nous on a fait en terme de jeu party game, on a des jeux d’apéro quoi. Le seul truc donc casse toi pauvre con, c’est qu’il n’a pas ce recul politique. Derrière il y a l’anecdote et ça fait un jeu sympa, mais il y a pas de recul politique possible. En fait, il est possible si tu vas chercher, tu te poses des questions, mais là pour le coup, il faut et il faut quand même aller le chercher. Et donc ce qu’on a voulu faire, c’est amener justement la possibilité de ce recul politique avec ce livret qui reste attrayant 30 32 pages de jouer à plein d’illustrations. Elles sont passées alors on les a vues. Il y a quand même des illustrations à donner, faut le mettre comme ça. Voilà, on a des. On a repris les d’ailleurs aussi. Coup de chapeau à notre graphiste qui nous a fait un super boulot avec les illustrations de Lambert Alexandre de Guinée et. Et donc c’est la possibilité, juste d’un recul politique. C’est peut être ce qui aurait manqué, à quoi bon alors ? C’est pas du tout la politique là, de la maison d'édition et y 'a aucune critique derrière. Mais on note peut être la différence ou ce qu’on amène, c’est qu’il y a eu ce recul politique et d’ailleurs on l’avait dit en début d'émission sur aucune politique ne nous a fait modifier des choses importantes je pense sur le jeu nous a fait amener des gens, des concepts auxquels on n’avait pas nécessairement réfléchi au départ par l’expertise, notamment cette histoire d’interpellation qui amène interpellation préventive. Et donc c’est peut être ce qu’on amène de plus par rapport à un jeu comme toi, pour qu’on. Et par ailleurs un très bon jeu.
David Dufresne
Messieurs, Messieurs Luc et Adrien. Merci. Merci beaucoup pour votre présence ce soir. Je sens que vous êtes en pleine tournée, peut être triomphale d’ailleurs. On sent votre discours huilé. Dès le départ, j’ai pris du plaisir à jouer aux jeux. Mais c’est vrai que les cartes, les cartes spéciales, je sais plus comment vous les appelez. Que vous conseillez de ne pas utiliser au départ pour bien saisir la mécanique amène quand même du piquant par rapport au jeu, quoi. Est ce que vous savez par exemple, si ceux qui ont déjà acheté le jeu et qui ont déjà joué au jeu poussent cette deuxième étape ou reste à la première ?
Adrien Fulda
On a peu de recul encore puisque le jeu est sorti lundi.
David Dufresne
À 2 millions d’exemplaires vendus, vous devriez quand même en avoir.
Adrien Fulda
En fait, on attend avec impatience les retours des joueurs et des joueuses qui vont pouvoir nous dire ce qu’ils en ont pensé, comment ils y jouent, ce qu’ils aiment, ce qu’il a moins bien évidemment. Ils ont envie de grandir, ont envie de grandir et s’améliorer. Et pour la prochaine fois avec eux. Donc je pense que ça dépend beaucoup de l’usage en fait, si les gens le savent. Mais bon, après c’est un petit aparté sur le monde du jeu mais qui sort tellement du jeu depuis quelques années que la manière de jouer aux jeux de société n’est plus exactement la même qu’il y a quelques temps, qu’on avait cinq références dans sa biblio dans sa ludothèque. On joue beaucoup à ces cinq références aujourd’hui qu’on en a 25 dont on joue un peu moins chacun. Donc tu l’as dit toi-même, voilà un propos pour prendre en main le jeu. On a pas besoin de mettre en place les cartes, mais si on ne fait que deux parties, on les mettra jamais ces cartes spéciales. Mais si on fait et si effectivement fait partie de ceux qui vont y jouer y rejoindront le jeu puisqu’ils adorent, ils mettront en place. C’est sur ces cartes que ça, parce que ça apporte, ça apporte du renouveau.
David Dufresne
Une dernière question vous vous mettez en avant que ça a été fabriqué en France avec un petit casque de policier et que c’est un argument commercial dans le monde du jeu.
Adrien Fulda
Pour nous, c'était important, surtout sur un jeu comme celui-là.
David Dufresne
De dire c’est français, c’est les Français, c’est la police française.
Adrien Fulda
C’est un jeu français exactement. D’une certaine manière, oui. En fait, ça aurait eu moins de sens de faire fabriquer en Chine pour nous dans la vision du monde qu’on a envie de défendre, parce qu’il y a un certain volet social qui est très important dans notre vie, dans notre ambition de maison d'édition ayant un volet écologique. C’est important pour nous de faire attention. Donc, si on peut réduire les temps de transport, si on peut améliorer la manière dont le jeu a été conçu par rapport au marché est encore bien génial. Et donc c’est un argument commercial. Oui et non. Parce que peut être que certaines personnes en ont de plus en plus, c’est tant mieux. Ils sont sensibles. L’immense majorité des acheteurs n’est malheureusement pas encore facile.
Adrien Fulda
Et puis on avait le choix entre la France, la Chine pour un jeu sur le maintien de l’ordre et la Pologne. Donc on aime beaucoup nos amis polonais et chinois Alors je ne sais pas si vous avez remarqué il y a un titre référence à Full Metal Jacket, en fait c’est un drapeau français peint
David Dufresne
Tu nous fais full Metal Jacket sur un casque de Satan. Attends là, on va plus nous entendre deux secondes. Un Full Metal jacket là. On n’entend pas assez de parler, on n’entend pas. Je vais te remettre à l'écran. On n’entend pas. Luc, on n’entend pas. Je rajoute que c’est un peu tiré par le par la visière à votre affaire. Bon, non, je vous dis ça parce qu’on est bien d’accord, vous êtes éditeur indépendant. Euh. On a compris que vous êtes obligés de passer par des partenariats, que vous avez un distributeur. Voilà que tout ça est si compliqué à fabriquer en France. J’imagine que par rapport à la Pologne, la Chine c’est plus élevé
Luc De Bois
. Donc c’est quand même un choix que je voulais souligner.
Adrien Fulda
C'était important pour nous et aussi pour les partenaires et même pour Allan Barte en fait, je pense que c'était important pour les différents acteurs de faire attention aussi à eux et ça et là avec bien sûr, on rogne sur la marge parce que ça coûte plus cher de fabriquer en France aujourd’hui, parce que l’industrie est pas est pas conçue comme telle en. D’ailleurs, juste pour décrire le mieux le milieu, pourquoi on parle de la Pologne et de la Chine ? Parce que c'était Il y a des industries de la papeterie et du jeu qui sont avec des usines qui fabriquent des jeux qui sont très performantes par ailleurs et donc qui sont capables de faire des choses peu chères. Alors qu’en France, là, on travaille avec un imprimeur pour les livrer à notre imprimeur. Pour le papier qui est collé sur les boîtes, et un troisième acteur qui va venir contre coller le papier sur la boîte, mettre les cartes dans les boîtes et puis nous expédier tout ça. Donc bien sûr, c’est plus compliqué parce qu’on passe par trois acteurs D’ailleurs, ça c’est intéressant, ça montre vraiment la désindustrialisation de la France par rapport à des usines comme en Pologne, en Chine, qui sont totalement intégrées, qui font tout. Donc ça aussi ça a été un apprentissage. En fait, pour nous travailler avec la France. On a travaillé avec un intermédiaire français lui aussi Abeille, qui nous a fait le lien avec eux..
David Dufresne
Bien, bien, bien joué pour la réédition, pour la suite. Non mais j’apprécie beaucoup les détails purement de tambouille de cuisine, de technique. Le côté coopératif, du jeu à plusieurs il me semble. C’est une tendance lourde, si je puis dire. Là, ce n’est pas le cas dans ce sens, dans ce jeu là les jeux rapides, ça ne peut pas être coopératif.
Adrien Fulda
Si il y a des exemples de jeux. Un jeu qui est par ailleurs très bon, qui s’appelle Magic Maze, qui a gagné plein de prix à l'époque d’il y a déjà quelques années. C’est un jeu de rapidité et coopératif où il faut déplacer des bonhommes dans un labyrinthe le plus vite possible. Donc il est semi coopératif notre jeu. Donc peut être que nos prochains jeux, on en fera des jeux coopératifs si ça aide à porter le message.
David Dufresne
Où est ce qu’on peut se procurer le jeu ?
Luc De Bois
Donc il y a trois moyens de l’acheter. En gros, aujourd’hui il y a sur le site de Coco Thierry, on peut l’acheter et on envoie Il y a sur le site des partenaires, la Ligue des droits de l’homme
Adrien Fulda
Pour la réédition, on fait un truc spécial.
David Dufresne
Est ce que c’est genré le jeu de société ?
Luc De Bois
Alors ouais, ça c'était un grand débat. Avec Adrien, on a des principes ou pas tout à fait alignés, mais quand même plutôt pas mal.
David Dufresne
C’est vrai, Non, il a raison, c’est vrai, il y a, il y a une allusion, un petit film.
Adrien Fulda
Et donc notre manuel est la plupart du temps neutre. On a on a des tournures qui sont deux, donc on parle des personnes qui jouent et quelquefois on fait de l'écriture inclusive, mais très peu et mais en tout cas on le dit, voilà, c’est notre. C’est aussi quelque chose qu’on a fait, j’espère, avec pas trop de difficultés de lecture pour que ce soit aussi pour tout le monde. Et d’ailleurs on n’a pas dit non plus Et pour les daltoniens quand même qui ont dit c’est les couleurs, vous voyez bien, mais on a aussi des petites, des petites roues, des petits repères. Il y a un nuage pour les jaunes de six plus trois nuages pour les rouges et deux nuages pour les bleus, ce qui permet aussi de se repérer sur les cartes obscures en termes de représentation. Donc c'était important pour nous que la règle soit neutre effectivement, et que les représentations via les cartes ne soient pas paritaires il y a des transgenres et tout ce qu’on veut dans ces cartes.
David Dufresne
Merci beaucoup à vous deux, Bravo à vous et bonne chance pour le jeu Amusez-vous bien, on ne lâche rien.
Adrien Fulda
Merci de l’invitation, David.

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