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Oussekine : la série-événement par son créateur Antoine Chevrollier

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Mon cher Antoine.
Antoine Chevrollier
Bonjour à tous, ça va très bien.
David Dufresne
C’est la première fois que je vois un invité qui est moins bien coiffé que moi ; depuis que je te connais, je ne t’ai jamais vu comme ça. Qu’est-ce qui se passe ? C’est le succès, le succès calme ? Qu’est-ce qui se passe, monsieur ? Dites-nous votre secret.
Antoine Chevrollier
Non, je suis un peu soulagé. Enfin soulagé, serein. C’est-à-dire que bon, j’ai eu plusieurs étapes. Évidemment, à partir du moment où la famille a vu la série et où ils ont aimé, où ça a été un moment très intense. Il y a déjà eu quelque chose qui s’est allégé. Et puis dans un second temps, le fait que je reçois autant. Quand je dis on, c’est mon room. Et les comédiens reçoivent tellement de témoignages de gens qui prennent la série que ça évoque des choses si intimes et si importantes. Oui, et évidemment, on a un sentiment du travail bien fait. Alors le combat continue, comme dit l’autre. Mais, mais, mais, on a le sentiment du travail bien fait et ça, ça, ça permet d'être un peu plus serein. L’audience est ouverte. Ça va être éprouvant, on le sait.
David Dufresne
Ce n’est pas le moment de décourager. Bouge toi-même ça. La vérité, c’est qu’il y a des gens qui nous en veulent d’oser réclamer justice et veulent tout faire pour nous en empêcher.
Antoine Chevrollier
S’il vous plaît ! Pas de provocation nous devons rester dignes.
David Dufresne
Tu as 40 ans donc alors tu es réalisateur de deux séries ultra contemporaines Baron Noir et Le Bureau des Légendes ? Qu’est-ce qui t’amène à t’intéresser à Malik Oussekine qui va mourir donc sous les coups des voltigeurs ? Le 6 décembre 1986, tu as quatre ans. Qu’est-ce qui t’amène à ça ?
Antoine Chevrollier
Alors moi je ne me souviens pas de la mort de Malik. J’avais quatre ans, je viens d’Anjou, d’un petit village et ça n’avait évidemment pas résonné autant, en tout cas dans l’ordre dans la tête d’un enfant de quatre ans et aussi autour, autour de moi, j’ai découvert le nom et le prénom Malik Oussekine. Dans le morceau Lettre assassine d’Assassin. Puis ensuite je suis monté à la capitale, comme on dit chez moi. Et puis en allant chercher un peu à droite à gauche, je me suis rendu compte qu’il y avait une histoire à raconter. Évidemment, dans la nuit, en entendant, dans la nuit du 5 ou 6 décembre, autour de la mort de Malik mais elle-même. Mais en creusant un tout petit peu le sillon de la trajectoire de Malik et de sa famille, on pouvait raconter une histoire beaucoup plus ample, beaucoup plus dense. Donc je l’ai pensé dans un premier temps sous format film classique. Et puis l’expérience sur Baron Noir et sur Le Bureau des légendes m’a permis de voir faire une bascule dans un format plus sériel et qui me permettait, moi et mes auteurs Julien Beatty et Faïza Gans Cédric Bideau et Lina Soualem de pouvoir le plaquer sur quatre épisodes d’une heure.
David Dufresne
Le scénario, précisément comment vous avez commencé et ce que vous êtes parti parce qu’il y eu quelques bouquins à l'époque. Il y a eu beaucoup d’articles de presse. Sur quelle base vous avez démarré ? Là, je parle des faits parce que, à part trois personnages qui sont fictifs mais qui sont extrêmement secondaires. Tout est vrai, tout est réaliste, tout est presque recoupé. Il y a quelque chose de l’ordre du documentaire dedans. Dans votre travail, la base, c’est quoi la base d'écriture ?
Antoine Chevrollier
Alors la base d'écriture, c’est d’abord les faits politiques, les faits médiatiques. On se dit qu’il faut qu’on parle de ça, il faut qu’on parle de ça. Donc ça va de. Effectivement, qu’est-ce qui s’est passé dans ce rôle dans la nuit du 5 ou 6 décembre, à cette phrase qu’a dit Pandraud quelques jours après la mort de Malik ? Jusqu’au procès. Ça a été dans un premier temps les faits. Et puis dans un second temps, quand j’ai rencontré la famille et les différents protagonistes de l’affaire, on s’est très vite dit avec mes auteurs que nous, on voulait raconter cette trajectoire au cœur de la famille, en étant au cœur de la famille et donc avec la mère, avec les frères, avec les sœurs. Je ne vais pas trop spoiler mais on a trois lignes narratives qui s’entremêlent, qui par leur part, par des truchements, nous font passer en fait d’une temporalité à une autre et qui toutes nous permettent en fait de raconter qui était la famille Oussekine avant la mort. Malik qui et comment ils reçoivent ce drame et puis comment ils mènent le combat. Et puis donc, on a la ligne narrative de Malik des dernières heures de la vie de Malik qui traverse les quatre épisodes. Et puis on a une autre, une autre ligne qui est donc les flashbacks qui traversent les quatre épisodes et nous racontent un tout petit peu, un peu plus en détail qui était cette famille.
David Dufresne
Le choix du regard intime de cette histoire par un regard intime, familial, c’est dès le départ, c’est dès le départ de l'écriture. D’où ça vient ? Parce que vous rencontrez les deux frères et la sœur de Malik ?
Antoine Chevrollier
C’est dès le départ en fait, ce qui m’intéressait, ce qui m’intéressait, c'était la mère. C'était cette maman en fait, Aïcha qu’on a très peu vue. Comment elle a reçu en fait la mort de son dernier fils. Et donc par conséquent, comment les frères et sœurs l’ont reçu. Mais au final, c'était ça qui m’intéressait. C'était vraiment comment une famille se retrouve confrontée à une machine politique, médiatique et à qui on enlève le deuil finalement. Parce que c’est ça qui s’est passé avec la famille. Ce qui naît avec Aïcha ou Sakina, c’est qu’on lui a, on lui a empêché en plus de perdre son nom, son enfant, on lui a empêché un deuil. Voilà, ça c'était très clair, très clair dès le début. Et puis après on savait très bien qu’il fallait avoir une ligne omnisciente, c’est-à-dire une ligne politique, médiatique, pour raconter évidemment l’ampleur de ce fait de société, mais également la machine qui se met en place.
David Dufresne
Ces trois lignes de temps dont tu parlais. On ne va pas trop creuser. Est-ce que c’est justement le format sériel qui te permet plus qu’un film d’une heure et demi, 2 h où il faut condenser encore plus ?
Antoine Chevrollier
Je crois, oui, parce qu’on avait même, on avait une autre ligne à l’intérieur de nos lignes, qui était plus une ligne médiatique, mais qui ne tenait pas en fait dans le format quatre épisodes et indéniablement, le fait d’avoir 4 h de la possibilité de deux de déployer notre récit sur 4 h, ça permet de raconter un peu plus en profondeur. Voilà les combats, le combat judiciaire, le combat sociétal, mais également les combats intimes. Et ça, c'était très important d'être aussi précis à un endroit qu'à un autre du récit. Et effectivement, les 4 h de film nous permettent de déployer ça plus facilement.
David Dufresne
Cela dit, il y a, il y a une critique sous-jacente, du monde médiatique tout du long. Notamment ça, c’est très peu, très peu retenu, mais il y a le rôle plus que trouble, on va dire, du journal Minute, journal d’extrême droite qui apparaît, et pas uniquement. Il y a notamment cette scène qui marque beaucoup les esprits, qui est celle de Mitterrand, où on est en plein en fait dans une opération médiatique en réalité.
Antoine Chevrollier
C’est-à-dire que Malik meurt le 6 décembre. De ce qu’on sait, c’est qu’autour du 7 décembre, il y a un bruit qui court comme quoi Jacques Chirac, donc le Premier ministre, souhaite rendre visite à la famille. Et donc Mitterrand, apprenant ça, le contourne par sa gauche. Comment avez-vous trouvé la famille ?
David Dufresne
Je vous dirai simplement ces quelques mots. Mais j’ai voulu apporter à cette famille en deuil le témoignage de la nation et lui dire personnellement ma peine devant ce grand malheur.
Antoine Chevrollier
Alors évidemment, on peut y voir une manipulation. On peut aussi y voir quelque chose de très sain, de très sincère de la part du président, je crois. J’ai cru comprendre qu’il avait été particulièrement touché parce que j’ai rencontré des personnes qui étaient à ses côtés, qui avaient été particulièrement touchées par la mort de Malik. Mais évidemment, il y a en ligne de mire 1988, c’est-à-dire l'élection présidentielle. Et on est en cohabitation à cette époque-là. Une cohabitation qui ne se passe pas extrêmement bien, un gouvernement très droitier et. Et on peut tout à fait imaginer que le président Mitterrand, à ce moment-là, a en ligne de mire 88, à peine un an et demi après.
David Dufresne
Est-ce que ce n’est pas ça aussi qui fait que Disney vous a dit oui, dans le sens où, à travers une vision extrêmement intime, vous faites de ce drame est un drame national en France, en fait une histoire universelle.
Antoine Chevrollier
Très sincèrement, avec Disney, ça a été tellement simple. Nous, on n’a même pas eu à poser de conditions sur la manière dont je vous l’ai raconté. Je le redis, en fait, c’est ça le prisme, c’est le prisme de l’intime et on va élargir à certains moments, mais à aucun moment Disney n’est intervenu pour dire ce serait bien de changer les noms, ils savent très bien, à aucun moment il y a eu une intervention pour d’un côté ou de l’autre, un pour dire non, on ne raconte pas ça ou racontez plutôt ça parce que nous, à l’international Disney, on a besoin de raconter. Pas du tout. Ça a été vraiment une collaboration, un accompagnement, ils étaient vraiment super.
David Dufresne
En passant par l’intime, tu arrives à raconter cette histoire. Finalement, je pense qu’elle peut parler au monde entier parce que la série est sortie le même jour dans 146 pays qui d’un coup ont découvert Malik Oussekine il y a quelques jours.
Antoine Chevrollier
Je trouve en fait qu’on arrive enfin à raconter notre histoire et qu’on arrive enfin que ça ne soit pas que le modèle étasunien finalement, mais qu’on ait un modèle français. C’est une production française réalisée, créée et écrite par des Français. Alors même si le diffuseur est international et c’est Disney, ça reste vraiment un. Un film, enfin quatre films français et qu’on puisse enfin se retourner sur notre passé, raconter notre histoire frontalement et la raconter au monde, je trouve ça vraiment bien.
David Dufresne
Évidemment, tu n’es pas responsable de ça du tout. Loin, mais pas du tout, au contraire. Mais comment tu expliques que jamais la télévision française ne s’est penchée sur Malik Oussekine.
Antoine Chevrollier
Ils se sont certainement dit que ça intéressait peu de gens. Alors voilà, il y a la partie politique, c’est-à-dire que nous, on n’a protégé personne, j’ai envie de dire évidemment par la police, mais la famille, on l’a, on l’a racontée telle que tout ça s’est passé. Mais il y a la politique aussi, on n’a pas fait de vision, on n’a pas de vision hagiographique finalement, d’histoire. On la raconte telle qu’elle est, telle qu’elle s’est passée. Et peut-être qu’il y a eu des craintes de la part de certains diffuseurs. Mais encore une fois, ces jeux, je n’en ai aucune idée, je n’ai même pas eu échos de potentiels diffuseurs qui avaient souhaité, à un moment donné, raconter cette histoire. Il y a une crainte, peut-être tout simplement de réveiller parce que je crois qu’en France on a un peu un problème. On se dit qu’on a un problème à se tourner vers les histoires, les pages un peu sombres, nationales, soi-disant en fait ça va, ça va réveiller des rancœurs et donc ça va attiser la haine, alors que moi je pensais tout le contraire. Je pense qu’il faut au contraire se raconter pour apaiser. Enfin, il faut ressentir pour comprendre, éventuellement pardonner. Ça demande du courage de pardonner, on a tendance à croire que se raconter, encore une fois, montrer ces pages sombres, c’est contre l'État, c’est contre. Mais non, bien au contraire. En fait, c’est pour essayer de comprendre et c’est pour essayer d’apaiser les choses. Si on n’en parle pas, on a peur, on ne pensera pas les plaies.
David Dufresne
Il y a Lady Burger qui dit dans le chat c’est pour que tu saches. Antoine c’est Mélanie, c’est mon amie Mélanie. Et cette travailleuse sociale dans Un pays qui se tient sage, qui est au milieu du film, qui décline la violence de l'État.
David Dufresne
L'État français est violent. Elles sont violentes les réponses sont violentes. Quand notre très cher président dit qu’il n’y a rien d’irréparable à ce qui a été fait aux gilets jaunes, ce n’est pas violent.
David Dufresne
Et donc je l’embrasse. Je sais qu’elle a été extrêmement touchée par la série, donc ce qui montre à travers ça, à travers ses mots. Nous sommes au mois de juin de l’année dernière et tu as eu la gentillesse de me dire tiens, viens au tournage et je la découvre avec vous. Voilà, donc ça c’est les motos, c’est les motos des voltigeurs. Et là, doucement, et là, nous sommes au 20 rue Monsieur le Prince, c’est-à-dire nous sommes sur les lieux mêmes où c’est passé et dont on est en train de parler. Et évidemment, ça donne à la série un poids, mais monstrueux, je veux dire émotionnellement. C’est-à-dire que du film qui s’est passé sur les lieux où ça s’est passé.
Antoine Chevrollier
Tout à fait. Et ça, c'était une volonté dès le départ, c’est-à-dire d'être au plus près des lieux du réel, finalement. Donc le vrai Monsieur le Prince. Donc on a tourné effectivement dans ce hall, mais également Octobre 61, Meudon. On a tourné tout ça sur les lieux vraiment où les choses sont passées et ça a évidemment chargé. Mais je savais que ça allait charger, évidemment, émotionnellement. On était aussi d’accord pour dire que même si ça allait être compliqué, parce que c'était extrêmement compliqué, je vais faire l’impasse sur parce que c’est très, finalement, assez technique, mais ça a été extrêmement compliqué de tourner dans cette rue-là. Vous voyez, on n’a pas lâché, et il s’avère que, t'étais là. David, quand on a tourné, en fait, il y avait cette charge, il y avait cette charge de conscience aussi. Alors, il y a la charge émotionnelle, mais il y a aussi une prise de conscience sur les lieux. C’est comme si moi, de manière un peu méta, j’ai le sentiment que Malik m’avait accompagné et il est en train de se cacher encore. On le sent plus grand.
David Dufresne
On est étonné de l’idée de camarade.
Antoine Chevrollier
Et en fait, tu vois, il m’a accompagné de surtout, surtout, surtout sur toute la trajectoire et en fait avoir été dans tous ces lieux qu’il a lui traversés, ça a forcément nourri fortement le jeu des comédiens, mais également la manière dont je posais ma caméra. Donc en fait, pour moi, c'était indispensable. Thierry Godard, Richard Samuel et Mathieu Dutilleux, qui jouent les trois policiers, eux également étaient évidemment très empreints du lieu et de ce qui s’est réellement passé ce soir-là, ce soir du 5 ou 6 décembre, le tribunal. Moi, je souhaitais absolument tourner dans le tribunal, où s'était passé également le procès en nez dans le tribunal. Mais voilà, ça amène, ça amène ça très bien.
David Dufresne
Et je trouve une très belle remarque dans le chat où on te dit finalement tu filmes cette reconstitution qui n’a jamais eu lieu réellement.
Antoine Chevrollier
Alors il y a une reconstitution.
David Dufresne
Et elle fait partie du, elle fait partie de la série, mais c’est une reconstitution qui n’a de nom que de reconstitution, que le nom, et donc je trouve ça très beau ce que dit le cinéma.
Antoine Chevrollier
Cette reconstitution va faire cette reconstitution. On va vraiment montrer ce qui s’est réellement passé sur les lieux, les lieux du crime et c’est ce que disait, et je pense, ça transpire, ça transpire sur le plateau et je crois que ça transpire aussi à l'écran, voilà, cette espèce de volonté d'être, d'être au plus près du réel. Mais parce qu’encore une fois, on se devait pour Malik et pour la famille.
David Dufresne
C'était un moment pour moi inoubliable. Et en plus, tu m’as fait ce cadeau-là. Voilà, je suis avec l'équipe. Mélanie te demande : il y a une autre scène absolument incroyable du fait qu’elle a été filmée là où ça s’est passé. Ainsi, le 17 octobre 61. Il y a à peu près 200 Algériens qui vont mourir dans la Seine. Et vous, vous arrivez à filmer des ponts où ça s’est passé ? D’une part, est-ce que la famille Oussekine a vraiment participé à cette manifestation du 17 octobre 61 et comment s’est passé ce tournage-là ?
Antoine Chevrollier
L’oncle ou toute la famille était très engagé dans ce mouvement d’indépendance de l’Algérie et il était effectivement là avec Mohamed dans la Marche du 17 octobre, une famille très engagée. Faïza Logan avait déjà eu l’envie, le désir de raconter ce moment d’histoire, ce chapitre important d’histoire. Et il y a évidemment une sorte d’atavisme, d’héritage, de la violence policière. Je crois beaucoup aux blessures transgénérationnelles, à ce qui, à ce qui touche la chair et ce qu’on transmet plus ou moins consciemment, de génération en génération. Et le 17 octobre 61, ce n’est pas, ce n’est pas l’alpha des violences policières, mais en tout cas c’est une étape fort forte. Et donc voilà, quand on a appris qu’effectivement une partie, c’est que la famille ou ceux qui ont participé à cette marche, voilà, le lien s’est fait assez naturellement, j’ai envie de dire. Et donc le tournage, ça a été pareil, c'était d’une grande intensité cette scène où effectivement on balance des Algériens dans la Seine que moi je voulais réellement filmer. C’est-à-dire que je ne voulais pas de films, je ne voulais pas d’effets. Et donc avec eux, avec Olivier Faure, apparemment mon cascadeur, on s’est posé la question. Je voulais vraiment raconter cette histoire, cette violence et en montrer. Montrer ce que c’est que le poids d’un homme ou d’une femme qui tombe dans la Seine et je crois, moi, aux effets réels, je crois. J’aime beaucoup les VFX, mais je crois au réel et j’avais. Et donc voilà, ça a été très compliqué en termes d’autorisations. T’imagine à plein d’endroits pouvoir faire cette scène. Et donc on a tourné ça pendant cinq ou 6 h et c'était hyper émouvant. Le plus jeune corps retrouvé du 17 octobre 61, c’est une jeune fille de quatorze ans, donc 20 ans. C'était des hommes, c'était des femmes, mais c'était aussi des enfants. Ce sentiment encore une fois de montrer à nouveau une page assez méconnue quand même. Ce crime d'État, bien sûr, encore assez méconnu. Sans être dans la pédagogie, avec toute l’humilité du monde, mais de pouvoir dire en fait oui, ça c’est vraiment comme ça.
David Dufresne
Et c’est comme ça, si tu veux, ce qui est incroyable, c’est qu’en octobre dernier, pour les 50 ans, la marche a dû s’arrêter place du Châtelet. On n’a pas eu l’autorisation d’aller jusqu’au pont. Et donc là on voit que la police ne veut pas qu’on aille sur le pont. Un immense bravo à l'équipe de production d’avoir réussi à dire à Monsieur Didier Lallement que ce serait bien de les filmer un petit peu.
Antoine Chevrollier
Ça a été vraiment fastidieux, ça a pris des mois et des mois, mais on a eu les autorisations de tourner le jour de la manifestation devant l’Assemblée nationale en soutien à la police.
David Dufresne
Tu parlais tout à l’heure de Paul Bellon, ce haut fonctionnaire qui va essayer de sauver Malik Oussekine, qui va lui ouvrir. Et d’ailleurs, à ce propos, je voulais te remercier infiniment d’avoir gardé cette idée de digicode dont je t’avais parlé. Parce que donc j’ai dit tout à l’heure que tu m’avais appelé il y a deux ans en me disant tiens, j’ai lu vos papiers, j’ai lu vos témoignages, vous étiez sur place et je t’avais notamment expliqué les digicodes qui venaient d’arriver à Paris et qu’effectivement, quand on était coursé par les voltigeurs, on n’arrivait pas à ouvrir les portes. Et voilà. Joël, ça m’a touché de voir qu’on a décidé que c'était là. Ce Besson, c’est cet homme qui va ouvrir la porte. On n’en dit pas plus, surtout qui va témoigner tout de suite de ce qui s’est passé, évidemment, son témoignage va contredire Pandraud dont on parlait tout à l’heure, va contredire la vérité. Est-ce que lui aussi tu l’as rencontré ?
Antoine Chevrollier
Alors Paul Bellon après le procès en janvier 90, c’est la dernière fois qu’il a parlé de l’affaire ou de ses complices. C’est-à-dire que c’est le dernier témoignage et celui de la justice, celui du procès. Ensuite, il a refusé tout entretien et on a réussi grâce à Juliette La Salle qui est la directrice littéraire d’Itinéraire Production, mais producteur qui l’a retrouvé. Et puis j’ai réussi à l’avoir au téléphone, il s’avère qu’il adore Le Bureau des légendes, donc ça aide quand on appelle. Et il m’a dit voilà, j’accepte de vous parler. On s’est même parlé pendant 1 h et demie, il m’a raconté à nouveau tout ce qui s'était passé, donc dans ce hall, sa soirée, tout ce qui s’est passé. La première fois que je l’ai rencontré, j'étais évidemment très ému et j’avais aussitôt surtout très conscience de la générosité et de ce qu’il m’offrait, c’est-à-dire de nouveau parler de cette douleur. La première, parce que je posais toujours la même question. J’ai fait plein d’entretiens en fait, j’ai des heures et des heures d’entretiens entre la famille.
David Dufresne
Que tu as filmée ?
Antoine Chevrollier
Pour enregistrer, et je posais toujours la même question à tous, mais à toutes et à tous mes intervenantes et les intervenants. Je dis, je dois poser, qui est, quelle, quelle jeune femme ou quel jeune homme étiez-vous ce soir-là ? C'était ma première question. Et Paul, il a mis sa montre en main, parce qu’après j’ai chronométré. Il a mis une minute zéro six à répondre. C’est long. Une minute zéro six de silence. Et parce que c'était donc la première question que je posais. Et évidemment, ça provoque chez lui quelque chose d’extrêmement douloureux, bien sûr. Et donc il m’a livré ce qu’il avait déjà dit, donc à l'époque, mais à l’aune de ses 30 ans, finalement. Et puis on s’est revus deux fois, trois fois et puis voilà. Il m’a donné de plus en plus de détails. En tout cas, il a accompagné et encore une fois, on est devenus assez proches, on se parle assez régulièrement. Mais c'était un vrai cadeau pour moi d’avoir Paul Bellon dans le processus d'écriture, dans le processus de fabrication. Ce que m’a livré Paul, c'était, mais de la même manière que ce que m’a livré finalement Georges Kiejman, ou évidemment la famille ou toute personne autour d’eux, autour de l’histoire. Patrick Collant, qui était le médecin réanimateur qui a laissé à Anne, même à Malik dans le hall, toutes ces personnes-là qu’on a pu rencontrer, qui nous ont donné leur bénédiction d’une certaine manière, de raconter cette histoire et de la raconter avec eux. Ce qu’eux nous offraient dans les entretiens.
David Dufresne
Est-ce que c'était pour toi une nécessité parce que tu voulais t’approcher le plus près possible de la vérité humaine. Ou est-ce que c'était aussi une nécessité en termes de morale ? En te disant je fais un film sur quelqu’un qui est vraiment mort pour de vrai et pas du monde, pas je fais du cinéma. Mais en réalité, ça parle de sang. Et donc je me dois d'être raccord avec son entourage. Est-ce que c’est une question morale ou pas ? Parce que certains réalisateurs peuvent très bien dire non, l’histoire n’appartient pas aux proches, elle appartient à tout le monde. Je fais ce que j’en veux.
Antoine Chevrollier
Tout à fait, et c’est tout à fait entendable aussi. Mais moi, c’est vrai qu'à l’endroit moral, à partir du moment où je savais que la série allait être écrite, je devais prévenir la famille. C’est-à-dire que je ne leur demandais pas une autorisation, mais encore une fois, je leur demandais une forme de bénédiction. Et d’une certaine manière, ils m’ont donné également leur autorisation puisqu’on a noué un rapport très fort avec eux, avec eux, avec Sarah Mohammed et Ben Ammar. Je déjeune avec Mohamed Ben Amar le lendemain.
David Dufresne
Les frères, des frères de mes frères et grand frère de Malik.
Antoine Chevrollier
Donc en fait, je me devais moralement de leur demander déjà de les prévenir et puis voilà, on a noué un tel rapport de confiance que finalement ça a nourri très profondément le film. Mais de la même manière pour Besson, pour Paul, de la même manière pour moi-même, pour tout ce qui est politique. C’est-à-dire que si tu t’approcher des policiers et de politique de l'époque pour être encore une fois le plus objectif possible, pour être, je crois, un, je crois, pour être le plus pertinent possible, il fallait être le plus objectif possible dans tous les points de vue.
David Dufresne
On est à l’autre bout de Paris, alors c’est la magie du cinéma. On est dans le 17ᵉ arrondissement et tu as une autorisation de tournage pour la manifestation en hommage à Malik Oussekine. Et à un moment donné, tu vas te voir au travail. C’est quelque chose d’assez impressionnant. On peut parler de cette manifestation et pourquoi c’est important dans le récit de ce drame.
Antoine Chevrollier
Alors il y a trois manifestations après la mort de Malik Oussekine. Il y en a une qui se fait un peu, qui se fait un peu de manière improvisée. Et le dimanche, il y en a une autre qui est plus organisée le lundi six, le lundi huit, pardon, et une autre qui est organisée le mercredi. Là, nous. Alors, c’est une fiction, donc c’est un peu un mélange de ces trois manifestations. L’annonce du retrait de la loi Devaquet se fait donc le lundi huit. Très, très clairement. Donc on n’avait pas les moyens pour faire une vraie manif. Donc là, pour le coup, j’ai utilisé des VFX. Vous verrez au début l'épisode deux, mais on a multiplié en fait tous ces figurants qui étaient incroyables. Je tiens à remercier tous les flics, toute la figuration, presque tout le monde a été incroyable sur ce film. Une vraie conscience, une vraie conscience de ce qu’on était en train de raconter.
David Dufresne
On voit les figurants qui vont et viennent, qui retournent, voilà, regarde, regarde. Puis un général en campagne, puis devant tout le monde. Tu marches vite, tu envoies la foule, t’as pas vu le truc ?
Antoine Chevrollier
Tu te rends compte que comme en tournage, on dit tu te rends pas compte, je ne me rends pas compte du tout. Moi, je viens de loin et en fait en ce moment de tournage, il est trop important pour moi. C’est trop précieux. C’est-à-dire que tous les matins, quand je vais sur un plateau de cinéma, et encore plus quand on raconte l’histoire de Malik, évidemment. Mais il y a une espèce d’intensité que je ne peux pas perdre le geste. Une fois que le geste de filmage est lancé, le geste de tournage est lancé. C’est trop intensif, faut tenir cette intensité. Je ne peux pas avoir la caméra qui s’arrête, je ne peux pas ne pas être dans une forme d’intensité, c’est trop précieux. Et ce jour-là, je crois qu’il y avait Ben Amar et Mohamed.
David Dufresne
Absolument, tu m’as fait rencontrer des frères de Malik. Et quelque chose qui est évidemment très fort, c’est que notamment il y a la scène du procès, je ne dirai pas dans quel épisode elle a lieu, ou il y a même des scènes médiatiques. L’avocat des policiers qui a ces phrases, il parle à Schmid, incarné par Thierry Godard, comme d’un brave patriote. Il dit qu’il a été le motard de De Gaulle, de Mitterrand, sous-entendu il sert l'État. Il dit des policiers sont le ciment de la nation. Et à plusieurs reprises, il dit dès la première minute, en réalité, votre écriture est très subtile. Bon ça, moi je pensais un peu plus. En fait, ce que vous nous envoyez des signaux en nous disant il y a une permanence du discours de l'État, il y a une permanence de ce que certains appellent des bavures, non pas, mais on ne le comprend pas, notamment au tout début tu mets un son d'époque. De ce Dieu se manifestant qui a marché.
Antoine Chevrollier
C’est a fait la marche de 1986.
David Dufresne
Place les Invalides.
Antoine Chevrollier
Aux Invalides,
David Dufresne
Pas loin de l’Assemblée nationale tout ça pour dire voilà, il y a des phrases qui font ou des scènes qui font terriblement écho à aujourd’hui.
Antoine Chevrollier
On a passé un historique des violences policières, mais en tout cas, on s’est très vite rendu compte que dans les violences policières, il y avait un champ lexical, que ce soit d’un côté ou de l’autre, qui était sensiblement le même. Alors effectivement, ce n’est pas un hasard si on a mis dès le début de l'épisode 1 cet audio de l'époque où il y a effectivement des idées. Encore une fois, une sémantique qui est utilisée encore aujourd’hui. C’est-à-dire qu’en gros, parce que tu parles de Garrot.
David Dufresne
Donc c’est l’avocat des policiers.
Antoine Chevrollier
Garrot dit ça, effectivement, c’est le ciment d’un arbre. Il faut peut-être aussi recontextualiser qui était Garrot. C'était un avocat très droitier, partisan de la légitime défense. Enfin, la peine de mort, c'était quelqu’un de très proche des syndicats de police. Voilà, maintenant lui d’une phrase qui pour moi synthétise un tout petit peu cette impunité autour des violences policières. Mais j’ai envie de vous dire que, presque dans le monde entier, il dit cette phrase. Je spoile un tout petit peu, mais bon, ce n’est pas, ce n’est pas grave.
David Dufresne
Alors il y a ceux dans le chat qui n’ont pas vu le film et qui vont se précipiter j’ai l’impression, et puis il y a ceux qui l’ont vu et écouté les gens. On a un chat qui se tient très sage aujourd’hui, c’est incroyable et magnifique. Maintenant, il y a quelque chose, je te promets. Je sens quelque chose, donc tu peux te poser un peu.
Antoine Chevrollier
Ok. Il dit non, non je ne déconne pas. Il dit cette phrase en fait de Garrot, un avocat qui défend les policiers, il dit en fait aux jurés, il dit « si vous condamnez ceux qui vous protègent, ils votent, ils ne vous protégeront plus ».
David Dufresne
Absolument.
Antoine Chevrollier
Et cette phrase, je trouve qu’en fait elle est vraiment symptomatique de la difficulté à pouvoir condamner les violences policières. Mais en France, j’ai envie de dire dans le monde par exemple.
David Dufresne
Cette phrase elle est véridique.
Antoine Chevrollier
Alors regardez, c’est véridique, ce n’est pas garanti à vie.
David Dufresne
Mais elle est d'époque, tu sais que c’est exactement le discours qu’il y a eu, notamment sur la sécurité globale. Il faut protéger ceux qui nous protègent. Et donc quand j’ai entendu cette scène, je dis ce n’est pas possible. Là, je me suis demandé honnêtement, je me suis dit tiens, est-ce qu’ils vont chercher dans aujourd’hui une phrase pour la mettre là ? T’es en train de nous dire que cette phrase, elle a été prononcée à l'époque, elle a été prononcée à l'époque et surtout, encore une fois, elle a été prononcée à nouveau autour de la mort. C’est une phrase qui revient tout le temps et tu te rappelles évidemment il y a quelques années, je crois qu’il y a deux ou trois ans, il y a deux ans en fait, quand des policiers se sont retrouvés devant la maison de la radio et ont posé les armes. Bien sûr, tu te rappelles de cet épisode, désormais, allez-y. Je trouve que c’est une sorte de mise en abîme finalement, un tout petit peu de cette phrase. Le côté vous nous condamnez d’une manière ou d’une autre, c’est-à-dire si vous nous condamnez, on ne vous protègera plus, allez-y.
David Dufresne
Pour la petite histoire, cette manifestation dont tu parles, c'était à l'été 2020. Elle faisait suite à d’autres, ça s’est arrêté quand ils sont allés au Bataclan. Parce que là, les gens ont dit « Vous abusez quand même ». Et deux jours plus tard, la manifestation Radio-France, là, c’est quelque chose qui nous rejoint, c’est le cinéma. C’est qu’eux, ils avaient plusieurs revendications. La première d’entre elles, c'était de dire que la médiatisation des violences policières, ça commençait à suffire. D’où Radio France. Et il y avait aussi parmi les manifestants des policiers qui n’avaient pas supporté que la région Île-de-France donne un peu d’argent pour la réalisation d’un petit film qui s’appelle Un pays qui tient sage, c’est assez drôle les choses mais c’est autre chose.
David Dufresne
Alors un autre avocat, justement, c’est la partie adverse, c’est Georges Kiejman incarné. On le voit là par caméra. Impeccable Kiejman, tu l’as rencontré ?
Antoine Chevrollier
J’ai rencontré Georges dans un premier temps par téléphone, puis ensuite il m’a invité chez lui, pareil, à un long entretien de plusieurs heures où il nous a expliqué un tout petit peu, en tout cas, les souvenirs qu’il avait de la défense de la famille Oussekine. J’ai envie de dire avec une grande sincérité, avec une grande honnêteté. C’est un personnage qui m’a énormément touché. Georges, malgré ce qu’on peut imaginer, il y avait une vraie sincérité à défendre cette cause. Et évidemment qu’il était proche. C’est ce qu’on dit dans la série, qu’il était proche du président Mitterrand. Mais c'était un combat qui lui tenait vraiment à cœur.
David Dufresne
À l'époque, il y avait donc Mitterrand et c’est devenu le soir même le rôle, disons le lendemain matin, c’est le drame qui survient rue Prince, devient une affaire politique. Et il y a notamment SOS Racisme. Alors, il y a une scène de Mocky qui m’a frappé, c’est la scène de l’autocollant. Est-ce qu’on peut en parler ou pas ?
Antoine Chevrollier
Apparaissent dans l'épisode 4 et on a Sarah qui est la plus, la plus véhémente, la plus forte. C’est dans la discussion qu’on a pu avoir avec Sarah, qui elle, souhaitait mener le combat finalement sans accointance politique, quelle qu’elle soit. Et donc effectivement, elle alarme SOS Racisme qui a fait le travail à l'époque qu’il estimait juste, mais elle allait dès cette époque-là, ne souhaitait pas être récupérée, entre guillemets, par SOS Racisme, mais c’est sa trajectoire.
David Dufresne
Voilà Sarah, elle est à droite.
Antoine Chevrollier
La sœur de Simon, assurément.
David Dufresne
Celle qui incarne Sarah, c’est là, je trouve, vraiment la force du cinéma, c’est-à-dire en un geste. Vous évoquez, vous laissez entendre. Voilà qu’il y a eu déjà à l'époque une discussion autour de SOS Racisme, dont aujourd’hui on dit avec facilité, je dirais facilement plutôt facilité pour moi, là, puisque c'était quand même le sous-marin du PS. Et là, juste voilà, il y a une forme de… en quelques secondes, on comprend qu’il y a un enjeu qui dépasse les faits.
Antoine Chevrollier
Tout à fait, c’est-à-dire c’est toujours pareil, c’est d’essayer de montrer les différents points de vue, de ne pas être juste sur un rail. Il y avait, il y avait différents points de vue, mais également autour des soins. Ce racisme est le point de vue de Sarah et celui-ci, et pour le coup, ils ont été extrêmement présents. Même lors du verdict, ici, ils se sont retrouvés tous devant le tribunal et ce racisme a vraiment été le moteur dans la contestation. Malgré tout, certaines personnes n'étaient déjà pas en accord avec eux, avec leur point de vue.
David Dufresne
Le tchat te demande comment ont réagi les autorités, les syndicats de police notamment ou les autorités administratives ?
Antoine Chevrollier
Depuis la sortie, oui, tu connais ça 1000 fois mieux que moi, en fait. Alors les syndicats, pour l’instant, j’ai rien eu de la part des syndicats. Voilà, j’avais un tout petit peu avant, étonnamment un tout petit peu avant, mais depuis rien. Et puis après avoir eu des insultes. Mais classique sur eux, sur Twitter ou ailleurs. Ensuite on se fait suivre ou insulter.
David Dufresne
Surtout sur quelles bases ? Vous êtes des mauvais français, vous, et des bons.
Antoine Chevrollier
Oui, tu vois ces termes, ces termes que je ne comprends pas, tu sais, wokiste, islamo-gauchiste indéterminé que je n’arrive pas vraiment à me donner sans mauvaise volonté. Mais je veux juste qu’on comprenne.
David Dufresne
Merde, on ne va pas finir là-dessus. Mais on pourrait finir comment ?
Antoine Chevrollier
Comment pourrait-on finir ? On pourrait finir sur la piste ? On pourrait finir par « le combat continue ». Non ? Je ne sais pas, ça me donne tellement de force. Les retours de tout le monde me donnent tellement de force qu’il faut qu’on continue. David, faut que tu continues à faire tes films et à raconter ce que personne ne raconte et à montrer ce que personne ne montre, on fait des choses ensemble.
David Dufresne
Bon allez, j’ai la chair de poule. Merci, merci et merci à toi. J’ai réservé mon après 12 h pour Benji et merci Antoine, doit être mis à notre disposition te dit Lila, que je salue. Merci ! C’est un film magnifique, ces quatre films magnifiques. Bravo ! Encore bravo ! Merci beaucoup !
Antoine Chevrollier
Merci, merci David, merci à vous tous et merci à toi.
David Dufresne
On t’embrasse. Bonne journée.
Antoine Chevrollier
Vous aussi. À très bientôt…
David Dufresne
À bientôt. Paloma.
Antoine Chevrollier
Merci.

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