Ovidie (Manifesto !)
Retour à l'émissionTranscription de l’émission
Elle est là Ovidie. Ah oui, alors j’ai oublié de te dire, ça, c’est le chat, auquel tu peux répondre. Ok, n’hésite pas quand je te pose des questions qui s'éternisent, qui sont très longues,Ma chère Ovidie bonjour, Quels sont ces badges ?
Écoute, je suis désespérée. Parce que mes badges préférés qui normalement sont sur cette poche-là sont tombés. Je pense que je les ai fait tomber de mon sac. Mais de ce côté-là, il y en avait. La vie est trop courte pour s'épiler la chatte. Il y avait un badge.
Le Doc.
De Bordeaux parce que j’adore les docs de Bordeaux et il y avait un badge. Alors ça, ça m’embête beaucoup de l’avoir perdue. C'était un pin’s avec Laïka, tu sais, la chienne sacrifiée au nom de la science prolétarienne. Et donc de ce côté-là, j’ai un utérus Superman. J’ai un badge de Gary Newman dont je suis très fan.
Et puis on demande qui est cette Gary. Gary Gagarine ? Gary Newman, c'était un peu un pionnier de la Synthé Pop à la fin des années 70, qui existe toujours d’ailleurs, qui fait toujours des concerts. Mais voilà, c’est un peu un pionnier de la pop synthétique. Et puis voilà, j’ai une cassette.
Ok, alors je ne t’ai pas dit d’en mélanger aux invités. Alors il y a deux coussins. S’ils vous gênent, vous pouvez retourner celui- ci. Est-ce que ça te gêne ? 200 Punk attaquent la police. Je trouve ça joli. Très bien. Comment vas-tu ma chère Ovidie, puisque c’est la première fois qu’on se voit en chair et en os
C’est la première fois que je suis convoquée au poste. Mais la dernière fois, on avait fait ça à distance. Est-ce que c'était parce que c'était une période Covid ou je ne sais plus ?
C’est très bien pourquoi, puisque tu m’as engueulé en disant :Ah ouais, maintenant un studio, tu vas parler.
Deux, J’ai dit que tu t’es embourgeoisé.
Et voilà les donateurs, les donateurs. Arrêtez de filer du pognon car Ovidie vous dit Ouais, qu’est-ce que c’est que ça ? Vous voyez où ça passe ? Franchement. Qu’est-ce que tu penses de ce studio ?
Bah ma foi, écoute ce petit camaïeu orangé il me plaît bien. C’est chouette. Pas trop cheap
Bon non. Sinon pourquoi cette inquiète ta déco, t’inquiète
Non pas du tout, pas du tout.
Mais tout à l’heure. Et si je vais te dire pourquoi, c’est parce que tout à l’heure je me suis dit Bon, Ovidie elle, elle fait des documentaires qui sont très, très léchés, on va en parler puisque tu es là pour le documentaire et pour le bouquin, mais je vais faire un petite présentation et avec plusieurs caméras, etc. Et je me suis dit ah oui mais attends, qu’est ce qu’elle va penser de ce studio qui fait du bric et de broc que j’aime d’amour ?
Mais voilà. Non, non.
Bien, on est très bien. Je n’ai pas de retour donc je ne vois pas ce que vous voyez, vous.
Ah non, je ne peux même pas en juger. Parce qu’en fait, voilà, c’est ça qu’il faut.
Mais écoute, cet orange ressort très bien.
Alors normalement, à un moment donné, je vais faire, je vais. Ah, bien évidemment, elle ne marche pas.
Aujourd’hui, mais tu sais que ça, c’est la nénette en déco avec ce petit poste. De télé orangé que tu as du chiner
Il vient du Canada. Il vient de Chicoutimi à l'époque où je vivais avant toi, qui a fait un film et d’ailleurs.
On s'était parlé là.
Voilà, c’est pour ça que ce film m’avait en partie parlé parce que je ne me souviens plus du titre Excuse-moi.
36 C'était le procès du 36, ce viol au 36 quai des Orfèvres. On ne peut pas dire ce viol car tu sais qu’ils ont été acquittés. Donc on ne peut pas dire ce viol, on n’a pas le droit.
Euh oui, c’est vrai, qu’est ce qu’on dit alors ? Un film sur une affaire qui en est une quand même ?
Un film sur. Un procès retentissant opposant. Une mini soixantaine, qui était donc une touriste canadienne qui avait accusé deux policiers de la BRI de l’avoir violée dans les locaux du 36 quai des Orfèvres, et suite à de multiples rebondissements judiciaires, ils ont d’abord été condamnés. Ils ont pris sept ans lors du premier procès et ils ont été acquittés en appel.
Il y a au moins trois bonnes raisons d’inviter Ovidie, Une parce que son captivant et son documentaire sur Valérie Solanas, ultra féministe ultra radicale, Solanas tira sur Warhol et publia Scum Manifesto Scum pour Society for Men, l’Association pour tailler les hommes en pièce deux, documentaire qui est actuellement sur Arte. On va en parler d’eux parce que Ovidie publié à la fin du mois Assise, debout, couché aujourd’hui.
On est le 24 avril aujourd’hui. Ben oui, c’est ça aujourd’hui, il sort aujourd’hui.
Et c’est ta première interview. c’est toi, c’est aujourd’hui. Ce matin-là, potron minet. Donc pas trop belle et j’aime bien. J’aime beaucoup cette expression. Donc tu publies aujourd’hui même ce matin. Il est en train d’arriver chez les libraires et il est déjà là chez Lattès, un essai sur les chiens, meilleurs amis de la femme, dernier rempart contre les autres chiens, c’est à dire les mecs étroits. Si j’ai bien lu le bouquin. Et trois parce que Ovidie, lauréate internationale Emmy Awards pour sa série Des gens bien ordinaires 2023, c’est quand même incroyable.
Si c’est vrai, je peux continuer à parader. Je crois que c’est comme Miss France.
Les droits pendant un an de frimer avec ça. Ton délire ?
Oui, oui, c’est fou. Non, je ne m’y attendais pas du tout. Vraiment ? Je ne pensais pas gagner un Emmy Awards. Je ne savais même pas que j'étais en lice. Déjà, je ne savais pas que potentiellement, je pouvais gagner quoi que ce soit et. Et ouais, non, non, c’est fou. Et c'était quand ? C'était fin novembre, donc je peux jusqu'à fin novembre. Moi je dis c’est une année, une année Miss France. Pendant un an, je peux dire Ouai
Te voilà Miss France.
J’avais vraiment l’impression d’avoir amené la Coupe du monde. Tu vois, dans l’avion, là, en rentrant de New York, avec le prix Ce, vraiment, je ramenais la coupe au pays. On était les seuls Français à avoir gagné quelque chose et vraiment il y avait cette sensation-là.
Et depuis, les chaînes s’arrachent les projets. Deauville non ?
Mais non, pas tant que ça. Tu vois, il n’y a pas eu d’avant. Après on ne propose pas plus, pas moins de trucs qu’avant. Après moi je suis, je ne suis pas. Je suis un animal sauvage aussi. Et ce ne sont pas forcément les producteurs. Ils ne peuvent pas forcément m’attraper facilement parce que je suis bien, je suis déjà, je suis, soit je suis en train de bosser, soit je suis chez moi dans ma campagne avec mes chiens. Donc je suis un peu un animal sauvage. Donc non, je ne vais pas dans les dîners en ville, je ne suis pas mondaine, donc ça ne m’arrive pas d’avoir des périodes comme ça qui me tape sur l'épaule.
Ah formidable, on a un projet à vous proposer.
Des sports pas trop par contre. Moi je bosse pas mal.
Pauline, avec qui je prépare les émissions, m’a annoncé plein de projets, que ce que t’es en train de vivre, qui sont annoncés, qui sont en route, c’est du délire.
Bah je bosse pas mal. Non mais c’est vrai, En plus je bosse pas mal. Je pense que c’est un truc de peur du vide, tu vois. Mais après je ne fais pas beaucoup la fête. D’ailleurs je ne fais pas du tout la fête, je bois pas, je ne me drogue pas, je perds pas beaucoup de temps quoi. Et je pas que j’ai mes amis, je mes clés, j’ai ma famille, je ma fille. Mais sinon j’ai du temps pour bosser en fait. Puis vu que ça m’intéresse ce que je fais, j’ai quand même ce luxe incroyable que de pouvoir vivre de ce que je fais en fait. Donc ça faut rappeler quand même que c’est une chance.
Tu bosses beaucoup et tu bosses bien. Et d’ailleurs moi je vais essayer de mieux bosser, Je vais recadrer une caméra, celle-ci. En fait, il y a ces deux qui nous filment, enfin qui te filment. Il y a celle-ci qui fait le plan général et puis celle-là qui me filme comme un petit timbre-poste.
En trois quarts dos.
Mon oreille et voilà ton épaule. Voilà, on commence par le film si tu veux bien, et ensuite le bouquin de Valérie Solanas. Donc le documentaire qui est sur Arte, est ce que tu veux ? Est-ce que tu veux résumer sa vie ? Ou sinon je raconte les notes que j’ai mais c’est mieux que ce soit toi, non ?
écoute comme tu veux bien. Valérie Solanas C’est déjà une autrice. C’est l’autrice du manifeste féministe le plus radical de l’histoire des féminismes. C’est l’autrice du SCUM Manifesto, qui est un manifeste qu’elle ne définit pas comme féministe et se définit pas comme féministe à l'époque. C’est un manifeste qu’elle écrit dans les années 60 et qui a longtemps été considéré comme misandre. Parce que bon, petit détail de l’histoire dans ce manifeste-là, elle prône l'éradication de la moitié de la planète, c’est à -dire l'éradication des hommes. Voilà, c’est l’ambiance. Mais si on fait abstraction de ça, c’est un texte qui était visionnaire et dans lequel elle avait déjà tout imaginé. C’est-à -dire qu’elle parle. De la PMA. Avant l’heure et puis surtout elle fait une critique du système patriarcal sans employer le terme patriarcal, puisque donc on n’emploie pas ce moment-là, mais elle fait une critique du système patriarcal qui est toujours valable. Et c’est ce qui fait que Valérie Solanas, aujourd’hui, elle est étudiante en fac, elle est rééditée, etc. Donc c’est une autrice radicale, mais en fait, Valérie Solanas, elle a été surtout connue aux États-Unis pour un fait divers c’est la femme qui, un jour est entrée dans les locaux de la Factory et a tirer dans le tas, à tirer sur Andy Warhol, le laissant pour mort ce qu’il est techniquement mort, cliniquement mort pendant quelques minutes, un quart d’heure je crois, ou quelque chose comme ça. Et depuis il est ressuscité d’entre les morts et ce qui a permis d’asseoir sa mythologie christique par la suite. Et après, il est mort bien des années après. Mais donc, Valérie Solanas, c’est la femme connue pour ça. À l’origine, c’est la femme d’un fait d’Eve, c’est celle qui a tiré sur Andy Warhol. Et le fait d’avoir tiré sur Andy Warhol a permis de faire découvrir au monde son texte qui était le Manifesto. En fait, c'était un coup de pub. C'était le retour, le quart d’heure de célébrité renvoi Né en pleine face d’Andy Warhol. Et elle s’est servie de ce happening. On va dire qu’elle a été imaginée comme telle pour pouvoir promouvoir son texte Le Manifesto.
Tu retournes sur les lieux du crime. Tu retournes donc à New York principalement, mais pas uniquement. Tu vas aussi filmer les différentes maisons qu’elle a, qu’elle a pu habiter parce que elle a une vie absolument horrible puisque les filles mères à l'âge de treize quatorze ans.
Je crois, elle accouche d’un premier bébé à l'âge de quatorze ans, bébé qui sera élevé toute sa vie comme étant sa sœur, c’est-à -dire tout le monde, la famille, les voisins, tout le monde. L’ensemble du monde qui entoure Valérie Solanas se comporte comme si ce bébé était la sœur de Valérie Solanas et c’est cette enfant ne découvrira qu’elle est la fille de Valérie Solanas qu’une fois adulte. Bien, bien plus tard. Donc ça, c’est une première grossesse et on suppose que c'était son propre père qui était le géniteur de cette affaire. Donc elle a été inceste très tôt. A seize ans, elle tombe enceinte pour la seconde fois a priori d’un marin de passage qui lui-même est marié avec des enfants auxquels elle a accouché. Un deuxième bébé, un petit, un garçon cette fois-ci, qu’elle vend contre la promesse.Contre des frais d’inscription à l’université, tout simplement. Elle échange. En fait, je dis elle vend. Mais oui, c’est ça. Elle échange ce bébé, elle va le vendre. Un couple de yuppies en fait, qui lui font la promesse de payer ses études, ce qu’ils font pour de vrai. Elle s’inscrit après l’université du Maryland. Elle fait des études de psychologie, de philosophie et à un moment de biologie aussi. Et puis le problème, c’est que dans cette Amérique des années 50, on autorise les femmes à faire des études un an, deux ans, trois ans, mais pas au-delà. Et à partir du moment où on arrive dans les classes beaucoup plus hautes, eh bien tous les programmes de recherche, les bourses ne sont attribuées qu’aux hommes et donc à des gentiment poussés vers la sortie. Mais donc, c’est une femme qui part de la galère intégrale, mais qui est une femme très brillante et on le remarque dès le départ.
Voilà. Et à la fac, elle est-elle est lesbienne. Oui, c’est ça, l’important c’est que tu retrouves des photos, ces photos. Les Américaines sont extraordinaires tout le monde en toge et compagnie. Et puis elle part. Pas avec l'époque d’aujourd’hui, je veux dire en termes de gueule, alors qu'à l'époque on voit bien qu’elle est complètement à part, entourée de mecs, Elle a les cheveux courts.
C’est une petite. Bouche si petite bouche. Avant leur petite bouche avec ses chemises à carreaux, des cheveux très courts entourés de filles qui sont habillées comme dans des grises, et elles dénotent dès les années 50. Cela dit. Les images de ces femmes en robe. Si, si aussi. Je ne sais pas si c’est ton image, je dis ça, tu vois. Je n’essaie pas.
Mais je sais bien. Je sais. Je rigole. Non, non mais.
C’est vrai que dans les années 50 se revendiquait ouvertement lesbienne dans l’armée. Déjà dans les années 50 tout court. Mais dans l’Amérique des années 50, c’est quand même s’exposer à être mise en marge de la société quoi. Enfin, je veux dire ça c’est sûr que ça et c’est ce qu’elle fait. Et après, à partir de 1960, elle part à New York où elle découvre un tout autre monde. Elle découvre le village, elle découvre des artistes, elle découvre d’autres camarades de blues avec qui elle partage des piaule ou parc, ou avec qui parfois elle dort directement sur des toits d’immeuble. Et voilà. Et elle rencontre Candice Darling, qui était une icône transgenre à l'époque, qui traînait avec toute la clique Warhol. Et c’est par Candice Darling qu’elle va prendre contact pour la première fois avec Andy Warhol, avec qui elle va collaborer pendant quelque temps. Elle va participer à certains films réalisés par Paul Morrissey et produit par Warhol. Euh, elle va être un peu exploitée. Ils vont la payer. 20 $. 20 $ le film. Ce qui n’est quand même pas très lourd. Et toutes les filles étaient visiblement payées 20 $. Les autres zicos le reliant étaient payés 20 $ aussi.
Parce que ce que tu montres très bien c’est le côté détestable de Warhol. Après Gauguin n'étant que dans les contrats, dans les, dans les dans les cas, ce n’est pas du tout le gars, l’image qu’on en a, si on gratte un peu tout de suite, ça sort. Mais l’image qu’on a, c’est le le génie de New York. Alors qu’en fait, le mec, a priori, et c’est ce qu’elle lui reproche, c’est quand elle lui envoie un premier manuscrit, il lui répond pas et elle lui en veut parce qu’il est incapable de le lui renvoyer. Et elle se rend compte, si j’ai bien compris ton film qui est vraiment super, qui est actuellement sur Arte. En fait, elle est en train de se dire qu’elle est en train de me piquer toutes mes idées. En fait, ces idées, on va en parler du manifeste ou en tout cas qu’elle est en train de développer.
Ben oui, parce qu’il tourne. C’est une période où il fait beaucoup de films, il produit beaucoup de films réalisés par lui, soit réalisé par Morrissey. Et effectivement, il y a un film par exemple, qui s’appelle Women in Revolt, qui est une caricature des propos féministes de Valérie Solanas, où on voit des femmes qui s’arrachent les cheveux en disant j’en ai marre des hommes. Enfin voilà, de façon un peu ridicule et. Et elle comprend en fait que le temps qu’elle passe avec lui, c’est du temps qu’il prend pour femme pour s’inspirer d’elle, lui piquer toutes ses idées quoi. En gros, c’est la sensation qu’elle a. Et moi, ce que je trouvais intéressant, c'était de s’attaquer un peu à la statue du Commandeur. Parce que Warhol, il est. Moins bien fait. Intouchable. Et il y a un des intervenants qui s’appelle Ben Moréas, qui était un des amis de de Valérie Solanas à l'époque, qui était rentré dans le Pentagone et qui après a vécu en cavale pendant 40 ans face à un anarchiste qui a vraiment un parcours extraordinaire et et qui lui me disait que Franco, devant la caméra, moi je l’ai connu. Il était comme s’il était comme ça, il était détestable. Ça ne justifie pas de se faire tirer dessus. Attention, ce n’est pas ce que je suis en train de raconter. Parce que quelque part, Warhol, c'était pas le pire des masculinistes de la terre. C’est-à -dire qu’il était antipathique sur bien des points, mais il méritait peut-être pas de se prendre. Alors trois balles.
Trois balles, trois balles. Trois balles. Alors il y a des gars autour de lui qui se prennent aussi. Des balles perdues.
Il y en a. Ouais, Mario Amaïa qui se prend une balle
Et qui t’a fait rire. Donc maintenant, tu sais, ce n’est pas ça. C’est la réaction de. Mario Amaïa qui pour le coup y était pour rien. Il n’avait jamais rencontré Valérie Nasse de sa vie. Il était de passage à New York. Vraiment, il se prend une bastos pour rien et je souris parce que ce n'était pas très grave cette balle-là.
Et il s’est plaint auprès de ses amis parce qu’il avait un costume tout neuf et. Il s’est plaint auprès de ses amis. Mais j’avais un costume tout à fait ruiné. Mon costume a ruiné mon costume, ce costume blanc, ce costume blanc. C’est ça que je trouve marrant. En revanche, non, Warhol, c’est beaucoup plus grave. Il reste une opération dure, je sais plus de 5h, quelque chose comme ça. Et il meurt cliniquement pendant quelque chose comme quinze. Enfin, je suppose. Quelques minutes.
Oui, et d’ailleurs je ne sais pas s’il y a un lien, mais quand on le voit après les tirs, c’est quand il ressuscite d’une certaine manière. En fait, il a le visage marqué qu’on lui connaît alors qu’il l’a moins avant. Donc je me suis demandé si ce visage très dur et presque euh oui, enfin pas refait, mais presque si c'était lié à l’accident ou pas.
Déjà son corps est couvert de cicatrices. Après ça, oui, il portera un corset jusqu'à la fin de sa vie, donc il conservera des séquelles de cette affaire jusqu’au bout. Et tous ceux qui l’ont connu à l'époque ont dit qu’il y a eu un avant et un après. Sans compter que Valérie Solanas après et même après. Même après le son, j’allais dire le procès. Mais il n’y a pas eu de procès, même après son hospitalisation, puisqu’elle sera internée après l’attaque de la Factory. Même quand elle. Quand elle va ressortir de HP quelques années plus tard, elle continuera à le harceler, à passer en bas de chez lui en criant.
Il y aura le Big bang ! Donc elle ne lâche pas. Donc je peux comprendre. Je me mets à la place de Warhol, je peux comprendre.
Que voilà, que ma santé mentale n’est pas au top. Et effectivement, ils disent qu’il y a eu un avant et un après et ils étaient déjà un peu dans les bondieuseries avant. Mais là il est vraiment à vie, Il est tombé du côté Ah, il a viré très mystiquement, après quoi.
Il était déjà chrétien
. Il est catho ou je ne sais pas catho son catho mais mi catho je crois bien et et bon, il est, il s’est réfugié de plus en plus là-dedans quoi.
Sentiers Battants nous précise que les coups tirés sur Andy Warhol lui transperce le poumon, la rate, l’estomac, le foie et l'œsophage.
Absolument.
Ici, on n’est pas chez les cons, c’est écrit sur le coussin. Y a un détail, c’est qu’elle laisse quelque chose. Elle, elle, elle tire, il tombe, il s'écroule, il est mort. Et elle laisse quelque chose dans l’appartement. Enfin, dans l’atelier de Warhol. Et après elle, elle se rend finalement au premier policier venu. Elle dit Voilà, j’ai tiré sur Warhol. Pour elle, c’est un geste, un coup de pub artistique, genre Les quinze minutes de gloire. Ben tiens, je vais me les. Je vais me les prendre en plus, comme tu me piques mes idées. L’idée de roman veux-tu dire ? Est ce qu’elle laisse ou est ce qu’on laisse la surprise ?
Alors la légende dit qu’elle laisse une serviette hygiénique au sol et qu’elle s’en va et elle se rend. Ça, ce n’est pas raconté dans le film. Et elle se rend donc au premier policier qu’elle croise. Et ce policier a un nom absolument de drag Queen. Ça m’a fait hurler de rire. Je crois qu’il s’appelle Chi, mais un truc comme ça. Il faut que je vérifie, il faut que je vérifie. Mais c’est vraiment un nom de drag Queen, C’est fou. Et donc elle se rend et il y a des images au moment de son arrestation et. Et elle arrive à obtenir finalement ce qu’elle attendait, c’est à dire de l’attention médiatique, non pas pour elle en tant qu’individu, ce n’est pas pour elle. Ce n’est pas dans un égo trip qu’elle veut tout à coup être connue, mais ce qu’elle veut c’est faire connaître le SCUM, faire connaître le texte, mais faire connaître l’organisation. Alors ce qui est intéressant avec le SCUM, c’est que c’est une organisation, c’est une lutte armée sans troupes quoi. C’est-à -dire qu’elle est toute seule dans ce cas, elle essaie d’organiser des réunions, des personnes qui viennent à ces réunions du squat qui est censé être un mouvement insurrectionnel quoi. En gros, les personnes qui viennent, ce sont soit des mecs super soumis qui veulent pas lécher des pieds ou qu’on leur marche dessus.
Voilà, donc.
Il y a des mecs soumis qui viennent en disant ah ouais, t’as raison, on est des merdes, nous les hommes, on est des merdes et ou alors des femmes qui finalement comme elles sont traumatisées, ont vécu des violences sexuelles etc. Donc c’est un peu ça le combo des réunions du SCUM. Donc en fait, elle, elle était persuadée que son texte allait déchaîner, finalement allait provoquer un mouvement insurrectionnel. Et en fait elle se retrouve toute seule avec son SCUM. Et c’est suite à ça, je pense qu’elle a voulu faire connaître, faire connaître son texte. Après je dis c’est une lutte armée sans troupes, mais d’un autre côté, je ne suis pas sûre qu’elle ait jamais vraiment voulu faire partie d’un mouvement puisque à partir du moment où elle tire sur Andy Warhol, il y a un certain nombre de féministes de l'époque, de féministes qui deviendront des icônes du féminisme radical, je pense à intégrer cette quinzaine ou à Florence Kennedy qui deviendra son avocate, qui était aussi avocate des Black Panthers et tout ça. Il y a pas mal de féministes. Qui ça ? Qui s’approche d’elle ? Sauf qu’elle ne se définit pas comme féministe. Ce qu’elle dénonce, c’est le patriarcat et. En tant que système, mais elle se définit pas comme féministe. Elle prend un peu pour des rigolos. Elle dit bon, en gros, il n’y a que moi qui passe à l’action. Elles sont là, mais j’en ai rien à foutre de leur mouvement et c’est ce qui fait qu’on ne peut la rattacher à aucun mouvement, aucun mouvement, ni politique, ni rien, aucun mouvement, même anarchiste. Elle fricote avec Maurras qui est anarchiste. Mais finalement, est ce qu’elle décrit une forme d’anarchisme quand elle dit quand elle prône le sabotage ? Mais elle ne veut pas, elle, faire partie d’aucun mouvement féministe, ça ne l’intéresse pas et elle est même assez désagréable avec elle. Je pense à Tigresse Atkinson, qui donc l’a soutenue et est allée la voir plusieurs fois en hôpital psychiatrique, hôpital psychiatrique où elle subit des violences, des horreurs ou elle subit une hystérectomie non consentie. Il faut voir la violence du truc. Et bien elle est tigresse à l’envoi, elle l’envoie balader, l’envoie chier très très clairement, elle est agressive à la menace et c’est ce qui fait que ça fait le ménage autour d’elle en fait. C’est-à -dire qu’il y a plein de femmes autour d’elle qui disent c’est bon, on en a marre de se faire agresser, donc ce n’est pas un personnage lisse. Moi je n’en fais pas une héroïne absolue de Valérie Solanas, elle continuera à harceler d’autres personnes après, donc je n’en fais pas une héroïne absolue. Mais en revanche, je trouve que sa vie est tellement folle et son texte mérite tellement d'être lu que voilà. C’est pour ça que j’ai eu envie de faire ce film.
Absolument. Parce que le film, évidemment, il est porté par le manifeste Scum Manifesto. Si c’est pas un film sur un fait divers, c’est beaucoup plus que beaucoup plus que ça. Est-ce que justement y aurait une ou deux phrases du Scum Manifesto que tu connais très par cœur, auquel tu penserais à chaque fois que tu prends le métro ou je ne sais quoi ? Espèce de truc qui guiderait ta vie.
Alors je ne sais pas si ça guidé ma vie, mais il y a un passage que j’aime beaucoup, que j’avais mis en ouverture, en citation, en ouverture, citation d’ouverture d’un de mes livres qui s’appelait La chère Stella et elle commence en disant il faut être, il faut avoir sacrément baissé pour devenir anti baise. Et ça c’est une citation que j’aime beaucoup. De tout ce que Manifesto a dit, je ne me rappelle plus exactement s' il faut avoir beaucoup baissé pour devenir anti -baise et elle dit que les fils en sont revenus quoi en gros et qu’elles ont tout fait je crois dit le suisse. Bite suce con. Elles ont tout fait maintenant elles veulent du nouveau. Et voilà, j’aime beaucoup ce passage.
Mais qu’est-ce que parce que ce passage, il est dans ton film évidemment. Et on laisse les gens découvrir le dispositif du film puisque le texte est constamment appelé dans le film. Mais cette phrase qu’ est-ce qu’un mec doit entendre quand il entend ça ? Et qu’est-ce qu’une femme doit entendre quand elle entend ça ? Et la phrase exacte c’est qu’il faut avoir beaucoup baissé pour devenir anti baisse. Oui, c’est ça, c’est ça.
Bah déjà ce qu’il faut savoir c’est qu’elle n'était pas. Elle n'était pas dans un. Comment dire ? Sans entrer dans une morale ou je ne sais pas quoi en fait. Valérie Solanas, elle se revendique lesbienne. Elle, elle est travailleuse du sexe. Un temps, à New York, elle arrive à gagner sa vie, à survivre. Je dirais plutôt c’est un meilleur terme comme ça, en se prostituant. Donc elle n’est pas dans une condamnation morale des choses qui touchent à la sexualité, en revanche. C’est pour ça qu’elle dit il faut avoir beaucoup baissé pour devenir anti -baise, c’est-à -dire après avoir fait tout le tour de la question et avoir connu les hommes dans ce qu’ils ont de plus odieux on va dire.
Euh ben voilà.
Basta Soit en gros, moi c’est comme ça que j’interprète comme un appel à soit un lesbianisme politique, soit tout simplement à faire une grève du sexe.
Voilà le film. Évidemment, il a ceci de merveilleux, c’est que dans les années 60 comme aujourd’hui d’ailleurs, tout est filmé aux États-Unis, c’est-à -dire que l’arrestation est quasiment filmée. En tout cas, il y a les flics qui sont sortis tout droit d’un polar en noir et blanc qui dit Voilà, elle a été arrêtée pour ça, qui répond à la presse ? Elle, on la voit, Oui, en état d’arrestation. Donc il y a toutes ces images comme ça qui sont, qui sont captées. C’est déjà du direct. Et puis très vite, tu mets des images du Chelsea, célèbre hôtel new yorkais qui est en train de renaître de ses cendres à mon avis, version Beaubourg.
Qui devient un hôtel chicos.
C’est ça. Mais c’est l’hôtel new new-yorkais par excellence où on a Sid Vicious a tué sa femme. Bien, très bien. Mais il y a eu aussi tout un tas d'écrivains qui ont échoué là, parce qu’en fait c'était plus un abri, etc. Et donc, au début de ton film, je vois des images Super huit et je me dis mais c’est magnifique, Mais. Comment elle a fait ? Après je après. Après je vois. Dans des bleds paumés sa maison, puis après son truc. Je me dis mais là là. Ah ouais d’accord. ] Donc à l'époque il était allé filmer sa maison, etc. Et puis petit à petit, je me dis mais en fait, Ovidie est. Une petite maline. C’est une petite maligne malhonnête. C’est comment ? Ça m’a fait un filtre. Instagram qu’elle me fout là ? Alors c’est quoi un filtre Instagram ? Alors c’est quoi ? C’est quoi cette fois ci ?
Les trois quarts du film ? On est en super huit. On a pris un super huit, carrément.
Ah oui, oui, oui, on n’a pas fait.
Moi j’aurais cru que c'était Netflix.
Ou quoi. Hein ? Je t’en ai voulu à la fin, mais je suis hyper heureux que ce soit. En super huit maintenant.
Mais c’est un super huit donc. Il nous manque du matériel d’archive. Qu’est-ce que la vie de Valérie Solanas et comment documenter ?
Ben oui, oui, bien sûr !
Et pour tout te dire, je crois vraiment qu’on est les premiers à avoir fait un documentaire sur Valérie Swann parce que je n’en ai pas trouvé d’autres. Aux États-Unis, y a rien. Il y a une biographe qui a écrit un livre Voilà sur la vie de Valérie Solanas.
Qui donc ? Qui est dans ton film exactement ?
Brian Phase, qui a écrit donc un livre sur Valérie Solana et il y avait eu un film de Marie Arwen aussi, tu sais, qui était la réalisatrice de American Psycho qui, dans les années 90 avait sorti un film sur une fiction. Mais en docs, on est vraiment les premiers et là-bas, elle est vraiment complètement oubliée. Solanas Donc ça n’a pas été évident de retrouver toutes ces archives-là dont tu parlais tout à l’heure, mais il nous manque évidemment du matériel d’archives. Je me suis dit qu'à cela ne tienne, on va recréer notre propre matériel d’archives qu’on va mélanger aux vraies archives et donc tout le film, c’est ça. C’est un mélange des archives que nous avons recréé et qu’on a mélangé, mais pour que ça fasse vrai et pas que ça fasse genre un filtre.
Instagram comme tu disais tout à l’heure, c’est ça.
Que tout le monde fasse un peu ça maintenant, on met un espèce de faux filtre à la con. Nous, on a vraiment tourné en Super huit, on est bien.
C’est génial alors c’est génial ! Mais bien sûr que non !
Mais c'était hyper angoissant parce qu' on est parti à deux avec Lionel. Il y a quelqu’un qui sait qui est mon chef OP. Ouais, de plein d’autres projets aussi. Et on est parti avec une toute petite caméra super huit et on les amenait régulièrement au labo. On n’a rien doublé en vidéo, on a rien doublé. À un moment, on était dans l’avion du retour, on venait de tourner pendant dix jours comme ça, tout en super huit. On s’est dit mais. Est ce qu’on a bien fait parce. On n’avait pas vu l’ombre d’une image. Donc, et c’est vrai que le Super huit est aléatoire. Enfin je veux dire, on peut cramer une pelloche, on peut peut être détérioré un peu. Enfin, il peut y avoir plein de problèmes avec le Super huit. Et nous on est rentrés en France en disant ok, bah maintenant on va attendre que tout soit développé, que le labo nous renvoie, numérise tout ça aussi, nous envoie ça par disque dur, par je sais plus comment et. Et oui, il y en avait une main jusqu’au bout. Je ne sais pas. Il a fallu quand même trois semaines avant de recevoir tous les rushes et pendant trois semaines, on a balisé. On s’est dit mais c’est parce que c’est inutilisable tout ce qu’on a fait. Mais oui, non, c’est un risque de partir juste avec la caméra Super huit. Mais écoute, je suis très heureux d’avoir vu un film tourné en Super huit, ça me plaît beaucoup. Il n’y a que les interviews, bien sûr, qui sont tournées en vidéo. Histoire de sons, de plein de choses quoi.
Alors je laisse découvrir qui parle. Parce que c’est assez, C’est assez. D’abord, il y a des yeux qui parlent et comment les gens parlent. Il y a des gens qui sont âgés évidemment, qui ont connu, mais bon, c’est assez rigolo. Il y a une ironie de l’histoire dans les témoignages que tu peux retrouver, mais je laisse les uns et les autres découvrir tout ça. Finalement donc, le manifeste va sortir. Il y a le méchant dans l’histoire qui est un éditeur français, mais passons, mais qui est quand même assez bon aujourd’hui. Toi tu dis, tu nous as dit tout à l’heure en fait, c’est une des figures les plus radicales, si ce n’est la plus radicale du féminisme. Et dans le même temps, tu nous dis mais en fait, elle ne se considérait pas comme féministe. C’est vrai. Est ce qu’il n’y a pas un malentendu ? Euh. Il est 9 h 30. Je sais que c’est une question.
Est ce qu’il y a un malentendu ? Je pense qu’il y a eu un malentendu, ne serait-ce que dans son interprétation, c’est-à -dire pendant très longtemps. Je crois qu’on a cru que les deux textes de Valérie Solanas Manifesto et Horace dans Ton cul, qui est une pièce de théâtre, s’appellent Dans ton cul. On a cru que c'était une espèce de pantalonnade, on a cru que c'était drôle. Je pense que c’est là où est le malentendu, c’est qu’il y a beaucoup, beaucoup d’euphémismes. Moi, j’y compris en fait, jusqu'à ce que je commence à travailler sur ce film. Pour moi, elle poussait tellement à l’extrême que c’en était drôle. Enfin, il y a des passages qui sont vraiment de l’ordre de la jubilation ou quoi. Quand on lit ça, on rigole, on ne peut pas s’empêcher de rigoler parce que c’est tellement violent et tellement de mauvaise foi aussi, par moments, je me dis enfin voilà, c’est pas possible. Et non, en fait elle était premier degré et moi c’est ça que j’ai trouvé intéressant en bossant sur ce film. En fait, je me suis dit mais on s’est planté depuis le départ, elle était full premier degré en fait dès le départ elle n’était pas et elle ne faisait pas gaffe. Ce n’était pas un trait d’humour et. Ça j’ai joué. Et quand elle prône l'éradication des hommes, moi je pensais que c'était un symbole, que c'était symboliquement le patriarcat, l’hétérosexualité, etc.
Et donc quand j’ai posé la question à ces deux amis.
Jeremiah, Newton et bien Montréal, j’irais bien. Newton me dit non, non, ce n’est pas un symbole.
Ce n’est pas un symbole. Elle les a détestés mais pour de bonnes raisons. Pour des symboles, je les ai trouvés super drôles.
Et il y a son camarade Ben mourir qui qui raconte que qui traînait souvent ensemble et qui un jour il lui a dit mais Valérie, on traîne tout le temps ensemble, on fait des actions, des manifs ensemble. Et tu veux éradiquer les anneaux ? Ça veut dire tu veux me tuer moi aussi ? Elle réfléchit comme ça, Elle dit J’y avais pas pensé, mais tu seras le dernier mec qu’on tuera.
Ouais, c’est très drôle.
Mais en fait, tout ça pour dire, maintenant, elle est totalement au premier degré. Pour moi le malentendu il est là, c’est que c’est pas juste un texte drôle genre misandrie comique, C’est vraiment elle y croit Sophie. Après d’un autre côté, elle y croit, mais il faut quand même ne pas oublier tout ce qu’on s’est dit tout à l’heure. Elle a été en SST des plus jeunes âges à seize ans, elle a deux grossesses non désirées, elle est travaillé comme travailleuse du sexe donc avec toute la violence qui va avec. Elle est très traumatisée. Bien sûr, sa vie est une accumulation de traumatismes quand même.
Bien sûr, bien sûr. Et si, si, j’ai bien compris. En fait, il y a 25 ans, tu publiais ton manifeste Oui.
Du porno Manifesto.
qui est qui évoque, je crois, le Scott Manifesto ? En tout cas, tu as, tu as, tu as ça en tête ou pas du tout ?
Bah le titre petit, voilà, le titre c'était. Je ne sais pas si on peut dire ça, un hommage, mais c'était à minima un détournement on va dire. Bien sûr. Mais ce qui est marrant, c’est qu'à l'époque où je choisis ce titre Porno Manifesto donc je ne sais pas, ça devait être en 2001 ou quelque chose comme ça. Je crois encore moi, que c’est de l’ordre de la blague. Lorsque le Scum Manifesto je. Crois comme c’est ça parce que je ne l’ai pas. Je crois que c’est Lauren Bastide qui avait cette formule qui disait C’est la grand tante encombrante dans les repas de famille, on ne sait pas avec qui on ne veut pas s’asseoir à côté d’elle. Il y a un truc un peu comme ça avec Valérie So La nation, elle est un peu embêtante, c’est le caillou dans la chaussure du féminisme quand même. Parce que ce qu’elle dit du côté des féministes qui disent mais non, il faut ou on ne peut avancer qu’avec des hommes, etc. Bah elle est là et dès le départ en fait, c’est ce que racontent les féministes de l'époque. Ce que raconte Tigresse Atkinson a dit dès le départ qu’il y a une scission en deux au sein du mouvement du féminisme entre celles qui sont prêtes à défendre Valérie Solanas. Mais oui, il faut défendre des actions violentes et celles qui disent non, non, non, non, non, non, Il faut que le féminisme, au contraire, soit plus respectable, audible auprès du plus grand nombre, etc. C’est un débat militant, vieux comme une histoire du militantisme, en fait.
Mais est ce que l’idée. Déclinable à plein d’autres, puis à d’autres niveaux, on peut parler de ça pour l’antispécisme, pour l’anticapitalisme. Pour plein de choses. Mais que veux-tu qu’on retienne d’elle à travers ton film ? Est-ce que tu as envie que les gens en suite se précipitent sur ton manifeste ? Tu voudrais qu’on retienne d’elle quoi par rapport à ses idées, j’entends.
Par rapport à ses idées ?
Ouais.
Moi je trouve que ce qu’elle dit sur la destruction du système et tout ça, je trouve que c’est toujours, toujours valable. Qu’est ce qu’on retient d’elle ? Si tu veux, j’ai un peu le même rapport à la nasse qu’un mec comme Théodore Kaczynski par exemple. C’est à dire on est un peu emmerdé par des passages à l’acte qu’on n’approuve pas. Enfin, moi perso je n’approuve pas Unabomber, mais qui est Solanas comme telle qu’elle s’inscrit, y laissent derrière eux des textes qui eux sont rationnels, c’est-à -dire des personnalités qui dans les deux cas, ont. Ont de graves problèmes psychiatriques et elle souffrait quand même de paranoïa schizophrénique. Je crois que c’est ça le diagnostic Kavinsky. On sait aussi que l’un comme l’autre, ils ont laissé des textes importants. Manifesto Kinski y laisse la société industrielle et son avenir. Mais. Le problème, c’est que dans leur passage à l’acte. Moi en tout cas, je n’approuve ni l’un ni l’autre. Et je me dis c’est pareil ou c’est ce qu’on a dit tout à l’heure. C’est bien de s’attaquer à la statue du Commandeur, mais il y avait pire que lui pour se prendre une balle quand même. En fait, ce n’est pas le pire des masculinistes de la Terre. C'était pas le plus sexy de la terre, ce n'était pas ce n’est pas la pire pourriture. C'était même potentiellement ce qu’on appellerait aujourd’hui un homme allié on appelait ça les hommes auxiliaires. Aujourd’hui, on appellerait ça un homme allié ou un homme déconstruit. Je n’en sais rien, mais il serait plutôt dans ce camp-là, du côté des hommes alliés aujourd’hui. Donc ce n'était pas la fin. Et pour eux et pour Unabomber, c'était pareil. Il y a des gens qui sont morts qui ne méritaient pas, genre une secrétaire dans telle fac parce que c’est elle qui a ouvert le machin. Enfin si c’est pareil, c’est qu’ils sont emmerdants. Je pense que je pense que sous la masse de caillou dans la chaussure, le féminisme Kaczynski c’est le caillou, le caillou dans la chaussure de je ne sais pas comment on peut appeler ça du survivalisme avant l’heure de l'éco terrorisme avant l’heure ou de je sais pas comment, je ne sais pas dans quoi il faut le classer d’ailleurs.
C’est compliqué Unabomber, c’est compliqué. Vas y, prends du café, je t’ai mis de l’eau aussi si tu as besoin de médocs.
C’est des gens qui ont écrit des choses qui par endroits sont censés. Le problème c’est que le passage à l’acte l’est beaucoup moins. ?
Dans les milieux féministes que tu fréquentes et dont tu fais partie, et pas qu’un peu. La question de la violence qui est soulevée par Solanas, est évoquée ou pas du tout dans. Dans le féminisme actuel. Est-ce que c’est une éventualité ?
Il y a de, comment dire, de l’activisme. Avec des actions qui ne sont pas loin de la prop ou d’une forme d’activisme. Il y a des activistes féministes qui sont de plus en plus. Je ne suis pas sûr qu’on parle ou qu’on puisse parler de violence à proprement parler. Là, je cherche qui parmi les activistes pourrait avoir des actions coup de poing ? Oui, des actions violentes, c’est-à -dire au point de s’en prendre physiquement à d’autres personnes.
Il y a des engagements physiques. Où il y a des. plus connus, c’est les Femen.
Oui, c’est vrai. Il y a eu, il y a eu effectivement les Femen. On peut, on peut leur accorder ça. Moi, ce n'était pas ma tasse de thé, en effet. Mais on peut leur accorder ça, c’est qu’effectivement il y a eu un engagement physique.
Voilà qui au tout départ en tout cas en Russie d’ailleurs, qui les exposait sérieusement à la répression. Mais il n’y a pas d’attaque aux personnes et ça n’est pas évoqué. Il n’y a pas des fanzines qui parlent de ça, il n’y a pas d' émissions qui parlent de ça.
Certainement que du côté des Anashka féministes, il doit y avoir, il doit y avoir ça. Mais. Même du côté des anars café mis que je connais. Il n’y a pas ça en revendication. De toute façon, je pense que ce n’est pas trop le moment ni la période. C’est comme ceux exposés. Pas mal de. C’est un peu casse gueule quoi.
Ah oui, et s’exposer à beaucoup, beaucoup d’emmerdes.
De surveillance, de plein de choses quoi. Mais non, effectivement, c’est pas ça. Si je dois réfléchir. Par exemple, ce n’est pas forcément dans l’ADN des féminismes de passer, de basculer du côté de la violence. Je réfléchis même à des mouvements où il y a eu pas mal de femmes. Je pense à la libération animale où il y a quand même eu pas mal proportionnellement par rapport aux autres.
On va en parler après.
Ben on en parlera après dans la lutte de la cause animale par exemple, l’un des préceptes de la LF, c'était de dire qu’on ne s’attaquait, on ne faisait mal à aucun animal, y compris l’animal humain. Donc ce truc de. Après je dis peut être des conneries.
Non, non, il y en a. Il y a Sanseverina qui te demande pourquoi ? Pourquoi attendre ?
Je n’ai pas envie de rouvrir.
Sur les Femen. Tu n’as pas envie.
Je n’ai pas envie d’ouvrir ce tiroir là parce que j’avais émis des réserves à l'époque, mais c'était il y a dix ans déjà. Je crois qu’il faut être sûr. En 2013 y avait, je vais vraiment résumer, mais il y a eu. Deux choses. Moi qui m’avais un peu heurtée à l'époque, c'était leurs positions radicales contre le travail du sexe. Moi je dis ok, on a le droit de ne pas être d’accord et tout ça. Mais je me souviens par exemple était intervenu dans un salon qui est un salon de l'érotisme. Ok, très bien. Action Publique est arrivé dans un salon de l'érotisme, pas de souci. Mais quand elles sont arrivées, il y avait une liseuse qui était sur la grande scène qui faisait son show, qui était déjà quasiment nue, en talons hauts, etc. Ils ont grimpé sur la scène, pourquoi pas ? Sauf que cette nana qui est en situation de vulnérabilité, qui était nue, etc. Elles l’ont poussée. Il y avait quand même le vide de la scène derrière. Et là je me suis dit on ne s’attaque pas physiquement à une autre femme, encore -1 femme qui est nue en talons. De quoi on ne s’attaque pas physiquement. Donc ça, c'était un truc. Ça faisait partie des choses qui m’avaient choqué à l'époque. Et puis il y avait quelques petits discours que je trouvais un peu islamophobe qui moi m’avaient, m’avait heurtée. Voilà. Mais voilà, c’est une vieille histoire. Je ne sais pas ce qui reste aujourd’hui du mouvement Femen. Pour être très clair, il y avait des genres dans ce mouvement là que je trouvais très chouettes, comme Eloïse Bouton, etc. Il y a quelques Françaises qui ont fait partie de ce mouvement là et qui continuent à avoir des activités militantes et que je respecte. Voilà, je sais qu’il y en a qui en sont revenus, mais je ne sais pas où en est November aujourd’hui.
Et est-il possible de mobiliser des stratégies violentes ? Est-ce que là on parle du film et de son en retirer ? Ces sommes le nerf qui pose cette question Est-il possible de mobiliser des stratégies violentes sans retomber dans des travers virilistes ?
Ah mais ça c’est une super question !
On n’est pas franchement et on a pas chez les cons
Non mais c’est vrai, c’est vrai, c’est une super question ! C’est une super question. J’ai pas la réponse mais effectivement c’est vrai que c’est une super question et ça explique peut-être justement que ce ne soit pas forcément ce que je disais tout à l’heure dans l’ADN des féminismes de passer à cette action violente ou en tout cas qui s’attaque physiquement. Et c’est et aussi c’est pas dans l’ADN de la lutte animale. Non plus. Voilà. Donc effectivement, est ce qu’on peut passer du côté de. Ben moi j’en ai vu pas mal de camarades ou d’anciens camarades qui avaient été fascinés par ce truc et je me posais la question. Je me disais est ce que c’est est ce que c’est presque kink ? C’est sexuel, peut-être même un truc un peu viriliste, la dégaine d’Alex Castanier en fait, je sais. Non mais c’est une vraie super question.
À propos de Castanier, je fais une association d’idées. Est-ce que tu as vu le film de Christine Angot ?
Non, je n’ai pas vu.
Ah, il faut aller voir.
Oui, je sais qu’il faut que j’aille le voir.
Une famille ou de la famille, Une famille. Parce que justement, il y a, il y a un moment de violence de deux femmes, pas lesquelles. Ils en viennent quasiment aux mains et ai je pensé à ça par rapport à la question ? Non. Il faut vraiment aller voir ce film. C’est un film qui est puissant et très puissant sur l’inceste et le silence des de la famille. Alors j’ai l’impression que Pauline ne remonte pas les questions. En tout cas je les ai pas, alors je suis désolée, j’essaie de les prendre au débotté. Cyprine te demande Penses-tu que la radicalité peut exister sans une forme de dogmatisme ? De la pensée ?
De quoi, de quoi ? Je n’ai pas entendu le début.
Alors Cyprine 666 Le chiffre du diable. Penses-tu, ma chère, dit que la radicalité peut exister sans une certaine forme de dogmatisme de la pensée.
C’est encore.
C’est encore plus emmerdant comme question que quand je dis emmerdant.
C’est encore plus difficile à répondre parce que c’est des vieilles questions, des vieux débats et on n’en a pas forcément. Je n’ai pas forcément de position tranchée là-dessus. J’ai tendance à penser qu’effectivement on a du mal à échapper à un certain dogmatisme à partir du moment. Et d’un autre côté. C’est compliqué parce que d’un autre côté, on n’est pas là pour être tiède non plus. C’est compliqué. C’est pour ça que j’aime bien finalement je crois, le personnage de Solanas. C’est comme disait alors c’est venu par une lutte armée sans troupes. Elle est dans une certaine radicalité, mais elle est toute seule aussi, ne crée pas un mouvement avec elle.
Elle essaie quand même de créer des dogmes, des règles, du SCUM.
Mais finalement, elle échoue. Mais l’a-t-elle vraiment voulu ? Et. Le meilleur moyen d'échapper à ce dogmatisme, c’est d'être.
C’est d'être tout seul ou toute seule. Je crois que c’est ça le danger dans les féminismes d’aujourd’hui. Tu nous où tu nous inviteras à les regarder, nous à dire qui a regardé quoi.
C’est vrai qu’en ce moment on redécouvre aussi beaucoup de textes. Soit tout le monde redit, tout le monde, plein de gens redit Stig par exemple, parce qu’il y a une vraie remise en question du système hétérosexuel système hétérosexuel. Ce n’est pas juste l’attirance d’un homme, d’une femme. C’est vraiment en tant que système politique pratiquement. Donc il y a une grosse remise en question de tout ça. Et moi j’observe ça avec intérêt. Alors, on va dire parce que moi je suis, je suis un peu concerné, je suis un peu dedans. Mais tout ce qui est rejet de la sexualité ou de l’hétérosexualité, je trouve que c’est vachement intéressant. Il se passe un truc. Ça n’avait pas été remis en question à ce point jusqu'à présent. Vraiment, il n’y a pas eu de vraie réflexion là-dessus. Je reviens à la citation tout à l’heure de Valérie Solanas, soit avoir beaucoup baissé pour devenir anti -baise. Il se passe quelque chose de cet ordre-là qui n’est pas de l’ordre de la morale, qui n’est pas Allez, on fait tous ceinture pour faire plaisir au petit Jésus. En fait, il y a un truc qui est vraiment une volonté de se sortir d’un système. Et parce que c’est un job à temps plein d'être une femme six cisgenre hétéro en fait. Donc il y a la volonté de se sortir de ça. Ça, c’est, je dirais, c’est dans c’est un homme, c’est dans l’air du temps et je trouve ça vraiment intéressant.
Donc ça, c’est dans le courant de pensée, on va dire. Et sinon, dans les les groupes, dans les comptes à suivre, dans les réunions, se rendre.
En ce moment ce n’est pas ça qui manque je pense. Il y a plein de gens, plein de femmes, je peux en citer plein qui agissent à des niveaux complètement à des niveaux divers on va dire, mais qui sont efficaces, c’est à dire mis tout, sans mauvais jeu de mots, mis tout ça nous il C'était pas mal, il était pas mal.
Et tout cela mis ensemble.
Ça crée finalement. Mais même si, même s' il y a plein de féminismes différents, tout cela en ce moment crée quand même un mouvement.
Un mouvement.
Mais même si ce sont par exemple des gens qui n’ont rien à voir, je trouve par exemple que ce que fait Andréa Bescond et ce qu’a fait Judith Gode Reich en l’espace de trois mois, je trouve ça très fort en fait. Par exemple, on peut dire qu’il y en a qui vont dire Oui mais Judith c'était je m’intéresse au féminisme, on s’en fout en fait, on s’en fout. Même si elle avait commencé avant hier à s’intéresser aux questions féministes, ce serait déjà ça n’enlèverait pas l’importance de ce qu’elle est en train de faire. En l’espace de trois mois, elle se retrouve convoquée, auditionnée, pas convoquée devant le Sénat. Je veux dire. Sa parole porte. Elle arrive un peu grâce à elle quand même. Qui est arrivée cette nouvelle règle maintenant qui impose aux mineurs d'être accompagnés sur les tournages ? Il se passe un truc. Je veux dire, on est resté quand même. Il n’y avait pas eu de vraie mine. Tout du cinéma avant. Avant Judith, quelque part. Enfin, je veux dire, on décernait des Césars à Polanski il y a trois ans, Quoi encore ? Donc ça prouve bien que nous, on avait pas pris acte de tout ça. Et donc pour moi, il peut y avoir des personnes qui ne sont pas forcément des personnalités les plus radicales du féminisme et qui sont extrêmement importantes en ce moment pour ce qu’elles sont en train d’accomplir. Et je pense à Judith et Andréa Bescond était là avant elle. Mais c’est intéressant aussi ce que fait ce que fait Andréa. Et en fait, si on prend des petits bouts partout de ce que chacun fait sans forcément être d’accord sur l’ensemble de ce que la personne défend, parce qu’encore une fois il y a une multiplicité de féminismes. Et puis nous on est championnes des guerres de chapelles. Diviser pour mieux régner, ça c’est clair que nous, on en est les premières victimes. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de guerres, de chapelles. Mais comme dans tout mouvement politique radical en fin de compte
Il n’y en a pas un peu plus.
De guerres, de chapelles ?
Je suis quand même frappé de la violence verbale qu’il peut y avoir entre les groupes, Alors que l’horizon est quand même le même. Enfin je veux dire, voilà, c’est le féminisme on va dire.
Ouais, c’est même un peu. C’est un peu fatigant, C’est un peu épuisant parce que cette énergie-là, déjà, on se fait attaquer par tous les masculinistes de la Terre. Et cette violence, on la subit quand même. Soit il y en a qui la subissent même juste physiquement, parce qu’il y en a qui se font emmerder jusque chez elle quand même. C’est. Les masculinistes pour organiser des raids y sont quand même aussi champions. Du jour au lendemain, on peut se retrouver bombardé. O.K. Je trouve que cette énergie qu’on dépense à se tirer dans les pattes, c’est une autre. Je pense que c’est l'énergie qu’on devrait canaliser. Contre, je ne sais pas, l’ennemi, vrai, quoi. Et bon, mais ça, c’est valable encore une fois pour toutes les luttes. Mais moi, ce que j’essaie de faire, c’est de ne pas émettre. Ça fait des années que je m’efforce de faire ça à Disco Fin. Oser faire ça aussi. Je ne dis plus de mal d’une autre féministe, c’est à dire parfois même je me sais, mais ça m’est déjà arrivé de me faire alpaguer sur les réseaux sociaux par des féministes qui ne défendent pas les mêmes choses que moi, qui peuvent par exemple des féministes abolitionnistes qui vont m’agresser en me traitant de proxo ou je ne sais pas quoi. En gros, ce que je vais dire, c’est qu’il faut défendre les droits des travailleuses du sexe par exemple dans la proxos.
Euh tu peux préciser ?
J’ai pas envie moi, de cette énergie-là, je l’ai pas, je n’ai pas le temps, j’ai pas l’envie d’aller me battre contre d’autres féministes. Donc à partir du moment où il n’y a pas de vraies attaques dangereuses ad hominem me concernant ou je réponds pas et j’ai pas envie de gaspiller cette énergie en disant ah oui mais moi je suis pas d’accord. Je vais vous expliquer pourquoi je ne suis pas d’accord. C’est pour ça que tout à l’heure j’ai eu un peu une réaction de zouave. J’ai pas envie de rentrer dans le débat de pourquoi les Femen ce n’est pas ma tasse de thé. J’ai des faits. Je me souviens, il y a dix ans, j’ai écrit un article Pourquoi ce n’était pas ma tasse de thé ? Et après je l’ai un peu regretté. Non pas pour ce que j’avais écrit parce que j'étais raccord avec ce que j’avais écrit, mais parce que je me suis dit merde, cet article, finalement, il vient donner raison à plein de gens de droite en gros, qui avaient envie de taper sur les Femen. Et je me suis dit voilà, j’ai pas envie de servir ça.
Est ce qu’il y a dans le monde politique qu’on arrive à ton livre qui sort en ce moment même, qui est en train d'être fait. Maintenant ce matin, qui est en train d'être acheminé par les livreurs et les livreuses dans les. Dans les boutiques ? Dans les chez les libraires. Est ce qu’il y a une traduction politique ? J’entends par là un parti politique du féminisme qui porte ce combat là ou pas ? Est ce que tu trouves que là aussi il y a une évolution ? Est ce qu’il y a des partis politiques qui ont pris ça à bras le corps ou ça reste un peu dans.
Excuse-moi, je n’ai pas compris.
La question c’est est ce qu’il y a des partis politiques. Partis politiques, des organisations politiques qui selon toi, sont plus à la pointe que d’autres sur les questions de féminisme ou ça reste du folklore, ou ça reste à la marge ? Oui, ta moue en dit long.
Ce n’est pas ça. C’est qu’après il va y avoir des projets de loi qui vont être portés par des individus. Il va y avoir des personnes dans telle ou telle. Je ne suis pas dans la France insoumise. Va y avoir une personne qui va tenir un discours important à un moment sur le dessus, puis après il va y avoir du côté des Verts, va y avoir, je ne sais pas Sandrine Rousseau, mais il n’y a aucun parti ni aucune personnalité politique, en tout cas de mon côté. C’est à dire il m’arrive d'être ponctuellement d’accord avec des personnalités des femmes politiques sur certains points précis, ce qui m’empêchera pas d'être en désaccord sur d’autres en fait. Par exemple, ça, ça m’arrive aussi de me dire euh, voilà, de me dire ah bah tiens, telle personne a défendu l’allongement du délai de l’IVG, ok, super, Mais à côté de ça, cette personne-là est abolitionniste. Non, pas super pour moi d’après moi. Donc voilà en fait. Mais y a personne, je n’ai pas d’icône en me disant ah ouais, je la suivrais à la vie à la mort et je vote pour elle, promis juré ! D’ailleurs, j’ai décidé que je ne voterai pas et que je ne voterai pas jusqu'à présent. Et je ne sais pas ce qui m’a pris de voter ces derniers temps, mais donc non, n’y a personne. Je reviens à ma position de base qui est de ne pas voter et donc les personnes que je suivrais à la vie à la mort.
GG pourquoi tu ne votes pas ?
Lorsque je pense que sur un vieux principe, un Archos quoi. pense que voter ou de ne pas voter, de ne pas croire, de ne pas trop y croire. J’ai voté là. Je sais, c’est dur. Aux dernières élections ces dernières années, j’ai voté et après je me suis dit mais t’es vraiment trop conne ! Et puis voilà, J’ai perdu foi, j’ai reperdu, vraiment. Je ne l’ai pas eu longtemps. La fois où on s’est posé la question avec mon camarade Tancrède Ramonet qui est vraiment un ami très proche et avec qui voilà, on a beaucoup, beaucoup de discussions, qui est, qui avait réalisé, écrit, réalisé. Voilà les quatre tomes de l’histoire de l’anarchisme.
Il est venu, il est venu, ils ont parlé. On a même diffusé le quatrième tome et tout va super bien.
Avec Tancrède, on a eu plein de discussions et par exemple, aux dernières élections, on s’est beaucoup posé la question de tenir, on vote, on ne vote pas. Jusqu'à présent, on ne votait pas trop. Est-ce que là on y va quand même ? Et puis voilà. Donc je dis je ne suis pas complètement. Mais non, je réponds pour dire qu' il n’y a personne que j’ai envie de suivre ponctuellement sur certains projets, peut-être même sur certaines lois, en fait, certaines lois précises. Parfois ça peut m’arriver de dire que c’est une bonne idée.
Voilà. Dernière question avant d’aborder le livre sur les partis de gauche, est ce que tu considères qu’il. Louables leurs efforts sur les violences sexistes et sexuelles où ils sont surtout. Chez les comités internes. Ce que ça te choque ?
Si je te dis-je choqué tout le monde, je m’en fous. Ne me sens pas concerné.
Mais je ne sais pas si c’est une réponse.
Je t’avoue que je suis ça de très loin. Moi, je ne fais partie d’aucun mouvement. Et d’aucun parti. Donc leur tambouille interne, de comment ils gèrent ces histoires de harcèlement, violences sexuelles, etc. Euh. J’ai pas envie de dire à huit tel parti ou tel groupe c’est extraordinaire comment ils gèrent la situation à tel machin, Ce n’est vraiment pas bien. Moi si j'étais à leur place, je ferais comme ça. Je t’avoue que ça ne m’intéresse pas beaucoup, vraiment. Quand je vois passer un article comme ça, tu vois, je regarde. Et puis aussi, il y a un côté un peu. Voici aussi de ça. Il faut se méfier de ça quand on est là en train de lire. Bref, faut aussi se méfier de soi-même.
Si je disais euh.
Mais non, j’avoue que je ne suis pas très intéressée par ça.
Je ne considère pas que ça puisse être un marqueur.
Je m’en fous, c’est inutile. Je ne dis pas que c’est inutile et chaque groupe met en place des choses et tant mieux. Et à mon avis, il y a des choses qui sont très imparfaites, mais. C’est pas que c’est inutile, mais je dirais que je ne me sens pas concerné.
Alors je ne sais pas ce que dit ce que dit le chat par rapport à ça, mais bon, on va passer au livre si tu veux bien. Assise, debout, couchée, et j’ai envie de faire un truc que tu fais.
Je vois bien un bébé phoque qui dit c’est clair, c’est. Des ordres sa part mais.
Chut ! En fait.
Je suis choquée parce que je ne vais pas, parce que je ne vais pas voter. Il y en a qui disent que les bourgeois vont voter pour eux. Et je ne vois même pas, Je vois même plus, je vois même plus pour qui j’aurais même pu. Quoi, pour qui, pour qui ?
Voter et voter contre ? Contre les fachos par exemple.
J’ai fait barrage deux fois.
Et là tu ferais plus barrage.
On en reparlera quand on sera de nouveau confronté à la situation. Parce qu’on va l'être en face. On y va. Euh Champion si. L’envie. Même si ça me fait très peur. Mais. J’ai plus envie. Mais après ça veut dire il ne faut pas croire. Ce n’est pas une position de loin comme ça, ça aura des répercussions, comme plein de gens. Comme on sera très nombreux à avoir des répercussions familiales, moi ça aura vraiment des répercussions graves et concrètes sur ma vie. Et on va oublier quand même que je travaille essentiellement pour le service public.
Que sera le service public en 2027 ? C’est ça ? C’est 2027. Premier changement au prochain changement de gouvernement.
C’est un peu plus que ça ces changements de présidence.
Le changement de. Présidence, ça c’est acquis, c’est acquis. Puisque Macron aujourd’hui. Ne peut pas. Se présenter deux fois. Pour ceux que la question intéresse, hier soir, on a fini par ses petits yeux. Il y avait ici sur le Sur le canapé où tu es, il y avait trois personnes, deux journalistes et une chercheuse autour d’un livre qui paraît le 1ᵉʳ mai sur les nouveaux réseaux de l’extrême droite. Et comment, comment la jeune garde identitaire, la génération identitaire, etc. Depuis dix ans, travaille à l’avènement du fascisme. Moi, je l’appelle comme ça et c'était une émission absolument passionnante. Voilà qui sera, qui sera, qui était en direct hier et qu’on mettra en ligne dans la dans la journée. Nicolas Massol et Marino Magal. Absolument. Merci Euryale qui est toujours là, assise, debout ou couchée. Ma chère, ma chère Ovidie, j’aimerais donc ton livre qui sort à l’instant même. Il est 10h, les magasins ouvrent. Ça y est.
J’aimerais te demander si tu es d’accord de faire ce que tu fais à la personne qui donne sa voix dans ton film ? Celui qui lit des textes dans le film dont on vient de parler, Tu donnes le texte et tu lui dis vas-y, parle un peu avec mépris. Je te demande pas de parler avec mépris, mais serais tu d’accord pour lire une petite page de ton livre ? La page 31, c’est de là. Et puis quelques lignes après.
Alors attend, c'était quoi la page 30 ?
Je te donne le livre.
sur les canons de beauté.
Voilà.
Ce que je replace dans le contexte.
Vas y, tu es chez toi.
Juste avant, il y a une petite critique des éleveurs que. Qui sont que j’appelle des Frankenstein, fiers d’avoir créé une créature vivante mais presque non viable. Je pense aux races du type carlin Cavalier King Charles, dont le cerveau ne laisse pas suffisamment de la boîte crânienne, ne laisse pas suffisamment de place pour que le cerveau se développe. Plein de chiens qui ont des. Des problèmes. Voilà qui se dit quand on regarde la carrière des chihuahuas ou des cavaliers King Charles en suffocation, on voit bien quand même que c’est des manipulations génétiques quand même pas très heureuses. Et je parle donc de mon bouledogue anglais. Et voilà. Bon bref.
Donc, parce qu’effectivement j’ai. Vu que leur seule fonction, la seule fonction, voilà, ce sont. Ben vas-y. Je relance pour ceux qui sont arrivés en cours de route. Il s’agit d’un livre assis, debout, couché. C’est une déclaration d’amour aux chiens et aux chiens qui t’accompagnent et qui t’accompagnent. On va rentrer dans les détails.
C’est une relecture féministe de l’histoire des chiens, on va dire quelque part, et c’est un texte qui explique comment femmes et chiens ont très tôt été assignés au foyer aux basses besognes. Ils ont développé un lien très, très particulier et qui sont les premières victimes aussi des violences, violences intrafamiliales,. Et donc là, ici, il est question de critères de beauté. Les femmes et les chiens ont ceci en commun qu’ils sont victimes des canons de beauté variables au cours de l’histoire et des cultures. Mais avec cette constante qui consiste à prendre contrôle de ces corps et de les faire souffrir. On toilette le chien comme on va chez le coiffeur, on est celui des yeux et on nettoie les plis de la peau à l’acide borique. Comment se fait un peeling ? On hydrate la truffe avec de la vaseline comme on se tartine une tartine d’une crème antirides. Le matin, on coupe les oreilles en pointe comme on rabote un nez aquilin, on raccourcit la queue des chiots comme on pose des prothèses mammaires. Femmes et chiens sont les seuls êtres à qui on fait subir de la chirurgie esthétique. Les stylistes leur créent des manteaux et autres vêtements pour les chiens comme pour les femmes. L’apparence prime sur le bien-être et la beauté. Et là, je saute le passage que tu as sélectionné. Je termine par cette phrase. Le chien n’est pas uniquement un compagnon, ni même un chien outil, il est également un chien objet. Il est donc logique que femme objet et chien objet fassent route commune.
Pas mal, du tout. Le bouquin est à l’image du passage que tu viens de lire, c’est-à -dire qu’il lit comme toujours avec tes bouquins. Il est enlevé, Il est pêchu. Donc tu dois revisiter l’histoire des chiens ou les relations avec les chiens sous la lumière. Le joug féministe ? Bon, ça veut dire quoi exactement ?
Déjà, c’est parti d’un constat Déjà, je me suis rendu compte, on en a très brièvement parlé tout à l’heure, mais je me suis rendu compte que dans la lutte animale et en particulier la lutte qui concerne les canidés, la plupart des militants étaient en réalité des militantes. Ça dépend des pays. Il y a des statuts qui diffèrent, mais on va dire, ça va de 68 % à 80 % en fonction des différents pays, on va dire à la louche, il y a 60 10 % des militants de la défense des chiens on va dire, qui sont les femmes. Les refuges, ils sont portés globalement à bout de bras par les femmes et même dans des groupes plus radicaux. Dans l’histoire du Front libération animale par exemple, on a aussi.
Je me doutais que t’allais en parler par la page, c’est page 89 et arriver le point se fait pas, mais faites-moi confiance. Page 89 L’animal Libération front à la rescousse des Beagle
des Beagle de laboratoire. Et ça c’est quelque chose qu’on ne sait pas. Les gens, ils ne savent pas forcément. Mais encore aujourd’hui, en France, au moment où on se parle en France, il y a des fermes à chiens, des fermes à Beagle qui sont des chiens particulièrement dociles et qui ont été sélectionnés pour eux pour se laisser faire. En fait, lors de ces expérimentations-là, il y a des fermes à Beagle qui produisent 4000 chiots par an et qui sont revendues aux laboratoires. Donc pour les expérimentations, c’est un truc qui a encore cours. Il y a plein de gens qui pensent que ça y est, c’est fini tous ces trucs-là. Mais non, en France il y a ça. Et à un moment je parle de l’usine Marshall bio devant laquelle il y avait eu un rassemblement de militants qui et qui continue à produire. Voilà des beagles dociles qui se laissent faire. Et il y a des associations qui recueillent après ces beagles, qui essaient de les réinsérer dans la vie normale parce que ce sont des chiots qui n’ont jamais vu autre chose que du carrelage et des cages. Et il y a des assos comme ça qui Typekit, qui les réintroduisent et qui les réadapte pour une future adoption et avoir une fin de vie correcte et bon bref, tout ça pour dire que la défense des chiens c’est quand même une lutte qui est portée vraiment essentiellement, majoritairement, pas essentiellement parce qu’il y a quand même des hommes, mais majoritairement par des femmes. Et je suis parti aussi d’un autre constat, c’est que dans les violences intrafamiliales, les deux étaient corrélés, c’est à dire on frappe sa femme, ses enfants, on frappe son chien. J’ai plus la stat exactement précise en tête mais je sais plus. Mais en gros il y a beaucoup, beaucoup plus de risques de voir son chien frappé, battu, maltraité quand on est soi-même frappé et battu, maltraité.
Dès la page treize, tu nous préviens depuis la nuit des temps, le chien a ceci en commun avec les femmes qu’il est intrinsèquement condamné à la domesticité et aux basses besognes. Clébard et.
Sale chienne.
Ce sont les premières victimes. C’est bien toi qui a écrit l’idée ? Ce n’est pas son épouse, il y a aucun doute. Aucun. Ce sont les premières victimes. Je ne vois pas qui d’autre aurait eu l’idée improbable de faire un truc sur le féminisme. Ce sont les premières victimes du patriarcat et ont développé au fil de l’histoire de l’humanité une relation unique. Car le capitalisme s’est fondé sur une double exploitation : celle des animaux et celle du corps des femmes. Donc ça, c’est quand même une idée qui revient souvent dans le livre que tu irrigue, que tu développes. Et si tu en parles des débuts, c’est que c’est ça le propos en fait.
C’est ça le propos. Et ça, c’est quelque chose qui a été, qui a été compris très tôt du côté des féministes, dès la fin du XIXᵉ siècle, puisque c’est à ce moment-là que naissent les premiers mouvements vivisection manifeste. Et ces mouvements-là sont portés par des femmes féministes dont, par exemple, Louise Michel. Louise Michel fait partie de ces femmes de lettres anti -vivisection de l'époque. Et pourquoi est-ce qu'à ce moment-là les féministes ou ce qui se nomme pas forcément comme tel toujours. Mais voilà pourquoi les femmes dans la lutte à ce moment-là, s’intéressent à la vivisection. C’est parce que la vivisection concerne les chiens, ça c’est une chose, mais concerne aussi le corps des femmes. On est en pleine période où on considère que les femmes sont biologiquement inférieures et où on fait et on mène des expérimentations sur elles. On connaît par exemple l’histoire de l’inventeur du spéculum qui a fait subir je ne sais plus combien de dizaines de d’opérations si on n’en a pas eu 30 sur Anarkia ou Winnicott.
Oh mince, j’aime.
Pas être imprécise comme ça. Enfin bref, c’est une période.
Je pense qu’on va nous dire Ouais.
Anashka ouais Wanko.
Oh je suis désolée, je n’aime pas, j’aime pas ça.
Mais en France également. Et donc si les femmes défendent les chiens contre les expérimentations à ce moment-là, c’est parce qu’elles savent qu’elles sont les suivantes sur la liste. En fin de compte Westcott Merci.
Merci.À la lettre ? Ah, ça y est, des questions arrivent. Alors dans ce que tu dis, dans ce que j’ai lu, évidemment. J’ai joué là-dessus, il y a, il y a aussi l’aspect connotation sexuelle, insulte sale, chienne, etc. Est-ce que tu veux que tu développes ? Est-ce que tu peux en dire deux mots sachant qu’il y a déjà des gens qui disent ça y est, c’est le prochain livre que je lis. Voilà, donc ta source est vendue. Donc voilà, c’est juste pour le plaisir qu’on discute maintenant.
Écoute, oui, il insulte sale chienne. C’est une insulte qui est quand même très intéressante en fait. Parce que qu’est-ce que ça raconte ? Bon, c’est une insulte sexiste, mais qu’est-ce que ça raconte ça ? Raconte la chienne. C’est un être qui échappe à toute tutelle masculine puisque des chiennes, elles peuvent enchaîner des gestations jusqu'à très tardivement, elles ont pas de mal attitré à part éventuellement leur mâle de référence, le Maître. Mais donc on va dire la chienne c’est celle qui qui couche, qui se donne à l’autre sans respect de soi, qui se donne à une multiplicité d’homme et qui n’appartient à personne. Ce qui est intéressant, c’est que le terme chien est dénué de connotation sexuelle ou éventuellement quand on parle des mecs en chiens ou qu’on parle de chiens à la casse. Mais ce n’est pas pour la même raison. Un chien ce n’est pas celui qui couche trop la chienne, elle couche trop. Le chien, ce n’est pas celui qui couche trop, c’est celui qui en chien et qui en manque et qui est un crevard et qui justement ne couche pas. Donc c’est intéressant quand même ce cette insulte. La chienne couche trop et le chien pas assez. En fait c’est moi. Je trouve que c’est une insulte intéressante et c’est intéressant aussi de voir comment cette insulte-là, elle a été appropriée ou inappropriée par certains mouvements militants. Pas beaucoup dans la langue française, pas des masses, mais c’est une insulte bitch. Bien sûr, on retrouve dans certains mouvements féministes, mais qu’on retrouve aussi beaucoup dans Mouvements LGBTQ. Ton regard est neutre.
Ça veut dire le retournement de stigmatiser ce fait dans certaines langues, mais pas en français.
Pas beaucoup en France, pas énormément, pas énormément. À part vraiment sous sa forme anglo-saxonne qu’on utilise dans la langue française quoi. Genre je ne sais pas si on regarde le drag race par exemple.
Dans les loges, elles vont. S’invectiver en se traitant de bitch
Bitch.
Mais pas trop chienne, c’est -à -dire il y a des insultes qu’on a réussi à s’approprier comme salope. Très clairement, dans les mouvements féministes, le terme salope aussi s’est manifesté 343 salopes. Le terme salope ou des ou des insultes du genre gouine qu’on a réussi à s’approprier aussi. Mais chienne, pas tant que ça. Un peu, mais pas tant que ça.
est enfin le manifeste des 345 salopes.
45 Non, 43. Qu’est ce qu’on a en précise aussi un soupçon Wescott.
Dans mes notes. Mais en fait, en fait, c’est Hara-Kiri ou Charlie Hebdo qui qui dénomme le manifeste comme ça. Parce qu’au départ, c’est le manifeste des femmes qui ont avorté ici. Le manifeste des salopes 345 salopes, c’est Hara-Kiri ou Charlie Hebdo.
Mais tu m’accorderas quand même que le terme salope depuis a été tout comme flotte aux états anglo saxonne le terme salope. Il a quand même été réapproprié, enfin approuvé par les mouvements féministes depuis.
Alors page 28, j’apprends un mot. Ocytocine je ne connais pas moi, ce machin hormone de l’amour et de l’empathie.
Oui, c’est ce qu’on dit, Oui, mais même l’ocytocine à son plus bas Tu n’as pas d’enfant ?
Ah si, madame trois.
Eh bien justement, il n’y a pas eu de perfusion d’ocytocine. En général, il y a un peu de perfusion d’ocytocine pour dilater le col.
Je ne sais pas. Pourtant j'étais là mais. Pour bosser ? Mais. Mais effectivement.
C’est une hormone qu’on dit hormone de l’attachement parce que c’est une hormone qu’on sécrète. Par exemple, tu vois tu viens tout juste d’accoucher, on te pose le bébé là. L’ocytocine sécrète de l’ocytocine à bloc pour pouvoir créer ce truc d’attachement. Et normalement, merveille de la nature, c’est comme ça que c’est censé se passer. Après, ça ne se passe pas toujours comme ça.
Et donc tu dis qu’il est prouvé que lorsqu’un chien et sa maîtresse se regardent dans les yeux, leur taux d’ocytocine, hormone de l’amour et de l’empathie, augmente de 30 %.
Ouais, y paraît. Moi je trouve ça, je trouve ça génial. Et c’est vrai que pour avoir eu de nombreux chiens et de nombreux chiots aussi, c’est vrai, moi je ne suis pas loin de la montée de lait quand je les prends dans mes bras comme ça. Je sens qu’il y a. Je ne suis pas loin de la montée de lait quoi qu’il se passe un truc du point de vue attachement comme ça. Il paraît. Oui, moi j’ai envie d’y croire.
T’as envie d’y croire. Parce qu’il y en a. Notamment pour un chien. Euh. Un bouledogue anglais si j’ai bien compris, qui s’appelait.
Raziel.
Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots, sachant qu’il y en a des pages ?
Oui, L’amour. Grande déclaration d’amour à Raziel qui a été le chien de ma vie. J’ai plein de chiens, j’en ai trois. Au moment où on parle d'âges divers. Des très vieux, des plus jeunes. Raziel, c’est ça a été le chien de ma vie. Mais surtout, ce que je raconte dans le livre, c’est la mort de Raziel et c’est un jeu qui date maintenant d’il y a onze ans et dont je ne me suis jamais vraiment complètement remise. Et je trouve que le deuil canin, ça tombe vraiment dans un impensé euh je. Il n’y a pas de prise en charge qui vaille vraiment et pas de prise en charge réelle au moment du deuil canin, on retourne bosser directement après, on a pas de congé d’un ou deux jours pour s’en remettre. Moi j’ai été dévastée et j’ai été dévastée pendant super longtemps et en même temps que Raziel était malade, ça a été un long cancer, un long pour un chien, un cancer, la maladie. Je ne sais pas si traîner pendant un an était un an d’enfer. Et moi j’ai fait un malaise cardiaque cette année-là parce que je pense que la maladie de Raziel m’a littéralement brisé le cœur. Je n’avais aucune raison de faire un malaise cardiaque. J'étais en bonne santé, végétarienne, j'étais sportive à ce moment-là. Il y avait zéro raison pour que je fasse un malaise cardiaque. Je pense juste que j'étais en telle fusion avec ce clébard que mon corps il s’est dit ben si meurs, je meurs avec parce que je. C’est comme ça que je l’analyse a posteriori en tout cas. Et je trouve vraiment que le deuil canin n’est pas assez pris au sérieux en fait. Et on a presque honte de le dire. Et je pense que pour un homme c’est encore plus compliqué pour une fois. Pour une fois je vais dire pour les mecs c’est plus compliqué parce que je pense qu’il y a quelque chose d’un peu de dévirilisation dans le fait de pleurer comme une fillette la mort de son chien. En fait, je pense que je pense que c’est pas forcément bien compris. Et moi j’ai eu des réactions autour de moi. Enfin moi j'étais dévastée quoi. Vraiment. Et j’ai eu des réactions qui m’ont vraiment étonné. Je me souviens, je bossais avec une, j’avais une coterie sur un documentaire et quand en cours je lui ai dit voilà que était mort et que j’avais très mal à dire je comprends. Moi je me souviens quand j’ai dû vendre ma Fiat de 500, c'était mon objet totémique et j'étais très très sage. Dis, mais on pas parlé, je te parle pas d’un objet, je te parle de mon meilleur pote là en fait. Et Far West, il y a ça, vraiment. Il y a plein de gens qui ne comprennent pas la souffrance que c’est. Et il y a un mec que je trouvais intéressant pour ça. C'était je ne sais pas si tu te rappelles, je pense qu’on doit avoir vaguement le même âge, donc si tu devais être petit aussi. Quand on était petit, il y avait 30 millions d’amis. Mabrouk.
Mabrouk. Tu sais, j’avais complètement oublié. Mabrouk, moi j’avais suivi. T’en parles donc, 30 millions d’amis où Jean-Pierre Hutin raconte l’affaire Jean-Pierre Hutin.
Ben Mabrouk, c'était une grande star canine de 30 millions d’amis. C'était le chien parfait, c'était encore plus malin que Rintintin. Enfin bon, bref. Et donc Mabrouk meurt. Et là, c’est deuil national. Mais vraiment, deuil national, c’est annoncé au JT de 13h, là tu. raconte Yves Mourousi.
Yves Mourousi a dit Puis je vous annonce la mort de Mabrouk. En une du journal. En ouverture du journal. De TF1.
Et il y a eu un hommage du Monde. S’il n’y a pas Thierry Le Luron aussi qui a rendu hommage à Mabrouk.
Tu dis oui.
Et c'était dingue. Et après pendant des années, je sais pas si tu te souviens, mais pendant des années, en ouverture de 30 millions d’amis alors qu’ils avaient changé de mascotte mascotte suivante, c'était Junior. Mais en ouverture, il y avait des images de Mabrouk. C'était le premier truc qu’on voyait dans des images d’un chien mort. Et ça a duré des années. Et Jean-Pierre Hutin, il avait écrit un livre à l'époque s’appelait Mabrouk, chien d’une vie et dans lequel il osait dire. Oui, il avait fait une dépression suite à la mort de son chien et déjà aujourd’hui on passe un peu pour un con quand on dit ça. Mais faut replacer dans le contexte 82 ou 84. Je ne sais plus en quelle année que je crois ce 84 qui est sorti de livre en 84 pour un homme dire à la télévision dire je ne m’en remets pas et quelque part comparer ça avec la mort de sa mère et tout ça. Donc il y a plein de gens qui étaient choqués. Comment ça on compare ça à la mort de sa mère ? Mais le fait de dire je ne m’en remets pas, j’ai fait une dépression, c'était hyper courageux parce qu'à l'époque le chien était vraiment considéré comme et n'était même pas considéré comme un objet doué de sensibilité quoi. C'était vraiment un être doué de sensibilité, C'était vraiment un objet dur.
Le tchat demande si on peut faire le parallèle avec les chats ou pas du tout
Le sujet, c’est un sujet. Il y a la team chat qui attrape ma veste. Ah je l’attendais celle-là ! Je n’en sais rien. Ouais, c’est un chat Jean-Jacques Georges Marchais qui est un enfant non désiré.
Georges Marchais. Ah ouais, donc toi, ça te va quand même une époque Yves Mourousi ? Georges Marchais. J’ai pas du tout dit ça. Tu vieillis avant.
L’heure. Non, non. Georges Marchais à lui, c’est moi. Je n’aime pas les chats. Ce n’est pas que je n’aime pas les chats, c’est qu’ils m’indiffèrent.
J’ai des amis, le chat, j’ai des amis. J’ai un ami chat.
J’ai un enfant non désiré qui est un chat et qui En fait, quand je me suis installé à la campagne, ce chat qui était un chaton qui n’avait même pas la paix qu’il devait avoir, je ne sais pas, deux semaines, un truc comme ça avait été abandonné dans la cabane wiki par sa daronne, sa grosse daronne qui m’a donc laissé le. Petit et je l’ai amené chez le vétérinaire. J’ai dit j’ai ça dans mon jardin, qu’est-ce que je fais ? Ça faisait 24h que j’avais ça. Qu’est-ce que je fais ? Et ils m’ont filé tes biberons quoi. Et donc je me suis retrouvé à donner le. Biberon au chat. J'étais là. Mais putain, je n’aime pas les chatons, Je peux te regarder, T’es tout mignon quand je dis tu sais que je t’aime pas ou te déteste. Et puis au final c’est mon chat et j’aime mon chat. Mais franchement, ce que je veux. Vraiment, ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus..
Après c’est mon chat, j’aime mon chat quoi. Bon là je peux dire que ça, ça se déchire. Donc dans le tchat on te dit Pierre Thibaut. Médite, dit Georges. L’Afrique molle pour petit chat te dit Bon, voilà. Moi, c’est pareil pour les chiens, Alors, qu’est-ce que je voulais dire ? Alors oui, Christophe Blanchard, juste pour situer le petit passage que j’adore Christophe Blanchard. Christophe Blanchard, c’est un anthropologue et maître-chien et il a fait sa thèse sur les punks. Chiens et ce que je trouve être le meilleur sujet de la terre. En lisant les travaux de Christophe Blanchard, donc écrit page 58, je ne peux m’empêcher d'établir un parallèle entre les punks à chiens et les putains. L’attachement aux chiens y est très similaire chez le punk à chien comme chez la travailleuse du sexe, le chien et le compagnon d’infortune. Le seul soutien fidèle dans cette mise en marge de la société, c’est un paria, un compagnon dissuasif, une source de réconfort. Une famille aussi.
Mais bien sûr, c’est parce que le chien ne juge pas. Il nous aime d’un amour inconditionnel. Et ce que relève Christophe Blanchard, c’est que globalement, les chiens punks s’occupent plutôt bien de leur chien et ils ont des repères généalogiques en fait, c’est-à -dire par exemple leur chien.
Boostés, ils savent que c’est le fils de foufouille qui habite à. Rennes et de Django.
Qui habite à Troyes. Et il y a toute une lignée, toute une dynastie de punk à chien.
C’est deux chiens Punk plus deux chiens punk, on va dire des choses comme ça.
Et moi ce que j’avais trouvé hyper intéressant dans ce que disait Blanchard, c’est qu’il faisait le parallèle entre les punk à chien et les cyno techniciens. Et il disait que dans ces deux catégories de la population. C'était des personnes qui se faisaient tatouer leur chien. Alors tatouer leur chien, ce n’est pas forcément dire tatouer la tête de leur chien, mais tatouer quelque chose qui rappelle le chien, le nom du chien, quelque chose en rapport, en rapport avec leur clébard. Et moi, en lisant ces textes-là, je me suis dit mais bordel, mais j’en ai un. Tatouage de de race moi, j’ai. Des numéros de tatouage.
Oui Alain. Mais c’est comme dans le livre, tu dis qu’il faut enlever la chaussette pour qu’on le voit. C’est ce que tu écris. Pour baisser la chaussette pour le voir. Et c’est un truc qu’ont en commun donc les punks, chiens et les sino -techniciens. Et je me suis dit c’est marrant parce que finalement c’est. Quels sont les signes des techniciens ?
Ce sont les maîtres aux chiens quoi !
Mais ça fait plus chic de dire aussi à nos techniciens. Moi je reprends le terme de madame. Enfin ! Bon, je reprends les termes que Blanchard a utilisés dans ce texte.
Mais je vais te dire. Ce que j’ai ressenti quand j’ai tourné la page et que j’ai vu cette expression de punk cochonne, c’est parfois le voilà ! Et je me suis dit Ah non, parce que pour moi, il y a, il y a dans cette dénomination, il y a un mépris énorme. Je le prends comme ça. Je veux dire, c’est une insulte en réalité. Punk à chien, Oui. Mais c’est ce qu’on disait tout à l’heure aussi. C’est ça la récupération de l’insulte et comment on se l’approprie. Et tout ça parce qu' il y a des punk à chien qui s’auto désignent comme un gars, comme un gaillard.
Bien sûr, bien sûr. Alors il y a le MICR.
Et pour le coup, il y a vraiment zéro mépris de la part de Blanchard dans ses travaux. Pour les punk Irish, ça c’est clair. Il passe du temps avec eux, même encore aujourd’hui.
Alors question tu vas t'énerver de me dire que j’ai un mépris ? Puisqu’on parlait de mépris des chiens, leur dépendance affective a quelque chose de méprisable. Madame Ovidie.
Méprisable, Je trouve le terme fort. Je ne sais pas, ça dépasse mon entendement, mais faut pas.
Effectivement, faut pas avoir de cerveau si tu ne sais pas pour vous quoi.
Ben non, non justement, il est dans un dévouement inconditionnel, c’est clair. Le chien, le chien et il meurt, il meurt pour sa maîtresse. Il part au combat s’il le faut bien sûr. C’est pour le coup vraiment à la vie, à la mort. Mais oui, Non, c’est sûr que. Sans mépris, il est quand même fort. Je voudrais. Que briser quelqu’un qui. Nous aimons. Créature du Seigneur page 123. Je suis protestante. Je ne dis pas souvent mais Ouais bah voilà. Et ils étudient. J’ai été baptisée à l'Église réformée de France à l'âge de 27 ans. Je n’en parle jamais parce que ce n’est pas compris par mon entourage ni par mes amis. Fasciné par ce qu’on appelle le Jésus politique. Persuadé que les évangiles étaient des textes libertaires, je me suis tardivement découvert une sympathie pour cet anarchiste badass entouré de femmes et de rebuts. Si je devais résumer ma pensée, disons que je suis anarcho chrétienne à la façon de l’historien du droit et théologien protestant Jacques Ellul. Alors là, tu m’as séché. Ah tu ne pensais pas que j'étais une lectrice de Jacques Ellul ?
Alors pas du tout. Si ça si ça si ! Non mais qu’est-ce que c’est que ces conneries anarcho chrétiennes ?
Ce n’est pas des conneries.
Regardez donc ! En fait, il faut lire Ellul pour penser, pour éventuellement ça. Mais j’ai pas forcément envie de rentrer dans un truc parce qu’en plus ces gens y sont pas et ne font même pas la différence entre cathos et protestants. Non mais je l’ai lu exprès pour dire qu’il y a ce genre de surprise parce qu’en fait.
Après il y a quand même un passage que je trouve vraiment glori justement, c’est lutter et c’est ces petits chiens en boucles d’or et serties de pierres précieuses qui nous attendent au paradis. C’est surtout pour ce passage là en fait que je l’ai mis. C’est qu’il y a quand même quelque chose de très drôle, le réformateur qu’on n’imagine pas forcément super fun. Il avait donc plus tard une passion pour les loulous de Poméranie et il disait que au paradis que le chien était le plus grand don de Dieu fait à l’homme. Euh non. Oui, c’est ça le plus grand don de Dieu fait à l’homme et que voilà qui nous attend et qu’au paradis il y a des petits chiens. Attends ! Est-ce que tu as la formule précise sous le nez des boucles d’or et des yeux en pierres précieuses ? Moi, j'étais pliée de rire.
Pour faire simple, t' as adoré des clébards, je te laisse retrouver.
Explosion de rire.
Il y a FabreNel je crois, qui dit anarcho chrétienne.
J’adore. Bon voilà, merci.
On est dedans, mais de là à la battre en duel, on doit être deux. Voilà ce matin et voilà, j’ai trouvé le second dans ces. Propos de table. Donc Luthor affirme que dans le royaume du ciel, il y aura des chiens et d' autres animaux. Il dit et c’est là où ça devient vraiment marrant, Dieu créera de nouveaux toutous, de nouveaux petits chiens dont la peau sera d’or, les poils et des boucles en pierres précieuses. C’est un truc que j’ai découvert en lisant Chien de Marc
Rien que pendant je pense 1 h de cette histoire. J’imaginais lutter qui a pu se faner, image qu’on a de la terre à son gré, pas super fun. Je l’imaginais en train de kiffer comme ça à écrire. Les yeux en pierres précieuses, des poils, les poils, les boucles en pierre précieuses. La peau sera d’or comme nous quoi. Donc ça sort. Non mais pourquoi j’ai lu ça ? Parce que ça m’a fait marrer et je me suis étirée. Ça va, ça va nous réveiller tous. Voilà. Mais parce qu’en fait, dans le livre, tu distille quelques informations sur toi, sur comment tu vis aujourd’hui. Et aussi, puisque tu en parles, je peux, je peux le faire. Ta première carrière, on va dire. Et ce qu’elle avait suscité d’incompréhension, voire de colère, de rejet, de rejet, de rejet, voilà, notamment de mémoire, je dis de ta famille qui qui avait peur d'être rejetée à son tour. Il y a aussi quelque chose à laquelle moi je n’avais pas pensé, c’est que ce que tu dis, c’est qu’au moment où tu es actrice. Il n’y a pas de sites comme aujourd’hui et que tu n’inscrive pas dans ce que tu es. Ce que tu fais comme actrice porno, tu ne l’inscris pas dans la durée en fait, et tu es rattrapée par la technique, par le commerce, etc. Qu’est ce que la caisse ? Qu’est ce que ça fait d'être prisonnier de ça ? Pour des intérêts qui ne sont pas les tiens à ce que j’imagine que tu ne touches rien. Ah oui non, ça c’est sûr. Et je n’avais pas signé pour ça. Effectivement, j'étais bien loin d’imaginer que 25 ans plus tard, il y aurait encore des vidéos qui circuleraient. J’aurais pu imaginer qu’il y aurait encore eu quelques vidéos chez les collectionneurs vintage quoi, on va dire. Je pensais pas que 25 ans plus tard, il y allait encore y avoir ça en accès libre auprès n’importe qui. Mais cette mise en marge, elle a été immédiate immédiatement. Et c’est vrai que je parle de Raziel. C’est un chien que j’ai eu à ce moment-là. Rasage des U en 2001 2001. Ça faisait deux ans que j'étais à ce moment-là, tout simplement. Et ma vie était vraiment un cauchemar. C’est-à -dire ? Il y avait eu un rejet de ma famille, tu l’as dit, mais il y a eu. On m’a aussi poussé vers la sortie à la fac. Il y a eu un rejet de mes amis militants aussi. Tout ce que je pouvais faire était rapporté à une sorte de Politburo. On était et on considérait que j'étais une traîtresse ou quoi en fait. Anticapitaliste mais surtout traîtresse à cause du sexisme et. Et je me suis retrouvé dans un isolement. Vraiment, faut être clair, j'étais. J'étais vraiment très isolée. Et les gens qui. J'étais juge. Je suis venu m’installer à Paris parce que la vie en province était vraiment trop compliquée, parce qu’il y avait des mecs qui me suivaient jusque chez moi ou qui m’insultaient dans la rue ou qui m’insultaient dans les couloirs de la fac. Et. Et je pense que quand je suis arrivée à Paris, les jambes fréquentaient pas forcément pour de bonnes raisons. C’est-à -dire qu’il y avait ceux qui me rejettent, mais il y avait ceux aussi qui étaient fascinés parce que j'étais un peu une espèce de types du cul du moment quoi. Et je pense que ce n'était pas une bonne raison pour eux. Me voilà en bas des gens s’approcher de moi pour une image publique pas forcément liée à la sexualité, mais juste le fait de passer à la télé. C'était suffisant à l'époque pour attirer des gens quoi. Tout simplement. Et c’est à ce moment-là que j’ai eu besoin justement de quelqu’un qui puisse me défendre. Déjà des érotomanes qui pouvaient me suivre dans la rue ou me harceler,voilà. Ce jusque chez moi qui puisse me défendre, donc physiquement, mais qui puisse surtout m’aimer de façon inconditionnelle sans me juger. Et finalement, Raziel, à ce moment-là, c'était le seul être sur terre à m’aimer sans aucun jugement, sans aucune morale. Et c’est ce qu’il a fait toute sa vie en m’accompagnant jusqu'à l'âge de douze ans. Et c’est aussi ça ou je dis des chiens dont je parle dans ce texte sont des marqueurs biographiques de mon existence. Ils correspondent à des moments entiers de mon existence. Et Graziani correspond à toute cette période là. Et c’est celui, C’est le seul qui m’a jamais lâché en fin de compte. Il faisait le tri. Il était marrant Raziel, parce que c’est lui qui faisait le quand il ne sentait pas un mec qui me le faisait comprendre et je trouve que c'était bien. C'était un bon, c'était une bonne boussole pour ça.
C’est ce que tu racontes dans le livre et tu racontes aussi. Et là je vois que Master Symétrie, Tom, Thomas, etc. Tes goûts et sons sont évidemment effarés par ton témoignage. Et tu racontes. J’ignorais tout à fait ça, qu'à un moment donné il y a des tournées dans des boîtes, dans des clubs trucs un peu érotiques, etc. Et qu’en fait c’est glauque ici. Est ce que ce que tu racontes et ton ton chien est avec toi pour me défendre ?
J’avais mon chien et un marteau dans le sac comme ça que je partais faire les choses en boitant. Il faut quand même replacer dans le contexte. C'était une période un peu vraiment une période un peu dure. Vers 2002 2003, signé à un moment où moi j'étais déjà plus actrice. Parce qu’en fait, finalement, quand on regarde sur l'échelle d’une vie, ça a duré très peu de temps. Sa durée de fin 99 où j’ai fait un film en 99, j’ai fait le plus gros des films en 2000 2001, puis après voilà quoi. Et j'étais réal et j'étais déjà publié. Je crois que le Porno Manifesto c’est 2001, donc j'étais déjà publié mais je ne pouvais pas en vivre et donc le seul truc que je pouvais faire pour vivre c'était des shows en boîte. Donc c'était des shows en discothèques en province où tu passes à trois ou 4 h du matin quand tout le monde est fin saoul et tu fais une espèce de striptease amélioré quoi, On va dire striptease un peu plus spectaculaire quoi, on va dire. Et moi je faisais des trucs un peu avec du feu, en voilà. Et c'était horrible. Et c'était hyper dangereux ou quoi ? C'était surtout hyper dangereux parce que ne t’es jamais à l’abri. Je me souviens, j’avais des collègues déjà hyper souvent de pas être payés ou à la fin on dit bah non, tu t’en vas et on ne paye pas. Et puis il y a surtout plein de filles qui ont été agressées sexuellement, voire violées. Donc c'était une mise en danger au prétexte que de toute façon pas on était bonne..
En face, il y a le mépris absolu. Un peu, un peu ça quoi. Et. Et donc c'était hyper tendu. Et je me souviens, j’avais peur et je partais avec à écraser un marteau.
Et donc Ratzel, il a été, il a été tout ça. Il a été mon pote. Mon père était un bouledogue, mais il était au-dessus du Standard. C’est un Jacky que je n’aurais jamais pu confirmer. Il faisait 35 kilos, il était très musclé et il avait une très grosse mâchoire et tout ça. Et il ressemblait plus à ce qu’on appelle un bouledogue américain en fin de compte. Enfin, il était un peu plus haut, il était mastoc, mais il était un peu plus haut. Bref, il était très beau. Et c’est vrai que. Voilà. Et c’est vrai que quand il est mort, il y a eu une perte d’identité, j’ose le dire. Et c’est ce qui fait d’ailleurs aujourd’hui que je ne sais pas s’il y en a qui me suivent sur Instagram et tout ça. Mon compte c’est Raziel, c’est-à -dire ma boite mail. C’est où ? Zef ? A J’veux dire, c’est Raziel. Raziel est resté longtemps sur ma boîte aux lettres physiques aussi, où je me faisais envoyer mes courriers au nom de Raziel. C'était parce que moi je me définissais aussi en tant que. Humaine ou. Maîtresse de Raziel. C’est-à -dire, il faisait partie de mon identité aussi. Tout comme souvent, on dit c’est l’inverse. Le chien, son identité, c’est son humain de référence, c’est le chien machin. Moi, j'étais l’humaine de Raziel.
Une dernière question qui t’est adressée par le par le tchat. Il est 10 h 38, Est-ce que ça va être plein de rendez-vous promo là aujourd’hui ? Tu sais, SanSéverina à nouveau, qui te demande as-tu lu derrière la baie la baignoire de Colette Audry ? Deuil de sa chienne ?
Non, c’est non. Non mais du coup, j’aimerais bien en savoir plus.
Alors je ne sais pas si San Severino est encore là. Dans derrière la baignoire de Colette Audry elle parle du deuil de sa mère Colette Audry a été militante féministe. Je la connais pas toute sa thèse et toi ?
Non, je ne la connais pas.
Voilà, une découverte ultime question qui est une question rituelle qu’est-ce que nous avons fait là pendant 1 h 40 Auposte ?
Ma mère j’étais pas préparée à cette question-là. Qu’est-ce que tu entends par "Qu’est-ce que nous avons fait ? " Déjà, on a commencé par boire un café. Qu’est ce qu’on a fait ? Ben je ne sais pas. On a parlé féminisme et chien qui sont quand même les deux sujets que je préfère dans la vie.
Très bien. C’est ta réponse. C’est ta réponse.
Ce que je ne sais pas ? C’est un peu diverti. C’est rien de bon matin ?
Peut être. Est-ce que ton amour des chiens, c’est si t’as eu ta méfiance, on va dire des hommes ? Est ce qu’il y a quelque chose de pendulaire par rapport à ça ou pas ?
Il y a certainement un truc qui a un rapport avec ça, puisque le livre s’ouvre sur un moment où j’ai dix ans et où je pars toute seule sur les routes de campagne. Et voilà où je peux pédaler toute seule pendant des heures sur des petits, les petits chemins de campagne. Et c’est vrai qu’aujourd’hui, il n’y a personne qui laisserait son gamin ou sa gamine seule sur les routes de campagne, avec un vélo, sans téléphone portable, sans balise GPS, sans mouchard. Et moi, je partais seul sur les routes de campagne. Et à l'époque, on ne disait pas aux enfants "Attention, il y a des pédophiles". Pendant qu’on travaillait, il n’y avait pas encore eu les scandales Dutroux, Fourniret, Emile, Louis et tout ça.
Il y avait une expression consacrée.
On ne disait pas aux petites filles méfie-toi des hommes. On disait "prends le chien". Et de fait, j’ai pris le chien toute ma vie. Prends le chien. C’est une façon de te dire prends le chien qui puisse te défendre au cas où tu serais attaqué par. Par un homme. Il faut être clair. C’est ça que ça veut dire prend le chien. Et donc, de fait, je prenais chien avec moi. J’avais un chien qui faisait 60 kilos, qui était en montagne des Pyrénées, un corniaud montagne des Pyrénées. Faire une très grosse bête et je n’avais pas peur. Et c’est vrai que toute ma vie j’ai eu des chiens aussi pour me défendre, pas des je n’ai pas eu des malinois, des chiens spécifiquement dressés pour la défense. Je n’ai jamais dressé aucun chien à la défense, mais je suis toujours parti du principe qu’avec eux je ne partais pas seul au combat, quoi que j'étais toujours accompagné. Et aujourd’hui j’en ai trois, dont une qui est misandre, qui déteste.
Les mecs stériles et qui sont un peu souples.
Et qui a un gros stock de Bordeaux. Donc c’est pareil, elle est très grosse, très impressionnante et. Et oui, et l’autre s’appelle Solanas. C’est ça, à peu près d’accord et non, donc j’ai jamais peur quand elle est là, quand je suis avec elle, j’ai jamais peur, jamais peur d’entrer, de pénétrer la forêt en ayant peur du loup. Je me dis voilà. Et prends le chien. Tu le dis, Basset, tu racontes. Quand à dix ans, en 1990, de mémoire. Mais tu dis en fait à l'âge adulte ce que l’on voit, les gens, les femmes qui font du jogging sont accompagnés, par leur chien et pas les hommes beaucoup moins. Moi je vis en département rural et les femmes que je croise qui font de la marche nordique ou qui courent en forêt ou en général ont toujours un clébard avec elles. Elles prennent le chien, tout comme moi. J’ai vraiment toujours pris en compte ce que je suis, ce que je racontais pour Raziel, quand on allait en show en boîte, je prenais le chien. Il y a ce truc de prends le chien, prends le chien pour pouvoir te défendre et ne pas affronter seule la violence masculine.
Tu m’as vu de temps en temps faire des petits trucs. Bon en fait c’est ce qu’on appelle des marqueurs. Et donc j’envoie ça à Pauline avec qui je travaille Après on va faire des vidéoclips, pour dire ben voilà, Ovidie est venue. Voilà ce qu’elle a dit, Est-ce que par exemple de prendre le clip sur ce que t’as raconté, qui a visiblement beaucoup touché, qui m’a touché sur tes tournées dans les boîtes ? Est-ce que c’est plus facile de faire ça ? Est ce qu’il ne vaut mieux pas le faire ? Est-ce que t’as pas envie ou est-ce que tu penses qu’on peut le faire en sachant que c’est sorti du contexte ? Ça dure une minute 30.
Non, c’est ok pour moi. Je pense que là où je peux me faire le plus emmerder, c’est ce que j’ai dit tout à l’heure en disant que je vous ai pas lâché à tout le monde qui va attraper ma veste pour me dire mais non, faut voter non.
Mais là, c’est vraiment une connerie à raconter, donc je ne veux pas la corriger, je ne vais pas la répercuter Ah c’est dur de culpabiliser.
Je poserai la question au dernier moment, mais je ne sais vraiment pas pour qui voter. Bon bref.
Merde, je blague.
Mais ne mets pas ce passage parce que sinon, j’en ai pour 1000 ans de gens qui disent mais non, il faut voter euh. Bon, si tu peux éviter de garder les passages où on parle de violence parce que j’ai pas envie d'être fiché si je le suis pas si je pouvais éviter.
C’est un vrai truc, c’est qu’il y a vraiment des questions. Ouais, ça a l’air con comme ça. Mais des questions ? Bah tu connais ça, toi, en tant que réalisatrice ? Il y a des questions éthiques, c’est à dire tu te dis Ah bah oui, si je prends ce passage-là, je sais que je vais avoir 200 retweets, mais je vais peut-être mettre l’invité dans la source. Et ce n’est pas c’est pas l’idée. A la rigueur, le truc le plus. Le plus simple, c’est peut-être de montrer à l’invité. De montrer le passage, oui, que de montrer le passage au juste pour le zéro.
Attention, je vais avoir 3 milliards de galères. Parce qu’en fait c’est ça qui est compliqué aussi, c’est anticiper. Après tout, tout ce qui va se passer sur les réseaux sociaux, tout ce qu’on va se prendre dans la poire ou pas.
On est tous fichés S ici, tu te dis Dark Bob. Oui, mais il y a des chances. Merci beaucoup. Il y a une lecture à la Maison de la poésie à Paris.
On fait vendredi soir une lecture musicale d’Assise Debout couché à la Maison de la Poésie.
C’est sûr que ça veut dire quoi ? Ça veut dire quoi un spectacle ?
Euh non. Je l’avais déjà fait l’année dernière avec la chère et triste, hélas. En fait, je lis des extraits du livre et je suis accompagnée par un musicien aux machines qui a plein de bidouilles qui font bip bip. Et des synthés et des choses comme ça. Et voilà, on est deux, on est deux sur scène. J’aurais voulu savoir si j’habitais à Paris, je pense que j’aurais pris des chiens avec moi. Mais là, malheureusement, ils vont rester à la campagne et je pense qu’ils seront mieux là-bas.
Il y a eu plein de messages d’amour pendant qu’on se posait la question rituelle Je vous. Je vous déconseille de faire des clips sur les chats quand tu en parles
Non mais ça c’est dans mes projets en fait. Vraiment, je ne tiens pas à faire de clip sur les chats.
Enfin merci. Ovidie ; divertissement d’une qualité exceptionnelle. Hâte de lire le livre. Merci de partager votre énorme et si précieux travail. Donc j’ai mis Ovidie Manifesto,
Ok, ça marche. Non mais c’est vrai, tu as raison. La raison, c’est vrai que c’est pas la même chose quand on sait comme tout à l’heure avec les insultes C’est une adaptation se définissant comme gouine, c’est ok si toi tu dis ah ouais mais toi t’es gouine, tu vois comme salope c’est la même chose.
Lola dit merci, c'était dense, il faudra réécouter dit Rolland.Ah mais bien sûr Rolland, voyons d’autres façons. Rolland est ce qu’il fait son grand kiff en ce moment, c’est de retranscrire les émissions. Je le soupçonne de vouloir l'écouter et rien que pour ça,
Comment ? Je ne sais pas, je trouve ça suspect moi, quelqu’un qui retranscrit tout. Je ne sais pas. Ce n’est pas une idée qui t’as traversé l’esprit comme ça, d’un coup ? Quelqu’un qui t’as drôlement retranscrit ?
Inspecteur Rolland tu peux nous dire pour qui tu bosses ? je crois savoir.Ovidie Oh la vache ! Je ne comprends pas toutes les questions !
Les amis, je fais une petite pause, le temps de raccompagner Ovidie et je vous reviens dans quelques instants pour débriefer, pour vous raconter la suite des événements.
