4 668 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
Pour défendre les libertés et nourrir le débat public
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

Petit Poutou versus gros médias

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Alors amis du café et amis de la police. Bonjour ! Et oui, les invités sont là. Vous savez, le NPA, on peut dire ce qu’on veut, on peut dire ils sont bizarres, ils ne sont pas organisés, pas du tout, Ce sont des invités il y a déjà Poutou qui fait un placement de produit en régie, vous allez voir je peux vous dire, c’est les invités les plus disciplinés Alors nous avons à gauche, si je puis dire, Julia Salingue, Comment dire Directrice de communication de Monsieur Poutou. Philippe qui est lui à l’extrême droite de l'écran, je le précise, et au centre Béatrice Walylo qui était dans l'équipe de campagne mais pas au service d’ordre du NPA. C’est bien ça ?
Béatrice Walylo
C’est ça, Oui.
David Dufresne
Bonjour tout le monde ! Vous avez votre café ? Ouf, j’ai cru, j’ai cru voir un placement de produit de la part de Monsieur Poutou, Philippe. Alors attendez. D’où ça sort ça ?
Philippe Poutou
Mais je me souviens plus dans une ville où le film est passé, le film sur la lutte Ford et on a donné cette tasse en disant qu’il fallait le placer dans cette émission-là. Il n’y a pas longtemps, je ne me rappelle plus trop.
David Dufresne
Il y a un micro à l’intérieur une caméra, c’est la surveillance d’Au poste des agités de la politique française. Je remets Julien à l'écran puisque tous les trois vous sortez ce petit livre, un petit candidat face aux grands médias que vous avez rédigé tous les trois ou les six. Asseyez-vous, A cet âge-là, ce n’est pas facile, c’est un métier. Vous êtes, vous n'êtes pas forcément mieux reçu sur les chaînes d’information. Si j’ai bien compris le livre que j’ai terminé cette nuit en faisant plein de petites notes. L’idée, l’idée, c’est de raconter à la fois des souvenirs rigolos, d’autres beaucoup moins. Beaucoup de mépris social, des moments difficiles, des moments de pur plaisir. Et Julien, il balance, il balance un certain nombre de SMS, de texto, de négociations, ce qui ne se fait jamais. C’est un plaisir. Un régal de voir comment les directeurs de programmes vous invitent et s’ils vous entourlouper. Est-ce que c’est bien résumé ?
Philippe Poutou
Oui, c’est bien résumé. Disons que c’est ce qu’on a voulu faire. Bonjour à tout le monde. Ce qu’on a voulu faire, c’est raconter de l’intérieur. On va dire ce que ça veut dire une campagne électorale pour un pour un petit candidat avec des guillemets pour raconter l’intérieur, le rapport avec les médias, mais pas en faire juste un concours d’anecdotes. On va dire non, bien sûr, d’en tirer quelques conclusions et quelques éléments d’analyse sur le fonctionnement des grands médias et sur les rapports entretenus entre la gauche radicale et les grands médias, et réciproquement. Voilà. Mais si ça fonctionne, tant mieux.
David Dufresne
Ça fonctionne, ça fonctionne très bien. C’est quand même la base, c’est de raconter par le menu, par le détail, ce qui en règle générale, ne se raconte jamais, sauf peut-être entre camarades
Philippe Poutou
Oui, et même après Philippe et Béa en diront plus. Mais disons que l’idée du l’idée du livre, c'était aussi de raconter, de raconter à un public, voilà que ça peut intéresser, mais aussi de raconter, on va dire aux camarades du NPA et puis à notre à notre milieu. Parce que finalement, ce qu’on perçoit peut-être dans le livre, c’est que le rapport aux médias, c’est aussi un rapport, beaucoup de quasiment d’instantanéité. C’est-à -dire qu’il faut prendre des décisions très vite parce que tout est toujours speed, il faut toujours répondre rapidement, etc. Et on n’a pas toujours le temps d’avoir des grandes discussions collectives à prendre les décisions. Donc nous, ce qu’on a voulu faire, c’est aussi rendre compte des décisions qu’on prend pour les proches et expliquer en tout cas pour en tirer des bilans et des bilans critiques.
David Dufresne
Et tu écris, vous écrivez tous les deux mais et les autres ? Ils s’amusent avec la caméra mais ils n’y répondent pas pour l’instant. Pourtant leur micro est ouvert. Donc c’est le wifi de la mairie de Bordeaux qui nous permet de discuter avec Béatrice et Philippe. Il faut, il faut, il faut tout dire puisque le bouquin, le principe du bouquin, c’est la transparence. Et je remercie les leaders de cette politique qui sont arrivés là sans coup férir. Restez avec nous parce que vous allez à la fois vous marrer et en apprendre beaucoup et parfois moins vous marrer avec les coulisses de l’audiovisuel. Parce que c’est surtout, c’est surtout l’audiovisuel dont vous parlez un peu moins de la presse écrite. Alors je démarre par ce que vous écrivez page onze. C’est donc une interview de quatre minutes sur telle ou telle chaîne d’information a parfois nécessité un échange de plus de 50 textos, une négociation entre guillemets sur l’heure, le lieu, la durée de passage, la composition du plateau, les thèmes abordés. Est-ce que vous pouvez rentrer dans les détails ? 50 textos pour dire quoi ?
Philippe Poutou
, il y a foule à Bordeaux.
Béatrice Walylo
Là, là, c’est sûr que c’est Julien qui peut plus répondre parce que c’est Julien qui était en contact avec qui, qui contactait les médias et qui était contacté par eux. Donc c’est lui qui a eu ces échanges de SMS. Donc Julien, l’entretien, c’est à toi de répondre pour le coup, on répondra sur d’autres choses.
Philippe Poutou
Ok, donc c’est à moi, faut trouver des questions auxquelles ils ne vont pas pouvoir se dérober après. Non mais c’est vrai qu' on ne s’imagine pas, on s’imagine pas de l’extérieur mais globalement tout. Tout est dans la. Les jours, les horaires, le nombre d’invités en plateau, les thèmes. Et en fait, ce qui se passe, c’est ce qu’on essaie d’expliquer dans le livre, c’est qu' au moment d’une campagne électorale pour nous faire une campagne présidentielle, c’est un moment un peu spécial puisque, en raison de la loi, même si elle est pas très bien faite et très égalitaire, n’empêche que y’a un moment où ils sont obligés de nous inviter, ils sont obligés de nous donner du temps d’antenne. Et donc à partir de là, dans la mesure où ils sont obligés de le faire, on est dans une position de construire un rapport de force et de pouvoir négocier. Et donc c’est de négocier sur le temps qu’on va avoir. On peut nous proposer, par exemple, quinze minutes avec trois autres invités. Alors là on dit Bah écoutez, non, ça sera sans doute parce qu’on sait qu’on aura le temps de rien dire. Donc du coup, on va peut-être nous proposer un peu plus de temps ou un autre jour sur les thèmes. Voilà, on va nous dire, on va parler de ça, de ça, de ça, nous on va dire bah ça, nous, on n’a pas spécialement envie d’en discuter, par contre, on préférerait parler de tel ou tel truc, etc. Donc tout se négocie, tout peut changer tout le temps. C’est à dire qu’on peut se faire annuler la veille, on peut se faire enlever 2 heures avant, etc. Et puis faut savoir que même si on négocie et qu’on a réussi parfois à gagner des choses, tout peut changer en direct quoi. Et là, c’est le candidat qui se retrouve en situation de devoir gérer les changements. Comment on va.
David Dufresne
Dire Oh bien joué Julien ! Le candidat, c’est donc Poutou. Philippe Là, on voit que la balle est dans le camp de Bordeaux. Julien Je ne sais pas où tu es. Tu dis le mot Paris-Bordeaux, le moment où tu te dis tout.
Philippe Poutou
Non, je suis dans le 93.
David Dufresne
Dans 4 h. Alors à vous, à vous les studios de Bordeaux. Quand on est candidat et qu’on se retrouve face à tout à fait autre chose que ce qui est, ce qui a été âprement négocié par l'équipe, notamment par Julien. Comment ? Qu’est-ce que, comment on fait ?
Philippe Poutou
Comment on fait ? On fait ce qu’on peut. On va dire qu’il faut savoir. Ce qu’essaie de raconter le bouquin, c’est que la relation aux médias est une relation de toute façon difficile à la base. Absolument.
David Dufresne
Quand vous vous voyez absolument, absolument.
Philippe Poutou
Et avec en tête ce qui s’appelle négociation, ses alliés, ça tient du d’une forme de rapport de force où il faut trouver sa place, la manière la meilleure possible pour nous puisqu’en fait à celle qui nous propose, elle ne nous va pas en général. Donc c’est pour ça que ça fait plusieurs tiraillements. On sait que les campagnes électorales, ils ont des obligations et on essaie de profiter d’une situation où on a un petit avantage. Mais il est très petit. Donc après toutes ces histoires de vraiment dingues et de se retrouver dans la position la plus favorable pour nous, la moins défavorable pour nous et trouver des espaces ou des espaces où on peut défendre soit l’envie de défendre tout et comme ça tous et toutes un peu à la croche. Et c’est vrai que c’est aussi du sport. Essayer le bouquin, c'était aussi une volonté de raconter ça parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne s’imaginent pas du tout comment ça se passe et quoi. On est sur un plateau de choix parce que d’abord le propos, il y a de belles lumières, tout le monde est très bien habillé, tout se passe tellement, donc c’est un peu comme si on était invité chez nous. Plus on a envie de montrer que c’est nous et que finalement toutes les coulisses, on démontre l’inverse. Et qui décide aussi de faire de la politique, de raconter que cette difficulté de la relation avec les médias, c’est vraiment lié complètement au combat quand même, habituellement. Et c’est. Et ces luttes, c’est parce qu’en face on se retrouve chez l’adversaire, d’une certaine manière, chez les gros médias et ses adversaires, c’est une autre classe sociale et c’est pour ça que le bouquin dit petit entre guillemets, parce que c’est pas lisse, ils sont de taille, c’est une question qu’on est, on est assez soumis chez l’adversaire avec vos. Donc on est le petit ennemi du gars, si ça peut donner aux adversaires de classe et on se déplace chez eux et on essaie de défendre nos idées chez eux. Et c’est un peu la complication de l’affaire.
David Dufresne
Et Julien, une question pour toi ? Je te remets à l'écran, ça permet de mieux en temps de mieux voir Béatrice et Philippe. Je te remets à l'écran puisque Timoré Fils te demande comment ta participation à Acrimed qu’on a reçu la semaine dernière a permis d'éviter des pièges médiatiques et réussir quand même à ne pas tomber dedans. Est-ce que tu aurais des exemples ? Le livre évoque à plusieurs reprises le travail d’Acrimed. Bon, évidemment, vous vous citez sans Pierre Bourdieu, mais voilà. Est-ce que finalement passer de la théorie à la pratique ça a son efficacité ou pas ? Est-ce que t’as été surpris quand même ?
Philippe Poutou
Ben disons que oui, ça aide. Enfin disons que oui. Moi j’ai été pendant pas mal d’années à la rédaction d’Acrimed et c’est vrai que ça, ça permet d’avoir un cadre, un cadre d’appréhension globale, un cadre analytique, un cadre de compréhension de l’autre. Finalement, comment fonctionnent les grands médias et en l’occurrence, en ce qui nous concerne un peu les dispositifs médiatiques quoi, comme on les appelle, et dans quelle mesure ces dispositifs peuvent être des choses qui sont tellement contraignantes qu’on sait qu’on ne va rien pouvoir faire. Donc c’est vrai que ce travail, cette connaissance entre guillemets, en amont de la façon dont un certain nombre de dispositifs médiatiques opèrent, ça aide, ça aide. On lit, on le dit souvent dans le livre, c’est-à -dire qu’un certain nombre de critères que nous, on essaie de s’appliquer sur. Alors.
David Dufresne
Il faut que tu dises lesquels, quels sont tes critères.
Philippe Poutou
Là, il y a des critères, on va dire, assez fixes, et puis il y a des critères un peu plus souples, car les critères assez fixes, c’est dire Bah, par exemple, on ne fait pas les médias d’extrême droite.
David Dufresne
Donc déjà, ça, ça nettoie beaucoup,
Philippe Poutou
Là on ne va pas sur CNews pendant la campagne, on n’est pas allé sur Europe1 non plus. On a décidé de ne pas aller sur Sud Radio également, qui nous avait invités en juin 10 jours après avoir reçu Renaud Camus pendant une demi-heure, on leur a dit : "Écoutez, on va vous laisser entrer, donc on ne fait pas ça. " Le deuxième, là, c’est au niveau des médias, et même après, on va dire, au niveau. Et c’est peut-être là où de la culture entre guillemets, Acrimed rentre en ligne de compte. Si on n’accepte pas un certain nombre d'émissions, de dispositifs qui sont des dispositifs dans les salons, dans lesquels on sait qu’on va être fermés et qu’on va pas pouvoir finalement émettre dans de bonnes conditions le message qu’on veut essayer de mettre. Et je pense notamment à toutes ces émissions qui mélangent, qui mélangent le divertissement, la politique, l’information et puis les choses un peu étranges, là aussi dans le livre, une émission dans laquelle en gros, on proposait de venir partager un repas afin que Philippe vienne avec son plat préféré. Et puis on discute avec la journaliste et moi je me souviens, voilà, d’avoir eu la journaliste en question au téléphone et lui avoir dit à Poutine. On le frappa et elle me dit Ah, c’est dommage et vous devriez être super convivial. Et moi je dis bah justement, je n’en ai pas envie d’aller dans un truc convivial.
David Dufresne
C’est l'émission où on vous dit ça va être sympa et détendu, c’est ça ? Alors que vous êtes un peu sur ce terrain-là.
Philippe Poutou
Et nous, ce n’est pas qu’on est tendu quoi. Mais c’est de dire en fait, y a des dispositifs médiatiques qui, volontairement ou non, vont émousser la critique, vont neutraliser la critique en créant une espèce de d’ambiance un peu cosy, sympa et tout ou malgré toi, tu peux te faire digérer par quelque chose qui neutralise quoi. Donc ce type de dispositif là, dont les reflets aussi. Et puis après il y a une zone grise, je m’arrêterai là, mais où ? Globalement on est dans le rapport de force et la négociation, et globalement, la question que nous, on se posera toujours, c’est est ce qu’on va être dans les conditions de pouvoir émettre un message à peu près compréhensible sans être piégé ?
David Dufresne
Et là patatras, on apprend page 23 qu’il y a des précisions que vous donnez et la première précision, c’est la suivante Il arrive souvent, écrivez-vous tous les trois, que les programmateurs qui nous invitent soient incapables de répondre à l’ensemble de nos questions, c’est à dire de vos critères, tant ils tentent, ils et elles travaillent dans l’urgence. Alors d’abord, je vous trouve très sympathique quand même avec la caste des. Ah, je crois que Poutou Philippe a fait un petit signe pour dire je vais prendre la parole. Non, ce n’est pas ça, excuse-moi. Je vous trouve assez sympathique avec ceux qu’on appelle les outils, enfin ceux qui sont les petits rouages du système, mais même parfois les gros rouages, je vous trouve un peu sympathique vont vouloir trouver un peu des circonstances atténuantes, mais passons. Vous pourrez répondre à ma petite critique mais qu’est-ce que ça veut dire donc que ces programmateurs qui qui fabriquent l’opinion, ne sont même pas capables de vous répondre à des questions basiques ? Parce que comment on fait la quand on est devant un tel ? Une telle incompétence ?
Philippe Poutou
Il s'étirait pour vous. Avançant la critique formulée par David. Comme quoi on en est pas. On est plutôt gentil ou pas très méchant. Mais en fait, le livre, on en a pas vraiment discuté comme ça, mais on n’avait pas envie de quand donner l’impression qu’on règle des comptes. On n’est pas en train de se venger du non subi dont on aurait souffert. Donc dit c’est pour ça que ça ne donne pas ce côté peut être au moins au moins des méchants, quoi. Donc on n’a pas envie d'être méchant, on donne juste envie de raconter les choses, de les raconter les plus tranquillement possible et de d’essayer de décrire en tout cas des mécanismes ou des dispositifs dans lesquels on se retrouve, et de raconter à partir de là comment on s’en débrouille va, comment on fait au mieux, en sachant bien qu’on ne maîtrise pas totalement la situation et qu’on ne pourra pas la maîtriser totalement. Mais voilà, c’est drôle et en le racontant, c’est aussi une manière de se mettre sous la critique. C’est renoncer à ce qu’on a essayé de faire au mieux en. Et parce qu’il y a la volonté aussi de lancer une discussion. Parce que c’est vrai qu’on ne discute quasiment pas de ces aspects-là de nos relations, mais des médias, de qu’est ce qu’on fait, pourquoi on y va et quelle efficacité ça peut avoir. Donc voilà, en fait, l’objectif est là. Après c’est vrai que on est d’abord plus sympa avec toute une partie du personnel des médias, parce qu’en fait on avait des études personnelles variées quoi. Après-guerre, il n’y avait aucune raison que ça se passe mal avec eux. Et après c’est les gros journalistes ou les éditorialistes ou tous ces gens-là. En fait, on a très peu de relations avec eux ou avec AD, donc du coup on n’a pas à se sentir à raconter là-dessus. C’est plus sur le dispositif lui-même, c’est plus sur la difficulté qu’il y a à nous de pouvoir sentir se sentir efficace là-dedans. Voilà donc à ça qui fait que ça répond en tout cas à peut-être toute ta déception. T’aurais pensé cordes vocales ?
David Dufresne
Non, ce n’est pas ça.
Philippe Poutou
Il avait été choisi sur un sort des grands journalistes et voilà, on n’en avait pas vraiment les moyens. Pas non plus spécialement la volonté.
David Dufresne
Ah non. Pas du tout. Non, non, pas du tout. Moi, ce que je me suis mal exprimé là. Je trouve le bouquin justement très intéressant parce qu’il rentre dans des détails qui ne sont connus finalement que des professionnels, que ce soient les journalistes ou que ce soient les invités si tu veux. Donc de ce point de vue-là, je trouve que là, la glace est brisée. Et ça c’est ça, c’est super. Simplement, je trouve que parfois, à deux ou trois reprises, vous vous dites bon, mais on ne met pas tous les journalistes dans le même sac, dans le même sac. Bon bah il y en a, il y en a, ils font ce qu’ils peuvent, mais ce n’est pas franchement grave. Attends, il y a autre chose à dire du bouquin ? Mais j’ai noté ça. Je me suis dit bon, ils essaient de recruter quoi, Ils essayent de recruter dans les rédactions.
Philippe Poutou
Donc on essaie de s’assurer des prochains passages médias aussi en live. Pas complètement grillé ?
David Dufresne
Béatrice Attention, parce que là, il y a que les garçons qui parlent. Et donc il faut, il faut, il faut prendre la parole à tout moment parce que sinon ça va être bon. Alors on va, on va quand même prendre quelques détails. D’abord on va parler de live, puis de live, puis quand elle vous contacte. Donc, pour la dernière et la dernière élection présidentielle, c’est page 17, je reviens en arrière. Et vous, vous avez. Elle se trompe, elle ne se trompe de personne, elle ne se trompe de personne et ça en dit long. C’est-à -dire quand elles s’adressent à l’attachée de presse, au directeur de com ? Julien mais sous un autre nom. Et ça, on dit ça en dit long. Est-ce que tu veux raconter Julien ou Béatrice ? Je ne sais pas.
Béatrice Walylo
Je ne sais pas vraiment si toute sa partie est faite contre moi. J’ai quand ma vision des médias et mon expérience dans les médias, c’est plus quand j’ai accompagné D’accord.
David Dufresne
On va y venir après.
Béatrice Walylo
Voilà, c’est pour ça que là, pour l’instant, c’est Julien qui parle beaucoup et parce que c'était vraiment plus sa partie qu’au fond.
David Dufresne
Julia à vous les studios !
Philippe Poutou
Ouais, largement. Mais juste avant de répondre à la question quand même par rapport.
David Dufresne
À faire dans le NPA, c’est infernal, ils répondent.
Philippe Poutou
Jamais Eh oui, on est à l’heure, mais après non. On essaie de comprendre, d’appréhender le champ médiatique comme un champ quoi. Et de voir que dans le champ médiatique, il y a des dominants et des dominés. Absolument. Il y a des grands chefs éditoriaux et puis il y a les petites mains encore. Et nous, effectivement, on essaye de ne pas rejeter tout ça en bloc et de voir qu' il y a des différences qui peuvent exister et que, y compris par exemple, on parlait tout à l’heure des 50 textos pour caler 1 à 1 émission. Ben en fait, 50 textos, ça veut dire qu’il y a de l’autre côté, il y a une programmatrice, qui fait ce qu’elle peut entre les contraintes que lui impose sa chaîne et le rapport de force que nous on construit dans l’autre sens
David Dufresne
Mais à la fin du bouquin, je montre là par. Une copie d'écran de tes messages, de tes SMS. 10 h 57 11 h 11 h 08 11 h 18 11 h 22 11 h 28 11 h 35 11 h 44 et RFI France TV Info, TF1, Public Sénat, France Télé Graziani TV. Je suis français, Vision, Le Monde, RTL, etc. C’est l’enfer au plus haut poste qui se glisse là-dedans. Bon, tu te demandes ce qu’il vient de foutre ? Je comprends que tu parles de petites mains, mais bon, ce n’est pas grave, je sens que ma petite pointe vous à vous a vous a touché. Ce que je veux dire, c’est que je ne suis pas sûr que tous, toutes ces petites mains soient si inconscientes de ce à quoi elles participent. Voilà, c’est tout ce que j’ai voulu dire.
Philippe Poutou
Mais non, ça se discute. Non, non, effectivement, il n’y a pas de et il n’y a pas de désaccord ou de séparation par rapport à ça. Et du coup, pour revenir sur la FP, voilà effectivement le message qu’on évoque, si je ne me trompe pas, c’est le 29 mars, donc on est quand même bien avancé dans la campagne. C’est à dire qu’on est à peine deux semaines avant le vote, avant le premier du premier tour et donc exclusivement sur le portable presse du NPA, on reçoit un texto qui dit Bonjour Monsieur Bourquin, ici machin du service politique de la FFF et sauf en fait, effectivement, Monsieur Bourquin, c’est Jean-Marc Bourquin, un camarade Jean-Pierre, mais qui a passé le relais à moi en l’occurrence depuis quasiment cinq ans, depuis la précédente campagne. Donc ce qui veut dire que dans les fichiers de la FP, c’est toujours son nom et plus le mien. Alors que moi, depuis les cinq ans où j’avais repris la main systématiquement, au début, je recevais des textos Bonjour Monsieur Bourquin, Bah non, c’est Monsieur Bourquin et Monsieur Salade. Et donc les gens mettaient leur fichier à jour, mais en l’occurrence à la FP, c'était toujours Monsieur Bourquin. Ce qui implique en réalité qu’il n’avait pas pris contact avec nous depuis cinq ans. Alors. En tout cas, le service politique n’avait pas ressenti le besoin de mettre ses fiches à jour. Et du coup, effectivement, là, tu montrais la capture d'écran avec tous les textos, mais ça c’est pendant deux semaines, tous les cinq ans.
David Dufresne
Oui, bien sûr, sinon c’est rien.
Philippe Poutou
Il y a beaucoup moins de messages, voire pas du tout.
David Dufresne
Pour la FP, c’est fait. Il y a quand même une manière de répondre parfois. On sent que vous marchez à leur répondre, à vous les titiller. Il y a quand même de la malice, non ? Ou c’est aussi que du désarroi j’ai mal lu.Philippe rigole à répondre.
Béatrice Walylo
Et non.
David Dufresne
Béatrice et les plateaux télé, il n’y a que ça qui l’intéresse.
Philippe Poutou
À l’avenir. Béatrice. Oui Non mais là par contre, t’as bien vu. Oui, on s’amuse aussi. On n’est pas juste en train de faire chier ou de subir grandir ses rapports de domination sans réagir. Donc on réagit par l’humour, par l’ironie et pas qu’en dehors des plateaux aussi dans les plateaux et aussi ces aspects-là, heureusement d’ailleurs, parce que sinon on est, on est dans des situations, on s’emmerde tellement que y aurait aucune raison de le faire. Mais là-dedans, quand on se bat ou dans la lutte en général, il y a toujours cette notion là des manifestations aujourd’hui dans la boue, dans la réforme de fait sur la mobilisation, sur les retraites. Il y a aussi une grande part d’humour, d’ironie. Le on répond on réponse à l’agression du pouvoir ou à la domination du pouvoir par la peur, avec des méthodes qui sont les nôtres aussi. Quoi donc ? Et là, oui, on s’amuse aussi parfois. Donc c’est bien vu.
David Dufresne
Et j’avoue qu’en tant que lecteur, on s’amuse aussi et on se dit ah le journaliste, il n’a pas dû être très content de recevoir ça. D’ailleurs, on verra à un moment donné que certains nous font un peu la leçon et si c’est assez, ça en dit plus sur eux que sur nous, sur nous. Et évidemment. Alors le bouquin explique parce que c’est quand même massivement la radio et la télé dont vous parlez, c’est-à -dire la campagne électorale. Il y a assez peu de passages sur la presse écrite. Et vous revenez alors, j’imagine si c’est plus. Julien mais vous revenez sur les. Si j’ai bien compris, y a trois graduations. C’est un peu comme le maintien de l’ordre. Il y a trois gradations chez l’art, comme il y a l’équité avec des critères douteux, écrivez-vous. Il y a ensuite l'équité renforcée. Je ne sais pas. Puis enfin, il y a l'égalité a priori, et c’est ça. Et en fait, en vous, en vous lisant, on ne comprend pas, on comprend pas ce que ça veut dire, comment l’art com fait la com. Donc c’est l’ancien, c’est ça et distribue le temps de parole.
Julien Salingue
Julien Alors effectivement, effectivement, effectivement, il y a eu durant une campagne présidentielle trois phases que tu as bien rappelées l'équité, l'équité renforcée et l'égalité. En l’occurrence cette fois-ci la phase de l'équité. C'était du 1ᵉʳ janvier au 7 ou 8 mars, je sais plus, par le Conseil constitutionnel. Ensuite, il y avait la phase dite de l'équité renforcée et les douze derniers jours de campagne, c’est l'égalité. C’est quoi les critères ? Alors, ce qui s’appelle l'équité, faut comprendre que le principe c’est qu’on donne plus à ceux qui ont plus et qu’on donne moins à ceux qui ont moins, ce qui est une forme d'équité particulière. Les critères de l’art, comme dans l’ancien CSA, c’est de plusieurs ordres, entre autres les sondages, les résultats aux précédentes élections et la contribution à l’animation de la campagne, et le tout étant parfois synthétisé sous la forme du poids politique de chaque candidat, chaque candidat. Oui, le temps de parole est distribué en fonction de ses estimations particulières. Ce qui veut dire que globalement, plutôt dans les sondages, plus il y a de temps de parole, plus t’as fait un score élevé aux précédentes élections, plus il y a de temps de parole et plus on considère que tu animes la campagne. Donc finalement, plus tu passes dans les médias, plus le temps de parole est important. Donc globalement, le mécanisme est assez simple. C’est ce que je disais donner plus à ceux qui ont déjà plus. Et si je ne me trompe pas, je n’ai pas les chiffres exacts en tête, mais je compte sur la phase de l'équité. On s’est retrouvé avec 150 heures de temps d’antenne pour Macron et 5h pour vous. Voilà ce qui donne une idée des proportions. La deuxième phase, c’est ce qui s’appelle l'équité en français. Alors l'équité renforcée, c’est la même chose, mais avec cette nouvelle idée qui est qu' on calcule plus juste le temps de parole dans l’absolu, mais on le calcule par rapport à des tranches horaires. Donc ça se veut renforcer parce que l’idée c’est de dire bon, on ne met pas sur un pied d'égalité le temps de parole à 15 h et le temps de parole à 20h. Ou du temps de parole à 8 h du matin et du temps de parole à 4 h du matin.
David Dufresne
Cher Julien, j’en profite pour signaler page 43 un message que tu reçois un jour. Bonjour Julien, Je revenais vers vous pour savoir si Philippe Poutou accepterait notre invitation jeudi prochain, le 17 mars en troisième partie de soirée. Pour interrogation quinze minutes sur la tranche 23 h ou 0 h. Merci pour votre retour. Bien cordialement.
Julien Salingue
Voilà. Tout à fait. Et oui, évidemment, avec équité, on est dans l'équité renforcée. C’est à dire qu’à 23h, c’est compté comme si tu passais à 9 h. Tu sais, c’est la même chose. Voilà. Donc c’est l'équité renforcée. Et le troisième temps, c’est l'égalité et donc l'égalité. Là, pour le coup, tout le monde est censé avoir le même temps de parole, dans les mêmes conditions, sur les mêmes tranches horaires, mais ça, ça dure douze jours. Donc c’est vrai que c’est très, très court. Bon, et du coup, à l’arrivée, est ce que ça fait, c’est que nous, on se retrouve beaucoup plus invités entre guillemets que d’habitude au moment du temps de l'égalité. Ça devient de la folie parce qu’on ne peut pas répondre à toutes les sollicitations. En réalité, ça nous donne du temps d’antenne. Mais ce dont on se rend compte, c’est que ce temps d’antenne reste distribué de manière totalement inégalitaire, alors que les critères sont censés permettre le fonctionnement démocratique de la campagne. Mais on s’est rendu compte que ce n’était pas le cas pour Philippe, Béatrice.
David Dufresne
Soit si vous pouvez vous rapprocher, soit éloigné ou éloigné un peu la caméra, comme ça on vous verra mieux. J’ai aussi appris. Alors ça, j’ignorais totalement qu’il y a des chaînes de télévision à qui vous refusez l’invitation parce que ça ne correspond pas à vos critères. Et puis voilà, là, vous êtes parfait. Là on l’a. L’assiduité, c’est qualité broadcast, c’est nickel. Et donc il y a des chaînes. Je crois que c’est France Télé qui vous dit ah bah écoutez, si vous ne voulez pas venir, faites-nous un mot, comme ça on pourra l’envoyer au lard comme nous on a fait notre boulot. Alors ça, je dirai ça, ça se passe comment ? C’est tout pareil.
Julien Salingue
La notion l’ignorait en fait. Ah oui, on l’a découvert, on l’a découvert sur le moment. Mais c’est qu’effectivement, ils nous disent. Vous devez certifier alors comme que l’on vous a bien proposé quelque chose. Quoi ? Ah ! Et donc, quand bien même nous, on refuserait, en l’occurrence, c’est vrai que là, l’exemple de France de Sartre qu’on a refusé à ce que ce soir-là, il y a certains candidats qui avaient 50 minutes A à 21 h, et nous on nous a proposé quinze minutes à 23 h 40. Donc, c’est ce qu’on dit, c’est le concept de candidat. Troisième partie de soirée, comme on a dit, bah c’est non. Mais du coup, pour se justifier auprès de Rome, il fallait qu’on dise qu’on avait bien été invité. Est ce qu’on peut noter là ? Alors, c’est qu’il y a eu d’autres cas où, par exemple, BFM voulait organiser une émission avec tous les candidats, mais en consécutif aussi comme France 2. Et là il y en a qui ont refusé par exemple Macron envie de venir. Ce n’est pas qu’ils ont pas dit à Macron d’annoncer un mot, alors comme ils ont dit bah y aura pas d'émission. Donc on voit qu’il y a une petite différence quand même.
David Dufresne
Le sens de la formule. Et donc je lis page 133, je fais un saut par rapport à cette histoire d'égalité finalement qu’est le dernier virage. Et là, effectivement, je vais peut-être donner la parole à Philippe Poutou puisqu’il est question d’un tweet que tu envoies après justement l'émission de BFM dont il était question, tu écris sur Twitter. Une soirée électorale était prévue sur BFM le 23 mars. Elle vient d'être annulée car deux candidats importants, entre guillemets, refusent d’y être. Les règles entre guillemets du temps de parole et leur acceptation par les médias permettent donc à ces candidats d’empêcher les autres de parler. Le scandale continue. Et là, pourquoi je dis ça ? Parce que derrière les anecdotes et derrière la mécanique que vous racontez, en fait, c’est de ça dont on parle. C’est assez purement de démocratie en fait. C’est comment ? Qui a le droit de parler et qui finalement contrôle le temps de parole de soi-même, mais surtout, mais surtout des autres. Et ce qu’on comprend dans le bouquin parce que tu racontes, vous, plusieurs campagnes électorales, c’est que tweeter au fur et à mesure devient une arme de guérilla pour vous, au sens où vous répondez parfois publiquement à des invitations qui sont difficiles à faire, Non ? Attends, je remets le son. Ça y est.
Julien Salingue
Ce sont des tweets qu’on discute collectivement, certes. C’est signé Philippe II, parce que c’est le compte Twitter de Philippe Poutou. Mais c’est des tweets qu’on a faits ensemble et qu’on discute ensemble. Donc ça personnalise aussi. Mais c’est vrai qu’en fait, le compte Twitter, ça permet de rendre public et utilisé certains maires, de régler des comptes publiquement et pas juste par SMS interposé. Et c’est important pour nous parce qu' en face, il y a plein de choses qui sont ignorées par rapport à l’argent, sa foi, comment ça se passe tout ça ? Donc une émission annulée comme on en traitait les conditions, voilà donc ce qu’on pouvait. On faisait trop entrer parce que ce n’est pas possible en dehors. Mais c’est vrai que c’est une manière en racontant des méthodes encore une fois de faire discuter ou en tout cas de prendre conscience de la façon dont les choses se passent. Ça signifie politiquement.
David Dufresne
SMS reçu par Julien. Comme je vous l’ai dit au téléphone. Le principe des quinze minutes, quelque part entre 23 h et 0 h, ne nous enchante guère. C’est Julien qui écrit. Et réponse de la rédactrice de l'émission en question qui s’appelait Élysée 2022, qui était la grande émission de France deux à l'époque. J’ai entendu, dit-elle à Julien, j’ai entendu, mais ça reste plus de 850 000 téléspectateurs à cette heure-ci, 3 à 4 fois plus que sur n’importe quelle chaîne d’info, à n’importe quelle heure de la journée. On discute de ça, c’est à dire c’est des comptes d’apothicaire à longueur de journée. Ah oui, mais je ne vous donne pas la meilleure tranche, mais ce sera quand même mieux que celle d’en face.
Julien Salingue
Oui, oui, oui, oui, il y a des choses comme ça qui se qui se disent Ah mais en fait, au-delà de ça, moi je trouve que ce qu’il y a, et c’est aussi pour ça qu’on a mis cet échange, c’est que finalement ce qui nous est dit, c’est Mais on est quand même bien sympa avec vous. Absolument. On est quand même bien sympa, On vous propose d’avoir 850 000 d’audience quoi. Donc franchement, vous êtes des petits, vous n’allez pas refuser ça ? Et bah en fait non-dit Bah non. Enfin, il n’y a pas de raison. Les autres, ils ont droit à 2 millions. Mais du coup, ouais, effectivement, ça fait un peu trucs d’apothicaire, mais nous on est dans une situation de dire en fait on ne vous doit rien. Voilà. Nous, on ne doit rien en fait en tant que candidat. Donc ce que vous nous offrez gentiment, là, on peut le refuser. Et ce n’est pas parce qu’on est rarement invité dans les médias qu’on va accepter n’importe quoi.
David Dufresne
Oui, la difficulté c’est que je me souviens quand Philippe était venu en pleine campagne. Une des raisons quand même pour vous de la campagne, c’est si justement de vous adresser à plus grand nombre que pendant quatre ans et huit mois ? Mais là, le livre, d’une certaine manière, est aussi un constat d'échec, c’est-à -dire que c’est un constat d'échec si on veut voir à moitié vide ou à moitié plein, si c’est une bataille de quasiment de chaque instant pendant un mois quoi. C’est ça que vous racontez ? Et donc, est ce que. Est-ce que l’idée de la campagne comme vecteur, c’est si vrai que ça encore, quand on voit combien c’est verrouillé ?
Julien Salingue
Allez Bordeaux. Cet aspect-là ne dérange pas du tout. D’abord, on n’en est pas à la première campagne, donc on sait à peu près comment ça fonctionne. Mais ça, ça nous plaît plutôt à cette idée qu’il faut batailler et qu' il faut batailler partout et sur les médias, il faut batailler comme dans la rue, comme au quotidien, dans les entreprises. Enfin voilà. Et c’est un combat permanent. Et c’est pour ça aussi qu’on prend plaisir, c’est qu’on résiste, On essaie de trouver les failles, on essaie de. Voilà. Et à l’heure annoncée, on est lucide quand même que, en inversant pas les choses, qu’on ne deviendra pas les plus forts dans cet exercice là, mais même en étant dans un rapport de force défavorable, c’est toujours intéressant de chercher les moyens concrets de de résister, de limiter la casse et d’exister le plus possible. Quand on veut exister, c’est nous personnellement, c’est comment on peut faire exister des idées et non quand on est dans l’adversité, quand on est dans le rejet parce qu’on n’est pas invité. En réalité, dans le jeu de la présidentielle, c’est toujours à renforcer la liste de son parrainage, ce qui est quasiment un exploit pour nous une fois qu’on est là. Oui, pour les fichiers, on sait qu’on avait dit à nos invités qu’on sait quand on est dans un jeu auquel 200 ce n’était pas prévu qu’on y soit et voilà comment on se démerde 120 fois. Donc c’est fait de batailles, de résistance, de petits tordus. Et puis nous on essaie de répondre avec les moyens du combat. Donc ça, ça ne nous dérange pas par un éclat. On n’est pas en train de découvrir un truc. C’est pour ça que c’est aussi intéressant à raconter, et pas en tant que victime, parce qu' on n’a pas envie d’apparaître comme ceux qui sont en train de se plaindre à nous.
David Dufresne
Pas du tout, Mais c’est l’impression que vous avez.
Béatrice Walylo
Vous croyez ?
David Dufresne
Je vous présente comme ça ?
Julien Salingue
Pour ça qu’on rappelle par rapport à tout ça, c’est de dire voilà, il y a une maltraitance, mais. Ah mais une maltraitance qui est archi logique et archi politique, qui est normale, Mais nous on sait que ça va se passer comme ça. Et après, c’est comment Au fil du temps, on apprend à mieux peut être gérer ces situations là, ça veut dire qu’on les bien, va pas dire qu’on ne pourrait pas mieux les gérer, mais en tout cas on est dans ce rapport là et on essaie d’expliquer et on essaie en même temps qu’on explique d’avoir des retours. Mais on discutera collectivement de cette situation-là plus ça aidera certainement le milieu militant très largement à la fois à critiquer les gros médias et en même temps, nous, comment on se positionne sur cette critique là et quelles sont aussi les perspectives pour ce type-là. Parce qu’il ne s’agit pas juste de critiquer ce qui existe. Est ce qu’on a une autre issue ? Est ce qu’il y a en bas des appels à tirer de tout ça ?
David Dufresne
D’ailleurs, à ce propos, vous citez Raquel Garrido pour vous opposer à son point de vue. Je cite de mémoire elle, elle dit : Il faut accepter toutes les invitations, il faut, il faut jouer le jeu, il faut accepter d'être annulé à la dernière minute, ce n’est pas grave. L’essentiel c’est d’occuper le terrain. Vous, troupes, votre point de vue, c’est pas du tout, c’est pas du tout celui-là. Donc là effectivement, il y a un côté intéressant, c’est qu’on voit que sur la gauche, il y a des différences de point de vue sur le rapport aux médias dominants.
Julien Salingue
Là, le grand Blanc sera placé. C’est vrai qu’on cite, on cite le livre de Raquel Garrido, mais c’est dans la conclusion du livre, c’est-à -dire que nous le. L’objet du livre n’est pas non plus de nous donner des leçons et de dire voilà ce qu’il faut, un rôle à ce qu’il faut pas faire. Mais c’est plutôt dans la conclusion du livre de dire bon bah voilà, voilà ce que nous on a fait. Il y en a d’autres qui pensent autre chose.
David Dufresne
Absolument, oui.
Julien Salingue
Et en réalité, c’est une discussion qui doit se mener dans la gauche radicale. Nous, on le pense sincèrement. Et moi, je dois dire à titre personnel, mais je pense que les deux camarades sont d’accord. Mais quand je vois qu’y a encore des gens qui se revendiquent de la gauche sociale et politique et qui vont sur ces news, je trouve ça mais français, ça me sort par les yeux quoi. C’est-à -dire pourquoi aller légitimer en faisant des plateaux une chaîne et une chaîne d’extrême droite ?
David Dufresne
Et il me semble que le fond du livre c’est page 142. Nous pensons que la question des médias est une question fondamentalement politique et qu’elle nécessite dès lors, quelles que soient nos divergences, des formes d’action et prises de position commune entre les organisations politiques de gauche au sens large. Donc, en effet, quand vous citez Garrido, ce n’est pas pour la démonter, c’est pour dire voilà, c’est son point de vue et nous, on en a un autre, voilà, j’ai ici, si c’est pour apporter de l’eau au moulin de la réflexion, alors il y a un problème, c’est que oui, s’il te plaît. Béatrice Oui, parce qu’il y a des gens qui demandent mais c’est qui la dame qui parle pas ? Donc est ce que tu es la commissaire politique du NPA ? Qu’est ce qui se passe ? Monsieur Poutou n’a pas la parole libre.
Béatrice Walylo
Qu’est ce qui se passe ? Je prends des notes, Non, juste pour applaudir sur ce qu’on choisit. Est ce qu’on choisit de ne pas y aller ? Là, en ce moment, ce qui se passe, c’est pour ça qu’on participe aux campagnes présidentielles. C’est comme s’il y avait une obligation de nous inviter. Le problème, c’est qu’en ce moment, par exemple, ce n’est pas nous qui avons la main sur les médias. Si on peut bien se dire ok, on décide de pas aller là et là, mais là, pour l’instant, le problème de la gauche et de l’extrême gauche notamment, c’est que comme on n’a pas du tout la main sur les médias, c’est dans quelle mesure on veut contrebalancer les concepts. Là tu parlais de tweeter, est ce que c’est le seul moment où on peut un peu contrebalancer ? Donc après, sur la réflexion sur nous allons voir plus globalement sur eux, sur les médias sociaux s’ils appartiennent aux médias avec comme seule espèce de socialisation pour tous, avoir de l’espace pour chacun.
David Dufresne
Absolument, absolument. Alors il y a un souci, on va le livrer. Si j’ai bien lu il y a peu ou de temps, il y a, il y a toute la bataille pour se faire inviter ou pour refuser des invitations que vous n’acceptez pas, etc. Et puis après il y a le moment où vous êtes invités et là Béatrice va prendre la parole puisque c’est la question et de la réception en studio, en coulisses, etc. Mais d’abord, avant ça, page 65, alors là on est déçu. Vous vous dites même chez certains et certaines qui affirment vouloir faire du journalisme autrement, bien des travers des médias dominants peuvent demeurer présents. Alors j’ai eu très peur qu’il soit question de post, Non, Bien que Philippe Poutou soit très défavorablement connu de nos services, c’est sa troisième quatrième apparition au poste. Il n’y a pas une ligne sur son poste dans ce livre, ce qui est assez scandaleux. Mais peut être que ce sont les copains de Libertalia qui ont gratté des choses à l’imprimerie. Je ne sais pas, je vous le dis, moi je flippe un peu dans cette émission parce que quand je vois tout ce qui balance des SMS, des échanges avec les journalistes pour préparer les émissions, je me demande à quelle sauce on risque d'être mangés. Bref, le débat du siècle, on ne vous invite pas et puis après on vous invite. Attendez-vous des invités ? C'était quoi ce bordel ? Qui va en parler ? Oui alors d’abord sur au poste je voudrais dire que ce n’est pas vrai.
Julien Salingue
C’est l’inverse, c’est on parle, c’est vrai qu’on ne parle pas de repas, on ne parle pas d'œuf d’autres médias comme ça. Mais t’avais le titre, il y avait écrit un petit face aux grands ?
David Dufresne
Ah c’est vrai.
Julien Salingue
On en parle ? Des grands n'étaient visiblement pas dans la catégorie des grands médias à cause du confort des grands avec guillemets. Avec Guetta, ce n’est pas juste une histoire de taille, c’est l’histoire que c’est pas notre champ social, voilà quoi. Et peut-être que tu fais partie d’un peu de notre classe sociale. Peut-être que tu fais partie des gens qu’on aime bien et qu’on respecte, c’est pour ça que ça se discute. Donc si tu n’es pas, prends le bien quand même.
David Dufresne
Voilà, bien joué, bien joué la rhétorique.
Julien Salingue
Là, ce n’était pas exactement.
David Dufresne
La question, c'était par rapport au débat du siècle et le fait que certains qui ne sont pas forcément des médias mainstream finalement, font un peu comme nous. C’est à dire que vous ne donnez pas forcément naturellement la parole, ou alors ils attendent les des rendez-vous quasi incontournables comme la campagne. Il y a. Il y a l’exemple. Je ne sais pas si vous vous souvenez, c'était le 13 mars 2022, à l’initiative de Greenpeace de la Fondation pour la nature et pour l’homme d’Oxfam France et de notre affaire à tous. Il y a un débat 100 % climat et en fait, la plupart des candidats sont invités. Pas vous ? Vous avez écrit le livre. Vous avez vécu ce moment-ci ?
Julien Salingue
Oui, mais un homme, c’est un moment pour nous. C’est un moment de grosse déception. Là par contre, tant. Autant on trouve normal quand ça vient des chaînes de Bolloré, de Bouygues ou de Drahi, autant là on se disait c’est plutôt militant, c’est une démarche plus simple que nous, que nous avons approuvée complètement. C’est à dire effectivement discuter de la question de l’environnement et de la mettre au-devant du débat. Et on n’est pas invité premièrement. Ensuite on est invité parce qu’on l'échappe. La belle as de l’histoire de Twitter. Ou alors publiquement on pose le problème de suite. Ah oui, c’est un oubli, désolé, on vous invite. Et l’invitation, elle se passe mal ? Parce qu’en plus ça l’aurait décalé, parce que finalement Pécresse accepte de venir, alors elle vous informe si elle ne fait pas de venir. Donc c’est nous qui sommes décalés. Moi je suis pas parisien, Bordeaux vient de Paname horaire de ce soir pour dire nous on ne sent pas et en fait ça nous d’autant plus drôle. Et ça s’est passé d’une manière pas sympathique ou pas correcte du tout. Et comme quoi, ça arrive aussi dans d’autres, dans d’autres médias et pas forcément avec très grand oui où en fait la priorité reste les gros candidats, c’est et à l’audience, ce n’est pas comme les calculs ça. Mais en tout cas, oui, ça c’est ça, c’est très mal passé de 100 ans aujourd’hui, on n’a pas apprécié. Nouvelle normal et pas du tout correct de leur part.
Béatrice Walylo
Est ce que vous êtes clément Alors vous avez du retard. D’autres nous ont proposé et ont proposé à l’hôtel de reporter, de reporter le train au lendemain, etc. C’est-à -dire qu’on est déplaçables, que ce soit avec les gros ou avec les plus petits. Voilà, nous on est hors on est ajustables. En fin de compte, on n’a pas de contrainte. Ce n’est pas comme si on était dans une campagne.
David Dufresne
Alors revenons aux grandes chaînes d’information au Grand Plateau. Là, vous, vous arrivez à vous débouler. Qu’est-ce que le livre révèle ? Pas que je l’ai lu, mais pour ceux qui nous écoutent, faites gaffe, c’est un gros meeting. Il y a plus de 1000 personnes dans la salle.
Béatrice Walylo
Sur les plateaux en vacances. Ce qui révèle surtout, c’est que même quand on est juste accompagnateur, on sent cette espèce de mépris social. C’est à dire que même quand on est là, on a tous lu Bourdieu, on est un peu informé, même pour ces femmes, même si on est bien là, même si on même. Mais on se dit bon bah c’est bon, on est armé, on sait, on rentre dans la maison Bouygues par exemple, on sait qu’on rentre dans tel et tel média, c’est important. Et une même foi, c’est chouette dire, même si on est militant, on dit on se prend un coup dans la gueule est violent, c’est à dire qu’ils on nous fait comprendre que. On nous a invités la bienvenue. Il n’y a pas de place à attendre. Il va falloir se soustraire à ce silence pesant. Et ce n’est pas juste. C’est même dans le même air que le lieu. Vigile est sympa. La maquilleuse est en bonne position, mais off ou bien qu’il n’y ait pas les bienvenus que de repartir dans sa famille, de dégager assez facilement.
David Dufresne
On entend bien. Justement, à propos du personnel qui vous reçoit, il y a une question du chat de qu’est qu’il y a des différences de traitement ? Maquillage, services rendus ? Taxi.
Béatrice Walylo
Entre les différents médias ?
David Dufresne
Oui, donc entre les différents candidats. Est-ce que par exemple, vous avez l’impression d'être maquillée plus vite, d’avoir un moins bon éclairage, un moins bon fond, comme maintenant que d’autres candidats, vous considérez qu’il y a une équité, pour reprendre les termes de la com.
Béatrice Walylo
Là, il y a une équité moment sur les ajustements, sur le personnel qui accompagnent le personnel, le petit personnel entre guillemets. C’est-à -dire que les. Les maquilleuses ont toujours été très sympa, mais avec tout le monde en plus. Pas qu’avec, pas qu’avec le candidat. Pareil pour le personnel qui accompagne les hôtesses, etc. On sent que voilà, il n’y a pas forcément, il y a un mépris social puisqu' on fait partie du même monde et du même camp. Donc non, c’est plus avec. Vraiment avec les journalistes et puis les éditorialistes, car il y a une vraie différence.
David Dufresne
Alors il y a, page 82 justement, un moment intéressant. Sur cette question là, peu connue, écrivez-vous tous les trois peu connus. Les préparations entre guillemets d’interview juste avant le passage méritent d'être évoquées. Le ou la journaliste, toujours sympa et cordial, nous explique le déroulé avec la liste des questions prévues à peu près six ou huit pour 5 à 6 minutes d’interview. L’ambiance est tellement cool qu’il arrive qu’on nous demande si nous souhaitons parler d’un sujet en plus, comme s’il y avait du temps. Quel esprit d’ouverture écrivez-vous malicieusement ? En réalité, ces instants de préparation ressemblent surtout à un conditionnement pour dire que tout va bien se passer, que les journalistes sont là seulement pour que nous puissions nous exprimer librement. C’est important le librement. Même si c’est en quelques secondes, même si nous devons aller d’un sujet à l’autre sans transition. Sauf qu’ensuite, cela ne se passe pas toujours comme prévu. On y reviendra. Alors nous y revenons quelques pages plus loin. Mais là, là, tout le monde vous écoute. Qu’est ce qui se passe ? Julien ou Béatrice ? Philippe ?
Béatrice Walylo
Ce qui se passe, c’est qu’il y a toujours. En général, les questions sont un peu usées à l’avance. C’est à dire que Julien a demandé justement quels thèmes allaient être abordés et après on est accueilli dans le petit salon et il y a un échange verbal plutôt sympa, genre c’est assez cordial pour savoir si en effet, il y a d’autres sujets à aborder. Sauf une fois sur le plateau, qu’est ce qui se passe ? C’est qu’il y a dix questions et qu’il y a une faille. Le candidat est constamment interrompu pour un pour aborder une autre question, pas pour pas répondre. Il y a un exemple. Par exemple, ce matin, il y avait une impériale à la maison. Elle est la patronne de de Nexity et elle a une espèce d’espace. Son nom n’a jamais été vu plus dans son d'épuisement responsable de traitement. Quant aux sino-bayonnais, il y a quinze questions en l’espace de vie.
David Dufresne
Julien, est ce que tu as des exemples comme ça où Philippe Il y en a, Il y en a dans le dans le bouquin, mais je vous laisse les raconter ou l’entretien n’a rien à voir avec ce qui s’est dit quelques secondes, quelques secondes avant.
Julien Salingue
Ouais, en fait il y en a tellement qu’il n’y en a pas forcément spontanément qui dit qui revient, mais disons que c’est le C. Le classique quoi. C’est à dire on vous dit voilà, on va parler de telle ou telle question. Et en fait ça commence quasiment toujours sur autre chose. C’est avant d’en venir. Est-ce que vous pouvez commenter un tel truc d’actualité ? Que vient de se passer ? On n’était pas forcément préparé. Et en général, c’est piégeur. C’est à dire qu’on veut te faire réagir parce que c’est pas pour rien qu’il te dise pas avant qui vont en parler ça. Ceux qui veulent avoir une espèce de réaction à chaud, spontanée. Et par exemple, c’est un exemple, mais comme celui-là a été un peu médiatisé. Mais en fait, le jour où Philippe se retrouve sur France info à devoir commenter quelque chose à propos de la police qui tue, oui, en fait c’est pas du tout un truc qui est prévu, c’est un truc qui arrive comme ça d’un coup. Où en fait le journaliste à Gilles Bernstein, pour ne pas le citer, a dit qu’il y a un député, un conseiller municipal et les filles qui ont fait une telle déclaration à propos de la police. Qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous êtes d’accord ? A nous, on n’est pas gêné pour parler de ça. Mais sauf qu’en fait, c’est vraiment un truc qui arrive d’un coup de biais piégeur. Il sait que y va peut-être faire un petit truc autour de autour de ça et en l’occurrence au moment où on répond paravent, on n’est pas gêné. Mais c’est un exemple de comment du coup tu peux toujours croire que tu t’es mis d’accord avant. Finalement, ce qui est rappelé en permanence, c’est que l’animateur, l’animatrice, l’intervieweur, intervieweuse et seul maître à bord.
David Dufresne
C’est ce que vous avez, c’est ce que vous écrivez. Page 85 C’est qui le patron ? C’est qui le patron ? En disant en gros, le patron, c’est l’intervieweur. En clair, une interview, écrivez-vous, surtout dans une campagne. C’est un moment physique, un moment qui peut être intense.
Julien Salingue
On c’est ce que c’est ce que disait Aubert. L’interview aux deux phases. Elle à la phase première où effectivement c’est l’accueil, c’est cordial, c’est assez. C’est très trompeur parce qu’on se dit bah tiens, on va se retrouver dans un espace où on pourra exprimer tranquillement nos idées et répondre tranquillement aux questions. Et puis la réalité est tout autre. On a pris un habitué, mais c’est vrai qu’on revit le même, la même chose à chaque fois, quelle que soit la chaîne télé, quel que soit d’ailleurs même le journaliste ou la journaliste, la génération passée à un ou une jeune ou un journaliste expérimenté. Qu’est-ce que des primaires ? On se retrouve à avoir les mêmes choses dans les petits médias, les radios locales, ainsi petit et les radios locales. En fait, c’est exactement la même chose. C’est une reproduction d’un comportement, ça doit étudier, ça doit se préparer, c’est en accueil et derrière, après, il y a une interview qui est évidemment beaucoup plus difficile, où on n’a pas l’espace dans la loi, où ce sont des questions qui se répètent. Et puis le temps, c’est du journal. On sent bien que le ton, c’est beaucoup plus, beaucoup plus tendu, beaucoup plus agressif. Comme si le journaliste ou la journaliste avait une posture à montrer. Voilà, regardez comment moi je me comporte. Vous avez commencé, j’ai voulu regarder comment ça va, quelqu’un qui est interviewé et c’est là qu’on est dans la plus difficile, mais on le sait aussi. Donc après cette sorte de gymnastique nous, on ne préfère pas savoir exactement ce que sera la question, ça ne sert strictement à rien. C’est une scène fausse, condensée, c’est une fausse préparation, c’est aussi. Bah non, on préfère vraiment juste quand on ne regarde pas à savoir ce qui va se passer. Parce qu’en fait on se retrouve dans des situations beaucoup plus, beaucoup plus abondantes. En tout cas, c’est plus pratique pour nous dans ce rendez-vous et dit on fait l’interview sans gymnastique. L’interview c’est physique, alors on se démerde comment ? On répond
David Dufresne
Julien tu veux dire tu veux dire quelque chose ou sinon je passe à la garde à vue, à la garde à vue sur LCI Julien, est ce que tu veux ajouter un petit point ? Excuse-moi. Oui.
Julien Salingue
C’est un petit truc par rapport à ça, c’est que comment dire, il y a les questions et puis il y a aussi la configuration du plateau. C’est-à -dire qu’en fait, souvent on a des surprises. C’est arrivé sur un plateau, on a annoncé quelque chose et puis finalement on a collé en expert économiste à la « conf » ou un expert police justice à la con. Et ce n’était pas prévu au programme. Et du coup, il est là. Et puis il y a aussi ce truc absolument terrible, notamment sur les chaînes d’info. Là, je pense à un passage récent d’Olivier Besancenot sur BFM un jour de manif, c’est qu’il s’est retrouvé interviewé. Et en fait, pendant quasiment 20 minutes, il était interviewé. Mais lui, il était dans une toute petite fenêtre à l'écran et la grosse fenêtre, c'était des trucs qui crament dans les rues. Et c’est en fait, c’est assez frappant de voir que des dispositifs, parce que tu te retrouves toi, à essayer de tenir des propos et des raisonnements sur la question de la construction des retraites, les mobilisations et tout. Et en fait, en incrustation et en incrustation de scènes, de trucs qui brûlent dans les rues. Et systématiquement, les journalistes disent oui, on vous entend bien, mais regardez les images. Qu’est-ce que vous pensez de ce à quoi là.
David Dufresne
D’ailleurs vous citez je crois que c’est un chercheur. Je suis désolé pour le coup, je n’ai pas noté la page de quelqu’un qui dit En fait oui, on peut de temps en temps pirater, je cite de mémoire, on peut de temps en temps pirater un dispositif télévisuel, mais en réalité, y aller régulièrement, c’est se faire avaler. Enfin, je traduis un peu grossièrement les choses. Vous, vous êtes sur cette ligne là.
Julien Salingue
Tu peux pirater, Tu peux réussir à faire passer quelque chose. Tu peux réussir à les prendre par surprise. Mais en fait, au bout d’un moment, même eux te connaissent un peu et vont adapter en partie leur dispositif par rapport à toi. Donc ça ne veut pas dire que t’es en permanence totalement enfermé, que tu peux et que tu ne peux rien faire. Mais disons que nous on sait et je pense que Philippe pourra confirmer qu’il y a un certain nombre de journalistes et d’animateurs, etc. Quand ils ont Philippe en plateau, ils sont plus méfiants que quand ils en ont un autre parce qu’ils savent que ça peut partir assez rapidement hors du cadre et que le dispositif peut-être brisé. Et il y a des mécaniques de rappel à l’ordre. C’est vous allez vous arrêter de regarder votre téléphone portable maintenant, un truc qu’il ne dirait jamais à d’autres.
David Dufresne
Monsieur, Monsieur Poutou.
Julien Salingue
En fait, tout n’est pas permis et on sait qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Et on sait que ces limites-là, on les a déjà dépassées. Et quand on les dépasse, les limites, on n’est plus invité. Et c’est arrivé sur i Télé avant que ça ne devienne ces news. C’est arrivé récemment sur BFM où depuis trois mois, Philippe a quasiment trois mois. C’est plus invité parce qu’il y a des choses qu’il dit ne tolère pas quand même. Alors ils ne le disent pas, mais finalement, on vous invite plus, vous avez. Vous avez été incorrect envers votre patron ? Vincent n’a pas de limite à ne pas dépasser. On vous connaît au moins une, c’est celle de parler du patron, la sienne. S’attaquer à Bouygues, s’attaquer à Bolloré ou de s’attaquer à Drahi et. Et ça, ça ne pardonne pas. Et. Ah mais ils ne vont pas dire évidemment, ils vont pas dire on vous invite pas parce que vous avez dit ça, mais on sait qu’on est plus invité et on a mis hors la vue en pratique. Et c’est pour ça qu’il y a quand même des choses qui disent madame et qui n’admettent pas.
David Dufresne
J’ai tweeté hier en effet un passage du livre où vous reprenez les verbatim, où devant Laurence Ferrari, tu demandes des nouvelles de son patron Bolloré, qui est à l'époque en garde à vue à Jean-Jacques Bourdin à l'époque sur BFM et RMC, tu lui demandes des nouvelles de son patron Drahi et à Gilles Bouleau de TF1 La maison téléphone à Tu demandes des nouvelles de son patron Bouygues en direct. Alors évidemment, ça passe pas bien, passe pas bien, ça ne se fait pas.
Julien Salingue
Mais après bon, il gère plus ou moins bien ces situations-là. Il sent, il se crispe, c’est mort et ça se voit de suite. Ils sont crispés, il essaie. Et puis il y a là-haut, comme abaissant y a pas longtemps la journaliste elle avait agi de manière assez agressive, donc voilà. Mais c’est là qu’on voit la limite de l’exercice quoi. Mais c’est intéressant à faire. Après il faut oser, c’est des choses qu’il faut arriver à exprimer et au risque de plus se faire inviter derrière, sinon ça n’a pas d’intérêt si on doit se retenir quoi.
Béatrice Walylo
C'était à Xavier Bertrand était dédié à lors de la première campagne sur un plateau comme Philippe Poutou, quand il ouvrait la bouche, c'était pour sentir la boîte à gifles.
David Dufresne
Et c’est la raison pour laquelle on y viendra tout à l’heure. Macron avait refusé un débat parce qu’il craignait le Bordelais candidat. C’est bien ça ?
Julien Salingue
En passant son entourage, ça a été révélé. Je crois que c'était Libération qui avait fait un article. Un petit article pour dire que dans l’entourage de Macron, effectivement, s’est exprimé la crainte de débattre avec, de débattre en général, mais aussi de débattre en particulier avec le candidat Poutou. Donc ça avait été dit, alors on ne sait pas trop la réalité de la chose là. Il y en a et Macron, ils avaient peur de toi et tout ça. Ce n’est pas de la peur, mais je pense que c’est la fin. Ça montre aussi que ces gens-là ne prennent pas de risques ou ne veulent pas prendre de risques. Et c’est aussi l’explication du pourquoi. Le grand débat qui a eu lieu en avril 2017 ne s’est jamais reproduit. Parce qu’il n’y a pas que Macron en fait un qui a été dérangé par ce genre de débats où finalement tout le monde est là à égalité. L'égalité temporelle non plus. On aide les uns et les autres à côté ou en face à face. Et ça et ça, ça les embête parce que c’est les petits risques qui ne veulent pas prendre la réflexion à quelque chose qui se décide. Et ça montre justement là toute la limite des exercices démocratiques et la macro. Et ça a été dit que, en tout cas, il préférait éviter ce genre de situation.
David Dufresne
Vais je vais montrer un exemple. C’est toi-même qui s’indigne contre l’absence de Macron dans Élysée 2022. Je vais montrer un exemple. Mais d’abord le chat c’est l’isoloir qui dit priorité au direct. Est-ce que vous condamnez les violences monsieur Poutou ?
Philippe Poutou
Non, non Je ne mets jamais les chances policières.
David Dufresne
Bonne réponse. Voilà le genre de réponse qu’il ne faut pas perdre. Je peux tout voir, Je mets l’exemple. Oui, j’avais une question à vous poser. D’abord savoir si vous avez des nouvelles de Macron parce qu’on pensait qu’il serait là. On savait qu’il ne voulait pas débattre, mais on est un peu surpris. Est ce qu’il y a des vraiment à ce qui est en campagne ? Et je ne sais pas que vous en pensez. Est-ce que vous pensez que les candidats. Alors, c'était juste ce petit passage que je voulais montrer. Vous en parler assez longuement dans le bouquin en fait. Tu as dix minutes de temps de parole et tu vas faire deux trois minutes là-dessus. Et ça agace considérablement Léa Salamé.
Julien Salingue
Oui, c’est une question difficile.
David Dufresne
C’est une question de PPDA C’est à dire ces débats ouverts, on a on a toute la nuit pour débattre sur le point d’orgue.
Julien Salingue
Et ça, c’est l’exemple de, comment dire, d’une interview.
David Dufresne
Attends, tu préférerais une que tu préférerais une interview de façon ici à ce que tu appelles garde à vue ? Si je peux, je. Poutou Mais non, là on ouvre. Alors, est-ce que tu peux raconter ça ? Ou Julien ? Peut-être peut-il venir à ton secours ? Pourquoi cet instant-là est un instant que vous que vous détailler dans le dialogue qui attend Julien ? qui se frotte les yeux ? Il est fatigué par des questions Pourquoi, par exemple, à ce moment-là, vous le raconter par le menu ? Qu’est ce qu’il dit du combat à mener face aux médias dominants pour faire plus, plus sérieux ?
Julien Salingue
Là, c’est l’exemple de moments d’interviews. On se sort de leur dispositif, enfin on se sort de leurs questions, on parle de choses que les n’avaient pas prévu de parler, qu’ils n’ont pas envie de parler quoi. Donc c’est intéressant aussi le derrière, c’est ce qu’elles essaient de dire, à dire oui mais vous perdez du temps, vous ne parlez pas de vos programmes, vous ne parlez pas de vos idées et nous on a envie aussi qu'à un moment donné il y a des choses comme ça qui apparaissent à elles. Donc c’est de discuter un peu, de décider des choses qui ne sont jamais discutées. Donc effectivement, l’absence de Macron, là, c’est une illustration, et c’est là, il y a un malaise, il y a un malaise parce que de leur côté, et ils essaient de ce que ce malaise-là y revienne. De notre côté à nous, c'était certes d’essayer de montrer que c’est nous qui sommes hors sujet.
David Dufresne
Ou mauvais joueurs.
Julien Salingue
Et de perdre du temps. Donc ça c’est intéressant et c’est des petits moments où nous, on se fait plaisir aussi, hein, C’est là qu’on peut leur dire d’essayer de faire sortir des choses pas qui et qui ne veulent pas sortir, faire sortir.
David Dufresne
Julien Par exemple, une émission comme celle-là dont ne vous parlez pas mal dans le livre, donc un petit candidat face aux grands, mais aux grands médias. C’est une émission qui est importante évidemment, donc qui se prépare beaucoup quand, quand il y a cette scène-là. Et d’abord, est ce qu’elle est préparée ? Est-ce que vous l’avez préparée entre vous ? Est-ce qu’y a des petites notes ou est-ce que c’est de l’impro totale ?
Julien Salingue
Bah disons que ce qu’on se dit, c’est que y faut poser le truc d’une façon ou d’une autre. Il faut poser ce problème-là. Après, il n’y a pas de truc rédigé, il n’y a pas de petite note. Parce qu’en fait c’est à, c’est à Philippe, entre guillemets, de se démerder sur le plateau parce qu’on ne sait jamais exactement comment les choses vont se passer. Et c’est pour ça que là, il a raison. En fait, il le fait dès le début, donc comme ça au moins c’est fait. Ah mais moi ce que je pense. C’est intéressant à plus d’un titre en fait, ce truc-là. Parce qu' en fait, quand on pose le quand on dit bon alors il est où Macron ? Il trouve que ça ne vous pose pas de problème qu’il vienne pas en fait, on n’est pas juste en train de troller Salamé et on est aussi en train de poser un problème politique important. C’est l’absence de démocratie dans la campagne et le fait que le président sortant ne veuille pas rendre de comptes. Et en fait c’est un problème politique et eux font tout pour le pour essayer de botter en touche et de dire non, non mais on va parler de vote. Voilà. Bah en fait de nous dans notre programme, il a la démocratie forte. Et donc là qu’on pose, c’est une question démocratique. Et là où ils sont particulièrement gênés en réalité. Deux au moment de cette émission-là, et nous, on l’a mis dans le livre, c’est à dire que nous, on a l'épreuve entre guillemets, écrite, qu’ils ont configuré leur émission en fonction de ce qui leur avait dit qu’ils ne voulaient pas et qu’ils voulaient. Sauf que du coup, il n’est même pas venu. Euh. C’est-à -dire qu’il les a plantés Macron et nous on leur fait remarquer que Macron n’est pas là. En plus c’est les mettre devant leurs propres erreurs, leurs propres ratés quoi. C’est pour ça qu’ils n’aiment pas du tout. Et le dernier truc qui est intéressant, moi je trouve dans ce passage là, mais bon, ça vient un peu plus tard par rapport à l’extrait qu’on a vu. Et nous on le détail dans le livre, c’est qu’il y a tout de suite un espèce de truc de crispation de leur part, de dire oui, oui, vous dites Ah, démocratique, où on vous a invité sur les antennes de France Télévisions ? C’est qu’il y a ce truc de dire nous on fait bien le taf, là, mais en fait ce n’est pas le problème.
David Dufresne
Est ce que, après, après ce passage, Béatrice ou Philippe, vous pouvez nous raconter ? Est-ce que, en coulisses, au moment du démaquillage de la petite lingette contre qu’on condamne à vidéo, est ce qu’il y a des remarques insidieuses ou non sur ton passage, sur le fait que tu n’aies pas joué le jeu où ils s’en foutent, ça passe.
Béatrice Walylo
Sur ce débat particulièrement ?
David Dufresne
Où oui, par exemple
Béatrice Walylo
Alors plutôt en général que soit c’est un débat particulier, mais sur un oui en général, il y a toujours un petit mot. Alors pas forcément de la maquilleuse, mais un. Micro, etc. Il y a toujours soit un pouce levé, soit pour dire à l’oreille presque merci, C'était super ce que vous avez dit, mais presque. En cachant sa voix, il n’y a pas de c’est pas assumer complètement, mais à oui, globalement, le personnel autour est plutôt ravi. C’est du bien que tu entends. Donc il y a vraiment l’appartenance à un grand journal, serment et appartenance à un camp. Au-delà, il se rend compte qu’il y a deux mondes dans leur univers.
David Dufresne
Je vais mettre à un autre passage puisqu’il en est question dans le bouquin. Alors j’espère que je ne me trompe pas. Il y a quelques semaines, le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste, déjà présent, rappelle pour la présidentielle 2012. Il avait rassemblé à l'époque 1,15 % des voix. Il a obtenu ses 500 parrainages. Mais il n’a pas eu besoin de l’aide du Front national comme ça avait été annoncé un temps. Il vient donc nous présenter son projet pour la France. Maintenant qu’il est officiellement candidat, voici Philippe Poutou. Bon alors la question qui est dans le Dans le bouquin, il est question de vos relations aigre douce avec Laurent Ruquier qui vous a refusé, qui vous, qui quelques années plus tard va vous reprocher d'être déloyaux parce que vous avez raconté que l'émission s'était passée comme prévu ? Mais moi je voudrais savoir Philippe, quand on te voit comme ça. Bon, c’est calculé, c’est du trolling. C’est une façon de dire Bah ça, ça se fait par télé. Donc je vais le faire. C’est quel est le message que tu passes ?
Philippe Poutou
Je pense qu’il y a une bonne part du message qui est inconscient en fait. Je sais que ça va être dur et que ça va être un moment de combat ou un moment très délicat et on essaie de se préparer. J’essaie de le préparer, donc ça donne, ça donne des fois des idées, des attitudes, des postures que je ne connais pas. En tout cas, je ne calcule pas mettre mon bras là et c’est peut-être ma manière à moi de me préparer. Et je sais que je vais rentrer dans une arène. Voilà. Et il y a plein de choses y compris. Il n’y a pas que la posture, mais aussi ce que je vais dire ou ce que ou la manière dont je vais le dire. C’est ça sort, ça sort de manière pas prévue en fait. Voilà, c’est aussi ce que disait Julien au cours de qu’on en fait. On prépare évidemment tout ça, on s’y prépare, on discute, mais comment ça sort au moment, le moment exact ? C’est là, c’est le côté imprévisible et la posture, c’est pareil à côté, imprévisible, Absent peut l’analyser de manière psychologique et en disant on peut essayer de comprendre ce qui se passe. Moi je pense que c’est toute la difficulté de la situation et on va la 11ᵉ comme on peut ça requiert une histoire particulière car c’est le seul sur les trois campagnes que j’ai pu croiser dans les deux configurations à peu près comparables et en fait depuis la première interview jusqu'à la dernière. Le scénariste de la suite en Z. La suite du conflit, c’est la suite. Parce que Ruquier, c’est une émission de divertissement. C’est une émission pleine d’humour et c’est quelqu’un qui est dans l’humour et juste dans un seul sens, pas dans l’autre sens. Mais dès qu’il se retrouve le monde entier à quelqu’un qui répond un peu par la dérision ou par l’ironie, ou y vit qui répond à la moquerie, ça ne plait pas. Donc en fait ça a été des interviews de tension. Et puis à chaque fois on savait que la suivante allait être compliquée parce que ce serait des règlements de compte de la fois précédente.
David Dufresne
Et vous racontez, vous racontez tous les trois que cette interview qui démarre avec cette musique façon Rocky et puis toi comme ça. Ça se termine très mal puisqu’il met il met fin brutalement à l’interview en disant et maintenant vous partez
Philippe Poutou
Ouais, ça c’est le summum de la tension et du conflit. Ouais, ouais, ça s’est fini comme ça. Alors cette année, à la dernière campagne, on s’est revu dans un cadre un peu différent où là c'était. C'était surprenant parce qu’il a fait abstraction de tout ce passé-là. Il n’y avait plus aucune méchanceté. C’est vrai que la dernière émission de Ruquier, donc en 2017, ça avait été le plus dur. C’est même le seul moment où j’ai vraiment eu du mal à finir cette émission-là parce que ça toujours été compliqué. Mais bon, après voilà, ça fait partie de la vie quoi. C’est compliqué, on gère comme on peut. Mais la dernière, effectivement, quand il demande de partir dans la boue, je bouge complètement et limite j’ai envie de distribuer des gifles quoi. Et bah évidemment, ça ce n’était pas dit, mais c'était le slogan en fait du mec qui supporte pas et qui veut faire mal, lui faire mal. Et là, comme on répond, c’est compliqué de rester tranquille ou de rester là. Un moment très difficile effectivement.
David Dufresne
Et il me semble que vous n’y répondez pas dans le dans le dans le lit, mais la question elle est suggérée par le par le livre. Est ce qu’il y a une différence selon que vous êtes sur un plateau d’information avec des éditorialistes et des journalistes censés être politiques, économistes, etc. Bon voilà, avec une émission d’info comme celle de Drucker, c’est à dire ce que ce n’est pas plus difficile d'être vous par exemple, vous vous parlez de quotidien et je pense à des émissions comme celle-ci, Quotidien Ruquier, etc. Est-ce que finalement ce n’est pas encore plus difficile d'échapper à la mainmise médiatique quand on est un candidat comme tu le dis ? Ou est ce qu’il n’y a pas de différence à faire entre le journal de France deux ou Ruquier par exemple ?
Philippe Poutou
Bah si elle sait, c’est forcément plus difficile. En règle générale, on évite tout ce qui peut être divertissement ou tout ce qui peut être. Chose un peu confuse qui mélange les genres. C’est vrai que Ruquier c’est peut-être le seul, c’est le seul cas de figure où on acceptait. Mais c’est vrai que l'émission de Ruquier a vieilli. Il y a toujours eu cet espace politique, donc c'était quand même. Ça restait quand même un espace essentiellement politique, même si évidemment Ruquier et son équipe ne se gênaient pas pour mélanger un peu, pour déconner, pour. Et c’est vrai que c’est assez pour nous. En tous cas, ce serait à la fois difficile. Et puis c’est pas du tout ce qu’on a envie de faire. Ce n’est pas qu’on n’est pas sympa, mais on a pas envie de rigoler à la télé. En fait, on a parlé de déconner, on a parlé de la suite, de faire comme si on était du même milieu, du même monde, puis voilà, on n’a pas envie de s’amuser avec eux. Donc c’est un peu délicat, mais c’est vrai que c'était des espaces appréciés là où ça fait partie des choix. Et peut-être que c’est des choix qu’on a fait qui n'étaient pas les bons ou pas les meilleurs. C’est d’y aller dès que. Mais comme il y a, c’est toujours pareil, il y a de l’audience. Donc on avait à chaque fois décidé d’y aller. Non mais c’est vrai que c’est des gens assez des moments pour nous qui sont plutôt désagréables en fait, l’on préfère en limite, on préfère une interview France deux et une interview de TF1, même celle racontée dans le bouquin qui sont très dures. Sur la question des violences policières, à la limite, on préfère ces interviews-là, même s’il a son carton que des interviews où ça déconne un peu. Voilà, nous ça ne nous intéresse pas. Ah tiens, on a aussi sélectionné au fil des années des tas d'émissions comme des émissions de jeux où on n’en avait pas du tout. Parce qu’en fait, les émissions de jeux, c’est aussi montrer que les candidats ou les dirigeants politiques peuvent être des gens normaux et tout ça. On n’a pas envie de participer à ça ou à des émissions où il y a des repas, hein. Vous savez, il y a pas mal d'émissions comme ça où on mange en même temps qu’on discute. Alors ça, c’est les trucs hyper chiants, on ne va pas au ministère et on y va plus.
David Dufresne
Julien est ce que tu confirmes que c’est plus difficile, toi qui a été le négociateur des entretiens, des interviews ? Est-ce que c’est plus difficile de discuter avec l'équipe de Quotidien, celle de Ruquier, Celle de quelle époque aujourd’hui ? Il y a une question dans le chat de Salva qui vous demande est ce que vous iriez à quelle époque ? Est-ce que c’est plus difficile que dans des dents, des dents, des médias, on va dire plus balisé en termes de négociations ?
Julien Salingue
Et bah disons que moi c’est un peu ce que dit Philippe, mais c’est à dire tu fais le 20h de TF1, c’est carré. Voilà, tu sais combien de temps tu vas parler, tu sais qu’on va te poser des questions, tu vas y répondre. Il y aura peut-être une ou une ou deux séquences un peu naze. Voilà, tu fais telle interview d’une matinale, c’est carrière, etc. Ruquier tu sais jamais quoi là, tu ne sais jamais ce qui peut se passer. Donc il y a l’aspect négociation en amont et là on ne l’a pas dit, mais l’extrait qui a été montré là, Philippe, il a l’air un peu tendu au départ, il est tout le temps un peu tendu, mais il faut savoir que, en amont de cette émission, les choses avaient été très tendues. C’est-à -dire qu’en fait Isabelle, il avait voulu nous proposer un deal avec Philippe. Il arrivait en même temps que Jean Lassalle sur le plateau qui allait se partager le moment politique, etc. Et que si on acceptait cette vie-là, on aurait un peu plus de temps de parole. Sauf qu’il a refusé. Donc du coup, il y a de l’attention en amont et ça explique en partie la chute entre guillemets de l’interview. Parce que Philippe sait très bien que le temps de parole était en train d'être négocié en amont. On proposait mais de temps et en heure. Ruquier dix est venu et Philippe a dit mais non, mais ce n’est pas loin en fait tout ça, Bien sûr, j’ai encore la possibilité de me parler moi. Voilà. Et donc nous, on aime bien, on était alors ce matin-là, on était au carré, etc. On aime bien quand les trucs sont un peu carrés, parce que le problème, tout ce qui vient entre guillemets de la pseudo souplesse ou de la pseudo improvisation, ou la pseudo spontanéité en général, ça se retourne contre toi parce qu’il y a personne les meilleurs pour maîtriser la spontanéité que les gens qui sont tout le temps là sur les plateaux. Bien sûr, eux, ils se connaissent entre eux, ils ont l’habitude de fonctionner ensemble et peuvent se regarder, rigoler, etc. Toi, t’es un intrus et des fois, en fait, on l'écrit à un moment dans des coins arrondis. Nous, on refuse d'être invité à un dîner de compétition parce que des fois, quand on présente le dispositif, par moments, l’impression que c’est Philippe Poutou.
David Dufresne
Ce n’est pas Philippe Pichon. Ne confondez pas avec ça.
Julien Salingue
Et donc du coup, ouais, et comme il y a là été évoqué, c’est un autre exemple, mais de truc qu’on a refusé récemment, c’est l’Union Pignon cette fois ci, qu’on a refusé. C’est justement l'émission de Salamé. Elle à quelle époque ? Et où en fait on a été invité. Ils ont invité Olivier pour une soirée où il n’y avait que des éditorialistes et voulaient qu’il y ait aussi Olivier Besancenot. Donc Olivier se serait retrouvé avec Natacha Polony, Raphaël Enthoven, Mathieu Bock-Côté, enfin que des gens qu’on adore, comme lui et lui étaient parmi neuf ou dix personnes comme ça à jouer aux éditorialistes. Et on a dit bah en fait non, nous on est un parti politique, on n’est pas des gens qui viennent sur un plateau pour participer à une ambiance ou à des discussions ou à du clash à la con. Donc voilà, je voyais dans le tchat qui avait une question sur Salomé, là on a refusé.
David Dufresne
Alors il y a aussi dans le tchat Mélanie Simon François qui travaille dans le dans le cinéma et qui fait un coucou à Béatrice et Philippe Poutou qui sont aussi dans le dans le cinéma. Si j’ai bien compris. Alors justement, Béatrice qui n’a pas beaucoup parlé oui, t’imagine pas la charge mentale, il faut tout suivre en même temps. Ici c’est l’enfer. Et puis la technique, tout ça. Bref, contrairement à ce que dit le cheval Sissi, Philippe Poutou est armé d’une tasse au boss. Mais peut-être qu’il l’a rangée ? Mais il a commencé tout à l’heure avec ça. Après on passe aux questions du chat le désarmement, la police et la garde à vue Je crois, Béatrice, que c’est toi qui n’a pas mal insisté pour parler de ce de ce passage-là. Il y a une dizaine de pages où on voit une totale incompréhension, pour ne pas dire autre chose, des journalistes à l’endroit de Philippe Poutou sur la question du désarmement de la police. Qu’est-ce que ça dit de votre relation aux médias ?
Béatrice Walylo
Mais c'était déjà sept ans, donc en 2017. Et c'était une des revendications du NPA de dire qu’il fallait qu’il y ait la police qui était en contact avec la population, donc CRS, etc. Tout ce qui fait dans un ordre soit des armes. Donc c'était déjà une discussion qui était un peu compliquée, mais assez dure siècle après, le premier mois, après le deuxième bureau. Lors du deuxième débat de 2017, il y a eu un attentat sur les Champs Élysées et il y a un policier qui est mort. Et donc on arrivait à la fin de la campagne et un Philippe était invité le lendemain sur Eltsine. Avec Audrey, moi et d’autres, on arrive le moment de venir aux portes de l’immeuble et on rentre sur le plateau. Et la première question, ça a été donc elle relate le monsieur qui a eu l’attentat de Grégory et y a tout de suite. Alors comme ça voulait dire c’est la police. Donc Philippe commence à répondre On vit dans la Savoie, compliqué, on ne parle pas la même chose. Mais elle lui a posé la question je sais plus. Genre. Elle n’a pas arrêté de lui redemander. Mais alors quand on met les armes, la police, sans qu’on puisse expliquer quoi que ce soit sur ce que ça voulait dire. Et le désordre de la police, c’est qu’on ne parlait pas de la police, on ne parlait pas de terroristes sont en train de faire grandir l’espèce de confusion entre les deux. Mais c’est un peu ce qui se retrouve aussi actuellement sur les violences policières. Les hommes et les personnalités qui, pour identifier les violences, vont dire à quelle heure on les journalistes et si dans la liste on pose la question jusqu'à ce qu'à la fin leur vie, on leur donne la personne admette auquel on condamne et donc la cité, Un peu de sont des saletés. Bah oui, complètement à charge. Et puis ça a été après on est surpris par les différents rôles, les différents qui est du stress de copié collé, de questions sur le désarmement de la police. Et c’est là où on se rend compte que l’espace médiatique pour développer des idées ou ont pour origine, il faut avoir du temps pour pouvoir amener d’autres idées. C’est un peu le problème globalement de notre courant politique, c’est à dire qu’on n’a pas, on n’a pas d’espace suffisant pour pouvoir expliquer ce qu’est-ce que ça pourrait être à une police non armée en contact avec la population.
David Dufresne
Et effectivement, je trouve ce passage là, ça démarre ici. Garde à vue sur LCI page 91 et ensuite vous allez reproduire ce qui ici, ce qui vous est arrivé, sa fille, sa fille et tout ça, tout ça, c’est la même chose. Là c’est Imbert sur les quatre vérités, France deux, là c’est Thomas Sotto sur Europe 1, là c’est tout ça c’est LCI. Ensuite, c’est On n’est pas couché sur France deux, ça revient sur cette question-là, c’est Vanessa, Bon, ensuite Laurence Ferrari, C’est à dire que ce que le livre démontre là, c’est qu’il y a aussi quand même un effet de copier coller chez les chez les journalistes. C’est à dire que dès lors qu’il y en a un qui a trouvé un os à ronger, il se met tout dessus en fait. Et là aussi, la question du désarmement de la police qui mériterait d'être, d'être posée. Mais en fait on vous reproche même d’aborder la question sans du tout écouter vos arguments ?
Béatrice Walylo
C’est une espèce de fainéantise de l’esprit. Je ne sais pas comment on peut dire, mais. Comme si c'était fait, comme si c'était simple et comme si c'était ça. C’est là où on voit qu’il y a un peu des chiens de garde en fin de compte, ce n’est pas plus compliqué que ça. Voilà, c’est. Il est hors de question de pouvoir remettre en cause la police parce que c’est quand même à chaque fois. Mais c’est comme quand on dit taxer les riches. C’est à dire que là, quand on parle des retraites, en ce moment, à aucun moment il y a la solution de taxer les riches, que ce soient les faibles à n’importe quel journaliste. Ben oui, comment peut-on faire ? Ce n’est pas facile avec augmenter les impôts etc. Et non seulement on dit voilà, il faut récupérer l’argent là où il est et là c’est pareil sur le désarmement de la police. En effet, c’est des. Faits. Je ne sais pas s’ils ont conscience, racontent les journalistes. Des fois, on peut se poser presque la question est ce qu’eux ils se rendent compte ou lorsque c’est pour faire le buzz et être plus radical que tel autre, Je ne sais pas, mais il y a quand même un manque de sens critique en tous les cas. Et puis enfin, si ce qui transparaît surtout, c’est qu’il n’y a pas du tout envie de discuter d’autre chose, puisqu’il pourrait y avoir en effet l’envie de savoir une chose qu’on dit sur ces sujets-là.
David Dufresne
Si vous êtes d’accord, on prend quelques questions du tchat puisqu’ici c’est l’inverse de Ruquier, c’est-à -dire que c’est plus long que prévu. Non Philippe Poutou, il veut partir mais vous devez partir peut-être ? Vous avez des obligations ?
Julien Salingue
Non pas de suite.
David Dufresne
Alors. Hyper Courgette pose la question combien de temps faut-il pour préparer une émission ?
Julien Salingue
En fait, on ne sait pas forcément, ça dépend des émissions ou quoi. C’est-à -dire une interview de dix minutes sur une série ou un truc comme ça. Disons qu’il y a de la préparation qui sert à plein de trucs, on va dire au long cours quoi, tu bosses des sujets, etc. Et après on enchaîne les interviews. Voilà, tu tutoies, tu te rodes après un 20 h de TF1 ou un grand débat qui n’est pas vraiment un débat sur France deux, on va prendre un peu plus de temps effectivement, collectivement. Mais alors le chiffrer en temps c’est pas énormément de temps en vrai, mais après il y a un truc qu’il faut pas oublier, c’est qu’en fait on milite toute l’année en ayant, on fait des réunions publiques toute l’année et ce n’est pas que pendant la campagne présidentielle. Donc en fait, s’exprimer publiquement, on le fait toute l’année quoi. Donc. Il n’y a pas un truc spécial où on aurait des choses différentes à dire pendant une campagne présidentielle. C’est juste qu’il faut les dire différemment.
Béatrice Walylo
J’ajoute à ça que, en fait, des fois on n’a même pas besoin de préparer parce que une interview qui suit une autre interview, même sur une autre chaîne, ça va être la même, ça va être la même, on parle. C’est ce que disait Dana en fait, on tourne en rond. C’est quand même sur la question des violences policières, la question du désarmement de la police. Pour être sûr que l’interview du lendemain de de rappeler, ce sera exactement la même question. Comme si on n’avait jamais rien dit et on n’a rien préparé. On répète, on répète, on répète. C’est toujours cette idée quand il faut défendre ce qu’on a, parce qu’en face, c’est l’expression Et les chiens de garde. C’est une très très belle expression, soit qu’elle vient de Serge Halimi qui reprenait une expression de plus ancien de Paul disant sur son rôle soit ce n'étaient pas les journalistes à l'époque je suis pas, mais en tout cas c’est les défenseurs du pouvoir, c’est les défenseurs de l’ordre et les médias. De ce point de vue-là, sur certains sujets, ils sont caricaturaux, ils sont vraiment en défense.
David Dufresne
Et justement, est ce qu’il n’y a pas un moment où ça devient désagréable de se dire tiens, je répète, je répète comme un artiste qui répète des choses, puis après il arrive sur scène. Mais tu répètes aussi les mêmes choses et de temps en temps, est ce que tu ne dis pas tiens, celle-là j’ai déjà fait oui, celle-là elle passe bien, etc. Mais en fait, quand on balance une formule qu’on a un peu rodée, on n’est pas toujours très content.
Julien Salingue
C’est hyper désagréable d'être prêt à répéter les choses et à redire les mêmes phrases ou les mêmes mots au même moment. C’est chiant. Donc c’est pour ça aussi que des fois on en voit un tas, on essaie de se sortir de ça et de contrer enfin voilà, de trouver d’autres façons de dire ou d’autres façons de faire. Et c’est ce qui donne des fois des espaces un peu surprenants dans les interviews. Et voilà, c’est parce qu’on en a, On est tellement, on sait qu’on va se retrouver dans des rapports très durs où il va falloir se défendre, en fait, se justifier. On est dans ce rapport là à l’interview. C’est souvent un exercice de justification ou d’excuse. Il faudrait s’excuser d'être là ou s’excuser de penser ce qu’on pense. Alors après, comment on se démerde ? Ça vient comme on a plutôt une motivation de les emmerder aussi quelque part, on en mange quoi ? On dit ouais, on va vous faire chier, on va vous faire chier, on va vous parler de Drahi, on va vous parler de ce que vous n'êtes pas capables de faire. On va vous parler de de votre propre incompétence parce qu’il y a et c’est là où on sort un peu d’exercice et là on sort de l’interview et c’est un mode de défense aussi. Il n’y a pas de raison de de se laisser enfermer dans cette banque, dans ce dispositif où on serait l’accusé presque, parce qu’on en est dans cette position-là, bien souvent, en est-ce qu’il pense en mal, ce qui pensant de travers on est les affreux gauchos, les éco terroristes, tous ces aspects-là. Donc comment s’en sortir ? Et c’est pour ça que la préparation de l’interview en fait, d’une certaine manière, ça devient un acte militant permanent. Comment les combattre ? Parce que là aussi on est, on est en combat, le système capitaliste, mais on est amené à combattre tous les outils qui défendent ce système-là. Et donc on se retrouve sur un terrain de l’adversaire. Et c’est pour ça qu’on en revient à ce qu’on disait au début. Et la préparation, elle est liée à tout ça en fait. Voilà, une interview, ce n’est pas un exercice, c’est pas comme, c’est pas une interview au poste ou une interview à la Source, puis avec Paul Séguy que ça n’a strictement rien à voir où là on est dans le temps de l’entretien, on est dans la, on essaie de comprendre des choses, on essaie de discuter. Est-ce que nous en avons dans le bouquin ? En tout cas, c’est tout autre chose. C’est quand on est dans 20 ans, ça passait même plus des interviews.
David Dufresne
Je te remercie de ne pas faire chier, les actionnaires d’Au poste qui sont les abonnés et les donateurs. C’est très aimable à toi de ne pas en faire une Drahi ou de faire je ne sais pas quoi. Merci. Merci infiniment. Alors, comment ça se passe entre candidats sur les plateaux ? Béatrice Peut être tu peux raconter ça sur les plateaux ou dans les coulisses.
Béatrice Walylo
Ben ça ne se passe pas en fin de compte. Il n’y a pas vraiment de rencontre. Si les seuls qui sont à qui Philippe serre la main, c’est Mélenchon et Artaud. Et après ? Dans tous les cas, quand il y a les grands débats des endroits où il y a tout le monde, chacun à sa loge et dans ces cas-là, personne ne se croise. Et après, quand il y a des rencontres comme ça, oui, il y a à faire chacun se regarde un peu de loin. Et puis les seuls contacts connus avec la gauche de la gauche.
Julien Salingue
. Ce n’est ne pas serrer la main à tout ce qui est à droite, à l’extrême droite, et là à créer une sorte de délimitation assez confortable par la suite, c’est quand Val d’Or revient pas trop nous emmerder, on ne vient pas trop chercher à parler avec nous et s’accuser, on se plaint d’un peu et ça c’est très important.
David Dufresne
Dans le livre, vous racontez que tu refuses même de faire la photo officielle des émissions avec tous les candidats.
Julien Salingue
Ouais.
Béatrice Walylo
Et ça, ce n’est pas beau, ce n’est pas sympa et ça calme, ça calme toi et moi, c’est confortable. Une fois qu’on a mis ça en place, c’est comme si on mettait une petite enveloppe autour et puis on expliquait aux autres des noms. Tu n’apprécies pas. Et ça marche, ça marche bien. Et apprendre à la paix. Donc ce que disait Béa, les sales relations qu’on a abaissées à ce qu’il y a à gauche, enfin à gauche, on ne sait jamais et des fois c’est pas forcément très agacé, mais bon voilà. Et c’est vrai que Bayrou, on se serre la main, on peut échanger un petit peu, mais ça reste, ça reste juste à faire de ce côté-là de l'échiquier politique.
David Dufresne
Toi, Julien, est ce que pendant une émission tu discutes avec ceux avec qui tu as négocié, correspondront ardemment les jours qui précèdent ou où on est sur autre chose ? Tu n’as pas le temps d'être dans les coulisses, des discussions
Julien Salingue
. Si, ça peut, ça peut arriver. J’accompagne aussi souvent Philippe sur les médias, donc ça peut arriver effectivement de voir ces gens préparateurs, préparatrice, programmateurs, programmatrice, d’échanger un peu des techniciens et autres. Mais c’est vrai qu’après on est. Pour revenir à la question précédente, on évite de croiser les équipes des autres candidats. Voilà, j’ai des souvenirs de justement l'émission de France deux où on a tout fait pour ne pas se retrouver dans le couloir en même temps que Zemmour et ses amis, parce que ça aurait pu se produire. Ils étaient dans la loge, juste à côté de nous, y passaient juste après Philippe et donc il y avait un risque qu’on se croise. Voilà. Et nous on ne veut pas se croiser avec ce genre de personne. Et là je le dis parce qu’il y a Vadim et Philippe. Cette année sur France deux, il est quand même venu, il a mis un vent à Valérie Pécresse qui a voulu faire un truc au moment où ils se sont croisés en entrée sortie de plateau et elle n’a pas eu son check quoi. Ce qui a beaucoup fait rire les techniciens.
David Dufresne
Là, je vais mettre Philippe en grand. Comment on évite un check de Valérie Pécresse ? C’est quoi le geste barrière et comment tu peux le faire ? Là tu peux le reproduire, C’est une cascade. Ça ne réalisait pas ça chez vous. Alors imagine, je suis Valérie Pécresse. Attends, attends, attends ! En plus, je t’ai coupé la tronche
Philippe Poutou
Mais pardon les délicats mais bon. Et puis tant que moi j’arrive à faire la même chose et puis j’y vais. Bah non, voilà, tout simplement. Mais c’est de la même manière. C'était déposer des bonbons et être à votre campagne. Ses origines Christian Jacob qui tend la main quand il arrive déjà installer sur le plateau en général, fut le premier à s'étaler sur le plateau. Et tendre la main, est-ce vraiment un sacré plaisir de dire A un on est loin, on est allergique à la droite, à l’extrême droite, on ne serre pas la main à contacts physique et là c’est des vents qui les vexe, ça les vexe mais en fait ils le font pas deux fois, les ont compris une fois. Et c’est pour ça que je disais tout à l’heure apprendre la paix en est un à la réputation de celui ou de celle qui ne sert pas la main, qui ne dit limite pas bonjour. Et après ça, ça nous permet d’avoir une sorte de truc un peu confortable quoi. Limite en tout cas, à la décontracte, on n’a pas envie d’avoir et c’est très bien.
David Dufresne
Geste Barricade dit Émile Cheval dans le chat. Et par contre, il y a quelqu’un qui se demande si je ne me suis pas trompé. Valérie Pécresse, ce n’était pas un check qu’elle voulait, mais un chèque ?
Philippe Poutou
Ah ouais.
David Dufresne
. Ce n’est pas facile. Bon, encore deux petites questions et après je vous libère. Existe-t-il des journalistes de gauche dans les grands médias ? En avez-vous rencontrés ? Vous êtes obligés de donner leurs noms si vous voulez qu’ils gardent leur emploi. Mais est ce qu’il y a des journalistes dans les grands médias, dans les médias mainstream, dans les grands médias, ceux dont vous parlez dans le dans le bouquin qui pourrait, qui pourrait voter Poutou par exemple ? Ou ça, ce n’est pas possible.
Béatrice Walylo
Il n’en a pas rencontré.
Julien Salingue
On les n’a pas forcément rencontrés. Non mais disons que derrière la question, il y a quand même quelque chose. Et je pense, oui, il y a des journalistes de gauche, il y a des journalistes de gauche y compris, qui peuvent être pas forcément non exposés. Après, le problème, c’est les dispositifs desquels eux-mêmes peuvent se retrouver à la fois garant et animateur voilà, il y a un truc qu’il faut quand même avoir à l’esprit, c’est que comment dire si tu veux rester à l’antenne, si tu veux continuer d'être un journaliste visible, etc. Il faut accepter un certain nombre de choses, il faut accepter un certain nombre de choses. Et entre le compromis et la compromission, la frontière, elle n’est jamais évidente quoi. Donc ça se trouve, il y a des. Il y a peut-être des journalistes là, parmi ceux même qu’on cite dans le dans le bouquin, qui se pensent sincèrement de gauche. Mais qui, dans leur façon de faire du journalisme et dans leur façon d’animer des dispositifs médiatiques fondamentalement, participent à la reproduction de l’ordre dominant. Et on cite dans le bouquin donc je vais le citer, là, c’est Michel Einaudi qui était un journaliste de gauche. Voilà Michel Einaudi qui était sur France trois, qui avait eu cette phrase. Et dans le documentaire Les nouveaux chiens de garde, il dit qu' il n’y a pas d’alternative. Le système médiatique jette, rejette tout ce qu’il ne peut pas récupérer. Vous ne restez jamais à l’antenne impunément. Et en fait, je trouve que ça résume bien la chose. C’est à dire soit t’acceptes beaucoup et tu es intégré dans les dispositifs, soit tu les refuses et dans ce cas-là, petit à petit, tu disparais.
David Dufresne
Je prends une dernière question qui est très politique. Y a t-il des journalistes de gauche ou est-ce que nous on pense que sans citer les noms. Moi je réfléchissais et j’aime ça. Il me semble que ça n’allait qu’une seule fois de toutes les poignées de mains que j’ai eues avec les journalistes, que ce soit les chaînes publiques ou privées. C’est arrivé une seule fois où j’ai senti un peu de reconnaissance et du respect à une journaliste de France Télévisions. C’est arrivé ou je pense qu’il doit y avoir un petit peu de sympathie politique, mais sinon après on ne le sent pas. Et à droite, ça se confond quand même à un niveau des journalistes. Au niveau même de la politique, qu’est-ce que ça vaut ? Vous allez dire la gauche ça ? Mais une fois arrivé, les tiens sont là, il y a il y a une sorte de sympathie un petit peu qui s’est exprimée dans un cas, en quelques secondes. Mais voilà, une fois.
Béatrice Walylo
Après, juste ce n’est pas pareil quand c’est lors d’une campagne ou pas. Parce que quand lors des campagnes présidentielles, il y a aussi le fait que Philippe peut faire perdre la gauche et met des bâtons dans les roues de Mélenchon, on a vu un peu ce côté-là aussi de chez certains journalistes notamment je pense à Ruquier quelqu’un qui se dit de gauche est très proche de Mélenchon et il y avait un peu ce rapport là
David Dufresne
Je voudrais terminer par une question très NPA qui vous est posée par Daniel Antoine, qui rejoint peut-être finalement votre préoccupation centrale du bouquin. Pensez-vous que vos idées sont écoutées à travers les médias ? Je rajoute ça puisque c’est l’objet du livre et de l'émission d’aujourd’hui. Pensez-vous que vos idées, vos idées sont écoutées par la classe ouvrière dépolitisée ?
Julien Salingue
Très bonne question. Je veux bien dire un truc.
David Dufresne
On est d’accord, c’est l’enjeu de votre travail ?
Julien Salingue
Si notre enjeu, c’est de nous adresser aux opprimés, aux exploités, à la grande majorité de la population. Mais en fait, il y a deux niveaux. C’est-à -dire qu’il y a nos idées et il y a le fait de se sentir représenté. Et ça, c’est hyper important pour nous. Je le dis pour commencer par le deuxième le fait de se sentir représenté, c’est-à -dire le fait de voir dans le dispositif bien huilé des débats, des grands médias, etc. D’entendre une autre parole, de voir quelqu’un qui est issu de la classe et qui ne joue pas le jeu qu’on veut lui imposer, qui cible les plateaux, Qui cible les autres candidats comme en 2017. Et ça, c’est quelque chose. On peut le mesurer qu’il y a plein de gens ici qui nous disent ça fait du bien quoi. Ça fait du bien, ça fait du bien de voir des gens qui parlent comme nous, Ça fait du bien d’entendre des trucs qu’on entend jamais et ça, en fait, tu le mesure. Après, après des passages médias ou dans la rue, les gens ils vont venir te voir, ils vont dire merci pour ce que vous avez dit, pour ce que vous avez fait, etc. Et ça, on peut le sentir. Après, sur les idées elles-mêmes, sur le contenu, sur les propositions programmatiques et tout, c’est beaucoup plus difficile parce que les temps, les temps d’exposition médiatique sont quand même très réduits. Y a ce qu’on disait que c’est hyper dur de faire entendre quelque chose qui sort du périmètre du débat autorisé. Parce que c’est ça quand même aussi les plateaux télé, c’est aller dans le périmètre des opinions autorisées. Et toi, si tu en mets une autre, on veut te remettre dans le périmètre ou on veut l’exclure du truc. Donc ce n’est pas évident de réussir à faire passer des idées. On en a bien conscience et c’est pour ça que hier on parlait alors de comment tu prépares des émissions et tout. Nous, ce qu’on se dit, c’est que si on arrive à faire passer un ou deux trucs, c’est bien sur telle ou telle revendication, sur telle ou telle chose. Par exemple, à un moment on essayait de faire passer au maximum le truc de socialiser l’industrie pharmaceutique par exemple, de dire voilà, ça, ça doit être retiré des mains, des mains, du privé et on peut avoir effectivement un écho. Mais pour finir, il y a les médias, il y a les passages médias et puis il y a ce qu’on fait, le reste. Le reste du temps encore, c’est à dire faire les meetings, faire les marchés dans les manifs, ce genre de truc, on sait que ce n’est pas la même échelle, qu’on s’adresse, qu’on s’adresse aux gens, mais disons qu’il y a une combinaison des deux quoi. Donc on ne se fait pas d’illusions sur le fait qu’il y a un passage dans un 20 h. On va convaincre 3 millions de personnes que ce qu’on dit est juste, mais par contre on sait qu’on sème aussi des graines, quoique par moment.
David Dufresne
Béatrice et Philippe sur la question de rapprochez-vous Est ce que vous pensez que, à travers les grands médias, il y a moyen de toucher une classe ouvrière que l’on dit dépolitisée pour le. Pour le dire autrement peut-être. Est-ce que c’est ça l’enjeu ?
Béatrice Walylo
Je ne sais pas. S’il y a moyen de valider ce qu’on disait, c’est que comme l’espace n’est pas assez grand pour vraiment développer les idées, après c’est une petite voix pour dire en tous les cas qu’il y a possibilité d’entendre autre chose et de pas subir. C’est plus ce rapport-là. Et d’ailleurs ce qui est quand Philippe est. Interpellé dans la rue, c’est ce rapport-là, c’est-à -dire de dire que bah ça nous a fait du bien d’entendre déjà un ouvrier, parce que ce n’est quand même pas très souvent qu’on entend des ouvriers à la télé. Et puis, ne serait-ce que sur sa posture de voir que bah c’est pas le même monde que celui qui est constamment représenté à la télé. Après est ce qu’ils sont capables de dire exactement les idées qu’on développe ? C’est toujours la question. Je ne sais pas s’il y a beaucoup qui pourraient le dire à part dire que voilà, il y a taxer les riches, faire des choses, des phrases un peu choc mais il y a c’est plus une attitude à mon avis, une de représentation et de camp social. Je pense que c’est ça qui revient notamment.
Julien Salingue
Moi je suis persuadé que ça a son utilité parce que nous on fait dans les campagnes électorales et c’est vrai que les grands médias, du coup, par nos passages même. Bref, parce que maintenant, à travers les réseaux sociaux, un petit bout de d’interview va circuler énormément et dans des milieux militants ou dans des milieux très larges. Et ça a de l'écho. Et il y a d’ailleurs un écart assez important entre le score que nous, on peut faire et la popularité de ce qu’on peut dire à la télévision dans tout ça. Ça contribue à cette sorte de fierté, une sorte de satisfaction énorme de la part des gens qui nous disent dans les manifs, qui nous disent dans la rue Ah, moi je suis bien placé pour savoir si on vient me dire merci, merci, merci pour avoir dit ça. Donc ça c’est on sait que c’est important, mais comme d’ailleurs des syndicalistes en ce moment, quand ils passent sur les plateaux télés, vont dire des choses qui vont faire beaucoup de bien à plein de monde. Mais comme les gilets jaunes pendant le mouvement des gilets jaunes quand il est plus haut. Voilà. Ces plateaux ont été d’ailleurs dépendants aussi de Xavier Mathieu ou de Jean. À travers les années, les dernières années de télévision ont pu apporter des choses très importantes par leurs propres réactions, des fois en quelques secondes, à une phrase ou une attitude par rapport à un journaliste. Je regarde donc tout ça, ça compte, mais on pense que ça compte, alors ça ne suffit pas pour changer l’ambiance. Mais là, c’est des petits trucs qui sont évidemment installés dans le paysage, qui peuvent aider demain à reconstruire une conscience de classe ou en tout cas faire le lien avec des situations comme ça. Aujourd’hui, va. Ce qui est déterminant, c’est la mobilisation sociétale du mouvement, par exemple, en lien avec quelques paroles de ci de là. Et c’est à travers tout ça qu’on peut espérer que quelque chose se reconstruise et la confiance en soi dans notre plan social, cette idée qu’on peut changer les choses, ça passe par le vrai, ça passe par des phrases, ça passe par des attitudes. En tout cas, on est convaincu que ça a une utilité. En tout cas, si on se fait chier dans les médias, c’est que quelque part on se dit ça va servir à quelque chose, sinon en France, on arrêterait ça de suite.
David Dufresne
Je vais vous laisser, je voudrais juste lire un dernier passage, parce qu’il est de bon ton de dire que pour s’adresser aux classes populaires, il faudrait aller chez Hanouna. Mais je voudrais juste citer la page 35 de votre bouquin, parce que ça en dit très long sur le système et sur la difficulté justement à approcher peut-être un autre, un autre public. Pour l’anecdote, l’une des invitations qui nous a été faite chez Cyril Hanouna, écrivez-vous, est survenue au lendemain du soir où Philippe Poutou avait eu l’audace de déclarer sur France info que la police tue. Dès l’annonce de la plainte de Gérald Darmanin. D’ailleurs, la plainte, elle, a été elle effective ou pas ?
Julien Salingue
On a plus de nouvelles. Il y a plus de nouvelles aussi. Darmanin ce n’est pas un homme de parole. Il annonce des trucs. Le lendemain, nous avons été contactés par les équipes d' Hanouna assoiffées de buzz, qui nous ont proposé un plateau le soir même. Pour revenir sur entre guillemets, la polémique permet d’animer par curiosité, tout en sachant déjà que nous allons décliner. Alors c’est là qu’on voit la malice du NPA. Nous avons demandé qui seraient les autres protagonistes présents sur le plateau ? Réponse ouvrez les guillemets. Alors là, c’est gratiné. Donc il s’agit de parler de la police sur notre plateau, nos chroniqueurs, un ou deux syndicalistes policiers, une femme membre d’une association de veuves, de policiers toujours en service et peut être un collectif de victimes de violences policières.
David Dufresne
Un exemple parmi d’autres de ce que Bourdieu écrivez-vous, décrivez comme un débat démocratique conçu sur le modèle du combat de catch. Invitation refusée et plutôt deux fois qu’une. Voilà. J’ai lu le passage qu’il fallait lire pour terminer cette émission avec vous. Un petit candidat face aux grands médias Philippe Poutou, Béatrice Walylo et Julien Salingue. Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose pendant que le chat vous remercie ?
Béatrice Walylo
Qu’on a eu beaucoup d’espace pour faire la diffusion du film du bouquin dans les médias.
David Dufresne
Ah, c'était une question de Mélanie Simon Franza, toujours à l’affût. Libertalia Ils ne sont pas bons en termes de presse. C’est ça ou c’est la presse qui n’est pas bonne avec Libertalia.
Béatrice Walylo
Perdre ses poissons qui sont le plus invités n’en fait qu'à.
Julien Salingue
Choisir un autre éditeur paraît un peu cher, mais on peut quand même soupçonner qu’un certain nombre de médias n’en ont pas envie de faire de la publicité à ce livre, y compris des médias de presse écrite, même s’ils sont épargnés dans le bouquin. Parce que, quand même, il y a un écosystème, quoi. Donc, ce qu’on raconte, là, ce n’est pas certain qu’une partie des hiérarchies éditoriales des médias de presse écrite l’apprécient non plus.
David Dufresne
Oui, je le pense aussi
Julien Salingue
On remercie et quelques médias qui nous invitent, dont bien sûr Auposte Quand on fait un bouquin comme ça, après c’est pareil, on ne sait pas si c’est bien fait, si c’est utile, si ça va être efficace. On espère quand même, tout modestement que ce que ça devienne un petit outil qui aide à discuter de ces choses-là. Donc après, on peut toujours reprocher évidemment aux médias de pas en parler, mais peut être qu’ils ont raison, En parler, peut-être que ce n’est pas terrible. Au-delà de la critique. En fait, on a fait un film pour compliment qui était insupportable. Monsieur Poutou, maintenant vous partez.
Béatrice Walylo
Je vais vous demander : Partez !
Julien Salingue
Donc voilà, on espère quand même que ça sera un outil utile dans les milieux militants et au-delà, des mêmes, des anecdotes, et que ça puisse aider à comprendre ce qui se passe comme ça.
David Dufresne
Ça ne fait aucun doute. Le chat est en train de vous remercier. Béatrice, à toi le dernier mot, Si tu le veux,
Béatrice Walylo
Mais on est qu’au début d’une grande réflexion et qu’il va falloir que les. que l’extrême gauche, en tous les cas, et la gauche se posent des questions sur comment se réapproprier les médias et ne plus être pas victime. Mais on est toujours un peu en train de courir après. Ce serait intéressant s’il avait de créer ses propres aux mais avec une grande ou une grande audience. Par rapport à Auposte en dehors de faire en sorte qu’on puisse contrebalancer les médias mainstream ?
David Dufresne
Non, je pense que de ce point de vue-là, votre livre remplit vraiment son rôle. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est la plupart des gens. Comment ça se négocie ? Comment ça se travaille ce genre de rendez-vous, ce genre d’interviews, Ça se sent. Voilà, il y a tout un tas de sujets, des anecdotes, mais qui sont absolument parlantes sur les us et coutumes de ce monde médiatique mainstream. Donc merci à vous et comme le dit le chat Monsieur Poutou, soyez rassuré, c’est très bien écrit. Voilà, je vous remercie tous les trois. C'était un plaisir de vous recevoir.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.