Quand le Nouveau Front Populaire s’affiche : les pépites de 24x36.art
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Alors comment allez vous ?
Plutôt bien. Et toi David ?
Ça va on vous reçoit avec plaisir cet après midi, prêts pour nos questions ? Comptez-vous faire comme ailleurs ?
Ça dépend du talent de l’intervieweur, donc ça va dépendre de toi.
Oh le salaud, il me met la pression complètement. Comment voulez-vous voulez que je vous appelle ? Designers, graphistes ? Quel est votre métier ?
Designer, ça me va. Designer graphique, c’est bien.
Designer graphique. C’est très bien.
Nous avons à peu près 45 minutes parce qu’il y a beaucoup de sollicitations de travail. Moi, j’ai un deuxième stream juste après. Je voulais absolument. Ça lui va très fort. Depuis et depuis quelques jours. Vous avez donc lancé le site 24 36 pour alerter. J’imagine que ceux qui sont déjà dans le château, il y a ceux qui viennent d’arriver connaissent le site. Mais peut être qu’il faudrait expliquer de quoi il s’agit.
Geoffrey D’accord. 24x36 C’est un projet qu’on a réalisé ensemble, mais ça, c’est moi. L’idée, c’est de se dire et si on soutenait le nouveau Front populaire en proposant des imaginaires qui vont en dehors de l’angoisse, la peur du rassemblement national, etc. Et donc on s’est dit bah allez, on va faire un truc. Et puis vu qu’on est que graphiste et que designer, on s’est dit bah qu’est ce qu’on sait faire d’autre que ça ? Que des images, que du numérique, que du code, que des sites internet ? Et donc on a lancé ce projet en se disant surtout faut pas qu’on y passe trop de temps parce que ça se trouve, ça ne va intéresser personne. Et si ça fait dix quinze affiches par des amis à nous, ce sera très bien. Donc on n’y a pas passé trop de temps et puis voilà,
Çà s’est fait, c’est la catastrophe, ça cartonne. Vous avez reçu 1000 propositions d’affiches.
2000, bientôt.
2000.
Oui 2000, bientôt.
Bientôt donc où vous êtes ? Les ateliers populaires de Mai 68 version numérique. C’est-à dire que vous recevez quantité de propositions d’affiches que vous mettez. Ce qu’on va faire aujourd’hui, c’est qu’on va essayer d’en regarder quelques-unes au débotté, mais ça, vous n’avez pas eu le temps. Mais que vous. Avez déjà vu que j’ai dit c’est grâce à moi, le magnifique logo qui est tout en haut Au poste, c’est quoi ? Par contre, je ne connais pas.
Alors Matthias Rabiot, 45 ans, graphiste depuis 25 ans et passionné de signes et de codes. J’ai une agence dont je ne citerai pas le nom mais une agence d’identité visuelle. Depuis 25 ans, on fait des logos de villes, de territoire, d'établissements, d’organisation. On bosse beaucoup dans le secteur public, on a et on a une passion pour les logos, la puissance des signes, une affection pour ce pouvoir de créer des imaginaires, de comment dire, de synthétiser. Un ensemble plus grand dans un objet graphique tout petit. Et cette traduction graphique va créer, concaténer tout ce qui englobé, encapsuler tout ce qui concourt à faire l’identité de quelque chose, d’un groupe. Et à l’inverse, ça va forger ce sentiment d’appartenance, ça va être un signal, un symbole, et c’est la puissance des symboles dans, dans, dans l’imaginaire, dans la tête des gens qui m’intéressent. Et forcément aussi une résonance politique, personnelle, humaniste, une vision au service du collectif, du commun, de l’humain en premier et puis une vision personnelle. C’est pour ça que je n’affiche pas forcément mon appartenance professionnelle en premier lieu pour aussi préserver. Préserver les collaborateurs qui n’ont pas forcément et qui n’ont pas l’obligation d’avoir les mêmes idées que moi. Et voilà. Et puis. Et puis c’est vrai que depuis dimanche soir, on a tous mal dormi et que mardi matin, je me suis réveillé en disant tiens, il faut qu’on fasse un truc. Et je ne sais pas pourquoi, je me suis réveillé à 4 h du matin avec 24 36, un format d’image qui était dans la tête et je pense que je me suis couché en pensant au Front populaire 1936 et on est en 2024 et cette alliance du 24 et du 36 m’a fait penser à un format et de ce format, je me suis dit mais faut faire des images puisque c’est un format 24 36 et j’ai appelé, je pense à 9 h et demie, je ferai pour pas le réveiller à l’aube et qui m’a tapé dans la main en disant c’est bon, on fonce, on fait un truc, ça te prend pas la tête, je vais t’aider et 4 h après je pense à peu près le site était en ligne. Moi, de mon côté, j’ai produit quatre ou cinq images histoire de lancer le projet, histoire de ne pas commencer avec une boîte vide et puis et puis voilà. Traînée de poudre. Tout simplement parce que les citoyens avaient envie et besoin de partager. Je pense qu’il y a une énorme attente. Ça fait des années qu’on attend que la gauche se réunisse, qu’ils arrêtent leurs chamailleries et qu’ils nous fassent un projet social, environnemental, humaniste, progressiste et tout ce qu’on veut avec ces mots en utopie et au lieu de ça, c’est vrai que les guerres de chapelles, on en a tous un peu ras le bol. C’est je pense l’occasion et c’est l’effervescence qui a parlé. Et je pense que tout le monde a eu besoin de peindre effectivement, de réagir face à la peur de l’arrivée du Front national au pouvoir qui se matérialise de plus en plus face à l’incompétence de notre président et de l’inconséquence plutôt. Je ne vais pas juger ses compétences, mais la conséquence à lancer comme ça un pavé dans la mare n’importe comment, de façon je pense, avec un mépris de la démocratie du temps de la démocratie qui mérite un temps, de la réflexion pour être éclairé. Et à côté de ça. Du coup, il fallait réagir très vite et c’est là où Geoffrey adore sa façon de bosser. C’est assez pragmatique, c’est très prosaïque, c’est on va le faire simple, on verra après. Chaque chose en son temps et je pense qu’on a eu raison.
David a des soucis de son, explique t il. On l’entend de concert, On est ça, on est sa voix. Mais il nous a proposé de commenter quelques affiches.
Et à mettre des oreillettes comme ça, comme un match de foot. Et puis on va dire exactement, on est dans sa salle de bain et il nous dit qu’il y prend son bain.
C’est ça.Exactement. Profitons en, Il ne peut pas nous interrompre. Voilà, sur les affiches. Moi je voulais souligner aussi. Et Matthias, tu l’as, tu l’as déjà amorcée. C’est à dire qu’on a une effervescence de part de graphistes, mais aussi de part d’amateurs, de la part d’amateurs, d'étudiants, de familles aussi parfois, qui m’ont dit que les enfants étaient les dessins et les parents. On a fait la mise en page, il y a plein de gens, il y a des profs qui ont fait des images. Des illustrateurs aussi de talent. Et en fait, j’ai pris plaisir à voir qu’on a plein de gens qui ont de l’humour, qui ont le verbe haut, la petite phrase qui fait sourire et c’est ça qui fait beaucoup de bien. Et une fois qu’on a ça, l’image, elle déroule tout ça. Un si on peut le faire, nous le ferons et voilà, ça, ça marche tout seul. Presque même pas besoin de mettre des personnages là, sur cette affiche. Le fait de faire front et d'être en face et d'être ensemble, ça marche, ça marche très bien.
Je trouve et je te contredis les personnages qui font dos et qui font front et ça joue, dans le rapport entre le texte et l’image, la lecture et en fait de ça, on sent que l’image est extrêmement composée malgré sa simplicité compétente.
Quand je dis que ce n’est pas obligatoire, c’est qu’en fait la phrase est hyper puissante, elle est encore plus puissante avec le visuel, avec une silhouette, etc. Il y a toujours ce rapport texte image. Alors on est passionné par ça. Mais c’est vrai que j’ai vu souvent la puissance du jeu de mots, la puissance de la typo, la puissance de la petite phrase. Donc c’est ça aussi, je pense qu’il y a un qui a fait que les visuels sont beaucoup diffusés, c’est, on va dire, le ton global où on nous a demandé et pourquoi vous sélectionnez les images. En effet, on n’a pas pu publier les 2000 images et puis on a sélectionné avec Matthias et surtout Matthias toi qui t’es occupé des visuels plutôt positifs, plutôt qui créent des imaginaires dont on a besoin terriblement besoin, qui font aussi écho aux envies de chacun. C’est l’origine.
J’ai retrouvé la voix, mais ça n’a aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est vous deux. Si c’est ici, c’est formidable que vous puissiez expliquer comme ça, au débotté, les affiches. Il faudrait juste revenir une seconde quand le site est créé. 24 36 d’emblée, vous dites ça doit être joyeux d’emblée.. Vous ne voulez pas, vous vous précisez que vous ne voulez pas de messages agressifs et que vous voulez que ce soit joyeux. Pourquoi vous avez tenu à mettre ça en avant ?
Internet est déjà rempli d’autres types de messages. C’est l’impression qu’on aurait si on avait voulu faire que des messages violents, virulents et pas forcément placés. Pour nous, c’est déjà sur le marché, déjà saturé là dessus. Donc on se dit tiens, et si on fait un peu autre chose ?
Non ? Et oui, t’as raison, c’est pas nous. Pas tout à fait. C’est aussi parce que ma conviction personnelle elle va dans le sens que les communs, un imaginaire positif, progressiste, doit se traduire et doit être désirable. Et donc on est plutôt attirés par la lumière, par la joie, par l’espérance, par ces objets-là. Même si c’est un peu Bisounours, c’est même si on peut mettre tout ça dans la grande case des grands Bisounours. Mais on a besoin d'être, d’avoir un peu sous ce ton de Bisounours en écho, en réponse à un ton qui est basé sur la peur, un message qui est basé sur l’angoisse et l’anxiété et du coup on préfère être pour quelque chose, un projet. Et c’est le projet qui compte dans le Front populaire, c’est le projet progressiste, écologique, social, etc. Et non pas la lutte contre les gens qui votent Front National, on n’est pas contre, on est contre les idées fascistes et du Front national, ça c’est évident, mais ça va de soi. Et par contre on y oppose un projet. Les politiques, les acteurs, la société civile y opposent un projet progressiste qui est celui qu’on veut mettre en avant. On a aussi un imaginaire associé au Front populaire. C’est une marque, le Front populaire. Si on le prend, ça, je fais des marques et ça c’est un gros mot. On marque, ça veut pas dire marchand, ça veut dire marquant. Le Front populaire, ça a marqué l’esprit de nos grands parents. Ça c’est le souvenir des vacances.
J’adore ton travail, j’aime beaucoup ton discours, mais là tu déconnes un peu. Les marques, ça veut dire marquant, ce n’est pas marchand, ce n’est pas non plus car le marque grande exagéré la jeunesse.
Non mais on colle on peut. Je suis entièrement d’accord, On pourrait revenir là dessus, mais c’est un objet en fait qui est marquant dans la mémoire populaire. Le Front populaire reste un objet marquant avec un sujet associé et un langage d’expression qui concourt à un champ congruent de sens qui est progressiste Vacances, congés payés, semaine de 40 heures, antifascisme. Et il y a de la joie avec Charles Trenet. Tout ça, ça forge un imaginaire qui est celui du Front populaire, qui est profondément positif et qui dure trois ans, qui aboutit à quoi ? À des choses aussi incongrues que le Festival de Cannes, par exemple, et bien avant le Front populaire. Il n’y a pas de festival de Cannes. Je crois que c’est Jean Zay qui revient du festival de la Mostra de Venise, où c’est Lina Riefenstahl qui a gagné Là, voilà. Et il revient en disant que la culture doit lutter contre le nazisme et contre l’obscurantisme. On va faire un festival chez nous. Voilà donc il s’est passé des choses merveilleuses et cet imaginaire est associé à quelque chose d’optimiste et positif qui est lumineux et un peu ma vision du monde, peut être de bisounours, de se dire que ceux de Front Populaire 2024 doit proposer un projet optimiste et lumineux, joyeux, désirable. Sans ça, on n’arrivera pas à lutter contre, à proposer, à proposer autre chose.
Geoffrey, tu veux dire quelque chose ou pas ?
J'étais passé avec Ricardo Parreira sur ton émission justement pour parler du site Indextrême et des symboles utilisés par l’extrême droite et ré appropriés par l’extrême droite. Et c’est le discours qui tenait justement par l’extrême droite et un discours la plupart du temps pour être contre, pour faire peur, pour accaparer par l’angoisse. Et donc je vois très bien les mécaniques qui fonctionnent derrière ça. Justement, comme le dit Matthias, et je vais totalement dans ton sens qu’il vient justement proposer quelque chose qui aille vers la lumière, quelque chose qui donne envie aux gens de se diriger avec du sourire, des rires. Et puis on a aussi de l’amour sur les affiches, il y a des cœurs, il y a des navets front contre front. Il y a beaucoup de belles choses qui sont très sensibles. Et dans ça, je pense que c’est des imaginaires dans lequel il est bon. Il est simple et vertueux de se plonger.
Alors d’un point de vue technique, vous proposez un gabarit laser. Il y a un mot d’ordre. Il y a 36 raisons de demander de faire des affiches. Ça, c’est un premier texte. Et puis ensuite il y a le mot d’ordre, il faut être joyeux. Puis ensuite, il y a un troisième niveau qui est bien un gabarit. De quoi est constitué ce gabarit ?
Matthias.
Déjà à la base, c’est un gabarit parce qu’il y a un format permettait de standardiser le format tout bêtement. En 24 36, ça revient au format de la fiche 40 60 qui est le format d’affiche traditionnel, même si le format 24 36 renvoie au format de la pellicule photo argentique bien sûr, et qui ne va pas forcément parler aux jeunes générations. Ma fille ne savait pas ce que ça voulait dire, mais bon, c’est l’occasion de transmettre des connaissances et du coup, il y a d’abord un format. Ensuite, il y a, on est assez prosaïque, une signature qui permet de renvoyer vers le site internet parce qu'à un moment donné, ça permet de remettre dans le pot commun, c’est-à-dire qu’on découvre une affiche dans la rue, mais admettons. Et si on a envie de se l’approprier et ensuite de découvrir les autres, on revient au site internet avec une signature. Les artistes soutiennent le Front populaire. Ça, c’est une invitation aux artistes à s’engager sur ce front là. Et puis il y a deux choses qui l’accompagnent. Une gamme de couleurs, oui, mais qui est simplement les couleurs qu’on a reprises chez François Ruffin avec son site Front populaire 2024 avec Scan qui a commencé à faire des images dès le dimanche soir. Donc on s’est inscrit dans la foulée de ça, en cohérence. On n’est pas allé inventer des choses différentes. Donc c’est aussi une coordination involontaire. Je ne sais pas comment dire. Juste de bon sens de reprendre cette première gamme de couleurs parce qu’elle était fort simple, contemporaine, et qu’alors elle, elle correspondait à l’univers chaleureux qu’on voulait renvoyer. Et puis une typographie, oui une typographie. Ce qui fait ces deux choses, couleurs et typographie, font une forme d’unité malgré l’immense diversité des écritures. Et on est très vigilant à la diversité des écritures. En tout cas, on essaye de faire en sorte que toutes les représentations, je parle des styles aux crayons de couleurs un peu mignons, aux choses un peu plus noir et blanc, un peu plus puissantes qu’il y ait une palette d'écriture graphique dont on tient à tenir compte de cette diversité des codes. Malgré ça, il y a une forme d’unité formelle à travers la typographie que beaucoup ont reprise, mais ce n’était pas une obligation. Et puis la gamme de couleurs que beaucoup ont repris, mais ce n'était pas une obligation non plus. Donc c’est juste. En fait, quand on propose des règles du jeu, les gens jouent et c’est là où il y a une confiance aux créateurs, c’est qu’on met à leur disposition des règles et ils peuvent les détourner, ils peuvent s’en abstenir. Et on voit que la plupart jouent le jeu, reprennent ça et mélangent ça à leurs codes à eux. On a des cultures très différentes, on voit ce dessin, on a, j’imagine. C’est un illustrateur qui a fait cette main. On sent que ce n’est pas sa langue. La typographie en lettres capitales comme ça, très condensé pour autant, et ben il a. Les deux vont dialoguer parfaitement et produire un résultat nouveau et un ensemble cohérent dans la diversité. C’est assez. Je pense que c’est ce qui concourt aussi au succès, à l’unité générale et au sentiment de participer à un projet commun. Malgré son point de vue, sa culture, son origine et son style graphique.
Mister Coltrane vous demande. Il y a certaines personnalités publiques sur les affiches. J’ai montré tout à l’heure Zidane. Leur accord a -t -il été nécessaire pour y figurer ou non ? Et par ailleurs, il y a Sorcière Diana, qui dit que c’est plus facile d'être joyeux quand on n’est pas directement mis en danger. Mais ça reste une belle initiative, donc deux choses complètement différentes. Le droit à l’image d’un côté ou l’utilisation d’images et l’autre est ce que finalement on ne pèche pas par légèreté
Juste pour répondre rapidement sur la main la qu’on voit à l’image, c’est une main d’une affiche de Mai 68 justement. C'était c’est sur le fond à la BNF, vous pouvez trouver ça. Et donc justement, les codes sont réutilisés de mai 68. Il y a des affiches avec des personnalités, on a Zidane, on a d’autres figures historiques ou contemporaines. Les auteurs des affiches restent auteurs de leurs affiches. De toute façon, il y en a le droit d’auteur en France, qui est ce qu’il est, qui fonctionne là dessus sans souci aucun. Je ne pense pas qu’il ait demandé de droits visuels. Est ce qu’ils ont pris des visuels en licence libre dans le domaine public. Ça, c’est des questions qui, qui, qui peuvent être posées tout en sans aucun souci. Nous, on diffuse, on partage. Si on donnait des affiches qui doivent être retirées pour certaines problématiques
Bien sûr, Oui.
Et après ? La deuxième question
La deuxième question. C’est l’idée de dire que l’initiative est évidemment saluée, mais en disant finalement, quand on n’est pas directement en danger par la venue du RN, est ce que ce n’est pas une commodité que d'être joyeux, léger, coloré ?
Euh, ça c’est une bonne question. Après, c’est une question philosophique. C’est vraie est ce que nous ne sommes pas en danger ? Je ne sais pas qui est la personne qui pose l’action. Est ce qu’elle sait par rapport à une couleur de peau, un genre, un sexe, une origine ? Je ne sais pas. Euh voilà, c’est normal de se poser. Et puis il y a le danger de soi-même. Parfois il est moins important que le danger pour sa famille ou ses proches. Enfin, c’est le danger. Elle a tué les alliés, elle est vaste. Donc j’aurais tendance à répondre que justement, c’est parce que certaines personnes peuvent le faire. Moi, j’ai eu du temps pour faire ce projet. Avec Matthias, on s’est libéré du temps, on a choisi de faire. Donc vu qu’on avait le temps, on l’a fait et justement on ne sait pas que c’est par rapport à ça qu’il faut absolument le faire. Et si j'étais en galère ? Pas le temps, pas d’argent, pas possible d’avoir un ordinateur ou quoi que ce soit. Ben je n’aurais pas pu m’agiter dans son stage répétiteur ou autre chose, mais ça c’est des questions sont assez théoriques pour lesquelles il est difficile pour moi de répondre.
Tintamarre qui n’est plus dans la théorie, mais qui dans la philosophie nous dit la joie et le rire, désacralise et le sacré et l’art des dominants.
C’est beau.
T’as vu, on n’est pas chez les cons, tu le savais ? C’est sympa, ce n’est pas la première fois que tu viens.
Tu vois que je reviens.
Alors moi je réponds sur la question parce que je suis déçu et j’ai totalement conscience d'être le dernier impactés par potentiellement par la politique nauséabonde du Front National. Je suis un patron, je gagne ma vie honnêtement et correctement. Mes enfants sont grands, voilà en gros. Et je suis un Bisounours dans un monde de bobos et j’habite dans un quartier de centre ville et dans une ville écolo et peu importe si ça marche ou pas de défendre des idées au quotidien dans ma pratique entrepreneuriale, dans ma pratique de vie et de défendre un projet dans lequel, oui, je veux qu’on m’enlève des privilèges, je veux qu’on partage ces privilèges, je veux que tout le monde ait accès à ces privilèges et du coup, c’est défendre ses idées. Alors on le fait avec nos moyens. On connaît aussi les médias et l’influence. On sait faire des images qui ont du sens, on sait faire des images qui ont de l’impact, un impact émotionnel qui va jouer sur les consciences, qui va mobiliser des gens comme nous. C’est déjà pas mal qui ont ce bagage intellectuel, cette culture, peut être pour décrypter certains codes dans ces images et pour autant ces images, je pense qu’elles ont quelque chose d’universel. Là on voit, on voit du Tintin. Là pour moi, Hergé fait partie de ces gens qui ont une vision et une écriture démocratique. Ce sont des signes et des codes qui parlent au plus grand nombre de 7 à 77 ans. Sans parler de manière simple et simpliste, mais en apportant la quintessence d’une idée ou de quelque chose qui est démocratique. Et je pense que toutes les images sont dans cette sélection, en tout cas je l’espère, c’est l’intention qu’on met derrière. Elles sont démocratiques, elles parlent à tout le monde, elles ont des puissances d'évocation qui se partagent entre enfants. Et tu parlais tout à l’heure d’enfants et de parents qui travaillent ensemble sur ces choses là. Et bien pour moi elles sont. Peu importe d’où elles viennent, si elles ont cette puissance démocratique de parler à tout le monde et à cette force symbolique et émotionnelle de toucher. Ma grand-mère était touchée par cette image, ma fille par d’autres. Et notre rôle, en tout cas, en tant que coordinateur de tout ça, c’est de faire en sorte de s’assurer que tout le monde soit représenté. On n’est pas parfait, on fait probablement des erreurs, mais en tout cas on fait au mieux. Faire en sorte que toutes les écritures soient représentées.
Alors Sorcière vient de donner une précision importante, elle précise simplement C’est juste plus dur pour des personnes impactées de faire dans le chaleureux. Ce n’était pas une attaque frontale, c'était une façon de dire Eh bien, je pense que ta réponse est très belle d’une certaine manière en disant moi je veux moins de privilèges pour mieux redistribuer si, je t’entends bien, si je te comprends bien. Donc n’y a aucun problème. Est ce que vous savez qui sont les gens qui vous envoient des affiches ? D’où viennent-ils ? De quel univers ? De quel nom ? De quelle région ? Est ce que c’est plutôt des gens des grandes villes ? Est ce que c’est des gens de sous préfecture ? Est ce que c’est des gens de campagne ? Est ce que ce sont des gens de plutôt, je ne sais pas, du sud-est de la France ou au contraire du Nord ? Ou alors si vous ne demandez pas aux gens leur passeport et que vous vous en foutez.
Quand les gens soumettent leur visuel, on n’a pas l’origine ou quoi que ce soit à leur département, que ce soit par contre, et on reçoit pas mal de mails, on reçoit pas mal de témoignages via les réseaux sociaux et via notre mail sur le site des étudiants d'écoles d’art En France, on a encore des écoles, en France et le fait impacte heureusement pour l’instant. Une pensée aux écoles à Lyon, notamment aux Beaux Arts de Lyon je crois, ou dans le nord de la France. Mais on a aussi des graphistes de partout en France. Voilà, on a des profs aussi qui se sont mis à nous envoyer des images et puis et puis on a aussi des amateurs, Il y a des gens qui ne savent pas faire, des images qui vont écrire. Nous avons besoin d’utiliser des slogans, mais je suis incapable de le faire. Donc voici un croquis des photos de mon téléphone. Est ce que vous connaissez quelqu’un pour l’image ou il y a une espèce de volonté de participer de la bonne phrase et de la plupart d'échanger avec ça ? Peu importe qui on était.
Alors je sais ce que tu dis, je me prononce sur ces amateurs. Moi c’est ce qui me donne le plus à la fois un énorme baume au cœur des artistes, des confrères talentueux. Quelque part au fond de moi, je les touche. Vous savez, je les connais. On les fréquente, on les aime. Illustrateurs, photographes, jeunes ou vieux, on sait en gros leurs talents. Par contre, sur les 2000 images qu’on a reçues, on en a publié 160 qui sont d’une facture, en tout cas qui nous semblaient avec un certain niveau de qualité. On ignore si elle émane de professionnels seulement ou parfois d’amateurs éclairés. Par contre, effectivement, sur les images amateurs, je pense qu’il y a un travail à mener dans l’analyse de ce travail là pour le montrer, parce qu’il est la somme d’idées. Chacune individuellement va avoir une faiblesse, soit parce que plastiquement il n’y a pas de travail qu’il faut, soit conceptuellement il y a un défaut, soit. Mais elles ont toutes une envie gonflée à bloc et cette envie gonflée à bloc, c’est 2000 images de gens qui ont passé 1 h, 2 h, 5 h derrière leur ordinateur, sur un papier, sur une feuille de papier, etc. Pour produire quelque chose pour le commun. Et donc il faudra le montrer, il faudra le diffuser. Je ne sais pas de quelle manière, mais honneur doit être rendu à cette force vive.
Attention Matthias, parce qu’on te dit que Macron a préempté l’amateurisme athlétique en disant soyez fier d'être amateur. Évidemment pour discourir et tout autre que le sien. Mais on sent cette énergie. Alors je mets à l'écran cette affiche que j’ai particulièrement aimée. Il s’agit des Ramones et des Gauches. Alors c’est d’autant plus rigolo que un des un des Ramones, c'était quand même assez proche de l’extrême droite américaine. Enfin bon, qu’importe. Et c'était drôle de voir comment des gens disent qu’il y en a un, ça fait trop vintage d’avoir répondu ça alors je ne suis pas d’accord, ça fait trop vieux, etc. Mais pourquoi je la mets là ? Parce qu’il y a un côté punk, c’est à dire il y a un côté do It Yourself, il y a un côté vas y, lance toi et vous, Ça doit être un bonheur infini que de recevoir des hype avec des gens comme ça, qui, amateurs, semi-pro, pro, qui vous envoient leur, créativité
, ils ne les envoient pas à nous et les envoient aux internautes et l’envoient à la plateforme et elles ne nous appartiennent pas. Et c’est là où les gens, il y en a qui sont très frustrés en me disant mais montrez toutes les images, faites pas de choix, etc. Alors on reste juste propriétaire de la ligne éditoriale, pas propriétaire, garant car garant, mais. Mais ce n’est pas neutre. On sent que c’est un objet qui nous dépasse.
Bien sûr.
Sous cette impulsion, j’ai vu aussi que des personnes qui ont fait leurs affiches l’ont soumise sur le site. Mais après, le site n'était même pas un sujet vivant diffusé sur leurs réseaux sociaux. Ils l’ont imprimé, c’est leur affiche. Et ça, je trouvais bon aussi, c'était de pouvoir proposer aux gens de dire Regardez, tout le monde peut le faire et vous aussi, essayez de le faire si vous en avez envie. Il y a des gens qui n’auraient peut-être pas créé le visuel à ce moment-là et on a des. Comme le disait Matthias, il y a des gens qui ont passé des heures pour faire un visuel et faire entendre leur voix. C’est génial de pouvoir faire entendre sa voix, de dire on fait, on peut, on peut créer, on a des choses à dire. Et pour moi, c’est le lien avec le débat démocratique, c’est de dire qu’en fait on peut s'écouter, on peut parler, on peut montrer et on peut aussi être entendu, pourquoi pas ?
Alors il y a en termes de style, vous qui êtes des cracks du design, vous diriez quoi ? Là, par exemple, je mets cette affiche, mais elle me semble être inspirée de deux dessins très anciens. Il y en a d’autres qui semblent très contemporaines, très modernes. Je trouve qu’elle diversité graphique qui montre, voilà, ça c’est formidable et un côté bouillonnement. Donc voilà, ça fait du bien. Comme le dit Euryale dans le chat, ça fait du bien aussi d'être dans un truc positif et pas uniquement. On fait front contre les fachos, mais on fait front parce qu’on partage une espèce de gaieté ou de joie de vivre, etc. Mais vous, en tant que graphiste professionnel de la chose, vous diriez quoi sur les influences graphiques des uns et des autres ?
Geoffrey.
Les influences graphiques, elles sont, de ce que j’en ai vu, un par rapport au visuel qui nous ont été envoyées. Elles sont d’une part très variées. Alors évidemment, les illustrateurs, les graphistes professionnels ils ont leur touche, ils ont leur patte, ils ont leur univers déjà construit. On a parfois des références aussi à la vie propre ou a tout. La culture de la vie de Mai 68. On touche sur des affiches contestataires qu’on peut voir parfois dans d’autres pays ou dans la rue en France, etc.. Mais j’ai l’impression que là il y a eu dans cette forme d’expression graphique des nouvelles choses, des choses qui ne sont pas issues de la fiche politique traditionnelle, un peu marketé avec des typos classiques, avec des belles photos, etc du paysage. On n’est pas non plus forcément dans l affiche faite au pochoir en noir et blanc, un peu un peu contestataire, un peu rebelle où il y a une nouvelle voie j’ai l’impression. Qui c’est qui s’est installée un petit peu au travers de ces visuels, parfois avec des références au cinéma, parfois avec des références à l’histoire. Mais j’ai l’impression qu’il y a eu par mimétisme aussi graphique, une troisième voie qui s’est un peu installée au travers de ça et ça, il y a justement comme ça, j’en parlais l’autre jour, un historien qui nous a écrit, qui voulait récupérer ce fond de la fiche pour pouvoir l'étudier et travailler dessus parce que c'était assez nouveau pour lui de l’avoir au même endroit en si peu de temps une création aussi dense.
Alors je vois le refrain des bois, la craie qui est là.
Je le mets alors.
Dans la modération, on s’est posé des questions. On a essayé au démarrage de d'éloigner toutes les individualités, que ce soit Bardella, Marine Le Pen, etc. Pour ne pas viser des personnes. Et puis, au fur et à mesure qu’on recevait des centaines et des centaines d’affiches, à un moment donné, on a parfois un peu dévié de nos règles initiales, soit parce que l’image était très bonne, soit parce que le jeu de mot était très bon. Et celle-ci m’a semblé. En tout cas, je l’ai laissée passer parce qu’on n’avait pas besoin de faire de pub pour les uns ou pour les autres, ce n’était pas notre rôle. Donc on fait de la pub ou on essaye de faire passer le message pour l’ensemble du Front populaire. Ouais, il y a quelques exceptions comme ça qui sont passées. Je pense à Herbart, à Air Jordan qui peut être un poil agressif ou qui va un peu dénoncer et pour le coup qui est pour moi à la frontière des images dans notre ligne éditoriale. Mais quand la facture en fait, c’est toujours un équilibre entre le sens. La facture de l’image tombe. Cette image est vraiment chouette.
Ce dinosaure… cela est magnifique.
Quasiment infini donc c’est ce dialogue avec la typo ? C’est toujours bien aussi d’avoir une règle unique. La typographie est un outil formidable, incroyable. C’est un outil discret. C’est une voix. C’est le timbre d’une voix. Et du coup, on a posé le timbre de la voix en proposant cette typographie, en l’utilisant quasiment en capitales à chaque fois. Pascal a vraiment le condensé et permet d’avoir fait beaucoup l’espace, d’avoir beaucoup de mots finalement, d'écrire des grandes phrases plus grandes que si on avait une écriture normale. Le fait qu’elles soient écrasées, ça permet de faire entrer des mots plus larges. Donc c’est un type. C’est une astuce de graphiste pour une affiche vieille comme le monde, comme les premières affiches avec typographie condensée. Et du coup, on a donné le timbre de la voix. Et après la partition graphique est jouée par les auteurs qui là amènent leur écriture et viennent jouer en contraste.
Mais Matthias, pour que je comprenne bien cette affiche, il se trouve que samedi dernier à Paris, on était en direct et je l’ai vu plusieurs fois et à un moment donné, je me suis arrêté et c’est avec quelqu’un qui l’avait reproduite qu’il avait collée sur un carton. Et en fait, cette affiche, je la trouve extraordinaire, mais je me demande si elle n’est pas le fait d’un professionnel parce que je trouve qu’il y a tellement de sous entendu, c’est-à-dire le côté fossile dinosaure, graphiquement, la pompe, le pistolet. Bon bref, donc, est ce que cette affiche, elle vous arrive comme ça ? Ou lui ou les autres ? Est ce qu’elle vous arrive comme ça ou il y a quelqu’un qui vous dit j’ai cette idée là et réalisez là qui réalise concrètement ?
Mais des gens, je ne sais pas, mais là, Geoffrey reçoit des mails pour le coup. Moi, j’ouvre le fichier et je vois des 2280 fichiers et je les ouvre les uns après les autres et chacun est une surprise. J’ai l’impression d’ouvrir un paquet cadeau. J’ai ouvert 2000 cadeaux et là j’ai les yeux qui clignotent.
Eh ouais, c’est magnifique !
Et deuxièmement, il y a des pépites.
C’est ça qui est bien, c’est qu’on ne sait pas qui, on ne sait pas ce que les gens mettent leur nom et leur mail. Moi je reçois des coordonnées, mais qui sait que c’est vraiment le vrai nom ? On ne c’est pas tout ça. On reçoit des images comme le dit Matthias et des cadeaux qu’on reçoit. Et puis on les partage. Mais il y a certaines personnes qui ont signé leurs affiches, qui voulaient mettre leur nom.
Je vais vous en parler. Ouais, il y a certaines affiches qui sont signées en fait.
Tout à fait. il y a des artistes, des auteurs, des graphistes, même des amateurs qui ont signé leurs affiches. Très bien beaucoup aussi n’ont pas voulu en disant soit ils ne voyaient pas l’intérêt, soit j’ai reçu des mails aussi de gens qui me dit je ne veux surtout pas être cité parce que je suis enseignant et en fait je n’ai pas été mis à pied donc je préfère faire ça sous couvert d’anonymat. Très bien en fait, on respecte un peu les volontés de chacun là dessus pour que chacun puisse s’exprimer librement
C'était mieux avant quand les gens ne votaient pas pour l’extrême droite.
Est ce que ça aussi c'était des astuces de graphiste d’avoir un texte en grand, plus contrasté, qu’on lit évidemment en premier ? Puis après on remonte en haut, on lit et on remonte. En bas on lit il y a un c’est tous les cryptos là dedans aussi, c’est qu’il y a tous les codes. On retrouve beaucoup les codes du graphisme et de la communication visuelle avec les tailles de typo, les contrastes, l’inclinaison. Remplacer une lettre par un pictogramme ou un symbole. Illustration le ça suffit ! La lecture m’a fait mourir de rire. C’est dur quand on entend la voix de Gros minet quand on lit Fifi. C’est génial ! La personne qui a fait cette affiche paraît qu’elle ne sait pas qui elle est, mais elle a fait un travail superbe.
J'étais mort de rire toute la soirée, je n’en pouvais plus. Avec ma compagne, on a ri sur cette image. Ça suffit qu’on répète ça toute la soirée. Mais c’est là le je ne sais pas qui a fait cette image. Je l’ai vu dans la manif aussi. Oui, et effectivement, elle a quelque chose à l’utiliser. Elle utilise un langage noir, rouge, blanc. Le code de la vie le plus politique qui soit. Les nazis avaient un logo noir, rouge et blanc. On est vraiment dans le politique et en même temps, il y a ce tigre blanc qui est noir, rouge et blanc et qui est tout sauf la méchanceté absolue. C’est juste le contraste entre le visage qui est la violence et l’ennemi, et puis le fusil qui est ridicule. Et donc c’est le c’est le pouvoir de désarmer, c’est la non-violence. Par là, c’est vraiment celle qui dénonce la violence de la manière la plus courante. Non violente, qu’il soit homme compétent.
Je sais.
Il y a de la matière pour, je pense à tous les enseignants en histoire de la communication, en graphisme. C’est un fond de visuel et d’images qui est fascinant, incidemment, d’enseigner les codes du graphisme.
Alors il y a un truc, c’est que beaucoup, il y a en fait là où il faut se méfier, il y a des codes qui sont faciles aussi. Donc faut avouer, on les connaît et il y a des langages qui sont publicitaires, qui sont des mécaniques qu’on connaît. Il y a des jeux de mots sur fond qui sont faits à foison. Donc une fois qu’on en a fait un certain nombre, on essaye aussi, on a essayé, on a corrigé notre. Notre règle du jeu en cours de cours de la semaine pour rajouter un moment donné et faire en sorte que les gens s’intéressent au programme et pas forcément qu’à des jeux de mots.
Vous avez appelé et vous avez fait des annonces en ce sens ?
Absolument, très exactement pour enrichir l’imaginaire, parce que les jeux de mots vaseux sur front, on peut le faire. Pop up, c’est cool, ça donne, ça donne le ton de la chanson. Par contre, il faut développer les refrains et développer les couplets et dans ces couplets, il y a du social et environnemental, etc. Et c’est à mon sens. Le premier temps, c’est de réunir tout le monde, de se compter, de se mobiliser, de s’encourager aussi parce qu’on a peur dans l’univers progressiste. Et donc à un moment donné aussi d’envoyer un message aux politiques pour dire Ouais, votre Front populaire, vous l’attendez là, ça fait que ça fait quinze ans que vous, nous. Depuis Jospin, on n’a pas eu un seul moment d’unité de la gauche. C’est le dernier progrès social. Les 35 h, c'était en 2002. En 2000, c’est plus de 25 ans sans progrès social. À un moment donné, il faut un peu donner de l’espoir à son peuple. Donc là, il y a un sens. Il y a une unité, une chorale populaire et qui émane du peuple et même de la base, parce que nous, on n’est pas liés aux politiques, on n’a pas, on n’est pas dans des Assos on est tout sauf dans des Assos politiques. Il me semble. Geoffrey je parle en ton nom. Et donc c’est vraiment quelque chose qui mène au bien du peuple, de la base. Donc en ce sens là, il y a il y a quelque chose qui n’est pas vertical, mais qui est vraiment horizontal et ce n’est pas ce que je voulais dire.
Ce n’est pas grave. Est ce qu’il y a des utilisations ? Il nous reste cinq minutes, si vous voulez bien, les amis. Et est ce que d'étudier des utilisations qui vous ont particulièrement surpris ?
On a reçu des mails pour dire je veux des badges, faut que vous fassiez des tees shirt, On veut acheter des affiches, on veut que tel journal fasse utiliser l’affiche avec telle couverture, etc. On a refusé ou pas répondu parce qu’en fait, le tout ça, ça ne va pas du tout dans le sens de ce qu’on voulait au départ. Et voilà après c’est aux auteurs aussi de voir avec eux, avec ce qu’ils veulent faire, leurs propres créations. Dans les civilisations vraiment célèbres. Pour moi, c’est d’imaginer la personne, aller sur le site, télécharger le JPEG, la mettre sur une liste de chez une copine, demander bonjour, je peux l’imprimer à trois, coller ça sur un carton, mettre une baguette en bois et sortir dans la rue. Toutes ces étapes, elles sont extrêmement difficiles quand on fait un projet numérique et d’arriver à ce que ça dit dans la rue, eh ben rien que pour ça, je trouve ça fabuleux le courage que les gens ont eu de faire toutes ces étapes et d’en arriver là aussi.
Moi je rajouterais, il y a un truc très simple dans les manifs, j’ai vu des affiches, donc ça c'était chouette. J’ai vu aussi beaucoup de gens qui ont repris des idées, Non, au 49 trois, ces choses là qui étaient simplement écrites à l’encre sur un panneau en carton. Et c’est là où, à mon sens, les idées sont comment dire ? Là, on met dans le pot commun un stock d’idées, un stock d’idées, d’imaginaire, de slogans, de mots, de verbes. Et ces gens viennent les prendre, viennent, ils viennent les prendre. Soit ils peuvent participer, soit ils peuvent prendre. Ils peuvent prendre les images tel quel, mais peuvent prendre aussi des idées et dissolution, dissolution, dissolution, solution, solution. Cette idée de passer de la dissolution à la solution, c’est un message extrêmement fort et il n’y a pas besoin d’affiches pour le comprendre. L’idée, on peut la reprendre, on peut l'écrire, on peut le dire aussi. Et c’est là où pour moi c’est un stock de je ne vais pas dire d’arbres parce que ce n’est pas assez, pas ça, mais un stock de d’idées ou d’arguments, ou d’armes intellectuelles.
D’armes intellectuelles, de graines on peut proposer qui peuvent germer et tout le monde peut s’en emparer. Les peut être les moins outillés vont reprendre les outils tels quels, d’autres vont les développer et d’autres vont y participer et c’est en ce sens là qu’on a, je pense, le produit espéré.
Roland vous dit : « Sur le site il est question d’illustrer les mesures du programme du Front populaire. Avez-vous prévu de créer des catégories ? »
Alors ça, c’est pour Geoffrey. Visiblement, c’est le webmaster. Est ce qu’il va y avoir des catégories ? De la même manière que des catégories dans le programme du Front populaire ou pas ?
Par exemple, fiche là qu’on a sous les yeux, on la mettra dans quelle catégorie ?
Parce que celle-ci, elle n’est pas tellement sur le programme.
C’est pour ça qu’en fait les affiches, les catégoriser ce serait de notre part,et c’est vrai que si on avait voulu peut être mettre des catégories, il aurait fallu faire dans le formulaire en disant : votre affiche, voulez vous la mettre dans quoi ? En voyant les affiches, il y a, je pense, des difficultés de catégoriser Ça me paraîtrait un peu abstrait, de dire ceci est dans cette catégorie, pas dans l’autre. Celle ci, elle est dans la catégorie diverses parce qu’elle est très généraliste et celle ci, elle est plutôt sur le social. Donc pour l’instant je ne pense pas qu’on ait la possibilité de le faire. Après je suis tout à fait ouvert aux propositions. Si, il y a des idées là dessus.
Alors oui.
On est dans un rapport aussi temps investissement qui est, qui est très pragmatique, qui est il faut que ça soit simple et dès qu’on rentre dans la complexité, ça devient lourd. Donc je pense à mon sens, mais je parle en mon nom et je ne ferai pas me contredire. Le fait que ça soit simple, un formulaire, un nom, on envoie, il y a un filtre, mais tout est publié au même niveau. Il y a le random aussi qui est important je pense en fait parce qu’il enlève la hiérarchie dans ses images et le haut de la page serait favorisé par rapport aux images du bas. Enfin, il y aurait ce genre de chose là. Le random fait qu’effectivement, j’ai des amis qui râlent parce qu’ils cherchent à chaque fois l’image qu’ils veulent montrer, parce qu'à chaque fois qu’ils cherchent la page, y a des gens au même endroit. Mais c’est aussi ce qui oblige à regarder les autres images. C’est-à dire qu’il y a des images parmi toutes ces images qui sont plus puissantes que d’autres, par leur impact, par leur force.
Attention, je fais un reload, on va voir si le random est vraiment bon, c’est jamais pareil ! Ah ! Oh c’est génial ! Bravo !
C’est le coup de dés est un outil démocratique aussi. Je serai pour le tirage au sort de nos représentants, mais ça, c’est une autre histoire.
Écoutez le vous avez cherché le tchat qui vous dit merci pour ce serait en cours, voir même de l’autodétermination et du partage. La gauche en action, ça fait vraiment du bien à voir et à faire. Euh une des dernières questions c’est est ce qu’à l’inverse, il y a eu des utilisations non pas de votre travail, mais de la mise en lumière du travail. D’autres que vous vous faites, Qui vous ont. Qui vous a déplu ? Qui vous a agacé ?
Pas à ma connaissance pour moi. J’ai vu des personnes d’extrême droite qui ont dit à qui ils allaient devoir faire aussi bien que ce qui avait été fait. Cela fait sourire certains, mais sinon je n’ai pas vu d’utilisation qui monte. Et puis après je n’ai pas pu tout voir.
il y a justement quelqu’un qui est peut être toi qui disais au tout début de l’entretien, quand je n’avais pas de voix, qui disait Comment expliquez vous que la création soit plutôt à gauche ? Alors est ce que c’est un cliché qu’on se donne entre nous ou est ce que en effet, il y a plus de créativité, d’imagination ? Du côté de ça, ça renvoie un peu au tweet dont tu parlais à l’instant à la journée du mec d’extrême droite. Il faudrait qu’on arrive à faire aussi bien.
Non, je crois que c’est un capital culturel et ça, c’est évident que ça influe sur la culture, sur la vision, sur la vision politique des choses. C’est un capital culturel et c’est profondément injuste là dessus. Donc oui, je suis pour partager ces compétences culturelles avec tout le monde. Et oui, je pense que la culture ouvre l’esprit et que c’est une dimension progressiste, qui est de fait plus de gauche. Peut être l’ouverture au monde parce qu’on a besoin, un artiste a besoin de se nourrir de milliards de choses pour en, comment dire, en faire sa propre essence. C’est parce qu’il y a de l’altérité qu’il y a de la singularité. L’artiste et la singularité par excellence. Et elle n’existe que face à l’altérité. Dans un monde avec une seule couleur, il y a plus de singularité et plus d’altérité. Et du coup, oui, la création est certainement de gauche. Oui le monde culturel est ancré à gauche et ce n’est pas par sectarisme, c’est parce que c’est plus fort que c’est par nature même. La culture, c’est ce qui nous lie et qui nous relie et qui crée du lien et ce qui fait du commun. Et peut-être dans le programme de l’extrême droite, on cherche à nous délier et à prendre des distances, à mettre des frontières, à mettre des barrières, à enfermer, à rétrécir et forcément à réduire l’espace culturel.
Je remercie Matthias.
Il y a Geoffrey qui fait des pouces en l’air. Mais messieurs, ça m’a fait un bien fou de parler de graphisme, d’imagination, de créativité, de partage. Parce que là, depuis une semaine, on n’est que dans des trucs extrêmement graves et vraiment, je cite c’est une façon pour nous de souligner qu’on apprécie beaucoup votre idée d’avoir lancé ce site, de gérer tout ça. Ultime question vous arrêtez le 7 juillet ou qu’est ce qui est prévu ?
Qu’est ce qui est prévu ? Matthias. On ne sait pas encore. On essaie d’en parler sous des suggestions. Je pense qu’on va peut-être fermer le formulaire parce qu’on a reçu énormément de propositions et je me dis que nous avons ça un peu plus fortement du sens. Ouais, ouais, voilà. Et après on y réfléchira tranquillement.
C’est certain qu’on trouvera, on a envie de comment dire, moi au fond de moi. Je pense qu’on a déjà échangé là-dessus. J’ai envie que tout le monde puisse accéder à toutes ces images et cette énergie, et que ceux qui ont participé à ça puissent aussi être fiers d’avoir participé à ça. Aujourd’hui, ils ont participé, mais. Je pense qu’ils sont extrêmement frustrés et je pense à tous ces gamins, ces minots, ces jeunes, ces étudiants qui ont passé 2 h, 4 h à faire quelque chose pour lequel il y a une forme d’injustice, parce que parce que le niveau est pas tout à fait là et, mais, mais il faudra les montrer. Je pense qu’il faudra les remercier. Donc on ne sait pas encore sous quelle forme soit en augmentant le site avec peut être l’intégralité des images et des mettre à disposition, dans le domaine public, je n’en sais rien. Soit en produisant un ouvrage, une expo ou je ne sais pas. On est aussi ouvert aux idées.
Attendez, l’expo, c’est évident, là vous êtes obligés. Faites pas chier, Vous allez nous monter une expo, s’il vous plaît. L’Expo de la victoire.
Ah oui.
C’est vrai.
On en reparlera le 8 juillet. A propos du domaine public, c’est vraiment terminé. J’ai montré tout à l’heure dans le bas de page et il est dit que c’est du domaine public. On est bien d’accord que ces affiches appartiennent à tout le monde et à personne, et c’est bien ça ?
Exactement Créative Commons 0.
Voilà. Et voilà Messieurs, merci beaucoup d’avoir pris le temps de. Voilà, voilà, c'était super. Merci Monsieur24 Merci Monsieur 36 nous dit Cyrano. Rolland dit : « 24 Mercis 36 Bravos ! » Ouais, j’imagine des trucs comme ça, vous en avez eu plein, Mais moi je les lis, je les découvre.
Merci aux internautes dans le tchat, aux personnes présentes qui sont sur Au poste, ça fait toujours un plaisir. Et puis merci David aussi pour ton ouverture, ta curiosité et tous les lives que tu fais tout le temps, c’est top ! Merci à toi.
Je découvre ton univers et je vais me régaler à rattraper ce que je ne connaissais pas.
Ce que vous avez mis en place et je sais que ça met beaucoup de baume au cœur de beaucoup de gens, donc c’est top. Voilà, Bravo pour cette initiative.
Merci.
Merci, merci. Alors merci beaucoup mes amis
