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Que s’est-il (réellement) passé à Sainte-Soline ? Le rapport qui accable les gendarmes

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Transcription de l’émission

David Dufresne
, Bonjour amis du café. Bonjour Amis de la police viola les invités Pierre sur notre gauche, Nathalie.sur notre droite, Pierre qui est muni d’un casque et Nathalie bonjour Pierre, bonjour Nathalie que s’est il réellement passé à Sainte Soline ? Vous êtes deux des signataires, je pense anonymes de ce rapport. Rapport qui a été rendu public et qui démonte les mensonges d'État. Observations de terrain. Témoignages le lendemain de la présentation officielle du rapport. Vous êtes deux observateurs de la Ligue des droits de l’homme auposte pour dire avec nous, pour nous raconter les conclusions Mais on va faire mieux que ça, parce que moi, j’ai lu jusque tard dans la nuit, avec délectation, si je puis dire, votre travail. On ira évidemment aux conclusions, mais on ira aussi sur comment vous êtes arrivés à ces conclusions. Conclusions qui disent que oui, il y a eu image et usage immodéré et indiscriminée de la force lors de ces manifestations écologiques. Oui, la version officielle présentée par les autorités est une réécriture factuellement fausse des événements. Et ce qui est saisissant dans votre travail, c’est combien il a des allures de contre pouvoir. Est ce que ça vous convient comme présentation ?
Nathalie Tehio
C’est parfait. Je vais juste peut-être préciser une chose parce que moi, je suis référente des observatoires pour la Ligue des droits de L’homme et je suis avocate. Et en fait, je n'étais pas présente à Lyon. Donc, je le précise, j’ai participé à l'écriture du rapport pour tous les aspects juridiques, lorsqu’il fallait préciser, notamment parce qu’on a essayé de montrer que c'était. C'était annoncé. Il y avait eu une communication avant, mais pas qu’une communication. Il y avait aussi tout un aspect sécuritaire qui se développe de plus en plus d’ailleurs avec les arrêtés d’interdiction et les est couplés aux réquisitions du parquet. Et là, il y avait même une circulaire du ministre de la Justice qui qui avait préconisé vraiment une coopération intense, dirons nous, pour ne pas dire pour moi, c’est une inféodation de la justice à l’intérieur, au préfet. Et donc, à partir de là, il y avait avec tous ces arrêtés d’interdiction, il y a eu énormément de contrôles, il y a eu plus de 20 000 contrôles d’après le ministère de l’Intérieur, pour un résultat vraiment pitoyable, de vraies poursuites, puisque c’est, je crois, une vingtaine de poursuites. Voilà, il y a quelque chose d’assez d’assez ridicule, mais pour autant, il y a eu énormément de contrôles Et les observateurs eux mêmes étaient extrêmement contrôlés, aussi bien à l’aller qu’au retour. Et ils ont été arrêtés de multiples fois le long de la route, à expliquer, à devoir expliquer quand ils étaient observateurs, quel était leur rôle. Et au retour, ils ont même subi des contrôles, ils n’en pouvaient parce qu’il y avait une alouette.
David Dufresne
Mais Nathalie, tu n’es pas sur BFM. Là, tu as tout ton temps.
Nathalie Tehio
Non, je voulais juste dire que j’ai bien compris. Il ne faut pas s’attendre à ce que je puisse parler de ce qui s’est passé concrètement, mais que j’ai participé au rapport sur le plan juridique. Et puis je me suis laissée entraîner.
David Dufresne
Tandis que Pierre tu étais présent lors. Nathalie, tu es membre du syndicat des avocats de France je crois, mais en plus tu es membre de l’Observatoire des pratiques policières, des libertés publiques et des pratiques policières de Paris. Tandis que toi, Pierre, tu es membre de l’Observatoire des pratiques policières toulousaines, on montrera la carte tout à l’heure. Et toi Pierre, tu étais sur place, tu ne pouvais pas te défausser, te défiler sur tes camarades comme vient de le faire lâchement Nathalie.
Pierre Bernat
Mais je ne veux pas le faire. Mais non, j'étais effectivement sur place. On va dire que c’est une expérience, on va dire ça. Que dire de plus ? Vraiment sur place ? Je n’ai jamais dit le contraire de Nathalie, c’est à dire que je ne suis pas avocat, mais j'étais sur place et on a subi puisqu’on a subi au moment où par la plus doux.
David Dufresne
D’où l’intérêt que vous soyez là tous les deux. Ce que je vous propose c’est j’ai pris plein de notes du rapport rapport qui est disponible depuis depuis hier, parce que maintenant vous êtes devenus des gens extrêmement sérieux, c’est à dire vous êtes un peu comme Total et d’autres, c’est à dire que vous envoyez votre rapport sous embargo à toute la presse, de sorte que toute la presse dégaine à la même heure. Hier, 13 h après la conférence de presse qui s’est tenue à Paris, conférence de presse que nous n’avons pas pu transmettre, et donc tous les articles que j’ai lus, c’est exactement les mêmes, sous embargo à peu près. Voilà, et c'était publié. Mais là, l’idée, c’est qu’on prenne le temps de décortiquer. En fait, c’est ce rapport qui fait 164 pages et je m’empresse de le dire, qui est en fait l'émanation de vos deux observatoires respectifs Paris et Toulouse, mais aussi celui de Poitou-Charentes, de Gironde, de la Fondation Copernic, du syndicat.
Nathalie Tehio
. Ouais, c’est ça. Le problème, c’est que l’observateur toulousain me dit le pire parce que c’est ton observateur.
Pierre Bernat
Et en fait, complètement. Le rapport est un rapport des observatoires. C’est un Observatoire de Paris de Poitou-Charentes, Observateurs Girondins de Bordeaux, Observatoire du 93 et Observatoire de Toulouse. Et il se trouve que, à l’intérieur de chacun de ces observatoires, il y a différents courants différents groupes Donc pour Toulouse, il y a des partenaires, il y a Toulouse, il y a la Fondation Copernic, le Syndicat des avocats de France et la Ligue des droits de l’homme. Et il y a aussi des particuliers qui n’ont pas forcément une attache ou l’autre. Et dans chacun des observateurs comme ça, les partenaires sont différents puisqu’on a dans un mois par exemple, on a le MRAP je crois, il y a plein de partenaires qui sont différents selon l’Observatoire
Nathalie Tehio
Paris et uniquement lui sauf et la Ligue des droits de l’homme, c’est tout rond. Et Poitou-Charentes, il n’y a que la Ligue des droits de l’homme en fait, qui réunit l’ensemble de ces observatoires. C’est parce qu’ils ont été initiés par la Ligue des droits de L’homme.
David Dufresne
Bon, très bien. Quand vous avez fini vos petites questions. Technique administrative, le Gérald Darmanin pourra passer à la dissolution. Que s’est il passé à l’issue des observateurs politiques ? Que s’est il passé ? Un petit point juridique. Que s’est il passé réellement à Sainte Soline ? En deux mots. Et puis après on rentre dans les détails. L’intitulé de votre rapport, c’est empêcher l’accès à la bassine, quel qu’en soit le coût humain. Que s’est il passé à Sainte Soline au mois de mars dernier, entre le 24 et le 26 mars ?
Pierre Bernat
C’est une vaste question. Il s’est passé d’abord une grande mobilisation, on va dire, des acteurs et écologistes locaux. Puis il y avait une manifestation assez solide, mais aussi beaucoup de choses qui se passaient à 1000 tours. Tout le village de Melle était autour de cette thématique là, avec le soutien de la mairie de Montceau. Et cette manifestation là a été déclarée et il n’y avait pas de problème à la faire. A côté de ça, il y avait la manifestation à insuline qui est une manifestation où des manifestants avaient dit qu’il voulait partir d’un camp de base qui avait été déterminé quelques jours avant pour arriver sur le le site d’une bassines en construction..
Nathalie Tehio
Il y avait eu un arrêté d’interdiction.
David Dufresne
Voilà, donc la manifestation était interdite. On comprend quand même dans le rapport. qu’il y a eu des discussions entre la préfecture et certains organisateurs. Je pense à la Confédération paysanne. C’est classique qu’une manifestation interdite laisse quand même des discussions entre les autorités et les organisateurs.
Nathalie Tehio
Pour autant que je sache, ça arrive. La seule chose, c’est qu’ici, la première question c’est aussi mais pourquoi a t elle lieu ? Pourquoi la préfète des Deux Sèvres a-t -elle interdit cette manifestation ? En soit, elle a dit qu’il y a des risques de trouble à l’ordre public. Mais en soit, il y a un trou dans la terre, donc il n’y a pas de c’est dans des champs. Donc il y a quelque chose d’assez aberrant à ne pas laisser s’exprimer, une revendication qui est légitime, Peu importe qu’elle ne participe, qu’elle ne peut qu’elle n’ait pas la même lecture de la nécessité ou pas d’avoir ces méga bassines, peu importe en soi, dans une démocratie. Le but n’est pas de tous parler comme le gouvernement. Penser comme le gouvernement et la démocratie, c’est le droit justement d’avoir des opinions différentes. C’est la liberté de conscience.
Pierre Bernat
On commence par connaître une petite étude.
Nathalie Tehio
. Moi, je trouvais important de commencer par là, par dire pour moi, c’est une aberration d’avoir interdit la manifestation.. Parce que justement, il aurait bien mieux valu laisser s’exprimer les personnes, laisser dire ce qu’elles revendiquent et pourquoi le revendiquer. Et là, c’est un vrai souci de bloquer ainsi ? Après, comme elle sait que de toute façon la manifestation va se tenir. Du coup, elle va ensuite discuter avec les organisateurs, mais là c’est un vrai souci. Je le dis parce que c’est un vrai souci général. C’est-à -dire que la manifestation pour Adama Traoré a également été interdite. Et là, la LDH attaque là aussi, et c’est toujours la même idée qu’on ne laisse pas, on ne laisse pas s’exprimer les personnes, sachant que pour cette manifestation précise, il n’y avait pas eu de violences les années précédentes et rien n’eut justifié cette interdiction. Et même sur la haute, ils se sont déplacés pour place. La République pareil. Donc il y a comme argument formidable de dire que c’est pas qu’il n’y avait pas assez de forces de l’ordre pour encadrer la manifestation. Mais pour autant, ils l’ont encadrée, plus que encadrée puisqu' elle s’est quand même tenue avec beaucoup de personnes et que du coup, après on conteste la façon dont ça s’est tenue, mais c’est une autre manifestation. Mais ça c’est pour expliquer la logique qui est finalement une logique contraire à la démocratie.
Pierre Bernat
Et pour revenir sur la question de David, du coup, sur le dialogue.
Pierre Bernat
attend d’arrêter de dire que la discussion avec les organisateurs est quand même la norme. Parce que nous, à Toulouse, on a eu une manifestation contre le projet d’autoroute entre Toulouse et Castres et là on a bien vu qu' il y avait une position extrêmement ferme au début du préfet, et qui a été petit à petit un petit peu plus souple au fur et à mesure que que les discussions avec les manifestants progressent, et jusqu'à ce que la manifestation se passe quasi bien, on va dire totalement bien, parce que c’est quand même problématique cette façon de faire. Mais bon, elle a pu se tenir dans des conditions à peu près normales. Donc heureusement que les organisateurs peuvent discuter avec le préfet, que ça peut encore changer les choses. Par contre, est ce que la manifestation Toulouse Castres se serait bien passé si elle avait été avant Sainte Soline ? Je suis pas sûr puisqu’il y a un effet de mode, est ce qu’on va recommencer la même chose ? Est ce que se mettre toujours ça avec toutes les manifs écolos et ça je pense qu’ils peuvent pas se le permettre ?
Nathalie Tehio
Alors ok, ils ont fait des choix.
David Dufresne
Les choix politiques, Qu’est ce que c’est que ça les choix politiques, disait Nathalie.
Nathalie Tehio
Donc ce que j’ai essayé de te dire, c’est qu’il y a des choix politiques puissants qui sont pris en termes de maintien de l’ordre et qu’il n’y a pas une fatalité. Ce n’est pas parce qu’une manifestation a été interdite que automatiquement il va y avoir des violences que automatiquement ça sera le choix du maintien. L’Ordre va être de tel ou tel. Et c’est ce qui expliquait Pierre que finalement une autre manifestation interdite, écologiste aussi, et qui est sur un projet sensible également, n’a pas du tout eu le même type de du maintien de l’ordre qui s’est déployé et que de ce fait ça s’est bien passé avec les mêmes organisateurs. Ce qui est intéressant aussi.
David Dufresne
Oui, les Soulèvements de la Terre. Précisément, toi qui es avocate, Nathalie, on en profite, on fait une petite consultation juridique gratos, cela fait un petit bien de nous rappeler qu’une manifestation qui n’est pas autorisée…
Nathalie Tehio
Je t’arrête tout de suite, je peux plus supporter ce mot, On est dans un régime de liberté de manifester et donc liberté de manifester ça signifie qu’on ne peut pas avoir à attendre l’autorisation de l'État. C’est pas possible puisque justement c’est une liberté. Donc on ne fait que déclarer une manifestation. Pourquoi ? Alors il faut bien se dire que deux après la Cour européenne des droits de l’homme, l'État a l’obligation positive de devoir protéger les manifestants. On dirait pas mais d’après ce que fait la France et c’est bien pour ça.
David Dufresne
Oui oui bien sûr.
Nathalie Tehio
Et c’est d’ailleurs l’ONU qui s’inquiète. Le principe c’est que l'État doit protéger les manifestants. Et donc la déclaration de manifestation, elle sert à ce que l'État organise la façon dont il va faire, ce qu’on appelle le maintien de l’ordre. Mais déjà en soi, c’est en soi problématique aussi. Que ce soit le passé, pour qu’on se comprenne, on va employer ce terme. Donc l'État organise le maintien de l’ordre, mais il doit l’organiser dans le but de faire en sorte que ça se passe bien et au sens où les gens puissent manifester. Et donc là, quand on parle d’autorisation, c’est comme si on donnait les clés au pouvoir pour dire vous avez le droit ou non de vous exprimer. Non, c’est une liberté. Et je le dis d’autant plus que, au moment du décompte, finalement, il n’avait pas été permis de se rassembler pour manifester ce qu’on a attaqué. On a, on a dit c’est une liberté. Et ensuite, quand ils disent quand on a gagné, ils ont tout de suite transformé la déclaration, la la simple déclaration préfecture, ils l’ont transformée en demande d’autorisation. Et du coup, on a encore attaqué et nous avons encore gagné parce que c’est une liberté. Mais le problème, c’est que c’est tellement entravé alors que c’est censé être une simple déclaration, c’est tellement entravé, il y a tellement de difficultés à obtenir, de manifester aujourd’hui que pour tout le monde maintenant, c’est devenu une autorisation. J’ai été interrogé par la commission d’enquête par le rapporteur. Florent Boudié m’a parlé encore de manifestation autorisée, et quand je lui ai fait la remarque que c'était pas le régime juridique dira oui Donc, comme si ça n’avait aucune importance. Mais si ça c’est important parce que c’est une liberté.
David Dufresne
Maître, on voit vos convictions mais je n’interviens pas en fait, Ne vous inquiétez pas Maître, je voulais simplement vous poser la question de l’interdiction puisque parfois il y a des arrêtés d’interdiction, n’est ce pas ? Et il y en a de plus en plus. Je voulais juste que tu puisses rappeler que ce n’est pas parce que c’est interdit qu’il est illégal d’y aller. Il y a un distinguo, c’est ça ?
Nathalie Tehio
Ah ben oui, c’est justement D’ailleurs quand tu dis que ce soit déclaré ou non déclaré, le préfet peut prendre un arrêté d’interdiction. Parce que ça, il y a eu beaucoup de confusion là dessus. Et en fait certains ont même contesté le fait d’avoir été verbalisés parce qu’il y avait eu un arrêté alors même que c'était pas déclaré. Et la cour de Cassation l’a précisé en disant non, peu importe, c’est du moment que le préfet est au courant et prend un arrêté d’interdiction. Le fait de se rendre à la manifestation, c’est illégal, c’est une contravention de la quatrième classe. Et donc on peut être verbalisé. Quatrième classe c’est 750 € maximum devant un tribunal, c’est ça peut faire l’objet d’une amende forfaitaire qui est à 135 €.
David Dufresne
D’accord, mais donc ça signifie que les gens qui étaient à Sainte Soline puisqu’on va revenir sur le sujet, C'était donc une manifestation, un rassemblement qui était interdit, donc de facto, tout le monde était dans l’illégalité à ce moment-là. C’est ça ?
Nathalie Tehio
Oui, mais c’est une contravention. Il faut, il faut quand même ramener à sa juste proportion. C’est à dire que normalement c’est juste de la police judiciaire, c’est à dire on dresse des contraventions, c’est tout. Et et ça veut dire une amende de 135 €, ça ne justifie aucunement l’emploi de la force. C’est une contravention. On ne peut même pas vous interpeller, ni vous placer en garde à vue sur une simple contravention.
David Dufresne
Pierre il ne faut pas que tu hésites à parler plus fort, comme je t’ai vu dans la rue parler plus fort quand on était venu à la manifestation à Toulouse. C’est que tu as un charmant garçon, mais n’hésite pas. Je voudrais que vous nous parliez d’abord de la méthodologie, puisque on va venir au fait que. Vous prouvez par A plus B que les hostilités ont démarré. Et grosso modo, je le lis comme ça par les gendarmes, et notamment un peloton particulier sur lequel on va, on va, on va rester assez longtemps, qui est le fameux peloton. Muni de quoi ? Je vais montrer des photos dans quelques instants, vous démontrer qu’il y a eu une entrave, des Au secours ! Mais j’aimerais d’abord qu’on parle de votre méthodologie qui est absolument d’une précision, d’une minutie, d’une rigueur qui fait qu’on va pouvoir vous écouter, qu’on va pouvoir suivre ce rapport de manière sérieuse. C’est quoi votre méthodologie ? Comment ça se passe pour faire un tel rapport ?
Pierre Bernat
Alors d’abord, ça se passe sur le terrain,parce que le principe des observatoires, c’est quand même d’aller sur place, de pouvoir prendre des informations, de pouvoir prendre des photos, de pouvoir filmer. Et ensuite seulement, on prend le temps de compiler ce que tous les observatoires en fait, vu que là, les dieux Au début il y avait plusieurs observateurs sur place et. Organismes Et chacun des observatoires a eu, chacun fait son propre compte rendu et on compare tout simplement les comptes rendus pour voir qu’est ce qui s’est passé, à quel moment, sur quels cortèges. En plus, on a pu aussi une grande chance d’avoir été autant d’observateurs parce que on a pu aller sur les Indiens, sur chacun des côtés de chacun des cortèges. Ça, c’est super important parce que du coup, on sait que dans des manifestations, il peut y avoir des choses qui se passent différemment d’un côté ou de l’autre. Alors à Paris, n’en parlons pas. Vu le nombre de rues, au moins une petite part un petit peu dans tous les sens à Toulouse, moi je le vois moins, mais en tout cas elles peuvent avancer dans un champ et avoir d’un côté des gendarmes et de l’autre non, mais ça change quand même largement les choses. Du coup, quand on compare les points de vue de chacun des des observatoires, on peut avoir un point de vue direct de l’observateur. Me dire celui qui voit le plus l’action. Mais on peut voir aussi un point de vue légèrement indirect de l’observatoire, le deuxième qui le filmait, le premier dans son action. Donc là on voit quand même des interactions qui sont vachement plus importantes et quand on compare sont venues les minutes, c’est à dire qu’est ce qui s’est passé ? Minute par minute sur une scène, eh bien on va pouvoir affiner nos résultats et peut être uniquement. Bon bah moi j’y vois rien parce que je suis pleine de lacrymos, mais j’entends des explosions géniales. Finalement, je peux pas donner beaucoup plus d’informations que j'étais dans le lacrymo, c'était très dense. Mais le deuxième observateur, ce côté va pouvoir donner des informations supplémentaires et voir parfois si des observations croisées à trois ou quatre permettent de dire avec précision ce qui s’est passé, à quel moment et où bascule là aussi, quand on est dans notre observation. Mais il y a ce qu’on va appeler un effet tunnel dans nos observations où on est vraiment focus et ce qui se passe sur soi. Et en général, c’est des grands moments de stress et et ça, ça ne permet pas de bien comprendre ce qui se passe partout alors que nous on est engagés, soit, mais il y a des regards complémentaires sur les côtés, ce qui vous permettent de définir exactement ce qui s’est passé ou et de le voir avec précision.
David Dufresne
Je me demande à quoi bon.
Pierre Bernat
Ça, c’est la carte des observatoires Nathalie qui fait référence à de ses affinités pour la LDH et s' occupe donc de la diagonale du huit..
David Dufresne
C’est pas assez, pas un mi temps.
Pierre Bernat
Le travail partout et le principe même de pouvoir donner des informations nationalement, là, c’est plutôt sur les manifestations qui se passent partout en France au même moment. Mais là, ça nous permet de voir s’il y a des pratiques qui sont valables partout sur le territoire national ou si c’est des instructions locales. On l’avait vu avec une rencontre inter observatoires il y a quelques années où on se disait est ce que les interdictions de manifester un peu partout pareil ? Est ce que l’heure de dispersion c’est toujours pareil ? On l’avait vu avec les gilets jaunes et tu sais bien David, nous à Toulouse c'était 16 h 30 et je trouvais que d’en parler avec Bordeaux cinq, c'était à peu près à la même heure. Et puis à Nantes c'était la même heure et au final on se rend compte que c’est disponible partout.
Nathalie Tehio
Et pas à Paris. C’est assez intéressant pour ça, pour faire des comparaisons. Mais tu n' as qu’une page, David, où tu montreras. On a mis à certains moments et les illustrations de différents métiers pour montrer pour les JO.
David Dufresne
J’allais y venir. Il y a un terme que vous employez tout le temps Euh c’est le terme de minuté. Je vais aller chercher la page et j’adore ça. C’est à dire qu’en fait, vous, pendant que vous observez, vous tenez un journal de bord, si j’ai bien compris, qui est plutôt audio. Et ensuite vous allez chacun écrire votre journal de bord et ensuite comparer. En fait, à l’instant T, ce que chacun a pu observer, chacun et chacune a pu observer. J’ai oublié de le dire, vous étiez 18 observateurs d’ailleurs entre nous dans le résumé, dans la synthèse, y a une petite erreur. Il y a écrit que vous étiez 22,comme les flics.
Nathalie Tehio
Non, parce qu’il y a 18 observateurs sur le terrain et il y avait des personnes qui étaient à Melle et notamment les trois avocats. C’est pour ça.
Pierre Bernat
Alors que nous on appliquait le côté back office, C’est important de pouvoir avoir quelqu’un ou des personnes qui coordonnent un peu les observateurs justement en disant bon, l'équipe, je sais pas. L'équipe de Paris nous dit ce qui se passe, un endroit. Est ce que vous qui êtes pas loin là, est ce que vous pouvez vous déplacer de quelques mètres pour voir ce qui se passe ? Ça, c’est de la coordination. On va pas dire qu’on a mis énormément en place une solide, mais il y avait un début de ça. Et ce qui nous permet, quand on a une équipe qui dit qu’il y a un blessé très grave, d’avoir une seconde équipe qui va assez rapidement et d’avoir surtout des aller retours d’information croisés immédiats qui permettent de faire communiquer. Que fait la Ligue des droits de l’homme ? Très rapidement, parce qu’on a des informations concordantes de plusieurs observateurs qui voient la même scène, de plusieurs points de vue différents. Donc on est effectivement 18 sur le terrain, mais faut pas oublier le travail très très efficace des deux avocates de l’avocat et observateur qui était heureusement fait la maline qui est Ahmed mais qui a donné un sacré coup de main et de notre copain toulousain qui a coordonné un petit peu le tout pour voir comment ça se passait. Donc c’est bien deux.
David Dufresne
Ce rapport fait 164 pages et vous allez prendre quatre mois pour remettre ce travail. Je me souviens, Pierre, de discussion tous les deux, ou tu me disais on peut rien dire, je peux rien te dire, il faut attendre le rapport et je respecte évidemment. Évidemment ça fait quatre mois que le travail semble acharné. Quand on voit le sérieux de votre enquête, c’est le signe d’un temps incompressible. Est ce que vous pourriez aller plus vite, faire des rapports intermédiaires pour répondre parce qu’on va y venir ? Le quatrième point de du rapport parle de la communication de l'État. Est ce que vous avez des possibilités d’aller peut être plus vite pour pouvoir agir plus rapidement face à ce que vous appelez les mensonges d’État ?
Nathalie Tehio
Oui, parce que là, c'était la première fois qu’il y avait un inter observatoire, c’est-à -dire des personnes qui ne sont pas habitués à travailler ensemble puisque chacun travaille sur sa ville. Paris, L’observateur parisien à Paris, L’observateur toulousain à Toulouse. Et donc c'était la première fois qu’on faisait quelque chose ensemble. Ça veut dire un moment d’adaptation et ça prend pour pour rédiger, pour déjà faire les manchettes. Ça prend beaucoup, beaucoup de temps de faire des retours.
David Dufresne
Bien sûr,
Nathalie Tehio
Comment retranscrire tout ce extrêmement long un sur un minute par minute comme on l’a dit. C’est pour ça que ce qu’on appelle minuté, mais aussi faut remettre en ordre, regarder ensuite. Donc ça c’est donné. Ce sont les notes qui sont prises par dictaphone, les notes audio. Mais après il faut aussi regarder les vidéos pour voir si ça correspond bien. Un par exemple sur l’horodatage de la vidéo, qu’on soit bien d’accord aussi sur ce qui a été mis en audio. Parce que parfois l’audio chaque fois par exemple une montre qui est pas très précise, on peut alors qu’avec l’horodatage, c’est ça la zapette, ça va être d’une minute, une minute plutôt une minute plus tard, comme ça, ça peut être. Donc je reprends tout ça et puis ensuite faut comparer les minutes. Alors ça prend beaucoup de temps maintenant, c’est vrai qu’il a eu du temps d’adaptation qui, si on avait été plus habitué à travailler ensemble, on aurait gagné du temps, ça c’est clair. Faire un rapport intermédiaire, c’est pas possible.
David Dufresne
Parce que chacun comprend bien de quoi il s’agit quand on parle de minutes. Voilà, je viens d’en mettre un à l'écran. Usage des grenades lacrymogènes par les PM c’est ça ?
Nathalie Tehio
Oui, oui.
David Dufresne
On va y venir. C’est des gendarmes en quad Et donc on voit en première colonne et vos camarades de la Gironde, la deuxième, c’est pas rien. La troisième Paris deux, Toulouse, Toulouse, Poitou-Charentes. Voilà, c’est ça, votre minute. Et là, ce qui vous permet d'être extrêmement précis et effectivement de sortir du tunnel dont tu parlais, Pierre puisque il s agit de comparer vos données je vous propose qu’on démarre comme si on était à Sainte Soline, c’est à dire qu’on y aille chronologiquement ; la première des choses c’est en fait ce que vous allez observer, c’est le travail de renseignement, de contrôle routier,comme tu l’as dit Nathalie précise comme tu étais, où il y a eu plus de 24 000 contrôles, 24 000 contrôles de véhicules selon Gérald Darmanin, et qui n’ont donné lieu qu'à 20 ouvertures de procédure, soit quelque chose qui va faire le régal de McKinsey en terme d’efficacité puisque les gendarmes sont à 0,08 % des contrôles efficaces, 0,08 %, 20 procédures pour 24 000 contrôles. Ça fait ça, c’est que McKinsey ils vont pas être contents.
Pierre Bernat
Est ce qu’ils ont des parts de marché à gagner ?
David Dufresne
Alors ces contrôles ? Qu’est ce que vous pourriez en dire ?
Nathalie Tehio
Il y a eu de ces arrêtés d’interdiction et notamment l’interdiction de port et de transport d’armes lourdes jusque là. Et de toute façon les armes sont interdites en France également le transport d’armes, donc ça ne ferait que redoubler. Ce n’est pas quelque chose d’intéressant. Et ça étant réservé aux hommes par destination et. Et ça c’est problématique parce que bon, déjà il y a eu toute une argumentation juridique, mais je vais pas développer parce que je vais perdre tout le monde je pense, mais la Ligue des droits de l’homme a attaqué et elle a été ensuite très attaquée par notamment Isabelle Borne. Elle a dit qu’elle ne comprenait pas pourquoi la Ligue attaquait l’arrêté de port d’armes par destination. Mais il faut bien comprendre qu’il y a deux façons de considérer l’arme par destination. C’est soit lorsque un objet quelconque a été utilisé pour blesser quelqu’un par exemple, je ne sais pas. Moi j’ai ma souris et ma souris, je la balance. Imaginons que tu sois en face de moi, je te balance le visage et je casse tes lunettes. Mais c'était toi que je visais. Est-ce que je te blesse ou pas ? Peu importe, parce que de toute façon, ce sont déjà des violences. Donc. Bon, ça c’est calme et ma souris devient une arme par destination. C’est à dire c’est pas une arme par nature, c’est pas conçu pour ça, mais c’est une arme par destination, c’est à dire l’usage que j’en ai fait. Je m’en suis servi comme d’une arme. J' ai balancé un verre d’eau. Tu reçois le verre au visage, c’est pareil, c’est tout objet. Mais on comprend bien que ça n’est peut être qu’après utilisation. Et ça c’est le cas pour les violences. Pour autant, il existe aussi une infraction qui est le port d’armes en manifestation. C’est interdit de venir avec une arme en manifestation et la Cour de cassation a une interprétation qui est également un peu extensive. Elle dit que ce n’est pas seulement l’arme par nature, mais c’est aussi l’arme par destination. Mais elle précise qu’il faut que l’arme soit. Parce que c’est le texte de 132 75 du code pénal qui définit l’arme. Elle précise qu’il faut que l’objet soit dangereux. En soit et que le. Il y a des faits qui matérialisent l’intention de la personne de s’en servir comme d’une arme. Donc ça va. Quand on est à une manifestation, qu’on a des boules de pétanque, on se dit ok, c’est dangereux en soi. Et en plus de ça, c’est effectivement on ne voit pas très bien ce qu’on va faire avec des boules de pétanque sur une manifestation, donc ça matérialise l’intention probable de s’en servir comme projectile. Mais encore une fois, la personne a le droit de se défendre derrière et de dire non. En fait, voilà ce que ça va être un peu compliqué. Mais elle peut. Mais le problème quand il s’agit d’un arrêté d’interdiction et comme celui qui a été pris, c’est que du coup ça peut être tout objet et le périmètre qui a été choisi par les préfets parce que là c’est la préfète des deviennent des Deux-Sèvres et le préfet de Vienne, le choix qui a été fait et de couvrir 30 communes. Donc en gros plus non, je ne sais pas le nombre de commission jusqu'à 30 kilomètres tranquille, et sur ceux sur un grand nombre de jours, c’est-à -dire avant la manifestation et longtemps après la manifestation. Ce qui veut dire que si vous avez. Je reprends un exemple de boule de pétanque, vous avez des boules de pétanque trois jours après la manifestation et on peut quand même vous dire que vous êtes en illégalité, vous ne respectez pas l’arrêter parce que vous êtes dans la zone des 30 kilomètres et vous êtes à trois jours de la manifestation. Mais en quoi est ce que avoir ça dans sa voiture en cas de sa voiture ? Trois jours après, c’est la manifestation de quelqu’un qui est dangereux lors de la manifestation. C’est ça qui est décrié, ça n’a aucun sens. Il faut bien comprendre aussi que comme ce ne sont pas c’est pas la même chose que lorsque la Cour de cassation statue, eh bien les policiers vont décider ce qui est pour eux un une arme par destination ou pas, ils vont le ils vont le décider c’est l’arbitraire total du policier et on le voit bien, peut être que tu peux raconter parce qu’il y a eu un contrôle de Toulouse qui a abouti que je vais te laisser.
Pierre Bernat
Exactement ça c’est le nom de la manifestation. Alors donc du coup tu voulais faire dans l’ordre, c’est rattraper, mais quand on quitte la manifestation, nous, l'équipe de Toulouse, la deuxième équipe de Toulouse, on se retrouve dans un contrôle où ils vont nous demander d’ouvrir le coffre les papiers du véhicule, tout ça. Il nous demande d’ouvrir le coffre et regarde. Nous, on dit c’est un casque. Et oui, parce qu’ils n’ont pas le droit de fouiller le véhicule, donc qu’il n’y a pas de PJ qui est présent et ils commencent à faire leur petit marché comme ça. Alors le casque c’est interdit. Je vais ramasser une balle de LBD, c’est interdit et on se retrouve comme ça à voir concrètement un casque de vélo qui est saisi comme une arme par destination. Avoir une caisse de grenades, c’est des grenades explosives qui balancent des plots là, qui ne représente aucun danger, qui se retrouve saisi comme arme par destination et on se retrouve avec des masques qui sont saisis comme une arme par destination. Et du coup on se retrouve avec une situation comme ce qui est ubuesque en disant bon ben c’est saisi ça c’est pas saisi, on sait pas pourquoi. Alors les copains se sont fait saisir des lunettes de piscine. Mes lunettes à moi n’ont pas été saisies. On comprend parfaitement. Le casque de moto d’un observateur a été pris, Le casque de vélo aussi, on comprend pas ce que c’est et c’est soumis totalement à l’arbitraire. Quand je signale aux gendarmes que ça semble arbitraire comme ça, ils disent alors vous du coup, je vais regarder votre pièce d’identité plus longuement et je vais faire tous les contrôles possibles, même pour bien vérifier que vous êtes pas un terroriste. Non seulement on a cet arbitraire là où on est comprimé parce qu' on ne pique que ce qui se trouve dans le coffre. Et en plus on dit attendez, vous êtes sûr que vous respectez bien la loi parce que vous n’avez pas votre vélo et que ça semble un petit peu abusif, puisque c’est ça, on va faire des contrôles supplémentaires.
Nathalie Tehio
Donc on demande le Rio, c’est le matricule.
David Dufresne
Ici, on ne connaît pas tout le monde par son matricule dans le tchat. Et d’ailleurs dans le tchat, c’est le matricule P. 31 je crois, non ? C’est ça ton matricule dans le chat les amis ? Comme on n’a que jusqu'à 11h, il faut qu’on il faut qu’on avance. Donc on revient au début, vous arrivez et vous voyez un certain nombre d’hélicoptères. Là, il y en a quatre d’un coup dans la même image. Vous allez voir ensuite cette drôle de camionnette de la gendarmerie. Photo prise depuis la position des observateurs de Toulouse aux alentours de Lusignan. Il s’agit d’un véhicule de surveillance que vous montrez ici qui est déployé différemment C’est quoi ce véhicule ? Vous savez de quoi il est équipé ? Là, c’est le véhicule bleu qui est dans le fond.
Pierre Bernat
Alors on ne sait pas exactement de quoi il est équipé. Puisque mon observateur n’a pas besoin d’entrer dans ce genre de véhicule.
David Dufresne
On pense qu’il s’agirait d’une camionnette d’interception.
Pierre Bernat
On pense que c’est une camionnette qui intercepte tous les sons des communications autour et il s’agirait pour le coup de policiers, pas de gendarmes si je ne me trompe pas.
David Dufresne
Ah non, là c’est un bleu roi de la de la maréchaussée.
Nathalie Tehio
Peut être, peut être pas.
Pierre Bernat
Et bien oui, mais en même temps le véhicule est banalisé. Je ne suis même pas sûr qu’il ait des plaques de police là. Il faudrait que je vérifie ce que je dis.
David Dufresne
Proposition dans le tchat qui parle de lecteur de plaque à tous les coups en tout cas. Un attirail que nous ne connaissons pas. Il est également pris de loin. On arrive sur le sur le lieu de la manifestation. Imaginons, on a passé les contrôles. On voit que les policiers filment, eux prennent des photos. Donc il y a tout un travail de renseignement. On voit des photographes gendarmes qui utilisent des téléphones portables et pas uniquement des vidéoscopes, des caméscopes. Vous voyez des gendarmes qui vous prennent en photo, qui prennent en photo, des observateurs. Ensuite, on va dire que la manifestation s'élance. Il y a trois cortèges. Est ce que vous pouvez rappeler les couleurs des cortèges et que désignaient en fait ces trois cortèges ?
Pierre Bernat
, alors les trois cortèges : un cortège rose nous donne les rapports. Le rapport, on le désigne par les couleurs uniquement, mais en gros ou lâchement, on dit en gros c’est un animal emblématique de la bassine qui est accolé avec un nom de couleur, donc d’une ou deux roses je crois. Que ces cortèges vous protègent bleu jaune sur les réseaux sociaux, donc c’est pas un secret. Le cortège rose était décrit comme plus pacifique et les cortèges bleu et jaune comme plus déterminés. Ce qui veut dire beaucoup plus équipé aussi. On ne va pas se le cacher non plus avec des départs qui sont différés selon. Selon le cortège, c’est le cortège hausse qui commence à partir et qui fait long des tours pour prendre tout le monde au village et ensuite les deux autres cortèges qui vont suivre le bleu et ensuite le jaune qui reviennent. Moi j'étais sur le cortège jaune et je crois que c’est Paris qui sur les deux cortèges, sur le côté bleu, les deux observatoires, là c’est bien décrit dans le rapport, il y a des positions à chaque fois de chacun des observateurs. Et on avait l’observatoire via les observateurs de Toulouse et de Poitou-Charentes qui étaient sur le cortège.
David Dufresne
La manifestation part en milieu de matinée et j’avance pour aller évidemment là où là où il y a eu des problèmes. Il est 12 h 30 et il y a ce que vous appelez la rencontre avec le peloton motorisé d’intervention et d’interpellation, le PM et les premiers heurts. C’est ça, C’est donc ce sont ces gendarmes munis de quad, espèce de brav, de brav champêtre qui intervient Ils se déplacent donc très rapidement. C’est des quads alors que tout le champ est plein de boue. Il faut s’imaginer un peu. On a marché plusieurs heures vraiment dans la boue et donc ces quads se déplacent très très rapidement et ils se portent immédiatement au devant du cortège bleu. Et on va dire qu’il est dans la même minute. arrive devant le cortège bleu, un feu d’artifice qui part à des dizaines de mètres d’eux et une grenade immense des lacrymogène.Du côté du cortège, le nôtre, ça c’est le prof des champs nous dit Oui, mais oui, c’est ça, c’est c’est complètement ça. C’est arrivé ici, ça part de partout.
David Dufresne
Alors ce que vous démontrez dans vos minutes, c’est que pour vous, ça ne fait pas de doute que la première sortie de ces quads devient à 11 h à 12 h 35, c’est le premier contact avec les manifestants et que, selon vous, les gendarmes attaquent les cortèges sans sommation et sans raison apparente. Car à ce moment-là, tout est calme.
Pierre Bernat
Alors ceci, c’est un point important parce que le ministre et la préfète en ont beaucoup parlé. Donc, on va essayer de prendre le temps de bien expliquer.
Nathalie Tehio
Absolument.
Pierre Bernat
Non seulement nous, on a des observateurs, mais le principe de faire un rapport si longtemps après, c’est de pouvoir accumuler aussi des sources extérieures n’a pas pris beaucoup. On en a pris quelques-unes et il se trouve qu’il y avait des journalistes de complément d’enquête qui filmaient des deux côtés. Moi, j’avais une équipe qui nous suivait, nous, l’observatoire de Toulouse. Il y avait une équipe qui suivait la gendarmerie et on voit donc le chef des gendarmes qui donne l’ordre à ce deuxième de se porter au contact machin et il dit clairement ce qui va se passer et dit vous avez l’usage des armes et vous faites un tir de dispersion. Mais à partir du moment où on dit ça, c’est du maintien de l’ordre, on rentre dans le maintien de l’ordre. Mais il y a des codes pour ça. Et alors Nathalie, pour te citer tous les articles précisément, mais concrètement, il faut des sommations, il faut que ce soit nécessaire et proportionné. On rentre dans l’usage classique. Est ce que on va dire que bon, on peut pas être sûr que le feu d’artifice y parte avant ou après de l’engrenage ? On a pas un truc exact parce que le feu d’artifice, le temps qui s’allume et la tornade de temps qui descendent arrivent à peu près en même temps. N’empêche que si le chef plusieurs minutes avant, il dit vous avez l’usage des armes, c’est qu’ils vont s’en servir. Donc l’usage des armes est déterminé à l’avance. Quel que soit le comportement des manifestants. Il est fait sans sommation puisque personne n’a entendu de sommations et que la brigade est là pour réguler. Et aucun observateur d’aucun observateur ne l' a jamais vu. Bah non, il n’y a pas eu de sommations alors que les gendarmes en ont la capacité et le lanceur cougar et il est très facile de mettre dessus la fameuse fusée rouge qui fait office de sommation. Et ils auraient très bien pu faire comme ça et le faire plus cool sur le surf en tirant des fusées rouges. Personne n’aurait rien compris à ce qui se passe, mais au moins on était dans la légalité et le minimum qu’on demande. Une des forces de l’ordre, c’est d’agir. L'égalité. Or là non, là on arrive avec bombe. Il y a peut-être des feux d’artifice en même temps, mais en tout cas il y a une masse énorme de gaz lacrymogène qui s’abat sur des manifestants qui ne comprennent pas, qui commencent à courir. Euh. Et est ce que c’est nécessaire ? Est ce que c’est proportionné ? Bah non,
David Dufresne
Vous avancez le chiffre de 5000 grenades lancées en moins de 2 h 01 sur combien de manifestants ?
Pierre Bernat
Ça fait partie donc des sources extérieures vu que c’est le rapport de la gendarmerie. Il faut dire aussi quelque chose de ces grenades, c’est que 5000 grenades, oui, mais 5000 balles de quel type ? Est ce que 5000 grenades lacrymogènes c’est pas du tout pareil que 5000 grenades ? Euh je sais pas si tout le monde dans le live a entendu que c’est une grenade explosive qui vit, qui explose on va dire une paire de mètres de vous, concrètement, on n’est pas bien. Ce n’est pas du tout la même chose. La grenade lacrymogène MP sept ou celui six qui arrive, ou une grenade explosive. Et ce n’est encore pas la même chose. Les grenades sont basées sur l’explosion, la détonation, que ce soient les assourdissantes ou celles avec les petits plots. Donc 5000 grenades, oui, on a le décompte exact de chacune des grenades. Mais par contre, ils ont mis en route toutes les grenades lacrymogènes quel que soit le type. Et ça nous pose un sacré problème parce que chaque explosion qu’on entend et quand on arrive sur le site de la bassine aussi, l’effet est saisissant parce qu’on arrive et c’est de l’explosion en permanence. On a rythmé toute notre observation avec ces bouts d’explosion. Donc on sait qu’il y a eu énormément de grenades de de zèle parce que les grenades lacrymogènes n’explose pas, ne font pas une détonation. Mais le rapport de la gendarmerie, bizarrement, il omet de dire combien de canettes d’explosifs ont été lancées et. Et c’est très saisissant d’avoir. D’abord parce que ce sont ces grenades là que, dans leur propre rapport, les gendarmes disent qu’ils sont efficaces contre le bloc bloqueurs entre guillemets, parce que. Est ce que tous les cortèges étaient en black blocs constitués de blocs ? Je ne suis pas sûr, mais bon, on va laisser ça de côté. En tout cas, c’est clean, honnête, lacrymogène ou toi qui ont un effet lacrymogène. D’accord, mais moi j’aurais bien aimé que la gendarmerie nous dise comme une grenade explosive parce que si une grenade explose ça fait des dégâts.
David Dufresne
Rappelons qu’il y a une dizaine d’années, les grenades lacrymogènes étaient faites pour les dispersions, pour les fins de manifestation et pas du tout pour être le début des festivités on va dire..Et que l’idée c'était quand même de disperser la foule. C’est-à -dire c'était une grenade pour 300, 400 personnes ou moins si c'était un groupe proche des forces de l’ordre. Mais là on voit bien qu' on est dans des proportions qui n’ont rien à voir. C’est-à -dire c’est quasiment une grenade par un manifestant. Et ça, on l’avait vu notamment avec eux, avec les gilets jaunes. On se souvient de l’acte trois 1ᵉʳ décembre 2018 où il y avait eu des milliers et des milliers de grenades dispersées autour de l’Arc de Triomphe. Donc ça, c’est ce que c’est ce que vous allez vous allez constater. Mais alors ça va au-delà de ça, puisque vous écrivez, page 45, que, selon le militant de l'équipe Toulouse Poitou-Charentes, à chaque retour, les observateurs constatent que les quads sont très joyeux, paraissent s’amuser de ces charges à grande vitesse. Alors ça, par exemple, c’est des petites choses que la presse n’a pas pu relever dans ses articles parce que ben voilà, il n’y a pas le même temps qu’on peut disposer d’ici, mais j’aimerais qu’on parle. Si, toi, Pierre, tu as vu cette allégresse policière, où est ce que vous pouvez l’un ou l’autre nous expliquer comment vos collègues observateurs ont perçu cette cette joie policière dans la cavalcade, dans la “chevauchée fantastique”.
Pierre Bernat
Alors peut être que Nathalie pourrait en parler parce que c’est un petit peu le même principe que la Brav M à Paris eux mêmes, cette espèce d’exaltation de la vitesse et de l’usage de la force pour Sainte Soline. La citation exacte, c’est mon collègue, donc, qui était sur le côté, Joukovski qui en parle, puisque qu’on y voit de l'écho de Derrida, car je sais, je suis un grand bonjour, mais quand il les voit, effectivement, il les entend parler et donc il parle de cette allégresse là. Moi je l’ai pas vu donc et bah je constate surtout sur sa vidéo là merde, on a pas tout en vidéo non plus. Moi ce que je peux en dire clairement, c’est qu' après avoir utilisé leurs grenades à côté de nous par exemple, ils ont commencé à faire un huit. Le petit, c’est grand, ils ont pris quoi là ? Et donc le chef à priori du groupe qui commençait à faire des ronds et un huit avec que petit à petit, tous les couacs qui rentrent là dedans, on était sur une scène ubuesque de rire. Des jeunes quoi. Je m’amuse à faire des ronds un peu partout pendant mes petites balances de la lacrymogène, c’est totalement déconcertant et on comprend pas ce que ça vient faire du maintien de l’ordre fameux. On se retrouve avec moi, J’ai l’impression d’avoir affaire à des jeunes qui s amusent c’est quasiment ça. On est sur du rodéo. Est ce que je vais faire avec mon quad comme ça, moi ? Sérieusement, on est sur du maintien de l’ordre où on fait, on fait mumuse entre potes.
Nathalie Tehio
Ce qui était grave aussi, c’est l’emploi du LBD parce que ça c’est interdit dans la mesure où c’est extrêmement dangereux comme arme de guerre encore une fois, et contre laquelle on a essayé de faire interdire par le juge administratif. Et au départ, Gérald Darmanin avait dit que non, il n’y avait pas eu emploi parce que c’est interdit. Interdit d’utiliser, ça veut dire depuis un quad.
David Dufresne
Depuis le quad en mouvement.
Nathalie Tehio
En mouvement, tout ça.. Puis logiquement maintenant, si on suit le c’est non seulement à l’arrêt, mais c’est où il faut être statique pour pouvoir assurer. Mais aussi avec un superviseur qui veille. Il y a des conditions pour son usage normal. Et là ça a été depuis un quad en mouvement effectivement Il a fini par rejoindre et faire reconnaître par celui du GIGN qui a dit oui. Effectivement y a eu des tirs en mouvement. Mais et c’est là le seul cas où on peut le faire, c’est parce qu' il était en légitime défense. Et c’est contre cela que le rapport s’insurge, qui dénonce le fait qu’il n’est absolument pas question de discuter
David Dufresne
Alors sur la question de l’argument de la légitime défense, quel est l’argument des autorités pour dire bah voilà pourquoi les quad sont partis.
Pierre Bernat
Le choix des mesures de légitime défense, ça fait beaucoup de mal à entendre l' argument puisque tu te retrouves avec une débauche de quads au milieu de manifestants qui arrivent d’assez loin en plus, mais ils passent quand même au milieu du cortège. Et on commence à dire légitime défense parce qu’il y a des gens qui ne sont pas contents
Nathalie Tehio
Mais en fait j’espérais rien de démonter ça. C’est parce qu’il y a des critères précis pour la légitime défense qui sont les mêmes d’ailleurs, que ce soit des policiers, des gendarmes ou non. Et c’est exactement le même texte. Les critères, c’est le fait que l' agression soit actuelle au moment qu’il y ait une contre une coïncidence entre l' agression et la réponse qui vient derrière la défense, c’est juste après l' agression. C Il faut que ce soit vraiment au moment de l' agression et pas au bar dix minutes après, quinze minutes après parce que là ça devient de la vengeance. Donc on est sur une agression actuelle et le fait que la défense soit rétro soit proportionnée par rapport à l' agression. Et donc là la question c’est est ce que on est dans ces critères là ? Et ce qui est, ce qui a été montré, c’est que les feux, les tirs de mortier étaient hier on en a eu mais ils étaient silencieux. De toute façon, au moment où il y a eu le tir du LBD, c'était déjà passé donc on est plus sur l' agression actuelle et de toute façon ça n’a touché aucun gendarme. C'était vraiment de loin et au moment où ils disent eux qu’ils étaient un qui s'était complètement encerclé, que du coup ils pouvaient plus faire autrement pour se dégager. Sauf que aussi bien les images que les constatations audio des observateurs montrent qu’il n'était aucunement encerclé, qu’il y avait plusieurs dizaines de personnes. Donc il y avait la possibilité d' encercler 40 quads et après ils se sont amusés. Donc on voit bien que c’est pas du tout, mais c’est pas du tout le cas. Et donc il n’y avait pas non plus d’agression. Alors après ils ont dit ont tiré sur un homme en orange qui tenait un mortier et qui avait déjà tiré et qui du coup on pensait qu’il allait répliquer à nouveau. Toujours pour. Pour déterminer cette histoire, est ce qu’il en est bien dans une agression actuelle ? Et si effectivement le gendarme a déjà reçu un tir de mortier et pense qu’il est en train de vouloir retirer un autre sur lui, alors là effectivement on reste dans l' agression factuelle. Le problème c’est qu’on a pu documenter que ce que ce cet homme habillé tout en orange, il avait un chiffon jaune à la main. C n est pas un mortier, il avait un chapeau jaune et il a jamais tiré quoi que ce soit sur eux, sur un gendarme. Donc voilà, l’idée c’est de démonter aussi. C’est ce qu’il a fait. C’est à dire que cette fois ci, c’est pas seulement un rapport d’observation pure, mais c’est l’observation en compte qui permet de contredire le rapport de l’IGPN. Et le rapport de l’IGPN venait pour justifier le fait que on fait rien, y a pas lieu de voir des hommes avoir une enquête administrative sur cette question là. Pas d’enquête, elle est passée et elle est close dans la mesure où le gendarme agit en état de légitime défense. Mais tous les arguments qui sont donnés montrent qu’en réalité on n'était pas dans les conditions de la légitime défense.
David Dufresne
D’où l’importance de prendre du temps. Je fais un petit, un petit, un petit rappel pour ceux qui viennent d’arriver. Il y a environ 600 personnes. Nous sommes avec Nathalie et Pierre de la Ligue des droits de l’homme, l’un de Toulouse, l’autre de la région parisienne. Et nous parlons du rapport saisissant, je dois le dire, qui pour moi constitue un modèle du genre de la part des observateurs qui étaient sur place à Sainte Soline ce rapport est sorti hier. Il est disponible. C’est un PDF de 164 pages. Pierre était sur place. Nathalie est avocate. Pierre nous raconte ce qu’il a vu, raconte ce que les autres ont vu. Et Nathalie nous apporte son éclairage juridique sur tout ça sur les événements avant même l’arrivée des manifestants aux abords du chantier de la méga bassine.
Nathalie Tehio
Ce que vous voyez, il y a eu des tirs de gazage de manière indiscriminée, abondante. Sur le cortège, on voit une photo à 12 h 58 et en fait il y en a de partout. Donc là c’est avant l’arrivée sur les méga bassines.
Pierre Bernat
Ouais, cette photo là, c’est l’arrivée du troisième côté si je ne me trompe pas en indiquant la photo des collègues. Donc nous on est sur le troisième cortège. Le rose va arriver sur le côté de l’image par la gauche de l’image du convoi. En majorité, je crois que c’est le cortège bleu. Je dis je crois parce que je ne suis pas certaine de l’orientation. Mais alors il se trouve que dans le choix du motif, l’avion qui est un autre observateur et qui a pour but de nous en dire plus. Mais c’est vrai que c’est important d’avoir des regards croisés. Et oui, quand on arrive sur le magazine, c’est immédiatement, énormément, énormément de lacrymogène. Il faut se rendre compte que. On comprend que c’est la bassine, que quand on s' approche suffisamment pour voir, quand il n’y a plus de lacrymogène, que c’est la méga bassine. Heu. Parce que pour aller dans une chambre, on a bien vu qu’il y avait des camions de gendarmes, mais avec la distorsion du terrain. Quand tu vois une bassine qui entouré de camions et plein de gaz, c’est assez compliqué même de savoir où est ce que va se situer l’action. Et tout à l’heure, je parlais de tunnels, parce que moi je sais exactement quand est ce qu’ils le commencent parce que j’ai revu mes vidéos plus tard. Mais je sais qui commence quand je prends mon élan pour sauter un petit fossé qui marque l’arrivée sur le sous sol, on va dire sur le champ attenant à la bassine. Et je sais qui commence là parce que j’entends les premières détonations et que chacune des détonations, je sais ce que c’est. Je sais qu’on a compté des grenades explosives et lacrymogènes. Et il y a. Et je sais que chacune de ces explosions, elle est très dangereuse, et on les entend par dizaines. Moi, quand j’arrive, je saute comme ça y passe une nuit, le temps que les autres observateurs sautent, qu’on se reconstitue, qu’on sache où est ce qu’on va les observer et ou est ce qu’on est suffisamment loin des manifestants pour être visible. Une des forces de gendarmerie et qu’on soit ciblé nommément parce que je rappelle que j’avais une équipe de journalistes avec nous, on est six personnes, donc on sait qu’on peut être pris pour cible, tout comme étant un groupe. Donc c’est important de bien se faire reconnaître des gendarmes. Et on arrive sur la bassine. Moi je veux pas être pris par les grenades là, mais immédiatement je vois une grenade qui tombe pas loin, boum, grosse explosion et tombe sur quelqu’un. On entend médic évacuation, c’est immédiatement hyper violent. Tu arrives, tu vois des blessés tout en tout temps. S’il y a explosion deux secondes après, c’est médic évacuation en permanence. C’est c’est hyper stressant. Tu sais que la grenade peut tomber à n’importe quel moment et ça peut. Toi y a pas de doute, ça peut tout parce que. Mais des fois on tombe sur des groupes, mais des fois on tombe sur des individus et c’est ça qu’on manque, on va dire dans le rapport, c’est à dire que c’est indiscriminée, c’est à dire que ça tombe n’importe où et quel que soit le comportement de la personne qui quitte et qui ciblé. C’est à dire que bah des fois, ben c’est quelqu’un qui est là avec sa bouée gonflable et qui s’est dit bon bah à moi, j’ai pris une bouée gonflable pour plonger dans la bassine et ça se justifie qui prenne une grenade explosive. Et bon, des fois oui, ça tombe sur un bloc, mais n’empêche que ça tombe un l’autre et on ne sait pas pourquoi. Et c’est ça qui est hyper triste, c’est ça qui provoque ce carnage.
David Dufresne
Je montre à l'écran donc vos minutes qui ont voilà 2 h 35 les usages des grenades lacrymogènes. Et je parlais tout à l’heure du côté contre pouvoir que vraiment que vous mettez en place et qu’en fait vous confrontez régulièrement par des encadrés des grilles, vos observations à celle des rapports de la Gendarmerie nationale et de la préfecture de la Gironde. Et on voit que régulièrement certains se sont arrangés avec la réalité. Quand je dis certains, je dirais certaines autorités
Nathalie Tehio
Aussi en cela qu’on est un vrai contre pouvoir le problème c’est qu' il n’y a pas de transparence de la part des autorités qui font des rapports mais qui ne correspondent pas à la véracité ou aux faits qui ont été constatés. C’est assez faible. Un gros souci. Est ce que je peux revenir un petit peu sur cette histoire de grenades ? D’un point de vue juridique, est ce que c’est possible ? Bien sûr. Vas y, vas y. En fait, la situation, si on se rappelle bien ce qu’on a dit au départ, on a bien dit que la manifestation était interdite, qu’il s’agissait d’une contravention de la quatrième place. Et je vous ai dit attention, c’est ça permet juste une verbalisation, c’est tout. Maya Hip hop, même pas y avoir d’interpellation. Or là, on voit qu’il y a emploi de la force, mais avec des armes de guerre. Donc emploi de la force vis à vis de manifestants et de manifestants qui à ce moment là étaient pacifiques. D’ailleurs, au départ, quand il y a eu l’emploi de la force, il n’y a pas eu d’abord des délits de façon indifférenciée, sachant que de l’emploi également de violence vis à vis des gendarmes, au départ, ça n’a pas été, ça ne s’est pas passé exactement comme ça en tout cas. De toute façon, s’agissant de. Et comme il y avait trois cortèges, euh, il y avait de toute façon des manifestations de manifestants pacifiques. Et ça, la Cour européenne des droits de l’homme dit effectivement que même s’il y a des violences sporadiques, ça n’empêche que la liberté de manifester reste pour les autres. En tout cas, qu’il y ait la protection de l’article onze, puisque là c’est pas totalement la liberté de manifester puisqu’elle avait été interdite par les préfets. Mais pour autant, il y a une protection globale et l'État doit continuer à ne pas avoir un impact violent vis-à -vis de manifestants qui le font de façon pacifique. Or là, ce qui se passe, c’est ce que décrit Pierre, c’est que c’est de façon indiscriminée aussi bien sur les journalistes qui sont sur place, aussi bien sur les élus qui sont sur place ou sur les observateurs. Et également qu’est ce qui permet d’engager la force alors qu’il n’y a pas eu de sommations ? Parce que s’il a été considéré qu’il s’agissait d’un attroupement. Mais dans ce cas là, on peut interroger aussi la notion d' attroupement. En quoi une manifestation, tant qu’elle reste pacifique, devient un attroupement ? Il y a une sorte de confusion quand je lis par exemple ce que dit la préfète à l’issue de la publication de notre rapport et qu’elle dit c'était interdit, donc c’est un délit. Là, il y a un problème puisque qu’encore une fois ce n’est qu’une contravention, ce n’est pas un délit, dont de quoi elle peut, à quoi elle peut penser. Parce que je sais comme c’est sur Twitter, c’est très court aussi. Peut être qu’elle se dit c’est la participation à un attroupement qui lui a. Là, c’est un délit, c’est la participation à notre banc. On est d’accord, c’est un délit. Mais pour qu’il y ait attroupement, encore faut-il qu’il y ait des violences commises ou des dégradations. Voilà l’un ou l’autre. Et encore une fois aussi, les violences ne concernent que les personnes et les dégradations, les biens. Mais on ne peut pas mélanger. Les deux sont des infractions distinctes. Donc là, comment se fait il qu’on ait considéré dès le départ qu’il s’agisse d’un attroupement ? Et, admettons, on est sur un attroupement, Comment se fait il qu’on n’ait pas employé les sommations ? Qu’a dit Pierre ? Donc cela signifie que on n’a pas la possibilité de se disperser puisque les sommations c’est fait pour dire aux gens attendez à partir de maintenant, considérez que c’est un attroupement et dispersez vous. Là, pas du tout, puisqu’on emploie tout de suite des armes. Donc ça, c’est aussi un problème. Alors certes, il y a un article, l’article L. 211 neuf du code de la sécurité intérieure qui permet d’employer la force lorsque les gendarmes ou les policiers sont acculés à défendre un lieu, c’est à dire ils ont des ordres qui sont Vous défendez ce lieu et vous n’en bougez pas, Vous tenez la position, mais pas quand on est à un kilomètre, etc. C’est est ce que et est ce qu’il n’y a pas d’autres moyens, notamment d’entrer en contact ? Parce que ce qui a été dit ensuite, c’est qu’il y avait eu des contacts pour demander la modération, il y a eu des contacts, il y a en fait les observateurs, ils n’ont rien vu ni entendu de tout ça. Il n’y a eu ni sommations, en tout cas rien d' audible de la part de toutes les équipes. Donc si ça signifie que là, le droit n’a pas été respecté.
Pierre Bernat
pour les sommations d’ailleurs. Exactement, je retiens qu’une seule équipe qui en entend 1 à 1 moment et c’est un moment très très fugace. Et nous on est des observateurs, on sait très bien ce que c’est une sommation. On connaît le cadre légal, on sait quand même y a plusieurs équipes qui ont énormément d’expérience. On sait ce qui se passe et on sait ce que c’est, des sommations tout ça. Imaginez un manifestant qui ne connaît pas le droit et qui entend un type gueuler une seconde dans son mégaphone. Qu’est ce qu’il peut imaginer de ce qui est en train de se passer ? Et bah concrètement, on passe d’une contravention à un délit ? Et c’est ça qui est fou. C’est à dire que c’est un type qui gueule dans son mégaphone au milieu des grenades et essaie de tuer plus d’une. Tu ne fais pas une contravention, mais tu fais un délit et peut être quand même un problème à ce niveau là. On ne sait même pas dans quel régime on est, à quel moment on sait même pas quel est l’emploi de la force qui va être fait parce qu' on ne comprend pas la situation. Ce qui est dommage. Et en plus ce que je disais, ça ne leur coûterait vraiment pas grand chose de le faire, parce que légalement, il suffit qu’ils envoient des fusées rouges en l’air et ça compte comme des sommations alors que personne ne comprendrait rien. Donc légalement, ils pourraient le faire et ils pourraient se donner le droit. Mais même sous ce petit effort, ils ne le font pas.
David Dufresne
Effectivement, il y a un côté un peu médiéval dans ce qui s’est passé, dans le sens effectivement, on a l’impression que les gendarmes sont là pour tenir une position, quelle qu’elle soit. Celle-ci est particulièrement ridicule. C’est un trou, voilà. Mais ils vont, ils vont la défendre comme au temps jadis des chevaliers, c’est-à -dire tenir une position coûte que coûte. Si je reprends le titre de votre rapport avec plusieurs éléments. Sans mauvais jeu de mots qui sont quand même marquants, qui ont été un peu passés sous silence, c’est l’utilisation justement des PMSI, des produits de marquage codés, et c’est aussi l’utilisation des véhicules blindés. Alors on les avait vus en métropole, on a pas l’habitude de ça. Des véhicules blindés dans le maintien de l’ordre, on les avait vus au moment des gilets jaunes, l’acte quatre, mais c'était vraiment pour le décorum, c'était pour montrer ses muscles, mais pas du tout. Enfin voilà, il y avait défilé et un peu en avance sur le 14 juillet on pourrait dire Je me souviens bien, j'étais là, c’est assez rigolo. Et sauf que là, c’est plus rigolo. C’est à dire que c’est vraiment utilisé, c’est à dire sur des moyens militaires sont des véhicules blindés légers qui sont utilisés. On a vu la semaine dernière que ces blindés, notamment de la BRI, ont été appelés à la rescousse pour le maintien de l’ordre. Donc on est vraiment dans tout à fait autre chose. Ça se passe sous nos yeux, ça s’est passé, nous sommes solides. Qu’est ce que vous pouvez nous en dire ?
Pierre Bernat
Ils ont un impact quand même. Quand on voit des blindés se déplacer, on se dit que là, ça va être vachement moins drôle. Et de fait, ça l’est. Moins je vois, je vois pas assez de solide. En tout cas, je ne vois pas une utilisation qui ferait que le blindé serait devenu obligatoire. Parce que concrètement ce scud utilisé ferme. On est sur une bassine, il y a très peu de place pour eux pour manœuvrer et en plus les gendarmes se sont eux mêmes enfermés dans leur fortin. Le blindé n’a pas vraiment d’atouts tactiques. Un Concrètement, c’est un cougar portatif sur une tourelle. Bon, qui mieux protégé que le jeune homme ? Il est blindé mais voilà. Par contre, l’avantage mais surtout l’inconvénient de la tour ou de la tourelle, c’est que le blindé est plus haut en taille que le gendarme. Donc du coup pour faire le même type de lancer de grenades on va tirer beaucoup plus rasant. Il a un arc de 45 degrés, le fameux arc pour faire un tir en cloche et il n’est pas forcément respecté. Et donc ce qui donne des tirs qui sont vachement plus tendus, qui vont aussi beaucoup plus loin dans la foule. Et donc encore une fois, qui ne tape pas les premières lignes, les éléments les plus déterminés des cortèges pour le dire clairement, mais qui vont taper ceux qui sont derrière. Voire même qui vont taper ce qui fuit, voire même, et on l’a vu avec l’enquête de deux libérations qui vont taper là où les blessés sont rassemblés. Parce que cette tourelle est trop haute et qu’elle effectue donc un tir tendu, donc avec la même force de grenades et on va plus loin.
David Dufresne
Et ça aussi c’est un jeu de mot dans le chat. Concernant l’arc, c’est Jérôme qui le dit l’arc républicain. !
Pierre Bernat
L’enquête de Libération montrera qu' on ne peut pas être sûr, mais il semblerait que la blessure très grave de Serge a été faite soit par le véhicule blindé, soit par les gendarmes juste à côté. Et on peut pas en avoir la certitude, mais vu ce que je disais juste avant avec cette inclinaison du cougar, c’est quand même pas impossible que ça soit dû au tir du blindé.
David Dufresne
Concernant les produits de marquage ?
Pierre Bernat
Alors c’est un produit de marquage codé. On a une une photo, je crois, peut être deux en tout, mais je crois qu’on publie qu’une seule de vente de ce fameux fusil type airsoft qui permet de lancer des débiles. Alors peut être que Anatoly pourra parler. Qu’est ce que ça inspire pour la suite ? Mais là où c’est problématique, c’est que si ces billes là explosent au contact. On a bien vu d’ailleurs sur les deux personnes qui se trouvaient là du marquant, il y a un journaliste On peut pas se dire que ce journaliste là avait participé à commettre un délit à être actif contre les forces de l’ordre.
David Dufresne
Donc tu sais, il y a des journalistes infiltrés partout, donc tu vas vite en besogne. D’ailleurs, on t’a vu invectiver les forces de l’ordre. Je t’invite même à la retenue.
Pierre Bernat
C’est sûr avec six personnes.
Pierre Bernat
Aussi, on a vu des vidéos en live quand même. Ces produits marquent un coup d’essai, c’est problématique pour ça, ça explose dans la foule, on sait que c’est une petite bulle. Et qu’est ce que c’est ? Qu’est ce que ça dit de la suite ? Parce que moi aussi c’est plutôt ça qui qui m’interroge. C’est à dire que là, ils n’allaient pas forcément contrôler tous les manifestants qui partaient et ce sont tous les manifestants qui portaient qui savaient qui était sur le trou de la bassine. Parce que ce n’est pas avec les deux pauvres départementales qui desservent le lieu qu’on pouvait se dire que ça allait être quelqu’un du coin. C'était pas le problème. Par contre, c’est des thèses pour la suite, c’est un sac. Les observatoires c’est important et c’est important qu’il y ait des rapports réguliers de chacun des observatoires. Et c’est important de dire tous les rapports de tous les observatoires parce que ça permet de voir où est ce qu’on en est actuellement et de voir. Ben quand on regarde les rapports de Toulouse, c'était il y a quatre ans, puis y a deux ans et donc du coup on voit l'évolution et puis c’est pareil à Paris, c’est pareil dans chacun des observatoires, là où qu’ils soient, et c’est important de le publier pour ça, ce rapport, pour marquer un point et savoir où est ce qu’on en était en 2023. On était là avec l’utilisation de produits marquants codés.
David Dufresne
Tu veux préciser des choses Nathalie sur les blindés ?.
Nathalie Tehio
C’est sur la question de la preuve. Parce qu' en pénal, autant la preuve est libre de façon globale, autant la police est encadrée dans l’administration de la preuve parce que là c’est l'État et donc il y a une ne peut pas employer n’importe quelle méthode pour pouvoir prouver. Alors oui, il est libre au sens où tant que qu’il y a. En fait, si c’est l’article huit de la Convention européenne des droits de l’homme qui protège le respect de la vie privée et dont la preuve est libre. Donc on est pas dans une hypothèse où du ré violation de l’article huit. Et là si, si, on est dans le cadre du respect de la vie privée par exemple. De ce fait, il y a la nécessité d’encadrer plus précisément, et plus l’intrusion est importante et plus il y a un encadrement étroit. On doit encadrer la façon dont les preuves sont réunies. Or là, c’est quand même sur une des libertés malgré tout, puisque même si c’est si la manifestation était interdite encore une fois, dès lors que les manifestants étaient pacifiques, on reste dans la protection de l’article onze et de ce fait, on reste dans le. La liberté, ce que ce que la Convention appelle la liberté de réunion pacifique, c’est l’article onze de la Convention. Donc, pour moi, il y a une problématique s’agissant d’une liberté qui est exercée un à utiliser, un moyen de preuve qui est sur qui, qui va, qui touche à l’exercice d’une liberté, déjà. Et puis de toute façon, il y a aussi la question de quel est le type de produit ? Comment ça fonctionne ? De la fiabilité ? Tout ça, c’est à interroger. Donc pour moi, il y a un vrai souci sur l’emploi de ça, de ce dispositif pour en plus placé en garde à vue, c’est-à -dire à la limite pour si on n’avait fait que tester, on pouvait pas dire grand chose. Mais là, ce qui se passe, c’est que ça a été utilisé pour placer en garde à vue. C’est à dire que quand on est placé en garde à vue, on a l’idée qu’il y a des raisons plausibles de soupçonner que la personne a commis un délit minimum, un délit passible d’emprisonnement. Mais ça, c’est un problème problématique. Comment un simple un, le simple marqueur du fait que vous êtes sur la manifestation, et encore une fois, ce n’est qu’une contravention. En quoi est-ce que ça justifie un placement en garde à vue ? Ce n’est qu’une contravention. On ne peut pas passer pour un délit passible d’emprisonnement. On ne peut pas interpeller, on ne peut pas servir d’alibi. Donc voilà, c’est toute cette problématique là qui est, qui est derrière et qui fait que oui, c’est fait, c’est ça. En tout cas, moi, je faisais interviewée là dessus, j’ai dénoncé, c’est cet emploi et notamment la façon de l’utiliser pour placer en garde à vue des personnes, y compris donc des journalistes. Le fait que des journalistes soient présents sur une manifestation, même interdite, et alors ? C’est l’exercice de la liberté, justement, d’information qui découle de la liberté d’expression. Donc oui, il était sur place, il est journaliste, il le prouve. En quoi est ce que c’est en soi la raison plausible de soupçonner qu’il a commis un délit ? Donc c’est c’est toute cette problématique là qui est qui montre que ce n’est pas possible d’employer ces produits pour placer en garde à vue.
David Dufresne
Alors vous allez dans le rapport, raconter par le détail, le déroulement des événements il y a eu ces tirs, ce déluge de grenades, de grenades de toutes sortes. Vous y revenez, vous expliquerez combien elles sont réelles et dangereuses. Il va y avoir un moment de trêve et puis à nouveau une confrontation avec, dites vous, des blessés qui sont déjà au sol, qui reçoivent à nouveau des grenades, des projectiles, de la maréchaussée.
Pierre Bernat
Alors je ne sais pas si tu parles du moment de la trêve On marque la trêve et on la marque très faiblement. C’est à dire qu’on met plusieurs observateurs et on était tous d’accord sur l’heure de la trêve. Ça on le dit, mais c’est pour la prime de l’entrave au secours. Mais j’imagine qu’on n’en parle pas au réveil, bien sûr.
Pierre Bernat
Mais cette trêve arrive peu après. C’est comme dans les feux d’artifice un bouquet final, là. Et puis un jour, tu sais que c’est fini, là, et puis tout d’un coup, effectivement, il n’y a plus de gaz lacrymogène. Et par contre quand ça reprend, mais beaucoup, beaucoup plus tard, effectivement, on se retrouve avec des des blessés qui devaient être à nouveau à nouveau déplacés. C’est assez problématique pour eux tout ce qui est pris en charge médicale, mais ça montre aussi qu' ils n’ont pas pu être évacués avant. Parce que c’est tout le problème. On se retrouve à un moment où les blessés ne peuvent même pas être évacués. Malgré qu’il ne se passe plus rien Et seule la communication de la préfecture n’en dit pas grand chose dire on constate que y avait suffisamment de monde pour intervenir avec eux avec le SAMU alors que par contre quand il s’agit de l'évacuation des gendarmes, ça y' a pas de problème. Et même la préfète avait tweeté sur le moment une image d’elle en train de voir le gendarme se faire emporter. Donc pour les gendarmes, c’est possible d' évacuer les gens. Pour les manifestants, c’est quand même vachement plus compliqué.
David Dufresne
Alors je passe sur les armes, mais je montre pour ceux qui voudront aller télécharger le rapport, les différents types d’armes que vous avez vues.
Pierre Bernat
Alors, sur les armes parce que les observatoires en général, on est urbain, on observe les manifs qui sont dans des villes et on se rend pas compte dans les villes de la puissance des armes. C’est-à -dire que le mobilier urbain absorbe le choc, on va dire une grenade lacrymogène en ville. Au pire il y a un peu de flamme, mais ça ne va pas faire grand chose. Une grenade explosive quand elle explose sur le bitume, c’est pas ça qui va endommager le bitume. Je te garantis David, que quand tu arrives sur le terrain insuline pendant cette pause là, nous on a profité de ce moment pour regarder ce qui se passe. Ben tiens, regarde bien l’image là, au pied du gendarme, on voit un trou d’explosion. Je te garantis que quand tu te balades sur ce champ là et que tu vois l’explosion que ça fait, ben tu voudrais pas que ce soit ton pied sous la grenade ? En ville, ça se ressent. Il n’y est pas parce qu' on ne voit pas les dégâts de l’explosion. Et finalement il y a eu une visibilisation comme ça de la violence qui est par contre là sur un terrain boueux, tu le vois tout de suite, tu vois à quel point le cratère de l’explosion, cette image là aussi que tu aimes, que tu mets et le montre bien, c’est un véritable, si ça se voit, que ça a été dangereux. Et c’est-à -dire que l’homme pourra plus nous dire qu' une grenade ça va quoi ? Non non, une grenade oui, quand tu la reçois sur le pied ça explose et y a plus pied. Mais on voit bien tous les effets. Même à quelques mètres, on voit que la végétation est en chute comme sur les chutes. Donc c’est super important de rappeler la puissance de ces équipements là et de faire très très attention. Quels sont les équipements utilisés. D’où notre travail d’observateur d’aller recueillir les preuves de ce qui a été utilisé. Et encore une fois, ce que dit la gendarmerie sur le nombre de grenades ne dit pas le nombre de grenades explosives. Parce que ça, là, encore une fois, cette image-là, en ville, ça ne se voit pas. Là, on voit la puissance de la déflagration.
Nathalie Tehio
Ce qui a été dit en conférence de presse également, c’est que il y a plein de grenades qui n’ont pas explosé et du coup il a fallu que les manifestants placent des marqueurs parce que s’ils marchent dessus, il y a un danger
David Dufresne
Alors Nathalie, si c’est ici fou que tu parles de ça parce que c’est peut être une des photos qui m’a le plus impressionné. Je l’avais notée page 85 et ce sont des bâtons placés en divers endroits par les manifestants pour marquer les grenades qui n’ont pas explosé et qui sont donc encore probablement dangereuses. Que là, on est quand même dans un champ de mines finalement. Je veux dire, c’est c’est ça que ça signifie que ces grenades. On voit ce qui est arrivé. Je vais monter la vidéo, la photo, pour que chacun puisse comprendre. On voit bien la grenade rouge à gauche qui n’a pas explosé et qui est donc encore potentiellement dangereuse. Si c’est une image que j’ai vue hier, je me suis dit mais. Je suis tombé en arrêt
Pierre Bernat
Il faut se rendre compte qu’une personne qui veut pousser cette grenade avec son pied risque de perdre son pied. Moi j’ai rencontré sur place un journaliste indépendant qui me montrait un homme. Je ne sais pas ce que c’est cette espèce de cartouche blanche. Il avait dans les mains l’intérieur, la partie explosive d’une jambe, deux ailes. Il ne sait pas. Le terrain est littéralement miné et ça, on s’en aperçoit immédiatement. On l’a dans nos comptes rendus audio immédiatement, on voit qu’il y a beaucoup de dysfonctionnements dans les grenades. On voit Montjoie, un gendarme tirer avec son cougar et son. La grenade explose dans le couguar, ce qui fait que HIS prend lui-même l'équivalent de six palets lacrymogènes. Six ou sept. Je ne sais pas quelle était la grenade qui tirait directement dessus. On voit qu’il y a des tirs imprécis, que des des tirs qui tombent dans les unités de gendarmerie alors qu’on ne va pas. On voit finalement énormément de matériel défectueux. Heu. Alors je ne sais pas quand est ce que ont été fait ces grenades et je ne sais pas quel est le stock. C’est pour ça qu’on avait pris en photo des caisses de grenades pressées de quitter. Enfin, c’est extrêmement dur d’enquêter sur quel est le type de matériel que la gendarmerie a utilisé à ce moment-là, mais c’est assez saisissant. Et ça, par contre, on s’en est aperçu tout de suite de voir tout ce matériel non exploser des grenades qui n’explosent pas. On le dit dans nos vidéos Tient, encore une qui n’explose pas. Ah tiens, celle-là a explosé en retard à celle- ci. C’est un manifestant qui la déclenche en shooting donc. Et heureusement, c'était une lacrymogène. Il y a énormément de matériel défectueux qui pose question. Alors forcément, sur 5000 grenades, forcément une par pourcentage qui n’explose pas, mais la même, c’est assez frappant, non ?
David Dufresne
Pisorg qui est dans le tchat dit. Bonjour, on a une idée du coût d’une grenade de ce type ? Parce que c’est quand même nous qui payons quand même.
Pierre Bernat
Eh oui je renvoie systématiquement aux travaux des journalistes et donc je suis envoyé sur Monsieur Régnier qui avait dit exactement comment est ce que coûtait une grenade. En regardant les bulletins, le Journal officiel des achats de la gendarmerie. Alors je crois que la moins cher, c’est aux alentours de 50 € et ça peut monter jusqu'à presque une centaine d’euros, il me semble, mais il faudrait le vérifier.
David Dufresne
Alors ça alors on fait ça aussi dans le tchat.
Pierre Bernat
Il faut rajouter à ça la paye des gendarmes. Ces gens sont payés. Ensuite, faut rajouter les hélicoptères, les gendarmes qui étaient prêts à être aéroportés parce que ça aussi c’est un truc. On a pris un gendarme de gendarmerie et comme il y avait des équipes prêtes à être héliportées sur place, il faut se rendre compte que cette opération a coûté extrêmement cher. Mais pour défendre quoi ?.
Nathalie Tehio
Les gendarmes demandent maintenant à ce que les quads soient achetés, soit en dotation. Mais, mais ça a coûté très cher. Mais c’est aussi quel est le but ? Quel est le but d’une telle opération ? Parce que, encore une fois, c'était un trou dans la terre. Donc quel est le problème ? C’est un peu le même problème que si Vince Et ici on dit aux gendarmes de tenir une position, on les envoie à tenir une position. Et eux y tiennent. Mais la question c’est pourquoi ? Dans quel but ? Finalement, le il y a. Et avec un déluge de feu qui est plus important encore que ce qui s’est passé sur Sivens. Et il y a eu la mort de Rémi Fraisse derrière. Alors pas les mêmes grenades, justement, celle qui avait été utilisée a été supprimée parce qu' elle contenait beaucoup de TNT. Mais. Mais on voit bien que les grenades sont également dangereuses. Ça n’a pas changé le fait qu’il puisse y avoir des morts, on le sait. Donc là, finalement, le gouvernement, quand il décide ce type de maintien de l’ordre, il il la. Il décide aussi de prendre le risque qu’il y ait des morts. Parce que c’est lui qui décide de mettre en com, comme s’il fallait défendre en employant le terme de fortin parce qu’on a mis les camions tout en alignements. Et surtout, il y a eu toute une communication devant le gouvernement de Monsieur M. Darmanin, ministre de l’intérieur, annonçant des images. Vous allez avoir des images choc. C’est terrible de se dire que euh, auparavant, son annonce en disant il va y avoir des images de guerre en quelque sorte. Donc ça signifie qu’on considère les manifestants comme des adversaires. Et d’ailleurs c’est l’emploi des termes par les gendarmes qui disent ce sont des adversaires, c’est voilà. On a une sorte de mise en scène, de guerre et c’est voulu et c’est fait pour qu’il y ait des images, pour qu’ensuite le gouvernement puisse s’en servir. Et c’est en cela aussi que c’est important de documenter ça et de décrypter la façon dont ça s’est produit. Donc ça s’est passé parce que sinon on n’aurait que le discours gouvernemental.
Pierre Bernat
On voit une vraie lacrymogène qui explose là derrière et on lit. On a une grenade avec des pertes de sang, donc c’est une grenade qui est faite pour être à 200 mètres. On ne sait même pas si elle est en train de tomber ou quoi que ce soit, mais on se rend compte du lieu de l’apocalypse, du truc qu’au fond on a des flammes, de la fumée, on ne voit rien. Il y a une grenade là qui est en train de tomber.
David Dufresne
Vous écrivez page 86 Quel que soit le décompte exact de l’utilisation des armes à Sainte Soline, nous retiendrons donc la Ligue des droits de L’homme. Nous retiendrons qu’il a été fait usage de plusieurs milliers de munitions d’armes de guerre, dont certaines dysfonctionnelles, mettant encore plus en danger les manifestants. Les manifestants ont-elles été tirées de manière indiscriminée pendant quasiment 2 h, témoignant d’une intensité exceptionnelle et d’un usage immodéré du recours à la force ? C’est à peu près la conclusion sur le plan du maintien de l’ordre de votre rapport. Ensuite, on va parler de la question de l’entrave au secours des blessés et de la question de la communication. Mais est ce que c’est bien cette phrase là qu’il faudrait retenir de votre travail ? Quatre mois de recoupement d’analyses.
Nathalie Tehio
Oui, tout à fait pour moi.
Pierre Bernat
Pour moi, c’est vraiment cette phrase laconique parce que comment est ce qu’on pourrait le dire autrement et mieux ? Moi je ne sais pas. Donc c’est vraiment cette phrase d’accueil à laquelle tu tenais à ce que ce soit dans un rapport concentré.
David Dufresne
Ce sont 20 fois plus de grenades qui ont été tirées en 2 h à Sainte Soline qu’ à Sivens. Et le rapport, je vais vous le montrer parce que c’est important. C’est cette phrase là. Ce sont 20 fois plus de grenades qui ont été tirées en 2 h à Sainte Soline. Aucune leçon n’a été tirée de la mort de Rémi Fraisse, alors même que les gendarmes nous avaient promis en supprimant Tu l’as dit Pierre la Grenade qui a tué Rémi ? En la supprimant, en disant on va, on va changer, etc. Mais là, en fait, si ça tient du miracle finalement qu’il n’y ait pas eu de mort puisque Serge d’ailleurs de manière assez crapuleuse, annoncé comme mort par certains médias, y compris indépendants y compris qui se disent de gauche euh, ça je le retiens, n’est pas mort puisqu’il est sorti et qu’il écrit des communiqués et que et que voilà, la convalescence va durer des mois et peut être plus. Mais bon voilà, il n’y a pas eu de mort. Mais vous dites aucune leçon n’a été tirée de la mort de Rémi Fraisse. Ça, c’est un point sur lequel il faut insister
Pierre Bernat
Oui, et puis encore une fois, ça montre l’importance de publier des choses et de maintenir des moments. Parce que là, c'était pas l’observatoire qui existait pas encore, mais la section de Toulouse de la Ligue des droits de l’homme avait publié un rapport sur la mort de Rémi Fraisse à posteriori. Parce que si t’es pas sur place, comme bien sûr sa voiture. Mais c’est important de noter ces choses là et de garder cette mémoire là. En fait, on sait comment ça s’est passé avec Rémi Fraisse et je vous promets qu' on avait tous l’impression, en partant au sens solide qu’on était, parce que justement on avait entendu ces médias dire que Serge serait mort. Donc on était vraiment sous le choc de la manifestation et on s’est dit non seulement c’est un seul instant, puis ils n’ont rien appris de de Sylvain, mais il se trouve que parmi les observateurs, on a eu aussi des observateurs qui étaient à Malville, mais c’est un petit peu plus vieux quand même et c’est le nom. Mais c’est le même bilan en fait, à chaque fois, malheureusement, c’est des centaines de blessés, un mort à Malville, des centaines de gens, des centaines, beaucoup de blessés assis, 20 un mort et on s’est dit l’appareil symbolique, ça va être des centaines de blessés. Un mort, est ce qu’il est ce qu’ils apprennent ? Heureusement Serge n’est pas décédé. Mais en tout cas, l’emploi de la force aurait très bien pu en faire un, deux, trois, 91. Si c’est vraiment le hasard de la grenade qui explose, qui va faire qu’il y a des morts ou pas. Et donc oui, aucune leçon n’a été été comprise et il n’y a pas eu de choses qui ont été faites pour comprendre ce que c’est maintenant. Ni depuis Malville, ni depuis Sivens, et c’est pour ça que personne ne sait.
Nathalie Tehio
Je sais que le rapporteur spécial des défenseurs de l’environnement s’est inquiété de cet emploi de la force. Et puis, de façon plus globale, sur aussi bien l’emploi de la force vis à vis des manifestants adultes après le 49 trois et donc après sur la manif sur les manifestations retraites spontanées mais et l’emploi de la force par rapport à ces manifestants mais aussi sur un soulignent les différents rapporteurs spéciaux de l’ONU, se sont inquiétés de la façon dont la France se s’occupait de d’abord de la liberté d’expression. Du coup, comment se fait-il qu’on est parti de plus en plus d’interdiction de manifestation et puis derrière pour qu’on utilise la force ? Parce qu’encore une fois, le fait qu’il y ait interdiction de manifestation ne justifie pas l’emploi de la force. C’est une simple contravention.
David Dufresne
Je vais montrer des images très dures qui sont dans votre rapport. Donc je préviens, voilà, si vous avez pas envie de voir du sang, ne regardez pas l'écran. Ce sont des photos terribles
Pierre Bernat
C’est important ça aussi. C’est dire que on ne se rend pas compte du bruit que fait une grenade quand elle explose à côté, Mais on se rend pas compte non plus de la puissance de ces connards. C’est à dire que les bombes sont tombées dans la télé, il y a eu des grenades qui ont été utilisées. Concrètement, l’effet c’est ça. C’est à dire que quand on arrive sur la bassine, on a déjà des évacuations de blessés qui ont ça.. On peut dire ce qu’on veut, On peut dire oui, il l’avait bien cherché ou il était sur une manifestation interdite Oui le résultat, c’est ça.
David Dufresne
On me dit que Twitch n’est pas d’accord, qu’on montre ça. Alors les amis, c’est la raison pour laquelle nous essayons de nous émanciper de Twitch. C’est le moment de faire un don à ses amis. Parce que si on était sur PeerTube, on pourrait aller au fond, on pourrait montrer ça.
Pierre Bernat
Les images qui sont à la suite avec notamment les compresses imbibé de sang. Les deux photos, c’est moi qui les ai prises. Moi, c’est ce qui me reste le plus de sensualité en fait. Parce qu’il y a un énorme usage de la force avec des explosions en continu. N’empêche que moi, je me rends compte de la violence de ça, que, une fois que je filme et que je photographie clairement les endroits où où les blessés ont été pris en charge, quoi. Et ce n’est qu’au moment où on est confronté. Mais même, même quand on le sait, quand on est observateur, quand on sait tout ça, mais quand on est confronté à nouveau à qu’est ce que fait une grenade ? Eh bien qu’on soit expérimenté, expérimenté, observateur, observateur, ça ne change rien du tout. On sait que là, il s’est passé quelque chose de très très grave.
David Dufresne
On arrive à la question de l’entrave au secours pour les blessés les plus graves par les autorités publiques. C’est le début. En fait, c’est la Ligue des droits de l’homme qui va révéler ça. Pratiquement le lendemain je crois le lundi Le monde
Nathalie Tehio
En fait, ça a été immédiat Il y a eu un tweet immédiat pour appeler les secours en demandant de laisser passer les secours. Donc c'était vraiment immédiat. C'était pendant qu’il y avait justement la possibilité de le passer. Ou en tout cas le temps que c’est ce soit qu’il y ait ce dialogue là entre ceux qui étaient sur place, les avocats etc Et là l’idée rallume la communication au niveau national, c’est dire. Il y a un temps pour le faire, mais il y a eu cet appel qui a été lancé immédiatement. Donc c'était tout de suite et après seulement, ça a été documenté. Mais ça, c’est effectivement a posteriori, Mais au même moment, il y a eu la demande faite par la LDH de laisser passer les secours.
David Dufresne
Ce que je veux dire, c’est que ça a été quand même le début des problèmes pour la Ligue des droits de l’homme avec Gérald Darmanin. C’est là où il a commencé à dire qu’on aurait peut être coupé vos vivres parce que vous avez précisé ce qui s'était passé et vous revenez en détail le dans le rapport. Vous revenez sur les conversations si j’ai bien compris, du back office avec le SAMU et le SAMU qui vous dit que nous, on n’a pas la possibilité pour l’instant d’agir. Car nous sommes sous le commandement policier.
Nathalie Tehio
Oui. Ici, ce sont les trois avocats qui étaient présents et qui,réflexe d’observateur parce que ce sont tous par ailleurs des observateurs. Ils ont enregistré et donc au départ,on a juste dit dans le communiqué qui est paru ensuite qu' il y avait eu entrave aux secours, ce qui est particulièrement grave, parce que quand bien même il y a eu l’emploi de la force derrière, il faut porter secours immédiatement. Surtout quand on dit quand il y a des appels disant que ce sont des blessés très graves et que des médecins qui sont sur place disent Mais là, vraiment, c’est urgent, c’est quand il y a une urgence vitale, c’est pas, c’est pas, c’est une histoire de temps, il faut y faut aller le plus vite possible. Et deux. Et ça c’est c’est terrible parce que lorsqu’il y a eu cet appel d’abord aux pompiers et ensuite au SAMU, c’est là où il y a l'éboulement, on peut pas y aller parce que le le commandement sur place nous l’interdit, alors même que les équipes, donc les avocats qui étaient présents à Melle ont demandé à l'équipe la plus proche de se rapprocher de secteur du blessé, Serge en l’occurrence, et de voir si effectivement c'était calme ou si Léo, le commandant a raison en disant qu’il y a un danger à s’approcher. Et c’est là où ils ont pu documenter que c'était parfaitement calme qui avait et qui avait aucun problème. Et donc ça c’est sur le sur le temps de la trêve, c’est-à -dire le moment où il y a plus de tirs, où il se passe plus rien. Il y a un décalage entre ce que du disque observe les observateurs quant à l’heure du début de la trêve et l’heure de dauphin, Il y a un décalage par rapport à ce que dit d’une part la préfète qui décale. Alors je sais plus si c’est dans quel ordre, si c’est la préfète ou les GN. En tout cas, il y en a un qui décale de 20 minutes. C’est pas anodin parce que si on dit que y a pas trêve et qu’il y a des combats pendant encore 20 minutes, ça justifie 20 minutes de plus pour ne pas intervenir. Alors qu’en fait il y a l’autre. Il y avait la trêve 20 minutes avant et il y a l’autre rapport qui parle même de 30 minutes. Donc il y a un vrai décalage entre ce qui a été observé et cette fois ci par deux équipes d’observateurs et ce qui se dit donc sur le terrain, hein, et ce qui a été vu sur le terrain, et ce que disent ensuite les rapports. Et là, alors même qu’ils étaient en lien entre les avocats d’un côté, Armel et les observateurs de l’autre, ils disent non, non, c’est tranquille, on peut venir. Eh bien il y a le SAMU qui répond Oui, je sais, on ne cesse de me le dire, mais moi, tant que j’ai l’interdiction, je peux pas y aller.
David Dufresne
A 13 h 45, un blessé est transporté un peu plus loin. Un premier appel au secours intervient à 13 h 48. Il est à nouveau déplacé à 13 h 54 car le PM deuxième, le fameux peloton codé tire des grenades dans la zone. Le SAMU est joint à plusieurs reprises à partir de 14 h 11 et indique ne pas pouvoir intervenir. A 14 h 56, des médecins militaires lui apportent les premiers soins. Une ambulance l’emporte finalement à 16 h. La préfecture des Deux-Sèvres s'était alors défendue en indiquant qu’il s’agissait notamment de préserver la sécurité des soignants envoyés sur place. Voilà exactement ce que vous écrivez dans votre rapport, c’est à la à la minute près. Or, à la minute près, dans ce genre de cas, ça peut tout changer sur les séquelles que peuvent avoir les blessés. On voit donc qu’il y a plus d’une heure et plus d’une heure et demie. Bref, entre le moment où il est totalement évacué ou est presque 2 h 15 entre le moment où il est blessé et le moment où il est évacué. Ce qui est très long. On te demande Nathalie dans le dans le chat si tu pourrais rappeler les peines encourues pour le délit d’entrave au secours,
Nathalie Tehio
Je regarde dans le code pénal. Oui, effectivement, c’est un délit, Ils se défendent également en disant mais c’est parce qu 'ils ont déplacé plusieurs fois le blessé grave, c’est inadmissible et ils font n’importe quoi. Mais là, ce qui est démontré c’est que le déplacement est lié au fait qu’on agresse des blessés. Et ça c’est aussi. Il y a eu un autre moment où on va en reparler, mais il y a eu un autre moment où aussi les élus formaient un cordon de sécurité et parfaitement identifiable pour protéger des blessés et où ils ont quand même été tous agressés situés au moment des côtes. Mais c’est juste pour dire qu’il n’y a pas eu d’attention portée aux blessés et il n’y a même pas eu de mort alors qu’ils savaient. À partir du moment où on dit regardez Monsieur Darmanin qui dit regardez les images avec des images fortes. Ce qui est incroyable, comment se fait-il alors qu’il sait qu’il va employer une force de façon démesurée ? Et comment se fait-il que derrière il ne prévoit pas des secours, des secours adaptés ? C’est l’obligation de l'État. Donc il y a d’une part, avant même de parler, d’autre part à votre secours, d’une part le fait que l'État n’a pas rempli son obligation de prévoir un dispositif adapté pour les blessés alors qu’il savait pertinemment qu’il y allait y en avoir. Et derrière en plus, on attend, on dit, on prétend qu’il y a qu’il y a impossibilité de passer quand enfin des médecins militaires vont venir, en fait, ils n’ont pas été attaqués, contrairement à ce que dit également la préfète. Ils n’ont pas été attaqués et c’est seulement sur le retour que quelques militants s’approchent. Mais à ce moment-là, il y a celui qui accompagne les militaires, qui va trouver les militants. On va les manifester en leur disant non, non, non, non. Ce sont bien des médecins illuminés, ils viennent pour eux et ça s’arrête immédiatement. Donc c’est un moment où il n’y a pas de nuit, où c’est la trêve. Les éléments s’accordent enfin. Les médecins militaires arrivent, ils vont pouvoir, ils y arrivent tranquillement, ils ne sont pas agressés, ils vont seulement devoir attendre pour également porter les secours parce que c’est etc. Encore une fois, c'était vraiment très grave et ils n’ont pas le matériel nécessaire pour ça, donc ils doivent faire venir l’ambulance. Mais voilà, c’est le fait qu’il y a eu une entrave aux secours.
Pierre Bernat
Et ça on peut le documenter justement parce qu' on a plusieurs équipes de conservateurs qui sont sur place, qui communiquent entre elles, qui arrivent à dire banque ou back fisc, attention aux livecam. Qu’est ce qui se passe parce que Hitman ne se passe plus rien et que les secours ne viennent toujours pas. Si on avait eu cette organisation-là, ça ne marcherait pas. Une seule équipe d’observateurs, ça ne marchait pas.
David Dufresne
Alors néanmoins, vous concluez en disant que vous ne pouvez pas directement vous prononcer sur les temps respectifs dans ces graves dysfonctionnements des différents services et personnes démissionnaires. Mais vous dites Il s’expose cependant une volonté de tromper le public qui s’est exprimé dans les communications postérieures à la manifestation, aussi bien du côté du ministre de l’Intérieur, de la préfète des Deux-Sèvres, du commandement de la gendarmerie, que de la direction du SAMU de Niort dont vous vous rappelez effectivement les cris en direct, etc, expliquant pourquoi ils ne pouvaient pas intervenir, etc. Et dès lors, vous concluez sur ce plan. Sur ce point là très très précis du secours aux manifestants, qui est une obligation, il faut le rappeler, de l’ordre de l'État qui doit être de porter secours au moindre blessé. De manière générale, écrivez vous dans votre rapport, la responsabilité des pouvoirs publics, et notamment de l'État, est manifestement engagée du fait de l’absence d’anticipation, puis des choix de ne pas porter secours au plus vite, voire de s’abstenir. En fait, si je comprends bien votre conclusion, ce que vous dites c’est nous on fait notre part de travail, on arrive avec des éléments étayés, minutés, documentés, photographiés. A vous maintenant de prendre les conclusions qui s’imposent.
Nathalie Tehio
Mais complètement. C’est surtout si vous avez des preuves contraires, amenez-les, ça ne suffit pas de dire Ah non, non, c’est pas vrai ! Parce que nous on a documenté on a des preuves. C’est étayé sur des photos, sur des images,. Donc à partir de là, si ce n’est pas vrai, eh bien dans ce cas là, donnez nous les preuves que vous avez pour dire le contraire
David Dufresne
Et dans le chat il y a tout un tas de gens dont le dada, c’est comme toi, c’est le code pénal, c’est le petit livre rouge là, en gros. Donc il y en a un paquet. Donc effectivement, l’article 223 tiret cinq modifié par l’ordonnance, le fait d’entraver volontairement l’arrivée de secours destiné à faire échapper une personne ou un péril imminent, ou à combattre un sinistre représentant un danger pour la sécurité des personnes est puni par la loi
Nathalie Tehio
. On ne peut pas engager la responsabilité pénale de l’État, alors si on agit contre l’État, c’est uniquement sur un plan administratif, mais je dois bientôt partir.
David Dufresne
D’accord, donc Nathalie, si on doit malheureusement se quitter. Est ce que tu veux ajouter quelque chose qu’on n’aurait pas abordé ? Et ensuite, avec Pierre, je vais dérouler la vingtaine de questions relevées par Jessy.
Nathalie Tehio
Encore un quart d’heure.
David Dufresne
. Je vous les donne au débotté. D’abord, est ce que vous voulez conclure avant qu’on prenne les questions du chat ? Est-ce un point important que je n’ai pas mis en avant lors de la conversation ?
Pierre Bernat
Oui, je pense que ce qui est important et qui a encore été dit, c’est la délégitimation des observatoires. C’est dire que cette façon de dire regardez, vous dites n’importe quoi sur les secours, c’est une façon de dire que le travail de se sont bons est fait par une bande d’amateurs qui se déplacent vite fait sur des trucs et qui sont que pro manifestants et que donc du coup on ne peut pas leur faire confiance. Or le travail des observatoires a quand même reçu un prix européen. On parle régulièrement et ça Nathalie va pouvoir le dire. On est quand même écoutés et très écoutés à l’international. Mais c’est dire que quand on commence à parler ONU et quand on commence à parler européen, moi je veux bien moi que en soit une bande d’amateurs. Et oui ok, il n’empêche que le travail est de qualité et bénévole. Parce que là, tout ça on le rend fort parce que c’est un travail bénévole et que concrètement il y a tout son boulot auprès et qu’il faut bien quand même manger. Il faut bien qu’on fasse ça. On ne peut le faire que sur notre temps libre et c’est tout. Toutes les heures de réunions qu’on a eues, après, toutes les heures à faire, des minutes à réfléchir à comment est ce qu’on organise le rapport. Moi, je veux bien que ce soit un travail d’amateur, mais j’espère que ça montre que le travail d’amateur, il n’est pas si amateur que ça. Et en apportant des preuves factuelles de ce qu’on dit à chaque fois, il n’y a pas un moment où on dit peut être que non, à chaque fois on dit attention il y a une vidéo, elle incite telle source, elle source. Là c’est du code pénal, là c’est machin. C’est un travail qui est précis et c’est ça qui demande du temps.
Nathalie Tehio
Je dois préciser que là du coup, après à partir de sainte Soline, il y a vraiment eu des attaques sur les observatoires jusqu'à la commission d’enquête. Évidemment, il y a eu des attaques, ça m'étonnerait pas de la part d’une députée du Rassemblement national disant qu’il faut une certification, un examen, etc. Alors que tout le droit international, et c’est ce que je vous ai répondu, précise qu’il s’agit d’un observateur indépendant, c’est à dire indépendant de l'État. Il ne peut pas y avoir d’examen organisé par l'État parce qu’on doit rester indépendant. On doit rester parfaitement pour pouvoir justement être des observateurs citoyens et on est protégé par le droit international. Par ailleurs, il y a monsieur Florent Boudié, qui est rapporteur de cette commission, qui propose un statut et qui dit qui dit que c’est la Ligue qui propose. Donc, bon, là, je pense qu’on va écrire pour lui dire que non, c’est pas la Ligue qui le propose, c’est lui. Il propose un statut qui soit encadré par l'État, et là c’est la même chose. Ce n’est pas possible parce que lui il dit oui, il est possible d’avoir des observateurs, mais à condition que ce soit l'état qui les envoie. D’ailleurs, c'était lors de l’audition de Monsieur Lallement qui répond que ce serait qu' avoir besoin d’observateurs, ça signifie qu’on n’est plus la République.
David Dufresne
Vous êtes vraiment inquiets sur les financements, par exemple ? Parce que tu dis c’est bénévole, mais ça coûte de l’argent, Je veux dire vous êtes vraiment inquiets à La Ligue des droits de L’homme sur ces questions là ?
Nathalie Tehio
Ça, c’est une problématique générale, C’est à dire le problème du contrat d’engagement républicain qui, imposé aux associations depuis la loi sur un cas qu’on appelait au départ séparatisme, puis confortant le respect des principes républicains et qui en fait est une façon de faire la mainmise sur les associations en les menaçant sur, mais pas seulement les subventions. D’ailleurs, ça peut être aussi simplement sur le fait que des salles sont prêtés par des qui, des locaux prêtés par les écoles, les collectivités territoriales. Et bien sûr que l’on peut s’inquiéter. C’est tout à fait exact. Après ceci étant, on a eu aussi beaucoup de militants qui sont qui ont adhéré récemment, donc on espère que ça va, qui vont rester pour permettre de compenser un peu s’il y a des subventions qui sont supprimées. Mais, mais c’est quand même une part non négligeable du budget, ça va pas, ça va pas faire que la ligue n’existe plus, mais ça se peut si on n’a plus cet apport là de subvention. C’est un risque pour les salariés en réalité, quoi qu’on soit obligé de licencier parce qu’on n’a plus assez d’argent.
David Dufresne
Je vous laisse avec la carte des observatoires et le tchat et il y a notamment beaucoup de questions autour de ce que vous attendez du rapport. Il y a Satrape qui vous demande quel va être le poids de ce compte rendu minutieux. Qu’attendez vous de ce rapport et même comment est envisagée la suite, maintenant que ce rapport est fait ?
Nathalie Tehio
si vous avez vu, puisque la conférence de presse s’est tenue hier, on voit qu’il y a beaucoup de retours de presse, donc que ça signifie que cette fois ci, l’information du public, elle est quand même faite. Et c’est c'était le but, c'était de porter une autre parole que celle du gouvernement. Ce n’est pas un but en soi, c’est juste que de fait, puisque le gouvernement ne dit pas la vérité, eh bien on rétablit les choses pour rétablir les faits. Et c’est aussi fondé sur des constats, encore une fois. Donc ce n'était pas un but en soi. Si ça avait correspondu, on n’aurait rien eu à dire. Mais le fait est que ce n’est pas exact factuellement. Donc après sur l’analyse, on est évidemment pas d’accord, mais déjà factuellement, c’est ce n'était pas exact ce qu’a dit le ni les GGL, ni la préfète immédiatement, ni le gouvernement. Donc là on est sur un rétablissement en fait de la vérité, ce qui est quand même assez important dans un pays démocratique où les citoyens puissent connaître, ce puisse avoir une transparence sur ce qui s’est passé. Et c’est ce qui n’est pas normal. Il n’y a pas eu de communication de la part du gouvernement qui soit de transparence. Il y a eu une communication qui était faite pour justement dès pour pouvoir criminaliser les mouvements écologistes dans. D’abord et ensuite. Une fois qu’on dit la vérité, essayez de également nous attaquer. Mais avant tout, c’est faire en sorte de montrer les écologistes comme étant en soi des gens qui sont dangereux. C’est pas pour rien que tout à l’heure il a été, il a été fait mention de mais comment ça se fait ? On nous parle de quand on nous a contrôlé ces pierres. Tu as dit ça comme quand tout à coup contrôlé, on nous a dit mais c’est pour le terrorisme. Eh oui, les dispositions qui ont qui sont prises pour les réquisitions, par exemple les réquisitions pour faire des fouilles de véhicules, etc. C’est au départ, c'était fait contre le terrorisme. Et c’est cela aussi qu’il faut voir, c’est que des législations qui sont qui sont acceptées par la population parce qu’on leur montre que ce sont des terroristes, il faut, il faut se protéger. Eh bien, cette législation qui est qui est vraiment du coup acceptée et qui rentre dans le droit commun, elle va, elle va avoir des de l’impact, des conséquences sur l’ensemble de la population. Et c’est aussi cela sur nous, sur quoi on veut alerter. Parce que, si on fait la transparence sur ce qui se passe là, peut être qu’on arrive à enrayer la façon dont le gouvernement communique et du coup veut encore prendre une énième loi sur il a été question de lois anti -casseurs. Encore une énième loi pour toujours entraver les libertés. Donc notre but est politique aussi derrière. Et puis il peut être également judiciaire dans la mesure où on va très certainement être appelés à témoigner, en tout cas ceux qui étaient présents à témoigner lors du procès vis à vis de personnes qui étaient sur place et qui sont poursuivis judiciairement. Donc, on peut utiliser les constats et le rapport pour pouvoir témoigner de ce qui a été vu sur place. Donc il y a beaucoup d’usages en fait de ce rapport. Et puis l’idée, puisque maintenant c’est public, c’est aussi que les citoyens s’en emparent et puis fassent puissent eux mêmes s’en servir eux mêmes par rapport à leur propre plaidoyer ou pour aider aussi à la lutte contre, contre les violences policières par exemple, contre le type de maintien de l’ordre qui est choisi. Parce qu’encore une fois, c’est un choix. Lorsque toi tu as parlé tout à l’heure, Pierre de l’autre manifestation sur l’autoroute je crois que t'étais observateur
Pierre Bernat
J'étais justement au back office,
Nathalie Tehio
C’est un autre choix de maintien de l’ordre qui est, qui a été fait et qui était et qui faisait qu’il n’y avait pas qui c'était. Mais ce n'était pas pour faire des blessés en quelque sorte. Donc, ou du moins en assumant le fait qu’il y en aurait beaucoup et qui risquait même y avoir un mort. Donc on est on est sur des choix de maintien de l’ordre, et ça on peut le on peut aussi s’en emparer en tant que citoyen. Je te laisse à nouveau la parole.
Pierre Bernat
C’est que maintenant, en fait, c’est qu’on a fini quelque part notre part du boulot, c’est à dire que nous, on est allés sur place, on a documenté ça, on assemblé tout ça dans un rapport et on fait en sorte que les médias soient avertis. Parce que même si la Ligue des droits de l’homme, il faut le rappeler, de la Ligue des droits de l’homme en équivalent temps plein, Nathalie je sais plus, douze treize je ne sais plus quel nombre de plein temps, mais c’est pas beaucoup. Il y a peu de personnes rémunérées pour s’en occuper
Nathalie Tehio
Quinze Mais je n’en suis pas sûr.
Pierre Bernat
. Et donc on fait notre part du boulot avec les moyens qu’on a, c’est-à -dire quand on se déplace, on fait le rapport, on essaye de le rendre public, on essaie de, on le rend public et on essaye de que ce soit public. Pour la majorité des personnes, on invite la presse. Maintenant, ce rapport là, il faut qu’il y vive. Mais comment est ce qu’il vit ? Il ne peut vivre que par ce qu’on fait le public, hein ? C’est à dire que si chacun ne fait que son imprimer un petit exemplaire ou garder son exemplaire au fin fond de son dossier en PDF tranquillement, eh bien il va mourir de sa belle mort et ça n’aura servi à rien. C’est assumé. Très bien. Nous, ce qu’on aimerait, c’est que le public s’en saisisse, que vous alliez en discuter entre vous ou que vous en parliez plus haut, interpeller vos élus avec, qu’on ait un vrai débat, enfin, sur le maintien, là, on a un vrai débat, enfin, sur tout ce qui est de l’ordre de l’exceptionnel, c’est à dire qu’on parle de antiterrorisme. David je sais que t’as fait plein des missions de drones. Chaque fois qu’on ouvre une brèche sur une disposition exceptionnelle, à la regarder, on va mettre des drones. Mais juste pour certains cas. Eh bien ici, même pas deux mois quand on l’a vu hier. Une préfecture a été condamnée parce qu’il avait oublié de déclarer qu’il utilisait des drones. Chaque fois qu’on veut utiliser une disposition exceptionnelle, systématiquement, ça peut se retourner contre vous à un moment ou un autre.
Nathalie Tehio
Donc le Conseil constitutionnel avait dit que les drones l’accordent à condition que ce soit s’il n’y a pas d’autres moyens. Et puis on voit qu' il n’y a jamais d’autres moyens, c’est très ordinaire. Maintenant, il faut absolument qu’on ait des drones. Mais bon, là il y a une pétition, par exemple stop à l’escalade répressive et vous pouvez aller voir sur le site de la ligue. Et puis je sais, je sais pas faire moi, pour eux, pour mettre ça c' est une pétition pour essayer de changer, de dire il y a un certain nombre de choses qu’on veut changer, on veut voir changer dans le maintien de l’ordre, donc aller à rebours de tout ce qui se passe, notamment contre la norme, notamment contre l' emploi du brave homme. Le fait qu’il y ait des forces qui sont pas spécialisées dans un cadre d’intervention parce que on voit bien que le calcul se pose plus de violence et ainsi de suite. Il y a beaucoup, beaucoup de points, de multiples armes. Ou sinon que quand on supprime, il y a beaucoup de choses dans cette pétition pour dire mais voilà, on demande beaucoup de choses. Donc on a essayé de signer aussi pour eux, pour renforcer le chaînon plaidoyer derrière.
Pierre Bernat
Sur le terrorisme ça donne aussi. Ensuite, le raid qui intervient sur des violences urbaines, ça donne le GIGN unité antiterroriste aussi, qui intervient sur des violences urbaines. Ça donne la véritable vision des violences urbaines. Et bien figurez vous qu’eux, ils interviennent avec leur propre matériel, parce que forcément, ils ne vont pas prendre le maintien du matériel de maintenance. Et donc c’est là qu’on voit les big bags, les fameuses cartouches employées. Et ça, d’où est ce que ça vient au final,. Peut on utiliser une unité antiterroriste qui intervient avec ses propres moyens, ses propres véhicules, ses propres armes pour faire un boulot pour lequel on n’est pas formé, auquel ils ne sont pas formés pour le maintien de l’ordre. Et ils interviennent là dessus parce qu’ils ont utilisé des choses antiterroristes.
Nathalie Tehio
Mais je dois vous quitter je suis désolée.
David Dufresne
Merci, merci,Nathalie je voulais juste dire que vous avez les encouragements du chat.
Nathalie Tehio
Merci beaucoup des salutations et des remerciements.
David Dufresne
Je vais rester avec Pierre.
Nathalie Tehio
Salut à tous.
David Dufresne
Bonne journée Nathalie.
Nathalie Tehio
Merci beaucoup.
David Dufresne
Alors par rapport à ce que tu dis là, notamment l’utilisation des d’armes du Raid, moi je suis absolument consterné. Il y a eu un mort à Marseille pendant les émeutes et il y a très peu d’articles. Je trouve ça sidérant. Donc il y a comme une forme d’habitude d’accoutumance et c’est là où c’est très difficile de recevoir votre rapport, parce qu’on est absolument conquis par votre sérieux, par votre rigueur. Évidemment, je suis très heureux, là, alors qu’on est en plein juillet, il y a autant de monde à discuter, on est tous ensemble Maintenant, j’ai l’impression que vous n’aurez pas de relais médiatiques ou que ces relais médiatiques, pardon, pas médiatiques, je voulais dire politique sont peu audibles. Pour faire vite, c’est-à -dire aujourd’hui être récupérés par le discours de la France insoumise, en fait, c’est quasiment une balle contre son pied puisque l’opération de diabolisation marche à plein. Comment voyez vous les choses ? Je sais bien que la Ligue ne roule pour aucun parti politique, mais s’il n’y a pas une transformation politique de tous ces constats, qu’est ce que ça peut devenir au fond ?
Pierre Bernat
Ben c’est ce que je disais avant c’est de voir que si les citoyens exigent que ça en devient quelque chose commun, alors effectivement les relais sont assez assez courts et on a vu immédiatement parce que hier je regardais un petit peu sur sur Twitter immédiatement, il y a des députés du camp présidentiel qui vont dire que les observateurs ne sont pas légitimes, que les observateurs n’avaient pas le statut d’observateur avec cette espèce de feu roulant qui dit que quoi qu’on dise contre, ça n’est pas légitime. Ben voilà, moi j’ai pas la solution miracle parce que ça prend déjà suffisamment de temps de ne pas s’investir là, donc qu’est ce qu’on va pouvoir en faire ? Est ce que c’est vraiment aux observateurs donc, je le redis, si on va pour signer des observatoires et pas de la ligue.
David Dufresne
Oui, pardon.
Pierre Bernat
Mais c’est pas grave. Mais en plus il faut aussi respecter nos nouveaux copains du sud qui ne sont pas de la Ligue. Il y en a beaucoup, mais à la fin nous on va pas pouvoir en faire beaucoup plus mais ça fait déjà quelque chose de plus dans le débat public. Alors voilà, il y avait effectivement quelques députés de la France insoumise, il y a quelques députés défavorablement connus d’Europe Ecologie-Les Verts qui avaient pris des positions aussi. Oui, effectivement, le rapport sera tard et donc du coup, comme on est en juillet, il va y avoir le relais médiatique. Qu’est ce qu’on peut faire de plus ? Ça me semble compliqué.
David Dufresne
Mais en tout cas vous êtes publiés et à chaque fois ils enfoncent un clou dans le cercueil du maintien de l’ordre. J’ai le souvenir de Nathalie qui était venue pour le rapport sur la BRAVM. Elle est aussi à mon avis un exemple à suivre. Celui- ci. Je pense que c’est extrêmement précieux ce que vous faites. Valeurs anarchiste, vous demande Avez vous récolté les témoignages des copains Street Médics ?
Pierre Bernat
Alors il y a toute une partie dans le rapport avec des témoignages de médics. Effectivement, on en a récolté beaucoup plus que ce qu’on a mis dans le rapport, parce que c’est pas de l’observation directe, mais c’est vraiment indirect qu’on utilise vraiment avec parcimonie ce genre de sources, même si on sait que c’est extrêmement sûr, c’est extrêmement précis et qu’on a même dit des comment dire et des regards croisés avec nos observateurs sur place qui montrent que effectivement, ce qui est, ce qu’ils disent, c’est ça. Moi, pour tout dire là dessus, moi je suis extrêmement. Meurtri d’avoir lu ces témoignages, même si c’est très très dur à lire, des témoignages de médics et. Et pour dire vrai, il y a une partie du dur aussi qui était plus long à mettre en place parce qu’on ne savait pas quel était le type de vocabulaire qu’on allait utiliser parce que. Là on parle de maintien de l’ordre, je ne suis pas sûr que ça ne soit C'était du matériel, là. C’est-à -dire que pour moi, tel que je l’ai ressenti, alors là, je ne parle pas au nom des observatoires, là c’est vraiment moi seul, mais je sais que d’autres opérateurs l’ont senti comme ceci. Pour moi, ce n'était pas du maintien de l’ordre insolite, c'était une opération militaire. On se retrouve avec des gendarmes qui ont été placés là. On a pas dit non plus, mais il y a eu un ordre. Alors je ne sais pas si vient de Matignon, de Beauvau, juste de la préfète. Il y a eu un ordre qui a fait qu' on a placé des milliers de gendarmes derrière leur camion et entre leur camion et une bassine. Qu’est ce qu’il peut faire ces gens là ? Si toi David, tu te retrouves dans la peau d’un gendarme, alors je sais que ça va être un exercice compliqué. Tu te retrouves dans la peau d’un gendarme. La tête et ton casque à visière qui t’empêche de voir à plus de 45 degrés un cougar dans les mains. Tu vois une manif qui arrive, tu ne peux pas avancer, tu ne peux pas reculer. Qu’est ce qui se passe ? Et bien le type qui arrive en face, il en prend plein la tête. Pourquoi est-ce que tu ne peux pas penser ? Tu ne peux pas reculer ? Tout simplement. Je peux comprendre la peur quand même du type qui arrive et qui voit un camion flamber à gauche. Ça, je peux le comprendre. Mais outre ça, il faut passer au-delà de ça et voir les autres. Qu’est ce qui a fait qu’on ait mis des gendarmes dans cette situation là pour défendre une fois encore un trou ? Est ce que c’est normal d’appeler maintiennent morts une opération qui visait à taper sur des manifestants avec des gendarmes encerclés ? Et qui donc utilise Et le commandant de gendarmerie le disait dans le complément d’enquête ? Nous sommes dans le cadre de la légitime défense. Et c’est ça tout le truc. Si on met en place une situation, on dit à l’avance que ça va mal se passer. Pourquoi est ce qu’on dit à l’avance va mal se passer ? Parce que le plan était déjà prévu ? On sait que le plan prévu, c’est pas du tout celui de la première manifestation de Sainte Soline où les gendarmes avaient joué justement. On attrape ça finalement avec les manifestants avec des lignes extrêmement fluctuantes et des manifestants qui passent, d’autres qui sont retenus, mais finalement au maintien de l’ordre, on va dire léger quoi. Là, pas du tout. On sait à l’avance ce qui va se passer. On sait qu’on va encercler des gendarmes entre leur camion et la bassine. On sait donc qu’il va y avoir des affrontements très très localisés, donc extrêmement violents. On prévient à l’avance qu’il va y avoir des affrontements extrêmement violents. Et donc, qu’est ce qui se passe ? Et bien, il y a des affrontements extrêmement violents. Tout y est. Tout est qualifié à l’avance. On sait ce qui va se passer. Qu’est ce que ça en est donc ? Est ce que c’est vraiment du maintien de l’ordre ? Non. Le maintien de l’ordre, c’est quand il y a une situation qui est délabrée. Il y a quelque chose d’imprévu dans le métier. Donc là c’est en même temps une opération de communication et deux, c’est pas une opération, non, c’est une opération militaire.
David Dufresne
As tu l’occasion de lire Il y a deux jours l’interview du patron de la Ici dans le Monde.
Pierre Bernat
Oui. Je sais qu’il s’appelle Nicolas Dernier.
David Dufresne
C’est le boss de la DGSI le titre est un peu trompeur car en réalité, c’est surtout de l’ultra droite et du djihadisme dont ses services semblent dire qu’ils constituent une réelle menace. Concernant “l' ultragauche” c’est moins clair, mais néanmoins, il y a une question qui lui est posée sur les affrontements de Sainte Soline demandent les journalistes du Monde autour de la question environnementale. Marque t il un tournant ? Là, on vient d’expliquer que ces affrontements sont beaucoup dus à la manière dont le maintien de l’ordre s’est déployé. Réponse du patron de la DGSI Ce qui a été, ce qui a très nettement été documenté à Sainte Soline, c’est que cette revendication constitue pour certains un prétexte aux revendications environnementales pour s’en prendre aux symboles de l'État, aux forces de l’ordre, à ce qu’ils appellent le système au capital et à tous ceux qui le représentent. La manière dont l’ultra gauche investit la sphère environnementale en y apportant ses modes d’action est un sujet de préoccupation. Voilà la réponse. Côté renseignements de Sainte Soline, est ce que, à titre de l’observatoire du tu voudrais exprimer sur ce point de vue du renseignement intérieur ?
Pierre Bernat
Nous, c’est ce qu’on dit au tout début du rapport sur la construction d’un de la nuit. Finalement de l’intérieur, que dire que on va assimiler des militants écologistes à des black blocs, ce que ne font forcément même pas utiliser le terme public comme il faut. Il se peut que c’est une forme de manifestation et pas une personne. Bref, passons. Et donc du coup on assimile le tout, hop, on prend un manifestant, on dit qu’il est éco terroriste, C’est légitime l’emploi de règles exceptionnelles, on est bien qualifié, il est éco, quelque chose d’un grand succès des écologistes et on va y mettre des méthodes radicales derrière et on va prévenir qu’ils arrivent avec des boules de pétanque, des feux d’artifice, qu’on y participe, les bouffons du climat, les écolos ultras. Il y a toute une rhétorique derrière qui arrive pour construire cet ennemi de l’intérieur qui en veut au fondements de la République et qui passe à l’action. Et on oublie, et même pendant les images, les derniers événements urbains. Là on oublie que y avait des milices de l’ultra droite qui faisaient des ratonnades et qui étaient des gens, et ça on n’en dit rien. Il y a eu combien moins, euh, trois ou quatre articles de journaux au maximum, qui oublient de dire que l’extrême droite est organisée et qu’est ce que dans les rues pour arrêter des gens et que les policiers ne trouvent même pas ça anormal ?
David Dufresne
Alors je t’avais cité le patron de la DGSI et j’avais noté juste derrière de mettre la page douze de votre rapport, puisque c’est effectivement là dessus que vous démarrez en parlant de la création d’un ennemi intérieur avec une presse très accommodante. Voilà, là, il y a quelques unes que vous avez trouvées Marianne, Le Figaro, Le Point, Le Parisien, Le Monde, Paris-Match, Valeurs Actuelles. Néanmoins, l’honnêteté commande de dire que le patron de la DGSI prend ses distances avec le terme éco terroriste. Je ne sais pas ce que Gérald Darmanin a pensé de l’entretien du mec, mais c’est quoi ici que Darmanin va se barrer de Beauvau ? Je ne sais pas, mais bon, tout le monde a déjà dit si on prend ses distances. Mais voilà, je voulais qu’on termine cette conversation sur ces questions-là. C’est-à -dire que c’est quand même les questions fondamentales. C’est à dire qu’au delà des faits que vous avez magnifiquement étayés, puisqu’il faut dire que là, comme dirait l’autre, la police est merveilleuse, bien moi je dis la même chose c’est merveilleux votre travail. Voilà, au fond, ce qui se joue, c’est ça, c’est la fabrication de l’opinion, c’est la Une des journaux, c’est ce déploiement de force qui sert en fait à mutiler, mais surtout à faire une démonstration pour le reste du bon peuple. Si c'était évidemment ça, il faut toujours l’avoir en tête.
Pierre Bernat
C’est pour ça que moi je parle d’une double opération l’opération militaire d’un côté, avec des tests d’armes, les produits marquants des tests de matériel, des quads, ce qui fait partie de l’opération maintien de l’ordre ou opération militaire et l opération de communication. On voit que ça commence bien longtemps après, bien longtemps avant et qui finit bien longtemps après la manifestation. Multiplier les contrôles et multiplier tout ça pour montrer que c'était nécessaire d’en faire autant. Alors que, comme dit le patron du renseignement, on y trouve quoi que ce soit vraiment l'énorme problème et que par contre, dans une ultra droite organisée, comment lui opposer ? Et ça c’est pas trop repris effectivement, Mais bon, quand on sait d’où ils viennent, Darmanin c’est pas tout le monde.
David Dufresne
évoque en effet 2000 à 2000 personnes. Voilà, je voudrais terminer cet entretien avec toi sur cette photo de trois d’entre vous marchant dans le champ séparé par un petit chemin de terre merci beaucoup Pierre.
Pierre Bernat
Mais cette photo me parle beaucoup parce que tu me vois avec le gilet jaune et bleu c’est quasiment la seule photo ; je suis le photographe de notre équipe, donc forcément, moi je suis un peu en photo par rapport aux autres, mais c’est un observateur je crois de Poitiers qui prend cette photo. Et en fait là, c’est quand on retourne pour faire des photos du butin de lacrymogène qu’on a vu un petit peu plus haut. Et je sais qu'à ce moment là, on est tous terriblement fatigués et manqués parce que on a déjà appris et de ce qui se passait Et je sais que un petit peu derrière, il y a quelques larmes qui coulent quand même de la pression et de ce qui s’est passé, de ce qu’il a vécu.
David Dufresne
Si des gens veulent rejoindre les observatoires,comment faire ?.
Pierre Bernat
Chaque observatoire se débrouille à sa façon, je vais parler que pour l' Observatoire de Toulouse. Nous, on nous contacte individuellement parce que ça se passe en face à face en général,on est amis de la police et du café, on fait un petit entretien ensemble. On fait un petit entretien pour savoir comment est ce que ça se passe. Et puis niveau Toulouse Nîmes, une formation sur trois manifs où je me charge de faire tout le blabla sur qu’est ce que c’est que policier, Quel est l'équivalent du maintien de l’ordre pour la première manifestation La deuxième, on part sur une manif un petit peu plus dure pour voir comment ça se passe dans ces conditions plu. Parce que quand on est en manifestation, manif, gaz lacrymogène, explosion c’est dur, tu peux lâcher et la troisième, c’est précisément ce qu’on est en train de faire là, c’est la rédaction d’un rapport parce que ça ne s’improvise pas. Tout ça, c’est des savoir-faire qui me semblent indispensables, savoir d’abord comment fonctionne le métier, ensuite de savoir comment on réagit en situation de stress et comment rédiger un rapport. C’est les trois facettes de l’observatoire dont on nous contacte individuellement. Et puis on fait entrer comme ça au compte-gouttes. Parce que moi, ce qui me semble très important, c’est d’avoir des observateurs qui soient formés et qui savent ce qu’ils racontent pour avoir ensuite des rapports qui sont extrêmement précis et sur qui on peut s’appuyer. C’est à dire que moi, j’ai pas besoin de quelqu’un qui me dit qu’il y a eu des lacrymogènes, ça ne sert à rien. Par contre de me dire qu’il y a eu des lacrymogènes, tirés avec telle arme avec sommation, sans sommation. Et est ce que c'était la première sommation ou la deuxième sommation ? Là, ça m’intéresse beaucoup plus. Donc pour ça, il faut de la formation.
David Dufresne
Il y a un Caen et un autre observatoire à Lyon nous dit-on dans le chat.
Pierre Bernat
Alors ils existent,mais les observatoires sont sont tous indépendants à Lyon, il y a un super collectif qui observe mais depuis la manif, eux ils ont décidé qu’il n’y aurait pas de chasubles, y aurait pas de trucs comme ça,l’observatoire de Lyon, produit des rapports. Il me semble que dans la saison une, tu en avais parlé. De ce groupe-là à Lyon qui fait des observations depuis la manif depuis le point de vue des manifestants.
David Dufresne
Alors oui, tu fais allusion à Flagrant déni, c’est ça ?
Pierre Bernat
C’est ça,
David Dufresne
Ils font un travail formidable de documentation et aussi, je crois, de recours juridiques.Mon cher Pierre, merci beaucoup à toi d'être venu.Encore bravo pour votre travail, Tu verras, il y a plein de messages dans le chat pour te remercier. Je pense que votre implication donne du courage, de l'énergie à ceux qui sont dans le chat, à ceux qui ont discuté, ceux qui ont participé à l'émission, ceux qui nous ont écoutés et ceux qui ont pris position et qui ont posé aussi tout un tas de questions.Merci beaucoup Pierre

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