4 668 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
Sans montage ni formatage
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

Raphaël Arnault : de l’Antifascisme à la Députation !

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café. Amis de la Pentecôte.Amis des Marcheurs. Amis de Manuel Valls. Amis de Twitter. Comment allez-vous ? Raphaël le voici. Nous sommes tous antifascistes. Bonjour Monsieur Raphaël ça va bien ?
Raphaël Arnault
Ça va ?
David Dufresne
Oui, ça va tu es du matin. Ou pas ?
Raphaël Arnault
Vraiment pas trop. Mais je vais vite me réveiller. On parle politique, généralement.
David Dufresne
Bien, parce que la dernière fois qu’on a fait des Lyonnais au matin, Sébastien, un dénommé Usul bien connu de tes services très défavorablement des miens, n'était pas réveillé du tout le garçon.
Raphaël Arnault
Usul aime bien faire la fête aussi.
David Dufresne
Et copain avec Usul ?
Raphaël Arnault
On se connaît bien.Ça fait maintenant un an et demi. Je dirais deux ans oui, on a tissé des bons liens. Tout simplement parce que parce qu’on a beaucoup de choses en commun sur la vision de l’antifascisme, de la société en général on a bien discuté.
David Dufresne
Super. Alors tu sais qu’il y a plein de gens qui sont contents que tu sois là parce que aux postes, dans une communauté dormante on va dire avec des cellules ici ou là et les cellules lyonnaises sont assez agissantes. Donc ça fait un certain temps que je voulais que tu peux que tu viennes au poste. Et en fait on avait déjà, on avait déjà vu, mais je ne sais pas si tu sais, puisque nous avions streamé en direct une manifestation l’automne dernier, je me souviens, où t'étais interviewé à un moment donné. Alors, si je ne me trompe pas, tu as 27 ans, tu t’appelles Raphaël Arnault Je ne sais pas si tu es de la famille de Bernard Arnaud
Raphaël Arnault
Ah non, sinon je ne serais certainement pas au travail, certainement pas payé au SMIC et certainement pas en campagne pour la gauche de rupture.
David Dufresne
Tu es cofondateur en 2018 de la Jeune Garde à Lyon qui a essaimé. On va, on va en parler. Tu as longtemps tenu le porte-parole de la jeune garde. Tu ne l’es plus le temps de la campagne. Si, si, la presse fait bien son travail. Tu es assistant d'éducation. Tu as été éduqué par les assistants du Nouveau Parti anticapitaliste. Oui la vient de là et tu es donc candidat gauche social, écologique et populaire dans la deuxième circonscription du Rhône. Et comme le dit Mediapart, j’ai bien aimé Mathieu des Champs Élysées et le tiercé dans le désordre gauche, social, écologique et populaire. C’est les mêmes termes que l’année, mais pas dans le même sens.
Raphaël Arnault
C’est ça Noël, ça se ressent un peu. Il y a un peu cette idée-là de reprendre quand même ce qui nous, ce qui nous compose, nous, politiquement. Donc voilà.
David Dufresne
Après c’est un peu du plagiat.
Raphaël Arnault
Non, ce n’est pas du plagiat parce que quand même, c’est ce qui compose un peu notre camp, notre camp social et notre camp politique, tout simplement. Donc voilà, pour nous ce n’était pas du plagiat et surtout peut être j’y reviendrai un peu plus tard. Mais en fait, les personnes qui composent cette campagne sur la circonscription, c’est justement en très grande majorité des gens qui devaient participer à la campagne. PS Donc pour ces personnes-là, notamment la France insoumise du Parti communiste et une partie des écologistes, ce n’était juste pas possible de ne pas s’inscrire dans ce projet là et est entré en rupture du coup avec le projet total de la nouvelle Union populaire. Voilà pourquoi il y a beaucoup de similitudes aussi, c’est parce que la très grande majorité des gens qui composent cette campagne devait faire campagne normalement pour la nouvelle Union Populaire et d’ailleurs la font sur d’autres circonscriptions. Il y en a qui font campagne sur deux circonscriptions pour des candidats PS et sur celle-ci a décidé de soutenir ma candidature.
David Dufresne
Mais en ligne on nous dit dans le tchat. Est-ce que c’est une rediffusion merdique ? Il est 9h zéro neuf, nous sommes lundi de Pentecôte ou de l’ascension, je sais jamais c’est l’ascension, c’est le jeudi, c’est Pentecôte et Pentecôte, comme les pentes de la Croix-Rousse. Donc, si je comprends bien, en fait, on va évacuer la tambouille politique. En fait, il y a un dénommé Hubert Julien-Laferrière. Il a été investi par : tu dis Nupes ?
Raphaël Arnault
Il y a plusieurs façons de le dire, mais moi je dis comme ça après.
David Dufresne
Alors ce monsieur, il est membre de Génération Écologie, il a été élu en 2017 sous la bannière d’En Marche. Après avoir été membre du Parti socialiste tendance Gérard Collomb, votre bien aimé maire, ancien maire. Et donc tu as considéré que dans ta circonscription, ce monsieur ne représentait pas la gauche ? C’est ça ?
Raphaël Arnault
Oui, évidemment, ce n'était pas un choix individuel. C'était en fait le fruit de plusieurs années de travail en commun, notamment sur la question antifasciste, Sur la question de lutte contre l’extrême droite, On se connaît déjà toutes et tous, nous, sur le terrain depuis un bout de temps. Et pour nous, c’est vrai que c’est assez insupportable d’avoir comme représentant de cette gauche de rupture quelqu’un qui a voté toutes les lois contre lesquelles on s’est battu. Hubert Julien-Laferrière Ce n’est pas seulement qui s’est fait élire sous Macron en 2017. Bon, ça la foutrait un peu mal, mais si c'était seulement qu’une histoire d'étiquette, peut-être qu’on aurait pu mettre. On aurait pu mettre ça un peu de côté. N’empêche que ce monsieur, il a quand même voté la loi asile immigration, il a voté la suppression de l’ISF, il a voté la baisse des APL, il a voté le CETA, il a voté l’ouverture du rail concurrence pour la SNCF. Donc c’est vraiment un profond libéral. Et en plus de ça, avant d'être député En Marche, comme tu l’as rappelé, il a participé à la majorité Colomb, la majorité Collomb. Excusez-moi, mais c’est très loin d'être de la gauche. C’est justement toute cette gauche qu’on veut dégager qui s’inscrit un peu dans le truc de Manuel Valls, etc. Je pense qu’on était toutes et tous ce bienheureux qui dégage. Eh bien nous, au niveau local, si vous saviez le bonheur que de voir une vraie candidature de gauche de rupture s’imposer face à face à face à cet escroc car on peut le dire, de personnes qui se présentent comme étant de gauche alors qu’en réalité c’est juste un profond libéral. Il y a eu un débat sur LyonMag.
David Dufresne
Est ce qu’on frise la diffamation
Raphaël Arnault
La diffamation comme ça.
David Dufresne
En le traitant d’escroc ?
Raphaël Arnault
Non parce que parce qu’il se fait passer pour quelqu’un de gauche et que pour nous, ça l’est pas, ça ne l’est pas. C’est à -dire que pendant des années, je le rappelle, il a voté des lois profondément libérales et s’est toujours positionné pour ses lois libérales. Donc pour nous c'était une escroquerie. C’est vrai, c’est une escroquerie de se dire que ça allait être notre représentant. Après, il fait ce qu’il veut, s’il a envie de se présenter comme ça, il se présente comme ça. N’empêche que les gens sur le terrain ne sont pas dupes, ils ne sont pas dupes. Et déjà pour celles et ceux qu’ils connaissent, ils ont conscience que de qui est le personnage et clairement ils ne vont pas aller voter pour ce personnage. Et de toute façon ils ne comptaient pas aller voter. En fait, quand ils ont vu que le représentant du PS allait être ce candidat et ils ont dit qu’ils ne désiraient pas voter. Et pour les autres personnes qui n’étaient pas au courant de qui il était, de code, de ce qu’il avait fait de sa vie politique. Et bien que lorsque nous on leur explique qui il est et lorsque on explique notre projet et notre candidature, tout de suite tout s'éclaire. Eh, et ça se passe bien !
David Dufresne
Alors il va falloir que tu nous, que tu nous laisses nous expliquer ta candidature et tout, Tout démarre. Moi je découvre ça sur ton compte Twitter. Alors attends, j’ai la date le 16 mai, je vais, je vais le et je vais le montrer dans un instant. Le 16 mai. Voilà la politique du bas vers le haut et non l’inverse que nous subissons depuis des années. Je suis officiellement candidat pour une gauche sociale, écologique et populaire dans la deuxième circo du Rhône. Avec ta profession de foi on va dire qui ressemble beaucoup aux codes couleurs, aux codes visuels, ONU. PS moi ça me fait marrer. Enfin là il y a quand même euh. Donc en fait tu es le. Parce qu’en plus tu dis à l’intérieur, tu dis que tu rejoindras. C’est pourquoi je rentrerai une fois élu dans l’Union populaire.
Raphaël Arnault
Du coup, encore une fois, je le répète, c’est que à la base, non, c’est toutes et tous réunis, les militants et militantes de terrain, notamment de la France Insoumise, du Parti communiste, certains écologistes avec évidemment aussi des personnes de la jeune Garde et d’autres associations. On s’est réuni toutes et tous pour parler de cette candidature que nous ne pouvions pas supporter officiellement de la NUPES. Et très rapidement, on s’est mis en consensus et en accord sur le fait de dire qu’il fallait proposer une alternative pour réparer cette anomalie locale. Sur le média, on m’avait posé aussi la question au niveau du code couleur, au niveau de la charte graphique. C’est ce que j’avais répondu déjà à ce moment-là. Mais si c’est la seule chose qu’on a à nous reprocher, c’est une histoire de code couleur et de charte graphique. Je vous avoue que je suis plutôt rassuré. Mais ce qui nous intéresse, c’est d’aller débattre des idées, dialoguer, de débattre de ce qu’on souhaite défendre. Typiquement, nous, ce qu’on a reproché au candidat officiellement nu aujourd’hui, c’est Hubert Julien-Laferrière. Ce n’est pas une histoire de couleur, c’est pas une initiative graphique, c’est le fait qu’il ait participé à un projet profondément libéral, profondément antisocial pendant des années et que là, aujourd’hui, il ose se présenter comme un candidat de la gauche de rupture. Et pour nous, c’est bien plus important, encore une fois, que code couleur ou charte graphique. Et encore une fois, je le répète, du fait que la très grande majorité des personnes qui composent cette campagne doivent faire et participent encore une nouvelle fois à la construction de la nouvelle Union Populaire. Bah ça se ressent, ça se ressent dans notre, dans notre, dans notre voix. La diffusion de tracts, d’affiches et toutes ces choses-là.
David Dufresne
Alors c’est quoi la gauche de rupture ? Un c’est ce dont tu as parlé là, là-bas ? Non, on ne va pas de fou. Tu considères que toi tu incarne la gauche de rupture ? En quelques mots, c’est quoi.
Raphaël Arnault
En fait la gauche de rupture ? C’est ça un terme qu’on utilise là récemment. Mais en réalité, j’ai envie de dire que c’est la vraie gauche, la gauche tout simplement. C’est cette idée que, à un moment en politique, on puisse s’organiser par nous-mêmes, s'émanciper, donc s’-auto organiser vis à vis des institutions étatiques, vis à vis du système économique et social dans lequel on est pour défendre nos intérêts. C’est ça l’histoire de la gauche. Ça a toujours été ça, l’histoire de la gauche. Sauf qu’avec le temps, il y a eu une institutionnalisation et une professionnalisation de la politique qui a créé un espèce de bloc qui se revendique comme étant de gauche mais qui n’avait plus rien à voir avec la gauche de terrain, avec la gauche que nous sommes, qui construisons au jour le jour sur le terrain, soit pour aider une situation très particulière, ouvrir par exemple un lieu pour des mineurs isolés, participer à une manifestation, peu importe toute cette gauche de terrain qui devrait être l' essentiel de la gauche aujourd’hui et qui l’est, je pense. Et sauf que voilà, il y a. Et comme je disais, il y a, il y a des usurpateurs qui sont venus profiter de nos combats et qui sont complètement déconnectés. Et nous, le but c'était d’envoyer des candidats combatifs à l’Assemblée qui représentent cette gauche de terrain pour vraiment appliquer un programme de rupture. Parce que on en a toutes et tous conscience, on n’est plus dupes, nous à gauche de la gauche de terrain, C’est qu'à chaque fois qu’on envoie des personnes qui sont complètement déconnectés de nos luttes, déconnectées de nos combats, bah ils finissent toujours par trahir. Et puis là, on a un candidat qui l’a déjà fait depuis des années en plus de ça que c'était une certitude qu’il fallait réparer cette anomalie. Encore une fois, au niveau local.
David Dufresne
Quelles sont les urgences ? Admettons. Le 19 juin, tu es envoyé à l’Assemblée, ce serait super. C’est quoi l’urgence pour toi ?
Raphaël Arnault
Mais il y en a beaucoup des urgences, il y en a beaucoup. Déjà, je pense qu’il y a la question de la fin de l’inflation. Il faudrait augmenter tout de suite les salaires. Donc il y a le SMIC à 1 500 € qui a été proposé minimum. Je pense qu’il faudra qu’il augmente tout au long de l’inflation. Et l’augmentation du SMIC, ça veut dire aussi l’augmentation de tous les salaires. C’est-à -dire lorsqu’on pense qu’on augmente le salaire le plus bas. De fait, les personnes qui sont déjà à 1500 voient leur salaire augmenter. Ça a toujours fonctionné comme ça. Donc on augmente le salaire plus bas, ça augmente tous les autres salaires. Déjà le blocage des prix aussi évidemment. Blocage des prix de l’essence, blocage des prix aussi lorsqu’on va faire des courses. Parce que là, aujourd’hui, c’est juste hallucinant. Lorsqu’on va faire deux, trois courses, le prix, ça peut coûter 20, 30 ou 40 € pour eux, pour un ou deux repas des fois. Donc ça, il faut absolument bloquer les prix. La question aussi. Autant quand j’ai entendu le discours d’Élisabeth Borne sur son travail, lorsqu’elle est arrivée dans ce qu’elle a fait, sa prise de sa prise de poste, elle nous fait une déclaration un peu, elle ne dit pas ça, mais en gros un peu le travail sur la santé. Le travail c’est long et c’est l'émancipation. C’est super tout ça, mais j’ai envie de lui dire bah non, on va imposer la sixième semaine de congés payés. Parce que l'émancipation, c’est aussi lorsqu’on arrive à s'émanciper justement de tout ce de sous, ce système qui nous broie économique et sociale. Est ce qu’on arrive à faire d’autres choses ? Et on voit bien des queues, des cons. Dès qu’on est au travail, on arrive quand même à faire plein de choses, que ça soit le tissu associatif, ça soit avec du sport, que ce soit que de la culture. On a plein de choses à faire dans cette société. Et donc la sixième semaine de congés payés me paraissait aussi essentielle. Évidemment, il y a toute la question écologique, là, j’ai encore vu hier, il y a un tweet de Bernard Arnault, Nico qui n’est pas mon papa, un milliardaire qui a fait un trajet de dix minutes en avion, dix minutes avec son jet privé. Ça nous montre bien que, en réalité, celles et ceux qui polluent le plus aujourd’hui sur la planète, c’est ces ultra riches.
David Dufresne
IL est allé d’un quartier de Londres à l’autre.
Raphaël Arnault
Voilà, c’est ça. Non mais voilà pour nous, pour nous montrer comme c’est ahurissant quand chez nous, on vient nous dire à l’heure, surtout quand vous vous brossez les dents, faites attention à ne pas faire couler l’eau. C’est des petites mesures du quotidien qui peuvent être inscrites dans la population, mais ce n’est pas ça le gros, le gros du gros du problème. Si on arrive à taxer les riches, si on arrive à limiter leur puissance et leur capacité d’action. Je vous assure qu’au niveau écologique, on s’en sortira bien mieux. Donc nous, on pense que quand on parle d'écologie, il faut parler de planification écologique, de planification écologique. Même Macron maintenant, qu’il utilise, il a plus le choix. Sauf qu’il a oublié que dans planification écologique avait le terme planification. La planification, ça veut tout simplement dire décider de l'économie qu’on veut appliquer et faire les bons choix de production, etc. Et donc à l’opposé total du libéralisme qui est cette espèce de foutoir du marché où finalement il y en a que quelques-uns qui décident pour l’entièreté de la population. Voilà donc la planification écologique. Ça aussi, et c’est un projet tout simplement pour la planète et pour tout l’humain de façon générale, puisque c’est. C’est décider de la façon dont on produit, de la façon dont on consomme. Toutes et tous coûtent collectivement et de façon la plus démocratique qui soit.
David Dufresne
Qu’est ce qui qu’est ce qui dans ton travail ? Donc je le disais tout à l’heure, parce que les gens nous rejoignent petit à petit, et je leur souhaite la bienvenue dans ton travail d’assistant d'éducation. Est ce qu’il y a des choses qui remontent ? Qui ne sont pas sur Twitter, où tu es très actif et ne reprochera pas ça. Ce serait malvenu de ma part, ni dans leur nid dans les médias qui seraient des urgences invisibles, des choses, des choses que toi tu peux sentir dans ton travail parce que tu as parlé de la gauche de terrain et donc parce que là, ton discours, il est très bien, mais c’est un discours finalement assez, assez entendu, assez convenu, si je puis me permettre, tu parles de gauche, de terrain. Où est le terrain dans ce que tu dis là ?
Raphaël Arnault
Bien moi je pense que j’ai conscience et je fais partie de cet héritage politique qui dit qu’on peut envoyer n’importe qui à l’assemblée. On peut envoyer n’importe qui à des postes de pouvoir dans ces institutions là, ça ne sert à rien s’il n’y a pas un relais avec les luttes locales. Ça ne sert à rien s’il n’y a pas de pression de la rue. Nous, par exemple, on a fait la campagne de Mélenchon. À un moment il a dit pour économiser des grèves, vous pouvez voter pour moi pour éviter des kilomètres dans la rue avant de descendre dans la rue. Nous, on était au meeting et à ce moment-là, on a tout de suite dit "Mon coco, t’inquiète pas, on va aller deux fois plus dans la rue parce qu’on sait qu'à chaque fois c’est comme ça que ça se passe. En 36, tout le monde parle du Front populaire, etc. qui est une bonne chose en jouant sur certains aspects, ce qui fait réellement que le gouvernement s’est mis en action. Le fait que Léon Blum ait fait accélérer toutes ces toutes ces choses, c’est tout simplement parce qu’il y a eu des grèves massives dans l’ensemble du mouvement ouvrier. Et je pense que ce sera à chaque fois dans l’histoire, s’il n’y a pas un mouvement social assez fort pour imposer au pouvoir. Sa politique, et bah de fait, rien ne se passe. Par contre, c’est là aussi où il y a une nuance, c’est que quand même, d’avoir au pouvoir des gens qui puissent faire justement le relais entre cette gauche de terrain et cette gauche qui siégeait par exemple à l’Assemblée nationale. La défaite, c’est plus facile quand on a des gens un peu connectés à cette réalité, et pas par En Marche ou encore pire, avec l’extrême droite, évidemment. Et je pense que aussi, on a eu beaucoup de tweets dans la jeunesse au niveau de 20 ans pendant les élections présidentielles, on s’est dit qu’il est peut être à nouveau possible avec la dynamique de Jean-Luc Mélenchon. D’obtenir le fait qu’il y ait à nouveau un relais entre cette gauche de terrain et cette gauche plus institutionnelle. Et on a eu, on a été nombreux et nombreuses à avoir ce ce, ce ressenti, et on pense qu’il a été possible. Par contre, évidemment, on sera très vigilant tout le temps, même si, même si je suis pas élu, un peu importe, nous les militants de terrain à ce que à ce que nos élus soient bien connectés au terrain et on sera toujours dans la rue quoi qu’il arrive pour mettre la pression et faire passer tout ce qu’on a envie de faire passer.
David Dufresne
J’y pense et je le fais. Je faillis à tous mes devoirs puisque j’ai oublié d'évoquer ta suppléante qui est encore plus jeune que toi. Elle a 24 ans, elle s’appelle Maité, Mathilde, Mila ou Mia. Comme on dit.
Raphaël Arnault
Mia Oui.
David Dufresne
Oui. Et elle aussi a été formée au NPA chez Poutou quoi ?
Raphaël Arnault
Ha oui mais elle et elle, elle est toujours simple. Mathilde. Eh bien, on s’est connus à la faculté à Lyon deux, notamment sur une lutte pour des sans-papiers qui avaient été délogés de la Part-Dieu. C'était à l'époque et il y a plusieurs étudiantes et étudiants qui ont ouvert un amphithéâtre à la faculté Lyon deux. Et du coup, forcément, en tant que militants et militantes à la faculté, on était beaucoup à traîner autour de 50 filles, à essayer d’apporter un peu notre pierre à l'édifice. Et c’est là-bas qu’on s’est rencontrés, c’est là-bas qu’on a échangé, donc sur le terrain par les luttes. Et c’est une personne, Valentine, en qui je fais beaucoup confiance, notamment pour le travail. Elle a fait des très belles choses pendant les luttes Youth for Climate, C'était un peu en même temps que les gilets jaunes. C'était très proche en termes de temporalité et il y avait beaucoup de critiques sur le mouvement écologiste à ce moment-là qui disaient trop institutionnel et qui ne faisait pas ses liens avec les luttes sociales. Eh bah Mathilde et d’autres camarades ont beaucoup participé, notamment à Lyon, à Lyon, à faire du lien entre les gilets jaunes et les manifs climat. C'était ultra intéressant parce qu’en fait, il y avait beaucoup de gilets jaunes qui sont venus aux manifs climat. Inversement, beaucoup de jeunes écologistes qui sont venus aux manifs gilets jaunes et il y a eu, ça représentait tout à fait le projet qu’on veut porter au niveau de l'écologie, C’est à dire que l’autre, l’un, ne se fera pas sans l’autre. C’est-à -dire lorsqu’on lutte pour le social, on ne peut pas omettre les questions liées à la survie de notre planète et finalement à l’humain aussi aux ressources. Et à l’inverse, lorsqu’on parle de l'écologie, on ne peut pas oublier l'être humain et ça doit être central dans cette lutte.
David Dufresne
Timorofil te demande est-ce une gauche de rupture ou une gauche juste réformiste dans le sens historique de faire évoluer le monde capitaliste dans un sens social par la réforme ?
Raphaël Arnault
Alors c’est comme je disais, c’est un peu une imbrication des deux gauches. C’est à dire que dans l’histoire, il y a eu peu de moments où la gauche, une fois arrivée au pouvoir, a réussi à faire passer certaines avancées sociales qu’on peut dire réformistes de fait, puisque ça n’a pas bouleverser l’ordre social, économique établi. Et justement, nous, on veut s’inscrire là-dedans. Et je le répète, ce ne sera possible que s’il y a une connexion avec le terrain. Pourquoi est-ce qu’il est nécessaire du coup pour nous d’appeler à voter pour des pour des personnes issues de cette gauche de terrain, que ça soit sur notre circonscription, mais partout ailleurs sur le territoire ? Parce qu’on pense qu’aujourd’hui, il est plus que nécessaire. Après, nous, on est plusieurs à venir d’une gauche plus radicale qui remet en cause ce système économique et social de fond en comble. Sans parler de savoir s’il y a une véritable frontière entre révolutionnaires et réformistes purs et durs. Je pense que c’est un peu plus complexe que ça. En tout cas, on est beaucoup à être issus de cette gauche-là et à comprendre aussi la situation dans laquelle on est. On est dans une situation où il y a une dérive du libéralisme qui est en train de s’enfoncer véritablement dans un tournant autoritaire et raciste. Aujourd’hui, jusqu’au plus haut sommet de l'État, et aussi avec l’extrême droite aux portes du pouvoir. Et ça, ça nous fait quand même aussi réfléchir un peu différemment. Et je pense qu’on est plusieurs à, encore une fois pendant l'élection présidentielle, à s’en être rendu compte et à réfléchir à quelle suite. C’est-à -dire que là, cinq ans à nouveau sous Macron, avec à nouveau une majorité parlementaire de Macron et à nouveau avec la possibilité d’avoir l’extrême droite aux portes du pouvoir. Et à chaque fois, on sent bien que l'étau se resserre et qu'à un moment ils vont y arriver si on continue avec cette politique de Macron. Eh bien ça nous a donné l’alerte, ça nous a donné l’alerte et on s’est dit que ce n’est pas possible de refaire cinq ans exactement de la même façon. Donc on va tenter autre chose. J Attention, moi je ne suis pas un vendeur de rêve. Je ne dis pas que des toutes autos on va réussir à tout changer avec une belle majorité de gauche etc. Que ça y est, tout le monde va être heureux, tout le monde va sortir de la misère. C’est faux. On va continuer dans un système profondément inégalitaire, violent, parce qu’on est dans ce système économique et social qu’est le capitalisme. N’empêche, si on peut essayer de limiter la casse déjà dans un premier temps, d’arrêter la chute en avant imposée par Macron et par l’extrême droite déjà, et si possible essayer d’attraper quelques avancées sociales, ça peut être déjà une bonne étape. Et surtout, il y a une question fondamentale à gauche que je pense qu’on a un peu oubliée et encore une fois, cette élection présidentielle et nous allons prendre conscience de quelque chose. On peut avoir les meilleures idées du monde, être le plus être les personnes les plus pures du monde au niveau de l’idéologie, de la façon dont on voit la société, de la façon dont on veut la transformer. A un moment, il y a la question de la confiance qui se pose, la question de la confiance en notre propre camp et la question de l’identité de classe, tout simplement. Et durant cette présidentielle, il y a un candidat. C’est une réalité. On peut en penser ce qu’on veut qui a réussi à recréer cette dynamique, à recréer cet espoir. On n’avait pas vu une manifestation de gauche aussi grosse que depuis l'élection présidentielle avec Mélenchon, soit qu’il a fait plus de 4000 personnes à Paris. Il y avait énormément de monde à Toulouse, énormément de monde à Marseille, énormément de monde à Lyon. C’est des énormes manifestations de gauche où les gens se sont retrouvés. Moi j’ai croisé plein de monde que j’ai croisé dans les manifestations syndicales, dans d’autres luttes. Et c’est justement aussi cette confiance qu’on veut retrouver pour redonner de la force à notre camp. Et on pense que si on arrive à retrouver cette confiance-là, retrouvée, mais là, même là, on voit pendant les législatives, on reprend un peu confiance. Enfin, nous on était au fond du trou pendant cette présidentielle en se disant ça va repartir avec Macron, il y à l’ extrême moi qui arrive au pouvoir et là on peut dire ce qu’on veut. Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise ont redonné cette dynamique et cette confiance et c’est on aura bien besoin pour affronter toute la période qui arrive.
David Dufresne
Mon cher Raphaël, le tchat se transformant en en royaume des éditorialistes politiciens. Je ne m’attendais pas à autant de questions, mais je te les donne. Par exemple. Eyrolles, le 33 te demande N’as-tu pas peur de diviser les voix de gauche et de faire gagner la République en Marche ? En te présentant donc face au candidat officiel de la nuit dont on a parlé tout à l’heure pour ceux qui arrivent Et sur l’antifascisme, vous n’inquiétez pas les amis, ça arrive évidemment, mais pour l’instant on en parle bien sûr, mais là on est, on est sur la campagne. D’abord la campagne des législatives. Donc est ce que tu n’as pas peur de diviser la gauche ?
Raphaël Arnault
C’est une question qui s’est vraiment posée, évidemment. Déjà, on n’est pas des politiciens professionnels. Encore une fois, on est des militants, on est là.
David Dufresne
Je veux dire qu’après…
Raphaël Arnault
Si, j’y arrive, forcément, oui, je le serai en tout cas.
David Dufresne
Ce n’est pas le début de la trahison.
Raphaël Arnault
Non, je pense que ce n’est pas le début de la trahison à partir du moment où on reste connecté au terrain. Nous, typiquement, je le disais encore une fois dans l’interview aux médias, la façon dont on fonctionne, ce n’est pas moi qui décide du programme. Pour ma part, si on va par là, pas du tout, ça ne marche pas comme ça. C’est-à -dire que nous, on se retrouve en assemblée générale. On a évidemment un comité de direction pour faire accélérer les choses parce qu’on a très peu de temps. Il. C’est une campagne et il y a des choses en urgence à gérer. N’empêche que systématiquement, on fait un retour à l’assemblée générale et on en discute collectivement. Le programme, on sait à très grande majorité basé sur l’avenir en commun, parce qu’on pense qu’aujourd’hui c’est le programme qui a réussi à faire consensus à gauche et ses programmes qui ramènent cette confiance et cette dynamique dans notre camp. N’empêche qu’on a discuté, on a discuté régularisation de tous les sans-papiers, on a discuté. Qu’est ce qu’on pense de la Sécu ? Qu’est ce qu’on demande pour l’augmentation des salaires ? Toutes ces questions-là, chaque fois, on en discute en assemblée générale, c’est des vraies discussions politiques de fond et c’est surtout des discussions, des discussions collectives. Et on a bien l’intention, si jamais je suis élu, de maintenir ces assemblées générales une fois élus, Ce n’est pas une fois élu. Allez hop, le député fait ce qu’il veut, ils ne rendent de compte à personne. Maintenant, je vais continuer à rendre des comptes. Alors vous allez me dire effectivement, un député, une fois élu, fait ce qu’il veut, je peux trahir et leur dire allez, allez voir ailleurs. Maintenant je suis élu, je n’ai plus rien à fiche. C’est justement tout l’enjeu. C’est un pari qu’on tente de se dire qu’avec des militants de terrain, on va peut-être réussir quand même à faire plus de connexions que des gens qui sont complètement déconnectés de toutes nos luttes.
David Dufresne
Est ce que c’est jamais quitté ? Demande que je salue ? Est-ce que des cadres de la presse ont réagi à ta candidature ? Des hauts cadres on va dire.
Raphaël Arnault
Alors officiellement non, il n’y aura aucune réaction.
David Dufresne
Mais de ce qui vous intéresse officieusement ici, alors qu’ils bossent à chauffer leurs téléphones, à chauffer un peu.
Raphaël Arnault
Non mais vous vous doutez qu’officieusement, je ne peux rien dire.
David Dufresne
Ah, ça y est, ça y est, des professionnels, Ça y est ! Et voilà, voilà. Ça prend deux minutes. Et tailler avec les pros, ça y est !
Raphaël Arnault
Il faut bien avoir conscience, au-delà de cadre ou de pas cadrée dans la tête de beaucoup de personnes, cadre ou pas cadrant dans certaines organisations toutes les personnes qui s’intéressent un peu de près ou de loin à ce qui se passe politiquement sur notre circonscription. Beaucoup avaient conscience qu’avec le candidat officiel New Age, ça allait pas le faire, ça allait pas le faire et le gars allait continuer dans sa dynamique libérale parce que c’est toujours ce qu’il a fait depuis maintenant plus d’une dizaine d’années. Donc il allait continuer dans ce cycle. Et d’ailleurs, qui nous parle de social ? Il commence à trembler, trembler les genoux quoi. Parce que ce n’est pas son combat, parce qu’il n’a jamais combattu sur ces questions-là et ça se ressent. Et du coup, oui, effectivement, il y a de bons retours. Moi, quand je discute avec des personnes, j’ai été par exemple au meeting de Mélenchon à Villeurbanne, c'était et si je ne me trompe pas hier ou avant hier, je sais plus, je m’y perds un peu avec la campagne. Je suis désolé, on est sur beaucoup d’action. Et bah en fait j’ai eu des très bons retours en discutant avec des camarades de la France Insoumise, mais pas qu’eux même des gens d’Europe Écologie les Verts. Pourtant c’est quelque chose dont il est assez proche. Les gens sont contents, alors officiellement ils ne peuvent pas le dire, mais officiellement, ils y sont très contents parce qu’il y a peut-être aujourd’hui la possibilité sur notre circonscription d’envoyer véritablement quelqu’un qui va appliquer le programme qui est proposé par l’avenir en commun et pas quelqu’un qui a l’emballage. Donc, vraiment, il y a des très bons retours sur le terrain et même un peu plus
David Dufresne
Timorofil qui est très en verve ce matin dans le tchat. On se doute que ça a dû être bon. Bah les accords nous forcent à investir ce type mais en sous-main. Si tu te qualifies, on est full avec toi.
Raphaël Arnault
Non, il y a pas eu ce genre de chose. Il n’y a pas eu ce genre de choses. Parce que véritablement, il faut bien prendre conscience que la personne qui est venu me chercher par la main. Il n’y a aucune organisation électorale qui est venue me chercher par la main en disant Allez, vas te présenter. Il ne s’est pas du tout passé comme ça. Il faut vraiment prendre conscience de ce que c’est. Et d’ailleurs, je vous invite à venir au meeting mercredi prochain, le huit au Gros Caillou à la Croix-Rousse. Il y a Philippe Poutou d’ailleurs qui amènera un soutien. Il y aura aussi Usul aussi. Il y aura des acteurs, des luttes locales et il y aura très certainement des prises de parole des gens qui composent aussi un peu cette nouvelle Union populaire pour expliquer un peu pourquoi est ce qu’ils soutiennent cette candidature. Et peut-être que les gens vont prendre un peu plus conscience de ce qui se passe. Nous, nous, au niveau local, vraiment, on s’est retrouvés toutes et tous, nous les militants et militantes de terrain, que ce soit des gens de la France Insoumise, que ce soit des gens du NPA, que ce soit des gens des Verts, que ce soit des gens du Parti communiste. Vraiment, on sait toutes et tous se retrouver autour d’une table. On a dit maintenant, qu’est ce qu’on fait ? Qu’est ce qu’on fait pour réparer cette anomalie locale ? Dans un premier temps, je vous avoue qu’on avait une sacrée gueule de bois lorsqu’on a vu, c'était cette personne qui était investie. Et puis ensuite on s’est pris en main, on s’est dit en fait, nous, ce n’est pas qu’on est des têtes brûlées coûte que coûte, on veut y aller pour y aller, c’est qu’on s’est dit véritablement là. Il y a un véritable enjeu politique à réparer l’anomalie et à envoyer un vrai candidat de gauche représenter notre mouvement.
David Dufresne
On te demande à quelle heure ? Et le meeting mercredi le huit ?
Raphaël Arnault
Alors c’est de 18 h à 21 h. Du coup prises de parole, je pense, vont commencer vers 19 h. Et quelqu’un ayant un concert à la fin d’un groupe qui s’appelle Assez à contre sens, donc c’est un groupe de rap engagé. Voilà.
David Dufresne
Ça te demande, n’est-ce pas, donner du grain à moudre aux détracteurs de la NUPES Je sais plus comment on dit maintenant sur la question de la crédibilité de l’Union. Si vous vous présentez en contestant l’investiture officielle du mouvement. En fait, il y a il y a pas mal de questions comme ça.
Raphaël Arnault
Oui, alors justement, je viens de penser en fait je n’ai pas répondu à une question posée. Ce n’est pas que ce n’était pas que c'était esquivé, c'était qu’on n’a pas pensé c’est est ce qu’on ne ferait pas les jeux de Macron ? Oui.
David Dufresne
Oui, oui.
Raphaël Arnault
Oui, se présentant ? Oui, évidemment. Nous, sur cette circonscription, on y a réfléchi tout de suite parce que ça aurait été une catastrophe pour nous. Encore une fois, on n’est pas des têtes brûlées, on n’y va pas, on n’y va pas pour y aller. Quoi ! On y va déjà véritablement pour gagner, pour réparer cette anomalie. Et surtout, faut bien prendre conscience que pour les personnes qui ne connaissent pas ces circonscriptions, le quartier la Croix-Rousse, c’est un quartier qui vote très majoritairement à gauche, mais aussi du neuvième arrondissement et des quartiers populaires comme la Duchère, comme le Vercors, qui ont voté très majoritairement Jean-Luc Mélenchon. C’est quand même une circonscription qui vote majoritairement à gauche. Donc quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne sur cette circonscription, il était impossible qu’aucun candidat de gauche ne se retrouve au second tour. Il faut avoir conscience de ça, c’est à dire que ça soit le candidat investi, qui pour nous n’est pas une solution face à Macron, que ça soit moi ou quelqu’un d’autre. S’il y avait quelqu’un d’autre, quoi qu’il arrive, il y aurait forcément un candidat de gauche. Donc de fait, on n’aurait pas, nous, cette responsabilité de par exemple se retrouver dans une posture où il y aurait un candidat et les REM contre un candidat LR, ce n’est pas possible sur la circonscription, véritablement, il y aura forcément un candidat de gauche au second tour. C’est ce qui nous a motivés en se disant bon on va tenter, on va tenter. En réalité, on va tenter de gagner, on va tenter de réparer cette anomalie et au pire, on ne fera pas remporté un vrai candidat de Macron, même si l’autre c’est un libéral, on ne fera pas remporter la vraie étiquette Macron parce qu’au second tour il y a forcément un candidat de gauche. Et vu la configuration, normalement le candidat de gauche l’emporte forcément face à face à Macron.
David Dufresne
Et là, et là, comment ça se passe ? Parce que tu n’es pas investi par un parti qui a des moyens ? Et est-ce que tu as des sondages ? Est-ce que tu sais à peu près les chances que tu as ou que tu n’as pas ? Comment ça se passe ? Comment on navigue quand on est à une semaine du premier tour ?
Raphaël Arnault
Alors non, il n’y a pas de sondage. Déjà parce que pour les élections législatives, je crois qu’ils ont un peu du mal, hein, ils font des sondages un peu gros et ils essayent de calculer à peu près. Les gens qui ont voté pour les partis de gauche commencent à se reporter sur eux, sur le candidat de gauche. Et ce sont des circonscriptions, il n’y en a même pas. Il n’y en a même pas eu. Parce que moi, lorsque j'échange avec des journalistes, en fait de Clermontois, on a foutu un merdier pas possible au niveau des pronostics. C’est-à -dire que c'était assuré que le candidat officiellement investi se retrouve au second tour. Et là, en gros, ça se joue entre eux. C’est quasi certain que le candidat de Macron sera au second tour quoi qu’il arrive. C’est une configuration plus ou moins sûre parce qu’il y a quand même une partie, la circonscription qui vote beaucoup plus à droite, notamment beaucoup plus bourgeois sur la presqu'île Et ensuite ça joue en gros, ça va jouer, Ça va être où le candidat investi officiel qui s’appelle Hubert Jeune à La Ferrière ou moi au second tour en duel face au candidat Macron ? Ou la troisième option. Ce qui serait difficile, ce serait une triangulaire. On se retrouverait tous les trois le candidat officiel, le candidat de Macron et moi-même au second tour. Donc voilà un peu comment ça peut se jouer au niveau de la circonscription. Après, encore une fois, c’est ultra difficile à savoir parce que nous ne. Force, c’est d’avoir beaucoup de personnes sur le terrain, de connaître beaucoup de monde, du tissu associatif local, etc. C’est notre force. Après, la force du candidat libéral investi, c’est d’avoir de fait l'étiquette. Le tout l’enjeu, ça va être ce qu’on va réussir à parler à un maximum de monde pour leur expliquer la situation et. Mais généralement, quand on leur explique la situation, un tout roulant, c’est juste qu’on arrive à atteindre le maximum de personnes.
David Dufresne
Sur le fond du terrain. Je te demande de nous parler de l’Europe. Et puis Pimiko nous dit J’habite des quartiers, j’habite où il y a les quartiers les plus pauvres d’Europe. Marseille Je suis administratrice d’un réseau d' AMAP et proche du Secours Populaire. Y a t il un espoir pour les SDF, les mal-logés et les familles qui ont faim ? Dans ma ville meurtrie. Et d’une manière générale, parlais tout à l’heure des mineurs isolés. Tu as parlé aussi des délits des SDF. Voilà des questions de fond qui remontent du tchat. L’Europe et les SDF.
Raphaël Arnault
Oui, Marseille, c’est une ville que je connais très bien, auquel j’ai souvent l’habitude d’aller parce que j’ai de la famille chez Michelin de Marseille. Donc voilà, je suis très attaché à cette ville et j’ai conscience de toute la pauvreté qu’il peut y avoir, notamment dans le centre-ville. C’est un des centres villes les plus pauvres d’Europe, un peu comme Naples. Et malheureusement, il n’y a pas qu'à Marseille dans cette pauvreté. Donc moi je suis allé à Lyon à un logement qui a permis d’accueillir de nombreux mineurs isolés. On avait ouvert à l'époque le collège Morisset à la Croix-Rousse avec plusieurs jeunes de la Croix-Rousse collège mais je ne sais pas si vous avez entendu parler qui a permis de loger quand même plus de 300 mineurs isolés pendant plusieurs mois dans ce collège a été détruit et du coup il y a plusieurs autres logements qui ont été ouverts pour ces mineurs isolés. Hier, je suis à nouveau passé, donc j’ai recroisé des camarades de lutte et on discutait justement de tout ça. Il faut bien avoir conscience que l’Assemblée nationale, c’est un lieu où on vote les lois au niveau national, où des gens peuvent faire des choses comme par exemple abroger la loi asile immigration que ce cher candidat invité. Chaque candidat de la NUPES a notamment voté la loi asile immigration. Donc déjà on peut abroger cette loi par exemple, on peut faire ce type de choses. Après, par contre, au niveau local. Je discutais avec les camarades qui gèrent un peu le lieu en fait. Par exemple sur la question des mineurs isolés ou des SDF, la plupart du temps c’est la mairie, la métropole, la préfecture, c’est là que ça joue, c’est au niveau local. Du coup, techniquement, un député peut pas faire grand-chose, si ce n’est et je pense que ça va être son rôle et c’est ce que je souhaite faire mettre la pression politique par exemple lorsqu’il y a un événement du logement où il y a les mineurs isolés, eh bien le député s’y rend convaincu qu’on veut que la presse et met la pression en disant Dis donc, les personnes de la métropole, là où vous en êtes, où comment ça se fait, il y a tel rapport, ils en sont là. Et vous, vous agissez pas avec ce type de rapport de force qui est posé évidemment aussi, si possible en jouant un peu sur les liens, parce que les élus, ils se connaissent à force, y s’envoient des messages, y s’appellent. Il y a tout un jeu de pression. Parce que la politique c’est pas que la personne qui est sur son siège, a-t-elle droit à tel droit pour voter telle loi ? C’est aussi mettre en avant la pression politique et toutes ces questions-là. Et ça passe aussi effectivement sur toute la question du logement de façon générale, si défaut certaines choses sont attribuées, par exemple à la mairie, un député peut très bien participer à mettre la pression avec les acteurs locaux pour que la mairie agisse par exemple. Donc évidemment que pour nous, les députés de terrain, tout l’enjeu, ça va être aussi ces questions-là. Et encore une fois, si ça ne marche que s’il y a une connexion avec le terrain, qu’est-ce qu’un député qui est totalement déconnecté de toutes ces luttes-là ? Bon, il va regarder son mail ou même pas d’ailleurs, il va mettre ça de côté. Alors que si on se connaît depuis des années et qu’on lutte ensemble et qu’on s’appelle directement et qu’il y a personne. Team qui me secoue fortement et qui me disait que Raphaël avait dit que tu faisais ça et tu le fais pas, tu fais quoi là ? T’es sérieux ? Et voilà, je me mange une pression directement du terrain. Ce n’est quand même pas la même réactivité d’ailleurs.
David Dufresne
Sarah dans le chat, te dit que elle, elle ne sera pas la dernière pour si jamais tu devenais un professionnel de la politique de le rappeler.
Raphaël Arnault
Et elle vient parfaitement de valoir.
David Dufresne
De la même manière que tu as dit tu mettais la pression sur Mélenchon. Eh bien, la pression serait aussi et serait aussi sur toi. Qu’est ce qui te surprend le plus dans la campagne ? Vu que tu es un agitateur ? Tu as l’habitude d'être dans les temps, dans les mouvements de foule, etc. De monter des manifs, des contre manifs, des machins. Mais là, c’est un autre jeu. Qu’est ce qui te surprend, par exemple ? En bien ou en mal ?
Raphaël Arnault
Mais déjà il y a beaucoup de similitudes, un peu avec ce que j’ai l’habitude de faire sur le terrain. C’est à dire que là, on n'était pas les bienvenus dans cette élection. Pas du tout. Encore une fois, je le rappelle, y a personne, aucune organisation électorale qui ne nous attendait. Aucun élu n’est venu me chercher. Donc, il y a quelques mois, personnellement, je me sens un peu dans mon élément. C’est n’y a personne qui est venu nous chercher. Et la candidature, elle vient de la base, elle vient du terrain. Et là, pour le coup, là c’est notre zone de confort. C’est à dire que c’est les personnes avec lesquelles on a l’habitude de manifester, avec les personnes avec lesquelles on a l’habitude de militer, qui mènent cette campagne. Donc nous, c’est un bonheur, c’est un bonheur en plus de les voir paniquer tous. Toutes ces personnes-là qui se connaissent tous. Moi, je sors du jeu. On est allé déposer en préfecture, vous savez, les papiers. Donc déjà, moi, c’est la première fois que j’allais à la préfecture pendant les salons de la préfecture. En tout cas, la préfecture, généralement, c’est des gens qui ne nous apprécient pas très fortement, à nous les antifascistes. Donc déjà, c'était quelque chose d’assez comique qui a débarqué.
David Dufresne
C’est-à – dire ? Vas-y.
Raphaël Arnault
Allons-y. Et en fait on débarque dans ce machin. Donc je sais, c’est assez ouf Nature dans des salons, on a jamais vu cet avis. Il y a des tableaux avec de la chasse à courre, espèce de truc que je ne sais pas trop ce que c’est on dirait. Voilà de l'époque un peu coloniale, un peu napoléonienne. C’est vraiment chelou comme ambiance. Et on voit, on devine que c’est plein de candidats aussi qui attendent pour donner leurs papiers et tout, et puis serrent tous des mains avec des sourires faux cul et tout. Il y en a même plusieurs qui viennent nous serrer les mains, on ne sait même pas qui c’est. Et on voyait qu’ils avaient la mort dans leur regard, qu’on ne sait pas qui c’est en fait. Mais nous on s’en fout, on s’en fout parce que ce n’est pas notre milieu, ce n’est pas, c’est pas notre terrain. Et en plus je crois que j’ai débarqué en short dans la préfecture, du coup il y en avait une qui me regardait un peu étrangement. Mais ce n’est pas grave, Nous le plus important encore une fois, c’est notre combat, c’est nos idées et du coup voilà. Donc de ce point de vue-là, on n’est pas du tout gênés. Par contre, c’est vrai que c’est un milieu. La politique est bien même, même à notre niveau. Il y a des fois des rapports de pouvoir, des enjeux qui font que des fois y aillent. Il y a des gens malsains et là, à ce niveau-là, on est quand même il y a vraiment des gens chelou. Il y a plusieurs personnes, moi, qui sont venues me parler, je ne vais pas les citer, mais que je ne connaissais pas parce que je connais pas ce milieu-là en me faisant passer pour ami, pour des gens amicaux qui soutenaient un peu notre candidature, etc. Et en fait, c'était des gens de l’autre camp. Qui essayaient de gratter des infos en me disant de brosser un poil en moi. Je ne suis pas dupe, j’ai l’habitude quand même. En plus, je suis assez prévenant du fait qu’il y en a déjà.
David Dufresne
Ni dupe, ni Nupes
Raphaël Arnault
Voilà. En tout cas, sur cette circonscription, même si je soutiens d’autres candidats, nul évidemment partout ailleurs sur le territoire. Et du coup.
David Dufresne
Tout ça à la limite, c’est de bonne guerre pour l’instant quelqu’un qui vient essayer de chercher ou agréable, enfin ce n’est pas moi
Raphaël Arnault
Non mais c’est glauque, c’est glauque, tu vois, y en a un qui s’est fait passer pour un peu du Jules. Une vieille me regarde et me dit J’ai un très bon pote de Jules, tu vas bien ? Tac tac ma chère. Et en fait le gars, rien à voir, c’est un foutu libéral qui d’ailleurs déteste Jules. J’ai découvert plus tard qu’il est en fait très proche de Laferrière. Enfin je veux dire, c’est des méthodes genre moi je m’en fous parce que je me suis pas les savoir et je donne les infos que j’ai envie de donner. Mais si je sais, c’est trop, c’est trop bizarre quoi. Et c’est vraiment des gens, C’est vraiment des gens bizarres dans ce monde-là. Et du coup c’est voilà, c’est juste les petites notes comme ça qu’on a noté pendant l'élection. Mais nous, ça nous fait plaisir parce que vraiment on sent que ça les perturbe, ça les perturbe parce que eux, ils ont des codes bien précis, ils se connaissent depuis des années, ils se font des ronds de table, etc. Et puis nous on débarque, bah on dit ce qu’on a à dire et si ça vous plaît pas, ce n’est pas grave, nous le pas, l’important c’est de combattre nos idées. Et d’ailleurs ça s’est très bien ressenti dans le débat qu’on a pu faire avec Laferrière et le candidat Macron. C’est que je gênais fortement et c'était un peu une partie de plaisir pour nous. Que d’arriver et d'être face à ces élus qui votent toutes ces lois contre lesquelles on se bat depuis des années.
David Dufresne
Alors je pense qu’on veut, on peut passer maintenant à la à la deuxième partie de l’entretien, Si, si, tu en es d’accord, qui est ce par quoi tu as surgi ? L’antifascisme, le combat anti fasciste ? En 2018, tu vas participer à la fondation de la Jeune Garde à Lyon. Euh pardon de revenir là-dessus, mais il faut, il faut que tu nous tu nous expliques d’où ça sort, pourquoi vous faites ça, vraiment la genèse. Et puis après on va on va parler de l'évolution, d’où ça sort en 2018. Pourquoi tout d’un coup la jeune garde ?
Raphaël Arnault
Elle se déploie la Jeune garde. Elle s’est montée à Lyon en 2018, avant d’avoir plusieurs groupes sur l’ensemble du territoire. Elle se monte à Lyon pour une très bonne raison et je pense que tout le monde ici, on va en avoir conscience. C’est la réalité. L’extrême droite à Lyon, une extrême droite de terrain qui est très radicale, qui est très violente. Si dans les urnes ça se ressent pas forcément, en tout cas sur le terrain et c’est très fort. Nous, en 2018, au moment où on décide de son avec la jeune garde, il y a cinq locaux d’extrême droite et un local royaliste de L’action Française et un local pétainiste du Parti nationaliste français. Et du coup avec la branche Yvan Benedetti, tout ça. Il y a deux locaux, Génération Identitaire qui sont d’ailleurs aujourd’hui les deux derniers restants. Il y a un local aussi du bleu du GUD qui est devenu le bastion social au moment où se montaient cinq locaux d’extrême droite public. Ils maintiennent des activités quotidiennes. Visage découvert en tout va bien, des fascistes dans nos rues, ils multiplient les agressions. Faut savoir que sur le quartier la Croix Rouge, il y en avait plusieurs par semaine, 1 à 2 fois par semaine, voire même plusieurs fois dans le week-end. On apprenait qu’ils avaient mis un noir tout nu, on apprenait qu’ils avaient agressé un couple homosexuel à la sortie du centre LGBTI. Enfin, c'était vraiment quotidien. Il n’y avait plus de réponses à ces attaques-là. Une impunité totale. Et alors ? Et alors action ! Et en fait, le bas, son social. Malheureusement, comme tout mouvement qui part de Lyon, ils arrivent à s'étendre au niveau national. Ils commençaient à ouvrir des squats, des locaux, en tout cas un peu partout sur le territoire, un peu sur le modèle de CasaPound, sur l’organisation néo fasciste en Italie. Et en fait, ils commençaient à devenir vraiment devenus vraiment forts sur le terrain en multipliant les agressions, à se développer politiquement. Et on s’est dit qu’il y avait une urgence d’une part déjà à se défendre face aux attaques de l’extrême droite sur les divers mouvements sociaux qui a pu avoir et aussi à fermer leurs locaux pour éviter qu’ils grandissent de plus en plus et éviter qu’ils continuent à se construire. Donc nous, depuis la création de la Jeune Garde en 2018, il ne reste plus que des locaux soudés. Génération identitaire qu’on va continuer à lutter pour les faire fermer. Et on en a quand même fermé trois. C’est fermé. Pas que nous, la jeune garde avec beaucoup d’associations d’organisation politique, en mettant soit la pression sur la mairie, soit aussi sur les fascistes qui fait que désertent les locaux ou alors que les institutions n’ont pas d’autre choix que d’agir sous la pression de nos manifestations ou de nos revendications et de la pression qu’on a pu mettre dans la rue. Donc c’est une véritable fierté du travail qu’on a pu faire avec la jeune garde en réalité, ces dernières années, et la question de l’autodéfense aussi, qui était centrale. Moi, j’ai grandi politiquement dans une ville à Lyon, où on m’apprenait en manifestation à enlever les autocollants lorsque je sortais d’une manifestation, à repartir groupés pendant la loi travail. C’est le premier mouvement social sur lequel je me suis vraiment impliquée au jour le jour, dans toutes les manifestations, dans les mouvements de grève, en solidarité, etc. Ce mouvement-là, il faut savoir qu'à chaque manifestation, il y avait l’extrême droite qui se pointait, que ce soit devant la faculté Lyon trois devant laquelle partaient beaucoup de manifestations, qui a une faculté historique, un peu du GUD, de l’extrême droite, etc. Ou même en fin de parcours, les militants d’extrême droite qui venaient forcément mettre le bout de leur nez, quoi, soit pour provoquer, soit pour attaquer. Je me souviens d’une fois, il y avait un cortège de centaines de jeunes qui se faisait attaquer par une trentaine de fascistes armés. Et puis le cortège jeune qui part, qui se disloque totalement, qui se fait éclater violemment. Alors pourtant, on était peut-être dix fois, 20 fois plus que les fascistes. C’est qu’il y avait un problème d’organisation. Et derrière, la seule organisation qui a été capable de stopper l’attaque fasciste sur la manifestation, ça a été le réseau de la CGT. Et là on a eu un tilt, On s’est dit en fait on n’a rien inventé de bien fou, C’est juste. En fait, on a repris les pratiques du mouvement ouvrier qui existe maintenant depuis des dizaines, voire plus d’années, de remettre en place des services d’ordre assez conséquent, assez efficaces pour que les fascistes puissent pas enfoncer une ligne, par exemple lors d’une manifestation et tout simplement fasse machine arrière. Donc voilà un peu tout, tout, tout commence à s’imbriquer et après ? Après voilà proposer un modèle, un peu de militantisme, de pratiques militantes, bien au-delà des dogmes purs et durs, de plus de pratique militante qui a séduit toute une partie de la jeunesse militante, notamment l’entretien dans diverses villes à Strasbourg, à Paris, à Lille, à Montpellier. Et du coup, il y a d’autres antennes jeunes garde qui sont qui se sont mis un peu en route. Et au cœur de notre projet, il y avait aussi la question unitaire qui pour nous était centrale. C'était remettre en action toutes les organisations qui se revendiquent de l’antifascisme mais qui n’osaient plus, notamment à Lyon, faire l’antifascisme pour plusieurs raisons, notamment parce qu’il y avait la peur de l’extrême droite. C’est une réalité. Il y avait un manque de confiance en Alexandra qui continuait à augmenter, etc. Et aussi la peur dans les pratiques des organisations qui avaient peur de se retrouver dans des bourbiers dans lesquels elles ne voulaient pas participer. On a toutes et tous un rapport à la radicalité qui est différent et que nous ne voulons pas. Mais des organisations, j’en sais rien, moins plus familiales, plus associatives, qui n’ont pas l’habitude, par exemple, de confrontation avec l’extrême droite, de les mets dans des situations où on les forcé à être dans la confrontation. Par exemple, on a tout fait pour qu’on soit collectivement dans des cadres sécurisant, pour qu’un maximum de personnes puisse se réunir. Et voilà. Jusqu’alors, on faisait des manifestations de 200, 300 personnes. C’est un véritable problème pour nous. Et la dernière manifestation d’ailleurs auquel David tu l’a rappelé, il y a eu un petit live durant la manifestation. C'était le 25 octobre. On était quand même 5000 dans les réunions, 5000 pour dénoncer les violences de l’extrême droite, autant de personnes à Lyon pour une manifestation. Ce n'était pas arrivé depuis ans, ça faisait des tas et des tas d’années. Je crois que la dernière grosse manifestation, c'était au moment de la mort. Clément Il y avait 2000 personnes, donc c'était une véritable victoire, tout simplement. Clément Méric. C’est d’ailleurs l’anniversaire de sa mort était hier. Malheureusement, il y a eu plusieurs hommages et donc une grosse manifestation comme ça à Lyon. Ce n’est pas arrivé depuis. Encore une fois, des tas et des tas d’années. Il y a beaucoup de personnes qui se sont félicités et qui nous ont remerciés pour tout le travail qu’on a pu faire collectivement avec un tas d’organisations et pour produire ce type de manifestation.
David Dufresne
Alors évidemment, Julien, il y a un éléphant dans la pièce dont on va parler à un moment donné, parce que je vois que sur le tchat il en est question. Parlons en maintenant. Tu sais que nous, nous avons reçu ici les avocats de la gale lors de la menace de dissolution par Darmanin était retoqué de la gale. Donc la gale c’est le mouvement antifasciste historique sur Lyon, pour le dire rapidement, qui s’inscrit dans une tradition autonome radicale. Vous, vous êtes dans une autre avec d’autres, d’autres applications militantes. Tu viens de parler de l’aspect unitaire. Vous avez une approche plus, plus unitaire. Bon, ici dans le tchat, certains savent très bien et d’ailleurs je crois qu’il y a des gens de la gale qui te saluent. Tout le monde sait que y a plus que des bisbilles entre vous, ce n’est pas ici qu’on va régler qui, qui a commencé, etc. Voilà. Mais ça fait chier quoi. Pourquoi vous vous battez les uns et les autres ? C’est quoi ce bordel déjà ?
Raphaël Arnault
Je reprends un peu le début de ton intervention. C’est une très bonne chose que le Conseil d'État ait reculé sur cette dissolution. C’est une très bonne chose de faire reculer le gouvernement sur cette dissolution et fait reculer Darmanin. Je pense qu’on peut s’en féliciter pour notre camp, pour l’ensemble de notre camp, parce que là, Darmanin était rentré un peu dans un cycle de dissolution et ça aurait été plus. Il a commencé par s’essayer quand même une association antiraciste qui luttait contre l’islamophobie. C'était déjà un premier signal envoyé de la part de Darmanin. Dans ce tournant autoritaire et raciste ensuite, il s’attaque au collectif Palestine qui a aussi été retoqué. Certes, il y a eu le Conseil d'État qui a réfuté la dissolution pour la gale, mais aussi pour le collectif Palestine Magra qui est une très bonne chose. Mais encore une fois, parce que c’est vrai que. Parce que pour nous, ce n’est pas seulement Darmanin, il ne s’attaque pas seulement à une organisation parce qu’il provoque sa dissolution. On sent bien qu’il s’attaque à un seul et même camp, celui qui s’attaque dans un premier temps à une association antiraciste qui lutte contre l’islamophobie. Ensuite, il s’attaque à une organisation antifasciste. Ensuite, il s’attaque à un collectif qui lutte pour la libération de la Palestine et contre les oppressions qui se déroulent là-bas. Donc on sent bien que Darmanin s’attaque à un seul et même camp. Donc ensuite, voilà, il allait en roue libre, il allait continuer dans cette. Dans cette prononciation, dissolution. Donc ce conseil d'état, c’est une très bonne chose qu’il ait retoqué Darmanin, en espérant que ça suffise. Je crois qu’il y a des appels. En tout cas, c’est une très bonne chose qu’il ait reculé sur ce terrain-là. Ensuite, sur les divergences, oui, il en existe, c’est vrai. Il en existe dans notre camp comme sur toutes les luttes. Sur les questions féministes, on sait bien qu’il y a des divergences en interne sur les questions syndicales, on sait bien qu’il y a des divergences en interne. Donc voilà, c’est des choses qui existent, qui traversent notre camp.
David Dufresne
Quand tu dis en interne, tu veux dire entre les deux groupes ou dans chaque groupe
Raphaël Arnault
Mais de façon générale, même entre les diverses organisations par exemple, vous allez poser la question au NPA et à l’UCL, il n’y a pas exactement la même ligne sur les questions antifascistes, sur les questions sociales, sur les questions syndicales. Et pourtant on arrive et tant mieux. Nous, c’est ce qu’on essaye de faire avec l’antifascisme, d’arriver à trouver des points d’accord. Donc effectivement, des fois, il faut mettre un peu de côté certains de certains, certains voilà, certains grands axes sur lesquels on est très bon. Je perds un peu mes mots, bon, sur lesquels on est très convaincus et essayer un peu de combiner un peu tout ça pour essayer de trouver une politique unitaire. Ça passe par beaucoup de réunions, beaucoup de discussions. Ce n’est pas facile de trouver des lignes communes. N’empêche que c’est un vrai travail que nous à la jeunesse, on a vraiment cherché à produire. Et c’est vrai qu’on va diverger un peu de certaines pratiques qui sont un peu déroulées ces dernières années.
David Dufresne
Alors je te dis parce que Mathieu te dit divergence égale coups de poing et actions virilistes, interrogations. Walden Wood te dit c’est quoi les différences sur les questions féministes ? Myriam dit des divergences sur les questions féministes pour interrogation. Euh, ça suscite beaucoup d’intérêt là. On n’est pas du tout ici pour distribuer des bons points, mais moi je ne peux que te remonter quand même ces interrogations et un peu cette déception, grosso modo.
Raphaël Arnault
Ouais, alors déjà, je ne suis plus porte-parole de la Jeune Garde.
David Dufresne
Je sais bien
Raphaël Arnault
Mais c’est une réalité. Cette classe a un mandat. C’est-à -dire que lorsque mon organisation fonctionne ainsi de façon moins collective, lorsque mon organisation me donne le mandat de parler au nom de la jeune garde, je le fais. Lorsque ce n’est plus le cas, je ne le fais pas. Du coup, n’hésitez pas à contacter la jeune garde si vous avez des questions. Il y a un communiqué aussi public qui est sorti du coup, sur lequel on revient signer par lequel de nombreuses organisations de notre camp. Donc n’hésitez pas à aller voir ça, ça vous intéresse ? Après, très sincèrement, moi les divisions de notre camp, c’est quelque chose qui fait mal, mais je pense que c’est quelque chose qui fait mal à toute la jeune garde. C’est quelque chose qui fait mal à toutes nos organisations. On aimerait que tout se déroule pour le mieux, du mieux. Et d’ailleurs, nous, avec la jeune garde, on a toujours tenté d’esquiver toutes ces embrouilles internes, toute cette violence qui peut parfois exister dans les mouvements. On sait que pendant des années, il y a eu des conflictualités entre certaines mouvances et par exemple, le service d’ordre de la CGT. A chaque fois, le but, c'était de tenter d’apaiser tous ces rapports de force qui peuvent exister dans notre mouvement, en tout cas d’esquiver au maximum la violence. Donc, donc voilà, et on va continuer sur ce terrain-là à chaque fois, provoquer la désescalade au maximum et éviter que de mauvaises choses se reproduisent. Parce que l’enjeu est bien trop grand, l’enjeu est bien trop grand. On voit bien, encore une fois, je le rappelle, un gouvernement qui est de plus en plus à la dérive, qui reprend des thématiques de l’extrême droite jusqu’au plus haut sommet de l’État et une nouvelle fois l’extrême droite qui est au bord du pouvoir, la véritable extrême droite auto organisée, officielle on va dire qui, qui agit, qui tente de prendre le pouvoir. Du coup, il y a un réel enjeu quand même à ce que dans notre camp, on évite. Si on n’arrive pas des fois à travailler ensemble, c’est comme ça. Ça arrive en tout cas qu’on évite de, voilà, de trop se mettre des bâtons dans les roues. Et quand je parlais des divisions dans le mouvement féministe, attention, moins ce n’est pas c’est pas du tout. C’est juste un exemple pour dire que dans tout mouvement il peut y avoir des contradictions. Je pense par exemple sur la question de la prostitution, évidemment il y a des grosses divisions dans les mouvements féministes comme sur d’autres, comme sur d’autres questions. Mais voilà, c'était juste pour rappeler que même dans le mouvement antifasciste, il peut y avoir des divergences sur la façon dont on lutte, sur la sur certaines, sur certaines visions de lutte contre l’extrême droite et même juste définition de ce qu’est le fascisme, de définition de ce qu’est l’extrême, de ce qu’est l’extrême droite. Pardon, mais le plus important, c’est qu’on arrive à travailler si on n’y arrive pas, main dans la main, toutes et tous ensemble. En tout cas, éviter de se mettre un maximum de bâtons dans les roues.
David Dufresne
Donc je te dis ça, Raphaël, et après on reviendra. La jeune garde Mais tu te doutais bien qu’on rencontre, on évoquera ça parce que tout le monde a vu une forme de guerre, de communiqués. Alors vraiment, je ne prends pas parti. Je ne sais pas, je te dis juste le ressenti que ça a, que ça crée. Vu de loin, ça schlingue et quand je dis ça schlingue, c’est que je reviens au début de l’entretien où tu parlais très justement de la trahison de la gauche. Mais est ce qu’il n’y a pas. Dans la partie des radicaux aussi un côté machine à perdre. Et donc là, je ne distribue pas les bons points, je dis juste est ce qu’on peut prendre acte de ça et se demander comment on peut éviter de perdre ? Parce que tu dis que l’extrême droite est au pouvoir ? Courageux au sens physique. Vous vous êtes dit c’est la merde. C’est la machine à perdre.
Raphaël Arnault
Et encore une fois, je pense que s’il y a eu des brouilles entre eux, entre ces divers groupes d’ailleurs pas que forcément, avec la jeune et la gale, il y en a eu dans l’histoire. Antifascisme, il y en a, il peut y en avoir des fois dans d’autres villes et sur d’autres questions. Encore une fois, ne faut pas, il ne faut pas. Parce que là, il y a eu des tensions entre les divers groupes forcément focalisés en mode hi jack. Il n’y a que sur cet aspect qu’il peut y avoir des tensions. Il y a toujours eu dans le mouvement ouvrier, il y en aura toujours. Le but, c’est de limiter au maximum la casse. Encore une fois parce que. Parce que l’enjeu aujourd’hui actuel fait qu’on n’a pas le droit. En fait, on n’a pas le droit, on n’a pas le droit de s'éterniser là-dessus. Après, pour vous rassurer un peu parce que je sais que des fois on est un peu dans un entre soi militant en tout cas, ou des personnes qui sont plus politiques que d’autres, etc. Pour vous rassurer un peu, moi par exemple, je fais campagne sur la circonscription à la Croix-Rousse dans le neuvième. Il y a personne qui est au courant de tout ça et tant mieux. Tout le monde s’en fout en fait. C’est quelque chose qui nous intéresse, pas qui se calque même pas au courant. Donc faut sortir aussi. Des fois, il faut s'élever un peu aussi de nos réalités militantes, de notre entre soi politique et sortir un peu tout ça et essayer de construire. Nous, c’est ce qu’on fait, C’est au moment où il y a quand même ces tensions, on propose une candidature du coup ce n’est pas une candidature la jeune Garde mais quand même, y a une implication de faite. Parce qu’en tant que porte-parole de la jeune garde, de fait, il y a eu des discussions aussi avec la jeune garde. On part en candidature, on est déjà sur des projets de l’année qui arrive,je ne peux pas vous en parler tout de suite, mais de la future campagne à mener soit sur des locaux d’extrême droite, sur plein d’autres questions. Donc nous on est déjà dans un, dans un, dans une dynamique de construction et je pense que c’est par là qu’on va s’en sortir, c’est d’arrêter de regarder toujours derrière soi, sur les embrouilles qui sont plus déroulées, etc. Ça va être d’aller au-delà et de construire la meilleure façon de ne pas se détruire, ça va être de construire et. Et en tout cas, si on met toute notre énergie là-dedans.
David Dufresne
On me dit : Arrête de faire le forceur, on passe à autre chose. Bon, je voudrais revenir au logo de la jeune garde qui est un très beau logo à ma merci. Très perturbant. La première fois qu’on le voit, on se dit tiens, qu’est-ce que c’est que ça ? En fait, il a, il a une existence, il à une œil, il a un sens historique. Veux-tu nous le rappeler ? Si tu le connais, mais je pense que tu le connais.
Raphaël Arnault
Oui et non. Mais c’est les trois flèches.
David Dufresne
Carbone et les trois flèches
Raphaël Arnault
Trois flèches qui a été utilisée, notamment par les groupes d’autodéfense dans les années 20-30, notamment par les jeunes gardes. C’est par hasard aussi qu’elle s’appelait Jeunes Garde. Il y avait aussi des groupes qui s’appelaient les TPPS qui s’appelaient toujours prêts pour servir à l'époque.
David Dufresne
J’adore ce nom là parce que j’ai découvert ça en potasser avant l'émission. Donc effectivement, il y avait ces deux groupes. Toujours prêts pour servir TPPS. Là on parle de groupe des années 30, les amis des années 30. Il y a 90 ans.
Raphaël Arnault
n’est pas né dans les années 20, mais commence dans les années 20 en fait.
David Dufresne
Et les jeunes socialistes qui sont des groupes d’autodéfense socialiste à l'époque où le socialisme dans sa jolie robe était cité, ce n’était pas Manuel Valls. Et donc ils avaient en fait ces trois flèches.
Raphaël Arnault
Ouais, et en fait, du coup, il y a ce qui est assez intéressant dans ces groupes d’autodéfense, c’est qu’il faut bien prendre conscience que c’est des groupes. Alors si à l'époque il n’y avait pas ce qu’on pouvait appeler les autonomes, puisque de fait, nous, on est une organisation autonome. D’ailleurs, on parlait de mouvements autonomes et de fait, on a autonome des syndicats et des partis dans le sens où on n’est pas rattachés ni financièrement, ni politiquement. On garde notre indépendance politique à ces organisations même si on travaille en unitaire.
David Dufresne
Et en fait par rapport à autonome, j’entendais libertaire mouvance anti état le fait de ne pas justement s’associer à des plus cortège de tête que dans le cortège.
Raphaël Arnault
On est bien d’accord. C’est juste que je refaisais un peu une définition pour décrire un peu ce qu'étaient les groupes d’autodéfense dans ces années-là 20 30, c’est qu’en fait, de fait, ils étaient autonomes en partie des organisations dans lesquelles ils étaient. C’est à dire que les jeunes gardes socialistes, ce sont ont été très souvent ont été en guerre, en fait quasiment tout le long de leur existence contre la direction de la S.F.I.O qui ne voulaient pas de ces groupes d’autodéfense parce qu’ils disaient que ça ne servait à rien au vu de l’analyse politique. Moi, le fascisme, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ce n’est pas vrai, ils arriveront jamais au pouvoir. Ce qui est important, c’est de combattre l’appareil bourgeois dont on a bien vu que dans les années 30-40, c’est quand même un peu corsé et que heureusement que ces groupes d’autodéfense ont fait du travail en France. En tout cas, il y avait cette volonté de la part de ces groupes là à dépasser leur propre cadre organisationnel et à créer l’unité. C’est ce qui fait qu’il y a eu aussi des jeune-garde chez les communistes. Il y a eu des jeunes gardes aussi chez des gens qui se revendiquent revendiqués, ni socialistes, ni communistes d’ailleurs. Et du coup c'était très intéressant de ce point de vue-là. Et c’est quelque chose dont nous, on a beaucoup puisé. Si on n’est pas des grands dogmatiques, en tout cas au niveau de la pratique, il y avait réellement cette volonté d’une part d’opposer un véritable rapport de force aux fascistes dans la rue, parce qu’on sait que c’est comme ça aussi qu’ils accèdent au pouvoir par la violence de rue. Du coup, il faut à un moment leur opposer une opposition et d’autre part, c’est aussi la question unitaire, c’est à dire quand on parle du Front populaire qui est quand même né de l’unité contre le fascisme, notamment après février 34 février 34, il y a la tentative d’attaque de la part de l’extrême droite, l’attaque sur l’Assemblée nationale de la part des groupuscules fascistes. Qu’est ce qui se passe ?
David Dufresne
Il n’y a pas que tu sais qu’il n’y a pas que les groupuscules fascisants et massivement sont eux, mais en réalité il y en a d’autres aussi, mais massivement Ils marchent sur l’assemblée.
Raphaël Arnault
Et la direction.
David Dufresne
Avec la bienveillance on va dire de la préfecture tout à fait.
Raphaël Arnault
Comme d’habitude avec l’extrême droite, ça ne s’est malheureusement pas trop changé. Et donc voilà. Donc il y a eu cette tentative de prise de l’Assemblée nationale, d’attaques sur l’Assemblée nationale. Et qu’est ce qui se passe ? Il y a les organisations de gauche et d’extrême gauche qui se réunissent pour former un véritable Front antifasciste qui débouche ensuite sur le Front populaire. Mais elle ne vient pas de nulle part, cette unité. Elle vient par la base des groupes antifascistes d’autodéfense qui se sont réunis face aux fascistes. C’est véritablement ça l’histoire d’unité à gauche après février 34. Elle vient de toute la construction des années 20 30 des groupes sur le terrain. Parce que faut savoir que la S.F.I.O. Et le Parti communiste à l'époque, ils se font la guerre sur le terrain. C’est vraiment une véritable guerre ouverte, mais en tout cas une véritable guerre entre les militants sur le terrain politique, sur le terrain et aussi du réel sur le terrain, très concrètement, physiquement, avec les militants. Et il y a par l’antifascisme, cette unité qui naît en se disant en fait ok, on s’aime pas. La question du rapport, de la prise du pouvoir vis à vis des institutions. Bref, il y a plein de sujets sur lesquels on ne s’accorde pas. N’empêche, vis à vis des royalistes, vis à vis des fascistes, eux ils ne font pas le tri, ils ne font pas le tri de savoir si l’autre il est communiste et l’autre il est socialiste. Il. Au dîner anarchiste, ils n’en ont rien à fiche, ils tirent dans le tas. Et du coup, il y avait un intérêt très concret pour les gens de terrain à s’unir sur le terrain et à provoquer et à provoquer cette unité qui a eu des répercussions jusqu’au plus haut sommet de ces organisations. Et pour nous, ça avait tout son sens. Et on s’est dit qu’il y avait des choses quand même à avoir. Et après, même au niveau de la pratique que nous, il y a beaucoup de choses sur lesquelles on s’est mis d’accord sur la question de la discipline dans nos organisations, de la jeunesse, de la droiture dans nos organisations de gauche. Ce n’est pas parce qu’on est de gauche qu’on ne peut pas se respecter et proposer des cadres. Et dans la Jeune garde, il y avait beaucoup cette question-là qui revenait de façon d’organiser la jeunesse et proposer quelque chose de séduisant aussi auprès de la jeunesse. Parce qu’il faut savoir que c'était la tambouille un peu militante en mai dans les organisations du mouvement ouvrier, à cette époque-là, il y avait un réel manque à recruter dans la jeunesse. Il y avait déjà cette question qui se posait à cette époque-là. Les organisations ouvrières étaient très fortes mais n’arrivaient plus à séduire la jeunesse. Et il y a eu une véritable remise en question de la part de ces groupes de jeunesse, d’autodéfense, en se demandant comment est-ce qu’on peut à nouveau séduire la jeunesse ? Et c’est passé notamment par une discipline d’organisation, une véritable ré autodiscipline de formation de futurs cadres dans la jeunesse, etc. Et c’est des choses qui nous en apprennent plus. Encore une fois, on n’est pas des grands dogmatiques, donc évidemment on ne va pas appliquer à la lettre ce qu’ont fait les jeunes-garde à cette époque-là, sinon on serait juste un peu des fous ou des fous et on n’y arriverait pas. Évidemment, il y a une réadaptation à notre époque en tout cas, il y a beaucoup de choses qui nous ont inspiré. Voilà pourquoi, pour nous, c'était très important de reprendre ce sigle des Trois flèches et de reprendre le nom Jeune Garde. Et en plus on trouvait joli.
David Dufresne
Alors la Belline te demande Les trois flèches désignent quoi ? Elles vont dans quel sens ?
Raphaël Arnault
Alors il y a plusieurs significations en fait à travers l’histoire. C’est très difficile en fait, lorsqu’on a recherché en nous la définition avant d’utiliser le logo. En fait, il y a eu plein de réappropriations dans le mouvement socialiste de ces trois flèches. Je crois que la jeune garde, à un moment, il utilisait. Il y avait trois flèches, ça voulait dire solidarité, discipline sociale, socialisme, puisque c'était. Mais il y avait plein de mots. Il y a eu aussi nous, on nous l’a beaucoup reproché, mais ce n’est pas de notre faute. C’est le SPD qui avait fait des affiches contre les communistes à l'époque. Et les trois flèches, il y avait dedans, il y avait un nazisme, communisme et un autre truc. Je ne sais pas ce que c'était, les trois flèches qui abattaient pour eux et mettaient sur le même plan communisme et nazisme quoi. Pour nous c’est juste odieux, Ce n’est pas ça qu’on veut défendre, on est bien d’accord. Et c'était une partie de la réutilisation des trois flèches. Les trois flèches aussi, ça a été beaucoup utilisé. C’est bête, mais par les jeunes gardes sur un truc très simple de repasser de repasser les sigles fascistes parce qu’il y a trois flèches qui viennent sur les murs sur un mode de graffiti de l'époque, ça repassait les sigles fascistes sur les murs. Donc voilà, et ça peut prendre plusieurs significations. Nous, je vous avoue qu’on en a jamais mis parce que c’est pas ce qui nous intéressait le plus. En tout cas, ces trois flèches étaient bourrées de toute une histoire. Dans les années 20-30, le SPD l’a voulu. D’ailleurs, tout le mouvement socialiste a voulu se réapproprier ce truc là parce que faut que les trois flèches à l'époque, c’est un vrai besoin. C’est un vrai buzz dans les mouvements politiques militants. Parce que si c'était un truc stylé comme ça pour la jeunesse qui avait été proposée par les groupes de défense et toutes les organisations ont essayé de se réapproprier à leur sauce, ça malheureusement, ça a conduit des fois des mauvaises, des mauvaises réappropriations. N’empêche que de base, ce qui nous intéressait, ces trucs de départ, d’autodéfense et de réappropriation de la jeunesse ouvrière sont ces questions d’autodéfense.
David Dufresne
Regarde les différentes appréciations dans le tchat concernant le logo, certains le trouvent très beau. D’autres se demandent s’il n’est pas un peu viriliste. C’est Philippe et Poulpe qui dit ça. Label qui dit logo assez violent visuellement, non ? Est-ce que c’est une recherche ? Est-ce que tu sais si à l’origine c'était ça ? Et puis il y a les trois flèches vers le bas. Pour Gaël, ça ferait un peu défaitiste. C’est marrant les interprétations défaitistes.
Raphaël Arnault
En fait, je pense qu’il ne faut pas le prendre comme ça. C’est surtout l’idée d’abattre le fascisme en les tirant vers le bas ou en les remettant au sol quoi. Donc effectivement, il y a ce truc là derrière parce que faut savoir que ce sigle est vraiment antifasciste. Ce n’est pas comme si c'était un mouvement beaucoup plus large d'émancipation, de renversement de la société socialiste, etc. C’est vraiment dans le but spécifiquement de lutter contre l’extrême droite, donc c’est cette volonté de les mettre un peu au sol, quoi qu’ils arrêtent de s'élever jusqu'à la prise du pouvoir. Donc je pense qu’il y a certes un peu revendication après violentes. Je vous avoue qu’on c’est la première fois que j’entends ça, donc autant sur d’autres symboles. Ouais, des fois il peut y avoir de la violence, autant là sur les trois flèches, c’est que c’est la première fois. Et pareil sur la question du virilisme, c’est la première fois que les trois flèches. Enfin on nous dit que les trois flèches évoquent ça. Donc on prend en compte. Mais voilà, c’est la première fois que je n’ai pas vraiment de réponse, vu que c’est la première fois que c’est posé comme ça.
David Dufresne
Émile Cheval que je salue qui nous fait de la très belle céramique estime que la poudre c’est intéressant et ça nous amène au fond des choses puisque tu dis c’est un mouvement antifasciste, c’est quoi être militant ou militante de la de la jeune garde ? C’est quoi les modes d’action ? Qu’est-ce que vous faites ? Que fait ce groupe auquel tu dis, dont tu n’es plus le porte-parole mais qui quand même dans ton sillage, où toi tu es dans le sien ? Qu’importe ? C’est quoi vous, vos modes d’action exactement ? Quelqu’un qui veut vous rejoindre ? Il va faire quoi ?
Raphaël Arnault
Déjà pour revenir un peu à la Genèse, la définition du fascisme, je vais essayer de faire bref, parce que c’est quand même important pour comprendre pourquoi est-ce qu’on se met en action. Pour nous, le fascisme, c’est ce c’est cet état qui à un moment donné devient complètement autoritaire et qui a un retour aussi avec les masses. C’est-à -dire que ce système économique profondément inégalitaire, quel capitalisme violent, bourgeois, etc. Aujourd’hui se contente d’un État. Il peut se contenter d’un État libéral comme on est dans lequel on est aujourd’hui. Mais à un moment donné, en temps de crise économique, en temps de crise, d’hégémonie du capitalisme où il y a trop de gens qui remettent en question ces institutions, on le voit bien avec une abstention énorme, etc. A un moment donné, pour cette bourgeoisie, l’extrême droite peut devenir une possibilité. Peut devenir une possibilité parce que ça leur permet tout simplement de continuer à protéger leurs intérêts économiques dans un système plus violent, plus raciste, plus hardcore pour les masses populaires. Mais voilà, avec des gens qui maintiennent ces intérêts économiques en place. Par contre, il faut bien prendre en compte que le fascisme, c’est quand même un état très particulier du capitalisme. C’est une situation où il y a un changement des élites, en tout cas politique. Il y a des élites politiques qui sont profondément renversées pour arriver à un changement d'élites qui s’impose véritablement et qui impose sa domination partout dans la société. Et comment est ce qu’elle impose partout sa domination dans la société ? Par deux facteurs d’une part, en utilisant l’appareil bourgeois classique l’armée, la police, etc. Mais aussi en s’appuyant sur les masses. Et c’est la particularité du fascisme, c’est qu’aujourd’hui Emmanuel Macron. Il peut s’appuyer certaines fois sur les masses, mais il n’y a pas réellement de mouvement de masse derrière Macron. Il n’y a pas de milice de Macron dans les rues, si ce n’est la police républicaine classique qui défend l’appareil bourgeois. Il n’y a pas de milice organisée qui va défendre le programme de Macron. Le fascisme, justement, sa définition propre, c’est ça, C’est qu'à un moment il y a un relais dans les masses. C’est un projet massif qui a réussi à convaincre un moment à cette personne qui va défendre le programme à tous les étages, à tous les étages. Certes, le programme raciste imposé par l'état fasciste, il est repris même dans la rue par des ministres qui s’approprient ce programme là et qui le font est il exécute. C’est ça la définition du fascisme. Et c’est pour ça que c’est cet état qui nous conduit à dire qu’il faut absolument l'éviter, parce que c’est cet état fasciste qui fait qu’il n’y a plus de résistance possible. Il est partout. Une fois que le fascisme est en place, il est partout, il a des forces de pouvoir partout. Et malheureusement, le mouvement ouvrier met du temps, mais vraiment du temps à se remettre en action, met du temps à se remettre un peu sur ses pieds pour à nouveau résister et pour un nouveau faire face à ceux à ce système économique et social qui broie nos vies. Donc voilà tout l’intérêt d’avoir une lutte pour nous spécifique contre l’extrême droite. Si par contre la lutte contre extrema pour nous ne doit être jamais déconnectée du terrain social des luttes sociales, parce que la meilleure recette antifasciste, on ne cesse de le répéter, ça reste quand même nous d’amener nos revendications sociales Lorsqu’il y a une victoire sur le terrain féministe, lorsqu’il y a une victoire sur le terrain antiraciste, lorsqu’il y a une victoire sur le terrain social, lorsqu’on fait reculer le gouvernement, c’est de fait faire reculer l’extrême droite parce que c’est des moments où on ne les entend pas, ou alors ils sont en train de chouiner, ou alors on leur a mis une défaite dans la tronche. Donc forcément, c’est des moments où on fait reculer. Donc c’est la meilleure recette antifasciste. Par contre, qu’on soit bien d’accord à un moment donné, non, juste il faut quand même une lutte spécifique de l’extrême droite pour bien comprendre. Il faut qu’il y ait un peu une sorte un peu d’expertise. Sur qui sont-ils ? Où en sont-ils ? Est-ce que véritablement ils peuvent prendre le pouvoir ou non ? Quels sont leurs véritables rapports de force, À quel moment ils peuvent être dangereux pour nous dans la rue, lorsqu’on va lutter, par exemple à Lyon, lorsqu’on va faire une manifestation. Et pour ça, il n’y a pas photo, il faut des militants qui se spécifient spécifiquement sur cette question-là. Et c’est pour ça que l’antifascisme pour nous a tout son sens. Et l’antifascisme doit se concentrer sur l’action. Pour les isoler, pour eux, pour eux ou tout simplement les dégager du pouvoir, éviter qu’ils apprennent et limiter la casse dans notre camp. Et aussi, il y a un il y a un truc qu’on répète souvent mais lutter contre l’extrême droite, par exemple, la dérive autoritaire raciste du gouvernement pour faire reculer l’extrême droite, ça va aussi avoir un impact jusqu’au gouvernement. C’est à dire que si on arrive à isoler l’extrême droite, aller à les faire reculer sur toutes ces questions-là, et de fait, le gouvernement, ils vont avoir plus de mal à assumer certaines prises de position. Parce que si dans l’ensemble de la société, on dit ah non, ça ce n’est pas possible. Ça c’est l’extrême droite, c’est raciste, on ne veut pas ; le gouvernement ne peut pas reprendre les termes de l’extrême droite, ne peut pas appliquer les politiques de l’extrême droite comme le comme bon leur semble, parce que de fait, ils auront peur d'être attachés à cette question. L’extrême droite prend souvent l’exemple du Front national, le Front national de Jean-Marie Le Pen qui était mis à l'écart, qui était isolé politiquement dans l’ensemble de la société. Vous savez, les gens de droite bourgeois, ils ont jamais été plus racistes à l'époque qu’aujourd’hui, hein. En fait, c'était les mêmes gens, c'était les gens qui avaient les mêmes idées dans leur tête. C’est juste que, avant, ils ne pouvaient pas l’exprimer, ils ne pouvaient pas exprimer toutes ces conneries, ils ne pouvaient pas les assimiler, les appliquer pour la simple et bonne raison, c’est que nous, on avait réussi notre camp social à isoler totalement l’extrême droite, de pouvoir s’exprimer comme si de rien n'était, de pouvoir nous faire passer toutes leurs conneries. Et du coup, de fait, l’ensemble du champ politique et médiatique était coincé et ne pouvait pas reprendre automatiquement. Sinon, il y avait la peur terrible pour ces gens-là d'être assimilés à l’extrême droite et du coup de fait d'être eux à leur tour isolés. Donc de fait, ils ne pouvaient pas appliquer cette politique ni la revendiquer. Et là, ce qui se passe, on voit bien qu’il y a des verrous qui sautent, c’est que la droite se sent décomplexée parce que l’extrême droite a cassé des portes, l’extrême droite a cassé des portes avec des groupes comme Génération Identitaire, avec aussi évidemment un soutien de la bourgeoisie, comme avec des milliardaires comme Bolloré, notamment dans le groupe Bolloré, je crois, si je ne me trompe pas, pas loin de chez pas grand monde en tout cas. Voilà, je pense qu’on a toutes et tous conscience que Bolloré, c’est quand même un peu l’horreur quand un milliardaire qui a pillé l’Afrique, qui s’est construit, qui a construit son empire médiatique comme ça et qui aujourd’hui va nous expliquer que le grand remplacement sur toutes les chaînes et qu’il faut se défendre face à l’invasion migratoire. Donc voilà, nous, nous, l’antifascisme, pour nous, c’est toute cette question-là, ça va être de réussir à isoler à nouveau l’extrême droite, donc avec dans la tête l’idée de défendre notre corps social et que notre corps social puisse se développer tranquillement et puisse continuer à lutter comme il se doit.
David Dufresne
Comment tu fais quand l’extrême droite elle-même refuse de s’appeler extrême droite n’a plus cette fierté-là, pourrait-on dire ? Je pense évidemment à Le Pen, Marine ou même à Zemmour qui veulent nous expliquer. Ils ne sont pas d’extrême droite, mais est-ce que ça ne pose pas comme une difficulté pour vous, c’est-à -dire le fait que l’extrême droitisation soit tellement diffuse ? Est-ce que ça ne vous pose pas un problème tactique ?
Raphaël Arnault
Bah en fait, je pense que l’extrême droite ne s’est jamais assumée extrême droite. C’est un peu le propre de l’extrême droite, c’est que déjà ce n’est pas des gens très honnêtes. Ce n’est pas ce qui les caractérise le plus. Et c’est des gens qui ont toujours surfé sur de l’ambiguïté pour pouvoir accéder au pouvoir. Notamment parce qu’encore une fois, le but du fascisme et le but de l’extrême droite, c’est quand même de réussir à séduire les masses. Ils en ont conscience. Le but, c’est de réussir à séduire les masses pour avoir un système le plus totalitaire possible, le plus autoritaire possible du fond, enrôlé dans les masses. Et donc il faut avoir le soutien des masses et pour avoir le soutien des masses. Typiquement, Marine Le Pen est obligée de faire croire par exemple qu’elle serait devenue sociale. Elle est obligée de nous parler un peu des retraites et elle obligée un peu de nous parler du prix de l’inflation elle se sent obligée. Bon, on le voit bien quand il y a des candidats du FN qui essaient de s’expliquer sur cette question. Quand ils n’ont pas révisé leur fiche, ça devient tout de suite chaotique. N’empêche qu’il y a cette volonté de séduire les masses, non pas parce qu’ils en ont la conviction, car on le voit bien quand il y a réellement des mouvements sociaux, lorsqu’il y a réellement des luttes qui sont en cours, des grèves, etc. C’est les premiers à nous traiter de bloqueurs, de preneurs d’otages, de gens violents, donc de gens maintenant mais eux ne sont pas pour le social. Regardez, ils sont violents sans cesse, ils essayent de décrédibiliser dès qu’il y a des mouvements sociaux qui prennent de la masse parce que leur véritable. Quand ça reste la bourgeoisie. Et puis à l'époque, faut pas oublier par exemple les nazis quand même, dans leur nom de parti, il y avait le National Parti socialiste, il y avait le terme socialiste parce qu'à l'époque, ce qui séduisait quand même dans la classe ouvrière, c'était ces questions-là. Ils avaient bien conscience que pour avoir un relai à un moment donné dans les masses, il fallait absolument qui tente de se faire passer pour des gens sociaux, pour des gens qui ont un programme social. Et donc ils ont même utilisé le terme socialiste. Pourtant Dieu sait qu’il déteste les socialistes et ça a été parmi les premiers qui ont envoyé dans les camps de concentration, avec les communistes, avec d’autres, sans parler évidemment des juifs exigeants sur le plan politique, ça a été les premiers à envoyer dans les camps. C’est eux, c’est ses ennemis politiques. Donc ils n’avaient rien de socialiste ces gens-là. C’est juste qu'à un moment donné, il fallait qu’ils s’adaptent à la situation et c’est décidé par les masses. Et aujourd’hui, c’est la même chose. Ce qui fait qu’un Zemmour et une Marine Le Pen ne se définissent pas comme l’extrême droite. Marine Le Pen, elle, essaie de jouer son une droite ni gauche. Zemmour. Ils essaient de se faire passer pour quelqu’un de droite classique. Il y a cette volonté en tout cas de ne pas apparaître sous cet étendard-là, parce qu’ils ont conscience que sinon, ils n’arriveront pas à séduire les masses. Et après ? Nous, effectivement, il y a toujours cette difficulté, c’est comment arriver à les démasquer. Et comment arriver à les démasquer ? Ça, il n’y a pas trop de soucis. Parce que voilà, ils sont ce qu’ils sont, des photos des mecs qui font des saluts nazis, des slogans racistes, juste leur programme une fois qu’ils sont au pouvoir, lorsqu’ils appliquent enfin je veux dire, des exemples, on en a des tas. La question est de savoir c’est est ce qu’on va réussir à le faire entendre à un maximum de personnes ? Et pour ça, il n’y a pas de solution pour qu’on soit audible. Et pour être audible, il faut qu’on soit. Il faut qu’on revoie notre image, il faut qu’on arrive à voir comment est-ce qu’on peut parler au maximum de personnes. Et d’où le choix de la jeune garde d’essayer de dépasser un peu nos chères militantes entre soi et d’aller chercher d’autres organisations ou des organisations syndicales un peu plus larges comme la CGT, comme Solidaires, d’aller chercher des partis politiques comme le NPA, comme la France Insoumise sur ces questions-là, tout simplement pour avoir plus de résonance possible. Et c’est pour ça aussi qu’on a fait les choix de porte-parole d’aller s’expliquer auprès des médias un peu plus mainstream, d’aller donner toutes ces informations qui existent, qui sont réelles, mais que si on ne va pas les amener, il y a personne qui va aller les chercher et les mettre sur le au grand jour. Voilà pourquoi tous ces choix, c’est pour eux, c’est pour mettre, pour les démasquer tout simplement.
David Dufresne
Alors on parlera ou si on peut le faire maintenant, effectivement, tu es allé chez Hanouna, c’est-à -dire chez Bolloré. Tu t’en veux ou pas ?
Raphaël Arnault
Non, parce que c’est un choix collectif. Encore une fois, ce n’est pas un choix strictement individuel, c’est un choix collectif. C’est un choix qui n'était pas facile avec la jeune Garde parce que chez Bolloré, du coup, c’est toujours une histoire de rapport de force entre eux. Qu’est ce qu’on y gagne ? Qu’est ce qu’on y perd ? Faites, c’est toujours ça en politique.
David Dufresne
Et là, par exemple, donc, je rappelle, c’est y a quelques mois, tu es face à une influence puisque c’est le terme employé d’extrême droite un tu, tu, tu te bataille beaucoup, la vidéo va beaucoup tourner. Qu’est-ce que t’as gagné ? Qu’est-ce que tu as perdu ? Quand je dis-toi, c’est la jeune garde.
Raphaël Arnault
Chez nous, la jeune garde, on n’avait un peu rien à perdre parce que de fait, on est. On n’est pas une grande organisation connue de partout, on n’est pas une organisation politicienne professionnelle avec des enjeux institutionnels, etc. Donc de fait, on n’a un peu rien à y perdre en réalité, à part notre pureté militante, peut-être à la vue de quelques-uns, mais c’est quelque chose à la jeune garde dont on a toujours eu. Que faire avec ce qui nous intéresse ? De convaincre les gens que l’extrême droite c’est à combattre et d’essayer de populariser au maximum la lutte ? Donc déjà, nous, la jeune garde en tant qu’organisation, on avait peut y perdre. Par contre, la question c’est est ce qu’on a fait du mal à notre camp social ? La question qui se pose, c’est et c’est quelque chose qu’on se pose toujours d’ailleurs, c’est est ce que ça donne de la crédibilité aux chaînes de Bolloré à New York de se rendre, nous, des gens de notre camp, dans ces émissions ? C’est ça ? En réalité, la question, c’est est ce que ça leur donne plus de force que nous ? On en prend ? Nous, on pense que, au vu de la période, surtout sur ce sujet qui est l’extrême droite sur le sujet, j’aurais peut-être un avis différent. En tout cas sur ce sujet de l’extrême droite, ils sont tellement partout sur ces chaînes qu’eux, ils ont même plus en nous qu’ils ont même plus besoin de nous. D’ailleurs, la preuve, je crois qu’ils sont à plus de 50 % de temps d’antenne. L’extrême droite Macron, ils sont à 20 % ou 30 % et la gauche et l’extrême gauche, ils sont à 8 % je crois. Sur les chaînes Hanouna, il y avait un sondage qui était sorti ces derniers mois. Donc en fait ils ont plus besoin de nous pour s’exprimer, qu’ils ont plus besoin d’avoir la caution de gauche pour pouvoir étaler toutes leurs conneries racistes et tout leur programme nauséabond. Donc nous, lorsqu’on a l’opportunité d’y aller et d’opposer un véritable. Une véritable contradiction avec toutes les conneries qu’ils peuvent raconter. Surtout que l’avantage qu’on a, c’est quand même qu’on ait des gens qui les connaissent trop bien et ça leur fait peur. D’ailleurs, faut savoir que ce soir-là, je devais être face à Stanislas Rigaud. Ils m’ont mis au dernier moment.
David Dufresne
La c’est très gros. Il faut rappeler que c’est celui qui va œuvrer chez Zemmour.
Raphaël Arnault
C’est le porte-parole de Zemmour qui est d’ailleurs sur les élections législatives aujourd’hui. Normalement, je devais être face à Stanislas Rigaut et un autre militant de Zemmour. Parce que deux contraintes, c’est quand même plus facile chez nous. Et en fait ils ont quand ils ont appris que c'était moi.
David Dufresne
Toi qui aime le foot, tu sais toujours qu’une équipe à dix joue mieux que celle qui a onze joueurs
Raphaël Arnault
C’est un peu plus compliqué. Disons qu’il y a plus de conviction quand on est à mon avis, il y a plus d’envie, ça c’est sûr. Et puis ça ne me faisait pas peur en réalité, parce que c’est des gens en fait, ils sont à l’aise sur ces plateaux de Bolloré, etc. Et généralement quand on a en face d’eux et comment ça ils commencent à bégayer quand ils commencent à être pas bien et à sentir tout de suite moins à l’aise ? Du coup, ils m’ont envoyé juillet de brillance parce qu’au dernier moment ils ont refusé. C’est par hasard parce que justement, encore une fois, on les connaît trop bien. C’est eux qui peuvent raconter ce qu’ils veulent. Et c’est Anissa Rigaud. Une fois, elle était venue pleurer la sur TPMP parce qu’il s'était fait insulter dans une gare. Et ça c’est quelques jours après. Carambouille ou ça se fait tuer dans les rues de Paris par des militants du GUD quoi. Je veux dire, moi j’avais été invité d’ailleurs par TPMP face à Stanislas Rigaut pour ce truc-là, pour parler de l’agression de Stanislas Rigaut Vous vous doutez bien que j’allais lui mettre en plein dans la face la violence de l’extrême droite qui a à peine quelques jours, il avait quand même tué, il avait tué quand même un rugbyman international. Bon, au dernier moment, ils m’ont refusé. Je pense qu’ils ont senti la pilule arriver. En plus, Stanislas Rigaut a appris, il a un nouveau refus. Mais du coup, tout l’enjeu quand même d’y aller, c’est aussi de confronter une véritable opposition. Et ensuite, ce qu’on y a gagné, c’est la visibilité et on a eu de très bons retours et surtout on a atteint plein de gens qu’on n’a pas l’habitude d’atteindre. Parce que ce qui est terrible quand même dans ces émissions d’ananas, il faut en avoir conscience. C’est à dire que ce n’est pas juste une émission raciste d’extrême droite qui ne parle à personne. Ce qui est terrible, c’est qu’en réalité, dans les quartiers populaires, c’est extrêmement suivi cette émission. Moi je n’ai jamais eu autant de retours de potes du foot, de potes de l'école qui me soutiennent dans l’idée parce que parce qu’ils savent que c’est un combat noble mais qui n’en ont rien à foutre. Et le jour où je suis allé chez Hanouna, alors là c'était génial quoi. Ah c’est super, t’as défoncé la raciste machin truc chouette ! Et je n’ai jamais eu autant de bons retours que cette fois ci. Donc c’est bien quand même qu’il faut prendre conscience. Je pense qu'à chaque fois, il y a là un rapport dans nos têtes qu’on doit faire en tant que militant. C’est notre un peu notre un peu pureté, un peu idéologique dans une pureté militante et véritablement ce qui se passe sur le terrain. Ne jamais se déconnecter de ce qui se passe dans la tête des gens, de qu’est ce qui leur parle, qu’est ce qui leur parle pas. Et oui Hanouna malheureusement c’est terrible, mais aujourd’hui c’est regardé par des millions de personnes. Et ce n’est pas parce que la gauche, ce n’est pas parce que nous, niais, ils n’en ont rien à foutre de nous. Ce n’est pas nous aujourd’hui qui parlons aux gens. Donc si on peut casser des portes comme l’extrême droite, n’hésitez pas à le faire. Demain on va casser des. On va s’inviter sur leur plateau et on va dire ce qu’on a à dire. Après, par contre, on reste très lucide. Moi, je suis parti de Je ne suis pas parti du plateau d’Annonay en disant Ah c’est super, ils sont géniaux. Pas du tout. J’ai très bien conscience de qui ils sont, de ce qu’ils veulent faire, de comment est-ce qu’ils peuvent réussir à nous instrumentaliser ou non. Et à chaque fois, encore une fois, ce n’est pas un truc établi, ce n’est pas chaque fois qu’un Nunez va nous inviter à y aller. On a refusé une autre fois sur une autre émission ou sur un sujet où c'était vraiment bref, c'était juste odieux de nous inviter là-dessus. Du coup, on ne s’interdit pas dans le futur de refuser. Ce n’est pas un souci.
David Dufresne
Je te coupe parce que je ne sais pas si tu vois le chat, mais certains trouvent que tu es une rhétorique un peu guerrière et masculiniste. Quand tu parles de déconseiller des choses comme ça, je te le dis juste, je ne sais pas ce que toi tu en penses.
Raphaël Arnault
Mais je pense que c’est une gauche de combat. Pas plus compliqué que ça. C’est à dire que nous, on est au front d’une part dans l’entièreté de nos luttes. C’est à dire que je pense que vous allez retrouver les mêmes termes chez les camarades du NPA, les mêmes termes chez les camarades, et même des fois de la France insoumise, de la gauche de combat, de la gauche de rupture. Donc toutes ces questions c’est parce qu’on vit au jour le jour, peut être chez certaines personnes. Ce n’est pas que ce n’est pas le cas chez nous, c’est quelque chose qu’on vit au jour le jour. Moi, par exemple, je ne peux pas sortir de Lyon sans regarder partout autour de moi parce que je me fais attaquer. Donc c’est un vrai combat en fait, au jour le jour, ce n’est pas quelque chose, ce n’est pas seulement du langage, c’est quelque chose qu’on vit au jour le jour et que malheureusement, on aimerait bien faire autrement. On aimerait bien ressortir de ces questions là qu’on fait face à des gens qui nous imposent sans pause toute cette violence. Pourquoi doit-on y faire face ? Et malheureusement, on est obligé d’apporter une réponse, sinon juste on s’enterre, on et on lutte plus et on s’arrête de militer.
David Dufresne
Alors d’autres te disent que ça ne les choque pas du tout, qu’il te trouve génial ce jeune homme. C’est Charles Ingalls. Je le trouve génial ce jeune homme. Ça ne me choque pas. Il y a différentes choses, mais je vais te le dire parce que ça remonte. Et puis pour ceux qui disent qui débute là dans l'émission, sachez qu’elle a démarré il y a déjà 1 h et demie et que nous avons largement évoqué évidemment la question des bisbilles dans les groupes antifas lyonnais, on ne va pas y revenir toutes les deux minutes non plus. Soyez sympathique, Il y a la rediffusion qui sera là pour ça. La question a été posée. Raphaël a répondu de la même manière que nous avions reçu avec grand plaisir les deux avocats de la Gale il y a quelques jours. Mais tu ne m’as pas répondu. Quelqu’un qui veut militer à la jeune garde. D’abord, il frappe à quelle porte ? Il cogne ? Il appelle qui et comment ? Quand ? Comment ? On vous rejoint ? Et vous faites quoi exactement ? Concrètement, c’est quoi les actions ? J’ai cherché sur. Internet, je regardais le chat, j'étais en train de regarder
Raphaël Arnault
Je regardais aussi un peu mes nains dans mes messages. Je n’ai pas répondu à la question, je me suis un peu étalée. Je suis désolée. Donc bah nous c’est l’action militante. Un peu classique déjà, car enfin, si on essaye de renouveler certaines pratiques, on n’invente pas non plus tout de fond en comble. Donc ça veut dire qu’on a des manifs à venir, tout simplement. Il y a des collages à avoir, une présence visuelle dans la rue avec des collages, que ce soit des autocollants ou des affiches, avec évidemment des thématiques en suivant la campagne qu’on peut mener avec du travail unitaire avec les autres organisations, qui pour nous est un, est un pilier un peu de la lutte. Et la question de l’autodéfense qui est aussi quelque chose à part entière dans l’organisation, ça veut dire protéger nos mouvements sociaux, protéger nos manifestations, nos quartiers, et ça veut dire se coordonner pour pas faire n’importe quoi, pour pas utiliser ses outils à part à toutes les sauces quoi. Et du coup, du coup, c’est tout ce genre de choses qu’on essaie de mettre en place et surtout, on essaye de fonctionner en campagne pour ne pas s'éparpiller. Parce que lorsqu’on est militant, c’est vrai qu’on a tendance à vouloir un peu tout faire parce qu’on a une conscience politique qui fait qu’on a envie de, de voilà, de tout régler, de s’impliquer de partout et que malheureusement, des fois on n’a pas le temps, on n’a pas l'énergie militante. Et nous, notre spécificité, c’est l’action. Et ça, moi, du coup, on va se concentrer là-dessus. Mais je vous parlais par exemple d’un des logements qui avait été ouvert pour les mineurs isolés à laquelle on avait participé, notamment au collège Marie Sève. Mais bon, à un moment donné, on s'était rencontré avec des associations, on avait dit on est désolé mais on va plus pouvoir mettre de force militante parce qu’on n’est pas assez et qu’il faut absolument qu’on continue nos campagnes sur l’action extrême droite. Et on s'était mis en accord pour se retirer petit à petit et laisser la place aux associations pour prendre le relais dans cet état. Donc à chaque fois, on sent qu’on a envie de faire plein de choses. Mais non, on se concentre sur des campagnes très précises. Par exemple, la fermeture d’un local fasciste. C’est ce qu’on a fait pour le bastion social, ce qu’on a obtenu, mais on ne pensait pas qu’il devait y avoir dissolution. Mais avec les gilets jaunes, il y a eu la dissolution du bastion social. Ensuite, on s’est concentré sur Génération Identitaire avec une campagne pour la dissolution de Génération Identitaire. Donc à chaque fois on va cibler une organisation, l’isoler, si possible la détruire, en tout cas la dégager pour ensuite. Et on a conscience que ça ne détruit pas l’extrême droite en enfermant le fasciste. Par contre, ça les fait reculer, bien, ça fait reprendre de la confiance dans notre camp, ça le fait reculer. Le dire d’un point de vue très concret sur un temps très court. C’est à dire que dans un temps très court, ils vont galérer avant de pouvoir se reconstruire, avant de pouvoir créer une dynamique militante, avant de pouvoir prendre conscience de confiance, etc. Et ensuite ? Et ensuite, voilà le nous à chaque fois on confond, on se pose en campagne, on essaye d'être le plus efficace possible, comme la campagne dissolution Génération identitaire, ça leur a fait mal, ça leur a fait mal. Là on voit bien. Aujourd’hui, l’extrême droite n’est pas plus affaiblie. Pas du tout en tout cas. Génération Identitaire sont très affaiblis. Et les militants à Lyon, si dans un premier temps, on savait qu’il y a eu un regain de violence extrême parce que ça leur a fait mal et c’est bien la preuve qu’on leur fait mal, c’est qu’ils ont mobilisé quand même plus d’une centaine de fascistes pour attaquer plusieurs week-end de suite nos mouvements, notamment La libérée la plus noire. C’est que cette dissolution leur a fait très mal, leur a fait très mal et on voit bien aujourd’hui. Aujourd’hui, ils ont du mal. Ce n’est pas du tout leur stratégie. C'était la question des médias et des réseaux sociaux. Aujourd’hui, on n’entend plus parler de ces gens-là, en tout cas des membres de Génération Identitaire, les locaux de Génération Identitaire avec quelques centaines de personnes qui les suivent sur les réseaux sociaux alors qu’avant il y avait des milliers et des milliers de personnes. Ils ont du mal à se relancer dans les activités militantes, à proposer des choses car ils ont du mal, ça leur fait mal. Cette dissolution, c’est quelque chose qu’on prend bien en compte, qu’on garde bien de tête et on sait très bien ce que c’est que mettre des bâtons dans les roues à l’extrême droite. Et ça fonctionne. Et encore une fois, l’enjeu est bien plus grand. Et si sur le terrain, on va mener des campagnes très précises, mais on souhaite c’est tout. L’enjeu de la lutte unitaire, c’est que toutes les organisations qui composent le mouvement ouvrier prennent conscience de l’urgence de la situation et qu’elles se mettent toutes et tous en route en voyant en route pour barrer justement la route aux fascistes et essayer de leur porter des coups qui font que je les dégage.
David Dufresne
Ils dégagent par rapport à eux. Et il y a un historique on va dire. Si on prend depuis les années 80, avec l’arrivée, l’avènement du Front national, il y avait et bien le scalp, il y avait réflexe, il y a la Horde, il y a eu l’action antifasciste, il y a L’action antifasciste Paris banlieue à Lyon, il y a la gale, il y a vous. Dans cette densité historique on va dire, et j’en oublie. Dans cet historique, vous vous situez où ? La jeune garde se situe ? Se situe où en fait ? Est ce qu’il y a des affinités plus là ? Est ce que par exemple, quand réflexe la Horde ou surtout un travail de documentation, d’autres plutôt un travail de réponse physique, on va dire ça comme ça, Dans quoi vous inscrivez ?
Raphaël Arnault
Bah nous on essaye avec la jeune garde d'être un peu sur toutes ces luttes. On essaye. Je ne dis pas qu’on y arrive à 100 %. On essaye de faire le lien entre toutes ces formes de lutte entre le travail d’information, entre le travail syndical de la lutte contre l’extrême droite dans les boîtes, entre la lutte du petit citoyen qui a juste pas envie de voir un nazi, un avocat de nazillons battre chez lui. Entre la lutte sur la question de l’autodéfense et à chaque fois on va essayer de composer dans notre camp avec diverses organisations. Par exemple, sur la question de l’autodéfense, plusieurs fois on s’est retrouvé en commun avec des actions antifascistes par exemple, que ça soit celles de Paris, que ça soit celles de Grenoble, celles de Strasbourg, peu importe. Plusieurs fois, sur la question de l’autodéfense, il y a peu d’organisations aujourd’hui en France qui se posent la question de l’autodéfense. Et c’est vrai que plusieurs fois, on s’est retrouvé avec ces organisations et on continuera très certainement à le faire suivant ce que ce qu’on a en face et suivant l’enjeu qu’y a politique à le faire ou non. Ce n’est pas juste d’un point de vue encore une fois dogmatique, c’est vraiment est ce qu’il y a une nécessité à s’allier sur telle ou telle question ? Et donc nous, on essaye très sincèrement de composer avec tout ce qui représente la lutte contre l’extrême droite et la lutte antifasciste, de composer pour essayer de fixer au maximum ça et c’est produire le meilleur travail possible, efficace, unitaire et le plus massif possible et le plus efficace, encore une fois.
David Dufresne
Je reprends quelques questions du tchat. Et puis on va bientôt terminer notre conversation. Matthew te demande. Ne sont-ils pas juste en train d’essayer de rentrer à l’Assemblée, eux aussi parlementaires ou collaborateurs ? J’ai l’impression que les fachos s’institutionnalisent aussi.
Raphaël Arnault
Eh oui, elle en avait une qui fait une double réponse.
David Dufresne
Évidemment, elle est restée quoi en fait ? On a tout notre temps.
Raphaël Arnault
C'était prévu de rester aussi longtemps. D’ailleurs, j’ai plein de choses à faire, je pense que je vais me faire gronder.
David Dufresne
Mais tu mets tout sur moi et sur le tchat qui est très en verve ce matin.
Raphaël Arnault
Ma super pomme est super qu’on puisse discuter un peu, mais il y a plein de choses à dire au vu de la période, donc c’est bien. Non mais tout à fait. Il y a une volonté de la part de cette extrême droite radicale de terrain de s’institutionnaliser. Parce qu’ils ont bien compris depuis des années qu’il y avait un enjeu pour eux à faire du lien entre le terrain et ce qui se passe au niveau des institutions. Et nous, je pense qu'à l’inverse, il faut qu’on soit aussi intelligents, c’est à dire qu'à l’inverse, on leur oppose aussi une véritable lutte. Et vous vous doutez bien qu’aussi, l’enjeu pour nous est de proposer une candidature avec cette expérience militante de lutte contre l’extrême droite et si possible qu’on puisse accéder à l’Assemblée nationale. Vous vous doutez bien qu’il y a tout un enjeu. C’est à dire qu’au niveau du rapport de forces pesé, d’avoir un député qui puisse faire le relais entre les luttes contre l’extrême droite jusqu'à l’Assemblée nationale, quoi, ça fera du bien, ça fera du bien, même sur le terrain politique. Voilà toutes les lois un peu qui ont été imposées par les sans voix de ces dernières années. Les thématiques décembres, séparatisme, loi, sécurité globale. Des choses que l’extrême droite rêvait que le gouvernement a faites. Vous vous doutez bien qu'à l’Assemblée nationale, on va être plus que combatif sur ce terrain et sur toutes les politiques racistes actuellement qui sont un qui sont roue libre et imposer une nouvelle fois par l’extrême droite. Donc ouais, on se fera un plaisir d’arriver avec tout ce bagage militant antifasciste à l’Assemblée nationale.
David Dufresne
Alors donc là, tu as répondu à une question de team euphories qui disait en cas d’investiture mais tu m’as dit que ta réponse était double. Donc on a eu que la première partie. Le député bénéficie de nombreux moyens. Ces dernières seront-elles consacrées au combat antifasciste ? Si tu es élu, qui est quasi invisible dans toutes les formations partisanes où ce sera de l’ordre du passé ?
Raphaël Arnault
Non, ce ne sera pas du passé et c’est celle-là encore au jour le jour. Alors là, ce qui est un peu particulier, c’est que sur notre circonscription, encore une fois, c’est une circonscription très à gauche. Du coup, parler que de l’extrême droite serait pas de chance parce qu’en fait on ne fait pas face à des candidats du RN ou de reconquête, il y en a, mais vraiment, ils vont faire 3 % quoi. Du coup, ça n’aurait pas de sens. Voilà pourquoi Durand et j’en parle quand même de l’extrême droite. Hier, évidemment, j’ai rendu hommage à Clément Méric. Évidemment que je balaye. Il y a trois jours, ils ont arrêté des militants et moi avec des tonnes d’armes. C'était où ? C'était en Alsace avant hier, il y a un terroriste qui s’est fait arrêter en Ardèche. Enfin bon, vous vous doutez bien que je continue à parler à l’extrême droite. Mais c’est vrai que durant la campagne, ce n’est pas l’aspect que je mets le plus en avant. Par contre, une fois élu, évidemment que ça avait un gros terrain. Et la question de bah je sais plus le nom du coup. Mais voilà ce que t’as dit. Le fait qu’il y ait très peu d’organisations partisanes qui aujourd’hui parlent de ces questions, pour nous c’est un véritable problème et on y va aussi pour ça, pour dire bah en fait non, on va en parler et on va en faire un véritable combat. Parce que si là, pendant cinq ans, des gens se disent ouais, c’est super, y a pas eu le pouvoir des gens, on va se taper un Macron qui va être deux fois plus hardcore que ce quinquennat précédent parce qu’il se dit qu’il a à nouveau été élu et qui va faire deux fois plus fort. Une extrême droite qui va être toujours aussi présente au niveau médiatique, politique avec ces milliardaires qui les engraissent. Et en plus de ça, il y a quand même le risque que dans cinq ans, l’extrême droite passe véritablement parce que là j’ai l’impression que tout le monde l’a déjà un peu oublié. Bon, peut-être pas ici sur ce nom. Dans le monde politique et médiatique, l’extrême droite était aux portes du pouvoir il y a à peine quelques jours. Mais vraiment est ce que s’il n’y avait pas eu une petite mobilisation de la gauche en disant quand même, là c’est chaud pour nous, très certainement, qui serait passé quoi les prochaines élections, ce n’est pas sûr que ça ne passe pas. Donc là, pendant ces cinq ans, il y a aussi ce combat là à mener de comment tout faire pour éviter que l’extrême droite se présente comme une solution possible face à Emmanuel Macron et faire que notre camp, lui, pour le coup, se retrouve comme une vraie solution. Et je pense qu’il n’y a pas de solution face à l’extrême droite, contrairement à cette gauche pendant des années sur les questions antiracistes, sur cette question de l’extrême droite à détourner du regard, à regarder ses baskets en faisant comme si de rien n'était, etc. Moi je pense qu’il faut une gauche qui la regarde droit dans les yeux et qui leur dise en fait maintenant c’est fini le cirque, là on en fait, on va vous affronter et on va vous faire reculer sur toutes les questions. Donc voilà un peu tout l’enjeu qu’il va y avoir aussi ces cinq prochaines années, et j’espère être élu pour combattre tout ça à l’Assemblée nationale.
David Dufresne
Deux petites questions personnelles et une dernière philosophique. Philippe Poutou te demande de quelle origine sociale tu es ?
Raphaël Arnault
Et tu connais Philippe Poutou ?
David Dufresne
Philippe Poutou parfois il vient dans l'émission
Raphaël Arnault
Ça alors, c’est une très bonne idée.
David Dufresne
Il est possible que le commissaire politique Poutou écoute.
Raphaël Arnault
Il ne m’a pas dit qu’il écoutait
David Dufresne
Alors il y aura un débriefe dans votre assemblée générale.
Raphaël Arnault
y aura un débriefe mais il vient mercredi à Lyon pour le meeting de Philippe Poutou.
David Dufresne
C’est ce que tu nous as livré ?
Raphaël Arnault
Voilà, on pourra discuter un peu de tout ça. Du coup, la question intéressante, on me la pose rarement, d’ailleurs de quelle origine sociale je viens ? Je sais plus si Usul l’avait fait dans live. Du coup je travaille donc je suis au SMIC et je suis assistant d'éducation. Mes parents sont des classes moyennes intellectuelles supérieures. Donc voilà, c’est la petite bourgeoisie intellectuelle comme pas mal de ce milieu militant et on en parlait un peu hier. Mais il y a quelque chose qui m’a beaucoup politisé au niveau des questions sociales, notamment sur la circonscription. Moi, j’ai grandi dans le neuvième arrondissement et j’ai grandi dans un quartier bon voilà, plutôt prof, Il y avait quelques logements sociaux, etc. Mais plutôt la classe moyenne, intellectuelle supérieure, etc. Et en fait, on était coincé entre ce qu’on appelle les Monts d’Or. Du coup, les Monts d’Or, c’est vraiment la haute bourgeoisie. Il y a ça, je crois que c’est la commune juste au-dessus. C’est la troisième commune de France la plus riche en termes d’imposition sur la fortune. Et juste en dessous, il y a des logements sociaux. Il y a notamment la cité Édouard Herriot, il y a aussi la Duchère qui est juste à côté et en fait il y a une espèce de microcosme qui fait qu’il y avait tous les gens qui, le dimanche passait en Ferrari, pas loin de là où on habitait, etc. Et l’autre côté qui joue dans la rue, etc. Et d’autres types qui allaient jouer dans des grands jardins avec d’immenses piscines. Là, tout de suite, c’est. J’ai vu au cours de ma petite existence le rapport de classe qu’il pouvait y avoir et la différence qu’il pouvait y avoir entre les enfants qui allaient dans les établissements privés et les très riches établissements privés et qui étaient donc publics et qui n’avaient rien à voir avec ces gens-là. Et du coup, tout de suite, il y a une conscience de classe qui s’est faite autour du monde du travail et des gens qui possèdent véritablement les possédants, ceux qui ont tout et ceux qui travaillent. Donc voilà, ça, ça m’a très franchement politisée d’habiter un peu dans cette géographie. Et j’ai beaucoup d’amis sans être militant, qui ont aussi cette conscience de classe de fait, parce qu’on la vivait très concrètement. Il y a plein de gens qui vivent, qui vivent dans des quartiers, qui n’ont jamais vu de riches de leur vie parce qu’ils ne sont pas là. Et nous, en fait, ils n'étaient pas très loin quand vraiment d’un point de vue géographique, ils étaient vraiment à côté du coup, ça politise fortement.
David Dufresne
Alors j’ai traduit par le tchat classes moyennes intello supérieures pour moi, c’est ça que je comprends. Euh voilà fils de prof.
Raphaël Arnault
Mes parents ne sont pas profs, je n’ai pas donné exactement leur métier. Est-ce que c’est parce que pour des raisons de sécurité, il y a une extrême droite qui nous menace très quotidiennement ?
David Dufresne
Et sais, en fait, c’est quelque chose qui m’a plu. Il m’impressionne ce matin parce que je vois bien et c’est absolument légitime. Je vois bien que. Et pas tout à fait libre de ta parole Kiki. Pour des raisons de sécurité, je veux dire un peu. Ça veut dire vraiment que ce qui t’est arrivé et je crois que c'était en septembre 2021 où tu as été tabassé par des groupuscules, par des membres du groupuscule des zouaves Paris, tu vis avec ça ?
Raphaël Arnault
Alors, tabassé, faut pas exagérer non plus. J’ai pris un coup de canne dans l’arcade. Par contre, effectivement, ils étaient sept ou huit à m’attendre à la gare.
David Dufresne
À coups de canne ?
Raphaël Arnault
Canne en fer, je ne sais pas si je peux ce qu’ils avaient dans la main mais ou une sorte de canne qu’ils avaient juste. Ce n'était pas un bout de bois, c'était une sorte de canne. J’ai pas d’autres par derrière lorsqu’ils sont enfin en partie parce qu’ils sont venus dans un premier temps vouloir me filmer et m’humilier. Bon, j’ai essayé de rester le plus droit possible, ils ont fini par partir parce qu’en fait moi je disais, j’ai dit oui et alors ? Alors les fachos alors les nazis, les gens commencent à regarder en peu de couleur. Qu’est ce qui se passe là-bas ? Du coup, ils étaient quand même mal à l’aise parce qu' une fois qu’on les démasque, ils ne sont quand même pas super à l’aise en société, du coup ils sont barrés. Et il y en a trois que je n’avais pas vu qui étaient restés dans la gare. Et en fait j'étais au téléphone en appelant les collègues en mode magnez-vous là, ils sont huit en fait tout ça, là, je ne vais pas pouvoir faire grand-chose. Et en fait, ils arrivaient par derrière vous mimer un coup de canne. Donc là, je me retrouve face à trois chiens en garde. J’essaie d’alerter une nouvelle fois sur cette C’est des nazis et recul à nouveau ils ressortent de la gare sur un truc désirent. Bon bah on est démasqués, faut qu’on se barre. S’il y a des gens qui n’aiment pas trop les nazis quand même. Voilà ce qui s’est passé. Après, faut bien avoir conscience que là j’en ai parlé publiquement parce qu'à ce moment-là, j'étais porte-parole, parce que de toute façon, ils allaient rendre public la vidéo où ils tentaient de m’humilier. Du coup, le but c'était aussi de désamorcer. Après, très sincèrement, je vous le dis, on ne parle pas de toutes les agressions qui surviennent à Kilian. Moi, très souvent, je me suis retrouvé face à des militants d’extrême droite qui dès qu’ils me voient et sortent un couteau. Je ne suis pas le seul. Maintenant, ils appliquent à tous les membres de la jeune garde. Avant, c'était seulement à quelques personnes de la jeune garde. Maintenant, c’est à tous les membres de la jeune garde qu’il n’y avait pas comme membre de la jeune Garde d’ailleurs. Malheureusement. En tout cas, voilà, il y a vraiment ce truc. Deux Il y a une violence extrême quoi. Il y a une violence extrême de la part de l’extrême droite. On ne dit pas tout parce qu’on n’a pas envie d’effrayer les gens. On est quand même sur un truc de se dire déjà que l’antifascisme ça fait peur parce qu’on fait face un peu à des fous dangereux, on essaye de rassurer en disant en fait, il est possible de lutter contre l’extrême, donc c’est vrai qu’on ne dit pas tout volontairement, mais c’est vrai qu’on fait face à une violence extrême. C’est une réalité. Et pas qu'à Lyon. Partout en France lorsqu’on lutte contre l’extrême droite. Si oui, c’est vraiment de faire face à un extrême et puis on s’expose, puis on est visé, puis on peut faire face à pas de véritable violence.
David Dufresne
Et donc, dernière question et puis après je pense que le chat te saluera. As-tu déjà « retourné » un facho ?
Raphaël Arnault
C’est une bonne question
David Dufresne
Mais ici, on n’est pas chez les cons, chers amis. Les questions sont bonnes maintenant.
Raphaël Arnault
C’est bien, difficile parce qu’on a quand même pour habitude de ne pas discuter avec l’extrême droite. Du coup, vous savez qu’on ne fait pas de suivi psychologique pour savoir si oui ou non ça y est, il a réglé par avance ce dont on est certain. C’est grâce à notre lutte, pas que nous. La jeune garde encore une fois les diverses organisations et variées qui luttent contre l’extrême droite. On arrive à faire que des militants d’extrême droite en tout cas, arrêtent de militer, arrêtent de faire des ratonnades, arrêtent d’arrêter de proposer toutes leurs horreurs, arrêtent toutes leurs violences, etc. Ça c’est une réalité. Après, est ce que de fond en comble, ils ont changé radicalement de position ? Je ne sais pas. Donc on évite de discuter avec les S’EN. Par contre, plusieurs fois ça m’est arrivé de discuter et là c’est un peu différent des militants d’extrême droite, des gens qui ont comme préceptes un peu d’extrême droite à cause des médias, à cause de tout ça sur des marchés par exemple, lorsqu’on a fait campagne pendant la présidentielle contre l’extrême droite, j’ai beaucoup discuté avec des gens qui disaient très ouvertement Je vais voter Le Pen, il y en a, il y en a pas mal ou Zemmour est typiquement ou elle a. Je pense que, à force de discussion, on a réussi à remettre des choses en place en leur faisant comprendre que ce n'étaient pas des alliés, ce n’était pas des alliés parce qu’il y en a plein, c’est des travailleurs qui se font berner et où du coup extrêmement leur explique que toi, travailleur blanc, pauvre, ton ennemi ça va être le musulman ou le sans papiers, quelqu’un encore plus pauvre de toi plutôt que d’aller regarder les milliardaires là-haut. Et c’est vrai qu’avec un discours de classe en réalité et aussi antiraciste, leur rappeler ce que c’est le racisme et un discours de classe, on arrive quand même à rattraper beaucoup de personnes. Et il y a un tout un enjeu à aller discuter avec ces gens-là, les militants. Je vous avoue qu’on a plus trop espoir quand la personne se lève tous les matins en se disant comment est-ce que je vais réussir à niquer le plus de bougnoules aujourd’hui ? C’est vraiment ça va être compliqué d’aller la chercher, cette personne.
David Dufresne
Cette question, puis je la pose d’une autre manière. Est-ce que Raphaël a lu notre joie de François Bégaudeau ? Et si oui, qu’est ce qu’il en pense ? Donc Bégaudeau, je crois que c’est à Lyon. Il rencontre un fan et il se rend compte que le fan, c’est un facho. Et il y a. Il a essayé justement de discuter avec lui, d’essayer de comprendre les points de convergence involontaire et de divergence volontaire on va dire. Et il en fait un bouquin. Est-ce que tu as lu ce livre ? Est ce que ça t’intéresse ce genre de questionnement ou pas du tout ?
Raphaël Arnault
Alors je viens de regarder sur Google.
David Dufresne
Oh la vache.
Raphaël Arnault
Je ne connaissais pas son nom donc je vais me renseigner.
David Dufresne
Bégaudeau c’est un peu la vieille garde à Nancy ici. Enfin je veux dire concrètement par rapport à la jeune garde.
Raphaël Arnault
Pardon, mais je ne connaissais pas du tout, vraiment
David Dufresne
Je crois que la rencontre a justement lieu à Lyon, me semble-t-il, dans une librairie, il y a un mec qui vient me voir et qui dit J’ai adoré ton bouquin d’avant où Bégaudeau tacle la gauche et il s’en rend compte et donc il en tire cet ouvrage.
Raphaël Arnault
Bah écoute, je ne sais pas, je ne peux pas donner d’avis, mais c’est très certainement intéressant effectivement.
David Dufresne
J’espère que les gens qui vont te gronder seront quand même sympathiques. Tu mets tout sur moi. C’est la faute de David. C'était un plaisir. Raphaël Évidemment, on n’a pas pu tout dire, mais on en a quand même pas mal parlé. Merci beaucoup à toi et pour la campagne ?.
Raphaël Arnault
Je ne sais pas. Je ne sais pas du tout comment ça va se passer à ce niveau. On nous a posé la question plusieurs fois. On va essayer pour tout faire, tout faire pour mettre en place. L’important c’est que vous veniez sur place les Lyonnais, les Lyonnaise, même si vous n’êtes pas sur la circonscription, un maximum de monde parce qu’il va y avoir du beau monde, il va y avoir Usul, il va y avoir Philippe Poutou, il va y avoir des acteurs des luttes locales, évidemment, nous qui faisons la campagne, qui allons intervenir pour expliquer la démarche. Et c’est important. Il y aura vraiment du monde en plus le même soir. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a quand même une réunion publique de La Ferrière. Donc c’est aussi un rapport de force qu’on souhaite montrer, de montrer que la gauche de terrain, on ne va pas faire sans dans ces élections et on va aller jusqu'à l’Assemblée nous représenter.
David Dufresne
Merci, Merci beaucoup Raphaël.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.