Rashid Masharawi, cinéaste palestinien : « Cannes ne fait pas le job qu’on pourrait attendre d’un festival aussi important »
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Sur une plage cannoise, l’équipe de « Ground Zero. The Untold Stories of Gaza » a planté une tente, semblable à celles des réfugiés palestiniens. « Ground Zero » est une œuvre chorale, filmée en temps réel. 22 artistes palestiniens s’y relaient : fiction, documentaire, animation. Au Poste a rencontré son maître d’œuvre.
(traduction) Je suis un cinéaste, je suis costumièr, je suis un des gosses de Gaza et je fais des films.
Est-ce que vous entendez la traduction les amis ? Je suis de Gaza, je suis palestinien et je fais des films.
J’ai aussi un centre de cinéma en Palestine et j’ai aussi un cinéma mobile où je vais projeter des films. Et pendant cette guerre, j’ai créé une fondation pour soutenir des cinéastes, pour créer des films et les produire.
L’idée de la tente, c’est quoi exactement ? Et j’ai cru comprendre que c'était une protestation parce que Cannes n’avait pas accepté de film palestinien ?
En fait, Cannes ne fait pas le job comme il devrait le faire un grand festival de films. Cannes est un festival très important. Je pense que c’est un très grand festival. Quand il y a des crises dans l’humanité, je pense que Cannes devrait avoir une réaction. Je ne veux pas dire par cela que je pense que Cannes devrait avoir un rôle politique. Moi, je fais des films, j’emmène des films. Donc je voudrais avoir demandé ou suggéré un point de vue cinématographique, artistique. Et avec cette tente, nous créons un stand officiel palestinien en fait, pour recevoir des personnes comme dans les autres stands du festival, des journalistes et parler de ce que nous faisons et ce qui nous anime.
La question était donc : Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur les films que vous avez produits ou The Ground Zero ?
Au contraire, c’est l’idée de faire un court métrage, d’avoir différents points de vue. Et en fait, nous sommes toujours en train de tourner. On est déjà à 22 films et même en ce moment, c’est en train. Ils sont en train de créer. Oui, le réalisateur de série cinéma, donc un de ces courts métrages d’une personnalité qui avant la guerre était une personnalité très engagée jour et nuit. Il fonçait sur du cinéma et créait des films. Et en fait, quand je lui ai demandé s’il pouvait faire un film pour cette collection de courts métrages, il m’a dit non, en fait je ne peux pas faire de films, je ne peux pas agir, ce n’est pas possible. Et en fait, oui, il est très préoccupé, il doit s’occuper de bien simplement nourrir sa famille. Il a aussi perdu son frère aîné. Donc ce film sur le cinéma, c’est autour de ça, de cette impossibilité de créer un film.
Et peut-être encore deux questions. Lorsque questionné sur la question ici donc. Quand on voit les images si nombreuses, si terribles de Gaza, est-ce que la fiction a encore un sens ? Là, il s’agit d’une collection de documentaires. Mais est-ce que la fiction a encore un sens alors que le documentaire s'écrit tous les jours ?
En fait, la collection From Ground Zero, c’est aussi des fictions. Il y en a trois. Il y a aussi de l’animation, des films expérimentaux. Il y en a vraiment. Je voulais inviter les réalisatrices et les réalisateurs à créer leur cinéma, à répondre avec leur manière de créer et les histoires de fiction. C’est souvent en fait inspiré de faits réels et cela s’est traduit dans la fiction.
Et il y a aussi beaucoup de dessins, me semble-t-il, de peinture. Dans le teaser de dix minutes que j’ai vu, il y avait beaucoup d’enfants qui dessinaient. Est-ce que c’est pour les besoins de la caméra ou est-ce que les enfants à Gaza sont en train de dessiner leur traumatisme ?
Les images dans la bande-annonce, en fait, sont tirées d’un des courts métrages fait par une personne qui fait des animations aussi et qui a fait des animations avant la guerre. Et il fait des animations aussi avec des enfants les images qu’on voit sont tirées d’un atelier qu’on a fait dans une des tentes. Un atelier, si j’ai bien retenu, quatorze jours, où même on a accueilli 114 enfants pendant deux jours. L’atelier a eu lieu dans une tente et a ensuite donné ce film d’animation qui fait partie de la collection.
Est-ce qu’on peut voir le film ?
En fait, le film est toujours en train d'être terminé et nous espérons qu’il ira dans des festivals en vue de créer un long métrage de 90 minutes à partir de ces 20 films. Et donc ils seront peut-être aussi disponibles dans des télévisions.
Et maintenant, la dernière question. Est-ce que si je changeais de nœud papillon, il pourrait aller sur le tapis rouge ? Est-ce que c’est un problème de nœud papillon ?
Oui, vous savez ça. C’est quoi la question ?
Est-ce que s’il avait un autre nœud papillon, est-ce que tout va bien ? Oui, oui, j’ai compris. Est-ce qu’il pourrait monter le tapis rouge ?
Donc oui, après je vais participer au festival et je vais y aller. Je ne vais porter aucun autre nœud papillon, mais bien celui-ci. Thank you !
Merci beaucoup.
Merci.
Alors merci beaucoup. D’autre part, il y a la traduction simultanée. Je fais des petits réglages, j’espère que ça vous a plu ce petit moment chouette. Merci à lui. C'était presque parfait. Alors Dodadocdada, qui était aussi recherchiste pour Au Poste, m’explique que cette mer-là, c’est la même mer que celle qui est en face de Gaza, la Méditerranée, le sable, donc l’idée, c’est d’essayer de connecter Cannes à Gaza et Gaza à Cannes.
