Réforme de la #Police Judiciaire : à qui profite le crime ? Avec le député Ugo Bernalicis
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Amis et amis du café, amis de la police, Amis des amis, des amis de la police, bonjour Monsieur le Député comment ça va ?
Et bien ça va, abonnez-vous Auposte !
Je ne t’ai pas demandé de le faire.
Mais je le fais spontanément.
Merci beaucoup. Bon alors je disais, tu n’as pas mangé juste une petite bricole, ce sera un combat loyal. On est d’accord ? Je me suis enquis de ta santé, donc on peut discuter d'égal à égal.
C’est bien ça Alors là je ne sais pas, je ne sais pas David parce qu’en fait moi ça fait ça fait deux cinq mois que je suis sur le coup, sur cette mission d’information. Donc c’est peut-être un peu en avance sur toi.
Bien sûr, on rappelle que tu es le monsieur police de la France Insoumise, ce qui n’est pas sans être un paradoxe. Nous nous en parlerons peut-être. La police judiciaire oui, puisque dans ton compte Twitter il y a écrit révolutionnaire. Et oui, qu’est ce qu’on fait ? Comment fait-on quand on est révolutionnaire et mandaté pour s’occuper des Bleus et de la police ?
Eh bien justement, on fait ça avec attention, avec détermination de très près. Parce que, et comme je l’ai dit plusieurs fois pendant la campagne présidentielle de 2022, on ne va pas gagner une élection présidentielle et on ne gagnera pas la lutte parce qu’on a le plus gros programme sur les questions de police, de sûreté ce n’est pas pour ça. Par contre le potentiel est contre -révolutionnaire. De mal gérer le ministère de l’intérieur et de mal gérer la police et la gendarmerie, lui, il est extrêmement élevé quoi. Donc on pourrait perdre de ce fait là à la fois dans une campagne électorale parce qu’on aura rien fait, rien fait sur le sujet et que c’est un sujet qui intéresse tout le monde, y compris et peut être même davantage, les militants de gauche et de gauche révolutionnaire parce qu’ils sont confrontés à la police dans tous les sens du terme. Et derrière ça, il y a vraiment un enjeu de se dire une fois qu’on a gagné, une fois qu’on est au pouvoir et il ne faut pas gérer ça par peur.
Et est ce que ça veut dire un sujet ? Peut-être parce que tu as eu la gentillesse de me proposer qu’on reste au moins trois heures ? Est ce que ça veut dire qu’il va falloir t'écouter à cette aune là ou c’est assez ça, de la perspective, c’est à dire de faire en sorte que la police ne soit pas contre révolutionnaire ou c’est plus simple que ça quand même. Ce que, à une époque, c'était Ugo à Beauvau, je veux dire, tu voulais être ministre de l’intérieur.
Je n’ai pas changé de perspective parce que je compte bien, je compte bien m’y coller. Mais ce n’est pas pour moi, c’est en fait si tu veux, je suis davantage plébiscité finalement.Même dans nos rangs. Beaucoup de gens préféreraient que je sois ministre de la Justice. Parce que c’est aussi un thème que j’ai beaucoup travaillé. Creuser, essayer. Et pourquoi pas dans l’absolu ? Mais en vrai, je me sentirais plus utile au ministère de l’Intérieur pour les raisons que je viens de t’indiquer. Parce que bien connaître le ministère de l’Intérieur et avoir aussi acquis une forme de légitimité sur le sujet, c’est si essentiel dans un ministère et vis à vis du corps. Parce qu’en fait, le ministère intéresse aussi les préfectures, sous préfectures. Et notre gros morceau que je connais aussi par cette première. En fait venir soi-même du ministère de l’Intérieur, avoir beaucoup travaillé sur ces sujets là, rend à nouveau un rapport sur le sujet. Ça joue sur le fait que demain, en gagnant, en étant au pouvoir, on sera davantage obéi par les agents, même s’ils sont en désaccord politique avec nous et c’est important d’ailleurs à l’intérieur de la police pour prendre que là que la police. Mais ça vaut largement, peut être même davantage pour la gendarmerie quand on vient de la troupe, quand on vient d’en bas et qu’on a gravi les échelons au fur et à mesure qu’on est devenu capitaine, commandant, puis enfin commissaire. Ce sont finalement les commissaires les plus respectés sont ceux qui sont passés par la base parce qu’ils ont cette forme de légitimité de ne pas venir de l’extérieur. Et c’est je crois à ça et c’est important. C’est important, y compris suffit de voir l’attitude des syndicats de police. On a fait une audition des syndicats de police sur la question de cette mission d’information de la police judiciaire. Ils n’ont pas fait une manifestation. Quand je me suis déplacé au commissariat, je n’ai pas eu d’invectives, tout s’est bien passé. Les gens se sont mis autour de la table et nous ont parlé de leurs problématiques et nous ont écoutés avec sérieux. Et donc voilà, il n’y a eu aucune espèce de dénigrement etc. C’est un travail de longue haleine, il prendra du temps, mais je pense que c’est important de le faire. Et donc du coup, je me sens assez légitime là dessus demain pour plutôt être à Beauvau qu'à Vendôme.
Qu’est ce qui t’a amené et après on démarre la mission parlementaire concernant la réforme de la police judiciaire, à t’intéresser à la police. À la police ou à la police judiciaire ?
Les deux, mon commandant capitaine, Je peux encore passer commandant le temps que je prenne des galons. Peut être en fin de soirée, je serai commandant, Je vais te dire sérieusement Je raconte rapidement l’histoire, mais en fait c’est en partie le fruit du hasard en bonne partie.Dans mon parcours militant, je n’ai pas cherché à m’intéresser à la police particulièrement, sauf après un événement particulier quand je suis rentré dans l’administration. En fait, quand j’ai réussi le concours des affaires d’attaché d’administration à l’Institut de l’administration à Lille, j’ai effectué mon premier stage. C’était à l'époque, ça a duré encore un an. Tu as toutes les formations maintenant, c’est six mois. Il y avait deux stages. Et le premier stage sur les six premiers mois, on m’a affecté, je crois que c’est sans doute parce que j'étais déjà identifié comme militant politique au sein du Front de gauche. Mais on m’a affecté à l'École nationale de police à Roubaix, sans doute en se disant voilà, ça lui fera, ça lui fera un peu les pieds celui-là, ça lui fera découvrir autre chose au Front de Gauche. On va l’envoyer à la police. Je sais, je pense que c’est vraiment ça le point de départ. Et donc j’y vais. Et je m’intéresse au sujet parce que, en réalité, il se trouve que c’est en 2012, François Hollande vient d'être élu président de la République, Manuel Valls est ministre de l’intérieur. Mais il était ministre de l’Intérieur et il avait lancé les assises de la formation de la police nationale en fixant pour objectif de savoir comment, par le biais de la formation initiale et continue, on pouvait améliorer la relation police population et les directeurs de l'école de police là où j'étais affecté. Du coup, normalement, je devais faire la première mission qui m’avait été donnée, c'était de faire un plan de communication interne et externe de l'école. Et puis finalement, ils ont eu cette commande qui est tombée entre deux, entre le moment où vous avez exprimé leur besoin pour le stage et le moment où je suis arrivé. Et le directeur de l'école m’a dit ben vous allez, en fait, vous allez participer aux tables rondes qu’on a, qu’on a élaborées avec des policiers belges, des policiers allemands, tous les policiers des différents services de police, des gens du privé pour parler d’organisation, de management, de techniques policières. Et donc on m’a demandé de suivre ces tables rondes et d’en faire la synthèse pour l'école, synthèse qui sera ensuite envoyée au ministère de l’intérieur, enfin en l’occurrence à la DGPN pour Direction Générale de la police nationale. Ouais bon, j’arrête, je vais tout dire en toutes lettres à chaque fois Mais en février suivant d’ailleurs, je n'étais plus en stage, mais j’avais eu l’autorisation d’aller à Astruc à Paris avec le ou le ministre présenter les conclusions. Évidemment, il y a un retenu. Mais bon, au moins c'était sympa. Donc à ce moment là, y compris en tant que militant politique, je me dis mais bon sang, qu’est ce que nous on propose sur la police ? Et là, je me rends compte, je prends l’humain d’abord. C’est le programme. En 2012, il y avait deux pages ce qui là encore dans la bibliothèque peut aller chercher deux pages de bons sentiments sur la police. Et là je me suis dit c’est un peu léger parce qu’il y a des vrais trucs à faire, il y a des vrais problèmes et il y a des vraies propositions à faire. Et je les avais notamment identifiées parce qu’on m’a donné à lire un bouquin à l'époque qui était celui de Christian Mona, « La police contre les citoyens » et c’est par là que je suis rentré dans le sujet. Voilà, c’est le fruit du hasard d’une affectation en stage puis j’ai jamais quitté cette appétence pour le sujet, j’ai moi même eu mon affectation à la fin au ministère de l’intérieur. Donc j'étais attaché d’administration du ministère de l’Intérieur et je m’occupais de la comptabilité, des services de police et de gendarmerie de toute la région Hauts de France à la zone de défense Nord pour être précis.Et donc j’ai pu continuer à établir des contacts avec des policiers d’active. J'étais moi même syndiqué dans le syndicat des personnels administratifs de la police et du ministère de l’Intérieur. Donc ça m’a permis de continuer à creuser le sujet et ce que j’ai ensuite continué à faire à l’Assemblée nationale, à la commission des lois.
Ça fait quand même beaucoup de choses, un peu un peu étrange à s’occuper du fric de la police, être dans un syndicat de police. J’espère que Mediapart ne va pas sortir « Ugo Bernalicis Corruption » enfin bon on verra ça.
Alors tu sais, j’ai ces affiches. J’ai eu un prix record il y a trois ans de ça, après la commission d’enquête que j’ai présidée sur l’indépendance du pouvoir, les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Et mon discours de départ a été de dire Vous savez, moi je n’ai pas grand mérite à pas être corrompu, c’est juste qu’on me propose rien donc. Donc je n’ai rien à accepter ou à refuser ce que vous proposez.
C’est étrange comme dans une école de police, il n’y a pas de leçon pour dire attention, il peut y avoir de la corruption. Ben là en l’occurrence, moi je n’ai pas suivi l'école de police, au moins pour ceux qui ont été dans les services administratifs, dans le service administratif, qui organisent la vie de l'école en fait. Donc y compris dans le service administratif de l'école, les gens qui gèrent la logistique, la paye, la compta, voilà pour la vie, de la vie, d’une école, pour l’administration. Alors venons-en au gros morceau. Depuis cinq mois, tu t’amuses avec ta collègue. On dit rapporteur, co-rapporteur, comme on dit. Pour moi, l’Assemblée du co-rapporteur, les deux sont ennemis. D’ailleurs, on peut même dire rapporteuse, ça existe aussi, c’est toléré c’est à l'école de police.
Sans commentaire.
Nous disons Renaissance. Et donc tous les deux, vous additionnez depuis cinq mois dans ce que j’appelle une sérieuse discrétion, même si j’ai l’impression que ça s’est un peu ouvert. Vous auditionnez des policiers, des syndicats, des magistrats, des sociologues autour de la réforme de la police. Alors, est-ce qu’on parle d’abord de la réforme de la police ou non ? Parlons d’abord de la mission. C’est quoi une mission parlementaire ? Parce que de temps en temps, j’ai l’impression que tu regardes surtout ton téléphone.
Non, pas maintenant, pas pendant les auditions. Parfois oui, c’est vrai soit pour vérifier des informations de ce qu’on est en train de me dire, je le balance fissa. Il y a souvent dans la salle, même toujours à chaque fois, un de mes attachés parlementaires qui est là et qui me balance sur Telegram des propositions de questions ou des trucs qu’il a remarqué lui-même dont on vient de parler ou interrogé là-dessus. Donc oui, ça m’arrive régulièrement de jeter un œil au téléphone
Aussi pour le travail. Alors ça va
Oui, c’est pour le boulot en plus, là en l’occurrence, je suis assez passionné par le sujet donc je sais pas trop, Je sais pas, je n’ai pas, je ne fais pas autre chose quoi. En général sur téléphone. Après c’est des auditions, là j’ai ma co-rapporteure qui a du qui a dû s'éclipser, elle était elle été happée par son téléphone et je crois qu’elle avait une merde à gérer.
Alors c’est quoi ? C’est quoi une mission parlementaire ? Quelle force ! Vous avez quel pouvoir vous avez ? Est ce que par exemple, on peut ne pas vous répondre ? On peut vous mentir. Ou est-ce que c’est comme les commissions ? C’est du très sérieux.
Alors en fait, c' est du très sérieux comme une commission d’enquête. C’est sérieux en fait. Mais je veux dire, déjà, je vais relativiser ce qu’est une commission d’enquête, parce que, effectivement, les gens qu’on auditionne, lèvent la main, jurent de dire toute la vérité, rien que la vérité. Et s’ils ne le font pas, ils s’exposent au parjure. Et c’est peu dire. Si je peux être actionné par le président de commission d’enquête ou le bureau de l’Assemblée nationale, Si, là, si la commission d’enquête déterminée, si on se rend compte, par exemple, un an après que quelqu’un a menti, c’est le bureau de l’Assemblée qui est compétent. Moi, j’ai transmis cinq parjures sur ma commission d’enquête sur l’indépendance de la justice. Ils ont tous été classés sans suite et il y a eu zéro enquête. C’est-à -dire que j’ai transmis des parjures. On a. Ils ont fait un courrier aux intéressés. Bonjour, est-ce que vous avez menti ? Les gens ont répondu. Non Et voilà.Reclassement sans suite. Je caricature à peine les pièces du dossier. Donc ce n’est pas même le meilleur contrôle qu’on ait, il n’est pas aussi satisfaisant pas. On n’est pas dans les commissions à l’américaine où là il y a vraiment un pouvoir pour les parlementaires, c’est du jeu. Donc ça c’est le point de départ. Donc la mission d’information, il n’y a pas, on ne jure pas de dire la vérité, la vérité, on n’est pas obligé de se rendre à une convocation. Et d’ailleurs c’est plutôt une invitation ou une convocation. Mais ça ressemble à tout pareil. C’est à dire que concrètement, il y a des parlementaires qui sont là, qui s’y collent, y a des administrateurs de l’Assemblée qui nous soient affectés et qui suivent avec nous toutes les auditions et qui nous rédigent concrètement le rapport à la fin qui a fixé avec nous, pour les propositions qu’on va faire, les recommandations.
Les rapports qu’on trouve en ligne, ce ne sont pas les co rapporteurs qui sont les signataires, qui sont les rédacteurs. Alors non, l’essentiel du rapport. Il est rédigé par un administrateur de l’Assemblée. Nous, on va le relire. Les députés les plus sérieux, en tout cas qui vont le relire, vont tout relire et tout potentiellement modifier, corriger, etc. Mais par la force des choses qu’il y a dans les rapports, il y a toujours notamment plusieurs pages qui sont assez, comment dire ça, démonstratives. Il n’y a pas vraiment d’enjeux politiques qui sont là pour expliquer le fonctionnement actuel de tel ou tel service, les chiffres qu’on a réussi à collecter et donc c’est bien et c’est appréciable et c’est agréable qu’on ait des administrateurs et eux aussi on. Parce qu’on n’a pas si souvent que ça des rapports à l’Assemblée entre parlementaires. Par contre, les administrateurs font ça successivement et donc ça permet aussi d’harmoniser le style, la manière de décrire des rapports et qu’on puisse y retrouver d’un rapport, d’un rapport à l’autre. Et après c’est un peu différent. Par exemple, l’avant propos que j’ai fait en tant que président de commission d’enquête sur le sur la commission d’enquête un, sur l’indépendance de la justice, c’est moi qui l’ai rédigé, mais parce que j’ai voulu, l’administrateur avait proposé de me faire une trame.
Un truc de départ. Je n’ai pas voulu, j’ai dit voilà, je vais le faire moi même. Je préférais par contre sur le rapport en lui-même qui a été fait, donc pour le rapporteur, puisque je possédais à l'époque, oui, c’est le seul administrateur qui rédige l’essentiel. Donc c’est comme quand on signe, c’est nous, on donne notre validation, bien sûr, mais. Ce n’est pas ça, ce n’est pas la médecine théorique qui est mise dedans, c’est notre responsabilité.
Bien sûr, et à minima.
Il faut bosser quoi.
Ben oui. Eh bien c’est le café.
Ouais, ça doit être ça.
Je ne dis pas ça du Nescafé.
D’accord. En fait, le café, ça fait pisser. Donc je me suis dit je prendrai.
Très bien monsieur le rapporteur. Une mission d’enquête, c’est ça, Non, une mission parlementaire Vous vous auto saisissez ? Comment ça se passe ?
Bon alors là, je dois la vérité. J’ai demandé à avoir cette mission d’information. J’aurais voulu la faire à la fin de la mandature précédente parce que la réforme de la police nationale a été lancée. Le tout début des expérimentations. Les premières ont lieu en mai 2021. Donc j’aurais bien voulu faire ça dans la foulée. Sauf qu’on était à la toute fin de la mandature. Il y avait déjà d’autres textes, d’autres trucs. Et puis quand on veut faire une mission d’information pour évaluer quelque chose, il faut attendre que le truc soit lancé quoi. Donc ça aurait été début de l’année 2022, début de l’année 2022 égale élection présidentielle. Il se passe rien à l’Assemblée, donc ce n'était pas possible. Donc en fait, j’ai fait la demande d’avoir pour avoir cette mission d’information tout de suite après avoir été réélu. Donc dès le mois de juillet 2022 demandes que j’aie formulée auprès du président de la commission des lois. Alors, comment ça se passe ? Disons que normalement, chaque groupe politique a le droit d’avoir des missions d’information en fonction de sa taille, du nombre de députés qui composent le groupe, mais ça, c’est la règle tacite, implicite. Mais la vérité, c’est que c’est les présidents de commission qui décident, c’est eux qui ont les moyens, c’est eux qu’ont les administrateurs et donc c’est eux qui décident d’affecter les administrateurs à telle ou telle mission. Donc c’est la majorité qui décide très concrètement. Donc une question peut se dire mais comment ça se fait que Bernalicis a le droit, du fait de la majorité, de pouvoir aller mettre son nez dans la police et la police judiciaire ? Et bah là, il faudrait poser la question au président de la commission des lois. Je ne suis pas complètement grillé. Mais il paraît qu’il n’est pas forcément exactement sur la même ligne politique que le ministre de l’Intérieur.
Le président de la commission des lois Sacha Houlié.
Il est PS. Il est Renaissance, Il est comme tous les précédents, comme ils sont tous et la majorité gère toutes les commissions. Ex PS c’est vrai et PS il était strauss kahnien oui c’est compliqué.
On ne tire pas sur des ambulances. Ah oui, c’est comme ça Donc une mission parlementaire aussi intéressante que celle que tu vas nous révéler, ça peut se décider sur ce genre de petit truc
C’est clairement la première fois que j’ai formulé la demande. C'était à la buvette. Ça, c’est mon style aussi. C’est comme ça. Je l'écoute J’ai demandé une mission d’information sur la réforme de la police et sur précisément la police judiciaire, parce que je savais que ça allait poser des problèmes. J’avais déjà eu des retours en interne de la police, en disant Tu sais où ils veulent mettre tous les policiers sous un même commandement au niveau départemental, tous les services. Et moi, spontanément je vois ce que ça veut dire pour ce que ça implique. Et je me dis ah ouais, d’accord, toutes, toutes, vraiment toutes. On dit oui, toutes, je dis y compris la PJ ? Et là j’ai dit, ça sent pas bon, ce n’est pas c’est à ça qu’il faut faire quoi. Donc ce n’est pas juste pour Sacha Houlié. Le Président, la commission des lois et gendarmes ne sont pas sur la même ligne, mais aussi parce que c’est un sujet d’intérêt et c’est un sujet d’intérêt pour la commission. Et de toute façon, ils ne laissent pas faire une commission par une mission d’information, tout ça. Il y a la il y a Marie Bouquet, co-rapporteur, qui est de la majorité, donc ça ne va pas non plus la prise de risque dingue au début. Et d’ailleurs les sénateurs nous envoient de la force.
Les sénateurs vous ont emboîté le pas et vous ont grillé la politesse puisqu’ils ont exactement publié un rapport douteux non ?
Ah non ! C’est un sénateur de la commission des finances qui a rendu un rapport sur le même sujet sous l’angle plutôt financier. Nos homologues, qui ont aussi une mission d’information, n’ont pas encore rendu le rapport.
Il faut dire que la buvette est plus loin au Sénat.
Elle est loin, elle est moins sympa. En vrai, j’ai vu les deux et je préfère largement.
C’est le resto,
Il paraît. Mais je n’ai pas décidé donc je ne sais pas.
Il y a deux salles. Il y a la salle des sénateurs de droite et la salle des sénateurs de gauche. Depuis toujours la même chose. Et les Macronistes, ils s’assoient où du coup ?
Je ne sais pas je ne suis pas sénateur. Non, pas du tout. Alors au début, de cette mission, moi je m’attendais à ce qu’il y ait vu l’enjeu qu’il y a. Parce que si c’est un big bang qui se prépare, en fait, je m’attendais à ce que votre mission soit streamé et diffusé, Et ça n’a pas été le cas au début. Alors là, il y a un peu plus de télécommunication on va dire, parce qu'à la buvette, il y avait tout le budget ou quoi. En vrai, ça m’a soulé au début parce il faut savoir pour la petite histoire qu’il a toujours été assez rare qu’il y ait des auditions, de missions d’information, de commission d’enquête qui soient filmées. Et moi j’ai lourdement et très lourdement insisté quand j’ai présidé la commission d’enquête sur la justice pour que tout soit filmé. Et on m’avait posé un certain nombre de fois les moyens effectivement techniques de l’Assemblée, les dispo de salles, etc. Mais en vrai on trouve toujours une solution. Par contre y' a parce qu’il y a une culture au sein de l’Assemblée nationale qui est de dire en gros si on filme, si on rend public, les gens ne vont pas vraiment tout nous dire. Les gens qu’on aura, ils vont avoir peur, ils vont s’auto censurer et donc on préfère faire du huis clos pour avoir le plus d’informations possibles. Et ensuite on retranscrit ce qu’on a bien envie de retranscrire dans les rapports. C’est un argument qui peut s’entendre et d’ailleurs il est souvent vrai, c’est à dire que les gens qu’on reçoit quand ils sont en huis clos, y parle davantage, ou en tout cas ils ont une manière de s’exprimer qui est plus décontractée et on peut parfois avoir des informations. Moi je pars du principe que tout ça, ça en vaut pas la chandelle et que la très démocratique, l’apport que ça peut avoir, que ce soit public et filmé, il est bien plus grand que les quelques informations qu’on pouvait glaner et gratter en off. Que de toute façon, si ça huis clos, on ne peut pas retranscrire in extenso en tant que telle dans le compte rendu, dans le rapport. Et puis j’ai la faiblesse de croire que euh, un fonctionnaire, une personnalité politique qui est interrogé par un député de la France insoumise n’a pas grande confiance dans le fait que le huis clos, même le huis clos, lui soit très protecteur et qui si sort un truc énorme. Il se dit que si je sors un truc énorme, le député de la France insoumise, il va le raconter de toute façon à la presse, etc. Donc l’auto censure, elle est déjà là. Donc autant que ce soit filmé public et tout le monde en profite. Voilà le raisonnement. Et là, au début, avec cette mission d’informer donc, on a réussi à quasiment tout filmer sur la justice. On avait juste établi le principe que les gens qu’on interrogeait comme convoqué pouvaient nous demander le huis clos et qu’ensuite on décidait au sein de la commission d’enquête si on octroyait le huis clos ou pas ? Là, c’est un peu différent. On n’a pas exactement les mêmes pouvoirs. Donc là, en gros, les deux étaient tous ceux qui, dans le huis clos, on leur donne. Moi, ce n'était pas ma position, mais on est à deux. Il y a un co-rapporteur. Voilà, je suis et je fais ce que je peux. Mais surtout, en fait, le premier moi, on m’a fait comprendre qu’il était hors de question de filmer pour une mission d’information parce que autant les commissions d’enquête, c’est un peu prestigieux. On avait obtenu sa mission d’information, c’est un peu en dessous. On a dit non, C’est que, quand on additionne les ministres. Et peut-être des hautes personnalités, mais pas plus. On ne va pas commencer à tout filmer parce qu’ils ne voulaient pas que ça crée un précédent. Parce que tout ça coûte de l’argent. Pas vraiment, non, je ne déconne pas. Donc moi, je leur ai dit Attendez, on est en 2023 à l’Assemblée nationale, en 2022 à l'époque. C’est bien car il y a des salles, il y a des caméras et des caméras sont automatisées dans la plupart des salles. Vous n’allez pas commencer à nous faire croire qu’on n’est pas en capacité de filmer. Donc. Donc bah j’ai tenu bon. J’ai écrit à la présidente de l’Assemblée parce qu'à chaque fois on m’a dit Ah, c’est au dessus que ça bloque par mois. Ok, pas de problème, ce blog est créé. J’ai écrit à la présidente de l’Assemblée. Puis finalement, ils n’avaient pas d’arguments. Vraiment. J’ai dit mais c’est combien le budget ? Est ce que du coup. J’ai dit dissoudre la police de l'école Mais après, je leur ai dit que c'était tout. Je peux comprendre. Il y a des contraintes techniques et des contraintes budgétaires, mais ne me dites pas c’est zéro audition qui sont filmées. Dites moi, au vu du budget, vous pouvez en filmer que dix. Et puis on se débrouille pour choisir les dix qui me semblent plus importantes pour les filmer par exemple. Et finalement, en fait, il n’y avait pas vraiment de contrainte de tout ça, c’est juste que ça les emmerdé et que sinon tout le monde voudrait tout le temps filmer. Bon, mais finalement on a obtenu. Donc à la fin on fait ce qu’on voit et filmer là c’est les gens qui ont accepté que ce soit public et filmé. Et les autres auditions, par contre, on a fait, on a fait une gradation, il y a public filmé et ouvert à la presse, et il y avait des auditions non filmées mais ouvertes à la presse, ce qui était la plupart des auditions et des auditions à huis clos. Il y en a eu très peu, mais il y en a quelques unes. Voilà, l’incident est clos et est éclairci. La police judiciaire est chargée tout le temps. Si je peux le mettre j’ai des droits. Et vous cherchez un peu dessus. Vous cherchez dans les missions d’information, vous allez trouver. Et moi j’ai demandé à mon équipe de collecter toutes les vidéos parce que c’est assez mal fichu quand même. Le site de l’Assemblée. Semble honnête pour connaître. Un peu et. Avoir un certain charme désuet. Les années passant, ça commence à devenir vintage donc j’ai demandé à mon équipe de récupérer toutes les vidéos et de les mettre sur ma chaîne YouTube et d’en faire une playlist dédiée où qu’on peut se retrouver puisse retrouver facilement.
Çà sent le détournement, ça m’a bien fait rire. Mais il n’est pas monétisé ton compte YouTube ?
Pas du tout je vais juste donner de l’audience à tout ça.
Alors la mission de la police judiciaire, c’est de constater les infractions à la loi pénale dans Rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs. Tant qu’une information n’est pas ouverte. Voilà, ça c’est la mission de la police judiciaire police judiciaire créée par Clémenceau en 1907. D’où Le Tigre, puisque c’est Clémenceau. On l’appelait le Tigre, les Brigades du Tigre, et ainsi de suite, et donc le symbole de la police judiciaire, l'écusson police judiciaire, si c’est une tête de tigre, gueule de tigre. Bon, qu’est ce qui se passe ? Pourquoi en 2023, des gens au sein du ministère de l’Intérieur ont décidé de tout changer ? Alors, on commence par quoi ? Par l'état des lieux d’aujourd’hui ? C’est peut être le plus simple, c’est comment est organisé aujourd’hui la police et après on va venir sur la réforme et après on va venir sur qu’est ce que ça, qu’est ce que ça a changé ? Pourquoi ça achoppe ?
Ben alors le point de départ de toute cette pagaille, c’est le Livre blanc pour la sécurité 2019 20 par là, juste avant le bout de la sécurité, je crois que c’est page 173 de mémoire où il explique que les problématiques de la police. Donc en gros, si c’est des trucs qu’on a entendu 1000 fois dans d’autres administrations. Si les directions fonctionnent en silos, ne se parlent pas. Du coup, il peut y avoir deux services qui font la même enquête en même temps. Il y a des mois, il y a des enquêtes qu’on aurait pu ouvrir en croisant des informations cours. Et comme elles ne sont pas croisées par le passé en silos, on perd en efficacité. Certains iraient même jusqu'à dire regardez, c’est comme ce qui s’est passé au Bataclan avec le fait que les gendarmes, alors qu’ils ne sont pas loin, on ne pouvait pas intervenir parce que ce n’est pas la même chaîne de commandement. Bon, de toute façon, là, il n’est pas prévu de fusionner la police et la gendarmerie, donc ça ne changera rien sur ce niveau là. Mais en tout cas c’est l'état d’esprit, c’est l’idée qui était véhiculée là dedans. Et donc ils se sont dit très simplement comme il y a plusieurs chefs, parce que les silos en question, c’est les différentes directions centrales de la police avec un chef à chaque fois. Et donc comme il y a un chef et une direction, mais ils cherchent à garder leurs moyens, à avoir une doctrine propre, à avoir des moyens vers des moyens propres et une architecture propre, une cartographie propre aussi. Donc ils se sont dit bah vu que le problème c’est le fonctionnement en silo, on va mettre un seul chef. Et comme ça va régler le problème en cascade en dessous puisque du coup ça sera dans la même tête, ça va remonter au même endroit toutes les problématiques qu’ils peuvent avoir pour mieux coordonner l’action de la police. Et alors, pour une fois, et c’est vrai. Et là, je l’avoue, d’habitude, quand ils font ça, qui disent que c’est dispersé, qu’ils veulent mutualiser à mettre en commun, souvent c’est pour faire des économies. Juste pour faire des économies, diminuer des postes et des emplois. Là, ce n’est pas le cas. Oh là, ce n’est pas le cas. En tout cas, si économie il y a, c’est au vu de la redéployer immédiatement pour être plus efficace dans l’action de police dans les actions de police pour les différentes directions à l’heure actuelle qui existent. Il y en a, il y en a plein au sein de la police. Il y a la direction centrale de la sécurité publique des CSP qui est la plus importante. Chouette est la plus connue, mais en tout cas c’est la plus la plus grande est devenue invisible. C’est celle qui se pointe sur la voie publique. Déjà la sécurité publique c’est Police Secours, donc c’est l’appel du 17, les patrouilles de police qu’on voit dans la rue, les policiers à pied. Tout ça, ce sont les plaintes qui sont prises au commissariat. Tout ça, c’est la direction centrale de la sécurité publique. Il y en a une autre qu’on connaît bien à hauts postes, c’est la direction centrale des CRS et Compagnie Républicaines de sécurité et qui, elle, s’occupe traditionnellement du maintien de l’ordre. Vous avez ensuite la direction centrale de la police aux frontières, la D.C. PAF qui elle, s’occupe des étrangers en son sein pour les titres de séjour des filières d’immigration clandestine. Mais aussi, il ne faut pas l’oublier, parce que c’est une bonne partie des effectifs de la gestion des centres de rétention administrative et des locaux de rétention administratif donc ils font aussi les contrôles.
À ce sujet tu en as visité un il y a longtemps, non ?
Plusieurs de mes collègues en ont visité plein. Moi je n’ai pas fait de gras. La presse orange fait de la prison de Nanterre. Mais le sujet est connexe parce que les gens qui sortent de prison vont immédiatement au CRA. L’essentiel des gens qui sont en CRA aujourd’hui en centre de rétention administrative je crois. J’ai plus la stat, mais est ce que ça doit être du genre 60 70 % des gens qui sont au centre de rétention qui y sont viennent immédiatement de la prison C’est comme s’il y avait un circuit au franc fort offrant une autre vision une autre interview. Mais voilà donc la direction centrale de la police aux frontières. Vous avez aussi la direction du recrutement et des compétences dans des ressources et des compétences de la police nationale. DRCPN. Ma langue a fourché parce qu’avant, elle s’occupait aussi du recrutement. L’Ancien SIG, c’est même SIG, mais ce n’est pas le même mot. Donc la, DRCPN s’occupe de toutes les fonctions support de la police, budget et RH, logistique, etc. Et vous avez aussi la direction centrale du recrutement et de la formation de la police, dont elle s’occupe comme son nom l’indique du recrutement, donc les concours, etc. Et de la formation donc des écoles de police, que ce soit pour les gardiens de la paix. Ou les officiers ou les commissaires. Et vous avez aussi la direction centrale qui sait qu’on a encore, oui, de la coopération internationale. Et est-ce que j’en oublie ? Non, je ne crois pas. Elle a appris à la DG aussi, mais la DG aussi. Ce n’est pas une direction centrale, c’est une direction générale, donc c’est un cran au-dessus. Il faut que vous imaginez. J’avais dit que j’allais vous faire des dessins, mais en gros ça fait une pyramide, vous voyez, ça fait ça fait un truc comme ça.
Regardez bien, là.
On est bien dans la sphère.C’est opposé, c’est la télé des années 70. Ça c’est bien, mais c’est nul en arrière. Non, non, c’est très bien je pense. Donc là, vous imaginez que c’est la DGPN ici tout en haut. Et là en fait vous l aurez du coup
DGPN, donc direction générale.
Et des CRS donc directeur général de la police nationale, c’est le type qui est au-dessus de tout ça, en l’occurrence Frédéric Veaux à l’heure actuelle. Et en fait la DG aussi vu que c’est une DG, elle est là DG ainsi et elle a aussi ses services à côté, donc elle est au même niveau que le DGPN. Et au-dessus il y a le ministre. Il y a le ministre c’est Darmanin. Donc c’est pour ça. Déjà si tu n’es pas concerné par la réforme parce que de toute façon elle a déjà sa direction à part entière. Donc il y a, si c’est ça les silos, un CDCSP, donc sécurité publique, police aux frontières, CRS et surtout la principale. Mais c’est pour ça que je les gardais pour la fin.
Bien joué !
Merci. La DPJ Direction centrale de la police judiciaire. Alors c’est piégeux, ces histoires de police judiciaire. En plus, je dois tout de suite faire un point d’ordre parce que, en réalité, ces tribunaux sensibilisent ou font un point.
De quoi ? Je ne sais pas si tu pourrais faire fortune.
Mais les partis sont, après d’autres, seulement sur le maintien de l’ordre. Un peu de maintien de l’ordre. Si ça brasse, ça, c’est important. Alors je rappelle que l’insoumission ne veut pas dire l’indiscipline. C’est deux choses distinctes. On a bien compris la direction centrale de la police judiciaire, c’est piégeux comme terme. La PJ, la police judiciaire, parce que ça désigne effectivement cette direction qui est composée de 5600 agents avec des antennes. Pour là, et les offices centraux ne sont pas tous rattachés à cette direction centrale, mais une bonne partie des offices centraux, donc, qui sont localisés à Paris, à Nanterre, ou qui ont pour la plupart une compétence nationale et qui s’occupent des plus gros vilains. C’est comme ça c’est rattaché à des CPJ
C’est très important ce que tu dis, parce que la direction centrale judiciaire c’est les grosses affaires, c’est les gros criminels, c’est le crime organisé. C’est ce que, en jargon policier, ils appellent les belles affaires. C’est une norme en jargon, on dit le haut du spectre. Oui, alors voilà le haut du spectre et la sécurité publique parce que tu voulais y venir, qui fait aussi du judiciaire. Elle s’occupe au tout venant de la délinquance quotidienne. Et donc là, la grande fiction c’est les grands officiers de police judiciaire. Voilà qui est dans l’imaginaire, c’est Maigret, c’est Simenon.
C’est ça, Ils ont trouvé la manière et ils ont très peur de se retrouver à faire du petit deal et du vol de vélo, quoi. En gros, c’est ça, c’est une partie du sujet, c’est Donc, effectivement, l’essentiel en fait, de ce qu’on appelle les officiers de police judiciaire, sont des agents qui ont une habilitation pour mener des enquêtes et pour être en relation avec le parquet ou les juges d’instruction avec le parquet. Procureur de la République. Ces officiers de police judiciaire sont les plus nombreux dans la direction centrale de la sécurité publique et donc effectivement dans les commissariats. C’est ce qu’on appelle les sûretés urbaines et les sûretés départementales qui sont toutes les deux au sein des directions départementales de sécurité publique, les fameuses DDSP qui dépendent de la DSP. Il y a une logique et pour venir faire des inférences à un certain moment dans le champ. Mais en fait, il y a aussi des officiers de police judiciaire à la police aux frontières. ils ne sont pas très nombreux, je crois qu’ils sont 600 ou 700 au niveau national. Ils sont dans les brigades mobiles de recherche. Les BMR et eux sont chargés de faire des enquêtes, notamment sur les filières d’immigration clandestine, pour trouver les passeurs et les appréhender par exemple, en fait enseigner l’essentiel même de leur activité. Donc il y a aussi des officiers de police judiciaire au sein de la DG aussi. Donc sécurité intérieure, Direction générale, la sécurité intérieure, lutte contre le terrorisme. Ils ont aussi des OPJ, des officiers de police judiciaire qui font des enquêtes, qui ne judiciaires pas beaucoup non plus, mais ils sont là. Et au final les PJ dans la CSP, officiers de police judiciaire, c’est environ 14 000 agents. Je donne les grands chiffres quand je parle de rentrer dans le détail alors que les agents de la DST, PJ au niveau national, c’est 5600 enquêteurs. Non, pour vous donner encore, c’est 5518, 3700 répartis dans les services centraux du territoire 3700 enquêteurs, c’est à dire que le reste, c’est des personnels administratifs ou des policiers qui ne sont pas officiers de police judiciaire, qui sont un grade en dessous. C’est-à -dire que le policier, quand il sort d'école de police, est adjoint de police judiciaire. PJ 20 Au regard de l’article du code de procédure pénale, tout ça est encadré par la loi.
Attends, je vais te poser une question de béotien, mais là je vois que dans le tchat on dit est ce que vous fournissez l’aspirine ? Donc dans tes auditions, euh oui, tout le monde s’emmêle les pinceaux sur les sigles, là. L’autre jour, vous avez reçu l’Inspection générale de l’administration, l’IGPN tout le monde s’excuse d’employer des sigles. Est ce qu’il y a une logique sourde, profonde, ancienne, bureaucratique derrière tout ça ?
La réponse est oui. Mais ce n’est pas du tout l’apanage de la police, mais alors pas du tout. C’est 100 % des administrations et pour m’intéresser autant à la justice qu'à la police. Et si côté ministère de la justice, ce n’est pas beaucoup mieux Et si vous regardez ce qui se passe, par exemple, dans la réforme qui a eu lieu de la réorganisation territoriale de l’Etat avec les administrations déconcentrées. Il y avait le DRJSCS, il y avait des normes. Les inspections du travail, je sais plus comment ça s’appelait. Avoir oublié l’ancien sigle, ça veut dire que je me suis acculturé, mais maintenant c’est les DREAD, les Dryade, les DDPP des DRASS parce que c’est un truc en France et je ne sais pas pourquoi, mais l’idée de présenter les gens à l’Educ Nat. C’est la fête aussi. Voilà, DGCCRF oui, bien URSSAF que je veux citer, mais c’est tout. Ce que je veux dire, c’est qu’on ne va pas jeter la pierre à la police. Franchement, ils n’y sont pas pour grand-chose.
Jeter la pierre à la police c’est un acte illégal. Ce n’est pas ici qu’on ferait un truc pareil.
Voilà.
Mais donc tu dis il n’y a pas d’autres logiques que la logique bureaucratique. Parce que quand on écoute les auditions, quand on regarde tout ça, on s’interroge quand même parce que parfois il s’agit du même métier. Mais selon le couloir dans lequel on se situe, on n’a pas le même nom, on ne porte pas le même, on n’est pas attribué au même service. Ça paraît parfois un peu étrange.
Ouais. Alors bon, pour dire vrai, dans une de nos visites, je crois que c’est la dernière que j’ai fait à Montpellier où en fait, dans les mêmes locaux, il y avait la sécurité publique et la police aux frontières. Mais les tâches de la direction où il y avait les deux directions, il y avait entre deux une porte coupe feu et d’un côté du couloir, il y avait les bureaux de sécurité publique et de l’autre côté, police aux frontières et un des trucs qu’ils ont fait là, avec l’expérimentation des directions départementales de la police nationale, de la police nationale. C’est-à-dire tout le monde au moins. Même le même chef, et bien ils ont ouvert cette porte coupe feu dans le couloir et pour eux, c’est un grand changement parce qu’ils se croisaient et ils ont fait des réunions ensemble pour savoir ce qu’ils pouvaient mettre en commun. Et il faut dire que c'était. Mais les gens de la police aux frontières ont expliqué à leurs collègues policiers du couloir d'à côté ce qu’ils faisaient et la plupart découvraient ce que faisaient leurs collègues de la police aux frontières, ne savaient pas ce qu’ils faisaient concrètement au quotidien. Mais ça, c’est une administration avec 140 000 agents, vous ne pouvez pas savoir ce que tout le monde fait. C’est simple, c’est mécanique, j’ai envie de dire et puis le cloisonnement, ce n’est pas si mauvais que ça des fois, surtout quand on est sur des affaires judiciaires par exemple.
Donc là tu nous a fait un petit peu le décor de comment ça se passe aujourd’hui. Donc on a, pour schématiser, une direction centrale police judiciaire, c’est l'élite, on va dire, des enquêteurs très peu syndiqués, très peu syndiqués, donc assez peu, voire pas du tout défendus par les syndicats de police. C’est quelque chose d’assez, d’assez curieux.
Ils sont 5600, ces 3500 acteurs, donc c’est une façon, ils ne sont pas nombreux.
Donc ça, c’est pas un enjeu pour les syndicats qui vont plutôt essayer d’aller du côté de la sécurité publique où là il y a beaucoup, beaucoup plus de fonctionnaires et de cartes à prendre puis un peu partout finalement, des officiers de police judiciaire dans les différents services. L’idée de la réforme, c’est de dire on va changer tout ça. T’as oublié les maires qui sont aussi officiers de police judiciaire sans flingue quand tu es officier de police judiciaire.
Ouais mécaniquement on n’a pas ton avis, ça c’est un sujet. Par ailleurs, parce que officier de police judiciaire, ce n’est pas juste un titre, c’est ça et ça demande en théorie, ça présuppose plutôt d’avoir des compétences et des savoirs particuliers, et notamment sur la question des libertés publiques parce que le fait d'être officier de police judiciaire donne droit, notamment dans ce qui est, ce qu’on appelle la période de flagrance dans le code de procédure pénale, ce qui est ce que traditionnellement on appelle le flagrant délit, par exemple, ce qui donne des pouvoirs exorbitants, sans aucun contrôle, sans aucun contrôle de l’autorité judiciaire. Je rappelle donc les procureurs et les juges d’instruction qui sont garants, au titre de l’article 66 de la Constitution des libertés individuelles. Ok, c’est eux qui garantissent qu’on ne se fait pas arrêter n’importe quand dans la rue par n’importe qui, comme ça, au hasard.
Ce sont ceux qui sont censés garantir.
Exactement on sait que c’est un sujet dans le sujet. Et donc quand on est officier de police judiciaire, dans la période de flagrance, on peut prendre des mesures privatives de liberté sans avoir rien demandé à qui que ce soit. Alors normalement, on doit en avertir sans délai l’autorité judiciaire quand on le fait. Mais enfin, dans le monde réel, c’est un peu plus compliqué que ça. La principale mesure privative de liberté que peuvent faire les officiers de police judiciaire et que tout le monde connaît ? Ça s’appelle la garde à vue de 24 h. Et après 24 h, ils doivent cette fois ci demander le renouvellement une première fois de 24h auprès du procureur de la République. Ça, c’est le cadre général. Il y a des cas particuliers. Par exemple en matière de terrorisme, c’est quatre 20 16 h de base.
Donc voilà, pour les régimes qui ou la longueur de garde à vue, est quand même allongé.
Oui, oui et comme là ils veulent faire une réforme du code de procédure pénale, c’est la prochaine loi de programmation de la justice. Dupond-Moretti a lancé ça. Ils veulent harmoniser les cadres d’enquête et donc à la fin, ce qui risque d’arriver, c’est qu’on va s’aligner sur les quatre. 20 à 16 h pour. Pour tout le monde. Alors, avec le fait que tous les 24 h le procureur doit donner son avis, blablabla, il va avoir une petite garantie comme ça. Mais c’est la direction que prend tout ça que tu apprends. Nous pourrons revenir au maire, le maire il a ce pouvoir là juste en étant élu maire. Mais est ce qu’il a été formé à comment on fait une garde à vue, comment on procède et quelles garanties on doit donner et qu’est ce qu’on a le droit de faire vraiment et pas le droit de faire ? Aucune espèce de formation. Donc la plupart des maires ne font pas usage de leur qualité de fichiers de police judiciaire. Mais on pourrait imaginer qu’un maire un peu foufou. Aille lui même fait des interpellations placé en garde à vue, ses concitoyennes et concitoyens. Ben alors après, pareil, en garde à vue, il faut des geôles. Si vous n’avez pas de geôle, ben c’est plus compliqué par exemple.
C’est sûr donc il y a cette réforme qui est en cours, qui a fait beaucoup de bruit puisqu’il y a des policiers qui se sont manifestés. Voilà une fronde assez, assez sévère et presque inédite puisque justement pas menée par des syndicats, etc. La réforme, elle propose de casser le fonctionnement en silos que tu as défini, que tu as schématisé. Ça c’est le truc principal, c’est dire « On arrête les silos et on réorganise tout différemment. Comment ? Avec un seul chef en fait.
Un chef au niveau territorial et donc au niveau du département. L’idée, c’est qu’il n’y ait qu’un seul chef pour toutes ces sous, tous ces métiers spécifiques. Parce que, en fait, à chaque direction centrale, il y a un métier spécifique avec des savoirs et des compétences qui sont attendus. Quand vous êtes en police aux frontières, on attend de vous que vous connaissiez le CESEDA, la législation sur les étrangers sans titre. Que vous soyez connaisseur de la fraude documentaire, que vous sachiez reconnaître des faux papiers, etc. Quand vous êtes à la direction centrale des CRS, on attend de vous que vous puissiez taper vigoureusement Non, ce n’est pas ça. On attend de vous que vous soyez en capacité de faire en sorte que les manifestations se passent bien. Non mais. Donc voilà du maintien de l’ordre une autre fois. Mais on m’a interrogé récemment sur est ce que c'était mieux que Lallement pour le maintien de l’ordre dans les manifestations,ce à quoi j’ai répondu c’est moins pire. Donc. Quand on est en sécurité publique, pour le coup, c’est un peu comme la médecine générale, là où vous avez, vous prenez le tout venant. Mais même à l’intérieur de la sécurité publique, il y a des métiers particuliers qui ont été développés puisque vous savez, vous avez Police secours, celui du 17. C’est un métier particulier que d'être généraliste. Ce n’est pas si évident que ça d’ailleurs. Je pense que c’est même un peu plus compliqué qu’on ne le croit. Vous avez là dedans aussi les fameuses BAC, les brigades anti-criminalité qui sont des services spécialisés dans le flagrant délit. En tout cas, c’est ce qui est censé être le garant en théorie, et je ne vous dirai pas. Ce que j’en pense, là, maintenant, tout de suite. Et donc tout ça correspond. À Un aboutissement de la police qui s’est au fur et à mesure spécialisée au vu des problématiques auxquelles elle est confrontée. Donc ce n’est pas mauvais en soi d’avoir des spécialisations. Donc ils n’ont pas cherché à gommer ces spécialisations et à les supprimer puisque de façon ce serait une vue de l’esprit, ce serait complètement, complètement délirant. Mais au niveau local d’un département, ils ont souhaité qu’il n’y ait qu’un seul chef pour que s’il y a des éléments de la police aux frontières qui n’ont rien à faire, à un moment donné, on puisse les utiliser pour aller sur la voie publique. Il y a des gens ou un public en affaires qui peuvent prendre le contrôle des étrangers sans titre s’il y a des gens de la police judiciaire qui n’ont rien à faire, puissent aller aider de la police judiciaire au sens des CPJ, puissent aller aider leurs petits camarades de la sécurité publique, etc. D’avoir tous les moyens entre les mains d’un même chef pourquoi ? Pour faire les missions de police. Et là il y a un premier problème qui se passe, c’est que la police c’est deux missions, c’est deux grandes grandes missions. On sort des spécialités, il y a un la police administrative, c’est à dire essentiellement ce qu’on recouvre dans le temps, dans la notion d’ordre public par exemple, les CRS font ce qu’on appelle de la police administrative ou de la police de prévention. Pour ce qui est de la sécurité publique, on fait une patrouille dans la rue pour faire de la prévention. Et donc ça, c’est une des premières commissions. Et la deuxième grande mission, c’est la mission de police judiciaire pour police administrative d’un côté, la police judiciaire et la police administrative. Elle est à la main directe du ministre de l’Intérieur, alors que la police judiciaire, dans les textes, elle, est au profit unique de l’autorité judiciaire et donc du ministre de la Justice pour appliquer la politique pénale. Et là, il y a déjà un gros problème, c’est qu’en vérité, ce n’est pas le ministre de la Justice qui fait la politique pénale, c’est le ministère de l’Intérieur, c’est le ministre de l’Intérieur. Et ça, on l’a révélé.
C’est un point très important. En effet, les officiers de police judiciaire ont des comptes à rendre aux procureurs, aux juges d’instruction, et ce sont des chefs d’enquêtes, ce sont les magistrats, ce n’est pas la hiérarchie policière en théorie.
Donc en théorie, c’est exactement ça. Ils ont ce qu’on appelle une double hiérarchie, une hiérarchie. Une autorité par voie hiérarchique. C’est eux qui le qui gère les carrières, qui les paie, qui leur donne les moyens, les bureaux, les locaux, etc. Et ils ont une autorité dite fonctionnelle, c’est-à -dire qui dans leur fonction au quotidien, qui leur donne les ordres au quotidien du côté de l’autorité judiciaire. Mais effectivement, il y a un conflit et l'étude.
J’ai appris dans vos auditions que, et ça je l’ignorais totalement, qu’en fait les notations des oubliés des officiers de police judiciaire, c’est en partie des magistrats en fait.
Je sais noter des flics. Ils ont une double notation et une notation par le magistrat et une notation par leur hiérarchie au sein du ministère de l’intérieur par leur chef de police. Et ce que disent les magistrats, c’est que la notation qu’ils font des l’OPJ n’ont aucun impact ou très peu d’impact sur la carrière des policiers derrière ce qui les rend fous parce qu’ils se disent à quoi bon les noter de façon. A la fin, c’est la hiérarchie policière qui décide s’ils ont leur mutation. Sinon par mutation, ils ont leurs primes, leurs primes, leur avancement. Donc c’est un peu, un peu pénible, un peu pénible, surtout quand il y a des policiers qui sont mauvais dans leurs missions de police judiciaire, selon les magistrats. Il dit qu’on va leur faire une mauvaise notation. Ça ne veut pas dire qu’ils vont être demain retirés du service d’enquête ce qui m’a posé deux ou trois problèmes.
Et là donc, la réforme ferait que les officiers de police judiciaire ne seraient plus sous la coupe de la justice, mais du préfet. C’est ça ?
Alors non, toujours pas. Il serait toujours sur la double autorité, il serait toujours sur la double autorité parce que la loi ne changera pas, n’a pas prévu d'être changé. Et donc, quand il y a une enquête, ils sont sous l’autorité. Pour ce qui est de l’enquête, sous l’autorité du magistrat qui suit l’enquête. Ça, c’est clair, ça ne changera pas. Mais disons qu'à l’heure actuelle, dans la direction centrale de la police judiciaire, je ne parle pas sécurité publique, encadrement des PJ à la Police judiciaire au sein de cette direction. Ils ont une culture particulière parce qu’eux ne font. Pas de police administrative, Jamais. Alors que le policier en sécurité publique, celui qui prend les plaintes demain, est peut être dans un autre service. Il peut être dans la rue, sur la voie publique, il peut aller faire un peu de maintien de l’ordre parce qu’il y a une manif, une petite manif où il n’y a pas besoin de beaucoup d’effectifs et où il va pouvoir tourner, alors que celui de la police judiciaire ne fait que travailler au profit de la police judiciaire donc ils ont une hiérarchie au sein de la police judiciaire qui elle-même fait des enquêtes et au contact des magistrats. Et donc, si tu veux, il y a une culture particulière où ils se sentent peut-être plus proches des magistrats que de la hiérarchie de l’autorité administrative au sens large. Parce que déjà à l’heure actuelle.
Ce rapprochement dont tu parles peut parfois je ne dis pas que c’est le cas à chaque fois du tout, mais peut parfois apporter une espèce de taux d’intoxication entre un magistrat qui est persuadé de quelque chose et des policiers qui travaillent pour lui, etc. Il y a eu des affaires dans l’affaire dite de Tarnac par exemple. Pour moi est exemplaire de ce point de vue, là où il y avait une espèce d’auto intoxication.
C’est vrai qu’on va avoir tendance, là, à moi, le premier, dans le cadre de cette mission d’information, en défendant les spécificités de la PJ, à l’idéaliser, ce qu’il n’est pas. Quand on gratte, ce n’est pas si toujours brillant que ça y compris dans les 3700 agents de la police judiciaire qui sont spécialisés pour faire les enquêtes. Bien sûr, il y a des biais, il y a des problèmes, tout n’est pas rose. Déjà, le nombre d’agents est un problème en soi, la faiblesse du nom de l’agent. Mais en tout cas, il y a cette culture là. L’organisation aujourd’hui de la police judiciaire. Elle est organisée par des antennes de PJ. Il y en a une quarantaine dans le pays et des chefs intermédiaires qui sont des directeurs zonaux de la police judiciaire, donc un par zone de défense. Il y a cette zone de défense en France à la française, l’enseigne du groupe…
Je vais t’aider, je vais l’avoir sous les yeux, je tâche de l’afficher.
Et donc ces directeurs, eux, rendent compte à leur directeur central de la police judiciaire. Et alors que côté sécurité publique, les directions départementales de sécurité publique, évidemment, comme leur nom l’indique, il y en a déjà une par département et le chef de la direction départementale de la sécurité publique, le chef direct, ce n’est pas la direction centrale de la sécurité publique, c’est le préfet de département. Aujourd’hui, avant la réforme, aujourd’hui le préfet de département et le chef du directeur départemental de sécurité publique. Parce que c’est lui qui est garant de l’ordre public, le préfet et qui est garant de la police administrative comme on met tout le monde au niveau départemental ensemble.Alors là, il y a les autres la PJ. La PJ, la sécurité publique, la PAF. En gros, c’est les trois grandes directions qui sont fusionnées ensemble au niveau départemental. Dans le cadre de cette réforme, vous vous retrouvez avec un service de PJ, une antenne qui ne rendait pas de comptes directs à un préfet de département qui rendait des comptes à son chef au niveau de la zone au préfet. De région, préfet de zone éventuellement mais assez rarement. Et plus haut sur sa centrale en tout cas que pour sur le préfet n’avait pas tant de prise directe que ça sur la police judiciaire au sens de direction centrale de la police judiciaire demain, en fusionnant tout ce beau monde à l'échelle départementale, ça donne à la main du préfet et c’est le but recherché. C’est précisément le but recherché par tous les moyens de police, y compris de police judiciaire, pour assurer l’efficacité des services et donc très rapidement, les policiers de la police judiciaire. On dit mais attendez, nous, que va t il se passer ? C’est à dire que c’est l’urgence, c’est l’ordre public, c’est les choses immédiates, ce sont des faits divers qui vont prendre le dessus sur ce qu’on fait, nous, parce que eux ne dépendent pas de la. Il y a une politique du chiffre en PJ, mais ce n’est pas ce n’est pas de la même manière, ce n’est pas exacerbé. De la même manière quand c’est en sécurité publique. Et donc les enquêteurs de PJ peuvent passer quatre mois sur une enquête, c’est possible. Ils peuvent avoir du temps pour ça. Est ce qu’il n’est pas dit qu’il y a de leur sécurité Voilà qu’on juge aux 200 dossiers. Il faut que 24h soient pliées 48 h Qui sont soumis à la politique du chiffre qui a été instaurée, on peut dire par Sarkozy et prolongée de tout temps, depuis, depuis 2005 en fait. La PJ serait moins soumise.
Est ce que c’est ce qu’on lui ferait payer ? Est-ce que dans les dents, dans les auditions, c’est ce que vous avez senti ou pas ? Est ce que. Est ce que l’idée on met un peu de management là dedans ? Il faudrait que ce soit plus rentable, plus visible, plus de chiffre. Est ce que ça fait partie des griefs qu’ils auront qui leur sont faits ? Et bien on va modifier votre façon de faire.
Alors, non parce qu’en fait, la direction centrale de la police judiciaire et ses agents, les 5600 dont 3700. Quand on regarde leurs chiffres, on a le meilleur taux d'élucidation du pays. Et même quand on compare au niveau européen avec les enquêtes équivalentes, un duo du spectre, c’est sans doute le service de police judiciaire le plus efficace d’Europe. Donc ils n’ont pas du tout à rougir sur plus de 80 % que je crois 83. Dans ces zones là, le taux d'élucidation et donc sur des affaires compliquées, des affaires avec des ramifications. Des grosses affaires, le haut du spectre donc là dessus. Ils n’ont pas à rougir de leurs chiffres, mais c’est sur le nombre d’enquêtes que ça concerne en réalité le nombre d’enquêtes sur le total des enquêtes ouvertes dans le pays. La direction centrale de la police judiciaire doit s’occuper, je crois, de mémoire de 6 % des. Enquêtes que dans le pays, un truc comme ça. Donc il y a eu au départ une réforme. Alors maintenant plus personne ne défend ça. C’est indéfendable si ça n’a pas de sens. Mais au départ, effectivement, ils ont caressé l’espoir de dire ben, on a des policiers d'élite qui font des enquêtes, qui font de la résolution mais qui en font pas beaucoup. Ce serait bien qu’ils en fassent plus pour désengorger les problématiques des enquêtes au niveau national. Parce que, et c’est là où quand on découvre les chiffres, on dit ah ouais, quand même, ça fait beaucoup. C’est-à -dire qu’il y a quasiment 3 millions, alors là, on va peut être avoir plus de cette année, mais on va dire allez, je vais, je mets à la louche, mais c’est pour vous donner l’ordre d’idée. Plus de 3 millions d’enquêtes avec des plaintes, donc ça peut être le dépôt de plainte de monsieur et madame tout le monde, hein, jusqu’au signalement jusqu'à en passant par le flagrant délit, il faut avoir tout type d’enquête. OK, il y en a environ un peu plus de 3 millions et en fait il y en a 100000 qui sont vraiment traités chaque année. Donc je n’ai pas besoin d'être très fort en math pour se dire qu’il y a un problème. Et quand je dis traiter, ça ne veut pas dire qu’on a résolu l’affaire. Ça veut, ça peut être un classement sans suite. Un ça peut être de dire non, on n’a rien trouvé. On clôt l’enquête, ce qui est, ce qui est le cas. En fait, la plupart des trucs d’une grosse partie des enquêtes. Donc il y a un énorme sujet sur la table, c’est qu’on ne résout pas la masse des enquêtes des gens qui viennent déposer plainte dans ce pays. Et pendant ce temps-là, on pousse les policiers à aller choper le fumeur de joints pour lui foutre une amende. Ce qui a un problème de fond ou quoi ? Est ce qu’il faudrait peut-être arrêter de faire ça ? Au moins le faire ? Moi je pense que tout le monde est au courant et avoir plus de gens derrière son bureau, derrière le bureau pour faire des enquêtes sur des plaintes, sur les gens.
Là, il y a deux points. Premier point, tu parles du taux d'élucidation. Ce n’est pas que pour les stups puisque ça c’est le gros truc de Darmanin et autres. Moi ce qui m'étonne c’est que vous avez l’air de prendre pour argent comptant les chiffres qu’on vous balance. Ah bien nous on fait 84 % de taux d'élucidation, mais comment dire, c’est eux qui fournissent les affaires, les chiffres, les taux d'élucidation.
Non disons que c’est vrai que les services de police judiciaire spécialisés type des CPJ ou des services de police judiciaire de la police aux frontières font beaucoup d’enquêtes de leur propre initiative. Donc quand ils les font de leur propre initiative, bien souvent elle aboutit à quelque chose vu que c’est eux qui sont à l’initiative. Mais ce n’est pas une vérité générale. Pas en PJ en tout cas, parce qu’ils ne font pas du flagrant délit ce que Tu dis est vrai pour les Bac quand ils vont choper un dealer en bas d’une tour d’immeuble, puisque là c’est une enquête ouverte et une affaire résolue immédiatement puisqu’ils ont constaté l’infraction immédiatement. Donc là, taux d'élucidation 100 %, c’est génial. C’est pour ça que d’ailleurs les bacs sont très valorisés au sein de la police nationale, notamment par les chefs, parce qu’ils permettent d’avoir des bons chiffres de taux d'élucidation et de gonfler les chiffres très concrètement. Mais. Mais pour la police judiciaire, c’est un peu différent parce que quand on découvre un cadavre dans une forêt, bon ben il faut résoudre l’enquête. Et effectivement, y compris sur ces enquêtes la direction centrale de la police judiciaire a d’excellents taux d'élucidation. On pourrait rentrer dans le détail par type d’infraction. Mais de toute façon, ils sont bien meilleurs que les autres. Et pas parce que justement parce qu’ils auraient plus regardé la télé de séries policières. Ce n’est pas ça le sujet, c’est qui sont ils ont plus de temps et ils ont plus de temps. On leur laisse le temps de faire des enquêtes et ils ont aussi à leur disposition des moyens techniques que les autres services n’ont pas ou très peu, notamment par exemple tout ce qui est dans tout ce qui est sous l’appellation des techniques spéciales d’enquête, qui recoupe la socialisation par exemple par les intrusions. Et ça, justement, ça leur est donné par le pouvoir judiciaire c’est sous contrôle. La police judiciaire offre davantage de garanties démocratiques qu’une police d’interpellation type brigade anti-criminalité.
On a compris tu idéalises cette police ?
Disons qu’il vaut mieux partir de ça comme point de départ que du reste Voilà. Non mais très clairement donc à un moment donné, ils se sont dits, ils se sont vraiment, sincèrement dit que la police judiciaire pourrait aller et venir aider et venir au secours de ce qu’on appelait, excusez du tout la sûreté urbaine et sûreté départementale, c’est à dire de la police judiciaire, qui sont dans les commissariats, dans les hôtels de la police, dans chaque dans chaque département. Et très vite ils se sont rendu compte qu’il y avait deux problèmes. Un ce n’est pas avec 3700 PJ au sein de la DPJ qu’on allait régler 2 millions d’enquêtes en rade. Voilà, c’est fait, c’est fait. Elle va changer une goutte d’eau dans l’océan et CUCS. Et que s’ils se mettaient à aider à essayer de vider l’océan avec la petite cuillère avec leur petite cuillère, eux même si c’est des cuillères en or parce qu’ils ont plus de moyens, moyens techniques. Comme on a dit, la vérité c’est que du coup, ils ne feraient plus toutes les enquêtes qu’ils font actuellement d’initiatives sur le haut du spectre ou on le ferait moins. Et là où il y a une difficulté, c’est qu’aujourd’hui le grand banditisme, la grande délinquance, la criminalité organisée, elle n’est pas en recul. Tous les rapports, que ce soit au niveau français, au niveau européen, montrent qu’elle est en progression ou que la corruption est en progression et que les flux financiers occultes sont en progression. Et d’ailleurs, il y a eu chez nos voisins sur le voisin belge, la Moro Mafia, la mafia marocaine qui a tenté de dire tentative d’enlèvement du Ministre de la Justice, je crois. Je ne dis pas de bêtise. Il n’y a ou que je sais, ce n’est pas qu’on ne rigole pas, ce n’est pas une fois que ces réseaux là se sont pénétrés et qu’ils n’ont plus en face d’eux des magistrats, une police, etc. Ils gangrènent le reste de la société. Et là où en France on est encore à, on n’ose pas dire qu’il y a des mafias parce que le terme doit faire peur. Moi je joue, je crois et je suis sûr qu’il y a des mafias en France, mais en tout cas elles ne sont pas aussi implantées que dans d’autres pays européens ou comme l’Italie, lui qui a mis des dizaines et des dizaines d’années pour se débarrasser à peine d’une petite partie de la mafia chez eux ou quoi. Et une fois que vous avez la mafia qui a installé, elle réglemente la vie au quotidien, pas juste son petit trafic dans son coin, mais aussi les marchés publics etc. Donc même si même si on déteste la police, on doit pouvoir entendre ça quand même, que crier un enjeu démocratique parce qu'à la fin, il y a des types quand même qui ne sont pas très nets, qui ne peuvent prendre le pouvoir. Et ce n’est pas beaucoup plus séduisant que d’autres types de régimes politiques autoritaires.
Mais ici, si je si je t'écoute, si j’en crois ce que tu nous dis, pourquoi un service aussi compétent ? Certains pensent le démanteler, pensent nécessaire de le démanteler.
Et je sais bien que je dois être honnête. Simplement, je voulais juste dire que le taux d'élucidation des affaires a quand même diminué.
Pas en PJ.
Pas en PJ, en DGPN, en sécurité publique il a baissé. Il y a un rapport de la Cour des comptes qui l a établi
Voilà, c’est ça.
Et donc c’est pour ça, au début, c’est pour ça qu’au début ils se sont dit ben tiens, la PJ pourra peut être aider parce qu’ils ont une culture de l’enquête. Et puis aussi, il faut dire ce qui est bon, moi quand je le dis, je suis anti-flics, je déteste la police Mais quand Darmanin le dit toujours, il y a peut être faire quelque chose. Le constat est le suivant : énormément de magistrats se plaignent de la qualité des investigations et des enquêtes qui sont faites en sécurité publique. Et quand vous avez des syndicalistes d’alliance avec syndicalistes, pardon, pour des types d’alliance qui vous expliquent que ouais, il y en a marre, on interpelle un méchant, un voyou et dix minutes plus tard, il est remonté sur les marches du palais de justice. Il ressort comme ça, c’est insupportable. Ben oui, mais pourquoi faire ça ? Parce que faudrait peut être bien faire les enquêtes, hein ? Parce que si le magistrat, il n’a pas des éléments pour poursuivre la personne, eh bien on est encore dans un État de droit. Donc oui, il est libre, peut être que si vous arrêtiez de faire n’importe quoi, vos interpellations, elle finirait comme vous le souhaitez, avec un des ferments. Alors là, David, tu pourrais dire mais enfin du coup il faut qu’il continue d'être pas très beau parce que ça évitera de mettre trop de gens en prison, notre politique n’a pas souhaité ça. C’est une autre histoire qui lance le débat.
Non, non mais c’est passionnant parce que dès qu’on s’appuie, il y a d’autres trucs qui tirent de l’autre côté. De toute façon, c’est une matière extrêmement délicate, mais passionnante.
Oui. Et donc il y a un problème de qualité aujourd’hui, de ceux qui ont subi cette formation de quatre mois qui est censée être exigeante, dans le jury vous avez des magistrats qui sont là pour donner cette habilitation. Et en fait, derrière, tout le monde se plaint du niveau des PJ aujourd’hui. Donc c’est vous dire le niveau de ceux qui ne sont pas, qui n’ont pas eu cette formation de quatre mois et qui sont donc adjoints de police judiciaire. Le policier de base, ce n’est pas péjoratif dans ma bouche en tout cas, qui n’a pas cette qualité d’officier de police judiciaire et qui par contre va quand même participer aux enquêtes parce qu’en réalité ils n’ont pas le droit de faire des gardes à vue, etc. Mais ils vont participer dans des groupes d’enquête, ils vont quand même aider, filer un coup de main. Il y a les policiers à la PJ, 20 sont dans tous les services, y compris au sein de l’ADC PJ qui galèrent pour recruter des PJ. Parce qu’il y a un autre sujet là dedans, c’est la prison PJ voisine.
Tu viens d’employer un acronyme sans dire de quoi il s’agissait ici.
Quoi ?
La PJ
Même si je l’ai dit tout à l’heure. Non mais tu lui as dit ?
Non mais attends, tu vois bien là ! Mais là, il y a plus de monde à chaque fois.
Le nom, ce n’est pas vrai. J’ai dit agent de police judiciaire il y a trois minutes. Ils se sont sincèrement dit au début que la PJ en la mettant sous la même autorité départementale, du coup ils allaient pouvoir se faire rencontrer des policiers dans des services moins bien formés que moi le temps d’enquête et qu’ils allaient pouvoir faire quelques trucs toi qui est à la PJ direction centrale de la police judiciaire et qui a des écoutes téléphoniques, des sonorisations et qui sait faire de l’infiltration, est ce que tu pourrais me filer un coup de main sur ma petite enquête que j’ai de chez moi de madame Michu qui déclare que son voisin lui a cassé sa porte de voiture ? Bon voilà. Non, en fait personne ne fait ça. Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Mais je pense qu’ils ont sincèrement pensé ça. Ils n’ont pas voulu démanteler la PJ et je pense aussi qu’une bonne partie de la hiérarchie policière et le ministère et le ministre lui-même. Non, non, ils n’ont pas vu qui aurait pu ou qui pouvait y avoir un problème. Ce n'était pas leur sujet en fait. J’adore la PJ, c’est bon ils l’ont mis avec mais bah voilà. Parce que faut les mettre avec quoi ? Et pour le coup, il y a bien un sujet dans le sujet, c’est qu' en réalité, ce qui fait la force de la police judiciaire, c’est pas juste les moyens techniques, c’est pas juste le temps donné à l’investigation, le temps qu’on a pour pouvoir faire une enquête de long cours. C’est aussi deux choses un taux d’encadrement bien plus élevé que dans les autres services, c’est-à -dire le nombre de chefs. Il y a un taux d’encadrement de 30 % en police judiciaire au sein de la DPJ. Là où le Côté sécurité publique, Direction centrale de sécurité publique pour les sûretés urbaine et sûreté départementale dont je vous parlais tout à l’heure est Su et SD. Vous avez un taux d’encadrement, accrochez vous bien, autour de 5 %. Et donc mécaniquement aussi, ces chefs, qui sont peu nombreux en côte sécurité publique, font peu d’enquêtes et passent leur temps à gérer. Manager la gestion des équipes. Eh oui ! Alors que côté police judiciaire, les chefs sont aussi des enquêteurs prennent aussi quelques dossiers un peu complexes et donc souci des personnes ressources pour leurs agents d’entre eux. Et donc il y a une communauté de travail qui est beaucoup plus efficace. Et donc ils se sont dit et là c’est là, pour le coup, c’est ce qu’ils ont expérimenté dans le cadre de la réforme, en mettant dans les dents les sites expérimentateurs, c’est que les chefs de service et dans trois départements français. Huit en outre trois dans une première vague et cinq une deuxième vague. C’est cette réforme qui est qui est en place et qui donne des résultats très contrastés. On va y venir, hein ? Ici, c’est même il y a une même idée à des endroits où les résultats sont nuls et nuls au sens de zéro, rien, Il ne s’est rien passé. Ils n’ont même pas lancé le début d’une réforme. Il y a des endroits où ça n’a pas bien fonctionné et dans tous les cas, ce n’est même pas des résultats constatés contrastés, c’est que le gain obtenu est extrêmement marginal, donc il peut être appréciable, mais extrêmement marginal.
Il y a l’Hérault, la Savoie dans le Nord aussi je crois, il y a l’Oise. Je connais plus les autres. La Savoie expérimente cette réforme et là, il y a quelque chose. Donc vous attendiez justement que ça se mette en place. Alors il y a aussi, je crois, en Guadeloupe, c’est ça, non ?
Oui, en fait. Les Outre-mer, eux, ils expérimentent pas, c’est déjà effectivement en place. C’est ce qu’ils ont appelé les DT, PN direction territoriale de la police nationale. Et donc c’est Guadeloupe, Martinique, Réunion, en Polynésie française aussi, quasiment tous les outre-mer, en Guyane aussi c’est en place. En fait, ce serait, je pense que ce serait plus rapide de trouver où est ce que c’est. Je crois que Mayotte n’est pas encore en place et je sais plus où donc c’est déjà en place. Mais sauf que y' a un truc qui tient à l’insularité ou à l'éloignement de l’hexagone qui fait que les problématiques, ce ne sont pas ou pas été vécues de la même manière parce que notamment les effectifs de police judiciaire là bas se sont toujours sentis esseulés au milieu de nulle part. Donc huit agents, dix agents dans un coin de police judiciaire. Alors certes, ils sont rattachés fonctionnellement à la DST, PJ direction centrale de la police judiciaire, ici à Paris, en France, en Hexagone, en métropole ? Mais en fait, là bas, sur place, y sont et ils sont huit dans un coin. Et donc eux, ils ont vu un intérêt à se retrouver dans une même communauté de travail pour avoir des croiser leurs collègues, avoir un chef qui est là, qui est là quoi qu’il a sur place.
il y a une DDP à Mayotte nous dit Pierre B31 on peut le croire parce il est observateur, tu sais, des manifestations à Toulouse, C’est un homme dont je réponds et qui te disait tout à l’heure Pourquoi la commission d’enquête, la mission de parlementaires LFI n’a pas écouté les observateurs de la police ? Les observateurs de la police des Observatoires, si tu préfères. Les observatoires, parce que les observatoires s’intéressent surtout à la question du maintien de l’ordre et que ce n’était pas notre sujet. Sur PJ, PJ Enquête. Très concrètement. Vous, c'était la crème ?
Bien ce n’est pas la crème, c’est juste qu' en fait, le problème des services d’investigation, c’est que c’est aussi des services qui sont inaccessibles. À par contre toi même en garde à vue ou t’es toi même policier ou policière de police judiciaire, mais sinon personne ne peut rentrer et voir ce qui s’y passe enfin voilà, on ne peut pas le savoir quoi. C’est alors que l’observation en manif, là, on peut le faire quoi. Ça va te documenter et te renseigner là-dessus, c’est beaucoup plus facile. La PJ c’est Normal. C’est logique, confidentiel, c’est plus secret et il y a moins d’images. Et ça tient au secret de l’enquête qui est prévu dans le code. Alors que le maintien de l’ordre n’est pas secret.
Justement, on parlera de ça aussi parce que certains craignent que les préfets soient mis au courant de certaines enquêtes parce qu’ils auraient les enquêteurs, les effectifs. Et les effectifs à leur main. On sait qu’il y a des rencontres. On peut en parler si tu veux, maintenant, mais on sait qu’il y a des rencontres généralement hebdomadaires entre le préfet et les services de police, mais ça ne rentre pas trop dans le détail des enquêtes et notamment des enquêtes, par exemple du personnel politique sur lequel il pourrait y avoir des soupçons de telle ou telle chose. Et là, il y a des officiers de police judiciaire qui disent attention, si vous réduisez l'échelon si vous le mettez très local, et bien il est dans le landernau. Et donc il y a un risque que le secret de l’enquête soit éventé Ça, vous l’avez entendu ?
Oui on l’a entendu. Mais moi, il y a un truc qui m'énerve, c’est que toutes ces questions à une partie des questions qu’on se pose aujourd’hui du fait de cette réforme. Je les ai posées dans le cadre de la commission, la commission d’enquête que j’ai présidée, puisque la commission d’enquête, c'était les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire et donc du pouvoir judiciaire, dit enquête judiciaire. Et donc son indépendance aux magistrats, c’est de pouvoir, quand ils ont besoin de policiers, d’en avoir pour faire des enquêtes et d’en avoir des compétences et d’en avoir au bon endroit et d’en avoir des disponibles. Et surtout, pour être indépendant, il ne faut pas que l’autorité administrative soit au courant de ce qui se passe dans les enquêtes. Or, on savait déjà, et c’est déjà le cas aujourd’hui, avant la réforme, on va arrêter de se raconter des histoires. Ce n’est pas une crainte qu’il y ait des remontées d’informations auprès du préfet et de l’administration centrale et donc du ministre sur des enquêtes en cours. Ce n’est pas du tout une crainte, c’est une certitude. Alors bien sûr, on n’a pas les moyens de le prouver, blablabla. Sauf dans quelques cas précis où il y a des poursuites qui ont été engagées. Je pense notamment au côté ministère de la Justice, le ministre qui a été condamné pour avoir donné des informations à Thierry Solère. Et puis bon, bah là, plus récemment, j’ai vu dans le tchat les gens qui parlaient d’Emmanuel Pellerin, un député Renaissance qui est dans la nasse sur sa consommation de stupéfiants. Mais ce n’est pas très intéressant en fait. Ce n’est pas très intéressant.
Ce qui est intéressant, c’est les échanges d’informations avec la présidence de la République, avec les magistrats, etc. Il y a d’autres affaires où ça a été le cas. Je pense à l’affaire avec un certain comment s’appelle t il ? Nicolas ?
Nicolas un président de la République, ancien prisonnier ? Non, je ne vais pas le faire là, je vais le faire parler. Un peu de patience. Voilà, vous n’avez qu'à rester jusqu'à la fin.
Je reviens sur l’affaire Bismuth, puisqu’il ne s’agit pas ici de corruption de magistrats, d’informations qui fuient, d’essayer de faire des pressions. Donc c’est aussi une partie du sujet. Et puis plus récemment, parce que ça c’est quand même vachement plus drôle. Est ce que tu l’as vu passer cette histoire ? Laquelle du chef du chef de l'équipe en charge de la réforme des directions départementales de la police nationale ?
Ah non, je n’ai pas vu ça.
Et si je te dis qu’un policier un chef un commissaire a voulu favoriser sa maîtresse pour obtenir le concours de commissaire.
Oui, oui, ça j’ai vu. C’est l’ancien parce qu’ils l’ont viré. Du coup c’est un autre maintenant mais c'était lui qui s’occupait effectivement de piloter l’expérimentation de la réforme des directions départementales de police nationale.
Et c’est pour cette affaire, non ? Alors là, je vous trouve durs parce que le mec il a voulu tester les autres et donc ce n’est pas bien parce qu’en fait il s’est fait choper avec le système actuel.
Oui, c’est bien ce que je pensais.
Plein de fois, il peut y avoir plein d’autres possibilités.
Oui, il s’est fait choper dans le système actuel. Parce que pour la petite histoire, pour ceux qui nous écoutent et qui répètent qui aurait pas eu, Peut être que quelqu’un pourrait essayer de retrouver l’article qui était sur le Parisien et le mettre sur le tchat autour de ça. Extrêmement bien informé parce que c’est drôle à lire en plus on se dit mais qu’est ce que c’est que cette histoire ? Des fois on se dit vraiment les séries à la télé, c’est en dessous de la réalité prudemment. Et parce qu’en réalité, les magistrats ont découvert l’information. De ce commissaire qui essayait de favoriser sa maîtresse pour le concours de commissaire. Plus de trois mois après que toute la hiérarchie policière jusqu’en haut du ministère ait été informée. C’est ça cette fois-ci quasiment en temps réel, 24 h après. Bon, donc ce n’est pas un sujet à venir. Ce n’est pas une crainte, c’est une réalité qui est mise sous le tapis. Qui es tu ? Qui peut assumer ?
Pas même par les magistrats.
Pas même pas même par les magistrats. Parce que sinon, ça voudrait dire que eux mêmes se font schizos en permanence et qu’ils ne vont pas voir le chapitre. Et d’ailleurs, moi, je l’ai remarqué assez régulièrement. Dupond-Moretti Éric, Le ministre nous explique à qui veut bien l’entendre que, en général, quand des choses viennent d’arriver, des faits divers, un meurtre, un assassinat, coup de couteau dans une gare ou je ne sais pas quoi. Que souvent ça va lui demander ce qui se passe et ce qui est en train de se passer et qu’il vaut mieux s’adresser au ministre de l’Intérieur qui est bien mieux informé que lui. Alors même que quand ce genre de faits arrive, il y a une enquête qui est ouverte et le secret devrait couvrir immédiatement tout ça. Et que, au regard de l’article onze du code de procédure pénale, rien ou je sais plus, soit c’est onze. Seul le procureur de la République est habilité à communiquer sur les enquêtes, les enquêtes en cours. Donc ce n’est pas un escroc. Et ce que je dis, ce n’est pas ça va être, c’est que ça va être pire avec ça.
C’est ça. Mais par exemple, pour donner un autre exemple, tu parlais de ton ami Éric Dupond-Moretti, qui est du Nord comme toi, l’affaire de son fils.
attend, il y a Gérald Darmanin aussi, qui est du Nord.
Mais vous êtes nombreux. Il y a un prisme sécuritaire dans le Nord et l’affaire du Grand ministre Socialiste et parmi les conflits sociaux De Société. Maurice Audin était du Pas de Calais aussi, mais on ne va pas l’oublier. Il y a un siècle.
Alors on a avait par exemple Martine Aubry et les 35 h, c’est chez nous.
Est ce qu’on peut penser que par rapport à ces indiscrétions locales qui remontent très vite, est ce qu’on peut penser l’arrestation par la garde à vue du fils de Dupond-Moretti ? Est ce qu’on peut penser que c'était une petite banane de l’intérieur vers le ministre de la Justice ?
Oui, on peut le penser. En tout cas moi je le pense systématiquement vu mes yeux d’aujourd’hui et ce que je sais du pas de parole. Voilà le niveau de connaissance du fonctionnement de l’institution policière et l’institution judiciaire. Quand ? Quand une information sort spontanément les questions. Les questions que je me pose, c’est qui a eu intérêt à la faire sortir ? Pourquoi elle sort maintenant ? Quel est l’objectif ? Savoir aussi dans quel média ça sort. C’est parfois aussi un indice que les journalistes eux-mêmes ont leurs contacts pour faire fuiter des informations ils ont leurs sources comme on dit. Et des fois ils ne couvrent pas certaines informations qui sortent par leurs confrères parce que ça pourrait griller leurs sources ou mettre à mal leurs sources. Chacun son canal comme Il faut, il faut le savoir, c’est comme ça. C’est comme ça.
Et vous, votre canal, c’est quoi alors ?
Personne ne nous donne des informations. Et donc on galère à avoir des informations et d’ailleurs on ne cherche pas à en avoir particulièrement. Et bien souvent tu te rends compte que par exemple sur l’histoire de Delpuech, si ça sort trois mois plus tard auprès de l’autorité judiciaire, c’est que pendant trois mois, ils ont vu, ils ont voulu couvrir le truc sur le chef de l'équipe projet.
Bien sûr.
Très concrètement et peut être qu'à un moment donné, quand le projet y part dans le décor, peut être que c'était le moment de faire sortir l’info au hasard.
Est ce que la réforme c’est aussi une façon de dévitaliser un peu la justice et de remettre le judiciaire, la police judiciaire aux mains des préfets, des départements ou pas ?
Encore une fois, la vérité, c’est que c’est déjà à la main des préfets et du ministère de l’Intérieur. Je le disais en préambule au début, la politique pénale, elle, n’est pas faite par le garde des sceaux, par le ministre de la Justice. C’est le cas au regard des textes et de l’organisation gouvernementale, c’est dans la Constitution. Tout ça est prévu. C’est déjà le ministre de l’Intérieur qui gère dans la grande masse la politique pénale, et notamment par des dispositifs qu’on a vu récemment, que t’as vu passer, que tout le monde voit passer, par exemple quand il fait un plan de lutte contre les rodéos motorisés, OK, on lui dit Allez vous arrêtez tous les scooters qui font du un, qui font du wheeling là dans le quartier, tous les cas des gens qui sont sans casque et tout le tralala. Normalement c’est le parquet qui doit décider de ça. C’est le procureur de la République qui conduit la politique pénale. Donc c’est à lui de dire : allez, cette semaine on fait un plan de lutte contre les rodéos motorisés. Ce n’est pas lui qui fait ça, c’est Gérald Darmanin qui est ministre de l’intérieur. Sur les stups, ce n’est pas Gérald Darmanin qui systématiquement explique que cette semaine, on va faire des dispositifs pour aller choper des mecs là en bas des tours et compagnie. Et les procureurs de la République ont souvent, bien trop souvent, l’impression d'être aujourd’hui des auxiliaires du ministère de l’Intérieur.
Ça, vous l’avez entendu dans les auditions.
Certains l’ont dit de cette manière là. Alors ils passent les auditions publiques filmées. Quoique moi, j’invite ceux qui ne l’ont pas vu de regarder l’audition qui a été faite. De Monsieur Cimamonti qui est le procureur général de Versailles, qui, je crois, a parlé assez clairement. Les syndicats de magistrats aussi, le disant tout à fait, tout à fait clairement, et notamment le Syndicat de la magistrature. Et en fait, en réalité, quand vous êtes procureur de la République donc encore une fois, la PJ, c’est 6 % des enquêtes. Donc la masse de ce que vous recevez, de ce que vous avez à traiter, vous sur lequel on vous demande des comptes charges pour des suites à donner et ce qu’on classe ensuite, ce qu’on dit en audition de personne, est ce qu’on prolonge la garde à vue ? En fait, ce ne sont pas eux qui sont à l’initiative, c’est les policiers qui viennent leur aider à la ramener. Des pelletées d’affaires policiers qui sont elles- mêmes pilotées. Par le ministre de l’intérieur, alors qu’en théorie ils sont censés être à la main, y compris pour ces missions là d’interpellations police judiciaire à la main du procureur de la République. Le problème se pose déjà et va s’aggraver aussi pour les nouvelles amendes forfaitaires délictuelles, les AFD dont elles ont été déployées, notamment pour les stups. Mais elle était déjà en vigueur. Et les socialistes qui avaient fait savoir gouvernement précédent avant Macron. Sur les délits routiers, défaut d’assurance, défaut de permis et et a été étendu donc successivement au délit d’occupation de hall d’immeuble, ensuite aux délits de vol à l'étalage de moins de 300 €. Et puis là, il y en a 28 qui ont été ajoutés dans la LOPPSI. On a essayé de dire au Conseil constitutionnel qu’il fallait arrêter ça, que c'était n’importe quoi parce que justement il n’y avait pas de séparation des pouvoirs avec une amende sans facteur délictuel. C’est le policier qui constate l’infraction et qui condamne séance tenante par l’amende. Donc les juges et les parties, concrètement, là, immédiatement, ça ne va pas se passer à la justice. Et en plus, il n’y a pas d’individualisation de la peine. Donc, c’est un mouvement général. C’est pour ça qu'à un moment donné, quand ils font leur réforme et qui départemental, disent qu’ils mettent un chef unique, c’est le préfet qui pilote tout ça, préfet qui fait des réunions d'état major de sécurité toutes les semaines, comme tu l’as dit, mais aussi toutes les semaines avec le procureur autour de la même table. Normalement c’est des réunions sont présidé entre le préfet, le procureur en fait, où ils poursuivent un fils qui est déjà, il dévale une pente qui est déjà bien faite.
Ça a l’avantage de d’officialiser des usages, d'écrire dans le marbre.
Oui, et ça a été un véritable catalyseur, un révélateur, un catalyseur et un révélateur de tout un tas de dysfonctionnements au sein de la police judiciaire. Et c’est ça qui était intéressant aussi dans la mobilisation des agents de police judiciaire, c’est qu’ils ne se mobilisent pas pour leur pré carré ou je ne sais pas trop quoi, mais pour des valeurs, des principes, notamment de séparation des pouvoirs, de temps d’investigation, de s’occuper du haut du spectre de la criminalité organisée et des enjeux démocratiques. Il n’y a pas de bas des manifestations pour dire voilà, il nous faut plus de moyens pour tirer dans le tas ou je ne sais pas ce qui se passe. Ce n’est pas ça, ce n’était pas ça leur sujet. Et donc d’ailleurs, ces manifestations qui ont été une première puisqu’elles se sont déroulées devant les tribunaux, mais pas contre les magistrats, mais avec les magistrats, puisque les syndicats de magistrats étaient à leurs côtés. Et des tas de magistrats non syndiqués aussi se sont joints alors à leur mobilisation. C’est ça qui a fait de cette période, de ce moment, quelque chose d’un peu hors norme, extraordinaire.
Nous sommes avec Ugo Bernalicis qui n’est pas rappeur, qui n’est pas joueur de jeux vidéo ? Pas ce soir, peut-être, pas ce soir. Il est là en tant que garçon sérieux, rapporteur d’une mission d’information sur la réforme de la police judiciaire.
Non, je t’arrête tout de suite David. C’est la réforme de la police, de toute la police et de la police judiciaire. Mais ce n’est pas qu’une réforme de la judiciaire
Pas sympa de me reprendre alors qu’il y a 700 personnes qui viennent d’arriver. Mais ce n’est pas grave, je me vengerai.
Admettons.
Ouais bon voilà, sur la scène, messieurs et mesdames, n’hésitez pas. Pas imitateur non plus ce soir. Il a promis qu’il y aurait de l’imitation tout à l’heure. Il y aura de l’imitation. Et donc on parle, on parle de ça. Il y a un sénateur qui vient de rendre un rapport assez cinglant sur cette réforme : les grands services d’inspecteurs de l’Etat ont rendu un rapport mi -figue mi-raisin sur cette réforme. On peut le dire comme ça. Et il y a les députés dont on attend d’un jour à l’autre la remise de leur rapport mardi. Et donc, en fait, vous savez tous ce soir, ici presque.
Presque
Qu’est ce que tu dis ? Tu vends la mèche ?
Ce n’est pas ça, c’est qu’en vrai, on est encore en train de finaliser le rapport. On échange avec ma co-rapporteure pour savoir les recommandations sur lesquelles on tombe. Plutôt d’accord, c’est on ne va pas être d’accord parce qu’on a assumé dès le départ et moi je le sais aussi, une méthode de travail qu’il puisse y avoir des recommandations divergentes parce qu’on n’est pas d’accord et on va afficher les deux. Après, chacun y fait son marché dans ce qu’on va raconter. Donc on va proposer, mais on a assumé ça, donc ça prend un peu de travail et j’espère qu’on aura formellement fini de rédiger dimanche soir, lundi matin.
Voilà donc ce rapport raconte l’organisation actuelle de la police. Ça a été la première heure de l'émission en silo, avec des directions centrales qui se parlent peu, qui se parlent moyennement, qui sont aussi le fait qu’elles soient un peu séparées de mon point de vue c’est une garantie démocratique aussi. C’est à dire que qui n’est pas qu’un seul service fait plusieurs services, qu’ils puissent parfois se confronter, ça peut être pas mal aussi. Bref la réforme de la police, c’est de dire en fait, on va descendre d’un cran, on va aller, on va départementaliser les services et on sort à ce moment là. Là, la spécificité de la police judiciaire, c’est elle qui s’occupe des grosses affaires de corruption, de grand banditisme, de bande organisée, qui n’est pas tout à fait d’accord avec tout ça là, j’ai fait le point.
La PJ est confrontée à un problème auquel on pourrait ne pas s’attendre, c’est qu’elle a beaucoup de mal à recruter. Or, toi, tu l’as dit tout à l’heure, tu idéalises un petit peu cette police judiciaire. Comment se fait-il que la PJ n’attire plus le chaland et que ce soit la BAC, les CRS ou je ne sais quoi pour passer sur les réseaux sociaux ?
Non, non, non. J’ai vu ailleurs que j’avais par thème et qu’il y a un type des braves hommes qui a un compte Tik Tok ou je ne sais pas quoi et qui fait tout le temps des vidéos.
Il y a plusieurs policiers qui sont en toute illégalité.
Bah visiblement ils ont le concours de leur hiérarchie. Pas la tolérance.
La tolérance, la tolérance. Il y a même, il y a même un flic qui photographie les gamins en garde à vue
Illégal, même avec de la tolérance.
Oui, un souci d’attractivité parce qu’il ne faut pas faire ça de l’intérieur, c’est quand même avant tout une ressource humaine 150 000 fonctionnaires. Ce service là, d'élite, finalement, attire peu. Et donc, si j’ai bien compris, dans la réforme, l’idée c’est de dire peut être qu’on va pouvoir changer ça, non ?
Oui, il va y avoir de ça, mais tu ne sais même pas en rêve et ça ne va rien changer. D’ailleurs, ils ont très vite dit oui eux-mêmes. Vite dit que ce soit les missions de l’inspection on va dire dans notre rapport le rapport du Sénat et de mes deux et l’autre rapport du Sénat avec les deux autres rapporteurs de la mission d’information, tout le monde a mis que cette réforme de départementalisation n’aurait aucun sens. Aucun impact sur le stock des dossiers qui ne sont pas traités. Ça, je vous l’ai dit tout à l’heure, j’ai passé quelques jours dans un coin et que deux, ce n’est pas ça qui va régler le problème de l’encadrement de la police judiciaire. Parce que pour avoir plus d’encadrement de la police judiciaire côté sécurité publique, donc plus de chef, il faut recruter des chefs. Voilà. Donc ce n’est pas en mettant des chefs qui étaient chef d’un truc qui soit chef de deux choses à la fois qui vont être que ça va être mieux parce qu’ils auront plus de choses à gérer et donc ils ne pourront plus être les chefs qu’ils étaient avant, en mettant le nez dans les enquêtes. Et ça, on l’a vu notamment à Beauvais quand on est allé voir le chef, il dit Moi, c’est très intéressant. J’ai piloté l’activité de la police judiciaire en sécurité publique, donc sortie urbaine sur tes départementales. Les gens sur tes départementales avaient enfin un chef qui s’intéressait à ce qu’ils font et donc ça c'était intéressant. Mais lui il disait mais du coup moi je faisais des enquêtes, j’en prenais un coup de temps en temps, ben là j’en prends quasiment plus. Donc ce qui faisait sa qualité, il l’a perdu. Pas dans le cadre de l’expérimentation. Et donc, dernière chose, ils ont eux mêmes prévu, dans le cadre de la loi d’orientation de programmation du ministère de l’Intérieur, la LOPPSI. Ils ont prévu des choses pour essayer d’avoir à nouveau davantage d’officiers de police judiciaire et d’enquêteurs. Du coup, dans les services, et ça s’est traduit par le passage à nouveau, donc, de neuf mois de formation initiale à douze mois, et que dans ces douze mois de. La formation sera comprise. Un mois sur les quatre mois. Qui sont réservés à la formation d’officiers de police judiciaire. Ils ont donc un mois et trois mois. Ils l’ont découpé en deux morceaux il y a un mois qui a été mis dans les années de formation initiale. Et ils disent voilà, du coup, tous les policiers, 100 % des policiers auront au moins une initiation à ce qu’est d'être officier de police judiciaire. Est ce que c’est de faire des enquêtes et tous ceux qui ont plus de dix de moyenne à ces épreuves là, qui comptent dans la moyenne globale des à l'école pour ensuite choisir son poste, et bien pourront faire les trois mois restants pour devenir officier de police judiciaire. Et donc ils veulent comme ça élargir le vivier. Mais en fait, on a déjà un problème, c’est que même en élargissant le vivier, ça ne va pas. Parce qu’aujourd’hui, il y a des tas d’officiers de police judiciaire pour cette qualité là et qui ne sont pas sur un poste où ils font de l’enquête, ils font autre chose que des enquêtes. Et d’ailleurs, il y a une réforme en cours au sein de la police nationale, parce que quand vous êtes officier de police judiciaire, vous avez une prime associée à ça. La fameuse prime aux PJ, ce n’est pas grand chose, c’est 100 balles par mois. Et je vais vous expliquer pourquoi ce n’est pas grand chose. 100 balles, c’est bien c’est utile à la transformation d’augmenter le SMIC de 100 balles. Tout le monde serait déjà content. Mais je vais vous dire pourquoi, ce n’est pas grand chose. Donc en tout cas, il y a déjà des tas de PJ qui ne veulent pas être sur des postes de l’OPJ qui ne veulent plus être sur des postes de PJ alors que les postes sont ouverts. Donc ce n’est pas juste un problème de vivier de nombre d’hommes, c’est plus profond que ça. Les syndicats de police vont dire spontanément et un certain nombre de policiers, un certain nombre de magistrats. Moi, j’ai découvert ça assez vite, déjà il y a cinq ans, quand j’ai été élu député. Même quand je me suis intéressé au sujet, tout le monde dit que le problème, c’est la complexité de la procédure. La procédure pénale est trop complexe et trop compliquée. Il faut faire des procès verbaux pour tout. Il y a des trucs qu’on a le droit de dire, pas le droit de faire un État de droit, des libertés publiques extra pénibles. Et c’est vrai que, en anglais, la procédure pénale s’est complexifiée parce qu’on passe notre temps à voter des lois sur la politique générale et j’ai tout chamboulé.
J’allais venir vous auditionner. Ils sont très sympathiques parce qu’ils disent « Oh, la procédure, c’est de plus en plus dur » ils ne vont pas au bout puisqu’en fait ils devraient vous accuser, vous disant c’est de votre faute, vous les législateurs, c’est de votre faute, mais ils le font pas.
Alors le problème, ce qui est très pénible quand tu dis vous, c’est que tu mets dedans. Moi j’y suis pour rien, je vais être systématiquement contre. Donc d’abord, premièrement, deuxièmement, c’est que le début de mon deuxième mandat, donc tu vas pas me mettre sur le dos ce qui s’est passé dernières années, mais on va y revenir sur les 30 dernières années parce qu’il y a une date qui est importante, c’est 1995 et il y a une autre date qui est importante, c’est 2000. Deux en 2009, 2009, donc 1995, ce qui a été une grande réforme de la réorganisation de la police judiciaire cette fois-ci, réforme de la police judiciaire. Et je crois que c’est là le problème de la police judiciaire. Le point de départ parce qu’avant 1995, il n’y a jamais eu de problème de recrutement au sein de la police judiciaire. Il n’y a jamais eu de problème pour en faire des carrières en police judiciaire pour ça, des grandes enquêtes et c'était l'époque où ça fonctionnait, un peu comme dans Maigret d’hier dont tu parlais tout à l’heure. Et en fait, ça ne fonctionne plus comme dans Maigret depuis 1995. Comme quoi ça ne nous rajeunit pas, n’est ce pas cher David ?
Ce que tu dis, c’est la complexité de la procédure. Les gens OPJ qui sont à la PJ, la direction centrale, la police judiciaire, les antennes qui font les loups du spectre des hommes. En fait ils disent oui ok, c’est pénible, faut faire des PV, des machins et des trucs complexes. Les logiciels ne marchent pas. En fait, une bonne partie de la complexité, c’est le logiciel qui ne marche pas qui est tout pourris. En police, vous réglez le problème des logiciels, vous réglez 50 % de ce qu’appelle la complexité, c’est à dire qu’ils ont compris, ils sont obligés et je l’ai vu, je le sais, c’est comme ça. Ils sont obligés d’imprimer tout ce qu’ils font en trois exemplaires pour foutre des tampons, un aux archives, un à la personne à envoyer aux magistrats parce qu’ils ne peuvent pas envoyer ça par mail parce que les boîtes mail sont saturées Le temps tu retrouves tes esprits il y a eu une mission qui avait été confiée à un conseil et à un bureau d'études type McKinsey, mais ce n'était pas McKinsey. Qui a fait dépenser des millions pour réajuster le logiciel en question. Et ça n’a pas du tout marché et pointé par le rapport d'Éliane Assassi qui était venue Auposte pour en parler.
Oui, effectivement, le logiciel d’aide en fait à la procédure, c’est ça dont tu parles le RPPN, logiciel de rédaction des procédures pénales.
Et il pédale dans la semoule mais c’est vrai que c’est vrai que ça vous est constamment répété d’une certaine manière, ça renvoie un peu aussi au fameux slogan le problème de la police, c’est la justice.
Oui et c’est vrai systématiquement, là, en réalité, et c’est pour ça que moi, je ne porterai pas de recommandation dans le rapport disant qu’il faut simplifier la procédure pénale parce que ça veut rien dire. Ou alors si dans mon esprit ça ne veut rien dire, mais dans le leur, ça veut dire quelque chose, ça veut dire abaisser les droits de la défense et le formalisme qui est attaché, C’est ça que ça veut dire concrètement. Et pour moi, il est hors de question d’en rabattre là dessus. Si la vie est plus complexe, si les procédures sont plus complexes, ce n’est pas que pour la police, c’est pour tout le monde. Et d’ailleurs c’est aussi pour ça qu’on a augmenté le niveau de qualification de tout le monde dans le pays. Le nombre de gens qui sont au niveau baccalauréat, le nombre de gens qui sont niveau bac plus deux niveau bac plus trois parce qu’on essaie de davantage coller à la complexité du monde qui nous entoure. Et c’est bien, c’est bien, c’est une bonne chose, c’est parce que c’est complexe que c’est pénible. Non, ça peut être utile que ce soit complexe et donc qu’on a besoin de gens mieux formés. C’est peut être ça la voie. Donc derrière, il y a une question de formation. D’ailleurs, le directeur central de la police judiciaire, Monsieur Bonnet, porte une revendication qui s'était déjà portée avant lui, qui était un peu dans les tuyaux de créer et de créer une académie de l’enquête, c’est à dire un lieu de la formation continue, avec des gens dédiés à ça, qui vont être à la pointe de toutes les petites techniques d’enquête, de la procédure des notes à faire pour les agents, de la formation continue, de la mise à jour, tout ça et qui pourrait être se faire au bénéfice de la formation initiale et des écoles de police. Ça, j’y suis favorable. Il faudrait aller dans cette direction, mais je reviens à mes 100 balles.
Avant ça, je remercie le chat. En effet, le logiciel c’est ça dont on parle Capgemini, la boîte conseil entre autres. Je crois qu’elle en avait plusieurs mais bon voilà, les 100 balles.
100 balles est passé à 120 balles. Je crois que si je ne dis pas de bêtises ça ne change pas énormément de choses. Monsieur Bonnet, justement, quand on auditionne, nous explique qu’en moyenne, les gens qui travaillent femmes et hommes à la police judiciaire, donc au sein de la CPJ, ont entre un mois et demi d’heures supplémentaires par an. C’est un rythme de vie. Envoyée par personne au sein de la police, surtout pour 120 balles par mois. Parce que, en gros, quand vous êtes en police judiciaire, vous faites des enquêtes au long cours et s’il y a une filature à faire, s’il y a une planque à tenir pour surveiller les entrées et sorties d’un lieu où on pense qu’il se passe des infractions, où il y a un criminel qu’on est en train d’essayer de. Bon ben vous vous ne dites pas je commence à 8 h, je finis à 17 h.
Par contre, il y a des heures de repos en sécurité publique, c’est 140 jours par an de travail en fait c’est ça ?
Oui ils ont mis en place des questions de rythme tout seul au rythme fort qui leur permet d’avoir de travailler trois jours sur des 12 h par jour et d'être quatre ou cinq jours en récup. J’ai pu les inviter à étudier des nouveaux rythmes de travail qui permettent d’avoir un confort de vie, un concret que tu ne peux pas avoir de police judiciaire parce que. Parce qu’en fait tu te cale sur le rythme de ceux sur lesquels tu fais des investigations. Et quand le type parce que justement il met en route de la bagnole à 23 h 30 et qu’il y a le collègue qui est de permanence qui dit Eh les gars, ça bouge et que la plaque, là, euh, ouais, vous avez vu la balise qu’on a mis mais un homme qui roule avec sa bagnole. Il y a quand même des solutions de contournement qui ont d’ailleurs été évoquées devant vous, je crois. Non mais attends, t’es au courant de ce qui se passe quand même ? Ce n’est pas l’essentiel de leur enquête dans la police. Mais donc bon, cette question de rythme de vie est déterminante pour le choix dans les faits.
Parce que c’est intéressant pour ceux qui discutent dans le chat, etc. Il y a des solutions de contournement ou par exemple, je sais plus, un policier ou un magistrat qui vous explique que les interpellations ont lieu le mardi matin. Comme ça, si ça dure quatre 20 à 16 h le vendredi soir, c’est fini quoi. Donc le mardi matin, c’est chaud quoi en fait. Pourquoi mardi matin ? Ce n’est pas le mercredi ? Mercredi, si tu te fais taper le mercredi et qu’il y a quatre 20 16 h prolongation de garde à vue, ça veut dire que ça entame le week-end. Donc ils préfèrent stopper les gars.
Mais c’est vrai. Si tu te fais placer en garde à vue vers quinze 16 h et à après 12h, c’est mort, tu étais sûr de quasiment faire tes 24 h. Parce qu’ils ne vont pas déranger le parquet de permanence pour faire des investigations pendant la nuit. Ils vont te garder bien au chaud et c’est le lendemain matin le quart donc en sécurité publique Bon bah le service qui prend celui qui interpellé la nuit en sécurité publique le matin, et bien c’est lui qui s’y colle donc du coup en fait vaut mieux être interpellé le matin, t’as une chance de sortir avant 17 h 18 h q. Si t’as fait un flagrant délit ? Donc faites des délits le matin. Un petit conseil, LFI de l’intérieur qui vous parle. Mais à priori, les rythmes de vie, c’est ça fait partie des choses pour lesquelles les agents ne veulent pas aller se mettre là dedans, alors qu' en face, c’est 100 balles de compensation par mois Et puis en fait, une carrière, il y a un autre élément, c’est que tu as dit. Tu fais très peu carrière en police judiciaire, comme c’est une petite direction. T’as peu d’avancement. Peu de grades, peu de galons à prendre. Donc les bons éléments de police judiciaire finissent par partir de la DPJ pour aller en sécurité publique, pour être chef d’un commissariat ou pour être à la cour, agents qui sont des unités beaucoup plus valorisées et avec des rythmes de vie moins pourris, à se dire que c’est pas pourri, qu’ils ne font pas des heures sup aussi en sécurité publique, c’est pas le sujet, mais en tout cas c’est moins évident. Et puis surtout moi, je crois que le point de départ de tout ce tout ce bazar, c’est 1995.
Là, il faut qu’on fasse un petit peu de temps sur 1995
En 1995 et je me rappelle quand même quand j’avais six ans.
Ce n’est pas ça, ce n’était pas toi.
J’y étais pour rien. J’y suis pour rien. J’aurais été contre. C’est la droite qui fait cette réforme en 1995. Et qui décide que dorénavant, la police judiciaire ne serait plus uniquement l’apanage de la Direction centrale de la police judiciaire ? Mais parce qu’il faut savoir qu’avant y compris dans les commissariats. Il y avait une nette séparation entre les policiers dits en tenue qui faisaient la police administrative et qui était la police d’interpellation qui pouvait interpeller en flagrant délit et la police en civil qui n'était pas du tout la BAC. Et pas de sujet, même si des bacs existaient déjà, qui étaient les policiers de police judiciaire qui ensuite prennent les gens qui avaient été interpellés et mènent les enquêtes ? Pourquoi ? Parce qu’avant 95, il y avait un corps dédié de police judiciaire avec des enquêteurs de police judiciaire, des inspecteurs de police judiciaire et des commissaires de police judiciaire. Et en fait, du coup, tous ces gens avaient été recrutés pour ça, c'était qu’il y avait un concours. On disait Bonjour, qui veut devenir enquêteur de police, pas qui veut devenir policier en tenue pour aller faire la police Secours ? Les appels du 17, le maintien d’anciens pour faire enquêteurs, recruter des enquêteurs à la fois. Donc l’enquêteur, c’est le bas de l'échelle et puis des inspecteurs de police, donc les officiers de l'époque, le mode d’officier en plus piégeux parce que l’officier de police judiciaire, puis tout à l’heure la l’OPJ, ça peut être un gardien de la paix. Absolument. Alors qu’il y a aussi les officiers de police, pas judiciaire, les officiers de police tout court, qui sont les lieutenants, capitaines et commandants et qui d’ailleurs sont par défaut en sortant de l'école, d’officiers officiers de police judiciaire. Ça ne va pas nous aider à comprendre le schmilblick, là, ce que je viens de dire, mais, mais je voulais faire ce choix là. Et donc, à 95, ils ont dit Oui, il faut que tout le monde puisse devenir officier de police judiciaire et on va supprimer le corps des enquêteurs et des inspecteurs de police. Donc, les Maigret qu’on voyait dans les séries télé, tout ça a été supprimé et ils ont mis en place cette formation là d’officier de police judiciaire, la qualification aux PJ. Et donc en disant Eh bien, on a besoin de démocratiser, de massifier le nombre d’officiers de police judiciaire pour notamment pour la sécurité publique, parce qu’on a de plus en plus besoin d’enquêteurs, parce que les gens des postes de plus en plus plaintes, on judiciarise de plus en plus de choses. Donc je pense que c’est la pire connerie qu’on ait faite. Dans l’histoire de la police, cette réforme de 1995 et que du coup on a dilué la police judiciaire dans l’intégralité de la police et donc on a fait baisser le niveau de la qualité d’enquête et qu’on a détourné déjà une partie des moyens de ce que faisait la police judiciaire au profit de la sécurité publique, de la voie publique, de l’urgence, de l’immédiateté et de ce qui est visible et ce qui est rentable par ailleurs politiquement, parce que c’est aussi ça qu’on n’a pas abordé, c’est la rentabilité. La rentabilité politique de la police judiciaire, elle n’est pas terrible, ils font des grosses affaires, mais pendant quatre ou cinq mois on ne les voit pas. À la fin, les gens finissent au tribunal. C’est le procureur de la République qui peut communiquer au juge d’instruction parce que souvent ce sont les juges d’instruction qui sont à la manœuvre. Alors que quand vous faites du stups avec des FD, des amendes forfaitaires délictuelles un et que vous avez démantelé un petit point de deal, c’est à dire en fait je n’ai rien inventé du tout, vous allez choper cinq types et vous allez avoir un bel article dans La Voix du Nord. Ça, ça c’est un vendeur politicien. Vous pouvez faire votre point presse mensuel en tant que ministre en expliquant que vous avez fait autant de bâtons, pris quelques kilos par ci, quelques kilos par là. Donc c’est un amalgame de tous les éléments que je viens de donner là, qui fait qu’il y a un désamour et une désaffection pour la police judiciaire, parce que tous les gens qui sont maintenant depuis 95, ça commence à faire 28 ans. Il s’en est passé quelques générations de policiers. Les policiers qui ont connu le monde d’avant 95 sont maintenant minoritaires dans la police parce qu’ils n’ont pas les mêmes conditions pour partir à la retraite. Voilà, petit secret dans le monde des affaires : il ne faut pas toujours dire "amen" et merci. Donc, être député, ce n’est pas un métier. Et puis, comme tu l’as dit, la professionnalisation de la politique existe, c’est vrai, mais cela ne transforme pas pour autant la fonction de député en un métier. Ce qui s’est passé, c’est qu’il n’existait plus qu’un seul concours pour entrer dans la police. Après cela, il n’y avait plus de concours dédiés pour devenir enquêteur ou inspecteur : il fallait passer par le concours général de la police. Certains, au fil de leur parcours, finissaient par intégrer la police judiciaire et obtenaient la qualification nécessaire. Mais le problème, c’est que ceux qui voulaient vraiment faire de l’enquête ne se disaient pas : "Je vais passer ce concours, et si je manque de chance, je finirai affecté dans un commissariat à Trifouillis-les-Oies à ne pas faire d’enquête du tout." Ce n’est pas logique. Il y a un problème. Et surtout, quels profils a-t-on cherché à recruter ? Quand on regarde les campagnes de recrutement de la police, on ne met pas en avant le métier d’inspecteur ou les enquêtes complexes qui nécessitent des compétences pointues. Ce ne sont pas les "Experts" de Las Vegas ou de Miami qui sont valorisés. Non, ce qu’on met en avant, c’est le rôle du policier d’intervention, celui qui interpelle, qui court après un voyou, qui lui passe les menottes… Bref, une image très viriliste du métier. Et si on ne parle même pas du problème de recrutement des femmes dans la police, c’est encore pire : celles qui intègrent le corps doivent souvent adopter des comportements virilistes pour être acceptées. La sociologie a beaucoup à dire sur ce sujet.Résultat ? On ne constitue plus de vivier de personnes véritablement intéressées par l’enquête. Vingt-huit ans plus tard, il n’y en a quasiment plus. C’est comme cela que, peu à peu, tout se délite.
Est-ce que la nature de leur travail, notamment les crimes qu’ils traitent, joue un rôle dans cette crise ? Un domaine revient souvent : les drames familiaux. Je ne sais pas si c’est la DPJ ou la sécurité publique qui les prend en charge, mais on parle souvent de charge mentale. Est-ce que cela joue sur l’attractivité du métier ?
Oui, c’est un point crucial. J’ai parlé de la difficulté à recruter au sein de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), qui compte environ 5 600 agents, dont 3 millions (lapsus, évidemment). Mais ce problème se retrouve aussi dans la police judiciaire locale, la sécurité publique, la sûreté urbaine et la sûreté départementale.
C’est un crime, oui.
Oui, c’est criminel, mais ce n’est pas une affaire qui relève de la PJ au sens strict. Ce sont les services de sécurité publique qui prennent en charge ces dossiers. Et beaucoup de crimes sont traités par la sécurité publique, notamment par les brigades de protection de la famille, qui s’occupent aussi des viols. L’essentiel des affaires de viol sont traitées par la sécurité publique et non par la DCPJ, sauf en cas de caractère sériel, d’auteur non identifié ou de fuite.
Ou dans le cadre d’une enquête en flagrance ?
Oui, c’est ça. Mais au sein de la sécurité publique, il y a très peu de volontaires pour aller en sûreté urbaine ou départementale. Résultat : on y retrouve surtout de jeunes policiers, fraîchement qualifiés, qui n’ont pas vraiment le choix de leur affectation. Et dès qu’ils peuvent, ils partent. Pourquoi ? Parce qu’en plus des conditions de travail difficiles, il y a une surcharge de dossiers inimaginable. Un enquêteur en sécurité publique peut avoir jusqu'à 160 dossiers en simultané ! Parmi eux, de nombreux cas de violences intrafamiliales, qui nécessitent un suivi minutieux. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, une affaire de violences conjugales ne se limite pas à prendre la plainte et interpeller l’agresseur. Il faut entendre la victime, interroger le voisinage, mener des investigations poussées… Cela demande du temps, de l’écoute et de l’attention. Sinon, cela pose d’autres problèmes, et les associations féministes ont raison de le dénoncer. Tout cela s’ajoute à des services déjà engorgés. Face à cette situation, qui a envie de devenir enquêteur en sécurité publique ? Personne. D’ailleurs, les arrêts maladie y sont anormalement élevés, ce qui n’a rien d’anodin. L’Inspection générale de la justice et l’Inspection générale de la police nationale ont mis en lumière ces difficultés, mais la réforme de la départementalisation ne réglera rien.
Mais alors, pourquoi cette réforme ?
C’est politique. Gérald Darmanin a dit qu’il voulait simplifier la hiérarchie policière. Selon lui, il y a trop de chefs, et il serait plus simple d’avoir un seul interlocuteur par département plutôt que plusieurs. Le problème, c’est que la police est composée de métiers très spécifiques, avec des spécialités complexes. Certes, il manque parfois de coordination entre les services, mais la solution ne peut pas être de fusionner tout le monde au détriment des enquêtes judiciaires et des principes démocratiques. L’indépendance des enquêtes judiciaires doit être préservée. Or, cette réforme risque d’entraîner davantage d’ingérence administrative, ce qui est dangereux pour la séparation des pouvoirs. Et pendant ce temps, un problème fondamental reste entier : le manque de personnel qualifié pour l’investigation. D’ailleurs, une autre inspection est en cours sur ce sujet précis.
Un nouveau métier a été créé ou va être créé, non ?
Oui, tu parles des assistants d’enquête ?
Bravo ! Mais là, on sent le rapporteur, on sent les assistants d’enquête. Si j’ai bien compris, c’est un peu le petit boulot administratif destiné à décharger les officiers de police judiciaire. Ainsi, six assistants pourraient ainsi convoquer toute personne devant être entendue par l’officier de police judiciaire ou son adjoint, contacter les interprètes, notifier les victimes, procéder à certaines requêtes. Au moins, cela serait fait. Ils pourraient aussi effectuer certaines réquisitions à la demande du gardé à vue, informer par téléphone les personnes énumérées dans le Code de procédure pénale du début de la garde à vue, ou encore prévenir l’avocat de la personne mise en cause. Tout cela représente une charge de travail importante, qui n’est d’ailleurs pas toujours bien exécutée. C’est donc une avancée, ou pas ?
: On verra si c’est une avancée… Disons que c’était l’un des rares points que j’avais trouvés intéressants dans le Beauvau de la sécurité. Macron avait annoncé la création de ces postes à Roubaix, près de chez moi. Franchement, c’était le seul point qui me paraissait pertinent, parce que tout le reste… Il voulait mettre en place un comité parlementaire de la déontologie policière, mais c’était de la poudre aux yeux, infaisable.
: Pour rappel, c’était après le Beauvau de la sécurité. Macron est allé à l’école de police de Roubaix pour faire des annonces qui ont visiblement surpris, certaines n’étant pas totalement prévues. Parmi elles, il a également annoncé le doublement des effectifs sur la voie publique d’ici 2030. Il faut garder ça en tête, car c’est une aberration totale. Pourquoi ? Parce qu’en mettant plus de policiers sur la voie publique, ils feront quoi ? Ils interpelleront plus de gens. Ce qui signifie plus d’enquêtes, alors même que le système est déjà engorgé. Ce n’est pas la bonne solution. D’ailleurs, c’était déjà un problème avec la réforme de la sécurité publique de 2008-2009 (je ne veux pas me tromper sur les dates), qui a créé des filières spécifiques au sein de la sécurité publique, notamment une filière judiciaire. L’idée était de redéployer des effectifs pour augmenter la présence policière sur le terrain, mais cela a engendré un embouteillage judiciaire. Les policiers ont fui la filière judiciaire pour aller sur la voie publique, ce qui a aggravé le problème.
: Eh bien non, ils ont supprimé l’indicateur ! Parce que sur les quatre dernières années, les chiffres étaient mauvais…
: Exactement ! Mais pourquoi ?
: À un moment donné, il faut bien mettre les policiers derrière un bureau pour traiter les enquêtes ! Ce n’est pas acceptable de laisser des dossiers s’accumuler sans solution. En juin 2021, après le lancement des expérimentations des Directions départementales de la police nationale, une instruction conjointe des ministères de l’Intérieur et de la Justice a ordonné des classements sans suite en masse dans les commissariats pour réduire les stocks d’affaires en attente. Les magistrats ont protesté, et c’est aussi l’une des raisons qui ont conduit à l’inspection en cours. Quand on parle de « stock », il s’agit d’affaires non élucidées, de plaintes en attente… Comme dans toutes les administrations, on gère les flux et les stocks. Ce phénomène est d’ailleurs lié à une doctrine appelée le New Public Management, une approche de gestion des services publics importée des États-Unis dans les années 1970. Elle a été appliquée en Europe et a profondément transformé les institutions, souvent en mal.
: Oui, nous avons reçu plusieurs auteurs qui ont analysé ce sujet.
: Et c’est justement ce qui est en train de détruire l’hôpital, la justice, la police chaque année, c’est le même schéma, les mêmes erreurs, les mêmes indicateurs absurdes. On ne prend plus en compte l’humain. Tout est quantifié dans des tableurs Excel, et si ça ne rentre pas dans un tableau, ça n’existe pas !
: Ça me rappelle une discussion sur les logiciels libres. La gendarmerie fonctionne sous Linux, et elle n’a pas les mêmes problèmes que la police.
: Oui, mais les systèmes informatiques sous-jacents sont différents. Revenons aux stocks d’affaires et aux problèmes de la police judiciaire. Pour tenter de résoudre la crise, on a donc décidé de créer des assistants d’enquête, de petites mains pour effectuer des tâches administratives fastidieuses. Moi, je voulais un greffe de police, ce qui n’est pas du tout la même chose. Regardons ce qui se fait au ministère de la Justice : il existe des assistants de justice et des juristes assistants (la différence entre les deux est tellement subtile que je paie une bière à quiconque peut me l’expliquer !). Et bien sûr, il y a toujours des greffiers, dont le rôle est essentiel pour sécuriser la procédure judiciaire. Le greffier ne fait pas le travail du magistrat, mais il s’assure que la procédure est bien respectée. En revanche, les assistants de justice et les juristes assistants aident le magistrat en effectuant des tâches qu’il n’a pas le temps de faire. Ce sont deux métiers bien distincts. En audience, par exemple, le greffier a un rôle prépondérant : il prend en note et retranscrit les débats, ce qui fait partie intégrante de la procédure. Il ne juge pas avec le magistrat, mais il participe à l’élaboration du jugement. C’est pourquoi je voulais des greffes en police. Les enquêteurs doivent être épaulés par des procéduriers, des experts en procédure pénale, pour éviter les erreurs judiciaires. Mais ce n’est pas leur enquête qu’il faut leur déléguer ! Or, dans le cadre des assistants d’enquête, on va leur confier des missions comme la notification des droits aux personnes interpellées. Et ça, c’est un problème. Pourquoi ? Parce que c’est le policier qui devrait notifier les droits à la personne qu’il enquête. Cela fait partie intégrante de sa mission. Un officier de police judiciaire ne mène pas uniquement une enquête à charge, il doit aussi garantir les droits des individus. Si on confie cette tâche à un assistant d’enquête, on accentue encore plus la dimension répressive de la police, au détriment du respect des libertés publiques.
: C’est quoi, un policier gardien des libertés publiques ?
: Ce n’est pas du tout ce que l’on observe ! Si l’on pousse cette logique plus loin, on enlève aux policiers toutes leurs responsabilités en matière de droits, et on ne fait plus que de la répression. C’est problématique. Bon, mettons cela de côté. On peut admettre que, dans un premier temps, ces assistants d’enquête permettront de soulager les policiers, leur laissant plus de temps pour travailler sur les enquêtes. Mais en réalité, toutes les tâches qu’ils vont assumer peuvent déjà être effectuées par les adjoints de police judiciaire (APJ).
: On en parlait tout à l’heure.
: Oui, les APJ, qui tirent leur nom de l’article 20 du Code de procédure pénale, sont des gardiens de la paix ayant reçu une formation en droit et en libertés publiques. Ce sont eux qui devraient être mobilisés pour ces tâches, plutôt que de créer des postes précaires d’assistants d’enquête
Des étudiants en droit, mais qui ne sont pas encore juristes et qui vont commencer à rédiger des choses. Donc, c’est une forme d’ubérisation, on pourrait presque dire ça, ou plutôt de sous-traitance. On va dire ça plutôt de sous-traitance, car ils ne sont pas tout à fait autonomes. Bref, plutôt de la sous-traitance. Donc là, tu dis que c’est le même danger qu’on risque de voir à l'œuvre ? Tu vois plus de danger ?
Eh bien, alors oui. Ce ne sera pas encore autant que côté justice, parce que là, franchement, ils prennent vraiment des étudiants, etc. Là, ils veulent que ce soient des personnels administratifs, donc des fonctionnaires sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. Ils nous ont dit qu’il faudrait une formation. On n’a pas le détail, on n’en sait rien. Franchement, la dernière fois qu’ils m’ont parlé de ça, ils m’ont dit : "Non mais t’inquiète, on va les former." Bon, ils n’ont pas dit ça exactement comme ça.
Mais c’était à la buvette aussi ?
Alors, c’était dans l’hémicycle et c’était un certain Gérald Darmanin. On était en train de parler de la réserve opérationnelle de la police nationale, de la création d’une réserve sur le modèle de celle de la gendarmerie. Et cet amendement ? Pour obliger à la formation et détailler un peu. En fait, ils m’ont dit : "Oui, et tout ça, c’est du réglementaire." Mais comme à chaque fois, ils font n’importe quoi. Je pense au fait que ce sont des lois et donc le ministre Darmanin a dit : "Non mais de toute façon, on va s’aligner sur les gendarmes." Et en fait, ils ne se sont alignés sur rien du tout. Aujourd’hui, pour être réserviste dans la police, tu sais, c’est dix jours de formation. La gendarmerie, c’est 30 jours, c’est un mois, c’est dingue. Moi, je ne suis pas pour que des réservistes utilisent des armes à feu de toute façon. Mais bon, j’ai fait un amendement, sans étiquette, qui a été débattu. On m’avait dit qu’on allait s’aligner. Et quand j’ai revu le même Gérald Darmanin, le 10 mai, je lui ai dit : "Dix jours là, dix jours ? Les gendarmes, c’est 30 jours ! Vous aviez dit qu’il fallait faire pareil, donc 20 jours supplémentaires. Ils sont où, ces 20 jours ?" Et la réponse du ministre : "Oui, mais il y a les JO bientôt, on a besoin de plein de types et moi, je n’ai pas assez de formateurs. Donc, quand on fait une règle de trois en fonction du nombre de gens dont on a besoin et du nombre de formateurs, ça fait dix jours."
Chez vous aussi, enfin quand je dis "chez vous", dans les auditions, les JO reviennent à plusieurs reprises. Et logiquement, cette réforme est prévue avant les JO ? C’est quand ?
Mais rien n’est prêt, rien n’est prêt ! La cartographie budgétaire n’est pas prête. Les logiciels, qui sont censés être communs avec une nouvelle direction unique, ne sont pas prêts. Les trames pour la bascule des ressources humaines ne sont pas prêtes non plus. D’ailleurs, dans les DTPN et syndicats, donc dans les Outre-mer et les directions territoriales de la police nationale En Belgique Mais non, j’étais en train de le dire Ce n’est pas demain que ça sera prêt, ce n’est pas vrai. J’ai un ami qui attend une nomination Franchement, ce n’est pas possible de contester à ce point l’autorité, et les arrêtés de nomination ne sont toujours pas pris au moment où l’on se parle ! Les gens ne sont pas officiellement à leur bon poste, avec la bonne appellation des services. Alors souvent, ce sont des personnes qui n’ont pas changé de poste, donc ils ont gardé la même paye et ça va, il n’y a pas trop d’impact. Mais s’ils veulent bouger, demander une mutation, ça ne marche pas. Bref, il y a tout un tas de problèmes comme ça. La prudence voudrait qu’ils soient prêts avant d’appliquer la réforme. Ce que je leur dis, c’est que même si on est pour les DTPN Tiens, t’as vu, je l’ai dit direct, même pas eu le temps de lancer un débat – même si vous êtes pour, faites bien ça quand même ! Sinon, on risque le plantage général, quoi. Et je suis sûr qu’on m’entend parce qu’il y a quand même eu deux ou trois réformes qui ont été bâclées.
À propos de Darmanin, j’ai noté parce qu’on a suivi quelques débats.Monsieur Darmanin Non mais justement, c’est très bien. Il y a quand même, ces derniers temps, une forme de complicité entre vous.
Oh, ça …
Non, c’est trop fort !
Non, je ne trouve pas. Je trouve qu’il y a plus de complicité entre Éric Dupond-Moretti et moi qu’entre Gérald Darmanin et moi. Je dirais qu’on se déteste cordialement.
C’est peut-être plus sincère avec Dupond-Moretti enfin, je ne veux pas faire de psychanalyse sauvage de l’hémicycle, mais j’ai entendu Darmanin, alors je n’ai pas retrouvé la phrase exacte, mais il ironisait sur toi en disant : "C’est marrant, vous, La France Insoumise, sous-entendu anti-flics, vous venez défendre la police judiciaire, l’IPJ…" Tu te souviens de cet échange ? Il est venu te tacler là-dessus, et il faut reconnaître qu’on a vu la presse de gauche monter au créneau pour défendre la fronde des policiers de la PJ. Est-ce qu’il n’y a pas un fond de vérité là-dedans ? Est-ce que ce n’est pas à front renversé finalement ?
Ça apparaît comme un front renversé, mais en réalité, ça fait partie de ce qu’on défendait pendant la campagne présidentielle. On avait clairement opposé police de proximité et brigade anti-criminalité (BAC). On avait aussi dit que pour lutter contre le trafic de stupéfiants, il fallait la police judiciaire et pas la BAC, qui fonctionne sur du flagrant délit. Donc oui, à la fin, on nous dit : "Ah, vous êtes contre la BAC parce que vous êtes anti-flics." Mais ceux qui avaient bien suivi savaient qu’on défendait une certaine idée de la police, avec des pratiques encadrées, républicaines et déontologiques. Avec la réforme de la PJ, on a vu une opportunité de défendre cette vision. Donc oui, on s’est engouffrés dedans, sans état d’âme.
Mais malgré tout, la PJ, c’est aussi un service qui fait partie d’une chaîne
Oui, bien sûr. Il y a des problèmes aussi en PJ, notamment sur la délinquance économique et financière qui est largement sous-traitée ou pas traitée du tout.
J’allais y venir…
Et ça ne va pas aller en s’améliorant. D’ailleurs, ce sont des histoires de recrutement. Il faut, si on veut rentrer un peu, être un peu sérieux et un peu rentrer dans le détail sur les difficultés qu’ont les officiers de police des offices centraux avant les offices centraux. Quand on les a reçus, l’Office central de lutte contre les stupéfiants tu vois des fois que je n’aurais pas dit un sigle
Je n’aurais pas cru que c'était utilisé et tout ça anti ordre, anti stupéfiants.
L’Office, anti stupéfiants c’est une filière qui est déjà valorisée. Du tout. Tout en bas, dès le point de départ en sécurité publique un déjà en sûreté urbaine, sûreté départementale. Tu as des groupes d’enquête dédiés stups où il y a, où il y a des magistrats qui sont dédiés là dessus. Ah, les cross en cross, ça veut dire que comités, commissions, comités, comités de renseignement opérationnels sur les stupéfiants le sais, je sais plus. Bon je sais plus ce que c’est, mais c’est du français. C’est un partage de renseignement entre différents services. Justement entre la sécurité publique et la PJ. Donc ils se sentent attirés par une priorité politique, en fait un rôle où derrière on il y a de la rétribution symbolique et financière seulement trébuchante, donc il n’y a pas trop de difficulté donc il y a sept ce truc là, il y a l’OCLCO. C’est un peu dur à dire comme cinglé parce qu’en fait ça ne peut pas se prononcer. Il y a trois syllabes successives. L’Office central de lutte contre la criminalité organisée. Et en fait, ils gèrent, les grands méchants, mais pas des stups, donc ceux qui ne sont pas en support, les autres En fait eux pareil, ils n’ont pas de problème pour recruter parce que de toute façon c’est des petites structures et c’est l’ancien grand banditisme qu’on appelle le grand banditisme. Et donc pareil, il y a une culture au sein de la PJ là dessus qui fait qu’il y a un vivier, il y a des gens. Par contre, dès que vous rentrez à l’OCB ça veut dire L' office central de répression du grand banditisme et du Blanchiment de La délinquance financière. L’Office central pour la répression de la grande délinquance financière ou au CRJ. Mais bon, sur tout ca, sur l’heure des lettres, ce n’est pas la BRB, la brigade de répression du banditisme ainsi ça existe aussi, mais c’est plutôt ce n’est pas un office central standard niveau infra. Donc dans les antennes PJ ou dans les PJ donc eux aussi GDF. LO, c’est le site FF pour le signe et le glyphe pour les intimes. L’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales, c’est ceux qui nous ont perquisitionné, La France Insoumise par exemple. Pour donner un ordre d’idée de trucs comme ça, tout le monde voit bien quand ils ouvrent des postes, ils n’ont rien, ils n’ont, ils ont moins de candidats que le nombre de postes ouverts. Alors que ce sont les offices centraux, c’est-à -dire le nec plus ultra de ce qu’on fait dans le pays en termes de moyens d’enquête. Ces gens le haut dans le très haut du spectre, là, et ils galèrent à recruter. Et il n’est pas rare qu’ils recrutent eux mêmes, non pas des adjoints de police judiciaire. Je me suis plainte des agents de police judiciaire qui sont des forces d’adjoints, des PJ et pour être dans ces services là, alors que normalement c’est impossible, il devrait y avoir que des officiers de police judiciaire dans ces services. A100 %, et ils devraient se battre. Ce qui est intéressant à celle- ci vient des infractions fiscales et financières.
C’est de la poudre aux yeux ?
Non, mais en même temps c’est pour ça, on parle aussi de l’après ; on va quand même plus vite parce que c’est quand même long de dire tous ceux- ci. Voici d’autres engagements. Le GAJ, le groupe d’appui judiciaire qui a été sauvé Quant à celui sur les infractions fiscales et financières, quand ils ouvraient des postes pour avoir des officiers fiscaux judiciaires, des OPJ qui sont en fait des inspecteurs des finances publiques à qui on faisait passer une formation pour devenir officier de police judiciaire. Et ils ont appelé ça Objet Officier Fiscal Judiciaire. En fait, quand ils ouvraient des postes pour ça, il y avait bien plus de candidats que de postes ouverts. Ça veut dire que le point de départ d’avoir une appétence pour la matière de ce qu’on va investiguer fait que t’as un vivier et qu’ensuite les gens, il n’y a pas de problème. Ils se forment. Et donc ça revient à mon truc de tout à l’heure de 95, le fait qu’on ait supprimé les recrutements dédiés sur des postes spécifiques spécialisés. Et donc comment font-ils maintenant ? C’est que, que ce soit côté magistrats, d’ailleurs, ça va aussi, mais aussi côté police, eh ben ils prennent soit des experts qui vont payer cher ponctuellement, soit ils vont recruter des contractuels. Mais comme ce sont des contractuels, ils vont être payés différemment, soit des fois même bien plus que la grille de fonctionnaire pour certains types de métiers, parce que la denrée rare. Mais surtout c’est un problème de fidélisation aussi des agents. Et il y a un sujet d’ailleurs parce que, comme je l’ai dit tout à l’heure, au détour d’une phrase en vérité, ce qu’on promeut au sein de la police en termes de ressources humaines pour pouvoir avoir un déroulé de carrière, c’est la mobilité, c’est de bouger, c’est de changer. Or, dans ces services là, un enquêteur devient bon an, cinq, six ans. Et encore, c’est le moment où on lui dit il faut que tu bouges pour prendre ton galon, tout grade pour machin, ton avancement donc, c’est de régler les problèmes de lutte contre la délinquance économique et financière. Ce ne sera pas fait par les DDPP, la direction départementale, la police nationale et la réforme qu’on est en train d’analyser. Mais c’est bien en revenant sur la réforme de 1995, en recréant des concours dédiés, des recrutements dédiés, un parcours. Le seul truc positif, parce qu’il y en a de cette réforme là,
Çà fait 3 heures.
Oui au peuple de France toi Peuple de France, si tu m’entends, il y a un point positif dans tout ce machin de réforme et il y en a même peut-être deux en réalité. C’est que les grands gagnants de cette réforme, ça s’appelle le renseignement, le renseignement territorial qui retrouve à nouveau une direction nationale à part entière.
Quand un parti révolutionnaire se félicite que la police politique reviennent en force. Et j’ai dis les amis, c’est un truc de dingue de qu’est ce que c’est ? C’est Ugo à Beauvau, ça ira très mal.
Non mais ça va pas. Je pense que c’est en fait, il y a deux services où ça va un peu pour nous, C’est les deux services où ça va être le plus à faire. Mais pour des raisons qui sont logiques en fait, quand tu penses que tu réfléchis bien.
Attends, explique moi pourquoi c’est ici, pourquoi la PJ et les renseignements sont des services qui sont à fond derrière ?
Ce n’est vraiment pas bien ce que disait le ministre.
Alors on parle surtout des territoriaux. Mais je n’ai pas de chiffres, mais je juste j’ai ce ressenti là.
Parce qu’il y en a deux qui vous parlent.
Alors tu crois que c’est ça je crois que tu te fais à toi à moi. Ils sont gentils avec moi, donc c’est qu’ils sont gentils tu dirais même. Mais en vrai si c’est un truc plus parce que ils sont plus politisés car de toute façon qui suivent la politique, donc mécaniquement ça crée un intérêt. Et en police judiciaire parce qu’ils sont plus sur la procédure, sur libertés publiques plus que leurs autres collègues. Donc ça leur parle davantage de ce qu’on peut raconter sur ce qu’on veut comme police. Donc voilà, je clos, je clos la parenthèse parce que dans cette réforme, ils ont recréé des directions nationales et ils sont directement en lien avec les chefs de filière, au niveau local, dans chaque direction départementale, mais sans lien hiérarchique. Juste un lien fonctionnel pour faire de la doctrine de la veille sur les trucs qui ne sont pas hiérarchiques. Et donc il y a le renseignement territorial redevient une direction nationale puisque jusqu'à présent le renseignement territorial est inclus dans la direction centrale de la sécurité publique, sont inclus dans la sécurité publique, donc ils sont gagnants dans l’affaire. Je ne dis pas que c’est bien ou je dis juste qu’ils sont gagnants à ce stade. Même si en vrai je suis plutôt pour.
Je me souviens d' avoir fait une autre émission sur ce sujet puisque c’est la PJ. Mais c’est une toute petite question par rapport à ça. Mais tu reviendras pour parler des renseignements territoriaux. Est ce que c’est l’effet gilet jaune et contestation sociale qui s’affiche de plus en plus ? C’est le retour qui amènerait le retour des agents.
Non, non parce qu’en fait c’est un mouvement, c’est un mouvement de balancier. Ils avaient tout explosé avec. La création de la DST et des RG en remettant ça dans la sécurité publique. Et en fait, il y a eu une perte objective de connaissance et de et de renseignement en fait au profit pas juste de renseignement politique, de renseignement tout court, y compris sur les sur les sur les la petite délinquance, sur ce qui se passe dans un quartier, sur un bref, tu vois, ils ont perdu de la connaissance et donc se sont déconnectés du terrain très concrètement. Et donc ils ont reconstruit progressivement un service national. Donc il y a un service central du renseignement territorial inclus dans la CSP, avec des directeurs régionaux du renseignement territorial qui se sont créés en parallèle, toujours au sein de la CSP. Mais il y a une chaîne hiérarchique qui se serait recrée progressivement et donc là il la détache pour recréer et surtout pour qu’elle soit au profit pas juste de la sécurité publique, mais de toutes les autres, tous les autres services de police. Et ça c’est logique. En fait, c’est juste logique et bon. Et ça ils le font des fois, ils savent faire les trucs logiques et qui vont à peu près fonctionner. Et pareil sur la police judiciaire. Aujourd’hui, je vous ai dit, il y a des services de police judiciaire un peu partout en. Il y en a en sécurité publique, il y en a la police aux frontières. Il y en a à la sécurité intérieure et il y en a du coup à la PJ au sein de la PJ. Et ce qui se passe avec, en créant une filière police judiciaire, c’est que la police judiciaire a à nouveau dans un seul bloc ceux qui sont dans l’actuel D.C. PJ direction centrale, la police judiciaire, mais aussi ceux qui sont à la sécurité publique. Donc finalement, les grands perdants. Je mets des guillemets de l'équation, ça reste le périmètre sécurité publique qui se fait dépouiller de son renseignement territorial et de sa partie judiciaire. Et donc le point positif, c’est que, comme moi, mon objectif politique, ce que je défends et ce qu’on défend à La France insoumise, c’est de rattacher la police judiciaire à l’autorité judiciaire et aux magistrats directement des détacher de la chaîne hiérarchique policière. Bien sûr, ils sont tous dans la même direction et dans un même silo entre guillemets, ça m’arrange parce que ce sera plus simple pour les basculer après. Et voir ce que les politiques. Ne pas les rattacher à l’autorité judiciaire, ça. Et surtout, ça permet de faire en sorte qu’il y ait qu’on essaye de retrouver un peu une culture judiciaire et de les détacher de l’impératif de la voie publique et de l’urgence. Le problème, c’est que si on faisait que ça crée une direction nationale de la police judiciaire, une direction centrale de la police judiciaire avec deux dans la sûreté urbaine, sûreté départementale, j’y serai favorable. C’est ce que propose ce que je vais proposer dans mes recommandations à court terme. Ce qui m’enquiquine pour rester poli, c’est qu’au niveau local, là, on a bien un chef unique des DP qui a la main sur tout.
Voilà. C’est ça le problème.
Ce n’est pas qu’ils soient dans une même filière. Parce que oui, c’est cohérent de la mettre dans une filière et moi j’y mettrais même la police judiciaire qui a requis au sein de la police aux frontières. Parce qu’il y a un petit truc qui est assez intéressant, c’est qu’il y a des gens qui s’en sortent, qui enrichis à garder leur pré carré dans tout ça, ou les belles formules de tous ordres dont on nous dit qu’il faut que tout le monde soit ensemble avec le même chef et qu’il faut arrêter les silos et mettre en horizontal et tout le tralala. C’est pas du tout ce que va faire la police aux frontières. La police aux frontières va garder habilement toutes ses brigades mobiles de recherche ne vont pas du tout fusionnées dans la filière judiciaire. Elles sont intégrées au nouvel Office central de lutte contre l’immigration.
Comment vous appelez ça SOCLE ?
Alors Office Central, Office de Lutte Bon, ils viennent de le créer au 1ᵉʳ janvier 2023. Moi je ne peux pas connaître tous les sigles tout le temps. Et donc en fait, eux, ils ont gardé toutes leurs spécificités.
Ils vont quasiment faire pareil.
C’est comme chez Ikea c’est enfin utilisé pour créer des acronymes. Bon et la PAF en fait va quasiment pas bouger la police aux frontières, ça va quasiment rien changer pour eux. Et même là où le côté départemental c’est le gros truc, c’est les gardes DDPP, donc directeur départemental de la police un par département. Et bien pour la police aux frontières, il est prévu qu'à certains endroits, il y ait des directeurs départementaux qui aient autorité sur plusieurs départements ou qui soient des directeurs interdépartementaux. Le trafic illicite de migrants. Donc la police aux frontières, finalement, retourne à l'école de police de Roubaix.
Ça t’intéresse.
Ouais, je sais bien le cacher. Et ce qui est intéressant, ce qui est intéressant, est ce que tu sais qui est le directeur central de la police aux frontières ?
Non.
Et bien ce monsieur. Il était à la genèse de l'équipe projet de la réforme des directions départementales de la Police nationale. Et la première chose qu’il a faite en devenant directeur central de la police aux frontières courant de l’année 2022, au moment où c'était le bazar avec les manifs et tout. C’est de faire en sorte que la police aux frontières ne soit quasiment pas touchée, modifiée par le biais de cette réforme. Moi je trouve ça cocasse et ça fait quand même beaucoup de gars autour de cette réforme. Non, c’est juste que du coup, la première chose qu’il fait en quittant l'équipe projet, c’est de faire en sorte que sa direction à laquelle à la tête de la caméra, ne soit pas démantelée et répartis dans d’autres trucs et sous l’autorité du nez des PNJS, que ce soit que départemental et que lui garde le Interdépartementale, etc. Mais pour des bonnes raisons. Mais je suis d’accord avec lui, c’est à dire qu’il nous dit mais moi mon problème de police aux frontières, ce n’est pas le département, c’est d'être, c’est moi Momo quand je fais de la police aux frontières, c’est les ports, les gares, les aéroports. Donc je m’en fous du département. La frontière, c’est ça quoi, c’est les structures qui sont là. Donc si je suis sur le littoral et qu’il y a trois ports côte à côte, et même si c’est sur trois différents départements, bah je m’en fous le département en fait moi c’est le littoral qui m’intéresse, il a raison, Il faut garder ces spécificités parce que ça part d’un réseau, d’une logique opérationnelle. Bon en l’occurrence c’est pour chasser des migrants, ce n’est pas terrible, mais on pourrait imaginer qu’ils fassent d’un truc plus utile, en tout cas dans leur propre logique. C’est cohérent. En fait, il y a une cohérence opérationnelle. Donc tout ça m’amène à dire que quand même, il y a eu aussi, au passage, on ne l’a pas évoqué, mais le limogeage du directeur de la police judiciaire à Marseille.
Mais alors je sais plus si c’est vous qui l’avez auditionné aussi.
On l’a auditionné. Et c’est bizarre, il n’est pas tellement opposé à la réforme. Alors s’il a maintenu, il a dit c’est les lignes rouges pour lesquelles il n'était pas d’accord avec Frédéric Veaux, le directeur général de la police. C'était notamment sur le fait qu’il puisse que tous les effectifs ne soient pas uniquement à l'échelle départementale, mais qu’il puisse y avoir des effectifs et des moyens dédiés à l'échelle zonal, notamment sur les questions de probité et de criminalité organisée, en disant Mais moi, il ne faut pas que je fasse aujourd’hui, il y a une mobilité de la police judiciaire qui est capable de bouger d’un département, d’une région à l’autre, d’envoyer des types dans un train, de passer des coups de fil aux collègues ailleurs en France pour faire monter des opérations, une agilité et une mobilité. Qui, qui ? Qui va s’amoindrir avec ce carcan départemental ? Très clairement. Et donc, comme à l'époque, il n’y avait pas encore une mission d’information et que Gérald Darmanin n’avait pas encore ouvert les yeux. Et vu la lumière de la zone Du coup, ben voilà, il a été limogé très clairement. Donc tout ça suit son petit bout de chou. Finalement, ce qu’on peut dire quand même, c’est que l’Association nationale de police judiciaire qui s’est organisée à l'été à ce moment-là, pour ces raisons la contre cette réforme-là, ont eu raison de se mobiliser et de s’organiser. Parce que, même là, les recommandations des inspections des trois inspections à la radio, le rapport, vont faire objectivement. Moi, je suis prêt à reconnaître que ce sera moins pire que la mouture initiale. Et, en tout cas, il y a des points de vigilance qui ont été notés pour pas que ça parte complètement dans le décor parce qu’il y a un an, il y a un vrai enjeu démocratique, notamment sur le haut du spectre. En revanche, il y avait enjeu démocratique.
Mon cher Ugo, je te propose il est 0h, de faire une toute petite pause et après de te poser quelques questions du chat. Tu as le temps encore un petit peu ou tu as un truc qui interpelle demain à 6h
Je ne sais pas sinon j’ai des potes qui m’avaient invité à manger une raclette ce soir. J’ai décliné évidemment puisqu’on est ensemble, mais je ne sais pas s’ils sont partis se coucher ou s’ils vont encore boire des coups. Après quelques instants j’irai les rejoindre après puisque demain matin normalement je peux à peu près dormir.
Très bien on fait une petite pause.
Je leur demande et la pause me permet de leur envoyer un petit message.
Oui, parce que les députés ont le droit de boire des coups avec leurs potes.
Sentier Battant nous dit : Je ne voulais pas vous le dire, mais les acronymes de la police sont choisis pendant de longues parties de scrabble du ministère de l’Intérieur avec les lettres qui restent, il est mauvais.
C’est probable. C’est en tout cas une bonne explication rationnelle, mais je crois qu’il n’y a pas beaucoup de rationalité dans tout.
Ugo Bernalicis est en train de faire un carton Auposte. Et vous êtes toujours là. Comment allez-vous ? Est-ce que cette émission vous agrée, vous plaît ou vous apprend des choses ? Racontez moi, dites moi et dites moi ce que vous en pensez. On va attendre le retour de Ugo Bernalicis.
Nous sommes de retour Alors évidemment, l’Auvergnat te demande c’est maintenant, les imitations ? Ça ne veut pas dire que tu dois en faire, c’est toi qui décide, mais quand même.
Voilà.
Donc voilà, à tout moment tu peux dégainer ton imitation tes imitations si Tu te souviens, à la limite tu peux faire.
Je peux répondre à la prochaine question de fond en imitant Nicolas Sarkozy.
Bon, alors tu décides, voilà, tu décideras celle qui t’intéresse. Juste une question. Tu as fini en disant le haut du spectre de la délinquance. Donc c’est éminemment démocratique. Comment c’est traité ? Qu’est ce que tu as voulu dire par là ? Parce que c'était un joli message.
Que ce soit sur les questions de délinquance économique et financière, on voit l’enjeu démocratique si les mecs détournent du pognon dans les paradis fiscaux tout le monde comprend le lien, en tout cas ici sur le tchat. Et ça vaut aussi pour la grande criminalité organisée, ça peut être du vol de voiture et du recel international. Voilà, ça peut être du grand trafic de stupéfiants qui va du coup avoir prise sur des histoires de règlements de comptes. Et tous les gamins qui rentrent dans le trafic et ceux dont la vie est un peu bousillée par la même pensée sur la République, elle n’est pas à la hauteur aussi. Mais voilà donc tous ces enjeux là et du coup les enjeux de corruption qui vont avec. Parce que quand vous êtes dans la criminalité organisée plus vous avez beaucoup d’argent accumulé, vous avez besoin d’en blanchir énormément. Donc vous êtes dans des circuits où vous avez besoin de corrompre un certain nombre de fonctionnaires, un certain nombre d'élus. Donc il est là l’enjeu démocratique de ce bout du spectre.
On démarre les questions du chat et une dernière demande de la régie. Passons. Sarko par Ugo, c’est fatal. Mais si ça t’inspire, voilà Pimiko te demande ils sont combien à la brigade des stups de Marseille ? Si tu ne connais pas le chiffre exact, on comprendra. Mais je pense que la question c’est qu’est ce qu’ils sont nombreux ? Est ce que c’est une priorité ?
Je voudrais vous en parler et je voudrais rendre hommage aux policiers des stups de Marseille qui font un travail incroyable. Mais qui en faut pas assez quand même, parce que l’année 2022, c'était l’année où il y a eu le plus de règlements de comptes et ça, on ne peut pas s’en satisfaire. Moi je voudrais dire à la police qu’effectivement à Marseille, c’est la plus grosse centaine de PJ de France. Avec plus de 700 agents de mémoire. Je vous dis ça vraiment de mémoire. Et je pense que vous avez une bonne moitié qui doit être sur le stups. Donc oui, ça fait beaucoup de monde, mais là-bas, il y a beaucoup de stups. Comme chacun sait, parce qu’il y a un port, entre autres, un pays, une histoire, une culture. Mais en vrai, ce n’est pas encore clair, pas trop près ce qui se. Passe à Lille, parce qu’en termes de règlement de compte, on n’est pas loin du tout de Marseille et non pas les Pays-Bas. Et je peux vous dire que ça transite aussi, faudrait pas nous oublier quand même dans le Nord parce que là bas, il y a du soleil et qu’il faut regarder par là. Je voudrais dire qu’effectivement, l’essentiel des moyens est mis là dessus. Mais il y a un sujet, par exemple à Marseille, où les magistrats de la Gironde, la juridiction interrégionale spécialisée. Encore un secret, on l’avait pas celui là, se sont remis depuis pas très longtemps Sur la Question du trafic d’armes. Parce que qui dit règlement de compte dans le cadre du trafic de stups dit armes à feu et les armes à feu ne tombent pas du ciel et ne poussent pas dans les arbres. A un moment donné, ce serait bien de s’y intéresser. Et j’avoue qu’il y a aussi une faiblesse dans les services d’investigation sur la question du trafic d’armes. Aucun rééquilibrage un peu savant très utile sur la délinquance économique et financière, sur le trafic d’armes, sur le trafic d'êtres humains. Oui, parce qu’il y a du trafic d'êtres humains. Oui, monsieur Dufresne, vous avez beau me regarder comme ça, je vous vois circonspect.
Et c’est grave le trafic d'êtres humains. Est ce que vous pouvez me parler de la PJ de Marseille ?
Mais vous fumez, monsieur ! Vive la République ! Mais vous fumez, monsieur, vous ? Et surtout, je n’ai pas oublié l’essentiel. Abonnez-moi Auposte auposte.fr abonnez-vous.
Il a été pas mal question de pognon. Pendant que tu parlais, il y avait des salaires qui étaient donnés, des chiffres qui étaient donnés. Est ce que par exemple la question des salaires dans vos auditions, c’est quelque chose qui est revenu souvent ou pas.
Non pas des salaires en tant que tel, mais vraiment de ce qui fait la différence entre celui qui est officier de police judiciaire et qui va, qui va voir, qui va avoir la charge mentale, le poids des enquêtes, des investigations et les autres. Donc cette fameuse prime aux PJ, oui, elle est revenue systématiquement et j’avais commencé à évoquer le sujet tout à l’heure et je ne l’ai pas creusé, approfondi. Mais je vous ai dit qu’il y avait beaucoup de PJ officiers de police judiciaire qui en réalité n'étaient plus sur des postes d’enquête où ils ne faisaient plus d’enquête, mais ils avaient bien la qualité puisqu’ils ont passé l’examen de quatre mois, mais ils n'étaient pas sur un poste. Et en fait, aujourd’hui, ces gens, ils ont la. Ils ont une prime, ils ont la prime d’officier de police judiciaire alors qu’ils ne sont pas sur un poste d’officier de position basse a quand même deux ou trois questions par rapport à celui qui y est, évidemment. Il y a une réforme en cours d’une cartographie des officiers de police judiciaire pour que ce soit effectivement les officiers de police judiciaire qui soient sur un poste d’officier de police judiciaire qui ait la prime d’officier de police judiciaire. Et donc c’est aussi comme ça qu’ils ont permis d’augmenter le montant des officiers de police judiciaire, mais ça reste vraiment pas grand chose. Voilà, moi je pense que Sans trop se ruiner, on est capable de doubler la prime d’officier de police judiciaire en tant que telle à court terme, même si dans l’idéal, moi je suis pour recréer encore une fois, comme je l’ai dit, revenir à avant 95, recréer un corps des enquêteurs, des inspecteurs et donc d’avoir des grilles indiciaires, pas besoin de passer par des primes mais des grilles indiciaires qui soient spécifiques et des suggestions qui soient spécifiques. Même si je crois qu’il faudra avancer sur la question des rythmes de travail. Évidemment, on ne peut pas avoir des rythmes de travail où on nous dit Bah, tu bosses trois jours, du coup tu récupères cinq jours, parce qu’en fait, il faut suivre l’enquête. Ce qui dicte le rythme de travail, c’est l’enquête. Mais il faut qu’on soit en capacité de dire ah aux agents qui cumulent des heures en police judiciaire, ben écoute, là, t’as un mois de vacances bonus en plus, dès que t’as fini l’enquête, dans un mois de vacances et on t’envoie, puis tu ne reprends pas d’autres enquêtes tant que tes revenus de congés quoi. Et donc ça demande d’augmenter le nombre d’officiers de police judiciaire par là même. Mais je pense qu’il faut qu’on arrive à ça parce que sinon on va avoir des gens qui partent dans le décor, y compris à titre perso. C’est l’audition d’ailleurs qui était dans le cadre de l’audition de l’Association française des magistrats instructeurs, la FEMIS. C’est Macron qui a la présidence qui disait que les juges d’instruction les Agents de la DCPJ, la direction centrale de la police judiciaire, partagent ensemble des horaires complètement dingo et d’avoir un taux de divorce Extrêmement Élevé, de pas s’occuper de ses gamins, de se retourner dans le rétro et dire ah je ne l’ai pas vu grandir mes gosses. On a des trucs qui vont se produire, peut être qu’on peut s’organiser différemment.
Nico te demande ce que pense Ugo du déploiement de technologie d’intelligence artificielle pour l’analyse d’images en temps réel par des drones, caméras de surveillance, reconnaissance faciale, mouvements de foule, etc. Jusqu’au 30 juin 2025, à l’occasion des JO de 2024.
Oui. C’est la prochaine loi qui va arriver aux JO. Il y a déjà eu beaucoup de choses qui ont été permises d’introduire dans les lois précédentes. Sécurité globale et sécurité globale Beats by pour moi, elle s’appelait. Celle de 2021, là où c’est après qu’ils se sont fait censurer au Conseil en 2000, la Sécurité intérieure Moi j’ai voté contre tout et j’ai même fait mieux. C’est qu’à chaque fois, on a saisi le conseil constitutionnel, on est allé devant le conseil constitutionnel pour défendre nos arguments. Et à chaque fois on s’est fait bananer, surtout pas dans cette cour.
Ce n’était pas sécuritaire le renseignement ?
Je crois que c' est la loi sur la sécurité que je ne sais même plus. On a dû en voter dix ou onze, quand tu comptes bien. La sixième prorogation de l'état d’urgence Sécurité intérieure, lutte contre le terrorisme, sécurité globale version Une confiance dans l’institution judiciaire. Il y avait aussi des trucs de politique dedans. Justement, il y en a eu une deuxième pour faire sauter les délais sur la loi de 2016 et prolonger des délais, faire des dispositifs. La loi Silence. Ayant eu plusieurs petites lois tu vois, et une sur la généralisation de la possibilité d'équiper de caméras piétons les policiers municipaux, la lutte contre les rodéos motorisés qui est un texte à part entière. Bon, en fait il y en a et je pense que je suis plutôt dans le vrai sont pas tous aussi gros que sécurité globale je te l’accorde, mais où ? Sécurité, intérêts contre le terrorisme ? Mais maintenant il y en a eu beaucoup trop. Oui, la loi qui espère.
Et donc quels sont les risques que tu pointes en étant contre l’arsenal, là, qui va se déployer ?
Ben il y en a plusieurs et déjà c’est dedans quelque chose de la société que veulent et qu’on ne veut pas être dans une société de surveillance. C’est partir du principe que tout le monde est suspect. Et moi je ne suis pas pour partir du principe que mon voisin, ma voisine sont des suspects.
Entre voisins c’est possible.
On a peut être raison. Mais on n’est jamais trop prudent. Donc c’est ça, je ne veux pas. Je veux que spontanément on se fasse confiance. Et pas que ce soit une société de défiance et de méfiance réciproque. Parce que je crois que ce n’est pas comme ça qu’on construit une humanité. Alors c’est un propos plus philosophique que pratique et pragmatique que je suis en train de lire. Mais je mets je crois que c’est important pour la suite de ce qu’on décline politiquement et de ce que ça traduit ensuite des fonctionnements humains entre nous. Parce que quand tu te méfies de l’autre, t’es pas toi-même quelqu’un d’agréable. Et puis ce n’est pas ça vit son humanité pleinement. Donc clairement, il y a un postulat de départ de principe et philosophique, et moi je l’assume parce que souvent on me dit Monsieur Bernalicis, vous êtes dans l’opposition de principe. Oui, je le confirme. Je ne sais pas qui j’imitais en faisant ça, mais en tout cas, c'était quelqu’un de détestable. J’ai des principes et je les défends. Et donc j’ai des oppositions de principe. Ça me semble important de le redire d’un point de vue opérationnel. En fait, ça ne marche pas si bien qu’on veut bien le croire. Il y a des tas de biais dans cette écologie et surtout dans l’emploi des technologies en tant que telles. Les technologies, en même temps elles- mêmes, comportent des biais, mais la manière dont tu utilises en comporte encore plus puisqu’on va utiliser ces technologies dans les quartiers populaires, dans des foules en tant que telles, dans des mouvements de contestation et donc sur un public particulier. On ne va pas surveiller les bourgeois du 16ᵉ. Plus particulièrement et plus je dis de manière caricaturale, mais c’est pour qu’on comprenne bien l’enjeu derrière tout ça. Et ça dit aussi quelque chose des comportements qu’on va chercher à avoir, parce que je mets de côté la reconnaissance faciale, parce que ne tombez pas dans le piège de croire que ce n’est qu’une question de reconnaissance faciale. On parle de traitement algorithmique de données et le traitement algorithmique de données, ça peut être, et ça a été dit dans la question des questions de reconnaissance de comportements particuliers, donc le cas, le cas courant. Si vous avez un couloir dans une gare, tout le monde marche dans la même direction, il y en a un qui marche dans l’autre direction. Lui, on va le capter où ? Il y en a un qui s’arrête, mais.
C’est le cabinet Occurrence qui fait ça.
Exactement. Et donc on se dit que du coup, le comportement qui va être capté par la technologie, en fait, est marqué sociologiquement, ce sont les gens qui sont les plus marginaux dans les sociétés qui sont les plus. Du coup, en dehors du cadre et qui sont déjà des gens qui sont déjà plein la tête de la société elle-même. Et donc ça augmente le niveau de répression et de défiance envers une population qui aurait besoin d’aider, d’accompagner et de remettre dans le circuit commun plutôt que de définitivement leur dire. A regarder, l’algorithme a dit que c'était une mauvaise personne. Donc voilà. Et puis derrière les arguments élémentaires, c’est que tout ça coûte un pognon de dingue, c’est un business d'œuf. Ça fait partie de mes grands plans, j’ai plein de plans sur ce que je pourrais faire, ils vont me faire plein de pognon une fois que je serai plus député. Et franchement aimer la sécurité et notamment la sécurité technologique, ça peut être la cyber sécurité ou surveillance. C’est vraiment ces gens-là, l’Eldorado pour ces gens.
C’est marrant que tu dises ça parce que pour certains officiers de police judiciaire, les boîtes privées c’est aussi une porte de sortie. Parce que l’attractivité dont on parlait tout à l’heure, elle s’exerce parfois là. D’accord, il y en a qui partent pour aller bosser dans des bureaux.
Ouais, mais en fait, l’essentiel reste et ne partent pas parce qu’ils aiment leur métier et ils ont encore un sens du service public. C’est un peu couillon ce que je dis, mais c’est vrai. C’est vrai, notre système tient encore sur la base d’un truc qui n’est pas tangible, c’est le sens du service public qui n’est pas palpable, durable et ça, c’est beau, mais ça ne va pas tenir.
Toujours à propos du service public. Question de PAC man c’est une question philosophique. Alors soit tu réponds en quelques secondes, soit ça prend 2 h. État de droit ou État policier ?
État de droit ça prend 2h, ça prend deux secondes. Etat de droit. D’ailleurs, j’ai découvert une citation parce que moi, là bas, je ne suis pas juriste, j’y connais rien dans tout ça. Je me suis passionné pour ça, à la fois comme militant et puis ensuite, et puis ensuite à l’Assemblée. Mais alors il faut que je le retrouve là. Une citation de Herring sur le formalisme et la procédure.
En fait, qui est la sœur afin jour après jour, trouver la voie, Ils veulent la station entière parce qu’elle est et bien qui dit c’est sur la base de l’état de droit. Tout semble blanc et se dit ennemi juré de l’arbitraire. La forme est la sœur jumelle de la liberté. Voilà. Et donc ce type défendait l’État de droit parce que qu’est ce que c’est au fond l’État de droit ? C’est des normes, des procédures, des règles à respecter pour éviter de tomber dans l’arbitraire. Et donc je suis un amoureux de l’État de droit et même du mot qui revient de plus en plus et qu’on entend de plus en plus. Si je suis content parce qu’on a beaucoup mis en circulation, c’est le mot et le principe de sûreté qui n’est pas exactement la même chose que la sécurité. Dans les services de police judiciaire en sécurité publique, ça s’appelle sûreté urbaine et sûreté départementale. Et ce n’est pas pour rien. La sécurité, ses conseils et ses conseils, c’est de ne pas se faire peur, ne pas se faire voler son portefeuille, de faire cramer sa bagnole, pas se faire tabasser. Et la sécurité matérielle ou financière ou ce que tu veux. La sûreté, c’est autre chose. C’est de ne pas être mis en cause arbitrairement par le pouvoir politique que ça emporte et la sûreté comprend la sécurité.
J’essaie de prendre d’autres questions Zhou Ping nous demande. Pourquoi ne pas faire une grève générale et fédérer la police avec pour dénoncer ces nouvelles mesures ?
Bien disons que vous avez vu le nombre de sigles qu’il y a déjà. C’est chaud à comprendre. Du coup, lancer une grève générale là dessus, va falloir beaucoup de lectrices avant que les gens se disent oui, il faut que je lance une grève générale sur la réforme de la police. Mais en vrai c’est très compliqué. C’est une question qui se pose. La question est rigolote, mais la question plus concrète, c’est. Alors que c’est un sujet extrêmement important, avec des sujets souvent de sécurité et de justice sont importants et emportent des conséquences pour tout le monde. Comment on fait pour mobiliser là dessus ? Comment on fait pour mobiliser dessus ? Comment on fait pour que ça ne soit pas n’importe quoi.
La méthode employée est celle de la mobilisation de l’Association nationale de police judiciaire, demain devant les tribunaux, avec des magistrats, etc. Il faut dire extrêmement malin, puisque ce n'était jamais arrivé dans l’histoire et la force symbolique et du nombre aussi de mobiliser de personnes mobilisées sur le nombre d’agents que comporte la direction centrale de la police judiciaire ont montré quelque chose. Et puis finalement, les mondes de la justice et de la police sont des mondes aussi normés et codés. Où il y a des symboles qui peuvent peser lourd. Et le limogeage, par exemple, d’Eric Barella le disait PJ de directeur zonal de la police judiciaire de Marseille a pesé lourd dans la balance et dans la mobilisation autant que la manifestation spontanée. Après son limogeage devant la direction de la DPJ de la de la préfecture de police, la Direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris. Donc finalement, quand vous arrivez à mobiliser énormément de monde, y compris dans un corps restreint, ça peut faire la bascule. Et c’est comme pour les magistrats, quand ils font la tribune des 3000 magistrats, 3000 magistrats qui signent sur un corps qui en comporte 9000, ça fait déjà un tiers. Quand en l’ouvrant à signature, une fois que la tribune est publiée, ils arrivent à 6000 signataires, ça fait les deux tiers du corps. Bon, vous avez un Dupond-Moretti qui est obligé de qui est obligé de réagir parce que, y compris nous députés, on va le souffle et là dessus, on va lui remettre sur le tapis à chaque fois et dans les passages médias, on va lui remettre sur le tapis, etc. Donc c’est des moyens de pression qui a priori sont moins efficaces que la grève générale, oui je l’accorde, mais qui en sont quand même et qui sont utiles pour faire avancer, avancer le schmilblick. Après, le mieux, le plus simple, ce n’est pas ça et c’est franchement, c’est la grève générale. Lundi démissionne. Record des élections. La nuit pèse, gagne. Et puis on applique le programme pour avoir la paix.
Vous mettez de la police politique partout parce que tu nous as bien expliqué que tu aimais ça, ainsi que la PJ
Alors je vais dire un truc. David.
Houla !
Demain on gagne, comment je fais sur le renseignement territorial pour démanteler les trucs de fachos ?
C’est les mêmes.
C’est tout. Bien oui, en plus c’est une mauvaise réponse.
Moi aussi je fatigue vraiment.
C’est une mauvaise réponse parce qu’il est compris pour savoir ce qui se passe à l’intérieur de la police. Parce que c’est plutôt au renseignement y compris au sein de la DGSI et là il n’y a pas de volonté politique de faire le ménage.
Donc il ne faut pas cracher sur les moyens non plus.
Voilà.
Alors là, le renseignement c’est mon dada. On fera une émission si tu veux bien là dessus. Une mission parlementaire juste pour qu’on puisse faire la politique.
Maintenant, je vais faire un sujet à ce sujet au sujet de la mise en situation de la transition après les auditions publiques sur le renseignement. Je laisse tomber la croix, la bannière, quoi !
Ben c’est ça, c’est ça. Ben oui, mais rien que ça, c’est un problème.
Mais tu vois, c’est bien. Mais tu sais, je voulais être dans la délégation parlementaire au renseignement. Et ils n’ont pas voulu, ils restent parce que c’est Yaël Braun-Pivet qui décide toute seule dans son coin et elle a mis une fasciste. Et voilà, plus simple facho.
C’est le RN, c’est ça ?
Oui quand je dis fasciste Je préfère appeler un chat un chat
On te dit alors si supposition le maire de monpatelin est de droite, le député élu et R.N. Et il a gagné contre une insoumise à quelques voix près avec notre GA. Je ne sais pas ce que c’est le GA. C’est quoi le GA ou parmi ces groupes d’action ? Ouais, nous aussi on a nos goûts. Tu as vu ou quoi ? Avec votre action, vous faites marrer. On fait du tractage sur le marché du patelin. Sur la réforme des retraites, le maire décide de nous mettre en garde à vue. Mais dans la mairie, il n’y a pas de geôle. Du coup, il va nous emmener à Lille. Donc ça fait référence à ce que tu as dit il y a deux heures. Légal ou pas légal ?
Oui je suis ch’ti et fier de l'être. Oui, donc un OPJ mais l’OPJ peut aller au commissariat de police le plus proche pour aller placé en garde à vue dans les geôles d’un commissariat. Et d’ailleurs y a des mairies où il y a des geôles partagées. Police municipale, police nationale, ça existe dans quelques endroits dans les mairies. Et donc oui, le maire techniquement peut le faire. Après attention, s’il fait ça et que et qu’on arrive à prouver que c’est de la détention arbitraire, il y a des articles du code pénal qui permettent de poursuivre quelqu’un, et notamment un agent public qui aurait arbitrairement placé en garde à vue, donc sans son, sans fondement, placé en garde à vue, quelqu’un dire aujourd’hui un policier qui place quelqu’un en garde à vue alors qu’il ne devait pas le faire, il n’aurait pas dû le faire, pourrait techniquement aussi être poursuivi. Mais ce n’est pas fait ça pourrait être fun s’il y avait une autre direction politique dans le pays par hasard. Après, on ne va pas cramer toutes nos astuces tout de suite quand tu laisses un peu.
Je suis heureux d’avoir appris ce sigle G.A. que je n’avais pas vu sur la Police nationale. Mais qui va donc apparaître le jour où vous serez au pouvoir ? On te demande, et ça, c’est moins drôle. Y a t il des suicides chez les OPJ ?
Oui, bien sûr, ils ont tous les corps de police. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait de spécificité, de surreprésentation d’une direction ou d’un corps sur la question du suicide, parce que chaque direction de police a. C’est assez galère quoi. La PJ en est certaine, sur le rythme de vie, sur la pression qu’on peut avoir en sécurité publique et d’autres galères en police aux frontières, dans les centres de rétention administrative. Ce n’est pas la joie non plus. Donc et la pression de la hiérarchie, la pression du chiffre, même si elle se fait moins ressentir en DCP, elle se fait ressentir quand même partout en fait. En réalité, il y a un mouvement général, donc c’est bien, c’est un sujet, c’est un sujet transverse à la police. Et je crois qu’il y a une question centrale aussi de se dire comment on gère sa carrière.
Et la question de l’exposition qu’on a à tout ce qui est anxiogène et comment on fait pour pas avoir une carrière 100 % anxiogène qui va être confrontée à la morbidité notamment, qui peut être un facteur de risque, à l’arme à feu qui est un facteur de risque que l’essentiel des suicides sont faites par l’arme de service. Donc comment on fait pour qu’il y ait moins d’usage de l’arme de service, moins de possession de l’arme de service et notamment hors service à la maison, etc etc. C’est une réflexion qui doit être plus globale. Et donc oui, il y a des il y a des OPJ qui se suicident.
Sentier Battant demande quel est le poids exact des syndicats de police, 95 kilos ?
Ben il faut regarder les dernières élections pro. Je crois que le taux de le taux de votants est à plus de 80 %. Donc c’est un gros poids par rapport à n’importe quelle autre administration ou boite privée. Je ne sais pas s’il y a quelqu’un qui bat les policiers en taux de nombre de votants. Il y en a peut-être une ou deux exceptions dans un coin de tout petit service et hyper captif en bas, informé ou en tout cas aussi massif. Y’a que les quolibets, les policiers, les policiers.
Je veux dire, toi, tu es législateur, tu entends peser sur ce point là, tu fais une mission d’information. Est ce que le poids des syndicats, tu le sens dans la mission d’information où on exagère le nombre d’entretiens ?
Oui et non. C’est à dire que, en fait, on n’exagère pas parce que je pense que vous avez tous regardé le complément d’enquête ce vendredi sur les organisations syndicales et sur ce qu’elles sont capables de faire.
On l’a vu ici avec Fabien Bilheran, ils ont un poids non négligeable puis ils ont un poids parce que l’administration leur laisse la direction politique du ministère, c’est-à -dire les ministres le leur laisse.
Ça se voyait gros comme un nez au milieu de la figure. Mais la l’OCM au départ, la loi d’orientation par l’action du ministère de l’Intérieur. La première version, ce n’est pas celle qu’on a votée à l’Assemblée, c’est celle qui a été présentée en mars 2022 par Gérald Darmanin, alors qu’il y avait plus rien à l’Assemblée, que l’Assemblée était fermée et plus de session. Il l’a fait en plein dans la campagne électorale pour avoir tous les tracts des syndicats de police qui saluent la LOPPSI et les milliards qui étaient sur la table. Et en fait, l’essentiel de ces milliards, ce n’était pas ceux pour les logiciels pour construire des bâtiments pour je ne sais pas. Tout ce qu’on peut imaginer quoi. Mais c'était essentiellement pour les suites du PLU, plus de PPCR. Il y a aussi leur avis de PPCR. Donc laissons l’essentiel de la LOPPSI était déjà décidé avant la LOPPSI puisque ça avait été annoncé avant la présidentielle. Et donc derrière tous les syndicats ont dit ah bravo Gérald Darmanin. Génial ! Alors mis trop bien, Macron trop ouf ! Voilà, ils ont participé à la campagne de cette manière là. Et d’ailleurs souvenez vous que je vais Alliance. Ensuite refuser d’inviter les candidats de gauche En vrai moi j'étais content parce que ça nous éviter d’avoir à se poser la question de ce qu’on y va ou pas et que ça nous a fait un petit plan sympa, réglé sur papier à musique pas cher. Franchement nickel. Merci les gars, continuez comme ça. Merci Alliance Police nationale, Je vous dirai pas c' est souvent cité. Donc ils ont un poids, mais c’est celui qui leur est laissé après leurs éléments de langage généraux. Franchement, on transpire dans la police, ça c’est clair que ça parle aux policiers de base. On dit par exemple qu’il faut simplifier la procédure pénale. Tout le monde en est convaincu. Et pour c’est l’Arlésienne, c’est le truc, c’est ça y est, ça rentre dans les têtes. Il faut armer les policiers, tu sais tout ce discours là. Mais après, sur le poids concret, c’est à dire la capacité à mobiliser par exemple, allez aller en fait relativement faible quand on a vu les manifestations, sauf celle devant l’Assemblée nationale qui a eu lieu, il y a eu à où il y a eu pas mal de monde, mais c’est, oui, une exception qui vient confirmer la règle. On pourrait, on peut expliquer d’ailleurs pourquoi il y a cette exception à ce moment là, notamment sur le fait qu’ils ont surfer énormément sur la mort de certains de leurs collègues et sur l'émotion de ce suicide encore, et que la revendication, les revendications de mise en cause de la justice ne sont apparues qu’après l’annonce de la date en tant que telle qui est en train de se construire en intersyndicale et que les uns et les autres se sont tirer la bourre. Et pas seulement. C'était l’intersyndicale. C'était le jeu de celui qui avait ramené plus de drapeaux en la reconnaissant donc l’air d’avoir joué aussi.
Mais quand ils ont fait des manifs en tant que tel à eux tout seul, ça ne fait pas beaucoup, non ?
Et d’ailleurs, dans les cortèges sur les retraites, les policiers appellent à manifester un appel à manifester, manifester, etc. Et ils sont très peu identifiés et très peu nombreux. Alors moi je l’ai vu à Lille. Je ne parle pas de Paris parce que Paris c’est encore une autre histoire. Mais à Lille où il y a moins de visibilité sur les problèmes d’embrouilles qu’il pourrait y avoir entre manifestants, il y a moins de tension ils sont le 19 à Lyon, c'était quand même en force. Et mardi dernier, quelle ne fut pas ma surprise quand tout d’un coup, je me suis retrouvé face à Grégory Gironde en direct pour le regarder, mais ils étaient quatre. Et les fanions étaient enroulés. Pour les connaître, pour savoir qu’ils étaient là. Mais c'étaient des capacités de mobilisation assez faibles. D’ailleurs, les plus grosses mobilisations de policiers se sont faites en dehors du cadre syndical sur les JO pendant des années au moins les six dernières années. Notamment des policiers en colère. Il y eut les policiers de nuit, Alors ils se sont fait récupérer par alliance après derrière. Mais voilà. Et pareil, quid de la réforme dont on est en train de parler ? La question de la police judiciaire puisque c’est en créant une association ad hoc à la section nationale de police judiciaire que la mobilisation peut se faire. Et parce que les syndicats ou finalement se sont concentrés sur le gros de la troupe pour des raisons électorales, pour les résultats. Du coup, il y a des gens qui travaillent la nuit, qui sont trop nombreux, peu captifs puisqu’ils sont là la nuit et ne croient pas les syndicalistes et. Tous ces petits services dans des coins sont moins bien représentés par les syndicats, donc c’est à relativiser aussi leur poids.
Christelle te demande est ce que Ugo a des recommandations pour mieux prendre en charge les VSS violences sexistes et sexuelles qui sont sur le devant de la scène avec le rapport récent du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et qui donne souvent lieu à des témoignages glaçants de la part des victimes sur leur manque de prise en charge. A ce sujet, lundi, Hélène de Vinck sera au poste. Hélène de Vinck, journaliste pendant 20 ans à TF1 et qui a retrouvé un certain nombre de victimes d’agressions sexuelles par Patrick Poivre d’Arvor. Elle a été victime.
Moi ce qui m’a amené le document que j’ai trouvé le plus intéressant en la matière sur notre sujet, sur la prise en charge des questions policière et judiciaire au sens large, c’est celui d Hubertine Auclert qui est un rapport qui a été rendu à la demande de la préfecture de police. D’ailleurs, petite parenthèse, la préfecture de police n’est pas du tout concernée par la réforme de la départementalisation elle est tellement bonne cette réforme qui l’applique pas à la préfecture de Police. Ce que je voulais dire, c’est que ce rapport de personne au clair, il est très intéressant parce qu’il est que sur le sujet. Donc on est en train de parler et tu fais des préconisations concrètes de ce qu’il conviendrait de faire pour Pôle, pour l’accueil, pour l’accueil et le traitement des violences sexuelles et sexistes. Il y a nous. On avait creusé pour la campagne présidentielle la question de la méthode de Philadelphie. C’est de Van den Mémo qui était intéressante sur un aspect, c’est l’aspect retour d’expérience. C’est à dire qu'à chaque fois qu’il y a un truc qui merde, qui ne va pas, on réunit tous les gens qu’on participe à la chaîne et on voit ce qui n’a pas marché. On essaie d’apporter des mesures correctives pour la suite et donc ce fait d’allers retours et de va et vient pour essayer de s’améliorer à chaque fois, ça fait partie des dispositifs. En fait, il faut y mettre des moyens. Moi, quand je vous explique en sécurité, en sûreté départementale qui traite l’essentiel des VSS, la quasi totalité puisque la police judiciaire des CPJ en traite, que très peu en fait. Tant que les plus affaires les plus emblématiques quand ils sont déjà engorgés à 240 dossiers par enquêteur et que vient s’ajouter un sur la pile des violences sexuelles et sexistes, vous comprenez bien que vous avez beau avoir la meilleure intention du monde, la meilleure formation, le policier le plus le plus dingue sur le sujet, ce n’est pas possible. Donc clairement, extraire ces sujets là et les mettre dans des groupes, donc dédiés, qui ont le temps, sur le modèle de ce que fait la direction centrale de la police judiciaire, c’est donner du temps à ces enquêteurs. C’est une des réponses à donner. Deuxièmement, d’avoir des gens formés. Ce n’est pas un sujet annexe. Alors Gérald Darmanin vous dira Oh, mais quasiment 70 % des policiers et gendarmes sont déjà formés aux VSS. Nous allons bientôt atteindre les 100 %. De quoi parle-t-on au fond ? On parle de quoi concrètement ? On parle d’une journée de formation dans le meilleur des cas. Dans le meilleur des cas vous avez des intervenants et policiers et une Assos genre une demi journée, une demi journée et par demi journée qui viennent faire de la sensibilisation en fait. En réalité, et dans le pire des cas, c’est un truc quand il le dit. Bien vous êtes dans votre PC ou cliquez sur des slide et on vous explique ce que sont les VSS. Et comment bien se comporter en la matière. Si je vous dis. Donc bon, il y a des marges de progression substantielles en la matière. Donc je ne sais pas, je ne sais pas. En fait, je ne sais pas à court terme comment on règle sérieusement le problème. Ça demande tellement de déploiement d'énergie, de moyens Il faut au moins il faut au moins quatre cinq ans pour avoir un truc qui tienne à peu près la route en la matière. Et je me pose à la fin la question. Je le dis comme là où j’en suis de ma réflexion, c’est propre, c’est passé le lundi du mouvement de qui que ce soit dans la mienne, sur le comment on fait pour développer des choses qui soient pré judiciaire ou ante judiciaire, qui ne soient pas juste la réponse pénale en tant que telle, mais la réponse d’avoir une réponse qui puisse être plus immédiate sur les petites, les petites infractions et les petits délits pour pouvoir mettre plus de moyens à se concentrer sur ce qui est plus de forte intensité, vu que les moyens sont contraints et que c’est une course contre la montre. La question j' ai fini par me la poser parce qu'à la fin, sinon ça aboutit à quoi ? Des classements sans suite et donc pas de réponse du tout en fait. Voire même une réponse négative parce que l’auteur de violence peut ensuite se prévaloir du classement sans suite en disant regardez, vous avez vu, j’ai rien fait. Ce qui n’est pas forcément le cas. Un classement sans suite, ça ne veut pas dire que les faits ne sont pas faits, que l’infraction n’a pas eu lieu. Ça veut dire qu’il n’y a pas d'élément de preuve pour la caractériser.
Mon cher Ugo Bernalicis, il y a encore plein de questions. Ça fait 3 h 50. Alors pas sur la réforme, mais sur le quotidien.pas le quotidien, mais sur la criminalité. Tout n’est pas directement opérationnel d’un point de vue policier, mais c’est très intéressant et utile. Et si c’est marqué prise en charge psychologique des femmes victimes de violences. Je vais juste dire un truc ce n’est pas propre au VSS, mais ça s’applique parfaitement dans le domaine, c’est que une fois que la personne est là, l’infraction est caractérisée par la personne. La victime en tout cas, dit avoir été victime d’une infraction. Le traitement pénal ne répond pas à toutes les problématiques. Ce n’est pas parce que vous avez été victime et que du coup l’auteur se retrouvé et qu’il est condamné que vous allez mieux ensuite. Vous pouvez aller mieux ensuite de ce fait là. Mais ce n’est pas une vérité générale et ça vaut dans toute matière pénale. Et donc il y a les questions de ce qu’on appelle la justice restaurative qui va travailler avec la personne victime.
Et oui. L’auteur pour travailler sur les faits et sur comment on fait pour vivre avec et passer à autre chose sur la résilience de quelqu’un. Et ça, c’est très peu investi dans notre pays. Et je pense que c’est une voie aussi qu’on doit pouvoir travailler parce qu’il y aura, il y aura, il continuera d’y avoir des classements sans suite, etc. Parce que c’est des sujets dans lequel c’est compliqué, c’est souvent parole contre parole, les éléments de preuve ne sont pas toujours là, etc. Et donc comment on fait pour pouvoir continuer à avancer derrière et continuer à vivre ? C’est aussi par d’autres moyens et ça il y a une faiblesse, des moyens qui sont mis là dessus, ou une inexistence, même des moyens qui sont mis là dessus, qui sont, qui sont importants à apporter. Je voulais juste pour, puisque ça, j’y crois vraiment et que c’est quelque chose qu’on peut mettre en œuvre. Pour en quatre cinq ans aussi, mettre des moyens très vite là dessus.
Cinq mois de deux, cinq mois d’auditions. Et qu’est ce que les flics on fait remonter ou l’institution à la fois, à la fois leur priorité dans la lutte contre la criminalité ou la délinquance, leur priorité et ce qui toi te semble préoccupant ? Est ce que c’est la même chose par exemple, ou pas ? Par exemple, les violences familiales. Manifestement ça remonte systématiquement.
Systématiquement, les policiers disent on n’en peut plus, on traite mal les gens ou on maltraite les gens. Ce qui revient au même. Et si des politiques sont en souffrance et policières et les policiers qui sont en souffrance eux mêmes parce que ici ils ont des gens en face d’eux, ils peuvent rien faire pour eux, ils n’ont pas le temps. Donc et c’est hyper dur et c’est remonté systématiquement, pas juste dans nos missions, mais aussi dans les déplacements qu’on a fait dans les services. Et cette impression de ne pas savoir comment régler le problème ne pas savoir quoi faire en fait. De dire pas de pas de lumière au bout du tunnel.
Pas de lumière au bout du stade.
Exactement au Canada pour la justice restaurative. Oui, c’est vrai, ils ont été des précurseurs à fond là dessus. Et c’est exactement ces modèles-là qui sont à déployer à l’Institut français de justice restaurative. Et je pense que ça pourrait aider ces policiers là aussi, dans leur dans leur quotidien, vraiment à décharger et à prendre en charge les victimes, ce qu’eux ne peuvent pas faire ou ne rêvent pas à faire comme ils le voudraient quoi. Très clairement. Et des fois, ce n’est même pas leur rôle, c’est à dire ce n’est pas le policier, c’est de faire aussi une enquête en tant que telle, pas juste d'être là dans une capacité d'écoute, etc. C’est important l'écoute et c’est dans une des fins d’investigations, avec une enquête derrière. C’est un autre métier que de faire aussi de l'écoute en tant que tel et travailler sur les faits avec la personne. Donc ça c’est assez important. Et puis après en fait, le cri d’alerte, notamment dans les offices centraux sur la très grande criminalité, le haut du spectre comme dit une magistrate aussi, notamment des juges d’instruction, en disant attention, c’est vraiment, c’est déjà très compliqué aujourd’hui. Il y a des réseaux qu’on n’arrive pas à pourchasser et qui commencent à avoir pignon sur rue. Et avoir un potentiel correctif. Le genre et je disais tout à l’heure.
C’est la mafia en fait.
Ouais, ouais, ouais. Des systèmes mafieux. Mais ça fait attention, danger. Si vous me disiez à la fin, toute cette réforme se traduit par un délitement des moyens mis en œuvre sur le crime, on va dans le mur, quoi !
C’est super si on parle comme ça là. Donc système mafieux, l'équipe parfaite sur qui porte tu regardes c’est quoi le rapprochement avec le one shoot ?
Les choses sont interpénétrées, mais ça peut être stupéfiants, trafic d'êtres humains. Donc ça peut être proxénétisme, trafic d’organes, trafic de migrants Il y a alors des champions là, y a eu des trafiquants spécialisés, du trafic au chômage partiel, il y a des trafics sur les taxes, là, pour l’alcool, il y a des systèmes très, très aboutis aujourd’hui, dans la très grande criminalité, Tout ce qui est autour des crypto actifs crypto monnaie Est ce que les arnaques et pyramide de Ponzi qui sont faites avec une facilité déconcertante, avec des tas de gens qui se font arnaquer, qui se font avoir, qui se font plumer. C’est pour ça vraiment aussi que s’il y a un message qui est lancé aussi par les trois inspections, le rapport qu’ils ont rendu, quand tu regardes le nombre de recommandations, il y a énormément de recommandations sur la nécessité d’avoir des indicateurs sur les moyens consacrés à la lutte contre la criminalité organisée, mais il y a un tiers de recommandations qui sont là dessus. Donc ce qui n'était pas le sujet, qui n'était pas le sujet qui sautait aux yeux de prime abord Et en fait, c’est pareil. Cette réforme, en fait, a été aussi un révélateur puisque le problème il existe aujourd’hui, ce n’est pas ce qui va être créé avec cette réforme. Donc si on arrive à en retirer, qu’il y a un rééquilibrage au sein de la police sur les moyens qu’on met pour tout ça. Après on verra. Ce n’est pas ce qui va arriver. Parce que Macron il a dit plus 50 % de bleus sur le terrain, donc de facto l’essentiel des effectifs vont être zappé la dedans et hop. On va encore engorger le truc.
Et ça en fait c’est pour donner le change au RN, c’est de la com politique pour avoir une rétribution politique immédiate concrètement c’est tout. Et alors, à part les violences familiales, là. Est ce qu’il y a eu un troisième secteur qui t’a surpris ? Voilà qui est remonté.
On a déjà un climat où j’ai mis les limites dans la délinquance économique et financière. Mais clairement, là, tu en es aux faits. Mais ça se saurait, on le sait depuis longtemps et moi je le sais au moins depuis 2018, puisque j’avais rendu un premier rapport avec Jacques Maillard sur les moyens mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre la délinquance économique et financière. Et on a fait un rapport d’application en 2021 pour voir, deux ans plus tard, deux ans et demi plus tard. Où est ce qu’on en était ? Est ce que ça avait progressé ou non, soit stagné, soit régressé ? Donc voilà, l’alerte avait déjà lancé plus de 100 milliards d’euros de fraude fiscale et la fraude fiscale n’est qu’une partie de la délinquance économique et financière, les arnaques sur Internet qui se multiplient dans des proportions inimaginables. Il y a c’est l’enquête de victimation, pas la celle de 2011 2019 sortie en 2020. Parce qu’après le comité, il y a un petit trou dans la raquette sur des enquêtes de victimation qui montraient que c'était 1,6 millions de foyers français, de foyers qui étaient touchés par les escroqueries financières. C’est la nouvelle délinquance de masse, quoi ! Et c’est pour ça que Darmanin, dans la LOPPSI, a dit qu’on va prendre en compte le cyber parce que l'Âme surnage, les rançons, les demandes de rançon. Je te pirate ta moto, je te donne 500 balles pour ton tour de passe. C’est la nouvelle forme de délinquance de masse. Et là on est aux fraises, on est complètement aux fraises. Et si tu vas déposer plainte dans un commissariat pour ça, tu vas dire. Oui oh. on vous a piraté votre boîte mail, vous allez déposer plainte tu n’auras jamais de nouvelles.
Mon cher Ugo Bernalicis, C’est un plaisir de t'écouter pendant 4 heures. Maintenant, est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur les recommandations qui risquent d’arriver dans le rapport ?
Dont tu dis on a fait les 4h comme si tout le monde était au courant, Mais c’est pareil. C’est parce que quand tu m’as envoyé un texto pour dire que j’aimerais bien de t’avoir Auposte pour pas être le truc de la PJ, j’ai répondu direct ok, mais pas moins de 4 h.
Merci pour ce temps, dit Ouest. Merci pour cet entretien dit Pimiko. Très intéressant et pédagogique dit Sentier battant. Merci pour cet entretien fort intéressant, dit David Pujadas.
Lundi 9 janvier, 19h zéro trois. Coucou David, Bonne année ! Oui, avec plaisir, mais s’il te plaît, prévois au minimum 4 h. Entre parenthèses, je ne blague pas, j’ai mis deux smileys avec des bisous. Et après je te dis secoue moi un peu demain matin parce que tu recevais l’excellent Jean Macé.
Tu sais que ça va très loin de dénoncer une correspondance privée, tu viens sur Twitch des fois ?
Ouais, ouais. Vous savez qu’ils ne veulent pas que je fasse des Twitch dans l’hémicycle ? Moi, des refus d’obtempérer, ça me connaît. Et donc je vais être en état de récidive légale. Pas plus tard que sans doute la semaine prochaine, puisque hier, il me semble qu’il y a une réforme, un truc chelou qui se passe à l’Assemblée et je me suis dit que ça s’y prêtait bien. Voilà, c’est une idée comme ça.
Mais alors pourquoi et pourquoi on interdit ? Qu’est ce qui s’est passé exactement ?
Alors bon, déjà, ils ont mis trois ans à capter que je faisais des live Twitch un coup de temps en temps à l’hémicycle. Ah ben tu vois, c’est un service d’enquête de l’Assemblée, c’est à l’image du pays, ça prend le temps que ça prend. En plus, n’avais pas fait de plan comme je n’avais pas fait encore. En fait, je vais lancer mes livres comme ça pendant la LOPPSI en vadrouille, tiens. Allez, vas-y et je vais en faire quelques-uns. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de live. Il y a quelqu’un qui a capté que je faisais un live et puis pourquoi a-t-il le droit de faire ça ? C’est scandaleux. Voilà les bourgeois à l’Assemblée nationale qui trouvent qu' il faut avoir une certaine tenue dans l’hémicycle, tout n’est pas permis en face des députés. Enfin bref, voilà, vous connaissez ça, mais je ne blague pas. En plus sur le fond c’est ça quoi, ces gens, ça vient les heurter. Alors c’est comme quand tu ne mets pas de cravate Donc le tweet, c'était de ce niveau là ils m’ont dit Monsieur, j’ai des potes, c’est un Twitch. Alors la première fois, je n’ai pas obtempéré, j’ai eu du bol. Ok, très bien, sinon je vous mets une amende. J'étais ma voisine et moi, évidemment. Et le lendemain, j’ai refait le tweet. Ils ont redit Oui, ça interdit. Instruction du bureau article neuf de l’instruction du bureau de l’Assemblée nationale. Vous n’avez pas perdu la fiche ? Alors après j’ai dit Bon, attendez, je vais juste couper la caméra parce que je sais qu’on n’a pas le droit de filmer dans l’hémicycle, ça je l’avais déjà entendu. Et puis après on a fait un coup de Trafalgar, c’est-à -dire qu’on a lancé le live sur Twitch depuis le bureau et pas depuis l’hémicycle pour voir si vous allez m’engueuler de faire un live Twitch. T’es pas dans l’hémicycle, mais ils ont capté qu’on essayait de se moquer d’eux. C’est qu’en fait on l’a dit au début du live et hier et depuis service de l’Assemblée, regardez et regardez le live, c’est sur leur téléphone. Et donc ça n’a pas marché, notre plan donc j’ai rapatrié le PC dans l’hémicycle et là je me suis fait engueuler. Et sauf qu’entre deux, je suis allé voir l’instruction. L’article neuf du bureau de l’Assemblée nationale qui est en ligne, le règlement de l’Assemblée nationale, vous le trouverez sur le site de l’Assemblée. Un truc dans la catégorie Instructions du bureau pour aller chercher l’article neuf qui dit uniquement qu’il est interdit de téléphoner dans l’hémicycle. Voilà. Et donc là, je me suis rendu compte que prendre des photos et prendre des vidéos, bah c'était marqué nulle part non plus. Et que je pensais que. C'était une caméra de cinéma, ça maintenant c’est un truc de dingue parce que du coup, je leur dis que le règlement ne dit rien. Donc le droit dans le pays, c’est que quand il n’est pas expressément interdit quelque chose, il est par défaut autorisé. Qu’est ce que ça signifie du droit français ? On est dans plein de pays du monde. Donc j’ai dit ben non, je vais continuer à faire mouvement, là. Et d’ailleurs j’ai continué jusqu’au bout, jusqu'à la dernière minute du vendredi. J’ai le droit à un tiret de Samuel Étienne qui m’a ramené 3700 personnes le vendredi à 0 h. Je fais Oh bah écoute, on va continuer à faire le live. Et depuis, ils ont réuni le bureau de l’Assemblée nationale et ils ont décidé au bureau de l’Assemblée nationale que l’article neuf interdit de téléphoner s’appliquait aussi aux lives. Twitch for Live sur les plateformes, parce que ça s’apparente à une communication avec l’extérieur, comme quand on passe un coup de téléphone. Ils ont décidé ça au bureau de l’Assemblée. Et figurez vous que officiellement, je ne suis informé de rien. J’ai appris dans la presse, on m’a fait fuiter le compte rendu du bureau. Mais le compte rendu du bureau, vous ne pouvez pas le trouver, il n’est pas public. Et donc officiellement, je n’ai pas cette information et ces informations ne sont pas consignées quelque part. C’est à dire que demain il y a une dissolution, y a un nouveau député qui arrive, il ne sait pas qu’il n’a pas le droit de le faire. En plus c’est complètement con, c’est pas comme ça qu’on fait du droit. Donc moi je suis con des fois. Donc comme ils ont pas modifié le règlement de l’Assemblée pour mettre noir sur blanc que je n’avais pas le droit de le faire, je vais continuer de le faire.
On va vérifier ça.
Ben oui. Et vous allez voir qu’ils vont me dire qu’il a été décidé en bureau et je vais dire écoutez, je ne suis pas cool. Et quand ils me le mettront, je dirai que je ne suis pas d’accord. Vous vous faites une interprétation du droit du règlement et du bureau ? Je ne savais pas qu’il avait ce pouvoir d’interprétation. Il me semblait que c'était le rôle du Conseil constitutionnel
Le tchat pose la question : est ce que des emails ce serait considéré comme une communication vers l’extérieur ou les textes ?
En fait ce qu’on leur a dit, c’est pour ça qu’ils ne peuvent pas le mettre dans le règlement parce que c’est trop compliqué, il faudrait qu’ils tournent ça vraiment très bien. Mais oui, par exemple, faire un tweet je suis dans l’hémicycle, je fais un tweet. Oui, bravo, Nous avons gagné le vote sur l’amendement. Je vois 3272 qui rétablit l’ISF. C’est encore un sigle et je ne donnerai pas la réponse, tant pis pour vous. C’est une communication. Avec l’extérieur, c’est pareil. Donc ils se sont rendu compte que j'étais un peu coincé et donc ils auraient, ils ont juste pris une décision d’interprétation en pensant que Bernalicis allait obtempérer mais non.
Merci à toi et à bientôt. Le prochain texte sur la police est pour quand à l’Assemblée juste après les retraites ?
Ha oui mais c’est pour ça que nous on est dessus en ce moment. En fait, il est au Sénat. Il y a les notes de groupe. On est en train de conduire des auditions là-dessus, La Quadrature du Net notamment, entre autres, les syndicats d’avocats, de magistrats. Et puis, quand on a reçu la Ligue des droits de l’homme, en fait, il y a tout un tas d’auditions qu’on fait nous même en interne à la France Insoumise. Alors, la plupart, on essaye de les filmer, elles devaient être en ligne ou quelque part, mais donc en parallèle des retraites, effectivement, il y en a qui taffent sur le sujet parce que c’est le texte juste après la loi immigration tout de suite après les J.O. Moi, je suis un des rares à y croire. En fait, j’ai déjà pris des paris en septembre, j’ai ça, c’est précisé. J’ai dit dissolution en mars-avril.
On verra, merci beaucoup, donc mardi, on va pouvoir le lire le rapport, c’est super !
. Il passe en commission des lois que Macron a apportées. Il y a une séance de la commission des lois on va présenter le rapport et il y aura un vote avec les collègues qui sont là.
Alors à très bientôt, merci beaucoup !
Merci beaucoup le chat merci tout le monde, merci.
