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Rencontre « Ils inventent un monde écologique » (Reporterre/Seuil)

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Transcription de l’émission

Hervé Kempf
Eh bien bonsoir à toutes et à tous et soulignez aussi que cette soirée se fait en partenariat avec nos amis de hauts postes. Pour ceux qui ne sont pas à Paris et ceux qui ne sont pas à Paris, ils peuvent regarder en vidéo ce qu’on est en train de raconter. Donc en deux mots, on a. Merci d'être venus pour partager avec nous. Ils inventent un monde écologique. Alors l’histoire de ce livre, d’une part, on a une collection de livres avec Le Seuil depuis dix ans, donc on fête un peu l’anniversaire.
Fabienne Loiseau
Donc du coup, dans ce livre qui sortira après-demain, je parle d’une dizaine de projets alternatifs. Il y a. Par exemple un reportage de ma collègue Lorraine qui est à Montpellier s’intéresser au projet de caisse alimentaire commune, donc à un projet dont le principe, c’est que des centaines d’habitants qui ont été tirés au sort cotisent selon leurs moyens et ensuite en reçoivent tous les mois 100 € pour mieux se nourrir. Donc ces 100 €, ils peuvent les dépenser dans certains endroits bien spécifiques, comme certaines épiceries bios ou dans des AMAP par exemple. Et donc, c’est pour s’intéresser à l’enjeu de précarité à la fois alimentaires pour les personnes qui ne réussissent pas à se nourrir correctement, l’enjeu de précarité agricole, donc un sujet quand même plutôt d’actualité en ce moment. Donc sans expérimentation pour le moment, c’est uniquement autour de Montpellier pour tester l’efficacité du dispositif. Et le but, c’est quand même d’imaginer à terme une vraie sécurité sociale de l’alimentation à un niveau national. Mais tout ça, vous pourrez découvrir dans le livre. Il y a aussi un reportage à Toulouse d’Emmanuel Daniel qui, là, s’intéresse à un centre de santé communautaire. Le but d’un livre, c'était de varier les thèmes. Là, je vous parlais de l’alimentation, là de chercher des alternatives du côté de la santé, ce centre de santé communautaire, c’est un endroit qui accueille tout le monde, qu’il ait une carte vitale ou pas, et pour les soigner, mais aussi avoir un regard sur, pas seulement le problème de santé à un instant T de la personne, mais vraiment s’intéresser à sa vie. Et donc comme il y a énormément de personnes qui viennent, qui sont par exemple d’origine étrangère, ça va être le but de les accompagner en plus de les accompagner au niveau santé, de les aider à trouver un logement, à trouver des papiers, éventuellement à accompagner la scolarité des enfants. Et en plus, ce que ce reportage évoque, c’est le dispositif de ce centre de santé qui est en totale autogestion. Donc il y a des médecins qui font leur travail de médecin, mais qui vont aussi passer du temps à discuter entre eux pour savoir qu’est ce qu’il faut changer dans le centre, qui s’occupe de gérer les salaires de tout le monde ? Et donc ça pose des questions aussi. Est ce que c’est reproductible à d’autres endroits puisque les gens le reconnaissent ? C’est un super dispositif pour eux. Mais c’est hyper fatiguant en fait. Donc on peut découvrir ça dans Lire aussi un reportage dans la Drôme qui s’intéresse à des fermes paysannes qui essaient de réintroduire du vivant ou un reportage dans le sud de la France avec des collectifs de femmes qui essaient de construire en terre crue. Donc voilà, entre l’agriculture, le bâtiment, il y a différents sujets à aborder dans ce livre.
Justine Guitton-Boussion
Oui, et d’ailleurs, pour continuer un petit peu sur ce tour de France qui ne s’appelle pas Tour de France mais qui fait dans la même veine un beau périple un peu partout, on a notre collègue Hortense Chauvin, qui est une spécialiste des océans et de la mer et qui allait rencontrer les pêcheurs à la ligne les meilleurs de la pointe de Bretagne, une pêche exclusivement à la ligne de combat. Et donc elle raconte en fait la difficulté du métier. Là, ils sont sur des petits bateaux qui ne font pas plus de douze mètres. Ils pêchent. En fait, c’est très intéressant parce qu’elle est sélective. C’est à dire que quand le poisson est trop jeune, on va remettre à la mer de pêche à l’hameçon dont il repart, puis, ce qui est particulier, en fait, la particularité de ces pêcheurs, c’est qu’ils respectent le repos biologique du bas. Donc c’est à dire en ce moment, entre le 15 février et le 15 mars, ils ne vont pas pécher parce que c’est la période de reproduction du poisson. Pour eux, c’est quand même un manque à gagner. Et l’article met en avant le fait que cette technique artisanale, elle est complètement en réaction aussi à ce qui se passe en fait avec les gros pélagiques qui eux ont essayé en particulier pendant cette période parce que. Ça butine un petit peu plus facile à pêcher des milliers de tonnes de poissons en une seule fois. Voilà, ça raconte ça. Et ça raconte aussi que. C’est la lignée. C’est un marché de niche. Et c’est aussi l'échec. Donc pas forcément accessible à tout le monde. Et ça pose aussi la question de comment j’ai fait en fait ce type de. Ça voudrait dire qu’il faudrait pouvoir que je demande à notre mode de consommation et d’aller vers consommation beaucoup plus mesurée. Et peut être que quand on mange du poisson, on se dit que c’est aussi un luxe. C’est peut être aussi un moyen d’un petit peu de vider les océans. Ça ne marche plus comme ça. Alors on a aussi deux autres reportages à s’interroger sur la thématique du transport. Donc l’avocat est allé dans l’Aveyron, à Millau et y allez découvrir en vélo tous ces véhicules intermédiaires, des véhicules électriques. Ils sont entre nos vélos et la voiture électrique, nous servent des prototypes qui sont testés par une association. Et il faut dire qu’au vélo, on a acquis une chose qui est dégotée en milieu urbain. Mais à la campagne, c’est encore très difficile. Il y a beaucoup de souvent et là il y a cette association exploitée un peu aussi et d’autant qu’ils sont qui vont jusqu'à 45 kilomètres où on va être à l’abri, où on va moins peiner, qui vont permettre de faire des trajets de 20 kilomètres. Voilà, donc c’est assez scénarisé, un reportage qui est assez rigolo parce que effectivement c’est des véhicules en fait dont on n’a pas l’habitude mais qui mais qui font bien le job en fait. Mais le problème c’est là encore, c’est comment on y arrive.
Justine Guitton-Boussion
À faire en sorte que ces prototypes passent jusqu' à l’homologation puisqu’on ne peut pas rouler comme ça sur une de son véhicule homologué. Et là, c’est un peu le problème. C’est bien, il faut qu’il y ait une vraie volonté politique aussi pour qu' à un moment donné on puisse que ces véhicules, qu’il y ait des fabricants. Aussi, qui décide d’aller jusqu'à la commercialisation de ces véhicules.
Fabienne Loiseau
Ça, c’est aussi un problème toujours aussi sur le transport.
Justine Guitton-Boussion
. Hortense, toujours, souvent.
Fabienne Loiseau
est allée découvrir le ferry à voile en fait, c’est la traversée de Quiberon jusqu'à Belle-Ile.
Justine Guitton-Boussion
En fait, il y a une compagnie qui a mis en place en fait.Le transport de passagers avec un catamaran. Et donc il y a 17 kilomètres et 17 kilomètres entre le continent et l'île sont fait à la voile. En fait sur un catamaran qui s’appelle le Saona.
Fabienne Loiseau
Et en trois ans il y a plus de 50 000 touristes qui ont pu faire cette traversée. Là aussi, un bon exemple de comment on peut décarboner le transport des voyageurs. Et puis encore un autre Jour, une expérience de maraîchage. Dans la Meuse à Bure qui est connue. Ce projet où on sait qu’il y a le projet Cigéo, un projet d’enfouissement des déchets nucléaires. Là bas, il y a un collectif de paysans maraîchers qui ont décidé de se réapproprier un peu les terres qui les terres indus, qui sous industrialisé la campagne là bas, se désertifient de plus en plus et de moins en moins d’habitants, ce qui arrange bien. Les industriels et notamment les promoteurs du nucléaire.
Justine Guitton-Boussion
Voilà, différents reportages, et puis un des reportages.Et c’est moins un reportage qu’un portrait en fait dans le livre.De Claire Véret qui est avec nous ce soir. Et donc ce que j’ai, Emmanuel qui est venu, qui a discuté avec vous, et vous lui avez un peu raconté votre vie, parce que votre objectif, c’est plus un objectif au niveau individuel.
Fabienne Loiseau
En fait. C’est comment vivre. En émettant moins de deux tonnes de CO2 par an. Alors déjà, pourquoi cet objectif ? Peut-être vous pouvez répondre déjà à cette question Il y a vraiment dans ma tête sur La notion que c’est un objectif. Parce que pour le coup, c’est un modèle. Ce que vous dites, c’est que là on va dire que les trajectoires individuelles des trajectoires collectives, elles se rejoignent. Sinon les trajectoires individuelles sont trop dures à activer. Si elles restent individuelles, alors pourquoi de ton pas ça ? On a dit ça un petit peu. De donne c’est ce qu’il faudrait.
Justine Guitton-Boussion
C’est déjà des tonnes équivalent CO2. Alors je ne sais pas si ça vous parle, il y a en gros tout ce qu’on fait dans vêtements, déplacements, etc. Ça émet des émissions et donc on traduit 100 tonnes équivalent, c’est le chiffre deux.
Fabienne Loiseau
Aujourd’hui, en moyenne en France, on est sur ce qu’on appelle une empreinte carbone de dix et c’est ça qui nous conduit à un réchauffement climatique de plus. Quatre plus cinq degrés d’ici à 2100. Mais vous voyez bien que c’est progressif. On est déjà à plus de 1,5 degré de réchauffement sur la planète. Et donc on se dit que c’est peut être intéressant de ne pas aller sur cette trajectoire. Donc l’idée c’est de changer de trajectoire. C’est là aussi qu’on parle de trajectoires individuelles et collectives. Et donc pour ça c’est que collectivement, ce n’est pas juste moi ça, ça ne changera rien. Collectivement, on arrive effectivement ce fameux d’automne qui est un objectif à atteindre d’ici 2000 42 050 pour rester sous la barre du plus deux degrés de réchauffement climatique au niveau mondial. Alors ça, c’est si chaque habitant de la Terre, à chaque habitant que le fait de. Voyez que c’est un objectif, on va dire comme ça qui paraît technique, mais en fait c’est, je pense, l’objectif d'égalité sociale le plus radical de cette planète. C’est à dire qu’on va dire que les habitants des Etats-Unis, ceux du Bangladesh, ceux de France, et on a tous droit à la même empreinte sur cette planète qu’on traduit par des tonnes équivalent. Donc c’est ça l’objectif de deux tonnes. Et donc pourquoi moi, à titre individuel, j’ai essayé de l’incarner. Déjà parce que je trouve que j’en suis plus heureuse à un moment. C’est juste ça sert à se dire que mon mode de vie permet aux autres de vivre. C’est quand même très épanouissant je trouve, très stimulant. Et puis aussi parce que moi, mon engagement, il a plutôt commencé par des engagements collectifs et politiques et aujourd’hui je travaille aussi dans une collectivité, donc c’est du collectif, le service public. Et je trouve que si on est soi même pas à incarner ce qu’on raconte, là, on est beaucoup. Donc il y a qu'à faire ce que je te dis de faire. Mais par contre moi je le fais pas et ça, ça marche pas trop en fait, ce n’est pas très efficace, c’est plutôt les gens du changement. Donc à la fois un objectif fixé par de la cohérence dans l’efficacité de mon travail, mais aussi vraiment peut être le facteur numéro un, c’est la joie dans la vie que je trouve depuis que je suis sur ce mode de vie.
Justine Guitton-Boussion
Alors et concrètement, comment ? Comment ça se passe, comment et comment ça se passe ? Donc je vis dans une grotte, j’ai trois bougies et le weekend j’en allume deux pour vraiment que ça soit sympa. Non, non, évidemment, ce n’est pas ça. D’ailleurs, le titre est assez caractéristique d’une vie normale. J’ai tout à fait normal d’ailleurs, je suis normal. Donc déjà je ne suis pas encore à deux tonnes 2,6 tonnes à peu près. Pourquoi ? C’est assez simple parce qu'à un moment on vit dans une société et que bien évidemment, on ne peut pas changer tout seul. Donc je pourrais difficilement descendre en dessous de deux ou là effectivement, il faut que j'étais un changement plus radical dans ma vie. Mais. Mais voilà, j’ai une vie normale, mais mes parents disent souvent un an, elle est quand même très particulière. Déjà, quand on vient chez toi pour avoir chaud ou allumer le feu, ça paraît bête, mais sinon il fait froid dans la maison. L’hiver nous fait dire qu’il faut aller couper son bois dehors ou l’acheter, puis faire l’inverse de son feu de cheminée. Ça veut dire pas manger de viande avant. En tout cas, moi c’est mon cas. Ou alors je vais en manger une fois par mois parce que j’ai un ami qui va m’inviter et que c’est la viande du producteur du coin bio local et que ça fait vraiment plaisir. Je choisis mes métiers. En fonction de si je peux y aller en train ou en vélo, ou en train et en vélo. Donc aujourd’hui, le métier que je fais, je peux y aller en vélo et en train, mais sinon je refuse car je ne postule pas à un boulot où il faut que j’aille en voiture. Et le choix de nos vacances, de nos hommes, de notre vie en fait se base sur est ce qu’on peut y aller en vélo ou en train ? Voilà, on a isolé notre maison aussi parce que pour que ça soit une vie normale mais confortable quand même, pour moi, normal ça veut dire aussi confortable. C’est pas mal d’avoir une maison isolée, c’est quand même mieux. Et en général, nos amis viennent nous voir l'été parce qu’il fait frais et voir l’hiver parce qu’il fait chaud en hiver, juste un petit feu de cheminée. Voilà, donc ce n’est pas très compliqué, je n’achète pas de vêtements neufs. Enfin, je pourrais vous dire plein de trucs comme ça, mais vous voyez, ce n’est pas exceptionnel, hein. Du coup, je vais m’habiller comme vous. Il y en a beaucoup je pense, qui achètent de l’occasion ici, mais donc ça n’a rien de vraiment exceptionnel. Après, ce qui n’a pas forcément un impact sur les émissions de gaz à effet de serre mais qui pour moi est un changement de vie important, c’est aussi que j’ai décidé de cultiver en partie la terre, c’est à dire de pas juste me retrouver dans la vie un peu qui m’a été proposé, c’est à dire d’avoir fait des études et puis travailler dans un bureau pendant un an devant un ordinateur. Mais de considérer aussi que ce mode de vie bas carbone joyeux, il est impliqué, un partage équitable de ce qui serait aussi répondre aux besoins vitaux des gens. Et dans ces besoins, il y a se nourrir. Et donc je considère qu’en me nourrissant un peu moi même, en produisant un peu de nourriture, je suis solidaire de ce que vous avez cité. Les maraîchers qui galèrent quand même un petit peu et qui disent qu’ils aimeraient bien qu’il y ait un peu plus de monde qui fasse du maraîchage ou de l’agriculture. Voilà, j’ai un verger et puis j’ai eu. J’ai une petite case permaculture dans ma vie qui m’a permis de comprendre que le vivant c’est un tout, un écosystème relié et qui fait que tout ce changement et c’est finalement naturel et spontané. Parce que j’ai compris que je fais partie d’un maillage du vivant et que donc je ne peux pas me penser moi toute seule, mais bien en interaction avec tout le vivant. Donc vous. Mais en fait, là, autour de nous, il y a plein de petites bestioles, il y a des bactéries, vous voyez ce que je veux dire avec le vivant.
Justine Guitton-Boussion
Et ce mode de vie, finalement c’est généralisable parce que là effectivement, vous parlez, vous, un jardin, etc. Tout le monde n’a pas forcément dans des conditions idéales et est ce que c’est vraiment généralisable ?
Fabienne Loiseau
Alors c’est pour ça que je disais que ce n’est pas l’aspect fondamental du changement de mode de vie d’avoir un jardin. D’ailleurs, dans le programme qui avait été écrit je crois en 2021 qui s’appelait Rester sur Terre, je ne sais pas si certains l’ont lu, qui avait été écrit par Pablo Servigne et deux autres chercheurs. Il disait voilà, si on veut changer de système, il faut qu’une grosse moitié des Français consacrent une journée par semaine à l’agriculture. Et donc on voit bien que quand on parle de la moitié des Français, on parle des urbains parce que la plupart des Français aujourd’hui vivent en ville et donc on a tous une ferme pas loin de chez nous à moins de dix quinze kilomètres, y compris à Paris. Et donc on peut aller proposer de travailler dans les champs. Donc ça c’est tout à fait reproductible. Tout le reste assez fort également. Sur la nourriture, c’est vraiment pas compliqué quand on vit en ville, les transports en commun encore plus simples, j’ai envie de dire de ne pas passer par la voiture. Et puis c’est d’isoler sa maison qui est un peu plus compliquée, même si on arrive à isoler des immeubles. Mais évidemment, quand on est en copropriété, il faut se mettre d’accord avec tout le monde. Donc c’est un choix un petit peu plus long que juste soi-même le décider, mais ça commence à se faire. On a des exemples à Paris, soit des logements sociaux, soit des logements privés qui arrivent à isoler leur immeuble. Et en général on se dit wow, c’est une montagne ! Il va falloir que j’aille être d’accord avec la copropriété, je vais voter ça au syndic, etc. Mais ceux qui vous racontent qu’ils l’ont fait un peu comme vous, toutes les initiatives dont vous parlez, c’est un peu galère. Mais en fait, tout ce qu’on crée en termes de lien social, de liens humains, de franche rigolade. C’est pour ça que ces gens là, ils ont changé de mode de vie en fait, c’est que ce qu’on gagne, c’est souvent bien supérieur à ce qu’on va perdre en guillemets entre guillemets, parce qu’on aura changé de mode de vie. Donc c’est complètement généralisable.
Justine Guitton-Boussion
Après, faut se donner un petit peu de temps parce que changer de métier, par exemple, si votre métier est loin de votre domicile, changer de domicile ou changer de métier, si vous voulez encore garder votre conjoint conjointe et tout ça, ça vaut le coup de se laisser Quelques années pour faire la transition.Vous animez aussi des ateliers Inventons nos vies bas carbone.A quoi ressemble un atelier ?
Fabienne Loiseau
Et qui sont les personnes aussi qui vont faire cet atelier ? Est ce que c’est des personnes qui sont déjà convaincues ou pas encore ? Alors nos vies bas carbone. Je vous montre juste un peu ça. C’est le guide que vous trouvez sur internet, accessible gratuitement. Alors c’est à quoi ça ressemble ? Ça ressemble à une ficelle avec des cartes dessus, c’est à dire que c’est un outil basse technologie, il n’y a pas d’ordinateur. Déjà, ça c’est chouette. Et puis ça peut se faire dans la rue ou dans une grande entreprise ou. Donc ça s’adresse à des gens qui sont convaincus mais qui n’ont pas encore saisi les ordres de grandeur, qui veulent faire de l'écologie. Mais ils disent mais je commence par où qu’elle tire ? Quel film je tire ? Parce qu’on a tellement d’informations sur nous. Ce qu’on a voulu, c’est devenir très simple, visuel, faire comprendre les ordres de grandeur. Voilà, si je voudrais dire mon impact, c’est par quoi je dois commencer. Et puis ça s’adresse aussi évidemment aux non convaincus, parce qu’en fait, c’est donner de l’information qu’on a finalement peu accessible aujourd’hui, sauf dans des médias comme Reporterre. Mais sinon, dans pas mal de médias, on entend beaucoup d’informations fausses sur eux, sur ce que c’est, même un bilan carbone. Est ce que c’est même un impact écologique ? Donc donner cette information là aux gens non convaincus, ça permet de créer des déclics. Et donc, par exemple, en ce moment, cet outil est diffusé auprès de 25 000 cadres supérieurs. C’est comme ça qu’on appelle cadres supérieurs de la fonction publique d’État. Donc ça, c’est plutôt une bonne nouvelle, ça veut dire que les directeurs de l’armée du milieu, de Bercy, etc. Sont formés en ce moment à cet atelier avec des animateurs dont une des caractéristiques qui pour nous est très importante dans l’association, c’est qu’ils incarnent ce qu’ils racontent. Alors on ne leur demande pas d'être à deux tonnes ou de cinq tonnes, mais on leur demande d'être en chemin parce que voilà, on leur demande d’avoir une compétence, évidemment scientifique, pédagogique. Mais quand on va commencer à partager sur les expériences en disant par exemple voilà, vous, ça vous fait peur quand je vous dis qu’il faut aller à deux tonnes, euh ben oui, moi ça me fait peur ce qui va pas. Je lâche ma bagnole que je lâche mon steak. L’animateur peut raconter que lui, il est en train de lâcher ça. Et donc on peut parler un peu de l’expérience de chacun dans le vrai et non pas de voilà, de trucs un peu abstraits. Voilà, donc on a le cofondateur de l’atelier qui est dans cette salle aussi que je salue. On peut éventuellement répondre aux questions si vous en avez dans la salle ou sur le tchat.
Justine Guitton-Boussion
Je vais te faire passer par du sable ou la montagne, c’est pas juste, ça équivaut à la couette de Dame Negro. Normalement, c’est est ce que c’est par personne ? Et puis ça équivaut à quoi à peu près comme forme ?
Fabienne Loiseau
Alors déjà, c’est la moyenne. Donc ça c’est compliqué parce que si on prend par exemple les 10 % des Français les plus riches, ils sont plutôt en moyenne à 25 25 tonnes. Et si on prend les 10 % les moins riches, ils sont en dessous de cinq tonnes, voire même de quatre. Donc par exemple, un aller retour Paris New York, ça fait deux tonnes équivalent CO2. Manger de la viande une fois par jour, toute l’année. Un régime alimentaire qui intégrerait de la viande une fois par jour, c’est deux tonnes. Donc en fait. C’est assez simple, on est à dix en moyenne. Si on doit passer à deux, c’est à dire qu’il faut diviser par cinq tout ce qui est mais, mais par contre vous pouvez multiplier par 10 000 tout ce qui n’est pas. Vous voyez ce que je veux dire ? C’est-à -dire que là je vous parle. Bon il y a quelques ordis tout ça, mais on pourrait quand même parler longtemps ensemble, on n’aurait pas émis. Vous voyez, regardez le ciel, Ça, je peux le faire dix fois dix. Il n’y a pas de souci. Mais moi je vais vous raconter ce qu’il faut réduire. Mais en réalité, il faudrait plutôt qu’on s’intéresse à tout ce qu’on va pouvoir augmenter. Jouer à des jeux de société. Et je dis ça parce qu’en fait on a tendance à l’oublier. Mais quand on demande, là, si on fait un petit test, qu’est ce que vous aimez faire dans la vie chez vous ? Qu’est ce qui vous procure du bonheur et qui a vous vous dites ça a pas un gros impact écologique je pense. Une bombe à lire ? Ben voilà, vous pouvez lire 1000 fois plus, il y aura aucun souci pour votre impact de carbone donc. Mais en gros c’est ça. En fait, ce qui pèse beaucoup ces quatre choses, c’est les transports motorisés avion, voiture dans l’alimentation, c’est la viande. Je vous le fais rapidement, mais c’est un peu ça. Et les produits carnés dans les vêtements, c’est les textiles neufs ce n’est pas anodin, ça pèse quand même. Et puis les achats, C’est à dire que quand on achète, alors je regarde un peu, mais si on achète 3000 à 5 1 000 € de choses neuves par an, on est à des tonnes.
Justine Guitton-Boussion
Voilà.
Fabienne Loiseau
Donc il ne faut pas qu’on voit bien qu’en fait, sur tous ces postes là, il faut qu’on réduise. Donc si vous vous mettez à acheter d’occasion ou à acheter à grand chose parce que finalement ça vous permet d'échanger avec vos voisins, vos amis, c’est plus convivial. Si vous réduisez la viande, il ne s’agit pas d’arrêter complètement. Si vous aimez un petit bout de steak de temps en temps, mais plutôt une ou deux fois par semaine plutôt que sept fois par semaine. Tout ça, ça va vous permettre de réduire drastiquement. Et l’autre très important, évidemment, c’est l'énergie pour chauffer votre habitation. Et donc là, il y a plein de manières pour réduire ça. Soit on isole son logement et on chauffe au bois, soit on ne peut pas le faire parce qu’on est en immeuble à Paris et on en est locataire et on va peut être avoir un usage en fonction des saisons. C’est à dire que l’hiver on va chauffer, qu’une pièce et on va peut être plus se passer de temps dans les lieux collectifs qui sont déjà chauffés. Et puis en été, on va passer plus de temps dans son logement. Nous, avant d’avoir une maison, on avait un appartement et on a changé notre usage. C’est là aussi je dis ça parce que vous dites si je vous perd un peu, vous me faites un signe genre on n’a pas compris. Mais je dis ça parce que parfois on peut penser que l'écologie c’est pour les gens riches qui peuvent avoir une maison, qui peuvent isoler leur maison ou changer de mode de chauffage et tout ça. Mais en fait par les usages, ce qu’on appelle la sobriété d’usage, bah on peut réduire facilement, on peut diviser par deux ou trois facilement, c’est son empreinte écologique pour ne pas parler que de carbone. Et je vous dis ça parce que là on parle de ma vie entre guillemets, mais moi je travaille à la ville de Tours et on s’intéresse par exemple aux musées. Les musées, c’est quand même des super grands endroits climatisés l'été parfois. Chauffer l’hiver. Ben pourquoi on n’utiliserait pas un peu plus ces lieux ? Même nous on en redemande. En redressant l’ogre un peu plus public, il y aurait moins besoin de chauffer nos passoires thermiques parce que faudrait rénover tellement de passoires thermiques tous les ans qu’on ne va pas y arriver. Il va falloir aussi que nous, on accepte d’avoir une vie un peu différente et sobre.
Justine Guitton-Boussion
C’est là que vous avez fait le bilan ?
Justine Guitton-Boussion
Et puis merci. Loin de moi de dire ce qui va rendre les gens heureux, mais je veux répondre à votre question et je vais commencer peut-être par une notion qui est la norme sociale. Et quand on a créé l’association, vous disiez bas carbone. Avant, on avait créé un collectif qui visait à transformer la norme. C’est à dire que si on était quelques individus à le dire, ben moi, ça me donnerait de la sobriété. Pour faire vite, si la norme sociale à nous renvoie vous êtes radicaux.
Fabienne Loiseau
Et puis moi je ne veux pas, parce que ce n’est pas convivial que quand. On va chez des amis, du coup on est un peu scrupuleux parce qu’ils se sont fait un Banania. Nous on va bouffer des coups de carotte si vous voyez. Ce que je veux dire, c’est que ça ne marche pas. Et donc c’est pour ça qu’on est toujours sur individuel et collectif. C’est déjà la norme sur cette boule pour que ce soit plus facile pour les individus aussi de bouger et de ne pas être en résistance. Parce que si on est un peu seul à bouger, je pense que c’est intéressant à modifier car ici, c’est-à -dire qu’on a quand même des acteurs qui font des choses assez incroyables, qui pourraient faire système mais qui disent que c’est quand même pas facile. Donc là, la notion de bonheur et de joie, on ne sait pas trop si elle n’est pas en train de se perdre et hors c’est. Parce qu’on va être heureux et dans le bonheur qu’on ne va pas poursuivre des initiatives.Et que ça ne va pas être pérenne.
Justine Guitton-Boussion
. Si on galère trop, ils s’arrêtent aux normes sociales. Ce n’est pas moi qui l'édite mais c’est. Je pense qu’il y a un changement systémique. Kawa Précisément sur la question de la norme. Alors peut-être pour avoir une réponse sur le plan nutritif. En fait, tout ça c’est assez intéressant pour moi, c’est des choses que j’ai apprises en passant un diplôme de permaculture et je trouve que c’est quelque chose. Si j'étais ministre de l’Éducation nationale, je pense que les enfants mourraient. Tout le monde à la permaculture, c’est quelque chose de. Très holistique, très systémique. En fait, c’est il y a pas. Un futur où il associe céréales. Et légumineuses. Au Mexique ils vont avoir un maïs c’est et un éco-pays du Maghreb dans une semoule. Voici son homme, ils ont aussi la dalle et le riz. Ce n’est pas par hasard ? C’est à dire que quand on a fait un pas technique, les 4/5 de son assiette en gros en fait et en cinquième en légumineuses, on a une protéine aussi complète, aussi facilement assimilable par le corps qu’une protéine animale. Parce qu’en gros, vous avez vos douze acides aminés essentiels. Qui sait que toi qui sait jouer sur le plan de la santé, ça remplace facilement la glande ? Et puis après, sur le plan de la pensée habitée, je voudrais dire là, vous savez, il y en a un proverbe en. Permaculture qui dit la limite de ce qu’on peut, ça c’est l’information dont on dispose à peu près. Je vous ai donné l’information Nutritive.
Justine Guitton-Boussion
Et la créativité, l’imagination et soyez imaginative. Qu’est ce que vous proposez à vos copains pour qu’il n’y ait pas de viande qui ne s’en soit même pas rendu compte à ta sauce, là ? Qu’est ce que t’as mis dans tes petits légumes ? Un truc où ils sortent du repas et où le guide est un peu tendu. Mais votre commander ? Parce que si on remplace la viande, parfois petit pois, et ben là franchement, ça se peut qu’on ne parle pas les gens, surtout dans votre truc. Et ça a été très intéressant sur les cultures. Tu sais qu’il y a heureusement d’autres pays, il n’y a pas d’autres cultures dedans et il y a des cultures où la viande va en avoir un rôle important. Aussi car c’est des peuples à la base. Des peuples d'éleveurs, des gens qui viennent de montagnes. Ça, c’est des peuples en lien avec leur écosystème. Ils se nourrissent d’elle-même et ne peuvent pas se nourrir de céréales. En fait, ça fait partie du fait qu’on peut consommer encore de la viande. Et donc ça c’est ok, c’est juste qu’on en consomme moins souvent et c’est plus de la viande produite. C’est de la viande de l'éleveur en AMAP faite chez nous. Elle coûte probablement trois fois plus cher au kilo.
Claire Vernet
Mais quand vous en manger cinq fois moins. Ça vous coûte moins cher. Idéale moyenne. Mais vous avez gardé la convivialité, le plaisir. Et le jour où vous faites votre plat traditionnel avec de l’agneau, de l’huile d’olive bio du coin. Là, c’est vraiment la fête parce que ce n’est pas tous les jours, c’est une fois par mois, c’est voyez, Et on va redonner de la valeur à des choses qui ont de la valeur.
Justine Guitton-Boussion
Mais on a oublié qu’elles avaient de la valeur.
Fabienne Loiseau
Merci pour vos interventions. J’aurais une question à la fois pour les journalistes sur les docs, les différentes expériences et personnes que vous avez eu. Il y a Claire qui est un peu sur. La notion d’exemplarité. Est ce que vous pensez au delà bien sûr de vos convictions, du collectif, de l’engagement individuel, qu’il y a quelque chose qui fait que ça peut faire. Exemple et que en soi, ça peut permettre de dupliquer non pas des modèles, mais des valeurs, des idées. Est ce que vous avez entendu ça chez des personnes que vous avez rencontrées et Claire aussi ?Est ce que votre question c’est est ce que ça peut faire exemple ou est ce que eux mêmes sont exemplaires ?
Intervenant
Pas du tout.
Fabienne Loiseau
Je ne sais pas du tout. Justement, ce n’est pas du tout la notion d’exemplarité dans le sens je suis un modèle, je suis un exemple dans le bon exemple, ce n’est pas ça que je veux dire. Mais est ce que dans leur démarche il y a quelque chose quelque part qui, qui dit ? Qui au-delà de leur engagement, qui dit. Voilà qui joue de l’exemplarité, qui passe. Si c’est très clair en tant que modèle mais pas modèle absolu dans le sens qu’il faut le suivre. Mais est ce qu’il y a cette conscience ? Je dis ça, je dis ça simplement parce que. Pour moi, par exemple, c’est important de voir ce genre d’engagement moi qui n’ai pas toujours eu ou qui ait. Cet engagement au départ. Et ça, ça me rend heureuse, ça m’apporte énormément de choses. Voilà.
Intervenant
Et je voulais savoir si ces personnes en avaient conscience ?
Justine Guitton-Boussion
C’est toute la question s’est posée quand on a choisi le matin de les suivre. On peut se demander ensuite si acheter des alternatives et leur prêter n'était pas tellement de l’enfant qui a vécu sa vie en leur temps. C’est intéressant. Si justement il y a cette volonté d’essayer au moins de dupliquer et il y a une démarche politique derrière.
Fabienne Loiseau
Donc toutes les personnes qu’on est allé rencontrer n'étaient pas forcément exemplaires mais avaient justement la volonté de faire exemple. Donc tout à l’heure je vous parlais par exemple des de ces paysans qui sont dans un collectif qui s’appelle le fermes paysannes et sauvages donc où le but c’est d’essayer de réintroduire un maximum de vivant dans leur ferme. Donc ils vont essayer qui est beaucoup plus de couleuvre dans les champs ou beaucoup plus de chouettes. Et l’idée, ce n’est pas que ce soit dans une ferme isolée au fin fond du sud de la Drôme, mais qu’ils essaient de se relier en collectif, qu’ils essaient de faire un partage d’expériences et que ça puisse en fait créer presque des corridors entre leur ferme. Et ça, c’est vraiment quelque chose qu’on a essayé de faire dans le choix des sujets, c’est de sortir de l’aspect individuel et assez bien à un endroit, à un instant T, mais que ça puisse essayer d'être reproductible. Quand je vous parlais de la Caisse communautaire de l’alimentation, le but à terme, ce serait idéalement de créer une sécurité sociale de l’alimentation à l'échelle nationale. Là, pour le moment, c’est une expérimentation à Montpellier. Mais il y a des questionnements de se dire est ce que on réussit à le faire aujourd’hui parce qu’on est dans telle ville, parce qu’on a la chance d'être avec des personnes qui veulent bien s’engager dans ce projet, mais on sait que ça pourrait jamais être reproductible ailleurs en fait. En tout cas, on a cherché des personnes qui se questionnaient sur ça.
Fabienne Loiseau
. Qu’est ce qu’un autre exemple pourrait donner ?
Justine Guitton-Boussion
C’est vrai que je ne l’ai pas évoqué tout à l’heure, mais dans l’un des articles en fait, qui se décline sur mon temps je suis allée voir qu’il y a un mouvement féministe. Alors, au départ, ils ou ils ont participé aux dernières élections municipales et ils n’ont pas eu d'élu mais en fait ils se sont dit notre programme, on peut aussi le mener même si on n’est pas dans l’institution. Et donc ils ont commencé à construire des choses dans la vie en fait. Donc ça se passe à Nantes. Et donc il y a plusieurs choses qui se sont attaquées à plein de thématiques différentes. Notamment sur l'énergie. En fait, en se disant on va proposer un fournisseur d'énergie renouvelable, et on va proposer des contrats. Aux gens, à des Nantais. Mais leur objectif, c’est de ne pas rester dans L’entre soi et de ne pas essayer. Justement leurs idées. C’est vraiment de proposer ces contrats d'énergie à des gens qui n’ont pas forcément beaucoup de moyens et qui ne sont pas les mieux informés. Donc c’est d’aller au contact des gens dans les quartiers pour leur dire. Voilà, on nous propose une offre d'énergie où on va essayer de faire que le prix soit tout à fait accessible et on ne veut pas en fait. Parce que les gens les mieux informés qui ont le plus un accès aux réseaux sociaux, à Internet, etc. Ces personnes là qui ont les bons plans.
Fabienne Loiseau
Donc là, c’est plutôt un travail au niveau des quartiers de la même façon, le même mouvement en fait Par exemple, ils ont décidé de reprendre une brasserie artisanale à Nantes et d’en faire vraiment de travailler des choses vraiment différemment, c’est à dire d’aller aussi vers l’idée qu’ils se disent que le salariat n’est pas forcément la solution. Donc l’idée c’est d’aller dans les bistrots, etc. d’aller voir les patrons en disant Est ce que ça vous intéresse d’apprendre vous même à brasser la bière, d’acquérir ce savoir ? Et en fait, c’est une sorte d'échange en fait. C’est-à -dire que ces bistrots, en fait, pourraient avoir leur propre bière et on serait sur un échange en fait où chacun y gagnerait. Et donc l’idée, c’est vraiment. En fait, ils disent moi, on n’a pas réussi être dans l’institution, mais on va essayer d'être dans un endroit ailleurs
Fabienne Loiseau
Et d’aller toucher vraiment les gens dans les quartiers, ce n’est pas vraiment, ce n’est pas du tout faire un truc entre soi, entre militants politiques quoi.
Claire Vernet
En fait, vraiment, c’est d’aller dans les quartiers.
Fabienne Loiseau
Et d’ailleurs ils sont allés dans des quartiers où les logements étaient mal isolés, par exemple, où il y avait des gros problèmes et ils ont des habitants en fait, prennent en main en main en fait eux mêmes. A partir du moment où on leur donne exemple en disant bah voilà, peut être qu’il y a moyen d’aller taper à la porte de la métropole pour dire il y a un problème. Et leur objectif final, c’est de créer des syndicats d’habitants. Ou vraiment en fait de redonner le pouvoir en fait aux gens, que ce soit sur l'énergie puisque l'énergie. Ben voilà. Ou peut-être que tout le monde se base sur un moulin. En fait, ils ont récupéré la gestion d’un moulin à eau, en fait, même à une vingtaine de kilomètres de Nantes. Chacun participe en fait finalement à faire tourner ce moulin et récupère des savoirs, que ce soit pour l'énergie, pour la brasserie par exemple. C’est un peu l’idée d'être dans le collectif et de se réapproprier les savoirs, ce qui redonne de la valeur à chaque chose aussi. Ça rejoint aussi sur parler du reportage que j’ai fait et qui est dans le mien. Moi je suis allée en Normandie dans un lieu un peu particulier qui s’appelle le Maine L’instant. C’est une sorte de ferme mais particulière puisque les habitants et les personnes qui y vivent sont des personnes. Donc là, une des personnes qui viennent juste pour quelques jours, voire quelques semaines, quelques mois, les personnes là-bas adoptent un mode de vie antispécistes. C’est-à -dire que des personnes qui ne peuvent pas consommer de viande, qui ne vont pas consommer de produits d’origine animale et ne suivront possible qu’un intérêt d’un groupe humain. Enfin, un groupe humain ne doit pas privilégier le groupe des nomades. Et donc, comment ça se passe là-bas ? A une quarantaine d’animaux. Du coup, là-bas sont des animaux qui étaient normalement destinés à aller à l’abattoir et qui ont été récupérés par des associations et qui vivent maintenant sur cette ferme. Et en fait, ce qu’ils disent à des habitants là bas, c’est qu’ils vont proposer une autre société, un autre modèle, avec un autre mode de relation avec les animaux riches. Vivre avec eux au quotidien des animaux. On ne peut pas avoir d’utilité entre guillemets puisqu’ils ne veulent pas servir. Ils ne vont pas manger, ils ne vont pas se servir de leur lait, ils vont seulement vivre avec eux. Et donc ce qu’ils disent, c’est que c’est une façon d’expérimenter un autre modèle de société et un autre par rapport aux animaux. Ils ont conscience que ce n’est pas avec cet endroit qu’il y aura la fin de l'élevage industriel, la fin des abattoirs. Mais c’est un espace où en fait, on peut discuter d’autres façons de vivre. Et donc même si eux, ils adoptent ce mode de vie là bas, dans le sens où les personnes, vous, vous pouvez y passer plusieurs jours, ce n’est pas grave si vous n'êtes pas végan, si vous n'êtes pas antispécistes. Bon, vous ne pourrez pas manger de la viande ce jour-là, mais vous pouvez y aller et le but c’est d’essayer de s’ouvrir. Et quand je suis allée les voir, ils m’ont répété plusieurs fois qu’ils s’en fichent d'être à un endroit un peu isolé en Normandie où là-bas l'élevage n’existerait pas, où il n’y aurait pas de violence contre les animaux. Non, ce qui les intéresse, c’est de heu expérimenter cette autre vie avec les animaux et de se dire n’importe qui a envie, ils peuvent, ils peuvent venir, ils peuvent voir. Et donc ils organisent des concerts, des spectacles. Ils incitent leurs voisins qui pour la plupart sont éleveurs, à venir les rencontrer pour discuter, pour sortir un peu des caricatures qui peuvent être faites d’habitude. Et donc il y a ce côté où d’une part ils essaient de s’ouvrir pour pas être un îlot un peu fermé et aussi où ils sont eux mêmes adhérents du Réseau national des refuges animalistes, où il y a d’autres refuges, parce que c’est ça, c’est plus un refuge plutôt qu’une ferme. Et il y a plein d’autres refuges animalistes et antispécistes en France. Ils essaient de se fédérer pour que bah oui, c’est sûr que ce n’est pas demain qu’il y aura la fin de l'élevage industriel en France, ni de l’exploitation animale au sens large, mais ça permet de créer des endroits où on peut au moins en discuter et qui peut faire modèle dans le sens où ça peut aussi inspirer d’autres personnes à se dire bah peut être que moi aussi je vais créer un refuge chez moi.
Justine Guitton-Boussion
Non mais je n’ai pas grand chose à rajouter. Mais en tout cas, le mot conscience parlait de maison que vous allez donner aux bateliers. C’est à dire que je trouve que c’est différent dans les Alternatives des gens c’est pour ça que pour eux, dans mes petites bulles, je pense qu’il y a beaucoup La conscience d’expérimenter quelque chose et aussi de pouvoir montrer que c’est possible dans le contexte actuel, sans attendre que l’État ou les entreprises changent de soi même dans ce qu’on peut faire différemment. Et donc moi je crois que dans la santé, on arrive à avoir des cliniques autogérées, des choses comme ça. Alors, on peut dire que c’est un milieu même plus réglementé. La santé en fait, les espaces de liberté sont très importants dans notre pays et on a tendance parfois à oublier les blessures, à changer de mode de vie et à travailler dans des endroits où il y a différentes personnes. Aujourd’hui, d’autres pays nous le permettent. Et donc je pense que c’est ça que ça montre. Donc la conscience en général, elle est forte et elle est d’autant plus forte que quand on est dans ces alternatives, j’espère que dans quelques années on parlera d’interdire, ça sera devenu la norme sociale parce qu’on se rend compte que toute façon, si le système change pas notre alternative à nous, assez vite elle est détruite. C’est à dire qu’un agriculteur qui est aujourd’hui reposé sur ses écosystèmes pour produire du fait de l’emballement climatique, de la crise écologique, à un moment, ça ne va plus marcher son truc, ses arbres vont mourir de toute façon, il a besoin que collectivement ça change.
Claire Vernet
Et c’est là aussi où il ne faut pas être trop radical ou trop clivant. Parce qu’en fait on se rend compte qu’il y a plein de gens, on ne va pas les embarquer. Et donc je trouve ça intéressant qu’on puisse avoir à la fois une ferme refuge antispéciste qui elle va pouvoir toucher certaines personnes mais pas d’autres. Et puis on va voir un éleveur qui lui petit à petit et en train de mettre ses animaux plus au pâturage et non pas juste au maïs en silo dans des hangars. Et lui il va pouvoir embarquer d’autres gens. Et je trouve que c’est intéressant la diversité des alternatives, le fait qu’il y ait des gens qui étaient des chefs d’entreprise, qui sont devenus des agriculteurs, d’autres enfin, vous voyez, cette diversité fait que chacun, on va toucher un pan de la population qui s’identifie à ce parcours de vie. Et là on arrive à faire un système.
Justine Guitton-Boussion
Les questions du chat qui sont d’ordre plus peut être plus générales. Alors il y a une question de vocabulaire. Par réchauffement climatique, la chute de la biodiversité peut-elle lutter idéologiquement avec les mauvais mots ? Ne devrait-on pas parler d’action de l’homme et d’action de l’homme pour la personne ? Les mots contextualisme, c’est cheese, non ? Il y a toutes sortes de combats auront choisi les mauvais. Donc la question du mot, la question du chiffre, ça, c’est des lendemains qui demandent beaucoup de gens. Ce que toutes ces mesures ne servent pas à grand-chose. Je tiens à vous dire que les gens sont passionnés par ce qu’on m’a raconté. Mais moi, évidemment, je remonte les trucs qui étaient il y a peu. Beaucoup de gens pensent que toutes ces mesures ne servent pas à grand chose parce que la France ne serait responsable que de 1 % des émissions mondiales. Et une autre question qui revient un peu plus bas et saillante, on va dire, sur la question de qui mérite. Les personnes qui œuvrent pour l'écologie, qui sont du moins activistes, sont souvent blanches. Les minorités y sont peu représentées, à part l'écologie pirate. Savez-vous pourquoi ?
Fabienne Loiseau
Il y a pas mal de sujets quand même. Alors sur le 1 %, parce que celui là, il est pas mal, parce qu’il est assez général quand on parle de ces sujets. Je ne sais pas si vous connaissez les discours de l’inaction climatique. Donc je vous invite vraiment à aller regarder ça. Notamment, vous avez une vulgarisation par bon poste. Et ce qui est intéressant, c’est qu’il a mis ses discours de l’inaction climatique dont la France c’est 15 % des émissions. Donc ça ne sert à rien qu’on change. Et donc c’est un jeu de carte où vous pouvez en jouer et jouer avec votre famille, avec vos amis et derrière vous avez des arguments pour répondre à la personne en disant que ce n’est pas un argument pour autant ne rien faire. Parce qu’en fait pour personne sur Terre son changement est suffisant. Mais par contre il est nécessaire. C’est à dire que si nous on ne passe pas d’automne dans les deux décennies qui viennent, et bien du coup ça ne va pas marcher. Enfin vous voyez ce que je veux dire. Donc toutes les actions sont nécessaires et aucune action n’est suffisante toute seule. Donc ce qui est intéressant dans ces discours de l’inaction climatique, c’est que c’est une étude scientifique qui a été menée sur plusieurs années par le Stockholm Résilience Center. Et. Et en fait, c’est un peu le nouveau climato scepticisme. En fait, c’est ça, on se trouve des arguments pour ne pas changer soi-même. Donc soit c’est la faute des autres, soit on passe trop peu, soit vous voyez ce que je vais dire. Donc vous regarderez dans mon post qui fait un très bon travail et donc vous ajouterez vos arguments pour répondre à ce genre de réactions. Et ce qui est intéressant, c’est que ces discours de l’inaction climatique, on peut les avoir régulièrement soi-même. Certes, moi aussi, des fois quand je me décourage, je peux me dire bah de toute façon ma cocotte, je passe de rien, je vais arrêter, je vais prendre la bagnole et puis ça suffit. Eh ben non, parce qu’en fait, c’est la multitude des actions de tout le monde, pas qu’individuelle aussi collective. Aller voter, militer, etc. qui font que ça va, ça va changer. Tout cela est strictement nécessaire. Et là, après, il y avait plein d’autres questions. Alors, sur les minorités, dans les mouvements climat ou écologistes.
Justine Guitton-Boussion
Sur les minorités, ça, vous allez dire que ce n’est pas forcément le cas.
Fabienne Loiseau
En tout cas sur la diversité des profils, c’est aussi quelque chose dont on a discuté en conférence de rédaction quand on a cherché à des choix, des sujets. L’idée, ce n'était pas d’avoir que des alternatives qui soient représentées par des personnes blanches relativement aisées. Et c’est vrai que c’est ce qu’on voit souvent quand la question c’est pourquoi est ce que les activistes sont souvent blancs et issus de milieux favorisés ? Je dirais que ça dépend de ce qu’on entend par activiste. Typiquement, dans le livre, je reparle de ce centre de santé communautaire à Toulouse. En fait, ce ne sont pas du tout des personnes blanches qui y travaillent. Pas que. En tout cas, il y a beaucoup de personnes non-blanches. Il y a des personnes qui sont aussi étrangères, qui viennent en profiter, qui viennent, qui viennent là-bas. Et en fait, ça pose la question aussi de ce qu’on entend par activiste écologique, parce que pour nous, on est parti du principe et du postulat que ce centre de santé communautaire, c’est une alternative écologique parce que ça prend en compte et ça prend en compte la santé des gens. Et c’est un sujet écologique parce que c’est les aspects, il y a un rapport entre l’environnement dans lequel on vit et la santé. Et ce projet là, comme je vous le disais, ne prend pas en compte que la santé dans le sens où a bien à mal quelque part. Je vais te soigner, et puis après tu vas pouvoir repartir chez toi. C’est un centre qui a aussi vocation à réduire les inégalités. Donc c’est pour ça que je vous disais c’est un endroit où on va vous aider à éventuellement retrouver un travail si vous n’en avez plus, un logement, si vous vivez dans un endroit insalubre. D’ailleurs, si vous vivez dans un endroit insalubre, par exemple, qui est mal isolé, et bien vous allez tomber plus malade. On voit vite qu’il y a quand même un rapport entre la santé et l'écologie. Et donc c’est à cet endroit là, en fait, c’est des personnes non-blanches qui y travaillent. Donc on pourrait dire que ces personnes là, c’est une forme d’activisme écologique qu’on représente dans le livre. Donc c’est vrai qu’il y a une on va pas nier les personnes qu’on voit souvent, par exemple des activistes d’Extinction Rébellion ou deux dernières innovations qui s’appellent Riposte alimentaire, qui vont par exemple faire des actions chocs comme jeter de la soupe sur des tableaux ou bloquer la circulation du périphérique. C’est vrai que souvent ce sont des personnes blanches, mais ces personnes-là sont des activistes pour l'écologie, au même titre que les personnes qu’on interroge dans le livre et qui sont dans ce centre de santé. Et donc je pense qu’il y a plein de questions à se poser sur la représentativité des profils de. Dans le mouvement écolo. Mais en tout cas, nous, on sait aussi poser cette question. Et le but n'était pas de présenter que des alternatives qui pouvaient convenir qu'à des profils blancs. Et sinon, c’est aussi une explication, même si pour moi ça n’explique pas tout. Mais c’est sûr qu’il y a des personnes qui n’ont pas le temps de se questionner sur leur rapport à l'écologie. Il y a des personnes qui sont en survie en fait et qui vont le matin se lever pour aller travailler, pour gagner suffisamment d’argent pour pouvoir manger, pour pouvoir nourrir, avoir famille et qui vont peut être du coup pas encore se préoccuper de combien de tonnes de CO2 émis par an. Ça c’est une réalité. Mais il faut quand même sortir du cliché. Je pense qu’il y a uniquement des personnes blanches qui s’intéresserait à l'écologie puisque comme on a dit ça, ça impacte notre santé, ça impacte notre vie. Et donc ce n’est pas uniquement protéger les petits oiseaux.
Justine Guitton-Boussion
Et pour compléter d'être un peu provocatrice, moi j’aimerais qu’il y ait plus de liste blanc. La ministre se met à l'écologie parce qu’en fait c’est quand même et mettre un peu plus de gaz à effet de serre pour la plupart des sites, mais juste des graphiques en fait le dire. Je parlais de 10 % de la population française. Nous ne sommes pas de 150 à 50 tonnes équivalent deux de moyenne. Et donc c’est vrai que je comprends l’idée qu’on ait envie d’aller dans les quartiers populaires par de l'écologie, mais il faut quand même se rendre compte que c’est en a voulu quelque part un mode de vie bas carbone et pas forcément joyeux. Et ce n’est pas forcément malheureux. Ce n’est pas parce qu’on a l'époque qu’on est malheureux et heureusement d’ailleurs.
Claire Vernet
Mais en fait je pense qu’il faut aussi qu’on s’intéresse aux riches et ça, il y a des inégalités et des inégalités s’accroissent. On voit bien qu’on n’arrive pas à embarquer tout le monde parce que si on regardait à côté, ça fait plaisir. Pas mal de monde et moi et déjà j’ai envie. Mais il n’y a pas de carbone, pas formé de savoir. Parce que vous dites qu’effectivement, il y a plein d’initiatives qui ne sont pas actives et qui sont tout à fait déplacées. Oui et puis je pense que si par la force des choses, ils ont mis un peu de moyens dans la sobriété et sont déjà écolos sans le savoir en fait, parce qu’il faut beaucoup plus d’attention que ceux qui ont les moyens, donc sont écolos sans le savoir.Mais là encore, c’est une discussion qu’on a parfois en rédaction. Parce que c’est vrai quand on dit l’effondrement, la biodiversité, la biodiversité, elle s’effondre pas toute seule, ça c’est sûr, c’est l’action humaine qui le provoque. Pareil, à chaque fois, on se demande est ce qu’on doit parler de changement climatique, de dérèglement climatique ? Comme s’il y avait une norme et que ça y est, ça s'était déréglé et qu’il fallait essayer de la remettre dedans. C’est une très bonne question, à laquelle je n’ai pas forcément de réponse. Mais c’est vrai qu’il faut aussi questionner les mots. C’est comme ça qu’on amène à plus de compréhension de la situation. Et en l’occurrence, il est clair que le climat ne se dérègle pas tout seul. Il ne change pas tout seul. C’est l’impact des actions humaines, comme pour la biodiversité d’ailleurs.
Justine Guitton-Boussion
Mais par exemple dans la politique publique, on parle souvent d' impacts environnementaux, mais je trouve que ce terme, par exemple, est très mauvais aussi parce qu’en fait c’est des impacts humains. Et c’est vrai qu’on essaie de ne pas trop dire des choses, c’est à dire que l’impact environnemental, mais on ne dit pas que c’est des vies humaines derrière qui sont séparées. On parle de menace climatique. Bah non, ce n’est pas une menace pour demain. En fait, pour l’instant, il y a déjà des gens qui vont devoir modifier ce mot. Il y a quand même le reste du monde et puis des gens qui ont déjà aujourd’hui. Je pense juste aux 40 000 décès naturels. Il y a la pollution de l’air, celle- là, il y a plein d’autres, des cancers qui augmentent, etc. Et donc moi je suis assez d’accord avec l’analyse de ce monsieur sur YouTube qui pourquoi pas biocide ? C’est ce que je pense à un moment où c’est vrai.
Intervenant
Bonsoir, on a reçu un jour Bruno Alba qui été un calcul politique de sobriété. Comme toi, je pense que c’est important de se mettre en avant. On a pas mal de membres dans les propositions qui sont faites et de voir dans quelle mesure on peut dépasser White Alternative pour en faire un vrai projet de société à l'échelle des pays. Il y en a plusieurs puisque nous en avons déjà débattu, mais cela a été évoqué ici. Je crois que la démocratie est le point de départ de tout, il faut qu’on en débatte. C’est un peu l’objet de la réunion de ce soir et de vos expériences et de ce livre qui fait, qui fait état de réflexion collective sur cette mise en place de la sobriété. Et lui, il parle de deux choses très simples : la notion de quota par exemple. On peut estimer que c’est un sujet de réflexion qu’on pourrait très bien avoir, c’est-à -dire qu’on a un quota carbone. Alors comment est ce qu’on se le partage au niveau d’une société ? Alors, tu parles de tonnes, ça veut dire quoi ? Individuellement, la question a été posée combien de kilos de viande j’ai droit de manger ? Combien de kilomètres j’ai droit de faire ? Et ça, le quota. Il a été mis en place en Angleterre pendant la guerre avec le rationnement et ça a été très bien admis parce que tout le monde avait le même nombre de cartes de rationnement, aussi bien le roi d’Angleterre que la reine d’Angleterre ou le roi à l'époque que le citoyen lambda. Donc il y a différents outils qui existent qui sont vraiment un support de réflexion très intéressant. Une fois qu’on a pris conscience collectivement de cette limite et de cette nécessité d’arriver à deux tonnes lorsqu’on a fait, lorsqu’on a pris conscience que la solution technologique n’en était pas une mais au contraire nous conduit dans l’impasse. Ça a été évoqué aussi. Mais là, quand tu parles de maisons chauffées au bois, il n’y a pas eu une éolienne dans le coin et qui polluerait le paysage ? Qui va détruire potentiellement la biodiversité parce qu’on sait que l'éolienne aussi c’est de la consommation de carbone. Et donc tout ça, il faut le mettre en place, il faut le mettre en débat. L’Association des maires ruraux de France, qui a beaucoup réfléchi là-dessus, je vous invite vraiment à voir, là. Ils ont fait une convention citoyenne sur comment, au niveau rural, on peut atteindre cet équilibre. Des émissions de carbone. Il y a plein d’initiatives qui se font, mais c’est vraiment très intéressant de voir que le débat est en route, qu’il y a des solutions, qu’il y a des politiques qui sont proposées. Et là, en réponse à vos alternatives, je vous invite vraiment à lire ce livre de débat qui est vraiment très intéressant, très riche pour dépasser effectivement ça. Est ce que tu as dit au début aussi la notion fondamentale, et c’est là l'épanouissement qu’on a dans cette révolution culturelle, c’est cette remise en place de l’homme par rapport au vivant. C’est une richesse extraordinaire, c’est une bifurcation culturelle énorme. C’est que l’homme n’est pas au centre, il fait partie de. Et là tu parlais effectivement comment se rendre heureux en observant la nature, tout simplement. Ça a été dit, mais je crois que voilà, on a plein de sources pour que cet avenir radieux, effectivement, avec ce renoncement, il parle de politique de renoncement et ce renoncement, il peut être heureux. Donc voilà, je pense qu’on a un message positif à diffuser.
Fabienne Loiseau
Sur les quotas Claire éventuellement vous voulez dire quelque chose ?
Claire Vernet
Mais je ne sais pas si des différences avec ce qui s’est passé pendant la guerre, parce que dans l’imaginaire, c’est ça que c’est un petit quotidien qui se sert un peu des meubles. Il y a des initiatives, il y a plusieurs associations, il y a même des chercheurs qui ont mis en place des souches avec des quotas. Et il y a un travail, il y a des modes, l’Union européenne avec des associations qui sont souvent et qui nous parlent de renoncement. C’est intéressant parce que là aussi, on a un laboratoire de recherche qui s’appelle Aux Finances, qui a été créé par Alexandre Monod notamment, et qui travaille beaucoup avec les collectivités territoriales et les grosses. Mais c’est vrai que ça bouge du côté des collectivités territoriales, on parle de politique de renoncement et vous avez même un webinaire par le ministère de la Transition écologique en décembre. Ils appellent ça la redirection écologique. C’est peut être encore ça le terme utilisé par des partis politiques. Ils parlent de renoncement et donc nous autres, plus on ne parle que d’une tournée qu’on fait avec d’autres collectivités. C’est comment on arrête de penser aux politiques publiques et instances publiques comme plus de musées, plus de Festivals le 14 juillet, plus de bals populaires, plus de pourquoi ? Non pas sur un indicateur de réussite, ça peut être la voie verte parce qu’en faite on peut proposer une chose à la population et peut être qu’on va se concentrer sur l’essentiel. Vous voyez ? Donc ça c’est en grande afin d’analyser la politique de renoncement avec toutes les méthodologies collectives dans des protocoles de renoncement.
Fabienne Loiseau
C’est-à -dire qu’on va regarder les gens, c’est quoi nos attachements ? Qu’est ce qui fait qu’on est attaché au 14 juillet, à une piscine, à un musée ? Et plutôt que de dire on ferme brutalement ce musée, ou voyez, ou ce festival ou je ne sais quoi. On va d’abord questionner les gens sur leur attachement, on va dire OK, donc ça on peut plus le faire, mais on va pouvoir répondre à vos attachements d’une autre manière, d’une manière sobre. Et c’est là où on va être créatif, en fait, c’est ça, on peut faire dans tous les métiers, vous voyez, C’est pas juste. Il faut dire, vraiment, dans tous les métiers, là, on prendrait les métiers de chacun, on pourrait les revisiter, ces métiers en fait, et les faire de deux manières. On va, on va penser les indicateurs de réussite différemment, on va penser ce renoncement, cette sobriété est hyper intéressante, on est dedans. Créer en général des humains. Donc là on est vraiment pour, pour la créativité.
Justine Guitton-Boussion
En fait, moi j’aime bien le tour. Est ce que vous dites ça ? Ça fait écho et je les ai regardés autour du cou et de regarder, justement, moi je ne cache pas que toutes les remarques sont au bord des lèvres pour le maire actuel Et oui, c’est nouveau. Je trouve que justement la vallée met un peu des déjà beaucoup comme ça. Donc vous vous connaissez et en plus ça vous met en hauteur des tours. C’est un petit musée de taille moyenne, mais le concept de base c’est de permettre que tous puissent avoir accès à la culture. Et donc à l’origine, c’est un festival gratuit. Maintenant ça doit être 10 € la soirée alors que tu es en dessous des concerts de musique où c’est minimum 50 €. Et ça, c’est le prix de la place. Mais se revendiquer écologiste et un mais par contre c’est vraiment un gros festival avec des grosses têtes d’affiche etc. Et le sentiment que j’ai appris à mon échelle, je ne parle pas au nom du festival, c’est que justement. Bah en fait, le petit festival aux cartes et de manière plus générale, la structure qui organise ce festival est plus délaissée. Après, je ne connais pas votre position, je suis arrivé un peu en retard. Je ne sais pas quel est votre lien avec la mairie actuelle, mais j’ai l’impression que ce petit festival qui va justement pas prétendre être écolo mais qui va l'être dans les actes, qui va essayer de faire attention justement à toutes ces questions, va être plus négligée par rapport à un gros festival qui se revendique écologiste. Sauf que quand on est une grosse structure comme ça et que c’est aussi une machine à fric parce que c’est aussi le cas, ben c’est beaucoup plus compliqué en fait, au final d'être vraiment verts.
Justine Guitton-Boussion
Ils vont jouer au petit démon en cas, c’est définitif. Alors pour le coup, en ce terme, je vais parler de tout ce qui n’est pas du shōnen.C’est ce que je vous dis, c’est dans l’imaginaire, c’est cette fameuse salle en commun aussi, dans les bulles gestionnaires au bas mot. Ce n’est pas de coller à aucun de vous une petite idylle, pas une blague. Il y a tout le monde.
Fabienne Loiseau
Le fait qu’il y ait peu de monde, du coup moins d’impact. Comment valoriser le fait que c’est sympa avec ses amis et que ce n’est pas forcément parce qu’on est dans le gros festival que c’est que c’est plus satisfaisant.
Claire Veret
Donc je ne vais pas répondre directement, mais je comprends que ce que j’entends dans votre remarque, c’est qu’on a aussi besoin collectivement que les élus, le politique valorisent ce qui va dans le bon sens pour, comme vous dites, pas se sentir délaissé par j’entends ce sentiment en tout cas de votre part et je ne vais pas y répondre, je vais juste y réfléchir.
Justine Guitton-Boussion
Et voilà reste une question obsessionnelle. Vous avez la taille de club en inox et c’est tant mieux parce que c’est vraiment très bien. Il faudrait changer les normes sociales et les façons de se représenter l'écologie. Du coup, je me posais la question et ce n’est pas forcément une question pour vous, mais c’est une question ouverte. Je me demandais s’il ne fallait pas peut être intervenir en amont et en aval, c’est à dire d’abord passer en amont par les écoles, les premiers acteurs de la société civile et politique justement, qui vont bientôt voter parce qu’ils sont au lycée, parce qu’ils ont 17 ans, etc. Donc former déjà auprès des jeunes aux questions environnementales et de l’empreinte carbone
Fabienne Loiseau
Est ce que vous avez pensé au juridique et du fait qu’ on parle de politiques publiques, mais les politiques publiques, elles s’ancrent et elles se cristallisent dans le droit, ce qui permet ensuite de contraindre les acteurs qui polluent le plus comme on avait dit, donc les grands patrons, etc. Et donc à partir du moment où on a un droit qui va créer des précédents, qui va montrer qu' on peut condamner telle personne, en tout cas verser telle indemnité à tel groupe, etc. En créant ce droit là, même s’il n’est pas tout de suite appliqué, parce qu’on sait que c’est très compliqué et qu’on n’a pas beaucoup de parlementaires pour faire ça. Mais en créant ce droit là, peut être qu’on créera aussi dans Le Collectif le fait que ce genre de comportement écocide pourrait être considéré comme non valable dans notre société.
Fabienne Loiseau
Et non valable du point de vue de qui ?
Justine Guitton-Boussion
Du point de vue des jeunes qui vont ensuite voter et les deux se répondent un petit peu. Qu’est ce que vous avez pensé.
Fabienne Loiseau
Dans votre question, tout est nécessaire. Alors on a dit bas carbone. On a créé l’atelier que vous trouvez accessible gratuitement en ligne sur le site. Vous dites bas carbone aux lecteurs. L’Atelier Jeunes, parce qu’il faut aussi tout est nécessaire, Rien n’est ce qu’il en est, tout ça ? Est-ce que vous dites oui, bien sûr. Les normes juridiques, ça compte énormément pour les faire appliquer. C’est dès lors d’appliquer tout ce qu’on leur ordonne. Parfois, ça ne peut pas. Mais il y a beaucoup d’associations. Vous avez des juristes pour l’environnement, pas mal de choses, mais je ne veux pas être trop long parce que je vois que vous amenez des discussions. Mais pour moi, là, vous avez dans les trois nouveautés Sophus, Max Sambou sur les droits en fait déjà quasiment tout qui existe aujourd’hui. C’est quoi être, par exemple une force de police Aujourd’hui, c'était punissable par les élections, c'était vraiment de faire ça, C’est ici, voilà. Et aussi que ce n’est pas réellement dissuasif pour les entreprises qui peuvent payer des amendes en cash parce qu’on a créé, et zou, une trésorerie suffisante pour continuer à polluer. Donc, il faut déjà faire appliquer ce droit de l’environnement. Ensuite, il y a le droit de cuissage climatique qui n’est pas mal en train de se développer ces dernières années, qui va par exemple inclure l’affaire du siècle et toutes les affaires juridiques où des ONG ont essayé d’attaquer des États. Ça, c’est quelque chose qui s’est un peu plus développé ces derniers temps et ça peut faire jurisprudence. Mais la question, c’est l’application et aussi la formation des juges au droit de l’environnement et au droit climatique. Mais du coup, pour répondre à votre question, oui, en fait il faut agir en amont comme en aval, avec de la formation dès le plus jeune âge et après aussi pour faire appliquer les lois. Donc à moins qu’il y ait une dernière question, je pense qu’on va s’arrêter là.
Merci à celles et ceux qui ont suivi l'émission Auposte sur les réseaux ( Pour des raisons involontaires, la qualité sonore laissait parfois à désirer.Nous vous prions de nous en excuser la traduction est donc le plus proche possible)

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