12 070 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
Au Poste retourne le réel
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

Rencontres Radicales Alternatiba Paris : s’organiser collectivement face à la répression

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonsoir prenez place, saluez-vous, embrassez-vous. Bonjour et bonsoir tout le monde. Je suis David Dufresne documentariste, réalisateur, écrivain. Je suis également occupant comme Alternatiba Paris, d’un local ici. Et les copains d’Alternatiba à Paris m’ont demandé d’animer la soirée de ce soir et je vais essayer de faire de mon mieux. Je voulais aussi vous préciser que le débat de ce soir est retransmis sur auposte.fr qui est notre chaîne que vous pouvez rejoindre à tout moment. Il y a plus de 300 émissions sur l’histoire, sur la police, sur la justice, sur le féminisme, sur l'écologie, sur les punks, les éco terroristes Voilà, je vais maintenant vous présenter les trois intervenants, les trois invités du soir, puis le dérouler, puis ensuite je leur donne la parole. Bienvenue à tout le monde ! Donc je commence par Samia El Khalfaoui bonsoir. Alors votre présence ici, c’est la coordination nationale contre les violences policières. Pour une raison très simple, Samia El Khalfaoui, vous êtes la tante de Souheil El Khalfaoui tué en 2021 à Marseille par un policier lors d’un contrôle routier. Vous arrivez juste de Marseille.
Samia El Khalfaoui
Donc soit le papa de Souheil qui habite à Marseille, moi je vis à Paris.
David Dufresne
Vous vivez à Paris donc alors Lucie Chieng, tu es la porte parole d’Alternatiba Paris. D’où la raison de ta présence ici. C’est toi qui a le droit de parler au nom du collectif, c’est ça ?
Lucie Chieng
Oui il y a plusieurs porte-parole à Paris
David Dufresne
Et est ce que tu veux expliquer de quoi il s’agit ?
Lucie Chieng
Du coup Alternatiba Paris est un mouvement citoyen pour la justice sociale et climatique.
David Dufresne
Très bien. Ensuite, on fera une présentation plus complète et Monsieur Benoît Piedallu qui s’est battu avec un vigile avant de venir. L'œil au beurre noir qu’on avait empêché de le faire venir dans ce débat. Benoit, tu es, tu représentes la Quadrature du Net.
Benoît Piédallu
Oui. Je présente La Quadrature.
David Dufresne
Eh bien, on va commencer la présentation de chacun de vos organismes. En effet. Donc, dans l’ordre que vous que vous voulez.
Benoît Piédallu
Ok, donc je suis membre depuis 2011, je travaille avec la Quadrature du Net, La Quadrature du Net est une association qui a été créée en 2008 suite à la mise en place d’Hadopi. Sur ce plan, le gouvernement Sarkozy et qui vise à défendre des droits et des libertés fondamentales à l'ère du numérique, c’est-à -dire à un moment où tout le monde utilise aujourd’hui numérique, est même obligé de l’utiliser aujourd’hui. Dans certains cas, on a des cas récents d’obligation de passer par l’identité La Poste pour pouvoir par exemple déclencher des droits à la formation. Et on travaille sur tout un tas de sujets : la censure, la surveillance, le droit d’auteur, etc. Tout ce qui allie tout ce qui est lié au numérique aujourd’hui.
David Dufresne
Et en ce moment, vous avez du taf
Benoît Piédallu
Beaucoup, beaucoup de travail en ce moment, ce qui n’est pas très grave ce qui est un peu dommage. On préférerait avoir le droit de disparaître parce qu’il y a plus de travail sur les risques, sur les libertés à cause du numérique.
David Dufresne
Lucie, est ce que tu veux malgré tout présenter Alternatiba ou est ce que tu veux lire le texte qu’on m’a demandé, qu’on m’a fourni cet après 12 h où je te lis, je peux découvrir la répression des mouvements.
Lucie Chieng
Oui, il y avait à Paris d’autres raisons pour lesquelles on est ici, c’est qu’on observe qu’effectivement la répression sur les mouvements sociaux se diffuse encore plus jusqu'à même nous atteindre, nous, le mouvement climat. On a plusieurs types de répression qui nous touchent. Par exemple, on en parlera peut-être plus tard, mais on a beaucoup entendu parler des violences policières. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de dissolution des slogans La terreur récemment, c’est passé à la télé. Mais voilà, du coup on constate ça et on trouve que c’est important d’en parler ensemble avec d’autres luttes pour savoir comment on s’organise ensemble.
David Dufresne
Samia, est-ce que vous voulez présenter la Coordination nationale contre les violences policières ?
Samia El Khalfaoui
Donc moi je suis Samia el Khalfaoui Oui, comme vous l’a dit David, je suis la tante de Souheil El Khalfaoui, qui a été abattu par la police le 4 août 2021 à la suite d’un contrôle routier. On y reviendra plus tard, à la suite du décès de mon neveu. On a essayé avec mon frère de vivre la durée de la procédure au mieux en essayant de faire tout ce qu’on pouvait pour faire changer les choses. Donc on a dans un premier temps intégré le réseau d’entraide Vérité et Justice qui est un réseau qui englobe près d’une centaine de familles dans toute la France, qui ont subi des victimes et qui ont subi et qui sont victimes de violences policières. Il y a également dans le réseau d’entraide Vérité et Justice le collectif des Mutilés pour l’exemple, où il y a plusieurs gilets jaunes, donc des survivants, mais qui ont été mutilés, éborgné, etc. Je pense qu’on discutera de la situation en manifestation et suite à la au décès de Nahel, donc le 27 juin. Je pense que vous avez tous vu les images. Je pense que vous avez tous entendu le son, la violence des propos des deux policiers en plus de la scène avec Arrête toi, je te mets une balle dans la tête et le shoot le. A la suite de ça, on s’est tous retrouvés un petit peu partout en France à s’envoyer des texto et en se disant mais ce n’est pas possible, cette fois, il y a l’image, il y a la scène intégrale, on a le son avec, il va se passer quelque chose. Et en fait, baisé, il ne s’est rien passé. Le président de la République n’a pas daigné, ce jour là, ne serait ce que de dire à la maman mes condoléances. Il a fallu attendre que les jeunes se révoltent pour que le lendemain, il y ait un petit mot pour la maman et surtout, gardez vos enfants à la maison. Donc c’est à ce moment là que beaucoup de familles en France se sont dit on va arrêter de combattre de manière individuelle. On a tous, de par nos expériences individuelles, acquis des compétences et tous ensemble, on va créer un collectif sans aliéner les comités Vérité Justice et les collectifs desquels on vient et on a créé la Coordination nationale contre les violences policières. On a eu une manifestation en juillet. C'était le lendemain du 14 juillet. Elle a été au dernier moment interdite. Mais pour autant, ça a permis à ce que plusieurs familles se rassemblent. On a pu organiser un premier événement dans le 20ᵉ arrondissement, dans un gymnase du coup. Et si certains d’entre vous étaient à la manifestation du 23 septembre ? On a plusieurs syndicats, plusieurs. Plusieurs politiques dans le cadre d’un fil unitaire organisé, la marche du 23 septembre ou la Coordination nationale contre les violences policières étaient à l’avant de cette marche et apporté cette marche là le 23.
David Dufresne
Donc je vais vous donner le déroulé de la soirée. Après ces présentations, je vais vous lire le texte officiel du communiqué d’Alternatiba Paris concernant ce meeting. Car pour vous, il faut être sérieux quand même. Ensuite, nous allons poser la question à nos interlocuteurs : quelle perception de la répression à l'égard de votre lutte et des autres luttes ? Suivi de. Quand avez-vous senti un basculement dans vos luttes et comment analysez-vous ensuite ? Ça sera à vous de bosser. Et ça, ça va être génial puisqu’il va y avoir des ateliers d’une trentaine de minutes. Là, je crois qu’il faut que tu viennes nous expliquer comment ça fonctionne à Paris.
Lucie Chieng
Bonsoir. Effectivement, quand on a travaillé sur cette plénière, on s’est dit que ça serait super de travailler en fait par groupe. Donc une fois que les échanges auront lieu sur scène, on fera trois groupes. Et en fait le constat qui va être fait, je ne veux pas empiéter, mais c’est qu’on subit des répressions avant, pendant et après des manifestations ou des actions. Et donc chaque groupe prendra une temporalité, c’est-à -dire qu’il y aura un groupe qui réfléchit à comment on peut s’organiser collectivement pour ne pas subir de répression avant une manifestation, une action. Le deuxième groupe, ce sera pendant et le troisième groupe après. Et l’idée étant que dans chacun de ces trois groupes, c’est des personnes qui fassent une restitution à la fin et qu’on mette en commun nos conclusions et nos réflexions sur ce sujet, je ne sais pas, si j’ai été claire.
David Dufresne
est très limpide. Merci beaucoup il y aura aussi, à un moment donné, un moment d'échange entre vous et les intervenants, ainsi qu’entre le tchat et les intervenants. L’idée après s’il y a quelque chose que vous voulez vraiment dire au moment même où ça se dit, vous vous levez la main et on casse ça. Le déroulé est quand même un peu corseté on va dire. Voilà, donc après les ateliers, il y aura questions réponses et ensuite restitution des groupes et le récapitulatif. Je vous lis maintenant le communiqué officiel et après on attaque dans le dur. La répression des mouvements sociaux et de contestation n’est pas nouvelle. Elle découle d’une histoire colonialiste. Elle a toujours été une arme des gouvernements pour faire passer des politiques post colonialistes, anti sociales, sexistes et anti écologiques. Aujourd’hui, en plus d'être physiques et juridiques, la répression évolue au gré des innovations technologiques comme l’espionnage, la surveillance illégale, la censure des réseaux sociaux. Ça, c’est pour Benoît, pour justifier toujours plus la militarisation de la police. Les mécaniques se répètent stigmatisation de la lutte et criminalisation des messagers pour créer l’illusion d’un danger représenté par des guillemets, des ennemis de l’intérieur. Fermez les guillemets qu’il est, ouvrez les guillemets normale famille des guillemets de réprimer, humiliations publiques, mensonges de la police, amendes, peines de prison, handicapés à vie, voire exécution, voilà à quoi nous nous exposons en tant qu opposant politique dans un état policier tel que la France passe à une répression de masse qui s’attaque à toutes les luttes. Comment penser collectivement les outils qui peuvent nous protéger ? Voilà, ça c’est pour. Pour dresser un peu le couvert de notre repas de ce soir. J’aurais un petit bémol sur le terme état policier, mais éventuellement ça viendra peut être dans la dans la dans la dans la discussion. Et on va démarrer justement avec eux, avec toi, Benoît. Quand on parle d'état policier, je ne sais pas si tu es d’accord avec cette expression, tu peux y répondre ou tu peux passer à autre chose. Il y a l’idée de surveillance de tous, de surveillance massive. Et donc toi, en tant que représentant de la Quadrature du Net et donc Geeks de première heure, est ce que tous les outils que l’on développe, que l’on utilise, il faudrait cesser de les utiliser ou de les utiliser différemment ? Sur la question de la surveillance ?
Benoît Piédallu
C’est très large comme question. Ce que tu poses comme question, c’est est ce que les outils numériques aujourd’hui permettent plus facilement à l'état de nous surveiller et donc qu’il faudrait les abandonner ? Pour revenir à l’analogique finalement, qui était un qui n’est pas un peu plus compliqué ? Alors aujourd’hui, il faut quand même faire un peu la part des choses entre ce que l'état est capable de faire. Je Pas. Si vous avez lu les articles qui sont qui sont sortis aujourd’hui sur les prédateurs feeds dans Mediapart qui avaient été et qui avaient été aussi mis en avant par comment s’appelle ce média en ligne ? L’autre média qui avait sorti ça avant, qui en fait rappelle un peu la capacité de la France à produire des outils de surveillance massive qui ne les utilise pas forcément sur son propre sol, mais qui en tout cas les vend à tout un tas de pays. Alors quelques-uns sont des pays voisins de l’Europe. La Suisse. J’ai été surprise de voir que la Suisse avait acheté ce type d’appareils. Mais qui les vend le plus souvent à des pays autocratiques non recommandables comme l'Égypte, les Émirats arabes unis,. Donc il y a des outils qui permettent de traquer des téléphone à distance ou en les ayant directement à la main, ou de prendre le contrôle du réseau internet du pays et de pouvoir surveiller exactement ce qui s’y passe, qui dialogue avec qui et qui va voir quels sites. Donc ça c’est des outils sur lesquels on est, on est très fort en France, mais qu’on n’utilise pas forcément localement, c’est-à -dire qu’on aime bien pouvoir les pousser à l’exportation. Donc ça c’est un premier.
David Dufresne
Donc exemple que tu donnais tout à l’heure, je pense que c'était la France qui a vendu à l’Égypte certains de ces logiciels, c’est bien ça ?
Benoît Piédallu
Oui, il y en a un certain nombre, elle en a vendu plein. Voilà l’occurrence de ce matin où elle s'était installée d'être prédateur. Phase donc la suite d’amnésie qui est venue à plus tard. Mais plein d’autres en fait au Vietnam. Mais la France s’est dotée de tout un tas d’outils juridiques pour pouvoir faire de la surveillance. En l’occurrence, c’est ce qu’on a découvert aussi ces dernières années, avec tout un tas de militants politiques, écolos particulièrement, mais d’autres qui se sont retrouvés à surveiller et qui se sont retrouvés avec des mouchards dans les téléphones, qui sont retrouvés avec des caméras face à leur à l’heure, à leur habitation ou face à leurs familles. Et puis tout un tas de gens qui, quand ils sont mis en examen, donc même pas quand ils sont mis en examen, quand ils sont arrêtés, leur téléphone sont récupérés et on en reparlera peut-être un peu plus tard. Mais en ce moment, c’est le début de la semaine. Oui. Ce début de semaine a commencé mardi, le procès des inculpés du 8 décembre, pour lesquels un certain nombre de logiciels leur permettant d'échanger de manière chiffrée et sécurisée à protéger leur vie privée. Leurs échanges avaient été utilisés par la police, la DG. Ainsi donc, la Direction générale des renseignements, des services.
David Dufresne
De la sécurité intérieure.
Benoît Piédallu
Sécurité intérieure a donc travaillé pendant des mois et des mois sur sur ces personnes, sur ces sept personnes qui ont été inculpés et à récupérer en fait des téléphones sur lesquels A qui étaient chiffrées, sur lesquelles ils n’avaient pas forcément les données et qui ont tout à fait été capables de récupérer les informations parce qu’ils ont utilisé des logiciels qui permettaient de craquer les protections. Voilà. Donc ils peuvent de manière très précise, surveiller les communications de personnes. Ils peuvent accéder au contenu de vos téléphones, en particulier quand ils ont la main dessus. Donc oui, en effet, le principe de surveillance est présent en France.
David Dufresne
Si je puis me permettre, les logiciels en question, la moitié de la salle les utilisent.
Benoît Piédallu
Alors oui, on peut les lister. WhatsApp.
David Dufresne
par exemple, qui utilise WhatsApp.
Benoît Piédallu
C’est mal. Je vous rappelle que WhatsApp appartient à Méta, c’est Facebook.
David Dufresne
Mais ça c’est la Quadrature du Net. Mais ça va, Mais c’est vrai et il a raison. Mais aujourd’hui, on ne fait pas un atelier d’auto -défense numérique. Ah pardon, il faudra le faire. Il faudra le faire, bien sûr. Mais où donc ? Voilà WhatsApp. Donc ça veut dire que pour les policiers, le fait d’utiliser une messagerie pour aller vite, crypter, chiffrer.
David Dufresne
Chiffrer, chiffrer, c’est suspect. Signal qui utilise un signal. C’est bien. Et il y en a. Il y en a. Ils utilisent tous les deux dans la salle. Donc je ne vous dis pas. Et il y en avait d’autres comme logiciels.
Benoît Piédallu
Alors, si vous utilisez des appareils pour des téléphones qui n’ont pas forcément Google dedans, par exemple Line et Jaws ou le slash I Like Fairphone par exemple, si vous utilisez ça, la DG et aussi la police, même les juges considèrent que vous essayez de cacher quelque chose puisque vous ne voulez pas donner toutes vos informations à Google, c’est forcément que vous vous reprochez quelque chose.
David Dufresne
Voilà. Oui mais là Benoît, c’est intéressant parce que ça envoie et tu vas pouvoir reprendre le fil de ta pensée. Ça renvoie à la phrase de Darmanin prononcée plusieurs fois à l’Assemblée en dix ans pour répondre à la question de ce que l’État peut nous surveiller. Darmanin a dit à plusieurs reprises au perchoir. Il a dit à plusieurs reprises : Comment se fait-il que l’Etat français ne puisse pas en savoir autant sur les internautes que Google ? Ce qui est assez vertigineux comme réflexion. Et ça renvoie à la question, là est ce que l’État.
Benoît Piédallu
Nous rappellerons déjà à Monsieur Darmanin que Google et consorts sont régulièrement condamnés pour de l’illégalité. Donc s’il peut effectivement être aussi légal que Google, Facebook et compagnie, ça commence à poser problème est dans l’illégalité pour un certain nombre de choses et j’arriverai à. En fait, quand il y a une surveillance spécifique numérique sur une personne en particulier, il y a une commission qui doit se pencher sur la question et qui doit dire si oui ou non la police a le droit de surveiller cette personne. Cette commission n’a absolument pas les moyens de répondre. Alors j’ai plus en tête le nom, mais c’est peut être 1200 réquisitions par jour qui sont faites pour faire de la surveillance spécifique numérique. Et évidemment que cette commission n’a absolument pas les moyens de répondre à ça. Et donc elle répond globalement oui à toutes les demandes. Si vous demandez si vous avez été surveillés, par exemple, on va vous, on ne va pas vous répondre, on va aller regarder, ils vont la regarder et en gros, ils vont aller peut être dire à la police Bon, ce n’est pas bien, vous n’aviez pas le droit de la surveiller, cette personne, mais vous, vous n’aurez pas d’informations non plus sur ce qui s’est passé exactement. Voilà donc le format français de surveillance des opposants politiques particulièrement, n’est pas du tout protecteur parce que la police fait à peu près ce qu’elle veut. Et en plus, ces dernières années, il y a une petite musique qui monte. Alors on entend avec les échos terroristes et on voit bien cet usage de l’ennemi intérieur qui arrive donc des opposants politiques à même l’ensemble des gens qui utiliseraient des messageries, des systèmes, des outils permettant de protéger leur vie privée. On n’a pas parlé de Tor, mais Tor, qui est un navigateur sécurisé, rentre aussi là dedans. Si vous utilisez Tor, potentiellement, si on commence à avoir quelque chose à vous reprocher, ça ajoute à l’idée que vraiment vous avez quelque chose à vous reprocher puisqu’en plus vous utilisez Tor ou Taz qui est un système d’exploitation très sécurisé. Vous l’avez sur une clé, vous le mettez dans un ordinateur, vous démarrez dessus, vous faites tout ce que vous voulez dessus, vous retirez la clé. Il n’y en a plus aucune. Aucun historique de ce que vous avez fait sur ordinateur. Voilà. Et donc l’usage de tous ces outils et d’autres visent encore à renforcer cette idée que si vous avez quelque chose à cacher, c’est que potentiellement vous en voulez à l'état, vous voulez commettre des actes délictueux, etc. Je ne sais pas si tu voulais que je continue. Parce qu’en ce moment, il y a encore, il y a encore tout un tas de textes qui sont en train d’arriver et qui posent fortement problème au niveau français. Au niveau français par exemple, il y a eu des amendements qui sont arrivés dans des lois récentes pour demander par exemple à ce que les VPN ne puissent plus être utilisés tant qu' ils ne respectent pas. Là, ils ne respectaient pas la réglementation française. Donc un VPN, c’est quand même un outil qui permet de sortir quelque part sur la planète, à un endroit où on ne pourra pas savoir que c’est vous derrière. Voilà, vous sortez un point du réseau, un point d’internet et vous faites votre action. Vous allez accéder à un site internet et tout. Et c’est ce service, Ce site internet ne sait pas que c’est vous qui est derrière. Et évidemment, l’intérêt, c’est aussi de sortir du réseau français. Ne pas subir de censure, c’est-à -dire ne pas subir les sites internet qui sont censurés par l’Etat, ne pas subir de limitation géographique par exemple à des services comme Netflix ou autre qui qui limite à certaines parties du monde l’accès à des services. Et là l’idée c’est de dire bah en fait on limiterait l’accès aux VPN uniquement à ceux qui sortent en France et qui appliquent la réglementation française. Il y a au niveau européen le règlement César à César qui pousse à limiter encore et encore ce qu’on ce qu’on essaye de faire à ce que les politiques essayent de faire depuis tant d’années. Limiter la capacité du chiffrement à protéger les échanges, c’est à dire à dire ok, d’accord, on a bien compris quand on essayait de faire, de mettre en place des backdoors, des portes dérobées dans WhatsApp, dans Signal et autres, c’est à dire de permettre à la police d’aller quand même voir, même si c'était chiffré, d’aller accéder à l’ensemble des échanges qui étaient fait, qui, avec qui, avec de quoi ils parlent, etc. On a bien compris que c'était une connerie. Je pense qu’on en est peut-être un peu arrivé là. Donc la nouvelle proposition, c’est dire Ok, on va déposer des petits mouchards directement sur les téléphones et ces mouchards vont analyser les échanges. C’est à dire que ce sont ces mouchards qui auront accès aux messages déchiffrés puisqu’on est sur le téléphone, donc comme l’utilisateur. De la même manière que l’utilisateur, ces mouchards auront accès aux messages déchiffrés. Mais promis, on ne casse pas le chiffrement. C’est-à -dire que le chiffrement entre les deux personnes, lui, il est bien, il est bien valide. Voilà. Donc ça c’est. C’est un mouvement un peu général de dire qu’il faut arrêter. Si vous chiffrez vos communications, vous empêchez la police de travailler et donc potentiellement, vous permettez à des terroristes de commettre des actes. Il faudrait retourner tout ça. Et ce qu’on essaie de faire, c’est retourner ça. C’est à dire que pour les politiques, ces dernières années, finalement, nous sommes tous des délinquants potentiels et il faudrait que la police, les autorités puissent regarder en permanence avoir accès à nos communications pour pouvoir savoir exactement ce que l’on dit tout le temps, à tout instant.
David Dufresne
Je n’arrive pas, à cause de la connexion, à retrouver le nom exact de la commission qui s’occupe de, justement dont tu parlais tout à l’heure, de la commission nationale des renseignements, etc. Et celle qui s’occupe de valider ou non les demandes de la CNCTR, c’est ça un truc comme ça, de valider ou non les demandes de surveillance de la police. De tel ou tel criminel délinquant, mais de plus en plus opposants politiques. J’emploie le terme opposant politique parce qu’il a été prononcé par le président de cette commission nationale dans les colonnes du Monde il y a deux mois. On vous le dit en substance en disant ça suffit, On nous demande de valider des opérations de surveillance pour surveiller des opposants politiques et non pas des terroristes et non pas des criminels. C’est-à -dire que, et ça, c’est au plus haut sommet de l'État. Cette commission, ce n’est pas ce n’est pas n’importe quoi. Il y a des gens pour nous alerter en disant que la police fait n’importe quoi. La police pousse, pousse, pousse. Hier ou ce matin, je ne sais plus. Gérald Darmanin annonçait fièrement que 3000 personnes cataloguées à l’extrême gauche étaient fichées S. C’est comme ça la réalité. Et ça c’est un chiffre officiel, donc c’est le chiffre minimum. C’est donc de ça dont on dont on parle. Après Benoît, on emploie des termes que vous connaissez, genre VPN, etc. Là encore, il faudrait graduer parce qu’il y a des VPN qui sont plus ou moins utiles. Je vous le dis comme ça, tu peux peut-être le dire, donc qui sont plus ou moins utiles Ouais, je vais un VPN, or ça protège de rien du tout dans cette. Non, non mais quand même, il y a ceux qui logent tout ce que vous faites. Donc ça effectivement, ce n’est pas très utile parce que la police leur demande ce que vous avez fait et ils peuvent répondre en disant ce que vous avez fait, mais faut pas prendre cela juste pour vous. Et je voulais avant, avant de laisser faire peut être la parole. Donc terminer par une campagne qu’on a lancée fin 2019 qui s’appelle la campagne Technopolice et qui vise aussi. Alors là, on parlait de numérique, on parlait d’Internet et tout. Mais se rapprocher peut être de l’espace public, se rapprocher de ce qui est, ce qui nous touche directement, c’est à dire la surveillance de l’espace public, là où on va régulièrement, même si vous n’avez pas de téléphone, en fait de Smartphone ou de systèmes informatiques, comme je disais tout à l’heure, est ce qu’il faut tout abandonner ? Oui, mais à ce moment-là, est-ce qu’il faut abandonner aussi l’espace public ? Et c’est la question un peu ultime. C’est à dire là, on se bat depuis fin 2019 contre l’usage de ce qu’on appelle la VS à la vidéosurveillance automatisée et l’audio surveillance automatisée aussi. Et puis il y a plusieurs villes, enfin deux à notre connaissance, ont essayé de mettre en place et la deuxième c’est pris une s’est pris une remontrance de la CNIL récemment pour ça il y avait Saint-Étienne en premier et j’expliquais le deuxième pour dire que l’audio surveillance automatisé, c’est à dire la détection d'événements audio, était illégale. Mais la vidéosurveillance automatisée, par contre, ce n’est pas deux villes, c’est des centaines de villes qui installent des outils qui sont en fait des caméras de surveillance classiques que vous avez dans les rues qui sont par millions aujourd’hui en France. Je crois qu’on estime à plus plus 2 millions, presque 3 millions de caméras aujourd’hui dans les rues françaises, que vous rangez un ordinateur, plus exactement à plein d’ordinateurs qui vont faire de l’analyse d’image, de l’analyse avec, à l’aide d’outils, d’outils, ce qu’on appelle l’intelligence artificielle, qui n’ont rien d’intelligent, mais qui sont fait des outils d’analyse d’image et qui vont détecter des événements, qui vont détecter toutes les voitures qui circulent dans une rue. Donc de manière unique, elles vont reconnaître leur plaque d’immatriculation, reconnaître leurs formes, leur couleur, le sens dans lequel elles vont détecter des paquets abandonnés, donc une silhouette d’une personne qui passe avec quelque chose à la main et puis qui continue son chemin. Et ce qu’elle avait à la main a été déposé par terre et la personne est partie sans hop, il y a un paquet abandonné qui détecte les gens qui vont jeter des jeter des paquets par terre, faire des poubelles par terre, etc. Alors ça c’est ce qui nous est présenté par les mairies pour justifier ça, c’est souvent les mairies qui installent ce genre de choses pour justifier de l’installation de ces systèmes de vidéosurveillance automatisés. Sur la ville de Saint-Denis. Aussi, avec les JO, il y a eu une augmentation exponentielle des caméras et de l’usage de l’intelligence artificielle. Alors eux, sous le prétexte que c’est pour les J.O. Mais là, la communauté, les habitants de Saint-Denis le ressentent comme une surveillance permanente et particulièrement visée vers un type de population, vu que Saint-Denis est en pleine gentrification. Et c’est vrai que c’est sous prétexte des J.O. Des choses ont été aussi acceptées. C’est un nid devient comme un espèce de laboratoire de piste de ce qui pourrait se passer dans plusieurs autres villes aussi.
Benoît Piédallu
Alors plus précisément, c’est même l'état carrément qui prend qui qui prend usage des J.O pour déployer ça, puisque nous considérons que la vidéosurveillance automatisée était totalement illégale jusqu'à jusqu’au vote de la loi J.O. Qui en effet valide l’existence d’une certaine forme de fin de certains types de vidéosurveillance automatisée. Alors on liste les cas d’usage qui vont être pouvoir, qui vont pouvoir être détectés, les lieux où ça va être détecté et les entreprises qui vont pouvoir le faire, etc, etc. Il y a tout un encadrement pour pouvoir dire non mais vous ne le faites pas, on fait ça bien, on vérifie ce qui va être fait, etc. Ce qui se passe, c’est que déjà on a, euh, je crois que c’est à deux semaines, quelque chose comme ça, à la ministre des Sports qui dit oui. Alors finalement, ce ne sera pas que les J.O. On ne va pas le prolonger. Après, tout le monde l’attendait évidemment, la loi J.O qui met en place la vidéosurveillance automatisée pour protéger les touristes qui viendraient pendant les Jeux Olympiques de 2024 à Paris. En fait, cette technologie sera prolongée après. Et évidemment qu’une. Une fois que les entreprises auront été choisies, les ordinateurs achetés, les licences payées, les technologies bien testées, évidemment que ces technologies resteront en place et même augmenteront. Nous serons ce qu’on considère comme allant. Aujourd’hui, on considère que la vidéosurveillance automatisée dans un certain nombre de cas et de la vidéosurveillance biométrique, c’est-à -dire qu’il y a une reconnaissance de biométrie. La biométrie, c’est une technologie qui vise à reconnaître l’individu, à personnaliser l’individu dans une foule. C’est à dire qu’on ne compte pas les gens, par exemple quand il y quand il passe une barrière ou quoi que ce soit en comptant les gens 1 à 1. Et donc on dit juste Ah, bien, il y a une personne qui est passée à deux personnes, à 23 personnes. Là, carrément, on individualise les gens dans une foule. Quand vous êtes capables d’individualiser des personnes dans une foule, c’est-à -dire que vous prenez des caractéristiques très personnelles comme la taille, la couleur des vêtements, la démarche de cette personne, etc. Ça règle, vous êtes capable de la suivre dans une foule. Donc ça, c’est de la biométrie. La biométrie dans le RGPT, le règlement général à la protection des données, qui est, qui a été, qui est entré en vigueur en 2018 ? C’est quand même interdit. L’usage de la biométrie, c’est interdit par défaut. C’est autorisé que dans certains cas. Et là, en fait, cet usage de vidéosurveillance automatisé, en fait, permet et autorise sur le sol français l’usage de biométrie. Ce qu’on considère comme au-delà encore de ces technologies de maîtrise, c’est même la reconnaissance faciale qui là, va même nous permettre d’aller chercher dans les bases de données de l'État quand vous vous faites faire un passeport. L'État, c’est laisser la possibilité de conserver l’ensemble des photos des gens, des personnes qui avaient demandé un passeport dans une énorme base de données qui contient donc qu’on appelait à l'époque. La loi est passée à la base de données des gens honnêtes, c’est-à -dire en fait, toutes les Françaises et les Français ont leur photo dans cette base de données. Demain, il suffit de vraiment pas grand chose pour autoriser la comparaison automatisée entre ce qu’on voit dans la rue, ce que les caméras visualisent dans la rue et la base de données des photos des gens qui ont eu, qui ont un passeport ou une carte d’identité. Donc ça, c’est un pas qui pourrait être franchi très très facilement. Mais il faut savoir que déjà, dès aujourd’hui et depuis plusieurs années déjà, la police a fait plusieurs milliers de recherches de visage sur des bases de données, sur une base de données en particulier à laquelle elle a accès. Dont je me rappellerai la base de données des gendarmes, des pas, des interpellations.
David Dufresne
On a trop parlé, Il faut que tu arrêtes.
Benoît Piédallu
Mais en tout cas, voilà qui peut déjà faire aujourd’hui plusieurs milliers de recherches de visage sur les bases de données auxquelles on a accès. Donc en fait, la reconnaissance faciale a déjà lieu en France.
David Dufresne
Je donne la parole maintenant à Lucie. Alors je ne sais pas si tu te souviens dans le déroulé que vous avez préparé avec Garance à Extraordinaire. Elle te donne des conseils. Elle te dit donner un exemple d’une action. Le onze neuf 2019 Gazage en marche Climat Roissy le 3 novembre 2022 Total. Donc là tu peux y aller.
Lucie Chieng
Pour l’antisèche. Moi je voulais aussi un peu réagir sur ce que tu as dit par rapport oui j’y vais mais par rapport à toutes ces discussions. Et tu as tous ces outils etc. Avant nous on le voit concrètement en fait dans nos vies et dans notre lutte. C’est que je suis arrivée en 2019 dans la lutte et entre-temps, en fait, on a pu voir que maintenant on est obligé de donner son numéro de téléphone, son code de téléphone à la police. Quand on est en garde à vue, on a des procédures de sécurité pour éviter que les informations fuient hyper vers. De plus en plus compliqué à suivre parce qu’on voit justement toutes ces histoires, tout ce que peut faire en fait le gouvernement pour nous empêcher en l'état, pour nous empêcher de faire ce qu’on veut faire et exercer notre liberté d’expression. Et effectivement, c’est une répression qu’on voit numériquement, mais aussi dans la rue. En 2009, donc, la première marche à laquelle j’ai participé en tant qu' organisatrice et animatrice, par rapport au fait que j'étais aussi bénévole à Paris, bien, on s’est fait gazer en 2019 alors que ce n’était jamais arrivé avant dans les marchés Climat. On a pu voir aussi différentes actions qui ont avorté avant d’avoir pu la faire. Parce qu’il y a des informations qui ont fuité, parce qu’il y a des moyens maintenant mis humains, notamment via la surveillance des camps, des renseignements territoriaux, renseignements généraux qui viennent dans nos réunions, qui essaient d’avoir les informations.
Lucie Chieng
Oui, du coup je peux aussi être témoin d’actions ou on n'était pas prêt en termes de violence qu’on allait confronter et qu’on n’avait pas par exemple filmé à Roissy. Quand on est allé sur qu’on a voulu aller et qu’on. Il y a des gens qui ont réussi à y aller sur le tarmac de l’aéroport de Roissy pour dénoncer l’extension du terminal quatre de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Il y a toute une équipe qui s’est fait arroser en fait de gaz et on n'était pas prêts à se dire qu’en fait, on va se faire gazer. Et en fait, il y a des choses qui sont de plus en plus fréquentes sans même en termes de procès. Les procès qu’on a sur les mouvements climatiques sont de plus en plus fréquents. Enfin, c’est de plus en plus aussi. Les procès ont des dossiers vides. Aujourd’hui, c’est vraiment. On sent de plus en plus de pressions de la part même de la. Donc post action sur tout ce qui est juridique procès ensemble, de plus en plus de pressions sur nous et moi devant ce qui est. Ce qui est très récent en ce moment, c’est que ça va aller, ça va jusqu'à en manif la semaine dernière, donc le 23 septembre. La semaine dernière, pas du tout. Il y a plusieurs semaines, le 23 septembre, où le matin même, on a entendu le préfet qui dit qu’il autorise la police à interpeller toute personne disant police partout, Justice nulle part, alors que vraiment, pas, tout le monde ne l’a dit. Bref. Et du coup, ça va jusqu'à donner le pouvoir à la police de juger quel slogan est correct et quel slogan ne l’est pas. Et nous, ça nous paraît ouf. Et en fait, moi, j’ai l’impression qu’il y a plusieurs choses que nous on vit aujourd’hui. Qui sont qui ? Qui sont des répétitions de ce qui peut, ce que peuvent vivre d’autres, d’autres luttes, notamment le fait justement de criminaliser, de nous criminaliser parce qu’on utilise ce signal de nous criminaliser parce que, ben on utilise des outils qu’on n’a pas envie qu’on a, parce qu’on a pas envie d’utiliser d’autres, en fait, Et juste par l’outil, tu es criminel parce que tu as envie d’envoyer une invitation d’anniversaire à un pote via Signal. Voilà des criminels. Et on voit aussi par les mots qui sont utilisés tu fais un rapprochement entre l'écologie et le terrorisme, donc l'éco terrorisme. Moi, celui qui me touche particulièrement parce que mon père a fui un peu tard, a vécu avec elle la guerre civile des Khmers. Quand on nous parle de khmers verts, enfin, moi je suis assez à choquer, mais c’est des mots qui sont utilisés en tout cas pour nous criminaliser et je pense que c’est quelque chose qui est souvent comme ça aussi parce que dès qu’après l’exécution de ce qu’on a vu et connu des services de police, en fait on est tous un peu connus des services de police par chez nous. Et ça ne veut pas forcément dire que les personnes sont fondamentalement mauvaises et qu’on mérite de mourir. Et en fait, moi je me demande. Je me demande comment on peut faire en sorte d'être, d'être meilleur que d'être plus malin que ce qu’on subit dans le sens où en fait, nous, ce qu’on a envie quand même, c’est de porter une lutte ou pas. On a une lutte, on a des revendications, on a, on a une opinion politique à porter et comment, comment on fait pour pouvoir être plus malin que ce que toutes les lois qui nous qui nous tendent un peu sur la tête notamment. Est ce qu’on a des moyens de contourner ? De se mobiliser ? Ce qu’on a ? Est ce qu’on se dit que par exemple. Enfin, je sais que pendant les procès, nous, on dit beaucoup qu’on ne va pas se. On ne va pas se concentrer sur le fond, sur la forme, mais sur le fond. Donc pas de dire oui, eh bien on a coupé le grillage tout ça, mais plutôt dire en fait parce que l’urgence climatique, parce que machin, on évite de parler vraiment de ce qui les arrange et ce qu’il y a parce qu’on ne pense à d’autres types de trucs un peu malins comme ça, pour contourner en fait et les déborder sur les lois et par exemple les Jeux Olympiques. Effectivement. Enfin, j’ai l’impression que c’est quelque chose sur lequel vous, vous avez déjà vécu des trucs. Ben nous pareil. En fait, on a une loi, on est une loi. Il y a une loi qui a été passée sur les Jeux olympiques, qui est très axée mouvement climat, parce que du coup, il y a plusieurs, plusieurs orga qui vont sur des terrains de sport pour passer des messages politiques et du coup en janvier il me semble ou c’est en février ? En début d’année ils ont fait passer une loi pour qui interdit en fait toute personne qui a une opinion politique d’aller sur le terrain et. Et moi je me dis en fait en voyant ce qui passe comme ça, comme loi, voyons aussi ce qui est fait et ce qui est testé pour une Coupe du monde de sport qui est en ce moment, je crois que c’est le rugby, mais je ne suis pas sûr. Voyons tout ce qu’ils peuvent faire, ce qu’ils ont fait ici. Ils contrôlent les personnes aux abords du stade et les empêchent devant toutes les personnes qui ne sont pas venues pour faire du sport, pour voir le sport. Ils les empêchent de circuler. Est ce qu’on est vraiment prêt à vivre ce qu’on va vivre pendant les Jeux olympiques et après ? Effectivement, parce que cette période là, elle permet de banaliser tout simplement ces pratiques et en fait de supprimer la police et de contre des civils et de les autoriser en fait à faire un peu ce qu’ils veulent pour protéger le bon déroulé des Jeux Olympiques. Est ce qu’on est prêt en fait à ça ? Est ce que voilà ?
David Dufresne
Et les antisèches ne servent à rien.
Lucie Chieng
Pardon ?
David Dufresne
Qu’est ce que tu voulais que je te dise par rapport par rapport aux événements que vous avez, que vous avez connus ? Rencontrer, puisque la question, c’est la perception de l’art de la répression à l'égard de votre lutte. Est ce que vous trouvez qu’il y a eu une évolution et est ce que vous y répondez différemment ? C’est-à -dire que l’exercice qu’on fait ce soir de conscientisation, de discussion. Est ce que vous l’avez aussi entre membres ? Est ce qu’on fait des formations particulières ? Genre tu viens sans téléphone ou tu peux.
Benoît Piédallu
Raconter une histoire là ? Il y a quelques semaines, je suis venu à Alternatiba et j’ai discuté avec quelqu’un qui me disait Ah oui, j’ai été arrêté, on m’a pris mon téléphone et tout et maintenant mon téléphone. Il a des comportements bizarres et tout. Je ne sais pas trop. Est ce que j’aurais dû faire quelque chose ? Et touche pas, je sais pas moi, la première chose que j’aurais fait quand on m’a pris mon téléphone dans un poste de police, c’est que je réinstalle tout et je change tous mes mots de passe. Ah bon ? Ah bah peut-être. Effectivement, c’est une idée.
Samia El Khalfaoui
Mais c’est vrai que nous on recommande de ne pas aller en manifestation avec son téléphone portable. On fait en sorte de ne pas les avoir sur nous parce qu’effectivement tout est possible.
Benoît Piédallu
Je pense qu’il y a des. Il y a des bons échanges à avoir aussi sur la formation des militants sur ces questions là. Il y a des fois on est nous, on est très surpris à La Quadrature d’avoir des associations qui militent comme ça, qui ont des vraies, des vraies, des vraies opérations importantes, qui vont, qui vont à la confrontation et tout, et qui se baladent avec des téléphones avec ou sur lequel il y a tous les échanges dessus qui quand c’est récupéré par la police ensuite comme je dis, les laissent comme ça et continuent à dialoguer avec tout le monde. Et c’est vrai que c’est penser quelque chose que nous on n’aurait pas imaginé une seule seconde de faire. Quand une personne perd son téléphone chez nous, tous les mots de passe de la Quadrature sont changés. Tous ces accès sont verrouillés et pratiquement, ils jettent le téléphone. C’est la Quadrature. Mais voilà. Et c’est pour ça qu’on est surpris. Et c’est pour ça que je pense qu’il faut qu’il y ait des échanges aussi là dessus. Et beaucoup de gens, même des journalistes, viennent nous voir en nous disant Est ce qu’il y a des formations ? On n’en fait pas, mais quand même, je pense qu’on peut arriver à quelque chose d’intéressant en quelques discussions. Et comment avoir trouvé un nouveau job ?
David Dufresne
Et donc, est ce que puisque tu te dis à quelle date a rejoint en 2019, donc 2019, c’est si justement c’est le gazage dont on se souvient pendant la marche climat ? Est ce que est ce que vous avez évolué par rapport à tout ça ou vous y allez la fleur au fusil comme le dit Benoît ?
Lucie Chieng
Ben en fait, ce qui est, ce qui est délicat, typiquement pour le pour le gazage, c’est qu’on ne veut pas mettre de masque parce que justement c’est dans notre volonté, dans notre consensus d’action, d'être à visage découvert. Mais effectivement, vu que, notamment à l’Assemblée générale, la dernière assemblée générale de Total de début d’année, les toutes les personnes se sont fait extrêmement beaucoup gazer et même en fait les personnes qu’on prévoit qu’on appelle des médic. Donc vu des personnes qui sont là pour essayer de faire en sorte que personne ne perde connaissance et que tout se passe bien ou même physiquement parlant, ne peuvent pas bouger à cause du gazage. On évolue un peu en se disant qu’en fait ces deux-là ont besoin d’un masque pour nos actions et donc c’est tout comme des pratiques qui évoluent. Et même je le vois dans notre mouvement climat où il y a quand même des pratiques qui évoluent, où on autorise les lunettes de piscine pour lutter contre le gazage et tout. En tout cas, pour ce cas là, on essaye d'évoluer. Et par rapport aux pratiques numériques, c’est vrai que c’est quelque chose qu’on prévoit seulement sur des grosses actions parce qu’il y a énormément d'énergie, il y a énormément de personnes disponibles pour en organiser, mais nous on se dit justement on ne prend pas nos téléphone pendant les actions et pas forcément pendant les manifs. Parce que pour nous les manifs c’est encore entre guillemets un endroit où ça va. On n’est pas censé être interpellé à tout bout de champ comme ça. Mais justement, effectivement, ces dernières années, on voit que c’est que c’est ça évolue et qu’on doit prendre des mesures fortes pour ça. Et en même temps, je pose toujours la question. En fait, aujourd’hui, on arrive tellement loin dans le dans cette sélection en fait. 27 Cette expertise sur le numérique, qu’est ce que ça va pas faire ? Pas un gap trop grand pour nous rejoindre en fait pour. Est ce que c’est quelque chose ? Est ce que ce n’est pas quelque chose qu’on nous apprend à l'école ? Donc c’est quelque chose qui est hyper bon. Expliquer comment on utilise Crypt Pads, comment on utilise des trucs comme ça. Et enfin, nous, on évolue dans le sens où on cherche toujours des alternatives par rapport aux outils du numérique. On essaie toujours de changer nos outils pour, pour, pour être, pour ne pas être surveillé par rapport au téléphone. On empêche, on fait des réunions sans téléphone quand c’est des trucs confidentiels. Mais en fait ça fait beaucoup de travail dans la tête de se dire qu’est ce qu’on fait maintenant ? Est ce que. Est ce qu’on va plus loin ou pas ? Et moi, je sens l’impression qu’il y a quand même pas mal de choses qui évoluent dans le mouvement climat. Mais justement, je pense qu’il y a des choses qu’on réfléchit, nous, de notre côté, tout seul, et qu’il y a que d’autres organes où sont d’autres mouvements, d’autres luttes se sont déjà posé la question et comment faire en sorte de ne pas toujours afin de ne pas creuser nous mêmes de notre côté, en fait, de se réunir autour d’une table et de se partager les bonnes pratiques, quoi ?
David Dufresne
Je vais donner maintenant la parole à Samia pour nous raconter ce qui ce qui est arrivé à votre à votre neveu. Je voudrais juste rappeler que toute opération de police, toute procédure démarre par un siphonage des données de téléphones portables. Le téléphone portable, c’est devenu vraiment l’outil numéro un, ça plus les bornages pour savoir où est ce que vous étiez. En tout cas votre téléphone, où est ce qu’il était, etc. Donc voilà, sachez-le, c’est votre neveu, votre pire ami et votre pire ennemi aussi.
Benoît Piédallu
Si, si, on s’aperçoit que vous n’avez pas touché à votre téléphone pendant plusieurs heures, ça devient même suspect. Certaines personnes, c’est ce qui leur est reproché.
David Dufresne
Au tout début de l’affaire dite de Tarnac en 2008, le principal grief était que les gens du prétendu groupe n’avaient pas de portable. Et ça c’est intéressant par rapport à l'évolution de la société. C'était il y a quinze ans, c'était de ne pas avoir de portable. C’est suspect aujourd’hui puisque 99 % de la population a un portable. Ce qui est suspect, c’est d’avoir des logiciels chiffrés. Et vous voyez, là, il y a une permanence sur la question du téléphone. Alors, Samia, je suis navré de vous demander de nous raconter ce que vous avez déjà raconté plus d’une fois. Mais on vous écoute. Voilà. Prenez le temps qu’il faut.
Samia El Khalfaoui
Donc mon neveu s’appelait Souheil. Il avait 19 ans. Il vivait à Marseille. Il habitait seul. Et il est allé chercher un ami dans le quartier de la Belle de Mai. Il est là. Le quartier le plus pauvre d’Europe. Il n’y habitait pas. Il est allé chercher un ami et en fait, il était en attente dans sa voiture pendant que son ami en face tirait des sous à la Caisse d'épargne. Lorsqu’un contrôle de police a démarré, c’est-à -dire qu’il y a une fourgonnette de police qui est venue à côté de lui, il y avait trois policiers. Il y a un contrôle qui a démarré sur. Sur la voiture qui a duré plusieurs minutes, il était. Il était 18 h 01 peu avant 18h, en plein mois d’août, donc, dans un quartier où les rues sont très étroites, où il faisait chaud. Donc il y avait beaucoup de gens aux fenêtres. Le contrôle a duré un moment et en fait, le policier à un des policiers s’est décalé sur le trottoir d’en face en disant qu’il allait se renseigner après avoir pris les papiers de mon neveu. Et il s’est rendu compte à ce moment-là que la voiture que mon neveu conduisait était une voiture qui était sans permis et donc mon neveu l’a entendu dire qu’il appelait la fourrière. Il avait 19 ans et était à la portière. Du coup il communiquait à la fenêtre ouverte et comme il a vu que le policier avait traversé et qu’il n’y avait personne derrière lui, il a. Il s’est dit Je ne veux pas qu’on prenne la voiture, alors je ne veux pas qu’on prenne. La voiture s’explique par le fait que nous, on a su que soit il n’avait pas son permis après le décès, soit il savait conduire. Mon frère lui avait payé son permis de conduire et il avait appelé ma maman en Tunisie une semaine avant pour lui dire que j’ai eu le permis parce qu’en fait il y avait une date. Il se trouve que c’est son copain qui m’a raconté après qu’en fait il s'était levé pour aller passer le permis. Il était en retard, il est parti vite, il n’a pas pris son portefeuille et en fait il a pris le bus et il y a eu un contrôle. Et en fait ils l’ont sorti du bus parce qu’il avait bah il n’avait pas de quoi payer le ticket. Il n’a pas osé le dire à mon frère, il s’est dit qu’il voulait quand même sa voiture pour l'été et c’est comme ça qu' en fait nous on a su qu’après il n’avait pas le permis. Et c’est comme ça que quand il a entendu Fourrière, il s’est dit merde, mon père va le savoir Et bêtement il a enclenché une marche arrière. Il a à peine fait un mètre que le policier sur le trottoir d’en face lui a couru dessus et à moins d’un mètre 50, lui a tiré une balle dans le cœur. Il a été tellement dans la chair directement, puisqu’en fait la fenêtre était ouverte, la voiture s’est engouffrée parce que l’arc de cercle, c’est terminé, que les gens n’ont pas tout de suite compris qu’il s’agissait d’une balle en fait. Et ils se sont dit c’est un Flashball ou ils ont vu qu’il est un peu gaga. Euh. Il avait un ami à côté de lui qui était à côté, qui du coup a été sorti de force par les policiers. Ça s’est agité pas mal parce qu’il refusait le contrôle. Lui-même ne s'était pas rendu compte que soit il avait pris une balle et on avait une vidéo mais 30 secondes après le tir. Et en fait, à un moment donné, les gens voient Souheil aller essayer de chercher de l’air et les gens à la fenêtre voient qu’il est très pâle et donc c’est eux qui appellent les secours. Dans la vidéo, on voit les policiers s’agiter dans tous les sens, mais personne n’a le réflexe réellement d’appeler les secours. Ils s’entendent entre eux, ils se parlent, mais c’est pas très clair. Du coup, ben les policiers, les pompiers qui vont venir ne seront pas qu' en fait, Souheil a reçu une balle. Donc en fait ils mettent pas mal de temps à arriver. On découvrira plus tard, bien plus tard, mois après que. En fait, dans le camion de pompier, il y avait des journalistes embarqués de l'émission TF1 qui était déguisé en pompier pour une. Encore une énième qui suivaient des pompiers à Marseille Qui suivaient des policiers à Marseille ? Ils étaient déguisés ? Non, là sur la vidéo, on s’en rend pas compte, mais l'émission sur TF1 c’est passé plus tard et on a découvert les images de mon neveu et on a compris qu’en fait, c’est peut être aussi pour ça que les pompiers ont mis un peu de temps. Alors dans l’absolu, je ne vais pas dire que. Voir les images nous a extrêmement choqués sur TF1. Est ce que ça aurait changé quelque chose que les pompiers arrivent quelques minutes plus tôt, étant donné la balle là où elle est entrée dans la demande de vœux ? Dans tous les cas, à l’exception d’un chirurgien de guerre spécialisé dans l’intervention d’urgence qui aurait agi dans les trois minutes, il était mort. Ce qui a été très difficile, hormis ça, c’est qu’il y a un jeune qui a récupéré le téléphone dans la voiture. I. Mon neveu avait demandé aux policiers quelques minutes avant d’appeler maman. Donc il y avait maman, donc il a appelé sa mère sans dire qu’il y avait un tir. Il a juste dit ben voilà, votre fils a été blessé, il faut aller à l’hôpital. Et il a posé le téléphone. Donc mon frère, ma belle sœur a appelé mon frère et ils ont fait tous les hôpitaux de Marseille. D’abord la Timone. Ça a duré jusqu'à 21 h 30. Et puis à un moment donné, mon frère se tapant la tête et ne sachant pas, ne sachant pas ce qui s’est passé, a décidé d’appeler le SAMU. Et là, le SAMU lui a dit : Ecoutez, monsieur, votre fils a été déposé à la Timone et du coup mon frère y est retourné. Et là il a compris qu’il y avait quelque chose parce que c'était fermé, Il y avait énormément de voitures de police devant et en fait. Il a. Il s’est approché en se tapant la tête Ouvrez ! Et là, il y a eu une brève de Provence sur son téléphone où il a reconnu la voiture qui venait d’offrir à mon neveu où il y avait écrit tir mortel d’un policier. Donc en fait, c’est comme ça qu’il l’a su et ce qui a été le plus violent, mais qui au final, maintenant que je suis beaucoup d’affaires, c’est assez systématique. Le commandant qui est venu chercher mon neveu parce que la police était bien entendu dans l’hôpital qui est venu chercher mon. Mon frère a dit à ce moment-là à mon frère : "Écoutez, monsieur, vous avez beaucoup de chance que je sois là pour vous, pour vous expliquer ce qui s’est passé, parce que votre fils a foncé sur un policier, et il est entre la vie et la mort. C’est ça que j’ai su à 22 h quand mon frère m’a appelé. Mon neveu n’est absolument pas violent, il n’a pas d’antécédents. On s’est dit bah je ne sais pas, il a fumé un truc, il était, il a pris un médicament, il est devenu fou. Mais à ce moment-là, on croit la police, c’est à dire on se dit bah en fait ils lui ont tiré dessus parce qu’il fonçait sur un policier, il allait le tuer, donc c'était de la légitime défense. Et moi j’habite à la Gare de Lyon. Je savais à 22 h 15 qu’il n’y avait plus de train, donc je suis parti à 6 h du matin le premier train. Le lendemain, on est allé directement sur place et là, on a compris tout de suite qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas puisqu’en fait, dès qu’on est arrivé, il était 9 h et demie et en fait il y avait plein de gens de ce quartier où je rappelle mon neveu n’habitait pas qui étaient en bas et qui s'étaient réunis, qui avaient en fait, avec l’association des habitants du quartier, ils étaient en train d'écrire une lettre, une lettre des habitants où en fait ils ont expliqué tout ce qu’ils ont vu et où ils ont tous expliqué qu’en fait, si, ils ont pas compris pourquoi il y avait le tir. La seule chose qui a fait qu’ils se sont dit peut être le policier a tiré, c’est qu’ils ne connaissaient pas mon neveu. Ils se sont dit qu’il a peut -être de la drogue, des armes dans la voiture. Donc beaucoup d’entre eux sont restés jusqu'à 1h30 du matin, en fait, aux fenêtres, en attendant que la police judiciaire termine le travail pour voir ce qu’il y avait dans la voiture en fait. Et dans la voiture, elle était neuve. Donc il y avait un paquet de cigarettes et il y avait son téléphone portable. Il n’y avait rien. Et c’est là qu’ils se sont dit qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Et donc ils se sont beaucoup parlé entre eux. Ils ont fait cette lettre. Certains sont allés à l’IGPN le lendemain matin, et nous, ils nous ont expliqué cette version. Et tout de suite on a su aussi que ça n’allait pas, puisqu’en fait, comme c'était une rue étroite et qu’on était en angle droit, ils avaient enclenché la marche arrière. Donc il y a eu un arc de cercle et la voiture est rentrée dans un mur à l’arrière. Donc leur version de la marche avant n’allait pas. En revanche, le soir même, moi chez moi, je voyais à la télé en fait un des syndicats qui expliquait sur BFM qu’il n’y avait que le policier qui avait dû tuer le passager parce qu’il fonçait sur un policier et parce qu’il était connu des défavorablement bien entendu, des services de police qui est tout le temps le cas pour tous nos enfants morts. Donc voilà comment tout ça a commencé. Aucun d’entre nous n’y était préparé. Alors je suis peut être euh je le suis pas, peut être. Je suis racisé. Euh j’ai grandi dans le 93, on a eu des parents, mes parents sont nés en Tunisie, ma mère est arrivée en Tunisie et est arrivée en France avec qu’avec son bac elle a travaillé à la DDASS. Ça fait pas très longtemps qu’elle est à la retraite, elle nous a inculqué le travail, elle nous a inculqué le respect, le respect. Je me suis toujours totalement sentie française. Jusqu'à ça en fait. Et je me suis toujours senti totalement comme tout le monde jusqu'à ça. Quand vous vivez ça, vous vous dites mais ce n’est pas possible et tout a été ce n’est pas possible jusqu'à la fin puisqu’en fait j’ai passé deux mois à faire du porte à porte. J’ai rencontré tous les gens, j’ai compris qu’il n’y avait eu aucune enquête de voisinage. J’ai compris que la seule enquête de voisinage qui avait eu lieu ce soir-là, c’est qu'à 1 h 30, des policiers ont tapé comme des malades partout en demandant de réquisitionner les téléphones portables dans le quartier le plus pauvre d’Europe. Donc personne n’a ouvert la porte. Bien entendu, on a vu, on a réussi. Il a fallu que je reste assise quasiment 48 h en bas de la fenêtre de la personne qui, je savais, avait tout vu, mais qui avait extrêmement peur de la police et ne voulait pas. Parce que c’est un quartier où il y a des représailles, on leur met des amendes tous les jours, on leur retire des aides pour la moindre raison. Donc en fait, ils ont peur de parler. Ce monsieur a accepté de parler et donc on a transmis tout ça. Les GPN via un huissier qui avait pris qui avait pris tout ça. Il faut savoir que la scène s’est passée en face d’une caisse d'épargne avec une caméra de convoyeur de fond qui donnait sur la scène et ils nous ont dit qu’ils avaient gardé toutes les caméras, etc. Sauf qu’au mois de décembre, il est décédé au mois d’août. Au mois de décembre, il y a eu un classement sans suite et c’est qu'à ce moment-là qu’on a eu accès au dossier. Et là on a compris tout ça, on a compris qu’il n’y avait pas eu d’enquête de voisinage, On a compris qu’aucune des aucune des personnes témoins n’avait été reçue par les GPN. On a changé d’avocat à ce moment-là et on a pris un autre avocat qui est arrivé, Alibi qui a du coup est allé avec mon frère voir le procureur parce qu' à ce moment-là, on pouvait avoir accès aux scellés. Et lorsqu’ils ont ouvert les scellés pour qu’on puisse voir les vidéos, ça a été tout un sketch. On parle de la technologie, etc. Ils ont mis un jour entier avec un logiciel de merde, un ordinateur qui ne fonctionnait pas. La seule personne qui savait appuyer sur Play était à la retraite. Enfin c’est ça quand même le tribunal à Marseille. Et. Et quand ils ont ouvert les scellés, le procureur a signé un procès verbal indiquant que dans les scellés, les vidéos avaient disparu. Donc c’est ça quand même nos affaires. Si vous ne me croyez pas parce que je sais que ça peut paraître énorme, je vous invite à aller sur Mediapart, sur Libé. Ils ont fait des tas d’enquêtes là-dessus. Donc quand vous vivez tout ça, bien entendu, on est encore en procédure. On a fait appel auprès du doyen des juges d’instruction. Il y a un juge qui a été nommé. C’est très laborieux puisque, en fait, ça consiste à faire des demandes d’acte pour que l’enquête soit faite. Et le procureur. Le juge en face accepte ou non de faire ces actes en considérant que dans le postulat de base du juge est que l’IGPN fait son travail puisque c’est son travail de contrôler la police, qu’un policier peut faire des erreurs mais que GPN fait son travail. Donc c’est vrai que c’est ce sont des toutes petites avancées, mais tout ça a fait qu’effectivement je me suis vraiment intéressé à l’article de loi qui a permis la mort de mon neveu et en l’occurrence, c’est l’article 435 tiré du code de sécurité intérieure. Il faut savoir qu’avant 2017, avant la loi Cazeneuve de 2017, les policiers avaient le même droit que nous en termes de notion de légitime défense. Il fallait qu’il y ait la nécessité. Et la proportion. Il fallait qu’il y ait un danger immédiat, donc que le policier soit attaqué directement ou que quelqu’un de son équipage. Et il devait répondre par la même violence, j’allais dire. C’est à dire que si un met un coup de poing, on ne sort pas le flingue. A partir de 2017, il y a eu une pression en fait des cinq des syndicats de police, mais qui étaient là depuis bien plus longtemps, depuis une affaire l’affaire Damiens Ben Tounsi en 2011. Mais ils ont profité de l'état d’urgence et notamment d’un incident qui a qui a touché deux policiers gravement à Châtillon pour faire la pression et pour obtenir qu’en fait la légitime et la légitime défense des policiers, sorte de la légitime défense telle qu’on la connaît et intègre le code de sécurité intérieure pour qu’ils aient les mêmes droits que les gendarmes à cette stricte proportionnalité et à cette stricte nécessité, ils ont ajouté quelque chose concernant les véhicules en fuite et que même si en fait le policier n’est pas directement en danger, mais qu’il suppose que lorsque le conducteur part parce qu’il refuse d’obtempérer. Vous avez dû beaucoup entendre ça ces derniers temps parce qu’il refuse d’obtempérer, poursuit sa course et qu’il l’estime à ce moment-là. Sur cette fraction de seconde, il peut être un danger pour autrui ultérieurement. Il a légalement le droit de tirer. Et donc c’est quelque chose qui est très particulier, parce qu’en fait il y a cette double injonction instantanée du présent, de la nécessité et de la proportionnalité, mais en même temps on lui demande de penser après, plus tard, si, peut être que Ce qui fait qu’en fait, en moins de deux ans, en fait, entre le cas de mon neveu et le cas de Naël, il y a eu quasiment 20 morts de refus d’obtempérer. A chaque fois sur des véhicules qui étaient à l’arrêt, souvent avant, avant, avant le tir et qui démarraient à peine. C’est le problème de cette loi. Et c’est la raison pour laquelle, avec mon frère et avec Fabien Jobard, chercheur au CNRS, avec Arié Alimi et avec beaucoup de militants, on travaille sur un projet qui s’appelle 435 tirer un. Mathieu. Il y a un projet de sensibilisation en partenariat également avec la Ligue des droits de L’homme pour sensibiliser tous les Français et particulièrement ceux qui, en fait, ne se sentent pas concernés par cet article de loi pour leur montrer les dangers de cette loi. C’est un combat qui est difficile et c’est vrai que dans ces seize cas, jusqu'à Noël, il s' agit de personnes. Pourtant dans tous ces cas, c'était que des personnes racisées. Et ça, vous devez l’entendre également. Je pense que vous entendez beaucoup parler de la 435, du refus d’obtempérer. Vous entendez beaucoup Darmanin et le gouvernement dire que non, la police ne tue pas, que la police. Tu sais Mélenchon et sa clique qui ont fait un slogan politique mais que non, la police ne tue pas. Que non, il n’y a pas de racisme systémique. Il y a même si je pense que beaucoup d’entre eux devraient regarder la définition de systémique qu’ils confondent régulièrement à la télé avec systématiquement. Mais dans les chiffres, oui, l’IGPN lui-même, l’année qui a suivi le passage de cette loi. A indiqué qu’il y avait eu une augmentation de 50 % des tirs. Donc ce n’est pas rien. Je ne me dis pas personnellement, je ne suis pas trop pour. La police tue, mais je suis pour la loi. En l’occurrence, c’est cette loi là qui a permis à ce policier de tuer mon neveu. C’est probablement cette loi là qui va permettre au policier qui a tué Nael de s’en sortir, alors que son avocat, lui-même, maître Liénart, admet à qui veut l’entendre que cette loi. C’est très compliqué, mais ce n’est pas de la faute des policiers. C’est le législateur qui les a mis entre ses mains. Et que. Et que du coup, ce n’est pas de leur faute. Donc je sais qu’on est là pour parler de beaucoup de choses. Mais moi ce qui m’interroge le plus est peut être qu’avant que je vive tout ça et avant que je milite dans tout ça, je me suis pas posé la question de quelle est la police qu’on mérite en France, Quelle police on veut en France parce que c’est une police qu’on nous impose. Vous pourrez regarder, il y a une bédé qui est très sympa qui s’appelle Global Police, que Fabien Jobard a sorti récemment. Elle est très intéressante, même sans l’acheter. Feuilletez là, vous verrez. En fait, il y montre. Les systèmes de polices qui peuvent exister un petit peu partout en fait en France, en Angleterre, en Afrique. Et en fait, il interroge sur quelle est la police qu’on veut et quelle est la police. Peut être qu’on mérite, mais c’est vrai que je pense que la grosse difficulté en France et j’espère qu’on va en parler aujourd’hui, c’est la proximité de cette police avec le gouvernement. Et il y a, et moi je le ressens beaucoup en manifestation parce que je manifestais avant mon neveu et je ressens que plus le gouvernement dans lequel on est et faiblement représenté ou en tout cas ne nous correspond pas, et plus la violence du bras armé de la police est présente, voire même dans certains cas. Et c’est ce qui me fait le plus peur en ce moment, c’est d’observer que cette police peut même parfois se substituer ou voir aller un peu plus loin que le gouvernement. Je l’ai notamment beaucoup ressentie. Je ne sais pas si vous vous souvenez avec Nael, mais il y avait eu un communiqué de presse d’alliance qui était sorti. Il y a appelé à une guerre intérieure et qualifie les révoltés de nuisibles qu’il fallait exterminer, qu’il s’agissait d’une horde de sauvages. Si vous relisez ce communiqué, il y avait une injonction du gouvernement à devoir très rapidement dans la journée qui suivait ce communiqué, agir en proposant une loi, quelque chose, pour justement aider la police à gérer la situation. Et je me souviens très bien parce que ce jour-là, j’ai fait le plateau, j'étais sur un plateau de BFM et juste avant moi, il y avait notre ministre Moretti qui sortait et je regardais l’image quand il passait. Et je me suis dit excusez moi le terme, je me suis dit putain, ils vont quand même lui poser la question mais est ce que vous trouvez normal que des policiers alors ok, ils sont syndiqués chez Alliance puissent parler comme ça. Et en fait, il a systématiquement contourné ces questions-là. Et ce jour-là, il est venu sur le plateau pour faire sa petite mesurette qui était de dire aux parents de bien retenir leurs petits, leurs petits jeunes, parce que s’ils ne les retenaient pas, ils allaient leur retirer la sécurité sociale et bla bla bla. Donc en fait, il a. Il a quand même répondu à cette pression. Sans dire que ce qu’il avait dit était anormal. Mais en leur apportant ce petit bonbon, en leur disant Voilà, je vais punir les méchants pour vous. Et c’est vrai que, à ce moment-là, je me suis dit mais jusqu’où ça peut aller ? Et le fait que notre police en France soit syndiquée est aussi un problème. Parce qu’il y a dans d’autres systèmes en Europe des polices qui sont un peu plus écartées du gouvernement et qui ne sont pas syndiqués. Nous, on a quand même l’impression que pour devenir président, il faut passer par la case ministre de l’Intérieur et il faut être le boss des flics. Et puis c’est comme ça qu’on gravit les échelons. En tout cas, je nous souhaite à tous que ça ne soit pas le cas pour Darmanin. Mais c’est vrai qu’il y a une interrogation là-dessus et j’espère qu’on va en parler.
David Dufresne
Merci beaucoup Samia pour votre témoignage et l’analyse. J’ajouterai une précision quand les policiers ont demandé cette loi, l’historique était parfait. En fait, ce qu’ils ont demandé c’est d’avoir les mêmes, les mêmes droits que les gendarmes et donc c’est la meilleure réponse à donner à leurs avocats aujourd’hui qui disent que ce n’est pas de la faute des policiers, c’est la loi. Il se trouve que les gendarmes avec la même loi depuis plus longtemps ont beaucoup moins de morts.
David Dufresne
Je pense que l’intitulé de la rencontre avant de passer aux ateliers, c’est une rencontre radicale, s’organiser face à la répression. Je vais me permettre de lire le bouquin d’Arielle Lamy, l’avocat de la famille, l'État hors la loi bien connu de nos services, celui là qui écrit page 193 au cours d’une enquête de voisinage que nous organisons, nous percevons la peur des habitants auxquels la police a rendu une visite qui ressemble plus à une opération d’intimidation qu'à un recueil de témoignages. C’est le coup du micro, là. De très nombreux habitants n’ont pas été contactés téléphoniquement. Nous découvrons que certains d’entre eux, qui ont ainsi assisté à l’intégralité de la scène, sont réellement terrorisés qu’ils refusent de parler. Et les PV d’audition laissent apparaître une autre méthode de dissimulation. Presque aucun témoin n’a été jugé sur l’emplacement. Des véhicules des policiers au moment des tirs. Je voudrais vous dire est ce que c’est ça s’organiser face à la répression, c’est à dire aller vers un système quasiment à l’anglo-saxonne où les victimes, les familles des victimes, doivent mener une contre enquête, c’est à dire faire une enquête de voisinage qui normalement devrait être commanditée par le juge d’instruction. Vous l’avez rappelé, mais un peu rapidement. Je ne sais pas si vous l’avez entendu dans un premier temps, l’enquête est un classement sans suite. Ce n’est pas DGPN qui classe les. GPN travaille sur deux volets. L’administratif, là, elle peut classer ou pas. C’est pourquoi notre propos, en réalité, c’est sur le judiciaire, en fait sur le judiciaire. C’est le procureur qui classe mais qui classe sur enquête ou non enquête de l’IGPN. Donc la question par rapport à ce soir qui est s’organiser face à la répression ? Benoît a montré tout à l’heure qu’il y avait l’idée d’outiller, de faire attention aux outils qu’on utilise. Est ce que vous avez eu l’idée d’organiser ? Ça veut dire que ça coûte de l’argent, Ça prend du temps, ça pompe une énergie absolument incroyable que vous avez et ça ne fait aucun doute. Est ce que ça, c’est par exemple une piste ?
Samia El Khalfaoui
Ce qui est sûr, c’est que lorsque des familles sont victimes de violences policières pour comprendre que. En France la police. Va enquêter puisque en fait, c’est l’IGPN qui enquête. Ce n’est pas un organisme extérieur. En l’occurrence, ça s’est passé à Marseille. Ce sont quand même des policiers de la même zone qui enquêtent sur des policiers. La police vous dira pour vous, pour justifier le fait qu’on ne peut pas avoir d’organisme indépendant, vous dira que seul un policier peut avoir la compétence judiciaire, les techniques pour pouvoir en fait. Mener à bien cette opération là. Pour ma part, j’ai une réserve. Je pense que l’IGPN doit exister, mais je pense que l’IGPN doit exister pour ce qu’on qualifierait d’affaires internes puisqu’il y a une pertinence à ce qu’un policier enquête sur une dérive d’un autre policier ou des choses entre eux. Mais à partir du moment où ça concerne un civil, quelqu’un d’extérieur, le fait qu’il n’y ait pas quelqu’un d’indépendant qui chapeaute l’opération fait que c’est très opaque et confit entre leurs mains jusqu'à classement sans suite. Et dans la loi française, on ne savait pas quand le dossier allait être classé sans suite. Ce qu’on savait, c’est que dans 99 % des cas y sont classées sans suite. Mais le temps joue contre nous puisqu’en fait ce sont des témoignages de gens. Je pense tout ce que vous vous souvenez de ce que vous avez mangé hier, avant-hier, peut-être il y a une semaine. Mais est-ce que ça sera le cas dans un mois ? Est ce que vous pourrez vous rappeler du goût de la texture de tout ça ? Imaginer que nos témoins sont très souvent reçus que si en fait on fait appel. On décide de faire appel au doyen des juges d’instruction pour qu’un juge soit nommé et ça intervient plusieurs années après. Donc en fait oui, je pense qu’on doit s’organiser et c’est ce qu’on fait. C’est à dire que le réseau d’entraide vérité justice duquel j’appartiens, lorsqu’il y a un cas quelque part en France, on se rapproche des familles victimes de violences policières dans la zone qu’on connaît pour qu’ils aillent sur place localement, puisque les 48 72 premières heures sont essentielles pour récolter les témoignages, pour être présents, pour avoir le contact, pour avoir les noms des personnes, pour avoir les vidéos qui circulent. Il y en a qui ont peur, qui les effacent. Donc oui, on doit hélas contre enquêter aujourd’hui tant que, en fait, l’IGPN ne sera pas indépendante. C’est la seule possibilité aujourd’hui pour une famille d’avoir des éléments à charge aussi contre les policiers.
David Dufresne
Merci beaucoup. Je crois que c’est le temps des groupes de travail il me semble. A moins que vous ayez des choses à rajouter. Moi je suis très inquiet parce que le gars de la Quadrature du Net, il n’a pas un téléphone, mais il en a deux dont je ne sais pas ce que ça veut dire par rapport au discours. On essaiera d'élucider ça plus tard.
Benoît Piédallu
Et puis nous ne laissons pas la parole parce que sinon, vous n’allez jamais vous mettre en groupe de travail. Sinon, on peut y passer la soirée.
David Dufresne
Est ce que vous voulez faire un petit point tous les trois ou on passe directement aux groupes du groupe de travail ?
Lucie Chieng
Comme moi j’ai en tête ça me parle beaucoup ce que tu dis sur la contre enquête et tout. Parce que nous on a, ce n’est pas du tout comparable, ce n’est pas aussi extrême, mais sur l' AG. Sur l’assemblée générale de Total qu’on a faite cette année, je crois que c’est une des premières fois où on a attaqué la police pour violences policières quand on est allé bloquer l’assemblée générale. Et je crois qu’il y a beaucoup de choses finalement, des mêmes mécaniques qui se recoupent. Bah en fait l’histoire d’aller chercher les vidéos et tout, bah en fait on n’est pas du tout organisé pour ça. Mais du coup je sais qu’il y a une personne qui a filmé des violences et qui a quelques jours après elle cherchait partout des vidéos qui pouvait accompagner son témoignage. Il y avait donc. Il y a des personnes qui ont aussi subi des violences policières et qui ont porté plainte. Et on attend aussi nos Nous, ça fait lâcher Total, Ça fait sept ans, mais alors ça fait quand même pas mal de temps et on attend encore des réponses de qu’est ce qui se passe ? Pas de réponse tout simplement. Est ce que l’enquête avance ? Et en fait, apparemment il y a des preuves accablantes quand même, comme des vidéos etc. Et pourtant il se passe rien, on attend et on ne sait pas ce qui se passe quoi. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de Lamine ? Le médiateur à Sevran. Je ne sais pas si vous avez vu les images circuler. Il y avait de la circulation, il y avait une voiture qui bloquait. Lamine est un médiateur dans cette ville-là. Il était sur la queue en fait. Et puis quand ça bloque tout le monde, il y a un conducteur qui sort et qui commence à se disputer avec le policier qui est mal garé. Lamine joue son rôle de médiateur et en fait sort de sa voiture. Il avait les clés sur le contact, il pensait que ça allait être très rapide et il va voir le policier pour essayer de lui dire écoutez, on vous bloque. Donc ça serait bien de vous mettre sur le côté parce que là les gens vont s'énerver et. Et en fait, l'échange démarre. Il y a une vidéo qui a été filmée et où on voit le policier faire une espèce de tentative de combat de boxe avec Lamine qui dans un premier temps il essaie de le prendre par les jambes pour le faire tomber. Mais Lamine Ba est un lutteur. Enfin, il a fait plusieurs sports de combat donc en fait il écarte les jambes et met son poids en avant. Du coup en fait c’est plutôt l’autre qui tombe et il l’aide à se relever. Et puis il se plaque sur sa voiture. Lamine Ba il se recule vraiment. Il a un geste de recul avec les mains ouvertes pour faire comprendre que enfin, pourquoi ça à quoi ? Et le policier lui envoie une droite à la Rocky. Et du coup Lamine Ba réagit comme ça. Et en fait il y a un échange de quelques droites. Et à chaque fois, avec la réponse de la riposte, la mine basse se remet en position de recul en essayant de calmer les choses. Et là, bah en fait les deux coéquipiers arrivent et en fait mettent un coup de taser à Lamine. Bah. Et cette affaire, c’est en 2019. Et il y avait eu d’abord un non-lieu et un classement sans suite. Et en fait, il a fait appel. Il y a eu une enquête, il y a eu du coup un juge d’instruction qui a été nommé et il y a eu une enquête de fait. Et hier, il y a eu ce procès. C'était l’un des premiers procès avec une scène de violence entre un Monsieur tout le monde et un policier qui passait. Et c'était très intéressant à voir. Parce que ce qu’on a, ce qu’on se rend compte, c’est que le policier pour la justice, parce qu’ils ont vu les images, donc ils ont tous vu que c’est, ils n’ont pas compris pourquoi ça s’est passé comme ça. Le policier a justifié qu’il a agi comme ça pour une raison qui était qu’il s’agissait d’un point de deal et qu’il était dans une dans une zone de reconquête républicaine. Non mais c’est les mots. C'était une reconquête républicaine, donc il s’est senti en danger et comme il s’est senti en danger. En fait, c’est la raison pour laquelle il a agi comme ça avec Lamine Ba qui était médiateur et connu de tous. Et ça a duré des heures puisque ça a commencé à 14 h jusqu'à 18 h. On aura à l’issue de tout ça le 2 novembre. Mais le procureur a, dans son réquisitoire à la fin, admis qu’il n’y avait pas photo. Que si Lamine Ba avait voulu, en avait voulu éclater le policier qui l’aurait fait sans aucune difficulté, qu’effectivement, il ne s’agit que de Dakar, il n’a eu que des réactions de défense ou de riposte, mais jamais d’attaques. Mais pour autant, comme le policier n’avait bien entendu pas de casier qu’il a, il est bien noté par la police. Euh bah il ne faut pas que ça soit du pénal, mais plutôt il recommandait trois mois de sursis. Parce qu’en fait, le policier est quelqu’un de gentil. Quoi ? Et ça, ça intervient très souvent dans les affaires de violences policières. C’est qu’il y a un postulat de base qui est que le policier, c’est quand même un être qui ne ment pas, qui est gentil, qui voilà. Et puis nous, on est les méchants. Et ça, c’est quand vous l’entendez dans la bouche de procureurs, de juges exacts qui justifient les actes en disant c’est vrai qu’il a fait, mais il ne faut pas lui taper trop fort parce que quand même il est gentil, hein. Et là on se dit il y a comme un problème parce que quand vous parlez à un policier, ils vous disent tous que bah en fait ils sont. Ce sont des êtres humains comme tout le monde. J’ai régulièrement eu ça face à des policiers. Quand vous discutez avec eux, ils vous disent, ça peut arriver l’erreur. Parce qu’en fait, on est des policiers comme tout le monde. La société civile est violente, donc nous aussi, des fois on est violents, mais en même temps c’est des erreurs humaines. Et ça c’est quelque chose sur lequel je ne partage pas du tout, parce que eux, en fait, ce sont des policiers, ce sont des représentants de l’ordre, ils ont un code de déontologie, ils doivent faire preuve de discernement et surtout on leur donne des armes. Et à partir du moment où ils ont une arme, on ne peut pas dire qu’ils sont comme tout le monde. Quand vous voyez tous les mutilés, les éborgner, quand vous voyez la tête fracassée d’Eddy cet été par la BAC, vous avez dû tous voir les images de Mediapart. Vous comprenez qu’il y a un problème. Et quand vous essayez de comprendre comment ils sont formés, il y a là parce que quand même, le LBD a à cinq mètres ou à trois mètres, ou même à sept mètres, comment ils sont formés ? On comprend que tous ces gars qu’on a en manifestation devant nous avec les LBD, en fait, ils ont une formation tous les deux ans. Dans cette formation, ils ont cinq tirs de LBD qui sont faits dans des carrières, des choses comme ça. Donc je peux vous dire que ce n’est pas nous, nous voulons. Il n’y a pas de manifestants, hein ? Ils le font avec personne. Donc en fait, la police arme des policiers avec des LBD en considérant que ce n’est pas létal. Donc ce n’est pas grave, mais ça est borgne, ça a tué Mohamed Ben Driss cet été également. Donc en fait ce n’est pas rien. Il ne faut pas considérer que le seul problème de la police, c’est les armes à feu. Le problème de la police en France, c’est le maintien de l’ordre. C’est pourquoi en manifestation, on se retrouve menacé de la sorte. Pourquoi ? En fait, il n’y a pas de désescalade désormais, mais il y a systématiquement une position d’attaque. C’est ça nos questions. Et effectivement, on le sent tout de suite, il y a des manifestations, on voit qu’on ne va probablement pas se faire défoncer la gueule, mais il y a des manifestations, ils ne sont pas contents qu’on soit là. Quand je vois ce qui s’est passé pour le 23 septembre où en fait elle a été déposée cette manifestation, c'était une manifestation contre les violences policières et le racisme systémique. Ça tournait en boucle sur toutes les télés en boucle. Une semaine avant, c'était une manifestation anti -police. J'étais sur le premier camion, j’ai géré l’animation du camion de la coordination nationale. J’ai entendu toute la semaine d’avant qu’effectivement on était des mauvais qui disaient qu’il faut tuer la police, etc. Il n’y en a pas eu une. Phrase sortie du camion et qu’on m’en donne la preuve. Si un policier m'écoute, il n’y a pas une phrase qui est autre que vérité pour soi et vérité pour elle. On n’a jamais dit autre chose. La manifestation s’est passée. Je ne sais pas si certains d’entre vous y étaient dans un climat génialissime. On était devant, c'était hyper drôle. On a croisé des Irlandais qui ont chanté avec nous. Il y avait une ambiance géniale où en fait on était tous ensemble, on était tous devant. Vers 16 h, il y a mis un nom et on a chanté. Ils ont appelé à la démission d’Emmanuel Macron.
Samia El Khalfaoui
Alors non, non, non, non, C’est vrai, il faut le dire. Non, C'était quand même ça, non ? C’est vrai qu’il y a eu un Irlandais qui avait un postiche sur le nom. Il y a plus que ça et puis démission de Macron qui a été repris. Mais on n’a pas dit de tuer la police, on est d’accord. Alors voilà, il y a eu devant la voiture de police une personne qui a avancé seule. Apparemment, elle n’avait rien à voir avec la manifestation, elle avait été appelée. Il y a des jeunes habillés en black bloc. Ils sont à bord. Dans un premier temps, allez vers nous. Et je me souviens que mon mari était à côté. Il les a vus arriver comme ça. Il s’est approché un peu, il avait peur qu’il m’arrive quelque chose. Je me suis baissée vers eux. C'était des gamins de douze ans, treize ans maximum. Des billes bleues comme ça, des boutons d’acné et qui m’ont dit Madame, on est là pour, pour vous, pour vous aider. Les familles contre la police, on va les défoncer. Et moi je l’ai pris par les joues, la le petit jeune, et je lui ai dit : "Écoute, la seule personne qui va se faire défoncer, c’est toi. Tu vas avoir un œil en -1 bras en moins. Rentre chez toi, enlève ton déguisement, rentre chez toi. On n’a besoin de personne. C’est ça qu’on a dit. Ils sont partis en troupes sur l’avant parce qu’on les a fait bouger et il s’est passé ce qui s’est passé sur le camion. On a fait un appel. Nous, sur le camion, on demanda à tout le monde de rester là et en rappelant qu’il ne s’agissait pas d’une manifestation contre la police mais contre les violences policières. Une semaine avant, ça a tourné en boucle. Il s’agissait d’une manifestation antipolice Dans l’heure qui a suivi, il n’a fait On a vu que la voiture avec les Black Blocs et c'était nous les organisateurs, qui avions foutu la merde alors qu’ils étaient en dehors de ça. Donc on peut se protéger d’une manifestation, on peut s’organiser dans une manifestation, mais quand il y a des personnes extérieures comme ça qui viennent, comment considérer que c’est notre responsabilité ? Donc c’est vrai que sur ce sujet là, oui, je ne sais pas comment vous gérez ça, mais. Mais c’est vrai que c’est hyper violent d’avoir ce constat là, médiatique. On a tout fait pour que ça ne se passe pas comme ça.
David Dufresne
Si je puis me permettre. Puis après je donnerai la parole à Chloé pour avoir été présente sur place pour la manifestation. C’est un peu plus complexe que ça. La réalité est que cette manifestation, en partie, si elle s’est très bien passée, c’est parce qu’effectivement les policiers se tenaient à distance. C’est-à -dire c'était un maintien de l’ordre vraiment à l’ancienne, où il n’y avait pas de provocation, etc. Et que ce n’est pas le black bloc ou je ne sais quoi qui a qui a en fait foutu le feu aux poudres. C’est le fait que tout d’un coup, justement, un véhicule de police s’est retrouvé à deux pas du cortège alors qu’il n’avait rien à y faire et que là, il y a un problème de commandement au sein même de la préfecture. Et en fait, là, le souci, c’est qu'à un moment donné, il y a eu une irruption policière, là où jusqu’ici il y avait eu plutôt une retenue. Et cette retenue a fait que ça c'était passé vraiment très tranquillement. Alors j’appelle maintenant Chloé pour qu’elle nous explique comment marchent les groupes. En gros, elle va faire la police. Et donc après les groupes, il y aura un temps d'échange entre vous et les intervenants. Ceux qui partent maintenant sont suspects. Je le dis tout de suite. Ils vont être arrêtés dans le métro.
Lucie Chieng
Du coup, j’ai envie que les personnes qui souhaitent continuer à réflexion avec nous, restent. On va faire du coup trois groupes. Je pense que ce serait bien qu’il y en ait un en plus en bas ici, en plus au milieu et en plus en haut à droite à ma droite. Et l’idée du coup, c’est que vous vous mettez en condition. On va imaginer qu’on organise une action quelle qu’elle soit. Ça peut être une manif, ça peut être une petite action directe de ce que vous voulez, et donc on va réfléchir ensemble à qu’est ce qu’on peut mettre en place pour déjouer et pour éviter d'être réprimés et pour que cette action marche. Donc le groupe numéro un, ça va être qu’est ce qu’on fait en amont pour se protéger de la répression, pour l’anticiper, pour la contrer, etc. D’autres personnes vont réfléchir au jour J et d’autres personnes vont réfléchir à l’après, notamment tout ce qu’il y a à voir avec le juridique, etc. Parce que qu’est ce qu’on constate ? C’est qu’aujourd’hui, que ce soit avant, pendant et après des actions, des manifestations, on prend de plus en plus cher. Clairement, avant des manifs, on l’a vu avec les gilets jaunes, il y a des gens qui se sont fait arrêter de manière préventive, fouiller les voitures, etc. C’est un exemple pour dire ce qui peut se passer avant. Pendant les manifs, il y a on en a parlé à des personnes qui y perdent, des mains, des yeux, et qui se font vraiment blesser gravement. Et après du coup il y a tout l’aspect juridique. Et donc je vous invite les personnes qui veulent réfléchir d’abord à l’amont, à descendre du coup plutôt de ce côté là. Et donc tout le monde debout, il y a quel autre sujet ? Mais vraiment, allez-y et on va cogiter, ça va être chouette. On se laisse une vingtaine de minutes et puis vous voulez du coup travailler sur l’amont ? Plutôt à côté de Benoît, ici, sur le pendant une action plutôt au centre, là et en haut à droite sur le juridique, ça peut être vraiment très riche. Je ne sais pas si y a des personnes qui s’y connaissent un peu, qui ont envie d’en parler. Et puis du coup au début c’est cool si vous vous mettez d’accord sur un ou une porte parole qui ferait une petite restitution, on se donne combien de temps du coup ? Une quinzaine, vingtaine de minutes, tu sais. 22 minutes et puis bah du coup, j’espère que vous allez avoir plein d’idées parce que moi j’en ai plein. Je ne sais pas dans quel groupe aller. Eh bien à tout de suite.
David Dufresne
Merci beaucoup Je remercie Robin qui m’a encore donné un sérieux coup de main tout à l’heure. Il y a Pauline qui est au fond de la salle qui pose les questions. Je me rends compte que dans ce genre de truc, il faut qu’on s'équipe. On va faire une descente à Marseille pendant trois jours en début de semaine. Pas la saison prochaine, mais en huit, avec un débat sur les organisateurs et les participants de la Marche pour l'égalité. Lancé le 15 octobre 1983 à Marseille, la marche dite Marche des Beurs, mais qui n'était pas la Marche des Beurs, qui était d’un marche pour l'égalité. On va faire un débat le mardi matin, on fera un débat avec les copains de Marsactu où on va parler des histoires de la drogue à Marseille et de la guerre à la drogue. Voilà. Et ce ne sera pas du BFM, je vous le garantis. Et le mardi soir, on fera un débat autour d’un pays qui se tient sage. Je vais interviewer Garance, viens t’asseoir. Vas-y, assois-toi devant ma caméra. Garance d’Alternatiba, Paris.
Garance
Donc faut pas que je dise des bêtises je ne suis pas le porte parole. Non, non, non.
David Dufresne
C’est toi qui es venue me chercher.
Garance
Oui dans la cantine de Saint-Georges.Tu étais là, tranquille à manger et je t’ai réquisitionnée pour participer aux rencontres radicales.
David Dufresne
Tu es déçue.
Garance
pas du tout. Très sympa. C’est chouette les gens sont contents. Oui, oui. Ça a l’air de très bien se passer.
David Dufresne
Les organisateurs, ils disent toujours ça. Ils n’en savent rien en.
Garance
By the way, les gens. C’est vrai. C’est vrai.
David Dufresne
C’est vrai raconte moi. Là, les gens font des groupes de travail. C’est des choses qu’on fait tout le temps. Ça arrive assez souvent lors des plénières.
Garance
Parce que ça permet de mettre en pratique directement les petites compétences qu’on acquiert. Et puis ça permet aussi d’avoir de nouvelles idées. Je sais que c’est déjà arrivé lors d’une plénière sur Total. Et c’est hyper chouette. Mais c’est vrai que quand. On est habitué à faire des actions Ça fait du bien d’avoir un peu des nouvelles idées aussi. Un
David Dufresne
Qu’est ce que je veux dire là ? Les gens qui sont là ce soir et tu les connais tous, tu as leur numéro de téléphone et on peut les arrêter, ou il y a des gens ou vous ne savez pas qui c’est qui sont là ?
Garance: Il y
a des sympathisants, il y a des personnes qui sont militantes. Il faut savoir que c’est un mouvement qui est très largement basé sur le bénévolat, très peu de salariés. Moi je suis sensible, peut-être pas Paris, mais beaucoup de sympathisants, des personnes qui ont déjà fait des actions avec nous. Et puis il y a plein de personnes, plein de choses qui viennent, qui connaissent le mouvement, notamment par des actions beaucoup de personnes qui sont nées au moment de la mobilisation contre la Réforme des retraites et qui nous suivent aussi sur les réseaux sociaux Donc ça suffit et c’est très, très chouette.
David Dufresne
Garance je voudrais te dire, je voudrais te dire un truc, c’est ça, là, ce que vous pourriez faire.
Garance
Oui
David Dufresne
c’est-à -dire ce qu’on pourrait faire, la masse de gens derrière. Tu sais, on avait parlé de faire, peut-être.
Garance
Oui, la banderole pour ça, il faut voir
David Dufresne
Il faudrait qu’on passe Auposte et on a un atelier de sérigraphie fabuleux. Donc voilà, j’espère qu’ils pourront tôt ou tard. Donc on se retrouve dans une dizaine de minutes, pour les groupes. Et alors je tiens à te dire qu’il y a un des invités. Je ne dis pas qu’ici c’est le seul mec, il a faim. Vous avez pensé à la presse et c’est sûr.
Garance
Qui est donc l’endroit où nous avons toutes et tous nos locaux qui peuvent proposer à manger ce soir ? Non, ce n’est pas prévu. Mais demain 12 h, s’il revient, oui, ce sera notre cuisine à nous.
David Dufresne
Benoit, demain 12h, tu auras à manger si tu viens la prochaine, demain 12 h. Et c'était très intéressant parce que par rapport à la tension qu’il y avait dans la salle, ils voyaient des réactions du chat qui étaient assez cinglantes, assez moqueuses. Donc plutôt favorable aux intervenants, ce qui fait que les intervenants pourraient se sentir écoutés. Et puis surtout, ils ont répondu Merci beaucoup Robin.
Intervenants
Du coup, je vais vous parler un peu de la partie formation et former les militants. Donc pendant les formations à une réaction violente et même en bref d’action. Avant, on pensait faire des jeux de rôles ou de mises en situation directement avec des policiers et pas juste physiques, mais aussi de pouvoir savoir comment parler, d’escalader la violence et tout ça, etc. Donc derrière ça, il y a l’information du coup de skipper qui s’occupe justement de la désescalade de la violence, et que même si on n’est pas forcément une formation complète, qu’on la fasse un peu à tout le monde pour que tout le monde puisse avoir une formation pareille un peu plus petite, mais du medic pour que dans tout moment, dans l’action, il puisse y avoir quelqu’un qui aide. S’il n’y a pas de medic tout proche et une formation sur la répression numérique pour montrer et former les gens à utiliser mieux leur outil. Et sinon, il y avait le repérage des lieux et du coup, pour les points de vue, mais aussi pour préparer les gens, on pense qu’il y a des fuites de charges. Pour avoir des moyens de repli, pour éviter les dégâts et ensuite préparer des infiltrations dans les lieux par exemple. Du coup j’ai des gens dans l’AG pour avoir et des informations de l’intérieur et pour pouvoir faire une action. Est ce que tu veux par la suite prendre la logistique nécessaire en termes de logistique et préparation. Il y avait aussi la répartition des rôles et que chacun ait un rôle bien défini. Qui fait quoi en fonction de ce qui arrive ? Et aussi dans l’idée de la reconnaissance du lieu. Il avait infiltré les lieux, c’est-à -dire essayer de connaître des personnes autour si jamais il y a un problème qui arrive voilà. Il est dans la partition Du coup je vais faire la partie un peu compartimentation pour qu’il y ait aucune information de fuite ou en tout cas le moins d’informations possible, il est très utile et pratique de compartimenter les informations. C’est à dire qu’une personne qui a une petite responsabilité ou même une personne qui n’y a pas de responsabilité n’a pas toutes les informations de l’action. Et qu’il y ait que certaines personnes qui soient au courant de tout et que vraiment peu d’informations qui descendent dans la chaîne de responsabilité et de confidentialité. Du coup, ça passe par des notes, un système de référents d'équipe, etc. Utiliser des noms de code et tout le temps, partout, que ce soit dans nos communications ou dans les outils de préparation des actions, dans les communications, dans les groupes, etc. Et un partage des informations sensibles à pratiquement prohibé au niveau numérique. C’est à dire que tout s'écrit, tout se dit à l’oral, mais éviter au maximum de faire passer des informations sur des groupes parce qu’on le voit de plus en plus, ils sont capables de mettre des moyens absolument astronomiques pour essayer de récupérer des informations sur le téléphone. Et du coup c’est pareil, c’est dans C, dans ce même cadre là, échanger dans des endroits qui sont sûrs, sans téléphone et sans doute pas dans des bars, etc. Donc un peu plus privé. Voilà. C’est tout. On n’a pas de traitement. Voilà donc. Merci. Bonsoir. Alors nous on est le groupe qui a travaillé sur qu’est ce qu’on pourrait mettre en place pendant l’action ? Je suis avec toi aussi. Parce que j’ai un peu noté tout, un peu dans le désordre et parfois je ne comprends plus trop ce que j’ai noté. Donc il va m'épauler un petit peu pour que ce soit clair. Donc en gros pendant l’action. Alors déjà, on en a un petit peu évoqué ce sujet, mais on a quand même pensé. Alors chaque chose a ses avantages et ses inconvénients, évidemment, mais à ce qu’on ait peut être des lunettes, lunettes de piscine et masque pour les manifestants et ou les médics si jamais il y a des risques de se faire gazer comme ça arrive de plus en plus souvent, ne pas avoir son téléphone sur soi ou éventuellement tout nettoyer dans le téléphone, mais c’est quand même assez compliqué à mettre en place, donc mieux vaut avoir peur, pas ne pas avoir de téléphone. Apparemment, il y aurait alors je ne les connais pas, mais il y a des moyens pour désarmer des grenades lacrymos. Je ne sais pas si. Bon, on va la mettre dans le groupe. Il y en a qui ont l’air de connaître des trucs. Donc peut être que c’est possible qu’on se forme un petit peu, je ne sais pas. Il y a aussi peut être des possibilités d’auto défense, en tout cas de mouvements possibles, de réflexes à avoir si jamais on se prend des coups. En tout cas, on peut se protéger. Je pense qu’il peut y avoir des choses sur lesquelles on peut être formé ou des réflexes qu’on peut adopter éventuellement peut être ou des techniques de défense de groupe. C’est à dire, si une personne ayant peur n’a pas envie de prendre des coups, n’est pas en situation de prendre des coups, faire partager son corps avec d’autres, faire des petites phalanges et se mettre devant en avant pour limiter et protéger les gens qu’on peut et donc en faisant masse la protéger Si tu veux pas, si tu veux parler de l’autre. Parce que je crois que c’est toi qui en a parlé des éclaireurs ou je ne sais pas si ça se nettoie. Ah oui On peut aussi essayer de mettre en place des techniques pour fuir la violence policière, donc avec des systèmes, des corps qui vont dire où est ce que les flics sont et indiquer aux manifestants de éviter cette direction là parce que ça va mal se passer et comme ça, parce que quand le coup de matraque arrive maintenant, ça prend. Donc autant ne pas être là quand ça arrive. On va alterner. Est ce que j’ai mis, oui ou éventuellement à voir chacun sur nous, en plus des médics, au moins du sérum physique ou des choses comme ça, comme ça, on n’a pas forcément besoin d’attendre que les medics à cours ou nous voient. Si jamais on se fait gazer, on peut sortir un sérum physique de sa poche éventuellement, ça peut être pas mal. Qu’est ce qu’on a dit ? Alors on parlait de filmer, donc si on n’a pas notre téléphone sur soi mais qu’on veut quand même filmer des choses, on a pensé possible d’avoir par exemple des GO Pro. Est ce que c’est des caméras toutes petites et discrètes et légères, pas trop chères non plus ? Donc si jamais on veut vraiment essayer sans avoir de téléphone, je ne sais pas si c’est très sécurisé ou pas, mais il y a cette possibilité là. Oui. Et penser qu’on filme à uploader très rapidement les films en ligne, voire en streaming parce que s' ils attrapent l’appareil, on est passé dedans. Donc faut sécuriser et protéger les données. Merci, Je l’avais noté un peu plus loin, tu entends ? Non, c’est très bien. Tiens, je te laisse reprendre parce que c’est sur les binômes, tu avais l’air quand même assez pour mettre en place des binômes pour se surveiller les uns les autres, donc avoir toujours quelqu’un qui sait où on est et pour avoir des référents. Donc si on perd quelqu’un, on sait qu’on a perdu et qu’on s’en passe. Et par ailleurs, c’est aussi rassurant de savoir qu’on n’est pas isolé, qu’il y a quelqu’un qui veille sur soi. Ça permet de bien notre psychologique, des militants même. J’avais noté un truc tout à la fin, mais c’est toi qui en avait parlé aussi pour mieux organiser les déplacements collectifs. Ce n’est pas con. Ah oui, et donc il y a aussi les techniques de déplacements collectifs qui peuvent être mis en place. Je n’avais pas bien compris, mais c’est une sorte de chenille avec quelqu’un qui voit quelqu’un qui avance et donc on permet de se déplacer en groupe sans avoir besoin de citer la parole en cas de mouvement de foule. On ne voit pas très bien. Quelqu’un qui a une protection ne va pas en guider. Le groupe est là pour se déplacer naturellement. Donc ça, ça demande à être formé, mais ça peut très bien fonctionner justement pour sortir des situations peu critiques. J’essaie de relire mes notes qui ne sont pas très lisibles d’autres auteurs. Alors oui, on a évoqué. Ça revient un petit peu avec les lunettes et les masques, mais bon, c’est pareil, ça a ses avantages et ses inconvénients. Mais pourquoi pas dans certaines actions, avoir des protections un peu plus ? Conséquentes, comme des casques par exemple. Après le risque, comme tu l’avais dit. Comme tu l’avais toi même évoqué, je crois que le risque c’est que du coup, si on est plus équipé, il peut y avoir un risque que la violence en face soit plus forte aussi. Donc ça a ses avantages et ses inconvénients, mais on l’a noté quand même. Alors il y en a une parmi nous. Moi je ne connaissais pas du tout cette technique, mais apparemment, si je me souviens bien, ça se développe pas mal en Amérique latine contre la reconnaissance faciale des caméras. Il y a une possibilité de maquillage. Il y en a qui déjouent la symétrie des visages parce que justement la reconnaissance faciale se base sur la symétrie des visages. Et donc, en se maquillant sous les yeux, la bouche, je crois qu’on peut déjouer éventuellement. C’est cet aspect très discutable on va dire. Et puis ah oui, c’est toi qu’on a parlé, donc je te laisse terminer sur les cordons de sécurité. Ah oui, c’est sûr donc que tout ce qui est mise en place de médiation, donc il y a la médiation vis à vis des flics, l’escalade et la violence. Mais il peut aussi y avoir une médiation avec des éléments extérieurs à la manifestation, l’action qui pourrait venir la perturber et mettre de la violence là où il n’y en a pas. Et donc les médiateurs peuvent servir aussi de cordon de sécurité autour qui vont encadrer et expliquer aux gens qui passent là qui est ambulant. Donc si vous mettez de la violence, on risque de faire monter la violence. Donc c’est encadrer et protéger les manifestants d’un peu tout ce qui pourrait se passer en dehors. On a fini. Donc nous, on est le groupe qui a réfléchi à ce qu’on pourrait faire après une action. On a parlé de tout ce qui est médiatisation. On a parlé du fait que c'était important qu’il y ait une éducation qui soit faite auprès du grand public pour pouvoir rappeler que nous sommes des citoyens citoyennes comme tout le monde, et rappelé individuellement que chaque personne peut être primo militante ou pas, mais en tout cas que si on a fait cette action, il y avait une bonne raison de le faire. On a aussi parlé de la médiatisation, du fait que c'était important de pouvoir former les militants militantes qui vont être médiatisées pour qu’elles puissent savoir comment réagir à certaines questions et aussi pouvoir. On a parlé d’avoir éventuellement une sorte de communiqué vidéo qui soit prêt et qu’on puisse diffuser dans les médias et qu’en fait ce soit un peu une négociation avec les médias en disant voilà, on veut bien intervenir chez vous, mais il faut que ce communiqué soit publié, ce qui permet que si jamais on ne peut pas répondre aux questions auxquelles on aimerait répondre, et bah on est quand même les informations nécessaires qui soient visibles dans le média. On a dit par ailleurs, c’est là dessus aussi faire un choix. Est ce qu’il faut être dans tous les médias ? Peut-être pas. En tout cas, c’est à discuter. On a également dit qu’il faut qu’on ait une procédure pour pouvoir rassembler des preuves, des témoignages, des enregistrements et donc qu’on puisse. Avoir une grande médiatisation pour faire un appel à témoignages et récolter le plus de vidéos témoignages possibles et ensuite qu’on ait un endroit sécurisé sur lesquels récolter ces témoignages, ces vidéos. M On a parlé aussi de tout ce qui est le soin qui est important, qu’on est une psycho team en aval du coup de l’action et aussi une pool de médecins à disposition et qu’on peut aussi avoir des éléments écrits qu’on puisse partager. Parce que si c’est une action qui demande beaucoup de militants militantes, peut être qu’on n’a pas assez de force psycho team et du coup qu’on peut aussi partager de l’info par écrit. M On a parlé de levée de fonds, donc c’est important de pouvoir aussi faire appel à faire appel à des dons pour pouvoir payer des avocats et aussi que ces avocats puissent être rémunérés pour leur accompagnement qui peut être long. On a parlé aussi de comités de soutien qui puissent être présents sur Paris en temps long, puisque des procès, ça peut durer des années. Et du coup faire en sorte de pouvoir avoir un accompagnement long. Donc on a nos comités de soutien qu’on connaît pendant les garde à vue, mais que ce soit aussi suivi dans le temps. Je me réfère à ma page. D’après Louis, on a parlé par rapport à 7 à 7 à ces comités de soutien qu’on pourrait avoir des, par exemple des entraînements pour apprendre à simuler un procès pour les personnes qui vont être en procès, qu’on peut aussi avoir des contre expertises psy et médicales qui puissent être faites pour le procès et aussi pour pas forcément les personnes qui sont inculpés, mais les autres personnes qui vont intervenir pendant le procès, donc comme témoins, qu’elles puissent aussi être préparées à ce qu’elles vont dire pendant. J’ai bientôt fini. On a parlé du fait qu’il faudrait avoir une procédure sur le numérique quand vous en avez déjà parlé dans les deux autres groupes. Mais du coup, qu’on sache quoi faire après une action en tant que militant, que ce soit supprimer des fichiers, supprimer des éléments sur les réseaux sociaux, qu’on ait des systèmes de sauvegarde peut être à distance. Donc si on sait qu’on va être, on va prendre beaucoup de risques juridiques pendant une action. Peut être qu’en amont on ait fait une grosse sauvegarde de tous nos fichiers et qu’on les données à quelqu’un, quelqu’une, et que du coup nos fichiers soient en sécurité et qu’on ait pu tout supprimer sur nos ordinateurs, mais aussi peut être d’avoir des systèmes de sauvegarde je ne saurais plus dire avec un système de synchronisation comme j’ai oublié son prénom qui nous a expliqué tout à l’heure et on a parlé. Enfin, je reviens un peu sur tout ce qui est la médiatisation, mais on a parlé que du fait que c’est important aussi de médiatiser les procès et aussi d’avoir des événements pendant le procès, donc par exemple des rassemblements devant le tribunal. Mais on pourrait aussi imaginer des concerts, des ventes, des prises de parole, etc. Au moment des procès du procès. Donc pas forcément tout ça devant le tribunal, mais en tout cas pour faire parler de ce qu’on a fait. J’ai terminé.
David Dufresne
Merci beaucoup Lucie. Tu veux faire la restitution de la restitution, c’est ça ? C’est ça votre technique en vrai ?
Lucie Chieng
C’est ce qu’on fait d’habitude, c’est ce qu’on fait d’habitude parce que c’est un peu fort. Il y a beaucoup de choses qui sont dites, mais là avec tout est chronologique. Je ne sais pas si ça vaut vraiment le coup, parce que juste répéter ce que les gens disent. Disent, ben ouais,.
David Dufresne
Donc ça nous laisse plus de temps pour les questions et pour commenter ce qui a été dit
Benoît Piédallu
J’ai pas tout noté. Moi, je n’ai pas pris de notes, mais j’ai noté différentes choses. Par exemple sur le stockage des vidéos qui sont prises pendant les opérations. On disait qu’il fallait le mettre dans le Cloud. Alors effectivement, je suis d’accord avec ça. Il y a des outils qui permettent de remonter automatiquement de synchroniser automatiquement les vidéos que vous prenez sur vos téléphones mobiles. Donc là, ce qui fait qu’une fois que c’est facile, on prend le téléphone. Les vidéos sont toujours dessus, mais elles sont aussi dupliquées là. Donc ça c’est aussi des outils qui sont très bien. On utilise, nous, à La Quadrature, un outil qui s’appelle Next Cloud. Il y a d’autres outils mais qui peuvent être déployés soit par votre association ou votre organisation que vous avez. Ça se déploie très facilement. Après, faut louer le serveur et évidemment ça coûte de l’argent, mais ce n’est pas très cher non plus. Mais vous pouvez déployer vos propres outils comme ça, votre propre infrastructure. Vous pouvez aussi louer ça. C’est ce qu’on appelle les chatons. Les chatons, c’est des petites associations réparties sur tout le territoire, qui fournissent tout un tas de services informatiques, dont par exemple du Cloud de ce type là que vous pouvez utiliser pour installer le logiciel sur votre mobile et envoyer automatiquement les photos et les vidéos qui seront prises au fur et à mesure où elles sont prises. Donc vous avez évidemment de la 4G dans la rue. Voilà. Donc ça, c’est vraiment une première chose, c’est à savoir que ces associations, des fois on peut avoir les reins moins solides que du Google, et donc il y a des fois des associations ou des gens qui décident de tout envoyer sur Google en disant la justice aura plus de mal à faire payer Google pour accéder ou la police. Il y a des fois la police qui passe un coup de fil et quand la personne en face flip, ben elle peut lâcher des choses alors que Google y va. Le juriste va dire oui, envoyez moi une réquisition, on en reparlera plus tard. Voilà, donc il y a aussi des discussions à avoir à ce niveau là sur la confiance que vous avez dans votre hébergeur, dans l'équipe qui gère les machines, qui ont accès à tout et qui pourrait éventuellement flancher le jour où elles se retrouvent face à un flic. Donc ça, c’est des choses qui se discutent. La deuxième chose sur laquelle j’aurais aimé réagir, c'était la proposition de faire du maquillage pour éviter la reconnaissance faciale. Alors faut se méfier parce que d’abord, moi, je suis ingénieur de formation. On adore les défis, les ingénieurs et. Et donc quand on nous met par exemple pendant la période de pandémie, des masques sur le visage comme ça et que les gens disent ouais, ça va empêcher la reconnaissance faciale, il n’a pas fallu six mois avant qu’il y ait une mise à jour qui arrive et ils étaient capables de faire de la reconnaissance faciale avec le masque. Donc c’est un jeu sans fin et c’est pour ça qu'à la Quadrature du Net, nous on croit plutôt à à la lutte générale, à la lutte juridique, à l’interdiction totale de ce type de technologie en disant c’est illégal, ça doit être interdit et c’est même contraire à toute la notion de démocratie. En fait, le contrôle permanent dans la rue, en fait, on en parlait, on parlait tout à l’heure de contrôle au faciès à Fréjus. On n’en a pas parlé pendant le débat, mais après. On a eu des idées, des remarques de policiers, voire de politiques. Mais c’est vachement bien la reconnaissance faciale dans la rue, parce que ça évite le contrôle au faciès justement, ça évite d’avoir un contact direct entre les policiers et la population. Comme ça on n’a plus besoin d’aller voir les gens, on sait immédiatement qui y sont. L’ordinateur nous le dit et euh oui, ok. Alors d’abord, on a une décision du Conseil constitutionnel datant de 1996 qui rappelle que le contrôle, le contrôle d’identité doit être limité dans le temps et géographiquement, ça doit être quelque chose de très délimité. On ne peut pas faire de contrôle d’identité permanent. C’est contraire à la notion même de démocratie. Et ensuite le contrôle permanent à travers la reconnaissance faciale. C’est aussi contraire à toutes les notions de démocratie qui sont la liberté de circulation, la liberté d’association, la liberté de culte et autres. Parce qu'évidemment, dès que vous rentrez dans une église, un temple, une synagogue. La reconnaissance faciale, elle sait que telle personne est rentrée à telle heure et ressortie à telle heure, etc, etc. Donc toutes ces notions là, on a rencontré telle personne, est allée dans tel bureau syndical. Et donc toutes ces notions là sont la reconnaissance faciale permanente s’asseyait dessus puisque l’Etat est au courant de l’ensemble de ces informations là sur vous et est capable de vous caractériser ensuite politiquement, syndicalement, ça, ensemble. Donc en fait, on préfère nous accrocher à cette idée que A on doit interdire totalement la mise en place de ces systèmes, de ces outils contraires totalement à la notion de démocratie, plutôt que juste personnellement lutter. Alors ça peut être pour des opérations spécifiques un dire ah ouais, on va faire une opération et tout, donc on se met du maquillage pour ne pas être détecté pendant l’opération. Mais ça va quand même. Quand vous mettez du maquillage comme ça, ça se repère. C’est à dire que le policier qui vous croise dans la rue avec du maquillage un peu bizarroïde et tout. Ouais, il y a un truc bizarre qui se prépare, mais voilà, c’est pour nous en tout cas plutôt de ce point de vue là que prend la lutte contre ce type de technologie plutôt que de la lutte personnelle. Et c’est à peu près tout ce que j’avais en tête.
David Dufresne
Tant mieux, parce que sinon, il n’y a plus de temps pour les questions.
Benoît Piédallu
C’est vraiment courant. C'était juste pour dire que c’est un peu connu que les policiers en manifs ou en action, prennent des brouilleurs pour nous empêcher de communiquer. Avec la 4G, c’est très souvent en manif, je n’ai jamais caché ou en action, j’appelle un ami de toujours de plus et ça ne marche jamais. Du coup, est-ce que ce ne serait pas une bonne idée de mettre en place des systèmes pour parents en plus secondaire qui nous permet de communiquer sans avoir besoin de passer par le réseau national ? Voilà. Il y a des outils effectivement qui permettent de passer d’un mobile à l’autre sans avoir besoin de passer par la 4G. Il y avait Hong Kong, Il avait utilisé ça un moment pour s’envoyer des messages les uns les autres. En effet, on peut réfléchir à ce genre de choses. Oui, ça voudrait dire que quelqu’un quelque part à un système de stockage et met à disposition des autres. Et par un nœud, par des systèmes de nœuds, transmettent les vidéos et les photos qui sont prises. Faut réfléchir. Je ne le vois pas comme ça de système qui ferait ça facilement. Mais bon, moi j’ai jamais eu de problème avec les cadres, j’en manif et j’en fais beaucoup des manifs mais.
David Dufresne
Tu peux faire tourner ce micro ? Des remarques
Samia El Khalfaoui
Il y a les soulèvements de la Terre qui ont sorti un document très récent sur lequel on va dire le compte rendu. Des moyens mis en œuvre pour les tracer globalement. Et il y avait une remarque intéressante sur les sur les hébergeurs de service où il y a des hébergeurs peut être un petit peu militant et annoncé globalement, si on a une demande d’information judiciaire sur un de nos abonnés, on les préviendra. Et au final, ça c’est assez efficace pour que les services secrets ne le demandent pas. Bah c’est marrant mais c’est intéressant. Et plus. Et plus ces hébergeurs sont réellement militants dans le sens militant, politique et qu’ils expriment un plus. En effet, ça fait un peu peur le fait d'être la Quadrature du Net. Nous on a un auteur, par exemple un auteur de sortie et on a eu des réquisitions. En effet, on a été contactés pour des données qui étaient sorties par notre nœud et ils ont demandé à avoir des informations sur tout ce qu’on pouvait avoir comme info sur la requête qui avait été faite à travers notre nœud. Et on a répondu Bonjour, nous on est la quadrature du net et on ne loge rien, on n’a pas d’info et on n’a plus jamais eu de nouvelles. Ok, on va peut être pas, on va peut être s’arrêter là. Donc en effet, on avait dû s’adresser à des hébergeurs qui sont réellement militants et les chatons sont plutôt dans le cas général, des hébergeurs militants donnent peut être plus de sûreté, j’allais dire. Mais de garantie qu’en effet il y aura plus de difficultés à aller chercher des informations auprès d’eux. C’est à dire qu’ils s’assureront qu’en effet, assez qualifié, il y a bien une recherche derrière. Ce n’est pas juste un coup de fil où ils essayent d’avoir des infos, comme ça il n’y aura plus de garanties. Mais c’est possible. Quelqu’un d’autre ? Merci beaucoup Samia pour ton témoignage, c’est hyper précieux et c’est hyper important pour nous d’accueillir les premières concernées, en tout cas des personnes proches des premières concernées. Ma question était de savoir comment on peut faire concrètement pour se battre contre la répression judiciaire quand on sait que même quand on fait appel à des experts Internationaux pour avoir des expertises sur des violences policières et des assassinats, comme malheureusement on a vu, on a été la victime, comment on fait Concrètement pour gagner ces batailles judiciaires ? Comment on s’organise ensemble ? Et je pense que tu pourras nous donner des réponses.
Samia El Khalfaoui
C’est une question qui n’est pas facile. Ce qui est sûr, c’est que quand ? Quand ça vous a con, Quand ça t’arrive et que et que tu voyais ça à distance, tu te rends pas bien compte du mode operandi du système dans lequel tu vas devoir batailler ? Moi je crois au fait que dans le militantisme, mon opinion n’est pas partagée par tous, mais je crois qu’en fait la France peut avoir une police. Je ne suis pas forcément pour un Etat anti police. Mais je crois qu’il y a une refonte en profondeur de la police qui doit avoir lieu dans le cadre de nos individualités, dans le cadre de nos combats. La seule chose qu’on peut faire, c’est de ne pas nous concentrer sur notre statut de victime ou sur le fait qu’on soit en en souffrance et être rationnel et travailler avec le droit. Parce que même si ça peut paraître complètement anecdotique qu’un policier qui a tué un jeune. Aboutit à une peine avec sursis, c’est déjà une peine. Parce qu’aujourd’hui, il faut déjà se battre pour mettre un policier en examen. Il faut se battre pour qu’il y ait un jugement et il faut se battre pour que ce jugement ne découle pas un premier non-lieu, puis un second non-lieu. Oui, le seul choix pour toutes les familles de violences policières aujourd’hui en France, c’est d’aller à la Cour européenne des droits de l’homme pour que la Cour européenne des droits de l’homme sanctionne l’Etat français par une amende qu’il verse bien entendu sans polémiquer. Aujourd’hui, c’est à. C’est à nous de travailler pour que, en fait, il y ait des interstices, il y a des failles. Côté police aussi. La difficulté, je pense, en France, c’est que c’est un système qui est très corporatiste, qui est très soudé. En face à nous, on est, on vit un drame. Et du coup, c’est vrai que le monde militant est aussi un monde où en fait on est là pour partager nos douleurs, souvent avec un côté c’est comme ça et on peut rien y faire. Il faut dépasser ça et essayer de faire doucement avancer les choses. Chaque petit pas va mener à autre chose. Et l’objectif de la coordination nationale, c'était aussi ça. C'était de rassembler toutes nos connaissances, notre expertise pour à chacun de nos combats, être présents et amener toute la force et toute l’expertise qu’on a. Lorsqu’il y a une famille qui est victime de violences policières, ou quelqu’un qui est qui, qui qui, qui est, qui est survivant, mais d’un drame policier. Notre rôle aussi, en tant que personne qui a expérimenté ce parcours là, c’est de préparer la personne, de l’orienter sur des bons avocats. Je ne dis pas qu’il y a des mauvais avocats, je dis que c’est très particulier de combattre les violences policières. C’est une expertise particulière d'être une manière d’exercer le droit qui est quand même dans les interstices. Il faut être préparé à ça. Et en France, il n’y en a pas tant que ça encore parce que c’est des. C’est encore finalement quelque chose de récent, en tout cas récent, qu’on arrive jusqu'à obtenir des tribunaux qui acceptent de traiter nos affaires. Donc moi je ne vois pas de fatalité. Je vois des démarches qu’on doit franchir tous ensemble et l’opinion publique, de manière globale, doit se saisir de choses comme l’abrogation de la 435 tirer à partir du moment où en fait, dans une année et demie, vous avez seize morts tous suite à un refus d’obtempérer sur un véhicule en fuite, tous racisés. Ça concernait des hommes, des femmes, mais ça a concerné également. Il y avait des victimes collatérales. Ça a été le cas par exemple avec Rihanna dans le 18ᵉ. Elle n’avait rien à voir, elle était juste passagère. Donc en fait, faut bien que les Français comprennent que ça peut arriver à n’importe qui et comme ça peut arriver à n’importe qui, il faut s’interroger sur l’usage de l’arme à feu des policiers dans ces situations-là. Et il faut abroger l’article 435. Rien, puisque tous les experts admettent qu’il y a un flou total sur cette loi et que, de fait, le policier qui va prendre la décision à ce moment-là, il y a une part de subjectivité. Donc, à partir du moment où une loi instaure une part de subjectivité, il faut la combattre. Et c’est la même chose pour tout un tas d’arsenal policier. Comme il faut que collectivement on refuse d'être dans des manifestations où en fait il ya des policiers qui gèrent, qui gèrent nos vies pour que ça se passe bien, mais des policiers qui sont là pour du maintien de l’ordre, voire du retour à l’ordre, voire ils sont présents sur place pour nous faire ne plus revenir en manifestation. Donc d’avoir des policiers qui ont des LBD en pleine ville sur une manifestation qui est autorisée. On ne doit pas accepter ça. Et ça c’est. Je pense que c’est un peu pour ça que je suis venu aujourd’hui, c’est que, en fait, on ne va pas réussir nos combats en étant individuellement tous dans notre sort. Toutes les répressions sont des répressions, il n’y a pas à les hiérarchiser. Ce n’est pas parce que d’un côté il y a des morts et d’autres c’est pareil pour tout le monde. Ce qui s’est passé à Sainte Soline, ça n’aurait pas dû se passer. Ce que nous on a vécu, ça n’aurait pas dû se passer. Mais enfin, ça remonte à tellement longtemps, Même pour les combats j’allais dire écologique. Rémi Fraisse Je veux dire, ce n’est pas des choses qui sont de maintenant, mais je pense qu’on s’est tous dit bah là c’est les écolos, là c’est les féministes, là c’est les familles et souvent issus de quartiers populaires et tout ça. On comprend, on partage, mais on n’est pas du même team ou quoi. Donc au maximum on viendra avec un T-shirt Justice pour Adama. Enfin, aujourd’hui, je pense qu’en fait on doit se mobiliser tous ensemble en tant que Français. Habitant en France et n’acceptant pas d’avoir un gouvernement qui traite ses citoyens comme ça et qui utilise la police pour faire. Pour gouverner. En fait, il y a d’autres manières de gouverner que par la force d’ailleurs. Et pourtant, Dieu sait que je n’ai pas d’affinité particulière avec les policiers. Mais. Mais les policiers eux-mêmes sont en souffrance. Enfin je veux dire, ce n’est pas normal en fait d’avoir un gouvernement qui gouverne en fait. Parce que ça crée un rapport avec les citoyens qui n’est pas normal. Quand aujourd’hui j’entends des policiers à la télé dire qu’ils n’avaient qu'à s’arrêter, ils n’auraient pas. Ils ne respectent pas l’autorité et. Et quand ? En fait, ça fait des années que le délit de faciès est reconnu par toutes les associations, il faut comprendre que ces jeunes, mon neveu par exemple, était contrôlé des fois dix fois, quinze fois par mois depuis qu’il avait treize ans en fait. Donc son rapport à la police, la première fois qu’il a été contrôlé, la deuxième fois, la troisième fois, la 10ᵉ fois la 100ᵉ fois, c'était uniquement pour des critères raciaux. Parce qu’en fait, il ressemble à ce qu’il ressemblait, parce qu' il avait une allure qui ne leur plaisait pas. C'était uniquement pour ça. Donc si vous voulez, il faut comprendre aussi que celui qui vit ça dans sa chair, qui vit ses humiliations à répétition, ne considère pas la police comme l’autorité qu’ils veulent qu’on ait d’eux, en fait. Je vous ai du voir que vendredi dernier, le Conseil d’Etat a traité cette question du délit de faciès. Il y a plusieurs associations qui, depuis 2016, Human Rights, Amnesty International, etc. Qui ont mené une action qui puisse arriver jusqu’au Conseil d’Etat. Dans un mois, le Conseil d’Etat va devoir décider si oui ou non il y a une responsabilité du gouvernement par rapport au délit de faciès. Il devait mettre en place des choses et ça n’a pas été suffisant. Ils ont mis en place quoi ? Ils ont mis en place les rideaux, vous savez, l’immatriculation en tout petit, souvent cachée. Donc en fait, ce n’est pas suffisant. Il y a 150000 policiers en France, il y a eu 33 000 caméras, on en discutait tout à l’heure. Là, vous avez les caméras piétons, ils vous disent ben oui, mais en fait, le fournisseur qu’on avait eu, ça ne marchait pas très bien. Ils en ont acheté 33 000 qui peuvent actionner ou pas quand ils veulent. C’est ça la deuxième chose qui a été mise en place. La troisième chose, c’est la plate forme sur le site de l’IGPN où en fait, quand vous avez subi un contrôle, vous pouvez faire, vous pouvez aller taper, j’ai subi un contrôle qui ne va pas, etc. Il n’y a eu que 33 cas qui ont été signalés parce qu’ils refusent le récépissé, parce qu’ils refusent de dire, de justifier la raison pour laquelle ils contrôlent. Hollande l’avait promis, on ne l’a pas eu. Et puis en 2023, il y a eu des tas d’amandes du gouvernement. Par contre, le gouvernement français et là on est allé jusqu’aux plus hautes autorités et c’est passé devant le Conseil d'État il y a une semaine et on aura la réponse dans un mois. Mais ça commence là, ça commence à ce niveau là. Ça commence à ne pas accepter qu’un contrôle soit fait pour une question de gueule qui ne va pas en fait. Parce que combien de temps ? Je suis française, mais je suis aussi musulmane. Combien de temps on va où ? On va nous punir ? De l’affaire Merah, de l’affaire Kouachi, du Bataclan, combien de temps on va nous punir de ça ? J'étais dehors, j'étais. Je travaille à quelques mètres de Charlie Hebdo. J'étais avec tout le monde dehors. On était beaucoup de musulmans en France. Dehors, on n’accepte pas ça. Mais. Mais quand nous on est avec toute cette foule, tous les autres français dehors, il faut aussi que tous les autres Français soient avec nous. Face au délit de faciès. Il n’y a pas que ça ne doit pas concerner que les blacks et les beurs et les gitans, ça doit concerner tous les Français. On est quand même dans le pays des droits de l’homme. En fait, on a on n’avait pas cette fierté là et ce n’est pas eux de nous la retirer, c’est notre histoire. Donc en fait, c’est collectivement parfait, ces petits changements qui vont faire ébranler le système. Il faut qu’on soit tous ensemble. Et c’est pour ça qu’aussi dans les questions militantes, dans les questions de répression. Donc, moi, quand j’ai fait la manifestation, par exemple, du 23, j’ai demandé de l’aide à Alternatiba. En fait, je les ai appelé et à charge de revanche, mais en fait, c’est comme ça qu’on doit faire et il faut qu’on se parle plus, il faut qu’on échange plus. Et effectivement, vous avez raison, j’ai entendu tous vos systèmes et d’ailleurs vous allez vachement loin. C’est bien. Mais, mais en fait voilà, pour qu’une manifestation existe déjà, pour qu’elle se passe bien, parce qu’il y en a quand même qui se passent bien, mais pour qu’elle se passe bien, vous avez raison, elle doit être bien organisée, On doit être solidaires entre nous. Il faut être idéalement quand même. C’est vrai que d’avoir une banderole où quelque chose nous rassemble, quand on sent que ça peut être bordé sur les sujets d’avoir en fait également des banderoles sur les côtés avec un peu de service d’ordre sur ceux à gauche et à droite. C’est bien de prévoir à l’avance effectivement des possibilités d’extraction, parce que des fois avec nous, il y a des. Il y a des personnes qui ont beaucoup de mal à être proches des policiers. Par exemple, lorsqu’il y a des manifestations, il y a des gilets jaunes qui sont avec nous. C’est quelque chose de difficile pour eux d'être à côté. Donc faire des carrés leur permet de se sentir un peu plus en sécurité. Il faut y penser, il faut prévoir, il faut y réfléchir à l’avance. Mais, mais c’est important de le faire parce qu’en fait on ne doit pas hiérarchiser qui vient avec nous, on doit juste être comme une mère de famille. Moi j’ai deux enfants, ben on les protège bien entre nous, on doit se protéger, on doit s’organiser. Il faut effectivement connaître le parcours à l’avance, savoir quand il y a des difficultés, par où on peut partir quand une manifestation s’arrête et que le sujet a été un peu de temps, d’acte quand même, Même si on est hyper content, on se barre quand même un peu vite, c’est pas la peine de rester sur place à la fin. Il y a des petites choses comme ça. Mais. Mais déjà de faire tout ça et de ne jamais s’isoler et d'être toujours en collectif permet d'éviter ce genre de problèmes. C’est souvent quand il y a un trou entre nous et d’autres qui se passent, un tiers de LBD qui se passe. C’est beaucoup plus difficile quand on est en masse en fait. Donc voilà, et on doit être en masse quel que soit le combat, que ce soit les féministes, les violences policières, il faut que quand nous on appelle vous venez et quand et quand vous vous appelez, qu’on vienne aussi. Merci.
David Dufresne
Est ce qu’il y a d’autres questions ? Remarques ? Ou sinon, je donne la parole à Lucie pour le mot de la fin. Dites Lulu. On m’a dit. Non, pas question. Tout le monde a faim. À la porte parole le mot de la fin.
Lucie Chieng
J’ai pas trop prévu de mot de fin, mais merci beaucoup à vous deux d'être venus, Je trouve ça très intéressant. Voilà, j’espère que c’est aussi l’occasion de s’ouvrir à d’autres types de profils et je trouve ça trop cool. Je n’ai pas prévu de conclusion, mais globalement j’ai l’impression que c’est le ton collectivement contre les répressions.
Benoît Piédallu
Non, je disais, si vous voulez aider la Quadrature du net ou donner de l’argent. Et si vous ne savez pas bien ce que c’est que la Quadrature du Net, il y a un livre qui s’appelle Internet et Liberté qui raconte les quinze ans de la Quadrature du Net et des combats dont je suis co-auteur.
Lucie Chieng
Et puis merci à David pour avoir animé cette table ronde. Merci beaucoup !
David Dufresne
Merci à vous tous et à vous toutes.
Lucie Chieng
Merci au Cabaret d’Alternatiba pour avoir organisé ce temps et je vais dire merci à tout le monde.
Samia El Khalfaoui
Merci et bonne soirée. A bientôt. Bonsoir ! Merci beaucoup.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.