René Dumont l’écolo : le candidat-prophète qui avait raison
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Bonjour, bonjour les camarades, Je suis en train d’accueillir Arthur qui nous vient de 1974. Je vais vous raconter ça dans quelques instants. Excuse-moi. Est ce que tu peux faire un petit essai de voix ?
Oui. Bonjour David. Enchanté d'être là.
Alors je pense que faut que tu parles un tout petit peu plus fort ou plus près, de plus près de toi, le micro.
Plus près du micro.
Voilà, donc tu as tout compris. Ici, tu as le vrai.le seul retour qui compte, c’est le chat. L’image, on s’en fout. On a cette caméra qui nous filme tous les deux, on a celle ci et peut être celle là qui va te filmer. Voilà. Normalement, il aurait dû y avoir une autre caméra, mais je sais pas où elle est passée.
Et le chat, tu le vois pas toi ?
Je le vois avec un autre, un autre appareil, un autre appareil, je ne sais pas, mais je. Je ne sais pas ce qu’il en est. Arthur. Veux-tu commencer ? Ça ressemble un peu à la campagne de 1974 de ton ami René Dumont. Je te laisse le présenter comme ça, ça me permet de faire un dernier réglage.
Si tu veux bien. Le pitch à la René Dumont, donc celui. Donc en fait, s’il n’aurait pas du tout dû être candidat à l'élection présidentielle en 1974. Donc c’est le fruit d’une histoire un peu folle. René Dumont. C’est un homme qui est politisé. Un agronome né au début du XXᵉ siècle. C’est un tiers-mondiste. Ils luttent contre la faim dans le monde. C’est sa grande cause. Et les écolos alors ? Même s’il faudra définir ce que sont les écolos à cette époque, c’est un mouvement diffus. Il n’y a pas grande doctrine, mais disons les écolos, un petit groupe de journalistes, un petit groupe d’une association, Les Amis de la Terre voient que le président Pompidou est malade, très malade, et ils cherchent un candidat pour soutenir et représenter leur cause. Ils pensent à deux personnes. Au début, à Saint Marc, un énarque qui a écrit un livre qui s’appelle Socialisation de la nature qu’on pourra vous montrer mais lui refuse. Et il pense aussi au scientifique Théodore Monod qui lui se récuse parce que, dit-il, trop âgé. Et donc du coup, ils sont un peu en retard.
Il faut dire quelque chose d’extrêmement important. On est en 1974, Georges Pompidou meurt le 2 janvier.
J’ai expliqué qui était très malade. Ils ont cherché des candidats qu’ils n’ont pas trouvé et quand ils meurent, du coup ils partent dans le sud, ils n’ont personne sous le coude. Donc Pompidou décède et quelques jours après les écolos se disent ah mais pourquoi pas Dumont ? Sauf que Dumont, lui, est absolument au courant de rien. Il n’a jamais vraiment milité dans un parti, même s’il était adhérent. Très peu de temps de la SFIO et du PSU. Et surtout, c’est un agronome et donc il est en voyage d'étude en Algérie et il ne sait absolument pas ce qui se trame en France. Et un soir, il revient à l’aéroport, Il revient de son voyage d'étude à l’aéroport et là, quand il revient, il trouve trois militants écolos qui lui saute dessus, qui lui disent Allez, viens, c’est toi notre candidat. Alors Dumont demande quand même à réfléchir à minima 24 h. Il le ramène. Ses trois militants le ramènent chez lui à Fontenay sous Bois.Il essaie de lui faire un plat, de lui vendre leur candidate, sa candidature pour la présidentielle et le lendemain, ils reviennent avec d’autres. Et là, René Dumont dit oui en posant une condition, c’est qu’on parle du tiers monde. Et l’autre condition qu’il avait, c’est que Charles Piaget, le leader des Lip, qui était aussi au PSU un temps, on a pensé qu’il pourrait être candidat et du monde ne veut pas y aller. Si, si, Piaget est candidat, mais les planètes s’alignent, Piaget n’y va pas et donc Dumont se lance dans cette folle campagne en sachant qu'à l'époque ils vont dire, ils vont expliquer que c’est la campagne du mouvement écologique. Mais le mouvement écologique est un peu menteur puisque le mouvement n’est pas du tout unifié. Comme on a dit, c’est une nébuleuse et c’est un peu cette campagne qui va, qui va cimenter ce mouvement. Et c’est une campagne qui est véritablement l’acte de baptême de l'écologie politique, parce que jusqu’ici il n’y a pas d'écologie politique, il y a des écolos, mais qui n’ont pas franchi le pas des candidatures électorales parce que pour eux, ce n’est pas, ce n’est pas leur vocation, ce n’est pas leur fonction. Mais à force de se heurter à des refus et de voir que rien n’avance, ils vont décider avec du monde de s’engager dans la campagne avec un petit codicille quand même..
Un codicille, tu aimes bien ce terme ? Oui, j’ai lu.
1000 fois dans le livre, c’est pas une fois.
Mais de temps en temps juste parce qu’il faut dire c’est vraiment bien écrit et de temps en temps, eh bien mettre des petits termes un peu désuets.
Bien tout ce qui est désuet, c’est simplement ça.
C’est le côté ancien JDD. Ou quoi ? Non, non, je crois que c’est plus profond.
Je pense que c’est un mal qui m’atteint depuis longtemps. Donc une note de bas de page mais je ne sais plus laquelle du coup vous m’avez perturbé m’a perturbé la fin. Bref, Oui, en gros, ce n’est pas un mouvement politique, c’est du monde qui décide de donner l’acte de baptême. Et ils le font parce que les politiques ne les écoutent pas.
Merci beaucoup. Pour cette présentation, le livre, je l’ai sur mon bureau aujourd’hui. C’est une panique pas possible. Hier, j’avais tout préparé, j'étais content, tout marchait bien et voilà que c’est le bordel.
Pour ce que dit vrai, c’est que la campagne, c'était à peu près pareil. C'était. L’invention permanente, la débrouille, le système des Dumont. On a pas de quartier général, donc quelqu’un lui propose une péniche, il dit OK. Donc le quartier général s’installe sur la péniche près du pont de l’Alma, à Paris, à Paris exactement. Et il y aura même un bus à impériale anglaise qui va servir de poste pour tout ce qui est administratif. Et tout va s’inventer joyeusement là dessus avec Dumont qui je l’ai peut être pas dit mais est septuagénaire au moment où la campagne commence. Mais par contre tous ont toute son équipe entre guillemet de bénévole. A plutôt la vingtaine ou la trentaine.
Voilà, il y a dedans. Excuse-moi et bravo. Bravo à toi parce que ouais, c’est comme ça, mais en fait on ne se connaît pas. Je voulais garder ma veste et je n’en ai pas.
Je peux prétendre. Mais il. Fait trop Chaud là bas.
Merci beaucoup d’avoir d’avoir introduit de toi même ton affaire. Alors il y a une anecdote extrêmement célèbre qui orne d’ailleurs la couverture du livre. C’est fait. Il y a plusieurs choses. Il y a la crinière grise de cet agronome mondialement connu, tiers-mondiste, un temps ami de Fidel Castro, etc. Il a toujours ses lunettes marron, ses cheveux gris, son pull rouge. Ça, ça compte énormément. Il le met tout le temps. Et il y a cette scène, donc du vert d’eau qui restera comme un moment de la campagne et qui résonne totalement aujourd’hui. C’est à dire que ce qui est extraordinaire dans ton livre, c’est que tu parles d’une année, d’une époque magnifique, celle du orange partout comme ici, celle de l'île aux enfants.
On est deux à aimer les choses désuètes de Giscard d’Estaing qui joue de l’accordéon et du football. Enfin, c’est quand même quelque chose d’extraordinaire. C’est une époque fabuleuse. Mais surtout, ce qui est extraordinaire, c’est que ce que tu racontes, c’est un sprint de trois semaines puisqu’en fait ils ont à peu près trois semaines si j’ai bien compris. En tout cas, entre le moment où ils peuvent se porter candidat et puis l'élection, l'élection, on casse d’entrée le suspense, évidemment, ça va, ça va faire 1,32, 32 %, c’est peu, mais c’est mieux qu’un dénommé Le Pen, Jean-Marie, dont c’est aussi la première élection et Laguiller, Arlette aussi.
Qui fait mieux.
Qui fait mieux que lui.
C’est la première femme à être candidate à la présidentielle en France.
Voilà. Écrivain donc il est question dans ton livre de vieilles voitures de catch de quatre ailes, de deux chevaux, de trucs comme ça. Ça fume des Gauloises en tout cas, on imagine. Je dois quand même te présenter. Tu es journaliste politique, tu as couvert jusqu'à l’arrivée de Vincent Bolloré et de Geoffroy Lejeune,, la Gauche et les Verts pour Le Journal du Dimanche. Aujourd’hui, tu occupes, tu t’occupes des questions d'énergie et de climat. Pour Politico, on te doit un livre qui fait référence. L’histoire de tu laisses là, tu peux les mettre sur le canapé, ce sera plus simple. Euh voilà, tu es venu avec une sélection de bouquins ?Alors attends placement de produit ? Vas y regarde les bouquins à côté du jeune homme. Une histoire de l'écologie politique. Et donc en fait, ce qui se passe est que toi, Arthur, je dois te libérer à 10 h parce que ton nouvel employeur est de droite.Et non pas du tout. Et il faut que tu travailles, tu bosses, c’est ça ? Et tu dois partir à 10 h. Et je me suis dit que si on faisait une matinée à 10h, on va remplacer une dénommée Marine Tondelier pour 40 minutes, parce qu’après elle part.
Petite anecdote quand Marine a lancé avec les écolos, ils ont changé de nom, elle est devenue les écologistes, donc fait un petit truc pour symboliser ça. Et elle avait cherché à l'époque à récupérer le fameux pull over rouge de René Dumont qui est au musée du vivant que c’est Aurélie. Vous dirigez vers ce musée et je ne sais pas s’ils ont eu le droit de l’avoir pour cet événement.
Tu pourras peut-être lui poser la question. Je lui ai dit : "Vous, tu rentres directement et puis on fera ça à la bonne heure. " Je demanderai à la bonne la bonne franquette. Donc oui, l’histoire du verre d’eau est ce que tu peux rappeler, et notamment la phrase extraordinaire parce qu’on a gardé ce verre d’eau. Peut être peux tu leur rappeler le contexte ? On est à la télévision ?
Exactement. On est à la télévision en 1974, alors que comme René Dumont est un petit candidat entre guillemets, il sait très bien que la télévision, ça va être la campagne officielle, ça va être son principal support pour s’adresser aux gens. Donc, il soigne toutes ses interventions. Alors il a été prof pendant toute une vie et il a l’habitude de parler en public. Il a l’habitude de voir certains gimmicks ou certaines choses qui fait, qui refait à l’antenne, pas dans le cas du verre d’eau, mais dans d’autres spots. C’est le cas et donc il va avoir, comme tu dis, ce pull over rouge tout au long de la campagne, parce que ça marque l’esprit des gens, ils le voient et donc ils le gardent. Il l’a gardé même tout au long de sa vie. Et le verre d’eau est important parce qu’il dit que si on continue de tel débordement, on viendra en manquer d’ici la fin de.
La phrase exacte. Page 83 Vous savez ce qui va se passer ? Eh bien, nous allons bientôt manquer d’eau. Nous sommes en 1974, je le rappelle, et c’est pourquoi je bois devant vous un verre d’eau précieuse, puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. Le prophète avait raison.
Je veux juste ajouter qu’en fait, c’est vrai, il fait quelques déplacements de campagne. On l’a dit, la campagne est limitée dans le temps, donc il en fait pas une pléthore, mais il en fait quand même quelques-uns en Bretagne, en Fos sur Mer mais aussi à Lille un. Bref, à chaque fois qu’il fait un déplacement, il a une saillie. Il a un mot pour montrer, pour critiquer la pollution des eaux, notamment des rivières, mais aussi de la mer. Et il dit qu’on va mettre à mal le grenier de l’humanité. Et pour lui donc, c’est extrêmement important. C’est vraiment quelque chose qu’il a en tête à chaque déplacement et même sa péniche qu’ils ont récupéré par hasard. Et sur la Seine et la saleté de la Seine. On y voit des quartiers de viande, des morceaux de pain qui défilent et où il voit rien tellement c’est sale. Va aussi être un argument pour dire voyez, la Seine est devenue un égout. Et d’ailleurs il y a une anecdote qu’il raconte et que ceux qui ont fait la campagne ont bien en tête, c’est qu’un jour quelqu’un s’est suicidé en sautant du pont de l’Alma. Son équipe a voulu aller le récupérer, mais l’eau de la Seine était tellement sale qu’ils ont mis beaucoup trop de temps pour le trouver, pour le repêcher. La personne est morte.
Donc on voit bien que là tu n’appuie pas les choses, mais la scène polluée ça renvoie immédiatement à aujourd’hui. Bon, il peut ou non réussir à se baigner. Anne Macron et Manuel Hidalgo vont-ils réussir le 23 juin ?
. Alors on rigole beaucoup en lisant ton livre parce que ton livre, c’est très astucieux. T’as pas ce que toi tu racontes. La campagne était extrêmement bien documentée, tu as retrouvé tout un tas de. Le compagnon de route de camarade de René Dumont, ou alors qui y ont laissé leurs traces. Alors il y a des noms qui vont dire des choses un petit peu, puisque il y a des gens qui vont faire de la politique écologique leur métier. Je pense notamment au jeune Brice Lalonde. Mais d’abord, j’aimerais que tu nous resitue un petit peu. On est encore en 74. En réalité, le choc pétrolier n’a pas encore eu lieu.
Donc il y a 73 ans. Là où tu as raison, c’est très intéressant ce qu’il a eu techniquement, mais j’ai l’impression qu’il n’a pas eu lieu dans les esprits, qu’il n’implique aucune remise en cause du modèle dominant de cette époque-là.
Qui est le modèle du tout voiture.
Oui, mais même le oui du tout voiture, même de la croissance infinie, va en gros quelque part. Du coup, j’ai oublié la question.
Mais la question c’est Et après je me déplace une dernière fois. La question c’est est ce que tu peux nous parler de l'époque sur le PC qui est très fort ? Oui Mitterrand,je vais en parler. Comment on le voit ? Qu’est devenu. Mitterrand ?
La politique parle pas du tout comme ça, Il faut que tu viennes chez nous.C’est très sympa ça je n’en doute pas.
Je rigole. Il y a Mitterrand qui a son QG, tu racontes ça ? C’est extraordinaire son QG de campagne, il va piéger René du monde extérieur, Découvrir, c’est horrible comment il le piège entre les deux tours. Mais il a son fils à son bureau tout en haut. En tout cas, dans la tour Montparnasse qui vient de sortir de terre.
Ouais, je pense que si on veut camper l'époque, il faut dire quand même que le terme arrivera après par Jean Fourastié. On est encore dans les 30 glorieuses qui vont finir vers 74. Et donc quelque part, c’est une période de croissance, une période. On croit au progrès où on croit en la science et on ne se demande pas si elle a quelles sont ses finalités. C’est une période où, entre guillemets, peut-être pas pour tous les Français, mais c’est un peu la fête quelque part, et Dumont est celui qui va arriver au milieu de tout ça et dire non, en fait, la fête est finie, ce n’est pas possible. Notre modèle, celui que vous aimez, celui des 30 Glorieuses, est en train de foutre la terre en l’air. On ne peut pas avoir une croissance infinie dans un monde fini. Et donc c’est le message qu’il essaie de faire passer. Alors évidemment, c’est un peu compliqué parce que l'époque n’est pas à ça et explique aussi son résultat. Et alors politiquement, si on regarde l'époque, on est sur la sur la il y a eu De Gaulle, il y a eu Pompidou et maintenant on cherche quelqu’un pour prendre le relais. Au début de la campagne, ça peut être Giscard, ça peut être Chaban, puis au fur et à mesure, on voit que ça va être Giscard donc qui promet une campagne un petit peu. Le changement dans la continuité, c’est pas forcément lui qui dit ça, mais où là ? Le changement sans rupture. Donc voilà une France un peu moderne. Il fait campagne avec, avec ses enfants, avec sa femme, il essaie de filmer. Et puis à côté de ça, on a la gauche qui peut être commence à croire qu’elle peut prendre plus de pardon
. C’est plus compliqué que ça de la peur
On c’est interdit. Une fois qu’il a vu le film, il ne veut pas diffuser.Ce que je veux dire c’est pardon, c’est dans le rapport à entre guillemets, à une forme de modernité ou de se dire ma campagne peut être filmer la place de la place aussi, de la télé et de l’image dans cette campagne est très importante. Et dans et dans ce spectre là, il y a à gauche une union de programme commun. Et donc Georges Marchais va soutenir François Mitterrand, d’ailleurs assez discrètement pour qu’on sent qu’il a conscience qu’il. Il ne faut pas le gêner parce que pendant toute la campagne, le principal argument de Giscard, ça va être vous, vous allez nous ramener les communistes au pouvoir et donc les communistes sont assez précautionneux du coup. Et Mitterrand, lui pense qui peut gagner ? Euh il théorise le résultat qu’il doit avoir. Et donc c’est pour ça qu’il y a pas mal de soutiens de René Dumont. Ils le soutiennent en lui disant bah en fait c’est bon là t’as donné ton message, maintenant tu ferais peut être mieux te retirer. C’est d’ailleurs lui même jusqu’au bout, se demande s’il va pas se retirer pour ne pas gêner François Mitterrand.
Alors c’est intéressant ce que tu dis, parce qu’en finissant le livre hier soir, je me suis endormi avec ton livre, avec les clés, avec la formule mathématique, à la fin.
Il y a une formule mathématique, à la fin. Oui, j’ai. Vraiment écrit ce livre là.
Ah oui, magnifique.
Mais c’est pas dans le livre ça, c’est une dédicace.
C’est délicat. Je la lis parce que je trouve que ça en dit long sur toi. Je trouve ça très très joli. Comment tu le racontes ça ? Ça te gêne que je le note ?
Pas du tout.
Ah voilà, tu remercies tout un tas de gens et à la fin tu dis Amélie, bien sûr, aussi forte en math que moi et avec qui nous avons merveilleusement démontré qu' un plus un égal quatre. On a trouvé ça très très joli. Je me suis endormi, c'était très agréable, mais je me suis aussi endormi avec l’idée que. Et on en parlera peut-être avec ton dossier tout à l’heure en fait, en 74 donc, c’est une première mondiale dit qu’un candidat aux élections présidentielles aura des élections nationales. Un candidat écologique se présente et c’est très intéressant parce que tu racontes effectivement toute la question qui est entre les deux tours, quand il a perdu évidemment au premier tour ce qui pousse. Ce que tu viens de dire pour qui rallie la gauche ? Ceux qui disent non, ta parole, au départ c'était tu appelleras pas à voter. Il a cette formule en disant Moi, j’ai jamais appelé à voter pour moi, donc je ne vais pas appeler à voter pour quelqu’un d’autre. Bon, bref. Mais est ce que ça veut dire que génétiquement la la, les écolos ont du mal à se situer sur l'échiquier ? C’est-à dire qu’il y a la tendance de gauche, bien sûr.
C’est c’est intéressant. Il y a eu plusieurs périodes en fait. Mais ce qui est drôle, c’est que on peut dire qu'à une certaine époque, l'écologie ou l’environnement, c'était plutôt vu comme quelque chose de droite. On peut dire que cette campagne va quand même arrimer l'écologie à la gauche. Est ce ce qui est ? Ce qu’on peut noter, c’est que les écolos avaient pensé aussi pendant cette campagne à Saint-Mard, on vous trouvez son livre et avaient fait un livre.
Attendez, le mec, il vient avec cette bibliothèque là.
C’est l’occasion de sortir ce livre qui avait été très remarqué.
Un tout petit peu plus haut.
Très remarqué, et notamment par Pierre Mauroy qui avait fait une critique assez dithyrambique dans le journal du PS parce qu’en gros, c’est un énarque qui ou en fonctionnaire j’ai un petit doute qui qui raconte, qui, qui raconte son écologie et donc du coup c’est très structuré. Et par rapport aux autres écrits écolos, nos penseurs écolos pur beurre entre guillemets. Peut être que ça rassure les politiques. Et donc Saint-Mard, lui, il va, il ne va pas, il ne veut pas être candidat. Il soutient la campagne, mais entre les deux tours, comme chacun essaie un peu de verdir son programme, même si ce n’est vraiment pas le gros du sujet. Le gros du sujet, c’est de récupérer la voix des gaullistes. Mais même si chacun essaie un peu de verdir son programme, c’est Saint-Mard qui va un peu donner un coup de main à Valéry Giscard d’Estaing pour lui faire une feuille de route un peu écolo et qui, après, dans le monde, va commenter son œuvre sans dire que c’est la sienne, mais bref, pour dire que si l'écologie avait eu sa marque comme candidat, peut être qu’elle ne serait pas rentrée dans l’atmosphère sur la voie de gauche et du monde. Lui est vraiment un homme de gauche. Il admire longtemps Fidel Castro. Il admire même longtemps ce qui se passe en Chine avec Mao à 20 conseillers..
Bien sûr, il va conseiller les Cubains et puis il va se fâcher.
Il va se fâcher avec Castro et il faut répondre très très vite. Après, disons que c’est quand même un peu l'écologie arrive au camp de la gauche plutôt. Et après il va y avoir une période où ça va se poursuivre et avoir une période avec vecteurs bien plus tard, où ça va être le ni ni, ni gauche, ni droite. Après une période avec Voynet où ils vont s’allier non pas avec la gauche de la gauche ou les altermondialistes et ce qui est du monde avant son heure, mais avec la gauche de gouvernement, ça c’est Voynet. Et après ? Aujourd’hui, dans la période NUB, on peut dire que c’est un retour de balancier vers une gauche un peu plus radicale. Mais en gros, cette question va toujours les travailler avec une belle formule de Jean-Paul Besset qui est le biographe de Dumont, mais qui n’a rien à voir avec Dumont qui dit que l'écologie n’est pas une branche de l’arbre de gauche mais un arbre à part entière. Et ça, c’est important pour les écolos, parce que sinon ils auront toujours des supplétifs. Si on a l’idée qu’ils ne sont qu’une branche.
Là tu dirais que ton dossier tout simple, ce serait une gauche dans la Technologie Radicale aujourd’hui, puisque le lien c’est qu’ils se sont alliés au sein de la New PS avec LFI et que donc ça montre en fait, il y a toujours chez eux un balancier, il y a toujours une aile, il veut, il veut entre guillemets gouverner ou qui ou qui est attiré par le PS. Et il y a toujours une aile aussi plus attirée vers aujourd’hui, Mélenchon, autrefois, le PSU ou autre.
Alors René Dumont, va d’abord publier un bouquin L’utopie ou la mort qui est extrêmement important.
Voilà, la voilà. Ne pas hésiter à rester un peu plus longtemps puisque parfois les gens y sont en train de regarder autre chose, genre voilà. Et donc Arthur nous montre le livre de René. Donc en gros, l’utopie ou la mort que j’ai longtemps cru intitulée l'écologie ou la mort. Mais en fait non, c’est l’utopie ou la mort peut nous dire ce qu’il y a dans ce livre.
Oui, oui. Alors c’est un livre très important parce que c’est le livre qui acte la mue écolo de René Dumont. Jusqu’ici, il ne passe pas pour un ennemi de la cause. Et avec ce livre qui est un livre d’intervention, un peu, un peu un livre coup de poing, il va payer sa dette. Déjà à tous les écolos ou les penseurs écolos qui l’ont qui ont permis de faire cette mue là. Et le plus important est peut être le rapport du Club de Rome en 72. Donc ça c’est vraiment ce qui fait la bascule. Il n’y a pas que ça. Il y a Barrès comme un autre aussi, qui est un biologiste américain qu’il aime lire et qu’il aime citer. Il y a René du Beau et Barbara Ward. Ils sont économistes et biologistes et qui vont aussi l’influencer, d’autant qu’il connaît Barbara Ward. Mais en tout cas, ce livre, c’est son entrée dans l'écologie, dans le livre. Et il y a tous ces thèmes, ce thème fétiche la surpopulation, la lutte contre le nucléaire, le tiers mondisme, la lutte contre la bagnole.
Tu nous apprends que ce rapport du Club de Rome est en partie financé par Volkswagen, qu’un des membres du conseil d’administration, pardon, le président du Club de Rome et membre du conseil d’administration de Fiat. Et pourtant. Et pourtant, ce rapport qui est extrêmement important, qui fait vraiment date et qui est une référence souvent rappelé en fait, explique ce qu’on s'évertue à répéter ici, c’est à dire que le drame, c’est le capitalisme.
Alors je ne sais pas si le comme il le dit, c’est pas comme ça, mais c’est exactement le sens. Eux, ce qu’ils disent, c’est que ce que je disais tout à l’heure, ce qui ne peut pas avoir une croissance infinie dans un monde fini et souligne trois gros problèmes qui sont la pollution, la surpopulation et l'épuisement des richesses naturelles. Et Dumont va quand même pas mal reprocher à certains, à certains, certaines publications en gros de bien nommer le problème, mais de ne pas montrer la cause. Et donc lui, c’est vrai que dès le début, il dit que le problème c’est le productivisme, ce qui est important parce que du coup ça fait un vrai schisme avec le reste de la gauche et notamment avec le PC. Et du coup le capitalisme aussi. Et c’est un peu comme ça que Mitterrand va entre guillemets la voir sans trop avoir de pensée. C’est qu’une fois le premier tour fini, il va lui dire je vous aime beaucoup, vous êtes mes ennemis, mes écrivains préférés. Et vous avez tout à fait raison quand vous dites que le problème c’est le capitalisme. Donc vous ne pouvez que voter pour moi
Alors oui, parce que c’est très important que tu rappelles que, à ce moment-là, le PC et productiviste qui défend les ouvriers défend le travail. Et quand je dis à ce moment-là, on pourrait l’enlever parce qu’en fait, on voit que c’est quelque chose qui reste aujourd’hui. C’est ça qui est très intéressant dans ton livre, c’est qu'à la fois on voyage dans dans une époque totalement révolue en termes de déco. De société, de mode de vie Mais en réalité, tout est là.
Oui, les thèmes, les thèmes sont là. Il y en a même qui sont là en plus entre guillemets, qui sont plus là maintenant, comme la surpopulation et le tiers mondisme qui sont des thèmes que les écoles ne portent plus vraiment, mais tout le reste, la lutte contre le productivisme, la lutte contre l’idéologie de la bagnole, la lutte contre la pollution et j’en passe sont très présents et on les met à l’honneur. Et on parle aussi de dénoncer le patriarcat. Je ne sais pas si on y reviendra, parce que là, dans les mots, il a un discours féministe. Après les féministes qui ont été dans sa campagne, avec qui j’ai pu parler, me disaient que c'était pas non plus le cœur de la campagne, loin de là, et qu’elle avait du mal à se faire entendre.
Bon alors on va tout de suite. Puisque tu parles de féminisme, il se trouve que René Dumont va être rejoint par deux personnalités féministes, Christiane Rochefort pour commencer. Tu as un livre de Christiane Rochefort ?
Mais non, j’aime pas le repos du guerrier.
Tu l’as pas. Voilà qui est une des fondatrices, une des agitatrices du MLF et une dénommée Françoise d’Eaubonne, très connue de nos services, qui va écrire un livre intitulé Le féminisme ou la mort, qui est en fait une réédition ici. Bravo ! Bien joué ! Et alors, Christiane Rochefort, ça va plutôt bien se passer. Françoise d’Eaubonne, Elle est tellement folklorique ! Vas y !
Christiane, mon chat, ça se passe bien, mais elle intervient peu. Elle fait un joli texte dans la presse où elle dit que du monde. Que du monde dit tout ce qu’elle a toujours rêvé d’entendre et qu’elle reprend aussi la question de la surpopulation pour dire que le candidat a raison et. Mais voilà, elle s’en tient en tout cas à ce que j’ai vu, le sentir. Là, il y a Sophie Chauveau aussi, qui elle est sur la péniche, qui est aussi qui a Bac et qui du MLF, une féministe engagée. Et puis effectivement, il y a cette figure iconoclaste Françoise d’Eaubonne. J’ai un peu l’impression qu’elle est passée telle une tornade sur la péniche parce que les permanents m’en ont pas, m’ont pas dit qu’il la voyait tous les jours, mais elle, dans ses mémoires irréductibles, elle parle de son passage sur cette péniche, de sa rencontre avec Dumont qui a fortement marqué un parcours incroyable. Elle a toujours été, j’ai l’impression, un peu solitaire. En tout cas, elle a une telle personnalité qu’elle a du mal à se fondre dans la masse. Donc du coup, c’est pareil pendant cette campagne Et après elle va essayer de retrouver Dumont, un colloque sur la surpopulation de l’ONU juste après la campagne et elle va effectivement appeler son livre “Le féminisme la mort “en hommage à l’utopie ou la mort de René Dumont.
Voilà et ouvrage dans lequel elle, elle forge le concept d'éco féminisme tout à fait, qui est encore porté en partie par certaines écolo. Je pense à Sandrine Rousseau aujourd’hui. Donc on on est typiquement dans les années 70, c’est-à-dire une forme d’effervescence intellectuelle.
Oui, c’est vrai qu' en fait, ils sont un peu redécouvert. En même temps, j’ai l’impression d’Eaubonne et Dumont un peu, en tout cas dans le milieu écolo, parce qu’il y a des rééditions dans les deux cas. Et aujourd’hui, c’est vrai qu’il y a Sandrine Rousseau, mais pas que. Y a une vraie actualité autour de ces deux personnes-là. Eh oui, et les années, il y a un livre de Félix Guattari, le seul qu’il a écrit que je peux comprendre, qui s’appelle Les années d’hiver, qui est plutôt un recueil de textes d’ailleurs, et qui dit que les années 80 sont un peu les années d’hiver de referment sur un sur conservatisme. Et même si c’est pas dans la bonne, dans la bonne suite des saisons, moi j’ai un peu l’impression que ce début des années 70, c’est un peu les années de printemps parce que c’est ce que tu dis, c’est des années où tout bourgeonne, tout fleurit, on ne sait pas encore quelles fleurs ça va donner, on a l’impression que tout est possible et tout va se refermer après. Au début des années 80 et mai. Donc le livre, c’est un récit au jour le jour de la campagne, au plus près de la campagne. Mais j’ai aussi essayé de mettre quelques coups de sonde ou quelques éclairages sur d’où viennent ses idées, quels sont les penseurs qui les ont portés. Parce que ce qui est important à dire, c’est qu’on a dit tout à l’heure l’utopie ou la mort. Et c’est le livre où a du monde passe de productiviste à écolo.Et c'était important de montrer aussi dans le livre que Dumont était à la fois un prophète comme le dit le titre et aussi un héritier.
Et par ailleurs, c’est quelqu’un qui, comme beaucoup de gens de sa génération, vient de la droite pour aller vers la gauche c’est pas lui qui a eu des soucis, même pendant la guerre.
Mais je vais faire si je peux, mais pas dans deux ans. En fait, lui n’est pas vraiment à gauche, c’est son instituteur. Et ensuite il y a un député de gauche qui lui fait un peu sa formation politique. Il adore Eisenstein et Le Cuirassé Potemkine et lit des poèmes de Jaurès. Pour les anarchistes, il est vraiment de gauche, anti-colonialiste. Dès les années 30, il est surtout parce qu’il l’a vécu dans sa chair quand il avait dix ans, avec son oncle agriculteur, et ils ont entendu sonner le tocsin. Lui, c’est un peu emballé. Le tocsin, c'était sympa. Il y avait du mouvement à la fin, des paysans, la guerre. Et donc Dumont, à ce moment-là, est devenu très très fortement antimilitariste, mais antimilitariste, de gauche et pacifiste de gauche comme le père de Lionel Jospin d’ailleurs. Et vous savez, c’est un peu ce qu’on a appelé le pacifisme intégral. C’est vrai que quand la guerre arrive, il n' est absolument pas résistant et en tant qu' agronome, il pense qu’il est très important qu’il continue de dire ce qui se passe, de dire ce qu’il faut faire. Et donc c’est vrai qu’il écrit. Il écrit sur Terre France les terres en 43 40. Ouais, il écrit dans un dans un journal spécialisé mais mais contrôlé par le gouvernement de Vichy. Mais ce qui est drôle dans le C’est pas drôle du tout d’ailleurs, mais c’est lui qui en parle en fait. Sinon personne n’aurait jamais su où les gens de l'époque. On est en droit.
Objectivement. Voilà, comme tu t’en es pris. Je trouve ça bien, non ? Je veux dire, tu as l’honnêteté d’en parler dans le bouquin, ça te montre que j’ai lu le bouquin. Non, ce que je veux dire, c’est que les clivages étaient peut être pas aussi prononcés. Enfin, c’est compliqué. Ouais, c’est compliqué. Tu parles de Jospin, Jospin, de son père comment ? Et de son père ? Je parle du père de Joseph II cents Mais Jospin, Lionel apparaît à la fin. À la fin du bouquin. Il y a tout un tas de gens. C’est vraiment rigolo. Je voudrais, parce que je voudrais surtout pas oublier ça, que tu nous situe là en tête. Sinon, je retrouve la page du dernier clip de campagne en 1974, le discours qu’il tient. sur les cinq dernières minutes.
Alors j’ai plus le verbatim. En gros, il dit que c’est un Manifeste.
C’est magnifique.
Est ce que je devais faire un peu tout, tout, tout en abîme ou est ce que je te laisse là ? Donc dernière ligne droite je pense, le chapitre dernière.
Je vais essayer. Alors tu sais quoi ? Le temps de le retrouver, je voudrais te faire parler d’autre chose qui m’a beaucoup surpris et très agréablement. Et je te cache pas que très très modestement, je me suis posé la question par rapport aux postes etc. En fait, dans l'équipe de campagne de René Dumont, j’apprends en te lisant que c’est infesté de journalistes.
Un maximum de journalistes et pas des moindres, c’est-à dire des gars qui bossent pour. ?
Alors, contrairement à ce que le chat te raconte, Arthur a démissionné du JDD, Il n’est plus au JDD
J’aurais pas eu le temps d'écrire le livre.
Il y a un journaliste de l’Aurore, il y a un journaliste de RTL. On est en 74, c’est quand même déjà une radio. Moi je qualifie de droite si tu veux. Bon, voilà, il y a ça. Est ce que tu peux raconter ça comme ça ? Toujours ce mélange des genres qu’on appellerait aujourd’hui mélange des genres.
Mais déjà entre ceux qui revendiquent la paternité de l’idée d’une campagne, d’un écolo, il y a un groupe de journalistes, euh, piloté par Jean Carlier, qui est directeur de l’information de RTL et qui a écrit ce papier. Il est lui. C’est un peu un pionnier parce que c’est le premier qui se bat pour que le parc de la Vanoise reste. Le parc de la Vanoise ne devienne pas une trop grande station, une station de ski. Et donc lui, il a un rôle important. Et d’ailleurs, il apparaît dans l'équipe de campagne comme Alain Hervé qui est le directeur du journal Le Sauvage, qui est un des deux grands journaux écolos de l'époque. Donc il y a Le sauvage qui est une émanation de. L’Obs et La Gueule ouverte qui est une émanation de Charlie-Hebdo. Et donc Le Sauvage fait un peu campagne. En tout cas, lui, il y a aussi Lalonde qui y travaille, font un peu campagne pour Dumont, mais comme ils appartiennent à l’aube, c’est que l’aube roule pour Mitterrand et il n’appelle pas à voter pour du monde. Il y a cette première frange là. Il y a Actuel, qui est le journal underground de l'époque. De Jean-François Bizot, et il y a Rambaud et Yves Fromion qui, avec d’autres, écrivent en deux nuits un numéro spécial d’Actuel et qui vont le livrer sur la péniche. Et c’est là où il y a la plus grande interview de Dumont. Et c’est sans doute le journal qui s’est le plus engagé parce que la gueule ouverte a un petit peu appuyé, mais pas jusqu’au bout. Et une de ses principales figures, Isabelle, demanda où à la fin du monde, se retira. Donc disons qu’il y a une constellation de journaux un peu à la marge, entre guillemets, ou de journaux écolos, et effectivement des figures plus installées. Et tous ces gens-là ont un rôle important dans la campagne. Donc Alain Hervé, Jean Carlier, les gens d’Actuel, quelques personnes de la gueule ouverte.
Je t’interroge là dessus. J’ai trouvé la citation. Parce que bien sûr, on sait qu'à l'époque du Hamel. On sait pour qui il roule, mais il roule idéologiquement. Ils mettent pas la main à la patte dans la campagne, on ne les voit pas en train de coller des affiches. Ils font des éditos très bien, mais là, il y a quelque chose de militant.
Ah oui, complètement oui.
Et dans ton livre, tu ne nous dit pas comment c’est perçu par les rédactions, comment c’est perceptible.
Ah oui, c’est vrai que je ne dis pas pour une raison que c’est simple, c’est sympa.Après, j’ai l’impression. J’ai retrouvé une longue interview de Vadrouille et de Marc Ambroise en. Et l’impression que ça donne, c’est qu’en gros la rédaction on regarde pas trop ça de très près, on s’en fiche un peu. Les seules rédactions, où ça ? Où ça pose un problème, c’est c’est le sauvage. On ne veut pas quelque part qu’Alain aille au bout de sa démarche.
Le sauvage ici, qui est un peu le Journal de l’Aube.Oui, c’est ça pour essayer de contrecarrer un peu les gauchos de l'écologie. Enfin moi c’est.
Bien, ils sont de gauche quand même. Si des gens comme Marcuse qui écrivent en gros Ils ont des oeufs les plumes les plus célèbres entre guillemets Gorz, Marcuse, Lorenz et Saint-Mard. Et à côté, la gueule ouverte, ils ont Pierre Fournier qui est la figure du journal. Ils meurent très vite, mais quand même. Et puis il y a Cabu, Wolinski, Gébé. Il y a des dessinateurs très célèbres.
Absolument. Oui. André Gorz, qui apparaît souvent dans ton livre. Il y a tout un tas de gens qui soutiennent René Dumont, qui qui on dirait aujourd’hui, qui font des affiches qui écrivent des tribunes. Nous sommes le vendredi 3 mai 1974. Tu écris Comme tous les candidats, L’encombrant prophète dispose d’un tout dernier temps de campagne officielle dans son pull rouge qui est devenu son habit de candidat, René Dumont fait ce qu’il sait faire de mieux. Il alerte, les yeux dans les yeux. Je te laisse lire le passage. Qu’est ce qu’il dit, René Dumont ? D’une certaine manière, tu as été René Dumont pendant de longs mois sur ce livre et là, c’est très important par rapport à aujourd’hui.
On dirait un petit verre d’eau, Attends, j’ai ma gourde maintenant.
T’as ta gourde. Ah ouais !
Qu’est ce qui dit René Dumont ? Bonsoir mes amis. Ce sont mes cinq dernières minutes et je ne voudrais pas que dans un demi siècle, vos petits enfants disent Ce sont nos cinq dernières minutes. Si nous continuons notre attitude incompréhensible, irresponsable devant la dégradation de la nature. Mais on pourrait dire la même chose ou presque aujourd’hui.
C’est pour ça que je te dis ça. C’est-à-dire qu’il dit Je ne voudrais pas que mes petits enfants, dans 50 ans exactement au moment où on parle, soient pile 50 ans après, à un mois près, quoi ? Ah oui ? Et est ce qu’on ne vit pas, non pas nos cinq dernières minutes, mais en tout cas le dérèglement climatique. Voilà, on est dedans
Je sais plus où je l’ai mis, mais en gros, si vous vous souvenez de cela, si vous vous souvenez de ce dessin. Souvenez-vous de ce livre et de ce dessin. En gros, ce que propose Dumont, c’est l’utopie ou la mort et donc deux trajectoires possibles. On ne peut pas dire que sa campagne ait permis de radicalement changer le cours des choses. Lui, il savait qu’il n’allait pas récolter beaucoup de voix, mais il disait qu’il voulait réveiller les gens. C'était le but de sa campagne aussi, de semer pour que les autres puissent après ça récolter. Mais oui, c’est vrai que les problèmes que pose Dumont dans les années 70 sont pour la plupart toujours d’actualité. Après, on peut être d’accord ou pas avec les solutions. Il est souvent excessif, il est souvent dans la provocation. Et puis même quand il n’est ni dans la provocation, il soutient des choses avec lesquelles on n’est pas forcément d’accord. Il est assez admiratif de ce qui se passe en Chine avec Mao. Il a fait ce qu’il a fait pendant la Seconde Guerre mondiale sur la surpopulation. Il est pour des mesures extrêmement sévères qu’on pourrait réprouver, comme là-bas. Il dit que l’abandon des petites filles en Chine, il faut regarder de plus près. Il y a en fait un personnage pas intéressant parce qu’il est lisse, mais aussi par ses aspérités. Sûr, il y en a pas mal de ses aspérités.
J’ai oublié de dire qu’il s’agit d’un ouvrage dans la collection Reporterre au Seuil. Comme je te le disais hier au téléphone Ah là, vous voyez, j’ai trouvé le format un peu étrange au départ, mais en fait très agréable. Plutôt style Actes Sud. Là je parle du livre.
Qui est une bonne référence.
Qui est une excellente référence, un peu étroit, un peu haut et assez agréable. Alors il se passe un truc en 74 et tu nous apprends en fait pourquoi aujourd’hui quelqu’un qui veut être candidat à l'élection présidentielle a besoin de 500 signatures. Or, à l'époque, il s’agit de 100. Il se passe un truc, c’est que, en fait, il y a beaucoup, beaucoup de candidats. J’ai plus le chiffre en tête, mais il y en a beaucoup et aucune candidature ne pose vraiment de problème. Même, il y a un candidat qui est royaliste pour royaliste, pour une république, pour prendre la tête de la cinquième République, envoyer Bertrand Renouvin.
Exactement, ça ne pose pas de problème. Un royaliste pour la République. Alors par contre, il y a René Dumont, alors lui, René Dumont, comme il est un peu écolo tout ça. Et les sages se demandent mais est ce que c’est bien sérieux ? Et surtout est ce que c’est pas un détournement de l'élection à des fins de propagande environnementaliste ? Et en fait en gros, est ce que c’est pas une association qui est en train de détourner le but d’une élection ? Et donc il se pose quand même très sérieusement la question d’interdire sa candidature. Sont majoritairement ensemble qui sont plutôt pour, mais ça bute sur une question de droit, c’est qui ne voit pas sur quoi s’appuyer pour le faire. Et donc finalement ils vont être un peu la mort dans l'âme, je dirais obligé de valider la candidature de René Dumont. Et comme c’est à l'époque effectivement que sans signature, ils n’ont pas adoré ce qu’ils ont été obligés de faire et qui trouvent que c’est un candidat farfelu, ils vont, ils vont pousser le curseur et après ce sera 500 signatures.
Donc c’est à cause de René Dumont si des petits candidats peuvent se passer un peu de ça. Bonjour la gauche. La phrase exacte du Conseil constitutionnel, tu la, tu la cite. On se trouve en présence d’une opération de propagande organisée par un réseau d’associations de protection de la nature. Donc on voit combien, comme toujours, les institutions sont en retard sur la société. Enfin, c’est mon point de vue. Il y a à ce moment-là, dans les années 70, tu tues, tu décris le champ écologique. Parce que si René Dumont est le premier candidat d'écologie politique, il y a déjà de l'écologie politique avec un sens de rassemblement soit contre le nucléaire, soit le Larzac, etc. Ce que tu peux restituer l’ambiance.
Alors je dirais que le Larzac, ce n’est pas, ce n’est pas quelque chose de 100 % écolo, mais que les écolos, ils ont dit que le nucléaire ça va vraiment être le ciment de la de la lutte écolo qui est donc, comme on l’a dit, très disparate au début. Donc ça va leur servir de colonne vertébrale. Et donc en fait, effectivement, ce qui est important de dire, c’est que l'écologie et l'écologie politique, la candidature de René Dumont, c’est un peu la cerise sur le gâteau et que le gâteau, il existe avant avec par exemple, et c’est très important, la première grande manif contre le nucléaire à budget avec, c’est organisé par Fournier. Il y a tous les amis de Charlie-Hebdo qui y vont et cela, c’est vraiment Charlie-Hebdo fait une manif, quoi. Choron casse le pied.
Casse le piano que Daniel Fournier, la femme de Pierre Fournier, avait bien fournie.
C’est le fondateur de l’ouverture ?
Exactement. Et donc qui fait cette manif là ?
Est ce que t’es sûr ? C'était du vent parce que quand je l’ai lu dire Choron était aviné, je me suis dit est ce qu’il est sûr que c'était du vent Ou de l’eau ?
Le piano qu’il avait acheté à Daniel Fournier et Fournier. Et pas hyper content du coup de ce week end, il dit on a pas trouvé notre Cohn-Bendit, on a pas de grand leader et puis. Mais il dit quand même que c’est l’acte de baptême de l'écologie de ce côté de l’Atlantique, parce que tous les mots sont importants. C’est vrai, ça avait commencé de l’autre côté de l’Atlantique. On a cité tout à l’heure quelques intellectuels américains. Et l’acte de baptême de l'écologie. Ce qui est important, c’est qu’il n’est pas de l'écologie politique, mais bien de l'écologie. Et c’est Dumont qui vient politiser ce mouvement. Alors la toute première, un peu juste pour l’anecdote, mais la toute première manif contre une centrale Fessenheim, ok, un lieu qui vous est cher aussi. Et je vous vois bien quand c’est comme ça vous est cher. Ah oui, merci bien.
Donc une centrale nucléaire, la plus ancienne, la plus grosse centrale nucléaire à l'époque, dont Françoise d’Eaubonne fait le sabotage en 1975. Et lui, René Dumont, y vient deux ans avant.
En un mot, c’est que ce sont les Alsaciens, et c’est pour ça que je me permets de dire, c’est que c’est les Alsaciens qui font la première manif contre Fessenheim anti-nucléaire. Pour ce niveau -là. Et si je veux faire quelque chose de plus grand et dans mon style, il le fait à budget à budget zéro un, il le fait là bas. Et aussi important l’Alsace, parce que c’est un des foyers. Et c’est notamment là où aura lieu la toute toute première candidature en 73, mais une législative partielle d’un écolo.
Il y a une phrase page 127 de René Dumont que je trouve comme tu, comme tu la qualifie de glaçante. Vous ne savez pas si en face de vous, la centrale nucléaire, ce n’est pas le peloton d’exécution à long terme. C’est une phrase extraordinaire.
Oui.A la lecture des livres de René Dumont et de ses interviews, j’ai l’impression qu’effectivement il prend à bras le corps cette question du nucléaire civil pendant la campagne et qu’avant ce n’est pas forcément la question qui l’obsède le plus, mais que pendant la campagne, il demande un moratoire sur le nucléaire. Il va à Fessenheim et il a cette phrase effectivement qui est forte. D’ailleurs, quand il va à Fessenheim, on l’empêche. Cartier-Bresson, le photographe qui le soutient discrètement mais qui le soutient activement. Il y va avec lui et on l’empêche de rentrer sur le site des centrales. Raconte-moi. Et donc il improvise une petite, une petite, un petit moment avec la presse assis sur le capot d’une Volvo. Parce que pendant la campagne, en fait, il y a beaucoup de déplacements qui sont perturbés, où les choses ne sont pas vraiment calées. C’est la même chose quand il va à Fos sur Mer pour voir les supertankers, la chimie, la sidérurgie, tout ça, on le laisse pas rentrer. Et là, ce qui est rigolo à force, c’est que c’est plutôt lent. Et les gens de la CGT qui le laissent pas rentrer en lui expliquant que de toute façon ils votent Mitterrand le premier, il y a rien, le programme, rien.
Que le programme commun.
Tout le programme commun que. Voilà. Georges Marchais, c'était ça la phrase de l'époque que tu connais, que tu rappelles dans le bouquin. Alors justement, il y a une il y a une petite scène qui est rigolote quand même. C’est Edith Cresson qui vient sur la péniche Les amis, cette campagne qui vient sur la péniche de l'équipe de campagne de René Dumont, amarrée sous le pont de l’Alma donc. D’où le Pseudo De Zouave du MoDem.
Et donc il y a Edith Cresson, la jeune et fringante Edith Cresson, qui vient faire allégeance. Enfin plus exactement, qui demande que René Dumont se retire pour faire plus de voix pour Mitterrand. Puis Mais. Elle commet une erreur.
Oui, elle y va avec un manteau de fourrure, si ma mémoire est bonne. En tout cas, c’est ce qu’on m’a raconté. Donc les écolos sont un peu hors d’eau de voir qu’on vient leur donner la leçon et que en plus, dans ces conditions là et dans leurs habits, là, je crois que c’est pas drôle tout ça.
Elle est venue dans un vrai manteau de fourrure, se souvient Claude, un des journalistes qui soutient Céphale. Il a fallu retenir les camarades qui voulaient la foutre à l’eau ou. Sur le Quai d’Orsay, quand même.
Non, mais ça montre aussi que jusqu’au bout, ils aiment bien l’eau, nous dit-il.
J’aime beaucoup l’eau.
Puisque vous me dites ça et beaucoup se sont baignés à poil dans la rivière près de la place centrale alors que c'était à Fessenheim. Le public était beaucoup plus et c'était un peu plus au test et à peu près bien sûr. Et puis ils font leur manif devant l'église, ça veut tout dire. Pour l’important, je connais beaucoup plus de 60huitard quand même.
Alors comme tu es pris par le par le boulot, on va doucement vers la fin de notre entretien, on attend Marine.
Et on attend.
Elle prendra ta place pour lui parler du peuple ? Donc René Dumont, il a aussi une phrase qui est restée assez célèbre puisqu’elle va être reprise plus ou moins par des manifestants. Petite phrase sur le tout bagnole à l'époque on est en plein dedans. Notamment Pompidou Qui, qui, qui ? Qui vaille inaugure le moindre tronçon d’autoroute. À propos d’autoroutes, on essaie demain de monter un multiplex. Si vous allez sur la manifestation contre la 69, on a besoin de vous pour faire le multiplex en direct, comme on l’avait déjà fait à l'époque. Pour les bassines, ce serait vraiment génial si vous allez là-bas et si vous voulez filmer en direct avec. Et pour le repost, je pense que Euryale va mettre le lien mais je reparlerai tout à l’heure. Pompidou et tout le monde est là, c’est le tout bagnole, Renault Superstar, Citroën Super star, etc. Et lui, René Dumont, il a cette phrase dans la voiture.
Ça pue, ça pollue et ça rend con. Alors c’est une phrase qu’il a, qu’il a reprise en en changeant le dernier terme de manif qu’il y avait dans une ou deux manifs au tout début des années 70, plutôt fomentée par les amis de la Terre. Donc là, on voit encore que Dumont embrasse la culture écolo, mais il ne la devance pas forcément. Et effectivement, pendant la campagne, il va faire beaucoup beaucoup de ces déplacements à vélo et on le voit souvent avec des pleins, pleins de gens qui sont derrière lui à l’heure ou ou qui s’accrochent un peu à son vélo mais vraiment très jeunes, où parfois il va en carriole à son meeting, ce qui l’empêche pas d’arriver en avion parfois pour ensuite prendre le vélo. Mais, mais c’est vraiment un. C’est un des symboles de sa campagne que ce vélo. Et effectivement, lui, il y a cette critique qui est très sévère sur les voitures. Il veut interdire les véhicules au-delà de quatre chevaux. Il veut presque tripler, je crois, le prix de l’essence et il dit que de toute façon on ne peut pas faire la révolution avec des gens qui rêvent de weekends en bagnole. Et donc il s’appuie sur des textes de, notamment dans Le Sauvage, un texte André Gorz sur l’idéologie sociale de la bagnole. Mais il n’y a pas que Gorz qui écrit là dessus. Illich le fait un peu. Je crois que Sauvy fait aussi un livre Charbonneau aussi pour dire que certes.
C’est un vrai thème et même à un moment, on aurait pu se demander si c'était la lutte contre la bagnole ou le nucléaire qui allait devenir le ciment de l'écologie. En fait, c’est devenu le nucléaire. La lutte contre la bagnole est restée, mais avec une place importante. Mais à l'époque, c’est vraiment quelque chose que les écolos revendiquent et mettent en avant.
Et pourtant, on apprend au détour d’une page que René Dumont Bon, si on le voit beaucoup sur son vélo, s’il est cycliste réellement, mais qu’il se met également en scène pour les télévisions, il ne prend pas que du vélo, celui là, à Nancy.
Alors il arrive parfois en avion sur le lieu de son meeting. Ça n’a pas l’air de le déranger. Parfois, à la campagne, il dit que oui, il aurait préféré faire autrement. Mais il n’y a pas le même rapport. Je pense qu’il n’y a pas la même fétichisation de l’objet voiture que de l’objet avion et que du coup, bah ça se concentre sur la main, sur la pensée. C’est la voiture que l’homme c’est qu’il faut crever. C’est la voiture.
De René Dumont, de l’aventure frappadingue, de cette campagne électorale qui est un art vraiment très très bien. Le prophète qui avait raison La présidentielle de René Dumont reste t-elle camarade ?
Il qu’on est là ? On parlait déjà aujourd’hui, c’est une campagne qui est un peu redécouverte. René Dumont Il y a certains de ses livres qui sont republiés au Seuil, on l’a dit, là, il a il a quand même mis les mots sur un certain nombre de problèmes que les écolos portent toujours, enfin, contre lesquels il lutte toujours. Donc, il y a une vraie, il y a une vraie mémoire qui est, qui est transmise, on l’a dit, sur les thèmes de campagne, la bagnole, le patriarcat, la lutte contre le productivisme. Il y a beaucoup de choses qui sont encore actuelles aujourd’hui. Voilà, il y a des choses que les écolos ont laissé entre temps. On dit ça peut être la surpopulation ou le tiers-mondisme.C’est un peu le dernier chapitre il s’appelle Notre Père parce que c’est son enterrement, donc c’est un peu un jeu de mots un peu facile peut être, mais c’est qu’il reste aussi pour les écolos un peu leur père, même si ce qui est intéressant à dire, c’est que la campagne date de 74. Mais après, du moins moi j’ai fait mon taf. Maintenant les petits, les enfants, c’est à vous de vous structurer.
Oui, il y a un côté "faites mieux".
Oui il y a un. Côté fête, mais je ne sais pas à quoi tu fais allusion. Mais il doit y avoir quelque chose de cet ordre là. Et donc à Montargis.
Parce que lui se retire.
C’est ça, à Montargis, c’est là où il met la dernière fois la main à la patte. Il participe à une espèce de grand Woodstock politique sur deux jours pour que l'écologie se structure. Et en fait l'écologie se structure pas du tout ou pas assez. Donc lui reprend un peu ses Byrd, fait ses voyages en tant qu' agronome, il est invité un peu partout et l'écologie politique, elle n’est que dix ans après le parti Les Verts. Ce n’est que dix ans après la campagne de Dumont.
Et pourquoi il faut dix ans
Ah bah parce que, en fait, les écologistes là ont. C’est vrai que depuis tout à l’heure, on parle de sa campagne comme si elle allait de soi. Mais beaucoup d'écolos étaient pour qu’il n’y ait pas de campagne parce qu’ils ne voulaient pas participer au cirque électoral. Il y avait une tendance au spontanéisme ou entre guillemets à gauchistes qui voit les choses comme ça. Il y a une tendance environnementaliste.
Et si on met pas de guillemets à gauchistes. Islamo gauchistes, adorera ça. Si on ne met pas, on enlève. On parle de ça tout de suite, Monsieur Politico.
Il y a une phase trop à gauche qui trouve que c’est l'élection piège à cons et des environnementalistes qui trouvent que ce n’est pas le rôle que de faire de la politique pour mettre tous ces gens là. D’accord. Et puis il y a les il y a les spontanés entre guillemets, qui ne veulent pas, qui ne veulent pas d’un truc organisé, qui veulent organiser l’inorganisation. Il y en a un qui me dit une phrase que j’aime bien, mais c’est justement c’est difficile d’organiser la spontanéité. C’est pas faux pas mal.
Pierre Marie JO pour lui rendre hommage.
Tu ne racontes pas ton enquête, Non, ce n’est pas ton truc. Bon voilà. Mais moi j’ai envie de te demander.. Est ce que ces grands témoins que tu as retrouvés qui ont au moins 70 ans, si il faut avoir, si ils ont 20 ans il y a 50 ans et parfois plus, ils étaient heureux, ils étaient j’imagine de te parler, d’en parler, mais est ce qu’ils avaient du dépit par rapport à la situation actuelle ? Est ce qu’ils regardaient la situation actuelle ?
Alors j’avoue que on est resté assez focus sur 74. J’ai pu retrouver parce que malheureusement il y a des personnes qui étaient toutes assez contentes d’en parler. Oui donc j’ai fait un train de deux. Comment j’ai fait le bouquin ? C’est en rencontrant, en parlant avec beaucoup de personnes, avec un gros travail d’archives papiers, avec un travail d’archives au Musée du vivant qui garde les archives de René Dumont avec. Je crois que j’ai écouté tout ce que je pouvais sur l’INA, que ce soit radio ou télé. Et puis des livres surtout, parce que dans pas mal de livres, on trouve des petits bouts, des petits bouts de campagne éparpillés parce qu’elle n’a jamais été racontée. Mais voilà. Ah non mais c’est oui ! Et aussi, il y a des personnes qui ont disparu mais que j’avais pu voir pour le précédent bouquin de notes que je ne m'étais pas servi forcément, mais qui m’ont aidé, qui m’ont été utiles. Et c’est vrai que c’est une mémoire qui doit, voilà qui doit être transmise maintenant, parce que c’est le bon moment je pense.
Et je profite de toi, de ton savoir autour des mouvements de gauche et surtout écologistes pour te demander ton point de vue sur la sur ce qui se passe aujourd’hui, sur les élections, à la limite la campagne de 2024.
Jean-Marie Tout ça va être super décevant parce qu’en fait, avant j'étais au Journal du Dimanche, j’en suis parti. Ne vous inquiétez pas. Mais je suivais la politique et en fait, j'étais un peu un drogué à la politique, donc au Parti de Gauche, parce que c’est ce que je suivais. Et depuis que je sors les questions de climat énergie, j’ai vu que je me droguais ça. Je fais un peu pareil, donc je suis la campagne de très très loin et j’aurais vraiment pas un avis pertinent à donner.
Tout de même sur sur comment l’extrême droite tout d’un coup vient de baisser complètement la valeur en masquant le Renouvelable. Sur le renouvelable. Hier Marine Le Pen m' a dit moi les énergies renouvelables j’en veux pas.
Non mais c’est intéressant parce que je le voyais aussi sur sur Twitter des petites compilations vidéo montrant Marine Le Pen dire qu’elle voulait sortir du nucléaire et maintenant elle est à fond pour. Et en fait il embrasse. Je ne sais pas s’il le crée aussi ou s’il l’embrasse. Une espèce de backlash anti écolo. Et effectivement il y a plus. Le discours est très pro-nucléaire, très anti-écolo, on le voit sur le territoire, mais en fait il y a un rejet par exemple de l'énergie éolienne qui va de l’extrême droite à la droite dans l'éolien terrestre et nouvelle fonction de permettre de l’affirmer. Donc voilà, oui oui, il y a un temps je pense.
J’en profite. C’est la fin mai pour remercier Hervé Kempf qui, en j’en ai parlé, a tout de suite été emballé. C’est un projet qui me tenait à cœur de rencontrer quelqu’un de enthousiaste. C’est toujours sympa, ce n’est pas toujours le cas.
Donc Hervé Kempf, fondateur du site Reporterre Je vais faire une photo de toi parce qu’avec tes bouquins, c’est trop génial je vais aussi mettre Françoise d’Eaubonne
David vous cache des choses tout de même, je tiens à le dire. Il y a des passions cachées.
Ça suffit. Alors il faut peut-être ranger les bouquins pour que tu puisses venir.
On a quand même juste montré celui de son biographe, si vous voulez un truc sur sa vie.
Le biographe de René Dumont,
C’est l’autobiographie de Dumont, mais c’est des questions réponses, donc c’est très vivant.
Agronome de la fin.
Voilà, ça c’est son journal de campagne, mais c’est un peu fait de bric et de broc. Et un tout dernier parce que je voudrais pas le montrer en 71, c’est pour montrer que c'était dans l’air du temps. C'était le premier ministre de l’Environnement, Robert Poujade et qui est qui dépeint bien son époque, donc de droite. Mais un livre intéressant, bien écrit et pas trop langue de bois, même pas langue de bois.
. Tous ces tous ces livres. Les livres des auteurs de la Fabrique que nous avons invités au poste. Raphaël Kempf, Paul Rocher, Arnaud Vivian, Elsa Deck Marsault.Voilà tous ces gens là édités à la Fabrique. Un immense baiser aux copains de la Fabrique et aux proches d’Eric Azan qui est donc l'éditeur, qui nous a quittés hier à 88 ans Est ce que tous ces ouvrages, il faut les prendre comme une idée qu'à l'époque il y a eu beaucoup d' effervescence intellectuelle plus grande que les tweetclash d’aujourd’hui ?
Oui, quand même. Non mais c’est vrai qu’il y a plus d’intellos écolos dans la sphère publique qu’aujourd’hui et des grands penseurs.Notamment américains quand on les écoute,. Mais parfois, ce sont des biologistes qui écrivent et leur livre un énorme succès. Parfois, c’est des sociologues, parfois c’est le père de Pierre Moscovici, Serge Moscovici et beaucoup de livres qui ont influencé les écolos. Mais dans Marianne, on ne lit pas.
. Maintenant, c’est une question toute bête, parce qu’on parlait tout à l’heure de la de l’héritage de Dumont et comment la mémoire a été transmise ou non. Et j’ai cru comprendre que vous aviez demandé pour le lancement de Les écologistes sont mythiques, Hulot, vert, rouge et je n’avais que j’avais cette info. Mais l’info que je n’avais pas c’est si le musée du vivant avait accéder à cette requête.
Alors en toute transparence. Oui, René Dumont, c’est important dans notre histoire, dans notre vie. J’ai encore parlé de lui dimanche au grand meeting de campagne de Marie Toussaint en disant qu’il avait écrit L’utopie ou la mort. Un titre très poignant et souvent je dis non René, tu n'étais pas un utopiste, tu étais avant-gardiste. Et c’est vrai que les écologistes de l'époque se considéraient comme utopistes. Ils étaient en fait réalistes. Aujourd’hui, les utopies, ce sont les autres, celles et ceux qui pensent qu’on peut tout continuer comme avant. Et donc je parle souvent de lui, je convoque souvent sa mémoire et c’est quelqu’un à qui je pense souvent quand on est sur les sujets de méga bassines, de manque d’eau potable, tous ces français qui n’ont plus l’eau au robinet, évidemment qu’on repense à René Dumont, son verre d’eau qui était le premier à dire que bientôt on en manquerait. Et donc, sur la question du pool, très précisément, oui, nous avions demandé, mais c' était ok sur le principe. Mais en fait il y avait des règles, des contraintes de sécurité et de protection de l’objet. Il fallait une vitrine et on n’avait pas les moyens d’organiser ça ni dans le temps. Parce que je vous rappelle que c’est une semaine où, par ailleurs, on est quelques jours après le 7 octobre, on est le lendemain des attentats d’Arras aussi. Et donc c’est une semaine où tout a été bouleversé. On n’a pas réussi à le faire. Mais on a aussi une exposition aux Mémoires des 50 ans de René Dumont qui sera exposée aux Journées d'été des Verts à Tours en août prochain. On organise à Montargis. On a une grande journée. Je pense que vous y serez aussi, mais nous parlerons de votre livre à Montargis, là où on le voit. Enfin, c’est quelque chose qui est important pour nous, pour beaucoup militants et dans chaque salle écolo, je vais, il y a toujours quelqu’un qui me dit moi j'étais là, j'étais là pour la campagne de René en 1974 car l'écologie ça conserve et qu’en général c’est des personnes qui ont donné toute leur vie à ça et que je pour qui j’ai énormément de respect.
On va libérer Arthur la réponse convient si tu veux rester dans les coulisses pour Politico et faire un billet de blog, n’hésite pas à nous suivre sur auposte.media
Tout est énergie renouvelable quoi qu’il en soit question.y a pas de problème.
Merci pour ta venue.
