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Retour sur #SainteSoline. La répression et au-delà.

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Salut les intellectuels, salut les terroristes intellectuels, salut les écoterroristes ! Salut les amis du café Aujourd’hui eh bien il n’y aura pas d’amis de la police. Bonjour, Bonjour ! Bonjour à vous tous. Les invités sont là. Ils sont en régie on va dire. Ils vont débouler d’un instant à l’autre. Julien Leguet, très défavorablement connu de nos services, déjà convoqué Auposte, on l’a rappelé, parce qu’il ne nous avait pas tout dit. Et puis surtout, il s’est passé beaucoup de choses. Et Benoît Feuillu qui cherche un endroit bucolique où s’installer pour venir Auposte, ce sera la première garde à vue champêtre Auposte à priori. L’un est porte parole de « Bassines Non merci » et Benoît, je ne sais pas ce qu’il est exactement, mais je sais qu’il appartient à ce groupe, ce collectif Les soulèvements de la Terre que Gérald Darmanin entend dissoudre. Il y a Pierre qui est de la LDH, des observatoires des pratiques policières, notamment à Toulouse, qui a fait un énorme boulot à Sainte Soline avec ses camarades de jeu. Je salue Pierre-Antoine Cazeaux, je ne sais pas si il est là dans le tchat
David Dufresne
Bonjour. Tu m’avais dit tiens, je vais m’installer dans l’herbe et tout ça. Mais en fait non.
Benoit Feuillu
Ouais non mais j’ai pris l’option salon.
David Dufresne
Bonjour. Alors, est-ce que vous pouvez vous présenter ? Julien Comme je le dis, il est très défavorablement connu de nos service et sur qui s’abat une surveillance policière digne, justement, de l’antiterrorisme ? Peut être que c’est à ça que pense Darmanin. Il essaie d’habiller la procédure quand il vous traite de terroriste intellectuel. On verra ça tout à l’heure. Julien a eu l’occasion de venir nous expliquer le traqueur trouvé sous son camion, la caméra trouvée devant l’entrée de chez son père. Donc Julien, on le connaît. Benoît, tu es membre du Collectif pour les Soulèvements de la Terre, c’est bien ça ?
Benoit Feuillu
Oui, tout à fait Et bien moi je suis membre du mouvement des Soulèvements de la Terre. En l’occurrence, j’habite dans un endroit où on a combattu pendant des années contre un projet d’aéroport, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. On a réussi à empêcher ce projet d’aéroport. Et où il y a toujours tout un tas de collectifs, d’expériences sociales, paysannes, culturelles, avec tout un tas de choses qui se cultivent, qui se déploient. Et je fais partie des personnes. Il y a deux ans, j’ai un peu eu l’envie de porter un mouvement plus national de défense des terres contre l’artificialisation et contre leur accaparement par l’agroindustrie. Après on pourra revenir, j’imagine plus tard sur la naissance des Soulèvements la terre. Mais pour me situer en quelques mots, voilà.
David Dufresne
Pour qu’on comprenne bien. Pour ceux qui nous écoutent et qui sont déjà nombreux, pour qu’on comprenne bien. Êtes-vous l’un et l’autre parmi les organisateurs de cette manifestation interdite ? C’est à dire qu’est ce que vous pouvez dire ici pourrait éventuellement, je parle sans s’en humour, pourrait se retourner contre vous. Est ce que votre parole est particulièrement difficile à prendre aujourd’hui ou pas ?
Benoit Feuillu
Alors, vous pensez que deux tout petit peu ont parfaitement consigné et peuvent faire l’objet ensuite de choses qu’on retrouve lors de différents travaux texto du display slim, des mis sur la table essentiellement des images de médias. Voilà, après les organisateurs au même titre que les centaines d’autres
David Dufresne
C’est ça, Ce n’est donc pas un programme complet. Quand tu as été convoqué à la gendarmerie ou à la police, on a ressorti des phrases d’entretiens que tu as pu donner.
Benoit Feuillu
Pour mon rôle de porte parole. Donc on engage une autre parole. Un peu hypocrite les procureurs peuvent s’appuyer pour confronter des individus. Et au second degré, prennent vraiment des fonctionnements horizontaux.
David Dufresne
Bien sûr.
Benoit Feuillu
Elle couvre l’intégralité
David Dufresne
Bon alors Julien, on reprend, donc c'était juste une prévention. Tu nous as expliqué que certaines de tes interviews, de tes entretiens pouvaient être ressorties lors de convocations à la gendarmerie ou à la police et que donc il y a une sorte de surveillance de ta parole.
Julien Le Guet
Mais oui, clairement. Et comme Benoît, on remplit un rôle de porte parole et on est la face visible de nos collectifs, notre gueule et même dans leur stratégie ensuite de répression. On est des cibles toutes désignées. Après ce n’est pas pour ça qu’on va faire de la langue de bois, non, bien sûr,
David Dufresne
Je te dis ça, je sais bien, mais c'était juste parce que tout le monde ne comprend pas forcément dans quelles conditions on se parle en fait, il n’y avait pas d’organisateurs précis cette manifestation, c’est à dire que vous ne pouvez pas être désigné organisateurs de la manifestation de Sainte Soline
Julien Le Guet
Ils le feront certainement quand même sur les sept convocations que j’ai eues au poste. Organisation de manifestations non déclarées ou participation à un rassemblement en vue de commettre des atteintes aux biens aux personnes visées dans Inculpation favorite. Et on ne va pas y couper une nouvelle fois.
David Dufresne
Tu nous expliquais que tu avais œuvré contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, c’est bien ça ?
Julien Le Guet
Oui, tout à fait. Et que je fais partie de ce mouvement qui s’appelle les Soulèvements de la Terre, qui est un mouvement qui se bat contre l’artificialisation des terres d’un côté, contre leur accaparement continue par l’agroindustrie de l’autre, et une coalition dispersée à travers le pays de fermes, de sections syndicales, d’associations, de collectifs locaux qui, à un moment donné, cherchent à avoir des formes de mobilisations importantes qui permettent de sauver concrètement des forêts, des terres, des nappes phréatiques et de faire obstacle à certaines formes d’industries écocide.
David Dufresne
Aujourd’hui, tu es avec tes camarades sous le coup de la menace d’une dissolution. Comment vous avez pris ça ? Qu’est ce qui peut se passer et comment vous vous organisez par rapport à ça ?
Julien Le Guet
Alors cette menace de dissolution est arrivée dans un contexte bien particulier. Elle est arrivée quelques jours, trois jours après exactement, après la mobilisation du 25 mars à Sainte Soline, durant laquelle, comme vous le savez, plus de 30 000 personnes se sont mobilisées avec pour aspiration, pour objectif de freiner, de stopper un chantier en cours de méga bassines à Sainte Soline dans les Deux-Sèvres. Un projet d’infrastructure d' accaparement d' eau, de privatisation d’eau qui est un des projets en cours dans les Deux-Sèvres. Cette manif, comme vous le savez, a été extrêmement brutalement réprimée par le gouvernement, par le ministère de l’Intérieur, par la préfecture des Deux-Sèvres, avec de nombreux blessés. Une personne LR toujours entre la vie et la mort dans le coma aujourd’hui. Serge On reviendra sur la situation des blessés. Mais cette annonce de dissolution par le ministère intérieur intervient à un moment où le ministre de l’Intérieur, le dispositif de maintien de l’ordre, comme ils appellent ça sur la mobilisation du 25 mars, est mis en cause, mis en cause publiquement, de manière très grave. Nous et tout un tas d’autres associations, organisations, observateurs de ce qui s’est passé le 25 mars. Jugeons à ce moment là que le gouvernement est et triplement coupable dans son choix de dispositif de maintien de l’ordre, à la fois dans la manière dont il a prémédité et crée un discours anxiogène, diabolisant, qui visait à justifier par avance et qui montre qu’il savait que les choix qui seraient être extrêmement brutaux, qui visent à justifier par avance la possibilité qu’il y ait des morts parmi les manifestants dans un second temps.
David Dufresne
Coupable aussi l’attitude par exemple aux déclarations de Gérald Darmanin la veille, disant Vous allez assister à des images très dures, très violentes. Tu penses à ça ou tu penses à autre chose ? Et après, il y a les deux autres. Tu as dit triple triplement raison
Julien Le Guet
Je peux, je vais, je vais préciser la première parce que c’est vrai que ça peut sembler des accusations lourdes, graves. Effectivement, je pense à ces déclarations de monsieur Darmanin qui dit Demain vous allez voir des images très violentes et dans le même temps, la préfète des Deux-Sèvres qui montre des images montées, des images du type de ce qu’on a déjà vu d’ailleurs à Notre-Dame-des-Landes et dans pas mal d’autres manifs où on vous présente voyez un assemblage de photos avec un pied de biche en bout de parpaing, un feu d’artifice, des hachettes et des couteaux en vous disant regardez ce avec quoi les manifestants viennent demain. On sait d’ailleurs que parce qu’on a discuté avec des artisans du coin qu’une partie de ces montages photographiques avaient été faits avec des gens en majorité avec des outils qui avaient été pris dans des dans des camions d’artisans locaux. Comme la manif était interdite, il y avait un dispositif de maintien de l’ordre avec des contrôles, beaucoup de contrôles sur les routes du coin qui avaient été mis en place depuis cinq jours auparavant, avec des mobilisations et des armes.
David Dufresne
Parmi les photos, il y avait des marteaux de charpentier, par exemple.
Julien Le Guet
Tout à fait. Quand on prend en compte, quand on voit la préfète nous présente des photos avec des grands couteaux, des haches. Personne n’a jamais vu à une manifestation de bassin, non merci, des soulèvements de la Terre, de la Confédération paysanne, l’ensemble d’autres organisations qui avaient appelé en leur des. C'était notre cinquième mobilisation commune, la plus grande, la plus importante en termes de nombre. Personne n’a vu, ni lors des manifestations précédentes, ni lors de cette manifestation là, évidemment, des personnes courir après des policiers une hache à la main ou un couteau à la main. Mais si vous voulez, quand on vous présente ces images, ils viennent dire le discours, La préfète autour. Et l’histoire de Monsieur Darmanin, c’est de dire il y a des gens qui sont venus là pour tuer dans. L’objectif n' est pas un objectif sincère de protection du vivant, de l'écologie, mais, mais, mais bel et bien des gens qui seraient là, qui est une insulte assez profonde à l’ensemble des. J’ai souvent dit que ce sont eux qui sont mobilisés, qui se mobilisent pour la défense de l’eau depuis de depuis des mois, de manière croissante. C’est une remise en cause de la sincérité de leurs mobiles. On vous explique Il y a des gens sanguinaires dont l’objectif serait serait on dans des mots qui ont été dits à Tel quel par ailleurs, de tuer du flic ici, si vous voulez. Quand on produit ce discours là avec ces images là, en anticipant, en disant gens, vous allez voir des images dures, il y a quelque chose qui est de l’ordre du danger dans un discours qui structure l’idée que ce serait normal, que finalement, ici et ici, si si, si des gens sont descendus, sont grièvement blessés, Quelqu’un ou quelque part. Est ce que ce sera la réponse logique puisque ces gens sont, sont, sont là pour ça ? Dans un je disais coupable deux fois puisque puis puisqu’il y a la décision d’envoyer sur 100 000 grenades qui vont être envoyées en 2 h sur les manifestants qui s’approchent de la bassine, il y va y avoir l’envoi d’un certain nombre de grenades dont on sait, on sait depuis des années. Du fait de leur impact de ce qu’ils ont causé. Dégâts à Notre-Dame-des-Landes lors des expulsions 2018 dans le mouvement des gilets jaunes et dans bien d’autres, on sait qu’elles ont un effet mutilant, que régulièrement des gens perdent des mains, des pieds, sont mutilés dans leur chair, ont des bouts de grenade dans leur chair et que parfois elles peuvent avoir des conséquences létales. Et il y a un choix d’envoyer une pluie de grenades aux conséquences mutilante grave et potentiellement létale sur ceux sociaux, sur les manifestants et de manière vraiment extrêmement, extrêmement dense, dans un dispositif de maintien de l’ordre qu’on peut qualifier de criminogènes, au sens où vous avez plusieurs milliers de gendarmes qu’on a mis derrière, dos au dos, à un mur, en quelque sorte, par la digue de la bassine, à qui on a dit que des gens étaient venus là pour, pour, pour les tuer, pour, pour les blessés, les manifestants qu’ils ont en face d’eux et à qui on donne une liberté quasi qui semble extrêmement ouverte d’envoyer toutes et toutes ces grenades mutilante sur les manifestants avec effectivement pour résultat, en quelques en très peu de temps, 200 blessés dont au moins 40 qu’on peut considérer comme graves, avec des séquelles graves, avec des parties du corps mutilés et deux personnes qui sont effectivement plongées inconscientes dans le coma. Et nous disons et nous disons à ce moment là trois fois coupables. Et c’est ce qui est aussi apparu par la suite, parce qu’au moment où il y a un choix du dispositif de forces de l’ordre de répondre, d’assumer le fait de protéger ce chantier avec 3000 hommes, un 5 millions d’euros, 100 000 grenades pour, pour protester, on y reviendra. Ce que représente ce chantier qui se met autant à représenter, on va dire, un intérêt agroindustriel que l’autorité de l'État dans ce cas là. Et il se met en disposition pour répondre de cette manière là. Et au moment où ces gens sont blessés, il y a une obstruction qui est faite à l’arrivée du SAMU et des premiers soins des premiers secours. Et ça, c’est assez, extrêmement grave, Ça a été dénoncé, démontré, notamment avec des enregistrements d’observateurs de la Ligue des droits de l’homme qui étaient là sur place et qui montrent qu’au moment où différentes personnes, représentants syndicaux, paysans, élus, médecins, urgentistes qui étaient avec les manifestants, disent Là, on a une situation grave, on a des personnes qui sont inconscientes, ce n’est pas possible, il faut que des secours arrivent. On a une personne du SAMU dans un enregistrement qui a été révélé dans le journal Le Monde quelques jours après, qui dit que nous ne pouvons pas arriver sur les lieux. Le dispositif de maintien de l’ordre. Nous dit en gros nous nous empêchons de nous, nous empêchons de venir au sens où il nous dit de ne pas venir.
David Dufresne
Mais en disant, en disant nous sommes sous son commandement.
Julien Le Guet
Nous sommes sur son balcon.
David Dufresne
Mon cher Benoît, tu souffres, tu sais, ici on prend le temps, respire un petit coup. Parce que là, si tu pétarades et si Julien veut intervenir, alors Julien, on le voit pas à l'écran pour des raisons techniques, mais on l’entend. Julien si tu veux faire du ping-pong avec Benoît, il n’y a aucun souci.
Benoit Feuillu
Désolé mais je vais jouer et je vais prendre le temps. Je sais, c’est une longue route et il pleut. Je sors de la voiture comme ça, alors j’y vais et je prends le temps de prendre une petite, une petite gorgée. Et je pétarade aussi parce que je suis à quinze jours. Après, forcément, je suis comme beaucoup de gens, très en colère, tristes, inquiets pour les gens qui restent blessés, inquiets pour les gens qui vont garder des séquelles. Je suis extrêmement en colère, comme énormément de personnes, contre ce que ce que vient de dire le choix de ce dispositif de maintien de l’ordre. Et je commence par là parce que c’est vrai que tu me posais la question de la dissolution, mais on ne peut que la replacer dans son contexte à un moment donné où je juge, nous jugeons collectivement et nous le disons dès le lendemain, que le gouvernement, face à un grand mouvement qui est porteur d’espoir, qui est nécessaire, qui devrait applaudir et compenser en quelque sorte que des gens se battent pour l’eau aujourd’hui, pour la défense des terres face à des infrastructures industrielles, qui fait le choix de financer mais qui pose un énorme problème écologique et je dirais de répartition d’un bien commun qui est l’eau aujourd’hui, et que la seule réponse de ce gouvernement soit à ce point brutal, blessante, mutilante. Il y a quelque chose qui est extrêmement grave. Et nous savons, nous voyons que c'était un choix délibéré. Et ce que nous voyons dans les jours d’après, c’est que peut être plus que ce à quoi ce gouvernement s’attendait, il est mis en cause. La. Il est mis en cause par un champ relativement large. Politiques, mais aussi par des juristes, par la Ligue des droits de L’homme, par des secouristes qui sont présents. Et ce gouvernement, finalement, se retrouve acculé à se justifier parce que son récit justificateur ne marche pas tout à fait. C’est-à -dire que. On vous a présenté, on nous ressort le récit de l’ultra gauche de Mitterrand, on rit des violences que vient la force de cette manifestation, sa créativité, les 30 000 personnes présentes et aussi ce qu’on a, ce constance, on a construit comme adhésion à ce mouvement là, c’est que quand les gens reviennent de la manif, le récit qui leur est donné par le gouvernement qui voit, qui s’est servi dans un certain nombre de médias, ne colle pas avec ce qu’ils ont vécu, ne colle pas avec ce qu’ils viennent raconter chez elle. Et eux, quand ils rentrent, s’y collent. Ni pour les élus présents, ni pour les syndicalistes, ni pour les manifestants de tout âge qui sont là. Et il y a une grande colère. Le gouvernement est mis en cause sur des faits qui sont relativement graves. À ce moment-là, on a encore deux personnes dans le coma. Plusieurs personnes dont l'État et un certain que, je le répète, on en a encore une aujourd’hui. Et on pense et on estime que la procédure de dissolution contre les soulèvements de la Terre, elle avait déjà été évaluée comme une réponse possible face à une forme de montée en puissance de ce mouvement pour la défense des terres de cette coalition là, on estime qu’elle n’est pas arrivée du jour au lendemain ce mercredi ci, qu’elle avait déjà été affichée. On l’estime parce qu’il y avait déjà eu des fuites dans un article du Parisien qui était sorti en décembre sur la possibilité d’une telle dissolution. Mais on estime aussi qu’il est annoncé le mardi qui suit la manifestation comme une manière pour le gouvernement, une manière classique pour le ministre de l’Intérieur et pour Monsieur Darmanin de désigner un fautif, de détourner l’attention sur ses fautes dans ses choix de dispositifs de maintien de l’ordre et dans les mensonges qu’il produit dans les jours qui suivent.
David Dufresne
Julien, tu veux apporter quelque chose à ce que vient de déployer magnifiquement Benoît ?
Julien Le Guet
peut revenir sur des éléments qui donnent un peu de pouvoir hypothétiquement, comment ça se goupille ces photos où on orchestre toutes les armes, etc. Au-delà, dit l’essentiel, c’est des photos d’artisans. En fait, pendant une semaine, tout le corps tombé Lois a été verrouillé. On avait l’impression d'être dans un état de guerre où tous les habitants du secteur étaient contrôlés deux ou trois fois par jour. Et finalement, quand tu vois l'étalage le weekend, que les armes comme le veulent les qualifier, ce qui est ridicule, c’est un bien maigre butin. Et en fait, l’essentiel concerne le pas des gens qui sont venus à la manif. C’est le modèle qui a été prélevé. Ça dit un petit peu le. Les choses qui sont à l'œuvre. En fait, ces événements ont été orchestrés. Tout était écrit d’avance. Le gouvernement a fait le choix de s’armer lourdement. Il faudra qu’on revienne précisément sur la question des DGM deux. Elle est ce qu’il y a un rapport du GIEC est paru que le général, c'était le plus proche complice d’opérations.
David Dufresne
Autrement dit, dans les villages reculés, c’est le grand chef. Il y en a un qui y a un écho, je le sais, c’est le grand chef de la gendarmerie. C’est le c’est le critiquer. Christian Rodriguez C’est l'équivalent du directeur général professionnel pour la gendarmerie.
Julien Le Guet
Il y a des règles aux propos Darmanin est dans la caisse et que les grands arbitrages aient été donnés là haut. Et donc il est aussi le rédacteur du rapport. C’est lui qui le signe et il est bien emmerdé sur cette question En fait les GM2L sont noyées dans un packaging général de 5000 explosifs. Et à un moment sur BFM il y avait deux tiers, c'était la lacrymo. Ça fait plus comme il le dit fort trouvé. Et donc ça laisse entendre que sur ce temps très réduit de moins de 2h, on a un rythme de déflagration qu’une fois toutes les deux secondes et avec une fois sur trois une bombe qui peut commettre des dégâts létaux et qui en ont commis quoi. Et donc, dans le scénario du pire écrit par Darmanin, toute cette orchestration en amont, il y a les choix délibérés de s’armer et de s’armer lourdement. C'était un véritable défilé militaire auquel on a eu affaire. Le déploiement, il était massif et plus important, qui a eu lieu en France depuis des années. 3200 agents, 20 escadrons, 5000 bombes, neuf hélicoptères, quatre blindés ou un quad des chevaux, il n’y a plus besoin d’aller à Milipol il faut venir à Sainte Soline et vous verrez toutes les innovations. Voilà, c'était une véritable débauche de moyens incroyables. Et puis derrière ce qui est en réalité aujourd’hui le plus dur dans l'étape qu’on est en train de vivre, c’est ce mensonge permanent. Le login, le déni. Et les complicités que ça révèle. On ne sait pas ce que ça génère dans l’opinion publique globale. Ce qui s’est passé à Sainte Soline. On pense que chez les camarades qui l’ont vécue et chez les camarades n’ont pas pu venir. Ça a déclenché beaucoup de colère et de détermination et je pense qu’en effet, on sera encore plus nombreux la prochaine fois. Après, qu’est ce que ça génère auprès de l’opinion publique ? À quel jeu y joue comment ? Darmanin se sert de cette opération pour bien se positionner dans la bonne vieille droite pétainiste qui représente à merveille Quoi ? Comment il vient faire la danse du ventre au rassemblement national et comment, au bout du compte, qu’est ce que ça donnera politiquement ? C’est aussi assez. C’est assez effroyable de voir toutes ces. Et ce à quoi j’ai beaucoup de goût. Je pense que dans les jours qui viennent, on va trouver encore de nouveaux éléments qui démontreront à quel point tout ça a été cousu de fil blanc. Les bruits qui courent, c’est que les canaux qu’ont cramé étaient bizarrement très proches de ce qui est des vieux camions soient au bas de la documentation des bâtiments, des écoles.
David Dufresne
Donc moi je n'étais pas sur place. Mais c’est vrai que quand j’ai vu les camions sur les quatre, il y a des anciens modèles. Ça c’est vrai. Ça c’est vrai.
Julien Le Guet
Bon à savoir de se renseigner sur ce qu'étaient ces canaux, d’où ils venaient, etc. Et donc on sait que la bataille allait être médiatique aussi, et on sait que ce gouvernement en use et en abuse. Et après, je crois, il y a bien longtemps, la grande espérance de ce que l’on doit, ce que doit donner cette bataille de Sainte Soleil ou cette guerre de sainte folie. C’est que toutes les responsabilités soient bien établies et que toute la chaîne de commandement est soit confondue et mise en face de ses responsabilités. Et ça doit aller jusqu’au bout. Et mon petit doigt me dit que Darmanin a fait de ce dossier une affaire personnelle. Et que pour le coup, il a déjà tenu des propos mensongers pour parler de cette affaire de deux quads ou tout un chacun. D’abord que tout a été effectué à partir de quoi ? Depuis ? Pas de bol de Libé qui fait la une avec deux connards en train de tirer du LBD. Donc finalement, il se dit rétropédalage et il laisse entendre qu’y aura des sanctions exemplaires contre les deux bonhommes. Déjà ça va falloir le suivre non ? Ce sera quoi les sanctions ? Être exemplaires entre les deux bonhommes ? En fait, concrètement, ces deux bonhommes n’ont pas pris l’initiative, c’est sûr, et il faut lire. C’est dur ce que je vais dire là, mais il faut lire ce superbe magazine qui s’appelle La Voix du Gendarme. Je ne sais pas si tu es déjà passé à l’exercice
David Dufresne
C’est une soirée passionnante.
Benoit Feuillu
Le livre relate ce qui lui fait faire la lutte. Nous aussi on a des lectures incroyables. Et c’est intéressant parce que finalement, c’est les grands stratèges, les grands responsables qui ont trouvé par là un moyen de s’exprimer très politiquement. En réalité, les gens qui pensent encore que la gendarmerie c’est la grande muette, etc. Avec un pouvoir de réserve, lisez la voix du gendarme, vous verrez à quel point c’est très politisé et très clair sur les intentions et sur les doctrines, etc. Déjà à l'époque. Après Sainte Soline, le général Cavallier avait annoncé que ses espoirs pour la future manifestation future pourraient être équipés de tout un tas de matériel et notamment est préconisé l’utilisation des voiles des centaures qui finalement ne sont pas venus. Ils ne sont pas tout à fait sortis de l’usine. Les centaures c’est des blindés transporteurs de troupes, quatre motrices équipées de lanceurs de grenades.
David Dufresne
Le général Cavallier dont tu parles, c’est un assistant à la retraite..
David Dufresne
C’est celui qui a pendant très longtemps formé les gendarmes mobiles au village de Saint-Astier, en Dordogne. C’est un peu le concepteur du maintien de l’ordre chez les gendarmes mobiles.
Julien Le Guet
Et dont on s’aperçoit qu’il a encore une influence très importante en ligne et largement écoutée. Et les outils préconisés, justement. Alors je vais radoter la phrase exacte, mais c'était de maintenir l’adversaire dans les grandes profondeurs. Et donc c’est exactement cette doctrine là qui a été mise à l'œuvre à Sainte Soline. C’est-à -dire maintenir l’adversaire dans les grandes profondeurs, ça veut dire utiliser des lanceurs cougar pour balancer toutes sortes de projectiles à la distance la plus importante. Voilà ce qui s’est passé stratégiquement et je questionne les événements de Sainte Soline. C’est vraiment en profondeur la doctrine du maintien de l’ordre en France. Dit on va dire en particulier en milieu rural. Parce que ce qui fait quatre premières fois en nous mêmes, on était parvenu à nos objectifs, c’est que vous avez bien envisagé d’avoir plein de matériel. Il n'était pas adapté à la ruralité. Par exemple, une bombe lacrymo quand tu l’envoies dans une terre meuble, suffit d’une pelle et puis on éteint, éteint les gaz. Donc là, il était vraiment face à ce constat d'échec, ils ont réfléchi à notre système et grosso modo, comme ils savent qu’on est malin et que la première journée, le vendredi notamment, on les a encore pris de court. Donc on a installé un campement juste à côté de la bassine, sur un terrain légal. On a réussi à faire arriver les 50 tracteurs de la Confédération paysanne sur terrain légal avec tout un jeu de chat et la souris, etc. Donc toute la première phase de jeu est partie de la bataille d’installation pour la remporter. Donc ils se rendent compte que ce qu’ils avaient éventuellement imaginé de scénarios alternatifs de blocage pour empêcher les cortèges de cheminer jusqu'à la bassine serait caduc. Donc ils n’ont même pas essayé de stratégies. Là, ça a été fort Saganne On s’est dit on met tous les moyens et il y a des photos qui sont édifiantes. Point de devoir, il y a la bassine de sainte Soline a fait un kilomètre huit de périmètre, mais sur un kilomètre huit t’avais des camions de des gardes mobiles.
David Dufresne
C’est la faute sur tes gardes de montrer et tirer de Libération et la vidéo Je vais, je vais. Je vais la lancer sans le fond de son. C’est la vidéo qui concerne Serge dont il faut. Serge dit que c’est lui qui est depuis onze jours maintenant dans le coma. Parce que là il faut aussi qu’on parle des victimes et on reste sur le dispositif. Je remercie Pierre qui fait partie des observatoires des pratiques policières à Toulouse, qui était sur place à Sainte Soline et qui, au fil de la discussion, met des liens. Vous pouvez y aller, c’est un homme. Sur ce Pierre, vous pouvez aller voir ces liens. En effet Julien, pour apporter de l’eau à ton moulin si je puis dire. Autant de gaz lacrymogènes, c’est un non-sens absolu d’un point de vue de maintien de l’ordre. On l’avait vu, on l’avait vu. Le 1ᵉʳ décembre 2018, l’acte trois des gilets jaunes autour de l’Arc de Triomphe. Les gendarmes eux mêmes s'étaient moqué des policiers en disant Mais pourquoi vous tirez autant de donner de la lacrymogène ? Normalement, une grenade, c’est fait pour disperser une foule. Et si tu l’as, si tu la lance à six ans dans en lance une toutes les deux secondes, ça n’a aucun sens. Donc en effet, je pense que nous verrons un jour ou l’autre les ce qu’il appelle les retex les relais, les retours d’expérience, si s’ils sont honnêtes entre eux. Donc un rapport confidentiel, c’est un fiasco total d’un point de vue de maintien de l’ordre.
Julien Le Guet
Je vais peut être remettre un peu en contexte parce qu’effectivement il y a, on va dire, les choix militaires, les choix techniques, dont un c’est on voit qu’ils ont pour conséquence, ils le savent très bien, qui sont prêts à prendre le risque d’aller très loin sur le nombre de blessés occasionnés, sur la gravité des blessures. Et j’ai l’impression que c’est un choix qui peut paraître quelque part, qui devrait interroger tout un chacun. Et moi, j’ai l’impression que pour comprendre ce qu’a été un peu ce choix qui est pour moi le choix clair à un moment donné de se dire et un mouvement qui est entrain de monter en confiance, de monter en puissance, d’agréger autour de lui et aussi de se donner des possibilités d’impacter concrètement les infrastructures qui pose problème, qui ne se contentent pas de manifester docilement de manière revendicative et d’attendre qu’un jour le gouvernement l’entende, alors que ce que le gouvernement vient dire c’est Je continue à appuyer le lobby industriel des engrais chimiques, des pesticides qui nécessitent le maintien d’un certain modèle de production et donc des bassins qui permettent ce type d irrigation. Le réseau, le gouvernement, c’est ce qui vient appuyer là. Il y a un mouvement qui, d’une certaine manière, depuis plusieurs années, et puis d’autant plus depuis un an et demi, depuis que le gouvernement passe en force et commence des chantiers qui régulièrement déjoue les dispositifs de maintien de l’ordre et qu’il est déjoue avec de plus en plus de gens. Si, si vous voulez, pour comprendre un peu ce qui a été la réaction, à mon avis, le choix du gouvernement ce jour-là de ce mouvement, il va falloir le terrifier. Il va falloir faire taire cet espoir dans le champ politique de la manière la plus brutale possible. Il faut comprendre à quel point certaines personnes au gouvernement avaient pu prendre. En ce moment comme une forme d’humiliation dont on peut considérer qu’ils l’ont pris quasi personnellement et que les lobbies qu’ils appuient derrière ces projets d’infrastructures de méga bassines en disent là stop ! Il faut mettre fin à ce moment-là. Est ce que ce qu’a tenté ce gouvernement le 25 mars, si je pense, sera un échec puisqu’ils ont créé plus de solidarité et de détermination qu’autre chose ? Au-delà de la tristesse et de l’inquiétude qu’on a qu’on a en nous aujourd’hui. Et je pense que pour bien le comprendre, il faut revenir un peu en arrière et se dire que c'était la cinquième mobilisation qu’on organisait en commun avec. Bah sinon, merci la Confédération paysanne et de plus en plus de collectifs, d’associations, de syndicats engagés dans le don, dans le sillon de ces mobilisations, et qu’on était passé d’une mobilisation où on était six 700 personnes à envahir, un chantier à marquer le coup, à dire il y a un chantier de ma bassine qui démarre, on l’envahit, on neutralise et on participe. Au cours de l’occupation et à la neutralisation d’un tractopelle, on arrive avec des moutons, des tracteurs, on marque. C’est aussi une lutte paysanne. Le dispositif policier déjoué une première fois, une seconde fois. Le 6 novembre, On appelle une nouvelle manifestation contre la construction de cette méga bassine passe en solide M’amuser sur le million, donc à quelques dizaines de kilomètres de là, dans les Deux-Sèvres. Là encore, énorme dispositif policier pour protéger la bassine en construction. Sauf que là, le cortège prend une voie inattendue et au lieu de se diriger vers la bassine où l’ensemble du dispositif policier était concentré, le cortège part dans une autre direction, arrive à passer à travers la ligne policière. Les gens passent un cours d’eau, enlèvent leurs chaussettes, leurs chaussures, courent à travers champs, les tracteurs sont bloqués puis arrivent eux même à contourner le dispositif policier, la bassine et on se dirige vers une bassine à ce moment-là qui a été construite et mise en eau illégalement. La bassine de grand changement qui pose problème depuis des années avec des recours qu’on comprend quand on aboutit. Mais la bassine est remplie quand même des recours d’associations environnementales. Et là, il y a quelque chose d’assez extraordinaire qui se passe, où le dispositif est complètement débordé. Et d’un côté il y a des camarades de la Confédération paysanne et d’autres qui démontent la pompe qui alimente la bassine depuis la nappe phréatique, qui montre que ces bassines sont alimentées non pas avec l’eau de pluie, comme le ministre l’agriculture le racontait à l'époque, mais bel et bien en puisant dans la nappe, en pompant dans la nappe phréatique. Et là, il y a des milliers de personnes qui parviennent, malgré le dispositif policier, à envahir la bassine, la bassine illégale encore une fois avec un bateau pirate, une grande fête et qui a, il dit collectivement font ce geste et cet acte extrêmement fort que l’on qualifie de désarmement, de démantèlement de la bassine qui avec des capteurs, qui à mains nues, etc. Mais en tout cas démontent des bâches. La bassine qui est depuis qui, qui depuis n’a plus été n’a plus été remplie, c’est un geste extrêmement fort. Et encore, pendant les deux mobilisations qui vont suivre, à chaque fois, on est de plus en plus nombreux, on passe de 600 personnes à 3000, puis 6000, puis 10 000, puis 30 000. On a des manifestations qui sont à chaque fois interdites par la préfecture où à chaque fois, malgré les interdictions et donc malgré les risques concours, les manifestants à un risque d’amendes, de blocage, de contrôles, voire de peines de prison avec sursis pour le simple fait de s'être rendu à une manifestation interdite. Les gens viennent quand même, de tous âges confondus, en jeu, je veux dire des gens du coin, des gens de loin. Et à chaque fois, des moyens se trouvent au sein de la coordination pour déjouer le dispositif policier, passer les lignes malgré tout. Et c’est vrai que la première manifestante souligne le 29 30 octobre qu’un écho national et assez emblématique de ça puisque, encore une fois, on a 2000 entre 2000 et 3000 gendarmes qui sont réunis, qui sont là pour empêcher les gens d’arriver à la bassine, Une énorme zone rouge qui a été déclarée malgré tout. Quelques jours avant, on vient s’installer, installer un campement pour permettre d’accueillir les gens en pleine zone interdite, en plein cœur de la zone rouge, au nez et à la barbe. La préfecture sur le champ. C’est de manière très emblématique d’un irriguant d’un agriculteur qui était irriguant lui-même, qui a vu que les bassines ne marchaient pas. Qui s’est repenti entre guillemets et qui offre son champ aux manifestants pour permettre une base d’accueil. Et là, effectivement, la manif part en trois cortèges. On a des lignes de policiers partout à travers champs et chacun à sa manière, de manière plus ou moins dynamique, rapide, en dansant en farandole de manière plus offensive, parvient à passer des lignes de police et un cortège parvient à pénétrer à l’intérieur de la bassine. C’est un grand trou. Il y a des grilles autour, les grilles sont arrachées, le chantier est stoppé pendant une dizaine de jours. L’ensemble du pays voit ce qui s’est passé. La préfète et Darmanin voient bien classe et lisent le récit qui se fait au niveau national. C’est un peu le récit d’un échec du dispositif de forces de l’ordre de la honte, on pourrait dire de la malice et de l’intelligence collective de ce mouvement là, un récit assez fort. On voit des gens qui sont masqués, des gens en combinaison bleu, des élus bras dessus, bras dessous, qui passent à travers les lignes de police. Et ça, ça donne l’envie de revenir, ça donne, ça donne confiance parce qu’on dit. Dans une époque qui est quand même assez sombre et où on a envie de tirer un bout de la ficelle du problème posé par l’agroindustrie, du problème posé par l’accaparement de l’eau. Et là on trouve un moyen par le biais des bassines pour tout un tas de gens dans ce pays, sachant que c’est des infrastructures qui menacent de se diffuser au reste du pays. Et il y a quelque chose qui est vraiment, on le sent partout. On sait qu’il y aura beaucoup plus de gens qui viendront à Haïti, qui voulaient venir à la manifestation du 21 mars, parce qu’il y a quelque chose qui est vraiment de l’ordre de la lutte, qui devient emblématique et de l’espoir. Et pour moi, à ce casque et le choix du dispositif de maintien de l’ordre y tient au fait que, effectivement, il faut toujours se méfier, surtout quand ces gens là le prennent très personnellement, de quand son adversaire se sent quelque peu humilié par un mouvement qui prouve qu’il arrive à être plus malin et à agréger. Et quelque part, c’est une réponse d’ego brutale, en partie de la nécessité pour eux, parce que i ils ne veulent cesser leur soutien, leur appui à ces industries agricoles qui qui dit, qui alimente celle ci, de leur montrer jusqu’où ils sont prêts à aller pour les pauvres, pour les soutenir. Je veux dire de manière très crue, ça nous dit ces 5 millions d’euros, ces blessés, ces 3000 gendarmes. Jusqu’où ce gouvernement est prêt à aller pour continuer à soutenir Bayer Monsanto ? Il y aura un certain nombre d’industries qui veulent maintenir ce modèle là. Et troisième point, pour comprendre ce choix de dispositifs de maintien de l’ordre, évidemment, c’est que cette manifestation, elle arrive à un moment où ce n’est pas simplement la question d’un mouvement écologiste qui dit, qui dit monte en gamme, qui monte en puissance, qui monte en espoir auquel il a affaire. C’est évidemment celui de toute une population qui continue à se soulever après le 49 trois dans les rues, à bloquer, à manifester, à ne pas accepter ce passage en force du gouvernement sur le plan des retraites. Est ce qu’on peut analyser aujourd’hui ? C’est le choix du 21 mars qui vise non seulement à terrifier le mouvement écologiste, mais l’ensemble de la population qui continue à se mobiliser sur la question des retraites. Quand la veille Darmanin dit Vous allez voir des images très dures aujourd’hui, celle qui veut quelque part, qui veut justifier ce qui serait bien, c’est que l’ensemble de la population qui continue à s’opposer à ce gouvernement va voir ces images très dures. Et ce qui l’attend c’est derrière que que que les gens cessent de se mobiliser. Et pour finir, et au delà de la question de la dissolution des soulèvements, mater et au delà de la tristesse encore une fois, de l’inquiétude qu’on a pour nos blessés, ce qu’on a, ce qu’on a vu, c’est ce que ça a produit, plutôt qu’une forme de terreur, de renoncement, de retour chez soi des manifestants, c’est que si les gens sont là, c’est qu’au cours de la semaine qui ont suivi, il y a eu des rassemblements organisés dans plus de 200 villes de France simultanément.
David Dufresne
Et des sous préfectures
Julien Le Guet
Devant les préfectures et les sous-préfectures. Juste pour dire que ces rassemblements, y a un front politique face à Darmanin, que ce soit en soutien aux blessés, que son soutien face à la dissolution des soulèvements. La terre qui vient dire à votre dispositif de terreur ne marche pas, ne marchera pas sur nous, on va être là et on va être là. D’autant plus unis face aux choix brutaux que vous avez faits.
David Dufresne
Il y a beaucoup, beaucoup de questions du chat que je vous remonterai. Je vous laisse encore bien sûr dérouler votre pensée mais je ne voudrais surtout pas qu’on oublie. J’ai montré tout à l’heure une image. Elle est dure, c’est celle de Serge D. Qui est donc aujourd’hui dans le dans le coma. On a appris hier qu’une femme de 20 ans, probablement défigurée à vie, est victime de poly traumatisme facial et est en soins, je pourrais dire intensif puisqu’elle a une idée fixer à 100 jours minimum un homme de 28 ans. Traumatisme du pied gauche avec fracas osseux, c’est-à -dire qu’il n’est pas loin d’avoir perdu son pied. 60 jours minimum. Il y avait Michael qui avait été dans le coma. Est ce que vous avez des nouvelles à nous donner ? Soit un bilan plus précis puisque le jour même, vous parliez de 200 blessés parmi les manifestants ? Est-ce que dix jours plus tard, vous avez un bilan plus précis ?
Benoit Feuillu
Non. Est ce que ce que tu as dit ? On vous donnera le lien. On pourrait dire un bilan plus détaillé. C’est super douloureux.
David Dufresne
Dur à faire, c’est dur à faire.
Benoit Feuillu
C’est ça, Il y a effectivement des personnes en fait, ce qui avait été une grosse tête à tête à parler de cette jeune femme défigurée. Il y a une personne qui a perdu un œil, un autre dont Titi dit risque lui aussi de perdre son œil. Il est possible que l'état de Domenica qui a été longtemps dans le coma s’améliore, mais je ne préfère pas me prononcer là dessus parce que là, la situation est et encore incertaine. Voilà, l'État de Serge pour l’instant n'évolue pas. Donc quand on dit entre la vie et la mort, c’est que vraiment, de manière assez dramatique, on ne sait pas s’il va survivre et s’il survit, quelles seront les séquelles. Et sur l’ensemble des autres blessés. Quand on dit vigilance, c’est vraiment au sens où y a une personne qui risque de perdre la mobilité qu’un ensemble de personnes qui ont pris. Moi, moi j’ai vu des éclats de grenade qui s’enfonçaient juste de sept cm dans les chairs. Contre. Quand on a eu ça, comme malheureusement d’autres d’entre vous ici sur ce tchat le savent, qui avaient eu des compagnons, des camarades qui soient dans le mouvement, des gilets jaunes ou d’autres qui se prennent ce type d'éclats de godes, de grenades. Les séquelles, y compris sur la mobilité, sur le sur le quotidien, au-delà de membres irrémédiablement perdus. Mais, mais, mais les séquelles, qu’elles soient physiques ou psychiques, peuvent être extrêmement importantes. Et voilà, Je voudrais rendre hommage. Ici aux blessés, bien sûr, en premier lieu, mais aussi à toutes les personnes. Il faut y, il faut. Il faut se dire que, au fur et à mesure que cette mobilisation pour la défense de l’eau contre les bassines montait en force en nombre, on a envie d’arrêter concrètement ces chantiers. Enfin besoin d’arrêter concrètement ces chantiers. C’est le cas très fortement depuis deux ans, depuis que ces chantiers ont démarré. Ce n’est pas la première fois, c’est la première fois qu’on a autant de blessés aussi graves. Lors de la dernière mobilisation à Sainte Soline, il y avait déjà eu des grenades, des dés encerclements qui avaient fait des blessés. Et là, face à cette expérience-là, il y avait quand même toute une équipe de soignants qui s'étaient mis en place, une équipe d’appui, d’appui légal, mais aussi une équipe de soins, de soins, de soins physiques. Premier secours. Évidemment, nous n’avons pas les moyens du SAMU qui effectivement a été acquis. Le dispositif de forces de l’ordre a donné l’ordre pendant beaucoup trop longtemps de ne pas venir, mais avec un dispositif de premiers secours qui a quand même pu faire un certain nombre de choses dans des dans un drame, dans des conditions terribles en réalité, mais qu’il a quand même pu faire. Et je voudrais aussi rendre hommage ici, pas aux diverses personnes qui ont formé ce qu’on a appelé la base arrière. D’ailleurs, il y avait eu un entretien en exposé de cette base arrière et on en remercie parce que c’est quand même un point essentiel dans des mobilisations dont on sait qu’elles sont, qu’elles vont devoir faire face à différents types de répression, de pouvoir, d’avoir des infrastructures sérieuses qui se mettent en place à ce niveau là et de pouvoir en exposer le fonctionnement, les manières aussi de les rejoindre. Et là, depuis le 21 mars, il y a un travail vraiment énorme et conséquent qui fait autant de liens avec les familles d' appui aux blessés, de conseils juridiques. Il y a eu des pressions crapuleuses, ignominieuses, on en voyait. On s’est retrouvé là après, sans Soline, un après sans Soline. La manifestation du 29 30 octobre. On avait des gens qui venaient de sortir d’opération et qui étaient directement mis en garde à vue par la police depuis leur depuis leur lit d’hôpital, on avait des gendarmes.
David Dufresne
Avec parfois des auditions alors que tu sors à peine tu es un peu groggy, voire sous calmant et autre, et que effectivement, complètement, ce n’est pas les méthodes.
Julien Le Guet
J’ai pas de mot pour dire ça, je n’ai pas de mot pour les gendarmes qui, alors que quelqu’un est grièvement blessé, vont chercher les habits, les affaires du manifestant jusque dans la chambre d’hôpital qui s’ils ne le trouvent pas comme ça s’est passé après le 25 mars, appelle les parents pour faire pression pour pour pour avoir les habits en question. Je n’ai d’ailleurs pas de mots pour décrire un ministre de l’Intérieur et un gouvernement. Je. On peut se rappeler de la mort de Rémi Fraisse. On peut se rappeler de la responsabilité de la faute dans la mort de Rémi Fraisse, du dispositif de maintien de l’ordre. À cet égard, je n’ai aucune sympathie pour la personne qui était président à l'époque et dont on peut juger en partie que c’est à sa réponse répressive, à ses choix répressifs, à la question qui en sont là. N’empêche que Monsieur Hollande, après la mort de Rémi Fraisse, au-delà de tenter de justifier comme il pouvait le choix de maintien de l’ordre, avait quand même une parole publique de pensée pour les blessés et pour Rémi Fraisse et sa famille. Ici, on a vu aucune, aucune parole du ministre de l’Intérieur pour, pour les personnes entre la vie et la mort.
David Dufresne
Ce matin même, il a eu une phrase, mais alors vraiment très rapide. Express face à Apolline de Malherbe A vers 8 h 45. J’ai une pensée pour eux, bien évidemment en parlant des victimes.
Julien Le Guet
On le dit jour après jour.
David Dufresne
Mais trop tard bien sûr.
Julien Le Guet
L’ensemble des réponses jusqu’ici c'était juste des attaques pour traiter de terroristes l’ensemble des gens qui ont voulu le mettre en cause le mettaient en cause, l’a tué et voilà. En tout cas, moi, ça me semble important de dire qu’il y a des personnes qui, depuis dix jours, font un travail d’appui, de soutien, de recueil, d’enquête aussi, parce qu’il y a des plaintes ont été déposées par les familles qui continueront à l'être. Il va y avoir des mises en cause à tout niveau et par tout un tas d’institutions. Si Darmanin est en général la pour, pour ses sens, ses choix de maintien de l’ordre et sur les violences policières entendues à la commission des lois, il y a des mises en cause à. Tout niveau va y avoir des saisines du procureur de la République.
David Dufresne
Il va y avoir un certain nombre d’enquêtes et il y a un travail très conséquent précisément. Benoît Hier, le procureur de la République de Rennes a demandé à quand même laissé entendre qu’il y avait peut être eu un problème dans l’usage de la force par les flics et a demandé aux gens qui étaient sur place, qui auraient filmé, qui auraient photographié les agissements de la police, de se faire connaître. Qu’est ce que. Qu’est ce que tu penses de ça ? Je suis resté au courant, mais c’est la première fois que je vois un proche. Finalement, ce n’est pas mal de filmer la police, ça pourrait peut être nous aider.
Julien Le Guet
J’ai vu ça. Il se trouve qu’on avait pris les devants et je dirais heureusement, quelque part, au vu de la polémique, c’est toujours en vain. En réalité, pour qui que ce soit qui a été là de voir ce que ce que crée un récit médiatique, comme ils essaient de vous voler vos souvenirs, vos journées, d’imprégner autre chose en premier lieu pour l’ensemble des gens qui voient des images à la télé, qui voient un récit, qui y dit, qui donne une version de ces images là et qui essaye de d’imprégner quelque chose dans le sentiment commun autour de ce qui s’est passé, il y a quelque chose qui est toujours assez terrifiant du niveau de mensonge qui est prêt à déployer un gouvernement. Sauf que là, il se trouve qu’un certain nombre de mensonges se sont vus, encore une fois plus que d’habitude. Un ministre, il n’y a pas eu de faute, il n’y a pas eu d’usage d’armes de guerre, il y a pas d’obstruction des secours et jour après jour, des preuves sont compilées, des enregistrements, des témoignages de personnes qui viennent démontrer l’ensemble de ces mensonges. Il y a quelque chose qui est, qui est extrêmement, qui, qui interpelle, qui est choquant. Et je dirais, dans un cas comme ça, effectivement, il va falloir continuer à accumuler toutes sortes de preuves, de témoignages, et on ne va pas les lâcher, on ne va pas les lâcher sur le plan de la rue, sur le plan politique, sur le plan d’obtenir l’arrêt des racines, mais on ne va pas les lâcher effectivement avec avec les familles, avec les personnes qui étaient présentes, avec l’ensemble aussi des des groupes politiques qui pourront se saisir de l’affaire, on les lâchera pas, y compris sur le plan des tribunaux et c’est sur eux et sur le plan sur ce plan là, évidemment.
David Dufresne
Alors une question qui n’est pas provocatrice, Mais pourquoi tu m’invites à la sortie ? N’avez vous pas peur que le sujet de fond des bassines passe à la trappe avec ces violences ?
Julien Le Guet
Évidemment, quand on vous dit qu’on entend, quand on vient vous dire, comme a dit Darmanin, comme a dit Macron, comme a dit Borne que, en fait, les gens qui aujourd’hui agissent concrètement pour l'écologie dans le mouvement anti bassine au sein des soulèvements de la terre, ne sont pas animés parce qu’elles ne sont pas animés par des motivations écologiques sincères qu’ils recherchent je ne sais quoi. En réalité, selon le gouvernement, une certaine forme de violence et qu’on met en scène en la provoquant, ce type de dispositif mutilant. Il y a une volonté, effectivement. De détourner, de détourner la question sur le fond du sujet. Et il faut bien se rendre compte de deux choses : qu’est ce qui est ce qui est toujours un peu ambigu avec ça ? C’est que si à un moment donné, au niveau national, on s’est mis à parler du problème des méga bassines du maintien par le biais des méga bassines, du modèle agroindustriel, du problème du partage ou de l’accaparement ou de la privatisation de l’eau, c’est parce qu'à un moment donné, des collectifs ont été capables de mettre en œuvre des actions fortes qui n'étaient plus de simples manifestations, qui n'étaient pas entendues, qui n'étaient plus de simples recours juridiques qui sont indispensables en manifestation, recours juridiques à aucun problème. Il faut continuer, il faut, il faut aller là dedans. Mais à un moment, il y a des chantiers qui ont démarré. Ce qui fait qu'à un moment donné, tout le monde, beaucoup de gens se sont mis à entendre parler du sujet des bassines, qui était quasi inconnu en dehors des Deux-Sèvres y a encore un an et demi de ça. C’est parce que des gens ont osé courageusement aussi mener des actions impactantes de désarmement, d’envahissement, de chantier qui sont forcément, à partir du moment où il y a un impact réel effectif à partir d’une annonce, ne tarde pas, on pourrait dire, de de revendiquer et qu’on connaît aussi, dans les limites ou au delà des limites de la légalité.
David Dufresne
Alors il y a notamment à propos du paysan qui vous accueille, il a été menacé de sanction C’est une question de Durdenov : Ce paysan qui, ayant accueilli le mouvement, a t il été menacé de sanction, de procès et de vous avoir accueilli ? Vous avez tout à l’heure parlé aussi des fouilles locales. Il y a Obi-Wan qui le dit malheureusement, je n’ai pas du tout été surpris par ce qui s’est passé, vu comment je voyais monter la sauce contrôles répétitifs. Différentes personnes qui circulent sur le département, qui m’explique qu’ils se sont fait contrôler très bizarrement par la gendarmerie et par ce et pas surpris par la façon dont le maintien de l’ordre est mené qui nous fait beaucoup penser à ce qui s’est passé à Notre Dame des Landes. C’est-à -dire que le témoignage en question rejoint ce que nous disions sur les saisies qui ont pu être faites dans les camionnettes d’artisans locaux qui n’avaient rien à voir avec de prétendus tueurs de flics.
Julien Le Guet
Je vais répondre sur la première qui est la première du premier aspect ? Donc là, on a été à nouveau accueillis par un camarade paysan qui là, pour le coup, lui, a décidé de ne pas paraître On n’a pas cité son nom et pour l’instant on a peu de retours sur d'éventuelles représailles. On sera évidemment solidaires, à l’affût. On a surtout veillé à laisser un terrain le plus propre possible et faire en sorte que le trèfle et la prairie puissent repousser au plus vite. Par contre, Philippe Béguin, qui nous avait accueillis pour le 101 à la fin octobre, lui a donné toutes les mesures de représailles possibles et imaginables, que ce soit dans le voisinage, dans son entourage proche, sur du quotidien ou au niveau de la coopérative. On lui reproche qu’il fasse des actes en tentant de se servir de sa coopérative C’est la principale représentation qu’il a subi, c’est quand il a eu un contrôle patch, un contrôle à peu près tous les dix ans on l’exploite mais là c’est tombé deux mois après Sainte Soline et ça c’est bien passé, il avait pris les devants. Qui avait le moins de soucis aurait eu la solidarité nécessaire. Mais on va être très attentif à ce que le camarade, quel courage de nous prêter son terrain et ne pas subir de contrecoup. Mais il est solide.
David Dufresne
Tout le monde entend, ça va ? Du coup, j'étais parti pour une question sur la diversion, sur est ce que ça escamote pas le sujet de l’eau ? Mais vu que t’es parti sur une autre question, je te laisse finir et on pourra y revenir éventuellement. A toi Julien.
Julien Le Guet
Ok, mais c'était fini sur l’aspect surtout sur l’aspect représentation auprès des paysans. Non seulement vous avez fait le tour de toutes les questions de la diversion.
David Dufresne
J’ajoute une autre question de Sappho Que pensez vous qu’une des stratégies des forces de l’ordre ait été de, « monter les locaux » contre les soulèvements de la terre en faisant autant de contrôles routiers, de fouilles autour et avant la manifestation ?
Julien Le Guet
Oui par rapport à ça, à double tranchant pour eux. Parce que ce qu’on constate, c’est que, en réalité, le fait à poser sur le mignon, c’est si c’est là où la première bassine de cette nouvelle série de méga bassine dans les Deux Sèvres on lesquels on se bat et qu’on vise à arrêter au vu du dispositif permanent de maintien de l’ordre et contrôle des hélicos qui se sont mis en place autour de cette bassine, Des coups de sécurisation qui d’ailleurs en ont fait augmenter les coûts pour les les irriguant, mais qu’au vu des effets aussi pour les populations de Moselle sur le mignon des bois alentour, parce que beaucoup plus de postes de contrôle, de police Alors là, je ne parle pas des semaines avant les mobilisations, mais je parle tout au long de l’année. Je pense qu’une bonne partie des gens se disent mais enfin la faute ils la remettent pas forcément pour une bonne partie des habitants de ces territoires là. Sur les collectifs qui organisent des mobilisations, mais sur ces infrastructures et sur le gouvernement et le choix du maintien de l’ordre lui-même. En général, quand on se fait contrôler par la police, on ne se dit pas qu’on est agacé par Monsieur Julien Leguet et ses camarades qui protègent ? C’est à dire en tout premier lieu qu’on est agacé par les gendarmes qui vous contrôlent. En tous cas, le réflexe d’une bonne partie des personnes, c’est ça. Je ne dis pas que c’est un réflexe unanime, mais c’est le cas. Et moi, ce que je constate aussi, mais je pense à moi même. Moi je ne suis pas des Deux-Sèvres, on vient très régulièrement, on a pu découvrir avec joie énormément de lieux magnifiques de ce département. On les a au-delà des grands champs arides, s’en est monoculture, etc. Du Marais Poitevin à des coins avec une diversité animale, florale, enfin tout un tas de coins magnifiques, les sources, la sève, tout un tas de courants comme ça. C’est ce que ce que ce que. Ce que je considère, c’est qu’effectivement il y a une volonté du gouvernement de faire peur à ses opposants, y sont problématiques, y sont violents. Comme je disais, c’est aussi parce que des actions fortes ont été menées que partout, y compris dans le département, le sujet des bassines a été creusé et posé. Plus d’enquêtes, plus de capacité de débat. Il n’y avait pas un truc qui était simplement imposé par une pseudo concertation. Est ce que ça fait aussi c’est que si tu veux, il y a. Il y a quand même tout un tas d’habitants des Deux-Sèvres et au-delà, qui se retrouvent dans une position de dire qu’il y a un problème, c’est quand même nos ressources en eau, notre eau, y compris potable, aux nappes qui sont mises en danger. On sait qu' ils savent de plus en plus qu’il y a d’autres modèles agricoles possibles. Et pour moi, on est quand même dans une situation où il y a une partie de la population qui est dans une situation d’insoumission face à cette imposition des méga bassines. Et moi, ce que je pense et qu’on voit, y compris du côté des irriguant qui bénéficient de ces infrastructures, qu’auparavant, on pourrait dire que quelque part ça fonctionnait, La question était moins posée auprès de leurs voisins de est ce que ces infrastructures sont correctes ou pas ? Il y avait tout un tas de personnes qui étaient engagées de longue date auprès de nous. Merci des collectifs naturalistes, environnementaux qui posaient des recours. Il y a tout un tas de personnes engagées sur ce sujet, mais il y avait une partie, une bonne partie des gens aussi pour qui le sujet était indifférent ou inconnu. Aujourd’hui ne l’est plus. Tout un chacun doit finalement prendre parti et se prononcer. Et moi, ce que je pense que je perçois, c’est que, y compris pour les irriguant qui bénéficient de ces projets, c’est de plus en plus difficile à assumer socialement. Si vous voulez, le gouvernement y pousse, y pousse, il pousse à ces infrastructures et qu’en fait, y compris les vieilles qui devaient en bénéficier aujourd’hui doivent répondre vis-à -vis de leurs voisins, des gens qui habitent dans les mêmes villages et bourgs que du fait. Mais alors, c’est quoi l’incidence ? C’est quoi l’impact de cette infrastructure sur nous-mêmes, sur nos voisins, nos familles, nos enfants, sur le territoire, etc. Donc je pense qu' aujourd’hui, la stratégie du gouvernement d’essayer de pousser une partie de la population, soit par des contrôles policiers, une somme de mensonges et etc. Contre contre les collectifs antibassines, je pense qu’elle ne marche pas à ce qu’on voit aujourd’hui, c’est que les seuls qui sont capables de mobiliser c’est le camp de défense de l’eau et des antis. Bah s’il n’y a pas de mobilisation réelle en face, en dehors de quelques centaines de personnes qui peuvent faire venir la coordination rurale ou de la FNSEA en faisant venir des gens de toute la France et des départements voisins et qu’en fait la mobilisation populaire massive, le questionnement sur l’eau aujourd’hui, il est de notre côté en notre faveur, je pense vraiment, très certainement.
David Dufresne
Par rapport à la question de la diversion, je dis juste à ceux qui sont là Il y a beaucoup que nous avons déjà fait une émission entière il n’y a pas si longtemps, il y a dix jours, c’est notre troisième émission sur les bassines en une semaine, c’est un record absolu sur le sujet. Parce qu’il est grave, parce qu’il est important. Et donc on avait avec Julien et une copine hydrologue, on avait longuement abordé la question de l’eau, évidemment. Aujourd’hui, c’est la question de la répression.
Benoit Feuillu
Pour compléter un peu sur comment ça a été perçu au local et il y a eu des stratégies délibérées d’instrumentaliser tout ça et de faire monter la sauce négativement. C’est là où vraiment Darmanin devrait se poser la question de la pertinence de leur stratégie. A chaque fois, ça fait le même coup ils sont durs, ils nous répriment et ça génère de la solidarité. Et ça pose ça, comment dire. Les gens du territoire ne sont pas dupes. Alors il y a eu vraiment des tentatives d’intimidation. Les gendarmes ont fait le tour des commerces de mail pour dire vous êtes ouverts ce jour-là ? Ah ouais, ok, d’accord. C’est en tout temps sous entendu. Et donc un certain nombre de commerçants chez qui on a appris à titre d’exemple, c’est assez rigolo. Pour moi, c’est une des victoires du week-end. Toutes les banques avaient permis de fermer leur distributeur automatique de billets. Ils vont un petit peu leur dire c’est nous pénaliser. J’imagine que pour moi, c’est une victoire contre le capitalisme. Il avait réussi d’emblée à faire en sorte que peu importe. Mais il y a eu vraiment des tentatives et mais qui se sont retournés. Et j’entendais Nico un petit peu parler de comment on défend, comment on incarne, comment les gens voient un petit peu la réalité de nos territoires, comment on est dans une démarche en fait, pour provoquer un petit peu et retourner un peu les mots écoterrorisme Comment ? Les moments clés sont des moments où ? L’on s’y attache. Et la mer, ça a été très loin. Il y a eu toute une polémique assez rigolote où le conseil départemental s’est retrouvé à relayer la communication pour la manif parce que l’office de tourisme de Melle l’avait mis en ligne. Et pour le coup, c’est le conseil départemental de droite pour bassines etc. Se retrouver à faire la promotion du de la manif et après coup l’office de tourisme de Melle a maintenu cette affiche et ça c’est super courageux. En fait sur mail, ce qui s’est passé avec les habitants de Melle, avec le conseil municipal, avec les assos, etc. C’est assez extraordinaire parce que tout le monde a bien vécu, a bien vu cette volonté de faire régner un climat de terreur avec des hélicos qui survolait la ville pendant cinq jours. Enfin, on imagine que ça crée comme imaginaire dans la cour de l'école, partout quoi. Et les gens qui allaient dans les commerces ? J’allais chercher ma chocolatine en disant on a encore été contre les trois fois ce matin, etc. Et les gens ont bien remis ça à sa juste place. Comme le disait Benoît, les gens n’en voulaient pas massivement merci Oui, alors sous les mandataires,
David Dufresne
J’entends la réponse de Benoît et j’imagine celle de Julien. Je rajoute mais je trouve que les médias mainstream occultent la partie gestion de l’eau et préfèrent parler des violences. C'était là le fond de ma question précédente : comment arriver à recentrer le débat sur le sur le fond dans les médias ? Et j’ajouterai, et je ne suis pas sûr que la question de la gestion du maintien de l’ordre apparaisse pour tout le monde comme une provocation de l'État, un fiasco des services de gendarmerie. Je crains quand même que le discours pro répressif trouve aussi un large écho.
Julien Le Guet
Moi je m’en fous au fond, faut pas se faire d’illusions et se montrer trop décalé et glorieux à ce propos aussi. Si le gouvernement va sur cette ligne là, c’est parce qu’ici il considère que ça marche auprès d’une certaine partie de la population qui va. C’est ça assimiler et prendre parfois pour argent comptant ce qui lui est raconté sur la violence des manifestants, leur motivation froide qui dit ici qui va, qui ici, qui va croire au récit qui est en train d'être construit ? Après, à l’heure actuelle, je dirais qu’on est vraiment dans un combat de récit qui est assez important. Je dirais juste que je ne dis pas que ça marche pas, je dis que ça ne marche pas aussi bien qu’ils l’auraient escompté que la solidarité. Le pouvoir du contre récit qu’on propose face à l’abjection de celui du gouvernement me semble assez fort. Puisse envoyer cancans, cancans. Quand le gouvernement annonce qu’il va dissoudre un petit groupe violent autour des soulèvements, la Terre et est un mardi et que trois jours plus tard, il y a 60000 personnes dans une tribune dans le journal Le Monde qui disent Nous sommes les soulèvements de la Terre, dont plusieurs milliers de personnalités du monde politique, culturel, syndical, qui disent Ce mouvement est aujourd’hui essentiel d’une urgence vitale à agir de manière impactante, concrète, par des formes de désobéissance civile. Pour l'écologie, il y a eu hier, il y a une réponse qui sue et vu. On va dire qu’il n’y a pas que le récit criminalisant et absolument droitier du gouvernement. Mais effectivement, il vient chercher et modeler et il vient chercher une certaine partie de la population, il vient tenter de modeler les esprits autour de ça. Et après ce combat de récit, je pense très prétentieux de notre part à l’heure actuelle de dire qu’on est en train de le gagner. Ça c’est une réalité de dire que ça ne bouge pas. On le mène tous les jours depuis dix jours. J’ai avec le niveau d’attention de mes derniers mois en réalité, vous voyez, c’est toujours. On dit souvent ça dans les arts martiaux, la capacité à retourner l’attaque de l’adversaire. Pas si vous voulez. Le moment où Gérald Darmanin dit qu’il a dissous les Soulèvements de la Terre. Il y a toute une partie des gens dans ce pays et je pense, toute une partie encore dont c’est le cas n’ont pas entendu parler des. La terre des raisons de notre action. Des formes d’actions dont on se dit qu’elles sont nécessaires aujourd’hui blocages d’industrie, occupations de terre, etc. Ils nous attaquent à un moment donné. On est déjà en train de la curée sur la question des blessés et là, ça crée une espèce d’attention et une certaine forme d’adhésion en réponse. Parce que puisque les gens sentent qu' on est mis en cause, s' intéresse, regarde. Mais en fait ce qui se produit, ce que fait ce mouvement depuis deux ans, qui. C’est quelque chose qui semble tout à fait nécessaire et stimulant. Et à ce moment là, c’est toujours le risque, il nous attaque, mais à ce moment là, c’est si c’est toujours possible que la parade soit beaucoup plus puissante que ce qu’ils avaient imaginé. Encore une fois, je tiens à être prudent et surtout une menace de dissolution. Je pense qu’il y a un espèce de mouvement de solidarité autour de la question des blessés, autour de la menace de dissolution du soulèvement de la Terre et par là même une propagation de nos thématiques a énormément d’intérêt médiatique et au delà des médias, a juste un intérêt de base sur eux, sur le choix du maintien de l’ordre, sur des mouvements comme les soulèvements de la Terre et sur la question des bassines et de l’eau. Je, et vraiment je le rappelle, la manière dont les questionnements autour, autour des bassines ont pu se diffuser de manière aussi forte. C’est quand même grâce au fait sans nul doute qu’il y a eu des idées, des actions fortes dans lesquelles des gens aussi se sont, se sont mis en jeu avec courage. Et voilà. Et pour revenir à la question de l’eau, si vous voulez, le jeudi après la manifestation, le 25 mars, on a eu le plan de l’annonce du plan sobriété eau par Emmanuel Macron. Et comme à chaque fois, si vous voulez, dans un moment comme ça, on pourrait s’attendre se dire bon alors là, il y a quand même une démonstration 30 000 personnes qui arrivent malgré les interdictions, qui disent non, mais là c’est essentiel, Il faut arrêter ces chantiers. On demande un moratoire, on demande un dialogue. On pourrait s’attendre à un gouvernement, à ce qui a une certaine forme d'écoute, à se dire waouh quand même, là, ça peut être Il y a quelque chose qui devrait être suspendu, de l’ordre d’une reprise, d’un dialogue autour de ces questions là. La réponse sur la précédente manifestation, d’une demande de moratoire, c'était l’annonce. Les jours qui ont suivi 30 nouvelles méga bassines dans la Vienne qui est un peu. Voyez la position de l’ego offensé et qui dit Ok, ces gens nous contestent. On va aller encore plus loin. C’est la première réaction. Et je dirais que la réaction là, sur la question de l’eau, a été relativement comparable. C’est à dire on a un Marc Fesneau qui va au congrès de la FNSEA et qui raconte aux agriculteurs qu’ils pourront continuer sans contrainte à irriguer comme ils veulent qu’on leur fera pas peser quoi, quoi, quoi que ce soit de plus contraignant et Macron qui annonce finalement une attitude qui ne remet avoir en tout cas qu’il ne remet aucunement en cause dans son plan sobriété eau, alors que ça devrait être le minimum sur un projet aujourd’hui aussi ouvertement contesté par un spectre aussi large, scientifique, écologique, naturaliste, social, syndical. À un moment, le remettre en cause, ça devrait être le minimum. Il ne le fait pas. Et effectivement, notre rôle, là, ça va être de continuer sur la question des blessés, de continuer sur ce sujet, sur la question des attaques, sur du sur le mouvement, mais de ramener toujours à la question, de rappeler que notre objectif commun, en tout cas un des objectifs majeurs qu’on s’est donné avec Bassine, avec la Confédération paysanne et tant d’autres, c’est l’arrêt des méga bassines. Et moi, ce que je considère, mais ce que je considérais déjà avant sente solide, c’est que là, aujourd’hui, on a plus qu’un gouvernement acculé qui continue par une espèce de réflexion et en tout cas de soutien qui semble pour un temps inaliénable à ce modèle là, à ces industries qui profitent de ce modèle là à dire qui va faire les méga bassines. Mais ce qu’on sent, c’est que de toute part, mais et aussi bien du côté de la population en général, mais, mais, mais aussi d’institutions qui finançait ces bassines que, y compris du côté des irriguant pour diverses raisons, ces projets sont de plus en plus fragiles. Et effectivement, il va falloir qu' on continue à trouver des formes de mobilisation qui après sont solides devront se réinventer. Effectivement, le le choc frontal de cette manière là avec un dispositif de maintien de l’ordre n’est pas souhaitable de cette manière là. C’est passé parce que ce que l’on voulait produire, ce n’est pas ce qui s’est passé lors des dépressions, manifestations. On a toujours été, on avait toujours réussi finalement à parvenir à bon an, mal an, à contourner, détourner, passer à travers du dispositif de maintien de l’ordre. Il faut qu’on continue à la fois à penser des actions fortes qui aient un impact réel et en même temps qui ne se retrouvent pas dans cette situation de choc frontal. Pas de cette manière là. Pas d’une manière qui permette au gouvernement de nous blesser de cette manière là. Donc une réinvention à donner. Mais il y a aucun doute sur le fait que leur projet de maintien de l’agriculture industrielle par les méga bassines, là, est de plus en plus fragile et que si on a et qu’on va ou qu’on va arriver à stopper ces chantiers et ces projets, je pense qu’effectivement la réaction première du gouvernement pour l’instant, c’est de dire on continue, on continue, c’est pas pour ça qu’ils vont le faire réellement. Et faire en sorte que ce ne soit pas le cas à mon avis.
David Dufresne
On vous demande et, est il encore utile de préciser les objectifs des manifestants sur cette journée ? Est-ce que votre objectif, c'était de boucher un trou ? C'était de tuer du flic ?
Julien Le Guet
Alors je le redis pour le coup, puisqu’on a été mis en accusation là dessus avec les Soulèvements de la Terre et vraiment. Julian se tut, tut tut tut me complétera les objectifs des soulèvements de la terre. Et derrière tout le fantasme que l’on voit, on parle d'écoterrorisme direct, on imagine des bombes, des attentats ou des idées pour aller tuer des personnes, tu cherches à faire planter le gouvernement et le spectre des groupes armés et des terroristes.
David Dufresne
Ce matin, Apolline de Malherbe, disait à Darmanin et c’est quand même une méconnaissance historique. Elle disait Mais est ce que vous pensez que certains vont devenir comme une action directe en Italie ?
Julien Le Guet
Action directe ? On a un gros problème. On a un gros problème de connaissance indirecte
David Dufresne
Ça montre quand même le fantasme. C’est ça montre à la fois le fantasme, l’inconnu, la peur.
Julien Le Guet
Bref, je vois qu’on nous ramène toujours à ça. Et là dessus, je dirais que le rapport de la note du renseignement intérieur qui, on va dire, à alimenter la procédure de dissolution qui est encore en cours, qu’une note de 20 pages, qui est lisible, qui a été publiée en intégralité sur le site lundi matin, qu’on peut retrouver ailleurs. Et elle est beaucoup moins fantasmatique et crapuleuse que les propos du même auteur. En aucun cas elle vient dire, comme elle a pu le dire pour pour amener à la criminalisation de certains groupes par le passé, on pense à l’affaire Tarnac, etc. Cette note ne vient pas dire qu’il y aurait un risque de glissement vers une forme de terrorisme armé qui viserait des personnes. Ce que cette note dit très simplement, c’est qu’au delà du prétexte, la violence affichée par le gouvernement pour nous dissoudre, le problème avec les soulèvements de la terre, c’est que c’est un mouvement qui, en peu de temps, mais pas à pas et en partie du fait qu’il urge de l’urgence qui est de plus en plus communément ressenti autour de ces questions là. La question de l’eau, la question des terres, c’est un mouvement qui a réussi à agréger et à appuyer et à aider à ce que des luttes locales tout d’un courant prennent une ampleur nationale, à trouver des gestes qui ont un impact concret pour empêcher la destruction de forêts, de terres. Et en réalité, ce constat, je pense que ce que je veux rappeler ici, c’est que vraiment les objectifs et et qu’on partage et qu’on partage toujours avec BNM, la Confédération paysanne, c’est que s’il y a désobéissance civile, si il y a aussi, si on vise concrètement des chantiers, si ce sont des armes, il s’agit de matériel. En aucun cas il s’agit de porter atteinte aux personnes. Je le rappelle de manière très claire et franche. Il n’y a aucune ambiguïté là-dessus, ni dans nos appels, ni dans nos textes, ni dans les actions que nous menons. Alors je veux bien redire, si je veux bien redire, quels étaient les objectifs du jour et de la séquence pendant ces trois jours.
David Dufresne
Et c’est important de répondre à la question est ce que vous étiez là pour tuer du flic ? Parce que c’est ça qui est répété, c’est ça qui était d’ailleurs dedans.
Julien Le Guet
Et justement, puisqu’il ne faut pas tomber pour redire le fond et redire qu' autour de compte cordon autour de quoi il y a cette alliance incroyable de 200 organisations et des syndicats, des partis. Des mouvements de jeunesse, des mouvements dits qui s’allient au premier objectif, c'était de pouvoir se réunir et d’exister malgré un contexte politique qui allait tout faire pour que ça ne puisse pas avoir lieu. Ça, c'était les objectifs des trois jours pour pouvoir se retrouver. On a été 30 000 à se retrouver. L’objectif et c’est toujours l’appel à aller dans ce sens là. C'était impacté et c’est peut être ça qui les embête et qu’on fait des manifestations ou des manifestations impactantes. Mais comme le dit Benoît, on s’en prend à du matériel. Et dans cette stratégie de maintien de l’ordre, la nouvelle doctrine, c’est qu’en fait il n’y a pas de distinction entre les biens et les personnes. On priorise la préservation d’un trou quoi, qui coûte en termes de vies humaines. S’il n’y a pas de ça, ça déraille complètement. En fait, ce n’est pas tenable si on revient sur les autres objectifs qu’on avait validés avec la conf. Il y avait des gestes très positifs et qui ont été posés, mais évidemment ce n’est pas ça qui fait la lâcheté des journaux après. Mais il y a eu 300 mètres de côté planté, il y a eu l’installation d’une serre pour installer un maraîcher sur un des hameaux qu’on a, qu’on a traversé. Et puis il y a le réseau qui a été impacté. Il y a une partie des systèmes de pompage qui, sur le retour, ont fait l’objet de démantèlement, de désarmement. Et l’objectif autour de la Bastille, le dire très clairement, c'était de faire une farandole, c'était d’encercler cette Bastille, de montrer et de produire le visuel, de dire Ben, en dépit de tous vos moyens, on est capables de faire le tour et de vous montrer qu’on est là et que ça passe pas. Évidemment. Darmanin, il fait rire un rétroactivement, il dit ah ben il n’y a pas de ZAD installée, il a jamais été question d’installer une ZAD. On avait même lu après les centres lignes le fait que le trou n’avait pas été rebouché. Tutti quanti. Le Legeard de Maintenon était visé. C'était de faire le tour et avoir le secret espoir que face à cette marée humaine et face à l’absence d’enjeu stratégique et technique sur ce cratère, l'État soit suffisamment raisonnable pour enlever ses hommes, tout simplement. S’il y avait des gens dans le cortège, et si, dans les prises de parole avant le cortège, on avait invité les gens à venir avec des bouées, etc. C'était bien pour pouvoir aller voir le lac parce que comme la nappe était remontée, il y avait une grande flaque au milieu. Et c’est cette image là que nous, on voulait produire. Et dans les objectifs coachées par les 200 organisations, il n’y avait pas l’objectif d' aller se faire massacrer pour produire des martyrs. Ça, ce n’est pas notre scénario. Et ça par contre, c’est le scénar de Darmanin. Eux leur scénario c’est de dire puisqu’on n’est pas capables de les contenir et les empêcher d’arriver parce qu’ils sont plus malins que nous, parce qu’ils se déploient comme il faut etc qui nous pose tout un tas de problèmes techniques. Et puis voilà, on est vraiment dans une situation de maintien de l’ordre en rase campagne. Ils ne sont pas du tout habitués à ce type de de de, de conformation ultra zamoureux pour cet ensemble permanent. Moment y dit que le terrain était escarpé, je ne sais pas ce que ça veut dire. Incise plus plate de sol solide peut être escarpé en effet, mais la valeur Incroyable méconnaissance du terrain. Et d’ailleurs, ça c’est un des trucs qui me chiffonne fort tout cela les préfets, le général Rodriguez et le Darmanin, ils ne sont jamais confrontés à la réalité des horreurs qui génèrent quand tu vois, et par rapport à la question d’action directe. Bien sûr qu' on a une grande considération pour la vie et même la vie, nos adversaires et même les voleurs et les exploitants qui bénéficient des bassines, ce n’est pas nos adversaires, ce n’est pas nos ennemis. On espère bien qu’un jour on arrivera à se retrouver autour de la table, à construire des routes, des politiques, de l’eau, une agriculture qui soient compatibles et admissibles par tous et co-construite par tous, quoi. Mais ces monstres là, là, pour planifier tout ça, vraiment, il va falloir qu’on puisse les confondre. Et je veux dire, en écoutant Benoît tout à l’heure, je me dis mais un commandement réel est à Beauvau. Et tu te dis mais qu’est ce qui fait que dans ce monde de l’image, dans ce monde où tout se sait, où tout se voit, etc. Qu’est ce qui fait qu’il y a une salle de commandement dans une démocratie qui serait digne de ce nom ? Ben on ne pourrait pas assister en direct alors aux décisions à l’heure au commandement qui prennent ? Qu’est ce qui fait qu’ils n’ont pas de compte à rendre ? Qu’est ce qui fait que cette étape là, elle n’est pas transparente ? Et j’espère qu’il va y avoir des petites souris et des humains, enfin tout simplement des fonctionnaires, des gens qui se sont retrouvés à ces postes là, dans ces états et qui font la décence parce que ça leur fera trop mal à l’intérieur d’avoir vu tous ces monstres agir et prendre ces décisions mortifères. Quoi ? Et qu’ils disent non et que ça va fuiter. J’use d’espoir que dans le Canard, dans Mediapart, dans Blast, des honnêtes citoyens et citoyens qui viennent dire là l’objectif parce qu’il y avait vraiment eu des décisions qui ont été prises et qui allaient dans le sens de la mort et de la mort programmée de la mort assumée. J’arrive pas à remettre les pendules avec, je sais toute la pâtisserie, vous allez pas facilement me revient en tête qu’il y avait eu des sorties préfectorales, des bruits de couloir qui étaient ressortis après Notre Dame, comme quoi il y avait des hypothèses de quatre morts potentielles et que donc le public tiendrait jusqu'à quatre morts. Donc on a le même genre de retour là, sur le territoire, de dire En fait, j'étais prêt à en assumer un certain nombre. Et d’ailleurs, tout à l’heure, je disais qu’il faut lire la voix du gendarme. Dernier article de deux cavaliers, un des trois axes qui préconise pour les coups à venir, c’est justement de booster tout le côté juridique et soutien juridique aux agents, quitte la bataille juridique médiatique pour s'équiper sur ces aspects là. Donc c’est un petit peu tout brouillon tout ça.
David Dufresne
En tout cas le chat j’allais te dire joli discours. Merci Julien. Très belle parole de Julien Dis, ça pousse fort donc j’ai les larmes. C’est insupportable ce manque d’humanité, Monsieur, s’est dit celui qui avait posé la question au départ tout à l’heure. Benoît, tu évoquais lundi matin, le rapport complet des renseignements français avec ce titre cher à lundi matin, qui fait l'éloge des Soulèvements de la Terre. Parce qu’en effet, en effet, ce qu’on apprend dans cette note, elle est recopiée par lundi matin, mais elle est aussi disponible dans sa version originale sur Reporterre. Voilà, vous la trouvez ici, cette note des renseignements territoriaux, qui date, si j’ai bien compris, de 2022, fait effectivement plutôt éloge de votre inventivité, de votre rapidité. A ceux qui vont lire cette note, qu’est ce qui ? Qu’est ce qu’il faut prendre pour argent comptant ? 50 % de la note, 20 % de la note 100 % de la note.
Benoit Feuillu
Tu me demandais donc à quelle inquiétude si tu me demandais donc à quel point on pouvait prendre cette note comme un compte rendu fidèle, une analyse à peu près à peu près crédible de ce que sont les soulèvements de la Terre ?
David Dufresne
C’est ça.
Benoit Feuillu
Alors non, ce que je dis en tout cas, ce qui me semble notable et intéressant, c’est que effectivement, cette note comprend et ne déforme pas trop, c’est une certaine efficacité d’une forme de composition, d’agrégation que produit les Soulèvements de la Terre, si vous voulez le choix de se dire on met ensemble dans un mouvement pour la sauvegarde des terres viennent se rencontrer, travailler ensemble à la fois des gens, des jeunes qui sont mis en manifestation massive dans la génération climat XR, histoire, climat et des marches pour le climat qui n’ont pas été entendus malgré leur nombre, malgré la puissance et l’urgence de leur message et qui ont le sentiment que le gouvernement n’agit pas et qu’il va falloir le faire à sa place. Arriver à ce que ces personnes arrivent à penser des actions sans l’aval des paysans qui sont pris dans un lien quotidien, sensible, productif avec les terres, qui a, qui a à défendre, qui était cette espèce de prise très concrète et qui n’est pas simplement une vue, on pourrait dire de principe, mais un travail quotidien avec des habitants de territoire en lutte, avec des gens qui s’organisent, y compris qui ont l’expérience de zones occupées, de ZAD, de territoire qu’on défend en y vivant et qu’on est prêt à défendre, y compris physiquement, face aux tractopelles et aux dispositifs de forces de l’ordre, parce qu’on juge qu’on ne peut pas les laisser être détruits et est là, et avec des syndicalistes et avec des gens qui viennent de différents parcours politiques conditions, réflexes, différentes habitudes, différentes manières de penser, la désobéissance, l’action, l’action politique y a. Et est ce que la note du renseignement remarque, cité et qui a quelque chose qui est relativement efficace, qui se produit dans la composition, et qu’en quelque temps ce ce, ce mouvement, parce qu’il dit, arrive à réfléchir ce que tous ces gens un peu différents, s’ils arrivent à sortir un peu chacun de leur pré carré, mais à penser ce qui devient opérant ensemble comme forme d’action, qui a quelque chose qui qui marche et qui monte, on pourrait dire en vigueur dans le, dans le dans le champ politique, et qui arrive effectivement à mettre à l’arrêt des centrales à béton, à protéger des jardins populaires qui sinon seraient bétonnés, à arrêter des chantiers de bassines, etc. Et je ne vais pas faire l'éloge plus que ça de mon propre mouvement, même si du fait qu’il est, qu’il est attaqué de notre propre mouvement, et même si du fait qui y est attaqué, voilà, on. J’explique un peu ce qu’on est arrivé à produire par une vingtaine de mobilisations sur les deux dernières années, à différents endroits du pays, dans les jardins des Verts à Besançon, la RN 80. Si tu veux me relancer sur une autre question un peu foutraque au niveau technique,
David Dufresne
Je reviendrai sur la dissolution quand Benoît se sera reconnecté. Mais il y avait une question de Quoniam qui voulait savoir votre point de vue sur le fait que cette répression qui s’est abattue sur vous est ce qu’elle est forcément de Darmanin ou est ce qu’elle viendrait de la préfète elle-même ? Je me rappelle que la préfète et de la même école qu’elle pourrait lui servir de fusible, elle en a en autonomie. Sachant qu’en fait les préfets sont les représentants de l'État et leurs Ministère de tutelle, c’est bien le ministère de l’Intérieur. Donc en règle générale, ils appliquent exactement ce que le ministre de l’Intérieur a demandé. Mais toi, par exemple, Julien qui est du coin. Penses tu que la préfète qui semble particulièrement dure, est un peu en autonomie où elle est le doigt sur la couture ? En ce qui vous concerne, évidemment.
Julien Le Guet
Elle est évidemment le doigt sur la couture et elle a été mise là pour ça. De manière générale, les corps préfectoraux depuis cinq ans, là, c’est notre troisième préfet sur les Deux-Sèvres, depuis que le projet, L’opposition au bassin, s’est matérialisé. Et à chaque fois, on a eu des profils de plus en plus répressifs et jamais des profils de préfet ronds qui étaient là sur la concertation, etc. C’est encore des profils qui existent. Et pareil dans la Vienne, ils ont placé le préfet Giret qui est aussi un très proche de la Macronie. Il a été chef de campagne de Macron pour l'élection 2017 et dans les mêmes stratégies de recrutement au niveau des états majors, ils mettent que des cadors entre guillemets, les profils vraiment très répressifs et très hauts cadres. Que l'état est mis ses meilleurs pions entre guillemets. C’est ce qui se passe de plus simple et faut avoir de toute façon, par définition, un préfet c’est un fusible et qu’en effet c’est la première qui va sauter qui celle ci. Dès que les éléments de plein vont ressortir. Et pis enfin, tu sais, c’est la préfète ne faudra jamais perdre de vue que Darmanin en a fait une affaire personnelle. C’est très clair. On nous répond du tac au tac qui suit les événements. Enfin, sur censure ligne un, il était branché en direct sur BFM, il convoqua la conférence de presse, etc. Là, c’est sûr, il était dans le poste de commandement à Beauvau, c’est certain, y a pas de doute là dessus. Donc, et ça va tellement loin que. Même Macron, le doigt mouillé, la chemise quoi. Alors il la mouille et dans quelles conditions ? En fait, tout à l’heure, Benoît qui parlait du plan. C’est effrayant quoi. Alors il y a à la fois une tentative de parler d’un sujet de société et d'édulcorer ou de mettre de côté tout le côté 49 trois réforme des retraites, etc. Ce qui est assez bizarre dans leur stratégie de com., mais surtout dans le plan comment je les ai reçus et en suivant directement tout ce qui s’est passé à Serre-Ponçon. Là, ça vient vraiment illustrer très clairement ce qu’on dénonce depuis le début sur ce plan. Il a été construit par les lobbies, il a été construit par Veolia, Suez. C’est le Conseil national de l’eau. Pouvoir cet organisme, c’est dans un titre ronflant comme ça, ça laisse entendre que ce serait un espace citoyen ouvert, etc. Et pas du tout en fait, c’est un pure accumulation des boîtes qui font du fric sur la flotte en France ou à l’international. Là dessus, pour appeler un peu de fonds, j’invite les camarades qui nous suivent là, d’aller voir un peu ce qu’a écrit Marc dans Blast, ce qu’il a produit, une première analyse du plan d’eau et voilà, ça ira beaucoup mieux, ce que je suis en train de révéler, là. Mais concrètement, si on doit défoncer en fait le plan de Macron, il avait une annonce à faire ce jour-là. Le maïs il n’est pas encore en terre et le maïs c’est l’essentiel de la problématique en France. Le secteur où il y a des problèmes de pénurie d’eau, c’est majoritairement des secteurs où le maïs plante tropicale a été implanté. Christiane Lambert, dans son dernier discours avant de passer la main, a un profil encore plus hallucinant. Impérial, agro-industriel à sa tête cinglante, elle rappelait que 60 % de la surface irriguée en France, c'était pour faire du maïs au maïs. Il n’était pas encore en terre. Donc si Macron voulait faire un plan efficace à pas cher pour résoudre le problème dès cet été. Ils annonçaient qu’il y avait une déprime au maïs vert, que tous ceux qui feraient le choix autre que celui du maïs auraient des compensations, eu un calcul savant qui a été fait par rapport à ce pseudo manque à gagner. Et je dirais que le gouvernement, il a fait tout le contraire. Il a fait une annonce autour d’un concept général de sobriété. Alors tout le tout, l’exposé initial, on est tous d’accord, les constats qui sont faits à partir de données scientifiques, etc. La diminution des nappes, des débits des rivières, au moins 40 pour 100 dans certains coins d’ici 2050, etc. Là dessus, on est tous d’accord, le le constat, il est bien fait. Par contre, sur le côté qu’est ce qu’on veut ? Qu’est ce qu’on en fait ? Et ici c’est vraiment édifiant quoi. Donc l’annonce, elle est autour d’une réduction d’au moins 10 % à l’horizon 2030 pour tous les usagers. Et donc dans tous les usagers, on se dit ah non évidemment, pour le coup, ça ne va pas avec les bassines qui ont vocation à augmenter les volumes consacrés à l’irrigation. Et donc il y a des mesures annoncées pour l’industrie. On dit qu’on va recycler l’eau pour les centrales nucléaires, pour le délire quoi. Ils vont faire des espèces de méga bassines à côté des centrales avec des espèces de réfrigérateurs en face. J’ai hâte de voir à quoi ça ressemblera qui se passe, ce genre de délire quoi. Et puis sur l’agriculture, rien. Et en fait, tu t’aperçois que l’axe quatre spécial agriculture, ce qui est posé d’emblée, c’est de dire dans la sobriété, pour l’agriculture, ça veut dire plus de surface irriguée avec la même quantité d’eau derrière. Sobriété, switcher sur un truc efficacité. C’est Viktorovitch qui avait fait un chouette exposé, une analyse autour de la sobriété vue par Macron. Et là, c’est complètement ça. Au lieu de sobriété, c’est de dire oh, on va faire plus de surfaces irriguées avec les mêmes volumes d’eau, Est ce que ça donne ? En résumé, ça veut dire que l’agriculture qui consomme 50 %, 58 % de toute l’eau au niveau national sur le territoire n’est pas contraint à l’effort de décote de 10 %, va vouloir imposer aux 32 % restant. Qu’est ce que ça produit ? Est ce que c’est. Est ce que c’est un plan eau qui va faire en sorte que cet été, il n’y ait pas des centaines de villages qui soient alimentés par des packs d’eau potable ou par du si carnage ? En fait, voilà presque, j’espère vraiment de tout ce combat qu’on porte et de tout ce qu’on sait que ce soit un véritable révélateur de la barbarie ordinaire à laquelle on est opposé, à laquelle la nature est contrainte, à laquelle les corps et les manifestants sont contraints. J’espère que 200 Soline et ben on se souviendra que c’est le moment où la Macronie a montré son vrai visage tant par les violences qu’il est capable d’infliger à des corps. Et je le redis ici beaucoup de jeunes corps. Il y a dans Mediapart quand je dis que l’État a tiré sur ses enfants, mais c’est tellement ça que l’essentiel des victimes c’est des loulous de moins de 25 balais quoi. C’est insulte, c’est insupportable, C’est. Bon, là encore, je suis débordée par l'émotion et ce sera brouillon et vous aurez fait le tri ; je vous entends normalement, si jamais il y a d’autres questions sur les sous.
David Dufresne
Il y a une question de comment dissoudre un mouvement qui rassemble tant de gens, d’associations, d’organisations et de collectifs à travers tout le pays, Puisque, je le rappelle, Darmanin a annoncé qu’il voulait dissoudre le collectif les Soulèvements de la Terre. Rappelons que, ici même, nous avions reçu plusieurs avocats dans deux cas : Nantes révoltés et le Gal à Lyon, qui avait été annoncé comme sous la menace de dissolution. Finalement, ça n’a pas eu lieu. Est ce que c’est ce que vous vous escomptez ? Et au-delà de ça, comment ? Comment pensez- vous que l’État peut agir pour essayer de vous dissoudre ?
Julien Le Guet
Et alors j’ai tenté, blague à part de remplir la bassine d’acide et à nous y jeter, je ne vois pas trop d’avenir. Et je ne pense pas que l'émotion à l’humour soit une survivance du temps de notre démocratie. C’est difficile, même dans les moments difficiles. On a besoin de ces jeux de mots, de cette emprise parfois foireuse sur les habitants. Ensuite en ce qui concerne la prétention à dissoudre les soulèvements. La terre, c’est évidemment et évidemment le problème, qu’on ne cesse de poser depuis une semaine au gouvernement.
David Dufresne
Ils ont mis des brouilleurs en bas en bas de chez toi ou quoi ? Ce n’est pas possible. J’ai l’impression que là, franchement. Mais enfin, quelqu’un croit vraiment qu’ils voulaient vraiment dissoudre les soulèvements ? Dit Pierre B. C’est de la com politique de longue haleine pour discréditer sur le long terme. Oui, je suis d’accord avec Pierre, il y a un côté effet d’annonce et ça et ça, comment dirais je, Ça répond à tous les et à tous les débats qui durent dix minutes. Ah ben non, ne vous inquiétez pas, on va les dissoudre. C’est vrai qu’il y a un peu de Il y a quelque chose de cet ordre là, non ? Qu’est ce que tu en penses, Julien ?
Julien Le Guet
Oui, bien sûr, c’est l’effet d’annonce et il va falloir voir. Ce qui va être posé, comment ils vont justifier cette dissolution. Et c’est vrai, si c’est croisé avec la note des renseignements territoriaux. En fait, ce que ça révèle, c’est que la raison pour laquelle Darmanin vous dissout des soulèvements, c’est qui nous trouve beaucoup trop efficace. C’est ça. Et ça révèle bien la volonté de ce gouvernement d’empêcher tout contre pouvoir et de rendre inaudible, tout contre pouvoir. Et ça va de paire avec cette stratégie là, le fameux contrat d’engagement républicain qui commence à produire vraiment des effets catastrophiques et des appels sur ce plan des sociétés de protection de la nature par exemple, qui ose plus tenir des positions fermes ou de s’engager dans des combats d’ordre, d’enlever les agréments du territoire de peur de subir des représailles. Et ouais, cet été, je pense que c’est cela ou la Ligue des droits de l’homme. Elle est fondamentale parce qu’elle, elle va remettre ça à sa place. Le fait qu’il y a des élus également en écharpe qui soient à nos côtés, ça c’est vraiment des fondements de la République, là, qui sont qui sont atteints en profondeur, en tout cas, une volonté vraiment de les attaquer, ça et ça va résister, quoi. Moi, franchement, là aussi, dans les espaces de ce que peut produire cette séquence là, un des gros objectifs, je n’ai pas cité tout à l' heure et pourtant c’était majeur. C'était donner une dimension internationale à ces luttes sur l’eau. C’est à la fois de révéler à l'échelle internationale ce scandale des bassines chez nous, mais également de profiter de cette occasion, cette grande convergence de milliers de personnes pour donner à voir les autres oppressions et les stratégies d’accaparement de l’eau à l’autre bout du monde et de constituer un front large international de lutte pour les communs et de lutte pour les accès à la terre et de l’accès et de la protection à l’eau pour tous. Et. Vous auriez pu dire qu’elle est vraiment quelque chose qui s’est passé à Kabila, à la fois sur le premier aspect de révéler la violence de la doctrine de maintien de l’ordre dans les eaux de ce gouvernement. Ça commence à produire à l’international des articles qui sont intéressants. Alors, il y avait cette question de comment on revient sur le fond, qu’est ce qui est en train de se passer actuellement après une manif aussi intense, avec autant de blessés, avec autant de violence, etc. Il y a un effet de sidération et où à chaud, tous les médias traitent de ça. Et puis ensuite, quand ça refroidit un peu, on revient sur le fond et sur le bain ou les contacts médias qu’on a en ce moment avec Benoît et les autres camarades ont baissé. Pour revenir sur le fond du problème, sur le pourquoi et le comment on en est arrivé là, on commence à nous poser les questions ce serait quoi la sortie, etc. Quoi donc finalement c'était assez logique. Les étapes qu’on avait déjà connues, tu vois, on avait vu après Sainte Soline que pendant deux semaines on a été souligné sous les feux des médias. Et là, avec cette mobilisation qu’a encore grossi, on taille, On a encore passé une étape, on voit bien que ce n’est pas fini. En fait, là, on est au cœur de la bataille encore si on considère que ce qui se passe sur le terrain, c’est une étape et que aujourd’hui, on a vraiment à révéler, à donner, à voir, à faire vivre, à dénoncer tout ce qui a été à l'œuvre ce jour là.
David Dufresne
Benoît Puisque les rumeurs sont en panne. Si tu veux prendre la parole, tu es à l’antenne. T’inquiète pas, on t’entend.
Benoit Feuillu
Si ça s’embrouille encore, je laisserai Julien continuer à vous avoir à vous répondre de toute façon. Alors là, tu ne vas pas reposer deux questions précises ici. Sujet Comme si c'était possible.
David Dufresne
Pour que tu finisses ta réponse de tout à l’heure.
Benoit Feuillu
Oui. Alors ma réponse sur la prétention à dissoudre les soulèvements, effectivement, c’est ce qu’on vient opposer au gouvernement. Est ce que ce que fait la note parce qu’il y a la note du renseignement intérieur qui inédit, qui motive la dissolution, qui l’alimente quand même, Au delà de certains constats à peu près correcte sur ce que fait ce mouvement, comment il agrège, etc. Je n’y reviens pas. Évidemment, elle cherche à circonscrire le plus possible que pour dissoudre, il faut délimiter. Il faut toujours donner l’impression qu’il y a un petit groupe derrière, un mouvement qui serait à la manœuvre, à la direction. Parce qu’en fait, pour voir, voilà pour dissoudre, il faut, il faut, il faut délimiter un peu. Il faut aussi donner l’impression que ces gens-là ne sont, ne sont pas motivés réellement par défendre l’idée, mais par pas par une forme de passion du conflit qu’ils exerçaient sur à peu près n’importe quel terrain. Ce que nous, on répond à ça parce que le problème c’est que on considère aujourd’hui que pour combattre efficacement sur la question des terres, sur la question de l’eau, il faut malheureusement avec ce gouvernement, assumer un certain niveau, en tout cas de conflit, ou si ce n’est de conflits, de gestes concrets. Et il se trouve que cette résolution, on la partage aujourd’hui et en deux ans, avec effectivement une coalition qui est assez dense, assez hétéroclite, assez hétérogène, assez éparpillée à travers le territoire, effectivement, ce qu’on a répondu directement, mais qu’on fera valoir aussi juridiquement par un ensemble de médias cette semaine, par des réponses orales et écrites au ministère de l’intérieur, c’est que s’il prétend réellement dissoudre les soulèvements de la terre, ça voudrait dire s’attaquer à interdire l’existence et des actions d’un bon paquet des collectifs de terrain, des ONG environnementales, d'éducation populaire, de fermes, etc. À travers le pays qui constitue ce mouvement. Je pense que si c’est ça de la prétention du gouvernement, on a, on a vraiment un sacré problème. On a un sacré problème dans tous les cas avec les prétentions de Darmanin. Mais si vous voulez que ce soit politiquement, constitutionnellement, juridiquement, ce que sont les soulèvements de la Terre, a priori on considère que ça ne peut être dissous. Et c’est ça qu’on m’a apporté, y compris y compris politiquement. Alors, ce qui va se passer pour le dire et pour informer les personnes qui nous écoutent aujourd’hui sur ce qui va se passer avec cette procédure de dissolution, c’est que on nous a remis une note de dissolution jeudi dernier. Ce qui se passe dans ce genre de cas qui sont pas si commun que ça mais qui arrivent avec certaines procédures de dissolution qui échouent, d’autres qui sont mené, mené, mené, mené à bout. C’est qu’on a dix jours pour faire des réponses orales et écrites au ministère de l’intérieur. Des remarques qui nous font un certain nombre de griefs. Et nous, on va leur dire Mais en fait vous dites n’importe quoi sur tel, tel et tel point, et en plus de ce que ce que vous cherchez à délimiter par un petit groupe circonscrit, il n’existe pas à part dans votre dans votre fantasme, à part dans votre récit, et on vous le prouve de telle et telle manière. De quoi remettre ces réponses écrites et orales vendredi après 12h au ministère de l’Intérieur. On communiquera là dessus. On va y aller avec un certain nombre d’organisations qui se sentent partie prenante du mouvement dissout, des mandataires, des syndicalistes, des représentants d’associations, etc.
David Dufresne
On va apporter, on va apporter, c’est-à -dire concrètement, vous allez à la préfecture des Deux-Sèvres, vous allez à la place Beauvau, vous allez où ?
Julien Le Guet
On va place Beauvau, Effectivement, la place Beauvau a une image de choses qui sont en réalité la place Beauvau. Mais il se trouve qu’il est sur sa ligne et il nous donne la possibilité face à leurs allégations.
David Dufresne
Il y a un rassemblement, il y a quelque chose qui est prévu. Comment ça ? Est ce qu’il y aura son but ? Non ? Vous y allez comme ça ? Vous avez rendez vous ?
Benoit Feuillu
Exactement à ce moment-là. Mais, je vous assure avoir l’occasion de se rassembler très vite.
David Dufresne
Benoît Ça coupe et on t a perdu. Au moment où je t’ai demandé s’il y avait un rassemblement. Est ce qu’éventuellement, tu peux te connecter ? Je suis désolé. On a encore un quart d’heure. Vous êtes 900. Si vous êtes téméraires de tenir malgré les conditions Julien tu veux répondre en attendant, puisque je sais qu’on arrête dans douze minutes.
Julien Le Guet
Je vais pouvoir pousser jusqu'à 25 h 30.
David Dufresne
Tu as dit oui, mais c’est passionnant. Donc on persiste, dit-elle. Ça coupe dès que le mot est prononcé. Tout à l’heure, tu parlais de Petite souris. Si mes informations sont bonnes, je pense que demain soir, complément d’enquête. Ils sont en train d’essayer de monter dare-dare un complément d’enquête sur Sainte Soline puisque notamment ils étaient du côté des gendarmes pour filmer. Ils ont filmé des choses qu’on n’a pas vues. Je dois vous dire lesquelles. J’ai donné ma parole, mais son baratin est intéressant. Si tout va bien, ça passe demain. Complément d’enquête. Voilà, si tu peux parler de petite souris, je fais du teasing, mais je sais qu’ils sont à fond dessus. Ils essaient de casser leur programmation. Donc voilà, on verra. Mais on m’a raconté des scènes qui ont été filmées. À mon avis, c’est intéressant. Je ne peux malheureusement pas en dire plus.
Julien Le Guet
Très bien, mais on va attendre ça avec impatience. Mais pour te dire à quel point l’info va vite et le rythme est soutenu alors qu’on est en train de discuter là, permanent. Passons direct sur LCP son audition devant la commission des lois. Oui, et donc ça veut dire qu’elle angoisse. Après, va falloir que les uns après les autres. Je suis désolé. Ce que vous voulez que je vous raconte en deux minutes temps vous m’entendez ? Peut être que nous avons ma caméra, ce qui va se produire éventuellement en termes de mobilisation, avenir, dissolution.
David Dufresne
Vas y Benoît, on t'écoute. Benoît est encore mute
Julien Le Guet
Je disais que, à l’heure qu’on était en train de discuter, Darmanin était auditionné par la commission des lois.
David Dufresne
Absolument.
Julien Le Guet
Devant la commission des lois, et donc que le boulot qu’on va faire juste après, à toi comme les gens qui nous écoutent, comme Benoît. Enfin, on se précipite là dessus et qu’on y regarde parce que voilà, c’est de voir comment il est questionné et comment vraisemblablement, alors qu’il est encore en train de diffuser tout un tas de mensonges et contre vérités, ce que tu annoncées par rapport un complément d’enquête
David Dufresne
Ah, je crois que je crois que Benoît est revenu,
Benoit Feuillu
Je vous entends, c’est l’angoisse
David Dufresne
Et là c’est nickel.
Benoit Feuillu
Rejoins votre émission en si mauvaise condition. Franchement, j’en suis confus.
David Dufresne
Non mais tout va bien,
Benoit Feuillu
C’est la campagne,
David Dufresne
Vas y, Benoît.
Julien Le Guet
L’anarchie ! Benoît !
David Dufresne
Benoît.
Benoit Feuillu
Vous entendez bien. Je vis un programme d’humour dans la fracture numérique avec deux autres personnes. Des moments de mobilisation assez intenses et qui demandent de bien s’entendre. Alors maintenant, en tirer des conclusions foireuses. Julien et moi.
David Dufresne
Non Il y a de la friture entre nous, c’est pour tout de suite. En tout cas, c’est fini. Julien, si tu peux juste faire vœu de silence pendant que Benoît va essayer de parler.
Julien Le Guet
Je fais vœu de silence et je coupe le micro.
David Dufresne
Benoît, à toi !
Benoit Feuillu
Mais alors, que ce soit pour Julien et moi, on a un petit frère avec le vœu de Silence, on y arrive, on y arrive assez mal en général. Mais voilà, en quelques mots, et avant que je me retrouve de nouveau projeté dans les limbes des déconnexions de prairies et de et de haies. Je voulais juste vous dire en quelques mots : Effectivement, on pourrait être les soulèvements de la Terre. Cette grande coalition pourrait se retrouver officiellement dissoute mercredi prochain. Qu’est ce que ça voudra dire ? Ça voudra dire officiellement que matériellement, physiquement sensiblement, qui esquisse, qui incarne les soulèvements, la terre République explicite ne devrait plus exister. On va faire en sorte que ça ne puisse être le cas, puisque c’est ce qu’on ne cesse de répéter. On ne dissout pas un mouvement dissout, pas une lame de fond, un espoir. On est dans un ne pas se laisser immobiliser et neutralisé, étouffé par une telle procédure. On va venir le marquer politiquement, de manière assez forte, par un grand meeting public qui sera organisé à Paris mercredi prochain, juste avant, soit juste après une possible annonce de dissolution. Il est possible que le gouvernement recule au vu de la pression politique, au vu de nos remarques. Et s’il se rend compte, pourquoi pas, chemin faisant, dans un éclair de lucidité, ça paraît pas très à propos ni possible de nous dissoudre et que ça ne fera que donner de l'écho à ce mouvement. Mais disons que s’il s’entête et dans tous les cas, il y aura un grand meeting public avec un ensemble de personnalités représentant de collectifs du monde de l’art, de la culture, des personnes engagées sur le terrain qui vont être ensemble mercredi prochain a priori ou à confirmer dans la journée dans une grande salle parisienne pour accueillir moult personnes et avec un meeting qui sera court, qui sera organisé par un certain nombre de médias, Reporterre, social, terre terrestre et ces médias qui organisent un meeting qui s’appelle qui a pour nom Nous sommes les soulèvements de la Terre et en partie ce meeting il. L’avenir réinterroge des questions qu’on a brassé ce matin sur ce sur les choix de maintien de l’ordre en France, sur la nécessité de l’action écologique, sur la modification finalement nécessaire des formes d’organisation, d’alliance, de composition. Ça va être un moment de prise de parole important et ça va être un an pour réaffirmer que nous ne nous laisserons pas dissoudre avec le vieux temps. Je le redis, il va falloir le redire dans les. Jour prochain. C’est une phrase un peu compliquée à prononcer sans trébucher. Nous y sommes. Et on a invité tout un tas de personnes à répéter cette phrase avec nous. Et surtout, on va refaire dans le cadre de la saison cinq des soulèvements La Terre et qui vont être autant de grands rendez vous.
David Dufresne
Cette phrase, c’est la seule qu’on n’ait pas entendue. Est ce que tu peux la répéter ? Excuse-moi et tout le reste est limpide. Mais la phrase que tu as annoncée, on ne l’a pas bien entendue.
Julien Le Guet
Je la répète. Je la répète et vous, vous la répétez après moi, Nous ne nous laisserons pas dissoudre.
David Dufresne
Nous ne nous laisserons pas dissoudre.
Julien Le Guet
C’est même du dissolvant, élément de la terre. Pas si compliqué que ça à priori c’est possible de péter très collectivement. Ne nous laissons pas dissoudre.
David Dufresne
. Le chat est en pleine santé.
Julien Le Guet
Ça a l’air de marcher. Facile de parler comme ça. Remarquez c’est parti, ça va marcher.
David Dufresne
C’est beau.
Julien Le Guet
Après, on peut le définir de façon sérieuse car ils ne nous laisserons pas dissoudre. Mais vous pouvez l’agrémenter de deux types distincts de présence. Soit trouver le rythme pour changer de point d’exclamation.
David Dufresne
C’est sûr, ce n’est pas évident.
Benoit Feuillu
Et on continuera à répéter. On continuera par ailleurs à répéter no Pasaran Quand le gouvernement dit on va créer une cellule anti ZAD, on va interdire les Soulèvements, la Terre, on va les dissoudre. En fait derrière, c’est ainsi. Qu’est ce qu’il a envie d'étouffer, de faire taire les luttes locales qui s’opposent à ses projets et que lui, ils alimentent, qui vont encore une fois aux profits ? Un ensemble national Vinci, Lafarge, Bayer, Monsanto pour en citer, et quelques-unes qu’on a pu cibler avec les soulèvements, la Terre et bien d’autres des industries qui aujourd’hui doivent changer, s'éteindre, je ne sais pas. En tout cas dans leur activité plus les éléments les plus toxiques et néfastes. Et en tout cas, il y avait un certain nombre de mobilisations qui étaient prévues dans le cadre de la saison cinq des soulèvements de la Terre est une dissolution ou pas devront avoir lieu parce que les légales même sans doute tout à fait essentielles. Et puis parce qu’il y a des urgences, il y a des urgences du côté de Castres, Toulouse où il y a un rendez-vous qui est posé dans le cadre de la saison cinq des soulèvements de la Terre. Le week-end du 22 23 avril, un chantier a commencé pour la construction de cette autoroute extrêmement contestée localement. Le site est toujours en bois, en hors d'œuvre pour faire face à un projet autoroutier, mais cette fois-ci du côté de Rouen, il y avait un rendez-vous qui était donné dans une forêt menacée par ce projet d’autoroute. Le 10 et 11 juin, il y a un rendez- vous pour manifester et stopper l’agrandissement des carrières de sable. Lafarge qui dévore le bocage du sud de Nantes à Saint-Colomban et un peu plus tard, en juin d’après. Il y a un grand rendez vous pour un outil historique et extrêmement important dans la construction de la ligne à grande vitesse, le TAV, dans le cadre notamment, mais non pas du côté italien. La lutte est très forte, mais elle se diffuse très fortement cette fois-ci. Enfin, je dirais du côté français en Maurienne. Et c’est extrêmement important que ça touche aussi à des questions de terres agricoles et à des questions à des questions d’eau. Et évidemment, je vous donne les dates qui étaient annoncées pour la saison cinq. Mais évidemment, il va y avoir de nouvelles mobilisations sur la question des bassines jusqu'à maintenant, jusqu'à ce que les travaux avancent. C’est ce que le gouvernement cherche à dissoudre avant tout. C’est cette capacité de mobilisation, de convergence sur certaines luttes au niveau national. Et si ça a un tout qu’on ne doit pas lâcher et qu’on ne lâchera pas la discussion, officielle ou pas. Cela dit, si dissolution officielle il y a, évidemment il y aura des rapports qui seront faits au niveau juridique dans les deux mois qui suivront la dissolution. Et il y aura aussi un appel puisque, en fait, le gouvernement, on crée la situation où en fait y crée, via un organe splendide, une forme de plus de 60 000 membres officiers annoncés à rejoindre cette forme d’action clandestine. Et puisque le but du gouvernement c’est de faire du mouvement, mal le rendre visible dès les jours qui suivront la dissolution de toutes les manières possibles et imaginables, par des inscriptions sur les murs, des banderoles, des réunions publiques, des actions, des expérimentations qui vont faire qu’en fait le soulèvement de la Terre, au lieu de disparaître comme le souhaiteraient le gouvernement, vont réapparaître de 1000 manières immédiatement.
David Dufresne
Le chat qui est très en verve C'était parfait, c'était limpide on a tout entendu. Il faudra évidemment se référer à vous, à vos sites respectifs. Il y a des soulèvements de la Terre pour avoir la liste de tous ces événements.
Julien Le Guet
Nous ne Laisserons pas dissoudre. Je lance un petit tweet avec le hashtag pour voir ce que ça donne.
David Dufresne
Voilà donc Julien, tu dois bientôt t’absenter et peut être un jour tu peux prendre la parole,
Julien Le Guet
, j’ai encore un petit quart d’heure et je n’ai pas du tout du tout entendu ce qu’il disait
David Dufresne
A-t-il annoncé tous les événements prévus au courant du mois de juin Qu’est ce que je raconte de maintenant Tous les événements à venir et tous les combats des Soulèvements de la Terre.
David Dufresne
On nous dit que Darmanin n’a rien dit de particulier devant la Commission. Notamment et ce matin à l’Assemblée il va au Sénat et qu’a priori il répète le même discours, ses idées sur les médias. Et pour l’instant, j’ai regardé pendant que Benoît parlait. J’ai vite regardé Libé et Le Monde. Ils ont bien repris un peu ce qu’il y a pas de déclarations, semble t il pourtant tout déterminantes de Darmanin. C’est pour ça que c'était mieux qu’on soit ici, entre nous. Julien. Vous savez comment vous vous sentez vous et vos camarades ?
Julien Le Guet
Ouais, euh.
David Dufresne
Parce qu’il peut y avoir un sentiment de pause de blues où vous êtes encore dans le combat. Est ce qu’il y a bien cette question de l’engagement ?
Julien Le Guet
Il y a un peu les deux. En fonction de où on en est les uns les autres, là, dans la bataille, qui je le dire en cours en fait la des points en fait, après avoir atterri après depuis le weekend, à enchaîner les organisations de rassemblement, d’intervention médiatique, etc. Les équipes qui sont sur tous les plans légaux accompagnement de la parole, accompagnement psy derrière sont pleines d'ébullition au niveau du noyau dur. Chez nous sur les Deux Sèvres, on continue notre rythme à se réunir toutes les semaines. Il y a déjà eu une première réunion avec un type par village de cinq et vous voyez que c’est des trucs qu’on va falloir soigner, etc. Donner vraiment du temps pour eux pour dire les choses en fait, c’est ça. Il ne faut surtout pas laisser le récit Darwiniens l’emporter, y compris chez nous pour ainsi dire. On a besoin de bouger un peu partout en France comme ça. Des groupes de gens qui, qui viennent, qui se réunissent pour parler simplement de ce qu’ils ont vécu et de ce que ça produit, de ce qui peut verbaliser tout ça. En tout cas, ça, ça a été loin de deux de nous désunir. Il y a beaucoup de luttes, de fraternité, de sororité dans nos mouvements. On s’aime fort et ça a été une nouvelle épreuve, peut être la plus ardue qui nous a été donnée de voir. Ce qui nous habite, opposés au quotidien, c’est d'être les préoccupations pour les camarades blessés, les camarades de l’autre, pas pour Serge, évidemment. On est sur le qui vive au sens littéral, quoi qu’il vive et à la fois on est habité de nos colères et à la fois d’habitudes, de détermination nous on regarde ce que disent les parents de Serge. C’est bien l'état d’esprit en fait, si la stratégie en face à elle est d’assommer, d'écraser,savoir au contraire nous donner la force pour nous relever, résister, vivre et combattre et lutter et obtenir ce grand tournant qui est nécessaire. C’est on ne va pas pouvoir attendre quatre ans que la macro ne soit passée pour qu’il y ait effectivement des politiques volontaristes qui remettent en cause fortement le modèle agricole délétère et considèrent et est tout simplement destructeur des humains qui la pratiquent, à commencer par ça. Ce n’est pas possible, On ne va pas pouvoir attendre passivement que, avec ce jeu dangereux et trouble que joue Darmanin, largement appuyé par Macron, on fasse finalement le lit du Rassemblement national. Donc il faut que toutes ces énergies, toutes ces colères, qu’est qui est la réponse à tout ? Le mépris qu’affiche ce gouvernement se retourne contre lui et que dans les semaines qui viennent, on soit des millions à demander en fait la dissolution de l’Assemblée et la dissolution de ce gouvernement et à obtenir la démission de Darmanin et le fait que Darmanin soit poursuivi pénalement pour les décisions graves qu’il a prises et qui qu’il est, qui n’arrive pas, qu’il assume pas en réalité.
David Dufresne
L’atterrissage a été compliqué pour tout le monde, nous dit Dark Side 73. Merci pour les conseils de la base arrière sur les débriefings psychologiques et compagnie et je viens de mettre à l'écran le texte. Le deuxième communiqué des parents de Serge que nous avons été quelques uns à relayer des désirs de textes qualifiés de magnifique. Et je crois qu’elle a raison parce qu’elle offre 94 dans le dans le, dans le, dans le, dans le chat. Julien, toi qui dois te taper les médias depuis un certain nombre d’années, est ce que tu considères que depuis ce qui s’est passé fin mars, il y a un changement à votre égard à l'égard de vous, de votre collectif, de votre combat ? Est ce que tu vois des journalistes ? Est ce que tu vois des médias plus compréhensifs ou au contraire qui se seraient durcis ?
Julien Le Guet
Je ne pense ni l’un ni l’autre. On a des sollicitations peut-être un peu plus officielles, là, pour te dire Si je vous quitte, c’est que je fais un tour de bateau avec une équipe de LCP. Donc ça, c’est plutôt intéressant parce que finalement possible, si tu sors, tu sors le bateau dans le Marais poitevin, David, tu viens quand tu veux et si on arrive techniquement à faire ça en direct, ce serait tellement magnifique dans un parc marin, sur un bateau. Pas grave. Et ce serait bête de te tuer. Tu as vu qu’au niveau technique, je ne serai pas ton interlocuteur ? J’ai cru comprendre. Si je peux fournir le bateau et ouvrir les portes du marais.
David Dufresne
Julien le batelier, c’est ça le terrorisme.
Julien Le Guet
À mes heures perdues à mes heures dispo sur plus de bateaux avec les médias en sont moins. Mais voilà, ça fait partie de mon équilibre et ça va faire du bien. Il fait soleil et tout est bien. Oui, c’est moi qui me recentre toujours dans la lutte quoi. Puisque moi mon comment dire, mon leitmotiv au monde. Mais le cœur de mes préoccupations a déclenché cette prise de conscience écolo. Et c’est vraiment cet amour de ce marais quoi. Et c’est beau, c’est mon baromètre quotidien. Et c’est vrai que là aussi, la Halle, la colère, elle continue à grimper parce que c’est le marais et continuer de vivre ce site, c’est un printemps assez effroyable pour cause de fond. Donc voilà, on commence avec des niveaux d’eau qui sont très bas. Il y a eu un petit peu de flotte qui est tombée il y a un mois de ça, des mailles sculpteurs qui veulent faire du maïs dans les fonds de vallée. Ils ont obtenu de l’État une nouvelle fois que tout soit balancé à la mer et que tous les barrages soient grands ouverts Et puis y a plus un poisson dans la flotte. Putain, c’est grave. En fait, ça m’amuse. Moïse nourrit. C’est drôle l’accélération en fait de la détérioration de la biodiversité. Tu vois l’outarde, elle n’est pas devenue l’emblème de la lutte de Sainte Soline pour rien. Là c’est clairement ça cristallise, c’est une espèce, ça se joue à quelques hectares et ta survie et la responsabilité de l'état français à maintenir un noyau, ça se joue vraiment sur quelques villages, quelques uns, l'équivalent d’un département réparti et sur une espèce comme ça, ou plutôt, on connaît, on sait comment la sauvegarder pour qu’elle ait des prairies et des luzernes avec des insectes clairs. Après je comprends que les exploitants soient pas leur objectif, mais pour le coup, ça veut dire que comment faire en sorte qu’il y a soit des pratiques de contractualisation avec des agriculteurs qui seraient plus prêts à jouer ce jeu là de la biodiversité, ou alors d’avoir un État qui est capable de faire de l’acquisition foncière pour dire qu’il y a des autres qui sont concernés, pas consacrés au capitalisme, mais qui sont consacrés au maintien de la biodiversité, à la protection du captage d’eau potable. Enfin, c’est pas en fait protéger l’eau potable. Par exemple, si tu dis que tous les terrains qui sont à 300 mètres ou tous les captages d’eau potable sont propriété collective et que dessus le cahier des charges de la bio, ben ça résout pas toutes les situations dans tous les territoires sur le territoire, ça fait quand même une sacrée amélioration. Pourquoi chez nous les captages d’eau potable, la protection, c’est un petit bout d’enclos de prairie qui fait 1000 mètres carrés et tout autour, c’est du maïs quoi. Et ça veut dire que là, à quelques mètres de là, forage où on va mal, tout un tas de saloperies, que ce soit du nitrate en quantité ou le tas de pesticides, quoi. Est ce que c’est un arbre, hein ? C’est infernal. Mais à côté de ça, il y aussi je te parle des carburants. Et comment rebondit après sur ce type de chaos figure un sur des micro territoires de faire des conneries. Tout ça fonctionne. Je ne sais pas s’il avait dit là dans la. Pour autant, sur le réchauffement climatique, on a peu de prises et peu d’effets immédiats. Et quand bien même on s’y mettrait tous, on n’en aurait pas le résultat tout de suite. Une forme de latence ou d’inertie comme sur une grosse barque ou une cocotte minute, quoi ? La préservation de la biodiversité, quoi. Tous les terrains où elle a été accueillie sur des zones à outardes, elle en fait, c’est des paysans qui étaient plutôt sur table productiviste et qui ont accepté parce qu’ils étaient accompagnés par la, la, la, la, la subvention publique à extraire ces eaux là d’une logique de pure rentabilité. Et le manque à gagner était pris en charge par les collectivités et ils ont laissé pousser la luzerne ou la prairie. Mais ça marche et c’est quelque confetti de biodiversité. Et ce n’est évidemment pas suffisant. Évidemment qu’il ne faut pas se contenter de ces confettis, mais ces confettis, ils sont déjà suffisamment efficaces pour que l’on tienne en état de survie une espèce qui peut disparaître demain.
David Dufresne
Julien, moi je trouve ça super.
Julien Le Guet
Considérez moutarde et moutarde nous monte au nez.
David Dufresne
Et je trouve ça super qu’on termine cette émission chaotique mais ô combien nécessaire. Sur ces mots-là, sur la biodiversité, sur la nature parce que c’est aussi une façon de reprendre la main sur votre combat et de ne pas être que sur la question de la répression de la police, mais qui peut être effectivement une forme de diversion. Il est évident qu’il faut y répondre et qu’on ne peut pas laisser passer ce genre de choses. Mais c’est bien de revenir à la base de tout ce qui vous donne tout ce qui vous anime. Et comme là, je sais que tu dois maintenant partir avec une équipe de télévision, c’est l’occasion de te remercier. Est ce que Benoît est de retour ? Est ce que Benoît tu veux avoir le mot de la fin si tu es là ?
Julien Le Guet
Je peux être lui laisser et en effet m’en aller lui dire au revoir à tout le monde.
David Dufresne
Merci beaucoup. Merci à tous et peut être de discuter avec Benoît et les copains. Mais là c’est le printemps, il commence à faire beau. La fleur jaune, l’outre et ses rendez vous dans les préfectures. On a vu ce que ça produisait et peut être que de se retrouver à l’heure du barbecue et de l’apéro dans les jours qui viennent devant les préfectures. Bon, on va voir ce que ça peut produire, c’est une idée en l’air. On va creuser un petit peu.
Julien Le Guet
Salut à tous et « No Pasaran ». Merci David
David Dufresne
Merci à toi Julien. Je crois qu’on a définitivement perdu Benoit. Voilà chers amis au revoir Julien. Merci pour ton implication simple et géniale. Merci Force à vous. Merci beaucoup. Merci à lui et pour son récit nous dit French No. Ça n’arrête pas. Force à vous et courage, nous dit Jeanne.

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