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Révélations Reflets sur le groupe Drahi

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Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Et je me dis, he oh, oh ! atteinte de droit d’auteur avec Bella Ciao ! Ça appartient à la Casa de Papel ! Elle est malade ! Je te jure que c’est vrai ! C’est complètement dingue ! Ah non, Bella Ciao, vous ne pouvez pas Bella Ciao ! Bon, ah bon, on peut pas, bon, très bien, bonjour les amis, bonjour amis de la police, amis du café, amis des tasses hors norme, amis de Patrick Drahi, amis des pionniers du web, bienvenue au poste, bienvenue aux postes, oui, c’est absolument hallucinant, je pourrais vous montrer la réclamation de droits d’auteur : Bella Ciao appartient à machin truc musique Casa de Papel. Oh putain, la vache, j’suis quand même fou. Bonjour tout le monde, bonjour tout le monde, il y a du monde, ça fait bien plaisir que vous soyez tous là, je vérifie un petit truc : est-ce que, est-ce que l’invité est là ou c’est qu’il est là, il est chez lui, je sais pas si on a fait exprès de se mettre un petit peu pareil, ça sent quand même la cinquantaine, les lunettes, la chemise blanche, il est là. Antoine Champagne, bonjour, est-ce qu’on t’entend, Antoine ? Bonjour. Moi, je t’entends, est-ce que vous entendez Antoine, les amis ? Est-ce que vous entendez Antoine ? Wesh wesh, les amis, bonjour tout le monde, est-ce que vous entendez Antoine ? Oui, vous avez entendu Antoine, c’est formidable ! Antoine, bonjour ! Antoine Champagne ! Qui fut la terreur du web indépendant il y a maintenant un certain nombre d’années. Dans les années 90, il avait un pseudonyme. Qui se cachait derrière ce pseudonyme ? Qui tais-toi ? C’était son pseudonyme. Je vais vous montrer son site, parce que je crois qu’il est encore en ligne. Vous allez voir, c’est rigolo. C’est quand même assez rigolo. Ça, c’est la table. Tiens, je n’en veux pas. Attendez, d’abord, bonjour. Bonjour, Antoine, est-ce que tout va bien ?
00:12:28Antoine Champagne
Salut, ouais, ça va.
00:12:29David Dufresne
Tu m’as l’air stressé ! Hein ? Tu m’as l’air stressé.
00:14:35Antoine Champagne
Pas du tout, mais enfin bon, comme tu dis que tu vas montrer mon site des années 90 avec le design de malade qu’il avait.
00:15:43David Dufresne
Jean-patrice Solari je pense que ça va faire rire du monde je suis en train de le chercher il est là voilà je le connais depuis ce temps là, c'était blanc aussi c'étais très blanc qui t'étoie à foie king with monkey tools depuis 1997 et là ton site tu l’as mis en jachère depuis 2010 visiblement.
00:16:08Antoine Champagne
Ouais, depuis que j’ai commencé, reflets.info
00:17:10David Dufresne
Voilà, c’est ça. Alors, il faut quand même tout de suite parler de reflets.info. Ah, t’es en train de lire le tchat là, c’est ça ? Je sens le geek.
00:17:40Antoine Champagne
Non, pas du tout je jette un œil à mon site, c’est juste que je suis de travers par rapport à l'écran.
00:18:31David Dufresne
Voyez le genre d’article qu’Antoine mettait, alors on est en 2010. Cablegate, Wikileaks, Zambourgeoise, 11-15 novembre 2010, quand Rue 89 devient un vrai journal et qu’il pille les blogs. Wikileaks, tout ça pour ça, alors en 2010, à poil sur Internet grâce à l’Hadopi. T’étais quand même le mauvais coucheur du web indépendant, t’es d’accord ? Ouais, carrément. Ta pète. Donc, pour ceux qui découvrent, c’était vraiment les premiers, alors à l’époque on appelait ça des webzines, ça deviendra les blogs, etc. C’est ce qu’on appelait le web indépendant et ça, je pense, ça a de l’importance par rapport à ce dont on va parler maintenant, etc., je veux dire que j’imagine qu’il y a un lien dans ta tête qui peut s’opérer sur ces deux moments-là. Voilà, c’était juste pour préciser qu’on se connaît depuis ce temps-là, mais on ne s’est pas vus depuis ce moment-là non plus. Ah, ça fait quand même un certain bail. Aujourd’hui, tu es donc le directeur de la publication Reflets, qui sera bientôt interdite. C’est quoi, Reflets ?
00:19:41Antoine Champagne
C’est parce que c’est un journal que j’ai monté en 2010 avec un petit camarade qui s’appelle Olivier Laurelli, alias Bluetouff, et en fait on avait… C’est né d’une discussion dans un café, on prenait un pot avec Olivier et on discutait de ce à quoi ressemblait la presse aujourd’hui et on s’est dit : mais quand même, on n’arrive plus trop à trouver de journaux où on arrive à lire des articles qu’on aimerait lire. Il y a eu une espèce de blanc, on s’est regardés, il y a un petit sourire des deux côtés, il n’y a qu’à en faire un journal. Et donc on a décidé de lancer un journal et on avait un budget absolument monumental de 0 euro et donc, on a lancé un journal avec rien parce qu’on est des gens qui viennent du réseau et que c’est le genre de choses qu’on sait faire et du coup, on l’a fait, Reflets. Alors, à la différence du site que tu as montré tout à l’heure, quitteztoi.com. C’était un site sur lequel j’écrivais des articles, pas tout à fait dans les canons journalistiques, mais en tout cas je faisais des articles qui énervaient aussi les très grosses boîtes parce que je me moquais de leur sécurité informatique et de leur capacité à faire des choses sur Internet en montrant des défauts de sécurité, mais ce n’était pas un journal. C’était effectivement un webzine, un blog, appelle-le comme tu veux, et Reflets. En revanche, tout de suite, on a voulu faire un vrai journal, donc on a demandé un numéro de commission paritaire, on l’a obtenu assez vite, on a une entreprise derrière qui édite le journal. Le nom de l’entreprise est une référence à…./rebuild.sh, qui est une référence à un groupe de hackers qui s’appelle Telecomix. L’idée, c’était de faire le nom de la société, c’est en fait le nom d’un script qui reconstruirait quelque chose et il est censé reconstruire de la presse en ligne avec une approche plus libre et plus autonome, c’est-à-dire en fait sans investisseurs extérieurs, mais pas de monétisation des données personnelles des visiteurs, on ne collecte aucune donnée personnelle.
00:22:28David Dufresne
Les journaux français font ça ?
00:22:30Antoine Champagne
Je pense que c’est à peu près les pires entreprises que tu puisses trouver sur la collecte de données personnelles. Si tu regardes les sites tiers vers lesquels sont envoyées tes données, quand tu charges la home page du Monde ou de Libé, c’était assez pathétique. Ça va un petit peu mieux, mais ça a été terrible. C’est-à-dire qu’en fait, ils revendent tes données personnelles à des myriades de sites.
00:22:58David Dufresne
Reflets.info, ce n’est pas injurieux de te dire que j’imagine que tiens, on va demander dans le sondage, si Euryale, tu peux faire un sondage : Reflets.info, un, je suis abonné, deux, je ne connaissais pas, trois, je connais, quatre, t’es de la police. Un, je suis abonné, deux, je ne connaissais pas, trois, je connais, quatre, t’es de la police. T’inquiète pas, Antoine, Alors le problème, c’est que la collecte de données ici, comme c’est Jeff Bezos, à mon avis, on est servis, mais ce n’est pas nous, ce n’est pas au poste. Mais ça nous permet de faire un petit sondage, quoi, parce que hier, quand j’ai lu ton premier papier, celui qui ouvre le dossier qu’on va aborder dans quelques instants, il y avait pas mal de gens qui ne connaissaient pas Reflets. Et alors, comment tu expliques que Reflets, qui existe depuis 10 ans, c’est ça ? Dix-douze ans, ouais. Qui est donc un des pionniers de la presse indépendante en ligne dont vous êtesBon, Mediapart, c’était 2007, vous, c’est 2010-2011, Arrêt sur images à peu près la même période, je crois, pourquoi vous n’avez pas réussi ou pas voulu réussir à sortir d’une certaine confidentialité ?
00:24:11Antoine Champagne
Alors, il y a deux choses, là, dans ce que tu dis, qui sont très intéressantes. Il y a quelqu’un qui demande comment on a fait avec le capital social. Le capital social, on est partis avec 0 euro. Quand je dis on est partis avec 0 euro, c’est qu’on est partis avec 0 € de budget, c’est-à-dire qu’on n’avait pas un sou pour faire du marketing. On n’avait pas un sou pour payer des journalistes. Mais en revanche, le capital social, nous avons mis de l’argent de notre poche. On a mis 300 € pour faire un capital qui tient la route. Alors, dans ce que tu dis, pourquoi on reste confidentiel ? Alors, il y a deux choses. La première chose, c’est que, paradoxalement, le nom Reflets.info, en comparaison de ses moyens, justement, moyens marketing, moyens rédaction, etc., en comparaison de tout ça, on est très connus. C’est-à-dire qu’en fait, on a un capital de visibilité. Les gens connaissent le nom maintenant, Reflets, alors qu’on ne fait aucune pub. À part sur notre compte Twitter, tu verras des pubs Reflets nulle part. Et voilà, en marketing, on est vraiment des quiches. On sait faire du journalisme, mais du marketing, on ne sait pas faire. Sauf là, sur le coup de… de BFM, de temps en temps, on fait un truc rigolo, mais…
00:25:44David Dufresne
Ça, je l’ai montré, c’est Jacques de Plessis qui, sur BFM, on le verra tout à l’heure, a annoncé la publication le lendemain, il y a deux jours, de votre dossier sur Patrick Drahi et la fortune de Patrick Drahi, propriétaire de BFM Donc un peu de hacking vivant, on va dire, de bonne à loi.
00:26:06Antoine Champagne
Voilà, mais en fait, c’est un peu la tagline de Reflets, on dit information hacking, c’est un concept que j’avais un peu développé dans les années 90, justement. C’est-à-dire que l’information, en fait, tu peux la hacker aussi, tu peux hacker dans un sens positif. C’est-à-dire que, en gros, les boîtes en face de nous, nous, journalistes, en face, tu as des armées de communicants. Pas que des communicants, il y a aussi des armées de juristes, mais il y a des armées de communicants, qui sont nettement plus nombreux que les journalistes. Je ne sais plus les chiffres, mais je crois que pour chaque journaliste en France, il va y avoir 7 ou 8 communicants. Donc, c’est compliqué de faire passer de la vraie information si elle n’est pas un petit peu entachée par la communication des entreprises ou des gouvernements. Pourquoi ? Parce qu’ils nous abreuvent d’informations prémâchées. C’est ce qu’on appelle les communiqués de presse et qui sont souvent repris en partie ou en totalité par les journalistes parce qu’ils n’ont pas le temps, etc. Ils font des copier-coller, ils rajoutent une phrase et ils pensent que ça fait un article. On peut en reparler avec Altice, d’ailleurs.
00:27:30David Dufresne
Oui, oui, bien sûr.
Antoine Champagne
[00 :27 :31Ils ont lancé une petite contre-offensive, pour l’instant assez légère, dans ce domaine-là de l’information. Donc, si tu veux, nous, on essaie de faire de l’information qui… qui est créée par nous, en fait, comme on fabrique notre propre information, voilà. Alors, pourquoi je te disais ça ? Parce que l’information hacking, c’est en fait utiliser l’information qui nous est envoyée, l’analyser, la décrypter et la renvoyer, entre guillemets, dans la figure de ceux qui nous l’ont envoyée. On peut assez rapidement et assez facilement ridiculiser les gens qui fabriquent de l’information corporative ou gouvernementale parce que cette information est souvent complètement décalée par rapport à la réalité, elle est ridicule, donc c’est assez facile de les hacker avec leur propre information. C’est le genre de choses qu’on peut faire, par exemple l’histoire de BFM, c’était tout ça, c’est-à-dire qu’en gros ils invitent Jacques pour parler d’un article qu’on a fait tous les deux, une enquête qu’il a faite dans Paris Match. Mais c’est complètement un hasard parce qu’en fait, il est invité la veille du jour où on lance notre truc sur Altice et on se parle et il me dit : demain, je vais sur BFM pour parler de notre enquête que l’on va publier dans Paris Match. Et je lui dis : c’est marrant, il me dit : ben tiens, je pourrais peut-être parler sur le ton de la blague, il me dit : je pourrais peut-être parler de l’enquête sur Altice. Je lui dis : oui, tu vas être réinvité, tu m’as déjà fait le coup il y a quelques mois. Il me dit : si, si, mais pourquoi pas, après ça part en rigolade et puis, effectivement, il le fait et on se marre bien.
00:29:35David Dufresne
Alors Altice, on y vient. Vous avez sorti, c’était avant-hier, vous avez, sur le modèle de la méthode que tu viens de déployer, c’est-à-dire que vous avez récupéré des informations qui avaient déjà été distillées ici ou là, et notamment autour d’ Altice et de Drahi. Donc il y a, je vais te laisser raconter, il y a un groupe de hackers pas très sympathiques, pas les hackers blancs que nous aimons, mais plutôt les autres. Donc moi, que j’appelle des maîtres chanteurs qui ont infiltré les ordinateurs du groupe Altice et qui ont commencé à révéler ce que contenaient ces ordinateurs et cette information passe quasiment inaperçue, c’était au mois d’août, et vous, vous la récupérez et vous commencez depuis trois jours une série, une sorte de péplum, j’imagine, autour de ces révélations. Alors, qui est le groupe ? Qui a piraté Altice et d’abord, en deux mots, que contiennent ces fuites.
00:30:40Antoine Champagne
Alors, le groupe qui a piraté Altice s’appelle Hive. C’est un groupe de… on appelle ça des ransomwares, ce sont des rançongiciels en français canadien. Donc, en quoi ça consiste ? C’est un logiciel malveillant qui, une fois lancé sur un ordinateur, va faire globalement deux choses. La première, c’est d’extraire les informations qui sont sur cet ordinateur et les renvoyer vers le pirate. Chiffrer les données sur cet ordinateur, c’est-à-dire les rendre totalement inaccessibles. C’est impossible de les récupérer, quasiment impossible de récupérer, sauf dans certains cas particuliers. Et donc, dans ce cas où tu es infecté par un rançongiciel, tu vas avoir un dans certains cas, un pop-up qui va t’indiquer que tes données sont chiffrées, tu ne peux plus y accéder et, si tu veux pouvoir y accéder, il te faut une clé de déchiffrement et pour ça, évidemment, il faut que tu te rapproches du service commercial du fantastique groupe de sécurité informatique, parce qu’ils inversent un peu tous les termes, x, y ou z, parce qu’il y en a des dizaines. Et donc, en l’occurrence si tu payes une rançon, ils vont te donner une clé de déchiffrement. Si tu ne payes pas la rançon ou si les négociations avec le service commercial se passent mal, la plupart sont basés dans les pays de l’Est et plutôt en Russie, ils bénéficient largement de la mansuétude de la part des autorités locales. Et donc, si tu ne payes pas, ils vont publier les données qu’ils ont précédemment extraites des ordinateurs. Si tu payes, évidemment, tu n’as absolument aucune garantie qu’ils ne vont pas quand même publier les données parce que ce sont à la fois des voleurs et des pirates et des délinquants, il n’y a pas de…
00:33:11David Dufresne
Alors, je me fais taper sur les doigts par encore un autre, par Nomad TV. Encore un autre nous dit, par exemple : franchement, des Black Hat, donc des pirates noirs, qui s’attaquent à des pourris, je ne vois pas le problème. Nomad TV, si ces Black Hat travaillent sans vraiment le vouloir pour le bien commun, est-ce que ça n’en fait pas des Grey Hat ? C’est-à-dire, il y a trois nuances de gris, si je puis dire. Il y a les noirs, les gris et les blancs, c’est bien ça. Dans les parades, il y a les chevaliers blancs, il y a les méchants, je viens de décrire un petit peu, puis il y a ceux qui disent finalement les méchants, comme ils servent la cause, on va dire qu’ils sont gris.
00:33:49Antoine Champagne
Ok, alors non, premier point, Black Hat, Grey Hat, White Hat, c’est une échelle, une espèce de façon de décrire le monde du hack qui a été développée par le monde de la sécurité informatique, par le monde du hack. Pour les journalistes qui étaient à l’époque un peu trop cons pour comprendre de quoi on leur parlait, donc les gens de la sécurité informatique se sont dit : on va leur faire un truc simple pour qu’ils comprennent, on va leur mettre trois couleurs et ils vont comprendre. Ça a marché ! Pas la preuve. Ça va.
00:34:35David Dufresne
Quoi ? Ouais ? La preuve, la preuve, tu vois !
00:34:38Antoine Champagne
Tout le monde a repris cette classification qui, en fait, n’a aucun sens parce que le monde de la sécurité informatique, comme le monde réel, c’est un monde arc-en-ciel, il y a 40 000 notions et 40 millions de couleurs, on ne peut pas dire que les choses sont aussi simples, il n’y a pas classer des gens.
00:35:00David Dufresne
Non, merci.
00:35:01Antoine Champagne
L’humanité, les gentils et les méchants, ça n’existe pas, il y a tellement de possibilités différentes. Mais bon, ça, c’est un aparté, mais clairement les gens qui font ça, ils ne font pas ça du tout pour le bien de l’humanité, ils font ça pour le bien de leur portefeuille, c’est-à-dire que… ils demandent une rançon contre le déchiffrement des données, ils demandent une rançon contre le fait de publier les données et parfois ils font trois fois, ils vont faire : t’as payé la rançon pour la clé, tu déchiffres tes données et là, pouf, ils se mettent à publier tes données, ils te disent : désolé, il faut faire une rançon, encore payer. Donc non, ils font ça pour l’argent, ils ne font pas ça pour le bien de l’humanité. Donc, effectivement, ces gens-là sont parfaitement indéfendables, ils n’ont aucune excuse.
00:36:00David Dufresne
Là, en l’espèce, je te reviendrai sur la question morale, mais en l’espèce, on ne sait pas ce qu’il s’est passé pour l’instant entre Hive, le groupe de hackers, et Altice. On ne sait pas si Altice a payé la rançon suffisamment vite ou suffisamment pleinement. Toujours est-il que Hive a fait fuiter, disent-ils, 25 % des données recueillies, qui représentent déjà des milliers de documents, si j’ai bien compris ce que tu m’avais dit hier avant de t’avoir au téléphone. Mais il y a quand même cette question morale qui s’oppose, même si évidemment l’idée de colorer les gens, c’est complètement stupide, mais il y a quand même bien une question éthique et morale. Si c’était fait pour le pognon et que ce n’est pas fait pour le bien commun, est-ce qu’on n’était pas dans une zone grise, pour rester dans un nuancier ?
00:36:50Antoine Champagne
On est dans une zone très noire, comme ça vient d’être dit dans le chat, ces gens-là n’ont absolument aucune éthique, c’est-à-dire qu’aujourd’hui ils ont piraté Altice, demain ils vont pirater un hôpital, c’est le cas, il y a eu un hôpital en France qui a été touché il y a quelques semaines. Et du coup, c’est infernal, parce que quand vous êtes dans un hôpital et que, du jour au lendemain, vous n’avez plus de système informatique, c’est l’enfer, on peut dire qu’il y a des vies en péril. Donc non, ils vont pirater des écoles, ce sont des gens qui n’ont absolument aucune éthique, aucune morale, la seule chose qui les intéresse, c’est l’argent et donc non, ces gens-là ne sont pas très recommandables, je n’ai aucun respect pour ces gens-là.
00:37:44David Dufresne
Alors, on parlera tout à l’heure du fait que Reflets a choisi, malgré tout, de récupérer les données extorquées, d’une manière ou d’une autre. Non, tu ne dirais pas extorquées ?
00:37:58Antoine Champagne
Si, si, bien sûr, les données ont été volées, ce n’est pas ce que je veux dire, nous, ce qu’on a fait, c’était consulter ces données publiées sur Tor, sur Internet, parce que là aussi, on va avoir des…
00:38:17David Dufresne
J. D. Plessis, celui qui a lancé sur BFM l’affaire, lui, il n’aurait pas dit Tor, il aurait dit le darknet !
00:38:29Antoine Champagne
C’est ça, mais on va en avoir plein, des buzzwords et des explications foireuses et ça a déjà commencé sur pas mal de sites. Tu peux nous raconter ça.
00:38:40David Dufresne
Oui, pour ceux qui arrivent, on s’entend bien, vous n’avez pas du tout infiltré les ordinateurs d’Altice, en aucun cas vous vous êtes mis hors la loi. Vous avez récupéré les fichiers qui ont été mis quelque part et vous commencez à les éplucher. J’ai dit « éplucher » pour un petit clin d’œil à Tor.
00:39:05Antoine Champagne
Le groupe Hive a mis en ligne, sur un de leurs sites qui est situé sur Tor, c’est un sous-réseau d’Internet. Ils ont mis sur Internet l’ensemble des données. Comme c’était sur un site, vous pouvez cliquer sur des fichiers et afficher des fichiers. Vous pouvez lire les comptes. C’est librement accessible pour absolument tous les internautes. D’ailleurs, depuis qu’on a fait notre premier article, il y a pas mal de gens qui ont commencé à aller voir à quoi ça ressemblait, parce que jusque-là, les articles qui avaient été publiés, on sentait bien que les gens avaient publié sans regarder le contenu. C’est un peu du journalisme à la va-vite.
00:39:59David Dufresne
Alors donc, vous avez regardé le contenu, vous avez fait un premier papier, mais avant d’aborder ce premier papier, qui parle principalement du family office, ça, moi, j’ai découvert ce que c’était, vous allez voir, là, les enfants, vous allez rigoler, pas rigoler jaune, mais c’est quand même monstrueux, l’abondance, quoi, la vraie abondance, l’abondance qui ruisselle de partout, mais à coups de millions, c’est quelque chose d’assez génial, grosso modo, mettons la table. Ces données appartiennent à quel service du groupe Altice ? Et on va rappeler ce qu’est le groupe Altice une petite seconde, je reprends finalement ce que vous avez écrit dans un des chapeaux du papier. Altice est présent aux États-Unis, en Europe, au Maghreb et, bien sûr, en France avec SFR et de nombreux supports d’information. Patrick Drahi, la onzième fortune de France selon le classement 2022 du magazine Challenges, possède un empire médiatique très étendu, BFM, RMC et, jusqu’il y a peu, Libération. Mais il est surtout président-fondateur d’ Altice, la maison mère du géant de la téléphonie SFR. Il est aussi actionnaire majoritaire de Sotheby’s, l’une des plus prestigieuses et les plus anciennes maisons de vente aux enchères, basée à Londres, me semble-t-il. Il a déboursé 3,7 milliards de dollars pour acquérir 61 % des parts de cette enseigne de luxe. Voilà, grosso modo, de quoi on parle. Ces données, là, je mets un petit extrait que vous avez capturé. Ces données, c’est quoi ? C’est la DRH, c’est les services financiers, c’est du service opérationnel, c’est quoi ?
00:41:33Antoine Champagne
C’est un petit peu compliqué de le dire comme ça aujourd’hui, je vais essayer d’expliquer pourquoi je suis volontairement un peu flou, si tu veux, quand tu tombes sur ce genre de truc, je suis désolé, je vais être un peu long et partir dans tous les sens, mais… De là, et après je m’en vais avant de me faire taper dessus, je reviens en arrière. Donc les groupes de ransomware, en fait, il y en a des dizaines, des hacks de ce genre, des piratages, ce n’est même pas des hacks, c’est des piratages. C’est assez pourri, non ? Donc ces piratages des groupes de ransomware, en fait, tu en as tous les jours, en permanence. Il se trouve que dans les années 90, je m’étais rapproché de groupes de hackers, parce que je voulais comprendre comment fonctionnait ce réseau, qui était à l’époque assez fascinant, mais à l’époque, pour se connecter à Internet, il fallait un peu de volonté, il fallait mettre les mains dans le cambouis, ce n’était pas aussi simple qu’aujourd’hui. Et puis, pour monter son site web…
00:43:07David Dufresne
C’était suspect, alors qu’aujourd’hui c’est presque une obligation.
00:43:11Antoine Champagne
Moi, je voulais comprendre comment ça marchait, donc du coup, je me suis rapproché de groupes de hackers, alors des hackers gentils, alors si vous voulez reprendre la terminologie de tout à l’heure, ça va être des chapeaux blancs, mais quand même une partie était un peu grise. Et dans ces groupes de hackers, tu en avais en France, aux États-Unis, et les États… C’est vraiment par hasard, mais disons que je suis tombé sur probablement les meilleurs. Et ils ont été sympas parce que je leur posais des questions complètement comme de béotien et ils ont pris le temps de me répondre, de m’expliquer, etc. Ça n’a pas eu beaucoup de « read the fucking manual », ça n’a pas énormément quoi, mais il y en a eu quand même un peu. Et donc ils ont été super sympas, on s’est liés d’amitié avec certains, même encore aujourd’hui, on est potes, on se voit dans la vraie vie et tout ça, et tu vois dans ces groupes, si tu veux que je te donne un exemple, aujourd’hui, c’est des gens qui sont « rangés des voitures », entre guillemets, puisqu’il y en a certains qui ont fondé des… des boîtes qui sont cotées au Nasdaq, etc., mais si je te donne un exemple, par exemple dans un de ces groupes, tu avais un mec qui s’appelait Jan Koum, qui a codé une petite application un peu pourrie dont personne n’a entendu parler qui s’appelle WhatsApp et qui l’a revendue après 19 milliards de dollars à Facebook, donc maintenant il collectionne des Porsche et il joue au frisbee.
00:44:49David Dufresne
Mais il pourrait s’abonner, prendre un abonnement premium à Reflets et au poste, on peut faire un combo, tu vois.
00:44:55Antoine Champagne
Il faut qu’on fasse un combo.
00:44:57David Dufresne
Ça ne t’intéresse pas ?
00:44:59Antoine Champagne
J’en connais aussi, il y en a vraiment, ils sont américains, ils viennent des pays de l’Est, il y avait Napster, j’ai gardé des liens avec ces gens-là dont, pour la plupart, aujourd’hui travaillent dans des grosses boîtes qu’ils ont fondées, dans lesquelles ils travaillent, dans le monde de la sécurité informatique. Et ça fait que je bénéficie, grâce à ça, d’outils qui permettent d’avoir une surveillance en temps réel de ces groupes de ransomware. Il n’y a pas que eux qui le font, il y a plein de gens, il y a des endroits où tu peux surveiller en permanence ce qu’ils font. Et en l’occurrence, dès qu’une boîte est victime, je suis au courant. C’est pour ça que j’écris tout ça, parce que dans la liste des milliers de boîtes qui sont victimes tous les mois, tu vas avoir souvent des gens DRH ou des commerciaux ou je ne sais pas quoi, mais souvent des… des profils, mais low level dans l’entreprise, c’est en fait des postes vraiment pas très élevés avec des documents qui ne sont pas toujours super intéressants. C’est sûr que ça ouvre un nouveau champ des possibles pour le journalisme d’investigation parce que ça te donne un accès à des documents internes, entreprise ou administration, donc ne pas consulter ces documents, ce serait journalistiquement une faute en fait, je pense. Parce qu’il y a vraiment beaucoup de choses, c’est très compliqué de traiter cette masse d’informations, à mon avis, je dis n’importe quoi, mais je pense qu’aujourd’hui il y a plus d’infos sur les comptes de ransomware que sur Wikileaks, tu vois ce que je veux dire, c’est massif. Mais en règle générale, c’est, on va dire, moyennement intéressant. De temps en temps, il y a une petite perle, etc.
00:47:33David Dufresne
Tu veux dire, c’est très embêtant, évidemment, pour les personnes, les entreprises, les personnes qui en sont victimes, mais ça n’intéresse pas le bien commun, on va dire. Voilà, d’accord.
00:47:47Antoine Champagne
Euh…
00:47:49David Dufresne
Et c’est que pour le fric, ce n’est pas de l’espionnage industriel ou économique.
00:47:53Antoine Champagne
La question se pose quand même, parce que si tu veux…
00:47:56David Dufresne
Parce que tu vois, le mec qui viendrait pirater les ordinateurs de poste, il pourrait…
00:48:06Antoine Champagne
La double comptabilité et tout, comme toutes les grandes entreprises.
00:48:15David Dufresne
Euh ?
00:48:17Antoine Champagne
Oui, il y a plein de questions qui se posent parce que les entreprises, en règle générale, ont-elles une éthique poussée ? Vaste question. Imagine que tu es une entreprise, je ne sais pas, aujourd’hui, par exemple, imagine que tu aies une entreprise du monde des télécommunications et tout ça, et que tu te dis : bon, ben… Est-ce que j’ai envie de savoir quel est le fonctionnement interne d’ Altice ? Est-ce que tu vas aller chercher les données ou est-ce que tu ne vas pas aller les chercher ? On tombe après dans une forme de… la question se pose : est-ce que c’est de l’espionnage industriel ? Est-ce que c’est simplement aller consulter des documents qui sont maintenant publics ? Je pense que ces groupes-là ne sont pas mandatés pour aller taper telle ou telle entreprise sous forme d’espionnage industriel. Mais en revanche, le résultat, c’est qu’aujourd’hui, les entreprises peuvent surveiller ce que font leurs concurrents en allant se fournir sur ces sites, on appelle ça les leaks, sur ces sites de leaks des groupes de ransomware.
00:49:38David Dufresne
Mais tu dis, grosso modo, en règle générale, ce n’est pas folichon.
00:49:46Antoine Champagne
Il y a des trucs qui posent des questions sociétales au-delà de l’espionnage industriel, par exemple, tu vois, il y a quelques mois, il y a deux trucs qui m’ont interpellé. C’est une étude de notaire. Pour moi, c’est le patient zéro en France. D’une étude de notaire qui a été victime et donc il y a eu plein de documents très personnels sur les successions, des achats de biens immobiliers, etc., qui ont été diffusés sur le net. Un peu avant, il y avait une série de cabinets d’avocats français qui avaient été touchés, il y en a beaucoup aux États-Unis qui sont touchés. Mais là, il y avait un cabinet d’avocats français. Dans le lot des centaines de dossiers du cabinet, c’était un peu spécialisé parce qu’ils étaient spécialisés dans la défense des policiers, donc leur truc, c’est le policier qui a été…
00:51:01David Dufresne
Un cabinet d’avocats français ? Ouais, c’est ça. C’est où ça ? Tu m’annonces ça comme ça à 9 h 37, ça m’intéresse grandement, cette affaire. J’imagine, parce qu’il y a quelques cabinets spécialisés là-dedans, il n’y en a pas beaucoup.
00:51:21Antoine Champagne
Donc là, c’est un cabinet qui est vraiment spécialisé là-dedans, c’est la patrouille de police qui fait une poursuite d’une bagnole et qui fait un tonneau avec sa voiture. Les gars, ils font un procès parce qu’ils ont des séquelles, alors parfois des vraies séquelles, il y a quelques photos de policiers qui ont été accidentés, ça fait un peu peur, quoi. Donc voilà, le monde n’est pas tout blanc, tout gris, c’est compliqué. Et donc ils étaient spécialisés dans ce truc-là et, au milieu de tout ça, tu avais un dossier d’instruction qui était le dossier Samuel Patty. Alors ça, c’est important parce que c’était une instruction en cours, le procès n’a pas eu lieu, et il y a dans cette histoire-là, si tu te souviens…
00:52:16David Dufresne
Donc il y a le sacro-saint secret de l’instruction.
00:52:19Antoine Champagne
Il y a le secret de l’instruction qui saute et surtout, si tu veux, tu as dans ce dossier des choses un peu particulières parce que tu as des mineurs qui ont répondu aux sollicitations du terroriste qui a égorgé, qui a tué Samuel Patty, tous ces mineurs, qui ont désigné le prof en disant : c’est lui, contre 300 euros. Et ces mineurs, évidemment, une fois que le meurtre a eu lieu, ils sont évidemment effondrés, etc., et ils sont très, très, très mal à l’aise
00:53:11David Dufresne
Je pense que leur vie est un peu finie.
00:53:12Antoine Champagne
Il y en a un peu gâchée, ça va être compliqué pour eux de s’en remettre. Ces mineurs aujourd’hui, ils sont mis en examen, mais ils ont été relocalisés, ils sont chez des gens, je ne veux pas en dire plus, ils n’ont plus de visibilité. Et évidemment, ça, c’est dans le dossier, donc si tu veux, dans cette période par laquelle on vit…
00:53:44David Dufresne
Il y a Redjazz qui pose la question, je pense que c’est important de préciser, je ne sais pas si tu vois : bonjour, je n’ai pas compris, le dossier d’instruction de l’affaire Samuel Patty a fuité en ligne suite au hack d’un cabinet d’avocats qui intervient dans l’affaire ?
00:53:57Antoine Champagne
Oui, le cabinet d’avocats défendait un membre des forces de l’ordre qui avait été parmi les premiers à répondre sur l’affaire Patty et donc qui est arrivé sur place. Une des premières personnes à arriver sur place défendait cette personne et donc ils ont copié du dossier. C’est un truc incident, en fait. Et donc, si tu veux, ça pose vraiment problème parce qu’on est dans une époque très compliquée où tout est polarisé et donc tu vas avoir des gens qui vont surfer sur cette histoire de Samuel Paty et qui vont… ce sont tous les gens d’extrême droite qui vont être à fond avec ce genre d’histoire-là, ils ont besoin d’ennemis, donc ils vont en trouver. Et donc qu’est-ce qui va se passer si tu te mets dans la peau des dingues qui s’entraînent avec des armes, des trucs de survivalisme, etc. ? Tu peux très bien avoir un dérangé qui tombe sur ce dossier, qui le lit, qui voit toutes les horreurs qu’on voit dans un dossier d’instruction. C’est bien différent de ce qu’on voit, de ce que l’on peut lire dans la presse, c’est plus dur.
00:55:20David Dufresne
Et puis, d’une certaine manière, il faut connaître la logique qu’il y a derrière un interrogatoire, derrière des PV, etc. C’est-à-dire que tu me donnes l’occasion d’expliquer qu’il y a quelque chose d’obscène, finalement, quand on regarde un dossier d’instruction, de quasi pornographique, quel que soit l’affaire, parce qu’on est vraiment dans la position du voyeur. Et si on n’a pas conscience de ça, si on n’a pas les clés de compréhension, que ce soit côté police, que ce soit côté défense, etc., en fait…
00:55:53Antoine Champagne
Et y compris les journalistes, quand ils font un article sur la base des contenus d’un dossier d’instruction, ils vont être un filtre, ils vont relayer et mettre en forme d’une manière qui va être justement, on espère la plupart du temps, pas une manière d’être un voyeur, ils vont transmettre les choses d’une manière différente, avec plus de calme, etc., et plus de neutralité. Et c’est important, alors que ton type, je te décrivais, le survivaliste d’extrême droite qui lit ça, il va se dire ce ne serait pas le premier — il faut que je parte en guerre, je vais aller venger Samuel Patty. Et donc, comme il a l’adresse des mineurs qui ont désigné Samuel Patty au tueur, ce n’est pas impossible qu’un drame arrive, qu’il aille tuer un de ces mineurs. Donc ça, c’est un vrai problème et franchement ces groupes de ransomware n’ont vraiment aucune éthique, faire des trucs comme ça, c’est honteux.
00:57:04David Dufresne
Donc je mets à l’écran un article retrouvé par Sentierbattant, qui n’a peur de rien puisque c’est Le Figaro qu’il cite, je ne m’attendais pas, Kamel, à ce que tu cites Le Figaro, enfin tout arrive dans la vie, « Cabinet d’avocats parisien attaqué, la mise en cause dit être un négociateur infiltré », voilà, c’était du 3 décembre 2021, ça m’avait complètement échappé, voilà. J’imagine que c’était de celui-ci dont tu parlais, et d’ailleurs visiblement le cabinet n’est pas cité. On parlait de la pêche au gros, on va dire, de ton côté, c’est-à-dire tu vas regarder ce qui se passe autour des rançons, je vous le disais, voilà, c’est ça.
00:57:55Antoine Champagne
J’observe en temps réel, c’est-à-dire que dès qu’il y a quelque chose qui apparaît sur un de ces sites, je suis prévenu, donc j’ai vu tout de suite pour Altice, je suis allé voir, et là, en fait, il y a deux solutions qui se posent. La première solution, c’était : super, on va faire un article, on va dire qu’ Altice s’est fait pirater par un groupe de ransomware et que c’est grave. Mais il y a eu une dizaine d’articles, peut-être pas une dizaine mais un peu moins d’une dizaine d’articles. Pour faire ça, c’est bien dire Altice s’est fait pirater par le groupe Hive, on peut faire ça. Ça fait un peu de buzz, ça fait du contenu, ça fait du flux, comme on dit, ça n’a aucun intérêt. L’autre solution, c’est de prendre…
00:58:52David Dufresne
J’aime bien l’esprit Reflets. Boum, ça n’a aucun intérêt.
00:58:57Antoine Champagne
Ça n’a aucun intérêt, ça n’apporte rien en termes d’information, c’est zéro, parce que sinon tu vas faire le même papier pour la trentaine de boîtes qui se sont fait pirater pendant les deux jours précédents. Et du coup, l’autre solution, c’était de regarder en détail ce qu’il y avait dans ce leak, pour savoir si c’était un leak grave, moyennement grave, très, très grave, s’il y avait des infos là-dedans, et est-ce que ça avait un caractère d’intérêt public, est-ce que les gens avaient intérêt à savoir ce qu’il y avait dans ce leak. Donc c’est ce qu’on a fait, on a pris notre temps et on a regardé à plusieurs. On s’est vite rendu compte que oui, effectivement, il y avait énormément d’informations. Alors tu me demandais tout à l’heure qui a été touché, est-ce que c’est la DRH, est-ce que c’est… et j’étais flou. C’est un peu flou, alors clairement, il y a des gens très haut placés dans la structure Altice. Je ne dis pas que c’est le patron d’ Altice ou son bras droit, mais des gens qui sont placés à un endroit stratégique et qui ont accès à énormément de documents très, très importants pour la vie de la boîte, donc ça, on s’en est rendu compte. Et donc, pour une fois, contrairement à la plupart, on va dire, il y a quand même des piratages de ransomware où il y a des infos très, très importantes. Il y a quelques mois, on en avait parlé juste avant l’été, il y a La Poste Mobile qui s’est fait pirater aussi. Là, c’est l’ensemble des clients avec toutes leurs données personnelles. Très peu de gens en ont parlé, mais c’était une catastrophe, toutes les informations, tous les gens avec leurs adresses, leurs numéros de téléphone, leurs numéros de compte en banque, la totale, c’est un enfer. La Poste Mobile, c’est un opérateur de téléphonie de La Poste. C’est un enfer, ce truc, ça devrait faire les grands titres de la presse et la presse devrait harceler La Poste Mobile sur ce truc-là, parce que bon bref, passion. Altice, on s’est rendu compte très vite qu’il y avait des documents de très haut niveau qui allaient éclairer sur un certain nombre de points. Altice est un mastodonte, c’est une entreprise tentaculaire, il y a énormément de filiales dans toutes sortes de domaines, ils sont par exemple en France, ils ont évidemment SFR, ils sont très présents dans la presse.
01:02:49David Dufresne
BFM, RMC, anciennement Libération.
01:02:53Antoine Champagne
Il y a L’Express, il y a vraiment un gros groupe de presse, en tout cas, donc ce sont des gens qui influent d’une certaine manière sur notre quotidien, si tu veux, parce que tu as énormément de gens qui sont abonnés à SFR, tu as beaucoup de gens qui regardent BFM, etc. Donc la gestion de cette entreprise est intéressante pour nous tous qui interagissons avec l’une ou l’autre de ces entreprises en permanence. Donc très vite, on s’est rendu compte que ça allait être d’intérêt général. L’autre chose, c’est que c’est un groupe qui s’est construit sur de l’endettement, c’est-à-dire que c’est un groupe qui est fortement endetté auprès de ses banquiers. C’est aussi important, on peut le voir d’une manière très reculée, j’étais journaliste financier, ça a un intérêt aussi parce que tu te dis que… Une énorme entreprise de ce genre, très endettée, si les conditions deviennent défavorables. Je vais vous donner un ou deux exemples de conditions défavorables, par exemple les taux d’intérêt remontent fortement. Si une entreprise est très endettée et que les taux d’intérêt remontent très fortement, ça peut être un problème pour elle parce qu’elle peut se retrouver à devoir payer beaucoup plus que ce qu’elle payait avant. Quand tu te finances à 0,1 %, ce n’est pas la même chose que quand tu te finances à 3 %. Les conditions peuvent changer et ça peut être dangereux pour la santé de l’entreprise, et donc après avoir des répercussions sur les clients. Il y a toutes sortes de conditions défavorables qui peuvent entrer. Donc du coup, on a regardé un petit peu de près et on s’est rendu compte qu’au-delà de ça, il y avait aussi des documents qui concernaient le family office. Tu parlais tout à l’heure de la famille Drahi. Qu’est-ce que c’est qu’un family office ?
01:05:16David Dufresne
Ah oui, qu’est-ce que c’est ? Là, là…
01:05:20Antoine Champagne
Eh oui, Antoine raconte, qu’est-ce que c’est le family office !
01:05:23David Dufresne
La vie des riches, attention les amis, il est 9 h 51, reprenez un petit café parce que vous allez en avoir besoin. Alors, il s’appelle Yafit, voilà, c’est le nom de la boîte, le family office, c’est quelque chose, c’est une nécessité quand on est milliardaire, je veux dire, on en a besoin, voilà. Alors, c’est quoi ?
01:05:51Antoine Champagne
En fait, je vais te dire, au fond, oui, on en blague, mais en fait, c’est vrai que tu en as besoin quand tu es milliardaire. Pourquoi ? Parce que quand tu as, en ton nom propre, autant de biens, on va dire, tu ne peux plus gérer tout seul, c’est-à-dire que si tu as, n’importe quoi, on ne parle pas de la famille Drahi entre nous, comme ça, de manière générale, si tu as 5 000 appartements dans le monde et que tu as 30 entreprises qui te remontent des bénéfices tous les ans sous forme de dividendes et que ces dividendes, tu les investis dans, je dis n’importe quoi, d’autres appartements, des tableaux, des trucs d’art, des bijoux, des machins, etc. Il y a un moment où, même en t’y mettant à 100 % de ton temps, au bout d’un moment, tu n’arrives plus à gérer. Ce n’est pas possible parce que le jour où tu as une fuite dans 50 appartements en même temps, enfin n’importe quoi, t’es embêté, donc tu fais un family office et ton family office, c’est une entreprise en fait qui va gérer tes biens, qui va s’occuper pour toi de tout ce qu’il faut faire.
01:07:27David Dufresne
Vous entendez ? Déjà, une fuite de lavabo, c’est la merde, mais imaginez, 50 coups, aux quatre points du monde !
01:07:34Antoine Champagne
Ce n’est pas correct.
01:07:47David Dufresne
Alors là, tu souris un peu, parce que tout à l’heure, quand tu vas raconter ce que c’est que le family office de la famille Drahi, c’est quand même quelque chose.
01:07:55Antoine Champagne
Oui, c’est pas mal, oui. Donc nos amis d’ Altice, qu’est-ce qui se passe ? La famille Drahi a monté un family office comme à peu près tous les milliardaires, ça tombe sous le sens. Moi, j’ai rien de particulier contre Patrick Drahi, j’ai rien contre Altice en particulier, on aurait pu tomber sur le même genre de truc sur Elon Musk, sur Google, sur Facebook, n’importe quoi, sur Bolloré, ça aurait été pareil, ça donne à voir tout ça, leur façon de vivre et de gérer les entreprises. C’est ça qui est intéressant. Alors le family office, Drahi il a investi dans un certain nombre de choses. Alors, on a donné quelques exemples dans l’article. Pour expliquer aux gens, par exemple, il a fabriqué des entreprises dont certaines ont investi, par exemple, dans un gratte-ciel à New York. Patrick Drahi, il y a une société qui achète un appartement au dernier étage de ce gratte-ciel.
01:09:28David Dufresne
Antoine, je t’interromps deux secondes parce que là, nous venons de recevoir un raid. Est-ce que tu sais ce que c’est qu’un raid sur Twitch ?
01:09:36Antoine Champagne
C’est très simple
01:09:39David Dufresne
C’est donc le monde moderne, monsieur Poulain Alexis qui vient de terminer son émission sur sa chaîne et qui, à la fin, dit : tenez, allons tous chez Dafduf, et donc là, tout d’un coup, il y a 700 et quelques personnes qui viennent d’arriver, plus les 400 qui étaient là, donc là, il commence à y avoir du monde, si tu veux, et donc je fais juste un petit break pour te présenter : Antoine Champagne, directeur de la publication Reflets.info, qui existe depuis une douzaine d’années, qui fait dans l’information hacking, on va dire ça comme ça, et qui a révélé il y a deux jours, non pas, enfin qui n’a pas révélé, mais qui a fait le travail que les autres n’ont pas fait, à propos des leaks concernant le groupe Altice et la famille Drahi, Patrick Drahi étant le boss d’ Altice, et là, on était en train d’expliquer le family office, c’est-à-dire la petite entreprise qui gère les biens de la famille Drahi. Et là, on commençait tout juste avec un modeste appartement, vous allez voir qu’en fait il y en a plusieurs dans la même tour à New York. Donc soyez les bienvenus, si vous ne connaissez pas Reflets, allez-y, Reflets.info. L’abonnement est à 3 euros par mois.
01:10:54Antoine Champagne
3,60 € par mois et 36 € par an, on est parmi les moins chers, et pourquoi on fait payer ? Parce qu’on fabrique de l’information, donc ça coûte beaucoup de temps et d’argent, et surtout on est complètement indépendants, on ne peut vivre que grâce à nos lecteurs et à leurs abonnements. On ne diffuse pas de pub, on n’a pas un milliardaire missionnaire, Patrick Drahi n’a pas encore investi dans Reflets. Et surtout pas de pub et pas de revente de données personnelles. On ne fabrique pas d’autre argent que celui qui est amené par nos lecteurs.
01:11:45David Dufresne
Donc on faisait le point, ces leaks sont apparus fin juillet, début août, ce n’est pas très clair la chronologie, enfin qu’importe. C’est donc un groupe de hackers qui a fait chanter le groupe Altice, qui est allé, juste un petit résumé rapide, infiltrer les ordinateurs du groupe Altice, qui a, comme font en règle générale les rançongiciels, c’est-à-dire monnayé le fait de pouvoir, pour la maison Altice, récupérer les données qui avaient été chiffrées par les mêmes hackers. On ne sait pas ce qui s’est passé, est-ce qu’ Altice ou non a payé, pas assez ou pas autant, pas assez vite, etc. Qu’importe, 25 %, disent les hackers, des documents ont fuité sur Tor, et Reflets.info, Antoine Champagne en l’espèce, Antoine Champagne qui est un pionnier du web, il était là dès les années 90, c’est un type qui connaît parfaitement le hacking, etc., est allé regarder avec son équipe les documents, et Reflets.info commence depuis deux jours à sortir petit à petit des enquêtes basées sur la fuite de ces données. Fuite de données qui, à ma connaissance, n’a pas fuité en dehors du monde de la presse qui est tournée vers le hacking, vers le numérique, ou à la limite vous, vous êtes le plus généraliste des canards à en avoir parlé, je me goure ou pas, ou est-ce qu’il y a eu comment ?
01:13:12Antoine Champagne
Non, non, tu ne te goures pas, il n’y a eu aucun papier nulle part. Non, non, les seuls papiers qu’il y a eu reprennent des infos publiées par Zataz, qui sont assez sommaires, qui disent juste : voilà, il y a eu ce piratage, il y a des données importantes, voilà, et c’est tout. Personne n’est allé, pour l’instant, faire ce qu’on a fait, personne n’a encore regardé en détail. On va ralentir. Ou alors ils n’ont pas eu le temps, je ne sais pas, on va voir.
01:13:43David Dufresne
Alors, on va raconter maintenant le family office de la famille Drahi, et ensuite on parlera parfois des commentaires très désagréables et qui sont absolument à l’inverse de ce que vous cherchez par rapport à votre travail, parce qu’évidemment, ça pose des questions techniques, morales, etc. Donc ça, on ne va pas l’évacuer. Mais d’abord, de quoi il s’agit-il ? Le family office… Cette boîte qui, notamment, je retrouve le passage voilà, 54 millions de dollars, l’appart à New York. Voilà ce qu’a fait le family office de Drahi.
01:14:14Antoine Champagne
En gros, le family office, il crée une boîte qui est elle-même En plus, c’est toujours très compliqué, pour l’instant on découvre, on en fera plus dans les mois à venir, mais en gros chez Altice, tu as toujours une boîte au Luxembourg qui détient une boîte au Luxembourg, qui détient une autre boîte au Delaware, aux États-Unis, ce sont tous des endroits fiscalement « amis », si tu veux, enfin « amis » au sens où tu n’es pas trop taxé quand tu es taxé, donc les impôts sont minimes. Donc il y a beaucoup de boîtes dans des boîtes, c’est un peu des poupées russes. Donc c’est toujours un peu compliqué de suivre le cheminement de ces trucs-là. C’est clair, dans les documents, on voit qui détient quoi, etc., mais c’est toujours un peu compliqué de remonter le truc.
01:15:15Antoine Champagne
Donc en gros, ces boîtes qui détiennent des boîtes finissent par acheter, par exemple, un appartement au dernier étage d’un gratte-ciel à New York, à près de 54 millions de dollars, de mémoire. Et puis cette boîte-là, elle est détenue par les deux fils de la famille Drahi. Mais il y a une des sœurs qui se dit que ça a l’air sympa, ce type de biens, je raconte n’importe quoi, c’est probablement pas comme ça que ça s’est passé, mais ça lui plaît, ils meublent et tout, ils vont acheter un appart, j’ai bien aimé. Ah ouais, je vais en acheter aussi, sauf qu’il est un peu plus bas dans la tour, donc il vaut un peu moins cher, il est plus petit aussi, il est à 25 millions de dollars. Donc en gros, ils s’achètent des appartements à plusieurs dizaines de millions de dollars, ce ne sont pas des propriétés avec 300 000 m² et quatre piscines.
01:16:13David Dufresne
Ce ne sont pas les studios d’« Au poste », c’est vraiment petit.
01:16:15Antoine Champagne
C’est vraiment beaucoup de mètres carrés, mais peu importe, ces appartements dans un gratte-ciel un peu moche à New York, un peu moche au sens de mon analyse, mais il est bien situé, il est sur Central Park. Mais bref, donc ils s’achètent des appartements comme toi tu t’achètes un paquet de chips, tu vois ce que je veux dire, sauf que là, c’est une demi-douzaine de millions de dollars. Le family office va également avoir une collection d’art et de bijoux, une tripotée de tableaux de maîtres, tous les noms connus.
01:17:01David Dufresne
Oui, alors tu les donnes, je ne sais plus à quel moment.
01:17:07Antoine Champagne
J’en donne quelques-uns, mais tu as du Picasso, du Malevitch, tu as tout ce que tu veux, ils ont tout ça, du Buffet, en tout des tableaux achetés en partie chez Sotheby’s, qui appartient d’ailleurs à Drahi. Voilà, le family office, c’est toutes sortes d’investissements comme ça, des propriétés un peu partout dans le monde et toutes sortes de choses. Pendant un moment, alors ils l’ont revendu, il y a un super-yacht qui fait 55 mètres, c’est lucide.
01:17:57David Dufresne
Qui a été estimé en 2017 à 33 millions, vendu finalement plus de 16 millions en 2021. Le budget annuel du bateau s’élevait à près de 3 millions d’euros.
01:18:05Antoine Champagne
Oui, parce que quand t’as un bateau comme ça, tu l’achètes 25 millions d’euros et puis après, tous les ans, il faut que tu allonges. C’est ça qui est intéressant et qui est d’intérêt public, c’est que les gens savent que les super-yachts, ça coûte cher, mais après, le détail du budget annuel d’un bateau…
01:18:29David Dufresne
Alors, tu as raison, moi je comprends mieux pourquoi il ne faut pas taxer les ultra-riches, parce qu’effectivement ils ont quand même des problèmes de frais incroyables. Le budget annuel du bateau s’élevait à près de 3 millions d’euros, dis-tu, il faut comprendre, les amis. Ceci inclut le carburant, l’ancrage dans les ports, la prise en compte globale de l’équipage, il faut en avoir des comptes, la masse salariale, les salaires, les voyages, les uniformes, le logement, les pièces détachées variées, les outils de communication, l’assurance, les taxes selon les pays visités, l’entretien annuel, mais il y a aussi les frais…
01:19:05Antoine Champagne
Alors, les prestations dans l’avion.
01:19:08David Dufresne
C’est ça qui me fait marrer, c’est que tu vas raconter des détails, parce que là, à la limite, le yacht, l’appartement, les tableaux de maître, on s’y attend, mais le family office, ça va quand même très, très, très… C’est du micro-management, là, à ce niveau-là.
01:19:20Antoine Champagne
Le family office, visiblement, dans le cas particulier de Yafit, entoure la famille Drahi au sens où le family office s’arrange pour que tout soit au mieux pour la famille Drahi dans tous les cas de figure. Alors, notamment, ils ont des fiches descriptives de chaque membre de la famille et de leurs besoins ou leurs préférences, on va dire, qui sont probablement fournies quand un des membres de la famille prend un avion, un jet privé, et fournies à l’entreprise qui affrète le jet, et comme ça, quand le membre de la famille arrive dans l’avion, tout le monde est aux petits soins, et le personnel sait ce que la personne qui a acheté le passage dans l’avion aime manger, et pas les trucs qu’elle n’aime pas. Par exemple, tu ne peux, sous aucun prétexte, servir à Patrick Drahi des tomates sous quelque forme que ce soit, mais en revanche, il faut qu’il y ait toujours des bonbons Haribo.
01:20:41David Dufresne
Alors non mais attends, il faut être précis, t’as fait un gros… Ouais, des fraises Tagada et des World Mix. Et le World Mix, alors je ne sais pas ce que c’est que le World Mix, mais enfin bon…
01:20:52Antoine Champagne
Ah, c’est un mélange.…
01:20:55David Dufresne
Mais il y a un côté drahilien. Toi, il faut qu’on t’apporte ton casque.
01:21:01Antoine Champagne
Vous tous, ça… t’as vu la qualité du casque, il y a même du scotch.
01:21:07David Dufresne
Je vois, je vois. Il y a le beurre ? Le beurre, t’en as parlé ou pas ?
01:21:15Antoine Champagne
Ah oui, le beurre, bien sûr, c’est des détails qui sont un peu débiles, c’était pour montrer un peu la déconnexion du truc, je ne sais même pas s’ il faudrait lui demander, il n’a pas voulu nous répondre à nos questions, mais je pense que si tu lui sers du beurre, il ne va pas en faire une… une histoire, ouais, mais… c’est le genre d’humour que vous avez ? Ouais, non.
01:21:54David Dufresne
Oh, c’est bien, c’est bien.
01:21:54Antoine Champagne
En fait, on a une fédération de la vanne pourrie en interne.
01:21:58David Dufresne
Vous êtes champions du monde, on m’a dit.
01:22:00Antoine Champagne
Il y a deux grands champions, donc je pense que lui-même s’en fout un peu, je pense qu’il n’en fait pas une histoire, mais les gens du family office, ils sont probablement aussi différents que des gens peuvent l’être avec un président de la République ou un ministre, c’est-à-dire qu’ils vont faire du zèle, tu vois ce que je veux dire, tellement ils sont fascinés par le personnage, donc en gros il faut surtout qu’il n’y ait pas du beurre dur, froid à table, et en tout cas pas du beurre salé, ça c’est certainement…
01:22:45David Dufresne
Alors Antoine, on parle de ça parce qu’évidemment, quand on lit donc ton premier papier, celui qui est à l’écran, il va y en avoir d’autres, tu as eu raison de préciser que bien évidemment, tu as fait ton boulot, c’est-à-dire que tu as contacté Altice, tu as contacté même Patrick Drahi.
01:23:00Antoine Champagne
Je n’ai pas contacté Altice, j’ai contacté Patrick Drahi en personne.
01:23:04David Dufresne
Ces personnes, puisque visiblement elles doivent traîner dans les papiers, et tu n’as pas eu de réponse.
01:23:09Antoine Champagne
Je n’ai pas eu de réponse et j’ai contacté également la personne qui s’occupe un peu de tout sur son family office et je n’ai pas eu de réponse. Alors hier, on a contacté officiellement le directeur de la communication d’ Altice France puisque on l’a vu arriver dans nos abonnés chez Reflets. C’est sympa.
01:23:31David Dufresne
Et là, il a pris quel genre d’abonnement ? Je ne sais pas.
01:23:35Antoine Champagne
Franchement, je n’ai pas regardé, je ne sais pas.
01:23:37David Dufresne
Juste de quoi faire une capture d’écran des articles.
01:23:40Antoine Champagne
C’est possible, tu sais, chez Reflets il y a un truc qui est bien, c’est que contrairement à d’autres journaux, tu peux te désabonner en un clic, donc il y a des gens qui s’abonnent pour ça.
01:23:50David Dufresne
Ne me dis pas qu’il a fait ça !
01:23:51Antoine Champagne
C’est ça, bon !
01:23:58David Dufresne
Vous annoncez, là vous faites un peu la façon Mediapart, vous annoncez un petit feuilleton, vous allez en faire plusieurs.
01:24:12Antoine Champagne
C’est très compliqué, c’est un peu comme si on était dans une boîte toute noire et que de temps en temps il y a un peu de lumière qui s’affiche et on voit un truc. Donc, puisqu’on n’est pas dans le… Personne chez nous n’a travaillé chez Altice ou ne connaît l’historique ou la façon de travailler de cette boîte, etc. Donc on découvre et il faut bien comprendre, je veux dire, c’est un secret pour personne, il faut comprendre que le groupe Altice est un groupe énorme, il y a énormément d’ingénierie financière qui a été mise en place pour construire ce groupe, c’est-à-dire qu’il est complexe avec, je te le disais tout à l’heure, des entreprises qui détiennent des entreprises, qui détiennent des entreprises, etc., avec des participations croisées dans tous les sens, c’est très compliqué à comprendre. Donc on ne peut pas dire : dans trois jours, on aura fait le tour du truc et on aura fait quinze articles qui expliqueront les détails du truc, ça va nous prendre beaucoup de temps. Donc oui, effectivement, on va y revenir.
01:25:40David Dufresne
Mais justement, la question se pose, elle est posée dans le chat par Gédamino qui dit : c’est de l’optimisation fiscale en soi, et donc légal.
01:25:51Antoine Champagne
Alors oui, effectivement, il y a dans les documents des informations qui montrent qu’il y a une recherche d’optimisation fiscale. C’est légal, c’est comme beaucoup de choses, on parlait tout à l’heure de morale, d’éthique, etc., ce sont des concepts intéressants, des histoires de bien commun, etc. On retombe un peu là-dedans parce que tu peux décider que tu vas faire une recherche, quand tu es une entreprise, une recherche systématique d’optimisation fiscale. Et donc tu vas essayer de payer le moins d’impôts possible, c’est une démarche, elle est effectivement légale, tu as le droit de le faire, pourquoi pas, mais si tu fais ça moralement, la morale c’est un truc ce sont des règles qui sont communément partagées. À peu près toute l’humanité comprend que moralement il y a un certain nombre de choses qu’on ne fait pas. Ce n’est pas une question de légalité, le droit c’est le droit, la morale ce sont des concepts différents. C’est toi qui penses le bien et le mal. En clair, par exemple, égorger des petits enfants, moralement bof, légalement aussi c’est interdit, mais moralement vraiment pas bien. Systématiquement essayer de payer le moins d’impôts possible, moralement quelque part bof aussi. Pourquoi ? Parce que l’ensemble de l’humanité pâtit du fait que l’entreprise s’enrichit, s’enrichit, s’enrichit mais ne redistribue pas grand-chose, et on retombe dans ce concept complètement foireux qui a été développé par une partie du patronat et des séquences politiques, qui est le concept du ruissellement, c’est-à-dire que si tu facilites la vie des gens très riches, l’argent va redescendre, ruisseler sur les plus pauvres. Non, ça ne marche pas comme ça, ça marche dans l’autre sens. C’est-à-dire que le ruissellement, c’est beaucoup d’argent qui est pris en bas, là où il est, et qui remonte vers quelques personnes tout en haut. Si tu ne payes pas d’impôts, il y a moins d’hôpitaux, moins de routes, moins d’écoles, moins de tout pour faciliter la vie de la communauté. Et donc, moralement, c’est bof. Éthiquement, l’éthique, c’est encore autre chose. C’est ce que toi, tu juges être le bien et le mal. Ce n’est pas la morale qui est communément partagée. C’est ce que, toi, tu penses être bien ou mal, l’éthique. À mon sens, c’est quelque chose de très, très important. L’éthique personnelle, chaque humain est-ce que tu es OK avec l’idée tu vois, c’est des discussions que chacun doit avoir avec lui-même.
01:29:14David Dufresne
Oui, d’ailleurs je vois que le chat réfléchit, se répond, débat, on a par exemple Estelito qui nous dit : c’est aussi une question d’époque et de contexte, on est arrivé à un stade du capitalisme où l’optimisation fiscale ne passe plus moralement.
01:29:31Antoine Champagne
Moralement, bien sûr, mais éthiquement non plus, parce que… Et tu peux le voir même encore autrement. Par exemple, là, on brasse… tout à l’heure, on brassait des millions. Mais mis bout à bout, les millions, tu vois, pour les appartements, 25, 54, machin, tu rajoutes des œuvres d’art, plusieurs millions aussi, etc. À la fin, tu vas finir dans les milliards. Ou dans le milliard, enfin je n’en sais rien. Moi, ma question éthique va être la suivante : par exemple, ça ne concerne que moi et ça n’est pas quelque chose qui influe sur la façon dont j’écris, mais par exemple, éthiquement, je pense qu’il y a un moment où tu as, en tant qu’être humain, où tu as amassé suffisamment d’argent, parce que tu n’auras plus jamais besoin de travailler, tes enfants n’auront plus jamais besoin de travailler, tes petits-enfants n’en auront plus jamais besoin. À quoi sert le milliard d’après ? Il y a un moment où ça n’a plus de sens.
01:30:47David Dufresne
C’est vrai, c’est ce que je me disais l’autre jour. Pourquoi ça sert ? J’en suis à 12, pourquoi ? Pourquoi un treizième ?
01:30:53Antoine Champagne
En fait, il y a un moment où ça n’a plus de sens, parce que tu ne pourras de toute façon pas dépenser tout cet argent pour ta consommation personnelle. Je veux dire, tu peux évidemment toujours t’acheter des appartements, tu peux toujours t’acheter des immeubles, tu peux toujours t’acheter des avions, ce n’est pas le problème, mais tu ne vas pas consommer tout ça, donc tu ne vas pas habiter dans 50 ou 100 appartements, tu ne peux pas prendre quatre avions privés en permanence, tous les jours, etc. Il y a un moment où ça n’a plus de sens. Cet argent-là serait bien mieux utilisé si tu prends les 50 premiers milliardaires de la planète et tu leur demandes de mettre chacun 2 milliards au pot, tu vas obtenir une somme qui va te permettre de régler énormément de problèmes pour l’humanité, une partie de la faim dans le monde, une partie des vaccinations pour tout le monde, enfin voilà.
01:31:59David Dufresne
Alors, ce qui est intéressant, Antoine, je te coupe, c’est que là, justement, tu abordes le fond du problème de ce que, peut-être, ces fuites vont révéler ou éclairer d’une manière ou d’une autre, mais ce n’est pas ce que vous avez fait jusqu’ici. Et il y a une question qui est posée par le chat de Nagbava qui dit : « j’apprécie Reflets, mais je reste moyennement convaincu de l’intérêt de ces infos ». Alors là, il parle à ce moment-là du family office. « De s’intéresser aux riches par le yacht, c’est vraiment le petit bout de la lorgnette ».
01:32:28Antoine Champagne
Oui, bien sûr, mais alors pour l’instant on essaye de poser un décor, il faut bien comprendre dans quel contexte on est, le contexte aujourd’hui c’est quoi ? C’est un président de la République qui est ce qu’il est et qui raconte un peu tout le temps, en permanence, il est probablement un des plus mauvais présidents qu’on ait jamais eus. Totalement médiocre, enfin bon, c’est terrible, je passe sur la période des Gilets jaunes qu’on a vécue toi et moi au cœur du truc, avec les blessés, les gens, les borgnes, etc. Enfin, c’était une violence terrible. Et donc ce président vient à la télé et explique aux Français que c’est la fin de l’abondance. Et à ce moment-là…
01:33:24David Dufresne
Et oui, c’est ça.
01:33:25Antoine Champagne
On est en train de lire les documents du family office de la famille Drahi. Encore une fois, ça pourrait être le family office de la famille Bolloré, ça peut être le family office de n’importe qui, d’Elon Musk. Ça tombe sur Drahi, bon. Et là, on se rend compte que l’abondance, elle est là. Enfin, demain, dans un an, dans trois ans, dans dix ans, la famille Drahi continuera à voler dans des jets privés pour 70 000 dollars les quatre heures d’avion, tout seul dans un jet privé. Il ne va pas, tout d’un coup, du jour au lendemain, prendre un vol sur EasyJet pour réduire ses émissions carbone. C’est du grand n’importe quoi, c’est-à-dire qu’on est dans un théâtre, en fait, donc c’était important de montrer, donc on a commencé par ça. C’était le décor, mais comme je disais tout à l’heure, il va nous falloir du temps, en même temps, pour comprendre comment fonctionne ce groupe qui est très complexe. Et pour analyser tout ça, il va falloir du temps, beaucoup de temps. C’est beaucoup de travail, donc évidemment on va y revenir et on va s’intéresser à ce groupe sous plein d’angles différents, ne vous inquiétez pas, juste donnez-nous du temps et surtout abonnez-vous parce que plus vous vous abonnez, plus on a du temps, plus on peut payer les journalistes pour travailler sur ce sujet, etc.
01:35:12David Dufresne
Je disais tout à l’heure qu’il y a eu des retours qui, évidemment, vous posent problème. Je pense à des visions complotistes. Là, je parle de réactions sur Twitter et des réactions antisémites, puisque Patrick Drahi est de confession israélite. Et donc là, évidemment, ce n’est absolument pas ce que vous cherchez. Et c’est l’occasion pour toi de t’exprimer là-dessus.
01:35:43Antoine Champagne
Oui, c’est un peu un enfer quand tu es journaliste parce que c’est quelque chose qui est extrêmement compliqué, ce truc-là. Quand tu es journaliste, il y a une espèce de différence avec le reste de la population qui consiste principalement en ceci : c’est que tu es surinformé, tu passes ton temps à lire, à emmagasiner des informations, tu as une vision du monde qui est différente, et c’est un peu ce qu’on essaye de faire dans notre métier. Je parle de moi, je parle des gens de Reflets, et en règle générale, je pense que à peu près tous les journalistes essayent de faire ça. Quand on écrit un article, qu’est-ce qu’il faut faire ? On passe aux autres ces informations, la plupart du temps on essaie de les vulgariser, de les mettre en forme, de leur donner du sens dans un contexte, de donner du sens, etc. Pourquoi on fait ça ? Pour que les gens puissent prendre des décisions éclairées, c’est-à-dire qu’ils aient toutes les informations nécessaires pour prendre une décision éclairée. C’est toute la différence entre le journalisme et les dérives complotistes qui abreuvent les gens de conneries sur Twitter, Facebook ou ailleurs en permanence. Et les gens prennent après des décisions qui sont tout sauf éclairées, c’est-à-dire que c’est n’importe quoi, les fake news, etc. Et là, évidemment, quelqu’un qui brasse des millions ou des milliards, en quelques instants, on avait toutes sortes de délires complotistes qui arrivaient dans le fil Twitter de Reflets, y compris des propos antisémites, puisque… C’est terrible, c’est dément de voir que des gens s’enferment dans des délires, c’est insupportable, en fait.
01:38:05David Dufresne
Donc c’était l’occasion pour toi d’y répondre.
01:38:09Antoine Champagne
Oui, on a répondu sur Twitter immédiatement, il y a des trucs, tu vois, par exemple, tout le monde était en train de pointer nos articles vers les gens les plus complotistes possible en leur disant : regarde, regarde ça, etc. Mais pitié, quoi, lâchez-nous, au moins, mais lisez les articles, arrêtez de rebondir sur un titre, regardez ce qu’il y a dedans. Réfléchissez par vous-même, arrêtez de vous abreuver de stupidités. Tout ça débouche sur des trucs terribles. J’avais beaucoup écrit sur les Qanon, c’est grave. Après, il y a des gens qui…
01:38:53David Dufresne
Bon, alors à propos des Qanon, Antoine, j’en profite pour faire un petit placement de produit. Vendredi soir, on sera en direct de La Parole Errante à Montreuil, où Wu Ming 1, auteur du collectif Wu Ming, sort un livre intitulé « Q comme complot » chez Lux Éditeur, où justement il revient sur la genèse, puisqu’au départ c’est un délire de gauchistes italiens dont il fait partie, Q, et qui est récupéré, totalement retourné, puisque ça va jusqu’à Trump, donc la blague de potache devient un truc mondial et on sera vendredi soir en direct, Wu Ming sera avec ses traducteurs et traductrices et c’est animé par Yves Pages et je pense que ce sera l’occasion de réfléchir à ces questions-là de complotisme, etc.
01:39:46David Dufresne
Alors, qu’est-ce qui nous attend dans les jours ou dans les semaines qui viennent ? Est-ce que tu peux nous dire un petit peu plus sur ce que vous allez publier ou pas encore ?
01:39:57Antoine Champagne
Alors, je ne peux pas dire grand-chose sur ce qu’on va publier parce que, comme je le disais tout à l’heure, nous, Reflets, le buzz, ce n’est pas notre truc. Le fait de publier… il y a plein de gens qui publient très vite pour ne pas être dépassés par la concurrence, etc. Nous, ce n’est pas notre truc, on aime vraiment, depuis toujours, prendre le temps de la réflexion, mettre les choses dans un contexte plus large, essayer même parfois de les remettre dans un contexte historique, mieux comprendre pourquoi on en arrive là aujourd’hui. Donc, on va prendre le temps d’analyser les contenus de ces documents et on fera des articles au fil du temps. Là, probablement, le prochain article va parler de sécurité. Quand un truc comme ça arrive, c’est mon analyse personnelle de gars qui traîne dans le monde de la sécurité informatique depuis les années 90. Ça vaut ce que ça vaut, je ne suis pas un informaticien ou quelqu’un de vraiment spécialiste, c’est juste que c’est un domaine dans lequel je baigne. Et donc mon analyse, franchement… comme je le pense, je pense que ce leak est d’une gravité exceptionnelle en termes de sécurité pour le groupe Altice. Je ne sais pas s’ils ont pris la mesure du truc, je ne sais pas si, en interne, il se passe quelque chose depuis…
01:41:44David Dufresne
Oh, il y a des gens en dessous.
01:41:45Antoine Champagne
Très bien.
01:41:47David Dufresne
Déjà, ils se sont décidés pour s’abonner à Reflets.
01:41:50Antoine Champagne
Ils ont déjà fait un premier pas, mais je pense que si moi j’étais le patron d’ Altice, je serais en mode guerre totale. C’est-à-dire que j’aurais des équipes d’informatique dans mon bureau et elles n’en sortiraient pas tant qu’elles n’auraient pas fait un certain nombre d’actions. En l’occurrence, de ce qu’on a pu savoir de gens travaillant dans le groupe Altice, ça n’a pas l’air d’être tout à fait le cas. Moi, je pense qu’il y a vraiment de très, très gros problèmes potentiels. Donc on va essayer d’expliquer pourquoi et en quoi.
01:42:32David Dufresne
Alors d’autant que tu n’as pas pu t’empêcher d’ironiser parce que sur la question de la sécurité, tu expliques que SFR est le cordonnier de la cybersécurité le plus mal chaussé, puisque en fait, quelques jours avant, au mois de juin 2022, SFR, FIC 2022, SFR Business lance un service de SOC, putain je ne comprends rien, nouvelle génération pour protéger les entreprises des cybermenaces. Bon, en gros, SFR disait : venez chez nous parce que nous, on a un super produit pour vous protéger des cyber attaques. Et bam, un mois plus tard… Je me suis demandé en lisant ton papier si les mecs du groupe Hive qui ont piraté Altice, ça les avait énervés et si c’était la raison pour laquelle ils s’étaient mis à attaquer.
01:43:19Antoine Champagne
Mais en revanche, je trouve que c’est une fabuleuse illustration, comme toujours, de ce qu’est le monde du cyber. Le monde du cyber, c’est le monde digital, le monde numérique, depuis toujours, et c’était le sens du premier site que tu as montré en ouverture, comme ça on va boucler la boucle, ça s’appelle La Chute, le premier site que je faisais, que tu as montré, je me moquais de l’insécurité informatique des grosses entreprises, et notamment à cette époque-là, j’avais épinglé le groupe SFR. En fait, depuis toujours, c’est un monde très étonnant, où tu as des gens qui… comment te dire ? Enfin, on peut en parler des heures.
01:44:21David Dufresne
Tu sais quoi, je pense qu’il va falloir que tu reviennes, toi ou l’équipe avec toi, si vous voulez, de temps en temps pour raconter vos enquêtes et tout ça, parce que c’est absolument passionnant.
01:44:33Antoine Champagne
Pour te dire, je pense que dans le monde de la sécurité informatique, il y a énormément de blabla, de gens qui vendent monts et merveilles pour des montants astronomiques et qui, en fait, vendent, entre guillemets, de la merde. En fait, très clairement, c’est un truc impossible, tu dis : on va sécuriser l’informatique de votre entreprise, alors que tu sais que sécuriser un réseau, tu vas le sécuriser. Au moment pile poil où tu as dit : ça y est, j’ai tout sécurisé, puis une heure après, il y a 15 failles qui sont apparues sur 15 logiciels qui sont installés sur ton réseau et ça y est, ton réseau n’est plus sécurisé, donc de toute façon, tu sais que c’est une mission impossible. Alors venir faire des communiqués de presse de malades mentaux en disant : venez chez nous, on est les meilleurs, personne n’a jamais fait un truc aussi fantastique, etc., c’est ridicule, c’est complètement débile. Et voilà ce qui se passe.
01:45:37David Dufresne
Alors je laisse les curieux et les curieuses découvrir le premier volet de l’enquête où tu démontes aussi un communiqué de presse qui a été envoyé le 2 septembre pour dire : tout va bien, ne vous inquiétez pas. Il est déjà tard malheureusement. Je vais quand même… il y a quelques questions sur Reflets, des questions ou des remarques. Alors déjà, est-ce que des mesures de sécurité ont été prises justement par les journalistes de Reflets ? Est-ce que vous êtes donc ça c’est à nouveau Nakbava. Il y a aussi passe-moi le moineau, pardon est-ce que vous craignez des poursuites judiciaires coûteuses ? Et il y a Grand Silence qui dit : je me suis abonné à Reflets pour fêter la rentrée et la sortie de leur enquête. Les enquêtes sont superbement écrites, j’adore leur style. Ça, c’est Grand Silence qui s’est abonné récemment. Ah, le petit côté Facebook là !
01:46:44Antoine Champagne
Je vais faire comme on fait aujourd’hui.
01:46:46David Dufresne
Attends, il se regarde. Est-ce que tu peux refaire le petit cœur ? Voilà, ça, ça va être tweeté directement. Donc oui, est-ce que vous avez pris des mesures de sécurité et puis voilà, est-ce qu’on craint des suites judiciaires ?
01:47:08Antoine Champagne
Alors, aujourd’hui, on parle de nous à cause de cette histoire Altice. On a sorti depuis 2010 des trucs absolument énormes, parfois beaucoup plus importants que cette histoire, avec des gens extrêmement puissants derrière également, avec des ressources très, très importantes, y compris étatiques. On a une fois reçu des menaces de mort très précises par deux personnes différentes qui étaient à des postes très importants, etc., donc ce n’étaient pas des blagues. Ça se concrétise. Je pense que les gens qui avaient fait ces menaces, par exemple, avaient un ego surdimensionné, n’ont pas compris ce qu’ils avaient en face. Donc qu’est-ce qu’on a fait immédiatement ? On a créé un article pour dire qu’on avait reçu ces menaces. On n’a pas cité les personnes précisément, mais on a expliqué que c’était à des postes importants, que ce n’était pas une blague, et qu’évidemment on avait immédiatement pris l’ensemble des documents qui étaient en notre possession et qu’on les avait déposés chez nos amis du Canard enchaîné, avec un petit fichier explicatif sur comment utiliser ces données s’il nous arrive quelque chose.
01:48:37David Dufresne
Jean-Patrice Solari.
01:48:42Antoine Champagne
C’est vrai, mais ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas quelque chose qui nous fait vraiment peur. Après, sur les procès, on s’en étonnait parfois d’ailleurs de ne jamais avoir eu un seul procès depuis 2010 avec toutes les choses qu’on a révélées, notamment, ce serait l’occasion d’une autre…
01:49:05David Dufresne
Même des procès bâillons, c’est-à-dire ces procès dont celui qui l’intente sait qu’il va le perdre, mais c’est pour intimider.
01:49:18Antoine Champagne
On a sorti des trucs sur des outils de surveillance massive bien avant les histoires Snowden, des ventes par la France à des gens sympathiques comme Kadhafi, le Qatar, etc. On a publié des choses qui auraient dû nous valoir des procès, ce n’était pas le cas. Et c’est la mauvaise série. L’année dernière, on a eu un premier procès d’un entrepreneur dans le nord de la France qui nous fait un procès bâillon de ce genre-là, en diffamation, qu’on espère tout à fait gagner puisqu’on a toutes les billes nécessaires. Mais c’est très coûteux, surtout en termes de frais d’avocat, parce que c’est beaucoup de travail, parce que ce sont toujours des trucs très complexes. Si demain Altice nous fait un procès, il va falloir que l’avocat se penche sur des volumes de documents très importants et c’est beaucoup de temps, et donc ça coûte très cher. On est un tout petit journal, on a de tout petits moyens, on est vraiment une toute petite structure, on est juste des artisans de l’information, on est quelque part un peu des artisans de l’information, c’est-à-dire qu’on fait les choses comme les vieux journalistes comme moi. Voilà, en gros, on a une façon de travailler très ancienne et, je pense, une forte éthique qui nous motive tous chez Reflets. Donc, on fait les choses bien. Donc, quand on a de tout petits moyens, quand on a un procès comme ça, c’est très, très dur pour nous, financièrement. Donc si vous avez envie soit de vous abonner soit de faire un don à Reflets, on a une page Tipeee, on a deux pages sur J’aime l’info pour des collectes de fonds si vous voulez faire un don. C’est très important parce que là, pour l’instant, on va le faire mais on n’a pas encore lancé de collecte de fonds pour ce procès. On en a un deuxième qui vient d’arriver, là on a une deuxième entreprise qui nous fait un procès en diffamation pour un truc assez récent, un article assez récent. Ce sont des gens qui… c’est un problème de… comme tu dis, ce ne sont pas des procès bâillons au sens strict, c’est pour dire : regardez, on ne se laisse pas faire, en contre-attaque, même si on perd, c’est sûr à 150 %.
01:52:07David Dufresne
Et c’est aussi pour envoyer des messages aux autres journalistes en disant : vous n’oubliez pas, d’abord c’est bidon, les attaquer, vous allez voir, et ça c’est évidemment une façon de se servir de la justice.
01:52:25Antoine Champagne
Donc là, ils ont attaqué trois médias indépendants qui avaient écrit sur eux, dont nous. On est sûrs qu’on va gagner, sur le fond, mais ça va nous coûter beaucoup d’argent. Pour notre budget annuel, c’est beaucoup, beaucoup d’argent en termes de frais d’avocat. Si vous voulez les soutenir un peu, c’est bien.
01:52:45David Dufresne
Alors voilà, Célandy dit : il va falloir choisir entre Au poste et Reflets, dur, et c’est vrai !
01:52:51Antoine Champagne
Allez, un euro à chaque fois !
01:52:55David Dufresne
C’est vrai que c’est compliqué aujourd’hui, je le reconnais, nous sommes un certain nombre à tendre la main et en même temps, s’il n’y a pas de dons, s’il n’y a pas d’abonnements d’une manière ou d’une autre, eh bien cette qualité de travail n’est pas garantie.
01:53:13Antoine Champagne
C’est ce que je dis souvent, c’est qu’en fait, en vous abonnant à des journaux indépendants, à des entreprises de journalistes, à des projets journalistiques indépendants, en fait, vous fabriquez votre propre presse. Il y a, je ne sais pas si tu te souviens, dans les années 2000, il y avait une conférence qui s’appelait la Zelig. Sur l’histoire du DIY et la tagline, c’était un truc d’un chanteur punk, c’est « don’t hate the media, be the media ».
01:53:57David Dufresne
Tu connais le nom de…
01:53:57Antoine Champagne
Je me doutais que tu allais me le rappeler.
01:54:00David Dufresne
Je te remercie de me laisser ici.
01:54:02Antoine Champagne
C’est tout pour l’instant.
01:54:03David Dufresne
Je te remercie de me laisser la joie d’annoncer Jello Biafra.
01:54:08Antoine Champagne
Y a-t-il ?
01:54:09David Dufresne
Des Dead Kennedys, San Francisco, je suis allé chez lui. C’est vrai, je te jure, c’est quoi ? C’est rigolo, Jello Biafra ? Il était complètement maniaque. Pour aller chez lui, je te jure que c’était vrai, Jello Biafra, le mec des Dead Kennedys, pour moi, tout en haut de là. Il fallait mettre des patins. Et le patin… Je vois qu’il y a des connaisseurs. Merci infiniment Antoine, c’était un bonheur de te retrouver autant de temps plus tard.
01:54:47Antoine Champagne
Ben, merci à vous.
01:54:48David Dufresne
Si de temps en temps, je ne sais pas, vous avez besoin d’un petit coup d’éclairage, que tu veux passer, ou Jacques, ou quelqu’un dans l’équipe, ce sera avec grand plaisir. Voilà, n’hésitez pas, si ça peut vous aider. J’espère qu’il y a quelques personnes qui auront la possibilité de s’abonner à Reflets, de vous soutenir. Merci, merci beaucoup à toi, Antoine.
01:55:11Antoine Champagne
Merci beaucoup à toi aussi.
01:55:13David Dufresne
Et puis à très bientôt. Là, le chat va se mettre en… généralement, c’est là où il s’excite le plus possible. Merci Antoine, nous dit Onik Thin. Nagbava nous dit merci. Merci Antoine, merci beaucoup, plus de doigts, voilà, ça n’arrête pas. Bonne journée, nous dit Sundair, excellent. Passe-moi le monoï STP, merci, merci beaucoup, merci pour tout, merci beaucoup pour les efforts, Athéna City, ça c’est sauvage. Merci Antoine, nous dit Badas. À mon avis, t’as envoyé toute l’équipe, pourquoi il y a tous les abonnés de Reflets qui sont dans le chat, là, ou quoi ? Merci beaucoup Antoine, les punks en patins, distrait, je te le jure, c’était vrai. Merci les gars, bonne journée à tous, merci Antoine d’être venu nous parler de tout ça, reviens quand tu veux, merci, excellente journée, merci, merci. De toute façon, là tu lis, t’es un des rares à regarder de temps en temps, j’ai l’impression, le chat. Tu voyais bien d’ailleurs. Juste une question technique ? Oui, oui, oui. Ah super, on a fait des nouveaux réglages, bon super. Merci beaucoup Antoine, je reste avec les gens du chat. Bon courage et tenez-nous au courant, et tenez bon surtout.
01:56:19Antoine Champagne
Merci. Ciao.
01:56:20David Dufresne
Merci à toi, ciao ciao, merci Antoine. Ah les amis, c’était bien, non ? C’était bien, là, c’était bien. Alors attendez, qu’est-ce qu’on va faire ?
01:56:37David Dufresne
Ça ne fait pas 5 minutes, mon bon Pascal Praud, ça fait presque 2 heures, qu’est-ce que tu racontes ? Voilà, chers amis, dites-moi ce que vous avez pensé de cette émission, de cette prestation d’Antoine, dites-moi ce que vous en avez pensé. Je suis fan de Reflets, merci à tous, c’est pour l’anecdote des Tagada. C’était très intéressant, nous dit Lalio. C’était super comme toujours, super, top toutes les découvertes que je fais ici, super intéressant, il doit revenir, on va le forcer. Merci beaucoup, merci beaucoup pour les abonnements, il y a eu quelques abonnements aujourd’hui, justement on en parlait tout à l’heure, alors je ne sais pas pourquoi, les messages à caractère auto-promotionnel ne sont plus diffusés sur le chat, normalement on vous sollicite un peu plus souvent et là ça ne passait pas ce matin. Le moment ou jamais, si vous voulez fabriquer votre information, pour reprendre la phrase d’Antoine, eh bien c’est le moment. Soit vous vous abonnez via la chaîne Twitch, donc sachez que vous donnez 40 % à Jeff Bezos, soit vous pouvez faire un don par Tipeee ou par Utip. Merci à vous tous. Merci à tous, merci d’avance. Alors, attends, qu’est-ce qui se passe ?
01:58:15David Dufresne
Eh non, ma petite dame, on ne peut pas couper. Alors, rendez-vous à venir. Si vous ne suivez pas la chaîne, les amis, c’est le moment aussi de la suivre et d’activer vos notifications. Parce que de plus en plus, nous faisons des streams sauvages, c’est-à-dire qui ne sont pas déclarés en préfecture, donc si vous voulez être au courant de l’affaire, le mieux c’est de suivre la chaîne et d’activer vos notifications. Généralement, le lundi et le mercredi, c’était le cas aujourd’hui, on a des invités. Alors donc le lundi et le mercredi à 9 h. Le mardi après-midi, hier, on a fait une revue de presse. Il n’y avait pas grand monde, mais c’était chouette. D’ailleurs, si vous avez envie de faire des petits retours dans le Discord de l’émission, n’hésitez pas. Et puis il y a des streams sauvages. Alors cette année, on va suivre particulièrement l’Assemblée, donc tous les mardis, et à partir d’octobre, on suivra les questions au gouvernement. Et ensuite, on va suivre évidemment les débats qui nous préoccupent, c’est-à-dire dès lors qu’une loi ou une commission s’intéresse à la question des libertés, quelles qu’elles soient, publiques, individuelles, collectives, eh bien on sera là pour suivre l’affaire. Voilà, chers amis, vous le savez peut-être, vous ne le savez peut-être pas, je ne sais pas, Jeff Bezos, dans sa grande mansuétude…
02:00:07David Dufresne
Il a décidé de changer le règlement. Le règlement, c’est-à-dire que ce mois-ci, quel que soit merci beaucoup Estelo, super. Non attends Estelo, excuse-moi parce que c’était tout petit, voilà, super, merci beaucoup pour ton don de 3 euros Estelo, voilà, merci, merci beaucoup. Je vais aussi vous expliquer pourquoi c’est bien d’être abonné ou donateur. Mais donc sachez que Jeff Bezos, dans sa grande mansuétude, ce mois-ci, a décidé qu’il ne ferait pas de jet pendant une demi-journée et que donc il allait reverser aux streamers les 25 % qu’il vous prend d’habitude si vous vous abonnez. Ce mois-ci, c’est l’opération « September », complètement naze comme nom, enfin voilà. Donc sachez que là, ce mois-ci, c’est un peu moins cher jusqu’à la fin du mois si vous vous abonnez et c’est dégressif, c’est-à-dire que plus vous vous abonnez en avance sur un mois, deux mois, trois mois, plus vous économisez. Et pourquoi c’est important d’être donateur et donatrice ou abonné ? C’est parce que grâce à ça, si vous êtes abonnés, vous avez la rediffusion, toutes les rediffusions disponibles dès que le live est terminé. Et pour les donateurs, au bout d’un quart d’heure, le temps qu’on exporte la vidéo sur PeerTube ou sur YouTube, vous avez la vidéo qui est disponible pour vous en tant que donateur. Et pour ça, il faut lier vos comptes. Alors j’ai vu tout à l’heure que quelqu’un avait des petits soucis, si vous avez du mal à lier votre compte Utip ou Tipeee au Discord de l’émission, parce que dans le Discord, il y a les liens secrets pour les rediffusions, en sachant que les rediffusions sont ensuite disponibles pour tout le monde au bout d’une semaine. Et parfois, nous avons aussi des rediffusions qui sont faites spécialement pour la chaîne Blast, c’est le cas de Paul Rocher qui est en train d’être remonté par Euryale. C’est aussi le cas de Narbé, l’homme de i Fly Bernard, qui était là mercredi dernier. Tout ça va arriver chez Blast. Et pour terminer, je ne suis pas déçu, nous dit Steph, de quoi tu n’es pas déçu ? De quoi n’es-tu pas déçu ? Tout ça pour dire que le chat est ici, s’il est modéré de main de maître par Euryale et Jessie, c’est parce qu’elles sont, pour la première salariée, pour l’autre rétribuée sur facture, car ici, ligne de gauche, nous appliquons, tant que faire se peut, la redistribution. Voilà, donc sachez que quand vous vous abonnez ici, vous payez l’émission, vous payez l’équipe, vous payez la préparation, l’animation et le matos, et d’ailleurs, je dois me précipiter juste après pour aller acheter un câble pour être sûr que ça marchera bien vendredi. Voilà, chers amis !
02:03:37David Dufresne
Alors vendredi, nous serons avec « Q comme complot, comment les conspis défendent le système ? ». Ce sera à 19 h 30, avec Wu Ming 1, auteur chez Lux Éditeur, et ses traducteurs Anne Echenoz et Serge Quadruppani, dans la plus orange des librairies parisiennes, Le Monte-en-l’Air. Rendez-vous semi-clandestin avec Wu Ming, auteur anonyme chez Lux Éditeur, pour sa longue enquête sur Qanon, la nébuleuse conspirationniste américaine au service de la haine, du mensonge et du statu quo. Nous serons là, tapis dans l’ombre, aux côtés d’Yves Pages, animateur de la soirée, et des traducteurs Quadruppani et Echenoz. Donc ça, c’est pour vendredi à 19 h 30, stream nomade puisque je vais aussi essayer cette année, pour cette saison 4, de développer les streams à l’extérieur pour sortir un peu de la routine du train-train. On s’était un peu encroûtés à la fin de la saison 3, il faut casser un peu tout ça. Donc achat de matos, sac à dos, tapas, déplacements, pas se marier, on va se marrer. Là, c’est vendredi. Qu’est-ce que j’ai d’autre en magasin ? Agenda. Nous avons le 14 septembre, « Derrière les policiers, les violences judiciaires ». Ce sera avec Raphaël Kempf qui sort cet ouvrage, La justice et la répression de l’action politique, ouvrage qu’on va lire ensemble avant sa venue, comme on avait fait pour Paul Rocher, ça avait bien marché. Peut-être ce week-end un peu de lecture, on verra. Le 21 septembre, Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, c’est-à-dire cette dame qui est une autorité, qui peut aller dans les centres de rétention, dans les centres pénitentiaires, dans les centres de détention, et qui enquête et qui raconte l’état déplorable des prisons en France. Dominique Simonnot, par ailleurs, elle est connue pour ses chroniques à Libération. Elle sera là le 21 septembre à 9 heures du matin. On parlera évidemment de tout ça, du monde judiciaire, des tensions avec certains magistrats, et du monde pénitentiaire. Voilà, ça n’arrête pas. Alors à propos de ne pas arrêter, il va falloir peut-être passer à autre chose. Voilà, chers amis, puisqu’il y a du monde, est-ce que vous voulez qu’on discute encore un petit peu, cinq minutes ? Est-ce que vous avez des questions dans le chat ? Est-ce que vous avez des questions, des remarques ? Est-ce que c’est le moment ? Alors si c’est le cas, je vais me chercher un petit café. Parce que là, plus la fatigue, je crois que j’ai besoin d’un petit remontant. Je vais me chercher un petit café. Vous avez des questions ? Vous avez des envies ? Bon, attendez, je vais me chercher un café, comme ça ça ira mieux. À tout de suite, ça va durer une minute trente.
02:13:11David Dufresne
Alors allez, on fait 10 minutes, pas plus, parce qu’après je vais être à la bourre. Alors, attendez, qu’est-ce qui se passe ? Alors c’était quoi les questions ? Alors, est-ce que j’ai une bibliographie sur les violences policières, sur le fonctionnement de la police ? Alors déjà, vous pouvez regarder tous les gens qu’on a invités, qui ont écrit des bouquins sur la police. A priori, si on les a invités, c’est que… enfin non ! Je pense à des bouquins sur l’IGPN où je n’étais pas d’accord, mais c’était intéressant d’être en désaccord et d’essayer de comprendre pourquoi, etc. Donc déjà, tous nos invités, vous pouvez y aller, voilà. Si vous voulez être dans une pensée très critique : Pierre Douillard, Mathieu Rigouste. Si vous voulez dans une observation plus douce, mais aussi parfois informée directement : Fabien Jobard, Olivier Filleul, Sébastien Roché. Paul Rocher, je le mettrais plutôt dans la première catégorie. Il y a aussi les bouquins de Vanessa Codaccioni. Il y a ce magnifique bouquin illustré que je vous ai souvent montré, Histoire de la police, qui est sorti il y a deux ans, qui est au moins une somme. Voilà, il y a vraiment beaucoup de choses. Le retour des Mutins, oui, on va organiser un Mutin par mois. On va le faire le soir, parce qu’on s’était rendu compte avec Olivier Azam que ce n’était pas forcément une bonne heure, 9 h du matin, pour parler de films, de documentaires, etc. Donc on va faire ça bientôt. Pour ce qui est des liens, après chaque stream, Euryale répertorie tous les liens cités dans l’émission. Quand l’émission est annoncée sur mon site, les liens sont sur mon site. Quand il s’agit plutôt de revues de presse ou de choses où il n’y a pas d’article, c’est sur le Discord. Mais de toute façon, tous les liens de toutes les émissions sont retrouvables sur le Discord et la plupart sur mon site internet. Pas de projection de films en mauvaise qualité, on respecte le travail des auteurs. En général, ce sont des extraits commentés par Olivier Azam. Alors, je ne sais pas du tout de quoi tu parles, Octor je ne sais pas ce que c’est que Octor ni ce qui se cache derrière les commentaires concernant George Soros. George Soros, c’est quelqu’un qui finance Open Society. Ça soulève des questions, évidemment. Open Society, c’est une ONG qui permet à des collectifs pour les libertés d’exister. Moi, je n’ai aucun problème avec ça. Bon, écoutez, on va en rester là pour aujourd’hui. Là, il y a glissade, là il y a sortie de route. Donc, chers amis, merci beaucoup d’avoir suivi l’émission. Alors, amis de la police, amis du café et de la tendresse utopiste, voilà. Merci d’avoir suivi ce nouvel épisode d’Au poste : révélations sur la fortune de Drahi et le groupe tentaculaire Altice, information hacking ce matin avec Antoine Champagne. Merci aux modos et à l’aide technique, Jessie, Robin et Olivier. Merci à Axelle pour les tasses, Bruno pour le néon, Monsieur Anarchiste pour le néon connecté, Geoffrey pour les logos, Sophie, Théo pour les sons, JC, Morphulskank, Schorch pour les musiques, Blast pour le partenariat. La brigade remet la médaille du mérite aux abonnés. Merci infiniment aux donateurs anonymes. Immense reconnaissance à Estelo pour son don. Alors, on va aller voir Monsieur Anarchiste, petit raid. Camarades, je vous dis à vendredi soir, 19 h 30. Je vais acheter du matos, régler tout ça. Je vous embrasse. Merci beaucoup d’avoir été aussi nombreux aujourd’hui. Encore une fois, suivez la chaîne et activez les notifications. Merci à vous tous, bonne journée. Sans vos soutiens, Au poste ne tiendrait pas. Par vos dons et abonnements, vous rendez les rues de Twitch plus sûres et contribuez au salaire de l’équipe. Ce stream libre à prix libre reverse une partie aux développeurs indépendants qui permettent que ce software existe OBS pour la diffusion, Ninja pour les visios. Merci à eux, merci à vous, à vendredi.

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