Rockers maudits et grandes prêtresses du son
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Amis du café, amis de la police, amis des rockeurs maudits et des grandes prêtresses du son. Donc je vais bien puisqu’on vient d’entendre la voix d’Arnaud, je la mets tout de suite à l’antenne. Voilà, Arnaud, c’est celui qui est à droite et Nicolas qui est à gauche. Je parle spatialement bien sûr. La blague que je fais d’habitude, c’est quand on sait que vous êtes à droite tous les deux. Nicolas, tu es le dessinateur de cet ouvrage et évidemment, tu es dans le noir. Certes, on ne te voit pas du tout, je ne sais pas en termes de lumière, là tu dis que tes lunettes réfléchissent, tu es, tu es comme on dirait comme Fantômas. Donc ce soir, on ne va pas parler de police, on ne va pas parler de justice, on ne va pas parler de libertés publiques ni de libertés fondamentales. On va tout simplement parler de liberté. Voilà, on va parler de gens très libres qui sont les et des héroïnes de cet ouvrage. D’ailleurs, comment je dois dire, c’est parce que moi j’y connais rien en BD. Honnêtement, je me suis arrêté à Strange, donc est-ce que je dois dire album ? Est ce que je dois dire recueil ? Comment ça s’appelle ce que vous avez fait ?
Ah, c’est une bande dessinée
C’est assez bien dit
C’est bien dit
Ah, parce que les Américains disent. Graphique novel, mais c’est peut être. Style c’est pas un restituons la sont plusieurs histoires avec qui présente plusieurs personnages et qui n’ont pas de rapport entre elles, sinon qu’elles ont un point commun c’est le c’est le rock n roll ou la musique bizarre où les destins, les destins curieux.
Ouais, c’est ça alors. Parce que pour moi, en fait, c’est un recueil. Ce sont. Alors, je n’ai pas compté. Il y a combien de portraits en tout ? 70 par là ?
Moins plus ?
On n’a pas compté non plus.
Je n’avais pas compté.
Non quarantaine, quelque chose comme ça.
Je pensais un peu plus.
Un peu plus.
Je pense que c’est un petit peu plus. Si c’est. Donc c’est donc votre panthéon, euh, on va dire. Alors attendez, j’ai essayé de retrouver. Voilà, comme ça on va bien voir.Et je suis très content parce que ce soir, j’ai une deuxième caméra et on va voir si ça marche pour pouvoir feuilleter votre recueil. Donc si je n’osais pas dire BD parce que la BD, pour moi c’est une histoire qui court tout du long, etc. Alors que là, en fait, ce sont des tranches de vie. En fait, c’est ça qui est absolument incroyable, vous arrivez en quatre planches, cinq planches, six planches à ramasser et la vie d’artiste dont on va dire oui, rocker, maudit, grande prêtresse du son, c’est à la fois biographique et philosophique C’est l’histoire de ces gens-là. Et donc c’est comme une galerie de portraits en fait. Qui, qui ? Ce qui se suit, qui et qui parfois se ressemble, parfois ne se ressemble pas.
Non mais tu sais, on est dans une phase temporelle.
Mais c’est parce qu’il y a encore un problème. 56 cas, c’est pour ça.
Ah, c’est ça, C’est ça l’essence. Alors donc, on va parler de ceux de ce recueil qui est lourd et épais. Voilà, je le montre et qui est franchement. Franchement super, franchement super quand on va parler comme ça dans la dans au fil de la soirée, moi je vous expliquerai pourquoi j’ai abandonné toutes ces histoires là de Rock’n’roll il y a déjà fort longtemps. Et là vous m’avez fait replonger, mais alors de manière jouissive, comme une cure de jouvence. Mais pas seulement. Parce que ce que je trouve vraiment super, c’est qu’au-delà des trajectoires fracassées, parce que la plupart des personnages que vous présentez sont fracassés. En fait, vous en tirez quand même des leçons de vie. Voilà. Et je trouve que ça nous aide à mieux comprendre ce qui nous arrive même d’ailleurs, même s’il y a assez peu de politique d’ailleurs, dans votre dans votre bouquin. Est ce que vous voulez rappeler l’origine du bouquin ? On est obligé d’en passer par là.
Ben en fait, au tout départ, c’est un projet de chroniques sur des musiciens en marge des musiciens singuliers, qui devait, qui devait, qui est que j’ai proposé à la revue dessinée Casa, un trimestriel d’information en bande dessinée. Et Sylvain Ricard, qui travaillait et qui travaille toujours d’ailleurs à la revue, nous a nous a mariés en fait, Nicolas et moi. On lui a dit Tiens, faut absolument brancher Nicolas Moog sur ce projet, ça va, ça va, Collège et fête, Effectivement, ça a collé et on s’est entendu comme larrons en foire on va dire. Et ensuite tous les trimestres. Depuis ça, ça a commencé en 2013 cette affaire et tous les trimestres depuis, on a publié à peu près tous les trimestres une chronique sur une musicienne ou un musicien, un des grands frappés de la musique du XXᵉ siècle. Je dis et je dis grand frappé. Ce n’est pas péjoratif du tout, c’est une vie de personnage surréaliste. Voilà des gens, des gens qui nous fascinaient, tout simplement. Et ensuite, on a. Au fil du temps, l’idée est venue en tête de faire une compilation de toutes ces chroniques. C’est pour ça que ça a un côté recueil et on a rajouté une centaine de planches supplémentaires pour l’album. Donc il y a à peu près deux tiers de compilation de chroniques et un tiers de chroniques inédites.
C’est ça ? Donc là, je montre à l'écran la revue dessinée qui a notamment fait ça, vous n'êtes pas dedans, un hors série sur les violences policières il y a déjà quelques mois. Donc c’est une revue qui est bien connue de nos services, on va dire. Et en effet, vous, vous publiez depuis 93, c’est ça, 2013. Et voilà. Alors d’ailleurs, je dois dire, peut être qu’on en parlera tout à l’heure. Je dois dire que dans le recueil, on sent les planches qui du début, qui me semblent pour le coup plus biographiques, plus proches de l’histoire des artistes, etc. Et que j’ai l’impression que plus le temps avance, plus vous prenez un peu de liberté pour prendre un peu de hauteur par rapport à vous, à vos sujets. Bien que je ne pense pas que les planches soient chronologiquement remises comme elles ont été publiées, je pense que vous avez un peu redistribué les cartes, mais il me semble qu’il y a une évolution dans le temps, dans le scénario et dans le dessin. Est ce que je me goure ou pas ? Je me goure peut-être.
Non, tu ne te goures pas du tout en fait. Maintenant, est-ce qu’au départ tu parles ? C’est mon délire. Il n’en reste rien. Au départ, on était. On travaillait plus dans un format de gaufrier très classique, donc avec 3 à 3 bandes où ça dépend. En tout cas, on avait un gaufrier. Donc c’est aussi ce cadre avec les cases courbes. Et en tout cas là je parle formellement le plus. Plus le temps avance et plus on s’en détache et a Et ça s’ouvre, les cases s’ouvrent et peut être que là on sent que ça se libère un peu. Là je parle du dessin. Je ne sais pas vraiment ce que tu en penses.
J’en pense comme toi. En fait, on a essayé d’avoir toujours un peu le même schéma CSS. J’aime bien moi l’idée de fois de pas trop ne pas trop tout remettre en question à chaque fois et creuser un sillon avec un peu avec un côté artisanal, un peu. Mais c’est vrai que même si les chroniques ne sont pas dans l’ordre chronologique, effectivement, est ce qu’on en a ? On a dispatché. Ça commence quand même avec la première, celle sur mon blog qui effectivement a peut être dans un registre plus biographique. Et puis c’est vrai que sur la dernière, c’est la dernière du recueil, c’est celle sur Peter Ivory et on est dans quelque chose de très différent formellement, donc je pense qu’on avance, on évolue quand même. Mais voilà, on ne voulait pas faire un recueil avec des chroniques radicalement différentes à chaque fois, formellement, mais petit à petit il y a une évolution je pense qui va continuer quoi. On continue et les chroniques attaquent.
Alors je dois dire à ceux qui nous qui nous écoutent que vous avez, vous n’êtes pas là par hasard ? Nicolas, tu es dessinateur depuis plus longtemps, tu publies depuis longtemps, tu as aussi On va en parler tout à l’heure, tu as un groupe dont j’ai acheté trois albums, donc tout ton comment dire ton producteur sur Bandcamp inciterait à ne pas redistribuer du pognon. Tu peux le dire, il y a eu trois achats hier, c’est moi, donc on va donner le lien. C’est pas y Verdun hyper bien, Tu fais aussi des albums solo et tu as fait aussi des musiques de films dont on parlera. Parce que là pour le coup, ça nous ramène à ce qu’on fait d’habitude ici, ça fait notamment la bande, la bande son d’un film sur les et les révoltes des prisons dans les années 70. Donc ça on pas, là, on parlera de ça. Alors quant à toi Arnaud, tu es, tu es, tu es le pape du Dieu de la musique sur l’ouest de la France. Tu es d’ailleurs le héros d’une des personnes qui nous regarde ici, qui s’appelle Laurent. Laurent Gontier. Quand il a vu ton nom sur Twitter, il m’a dit : "Mon héros, il est là, ce soir. Donc faites attention. Je veux dire, c’est très mauvais quand on devient le héros, c’est très dur, très casse gueule. Et toi Arnaud, tu es. Alors là, tu es, tu es touche à tout puisque tu es écrivain, tu écris pour les adultes, tu écris pour les enfants, tu as un label et tu t’occupes. Tu dis que tu es fort connu pour ça. Du festival Invisible à Brest, c’est bien ça ? Je ne me goure pas, c’est ça ?
Non, c’est ça. Festival invisible. Ça fait seize ans que ça existe C’est un peu le même principe que la BD finalement. On fait venir dans notre péninsule tout au bout de la France, on fait venir des artistes du grand Frappé ou des artistes qu’on a admirés à qui que ce qu’on les a fait venir, ils ne seraient jamais venus jusqu'à nous. Donc voilà, c’est un peu le principe du festival.
Alors vous êtes des, vous êtes des gens, des mélomanes ? Sérieux, sérieux ? Vous êtes des historiens, je vais parler du rock. Mais il n’y a pas que le rock dans la Revue Dessinée vous a, vous a marié et vous avez décidé, si j’ai bien compris dès le départ, de laisser de côté tous ceux qui ne nous intéressent pas, c’est à dire les stars ? Vous avez laissé tomber les stars pour aller chercher les esprits frappés dans dont tu parlais ? Est ce que. Est ce que c’est comme ça que ça s’est passé ? Ou est ce qu’au départ il n’y avait pas forcément cette idée là ? Allez-y les gars ! Mais c’est quoi ces 30 milliards qui mettent un temps fou à répondre ? Mais vas-y, il faut attendre cinq secondes.
Un, deux, trois.
Eh bien oui. Donc, Nicolas, tu coupes la parole quand tu veux. C’est bizarre que tu te dis c’est bizarre, mais normalement il n’y a pas de délai ou alors de 400 millisecondes.
Bon, alors je réponds qu’en fait on n’a pas réfléchi en terme de ne pas s’intéresser à un tel ou un tel. On a réfléchi plutôt en termes de qui c’est qui nous fascinait et de fait, on était plus fascinés par les. En fait, on était fascinés par des personnages qui. Qui ont poursuivi toute leur vie une vision qui dans l’objectif était de poursuivre et d’achever leur vision. Et qui pour qui la question du succès ou la question de la lumière médiatique était complètement accessoire en secondaire ou.
Ou carrément même pas du tout dans leur, dans leurs, dans leurs, dans leurs, dans leurs objectifs quoi. Le succès pour ces personnages-là, ce n’était pas un objectif quoi. C'était un épiphénomène des ventes éventuellement Ou pas. Et donc c’est vrai qu’on était le critère de sélection des artistes. C'était des personnages qui avaient poursuivi une vision, si possible sur le long, le très long terme, parfois sur plusieurs décennies. Je parle de Sonora par exemple, ou Chadbourne, qui ont des œuvres qui s'échappent, qui s'échelonnent sur 40 années, ou peut être même plus pour chaque bande. Donc c'était. C'était l’idée de cette fascination pour des gens qui n’en avaient rien à foutre en fait de la lumière médiatique, ce n’était pas ça qui les intéressait.
Voilà à vous CNews.
Non, non mais tout ce que dit Arnaud est exact. Et en fait, ce qui nous plaît, c’est plutôt de défendre les marginaux, les marginaux du mainstream quoi. On ne voulait pas, ça n’avait aucun sens de faire, je ne sais pas, les Rolling Stones ou les Beatles où pour aller vite, il fallait aller chercher dans les dans les coins, dans les recoins. C’est ça, C’est ça qui nous intéresse.
Alors, est ce que ce qu’il y a, c’est que d’abord j’ai complètement merdé parce que Nicolas, tu as préparé une playlist parce que Twitch. Arnaud faut que tu saches que, en fait, dès lors qu’on passe de la musique, on est striker. C’est à dire que inouï, inouï, on est banni si tu veux, donc on ne peut pas passer de musique, ou alors on ne peut pas passer de musique qui ne serait pas totalement libre de droit, etc. Donc en fait, on a une playlist qui a été préparée par Nicolas qu’on va mettre dans le tchat et elle est disponible sur Deezer. Et en fait, je propose à tous ceux qui nous écoutent de brancher Deezer aussi et d'écouter en fond bien sûr la musique comme ça moi je vais enlever celle que je diffuse et comme ça vous allez pouvoir entendre euh je crois qu’on a mis les 1000 chèques. Enfin tout un tas de gens qui sont évidemment dans votre recueil. Et donc comme ça va, vous pouvez vous pouvez. Vous pouvez écouter la musique dont il est question. Et ce que je vais vous proposer, c’est en fait de feuilleter le bouquin avec vous. J’ai pris quelques artistes qui me semblent assez emblématiques et il faudrait quand même rapidement dire donner quelques noms. Euh, je vais. Je vais les mettre ici. Alors là, je suis très fière parce que c’est ma nouvelle caméra. Je la mets. Attendez ! C’est dément. La scie, ça marche, c’est démentiel. Ça ne marche pas. Si ça va. Bonsoir. Extraordinaire. Extraordinaire la technologie. Je suis quand même vos personnages. Tout à l’heure, le mec qui a inventé les machines et donc voilà, tout ça c’est mon téléphone. Regardez ça qui filme, qui filme le sommaire du bouquin. Comme ça chacun peut voir de qui il s’agit. Dans le. Dans le petit argumentaire des éditions Glénat. Qui est donc votre éditeur ? Il y a une interview, une double interview de vous et Arnaud. Je me permets de te citer. Tu dis Le rock est une mythologie avec ses héros, ses dieux et ses monstres. Une mythologie d’après guerre qui a ré enchanter l’imaginaire. Dans cette mythologie, il y a un Olympe avec ses stars évoluant en pleine lumière, mais aussi toute une catégorie de personnages considérables, peu connus du grand public, qu’on relègue dans ce qu’on appelle l’underground caché sous la surface. Cette idée d’un monde souterrain où serait caché des trésors et tout aussi mythologie que le reste. Mais elle nourrit un puissant pouvoir poétique. Quand on lit ça, il peut se passer deux choses. Il peut se passer. Bon ben en fait les mecs, ils vont, ils vont nous raconter la face sombre, ils vont nous raconter que tous les bons rockers meurent à 27 ans. Ils vont finalement nous répéter ce qu’on sait par cœur. Et en fait, c’est pas du tout ce que vous faites, c’est ça qui est fort. Pourquoi je dis ça ? Et après on va rentrer dans les détails planches par planches, quasiment juste quand vous avez du temps. Et c’est évidemment un écueil dont d’ailleurs, très franchement, je trouve que votre préfacier n’arrive pas à en sortir. C’est à dire que sur le rock, il y a tellement de bouquins, tellement de films, tellement tout a déjà été dit, redit, etc. Est ce que redit et redit ? Est ce que c’est une préoccupation Peut être pour toi Arno en tant que scénariste de chaque instant ou pas du tout ? Tu nous dis de ne pas être dans le cliché du cliché parce que le rock, sa beauté, c’est d'être un cliché, mais son ennui, c’est d'être un cliché aussi. Donc comment on fait quand on est scénariste pour sortir de là, si tant est que tu avais envie d’en sortir ?
Ben en fait, les clichés du rock, c’est des histoires courtes qu’on nous raconte, pour nous, pour nous, voilà, pour nous empaqueter les choses. Par exemple, on nous raconte que le punk est né. Il est né d’une espèce de création spontanée en Angleterre en 77. Et en fait, plus on s’intéresse à la musique, plus on raconte que non. En fait, du punk, y en avait déjà à la fin des années 50 aux Etats-Unis, il y en avait pour nous. On nous a aussi vendu pendant longtemps le fait qu’il y avait les hippies d’un côté, les jeunes de l’autre, qui n’avaient pas de. Que c'étaient deux mondes complètement hermétiques, alors qu’il y a certains hippies qui était très punk et certains punk étaient quand même vachement hippies etc. Et puis en fait on s’intéresse à la musique plus tout. C’est ce distinguo en fait qui fonde notamment le mythe du rockeur, du rockeur qui meurt à 27 ans. Enfin, ce n’est pas qu’un mythe, ça arrive malheureusement et c’est arrivé souvent et il y a des exemples fameux, mais y a aussi des tas de contre exemples finalement, d’artistes tout aussi radicaux, parfois tout aussi excessifs d’ailleurs, et qui ont duré quoi ? Moi, ce qui me fascinait, c'était les gens qui prenaient à contrepied ces clichés-là. Et puis personne. Des punks qui arrivent à être assez structurés pour durer 40 ans, ça existe. Et je trouvais que le critère, c'était la créativité, quoi. Finalement, qu’est ce que plus on fait, les gens qui nous fascinent, c’est plutôt les gens qui sont créatifs que les gens qui se détruisent pour le simple plaisir de se détruire. Donc c’est vrai qu’il y a, il y a, il y a toute une autre mythologie qui est notre mythologie, qui nous, qui nous est souvent vendue, mais contre laquelle nous on a, laquelle on peut opposer une autre mythologie en fait, qui est la qui est celle du bouquin. Je ne sais pas si je suis très clair.
La nôtre est très claire et très claire. Ni Nicolas ni interromps moi dès que tu veux, on ne peut pas attendre cinq secondes à chaque fois. Donc. Parce que moi je suis rock, j’ai horreur du vide, je ne peux pas, mais dès que tu veux parler, tu me coupes et après c’est toi. Il n’y a pas de télescopique parce qu’ici c’est sale et donc on a qui vous demande d’emblée vous pensez à qui quand vous parlez de punk très hippie et vice versa ?
Je pense qu’il y a une femme
C’est un groupe punk, communautaire, pacifiste, végétarien et féministe. Donc là, on est toutes. Toute les cartes sont brouillées tout d’un coup et en même temps musicalement ultra punk, ultra agressif, ultra politisé, ultra situationniste, c’est vraiment un, c’est vraiment un exemple en fait, le seize c’est pour le coup ils font exploser la sacro sainte barrière du hippie cliché d’un côté et du punk cliché de l’autre. Bah c’est des exemples comme ça où on a des exemples comme Shad Bourne aussi, qu’un musicien qui fait de la country improvisée, il vient de là, il vient de l’avant garde, donc il vient de là. Un peu de musique pour intellos on va dire. Il se met à faire de la country et évidemment, il perd la moitié de son public en faisant ça et on lui dit mais la country, c’est musique réactionnaire et il répond Moi je joue de la country de gauche et c’est ça qui est ce qui nous fascinait quoi. Là, pour le coup, il y a quelque chose de vraiment punk dans le fait de tout d’un coup déserter une chapelle musicale pour aller de l’autre côté. Mais voilà, c’est un vrai provocateur finalement.
Alors j’ai mis Crass Page à la page 206, donc j’espère que ça a répondu à Patate télescopique. Je vois que quelqu’un s’est abonné à baisser son regard. Ah bah bravo, deux mois d’un coup ! Ah bah dis donc, c’est dingue ça ! Bravo ! Merci beaucoup ! Alors moi j’ai été vachement étonné sur Crass parce qu’à titre personnel, je n’ai jamais considéré que ce fût un très grand groupe punk. J'étais et j’ai été étonné par ce choix là. Et là je mets une page qui est très belle, comme la plupart des pages. Il y a vraiment Nicolas I talent de dingue parce qu’il y a un truc que je ne connaissais pas du tout, c’est le canular dont vous parlez. Qu’avait fait. Alors là, pour le coup, très situationniste, qui avait fait, qui avait lancé Crass et qui avait failli provoquer un choc diplomatique, est ce que vous pouvez en parler un petit peu de ça ?
C’est le cas, c’est le montage sonore de l’interview de Thatcher et Reagan, c’est ça ? Qui ? Qui donc ? C’est vraiment un super dada de faire un truc pareil. Comme il est démago, il donne un info en faisant se répondre Thatcher et Reagan et tout le monde est complètement terrorisé sur la présence, sur l’utilisation probable d’armes chimiques, d’armes nucléaires en Europe. Et puis c’est le petit groupe punk anglais qui balance M. Et tout le monde flippe, surtout sur le globe entier. C’est assez drôle.
Alors le premier. Le premier. La première planche que j’ai montrée sans vous en parler tout de suite, a été reconnue. Daniel Johnston. Je vais retrouver la page et la page 19. Qu’est ce ? Qu’est ce qui vous intéresse ? Je vais vous montrer des. Des artistes et Yves André nous disent ce que vous en pensez. Et moi je vous parlerai d’une case à chaque fois ou d’un truc qui m’a comme là je vous ai parlé de grâce. Ainsi, si vous voulez bien. Pourquoi ? Pourquoi ? Daniel Johnston, qui en plus apparaît au début du bouquin ? Je vais y aller dans l’ordre. Qu’est ce qui. Qu’est ce qui, chez lui, vous vous frappe le plus ?
Daniel Johnston C’est. C’est pareil. Finalement, c’est quelqu’un qui avait des problèmes psychologiques graves, psychiatriques, graves. Et donc souvent, quand on parle de lui, on se compte, on ne regarde que ça. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Mais même s’il avait des problèmes, moi je préfère prendre les choses autrement. Même s’il avait des problèmes psychiatriques. Cela pas empêché d'écrire des chansons géniales et ça a un peu. Le Bob Dylan psychotique de notre génération. C’est à dire que les chansons de Johnston, c’est que des chansons évidentes, magnifiques, qui touchent droit au cœur. Enregistré souvent dans la cave de ses parents, avec un poste rudimentaire et avec un problème psychologique. Mais si c’est quelqu’un du même, du même calibre en concert. C’est un des plus grands cendriers, l'éther de sa génération et de la nôtre. Donc c’est ça qui nous a intéressé, c’est le c’est la sensibilité, la puissance de la. Là, la puissance de création du personnage qui crée. Même s’il n’avait pas accès au studio, même s’il n’avait pas accès. Y créer quoi ? Quoi ? Quoiqu’il arrive, c’est là l’urgence de la création. C’est ça qui est fascinant chez lui.
Alors je montre, notamment parce que ça revient assez souvent, le tee shirt. Et porté, je crois, par un dénommé Kurt Cobain qui est un tee shirt de Daniel Johnston. Et en fait ce qu’on voit quand même à travers ces plus.
Oui, pardon.
Nicolas tu lui dis un truc ?
Non, ce qu’il faut dire, c’est que ce qu’il faut noter, c’est que Dan est un et un excellent dessinateur aussi. C’est un musicien incroyable, mais il a aussi fait des dessins somptueux, vraiment très, avec des tas de petits détails et de petits personnages super bizarres partout. Et le dessin qu’il y a sur le T-shirt de Cobain et donc un dessin de Daniel Johnston.
C’est ça ? Bien, bravo ! Et donc ce qui traverse quand même votre recueil, si c’est cette idée que l’endos grande n’est pas toujours forcément très loin de la lumière et qu’il y a des il y a des. Il y a des mots, des moments. Il y a des passages. Et j’ai quand même l’impression que. Vous n’oubliez jamais de rappeler qu’un tel a traversé toute sa vie dans la merde. Mais en fait, il était reconnu par les plus grands et c’est comme si vous vouliez les racheter un petit peu. Est ce qu’il y a cette idée là dans le scénario ou dans le dessin ? Est ce qu’il y a cette idée là ?
En fait, ça, ça repose sur une sur la conviction que l'énergie vient toujours de l’underground quelque part, et que quand quelque chose.
Qui vous vient, l’underground arrive dans la lumière, arrive à la surface. Le monde est transformé quand il ne sera plus jamais le même. C’est, je crois, que tous les de tous les. Tout ce qui est nouveau en termes de créativité, tout ce qui est autour de tout ce qui est, tout ce qui révolutionne un peu la musique et le mainstream, ça vient à un moment ou à un autre de quelque chose qui provient de l’endroit. Et c’est le moment où ça, où le contenu sort de l’obscurité et rentre dans la lumière qui passe. Cette espèce de précipité chimique là, ça ne va pas forcément pour dire Regardez, ils ont été connus quand même un peu, mais plutôt pour montrer que quelque part, sans Zander, il n’y a pas de mainstream, il n’existe pas, il dépérit. Il est comme une plante qui n’a plus de racines, mais par exemple, l’autre. Autre exemple très intéressant, c’est quand ? Quand David Bowie est à Berlin pour enregistrer sa trilogie berlinoise et qu’il est avec Brian Eno, son acolyte producteur, et que Brian Eno tombe un peu en amour devant deux musiciens berlinois qui s’appellent Radius et Moebius et que eux, ils vivent carrément reclus dans une ferme à la campagne. C’est des ermites et il va les voir dès qu’il a cinq minutes, dès qu’ils attendent et que sa carrière lui laisse un peu le temps, il va les voir et il partage avec eux une certaine vision. Elle apprend à leur contact, il leur apprend des trucs aussi. Ils font des disques ensemble. Et c’est assez fou de voir que sans doute de danser dans ces moments de discussion dans cette ferme là, on est complètement en dehors de toute lumière médiatique. Qui sait peut être passé des choses qui ensuite ont révolutionné beaucoup de choses, y compris dans le mainstream en fait.
Nicolas. Tu veux réagir ou pas ? C’est très curieux,
Bon je. Suis d’accord avec Arnaud, c’est parfait.
Sauf que ça se passe comme ça quand vous dessinez. Arnaud t’envoie le scénario. Tu dis je suis d’accord et tu fais tu fais tes planches où il y a un peu de discussion.
Alors je passe maintenant page 33 mais Nicolas va arriver d’un instant à l’autre et j’en viens. Page 33 Les Résidences. Qu’est ce qui vous intéresse le plus chez vous ? Il faut rappeler que c’est un groupe qui est né il y a très longtemps, qui a été anonyme, qui a toujours été anonyme, qui s’est toujours caché, qui a toujours été. On n’a jamais connu et on ne connaît pas les visages de ses, de ses membres. Donc c’est cette. C’est cette partie-là. Dont vous retracez la force. Est ce que c’est ça qui vous a le plus intéressé dans ce groupe là ou est ce que c’est autre chose ?
Ah moi je sais que ce n’est pas une musique que j'écoute très souvent parce que ça me saoule, ça m’angoisse un peu, c’est vraiment hyper inquiétant en résidence chaude et graphiquement c'était. C'était du pain béni quoi. Les yeux globuleux qui se baladent là, c'était évident.
Ça on le sent, ça, on sent qu’on sent qu’il y a eu beaucoup de. Je suis en train de monter une planche. On sent que tu as eu beaucoup de plaisir puisque c’est quand même un groupe qui a, qui a beaucoup réfléchi à l’imagerie dès le départ, dès sa première pochette. Et dans ce sens là, extrêmement moderne. Mais effectivement, une musique qui est quand même assez rude quoi.
En fait, musicalement c’est du détournement, c’est du recyclage. Quoi qu’ils ont, ils ont récupéré et recyclé des jingles publicitaires notamment. Il était fasciné par la culture commerciale des années 50, par les jingles de pub, tout ce qui, tout ce qui était issu de la société de consommation. Et ils le reprennent, ils le parodient et ils le recyclent. Il y a un côté comme ça, culture trash, un peu chez eux quoi. Mais ils le font avec un côté hyper inquiétant. C’est vrai, c’est un choix fort. Connaître qu’ils ont une, ils ont quelque chose d’inquiétant.
Alors les amis, je dois vous dire que nous, nous sommes, nous sommes victimes d’un raid amical. Vous ne savez pas ce que c’est qu’un raid sur Twitch, j’imagine. Donc je vous l’explique. C’est une autre chaîne qui a décidé parce qu’elle s’arrêtait, d’envoyer ses spectateurs. Donc on les salue et ils se demandent où est ce qu’ils viennent d’atterrir. Alors d’habitude, aux Postes, on parle surtout des flics, de la justice, des libertés et ce soir on parle d’eux. C’est de cette bande dessinée qui s’appelle Underground, qui vient tout juste de sortir il y a quelques jours chez Glénat, qui est en fait un recueil. Comme on dit, non pas amélioré mais agrandi puisque ce sont des BD qui sont parues dans la Revue Dessinée. Et il y a des planches inédites sur l’histoire des grandes Prêtresses du Son et des rockeurs maudits. Et donc on a Nicolas et Arnaud, les deux auteurs avec nous pour une partie de là, une bonne partie de la soirée. Donc Rial est en train de vous remettre les liens dans le dans le tchat pour que vous compreniez de quoi on parle. Et donc là on feuillette le bouquin grâce à une nouvelle caméra, car nous avons maintenant beaucoup de moyens grâce aux nombreux abonnés qui affluent. Et donc une nouvelle caméra qui me permet de filmer en plongée dans le bouquin. De la même manière qu’il a fallu que je me batte avec mon fils en fait pour lire la BD, il disait tout. Donc bref, super, super BD sur les résidences, on a d’autres choses à se dire ou on passe à quelqu’un qui m'était totalement inconnu. Il y a beaucoup de gens je dois dire. Pourtant j’ai passé quand même quinze ans de ma vie et trop critique à faire des fanzines, la moitié, je ne les connaissais pas. Donc là, chapeau les gars, je dis bravo. Et il y a notamment un mec qui s’appelle Kevin Coyne. Je ne sais pas si je dis bien son nom. Est ce que tu veux nous en parler Arnaud ?
Voilà Kevin Coyne, un chanteur de blues anglais on va dire. Techniquement, sa musique, c’est du blues. Mais il s’inscrit un peu dans ce mouvement de jeunes musiciens blancs qui reprennent les fondamentaux du blues alors à leur sauce. Un peu dans les années 70 en Angleterre. Mais c’est un personnage complètement à part quoi. C’est la première fois que j’en ai entendu parler. Le gars qui m’en a parlé me disait il, fait partie du rock psychiatrique anglais et il a l’associer à Syd Barrett ou à Nick Drake. Alors que bon, il y a peu, il y a peu de points communs entre Syd Barrett, Greg et Kevin Coyne, mais c'était quand même déjà sa. Sa suffisait pour aiguiser l’intérêt et donner envie de connaître plus. J’ai eu la chance de le voir deux fois sur scène et en le voyant sur scène que je suis devenu accro un peu à sa musique parce que c’est un personnage qui était à l'époque à la fin de sa vie, il était énorme, C'était une espèce de créature. Enfin je veux dire, il avait un physique complètement incroyable et il chantait un blues ultra déchirant et en même temps, il faisait le contre chaque morceau. Il imitait Edith Piaf, imitait Johnny Hallyday, se mettait debout sur sa chaise et faisait hurler de rire toute la salle.
On le voit ici et là, on le sait. On le voit ici, effectivement, à la fois en train et il est pas très beau comme garçon quoi. Et surtout, et surtout. Mais le dessin est très bien. Nous parlerons tout à l’heure, Monsieur Mug, de votre dessin et de votre trait dont vous dites dans la dans la dans l’argumentaire Est ce que ça les gens ne savent pas ? Mais quand on reçoit des devis, au cas où tu ne lirais pas le livre, on te dit qu’il faut penser à l’interview. Et donc ben oui, ça c’est pour les émissions où les mecs n’ont pas le temps. Oui, voilà. Et donc tu parles de ton très Nicolas et. Je vais le dire tout de suite, je me plais à penser que ces planches sont dignes d’un tract punk patchwork ou d’un tricot de grand-mère sous acide, avec ici des reproductions de pochettes, là des cd recomposés en ombre chinoise. Et encore d’autres tentatives de toutes sortes. C’est presque brinquebalant, mais finalement ça tient bien debout. Et en réalité, c’est aussi le texte d’Arnaud qui tient le tout. Et ça c’est vrai. Là, je dois dire Brel, Brel pour beaucoup, je parle de Brel, mais belle. Belle définition de votre boulot bien comme un tricot de grand-mère sous acide. Je ne sais pas trop ce que c’est mais ça me parle.
Euh Alors pourquoi en fait ? Ben c’est ça. Non, c’est vraiment au niveau des impôts. C’est vraiment une sorte de patchwork, c’est le mot, parce que c’est comme si c’est toujours difficile de dessiner, de dessiner la musique en fait. Sinon ça peut être vraiment très chiant rapidement.
C’est ça.
Et là, l’intérêt, c'était d’alterner des portraits réalistes, un peu avec un peu d'émotion et des scènes Disney. Vraiment. Trois comiques américains rigolos, quoi. Ça ne pas rester seulement dans un rire, dans un sur une ligne graphique et d’aller voir à droite.
Alors pourquoi je me suis arrêtée sur lui ? C’est parce que c’est ce qu’on voit sur cette vignette là, de mémoire, ce Kévin là. Il me semble être un peu une de vos figures du bouquin, c’est à dire ces gens qui va dire c’est rocker pour aller vite, qui se sont parfois semi clochardiser, qui ont parfois vécu dans des squats. Vous parlez à son endroit d’alcoolisme suicidaire. Il y a plusieurs personnages comme ça qui reviennent. Ce que j’apprécie vraiment beaucoup dans le bouquin, c’est qu’il n’y a pas de. Vous n’êtes pas fasciné par ça ? Vous n’êtes pas en train de dire c’est ça le. Ce vers quoi on doit tous aller, etc. Mais vous ne l’acceptez pas non plus. Et j’ai quand même l’impression que ça fait partie parce qu’il y a beaucoup de souffrance dans le bouquin quand même. Ça fait partie des DE, des souffrances qui récurrentes l’alcoolisme, parfois la solitude. Est ce que. Est ce que je me goure ?
En fait, c’est comme dans la vie quoi. C’est. Sauf que finalement, je pensais à ça. Quand s’intéresser à ces personnages, c’est dans la vie, finalement, je pense que ça c’est assez représentatif de ce qu’on trouve peut observer. Il y a des gens qui sont plus ou moins heureux, il y en a qui ont des problèmes psychiatriques, il y en a beaucoup dans la vraie vie. Il y en a qui ont des problèmes d’alcool, il y en a qui ont des problèmes de. De solitude. Et en fait ce n’est pas le sujet du bouquin. Mais en fait, naturellement, ça revient j’ai l’impression, ça revient pas plus que malheureusement dans la vraie vie quoi.
Bon, je sens que Nicolas ne veut pas ou ne veut pas réagir à la minute.
Minute émotion Dans cette idée, il y a cette lignée. Il y a tant de raisons qu’on verra après qu’il y a un peu un chercheur et une critique et qui a écrit Les livres à mes chansons préférées sont écrites par ce type là, et c’est une beauté incroyable et d’une tristesse totalement infinie. Donc c’est vrai que ça ne revient pas.
Alors il y a une page 68 et à plein de moments du bouquin. Donc là pour ça, moi en face de moi, je ne pourrai pas la voir, mais il y a une affiche des quatre premières compilations de Back from the Drive. Et donc. Et donc non, on n’est pas chez les cons ici. Et il y a donc page 68, il y a page 68 justement. Alors je vais et je vais la montrer. Donc c’est consacré à ce cas. Et Saxon décide. Et il y a cette page. Est ce que cette page existe en tableau, Monsieur Nicolas ? C’est la page où on voit les Sonic. Donc on fait alors pour ceux qui nous écoutent et qui ne connaîtraient pas les Sonic c’est la quintessence du garage punk des années 70. Pour aller très vite, ces groupes de teenagers américains qui massacrent, qui essaient de copier les Anglais et qui les massacrent et qui vont inventer le punk. Alors on vous fait. On fait très vite. Et c’est ce mouvement là qui pour moi est absolument capital dans l’histoire de l’humanité, revient assez souvent dans votre dans votre recueil. Rien que pour ça, vous l’achetez ou quoi ? Et puis alors là, il y a cette page qui est absolument magnifique avec au milieu une pédale Fuzz pédale Fuzz a un son. Très caractéristique, etc. Et donc je voulais rien que pour cette page, je voulais faire l'émission quoi
Oh, bien fait !
? Arnaud ne t’inquiète pas. Donc là je montre cette page Voilà, on me confirme dans le show que c’est. C’est une belle page. Bien sûr. Qu’est ce que vous pourriez en dire ?
Avant les sites. J’ai écouté ça quand j’ai commencé à écouter du garage après ma période. Ils s’attirent et c’est intéressant de mettre la face au milieu comme ça et que ce soit électrique. Elle est au centre, au centre du bruit quoi.
Ben moi ici, c’est mon groupe préféré de tous les temps. C’est quand j'étais quand j'étais quand j’avais 17 18 ans que j’ai découvert les Sonic et je ne m’en suis jamais tout à fait remis. Et ce qui me fascinait à l'époque, c’est que bah on avait les idées des sites et on voyait que le chanteur saxon était revenu dans les années 80 avec de nouveaux albums. Il y avait un trou d’une dizaine d’années dans sa danse, dans sa trajectoire et ça me fascinait. C’est un peu comme Jésus si tu veux Quartz, il y a un trou dans la. Ça fascine les chrétiens. Il y a un trou dans le dans la bio et on se dit mais qu’est ce qu’il a ? Qu’est ce qu’il a pu bricoler pendant ce temps là ? Est ce qu’un saxophone c’est ça ? Et d’ailleurs après ça a été, ça a été la quête quoi, pendant des années. Mais qu’est ce qu’il a pu foutre pendant ces sept décennies ?
Et là, j’apprends qu’il est dans une secte.
Dans une communauté à tendance légèrement sectaire, un peu, c’est difficile de savoir exactement. Mais il y a un label japonais qui a ressorti l’intégrale des enregistrements de la communauté dans laquelle Sky Saxon a disparu pendant dix ans. Et le jour où j’ai trouvé ça, j’ai eu l’impression de mettre la main sur le Graal. Quoi ?
Et je t’avouerai que j’ai là, j’ai découvert effectivement ces dix années de trou noir. Qui me mentait peut être un peu moins que toi, mais quand même. C’est vrai quoi, qu’est ce qu’il a foutu ce gars.
Francis qu’il a foutu en l’air
On le voit. Mais par exemple, quand cette BD sort dans la Revue Dessinée. Est ce que vous avez des réactions, des gens qui vous disent Mais c’est quoi ce groupe ? Je suis allé acheter ou est ce que. Ou est ce qu’on est déjà dans la relique ? Est ce qu’on est déjà dans la commémoration ou est ce qu’on est dans la politisation du punk rock ?
Non parce que moi j’ai eu beaucoup de retours de gens. Ça m’est souvent arrivé. Qui ? Qui justement ne connaissaient pas et qui l’ont lu dans la revue comme la revue Ce n’est pas une revue dessinée, n’est pas destiné à un public d’amateurs de rock ou de vrai. C’est pas du tout le lecteur de Rock and folk quoi. Et souvent il y en a. J’ai beaucoup de gens qui m’ont dit que j’y étais allé et j’ai entendu ça, j’ai découvert ça. J’ai découvert ce qui pour nous était un peu l’objectif quoi. Aussi bien sûr, d’amener des gens à découvrir des trucs. On a envie de partager ces choses-là et de dire aux gens que tu te rends compte quoi ? T’as vu un peu ça ? Incroyable ! C’est là et c’est là, C’est vraiment l’envie de partager une fascination.
Et alors, dans le bouquin, ce qui est très appréciable aussi, c’est que vous n’hésitez pas à citer vos sources. C’est à dire que parfois, Nicolas, tu dessines un rock critique qui vous a peut être aidé ou en tout cas inspiré pour parler de tel ou tel artiste ou tel ou tel groupe. C’est quand même, sauf erreur de ma part, c’est surtout des artistes, c’est rarement des groupes en fait, c’est des artistes dans des groupes, mais c’est souvent plutôt des personnalités. Vous citez des blogs, il y a même l’adresse YouTube de la confection de l’enregistrement d’un album d’Alexis Todd. Et donc ça, vous laissez comme ça des traces, des indices pour dire allez chercher là, si ça vous intéresse, il y a il y a plus. C’est un monde qui s’ouvre. C’est ça l’idée.
Dans l’idée c’est vraiment les indices et c’est vraiment la pelote que tu tires le petit truc comme ça et. Prendre votre référence en envoie sur encore autre chose et c’est comme ça que ça se passe pour le. Renforcer sa culture musicale. Comment ça s’est passé comme ça ?
Ouais, c’est vraiment, c’est vraiment ça l’idée de. En fait, c’est aussi l’idée de ne faire aucune rétention d’information. C’est à dire que j’ai connu des rockers, des gens et des mélomanes qui connaissaient plein de trucs et qui refusaient de dire qu’ils ne voulaient pas donner la formation. Des taiseux quoi. Et ça m’a toujours paru dommage. Je trouve que quand tu découvres un truc formidable, bah faut ne pas hésiter à communiquer à l’autre. Tiens, j’ai trouvé ça Et le fait de citer, de donner un avis comme dit Nicolas, vers tel blog ou tel ou tel ou tel, il y a plein de petites pistes qui sont ouvertes comme ça. C’est aussi pour rendre à César ce qui lui appartient et puis pour ne pas faire de rétention d’information.
Alors d’ailleurs, tout à l’heure, on parlera à propos des Cramps. Du syndrome de Bob Hit nous expliquerait ce que c’est. Mais c’est ça, c’est cette idée un peu de rétention d’information. C’est en gros ça. Revenons-en à un collectionneur de disques, encore plus fou que les autres. Là, je montre peut être la seule figure vraiment joyeuse de votre de votre bouquin. C’est Jonathan Richman qui est alors, qui est également l’un des l’un des pères fondateurs du punk au tout début des années 70 et qui, au moment où le punk explose à lui, décide finalement d’aller chanter des chansons pour enfants, des bluettes, des calypsos, des trucs et c’est tout. C’est une sorte de comète joyeuse. Et donc on arrive à la page 80 où on a eu toutes les descentes aux enfers de gens géniaux et qui ont été incompris. Ça a été très dur pour eux de bout en bout. Et là, tout d’un coup, il y a ce gamin. Je dis ce gamin doit voir, je ne sais pas, mais voilà qui est qui a une, qui est lui, qui est le contre pied de tout ça ? Qui est ce type qui chante des chansons rigolotes ? Quoi ? De High escrime, d’Homme des neiges, etc. Est ce que. Est ce que Est ce que là aussi c’est, c’est résumé comme convenablement ? Est ce que, Est ce que les auteurs se retrouvent dans cet axe, dans ce petit résumé ?
Ben ouais, complètement. Donc Richman est cohérent avec les Modern Post et un qui est vraiment du pré punk rock assez teigneux et. Il est vrai ou tu sens qu’il écrit hyper bien et que c’est ventre mou. Mais sa liste s’arrête un peu et après il se retrouve à faire des chansons. Vraiment. Il a rendu comme authentique une lesbienne. Bah oui, site dans l’histoire qui est une chanson vraiment très brutale et pas présente du tout, qui passe tout le monde en fait. Ce type là, il rallie vraiment les gens avec sa bonne humeur et la beauté de ses chansons.
Puis en même temps plus dans son comme disait Nicolas et moderne majeur, c’est comme un rock assez teigneux. Ce a anticipé le punk rock. Mais quoi ? Il avait chopé le truc du rock n roll de Jonathan Richman, il l’avait tellement bien chopé. Il était le fan numéro un du Velvet Underground quand il était jeune, qu’il avait quinze ans. Il suivait le Velvet en tournée et les a vus des dizaines et des dizaines de fois. Ce qui est paradoxal parce que lui, c’est quelqu’un de très clean, qui prend pas de drogue, qui fume pas, ne boit pas et où c’est bon, C’est le Velvet Underground en concert, à quoi s’en tenir ? C’est quand même ça un groupe iconique aussi. De la défonce, quoi. Et il y suivait ce groupe là parce qu’il avait trouvé en eux le truc quoi. Le truc du rock n roll qui ensuite il a, il a, il a utilisé, il a développé à sa manière et même avec une guitare sèche, quand il fait du calypso ou des chansons inspirées de la musique à la cool ou de la musique des. Il y a toujours cette espèce de petite étincelle de rock n roll, comme s’il était. Il avait chopé l'étincelle sacrée qu’il avait toujours la capacité de la ranimer. Quoi ? Mais pour le reste, c’est vraiment le punk ultime. Parce que tous les clichés du punk, il les a battus en retraite, quoi. Portrait en brèche..
Voilà ce que j’ai fait.
Justement à propos de retraite Euryale qui nous suit-Il y a la modo en chef, nous donne l'âge de Jonathan. Il a 69 ans.
Ben il continue à faire des disques.
Absolument, bien sûr.
C’est ça qui est génial. Il n’est quasiment pas distribué en France. T’as l’impression que lui, c’est vraiment quelqu’un qui se fout complètement de la notoriété face à un cas, c’est presque. C’est presque inquiétant. Il a l’air de s’en foutre à ce point là. Il pourrait distribuer, il pourrait, pourrait quoi ? Mais on a l’impression qu’il a déjà, qu’il est vraiment pris. Il a largué ses amarres tous les deux ou trois ans. Il sort un disque et faut le chercher pour le trouver.
Alors, illustration de ce que je disais tout à l’heure, ici on voit des gens qui ne qui ne qui ne jurent que par lui, comme Frank, Black, comme femme, etc. Donc qui ne jurent que par Richman. C’est pour dire les petits indices que vous laissez traîner ici ou là dans le bouquin de Nicolas Tuer, tu es tout seul. Ton autre comparse vient de te vient de t’abandonner. Alors attends, je vais en profiter pour te parler justement du dessin, puisque là, dans le dossier de presse dont je parlais tout à l’heure, tu parles de ton trait comme semi réaliste. Ça veut dire quoi un semi réaliste ?
C’est à dire que je suis incapable de dessiner vraiment réaliste si je n’ai pas les moyens qui en fait un correspond le mieux. C’est difficile en fait. C’est ce que je me dis. Enfin, c’est ce que je me disais tout à l’heure. Trouver un équilibre en fait. Parce que la bande dessinée c’est pas du dessin, c’est de la bande dessinée dans son cœur qui se passe quelque chose, qui est en narration, que les choses se passent. Et représenter, représenter des situations avec un certain dessin ou un autre. Elle se réalise pour moi, c’est-à -dire pour notre héros.
Alors j’en profite pour montrer une des planches que je trouve les plus réussies. Vraiment. La je parle, je parle graphiquement parce que depuis le début on bat, on parle des rockeurs, on parle. De ce qu’ils ont été et donc du puits de science que tu représentes, Arnaud. Mais évidemment, là où c’est très fort, c’est votre mariage à tous les deux, le dessin et le et le sachant quoi on va dire. Et là je montre un dessin qui est page 95, qui concerne aussi un mec que je ne connaissais pas et qui s’appelait jeune fille qui s’appelle John Faye. Elle s’appelait jeune fille et je ne trouve absolument pas moi qui me rappelle bien de tes dessins. Nicolas. Donc par rapport à ce que t'étais en train de dire semi réaliste, c’est. Je pense que c’est ce que je suis en train de montrer et pourquoi je montre ce dessin ? C’est parce que ça, c’est aussi un autre trait. Sans jeu de mots, il me semble qu’on se retrouve ici ou là dans le recueil pour tout ce qui est marécageux. Donc là, on le voit, le type de milieu de marécage dont je parlais tout à l’heure des squats, tu parlais de l’alcool. Il y a aussi le marécage qui revient ici ou là. Est ce que c’est le fruit du hasard ou est ce que c’est si c’est votre envie à vous de mettre l’emphase sur ce sur cette chose là ? En termes de dessin, on comprend très bien parce que si c’est du pain béni pour un dessinateur, le marécage, le bayou et tout ça. Mais pour le scénario, est-ce que ça veut dire quelque chose de particulier ?
Dans le cas de John Fahey, c’est. C’est comment ? Lié à son histoire personnelle ? C'était quelqu’un qui avait connu un traumatisme dans son enfance et donc qui a. Il y a cinq cette expression qu’il utilise à un moment, il dit qu’il a fait sauter les digues et que toute la boue se déversait. Puis c’est une référence au blues du Delta, à toute cette musique un peu marécageuse au sens qu’on entend dans un certain blues américain rural où il y a toujours cette référence à. Au fleuve ou catfish ou poisson chat ou tout du tout un bestiaire de bestioles grouillantes, etc. Et donc c’est des clins d'œil à ça parce qu’on entend ça dans la musique de John Fait, on entend ce on entend le marécage.
Alors manifestement, là, dans le jazz, il y a eu, il n’y a quasiment pas de question, il y a que des gens qui vous félicite pour la magnificence des planches ou qui sont à fond avec vous sur vos choix d’avoir choisi un tel ou un tel. Alors il y a quand même des questions. Par exemple, est-ce que Arthur Lee.
Évidemment quoi ? Et évidemment, Heroes. C’est bien simple, s’il y avait eu 100 planches de plus auraient sûrement eu Arthur Lee dedans. Mais en fait, on. Le seul regret qu’on peut avoir, c’est qu'évidemment on peut décliner, il y a beaucoup qu’on aurait pu, dont on aurait pu raconter l’histoire en a. On a essayé de. On essaie aussi de passer d’un genre à l’autre et pas de pas tourner autour d’un certain rock américain comme. Arthur Lewis. Alors c’est un grand, un grand totem quoi.
Alors j’aurais. J’en profite parce que tu as parlé du blues. J’aurais quand même. Petite critique à vous faire ou en tout cas une interrogation. Il y a assez peu de noirs dans votre bouquin et souvent il y a un chapitre sur le sur le dub. Donc là il y en a un, mais ils sont souvent relégués au rang de musiciens piliers. Ils apparaissent plutôt en petites vignettes au coin de Voilà. Site Et c’est. Est ce que c’est parce que la musique noire vous intéresse moins que l’autre ? Ou qu’est ce qui explique ce choix ? Il y a assez peu de live, il n’y en a pas du tout. Il n’y a pas du tout de. Il n’y a pas du tout de rap, il n’y a pas du tout des choses comme ça. Voilà, ça c’est votre choix. Mais même en musicien de rock ou de blues, il y en a très peu.
Juste noter qu’on a fait du blues américain par exemple. Il y a les frontières, répétons le, de plus graphies de bluesman américain des années 20, des années 30. Je ne sais pas si c’est pour cette raison qu’on n’a pas creusé les sillons, là, mais le boulot est déjà fait et on ne peut pas passer derrière. Remarquons. C’est vrai que moi je fais
C’est vrai, Quand on n’est pas con, on peut passer derrière qui on veut, quand on veut.
Mais je crois que c’est le roi des bunkers. Enfin, pour être tout à fait exact dans l’idée de départ, finalement, oui, on a. Je ne pense pas qu’on ait abordé le blues pour cette raison là, parce que c'était une influence. C'était l’influence numéro un sur le projet Crumb et sa biographie de Charley Patton qu’on a adoré vénéré. Et donc, quelque part, c’est vrai qu’on n’a pas été creusé là. On n’a pas trop creusé dans le jazz non plus, parce que ça, personnellement, j’y connais pas, je ne m’y connais pas assez et c'était le côté extraterrestre de sonner un peu qui m’attirait. Mais au départ.
On est en train de montrer la scène.
Mais au départ, je voulais faire aussi une chronique sur George Clinton et sur un une Cadillac et sur bien sûr, ça va me revenir. Roland, Kirk, Brassens, Roland, Curly.
Ouais.
C’est un homme de jazz. Et puis bon bah voilà, on est pour un prochain tome deux peut-être.
L’autre, l’autre absent. C’est le business. Vous parlez assez peu du show business en fait, vous ? Il est quand ? Quand il est là, il est et il apparaît. Mais il repart aussitôt, etc. Alors que je vous parlais tout à l’heure du fait que moi j’avais complètement décroché. En fait, dans les années 90, en grande partie à cause du business, à cause du show business, à cause des majors, mais même des indépendants. Toi Arnaud, qui a un label qui t’occupe depuis des années, des années du festival Invisible à Brest, etc. Je connais ce monde là. Est ce que. Est ce que là aussi, comment tu expliques ce choix d’avoir mis de côté finalement les managers ? Il y en a un ou deux. Il y a dit qu’il y en a un dont on m’a parlé, qui me fallait.
Et là où bon est tout en haut
tout en haut du Panthéon. Mais je veux dire, vous en parlez assez peu. Alors que je pense qu’une partie des souffrances de ces gens là dont vous parlez a un lien avec ça, non ?
Bah on parle quand même. Tu vois, quand on parle de Kevin Coyne, on parle de Richard Branson, par exemple, le patron de Virgin qu’il a signé. On en parle aussi quand on parle de Faust. On dit que Bronson a signé pour ce groupe de rock allemand ultra radical. Il pensait qu’il allait faire qu’il gagne de l’argent en signant Faust. Il se trouve qu’il a signé les plus, les plus radicaux, voire les plus extrémistes de la bande et c’est dommage. On en parle aussi quand même quand on parle de Daniel Johnston pour dire qu’il lui a donné trois coups de tuyaux sur la tronche alors que le gars était sympa. En plus, ce n’était pas un mauvais manager. Mais bon, au delà, trouvé qu’il était là au mauvais moment, on en parle aussi. On parle aussi de. Après pour le reste, c’est vrai qu’on a. On a aussi beaucoup affaire à des gens qui ont qui ont géré eux mêmes leurs propres productions. Toi, Sonora, il avait raison dans son label, c'était d’ailleurs c’est vraiment un révolutionnaire pour ça. Les résidences, ses entrées à la crypto corporation qui gèrent leurs propres affaires. Sans doute d’ailleurs, car il est fort probable que les membres dirigeant la crypto Corporation ne sont autres que les résidents de ce même. On ne sait pas, c’est une des hypothèses sur l’heure, sur leur existence. Il y en a toujours eu. Finalement, il y a aussi beaucoup de cas comme ça, de personnages qui ont qui ont géré les Légions noires. On en parle dans Black Metal, qui ont qui ont géré eux mêmes leurs moyens de production autres, comme on dit. Ouais mais c’est vrai que en fait, j’crois que c’est un truc qui ne nous intéresse tellement pas pour dire les choses franchement, c’est vrai qu’on a, on en parle, mais on n’a pas envie de s’appesantir beaucoup dessus.
Alors il y a il y a un drôle de gars qui s’appelle Raymond Scott et je vais montrer une planche. Raymond Scott, c’est un mec qui invente des machines, des machines à produire des sons. Là aussi, je cite une totale, totale découverte qui vient. Qui vient des années, des années 30. Donc quand je parle d’inventer des machines, c'était vraiment dans les années 40-50, etc. Qui était ce Raymond là ?
Moi la première fois que j’ai entendu parler de Raymond Scott et c’est dans un article de Rock and folk. Oui, il venait de rééditer en fait un cd et disait que c'était lui qui avait créé la musique de Bugs Bunny. Alors évidemment, ça me fascinait et j’ai acheté le cd et je suis resté pendant des années persuadé que voilà, Raymond Scott, c'était Albany. Et un jour, il y a une réédition de ce qu’il a fait après du Bunny. Quand il arrive et ce qu’il y a, c’est comme beaucoup de grands artistes, il a eu plusieurs, plusieurs vies en fait. Et sa première vie, c'était celle d’un compositeur de jazz pétaradant, un peu cartoon. Et sa deuxième vie, c’est la musique électronique dont il est dit peut être considéré à bon droit comme un des inventeurs. Et donc, à ce moment-là, je suis tombé dans une plus que dans une fascination, dans une machine. J'étais tétanisé par le personnage et la puissance de son fan, sa créativité. Il y a un nombre impressionnant d’albums et il fabrique lui-même ses machines. C’est un des grands créateurs de la musique du XXᵉ siècle. Carrément.
Voilà. Donc je ne sais pas si François le modo est toujours là. Donc tu as bien entendu ce que tu es en train de voir. C’est le mec qui a inventé la musique que t'écoutes et voilà. Un peu de respect s’il te plaît. Il s’appelait Raymond. Comme quoi. Tout peut arriver. Petite question qui vous est posée par Gladys qui a dû voir le sommaire et ne voir que le nom de Brigitte Fontaine parmi les artistes français et qui vous demande s’il y en a d’autres ? Ah oui, il y en a d’autres. Il y a notamment Boris Vian et d’autres. Là, sur le choix des artistes, des artistes français, j’ai l’impression que vous vous êtes cantonné à quelque chose de très balisé, c’est-à -dire la chanson française qui passe par Boris Vian alors que qui passe dans le rock. C’est assez balisé on va dire. Est ce que parce que c’est difficile de trouver des rockeurs maudits en France ou des grandes prêtresses du son, il n’y en a pas énormément. Ce n’est pas du tout une critique. C’est pour comprendre la construction du recueil Comment, comment vous avez fait pour les Français. Je crois que Nicolas veut répondre, mais y a Nicolas qui est un peu.
Comme Maria, il y a ces cinq secondes correspondant à Bagdad.
Là, il y a Colette Manie Oui, c’est cette chanteuse de funk qui commence à la plage du des reprises de blues et de folk américain et qui finit en or en expérimental free jazz contestataire. Ça, c'était vraiment, c'était vraiment le pied de travailler là dessus. Est ce qu’on peut le dire ?
C’est ce qui nous permet quand même de mettre un peu de police. Je ne parle pas de cet horrible groupe B, je parle du CRS puisque dans une des cases. Au moment de la guerre d’Algérie, on voit Colette Mani, manifestante et suivie par un fort matraquer, par un par un, par un policier. Donc comme quoi on est bien au poste. On vous écoute, monsieur le correspondant à Metz.
Non mais c’est vrai, c’est vrai. Sur le choix des artistes français, c’est un peu coton. En chanson, il y a le en chanson française puisque c’est de ce dont on parle. Moi je ne vois pas le destin de Caster avec une carrière incroyable, souterraine, comme on parle de drame musical instantané aussi. Mon client est plus à l’expérimentation jazz. Il doit être Arno et un peu spécialiste. Et Brigitte Fontaine a fait des albums, notamment un album qui s’appelle Comme à la radio. Avec le Heart Ensemble de Chicago qui est vraiment puissant et dérangeant. Et je crois que c’est tout ce qu’on a comme référence française d’Arnaud.
Ouais, il me semble que c’est tout ce qu’on a. Ouais bah ouais, on a. On a pas réfléchi dans ces termes là, n’est ce pas ? En fait, on a suivi une autre fascination. Et c’est vrai que moi, quand je pense à la chanson française suisse, je pense à Boris Vian tout de suite et je pense à Brigitte Fontaine et je pense à Colette Magny parce que j’ai tout simplement écouté ça abondamment quoi. Nicolas aussi. Donc Colette Magny, c’est quand même un personnage qui se sert des personnages, qui a poussé le plus loin la chanson dans ses derniers retranchements. Le dernier album de Colette Magny, c’est quand même quelque chose. Je trouvais que c'était ce C'était le pied, comme tu dis, Nicolas, de passer du temps là dessus et tout réécouter quoi.
Alors, je comprends votre difficulté à trouver des rockeurs maudits, etc. Ou alors ça rime en France et ça n’aurait peut-être pas tenu quatre ou quatre, ou quatre ou cinq planches. Voilà, c’est ça, c’est ici. Il y a quand même des histoires incroyables, mais qui, par rapport à celles que vous racontez, sont plus faibles. Voilà, donc je comprends très bien que naturellement vous ayez eu. Envie d’aller dans les. Voilà un deuxième raid amical et qui nous qui nous arrive 25 voitures, qui nous est envoyé par le Français. Donc je lui dis bonjour et je dis bonjour à tous, à tous ses amis et je lui dis. Je vous dis à tous que vous venez d’arriver, que nous sommes avec Arnaud et Nicolas, les auteurs de Grande, qui est donc un recueil épais comme ça, absolument superbe, des rockeurs maudits, des grandes prêtresses du son. Et là, on est en train d'égrener leur recueil et on arrive chez les dingues, les pages 123 avec. Là aussi, j’avoue que j’ai un petit faible pour eux, pour ces pages, pour ces planches où il y a un dessin qui prend toute la place, et puis des petits bouts qui arrivent en haut, en bas, etc. Et donc là, on voit Luxe intérieure et posé pour le plus grand couple de tous les temps qui sont chez un chez un disquaire qui collectionne les disques. Là par exemple, j’ai l’impression que c’est une BD dans vos premières BD, ça non. Je me trompe ou pas ?
Ouais, c'était dans les temps, la première ou la deuxième année à l'écran.
Parce qu’on voit si c'était des transports par la bande. Si ce n’est pas l’histoire des grands, leur naissance et leur mort.
C’est tout ce qui représentait. Et tous les exemples qu’on peut emprunter avec eux. Vous trouvez des disques obscurs et ils n’ont pas écrit ou ils n’ont pas écrit ? Qu’ont ils écrivent alors sur l'écran ? Et le répertoire, ce n’est que des reprises de. Complètement massacrées de rock n roll déjà bien barrés au départ des années 50 Comme le titre détachement et tout ça.
Voilà donc pourquoi je dis qu’on sent que c’est une première planche. Enfin, une des premières séries. C’est qu’il y a encore un peu une tentative d’explication de pourquoi vous faites ça. Et puis après vous êtes plus à l’aise, vous êtes dans votre élément, puis c’est parti, etc. Mais ce n’est pas du tout gênant. Et en fait c’est ça. Nicolas tu as tout à fait raison de dire que vous démarrez l’histoire des crampes en disant bon, on pourrait vous raconter l’histoire des crampes. En fait, il y a un élément qui est important chez eux, parmi tout un tas, c’est le côté collectionneur. Ces gens qui vont aujourd’hui on dirait jigger’s, qui vont plonger chez les disquaires à la recherche et puis en fait, ils vont plus aller chez Les disquaires ils vont carrément aller chez les gens pour aller chercher des disques totalement introuvables des années 40, 50, 60 et ils vont comme ça créer un imaginaire dans lequel quand on plonge dedans, on en sort pas. Faut être assez clair. Et donc voilà, il y a leur histoire qui, comme souvent, finit par un décès. Donc là il y en a un des deux qui est mort et il est question, c’est là où il est question d’un collectionneur qui s’appelait Bob White, je crois, un truc comme ça. D’où dont vous expliquez que son nom donne le nom à un syndrome. Est ce que tu peux nous dire quel est le syndrome Bob Heath ?
Ah, c'était un des membres du groupe Canned Heat pour ceux qui connaissent ce groupe. Fameux groupe de blues électrique américain psychédélique quoi. Et ce fut un super groupe. D’ailleurs, ceux qui a-t fait-On the Road Again, tout le monde connaît ce morceau, c’est Candy et Bob. Enfin c’est Bob Hite mais mon anglais a toujours été approximatif donc je ne suis pas sûr. Et Bob ? Bob Hite Il avait la démarche inverse du chanteur des grands succès antérieurs. C'était deux marteaux de blues qui faisaient du porte à porte dans le sud des Etats-Unis pour se procurer des 78 tours, mais pas 78 ou avant madame, etc. Sauf que quand Lux Interior trouvait un disque, après il en faisait des compiles et il était distribué. C’est grâce à lui et moi j’ai découvert toute une partie de ma culture musicale et c’est grâce à lui et à finalement et aux compilations d’originaux des grands qu’ils ont diffusés. Mais Bob avec lui quand il trouvait un disque et qu’il a qu’il le trouvait en deux exemplaires, il en était encore six pour être sûr de le d'être seul à avoir son exemplaire. Et donc ça, c’est vraiment le fossoyeur ultime. Je parlais de la rétention d’information, là c’est vraiment l’ultime rétention d’information. En quoi c’est l’enfoiré total ?
C’est la foi dans cet enfoiré total.
Et là, pareil, grosse découverte en ce qui me concerne. Là, je vais. Je vais aller à New York au six bis. Jimmy Page 134 Est ce que Nicolas tu veux dire quelque chose par rapport au groupe ? Parce que quand j'écoute, euh, je vais montrer d’ailleurs quand j'écoute les albums, parce qu' en dehors d'être un homme qui fait des albums de bandes de BD, tu fais aussi des albums de musique. J’ai l’impression que quand même. Donc l'âge du joue dans les divers ou je ne dis pas comme on dit, parce que moi mon accent anglais n’est pas pire que l’accent anglais brestois. Et ça c’est je ne sais pas lequel. Si Monsieur Verdun, c’est ça, c’est toi. Album solo. L’autre c’est ton groupe. J’ai l’impression qu’il y a un peu de Et un peu de chrome dans tout ça. Est ce que je ne sais pas ? Est ce que par exemple, les grands hommes, c’est assez ? Intéressant à dessiner ? Parce que justement, au départ, ça peut être le cliché, le sexe, le rock, la saleté. Et en fait, vous passez à la collection de disques. Est ce que voilà. Est ce que, en tant que dessinateur, si c'était un groupe qui évoquait quelque chose de particulier pour toi ou pas ?
Bien dessiné, ça c'était vraiment génial. Toute cette ambiance de fossoyeur, de cadavres de rock, des bas fonds qui étaient du pain béni est en effet à dessiner et j’ai mis des têtes de mort un peu à droite, à gauche
Alors j’avance parce que sinon on va y passer la nuit. Parce que si c’est tellement bon, c’est pour montrer une autre planche. Donc ce club dans Alphabet City, dans le sud-est de Manhattan, qui est le fief du punk à la new-yorkaise,.
Tu sais, c'était il y a un an. Oui voilà, c’est quand on parle de l’Irlande quand elle arrive à New York.
Est ce que tu peux nous dire deux mots sur le personnage qui je trouve, est un des personnages les plus durs de votre de votre galerie.
Il y a beaucoup de mots, mais elle a une histoire assez tragique dès le départ. Donc voilà. Mais c’est un personnage. Je l’ai rencontré une fois au Festival Invisible justement, et c’est un personnage que j’ai trouvé plutôt plein de bonne humeur et de et d'énergie positive. A contrario, un peu de l’image qu’on s’en fait. Ou alors je ne sais pas exactement la part de mythologie ou quoi, mais je pense que c’est quelqu’un qui a survécu à tout quoi.
C’est ça.
. Par la création, elle a créé beaucoup et beaucoup de gens. Ça rend une personne très aimée, j’ai l’impression, par beaucoup de monde, notamment des gens qui l’ont connue. Comme si. Comme si elle avait une humanité profonde, en fait.
Voilà, c’est un peu ça. J’ai l’impression que c’est un peu ça, les déclencheurs affectifs. Quelqu’un qui a une image de dureté, un peu de passionaria, et qui en fait est aussi quelqu’un de foncièrement gentil. Peut être que je me trompe. Je ne la connais pas personnellement, mais c’est le sentiment que j’ai pour préparer l'émission, j’ai appelé un vieux pote qui m’a dit Ah non, tu vas voir, c’est Arnaud, il est sympa, ça se voit quoi. On vient de l’entendre et en fait ça se sent. Est ce que Nicolas on se connaît un peu, on a failli travailler ensemble, etc. Mais ce qui est très beau dans votre travail à l’un et à l’autre, que ce soit par le dessin, que ce soit par les textes, c’est qu’il y a beaucoup de tendresse en fait, il y a beaucoup de tendresse. Oui, voilà, on sent que vous vous ne forcez pas à parler de telle ou telle, Vous vous en parlez, ça vous semble important ? Il y a de la tendresse, il y a de l’amour, il y a, il y a de la curiosité.
Il y a beaucoup d’affectif
Je vois qu'à New York ou à Bagdad, on ne réagit pas. Donc je continue à leur apporter de l’aide. A propos d’affectif, la je vais me permettre une petite chose. Euh. C’est à propos, c’est ton choix. Donc ça je vous laisse parler des résultats et après je vais montrer une petite case qui est placée là à un moment donné et qui m’a beaucoup touché. Il donne à Arnaud, tu veux, tu veux dire, tu veux nous rappeler qui il était ?
Il y a plusieurs raisons d’adorer Alexis Todd. La première, c’est qu’il a été le chanteur des box tubes et tout le monde connaît les auteurs de box tubes. C’est un énorme tube des années 60. Moi si ça ne vous dit rien, il suffit de l’entendre pour oser dire Ah oui, bien sûr, évidemment. Donc il aurait. Rien que pour ça, déjà, il aurait dû rester dans nos cœurs. Ensuite, il a. Il a simplifié un peu, mais ensuite il a créé un groupe très important qui s’appelle Big Star. Ça fait trois albums mais qui a malheureusement connu l’assèchement. L’exemple type du groupe Maudit quoi, Qui n’a pas, qui n’a pas plu du tout, qui est passé à côté d’un succès qui sans doute était largement mérité, qui a un groupe très ambitieux, très subtil et qui s’est cassé la gueule. Et puis après, il y a une troisième raison encore, c’est qu’il a fait un des disques les plus cinglés de l’histoire du rock n roll qui s’appelle Live Fly Zone Cerbère. Ouais, comme des mouches sur un sorbet où là il a vraiment déconstruit, démonter, désosser le rockabilly. Il a remonté de travers et il fallait oser sortir un disque comme ça quoi. C’est un disque ? Ce n’est évidemment pas à conseiller aux oreilles sensibles, mais c’est sûrement un chef d'œuvre. Enfin, moi je le place tout en haut du Panthéon, quoi. Et puis. Et puis c'était un personnage très touchant sur la fin de sa vie quoi. Qui a vécu, qui est mort dans la dent et pas quasiment dans le dénuement quoi. Et pourtant, c’est celle de l’icône absolue de la tête, de tout un pan, de la culture, du rock, du rock américain, du rock anglais, du rock français. Et c’est vraiment une icône. C’est un personnage quasi christique, grave, quasi martyre
Alors justement, à propos de l’album dont tu viens de parler, euh. En fait c’est. C’est cette case là que je voulais, sur laquelle je voulais m’attarder quelques secondes. A partir de 1985, il bénéficie d’un retour en grâce providentiel via le label français New Rose. Et là, vous dessinez un mec qui s’appelle Patrick Matter. Et j’en profite pour le saluer. Il est mort. Est ce que Patrick Matter, c’est le premier mec qui m’a fait travailler à New Rose ? Je faisais les biographies des artistes New Rose de certains artistes New Rose et donc je vendais mon fanzine là bas, rue Pierre Sarrazin. Tant qu’il y aura du rock, ça va s’appeler Et ce gars là, il y avait lui et lui. Voilà. Donc c’est une petite boutique dans le quartier latin qui aujourd’hui, je ne sais pas ce que c’est devenu, un truc bio. Ou vegan ? Ou les deux. Et donc bon, bref. Et donc voilà. Patrick Mathé Et donc ça, ça m’a émue, ça m’a émue de le voir là. Et Patrick Mathé euh, que tu ne dessines pas comme il était, c’est-à -dire avec un gros cigare. Même si c'était quand même un manège. Bon bref, passons. N’empêche que New Rose, c'était au milieu des années 80. C'était effectivement le refuge de tout un tas d’artistes cassés dont vous parlez à Chilton et tant d’autres en fait. Trouver refuge là, comme ça, chez ce petit disquaire qui après va devenir. Un des plus gros distributeurs de rock indépendant en France jusque je pense fin des années 90 et notamment qui va distribuer tous les disques des du rock alternatif de Bondage, des Bérus et tout ça quoi. Et donc là, c’est Patrick Marty. On retrouve sur l’itinéraire d’Alex Chilton. Donc merci les gars pour cette séquence émotion.
Oui.
C'était il y a trois ans et Fulton était un gars très sympathique il est décédé.
est alors un mec qui n’est pas mort. Alors tout à l’heure je disais pour une planche, ça valait le coup, mais en fait non, j’ai menti. Après, il y a le chef d'œuvre des Sheller, Billy ldish. Alors là les gars, va falloir parler c’est comme ça que j’ai connu le travail de Nicolas.
Individualiste, c’est mon truc.
Voilà c’est ton truc. C’est pour ça que je te dis voilà, il faut en parler.
Alors, DJ Ice est un Anglais qui. Qui est né et qui vit à Chatham ? Et qui est. Qui est peintre ? Poète ? Musicien de rock n roll ? De folie ? De qui ? De tout ce qu’on veut. Il est complètement incroyable. Il commence avec les Pop Private, groupe de punk. Et ensuite il enchaîne les groupes et y a une séquence inouïe. Et c’est en bois. C’est presque un artiste brut. C’est lui. Il a l’air de faire ça comme un artiste breton. Il a une famille de prolos, il est dyslexique. Il a eu une enfance compliquée et il sort des disques coup de poing magnifiquement écrits par ses facétieux. C’est une référence, dit Caddie.
C’est aussi un poète un peintre. Alors à la fois on découvre dans votre biographie que vous lui consacrez, on découvre un type qui est d’une œuvre d’une rigueur absolument incroyable. Visiblement, ses journées sont un peu monotones puisqu’il a tout prévu. Il prend sa douche à telle heure. Non, c’est vrai, il va voir. sa mère et il prend un tableau tous les dimanches. Je peux vous raconter si c’est assez dément. C’est quand même un mec pour ceux qui nous écoutent. C’est dingue parce qu’ici il y a quand même des gens qui ils connaissent qu’on parle De Niro et tout d’un coup, il y a des gens qui parlent des gorilles. C’est quand même génial quoi. Et donc ? Pourquoi je dis ça ? Bon, vous ne me racontez pas, mais Michel X, lui, considère que les Beatles, ça s’arrête à Hambourg. C’est génial parce que pour lui, les Beatles, après les Stars Club.
Ça n’a aucun intérêt.
Et les Belges qui étaient de ces groupes, c'était quand même grosso modo les Beatles à Hambourg, c’est-à -dire 62. Oui, bah Sacré Be-bop et compagnie, les Michel, c'était un peu ça quoi. C'était vraiment le son. Des Beatles que personne ne connaît, ou très peu de gens, bien avant les génies et fossoyeurs du rock qu’ils allaient devenir. Quoi ? Toi, Arnaud, du tu donnes, tu dis Tu veux bien faire ça, Tu veux bien faire bien ? J’ai dis juste parce que parce que tu sens qu’il faut, il faut que Nicolas puisse s’exprimer totalement. Alors là, on est dans les cinq pages, mais absolument magnifique. Où est ce que pour toi aussi c’est quelque chose d’important ?
Alors c’est hyper important pour moi aussi.
Ah voilà, c’est ça !
Il y a un truc affectif hyper fort avec Alice. Moi j’ai découvert Michel Leach à Brest parce qu’il était venu faire un concert sur la scène du cabaret Vauban qui est dans une salle de concert au centre ville et c'était énorme. Ben quoi, c’est en fait il c’est vraiment une des plus belles incarnations du rock n roll quoi. Bien sûr, il a, il a le truc, c’est vraiment à sais faut le voir pour le croire. Il a le truc comme un autre. Un truc comme ça n’appartient qu'à lui. Mais on sent que c’est un gars qui a eu, qui a surmonté avec des difficultés personnelles, qui étaient comme des Nicolas. Il était dyslexique, il a eu des problèmes personnels assez graves, un jeune, mais en fait il a tout surmonté par la discipline et la provocation. Parce que quand il dit que son sens, la musique check sont influencés par les Beatles à Hambourg, il est tout le temps très précis. Comme ça, il va dire ce groupe là. Maintenant, il a plusieurs groupes. Ce groupe là est influencé par telle chanson des Kinks et par tel morceau de Linke. Et puis bon, quoi. Et il y a une espèce d’honnêteté. Provocation permanente, quoi. Enfin, c’est un personnage ultra très drôle aussi
Alors j’ai découvert quand même que grâce à vous que j'étais très riche et je vais vous le prouver, je vous le prouver. Je vais faire un peu ce que je fais. Jamais je vais quitter ma chaise deux secondes et je vais apporter un truc en fait, que les gens voient que vous ne voyez pas parce que vous vous avez une autre caméra.
est magnifique.
Ok.
Alors voilà.
Ça c’est un tableau de Billy Childish Ouais, ouais, ouais. Les gars. à partir des planches.
C’est magnifique.
Magnifique tableau que j’ai acheté avec mon premier salaire à Libération en 1992 parce que j’avais l’impression d'être très riche, très bon premier salaire et il y avait eu. Il y avait une expo de Billy Childish à Paris, je sais plus où j’ai acheté ça. Et là j’apprends, j’apprends dans la BD qu’en fait il y a des grands collectionneurs, des gens très riches qui ont des tableaux de vie également.
Il y en a.
Ouais.
Vous pouvez y aller,
Oui quelque chose comme ça.
Mais je sais que Johnny Depp y collectionne les toiles de Vanessa Leech, par exemple. e
, Johnny Depp, puis de La Passerelle. Et alors en plus, en face de vous, c’est très beau, non ? C
Mais non mais c’est celle ci est vraiment magnifique.
C’est une toute petite galerie, tu vois, c’est Bill 91.
Celui qui est assez lourd.
Voilà, c’est celle que j’ai achetée. je suis content. Et donc j’apprends ce que vous dites, ils ont écrit des bouquins, des tableaux de Billy. Alors on va en garder deux autres, on va finir avec deux personnages. Il y a Sam Arnaud qui est pour toi absolument central.. On en a parlé tout de suite et je crois que tu le remercie d’ailleurs. C’est Eugène Chambon
C’est le tableau de Billy Childish. C’est quand même magnifique. Je vous le montre tout en couleurs. Ça m’a l’air d'être la figure des figures pour toi Arnaud, Où est ce que je me goure ?
Bah ouais, parce que c’est ma vie a changé le jour où j’ai rencontré Chatborgne à Brest aussi, au Festival Invisible justement. On avait invité ce musicien qu’on connaissait pour certaines de certaines de ses productions, mais on était loin de se douter de l’ampleur du problème. Et à la fin d’un concert, il sort une valise qu’il avait qu’il trimballe partout avec lui. Donc il va faire un peu de ventes de disques. Il ouvre sa valise et y déploie sur la table, je ne sais pas, 200 disques différents conditionnés dans des pochettes faites à la main, peintes à la main, scotchées à la main. Et c'était un échantillon de son œuvre qui vendait directement sur cd gravé du producteur au consommateur. Donc ça a commencé à me fasciner à ce moment-là. Et puis je me suis rendu compte qu’on pouvait faire ça par On pouvait tout autant produire à la sauvage comme ça et que finalement, pourquoi pas.
Il est notamment l’auteur d’une chanson absolument magnifique qui est Body Is coming. Il y en a tout un tas.
Mais il y a tout un côté protest songs. Chez lui aussi, Il y a beaucoup de disques très drôles qui sont des agressions caractérisées vis-à -vis des républicains américains. En concert qu’il a, il a jamais eu de cesse de fustiger et de critiquer Reagan de critiquer Jessie M. Le gouverneur de son de son état, mais il n’en a pas loupé un, je peux dire qu' il y a des Il y a des choses qui passent que vous ne pourrez peut -être pas faire chez nous. C’est-à -dire qu’il attaque frontalement avec un sens de l’humour au vitriol quoi. Et. Et ça a été sa chanson, son cheval de bataille. Très longtemps et sauf pendant la présidence de Trump où là il a, il a pas fait dix politiques, je pense que c'était trop pour lui. Et puis il avait passé sa vie à dénoncer ces gens là et donc là de voir un gars comme ça au pouvoir, il a préféré attendre. Et quand je lui commence un peu le nouveau président, je n’ai pas bien révisé. Joe Biden a été élu, il n’a pas fait, il a fait un discours de jouer dans le genre le lendemain.
Euh oui, Et on ne peut que conseiller sa reprise de…on ne peut que conseiller, arrêter de nazis punks fuck off pendant le jour.
Ah, je la connais pas celle-là !
Ah, c’est ultime.
Ultime.
lance le morceau des Dead Kennedy.
Bien sûr.
Mais jouer au banjo comme si c'était un groupe irlandais traditionnel, d essayer le rock
D’ailleurs, je crois qu’il y a une pochette ou deux qui traînent des Kennedy qui traînent dans le. Dans votre recueil, ils sont là, tapi dans l’ombre et ici ou là, je ne sais plus où. Et pour terminer, parce que bon, voilà, il faut, il faut que les gens qui nous écoutent aillent voler votre livre.
Retz a une énorme maison d'édition.
1101 en 1800, ça fait trois par jour.
C’est fou !
Bref, donc il faut aller voler ce livre ou l’acheter. Vous faites comme vous voulez. Enfin bon, voilà, il faut que ça devienne en tête des meilleures ventes puisque tous livres volés et quand même dus à l’auteur, à sa folie. Il faut le savoir, c’est le monde de l'édition.
Et c’est le seul truc.
J’espère que vous avez eu envie d’en savoir plus et de feuilleter avec vos mains, parce que le toucher fait tout plaisir. Mais je voulais terminer avec, comment il s’appelle Tim Foley. Dont on retrouve d’ailleurs la trace avec Jonathan Richman dont on a parlé tout à l’heure. Parce que ça, c’est ce qui est amusant aussi, c’est que j’imagine qu’au début, vous n’aviez pas forcément pensé à ça.
Ben c’est l’agent secret du rock n roll. Il est là tout le temps quoi. Dès qu’on se penche sur une période, il y a Kim Fowley quelque part dans un coin qui intrigue pour celui qui sait. Lui qui dit est maintenant John Lennon. Au début du au début du Live Peace à Toronto de Lennon et Yoko Ono, le monsieur Loyal qui est qui fait l’annonce au début du disque. C’est lui, le gars qui fait la voix japonaise déformée sur le morceau elle-même Rock de Zappa. Ce premier album de Frank Zappa, c’est lui aussi le type qui produit le premier, la première démo de Jonathan Reichmann et les Modernes Over qui préfigurent le punk. C’est lui le type qui produit les Runaways, le premier groupe de rock qui fait un carton. D’ailleurs, avec ça, le premier Girl Power Trio et la chanteuse ne sont pas trois, elles sont plus standards. C’est lui qui produit l’acide, c’est lui qui produit le comeback de Jean-Vincent, c’est lui. On le croise avec Kiss, on croise avec Gun and Roses mais avec tout le monde. On croise même sur un clip de Beyoncé à la fin de sa vie. Mais c’est un personnage hautement fascinant parce qu’il a aussi fait des disques complètement chtarbé pendant un certain son, sont particulièrement secoués et hautement recommandables.
Il y a quand même des moments où le mec a rencontré des extraterrestres. Tellement persuadé qu’on croit que c’est le David Vincent du rock’n’roll. Il a vu les envahisseurs.
C’est difficile de faire la part des choses entre eux. C’est difficile de savoir dans quelle mesure il était parfois authentiquement allumé aussi, ou s’il foutait un peu la gueule des gens. C’est. C’est difficile de savoir. Akim Foley Heureusement, il est tout le temps en train de jouer un rôle, quoi. Quelque part, c’est un personnage assez mystérieux finalement.
Et il a un avantage, c’est que je trouve. Et pour terminer, il est parfait. Tu écris Arnaud avec une constance. Alors être dans ses pages 234, c’est. Voilà, c’est ça. Avec une constance, être toujours là au début et disparaître quand le groupe devient célèbre. Ça pourrait presque être le sous titre d’Androïd, c’est tout. Parce que beaucoup des personnages dont vous racontez la vie ont tutoyé ou n'étaient pas forcément bien loin du succès. Et puis ça passe à côté. Et je trouve que Kim Foley est la figure parfaite par rapport à ça.
Et là, je pense qu’il a cherché le succès en fait, et c’est difficile. Et pourtant il a fait tout ce qu’il fallait pour ne pas le trouver. Donc c’est compliqué.
Et je pense que pour Nicolas, c’est aussi quelqu’un qui est agréable à dessiner parce qu’il a quand même une tronche quand même, une gueule
Ouais, c’est peu ça, mais c’est le moins attachant de deux personnes, en tout cas pour moi. En ce qui me concerne, l’un des personnages du livre, c’est pour ça. Enfin bon, il a une tronche et effectivement, la touche lui est un peu sournoise. J’ai peut être accentué ce côté vicieux qu’on peut imaginer un seigneur.
Oui, il a un côté cynique et qui vous rend bien ? Ben écoutez messieurs, voilà, je pense que pendant presque 2h, j’espère que toutes les interviews se passent sont plus courtes qu’avant. En quoi est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ? Il y a un truc qu’on a, qu’on a que j’ai oublié d'évoquer, un point important que vous aimeriez.
Ah non, moi je trouve que c'était intéressant parce que du coup on a pu creuser un peu et puis prendre le temps justement de 2 h 40 de parler par pas mal d’artistes quoi. On continue, nous, nos chroniques dans la revue dessinée avec Nicolas. Donc c’est ça qui est lâché. Entre aussi en train de travailler sur le jeu et le livret A, le site a livré le scénario à Nicolas vendredi. Normalement, si tout se passe bien, sur une chanteuse japonaise qui s’appelle Jun Ogawa et qui est Kim qui m’obsède complètement depuis trois semaines. Et il va être temps que je que je termine le scénario pour pouvoir passer à autre chose parce que c’est une grosse découverte Jun Ogawa.
Nicolas, tu veux ajouter quelque chose ?
On aurait au moins pu évoquer. Le black métal brestois. J’ai pas mal de copains. Mais sinon, c'était bien. On est allé au fond du trou, au fond de la tombe.
Mais on va ressortir. Juste une dernière chose. Le festival invisible. Arnaud. Est-ce qu’il aura lieu cette année ? Puisque l’année dernière vous avez dû l’annuler
Ouais, c’est entre le 16 et le 20 novembre 2021 normalement. Et oui, enfin on croise très fort les doigts pour que ça, pour que ça ait lieu et en tout cas, on va tout faire pour que ça ait lieu. Voilà donc à Brest.
Écoutez, messieurs, merci infiniment d'être venus au poste pour présenter votre travail c’est quand même des années de boulot et c’est beaucoup de passion, de beaucoup d'érudition. Mais ce n’est jamais pédant.
Je tiens à préciser que Kim Foley a fait un concept album sur Napoléon.
Je crois que c’est le personnage de l’histoire qui a le plus de biographie. Je crois qu’il en sort deux par jour depuis 200 ans. C’est un truc de dingue. Bon ben écoutez les gars, merci beaucoup. Merci. J’espère que le bouquin va marcher.
Bonjour le monde. Salut David.
Merci beaucoup.
