Rokhaya Diallo et Nadège Abomangoli : Les mots comme armes politiques
Retour à l'émissionTranscription de l’émission
Bonjour, bonjour. Deuxième jour de live aux AMFIS les universités d'été de LFI, pas LCI. Le magnifique stand d’Auposte à côté de celui de LFI Monde, à côté d’Acrimed, à côté celui de l’humanité. Et là, on va partir directement..Alors, j’aimerais savoir, Euryale, si tu peux me dire pour le son, on va partir pour essayer de retrouver le débat avec Rokhaya Diallo et la députée LFI, dont le nom m'échappe, son prénom, c’est Nadège. Voilà, alors, je vous précise que je n’ai pas d’autres moyens de communication que le chat, quand on est en live, puisqu’en fait, le live se fait avec le téléphone d’au poste. Voilà, donc là, on s’approche de l’endroit de la grande salle où il y avait donc hier Père Jean-Luc, son drone, sa louma et ces drôles de déclarations autour de Volodymyr Zelensky. Vous voyez, le village se réveille petit à petit. Je ne sais plus, c’est par là bas. Oui, voilà, c’est par là bas. Je vais essayer de trouver la salle. Donc, comme dans tout festival qui se respecte, il n’y a pas d’argent, il n’y a que des contre-marques. Alors, celles-ci sont en carton, ce qui veut dire qu’il n' y a pas de traquage. Et notamment c'était Joe de StreetPress qui m’avait expliqué ça. Puisque Joe, fondateur de StreetPress, a été longtemps dans la restauration.
, Est-ce qu’on peut commencer ? Je ne m’adresse pas à vous. Je m’adresse aux camarades qui font la captation. Je n’ai pas son prénom. Est-ce qu’on peut commencer ? Nous allons… Ah, bien entendu. C’est bon. OK. Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être venus ce matin pour cet entretien avec Rokhaya Diallo. Ça fait très plaisir de te recevoir. D’autant que ta présence dans ce type d'événements est extrêmement rare. Merci beaucoup. D’ailleurs, vous expliquez un peu les raisons de cette rareté de ta parole dans ce genre de moments. Mais en tout cas, ta parole n’est pas rare dans les médias. Elle n’est pas rare, je peux le dire, de tes productions intellectuelles. Je pense que chacun ici connaît la femme que tu es.
Merci à vous pour votre accueil et pour votre patience. Malheureusement, je suis arrivée un peu avec un peu de retard à cause du train qui a été bloqué à un moment donné dans son trajet. Et je suis très heureuse d'être ici. Je suis rarement partie à des universités d'été, mais ce n’est pas de ma volonté, c’est juste que je ne suis pas invitée. Moi, je réponds aux invitations, mais quasiment je n’ai même pas été invitée, donc c'était pour cette raison qu’on ne m’avait jamais vue à l’université. Et la présentation convient parfaitement. Merci beaucoup. Merci.
, Merci Rokaya. Donc en fait, l’actualité de Rokhaya Diallo, c’est la sortie du dictionnaire amoureux du féminisme. Mal nommer les choses, comme dirait Bernard Camus, c’est ajouter au malheur du monde. Donc bien sûr, à contrario, peut-être bien nommer des choses, c’est participer à faire avancer le monde. C’est peut- être qui a motivé ton ouvrage. On parle souvent du langage comme terrain de lutte. C' est évidemment extrêmement important pour nous ici qui portons une parole. Mais il y a évidemment les mouvements politiques, mais il y a évidemment la société civile, les intellectuels. Tu en fais partie. La bataille des idées, c’est aussi une bataille des mots. Alors est-ce que tu peux nous dire comment t’es venue cette idée ? Comment est- ce que la création, la position de création de ce dictionnaire est arrivée ? Parce que j’ai parlé de terrain de lutte, mais y a le mot amoureux dans le titre. Donc qu’est-ce-que tu peux nous en dire ? Et pourquoi c' est maintenant dans ton engagement ?
Alors, très bonne question. Merci de mentionner effectivement cet ouvrage qui est sorti en mars dernier. Alors, je ne sais pas si parmi vous, il y a des personnes qui connaissent la collection des dictionnaires amoureux chez Plon. C’est une collection assez ancienne qui existe depuis 25 ans, qui a donné l’occasion à un certain nombre de personnes de publier des dictionnaires amoureux sur de nombreux sujets différents. Les dictionnaires du vélo, des États-Unis, du Maroc, de Proust, de toutes sortes de sujets très très variés. Et Grégory Berthier-Saudrais qui a repris la collection des dictionnaires amoureux il y a quelques années, s’est rendu compte lorsqu’il est arrivé qu’aucun sujet féminin n’avait été traité en plus de 20 ans. Et donc a décidé de lancer le dictionnaire amoureux du féminisme. Et donc ce n’est pas mon idée de participer à cette collection et d'écrire ce dictionnaire, c’est la sienne. Et donc il a décidé de me contacter, ce qui voulait dire quelque chose. Je trouvais que c'était un choix quand même singulièrement audacieux que de me demander à moi de faire ce dictionnaire amoureux du féministe, alors que… Étant donné le profil beaucoup plus classique d’un certain nombre des auteurs de la collection on aurait pu imaginer qu’il se dirige vers quelqu’un ayant un profil plus traditionnel en termes de féminisme. Et finalement il m’a sollicité. Je dois avouer que j'étais super contente de cette opportunité. Et en même temps assez intimidée par l’addition parce que ça reste un dictionnaire et un dictionnaire c’est très très long et fastidieux. Donc j’ai mis quelques années avant de commencer. Et ce qui m’a finalement un petit peu désinhibé dans les réticences que je pouvais avoir en tout cas pas de réticences au sens dont je ne voulais pas mais des réticences en termes de capacité. C’est-à-dire que je me disais c’est très très long comment je vais faire et ce qui a un peu abattu ces doutes c'était justement ce mot de « amoureux ».
, En réalité, ton éditeur a senti que l’air du temps, qui va être durable, ça va pas être une petite mode, que les temps avaient changé et que du coup tu étais tout à fait légitime et qualifié en réalité pour ce dictionnaire. Moi j’aimerais revenir sur une définition, enfin un terme évidemment qui nous intéresse beaucoup ici, c’est l'écoféminisme. Tu pointes un certain nombre de limites dans l'écoféminisme, qui a été théorisé il y a très longtemps par Françoise D’Eaubonne, en expliquant qu’elle aborde une perspective féministe blanche. Et donc toi tu parles de féminisme situé. Qu’est-ce que tu entends par là ? Tu as commencé à l'évoquer. Et dans la continuité, quelles sont aujourd’hui les limites de ce terme écoféministe et du terme féministes dans la dimension attrape-tout ? Et donc je pense qu'évidemment, dans ton dictionnaire, le choix à la fois des noms et des mots définis, mais est-ce que pour ceux qui n’ont pas encore pris connaissance du dictionnaire tu peux nous dire ce qu’est le féminisme situé ?
C’est ce que je dis quand je présente le féminisme qui caractérise mes convictions, c’est un féminisme des marges pour toutes et tous. Et donc effectivement c' est un féministe qui n’est pas né dans les positions qui sont centrales, qui sont visibles dans les espaces le plus mainstream, mais c’est un féminisme qui bénéficie à tous et à toutes. Et effectivement, tu l’as dit, mon visiteur a senti l’air butant, mais je pense qu’il a aussi une sensibilité personnelle qui lui a permis de comprendre que les enjeux qui sont ceux que je tiens à défendre sont des enjeux, en tout cas qui doivent exister justement dans une collection comme celle-là qui est une collection patrimoniale. C’est vraiment le Dictionnaire Amoureux, ça fait partie effectivement de ces collections qui sont considérées comme étant dans l’environnement littéraire français, comme étant vraiment bien ancrées. Donc c'était aussi important d’aller chercher une voix qui racontait quelque chose d’un petit peu différent.
Je vais tenter un truc avec le micro, Euryale, si tu peux me dire si c’est bon.
C’est une logique qui affecte de manière identique tout le vivant, c’est-à-dire l’environnement, parce qu’on le disait comme un environnement, comme ici on n’en disait pas partie, mais bon voilà, ce qui nous environne, nous faisons partie, les humains qui sont minorés pour des raisons genre, pour des raison raciales, pour les raisons économiques, mais aussi les enfants évidemment, les animaux non humains, donc tout ça en fait c' est une logique qui est très très très articulée et qui fait sens en fait, c’est-à-dire que la logique coloniale c' est une logique de destruction de l’ensemble du vivant qui affecte en fait type les populations minorées. Et donc la réflexion féministe, elle va vers l'économie, une réflexe sur la manière en fait dont ce patriarcat et le hétéropatriarcat capitaliste en fait essaie de conquérir tout ce qui est considéré comme un territoire à son bénéfice pour produire en fait du profit, pour produire ce qui était considéré comme de la richesse alors que la richesses existe en elle-même. Et donc oui je pense que cette féministe un petit peu circulaire auquel vous voulez rendre hommage est vraiment positionnée depuis la pensée des penseuses africaines, asiatiques, américaines, mais au sens du continent américain qui vraiment forger intellectuellement ce féminisme de manière extrêmement claire et extrêmement puissante.
, Alors donc du coup tu as parlé de cet hétéropatriarcat qui travaille en réalité pour le capitalisme. Le capitalisme qui détruit, qui détruit tout le monde et dans ce cadre-là il y a évidemment une bataille des mots. Il y a une bataille des maux parce qu’on voit aujourd’hui dans le débat public des maux où la négation d’utiliser un certain mot est utilisée pour maquiller des dominations, pour rabaisser et finalement pour décourager. Alors évidemment il y a des mots que tu définis dans ton livre qui sont des mots qui percent, on va dire, dans le débat public et d’autres qui ne percent pas. Par exemple, le wokisme a percé. Le wokisme, on va revenir, j’imagine, mais par exemple c’est très difficile de parler de racisme systémique. En même temps on nous parle de raciste anti-blanc alors que l’acceptation du terme de racismes systémiques fera en sorte qu’on ne parle pas de racisme anti-blanc. Donc en fait comment tu vois cette manière pour les locuteurs, on va dire, autorisée de définir, de décider quels sont les mots qui doivent compter ou pas dans le débat public sachant en plus qu’il y a quand même une régression intellectuelle alors que la circulation des idées aujourd’hui à l'ère des numériques est extraordinaire, que des références littéraires sont très nombreuses, on les retrouve dans ton dictionnaire. Comment tu expliques. Pourquoi des mots percent, qui les décident et comment lutter contre cette appropriation du droit à utiliser tel ou tel mot dans le débat public.
Alors le racisme, pour prendre cet exemple, c’est effectivement l’illustration de la manière dont l’extrême droite américaine exporte ses idées de manière extrêmement efficace. Ce qui est intéressant c’est que souvent lorsqu’on parle de questions raciales, on dit aux personnes antiracistes qu’elles importent une grille de lecture étasunienne. La réalité c'était que ce sont surtout les extrêmes droite qui importent toute une grille de lecture étasunienne et des éléments de langage qui viennent des États-Unis. Le wokisme en fait, quand le mot a commencé à vraiment présenter des occurrences importantes dans la presse au début de l’année 2021, la plupart des Français je crois à 60. Les trois quarts des Français n’avaient pas la moindre idée de ce que ce mot signifiait. Et pourtant il est entré dans le questionnaire il y a deux ans je pense, donc très très peu de temps après une existence dans la pratique courante du public nulle, et c’est intéressant de voir aussi qu’il a fait son entrée en France dans une acception directement négative. Là aux États-Unis il suit vraiment des communautés afro-américaines, des communautés artistiques, dans les années 30 notamment. Le chanteur en fait l’a utilisé pour parler d’un éveil par rapport aux discriminations, par rapport à l’hindouisme, un mot qui était positif et qui a circulé un peu dans les années 60 dans les mouvements contre la ségrégation. Il a vraiment été réhabilité à nouveau dans les dernières années 2010 avec l'émergence du mouvement Black Lives Matter, ou comment dire, l’injonction Stay Walk pour rester éveillé, circulait beaucoup dans les milieux militants. Il y a même une série de documentaires qui a été produite par G.C. Williams, l’acteur de Confinitivité, c’est pour les personnes qui suivent la série, qui fait le docteur et Gracie.
, Il faut vraiment agir contre cela. Mais à quoi tu m’attribues tout ça ? Est-ce que c’est le manque de circulation ? Parce qu’en fait, y compris en France, on a des chercheurs, des sociologues sur ces sujets-là. Évidemment, on ne va pas attirer pour les Etats-Unis, parce que le paradoxe des États Unis c’est effectivement, actuellement c' être une piste, mais en tout cas il y a des moyens pour la recherche, la question des moyens pour la recherche est importante. Évidemment, il y à l’histoire française. Donc, moi j’ai l’impression que dans ton dictionnaire, il y a quand même une stratégie assez intéressante de prendre vu l’efficacité du message. C’est que tu donnes aussi des références issues de la culture pop, des référence qui viennent, comme tu l’as dit tout à l’heure, des marges. Donc, quel rôle les marges, les écrivains, les sociologues, les artistes, qui ne sont pas dans le mainstream, peuvent avoir comme impact la construction d’un imaginaire féministe et antiraciste, et donc comme on est à l’université d'été d' un mouvement politique, comment est-ce que nous, en tant que mouvement politique, on peut aussi mobiliser cette culture populaire, ces marges, qui sont voilà, qui ne sont pas dans le mainstream, mais qui en réalité, dans toute une génération que toute partie de la jeunesse circule quand même. Comment est-ce qu' on peut populariser ça intelligemment sans être trop nuls ?
Merci de rappeler la manière dont j’essaie d’investir ces questions-là. C’est vrai que je fais référence à une revue de série, j'évoquais tout à l’heure Grâce de l’Atome, c’est un portrait de Ronda Rhimes, qui est la créatrice de cette série, qui a vraiment transformé un petit peu le visage des séries américaines durant la décennie 2010. Je crois que la culture populaire, c’est vraiment un endroit où énormément de choses se passent, que les artistes sont des personnes extrêmement importantes dans la manière de voir le monde tel qu’il existe dans leur temps, de dénoncer les injustices et de produire des œuvres qui vont circuler beaucoup plus facilement que tous les discours politiques. Et effectivement, je suis une enfant des classes populaires. J’ai grandi en regardant énormément la télévision, en disant beaucoup de mon gars, et donc tout ça, ça a contribué à changer mon imaginaire, à alimenter ma compréhension du monde et encore aujourd’hui, je regarde, j’adore aller au cinéma, je regardes beaucoup de films, c’est très très important pour moi de continuer à être exposé au monde à travers le regard des artistes. Et voilà, je fais le portrait aussi d’artistes qui viennent de la musique, notamment du hip-hop
, Merci beaucoup. Je vous dis que c’est battant parce que on est actuellement dans un contexte où des préfets de la République, le préfet du Val d’Oise, le préfet de la Seine-Saint-Denis, le préfet de police de Paris sont actuellement en train de faire la chasse au propos de nos collègues députés Ali Diawara et Aurélien Taché parce qu’ils ont rappelé un certain nombre de réalités concernant les violences policières et concernant le fait que les violences policières s’abattent davantage sur les personnes racisées dans ce pays et donc on a là le préfet, c’est vraiment l’incarnation même des services de l’État. C’est l'état dans les départements et bien l'État, à travers ses agents qui sont normalement au service du peuple, et bien qu’on contribue à amener ces sujets-là et à confirmer finalement que les institutions continuent à faire preuve à la fois les violences policières et le racisme systémique qui s’abat sur les personnes qui subissent les violences des policiers. Merci, Rokhaya pour cette première partie de ce dictionnaire amoureux qui était plus sur les questions un peu théoriques, mais il y a aussi dans ton livre, tu abordes l’utilisation d’un certain nombre de mots du quotidien aussi, très concrètement parce que les mots du quotidien sont aussi très politiques tu parles des cheveux des muscles de la beauté, des fesses donc en fait, évidemment là on parle plutôt des femmes tu parle de ça aussi à travers ton histoire personnelle on voit aussi que même toi en tant que femme ton regard sur ces mots a évolué, est-ce que tu peux me dire comment toi en tant femme, moi, tous ces mots qui parlent du physique et de la manière dont tu t’utilises dans l’espace public sont aujourd’hui des mots très politiques.
Merci pour cette question pour parler, pardon, de la question des cheveux c’est assez marrant parce que la toute première fois où je suis apparu dans l’espace public, donc il y a une quinzaine d’années maintenant de plus j’ai reçu des messages très très positifs et très enthousiastes de personnes, comme celle d’une personne en particulier qui m’a envoyé un message en disant c'était la première fois que je vois une femme noire poussée avec des cheveux naturels parler d’un sujet sérieux dans une émission, et avec un nom africain il a ajouté. Et je me suis fait la réflexion, je me suis dit mais c’est vrai que, enfin c'était fou en fait que ce soit la première fois c'était en 2009, donc c'était pas si long que ça.
Je note que tu dis pas d’Algérie mais révolution c’est intéressant je pense que c'était très cohérent par rapport à les engagements et à ce que tu dis dans ton bouquin et par rapport à ton expérience de plateau il y a quelque chose aussi dans leur réaction irrationnelle à ces hommes blancs mais c’est parce qu’en fait ils se sentent toujours exclus c' est à dire que la parole les mots c’est eux c’est pas nous moi j’aimerais savoir comment tu te comment t’arrives à te promouvoir dans ce dispositif parce que il y a c’est un vrai sujet et ça m’intéresse aussi d’ailleurs j’ai envie de vous dire que évidemment le fait que Rokhaya Diallo et ses collègues journalistes racisés en tant que journalistes ou de terrorisme potentiel ne sont pas sur les plateaux je rappelle aussi que les personnalités politiques noires sont également très peu invitées sur les plateau et alors parfois c’est pas nous c’est vrai que parfois tu vas même attendre tiens il y a un sujet sur une question raciale etc on n’est pas invité ce sera toujours l’homme blanc qui saura parler de ça mieux que nous c’est pas qu’on souhaite être réduit à ça mais quand on est invité c' est pour parler de ça c' est très rare ou alors moi j’ai refusé tous les plateaux BFM qui me demandaient au moment au moment des bombardements de génocide à Gaza de me demander si il y avait l’importation du conflit je suis par ailleurs membre de la commission des affaires étrangères quand même mais ça c’est pas intéressant quand il s’agit de parler de sujets sérieux c’est pas nous non plus ajoutez à cela un certain nombre de stéréotypes qui sont liés aux femmes noires et je pense que c' est aussi une des raisons pour laquelle les pastilles de trois qui circulent le plus ce sont les pastilles parce que il me semble que ça alimente un imaginaire sur la femme noire agressive là c' est pour les femmes mais on pourrait dire la même chose pour d’autres personnes racisées par forcement même d' autres genres comment est ce que tu peux comparer cette vie qu’elles sont des stéréotypes en France et ailleurs parce que tu as aussi l' expérience de l'étranger alors ce que je peux constater
La représentation pour reprendre la réflexion que tu présentais à l’instant c’est que pour moi qui travaille beaucoup aux États Unis il m’a fait tous les problèmes qu’il y a aux État Unis donc par le reste après il dit si vous allumez CNN ça n' a aucun rapport avec n’importe quelle challenge en français vous avez à toute heure des personnes d’origine asiatique des personnes d' origine latino des personnes noires tout le temps toute la journée et du coup c’est vrai que par rapport à la France
, Mais du coup en fait là j’ai quand même une forme d’invisibilisation de ce type de travail par des contraintes économiques évidemment on sait que ce domaine au début de le cinéma c’est pas compliqué pour beaucoup de gens mais j’avais le sentiment qu’il y a une invisibilisation alors on va te donner les mêmes prétextes que d’autres mais ces sujets là sont très peu visibles l'évolution en fait entre aujourd’hui il y a 20 ans comment tu la comment tu l’estimes et quelles sont les fenêtres d’opportunités potentielles
Disons que en fait j’ai l’impression que ce sujet là commence à circuler plus qu’avant mais à travers des voies qui ne sont pas considérées comme signalisées c’est à dire que j’aie ou la personne que je suis dans la face publique est diabolisée ce qui fait que ce que je vais dire va pas forcément être entendu et reçu et je pense que les idées que je dépense vont circuler peut-être davantage et différemment à travers d’autres voies qui vont avoir une étiquette différente de la mienne j’ai un exemple par exemple j’avais fait un documentaire avec David de l’hôpital il y a 2 ans donc début 2023 qui s’appelle dessin croisé une solidarité entre juifs et Noir aux Etats-Unis donc c’est un documentaire sur la solidarité entre les juifs et les Noirs aux Etat-Unis au 20ème siècle
C’est à dire que alors j’ai une question un peu désolé c'était un peu je ne veux pas pointer à du tel acteur du monde des médias ou du monde du cinéma mais en fait ce que tu es en train de dire c’est que pour les sujets anti-racisme, féministe que tu portes on peut faire choisir d’autres personnes racisées ?
Non, des personnes racisées mais qui ont une identité moins polémique c’est à dire que je sais pas ce que je veux dire des gens plus jeunes qui vont produire un travail tout à fait juste mais qui n’ont pas la même identité publique que moi je viens avec un historique ce qui fait qu’on va préférer entendre ce que je défends dans la goutte de quelqu’un qui est moins stigmatisé et ça va être plus calme en fait probablement mais je pense qu’il y a un peu de c’est à dire que en fait oui je crois honnêtement je ne me l’explique pas autrement et après je ne veux pas donner les noms parce que je n’ai pas envie les gens ils vont bien non par rapport aux gens qui vont justement circuler plus posément par rapport à leur travail, par rapport a leur bouquin en fait j’ai beaucoup moins d’opportunités de défendre mon travail j’aie beaucoup d’opportunités de m’exprimer mais pas vraiment de parler de mon travail c’est à dire parler de mes films, parler de les livres c'était mon onzième livre, le sonner amoureux du féminisme je n’ai pas beaucoup promu mes livres de manière générale, c’est arrivé très peu donc c’est ça je veux dire au cours du promouvoir mon podcast et ça n’arrive pas très souvent en fait
, C’est comme si on voulait te dénier un peu d’avoir du fond, du contenu et de peut-être te réduire à un personnage médiatique alors qu’en réalité je suis désolée mais je crois qu’il n’y a pas beaucoup de personnalités médiatiques en tout cas inter actuellement vous n’avez pas plus d’exposition
j’ai donné un exemple je pense à une journaliste qui est conservatrice je ne sais plus comment elle s’appelle pardon, mais c’est pas le plus important donc elle a écrit un livre pour réhabiliter un peu le fait d'être à droite elle a vécu longtemps au Royaume-Uni etc quand elle vient dans une émission elle est présentée d’une certaine manière pour vous apporter quelque chose de nouveau dans le débat public etc je sais pas si c'était rafraîchissant mais quelque chose, elle approche assez positif pour moi, quand je suis reçue on dit, vous clivez c’est à dire qu’on va pas considérer qu’il n’y a pas quelque chose de frais, de nouveau de rafraîchissant, de novateur dans le débat public mais que je clive et que je divise alors qu’en fait on travaille de la même manière on travaille comme une contribution mais comme un facteur de division et de controverse
, On connait ça à travers l’initiation d’actions d’une certaine forme de certaines cultures, des marges et donc c’est évidemment sur ces deux axes qu’il faut agir à travers les mots ce qui est fait à travers le dictionnaire les mots qui sont des mots aussi qui sont les mots à imposer c'était une certaine sorte de luxe et puis aussi à travers des politiques publiques tout simplement qui permettent qu’on sache que oui il y a des violences policières ici qu' on sache qu’il y a là un certain nombre de discriminations à l’emploi et qui permettant aussi aux gens qui se passent une bonne fois de comprendre en fait les mécanismes qui travaillent à société les mécanismes de racisme donc je pense que là on peut passer j’imagine que vous avez beaucoup de questions à poser à Rokhaya on peut passé à la phase question ce qu’on va faire c’est qu' on va prendre des questions par 3 et on a un peu moins d’une demi-heure donc le micro va passer je prends 3 questions on va essayer d’alterner une femme si vous voulez et s’il y a plus de femmes tant pis
Bonjour madame la présidente bonjour Mme Diallo une question, quel est le mot pour vous qui fait l’actualité cet été et pourquoi ?
Bonjour à vous deux, bonjour Rokhaya tu citais le fait que des journalistes un peu plus vices étaient plus invités, finalement pour parler de sujets sur lesquels tu es aussi expert et dans ce cadre là, je me demandais comment tu analyses la séquence Rima Hassan Ah oui ceci n’est pas une question piège, c’est juste pour savoir comment tu analyses cette séquence, merci.
Bonjour Rokhaya moi j’ai démarré ton bouquin je savais même pas que t’allais venir alors le fait que tu sois là, je suis ravie en plus on va se retrouver en dédicace tout à l’heure je suis ravi aussi donc c’est que de l’honneur pour moi déjà, merci pour ça parce que tu m’as accompagné cet été et vraiment je recommande ce bouquin, il est juste génial dedans, tu parles de beaucoup de choses notamment bien évidemment du racisme de la domination qui s’exerce sur les corps des femmes tu appelles bien évidemment à la libre disposition du corps des femme et j’avoue il y a un mot qui manque dans ton dictionnaire et j’aurais vraiment aimé avoir ton avis j’aurais parlé avec Maïda un peu aussi c’est sur la GPA parce que pour moi la GPA, justement elle est un petit peu au milieu de ça et comment est-ce que toi ce que t’en penses entre la libre disposition est-que on peut aider une femme une sœur à avoir un enfant et de l’autre la prédation qui bien évidemment arrive dessus et c’est un vrai sujet de débat et j’aurais aimé avoir ton avis là dessus
Alors je vais commencer par te répondre merci beaucoup d’avoir pris le temps de dire ce livre et de l’avoir posé à tes côtés pendant cet été je me suis très touchée, très honorée c’est vrai que l’histoire d'écrire un dictionnaire, amoureuse, j’avais plein de mots finalement c'était aussi des renoncements de la fatigue, etc. Donc le mot GPA je ne dirais pas forcément le middle case mais j’aurais pu faire apparaître effectivement dans la question du corps par exemple parce que c’est un mot qui apparaît moi j’ai pas d’opposition de principe contre la GPA de manière générale je pense qu’il faut comprendre l’exploitation du corps si elle existe de manière beaucoup plus vaste en fait ça veut dire que les corps sont exploités à plein d’endroits et donc la question c’est plus la relation de domination des personnes qui produisent quelque chose pour d’autres personnes que l’acte en lui-même et donc pour moi il faut davantage questionner parce que quand on met finalement son corps à la disposition d’un emploi qui nous empoisonne qui nous brise le dos, etc.
, Il y avait une dernière question sur le mot qui fait l’actu mais juste concernant la question qu’a posé le camarade sur les journalistes d’e-police, est-ce que t’as pas le sentiment quand même, parce que comme t’es une des premières personnalités qui remue beaucoup de choses, noire, femme, issue de quartier populaire, qui s’exprime bien, grande gueule, est- ce que t’as pas peur que ton expérience… Est-ce qu’il y a des collègues qui m’ont dit que ton expérience peut s’oublier et les amener à moduler certaines choses ? Parce que moi on me l’a déjà dit en politique
C’est-à-dire que quand on m’attaque, c’est pour intimider les autres. C' est vraiment le but, c est-à-dire de dire aux gens, si vous prenez la parole dans l’espace public, c' est exactement comment ça va vous arriver. Vous allez vous faire des procès, vous allez être accusé d’actes extrêmement graves. C’est vraiment une technique d’intimidation collective. Et je comprends que des personnes n' aient pas envie de subir ça, parce que c' est ce qui les atteint. Et en même temps, le fait d'être peu nombreux permet la marginalisation. C’est-à-dire que ça permet de dire telle personne complètement par-te-lui, en fait elle est toute seule en fait. Mais ce que je constate en termes d'émergence de personnes non grand, c’est plutôt des personnes qui ont un discours hostile et opposé.
, En fait, je pense que comme beaucoup de gens, et je sais pas qui, en fait, ont été un peu échaudés par les types de profils que tu as évoqués, dès qu’il y a une espèce de crainte que ça se reproduise et que tout de suite, on saute dessus, mais je suis à peu près d’accord avec ce que tu dis. Mais tu sais, en fait, moi, ce que je pense aussi, c’est qu' on s’attend tous au tournant..
il y a toujours un soupçon de manque d’honnêteté. Moi, je l’ai vu, en fait, quand, en 2017, j’ai rejoint l'équipe de TPMP, donc c'était avant que ça devienne ce que c’est aujourd’hui, mais franchement, moi, ce que j' ai vu comme réaction, c' était hyper choquant. C’est-à-dire que j ai vu des gens que je connaissais dire sur les réseaux, ouais, non, mais nous, on savait que c était une fausse, qu’elle est bien prête à tout sur la question de la carrière, etc. Donc, je vois qu’il y a un soupçon. De manque d’honnêteté, de manque d intégrité, qui fait qu’au moindre faux pas, on va en faite nous terminer dans l’histoire publique. C’est-à-dire que, moi, des gens que je connaissais qui auraient pu m’appeler, en faîtes, ont préféré poster sur les réseaux en me disant que je me connaissait et que ce choix de ma part ne m'étonnait pas parce que j’avais ce désir de visibilité, etc.
D’ailleurs, j’indique que les politiques sont tout comme du sonar amoureux, du féminisme et comme ne reste pas à ta place, c’est un diptyque maintenant pour moi, qui est disponible à la librairie de la France en ce moment. Il reste 10 minutes, vraiment max. Donc on peut prendre deux questions. Si vous pouviez poser vos questions très rapidement. Alors attends. Attends. Il y a toi qui doit vous poser tout très longtemps. Et où ? C’est pas là-bas.
Bonjour. Merci de vous reporter à toutes les femmes racisées, toutes les deux, et de leur permettre de penser qu’on peut arriver au sommet et au sommets où vous êtes toutes les 2. Moi j’avais une question par rapport au phénomène de transfuges. Souvent, en fait, on ne fait pas partie, quand on a fait un peu d' études et que comme vous, on sait parler et qu' on ne rentre pas dans la représentation qu’ont fait des femmes noires et arabes. Pour le coup et d’autres minorités aussi. Et je voulais savoir comment est-ce que vous faites pour garder cet équilibre et continuer à pouvoir parler aux gens que vous représentez mais aussi parler aux gens qui ne sont pas ceux que vous représentez et qui puissent vous comprendre.
Bonjour, merci Nadège, merci Rokhaya. Je voulais dire que la France est un pays féodal et colonial. Bon, ça maintenant je pense que tout le monde a compris. Dans l’univers carcéral américain, la femme noire qui titre son continent pour y aller, elle est un bien-meuble de production de négrillons d’abord, donc de bêtes de somme et de métis, donc de produits à valeur ajoutée. Son corps est massacré, il est violé, il est broyé. Donc la première chose après la période coloniale c’est réinvestir son corps. Nous avons de merveilleux exemples : les négresses marronnes et la kassique Anacaona, la reine Anacaona sont nos modèles lorsqu’on fait du marronnage intellectuel ou physique. Donc on a la solitude et la femme est obligée même après la colonisation de revenir se battre contre le patriarcat de son propre camp, ça veut dire de l’homme noir lui-même qui prospère à deux pieds sous son corps et la couleur va l’illustrer très très bien.
, On va perdre des Brunettes et on va perdre des Bruns. Bon alors, c’est très bien monsieur, du coup ce n'était pas une question mais une très bonne intervention pour nous économiser une réponse et donc on va prendre une dernière question. Allez au fond parce qu’on les oublie rapidement ! Oh ! C’est un monsieur ? Ah non, c’est la dame. Quand il faut les messieurs, ils restent à leur place aujourd’hui.
Alors, oui, bonjour.
Alors ça fait plaisir, ça fait, ça fait plaisir, ça me fait plaisir. Mesdames, je suis contente de voir votre par vos interventions qui nous ramènent à nos origines africaines et qui nous ramènent à votre fierté d’Afrique. Moi j’ai une question. Rokhaya vous êtes femme, vous êtes noire, vous êtes musulmane d’origine africaine. Je souhaiterais savoir quelle est votre positionnement par rapport à la polygamie Alors, je vous explique. On a tendance à croire que c’est une problématique typiquement africaine. Le monde qui habite dans un quartier populaire, c' est une situation qui est très fréquente et je trouve ça un peu désolant que ce ne soit pas un problème qui soit présenté sur la place publique parce que c est des mariages forcés, c est de mariages de jeunes filles de 12, 13, 14, 15 ans et ça les empêche en fait d’avoir la venue bruyante que vous avez aujourd’hui. Alors, quel est votre positionnement par rapport à ça ? Merci.
Alors, je vais entrer dans votre question sur la polygamie. Dans le Dictionnaire amoureux, je renvoie à un ouvrage qui s’appelle Une si longue lettre qui est un livre de Maria Baba qui est un super livre que je vous recommande et qui parle un petit peu Enfin, c’est un livre épistolaire qui raconte la correspondance entre deux femmes qui sont du point de vue du livre de l’autrice victime de la polygamie et c' est un très, très beau livre vraiment magnifique que j’ai revu à plusieurs étapes de ma vie et qui m’a à chaque fois frappé par sa modernité et par tout ce que ça évoque. Donc moi, c’est vrai que je… Pour moi, je suis contre la polygamie. Vraiment, je suis complètement opposée, y compris d’un point de vue religieux.
C’est vraiment ça et effectivement moi pareil ma mère a été femme de ménage dans le 6eme arrondissement plus tard j'étais à Strasbourg à côté et ma mère en fait elle était pas d’une organisation politique mais elle a créé son syndicat à cette époque là et elle a viré de son hôtel le pédocriminel Gabriel Mazneff ce qui nous fait battre aussi donc à fait euh et pour ça voilà je vous conseille de vous faire vraiment merci merci Rokhaya Diallo J'étais très honorée de cet entretien la conférence va être disponible en ligne cet après midi et je vous invite si vous le souhaitez je pense que vous serez très motivés à aller à la séance du dédicaces à laquelle se rend Rokhaya Diallo à l’instant Merci à toutes les personnes Merci madame Merci
Voilà les amis donc premier live de ce samedi s’achève, désolé pour les déboires techniques le téléphone qui surchauffe la 5G qui tombe je propose qu’on fasse ma chère Euryale si tu m’entends une seule vidéo de tout cela on va se retrouver cet après midi dans d’autres débats on va déambuler dans les AMFIS je ne sais pas s’il y a des prises de parole politiques majeures il y en a une demain demain matin Mathilde Panot et Manuel Bompard on va essayer d'être là à 10 heures un petit problème de train on va on va se démerder j’espère que ces lives vous plaisent nous sommes donc à Châteauneuf sur Isère du côté de Valence dans un truc qui s’appelle O lac avec des magnifiques tentes j’adore ces tentes avec ces ces piliers en bois là
ce matin, je suis allé écouter Rokhaya Diallo et tout à l’heure, j’ai écouté toutes les questions précitées LGBT, LGBTI, parce que c’est quelque chose qui m’intéresse. Et puis ensuite les autres maires parce que c'était aussi un sujet qui m’intéressait.
Ah ouais, donc c’est rentable pour toi de venir ici.
C’est pas, c’est rien, c’est pas rien.
C’est pas une question de rentabilité, heureusement. Et qu’est-ce que tu as pensé du débat avec Rokhaya Diallo ?
Comme d’habitude, voilà une chose qui est brillante, qui est obligée de partir, de quitter la France, parce qu’on ne l’interroge pas pour ce qu’elle est.
Non, non, mais là, tu me répètes ce qu’on a entendu, on y a assisté. Moi, je veux ton sentiment, ton analyse à chaud, comme si on sortait
Alors, comment ils ont joué ? Vous parlez pour vous, c’est pas des gens qui ne sont pas comme nous, qui parlent pour nous, voilà une place. Eh ben,Rokhaya Diallo, elle parle de sa place et il n’y a pas assez de gens comme elle pour parler de la place, du racisme, du racisme latent, du racisme systémique. Je ne parle pas d’islamophobie qui est une forme de racisme parmi les autres.
Est-ce qu’il n’y a pas eu à certains moments des passages où elle parlait beaucoup d’elle et que ça se prenait un peu au sérieux, cette affaire, non ?
Non, parce que je pense qu’elle a un avantage énorme sur nous. C’est que quand je pense à Sam Boursier, par exemple, qui est chercheuse, qui a énormément de mal à faire sortir ses idées parce qu’on ne l’invite pas, parce qu' on ne parle pas de son travail. Elle vient de sortir Queer Zone 2 ou 3, je ne sais plus quoi, personne n’en parle. Alors que Rokhaya Diallo via sa chaire aux Etats-Unis, on parle d’elle, parce qu’elle est aux États Unis. Parce que je suis sûr qu’en France, elle serait en France, on ne parlerait pas d’elles. C’est comme les députés, les filles, Keke, Obono, tout ça. On ne parlerait pas d’eux s’ils n'étaient pas députés. Je veux dire, les gens du peuple, on les entend jamais. Voilà. Et donc il faut que les gens, du peuple prennent la parole. Il y a un vieux proverbe, paraît-il. Qui dit que tant que les lions, les histoires de chasse seront racontées par des chasseurs, les lions n’auront pas leur histoire. Il faut que les lions prennent la parole pour avoir leur propre histoire de la chasse. Voilà il faut que les minorités, les gens …
Non, mais bien sûr, on est évidemment d’accord, mais là, tu ne réponds pas à ma question.
L’anti-validisme, avec une conférence avec quatre gens valides, dommage. Par exemple, il faut que les gens nous valident en fauteuil, des gens ayant de vrais problèmes de validité, de validisme. Prennent la parole. Voilà.
On se retrouve tout à l’heure. Merci beaucoup.
C’est quoi ton prénom déjà ? Karine. Très bien, merci. Force et courage à tout le monde. Assez plaire en Unité, c’est ça qu’on a dit en Guadeloupe. C'était à dire ? Assez plaire en qualité. On arrête de pleurer.
Merci à toi. Bon appétit. Ça va manger du burger là-bas. Ah non, c’est des babounes là. Ah, un petit geste. Comment ? Ah, faut que je fasse ma caméra, on m’a dit. Voilà, on filme pas les gens qui bouffent quand même. Voilà. Bonjour, bonjour. Il y a plein de conférences, on fait notre possible. Faites votre choix, allez sur le Discord. Dites-nous ce que vous voulez. Là, il faut vraiment recharger les batteries parce que sinon, ça va couper dans l’après-midi. Et donc, voilà, parce que j’ai vu qu’il y avait plein de choses, mais je n’ai rien en tête.
Bonjour, LFI monde, c’est en même temps une chaîne YouTube et un groupe de militants d’insoumis qui habitent à l’extérieur de la France. On fait régulièrement des émissions sur tout type de questions en invitant des députés, des eurodéputés, des élus, des candidats insoumis notamment, mais pas que. Et il y a plusieurs types d'émissions. Donc, on a des émissions régulières. Donc, c’est souvent soit des live avec des élus ou alors des réactifs. Donc, on réagit à l’actualité du jour. Ensuite, nous trouvons aussi des émissions spéciales sur des sujets très spécifiques à des moments très importants. Il y avait, par exemple, aussi une émission spéciale où il y a des émissions, on invite des experts sur des sujets et d’autres questions. Ensuite, il y à plusieurs podcasts militants. Donc, notamment un sujet. Un podcast de Marie qui nous indique, qui nous parle de la situation de logement et de la lutte des classes en Suisse ensuite, il y a aussi des notes de blogs audio.
La lutte des classes en Suisse. Oui, si vous nous expliquiez
Alors, en gros, dans tous les pays connaissent une lutte des classes, pas que parce qu’en fait, Marie est une de nos militantes qui habite en Suisse et qui est française, mais qui habite en Suisses. Et du coup, elle parle de la lutte de classes. Donc, notamment du fait que les logements, il y a beaucoup de difficultés à trouver des logement, beaucoup de difficulté aussi à pouvoir se les payer parce que ce n’est pas donné. Et donc, c’est à peu près ce que… Ce que nous explique Marie. Ça, c’est de la faute des frontaliers. Non, non, non. Pas nécessairement de frontaliers, il y a aussi, même dans le centre de la Suisse, où il n’y a pas de frontaliers c'était, il y avait des tensions de logement. C’est plutôt la fête des capitalistes parce qu’ils, parce qu’il s’amuse à essayer d’extraire le plus d’argent de leur propriété. Et donc, ils rendent beaucoup plus difficile d’avoir un accès digne à un logement, surtout dans les grandes villes en Suisse.
Tu es d’origine suisse ?
Moi, je suis franco-suisse.
Franco-suisse.
il y a aussi des blogs audio. Donc, en gros, il n’y a plus que quelques élus insoumis.
Alors là, vous avez quelques stars qui coûtent…
Très chers.
Je vois un dénommé Mélenchon Blog in French.
Alors, en gros, Mélenchon, quand il écrit son blog sur son site, il n’y a pas de version pour pouvoir l'écouter. Et du coup, pour ceux qui préfèrent d'écouter le blog de Mélenchon, il est notamment proposé d' écouter le blog de Mélenchon en français. Il y a aussi, de temps en temps, des traductions vers d’autres langues, notamment l’anglais ou l’allemand, qui sont dans quelques cas proposées pour quelques notes de blog. Et à la fin, ça, c’est l'équipe principale, si on veut. Moi, je suis plutôt en arrière-fond, tandis que… Ah oui, je ne te vois pas. Moi, j’suis dans l'équipe d’arrière-fonds. Donc, je fais plutôt du réseautage ou du contact avec des élus ou des spécialistes. Et donc ça, ce sont les personnes qu’on voit le plus souvent sur la chaîne.
Ok, super. Donc, là, vous êtes sur tous les réseaux, y compris le pire, Twitter.
Ouais, LFI Monde est présent sur X, donc, anciennement Twitter, sur YouTube, sur Twitch et sur Instagram, et peut-être même sur d’autres. Mais il y a beaucoup de réseaux sur lesquels LFI monde est présent. D’ailleurs, il y en a un autre animateur, un animateur de LFI Monde ici, bonjour.
qui nous a vendu du café hier.
Notre café, il est bon, je peux tenir le micro, là. Vas-y, vas-y.
Bonjour, tout le monde. Alors, Théodore nous a fait le point sur LFI Monde. Et là, je ne sais pas, il te donne le micro.
Ah, c’est ça.
Alors, tu es traducteur du japonais vers le français. Ce serait déloyal que de te faire parler un peu en japonais ?
Absolument pas vraiment, c’est mon taf.
Explique que nous sommes en direct au poste en japonais. Abonnez vous. Mélenchon, vas-y, parle-nous japonais.
Alors, bonjour, tout le monde. Aujourd’hui, on nous a présenté ce que nous parlons de cette magnifique LFI Monde, c’est une chaîne, un groupe. Ce que ça veut dire, c'était que les membres de la France ont créé des médias, et ces médias sont appelés LFI monde. Si vous scannez ce QR code, vous pourrez aller jusqu'à notre chaîne YouTube. En 18 mois, nous avons créé 400 vidéos, et maintenant, nous sommes en train de faire 5.000 followers. C’est presque 99 %, ou 100 %, c’est le français. Si vous connaissez le français, n’hésitez pas à vous abonner, et à regarder. Merci beaucoup. Aligato. En japonais ! C’est lui, David Dufresne. Il est très célèbre en France. Je ne vois que parfois, mais c’est une très longue chaîne. Il a invité 2 à 3 heures des célèbres politiciens, et ils se demandent ce qu’ils pensent de la politique. Pas seulement les politiciens. ( traduction)
Oui, qu’est-ce que tu racontes ?
Alors, qu’est-ce que je raconte en français ? Bon, alors, je suis en train de vous raconter l’histoire.
Alors, attends, pour que tu te reposes, putain, il y a des gens qui écrivent en japonais dans le chat, alors là, ça devient compliqué. Oh merde ! Mais par contre, on dit, alors, il y a 1 sous 71 speedleys, j’adore LFI monde, on a des intervenants au Japon, en Thaïlande, un peu partout, c’est une émission à tête reposée. C’est très sympa de passer le dimanche avec eux, pas de prise de tête. Plein de gens sont en train de découvrir LFI Monde, et vont aller écouter. Voilà, et après, on se fout de ma gueule. Alors, en gros, qu’as-tu dis, soit de LFI,
En fait, ce que je vais faire là, c’est de faire exactement la présentation que j’aurais faite en français, mais je l’ai faite en japonais, en disant que LFI Monde, c’est un groupe de français de l'étranger sympathisant ou membre de la France Insoumise, et on s’est constitué Comme vous le savez, il y a plusieurs circonscriptions électorales à l'étranger. Alors, Magali, Grégoire et le camarade Grégory, pardon, et l’autre camarade, qui s’appelle ? Rappelle-moi. Théodore. Théodore en Suisse. Moi, je suis au Japon. Et donc, voilà, on est un petit peu autour du monde, et on essaye de militer de la manière dont on peut, c’est-à-dire en ligne, en fait, puisqu’on ne peut pas faire de porte à porte, on ne peut faire de tractage, on ne fait pas de marché, Et donc, comment ça se passe ? Eh ben, ça se passe donc en ligne sur cette chaîne YouTube. Et c’est en gros ce que j’ai expliqué tout à l’heure, et je pense que Théodore a très, très bien.expliqué l s’agit de Théodore également. Et puis ensuite, j’avais dit plein de super bonnes choses sur Auposte en disant que la grosse star, elle est pire. En fait, derrière, elle n’est pas si grosse que ça d’ailleurs, mais c'était quand même une star. Elle est quand même derrière la caméra.
Salaud. Salaud ! Comment On dit salaud en japonais ?
On ne dit pas salaud, en japonais. Ah, ça ne se dit pas je disais qu’en fait, voilà, je n’ai pas l’occasion de regarder Au poste très souvent, mais des fois, ça m’arrive. Et ce sont des et i je ne me souviens pas, ce que j’ai vu, ce sont les programmes de 2-3 heures où tu as une personnalité qui intervient et qu’on essaye de mettre à l’aise et qui peut s'épandre comme elle le souhaite.
Et une question sérieuse.
Je suis super sérieux
Non, mais je sais. Non, non, mais parce que je n’ai pas l’habitude de poser des questions sérieuses. Donc, c’est ce qu’il est. Donc, là, votre propagande, c'était à des fins électorales Je veux dire, est-ce qu’il y a des Français qui votent en Suisse ? Est-ce que les Français qui votent au Japon, comme il y a en Amérique du Nord, des Français qui votent ? Parce que Sarkozy Il y a les députés qui représentent les Français d’Amérique du nord. Mais par exemple, je ne sais pas au Japon. Est-il qu' il y ait l'équivalent de gens qui pourraient voter LFI au Japon et qui auraient des représentants, un représentant des députés à l’Assemblée ?
Alors ?
Ou alors c’est vraiment de la pure propagande
Alors, en fait, ce qui se passe, comme je viens de le dire très brièvement, en fait depuis la réforme de, je ne sais plus quoi, un truc avec Sarkozy, on a de fait des circonscriptions électorales à l'étranger. Et donc, on en a onze. Il se trouve que celle, moi, où j’habite, c’est la onzième. Donc, c’est une grosse circonscription qui va de la Russie jusqu'à la Nouvelle-Zélande. Donc, quand je disais… Ah ouais, ben ça tombe bien. La Russie, très bien. Allons-y alors. Allons-y, ouais. On se trouve qu’en fait dans des lieux, par exemple, je pense à la Suisse, ou par exemple au Benelux, ou des choses comme ça, on a une beaucoup plus grosse densité de Français. Et donc, il y a une possibilité de faire un travail militant plus facile, on va dire, plus proche de ce qu’on fait en France. Par contre, quand on est au Japon, moi, par exemple, dans la ville où j’habite, je suis à 700 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, ben on. Et il n’y en a qu’un seul qui a un son enfin, je ne peux pas dire mon ex-meilleur pote, parce que c’est quand même quelqu’un que j’aime beaucoup. Mais jusqu’au dernier présidentiel, on était presque cul et chemise. Et aux dernières présidentielles il me dit « Ouais, Jean-Christophe Mélenchon, il fait chier. La prochaine fois, je vote Zemmour » Alors, t’imagines que ça m’a un petit peu calmé.
Oh la vache ! Vous avez du boulot là, les gars !
On a du boulot, mais bon, c’est un type que j’aime bien quand même, etc. Mais donc, tu vois, en fait, le militantisme, en fait on est obligé de dépasser ça. Et pour les électeurs, alors pour revenir à ce que tu dis, on a des élections. On a des élections, ce sont les élections consulaires, ça s’appelle. C’est ça. Ce sont donc, on évite des conseillers consulaires qui ont un petit peu le même nom que les conseillers municipaux, sauf qu’on n’a pas du tout… Ils n’ont pas du tout les mêmes portatifs, puisqu’on a pas de mairie. Donc en fait, eux, ils vont travailler, c’est plutôt des bénévoles qui vont bosser entre les gens au niveau local, enfin les Français au niveau local, et les consulats pour faciliter des questions de précarité ou des choses comme ça. Au-delà de ça, ces conseillers consulaires ont une énorme importance politique parce qu’ils sont grands électeurs pour les sénatoriales et aussi dans une certaine configuration, il y a une personne dans un certain regroupement de conseiller consulaire qui va être aussi signataire pour les candidatures présidentielles. Donc on est là aujourd’hui, nous, enfin moi en tout cas, la France Insoumise aux Amfis, aujourd’hui, sur ces cinq jours-là, j’essaie de rapatrier un petit peu tous les parlementaires que j’ai réussi à choper.
Tous les rapatriés, les expatriés. Alors non, oui les expatriés.
On a conscience des problématiques de l'étranger, même si le national a commencé à bouger un petit peu, et pour justement qu’on fasse des programmes pour délaisser les isolés, pour relancer un petit peut la machine de l’inscription sur les listes de vote, etc. Pour tous les gens qui y sont au fin fond du Kazakhstan ou au fin de la Thaïlande,
Je vais commencer. Théodore, suisse. Oui, j'écoute RFI très régulièrement, je crois environ une ou deux fois par jour. Je passe à m’informer sur la politique française parce que je me dis que c’est quand même… J’ai les papiers français, je suis français et j’ai donc aussi le devoir citoyen de l’informer de la situation politique en France et de pouvoir agir par conséquent. Donc oui… Je lis des trucs des publications de Mélenchon, soit d’autres députés, aussi de Rima Hassan
Moi, je parlais de RFI, pas de LFI. Voilà, mais j’ai bien vu qu’il déroulait sa sauce.
Ah, c’est bien. RFI, non. RFI Radio France International, bon, c’est pas si important que ça.
Alors oui, en effet, c’est exact, mais par rapport à ça, j’ai quand même une réponse, c’est que beaucoup de ressortissants français qui habitent en Suisse, ont déjà une participation très réduite. Donc, en fait, le gagnant de toutes les élections des Français et de l'étranger, c' est l’abstention. Donc, c’est ni Macron, ni Mélenchon, ni Le Pen, ni qui que ce soit d’autre. Donc, il y a déjà ça pour commencer, normalement, l’abstention se situe à au moins 60 % quand la participation est élevée. Et peut-être même de temps en temps, elle monte à 80, 85 % d’abstention. Donc, on est à des records d' abstention qui sont absolument gigantesques. Mais ensuite, je suppose que c’est à peu près la même chose au Japon. Oui, oui, mais au Japon, on a quand même une petite joie. Mais après, vous n’avez pas de micro, je peux dire ça. Au Japon, on a une petite joie, c’est qu’en fait, on a deux bureaux de vote, enfin deux groupes de bureaux de vote. On en a un à Tokyo et un à Kyoto.
Alors, il faut le dire, ce sera le mot de la fin de ce stream du matin, on reviendra vers 15 heures parce qu’il faut qu’on recharge les batteries, qu’on mange un peu, qu’on regarde un peu ce qui se passe dans l'équipe des bénévoles. Si tu peux nous dire en japonais, on est là pour prendre le pouvoir
On est là pour prendre le pouvoir. Voilà, en japonais.
Attention, les amis, on coupe juste après.
