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Sandrine Rousseau : « L’extrême droite est toujours financée par l’industrie du carbone »

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour, Je voulais vous dire que Sandrine est subjuguée par le tchat.
Sandrine Rousseau
Absolument.
David Dufresne
Euh ça veut dire que bon sur toi. Donc toi ça veut dire que je regarde aussi les commentaires sur Twitter.
Sandrine Rousseau
Ça commence fort, bien sûr. Non mais oui, oui, ils sont modérés. Enfin, il y en a certains. J’ai mis des fonctionnalités que je ne dis pas tous, mais oui, bien sûr, je lis parce que ça dit quelque chose.Et là, je sens bien que je redeviens une cible pour toute la droite et l’extrême droite, encore plus que d’habitude. Donc ça signifie quelque chose.
David Dufresne
Nous allons parler du programme que Sandrine Rousseau ne connaît pas par cœur. Je viens de le comprendre donc je l’ai recopié et on va pouvoir parler de tout ça. Député sortante soutenue par le PS à Paris sous les couleurs vertes, habituée du poste, celle qui a invectivé Ciotti. Honte à toi, honte à toi. Quand il se rend aux urnes un jour de juin 2024, Sandrine Rousseau prend le temps de venir nous voir en pleine campagne. Pourquoi le Front populaire ? Comment le Front Populaire ? Quel programme ? Avec qui et comment, bon sang, conjurer Marx ? Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. Préparer le café. Je voudrais quand même, avant de parler du fond de cette invective de Ciotti au siège des Républicains Qu’est ce que tu fais dans cette rue du siège des Républicains à ce moment-là ?
Sandrine Rousseau
En fait, ils ont déménagé et le siège des Républicains est juste en face de l’Assemblée nationale. Et nous, on nous avait demandé de ranger nos cartons, de vider nos bureaux. Donc moi j’ai vidé mon bureau. Et puis à un moment donné, on était, on a fait une pause, on est allés boire un coup avec les collègues. Parce qu’il faut savoir qu’en cas de dissolution, les collabos sont virés comme
David Dufresne
Monsieur qui est là, il est viré.
Sandrine Rousseau
Et là il est libéré. Et puis surtout, ils sont virés en un temps très court, ils n’avaient aucune information donc il y avait un stress énorme chez les collègues.On se dit bon bah on va prendre un pot quand même, histoire de mettre un peu d’humain là dedans et. Et en rentrant de ce pot, je passe sur la place du Palais Bourbon et là je vois qu’il y avait plein de caméras. Donc je réponds à quelques journalistes comme ça. Et là je vois à un moment donné, si vous y arrivez, toutes les caméras fondre sur lui. Et donc c’est comme ça que je me suis. Passer derrière et à lui dire Honte à vous, monsieur Ciotti, ce que j’aimerais beaucoup lui redire plus calmement parce que vraiment. Il n’y a pas de il n’y a pas d’excuses dans ce qu’il a fait. Et surtout c’est une responsabilité absolument historique, bien sûr. Et donc j’aimerais beaucoup pouvoir en débattre avec lui.
David Dufresne
Et qu’est ce que tu lui dis de plus ? Qu’est ce que tu lui dirais de plus, par exemple, s’il était en face de toi ? Ne t’inquiète pas, il n’y a pas de surprise ici et pas invité.
Sandrine Rousseau
Et je lui dirais que, en fait, historiquement, quand on bascule dans des régimes d’extrême droite, la droite a une responsabilité, c’est dire. En fait, soit la droite résiste et on y tombe pas, soit la droite ne résiste pas et on bascule. Et en fait, pour moi, l’extrême droite, la seule chose, enfin je vais le dire comme ça. Non mais la seule chose sur laquelle je les ai vus triper un peu, sur laquelle je les ai vus vibrer un peu dans l’Assemblée nationale, sur laquelle ils avaient des trémolos dans la voix. Tu sentais qui c'était. C'était sur les trucs d'étranger.
David Dufresne
D’immigration ?
Sandrine Rousseau
D’immigration, de chasser les étrangers et de les renvoyer sur la délinquance supposée des étrangers, etc. Et en fait, c’est ça qui les fait triper, c’est rien d’autre. Donc voilà, moi je dis monsieur Ciotti, vous avez une responsabilité.
David Dufresne
Mais quand tu comptes, tu fais ça, tu le sais, tu dis tu vois bien qu’il y a plein de il y a plein de caméras. Quelle est la part de sincérité, de calcul ? Ou est ce que tout le monde a retenu qu’il y ait des caméras ou au contraire a été attiré par ça ? Et je te dis ça parce qu’il y a eu d’autres scènes de la vie, de la vie courante où on te voit. On te voyait il y a un an ou deux, séparé de deux gars, un automobiliste d’un cycliste je crois. Et on m’a fait penser à un courage physique avant de parler de ton courage physique. Je voudrais savoir dans quelle mesure ces caméras ne t’attirent pas.
Sandrine Rousseau
Non mais en fait, ce qui se passe ce jour-là, c’est que je suis très en colère. En fait, c’est le jour où il annonce qu’il a fait l’alliance avec le Rassemblement national. C’est ce jour là, donc ce jour là. Moi, je suis très en colère, mais vraiment de manière tripale. En fait, il se trouve que je suis là au moment où il arrive. Je suis avec Théo qui est là, qu’on ne voit pas mais. Et je le regarde, je lui dis j’y vais et en fait oui, je passe derrière et j’y vais. C’est comme ça, c’est moi. J’avais envie de me le faire à ce moment-là. Ciotti passe, il passe de caméra en caméra et je le fais.
David Dufresne
Et qu’est ce que ça fait d'être à ce point un personnage public ?
Sandrine Rousseau
Pour moi ou pour lui ?
David Dufresne
Non. Pour toi.lui on s’en fout un peu. Pour toi, je veux dire, c’est grisant, c’est pénible. C’est de se dire que par exemple, pour venir au studio, des gens ont dû te reconnaître. Est ce qu’ils sortent leur portable, etc. Et comment on est soi même quand on atteint ce niveau de publicité ?
Sandrine Rousseau
Il y a des avantages et des inconvénients. Il y a des moments où c’est agréable, il y a des moments où ça ne l’est pas. Mais pour moi. C’est un moment un peu dur. C’est les vacances parce que j’aimerais vraiment couper et que. Et surtout que je ne prends pas l’avion pour aller à l’autre bout du monde, n’est ce pas ? Donc c’est un peu pour être tranquille.
David Dufresne
Tu ne peux pas. ?
Sandrine Rousseau
Non Puis je ne le ferai pas. Ce n’est pas que je ne peux pas.
David Dufresne
Ah bah voilà, voilà où mène l'écologie.
Sandrine Rousseau
Punitive, exactement, là. Et donc bon, au moment des vacances, ça. J’avoue que quand je suis en claquettes et short. J’aimerais bien qu’on me fasse mine de pas me reconnaître en tous les cas. Et après, sur le reste en fait, à un moment donné. Le combat qu’on mène est un combat si important qu’il faut aussi des figures qui puissent être. Et sur ces combats-là, je vais faire partie, comme d’autres. Et à ces moments là, et que ça fait partie. Je me suis levé pour mener ce combat. Donc je disais Je me lève le matin pour le faire
David Dufresne
Bien sûr. Alors on me dit que le micro coupe toujours.
Sandrine Rousseau
Mais c’est peut être moi alors.
David Dufresne
Pas avec moi.
Sandrine Rousseau
Vivant à côté du 13ᵉ. J’ai vu régulièrement madame Rousseau dans la rue et personne ne l’emmerdait. Alors ça, c’est un truc aussi important, c’est qu’en général les gens sont plutôt cool en vrai et elle ne sait pas. Après, c’est comme je suis en général, j’ai quand même des photos un peu. Comme ça. Et puis quand je suis dans les transports ou quoi, Même pas rare que je sois interpellé. Mais. Mais c’est aussi un bonheur que de pouvoir parler avec les gens.
David Dufresne
Alors manifestement, la tenue de micro et meilleure là on entend,
Sandrine Rousseau
comme ça c’est un peu mieux pour vous. Et voilà, je vais parler comme ça ou en l’orientant.
David Dufresne
Alors j’aimerais bien qu’on fasse ce que tu ne peux pas faire ailleurs. C’est parler du fond. Parce que c’est de ça dont il s’agit. Il y a un péril fasciste dans quinze jours et il y a un programme de rupture de la part du nouveau Front populaire. Et évidemment, il y a deux axes.
Sandrine Rousseau
Juste parce que t’as parlé de l’autre vidéo dans laquelle j’arrête un taxi,
David Dufresne
Mais par exemple, ce courage physique, il t’est venu avec l’adversité politique ou tu l’avais déjà avant ?
Sandrine Rousseau
Mais en fait, comme je suis petite et menue, moi j’ai souvent arrêté des bagarres parce que les gens, ils n’osent pas me taper Donc je parle souvent. Je me suis interposée entre des entre des gars qui se tapaient. Est ce que les gens en général, se demandent un peu ce que je fous là ? Et puis ça calme tout le monde que je me mette au milieu. Donc ça fait partie des trucs que j’ai fait, je vous dis pas, je le fais tous les jours, mais ça m’est déjà plusieurs fois arrivé.
David Dufresne
Pourtant, on a l’impression que tu cherches la bagarre.
Sandrine Rousseau
Alors après, ce n’est pas moi qui me bats physiquement.
David Dufresne
J. Donc je parle d’une manière générale dans le tas. Mon côté provocateur.
Sandrine Rousseau
J’ai un côté où je vais à l’affrontement et j’ai pas peur en tous les cas de l’affrontement.
David Dufresne
Alors il faudrait que je retrouve mes notes. Le programme, il est en trois timings on va dire. La rupture des quinze premiers jours, l'été des bifurcations et ensuite les mois suivant les transformations. Bon alors la rupture, il y a trois points directement environnementaux. Donc je disais oui, on va parler d’environnement, d'écologie et évidemment de violences sexistes et sexuelles. La rupture Décréter un moratoire sur les grands projets d’infrastructure autorité autoroutière adoptée un moratoire sur les méga bassines. Mettre en place des règles précises de partage de l’eau sur l’ensemble des activités de ces trois mesures, les. Qu’est ce que tu peux nous dire ? Qu’est ce qui te semble important ? Pourquoi faudrait-il mettre ça dès les quinze premiers jours ?
Sandrine Rousseau
Déjà, je dois dire que je n’ai pas participé à l'écriture du programme. J’ai découvert le programme. Parce qu’il y avait des groupes de négociation, il y avait des groupes d'écriture et je n’en faisais pas partie. Je pense que les méga bassines, c’est important parce que c’est un signal envoyé très fort à ce que je peux appeler le peuple de l'écologie qui aujourd’hui est très mobilisé contre ça. Et c’est aussi un moyen de légitimer les luttes qui sont organisées par les soulèvements de la terre, etc. Extinction, rébellion, enfin tous ces mouvements là qui, je dois le dire, souffrent quand même beaucoup dans les et dans les luttes et les combats. Moi j’essaye de soutenir comme je peux quand ils font des manifestations, des occupations, des trucs, mais en fait systématiquement ils sont mis en garde à vue à peu près systématiquement, ils ont des procès et. Et en fait, il y a quand même une forme de harcèlement policier et judiciaire contre ces mouvements écolos. Donc je pense que ces méga bassines, c’est à la fois parce que ce sont de grands projets inutiles, mais aussi parce qu’ils sont l’emblème d’une lutte écolo pour rétablir le caractère commun de l’eau. Et là, ça fait partie de ces signaux envoyés aux peuples de l'écologie de dire on pense à vous et on vous protègera.
David Dufresne
Alors le peuple de l'écologie, là, c’est beaucoup les Soulèvements de la terre. Parce que les projets d’infrastructures autoroutières, on pense à la 69, les méga bassines, évidemment. Voilà. Et qu’est ce que tu entends ? Qu’est alors tu ? Tu dis, tu dis ça n’a pas participé aux négociations ? Est ce que tu peux nous dire comment un programme comme ça arrive et comment ça se passe concrètement ? Parce qu’il n’y a pas que les chefs de parti.
Sandrine Rousseau
En fait, il y a des personnes qui sont désignées par les partis. Alors, chez nous, je vais vous dire, je ne sais même pas trop qui c'était en vrai, mais oui, je crois qu’il y avait Yannick Jadot, je crois qu’il y avait Mélanie Vogels. Voilà. Je ne sais pas s’il y en avait d’autres, peut être Cyril Chatelain mais en tout cas c’est des personnes comme ça qui sont appelées et qui travaillent pendant trois jours non-stop, jour et nuit, dans des conditions de fatigue assez importantes et qui écrivent un programme. Après, on s’est quand même fondé aussi sur ce qu’on avait déjà fait et c’est ça, parce que tout le monde me pose la question de savoir comment la gauche s’est unie en quelques jours. Il faut quand même savoir qu’on avait déjà fait et que ça aide. On le voit quand même se dire que la nuit pèse malgré toutes les difficultés qu’on a rencontrées. Finalement a été le socle de ce nouveau Front populaire. Et donc voilà, on est reparti aussi des propositions qui étaient déjà là.
David Dufresne
. Donc ce serait quand que vous voudriez pouvoir entamer la planification écologique. C’est quoi la planification écologique ?
Sandrine Rousseau
C’est se fixer des objectifs. Aujourd’hui, on n’a pas d’objectifs. Je rappelle qu’un Français en moyenne émet neuf tonnes de CO2 neuf. Il faudrait qu’on arrive à deux pour rester en dessous de 1,5, sachant que cet objectif est quasi déjà atteignable. Donc en fait, il faudrait descendre de cette tonne de sept tonnes en quelques années, en quelques années, c’est énorme. L’effort qu’on a à faire est énorme. Donc en fait, il faut qu’on se fixe des objectifs parce que pour l’instant.La politique écologique n’existe quasiment pas. Mais en plus, elle, c’est une politique qui donne bonne conscience. On se dit bon bah voilà, regardez, on a X voitures électriques, mais en fait on ne se donne pas d’objectifs en terme de diminution du carbone. Or, il faut qu’on diminue massivement nos émissions de carbone. Donc la planification écologique, c’est de se dire voilà comment on fait dans le secteur automobile, comment on fait dans le secteur de l'énergie, comment on fait. Dans le Territoire, par territoire. En fait, la planification, c’est se donner des objectifs. Et après je pense qu’il faut qu’on donne aussi des latitudes aux territoires pour organiser, c’est à dire si par exemple on donne je dis n’importe quoi, moins 30 % d'émissions de CO2 en Ile de France, ça ne sera pas les mêmes actions qui seront menées que si on fait moins 30 % des émissions de CO2 en Corrèze. Parce qu’en fait, en Corrèze par exemple, on a besoin de la voiture alors qu’on en moins besoin. Donc donner comme ça des objectifs aux territoires, c’est leur permettre de aussi de reprendre la main sur leur destinée écologique.
David Dufresne
Mais alors là c’est un point qui m’interpelle. C’est tu dis il faudrait que chaque français baisse et puis après tu parles de l’industrie. Alors la question c’est l'écologie.
Sandrine Rousseau
Je ne sais pas, moi je n’en parle pas.
David Dufresne
Ah oui.
Sandrine Rousseau
Parce que ça fait partie de mes petites différences,
David Dufresne
Non mais oui, mais justement pour toi, l'écologie, l’environnement, la bataille de l’environnement, c’est une bataille individuelle ?
Sandrine Rousseau
Ah non, pas du tout ! Ah non, pas du tout ! C’est une bataille. Non, non, pas du tout. C’est une bataille qui transforme notre système économique. Mais par exemple, on le fonde davantage sur de l’artisanat, par exemple, que sur de l’industrie. Si vous prenez des objets, si vous prenez une réhabilitation, si vous prenez n’importe quoi, mieux vaut quelque chose qui tienne longtemps, qui soit réparable. Et donc ça, ce n’est pas de l’industrie. C’est bien faire les choses et bien faire les choses, ça repose sur vraiment du savoir faire, des compétences, de l’adaptation aussi aux besoins des personnes qui consomment. Et pour moi, la révolution écologique c’est une révolution. Artisans de l’artisanat en fait. Et ça c’est quelque chose qu’on explore pas du tout dans nos dans nos programmes, on pense quand on pense économie, on pense industrie, donc on pense batteries et batteries électriques on pense. Mais pour moi tout cela c’est le monde du fordisme, c’est le monde des années 70 et le monde de cette croissance infinie dans un monde fini.
David Dufresne
Alors comment on pense grand ?
Sandrine Rousseau
Ben justement, on pense aux grands objectifs et moyens d’y arriver au plus proche.
David Dufresne
Oui, les chaussures
Sandrine Rousseau
Oui, oui, je prends ça parce que c’est un exemple qu’utilise Nicholas Georgescu-Roegen dans ses livres. Bon, les chaussures, on a industrialisé les chaussures, donc il y a des chaussures qui sont fabriquées à l’autre bout de la planète par des enfants dans des conditions terribles, qui font le trois fois le tour de la planète pour arriver, qui coûtent 100 balles ou 150 balles en France. Alors qu’en fait, la part de main d'œuvre là dedans, elle coûte quelques centimes maxi en euro.
David Dufresne
C’est probablement ici le studio le plus écolo de la place de Paris.
Sandrine Rousseau
Alors ce canapé est trop. Mais il est incroyable. Vous ne le voyez pas complètement je pense.
David Dufresne
Et surtout, C’est de l’artisanat. Alors je continue l'été, les bifurcations, on épluche le programme. Je te donne plusieurs. Comment vous avez appelé ça. Un contrat, c’est comment vous appelez ça le programme ?
Sandrine Rousseau
Un contrat de gouvernement ?
David Dufresne
Un contrat de gouvernement ? Faire voter une loi énergie climat. Inscrire le principe de la règle verte. Mettre en place un plan climat visant la neutralité carbone en 2050. Assurer l’isolation complète des logements en renforçant des aides pour tous les ménages, en garantissant leur prise en charge complète pour les ménages modestes. Il y en aura d’autres sur ces plans-là. Lequel est le plus important ? Lequel nous semble le plus ?
Sandrine Rousseau
Le plus saillant va faire une loi énergie climat respecter la règle verte. En fait, ce qui est important, c’est encastrer l'économie dans des règles écologiques. Dire que là, on ne peut pas s’imaginer qu’on va pouvoir continuer comme ça. Donc en fait, il faut mesurer l’impact écologique et laisser le temps à la planète de se reconstituer. Typiquement, quand on utilise du bois, il faut qu’il y ait une règle verte qui permet de dire qu’on n’utilise pas plus de bois que le Rythme de renouvellement du bois. Voilà, c’est très simple en fait, c’est si vous. Si vous avez besoin de bois, il faut vérifier quand même que vous laissiez suffisamment le temps à la forêt de se régénérer pour pouvoir en couper de nouveau. Ben voilà, c’est ça la règle verte. C’est tout simple si on laisse le temps à la planète de reconstituer ses ressources et on ne va pas plus vite qu’elle. Ça veut dire qu’il faut qu’on ralentisse tout, ça veut dire il faut qu’on diminue le temps de travail, ça veut dire…
David Dufresne
Non mais on n’est pas sur BFM, Tu peux finir tes phrases.
Sandrine Rousseau
Mais ça veut dire qu’il faut diminuer le temps de travail par exemple. Là, on est dans une société qui ne pense à la richesse que par l’accélération des choses. Il faut qu’on soit plus productif, il faut qu’on soit plus croissants, il faut un Tout cela, pour moi, est quelque chose d’absolument dépassé, d’absolument dépassé et de très dangereux. Donc si on pense une règle verte, c’est aussi penser notre propre régénération, c’est à dire faire en sorte que nous ayons le temps de vivre, que nous ne passions pas notre vie au travail et notre santé au travail et que nous ayons droit à la retraite uniquement quand ça ne va plus, quand notre santé est défaillante. En fait, on a un droit à la retraite qui est un droit à la retraite en bonne santé, pas juste un droit à la retraite parce que notre corps est fatigué. Et c’est ça en fait le projet de Macron, c’est qu’on nous accorde des droits sociaux uniquement quand on n’arrive plus à travailler. Mais le projet du Front populaire, c’est de se dire que certes, il faut travailler parce que voilà, on a quand même un besoin national de travail, mais qu’en fait on travaille juste ce qu’il faut et que le reste du temps, eh bien on profite aussi de la vie. Et pour moi, c’est un projet qui est profondément révolutionnaire.
David Dufresne
Il y a d’autres choses comme accélérer la rénovation des bâtiments publics, renforcer la structuration des filières françaises et européennes de production d'énergies renouvelables, la fabrication sur l'énergie. Je vais faire un petit point après, mais tu viens de dire que si on ne fait pas ça, on n’y arrivera pas, on court à la catastrophe. Tout le monde est d’accord avec ça.
Sandrine Rousseau
Mais non, ce n’est pas vrai. Maintenant, tout le monde n’est pas d’accord avec ça. Quand je vois en fait le Rassemblement national et les extrêmes droites, elles sont à chaque fois financées par l’industrie du carbone ou par des intérêts économiques qui dépendent du carbone. Si on regarde l’extrême droite en France, Bolloré doit sa fortune aux transports, à la logistique et notamment au transport d'énergie fossile. Donc en fait, il a un intérêt financier direct à ce que ça se poursuive. Quand on voit Trump, il a fait un appel pour financer sa campagne, il s’est adressé aux majors pétroliers. Donc en fait, au contraire, là, il y a une bataille écologique, souterraine, majeure qui est en train de se produire entre celles et ceux qui ont un intérêt économique, financier, de profit immédiat sur la continuation du carbone et celles et ceux qui veulent en sortir. Et je lisais là tout à l’heure Est ce que Sandrine va dire capitalisme ? Ben oui, je dis capitalisme parce que je pense que le capitalisme est profondément un mode d’organisation économique qui ne peut pas se passer des énergies fossiles. Donc pour moi, il n’y a pas d’avenir dans ce système là, il n’y en a pas. Voilà, maintenant je pense que dire à bas le capitalisme et je peux le dire parce que vraiment ce jour là, je pense que je vais déboucher une bonne petite bouteille enterrée dans le jardin. Mais en même temps ça ne dit rien de comment on y arrive et de comment on fait. Donc voilà, c’est pour ça que je vous dis d’abord casseront l'économie, comme dirait Polanyi, en casseront l'économie de manière très serrée dans des règles écologiques et sociales qui fassent que le profit ne soit pas supérieur à tout le reste. Parce qu’en fait, aujourd’hui, on ne fait que ça. Enfin je veux dire, quand vous voyez toutes les politiques économiques qui sont menées toutes par Bruno Le Maire et les autres, la seule fonction de ces politiques économiques, c’est de restaurer, restaurer la marge des entreprises. Quand vous entendez ces mots là, c’est uniquement faire le con. Mais on réforme le chômage, on diminue nos droits, on casse notre protection sociale. Tout ça pour restaurer la marge des entreprises. Je suis. Ce n’est pas un objectif supérieur, ça n’est pas un intérêt supérieur. Donc nos intérêts supérieurs, c’est de se dire de quoi on a besoin et comment on fournit ces besoins. Et en fait, moi, j’aimerais qu’on parle de cette réflexion là comme de quoi on a besoin, là, aujourd’hui en France, on a besoin d’un logement pour être bien, on a besoin d’un système de santé pour être bien, on a besoin de temps pour vivre, on a besoin de chaussures, de vêtements, on a besoin d’un certain nombre de biens de consommation. Mais au- delà de la satisfaction de ses besoins. Tout le reste n’est que destruction inutile en fait. Donc c’est cela qu’il nous faut retrouver comme règle essentielle de fond.
David Dufresne
Alors je me suis mal exprimé. Tu as tout à fait raison. Il y a une réaction qui est en marche. Je mets les deux blocs ensemble par rapport à ça. Entre un président de la République qui dit moi j’aime la bagnole, le Rassemblement national qui est dans un dans un programme, alors là pour le coup, vraiment, qui datent des années 50 60, enfin sur tout le reste.
Sandrine Rousseau
Ils sont enfermés dans les 30 glorieuses.
David Dufresne
Ils sont enfermés là dedans. Bon, mais le drame, c’est qu’en fait ce discours porte ce discours de dire bah finalement, les bagnoles électriques c’est de la merde, il faut, il faut brûler du carbone, il faut ceci. Euh non à l'écologie punitive etc. Et là, comment faites-vous pour ne pas être découragé parce qu' on a l’impression d’un retour en arrière ?
Sandrine Rousseau
Alors je vais répondre à ta question, mais d’abord je voudrais parler des voitures, parce que pour moi c’est vraiment le truc qui merdouille en ce moment. C’est dire que sur les voitures par exemple, on laisse le marché fonctionner. Donc qui veut acheter une voiture, achète une voiture et puis derrière on fait des aides, des feux, donc des zones à faible émission interdit les voitures et évidemment les voitures des personnes qui habitent hors des villes, donc souvent qui ont un niveau de vie plus faible et qui ont des voitures plus anciennes. Donc ça c’est le pire. C’est à dire qu’en fait c’est vraiment pour moi la gestion de la question de la voiture par l’interdiction et par l’interdiction sociale en fait des voitures. Et si on pense aux voitures dans la transformation écologique, on se dit quoi ? On se dit voilà, il nous faudrait diminuer de x pour 100 le. Le nombre de voitures qui circulent. Donc mettons, il faut diminuer de 10 % par an le nombre de voitures qui circulent. Comment on s’y prend ? C’est-à-dire quelles sont les voitures qui doivent arrêter les premières ? Donc probablement les voitures en ville de personnes qui ont d’autres moyens de déplacement et probablement aussi les voitures. Des personnes qui ont la capacité de faire du vélo, de marcher. Voilà. Ensuite, qu’est ce qui au contraire, on laisse comme voiture nécessaire. Donc les voitures nécessaires, c’est celles dont on a absolument besoin pour le travail, c’est celle des personnes qui ont des handicaps ou des maladies. Et en fait, comment derrière cette baisse de 10 % des voitures par an, on la gère sur le plan industriel ? Y Qu’est ce qu’on fait des salariés de l’industrie automobile ? Comment on les forme ? Comment on leur offre un an de formation pour changer de boulot, comment on prévoit la fermeture de certaines usines, etc. Et c’est tout ça qu’il faut penser en fait. Et aujourd’hui, rien n’est pensé. Mais si vous changez les transports, vous êtes obligés de construire des trains, des tramways, des métros, de faire des vélos, de faire des bus, des voitures partagées. Et en fait, ça ne veut pas dire moins d’emplois. Forcément, ça veut dire des emplois différents dans un rythme différent de construction. Je crois qu’aujourd’hui on construit, on fabrique une Toyota par exemple, par minute. Est ce qu’on a vraiment besoin de fabriquer aujourd’hui une Toyota par minute ? La réponse est non. Voilà. Donc en fait, c’est vraiment, c’est penser différemment nos objectifs de travail. Alors maintenant, comment va ta question ?
David Dufresne
Je vais, je vais reprendre des questions qui rebondissent beaucoup. Il y a beaucoup de questions sur le train. Il y a des gens qui disent qu’on veut des trains, des gros, des petits, des longs mais surtout publics et qui sont là. Le Front populaire va-t-il baisser les prix du train ? Malheureusement, ils sont prohibitifs aujourd’hui. C’est vrai, c’est complètement sidérant. C’est parfois 4 à 5 fois plus cher que l’avion quand même et cela n’aide clairement pas à la transition écologique.
Sandrine Rousseau
Oui, je suis d’accord, ça fait partie. D’ailleurs, l’Espagne, l’Allemagne a diminué, le prix du train, a donné des bonds, des bonds de trajet pour le train. Oui, évidemment, ça fait partie des priorités de baisser les billets de train, de faire en sorte qu’ ' utiliser des transports non carbonés soit moins cher, soit plus facile et moins cher que d’utiliser la voiture. Ça fait partie des politiques publiques qui nous manquent aujourd’hui.
David Dufresne
Effectivement, développé les transports publics écologiques, même si tu n’as pas écrit ce programme, tu le connais. Garantir des tarifs accessibles et des mesures de gratuité ciblées. Jeunes précaires, tu viens de le dire dans les transports publics et baisser la TVA sur la tarification des transports en commun à cinq. Mettre en place un plan rail et fret, créer des services express régionaux, adopter un moratoire sur la fermeture des petites lignes et les rouvrir dès que possible. Revenir sur la privatisation du fret SNCF. Alors je reprendrai tout à l’heure plein de plein de questions du chat. Ma chère, ma chère Pauline, si tu peux les regrouper un peu, parce que là, il y a vraiment, il y a vraiment trop de thèmes et ce n’est pas évident de rebondir dessus. Il y a l'éléphant dans la pièce qui arrive à ce moment-là. Donc nous sommes dans la deuxième partie du programme L'été des bifurcations et je voudrais parler de l'énergie. Il est dit dans Faire de la France le leader européen des énergies marines avec l'éolien en mer et le développement des énergies hydroliennes. Et j’aimerais que tu nous dises ce que tu penses des critiques qui sont faites et comment. Comment répondre aux critiques qui sont faites aux éoliennes, qu’elles soient maritimes ou terrestres ? Et l'éléphant dans la pièce, il est là. Revenir sur la fusion entre l’Agence de sûreté nucléaire, la CN et l’Institut de recherche sur la sûreté nucléaire. En fait, il n’y a rien sur le nucléaire. Dans le programme, il n’y a rien, il n’y a rien. Il y a le retour de ces organismes de supervision dont tu peux nous expliquer qui les a détruit, les a muselé et pourquoi. Et évidemment, pourquoi voulez-vous les remettre. Mais sur le nucléaire, cela vous cite un truc où vous êtes dit bon bah ça c’est. Ce sera pour dans cinq ans.
Sandrine Rousseau
Sur les organismes de la sûreté nucléaire, il y a deux organes. Il y avait deux organismes : l’ASN est liée à l’ASN qui était deux organismes différents de contrôle et de sûreté nucléaire. Emmanuel Deux organismes indépendants seulement. Emmanuel Macron les a fusionnés et les a mis sous l’autorité du Commissariat à l'énergie atomique. Je crois que je ne dis pas de bêtises. En tout cas, sous l’autorité d’une industrie nucléaire.
David Dufresne
L’autorité du tchat va dire.
Sandrine Rousseau
De sorte que le caractère indépendant de ces organismes n’est plus garanti. On ne doute pas des personnels qui, au contraire, feront leur travail et on en est sûr. Mais le caractère institutionnel, la garantie de liberté de ces organismes garantis institutionnellement n’est plus de fait. Donc en fait, on a un problème qui est que vous savez que ces organismes là, par exemple, qui disaient que dans l’EPR de Flamanville, il y avait des fissures dans les cuves, et donc, en fait, c’est eux qui sont quand même garants de notre sécurité. Le fait qu’il y ait eu cette fiche, cette fusion. C’est cette fusion nucléaire. Après, après l’histoire des fissures dans les réacteurs, dans les cuves des réacteurs dit quand même qu’on a un petit sujet. On a une petite suspicion autour de la volonté d’Emmanuel Macron de fusionner ces deux organismes. Bref, donc on remettra comme c'était avant, c’est à dire indépendants, c’est à dire garanties sur la sécurité. Alors pourquoi il n’y a pas de nucléaire ?Bon, encore une fois, je n’ai pas participé au débat, mais je pense qu’il y a une. Il y a des divergences au sein du Front populaire sur le nucléaire, c’est-à-dire qu' il y a des partis politiques, je pense au PCF ou au PS qui pensent que le nucléaire est une solution pour l’avenir. Et il y a d’autres partis qu’elle est fille et ou élevée qui au contraire pensent qu’il faut sortir du nucléaire. Moi je pense surtout que là, à court terme, on a un sujet autour du nucléaire qui est ce qu’on relance un programme nucléaire ou est ce qu’on ne relance pas de programme nucléaire ? Et je voudrais que là dessus, il y ait quand même une forme de débat public. En fait, ce n’est pas si simple que ça, la réponse à cela. Moi, j’ai une opinion. Je ne veux pas qu’on relance le nucléaire pour 1000 et une raisons que je pourrais expliquer et qu’il me faudrait encore de multiples raids sur ce tchat. Mais. Mais je vais quand même les expliquer. Donc moi je suis contre la relance du programme nucléaire, mais on peut avoir un débat là-dessus. Et en fait la question c’est comment on organise les débats sur des sujets aussi fondamentaux sur lesquels on n’est pas en accord. Est ce qu’on lance des référendums populaires ? Pourquoi pas sur le nucléaire ? Est ce qu’on se donne des conventions citoyennes sur des sujets aussi cruciaux que ceux-là, ou est ce qu’on laisse parler l’Assemblée nationale sur des sujets comme ça ? Eh bien voilà, ça fait partie des choses sur lesquelles il faut que l’on avance dans un Front populaire pour régler nos différends. Parce qu’en fait, on l’a vu. Si nous n’avançons pas là dessus, alors on n’y répond pas tout ou tard. Des tensions entre nous qui feront qu’on aura des petites phrases les uns contre les autres, etc. Et qu’en fait ça ne va pas fonctionner. Donc, où sont les institutions de règlement de nos conflits ou de règlement de nos différends ? Telle est l'étape qu’il nous faut encore franchir dans le front.
David Dufresne
Et toi, ce que tu voudrais c’est quoi ? Comme espace de débat. Allez, allez, vas-y !
Sandrine Rousseau
Enfin la nuit du nucléaire.
David Dufresne
Non mais c’est comme ça.
Sandrine Rousseau
Mais moi je pense que sur le nucléaire par exemple, j’aimerais bien avoir le résultat d’une convention citoyenne. J’aimerais beaucoup qu’il y ait une convention citoyenne aussi forte que sur la fin de vie ou sur le climat qui parle nucléaire. Parce qu’en fait, pour moi, il y a un sujet énorme autour du nucléaire qui est qu’on pense le nucléaire dans un système comme on l’a actuellement, c’est à dire un système démocratique, un financement, un État social aussi fort et aussi puissant que ce que l’on a là aujourd’hui. On ne pense pas le nucléaire dans une période d’instabilité. Or, je ne vois pas comment notre société ne traverse pas une période d’instabilité. Si on regarde les prévisions climatiques qui sont devant nous. Et en fait, ce n’est pas un petit sujet
David Dufresne
Maintenant que tu penses à quoi par exemple le réchauffement des cuves par les rivières comme elles augmentent ?
Sandrine Rousseau
Ah non, je ne sais pas, j’ai une Alerte du monde.
David Dufresne
Que dit le Monde ?
Sandrine Rousseau
La nature est-elle hostile à l’homme ? C’est ça que ça pose comme question ? Il fait une alerte.
David Dufresne
C’est quoi exactement.
Sandrine Rousseau
C’est la nature. Est-elle hostile aux hommes ? À l’homme
David Dufresne
C’est une double question pour toi.
Sandrine Rousseau
Alors c’est le sujet du bac de philo à. J’aurais bien aimé passer le bac de philo cette année.
David Dufresne
Qu’est ce que tu répondrais si tu étais maintenant ?
Sandrine Rousseau
La nature n’est pas hostile à l’homme. L’homme est hostile à la nature, L’homme est hostile à la nature. Aujourd’hui, c’est l’homme qui est hostile à la nature et qui fait tout pour que, pour accélérer et pour accroître la dangerosité de la nature. Et là, on rentre dans une période d’instabilité climatique. D’ailleurs, quand je dis ces termes, évidemment, les scientifiques du climat vont dire oui, mais le climat est un système de toute façon instable. Très bien, mais là, on rentre quand même dans une période où on va avoir des événements d’une intensité, des événements extrêmes que l’on a jamais connus, un dérèglement comme on a jamais connu. Donc je veux dire, là, aujourd’hui, c’est l’homme qui se révèle être hostile à la nature et qui est, et ça fait partie des révolutions à faire. Il faut que nous soyons conciliants avec ça.
David Dufresne
Donc là, le sujet du bac de philo est très bien. Là tu viens de donner la thèse, mais il est de bon ton de faire l’antithèse et la synthèse.
Sandrine Rousseau
Justement, moi quand j'étais prof, je disais surtout faites pas thèse, antithèse, synthèse. Est ce que ça veut dire vous dites blanc, vous dites noir et à la fin vous dites gris. Vous ne dites rien en fait. Donc moi je ne ferais que ma thèse et mettrais que l’homme est hostile à la nature aujourd’hui que l’homme s’est construit. En Contradiction à la nature, en opposition à la nature, en lutte contre la nature. Vous voulez que. Je dis au XVIIIᵉ siècle, quand on parle, ça commence au 16ᵉ, puis ça se termine quand on parle de distinction entre la nature et la culture. En fait, on positionne l’homme comme détenteur de la culture contre la nature. Et même L'état même d'être humain est une extraction de l'état de nature. Et en fait, quand on pose cela, on ne pose pas les humains comme une espèce comme les autres et comme une espèce qui a besoin d’un écosystème pour vivre. On le positionne comme supérieur à la nature, comme non dépendant, pas comme pouvant même la manier à sa guise, à sa main puisqu’il en est extrait. Et bien c’est profondément cela la rupture de la civilisation occidentale qui nous met aujourd’hui dans le mur. Et c’est précisément cette rupture là qu’il nous faut réinterroger aujourd’hui pour nous repenser dans un ensemble, pour nous repenser en humilité, en modestie, dans un ensemble et non pas comme supérieurs aux autres espèces, dans une espèce de hiérarchie qu’on a nous même conçue et qui par ailleurs a eu des conséquences extrêmement graves dans l’histoire, qui en aura dans le futur, mais qui en a eu un aussi dans l’histoire, puisque évidemment tout le monde n’a pas accès à cette culture et ceux qui n’ont pas accès à cette culture. Ce qui reste à l'état de nature, ce sont les personnes noires, ce sont les personnes colonisées, ce sont les femmes, ce sont évidemment tous les animaux. Mais on a été positionnés du côté de la nature sans avoir accès à la noblesse de la culture. Et la noblesse de la culture a été L’homme Blanc, se l’est arrogé l’homme blanc se les approprier et il a utilisé cela pour mettre en coupe réglée le reste du monde et la planète. C’est ce système là qu’il nous faut aujourd’hui interroger. Ouais, j’arrête sur le blog de philo.
David Dufresne
Ça vous permet de placer une phrase que me disait mon prof de philo Thèse, synthèse, antithèse, Foutaise.
Sandrine Rousseau
Exactement. Voilà un prof de philo.
David Dufresne
Là, il y a beaucoup de gens qui viennent de l’entendre, donc si ça pouvait se répandre. Voilà. Bon alors on va revenir au nucléaire quand même et j’espère qu’il n’y aura pas d’autres alertes. Ce n’est pas facile, c’est la journée. Le nucléaire. Le tchat te demande tes arguments, quels sont tes arguments pour à titre personnel, là tu ne parles pas au nom du Front populaire dont on voit bien que cette question là, elle est épineuse. Mais tes arguments à toi pour dire non, on ne relance pas le programme nucléaire.
Sandrine Rousseau
Moi j’ai plusieurs arguments. Le premier argument, c’est que le nucléaire c’est l'énergie anti sobriété. C’est à dire qu’en fait le nucléaire, une fois que vous avez de l'énergie nucléaire, vous avez presque une énergie, enfin vous avez une énergie abondante qui fait que vous ne pensez pas. La sobriété, donc, c’est une énergie anti sobriété. La deuxième chose, c’est que c’est une énergie, encore une fois, qu’il y a besoin d’un état stable, un état fort, un état qui soit en capacité de contrôler, d'être indépendant, de financer, de fournir le personnel de, etc. Moi je fais l’hypothèse que, compte tenu de notre absence de politique écologique et d’absence de virage écolo, nous ne pourrons pas tenir des VA. Nous ne pouvons pas garantir aujourd’hui que nos institutions tiendront sur le long terme avec la force qu’elles ont aujourd’hui. Donc, je pense que c’est parce que si vous n’avez plus d'État stable, qu’est ce que vous faites de vos centrales ? Bah, ça a besoin vraiment d’une structure, une centrale nucléaire. La troisième chose, c’est que pour faire fonctionner une centrale nucléaire, il y a besoin d’eau et que l’eau va devenir quand même un objet extrêmement de tension, devenir un sujet de tension extrême. Parce que, on l’a vu cet été là, il pleut tout le temps, mais on l’a vu cet été. J’ai encore le pantalon mouillé de mon tractage de ce matin, mais on l’a vu cet été, il y avait quand même des tensions extrêmement fortes. Il y a une partie de la France, notamment en Occitanie, qui manquait cruellement d’eau. Donc est ce que c’est la priorité d’utiliser de l’eau sur des centrales nucléaires quand on va en manquer pour les usages communs et pour. Je rappelle que par exemple, en Algérie, en ce moment, il y a des émeutes, de la soif, il y a des émeutes, de la soif tellement ils n’ont plus d’eau. Donc en fait, l’eau va devenir un objet extrêmement précieux. Le quatrième argument, c’est qu’on ne sait pas démanteler des centrales nucléaires. Et ça, c’est quand même un sujet qu’on devrait interroger. On construit des choses qu’on ne sait pas. Arrêter ou déconstruire en étant sécurisé et se dire ça c’est quand même un pardon, mais un gros fuck aux générations futures quoi. Sinon c’est bien, on en a rien à faire de vous en fait. Nous on construit pour nos besoins, puis après on s’en lave les mains. Vous allez me dire oui, il y a une centrale qui a été démantelée en Belgique. Oui, il y en a une autre aux Etats-Unis, mais ça a mis des années et des années et elle n’est pas encore complètement démantelée. Elle n’est pas encore. Elles ne sont pas encore complètement démantelées. Donc en fait, tout ça est surréaliste. On construit des choses qui ont une dangerosité sur des dizaines, des centaines, voire des milliers d’années, et on ne sait pas arrêter cela. Et en fait, et bon, je pourrais parler de Burt. Burt. C’est incroyable ce qu’on est en train de faire. On est en train d’enfoncer dans le sol des déchets nucléaires qui seront dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années, centaines de milliers qui pensent que un panneau d’affichage va tenir plusieurs centaines de milliers d’années, qui pense qu’un panneau d’affichage sera compris dans plusieurs centaines de milliers d’années ? On a mis des années à comprendre les hiéroglyphes. Donc en fait, on y entre alors.
David Dufresne
Alors là, il faut, il faut préciser ce que tu veux dire on a reçu Étienne Davodeau
Sandrine Rousseau
Oui, absolument.
David Dufresne
Où il est question de ça ? C’est à dire on se demande quelle sera la signalétique compréhensible dans des milliers, dans des centaines de milliers d’années, pour que les gens vivent.
Sandrine Rousseau
Droit du sol, ça s’appelle.
David Dufresne
La bédé s’appelle le droit du sol. Elle est quelque part ici. Et pour que les gens se rendent compte et à un moment donné, Davodeau rencontre quelqu’un qui travaille sur la signalétique et qui dit par exemple sur les toilettes, les silhouettes ont évolué. La femme n’est pas dessinée ou l’homme n’est pas dessiné aujourd’hui exactement comme il y a 50 ans. Donc déjà en 50 ans, ça peut évoluer très vite. Mais voilà quel signe on pourra. Alors sur le nucléaire, on te dit hein, c’est quand même un faux ce que raconte Sandrine la déconstruction des et des centrales est prévue. D’autres te demandent est ce qu’on peut parler du nucléaire uniquement civil et sans parler du nucléaire militaire ? Là je vois que Sandrine est prise dans le chat, elle a dit non, non mais ah non, au contraire, au contraire, c’est mieux, c’est mieux si tu veux répondre.
Sandrine Rousseau
Non mais c’est un peu faux. C’est un peu faux. Sur quoi en fait non. On a démantelé une pauvre petite centrale en Belgique qui était une centrale d'étude qui n’a rien à voir. On en a. On a fait la même chose en Bretagne mais sur un micro truc. Enfin, ça n’a rien à voir avec les européennes et avec les centrales que l’on construit maintenant. Donc c’est faux de dire ça, c’est faux. Maintenant faut arrêter avec les mensonges sur la capacité à arrêter le nucléaire. Et moi je pense qu’on doit penser notre monde aujourd’hui comme réversible. S’il y a tout ce que l’on fait, on doit penser la réversibilité de ce que l’on fait. On ne peut pas s’engager dans des chemins qui sont irréversibles et le nucléaire nous conduit dans ce chemin d’irréversibilité. Et en fait, compte tenu de l’incertitude dans laquelle on va, on doit, on doit au contraire tout penser en termes de réversibilité. D’ailleurs, les maisons en bois, par exemple, c’est bien plus réversible que des maisons en béton, etc. Enfin, on ne peut pas imaginer qu’on puisse comme ça tout marquer, tout marquer de notre empreinte sur la planète et que ce soit bien original.
David Dufresne
Citizen qui te dit un débat populaire sur le nucléaire, celui que tu appelais de tes vœux ? Ce serait une aberration. Le peuple n’est pas scientifique. Le consensus scientifique sur le nucléaire est clair, c’est la seule solution couplée à la décroissance. Alors déjà, je ne sais pas s’il y a un consensus scientifique.
Sandrine Rousseau
Mais ça pour moi c’est un truc de Jancovici de dire que le nucléaire et la décroissance, pour moi les deux sont incompatibles. Enfin si on est en décroissance et moi je pense qu’il faut qu’on ralentisse. Le nucléaire n’est pas la solution. C’est dire qu’il faut penser à des modes de fourniture d'énergie qui soient locaux, qui accompagnent la sobriété. Et encore une fois, je pense que la faille dans le rond, dans le dans le raisonnement Jancovici, c’est l’instabilité de l'État. Il ne pense pas ça parce que ce n’est pas un économiste. Moi je suis économiste, je suis socioéconomiste et je pense les institutions de l'État comme étant fondamentales dans notre organisation. Aujourd’hui. Lui ne pense pas cela parce que c’est un ingénieur, mais on a besoin de ces structures de l'État. Si vous avez une éolienne, que l'État s’effondre, j’ai envie de vous dire c’est pas grave, les éoliennes, au pire elles tombent. Bon ben voilà, ça ne fait pas un drame, mais si on a une centrale nucléaire et que l'état s’effondre, qu’est ce qu’on fait de cette centrale nucléaire ? C’est un énorme sujet. Dans une situation de paix, on pense le nucléaire dans une situation de guerre, qu’est ce que ça devient ? Qu’est ce que ça devient ? Et en fait, c’est toutes ces instabilités là qu’il nous faut penser. Ça ne veut pas dire qu’on aura la guerre. Je ne suis pas en train de dire ça, Je suis en train de dire que nous rentrons dans une période d’instabilité, qu’il nous faut penser tous les aspects de cette instabilité.
David Dufresne
Alors il y a plusieurs questions aussi sur l’aspect colonial du nucléaire. Est ce que. Est ce que tu veux dire sur le nucléaire ou tu penses avoir ?
Sandrine Rousseau
Non, mais sur l’aspect colonial du nucléaire, on peut en parler, Il y a que lire, Il faut aller chercher les ressources nucléaires quelque part. Et évidemment que les mines d’uranium sont des mines dans lesquelles on exploite des personnes qui ne sont pas, qui ne sont pas protégées comme elles le devraient. Dire qu’il y a eu d’ailleurs des conflits avec Areva parce que les personnes qui extraient l’uranium ne sont pas considérées comme des travailleurs du nucléaire, donc n’ont pas toutes les protections indispensables aux travailleurs du nucléaire. Alors ils ont obtenu des choses, mais on n’est pas encore au niveau de protection qui serait indispensable. Donc voilà. Et évidemment que à chaque fois qu’on va, qu’on a besoin de ressources qui sont dans des pays extérieurs, eh bien on est dans un rapport de non, non, pas de commerce avec ces pays, mais véritablement de domination, quand des ressources aussi indispensables que l’uranium à notre système, eh bien on s’assure de cette production et de cet approvisionnement en uranium. Et par ailleurs, je précise quand même qu’une partie vient de la Russie actuellement. Et qu’on délocalise une partie de nos déchets en Russie.
David Dufresne
C’est à dire qu’actuellement la France exporte des déchets nucléaires en Russie.
Sandrine Rousseau
Oui, en ce moment une partie de l’uranium transite ou vient de la Russie et ont. On envoie une partie de nos déchets en Russie. La Russie de Vladimir Poutine est muette.
David Dufresne
En France, il n’y a que deux 0,2 % des déchets radioactifs qui ne sont pas recyclables. Pour le nucléaire, après des instabilités en temps de guerre, ça je ne dis pas, mais ça reste moins polluant que les éoliennes ou les panneaux solaires. A quelles solutions pensez-vous ?
Sandrine Rousseau
Mais c’est pas vrai que c’est moins polluant que Les éoliennes ou les panneaux solaires. Enfin. Ce n’est pas vrai, une éolienne, une fois que c’est construit, ça fait ça, voilà. Et c’est pas polluant car il n’y a pas de déchets, il n’y a pas de déchets à enfouir, il n’y a pas de. Et si votre éolienne, elle fonctionne plus, voilà, elle fonctionne, plus il n’y a pas une réaction en chaîne qui peut se produire. Enfin je veux dire, non, ce n’est pas vrai que c’est moins polluant. Alors évidemment, sur le CO2, ça n'émet. C’est une des énergies qui émet peu de CO2, ça c’est vrai, Assez vrai. Est ce que ça en est ? Est ce que pour autant c’est la solution à tout ? La réponse est non.
David Dufresne
Alors là, est ce que tu ne fais pas ?
Sandrine Rousseau
Une partie du taf n’est pas du tout sécurisée, Je suis bien d’accord. Par exemple. Imaginez un drone qui arrive sur Le Havre, ça donne quoi ? La piscine du Havre. Aujourd’hui, elle est complètement. Elle est pleine, elle est archi pleine. La piscine qui accueille les déchets nucléaires est archi pleine. Qu’est ce qu’on fait ? On fait une deuxième piscine, puis une troisième piscine et puis voilà. C’est. C’est quoi le projet en fait ? Qu’est ce qu’on fait de ces déchets nucléaires ?
David Dufresne
Alors là où je trouve ça absolument passionnant, parce qu’il y a dans le tchat des gens qui viennent par toi manifestement, qui viennent parler du nucléaire, qui ont des connaissances, des avis, etc. Donc voilà, on est dans la, on est dans le débat d’une certaine manière que tu appelles de tes vœux, mais est ce que là ton discours ne bute pas ? Le discours écologiste ne bute pas. Par rapport à nos modes de vie, par rapport à beaucoup de choses. Est ce à dire que et comment ou comment vous pouvez gagner cette bataille de l’imaginaire dont tu nous avais parlé la fois d’avant ? Quand quasiment tu es que dans la dénégation ? Ah ben non, ça pollue moins. Ah ben non, ça fait ceci, ça fait pas rêver. Ton discours ne fait pas rêver, je le trouve juste, mais il ne fait pas rêver. Or, pour gagner en politique, il faut un peu susciter l’espoir.
Sandrine Rousseau
Peut être que je peux le résumer comme ça, franchement, on n’a pas de bonheur à consommer le énième truc supplémentaire. Par contre, on peut avoir un programme qui a un programme de liberté, un programme de temps retrouvé, un programme de qualité, un programme de lien, un programme où on se fait du bien, on se fait du bien. C’est quoi le projet aujourd’hui des autres partis politiques ou qui nous fait du bien ? Nous, on se donne des vacances, on se donne des temps de famille, on se donne des temps de culture, on se donne le temps d’apprendre, on se donne le temps de se soigner, on se donne la qualité d’un logement, on se donne la qualité du lien avec les personnes qui ont besoin de liens, qui sont isolés, les personnes âgées, On s’aide, on se donne la possibilité du beau aussi. Trouver les émotions dans le fait d'être dans la nature, de voir du beau, de l’art, etc. On se donne la possibilité de réinvestir l’espace et de ne pas subir des tunnels de métro, de voitures. Et de pouvoir avoir un rapport au temps, à l’espace, à la culture, à l’immatériel. Et en fait, moi je pense que la révolution écologiste, c’est une révolution où on n’accumule pas les trucs qui font qu’aujourd’hui il y a quinze tonnes de déchets plastiques qui sont rejetés à la mer minute par minute. Mais par contre on se donne des espaces de liberté où on est content de se redonner. Comment puis- je dire ça ? Mettre de la joie, du bonheur d'être, d'être et pas courir après le temps, courir après la productivité, faire des lits toutes les minutes et demie, avoir trois minutes pour faire une toilette d’une personne et ou seize minutes quand on lui donne une douche. C’est ça en fait, c’est prendre le temps quand on fait la toilette d’une personne, de parler avec elle, de parler de ses enfants, de ses petits enfants, de sa vie d’avant, de sa vie d’après, de lui raconter ce qui se passe dehors, ce qui s’est passé. C’est ça en fait notre vie. À quoi ça sert qu’on passe sur terre en vain si ce n’est pas pour être un peu heureux quoi. Et ce n’est pas pour courir après le temps. Donc en fait, la révolution écologique c’est de. C’est de se donner le temps de bien faire, de bien faire les choses, puis être satisfait de sa journée, se coucher en se disant je suis satisfait de ma journée.
David Dufresne
Si on parle d'économies, comment maintenir le prix de l'électricité au plus bas pour les classes populaires ? Si on arrête le nucléaire sans reconstruire des centrales fossiles, le nucléaire est la seule énergie pilotable non carbonée. Juste sur l’aspect économique.
Sandrine Rousseau
On ne va pas. Passer toute l'émission sur le nucléaire, C’est incroyable, c’est incroyable, ça dit quelque chose quoi.
David Dufresne
Et c’est pour ça qu’on passe du temps. Mais au niveau économique.
Sandrine Rousseau
Mais sur l’idée économique, c’est que si vous nous mettez des pics, si vous mettez des éoliennes et que vous couvrez des toits de panneaux solaires et que surtout vous diminuez les usages de l'électricité, en fait vous n’avez pas besoin et vous pouvez même être en autoconsommation et une partie de votre consommation. Donc évidemment que ça diminue vos factures. Si vous avez un logement qui n’a plus besoin de chauffage, comme c’est le cas des logements qui sont très bien isolés, très peu besoin de chauffage. Mais en fait vos consommations d'électricité sont réduites à très peu, à très peu. Et ça vous pouvez le fournir par une forme d’auto consommation et vous payerez le résiduel. Et par ailleurs, aujourd’hui, l’essentiel de la consommation électrique, elle vient de l’industrie et donc l’essentiel de la transformation à accompagner, c’est plutôt dans l’industrie.
David Dufresne
Alors je te prends quelques questions du tchat sur l'écologie et après on passera aux droits, aux droits des femmes et des personnes LGBT si tu veux bien. Alors on me tape sur le truc en disant non, ce n’est pas le nucléaire qui compte, c’est l'énergie, ce n’est pas bête. Alors question. Alors c’est vraiment dans le désordre, Tu es. Tu peux répondre comme tu veux, mais tu n’es pas à l’assemblée parce que je te vois souvent faire un truc.
Sandrine Rousseau
Ah oui.
David Dufresne
Tu lâches le micro à l’assemblée quand vous êtes énervés.
Sandrine Rousseau
Vous faites ça ?
David Dufresne
Oui, c’est ça. Ce n’est pas obligé. Alors. Le nom est incompréhensible. Braun Que peut on faire à notre échelle pour montrer notre désapprobation sur les politiques environnementales sans risquer des scènes comme pour les gilets jaunes ou au sein de solides scènes de répression ?
Sandrine Rousseau
Pardon, redis moi parce que j'étais concentrée sur le tchat
David Dufresne
Comment, faire à notre échelle pour montrer notre désapprobation sans risquer la répression qui a été faite aux gilets jaunes ou à Sainte Soline.
Sandrine Rousseau
C’est un vrai sujet parce qu’on assiste quand même à une criminalisation, à une pénalisation des luttes écologistes et des luttes sociales. On l’a vu avec les gilets jaunes. Enfin, moi je j’ai fait un débat qui m’a assez effrayé avec Un Élu maintenant européen du Rassemblement national, qui est commissaire de police
Sandrine Rousseau
Mathieu Valet. Il fait un peu peur quand il parle et notamment qui disait mais on va dans le Front populaire, vous allez interdire les LBD. Ah oui, c’est bon les gens, Évidemment qu’on va interdire les LBD. Et aujourd’hui on a été pénalisés.
David Dufresne
Alors, sur les questions policières et de sécurité, Ugo Bernalicis sera là jeudi, je crois, à 16 h. On parlera des mesures proposées par le Front populaire.
Sandrine Rousseau
Donc on a on a rendu illégales des luttes écologistes qui sont des luttes pour le bien commun. Et je le redis, mais moi, j’ai un des chocs que j’ai eu quand même ces deux dernières années, c’est quand je suis allé visiter. Parce que vous savez que quand on est député, on peut aller visiter les locaux où les gens sont enfermés pour vérifier qu’ils sont correctement traités. Et je suis allé voir des militants des soulèvements de la Terre qui avaient été arrêtés et qui étaient dans les locaux de l’antiterrorisme de la brigade antiterroriste. Et en fait, ces locaux antiterroristes, c’est un truc incroyable. S’il y a les cellules de garde à vue sont au cinquième sous-sol je crois, ou au quatrième sous-sol. Le lieu est hyper sécurisé et en fait, ça m’a fait un choc vraiment de voir des gens qui se battaient
David Dufresne
On est à la limite de la privation sensorielle. Absolument. Lumière qui est allumée en permanence. La notion du temps qui quitte, qui est effacée, etc. C’est des conditions de l’art, c’est très propre, c’est très blanc, c’est très hygiénique, mais en réalité on n’est pas loin de la privation sensorielle.
Sandrine Rousseau
Oui, puis les gens ne savaient pas où ils avaient été amenés puisque certains m’ont demandé mais je suis où, etc. Donc ils n’avaient aucune espèce d’informations sur le lieu dans lequel ils étaient retenus. Et là se trouvaient des gens qui s'étaient battus contre les mégabits Sainte Soline qui avaient tenu des ZAD, mai Là, ils ont juste tenu une ZAD, quoi, ou qui faisaient partie des soulèvements de la Terre. Et moi, ça m’a vraiment plu. Je me suis dit que le pouvoir est prêt à tout pour criminaliser ces gens si on les considère véritablement comme des terroristes, parce qu’on peut se gausser ou on peut critiquer les éléments de langage qui sont utilisés par Darmanin quand il parle d'écoterroriste. Mais la réalité, c’est que ça n’est pas que des mots puisqu’ils sont traités par l’antiterrorisme. Et probablement que quelques-uns ont écopé d’une fiche S dans ceux qui étaient retenus dans ces locaux. Et vraiment. Voilà donc comment montrer notre désapprobation en participant à des mouvements comme les soulèvements de la terre, à des manifestations, etc. Après, il faut savoir que c’est aussi prendre un risque. Et moi je voudrais vraiment remercier les gens qui font ces manifs là, qui vont dans ces manifs là, les jeunes qui y vont parce qu’ils prennent des risques. Et souvent les jeunes que je vois dans les locaux de garde à vue, ce ne sont pas des jeunes qui sont habitués à cela. Pardon de le dire comme ça, mais on voit bien que c’est la première fois qu’ils sont dans des locaux et souvent c’est un choc aussi pour eux et donc c’est courageux ce qu’ils font et ce qu’ils font. Et donc voilà, merci de prendre ce risque parce que vous prenez pour nous tous et toutes et que je sais que ce n’est pas facile. Et c’est pour ça que j’essaye, moi, dès que je peux, dès que je pouvais, avec mon écharpe tricolore, de vous rendre visite pour vous donner un peu de force. Parce que je sais aussi que vous le service que vous rendez à la lutte et au bien commun.
David Dufresne
Et dire que tu aurais pu rencontrer Mathieu Vallet dans ses fonctions. Il n'était pas l’antiterrorisme, il était. Il était commissaire. Et aujourd’hui, il est député européen. Il y a des questions sur le télétravail, le rétropédalage concernant le télétravail, lorsque cela est possible, n’est il pas le reflet de la non-volonté de notre société de remédier à la pollution ? N’est ce pas une aberration ?
Sandrine Rousseau
Le télétravail c’est quelque chose qui s’est beaucoup développé après le Covid, sur lequel les entreprises reviennent beaucoup. Je pense qu’il faut penser plutôt notre journée et penser à la mobilité dans notre journée. Donc est ce que ça passe par du télétravail ou est ce que ça passe par des locaux partagés de travail à proximité ? C’est par là qu’il faut penser le télétravail. Le télétravail, en soi, ça peut être bien ou pas bien selon les locaux, selon l’appartement que vous avez, selon le matériel que vous avez. Mais surtout, je pense qu’il faut penser à la journée des personnes en disant bon ben voilà. Dans une journée, est-ce que ces personnes auront vu d’autres gens ? Est ce que je pense que c’est important ? Par exemple, est-ce que ces personnes auront beaucoup de kilomètres à faire ou au contraire peu ? Et comment on crée des journées qui sont des journées qui ne génèrent pas de la fatigue mais au contraire qui génèrent à la fois du bon travail et du lien, et qu’on soit satisfait, qu’on ait satisfait nos besoins à la fin de la journée, qu’on ait pu faire des courses de manière locale, etc. Sans que ça, sans que ça grève notre budget. Quelle est la journée type ou cible que l’on voudrait avoir ? Et elle est très loin de ces journées où on se lève à 5 h du matin, on prend les transports en commun, on fait quelques heures ici, quelques heures là, on court partout toute la journée, on revient chez soi à 20 h, fatigué, épuisé. On n’a pas vu ses enfants, on n’a pas eu un salaire qui nous permette de vivre décemment. Et finalement, on a servi à un système qui nous use.
David Dufresne
Alors on a passé 1 h sur l’environnement, On pourrait en passer plus. Tu es en campagne, le temps est pris quand même. Il est 10h, puis il te reste encore du temps. Ou monsieur peut être nous dire le reste du temps un petit peu je te dis tu peux quinze minutes et vous non, au moins une demi heure. Ah oui, bon, non, non, sinon ce n’est pas raccord. Il faut prendre le temps, il faut être joyeux, arrive et dit : attends, il faut que je fasse plus vite. Alors maintenant, qu’est ce que je voulais dire ? Il y avait des questions sur le recyclage. Alors je reprends le programme et je passe à un autre pan qui évidemment te préoccupe, c’est étendre les droits des femmes et des personnes LGBTQ ici, adopter une loi intégrale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en portant le budget à 2,6 milliards d’euros comme demandé par les associations. Instaurer l'égalité salariale et créer un congé menstruel dans les entreprises et les administrations. Faire prendre en charge par la sécurité sociale les protections menstruelles et sanctionner les fabricants qui ne respectent pas le contrôle sanitaire de la régulation de ces prix. Et il y a mettre en œuvre un plan d'éradication des violences à l’encontre des personnes LGBTQ. Autoriser le changement d'état civil libre et gratuit. Et il y en a, il y en a un paquet. La France n’a pas participé aux négociations. Est ce qu’il y a des oublis selon toi ?
Sandrine Rousseau
Oui, il y a des oublis. Dire que là, on est parti sur des choses un peu emblématiques et symboliques, on ne s’adresse pas, je pense, dans ce programme suffisamment au caractère structurel des inégalités femmes hommes. Il n’y a qu’en fait les inégalités femmes hommes. Elles tiennent dans l’exposition aux violences, dans l’impunité dont. Dont bénéficient les auteurs de ces violences dans la Sécurité des femmes. D’une manière générale, s’il y a la sécurité physique, mais aussi la sécurité économique, et là on n’a pas parlé de comment on accompagne les familles monoparentales, comment on développe tout à tout un système social qui font qu’en fait elles ne portent pas la charge sur leurs épaules de l’ensemble. De leur travail plus des enfants, plus de tout. Et puis on a pensé aussi à une loi. Alors il y a marqué loi intégrale. Mais lors de. Il y a deux ans, lors de notre campagne, on disait qu’il fallait 1 milliard d’euros dans la lutte contre les violences faites aux femmes directement. Je pense qu’il faut aujourd’hui beaucoup plus et que les violences ne sont pas non plus tout. Dans la lutte pour l'égalité femmes hommes et qu’il y a un sujet autour de la précarité des femmes dans le travail, autour des horaires décalés, autour des emplois de service et autour des inégalités salariales. Donc en fait, penser la question des femmes, de l'égalité des femmes et des hommes dans la société, c’est penser véritablement tous les aspects de ça. Et c’est au delà des mesures symboliques qui sont mises ici.
David Dufresne
Je suis désolée, il y a toute une discussion autour de ton pull et quelqu’un demande la marque de ton pull qui serait un trigger à fachos.
Sandrine Rousseau
Piger un Facho. Ben oui, parce qu’il Y a toutes les couleurs de l’arc en ciel
David Dufresne
Bon, voilà. Et pourquoi il y en a ? Parce que c’est vrai que dans le programme, c’est pas la partie la plus foisonnante. Pourquoi il y a ces manques d’après toi ?
Sandrine Rousseau
Sans doute que les personnes, je ne sais pas. Les personnes qui ont travaillé sur le programme, peut-être, n’avaient pas complètement perçu l’ensemble des choses. Bon, mais en fait, quand on fait un programme en trois jours, c’est aussi évident qu’il y a des manques. Donc voilà, là on le voit. Moi je. La voilà. Je veux qu’on ait un très beau programme pour l'égalité femmes hommes, pour la lutte contre les LGBT. Phobies aussi de soutien aux personnes trans et qu’on soit vraiment sur une fierté de la lutte contre les discriminations. Parce qu’en fait, tout à l’heure, je me suis un peu emballé sur la différence entre culture et nature parce qu’il y avait ce sujet de philo. Mais la réalité, c’est que dans ce passage là sur Twitter.
David Dufresne
. Hétéro, tout passage, passage, tout le passage du moment où tu as l’alerte du monde. Emballée. ?
Sandrine Rousseau
Oui, je me. Dis emballé là dessus, mais on pourrait faire la même chose sur les hiérarchies sociales s’il y avait en fait pourquoi on a discriminé les personnes LGBTQI+, pourquoi on les a mis historiquement en marge de la société ? C’est pour assurer la famille nucléaire comme étant au cœur de la société. Et cette famille nucléaire, c’est un papa, une maman, des enfants. Cette famille nucléaire, c’est le papa qui travaille, la maman qui fait les tâches domestiques et qui s’occupe des enfants. Et en fait, ce modèle là de société a été un modèle indispensable au système de croissance et notamment au système des 30 Glorieuses qui était fondé là dessus. Et en fait, là, on est en train d’exploser ce modèle, et c’est très bien parce que, en fait, c’est un modèle qui aussi est un modèle Qui Enferme, un modèle qui inhibe, voilà qui Verrouille en fait une société, hélas, qui est en train de se passer sur l’explosion des fiertés LGBT, qui a plus évidemment sa date un peu d’avant mai. Mais quand même, là on crée, on s’affirme comme étant dans ce domaine Avoir la sexualité qu’on veut porter, ce qu’on veut, sortir des rôles de genre et des assignations de genres, etc. Tout ça est une lutte, est un espace de liberté qui est en train de s’ouvrir mais qui est énorme. Il y a nos corps nous appartiennent, on en fait ce qu’on veut. Et si ça vous plaît pas, eh bien rentrez chez vous et allez faire la cuisine dans votre cocotte minute des années 60. Il n’y a aucun problème. Mais aujourd’hui, la société est en train d’exploser de ce point de vue là. Et la lutte contre ces discriminations est aussi fondamentale de ce point de vue là. C’est à dire que ça fait ça, ça bouscule, ça affronte, ça confronte un système de croissance, un système économique, c’est. Et par ailleurs, c’est une liberté, c’est un espace de liberté, c’est un espace de respect des personnes, de dignité. Et quand on parle d’une société écologique, eh bien voilà, oui, on consomme moins de plastique qui finit dans les océans, mais on aura plus de liberté sur nos corps. Et en fait, demain. Allez, on y va ! J’ai hâte.
David Dufresne
Alors je note quand même que la cocotte minute des années 60, surtout elle, des oranges.
Sandrine Rousseau
Pardon, pardon.
David Dufresne
Mais elle est plus belle et plus écolo que le Magimix.
Sandrine Rousseau
Alors oui. C’est bel et bien oui, c’est vrai,
David Dufresne
Compliqué tout ça.
Sandrine Rousseau
Alors il y a une question que j’ai essayé de répondre quand elle était utilisée par les femmes et c'était une fierté de le faire, mais ça c’est pas sûr..
David Dufresne
On a bien compris que c'était une allusion bien sûr aux femmes des publicités des années 60. Enfin, pas que des publicités, des images, évidemment. Je voudrais, je voudrais retrouver une petite question que j’ai vu passer. Voilà, elle est ici. Je suis maman d’un enfant autiste. Et là, dans mon département, il n’y a aucune association pour enfants. J’ai dû arrêter mes activités pour m’occuper de lui, compléter des dossiers et faire des recherches sans aide. Qu’est ce que vous pourriez proposer pour les femmes dans mon cas ?
Sandrine Rousseau
Ça c’est typique. C’est à dire que voilà, c’est une femme célibataire probablement, qui s’occupe de son enfant et qui prend tout, toute la charge mentale qui probablement a un revenu qui dépasse pas le seuil de pauvreté puisque ça doit être à peu près le RSA ou Pas beaucoup plus. Et en fait, aujourd’hui, la société telle qu’elle est organisée fait que si vous êtes, si vous êtes winner, vous avez tout ce qu’il vous faut pour vous, et vous avez aussi toute la rétribution symbolique, c’est à dire vous êtes considéré comme quelqu’un de bien et de fréquentable, etc. Puis quand vous avez toutes les vulnérabilités et toute la charge, et bah au contraire, on vous met des lois sur la tête pour savoir si vous avez bien fait des demandes d’emploi et sinon vous pouvez perdre votre RSA, on vous diminue vos allocations chômage, etc. Et en fait ça c’est une société qui est intrinsèquement violente et il faut le poser comme ça, c’est violent, c’est violent pour ces personnes. Et donc ce que je dis à cette femme, c’est que le programme du Front populaire, c’est de développer le soutien aux associations qui prennent en charge les personnes en situation de handicap. C’est de développer l’accompagnement médical des personnes en situation de handicap. Il prend en charge une partie des logements adaptés de l'éducation adaptée. C’est vous donner aussi la capacité, par un revenu d’accompagnant, à pouvoir prendre en charge votre enfant si vous le souhaitez, dans des conditions qui soient dignes pour vous aussi. Et en fait, c’est ça la révolution sociale, c’est prendre soin de ceux qui en ont besoin et non pas prendre soin des plus riches. En fait, c'était c’est une inversion complète de la pyramide sociale.
David Dufresne
Loire nous dit merci d'être plus naturelle qu'à la télé, madame Rousseau.
Sandrine Rousseau
Je ne suis pas naturelle à la télé, vous trouvez ? Moi, j’essaye de l'être quand même. Un peu déçue j’essayais de l'être tout le temps. En fait, j’essaie de ne pas entrer dans des éléments de langage. C’est un peu, je pense, ma marque de fabrique, c’est de dire les choses telles que je les pense. Et parfois ça ne plaît pas, souvent ça ne plaît pas. Et parfois même, j’ai peut être fait une petite incise là dessus parce que pour moi c’est assez difficile en ce moment, c’est que parfois je dis des choses qui plaisent pas au sein du Front Populaire. Mais je voudrais vous dire que. Je l’ai dit précisément pour ne pas rentrer dans une espèce de carcan politique où on ne sait plus ce qu’il y a à l’intérieur des gens. On ne sait plus en fait. Voilà, on a des éléments de langage qu’on entend en boucle, mais en fait on ne sait plus qui sont ces gens. Et quand il y a des choses qui ne vont pas bien, je pense qu’il faut se le dire aussi et que c’est comme ça aussi qu’on progresse collectivement et ne pas être en permanence en disant ah, tu as dit ça, ce n’est pas bien. Oui, je le dis parce que je le pense. Et il y a des moments où il faut pouvoir le dire.
David Dufresne
Il y a des gens qui disent que c’est l’effet au poste que tu sembles plus naturel qu'à la télévision. Moi je pense que c’est le fait aussi. Quand on a le temps.
Sandrine Rousseau
On a le temps.
David Dufresne
Et puis on parle du fond parce que c’est évident que je pourrais appuyer sur le bouton buzz de poser des questions qui sont d’ailleurs posées dans le chat et que je ne relève pas parce que je me dis on a la chance de t’entendre, on ne va pas chercher le buzz, quoi.
Sandrine Rousseau
Oui, c’est ça. Et puis si vous cherchiez le buzz, ben vous me posiez des questions. Je vous répondrai par des phrases courtes qui voilà, qui essaient de marquer évidemment les esprits. Et puis derrière, tu ferais un tu ferais un post Twitter en disant Sandrine Rousseau a dit ça barbecue ou virilisme et puis ça ferait le tour de la planète. C'était là jusqu’au New York Times, cette affaire.
David Dufresne
Là, c’est la médaille du buzz initial. Et c’est dit la seule question qui me traverse le crâne depuis le nouveau le nouveau Front Populaire, c’est comment faire confiance à cette gauche molle qui s’y associe ? Tu n'étais pas, je crois, lors de la conférence de presse de vendredi dernier où il y a deux témoins de la société civile qui sont venus, l’un un ouvrier CGT et le directeur de Greenpeace. Et les deux ont dit On ne vous donne pas un blanc seing, à vous, le Front populaire, on sera là pour vous critiquer. Comment peut-on garantir qu’il y aura des contre pouvoirs que tu sembles appeler là aussi de tes vœux pour que vous ne nous traitiez pas ?
Sandrine Rousseau
Mais il faut des contre pouvoirs, il les faut, c’est indispensable. Et on a décidé d’appeler ça le nouveau Front populaire. Mais le Front Populaire était déjà avec des contre pouvoirs. Enfin, il y a eu des grèves pendant le gouvernement de Blum, de Léon Blum, Il y a eu des mouvements sociaux et en fait, c’est aussi non seulement indispensable pour être exigeant vis à vis des gouvernants, mais en plus c’est aussi une manière. Pour les gouvernants de gauche d’avoir une base sur laquelle s’appuyer pour légitimer les mesures qu’ils prennent. Parce que vous pensez bien que si on fait par exemple, je ne sais pas moi, le SMIC à 1 600 €, ce qui est dans le programme, eh bien il va y avoir des mouvements contraires. S’il y a des gens qui vont nous dire ce n’est pas possible, le coût du travail, etc, Machin. Et donc il faut aussi légitimer, c’est ces mesures là. Et puis derrière, enfin, moi je ne demande pas, je demande jamais la discipline, moi ce n’est pas mon truc. Moi j’aime bien les non mais en plus j’aime bien. Moi j’aime bien les trucs. Je pense que la politique c’est aussi une forme d'écosystème et que les écosystèmes vivent quand ce n’est pas de la monoculture, bien rangés en ligne et qu’au contraire c’est foisonnant. Il y a plein de et il y a plein de d’interactions, de choses différentes qui se passent. Donc oui, il faudra des mouvements sociaux et préparez vos baskets. Et on essaiera quand même d'être à la hauteur.
David Dufresne
Je prends une dernière question si c’est pour le fond, ce n’est pas pour le buzz. C’est Asselineau qui demande quel est votre avis sur la campagne de diffamation ? Il dit comme ça contre les filles les accusant d’antisémitisme ont fait hier un long débat pendant 3 h avec Arie let Simon Assoun public ici en bas. On a publié hier un long texte d’historien d’historienne récusant les accusations d’antisémitisme. C’est une question qui se pose. Et d’ailleurs, j’en profite pour t’en poser une autre. De mémoire, quelqu’un qui dit avoir vu le RN, est ce que le Front Populaire ne devrait pas être d’abord, vu le danger du RN d’abord et avant tout un front antiraciste ? Bref, la question de l’antiracisme est un peu en sommeil. Ces deux points là et après j’obtempère. Il est sympa le collabo au chômage, moi je suis solidaire.
Sandrine Rousseau
Oui, c’est vrai qu’il y a un front antiraciste. Je suis d’accord avec vous. Ce serait très important de le mettre en premier parce que ce que j’ai vu depuis le début de la campagne, là, sur les marchés, etc. C’est quand même la libération d’une parole raciste. Et en fait, d’ailleurs, je voudrais faire un petit point là dessus, c’est que, euh, on parle du Rassemblement national et on le banalise de 1000 et une manière en fait, puisque maintenant il est quand même en capacité de prendre le pouvoir. Mais ce que je trouve, c’est qu’au delà des leaders du Rassemblement national dont on peut interroger les positions sur le racisme parce qu’il y en a plusieurs qui ont été condamnés là dessus. Mais au delà de cela, en fait, ça libère des espèces de bas instincts dans la population et dans et chez des personnes qui ont des réflexes racistes et qui se lâchent quoi ? Et donc ? Voilà, on est rentrées chez vous. Vivement qu’on puisse taper du pédé, etc. Et en fait, c’est ça qui va libérer l’arrivée du Rassemblement national. Et quelque part, ça, ça me va. Enfin, moi ça m’effraie beaucoup plus qu’encore.Même le Gouvernement du Rassemblement national qui pourtant m’effraie beaucoup. Mais donc voilà, c’est. Et donc je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il y a un truc antiraciste, qu’il faudrait qu’on mette beaucoup plus en évidence, parce que je pense que profondément, ça fait partie des ressorts de vote du front. Après sur les accusations d’antisémitisme, je n’ai pas écouté votre débat.Ce que vous en avez dit. Je pense que quand il y a autant de personnes concernées qui posent cette question, il faut l’entendre, il faut l’entendre. Et qu’en fait on ne peut pas balayer d’un revers de main en disant non mais voilà, ce n’est pas ce qu’il a voulu dire, Non, c’est une maladresse, non. Non, en fait non. La base de la lutte contre les discriminations, c’est de se dire que les personnes concernées ont des choses à nous dire et qu’on n’a pas forcément complètement déconstruit les ressorts invisibles des discriminations, les ressorts impensés, inconscients qui sont fondés sur ces discriminations. Et donc, moi, je voudrais qu’on écoute davantage les personnes concernées sur ce qu’elles ont à nous dire là dessus. Et en l’occurrence, je pense qu’il y a des. Et il y a eu des paroles, il y a eu des mots, il y a eu des slogans qui ont renvoyé à des réflexes antisémites profonds dans la société et qu’on ne les a pas suffisamment analysés. Et donc ça ne veut pas dire que la gauche est antisémite politiquement et politiquement. Ça, ce n’est pas vrai. Ça, ce n’est pas vrai. Parce que ceux qui ont, qui se nourrissent politiquement, qui se structurent politiquement autour de l’antisémitisme, c’est le Rassemblement national à gauche, ce n’est pas ça. Il n’y a pas de librairie négationniste chez nous, il n’y a pas de gens qui ont des tatouages nazis. Jamais. Au contraire, la gauche est fondée sur le mouvement de résistance au nazisme. Donc là dessus, je n’ai pas de doute sur le caractère structurel. Il n’y en a pas chez nous. Mais par contre, quand il y a des paroles ou quand il y a des mots qui blessent, eh bien il faut les entendre. Et moi, quand moi je viens du féminisme, eh bien ça fait partie de nos luttes. Quand on est au canton et quand il y a des mots comme hystérie qui renvoie par exemple, là, par exemple, qui renvoie à un impensé des discriminations, la personne qui a dit hystérique, elle n’est pas forcément misogyne au moment où elle dit hystérique, mais l’utilisation de ce mot là a un sens dans la lutte. Et donc je voudrais qu’on l’entende ça et je pense que maintenant il faut qu’on l’entende loin.
David Dufresne
Dernière question, ultime question Mais toi ce n’est pas du jeu parce que tu l’as déjà eu. C’est la question rituelle d’opposant. Voilà, ça, ça se bagarre dans le dans le tchat.
Sandrine Rousseau
Non mais là je ne parle pas de meilleurs habits, mais dans la Bible c’est un nationaliste. On n’est pas sur le même banc. Mais ce n’est pas honnête non plus de résumer la crainte d’une remontée de l’antisémitisme. Meyer Habib C’est à dire que vous allez dans la rue, sur les marchés, tout ça, tout le monde vous envoie ça, tout le monde va vous l’entendre, ce truc là,
David Dufresne
C’est-à dire qu’est ce que t’as entendu ce matin,.
Sandrine Rousseau
Les personnes disent non, mais moi j’ai peur de certains propos antisémites qui ont été posés et tu dire voilà, on peut estimer que c’est un fond etc. On peut aussi entendre ce qui se dit et je voudrais qu’on entende et qu’on respecte aussi, parce que l’antisémitisme fait partie des discriminations structurantes de notre société, comme le racisme, comme aujourd’hui l’islamophobie malheureusement, comme la discrimination, la misogynie. Enfin voilà, ça fait partie de ces fondements qui dessinent une hiérarchie sociale et ça, ce n’est pas possible.
David Dufresne
Alors pour ce qui pose plein de questions, vraiment, allez écouter le débat d’hier entre Arié Alimi, avocat et Simon Assoun de Tsedek deux Juifs de gauche de France qui ont débattu là dessus, qui étaient en désaccord sur les militants, plus sur la position de Sandrine Rousseau. Et puis il y a aussi ce très long texte publié hier sur au poste signé notamment par Albert Lévy, Ludivine Bantigny et Jeremy Rubinstein, qui seront jeudi matin au poste pour expliquer tout ça. Donc on essaie de détricoter tout ça dans le calme et le plus sereinement possible. Alors, on ne fera pas de politique politicienne. C’est la seule émission dans la vie de Sandrine Rousseau et il n’y aura pas de buzz. Et j’en suis hyper fière. On est dans le fond. Ultime question est une question. Ceci dit, je suis sûre que quelqu’un peut trouver un truc.
Sandrine Rousseau
Mais bien sûr, ça va.
David Dufresne
Alors deux questions est ce que c’est la marque de ton pull ?
Sandrine Rousseau
Oui, c’est ça regarde.
David Dufresne
Et la dernière question qu’est ce qu’on a fait pendant 1h et demie ce matin ? S
Sandrine Rousseau
Qu’est ce qu’on a fait pendant 1h et demie ce matin ? On s’est posés et on a réfléchi.
David Dufresne
Merci beaucoup Et le tchat nous rappelle que nous avons même fait un peu de philosophie. Je fais ta photo et je te libère.
Sandrine Rousseau
Je comprends qu’elle ait peur de débattre avec le RN. Alors non, je n’ai pas peur de débattre avec le RN. C’est une question politique de ne pas débattre avec le RN.
David Dufresne
Ah bien ! C’est parfait ! Merci beaucoup Sandrine, voilà, il y a des cœurs,
Sandrine Rousseau
Merci beaucoup, on compte sur vous.
David Dufresne
Merci beaucoup ! A tout de suite les amis.

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