Sear, le roi du rap et de « Get busy », fanzine culte
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Amis, amis du café, amis du double café. Amis du double café. Amis du hip -hop. Amis de la police. Amis de la police dans le hip -hop. J’ai pris deux cafés parce que l’invité de ce soir, c 'est un gros morceau. Donc je me suis dit, double express Le roi du rap sera avec nous dans quelques instants. Fanzine, culte, get buzy. En fait, c’est le roi du hip -hop. Car le hip -hop, ça englobe bien plus que le rap. Monsieur Stéphane, vous êtes là. Est -ce que vous m’entendez, monsieur Stéphane ?
Oui, je vous entends très bien, monsieur Dufresne.
Est -ce que vous entendez le pape du hiphop ?
Surtout pas ça. Ni roi, ni pop, ni pape, ni rien de tout ça.
Ce soir, on parle de la France, de la France qui s 'est levée tôt, un jour. Ce soir, on va parler de rap, on va parler de banlieue. On va surtout écouter ce monsieur -là, ce monsieur Chauve, qui est un être absolument incroyable, qui a fait un fanzine qui s 'appelait Get Buzy, Monsieur, vous vous appelez Stéphane Bégoc, dit Sear, signataire éternel d 'articles radicaux. À la fin des années 80, vous étiez le roi du photocopieur et du rap, à la tête de Get Buzy, le fanzine interdit aux bâtards. Vous avez interviewé les plus grands, vous avez effrayé les plus suspects, vous êtes fâché avec la terre presque entière, et vous êtes resté fidèle à une éthique rare de Saint -Denis, vous avez vécu et traîné avec les NTM. On parlera des NTM, mais pas trop parce que c 'est bon, c 'est un boulet pour vous, mais quand même, vous avez gardé un sens de la vie, un instinct hors du commun. Vous avez écrit cette phrase. Le problème avec le rap ricain, c 'est qu 'on ne comprend pas les paroles. Le problème avec le rap français, c 'est qu 'on les comprend. À l 'époque, vous étiez toujours de blancs vêtus, vous étiez l 'ange noir du hip hop parisien. Avec votre fanzine, vous allez bâtir un mythe, et votre fanzine va bâtir votre légende. Chœurs, chœurs Là, vous êtes là, là, vous êtes chez vous, là, chœurs, mais… Votre route à croisé,celle de Poulvorde, Duplantel, José Bové, Vergès, Jamel Debouz, André Pousse, Charlie Boyer, Thuram, Platini, Socrates, Julia Chanel, Marc Dorcel, IAM, NTM, Dynastie, Passy, Stubby, High S 'cube, Gangsta, Snoop Doggy Dog, KRS One, Nas…Et ce fut ma chance, chers camarades, car le samedi vers 1990, 1992, même peut -être avant, on squattait le freetime des Halles à Paris. Chœurs, on vous doit également le film Authentique, Un An avec le Suprême, un documentaire de 2000, je crois, qu 'on réalisait avec un dénommé Chabat Alain, qui signe également la préface de cette anthologie qui vous vaut cette convocation aujourd 'hui Auposte. Aujourd 'hui vous avez animé une émission Get Busy sur Clique TV. Vous publiez cette semaine cette anthologie. Vous êtes sans doute l 'une des personnes les plus intègres que je n 'ai jamais croisé. Cette interview s 'annonce drôle et impossible, car vous êtes un taiseux. Et moi, j 'ai les dossiers. Comment va Stéphane ?
Très bien David, très très bien. Content de te retrouver de l 'autre côté de la barrière. Par contre, je ne suis pas du tout le roi du rap. Je ne suis ni le pape, ni quoi que ce soit. Il y avait déjà un roi dans la Soul Nation, c 'était Mombatta. Et il a eu des problèmes de mœurs ces temps -ci.
Ah merde, c 'est vrai ?
Ah oui oui, des accusations de pédophilie.
Ah carrément ?
On l 'entendait déjà parler à la fin des années 80. Et qui aujourd 'hui éclate en grand jour. Donc le mec a plusieurs procès sur le dos. Et aux dernières nouvelles, pour la justice, il était introuvable.
Alors, écoute, donc là, tu sors ça. Get Buzy, anthologie. On va rentrer dans les détails. Parce que vraiment, d 'abord ça pèse, je ne sais pas combien ça pèse, mais 3 kilos, 4 kilos.
4,5 kilos, je crois.
4,5 kilos. Quelle est l 'utilité de sortir une anthologie de ce fanzine d 'il y a 30 ans, qui va marquer tous les esprits du hip-hop ? Get -Buzy, c’est aujourd’hui une émission, c 'est en fait 30 ans de ta vie, mais quelle est l 'utilité de sortir ça aujourd’hui ? C 'est
une question de l’utilité de la chose. En fait, c’est un concours de circonstance, comme souvent. Nous, on n’avait pas la volonté de faire ça. C’est juste qu’en fait, l 'éditeur Marabout a sorti un livre qui s 'appelait, le livre du site internet, la BCDR, qui a priori a plutôt bien marché. Donc, il cherchait d’autres idées de livres liés à la culture hip -hop. Donc, ils m 'ont contacté via clic. Au début, il n 'avait pas d 'idée précise de ce qu’ 'il voulait faire. Enfin, il voulait faire une espèce de livre collégial façon Ego Trip, de Book of Rap, tu sais, qui est un peu un bouquin de référence chez les Américains. Moi, ça ne m’intéressait pas, parce que moi, je n 'ai pas envie d 'y faire avec mes collègues de la presse rap ou des sites internet de rap. Et puis, le rap, c 'est un truc dont on pourra parler après. C’est quelque chose dont je viens, qui m 'a construit, mais dont je suis assez détaché aujourd 'hui parce que je suis trop vieux pour ça, tout simplement. Donc, ça ne m’intéressait pas. Après, moi, l’idée, plutôt, c 'était de refaire un guide busy comme un ancien, c 'est -à -dire un truc tout neuf. Ça s 'avérait un peu compliqué. Et donc, on s 'est dit qu 'on allait en faire un espèce de best -of de ce qui a été fait, d 'autant plus que je pense qu 'il y a beaucoup de choses qui, à l 'époque, sont passées un peu sous les radars et qui étaient vraiment bien. Donc voilà, en fait, on arrive à ça, mais par un concours de circonstance. Et finalement, je n 'en suis pas mécontent parce que ce n 'est pas pour se gargariser de ce qu 'on a fait, mais je trouve que c 'est un peu une réhabilitation de pas mal de choses qu 'on a faites et qui étaient vraiment bien. Je trouve, même si ce n 'est pas à moi de le dire.
Non, d 'ailleurs, si moi je le disais, je ne le dirais pas, c 'est bien. Je dirais que c 'est absolument invraisemblable. C 'était extraordinaire.
Donc là, je mets le sommaire de cette anthologie. Donc l 'anthologie, ce n 'est pas un fac similé, on va y revenir, ce n 'est pas un fac similé du fanzine de l 'époque. C 'est vraiment une réédition des interviews, parce que Get Busy, c 'était plein de choses.
Ce n 'est pas que le fanzine, parce qu 'on a commencé par le fanzine. Après, il y a eu le magazine Authentique avec NTM. Après, il y a eu Get Busy en magazine qui a été en kiosque, qui n 'a pas duré longtemps, mais qui a fait quelques numéros occultes. Et après, il y a Click et l’anthologie regroupe tout ça. C 'est 30 ans de l 'histoire de Get Busy sous toutes ses formes, en fait. Télé, fanzine, magazine, magazine de NTM, tout ça. C 'est 30 ans où on a pioché dans ces quatre formes, ces quatre formules à chaque fois, où il y avait toujours l 'ADN de Get Busy, toujours le ton, ce qui fait que Get Busy est Get Busy. Mais voilà, sur toutes les formes que ça a pris durant 30 ans avec des hauts et des bas, parce que c 'est un peu les montagnes, c 'est notre histoire.
Évidemment, il n 'y a pas tout, parce qu 'on n 'aurait jamais pu tout mettre, et il a fallu faire des choix un peu complètement partiels.
Donc, le bouquin, il y a en gros le hip hop, alors People, là c’est plutôt la culture, c 'est plutôt les bandits.
On va dire que c 'est les gens un peu connus, parce que People, c 'est un mot fourre -tout aujourd 'hui. La télé -réalité peut être dans la presse People, mais ce n’est pas ça, c 'est quand même des gens qui font des choses. On n’est pas juste des gens parce qu 'ils sont connus, c 'est des gens qui sont connus parce qu’ils ont fait des choses.
Alors, il y a le sport, ce qui m’étonne, j 'avoue que j 'ai été passé à côté de ton penchant sportif, je ne t 'ai jamais vraiment vu. Si, tu étais à vélo.
Ce qui n’empêche que je n 'en ai rien à foutre du Tour de France, mais complètement. Mais dans l’épicier, je ne suis pas le seul à écrire. Heureusement, il y a toujours eu des gens très talentueux qui étaient passionnés de sport. Et même si moi, je ne suis pas un footix ou quoi que ce soit, je ne vais pas faire semblant de m’intéresser au foot. Mais j’ai des gens autour de moi qui sont passionnés et que j’adore écouter en parler. On était à table et il y avait plein de gens qui ont participé à ce livre, qui racontaient plein d’anecdotes de foot et c’était passionnant, alors que je n 'y connais rien. Donc, quand c’est à ce niveau -là, je suis curieux dès que des gens savent bien en parler, ça me passionne. Et puis, par exemple, si on prend l’exemple du foot, ce qui m’intéresse, c’est la ferveur, comment ce sport peut soulever un peuple entier, par certains événements, c 'est ça qui est assez fascinant.
Société, on va y revenir. Et là, une section X, qu’on garde pour la fin, les enfants, quand les enfants seront couchés. Voilà, donc ça, c’est le gros morceau. Alors moi, je n 'ai pas tout relu, mais j 'ai lu tout ce qui était nouveau.
Alors notamment, par exemple, il y a Alain Chabat, avec qui je disais tout à l 'heure, tu as cosigné un documentaire sur les NTM, et qui signe la préface de ce bouquin qui doit quand même beaucoup à ton esclave Usul, il faudrait quand même qu’on le salue.
Je ne déparais pas mon esclave.
C’est comme ça qu’ 'il s’est défini quand il m 'a appelé pour recueillir les souvenirs. C’était pour t 'attendre de rire, pour toucher ta classe sensible. Mais non, le Usul n 'est pas mon esclave.
Disons que c’est mon binôme de ces derniers temps et c’est un binôme qui fonctionne bien. Le Usul a les qualités de tout mec de guide business, c’est -à -dire qu 'il est assez cultivé et très drôle. Donc voilà, il me fait rire et c’est déjà le premier des examens d’embauche, des critères d’embauche, on va dire.
Il est absolument super. Chabat signe la préface et dit « Le hip hop était vaguement au centre de tout, notamment par le ton du journal, mais ça débordait autour sur un tas de sujets périphériques, parfois sans rapport direct les uns avec les autres. Il y avait une vraie approche journalistique, sérieuse sans être pontifiante, authentique qui sera le journal que tu feras avec lui par la suite. On va rentrer un peu dans les détails.
C 'est pas le journal que j 'ai fait avec Chabat, authentique c 'est le documentaire. C 'est pas la même orthographe en plus.
Oui, je sais, il y a un cas là.
Voilà que Chabat a découvert et qu’il a beaucoup kiffé à l’époque. Après, il y a eu le documentaire sur Authentique. Et à la base, ce qui intéressait Chabat, ce n’était pas le documentaire qui lui était présenté après, enfin quand il était en cours.
Ce qui l’intéressait à lui, c’était de faire une adaptation télé du magazine en premier. Mais ce qui ne s’est pas fait.
C’est ça, ce qui ne s’est pas fait. Alors, il y a une autre définition qui est très bonne, je trouve justement, de ton ami Usul, qui raconte l’histoire de Get buzy. Je suis obligé de prendre le journal. Mise en page soviétique, tout en noir et blanc, mais contenu alors inimaginable dans un contexte où la presse rap n’existe toujours pas. Ice Cube, assassin, hijack en interview, des chroniques impitoyables pour des sélections de disques qu 'il était tout autant. Une page de dédicace, ball trap à balle réelle, surtout et n 'importe quoi, chambrette à boue portant, private Joke pas toujours compréhensible, mais drôle quand même, et l 'édito de chœur, mise au point, grenade d 'humeur d 'un rédac chef caractériel, tête de con certifiée, intransigeant, maniant la ponceuse à la langue de bois comme personne. Pas là pour se faire des amis, n’en a strictement rien à battre. C’est comme ça que tu te voyais ?
Usul, c’est un lecteur, tu sais, de Get Busy. Donc lui, il l’allait parce qu 'il aimait vraiment tout ça, et c 'était son ressenti à lui, de lecteur. C’est connu tardivement avec Usul. C’est pas connu à cette époque -là. Et lui, c 'est ce qu’ 'il aimait, en tant que lecteur, lire. C 'était ses souvenirs et son analyse de ça quand il allait le chercher. Parce qu’ 'il fallait trouver le fanzine quand même, c’était pas évident à l’époque.
Donc il faut rappeler à nos amis Twitchos, c’est quoi un fanzine ? C’était quoi Get Busy exactement ?
Alors un fanzine, on ne savait même pas ce que c’était, parce qu’on n’a pas assez de culture là, c 'était plus une culture qui était prédominante, enfin qui était assez établie chez les gens comme toi.
Comment tu disais ? Énerve le tchat, attends, on ne t’a pas bien entendu. Comment tu disais ? Les rockers, c’est quoi ça ?
Parce que toi, tu viens du rock alternatif, et effectivement, dans le punk, le rock alternatif, le fanzine a quelque chose d’assez présent. Nous, on n’avait pas assez de culture là du tout. C 'est la référence qu 'on avait. Il y avait un fanzine qui avait fait dynastie à la fin des années 80, qui était vraiment très bien. Sinon, on avait une présentation soviétique, je ne sais pas ce que c 'était la Roumanie, mais le contenu était très bien, donc c 'est quand même le contenu qui prime. Après, la seule référence qu’ 'on avait, c’était les magazines de hip -hop américains, mais on n 'avait pas la culture du fanzine, et même dans le public rap, il n 'y avait pas cette culture là. Un fanzine, comment on pourrait dire ça ? C’est un journal amateur, c 'est un journal fait à tes moyens du bord, c 'est un journal fait par des passionnés, qui ne rentrent pas dans le cadre des groupes de presse, des éditions, des NMPP, de tout ça.
Parce qu 'aujourd 'hui, il n 'y a pas besoin de fanzine, le rap est absolument partout, mais il faut rappeler, à ce moment -là, le rap, c 'est le creux de la vague total, c 'est -à -dire qu 'il y a eu l 'émission sur TF1, H.U.P, H.O.P, médiatiquement, non ?
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi, il n 'y a pas le creux de la vague, c 'est -à -dire que le business se crée en 90. Et justement, en 90, on n’est pas dans un creux de la vague, on est dans l’explosion du rap américain, vraiment, où le rap américain devient très vendeur. Je pense qu 'à ce moment -là, et c 'est pour ça que toi, ça t 'a intéressé aussi, je pense que c 'est peut -être une période où le rock s 'est soufflé un peu, et à ce moment -là, on parle de l 'époque de Public Enemy, de l 'explosion du label Def Jam, de plein de choses, et je pense qu 'à ce moment -là, clairement, le rap est le courant musical le plus intéressant, le plus vivant à cette époque, et ça commence à prendre de l 'importance.
Je voulais dire, médiatiquement, le creux de la vague, médiatiquement, créative ment, de mon point de vue, c’est la meilleure période.
Exactement, mais de toute façon, c’est un truc dont on pourra discuter, c 'est quand on a le ventre vide, qu’on est toujours le dos au mur, qu 'on est le plus créatif. C 'est pas un creux de la vague médiatique parce que tout le monde s 'est intéressé au hip -hop, tous les gens qui avaient laissé le hip -hop après Sydney l 'ont redécouvert d 'abord, comme Paris a été recouverte de tags, donc déjà, ça c 'est la première chose. Et 90, on est vraiment l 'avènement du rap, c 'est -à -dire public ennemi, et sur les passes à TF1, la presse -rock s 'intéresse au rap, et puis on est à rap attitude, donc c 'est la naissance, c 'est pas la naissance historique du rap français, mais c 'est la naissance vraiment médiatique du rap français. Donc il y a beaucoup d 'intérêt, au contraire pour les médias, pour le rap, mais de façon très péjorative, très approximative, très méprisante, il y a un mélange de mépris, craintes, fantasmes, et nous on est de ça, on est en réaction à ça, parce qu’on en a marre de lire des conneries pas possibles, mais il y avait des trucs quand même qui étaient aberrants, enfin, toi même tu t 'en souviens, concert de public ennemi au Zénith à Guillaume Durand, qui avait envoyé des reporters sur les toits, c 'était génial, la 5 ! Non, non, je crois que c’était même plus à la 5, je sais même plus,
je crois que c’était la 5, ou la 5ème ça s 'appelait,
je me souviens, la caricature des inconnus sur Guillaume Durand pendant la guerre d 'Irak, c 'était exactement ça, et là elle nous refaisait la même, donc c 'était pour savoir si les méchants noirs allaient manger des blancs à part de la Villette, on était pratiquement à ce niveau -là, t 'avais le parisien qui faisait la carte des bandes, dedans il y avait NTM et Lilliton, Lilliton ils sont deux, c 'est des gentils rappeurs, t 'avais Rock 'n 'Folk, t 'avais le fameux Philox, qui s 'amusait à chroniquer tous les disques de rap, juste pour le plaisir de les salir. Voilà où on en était, pour nous on s’est dit, à la fois très naïvement et très prétentieusement, que le seul moyen que l 'on parle bien du hip hop, ce serait que nous des gens du hip hop en parlent. Donc on est de ça, sans savoir comment on faisait un journal, on avait juste envie de dire ça, on était presque dans un truc, on était clairement dans un truc de réaction, presque dans une démarche militante, par journalistique quoi toi.
C’est marrant parce que t 'appelles ça un édito, alors qu 'il s 'agit d 'un livre.
On l 'a voulu construire quand même comme un magazine, c 'est un magazine avec une forme de livre, mais on l 'a conçu un peu comme un magazine, c 'est pour ça qu 'il y a un mélange.
Il y a, pointe une certaine amertume quand même, tu écris, « Voir la roue de la fortune tourne souvent à l’envers, mais se consoler en se rappelant que la plupart des rappeurs touchent plus d’argent de la CAF que de la SACEM. Depuis que j 'ai vu de nombreux gros gagnants du loto Finis et Ruiné, je relativise plus encore la réussite une variante parmi d 'autres. »
C 'est pas de l 'amertume, au contraire, je trouve que c 'est un peu, au contraire, je suis assez serein là -dessus, dans le sens que, alors tu sais, c 'est des débats qu’ 'on avait longtemps à l 'époque, la réussite et l 'argent n 'est pas un tabou dans le rap. À part pour certains qui voudraient faire de l’altermondialisme dans le rap, c 'était tout un peu ce qu 'on disait un peu, on va peut -être froisser des gens, mais autant les punks rejettent la société, autant les hippies avaient voulu la changer, le rap c 'est autre chose, c 'est des gens qui voulaient avoir leur place dans la société qui en était exclu. Donc on a souvent reproché le matérialisme, le bling bling au rap, mais c’est ce qu’on disait toujours nous, il y a que les gosses de riche qui ont envie d’être grands, d’avoir des jeans troués, nous c 'était pas trop ça. Et donc par rapport à ça, il y a ce culte quand même de la réussite dans le rap.
Tu dis n’importe quoi, mais c’est pas grave, vas -y continue ! Non, je vois ce que tu veux dire, bien sûr
Bien sûr, tout est caricatural dans ce que je dis, mais t 'as compris où je voulais en venir. Et donc, j 'ai pas tapé sur moi là -dessus, c 'est une espèce de philosophie, mais maintenant c 'est pareil dans le rap, même ce culte de la réussite, il y a très peu de gens dans le rap qui ont vécu très largement du rap, il y en a, Dieu merci, mais il y a très peu de rappeurs qui vivent, qui ont vécu pendant 30 ans sur le rap, c’est à eux aussi. Donc non, non, il n 'y a pas de truc, c 'est -à -dire, c 'est juste replacer. Est -ce que la réussite c 'est justement que l 'argent ? Ben finalement non, parce que quelque part, à Guy de Bizet on a réussi à être quelque chose, j 'ai réussi à être quelqu’un, c 'est ce que je dis dans le livre dans l’interview avec Mouloud, ton ami Mouloud Achour, le hip -hop a fait de quoi qu 'il arrive…
Pourquoi tu dis mon ami, je ne le connais pas ?
Avec argent ou pas argent, avec argent ou pas argent, réussite aléatoire, c 'est pas important, c 'est que le hip -hop a fait de nous quelqu’un, tous à tout niveau, on est devenu, on s 'est réalisé à travers ça, et c 'est une forme de réussite en soi, même si c 'est pas une réussite financière.
Alors justement, tu parles de l’interview avec Achour, elle est super belle cette interview de Mouloud Achour,
c’est bon quoi, Mouloud Achour, elle est très belle cette interview, d 'abord parce que, c 'est lui aujourd 'hui, la star est interview, je trouve qu’il se met dans la position de celui qui fait parler l 'autre, c 'est très beau. On peut le reconnaître,
je trouve que c’est un très bon intervieweur, il est assez habillé, subtil.
Et c’est une très belle interview, j 'en ai parlé avec Yannick Bourg, alors pour ceux qui suivent, ça doit vous sembler très étrange, il était là ici pour parler de la Sodexo c 'est mon pote de toujours, que j 'avais refourgué à Stéphane, que vous voyez là, avec qui ils vont faire Après Get Busy, le premier numéro d 'un journal qui s 'appelait Authentique, qu 'on en parlera peut -être tout à l 'heure, qui était le journal drivé un peu par JoeyStarr, par les NTM, on va en parler un petit peu, et j 'ai appelé Yannick hier pour lui demander ce qu 'il pensait de l 'anthologie, et comme moi, il a été très touché par cet entretien qui fait plusieurs pages, où d 'abord, comme toujours, tu te fous de tout le monde, et déjà de toi, tu dis que cette anthologie, c 'est tout ce que je ne voulais pas faire.
C 'est ce que je t 'ai dit à la base, moi je voulais faire un nouveau truc, c 'est ce que j 'explique aussi dans l 'édito. Si tu veux, je peux être nostalgique de certains trucs d 'une certaine époque durable, mais je pense que la nostalgie, c 'est tout à fait humain, on regrette tous notre jeunesse, on est tous fondamentalement marqués par la musique qu 'on a découverte dans notre jeunesse, qu’après on ne fait que revenir à ça, finalement. La nostalgie du temps qui passe, c’est un sujet récurrent dans la littérature dans le cinéma on retrace tous nos 20 ans, c 'est un peu normal, mais je considère que ce qui est fait n 'est pas à refaire, pour moi c 'est le passé, même si c 'est des choses qui ont marqué des gens, ça correspond des fois à des périodes de ma vie qui étaient un peu difficiles, pas spécialement toujours des bons souvenirs en vérité, même si pour les gens qui l 'ont reçu et que ça a marqué, c 'est très gratifiant pour moi, et puis concrètement, ce qui m 'excite vraiment, c 'est ce que je fais aujourd 'hui, ce que je vais faire demain, ce qui est fait n 'est plus à refaire, mais comme je te dis, en me replongeant dedans, c 'est un peu prétentieux, mais quand même on a fait des super trucs et ça mérite une trace. Absolument.
Dans cette interview, il y a notamment ton regard que tu portes sur les quartiers, sur les cités, on est quand même obligé de parler de ça. Quand on se rencontre, je crois qu 'à l 'époque, tu habites Franc-Moisins ou pas loin, tu habites Saint -Denis, et alors à l 'époque, là tu racontes dans l 'interview, pas à l 'époque où on se connaît, mais à l 'époque où tes parents arrivent au Franc-Moisins, ou en tout cas en banlieue, ça n 'est pas du tout ce que c 'est aujourd 'hui.
Non, parce que déjà, si on remplace tout mon parcours, moi j’étais en nourrice dans le 78, c’était la campagne, c 'était la petite maison dans la prairie, donc j 'avais un environnement qui était assez agréable. Et puis mes parents m’ont repris, parce que j’étais dans un club de personnes âgées qui ne pouvaient plus me garder à un moment. Donc mes parents me reprennent, et en fait, on se retrouve à la plaine Saint -Denis, et c’est les vieux immeubles à salut, donc ça veut dire, pas de salle de bain et les chiottes sur le palier. Et bon, c 'était un vrai choc pour moi déjà, je connaissais mes parents, mais pas tant que ça finalement, parce que ce n 'est pas eux qui m 'ont tout à fait élevé au tout début. Donc j’arrive ça, et puis je passe d 'une grande maison avec un hectare de terrain à côté d 'une forêt et tout ça, à deux pièces, comme je dis, et pas de salle de bain. Ça c’est les années 70, il faut replacer. C 'est pas une causette non plus, c 'était le lot de beaucoup de gens à l 'époque, et beaucoup d 'immigrés aussi. Donc très tôt, ma mère a compris que pour moi ça va être difficile. Et donc on trouve un appartement Franc-Moisins, et quand on arrive au Franc-Moisins, la cité est encore en construction, tous les bâtiments ne sont pas finis, il y a encore des grues et il faut replacer ce que c 'était les Franc-Moisins, c 'était des plus grands bidonvilles de l 'île de France avant. Tu avais le Nord Terre, et tu avais Sannino qui construisaient là -dessus. Et quand ils construisent ça, c 'est un progrès social, on se retrouve avec un grand appartement, un ascenseur, un videur dur, une salle de bain avec une baignoire. Dehors, t 'as des jolis espaces verts avec des jeux, des tourniquets, des toboggans. Et forcément, c 'est considéré comme un progrès social à l 'époque. Faut pas oublier que tous les grands ensembles ont été construits à un moment parce qu’après la guerre, il y avait un vrai problème de logement, ce qui avait été dénoncé par le fameux appel de l' abbé -pierre entre les gens qui étaient à la rue et les gens qui étaient très mal logés. Donc voilà, sur le coup, c’était un progrès social, c 'était un progrès, les grandes barres HlM.
Alors que quand tu crées Get Busy, 1990, le décor a changé. Les immeubles sont les mêmes, mais l’ambiance n 'est pas là, n 'est pas…
Je sais pas quoi te dire, enfin, ce que je vais te dire, moi, je n’ai vu que ça se dégrader, j 'ai pas vu d 'amélioration là -dedans, tu vois, c 'est -à -dire, il y a des rénovations urbaines, comme ils appellent ça, des trucs. Après, c 'est devenu une épine, ces grands ensembles, parce qu 'il fallait répondre à une urgence, il fallait ou non qu 'il faut pas oublier construire à bas coût. Par exemple, tu vois, c 'est un truc que j 'ai découvert, je ne savais pas pourquoi des fois les immeubles sont si proches les uns des autres, c 'était pour ne pas avoir à déplacer la grue, tu comprends ? La rue se tournait à droite pour faire le bâtiment A, se tournait à gauche pour faire le bâtiment B, et donc, du coup, t 'as un putain de vis -à -vis, tout ça, et quand tu regardes toutes ces barres -là, le problème, c 'est le vase -clos, tu vois, c 'est -à -dire que les gens sont fermés. Nous, pour te dire, par exemple, quand on était au Front -Moisins, Front -Moisins, ça situe à la frontière même de Aubert -Villiers, La Courneuve et Saint -Denis. On appartient à Saint -Denis, tu traverses la rue Casanova, enfin l 'autre rue, qui passait à Aubert -Villiers, et tu fais 500 m, t 'es au 4000 à Lacour neuve. Donc déjà, tu imagines un peu le décor. Mais déjà, nous, quand on allait dans le centre -ville de Saint -Denis, on disait, on va à Saint -Denis, comme si on disait, on va à la ville, tu comprends ? Parce que la cité, c 'était une ville en soi. C 'était une ville dans la ville. Et tous les quartiers, c 'est un peu comme ça, les quartiers un peu enclavés, c 'est un peu comme ça. Je pense que les jaunes de la Grande -Bande, ils sont de la Grande -Bande avant de Grigny, tout est un peu comme ça. Donc j 'ai un peu perdu le fils, je ne sais plus ce que je voulais dire. Donc tout ça, ça se dérape, parce que c 'est fait pour répondre à une urgence. Mais ce n 'est pas conçu comme des lieux de vie, c 'est -à -dire que tu sais, bon, après, il y a aussi l 'histoire du regroupement familial. Donc au début, t 'as ces ouvriers qui étaient censés travailler, puis à un moment, retourner au bled, ce qui était le cas de mes parents, quand ma mère est née. Elle était yougoslave, mais née en France. Elle n 'avait pas les papiers français, mais mon père est arrivé d 'Algérie, tu vois. Et donc, c 'était conçu pour ça, mais pas comme des lieux de vie. Après, quand il y a eu le regroupement familial, je pense que ce n 'était pas conçu pour avoir des épouses, des enfants qui vivent là, parce qu 'il n 'y a pas d 'épanouissement. Et puis surtout, c 'était les HLM, c 'était la classe ouvrière, et évidemment, la classe ouvrière, elle se retrouve au chômage, et tu commences à avoir un taux de chômage, et c 'est dans ces classes -là que l 'on est plus touché par le chômage. Et tout le mécanisme de ça, c 'est cool, s 'il n 'y a pas de boulot. C 'est -à -dire, les gens allaient au boulot, rentraient, dormaient, dans les HLM, c 'est ce qu 'on appelait ça, les HLM, tu me souviens. Les gens allaient, c 'était pour travailler, parce que c 'était mieux que le foyer ou que le bidonville. Mais je pense, c 'est mon analyse, que ça n 'a pas été conçu comme des lieux de vie, et qu'à partir du moment où le chômage s 'inscrit durement, durablement, il y a une mécanique qui ne fonctionne pas.
Dans cette interview avec Mouloud Achour, tu reviens sur ces questions -là, puisqu 'elles sont évidemment constitutives pour toi, mais là, on va un peu avancer. Il y a des questions déjà dans le chat qu 'on est en train de mettre de côté, notamment la loi Toubon dont vous parlait au détour d 'une interview qui avait aidé. On peut peut -être en parler maintenant, c 'est Echaz qui te dit que le rap et le hip -hop ont beaucoup bénéficié d 'une loi de droite, qui a imposé un minimum de chansons en français et qui a poussé Skyrock à devenir 100 % français en puisant largement dans les jeunes artistes rap, R&B et hip -hop. Tu te souviens de ça ou pas ?
Oui, mais ça c 'est vrai, c 'est un tournant parce qu 'il y a cette loi sur les quotas de chansons en langue française, qui est un vrai casse tête pour les radios, t 'imagines bien. C 'était pas leur priorité, parce que la chanson française c 'est les chansons ou c 'est RFM à ce moment -là, en vérité. Les radios à la fun, Energy, Skyrock, c 'est des radios qui passent de la musique anglo -saxonne, qui se retrouvent avec une épine dans le pied en vérité. Et comment font-ils font ? Et Skyrock a la bonne idée de puiser dans ce courant -là qui est en train d 'exploser, qui est en train de monter, de miser là -dessus. Voilà, maintenant dire que c 'est une loi de droite, c 'est une loi qui a été faite par un ministre de droite. Est -ce que la loi, tyranniquement en elle -même, est de droite ? C 'est pas rien de dire. Personnellement, voilà, c 'est un ministre de droite. Putain, ta vie ! Non, mais ça aurait été Jacques Lang qui l 'aurait fait. Ce que t 'aurais dit, c 'est une loi de gauche. Tu vois ce que je veux dire.
Jacques Lang qui, par ailleurs, rappelle-toi, posé Sir VSD, la culture rap, j 'aime ça, etc.
Oui, oui, voilà, donc bon, tu vois ce que je veux dire. Pour moi, c 'est pas une loi de droite, c 'est une loi qui a été décidée par un ministre de droite. Ce qui est quand même, par contre, c 'est pas assez drôle que ce soit un ministre de droite qui ait permis aux rap français d 'exploser. Ça, c 'est drôle, quelque part.
Mais cela dit, t 'as vu, il a mal tourné. Après, il était défenseur des droits et ses rapports étaient plus gauchos que Il a bien fait.
Tu sais, moi, après, ma théorie un peu caricaturale, tu sais, ils font tous l 'ENA, ils ont tous été sur les mêmes bancs, et puis à la sortie, c 'est gauche ou droite, tu vois, donc on dit toujours que Chirac, c 'était pas un homme de droite, Mitterrand n 'était pas un homme de gauche. Tu vois ce que je veux dire ?
Alors justement, et IAM -NTM de gauche ou de droite ? Je reviens un peu là -dessus, je suis navré de le faire, mais vous le faites, vous faites un nombre de pages incroyables. IAM -NTM, je m’attendais pas à ça dans l 'anthologie. Ça va me permettre de montrer quelques photos un peu truculentes, quand même, des uns et des autres, plus jeunes. Le chat parle évidemment de ça, il y a Ramon Saladier qui dit, voilà, le groupe plutôt gentil et calme et le groupe plutôt revendicateur, mais pas trop, IAM -NTM. Pourquoi tu as ressenti, vous avez ressenti le besoin, là aussi, de revenir sur ça, IAM -NTM ? C 'est vieux, on s 'en fout maintenant, non ?
Oui, quelque part, mais on pourrait dire de tout ce qu 'il y a dans le livre, on s 'en fout et que c 'est vieux aussi. Pas du tout. Après, effectivement, il y a des trucs qui traversent mieux le temps que d 'autres, mais ça, c 'est aux gens de juger. C 'est temps de faire ce passage -là. Mais bref, on a remarqué un truc, je te parlais du bouquin de la BD, il y a deux grands absents dans le bouquin de la BD, c 'est IAM -NTM, c 'est -à -dire, t 'as l 'impression que…
Alors, la BCDR du son, c 'est un fanzine web, un webzine, voilà, sur le rap. Donc, j 'imagine, un concurrent direct, que tu dois avoir 50 000 trucs… D 'ailleurs, il y a une petite pichenette dans le bouquinage, puisque tu dis, finalement, il y a des trucs pas mal chez eux.
J 'aurais été un peu bizarre par rapport à nous, jusqu’ 'à aujourd 'hui encore, je crois, j 'ai l 'impression. C 'est pas très important, je leur survivrai. C 'est pas ça.
Et donc, tu dis, IAM -NTM ?
Ouais, c’est les grands absents. C’est normal, ils se font une génération qui prend le rap français un peu à part, mais faire l 'histoire du rap français sans ça, et puis surtout, nous, c 'était logique, parce que c 'est de notre époque à nous. On parle de notre époque du rap, et puis ici, c’est l 'époque où c 'est IAM -NTM, ou public ennemi, qui a reçu l 'enfance, c 'est IAM -NTM. Et puis surtout, comme c’est les deux groupes rivaux, parce que tu sais qu 'il en faut toujours deux, les Zones, les Beatles, c 'est comme ça. Je pense que le rap n’aurait pas été aussi ce qu 'il est s 'il n 'y avait pas cette rivalité, cette opposition. Et puis nous, on a une histoire commune avec ces deux groupes indirectement. On a été pro -IAM -NTM, on a été un peu en guéguerre avec IAM, et aujourd 'hui, c’est ce que je dis dans le livre, c 'est un peu paradoxal, parce que je suis plus du tout en bon terme avec IAM -NTM, et avec IAM -NTM, on n 'a aucun souci aujourd 'hui, C 'est un retournement de situation assez drôle.
Ça, les amis, vous ne vous en rendriez pas compte, si vous n 'aviez pas vécu ça… Attends, tu permets, si vous n 'aviez pas vécu ça à l 'époque, vous ne pouvez pas comprendre l 'importance de ce qui vient d 'être dit ici, parce qu 'effectivement, c 'était quand même la guerre de religion, le schisme, même si je me souviens très très bien de toi me disant à propos de la première cassette d 'IAM, avant même leur premier disque, en me disant, ça tue. Tu ne disais pas, ça tue à tout d’autres Goulards.
C’est simple, parce que si tu veux IAM -NTM, ils avaient fait une cassette qui s 'appelait Concept, qui était une espèce de démo, après album, où il y avait beaucoup de disques et dans l 'album Planet Mars, ils tiraient de cette cassette, et d 'ailleurs, si je parlais du genre justement à quelqu’un d 'un temps, je préférais même les versions de la cassette que celle de l 'album.
Ça, c 'est ton côté snob.
Non, non, si tu veux. Et donc quand cette cassette sort, alors c 'est marrant parce que, l 'histoire, on la connaît un peu maintenant, mais c 'est Joe et Squad qui la font tourner sur Paris, qui la ramènent de Marseille, parce qu 'ils connaissaient le cousin d 'Akhenaton. Non. T 'avais le cousin de Squad qui était à Marseille et qui leur donne la cassette, ou je sais plus comment ça se passe, et Squad et Joe, ils la ramènent à Paris et ils la font tourner à ton nom, parce que c 'est une baffe. Tout le monde se prend la claque. À l 'époque, IAM, ils ont cinq ans d 'avance sur tout le monde.
Squad, c’est Rockin' Squat,d 'Assassin, Joey, c 'est Joey Starr, d 'NTM.
Ça se passe comme ça, donc au début, c 'est eux qui font ça, et effectivement, alors c 'est marrant, parce que en plus, cette année -là, j 'étais parti en vacances aux Baléares avec un pote et je l 'écoutais en boucle. C 'est vraiment le seul truc de rap français que j 'écoutais autant. Mais j 'avais une excuse aussi parce qu 'on est parti avec un pote et on avait deux cassettes, donc celle -là est notre. C 'était pour ça aussi que… Mais non, effectivement, à ce moment -là, IAM, ils étaient vraiment plus forts que tout le monde.
Alors là, il y a une photo incroyable où on voit Joey Starr, Rockin' Squad, IAM, je crois que c 'est à la sortie d 'un studio. C’est une émission d 'André Berkhoff, un homme de gauche encore. André Berkhoff, alors oui, absolument. Oui, c’est ça. C 'est incroyable quand on voit ce qu 'il est devenu, ce Berkhoff. Ici, on ne voit pas forcément très, très bien. C 'est dans les coulisses de… C’est dans les coulisses de… Attends, pourquoi ça ne marche pas ? Ah mais non, c 'est parce que la caméra bouge en même temps. Je suis con, moi. Voilà. Ciel, mon mardi, tu dois être par là, là, je crois, quelque part.
Tu es sur la photo, ici. Toi, tu es là. Toi, tu es ici.
Et moi, je suis là. Voilà. IAM NTM. Et puis, puisque… Sur la photo, on voit aussi Lionel D, Solaar, Jimmy J. C 'est un truc absolument incroyable. Ciel, mon mardi, c 'était un peu l 'équivalent d 'Hanouna aujourd 'hui, quoi.
Exactement. Et alors, il faut préciser, toutes ces photos de toute cette époque, c 'est des photos d 'Alain Garnier, qui était le photographe un peu de Lille Bizy à l 'époque et qui a énormément pris en photo toute cette époque. Ça doit être le photographe parmi la plus belle collection de photos de ces époques -là, quoi. Voilà.
Alors, petit moment procédure, recours juridique. Je m 'adresse à qui ? Chez Marabout, par rapport à cette photo où l’on me voit avec un dénommé Akhenaton. Vous m’avez pas demandé l 'autorisation ?
Voilà, pour ceux qui se demandaient quelle tête il avait David avant, c 'est une tête de rondeur à ton laveur de rock alternatif, là.
Avec Béruriers noirs. Non, mais alors, IAM NTM, tu dis, en gros, c 'est ça que tu retiens de cette période -là, musicalement ? C 'est un peu marrant. C 'est quoi l 'idée ?
Nous, on est liés à cette histoire. Effectivement, ce qui a été le début de Lille Bizy en 1990, le truc qui domine, c 'est IAM NTM dans les années 90. Après, il y a eu d 'autres gens qui ont assuré la relève du rap, mais à ce moment -là, c 'est les deux groupes dominants, il ne faut pas se mentir, avec Solaar et puis voilà, c 'est le trio de tête. Il n 'y a pas d 'équivoque là -dessus. Et puis nous, on avait une histoire particulière. On était proche de NTM, on a eu une relation J 'étais moi non plus avec IAM NTM, mais c 'est marrant de revenir là -dessus. Et c 'était aussi pour un peu faire le clapet à Kool Shen,parce que dans le livre d 'Olivier Cachin, il y a une page qui est sur moi où il dit beaucoup de choses qui sont factuellement fausses. Donc là, c’était l 'histoire de rectifier un peu pour lui rafraîchir la mémoire.
Bon, on remercie Alain Garnier, l’auteur de ces photos qui sont quand même plein de… Ce qui est extraordinaire, je trouve, évidemment, il y a le côté extrêmement jeune de tout le monde, mais tout ça est quand même très sympathique. Je veux dire, par rapport au titre que ça pouvait faire, tu parlais de crainte tout à l’heure, c 'était incroyable ce que le… Tu sais, avec ces mélanges de noms de groupes et de noms de gangs de rue, avec François, les gangs de Paris, tu avais Suprême NTM,
C 'est intéressant que tu parles de ça, de si disproportionné, parce que c 'est ce que j 'explique aussi dans l 'interview avec un autre. Tu sais, nous, on parlait tout à l 'heure du contexte social où on a grandi, on a tous grandi plus ou moins en cité, j 'aime qu 'ils soient. Et nous, quand Louis -Paul arrive, c’est un appel -terre, c 'est une bouffée d 'oxygène pour nous, c 'est un truc qui nous emporte, qui nous sort de la cité, tu vois. Et quand tu regardes tous ces gens -là considérés comme des bad boys, c’est entre guillemets des gentils dans les cités, c 'est les mecs qui n 'ont pas envie de cette vie -là. Nous tous, c 'est ça qui nous motivait, on avait envie d 'autre chose, on ne voulait pas être des voyous, on ne voulait pas traîner dans le hall, ça nous emmerdait. On avait envie d’autre chose, ça c 'était une passion, même si on a fait des conneries d 'ados de banlieues et tout ça, on n 'était pas des mauvais garçons dans l 'absolu. On avait envie d’autre chose, sinon on serait resté en bas, on serait devenu dealer, voleur ou je ne sais quoi. On a eu cette chance d’avoir un truc qui nous a amené vers autre chose. Donc, fondamentalement, les rappeurs n’étaient pas vraiment des mauvais garçons.
Donc, il y a effectivement des interviews de figures du rap français, il n 'y a pas tout Minister Amer, mais presque, je vois Doc Gynéco, il y a Passi, il y a Kenzie aussi.
Ça aussi, c 'est très drôle, parce que à cette époque -là, on parlait de Guégaracayam, il y avait une vraie rivalité, c 'était Sarcelles Saint -Denis, NTM, Ministère AMER, et Get busy etc., ce n 'était pas le grand amour du tout, à l 'époque. Et à l’époque, quand on se croisait avec Stomibi, on se regardait de travers, et il y a 2 -3 fois, je pense qu 'avec eux, c 'était vraiment très tendu, beaucoup plus qu 'avec Aya, les Sarcelles Saint -Denis, c 'était le plus belliqueux, on va dire. Et quelques années après, on les reçoit dans notre émission à clics, et les mecs viennent en toute aisance, sans attitude, sans rien, sans rancune, mais on a fait une émission qui est vraiment conviviale, qui est vraiment bien. Pareil, Kendi, on se regardait en chien de faïence pendant des années, et puis le jour, on a décidé de se parler, et on s 'est trouvé plein de choses en commun, en vérité. Donc c 'est les paradoxes de la vie, c 'est ça qui est amusant.
Alors, les entretiens sont en fait, ça c 'est l 'interview dont tu parlais à l 'instant, les entretiens du bouquin sont d 'époque, soit l 'époque de Get Busy, le fanzine, soit Authentique, le magazine NTM, que tu faisais avec eux, ou plutôt que eux faisaient avec toi, et l 'émission Get Busy, sur la chaîne Clique, et là par exemple, c 'est le cas où il y a justement ton camarade de jeu, salut à nouveau, usul. Tu voulais dire un truc ?
J 'ai oublié de passer un truc pour Doc Gynéco, le jour où j 'ai basculé sur Doc Gynéco, c 'est que j 'ai vu l 'interview de lui, à l 'époque de son premier album, il y a un morceau qui s 'appelait Nirvana, qui était un peu polémique parce que ça évoquait le suicide et tout ça, la mort. On parlait d 'Ayrton Senna, de Bérégovoy et tout ça. Et dans l’interview, il parle de la mort, il dit, ouais en fait moi j 'aimerais bien mourir d 'un truc mystérieux, un truc qu 'on sait pas, mais il dit, attention, un truc qu 'on sait pas comme Bruce Lee, pas un truc qu 'on sait pas comme Claude François. Je l 'ai revu trois fois, je lui ai dit, mais le mec est magique, pour sortir ça, je lui ai dit, le mec est Gynéco.
Alors je vais être franc avec toi, Stéphane. Dans la partie du bouquin, en fait je trouve que les entretiens de rap, qui sont super parce que c 'est la méthode Get busy, c 'est à dire que vous arriviez à plusieurs, vous arriviez en retard, c 'était quand même ça votre truc, votre marque de fabrique.
Mais non, les interviews, on est jamais trop arrivés en retard, c 'est pas vrai ça qu 'on arrivait avec toi quand on avait rendez -vous à Châtelet, oui, mais quand on arrivait aux interviews, non, on n 'était pas en retard parce que sinon l 'interview, nous passait sous le nez.
Alors, j 'ai oublié de préciser, donc les entretiens sont des reproductions des entretiens d 'origine et ils sont accompagnés de textes d’aujourd’hui, de toi, de ta petite bande qui raconte soit les à côté de l 'entretien, soit éventuellement ce que vous en retenez aujourd 'hui Ce que tu racontes là, c 'est -à -dire comment l 'eau est passée sous les ponts ou pas, etc. Et le nombre d’éditeurs, tu les as peut -être pas lus, de tes camarades où ils expliquent que tu étais en retard, que tu étais pas là, que t 'es arrivé à la bourre, etc. C 'est quand même assez magique et ça me fait un peu partie du truc.
Non, non, il raconte, il n 'y a pas eu grand -chose de ce type -là, mais c 'est ça, oui, l 'un des intérêts de ce livre, c 'est pas juste une reproduction de ce qu 'on a fait avant, c 'est qu 'il y a des textes de sexualisation qui remplacent tout le climat et c 'est aussi marrant de voir ce que les gens sont devenus en 30 ans, c 'est -à -dire le discours qu 'ils avaient à l 'époque et le discours aujourd 'hui. En plus, il faut préciser qu’on a été un peu avant-gardiste, on a mis des QR codes dans le livre. Quand tu les scannes, ils ne te permettront pas de prendre l’avion ou d 'aller au restaurant, mais ils te permettront d 'avoir accès à des playlist, à des émissions de cette époque -là, à plein de choses qui te donneront en plus d 'autres choses pour alimenter encore plus la connaissance de ces sujets -là, de les replacer encore plus dans le contexte de ces époques -là que des documents d 'époque. Donc ça vous renvoie à des trucs sur YouTube, des playlists sur Spotify, Deezer et tout ça, donc il y a vraiment une valeur ajoutée au livre avec ça.
Alors justement, j 'ai complètement oublié de dire, en effet, il y a des QR codes partout et il y en a un au tout début, Euryale si tu peux le mettre, comme ça chacun pourra, tout en nous écoutant, écouter en fait la playlist que nous on ne peut pas diffuser, parce que si on la diffuse, on se fait striker tout de suite par Twitch. Mais donc je ne sais pas si tu as le lien dans le Evernote, mais normalement, tu as la playlist de Get Busy qui accompagne effectivement le bouquin. Non, elles sont super les interviews des rappeurs, mais finalement, c’est celles qui sont les plus datées, je trouve. Et là, on va aborder le reste.
Mais je vais t’expliquer pourquoi, je prends juste le temps. Beaucoup d' interviews de rap, c’est l 'époque des Fanzines, donc nous -mêmes, on n 'est pas encore à son, à son la traduction d 'une époque. Donc, elles ont cette valeur là, tu sais, ce n’est pas spécialement celle que moi, j’aurais choisie parce que c 'était une décision collégiale. Ce n’est pas, ce n 'est pas moi tout seul, mais il a fallu aussi qu 'on soit un peu opportuniste, entre guillemets, enfin, un peu marketing. On a choisi les têtes d’affiche qui ne sont pas toujours les meilleures interviews qu 'on a eues, mais effectivement, celles du Fanzine. C’est pour ça que moi, j 'ai un peu un problème quand les gens parlent toujours du Fanzine. Je trouve que ce qu 'on a fait après était beaucoup plus riche, beaucoup plus profond, beaucoup plus intéressant que l 'époque de Fanzine. Mais le Fanzine a marqué les gens, parce que, comme je te dis, on regrette toujours sa jeunesse. C 'est une époque, effectivement, où il n 'y avait pas grand -chose et que chaque petite, chaque petite, chaque petite victoire était importante. Mais à titre personnel, ce n 'est pas les choses… Et c 'est pour ça aussi, très tôt, que j 'ai voulu partir vers la société, parce que le rap, sans condescendance, sans prétention, ça m 'apprenait moins de choses personnellement à moi -même, j 'avais besoin. C’est ce que je dis, il fallait que ça m 'apprenne quelque chose aussi à moi aussi. Le rap, je connaissais un peu trop par cœur. Donc, j 'avais envie de me frotter à d 'autres choses et découvrir, me confronter à d 'autres choses. Donc, c 'est le témoignage du tout début du Fanzine. C’est la marque d 'une époque. Mais effectivement, ce ne sont pas les meilleures interviews. Je suis bien d’accord avec toi.
Alors, on va passer à la deuxième partie. Justement aux autres parties du bouquin, qui sont plutôt la partie société, etc. Il y a juste un truc Il se trouve aujourd 'hui, Stéphane, que c 'est la sortie du film Suprême, qui raconte l 'histoire des NTN, dont le scénario, je crois, était coécrit par Didier Morville et Bruno Lopez, c 'est -à -dire Joeystarr et Kool Shen. Est -ce que tu as vu le film ? Est -ce que tu as envie d 'en parler ? Est -ce que ça ne t’intéresse pas du tout ? Non,
je ne l’ai pas vu, puis je n 'ai pas envie de le voir, parce que ça ne m 'intéresse pas réellement. Après, comment te le dire ? C 'est ce que j 'ai expliqué à Akash une autre fois, il m 'avait demandé même si j 'avais vu les concerts de leur reformation en 2010 et en 2020 ou 2019, je ne sais plus. Non, ça ne m 'intéresse pas réellement, parce que déjà, humainement parlant, on n 'en est plus là, on n 'est plus potes. Ça fait plus de 20 ans qu 'on n 'est plus potes, 20 ans, c 'est très long, donc c 'est autre chose. Et puis, quand j 'ai filmé en 1998, le docu qui est sorti en 2000, pour moi, c 'est la vraie apothéose et la fin d 'NTM réellement. Le reste, c 'est que du réchauffé, c 'est du marketing, même si c 'est génial sur scène et je ne critique pas les gens qui ont été les voir sur scène et qui ont aimé ça et tout ça. Mais à l 'époque, on est dans le vrai truc, c 'est -à -dire que leur quatrième album, c 'est un carton. La tournée s 'enchaîne derrière, c 'est un carton. Mais déjà, entre eux, c 'est très compliqué. Et puis, il y a le test de l 'air, tout ça, il y a une dramaturgie dans tout ça, je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Et qui se finit par leur séparation, parce qu 'en gros, ils ne se parlent plus à la fin. Et il y a même, c 'est Nicolas Nardone qui me raconte, c 'est ça, il est dans les nylons. Et puis, au coup de chaîne, il nous dit clairement, pour moi, j 'arrête, et le jour où il sort, il chiale. Donc moi, j 'ai filmé ça, j 'ai filmé cette fin. C 'est la fin vraiment d 'une époque. Après, quand ils se reforment en 2010, tout ça, même si c 'est génial sur scène, même si je pense que Joey, il serait prêt à remonter sur scène Akhenaton tous les jours, chaque année. Bon, voilà, c 'était autre chose, quoi, tu vois. Et moi, je suis un peu un jusqu 'au boutisme là -dessus. Tu vois, James Brown, pour moi, c 'est une espèce de dieu absolu, mais j 'aurais préféré qu 'il arrête en 78, tu vois. Maintenant, je ne jette pas la pierre aux gens qui ont voulu voir James Brown, même très âgé jusqu 'à la fin de sa vie, tu vois. Mais moi, personnellement, ça ne m’intéresse pas. Donc ça, c’est objectivement, ce n’est pas un truc personnel par rapport à eux. Par rapport aux films, c’est pareil. J’ai un peu le même rapport avec les films, avec les biopics. Si tu veux, le seul biopic que j’ai bien aimé, c’est celui sur Ray Charles J’oublie le nom de l’acteur.
Ah oui, c' était très bien.
Tu sais pourquoi je l 'ai apprécié, celui -là ? Tout simplement parce qu 'en fait, je n 'ai jamais trop été trop intéressé par Ray Charles, en vérité. Donc, j 'y ai été vierge, si tu veux. De ce point de vue, je me suis laissé emporter. Mais par contre, moi, Mohamed Ali avec Will Smith, même si tout le monde dit que sa prestation était formidable, j 'ai tellement été abreuvé d 'images du vrai Mohamed Ali. Je ne peux pas avoir quelqu 'un d 'autre joué Mohamed Ali. Bruce Lee, c 'est pareil. Je n 'irai jamais voir un biopic sur Bruce Lee. Ce n 'est pas possible pour moi. Il y a des trucs comme ça et des gens que j 'ai côtoyés. Je ne peux pas les voir. Et après, je connais d 'autres gens. Ils faisaient partie des NTM, qui sont toujours potes avec nous. Parce que nous, autour des NTM, on est tous restés potes, plus ou moins. Il n 'y a qu 'avec eux deux qu 'on n 'est plus potes par hasard, tout le monde. Et ils ont été enterrés par le film. Des gens qui sont représentés dans le film, qui sont enterrés de… Il y a des écarts scénaristiques avec la vérité. Un biopic ne peut pas être fidèle à 100 %. Mais même dans le casting, même dans le truc, il y a des trucs qui sont vraiment… Et je ne comprends pas que Joey laisse passer des soupirs. Parce que j 'ai cru comprendre que Shane n 'était pas si compliqué que ça. D 'ailleurs, tu ne le vois pas dans la promo. C 'est Kill Killer qui joue le rôle. Du coup, Shane est en promo. Mais bon, il y a un truc un peu faux. Alors, tu sais quoi ? Moi, je vais quand même aller le voir ce soir. D 'ailleurs, après je ne vais pas dire aux gens qui vont aller le voir. Par contre, il semble que, effectivement parce que si tu veux, le film, il y a la série. Et moi, je connais donc des gens, des noms, qui ont bossé sur la série. Et la série est beaucoup plus proche de la vérité. Et la série ne tourne pas qu 'autour des NTM. Ça remplace aussi le hip hop qui est tout autour. Donc, moi, je ne jette pas la pierre aux gens. Mais par contre, il paraît que le mec qui joue Cool Shane est dingue. C 'est vrai que quand j 'ai vu la bande -annonce, je me dis putain, on a l 'impression que c 'est Bruno, vraiment jeune. Il y a des intonations même de voix qui sont assez dingues là -dessus.
Qui sont assez dingues, oui. Dans la bande -annonce
Oui, après, je ne jette pas la pierre aux gens qui voudront le voir. Comme je ne jetterai jamais la pierre aux gens qui ont été voir NTM et qui vont y aller, qui ont adoré ça. Des fois, je me suis pris la tête avec des fans. Parce que, ce que j 'aurais expliqué, moi, je ne t 'embête pas de kiffer NTM. Toujours en 2020, tu as le droit, c 'est ton droit. Mais ne viens pas m 'expliquer moi qui est quête d 'intérieur, ce que je dois en dire ou en penser. C 'est juste ça. Mais voilà, que les gens aillent les voir. Je suis sûr que NTM en 2020, c 'est toujours mieux que 1 milliard de trucs sur scène. Mais moi, ça ne m 'intéresse pas. Ça ne m 'intéresse plus.
Alors, Jimmy Fox, c 'était…
Jimmy Fox, voilà, exactement.
Voilà, il y a plein de gens dans le chat qui nous donnent son nom. Alors, je ne te torture plus en te demandant de parler des NTM, etc. Passons à autre chose il se trouve simplement que c est pas une torture, mais bon, voilà, je n 'ai aucun tabou à dire ce que je pense. C 'est mon grand défaut, je pense à une fois.
Il se trouve simplement que tu es quand même le seul être humain sur cette terre à avoir été capable de mettre en face à face, Joey Starr et Casimir.
Mais tu sais, on va clarifier un truc par rapport à NTM. Je ne m 'en dis pas, on a été proches. On a défendu NTM parce qu 'on y croyait, vraiment. Parce qu 'on avait des amis dedans, parce qu 'on venait de Saint -Geny, on avait un chauvinisme. On avait vraiment un truc convergent, tu vois. Donc, à une époque, en tout cas, on croyait qu 'on l 'avait. Après, on a découvert que peut -être pas, finalement. Bon, ça, c 'est autre chose. Bon, non, je ne me dis pas ce qu 'on a fait. Si les gens me disent que tu regrettes d 'avoir défendu NTM, non, parce qu 'on y croyait à l 'époque. Et puis, ça méritait d 'être défendu à l 'époque, de toute façon. Tu sais, quand on parlait, justement, tu as quelqu 'un dans le chat qui a dit « I am le groupe gentil », puis NTM, le… Et c 'est un truc, justement, qui m 'énervait. Je le sais très bien, à l 'époque, alors on érigait Solar. Alors, Solar, c 'était l 'intelligent, le cultivé, parce qu 'il citait Bobie La Pointe. Et puis NTM, c 'était des bourrins, des teubés. Et moi, j 'ai jamais trouvé que Kuchen écrivait moins bien que Solar, par exemple. Tu vois ? Donc, on a défendu NTM parce qu 'on y croyait. Quand on a fait le magazine Authentique, je pense qu 'on a fait un super magazine, le docu est très bien. Voilà, on a fait des belles choses ensemble. Voilà, après, humainement, c 'est plus ce que c 'était, c 'est tout. Mais ce qui a été fait, c 'est ce que je dis toujours, voilà. Ce qui a été fait n 'est pas à refaire. Et ce qui a été fait a été bien fait à l 'époque, voilà. Mais aujourd 'hui, voilà, on est d 'autres choses. Maintenant, ce n 'est pas une torture d 'en parler, mais effectivement, ma vie, on a eu un moment… Tu sais, j 'ai vécu avant de connaître NTM. On a eu… Même au moment où on a fait des choses ensemble, on n 'était pas tous les jours ensemble. Ça n 'a jamais été Tui et Smith, quoi, tu vois ? Et puis, ça fait 20 ans qu 'on n 'est plus ensemble, tu vois, à un moment…
Donc, on passe à autre chose, mais simplement, et après, on finit là -dessus. Dans plein d 'interviews dont on va parler maintenant, avec notamment les gens du cinéma, il y a Dupontel, il y a Benoît Poelvoorde qui explique… Alors, justement,, c 'est pour ça que je voulais t 'en parler, c 'est que dans les entretiens, un certain nombre d 'entretiens que vous rééditez aujourd 'hui sont extrêmement éclairants parce qu 'au moment où vous les menez, donc, il y a un certain nombre d 'entretiens où Joey Starr est là puisque c 'est le magazine Authentique qui suit Get Busy. À ce moment -là, Joey n 'est pas encore acteur, je ne crois pas, et là, on a des grands acteurs, Benoît Poelvoorde, par exemple, qui lui explique la différence, qui vous explique à vous deux la différence entre un mauvais film, un film raté, etc. Je trouve que c 'est très intéressant à lire aujourd 'hui, quoi. Et c 'est des interviews absolument passionnantes où les gars vous parlent comme ils ne parlent jamais.C 'est ça, votre force.
Exactement, je pense que c 'est notre force, c 'est le truc dont on est assez fier. Et pour finir encore, on pose surtout sur un thème, c 'est vrai qu 'à l 'époque, on a fait le magazine Authentique, Kool Shen s 'en intéressait, mais pas tant que ça, je pense. Kool Shen, si ça se traduit pas en argent directement, ça ne l 'intéresse pas moins. Par contre, Joey s 'est vraiment pris au jeu, il a adoré faire ça, et c 'est vrai qu 'en duo d 'intervieweur à l 'époque, déjà on se marrait beaucoup, et on a vraiment kiffé faire ça ensemble, parce que lui, c 'était sa récréation à ce moment -là de magazine.
Alors que Joey, pour avoir été en face, l 'a interviewé plusieurs fois, il était chiant à l 'interview. Je veux dire, quand il était dans le rôle de l 'intervieweur, il n 'aimait pas ça, mais par contre, dans le rôle de l 'intervieweur, il excelle, enfin tous les deux, c 'est votre duo qui excelle.
Je te dis, à l 'époque, on s 'y trouvait bien, malgré tout, quoi qu’ 'il arrive, c 'est pour ça que je dis qu 'on ne va pas renier ça, même si c 'est le passé. C 'est vrai que c 'est quelqu’un que j 'appréciais à ce moment -là, à l 'époque, je pense que c 'était réciproque à ce moment -là. Après, on a interviewé, c 'est une posture aussi dans laquelle il s 'est un peu enfermé, je trouve, d 'ailleurs, tu vois. Je citerais Abdelmalik, au bout d 'un moment, trop de posture, ça devient de la posture. Tu vois ce que je veux dire ? Et je pense qu’il s 'est enfermé aussi dans ce rôle -là, un peu bête, mais en même temps, il donne aux gens ce que les gens ont envie de voir de lui. Tu comprends ? C 'est un peu un paradoxe, mais c 'est un peu comme ça que tu vois. Il se plante cette image, mais il s 'est enfermé dedans aussi parce que c 'est ce que les gens attendent de lui. Donc voilà, petite parenthèse.
En entretien avec Pousse, André Pousse, tu es là, Joë est là. C 'est aussi un autre truc que vous faisiez beaucoup, alors surtout dans le fanzine, c 'était que vous preniez en photo avec les stars, avec ASQ, BST, je ne sais qui, NWA, Public Enemy, etc. Et tu racontes que les rock -critiques, vous trouvez ça vraiment naze, c 'était bien avant l 'invention du selfie, de l 'égo -portrait, etc. Les inventeurs du selfie, on peut le dire. Mais c 'est ça ? –
C 'est là où tu as fait ta fortune, en fait.
Exactement, j 'ai déposé selfie à l 'INPI, et voilà. En fait, c 'est pour qu 'on le faisait, ce n 'était pas pour se gargariser, parce que moi, par exemple, tu sais, je n 'ai jamais gardé une carte de visite, un contact, de quel artiste que ce soit, mais en fait, on le faisait parce que, comme on était un petit fanzine avec pas de moyens, les gens pensaient peut -être qu 'on inventait des interviews, qu 'on les copiait dans des magasins américains, qu 'on les traduisait, qu 'on les…
C 'était des certificats, c 'était des preuves
On l’avait vraiment rencontré comme ça, on l 'avait vraiment fait ça, tu vois, c 'était ça. Après, quand on a refait le livre, si tu veux, alors il faut expliquer un peu ça dans le livre aussi, certaines explications pour les photos, c 'est que tu sais, moi, je n 'avais aucune archive digitale, c 'est -à -dire, je n 'avais aucun CD, aucune disquette avec les fichiers Word des textes originaux, je n 'avais aucun PDF d 'origine, donc il a fait le tour partir des impressions papier des magazines. Et il a fallu recontacter tous les photographes, non, à l 'un dernier, d 'autres, à Armen, Xavier de Lowe, tout ça, pour leur demander s 'ils avaient gardé les photos de l 'époque, ils nous les renvoyaient. Donc ce n 'est même pas tout à fait les photos qu 'il y avait dans les magazines. Et pareil, les photographes n 'avaient pas retrouvé toutes leurs photos d 'époque et tout ça. Donc c 'est pour ça qu 'il y a des photos aussi où on nous voit avec eux, ce n 'est pas spécialement voulu, c 'est les seules qu 'on avait aussi à disposition.
Valeur anarchiste demande pourquoi le magazine s 'est arrêté. Là, je montre des photos, là, je crois que… Là, c 'est Chuck Di, c 'est toi ?
Ça, c 'est l 'époque Fanzine. Si on veut retenir…
Mais ça, c 'est énorme, c 'est énorme, Chuck Di. Public Enemy, Cher. Non mais vous vous rendez compte, là, Mais attendez, ça, c 'est l 'histoire.
Alors aujourd 'hui, Public Enemy, ça paraît facile, mais à l 'époque, c 'était le groupe numéro 1, tu vois. Et pourquoi ça s 'arrête ? Le Fanzine, déjà, s 'arrête en 95 parce qu 'on est arrivé au bout de ce qu 'on peut faire avec un Fanzine. Alors, quand même, notre grande fierté, c 'est que… Et ça, tu l 'as connue, David, puisque c 'est… Pour les gens qui s 'y repassent, c 'est David Dufresne qui nous a fait nos maquettes au Libis, ce que l 'on n 'est que des séries…
C 'est moi, la maquette soviétique ! Exactement ça ! La maquette Bolchevique !
Moi, c 'est ça. c 'est cette période -là, voilà. Noir et blanc, Bolchevique. Avant que tu deviennes un journaliste de centre gauche. !
Alors, pourquoi le Fanzine s 'est arrêté, monsieur ? Revenez à la question.
Alors, le Fanzine s 'arrête en 95. Par rapport à ce que j 'ai montré, on finit quand même avec du papier glacé, couverture couleur, parce qu 'on avait toujours ce que je dis toujours, on n 'avait pas le moyen, mais on avait des goûts de luxe, donc on a toujours fait mieux à chaque numéro. Donc à la fin, on a un Fanzine qui est quand même beau pour un Fanzine, avec du papier glacé, une couverture couleur et tout ça. Mais on arrive au bout de ce qu 'on peut faire avec un Fanzine, c 'est -à -dire qu 'on l 'a mis dans 5, 6, 7, 8 magasins en région parisienne. Si on veut l 'envoyer en province, c 'est à nos frais. On n 'a pas les réductions possibles, on n 'a pas de structure. Comment tu fais quand t 'envoie 10 numéros à 10 jours pour récupérer les thunes et puis récupérer les 4 invendus ou les 5 invendus ? On ne pouvait plus, c 'était plus gérable. Il y avait aussi beaucoup d 'histoires internes qui m 'utilisaient moralement. Et puis, t 'as toute la presse rap qui arrive avec des groupes de presse, et tous les boutis pubs vont chez eux et tout ça. Donc on n 'a plus les mêmes armes, on ne peut pas lutter avec ça. Donc 95, ça s 'arrête. Et puis j 'avais plus envie, j 'étais un peu usé. J 'étais un peu usé par tout ça. Et en 98, c 'est pas NTM, c 'est le management de NTM qui a l’idée de faire ce magazine parce qu 'ils cherchaient une autre façon de promotion de NTM, et NTM ne voulait plus parler à la presse rap justement. Donc on fait un magazine authentique. Et déjà, la référence, c 'est Nicolas Nardon qui la ramène, c 'était le magazine des Beastie Boys qui s 'appelait Gros Royale. Alors moi, contrairement à toi, Petit Rockers, je n 'ai jamais aimé les Beastie Boys.
C 'est ton vrai problème, tu n 'as que mauvais goût.
C 'est pour ça que je t 'adore d 'ailleurs. Donc par contre, il y a un truc génial, les Beastie Boys, j 'ouvre le magazine, je vois huit pages sur Bruce Lee, et nous c 'est notre culture de banqueuse -art, de machin. Je me dis mais voilà, on fait un magazine de rap, mais pourquoi on s 'interdisait de parler de trucs qui font partie de notre culture, de notre jeunesse, quand on allait voir les films de karaté au cinéma de René Château, ou du Vaud Boulevard, ou au Trianon à la Ségal, qui étaient des cinémas avant d 'être une salle de concert, qui étaient des cinémas de kung -fu. Donc tout ça, c 'est notre culture. C 'est génial, mais c 'est ça qu 'il faut faire. Déjà, on arrive déjà en 1998 où parler que de rap dans un magazine, ça me faisait chier. C 'était pas possible de refaire un magazine de rap, ça ne m 'intéressait pas. Donc on part là -dessus et c 'est très bien comme ça. On fait trois numéros avec authenticité. Bon après, moi, je n 'avais pas envie de continuer parce que je n 'avais pas envie d 'être lié à une thème, même si j 'ai pu faire ce que je voulais à 90 %, tu vois. Et donc on relance le magazine en 2000, comme ça. Et en 2002, 2003, il s 'arrête parce que pareil, c 'est trop compliqué. Ce mélange de société et de rap était difficile. Les pioches, ils ne savaient pas où le mettre. Nous, on était une espèce d 'hybride qui était dure à marqueter. Je pense que le public rap n 'était pas toujours prêt à comprendre ce qu 'on faisait. Il y a un lecteur qui m 'a dit un truc très juste. Il m 'a dit qu 'en à 16 ans, une interview de Jacques Vergès, ça ne peut pas rivaliser avec une interview de Cypher Seale. Quand tu as 40 ans, c 'est l 'inverse. Bon voilà, à l 'époque, ils n 'avaient pas 40 ans.
Donc tu étais jeune, tu étais vieux. Et maintenant que tu es vieux, tu parles de ta jeunesse, c 'est ça ?
Je veux dire que j 'étais en avance, tu comprends ? Mais après, on était dans le mauvais timing, ces trucs. On a peut -être fait ça de retour. On a été un peu maladroits sur la forme aussi. Ça ne donnait pas toujours envie de lire au niveau de la forme. Quand tu regardes, je ne sais pas, il y a plein de trucs qui font comme ça. Mais bizarrement, ces montagnes russes et ce contenu différent des autres a fait que tout ça est devenu un peu culte avec le tango, tu vois, et c 'est la revanche du tango.
Alors, dans l 'interview de Pousse, à ce moment -là, André Pousse, c 'est Joey qui pose la question justement. Il dit que, pour le magazine, on a aussi interviewé des acteurs porno. Et là, Pouce vous répond, mais chacun fait ce qu 'il veut dans la vie.
Alors, je vais expliquer juste un truc, l 'interview d 'André Pousse. Tu sais, Joey, des fois, il n 'était pas toujours dans de bons états. En tout cas, il était très à cheval sur le magazine. Il se prenait toujours la tête pour être vif, pas un parent, clairement, pas défoncé. Sauf ce jour -là, avec Pousse, c 'est le seul interview qu 'on a fait où il n 'était pas dans son état normal. Mais tu sais pourquoi ? Parce que je pense qu 'il était tellement excité, impressionné. Il était comme un enfant. C 'est très dur à retranscrire. Il était comme un gosse devant Pousse. Il y a un moment, il était tellement stressé qu 'il monopolisait la parole. Et à un moment, Pousse, il s 'arrête de parler. Il lui dit, mais tu vas fermer ta gueule, toi. Et tu imagines, Joey, les gens imaginent que n 'importe qui lui dit ça, ça va mal se finir. Et Joey était là, assez excusé, mais comme un enfant, vraiment, devant Pousse. Et puis, au bout d 'un moment, il est sorti dehors pour reprendre un peu ses esprits. Mais je pense qu 'il était vraiment comme un gamin impressionné par Pousse. C 'était assez touchant de voir ça.
Je reviens sur le fanzine. Gaël te demande, ça se vendait à combien d 'exemplaires le magazine à l 'époque ? Le fanzine ? Le tout premier, c 'est 200.
Le tout premier, on a dû en faire 100. C 'était huit pages à graffer, photocopier. Et à la fin, je crois que le magazine était à 2500 exemplaires. Ce qui est pas mal pour le fanzine. Ce qui est assez, ce qui est plutôt pas mal pour le fanzine.
Alors, j 'avance, il y a, à un moment donné, page 132, il y a Dieudonné. Alors évidemment, Dieudonné aujourd 'hui, on sait ce qu 'il est.
On explique comment ça s 'est passé, à quelle période ça s 'est passé. C 'est à l 'époque où Dieudonné est le chouchou de tout le monde, de la gauche déjà. C 'est à l 'époque où il se présente que, déjà, il vient de se séparer de Alice et Mollou. Il est à l 'époque de son tout premier spectacle solo, qui est une réussite totale, qui est saluée par toute la critique. Parce qu 'on pourrait dire ce qu 'on fait sur lui, c 'est quand même un mec d 'un talent dingue. Mais à l 'époque, il est tout à fait fréquentable, tout à fait recommandable. Tout le monde le courtise, le PS surtout. C 'est mieux que ça.
Vous allez l 'interviewer à Dreux.
Ouais.
Vous allez l 'interviewer à Dreux. A Dreux, il est candidat contre le Front national.
En tout cas, il avait l 'intention de se présenter. Et à l 'époque, son discours était qu 'il voulait faire barrage au Fonds national. Il a grandi l 'un qu 'un aussi. Il était un peu naïf, je le trouvais politiquement, quand tu vois. Je trouve qu 'il avait quelques lacunes, parce que la gauche, PS, SOS, racisme, on en était revenus. Lui, pas encore à l 'époque, quand tu vois. En tout cas, il était sur tous les plateaux télé, dans tous les magazines. Il était le chouchou de tout le monde. Il n 'y avait aucun problème de fréquentabilité à l 'époque, voilà.
Et donc, il y a cette interview de Dieudonné. Donc là, on parle vraiment d 'une toute autre époque. On est très, très clair avec aujourd 'hui. Et toi, tu écris dans les contextualisations qui accompagnent les interviews, pour ceux qui chopent l 'émission en ce moment, je précise. Tu écris. Je suis de la génération post -Marche des Beurs, celle qui s 'est fait enfler par le PS, SOS, racisme. On vient d 'ailleurs de comprendre, à l 'instant, tu viens d 'en parler. Toute cette gauche rose -verte faisandée, le sollicite, donc Dieudonné à l 'époque, et le courtise, essaie de lui mettre le grappin dessus. Définitivement, pas ma came. Les quelques rapports que nous avions eu un temps se sont distendus. Beaucoup de gens, divers, gravitent maintenant autour de lui, etc. Ça, c 'est quelque chose que tu as toujours eu chevillé au cœur, si je puis dire. C 'est ta détestation de la gauche morale, du PS, de ce qu 'on a appelé la gauche morale, etc. Est -ce que tu peux en dire plus ?
Quand j 'explique la Marche des Beurs, tu sais, SOS, racisme, il y a cette Marche des Beurs qui est déjà une déformation, parce que c 'était la marche pour l 'égalité. Ça s 'est jamais appelé la Marche des Beurs, c 'est les médias qui ont fait la Marche des Beurs. Et si tu regardes les gens qui ont participé à cette marche à l 'époque, c 'est très intéressant de remettre ça en perspective avec aujourd' hui. Leur revendication était purement sociale, républicaine, égalitaire. Il n 'y avait aucune revendication communautaire et religieuse. Et quand on parlait de la banlieue tout à l 'heure, tu la regardes tous, c 'est des gens qui s 'expriment très bien en plus. Ce n 'est pas des wesh -wesh, c 'est des gens qui viennent de quartier, qui viennent à la base, parce que tu souviens, les premières émeutes, c 'est à Vénissieux, c 'est aux Minguettes, ça part de là. Et cette Marche des Beurs, c 'était des gens qui savaient très bien s 'exprimer, qui avaient des revendications qui ne revendiquaient rien d 'autre que l 'égalité pour les enfants de l 'immigration. Et pas qu 'eux, parce que tu avais des Français de souche avec eux, tu avais tout ça, on en a fait la Marche des Beurs, ce qui était faux. L 'histoire, je pense que tu la connais aussi bien que moi. Le PS a vu ça à la fois comme un danger et une opportunité. En tout cas, le pouvoir, puisque c 'était Mitterrand à l 'époque. Et tu sais que l 'ESO -S -Racisme est une peur création marketing, tu vois, qui n 'a eu que deux choses, c 'est à dire récupérer s accaparer, soi -disant la jeunesse, le vote immigré qui n 'existe pas, parce que ce n 'est pas ce que c 'est le vote immigré dans l 'absolu, et qui n 'a servi qu 'à instrumentaliser le FN. Donc en fait, on avait l 'ESO -S -Racisme et le FN, puisque le FN, c 'est aussi un peu une création Mitterrandienne avec la proportionnelle, tu dis ça aussi, ça. Parce que sinon, avant la proportionnelle, le Front National, c 'est 1 %, tu vois. Donc on crée ça. Le Front National sert à déstabiliser la droite, parce que la droite, c 'est pas comment se placer par rapport avec, et puis ça la culpabilise, ça a été tout le problème de la droite. Avec Chirac, qui a toujours refusé l 'alliance avec le FN, mais ce qui faisait qu 'à l 'époque, ça a changé maintenant, mais chaque triangulaire, puisque le candidat, c 'était le RPR à l 'époque, se présentait contre l 'Alliance au FN, c 'était les directives, ça ne faisait que servir le PS, je crois, les triangulaires comme ça. Donc en fait, Mitterrand, Julien Dre, tout ça, c 'est de bonnes âmes, on crée le bâton et la carotte. Voilà, le yin et le yang. Et c 'était très intéressant, parce qu 'il y a quelques années encore, j 'ai vu un débat entre Le Pen, Père et Malek Boutih, et tous les deux se réjouissent que les positions de l 'un et l 'autre aient avancé dans le bon sens. C 'était fantastique. C 'était fantastique à regarder. Tu vois, jusqu 'à aujourd 'hui, même si aujourd 'hui le FN est une créature qui l 'aura échappé un petit peu, on est toujours dans la même configuration. Tu te souviens que lors des dernières élections que l 'on fait élire notre cher président Macron, à un moment, Hollande pensait quand même se représenter. Il y est allé avec une cote d 'impopularité phénoménale, mais il tablait sur le fait qu 'il allait se retrouver au deuxième tour, qui gagnerait avec un score de président africain, des dictateurs africains à 80 %. Donc c 'est toujours le même mécanisme et le même truc qu 'il fait. Donc oui, on est écouté de ça. Et quand tu regardes tous ces gens de la marche des Beurs, c 'est des gens qui ont été extrêmement déçus, désabusés. Tu vois, ça fait des vrais dégâts. Et je vais aller plus loin. Je pense qu 'on a loupé un vrai coche là, parce que comme je te dis, il est revendiqué. Quand on voit quels sont les débats qui habitent aujourd 'hui, qui animent la France sur le communautarisme, le grand remplacement et tout ça, on avait à l 'époque une chance vraiment d' unir la France avec des gens qui ne demandaient que l 'égalité, qui ne demandaient pas de porter le voile, de ci, de ça. Il n’y avait aucune revendication ethnico -religieuse à l 'époque. Et de ce désaveu, de cette traîtrise, de ce rendez-vous manqué, on est arrivé au communautarisme aujourd 'hui, parce que le communautarisme, c 'est juste la nature qui a horreur du vide. C’est -à -dire là où la République a failli, c 'est autre chose qui a pris la place. Et c 'est une vraie catastrophe, cette saloperie qui s 'est passée à l 'époque, ce que les socialistes en ont fait à l 'époque, ça fera peut -être terrasser des gens qui sont sur ce tchat ou ailleurs, mais je le signe dès demain. On a loupé un coche phénoménal à cette époque -là.
Tu penses que c 'est irréversible ?
Ça me paraît bien mal engagé aujourd 'hui, ça me paraît bien mal engagé, parce que chacun campe sur ses positions et puis il y a des… Je ne vois pas de sorties de stock là, on arrive à des dialogues de sourds, qui même divisent la gauche, qui divisent la droite, qui divisent la gauche, même les enfants d 'immigrés entre eux, on a un truc qui est vraiment, et chacun aujourd 'hui dans ses positions. Si tu n 'es pas pour le voile, t 'es un facho. Si tu n 'es pas contre le voile, t 'es un collabo. Regarde où on en est aujourd 'hui, c 'est catastrophique, je trouve.
Cela dit, pour revenir au bouquin, j 'étais, je ne te le cache pas, un peu chiffonné par l 'interview de KRS1 que j 'ai trouvé aujourd 'hui justement, en lisant avec les yeux d’aujourd’hui ce qu 'ils pouvaient dire à l 'époque, un peu communautariste, précisément. Oui, forcément, mais après c 'est pareil. C 'est très dur de se dire que c 'est une interview qui date de 90. Et à l 'époque, si tu le sais très bien, le rap était très revendicatif et assez afro -centriste, assez pro -black. C 'était la résurgence un peu des mouvements noirs qui étaient morts à l 'aube des années 70. Et le rap était à nouveau une espèce de revival de ça. Et c 'était un truc qui peut justifier, vu ce qu 'était la condition des noirs. Faut pas oublier que les années 90, c 'est les années où la communauté noire est ravagée par le crack, le racisme est toujours omniprésent. Donc il y avait un besoin de revendication, d 'identification, d 'afro -centrisme et tout ça qu 'on peut trouver désuet, qu 'on pouvait ne pas aimer à l 'époque, mais qui avait… C 'est la grande époque de l 'émergence de Louis Farrakhan et tout ça, parce qu 'en fait, la communauté noire était en quête de leader, et il y avait besoin de ce besoin de revendication.
Ramon Saladier me reprend dans le chat, il dit « oui, enfin, avec RS1, on n 'est pas chez X -Klan ». Oui, oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Faut pas oublier que même, par exemple, qu 'RS1 avait pris des positions, il était même en guerre avec X -Klan sur cette opposition. Il avait un discours qui était beaucoup plus universaliste que X -Klan par exemple, que RS1. Même si ce n 'est pas ce que l 'impression que ça t 'a donné dans cette interview, il avait un discours qui était beaucoup plus universaliste à l 'époque.
Est -ce que tu penses qu’aujourd’hui, si tu regardes le shirt d 'il y a trente ans, est -ce que tu penses que le rap était pour toi une porte de sortie politique, puisque tu ne croyais pas du tout, et visiblement ton analyse est encore plus radicale aujourd 'hui, qu 'il y a trente ans, dans la démocratie représentative. En tout cas, les représentants, genre l 'OPS, etc., qui étaient hégémoniques à l 'époque, est -ce que pour toi le rap, c 'était une alternative à tout ça, ou pas du tout ? C 'était la bande son de ta vie, et puis basta.
Il y avait un peu de ça, parce que le rap du début, quand je dis, qui était un peu revendicatif, enfin, ce n 'est pas du début, mais en tout cas, quand nous, on l 'a pris et tout ça, il y avait quand même un côté de revendication. Je ne dirais peut -être pas de revendication, mais de représentativité, parce que c 'est ça le déficit qu 'on avait, c 'est -à -dire qu 'on n 'avait pas de gens qui nous ressemblaient, visibles, si tu veux. Donc c 'est là que le rap a un peu chamboulé les choses. Je ne sais pas si on avait vraiment une volonté de contestation, de dénonciation, de représentativité. Après, nous, on n 'avait pas de solution non plus. Tu sais que ça aussi, c 'était le grand débat. C 'est le débat Raoult, où il y a des ministres qui demandent des solutions, enfin qui reprochent presque à des rappeurs de ne pas apporter les solutions. C 'est ce qui est quand même hallucinant.
Éric Raoult, oh la vache, tu nous fais mal. Éric Raoult, j 'avais oublié. Qu 'on aurait dû mettre, peut -être, tu vois. Mais oui, je me souviens.
Et moi, je me souviens de pourquoi on l 'avait interviewé, parce que j 'avais trouvé Shane et Joey très mauvais ce jour -là, quand le ministre lui a demandé « Mais qu 'est -ce que vous faites de votre argent ? Pourquoi n' investissez vous pas votre argent dans les banlieues ? » Et t 'as Kool Shen qui lui dit « Je suis pas Mère Theresa, moi. » Ce qui est vrai, c 'est vraiment pas Mère Theresa, Kool Shen. Mais il ne fallait pas lui dire ça. Il fallait lui dire « Je paie des impôts qui paient ton salaire de ministre. » Tu vois, c 'est quand même hallucinant. Mais j 'ai perdu le fil, je ne sais plus ce qu 'on disait. Donc on avait ce côté de truc, mais les rappeurs, on leur a demandé trop de choses. On leur a demandé des solutions. C 'est pas le rap qui va trouver du boulot aux gens. C 'est pas le rap qui va réparer les ascenseurs. Tu vois ce que je veux dire ? Donc voilà, il y avait ce côté -là aussi. On a des choses à revendiquer aussi, mais on veut être reconnus comme des artistes. On fait de la musique aussi. On veut que les gens nous disent qu 'on aura bien, que nos musiques sont bien, pas juste qu 'on lève le point d' une façon… C 'est pas un lit -laguille avec un micro, tu vois ce que je veux dire ? Donc il y avait un truc assez complexe dans tout ça, tu vois ? Assez complexe à… Oui, c 'est vrai que force ouvrière, tu connais très bien.
C 'est lutte ouvrière
Lutte ouvrière, pardon, force ouvrière, pardon. Lutte ouvrière Et donc, t 'as des amis. Ouais, donc voilà, il y a un truc très compliqué. Le rap aujourd 'hui… Alors, si tu veux, le problème du short d 'il y a 20 ans où aujourd 'hui il y a de la représentativité, je crois que c 'est une discussion qu 'on a déjà eu. Aujourd 'hui, le pouvoir, est -ce que c 'est les politiques qui l 'ont ? Je ne crois pas en la vérité. Les politiques, c’est un peu des exécutants. Aujourd 'hui, c’est le marché. C’est la finance, c 'est l 'économie, c 'est au -dessus des pays, c 'est au -dessus des gens. C 'est ces gens -là qui, à coups d 'argent, décident plus ou moins qui va être qui, quoi qu 'on en dise, quoi que tu voies, qui va… Tu regardes bien que tous les mecs… L’exemple frappant, si tu te souviens, quand il y avait l 'histoire d’ArcelorMittal, le géant de la sidérurgie indien, qui a plié l 'égal en laissant tout le monde en France, et t’as Montebourg, sur ses gros chevaux, de trou du cul, qui a dit « Oui, ça se passera pas comme ça. » Si, ça s 'est exactement passé comme ça. Ce qui provient, c 'est qu 'ils n 'ont aucun pouvoir contre ça, tu vois. Une profession nationale peut venir en France, prendre des subventions, virer tout le monde et repartir trois ans après sans rien rembourser, et tu n 'as aucun pouvoir là -dessus.
Stéphane, ce qui est délicat avec le rap, c 'est que, et tu sais combien je l 'ai aimé et tout ça, c 'est qu’il avait à la fois ce discours -là, et en même temps, ce qui était tout à fait compréhensible par ailleurs, par l 'idée, ce que tu disais au tout début d 'émission, on veut notre part du gâteau, etc. Et aujourd 'hui, on a l’impression que ça n 'est que la part du gâteau où je me goure
Oui, oui, je suis d 'accord, mais tu sais, quand je te dis que, déjà, en 1998, je n 'avais plus envie de parler que de rap, parce que je voyais qu 'on allait vers ça, et ça me parlait moins. Tu vois, il y a ce côté -là, la réussite, et puis ça aussi, la glorification du voyou, qui moins m 'emmerdait aussi. Comme tu t 'expliquais à la base, nous, c 'était pour fuir ça. Tu comprends toujours ce que je dis toujours, c 'est -à -dire, nous, à notre époque, le rap nous a sorti des cages d 'escalier. Aujourd 'hui, ils nous y ramènent, ils nous y confinent, et moi, je n 'ai pas envie de ça, ça ne m 'intéresse pas. Si c’est pour aller dans des clips avec des kalachs sur le toit d 'une voiture, ça ne m 'intéresse pas. Ça ne m’intéresse pas.
Et là -dessus, je suis devenu un moraliste, il n 'y a pas de problème. Pas du tout, tu étais jeune con moraliste. Aujourd 'hui, tu es un vieux con sage. Alors justement, parmi les entretiens, on va dire société, pour aller très vite, il y en a un que je retiens, c 'est Charlie Bauer. Charlie Bauer, c 'est ce pourfendeur des QHS, quartier haute sécurité dans les prisons. Est -ce que tu peux nous expliquer pourquoi vous avez interviewé Charlie Bauer ? Dans quelles conditions ? Qu 'est -ce que ça représentait pour toi ?
C 'est une personne qui était avec nous, qui s 'appelle Karim Boukercha, à l 'époque du magazine, pas du français, que tu n 'as pas connu. Et je ne sais pas comment les retenir. Il avait lu le livre de Charlie Bauer, il avait été interpellé. D 'ailleurs, je crois que c 'est Rachid Djaïdani qui en avait parlé. Et puis Karim, qui est un mec assez filou, il a réussi à rentrer en contact avec Charlie Bauer. Et ça s 'est fait comme ça. Et c 'est vrai que son livre, Le parcours de Dieu de l 'homme est tellement impressionnant, tellement fort, Charlie Bauer, c 'est énormément important.
Je vais lire l 'intro. Charlie Bauer a passé presque autant de temps en prison qu 'en liberté de la fin des années 50 où, en tant que communiste, il exproprie et redistribue, entre guillemets, à Marseille pour les besoins de la cause algérienne. Jusqu 'à la fin des années 70, on le voit se rapprocher de Mesrine. De la torture au refus de la conditionnelle, en passant par la lutte armée, parcourt haut en douleur d 'un révolté permanent. Ça, c 'était du Dieu de Buzy, n 'est -ce pas ? Voilà, je remets ça. On doit bien voir.
C 'est du Grégory Protsch, ça me semble. Oui, c 'est lui. C 'est toujours lui qui crie le mieux dans les piscines, de toute façon. Mais forcément, tu ne peux être qu 'impressionné par quelqu 'un comme Charlie Bauer et qui a gardé ses convictions jusqu 'au bout. Jusqu 'au bout, non, c 'est des personnages. Donc forcément, c 'est quelqu 'un d 'impressionnant et de mal qui a été marquant de comme rencontre pour nous, ça c 'est sûr.
Alors, il y a une autre interview sur laquelle il faut qu 'on s 'arrête un tout petit peu. Dans le même esprit, Protch avait écrit un truc très bien sur les élections, tu sais, quand Jean -Marie Le Pen est arrivé au deuxième tour. Au deuxième tour, ça me semble. Au pouvoir, au pouvoir médiatique, au pouvoir Enfin, je veux dire, tu imagines comme ils ont pollué tout ?
Oui, il avait une phrase que je trouve magnifique, qui disait « quand vous cesserez d 'avoir des indignations sélectives et que vous aurez plutôt une rage permanente ». Je crois que c 'est ça, je paraphrase un peu, mais c 'est ça. Et je trouve que c 'est un peu ça aujourd 'hui avec les réseaux. On est dans des indignations circonstancielles de 24 heures en attendant la suivante et il n 'y a plus de contestation à long terme et efficace.
Mr Nelson dans le chat souhaite le bonsoir. Il dit « wow, j 'étais mixé, masterisé sur Indus Street, il y a des années, enchanté, respect pour le flow ». Donc, une autre interview qui va marquer l 'histoire de Get busy, c 'est Jacques Verges, interview FLEUVE, que vous reproduisez.
En partie, parce que c’est pas l 'intégrale, l 'intégrale c 'était 17 pages.
C’est ça, c 'est ça, il me semblait bien que c 'était très très long. Et moi, je me souviens de toi, m’appelant à cette époque -là, c 'était brûlant pour toi. Il y avait quelque chose d’incandescent à l 'idée d 'aller interviewer Verges, qui était très controversée. Qu 'est -ce que tu peux nous en dire et pourquoi aujourd 'hui ? C’est une interview qui n 'est pas mise en contextualisation celle -ci.
Je sais pas, ouais, peut -être. Si tu veux, Verges, pour la plupart des gens, ça restera l 'avocat de Barbie ou de Carlos. Mais c 'est beaucoup plus complexe que ça, Verges. C 'est aussi de la complexité du personnage. Mais si tu veux, déjà, moi, à titre personnel, tu sais, mon père avait des activités clandestines dans le FLN à Paris. Il a même été emprisonné pour ces activités. Il luttait pour la libération de son pays, l 'Algérie. Je suis assez fier de ça. Mais nous, on avait un attachement à Verges, avocat de la cause algérienne, avocat du FLN. Comme je disais à la limite, à l 'époque où ces gens -là risquent leur vie pour ça. Par rapport à toutes les polémiques, il y a un journaliste africain, dont j 'ai oublié le nom, qui avait dit un truc contrairement à ce qu 'il se dit, le titre du documentaire que lui a consacré B. Schröder, plus que l 'avocat de la terreur.
L’avocat du diable ? Non, l 'avocat de la terreur, oui.
Il dit en fait, Jacques Vergès, c 'était l 'avocat des causes perdues. Alors après, il y a des choses. Déjà, il nous a reçus avec beaucoup d 'égards, alors qu 'on était un petit fanzine de rap. Il nous a trouvé assez malin. Par exemple, un mec comme Grégory Pott, ça doit être le mec qui a pratiquement tous les livres de Verges. Il n 'y a pas grand monde qui a tous les livres de Verges. Il les a, donc il connaissait vraiment le sujet par cœur. Ça a été quelqu 'un dont certaines apparitions télé ont été marquantes pour nous. Après, il avait son côté cabot, son côté mystérieux, mais en fait, quand tu creuses ce qui s 'intéressait dans les grands procès politiques, il avait des phrases. Il y a des médecins qui vont se soigner des grippes. Il y a des médecins qui vont faire la première transplantation du cœur. Il dit, moi, je préférais celui -là. Donc, il voulait rentrer dans l 'histoire. C 'était son côté cabot, prétentieux. Mais ce qui l 'intéressait dans certains procès, c 'était de rentrer aussi dans les histoires, c 'est -à -dire vraiment connaître les choses. Tout le motif du combat de Verges, même si c 'est égaré peut -être après, sûrement, c 'était la lutte anticoloniale. C 'est quelqu 'un qui était fondamentalement marqué par ça, je pense, clairement. Et donc, lui, c 'était toujours de dire ça. C 'est -à -dire que quand on évoquait les crimes que trouvait l 'humanité, lui, il aimait toujours bien rappeler avec provocation, mais avec aussi justesse que les Occidentaux avaient du sang sur les mains dans l 'histoire. Ça n 'avait jamais été vraiment jugé. C 'est toujours un peu ce combat récurrent qu 'il cherche pas à réhabiliter auprès des gens qui le détestent pour ce qu 'il a représenté. Mais Verges, c 'est quelqu 'un très, très complexe qui a accompagné un peu la fin du XXe siècle. Il est de tous les grands combats de cette fin du XXe siècle qui est un peu le… C 'est ça, la fin du XXe siècle, c 'est la colonisation, la décolonisation, c 'est un peu les grands mouvements du monde.
La réalisation qui s 'appelle Euryale, est modératrice Auposte, dit pour moi, c 'est surtout l 'avocat Omar Raddad.
Il y a ça aussi. Il y a ça aussi. C 'est un mec qui aussi qui accepte de défendre un petit jardinier marocain parce qu 'il pense qu 'il est victime d 'une injustice totale et qu 'il y voit encore des réflexes post -coloniaux. Donc il est capable de ça aussi, Verges. Il aimait les caméras, il aimait les médias, mais il disait aussi, tu sais, c 'est comme les avocats qui refusent la médiatisation, c 'est comme les filles moches qui critiquent Miss France. C 'est horrible.
Attention, on va parler des filles tout à l 'heure.Le sujet qui fâche.
Et puis, tu sais, il était convaincu qu 'il y avait une justice pour les pauvres et pour les riches. On était intimement convaincus. C 'est une réalité. Et puis, tu sais, le plaideur, c 'est du théâtre aussi. À la fin, d 'ailleurs, il a même joué au théâtre. Il y a ce côté théâtre dans la plaidoirie que lui, il adorait, forcément. C 'était un vrai personnage. Controversé, certes, mais d 'une autre époque aussi. J 'aime oublier que ce livre aussi, il faut remettre les choses dans leur contexte. Ce livre commence au XXe siècle et se fait finir au XXIe siècle. Tu vois, c 'est 30 ans.
Pata Téléscopique nous dit, nous demande, Grégory Proch, je ne sais jamais comment on dit son nom, était -il de Get busy ? Et donc là, je mets la page. Il y a plusieurs pages. Tu appelles ça les témoins gênants, les témoins gênants, tous ceux qui… Et donc, évidemment, on va… Elle n 'apparaît pas ici, ce qu 'elle était avant, mais on salue très chaleureusement.
On a même laissé parler des Texaco tellement démocratiques.
Attends, j 'allais y venir
Qui ensuite écrira dans les Inrocks.. Et j 'étais très heureux de voir que tu lui avais donné la parole, Texaco, qui était ton alter ego au tout début de Get busy. Vous êtes fâchés, Et donc, il y avait Grégory. Il y avait qui d’autre ?
On l 'avait même proposé un match, un truc, et après mûre réflexion, il n 'a pas voulu. Je pense qu 'il avait peur de se faire défoncer, ce qui n 'a pas été le cas pour Texaco. Mais c 'est pourquoi on a fait ça aussi. Déjà, moi, je ne voulais pas, moi, raconter l 'histoire de Get busy encore. Il avait dit à l 'interview. Et Get busy, même si j 'en suis un peu l 'étendard, ça a toujours été un truc collectif. Je n 'ai jamais été moi tout seul. Donc, tous les gens qui ont fait partie de l 'histoire à un moment ou à un autre, je voulais qu 'ils soient dedans. Et en plus, comme ça, on raconte aussi toutes les péripéties du fanzine au truc. Et surtout, il y avait le bouquin de Squad qui est sorti, où il a fait un taf de révisionnistes fantastiques, où il a pratiquement évincé tous les autres acteurs d 'Assassin de son livre. On ne voulait pas avoir cette malhonnêteté intellectuelle.
Non, non, non. Alors, il y a tout un tas d 'interviews. Je les cite par loyauté de gens de la télé, comme Ardisson, il y a Taddéï. Chabat, lui, m’a vraiment aidé. Ça a été un compagnon de route. Pourquoi la télé a autant d 'importance dans Get busy ?
Sur Taddei on est des enfants de la télé, parce que c 'est vrai que Ardisson, je crois qu 'on puisse penser du personnage. Déjà, c’est assez marrant, parce que tu sais, il faut raconter l 'histoire de l 'interview d 'Ardisson, c 'est un peu expliqué dans la contextualisation. On arrive à obtenir l 'interview d 'Ardisson, je ne sais plus comment. C’est vrai qu 'on a toujours réussi à obtenir des trucs un peu improbables, vu qu 'on n 'était pas un média très connu. Et tu sais, ils faisaient toujours ces interviews, je ne sais plus quel hôtel, du côté de la rue Saint -Honoré. Et en fait, finalement, on nous apprend qu’il ne viendra pas. Donc en fait, il est en train de nous planter concrètement. Et nous, on reste là, on boit des coups, on discute comme toujours, et puis finalement, il se pointe deux heures après. Je pense qu’il voulait nous sauter, il nous voit, et puis il nous dit bon, ok, on le fait. Et puis le mec, il reste deux heures avec nous. Donc on était très contents. De toute façon, c’est un animal médiatique, il maîtrise l’art de raconter ce qu 'il veut comme il veut. On ne peut pas lui enlever son talent non plus, tu vois. Donc on était très contents de l’interview, et puis quelques semaines après, je vois une autre interview où, sur plein de sujets, il dit tout le contraire de ce qu’ 'il nous a dit. Donc tu vois que ça reste quand même un fils de pub avant d’être un homme de télé.
Oui, mais justement, toi…
Malgré tout, on va lui rendre hommage. Autant, par exemple, quelqu 'un comme Grégo est un mec énormément lu. Moi, je ne suis pas un lecteur absolu. Je lis la presse, mais je n 'ai jamais eu l 'amour du livre au grand désespoir de mes profs de français. Je n 'en tire aucun voir, ce n 'est pas quelque chose dont je me vente. Mais par contre, on s 'est énormément cultivés avec la télé. On a toujours été tous des grands bouffeurs de documentaires, des missions de politique, des missions de reportage, des choses comme ça. Et c 'est vrai que dans le côté de l 'entertainment un peu cultivé, Ardisson, c 'était quand même top.
Oui, mais toi, dont la quête, me semble -t -il, est quand même l 'authenticité. Ce n 'est pas pour rien que tu as appelé, même si c 'était évidemment une référence au NTM authentique. L 'authenticité, quand Get Busy c 'était interdit aux bâtards, c 'était cette façon -là de dire… J 'ai toujours trouvé étrange, quand même, ton intérêt, peut -être pas ta fascination pour les gens de la télé, qui sont tous authentiques. Alors je veux dire qu 'ils sont absolument, Ardisson étant probablement le prototype du pauvre type, comme disaient les NTM, enfin je veux dire, en tout cas, le prototype de l 'insincérité absolue, non ? Qu 'est -ce qui t 'intéressait ?
Tu vois, dans l 'interview, on en est encore la propre, parce que qu 'est -ce que je fais après ? Je fais d 'autres interviews où ils disent tout le contraire. Mais bon, ça reste quand même, tout le monde en parle, ça reste un truc un peu marquant à la télé, je trouve.
Mais surtout de la vulgarité, mon cher ami, on va y venir, on va y venir, mais d 'abord, passons
On n 'a jamais été moralement vulgaire. On l 'a été normalement, mais jamais moralement. C 'est vrai.
Donc, il y a tout un tas d 'entretiens sportifs, enfin surtout football, il y a Platini, il y a Thuram, il y a un peu de boxe. Bon, ok. C 'est pas un peu de boxe,
Mais Agler, c 'est quand même une des plus grandes boxeurs de l 'histoire. Des plus grands ponts de l 'histoire.
Tu nous as dit en début d 'entretien pourquoi tu avais fait ces interviews. Qu 'est -ce que tu retiendrais de Platini, de Thuram ?
Alors, je t 'explique, le sport, c 'est pas ça. C 'est parce que, comme je t 'ai dit, Gabilly, c 'est pas que moi. Il y avait des gens qui ont une vraie passion pour ça, et pourquoi ils ont aimé être dans Gabilly, c 'est parce qu 'on leur laissait la liberté de faire ce qu 'ils voulaient.C 'est -à -dire, moi, tu m 'a mets le Platini, même si je ne m 'intéresse pas au foot, et je sais que tu es capable de faire ça, d 'en faire un truc intéressant, ça peut m 'intéresser. Et même si ça ne me parle pas à moi, ça parlera à des gens. Et si toi, qui bosse avec moi, qui est à Gatebilly, je te dis, je ne vais pas te priver de faire des choses que t 'aimes. Donc, Gregory Pouch, Paul, c 'est des gens qui sont mordus de sport, de foot, de boxe. Et les deux, d 'ailleurs, ils adorent vraiment le foot et la boxe, qui sont quand même deux sports populaires par excellence. Tu vois, il est à ce côté là aussi. Donc moi, j 'ai aucun problème à lui laisser libre de ramener ce genre d 'interview, même si je suis pas premier lecteur de ça.
Grégory, il travaille où maintenant ?
Alors, Grégory Pouch, je sais pas si on peut le dire, il travaille au journal de Montreuil, au journal municipal. Il est correcteur au journal municipal de Montreuil.
Ok, parce qu 'il y a Gaël qui nous dit qu 'il écrit un livre sur le foot par an,
Alors oui, ça c 'est sur le boulot alimentaire, sur un boulot noble de corriger les fautes d 'orthographe. Il a été à bonne école avec toi,c 'est clair. Il a été au goulag de l 'orthographe. Mais moi, j 'ai toujours dit à Grégory, c 'est bien, tu fais des interviews avec nous, tu écris des supers articles. Putain, c 'est des livres, t 'es un écrivain à la base. Grégory, il doit les écrire. Donc, il a écrit deux livres magnifiques que tu devrais lire. Un qui s 'appelle… Non, trois, il y en a un qui s 'appelle Le jour où ma mère pleure, qui est un livre autobiographique. Il y en a un autre né le même jour que le PSG, qui, à travers sa vie, raconte sa passion pour le PSG. Et il y a des passages sur les bisous qui sont assez touchants. Et là, il en a écrit un nouveau qui s 'appelle Numéro 10, qui parle de tous les numéro dix des fans historiques du PSG Susic, c 'est Dieu. Et c 'est quelqu 'un qui l 'écrit tellement bien que…
Fuzic, c 'est un yougoslave, c 'est pour ça que tu dis ça, non ? Et d 'Alves as -tu rien ?
C 'est ça, donc, entre Camille en toi et Hugo en toi, c 'est ça, quoi.
Tu crois que ça va passer comme ça, toi ?
Il se trouve qu 'en plus, ça reste deux joueurs vraiment historiquement ultra marquables. Toi qui es un vrai footeux, tu devrais le savoir.
Alors, écoute, passons. Tout à l 'heure, j 'ai parlé du sujet qui fâche, les filles. Parce qu' il n 'y a pas beaucoup de filles dans Get de Buzy, déjà dans l 'équipe, il n 'y avait pas beaucoup de filles. Et dans le journal, il n 'y en avait pas non plus des masses et la plupart, c 'était plutôt des bimbos ou des actrices porno. Il y a notamment une interview avec Julia Chanel dans le discord de l’émission, il y a notamment Pierre B, qui est un camarade, qui dit, je ne sais pas comment poser une question sans être blessant ni provocateur. Je lui écris donc en vous priant de ne pas la prendre au pied de la lettre. Les gens ont peur de toi. Quand on regarde les interviews de ce livre, on s’attend à un monde masculin, mais pas à ce point. Comment expliquer que les femmes, déjà peu visibles dans le milieu, sont également très peu présentes dans une anthologie ?
Alors, c 'est vrai qu 'on est issus d 'un milieu qui est très masculin. C 'est la vérité, surtout encore plus à l 'époque aujourd 'hui, même si aujourd 'hui je pense que ça perdure. Tout simplement, c 'est que ça s 'est fait comme ça, c 'est -à -dire qu 'on n 'a pas eu tellement accès à des rappeurs à l 'époque en interview, pas tant que ça.
Queen Natifa peut -être ?
Non, justement, jamais. Et on nous aurait proposé de faire Queen Natifa, on y a été en courant, évidemment. MC Light, tout ça. C 'est juste qu 'on n 'a jamais eu accès à ces personnes -là. On a Marie de Guéblange, qui est une chanteuse importante dans le R&B hip -hop.
Elle est dans le bouquin.
C 'est pareil, on n 'a pas pu tout mettre. On avait une très longue interview, très intéressante, de Véronique Vasseur, qui avait écrit un livre, parce qu 'elle a été médecin -chef de la prison de la santé, où elle a dénoncé toute la stabilité, tout ça. Et pour en revenir à ce que je disais sur Ardisson, on l 'a quand même découvert chez Ardisson. Ardisson avait quand même cette utilité -là qu 'on ne peut pas lui enlever, de faire découvrir ce genre de personnes -là à des gens lambda comme nous, qui ne sont pas au fait de tout ça naturellement. Donc il y avait ce genre d 'interview, mais il aurait fallu 800 pages, on ne pouvait pas tout mettre. Effectivement, on a fait des choix qui sont arbitraires.
Mesdames et messieurs… Attends, tu vas répondre. Mesdames et messieurs, ceux qui écoutent, je vais vous traduire ce que vient de dire Sear Ça veut dire qu 'à mon avis, dans 30 ans, il nous sort un deuxième tome de l 'anthologie. Puisque là il nous dit, il faudrait 800 pages !
Franchement oui, les choix ont été bons.
Et à ce moment -là, on sera sur un autre truc que Twitch, qui s 'appellera Zbuk. On continue.
On sera en 3D virtuel, mais on sera surtout morts.
Mémoire d 'outre -tombe.
Alors peut -être qu 'on aura trouvé l 'immortalité, ce qui est atroce. Mais oui, on était issus d 'un milieu qui était très fermé, très masculin malgré tout. On n 'a pas été complètement fermé. Il y a eu des articles sur le sport sur les sœurs Williams, par exemple. Il y a eu d 'autres filles qui ont écrit à part laure aussi. Mais laure, elle était au début du fanzine, elle écrivait à part entière, mais c 'est pareil. Tu peux prendre le cas de Laure je ne veux pas la mouiller dans cette histoire, mais l 'or l 'a interviewé pratiquement que des rappeurs. Et Laure ne nous a jamais ramené une interview de filles, par exemple.
Oui, bien sûr.
Moi, il y a un truc qui me dérange toujours dans cette communication, il faut des femmes. Je veux bien, mais il faut des femmes s 'il y a un truc qui le justifie. Moi, je déteste le truc dont on va mettre des femmes pour mettre des femmes. Ce que je veux dire, c 'est que je trouvais ça encore presque plus insultant. Maintenant, effectivement, dans nos goûts, dans nos choix, dans ce à quoi on avait accès à l 'époque, pas énormément de rappeurs, mais dans Guidbizzi, je suis désolé, ce n 'est pas dans l 'anthologie, mais on a eu Wallen, une chanteuse de rugby qui a eu son succès, on a eu Saliha, on a eu Les Mice qui étaient, je ne sais pas si tu te souviens, Les Mice, je crois qu 'ils sont dans Eurovision sur rap, je ne suis pas sûr, qui étaient un groupe défini.
Oui, oui, oui, peut -être on a eu des filles aussi dans l 'art. Comme je te dis, même dans la période France in a Rap, on était obligé de choisir les têtes d 'affiche.
Mais même, Stéphane, dans les entretiens, c 'est surtout des gars, il y a peu de comédiennes hormis des actrices pour nous, il n 'y a pas de réalisatrices, il y a peu d 'écrivaines, tu vois ce que je veux dire ?
Oui, c 'est vrai. Je ne peux pas dire autre chose que c 'est vrai, après, le pourquoi du comment, je ne sais pas, je te dis, oui, on était issus d 'un milieu qui était quand même très… Mais aujourd 'hui, par exemple, je referai un guide BG, j 'adorerai avoir Blanche Gardin, voilà, mais c 'est pareil, si je regarde par exemple dans le comic aujourd 'hui, oui, il y a Blanche Gardin, Mais il y aura peut -être trois autres mecs qui font du stand -up, qui m 'intéressent, donc on serait quand même à trois contre un. Mais est -ce que c 'est à nous qu 'il faut le reprocher ? Il faut me demander pourquoi, dans le milieu par exemple, là je prends l 'exemple du comique, pourquoi il y a une majorité de mecs et ce n 'est pas nous qui l 'avons, c 'est pas nous qui sommes basiques avant de décider de ça. Tu vois, je veux dire aujourd 'hui, en femmes comiques, t 'en as combien ? Si on faisait des comiques Florence Foresti, t 'as Blanche Gardin, que j 'ai vraiment fait kiffer. Voilà, le reste, la majorité, c 'est des mecs. Est -ce que ça, c 'est pas nous qui avons décidé de ça ? Voilà, on avait fait une grande interview avec Mina Ben -Guigui, dans Get Bizzy. Donc c 'est faux aussi dire qu 'il n 'y a jamais eu deux filles, à part des actrices parlant. Là, je t 'ai cité cinq, six exemples quand même. Dominique Vasseur, il y a Mina Ben -Ghigui, Salia, tu vois, il y en a eu quelques -unes quand même. Mais il faut voir aussi ce qu 'est l 'offre du… Rappel -toi que dans le rap, il n 'y avait pas tant que ça de filles non plus en vérité.
Non, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Donc nous, on a fait ce qu 'on a su, avec quoi on avait accès à l 'époque. Des groupes de filles, tu verras dans le rap américain, dans les années 90, c 'était minoritaire. On n 'est pas à l 'époque aujourd 'hui où t 'as des Nicki Minaj, des Cardi B qui sont des superstars et tout ça, c 'était pas tellement le cas à l 'époque. C 'était même pas du tout le cas en vérité. Donc on est aussi le reflet de cette époque -là, de ce moment -là. Il ne faut pas oublier de replacer les choses dans ces trente ans. Donc c 'est les choses de cette époque que tu vois. Mais effectivement, je reviens surtout du comique, parce que si je devais faire des choix de comique, je prendrais Farid, je prendrais El Atrassi, que ce soit qu 'il est revenu d 'une manière complètement inattendue par rapport à ce qu 'on voyait de lui chez Oké, à Aroun ou à d 'autres quatre autres, c 'est une blanche, mais on serait à 1 sur 5. Mais parce que l 'offre elle -même, les femmes sont minoritaires et ça, c 'est pas nous qui décidons de ça. Non effectivement, on est un peu macho, un peu, je ne sais pas si on est misogynes, je n 'en sais rien, je ne pense pas,
Moi, je ne pense pas, je n 'ai jamais vu être misogynes ou quoi que ce soit, mais c 'est vrai que c 'est plutôt une histoire de garçon, cette anthologie. Enfin, quand on regarde
Parce que ce milieu -là est un milieu de mecs, malgré tout, et c 'est comme ça, et puis tu dis, c 'était aujourd 'hui, les choses ont changé, aujourd 'hui, si on peut y venir, parce que déjà, ça devient très… Alors maintenant, on est dans la revendication communautaire, mais de même genre, alors il faut… Ça aussi, c 'est un truc qui me dérange, alors maintenant, dans un film, il faut forcément qu 'il y ait un gay, de préférence un gay noir, une fille, alors maintenant, on va réclamer un transgenre, un machin, mais je vous le dis à tout, il n 'y a pas de problème, mais je ne l 'aime pas quand ça devient une obligation, tu comprends ? Alors je comprends qu 'il y a un déficit, si il y a de la place pour personne et que c 'est injuste, mais quand ça devient une obligation, et tu sais que par exemple à Hollywood, c 'est un peu des critères comme ça, parce que c 'est le royaume du communautarisme à tout point de vue sexuel et ethnique, tout ce que tu veux, et je trouve que c 'est un peu bidon aussi, comme vision de la société, comme vision des choses, quand tu vois.
Alors dans le chat, on est un peu en désaccord, alors il y a Ramon Saladier, encore lui, qui nous dit, il y avait un côté sexiste quand la place, par défaut d 'une femme, c 'était le refrain chanté, même si elle savait rapper, Abad Akor nous dit, il n 'y a pas de milieu de mecs, il y a des mecs qui font des trucs entre eux, etc. Mais je ne voudrais surtout pas laisser croire à nos amis que Sear a été, on croit que ce soit misogyne, au contraire, je pense que tu étais d 'une grande tendresse.
Pour répondre à Ramon, parce que ça va un peu dans le sens de ce que je disais, nous, on est des, entre guillemets, on est des gens, on interviewe de la musique, si dans la musique, les mecs prennent les filles pour faire leur refrain chanté, nous, on récupère ça, mais c 'est pas nous qui avons décidé. Nous, on n 'est pas directeur artistique, on n 'est pas artiste, c 'est pas nous qui allons au studio en lisant leur rôle des filles, ça ne sera que ça, les disques sortent et ils se trouvent que c 'est ça. Donc nous, on est tributaires de ça aussi, c 'est tout. Quand je dis des rappeuses, les rappeuses qu 'il y avait, on les a faites. On a fait à l 'époque, on a fait Salia, dans Rappetitude, il n 'y a qu 'une rappeuse, c 'est Salia, pratiquement. Et je ne sais plus qui sont les autres.
Rappetitude, il faut rappeler, c 'est l 'une des toutes premières compilations de 1990.
Moi, je veux bien que l 'on fasse un procès, mais il fallait faire un procès moral sur le rôle des femmes à la maison de disques, aux producteurs, aux artistes. Nous, on est un maillon en fin de chaîne presque, tu vois ce que je veux dire.
Alors Ramon, te dis qu 'il n 'y a pas de problème, sûr, tu ne peux pas inventer ce qui n 'existe pas à la place des producteurs décideurs. Alors c 'est con ce que je cherchais un truc de toi sur autre chose que je ne retrouve pas dans l 'autre tient que tu as fait avec Mouloud Achour, qui est vraiment… Ah oui, si, voilà, c 'est ça. Alors je passe à autre chose.
Par exemple, tu vois, il y en avait une rubrique dans le magazine qui s 'appelait « Quand j 'étais petit, je l 'aimais ». Et c 'est une rubrique qui rend hommage à toutes les filles dont on était amoureux quand on était à la télé. Donc tu avais Jacqueline Smith, des drôles de dames, tu avais la fille qui jouait dans le clip de Freeler, et c 'est des vraies déclarations d 'amour pour ces femmes -là, tu vois.
Alors, il y a des noms qui apparaissent, il y a Diam’s, Lady Laistee, et moi j 'ai vu une fille incroyable.
Alors, je vais préciser, je vais préciser autre chose. Lady Laistee, elle était dans l’Authentique, par exemple. Mais à l 'époque où toutes ces filles émergent là, nous, les Bizy, on ne parait plus, on n 'existe plus à ce moment -là aussi. Donc voilà.
Aujourd 'hui, tu vis comment, Stéphane ?
J 'ai un boulot alimentaire qui n 'a strictement rien à voir avec ça, parce que, comme je l 'ai expliqué, tout le monde, je pense, l 'a compris, nous, ça a été ça, ça a été un truc qui est devenu un peu culte, mais qui n 'a jamais été une affaire financière florissante. Donc j 'ai un boulot à côté, ce qui me donne un équilibre, ce qui me permet de faire tout ce que je fais aujourd 'hui sur Clique ou faire ce livre, en toute liberté, parce que je sais que je ne dépend pas de ça pour payer mon loyer et remplir mon frigo. Donc ça me laisse une tranquillité d 'esprit qui est fantastique aujourd 'hui pour ça, donc je n 'ai pas de problèmes avec ça.
Le boulot alimentaire, on peut dire ce que c 'est ou pas ?
Oui dans l 'hôtellerie. J 'ai dit veilleur Je suis réceptionniste de nuit, mon ami.
Réceptionniste de nuit. En gros, tu n 'as pas changé, je veux dire. C 'est ça, de manière, c 'est toujours ça. Et alors, dans l 'anthologie, Mouloud Achour te pose la même question que celle que je viens de te poser et tu lui réponds. Comment tu gagnes ta vie quand tu t 'arrêtes ? Tu lui réponds, mal, je fais des boulots à la con.
En même temps, je n 'avais plus envie de ça. Ça ne veut pas dire que j 'étais content d 'aller faire des taffes alimentaires, mais je n 'ai jamais réussi à voir ça comme un plan de carrière. Tu sais, moi, la célébrité, je m 'en fous. Et là, il va y avoir une phrase que je trouve absolument magnifique. Je suis content qu 'on reconnaisse un peu ce que j 'ai fait, mais mon rêve absolu, ce serait d 'être assis dans le métro à côté de mecs qui lisent Get Buzy sans savoir que c 'est moi. Bien sûr, sauf qu 'aujourd 'hui, c 'est devenu quasi impossible. Parce que voilà, aujourd 'hui, on est à Clique, c 'est de la télé, on est sur ton émission de Twitch, je monte ma tête. Mais autant de papier, de la lecture, où la lecture ne se faisait pas sur des écrans. Oui, ça a été mon rêve absolu, que les gens lisent, adorent ce qu 'ils lisent, mais sans savoir que c 'est moi, je pourrais être assis à côté d 'eux sans qu 'ils sachent que c 'est moi. C 'est ce que j 'explique aussi dans l 'interview par rapport à Joey. Tu sais, quand je te dis que je me prenais la tête avec des fans, ils me disent « ouais, mais tu es jaloux, Joey ». Non, mais moi, je l 'ai côtoyé, j 'ai vu c 'est quoi sa vie au quotidien, j 'ai vu l 'enfer que c 'est la célébrité. Tu sais, une fois, comme il cliffe les bagnoles, je dis bien, il y a un salon, je ne sais plus où, on va au salon ou la bagnole. Je suis sûr qu 'au bout du milieu, c 'est infernal, il y avait 40 personnes qui le suivaient. Et encore, il n 'était pas au degré de notoriété où il est aujourd 'hui. Moi, je suis super content de pouvoir aller acheter le pain en bas de chez moi, que personne ne me reconnaisse, en tout cas personne ne m 'emmerde. Donc, de temps en temps, je croise des gens comme toi, ça doit arriver qu 'ils te reconnaissent, qu 'ils aiment bien ce que tu fais, mais il n 'y a pas ce côté -là où les gens viennent te toucher, te suivre dans la rue, savoir, l’attendre en bas de chez toi. La célébrité, ça en fout, c 'est un enfer à ce niveau -là. Après, on ne va pas non plus plaindre parce que le succès est censé aller avec une certaine somme d 'argent. Et encore, théoriquement, ce n 'est même pas sûr. Mais cette vie -là, elle ne m 'intéresse pas, non pas.
À propos d 'argent, il y a Slurg qui nous dit ce sont les employés des maisons de disques et des attachés de presse qui ont réussi à vivre du rap pendant 30 ans. Tu es d 'accord avec ça ?
Je pense que c 'est beaucoup les gens autour du rap qui ont vécu du rap plutôt que les acteurs du mouvement, ça c 'est sûr.
Qu 'est -ce que c 'est que ce téléphone qui vient des années 30 ?
C 'est le téléphone de Charlie dans Drôle de dames, c 'est ce qu 'on parlait tout à l 'heure.
C 'est ça, voilà, c 'est ça, Parce que dans le bouquin, et là on approche de la fin de l 'émission, on voit quand même que tu as un cousinage aigre doux avec le show business. Puisqu 'à un moment donné, il y a tel ou tel manager, des NTM, il va y avoir tel ou tel label manager du même groupe, etc. Avec qui tu chemines et puis de temps en temps tu leur claques la porte au nez en disant, non, moi j 'en ai marre, moi je ne suis pas là pour faire la promo des NTM.
Il y a toujours un moment où ça ne me convient pas. Il y a plusieurs autres trucs comme ça, à chaque fois que je me suis retrouvé vraiment dans ce genre de truc. Moi tu le sais, je ne suis pas un mec qui va en soirée, tout ça, ça ne m 'intéresse pas, mais deux ou trois fois j 'ai été comme, je vais essayer de sociabiliser, de voir. Et à chaque fois, je me retrouve là -dedans, je me dis, mais qu 'est -ce que je fous là ? Il y a eu un truc comme ça, mais tu sais quand Astérix est sorti, parce qu 'en fait quand on faisait le docu avec NTM, Chabat était déjà sur Astérix. Et un jour il y a une soirée comme ça, il y a tout le monde, je suis invité, je vois tous les gens qui courent pour être des acteurs, des gens qui essayent un peu de grimper, qui viennent presque à bousculer les gens pour s 'approcher de sa table à Chabat et tout ça. Je suis resté une demi -heure, je me suis dit, mais ce n 'est pas mon monde, je n 'ai rien à foutre là, je serais incapable de faire ça. Et le truc des courtisans, tout ça, je ne sais pas. Ça me demanderait trop d 'efforts pour faire semblant qu 'ils sont, je ne sais pas le faire, ça se verrait sur ma gueule. C 'est sûrement ça qui m 'a fait des opportunités, mais est -ce que ça en était vraiment… Les Américains ont un proverbe que j 'aime bien, ils disent « everything is not for everybody ». Peut -être que ce monde -là, il n 'est pas fait pour moi et c 'est très bien comme ça.
Valeur anarchiste dit dans le tchat, c 'est l 'intégrité ça.
Je ne sais pas si c 'est peut -être, peut -être autre chose, peut -être que je ne suis pas adapté, je suis inadapté à ça. Je n 'ai jamais réussi à faire les choses uniquement pour l 'argent. Il y a des choses que j 'ai fait où j 'ai réclamé de l 'argent, c 'était une question de principe et des fois plus que d 'avidité, presque tout le temps, mais je suis incapable de faire quelque chose juste pour l 'argent. C 'est pour ça que quand je parle dans l 'interview de mon hôte que oui, faire un taf à la con, tu dis oui, mais ça serait tellement mieux si tu vivais du journalisme. Mais quand je pense qu 'il arrive le que je fasse, peut -être pour en vivre, je préfère aller faire un taf alimentaire qui n 'a rien à voir, où je ne suis personne, je n 'ai aucun égo au taf, au taf il n 'y a pas de shirt, de lit busy. Et dehors, je peux être chère de l 'explicite, prétentieuse, tout ce que tu veux, à en grand, si ça ne rapporte pas de tuer. Mais voilà quoi, tu vois. Et puis il ne faut pas oublier d 'où on vient non plus, il ne faut pas s 'y contenter, on n 'est pas fait… comme je disais l 'autre, on n 'est pas voué à l 'échec, mais ce que je dis aussi à l 'interview de mon hôte, il n 'y a aucune honte à travailler. C 'est mieux que d 'être en bas des tours ou vivre du RSA, même si je ne crache pas sur les gens qui ont le RSA, je suis passé par là aussi à des périodes difficiles, mais voilà, il n 'y a aucun truc. Et puis regarde aujourd 'hui, j 'ai ce taf là, et en même temps il y a plein de trucs plutôt cool qui se passent pour nous. Clique, ça se passe bien, ça fait 4 ans, là on passe à une émission par mois. Il y a ce livre qui sort et dont on est vraiment fiers parce que je trouve que c 'est la première fois qu 'on a réussi un truc aussi bien sur la forme et sur le fond. Et objectivement, tous les gens qui ont eu le livre entre les mains le trouvent beau et intéressant. Donc c 'est gratifiant. Donc tu vois, c 'est une histoire dont je peux témoigner, c 'est que j 'ai vu des dizaines de personnes qui se sont brisées sur le récif du show business, et ça n 'a jamais été ton cas. Voilà, jamais, jamais, jamais. Peut -être que si j 'avais eu un succès à 20 ans, à 25 ans, j 'aurais été dans le mur comme plein de gens. Moi j 'ai eu des hauts et des bas aussi. Après, il y a d’autres choses. Moi je n 'ai jamais été dans l 'alcool. Crois -moi que ça fait…
Valérie te demande, elle n 'est pas au courant de l 'émission sur Clique TV. C 'est quoi Clique TV ? C 'est quoi l 'émission Get Busy puisqu’on n 'en a pas parlé ?
C 'est la chaîne d 'Achour. Et nous, on avait une émission par mois qui s 'appelait Clique Get Busy. Et là, maintenant, on passe à une émission toutes les deux semaines. Et donc, je sais que tout le monde ne regarde pas Clique à la télé, il n 'y a peut -être pas Clique sur sa box, mais tu peux l 'avoir sur MyCanal. Et sinon, toutes les émissions sont en ligne sur YouTube. Donc tu vas sur YouTube, tu tapes Clique Get Busy, t 'as toute la playlist de ce qu 'on a fait depuis 4 ans. Donc, on en a une trentaine d 'interviews de figures majeures du hip hop, mais pas que. Parce qu 'on a reçu Frédéric Taddéï aussi, on a reçu David Dufresne, le fameux. Avec un titre qui m 'a bien plu, des Beruriers Noirs aux Gilets Jaunes. C 'est bien, ça m 'a plu. C 'était chouette.
Je voulais remettre l 'émission, mais comme je me suis rappelé, vous aviez mis de la musique. Moi, je ne peux pas sur Twitch.
Alors attention, sur YouTube, c 'est pareil, comme on n 'a pas le droit non plus, c 'est juste des petits extraits. Il n 'y a pas de morceaux intégral, mais peut -être que sur Twitch, même 10 secondes, tu n 'as pas le droit.
C 'est ça.Euryale, si tu peux mettre le lien comme ça, si vous avez envie de voir le jeu inversé où je suis interviewé par Stéphane dans son émission Clique TV. Alors, il y a une question qui revient beaucoup. Je ne sais pas ce que ça veut dire. J 'espère que ce n 'est pas une connerie et que je n 'envoie pas un message secret de SoSo France. David, pouvez -vous demander ce qu 'il pense des unions dans Mafia, Kainfry et Secteur A ? Je ne sais pas de quoi il s 'agit.
Il veut sûrement parler des collectifs, des collectifs des rap. Les deux qu 'il a cités, Mafia, Kainfry et Secteur A, c 'est des collectifs qui ont été hyper marquants dans l 'histoire du rap, c 'est sûr.
Oui, bien sûr, mais c 'est quoi l 'union entre les deux ?
Je ne connais pas d 'union particulière entre ces deux entités. Je ne vois pas. Si parler de l 'union, de Secteur A d 'un côté, de Mafia, Kainfry, tout ce que ça a donné, ça a donné énormément de groupes de rap. Ils ont été super marquants à l 'époque et Secteur A aussi à une autre époque.
Là, on ne fait que des conneries. SoSo, c 'est une femme, donc elle, ce n 'est pas lui qui parle.
Voilà. On ne comprend pas l 'enquête. Arrête, ne commence pas.
Patate Télescopique te dit franchement super la dernière saison de Get Busy sur Clique. Vous avez interviewé des figures incroyables. Vous avez… Tu peux écouter ? Ici, tu es chez moi.
Vous avez interviewé des figures incroyables de l 'histoire du rap qu 'on n 'entend peu sur ce sujet. Sophie Bramley, solo. Solo, c 'est Assassin. Sophie Bramley, je ne sais pas qui c’est. Et Bernard Ziegler, on va en parler deux secondes. Je ne sais pas qui est Sophie, je suis désolé.
Solo, c’est Assassin, mais avant Assassin, Solo, c’était le PCB, l 'un des meilleurs breakers de France à son époque, qui était le jury dans l 'émission de Ciné. Solo, c’est un des B -Boy historiques, l’un des premiers.
Avec une classe incroyable.
C 'est ça qu 'il faut comprendre, c 'est que dans le microcosme Hip Hop, avant que les disques sortent et tout, la star du Hip Hop, c 'était Solo. Ce n 'était pas jury, ce n 'était pas machin, c 'était Solo. Et Squad n 'aurait jamais été Squad s 'il n 'avait pas rencontré Solo, s 'il n 'avait pas été… Il y a eu beaucoup d 'ennuis s 'il n 'avait pas été sous la protection de Solo pendant des années. C 'est pour ça qu 'on continue à pratiquement un peu évincer de son bouquin, c 'est surtout ce que nous, on ne voulait pas faire avec le nôtre. Même si on ne doit pas grand chose à certaines personnes. Laurence Twittou, Sophie Bramley, Si tu veux, c 'est un peu le quatuor de tous les gens qui étaient un peu franchouillards, un peu machins, mais qui étaient à New York dans les années 80 et qui ont découvert la culture Hip Hop. Donc tu avais Laurence Twittou, Sophie Bramly, Blazer Gris et qui ont fait les passerelles avec la France. Et Laurence Twittou, Sophie Bramley, elle a été très importante. Sophie Bramley, c 'est une photographe et elle a énormément documenté le Hip Hop des années 80, de Bambaataa, Destin, d 'ailleurs elle sort un livre magnifique de photos. Alors c 'est bien parce que tu vois, entre notre livre, maintenant il commence à y avoir une mémoire qui se fiche sur papier avec des témoignages de cette époque parce que maintenant on a 35 ans, presque 40 ans de Hip Hop français, je ne sais plus combien, 83, 2021 on fait le calcul.
Tu sais comment s’appelle le bouquin ?
Alors je ne l 'ai pas en tête, Sophie Bramley, je crois qu 'il est sorti là et il est magnifique, tu as des photos de ces époques -là qui sont fantastiques. Et c 'est ces gens -là qui faisaient beaucoup la passerelle avec Sidney, avant que Sidney arrive à la télé, quand il était sur Radio 7, il avait son émission de funk qui était très bien parce qu 'il faut au moins rendre hommage à Sidney pour ça. Son émission de funk sur Radio 7 était fantastique. Et puis Sidney commençait à passer les premiers trucs de rap, les grandes masterflash, les premiers Bambaataa, tout ça. Et ces gens -là ramenaient des infos, ramenaient ces artistes -là et c 'est comme ça que Hip -Hop s 'est installé en France. Donc c 'est des gens qui ont été un peu charnières à cette époque -là. Elle, Zikri et Tweetoo, Laurence Tweetoo aussi, qui était la productrice de Hip -Hop.
Alors Bernard Zikri, est le fils spirituel de Jean -François Bizot. Il va vivre à New York. Son appartement, il le partage avec des gens complètement dingues, des grandes stars, des futures stars soit du graphe, soit du rap, etc. C 'est lui dont on entend le mot Fresh sur le disque Fafa Fredi, je crois, ou je ne sais plus de qui.
En fait, il y a un scratch de Fresh et en fait, il y avait la face B de Fafa Freddy qui est en français et c 'est une fille qui s 'appelait Beside, qu 'ils ont appelé Beside parce qu 'elle avait la phase B. Et il me semble que Beside était la petite amie de Bernard à l 'époque. Voilà, c 'est ça. Et Bernard Zikri, que je vais connaître plus tard puisqu 'il est rédacteur, en fait, non, il est directeur de ITele et il me fait venir comme rédacteur en chef. Ah, quelle drôle d 'histoire ! Et ça, c 'est pour ça. Super Bernard. Voilà, et qui ensuite a été à Nova et qui maintenant j 'espère qu 'il écrira ses mémoires. Il a déjà écrit un bouquin, mais… Il était aux Inrocks, je crois qu 'il n 'est plus aux Inrocks, mais il a été aux Inrocks ces dernières années, il me semble.
Voilà, c 'est ça c 'est bientôt terminé, Stéphane. Est -ce qu 'il y a quelque chose d 'essentiel que nous n 'avons pas abordé par rapport à cette anthologie qui est essentielle, c' est un cadeau de Noël ? On est bien d 'accord ? Ça coûte combien ? 39 euros !
Dans le milieu de l’édition, c’est un beau livre, c 'est un grand format, c 'est un livre c 'est pas une appellation.
C’est un beau livre, c’est un beau gros livre.
Dans l’édition, on appelle ça les beaux livres, donc c 'est des livres qui sont un petit peu chers, mais qui sont d 'une qualité… Ça peut servir d’arme d 'autodéfense, au cas où.
Remontre-le en grand, C’est 300 pages. Enfin, je ne vais pas vous faire le Pierre Bellemare en télé -achat, mais vous en avez pour votre argent, honnêtement.
Tu peux le faire façon Pierre Bellemare, s 'il te plaît ? Ce sera mieux.
On a repris exceptionnellement 39 euros. Aujourd 'hui, jusqu 'à demain, exceptionnellement. Appelez M6 boutique. là -dedans, il y a 42 interviews, plus les QR Code qui vous amènent à des playlist YouTube, vous allez découvrir de la musique, découvrir des documents d’époque, des reportages d’époque. Il y a encore d’autres choses à découvrir à partir du livre, au -delà du livre.
C 'est génial parce qu 'il y a Ramon Saladier qui a eu exactement la même idée que moi. Alors, je vais te le raconter. Il me dit arrête de troller le prix du livre de Sear ton bouquin de 1991 coûtait 159 francs. Bon, ça fait 26 euros, mais il en coûterait 40 aujourd 'hui. Et c 'est vrai, 159 balles, c 'est marqué là.
Je me souviens de la honte que j’aie 159 balles.
Mais c’était également un beau livre, mon cher ami. C’était un beau livre.
Oui, c’était un beau livre, un peu moins beau sur la forme qu’aujourd’hui, mais il a raison, parce qu 'à l 'époque, nous, on avait à peine 20 piges et c 'était cher d 'acheter un livre comme ça. Aujourd 'hui, on a 40 ans, on a tous un boulot, on peut se payer un livre comme ça à Noël, tu vois ce que je veux dire. À l’époque de la révolution rap, c’était moins accessible pour nous que ça aujourd 'hui.
Alors, attends, ne bouge pas une seule seconde. Tu devais travailler dedans, t 'as rien foutu. Bon, je ne sais pas, il y avait une photo de toi là. Le seul truc, c’est que moi, j 'avais fait un format beaucoup plus simple à voler. Si on compare…
Non, mais attendez, monsieur. Je ne fais pas des livres pour gangrener la jeunesse à tomber dans la décadence. Contrairement, on essaye de les en sortir. Merci, monsieur David.
Très bien, monsieur. Monsieur Sear. Les QR codes, c’est super, en effet. Mon cher Stéphane, il me plaît de te saluer, de te remercier et même de t’embrasser. Je te remercie de ne pas avoir sorti la petite perruque que tu avais préparée. Tu peux le faire maintenant, si tu veux.
Parce qu’en fait, David et moi, c’est une longue histoire. Voilà, un petit peu, un résumé de David et moi. Sear, Ludwig.
Bon, super. Merci beaucoup. Merci beaucoup.
C’est intéressant, j’ai été content qu’on ait pu parler de plein de choses sans langue de bois et tout ça. J’espère que les gens qui ont regardé cette émission, ça leur a plu, qu 'ils ont découvert des choses qui les intéressent.
Lionel te dit merci. Euryale te dit merci
Attends, je vais juste te rendre hommage parce que là, les gens ont compris qu 'on se connaissait, mais c 'est vrai que David a été important au départ de Get Busy.
Farid te dit oui, il y a une VHS de l’émission.
C’est ça. Super Une soirée diapo. Vous pouvez voir l’émission. David nous a beaucoup aidé. C 'est quelqu 'un qui a toujours été fantastique avec nous et que j 'aime beaucoup.
Merci beaucoup Stéphane et bravo. Je crois que c 'est la première fois que je te vois travailler.
Là, tu as fait beaucoup travailler comme d’habitude, mais bel ouvrage.
Faut remercier tous les gens qui ont participé à Grégory Poch, Ryn Mesut, Le Vraige Minassian, Armen, encore Saïd. Tous les gens qui ont fait un peu l 'histoire de Get Busy aussi, qui ont été importants dans cette histoire.
Merci beaucoup mon cher Stéphane. Je vais rester avec le chat quelques instants. Range quand même ta chambre derrière. Ça m 'a l 'air d 'être un beau bordel.
Le problème c’est que j’ai trois vélos chez moi donc c’est un peu problématique.Problème de riche.
Au revoir cher ami. Je t’embrasse. À bientôt.
