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StreetPress : le média dont les fachos veulent la peau

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café, amis de la police. Ils sont trois ce matin, J’ai donc la cafetière à côté de moi parce que en plus, ce n’est pas des rigolos, c’est Streetpress, c’est Christophe, C -Garnier, c’est Clara Monnoyeur Bonjour. Vous vous occupez notamment des affaires de prison et vous avez un problème avec le ministère de l’Agriculture aussi ?
Clara Monnoyeur
C’est ça C’est bien résumé.
David Dufresne
Et Mathieu Molard, très défavorablement connu de nos services
Mathieu Molard
J’ai des problèmes avec plein de gens.
David Dufresne
Vous avez fait des révélations en cascade récemment sur l’extrême droite. J’ai subi des menaces. Lundi dernier, vous avez monté une magnifique newsletter sur l’extrême droite, dont on va parler extrêmement salutaire. Vous avez subi un cambriolage. Vos axes d’investigation, c’est la police, le fascisme, la rue, mais aussi le social, la prison, le racisme. Mathieu Peut être qu’on peut démarrer par vos dernières révélations sur ce groupe d’extrême droite qui s’entraîne au tir.
Mathieu Molard
En fait, c’est un petit groupe qui s’appelle la famille gallicane, qui sont des militants d’extrême droite survivalistes, qui se regroupent sur une chaîne Telegram et dans la vraie vie, parce que tout n’est pas virtuel et c’est important de le dire quand on parle de militants armés et qui s’amusent, s’entraînent au tir avec des pistolets à poudre noire sur des caricatures de musulmans, de noirs, de juifs, on a récupéré des vidéos d’eux où on les voit tirer et on a aussi récupéré d’autres vidéos. On les voit faire la campagne d’Eric Zemmour. Donc la passerelle est directe parce qu’aujourd’hui, derrière Eric Zemmour, ce qui se passe, c’est ce qui s’est passé à la création du Front national au moment où le Front national se crée. Pardon de si bon matin de me lancer dans l’histoire politique.
David Dufresne
Mais vas y.
Mathieu Molard
Vas y mec ! Alors le Front national se crée avec une idée qui s’appelle le compromis national. C’est l’idée qu’il faut unir toutes les familles de l’extrême droite derrière un mec à l'époque qui est plus modéré à peu près d’entre eux. Il s’appelle Jean-Marie Le Pen et à l'époque, c’est un modéré, c’est un modéré, parce que le Front national, c’est les collabos, c’est des très durs qui se regroupent derrière Jean-Marie Le Pen. Et aujourd’hui, ce qui se passe avec Eric Zemmour, c’est un peu la même chose, c’est qu’on voit toutes les familles de l’extrême droite la plus dure. Faire corps serait s’allier. Derrière Éric Zemmour, il y a Génération Identitaire qui a été dissous récemment. Il y a un groupe d’extrême droite identitaire violemment antimusulman qui les a rejoints. On a L’action Française des Maurrassien dont l’ADN est antisémite. Tous ces gens là y sont mis en rang derrière Éric Zemmour. Et c’est eux qui font sa campagne parce que c’est des gens qui ont l’habitude des tracts sur le terrain. Zemmour, il n’a pas de parti et c’est ces mecs là qui font la campagne d’Eric Zemmour, qui collent des affiches, qui organisent des meetings, qui en font l’insécurité. Et donc on a trouvé ce groupuscule qui s’appelle la famille gallicane qui est armée et on continue à bosser sur qui ils sont. Et je peux vous dire que eux ils nous disent, ils ont dit dans Marianne tout ça c’est l’humour, c’est l’esprit Charlie. Parce que là, ils ont après l'été l’un d’eux a ensuite été interrogé par Marianne. Mais ce n’est pas l’humour, ce n’est pas l’esprit de Charlie. Parce que c’est des gens qui, pour certains ont des casiers, qui sont connus de la police et qui sont armés et qui sont, je pense, dangereux.
David Dufresne
Donc vous avez diffusé ces vidéos, ces vidéos, vous les aviez chopé sur un réseau social plus ou moins fermé auquel vous aviez eu accès. Je dis ça parce que ça, c’est un peu là, la patte, la marque de fabrique de StreetPress, puisque vous aviez déjà fait le coup avec d’autres groupes fascistes, vous aviez fait le coup avec des policiers racistes qui s'échangent sur des groupes Facebook. Plus de 5000 policiers.
Mathieu Molard
8000 policiers
David Dufresne
Oui 8000 policiers.
Mathieu Molard
À peu près.
David Dufresne
À peu près c’est quoi cette idée d’aller infiltrer des réseaux sociaux plutôt que d’aller infiltrer directement les groupes ?
Mathieu Molard
Aujourd’hui, grâce à Internet et aux différents réseaux sociaux à la fois, les gens peuvent s’organiser. C’est ce qu’on fait là en ce moment. Quand on est sur Twitch, quand on discute, quand on échange, on crée, on construit quelque chose. C’est ce qu’on fait. C’est aussi ce que font les militants d’extrême droite.Mais c’est aussi tout un tas de portes sur des choses qu’on voyait moins avant et par lesquelles on rentre. C’est la veille parce qu’on n’est pas tout seul. Par exemple, ces vidéos sur la famille gallicane, ce qui se passe, c’est qu’il y a des militants qui les voient passer, qui m’envoie un message en disant on a vu quelque chose, tu devrais regarder là. Et donc il m’indique où creuser et je vais me plonger là dedans.
David Dufresne
Quand je parle de militants, c’est toujours des militants qui sont du bon côté de la barricade, ou parfois ce sont des gens qui, pour une raison ou pour une autre, peuvent se mettre à parler. Parce que ça, c’est aussi la question du lanceur d’alerte de la source qui n’est pas toujours forcément blanc bleu quoi.
Mathieu Molard
Le deuxième groupe Facebook, oui, c’est clairement un policier qui nous envoie ce lien en fait, parce que lui aussi il en peut plus par rapport à ce qu’on y voit. Ça arrive aussi que des personnes d’extrême droite veulent faire manger la poussière à leurs rivaux, mais c’est quand même moins souvent. La plupart du temps, c’est quand même des gens qui ont envie de dénoncer un peu les actes de racisme légal auxquels ils peuvent assister, et notamment dans la police, même si par moments, enfin, il y a certains endroits. Je vois, ça parle beaucoup à d’Argenteuil, du commissariat du 19ᵉ On n’a jamais eu un seul policier qui est venu de nous ne pas parler des affaires de ses collègues, et c’est bien dommage. L’histoire du groupe Facebook du groupe Facebook raciste. Pour remettre en contexte, on sort une première enquête. Un journaliste qui s’appelle Ronan qui publie cette enquête. On dit un groupe Facebook où il y a 9000 personnes ou 8000 personnes réunies qui s'échangent des messages racistes. Et dans la foulée, il y a un policier qui dit Mais attendez, vous n’avez pas de vous, il y en a un autre, Regardez qui nous envoie des captures et qui nous alerte sur l’existence d’un second groupe raciste. Après, il existe des lanceurs d’alerte comme ça. Quand on a bossé sur le tribunal de grande instance à Paris où il y avait au dépôt du tribunal, donc c’est pas mal. Ben Mohamed Al Ahmar qui dit, il se passe quelque chose, il se passe des choses horribles. J’ai essayé de, j’ai fait des rapports, j’ai essayé de dénoncer. Y’a rien qui bouge. Eh ben je vais passer le cran d’après. Je pense à une autre enquête qui malheureusement, et ça m’attriste un peu, on n’a pas eu l'écho, je trouve qu’elle mérite parce qu’elle racontait un sujet intéressant. C'était un policier qui bosse dans la lutte contre l’immigration illégale et qui nous dit La lutte contre l’immigration illégale en France repose sur le contrôle au faciès. C’est l’outil majeur, c’est l’outil principal. Tous les matins, je me lève, je vais à tel endroit et je fais du contrôle au faciès. Ma hiérarchie le sait, ma hiérarchie au milieu ferme les yeux. Elle ferme tellement les yeux qu’elle pipeaux les chiffres qu’elle pilote les tableaux, ce qui a des petits indicateurs internes qui sont censés empêcher ça. C’est un indicateur qui dit combien de contrôles vous avez fait, combien de mecs vous avez ramené ? Quand on est trop proche de 100 %, ça se voit que c’est au faciès. Alors son chef tous les jours, pipeau les tableaux pour pas que ça se voit. Faisait du contrôle au faciès et ce policier nous dit bah, moi j’en ai marre, ça me dégoûte tous les matins de me lever pour aller faire du contrôle au faciès en Seine-Saint-Denis. Et ce policier là, c’est lui qui nous contacte et qui nous dit, j’en ai marre, je vais parler de l’enquête. Pour parler de cet exemple là, l’enquête n'était pas encore sortie, que le policier était déjà convoqué parce qu’il avait dit ben je vais parler, et bien il a été convoqué et on met, on met la pression sur les lanceurs d’alerte parce que si c’est cette réalité là, c’est que dans la police, les gens qui témoignent, on leur met la pression, au mieux on leur colle des procédures au cul. Pardon pour l’expression, mais c’est ça, c’est ça qui se passe. Et c’est aussi pour ça que c’est difficile pour certains policiers de parler parce que tout le système est mis en place pour qu’ils se taisent.
David Dufresne
Est ce que de temps en temps vous vous ne dites pas Finalement, on ne fait que la moitié du boulot en qui est déjà énorme en disant ce qui se passe. Mais sur Facebook, sur les réseaux sociaux, sur Telegram, sur tout ce qu’on veut, mais finalement ne pas aller au-delà de ça. qu’est ce qui motive réellement ces types à faire ça ? Comment ils s’organisent réellement ?
Mathieu Molard
On essaye de le faire, on essaie de rentrer dans la machine. Je trouve que justement l’histoire des lanceurs d’alerte dont tu parles, c’est extrêmement intéressant parce que c’est des gens qui sont dans le système et c’est ça qu’on essaye d’avoir au maximum. J’ai bossé sur l’extrême droite depuis un certain nombre d’années et j’essaye de travailler avec des sources au sein de l’extrême droite et sur la police. On est très heureux d'échanger avec des policiers. On essaie de le faire le plus possible.
Christophe-C Garnier
Pour avoir des sources en interne, je pense que ça change vraiment son rôle. Déjà, pour avoir accès aux informations, forcément avec des personnes en interne, c’est beaucoup plus facile, on est plus proche en fait des informations du sujet. Mais c’est vrai qu’après c’est toujours compliqué aussi pour les personnes en interne de témoigner. On l’a dit, c’est des personnes vraiment qui veulent rester anonymes, qui risquent de perdre leur travail. Enfin, au sein du ministère de l’agriculture par exemple, c’est des gens vraiment qui avaient vraiment peur de parler, qui étaient vraiment terrorisés à l’idée de parler, mais qui voulaient quand même faire changer les choses.
David Dufresne
Varga vous demande que je salue comment se gère le stress et la sécurité des témoins en interne.
Christophe-C Garnier
Et je pense que c’est bien d'être transparent avec les personnes et de leur dire de leur dire clairement les risques qu’elle prenne, qu’elle en ait conscience et qu’elle décide ensuite clairement si oui ou non elle souhaite parler. C’est une discussion. On est là aussi pour répondre quand les personnes qui veulent témoigner ont plein de questions, d’interrogations, de craintes, de peurs. C’est à nous à la fois de les rassurer, à la fois de leur répondre à leurs interrogations.
Mathieu Molard
Ce que dit Clara est tout à fait vrai. C’est à dire que quand on a une source, on échange avec elle et on passe un accord qui est assez clair, qui est de dire on n’ira pas plus loin que ce que toi, en tant que source, tu assumes. Et nous, notre rôle en tant que journaliste, c’est de bien lui faire prendre conscience de ce qu’implique ce qu’elle fait. Alors des fois la source dit ok, moi je vous dis ça, mais je vais être totalement anonyme et pas reconnaissable, sinon on s’engage à ça. On doit être en capacité de le garantir qu’on ne puisse pas remonter jusqu'à cette source. Puis des fois, on arrive à un certain nombre de papiers C’est ce qui s'était passé avec Ammar par exemple, ou à un moment Judith et Christophe, on lui dit : Écoute, c’est simple, soit on sort 10 % de l’affaire et tu reste totalement anonyme, soit si tu veux que la totalité de cette affaire elle sorte, on pourra pas garantir ton anonymat parce qu’il y a des scènes dont tu étais le seul témoin ou il y avait trop peu de témoins et on va te retrouver, c’est à toi de décider et c’est lui qui a décidé. Ok, j’y vais, j’y vais jusqu’au bout, je vais montrer mon visage., c’est un accord qu’on doit, qu’on passe avec nos sources qui reposent sur la confiance. Et des fois, on ne sort pas des enquêtes ou des bouts d’enquête pour protéger nos sources. Ce qui est compliqué aujourd’hui, c’est que on est face à des en face, plus on tape fort, plus on tape juste, plus la bête se défend et donc plus elle va essayer de partir à la chasse aux sources. J’ai écrit avec un collègue Romain d’Angelo, un livre sur Alain Soral.
David Dufresne
Je vais en parler
Mathieu Molard
Alain Soral, c’est un militant d’extrême droite, un militant de l’Internet. Je de dire que c’est un des premiers groupes politiques d’extrême droite qui se créent vraiment sur internet et qui est extrêmement suivi à l'époque. C’est le site politique le plus suivi de France. On enquête sur lui et après la sortie du livre, j’apprends qu’il y a une véritable chasse aux sorcières en interne parce qu’on cherche nos sources et ils tombent sur le râble d’un type qui se trouve ne pas être notre source, à qui je n’ai jamais parlé, que je ne connaissais pas. Ils lui mettent la pression, je ne sais pas si ce type s’est suicidé. C’est à dire qu’en interne, la sorcière est allée tellement loin que ce type s’est suicidé. On a une journaliste qui s’appelle Fanta Kébé que je salue au passage, qui est journaliste pigiste et qui écrit régulièrement pour nous. Fanta est une ancienne policière qui s’est reconvertie dans le journalisme et qui écrit notamment pour StreetPress. Il n’y a pas très longtemps, elle publie un reportage où elle suit un policier qui dit ok, bon, l’article sort, etc. Et quelques semaines après, je reçois un coup de fil lui indiquant qu’elle est convoquée au commissariat parce qu’ils veulent qu’elle donne le nom de ce policier. Elle nous prévient, elle nous dit secret des sources. On appelle notre super avocate Valentine qui prend contact avec ce commissariat qui dit : "Écoutez, nous on veut bien venir. Mais je vous préviens, on va dire qu’une chose c’est secret des sources, c’est tout. On donne, on ne va pas parler, on n’est pas des auxiliaires de police, on n’est pas là pour ça. Chacun son rôle. Et ils disent non mais ok, vous avez le droit de faire ça, mais vous venez quand même. Donc Fanta et Valentine se pointent à la brigade des stups. Arrivés à la porte de la brigade des stups, le commissaire en charge du dossier dit par contre que l’avocate reste à la porte. Alors au final, notre journaliste est assistée de l’avocate du média pour ne rien dire. Mais c’est comme ça. Bien sûr, avant de repartir, on leur dit ah bah soit vous vous parlez, soit enfin, soit vous faites cette audition, soit on va être obligé de creuser dans vos vies pour savoir qui sait quelles sont vos sources. Un fonctionnaire de police menace un commissaire de police. Un commissaire de police menace une journaliste en présence de son avocat d’enquêter sur elle pour trouver ses sources. C’est totalement scandaleux.
David Dufresne
Cela dit, depuis les convocations fort aimables à la DG, ici, il y a des guillemets quelque part dans ma phrase de journaliste Il y a quoi ? Deux ou trois ans maintenant ? On voit bien que ce pli là est pris. C’est à dire que le secret des sources, qui est absolument sacrosaint par la loi de 1881 et autres, on voit bien qui prend des coups de feu, des coups de butoir à longueur de temps. Alors, Mathieu Molard, on va reprendre votre récit parce que ce n'était pas bien clair. Ah, vous l’avez interrompu, C’est moi qui l’ai interrompu,donc tu disais.
Mathieu Molard
Donc, on publie cette vidéo où on voit ces militants tirer sur des caricatures racistes qu’on peut directement rattaché aux équipes de Zemmour, ce qui est une autre vidéo où on les voit coller des affiches vidéo qu’on peut authentifiée, qui est même présente sur les réseaux sociaux des équipes de Zemmour. Ça prouve que c’est vraiment des militants intégrés aux équipes qui font campagne. Et donc le sujet monte et BFM nous invite, m’invitent pour faire 20 minutes uniquement sur ce sujet là, en présence d’un député en marche, d’un confrère de l’ex presque écrit, un livre sur Eric Zemmour et du président de Génération Z, les couleurs d’affiches patentées d’Eric Zemmour. Le débat se passe. On réexplique ce qu’il y a derrière Zemmour, ce qu’on a dit tout à l’heure, qu’il y a tout un tas de groupuscules d’extrême droite, violents, haineux, qui font campagne d’Eric Zemmour parce qu’ils partagent beaucoup d’idées de ce brave candidat. Et à l’issue de cette émission, y a un raid qui s’organise. C’est à dire que plusieurs influenceurs d’extrême droite, des gens suivis par des dizaines de milliers de personnes, parfois de plus de 100 000 personnes sur les réseaux sociaux en même temps, mentionnent mes différents comptes sur les réseaux sociaux, publient des photos de moi, s’en prennent à mes proches. C’est coordonné. Ça se passe en 1 h de temps à peine. Il y a des milliers et des milliers de personnes, alors y crée même un hashtag autour de mon nom. Mathieu Molard devient Mamadou Hitler, un anagramme de mon prénom et mon nom de famille est sur Twitter. Il y a des centaines de tweets utilisant ce hashtag. Au total, ce sont des milliers de messages haineux. Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais ils s’en prennent et menacent directement certains de mes proches qui n’ont rien à voir avec le travail que je fais.
David Dufresne
Donc ça a été un raid extrêmement violent. Mais que réponds tu à certains de ces raideurs qui disent finalement nous, on utilise les mêmes outils que les journalistes, on va regarder les réseaux sociaux pour aller fouiller la vie de telle ou telle.
Mathieu Molard
La question, ce n’est pas l’outil, c’est ce qu’ils en font. Moi je n’utilise pas les réseaux sociaux pour aller m’intéresser aux proches et ensuite moi je fais de l’information. Nous on fait de l’information, on documente, on explique, on détaille, on n’insulte pas, on ne menace pas, on s’en prend pas aux proches de ces gens. Et la dernière chose pour moi, c’est que y a les moyens certes, qui ne sont pour moi pas les mêmes. Il y a l’objet avec nous, on fait du journalisme et puis il y a d’où on part et d’où on parle. David Ça fera référence à un de tes livres qui commence, si je me souviens bien, par cette question D’où tu parles camarade ? Il y a pas de travail égal, l’extrême droite, son objectif, c’est son logiciel de pensée, c’est la désignation d’un bouc émissaire et de déverser de la haine sur ce bouc émissaire. Ce bouc émissaire, c’est le juif, c’est le noir, c’est l’arabe, c’est des fois le pauvre, parfois le journaliste, mais c’est la définition, la désignation d’un bouc émissaire et à qui on colle, on accole tous les maux de la société pour y déverser sa haine, quelles que soient les méthodes employées. Le fond du problème, il est là, il est dans l’idéologie de l’extrême droite. C’est pas qu’une histoire de méthode, il n’y a pas des méthodes et on aurait le droit après tout, si on utilise les mêmes méthodes, tout ce beau monde, tout ne vaut pas. Je ne sais pas si j’ai été clair.
David Dufresne
Extrêmement clair. Vous pouvez rester. Est ce que le fait d’aller à BFM pour pas que tu sois allé à CNews mais BFM, tu y es allé plusieurs fois ? Est ce que. Est ce que tu y vas à reculons ? Est-ce que vous vous posez des questions ou pas ?
Mathieu Molard
J’y allais avec plaisir pour dans ce cas précis, parce que j’y allais pour parler de notre travail journalistique, pas pour commenter quoi que ce soit, mais pour médiatiser un peu plus une enquête dans laquelle on croit. Bon, moi j’ai une vision des chaînes d’info en continu qui sont assez négatives pour moi et contribuent à. Même s’il y a plein de gens bien qui font du travail là bas, mais elles contribuent quand même à faire en sorte que le journalisme soit toujours à flux tendu, alors que pour moi, ça devrait être plus une réflexion. Ce qu’on a la chance de pouvoir faire ici à StreetPress, évidemment. En fait, il faut savoir d’où on parle et où on parle aussi.
Christophe-C Garnier
Je n’ai jamais été invité pour l’instant, donc la question ne se pose pas.
David Dufresne
Est ce que BFM répond à Beauvau ?
Mathieu Molard
Disons que c’est plutôt quelque chose des journalistes en fait. C’est vrai qu’il y a des mecs là, qu’on peut voir partout, du pouvoir au Parisien à Alger, il y a un peu un journalisme de préfecture des fois qui se fait juste de la boîte aux lettres en fait des infos entre guillemets de la préfecture désolée, je déteste quand les gens font des guillemets je n’ai pas pu m’en empêcher. Des infos de la préfecture. Et donc c’est par exemple dans des cas de victimes de violences policières. Une petite info comme ça qui va sortir et qui dit ah mais oui, mais vous savez, la victime n'était pas toute blanche. Par exemple dans le cadre de je ne sais pas, un accident, une personne qui se fait tamponner par une voiture de police alors qu’elle était en moto, On va sortir l’info que cette personne n’avait pas, son permis moto ne l’avait plus ou alors avait une moto volée. Insidieusement, on dit que finalement, cette personne elle a un peu mérité et que bah les policiers sont à plaindre des fois quand on se rend compte derrière que en fait ce n'était pas du tout le cas et que le journaliste a juste servi en fait d’outils de propagande parce que c'était quelque chose de faux, d’un mensonge finalement. Bien, c’est vrai que ça, nous, ça doit nous interroger aussi sur comment est ce qu’on fait du journalisme, comment est ce qu’on fait ce métier. Et donc encore une fois, c’est revenir à d’où on parle, où on parle et à qui on parle.
David Dufresne
BFM défend une vision du monde qui n’est pas celle de StreetPress.
Mathieu Molard
Les chaînes d’information en continu sont des machines médiatiques bien rodées. Je crois que tu le sais mieux que moi, David. Le risque c’est de se faire manger par la machine. On s’en fout des questions qu’il pose. En fait, l’important c’est qu’est ce que nous on veut dire ? Et quelles que soient les questions, on envoie ce qu’on avait prévu de dire pour faire passer le message qu’on voulait. Parce qu’on sait que sur dix ou 20 minutes, tu vas pouvoir prendre la parole trois fois. Si par exemple ils font une discussion sur la police et invitent, ben tu vas être le gauchiste de service. C’est pour y équilibrer leur vision du monde. Ils vont prendre deux policiers, un expert pro police.
David Dufresne
Un Tu oublies le retraité de la police. Par exemple le raid que tu as subi Mathieu la semaine dernière, le raid de facho suite à tes révélations. Sauf erreur de ma part, c’est suite à ton passage sur BFM. Donc là, est ce que, par exemple, c’est une interrogation que vous vous posez aussi, c’est à dire est ce que le StreetPress, malgré tous les tous les progrès qu’il fait en termes d’audience, de réputation, etc. Finalement, pourrait-on être dans la cour des grands ? Il faut quand même passer à un moment donné par un autre par France-Inter, Europa ou BFM. Ou est-ce que vous vous posez cette question là ? Est ce que parfois vous vous dites il ne faut pas y aller, il faut, il faut rester ? Or, hors de ce champ là, est ce que ce sont des questions qui traversent la rédac ?
Mathieu Molard
Malheureusement ? Oui, oui, bien sûr, il y a des questions qui crèvent la rédac et malheureusement on a des infos qui parfois top l’actualité et tant mieux pour nous. Mais. Mais on reste un petit média avec une petite équipe et qui repose en partie aussi sur le soutien que les gens peuvent nous accorder. Et c’est un peu la question. La question piège, c’est un moment il faut où on essaie de grossir pour être de plus en plus pérenne et pour que financièrement, bah soit on ait plus de questions à se poser, mais ça passe par parler, aller parler, aller entretenir une machine médiatique qui ne nous correspond pas forcément. Donc c’est des vraies questions qui se posent dans la rédaction.
David Dufresne
Clara Par exemple, est ce que vous pouvez nous parler de vos révélations et de comment éventuellement vos révélations vous avez dû faire ou non du service après vente ?
Christophe-C Garnier
Avec StreetPress, ça marche beaucoup par les réseaux sociaux aussi. Enfin, pour tous les articles. Les enquêtes qu’on publie, c’est les publier sur les réseaux sociaux, les relancer. C’est comme ça qu’on a une majorité de lecteurs. C’est via les réseaux et moins indirectement par le site en lui-même.
Mathieu Molard
Et ce n’est pas parce que ça n’arrive pas sur BFMTV qu’une enquête n’a pas d’impact. C’est-à-dire qu’il existe un monde en dehors de BFM et de la télévision. Clara tu vas peut être nous raconter ton enquête sur le ministère de l’Agriculture parce que c’est un sujet qui est moins télégénique, peut être moins sexy, mais on est quand même au cœur de la Machine du bois. Et ton enquête a eu un impact direct sans jamais toucher les mass médias. C’est pas pour ça qu’elle n’a pas existé, ce n’est pas pour ça qu’elle n’a pas tourné sur les réseaux sociaux et ce n’est pas pour ça qu’elle n’a pas fait bouger les lignes concrètement, au sein d’un ministère
David Dufresne
Humiliation et larmes au ministère de l’Agriculture, on vous écoute.
Mathieu Molard
Clara.
Christophe-C Garnier
Alors du coup, ça se passe donc au ministère de l’Agriculture, en fait, y’a le cabinet du ministre et à l’intérieur, il y a le bureau du cabinet. Donc c’est un petit organisme détaché qui s’occupe par exemple de traiter les courriers qui arrivent au ministère qui organise les événements. Donc c’est des personnes qui travaillent dans l’ombre, vraiment, pour le ministre de l’Agriculture, donc la chef du bureau du cabinet qui est là depuis deux ans, les agents, en fait de bureau du cabinet se plaignent donc de harcèlement moral, principalement des Ta gueule ! Une pression aussi énorme, une surcharge de travail et c’est vraiment du harcèlement moral au quotidien. Donc les personnes étaient vraiment, vraiment à bout. Il y a eu des signalements auprès des syndicats, auprès de l’IGAS. Donc c’est une personne qui est chargée de faire remonter les dysfonctionnements au secrétariat général où les agents ont alerté tout ce qu’ils pouvaient. Et en fait il y avait rien n'était fait. C’est pour ça qu’ils sont tournés vers nous pour essayer de faire changer les choses. Après la publication, nous qui avons eu une enquête interne, qui a été, qui a été menée, est ce que ça a fait pas mal de bruit ? Mais pour le coup, vraiment, en interne, au sein du ministère
Mathieu Molard
La personne mise en cause a été déportée, a été et a été virée de son poste et semble t il, pourrait être rattaché à un nouveau ministère qu’on connaît bien au poste, un ministère plus régalien.
David Dufresne
Oh non, on ne dit pas et on ne dit pas de mal de la placette ici. Mais bon, quoi, faut les laisser travailler ces gens là.
Mathieu Molard
Mais c’est assez marrant de voir que le harceleur dans un ministère, il dit tiens, où est ce qu’on pourrait le foutre ?
David Dufresne
Vous êtes allés au salon c’est un moment où vous n’avez pas croisé Eric Zemmour et d’ailleurs vous avez expliqué et c’est ça tout l’intérêt du StreetPress, c’est que, au delà de la fanfaronnade de Zemmour, bien à vous, il y a des technologies qui s’intéressent à nous et vous vous intéressez à elles. Donc je renvoie vers l’article Comment l’ex agent de Mia Frye et le rédacteur en chef de Politis sont arnaqués. Des dizaines de sans papiers.
Mathieu Molard
Un titre Kamoulox.
David Dufresne
C’est-à-dire.
Mathieu Molard
Kamoulox et cette émission folle, émission parodique de Canal+ où le but du jeu était de dire n’importe quoi et personne comprenait jamais les règles. Mais bon, c'était très drôle. Mais du coup, c’est vrai que ce titre. L’ex agent de Mireille, le rédacteur en chef de Politis, l’arnaque des dizaines de sans papiers. Même moi en le relisant et je me dis off, c'était quand même un sacré deal.
David Dufresne
Oui, mais c’est une sacrée enquête.
Mathieu Molard
En fait, il s’agit de deux l’histoire d’un homme qui s’appelle Azzedine Djamal que vous avez en bas à droite, là, sur un site d’images et qui en fait c’est fait passer en France pendant quelques années pour un faux avocat spécialisé en droit de l’immigration et qui recevait en fait des sans papiers mandatés d’abord des jeunes de quartiers populaires pour leur ramener des sans papiers en se présentant comme un avocat évidemment, et en les engageant comme assistant avocat. Et donc après, il leur demandait de ramener des dizaines de sans papiers. Vraiment, il y en a des victimes de ce monsieur. Un acte 70 en fait, une fois qu’il les avait entre dans un rendez vous, il en faisait écouter, ils travaillent mal. Moi je travaille super bien et du coup, si jamais vous me donnez comme avance 2000 503 000 4000, 4000 505 000 rouge et je vous régularise en six mois maximum et vous me donnez le reste après. Et ces gens là. Donc donnez cet argent, donnez leurs documents originaux comme des passeports, évidemment, puisque nous avons fait une demande auprès des services de l’Etat. Donc il faut des originaux. Et en fait il n’y en avait jamais. Et on a appris donc aussi que le mari de ce monsieur a été rédacteur en chef de politique. Donc c’est quand même un magazine humaniste qui a fait plus. Enfin qui fait des couvertures pour dire il faut accueillir les migrants. Donc, c’est quand on a vraiment appris cette histoire, on était un peu bouche bée.
David Dufresne
Je fais une toute petite anecdote. Le gars à gauche dont vous parlez, le rédacteur en chef de politique, moi je l’ai, je l’ai connu dans une autre vie, à Libération et Libération, où c'était un chef d'édition absolument extraordinaire. Quand je vois son visage, que je lis votre enquête pour reprendre votre expression, je suis bouche bée. Je suis bouche bée. C’est pour moi incompréhensible. Mais qu’importe. Moi, ce qui m’intéresse ce matin, c’est StreetPress. Cet article, de mon point de vue, montre la maturité de votre titre. C’est-à-dire que vous êtes allés voir de notre côté des faces sombres. Vous ne vous pincez pas le nez, vous n’allez pas ? Peut être, mais en tout cas, vous n’avez pas détourné le regard et vous avez accepté d’aborder un sujet qui fait mal, qui nous fait mal. Est ce que le lien StreetPress avec ce qui est normal et la gauche. Comment vous organisez ça ?
Mathieu Molard
On ne s’est pas posé la question est ce qu’on le fait ou on le fait pas franchement ? Il y a quelques années, en rigolant, on disait StreetPress, on descend des StreetPress, le média qui n’a aucun ami.
David Dufresne
Mais ce qui n’est pas faux, vous n’avez que des faux amis. Je viens de le dire.
Mathieu Molard
Non. La question qui se pose, c’est au moment de d’aboutir, d’accoucher cette enquête. Il y a un réflexe des fois chez lui et c’est normal. Mais des fois chez moi, au moment où je relis ou on décide ensemble du titre de est ce qu’on tape ? Est ce qu’on met les copains politiques dans le titre ou pas ? On a failli pas le faire, on a failli pas le faire. Et puis après on s’est dit mais c’aurait été n’importe quel autre média, évidemment qu’on aurait mis son nom. Mais là, ça c’est un média qui vient de chez nous comme tu dis, qui est de notre camp. Et donc on a hésité.
David Dufresne
Ah non, non, non, non, je ne parle pas comme le préfet Lallement.
Mathieu Molard
Mais c’est vrai, c’est une vraie question qu’on s’est posée. Mais d’ailleurs je vois dans le tien aussi, ça posait la question pour utiliser le titre, enfin le nom de biafrais qui n'était pas vraiment directement concernée par l’enquête. Alors oui et non. Parce qu’au final, ce monsieur, avant d'être un faux avocat, a aussi été agent vrai agent et ça l’a un peu légitimé pour arnaquer d’autres personnes. Mais c’est vrai que c’est des questions qu’on se pose. Alors pour Politis, c'était la question est ce qu’on met les copains de politique de temps en temps dans la sauce pour Mi ? Après c’est vrai que on en revient encore malheureusement à cette idée qu’on est un média, un petit média qui a besoin d'être lu. Et c’est vrai que bon,il y a eu un effet un peu oui, des titres Kamoulox, mais faut aussi voir comment ça a été concerné de LU D’abord sur les réseaux sociaux, Les gens ont été interloqués d’abord par ce titre Kamoulox et après seulement par les infos qui étaient dedans et une fois là dedans. Et en fait, on a amené la presse people à parler de ce sujet. Finalement, on se disait juste ben, c’est l’ancien agent et donc il n’est rien arrivé. Mais d’abord, les premières reprises qu’on a sur ce papier, c’est la presse people, c’est la presse people. Et après seulement on a eu Libération, on a eu le Monde et donc Nom et mythe de moi a été couronné un peu de succès si je puis dire.
David Dufresne
Il y a un truc, Christophe, qui me semble important évidemment, dont vous n'êtes absolument pas responsable, c’est que mettre le nom de quelqu’un en titre il y a 20 ou 30 ans, c'était oublier assez vite. Il fallait aller dans les archives. Là, le nom de famille en titre Google adore les robots de Google, j’adore. Néanmoins, moi je trouve que si c'était vraiment un article courageux qui me semble, fera date dans votre histoire. Donc celui-ci, un hommage que je vous rends. On revient aux fachos. Depuis lundi dernier, vous avez lancé une newsletter hebdomadaire. D’ailleurs, je tiens à dire que je pars sur celle de ce matin.
Mathieu Molard
Demain, c’est demain.
David Dufresne
Bon, comme toujours, très beau graphisme FAF, la newsletter qui décrypte l’extrême droite par StreetPress elle est géniale.
Mathieu Molard
Cette newsletter, C’est un retour au papier. C’est-à-dire que quand on fait une newsletter, qu’est ce qu’on fait ? On dit qu’il y a plus besoin, qu’on n’est plus tributaire des algorithmes de Facebook, de YouTube, de Google. On dit qu’on peut hiérarchiser l’information, qu’on décide de mettre cette enquête sur Zemmour dont on a parlé en premier, puis de mettre d’autres sujets, ensuite de Vallaud-Belkacem, des gens comme ça, en tout genre. On hiérarchise à nouveau l’information. Et donc, en ce moment, dans cette campagne électorale qui s’ouvre, on a décidé de refaire notre petit fanzine papier puisque c’est une page consacrée à l’extrême droite. Et quand c’est sorti le numéro un, il y a des gens sur les réseaux sociaux mal intentionnés qui disaient on dirait un tract du scalp, mais j’ai trouvé ça super comme compliment.
David Dufresne
ou carrément anti Le Pen.
Mathieu Molard
Depuis la création de StreetPress, on s’intéresse à ces groupuscules. On a parlé de Soral avant, on a vu plein de groupuscules, on s’intéresse à eux et on continue. Et cette newsletter, c’est faire cette passerelle, c’est raconter. Oui, Zemmour, oui, le Rassemblement national. Mais tous les mecs qui sont autour, tous ceux qui constituent l’extrême droite
David Dufresne
J ai beau avoir lu dans Le Monde hier un article concernant la déposition d’un responsable du F.B.I. Disant qu’aujourd’hui, aux États-Unis, la menace des suprémacistes équivalait celle de Daesh.
Mathieu Molard
On a parlé de la famille gallicane, donc ses soutiens de Zemmour qui étaient armés. Et je voulais revenir sur leurs armes. Ils utilisent un pistolet qui s’appelle le pistolet à poudre noire. C’est un modèle de pistolet qui a été utilisé pendant la guerre de Sécession. Vous savez, celle- ci le coup des cowboys qui, quand on tire un rapace, fait de la fumée. Et ben ce pistolet là, on peut l’acheter en vente libre sur internet ou dans une armurerie. C’est le pistolet à la mode à l’extrême droite, grâce à un vide juridique qui fait que cette arme est en vente libre.. Comme ça. Il y a des groupuscules armés en France dangereux. Et malheureusement, il y a à craindre réellement qu’il y ait un mec qui fasse un carton, peut être un mec tout seul, peut être une toute petite structure. Parce qu’aujourd’hui, les groupuscules dont on parle les plus dangereux ne sont pas forcément les groupuscules les plus connus. Ce n’est pas vraiment au sein de L’action française ou de Génération Identitaire que se structure ce genre de chose, mais plutôt dans des tout petits groupes qu’il faut aller scruter, observer, enquêter, documenter. Parce que c’est là que germe cette extrême violence qui, très concrètement aujourd’hui, prend la forme de ratonnades, d’agressions au couteau. On en parle très peu, mais à Lyon, il y a régulièrement l’extrême droite qui agresse au couteau des gens. C'était dans la newsletter de la semaine dernière.
David Dufresne
Absolument vous vous êtes donné un peu pour mission de laisser Zemmour aux grands titres et de vous intéresser aux groupes armés. Parce qu’en fait, c’est comme ça qu’il faut les appeler ultra droite. Est ce que c’est un peu ça ou pas ?
Mathieu Molard
C’est un peu l’ADN de StreetPress de tout, en tous les cas, de s’intéresser aux groupes violents qui sont un peu. Qui sont complices en fait de l’extrême droite, tout en étant encore un cran au delà dans la violence fait FN une enquête sur le bastion social en 2018, juste avant six mois avant que y soit interdit par le gouvernement suite à leur action sur les manifestations des gilets jaunes. Mais oui, c’est clairement notre mantra déjà. En effet, tout le monde parle de Zemmour, donc nous on n’a pas vraiment envie de parler de Zemmour a planté un fusil avec des journalistes avec un fusil. C’est évidemment on apporte notre soutien aux journalistes, mais nous, on n’est pas là pour le suivre. H24 Et pour attendre quand est ce qu’il va faire sa déclaration de campagne ? Parce que ça me semblait assez évident. Et puis dans tous les cas, le problème, il n’est pas là. Le problème, il est dans ce qui représente, dans ce que les gens qui le suivent se sentent légitimés, la famille gallicane et qui dit : » Venez, on soutient, et on enjoint nos récents supporters à faire de même pour nous. » C’est typique, c’est vraiment représentatif de ce genre de mouvement qui est dangereux pour notre société. Un truc pour la famille gallicane qui s’arme ce n’est pas. C’est là que pour tirer sur des caricatures à un moment le projet il n’est pas vraiment là. Et quand on voit dans les raids envers Mathieu Molard, quand on dit on va attendre 2022 pour s’occuper de toi avant. Bon, le parallèle il est assez clair quoi.
David Dufresne
Une question de François que je salue. Je suppose que les services intéressent des services avec un S majuscule. Donc le renseignement s’intéresse bien plus aux mouvances d’extrême gauche que d’extrême droite.
Mathieu Molard
Sur les services, il y a surtout eu focalisation ces dernières années sur le terrorisme islamiste et ce qui fait que tous les moyens ont été mis là dessus. Sur les moyens qui mettent sur l’extrême gauche, il y a en tout cas à l'échelle des renseignements territoriaux ou locaux, effectivement un focus sur la gauche radicale. Faut pas non plus fantasmer le génie des services de surveillance. En France par exemple, ils n’ont pas vu venir les gilets jaunes et ils se sont fait taper sur les doigts assez sévèrement parce qu’ils n’ont rien vu venir et que tout en haut, là, ils ont un peu. Ils ont un peu flippé quand ils ont vu les gilets jaunes arriver et qu’ils avaient rien empêché du tout. Alors ils sont en train de réévaluer les menaces. Il y a un rapport qui a été évoqué par nos confrères de Politis il y a quelques mois, où ils commencent à faire remonter dans les risques potentiels terroristes l’extrême droite qui sous entend qu' ils se mettent en marche pour essayer de les surveiller un peu plus mais il y a une sous dimension.
David Dufresne
Sous dimension qu’on peut aussi remarquer par le fait qu’il n’y ait quasiment pas de déclaration ministérielle. Il n’y a aucun accompagnement de com. sur les opérations de police concernant l’extrême droite ou l’ultra droite, ce qui quand même signifie des petites choses. Est ce que c’est une gêne ? Est ce que c’est moi ?
Mathieu Molard
J’ai une explication pour ça quand même. Où va où ? On va dérouler un peu le cv de notre ministre de l’intérieur. On a comme ministre de l’intérieur Mr Darmanin.
David Dufresne
Attends, attends, on salue, on salue. C’est ses lieutenants qui nous écoutent.
Mathieu Molard
Bonjour Monsieur Darmanin,tu as commencé.
David Dufresne
Assez marrant que tu dis ça, ça me rappelle un truc ça.
Mathieu Molard
Ça me rappelle aussi un truc.
David Dufresne
Raconte le, c’est intéressant. Et après tu aurais appris à le servir dans la revue de presse.
Mathieu Molard
Les idées en place.
David Dufresne
T’inquiète, on est là pour ça.
Mathieu Molard
La police a un service qui tous les jours fait une revue de presse, deux des différents articles qui parlent d’elle. Il y avait un policier consciencieux qui mettait les articles qui disaient du bien de la police et aussi ceux qui étaient critiqués parce qu’ils considéraient que c'était une bonne information ne donne pas que des bonnes nouvelles. Et donc, dans cette revue de presse, il avait mis un article de StreetPress critiquant la police et le lendemain, il s'était visiblement fait taper sur les doigts parce qu’il avait effacé l’article de leur propre revue de presse interne.
David Dufresne
« Il ne faut pas désespérer Billancourt », il ne faut pas désespérer Placebo, Mais un peu ça alors. Et alors ? Donc tu voulais dérouler le cv du ministre de l’intérieur ?
Mathieu Molard
Le ministre de l’Intérieur a commencé comme attaché parlementaire d’un député de droite qui était lui même un député de droite et un ancien de L’action française et lui même, sans pouvoir affirmer de manière certaine que Darmanin est ancien membre de L’action française, on peut affirmer de manière certaine quand il était jeune, il était membre, on sait pas de manière certaine mais en tout cas proche puisqu’il écrivait pour eux d’une certaine extrême droite que l’extrême droite maurrassienne, antisémite et Darmanin vient de là. Donc je ne suis pas étonné qu’aujourd’hui cet homme ne fasse pas trop de publicité. Des dangers d’un camp dont il a été un membre actif parce que quand on écrit des articles dans une publication d’extrême droite, c’est qu’on est le membre actif d’un camp.
David Dufresne
Je parlais des gilets jaunes, vous aviez sorti il y a deux ans maintenant je crois, un documentaire qui était vachement bien : »Gilets jaunes, une répression d'état » et j’invite tout le monde à aller le voir. Il est toujours disponible sur YouTube. Il avait un site à Rome une enquête sur le maintien de l’ordre dit à la française et ce qu’il en restait ou pas. On ne va pas parler de ça. Ce documentaire qui va cartonner, Vous allez faire trois 700 000 vues très vite. Quelque chose comme ça va être démonétisé par YouTube.
Mathieu Molard
C’est une grande machine qui a comme objectif de faire des vues pour créer des supports, pour vendre de la publicité, c’est ça YouTube, YouTube, c’est le but, c’est de créer plus de monde qui regarde le plus de choses possibles pour coller de la publicité sur ces choses. Sauf les annonceurs publicitaires, il y a des trucs où ils n’ont pas vraiment. Il se trouve que ça fait pas vendre des brosses à dents de faire des films sur le maintien de l’ordre, Ça fait pas vendre des brosses à dents de parler des violences policières, ça fait pas vendre de brosses à dents de parler de l’extrême droite. Donc quand on propose des enquêtes, des documentaires sur des sujets comme ça, ils sont régulièrement démonétisés ou au moins monétisés selon les cas. Et donc ça a un impact direct sur nos revenus et en plus sur la visibilité que YouTube accorde à ces films, c’est une logique économique. Il vaut mieux faire des vidéos rigolotes et sympathiques que de faire de l’enquête. Ça rapporte plus d'être sympa. On fait du documentaire et sur le documentaire, on a aussi monté une boite de production de documentaires, on fait des documentaires pour nous, mais on fait aussi un peu des documentaires pour d’autres. Pour une raison très simple, c’est que là, on a un média indépendant, on n’a pas beaucoup de moyens. Alors on vit grâce, en partie grâce aux dons des lecteurs. Je sais, à l’instant publicitaire.
David Dufresne
Vous faites un truc assez rigolo, je vais le montrer. Il y a très peu de médias qui font ça. Donc ça, c’est le rapport d’activité de 2020, celui de l’année dernière.
Mathieu Molard
On dit qui nous a donné de l’argent, d’où vient l’argent, comment on l’a dépensé et comme ça on a rien à cacher, tout n’est pas parfait. Des fois, on peut critiquer des choix qu’on a faits, c’est très bien, discutons en, ayons des débats. Mais, il est important d'être transparent. On demande la transparence, on espère être un outil de transparence par nos enquêtes, mais on se doit d'être transparent nous mêmes. Tout ce qu’on fait, on le dit comme ça. Vous savez, si on est susceptible d'être influencé par une source parce que tout le monde est susceptible d'être influencé et on n'échappe pas à cette règle. Mais au moins l’info est là et vous pouvez aller chercher cette information là et on est transparent. On reste aussi gratuit pour une raison assez centrique. Si on était sur abonnement, on aurait moins de lecteurs aussi, malheureusement, parce que tout le monde ne paye pas aujourd’hui pour des médias.
David Dufresne
Le raid que tu as subi, Mathieu est ce que ça a eu pour incidence d’avoir par exemple plus de plus de dons pour StreetPress ou presque ? Est ce qu’il y a eu une solidarité financière qui s’est exprimée à ce moment là ou pas ?
Mathieu Molard
Disons que l’enquête qui a précédé le RAID a déclenché des dons. Et c’est vrai qu'à chaque fois qu’on publie une enquête, ou souvent, à chaque fois, il y a des gens qui se disent qu’ils font du bon boulot, donc je vais les soutenir. Le Raid a parfois un affect assez prolongé, ça après on n’a pas le but
David Dufresne
Quand on est d’accord, c’est trop cher payé, ce n’est pas la question.
Mathieu Molard
Mais en tout cas on n’a pas essayé de le faire. Et puis il faut gagner sa croûte, on fait des choses des fois aussi pour rentrer de l’argent parce qu’on en a besoin. Là par exemple, pour ma part, on n’a pas à partager les liens en disant donnez nous de l’argent juste après avoir partagé le communiqué là dessus, parce que, le but c'était qu’on n'était pas dans cette logique là. Après, il y a une solidarité qui se met en place. J’ai reçu énormément de messages de soutien de confrères, de lecteurs ou d’amis, de gens que je ne connaissais pas. Et c’est vrai que c’est sans fin. Ça fait quand même du bien de voir qu’il y a des gens qui nous soutiennent Ça fait aussi que ces messages là font aussi qu’on continue, qu’on lâche pas, qu’on sort un numéro deux une semaine après, de la newsletter récurrente, numéro trois, numéro quatre, et qu’on va continuer à enquêter sur ces sujets là et qu’on ne renonce pas et qu’on ne baissera pas les bras.
Mathieu Molard
Est ce que tu peux nous raconter ton prochain article sur les prisons, je crois cette semaine si on ne m’a pas trompé ?
Christophe-C Garnier
Oui c’est ça. C’est sur les détenus qui sortent d’une longue peine de prison. J’ai pu interviewer donc plusieurs détenus qui ont passé entre cinq et quinze ans enfermés derrière les murs.
Mathieu Molard
Comment on est après quinze ans derrière les barreaux ?
Christophe-C Garnier
Bah en fait, il y a vraiment enfin la joie de sortir on va dire. Vraiment l’excitation de la sortie. Et en fait, très vite après, il y a le choc en fait d'être dehors qui est en fait très violent. On se dit que ça y est, c’est terminé et que la vie reprend. Et en fait c’est vraiment un choc. C’est vrai qu’après quinze ans passés en prison, en fait, il y a parfois des vrais traumatismes. Ça peut être de simples réflexes, c’est à dire des personnes qui gardent des réflexes de l’enfermement, qui n’arrivent plus à vivre dans des grandes pièces, donc qui continuent pendant quelques mois à vivre dans leur chambre ou une petite pièce, qui ont le réflexe constamment d’allumer la lumière ou d’oublier d'éteindre un robinet parce qu’en prison, c’est automatique, ça peut être de simples réflexes à des traumatismes. J’avais une personne qui me racontait que la violence qu’il a pu voir et le stress, l’enfermement faisait que dès qu’il est à l’extérieur, en fait, il analyse tout. Il est vraiment dans l’hyper vigilance, constamment, au cas où il y a un danger qui s’il faut se défendre et en fait c’est vraiment sur le fait que c’est très difficile en fait de se réinsérer après des années en prison pour réapprendre le contact avec les autres à faire confiance.
Mathieu Molard
C’est quoi l’histoire ? Le truc qui a le plus touché.
Christophe-C Garnier
Je pense, c’est vraiment l’image qu’ils ont un peu de même quand ils n’arrivent pas en fait à se détacher de l’image d’anciens détenus qu’ils ont. Et c’est ça qui est assez impressionnant. C’est la raison. Il se pose souvent la question si la personne qui croise dans la rue sait qui sortent de prison, ils s’en tireront toujours un peu considéré comme ancien détenu.
Mathieu Molard
On est marqué au fer rouge quand on sort de prison, il y a une histoire, un truc ou on change de sujet.
David Dufresne
Là les amis, Vous avez un cours d’animation de rédaction par Mathieu Molard, jeune rédacteur en chef du dénommé webzine de StreetPress. Voyez comment il anime une rédaction. C’est un travail absolument extraordinaire. Il est en train d’accomplir sous vos yeux.
Mathieu Molard
Après, je te laisserai parler, David,depuis deux ans, Christophe documente les violences policières subies par les habitants. Donc il y a 45 victimes, mais en plus. Donc il y a des gentils qui m’en ont parlé et qui en parlent là dans le tchat, s’il y a eu un tir de lui était encore dans la tête d’un jeune ce samedi. Donc c’est des choses qui continuent. Mais oui, en fait, qu’est ce que c’est comme violence ? Mais il y a déjà les violences physiques à proprement parler, donc amour. Malheureusement, ce que ce jeune a vécu là. Une autre histoire d’un jeune qui avait failli perdre son œil suite à un coup de crosse de LBD. Une interpellation pour zéro raison au final, parce que le jeune a arrêté là. Il y a eu ça. Il n’avait rien donné, mais le jeune avait quand même failli perdre son œil. Et puis après d’autres histoires de violence, des coups, des brûlures, des choses comme ça, il y avait après les violences verbales, c’est-à-dire des insultes et évidemment énormément d’insultes racistes. Je vous laisse deviner. Mais il y avait aussi après ce qu’on a appelé des violences institutionnelles slash financières, c’est qu’en fait il y avait d’ailleurs ce n’est pas la peine de parler au passé en fait, des gens qui vont se retrouver avec plein d’amendes sans savoir vraiment pourquoi. Il y avait une dizaine de jeunes de la cité Champagne qui m’avait expliqué que juste après avoir voulu dénoncer au sein du commissariat des fonctionnaires de police Killer qui les violentent, qui les harcelait, eh bien ils avaient reçu toute la semaine des amendes, des amendes à 23 h pour déversement de liquides insalubres sur la chaussée, enfin je ne sais plus, mais des amendes liées au code de la route, vraiment ? Et les violences institutionnelles ? Il y avait aussi le fait d’interpeller des gens et puis leur déchirer leur carte d’identité. Donc ça, ça amène à refaire payer des timbres fiscaux, enfin ce genre de choses là. L’action que j’ai trouvée, enfin, qui m’a le plus ahurie, qui est pas forcément la plus violente, mais qui est la plus mesquine, qui prenait des gens, leur disait mais ta carte d’identité ou ton passeport, on va te faire un contrôle d’identité, on t’emmène au poste et en fait ils les emmener pas du tout au commissariat et les emmener dans une forêt sur l’autoroute à quelques kilomètres de là. Et puis c’est anormal en fait, on sait que maintenant tu rentres à pied.
David Dufresne
C’est une série Il y a très longtemps, un pourquoi tu as continué et deux tu n’as pas des moments de découragement ?
Mathieu Molard
Qu’est ce qui fait que ça continue ? Bah c’est que des gens continuent d’envoyer des histoires et donc notamment une personne qui s’appelle Ali qui lui vient de Nanterre et qui nous a contacté. Bah vraiment en janvier février de l’interface de Steiner 2021 pour dire, le 1ᵉʳ juillet 2019, je me suis fait couper la route par des membres de la BAC et j’ai évidemment des voitures passe pas sérigraphiés. Donc il a klaxonné et la voiture est arrivée. Il a vu que c'était des policiers parce qu’il y avait un gyrophare sur le tableau de bord et donc il a il s’est rangé sur le côté et les policiers ont commencé à le frapper, lui et sa femme, et l’ont embarqué. Il a fait 18 h de garde à vue pour aucune raison le vraiment, il n’y a pas eu de procédure derrière et il a reçu des amendes. Après, pour encore une fois des raisons qui, à son sens, étaient fallacieuses, sa femme avait commencé à prendre une vidéo au moment où les policiers sont arrivés pour le violenter. Une vidéo. Le téléphone a été vendu très rapidement, mais on a quand même pu voir sur ces vidéos des éléments sur les policiers on raconte l’affaire. Il y a normalement une ouverture d’enquête parce qu’il avait témoigné auprès du GEIPAN. Fin bref, une enquête qui au final n’a rien donné. Alors que, un mois après la publication de ce papier, on a eu une autre personne qui, disait elle, avoir été violentée en août 2019, donc très peu de temps finalement après lui. Et en fait, cette personne aussi avait une vidéo sur sa femme d’une interpellation cette fois ci, qui se passait dans le centre d’Argenteuil. Et sur cette vidéo, en fait, on a reconnu deux des policiers qui étaient déjà dans l’histoire. Et donc ça on l’a raconté dans l’article, on a posé nos questions à la aussi comme à la préfecture de police, en disant on a identifié cette personne là, ça fait deux fois qu’ils reviennent. Est ce qu’il y a des sanctions administratives qui sont prévues ? Rien que ça en fait, on vous a pas répondu sur ce point là et l’enquête donc que Ali Abbes avait demandé au PDG, Ben n’a absolument rien donné, elle a été classée sans suite et donc du coup ben ouais, c’est des moments comme ça où on se dit un peu mais en fait, à quoi ça sert, à quoi, à quoi ça sert que ces gens viennent nous parler et espèrent changer les choses ? Et au final, ça changerait.
David Dufresne
À propos des idées de ce que les gens pensent de vous. Question très pertinente et très étonnante. C’est la question marketing du matin. Deux sentiers battants À propos d’enquête. Avez-vous fait une enquête d’opinion sur votre lectorat ? Tranche d'âge, classe sociale ? Revenu, peut-être.
Mathieu Molard
Il y a plusieurs années, on avait fait une enquête, on avait envoyé un questionnaire aux lecteurs qui voulaient bien répondre, on le refera peut-être. On a quand même des données grâce à nos amis les GAFAM qui collectent énormément de données sur les gens sur qui que ce soit, les gens qui regardent les vidéos sur YouTube, sur Facebook, sur les différents abonnés, sur nos réseaux sociaux, qui nous permettent d’avoir une estimation. Sur ce qui est des articles écrits, nos lecteurs sont majoritairement entre 25 et 35 ans à plus de 50 %. Un quart de nos lecteurs a moins de 25 ans et un quart a plus de 35 ans. Sur YouTube, c’est plus jeune, c’est un petit peu plus jeune, 18, 30 ans, c’est beaucoup, beaucoup de garçons. Là où sur les articles écrits, on est plus légèrement plus lus par des hommes que des femmes, mais on est plus proche de la parité, c’est un peu les infos qui viennent des GAFAM.
David Dufresne
C’est flatteur 37 %. Les oppose, tient son abonné à 32 bientôt. Bon alors les 32 % des 32 %, là, bientôt, c’est maintenant. Si donc vous quittez le PS tout de suite, 23 % de la police, huit non ça et huit là et 8 % là, vous faites quoi ? Allez hop, Papa Pop ! Chers amis, je vous garderai bien encore 3h, mais je préfère vous reconvoquer plus tard et un autre jour, si vous avez quelque chose à ajouter pour votre défense, c’est le moment.
Mathieu Molard
Abonnez vous à la newsletter. FAF est gratuit qui est hebdomadaire ? Soutenez la presse indépendante, dont StreetPress dont aux pages Blaze dont le média, dont Bastamag dont le bon dit blog dans plein d’autres. Je vais me faire engueuler parce que j’en ai oublié. Continuez à partager nos articles sur les réseaux sociaux, Twitter, Instagram, Facebook, à nous envoyer des petits messages aussi, ça nous fait toujours plaisir. Et ! Merci à vous de nous avoir suivi, écoutés et rendez vous. A bientôt.
Christophe-C Garnier
Du coup, on a rendez- vous mardi pour la newsletter.
David Dufresne
Bon allez, je vous embrasse, amusez-vous bien ! Bon courage.

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