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Syndicats de police : on refait #ComplémentDenquête

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
C’est à cette heure ci qu’on prend le service ou quoi ? Bonjour Fabien, Comment vas-tu ?
Fabien Bilheran
Très bien. Et toi ?
David Dufresne
Eh bien, ça va, très bien. Tu étais déjà là il y a une semaine ou à peu près un peu plus. C est un lanceur d’alerte, ancien policier de la brigade des stups, qui aujourd’hui s’occupe entre autres choses de la prévention des suicides au sein de la police et qui a sorti le livre L’omerta dans la police avec Agnès Naudin Vous étiez venu il y a quelques jours ?
Fabien Bilheran
Tout à fait vendredi dernier. Effectivement, ce bouquin continue de vivre et de diffuser largement dans la police
David Dufresne
Dans la police. C’est à dire vous avez eu des échos ?
Fabien Bilheran
Je n’ai pas eu beaucoup d'échos officiels parce qu’on a l’impression qu’il y a un silence radio pesant, on va dire, de des responsables de l’administration. Mais en tout cas en interne, il y a beaucoup de policiers qui nous ont contactés pour nous remercier d’avoir pris la parole et d’avoir porté les sujets. Et et c’est de plus plusieurs dizaines de messages en fait qui nous soutiennent, ce qui est ce que j’imaginais ? Pas autant en tout cas. Oui, avant la diffusion de ce livre et tous les jours, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup d’appels et de messages pour des policiers qui se sentent concernés. Donc voilà, on espère que la lecture va permettre de la réflexion et en tout cas de la remise en question. Donc voilà, on va continuer dans ce sens. Donc si pas, merci de me recevoir encore une fois aujourd’hui parce que j’imagine que notre sujet va être passionnant.
David Dufresne
Je l’espère. Donc si je comprends bien, on est en train de ficher tous les flics pas contents quoi.
Fabien Bilheran
C’est ça ? On a, on est en train de faire un fichier illégal justement de tous les policiers mécontents de la police et ça fait beaucoup. Donc non.
David Dufresne
Je rigole, mais est ce que est ce qu’ils prennent des précautions ou pas tes anciens collègues à te contacter ? Donc je précise donc que Fabien vient de publier au Cherche-Midi avec Agnès Naudin, un livre avec vous. Vous avez cinq six collègues à vous, plus vos deux témoignages, c’est ça ?
Fabien Bilheran
Alors ces quatre collègues non plus. Nos deux témoins. Voilà, c’est ça.
David Dufresne
Six témoignages de l’intérieur. Deux policiers soit qui sont partis comme c’est ton cas, soit qui sont encore en poste, qui parlent ouvertement de problèmes avec la hiérarchie, des problèmes avec la politique du chiffre, des problèmes avec la doctrine des problèmes avec l’institution des problèmes avec les syndicats. C’est bien pour ça qu’on va être là aujourd’hui de certains syndicats de police. Donc là j’ironise, mais en fait tu as fait un travail de lanceur d’alerte. Et donc voilà. Et donc, est-ce que les anciens collègues ou les collègues prennent des précautions, ou il y a un sentiment d’immunité et on est au contact très tranquillement sous leur nom en disant Y vas y eux, comment ça se passe ?
Fabien Bilheran
Il y a les deux, il y a les deux profils. Il y a deux types de profils, on va dire. Il y a ceux qui sont vraiment un peu désespérés, même les témoins d’ailleurs, qui nous contactent directement, ouvertement, parce qu’ils n’en peuvent plus et qu’ils veulent que ça change. Ouais, donc eux ne prennent pas de pincettes parce que voilà, ils sont pour la plupart un peu comme nous d’ailleurs, engagés depuis des années dans un long combat administratif. Donc c’est, on va dire la révélation d’autres lanceurs d’alerte. Et à côté de ça, il y a des policiers plus discrets qui passent par des canaux, on va dire plus, plus sécurisés pour prendre contact avec nous, justement parce que ils ont aussi des choses à témoigner et à révéler potentiellement.
David Dufresne
Alors on va, si tu veux bien regarder ce reportage de complément d’enquête, Alors attends, je vais aller le chercher. C’est pour ça que j’ai une idée, là. Si je crois, c’est même, j’en suis certain, c’est la première fois qu’on fait une telle chose au poste, c’est à dire ce qu’on appelle un react avec un invité. J’en ai fait une fois. Je ne suis pas trop friand de ce genre de choses parce que je trouve que c’est un peu facile d' aller sur le dos du travail des autres. Mais là, il y a quelque chose qui nous légitime dans la démarche, je crois, c’est que toi, on va le voir, tu es un personnage central de ce reportage et moi j’apparais ici ou là, donc bon, on a quand même le droit de donner un peu notre point de vue sur cette source, sur cette sur cette histoire. L'émission a été diffusée le 1ᵉʳ décembre, alors je vais la lancer dès que tu veux que je m’arrête. Euh je m’arrête là, je la lance. L'émission dont tu as Tristan Valeckx présente l'émission le Problème de la police, c’est la justice.
David Dufresne
Diffusée le 1ᵉʳ décembre sur France2 C’est extrêmement important. À ce moment-là, des élections professionnelles démarrent, ‘il y a un enjeu électoral, financier et syndical énorme. Est ce que tu entends bien le reportage ?
Audio
Bonsoir, vous les voyez défiler sur les plateaux télé pour commenter les faits divers. On vous raconte ce soir les coulisses des syndicats de police pour leurs adhérents, ils obtiennent de multiples avantages, mais pas toujours très avouables. On a retrouvé des documents internes de la police pour que certaines dérives inquiètent jusqu’au sommet. L’Administration médiateur préconise notamment qu’il faut refuser la pratique des passe droits syndicaux. Oui, c’est écrit noir sur blanc. C’est pas moi qui le dit, c’est le médiateur interne à la police nationale. Si défendre un collègue qui adhère à un syndicat, c’est bénéficier d’un passe droit, j’ai l’impression que c’est plutôt le sens même du fait d’adhérer à un syndicat. Avec 70 % d’adhérents, ils arrivent à imposer leur thème, proposer leurs propres lois et ils semblent même parvenir ces derniers temps à terroriser les ministres de l’intérieur.. Arrêtez de me prendre pour un con ! Vous n’avez à chercher du pognon nulle part. Je me lève, je me barre. Vous allez le chercher à l’Élysée. On revient dans 2 h et soyez à l’heure.
David Dufresne
Donc là, on est dans le truc classique aujourd’hui, des reportages depuis dix quinze ans. C’est à dire il y a une espèce de teasing avec les moments forts ou qu’on retrouve d’ailleurs parfois on ne parle pas forcément. Donc là on nous balance des gens, nous dit pas qui ils sont, mais ça ce n’est pas grave, c’est pour attiser le chaland. Toi Fabien, je le disais à l’instant, tu sais que tu es interviewé, tu sais que tu vas apparaître dans le reportage à ce moment-là. Tu sors ton livre au même moment. Dans quel état d’esprit tu es quand tu. Quand as-tu vu ces premières images ?
Fabien Bilheran
Je me dis que voilà, on va enfin me parler des syndicats de police avec un regard critique. On va dire plein d’espoir par rapport à ce complément d’enquête qui emmène dans les coulisses. Moi, il m’a reçu, ils sont venus me voir pendant environ 5 h d’enregistrement. Donc je me dis voilà, ils ont pas mal de matière, pas mal d'éléments et j’espère que ça va pouvoir faire émerger en tout cas une réflexion. Voilà encore une fois critique parce que je ne pense pas au manque d’esprit critique par rapport au rôle des syndicats. Et voilà, je suis comme tous les téléspectateurs on va dire, rageuse. J’ai hâte de découvrir un petit peu le leur est ce qui va, ce qui va être dans le documentaire. Alors, que fait la police ? On posera la question à un ancien grand flic, Frédéric Péchenard. Il a été directeur général de la police nationale de 2007 à 2012 sous Nicolas Sarkozy et il nous rejoindra ici à la Bourse du travail de Seine-Saint-Denis. Ce sera juste après l’enquête de Julien Daguerre. Vincent Piveteau et Vincent Bucher. A pour. Ce qui s’est passé cette nuit du 20 octobre 2019. N’aurait jamais dû s'ébruiter. Aux alentours de 3 h du matin. Dans les locaux du commissariat de la ville. Un mineur est placé en cellule de dégrisement. Le voici sur ses images. Il vient d'être interpellé en pleine rue, alcoolisé et en possession d’une matraque. Au bout de quelques minutes, l’adolescent de seize ans excité est extrait de sa cellule.
David Dufresne
Dans le cas, par exemple, de Fabien. La cellule tel qu’on l’a vu s’est dit c’est le genre de cellule que toi tu dont tu parles dans ton bouquin ou comment tu la qualifierais cette cellule, elle est plutôt propre, elle est plutôt bien.
Fabien Bilheran
Je dirais une cellule classique de commissariat avec, mais on le voit que quelques inscriptions sur les murs, quelques graffitis on va dire, et autres. Et c’est très rustique. Je veux dire, c’est un matelas fin à peu près comme ça, je ne sais pas moi. Allez, maximum quatre cinq cm avec une couverture pour passer la nuit quoi. Donc c’est des conditions quand même assez peu, un peu rudes on peut dire, mais c’est le on va dire c’est des locaux, on va dire classiques à peu près dans tous les dans tous les services de police, il y a des locaux qui sont récents, qui sont en qui, qui paraissent un peu plus neufs, mais en tout cas très vite, on retrouve ces mêmes types de dégradations dans les cellules et des conditions plutôt raides pour passer la nuit.
Audio
Le couloir. Il est alors entouré par cinq policiers assis sur un banc, menottés. Le mineur, les insultes étant tout de même un croche-pied. C’est à ce moment précis que la situation dérape. Deux des agents explosent et vont rouer de coups l’adolescent. Comme nous le raconte un policier témoin direct de la scène. Je décroche dans la bouche de droite, dans les coins les plus reculés, attachés. Mais là on s’interpose, tu me prends par beaucoup de choses. Cette agression a été filmée par la caméra piéton de l’un des agents présents ce soir là. Des images saisies depuis par la justice et retranscrites sur PV dans les moindres détails. Lionel dépose une deuxième série de coups. Un coup de poing droit au corps plus un second coup de poing. Immédiatement après, le mineur se débat et tente de riposter. Jean-Christophe V. L’insulte. Enculé de mineur, Tu vas la fermer, ta gueule ! Lionel lui donne alors un coup de pied porté du haut vers le bas et le piétine. Jean-Christophe V lui frictionne la tête au sol à de nombreuses reprises. Un déchaînement de brutalité de treize minutes au total. C’est une violence inouïe dans un film. Mais qu’est ce qu’on a nous aussi ? Eric ? On était quatre ou cinq, on est là, on est cinq, quasiment dans la même réaction, mais en plus on s’est interposé devant le jeune qui me crie que vous appelez au secours demander de l’aide et du secours.
David Dufresne
Alors là Fabien, je voudrais te poser une question est ce que tu vois cette scène en te disant il est 22 h 30 ? Une partie des téléspectateurs découvre la brutalité policière, la violence policière, certaines pratiques ainsi complètement dingues de montrer ça. Ou est ce que tu te dis Au fond, on veut faire croire, comme ironise d’ailleurs un peu le Tchad. Ah les pauvres, ils ont dérapé, mais d’habitude, c’est pas comme ça. Comment toi, tu vis la scène ?
Fabien Bilheran
J’ai un peu des biais on va dire, par rapport à cette scène bien sûr, puisque c’est une scène qu’on raconte dans le livre, dans le témoignage de Jean-Marc, notamment à Pau. Absolument, avec tout le background, si je puis dire, de ce qui s’est passé aussi derrière. Donc j’imagine qu’on va en parler peut-être un petit peu après le temps de dérouler l’enquête, mais en tout cas pour moi.
David Dufresne
Dis donc, tu vas répondre le Fabien à l’avocat ?
Fabien Bilheran
Non, Je ne veux pas répondre directement parce que quant aux éléments qui vont arriver après dans le reportage.
David Dufresne
Ok.
Fabien Bilheran
Mais ce que je peux dire, c’est que j’ai envie de dire malheureusement, je ne suis pas choqué par les images ou par les faits rapportés parce que c’est des choses qui se passent plus ou moins régulièrement dans les services ou tous les policiers en tout cas ont connaissance de ce genre de faits. Donc moi en tant que policier, je suis pas surpris. Par contre je suis je. Je me dis en tout cas que pour une fois, on apporte à la connaissance du public des faits qui sont éloquents et qui sont en général tues du grand public et qui peuvent se passer malheureusement tous les jours dans divers services ou divers commissariats.
David Dufresne
Mimi même dit alors toi, tu n'étais pas là ce jour là. Mais dis, est ce que enculé de mineur ? C’est bizarre comme insulte, non ? Est ce qu’il a vraiment dit ça ? Est ce que d’après toi ça a été retranscrit sur PV ? Donc a priori, il a dit ça. Qu’est ce que ça veut dire ? Ça veut dire enculé de mineur, ça veut dire comme tu es mineur, tu vas m'échapper en partie de par certaines protections légitimes des mineurs par la loi. Est ce que c’est ça que ça veut dire ? Est ce que c’est l'énervement face à ça ?
Fabien Bilheran
Je ne suis pas sûr que ce soit ça qui énerve le plus le policier. Je pense que le croche-patte a dû largement les énerver. Mais les insultes en tout cas. Je ne sais pas si ça a été dit mot pour mot comme ça. Ouais, ouais, je suis comme vous. Je regarde ce qui est, ce qui a été dit, mais en tout cas, ça dénote un sentiment de frustration des policiers qui considèrent que les mineurs ne sont jamais condamnés par la justice, en tous cas à des peines de prison. Et pour eux, c’est une frustration puisque plusieurs. Il peut y avoir plusieurs affaires. Un mineur qui peut être interpellé plusieurs fois pour différents petits délits et pour un policier en tout cas, un policier violent comme ça, s’il ne va pas en prison, c’est un échec. Donc quelque part, ça s’inscrit. La logique, on va dire demain on va faire justice soi même, comme ça, ça lui passera l’envie de recommencer. C’est un peu la mentalité qu’il peut y avoir justement face aux face aux mineurs. Mais en tout cas on est pour. Pour. Pour les insultes, suis d’accord. En fait je ne sais pas si ça a été dit mot pour mot comme ça. Ça fait un peu bizarre dit comme ça, mais en tout cas ça dénote l'état d’esprit et ça, l'état d’esprit il est, il est cohérent avec la mentalité policière. Et ça, ça me fait partir donc. De retour dans sa cellule, l’adolescent finira avec un tampon perforé et deux semaines dit été. Les deux policiers, eux, seront condamnés par la justice à quinze mois de prison avec sursis et privés de leurs droits civiques. Selon la loi. Difficile pour eux de rester policier. Ils sont donc radiés et l’affaire semble close. Mais c'était sans compter sur la puissance des syndicats.
David Dufresne
Alors là effectivement, il va y avoir une scène qui va beaucoup tourner sur les réseaux sociaux avant l'émission et pendant l'émission.
Audio
Le procès verbal d’une réunion au sommet entre grands directeurs de la police et les trois syndicats majoritaires. Ce jour-là, derrière les fenêtres de cet immeuble, les délégués syndicaux tentent d’obtenir la réintégration de leurs deux collègues debout. Mais la hiérarchie s’y oppose fermement. Son argument le casier judiciaire des policiers condamnés pose problème avec leurs fonctions et les reprendre renverrai un très mauvais message. Les faits sont graves et se déroulent en plus dans l’enceinte même du commissariat. Ces policiers n’auraient jamais dû avoir ce genre de comportement. Sur ce dossier, la réputation de la police nationale peut être mise en cause en cas de réintégration.
David Dufresne
Là je veux te faire réagir bien sur un point c’est l’idée de réputation. Ce qui gêne la police là. Si je comprends bien, la hiérarchie, c’est moins les faits que la réputation qui pourrait être entachée si les gens venaient à connaître ces pratiques. Là, il faut reconnaître que le reportage. Déboule dans le grand public quelque chose qui était tus jusqu’ici. C’est clair qu’un reportage comme celui-là, il y a deux ou trois ans, on l’aurait jamais vu, Ça je le pense en tout cas, cette scène là. Mais cette question de la réputation. Est ce que c’est vraiment le point, le nœud, le nœud central qui est reproché aux flics quand, quand ils déconnent ?
Fabien Bilheran
Je ne sais pas trop parce que je ne suis pas dans les petits papiers des policiers en tout cas mis en cause comme ça. Mais en tous cas ça démontre, ça illustre la logique hiérarchique pour tout type de situation en général qui va dans le réflexe va être tout de suite déjà ouvrir le parapluie administratif pour se protéger et pour éviter d'être éclaboussé par les actions de. Les effectifs placés sous leur responsabilité. Ça c’est un premier point un. Mais voilà, ça montre aussi une mentalité où on préfère taire les problèmes pour éviter d’avoir une mauvaise réputation plutôt que justement de les bad, de l’idée de les d’arrêter, de les nier, de les prendre en considération et de les résoudre efficacement. Et ça, malheureusement, c’est une ambiance un peu générale dans la police. Ce n’est pas lié qu'à cette réunion. C’est alors que le numéro un du syndicat Alliance entre en piste. Il s’appelle Fabien Vandamme et selon lui, pas de doute, ses collègues ont droit à une seconde chance. Écoutez bien la maîtrise de soi et l’excès d'énervement ne devrait pas contraindre à les radier. Malheureusement, la justice a été intransigeante. Ces derniers sont bien notés, n’ont jamais eu de sanction. Ils ont eu le courage de reconnaître les faits et se sont excusés auprès du mineur. Je demande donc leur réintégration. À la surprise générale, l’administration finit par payer. Après sept mois à la maison, les policiers retrouvent finalement leur poste à Pau, dans le même commissariat.
David Dufresne
C’est dément.
Fabien Bilheran
C’est là où je vais finir mon propos de tout à l’heure.
David Dufresne
Il faut savoir que. C’est la première fois que je fais un acte en improvisant. Donc la régie, il y a des normes, c’est bien, que tu lèves le doigt.
Fabien Bilheran
J’ai l’impression d'être à l'école, mais je suis désolé. Pas de souci pour pour expliquer un peu là. Ce qui se joue pendant les sept mois, donc de suspension. Ce qui n’est pas dit dans le reportage. On apporte dans le témoignage, c’est qu’il y a une cagnotte qui est organisée par le syndicat Alliance via la hiérarchie policière, c’est à dire via les adresses mail officielles du commissariat adressé à l’ensemble des effectifs pour demander en fait une quête d’argent pour compenser les pertes de salaires des policiers qui sont suspendus. Donc moi ce qui me dérange, c’est pas tant qu’on organise une solidarité, parce que bien sûr de se retrouver sans revenus, si on a une famille, on va dire à faire vivre des factures à payer. C’est évident que ça peut poser une difficulté financière. Là, ce qui me dérange beaucoup, c’est surtout que c’est fait officiellement par la police, via les réseaux internes professionnels et. Et ça, ça. A mon sens, ça montre aussi l’arrière boutique et le comportement, on va dire en interne des policiers qui, qui, qui, qui soutiennent en fait ce genre de comportement indirectement parce qu’ils se disent après tout, comment ça va les policiers, ils ont déjà été sanctionnés par la justice, si en plus ils sont virés par la police Et la double peine donc c’est Saint-Just. Donc voilà, ça c’est à mon sens et c’est assez terrible, surtout quand on compare avec le comportement qu’a eu Jean-Marc dans le témoignage du bouquin qui dénonce justement les violences policières. Ou lui on lui a, on lui a refusé tout type d’aide financière, tout type de soutien parce qu’il a fait son travail, justement parce que là on voit clairement des actions qui méritent potentiellement une radiation et. Et la différence de traitement en tout cas est assez éclairante, je dirais, sur le phénomène des violences policières à l’interne, de comment c est perçu et comment c’est traité et comment c’est soutenu sans avoir derrière dans les coulisses. Et ça illustre parfaitement dans le documentaire cet aspect là en fait visible des syndicats, avec derrière toute une machinerie qui se met en place pour soutenir les policiers sanctionnés.
David Dufresne
Alors Fabien, ça fait plusieurs fois que tu dis documentaire et là et là je me crispe. Pour moi c’est un reportage et je ne mets pas de hiérarchie. Je ne dis pas que le reportage, le documentaire a, Fabien, Fabien, Fabien et et on a perdu Fabien. La différence pour moi, pour aller très vite entre le documentaire et le reportage, c’est que le documentaire a un point de vue, un point de vue sur les choses, un point de vue sur le monde. Là où le reportage, le reportage a priori déroulent les choses. On a perdu, on a perdu. Fabien Je ne sais pas si il a été battu là ou là où le reportage y est plus, il va y redire. Je pense qu’il y a eu un petit souci. De connexion là où le reportage déroule les faits et n’aborde pas forcément l’analyse ou le on, le regard, quoique, quoique il y a à la fin, on en parlera. Il y a peut-être un regard qui se dégage de la part de l'équipe de journalistes. Fabien est de retour. Les gens pensaient que tu étais vexé.
Fabien Bilheran
Complètement vexé parce qu’effectivement, j’ai utilisé le mot documentaire.
David Dufresne
C’est ça qui va permettre de nommer ça. Ce n’est pas grave. Par ailleurs, il faut qu’il y ait de la réalisation. Moi je dois dire, la réalisation du truc est très bien foutu là dessus. Y a aucun, il y a aucun problème. Les dessins qu’on a vu tout à l’heure, je trouve qu’ils y sont soignés. Il y a de la qualité, ce n’est pas ce n’est pas jeté comme ça, mais ce qui est, on va, on va en parler au fil des minutes. Ce qui pour moi manque singulièrement dans ce travail là, c’est un travail d’analyse, c’est un travail politique. On se contente de dérouler des faits sans jamais vraiment les analyser politiquement. Et c’est là où j’ai ou j’ai un petit souci. Toi, Fabien, tu as un autre souci que tu vas révéler au fur et à mesure. Je propose qu’on avance ce que l’on a amené à six minutes il y a une heure treize. Alors si tu ne veux pas faire le tri toute la journée, j’avance, à moins que tu voulais préciser des choses par rapport à Jean-Marc, un de tes collègues qui témoigne dans votre bouquin et qui faisait partie du même commissariat que les DA. Ah, les deux gars en question ici.
Fabien Bilheran
J’en vois une erreur de parcours isolé pour les deux hommes. Father Cédric, lui, est très fier de sa victoire. Est-ce que deux policiers qui violentent un mineur menotté assis sur un banc pendant treize minutes méritent leur place dans la police ? Bien sûr, je ne les aurais pas défendus. Bien sûr qu’ils ont leur place. Mais alors. Je peux vous dire mes droits dans les yeux. Même à 400 %, même à 500 % si vous le voulez. Tout simplement. Pourquoi ? Parce que justement, ils ont été sanctionnés. Alors en effet, ce qu’ils ont fait. Ce n'était pas nécessaire. En effet, c’est condamnable. Ils ont été condamnés. En effet, nous devions nous allier. C’est n’appartient pas à un seul homme. Nous ne devions les défendre. Alors, comment l’organisation Alliance a-t elle réussi son coup ? D’où les syndicats de police tiennent-ils leur pouvoir ? D’abord de leurs troupes. Au moins 60 10 %. 100 000 policiers sont syndiqués. Un record dans la fonction publique. Il n’y a pas plus corporatiste que la police.
David Dufresne
Le syndicalisme policier, c’est quasi soviétique. Pour le coup ça les rend incontournables.
Fabien Bilheran
Barrez-vous ! Je vous aide éventuellement à trouver un logement pour être aidé dans des démarches administratives. C’est un plus. Ils auraient la main sur les carrières, les promotions, les mutations. Donc effectivement, il n’y a aucune raison que tu ne sois pas promu et aucune raison que tu sois si mal. Sauf que cette année. On les dit même plus forts que le ministre.
David Dufresne
Alors ça, c’est une scène démente.
Fabien Bilheran
Un ministre, ça passe. Un syndicaliste, ça décrypte.
David Dufresne
Je le lis. Frédéric Cloquet, un journaliste qui n’aime pas beaucoup mon travail. Yves Lefebvre, qui n’aime pas beaucoup mon travail non plus. Je vais vous en parler. Ce sont aussi ceux qui font le tour des plateaux télé, qui parlent aux journalistes comme complément d’enquête. Quand la police se tait, ils prennent la parole.
Fabien Bilheran
Des propos de notre Premier ministre ne sont pas qualifiables. Et parfois. Ça dérape, Je t’aurais cru, mais c’est bien fait pour sa gueule. Mais Bamboula, ça reste encore à peu près convenable. De l’autre côté, on tue les flics. Ce n’est pas convenable non plus. Capable de convoquer les candidats à la présidentielle. Avec moi, la peur. Changera trop. Ou de s’en prendre frontalement aux juges. Le problème de la police, c’est la justice. Alliance classée à droite et unité SGP Police plutôt à gauche sont les deux principaux syndicats.
David Dufresne
Qu’est ce que c’est que ça ? ça fait peur quand même, nous dit Borges grâce à un sourire. Moi, je suis très heureux de lire, de lire vos réactions là, dans le tchat, parce que pendant l'émission, je regardais Twitter et c'était assez étrange. Twitter était très hostile aux syndicats. Vraiment. Je regardais le tag online complément d’enquête et vraiment c'était très critique. Donc je me suis dit tiens, c’est marrant, les gens ne voient pas le sous texte dont on va parler tout à l’heure avec toi. Fabien Méla Simplement alliance classée à droite, SGP, FO, Police plutôt à gauche, c’est du gros flan comme dit Euclide dans le tchat
Fabien Bilheran
Je ne dirai pas que c’est du gros flan parce qu’il y a quand même une raison historique à ça. Pour l' UGP qui, voilà un an seulement, est traditionnellement plutôt orientée à gauche ces 20 dernières années. Mais effectivement, l'évolution récente des syndicats de police, leur prise de position publique dans les médias et autres. On sent quand même qu’il y a un glissement vers la droite, voire vers l’extrême droite. En tout cas dans l'État, dans les propos et dans les attitudes qui sont véhiculées. Et moi, je ne pourrai pas dire que l’Unité SGP est un syndicat de gauche. Ben non, parce que y' a aucune proposition de gauche dans l’heure, dans leur propos ou dans leur cœur ou dans leur dans leur parole. Donc je trouve ça d’ailleurs assez dramatique de les présenter de gauche parce que c’est typiquement la stratégie d’alliances pour rejeter tous les gauchistes, on va dire syndicaliste de la police et pour montrer qu' eux sont pas de gauche parce que c’est euh, on va dire une caricature d'être de gauche à la police. Donc ça, ça sert malheureusement. Pour le coup, le discours d’alliance de faire ce comparatif là, parce que pour moi, au niveau, oui, voilà, je vois dans le chef de la gauche Wauquiez, c’est un peu ça quoi. Il y a un mélange des genres quand même qui est qui, qui est titillé, qui frôle le ridicule de l’analyse politique, là pour le coup. Ils nous ont ouvert leurs portes. Et si c'étaient eux les vrais patrons ?
David Dufresne
Voilà dix minutes et on refait un petit teaser. Bon, ça c’est l'écriture de reportages entiers de télévision. J’avais beaucoup à dire, mais là on n’est pas sur la forme, on est, on est sur le sur, le sur le fond. Fondu au noir. C’est parti.
Audio
À quelques kilomètres de Rouen, au sein de la deuxième plus grande école de police de France. Au programme du jour pour la promotion deux 67. Pas de cours sur la sécurité publique ou le maintien de l’ordre, mais une après 12 h entière dédiée aux syndicats.
David Dufresne
Alors là, j’avoue que la scène est assez démente.
Audio
Bonjour à tous, Donc le premier syndicat à se présenter c’est nous UGP Police, syndicat majoritaire aux dernières élections. Les prochaines. Si 200 futurs agents ne sont pas encore sur le terrain qu’ils ont déjà, face à eux, les têtes d’affiche des principales organisations syndicales. Leur objectif ? Faire adhérer ces jeunes pousses au plus vite. Et pour cela, le message est direct en cas de pépin avec la justice, ils seront là.En 2017. Vous avez tous entendu parler de la fameuse affaire Théo, ma collègue Linda Kebab. Et indignement. Pour information, les faits ont été requalifiés. Il n’y avait pas de viol et pas de pénétration même pour vous dire. Et en tout cas, on a été la seule organisation syndicale à l’accompagner. La réalité du terrain, c’est ce à quoi vous serez confrontés en tant que gardien de la cité, en tant que protecteur des citoyens. Et nous, on a une obligation, c’est de vous protéger. Voilà à deux semaines à peine des élections professionnelles, la question de l’adhésion est un enjeu de taille. Et chez Alliance, on sait se vendre.
David Dufresne
Je voudrais te poser une petite question Fabien. Tu as connu ce genre de scène à l'école de police. Tu as vu les syndicats faire la retape ?
Fabien Bilheran
Ce n’était pas aussi flagrant, aussi assumé. Il y a quand même une évolution. Moi j'étais à l' école de police à l'époque, en 2008. On a eu le défilé syndical classique, etc. Mais ce n’était pas des discours aussi marqués à l'époque. C'était plus de dire voilà, vous allez certainement avoir besoin de protection face à la hiérarchie ou pour avoir des revendications sur les conditions de travail, sur les lieux, les conditions horaires et autres. Et là, on sera là pour vous aider à porter votre parole. C'était plutôt ce genre de discours qu’on avait eu il y a une quinzaine d’années. Là, on voit quand même qu’il y a un glissement depuis où le principal argument, c’est si vous avez un problème, la justice, on est là. Donc moi je trouve que le message, il n’est pas bon. Parce que là, clairement, on leur propose un système de défense, d’impunité, en fait. Sauf si parce que bon, la justice, justement, elle fait son travail. Y compris dans la partie qui n’a d’ailleurs toujours pas été jugée. Donc c’est un peu présomptueux d’afficher, on va dire des résultats avant, avant le procès. Mais voilà, ça démontre un peu la l'évolution. Il y a des syndicats qui essaient justement de raccrocher au maximum d’adhérents via ce biais de la défense face à la justice qui serait injuste contre les policiers.
David Dufresne
Et on va voir que l’américanisation au sens spectacle va toucher quand même des trucs assez déments. Par la scène qui suit.
Audio
Je peux vous l’assurer, nous pouvons en être convaincus. Nous ne vous laisserons pas tomber. Nous sommes joignables à H24 Weekend compris. Vacances. Jour et nuit. Et cette solidarité personne ne doit l’oublier. Pour ce syndicat, les policiers sont avant tout des cibles. La preuve en image. Nous sommes la famille de la police. Lorsque nous sommes dans la rue, personne ne nous fait de cadeau. Lorsqu’il y a un problème, vous faites la une de tous les journaux. Par contre, lorsqu’il y a un collègue qui est blessé, personne n’en parle. Alors je le dis à tous autant que nous sommes, nous sommes les garants de la sécurité. Et si nous n'étions pas là ? La République ? Est ce que par terre. Chez Alliance, la police est une famille, un clan seul contre tous ? Bienvenue dans la police nationale et Agence police nationale. Merci à tous. À l'école, ce discours semble trouver de plus en plus d'écho.
David Dufresne
Donc là, on est quand même dans un truc assez délirant.. Est ce que je suis mauvais esprit ? Si je dis tiens, y mettent des jeunes femmes ? Pour rassurer les jeunes recrues ?
Fabien Bilheran
Disons que ça dénote un peu par rapport aux mentalités en interne en fait. On voit quand même que tous les principaux représentants syndicaux sont des hommes, tout ce qui passe essentiellement dans les médias. Je comprends l’intervention des hommes. Mais là effectivement, on voit, on voit, on voit que ce sont des femmes qui portent la parole. Et effectivement, je pense qu’il y a une stratégie de leur part clairement pour donner une bonne image, en tout cas d’ouverture, de diversité, de, de. Voilà de quoi la police aurait changé, qu’elle serait à divers visages. Mais les mentalités restent et ça reste un milieu très macho. Donc oui, il y a un petit peu tromperie sur la marchandise, je dirais en école de police avec là, avec ce cérémonial de présentation qui est comme tu dis à l’américaine et qui moi même m’interroge beaucoup, fait la joie sur l’image. Il y a des en propose, dès à manger, à boire, des cadeaux, des porte clés, tout ce genre de choses. On voit quand même que les budgets du syndicat sont utilisés, en tout cas pour la propagande et peut être un peu moins pour aider vraiment les policiers en difficulté.
David Dufresne
Puisqu’il y a du monde maintenant, je fais un petit, un petit, un petit résumé. On est en train de regarder avec Fabien qui est un ancien policier, auteur, co-auteur d’un livre L’omerta dans la police qui vient de sortir au Cherche-Midi. Fabien est venu il y a dix jours au poste. Il revient aujourd’hui, vous allez voir Pourquoi ? Parce qu’il va faire l’objet d’un long passage dans le. Dans le reportage diffusé par France deux le 1ᵉʳ décembre. Reportage que nous revoyons donc ensemble. J’en profite pour vous donner quand même les résultats des élections. Où est-ce que je vous les donne à la fin ? Parce qu’au moment où ce reportage est diffusé, et bien il y a les élections professionnelles qui ont lieu au ministère de l’Intérieur. Et je peux quand même vous dire que le taux de participation le plus élevé au niveau interministériel est de 77 % sur la totalité des scrutins organisés par le ministère de l’Intérieur et des outre mer, proche de 81,86 % enregistré lors des dernières élections en 2018, Donc un petit peu moins qu’en 2018, mais quand même un taux de vote absolument démentiel 77 %. Allez, je vous donne quand même le résultat le. Le blog syndical composé notamment d’Alliance Police nationale et de sa police dont il va être question dans le reportage, va recueillir presque 50 % des voix, plus exactement 49,45 % des voix. Si jamais tu as accès au haut, allez vers Notés, y a le ou. Attends, je vais peut-être le mettre le lien a des chevaux. Mettez le lien ici. Hep ! Je vais vous mettre le lien pour que vous ayez les résultats des élections. Parce que ce qui est assez étonnant, c’est qu’il y a eu tout un tout, une médiatisation avant l'élection et le résultat des élections est passé. Comme lettre morte. Personne ne sait ce que ça a donné et en fait c’est terrible. Donc le taux de participation est de 77 %. Le bloc syndical fait de alliance Police nationale une police synergie Officiers, le syndicat de commissaire de police nationale et tout un tas d’autres ont recueilli 49,45 % des voix, c’est dur En fait, c’est l IGP 35 %, la CFDT 8 % France Police policier en colère, ouvertement d’extrême droite, on peut le dire 3,06 % et la CGT 1,93 %. Donc les amis, le reportage que vous voyez donne la parole à des gens qui vont recueillir à peu près si on fait 50 et 35 85 % des voix, puisque les deux, les deux héros si je puis dire. Vous allez voir du reportage, c’est un ancien représentant du GP et FO Yves Lefebvre et c’est le boss d’Alliance Police nationale. Donc ce que vous voyez, c’est quand même grosso modo la mentalité policière aujourd’hui, on peut le dire comme ça.
Fabien Bilheran
Fabien Bien oui, et au delà de ça, moi je voudrais pour le coup de critiquer un peu sur tes chiffres du ministère de l’intérieur, puisque là tu cites des pourcentages qui sont assez éclairants, on va dire, en termes de représentativité pour les votants, pour les policiers, mais moi je les exprime de manière différente parce que pour moi, quand on fait le calcul du nombre de votes, donc sur 136 000 participants, il y a 67000 policiers qui votent donc pour le syndicat majoritaire, ce qui représente quasiment la moitié des votants. C’est ce que tu dis dans tes chiffres et pour moi déjà 67 000 policiers qui votent pour un syndicat qui considère que le problème de la police c’est la justice. Moi ça me pose question déjà bien sûr, même si on pourra débriefer de tout ça. Et je veux dire, il n’y a pas forcément que des adhérents à idéologique au syndicat, parce qu’il y a de la cogestion à grande mutation qui est, qui est importante aussi pour les votes, mais surtout moi, ce qui m’interroge beaucoup. Et là, pour une fois, entre guillemets, on a les chiffres officiels, c’est qu’il y a 5500 policiers qui ont voté pour des syndicats ouvertement d’extrême droite. C’est à dire que là on ne dirait pas que c’est des idées, Génération identitaire ou ce genre de choses, mais on n’en est pas loin. En fait, c’est. Et d’avoir 5500 policiers dans la France très dur de l’extrême droite assumée, pour moi c’est assez inquiétant dans la police républicaine française. Et là, cette élection, en tout cas, illustre parfaitement le glissement vers l’extrême droite d’une grande partie des policiers. Ou alors comment vous avez trouvé l’intervention ? Franchement, je ne sais pas comment on a fait ça. Moi je ne connaissais pas. Et la décontraction ? Populaire dans les. Blogs, syndicats des. Déjà fort de ses 40 000 membres sur tout le territoire des Minguettes, Le syndicat, ce jour là, fait carton plein. L’adhésion coûte 80 € l’année, elle est bradée à 20 € pour les jeunes. Tu me fais ça, tu me l’envoie et puis on t’enverra les identifiants pendant des mois. Avec en prime un petit cadeau. Merci. Merci les gars pour votre confiance. Merci. Mais une fois que les policiers ont adhéré, aussi, faut-il parvenir à les fidéliser.
David Dufresne
Alors là, c’est un passage qui va faire beaucoup de bien. Faire beaucoup parler.
Audio
L’a parfaitement compris. Tous les jeudis matin, Damien fait comme des millions de Français son plein de courses pour la semaine dans une grande surface. Bon, j’ai un peu de tout en produits du quotidien, La litière pour les chats, on a du petit déjeuner, on a du jambon, de la crème, de la viande.
David Dufresne
Tiens, moi je vais aller me chercher du café. Je reviens.
Fabien Bilheran
Ce policier officie comme gardien de la paix dans un commissariat du neuvième arrondissement de Paris. Je vous demande de bien vite, s’il vous plaît, de ne pas mettre à l’eau. Hughes. Trentenaire en couple, sans enfant. Il vit aujourd’hui. 2 200 € par mois. On reste des gens modestes. Ça part vite que les loyers sont très chers, surtout en région parisienne. Avec l’inflation et les prix, tout augmente. Ça, on le voit au fil des années. Comme je le disais, on prend souvent les mêmes produits, donc on voit bien l’augmentation sur le ticket de caisse. Mais au moment de passer justement à la caisse. 55 € quatre 20. Damien peut compter sur une jolie ristourne. Moins 6 % et je payer en bon cadeau s’il vous plaît. C’est quoi ce code Damien ? C’est une carte cadeau qu’on a sur Alliance Sabotage. Ça permet à tous les policiers qui sont adhérents au syndicat de bénéficier d’une réduction de 6 % en passant par ce système de carte cadeau. Et donc c’est un syndicat qui vous offre ces réductions ? Tout à fait. Depuis trois ans, ce gardien de la paix a quitté le terrain pour devenir délégué syndical. C’est donc en VRP qu’il va nous faire l’article. Et selon lui, prendre sa carte chez Alliance, c’est économiser au bas mot 500 € par an. Yves Rocher fait partie des magasins où on peut avoir des réductions grâce à leurs avantages. Là, je peux avoir 10 %. Les Cosmétiques, sport, culture, électroménager. La liste des réductions possibles semble infinie. Sur le site de la rubrique Sports et loisirs. J’ai vraiment tout, tout des parcs. On a aussi les zoos, les musées, les spectacles, les visites, cinémas, etc. Autant d’avantages qui viennent s’ajouter à ceux du comité d’entreprise classique de la police. Donc c’est quand même un argument pour convaincre de nouveaux policiers d’adhérer. Ça, c’est un outil, un outil supplémentaire. Est ce que pour vous c’est pas un peu clientéliste comme système ? Non, je ne pense pas. Pourquoi ? Je ne pense pas. Parce que la base d’un syndicat, c’est les revendications. Et ça, ça vient s’ajouter en plus. Pour comprendre pourquoi les policiers adhèrent au syndicat. Direction Bagnolet, aux portes de Paris. C’est ici que se trouve le siège d’Unité SGP Police classé à gauche. C’est l’adversaire direct d’alliances pour 2020.
David Dufresne
Alors oui, voilà
Fabien Bilheran
Je vais débriefer ce qu’on vient de voir là, pendant que tu servais ton café à la tienne. Santé ! Pour cette histoire de carte avantageuse de syndicale. Alors effectivement, c’est choquant de la façon dont c’est présenté puisque on est clairement dans du clientélisme puisque les avantages on va dire pécuniaires sont proposés uniquement aux adhérents d’alliance et pas à l’ensemble des policiers. Ce qui ne serait pas illogique puisque les policiers font partie des revendications qu’ils ont depuis longtemps par rapport à ça. Il n’y a pas de comité d’entreprise comme une entreprise privée par exemple, où on pourrait bénéficier justement de réductions, comme c’est proposé dans le témoignage. Et les policiers sont un petit peu lésés par rapport à la taille de l’organisation, puisque pour 150 policiers on se dit bon bah une entreprise de 150 000 employés, y a toujours, voilà des tickets, réductions Et en fait, les syndicats, ces dernières années ont récupéré ces revendications d’absence de comité d’entreprise pour les tourner, les détourner à leur avantage et faire du clientélisme. Et c’est là où c’est problématique puisque dans l’absolu, moi je ne suis pas choqué que des réductions, il y ait des réductions pour l’ensemble de la profession parce que c’est des accords négociés, etc. Là y a pas de problématique, mais par contre de le faire uniquement pour leurs propres adhérents, là on voit très bien que c’est la carotte on va dire, et le pot pour les faire venir puisque. Mais les policiers ne sont pas de Paris par exemple, on voit les programmations pour Disney, pour les spectacles et autres. Et c’est vrai comme par rapport au niveau de vie qu’on peut avoir dans la police en région parisienne notamment. C’est toujours bénéfique en tout cas pour les policiers, de pouvoir pratiquer tout un tas d’autres activités à coût réduit. Mais là, clairement, voilà, c’est du clientélisme parce que en mettant en avant pour recruter au syndicat et là c’est quand même assez dérangeant Il n’y a aucune raison que j’oublie, mais vraiment aucune, parce que toutes les conditions étaient remplies. Donc il y a que toi sur le fond, toute l'équipe. Y a que toi qui te fais guider. Occupe un poste hautement stratégique. Il est chargé des carrières et des mutations. Face à lui, un brigadier mécontent de ne pas avoir obtenu de promotion. Il attend un coup de pouce. Écoute, on va faire comme ça. Moi je vais relancer, essayer de faire un rattrapage, mais gare aux engagements et aux profils dans tes notations, tes fonctions.
David Dufresne
Alors ça, c’est je pense, une scène déterminante, un peu moins spectaculaire que les autres, mais elle montre la force des syndicats et la raison pour laquelle beaucoup, beaucoup de policiers dans le reportage, je parle de score quasi soviétique. En fait, les policiers ne sont pas syndiqués uniquement par conviction, mais surtout par intérêt, parce qu’il y a une cogestion des carrières, syndicats, institutions. Et là, c’est ce qu’on est en train de voir.
Fabien Bilheran
Oui, tout à fait. Là, clairement, on est vraiment dans ce qui va être ce qu’on appelle la cogestion. C’est à dire que là on voit le syndicat qui se positionne carrément en ressources humaines de la police pour faire avancer une avancée, c’est-à-dire l’avancement potentiellement dans un changement de grade ou une mutation de leurs adhérents. Et il se substitue, on va dire, aux ressources humaines pour faire leur petite l’artiche tambouille et faire passer leurs adhérents. Et là, c’est le cœur de la machine, on va dire clientéliste des syndicats parce que c’est ce qui permet, comme tu l’as justement dit, a bien accueilli beaucoup d’adhérents dans les syndicats majoritaires qui peuvent se permettre de faire de la cogestion et qui aussi a une forte participation puisque pour que ces syndicats puissent continuer à avoir ce poids là, ils ont tout intérêt à avoir justement des scores soviétiques aux élections. Et petite nuance quand même sur ces scores en interne, il y a eu pas mal de choses qui ont été dites et faites pendant les élections professionnelles, fait déjà dans le cas de la réserve électorale. Donc pendant la période d'élection, on avait des syndicats. Je ne citerai pas les noms aujourd’hui, mais on les voit dans le reportage qui propose des cartes de police à 40 € en échange d’un vote qui ont proposé carrément de voter à la place des adhérents s’ils étaient en congés ou s' ils ne pouvaient pas voter. Et d’autant plus grave pour moi, c’est qu' ils avaient accès en direct à la comptabilité de ceux qui votent et ceux qui ne votent pas. C’est à dire que ceux qui n’avaient pas voté prenaient des coups de pressions téléphoniques ou carrément physiques sur les weekend ou la nuit, ou dans toutes ces boutiques de circonstance où les délégués se déplaçaient des services en disant mais alors t’as pas voté ? Et pourquoi tu ne votes pas là ? Si tu ne vois pas, on ne pourra pas t’aider pour les grades et les mutations Donc il y a eu quand même une vraie pression qui a été mis en interne pour justement augmenter la participation. Et derrière le syndicat gagnant va dire au ministre regardez, on représente quand même la moitié des policiers qui ont voté. Donc il va falloir prendre au sérieux et et derrière, voilà, on entretient comme ça la machine à pression syndicale à tous les niveaux, que ce soit au niveau politique ou au niveau directement des électeurs et des votants.
David Dufresne
En 2018, déjà, il y a eu des soupçons de fraude aux élections précédentes, soupçons qui ont été mis en justice par Vigie, le syndicat, pardon, le syndicat VIGI qui a porté plainte. Je crois que c’est. L’enquête est en cours. On note, on ne sait toujours pas ce que ça a donné, mais effectivement, on sait qu’il y a eu des barbecues qui ont été organisés au cours desquels on a échangé le code de. Mauvais jeu de mots qui a été fait dans le dos. Dans le jeu. Tu venais manger une petite brochette de poulets Entre. Voilà. Pardon ? Alors, l’objet entre collègues Et puis tu votes et puis en échange du vote, etc. Il y a eu, il y a eu, donc il y a eu des soupçons de fraude avec des éléments qui, à l'époque étaient plus que troublants. Le reportage, non, on n’en parle pas, Le reportage ne fait pas du tout et c’est à mon avis Amok, l’historique des syndicats de police. C’est à dire que alliance par exemple, on nous explique pas que Alliance arrive et est peu commune par Sarkozy. En gros c’est quand même le joujou de Sarkozy pour justement faire exploser les syndicats dits de gauche de l'époque puisque effectivement jusque dans les années 90, la police est représentée par les syndicats qui représentent la police et il y a un équilibre gauche droite mais avec une gauche qui est assez importante et qui va exploser avec Alliance. Voilà, donc ça ce n’est pas dans le reportage. Donc c’est un peu dommage, mais là par exemple, ce que tu viens de raconter, je l’ai lu nulle part. C’est à dire que tu dis que entre le 1ᵉʳ décembre et le 8 décembre, jour de proclamation des résultats, il y a eu des coups de pression sur les votants.
Fabien Bilheran
Tout à fait mais ça c’est habituel. Je veux dire, personne ne s’en offusque en interne parce que ça fait partie des fonctionnements syndicaux. Depuis chez moi, depuis que je vote aux élections professionnelles, j’ai toujours connu ça. C’est à dire les pressions pour aller voter, les incitations à bien voter sur tout et à voter le bon syndicat, voire pas, parfois même avec des pressions sur des représailles quoi, si tu votes pas pour nous, ne viens pas nous demander d’aide, on te laissera tomber, etc. Complètement. A contrario du discours qu’on peut tenir à un écolo de police ou je ne sais quoi. Donc non, non, c’est assez problématique. Et voilà, moi je. Malheureusement, je ne pense pas qu’une procédure judiciaire au Nord a abouti sur ce genre de phénomène puisqu’il y a tellement d’intérêts policiers là, en jeu que c’est ce qu’on décrit de façon dans le livre La loi de l’omerta. Là, pour le coup, j’ai peur malheureusement, qu’on n’arrive pas à faire émerger la vérité encore sur ces pressions aux élections de cette année et qu’il faudra un autre changement dans une autre, d’autres circonstances en tout cas pour faire évoluer les choses. Mais là, pour l’instant, c’est tellement ancré dans les pratiques que c’est tellement en l'état habituel, si je puis dire, de la police que personne ne s’en offusque. Donc à part vigie, bien sûr qu’il avait fait à l'époque pour essayer de dénoncer. Mais encore une fois, un petit syndicat policier quel qu’il soit. Un face à face, espèce de machine bien rodée et bien huilée, n’est qu’un tout petit grain de sable qui malheureusement n’aura pas l’efficacité escomptée. En tout cas, pour remettre en cause les pratiques électorales.
David Dufresne
Au moment où le reportage est diffusé, il y a donc des élections. L’enjeu, c’est quinze sièges au comité social d’administration. C’est ça la clef de voûte de tout système. C’est là où se gèrent les mutations, les carrières, les augmentations, les grades, les notes et alliances. Va donc alliance et le bloc syndical va donc remporter huit sièges sur quinze, c’est-à-dire la majorité des sièges. On continue le reportage.
Audio
Thomas, le bras long, ça marche. Je t’appelle le gars, je t’appelle. Ok, c’est parfait. Rien d’anormal. Normal. Un accélérateur de carrière. Vous êtes syndicaliste, Vous êtes plutôt responsable Ressources humaines ? Un peu des deux. On est là vraiment pour l'écoute et faire en sorte que les collègues qui nous expriment des difficultés, un positionnement, un besoin d’avancement, besoin de reconnaissance, on est là pour faire entendre leur voix auprès des autorités. Effectivement. Donc un petit peu de RH, pourquoi pas, mais la définition me paraît pas inappropriée. Ce super pouvoir, ces élus, le tiers de ce que l’on appelle le paritarisme. En clair, grands chefs et syndicats décident ensemble des promotions des policiers. Ce matin, Vidalies est accompagné de Grégory Juron, ancien CRS devenu puissant patron du syndicat.
David Dufresne
Donc là c’est le GP.
Audio
Ils ont rendez vous avec les hauts gradés de l’administration. Municipale. Dans leur besace. Chaque année, des centaines de dossiers d’avancement à défendre. Mais pas de pression. Avec 35 000 adhérents derrière eux. Ils savent que leur voix porte. Quand vous arrivez dans ce genre de réunion, vous avez le sentiment qu’on vous écoute un peu plus parce qu’on sait que vous êtes un gros syndicat. Mais déjà les petits syndicats ne sont pas reçus. Déjà, pour être reçu, il faut être représentatif. Donc déjà, ça pose la base du dialogue. Clairement, ça vous fait plaisir, mais on ne joue pas. En fait, on n’a pas besoin de jouer, c’est dur. C’est le système du dialogue social du ministère de l’Intérieur. Ce jour-là, ils ont demandé à voir la numéro deux des Ressources humaines. Bonjour. Bonjour madame. Vous allez bien ? Je vous salue. Donc j’ai noté de votre côté deux sujets avancés 2023. Bien sûr, à partir de l’exercice qu’on vient de conduire sur l’année 2022, et on va reparler tout de suite. Ça ne marche pas pour les syndicats d’avoir la main sur les carrières des policiers. C’est vrai ou quoi ? Mais il n’est pas question.
David Dufresne
C’est marrant parce que tu vois, cette idée, je la trouve anodine, mais je la trouve très éclairante. D’une certaine manière, les journalistes montrent aussi leur difficulté à travailler sur la question de la police. C’est à dire qu’on voit bien que cette dame qui travaille au ministère de l’Intérieur, ressources humaines, si j’ai bien compris, on lui a dit bon bah tu vas laisser les caméras filmer, mais par contre tu ne réponds à rien. Et je trouve que derrière cette petite scène, on sent quand même. D’ailleurs, il y a deux contrats. À la limite, on pourrait faire une analyse. On sent qu’effectivement, il y a d’un côté sur la gauche de l'écran une liberté de parole qui est celle des syndicats, et à droite il y a un chien ou un chien, toi.
Fabien Bilheran
Oui, j’ai un chien chez moi.
David Dufresne
Très bien, J'étais inquiet, J’avais peur. C'était la brigade canine qui venait chercher en direct. donc, à droite, c’est cette dame qui est un peu désolée, mais qui ne peut pas répondre. C’est l’institution qui se mure dans le silence. Est ce que j’extrapole ou est ce qu’on peut interpréter cette scène comme ça aussi ?
Fabien Bilheran
Moi je pense que tu es même plutôt gentille dans ton interprétation. Là, on est clairement.
David Dufresne
C’est ma marque de fabrique, c’est ma marque de fabrique.
Fabien Bilheran
Là, on est clairement dans la cogestion purin. On est quand même avec la numéro deux de DRH Owner, avec les deux principaux poids, en tout cas du syndicat Unité dans la cogestion des grades, des mutations. Et l’on voit qu’ils sont tout sourire. Ils arrivent avec leurs dossiers et d’ailleurs ce n’est pas des dossiers, c’est un petit bout de carnet. On voit qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de préparation pour faire avancer les dossiers en congés scolaires avec la DRH. Et là, on est au cœur du problème. En fait, on est au cœur du clientélisme policier, on est au cœur de l’injustice que ça peut créer pour les policiers méritants qui n’auraient pas leur grade parce qu’il y a des adhérents qui passent avant eux, etc. Et là, tout le monde est tout sourire en fait, en affichant ouvertement le dialogue social. Moi, pour moi, le dialogue social ce n’est pas ça le dialogue social, c’est le syndicalisme qui doit être un contre pouvoir par rapport à l’administration, par rapport au pouvoir politique et autres, et qui doit justement proposer une vision, proposer une réflexion, proposer. Des idées à long terme. Et là on est clairement dans le court terme, dans le prochain avancement ou le prochain grade, ou la prochaine mutation pour leurs adhérents. Et là, clairement, on ne résout rien puisque d’autant plus que ce qui dit au début que c’est la défense des collègues, alors oui, il faut les défendre car ils ont besoin de reconnaissance, etc. Mais c’est auprès de la hiérarchie locale qu’il faut les défendre. Ce n’est pas auprès de l’institution globale à eux qui dit Ah de dire ouais, il a besoin d’une mutation pour sa reconnaissance. S’il y a un problème de gestion hiérarchique au niveau local, avec un commissaire, avec un officier ou toute une senior, si parfois c’est là où le syndicat doit venir défendre le policier et faire entendre sa voix parce qu’il aura peut être du mal à l’exprimer à sa hiérarchie, mais là on est clairement dans la magouille puisque ça a été dit dès le départ avec le journaliste. C’est des choses qui sont illégales. Ce qu’on est en train de faire et là on l’assume complètement. Et moi c’est ça qui est, qui est choquant, c’est dans cette scène pour moi. Pour rire, la pilule n’est pas toujours facile à avaler. Promotion mutation. Si derrière la porte les échanges sont confidentiels, en réalité, il y a peu de suspens. Est ce qu’il est vrai qu'à la fin les syndicats ont toujours le dernier mot sur la question des casseurs ? En tout cas, on n’a jamais réellement perdu. C’est peu de le dire. Cette toute puissance des syndicats n’est pas bien vécue dans les étages de Beauvau. Mais personne n’a accepté de nous en parler ouvertement. C’est au téléphone qu’un ancien directeur général de la police lâche une fraction de son salaire qui reste la meilleure des choses. En sorte que tout reste rentable. Et selon ce haut fonctionnaire, certains élus syndicaux bénéficient même de privilèges. Oui, en fait, ce sont tous des êtres exceptionnels.
David Dufresne
Comment explique Fabien, qu’un ancien directeur de la police nationale ait peur ? Et hyper noté. Ouais, c’est un peu naze.
Fabien Bilheran
Non parce que c’est un peu naze parce que. D’autant plus que ben voilà, tous les DGPN successifs sont parfaitement au courant.
David Dufresne
DGPN Directeur général de la Police nationale.
Fabien Bilheran
Autant pour moi, pour les sigles. Et effectivement, moi je trouve ça, ça manque de courage un peu là, parce que bon, tout le monde a bien profité de ça, tout le monde a bien contribué à ça et bon de le faire en voix cachée, bon, pourquoi pas, ça, ça illustre un petit peu. Et de toute façon, ce qui est ce qui a été exposé juste avant. Mais moi je trouve ça un peu honteux, un peu dur d’entendre des DGPN qui ont largement contribué au système. C’est ça dénoncer le système a posteriori quoi.
David Dufresne
Voilà, c’est ça.
Fabien Bilheran
On en reparlera à la fin, j’imagine.
David Dufresne
Non, non mais allons-y !
Fabien Bilheran
Péchenard ?
David Dufresne
Avec Péchenard à la fin aui est l’invité des défilés du Rouge ? Je vous précise, les amis qui regardaient le Stream qu’on a très peu échangé avec Fabien dont je ne sais pas exactement ce que Fabien ressent à part sur Péchenard et sur son alliance. Mais donc voilà, là on est, on est, on est en laissant filer. Et moi je suis très heureux de t’entendre dire voilà, au delà le sous texte qui n’est pas donné, malheureusement, c’est que le type qui témoigne lâchement derrière le doigt caché en fait, a. Probablement parce qu’on ne connaît pas de DGPN depuis des décennies, qui aurait été hostile finalement à cette cogestion Syndicats, institutions ? Et donc qui a qui a mis de l’huile dans les rouages ? Quoi ? Donc ça va pas fastoche de venir nous dire ça comme il le dit là quoi.
Audio
On ne vise pas le quotidien, ne soit pas sur la voie publique, n’avons pas de contrat professionnel. La police pense d’abord à leur carrière, à eux et. Charité bien ordonnée commence par soi même. Donc le syndicat avant tout et les petits fonctionnaires après. Nous l’appellerons Delphine pour éviter les soucis. Elle aussi préfère rester anonyme. Cette policière affirme avoir été victime des syndicats et de leur supposé passe droit. Delphine, c’est plus de 20 ans de carrière en région parisienne et des états de service impeccable dans son commissariat. Elle est même un exemple. Ce sont ses chefs qui le disent. Ses supérieurs hiérarchiques soulignent ses capacités de travail, son sérieux, son expertise, son sens aigu du service public et qu’elle constitue un modèle d’excellence pour ses jeunes collègues. En 2019, ses supérieurs lui promettent la brigadier chef et la favorite pour enfin décrocher le grade de major. Elle est numéro un sur la liste. Dans le cadre de cet avancement, les notes sont prises en compte. L’ancienneté. Au vu du tableau, j’aurais dû être promu et malheureusement, mon nom n’apparaît plus disparu. Il a été perdu puisque j'étais la première sur la liste et après il n'était plus comme. Au dernier moment. C’est en effet l’un de ses collègues, moins bien noté, un élu de son propre syndicat qui décroche le pompon. Peut-être préférez-vous promouvoir un délégué syndical plutôt que. La fonctionnaire rétabli a fait son travail toute sa carrière. Qui pouvait prétendre à cette nomination aussi ? Est ce que vous avez la certitude que les syndicats sont à la manœuvre ? Certains lui passent devant alors que les conditions ne sont pas toutes requises. Il n’a pas l’ancienneté pour qu’on lui passe devant. C’est de l’injustice et c’est injuste. Delphine déchire alors sa carte du syndicat et prend une lourde décision. Elle va traîner son employeur devant la justice. Trois ans plus tard, le tribunal administratif condamne la police. La promotion du collègue est annulée et Delphine se voit offrir ce grade de major qu’elle mérite. Son cas n’est pas isolé. Des dizaines de procédures sont actuellement en cours.
David Dufresne
Tu confirmes Fabien ?
Fabien Bilheran
Alors déjà merci à Delphine d’avoir témoigné puisque je pense que c’est toujours difficile pour quelqu’un en tenue de pouvoir porter la parole.
David Dufresne
Est ce que c’est interdit ? Le devoir de réserve fait que normalement tu ne peux pas parler. On est d’accord.
Fabien Bilheran
Ce n’est pas un devoir, c’est une obligation, une obligation. Pardon pour la petite nuance, mais ce qu’elle décrit, je le décris aussi dans mon témoignage dans le livre. C’est à -dire que par exemple, pour évoluer à la brigade des stupéfiants de Paris, j’avais passé tout le processus d’entretien. Avec tous les officiers commissaires pour on va dire, à défaut de développer les qualités au travail que je pouvais apporter à la brigade des stups. Et là, juste avant la la liste officielle de mutation, j’ai le donc le numéro deux de cette brigade qui m’appelle et qui me dit :voilà, Monsieur Birenbaum, pareil, vous êtes numéro un sur la liste, on va vous recruter, etc. Par contre, est ce que vous êtes syndiqué ? Et là je lui dis bah non, forcément, en 2016, moi je me suis mouillé la les policiers en colère, j’ai fait comme Delphine, j’ai déchiré ma carte syndicale à l'époque, ces unités SGP Police. Donc je lui ai dit non, je ne peux pas, je ne suis pas syndiqué, je ne peux pas être syndiqué, c’est pas possible. Il me dit ah bah c’est bien dommage parce que si vous n'êtes pas syndiqué, vous passez devant. Et donc là, moi j’ai été contraint dans une démarche où il me fallait absolument sortir du bourbier où j'étais, où il y avait du harcèlement moral à l'époque, pour il voulait la brigade des stups et donc, à contrecœur, j'étais obligée de me syndiquer chez Alliance puisque Bagad deux gros syndicat unité et alliance qui peuvent obtenir ça. Vu que j’avais déchiré ma carte, il voulait plus entendre parler de moi et Alliance était le plus le syndicat localement le plus implanté on va dire à la brigade des stups. Et donc pour obtenir cette mutation. Donc ça m’a coûté beaucoup. Je les ai encore là, on va dire, pour rester poli, parce que c’est inadmissible que des policiers méritants, compétents, qui ont toutes les conditions réunies pour pouvoir évoluer et aspirer à avoir soit une reconnaissance par le grade ou une mutation dans un service particulier, soient contraints d être verrouillés et soumis, on va dire, à cette adhésion syndicale. Et au delà de ça, je vais juste ajouter quelque chose que tu ne connais peut être pas, mais sur le dernier mouvement d’avancement, donc de changement de grade, il y a quand même des dizaines de policiers qui ont été nommés au grade supérieur alors qu’ils avaient interdiction de le faire parce qu’ils avaient été sanctionnés et sanctionnés par des conseils de discipline, enfin des sanctions officielles et autres. Et grâce au tour de magie syndicale des policiers qui n’avaient pas le droit d'évoluer, on va dire pendant trois ans, cinq ans ou dix ans en fonction des sanctions. Là se sont retrouvés avec un avancement au grade supérieur au détriment de policiers qui d’ailleurs, eux, n’avaient pas été sanctionnés. Donc on est toujours dans les mêmes logiques. Ces policiers-là vont faire des recours, bien sûr, et vont, je l’espère, obtenir gain de cause. Mais voilà, en fait non. Delphine le décrit très bien. C’est vraiment magouilleur pour les adhérents et pour la clientèle des plus gros syndicats, au détriment justement des policiers qui peuvent être méritants au travers leur carrière. Maître Jean-Yves Très bien. Pas un mois ne passe sans que l’avocat ne soit sollicité par des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur.
David Dufresne
Fabien ton témoignage.
Audio
Du dossier, il y a ensuite quelques officiers également qui contestent parfois leur avancement. Et vous disent quoi, ces policiers quand vous les avez au téléphone ? Ils me disent : Écoutez, je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas au tableau d’avancement cette année. Et je me suis aperçu qu’il y avait d’autres fonctionnaires qui étaient passés devant moi et qui étaient moins méritants. Pour chacun de ces dossiers. Toujours la même histoire. Élus et adhérents des grands syndicats seraient favorisés dans les couloirs des commissariats. Quand une liste est proposée. Le chef de service va spontanément voir les syndicats parce que c’est comme ça que ça fonctionne. Et le syndicat peut très bien lui dire : "Écoutez, là, non. " Nous, on préfère mettre en avant. Telle personne. Voilà, on voudrait. Mais c’est quoi le problème pour les policiers de terrain, sachant que les syndicats finalement et la main sur ces avancements dictent la loi ? Il n’y a pas de problème avec les syndicats, si ça pose un problème pour ceux qui ne sont pas affiliés à un syndicat et ceux qui sont dans des syndicats qui sont minoritaires, ils se voient en réalité marginalisés. En 2022, maître Trainer qui a déjà fait condamner la maison Police à quatre reprises ? A chaque fois, l'État est désavoué et doit faire un chèque aux victimes. Plusieurs milliers d’euros. Une charge publique ? Bien sûr que personne n’ignore place Beauvau.
David Dufresne
Alors attendez, attendez, je viens de voir Anthony Caillet dans le tchat Anthony Caillet ainsi le patron, le patron de la CGT Police. Bonjour Antonio, je ne comprends pas. Je n’ai jamais eu ma carte chez Alliance et j’ai toujours eu mes mutations Bon bref Anthony tu es le bienvenu ici L raterai ? Je ne crois pas. J’assume mon appartenance, je les revendique tous les jours. Ok, très bien, très bien, très bien. Je ne sais pas si vous connaissez Fabien. Anthony ne figure pas dans le reportage de complément d’enquête. Fabien Oui, on va le voir dans quelques instants d’ailleurs. Anthony je te remercie d'être là et tt furieux Alors attends, je vais le. Mais tu étais furieux, Tu as publié un tweet le soir même ou le lendemain ? Attends, je vais le gêner, je vais le retrouver. Voilà le tweet d’Anthony Cahier. Je vais vous le mettre tout de suite. Nous sommes, nous sommes le 2 décembre, C’est le lendemain matin. Comment ? Complément d’enquête fait une ode aux syndicats catégoriels ? Alliance et GP le premier jour des élections professionnelles. Un sacré coup de projecteur pour ces deux mastodontes. Sans doute un score d’audience au mépris de la démocratie. Merci, Complément d’enquête pour cette belle publicité. Euh voilà. Anthony, c’est donc Anthony, c’est Monsieur 1,98 % des voix si j’ai bien compris. Selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur, le secrétaire général ou je sais pas comment vous dites est CGT Police que vous pouvez voir dans Happy qui se tient sage et donc très colère si mes souvenirs sont bons pendant la diffusion de ce documentaire. Je te laisse, je te laisse dialoguer dans le tchat pendant qu’on va continuer à regarder le complément d’enquête. Cela dit, Fabien, je crois que toi aussi tu vas considérer que ce reportage était quasiment un tract syndical.
Fabien Bilheran
Oui, parce que ça a permis à Alliance et Unité dans le reportage notamment, de dérouler carrément les arguments qui déroule aux policiers et donc de leur offrir, juste avant les élections professionnelles, une visibilité complexe à tout l’ensemble des policiers et qui visiblement sert de propagande électorale aussi puisqu’au bar, on a vu le résultat et on a vu là les conséquences. Et c’est vrai que je comprends Anthony. D’ailleurs, on se connaît et je te salue. Anthony a dit à la à la manif des magistrats d’ailleurs l’année dernière, Rocky devant Bercy, on avait pu échanger tous les deux et voilà, On se rejoint là dessus parce que.
David Dufresne
Faisiez demain le maintien de l’ordre. C'était votre problème la justice ?
Fabien Bilheran
Pas du tout. On accompagné justement les procureurs, les juges, les greffiers, les avocats dans leur action puisque. Ben il faut savoir quand même que l’action policière, on va dire de politique du chiffre, de cumul de petites affaires, etc. Il n’y a pas que les policiers que ça impacte en termes de souffrance au travail et de perte de sens. Il y a aussi les magistrats qui subissent tout ce volume de procédures qui arrivent dans les tribunaux, qui sont qui, lui qui est surchargé et qui fait que malheureusement la justice aujourd’hui n’est pas en capacité de répondre pleinement et de manière satisfaisante en terme de qualité au travail, vu étant donné le volume de procédures qu’ils reçoivent. Bien sûr, c’est par solidarité qu’on est allés voir les magistrats et les soutenir dans leur action parce qu’on estime que c’est important que la justice puisse avoir des moyens de fonctionnement dignes de ce nom est ce qui n’est pas le cas aujourd’hui pour pouvoir. Exercer pleinement sa mission. Parce que Anthony, comme moi, on croit en la justice. Donc voilà, ça me paraissait naturel et normal de pouvoir les soutenir à l’occasion de cette de cette manifestation.
David Dufresne
Anthony Un petit passe droit. Tu peux dorénavant si tu le souhaites, mettre des liens dans le tchat, si tu veux renvoyer vers des écrits de la CGT ou des ou des choses comme ça. Voilà, tu peux, tu peux le faire. On continue le visionnage de complément d’enquête police quand les syndicats font la loi. C'était le 1ᵉʳ décembre, premier jour des élections professionnelles. On voit, on regarde la suite.
Audio
Nous nous sommes procuré les derniers rapports internes du médiateur de la police et celui- ci tire la sonnette d’alarme. Voici ses conclusions. Cette pratique persistante de discrimination est susceptible d’engager la responsabilité de l'État et de provoquer des condamnations indemnitaires de plus en plus fréquentes. La pratique des interventions syndicales sur les avancements est irrationnelle d’un point de vue opérationnel, illégal sur le plan juridique. Et choquante sur le plan humain et social. Au siège d’unités SGP Police. Retour avec Guy Dallier, chargé des avancements. Cyril sur les mutations dérogatoires sur les dossiers dérogatoires. La dernière salve. Le collègue de la 48 Rappelle toi, il demandait une affectation des abattoirs à Clermont-Ferrand à la SNCF. Ces rapports du médiateur de la police nationale. Le délégué syndical semble en faire peu de cas. Tout comme de ses mises en garde. La question que je me pose. Le médiateur préconise notamment qu’il faut refuser la pratique des passe droits syndicaux. Oui, c’est écrit noir sur blanc. C’est pas moi qui le dit, c’est le médiateur interne de la police nationale. C’est pour ça que je vous dis est ce que votre travail aujourd’hui pose un problème en termes d'équité ou d'égalité dans la police ? Moi, je ne pense pas. Ça me paraît logique. Et c’est d’ailleurs l’esprit même des syndicats que de défendre comme une association de défense du consommateur un argument vous payez votre abonnement, on va venir vous aider quand vous avez besoin donc que le syndicat défendre ses adhérents, Où est le Où est la difficulté ? C’est là où je ne comprends pas, c’est le rapport du médiateur interne de la police nationale qui est là. Il n’y a pas de problème qui dit que ça pose problème ? Il dit quoi sur le problème en lui-même ? Si défendre un collègue qui adhère à un syndicat, c’est bénéficier d’un passe droit. J’ai l’impression que c’est plutôt le sens même du fait d’adhérer à un syndicat.
Fabien Bilheran
Je pense qu’il faut faire une petite pause là dessus.
David Dufresne
Surtout que ça va être toi là je crois.
Fabien Bilheran
Et puis là c’est quand même assez intéressant dans la ligne de défense, parce puisque bon, ce que vous ne savez pas, c’est qu’au niveau du médiateur de la police nationale, il y a beaucoup d’avis de consultation qui sont fait du médiateur justement de policiers qui s’estiment lésés que sont pour les grades des mutations, mais pour plein d’autres sujets. Et on constate quand même une récurrence, c’est que le médiateur de la police nationale, quand il se positionne du côté de l’administration, alors là, ses recommandations sont appliquées directement, sans aucune discussion. Par contre, quand le médiateur interne d’opposition donne raison aux fonctions de police, là ça devient beaucoup plus compliqué. La mise en œuvre. Donc déjà pour redonner un peu le contexte. Et puis là, clairement, c’est dommage, qui n’est pas une contradiction dans le documentaire, même si je sais que tu n’aimes pas ce mot, mais parce que là, on est clairement dans un c’est assumé en fait. Je veux dire, ce rôle là est complètement assumé au détriment de la légalité, au détriment de l’argent public qui est dépensé et reversé pour indemniser les victimes. Et c’est en ce sens là que Anthony et moi je pense qu’on est d’accord sur le sujet ou d’assumer aussi facilement ce genre de choses. Ça renforce en fait le vote de ces syndicats pour les élus, les élections professionnelles, parce que c’est tout simplement ce que cherchent les policiers d’avoir une capacité de de se défendre face à un système qui biaisé et là en l’occurrence le médiateur. La police nationale est une parfaite illustration puisque ses avis ne sont suivis que quand ils vont dans le sens de l’administration policière.
David Dufresne
Oui, là par exemple, ce que je dis, ce que je reprochais sur cette scène là, c’est que, en fait, le syndicaliste répète toujours la même chose : défendre un collègue, c’est l’essence même du syndicalisme. Alors qu'à ce moment- là, on a compris avec ta prof qui nous le dit. Ce ton là aurait pu servir à effectivement donner la parole soit à un syndicat minoritaire type CGT police, soit à des gens comme toi. Pour eux, pour contrebalancer ce discours là, effectivement, il n’y a pas de il n’y a pas de contradictoire. Et ici, ici, c’est un peu dommage. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle on fait ce stream en tout temps, en toute tranquillité ce matin. Voilà, je continue et je vois que ça dialogue entre Anthony Caillet et le chat. C’est super. On continue le reportage. Attention à Fabien dans sa maison. L’omnipotence des syndicats. C’est en partie ce qui a poussé cet homme à quitter la police l'été dernier.
Audio
C’est lui. Pourtant affecté à la prestigieuse brigade des stups parisienne. Mais Fabien Millerand a préféré rentrer au pays. Dans les montagnes en plein cœur des Pyrénées, le plus loin possible des syndicats.
Fabien Bilheran
Alors petite pause quand même. Petite nuance, je ne me suis pas caché dans la montagne pour fuir les syndicats. C'était à l'époque où justement, j'étais en train de finir le livre. Et donc voilà, c’est un espace qui était pour moi rassurant et calme justement pour avoir le recul, la tranquillité nécessaire. Et disons que là, il y a une petite adaptation de scénario pour montrer, on va dire que voilà, il y avait, il y avait un besoin de mettre à distance les syndicats et autres, mais ce n’est pas du tout ce que j’ai, ce que j’ai ressenti en tout cas dans ce village syndiqué, je rejette. Non, non, il n’y a pas de syndiqués dans ce village. Mais. Mais voilà, c'était un peu pour expliquer le background aussi, parce que moi je n'étais pas hyper satisfait de la présentation dans le cadre qui a été faite de ma part.
David Dufresne
Je veux bien, cher monsieur, mais tout de même, d’un point de vue vestimentaire, on voit que quand on passe à la télé, on met un joli polo.
Fabien Bilheran
C’est le seul joli polo que j’avais.
David Dufresne
Merci bien..
Fabien Bilheran
On ne va pas dans le sens des policiers.
David Dufresne
Pour vous, ils s’accrochent au pouvoir ?
Fabien Bilheran
Oui. Oui, clairement. Oui, clairement, ils s’accrochent au pouvoir. Je veux dire qu’on est dans un syndicat depuis plus de 20 ans.
David Dufresne
On ne sait même plus ce que c’est être policier.
Fabien Bilheran
Ils n’ont jamais été pour la plupart. Donc quand on a un petit avantage. Dans un bureau on peut manger tranquillement au restaurant à 12h on mange avec les commissaires, avec les directeurs, ça peut être grisant. Donc j’imagine à leur place, tout simplement.
David Dufresne
Cette rancœur contre le fonctionnement de la police. Fabien l’a affiché publiquement. C'était en 2016. C’est un drapeau. Policier en colère.
Fabien Bilheran
J’avais accroché sur les grilles du commissariat. A l'époque, tout est parti d’un drame. Voilà. Ça brûle. Chacal à Viry Châtillon. La police en feu. Deux voitures de police sont en flammes en plein milieu d’après 12 h. Elles viennent d'être attaquées au cocktail Molotov par une vingtaine de personnes. Deux policiers n’arrivent pas à sortir de leur véhicule. Ils sont grièvement brûlés. L’absurdité du truc, c'était que les policiers étaient là pour surveiller une caméra de surveillance, en fait. Pour nous, c’est. Absolument. Impensable qu’on puisse faire ce genre de mission et d’autant plus risquer de risquer clairement nos vies avec des gardes statiques de policiers pour surveiller une caméra de surveillance. Voilà, tout est tellement absurde et tellement révoltant qu’on s’est tous retrouvés spontanément dans la rue. Pour dénoncer ça et pour dénoncer aussi l’immobilisme des syndicats, le traumatisme de Châtillon, la goutte de trop. Dans toute la France et alors qu’ils n’ont pas le droit de grève, plusieurs milliers de policiers se rassemblent pour la première fois en dehors de tout cadre syndical et vont appuyer là où ça fait mal. Sur Internet, ils prennent l’opinion publique à témoin sur leurs conditions de travail des commissariats sous l’eau, certains infestés de cafards et du matériel hors d’usage. On révèle des. Dysfonctionnements, on révèle des conditions déplorables dans les commissariats et. Des locaux complètement vétustes, pourris et délabrés.Des voitures qui sont hors d'âge et qui ne sont même pas sécurisantes, qui n’ont même pas le contrôle technique par exemple, ou ce genre de chose.
David Dufresne
Est ce que les syndicats vous aident à ce moment là ?
Fabien Bilheran
Pas du tout pour être la solution juste et juste une question des policiers roulent avec des véhicules qui n' ont pas le contrôle technique. Maintenant il y a eu une évolution depuis 2016, on a vu les nouvelles voitures arriver avec des budgets de rénovation dans les commissariats, mais à l'époque il y avait des voitures dont les frais ne marchaient plus. Le pare-brise cassait tout un tas de dysfonctionnements qui pouvaient mettre en danger en termes de sécurité sur la route, tout simplement. Et quand on signalait les choses, c'était de toute façon. Mais il n’y a pas d’autres véhicules, on vous prenait quand même là. Donc ce qui c'était quand même assez problématique et pareil, je le dis dans le Livre rouge, j’en témoigne à mon niveau local, à Colombes, on était une vingtaine d’enquêteurs à peu près pour un seul véhicule. Et il faut savoir que ce véhicule, c'était 106 qui avait été récupéré d’un service de la préfecture. Donc ils n’avaient pas beaucoup de kilomètres. Mais par contre il n’avait pas le gyro ni le dedans donc qui ne devait pas être utilisé pour faire de l’opérationnel. Donc voilà, pour traduire un petit peu la destruction hiérarchique, faire l’opérationnel, ça veut dire tout simplement pour un policier, exercer ses missions quoi. Donc en fait, on avait une voiture que théoriquement on n’avait pas le droit d’utiliser. Donc voilà, c'était pour illustrer un petit peu le les difficultés on va dire de deux de ces véhicules, sachant que déjà de fait en plus ils n'étaient pas adaptés à l’usage policier. Je veux dire, quand on a une arme, la ceinture, euh qu’on s’attache et autre, je veux dire, c’est quand même assez gênant, c’est assez volumineux, une arme posée sur la sur la hanche comme ça, avec en plus la crosse qui appuie derrière dans le dos sur le siège. Il faut savoir quand même que je l’avais dit dans la précédente émission, il y a beaucoup de policiers qui ont des problèmes de squelette en fait de décalage du bassin à cause de cette arme et à cause de fait des voitures un peu pourries qui de Kiki qui nous donnait des positions un peu un peu tordues. Et il y a beaucoup de problématiques physiques, en tout cas pour les policiers, à cause justement de cette inadaptation on va dire des véhicules notamment à l’esprit de leur mission. Parce qu’il y a quand même depuis évoluer à fond il faut le reconnaître.
David Dufresne
Non, mais je voulais juste faire remarquer que des policiers contrôlent des gens parce que pour vérifier les contrôles techniques alors qu’eux mêmes ne les ont pas, si tu veux. Voilà, c'était une petite perfidie de ma part. Voilà, on continue, on continue.
Fabien Bilheran
Au contraire, je ne pense que les syndicats. À ce moment-là, ont eu peur. Du mouvement des policiers en colère. Ils n’avaient aucun contrôle. Je suppose qu'à ce moment précis, ça doit être un peu panique à bord dans l'état major des organisations syndicales. En tout cas de ne plus le maîtriser. Oui, je vois. Oui, c’est vrai. Oui, c’est vrai que le premier soir, j’apprends que les collègues partent de banlieue pour converger sur Paris. Oui, c’est un peu le terme panique. Peut-être pas, mais c’est vrai, il y a une certaine, il y a un certain émoi et on se dit qu’est ce que ? Qu’est ce qu’on va devenir ? Qu’est ce qui va se passer dans les semaines à venir ? En 2016, Yves Lefèvre était le grand patron du syndicat Unité SGP Police face aux revendications de sa base. Il va alors tout faire pour décrédibiliser ce mouvement mené, selon lui, par des flics irresponsables. Moi, je n’ai jamais cautionné et j’ai même dénoncé le fait que des policiers puissent manifester sur le Champs Élysées en étant cagoulés. C’est inconcevable.
David Dufresne
On tombe dans un régime. Oui, la parole est à la défense.
Fabien Bilheran
Le petit aparté et je vais laisser dérouler. J’expliquerai après cela le contexte à l'époque. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a unité JP notamment, qui avait appelé aussi à manifester sur les Champs Élysées. Quelques années plus tard, j’ai plus la date exacte où il y avait des policiers en armes qui se dirigeaient vers l’Élysée. Ils ont fait exactement pareil, sauf qu’eux étaient projetés, protégés par leur orage syndical et n’ont pas été menacés de sanction ou de radiation. Et juste pour eux, pour ce qui va suivre, si on était cagoulés et masqués, c’est parce qu’on avait peur de JJB. On avait peur de la hiérarchie et des sanctions parce qu’on avait conscience de manifester on va dire de manière illégale dans le sens où on n'était pas passé par des autorisations vu que c'était un mouvement spontané. Et d’ailleurs tout l’objet du mouvement des policiers en colère qui a été créé par la suite de l’association qui a été créé, c'était justement de se de pouvoir autoriser officiellement en fait, de demander une autorisation officielle de manifestation pour montrer que les policiers que nous sommes voulaient rentrer dans la règle, mais en tout cas nous faire passer pour des voyous parce qu’on avait le visage masqué. Il faut savoir quand même qu’en octobre, novembre et décembre de nuit, il fait déjà froid. Donc les cache-cou, les écharpes, c’est quand même très pratique. Mais aussi voilà, c'était par peur de représailles, clairement de la hiérarchie. Donc faut pas nous faire passer pour le policier qu’on était pas parce qu’il n’y a jamais eu de débordements dans les manifestations, Il n’y a jamais eu de volonté de menacer qui que ce soit, ou de deux, en tout cas de deux de la présentation comme des ministres d’extrême droite qui est qui est faite par les syndicats de police. Et un argument, un très raccourci et très facile pour justement dénigrer l’ensemble du mouvement. Mais on va y revenir, j’imagine.
David Dufresne
Alors tu sais bien que je ne partage pas tout à fait ton point de vue, alors c’est compliqué pour moi. Est ce que moi, je suis simple observateur ? Toi, tu es acteur de ce mouvement là ? Mais avant de te rencontrer, je considère qu’en effet, le mouvement des policiers en colère, des policiers en colère de 2016 était totalement, je dis bien totalement. C’est ainsi que je le considérais infiltré par l’extrême droite. Voilà ça et voilà, j’ai. On sait quand même, ça a été démontré qu’il y avait des manifestants qui n'étaient pas policiers, mais qui étaient des militants d’extrême droite, qui étaient parmi vous. Mon erreur, peut être, a consisté à considérer que c'était totalement d’extrême droite puisque tu ne l’es pas. Et tu faisais partie de ceux qui organisés donc dont. Dont acte. Mais je pense qu’il y avait quand même de ça dans votre mouvement de 2016.
Fabien Bilheran
Alors oui, effectivement, tu as raison. Je veux dire, on ne peut pas autant, on ne peut pas catégoriser tout le monde d’extrême droite dans ce mouvement, autant il y avait quand même des membres de l’extrême droite qui en faisaient partie. Moi, au départ, j’ai été un peu naïf, j’avais pas du tout la connaissance là. Et j’ai découvert après coup, après réflexion, que d’ailleurs il faut nommer l’extrême droite puisque ceux qui ont noyauté le mouvement des policiers en colère dès le départ, c’est syndical. Ce ne sont pas des groupuscules d’extrême droite ou en tout cas des partis politiques. Et effectivement, il y a eu une manifestation de nuit sur les Champs Élysées où il y avait un ancien adepte, donc adjoint de sous couvert de sécurité policière, jouer maintenant, qui était affilié, lui clairement au Front national et qui s’est fait voir sur une photo dans les manifs. Et là, tous les syndicats policiers ont servi de ce prétexte et ont plongé en disant regardez, c’est l’extrême droite, on ne leur parle plus du tout. Alors effectivement, il y avait des tendances ou plusieurs tendances en fait, au sein des policiers en colère puisque c'était vraiment une révolte spontanée de plusieurs profils de policiers, donc. Mais ce qu’il faut, ce qui n’est pas dit en tout cas, ce qui est un peu méconnu dans cette histoire, c’est que dès la première réunion associative de création de l’association Mobilisation des policiers en colère, il y avait une représentante du syndicat Alliance qui travaillait pour eux pour essayer de phagocyter un peu tout ça et de faire émerger une colère que le syndicat ne pouvait pas se permettre d’afficher publiquement et qui tirait les ficelles. Et d’ailleurs, j’ai été témoin directement. C’est une capitaine de police à l'époque, qui était directement en lien avec Nicolas Sarkozy, notamment à Wagram à l'époque. En 2016 2017, y avait les primaires de la droite pour les élections présidentielles et les deux. Se tutoyer ouvertement pour moi. Je veux dire, ça faisait partie de la même lignée et voilà. Moi je suis d’accord avec toi, il y avait des vidéos, des slogans dans les manifs, je veux dire la racaille en prison, magistrats, mafias, ce genre de propos que j’ai pu entendre. Moi je m’attachais à dire non les gars, on se trompe de combat là, ce n’est pas c’est pas du tout ça qui comprenait d’abord les revendications sur nos conditions de travail, parce que les syndicats ne sont pas capables de les porter. Mais il y a eu des discussions comme ça en interne pour essayer de trouver le bon ajustement on va dire. Ah le bon consensus politique ! Mais en tout cas la réduction à l’extrême droite totale sans savoir que c’est quand même alliance qui tirait les ficelles de tout ça, je trouve ça un petit peu un peu réducteur, même si j’entends parfaitement que voilà, il y avait quand même des gens très affilés, l’extrême droite, qui y en a qui ont été, qui ont fait partie de ce mouvement, mais qui n’ont pas eu la capacité de s’exprimer pleinement parce qu’il y avait des gens comme moi qui faisaient aussi contrebalancent dans ces mouvements pour essayer d’avoir vraiment pas un discours et une idéologie politique, mais vraiment une revendication à la fois des policiers, des conditions de travail, mais aussi justement de l'éloignement des attentes des citoyens pour lesquels on avait le sentiment de ne plus répondre parce qu’on était soumis à l’usage politique de la police. Donc voilà, c'était pour essayer de faire une explication un peu courte mais.
David Dufresne
Twisted dans le tchat nous dit manifester devant la maison de la radio. Sauf erreur de ma part, cette manifestation aura lieu quatre ans plus tard, en 2020, à l'été deux à l'été 2020 qui est un autre mouvement spontané. Mais pour le coup, qui était alors là tout de suite noyauté par les syndicats et effectivement donc les policiers qui nuitamment et au grand dam de Didier Lallement qui a été capable de dire qu’il était incapable de savoir quels étaient les policiers qui manifestaient et que grave si grotesque cette histoire, Il avait manifesté sur le Trocadéro, il avait manifesté devant la maison de la radio Une des raisons de la manifestation de la maison de la radio, c'était et on en parlera tout à l’heure, c'était le fait qu’il considérait que les médias étaient anti-flics et il considérait que une subvention donnée à un petit film qui s’appelle un politicien sage et était un dû. Or. Or. Or, la personne qui a considéré ça, c’est Sylvie Lefèvre. On va en parler dans quelques instants, puisque moi j’ai passé 1h avec les journalistes de France deux. Alors, expliquer l’histoire que je vais vous raconter après, et il n’y a pas une seconde dans le film, c’est leur choix, mais c’est aussi le mien de le raconter aujourd’hui quoi. Et. Et donc ce qui va se passer, c’est qu’après ils vont aller au Bataclan, devant le Bataclan et là ça va mal passer. C’est à dire que là, la presse va commencer à tousser, à dire bon, ces manifestations à répétition de nuit, des policiers en colère, en 2020, à l'été 2020, ça va commencer à tousser. Et ils font effectivement, ils font. Une manif devant le Bataclan. Et là, il y a des familles de victimes du Bataclan qui disent halte à la récup ! Et donc le mouvement va s’arrêter. Mais vu que tu as levé ton stylo, tu voulais dire quelque chose ?
Fabien Bilheran
Ouais, j’ai vu dans le tchat ce qu’entre guillemets, on me reprochait d’avoir un traité à l’extrême droite, juste pour expliquer un peu ma situation à l'époque. Moi je suis comme tous les policiers et à l'époque je me disais. Intéresse, on va dire, des rouages politiques. Je n’ai pas de culture politique particulière pour rien cacher. En 2007, j’avais même voté Nicolas Sarkozy par conviction, en croyant que donc c’est quelque chose pour les policiers. J’ai bien été bluffé, abattu.
Fabien Bilheran
Enfin, voilà, mon état d’esprit, c’est celui des policiers qu’on voit à l'école de police dans ce reportage. Je découvre la police. Je suis un peu naïf, je suis un peu le mouvement et c’est justement dans mon engagement de policier en colère où là je commence à comprendre certaines choses et à prendre un peu de recul sur le tous les années, tous les rouages. Mais je ne suis pas là pour traiter avec l’extrême droite. Entendons-nous bien, moi je suis là pour défendre une cause. Et c’est après que je me rends compte qu’effectivement il y a des réseaux, il y a du noyautage. Et notamment par rapport au syndicat donc. Et c’est après que j’ai pu m'émanciper un peu tout ça et avoir une réflexion beaucoup plus construite. Mais en tout cas au départ sûr, comme les policiers en jeu, je me vois, moi, un syndicat qui nous protège presque. J’y crois au départ et c’est déjà là. À ce moment-là, on comprend qu’on ait conscience que bah dans les syndicats, ils ne sont pas là pour nous protéger, ils sont là pour leurs propres intérêts. Donc moi je me mobilise uniquement par rapport à ça, par rapport à Vichy, Châtillon, par rapport aux conditions de travail et c’est après, voilà quoi, on en a. La réflexion m’est venue sur les lieux, les alliances, les rouages et autres. Donc voilà, je sais que ça peut paraître choquant, mais dans mon parcours, faut savoir quand même que dans la police, on n’est pas l’extrême gauche, donc forcément on est quand même influencé beaucoup par tout un tas d’idées et tout un tas de raisonnements. Et à ce moment-là, moi je me positionne comme n’importe quel policier, c’est-à dire avec ses forces et ses failles, y compris, on va dire, en termes de construction politique. Et pour le coup, moi aussi je découvre un petit peu, un petit peu tout ça.
David Dufresne
Je te propose qu’on reprenne le visionnage du complément d’enquête.
Audio
C’est un régime que je qualifie j’ai qualifié à l'époque, mais qui me fait penser quand même à des groupes de miliciens ou à des groupes pour le moins occultes, et ça, on ne pouvait pas l’accepter.
Fabien Bilheran
Il nous met des bâtons dans les roues, ils nous critiquent ouvertement. Ils lancent des rumeurs, ils nous accusent d'être de l’extrême droite. Par exemple, il y en a eu une. Manifestation sur les Champs Élysées de nuit, à visage masqué, parce qu’on avait peur à la fois de notre propre anarchie oulipienne et des sanctions forcément qui pouvaient en découler. On essaie d’en faire peu, mais je sais que le préfet de police avait très peur. Il pensait qu’on arrivait armé pour prendre l’Élysée de force et faire un coup d'État. Ça, je sais que c’est des syndicats qui ont lancé ces rumeurs-là pour faire peur à tout le monde, pour essayer de reprendre le contrôle sur le mouvement.
David Dufresne
On vous a complètement diabolisé.
Audio
La grogne des policiers, en tout cas, ne retombe pas ces dernières heures. Mais au grand dam des syndicats, ce mouvement des pulsions colères a fait la une des médias. Nous, on est dehors, on prend des risques tous les jours, on a des familles, on a des enfants pour la plupart. Sur la médiatisation du mouvement.
Fabien Bilheran
Le syndicat Alliance, pour ne pas le citer, avait notamment mis la pression à un journaliste pour qu’il arrête de parler de nous dans la presse et en contrepartie, il le menaçait de. Ne plus donner. Les infos sur les faits divers et. Et à ce moment-là, il m’avait dit "Tu sais Fabien, voilà, moi j’ai déjà eu des pressions de syndicats qui me demandent. de ne pas vous faire parler en fait.
David Dufresne
Alors je ne te demande évidemment pas le nom du journaliste, ni même l’organe dans lequel il travaille,
Fabien Bilheran
On parle de chaînes d’info en continu. Voilà si ça peut éclaircir.
David Dufresne
Et donc on parle de ce que j’appelle depuis des années le journalisme de préfecture. Rappelons qu’au XIXᵉ siècle, il y avait des journalistes qui étaient à la préfecture. On les appelait les préfectures et maintenant ils ne sont plus à la préfecture. C’est comme si y était. Voilà. Et là, là, moi j’avoue, là, il y a un truc que j’aime bien puisque je taille complément d’enquête quand j’aime bien, je le dis aussi. Là, ce que j’aime bien, c’est qu’il montrent quand même les coulisses du journalisme. Et donc là, quand même, si si on a bien écouté, on voit que des journalistes police sont sous la pression des syndicats de police et ça c’est dingue. Et ça, c’est complètement dingue.
Audio
Ce journaliste ne souhaite pas apparaître publiquement, mais il nous confirme les faits par téléphone. Je vais le reprendre au bon moment. Ce sur les arguments ceux qui ne sont pas ou ne sont pas représentatifs. Je propose qu’on leur donne le pouvoir. Extrême gauche par alliance qui incarne toutes ces choses ensemble et sous son autorité. On s’occupe aussi de la lutte contre la contrebande dont ils sont quasiment quotidiens. Oui. Il n’y a pas de souci. Mais si !
David Dufresne
Alors ? Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance entre 2005 à 2019.
Fabien Bilheran
C’est délicat. Je lui ai dit : Écoute, si tu fais ça, tu auras plus d’infos. Bon, journaliste, il est quand même fragile et fragile..
David Dufresne
On voit quand même la considération qu’ont les gars pour les journalistes. C’est si grave, c’est terrible, c’est quand même terrible.
Fabien Bilheran
Donc c’est très calme d’un journaliste de fragile alors qu’eux mêmes mettent une pression dingue en fait pour passer des sujets ou pour passer des propos.
David Dufresne
Alors si tu veux, c’est là où je trouve que c’est intéressant qu’on fasse le react sur le truc parce que on ne comprend pas en fait pourquoi ces syndicats ont cette puissance de feu sur et sur les journalistes en fait. Et je vais le faire très court dès lors qu’il y a commencé à y avoir l’information en continu dans les années 90. Dans les années 2000, il a fallu alimenter les chaînes d’information, les radios d’abord, puis les télévisions, etc. Et comme l’institution s'était toujours murée dans une espèce de silence poli pour rester sympathique, eh bien les syndicats, peu à peu, sont devenus finalement les pourvoyeurs d’informations. Dans un premier temps, ils étaient la courroie de transmission des. Dans les années 80-90, ils étaient la courroie de transmission du ministère de l’Intérieur. Ils doivent expliquer ce que le ministère de l’Intérieur a décidé. Et puis, peu à peu, les mecs enivrés, ivres, ivres de leur pouvoir médiatique, ont commencé à prendre une importance totalement démesurée et finalement à devenir beaucoup plus que des porte-voix. C’est-à dire que ce sont eux qui dictent absolument l’agenda policier dans les médias.
Fabien Bilheran
Complètement. C’est eux qui décident de quelle affaire va ressortir, quelle affaire va être traitée. J’en veux pour exemple la semaine dernière, on a eu deux policiers de la brigade des stups qui ont été mis en cause et mis en examen et d’ailleurs placé en détention provisoire pour avoir remplacé des kilos de cocaïne par du plâtre. Donc voilà, je n’ai pas les éléments d’enquête, je ne pourrai pas en dire plus, mais en tout cas, le traitement médiatique, ça a été très simple. Ça a été une fois que l’info est sortie, ça a été tout de suite verrouillé, personne ne l’a repris et ça fait quand même depuis un peu plus d’une semaine que l’info est traitée par les journalistes. Donc on voit bien qu’il y a déjà un verrouillage dès que ça commence à déplaire sur ce qui pourrait être révélé de la police où là la chape de plomb tombe. Et malheureusement, en dehors de quelques journalistes indépendants courageux, ce genre de procès n’est pas révélé. Et je te rejoins sur pour le coup, pour complément d’enquête où là on voit bien justement la mécanique assumée de pression en plus par Jean-Claude Delage qui est l’ancien secrétaire général du syndicat Alliance et qui est connu pour ne pas avoir beaucoup quitté son bureau sur les 20 dernières années. Donc ça fait partie des syndicalistes. Manque que j'évoque dans le témoignage juste avant. C’est à dire que là on est clairement dans une position syndicale où lui s’en fout du terrain complètement. Il est major RUMP, c’est-à dire le maximum du grade qu’il peut obtenir et il a obtenu d’ailleurs très vite, avant, avant moi, tous les autres plus méritants. Et clairement, c’est la tête de pont du syndicat qui a servi justement tout le discours politique et qui a été téléguidé par Nicolas Sarkozy. Donc voilà, je préfère ne pas en dire plus parce que je vais m'énerver, parce que ce genre de. C’est ce genre de syndicaliste en fait, qui acquiesce, qui nous a vraiment fait beaucoup de mal quand on était dans les policiers en colère, qui a mis la pression aussi sur tout l’ensemble de la maison à la police pour justement nous harceler, nous dénigrer, nous ostraciser, nous mettre à l'écart, y compris de la presse. Et je ne vais pas être très objectif si je continue à parler. Donc voilà, normal à imaginer que quand on a une relation de confiance avec l' analyste, on vive mal finalement qui la trahisse un peu en allant parler à certains, surtout s’il sait que ça peut nous contrarier et en venant le lendemain nous demander des infos à nous. Est ce que c’est très déontologique ? Oui, c’est ça.
David Dufresne
La leçon de journalisme par Delage me fait assez rigoler. Mais cela dit, cela dit, je partage. Je partage une partie de ce qu’il dit. C’est à dire qu’en effet, quand tu es journaliste, tu passes ton temps à faire ça et. Et ce n’est pas génial.. J’en parlerai peut-être un autre jour peut-être. Oui, effectivement, tu vas voir quelqu’un et le lendemain tu vas voir quelqu’un d’autre qui dit du mal du premier et tu retournes voir le premier pour dire du mal du second, etc. Et donc tu es dans un dans un jeu qui n’est pas toujours. Voilà, c’est la patte humaine dans ce qu’elle n’a pas forcément de plus de plus agréable, mais bon. Eux sortent des cahiers qui font leur retour dans le tchat, dit le ministre de l’intérieur. La sortie de la guerre a enfanté le monstre qui fait les ministres aujourd’hui. Pour en terminer avec le syndicalisme de classe et de masse. Voici un propos communiste dans le tchat tenu par la CGT Police. Tout le mouvement des policiers en colère.
David Dufresne
Bien sûr, pour recouper les sources,.
Fabien Bilheran
Ils s’invitent carrément dans le bureau du ministre. Quel est le discours que vous tenez du coup, à ce moment précis, au ministre de l’intérieur, monsieur le ministre ? Pour nous, si vous recevez les policiers en colère. Pour nous, c’est la fin du dialogue social. Le rapport va se tendre et ce sera ni plus ni moins que la guerre au quotidien avec nous. Mais ça, ça s’apparente à du chantage. Pardon, mais je ne sais pas s’il y a un rapport de forces. Premier flic de France à ce moment-là. Bernard Cazeneuve se souvient de ce coup de pression mais jure qu’il n’a eu aucun effet sur lui.
Audio
Je vous confirme que cette pression n’a en aucun cas influé. Si elle s’est exercée à ce moment là sur ma décision et cette décision, elle épouse les exigences des syndicats. Ça tombe bien, je la connaissais. Pas question pour lui de recevoir les policiers en colère. Et savez-vous pourquoi vous vous êtes toujours refusé à rencontrer les représentants de ce mouvement des policiers ? Moi, j’ai une position républicaine précise, nette qui est qu’il n’y a pas de dialogue social sans organisation syndicale. J’ai considéré que les organisations syndicales étaient des interlocuteurs légitimes et je n’ai rien fait qui soit de nature à les affaiblir parce que c'était ma position politique. Conforté par le ministre de l’Intérieur. Il ne faudra pas beaucoup de temps aux syndicats pour éteindre l’incendie. De son côté, Fabien Millerand avait un rêve : intégrer la brigade des stups. Il y parviendra quelques années plus tard. Mais ironie de l’histoire, il affirme avoir dû prendre sa carte chez Alliance pour obtenir sa mutation.
David Dufresne
Donc ça, on laisse. Et tu l’as expliqué il y a quelques minutes qui depuis n’ont jamais paru aussi puissants. Alors là, scène affolante. J’avais lu plusieurs papiers de Mediapart qui faisaient le compte rendu.
Audio
Regardez bien et chers amis, aucune structure ne peut se targuer d'être ce que nous sommes aujourd’hui, tous ensemble. En septembre à la Bourse du Travail de Paris. Alliance frappe un grand coup. En pleine campagne pour les élections, il dévoile leur coalition, un colosse qui engloutit douze autres syndicats de police.
David Dufresne
Bon, j’imagine que dans le tchat beaucoup savent. Mais la Bourse du travail à Paris, c’est un lieu de lutte, c’est un lieu de lutte de gauche, c’est un lieu extraordinaire. Il y a une petite statue, je crois que c’est Jaurès. Et donc là, effectivement, il y a d’un point de vue d’image, un atout qui joué par le par le syndicat Alliance qui se retrouve dans la bourse du travail et qui va, on va voir la Seine qui va monter son bloc syndical. C’est ainsi que c’est appelé avec des gens comme le ministre de l’Intérieur, comme le directeur général, la police nationale comme le préfet de police, qui viennent écouter doctement ce que les syndicats ont à dire. C’est un truc complètement dément. C’est une scène démente.
Audio
Je suis fier et un petit peu ému quand même, ça se voit. Je tremble.Aujourd’hui de pouvoir parler au nom de. L’ensemble. Et je suis fier de cette machine de guerre en devenir, car elle sera un terrible outil au service de nos adhérents. Respectifs. Un meeting qui se déroule sous la bénédiction du préfet de police de Paris. Du patron de la police nationale. Et du grand chef le plus attendu. Le voici. Gérald Darmanin. Est ce que c’est la plèbe ? C’est largement inférieur que d’assister à un meeting sanctionne auprès de tous les syndicats sur la place en son honneur. Je vais partout où on m’invite. La présence d’un ministre de l’autre pour entonner la CGT Police qui est dans le champ Est ce que vous avez invité Darmanin ? Est ce qu’il est venu préfère. S’en amuser devant un public conquis d’avance ? Quand on m’invite, je. Viens quand on ne m’invite pas. Je suis un garçon poli, je ne viens pas. Et donc à ceux qui veulent me voir, qui n’hésitent pas à m’inviter. Lorsqu’ils font des événements, je viendrai pour toute naissance, mariages et autres.
David Dufresne
Ah pardon ! Tu lèves la main.
Fabien Bilheran
Ouais, c’est assez dément. Juste pour une petite information, moi je suis dans un syndicat, je suis dans l’association Pep’s pour prévention, entraide policier, suicide de prévention du suicide des policiers. Et Gérald Darmanin ne nous a toujours pas reçus depuis sa création en 2018. Malgré le fait que nous contribuons à accompagner des collègues, sauver des vies, éviter des cris suicidaires. Donc voilà, j’espère que Monsieur Darmanin, s’il écoute, répondra enfin à notre invitation puisqu’il y a beaucoup de choses à faire sur la prévention suicide et que malheureusement, malgré nos invitations, il ne s’est pas déplacé. Gérald Darmanin est perçu comme un allié. Il faut dire qu’il s’est démené pour ses troupes. Il vient d’annoncer 4400 emplois supplémentaires grâce à une rallonge de 15 milliards d’euros pour les cinq ans qui viennent, après avoir fait remplacer la moitié du parc automobile. Le ministre a aussi obtenu la gratuité des trajets en train pour tous les policiers. J’ai proposé cette disposition au Parlement, mais je le dis sans prendre parti proposé par l’Alliance depuis de très nombreuses années. D’abord, on m’a dit que ce serait impossible budgétairement. On l’a obtenu. Il m’a même dit si vous l’obtenez, je vous offre du champagne. J’attends toujours ma caisse de champagne d’ailleurs.
David Dufresne
Non, non, Fabien. Parfois le silence est d’or.
Fabien Bilheran
C’est juste.
David Dufresne
Tu vois, on apprécie, on apprécie les vannes.
Fabien Bilheran
Non mais c’est la corruption, faut dire les choses. Moi aussi je pense que là pour le coup, le silence est éloquent. Mais on parle de corruption donc, et c’est ouvertement affiché dans un meeting électoral, de syndicats, de bloc syndical, etc. Le mélange des genres est il complètement assumé Et c’est en ce sens là que ce documentaire fait quelque part l’apologie de ce système et d’alliances. Parce que voilà, c’est exactement le discours qui est tenu aux policiers et qui et qui sert alors à leur adhésion en termes de voix.
David Dufresne
Alors, c’est ça, Là, je crois qu’on peut faire un petit point. Il y a sur le sur la chose. Toi, ce qui est intéressant dans ton retour, là, en direct, c’est que tu considères en tant qu’ancien policier, il y a pas si longtemps, tu es encore flic que finalement c’est un tract pour alliance pour les gros syndicats. C’est ce que pense aussi et je l’ai montré tout à l’heure, la CGT Police parle par la voix de son boss Anthony Caillé. Donc pour vous, en tant que policier ou ancien policier, tout ce reportage démontre la force supposée ou réelle des syndicats majoritaires et que donc c’est une sorte de tract pour eux. Après, quand on n’est pas flic, on regarde ça et on le regarde avec un esprit un peu critique. Il y a quand même des scènes qui sont hallucinantes. Alors malheureusement, les scènes hallucinantes ne sont pas appuyées. C’est pour ça que moi je fais pause. Mais quand même, un ministre qui vient t’expliquer que parce qu’il a obtenu une rallonge budgétaire à la demande des syndicats et que les syndicats lui avaient dit il y aura le champagne qui reçoit, pas le champagne, tu te dis mais c’est quoi ce bordel ? Quoi ! Voilà donc ce que je veux dire, c’est que le même reportage vu d’un bord ou d’un autre, selon la perspective on va dire, on n’a pas forcément la même, la même vision. Et je pense qu’on peut avoir aussi les deux visions, c’est à dire considérer que, en effet, et d’après les indiscrétions que j’ai eues, Alliance a beaucoup aimé le reportage. Je peux le dire aujourd’hui. Nous avions beaucoup aimé le reportage. Je ne sais pas si sur Twitter parce que sur le moment, comme c'était la trêve des élections, il faisait un électoral de pas dans la réserve électorale. Je ne crois pas qu’il ait tweeté, mais je sais, je sais qu’ils ont apprécié le reportage parce qu’on peut, on peut avoir les deux. Si les spectateurs ne sont pas choqués, on passe un cap.
Fabien Bilheran
Je te rejoins sur le fait que là on a un regard critique sur ce complément d’enquête. Mais il faut savoir que pour le grand public, c’est aussi un choc d’apprendre aux élèves le fonctionnement qu’on pourrait qualifier de mafieux, des syndicats, de certains syndicats policiers et. Et en même temps qu’on informe le grand public de ces dysfonctionnements là, puisque c’est clairement des dysfonctionnements, on se retrouve avec une espèce de propagande en interne pour les policiers, pour, pour ce syndicat. Donc il y a aussi le revers de la médaille, on va dire, d’informer ce public, le public, sur ce genre de processus. Mais ça, ça a aussi permis certainement une A plus, une assise un peu plus forte d’alliances chez les syndicats, chez les policiers. Voilà deux ans que dure la love story, mais le ministre le sait. Le syndicat est un partenaire exigeant. Le numéro un d’alliance le rappelle. Avec lui, l’amour ne tient qu'à un fil. Il soutient les policiers. Il l’a dit lui même, c’est le premier. Avocat des policiers, donc il n’a pas tué, mais il les soutient. Il obtient des choses pour eux. Bien entendu, la relation est bonne, mais parfois, tu sais que j’ai mon franc-parler Et si demain. Il. Venait à changer de direction et ne plus soutenir les policiers, je n’ai aucun problème pour changer aussi de direction et faire en sorte de dire que le milieu intérieur n’est plus ce qu’il était là, c’est quand même intéressant Parce qu’on a vu Gérald Darmanin la semaine dernière annoncer que le système de retraite des policiers allait être, on va dire, aligné sur la population en général. Et là, il va y avoir quand même un point de crispation avec l’alliance assez fort puisque Alliance ne sera pas du tout pour. C’est cette proposition de loi de réforme des retraites. Mais pour l’instant, je ne les ai pas trop entendu, ce qui est assez, assez étonnant puisque dans ce discours là, qui n’est pas filmé dans le documentaire, Gérald Darmanin dit ouvertement Ne vous inquiétez pas, on ne va pas insister, on va pas toucher au système des retraites policiers et ça ne l’empêche pas de retourner sa veste deux mois après. Donc voilà, j’attends les réactions d’alliance d’ailleurs pour le coup, pour voir si ils se sentent trahis un peu par le ministre avec qui ils sont si bien à acoquinés dans ce dedans, dans ce meeting à la bourse du travail.Ça c’est d’abord une histoire de rapport de force et ça peut très mal finir. En novembre 2018, la France s’embrase. Les manifestations se succèdent. Et les forces de l’ordre sont prises pour cible. Après les gilets jaunes. Maintenant, c’est le temps venu des gilets bleus. Si je dis maintenant, il va falloir que ceux qui ont pris plein la gueule, passez moi l’expression, que cela à un moment donné, puissent être reconnus. Les weekends de travail, les heures sup s’accumulent. Place Beauvau, le prédécesseur de Gérald Darmanin est sous pression. Faudrait ne pas trop en dire. D’autant que le ton se durcit. Les gilets jaunes visent désormais les lieux de pouvoir.
David Dufresne
Il y aurait beaucoup à dire, mais je ne vais pas trop épiloguer. L’attaque de ce ministère, on le sait, le procès l’a démontré et est complètement hasardeuse. N’est pas un coup, ce n’est pas un coup préparé. Et donc là, il y a quand même. Je ne sais pas, je crois pas. Je ne crois pas qu’il soit rappelé les 30 éborgné ment les cinq m’a arraché la mort, deux doigts, une etc. Donc là je suis un peu gêné quand même qu’on en fasse simplement une affaire politique. Entre des policiers fatigués à raser qui, qui sont assis par terre parce qu’ils ont des longues journées et les syndicats qui réclament leur droit. Et voilà, Je pense qu’il s’est passé aussi autre chose que ce qu’en dit complément d’enquête à ce moment-là. Et là c’est pareil, ça fait partie pour moi du manque de contextualisation cher à la chair, à l’investigation télévisuelle. Quoi qu’on est dans l’enchaînement des faits, il y a rarement le contexte, il y a jamais l’analyse et ça me fatigue. Je ne sais pas, je voulais juste le dire en passant.
Audio
Au moment où Christophe Castaner a le plus besoin de ses policiers, les syndicats vont le coincer. Mais nous, on n’a pas le droit de grève. Attention à ce ministre si vous ne lâchez pas un peu de grain à moudre par rapport à ceux qui ont permis à la République de tenir debout et à l’exécutif de continuer sa mission démocratique et républicaine, il va bien falloir passer au tiroir caisse. Et si vous passez par le tiroir caisse, on met effectivement les policiers en croix et vous vous démerdez sans flicard pour votre maintien de l’ordre. Samedi, on le fait ? Oui, on le fait. Le marché est clair face à un ministre fragilisé. Les syndicats exigent le paiement des heures sup, mais aussi 150 € nets d’augmentation par mois pour les trois quarts des policiers. Une mesure à 420 millions d’euros. Là, on est rentré dans un combat viril, très viril. Parce qu'à un moment donné, quand Christophe Castaner me dit Mais monsieur Lefebvre, on va aller chercher du pognon au ministère de la Santé, on va les chercher du pognon à l’Éducation nationale, on va aller chercher du pognon au ministère de la Justice. Et là j’ai une soumise. Arrêtez de me prendre pour un con. Vous n’avez à chercher du pognon nulle part. Je me lève, je me barre. Vous allez chercher à l’Élysée. On revient dans 2 h et soyez à l’heure. Au bout de 2h, on avait gagné.
David Dufresne
Alors là, je ne sais pas. Pour tout te dire, je ne sais pas. Est ce que Monsieur Lefebvre Yves à l'époque, donc patron du GP, fanfaronne ou pas ? Est ce qu’il a vraiment tenu ces propos comme ceci Vous me prenez pour un con ? Vous avez 2h Est ce qu’il a vraiment donné des ordres ? Ni toi ni moi, Fabien, nous le savons. Nous ne le saurons jamais. Mais en tout cas, je pense que le mec se vit comme ça. Et ça, rien que ça. Je trouve que ce reportage est incroyable. Rien que ça. Si la tu sent le côté ivre de pouvoir, ivre de lui même ou quoi. L’arrogance c’est ça l’arrogance dans un truc qui est complètement dingue.
Fabien Bilheran
Oh non, c’est un peu assez dingue alors je ne sais pas si pour le coup il y a pas un peu de vantardise au milieu. Parce que voilà, on aime bien se mettre en avant chez les syndicats de police, mais en tout cas, vu les propos familiers pour ne pas dire vulgaires qu’il a tenus médiatiquement, c’est bien fait pour sa gueule, Je pense qu’il est tout à fait capable de parler comme ça en fait, ou au ministre de l’intérieur. Donc ça montre quand même le niveau de réflexion de la police porté par son syndicat en particulier, mais les syndicats majoritaires de manière plus large. C’est du jamais vu se faire augmenter de 150 € après une action de quelques jours, pas même de quelques heures. C’est du jamais vu. Les syndicats ont facilement remporté la bataille du porte monnaie.
David Dufresne
Alors excusez moi. Par ailleurs, on aime la moto. Les deux. Par ailleurs, j’ai complètement oublié de dire que vous allez voir, je vais apparaître quelques instants dans le reportage. Et encore une fois, c’est le droit le plus strict du journaliste de l’interviewer pendant 4 h et de te garder dix secondes là dessus, j’ai aucun problème. En revanche, ce qui est dommage, c’est que, par exemple, ce qu’Yves Lefebvre a dit là, pour moi, ça fait partie de la mythologie, de la réécriture de l’histoire. Aujourd’hui, il est de bon ton de dire que la République a tremblé et que le rempart, c'était la police. Je n’y crois pas. Je ne crois pas à cette fable. Je. Et je trouve dommage qu’on ne critique pas cette réécriture de l’histoire, qu’il y ait eu un mouvement social complètement incroyable, inédit depuis 2005 et 68, ça ne fait absolument aucun doute qu’il y a eu un désespoir qui se soit exprimé à ce moment là, ça ne fait aucun doute. Mais de dire que la République a tremblé et que les gilets jaunes voulaient prendre le pouvoir, que c'était un putsch, tout ça. De mon point de vue, c’est une réécriture de l’histoire qui justement sert le narratif syndical et ministériel et présidentiel. Et ça fait chier, ça fait chier que ce soit pas au moins mis en doute. Tu vois, j’ai passé 1h avec le journaliste à lui expliquer ça. Donc c’est pour ça qu’aujourd’hui je prends plaisir à en parler. Parce qu’après tout, lui, il a le droit évidemment de te garder ce qui te concerne. Mais ça me semble intéressant de dire attends, peut être qu’on est pas obligé de marcher dans toutes les combines.
Fabien Bilheran
Et d’autant plus que là, il le fait. Ce qu’il occulte de dire, c’est que ça fait suite à une manifestation de policiers qui étaient partis de République je sais plus où il y avait selon les chiffres de la police ou des syndicats d’ailleurs, entre 20 et 30 000 policiers dans la rue. Sauf que le mot d’ordre c'était pour dénoncer la souffrance au travail et les suicides. Et là, on se retrouve avec une force, on va dire dans la rue avec une manifestation de policiers. D’ailleurs, faudrait s’intéresser aux objets d’alliance pour les manifs parce qu’ils ont quand même de très beaux camions et des très belles tribunes à chaque fois à proposer. Parenthèse fermée, mais pour l’argent public encore une fois dépensé. Mais je veux dire par là que c’est grâce à la mobilisation des policiers qui voulaient dénoncer justement le les suicides et autres. On avait des. Je me souviens au 36 rue du Bastion, Palais des Orfèvres, on était descendu faire silence entre 12 h et deux en mobilisant tout le monde pour dénoncer justement l’omerta et le tabou des suicides. Et là, on voit le syndicat qui récupère tout ça pour aller mettre la pression à la ministre et en plus fanfaronner derrière avec un narratif qui ne sert qu'à enjoliver les succès et faire taire les échecs comme ce que j'écris dans le livre sur plein d’autres sujets. Et là, le voilà, C’est de la manipulation, clairement, parce que ce n’est pas du tout ce que les policiers attendent sur le moment. Alors bien sûr, la question du paiement des heures supplémentaires est assez centrale dans la police. Mais il faut savoir que les heures supplémentaires sont payées en dessous du SMIC, effectivement, à la fin. Donc voilà, c’est pas non plus une avancée exceptionnelle puisque on est des travailleurs sous payés. Si on devait être payés par rapport au taux horaire de notre salaire, on devrait être payé beaucoup plus d’heures supplémentaires. Mais voilà, je suis d’accord avec toi que c’est une réécriture de l’histoire et du narratif qui là pour le coup enjolive grandement les choses. D’autant plus qu’on trahit un petit peu les policiers qui sont engagés sur le terrain à manifester avec des revendications pécuniaires qui ne sont pas du tout la réponse adaptée à la souffrance, au travail exprimée dans la rue.
David Dufresne
Et voilà. Et on réduit les gilets jaunes à une histoire de maintien de l’ordre, alors que les gilets jaunes, c’est avant tout une réclamation de justice, de justice fiscale, de justice sociale, de plus de démocratie. Voilà, Donc bon, c’est dommage. C’est dommage que ce raccourci qui sert un certain discours soit là. Donc c’est l’occasion. Là, tranquillement, moi j’allais me chercher un petit café parce que là j’ai besoin de café. On continue, on est à la 42ᵉ minute dit Fabien, faut qu’on accélère.
Audio
Et que précise ce coup de force ? Ils prennent aussi l’ascendant sur leur ministre et ne le lâchent pas non plus. Est ce que, hormis dans le monde policier, une autre organisation syndicale peut à ce point mettre sous pression un ministre ? Ça va peut être vous paraître très présomptueux, très prétentieux, mais très franchement, je ne connais pas. Non, je ne connais pas. L’estocade sera donnée quelques mois plus tard. En janvier 2020, une interpellation vire à la tragédie. Voici les douze minutes où tout a basculé. Celle qui précède l’interpellation de Cédric vient ici avec son casque filmé par un policier. Le coursier est alors plaqué à terre. Il subit une clé d'étranglement avec. Tu as le larynx fracturé. Cédric se souvient. Cinq enfants meurent le lendemain. Christophe Castaner prend la mesure du drame. C’est tout à fait naturel. Et donc il va effectivement commencer à dire qu’il y a peut-être quelques techniques d’interpellation qu’il faudrait revoir. La méthode de la prise par le coup dite de l'étranglement sera abandonnée. Ces dernières semaines, trop ont failli dans leur devoir républicain. C’est inacceptable.
David Dufresne
Et le fait que Christophe Castaner ai eu presque un moment de bémol. En fait, c’est ce qui va lui coûter sa place.
Fabien Bilheran
Et ce qui fait véritablement exploser la marmite. Excusez-moi la métaphore, mais aussi le fait qu’il nous parle de soupçons avérés, de racisme.
Audio
Aussi, j’ai demandé à ce qu’une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon.
David Dufresne
Alors tu lèves la main, Vas-y.
Fabien Bilheran
Alors là, déjà, il y a quelque chose, moi qui me choque profondément. Si c’est qu’il n’y a aucune compassion pour Cédric Chouviat
Fabien Bilheran
Et ça c’est terrible parce que c’est ça qui détruit la relation police population. Parce que du point de vue du grand public, on se retrouve avec une espèce de fracture, de barrière entre les policiers d’un côté qui vont soutenir l’action de leurs collègues et la population qui se dit mais il y a quand même eu un mort. C’est ça l’action de la police. Et là, clairement, le jeu syndical, là, ici, est flagrant. C’est-à dire qu’on va se servir de cet événement et d’un propos. Voilà peut être ambigu, peut être pas assez clair à leurs yeux, etc. Pour taper sur le ministre et faire contre feu, en fait. Et alors qu’on oublie l’essentiel. Y a aucune compassion pour Cédric Chouviat et sa famille. Et à mon sens, c’est dramatique. Et c’est là où la police s’est écartée de sa mission de service public. Parce que la mort de quelqu’un, quel qu’il soit, quelles que soient les circonstances, c’est toujours un échec absolu. Pour les policiers. En tout cas, ça devrait l'être et ça n’est pas pris comme tel. A part, comme tu le soulignais justement, cette parenthèse de ce bémol de Christophe Castaner.
David Dufresne
Et j’ajoute qu’on vient de revoir ces images terribles évidemment, de la mort de Cédric. Il faut rappeler que ce sont les avocats de la famille Chouviat qui ont appelé sur les réseaux sociaux, qui ont fait un appel à témoignages et que ce sont eux qui ont récupéré les cinq ou six filmages de ce moment absolument épouvantable. Il y a aussi quand même quelque chose de l'époque, c’est qu’aujourd’hui, on peut. Alors, si on ne voit pas le moment fatal encore que j'étouffe chez Ouf, on y va qu’aujourd’hui la télévision peut diffuser, peut diffuser la mort. Ça dit aussi autre chose. Ou est ce qu’on en est par rapport à par rapport à ce genre de choses ? Et ça dit aussi beaucoup sur la nécessité de filmer Bref, c’est une séquence qui est qui est absolument incroyable et je te remercie effectivement d’avoir rappelé que là, à ce moment là, justement, cette séquence n’est plus qu’une séquence, elle est presque dévitalisée, si je puis dire. Voilà. Passons en continu.
Audio
Ils sont avérés d’acte ou de propos raciste. Il y a racisme où il n’y a pas racisme et là c'était la suspension en cas de soupçon avéré, putatif, potentiel, réfléchies, supposées et peut être lettre de raciste, ça ne voulait rien dire. Ce discours. Le ministre de l’Intérieur va le payer cash. Le soir même, une réunion de crise est organisée à la hâte place Beauvau. Le patron d’Unité SGP Police est fou de rage et sauf. Castaner souhaite s’entretenir. Et moi en aparté dans les jardins de Beauvau avant le début de la réunion. Christophe Castaner Vous avez commis une erreur monumentale. Comment avez vous pu lire ça ? Je ne sais pas. Lui, il fait ses discours. Si tel est l’imbécile qui vous a fait dire ça. Je vais rectifier le tir. Pour la clé d'étranglement, on va la maintenir jusqu'à ce qu’on trouve autre chose. Et puis effectivement, oui, c'était maladroit, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, etc. Mais c’est déjà trop tard. Menottes à terre, Coulisses. Arrière bloquée. Manif sur les champs. Christophe Castaner déjà largement affaibli et lâché par ses troupes. Et c’est Yves Lefèvre qui va appuyer sur la détente.
David Dufresne
Excuse moi.
Fabien Bilheran
Ouais David, petite parenthèse là justement, c’est la manifestation que j'évoquais sur les Champs Élysées organisée par les syndicats. Là, on a quand même des jets de menottes de policiers en tenue en service sur la voie publique. Si c’est une mutinerie organisée, là, ce n’est pas une manifestation. C’est-à-dire que ce qu’on dit justement dans le livre Police. Alors l’omerta au travers du témoignage de Serge notamment, c’est qu’en 1983, quand il y a des manifestations de policiers un peu dirigés par l’extrême droite et à l'époque, le. Le syndicat Alliance historique en tout cas, qui invite sous les fenêtres de la place Vendôme à crier Badinter assassine ! Derrière, il y a des sanctions. C’est à -dire il y a des révocations qui sont prises. Là, on a clairement un syndicat qui encourage les pratiques qu’il dénonce pour les policiers en colère au passage et qui se retrouve en position de force. Et c’est là où on voit que ce n’est plus un contre pouvoir pour l'équilibre depuis, mais que là, clairement, ils font, leur propre tambouille politique.
David Dufresne
Si je puis me permettre, je ne sais pas si les policiers qui ont été évoqués, ce n’était pas la manifestation contre Badinter, le garde des Sceaux à l'époque ou la manifestation contre Pierre Joxe, je ne sais plus qui était ministre de l’Intérieur. Mais en effet, à l'époque, Pierre Joxe raconte ça dans ses mémoires, il dit qu’il n’a pas eu peur des syndicats factieux. Alors, à l'époque, il y avait un syndicat qui s’appelait le Front national de la police, qui va être dissous, puisque les partis politiques, quels qu’ils soient, n’ont pas le droit d’avoir des syndicats directement liés en théorie. Et voilà. Et donc effectivement, en tout cas dans les années 80, les relations entre l’institution et les syndicats étaient beaucoup plus. Étaient moins incestueuses, on peut le dire comme ça aujourd’hui, y compris en termes de positionnement des ministres ou même de la haute hiérarchie policière où on tolère et on permet ce genre d’action sans qui de conséquences. Donc c’est là où c’est intéressant justement de revenir en 1983 pour voir un peu comment c'était très à l'époque et la différence de traitement aujourd’hui, pour montrer justement l'évolution et l’emprise des syndicats dans l’espace politique et médiatique et vu à quel point les policiers ne considèrent plus Christophe Castaner comme étant légitimement leur ministre aujourd’hui, il est indigne d'être le ministre de l’Intérieur. Christophe Castaner On m’appelle le soir même. Après je fais quelques radios, je fais quelques télés et le forum qui est sur votre questionnaire m’a dit Manifestement, je crois que mon cœur est serré. Ce qui veut dire qu’il admet auprès de vous que vous êtes celui qui a vu sa tête, que vous êtes là et sur c’est bon, ce n’est pas moi qui les ai mis. En tout état de cause, nous nous entendons bien. Je ne pense pas qu’on soit plus forts que le ministre, mais je pense qu’on peut être plus dangereux que lui. La présidence le sait et je pense, et.
David Dufresne
Là c’est vrai que ça fait un peu votez pour moi quoi. C’est vrai que là, ta tasse de thé, t’es jeune flic, tu dois prendre ta carte, tu dois voter et data, t’as deux mecs qui te disent ben nous on est plus fort que l’obélisque, Votez pour nous ou quoi ? C’est vrai que c’est vrai que ces enfants.
Fabien Bilheran
Et tu vois depuis tout à l’heure, quand on lit quand il parle, j’ai noté ses propos, on a quand même machine de guerre, terrible outil, on est plus dangereux, etc. En fait, on est clairement pas du tout sûr d’y garder la paix. On voit très bien la stratégie assumée et affichée de faire peur aux autres et donc d’imposer on va dire le discours de 200 syndicats. Donc effectivement, je te rejoins là pour le coup complètement sur les propos qu’on peut entendre, là, qui sont absolument pour moi choquant, parce que voilà, et c’est pas du tout un signe d’apaisement, pour la suite et au contraire ses prises de position médiatiques. Au-delà de faire le jeu de 200 syndicats, ils entretiennent avec l’escalade de la violence en fait, et la polarisation du discours et des débats autour de la police.
David Dufresne
Je reviens deux secondes sur Cédric parce que j’ai vu dans le tchat, je crois que c’est le cheval qui Kiki qui te reproche Fabien Heu d’avoir été un peu rapide en disant que la presse avait été beaucoup enquêté. Ma chère, ma chère Axelle, c’est faux. Le premier article qui date du lendemain du Parisien est un article démentiel puisque c’est un article qui il attrape, qui est absolument démentiel. Et en fait, il va y avoir eu un traitement médiatique les premiers jours jusqu'à ce que les vidéos soient révélées par les avocats. Là, il va y avoir un changement médiatique. Mais au début on a affaire à un traitement très préfectoral. Je ne sais pas si ça existe, préfectoral de l’affaire. Voilà, c'était juste pour préciser On continue et après je vais, je vais vous raconter l’entretien que j’ai eu avec Julien Daguerre, qui est un des quatre reporters qui signent ce reportage de France 2
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Je quitte ce ministère aussi fier de ce que nous avons accompli pendant 20 mois avec Laurent Nuñez.
Fabien Bilheran
Christophe Castaner nous l’a confirmé ce sont bel et bien les syndicats qui ont eu sa peau.
David Dufresne
Les syndicats, au fond, l’a pressuré. Pendant des mois, il n’y a plus rien. C’est l’acte concret d’une prise de pouvoir sur le pouvoir. C’est tout. Les syndicats sont-ils devenus les nouveaux patrons à l’intérieur ? Julien, qui est absolument charmant, son équipe absolument charmante. On a passé 4 h comme toi, Fabien a passé 5 h et il y avait un truc qui était rigolo quand même, c’est que le journaliste de France deux a voulu absolument me faire dire ce qu’il a gardé là, si tu veux. Et donc il m’a posé dix fois la même question sur Castaner, Castaner, Castaner. Alors que moi ce que je voulais c'était plutôt lui faire de l’analyse politique, c’est-à dire lui expliquer. Alors je le remercie parce qu’il a gardé la phrase la prise de pouvoir sur le pouvoir, mais là ça m’aurait semblé plus intéressant. Mais là, si, c’est un truc d'écriture journalistique. C’est quand même une prouesse. Ils se mettent à quatre pour le faire. Ils ont deux mois pour le faire. C’est beaucoup de travail, ça a l’air de rien, mais c’est beaucoup de travail. Donc en effet, tu sens que les choses sont un peu écrites. Parfois, elles sont un peu scriptes. Voilà. Et dans les entretiens bâtissant quand même que voilà, hi hi, ils ont envie d’avoir ce que les anglos saxons appellent les côtes la citation ou le truc qui va bien pour arranger le récit. Est ce que toi t’as eu le même sentiment, Fabien ou pas ?
Fabien Bilheran
Moi j’ai eu le même méthodologique, toi, à savoir la dizaine de questions répétée à l’envi pour essayer de faire réagir un petit peu et les sortir de ses gonds qu’on va dire est et garder des propos.. Le seul truc où je suis un peu critique sur ce qui a été gardé, c’est que j’ai dit beaucoup plus de choses à mon sens intéressantes dans l’analyse. Et effectivement, comme tu le disais, on garde des passages. C’est toujours complexe de mettre à bas, de mettre en récit le tout. Mais j’aurais aimé garder justement des passages ou quitter un peu plus. Voilà, un peu plus, un peu plus construit en termes de réflexion puisque là c’est vrai que le reportage est assez dur pour ça. C’est quand on enchaîne, on enchaîne en enchaînant tout un tas de, de, de choses et sans prendre le temps de réagir et de prendre le temps de poser les choses en train de faire.
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Que les forces de l’ordre soient assurées de mon soutien total. Alors, sitôt nommé, Gérald Darmanin va leur envoyer un message sans équivoque. Dire des bêtises. Quand j’entends le mot violences policières, je mens, je m'étouffe. La police exerce une violence, certes, mais une violence légitime. Depuis plusieurs mois, cette violence légitime, défendue en bloc par les syndicats et leurs ministres, pose question. Alors les policiers français ont aussi la gâchette trop facile. 15 octobre suite à un refus d’obtempérer, deux policiers tirent trois fois sur son véhicule. Les trois policiers qui ont tiré sur une voiture samedi à Paris sont toujours en garde à vue. En moins d’un an, treize personnes ont été abattues lors de refus d’obtempérer. Un record en Europe. Toute la France est concernée. De Nice jusqu’au quartier de Barbès à Paris. Donc c’est là là, c’est ici. Exactement. On s’est fait tirer dessus le 4 juin 2022. La vie d’Inès a basculé au printemps dernier. Depuis que cette jeune femme de 22 ans a vu sa meilleure amie. Mourir sous ses yeux. Je crois que j’ai même la dernière vidéo qu’on a faite ensemble avant qu’on fasse l’accident. On est au Mac Do quand on est sorti de soirée à Pigalle. Donc de base on était de bonne humeur, on avait passé une super bonne soirée L'émission. Sur ces images, il est 9h du matin et pour les copines, il est grand temps d’aller se coucher. Raccompagnée par deux garçons rencontrés un peu plus tôt dans la soirée. Elles rentrent en voiture. Problème, le conducteur n’a plus son permis. Alors quand trois policiers à vélo tentent de le contrôler pour mon port de la ceinture. Celui-ci refuse de s’arrêter. Donc quand ça s’est passé, on s’est fait interpeller une première fois un peu plus bas dans la rue. Donc à ce niveau, il y a eu une première interpellation qui a fini en délit de fuite en sachant que moi et mon ami Jean rayonnant, on n’avait rien à voir vraiment avec le conducteur. Fin on ne voulait pas rester dans la voiture à ce moment-là parce que voilà, c'était un délit de fuite et que nous on ne voulait pas de problèmes judiciaires avec la police etc. Et ça ils n’ont pas forcément pensé. Lorsque les policiers rattrapent la voiture bloquée par un bus, il brise la vitre avant avec la crosse de leur arme. Le conducteur tente-t-il de redémarrer ? En tout cas, la patrouille ouvre le feu sur le véhicule. À dix reprises.Ils ont demandé au conducteur de s’arrêter plusieurs fois, mais je n’ai pas entendu deux on va tirer. Sorte de la voiture où on tire. C'était. Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous, Arrêtez-vous ! Ben t’as pas voulu t’arrêter. BAM, On a entendu. Ils ont vidé le chargeur. Des quatre occupants de la voiture, deux sont touchés. Le conducteur blessé au thorax, mais surtout la passagère à ses côtés. La meilleure amie d’Inès, Rihanna, a reçu une balle dans la tête. Il m’a fallu un moment pour me rendre compte que tu avais vraiment pris une balle. En fait, au début, je pensais qu’elle était juste tombée dans les pommes. Enfin, pour moi c'était trop gros, c'était improbable, je n’y croyais pas et quand je l’ai soulevée, je l’ai vue en sang. Elle est à moitié morte sur le sol, mais je lui crie dessus Réveille toi, je ne peux pas mourir ! Faut que tu respires en fait. Pendant qu’il faisait le massage cardiaque, je priais Dieu. Je me disais mais non, ce n’est pas possible, elle va se réveiller. C’est une mauvaise blague, c’est impossible. Rihanna venait tout juste de fêter ses 21 ans. Aujourd’hui, ses proches réclament justice. Sa maman témoigne pour la première fois à la télévision. Accompagnée d’Inès et de ses avocats. Elle a été exécutée. Excusez-moi. Ce que je ressens pour eux, c’est qu’ils ont fait leur travail, mais pour moi non. Ils n’ont pas fait leur travail. Rihanna n'était pas sage, elle était passagère. Elle n’a rien fait, Rien. Elle est innocente. C’est une jeune fille. Je suis en colère. Quelques heures à peine après la mort de Rihanna et alors qu’il est encore en garde à vue, on commence un défilé sur les plateaux télé, celui des syndicats de police. Nous sommes maintenant en direct avec Yvan Azuma qui est secrétaire général Ile de France d’Alliance Police Nationale. Bonjour, bonjour ! On est dans la même journée. Alliance interviendra treize fois rien que sur BFMTV. Et alors que l’enquête n’a même pas commencé, tous les syndicats livrent une version à sens unique sans un mot pour la victime. Là, on est dans le cadre d’une tentative d’homicide avec arme par destination, puisque le véhicule à ce moment-là, devient une arme pour nous. Les éléments constitutifs de la légitime défense semblent être présents. Pour nous, la légitime défense ne fait aucun doute. Et pour nos collègues, en fait, ils se sont tant sentis menacés par ce véhicule. Moi, je pense d’abord aux policiers parce que c’est eux qui risquent chaque jour et chaque nuit leurs vies pour nous protéger. Et on est passé par le drame. Ils ont voulu délibérément se faire un policier.
Fabien Bilheran
On est passé pas loin d’un drame
David Dufresne
Comme s’il n’y avait pas eu de drame. Je poursuis, c’est un passage qui est très dur.
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Je pense qu’en fait ils ont mis en place une espèce de rouleau compresseur. Alors on envoie, on en envoie un sur un plateau télé, un autre sur un deuxième plateau de télé, un autre sur un troisième plateau de télé pour essayer de rentrer dans la tête des gens et, de quelque part, manipuler un peu l’opinion publique. Et ils tentent de légitimer l’action des policiers en violant. Le secret de l’enquête en mentant. Ils mentent au peuple, ils mentent aux juges et ils mentent à la famille de la victime. Contacté, l’avocat des trois policiers affirme que leur tir Respectez le cadre légal. A chaque fois, c’est l’argument massue des syndicalistes la loi.. La loi est plutôt claire sur l’alinéa quatre. Les agents de la police nationale peuvent faire usage de leur arme en cas d’absolue nécessité, lorsqu’ils ne peuvent immobiliser autrement que par l’usage des armes, des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport dont les conducteurs n’obtempère pas à l’ordre d’arrêt, Cette loi, qui élargit les conditions d’utilisation d’armes à feu pour les policiers, remonte à 2017. La France sort alors d’une vague d’attentats dont l’assassinat d’un couple de policiers chez eux à Magnanville. Les policiers ont le sentiment qu’en raison de l’uniforme qu’ils portent, ils sont pour tous ceux qui veulent s’en prendre à notre pays à travers des actes terroristes. Une cible particulière. Et dans ce climat, ce sont des organisations syndicales qui vont défendre dans les allées du pouvoir ce nouveau permis. Alliance en tête. Évidemment, nous faisons le job syndical que nous avait confié un collègue, c’est à dire faire du lobbying, aller voir l’administration, aller voir les députés, aller voir les sénateurs et aller essayer, dans le contexte qui était celui de l'époque, de faire passer des choses qui peut être dans un autre contexte ne seraient pas passer parce que c'était juste et utile. Sauf qu’aujourd’hui, cette loi poserait problème. C’est ce qu’affirme le chercheur Sébastien Rocher, auteur d’une étude sur les conséquences de ce texte chez les policiers de terrain. Cinq ans après la loi. Cinq ans avant la loi, on va compter le nombre de tirs policiers, le nombre de tirs qui sont suivis d’un décès. Et dans cette catégorie là, la sous catégorie de ceux qui y sont, des tirs contre des véhicules en mouvement, les refus d’obtempérer.
David Dufresne
Sébastian Roché, qui fut le premier invité de poste le 23 février 2021. Et là, par exemple, tu vois, c’est le moment où je trouve que le reportage et est chouette, c’est parce que justement on a une histoire, on a un contexte, on remonte un peu le temps et ce qui fait qu’on comprend mieux ce qui est, ce à quoi on assiste en fait. Je continue.
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Ses conclusions sont saisissantes. Depuis que cette loi a été promulguée en France lors de ces fameux refus d’obtempérer. Il y a eu cinq fois plus de tirs mortels effectués par des policiers. Selon le chercheur, si les conditions de cette loi sont réunies, les tireurs ne peuvent plus être condamnés. Comme la loi les rend irresponsables pénalement, ils ne seront pas tenus pour comptables de leurs actes. On ne va pas rechercher leur responsabilité pénale. Donc ils sont irresponsables pénalement. Ce qu’a fait la loi, c’est qu’elle leur donne le droit de tirer et de tuer. Je ne crois pas que ce soit la loi qui provoque plus de morts. Je pense que, et ça, ça peut être choquant, je peux l’entendre. Ce que je vais dire. Mais ce qui provoque plus de morts, c’est qu’il y a des refus d’obtempérer. Mais ça, ça intéresse peut- être moins les chercheurs qui ont fait des études.
David Dufresne
Toujours le même mépris, toujours le même mépris pour. Pour ceux qui se permettent d’observer, de réfléchir et de réfléchir. C’est quand même dément. Mais je trouve ça. Ça en dit long quand même sur l'état d’esprit de la maison, Les syndicats d’aujourd’hui vont-ils trop loin ?
Fabien Bilheran
Il nous fallait l’avis d’un ancien. Jean-Louis Arago a été l’une des grandes voix de ce syndicalisme policier dans les années 2000. Il dit avoir gagné des dizaines de combats, soutenu des milliers d’adhérents. Mais il ne l’assure jamais à n’importe quel prix. Entre le préfet de police, un policier qui outrepassé les règles, qui forme l’honneur et la grandeur de notre profession. Nous nous considérions qui portait un préjudice à l’ensemble de la profession et qui n’avait rien à faire dans la police. Une ligne de conduite qu’il ne retrouve plus chez les jeunes aux affaires toujours marquées à droite. Fidèle soutien de Charles Pasqua, Jean Louis le porte un regard très acerbe sur ses successeurs. Il ne comprend plus leur discours que sur les refus d’obtempérer comme sur le reste sera mis en jeu. Les policiers tirent, les policiers tirent parce qu’ils sont agressés et ils ne font que se défendre.
David Dufresne
On a des blessures. Le regard est dangereux.
Fabien Bilheran
Les policiers ont tiré. C’est quoi ce public ? Les médias aujourd’hui ? Il y a des sociétés de paix. On n’est pas dans une société de guerre et assainie. Républicain se doit de tout faire pour préserver cette société de paix. Je sais bien que ce n’est pas facile. Je sais bien que pour les collègues, tous les jours.Ce n’est pas évident. Mais de dire aux collègues vous avez raison, continuez, tirez, etc. Ou vous devez continuer à le faire, comme ça vous verrez. C’est irresponsable.
David Dufresne
Je relève ce que dit le tchat. Est considéré comme modéré aujourd’hui ?
Fabien Bilheran
50 000 policiers sont appelés aux urnes. Le résultat déterminera alors quel syndicat sera le mieux placé pour faire la police place Beauvau.
David Dufresne
Alors voilà, c’est la fin du reportage. Il va y avoir une deuxième partie qui va singulièrement t'énerver, mon cher mon cher Fabien, mais grâce à Euryale, normalement, je vais pouvoir vous montrer ce que je voulais vous montrer tout à l’heure. Ouvrir le lien ? Oui, c’est ça. Voilà, voilà. Alors là où vous ne voyez pas très bien, mais bon. 25 juin 2020. Il y a. Un tract du syndicat SGP Police Région Ile de France. Les policiers trahis, les forces de l’ordre, assaillies de violentes campagnes de dénigrement, auraient pu espérer un répit du côté du Conseil régional d’Ile de France qui se prétend proche des dossiers policiers et gendarmes. Malheureusement, ce même conseil régional a voté il y a quelques jours une subvention pour un film militant écrit et réalisé par David, du pseudo journaliste connu pour sa haine anti-flics et son ignorance notoire du maintien de l’ordre. Un acharnement anti forces de l’ordre qui semble très lucratif ont tué le conseil régional d'Île de France après avoir financé le film diffamant Les Misérables, a t il décidé de faciliter encore le travail de sape de tous les anti républicains ? Unité SGP Police. Voilà. Alors ça c’est le tract, Il est là et très beau, un très joli tract avec une très belle caméra, Donc Sita c’est un tract que je voulais vous montrer. Je crois que je ne vous l’ai jamais montré. Je n’en avais pas parlé à l'époque de la sortie d un Pays qui se tient Sage parce que je voulais qu’on parle du film et pas de cette polémique Derrière ce tract, il y a donc le syndicat SGP Police. C’est donc le monsieur que vous avez vu pendant 1 h, Yves Lefebvre, qui à l'époque à la manœuvre. Et pourquoi j’en parle ? Parce que le gars que vous allez voir maintenant, Frédéric Péchenard, qui est donc le grand témoin de l'émission Complément d’enquête, qui est l’ancien grand patron de la police ? En fait, c’est le numéro deux du conseil régional. Il est très proche de Valérie Pécresse et bien évidemment, ni lui ni elle n’ont su au départ qu’il y avait une subvention pour le film Il faut savoir que la plupart des conseils régionaux financent des films pour des raisons non pas esthétiques, ni sociales, ni quoi que ce soit, mais plutôt économiques. Ce que j’ai su par la suite, c’est que, en fait, au moment où justement il y avait des rumeurs selon lesquelles l’unité du questionnaire allait sauter, eh bien ce tract est sorti quatre mois après la subvention. Alors, la subvention, elle est de 40 000 €, hein, Je vous dis tout. Finalement, elle est allée au bout, c’est-à-dire qu’on l’a obtenu pour le film. Il y a eu un moment de discussion assez fort entre le conseil régional et le producteur parce qu’effectivement le conseil régional était très emmerdé par cette histoire là.Péchenard était pressenti pour remplacer Castaner et donc à ce moment là je prends en fait une balle perdue, c’est à dire qu’on sort ce truc là pour dire regardez y Péchenard, le conseil régional dans lequel siège Péchenard, finance un film anti-flics,
David Dufresne
Alors on regarde, il y a quand même quelque chose qui est intéressant de dire, c’est que Frédéric Péchenard était ancien directeur général de la police nationale, très proche de l’UMP et puisqu’il s’est présenté je sais plus quelle élection sous cette étiquette, et c'était, si je puis me permettre l’expression, le porte flingue de Nicolas Sarkozy au sein de l’administration policière. Donc là, il faut bien savoir que sa présence ici, déjà, n'était pas prévue au départ, puisque au niveau de l’arrière boutique, c'était Agnès Naudet, ma coterie, qui était censée être dans le fauteuil pour justement parler de la vie de notre livre et apporter un peu de profondeur à ce qu’on a vu. Et là, à contrario, on voit quand même très vite Frédéric Péchenard qui a allègrement utilisé le syndicat pour obtenir toute sa stratégie politique avec Nicolas Sarkozy qui, là, vient de faire le service après vente des syndicats. Alors moi je trouve ça vraiment fabuleux en termes de mise en scène. Mais voilà, ses propos sont quand même assez intéressants à décortiquer, donc je te laisse le loisir de nous faire écouter ça. Frédéric Péchenard, qui est donc invité de complément d’enquête.
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Et voilà pour cette enquête de Julien Daguerre et Hugo Plus on est de retour à Bobigny, à la Bourse départementale du travail avec vous. Frédéric Péchenard. Bonsoir, bonsoir. Merci d'être avec nous. Vous êtes aujourd’hui vice -président Les Républicains du Conseil régional d'Île de France et vous êtes surtout connu pour avoir été directeur général de la police nationale de 2007 à 2012. En gros, vous étiez le patron des policiers sous Nicolas Sarkozy. Pour gravir tous les échelons de la hiérarchie, vous avez dû prendre votre carte de syndicaliste à l'époque. C’est pas grâce à ma carte de syndiqués, mais c’est vrai qu' avant le directeur général de la police, j’ai été 25 ans commissaire de police. J’ai fait toute ma carrière à la police judiciaire et dès la sortie d'école, j’ai pris ma carte au syndicat des commissaires. Et au fond aussi, l’acronyme était assez compliqué. Entre nous, on l’appelait le Schtroumpf. Vous, en tant que directeur général de la police nationale, est-ce que par moment vous vous êtes senti tenu par les syndicats ? Non, j’avais tout fait moi même, j'étais syndiqué. J’ai d’ailleurs été délégué de mon syndicat pour la police judiciaire parisienne. Je siégeais en commission administrative paritaire du côté des syndicats, avant de basculer du côté de l’administration. Donc c’est le monde syndical que je connais et qui ne vous a jamais posé problème ? Jamais. C’est ce qui n’est pas le cas de tous vos collègues. On a interrogé un autre ancien directeur général de la police nationale et sous couvert d’anonymat, voilà ce qu’il nous a dit. Tout s’est amélioré. En sorte que tout reste à. Faire justice. Est ce que l’administration est parfois un peu prisonnière des syndicats, comme semble le dire cet ancien DGPN ? Est ce à dire qu’il y a des négociations permanentes avec les syndicats quand vous êtes directeur général de la police ? Mais négocier et être prisonnier, c’est pas tout à fait pareil. Après, je crois que c’est une question de personnalité et des syndicats et du directeur général et du ministre. Est ce que ces syndicats de police qui réclament toujours plus de moyens, ils ont raison. Est ce que c’est efficace ? On a posé la question à Jean-Michel Fauvergue, que vous connaissez bien. C’est un ancien député de la majorité présidentielle, un ancien chef du RAID, ancien patron du RAID. Et voilà ce qu’il dit. Il y a une augmentation. Du nombre de policiers, de gendarmes, 10 000 policiers, gendarmes dans le dernier quinquennat. On est un des pays les plus fliqués d’Europe. Moi, ce que je regrette, c’est que vous vous apercevez que plus vous donnez de moyens et moins les choses fonctionnent. Ça a été confirmé par la Cour des comptes. On a jamais eu jamais donné autant d’argent à la police et pourtant on a un taux d'élucidation qui est particulièrement médiocre. Alors ce n’est pas exactement ce que dit la Cour des comptes, mais c’est quand même très intéressant. La masse salariale, notamment parce qu’il y a augmenté de 20 %, on dire. Je ne vais pas être d’accord avec les syndicats, je ne veux pas être non plus toujours d’accord avec eux. Je pense que l’idée de nous demander toujours plus de nombre de fonctionnaires ou de militaires de la gendarmerie et de réduire la lutte contre l’insécurité à l’augmentation du nombre de policiers. Pour moi c’est une hérésie. Mais il y a plus de policiers, peut-être mieux payés, tant mieux. Mais par contre, la masse salariale, c’est 90 % du budget. Et donc c’est ce que j’appelle la paupérisation de la police. Une espèce d’effet ciseau. Plus de policiers moins bien dotés. Donc avec l’action des syndicats, on fait, on paye davantage de primes, mais on donne moins d’argent pour le matériel. Absolument. Et ça c’est une des actions qui ne me paraît pas bonne dans le syndicalisme policier d’ailleurs, pas bonne non plus chez un certain nombre de décideurs politiques jusqu’au président de la République qui essaie de tout résoudre. On va embaucher plus de policiers, il faut embaucher mieux de policiers mieux formés, mieux équipés. On a l’impression qu’on ne peut jamais leur dire non à ces syndicats de police. Je propose de réécouter cette interview d’Yves Lefebvre qui raconte son entrevue avec Christophe Castaner. Là, on est rentré dans un combat viril, très viril. J’ai dit soumise, arrêtez de me prendre pour un con ! Vous n’avez à chercher du pognon nulle part. Je me lève, je me barre. Vous allez chercher à l’Elysée. On revient dans 2 h et soyez à l’heure. Et au bout de 2 h après, on avait gagné. C’est du jamais vu. Ça se passe vraiment comme ça. Alors vous savez, dans une interview, il avait dit que le syndicalisme par rapport aux Boys, c’est une question de rapport de force et c’est exactement ça. D’ailleurs, la police voit le rapport de force. Il est largement gagné par les syndicats. La police, c’est une question de rapport de force entre les voyous et la police. Mais est ce que monsieur Lefebvre dit la même chose ou serait comporté de la même manière s’il y avait eu Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur en face de lui ? Certainement pas. Donc les personnages. Vous êtes un proche de Nicolas Sarkozy. Vous étiez son directeur général de la police nationale. Il aurait réagi comment alors, Nicolas Sarkozy ? Eh bien, je ne vais pas vous le faire. Je pense qu’il ne se serait pas laissé faire. Il aurait dit non, pas de je paye pas les heures sup parce que je ne sais pas ce qu’il aurait dit. Je ne vais pas parler à sa place. Juste une chose, c’est que quand vous êtes ministre, il faut vous faire. Quand vous êtes un chef, quelle qu’elle soit, il faut aussi respecter vos troupes. Donc il faut le jour, il faut savoir, il faut savoir dire non aux syndicats de policiers. Donc c’est quelque chose qu’on apprend à l'école des commissaires. Le chef, c’est celui qui dit non. C’est facile de dire oui tout le temps. Le chef, c’est celui qui, à un moment donné, dit non stop. On ne va pas plus loin. Alors le successeur de Christophe. Castaner est Gérald Darmanin, Souvent non, j’ai l’impression, C’est moi je trouve, mais ça n’engage que moi. Et vous ne me posiez pas la question, mais je vais vous le dire quand même. Je trouve que Gérald Darmanin était un très bon ministre et à dire non, on ne s’inquiète pas. Bien sûr, bien sûr. On a l’impression qu’il fait tout pour leur plaire. Ben ce n’est pas complètement normal, quand vous êtes ministre, d’essayer de défendre votre administration. Le ministre de la Défense, il défend les militaires, le ministre de la Santé, il défend et tout ça.
Fabien Bilheran
Je vais essayer de la refaire un peu moins spontanément parce que là on a quand même eu presque dix minutes non-stop. Là, il fallait un temps de respiration. Voilà, là on a clairement eu le savez, du de l’UMP avec Frédéric Péchenard qui défend un Nicolas Sarkozy qui n’aurait jamais accepté les comportements syndicaux et autres, alors que lui-même a utilisé Alliance pour asseoir sa notoriété et son pouvoir au sein du ministère de l’Intérieur. Donc je trouve ça quand même assez fascinant qu’on puisse nous dire ça ouvertement à la télé après ce documentaire sans contradiction. D’autant plus que Frédéric Péchenard a été DGPN de 2007 à 2012. C’est là où clairement a été mise en place la politique du chiffre, c’est-à-dire l’usage politique de la police au travers des statistiques, qui enjolive les succès et fait taire les échecs. Et d’ailleurs, si la perte de sens policière, si la fin de la police de proximité et tout ce contexte là nuit à la qualité de travail de policière aujourd’hui, c’est en partie parce qu’il a été appelé à la responsabilité. Donc voilà, c’est pour ça que je faisais de bons entre guillemets, parce que bah voilà, tout le contexte, on ne l’a pas dans les charges qui a eu lieu, même s’il est assez intéressant puisque ouvertement il assume de passer de syndicat à responsable administration. Enfin voilà, on voit porosité, le mélange des genres entre les deux qui fait qu’au final, bah on facilite peut être la cogestion qu’on a vu au travers de tout le documentaire. Et par exemple. J'étouffe quand j’entends le mot violences policières. Faut vous rappeler le contexte. Ça, c'était quelques jours après la révélation par la presse des derniers mots de Cédric Chouviat qui est mort en disant J'étouffe, j'étouffe à plusieurs reprises. C'était maladroit quand même. Ouais, je pense que. On a perdu à un moment donné les guerres de l’image sur les violences. Policières, notamment des gilets jaunes. Alors qu’ils ont été bousculés, frappés, Il y a eu un nombre de blessés extrêmement important en nous donnant.
David Dufresne
Il n’y a pas des gilets jaunes, y a des policiers dans nos rangs. Et ça, j’avoue que j’ai été surpris. J’ai été surpris. Je le dis franchement. J'étais surpris que, en 2022, un gars comme Péchenard en soit encore en soit encore à dire On a perdu la bataille de l’image sur la guerre des images. La guerre des images, voilà la guerre des images. Je pensais qu’ils avaient intériorisé ça, qu’ils avaient essayé par la loi Sécurité globale. Ça n’a pas marché. L’article 24 dit d’y répondre. Il y a d’autres, d’autres choses, mais ça montre à quel point ce moment là est capital. Ce moment de l’image, de l’irruption de l’image citoyenne dans le débat public, dans le champ de l’information. Voilà, on sent qu’on sent que c’est quelque chose qui n’est pas digéré, quoi.
Fabien Bilheran
Et encore une fois, aucune compassion pour les victimes. La première réaction, c’est de défendre le bifteck et la guerre des images. Pour refaire le parallèle à ce que je disais tout à l’heure, le responsable du syndicat est devenu majoritaire aux dernières élections. Utiliser est pareil la rhétorique martiale et le discours guerrier pour attirer, attirer les foules. Et on voit que la collusion entre Alliance et l’ancien directeur de la police nationale est là, évidente. Sur la rhétorique et les mots utilisés justement pour défendre, quand je dis défenseur entre guillemets bien sûr, parce que pour eux c’est dit ce dire, défendre les policiers. Mais là, clairement, il faut monter la violence. Ils font monter la tension au travers de leurs prises de position politique et médiatique, mais politique aussi. Et on voit clairement que pour eux, s’il y a un échec, c’est parce qu’on n’a pas été assez bon dans la guerre des images qu’on n’a pas su diffuser et encore plus la représentativité syndicale dans les chaînes d’info en continu. Encore une fois, on va droit dans le mur et on continue avec allégresse. Ça fait partie un peu malheureusement de la stratégie des différents DGPN depuis pas mal d’années.
David Dufresne
Alors je reviens un tout petit peu en arrière parce que, en disant j'étouffe.
David Dufresne
J'étouffe pour ne pas trahir la parole.. Je pense qu' on a perdu à un moment donné les guerres de l’image sur les violences. Quand vous dites on se sert de policiers, notamment au moment des gilets jaunes, alors qu’ils ont été bousculés, frappés, il y a eu un nombre de blessés extrêmement important dans nos rangs, avec de la violence qui était, qui était réelle et difficile, très difficile à maîtriser. Et finalement, on a perdu la guerre de l’image avec ces histoires de violences policières, certaines avérées, d’autres inventées. J'étouffe en entendant le mot violences policières. Un signal aux syndicats de police pour dire je sais que je ne l’ai pas entendu et ça m'étonnerait qu’il l’ait prononcé. Je ne veux pas parler de lui à sa place, mais c’est vrai qu’il est prononcé juste après le G. Tout ce qu’on a entendu quand c'était effectivement un scooter, c'était plus plusieurs mois après la mort de Cédric, plus souvent. Et on venait d’apprendre par la presse que les derniers mots de Cédric se souviennent étaient j'étouffe, ce qui a beaucoup choqué la famille, ça peut se comprendre, C'était un peu maladroit. Est ce que lorsque vous étiez directeur général de la police nationale, il était possible de réintégrer des fonctionnaires de police qui avaient un casier judiciaire, notamment pour des faits de violence ? Alors, il faut savoir comment les choses se passent quand il y a un policier qui commet une infraction ou qui est suspecté d’avoir commis une infraction. Ça peut être des faits de violence, ça peut être des faits de vol, ça peut être aussi des faits. Il faut le savoir dans sa vie personnelle telle que le policier doit être irréprochable dans sa vie professionnelle. Mais vous pouvez entrer en conseil de discipline pour des problèmes personnels. Par exemple, vous ne payez pas votre loyer et bien vous vous retrouvez dans le conseil de discipline au commissariat de police et ces deux fonctionnaires de police qui ont passé à tabac un jeune homme de seize ans. C’est fonctionnaires de police. Leur condamnation est compatible avec leurs fonctions. Mais je ne connais pas cette femme sur le principe. Est ce que vous, en tant que directeur général de la police, vous accepteriez de réintégrer deux fonctionnaires de police qui ont été condamnés pour violences sur mineurs ? Bien, je vais vous dire, tout dépend des circonstances, des circonstances. Qui sont ces hommes ou ces femmes policiers et leur ancienneté ? Quelle serait leur notation ? Est ce que c’est la première fois qu’ils ont eu un incident sur un parcours irréprochable pendant 25 ans ou au contraire c’est la sixième fois qu’ils ont des incidents de violence
Fabien Bilheran
Là, il y a besoin d’une petite pause je pense, parce que la rhétorique du parcours irréprochable des policiers, on l’entend à chaque fois. La petite musique des cadets.
David Dufresne
Des lieux des crimes. Les premières violences policières sont gratuites. La sixième, tu commences à payer ? Voilà, c’est ce qui vient dire la première.
Fabien Bilheran
Ouais, mais là où je voulais en venir, c’est que effectivement, en interne, les policiers sont soumis à des notations, des notations, de leur propre hiérarchie, Donc je laisse imaginer et vous pourrez le découvrir dans le bouquin les conséquences que ça peut avoir sur les carrières. Quand un policier s’oppose à sa hiérarchie pour un ordre illégal ou pour tout un tas d’autres choses. Mais là, ce qui est intéressant ici, c’est que la notation, elle va dans les deux sens. C’est à dire qu’autant elle décrédibilise le policier qui montrait des dysfonctionnements, autant là c’est que des policiers exceptionnels, irréprochables, qui n’ont jamais rien fait de mal dans leur vie. Et là on découvre un pétage de plomb, quelque chose d’un peu irraisonné, voire même presque maladif dans leur carrière qui ne souffre d’aucune contestation et autre. Et à mon sens, là, c’est un mensonge dans le sens où un policier, pour qu’il en arrive à frapper un mineur en garde à vue sous sa responsabilité et du perforer un. Je pense qu’il y a eu quand même certainement quelques épisodes avant qui vont peut être amenés à ce policier à se comporter de telle manière à ce moment là, parce que justement à l'époque, on ne l’a pas sanctionné, on ne l’a pas pris en compte, on ne l’a pas arrêté dans sa dynamique, on va dire, de violente et. Et ça, c’est assez intéressant dans la mesure où la politique du chiffre, je le rappelle, est mise en place par Péchenard, Sarkozy, etc. A l'époque, pousse les policiers à faire un maximum d’interpellations. Donc qui c’est qui va être bien noté si les policiers qui en font le plus et potentiellement les policiers les plus violents D’ailleurs, puisque on n’hésite pas à faire des outrages à rébellion, on n’hésite pas à provoquer parfois certaines interpellations pour justement faire ce chiffre là. Et c’est ces policiers là qui sont les plus promus, puisque c’est eux qui ont le meilleur chiffre. Donc c’est eux qui vont être le mieux notés. Et derrière, voilà, on a le narratif policier, le service après vente qui viennent nous dire ce policier est irréprochable, il a les meilleurs notations Alors que quand on déconstruit un petit peu ce qui se passe en interne à la hiérarchie, quand la connaissance de par exemple des violences commises par tel policier, ils vont venir le voir et vont lui dire écoute, c’est pas bien ce que tu as fait, mais pour cette fois, on va passer l'éponge. Par contre, le mois prochain, il nous faudra dix interpellations de plus. Et ainsi on favorise l'émergence des policiers les plus violents qui vont rapporter la meilleure statistique au détriment de la qualité de travail des autres policiers. Et cela ne sera pas mis en avant. C’est ça qui est derrière ce discours. Les policiers sont irréprochables, etc. Quand ils expliquent pour justifier le non sanction ou la non radiation derrière parce que parce que ce système s’auto-entretient lui-même et se protègent mutuellement parce que chacun se sert. De deux des particularités de chacun. Donc je trouve ça très réducteur. En effet, à chaque fois d’entendre dire ce policier, il a été irréprochable. Non mais moi j’ai jamais été irréprochable dans ma carrière. On a tous fait des erreurs, on a tous eu des moments où on s’est mal comporté pour X ou Y raison. Et de dire qu’un policier, il a fait une carrière fabuleuse, irréprochable, ça n’existe pas. On est tous des êtres humains derrière l’uniforme. Et d’ailleurs, si j’ai un petit critique à faire sur les retours du tchat, quand je vois que voilà les policiers. On exige forcément des policiers qu’ils soient irréprochables, les autres. Mais il faut savoir qu’en tant que policier, on est soumis à beaucoup de choses. Et là, je le fais indépendamment de tout ce qui est dit dans le documentaire. C’est vraiment pour essayer aussi d’apporter un peu de nuance. C’est que je pense quand même qu’une majorité de policiers et envie de faire bien son travail a envie de faire les choses correctement, en vide, d’apporter de bonnes réponses, en tout cas au public qui le pour lequel il s’est engagé. Et malheureusement on est des êtres humains avec des failles etc. Et attention.
David Dufresne
Là tu vas commencer à faire ton Péchenard là, Attention, hein ?
Fabien Bilheran
Non, je ne fais pas le Péchenard, c’est juste pour répondre un petit peu aux commentaires du tchat qui ont tendance à dire que tous les policiers ou que vraiment tout le monde est à mettre dans le même sac. C’est vraiment ce que j’explique là, c’est la mécanique de notation, la mécanique du dosage hiérarchique de bon ben elle met qu’il a fait une connerie, on va s’en servir pour le mettre sous pression et le pressurer pour qu’il puisse avoir nous rapporter du chiffre derrière. Et donc on va lui faire des bonnes notations pour en même temps étouffer toutes les conneries qu’il a fait avant. En fait. Je veux dire, c’est cette mécanique là que je veux mettre en avant et pas le comportement individuel des policiers, même si il est problématique dans certains cas. Mais là ce que je décris c’est qu’en fait il y a un système de fonctionnement qui encourage et promeut les policiers les plus violents. C’est ça qui est, qui est, qui est dit et au détriment de policiers honnêtes, intègres, même s’ils ne sont pas irréprochables non plus. Parce qu’encore une fois, dans une carrière, on est des êtres humains et on fait tous des erreurs. Mais en tout cas, ce qui est intéressant, c’est que le service après vente de Péchenard, là, il sert à défendre l’indéfendable. Et derrière, il y a toute une logique qui est bien construite et bien ficelée pour justement mettre en avant le narratif policier. Et ça, ça se fait au détriment des policiers honnêtes. Moi, je suis particulièrement touché par ce genre de choses et de propos parce que quand j’entame un ministre de l’intérieur qui dit quand j’entends le mot violences policières, je m'étouffe. Euh non, en fait, ça c’est la suite.
David Dufresne
Si quelqu’un pouvait retrouver la date là, dans le tchat éventuellement, tu peux retrouver la date de cette déclaration de Darmanin. Donc où il dit quand j’entends le mot violences policières, moi je m'étouffe. Je crois que si devant le choix au Sénat il me semble, je sais plus si on peut retrouver la date parce que moi il me semble, il me semble, il me semble, et c’est vraiment sous vérification que c’est non pas la version. En effet, la mort de Cédric qui intervient en janvier, mais c’est au moment de l’affaire George Floyd. Et si au mois de juin il me semble que c’est à ce moment là que commence Darmanin, en fait cette phrase là, Oui, c’est ça, Juillet 2020 Et vous Lui parlez en juillet audition parlementaire, il me semble, c’est ça ? Et il me semble que c’est au moment de l’affaire Floyd, quelque temps après. Donc il y a effectivement eu un contexte que ce soit du subconscient de l’inconscient. C’est de toute façon une provocation terrible. Il nous reste sept minutes à regarder Complément d’enquête. Fabien, ne t'énerve pas, ne t'énerve pas. Tu n’es plus policier. Flic un jour et toujours.
Fabien Bilheran
Je me sens quand même toujours gardien de la paix, même si je ne suis plus policier. Tu vois ce genre de propos ? L’escalade de la violence, je ne supporte pas forcément ça, mais ça me rend intérieurement et fou d’entendre ce genre de discours mensonger en permanence. Quoi donc ? C’est aussi pour ça que je prends la parole et qu’on dénonce tout ça dans notre livre. Parce que c’est inadmissible d’entendre ce narratif policier qui ne contribue qu'à l’escalade de la violence. Et on est des gardiens de la paix à la base. Et c’est ça qui est terrible dans cet usage médiatique de tous ces discours.
David Dufresne
Alors juillet 2020, quand j’entends le mot violences policières, personnellement je m'étouffe. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, réputé mardi, comme ses prédécesseurs, le terme de violences policières, estimant devant la commission des lois de l’Assemblée nationale que c'était bien ça que la police exerce une violence légitime.
Fabien Bilheran
Pendant du contexte, quelle était la manière de se comporter en voyou ? Est ce qu’il était déjà connu ? Est ce qui était déjà venu ? On a quand même des éléments puisqu’il y a une vidéo. Ils ont été filmés ces policiers, et on a des policiers qui ont eux mêmes témoigné auprès de moi.
David Dufresne
Je te propose de réécouter cet extrait.
Audio
Notre enquête. Lionel déporte une deuxième série de coups. Un coup de poing droit au corps et un second coup de poing. Immédiatement après, le mineur se débat et tente de riposter. Jean-Christophe V. L’insulte. Enculé de mineur, Tu vas la fermer, ta gueule ! Lionel D. Lui donne alors un coup. De pied porté du haut. Vers le bas et piétine. Jean-Christophe lui frictionne la tête au sol à de nombreuses reprises. C’est d’une violence inouïe. François On avait l’impression d'être dans un film et on est tous comme ça nous aussi. Chose qui manque dans nos vies. Alors, sous réserve de choisir la personnalité des policiers, est ce que je vous ai préalablement envoyé la fin ? Effectivement, oui, c’est discipline. J’aurais probablement révoqué. Bien sûr, on est là pour défendre les policiers,Pas quand ils font n’importe quoi. La violence, elle peut être légitime, auquel cas il faut défendre les policiers ou elle peut être illégitime. Il faut les sanctionner. Et à ma connaissance, c’est ce que fait la Direction générale de la police.
David Dufresne
À ma connaissance suite. À des refus d’obtempérer, notamment depuis la loi de février 2010. Alors là, petit point technique Péchenard, donc ancien directeur général presque national, explique en conseil de discipline, il peut décider ou non, effectivement de sanctionner ou non un policier. Il faut savoir qu’avant ça, il y a le conseil de discipline et que le conseil de discipline est paritaire. Moi, j’ai eu le privilège, je peux dire comme ça, d’assister une fois à une audition d’un policier qui m’avait demandé de devenir écouter comment ça se passait. C’est quand même assez sidérant. On a sur la droite l’institution policière, la préfecture, la police nationale. En face, la personne qui juge, je ne dis pas qu’on dit président du conseil. Avec deux assesseurs et en face les syndicats de police. C’est-à dire que la décision est collégiale syndicats d’un côté, institution de l’autre. Et quand ils ne sont pas d’accord, justement, ils s’en remettent soit au ministre, soit au DGPN. Donc c’est intéressant, c’est dommage, ce n’est pas expliqué, mais au conseil de discipline, les syndicats, on vient de regarder en 2h, eux ont une ou une voix prépondérante. Ça te laisse sans voix. Fabien Non. Et les déconnectés ? Non, non, non.
Fabien Bilheran
Non, j’ai toujours tellement de choses à dire sur les conseils de discipline aussi que voilà. Je vais encore déborder, donc je préfère.
David Dufresne
Quand tu reviendras, tu reviendras en 2020. Tu reviendras. Tu reviendras. Allez, on fini le complément d’enquête.
Audio
Vous, vous pensez qu’on a fait une erreur en assouplissant le cadre de la légitime défense pour les policiers ? Alors on n’a pas forcément fait une erreur en le faisant, puisque l’idée c'était de donner aux policiers les mêmes règles d’ouverture du feu que les gendarmes. On avait deux forces de sécurité à l’intérieur, les gendarmes qui avaient des possibilités d’ouverture du feu qui étaient plus grandes. On le fait pour les policiers. Voilà vous inquiète cette augmentation des homicides policiers lors du refus d’obtempérer ? Ce qui m’inquiète, ce sont les refus d’obtempérer qui augmentent. C’est tout de même assez curieux. Pas dans les mêmes proportions pour le coup. C’est j’ai l’impression. Mais après ce n’est qu’une impression. Je n’ai pas de chiffres. Alors non, j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de refus d’obtempérer, c’est à dire de gens qui n’obéissent pas aux injonctions des forces de l’ordre.
Fabien Bilheran
Alors pour les chiffres, il y a une corrélation très simple entre l’augmentation du nombre de refus d’obtempérer et la mise en place du permis à points. C’est là où, c’est sûr, on va dire de plus en plus de refus d’obtempérer parce que forcément, les permis, un poème font que, avec les infractions, on perd des points sur le permis. Donc beaucoup de gens se retrouvent éventuellement sans permis ou n’ont pas envie tout simplement de payer les amendes. Pour diverses raisons. Et on constate vraiment une l’augmentation du refus du nombre de refus d’obtempérer. Avec l’instauration du permis à points pour la cité. Pour la petite parenthèse, puisqu’il n’a pas les chiffres, Monsieur le DGPN.
David Dufresne
J’ai l’impression mais je n’ai pas de chiffres, tu ne peux pas te permettre la suite de sa phrase quand tu as été DGPN. Franchement dit. Je fais un petit point technique Tristan Valeck. Qui est donc aujourd’hui le meneur de jeu de complément d’enquête qui a été à une époque, je crois, Canal plus, a commencé à TF1 où il avait fait un reportage qui va être extrêmement important, la capitale même, on pourrait dire, dans l’histoire dite de Tarnac, où il avait retrouvé un témoin dont on peut considérer que sa parole avait été légèrement. Comment dirais-je, soufflée par. Par certains de tes anciens collègues. Voilà. Donc Tristan, ce n’est pas c’est pas du tout un manchot. Si, si, c’est un des rares journalistes pour moi, un de télévision qui soit qui soit solide. Je crois qu’il a été envoyé spécial aussi. Une époque, voilà. Et aujourd’hui donc, il se retrouve rédacteur en chef peut semble t il de complément d’enquête. Et là, il Malheureusement, il est face à une anguille. Quelqu’un qui n’a pas là, qui n’a pas l’impression, pour pas dire pas quelqu’un qui t'échappe. Ce sont les chiffres de Sébastien Rocher, ce chercheur du CNRS. Il y a eu 19 % en plus de refus d’obtempérer depuis 2017, en comparant 2012, 2016 et 2017 2021 et plus 421 % d’homicides policiers lors de ses lors de ses refus d’obtempérer. Donc ce n’est vraiment pas comparable. Alors plus 420 1 %. Le chiffre est énorme quand il est rapporté au nombre de morts. Fort heureusement, la police française est une police comme la gendarmerie d’ailleurs, qui globalement, et c’est tant mieux.
David Dufresne
C’est quoi ça ? Ce n’est pas des chiffres européens, non, mais c’est quand même. Et le déni, il est quand même dingue là. Lui, il a été patron de la police sous Sarkozy quand même.
Fabien Bilheran
C’est le travail de la police ce n’est pas le travail de la police comme celui de la gendarmerie, c’est d’arrêter les délinquants et les emmener devant le juge chaque fois que ça vous interroge, pas qu’il y ait beaucoup plus d’augmentations de policiers que tout ce que je t’enverrais à chaque fois, à chaque fois qu’il y a un mort, c’est bon. C’est un drame humain, évidemment. Quelle que soit la mort, c’est un drame humain. Et puis c’est un échec des policiers. Les policiers de France ont des gens qui sont respectables. Tuer quelqu’un, c’est difficile. Tuer quelqu’un, c’est quelque chose que vous portez en vous. Le sujet, c’est pas de savoir s’il y a deux ou trois morts. Le sujet, c’est de savoir quand même ça. Ça veut dire oui. Ce qui est important, c’est savoir si les tirs étaient légitimes ou non. Si le policier en légitime défense, s’il y a 20 pour 100 plus de gens à l’extérieur qui tirent sur des policiers, eh bien il faut s’attendre à ce qu’il y ait 20 % de plus. Mais là, ce qui n’est pas le cas, c’est qu’apparemment.
David Dufresne
Il y a beaucoup plus de jugement sur les chiffres. Oui, enfin, ce sont des chiffres. Les chiffres, notamment les chiffres de la délinquance, j’ai appris à m’en méfier On peut pas non plus venir dire. Ça vous regarde, c’est génial, là, c’est génial. Donc le type qui a appliqué la politique de chiffre de tabac sur la délinquance est en train de te dire ça veut rien dire. Explication de texte Monsieur Fabien.
Fabien Bilheran
Ce que j’ai expliqué tout à l’heure pour l’usage politique de la police via les statistiques, ce qu’on appelle vulgairement la politique du chiffre. Elle a été largement instaurée, mis en place par Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l’Intérieur à partir de 2002. Frédéric Péchenard a été un des fers de lance de cette politique très largement utilisée entre 2007 et 2012, à l'époque où il était directeur général de la police nationale. Et là, de l’entendre dire que les chiffres, il faut s’en méfier, alors que c’est justement tout ce qui était mis en avant à l'époque pour vanter l’action de la police, pour vanter la lutte contre la délinquance, etc. En fait, là, je trouve que le retournement de veste est assez phénoménal.
David Dufresne
La question est de savoir si l’appareil critique qu’on a mis en place là, ce matin. Est ce que. Est ce qu’il est dans les foyers ? Est ce que les gens comprennent ce qu’ils sont en train d’entendre ou est ce qu’ils prennent pour argent comptant ce que dit Péchenard ? Frédéric Je ne sais pas. Je ne sais pas, j’avoue, je ne sais pas.
Fabien Bilheran
Je pense que c’est avec pas mal d'étranger à la police on va dire, où là ? Et un public très large on va dire. C’est à dire même des gens qui ne connaissent pas la police, qui ne connaissent pas ce milieu là, etc. Ils ont regardé le reportage et ils ne sont pas naïfs non plus. Ils ont dit quand même il y a un directeur de la police qui vienne nous expliquer que machin, ceci, cela, etc. Après le documentaire, ils ont tout de suite tiqué quand même sur le fait que ce n'était pas tout à fait normal. Après, ils ont bien sûr pas la connaissance fine que tu peux avoir et peut avoir ici les auditeurs de poste, mais en tout cas, ils ont quand même senti le loup arriver en disant mais pourquoi on donne la parole à un directeur de la police alors qu’on est en train de parler des problèmes de la police pour laquelle il a été directeur ? Les gens ont quand même compris les grosses ficelles et pour le coup, je trouve le journaliste assez bon parce qu’il y a quand même des difficultés. Et même si on sent qu’il y a un peu d’anguille dans l’air pour essayer de justifier l’injustifiable. Mais en tout cas, il est quand même assez bon parce que le meilleur, il ne met clairement pas ses responsabilités. Il y en a et on le voit, il essaye, il a du mal à répondre quand.
David Dufresne
Même, alors il va dire des choses intéressantes me semble t il sur Castaner dans quelques instants.
Fabien Bilheran
Pour l’explication des pourcentages, mais l’explication du chiffre est importante. C’est tout simple. Vous avez par exemple l’augmentation de fait. Par exemple, à un moment donné, il y a une augmentation des viols de manière très importante et récemment, une augmentation des agressions est très importante. Donc, vous pouvez vous dire qu’il y a plus d’agressions sexuelles. Vous pouvez vous dire aussi qu’il y a plus de plaintes pour agressions sexuelles, c’est à dire que le chiffre brut ne veut rien dire, mais là, il n’y a jamais eu autant de tirs policiers mortels lors de refus d’obtempérer. Et pour le coup, ça, ce sont des chiffres qui ne sont pas contestés, contestables, ça peut geler, Je les connais pas, je ne connais pas le rapport. Je sais juste une chose. C’est d’ailleurs ce que dit Jean-Claude Delage, le conseil que je vais dire. Ce conseil que l’on peut donner, c’est quand vous êtes contrôlé par la police. Arrêtez-vous, c’est insupportable. Un refus d’obtempérer dramatique.
David Dufresne
Je rappelle que Cédric Chouviat s'était arrêté.
Audio
À Nice où, à l'époque, plusieurs syndicats de police s'étaient retrouvés dans les médias pour expliquer qu’il s’agissait de légitime défense. Et ça nous intéresse d’avoir votre avis d’ancien grand flic sur ce drame. La vie du policier n'était pas directement en danger puisqu’il était sur le côté du véhicule. Est ce que je n’en sais rien ? Est-ce que le conducteur ou le passager, s’il y en avait un, avait une arme à la main ou pas ? S’il n’en avait pas. Et comme ça, rapidement, on peut considérer que la légitime défense n'était pas parfaitement respectée. Et donc il y a eu une faute qui mérite une sanction. Alors on dit que vous avez failli devenir ministre de l’Intérieur sous Emmanuel Macron. Est ce que c’est prévu pour le deuxième mandat ? Eh bien, ce n’est pas tout à fait exactement ça. Il n’a jamais été question que je sois ministre de l’Intérieur. Il était temps que je sois secrétaire d'État de Christophe Castaner et que c’est une proposition que, pour tout le temps, j’ai déclinée. Pour quelle raison ? Nom personnel ? Il doit y en avoir d’autres. La personnalité du ministre. Il est vrai que le ministre était un homme de gauche. Je suis un homme de droite, le ministre du Sud. Je suis un homme du Nord. On avait probablement pas beaucoup d’atomes crochus l’un et l’autre et c’est difficile de travailler pour quelqu’un avec qui on n’a pas beaucoup d’atomes crochus. Eh bien, merci beaucoup, Frédéric Péchenard.
David Dufresne
Merci Monsieur Péchenard. Merci beaucoup. Mon cher Fabien, encore un petit mot, peut être une petite conclusion.
Fabien Bilheran
Je pense qu’on a quand même bien dégrossi cette émission qui est d’ailleurs, pour conclure quand même assez utile pour la compréhension du public large qui n' est pas policier, de savoir comment ça fonctionne, la cogestion, comment ça fonctionne, les pressions sur les journalistes, C’est quelque chose qui est quand même assez mis en valeur dans le documentaire effectivement, je te remercie pour cette émission parce qu’on a pu aussi avoir un peu de recul sur tout ça, avoir un peu de coulisses de comment ça se passe Je trouve que c'était important de faire ce travail là ce matin ensemble, parce qu’il y a beaucoup de choses à dire quand même sur ce documentaire qui au final a permis une certaine compréhension du public. Mais je pense qu’il a malheureusement aussi servi les intérêts d’Alliance puisque la majorité des policiers qui ont vu ce reportage ont forcément été séduits par les arguments proposés. Et ce que je regrette, c’est qu’il n’y ait pas eu plus de contradictions d’autres syndicats de police ou même de voir la différence aussi entre les agents syndicaux de terrain et les instances syndicales nationales. Parce qu’il y a beaucoup d’agents, y compris chez Allianz ailleurs, qui sont investis pour aider leurs collègues et vraiment pour l’intérêt général, et qui découvrent et qui déchantent aussi petit à petit en intégrant le système syndical de ce genre de choses. Voilà. Donc j’imagine qu’on aura de façon l’occasion d’en parler dans d’autres, dans d’autres émissions. Mais en tout cas, je te remercie d’avoir permis cette. Voilà cet échange, parce que ça permet de mettre de la nuance et de la compréhension dans un phénomène qui quand même particulièrement inquiétant, je dirais, sur le glissement syndical, on n’y est pas trop revenu. Mais voilà Allianz qui organise une manifestation devant l’Assemblée nationale pour mettre la pression de l’assemblée suite à un fait divers avec Gérald Darmanin qui vient. Didier Lallement une compagnie. Fin voilà le mélange des genres entre syndicalisme et politique. Là est clairement affiché, avéré. Je ne parle même pas de la tribune politique à l’extrême droite qu’ils ont faite pour.
David Dufresne
Je te remercie Fabien, parce qu’une des raisons pour lesquelles j’ai été convié, j’ai passé beaucoup de temps sur la question de la manifestation aux pieds de l’Assemblée nationale, où j’ai essayé d’expliquer en quoi ça pulvérise justement. La séparation des pouvoirs Il ne reste que la phrase le problème de la police c’est la justice. Il n’y a absolument rien sur ça, c’est un regret pour moi.
Fabien Bilheran
Juste une petite précision sur cette manif il ne faut pas oublier. Enfin, moi j’ai directement refusé d’y aller dans tous les cas quand ça avait été annoncé. Parce qu’il ne faut pas oublier que c’est suite à la mort d’un policier à Avignon que Alliance a organisé cette manifestation, donc à surfer sur à la fois la mort d’un collègue et sur le fait divers pour organiser leur tribune politique encore une fois. Et d’ailleurs, j’invite les journalistes à s’intéresser sur les budgets qui ont été mis en œuvre par Alliance ce jour là pour organiser la location du camion, la tribune, Parce que si c’est un budget, encore une fois d’argent public qui est utilisé je pense qu’il serait intéressant en fait de s’intéresser aux coulisses parce qu’il y a, je pense beaucoup de choses à dire par rapport au financement des syndicats.
David Dufresne
Merci d'être venu.
Fabien Bilheran
Mais merci à tous et merci à toi David pour encore une fois la qualité de cette émission et le temps qu’on peut y passer justement à décortiquer ensemble l'œuvre, les coulisses de la police. Et je serais très ravi de pouvoir revenir sur d’autres sujets parce qu’il y en a tellement Donc merci à vous et merci à toi David, chaleureusement, parce que c’est toujours un plaisir d'échanger avec toi Fabien.
David Dufresne
À très bientôt, à très bientôt. Bonne fête à toi et à l’année prochaine. On va se retrouver d’une manière ou d’une autre à jamais et même beaucoup. Un flic qui lève la main pour parler ça me plait.

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