Thomas Portes : « L’objectif affiché est de détruire La France Insoumise »
Retour à l'émissionTranscription de l’émission
Purée, tout marche. Salut France Déter, salut les déters, salut les énervés, salut les aupostiennes, salut les aupostiens, salut, les donatrices, les donateurs. Purée cinq ans, purée, cinq ans, ça fait cinq ans qu’auposte existe. Trois, quatre. Amis du double café ! Ça va mal ce matin le son est en echo ?
Je recommence : Amis du double café, amis des cinq ans, amis d’Auposte, amis de l’antifascisme, bonjour ! Attends, c’est tout à fond les jingles ! C’est l’heure, il est 7h10, amis du café, bonjour, comme chaque lundi matin, Au poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant, France Déter accueille des invités, c’est la raison pour laquelle on démarre en retard, parce que j’ai tout préparé, parce que pour la première fois en cinq ans, nous allons faire un double système.
La riposte c’est vous ! Suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste ! Soutenez-nous sur auposte.fr
Oh la météo des luttes, la météo des luttes, je vais vous l’envoyer dans une seconde. Attention, 3, 4.
Bella Ciao Bella Ciao Bella Ciao Ciao Ciao
Allez, France Déter nous sommes découragés, non, non non non, pas de découragement ici-bas ! C’est donc la météo des luttes de liberté publique, critique des violences d'État, lutte écologiste, structure notre agenda de la semaine, initiative locale, nombreuses hors de l'île de France, voici la tendance de la semaine entre réunions stratégiques, débats publics et contre-informations.
Tu parles à moi ? T’es en train de me parler ? T’es en train de me parler à moi ? Mais qui est-ce que tu parles ? Tu parles de moi ? Mais je suis le seul ici. Who the fuck do you think you’re talking ?
Attention, bonjour Geoffrey Dorne, tu es à l’antenne, tu es à l’antenne. Alors on t’entend, génial, super, bonjour Geoffrey, comment ça va ?.
Trop bien. Super plaisir de te voir et salut à tout le monde qui est sur le tchat de si bon matin
Alors il y a du monde, alors Riccardo est pas loin, mais je crois qu’il vient d'éteindre et micro et caméra, mais il est connecté, on attend qu’ils arrivent. Mon cher Geoffrey, j’espère que tu vas bien, tu es le coauteur de ce livre, “Icono-fascisme”. Ah, je vois que Riccardo vient d’arriver, je vais mettre Riccardo à l’antenne. Attention c’est le moment de te redresser. Up ! Ricardo, légende vivante de l’antifascisme, comment vas-tu ? Ricardo ? Ah, Ricardo ne nous entend pas !
Bonjour, ça va ? Tu m’entends bien ?
Oui, je t’entends bien Ricardo, comment ça va ? Pourquoi tu as un si gros retard ?
On m’entend, là ?
Alors je pense que tu écoutes le live, il faudrait que tu écoutes non pas le live mais la connexion que je t’ai envoyée. Geoffrey, dis-moi la vérité, c’est toujours comme ça avec Ricardo ?
Non mais je pense que Ricardo il est tout le temps sur VPN, mais il passe par 5 pays différents pour pas se faire traquer.
Ah c’est ça ! Alors, mon cher Ricardo, il faudrait que tu sois en direct avec nous, sans passer par trop de relais et surtout, sans écouter le live, mais être avec nous directement par le lien que je t’ai envoyé tout à l’heure. En attendant, Geoffrey, est-ce que tu veux nous présenter le livre ? Je vais le montrer.
Pour faire simple, et Ricardo complétera avec son talent oratoire, c’est un livre qui est dans la continuité du site Indextrême, qu’on avait eu l’honneur de venir présenter chez toi, David. Et ce livre, on s’est dit que c'était bien de pouvoir le mettre dans les mains des gens, d’avoir un contenu qui ne soit pas numérique, mais imprimé, avec dedans 100 symboles qui sont des symboles qui sont réappropriés par l’extrême-droite. On retrouve beaucoup d’exemples très fournis, très concrets. Évidemment, ce n’est pas le même contenu que sur le site internet parce qu’on a mis à jour, on a simplifié, on a rendu ça aussi grand public, mais on retrouve un peu nos catégories.
Alors, l'écho du Bitume te demande immédiatement où est-ce qu’on peut trouver ce livre ?
Ce livre est disponible sur https ://www.hckr.fr/ ou vous pouvez le commander en librairie. La libraire vous le commande pour vous et vous le fait livrer directement ou vous l’apporte en librairie. Il y a quelques librairies en France qui commencent à nous le commander puisque le livre est sorti très récemment. En librairie ou sur le site, il n’est pas sur Amazon, il n’est pas sur des plateformes de ce type.
Alors, je vois que Ricardo est revenu. Ricardo, est-ce que tu m’entends ? Ah ben là, il vient de partir. Alors je vais continuer. Donc, Geoffrey, je tiens à te dire mille mercis, car aujourd’hui, ce sont les cinq ans d’Auposte et tu n’y es pas pour rien dans le logo d’Auposte, puisque c’est toi, c'était toi qui avait fait le logo donc il me fait plaisir vraiment de fêter ces cinq ans avec toi aujourd’hui pour rappeler.
Bon anniversaire Auposte.
Pour rappeler, Indextrême, c’est un site que vous menez avec Ricardo sur ce qu’on retrouve là dans le livre. Voilà, Ricardo, tu es là en direct, Ricardo est-ce que tu m’entends ?
Et David, moi je t’entends pas avec les connexions.
Oui, mais Geoffrey m’entend, donc ce qui a souci, c’est de ton côté.
Attends, je vais changer.
J’en profite, David. Vas-y, vas-y. Indextrême, on l’a fait avec Ricardo, mais maintenant on est une association, donc on est plusieurs, on commence à être un peu nombreux derrière. Voilà, des développeurs, des gens qui vont croiser les sources, des gens qui nous informent, des gens qui relisent, qui corrigent. Donc en fait, ça s’est structuré. En plus, on a l’honneur d’avoir sur le bouquin le soutien de la Ligue des droits de l’homme.
Alors j’ai l’impression que Ricardo est revenu, mais je ne sais pas s’il nous entend. Ricardo, il faut que tu nous dises où tu en es. Nous, on va continuer. Monsieur Dorne, qu’est-ce qu’on retrouve exactement dans le bouquin ? Il y a donc qui s’intitule icono-fascisme. Il y à évidemment d’abord l’aspect design, l’aspect graphique des symboles fascistes. On va essayer de parler quand Ricardo sera connecté de ce que Ricardo a pu repérer à Lyon samedi dernier lors de la manifestation des nazis. Mais il n’y a pas que les symboles dans votre bouquin.
Tout à fait, oui. Comme je le disais, on a une préface d’Ugo Palheta. Donc voilà, il nous a fait le plaisir de rédiger un petit texte introductif sur la question, on va dire, des mots et des symboles, et comment ces outils viennent normaliser un petit peu des discours qui ne sont pas normaux, qui ne se sont pas dans la norme, que ce soit des discours racistes, masculinistes, homophobes, transphobes.
Alors, justement, Ricardo, si tu veux intervenir, intervient, n’hésite surtout pas. Par rapport au symbole, vous les avez catégorisés, il y a les acronymes. Alors par exemple, tu parlais de slogans qui ont été repris, qui n’ont rien demandé. Il y a par exemple le slogan ACAB qui se retrouve aussi chez les fachos mais dans une autre position. Il y a les acronymes, les animaux, les chiffres, les croix, les crânes, les drapeaux, les gestes, vous détaillez toutes ces catégories, il y à les marques, il y a des phrases et les slogans, il y a les personnages, il a les groupes, il y a le signe nordique, il il y les émojis, il y a internet, et il y a ce que tu écris, page 19 mon cher Geoffrey, attends je vais essayer de retrouver la page, voilà, tu dis après toutes ces années tu as tu as repéré trois tendances et j’aimerais bien qu’on parle de ces tendances avant que Ricardo intervienne dès qu’il dès qu il veut il faut que tu nous fasses un signe Ricardo pour nous dire si si ça marche ou pas de ton côté Alors maintenant tu nous entends, mais nous on a du mal à t’entendre. C’est quoi ton micro là ? Tout à l’heure on t’entendait très bien, je disais, il y a trois tendances ou trois stratégies que tu as repérées au fil des années de votre travail qui est extrêmement précieux. Un, la stratégie de l’inversion. Est-ce que tu peux nous dire ce que tu veux dire par là ?
Oui, j’ai essayé de souligner ces trois stratégies, on va dire, de manipulation des symboles. Il y a la première stratégie, je l’appelle la stratégie de l’inversion. L’idée, c’est de prendre un symbole progressiste et de le retourner pour le mettre à l’envers, entre guillemets par exemple, a un symbole plutôt historique, dans ce cas-là, la Croix de Lorraine, qui est un symbole de résistance, etc., mais qui aujourd’hui est utilisé par l’extrême droite et qui est arborée aussi par des militants fascisants. Donc, on prend un symbole, on le retourne.
Ricardo, c’est impeccable là.
Il faut être vigilant
Oui ! Bien, bien Ricardo, tu es plus alerte et plus agile quand il s’agit de repérer dans l’instant, t’es le moindre faf qui traîne dans les rues de Lyon que de te connecter au poste. Mais c’est pas grave, tu est là, c' est formidable, alors qu’il faut le savoir, ce monsieur Ricardo Parreira, que je tiens en grande estime, m’a envoyé un SMS hier en me disant non mais David, on peut pas faire 10 minutes, tu rigoles, il faut faire au moins une demi-heure, qu’est-ce que ça veut dire ? Et le mec met dix minutes à se connecter. Alors on va se dépêcher. Mais d’abord, on termine les trois stratégies avec Geoffrey et après, on te donne la parole, Ricardo, et c’est un plaisir de t’entendre. Tu disais, il y a la stratégie de l’euphémisation, Geoffrey.
Il y avait l’inversion, donc on prend un symbole, on le retourne. L’euphémisation prend le symbole qui est explicitement fascisant et on vient le rendre acceptable. Et puis après, évidemment, il y a la stratégie de la confusion qui est assez redoutable, c’est-à-dire on utilise en même temps le fameux « en même-temps » qu’on aime tous, voilà, on vient créer de la confusion avec des symboles progressistes qu’on détourne et les symboles réactionnaires qu' on vient mélanger un petit peu. Et plus c’est flou, plus c’est un peu brumeux et nuageux, plus tout le monde s’y perd et c’est un peu dangereux. Donc il y a ces stratégies-là qui sont mises en place volontairement, à dessein comme on dit, et justement l’idée c’est de pouvoir être le plus vigilant sur ces stratégies.
Le chat te demande, qu’est-ce que l’euphémisation chez les FAF ? Est-ce-que c’est mettre des petites fleurs sur une croix gammée ?
Par exemple, ou alors c’est de se retrouver dans des manifestations comme on l’a pu le voir, avec de se dire on ne va pas mettre des grosses cagoules et nos t-shirts habituels, par contre on va quand même être masqué, on va avoir des petits symboles, mais plus discrets ou plus sympathiques ou plus polis, etc. On va venir lisser des éléments qui pourraient être un peu trop visibles de la part des médias.
Alors, le livre vient de sortir, votre travail, ça fait maintenant trois ans à peu près, je crois, non ? On va parler tout à l’heure de votre travail, des difficultés qui vous sont faites, mais d’abord place à l’actualité. Ricardo, si j’ai bien compris, tu t’es déplacé en VPN à Lyon samedi, enfin en tout cas tu as repéré un certain nombre de symboles de l’extrême-droite, du nazisme. D’ailleurs, comment vous les appelez, les uns et les autres ?
Donc déjà, je pense que c’est important de nommer l’extrême droite. Je le dis tout le temps, je le dis quand je fais des conférences dans les associations, parfois dans les universités, il faut nommer les extrêmes droites. Donc, l’extrême droite est raciste, l’extrême droite est homophobe, transphobe, islamophobe, antisémite d’ailleurs, même si le RN essaye de bien se dédiaboliser et faire la démonstration ou essayer de faire la démonstration qu’ils ne sont pas antisémites, ils sont intrinsèquement antisémites. Et donc pour le symbole c’est pareil, donc on les nomme comme ils sont, soit par son origine, soit par la manière qu’ils sont utilisés.
Alors, par exemple, tu m’as dit avoir repéré des croix gammées comme celle-ci, qui est page 79 de votre ouvrage. Quand tu parlais de consignes pour rendre la manifestation des fachos acceptable, il s’agissait effectivement de dire aux gens qui venaient manifester, massivement, des gars d’ailleurs, Même si les porte-paroles étaient des femmes, le gros des troupes était masculin et donc il y avait effectivement des consignes de bonne tenue si je puis dire avec le fait de cacher ces tatouages, avec le fait de porter un cache-cou, un masque chirurgical, de n’avoir aucun signe ostentatoire, de ne pas entonner de chants particuliers. Or tout ça n’a pas été tout à fait respecté même si grosso modo pour BFM, pour LCI et pour d’autres l’opération mains propres de cette manifestation a été, il faut le reconnaître, de leur point de vue réussie. Et c’est la raison pour laquelle avec nos petits bras, on essaie de rétablir la vérité aujourd’hui. Toi, Ricardo, par exemple, as-tu vu cette croix ? Tu l’as vue où ? Tu l’as vue comment ? Et qu’est-ce que ça veut dire ?
Oui, bon après c’est des croix gammées, donc je ne sais pas si nous on l’a mis dans le livre, donc il y a une marque qui s’appelle Sva Stone, et donc c’est une marque que détourne la croix-gammée exactement, pour en faire le logo de cette marque, que je ne sais pas nous on l’a mis sur le livre.
Non, vous ne l’avez pas mis dans le livre. Comment tu dis qu’elle s’appelle ?
Sva Stone est donc c’est une marque, c'était une marque ukrainienne, néonazie, ouvertement néonazi et que enfin, et c’est ça aussi que ça arrive aujourd’hui beaucoup, c est comme avec le H, il y avait énormément de personnes qui ont utilisé aussi donc l’art, la marque de Helly Henson, qu’en fait les deux H, ça veut dire Hitler, oh parfois on voit le 8088. Pour cette manifestation, il y avait des consignes assez spécifiques, d’ailleurs traduites pour l’anglais et tout. C’est bel et bien une croix gammée, mais déguisée avec des angles extérieurs coupés, des bras coupés. Mais on sait très bien d’où elles viennent et pourquoi ils les utilisent. Et voilà, c’est ce qu’on appelle le dog-whistling et c’est des personnes extérieures à l'événement, qu’elle puisse identifier la teneur idéologique de cet événement. Mais qu’est-ce que c’est important de dire David c’est que tous ces événements-là, ils sont faits pour une chose, c'était de recruter les plus jeunes. Et quand nous on voit à la fin de la manif le schisme et qu’il y a toutes ces jeunes catholiques qui sont frustrés qui ont de la haine parce qu’ils ne sont pas entendus, parce que Jésus n’est pas présent dans les mairies et qu’ils voient un groupe de jeunes garçons, musclés, radicaux, arborer un symbole lors d’une hommage à un militant d’extrême droite radicale qui était mort, et bien ils se disent qu’il peut faire partie de ce genre de groupuscules radicaux
Par rapport au recrutement, j’ai d’autres questions sur les chants que tu as entendus, tu as vu des gens se faire recruter samedi soir ou pas ?
Non David ça fonctionne pas comme ça bien évidemment tu veux venir ça se passe pas comme ça fort héros moi même parce que non mais c’est pas comme c'était enfin il ça on le sait depuis longtemps enfin ces personnes elles vont voir les vidéos sur x elles vont avoir le vidéo sur tiktok ils vont voir des vidéos parfois sur twitch instagram etc. Et ils vont voir que ces vidéos sont associées à certains groupes d’extrême droite, donc à peu près partout dans toutes les régions en France. On décompte à peu près 130 groupes d’extrême droite plus les sections. Donc ça fait quelque chose comme 300 sections en France de groupes d’extrême-droite. Et donc ils vont se connecter à leur compte. Ils vont envoyer un message privé.
Alors, à propos de puissance des symboles, j’ai regardé moi la manifestation depuis BFM avec un dominique Rizet qui était dans tous ces états, qui était extrêmement excitées à l’idée que la manifestation se passait très très bien, autrement dit pas de vitrine brisée, qu’apporte la civilisation que ces gens aimeraient instaurer, ce qui compte c’est que l’image était bonne. Et puis à la fin, il y a cette banderole avec ce logo que j’ai reconnu grâce à votre travail, que Dominique Rizet et que personne en plateau ne connaissait. Ce logo était sur la banderole finale. Adieu camarade Quentin, ou adieu Quentin je ne sais plus. Adieu, camarade. Et la photo de Quentin Deranque, ce logo, de quoi il s’agit et qu’est-ce que tu as pensé quand tu l’as vu apparaître ?
Enfin ce logo, ce n’est pas un logo au départ, mais cette image. Déjà c’est un symbole chrétien et donc c'était très intéressant parce qu’en fait il est aussi lié exactement aux chants qu’ils avaient dans la Ligue Noire, donc en résumé un chant contre-révolutionnaire et donc dans Henry Flamme de groupe que voilà, ces chants-là, en fait, ils utilisent aussi le schisme. Le schisme, c’est un symbole chrétien qui est utilisé par l’extrême droite radicale. Pourquoi ? Parce que, selon eux, c’est l’opposition à l’islamisation.
Alors, attends, mon cher Ricardo, excuse-moi, mais toi, tu dis le schisme, pour moi, c’est le chrisme
Excuse-moi, mais ça peut-être c’est une question de prononciation.
C’est ton accent chantant, tout va bien, mais c’est le chrisme, je dis page 210, à moins que Geoffrey veuille lire la page 210 du livre, parce que là, Geoffrey qui a une lumière magnifique, une voix sublime, ne nous fait pas profiter de sa voix, veux-tu nous lire juste le petit chapeau introductif concernant l’usage par l’extrême droite, par la police ?
Euh, oui, oui. Et je ferai une parenthèse après sur la banderole, on pourra revenir après sur la typographie de la banderole.
Bien sûr.
Une petite anecdote que j’ai gardée justement pour ce matin. Donc là, le chrisme ou monogramme du Christ, c’est un symbole chrétien formé par les deux majuscules grecques, donc le X qui se dit cri et le P, c’est ro. La première étant imposée sur la seconde, et donc ça fait Christos, Christ en gros, et le alpha et omega. Et donc l’idée, c’est que c’est réutilisé, comme le dit Ricardo très justement, dans une idéologie de combat. C’est un symbole qu’on retrouve dans la religion.
Alors il se trouve que Quentin Deranque appartenait à la famille intégriste, si j’ai pu lire ici ou là, les quelques portraits un peu sérieux qui ont été brossés à son encontre. Donc rien n’est laissé au hasard. Mais là, j’aimerais connaître votre point de vue à tous les deux. Comment l’utilisation de ce sigle peut servir d’appât, d’attrape-nigauds de recruteur, alors qu’il est peu connu ? Quelle est finalement son efficacité ? Est-ce qu’il s’agit simplement d’un clin d'œil pour dire aux gens qui sont à la manifestation « vous qui savez, vous comprenez, et tant pis pour les autres » ? C’est quoi l’idée qui a derrière l’utilisation de ce genre de sigle, l’un et l’autre ?
Ricardo, vas-y !
Non mais David, enfin, c’est ça qu’il faut comprendre. Enfin, ces symboles, ce n’est pas nécessaire que tu les connaisses. Enfin, ils font partie de ta culture. Tu es né dans le christianisme. Tu vois tous ces symboles depuis que tu es petit. Quand tu es allé dans l'église, quand tes parents se sont baptisés. Enfin, même ce toit, c’est quelque chose qui va travailler dans ton inconscient, dans ta culture. Et c'était ça la stratégie. C’est pour ça que, quand nous on voit, récemment j'étais en Allemagne, j'étais en train d'étudier, un peu faire de la recherche sous des symboles de la propagande nazie.
Non mais bien sûr Ricardo, ce que je questionne, c’est l’efficacité. Ce que je veux dire c' est que, moi ce qui m’a intéressé si tu veux, c' est que là je vais montrer la banderole. C’est une capture d'écran que j’avais faite de BFM. Mais LCI c'était pareil, quoique LCI fût allée chercher la signification de ce slogan. Alors que BFM, pas du tout. BFM a passé son temps à dire, on ne sait pas ce que ça veut dire, mais écoutez il n’y a pas de signe ostentatoire. Fermez le banc. Ce que je veux dire, c’est que par rapport au grand public, pour toi, pour vous deux, quel est le sens d’utiliser ce genre de choses ?
Non mais attends David, enfin tu as le chrisme et après tu as la couronne de laurier d’ailleurs c’est quelque chose utilisé massivement par les syndicats de radicales et après en rapport à la police, Geoffrey il pourrait être plus précis voilà après, mais enfin c'était la police utilisée par West Casual, c’est le canal néonazi le plus connu qui existe en France dans lequel ils utilisent cette police, non mais ces gars ils sont en train de se foutre notre gueule, ils passent tous les messages néonazi possibles l’imaginaire. Devant toutes les caméras de TV françaises voire internationales et ils disent que tout va bien, ils sont des patriotes et voilà, on est là pour la mémoire de Quentin. Déjà, ils ne sont pas du tout en train de salir la mémoire de Quentin Deranque parce que lui, il était un nazillon et de plus, il parle à tout le monde qu’on l’ait connaissance donc à travers celle-là, le dog whistling, c’est qu’ils sont en train d’envoyer des messages à tout le monde, « Camarades, mobilisez-vous, nous les néonazis, on est là, on arrive, on fait des manifs à 3200 personnes, ça change, on a entendu chanter, nous on est plus à l’aise, on passe dans le BFM, on passent à la TV TF1, on passe sur LCI, on n’est partout, c' est ça David ? » Il n’y a rien de complexe, il n’y a rien d’intectuellement plus profond que ça, vide.
Geoffrey tu voulais parler d’alors quand Ricardo parle de la police, il parle de la police de caractère, d'écriture, voilà.
Ce qui est intéressant, c’est une police d'écriture qui est utilisée par Wes Kajura. Vous pourrez taper Wes Kaja sur Google et vous verrez ce dont il retourne. Mais ce que ces gens-là ne savent pas, et c'était l’ironie de la typographie, c'était David tout à l’heure que rien n’est laissé au hasard. Là, ils ont laissé quelque chose au hasard assez grave. C’est qu’en fait, leur typographie, là, la police qu’ils utilisent, c’est une typographie qui s’appelle Opa-locka, OPA plus loin, L-O-C-K-A. Donc la Opa-locka qui est dessinée par Jeff Levine j’ai ri un petit peu, pourquoi Jeff Levine a dessiné cette typo
Qui est Jeff Levine ?
Jeff Levine, c’est un typographe, il fait plein de typos, très graphiques, très belles, très visuelles, etc. Il s’amuse, il fait énormément de typographies en hommage à la ville s’appelle la ville Opa-locka à Miami, il a dessiné cette typo justement avec des formes. Mais si vous cherchez sur Google Images, à quoi ressemble cette ville à Miami Opa-locka c’est une ville assez récente quia été architecturée par un grand architecte qui s’appelle Bernard Mueller.
Je m’empresse de dire que là, il y a une illusion d’optique qui est faite par la couronne de fleurs qui est devant le R. En fait, c’est pas un R, c’est un D. Mais il y a des gens qui ont cru que c'était Arien Camarade. Non, c'était Adieu Camarade, je précise mais ça pourrait être Arien-Camarade honnêtement ! Voilà, mais là, y aurait une faute de frappe, si je puis dire, sans mauvais jeu de mots, puisqu’il aurait fallu un Y. Mais bon, qu’apporte, voilà adieu, adieu camarade. Autre chose que tu as pour le coup plutôt entendue, Ricardo, c’est le slogan « On est chez nous » qui a été entonné dont vous parlez page 156. Donc, je laisserai, Geoffrey, nous dire le chapeau, nous lire le chapeau Concernant cette entrée, à quel moment tu as entendu le « On est chez nous » ? Ricardo, pendant la manifestation…
Il y en a eu à plusieurs moments, il y a eu différents slogans qui ont été dit, il y a des slogans, d’ailleurs on est chez nous, ça passait beaucoup plus discrètement que la Marseillaise et que la chanson à la fin de la Ligue Noire, parce qu’en fait ils avaient donné des consignes pour que seulement certains slogans soient repris après que l’organisation allait les entonner. Mais il y a eu ça, il y a c’est le nazi, donc moi j'étais en mission hier samedi.
Attends, reste d’abord sur « On est chez nous », et après tu nous raconteras sur le slogan « Peut-être Geoffrey, tu vas nous lire la petite entrée ». Je montre donc ça, c’est extrait de l’ouvrage « Iconofascisme » qui vient de sortir, qui est l’objet livre de votre travail, préfacé par Ugo Palheta et par vous deux. Il y a donc cette entrée, on est chez nous, usage par l’extrême droite, idéologie, nationalisme, racisme, ethno-différencialisme, islamophobie, intégrisme.
Le slogan « on est chez nous » ainsi que ces variantes qui est normalement « tu es chez toi » ou alors « chez nous », ou alors « mettre chez toi », ou « mettre « chez nous », ça plonge ses racines dans un passé marqué par le discours fasciste. Et donc dans l’histoire, on remonte un petit peu sur la question de Édouard Drumont, antisémitisme notoire, et justement avec un texte qui exprime un petit cette idéologie avec voilà on retrouve aussi en en pilier de la pensée antisémite par nos héroïnes françaises. Il reprend ce slogan en 1894 à l'époque de l’affaire Dreyfus. Mauras disait « on est maître chez nous » car selon lui la France était aux mains des juifs. Donc il y avait déjà un discours antisémite très tôt avec ce propos derrière de « on n’est chez nous, on est maître chez nous ».
Ricardo, à toi de jouer.
Oui mais David, l’extrême droite est intrinsèquement antisémite, enfin moi je trouve ahurissant qu’il y ait aujourd’hui des juifs qui défendent le Rassemblement National, donc FAF déjà, ça veut dire la France aux français. Ça a été le petit slogan de la parole libre, donc de hebdomadaire, si je ne trompe pas, antisémite la parole et que pendant, donc l’expression la France aux français, donc c’est vulgarisé aussi pendant l’affaire Dreyfus. Donc enfin, nous on est dans une France qui a collaboré qui n’a jamais cessé d'être antisémite et enfin le projet politique d’aujourd’hui en rapport à chez nous et la France aux français, le projet politique d aujourd’hui c’est d’abord la rémigration donc ça veut dire la déportation massive des personnes non-blanches hors Europe pour que l’Europe soit blanche à nouveau, elle n’a jamais été blanche, mais selon leurs récits, je ne sais pas d’où ils le sortent. Et après, une fois que les personnes racisées sont déportées hors Europe, c’est les Juifs qui doivent rentrer chez eux en Israël. C’est pour ça que l’extrême droite radicale européenne, bon, occidentale en gros, soutient Israël dans le génocide à Gaza.
Ricardo, je suis obligé d’accélérer un petit peu parce que je viens de recevoir un texto de Thomas Portes qui sort du métro, donc il va arriver dans pas longtemps dans le studio, ce sera notre autre invité, donc disons qu’il nous reste 5-6 minutes. Tu as vu ce sigle-là, tu as vu ces gens-là samedi dans les rues de Lyon, si tu peux nous dire ce que tu as vus exactement. Donc c’est le symbole des Hammerskins. Qui sont ces gens ? Quel est ce symbole ?
Donc les Hammerskins, c’est un groupe violent suprémaciste blanc qui était créé aux États-Unis dans les années 80 et qui aujourd’hui existe à peu près partout dans le monde occidental. Ici, en France, nous, on a un lieu néonazi qui s’appelle la Taverne de Thor, dans laquelle elle regroupe à peu près quatre sections ou quatre chapitres, comme on dit, pour les Hammerskins en France. Les Hammerskins sont des personnes qui véhiculent une idéologie suprémaciste blanche, néonazis et qui sont soit dans les hooligans, soit dans le chapitre de Mozart, soit dans les concerts de Rac et National Socialist Black Métal. Bon, après, c’est un groupe, bon ils étaient interdits en Allemagne, ils ont fait appel et donc ils ont dit Hammerskins Allemands, ça n’existe pas, on a des chapitres, mais ils sont d’un pendant l’un des autres, il n’y a pas une structure organisée et mais enfin c’est un groupuscule extrêmement violent, donc aux États-Unis ils ont tué des personnes et que leur idéologie et leur idéologies et bien elle va de pair en père avec le suprémacisme blanc, avec le grand remplacement. Enfin, eux, ils théorisent, et théorisent aussi une société blanche, enfin, et dans leur récit il faut soutenir les camarades fascistes parce que même s’ils n’ont pas les mêmes idéologies de fond, il faut le soutenir. C’est ça que c’est intéressant aujourd’hui à voir.
Quel, quel média tu dis, comment il s’appelle ? Stup Media. Ah, je ne connais pas. C’est quoi ?
https ://stup.media/ C’est un très bon média qui existe depuis depuis quelques années et c’est un média alternatif qui fait des très bons papiers et tu peux le visiter, vous pouvez le visiter, il s’appelle Stup Media et d’ailleurs aussi je travaille je travaille souvent avec Reflets pour lequel j’ai fait énormément de travail d’enquête sur l’extrême droite, le groupuscule sur Telegram mais aussi dans la Meuse, récemment, je fais un article pour eux. Bon, enfin, je travaille tout le temps sur l’extrême droite cette manif contre la taverne de Thor dans la Meuse et ce depuis des années.
Alors il y a l’autre invité qui attend dans le couloir. Donc je vais être obligé de vous saluer, mais je m’en voudrais de vous quitter sans demander à Geoffrey de nous parler de ce fascismomètre que vous avez établi. Voilà, je vais essayer de te mettre en grand écran. Garde-le avec toi quelques secondes, comment puis-je faire ? Tiens voilà, c’est bon ! Ah ben non, c’est autre chose, ce n’est pas grave ! Vas-y, c’est quoi, comment on peut se le procurer ?
Et bien on a fait une campagne Ulule en fait pour promouvoir le livre « Iconofascisme » et on s’est dit qu’on allait offrir des petits goodies comme ça se fait généralement. Et donc on a fait un petit fascismomètre qui est une petite réglette où on peut définir un petit peu à quel degré de fascisme on en est dans nos démocraties. Donc voilà, il y a des étapes, etc. C’est vraiment pour débattre, pour discuter. Là, tous les professeurs documentalistes qui étudient l’extrême droite l’utilisent en ce moment. Je reçois beaucoup de mails par rapport à ça. L’idée, c’est que jusqu'à la fin février, pour toute commande du bouquin, j’en glisse un ou deux dedans et comme ça, les gens le reçoivent. Mais évidemment, il est dispo sur hckr.fr /fascismomètre. Vous tapez facilement sur internet, et il y a une version PDF, une version image à imprimer ou à garder pour soi, à diffuser. Voilà, on ne peut pas tenir tout le discours sur la démocratie sur un petit bout de papier, malgré tout, ça aide à poser des questions et à réfléchir aussi sur ces sujets-là.
Merci infiniment à vous deux, le tchat vous remercie, merci infiniment pour votre travail dit par exemple Tiziano. Je voulais parler de reflet, mon cher Riccardo, parce qu’il ne m’a pas échappé que tu publies un certain nombre d’articles chez les copains de Reflets qui sont un peu comme nous, un peu dans la merde financièrement, il faut donc les soutenir.
C’est très bien, merci David.
Ça vous irait, ça vous irait. Et bien, impeccable. Oui, une émission complète, nous dit Valtina avec deux cœurs. Il faut rester groupé, nous disait J.H. Merci, bravo pour ce travail, vous dit Esther sur YouTube. Merci, vous dis David sur YouTube aussi. Merci à vous. Bon courage en ces matins bruns, vous dit Samo. Trop bien, dit Tauric. Oui, du temps pour combattre les fachos, nous dit la belle Hélène. Justice for VPN user dit Skin Flesh, une soirée spéciale même, nous dit Salva Graf. Ah, on pourrait faire une émission publique, moi je pense. On pourrait faire une émission publique, je ne sais pas, on peut faire une exposition, enfin je sais, on va réfléchir.
On va te rendre visite David, moi j’aimerais bien aller visiter le poste.
Alors la porte est grande ouverte, je vous salue, je vous remercie, Geoffrey, c’est une coïncidence, mais il se trouve qu’aujourd’hui on fête nos 5 ans et que le logo de Auposte, c’est toi. Voilà petit monde, merci beaucoup. Les amis, je vais mettre sur pause le temps d’aller ouvrir la porte à Thomas Portes, de l’installer et je vous reviens, on va pouvoir discuter. Une bonne trentaine de minutes avec lui de LFI, de l’extrême droite, des critiques auxquelles la France Insoumise fait l’objet, fait face. C’est dans quelques instants, je mets la page pause et on arrive. À tout de suite et n’hésitez pas à commander le livre de Ricardo et de Geoffrey n’hésitez pas à faire un don au poste quand vous le pourrez pour nous soutenir. À tout de suite.
Bonjour, je suis ravi d'être là parce que j’ai entendu que c'était les 5 ans d’anniversaire de la création du site donc c’est un moment important je crois pour vous et pour nous parce qu’on a besoin de médias alternatifs aussi dans la période.
Alors, je suis désolé, c’est la première fois en 5 ans qu’on passe d’une émission en vidéo avec un invité. Il y a de l'écho, apparemment. Comment ? Il y a de l'écho alors attends, je vais régler ça
Merci pour l’invitation David, dans un moment particulier, effectivement de notre pays où je crois qu’on va revenir sur ce qui s’est passé ce week-end, sur un certain nombre de questions sur la gauche, la France Insoumise si j’ai bien compris.
Voilà, c’est la raison pour laquelle tu es là, je ne sais pas si vous m’entendez, est-ce que c'était bon ? C’est nickel le son, le son s’est droitisé, très bien, voilà. Je ne sais si vous m’entendez, si vous entendez dans le micro, ou si vous vous entendez, mon micro est off, bon, ce n’est pas grave, ce qui compte c’est Thomas, je vais parler fort ! D’abord Thomas, tu es le président de l’Observatoire national de l’extrême droite. Tu es connu pour être en tête de l’antifascisme au sein de LFI. Ça veut dire que tu es sous le feu des critiques. Est-ce que tu comprends les critiques ?
Non, je ne les comprends pas les critiques, surtout qu’elles viennent aujourd’hui attaquer un mouvement qui fait de la question anti-fasciste et de la lutte contre l’extrême droite une priorité. Et je crois qu’on assiste à une inversion des valeurs, c’est ça qui est en train de se passer. Et les attaques qui sont contre la France Insoumise, elles visent à décrédibiliser la France Insoumise, mais je crois toute la gauche, au final, dans la bataille contre l’extrême droite. Avant de venir, j'écoutais François Hollande qui était ce matin en matinale, qui a tenu des propos absolument inacceptables. Mais je crois que c’est vraiment un monde de bascule dans lequel on est, parce que moi j’ai été surpris, on en parlera peut-être, mais du traitement médiatique qui a été fait.
Est-ce que tu reconnais ou pas du tout une part de responsabilité, non pas évidemment dans la montée de l’extrême droite, mais dans le fait qu’il y ait une telle confusion chez les gens, ceux que tu appelles la classe médiatique.
Je crois qu’on a toujours été très clair dans le combat qu' on mène contre l’extrême-droite, on a toujours était très clair de nos positions politiques et au contraire, je crois qu’on essaye d’amener une forme de, essayer de nous noyer dans un nuage, ou en tout cas de nous faire porter une responsabilité quand j’entends que nous serions responsables de la montée de l’extrême droite, que nous participerons justement à décrédibiliser la gauche pour faire monter l' extrême droite, je crois que c’est absolument surréaliste, parce que je constate quand même que celles et ceux qui nous font aussi des leçons sur cette bataille-là, quand il faut mener le combat dans l’hémicycle, au sein de l’Assemblée nationale pour battre l’extrême droite et ses propositions, l’ensemble des acteurs qui tentent de nous disqualifier ne sont pas là pour mener la batailles parlementaires.
Alors, je ne sais pas si on m’entend ou pas, ce n’est pas grave. Écoutez, on fait comme on peut, l’essentiel, c’est d’entendre Thomas Portes. On va parler de LFI, mais d’abord, je voudrais qu’on reste sur ce qui s’est passé samedi. Samedi, il y avait, tu l’as dit tout à l’heure, Ivan Benedetti, militant nationaliste de l'œuvre française.
Pétainiste.
Porte parole des jeunes nations, il tenait la banderole. Il y avait Marc de Cacqueray-Valmenier militant néo-nazi. Qu’est-ce qu’on peut dire de lui ?
Marc de Cacqueray-Valmenier, on le connaît, puisque c’est peut-être le leader français de l’extrême-droite radicale violente le plus en avant depuis dix ans. C’est celui qui a recréé le groupe Les Zouaves de Paris, c'était celui qui était condamné il y a quelques jours quand même à six mois de prison ferme pour avoir tabassé des militants de SOS Racisme. C’est celui qui avait organisé les ratonnades le soir de France-Maroc et qui, heureusement, a été arrêté avant de passer à l’acte. Mais surtout, ce qui est dit, c'était aussi l’homme qui, comme travail, garde la maison privée de Vincent Bolloré. Je constate que les éditos ce matin de CNews étaient justement de dire que cette mobilisation était pacifique. Mais quand vous avez le gardien de la maison du patron qui est au cœur de la manif, je constate la couverture médiatique, elle est en ligne avec ce que défend le patron et ses salariés.
Alors éventuellement, si tu peux tendre le micro vers moi, voilà, quand je parle, excusez-moi, je t’ai fait tout faire. Il y avait, sur le banc politique, il y avait un sénateur républicain dénommé Étienne Blanc, qui était également conseiller municipal de Lyon, qui a participé au rassemblement à titre personnel. Et il y a avait, selon Mediapart, Michel Dulac, du Rassemblement National, et des membres de son groupe nommé Spartacus candidat, la mairie de Lyon avec le chanteur Francis Lalanne, si j’ai bien lu Mediapart. Sur l’idée que Dominique Rizet, de BFM, qui était surexcité en disant « ça s’est bien passé », sur le fait que la presse relaie cette idée-là, alors on peut mettre ça sur leur incompétence, on peut le mettre sur leur bêtise, mais on peut même mettre ça dans leurs convictions. Néanmoins, est-ce que la bataille de l’image n’est pas en train d'être gagnée par les fachos ? Est-ce-que là, le camp de gauche, dans lequel nous sommes, a une part de responsabilité ?
Je ne sais pas si la bataille de l’image est gagnée par le camp des fachos. En tout cas, ce que je sais, c’est qu’ils ont beaucoup misé depuis plusieurs années, sur la question de la communication, sur l’investissement des réseaux sociaux, d’ailleurs, sur la question de tenter de lisser leur image, mais je constate que malgré la couverture médiatique à peu près surréaliste que j’ai observé toute la journée samedi, heureusement, un certain nombre de confrères, y compris Paul Sugui, qui est un journaliste du Figaro, a été obligé, dans ses tweets de commentaires de la Manif, de dire voilà ce qui s’est passé, voilà les insultes racistes, donc c’est en train un peu de bouger, parce que finalement les gens se sont rendu compte que ceux qui étaient là samedi, ce n'était pas possible en France, en 2026, alors qu’on s’est commémoré l’exécution du Missak Manouchian, de Bray Mali a été tué par des colleurs d’affiches du FN il y a quelques années, dont c'était la commémoration aussi ce week-end. Après, est-ce que la gauche a une responsabilité dans la question de la bataille médiatique, en tout cas de la bataille de l’image ? Moi, je ne crois pas qu’elle a une responsabilité ce qui est difficile pour nous, c’est comment relayer ce qu’on dit, comment faire percer notre image dans l’espace médiatique. Parce qu’aujourd’hui, les fenêtres de tir médiatique, il n’y en a plus ou quasiment plus. CNews, je le mets évidemment de côté parce que c’est un média très particulier. BFM qui aujourd’hui était un espace, il y a encore 4 ou 5 ans, à peu près équilibré en termes médiatiques, ce n’est plus le cas. France Info qui recrute aujourd’hui le banc et l’arrière-banc de CNews. Vous n’avez plus d’espace médiatique.
Alors on a vu notamment le NPA être solidaire et on a vu effectivement Glucksmann, on a eu évidemment l’extrême droite, la droite, le centre, une partie de la gauche appelée à faire front contre vous. Comment entre 2024 où vous avez réussi avec d’autres mais parmi d’autres à faire le NFP, on arrive un an et demi plus tard à cette situation. Je te demande surtout pas, comme je t’ai vu hier à la télé, sur BFM, où on te demandait de battre ta coulpe, de t’excuser, etc., non seulement c’est une garde à vue mais parfois c'était un confessionnel, on vous demande des trucs, moi ce que je demande juste, est-ce qu’on peut, puisqu’on est dans un endroit de solidarité critique, dire qu’il y a une part d’autocritique à faire ? Est-ce que vous pensez, quand je dis vous, c’est LFI, nous ne sommes pas LFI nous avons été plusieurs fois critiques, mais nous avons une solidarité critique on va dire. Est- ce qu’on ne peut pas collectivement réfléchir à des erreurs, à des approximations, à des défauts qu’on aurait pu montrer.
Bien sûr que la question de l’autocritique, elle doit être aussi permanente, parce que c’est comme ça qu’on réfléchit et dire que tout a été parfait depuis que nous avons fait le Nouveau Front Populaire. Évidemment, ça serait mentir que de dire ça, même moi, je dois dire que parfois j’ai eu des mots très, très durs avec certains responsables politiques d’autres organisations que la mienne qui étaient dans le NFP. Mais ce que je veux dire aussi, c’est que nous, nous avons construits non pas une alliance électorale, mais une organisation basée sur un programme et qui était ouverte à toutes celles et ceux qui voulaient un programme. On avait y compris proposé à des gens du NPA d'être candidats aux élections législatives en 2024, ça ne s’est pas fait. On a fait rentrer dans l’hémicycle des responsables syndicaux associatifs. Mais ce que je veux dire c’est qu’on avait réussi, ce qui n'était pas facile, y compris avec des responsables du Parti Socialiste avec qui on avait parfois des désaccords profonds, parce qu’on paye quand même. Moi j’ai 40 ans mais je paye la génération François Hollande.
Mais est-ce que parfois, et après on va aller sur le fond, mais est- ce que parfois vous n’avez pas aussi résumé la vie politique à des slogans, à des tweets ? Est-ce que vous n'êtes pas allés dans ce jeu-là aussi ? Alors que par ailleurs, les députés LFI vous êtes des bosseurs, vous travaillez, il n’y a pas de doute là-dessus. Mais vous avez aussi porté le flanc à cette critique-là, toi particulièrement.
Oui, je ne suis pas de ceux qui ont pris parfois des pincettes sur les tweets que j’ai faits, mais je crois que c’est aussi qu’on est obligé de dire les choses. Et aujourd’hui, tu sais très bien comment fonctionne la caisse de résonance médiatique, comment fonctionne le débat public. Moi, je serais ravi d’avoir des émissions tous les jours de trois heures où on puisse aller parler du fond des choses et dire pourquoi on n’est pas d’accord sur la question, pas de l’abrogation, mais du décalage de la réforme des retraites, parce que c’est un sujet qui a beaucoup cristallisé des choses pour parler du budget, mais quand on est invité sur des plateaux télé, c’est cinq minutes, dix minutes à quatre, il faut placer trois phrases.
Si tu peux tendre le micro, je suis désolé, je rappelle que tu es l’auteur de "Au cœur de la haine", publié en 2021, qui retraçait ton combat contre les générations identitaires, donc tu n’es pas là par hasard, je rappelle que tu est le président de l’Observatoire national de l’extrême droite. Est-ce que vous ne payez pas, LFI aujourd’hui le fait d’avoir joué sur deux tableaux, l’antifascisme politique, celui de l’ONED, l’Observatoire que tu diriges, celui de vos prises de position, de vos votes à l’Assemblée, ce qu’on appelle l’antifascisme institutionnel et l’anti-fascisme de rue. Est-ce que ce n’est pas là qu’il y a eu le danger dans lequel le danger politique, j’entends, comme un piège qui se serait refermé sur vous ?
Non, je ne crois pas que ce soit qu’on paye, moi je le dis, je crois que nous avons fait le bon choix en faisant rentrer Raphaël Arnault à l’Assemblée Nationale et personne n’a poussé Raphaël Arnault pour être député, c'était aussi son choix d'être parlementaire et justement il avait fait ce choix parce qu’il considérait que l’antifascisme de rue qui est une nécessité dans ce pays et notamment quand on a vu ce qui s’est passé à Lyon ce week-end, quand les gens nous parlaient souvent de la question de l’autodéfense populaire, parce que ça a été beaucoup ça le thème depuis plusieurs jours, l’autodéfense populaire. Je le dis parce que, liant, j’en parle dans mon livre, il y a un chapitre là-dessus. Lyon, à un moment, sur un périmètre de 4 000 habitants et de 150 mètres, c'était sept locaux néonazis avec des salons de tatouage, avec ce que tu as dit tout à l’heure, la Traboule etc Et s’il n’y avait pas eu de fortes mobilisations antifascistes de rue, un, les gens étaient en danger, ils se faisaient agresser. Deux, c’est la mobilisation antifasciste de rue qui a permis la fermeture de ces locaux.
Justement, j’ai vu le tchat te demander d’expliquer, de justifier pourquoi vous avez participé à la minute de silence envers un militant d’extrême droite.
D’abord, nous, on avait demandé que si une minute de silence est venue, elle soit juste pour dire qu’un homme est mort. Que ce ne soit pas une déclaration de 10 minutes de Yaël Braun-Pivet qui nous fasse tout un laïus sur un militant extraordinaire, tout son parcours. Ce n’était pas un hommage à un militant d’extrême droite, mais c'était simplement en mémoire d’un homme qui était mort. Donc, je comprends évidemment que ça soit difficile. Moi, je le dis, c’est la première fois que je le dis, je ne l’ai pas encore dit, mais moi, je n’ai pas assisté à la minute de silence à titre personnel. De manière très claire, à la fois comme antifasciste convaincu, mais aussi comme président de l’Observatoire de l’extrême droite.
Il me semble que tu as proposé une commission d’enquête sur les ingérences étrangères dans la politique française et on apprend que jeudi dernier, le bureau du contre-terrorisme américain a dit surveiller, je cite, l’extrémisme violent de gauche en France, et à tel point que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé hier qu’il allait convoquer l’ambassadeur américain en France. En affirmant au ministre qu’il n’avait, et il a raison, aucune leçon à recevoir de l’international réactionnaire. Est-ce que tu étais au courant de ça ? Est- ce que tu peux nous parler des pressions qui sont faites, peut-être, s’il y en a, sur les défis venus de l'étranger, venus des États-Unis, par exemple, ou des milieux réactionnaires internationaux ?
Oui, j’ai vu que Jean-Noël Barrot, qui n’a quasiment jamais convoqué l’ambassadeur israélien, à convoqué l’Ambassadeur américain suite aux propos qui ont été faits sur la surveillance de la violence de l’ultra-gauche en France et du danger qu’elle pourrait représenter. Donc c’est une bonne nouvelle que la France décide de se réveiller et de convoquer un ambassadeur étranger. J’aurais aimé que ce soit le cas à d’autres reprises. Après moi, je n’ai pas d’exemple très précis de pression étrangère sur nous, en tout cas ce que je sais des ingérences étrangères de comment s’organise la chasse aux antifascistes, par exemple en France et en Europe au travers d’une internationale réactionnaire.
Comment renouer avec l’antifascisme de masse ? Alors ne t’approche pas trop parce que sinon la caméra ne sera pas nette !
Comment renouer ?
C’est sport hein !
Ouais, mais c’est intéressant. Comment renouer avec l’antifascisme de masse, ça c'était une très bonne question. Je crois que c’est quelque chose qui doit nous préoccuper et doit nous occuper. Évidemment, moi je suis parlementaire et je mène une bataille législative permanente, je suis aussi présent de l’observateur de l’extrême-droite et je crois que la question de l' antifascisme, elle doit nous occuper et nous amener à réfléchir à comment effectivement on a fait un mouvement de masse. Comment demain on peut avoir Parce qu’on ne va pas se mentir, aujourd’hui quand on a des mobilisations anti-fascistes, on est peut-être au plus haut de la mobilisation pour la commémoration de l’assassinat de Clément Méric.
Mon cher Thomas, merci infiniment d'être venu. Je vois que tu as l'œil fixé sur le chat. Je pense qu’il y a beaucoup, beaucoup de monde qui participe à l'émission. Je suis navré de te recevoir dans des conditions aussi folkloriques. Enfin, ça fait partie d’Au Poste !
Non, ça fait partie du truc et moi je suis très très content de venir parce que tu fais une super émission. Il y a souvent des invités qu’on n’attend pas ailleurs et c’est hyper intéressant je le dis parce que même nous comme parlementaires, quand on doit travailler après sur des sujets, parce que quand t’es parlementaire, souvent t’as l’idée t’est spécialiste de tout. Moi je suis pas spécialiste et je connais pas tout sur tous les sujets et j’aurais jamais l’appréhension de dire ça, mais parfois quand on a des textes qui arrivent dans l'émission sur des sujet sur lesquels on n’est pas spécialistes, ben moi je regarde ton émission, je regarde les gens que tu as invité pour savoir de quoi ils parlent, qu’est-ce qu’ils racontent et tout et c’est hyper intéressant parce que c' est un format souvent que tu fais qui est long donc les gens ils ont le temps d’expliquer on n’est pas sur un truc de trois minutes, quinze minutes où il faut passer deux phrases et deux slogans pour être sûr derrière d’avoir une dépêche AFP parce que ce soit aussi comme ça que ça se passe aujourd’hui donc merci encore
Alors moi ce que j’aimerais c’est qu’on refasse une émission plus aupostienne parce que là c'était la matinale, on essaie de lutter comme on peut, donc un peu plus longue, peut-être à plusieurs députés de la France Insoumise qu’il y a peut-être un peu dans les détails, mais déjà là tu as pu t’exprimer pendant une demi-heure sans être coupé toutes les deux minutes, merci beaucoup. Ultime question, les gens de gauche qui t'écoutent et qui ne sont pas toujours d’accord avec LFI, qu’est-ce qu’ils peuvent faire ?
Moi, je les invite à ne pas se cantonner à ce qui est dit sur nous, mais à lire notre programme et regarder ce que nous faisons au quotidien. Parce que tu l’as dit sur la question du travail parlementaire, sur la questions de nos actions. Je crois qu’on est des gens qui travaillent beaucoup, qui sont omniprésents dans la lutte et à l’Assemblée Nationale. Et effectivement, parfois certains peuvent être gênés, dérangés par nos prises de position, parce qu’on dit des choses qui sont parfois très dures et qui parfois arrivent à briser l’espace médiatique, je vous donne juste un exemple vraiment pour terminer, par exemple, sur la question de la police tue et des violences policières.
Merci beaucoup, bonne journée, on doit libérer Théophile qui doit aller bosser. On se retrouve à 18h pour les 5 ans d’Auposte. Il y aura une grande partie de l'équipe d’auposte qui sera là, qui sera aussi en visio, et on va prendre rendez-vous pour une autre émission un peu plus longue. Avant les municipales, ce serait bien pour qu’on puisse rentrer dans les détails, des critiques qui vous sont faites, du travail que vous abattez et ainsi de suite. Merci beaucoup, te dit Réponsea dans le tchat. J’ai vu un anarchiste dire que voter LFI c’est le step 1 de mémoire du Mouv, antifasciste institutionnel. Certains disent qu’ils ne sont pas d’accord avec votre façon d'être, mais qu’il sont en revanche d’accords avec ce que vous défendez, pas forcément la façon de le faire, voilà, je pense qu’on a le temps de passer deux heures, trois heures prochainement, si tu le souhaites, avec d’autres députés
Mais ça marche, merci David.
Merci beaucoup, je me lève pour finir le truc. Tu as encore le micro une seconde,
Je passerai le message parce qu’il y a quelqu’un qui a dit : merci à ton équipe, parce que quand on est député c’est aussi, il faut le dire, on ne travaille pas tout seul, moi j’ai 5 personnes et sans elles je ne pourrais pas être député, je ne pourrai absolument rien faire au quotidien.
Merci ! Et maintenant, la question rituelle
