Un spécial Nique Ta Mère avec « Suprêmes » : Audrey Estrougo est Au Poste
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Bonsoir, bonsoir ! Ce soir nous sommes avec Audrey Estrougo. Tu signes le biopic puisque c’est ainsi qu’on appelle ça tellement juste, suprême sur les tout débuts des NTM.
Qu’est ce que vous pensez de ces banlieues qui prennent feu au moment même où vous sortez votre premier disque ? Les punks qui voulaient éveiller les consciences. Eux pareil. Ils avaient l’espoir qu’en prenant un micro et des choses qui puissent changer. Moi, quand j’ai dit que je voulais faire du cinéma et ma conseillère d’orientation en terminale dans mon lycée à Villemomble, elle s’est foutu de ma gueule.
Donc vous allez devoir nous raconter comment on écrit l’inénarrable.
C’est l’histoire d’un gamin rejeté par son père. C’est l’histoire de jeunes qui sont rejetés par leur cité. Et qu’est ce qu’ils font de cette colère ?
Vous ne faites aucun révisionnisme, pas de règlement de compte à la con. Nique ta mère !
Un groupe qui s’appelle Nique ta mère, c'était porter atteinte aux valeurs judéo chrétiennes Absolument. Franchement, entre Zemmour et Pécresse, en fait, on est au même endroit.
On parlera aussi Audrey des scènes coupées et des répliques impossibles. Et peut être, peut être gardé à vue de légende.
J’adore entrer dans une salle, prendre trois droites et rentrer chez moi.
C’est le meilleur poste de France qu’on peut lire à plusieurs quand on parle d’auto postulat.
Hop hop hop hop hop ! Hop, nouvelle installation. Bienvenue ! Bienvenue camarade ! Bienvenue camarade ! Bienvenue au poste cinq, quatre, trois, deux. Un bac dans les bacs contact. Et voilà. Voilà. Audrey Bonjour.
Salut.
Bienvenue au poste, Audrey. À mes amis du hip hop. Un ami de la police. Un ami de la police dans le hip hop, du hip hop, De la police. Bonsoir. Bonsoir ! Ce soir nous sommes avec Audrey et Hugo. Elle est née en 1982 ?
1983.
Alors, Audrey, c’est très bien. C’est parce que ta fiche Wikipédia est toute maigrelette, Elle n’est pas sérieuse, je te le dis. Et il y a écrit 82.
Ah ouais mais il faudrait que je m’occupe de ça. En fait, si tu vois que je suis très intéressé, ça me passionne de raconter ma vie, que forcément, j’aime aller dessus, je m’en occuperais.
Mais quelle élégance pour dire que tu es encore plus jeune que je ne le pensais. Audrey Donc née en 1983, tu signes le bio pic puisque c’est ainsi qu’on appelle ça tellement juste, suprême sur les tout débuts des NTM. Tu as déjà réalisé un certain nombre de films, bien que tu sois née en 1983, c’est à dire hier, avec notamment un film sur le viol, un film sur les cités par le prisme féminin, un documentaire sur les frères ennemis de NTM dont il est aussi question dans le film. Et de belle manière en plus. Vous allez devoir. Comment je fais quand je fais le portrait ? Je vous vois et puis après on tutoie. Donc vous allez devoir nous raconter comment on écrit l’inénarrable, comment un tel film s’envisage, comment il se montre, comment il se produit. Dans Suprême, vous ne faites aucun révisionnisme, pas de règlement de compte à la con, mais vous nous proposez une plongée sincère dans le hip hop au tournant des années 80 90 que vous n’aviez pas connu puisque vous aviez même pas sept ans, mais que vous vous racontez tellement bien. Une époque fidèlement reproduite justement avec l’esprit, les vêtements, le phrasé, tout y est le jeu crade des majors, les médias de masse crade aussi. Quant aux relations entre les flics et les NTM, c’est juste entre les copains qu’on laisse sur le bord du chemin de la renommée. Là encore, c’est parfait. On parlera aussi d’Audrey et des scènes coupées et des répliques impossibles. Peut- être des gardes à vue de légende bien connues de nos services. On peut dire que. Et plus marseillaise que dionysienne en fait.
Oui, oui, mais dans la répétition en répétition.
Alors stop ! Tu vis à Marseille ?.
Qu’ est ce que vous pensez de ces banlieues qui prennent feu au moment même où vous sortez votre premier disque ? Faut arrêter de tout confondre, les gamins. On fait du rap, on prend des micros, on ne prend pas des phrases toutes faites. Espérer, c’est un être humain qui vit dans un immeuble, mais avec une société qui détourne le regard. La prochaine fois, je me ferais tatouer un drapeau bleu blanc rouge sur le cul, histoire de faire gagner du temps à tout le monde. Fais un truc dans ta vie et on en reparle. On a toujours fonctionné comme ça en France. Ensemble, on n’aura pas de deuxième chance. Tu comprends ça ? Aujourd’hui, c’est nous, demain sera un autre. Et moi, c’est hors de question que je retourne monter des faux plafonds si tu veux. En gros, Bruno, on s’occupe d'écrire des textes et des gestes derrière et s’occupe du beat. Tu ne crois pas que tu me fous la honte avec ton nom débile partout sur les murs ? Joey Starr Faut être intelligent pour faire de la musique. Je ne veux plus te voir. Je peux te voir pour ça. T’es mal barré, je te le dis, c’est clair, T’as le toucher. Ne t’embête pas longtemps. Je n’ai pas envie de voir. Ça, toi. Je me sens bien à tout moment. L’insignifiant, le concurrent. Les violences verbales ne sont plus quand les gens écoutent par derrière.C’est clair. Nique ta mère, le père. N’oublie jamais que. C’est normal, que non seulement on ne m’appelle pas. Et que les jeunes des quartiers n’ont jamais eu peur. Quelle chance d’habiter la France ! Je ne dis rien. Si je ne monte pas sur scène avec toi, si tu en as envie. Tu me manques. Qu’il ne soit pas pour prétendre à plus.
Je dois dire un truc, c’est que la bande annonce est à la fois extrêmement efficace et je trouve très fidèle au film.
Ce qui était compliqué, c’est vraiment un film qui a plusieurs, plusieurs dimensions et je tenais vraiment à ce qu’on enlève aucune, notamment la dimension du contexte social et politique qui en fait assez spontanément été mise de côté à tort. J’ai toujours pensé aux distributeurs qui avaient peur de tuer. Il y a ce truc qui me rend taré. Ce que tu dis cultive marseillais et dionysien. Oui, parce que je vis maintenant à Marseille, mais j’ai grandi dans le 93 donc je suis quand même très très très concerné par la problématique de la vie en banlieue Fiat. Et tu payes un ticket toute ma vie ou qui me rend dingue au moment où on considère que c’est même cette appellation me rend folle. On dit un film de banlieue. Moi je passe quand même mon temps à dire qu' on ne dit pas un film de Paris, un film de Marseille, un film de la mer. N’est ce pas ça la banlieue, ses subtilités ?C’est un espace urbain, c’est une zone géographique, c’est un endroit où vivent des gens et on ne peut pas le résumer. Un job cinéma. Le thriller est un genre de cinéma. La comédie est un minimum. La banlieue, c’est absolument absurde de le définir. Un décor de limité, un décor de film, un genre qui antifa et ça n’a rien à voir en conservant l’histoire des parfums, des serviettes, donc à la fois. Donc ils avaient peur. Si je dois rentrer dans leur pensée de faire un film de banlieue, de susciter une aversion par rapport à ce que ça peut créer de manière générale, et. Et moi je tenais à ce que la bande annonce, en gros, résume le film dans son entièreté, parce que je pense que le film peut plaire autant à ceux qui aiment le Hip-hop et NTM que ceux qui n’y connaissent rien. Donc je trouvais ça dommage d’enfermer le film.
Effectivement, la dimension politique au sens presque étymologique du terme, c’est à dire les halles, la cité, la ville, pas les cités mais la cité. Le groupe qui émerge là dedans. Oui, effectivement, on voit dans la bande annonce une relation avec le maire de la ville qui va faire interdire un concert.
Le pire c’est ça, c’est de faire un film et quand on a eu envie de raconter, ne passe pas, ne passe pas la caméra quoi.
Oui, c’est ça.
Ouais, ouais, ouais. Maintenant, après c’est un film qui fait du bien parce que c’est des gamins de toutes les couleurs, de toutes les origines, y a quand même, puis en plus de ça, l’engagement des NTM dans leurs textes quand il y avait quand même cet espoir. Si on s'était parlé du côté punk, les punk qui voulaient éveiller les consciences à eux, pareil, ils avaient l’espoir qu’en prenant un micro et des choses qui puissent changer. C’est un film qui raconte malheureusement que ça fait plus de 30 ans qu’on a raté quelque chose dans notre société.
Je crois qu’il y a un extrait d’une je sais plus quel morceau c'était. Mes 10 % pour Le Pen, c’est une défaite.
Ouais, blanc et noir.
Blanc et noir. Voilà, c’est ça, c’est les répétitions des deux acteurs qui sont en fait tous les deux. Tous les deux sont formidables, vraiment.
Ils savent bien, ils ne vont jamais rapper de leur vie, ils n’ont jamais pris un micro de leur vie. C’est un an de travail pour arriver à point.
C’est-à-dire ? Concrètement, quand tu dis un an de travail, c’est-à-dire les mecs, ils ont bossé trois fois dans l’année.
Pendant un an, ils vont travailler tous les jours, ils avaient cours de rap, cours de danse, c' était Fame, cours de rap pendant et une fois par semaine se réunissaient. Toute la formation était donc à 8 h. Parce que ce qu’on découvre dans le film, c’est qu’ils étaient huit à la base et pas deux ou trois avec un DJ. Tous ceux qui forment le policier autour des quinze, des Caves, des caves, réunissent les avaient tous les samedis je crois, pendant un an pour construire cette bande, travailler la cohésion du groupe.
Tous avaient une idée de ce qu'étaient les NTM ou pas.
Non. Tu sais, quand j’ai fait le casting, je me suis pris ça dans les dents. Je pense aux trentenaires. Ils connaissent NTM. Tu descends en dessous de 25 ans, C’est soit ils connaissent parce que leur grand frère, leur oncle, quelqu’un de proche d’eux écoutaient ou alors ils connaissent de nom mais jamais entendu. Et on m’a même dit ah oui, Joey Starr, Je vois l’acteur.
Eh oui ! Et oui, visiblement dans le tchat, il y a pas mal de gens qui ont déjà vu le film The Dead qu’il a vu hier. Par exemple, il y a Doctor Pierre qui nous dit et il ne chante pas en Play back pendant le film. C'était dingue.
Ouais bah ouais, un an en fait que je voulais c'était faire des captations de concerts. Donc un c’est eux même qui font des live et faut savoir un truc, c’est que tourner un concert c’est 8 h de tournage et donc pendant 8 h ils font le même morceau avec la même énergie pendant 8 h. Donc c’est vraiment une performance incroyable. Même un artiste quand il est en concert, il fait 2h de show et il rentre chez lui ça fait 8h vraiment en continu. Et je ne voulais absolument pas faire de la synchro derrière pour dire que leurs voix n’ont jamais été retravaillées, jamais recalées.
Donc le Globo faut rappeler, c'était est une petite salle à Paris quittée qui était en fait la salle Rap qui était une des toutes premières. Et donc là, ce que tu mets en scène c’est le premier concert je crois.
Le premier est à l’Elysée Montmartre et ils ont fait Globo juste après. Mais l’Elysée Montmartre, il est là comme il a brûlé il y a quelques années. Il est tout refait, tout modernisé. Donc je pouvais pas, je pouvais pas l’exploiter.
C’est tellement difficile, je trouve de filmer un concert et toi tu arrives, mais alors de manière magistrale.
C’est prendre les commandes baby Chen et Joe. Tony ne m’amènera pas mes lasers Lady vis. Encore une fois, ce sont toutes ces choses. Je suis prêt à essayer encore et toujours de l’action devant toi. Je suis bien, je fonce et j’aime ça. Quant à toi, pour ma part, tu m'écoutes. Je retire de ton crâne ma ton, le dernier doux pour mes paroles et rejoint les. Alors tu te tiens. Enfin dans mes mains. La solution pour guérir ses maux de tête. Je t’envoie ma potion. C’est toujours un mal, Elle est fatal. Elle fait mal quand on te trouve pas comme cher à côté de toi. T’as le budget de ta mère quand on le voit comme à l’envers, c’est clair. J’ai écouté ta Mère sur les côtés.Grand ton, c’est clair. Je suis ta mère pour avoir pensé à l’enfer sur les côtés quand pendant la guerre sainte Mère, j’ai touché ta mère trois fois.
C’est con, mais c’est quand même super quand tu tournes ça. Comment tu sais que c’est réussi ? Déjà, tu sens que les choses se passent bien. Il y a bien une bonne énergie quand tu fais tes concerts et que Killer qui est là te dit ok, c’est comme à l'époque c'était je retrouve tout, il y a toujours les mêmes sensations tu sais. Et nous en plus, on avait quand même des figurants. Et quand pendant 8 h, on a aussi des figurants qui sont en fond par demande, qui veulent aller, qui ne font pas tous les entendent, le même morceau, encore et encore, de refaire encore et encore où tu sens que tu tiens quelque chose, en tout cas dans l'énergie, au bon endroit et bon bah après en montage.On vient de le voir, il y a le fil, le fil au micro, etc. Et il est là, Je me dis qu’il y a vraiment un souci du détail. Et ça, par exemple, comment ça se passe dans le cinéma ? Comment ça se passe dans un biopic ? Est ce que tu as un historien, un archiviste ? Est ce que tu vas regarder des archives ? Lesquelles ? Comment on fait pour essayer d'être au plus proche de la réalité.Quand on en est à réfléchir sur la direction artistique du film ? Moi, j’ai une envie. J’ai évidemment vu et j’ai saigné par mon sujet. Quand j’arrive au moment de cette préparation là, ça fait deux ans devant une médiathèque, scénario que j’ai en plus du scénario et toute ma collaboration avec eux, avec eux, puis tous les autres de cette époque. Donc suis quand même déjà nourrie des choses et j’ai en tête qui était cette jeunesse etc. Et puis après à taper aussi tes collaborateurs, donc en plus chef opérateur, le chef d'œuvre, la chef décoratrice et la cheffe costumière, on se met à quatre, on s’enferme et puis un moment donné, on définit une ligne qu’est ce que, jusqu’où ? On va aussi dans le côté reproduction, mais pas que moi en fait.Et j’ai deux éléments dans ce film qui tiennent en fait de l’aspect, on pourrait dire une reconstitution. Il y a tout ce qui est époques, décors, costumes, mais j’ai mes deux comédiens, c’est quand même un film français donc. C’est un film qu’on appelle du milieu. Voilà, c’est un film qui fait 6 millions, 6 millions d’euros en fabrication, donc c’est quand même de l’argent, mais pour un film d'époque, avec des concerts, etc. C’est pas énorme, ça veut dire ça veut dire là, là, on le voit bien. Par exemple, sur cet extrait, j’ai une voiture d'époque, toutes les voitures derrière.Ah oui, c’est vrai. Les voitures modernes. Ben oui, c’est vrai que j’ai pas les moyens de vider un parking entier pour mettre des voitures d'époque, tu que tu loues par jour etc. Voilà. Mais moi je me suis toujours dit si on croit en mes deux gars. Derrière, ce n’est pas très grave si on n’est pas 100 % exact, Impossible d'être 100 pour cent exact. En plus, l’urbanisme a totalement changé. Maintenant on a des pistes cyclables dans tous les sens et pas les mêmes panneaux et pas les mêmes kiosques, pas les mêmes banques, l’arrêt de bus, y a plus de cabines téléphoniques. Tout a changé en fait. Ces supérettes là, toutes ces galeries commerciales ont tendance à avoir disparu pour beaucoup. Donc c’est des choses qui n’existent plus et qui pour moi sont très typiques des années 80, début 90. Je raconte aussi ce moment où on acte l’abandon de cette jeunesse des quartiers. On a tourné ça à Villeurbanne en province, tu trouves beaucoup j’ai fait pas mal de régions, encore beaucoup d’endroits comme ça, un peu hors du temps, pas ni abandonné, ni modernisé quoi. Des trucs n’ont pas bougé.
Il y a quand même un moment où il y a au moins six ou sept voitures d'époque.
C’est mythique dans l’histoire du groupe. En gros, ils n’ont pas eu le droit de faire le concert qui devait donner dans un gymnase. La mairie de Mantes la Jolie était partie du principe que NTM générait de la violence. Parce que vraiment, bien sûr, resituer dans ce que raconte le film, c’est que. La posture des politiques est très fortement relayée par les médias. C’est de dire en gros qu’il y a des cités qui brûlent parce que le film raconte ça en fait. Raconte le moment où la France découvre une jeunesse des quartiers parce qu’il y a des émeutes successives suite à des bavures policières un peu partout en France. La réponse était de dire évidemment, quand on écoute un groupe qui s’appelle Nique ta mère, on a qu’une envie, c’est de brûler des voitures parce qu’on les a résumés à ça et on a refusé d'écouter ce qu’ils avaient à dire et de considérer leurs propos comme des propos majeurs, importants. Quand on leur a mis un sparadrap sur la bouche. Mais finalement on les a bâillonnés, eux, comme on bâillonne la jeunesse des banlieues encore et toujours. C'était quoi la question ?
C'était Mantes la Jolie
Le concert est annulé. Mais en fait c’est une grosse pression, surtout des gens qui veulent absolument avoir le concert eux ne veulent pas donner raison. Donc ils vont faire un concert un peu sauvage dans la réalité et ils ont fait un concert sauvage au milieu, au milieu du stade et il n’y avait pas d'éclairage. On ne leur a pas ouvert alors on n’aura pas allumé les projos et du coup des mecs sont arrivés avec leur bagnole et ils ont fait une arène de phares autour d’eux.
Et là il y a la réalité.
Donc moi j’ai refait la même chose mais pas sur un stade de rugby,sur une dalle.
Et avec un mouvement de caméra très lent, très beau.
Ouais, mais j’y vais toujours, même en l'écrivant, je l’imaginais pas ça.
Comment ça s'écrit un biopic ? Par rapport aux ressorts dramaturgiques classiques ? Une fiction ?
Quand tu penses à une histoire de manière classique, tu adaptes un bouquin ou quand tu as une idée, à une histoire à raconter et que tu inventes. En fait, c’est le bouquin. De toute façon, il a son début, son milieu, sa fin, soit l’histoire que tu inventes. Toi tu l’inventes en fait, et tu es le seul détenteur de la suite des choses qui serait possible. Un biopic, d’autant plus de personnalité encore vivante te donne le champ des possibles. C’est-à-dire qu’en gros, si ma caméra est un curseur, où est-ce que je place mon curseur ? A quel moment de la chronologie d’un thème je place un curseur ? Enfin, moi je voulais raconter l’abandon des jeunes de quartiers par les politiques et eux dans leur histoire ils l' ont incarné. Donc évidemment que j’ai aussi envie de raconter le moment où le hiphop comme ça devient français. Donc ça me délimite aussi un moment de fin. C’est-à-dire que moi, au fond, je n’ai pas envie de faire. Vie et gloire de Dieu. En fait, je vais même aller plus loin. Il n’y a pas de tabou. En fait, je m’en fous même de Joeystarr et Kool shen. Par contre, moi, le film s’arrête au moment où ils viennent jouer, par exemple les l'élève au pied de leur Vélib. Tu veux faire les gars ? On fait après mais en fait, dès qu’on rentre chez toi, tu tapes le concert du Zénith 92 ? Mais moi ça s’appelle comment du coup ? Vous faites pas le zénith ? Ah, tu l’as sur YouTube Cobain ? Je n’ai pas peur de le faire et je le ferais moins bien que ce que eux ils ont fait. Donc tout de suite on l’a tout de suite connu et je trouvais ça pas intéressant et en plus ça sortait de mon propos de départ. Moi je voulais raconter ce moment là l’abandon. Et qu’est ce que voilà ? Où est-ce que la graine a été plantée ? Comment ça s’est fait ? A quel moment le discours n’a plus jamais été possible entre les politiques et les jeunes de banlieue.
Sur un des murs de la cité. Il y a un graffiti Malik Oussekine et là je me suis demandé si c'était. Et toute licence en art. Là, je me suis dit tiens, est ce que c’est pas Audrey qui plaque ça ? Moi j’ai pas souvenir que Malik Oussekine avait autant marqué le monde du rap, mais peut être que je me goure.
Non, il n’y a pas marqué le monde du Rap. C' est moi, moi, parce que c’est bien, en fait, c’est quand même, je crois que c’est la troisième phrase qu’on entend dans le film. Un jeune homme de 22 ans a trouvé la mort. Malik Oussekine avec tout le montage des archives audio là, et c’est important puisque le film est quand même il pose aussi les blessures, je pense, les bases, les bavures policières, etc. Donc ça, c’est important, c’est important de le montrer, ça fait partie du contexte dans lequel cette jeunesse grandit. Ce que j’avais envie de faire. Ça revient comme un gimmick. Sauf que. J’aime beaucoup les films. Quand le réal. Dépose des choses et libre aux spectateurs ou pas de les voir, de les prendre. J’adore ces moments-là et moi, souvent je reviens dans le film. Bien plus jamais ça en fait. Les plus jamais ça. Il y en a qui sont sur un mur à droite, sur un mur à gauche avec un prénom de victime différent. Et ça c’est important. Parce que ça n’est pas d’aujourd’hui, les bavures policières et que c’est bien le problème.
Euh, c'était avant hier, j’ai pris la photo, c'était jour pour jour pour les 35 ans de la mort de Malik, je suis passé rue Monsieur le Prince et voilà, on voit quatre bouquets de fleurs. Je peux dire SOS Racisme, la mairie de Paris, la maire de Paris, Anne Hidalgo, Alternative citoyenne et David Assouline, aujourd’hui sénateur, et qui était à l'époque leader, étudiant. Dans les soucis d’exactitude, on voit. Alors je pense que c’est la chambre de Joe je sais plus si c’est de chez nous de jouer ou de DJ’s, qu’importe, on voit tout un tas d’objets. Et puis là, il y a cette pochette de Grandmaster Flash et tout à moi vraiment, c’est très bien fait tout ça. Et dans le générique ? Le générique est presque long comme un jour sans fin il y a le crédit de la pochette.
Je m'étais obligée.
T’es obligé.
Tout ce qui est à l’image était obligé. Tu es obligé de demander l’autorisation un peu, de faire n’importe quoi, tous les films en public, tout ce que tu montres. Dans un film, on peut oublier tout ce que tu entends et tout ce que tu montres. Les modules du deuxième round, je n’ai jamais eu le droit.
Il y a des choses que tu as dû enlever ou ne pas mettre par tous les autres.
Tu n’as pas le droit. Il y a des choses très absurdes, mais comme les bombers fédé, équipe de baseball, de basket,
les Raiders, le gros truc, c'était les Raiders.
Il y a une équipe qui n’a pas eu le droit d’utiliser parce que ils ne voulaient pas que l’image de leur équipe soit dans un film où y’avait des propos contre la police.
Dans les ressorts dramatiques, il y a un fil conducteur, c’est les relations entre Joey et son père. Est ce que. Est ce que tu peux nous en dire deux mots ?
L’idée tu comprends très vite. Moi ce que je dis, c’est qu’il est construit autour de son père. Et c’est très important parce que dans son histoire avec Kool Shen. Il y a les conséquences de la relation avec son père. Il est transféré sur Kool Shen qui n’a pas de trou de santé. Problématique à comparer chercher Kool Shen. Il veut que Kool Shen lui donne ce que son père ne lui a pas donné. Donc c’est son rock, c’est son repère. Et puis c’est lui qui cherche de la reconnaissance.
Joey Qui donc ? À droite sur le divan, à gauche, cet acteur formidable, par ailleurs extraordinaire et incroyable. On a. Où est vraiment.
Qui est Jean-Louis Yoka ?
Super Héros ? Qui donc lui apporte ? Je crois que c’est le premier maxi. Et puis on ne va pas raconter, mais ça se passe très mal. Donc Joey qui vient chercher la reconnaissance du père mais ne l’a pas, voilà.
Il l’a pas, ne l’a pas expliqué qu’il fasse tout aujourd’hui rap, musique, cinéma, théâtre, bouquins, télé, réalité quand il est, quand il a la nouvelle star familiale. En fait, il est omniprésent et il le dit à un moment tu vas voir et tu vas m’entendre. C’est ça en fait une grosse blessure chez Didier. Et encore une fois, je le maintiens, c’est la clé de tout. Alors c’est autant la clé de sa personnalité que la clé de son rapport avec Kool Shen. Et ce film, c’est aussi l’histoire d’un rejet. Et qu’est ce qu’on fait de rejet ? C’est l’histoire d’un gamin rejeté par son père. C’est l’histoire de jeunes qui sont rejetés par leur petit bébé. Et qu’est ce qu’ils font de cette colère ? On en fait, on en fait l’arbre et ce n’est même pas on en fait l’art.Moi, je vais aller plus loin parce que, encore une fois, avant que ces mecs là ne rap avec leur assassin ou NTM de façon durable, à cette époque là, il n’y avait pas d’Arabes. Oui, il y avait Benny Beat avant, mais le rap conscient, le rap avec du texte et le rap surtout, qui dure, qui n’est pas, qui n’est pas un essai. Comme quoi il y a eu des timides, des sans complexes, etc. Pendant des mecs sont restés. Bah c’est eux. Et c’est quand même une jeunesse qui a inventé une manière de s’exprimer. Ils ont, ils sont partis de ce qu’a fait l'élève, ce qu’ont fait les Américains, mais ils l’ont francisé quand même. Ils ont écrit du vent, ils ont interprété une langue qui n’existait pas.
Ils ont fait ce que le rock était en train de faire mais n’avaient jamais su faire jusque là, c’est-à-dire le rock. Le rock français avait toujours été une espèce d’adaptation sirupeuse. La quintessence et le yéyé, quoi, c’est assez rock ? Alors que les NTM à IAM, eux, vont prendre le rap américain, Ils vont en faire quelque chose, ça va être leur chose, ça va être leur chose.
Ouais et non, ils ont réinventé un truc pour revenir au père, oui. Faut le vivre. Moi, je me demande toujours comment il est parfois comme avant quand il est encore debout. C’est une telle souffrance. Et encore, moi je n’ai pas pris le parti de ne pas montrer la vérité parce qu’il est déjà grand dans mon film. Il faut imaginer qu’en plus, gamin, il était maltraité, donc physiquement.
Le père il a donc il a, il a un rôle, il faut l’autorisation du père dans un biopic ou pas. De la même manière qu’il faut l’autorisation du détenteur des droits des boomers.
Non mais alors en fait, il y a deux façons d’aborder la chose, mon pépère suprême, en allant voir les protagonistes concernés, en marchant main dans la main avec eux, ou vous pouvez faire Alain, c’est à dire quand même Valérie Lemercier n a pas les droits pour raconter la vie de Peillon. Fillon lui a dit non, je ne suis pas d’accord avec ton point de vue des machos, je ne veux pas. Ben c’est horrible parce que moi je ne sais pas comment ça c’est quand même la vie de quelqu’un qu’on raconte. Mais Aline, c’est un film sur Céline Dion quand Céline Dion et c’est pour ça que ça s’appelle Aline. Mais vous, vous avez la loi française, contrairement à l’Amérique. Tant qu’il n’y a pas de diffamation. Vous pouvez faire ce que vous voulez sur qui vous voulez. Moi, la seule chose sur laquelle on peut être attaqué, c’est la diffamation. Moi je ne monte pas. Voilà. Je ne dis pas qu’il égorge des bébés dans une cave et qui font des rites sataniques. En fait, il n’y a pas de différence. Donc j’aurais pu aussi faire ce qui me semblait, si on omet là la problématique des droits musicaux, avoir une d’avance qui ne donne pas leur accord pour le film. Faut pas qu’au -1 bonne relation se noue et leurs morceaux ne font pas que c’est impossible de faire un film comme façon de la mais. Mais en même temps, Céline Dion, elle a fait tampon, d’accord, mais elle n'était pas autrice des textes, donc c'était plus simple à détourner.
On voit au générique le nom de Joey Starr à coups de chaînes et de DJ. Comment les avez-vous convaincus ?
Tout simplement je leur ai dit que je ne voulais pas faire un film sur eux, que ma motivation première, c'était pas de faire un film sur eux, c'était de d’utiliser leur histoire pour parler d’aujourd’hui et en fait de ce constat que rien n’a changé entre leur jeunesse et celle d’aujourd’hui fait il y a cinq ans, quand je les voir à la télé, ils exigent en premier. Quand j’expose mon projet, il y a cinq ans, je lui ai dit "On est là à se demander pourquoi des jeunes partent en séries. Mais en fait, c’est qu’on a raté tellement de choses et qu’on aurait été plus inspirés d'écouter vos textes plutôt que de s’acharner encore et toujours à stigmatiser une jeunesse et à la laisser croupir de l’autre côté du périph. Et en fait, c’est ça qui l’a convaincu qu’il y avait un film intéressant à faire, que sinon il ne voyait pas l’intérêt ni l’un comme l’autre de faire un film pour leur gloire. Il avait l’impression qu’il y avait rien à dire en fait. Ce que je peux comprendre, c’est.
Un plan séquence. D’ailleurs, si je ne suis pas groupie de répétition ou Joe n’y arrive pas. Hé hé, Bruno vient bien.
Le cinéma peut être un peu plus parce que pour la situer dans le contexte, oui, cet extrait, oui où Didier est déjà au micro. Faut imaginer que Didier la porte déjà depuis quatre ou 5 h.
Oui, ça il faut dire, il était toujours en retard.
Donc il y a cette tension. C’est le premier morceau qui va écrire pour faire un album. Ils y sont complètement High Five, c’est tout. Tout est nouveau pour eux en fait. Donc il y a un énorme enjeu. Colson, c’est quand même quelqu’un de très carré, très droit. Dans le boulot, il n’y a pas de temps pour blaguer. Donc évidemment, il a déjà posé 50 fois ses couplets. Il est carré dans l’axe, comme on dit, et on attend toujours l’autre qui n’arrive pas. Et puis quand il arrive en plus, il est, il est connecté à on ne sait quelle planète, va savoir ce qu’il a fait, ce qu’il a pris et cætera. Donc il n’est pas forcément agréable. Et puis, et puis juste avant d'être là, qu’on complimente son texte, il lui sort un bout de papier tout déchiré. Puis une scène aussi, qui montre leur énergie face au travail. Il dit. Il déteste le studio, il déteste faire des clips, dit qu’il a une place faible. Et moi j’avais besoin de montrer la différence entre Didier. Quand on doit être dans quelque chose de très précis et très rigoureux, comme enregistrer un truc en studio et Didier qui flingue où est placé sur une table et qui est une tout autre personne. C’est important pour moi qui suis fait de ces deux éléments dans le clip pour qu’on comprenne bien sa personnalité et sa manière d’approcher. En fait, cette scène de rap et sa manière de le vivre avec le groupe. Au contraire, en face, un cousin très carré, très très sérieux.Écoute moi, tu es avec moi là, Ce n’est pas avec moi. Laisse, laisse le texte, tu le connais par cœur. Écoute, on a toute la journée pour faire des prises, ça va rentrer, ça va le faire, ok ? Après on structure le morceau Vas y, viens, je te lance, laisse une oreille dehors, je te lance sur le truc, lance moi sur les premières. Le disque te lance. Sur la première phrase, il y va tranquillement. Je vais me faire Putain, vas y !
Donc c’est le monde de demain. J’aurais reconnu.
Pur produit de cette infamie appelée la banlieue de Paris, le produit de cette infamie appelée la banlieue de Paris. Depuis tout jeune. Quelque gravité, avec le but unique d’imposer ma présence trop forte pour travailler, trop bien pour faire la charité, ou je préfère la facilité, considérant que le boulot m’amène plus vite au bout du rouleau. Alors réfléchissez. Combien sont dans mon corps aux abords de vos toits ? Et si cela est comme ça, c’est que depuis trop longtemps déjà, on tourne le dos aux problèmes cruciaux ou aux problèmes sociaux qui asphyxient la jeunesse qui réside aux abords au sud, à l’est, à l’ouest, au nord. Ne vous étonnez pas.
On est d’accord, c’est un plan séquence, non ?
C’est totalement plan séquence, mais je crois que ça dure trois minutes. Ça dure à faire comme ça trois quatre minutes, mais moi c’est un peu pareil, ça roule. C’est aussi un moment. Où le cinéma les raconte principalement via la magie du plan séquence. Et ça, c’est fait. On est au cœur de Head, on est avec eux au cœur de deux, dans leur intimité, dans l’intimité de ce duo là et le cinéma permet de raconter ce moment là avec ce plan séquence cadré comme ça, les laisser vivre et laisser vivre. Et en même temps ils font tout est très cadré. Mais. Mais voilà, je suis face à Alex, la vie de couple et c’est là où on voit quand même la magnifique complicité quand il le prend par l'épaule parce que ça y est, ça sort, ça sort enfin après des heures parce qu’on imagine que c’est des heures d’enregistrement. Et je te l’ai dit par email, moi j’ai eu la chance alors pas pour ce morceau là, mais de d’assister à des enregistrements studio. Et c'était ça quoi. C'était ça.
Non mais vraiment quoi ? C'était avec le bordel dans la console.En cabine avec un nombre de jours incroyable, etc.
Ni Sandor ni Théo ne sont des rappeurs ou des danseurs, ni rien. Donc on part de zéro.Cet objectif d'être crédible sur cette lutte. Finalement, ils arrivent au-delà. Devait être payant. Je m’en remets encore. Pas de la performance qu’ils ont, qu’ils ont fait. Je me suis demandé comment une fois que je les avais cassé, etc. Je me suis dit OK, comment on va faire ? NTM c’est de la scène, c’est l’authenticité, c’est que de la véracité. Donc comment on va faire sans tricher ? En fait, ils connaissent tout de 98 à 82. En gros, j’ai commencé à les faire travailler sur les morceaux les plus récents. Il y a aussi un mec s’appelle Touko, des fans avec Touko qui est aussi dans le film qui joue un des danseurs. C’est un gars qui avec NTM depuis qu’il a douze ans, il les connaît par cœur et il est surtout rappeur que je ne suis pas. Et du coup je lui ai dit voilà, moi j’ai mes deux gars, j’ai mis mon idée pour y arriver mais la technique j’ai pas. Mais qu’est ce que tu fais ? En gros leurs codes de rap ? Et à côté de ça, il y avait une autre personne qui s’appelle Gladys Gambit, qui elle est plus chorégraphe, scénographe et qui a dansé à cette époque là aussi et qui a été, elle, le coach de danse on va dire une fois, qui maîtrisait les morceaux du film. On a plus intégrer. En gros elle a dit à Gladys quoi et ils ont fait leurs répètes ensemble. Mais pendant toute une partie, c’est d’abord le rap d’un côté, puis la danse de l’autre et. Et donc on est parti des textes de deux 98, ils vont sur YouTube, ils regardent le concert. Voilà, c’est un extrait dont ils ont les images Donc ils ont fait du mime. Au début, c'était dans le mime, c'était très bizarre pour eux. Moi, Didier m’a toujours dit qu’est ce que c’est bizarre un mec timide. Devenir toi, c’est tellement bizarre. Puis petit à petit, on est allé vers le rap 90. Beaucoup plus font beaucoup plus durs, beaucoup plus rapides, beaucoup plus physiques. Et puis en plus, à l'époque, il rappelle d’en faire, donc ça devenait de plus en plus complexe pour eux. Mais comme ils comprenaient de plus en plus ce qui était leur personnage, c'était un truc plus ludique.
Puisqu’on parle de studio, il y a DJ, DJ, c’est incarné. DJ c'était donc moi le DJ de détonateur de NTM pour ceux qui connaissent les thèmes, à un moment donné, il disparaît, il va, il va, il disparaît de la circulation.
Comment il s' en va ?
On à titre personnel, moi, je n’avais plus aucune nouvelle de lui. Je ne cherchais pas non plus tous les jours. Enfin, aucune nouvelle. Comment tu le retrouves ? Et pourquoi il accepte alors d’abord, pourquoi il quitte le groupe ? Et pourquoi il accepte ? Et comment tu le retrouves ?
Alors ouais, quitte le groupe.
Les enfants, écoutez bien, c’est génial.
On comprend, dans le film, pourquoi ils quittent le groupe à partir du moment où le petit voilà, le petit se délite. Que les égos des deux sont de plus en plus affirmés et en opposition. Que Didier. A de plus en plus à voir avec la drogue et donc à éduquer. Pas très bien et très Didier. Au moment où tout ce que vous voyez dans le film s’exacerbe, c’est à dire lui, ça pourrait être la scène d’après la scène du Zénith. En vérité, on est quasiment dans la foulée, pas Y. Pardon. Ils partent pour faire 93. J’appuie sur la Gâchette, leur deuxième album et en fait, lui ne supporte plus tout ça. Il faut restituer Didier, c’est l’ami d’enfance de Bruno. Ils se connaissent en tout cas. Eux deux se connaissent depuis qu’ils ont la quille, depuis qu’ils sont à la maternelle. C'était vraiment des amis de toujours, ils partaient en vacances ensemble, etc. Les parents sont proches et Didier, c’est un mec très intègre. Donc Franck, de son prénom, il a dit un jour, il a dit je me casse. Je crois que c'était pendant le mixage de l’album que l’album était pendant le deuxième album. Il s’est barré et du jour au lendemain, plus personne. La nouvelle. Donc lui. Aujourd’hui est blessé, ce que personne n’a cherché à le rattraper. Et de l’autre côté, moi, j’ai bougé. Bruno Guimond. Il ne comprend pas pourquoi son pote d’enfance a fait ça et il n’est jamais revenu vers lui non plus. Donc c’est une blessure pour les deux, clairement. Et donc moi, DGF, je suis obligé de le retrouver. Non pas parce que parce que le il est dans le film, même si Ba a parlé d’Ivy, parce que voilà, elle n’est plus de ce monde, mais il y a évidemment moins. Et il avait la petite chérie de la petite amie de Bruno. Et parce qu’il y en a un qui n’en fait pas des histoires de meufs entre eux. Bah non en fait, Bruno, il avait une meuf.
Absolument laide.
Depuis, depuis ses quinze ans. J’ai quinze 17 ans, il est avec elle
Elle qui était la danseuse, enfin une des danseuses.
C'était la danseuse en tout cas, c'était la seule fille.
Et la seule fille.
Bon voilà, elle était très sympa, pas. Très. Sympa, qui n’avait même pas 30 ans quand elle est partie. Très jeune voiture, elle est partie très jeune et en fait, vous vous êtes tous rencontrés. Et donc évidemment, j’avais envie de rencontrer déjà Franck par rapport à l’authenticité et voulait qu’il me raconte son NTM à lui pour pouvoir l’intégrer à l’histoire. Parce que tout à l’heure, quand tu disais il n’y a pas de révisionnisme, là, c’est aussi parce que j’ai dit et j’ai pu parler à tout le monde et j’ai pu essayer de comprendre. Voilà ce que j’ai MPM, l’enjeu de NTM, Céline, BM, etc. De donner une place à chacun, de capter vraiment qui était par rapport à qui disait quoi, qui c’est. Et surtout j’ai eu en face de moi des mecs intelligents. On va dire que. Évidemment. Aujourd’hui, ils sont tous fâchés. Mes amis Didier ou Bruno m’ont demandé de mettre. D’omettre l’existence des uns et des autres.
Non, mais c’est pour ça que. Je ne sais pas. C’est pour ça que je ne dis pas. Et c’est ça. C’est pour ça que je dis qu’il n’y a pas de révisionnisme parce qu’on sait, on ne rentrera pas dans les détails, mais il y a même des procès entre, pas entre deux mais avec des managers.
Différents et voilà où est Didier.
Voilà, on parlera.
Voilà, typiquement sur Farran Didier il m’a dit Écoute. C’est normal qu’il soit dans le film parce qu’il y fait partie de notre histoire. Moi. Parce qu’on est en procès, lui et moi. Je ne vais pas t’en parler parce qu’il dit je ne veux pas en fait venir polluer ton film avec ma problématique. Donc va voir parents, tu vas trouver des farang ou tu veux, il n’y a aucun problème. Mais moi tu ne viens pas me le mettre en moi, me demande pas de te donner mon avis sur Parent, il a été très clair mais tout ça révèle d’une vraie intelligence. Et quand tu parles de révisionnisme, tu fais autant comme Tom. C’est quand même l’illustration du film révisionniste par excellence. Par exemple.
pour lequel j’ai entendu parler.
Le film Foreign de Blue Estate.
Ah oui, oui, bien sûr.
Bowie a aimé que son rôle revête une histoire. Lui et son groupe Brand proclame une pure merveille. Voilà. Mais c’est parce que aussi, c’est leur initiative racontée par eux. Ils sont là. Moi, les mecs n'étaient pas avec moi. Jamais en fait.
Je pense que ton film est beaucoup plus proche d’être mal que de Street Walton. Oui, mais revenons au jazz quand même. Donc bon, Monsieur qui portait ces caisses de disques.
Voilà exactement qui comptait ses disques. Et là, c’est fameux Ce que je dis est là, le. De toutes les manières, Sony Music nous dit Vous êtes obligé de le rencontrer. Moi je les contacte aussi pour qu’ils me donnent le contact de vitesse. Est ce que plus personne ne l’a ? Mais Sony me dit qu’on a plus de lien avec lui depuis plus de 20 ans, on a des royalties en attente. Il nous répond pas, on sait même pas, on a pas de numéro de téléphone, on a rien, je peux rien, on peut rien donner à part une adresse, on sait même pas si c’est la bonne. Ok, et j’ai écrit c’est une adresse ou En tout cas je ne sais pas si mon courrier est arrivé quelque part, j’ai jamais eu de réponse et donc ça devient inquiétant parce que je ne peux pas utiliser les morceaux si j’ai pas l’accord de tous les ayants droit. Et ils sont trois sur les morceaux, donc c’est fini. Oui, et je ne peux pas les utiliser. Je suis obligé de retrouver cette personne et je contacte à ce moment-là. Ya Arte qui fait une ré qui fait un truc spécial hip hop et pour leur session spéciale Bach. Il y a un documentaire qui est réalisé par Pascal perso sur Paris huit etc. Ou il y a une pub à l’est aussi ? Pour moi il y a une énorme interview hyper mythique là devant elle a une fresque de moto etc. Ils sont tous là tout aussi. Et donc moi je l’appelle. Enfin je contacte Pascal et je lui dis Mais à tout hasard, t’as été dans tes dents toutes les personnes que t’as rencontrées aller jusqu'à employer. Il me dit ah mais DDS, il est dans mes potes. Facebook m’a dit ouais mais sur Facebook, effectivement, dans les contacts de Pascal Tessa, il y a Franck Loyer. Mais c’est génial. Donc je contacte l’employé, j’envoie un message, il me répond pas Mais la magie de Facebook c’est que ensuite le contact. Je n’ai pas de Facebook. Avec le profil de Sandor et Sandor me dit maintenant qu’on a une pote en commun, une meuf au Maroc que tu connais. Cette meuf elle me dit bah non mais je ne sais pas pourquoi elle est dans mes contacts parce qu’on a aucun ne pas en commun. Bref t’inquiète, il écrit à la meuf, il lui explique Voilà, elle joue dans un film et tout. Sur NTM y’a Franck Loyer, blablabla, il y fait Pompon et elle lui répond. Elle dit mais oui mais Franck, c’est mon ami. Là il ne répond pas Est ce qu’il a eu un accident de moto ? Mais je vais aller le voir demain. J’en parle avec lui. Deux jours après, elle nous dit Voilà, c’est le numéro de Franck, appelez le.
C’est dingue, c’est dingue !
Là, on affronte Loyer et c’est génial ! C’est dingue ! J’appelle ce Franck Loyer un numéro au Maroc. Et là, il me dit Ah oui, oui, bah c’est moi. En gros, je me suis rangé des camions finis pour moi, la musique, je fais des plans hôtellerie restauration au Maroc. Bon là j’ai un accident, un chien un peu défiguré, j’ai un accent moto qui dit ah voilà, c’est le Maroc, c’est pas la France, donc je peux pas vous faire tous mes soins en même temps, ça coûte cher blablabla. Ok, mais je vous raconte pas vivre en même temps. Je le branche sur le sur l'époque et Mimi me parle de ses concerts, de ses trucs en MJC. Il est, il se rappelle d’ici, basé à l’odeur, les trucs. Ça c’est ma jeunesse, ça c’est ma vie. En rêvant de faire un film là dessus, il faut que ça existe, etc. Super ! Je le mets en lien avec mon producteur, puis mon producteur me dit qu’en même temps.C’est bizarre et ils nous demandent d’envoyer des vélos, des documents dans des taxis font des trucs un peu chelou quand même. Il a un procédé un peu bizarre. Il dit ouais, ça doit être le Maroc, il va pas mal au Maroc, ce n’est pas une pièce, mais c’est quand même un peu assez développé. D’accord. Bon. Et lui c’est Didier. Et je lui dis Ouais, on a retrouvé Frank, on l’a retrouvé. Franck il est cool, il est au Maroc, il dit qu’il y a au Maroc, il a ce qui fait une musique maintenant. Et puis bon, dans les restos, la restauration, l’hôtellerie, il y a des morts. Pas lui. Jamais de la vie il ferait ça. Ultimate En fait rien. C'était il y a 30 ans. Le mec a évolué mais rien ne se disait. Il me dit maintenant une photo des belles photos quand on prend une photo. Donc là j’appelle mon producteur et envoie moi le scan de la carte d’identité du gars. Vu que vous êtes en train de faire les contrats et demande au gars sa carte d’identité parce que tu veux une photo. Mais c’est la photo sur la carte d’identité. Et donc là, il me l’envoie, je la montre à Didier et des DVD, il regarde. Ça dure 20 secondes et rien n’y fait. Non, pas lui. Rien à faire ne les regarde de plus près. Il dit Mais ce n’est pas lui, ils se disent pas lui. Ou alors il mange, il mange beaucoup, ce n’est pas lui, Ok, il dit regarde test, il a écrit Quelle taille ? Ça fait carte d’identité ? Tu fais un mètre 75. Il dit que Bah il est plus grand que moi donc ce n’est pas possible. Donc là j’appelle mon producteur des usurpateurs d’identité. Mais quand même, tu fais comme ça deux secondes. Ouais, on ne peut pas en deux secondes imaginer ce gars, Moi je l’imagine comme ça, dans son monde, dans sa petite villa au Maroc, comme ça. Car un téléphone posé sur une table où il peut y avoir écrit téléphone d’EDF, je pense, mais vraiment, il doit y avoir des feuilles Wikipédia scotché sur la petite tablette à côté. Et quand le mec le téléphone sonne. Alors employé Oui, c’est moi. Et il récite les trucs, ce n’est pas possible autrement. Je ne comprends pas le mec, je ne suis pas là, donc pas la première puisque Pascal Tissot a dû lui parler pendant 4 h. Et le mec est tout persuadé qu’il a parlé à Didier. Formidable, mais pas Didier. Donc retour à la case départ. Merde, où est Didier ? Elle finit par le retrouver en passant par Solo Kikou qui a repris contact avec un mec qui était Didier aussi à l'époque, Y machin qui truc avait gardé contact. Et en fait, quand j’arrive à d’IDF, pas business, il a, il a fait une croix sur une pub. NTM ne fait plus partie de sa vie, il est pompette, lui est marié à une femme colombienne je crois, donc elle ne sait même pas quelle a été la vie de son mec avant elle. Elle fait un bail qu’il a ce qu’il écrit dans un des plus grands groupes de rap français est il à l’origine d’un mouvement incroyable ? Elle ne fait pas. Il a démoli le plafond de tout. Il est parti. Il a dit Salut, Antenne 40. Donc il a quand même fallu lui dire Gaffe. T’as des royalties qui t’attendent chez Sony ? Non, en fait il me revient. Il est quand même vendeur de plaque à induction. Il est plus du tout dans la musique. Il n’est plus du tout là. Il a fallu le ramener, le mettre, le mettre en confiance. Surtout que c’est quelqu’un qui a dit voilà qui voit ça de très loin. Mais les mets,
Chez Polydor qui est la première maison de disques, enfin une des premières maisons de disques que le groupe va aller voir. Je mets la première image.
C’est là une maison de disques à laquelle ils envoient une maquette. Ils ont fait leur premier concert, ils ont rencontré leur premier manager qui est celui qu’on voit tout au fond, qui est Franck Chevallier, qui a été les chercher et qui leur a dit qu' il était persuadé que ces mecs avaient du potentiel, qu’il voulait être manager. Il faut savoir qu’il était attaché de presse chez Jean-Paul Gaultier, donc pas du tout dans la musique. Franck Mais, Mais c’est un personnage incroyable, incroyable, constitué quand même. Je trouve que ça raconte beaucoup sur le bonhomme que c’est aujourd’hui. C’est le seul mec qui est passé avec personne de cette époque là. Tous les mecs de cette époque, les BNP à tous les rappeurs, tous les mecs qui ont fait partie de cette mouvance Hip-hop et qui sont copains avec lui encore. Et il est fait ça avec personne. C’est un grand mec. Avec un parolier ce serait mieux. ça changerait tout ce que tu parles. Tu fais jamais les choses dans ton slip, toi tu ne prends pas de torche. Aucune. Prend pas les gars, c’est très courant dans la musique et prenez pas mal mais vos paroles on pige rien. Alors ton mec va écrire sur quoi ? Ton parolier ? Sur nous ? Sur la banlieue ? Il y connait quoi ? Il n’est jamais allé de sa vie, même en taxi il est passé à côté. Ici on écrit surtout vous savez. Bon d’accord, mais ça prend marché. Le hip-hop, c’est une philosophie. Ah oui, oui, c’est vrai. Et en même temps, si ça se trouve, ça existera plus. Donc réfléchissez bien, allons claquer la porte. Bah écoute, écoute bien un coup de main, nique ta mère, T’as compris ça ? Voilà des paroles, Tu vois, il y a. Juste après que j'étais venu la faire à l’envers. C’est le fils de. Pute quand j'étais un tout carton, tout cartonné. Tout. Mais arrête, Arrête, Arrête ! Toi, J’ai déjà arrêté.
Bonjour madame. Ça veut dire quoi Intel ?
Mais Franck aussi. Est un taiseux comparé aux deux autres. Je pense que c’est bien de le dire puisque c’est un mec qu’il a connu aussi. Il écoute beaucoup, oui, il ne parle que quand c’est nécessaire. C’est vraiment pas un. Il n’est pas du tout au même endroit que les autres.
Et souvent les gens c' est comme les bassistes dans les groupes de rock, c’est ceux qui émettent le truc et les autres qui font les coups ou quoi, Mais eux, ils assurent. Et il y avait Eben. D’ailleurs, tu me connais, tout le monde très bien dans la scène où il répète et lui même pas ce qu’ils font. Il a excellé.
Dans l’univers des serveurs, il est hyper impatient. C’est à dire que j’ai terminé de tourner et une semaine après il dit c’est bon, je peux venir voir le film et dit Mais de quoi tu parles ? Ça fait une semaine que c’est en montage fait il n’y a pas de film. Il avait très peur. Pas que le film soit mauvais justement parce qu’il a quand même lu le scénario, donc il sait tout qu’avec son père etc. Il avait très peur de moi de te prendre ça en pleine figure. Chaque fois qu’il voit le film, il fond en larmes et c’est vraiment un film qui le touche beaucoup. Il est hyper fier du film, il n’arrête pas de le dire, même s’il a plus personne va au cinéma et que les entrées sont pas conséquentes. Malgré tout, lui il me dit ça change rien le film que tu as fait, l’incroyable, il est super, j’en suis fier. L’idée des billets sur ce créneau est Bruno pareil, il est hyper estomaqué. Voilà, par le rendu, par le travail, etc. Il a été super classe, Il a appelé les deux pour leur dire à quel point il était halluciné. Et ce qui est très bien, c’est qu'à l’avant première du film et avec sa mère, il y avait son frère. Il avait fait une boucle et tous sont venus me voir en larmes en remerciant sa mère. Elle m’a dit mais on dirait mon fils. Il avait l’impression d’entendre mon fils, de voir mon fils. Comment t’as fait et comment c’est possible par la suite ? Très mignon. Donc ils ont vu le film et disent je n’en sais rien, que Didier a fait du Didier, c’est -à -dire il a, il a collaboré, ce qu’il a fait, ce qu’il avait envie de collaborer, puis il a disparu. Donc déjà, si je ne me trompe pas, c’est pour un concert, même en cas d' aller à Bordeaux ou La Rochelle, ou des gare Montparnasse, Angoulême ou bien c’est ça, on est dans cette zone, on va gare Montparnasse.
Très bien madame.
Oui et ils sont dans le train, lui dit à poser tes platines, tes disques sur un siège et un couple vient ou quoi ? Et il s’assit sans passer par la dame qui s’assoit sur les disques de Franck. Et là, ça part en couilles. Voilà, en gros, ça part en couille, ça part même en baston et ça se termine au commissariat. Pas de concert, garde à vue, pas de concert. Une scène que je voulais mettre dans le film car après, une fois qu’ils étaient dans leur cellule, je voulais faire un anachronisme avec le morceau de qui parlait des gars qui voulaient en fait qui fin pas faire un morceau, mais qui commence un peu à esquisser des paroles de police.
En fait, il y avait à ce moment là une grève de la SNCF, donc il y a trois ou 4 h d’attente et donc tout le monde quand le train arrive. Donc moi, j’accompagne en tant que journaliste rock et NTM, tout le monde se précipite. Effectivement, c’est ce que tu racontes. Et le type il a bon sang, tout le monde descend, les flics arrivent et le mec dit non mais c’est un peu de ma faute, genre c’est bon on laisse tomber. Il y a un flic qui demande à jouer qui dit mais je vous reconnais vous ! Mais c’est pas vous qui avez dit qu’on avait des têtes de gouré à la télévision ? Et là je sais plus si c’est à nous de jouer qui se démonte pas, qui dit ouais, c’est ce qu’on a dit et c’est là où les mecs disent contrôles d’identité, on va aller au poste de garde à vue de 4 h. Et sache Audrey, que moi j’ai quelque part et quelque part une cassette. A capella. Il me rappelle un couplet de police. Ils ne l’ont pas écrit, mais nous voilà. Donc voilà. Et donc je pensais que si tu veux, dans la grande histoire des DM, cette histoire était peu connue et donc ça m’a fait plaisir quand tu m’as dit au téléphone que ça a failli être
Ça a failli. C’est vraiment pour des histoires de budget et tout ça, mais c’est temps pour moi, je ne trouve pas. Surtout quand on sait cultiver la patate.
Oui on ne dira pas, même si y a prescription depuis très longtemps, je suis allée en garde à vue avec absolument au commissariat d' arrondissement. C’est un bordel pas possible Et c’est vrai qu'à ce moment-là, le groupe est totalement sulfureux alors que je trouve que ton film rend magnifique magnifiquement ça. Ce qui est sulfureux, c’est que L'époque est idiote quoi. C’est l'époque qui ne comprend pas qu’en fait c’est des joyaux.
C’est ici qu’est ce qu’on en a fait qui est sulfureux ? Parce que au départ. Tout juste brillant en fait, quand on y pense.
Eric Raoult, ministre de la Ville et puisque c'était la jeunesse.
Je crois que c’est de l’asile et de la jeunesse. Mais ni de droite. Il y a deux choses qu’il ne supporte pas par rapport à NTM, il s’appelait Nique ta mère des Arts. Voilà, je pense que. Et que Jack Lang et Féin aient donné une bourse d’aide. On va là en disant que le rap c'était super et un mec s’appelait Charles Herrmann qui était un député de droite aussi, qui a dit que reconnaître un groupe qui s’appelle Nique ta mère, c'était porter atteinte aux valeurs judéo chrétiennes ? Absolument. Absolument. Franchement, entre Zemmour et Pécresse, en fait, on est au même endroit, on est encore au même endroit Et c’est quand même pareil dans ce qu’il nous raconte là, hein, C’est des anarchistes, ça a toujours existé, c’est normal. Maintenant vous gagnez de l’argent en vendant des disques. Ouais, on travaille, donc on gagne de la thune. On est payé comment ? Et pourquoi nous nous investissons et possèdent tout dans les banlieues ? Non mais attendez ! Mais vous, vous vous êtes pris pour Mère Teresa ou quoi ? Je souhaiterais que vous soyez un peu plus Mère Teresa. Ça changerait peut être les choses et dans le bon sens. D’accord ? Bah moi déjà, je pense qu'à travers nos chansons, on est déjà un peu plus que vous Et secundo, vous nous faites un peu à l’envers, non ? Moi je vais vous le dire, il y a un vrai problème avec les jeunes de banlieue qui se sentent rejetés et qui passent leurs nuits dans des commissariats à se faire taper sur la gueule. Donc ça, il ne faut pas en parler, ça on n’en parle pas. Donc si tout ça, ça ne change pas ce que vous allez prendre, ce sera bien pire que les NTM ou pas. Quand ils disent qui vous êtes, ce qui se passera, c’est pire que des émeutes, croyez moi. Moi, quand je vais dire ça à mon personnage, moi je pense à ce que je vous ai dit tout à l’heure, c’est à dire à la série et aux attentats. Et il y a en fait un partage en cours général de la situation. Moi, dans ma tête, quelqu’un attaque devant. C’est en ça que je dis que ces mecs étaient brillants, que même leur texte est prophétique. Quoi ? C’est mon cœur visionnaire. C’est un anachronisme totalement assumé, Évidemment, cette scène de plateau télé, elle date de 94 dans tout le film. J’ai un propos sur le rapport entre eux et les médias, et comment ils se sont fait instrumentaliser, etc. Pis ça aussi, c’est en fait cet abandon assumé des politiques de contrôle qui dit ben vous avez qu'à investir votre argent dans la banlieue, ça veut quand même dire faites le vous, nous on le fera pas.
Donc finalement.
C’est quand même ça qui dit à des jeunes, à des jeunes faites un truc parce que nous on en a rien à foutre de la banlieue et. Ça fait plus de 30 ans que ça dure un an. Donc finalement, le mec était lui aussi visionnaire avant un temps malheureusement, et il avait besoin de mettre ça dans le vent dans le film. Parce qu’après ça, c’est le culte. C’est l’apothéose de mon propos à moi en fait de cinéaste. Moi, j’avais besoin de marquer cet abandon. De la même manière, quand tu reviens à la fin, avoir couvert le mec, les places de concert que disait cette cité n’est plus la même, y avait plus la même ambiance, elle est dégradée. Si c’est toi, y a plus 93 NTM, y a des nique la société, nique la police partout et des contrôles d’identité hyper musclés qui sont différents des premiers. Il y a un moment, il y a eu un switch quand même, un gros switch et une vraie bascule. Et je voulais que le film soit vraiment le témoin.
Ce sera la dernière question. Quand tu fais cette scène, ce film, cette œuvre, le fond de ton envie, c’est de transmettre quelque chose ou de nous secouer en disant L'échec dans lequel on est n’est pas possible.
Mais les deux, mon capitaine,
J’aime qu’on m’appelle mon capitaine.
Ça, c’est fait pour de vrai. C’est les deux. Il y a une notion d’espoir en fait. Un film malgré tout, même si on peut faire un constat d'échec, etc. Parce que se sortir de la merde en prenant un bloc note, un stylo puis un micro, c’est ça donne de l’espoir. En fait, ça raconte à n’importe qui Vas y, je crois en toi. Et c’est l'époque où moi, quand j’ai dit que je voulais faire du cinéma et ma conseillère d’orientation en terminale dans mon lycée à Villemomble, elle s’est foutu de ma gueule, elle m’a dit ok chérie, elle était en 93. Pas de film. Si tu n’as pas de parents dans le cinéma, tu ne feras jamais de films. Regarde bien, c’est la même chose. Regarde là après parce que dans pas longtemps tu verras. Et à 21 ans, j’ai fait mon premier film sans connaître personne, en faisant des seating devant chez Canal+ pour avoir de la thune dans un B. Et eux, ils ont ce truc là, cette énergie là, très forte que j’avais envie de transmettre effectivement, l’envie de percuter aussi. Mais ça c’est avec ma sensibilité de cinéma. Moi j’aime bien les films qui se coupent, j’adore rentrer dans une salle, me prendre trois droites et rentrer chez moi pas.
Et moi c’est le moment de te remercier infiniment d’abord pour le film j’invite vraiment tout le monde à aller voir et puis d'être venue Au poste.
Ça c’est chouette, C’est la fin, c’est le meilleur poste de France, on peut lire plus longtemps. On parlait au postulat.
