Violences d’État et surveillance de masse : vers une société sécuritaire consentie, au péril de la démocratie
Retour à l'émissionTranscription de l’émission
Bonjour, on est tout près du plateau des Glières, haut lieu de la résistance. Bonjour tout le monde ! A la caméra, un petit assistant et Madame. Voilà. Donc tout à l’heure, peut être qu’après le débat, je vous emmènerai dans le village où il y a tout un tas d’associations, d’ONG et de médias indépendants. Mais là on va faire un débat avec Olivier Tesquet autour de la surveillance de masse. Et puis à 17 h, j’espère qu’on pourra filmer ici même Bernard Friot.La salle est pleine les amis, on est sur les terres d’un dénommé Perret Gilles très défavorablement connu de nos services comme de juste. Bonjour, Jessie, Je sais qu’Olivier a pris ses quartiers. Je ne sais pas où est Robin mais je les salue tous les quatre. Bonjour à tout le monde !
Bonjour Olivier, Bonjour David d’abord je dois faire un petit coucou. Alors j’ai un copain de plomb qui m’a dit alors comme ça il y a la règle des modérateurs. Ça m’a bien fait rigoler en l’entendant. Alors donc, c’est un terme que j’exècre Modérateur parce que je pense que la parole politique ne doit pas être modérée et qu’il va falloir assumer, comme l’a dit d’ailleurs très bien François Sureau dans son discours à l’entrée de l’Académie française. Il faut aussi assumer que le discours politique puisse être un peu caustique. D’ailleurs, il n’est pas le seul. Alors je m’approche, je parlais du discours de François Sureau à l’Académie française, son entrée à l’Académie française. Je conseille à tout le monde de relire son discours qui est vraiment lumineux, sur les droits fondamentaux, sur les libertés fondamentales et sur les dérives que nous vivons. Et finalement, c’est un peu notre objet. Donc je vous propose qu’on se présente d’abord et d’habitude les animateurs font la présentation, mais moi j’ai toujours pensé que finalement, ce qui se présentait mieux et mieux, c’est chacun. David est ce que tu peux te présenter hormis à Allo Place Beauvau ?
Bonjour tout le monde, Je vais me présenter mais je suis mort de trac parce que j’ai repéré que vous avez vu la justice. Qui nous a dit que vous n’étiez pas commode ? Je balance. Je ne sais pas si c’est toujours dans cette salle. Il a dit "Il a dit ça". Merci beaucoup d'être aussi nombreuses et nombreux. Donc voilà. David Dufresne, réalisateur, écrivain, anciennement journaliste. Et la raison de ma présence ici, en effet, c’est principalement mon travail sur la police qui a démarré il y a fort longtemps, dans les années 90 en réalité, et puis à un moment donné, par Tarnac et par le maintien de l’ordre, donc EN place Beauvau et le film Un politicien sage qui sera diffusé ce soir, qui se rapprochait ce soir au cinéma où il y aura un débat après celui ci. Et dans mon ancienne carrière de journaliste, j’ai rencontré ce jeune. Il était très jeune garçon qui est juste là, à ma droite, qui va se présenter maintenant.
journaliste à Télérama où je m’occupe depuis une dizaine d’années des questions liées au numérique, ce qui veut dire tout et n’importe quoi, et plus particulièrement là dedans, c’est presque ce qui m’obsède un peu ces questions liées à la surveillance, la surveillance, à la technologie. Un peu comme mode de gouvernement, on va dire. Étant dans un naturel assez obsessionnel, J’ai fait quelques ou quelques bouquins là dessus et donc c’est très bien vu en discuter avec cœur avec David, parce que souvent, évidemment, ce genre de surveillance, les gens de la police se rencontrent, festoient ensemble. Donc il y a pas mal évidemment pas mal de choses à dire à ce sujet là.
Merci bien. Je vais me présenter parce qu’il faut le faire également pour savoir d’où l’on parle. Donc moi je suis déjà intervenu ici comme opposant, un projet qui s’appelle le Lyon-Turin, mais je suis également le cofondateur et l’organisateur des rencontres annuelles des lanceurs d’alerte. J’en profite pour faire un petit coucou. Donc onze douze 13 novembre 2022 et on travaille en commun et donc ça sera le onze douze 13 novembre 2022 à la Plaine Saint-Denis, nous recevons Stella Assange. On espère qu’elle ne sera pas bloquée à la frontière comme aujourd’hui et plein d’autres invités. Et je me suis un peu occupé des pesticides aussi. Et je suis attaché aux principes et aux droits fondamentaux de la République et quelquefois de l’Union européenne. On aura l’occasion d’y revenir. Alors le titre de cette rencontre, c’est Violences d'État et surveillance de masse Deux vers une société sécuritaire consentie au péril de la démocratie. Et donc forcément, j’ai eu un premier lien. J’espère que je ne vous choquerai pas en lisant un petit extrait d’un texte. Pour le moment, je désirerais seulement qu’on me fasse comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations, supportent quelquefois tout d’un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’il n’aimait mieux tout souffrir de lui que de le contredire. C’est un texte assez récent puisqu’il date de 1549. Étienne de La Boétie, Le discours de la servitude volontaire. Et je trouve qu’il y a vraiment une résonance avec le titre. En tous les cas, je l’ai imaginée et ce n’est pas une insulte à qui que ce soit. Mais en 1549, un type de 20 ans a écrit ça Et ça vous inspire quoi ?
La jeunesse m’a parlé quelques secondes.
Oui, le plus jeune d’entre nous.
Merci pour le bizutage. Non mais est ce que ce que ça m’inspire, c’est que ce terme de servitude volontaire revient dans ce temps ci de La Boétie, à jamais semblé aussi actuel qu’aujourd’hui. Moi je le vois dans tous les sujets qui traitent justement de l’art de la surveillance. On voit à quel point on est rendu participant d’un système d’entre surveillance. On s’observe les uns les autres, on évalue les regards du bon œil. Et d’ailleurs, c’est souvent un argument qui est utilisé par le pouvoir pour disqualifier tous les discours critiques en disant que de toute façon, regardez, vous faites partie du problème au même titre que nous. Donc finalement, cette parole critique n’a pas vocation à s’exprimer dès lors que cette servitude le dit. Vous y participez ? Pardon, excusez-moi. Donc ça je le répète, c’est un public.
C’est la jeunesse, c’est ça ? Et toi, David, ce texte. Après, j’ai une petite question pour toi Le texte ?
On se sent tout petit face à un texte comme ça, à une telle fulgurance. La grande différence malgré tout aujourd’hui, c’est que je pense que si le bon Étienne revenait et s’il avait aujourd’hui 21 ans, il ajouterait le fait que ce qui est d’autant plus incompréhensible dans cette servitude volontaire, c’est que nous sommes informés de cette servitude là où quinze 100 et quelques. On peut imaginer que les églises sont laissées dans l’ignorance, etc, etc. Là, quand même, tout est fait. Cet après 12 h, ça va être l’occasion, mais à mon avis, on sait déjà tous, on sait tous finalement la servitude dans laquelle on est plus ou moins complice comme vient de le dire Olivier. Et donc ce qui me plaît. Ce qui me surprend, ce qui me chagrine, ce qui me désenchante même parfois, c’est alors que je crois en vertu de l’information et de la transmission. Malgré cela, cette servitude semble aujourd’hui, notamment par la numérisation, totalement accrue et, on l’espère, en étant conscient de ce qui se passe. C’est ça, à mon avis, on pourrait rajouter un peu de modernité à La Boétie qui effectivement a tout dit il y a maintenant cinq siècles.
Mais finalement tout est déjà dit dans le titre de ce rassemblement des citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui. Il y a les deux mots citoyens, résistants. Et finalement, ça résonne assez bien avec cette question qui nous est posée sur cette rencontre à la fois de la violence d’État, à la fois de la surveillance de masse et donc une première question pour toi David, parce que moi je suis attaché au vocabulaire et donc vous venez de parler tous les deux de la surveillance de masse est dans le titre. Mais toi David, avec Allo place Beauvau par exemple, tu as beaucoup utilisé les vidéos ?
Oui.
Et en fait, ces vidéos sont des protections puisqu’elles ont permis de protéger nombre de personnes qui se sont fait bastonner par la police et qui auraient été sans doute accusés d’outrage et de rébellion. Mais en fait, ces vidéos c’est surveillance des citoyens, souvent par leur téléphone portable, sont finalement un moyen de protection. Et est ce qu’on doit parler d’un outil de surveillance ou d’un outil de protection par exemple, sachant qu’on est quand même dans un système républicain où la réciprocité du droit existe ? Et donc si les citoyens ont le droit de surveiller la police pour protéger la population, est ce que la police n’a pas la capacité ? L'État n’a pas la capacité de surveiller pour protéger sa population.
Alors j’avais dit préparé.
Par un de nos fonctionnaires, il y a. Il y a plusieurs choses. Alors il y a un chercheur canadien qui, il y a déjà un certain nombre d’années, a théorisé en fait ce qu’il appelle ce qu’il appelle la surveillance, qui est donc la réponse des surveillés aux surveillants. Ils appellent ça la surveillance. Donc cette idée qu’effectivement, avec la même arme, on renvoie aux surveillants comme un reflet, en fait ce qu’il est en train de vous faire. Donc effectivement, ça a été absolument flagrant avec la question de la clé le mouvement des gilets jaunes. Il y a des vidéos. En réalité, si on remonte dans l’histoire de ce qu’on appelle le cowboy, j’y suis né avec ça. Los Angeles, Rodney King, c’est 1984. Si ça fait un an qu’en réalité il existe à San Francisco ici. L’idée alors à ce moment-là, ce ne sont pas des téléphones. Ce sont des caméscopes. Mais cette idée là, elle existe de filmer. Alors on pourrait faire tout un, tout un débat là dessus. Ce serait peut être plus l’objet. Après le film, si vous allez le voir tout à l’heure, il y a dedans. Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies, explique que pour les Nations unies qui ne sont pas bien loin d’ici d’ailleurs et qu’on ne peut pas taxer de gauchiste, pour eux, le téléphone portable, c’est une révolution. C’est-à -dire que pour eux, pour les rapporteurs spéciaux qui s’occupent des droits humains à travers le monde, l’avènement du téléphone portable a agi comme une révolution. C’est le terme qu’il emploie. S’il emploie ce terme, c’est qu’il se passe quelque chose. Voilà, ça c’est le premier point. Le deuxième point par rapport à ta question est ce que finalement surveiller les surveillants, ce n’est pas une façon de valider ce que les surveillants nous font ? Si j’ai bien compris ta question, et bien comme toi tu as préparé la BO ici, moi je fais un bond de trois siècles. Je vais en 1789, l’article douze de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Je ne voudrais pas écorcher que j’ai ici sous les yeux. La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique. Je vais revenir dans un instant sur ce que ça veut dire. Cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée, c’est-à -dire les policiers et forces publiques au sens 18ᵉ du XVIIIᵉ siècle. Du terme, ça veut dire la publicité. La force publique, c’est la publicité, ça veut dire c’est fini. La police du roi, c’est fini les lettres de cachet. Aujourd’hui, 1789, la police doit agir au nom des citoyens et à la vue et aussi des citoyens. Et ça, c’est 1789. Donc cette question là, si tu veux, qui est, qui surveille qui, etc. Elle est en fait vendue avec la police. Le drame, je pense que ça va être le sujet de notre débat et ça va être amené notamment par toute la technologie dont Olivier fait RP. C’est cette fois, c’est extraordinaire ce qui se passe de nous vendre des drones, des machins.
Et puis les jeunes en plus habiles.
est sans effort et très performant. Le problème, c’est que cette discussion là en fait de la force publique, de la publicité, on peut quasiment plus la voir et elle devient presque suspecte de demander des comptes. Ça devient alors qu’en réalité, c’est la base même du contrat social, ni plus ni moins. Mais ça devient suspect.
Alors je te remercie d'être revenu là dessus puisque comme je l’ai dit au démarrage, moi je l’avais prise en entier la déclaration des droits de l’homme. J’ai aussi le préambule de la Constitution du 27 octobre 46. Puis j’ai aussi pris la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne que tout le monde parmi nous connaît et. Et je trouve intéressant parce que ta réponse finalement, je vois, tu nous dis que la surveillance c’est bien, la surveillance, ce n’est pas de la vidéo protection ni de la vidéo vigilance, mais on est bien sûr de la vidéosurveillance qui n’apporte pas de protection. Et je pense que c’est intéressant aussi d’un point de vue vocabulaire puisque finalement la France, on a l’habitude de parler de maintien de l’ordre, les forces de l’ordre alors qu’on devrait dire garantie des droits de l’homme et force publique et force publique pour cette garantie. Et donc quand on a ce glissement sémantique et que nous mêmes, finalement on accepte ce thème de forces de l’ordre, ce terme de forces de l’ordre, ça doit nous poser, ça doit nous interroger aussi sur notre distanciation par rapport au droit fondamental qui lui rappelle que la force publique qui garantit les droits de l’homme et je ne précise pas un petit point comme ça.
Après chez toi Olivier, mais pour moi le meilleur tour de passe passe sur la question du vocabulaire, ça a été il y a quelques mois autour de la loi sécurité globale et d’autres discours qu’on a beaucoup entendu, y compris pendant l'élection présidentielle. Il faut protéger ce qui nous protège. Là, évidemment, on ne peut plus discuter si on dit et si on dit cette phrase là, c’est en ça qu’elle est totalement publicitaire, c’est à dire si c’est de la propagande pure. Mais ça, c’est très intéressant à regarder. C’est Darmanin notamment qui a été un des premiers à sortir. Ça n'était pas le seul puisqu’en fait c'étaient les rapporteurs de la loi Fauvergue et je ne sais plus. Le Rapporteur Comment ça me reviendra ? C’est même. J’ai ressorti cette phrase là, il faut protéger ce qui nous protège. Et là, sous entendu, on ne peut rien dire, il nous protège, C’est fini, il n’y a plus de débat. Non, justement.
Le débat est dans le ton, évitons les mots qui sont un peu piégés, comme ça a commencé avec La Boétie. 1689 Et aujourd’hui on nous bassine avec le droit à la sécurité, une sorte de droit imprescriptible à la sécurité et qui serait au sommet, une espèce de pyramide de pyramide des valeurs et que sans sécurité, on ne pourrait exercer aucune autre, aucune autre liberté. Avec cette fameuse phrase qu’on entend depuis des années et de la sécurité C’est la première des libertés qui est d’abord née au tout début des années 80, 70 et 80, qui ensuite est devenue un slogan électoral, d’abord à l’extrême droite et puis à la droite. Et ensuite ça a été récupéré par la gauche, puis maintenant c’est devenu une sorte de rituel d’accession à des responsabilités. Aujourd’hui, si vous voulez, du président de la République, il faut dire la sécurité est la première des libertés, sinon on vous donne pas les clés C’est un peu compliqué. Ce terme de sécurité a contribué à piéger le débat parce que justement, on revient en 1000 789 789, sanctuarise le droit à la sûreté et le droit à la sûreté et le droit d'être protégé de l’arbitraire de l'État. On revient à cette idée de la force publique qui est censée justement offrir aux citoyens une forme de protection parce que la police s’exerce au vu et au su de tous. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les policiers ont des uniformes comme ça on peut, on peut surveiller leurs activités et on en est venu effectivement aujourd’hui à cette situation où d’un côté on a un pouvoir qui nous dit il faut protéger ce qui nous protège et de l’autre des poches de résistance. Contre ces mesures, il faudrait surveiller les surveillants. On voit bien qu’il y a quelque chose d’assez irréconciliable avec deux visions totalement différentes de ce que devrait être effectivement l’ordre et l’organisation des sociétés.
Alors juste pour préciser dans l’article, tu viens de citer, c’est l’article deux de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Comme il est court ! Je vous lis en entier parce qu’il n’y a pas que la sûreté dedans. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression comme résistance ou non.
Nous vous soutenons.
Nous en parlons seulement. Nous disons non. Et voilà. Alors Olivier, il me semble que pour resituer et contextualiser un petit peu les choses, et comme tu es le plus jeune mais le plus savant dans les matières de surveillance, tu me dis si je lis bien David, est ce que tu tu peux nous faire un historique peut être un peu rapide, mais de cette évolution, de ces systèmes de surveillance, disons sur les 40 dernières années. Moi, je veux faire un premier point. On avait d’ailleurs projeté ça aux rencontres des lanceurs d’alerte en 2018. Et on avait projeté justement un extrait de film sur le système de surveillance du courrier pendant, pendant la période de Pétain et de Vichy. Et donc c’est très ancien cette surveillance des mouchards. Tout ça est très connu pendant la vie commune et en compagnie. Mais d’un point de vue technologique, sur les dernières années, est ce qu’on peut faire un petit historique pour voir où l’on en est aujourd’hui ?
Alors je vais être obligé, ça me devient un motif récurrent, mais je juste un retour en arrière pour rappeler qu’effectivement, en France, on a une longue tradition de police, comme beaucoup d’autres états contemporains, et la façon dont on a organisé notre police. Et quand on a organisé la surveillance depuis maintenant, on va dire le XIXᵉ siècle, c'était dans le fait qu’on allait maintenir notre regard du pouvoir sur des catégories de population qui étaient une catégorie de population considérées comme dangereuses, donc les premières occurrences de cette surveillance contemporaine, c'était contre ces catégories de population là. Donc c'était la surveillance des ouvriers à travers le livret ouvrier, c'était la surveillance des nomades à travers le carnet anthropométrique, c'était la surveillance des criminels récidivistes avec l’invention du Bertillon. Je voudrais cette photo de profil. Notez les caractéristiques du visage afin de pouvoir repérer, repérer ensuite ces individus dans l’espace public, ancêtre de la reconnaissance faciale dont on parle beaucoup aujourd’hui. Et puis ensuite, ce qui s’est passé. Alors il y a eu au cours du XXᵉ siècle plusieurs étapes qui ont été ou ont été franchies. L’une des premières, ça a été que jusqu’au tout début du XXᵉ siècle, l’immense majorité de la population a estimé qu’il n’allait pas du tout de soi justifier son identité. Il faut dire qu’il y a à peine plus d’un siècle en France, quand vous alliez dans la rue et un policier dans la rue, il demandait ses papiers d’identité à. Quelqu’un. Est ce que je lui aurai ri au nez ? Parce que les tentatives qui avaient été faites à cette époque-là, c'était le préfet de la Seine qui avait tenté d’imposer une carte d’identité pour tout le monde. Et ça avait été accueilli sous les quolibets parce que personne ne voulait en entendre parler. Il était inconcevable que des catégories de population normale entre guillemets, et à justifier de leur identité de la même manière que les catégories de population dangereuses dont il était question précédemment. Évidemment, la deuxième guerre mondiale est passée par là. La deuxième guerre mondiale a vu l'éclosion de cette carte d’identité pour tous. C’est une des grands héritages qu’on ait aujourd’hui de celle de cette histoire très sombre du vichysme. C’est que cette guerre, cette carte d’identité qu’on porte tous s’est généralisée, mais de manière très exceptionnelle à ce moment-là. Et ensuite, dans les années 70, est intervenue une première phase d’informatisation de la société. Peut être certains d’entre vous se souviennent d’un scandale au milieu des années 70 autour d’un fichier Excel, le fichier Safari, qui était une tentative, un projet d’interconnexion des fiches de l’INSEE à l'époque avec un super ordinateur et qui avait été révélé dans le Monde sur ce type qui s’appelait donc c'était Safari, la chasse au français et le projet avait été abandonné parce que là aussi, dans la société, on a estimé qu’il était impensable qu’on puisse interconnecter de cette façon là des informations personnelles au sujet des individus et ça laissait déjà craindre à l'époque l’avènement d’une surveillance de masse. D’ailleurs, c’est à la suite de ce scandale là qu’on a créé en France la Commission nationale de l’informatique et des libertés, la CNIL, qui est le gendarme de la vie privée, avant de pouvoir débattre de l’utilité et des moyens très faibles à sa disposition. Mais en tout cas sa création en 78 est vraiment la conséquence de ce fichier, de ce fichier Safari qui, s’il a été un échec, a un peu préparé la voie à tout un tas d’autres fichiers, d’autres fichiers de police qui ont éclos ensuite au fil des décennies suivantes. Et on voit que depuis, on est sur une courbe très très ascendante. Si je fais ce détour là, c’est parce qu’en fait on a, on a eu une triple inflation, on a eu une inflation de ces fichiers de police. J’ai pu les chiffres en termes de sous. Sous Sarkozy, je crois qu’on a créé 44 fichiers de police, ce qui est quand même assez infernal. Ensuite, on a eu une inflation qui est une inflation législative et depuis un mois, je veux dire depuis 86 et l’invention notamment de la justice antiterroriste, on voit que cette justice antiterroriste et les outils de cette justice antiterroriste, de ce droit là sont utilisés. Par contre d’autres catégories de population, donc des nouvelles catégories de population dangereuses, notamment des militants de toutes sortes. Je pense par exemple au fait que les militants écolos, maintenant depuis une quinzaine ou une vingtaine d’années, sont quand même soumis de manière extrêmement régulière à des méthodes de surveillance qui sont en tout point semblables aux techniques de surveillance qui sont déployées contre des terroristes présumés ou des gens qui sont surveillés à ce titre là par les services de renseignement. Donc, on a une contamination du droit commun par un droit d’exception qui se matérialise évidemment par le régime dans lequel on est aujourd’hui. C’est-à -dire que, depuis 2015, on passe plus de temps sous état d’urgence, que ce soit sécuritaire ou sanitaire, que dans un régime de droit commun normal. L’exception devient la règle. À tel point que j’ai dû vérifier avant de venir sur tel régime d'État que j’en doute. Et donc on est toujours sur le régime transitoire de sortie de l'état d’urgence sanitaire jusqu’au mois de juillet. Puis à ce moment-là, on sortira un projet de loi pour pérenniser ces mesures-là, de la même manière qu’on l’a fait avec les mesures de l'état d’urgence sécuritaire après les six prorogations de 2015. Ça, c’est pour La deuxième inflation est une troisième inflation, qui est évidemment une inflation technologique. Parce que je parlais de safaris en 74, évidemment, entre 74 et 2022, il s’est passé quelque chose. Il y a eu la révolution du téléphone portable, comme le souligne David et qui a effectivement plein de vertus, notamment Ça permet de rééquilibrer un peu un rapport de force très déficitaire dans la documentation, par exemple du travail de la police, mais qui fait aussi qu’on se balade en permanence avec un mouchard dans la poche, ce qui facilite évidemment beaucoup la surveillance. Et ce qui nous rend aussi complices de cette surveillance. Parce qu'évidemment tout le monde propriétaire de ce type d’appareils et je plaide coupable en disant ça, ça vaut aussi pour les ordinateurs personnels, les objets qui n’entrent pas comme ça dans notre quotidien. Évidemment, tout ça facilite la facilité de surveillance. Et donc cette inflation technologique s’est vraiment accélérée ces dernières années avec le développement, l'émergence de technologies de plus en plus perfectionnées qui. Puis de plus en plus sur l’intelligence artificielle, ce gros mot derrière lequel on met à peu près tout et n’importe quoi, souvent n’importe quoi d’ailleurs, et qui fait qu’aujourd’hui, avec cette espèce de convergence comme ça, on voit que. L'État s’appuie de plus en plus sur ces outils technologiques pour gouverner, pour gouverner, tellement qu’ils deviennent complètement indispensables. Je reviens aussi. David a évoqué tout à l’heure la loi de sécurité globale qui avait été discutée il y a maintenant un an. J’aime bien l’intemporalité parce que.
C’est la fin de 2025.
fin 2020, donc il y 2020. Cette idée que, notamment dans la loi sécurité globale, on allait pouvoir généraliser et légaliser surtout l’utilisation des drones, par exemple, ces drones qui étaient déjà utilisés en dotation dans les forces de police, de gendarmerie, mais dont le cadre d’utilisation n'était pas stabilisé, pour reprendre l’expression publique de Gérald Darmanin. Ce qui veut dire qu’en fait ils n’avaient pas de cadre d’utilisation, donc l’utilisation de ces appareils était illégale. Donc la loi sécurité globale avait pour objectif de blanchir ces usages, de les border par le droit et de rendre légaux des outils qui jusqu'à présent ne l'étaient pas. Manque de chance, la sécurité globale a été censurée par le Conseil constitutionnel. Elle a trouvé une nouvelle rustine avec une loi sur la responsabilité pénale où elle a été introduite. Ces dispositions sont censurées, notamment celles relatives aux drones. Et ça a fini par passer avec quelques petites exceptions, notamment le fait que les polices municipales, par exemple, ne peuvent pas s’en servir. Ce qui n’empêche pas certains élus. Je pense notamment à Christian Estrosi à Nice d’investir dans ce type de matériel en se disant qu’on les garde sur une étagère jusqu’au jour où ça sera ou ça sera autorisé. Et donc là, on voit bien, à travers cet exemple là, le problème auquel on est confronté aujourd’hui. C’est à dire que la technologie est plus un moyen, c’est une fin en soi Que les gouvernements pensent que cette technologie là est indispensable pour gouverner, n’envisagent pas un seul instant qu’on puisse ne pas s’en servir, que le génie est sorti de la boîte et donc qu’il faudrait seulement trouver les conditions d’utilisation les moins pires possibles, peut être pour utiliser ces technologies. C’est un débat qu’on a aujourd’hui, par exemple autour de la reconnaissance faciale, dont on a brièvement tout à l’heure. C’est-à -dire qu’on dit la reconnaissance faciale, ça existe. Donc maintenant, il faut trouver une espèce de voie médiane pour que ce soit respectueux des libertés, mais c’est fini, on va dire, on va s’en servir. Et ce qui contribue à pourrir un peu la discussion et le débat, ou en tout cas rendre le débat assez impossible finalement, sur ces questions là, c’est le fait qu’aujourd’hui, en France et en Europe, on se retrouve prisonnier entre deux modèles de société. Quand on parle de technologie, c’est qu’on a d’un côté un modèle américain incarné par les grandes plateformes, qui est fondé sur la prédation indiscriminée de nos intimités et de nos on dit nos données personnelles. On ne jette pas ce terme de données personnelles puisque je sais que précision, vocabulaire éthique, donc c’est l’occasion d’en faire une de plus. Données personnelles, ça donne vraiment l’impression que ce sont des choses interchangeables qui sont sans valeur. Dire vos données personnelles, ça va être les quelques petits cailloux que vous semez derrière vous et petit accommodement raisonnable qui vont vous donner droit à un certain nombre d’avantages. Or, ce sont des données personnelles, ce sont des informations intimes. Donc quand on nous dit ah bon, j’ai rien à cacher, c’est de ma personne, c’est pas très important. Non, ce n’est pas vrai. Le meilleur exemple de ça, c’est un exemple très récent. C’est un exemple américain, ce l’on peut. Ce qui nous permet de revenir beaucoup sur ce modèle américain de prédation des données. Vous savez qu’aux États-Unis, la Cour suprême envisage de supprimer, en tout cas de faire sortir de la Constitution le droit à l’avortement. Aux États-Unis, de plus en plus de femmes ont à craindre de leur téléphone, parce que ce téléphone, aujourd’hui demain, pourrait les envoyer en prison. Je vais vous citer un exemple qui est déjà arrivé un peu tard, que ce droit n’a pas encore été complètement démantelé, mais cette surveillance existe déjà. Vous avez des groupes anti-choix qui font du chalutage massif. Ils achètent des données de géolocalisation, des femmes qui se rendent dans des cliniques pour se faire avorter et qui ensuite se retrouvent évidemment surveillées, harcelées possiblement par. C’est par ces groupes là. Il y a deux ans, je croise une femme dans un État américain qui interdit déjà l’avortement, s’est retrouvé menacé de 40 ans de prison parce qu’elle avait cherché sur Google un médicament qui est utilisé lors des rejets médicamenteux. Donc elle a été trahie par quelque chose d’aussi anodin qu’un historique de recherche. Donc on voit bien que quand on parle de données personnelles, on parle d’informations intimes, voire très intimes, qui peuvent avoir des conséquences tout à fait immédiates, visibles sur la vie des personnes. Aux Etats-Unis. Est-ce un hasard ? Parce que le modèle américain, fondé sur cette prédation indiscriminée des intimités, c’est une chercheuse américaine qui s’appelle James Bond, s’appelle le capitalisme de surveillance. Ça, c’est le modèle américain. C’est le modèle des grandes plateformes qui sont des régies publicitaires qui achètent des informations pour revendre ces informations. Et donc vous avez comme ça des courtiers en données, informations qui prolifèrent un peu partout. Et puis de l’autre côté, l’autre tenaille qui est le modèle chinois, qui est un modèle qu’on propose, en tout cas qu’on décrit comme un répulsif absolu, qui est un modèle pour le coût de contrôle social et de contrôle social dopé à la technologie. On est aujourd’hui en Chine à la fois avec un héritage de la révolution culturelle, d’une surveillance à une échelle extrêmement locale, c’est à dire que vous allez avoir à l’intérieur de chaque immeuble d’habitation, des gens qui se surveillent les uns les autres, mais sur lesquels on rajoute une couche de technologie, couche de technologie qui est incarnée pour le grand public par la reconnaissance faciale, le Crédit Social dont on a beaucoup parlé ces dernières années. Donc le fait que chaque action que vous allez avoir dans ma vie va être susceptible d’entraîner un retrait de point. Donc, ce retrait de point va peut être moins dépendre. Vous allez gagner des points que vous allez perdre pour dissimuler certaines choses que vous pourrez faire pour prendre l’avion, de ne plus prendre le train pour souscrire un prêt immobilier. Donc vous aurez plus la même place évidemment dans la dans la société. Et nous, là dedans, on se retrouve prisonnier de ces deux modèles avec une classe politique et les industriels qui nous disent qu’il faut qu’on puisse exister économiquement, politiquement. On a des acteurs industriels et donc il faudrait qu’on réussisse à trouver une voie acceptable entre deux modèles qui sont absolument inacceptables et avec lesquels on voit bien aujourd’hui qu’il n’y a pas d’avenir. Que ce soit un modèle américain ou un modèle chinois, ça ne peut pas bien se terminer. Et donc, dans ces conditions-là, en Europe et en France, on se retrouve prisonniers, prisonniers de cette de cette tenaille dont il est aujourd’hui extrêmement difficile de s’extraire.
Alors peut être pour illustrer ces choix qui sont faits, et je te donne la parole tout de suite après, j’en ai pour une petite phrase, je ne sais pas s’il y en a qui gardent leur voiture dans les parkings avec les barrières où on peut payer à la sortie il y a un quart d’heure gratuit. Je ne sais pas si vous avez remarqué, avant il fallait mettre son ticket et puis là, la barrière s’ouvrait. Maintenant, vous n’avez plus besoin de mettre le ticket puisque en fait votre numéro d’immatriculation a été enregistré. Et donc le choix qui est fait, c’est en fait de reconnaître votre numéro d’immatriculation alors que vous avez le même résultat. Si vous mettez le ticket à la sortie, puisque le ticket lui dit Cette voiture dont on ne connaît pas le numéro d’immatriculation est rentrée à telle heure et il y a moins d’un quart d’heure, moins d’une demi heure, peu importe. Mais vous voyez que les choix sont vraiment des choix qui sont aujourd’hui faits technologiquement, soit disant pour faciliter la vie des citoyens, parce que ça vous évite de perdre votre ticket et d’aller le chercher pour le mettre dedans. Enfin voilà, c'était juste un exemple. David tu voulais intervenir là dessus ?
Oui, merci, merci beaucoup de toute façon, cette surveillance là, c’est une servitude volontaire. Elle est vendue sous le nom du confort. C’est parce que c’est confortable que nous l’acceptons. C’est parce que c’est confortable que ça nous est vendu comme ça. Google Maps, c’est beaucoup plus confortable qu’une carte. Très bien. Et Google Maps sait combien on est, Google sait combien on est. Donc je pense qu’ils disent qu’il a été inventé il y a bien longtemps, parce qu’on est tous connectés d’une manière ou d’une autre à Google. C’est comme ça qu’ils savent qu’il y a des embouteillages. C’est comme ça que des gens ont su que l’armée russe arrivait en Ukraine. Les Américains l’ont su par Google Maps en voyant que, à 3 h du matin, il y avait des embouteillages.
Est ce qu’il y aurait un médecin parce qu’il y a une personne qui a un malaise ? Je parle pour l’extérieur. Est ce qu’il y aurait un médecin ? Jacques Grandjean Tu ne serais pas là, Jacques ? Si tu peux venir dans la salle ? Tom Morel Merci. Oui. Est ce qu’il y a un médecin ou quelqu’un du corps médical dans la salle ? Alors je le dis pour les personnes qui sont debout, il y a encore des sièges qui sont inutilisés dans la salle s’ils ne veulent pas rester debout. J’en vois ici, j’en vois là bas. Les gens qui ont des sièges vides à côté d’eux peuvent lever la main. Et comme ça, vous pouvez vous asseoir. Écartez vous un petit peu autour, s’il vous plaît. Est ce que. Est ce que ça y est, il y a un médecin qui est proche ? Oui. Merci. Bon bah écoute, mais y a ça, y a des gens qui ont pris en charge ? Alors je continue.
Ce n’est pas drôle mais bon.
Je voulais continuer sur l'évolution des choses et prolonger le cauchemar dessiné par Olivier. Mais c’est la vie et il m’en a laissé. Donc c’est très aimable pour lui. Mais d’abord, je vais passer par un petit exemple à Besançon. Je ne sais pas si vous avez entendu parler cette semaine de la mise en place du front de mer sur le front de mer qui entendait parler du front de mettre à Besançon une personne. Ok, alors c’est une. C’est un test. Je vous fais le pari que dans quelques années, ce sera partout. Si dans le temps bus à Besançon, un système qui permet de filmer les gens qui rentrent dans le bus et de comparer le nombre de gens qui sont dans le bus avec le nombre de gens qui ont validé leur ticket, ça s’appelle un chronomètre. Quand tout le monde a validé bravo ! Quand c’est si orange, quand il y a beaucoup de fraudeurs, c’est rouge. Il y a eu un petit article dans Le Parisien absolument invraisemblable et il y a eu, et je l’ai regardé sur TF1, un reportage. Eh bien là, on était un peu dans le modèle chinois, non pas du Crédit Social, mais du contrôle social, puisque une dame de bonne foi expliquait quand même depuis qu’il y a cette chose là, quand je regarde les gens parce que c’est orange, bah ils se mettent à acheter des tickets. Alors, c’est une suite, c’est un test, ça se passe à Besançon, c’est dans deux, dans deux bus. Pour l’instant, je crois qu’il y a déjà des villes qui sont intéressées par ce système là. Alors que petite incise, il existe en Scandinavie des études qui ont bien démontré que les transports gratuits rapportaient plus que les transports payants d’un point de vue écologique et ainsi de suite.
Alors ça m’amène à une chose donc, par rapport à l'évolution de la société, par rapport à ces questions là, la loi sécurité globale portée comme premier petit nom parce qu’elle a une fin de petit, non. Le tout premier, c'était le continuum sécuritaire, la loi pour le continuum sécurité. À ce moment-là, il n’y avait pas les fameux articles Drones pour empêcher les gens de filmer et de diffuser des images. Ça n'était que le continuum sécuritaire, c’est-à -dire renforcer deux pouvoirs de police des polices municipales qu’on connaît maintenant depuis 20 30 ans en France. 40 ans et des entreprises privées. Et ça, c’est extrêmement important. Avoir ça en tête parce que ça fait partie de l'évolution, c’est-à -dire cette idée du continuum sécuritaire et le mettre en étant là à un niveau extrêmement poussé puisque les gens ne sont même pas payés pour les flics. C’est vraiment. Incroyable. Donc le continuum sécuritaire, c’est quoi ? C’est l’idée que la police nationale, faute de moyens pour plein de raisons, parce qu’elle a plus tellement en vie, donne une partie de ses pouvoirs à la police municipale qui devient de plus en plus armée des mairies qui de plus en plus équipent leurs communes de caméras et ainsi de suite, etc. Et de plus en plus des entreprises de sécurité où il y a par ailleurs une souffrance au travail épouvantable, où vous avez un système de sous-traitance tel qu’on arrive à de la maltraitance, c’est à dire qu’il y a plein de vigiles en fait, qui sont auto entrepreneurs, ils ne savent pas tellement pour qui ils travaillent. Ils sont embauchés par des boîtes qui elles-mêmes appartiennent à d’autres boîtes. Et ce qui fait qu’il n’y a pas de chaîne de responsabilité ici, c’est un autre problème. Mais en tout cas, ça, c’est vraiment un phénomène massif. Le continuum sécuritaire, c’est à dire l’idée qu’on parlait tout à l’heure du niveau des yeux du passé et de ces questions là, puisqu' on a vu aussi des pouvoirs de police être donnés à des gens qui n’en ont pas d’ordinaire. Ça, c’est un des premiers points que je voulais et je voulais aborder Le deuxième point dans le désordre, c’est le seuil de tolérance à ces questions là. Il y a 30 ou 40 ans, il se serait trouvé sans doute beaucoup plus de gens pour s’offusquer des coups de butoir que de ce qui est fait aux libertés. Olivier vient de rappeler le nombre de lois qui sont votées chaque année Il y a deux lois, à peu près deux lois qui touchent aux libertés qui ont été votées chaque année. Ça fait dix ans. Cinq ans, c’est plus que sous Sarkozy. Je dis ça aux marcheurs. Vous avez fait mieux ? Euh. Tiens, c’est marrant. Voilà. Donc ça c’est. C’est extrêmement important, c’est-à -dire le seuil de tolérance. Et j’ai une hypothèse, c’est celle de la médiatisation. Parce que, si l’on regarde de la société française à l'époque du pont Étienne de La Boétie à aujourd’hui, on s’aperçoit qu’aujourd’hui la société française est totalement pacifiée, qu’il y a quasiment plus d’homicides. Rapporté au nombre d’habitants, il y en a quasiment plus sur des centaines de milliers il y a 100 ans, il y a 200 ans, il y a 300 ans. Plus vous vous allez dans le temps, plus il y a d’homicides, il y en a moins. Donc le seuil de tolérance a bougé. C’est plus, me semble t il, sur des questions culturelles, médiatiques, qu’il a acquis, qu’il a été agi. Enfin, dernière chose, c’est la question parce que tu parlais des lois, c’est la question de la judiciarisation qui dit faire des lois, c’est effectivement donner plus de moyens à la police, aux fichiers. Et à ces choses là. Mais c’est aussi donner plus de possibilité à la justice de taper. Et on voit aujourd’hui, c’est un mystère pour personne. On voit qu’aujourd’hui, le simple fait de manifester est mis en cause. Il y a des arrestations préventives, il y a des il y a des catégories, il y a des contrôles de police qui vont durer 4 heures, le temps de la manifestation, des gens qui sont arrêtés, des policiers qui coup, qui demandent, qui ont déchiré les banderoles et ainsi de suite. Si vous ne le faites pas, vous allez en comparution immédiate. Il y a une judiciarisation extrêmement préoccupante. L’attroupement et les fameux attroupements dont on parle aujourd’hui. Pourquoi on n’en parlait pas ? Parce que c'était une loi qui a été votée au début des années 90 pour tout à fait autre chose. C'était des attroupements en bas des immeubles à l'époque, on appelle ça des bandes de quartier. Aujourd’hui, c’est autre chose. C’est une loi qui a été finalement assez peu appliquée. Eh bien, cette loi votée dans les années 90-30 ans plus tard, resurgit et vous êtes dans une manifestation qui n’est pas déclarée. Il y a des sommations, vous subissez cette loi là. Et donc la judiciarisation de l’espace public va avec un appareil répressif qui est de plus en plus important pour la cité
Je reviendrai dessus. C’est bon pour le plaisir dans les variantes de la technologie. La danse joue un rôle assez crucial parce que nous allons parler de cette irruption de l’intelligence artificielle. Si vous allez dans un cabinet ministériel aujourd’hui au ministère de l’Intérieur, que ce soit Bercy par exemple, vous leur dites intelligence artificielle. Ils ont des étoiles dans les yeux, ils sont persuadés que ça va tout résoudre.
Ce modèle de solutionnisme technologique est absolument formidable. Le problème, c’est comment ? Machine répressive aussi intervenir le plus tôt possible. Et c'était le cas dans la justice antiterroriste où on s’est mis à punir les gens de plus en plus en amont. Il en va de même lors des manifestations. Ou bien vous interpeller quelqu’un vous dites participation à un groupement en vue de commettre des exactions. Je vous préviens tout de suite que la terminologie est exacte. Et bien vous allez interdire les gens de manifester au motif que vous avez aperçu là et là et que peut être ils auraient pu, ils auraient pu commettre des dégradations avec ces forces de l’ordre ou que sais je. Comme on est dans cette punition de plus en plus ciblée, des intentions de traquer le signal faible de manière assez pathologique. La technologie là-dedans devient un outil absolument indispensable, mais aussi absolument dangereux. Parce qu’on voit bien que dans ces conditions là, bien, il va, il va falloir détecter ces signaux faibles, qu’ils soient justes, qu’ils soient faux. D’ailleurs, c’est assez peu la question quand même. Ça me frappe toujours de voir à quel point le pouvoir se préoccupe assez peu de l’efficacité de ce type de dispositif. Si c’est vraiment ça comme ça, il faut installer le dispositif. Le fait qu’il soit là se suffit à lui même et on s’intéresse et c’est peu. Au fait, vous faites ça que ça marche la vidéosurveillance ? Il y a raison de ça, c’est-à -dire qu’on déploie des milliers de caméras. On a connu depuis le milieu des années 90, on a aucune étude sérieuse qui nous explique qu’il y a une surveillance fonctionne même plutôt la Cour des comptes, qui demande depuis quinze ans aux pouvoirs publics de justifier de l’efficacité de la vidéosurveillance, s’est cru une bonne gabegie d’argent public et personne n’est en mesure qui est en mesure de répondre. Et donc on met cette intervention de plus en plus en amont de la chaîne répressive. Ça a un effet un peu anesthésiant. Mais je me pose la même question que David c’est régulièrement de savoir qu’est ce qui fait qu'à un moment ces questions autour des libertés publiques sont devenues complètement secondaires. Qu’est ce qui fait qu’il y a encore quinze ans, quand vous aviez le fichier Edwige par exemple, qui était discuté, vous avez des milliers de personnes dans la rue, toutes ces catégories socioprofessionnelles que vous aviez, des syndicats, vous aviez des associations, vous aviez des élus et aujourd’hui ? Il y a quelques mois, le fichier avait été supprimé justement. Abandonné devant, là, devant la contestation, il avait été recyclé dans deux autres fichiers le PSP, police et gendarmerie. Et ces deux fichiers ont vu leurs pouvoirs étendus il y a quelques mois, qui permet d’afficher les fichiers, les opinions politiques, syndicales, religieuses des individus de plus de treize ans comme suspects. Bon chalut ! Et c’est passé comme une lettre à la poste. Et c’est vrai que moi ça, que ça continue. Alors du coup, je suis assez satisfait quand je rentre dedans, je me simplifie parce que ça prouve que ce débat là intéresse quand même encore un peu. Mais il n’intéresse pas à la hauteur de l’enjeu
Alors que, comme tout à l’heure tu disais, il faut absolument que la salle participe, j’avais une question à poser, mais d’abord j’avais une petite observation puisque vous avez parlé d' Estrosi, je crois que c’est toi qui a parlé de moi. J’avais des soucis. Donc je rappelle que Monsieur Sarkozy est celui qui avait demandé à ce qu’on mette la laïcité dans la constitution avec liberté, égalité, fraternité, donc à l’article deux. Mais en fait il ne savait pas que c'était déjà écrit à l’article premier. Voilà, donc je vous le dis parce qu’en fait on a des hommes politiques extraordinaires qui viennent nous expliquer ce qu’il faut faire dans la Constitution mais qui ne l’ont pas lu. C’est dommage. Voilà. Donc ça c’est la première chose. La deuxième chose, c’est par rapport au personnel de sécurité ou au personnel de surveillance. Je vous rappelle qu’en France, on a 450000 personnels de sécurité, police pour 400000 agriculteurs. Et donc ça nous donne un sens des priorités et il était important peut être de le rappeler. Donc maintenant, une interrogation à l’Assemblée je voudrais, c’est un jeu, là, il n’y a pas de. Il n’y a pas de titre, il n’y a pas de prix. Mais c’est un jeu qui utilise une adresse Gmail pour sa messagerie. Voilà, merci. Et on ne prend pas les noms tout de suite. Bah on les a déménagés donc on avait une bonne place.
, Alors Monsieur, alors Olivier.
Peut être, mais très rapidement parce qu’on a plein d’autres sujets et vous en avez déjà parlé. C’est quoi avoir une adresse Gmail ?
Alors je vais le dire avec humour Non monsieur, tout le temps, mais c’est quand même si vous voulez, on a un problème, par exemple, c’est qu’il y a Télérama dans les adresses. Télérama, c’est Le Monde nouveau. Sauf que c’est administré par Google. Déjà, ça pose question quand on est citoyen. Moi j’ai une adresse Gmail personnelle, mais j’utilise peut être de moins en moins que j’utilise, surtout pas pour des choses un peu un peu sensibles. Mais quand on est journaliste et que parfois on essaie de protéger ses sources ou qu’on enquête sur des sujets où c’est de rester un peu plus discret. Moi ça me pose un problème quand même que les adresses professionnelles soient administrées par Google, même si en France et en Europe, on est un peu mieux protégé qu’aux États-Unis parce qu’on a une CNIL en France qui n’existe pas aux États-Unis, parce qu’on a un règlement général sur la protection des données, le fameux RGPD au niveau européen, qui n’est pas infaillible mais offre quand même un minimum de protection qui lui aussi n’existe pas aux États-Unis. Et on a vu ce qui s’est passé aux États-Unis, c’est qu’après le 11 septembre, vous avez des entreprises comme Google qui étaient en plus à l'époque des entreprises balbutiantes qui se sont retrouvées assaillies de courriers. On appelle ça des machines de sécurité de haters aux États-Unis, après le 11 septembre, c'était des réquisitions auprès de Google et c'était comme pour les opérateurs téléphoniques, pour leur demander l’identité des personnes derrière telle ou telle adresse mail. Et ça arrive encore assez souvent. Alors ça arrive beaucoup aux États-Unis, mais ça arrive aussi en France et j’ai quelques affaires en tête, notamment des affaires avec des militants écologistes encore une fois, ou par des phénomènes de judiciarisation très précoce, comme l'évoquait David précédemment. Et donc on va avoir des réquisitions pour demander à telle ou telle raison sociale ou à telle ou telle plateforme de fournir toutes les informations qu’elles possèdent sur telle ou telle, sur telle ou telle personne. Et c’est vrai que ces choses là ne sont pas nécessairement pour tout le monde.
Utilisées de manière assez routinière, ces outils là, De la même manière qu’on se rend bien compte que, attachés à notre adresse Google, il y a aussi toutes nos données de géo localisation. Et si vous faites le test, Google promet régulièrement de changer ses conditions d’utilisation, d’arrêter d’utiliser ces informations qui ne sont pas censées être utilisées. Mais la vérité, c’est que ces informations, ces données de géo localisation, elles ont un prix. Que Google a un modèle économique qui est fondé encore une fois sur la prédation de ces informations là. Et donc on est le carburant qu’ils utilisent pour faire tourner cette machine, qu’ils ont besoin de récupérer ces informations pour ensuite les revendre à tout un tas, tout un tas d’acteurs. Et que si vous faites l’hypothèse que j’avais faite il y a quelques années, vous allez sur votre compte et puis vous regardez, L’historique, vous voyez tous les endroits où vous êtes allés et ça retrace. Mais vraiment de manière assez fidèle, tous vos itinéraires, tous les endroits où vous vous êtes rendu et pendant les endroits où vous êtes rendu, il y a peut être des endroits où vous n’avez pas nécessairement envie que le monde entier, où que ce soit, les gens de chez Google sachent que vous êtes allé chez le médecin, que vous êtes allé à tel ou tel endroit et donc perd cette espèce de droit ou au sanctuaire à travers l’utilisation de ces de ces outils là. Même si effectivement on en revient à cette question du confort, c’est extrêmement difficile de s’en détacher. On perd, on perd une force à un coût social. De la même manière que quand on est un jeune de moins de 20 ans aujourd’hui, ne pas être sur les réseaux sociaux, ça a aussi un coût social. Ça veut dire que vous êtes exclu de certaines sociabilités. Mais sauf quand vous y êtes, possiblement. Et toutes ces informations là qui font qu’il vous appartient et qu’elle appartenait, pas qu'à vous.
Alors peut être d’un point de vue concret, là, puisque on a plein de gens en fait, quand vous avez activé votre Google, vous avez donné vos doutes, votre consentement pour beaucoup de choses d’ailleurs, comme pour toutes les applications sur les téléphones, à chaque fois que vous croisez Lydie, vous souscrivez aux conditions d’utilisation. En fait, on vous demande l’accès pour l’application à votre micro et à votre carnet d’adresses et à votre caméra. Juste, il faut le savoir. Donc vous pouvez sur certaines des applications les désactiver, mais c’est important. Je lirai juste peut-être deux articles de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Je sais que souvent l’Europe, l’Europe, l’Europe, l’Europe l’article sept.
À la référence de l’article sept de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications. Je savais bien qu’Olivier n’avait pas la réponse.
Et la deuxième, c’est l’article huit la protection des données à caractère personnel. En fait, tout à l’heure, qui me prenait sur le mot données personnelles et je suis assez d’accord sur le fait que c’est nouveau au niveau du vocabulaire, quelque chose d’intéressant. Mais dans le mot « données », finalement, il y a cette idée qu’il y a bien cette idée qu’il y a eu un consentement. Donc je vous le dis, ces données doivent être traitées loyalement à des fins déterminées, sur la base du consentement. Vous voyez que le mot données est vraiment là, défini juridiquement, et donc il ne faut pas l’oublier, Mais alors concrètement, là, il y a beaucoup de gens, c’est chiant de changer d’adresse mail, ça je le sais bien, mais qu’est ce qu’on peut proposer ? Et là, pour ne pas être forcément chez Google et juste derrière son carnet d’adresses Bon va, finalement j’arrête avec Google et j’arrête d’alimenter. Je passe aux autres par la foi comme serveur qui permet de faire un lien.
Et il y a des serveurs ou des entreprises ou des associations, des ONG qui essaient d'être un peu plus respectueuses. Ce n’est pas non plus une assurance touriste comme moi par exemple, J’ai une adresse mail qui est donc une. Alors ce n’est pas tout à fait une entreprise, ça fonctionne un peu comme une ONG, mais bon, il y a toujours des personnes derrière qui je suis, qui parfois devant des intérêts, qui sont parfois des autres, qui sont implantés en Suisse. Ça a été fondé par un ancien du CERN en Suisse après l’affaire Snowden. Donc quand même avec cette idée que ça va être beaucoup plus respectueux de la vie privée et des données personnelles, et en promettant de stocker le moins d’informations possibles. C’est à dire qu’effectivement, l’idée des Google de Facebook, c’est que la moindre action va susciter un horodatage. Parce qu'évidemment, plus vous allez avoir d’actions, plus vous allez avoir d’actions horodatées, plus vous avez de données, plus vous avez de données, plus vous avez d’argent. Il y a un phénomène d’accumulation de manière assez mécanique. Eux, ils sont stockés vraiment a minima, c’est à dire qu’on n’est pas capable d’accéder à ce que vous avez envoyé. On a uniquement la date à laquelle vous avez créé par exemple votre truc. Je dis que ce n’est pas une assurance touriste parce qu’on a eu des cas récemment avec là aussi des réquisitions auprès de votre mail pour leur demander de fournir les adresses IP qui avaient servi à enregistrer. Les adresses sont les adresses en question et votre mail aussi de bonne volonté puisse être, ça reste quand même une entreprise qui est soumise en droit suisse et le droit suisse est loin d'être une assurance tous risques en matière de données de données personnelles. Donc il faut toujours jouer un peu avec ça. Et de la même manière que vous avez peut être vu ces derniers mois ou ces dernières années, une migration quand même de plus en plus sur les systèmes de messagerie. Avant, on échangeait sur WhatsApp, puis bon, ben ça a été racheté par Facebook, les informations plus Facebook qui ont tendance à violer de manière assez systématique le consentement des. Changer les règles d’utilisation conseillée ou sans les lire parce qu’il y a un jeu encore un peu à la difficulté et ça a migré vers des applications qui sont plus respectueuses là aussi de la vie privée. Applications comme signal de choses comme ça et là aussi, l’idée c’est qu’on va stocker le moins d’informations possibles et les données chiffrées de bout en bout. C’est-à -dire que les deux seules personnes qui vont connaître la teneur des échanges.
Les artistes américains qui avaient créé une application je ne sais plus du tout laquelle et vous l’avez téléchargée, vous acceptiez les conditions générales d’utilisation, 99 % des gens, l’accepter sans les lire. Et dans ces conditions, il y avait le fait qu’on donnait ses propres enfants. Dans ton cas, ce que je te dis, la base.
C'était donc que ces amis là, ils nous ont pris l’idée du consentement, etc. Et Google, par exemple, passe son temps parce qu’il y a toujours des failles juridiques, etc. Donc ils passent leur temps à ajuster leurs conditions générales d’utilisation. Déjà les avoir lus une fois, c’est formidable, mais à chaque fois c’est absolument impossible. Le petit truc que je rajouterais sur Gmail par rapport aux autres, c’est que j’ai. Mais c’est quand même la moitié du parc des téléphones, c’est Androïd et c’est Google, c’est à dire c’est vos recherches, c’est vos déplacements. Donc c’est un problème supplémentaire par rapport aux autres.
On retrouve cette idée dans le continuum sécurité. Mais il y a cette idée aussi du tiers du continuum où vous allez pouvoir. Suivre de la manière la plus fluide possible toutes les activités d’une personne. Et ça, c’est une vraie obsession pour la société contemporaine que le continuum soit sécuritaire, comme c’est le rapporteur de la sécurité globale, qu’il soit carcéral, comme décrivez-vous quand même un peu ? On va regarder de manière beaucoup plus, un peu plus critique, où que ce soit, le continuum technologique envisagé par les grands patrons de la Silicon Valley qui rêvent d’une société sans contact. De ce point de vue là d’ailleurs, pour les enjeux de la Transition, pour les industriels de la Silicon Valley, le vide, c’est une formidable opportunité. Dire que vous prenez un Bill Gates du bien être Depuis le milieu des années 90, il rêve d’une économie sans contact. En 95, il a un bouquin dans lequel il faisait l'éloge l’apologie d’une économie sans friction dans une économie sans friction, où vous avez des exemples des transactions financières qui sont dématérialisées, vous avez des échanges entre les individus qui sont dématérialisés parce qu’en plus c’est très pratique quand les échanges entre les individus, quels qu’ils soient, sont dématérialisés par les individus, sont un peu isolés les uns des autres. On est dans le petit silo personnel et ça empêche de fabriquer, de fabriquer du collectif. Sauf qu'évidemment, quand vous fabriquez ce continuum technologique et que vous rajoutez du contrôle social par dessus, ça facilite quand même assez grandement les velléités de surveillance des individus.
Donc juste pour faire un petit point, il nous reste 1h avec les échanges avec la salle, donc je souhaiterais quand même qu’on puisse aborder la question justement, tu viens de le dire, de cet état d’urgence sanitaire et des contrôles et des surveillances qu’il y a pu y avoir. Donc j’ai une question pour vous dans la salle qui peut nous donner les conditions qui étaient requises pour qu’on puisse contrôler les passes sanitaires à l’entrée, par exemple, de cette salle ou de n’importe qui sait à peu près quelles étaient les conditions, dans quelles conditions on pouvait contrôler ses passes. Il fallait être assermenté. Non, n’importe qui pouvait faire du contrôle de pas sanitaire, mais à quelle condition ? N’importe qui, n’importe quand. Alors qui ? Qui sait à peu près ? Et puis surtout à l’entrée des salles de spectacles à l’entrée des salles collectives. Donc, par exemple, ici, ici. Et bien non. Non, désolé, je vous le dis parce que l'état d’urgence sanitaire n’est pas terminé. Jusqu’au 22 juillet, il est encore là et il sera peut-être d’ailleurs renouvelé. Donc si vous voulez bien, mais je me permets de le faire, à moins que vous puissiez vous aussi oublier de faire vous donner les conditions. Le contrôle n’est pas sanitaire. Donc le contrôle des sanitaires était obligatoire uniquement pour cinq activités : les activités de loisirs, de transport, les opérations médicales programmées, les contrôles aux frontières. Il y en a un cinquième, je m’en souviens plus, mais je vais le retrouver parce que j’ai la liste ici. Et donc la question, c'était oui, mais dans ses questions, dans ses activités de loisirs. Alors les gens qui viennent à une réunion politique, celle ci ou d’information ou syndicale alors, vont être contrôlés, non ? Le Conseil constitutionnel a répondu que sont notamment exclues des activités de loisir les activités politiques, syndicales et culturelles, c’est-à -dire religieuses. Et donc je précise ça parce que, est ce que dans la salle, il y a des gens qui sont allés aux universités, à des mouvements populaires, d’autant que l’an dernier, on en a deux, vous avez présenté vos passes ? Non, il y en a qui ne les ont pas présentés parce que j’ai ici les conditions. Donc effectivement, les contrôles des passes étaient requis. Et en plus de ça, il y avait un bracelet si je me souviens bien. Différents bracelets rouges et bracelets verts en fonction du PCR ou de la vaccination.
Donc je vous le dis. Alors la règle parce qu’elle risque de se renouveler, donc sachez le. Et là, vous voyez, quand on parle de surveillance consentie, ça commence à nous interroger et je pense que c’est le lieu de s’interroger ici sur ce que l’on consent à faire, y compris quand ça n’est pas autorisé. Donc en fait, le contrôle était obligatoire pour les activités dont je viens de vous parler. Donc transports, longue distance, etc. Loisirs et les loisirs, c'étaient les activités festives, ludiques, sportives ou culturelles, c’est-à -dire les cinémas, mais pas les documentaires. Voilà. Eh bien non et non, puisque c’est de l’information documentaire. Et ce n’est pas ce n’est pas du loisir, je peux vous le dire, puisque nous avons organisé l’an dernier la rencontre annuelle des lanceurs d’alerte. Olivier était là. On ne t’a pas demandé ton passé. Et la directrice des ressources humaines et des affaires juridiques du CNRS nous a dit contrôle des passes. Le président de l’université Paris treize vous a dit contrôle des bassins. La présidente de l’Université Paris VIII nous a dit contrôle des bases et nous sommes allés demander l’arbitrage du ministère de la Recherche et de L’enseignement supérieur qui a dit ce n’est ni une activité culturelle, ni une activité festive, ni ludique, ni sportive. Et donc non pas le contrôle des bases. Ce n’est pas obligatoire, mais le contrôle des passes n’est pas autorisé et la loi et la loi précisent que lorsque l’on contrôle des bases, ce qui n’est pas le cas quand ça n’est pas autorisé, c’est un emprisonnement jusqu'à 45 000 € d’amende. Donc, je vous le dis, gardez ça en tête, mais ça veut dire quand même qu’il est vraiment nécessaire, pour ne pas consentir à une surveillance généralisée, d’approcher un peu la loi. Je le dis sur les journées d’Attac, la Quadrature du Net a refusé d’y aller parce que justement il y avait ces contrôles là. Il y a une question. Cultuelle, un problème. C’est-à -dire que des gens pouvaient aller dans l'église sans avoir de contrôle de passe. Et donc à partir du moment où on voulait faire un concert pour nous obliger à faire le contrôle parce que c'était une activité. Satanique. Parce que c'était une activité, parce que le concert était considéré comme une activité culturelle. Je ne vais pas m'étendre, je ne défends pas ça, je ne défends pas cette logique. Je vous dis simplement que d’ailleurs les universités des partis politiques avaient prévu pour certains de faire le contrôle. La France insoumise ne l’a pas fait. Europe Écologie les Verts ne l’a pas fait. Par contre, La République en Marche a trouvé que c'était normal de le faire. Donc je vous dis, ça n'était pas le choix des organisateurs. Et sachez que ce n’est pas les lieux où il y a du public etc. Mais c’est vraiment uniquement l’activité. S’il y en a qui sont intéressés, j’ai une note que je pourrais donner. Je reviens là dessus parce que finalement cette histoire du QR code, là où on allait partout et même là, il n’y avait pas besoin, les gens mettaient leurs téléphones portables en avant et donc on avait des restaurateurs. Un jour, ça nous est arrivé. Ceux qui sont allés au restaurant à cette époque là, qui disaient Bonjour Daniel, tu es comme le mec qui disait tu sais que le consommateur, le consommateur. Donc tout ça est intéressant.
Que ça a changé d’avis. David la cette période sur cette surveillance. Et en quoi tu fais un lien entre la violence d'État et cette surveillance ?
Je me souviens que la première fois qu’on m’a demandé ça, j’ai fait un truc que je ne fais jamais, c’est que j’ai rebroussé chemin et je n’ai pas fait le débat qui était prévu parce que ça se passait. C'était très particulier, mais c'était un débat sur la surveillance et ça se passait à l’Olympia, qui appartient à Bolloré. C'étaient les tout débuts et ce n’était même pas encore tout à fait dans la loi. Et puis ça a été quelque chose d’extrêmement épidermique chez moi. Mais je dois dire qu’une fois que c’est passé dans la loi, je dois le dire, je le confesse tout à fait, j’ai été assez docile et c’est cette docilité qui m’interroge. Et je pense que quand on étudie les questions des libertés, il y a quelque chose qui revient constamment. C’est une liberté perdue et très dure à retrouver et quasiment impossible à retrouver, sauf révolution justement. Et là, je pense que nous n’avons pas mesuré encore ce que le fait que tout d’un coup, finalement, des pouvoirs de police parce que sont nés, c’est une forme de contrôle d’identité puisqu’on a ton âge. Même quand on a dit à Daniel du fait que vous êtes plus jeune que vous dans ce service et qu’ils ont dit ça.Olivier dira Tu fais plus vieux. De donner à des serveurs, à des restaurateurs qui ont été plus ou moins. C'était intéressant de voir leur attitude envers les uns et les autres. Évidemment, ils avaient, ils avaient des menaces d’amendes, de fermeture terrible qui faisait qu’ils ne pouvaient pas être hyper conciliants. Enfin, on voit bien ceux qui se sont très vite habitués à la nouvelle loi et ceux qui ont mis un peu plus, un peu plus de temps. Je pense que c’est l’idée du contrôle social parce que c’en est un par une certaine par une grande partie de la population, puisque on pouvait s’improviser contrôleur le temps d’une activité. Je pense que dans nos esprits de la société, on n’a pas encore mesuré le désastre de ses conséquences.
C’est un peu comme protéger ceux qui nous protègent avec. Évidemment, cette chose qui est très difficile, c’est que c’est fait au nom du bien. C’est fait contre une épidémie pour protéger, pour la santé, pour protéger. Donc évidemment, on voit bien la difficulté, c’est comment on défend les libertés avec cette question là. Et je pense qu’on verra de plus en plus des contrôles être opérés, notamment, vous le verrez avec les choses qu’on applique. Après, je te laisse la parole. Pourquoi je parle des Jeux Olympiques ? Parce que c’est depuis 50 ans, les grands événements sportifs dans le monde entier ont toujours été des laboratoires de surveillance, de répression, de police.
Toujours, toujours.
Et pas plus tard que l’autre jour, Darmanin expliquait qu’il fallait accélérer le nombre de formations de policiers pour les brûler. Pour les policiers, on verra à l’aune des Jeux Olympiques, on verra sans doute tout un tas de gens qui vont pouvoir contrôler tout un tas de gens pour pouvoir accéder à la zone qui donnera accès à la zone assez droit, qui elle-même donnera accès à la fan zone elle-même. Vous voyez ce que je veux dire ? Et je pense que dans les esprits, il s’est passé quelque chose autour du contrôle des passes qui est pour moi une forme de contrôle social.
C’est vrai que c’est ce qui a été assez perturbant et très agaçant dans ce débat sur le nécessaire sur le masque sanitaire, c’est qu’on a un peu jeter le bébé avec l’eau du bain et le gouvernement nous a expliqué qu’en gros, si on critiquait le passé, si on émettait le moindre doute, on était nécessairement anti-vaccins ou singe, ou emmerdeurs ou emmerdeurs, pour reprendre une expression désormais bien connue de la bouche à la bouche présidentielle.
Oh mais c'était gentil ! Il a dit avec sa bienveillance habituelle.
Je suis tout à fait d’accord avec ce que disait David sur le. Je crois qu’on n’a pas mesuré le changement d'échelle et le fait qu’offrir comme ça. La possibilité invitant chacun de s’improviser auxiliaire de police parce que c’est ça la réalité du passé, l’idée c’est que tu trouves dans un restaurant. De là on vous dit argent caché. Vous dites à quelqu’un qui est dans une salle de concert Mais bon, en même temps tu assumes une fonction de police parce que dans la loi, comme la personne qui peut contrôler l’identité, c’est le nombre très limité. C’est à dire que même dans un train, un contrôleur SNCF peut vous immobiliser le temps que la police arrive pour vérifier votre identité, mais il n’est pas habilité lui-même à vérifier cette identité. Donc il y a cet effet là et on voit bien qu’est ce que ça crée une société d’auxiliaire de police, C’est que ça crée de la suspicion, ça crée de la vigilance, pas forcément dans le bon sens du terme. Je parlais tout à l’heure de l’exemple chinois. On garde toujours comme si c'était extrêmement lointain. Il était totalement immunisé contre ça. Mais le Crédit Social en Chine ne fonctionne pas sur une imposition totalitaire de la technologie. Le seul endroit en Chine où la technologie est imposée de manière totalitaire, ce sont les Ouïghours qui eux, pour le coup, vivent vraiment dans un cauchemar orwellien. Mais pour le reste, je regardais un documentaire récemment qui a été diffusé sur LCP et où un journaliste français suit sa femme qui est chinoise vraiment dans sa vie quotidienne, ça s’appelle la femme du crédit, jamais vue du Crédit Social. Et vraiment, ils décident d’activités totalement banales. Soit on achète, elle achète une canette sur un quai de métro, ils vont dans une librairie, ils traversent un feu rouge et en fait, on mesure, on regarde, on sent à quel point cet édifice là de la surveillance en Chine repose sur le fait qu’on va moduler sa conduite en fonction de la façon dont on pourrait être perçu par les gens autour de nous. Et donc notamment un mot à dire Non, je ne vais pas traverser en dehors des clous parce que sous entendu on me regarde, on la regarde très littéralement, C’est à dire que vous avez un écran géant au dessus du carrefour qui montre en gros plan les gens qui traversent en dehors des clous, ou encore le feu rouge à qui on retire et à qui on retire des droits. Aujourd’hui, le modèle de société dans lequel on est en train de glisser tranquillement sans forcément s’en rendre compte.
n’est pas si éloigné de ce modèle là. Non, évidemment, il ne s’agit pas de faire des caricatures grossières, ça n’est pas le débat. Et on a un régime politique en France qui, avec tous les défauts qu’il a et ils sont nombreux, n’est pas le régime politique chinois. Mais pour autant, est ce qu’on est complètement immunisé contre ce type de dérives et le fait que pendant un mois de nos activités quotidiennes, on va être entouré par des paires d’yeux qui vont regarder un peu ce qu’on fait, qui vont voir si on fait plus ou moins que notre âge ou si on est bien untel ou untel. Moi je pense qu’on n’est pas du tout pas du tout immunisé contre ça.
Alors ce que je vous propose mes non pas en guise de conclusion. Puissante famille ces échanges entre la salle et nos intervenants. Finalement, en se posant quand même une question et en gardant toujours à l’esprit que Stéphane Hessel, qui est l’un des fondateurs de ces rencontres, avait publié un texte merveilleux dans lequel il disait Indignez-vous ! Est-ce que l’indignation suffit aujourd’hui face à cette surveillance de masse et face à cette surveillance généralisée ? Ou est ce qu’il ne faut pas reprendre à notre compte et dans les actes au quotidien, la notion de résistance réellement qui me paraît importante ? Il y avait une première question, là. Une personne qui a levé la main, je ne sais pas s’il y a des micros baladeurs. Oui, il y a un micro, on collabore à l’effort, mais on va regarder. Alors, il y a un micro, il y a un micro parce que soudain, en position enregistrée, on n’entend pas Merci monsieur.
Juste, tu veux faire un petit peu plus de cours ? Une conférence débat qui aura lieu sur la loi Séparatisme à Annecy.
Le 2 juin. Par la libre pensée des informations du Strauss Kahn, du P_ Oui, Monsieur Teisquet, j’ai une question à propos. Vous vous dites qu’il y a un souci avec Google, mais nous, citoyens, on vous laisse le choix entre la peste et le choléra. Si vous voulez ajouter autre chose, vous achetez soit un iPhone pour participer, soit quelque chose.
Avec du Microsoft dessus ou alors encore on va vous proposer une solution sur des cobayes, à savoir une solution chinoise. Alors que des techniciens supérieurs pour installer des. Outils Linux sur nos téléphones. Comment fait-on pour résister encore ?
C’est l’une des grandes difficultés aujourd’hui. Effectivement, c’est le combat des militants du logiciel libre depuis 25 ou 30 ans qui expliquent. Ils ont raison sur le fond. Le problème, c’est qu’on n’a jamais réussi à atteindre une masse critique où vous avez la majorité de la population qui arrive à se défaire 25 ans plus tard, pour plein de raisons, et d’abord pour des raisons de confort d’utilisation, et qu’une fois que vous avez atteint cette espèce de masse critique, c’est très difficile de revenir en arrière. Quand vous avez 90 % des gens qui utilisent Google pour faire des recherches. Changer de modèle, c’est. C’est assez. C’est assez compliqué la disparition et pas non plus la solution idéale parce qu’on a déjà la disparition suivant le milieu dans lequel vous êtes. Mais la disparition peut être suspecte. Alors tout un art de la traque, des signaux faibles de disparition, mais en même temps un signal faible, voire pas forcément si faible que ça, ou tout à coup régulier de lumière qui reste prête à clignoter parce que vous n’avez plus de nouvelles, Vous n’avez pas votre téléphone en balise GPS n’a pas émis depuis quelques heures, donc cette disparition est oubliée. Mais la disparition bloque un peu la discussion collective. Là aussi, on se déconnecte complètement. Difficile à dire non plus ce qu’on a vu à la télévision, mais ce lien dématérialisé, c’est à peu près tout ce qui est nouveau, tout ce qui nous reste. Du coup, je rejoins un peu l’interrogation de Daniel qui est une interrogation que je me pose. J’ai la même, je partage, la même interrogation, c’est de savoir comment on fait, quelle forme on trouve pour essayer de dessiner un autre horizon. Mais cette question là est extrêmement cruciale, extrêmement difficile aujourd’hui, et je pars. Observation un peu empirique. J’ai l’impression que ce qui fonctionne pas mal pour l’instant, dans un premier temps, c’est beaucoup l'échelle locale. Sur les questions de surveillance, Je remarque que ce qui a plutôt bien marché ces dernières années, c’est quand il y a des combats qui ont été menés dans des villes, dans des régions, sur des problématiques très précises et où là, pour le coup, le rapport de force en fait, peut se peut s’inverser. Quand vous avez lancé Je vais reprendre l’exemple de Christian Estrosi, mais c’est possible qu’il n’est pas tout seul. Vous avez la région Sud qui essaie d’installer des portiques de reconnaissance faciale à l’entrée de lycées qui sont évidemment dans des quartiers populaires à Marseille. La technologie, c’est comme le maintien de l’ordre et des vidéos pour en parler. De la même manière qu’on a expérimenté Flashball dans les banlieues, quand la technologie la plus intrusive, on la teste aussi dans les quartiers populaires où les gens sont moins susceptibles de se plaindre. Et quand la région Sud a voulu installer ces deux portiques à l’entrée de deux lycées, vous avez les associations qui se sont mobilisées à la fois La Quadrature du Net, qui est une association mobilisée depuis très longtemps là dessus. Mais vous avez aussi les associations de parents d'élèves, les syndicats de professeurs et tout à coup, ça fait un peu boule de neige. Ils déposent un recours devant le tribunal administratif et le tribunal administratif dit non, c’est illégal. Vous avez retiré les portiques. Donc ces portiques qui avaient été installés mais n’avaient pas été mentionnés, ont dû être démontés à ce moment-là du fait. Victoire peut avoir aussi en tête d’autres exemples. On a des exemples à l'étranger où vous avez des villes, des municipalités qui décident d’interdire un certain nombre de technologies. Pour l’instant, on est plutôt dans cette idée qu’il y aurait des armes un peu technologiques qui permettraient de refouler ces technologies qui sont des zones où on dit on dit plutôt Non, on ne veut pas de cette technologie. Nous, on n’a pas besoin de l’expérimenter pour savoir que cette technologie est néfaste. Alors j’ai bien conscience que ça ne répond pas nécessairement. La question comment on fait pour se défaire de l’emprise d’un tel ou tel appareil, de telle ou telle entreprise, dans sa vie, dans sa vie quotidienne ? Mais en tout cas, on peut se défaire de cette emprise un peu collectivement, en essayant de faire tous ces petits grains de sable qui finissent par faire tout le temps sur des zones assez déterminées, avec des projets, des projets précis. On a eu aussi avec lui, avec les J.O. Il y a eu beaucoup d’appels à projets avec l’Agence nationale de la recherche notamment, et tout un tas d’entreprises qui ont fait des propositions dans tous les sens, des dizaines et des dizaines de projets pour expérimenter des technologies de surveillance à l’occasion des Jeux. Il y a eu pas mal de protestations et aujourd’hui, le gouvernement reconnaît lui-même que vous faites une fenêtre de tir jusqu’aux J.O. Se réduit à ce réduit. Il y a donc certaines technologies dont le ministère de l’Intérieur espérait qu’elles puissent avoir été éprouvées d’ici les Jeux Olympiques. Là, ce sera parfait. Par exemple, la reconnaissance faciale place Beauvau. Ils espéraient que ça pourrait être généralisé à partir de 2024 parce qu' on aura fait le test un peu à plein régime pendant la Coupe du monde de rugby en 2023. Puis pour le 24, ça peut être un peu plus compliqué que ça. Donc finalement, il y a encore des situations où ça peut justement ramener de la friction. Alors on a trois questions validées par les trois questions une au centre, une à gauche et à droite. Après on parle des deux autres, mais il y en avait déjà.
Vous pouvez aussi me parler de la détection de la haute technologie. On connaît très bien la bulle, les militants ont été surveillés on va dire. Il y a une traque aux technologies qui ont été diffusées il. Il y a un an, le cas des bassines, puisque les gens qui préparaient la manifestation contre les grandes bassines dans une ferme initiale sont parties dans la ferme. On était brouillés dans les buissons à 20 mètres et on a trouvé une technologie qui faisait que cette technologie permettait d’entendre tout ce qui se disait dans cette salle de réunion. Donc il y a une station haute technologie de l’armée contre la Ligue, contre les militants qui luttent. Ce que disait Olivier tout à l’heure sur cette surveillance, il y a les actions des anarchistes et dans le cadre des luttes. Et puis au niveau aussi, les élus ne sont pas solidaires. Je suis pas mal ces derniers temps.
C’est une nouvelle arme
C’est les amendes ?
Moi qui suis des Landes, moi qui suis beaucoup moins militaire pour l’instant, je suis poursuivi par le nombre d’amendes parce que ma voiture traîne dans les petits chemins. Et donc actuellement, c’est à chaque fois qu’il y a une mobilisation ou c’est les caméras, des caméras arrivent, filment les numéros de voitures et nous recevons 135 € d’amende, 105 € mois pour la station de stationnement.
C’est une nouvelle arme.
qui est employée actuellement dans le système d’attaquer les gens sur les flics et pour faire en sorte que les militants hésitent des fois à s’engager dans des cercles encore aussi pour au nom d’une culpabilité. Ok, une deuxième question, là, sur la gauche qui était là et après il y en avait une troisième là bas, au fond à droite, quelqu’un avait levé la main. C'était d’accord. J’ai vu là bas.
C'était une question parce qu’ici, en Auvergne Rhône-Alpes, la reconnaissance faciale allait, à titre expérimental, être mise en place dans les gares.
Et je me demandais comment une telle chose était possible. La CNIL s’est quand même prononcée contre son utilisation.
Et dans quelle mesure ? Normalement, les données sont simplement disponibles pour le pouvoir judiciaire.
Mais dans quelle mesure les données ne sont-elles pas conservées ? Est ce qu’on n’a pas peur avec un fichier de données qui est connecté politiquement ? Effectivement. Comme l’impression qu’il y a tout un arsenal technologique qui se met en place. Le législatif n’est pas prêt pour le mieux que ce sera. Ce sera possible à un moment ou un autre. Un peu comme ce que disait Olivier avec les drones sur les étagères d’un Estrosi. C’est-à -dire qu’il n’y a pas d’exemple comme ça à Saint-Étienne. Il y a eu la surveillance sonore qui a été montée parce que c'était évidemment très intrusif et contrairement à ce qui avait été dit par le maire de cette ville. Mais on sent quand même qu’il y a tout ça est prêt. Et dans quelle mesure peut-on arriver à contrer ça ? Hormis peut-être par des actions.
Façon Extinction, Rébellion un peu.
Coup de poing va avoir un petit peu la réponse à la troisième question de la barre au fond à droite Excuse moi, je te fais courir le monsieur avec une chemise à carreaux la bas, tout au fond à droite dans la Mayenne. Le monsieur avait levé la main. Ah bon ? C’est pour ça ? Mais on va faire une deuxième série.
Comme quoi on prend le micro, messieurs, parce que j’ai une remarque à faire, c’est que je suis la première femme à m’exprimer sur le sujet alors. J’ai une deuxième remarque à faire sur le sujet du passé sanitaire. Il y avait un flou. C’est l’activité associative parce que vous avez parlé d’activités politiques, syndicales et culturelles. Et pour donner un exemple, à Dijon, dans ma ville, la Maison des associations de la ville de Dijon demandait que les associations qui se réunissaient exigent de leurs. Afin que des personnes qui viennent se réunir soient un facilitateur, ce qui entretenait le flou sur la vie associative aux personnes embauchées. Donc on est politique, on n’est pas un groupe, on n’est pas un parti politique, on n’est pas un syndicat. Donc nous, on a passé outre, on a quand même fait nos réunions sans contrôle de pas sanitaire, mais c’est sous la responsabilité des organisateurs.
D’accord, on va relever deux remarques. Et maintenant j’ai un sujet abordé que je trouve important. Vous avez commencé en disant que nous étions informés que c'était un peu avec notre consentement que tout ça se mettait en place. Mais ce que je voudrais dire, c’est que dans les milieux militants, on manque vraiment de formation sur le sujet et je trouve que c’est une question que je voudrais vous poser. Comment on pourrait accepter, notamment dans le milieu militant, mais aussi par rapport à la population, à des outils qui nous permettent de travailler, de se défaire de toute cette surveillance qui nous voilà, qui nous surveille.
Alors peut être cela, on passera au M. La parole est là bas, au fond. Mais tout à l’heure, puisqu’on va passer plusieurs questions ensuite sur la haute technologie et la surveillance effective des mouvements environnementalistes, de défense de l’environnement, etc. Notamment à Bure. David peut être une réponse sur cette utilisation de cette technologie.
Alors, ce qui s’est passé après ce qui se passe à Bure et dépasse l’entendement en terme de surveillance, à la fois en terme de technique, en terme de répression judiciaire, ça ne fait pas les gros titres. Alors il y a le journal Reporterre et je crois qu’il y a une fille dans les parages, il y a un peu Mediapart, etc. Mais ça ne fait pas des gros titres. Or. Or, me semble t il que ce qui peut jouer quand tu parlais tout à l’heure localement, ce qui peut aussi jouer, c’est quand même malgré tout l'écho médiatique, dès lors que ça sort du champ entre les victimes de cette surveillance et les personnes qui agissent pour cette surveillance. Dès lors qu’il commence à y avoir du monde dans une salle comme celle-ci, ça commence à faire débat, ça commence à faire sujet. Or, sur Bure, je dirais quasiment rien. Et je pense que ce qui s’abat sur les militants démontre l’intérêt. Immense qu’il y a derrière. Et c’est quoi ? C’est le nucléaire ?
C’est de ça dont on parle en fait, ce n’est pas les militantes, c’est le nucléaire. Mais je rappellerai que l’affaire dite de Tarnac, elle démarre sur le nucléaire aussi, puisque des gens avaient déposé des fers à béton sur des caténaires pour ralentir les TGV qui eux mêmes devaient ralentir. Ce qui s’est passé d’ailleurs le train de déchets nucléaires qui partait de la Hague vers l’Allemagne, on a oublié ça. Mais au départ c'était ça, c'était le c'était dans l’ADN, c'était d’empêcher que s’achève ce cheminement de déchets retraité. Et ce qui avait été notamment reproché aux gentils de Tarnac, c’est exactement ce qu’Olivier a dit tout à l’heure. Mais il était trop jeune. Un des premiers soupçons, c'était que, rappelez-vous, vous pouvez retrouver un Michel. Vous vous rendez compte, ils n’ont pas de portable. Ça nous a mis la puce à l’oreille.
On est en 2008 la puce électronique.
C’est vrai, ce n’est pas bien, 2008, c’est assez lointain. Donc sur Bure je dirais que c’est vraiment les avocats ont un travail formidable et les militants de ce que je sais. Agissent autant qu’ils peuvent. Malheureusement, ils ne tirent pas un grand soutien des partis politiques, des relais ici ou là et ici, à mon avis, il y a un vrai, un vrai, un vrai souci. Après, faut pas se tromper, c’est la machine de l'État. Quand elle décide d’agir, elle agit et elle va prendre tous les moyens techniques. Et ça répond un peu à la question de tout à l’heure sur la reconnaissance faciale dont j’ignorais que j’avais été repéré là, tout à l’heure. Si en fait, ça n’est que ça tout le temps, hein. C’est à dire que les gens en le pouvoir en place, le pouvoir en place agit dans l’illégalité avec le secret espoir qu’il va changer la loi, c’est à dire qu’il va. Non pas en conformité avec la loi, mais il va mettre la loi en conformité avec ses actes. Et ça, c’est extrêmement important. C’est ce que fait Darmanin depuis deux ans sur les drones. Alors j’imagine que vous qu’il fait la même chose sur la reconnaissance faciale. C’est cette idée-là. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand on est heureux parce que le Conseil constitutionnel a retoqué telle ou telle disposition, tel ou tel amendement, telle ou telle loi, en fait, c’est un bonheur provisoire, car en réalité, ce que le Conseil constitutionnel dit bien souvent, c’est copie à revoir modifier votre texte. En l'état, il n’est pas constitutionnel. Mais même parfois, le Conseil constitutionnel peut aller jusqu'à donner des conseils.
Donc je n’exagère pas sur les drones, c’est vraiment classique. La personne qui est la plus qui a le plus d’amendes et qui ne les a pas payé, lui, c’est le plus de problème qui est attaqué par le théâtre. C’est lui qui dit J’ai vu le préfet de police de Paris, il est constamment condamné. Didier Lallement, le préfet de police de Paris. Il est condamné par le tribunal administratif, par ceci, par cela par le Conseil d'État.
A qui le dites vous ? Alors on peut peut-être passer à la deuxième réponse, mais par rapport à ta réflexion sur les amendes, effectivement, il y a ce côté dissuasif. Moi je me souviens que pour les enquêtes publiques sur le Lyon-Turin, il n’y avait pas une réunion avec les commissaires enquêteurs ou la gendarmerie ne passait pas à l’extérieur et relevait de manière tout à fait visible les plaques d’immatriculation de chaque personne. Ça s’est passé à Bure, ça se passe partout. Donc effectivement pas forcément pour mettre des amendes, mais juste pour dire aux gens que vous êtes dans nos fichiers. Donc là encore, si on ne s’en offusque pas, on a un problème. David a un peu parlé de la reconnaissance faciale, mais la reconnaissance faciale. Olivier, qu’est ce qu’on a à dire là dessus ?
Alors Laurent Wauquiez nous fait exactement la même chose que Valérie Pécresse en Ile de France. C’est à dire que ça ne leur a pas échappé que les transports, c’est une prérogative des régions. Et du coup, ils se sont dit Ah ! On a trouvé l’astuce pour imposer la reconnaissance faciale, on va passer par le biais des transports, donc on va mettre la reconnaissance faciale pour demain. La mauvaise nouvelle pour eux, c’est que toutes ces expérimentations là peuvent s’attaquer devant les juridictions, notamment devant les tribunaux administratifs. Et je remarque que de plus en plus, certaines associations, notamment la Quadrature du Net, font beaucoup ça, mais une sorte de guérilla juridique à chaque fois qu’il y a un dispositif de ce type là pour le faire annuler, interdire. Et souvent, ça marche. Ils viennent d’ailleurs de lancer une plainte collective contre le ministère de l’Intérieur, non pas sur la reconnaissance faciale, mais sur la vidéo surveillance automatisée. Et on revient à ce que je disais tout à l’heure Est ce qu’on va surveiller sur les drones ? Là, pour l’instant. La loi ne permet pas la reconnaissance faciale. Mais évidemment, il y a les industriels. Évidemment, il y a des élus qui sont intéressés, donc il y a une offre et une demande. Et donc tout ce petit monde se dit reconnaissance faciale, c’est pas autorisé, mais par contre il y a déjà des vidéos de surveillance, donc on va faire de la vidéosurveillance automatisée. Donc on va rajouter une couche d’intelligence artificielle sur des caméras déjà existantes pour détecter des dépôts d’ordures sauvages, enlever les plaques d’immatriculation et voir s’il y a un attroupement. On va répondre comme ça, avec tout un tas de cas d’usages et de situations données. On voit bien que cette vidéo surveillance automatisée, au delà du fait que on industrialise une vidéosurveillance dont on a jamais démontré les effets et que si ça a des effets nocifs, potentiellement on va les multiplier après utilisation de ce type de technologie. Et puis surtout, on est en train de préparer le terrain pour cette reconnaissance faciale qui du coup semble complètement inéluctable. Et on dit voilà, la technologie est là, encore une fois, on va nécessairement l’utiliser, mais pour l’instant on ne peut pas utiliser la reconnaissance faciale, mais on va faire cette vidéosurveillance intelligente, automatisée en attendant de pouvoir faire plus, ce qui est un vrai motif de préoccupation. Et d’ailleurs du coup, l’objet de la plainte collective de la journée. Donc c’est. C’est sur cette vidéo surveillance automatisée qui se généralise dans un certain nombre de communes en France, communes de toutes tailles, en ayant. Il y a un lobbying assez intense des industriels pour vendre ce type de technologie qui est la couche applicative, on va dire, qui vient en appui de ce qui a été vendu en dehors des caméras depuis maintenant 25 ans.
Je me permets de répondre à la question sur la partie associative. Le mot associatif n’apparaît pas dans la loi. Donc en fait, en fait, on a eu un vrai problème, c’est que les maires ont. Il pouvait faire la loi. Mais le vrai problème qu’on a, et c’est toujours la question qu’on se pose depuis 1h et demie maintenant, c’est qui est allé voir la loi pour répondre aux maires pour répondre, y compris au préfet ? On a eu le problème ici. La question s’est posée puisque faite moi j’ai fait comme David, j’ai prévenu au mois de janvier. Je vous préviens mes copains, je ne viens pas. S’il y a des contrôles de pas sanitaire, ce n’est pas une activité de loisir. Donc on a commencé à travailler. Mais je le dis parce que ça prend deux minutes. Mais comme ça on le saura. Mais clairement, il y a un vrai problème à se poser là dessus. Sont autorisés à contrôler, c’est justificatif dans les seuls cas prévus aux lois du deux de l’article premier de la loi du 31 mai 2021 et dans la limite de ce qui est nécessaire au contrôle des déplacements et de l’accès des lieux, établissements, services ou événements sociaux. Les exploitants des services de transport de voyageurs, les personnes chargées du contrôle sanitaire aux frontières, les responsables des lieux d'établissement ou les organisateurs des événements dont l’accès est subordonné, c’est-à -dire les activités de loisir et donc pas politique, pas syndicale, pas cultuelle. Alors, présentation en application du présent décret et les agents de contrôle habilités à constater les infractions. C’est à dire qu'à aucun moment il est marqué que les associations doivent le faire. Le problème est simple : il y a un vrai problème de formation dans le milieu associatif, c’est que quand un maire, alors si c’est un maire de gauche, c’est encore pire. Je vous le dis, c’est encore pire ça. Alors comme c’est un maire de gauche, il ne peut pas dire de conneries sur la surveillance. On va voir tout à l’heure que ça peut arriver et même le lendemain. S’apprête à dire voilà, la semaine, on va là, je ne veux pas rentrer dans la polémique. On ne parle pas de politique à table, hein ? Bon alors bon. Mais voilà, ce que je veux dire, c’est que tu me diras mais en fait, à Nantes, les choses se sont passées exactement de la même manière. Et pour vous donner un exemple. Mais il ne s’agit pas là d’essayer de stigmatiser ou de critiquer ou quoi que ce soit, mais Anticor a organisé une rencontre avec le juge Van Ruymbeke, animée par un journaliste de Médiacités. C’est super festif, super ludique, surtout quand vous le voyez dans Libé qui rigole quand il se passe les doigts dans la porte. Alors donc, Et bien ils ont demandé les bases parce qu’on leur a dit ah bah oui, mais c’est la maison des associations alors faut demander mais pas assez. Ils ont dit à Paris mais alors on va demander les passerelles, on n’a pas les masses. Et alors effectivement, ça nécessite de se bagarrer contre la mairie et là encore, on a des mesures de rétorsion. Mais bon, vous n'êtes pas la seule. Mais en fait, le problème, vous le voyez, est sur ces questions là d’une part d’anticiper. Mais pour anticiper, il fallait s’intéresser à la loi dès le 5 août. Et donc voilà, après ça, clairement, il y a une nécessité de formation et je pense que les associations ont une grande capacité à se réunir sur certains sujets. Mais sur ces sujets de formation, elles n’ont pas encore créé un réseau mutualisé de formation. Et donc là, je pense qu’effectivement il y a un véritable outil de résistance, peut être à mettre en œuvre. On va prendre une autre série de questions très.
rapidement, je dois dire. Il y a donc quelques associations comme La Quadrature du Net sur la question juridique. Ensuite, vous avez tout un tas de services comme Framasoft qui peuvent déjà vous aider pas mal et de plus en plus. Il y a même des ateliers qui se font dans le cadre de rencontres comme celle- ci ou en ligne où on peut essayer de faire un peu de ligue de l’hygiène informatique, on va dire de l’autodéfense informatique. Et je vous ai apporté un exemplaire
Ça s’appelle Hacker Protester. Guide pratique des outils de lutte citoyenne. Par un dénommé Geoffrey Dorne. Ça sort dans quelques jours et en fait, il a répertorié son truc à travers le monde pour gonfler un peu les gilets jaunes à Taïwan, aux États Unis, en Bolivie. Alors c’est plus dans le cadre de ce que j’ai commencé à lire de bouquin en venant. C’est beaucoup dans le cadre de la manifestation, c’est-à -dire comment lutter contre les canons de la police, contre les OGM. Et je crois qu’il y a effectivement un chapitre sur le numérique, mais ce bouquin est absolument formidable, Ce qui s’est fait par ailleurs, il est vraiment très beau, ça vaut 20 €. Voilà, je vous le dis, faut l’acheter en ligne et à mon avis ça sera un best seller, d’autant plus.
Pourquoi ce livre n’est pas en vente chez Amazon ? Ouais voilà. Donc ça commence comme ça.
Donc je vais commander le chez le libraire ou chez moi.
Voilà, donc c’est vraiment ce dont, je vous assure, c’est très précis, très loin du titre.
« Hacker protester » Oui, on sait au moins depuis La Boétie, qu’il n’y a pas de domination sans consentement. Passons des formes et des degrés divers de consentement parmi les. Des technologies d’information et de communication qui ont renforcé les formes contemporaines de domination et de contrôle. Il y en a plusieurs qui sollicitent notre consentement et qu’ils obtiennent assez facilement je voudrais illustrer ça sur trois exemples.
Comme il a été dit À plusieurs reprises, certaines hautes technologies se développent tout simplement par le Postulat qui veut que tout ce qui. Est technologiquement possible finit par devenir technologiquement nécessaire et obligatoire. Or, ce postulat là, nous sommes. De très nombreux à le partager. On est très nombreux à considérer qu’on n’arrête pas le progrès qu’il faut aller au bout des possibilités de la technique que nous connaissons très peu, regardant sur toutes les applications De la technique Et y compris Lorsque. Par exemple, celle-ci se développe sous la forme. D’un mode de surveillance. Le deuxième exemple, c’est que ça a été pratiqué de multiples façons.
Bon, je suis d’un âge où j’ai connu un monde sans Smartphone. Et j’ai vu arriver cet objet. Et je dirais que cet objet continue à me fasciner. Non pas. Parce que je l’utilise, j’en suis. Totalement dépourvu, mais parce que je constate à quel point il. Fascine de mes contemporains.
À quel point on ne peut pas se trouver dans l’espace public sans qu’une bonne partie des personnes qui s’y trouvent, sous prétexte que c’est un moment creux qui a rien d’autre à faire qu’eux, ils sont scotchés devant leur écran. C’est qu’ils vont enfin être pourvus d’un Smartphone. Aujourd’hui, c’est comme si on prenait une étiquette, une étiquette, une espèce de badge magnétique nous permette de suivre.
Donc nous avons une technologie qui nous fascine. Mais est ce que tu peux ? Et je crois, oui, c’est vrai, mais il nous reste cinq minutes pour poser des questions. Il y a plusieurs personnes qui veulent les poser.
J’entends bien. Troisième point qui. A été évoqué des désirs moments. Et c’est tout à fait exact que nous vivons dans une société de moins en moins violente. Au sens où, par exemple criminalité de sang. C’est incontestable, mais c’est quelque chose qui a été montré à plusieurs reprises dans les études, dans des enquêtes plus en quelque sorte, la violence réelle régresse, plus l’intolérance à l'égard de la violence résiduelle. Progresser, si bien que la demande. De. La sécurité croît. Avec la sécurité elle même. Et en plus, on vit dans un monde qui est sûr. Plus on a l’impression d'être dans un monde qui est insécure et qu’on demande qu’on fasse. Ce sont des mécanismes aussi qui sont susceptibles de générer ce. Qu’on appelle on va poser la clé, on va passer l’arme. Ici, on a une remarque.
Et devant on avait une question là, tout devant. La dame avait posé la main, avait levé la main par là bas. Et là une question aussi. Donc là, on va en prendre quatre. Je vous demande s’il vous plaît. Je sais que c’est un peu frustrant. Oui, c’est un peu frustrant, mais essayez de faire court pour qu’on puisse y répondre et finir.
Voici une question à Olivier tout à l’heure c’est la première fois que je suis là.
La première question à laquelle il est jeune, mais il a déjà la réponse. La première question qui avait été posée par la seconde, c'était sur les alternatives au numéro actuel. C’est beau, c’est dans ce monde là. Et vous en avez. Vous avez parlé du logiciel libre, mais je vous ai senti sceptique par rapport à ça. Et moi je veux dire qu’au contraire, il faut vraiment, il faut vraiment faire la promotion des logiciels libres. Il faut y croire parce qu'à un moment vous avez parlé justement de comment dire, les petits, les petits, là, qui font les grands dans les petites rivières, font les Grands lacs. Je sais plus comment vous avez dit ça, mais quelque part, c’est quand il y a différentes initiatives comme ça qui essayent de contrer quelque chose qui est. Ce qui est malsain pour moi. Il y a des choses malsaines. Eh bien, il faut au contraire. Moi, j’ai senti que ce qui m’a un petit peu dérangé, c’est que vous avez. Vous avez été un exemple. Vous n’y croyez pas trop ? C’est mon impression. Bon, après la deuxième chose, je vous pose une question à David sur la docilité. Vous n’allez pas être précipité. C’est vrai que moi j’ai ressenti pendant deux ans une certaine docilité à moi, moi compris. D’ailleurs, vous avez dit vous compris ? Vous l’avez dit tout à l’heure, il s'était lancé. Du coup, du coup, je me dis mais non, en tant que citoyen, si, nous-mêmes Guillaume, Guillaume. Enfin, comment dire, Quand on est militant, on est si nous mêmes on reconnaît notre docilité, comment on fait ? Comment on fait pour bouger, pour se mettre en mouvement ?
Alors une deuxième question ici et une troisième là, Bah on essaye. Je suis désolé, je sais que c’est frustrant, Voilà, je voulais juste savoir si actuellement il était toujours possible de récupérer l’ensemble des données que Google a sur nous. Je sais que c'était quelque chose qui est très mal documenté, hyper bien caché, mais si on en fait la demande, on peut avoir vraiment la totalité.
Ce que Google possède sur nous. Moi je n’ai jamais pu le faire. J’habite dans un petit hameau avec une connexion internet tellement mauvaise que je ne pouvais pas télécharger des fichiers de données, des demandes. Et donc une dernière question. Alors au milieu ou au milieu, au milieu, la droite sur la gauche, le monsieur avec une barbe dont je ne dirais pas ce qu’il a sur le caillou. Voilà, c’est tout. Je veux juste dire que les téléphones portables et hors de l’iPhone sont très bien, mais qu’on peut vivre quand même pas mal ça, même s’il y a quelques endroits où on se fait coincer.
Nous, on vit sans téléphone portable, on a fini par en acheter un tout simple quand on part très loin et on s’en sort très bien avec le fixe. Je veux dire, ça veut pas dire qu’on a envie de venir à l'étape de la bougie, on s’en contrefiche. On a appris aussi à nos quatre enfants qui maintenant sont des adultes, bien réfléchir au choix de matériel puisque le matériel ne sont jamais innocents. Il faut le savoir encore une fois, pour soi et pour l’ordinateur. Depuis très longtemps, on a opté pour Linux. Ça nous va très bien. On a appris à s’en servir. Je ne suis pas des gardiens de l'électronique, mais ça commence à venir. Donc il existe des alternatives à l'électronique qui fonctionnent, puissantes et qui fonctionnent et qui fonctionnent bien. Bon alors donc on a compris, on a acheté un téléphone de dealer et ça c’est la dernière question. On a fait cours d'école, c’est pas très correct. Malgré tout, c’est une question rhétorique où on n’a pas parlé de l’application de son Xvid et je voudrais juste savoir ce que vous en pensez.
D’accord.
Est ce qu’il y a un danger qui passe en réponse à ce qui nous reste dix minutes en tout ? Et en plus on a des annonces à faire très précises et tout ça. Alors Olivier et David, les alternatives. T’as parlé de ton mail, on a parlé de la Quadrature du Net sur lesquels il y a pas mal de choses à présenter, du libre. Qu’est ce qu’on dit sur ces alternatives possibles et comment on s’en sort ?
On n’a pas de nom pour ça. Pour ceux qui ont le temps, Linux c’est évidemment la bonne route, c’est la bonne voie. Et aujourd’hui, effectivement, installer un peu tout, c’est aussi simple que le reste, voire plus. Après, il peut y avoir des petites discussions, mais dans 99 % des cas, ça va suffire. Et puis en fait, ce qu’on appelait avant la bureautique Linux était très bien. Et je rappelle que 99 % des sites sur lesquels vous allez sont gérés en Linux.
Et en plus, vos ordinateurs sont inutilisables.
Voilà. Mac, ça n’est ni plus ni moins qu’une couche graphique sur un Unix, c’est-à -dire un Linux, les serveurs d’Amazon, c’est Unix, donc c’est Linux pour aller très vite. Donc c’est extrêmement robuste, extrêmement solide, Après, je crois que c’est plus une question, c’est peut être plus une question de goût esthétique ou des choses comme ça, et le fait qu’il y a effectivement un usage dominant qui fait que c’est Extrêmement. C’est difficile. De la même manière que pendant très longtemps Windows était et était absolument dominant, alors que ce n'était pas le meilleur des systèmes d’exploitation. Mais le fait d’avoir une majeure partie du marché faisait que c'était devenu le standard. Je pense, Euh. J’imagine qu’il y a des années qu’il y a des profs et je ne veux pas les affirmer puisque je sais qu’ils ont déjà énormément de boulot. Mais si l’Éducation Nationale aidait les professeurs à utiliser des logiciels libres et à les montrer aux enfants, eh bien la génération suivante, elle. Quel serait le logiciel libre ? Il n’y aurait aucun problème avec ça. Alors oubliez Olivier sur la récupération des données. Et en attendant, au moins il y a un truc que vous pouvez faire sur n’importe quel système, c’est chiffrer, chiffrer, crypter. Si vous préférez chiffrer, chiffrer vos données et si vous avez un téléphone, vous faites en sorte qu’il sait qu’il se verrouille cinq secondes après. Et si vous avez un jour un contrôle, en fait, vous n'êtes pas obligé de donner votre mot de passe. Il n’y a pas d’obligation, ça veut dire faire en sorte que si vous voulez, ils font votre mot de passe pour accéder à vos fichiers.
Et c’est le même principe dont je parlais tout à l’heure de signal avec le fait que quand c’est chiffré de bout en bout, c’est garantir la confidentialité de l'échange entre l’expéditeur et le destinataire sans avoir un intermédiaire. Si vous avez un intermédiaire technique au milieu qui a accès à ces informations, il suffit d’une réquisition judiciaire auprès de cet intermédiaire technique pour récupérer les informations. Si réquisition il y a un intermédiaire technique dit parfait, faites la vous, je l’ai pas. A ce moment-là, les informations sont protégées par rapport.
À la carte postale et la lettre. La carte postale, le facteur peut le lire, la lettre, s’il veut la lire, il doit l’ouvrir. C’est la même chose si vous souhaitez vos chiffres, vos données ou non, soit vous les faites en clair, c’est-à -dire que de bout en bout, n’importe qui est dans la chaîne peut lire ce que vous êtes en train de faire.
Olivier Sur la récupération des données de Google, peut être, c’est juste que ça donne. sur le logiciel que je voulais évidemment pas donner l’impression que je sanctionnais d’une quelconque manière le logiciel libre, c’est-à -dire des milieux autour desquels je gravite depuis assez longtemps. Après, il y a peut être une forme de désenchantement que je reconnais. On se dit quand même ça fait quinze 20 ans que l’on se dit justement, le logiciel libre pourrait être une planche de salut et pourrait constituer une alternative viable. Et je remarque qu’on n’a quand même pas vraiment réussi à passer cette espèce de seuil ou à attendre la masse critique pour que ce soit un usage un peu plus de masse. Après, c’est juste que quand le ministère de l’Éducation nationale décide de signer des contrats discrétionnaires avec Microsoft, ça aide pas à pas se mentir. Ce que disait David sur les profs, il y aurait effectivement un grand besoin d'éducation et aussi d'éducation populaire aux logiciels libres, à l’informatique, à toutes ces questions là. Vous le faites ne pas vous filer des tablettes aux gamins avec des produits qui sont déjà paramétrés. Microsoft, c’est l’enfer, c’est vraiment l’enfer. Et en plus, les contrats, la plupart du temps, reposent sur une légalité on va dire douteuse parce que c’est des contrats passés parfois sans appel d’offres. Donc ça pose en vrai un vrai problème et qui devrait évidemment être une arme dans cet arsenal de résistance et de contestation sur les données Google. Alors c’est toujours possible, avec toujours cette même cette petite interrogation, à savoir une fois que j’ai récupéré toutes mes données Google, est ce que j’ai vraiment toutes mes données Google ? Est ce que. Est ce que j’ai une entreprise qui coopère comme elle prétend coopérer ? Est ce que c’est juste un effet d’annonce ? Moi, j’ai fait le test. Effectivement, on récupère des archives. Est ce qu’il y a de tout ? Il n’y a pas de moyen de s’en assurer et c’est un des grands problèmes.
Et est ce qu’il les efface ?
Il les efface. C’est le grand problème de ces sociétés là aujourd’hui, c’est qu’il y a évidemment une asymétrie de pouvoir. Il y a aussi une asymétrie de savoir. Ils savent infiniment plus de choses sur nous, comme on sait sur eux. Moi je me dis toujours que les classes sont.
Ans et quand on en sait sur soi même. Parce que vous avez été surpris de vous voir vous intéresser il y a dix ans à tel modèle de voiture, il y avait beaucoup de recherches sur tel modèle de voiture et tout autre chose, si vous voulez bien.
Et je voudrais juste rappeler je suis désolé mais tu peux chercher ta bagnole dans. Non, je voulais rappeler qu’à l’issue de cette rencontre, il y a une séance de dédicace et donc il sera possible de continuer à discuter avec les intervenants. Donc le livre suit la trace d’Olivier Descaves qui sera donc en dédicace juste à la sortie. Il y a également bien sûr Dernière sommation aussi de David Dufresne, et je sais, ça fait toujours mal, je vais le dire pour moi, j’ai aussi deux bouquins lettres à un magistrat et trafics en tout genre. Donc on pourra continuer les discussions tout à l’heure. Je voudrais juste vous préciser quelque chose parce que j’ai un exemple assez concret et en fait je me fais un petit service si ça ne vous embête pas. Après, je passe aux deux dernières annonces, je vous lis un petit article d’un règlement des marchés. Les marchés sont des espaces marchands. La distribution gratuite d'écrits et d’images de toute nature est autorisée au niveau des entrées sur. Déclaration écrite adressée au maire trois jours francs avant. J’ai considéré qu’avec quelques copains que c'était liberticide puisque personne n’a à se déclarer un maire lorsqu’il veut distribuer des tracts sur le marché et certainement pas en matière de campagne électorale. Pour deux raisons. La première, c’est que la liberté d’informer et de s’informer doit pouvoir se faire sans qu’il puisse y avoir d’ingérence de l’autorité publique. C’est l’article onze de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. La deuxième, c’est que l’article onze de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dit que la libre communication des opinions et des pensées est un des biens les plus précieux de l’homme. L’article onze et le troisième, c’est que quand on vous demande de vous déclarer pour une distribution de tracts, on vous demande de vous identifier. Par conséquent, en l’occurrence, et dans le cas d’espèce, c’est auprès de la police municipale nous allons attaquer en demandant la suspension. Après avoir demandé au maire de cet articulé qui demandait à identifier les gens auprès d’une police municipale, donc de créer un fichier politique. Nous avons été condamnés par le tribunal administratif de Grenoble. Je reviens avec le copain qui parlait de mur à 1 500 € de prise en charge des frais de la mairie parce qu’on nous a dit que notre procédure n'était pas urgente. En ce moment, il y a une pétition qui est sur le stand des opposants au Lyon-Turin à l’extérieur si vous voulez la signer. Donc je suis désolé, j’ai fait mon petit service personnel.
Et je serai pour deux ans sur le dossier.
Ah oui, pardon, c’est sur la docilité, ça dure deux secondes, deux secondes. Oui, mais il faut quand même se rappeler l'état de sidération mondial dans lequel on était. Donc ça a quand même été dans la docilité. Et puisqu’on est sous le haut patronage de Stéphane Hessel, et tout à l’heure, on a dit Indignez vous, ça suffit de s’indigner, de s’indigner. C’est le démarrage du point où je veux vous amener qui est de Pierre David, qui est un surréaliste que j’adore, que je cite tout le temps, qui était sociologue et qui a eu un jour dans la Révolution surréaliste, une phrase magnifique. Il a dit qu’il faut organiser le pessimisme. C’est ce qu’on vient de faire. Et pour moi, voilà un résumé que vous appréciez si vous vous applaudissez, c’est à dire ? On a été très bons, maintenant on ne comptera pas.
Très rapidement parce qu’il y avait le rêve de poser une question, surtout scientifique, et je vais répondre de manière télégraphique, télégraphique et définitive. Nous avons vu ça comme un bon outil de santé publique. C’est un objet de communication politique..
Alors, je voudrais terminer cette rencontre en vous rappelant premièrement qu’il y a des dédicaces de livres. Il faut aller à la librairie, acheter des livres et ensuite aller aux stands des dédicaces. Ça vous permettra de poursuivre la discussion et que les rassemblements des citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui sont possibles parce qu’ils sont autofinancés et sans quasiment de subvention et qu’il y a donc des boîtes de souscription à la sortie. Et on vous demande de bien vouloir faire preuve de générosité de manière à ce que ces rencontres puissent se poursuivent. Tout ça coûte de l’argent et on vous demande de pouvoir y participer. J’espère avoir été à la hauteur de vos deux interventions et de vos grands personnages. L’un est plus jeune que moi, l’autre est beaucoup plus âgé que moi. J’ai l’impression finalement d’avoir trouvé le milieu. Merci en tous les cas, merci à vous.
