VSS : « Un enfant toutes les trois minutes » + DGSI et ses barbouzeries anti-syndicales
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Amis du café bonjour, il est 7h02, nous sommes le 15, 15 quoi déjà ? 15 juin 2026, bienvenue sur France Déter, la matinale d’auposte ! Amis du café bonjour, ami déters bonjour ! Comme chaque lundi matin au poste, tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages, des oiseaux et des luttes, explore le passé et trie le présent. C’est en direct, c’est fait maison, préparez le kawa. Bolloré, prends garde ! Aujourd’hui, à 7h30, nous allons recevoir Tayeb Khouira secrétaire national de Solidaires. En 2024, la DGSI l’avait convoqué via un numéro pré-payé désactivé dans la soirée sans PV, sans avocat, il fut interrogé sur ses activités syndicales. La justice a ensuite classé sa plainte sans suite Khouira Tayeb attaque désormais l'État devant le tribunal administratif avec Solidaires et la Ligue des droits de l’homme à ses côtés. Une affaire qui pose évidemment la question de comment la DGSI traite réellement les syndicalistes combattifs. A 8h30, Céline Thiébault-Martinez, depuis décembre 2025, que cette députée PS portait une proposition de loi intégrale pour réformer intégralement la réponse judiciaire aux violences faites aux femmes et aux enfants. Il a fallu la mort de Lyhanna pour que l’Assemblée nationale daigne l’inscrire à l’ordre du jour. Ce sera début juillet. Ce matin elle est là pour nous expliquer pourquoi notre putain de pays n’a pas voulu entendre avant son projet de loi. Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, Radiopolice, la revue presse de la Maison Poulaga et autres petites surprises que je vous ai préparées pour aujourd’hui. J’espère que vous allez bien les unes et les autres. Bonjour à Guy dans le Doubs, bonjour à Kaof, bonjour à Gilou qui dit n'être pas venu depuis un moment. Bonjour, donc tu es bienvenu de retour parmi nous à Twisted, à World Company, à Eclouf. Nous sommes à la fois sur Twitch et sur YouTube. Je rappelle aux youtubeurs, aux gens qui nous regardent sur YouTube, que désormais, hormis la matinale et des émissions exceptionnelles, nous ne sommes plus en direct sur YouTube et nous sommes en replay uniquement sur YouTube parce que l’algorithme qui nous n'était pas favorable, l’est encore moins quand on fait des lives. Donc sachez que si vous ne voyez moins de live sur YouTube, c’est parce qu’en fait ce sont des vidéos, ce sont des uploads que l’on fait, enfin que dame Euryale, que je salue met quelques instants après les émissions. Comment allez-vous les uns et les autres ? Dites-nous avant qu’on fasse, qu' on passe à la main courante, à la revue de presse. Et on va faire du travail mon pote, à la revue de presse de la journée. Comment allez-vous les uns les autres ? 3, 4 Alors, la revue de presse, on va démarrer par le journal Le Monde. Bien, bien, bien bien mon cher Rolland tout va bien et bien ça me fait plaisir. Bonjour Oise, bonjour à tous. Le Monde, l’Iran et les États-Unis annoncent un accord pour arrêter la guerre au Moyen-Orient avant une seconde phase de négociation sur les sujets qui fâchent. C’est donc une des informations de la nuit, une autre étant les neuf morts dans les bombardements russes à Kiev et à Kharkiv. La cathédrale de la Dormition est en feu dans la capitale ukrainienne. Le G7 d’Évian on y reviendra, plus de 6 milliards de poissons de crustacés et de méduses, victimes des centrales nucléaires françaises, non pas par siècle, non par décennie, mais chaque année, près de six milliards de poiscailles de crustacés et de méduses, victimes de notre tout tout nucléaire. Les Suisses, ah les Suisses ! Les merveilleux Suisses et bien ils ont rejeté l’initiative d’extrême-droite qui visait à limiter la population du pays. C'était le dernier avatar des propositions racistes de l’extrême droite suisse. Ça a été blackboulé et bravo les Suisses qui ont fort à faire avec le G7 à Évian et les dirigeants qui transitent par le petit aéroport de Genève. Et je voulais également vous évoquer cette tribune, c’est marrant parce que j’ai un tout petit truc, bon c'était pas très grave, j’avais un petit truc bizarre sous les yeux, mais ça devrait aller, voilà. Timorophile, je te répondrai sur la Bollo night. Je continue : Le Monde, mort de Lyhanna Les solutions proposées par Gérald Darmanin ne sont pas à la hauteur du moment. C’est un collectif de représentants du Syndicat de la Magistrature qui regrette dans une tribune publiée par Le Monde que le garde des Sceaux désigne à la hâte des responsables alors que les défaillances dont souffre la justice pour prendre en charge les violences sexuelles sur les enfants sont connues de longue date. Alors, tout à l’heure, nous allons justement recevoir une députée PS en l’occurrence Céline Thiébault-Martinez qui avait déposé en décembre dernier une loi cadre, une loi intégrale concernant les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Et cette loi avait été mise au placard, elle ressort, elle sera discutée au mois de juillet. Et cette tribune du syndicat de la magistrature est, comme toujours avec le syndicat de la magistrature, frappé du bon sens. Ça me fait penser à Jordan Bardella, que j’ai vu hier sur BFM, et quand il parle du syndicat de la magistrature, il ressort toujours le même truc du mur des cons qu’avait affiché le syndicat de la magistrature dans un de ses couloirs il y a maintenant, je crois, une quinzaine d’années, ça date un peu quand même. Alors, qu’est-ce que j’ai pensé de la Bollo Night ? C’est surtout à vous de vous dire,alors, moi j'étais très heureux d’animer cette soirée la semaine dernière avec une dizaine d’invités du monde du cinéma, du monde de l'édition, du monde des médias. C'était en direct, on avait pas mal de monde. Sur en direct et en public, nous c’est toujours en direct mais là c'était en public moi j’aime beaucoup faire les émissions en public mais je vous cache pas que c' est beaucoup d'énergie beaucoup d’argent parce qu’il y a des frais techniques et qu’ensuite ce n’est pas évident que ça ça vous apporte à vous qui êtes à distance quelque chose. Donc vraiment, moi, je serais ravi d’avoir votre retour là-dessus. Est-ce qu’on doit développer les émissions en public ou pas ? Alors, j’ai déjà une petite idée pour la rentrée. On a un rendez-vous mensuel en public qui se passera à Paris, mais pas uniquement. Je vous en dirai plus. Quand ce sera bien vissé, mais on va travailler là-dessus cet été, c’est autour de la campagne présidentielle. On travaille beaucoup là- dessus avec l'équipe, on réfléchit comment essayer d’apporter notre pierre à l'édifice de la gauche critique. Voilà, merci beaucoup le frérot, hello, c'était super intéressant ces trois plateaux, merci beaucoup, c'était super la Bollo Night, je n’arrête pas de la conseiller à tout le monde. Ah bah, ça fait plaisir. "Il serait intéressant de revenir sur les différents points de vue des invités, mais le format est top". Ah bah ça alors Rolland, ah bah là vous me faites super plaisir, parce que j’avais l’impression que c'était un peu passé inaperçu dans la commune. Alors pas dans le monde du cinéma et pas dans l'édition, ça j’ai eu pas mal de retours, mais c’est super. Ah bah écoutez, alors là c' est top, top top top, ah ben ça je suis bien content. L’Humanité, revue de presse du matin. L’Humanité, affaire Lyhanna, comment Emmanuel Macron et Gérald Darmanin ont laissé s’aggraver la pénurie de magistrats dans la justice française. Et il y a également la prime de 500 000 euros par joueur en cas de victoire des Bleus. Il fallait qu’ils trouvent un accord avant leur départ pour les Etats-Unis, c’est chose faite. Les joueurs de l'équipe de France ont fini par trouver cet accord avec la fédération pour un montant progressif légèrement supérieur à celui de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. 500 000 boules par joueur. Il y a un livre sur le football et la gauche qui est sorti chez Libertalia. Je me demande si je ne vais pas inviter son auteur. Perpignan ? C'était super, absolument. Merci beaucoup, la belle Hélène. Mediapart, avec un nouveau podcast de la brillante Pascale Pascariello. Pourquoi pas moi ? Un policier raconte sa corruption par des narcos trafiquants pour, sur un fil, une nouvelle série de podcasts. Mediapart a recueilli le témoignage rare d’un policier, Laurent, qui fournit depuis des années des informations secrètes à des trafiquants de drogue, moyennant finances. Il explique comment et pourquoi il en est arrivé là, en s’arrangeant avec sa conscience. Je vous propose d'écouter peut-être les deux premières minutes de ce podcast de Pascale Pascariello qui fut longtemps une magnifique journaliste à France Culture. Autant vous dire que les podcasts, elle connaît. J’enlève la musique qui n’est pas d’elle.
La légalité, c’est une notion qui est floue, c’est-à-dire que c' est une ligne, mais qui des fois prend des virages à 90 degrés presque. Parce que quand vous gagnez un salaire de policier de 2200 euros par mois, grosso modo, et quand vous proposez 5000, 6000, 10 000, ça donne à réfléchir. Et c’est vrai que l’adaptation est grande d' enfreindre certaines lois.
Sur un fil, un podcast de Mediapart. C’est la voix de Pascale Pascariello.
Les propositions qu’on pouvait me faire peut-être à van, je devais plus les accepter qu’au début de ma carrière. Des propositions d'échelle de renseignement contre de l’argent, on va pas se mentir, voilà. Qui vient d'être africain, qui vous demande « Est-ce que j’ai une fuite de recherche ? » Par exemple, dans les termes légaux, c’est des accroches actives ou passives, mais pour moi, c’est pas ça. Pour moi, ce n’est rien de service. Moi, je risque tout à même de me faire virer, d’aller en prison et pour me policer, c’est pas la voie normale, quoi. Tu l’auras pris en garde à vue et il s’en va au studio. Ah, ils veulent mettre la pression, mais non, c’est toujours bye-bye. Laurent, un policier au service des narcotrafiquants, épisode 1.
Voilà, je vous laisse découvrir ce podcast qui est en accès libre sur Mediapart. Malti nous dit, j’ai commencé à l'écouter hier, mais c’est dur d’entendre un policier se plaindre de ne gagner que 2200 euros et 1800 il y a 25 ans. Ce n’est pas non plus des salaires de dingue. Les officiers, c' est plus. Mais c’est vrai que dans la fonction publique, ce n’est pas moins bien payé non plus. Retour sur la Bollo Night dans le tchat, c’est le frérou qui nous dit sur la présence du public effectivement ça n’a pas une importance capitale. Après j’imagine que pour les gens sur place c' est chouette d'être là en physique, le frérou oui, je pense que ça crée aussi quand même une forme d'émulation quand on est sur scène. Mais voilà, je ne sais pas comment mieux intégrer le public dans notre flux de chat, de communauté. Voilà, on réfléchit à ça. Je n’arrête pas de la conseiller, la Bollo Night à tout le monde, merci beaucoup à Tigreux, merci beaucoup. Mediapart. Libération. Donald Trump s’offre un accord avec l’Iran le jour de ses 80 balais. Baccalauréat et vague de chaleur, le ministre de l'Éducation nationale bricole sur les horaires et sur les retraites, Le Pen fixe la ligne et renvoie Bardella Jordan à son statut de second. Alors à propos de Jordan Bardella, j’ai poussé ma conscience professionnelle à l'écouter hier quand il était sur LCI. Et c'était assez saisissant de l'écouter trois quarts d’heure, car à peu près toutes les sept minutes, quel que soit le sujet, il revenait toujours sur les mêmes trucs, comme une machine sans fin, comme quelqu’un qui a tout à fait intégré la grammaire des infos en continu, c’est-à-dire que peu de gens regardent en continu justement, et donc il était vraiment comme un ventriloque à plonger dans ses notes. Jusqu’au moment où Alice Darfeuille, la journaliste de LCI, lui a posé des questions sur sa présence au Grand Prix de Formule 1 de Monaco. Et là, le mec a bafouillé et le pire, ça faisait presque peine. C’est qu’il a regardé ses notes pour savoir ce qu’il devait répondre. Je vous assure, regardez le truc, c’est dément. Enfin, voilà, Jordan Bardella dans ses œuvres. France Info, guerre au Moyen-Orient, un accord de paix a été conclu entre les États-Unis et l’Iran, annonce Trump et les médiateurs pakistanais. C’est la une de France Info qui revient sur le BAC, qui va se passer dans la grande chaleur cette semaine. Politis, 1936, année globale, qui revient donc sur un certain nombre d’ouvrages qui commémorent la grande année de 1936. On avait eu aussi une émission. Mathilde Larrère avait fait une émission il y a quelques jours du passé. Faisons table basse que je vous conseille vivement. Politis a son tour, fait sa une sur 1936 les débuts d’une première globalisation. Demande l’hebdomadaire avec une interview notamment de Ludivine Bantigny. Le Front Populaire fut d’abord une politisation collective du corps social, Bantigny qui sort elle aussi un ouvrage sur la 1936. Prince Bardella du peuple, excellent Galdian, excellent Prince Bardella du peuple. J’aime beaucoup cette expression, faut que je la garde en mémoire. Alors, Reporterre radiée du RSA, une maraîchère face à la traque des précaires menée dans le Finistère, le président du département du Finistère radie les bénéficiaires du RSA à tour de bras, comme d’autres paysans. Pour qui ce maigre revenu est crucial. Cécile a fait les frais de cette traque aux précaires. Le procès, un procès s’ouvre aujourd’hui même, c’est à lire dans Reporterre, le média de l'écologie. Contre-attaque. Contre attaque à la une. Haute Savoie des arrestations lors d’une action contre l’industrie de l’armement. 13 activistes violemment interpellés sur le site de l’entreprise Nicomatic complice de Thalès une entreprise sous traitant de Thalès qui fournit notamment des composants à l’Armée russe. C’est en Haute Savoie 13 activistes violemment arrêtés lors d’une action contre cette firme du complexe militaro-industriel, c'était dans la nuit du 12 au 13 juin, c’est-à-dire sur contre-attaque. StreetPress, je vous en parlerai tout à l’heure dans la revue de presse radio Poulaga sur les policiers spécifiquement à Lourdes. Le pèlerinage des policiers français pose des questions de laïcité. Et vous verrez les photos tout à leur, ça vaut son bénitier. Alors, hop ! Attendez, il faut que je réponde à notre invité de 8h30 qui est coincée dans le RER pour lui dire que tout va bien. Impeccable. On vous attendra si jamais. Hop, hop, hop. Et ouais, les joies du direct. Alors, alors, l’IA pour résoudre des call cases. Une piste pas si artificielle par le Média Les Jours, qui fête ses 10 ans. Alors que les affaires non résolues s’accumulent, le parquet de Nanterre travaille avec des outils vétustes, mais des logiciels prometteurs voient le jour. C’est une enquête publiée hier et signée Thierry Lévesque, c’est-à-dire dans Les Jours. Orient 21, nos copains d’Orient 21, en Egypte, tour de vis pour les syndicats et les travailleurs. Raphaël Kempf, avocat, bien connu de nos services, qui pose la question en France, un prisonnier palestinien a-t-il le droit d’offrir des bonbons ? C’est donc Orient 21 à lire sans modération. Vous savez qu’ils ont ici, avec Afrique 21, une émission mensuelle et nous sommes très très fiers de ça. La semaine prochaine, il y aura justement Michael Pauron, donc d’Afrique 21 qui va consacrer l'émission spécialement à la guerre oubliée au Soudan. Ce sera la semaine prochaine. Je suis sûr qu’Euryale a la date quelque part. Eh ben pas moi, voilà. Alternative économique à nouveau l’IA. À nouveau l’IA, c’est Nastasia Adjadji, bien connu de nos services également. L’IA est un outil pensé par des capitalistes, pour des capitalistes. C’est à lire une interview, à lire dans Alternatives Économiques. Bastamag, un article qui nous a été signalé par e-mail ce souci est des usagers, un fournisseur d’accès à internet citoyen veut reprendre SFR à la place de Bouygues, de Free et d’Orange. Alors, une information que vous n’avez pas dans cet article, c’est que si ce fournisseur d’accès qui propose une offre alternative à un euro, remporte le marché, figurez-vous qu’il s’engage à fournir la fibre au poste. C’est le mail que j’ai reçu ce matin. Bouygues et Free et Orange ont donc annoncé la semaine dernière un accord pour revendre et démanteler l’entreprise SFR. Il y avait pourtant une offre alternative et c’est donc celle-ci dont il est question dans l’article de Basta. Donc l’offre c'était un rachat commun à les grands groupes qui adorent la concurrence libre et non faussée, savent aussi très bien faire des accords, là c’est un accord à 20 milliards, ils ont dit, ensemble, Bouygues Free et Orange, allez hop, on met 20 milliards ensemble, on rachète SFR. Tac à tac, tac à tac alors, il y avait une offre de reprise et surprenante, elle a été émise par un fournisseur d’accès à Internet associatif basé en Ile-de-France, Franciliens, au pluriel Francilien.net présente son offre pour racheter son concurrent SFR pour l’ensemble qui nous correspond à la valorisation honnête de l’entreprise aujourd’hui, le montant de un euro. Franciliens.net existe depuis 2010 et compte aujourd’hui 200 membres adhérents dont environ la moitié sont abonnés aux offres d’accès à internet. Chez nous, les clients doivent être des adhérents parce que cela leur donne une voix au chapitre sur toutes les décisions précises. Daniel Volkoff-Pitrolo du bureau de l’association Franciliens.net. C’est à lire dans Bastamag et merci à Danielle qui m’avait envoyé un petit email vendredi pour me dire que voilà, il y avait eu cet article et elle me l’a signalé. Merci beaucoup. J’ai appris récemment que SFR veut dire Société Française de Radio Téléphone. C’est vrai ? Ah bah ça alors. Ce sera le 23 juin dit Euryale qui sait tout sur tout. Ce sera Afrique 21 sur le Soudan. Petit rappel, je vois beaucoup dans les dans les commentaires sur YouTube. Mais où est le lien ? etc. N’oubliez jamais que auposte est avant tout un média indépendant, autonome, alternatif, et c’est auposte.média. Tout est là, on y met du cœur. Chaque émission et sourcer chaque émission à ses références et ce que fait Euryale en post-production. Vous retrouvez absolument tout juste après les émissions sur le site auposte.media. Toutes les références de nos invités, des liens qui ont été donnés pendant l'émission, etc. Basta, on en vient à la fin : Radical Graffiti, notre compte BlueSky préféré qui partage des collages et des graphes, et bien voici celui d’hier. Sabotage, The War Machine, graphique mural vu à Sydney en Australie. Très beau, très simple, très efficace. Au moment où le G7 se réunit, je trouve que c’est une belle, une belle image. Alors, nous avons, je crois, notre invité qui est déjà là un petit peu en avance. Là, on sent quand même le gars qui travaille sur les pistes d’aéroport, il n’est pas là pour être en retard, quoi, le gars, et on le remercie d’ailleurs. Je vais juste voir si moi j’ai fait mon petit tour maintenant il y a la météo, il faut que je vous donne la météo, on est obligé de faire ça. On est obligé de faire, on va être obligé, de faire si je vous donnes pas la météo. Bon, donc vous savez, la météo, c’est ça. C’est donc la deuxième canicule avant l'été, très bien. Très bien, très bien. auposte ne fait pas le menu. auposte est désolé si on vous donne des mauvaises nouvelles qui ont l’air d'être bonnes ou des bonnes nouvelles qui ont l’air d’être mauvaises, mais enfin c’est assez catastrophique. Donc cet après-midi, voilà, on va aller dans les 30 degrés sur Bourges. On va aller à 32 sur Toulouse, 22 à Marseille, 21 à Lille, 19 à Brest, 28 à La Rochelle Et à Paris 29, avant les 39 annoncés je crois pour mercredi quelque chose comme ça. Voilà, alors je vais regarder si notre invité est bien là, est-ce que vous m’entendez ? Ah, il m’entend. Il a même dit salut David. Alors là, là, je peux vous dire que je peux vous dire qu’il m' entend bien. Attends, hop, hop. Caméra 2, caméra 2. Non, c’est pas celle-là. Caméra 3, voilà c’est Tayeb Khouira. Attention, trois, quatre, bonjour. Bonjour Tayeb, ça va bien, ça va bien ? Ben ça va très bien comme ça, on s’est jamais vu, mais on se suit toi. Bon, très bien, on s’est déjà vu t’inquiète pas.
Voilà, à plusieurs reprises, même, sur la co-organisation du meeting à Place de la République entre les deux tours.
Mais bien sûr ! Ah bah voilà ! Ah ben voilà, impeccable ! Alors bonjour, bonjour Tayeb,
On a travaillé ensemble pour te dire,
Oui, oui, oui ! Excuse-moi, excuse-moi ! Oh là là, c’est le bordel, tu sais, dans ma tête ! Alors je suis encore plus content de t’avoir invité, tu vois, c’est du copinage. On invite les copains sans savoir qui sont copains, avec qui on a déjà travaillé. Bon, bref, donc tu t’appelles Tayeb Khouira ? C’est bien ça ?
Exactement.
Tu es agent de piste à l’aéroport de Roissy à Paris, Charles de Gaulle. Oh, Charles de Gaulle, pardon, on dit pas… Non, là ça devrait aller. On dit pas Roissy on dit Charles de Gaulle. D’accord, très bien tu es porte-parole de sud aérien, c’est bon ?
Anciennement porte-parole de sud-aérien donc, jusqu’en 2024, porte- parole de sud-aérien jusqu' en 2024, ensuite j’ai intégré le secrétariat national de solidaires.
Et maintenant, tu es secrétaire national de Solidaires bon mes fiches sont à peu près à jour. Le 20 janvier 2024, tu es convoqué au commissariat du Blanc-Mesnil en région parisienne, tu es persuadé que le commissariat t’appelle pour une affaire de vol de carte bancaire dont tu as été victime, tu te rends au commissariat et là tu es approché et interrogé par des agents qui ne sont pas tout à fait du commissariat et qui n’en ont rien à faire de ton histoire de carte bancaire. Peux-tu nous raconter ? Et après on va dérouler jusqu'à l’actualité aujourd’hui même, pour toi concernant cette affaire que se passe-t-il le 20 janvier 2024 ?
Comme tu viens de le dire, je reçois un appel le 20 janvier un samedi soir, à 18h. C’est un numéro que je ne connais pas. Je n’ai pas répondu du premier coup, j’ai juste eu un appel manqué. Donc je rappelle 5 minutes plus tard sur ce numéro et là je tombe sur une personne qui se présente en tant que commissariat du Blanc-Mesnil Donc la personne au bout du fil demande de venir au commissariat parce qu’ils ont quelques questions à me poser. Dans ma tête, je n’imaginais pas l’affaire qui va en découler. Ça tombait par hasard et ma fille, on lui avait volé sa carte bancaire prépayée qui était à mon nom. Je me suis dit qu’ils ont dû trouver la personne avec cette carte bancaire et avec mon nom dessus. Sans hésiter, je leur propose de venir tout de suite et là on me dit non non, d’attendre une heure le temps que le commissaire arrive parce qu’il veut également m’interroger sur cette affaire donc du coup de 18h à 19h j’arrive là bas vers 19h au commissariat, là je rentre il y a une personne qui m’attend à l’accueil donc je me fais fouiller une première fois à l’accueil la personne qui m’attendait me demande de l’accompagner. Donc je monte avec eux au premier étage. Et là une deuxième personne m’attendait dans un bureau. Et là j’ai encore une autre pression, un autre interrogatoire plus approfondi. Et là on me demande de m’asseoir et on pose la première question qu’on me pose et vous savez pourquoi on vous a convoqué ce soir. Naïvement, moi je réponds oui, c’est par rapport à une carte bancaire volée, on me dit non monsieur, c’est une histoire plus grave. Ah bon ? Et là on me répond oui, on vous soupçonne sur votre lieu de travail de glorifier le Hamas et d’inciter vos collègues à tout faire exploser sur l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Déjà là je tombe des nues. Au début je pensais que c'était une blague, peut-être u malentendu. Après, on commence à me poser des questions, des questions insistantes surtout, notamment sur la façon dont je milite sur l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, mais aussi sur mon soutien à la Palestine, ce qui se passe à l'époque, ce qu’il se passe toujours d’ailleurs à Gaza. Mais aussi, on me pose la question, quelle mosquée je fréquente ? Est-ce que j’envoie de l’argent à l'étranger également ? Et moi je réponds naïvement oui, j’ai envoyé de l´argent il y a 2 semaines à ma mère qui est actuellement en vacances au Maroc. Et là on me dit non, on ne vous parle pas du Maroc, on vous parle du Proche-Orient. Et là je lui ai dit là vous vous foutez de ma gueule en fait. Déjà vous pouvez accéder à mes comptes et en plus de ça je suis un smicard, j´ai du mal à payer mon loyer, vous pensez que j´aurai les moyens de financer une association ou une organisation qu’elle soit française ou étrangère. Et du coup, ils insistaient quand même sur les questions, vous êtes sûr, vous n’avez pas peut-être tenu des propos involontairement, ça a été peut-être interprété autrement. On voyait que vraiment, ils insistaient ensuite, après encore, ils sont revenus sur la Palestine, avec qui vous manifestez, avec quelle organisation. Moi je leur ai dit, si vous avez un problème avec ces manifestations-là, convoquez aussi l’Union Syndicat Solidaire qui est le signataire des appels.Ils ont demandé à vérifier mon téléphone si il est portable et là ils m’ont dit que si vous n’avez rien à vous reprocher, vous pouvez nous montrer ce qu’il y a sur votre téléphone ils ont insisté, et là, à un moment donné, ce que je leur ai dit, moi je ne veux plus vous répondre. Maintenant je ne veux plus vous répondre, je préfère appeler mon avocat tant que l’avocat n’est pas présent. Et là ça va durer, au bout de deux heures là ils me disent non, mais vous n’avez pas besoin d’un avocat, si vous voulez partir vous pouvez partir, vous êtes libre. Donc voilà, je commence à ranger mes affaires, et je suis là, je m’en vais alors.
Donc en fait ce qui se passe, c’est qu’en te disant ça, ils t’expliquent que tu n’es pas en garde à vue alors que tout avait l’air d'être une garde à vue, c’est bien ça ?
Ah ouais carrément, la façon dont j’ai été fouillé, on m’a retiré mes affaires, c’est vraiment, tu avais l’impression, après je te cache pas, moi je n’ai jamais fait de garde à vue, donc je ne pouvais pas ni savoir si j'étais en garde à vue, parce qu’on n’a jamais énoncé mes droits en fait, et sur quel motif j’ai été convoqué donc je pouvais ne pas savoir, et tu verras pour la suite aussi ce qui a été bizarre, c’est qu’ils ne tapaient rien à l’ordinateur, ils avaient juste une feuille blanche et ils étaient en train d'écrire dessus. C’est un peu bizarre. C'était pour ça qu’avant de partir, je leur ai demandé de me donner un PV, je veux un PV, pourquoi j’ai été convoqué, sur quel motif, est-ce que vous me reprochez spécifiquement. Là, on a refusé de me le donner, on dit on ne vous donnera rien du tout. On ne vous donnera rien du tout et du coup, je dis au moins que je dépose plainte pour dénonciation calomnieuse. On m’a refusé aussi à cette demande.
Alors, Tayeb, tu es là aujourd’hui parce qu'à 10h, tu vas tenir une conférence de presse avec la Ligue des droits de l’homme pour expliquer pourquoi, on va en parler tranquillement tout à l’heure, mais c’est juste pour explique pourquoi on en parle aujourd’hui dans France Déter, c' est parce que tu vas porter plainte au tribunal administratif par rapport à tout ça. Je reviens dans l’ambiance du commissariat. Quand ils te disent que tu peux partir, tu leur demandes donc une sorte de souvenir, Un PV, quelque chose, quand même, pour ça, voilà. Il te donne rien et à ce moment-là tu comprends qu’il s’agit pas tout à fait de gars qui sont rattachés au commissariat, c’est bien ça ?
Exactement, mais j’avais pas encore, j’avais un doute en fait, mais c'était pas encore dans ma tête, c’est encore mitigé en fait où j’ai vraiment eu sensation qu’il y a eu un vrai problème, c’est en sortant du commissariat, je rentre dans ma voiture, donc premier réflexe, j’appelle mon avocate et je lui explique la situation, elle me demande de rappeler, de demander la nature de la convocation et de l’interrogatoire. Je rappelle immédiatement le numéro et là bizarrement le numéro a été désactivé, le numéro n’existe plus, il n'était plus attribué. Donc là, ça a commencé à être un peu bizarre, normalement comme il s’arrête, je ne pense pas qu’il annule le numéro. Du coup, ce qu’on a fait, c’est qu' on a porté plainte le lundi et l’avocate, honnêtement, il a eu un réflexe, dans la plainte, d'écrire aussi, quand elle a écrit au procureur, de demander la consignation des vidéos. Parce qu’en réalité, il n’y a rien qui prouve que j'étais bien convoqué dans ce commissariat là, à telle heure, tel jour. J’aurais pu passer pour un affabulateur, pour une histoire toute inventée, parce que ça, c’est honnêtement, même quand je racontais l’histoire, les gens, ils se disaient, oui, mais c' est impossible. On ne peut pas te convoquer pour te dire que tu vas commettre un attentat, on te relâche comme ça. Et c’est ce qui m’a sauvé en réalité, c'était vraiment les caméras. Et sur les caméras, on voit bien que je rentre à telle heure et que je sors à telle heure. Je suis resté à peu près deux heures dans le commissariat. Donc là, il fallait qu’ils justifient. Donc le procureur de la République, lui, ce qu’il a fait, il a saisi l’IGPN. L’IGPN, du coup, ils ont mené leur enquête au sein du commissariat du Blanc-Mesnil. Et là ils sont aperçus qu’en fait c'était pas la police nationale, c’est pas la Police du Commissariat, mais c’était la DGSI, c'étaient les renseignements intérieurs qu’ils m’avaient convoqué. Donc l’IGPN, ils ont été dessaisis de l’affaire, qu’il a dit au procureur il a saisi ensuite la DGSI alors je vous décris vite fait, c'était des agents de la DGSI qui enquêtent, des agents de la DGSI.
Voilà, c’est l’IGPN locale, on va dire.
C’est encore plus obscur, parce que là c’est vraiment des agents de la DGSI qui peuvent avoir les deux missions. Donc du coup, moi, ils se saisissent et là je reçois un appel au mois de juin des agents de la DGSI qui m’appellent pour me demander suite à votre plainte, on voudrait vous interroger. Donc là, premier reflet, bien sûr, envoyez-moi un mail qui confirme bien que c’est vous. Et par contre, je viendrai avec mon avocate, et là, au jour du rendez-vous, j’arrive avec mon avocate et là je me fais encore ces deux agents. Là, on voyait bien, quand j'étais russien, on voyais bien qu’ils avaient, en fait, ce n’est pas minimisé, mais surtout ils voulaient que je retire ma plainte. On voyait, bien, ils voulait me donner des explications pourquoi j’ai été convoqué, c'était dans l'égal, ce qu’il a fait. Moi, je leur ai dit, voilà, on m’a jamais donné mes droits. C'était une dame de la DGSI, elle me dit « Oui, monsieur, pour nous, c'était évident, vous n'étiez pas en garde à vue. » Elle me donne comme exemple, elle dit « C’est comme si je vous montre une banane et un steak, je vous demande où la banane, il est ou le steak, vous allez pouvoir choisir. » Donc c’est évident c’est clair. C’est ça qu’il y a des gens qui s’en déconnent. C'était clair pour nous que vous étiez pour le garde à vue. Ma réponse était « Madame, je vous ai dit que je n’ai jamais fait de garde à vue dans ma vie. Je vais vous poser la même question. Une personne qui n’a jamais vu ni de steak ni de banane et vous lui demandez de choisir entre les deux, il ne pourra pas choisir. Si vous ne lui dites pas où est la banane et le steak, ou s’il n’a jamais mangé de sa vie, c’est la même chose avec moi si on avait dû me donner mes droits dans le cadre de cet interrogatoire. Donc du coup, ils ont insisté. Et ce qu’elle m’a dit, une chose qu’est un peu marquante, c’est vraiment à la deuxième convocation, elle me dit, monsieur, vous savez, même nous, on n’a pas accès au dossier, on ne sait pas d’où ça vient. Le dossier est classé secret défense et ça doit être quelqu’un de très très bien placé et qui vous en veut. Et qui a quelqu’un de très très bien placé, parce que la demande vient de très haut. Voilà la réponse.
Alors, justement, le tchat demande, Bozotik, qui t’avait dénoncé dans cette histoire ? Parce qu’en fait, il y a un malentendu que tu n’as pas donné, et si j’ai lu les quelques articles qui ont été publiés à l'époque par Blast ou par Mediapart, c’est qu' en fait, tu aurais dit lors d’une réunion syndicale, il faut tout faire péter, mais qui est une expression imagée, et c'était ça qu’on t’aurait reproché. C’est ça ?
Non, non, c’est parce que tu vas voir la fin du truc, ce n’est pas ça qui m’a été reproché. Eux c’est ce qu’ils m’ont dit, parce que ça je ne l’ai jamais sorti déjà, c’est des trucs que je n’ai jamais dit. Parce que je leur ai dit qu’il y aurait une enquête interne, parce qu’on doit savoir que quand on travaille sur un aéroport, surtout on est badgé. Donc à l’intérieur même de l’aéroport, il y a un service de sûreté au moindre doute, on bloque le badge pour ne pas pouvoir accéder dans les zones ça n’a jamais été fait et même les services de sûreté à l’intérieur de Roissy ne sont pas informés de cette histoire. Même l’employeur n’est pas informé de cette histoire parce qu’il y a une enquête. On va interroger mes collègues, est-ce que vous l’avez entendu ? Ça n’a jamais fait. Et pour que même ceux qui nous regardent puissent avoir le fameux, leur histoire ne tient vraiment pas debout, c’est que quand on avait porté plainte, le procureur de la République a rejeté la plainte. Il a dit qu’il n’y avait rien d’anormal. Mais on s’y attendait, on n'était pas surpris. C'était une étape, il fallait passer par cette étape. Mais l’avantage qu’on a eu, c'était qu' on a pu récupérer le dossier. Et dans le dossiers, on a eu l’audition des agents de la DGSI. Et on a su pourquoi ils m’ont convoqué et dans leur déposition ils ont dit que le jour même ils ont eu une alerte sur un attentat imminent à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, sur un vol au départ de Roissy, c’est un attentat ils ont fait d’autres informations pour la journée qui indiquait que mon nom que c'était moi et que c'était le soir-même. Donc eux, ils ont pris la décision de me convoquer pour m'éloigner de l’aéroport, en fait, déjà d’une part, et d'écarter la menace terroriste. Donc on voit bien que ça ne tient pas debout on n’appelle pas quelqu’un qui doit commettre un attentat à 18 heures. En plus, ils ne m’ont pas eu au téléphone. C’est moi qui rappelle. Je leur dis, j’arrive. Ils me disent non, attendez une heure d’arrivée à 19 heures. J’espère que ces méthodes-là sont utilisées quand il y a une réelle menace. Honnêtement, on est dans la merde, je le dis clairement. Ça reste quand même un peu chaud. Et pourquoi ils ont utilisé cette excuse, ce prétexte ? Ce prétexte, c’est pour classer le dossier en secret défense. Parce que ce qu’ils m’avaient reproché au début, ils appelaient mes collègues à commettre des attentats, ça ne pouvait pas tenir debout s’il y avait une enquête. Parce qu'à aucun moment un salarié,aucun collègue n’a été interrogé.
Alors, toi tu vas, donc tu l’as dit, tu saisis le procureur, tu portes plainte, ta plainte va être classée sans suite, mais tu apprends, alors je ne sais plus si c’est la décision ou si c’est dans les dépositions des agents de la DGSI, que tu aurais été victime d’une erreur de criblage, entre guillemets. Et donc, qu’est-ce que ça signifie ? Ça veut dire que c'était quelqu’un d’autre qu’il voulait surveiller, sur lequel prendre des renseignements. Parce que là, on rappelle que tu es à ce moment-là délégué syndical et que les questions qui te sont posées sont des questions d’ordre politique. C’est à dire que là c’est une affaire de police politique. Faut quand même bien appeler les choses par leur nom ?
Non mais carrément, c’est carrément ça, il faut savoir que pendant cette période-là, il y a eu quand même pas mal de convocations pour apologie du terrorisme. On a eu Mathilde Panot, Anasse Kazib, Jean-Paul de Lescaut aussi, CGT du Nord, ça rentrait dans cette période là. Mais aussi, ce qu’il avait peur, on l’a vu aussi, c'était pendant l'été qui est arrivé juste après, il y avait eu les Jeux Olympiques. Il faut savoir que, pendant les réformes de retraite aussi, je faisais partie des syndicalistes qui ont été en tête sur les blocages de l’aéroport de Roissy Mon nom, automatiquement, sortait énormément. On voyait plus, c'était plus quelque chose de politique. En fait, ils voulaient aussi des informations, on le voit clairement, puisqu’ils insistaient sur des questions. Mais c'était vraiment, et c’est ce qui s’appelle une note blanche, vraiment ils voulaient l’information, aussi mettre des coups de pression aussi. Parce que ce que j’ai pas dit, j’oubliais de dire, c’est que moi à la fin de l’audition quand je suis sorti, je leur ai dit si vous me donnez rien, dans tous les cas, moi cette affaire, je vais la faire exploser. Et ce qu’ils me disent, sans jeu de mots.
Non, non, moi, j’ai apprécié le petit jeu de mots à 7h49 du matin.
Et ce qu’ils me disent, c’est « Monsieur, vous savez, vaut mieux rien dire, faites-vous discret, il y a des gens qui vous veulent du mal ». Donc on voyait bien, c’est un coup de pression, c´est pour me faire peur en fait.
Absolument.
Et récolter des informations, voilà.
Alors, la peur est si grande que tout à l’heure, à 10 heures, tu vas faire une conférence de presse avec la Ligue des droits de l’homme et donc ton syndicat solidaire pour expliquer le dépôt d’un recours devant le tribunal administratif visant à engager la responsabilité de l'État.
Exactement, c’est ça, c’est ça. Comme je disais, alors, nous savions que l’enquête, on savait que la plainte, elle sera rejetée par le procureur de la République. La première plainte qu’on avait déposée, c était pour détention arbitraire. Mais on savais que ça allait être rejeté, on ne l’avait pas, ce n'était pas 99 %. On savait qu’il était mort. Mais du coup, il fallait passer par cette étape là. Et là, avec le dossier qu' on a, ça reste quand même un dossier inédit parce qu’on n’a jamais eu une audition de la DGSI. Là, on a vraiment des éléments assez concrets. Je ne vais pas entrer dans les détails du dossier, mais le but, c’est vraiment déjà le but, c’est de dénoncer les méthodes utilisées par la DGSI pour récolter des informations et mettre aussi la pression sur des syndicalistes, mais aussi des militants associatifs. On voit bien qu’il y a vraiment un manquement aussi, c’est opaque en fait, leur méthode, on voit bien aussi qu' il y a un vide juridique là-dessus quand ça concerne la DGSI, puisque pour eux, voilà. Il y a quand même des limites aussi à leur moyen, on sait que des fois ça peut être utile quand il y a une vraie menace terroriste, où il y des vices qui sont allongées, mais là on voit bien, là ce que tu disais tout à l’heure, et je te rejoins parfaitement, on rentre plus dans la police politique qu’autre chose, puisque voilà, il n’y avait aucune menace au niveau de la sûreté en France. La seule menace qu’il y avait c'était de les faire chier, c’est tout, qu’on les fasse chier pendant les Jeux Olympiques. Mais aussi dedans, il y a aussi l’histoire du soutien de la Palestine qui rentre aussi en compte. Bien sûr. Il faut aussi demander quelle mosquée je fréquente, il y a de l’islamophobie là-dedans. Parce que moi je leur ai dit quand ils m’ont posé la question, je leur avais dit Mathilde Panot, est-ce que vous lui avez demandé quelle mosquée elle fréquente ? Je ne pense pas. Voilà, je m’appelle Tayeb Khouira, j’ai une tête qui n’est pas, on va dire…
C’est une belle tête.
On va me rattacher à ma supposée religion, c’est un cocktail de répression syndicale d’informations, c’est de la barbouzerie tout simplement.
Alors le tchat t’encourage, force à toi, dit Drogologue force à toi. Tu es pour moi un citoyen exemplaire, camarade. Voilà, il y a plusieurs messages. Tayeb, je vais être obligé de te saluer parce qu’il faut qu’on continue cette matinale, mais nous avons désormais une question rituelle que j’ai envie de te poser. Moi, Tayeb Khouira, président, qu’est ce que tu ferais ? C’est pour la présidentielle, quelle serait une mesure que tu voudrais voir appliquer ?
Moi je donnerai plus le pouvoir aux travailleurs et aux travailleuses avant tout et à eux de décider. Voilà, si je suis président, je redonnerai le pouvoir aux travailleurs et aux travailleuses.
Eh bien, merci Monsieur Président Travailleur, bravo justice pour toi, dit la fille aux chiens. Mais vous avez des pseudos ce matin, c’est quoi ? Tayeb Président, dit Bozotic, voilà. Merci de faire respecter l'État de droit, te dit J.A.J. Bonnet. camarade, te dit Neri, le poing en l’air, te dit Euryale. Voilà, merci beaucoup Tayeb, bonne journée à toi. Reprends des forces et je suis bien content de t’avoir retrouvé comme ça, voilà, en direct. Est-ce que tu penses qu’on va remettre le couvert à faire des meetings sur la place de la République ?
J’espère pas, parce que si on refait des meetings, c’est que ça va mal, quoi.
Absolument, au revoir Président, au revoir, à très bientôt, passe une bonne journée, bon courage à toi. Allez au revoir. Merci Tayeb, merci beaucoup. Voilà chers amis, il est 7h54, vous êtes sur France Déter c’est l’heure de Radiopolice, la revue de presse de la maison Poulaga.
Assurez-vous, madame Bourdelle c’est français, c’est la police française.
Ah, est-ce que vous avez eu le son ? Parce que moi je ne l’ai point eu. Avez-vous eu le son chers amis, si vous pouviez me dire ? Est-ce-que vous avez entendu ? C’est la police française ! Oui, vous l’avez eu ? Bon, super, super. Rapide revue de presse, Radiopolice avec la mort de Nahel, la cour de cassation, qui a annulé la requalification des faits en violence et qui rouvre la voie à un possible procès pour meurtre. C'était notamment une dépêche AFP du 12 juin, publiée par Le Monde. La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles n’a pas justifié sa décision de requalification à estimer vendredi la plus haute instance judiciaire française. On se souvient évidemment tous du 27 juin 2023, quand Florian M tue Nahel, 17 ans, d’une balle à bout portant, c’est filmé, une balle à bout-portant à travers le pare-brise lors d’un refus d’obtempérer à Nanterre. Ce que la Cour de cassation a décidé, c'était qu’elle a admis le pourvoi du parquet général qui contestait la requalification en violence, ayant entraîné la mort sans intention de la donner, puisque c'était ça la dernière décision qui a été faite. C’est à dire qu' un tir à bout-portant là ou là on veut pas tuer bon très bien ça c’est terminé elle juge que la cour d’appel n’a pas justifié sa décision d'écarter l’intention homicide elle relève que Florian M avait fait volontairement usage de son arme calibre 9 mm à courte distance en visant une zone vitale ayant nécessairement conscience du risque létal la cour de cassation a en revanche validé le non-lieu prononcé pour l’autre policier présent lors de l’intervention. L’affaire est donc renvoyée devant la Cour d’appel de Versailles, qui devra statuer de nouveau sur le chef pour lequel est renvoyé le policier Florent M. C’est-à-dire dans le Monde et un peu partout. Ah oui, c'était ça que je cherchais, ceci dit cette page allait pas mal soutenez au poste soutenez au poste on a besoin d’abonnés les abonnements commencent à deux euros vous êtes vous êtes 400 ce matin il faudrait qu’on soit au moins 500 avant avant la fin juin Abonnez-vous, soutenez-nous en vous abonnant sur le site. Ça vous permet d’avoir tout un tas d’avantages. Vous savez que auposte est en accès libre pour tous et pour toutes, les abonnés financent ceux qu’ils ne peuvent pas financer auposte. Donc les émissions sont toujours libres et disponibles. En revanche, quand on est abonné, on peut voter pour son émission préférée on reçoit une newsletter dédiée aux abonnés, il y a tout un tas de choses comme ça, abonnez-vous s’il vous plaît ! On en a besoin de vous ! Lourdes, le pèlerinage de policiers français pose des questions de laïcité. Et bien voilà, Bozotic je t’ai répondu. Alors, comment fait-on pour modifier le montant de son abonnement, nous dit le frérou. Alors, il faut que tu ailles sur ton compte, sur le site et là, tu peux changer de formule d’abonnement. StreetPress, 12 juin à Lourdes, le pèlerinage des policiers français pose des questions de laïcité. Pèlerinage militaire international c’est une institution à Lourdes. L'événement attire aussi des policiers français qui défilent en uniforme, s’affranchissant des règles de laïcité sur fond de chants fascistes d’une délégation croate. Lourdes, week-end de Pentecôte. Les différents uniformes défilant en masse dans les rues de la ville occitane, centre de pèlerinage catholique, s’y croisent des allemands, des italiens, des croates ou des gardes suisses du Vatican. Depuis la seconde guerre mondiale, ils sont des milliers à faire le pèlerinage militaire international, le PMI, fin mai. L'événement en est à sa 66e édition cette année, il a réuni 17 000 militaires de 40 nations selon les chiffres du sanctuaire. Mais au milieu des treillis, tout au long des nombreuses messes, cérémonies et festivités qui s'étendent jusqu’au dimanche soir, marchent également des policiers. Tous, eux aussi, dans leur plus bel uniforme. Trois jours durant, ces symboles de l’État se mêlent à ceux de l'église. Dans une compilation diffusée sur les réseaux sociaux par l’aumônerie catholique de la préfecture de police, de nombreux agents arborent ainsi sur leur uniforme un patch comme celui de la Préfecture doté en plus d’une croix chrétienne. Dans un mélange des genres similaires, des hommes en uniforme noir portent un dossard police décoré d’un ligne bleu, blanc, rouge, accompagné d’une inscription plus discrète aumônerie catholique PP pour Préfecture de Police. Le logo ressemble à s’y méprendre au dossard institutionnel, questionné sur la fonction précise de ces personnes l’aumônerie catholique nous a seulement invités à prendre contact avec le ministère de l’Intérieur. L’Ingonasse nous demande, c’est les gendarmes qui sont militaires. Alors en fait, non, depuis la fusion police-gendarmerie, les gendarmes n’obéissent plus au ministère de la Défense, mais au ministère de l’Intérieur. Donc ils ont, on va dire, un habitus militaire, mais ils sont maintenant rattachés au ministère de l’Intérieur, donc ils ne sont plus militaires au sens strict. Sur d’autres images, des agents d’une BAC ou de préfecture de police portent une bannière Saint-Martin, patron du commissariat aux armées de la police nationale, qui affiche également les images du Sacré-Cœur et le cœur immaculé de Marie. Une vidéo prise lors du pèlerinage de 2025 montre également une policière municipale en uniforme participant à une messe dans la basilique Notre-Dame du Rosaire. La mairie de Lourdes a indiqué reconnaître le cas, la personne a été informée, il lui a été précisé que le port de son uniforme prêtait à confusion avec leur propre police municipale. La hiérarchie n’est d’ailleurs pas en reste lors de la marche aux flambeaux qui clôture le fameux PMI, un commissaire divisionnaire et un commandant, eux aussi en tenue gradée, défilent parmi les gardiens de la paix. Pour ceux qui ont lâché leur petit déjeuner, vous pouvez tourner votre regard sur l'écran et voir donc des photos À droite la hiérarchie qui défile parmi les gardiens de la paix en tenue de gradé on marche sur la tête. « Dès lors que vous êtes en uniforme, vous pouvez être vu comme exerçant d’autorité de l'État », reconnaît Nicolas Cadène, ancien secrétaire général de l’Observatoire de la laïcité, jusqu'à sa suppression en 2021 par le ministre de l’Intérieur de l'époque, Gérald Darmanin. Alors là, StreetPress devrait préciser, le ministre du l’Intérieur et des cultes. C’est très important puisque la laïcité est en partie guidée ! Par le ministère de l’Intérieur. Beaucoup jouent cette marge d’appréciation pour se permettre une expression cultuelle qui, en temps normal, serait forcément prohibée. La question, c’est l’intention de l’administration de marquer une adhésion à un culte, celui qui vient d'être élu à la municipalité de Nîmes et qui est vice-président de sa métropole. Pour Nicolas Cadène, un événement comme ce pèlerinage doit être organisé par des associations ou aumôneries sans moyens alloués par l’État et sans contrainte d’y participer, donc en dehors du temps de service. Théoriquement, les policiers sont soumis dans l’exercice de leur fonction au principe de neutralité, comme tout agent de la fonction publique et le port de signes sur l’uniforme est formellement proscrit. Ils sont également soumis à un devoir de réserve, y compris hors service. Ce qui ne signifie pas l’effacement de la foi comme le pointe l’aumônerie catholique de la préfecture de police créée à la suite des attentats de 2015 sur le modèle des aumôneries des armées. Autre image où l’on voit donc sur l'écusson un patch plus exactement avec le logo de la Préfecture de Police de Paris doté, doté en supplément, pour le même prix d’une Croix chrétienne. C’est monstrueux c’est quand même dément ! Dans une publication Instagram destinée à rassurer les policiers sur les risques pour leur carrière à revendiquer leur religion, l’aumônerie rappelle que le code de déontologie garantit la liberté de conscience, un principe qui exige néanmoins une discrétion dans sa manifestation publique. Tout ces uniformes rappellent, écrit StreetPress, qu’en dehors du temps de service, la question de son port est reléguée au cas par cas par les autorités, qui interdit sauf autorisation donnée par le chef de service. Sollicité par StreetPress, le service communication de la police nationale défend le pèlerinage comme un événement officiel d’ampleur nationale. Il confirme que le port de l’uniforme en dehors du service n’est pas un droit personnel, et nécessite une autorisation ou au minimum l’inscription dans un dispositif validé par l’administration telle qu’une délégation officielle de la Police Nationale. Mais ne répond pas sur les symboles confessionnels repérés sur les tenues par StreetPress. Selon Nicolas Cadène, un irrespect de la laïcité peut davantage se juger, sur la base d’une différence de traitement entre les cultes. Comment réagirait l’administration si, par exemple, des policiers participaient en uniforme comme le pèlerinage de Jérusalem ou à celui de la Mecque ? Je pense qu’on aurait une autre appréciation, c’est évident anticipe Cadène Nicolas. StreetPress n’a identifié aucun événement confessionnel d’autres religions qui intègrent des policiers français en uniforme. Le Rassemblement International Militaire Protestant, dont l'édition 2026 se tiendra dans le Gard, est purement militaire. Les choses sont bien séparées, c’est le principe de la laïcité, défend pour sa part l’aumônerie orthodoxe de la préfecture de police. Ce dernier explique son rôle purement confessionnel, qui apporte un soutien psychologique et religieux aux forces de l’ordre. Celui qui a participé plusieurs fois au PMI, à titre privé, dit-il, se monte d’ailleurs surpris devant les photographies des policiers qu’il ne souhaite pas commenter. Côté gendarmerie qui célèbre chaque année, le patronage de la Sainte Geneviève, la justice, a déjà répondu. Saisi en 2019 par l’association pro laïcité, la libre pensée, le tribunal administratif de Nîmes a validé la participation de gendarmes durant le service et en uniforme de cérémonie à un office religieux dans une église. Mais seulement lorsque cette invitation présente un caractère facultatif et s’inscrit dans le cadre d’une manifestation annuelle, traditionnelle et festive, participant à la cohésion et à la représentation de l’institution. En 2025, le tribunal administratif de Lyon a considéré qu’une cérémonie similaire, organisée trois ans auparavant, violait le principe de laïcité en raison des moyens humains déployés. Le colonel du groupement avait mobilisé des effectifs pour assurer la sécurité de l'événement mais aussi son organisation à l’intérieur de l'église. Vous pourrez découvrir aussi dans StreetPress qu’il y a eu, dans cet événement religieux, des chants nazis qui ont été entonnés notamment par des croates. C’est à lire dans le merveilleux magazine qu’est StreetPress. Nous allons maintenant passer à la bande-annonce de la semaine. D’abord je vais quand même vous dire est-ce qu’ils ont la même chose pour les bouddhistes ? La suite de l'émission en replay, bonne journée à vous, n’hésite pas mon cher Rolland. Que dirait un protestant ? Ah, merci Daniel qui nous dit et un abonnement de plus, bravo à toute l'équipe au poste avec un cœur. Merci beaucoup Daniel. Voilà, on doit s’armer un tout petit peu de notre côté parce que à partir de septembre, ça va être la campagne. Et il va falloir qu’on mette les bouchées doubles. Et voilà, si on pouvait un petit peu étoffer l' équipe et déjà consolider ce qui existe déjà. Et bien ce serait précieux, on a vraiment besoin d’abonnés de votre côté. Je vais maintenant vous mettre la bande annonce de la semaine, et ensuite je vous parle du festival dans lequel ce film va être projeté. Le film c’est Fox Under a Pink Moon. Soraya filme tout avec son téléphone, les tentatives de fuite, la violence de son mari. C’est en Iran et elle s'échappe dans des extraordinaires dessins et sculptures sous l'étoile d’un petit renard. Cinq ans coincés en Iran, une mère qui attend en Autriche et ce courage stupéfiant qui traverse chaque image. Soraya Akalaghi et Mehrdad Oskouei, j’espère ne pas trop écorcher leurs noms. L’un des documentaristes iraniens les plus primés au monde, ont co-créé ce film où l’art est une question de survie. Je vous mets la bande-annonce, attention, elle arrive, la voici. Non mais attends, c’est pas ça, c’est pas le bon truc, là. Attends, je me disais, il y a un problème. C’est super, ça c’est super, c´est les Beastie Boys, mais c’est pas du tout le film. Qu’est-ce que c' est que ce brassard ? David Machin, reprends-toi. Attends voilà voilà voilà on y va hop c’est parti excusez-moi.
Bande annonce.
Pour vous éviter d’entendre le bruit de la machine à café, j’avais coupé le micro et je ne l’ai pas remis. Bon bref, voilà,merci beaucoup. Je recommence, je recommence. Le film, dans le tchat quelqu’un disait c’est incroyable et il est incroyable ce film va être projeté dimanche 28 juin à 20h30 au cinéma La Clef. Le cinéma la Clef vous savez c’est ce cinéma qui a réouvert qui été récupéré par une équipe militante. C’est un super cinéma, il y a deux salles avec un petit bar hyper sympa dans le cinquième arrondissement La Clef 28 juin à 20h30, ce sera dans le cadre d’un festival que nous aimons beaucoup, le Frida Film Festival, festival et rencontres itinéraires du film d’art, dont c’est la première édition cette année, du 27 au 29 juin. D’ailleurs, j’animerai un débat dans le cadre de ce festival autour du magnifique film, je vous en ai parlé la semaine dernière, Soundtrack to a coup d'état. J’aurai l’honneur d’interviewer Rick Chaubet, le monteur, le jeune monteur belge de ce film absolument éblouissant. Mais là, il s’agit d’un autre film éblouissant, Fox under a pink moon, un renard sous la lune rose. Voilà, j’espère que c’est bon, projection donc spéciale de ce film documentaire et d’animation multi primé dès sa sortie en novembre dernier à l’ITFA, Festival International du Documentaire d’Amsterdam où il a remporté le prix du meilleur long métrage international. Figurez-vous que la projection va se faire en présence des deux réalisateurs, le cinéaste iranien multi primé Mehrdad Oskouei et la co-réalisatrice et protagoniste afghane Soraya Akalaghi. La soirée se poursuivra à 22h avec un concert de musique persane et afghane par le compositeur du film Afshin Azizi et la chanteuse Mandana Karimi. Ça se passe à Paris le 28 juin à 20h30 à la Clé et figurez-vous que l’entrée est libre pour les aupostiennes et les aupostiens en fait pour tout le monde, mais là allez-y. Réservation hyper, hyper conseillée open bar Frida dès 18 heures. Les autres films de la deuxième soirée de Frida seront de Frida à Paris, Goodbye Horses, The Many Lives of Cui Lazarus et Nuit, Nuit Encore et Encore Nuit en Immersion Sonore de Clara Alloing et Noémie Ruben. Réservations sur le site frida.film. Vous allez sur frida.film, Euryale doit vous donner, j’imagine, déjà le lien. Hop, billetterie ! Si tout va bien, hop hop hop, entrée à prix libre. Voilà, j’ai dit que c'était gratos. Entrée à prix libre comme comme j’avais vu à Cajarc où j'étais samedi, il y avait un festival contre le photovoltaïque imposé par Total. Entrée libre est nécessaire voilà, n’hésitez pas à soutenir ce jeune festival que nous soutenons chaleureusement au poste. Le festival Frida. Frida Film Festival, festival itinérant du film d’art, c’est à Paris du 27 au 29 juin. Très bien, Olaven, qui à propos de problèmes techniques, dit c’est normal la bande annonce laisse sans voix. Et en fait, vous savez ce qu’il s’est passé, c’est que moi je lisais mes petites notes et je voyais que ça chauffait dans le tchat et je me disais ah c’est génial, les gens adorent la bande-annonce. Bah non, en fait vous aimiez la bande annonce, mais enfin vous étiez surtout là pour me dire il y a un problème de son. Voilà. Alors où est-ce qu’on peut voir le film si on ne peut pas aller au festival ? Alors je pense qu’il y a eu… Le film est tout récent, donc à mon avis pour l’instant on ne le voit que au cinéma. On a adoré aussi la bande-annonce. Timorofil nous dit que dans le festival, le film sur Michèle Firk vaut certainement le coup. Absolument, c'était le film de Jean-Gabriel Périot. Donc, voilà, vous pouvez aller sur le site du festival Frida et vous trouverez toute la programmation disponible. Qu’est-ce que j’ai d’autre ? J’ai la météo des luttes, ouais, on va avoir le temps, c’est bien, mais peut-être d’abord la météo du tchat, si vous le voulez bien, la météo du chat. Dites-nous quelle température il fait chez vous, ouvrez la fenêtre, racontez-nous. Racontez nous où vous êtes en poésie, dites-nous ce que vous humez en ouvrant la fenêtre, que vous voyez quel genre de nuages vous avez devant vous pendant que moi je télécharge la carte de la météo des luttes. Il fait chaud à Paris, nous dit Bozotic. Je vais chercher le temps que le tchat s’anime un petit peu. Je vais chercher la carte de la météo des luttes, voilà. Alors, chaud, chaud et beau à Paris, je ne vois plus rien, je viens de fermer les volets, il fait chaud dans le Maine-et-Loire, fraîcheur et soleil en Cévennes, mais la température va monter, on profite de la fraîcheur matinale avant la chaleur à Grenoble, bonjour à Toulouse, appartement traversant, il fait déjà trop chaud à l’est, il faut profiter de l’air fraîcheur à l’ouest, temps magnifique en Bourgogne du côté du Creusot. Nous dit l’Amouristan officiel, Draguignan, Var, Gros ciel, voilé, 22 degrés, nous dit la fille aux chiens. Frigide a Saint-Denis-de-la-Réunion ? Non ! Saint-Denis de la Réunion, il est là-bas. « Mer soleil et chaleur par la fenêtre » nous dit Fred Jitz. « Ici il fait beau et chaud » nous dis Erastode, mais qui ne nous dit pas où il est. « Chaud et beau » nous lit Klopp. Il est 10h22, ah ben oui c’est vrai, non non je suis bête, il n’y a pas tant de décalage que ça. À 7h il faisait chaud, à 8h les nuages sont arrivés, et là il pleuviote à Reims, nous dit Kyrou21. Attention, météo des luttes à venir.
Bella ciao Bella ciao Bella ciao ciao ciao
Alors on fait un petit peu vite ce matin,passe là désolé. Peut-être que vous l’entendez encore, mais c’est pas très grave. La météo des luttes que je vous ai préparée je vous la donne dans quelques instants. Tendance : la semaine conjuguée antimilitarisme aux portes de Paris, mobilisation décentralisée en province contre les violences sexuelles au Mans, pour les exilés à Rennes, les fiertés à Carcassonne, les bassines dans le Berry. À Villepinte, aujourd’hui même le plus grand salon d’armement du monde, Eurosatory ouvre ses portes jusqu’au 19 juin, au parc des expositions de Villepinte, la coalition guerre à la guerre, qui n’a pas pu se libérer et qui est en partance pour Villepinte et qui ne pouvait pas assumer malheureusement de duplex depuis le RER qui l’est mené là-bas, mais qu’importe, la coalition guerres à la guerre appelle à appeler ce week-end à une mobilisation, deux trois jours, qui continue donc aujourd’hui, manif, formation, rencontre et festivité. Pendant qu'à Évian, le G7 réunira les chefs d'État, leurs fournisseurs. En armes seront a Villepinte, profiteurs de guerre industrielle de la frontière militarisée, les entreprises de répression. La coalition entend leur barrer symboliquement le chemin, aujourd’hui, toute la journée. Il faut aller sur le site de Guerre à la guerre, Marie, si tu veux savoir comment les rejoindre. Dans la Sarthe, place de la préfecture, ce soir, rassemblement pour Lyhanna et toutes les autres, plus jamais ça. Il y a des rassemblements un petit peu partout en France sur le même sujet, évidemment, sur le mêmes thèmes. Et on va en parler justement dans quelques minutes avec cette députée PS qui avait mis au point un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles qui avait été un tout petit peu enterré et qui a été ressorti du placard qui sera discuté à l’Assemblée en juillet. On va parler avec elle de tout ça. Donc, au Mans ce soir à 18h, place de la préfecture, une mobilisation. Comme je vous le disais, il y en a un peu partout. Demain mardi à Toulouse, permanence de l’imprimerie du fond de la casse. Permanence d’impression militante à prix libre, le collectif propose un espace pour imprimer tracts, brochures, affiches et documents de débrouille, prix indicatif couvrant les frais réels, tonner, papier, électricité, réservés au contenu subversif, révolutionnaire et anti-autoritaire, pas de promotion d'événements à prix fixe. Voilà, ça c’est donc demain à l’imprimerie du fond de la casse. Rennes, mercredi 17 juin, 19h30, Grabuge, soirée de soutien aux personnes exilées. Soirée organisée par Utopia 56 et la CIMADE. C’est ici au programme DJ set, concert, exposition photo du centre de rétention administrative de Rennes-Saint-Jacques, dispositif de sensibilisation immersive, des bénévoles des deux associations seront présents pour échanger sur la situation des personnes exilées sur le territoire, entrée à prix libre. Toulouse, mercredi 19h au Chat Noir, 270 avenue du Muret, drag show anti-reps, show des artistes table officielle avec les interventions des prisonniers prisonnières queer Michael Kimball et Maja la soirée articule lutte LGBTIQ+ antiracisme d'état antifascisme internationalisme en opposition directe aux pink washing institutionnel auberge espagnole et boissons à prix libre ça se passe à Toulouse mercredi attendez je vérifie je vérifie où on est où on est notre invitée pour l’instant. Je n’ai pas de signes, mais bon, elle a dit qu’elle arriverait, elle sera en direct de l’Assemblée nationale normalement. Alors, à Lyon, samedi, impossible pour moi d’y être et c’est la raison par laquelle on a fait la Bollo Night, parce que je voulais vraiment faire quelque chose autour de l'édition. Mais on y est de tout cœur, c’est le salon du livre politique organisé par Nouvelle Résistance Lyon, samedi 20 juin. Rencontre autour des publications engagées, des maisons d'édition militantes et des luttes en cours. Format salon pour faire circuler les idées, les analyses et les outils. Ça se passe toute la journée de samedi et ça se passe à Lyon. Bordeaux, alors là c' est le 26 juin, Bordeaux, c’est le 26 juin. Concertina rencontre Estivale autour des enfermements. Chaque été, Concertina réunit des militants, des chercheurs et des personnes concernées pour réfléchir collectivement à la prison, à la rétention administrative, aux frontières. Une rencontre qui articule théorie et pratique dans un cadre festif et politique. Ça se passera le jeudi 26, donc c’est la semaine prochaine à Bordeaux. A Carcassonne, avec ce maire incroyable R.N. Bon bref, pride de Carcassonne, Marche des Fiertés, cortège festif, commémoratif, revendicatif depuis le portail des Jacobins, dispositif adapté pour les personnes à mobilité réduite, dont petit train. After Pride à 20h organisé par L' Accolade, association de Carcassonne. Alors que je vois que la technique qui est en train d’arriver à l’Assemblée nationale, je vois une image, enfin je vois pas l’image,j’entends que ça discute entre Théophile à la régie et notre invitée. Donc on va pouvoir dans quelques instants passer à l’interview. Sèvres, dans le Cher, dimanche 28 juin, Méga-Bassine, ni ici ni ailleurs, mobilisation contre les retenues d’eau industrielles dans le Berry, dans la continuité des luttes contre l’accaparement de l’eau agricole menée depuis Sainte-Soline. Voilà, merci,merci beaucoup à vous tous pour votre aide. Je vous rappelle que nous avons un formulaire et c’est vraiment idéal ce petit formulaire. Si vous voulez indiquer des festivités, des événements, des rencontres que vous organisez ou auxquelles vous allez assister, eh bien n’hésitez pas à le remplir. Alors attendez, pas de nouvelles, Théophile, je ne sais pas si tu peux me dire dans le tchat ou dans la glaudioapp ce qui se passe avec notre invitée. Donc je vous disais, on a un formulaire, vous pouvez directement remplir toutes les informations qui nous permettent de dresser cette petite carte des luttes. Parmi les idées qu’il y a autour de la campagne électorale, il y aurait cette idée de faire une émission développée autour de cette météo des luttes, pendant la campagne, de faire un peu une sorte de France Déter tous les jours, peut-être pas en matinale, mais peut- être le soir. Je ne sais pas si c’est vers là qu’il faut aller, mais en tout cas ça cogite. Si vous voulez cogiter avec nous, et bien n’hésitez pas à rejoindre le Discord. Je n’ai pas de nouvelles de notre invitée. Alors, je vois que Théophile est en train d’essayer de régler ça, moi je vais continuer. Je vais continuer, qu’est-ce que j’avais d’autre ? Je voulais vous parler de Doctorow, magnifique interview, Cory Doctorow, magnifique interview publiée dans Libération ce week-end. Alors que je vois que notre invitée arrive. Journaliste et écrivain canadien qui a inventé le concept de merdification des plateformes. C’est probablement un des plus beaux, un des meilleurs penseurs des questions numériques. Et il dénonce un surinvestissement dans le domaine de l’IA, ayant pour seul but de se défaire des travailleurs. Mais il renvoie aussi la critique usuelle, qui est faite notamment par les forces de gauche sur l’IA, en nous expliquant qu’il y a peut-être un coup à jouer. Donc c’est une interview qui a été publiée ce week-end dans Libération. Et je voulais vous lire peut-être un passage. Pendant que notre invité est en train d’arriver. Alors, qu’en est-il du deuxième levier de la critique qui examine les bases matérielles de la bulle de l’IA ? Cory Doctorow répond : la raison matérielle, c’est que ces entreprises sont présentées comme des entreprises à forte croissance. Imaginez Tesla et Ford. Ford fabrique des voitures depuis 100 ans. C’est une affaire qui ronronne. Il n’y a donc pas de surprise. Sa valorisation boursière a un ratio cours-bénéfice de 10 pour 1, ce qui signifie qu’elle est valorisée dix fois plus que le bénéfice qu’elle réalise. Tesla qui est vu comme une entreprise de croissance entre guillemets avait atteint un ratio cours bénéfice de 1000 pour 1 en 2020 c’est essentiel à comprendre. Cela explique pourquoi ces entreprises ont besoin d’avoir en permanence des perspectives de croissance. Il y a une dizaine d’années, Facebook, Google et YouTube ont vu leurs perspectives de croissance s'étioler parce qu’ils avaient saturé leurs marchés respectifs. Ils ont alors essayé de s’absorber les uns les autres. Facebook en misant sur la vidéo pour devenir YouTube, Google en misant sur le social pour devenir Facebook. Ça n’a pas marché. Alors, ils se sont mis à conquérir les nouveaux marchés des marchés imaginaires, les crypto-monnaies, les NFT, le Web 3.0. Ces promesses de nouveaux marchés ont été une succession de bides, mais heureusement pour eux, les investisseurs ont la mémoire d’un enfant de deux ans et ils oubliaient que chaque promesse était faite sur les ruines de la précédente. C’est ce qui explique pourquoi Mark Zuckerberg a sans remords perdu plus de 60 milliards de dollars avec le métavers. Certes, il aurait préféré que vous adoptiez le métavers, Mais la véritable raison de ce projet était plutôt de convaincre les investisseurs qu’il avait encore des perspectives de croissance. Tout ceci nous amène à une nouvelle vague de l’IA dans laquelle Zuckerberg s’apprête cette fois à investir. 300 milliards de dollars. Et je vois que notre invitée a réussi à se connecter magnifique. Attention, une petite seconde. Je vais vous mettre à l'écran. Dans une seconde, êtes-vous prête ? Alors bonjour je vous entends.
Oui, tu m’entends ?
Ah alors on a, moi je vous entends mais on a un sérieux décalage là.
Je ne sais pas quoi vous dire.
Mince, alors ça, ça ne m’est jamais arrivé, mince. Alors, est-ce que je peux vous demander de vous reconnecter exactement de la même manière ? Excusez-moi. Le reste est parfait, l’image est bonne, le son est bon, mais il y a un sacré décalage. Je suis désolé voilà donc l’interview de Cory Doctorow que je vous conseille vraiment de lire. Nous allons dans quelques instants discuter avec Thiébault-Martinez Céline députée PS de Seine-et-Marne. Alors pour l’instant, elle s’est reconnectée. Mais il n’y a pas d’image est-ce que vous m’entendez ? Moi, je vous entends très bien. Là, pour l’instant, on voit votre clavier.
J’essaie de tourner mon image, mais je n’y arrive pas, parce que je suis sur mon téléphone. Alors je vais retourner mon téléphone, vous allez me dire si vous voyez, si ça va pour vous.
Alors là vous êtes, on voit votre gorge, là on voit votre clavier, il faudrait monter un tout petit peu. Ça va aller, ça va aller.
Je sais pas pourquoi.
Mais je ne comprends pas, ah voilà, là c’est parfait.
En fait c’est la touche qui ne fonctionnait pas.
Enfin, bonjour Céline Thiébault-Martinez, vous êtes un petit peu en retard à cause du RER, mais c’est pas grave, merci beaucoup. Vous êtes à l’Assemblée nationale, c' est bien ça ?
Oui tout à fait, je suis à l’Assemblée, je viens d’arriver à mon bureau.
Très bien. Vous êtes député PS de Seine-et-Marne, le 2 décembre, vous avez fait une proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants. Cette proposition de loi porte le numéro 2169, vous la déposez le 2 décembre et puis, je voudrais pas être désobligeant mais tout le monde s’en fout un peu, et puis là, l’Assemblée s’est rappelée que vous aviez ce projet et ce projet de loi va être discuté en juillet. Est-ce que je présente mal les choses ?
Alors pas mal mais c’est pas tout à fait comme ça que les choses se sont passées. À la suite du dépôt du texte, on a officiellement déposé le texte fin novembre et il est enregistré sur le bureau de l’Assemblée le 2 décembre, d’où la date du 2 décembre. Il faut savoir que quand on a officiellement déposé le texte, donc c'était pour la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, donc c’est une journée qui se tient le 25 novembre. On a fait une conférence de presse où, dans un format un peu particulier, on a présenté l’ensemble du texte, je vais dire, à deux voix, c’est-à-dire avec les parlementaires qui ont préparé les différents articles et les associations qui nous avaient proposé la plateforme de proposition en novembre 2024. Après cette présentation, on a décidé avec les collègues de continuer le travail et on l’a fait de plusieurs manières, c' est-à dire en continuant à travailler sur les dispositions, parce que tout n'était pas dans le texte, mais aussi en prenant des rendez-vous avec des personnes qui comptent, en tout cas on a demandé rendez-vues à l'Élysée, on a demandé rendez-vois à Matignon, on a demande rendez-vos au président des assemblées, donc du Sénat de l’Assemblée nationale, donc depuis le mois de décembre, ça c’est le travail qu’on fait avec les collègues et on a rencontré un certain nombre de personnes ont été reçues à l'Élysée, on a rencontré quelques ministres, mais il est vrai que du côté du gouvernement, on avait demandé un rendez-vous à Sébastien Lecornu en janvier, ce rendez-vous ne s’est jamais tenu, puisqu’il a mis un petit peu de temps à nous répondre. Quand il nous a répondu en mars, il nous l’a renvoyé vers ses ministres. Alors que nous, nous lui parlions de loi intégrale il nous a répondu par la réponse habituelle qui est, chacun dans son couloir de nage, chacun dans son silo, allez voir le ministre en charge des violences du travail, allez voir la ministre de la Santé, allez voir le ministre qui est en charge de l'éducation nationale. Donc ça c'était la réponse qu’on avait et c’est le travail qu’on faisait. On essayait de continuer à pousser le texte, de le maintenir dans le débat politique, au moins dans le parlement, entre le parlement et le gouvernement. Et c’est vrai que l’affaire Lyhanna, dans tout le malheur qu’elle représente, tout le drame qu’est cette affaire, a été l’opportunité de remettre le texte un peu plus sur le devant de la scène.
Donc ce texte sera discuté finalement en juillet, c’est bien ça ?
Alors, non, en juillet, à partir du 15 juillet, ce qu’on va discuter, c’est le projet de loi sur la protection de l’enfance qui était déjà inscrit. Et donc le gouvernement, en l’occurrence Sébastien Lecornu, a fait déjà des propositions, donc toujours les mesures habituelles, a fait des proposions qui pourraient s’intégrer dans ce texte qui porte sur la protection de l´enfance. Alors, il faut bien faire attention à une chose. Ce texte, qui va être examiné le 15 juillet, ça n’est pas la loi intégrale. Quand on parle de protection de l’enfance, on ne parle pas de tous les enfants, on parle des enfants qui sont accompagnés par les services d’aide sociale à l’enfance. Donc ce sont des enfants, qui ont besoin tout de suite et rapidement, et c’est pour ça que le texte est inscrit, ce sont les enfants qui ont besoins qu’on modifie le cas dans lequel ils sont accompagnés, mais il faut faire attention, c' est bien sûr qu’il y a des sujets de violences, mais attention, ce n’est pas tous les sujets qui sont dans ce texte, ce n est pas que des violences et ce n’est pas tous des enfants qui sont concernés par ce texte. En fait, Sébastien Lecornu utilise ce véhicule législatif pour commencer à travailler le sujet mais nous ce que nous voulons c’est du temps parlementaire, c' est à dire une date à laquelle le texte sera inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale.
94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite en 2021, 160 000 enfants sont victimes de VSS par an en France, 160 mille, 271 mille femmes victimes de violences conjugales en 2023, plus 10 % en un an, 140 femmes tuées en 2024 parce qu’elles étaient des femmes. Dans votre texte, vous estimez que le coût pourrait être de 2,7 à 6 milliards d’euros. Là, je parle du coût financier, évidemment, en dehors du coût humain. Et la Civise, elle, aurait évalué à 9,7 milliards le coût du non-traitement des VSS sur enfants. Parce que parfois, il y a des gens qui ne s’intéressent qu’au pognon. Donc c’est quand même 9 milliards, c'était quasiment 10 milliards. Face à ça, vous, Céline Thiébault-Martinez, vous travaillez sur une loi dite intégrale. Déjà, est-ce que vous pouvez nous dire ce que c’est qu’une loi intégrale ?
Alors, une loi intégrale, c’est une loi qui traite un sujet de manière globale, en essayant d’aborder tous les aspects qui ne sont pas traités au moment où le texte est travaillé. Donc là, c’est le cas de la loi intégrale, il y a plusieurs thématiques qui sont traitées, plusieurs aspects de la vie qui sont traités dans ce texte, mais c' est aussi intégral dans le sens où les mesures qui sont contenues dans le texte vont de la prévention, c’est à dire de l’information pour les enfants jusqu'à l’accompagnement des victimes et à la sanction des auteurs. Donc en fait, avec la loi intégrale, la proposition de loi intégrale, on embrasse l’ensemble du sujet dans toutes ses dimensions.
C’est-à-dire que ce n’est pas ce que vous dénoncez dans le journal Les Jours, ça m’a donné l’idée de vous inviter, puisque vous avez fait une longue interview la semaine dernière chez eux, vous parlez de pointillisme législatif. Vous dites là il faut arrêter avec ça, il faut vraiment une loi cadre.
Oui, exactement. C’est-à-dire que notre point de départ en tant que parlementaire, c’est pas de dire qu’il ne se passe rien et qu’il n’y a pas eu des textes depuis 10 ans, depuis 20 ans des choses qui ont été faites, mais les chiffres que vous avez évoqués tout à l’heure, par exemple le nombre de classements sans suite, l’impunité des auteurs, ça montre que ces petites lois prises ici ou là, elles ne suffisent pas à faire système. Et malheureusement, aujourd’hui, les violences, elles font système dans notre société et elles provoquent énormément de victimes et elle provoque une impunité massive et ma conviction, et je pense que c’est partagé par les collègues qui ont signé le texte, c'était qu’on ne peut pas mettre en avant, on ne peut défendre une société de l'égalité tant qu’il y a une telle impunité en ce qui concerne les violences. C’est un point clé aujourd’hui et l’approche intégrale elle permet justement de se dire par exemple dans le traitement judiciaire des violences faites aux femmes et aux enfants, on crée un système qui va enfin lutter contre cette impunité et la proposition que nous avons formulée c’est celle de juridiction spécialisée sur le modèle espagnol. C’est à dire que depuis à partir du moment où une personne exprime le fait qu’elle a été victime d’une violence, d’un viol, d’une agression sexuelle, elle est prise en charge dans un cadre particulier avec des personnes qui sont formées à ça et dès lors que la personne va déposer plainte, l’ensemble de la chaîne, des personnes qui vont l’accompagner des institutions qui vont l’accompagner, elles sont dédiées au traitement de ces violences sexistes et sexuelles. Et ça, c’est très important, parce qu’on ne peut pas traiter devant la justice un viol, une agression sexuelle, comme on traite un vol de voiture. Ça n’est pas la même chose. Et c' est pour cette raison, par exemple, qu' on fait cette proposition de juridiction spécialisée qui est véritablement un changement de paradigme dans la manière d’aborder, sur le plan de la justice, les violences dans notre société.
Alors voilà, vous appelez de vos vœux la création d’un tribunal correctionnel spécialisé, donc d’une refonte complète, d' une certaine manière, de la chaîne judiciaire sur le modèle espagnol disiez-vous à l’instant. Je crois que vous aimeriez aussi qu’il y ait des juges dédiés aux VSS, c’est bien ça ?
Oui, tout à fait. Ça, ça va exactement dans la logique des juridictions spécialisées, dans l’idée d’une loi intégrale. Pourquoi on veut des magistrats spécialisés ? Parce que, comme je le disais juste avant, les violences sexistes et sexuelles, ça n’est pas n’importe quel contentieux. Quand vous avez des victimes qui, parce qu’elles viennent de vivre ce qu’elle ont vécu, ou parce qu’elles ont vécu ce qu’elle ont vécu un an, dix ans avant présente un traumatisme particulier, qui présente ce qu’on appelle du psychotrauma. Par exemple, ils sont dans un état de sidération. Ça ne peut s’appréhender que si on a été formé à traiter, à aborder la parole des victimes qui sont par exemple dans un état de sidérations. J’ai déjà repris l’exemple de la petite Shaïna Shaïna, 13 ans, victime d’un viol collectif. Sa maman l’emmène déposer plainte et très vite, Chaina est présentée à un médecin qui va donc faire des constatations pour dire ce qu’a vécu Shaïna véritablement à l’occasion de ce viol collectif. Et la médecine, sans remettre en cause sa capacité professionnelle, mais pour montrer à quel point ça peut avoir des impacts sur la victime, la médecine constate que Shaïna va se déshabiller dès qu’on va lui demander. Shaïna ne pleure pas au moment où elle est devant ce médecin. Et ce médecin va retracer ces différents éléments. Et ces éléments-là, ils vont ensuite être analysés devant le tribunal comme une sorte de consentement de la part de Shaïna parce qu’en fait, on a toujours en tête l’idée d’une victime idéale. Et la victime idéale, c’est celle qui se retrouve agressée dans un parking et qui se débat et qui essaie de faire ce qu’il faut, qui crie, qui pleure et qui va tout de suite au commissariat expliquer avec énormément d’expressions, de cris, de pleurs ce qu’elle a vécu. Sauf que on sait que ça n’est pas comme ça que ça se passe parce qu' il y a cette dimension psychotraumatique parce que quand on est victime d’une agression sexuelle on a un système de protection qui conduit notre cerveau à se mettre en off. Pour éviter que tout notre corps lâche et ça, ça ne s’improvise pas. Comprendre ces mécanismes-là, ça n’improvise pas. C’est la raison pour laquelle on souhaite aussi que les magistrats, et je le disais tout à l’heure, l’ensemble des intervenants de la chaîne qui accompagnent, qui recueillent la parole d’une victime, qui la suivent, mais aussi qui regardent quels ont été les agissements de l’auteur présumé, on souhaite que toutes ces personnes-là soient parfaitement formées aux questions des violences sexistes et sexuelles.
Alors, justement, il y a dans le tchat 93 qui vous demande qu’il quitte des policiers. Est-ce que là aussi, parce que là on a parlé de la chaîne judiciaire, mais il y aussi les policiers dont on sait qu’ils sont extrêmement mal formés à ça. Dans l’affaire Lyhanna, il y a des accusations qui ont été faites par une mère de famille qui avait porté plainte et qui s’est vue être menacée par des gendarmes en disant arrêtez d’insister, sinon on dépose une main courante contre vous, j’imagine que vous pensez aussi que les policiers doivent suivre une formation particulière et qu’il y ait à tout le moins des services spécialisés dans ces questions-là.
Oui, oui, tout à fait. Vraiment, c’est du moment que la personne, une personne exprime qu’elle a été victime de violence sexiste et sexuelle, tous les intervenants sont dédiés et formés à ça. C’est vraiment très important. Et ça pourrait, enfin, on verra ce que dit l’enquête dans l’affaire Lyhanna l' enquête interne, mais ça pourrait éviter ce genre de choses. Ça pourrait aussi éviter, par exemple, que des victimes, quand elles se présentent, on leur dise Revenez demain, parce que le collègue qui est formé à ça va d'être à sa maison. Et on sait très bien que les victimes, généralement, ne reviennent pas. La plupart des cas, elles ne reviennent jamais.
Alors vous avez, vous expliquez, si j’ai bien compris, que vous voulez quasiment une loi système face à une violence systémique. Or justement, la notion de systémisme est plutôt rejetée par un certain nombre d’hommes et de femmes politiques qui sont au pouvoir. Je pense par exemple à Gérald Darmanin qui parle plutôt de dysfonctionnement ici ou là, et avec des accusations, vous allez sur telle ou telle personnalité, vous vous dites non, non, il y a un problème. Et on doit le prendre de manière systémique, c’est ça ?
Oui, tout à fait. Parce que le cas de Lyhanna, et tout ce qu’il y a autour, vous avez évoqué tout à l’heure la maman de Rosa, etc. Tout ça, ça n’a rien d’exceptionnel. C’est quelque chose que je rencontre moi, par exemple, dans ma circonscription. Ce sont des témoignages que rencontrent mes collègues dans leur circonscriptions, c’est-à-dire des personnes qui sont allées déposer plainte, des femmes qui ont dit « J’ai été agressé par mon conjoint, mon ex-conjoint, il m’a violé, il a fait ceci, il l’a fait ça », elles ont déposé plainte et il ne se passe rien. Même chose pour des enfants victimes de viols ou d’agressions sexuelles. Le sujet dans lequel on est, c’est si on considère que c' est un dysfonctionnement, une affaire Lyhanna, il y en aura une autre demain, la semaine prochaine ou l’année prochaine. Quand on dit que c est systémique, c est parce qu’on a des chiffres que vous avez rappelés dans votre introduction, c es à dire cette impunité massive, mais également ce nombre de viol et d' agressions sexuelles qui sont énormes dans notre société. 160 000 enfants victimes chaque année, ça fait un enfant toutes les trois minutes. Je ne sais pas si on se rend bien compte de ce que ça signifie. Plus de 260 000 femmes victimes de violences sexuelles chaque année. C’est absolument considérable. Donc dire que c’est un dysfonctionnement, c'était une manière de se voyer la face ou au pire c’était de l’aveuglement. C'était nier totalement la réalité de la situation. Et je rappelle une chose, notre démarche en tant que parlementaire, qui je le souligne, est une démarche transpartisane, avec des gens du bloc central, des gens qui sont communistes, des gens écolos. On a vraiment un certain nombre de formations politiques qui sont représentées dans le texte. Pourquoi on arrive à faire cette démarche transpartisane ? Parce que nous partageons ce constat qu’il faut changer les choses de manière systémique. Et l’autre point très important c’est que ce constat, nos propositions, s’appuient sur un travail qui a été fait par les associations préalablement. La coalition des associations qui, en 2024, présente cette demande de loi intégrale, puisque l’idée vient des associations féministes et enfantistes, moi je me rappelle que dans cet écosystème-là, qui nous interpelle et qui nous demande de travailler sur le sujet, il y a quasiment toutes les associations féministes et enfantistes. Ce n’est pas un assaut qui fait son plaidoyer. Ce n’est pas deux parlementaires qui prennent un sujet. On a depuis le départ un constat qui repose sur le travail des associations, de terrain, des associations qui font du plaidoyer, qui préparent un texte, qui le proposent à des parlementaires, qui de manière transpartisane font le choix de le porter. On est dans quelque chose d’assez puissant, je pense, d’un point de vue politique et en termes de plaidoyer.
Alors, je voudrais qu’on revienne à la loi, mais quand même, je suis obligé de rebondir. Vous dites transpartisan, transpartisans comme transpartisanes comme démarches. Bon, il se trouve que, bien évidemment, vous n’avez pas associé votre texte à l’extrême droite. L’extrême droite n’est pas là. Mais il se trouve aussi qu’alors qu’il y avait eu des discussions avec le groupe Insoumis, le groupe Insoumis ne co-signe pas cette proposition de loi. Alors dans le tchat évidemment il est beaucoup question parce que c’est toujours très chaud ici sur la question des insoumis du PS et du machin. Moi je voudrais qu’on revienne à la loi parce que vous avez des propositions qui sont très très fortes mais quand même là il y a un truc à lever. Pourquoi LFI n’est pas dans le coup selon vous ?
En fait, il faut leur demander, je ne veux pas répondre à leur place. Ce qui est certain, c’est que quand moi je lance la coalition transpartisane, on a identifié dans les propositions des associations tout ce qui relève du législatif. Je propose à mes collègues de venir à une réunion pour qu’on discute des propositions. Quand je parle de mes collègues, je parle de tous les parlementaires, sauf les ciotistes et sauf ceux du Rassemblement national. On a fait je pense une ou deux, peut-être trois réunions où il y avait des collègues de LFI qui étaient présents et en fait ensuite ils ne sont plus venus et finalement ils n’ont pas souhaité signer le texte. Ils n’ont pas signé le texte. Moi je ne peux pas répondre à leur place.
Bien sûr, on leur demandera.
Mais en tout cas, ils auraient pu s’accorder à ce genre de démarche. Il n’y avait pas d’exclusif de ce point de vue-là.
Je reviens à votre proposition de loi. Il y a des choses qui vont dans le sens de ce que vous annonciez tout à l’heure, notamment un socle d’actes d’enquêtes obligatoires dès le dépôt de plainte avec saisie immédiate du téléphone du suspect sans délai de convocation. Je pense que ça, ça n’amène pas beaucoup de commentaires. Mais alors vous vous proposez aussi, et là, je suis un petit peu plus surpris, fin des alternatives aux poursuites pour auteurs de VSS, plus de rappels à la loi, plus de médiation plus de classement négocié, c’est-à-dire que vous pensez que seule la punition peut être réparatrice et peut modifier le système ?
Je pense qu’on est un tournant, c’est-à-dire que quand on dit « c' est une loi intégrale », ça veut dire qu’il y a un vrai engagement de la société contre les violences. Est-ce qu' on peut considérer qu' une peine de prison par exemple est négociable ou que des modalités de traitement, d’une agression caractérisée, etc. Est- ce qu’on peut considérer que c’est négocier quand on parle de violence sexuelle sur une femme, quand on parle de violence sexuelle, sur un enfant, je rappelle que l'âge moyen des agressions sexuelles sur les enfants est en constante diminution, c’est à dire qu’il y a quelques années, on était à 13-14 ans en moyenne, maintenant on descend à des moyennes d'âge qui sont de 7 à 8 ans. On parle d’adultes qui font, qui ont des gestes, qui agressent sexuellement des enfants. Est-ce être puni pour ça ? Est-ce qu’on peut considérer que la punition, la sanction est négociable ? Je pense que la volonté des associations, est-ce que l’on veut marquer avec le texte, c’est les violences sexistes et sexuelles, ça n’est plus acceptable. Ça n’est plus acceptable, donc c' est une position. On aura le débat, j’imagine, en tout cas je l’espère, avec les collègues à l’Assemblée nationale, mais ça me semble cohérent au regard de l’urgence au regard de l’ampleur de ces violences et encore une fois au regard de l' impunité.
Vous proposez également l’entretien individuel annuel pour chaque enfant dès la maternelle, y compris en instruction à domicile. Je trouve que c’est une très belle idée. Je ne suis pas d’accord avec ce que vous racontez sur la prison, mais on continue. Entretien individuel annuel pour chaque enfant dès la maternelle, c' est-à-dire pour détecter, voilà qui pourrait faire ça ? Comment ça se passerait ? Dans quel cadre ?
Alors la proposition telle qu’elle est faite, on est sur un entretien qui se passerait dans le cadre scolaire.
Scolaire, ouais.
Donc il existe déjà dans le cadre scolaire des entretiens, des questionnaires qui sont passés aux enfants. Donc on est plutôt là-dessus. Ça c’est une proposition qu’il faut discuter avec l’Éducation nationale et on espère qu’on trouvera les moyens de le faire. Édouard Jeffrey, lorsqu’on l’avait rencontré, nous a déjà attiré notre attention sur le fait que ça représentait beaucoup beaucoup de temps pour le personnel de l'éducation nationale. Ce qui est certain, c’est que si on veut faire de la prévention, il faut prévoir d’une façon ou d’une autre un temps où un enfant est en capacité d’exprimer des violences qu’il subit. Ça veut dire qu' il sait de quoi il parle, ça veut dire que l’on lui a expliqué ce que c'était qu’une violence et comment. Il a un cadre de confiance où il peut dire voilà j’ai été victime de violences.
Alors vous proposez également l’aide juridictionnelle sans conditions de ressources pour toutes les victimes d’agressions sexuelles. Vous suggérez l’interdiction systématique d’exercer avec des mineurs pour toute personne condamnée pour VSS, qu’elle soit rémunérée ou bénévole. Je pense que c’est tellement clair que ça n’amène pas de commentaires, sauf si vous voulez en faire évidemment. Vous proposez une extension de la prescription glissante à toutes les violences sexuelles sur majeurs. C’est-à-dire qu’un nouveau crime commis par un homme, 99 %, par l’auteur, voilà, 99 % c’est un mec, un nouveau crime,on remet le compteur à zéro.
Oui, pour les autres victimes.
Pour les autres victimes. Alors, ce n’est pas l’imprescriptibilité, je ne sais plus comment on dit. Voilà, qu’appelle de ses vœux, par exemple l’extrême droite, mais c’est quand même une façon d’aller là. Et ça, ça répond probablement à ce que vous disiez tout à l’heure, c'était à dire ce réflexe de traumatisme, ce qui fait qu’on bloque, qu’on n’ose pas témoigner, qu' on met du temps, etc. C’est à ça que vous voulez répondre, c'était de laisser du temps aux victimes ?
C’est pas tant de laisser du temps aux victimes, c’est que les expériences montrent, et par exemple les travaux de la Civise sont pas mal revenus là-dessus, les expériences montrent que avoir été victime de violences, c'était pas quelque chose qu’on garde consciemment en tête, mais qu’il peut arriver tout à un certain temps, dans des conditions particulières, à la suite d’un travail, que cela resurgisse. Vous avez sans doute lu le livre de Flavie Flament qui explique très bien ça. Flavie Flament qui a subi une amnésie traumatique et qui peu de temps, comment, alors c'était juste avant ou juste après le délai de prescription s’est souvenu de ce qu’elle avait vécu, de ce que lui avait fait vivre le photographe Hamilton. L’idée avec cette prescription glissante c’est de permettre à des victimes qui n’auraient pas, qui n’aurait pas eu la résurgence de ses souvenirs de pouvoir quand même faire l’action. Alors là-dessus, je dois préciser un point aussi, parce que vous avez évoqué l’imprescriptibilité. Oui aujourd’hui, les associations féministes et enfantistes sont favorables à une imprescriptibilité des violences sexistes et sexuelles exercées sur les femmes et les enfants. Nous-mêmes, enfin, entre députés, lorsque nous avons préparé cette proposition de loi, nous avons eu ce débat et c’est un débat qui n'était pas mûr, je pense, au moment où on l’a eu, ce qui a conduit à insérer dans nos propositions de loi la prescription glissante. Je pense que ce sujet-là va revenir indépendamment de la proposition de loi intégrale, puisque Gérald Darmanin l’a évoqué, mais également Sébastien Lecornu. Et je crois comprendre, mais ça reste à confirmer. Que peut-être ça rentrerait dans le texte qu’on examinera à partir du 15 juillet sur la protection de l’enfance, ou peut-être ça pourrait faire l’objet d’un autre texte dédié spécifiquement à l’imprescriptibilité.
Il y a également la proposition de la suppression d’un vieux machin, le devoir conjugal.
Alors ça y est, on l’a supprimé déjà. En fait, depuis le dépôt de la loi, depuis la proposition, il a été supprimé.
Vous pouvez me rappeler ce que c'était que le devoir conjugal ? Ah oui, et depuis quand il est supprimé ? Moi je pensais que c'était supprimé depuis très longtemps.
Le devoir conjugal, c’est une construction de la jurisprudence, imposé à un couple, et donc généralement à une femme, d’accepter, de ne rien trouver à redire quand son conjoint souhaitait avoir des relations sexuelles avec elle.
C'était du viol légalisé, nous dit Sociojolicol.
Voilà, c’est ça. C’est une manière de voir les choses tout à fait.
Et donc Euryale notre modératrice en chef, me dit que c'était il y a quelques semaines que le devoir conjugal a été supprimé. Mon rire n'était pas sur le devoir conjugal, il était sur le terme. Voilà, c’est complètement aberrant. Comme, heureusement, on ne dit plus crime passionnel maintenant, vous voyez ? Ce genre de truc quoi.
Ce genre de petite formule malheureuse qui laisse penser que tout cela est parfaitement autorisé, même si la loi l’interdit.
28 janvier 2026 fin du devoir conjugal voilà les gars vous avez entendu c’est terminé voilà
Et la France a été condamnée il y a quelques mois par la Cour européenne des droits de l’Homme parce qu’il y avait encore eu une décision en appel, je crois que c'était la cour d’appel de Versailles, je ne sais pas s’il m’a dit cette Cour d’appel, mais il y avait eu récemment, enfin il y a eu quelques années une décision qui revenait sur cette histoire de devoir conjugal et la France à été condamnées par la cour européenne les droits de l’homme l'été dernier je crois.
Gérald Darmanin, et donc personnellement, on se fout de sa carrière politique, car la question n’est pas là, parce que là, il y a des papiers longs comme des jours sans pain pour expliquer que ses envies de carrière présidentielle sont un peu en délicatesse, mais ça, on s’en fout. En revanche, il a dit que 70 000 plaintes de VSS allez être ré-examinées, sans donner ni les moyens, ni les procédures, etc. Qu’est-ce que vous pensez de cette proposition ?
Je pense que c’est une proposition en tout cas, c' est une manière supplémentaire de mettre de la pression sur un système qui est déjà au bord de l’imposition et la question que je pose, enfin au-delà de l’annonce qui je pense est particulièrement maltraitante pour toutes les personnes qui travaillent sur les plaintes, là vraiment je suis sur la dimension santé au travail, au- delà de cette dimension maltraitantes, je ne comprends pas ce qu’on se dit il y a des plaintes qui sont en souffrance et on met des moyens pour que ces plaintes elles soient correctement examinées et rapidement examinés et donc on se fixe un objectif c’est à dire l’objectif c est faire de la bonne justice et donc là on le sait maintenant enfin je crois que tout le monde a compris j’espère que le gouvernement l’a compris on a un sujet de moyens parce que le nombre de plaintes déposées pour violences agressions sexuelles sexistes et sexuelles a explosé et les moyens n’ont pas suivi soit on fait une révision de ces plaintes parce qu’on veut, dans un délai raisonnable et avec des moyens suffisants, on veut qu’elles aboutissent, soit on est dans l’effet d’annonce. Le 15 juillet, la date limite qui a été donnée au magistrat, au procureur, c’est le 15 juillet. Qu’est-ce qu’ils auront fait les magistrats ? Qu’ont-ils eu le temps de faire ? On va prendre les 70 000 plaintes, ils vont dire, et bien celle-là elle n’est pas bonne, celle-la elle est bonne, celles-là je la garde, cella je ne la prends pas, Et puis on va avoir quoi ? 20 000, 30 000, 50 000 personnes qui vont recevoir un courrier peut-être dans deux ans qui va leur dire « votre plainte, elle a été classée sans suite à la demande du garde des sceaux ». Cet annonce en elle-même n’a pas de sens parce qu’on ne sait pas à quoi elle sert en réalité.
À part à essayer de sauver les meubles du soldat Darmanin. Ça, c’est évidemment la première chose. Emmanuel Macron a dit qu’il ne voulait pas entendre parler des moyens. Il a dit que ce n’est pas une question de moyens, ce qui s’est passé autour de l’affaire Lyhanna et par extension, tout ce qui se passe ou ne se passe pas autour des VSS. Et les services ont rappelé que le budget de la justice avait augmenté de 54 %, je crois, de mémoire, sous son mandat, réponse ?
Et bien la réponse c’est, on a fait quoi de cet argent ? Alors il est clair que depuis 10 ans on a augmenté le nombre de magistrats. Ça c'était, il y a des recrutements, il y a des augmentations de places aux concours. Ça c est factuel, c' est pas contestable. Mais dans le budget de la justice, on n’a pas simplement du personnel de justice. On a aussi par exemple la construction des prisons. Et avec ce budget par exemple, et cette augmentation de budget, on a beaucoup construit de places de prison. Donc c’est aussi à l’image de la politique menée par Emmanuel Macron depuis qu’il a été élu, à savoir une politique qui est d’abord une politique qui repose sur la sécurité, sur la sanction pénale et sur l’emprisonnement. Donc dire que le budget a augmenté, oui factuellement c’est vrai, mais qu’en a-t-on fait ? On n’a pas forcément lutté contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Et j’ajouterai un point, c' est que l’augmentation du nombre de plaintes déposées pour viol et agression sexuelle depuis MeToo et depuis les travaux de la Civise, a littéralement explosé. Les moyens n’ont pas été mis en conséquence pour traiter ces plaintes.
Est-ce que vous savez si l’augmentation de ces plaintes, ce sera peut-être ma dernière question, est liée au fait qu’il y a eu l’avènement MeToo, il y a la Civise, c’est-à-dire qu' il y a eu des espaces pour faire valoir la parole, est-ce-que ça signifie pour autant qu’ils y a plus d’agressions sexuelles, de viols qu’avant cette libération de la parole on va dire, ou libération d'écoute ?
Ça, je ne sais pas le dire, je peux pas répondre à cette question. Mais ce qui est certain, c’est que oui, il y a une libération de la parole. Et le fait d’avoir dit aux femmes et aux enfants, on vous écoute, alors le on vous croit, il est un petit peu plus compliqué parce que les victimes qui ont parlé savent que le on-vous-croit est beaucoup plus relatif. Je ne peux pas dire si oui ou non il y a une augmentation des violences, ça je ne peux pas le dire. Ce qui est certain c’est que les chiffres sur les féminicides en France, ils ne baissent pas. Là on a eu beaucoup de féminicides depuis le début de l’année, avec les associations féministes en tout cas quand j'échange avec elles, elles partagent mon inquiétude sur le nombre de féminicides qu’on pourrait avoir entre maintenant et la fin de l’année, c' est à dire, est-ce que nous allons avoir un nouveau record ? C’est une vraie question. Donc, je ne sais pas s’il y a plus ou moins de violences. En tout cas, ça ne baisse pas du côté des féminicides. Donc, on peut imaginer que ça ne baisse pas en termes de violences et puis, voilà, après, l’impunité reste ce qu’elle est. Quand on vous dit que vous n’avez pas le droit de rouler à 150 à l’heure, s' il n’y a jamais de radar, jamais de contrôle, vous roulez à 150 à l' heure, en fait, vous vous en fichez. Là, on vous dit qu’il ne faut pas exercer de violence sur vos enfants ni sur votre conjointe, mais en même temps, vous n'êtes jamais puni, donc pourquoi vous arrêterez si vous êtes quelqu’un qui exerce des violences ?
Le tchat relève une contradiction dans votre discours.
J’ai envie de répondre à quitter, je m’en vais pas.
Alors, le pseudo est étrange, pétasse, respectable, mais la question est très nette. Vous voulez qu’on traite les plaintes et qu’on punisse par de la prison, c’est ce que vous avez dit tout à l’heure, mais vous vous plaigniez que le budget de la justice soit plombé par la construction de places de prison. Donc c’est ça l’idée. C’est-à-dire que d’un côté vous dites : la seule solution c' est celle de la punition. Enfin voilà, il n’y a aucune négociation possible dans les VSS. Et dans le même temps vous dites le problème de la justice c’est qu’elle consacre trop d’argent finalement à la punition et pas assez à l’enquête, à l’investigation à l'écoute.
Oui, mais je n’ai pas dit que les places qu’on avait ouvertes, elles étaient réservées aux auteurs de violence. Donc, si vous écoutez Gérald Darmanin, il a quelques chiffres qui montrent qu' on a un peu plus mis en prison des auteurs de violence, ça, c’est vrai. Mais si vous allez regarder le rapport de la contrôle générale des lieux de privation de liberté, qui notamment s’inquiète de la surpopulation carcérale en France, vous allez comprendre qu’il y a des personnes qui sont mises en prison, on peut bien se demander pourquoi on les envoie en prison. Donc, enfin moi je ne vais pas rentrer dans ce débat en tant que tel, bien sûr qu’ils font de la sanction sur les auteurs, 1 % des auteurs de viols, 1 % des auteurs de VSS sont punis aujourd’hui. Donc après, oui, peut-être qu’il ne faut pas les mettre en prison, mais je crois qu’au contraire, oui à un moment donné, il faudra quand même qu’on y arrive. La question des prisons aujourd’hui, c’est le sujet c’est qui on met en prison ? Pour quelle raison ? Pour combien de temps et dans quelles conditions ? Donc, bien sûr, on a construit des prisons, mais pour quoi faire ? Et je ne pense pas que ces prisons, elles étaient construites pour protéger davantage les femmes et les enfants. Alors pas que mon discours soit contradictoire, si je peux me permettre.
Merci beaucoup Céline Thiébault-Martinez d’avoir pris le temps de vous connecter depuis votre bureau de l’Assemblée. Ultime question rituelle que nous posons maintenant depuis une semaine. Alors avec vous, c’est carrément évident parce que ça pourrait, on ne sait jamais. Moi, Céline Thiébault-Martinez, présidente ?
Non, non, après ça serait drôle, ça ferait une femme de plus, enfin il n’y en a pas beaucoup, il y en a à gauche mais pas à droite, mais non non non, j’ai d’autres chats à fouetter.
Mais si vous étiez présidente, quelle serait, peut-être que ça n’a pas de rapport avec notre discussion, mais quelle serait votre proposition ? Quelle serait ce que vous aimeriez activer, échanger ? Et on se terminera là-dessus.
Je pense que j’aurais des choses qui seraient structurées par le principe de l'égalité entre les femmes et les hommes. Là on a beaucoup parlé des violences, vous l’avez dit à un moment donné, 97 % des auteurs de violences sont des hommes. On aurait pu parler d'égalité salariale ou des inégalités salariales. Voilà, si on faisait le rattrapage des salaires des femmes, on n’aurait pas les mêmes sujets par exemple sur les familles monoparentales, sur la précarité des familles, des familles monoparentales. Je pense que oui, si j’avais des choses à dire, ce serait autour de cette question de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Merci beaucoup d’avoir pris d’abord mon invitation dans le week-end, d’y avoir répondu illico presto et d'être venue ce matin au poste et on va suivre de près vos travaux, parce qu'évidemment, c’est plus qu’essentiel tout ce que vous avez soulevé ce matin.
Merci beaucoup et merci à vos auditeurs.
Merci, merci beaucoup, à très bientôt, merci. Voilà, camarades, c’est bientôt la fin de… C’est la fin quoi, on est bien d’accord ? Il est quelle heure là ? 9H16 ? Oh la vache ! 9H 16, 9h 15. Hop, attends, une, deux, trois, quatre. Pourquoi j’ai plus les mêmes là ? Tac, voilà.
Alors lui, il est formidable. David Dufresne. Alors lui il est formidable. David Dufresne,
C’est le bordel, il est 9h16, chers amis, je crois qu’on peut se quitter, je voulais vous dire que mercredi nous serons avec Élisa Rojas, comment la loi sur la fin de vie inscrit la mort dans une logique capitaliste pour mourir tapez 1 ? C’est publié aux éditions du Détour, Élisa est très active sur les réseaux, c’est une avocate au bureau de Paris, militante féministe, et pour les droits des personnes handicapées elle a cofondé le collectif Lutte et handicaps pour l'égalité et l'émancipation, et elle viendra mercredi matin à 9 heures dans les studios d’auposte pour nous parler de ses combats, de son livre, à quelle heure, je ne sais plus, je crois que c’est à 8h, je sais plus 8h ou 9h, non 9h voilà, merci Euryale, c’est à 9h mercredi, formidable, merci, merci beaucoup à vous tous, on aura aussi d’autres émissions qui sont en gestation, en préparation. Ah oui, je pense que tu fais allusion à Pascal Praud, putain, je suis perdu. En préparation pour la semaine qui est suivante. Je voulais aussi vous parler de la revue de presse Antifa. On fera ça la semaine prochaine les convocations c’est fait. Je voudrais vous rappeler que nous avons besoin d’abonnés. Il faudrait au moins que vous soyez 500 à la fin du mois. Il nous manque une petite centaine d' abonnés. Ça démarre à partir de 2 euros tous les mois. 5, 10, vous faites comme vous voulez. Ça peut être des abonnements annuels, ça peut être des abonnement mensuels. On a absolument besoin de carburant pour pouvoir continuer. Voilà, merci beaucoup. Merci pour. Qu’est ce que je voulais dire ? Bah voilà, merci pour vos merci. Merci pour ce matin. Toujours aussi chouette. Bonne journée à tout le monde, nous dit Mr Coltrane. Merci, elle va pouvoir nous expliquer pourquoi la loi fin de vie est dangereuse. Alors vous savez qu’on a donné la parole à quelqu’un qui disait que ça n’allait pas assez loin, cette fois-ci on va donner la parole à Élisa qui considère que ça va beaucoup trop loin. Merci Nono, merci Sorcière, merci à vous tous, à vous toutes. N’hésitez pas à nous suivre sur tous les canaux possibles et inimaginables. J’ai le bonheur de vous retrouver mercredi matin à 9h. Merci à vous, passez une bonne semaine,et puis tiens pour la route.
Quelle indignité !
Merci à toutes et à tous. Je vous embrasse
