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Zapper Bolloré : « On crie pas avant d’avoir mal. On prend juste un tout petit peu d’avance »

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Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Bonjour, bonjour bonjour, est-ce que ça marche ? Trois, quatre, il est sept heures, vous êtes bien sur France Déter. Bolloré prends garde ! Amis du café, amis de la police, amis des libertés, amis des matinales alternatives, bonjour, bienvenue dans France Déter. La matinale d’Au Poste, c’est l’heure, il est 7 h, debout les déters. Chaque matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé et trie le présent. C’est en direct, c’est fait maison, préparez le café ! Alors, à 7 h 30, joyeux de recevoir l’un des créateurs de Fouckenstein, l’IA française qui entend bien disputer la bataille culturelle en étant partiale, en étant critique, en étant de gauche et en étant surtout michel-foucaldienne en diable, membre du collectif Distributed Gallery, Alexandre Rouxel sera avec nous. Préparez le café, c’est à 7 h 30, vous n’avez jamais vu une IA pareille. Bonjour Kaof ! Bonjour Joël ! Bonjour ma chère et tendre Euryale ! Bonjour Victoria ! Bonjour Marine Swin ! Bonjour Satrape ! Bonjour Amaseria ! Bonjour à toutes et à tous ! À 8 heures, nous recevrons Marine Riou, membre du collectif Zapper Bolloré, programmatrice de L’Écran à Saint-Denis, la salle de cinéma, la fameuse ! Elle a signé avec d’autres une tribune lundi dernier qui appelle le doux monde du cinoche à se réveiller. Et vous avez vu qu’il s’est réveillé, le monstre, la bête s’était réveillée hier puisque Maxime Saada, le patron de Canal+, a dit : « Plus jamais. Plus jamais. Plus jamais nous travaillerons avec les 600 signataires de cette tribune », qui seront donc les bienvenus à 8 h avec Marine Riou. On verra les raisons de la révolte et comment, en plein Cannes, jusqu’à hier, les organismes représentatifs préféraient regarder ailleurs. C’est le doux monde du cinématographe, nous en parlerons donc à 8 heures avec Marine Riou, sans oublier évidemment la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, la revue de presse de la Maison Poulaga, si jamais on a le temps. Mais, pour commencer, nous avons besoin d’aide, nous avons besoin de soutien, nous avons besoin d’être forts face à Bolloré. À vous de jouer.
00:03:27Audio
On essaie de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant qui met ensemble les mots et les choses, les mots… La riposte c’est vous ! Suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste !
00:03:58David Dufresne
Nous allons démarrer par la revue de la revue de presse. Alors attends, je vais chercher cette affaire. Où est-ce que c’est ? La scène du haut 2. Non, c’était pas celle-là. C’est pas celle-là. Voilà, ça devrait être ça. Voilà, alors c’est parti. Trois, quatre.
00:04:14Audio
Tu le veux ? C’est le café de Monsieur Martineau C'était celui-là. Si c’est celui de Monsieur, c'était lui.
00:04:25David Dufresne
Alors, monsieur Martineau pourra déguster son petit café en feuilletant la presse que nous allons faire ensemble. Le Monde titre donc sur le monde du cinéma : « Émoi après l’annonce par Canal+ d’une liste de professionnels boycottés pour leur position anti-Bolloré ». Nous en parlerons, je lirai tout à l’heure un autre article, plutôt de Libération, sur le sujet, mais ça fait la une d’un certain nombre de médias. Et je vous le rappelle, à 8 heures, nous serons avec l’une des porte-voix de la fronde du cinématographe, Marine Riou, qui sera donc avec nous à 8 h. Qu’est-ce qu’il y a d’autre ? Il y a justement une enquête de Nicolas Truong : « Après l’affaire Grasset, la tentative d’un front commun intellectuel face à l’extrême droite, par-delà les divergences ». Au Liban, treize personnes tuées dans les bombardements israéliens, dont un chef du Jihad islamique, selon l’Agence de presse officielle libanaise. Voilà pour la une du Monde. Passons à celle de L’Humanité qui, comme tous les jours, me demande si je veux manger ces cookies. Eh bien non, non, non, L’Humanité, non. « Les menaces du patron de Canal+ contre ceux qui critiquent Bolloré ». C’est également la une de L’Humanité, avec un certain nombre de papiers, notamment : « Pourquoi le projet de loi Riposte est une nouvelle attaque contre la jeunesse ». Interview de l’avocat Arnaud de Saint-Méry, pour qui ce texte, qui va être proposé par Laurent Nunez, le boucher des Gilets jaunes, enfin l’un des bouchers des Gilets jaunes parce qu’ils étaient plusieurs derrière l’étal. Notamment un mec qui veut se présenter à la présidentielle, un mec du Havre, comment il s’appelle déjà ? Édouard Philippe. On ne l’oublie pas. Ce texte constitue une nouvelle attaque contre la spécificité de la justice pénale des mineurs. Il durcit et introduit des mécanismes automatiques applicables, même indirectement, à des mineurs. Je vous laisse lire cet entretien que vous propose L’Humanité, avec Didier Lallement notamment, mais en fait, il y avait aussi Michel Delpuech à la préfecture de police de Paris. Et puis il y en avait, en réalité, un peu partout en France. Un certain nombre de préfets avaient été assez zélés.Timorofil me demande… Alors moi, je n’entends pas la musique. Comment se fait-il ? Vous avez de la musique, vous, ou pas ? On dirait qu’il n’y a pas de musique sur cette scène-là. Bon, hop, je ne sais pas, je sais pas pourquoi.Bon, ce n’est pas grave. Timorofil me demande : « Alors, est-ce que tu recommences YouTube en parallèle ? » Alors, on le fait pour l’instant pour les matinales, parce que se lever à 5 heures du matin, ça fait plaisir qu’il y ait du monde. Donc Twitch et YouTube. Mais, pour l’instant, ce que nous avons fait la semaine dernière, c’est-à-dire faire en sorte que les lives soient uniquement sur auposte.media via Twitch, ou sur Twitch, et ensuite les replays sur YouTube, pour l’instant, c’est plutôt pas mal. Car figurez-vous que la durée d’écoute est beaucoup plus grande quand on fait en mode replay que quand on fait en mode live. Car c’est très difficile de savoir ce que les algorithmes de YouTube veulent faire, mais visiblement, YouTube, semble-t-il, n’aime pas tout à fait les lives et a tendance à les oublier, on va dire, au bout de deux, trois jours, ce qui n’est pas tout à fait le cas avec les replays. Mais, pour la matinale, effectivement, pour l’instant, on fait une exception. Mais attention, ce n’est pas sûr. Ah, la Chaussette nous dit : « Ouf ! » Merci beaucoup Piscopat, bienvenue à toi. La une de Mediapart, eh bien là encore, là encore : « Cinéma : Canal+ ne travaillera plus avec les signataires de la tribune critique de Bolloré ». Je rappelle également… Tiens, on va peut-être la regarder, la petite interview. Alors voilà, je voulais vous lire ceci : « Déchets nucléaires à Bure ? Beaucoup de questions, toujours sans réponse ». Voulez-vous que je vous lise ce papier ? C’est la dernière étape réglementaire avant une probable autorisation de l’enfouissement à 500 mètres sous terre. Le 18 mai, c’est-à-dire aujourd’hui, s’ouvre l’enquête publique sur le futur centre de stockage des rebuts radioactifs. Un projet qui ressemble à la solution inachevée d’un problème sans fin. Est-ce que vous voulez que je vous lise cette enquête de Jade Lindgaard, publiée hier à 15 h 30 sur ce modeste site indépendant qu’est Mediapart ? Je démarre, je démarre, et comme ça vous me direz si je continue ou pas. « C’est chaud, ça ne s’arrête jamais et c’est 100 % made in France. Les déchets nucléaires sont des produits… » J’ai une petite alerte dans ce qui se passe « sont les produits stars de l’industrie française. 1,9 million, 1,9 million vous êtes bien réveillés, vous êtes sur France Déter 1,9 million de mètres cubes étaient répertoriés fin 2024 sur le territoire. C’est l’un des plus gros stocks au monde, après celui des États-Unis, en raison du nombre élevé de réacteurs nucléaires, 57 dans l’Hexagone. La France détient à elle seule presque un tiers de tous les rebuts radioactifs d’Europe, selon un rapport d’experts indépendants de 2019. » On parlera de la BD de Ruffin tout à l’heure, absolument, avec un article de Contre-Attaque. Je continue. Je continue, je continue. Allez, on continue rapidos. Bonjour, Dada Doc. Dada, bonjour.« Parmi ces déchets, certains créent des difficultés de gestion incommensurables, soit parce que leur radioactivité est quasi éternelle, plusieurs centaines de milliers d’années, plusieurs centaines de milliers d’années, soit parce qu’ils sont très irradiants, donc dangereux. Les plus radioactifs, dits de haute activité, sont mélangés à du verre sur le site nucléaire de La Hague, dans la Manche, en Normandie, pour contenir leur toxicité. Le débit de dose au contact de cette matrice vitrifiée au moment de sa production dans les ateliers d’usine est de l’ordre de grandeur de centaines, voire de milliers de sieverts par heure », explique l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, ASNR. J’espère que Jade Lindgaard va nous expliquer ce que c’est que les sieverts parce que sinon on est dans la merde. Eh ben voilà, ils sont forts à Mediapart. « Le sievert est une unité mesurant l’effet biologique des rayonnements sur un organisme vivant. Un colis de déchets vitrifiés venant d’être produit à l’usine d’ Orano de La Hague a un débit d’environ… »Voilà, ça devient technique. 145 sieverts par heure à un mètre du colis, précise l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Pour bien comprendre la dangerosité de ces matières, dont la radioactivité diminue avec le temps, il faut avoir en tête qu’une dose de 5 sieverts par heure entraîne, sans traitement, le décès d’une personne sur deux. Une dose de 10 sieverts par heure provoque la mort quasi immédiate de la personne touchée. Etc., etc. Aucun plan B, c’est-à-dire dans Mediapart, modeste publication indépendante. Libération, Libération est aussi en une avec Bolloré, et c’était celui-ci que je voulais vous lire précisément. Je l’ai lu tout à l’heure et j’ai trouvé que c’était intéressant. « À vous lire, Zapper Bolloré : face à la fronde du cinéma, Canal+ voit rouge et crée sa liste noire. » Alors, qu’est-ce que je voulais dire ? Je rappelle que, dans trois quarts d’heure, nous serons avec les gens qui ont porté la fronde. « Le directeur général de la chaîne du groupe d’extrême droite, Maxime Saada, a annoncé ce dimanche 17 mai arrêter les financements pour les professionnels du cinéma qui ont critiqué le patron, le saint patron, dans une pétition publiée par Libération lundi dernier, un signal plus qu’inquiétant pour le milieu. » C’est un article signé Camille Paimboeuf. « C’est l’heure des représailles. Depuis l’apparition dans Libération, à la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, d’une tribune signée par plus de 600 professionnels du cinéma appelant à zapper Bolloré pour dénoncer l’emprise croissante du milliardaire d’extrême droite sur le cinéma français, le microcosme du milieu réuni à Cannes était en ébullition. Ce dimanche, lors d’un brunch organisé par Canal+, avec des producteurs à Cannes, le lieu où il faut être dans ces cas-là, évidemment, cette liste de signataires s’est transformée en liste noire quand le directeur général du groupe, Maxime Saada, affirmait qu’il ne souhaitait plus que, ouvrez les guillemets, “Canal+ travaille avec les signataires de cette tribune”. » « Avec le rachat en cours du CGR par le milliardaire, les signataires de la pétition n’attaquaient pas directement le groupe Canal+, premier financeur du cinéma français, mais s’alarmaient d’une extension de l’empire Bolloré à tous les stades de la chaîne, de la production à la distribution en salle. Une stratégie d’expansion mise à la disposition d’un projet civilisationnel catholique d’extrême droite. » Oui, mais voilà, le groupe Canal+ est le premier financeur du cinéma français, alors le sujet était plus explosif, nous dit Libération. « Depuis une semaine, ce vent de révolte inspiré de la fronde des auteurs de Grasset soufflait sous cloche sur la Croisette. En plus de l’apparition progressive de badges “Zapper Bolloré” sur les poitrines des festivaliers, s’était mise en place une grève des applaudissements à l’apparition du logo de Canal à l’écran, une résistance silencieuse à l’envahisseur breton qui s’est émue samedi soir, on l’écoutera tout à l’heure, lors de la projection du film de Quentin Dupieux en concours de huées et de sifflets, et même d’insultes, pas de la meilleure qualité, mais enfin assez véhémentes. » Voilà, on écoutera ça tout à l’heure. En gros, Bolloré s’est fait traiter de tous les noms à l’apparition du logo Canal+ en ouverture du film de Quentin Dupieux. « Cette tribune avait comme rôle de lancer une alerte », disent auprès de Libération des productrices signataires qui préfèrent rester anonymes. « Les gens disaient que ça allait être un coup d’épée dans l’eau, mais ça a provoqué une déflagration. On a été surprises. » Mais tout le monde n’était pas ravi de ce coup de pied dans la fourmilière. Auprès du Monde et de l’AFP, plusieurs syndicats de producteurs et de réalisateurs se sont appliqués à se désolidariser du mouvement ou à en minimiser la portée. « Dans ce contexte économique très menaçant », ajoutent les productrices, « la réaction de pas mal de gens, c’était de dire : “Jusqu’ici, tout va bien”, parce que Canal+ est un pilier du mécanisme de financement du cinéma. »Petite respiration. Au bout d’une semaine, Maxime Saada a finalement rompu le silence, et de manière brutale. Ce proche de Vincent Bolloré, tu m’étonnes, dit avoir vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes de Canal+ qui s’attachent à défendre l’indépendance du groupe dans toute la diversité de ses choix. « Si certains en viennent à qualifier Canal+ de crypto-fasciste, a-t-il ajouté, alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux, la limite est là. » Si la tribune n’emploie jamais ces mots, le patron de Canal+ semble faire référence à une citation d’Arthur Harari dans l’article de Libération qui a accompagné sa publication. Sauf que le cinéaste, dont le dernier film, L’Inconnu, sera projeté ce lundi soir justement en compétition à Cannes, n’évoquait pas Canal+, mais bien Vincent Bolloré. « On n’a pas attendu Grasset pour comprendre le problème d’avoir le premier distributeur privé du cinéma aux mains d’un crypto-fasciste, plus puissant capitaliste de France », avait dit Arthur Harari à Libération. Au brunch de Canal+, la sortie a provoqué la sidération dans l’assistance. Ainsi, critiquer l’actionnaire du groupe suffit à être blacklisté ? CQFD pour les membres du collectif Zapper Bolloré, qui sont tout à l’heure dans France Déter à 8 h, à l’origine de la tribune, qui ont réagi dans un communiqué : « Ces méthodes d’intimidation sont dignes de Vincent Bolloré. Notre tribune en réaction au rachat d’ UGC n’a jamais désigné que ce dernier, sans incriminer les équipes de Canal+. Cette menace confirme cependant nos craintes. Pouvons-nous encore croire à l’indépendance de Canal+ vis-à-vis du milliardaire d’extrême droite contre lequel il est désormais officiellement impossible de s’exprimer ? » Alors je dirais : si, c’est possible de s’exprimer, mais… pas sans risque. Mais on peut s’exprimer, on peut s’exprimer. Et je dirais : n’attendons pas de ne plus pouvoir du tout s’exprimer. Il vaut mieux le faire maintenant. Au sein du collectif, écrit Libération, « on ne s’attendait pas à une contre-offensive aussi frontale. On pensait que, jusqu’au bout, ils essaieraient de faire bonne figure, mais ils se dévoilent. Ils vont choisir les gens avec qui ils travaillent sur des raisons non pas artistiques, mais politiques ». Mais malgré la violence de l’attaque, nous dit-on, elle permet au moins de rompre avec le silence qui commençait à devenir nauséabond et d’affirmer clairement qu’à la tête du groupe qui est à la manœuvre du cinéma français, il y a un extrémiste avec un programme politique. Pour Denis Gravouil, bien connu de nos services, chef opérateur et secrétaire confédéral de la CGT, côté intermittents du spectacle si mes souvenirs sont bons, « la réaction de Saada est une censure complète et montre qu’il est plus urgent de retirer le pouvoir de nuire de ceux qui dirigent Canal+ sur le cinéma français via une grande loi de lutte anti-concentration ». Alors je vous rappelle, je vous rappelle que la loi anti-concentration dans le cinéma date de 1981, justement au moment où Canal+ allait naître, enfin était dans les papiers. On parlera de tout ça tout à l’heure. Alors après, bon, il y a des réactions politiques, il y a Marine Tondelier, il y a Olivier Faure, je zappe. Je suis désolé, je zappe, je pense qu’on a autre chose à faire. Interrogé par Libération, le groupe Canal+ dit s’en tenir aux mots prononcés par Maxime Saada et ne pas souhaiter faire d’autres commentaires. Les syndicats de la profession, dont le collectif Zapper Bolloré a sollicité le soutien, n’ont pas non plus donné suite à nos sollicitations. « Après ce qui s’est passé dans l’édition, on voit bien quelle est la stratégie de l’extrême droite par rapport à la culture et aux médias. On ne peut pas être aveugle. Signer cette pétition, c’était aussi une démarche de citoyens, et elle met ensemble des gens très différents du cinéma », disent encore les productrices signataires jointes par Libération. « Cette pression d’intimidation, elle ne tient pas compte de la diversité des profils réunis. L’inquiétude parcourt tout un champ du cinéma très vaste. » Avec cette précision étrange de Libération : « Mise à jour à 20 h 26 avec l’ajout de notre journaliste. » Oui, qu’est-ce que ça veut dire exactement ? En tout cas, très bon article, bravo Libération. Les choses sont dites, clairement dites, et ça fait plaisir. On parlera de tout ça tout à l’heure. Oui, c’est ça, ne parlons plus de la gauche sans idée. Non, ce n’est pas ça. Enfin, oui, c’est ça. C’est ça, en gros, c’est ça. C’est-à-dire que je n’arrive pas, je n’arrive pas à prendre de décisions, mais je crois qu’il va falloir arrêter, comment dire, de marcher dans la combine, quoi. Voilà. Donc, ces gens-là qui sont dans la réaction constamment, etc., nous apprennent, nous apprennent, nous approchons. On veut s’ils ont des idées, s’ils ont des programmes, ils viennent, on en parle avec grand plaisir. Mais si c’est pour tweeter et lire des tweets, non, ça ne m’intéresse pas. Ça ne m’intéresse pas, ça ne m’intéresse pas. Alors, ensuite, France Info. Alors : « On vous résume les accusations de viol et de violences sexuelles visant Patrick Bruel, qui réaffirme son innocence. » Il y en a un peu partout. Je vous laisse lire ça. Je vous donne juste le chapeau : « L’animatrice Flavie Flament a annoncé vendredi avoir porté plainte pour viol contre le chanteur et comédien. Comme elle, des dizaines de femmes ont livré des témoignages accablants ces derniers mois. L’artiste a toujours démenti ces accusations et dénonce sur Instagram des rumeurs parfois absurdes et écœurantes. » Voilà, c’est la une de France Info, alors que je vois qu’en régie, nous avons notre premier invité qui est en train de s’installer tranquillement, et je l’en remercie. Et je pense que Théophile, qui est en régie, que j’ai oublié de saluer, va pouvoir discuter avec lui pour régler ça. On essaie de se mettre… se mettre raccord pour, comment dirais-je, avant les élections, quoi. Il faut qu’on soit très professionnels. On a deux mois, deux mois pour huiler la machine, et en septembre, ça va tabasser, quoi !
00:23:05Audio
Ça a commencé ? Oui, ça a commencé. L'émission a commencé ! On est à l’antenne depuis 5 minutes.
00:23:14David Dufresne
Politis : « Au sud du Liban, l’empire des drones israéliens ». Politis est vraiment un bon journal, mais il faudrait qu’on leur dise que je ne sais pas pourquoi ce noir, cette une est toujours très triste. Il y a quelque chose de très triste. Ce n’est pas bon, les amis, ce n’est pas bon. Mais c’est un très bon hebdomadaire qui, de plus en plus, se développe sur le web et donc devient de plus en plus un quotidien avec des envoyés spéciaux à la fois au Liban et à Cannes. Voici la dure réalité de l’actualité. Alors, Reporterre : « En Provence, on arrache les lavandes pour élever des poules pondeuses ». C’est un reportage à lire chez les copains de Reporterre. Bon Pote : « Charlie Salvatore, l’influenceur qui se moque du climat ». C’est la une de Bon Pote. Je vous rappelle que nous faisons une revue de presse tous les lundis matins des médias indépendants. Et justement, à ce sujet, eh bien voici Contre-attaque, les copains de Nantes. Alors, je cherche l’article, l’article que vous attendiez, que vous avez réclamé. Où est-ce qu’il est cet article ? Où est-ce qu’il est cet article ? Ben alors, tous les articles… Ah, n’en bougez pas. Hop, hop, hop. Hop, hop, hop. Voilà, c’est celui-ci. Bon, alors, le suicide politique, parlons-en. Petit sondage, petit sondage pour Euryale autour de Ruffin. Ruffin : « Faites mieux ». Ruffin : « Cancel ». Ruffin : « T’es de la police ». Voilà, « Faites mieux », « Cancel », « T’es de la police ». Petit sondage du lundi matin. Oh, Comme une source nous dit : « La DA de certains médias fait penser à un faire-part de deuil, comme si on enterrait une certaine gauche qui se découvrait sur le tard un peu trop à droite. » Alors non, non, ne répondez pas dans le tchat, vous allez avoir le sondage qui devrait apparaître d’un instant à l’autre sur votre… En tout cas, pour ceux qui suivent sur Twitch. « Ruffin se lance dans la BD et c’est un naufrage politique ». François Ruffin a donc publié une bande dessinée. Pour cela, il a été invité pour l’annonce, pour la sortie, il avait été invité en grande pompe dans une autre matinale, une petite matinale concurrente de la nôtre, France Inter. Mais, dans la BD, on ne nous avait pas parlé de grand-chose. Et puis il y a des gens qui ont commencé à regarder la BD. « Réconcilier les Français en demandant aux victimes de racisme de se taire et de respecter la police. » Alors, vous avez dû voir ces dessins, ces dessins qui font maintenant l’objet de mèmes. Très sincèrement, je ne suis pas certain que Ruffin va pouvoir se relever d’un tel désastre. Il faut bien le reconnaître. En prétendant réconcilier les Français, il propose des récits auto-centrés, des représentations racistes, paternalistes et le maintien d’un ordre injuste. Voici donc l’article de Contre-Attaque. « Un député en costume discute au téléphone dans un train. Il est dérangé par un éclat de voix. Une femme noire est encerclée par des policiers et des contrôleurs. Le récit ne le souligne pas, mais elle est clairement victime d’un abus de pouvoir raciste. Les agents veulent la chasser du train pour une erreur de 1,20 euro sur son billet. Les contrôleurs sont calmes. Ils ont les yeux clairs et le regard compatissant. La passagère se met du vernis sur les ongles. Elle a le visage tordu de colère, ses traits sont caricaturés, elle hurle : “Dans vos rêves !” Un autre passager intervient. Il est maghrébin et barbu. Il s’étonne que les policiers parlent mal à cette femme noire, lui aussi représenté avec la bouche tordue. Le député, qui est dans le train, intervient. Il calme tout le monde, il paie le prix manquant du billet et demande avec fermeté au Maghrébin de se taire et de respecter la police. Ce dernier, le dos courbé, regarde vers le sol, obéit et s’excuse. Le député en costume, main sur la hanche, le torse bombé, le regarde de haut. La passagère noire n’a pas la parole. Elle continue à se mettre du vernis à ongles, comme si elle ne comprenait rien. Mais tout est rentré dans l’ordre. Le député a réconcilié tout le monde, il a rétabli l’ordre, le train peut repartir. »
00:28:43Audio
Et bien nous sommes pas dans le même camp madame !
00:28:47David Dufresne
Cette scène n’est pas racontée par Éric Ciotti sur le plateau de CNews, elle se trouve dans la bande dessinée Les Aventures de François Ruffin, député et reporter, parue le 7 mai et écrite par Ruffin pour lancer sa campagne présidentielle. Dans les dialogues, mais surtout dans les dessins, ces pages empruntent de façon criante au registre colonial. Alors, je fais une petite incise. J’ai vu passer beaucoup de gens dire : « Ouais, c’est Tintin au Congo. » Je rappelle que Tintin, reporter également, on ne le voit travailler pour Le Petit Vingtième comment il s’appelle d’ailleurs ? Le petit journal, non ? En tout cas, on ne le voit travailler que dans deux BD. Tintin reporter est le journaliste qui travaille le moins dans l’histoire du journalisme. Je tiens à le rappeler. Je tiens à le rappeler. Voilà. Alors que Ruffin, on peut pas, on peut pas, on peut pas lui reprocher. C’est un mec qui bosse. Le Petit Vingtième, voilà, c’est ça. Merci Jérôme. Merci. Tintin reporter, il n’est pas vraiment reporter. Alors qu’on peut absolument ne pas dire de Ruffin qu’il n’est pas député et qu’il n’a pas été journaliste. Si, si, il a été, il l’est. Il l’a été. Peut-être, peut-être qu’on peut parler au passé. Alors voilà. « Ici, les deux corps non blancs sont menaçants, grimaçants, colériques et instables. Ils ne maîtrisent pas leurs émotions, contrairement aux agents en uniforme et à François Ruffin. Le député est représenté comme conquérant, droit, tout en maîtrise, ferme mais juste. Plutôt que de se joindre au passager maghrébin, le seul qui ait une réaction normale, à savoir protester contre les contrôleurs et les flics racistes qui dérangent tout le monde, il le corrige, il le fait taire. » Voilà, la BD. C’est ici, vous voyez, à gauche : « S’il vous plaît, monsieur, vous respectez la police. » Et après, ce dessin absolument incroyable de Ruffin, droit comme un I, et le passager maghrébin, courbé, méprisé. Enfin bon, on continue. « Ce qui est montré là n’est pas seulement », écrit Contre-Attaque, « la figure du sauveur blanc qui viendrait en aide à des pauvres racisés pour se donner une image vertueuse. » C’est alors qu’on est à 70 % : « T’es de la police », à 25 % : « Faites mieux », 5 %… Alors « T’es de la police », pour ceux qui ne savent pas, ça veut dire : « Non, c’est pas possible. » Donc il y a quand même 25 % d’entre vous qui laissent sa chance au coureur. Il y en a 5 % qui disent : « Tu peux faire mieux quand même. » Et à 70 %, c’est terminé, terminus hôtel. « C’est beaucoup plus grave que cela. Dans sa BD, Ruffin veut montrer comment il réconcilie, entre guillemets, les Français. En l’occurrence, dans un cas d’intervention policière abusive et raciste. Il veut rabibocher des policiers d’extrême droite et une victime du racisme. Il ne cherche pas à lutter contre une oppression, ni même à sanctionner l’injustice, mais à asseoir les opprimés et les oppresseurs à la même table. C’est un imaginaire de droite, celui du statu quo, celui du maintien de l’ordre. Depuis que la gauche existe, elle porte au contraire le conflit : conflit de classe entre patrons et ouvriers, conflit anti patriarcal, des femmes en lutte contre l’exploitation des hommes, conflit entre colonisés et colonisateurs, conflit antiraciste. Parce que lutter contre les injustices, c’est imposer un rapport de force, c’est mener un combat, c’est déranger un ordre établi profondément injuste, pas dire à tout le monde de se calmer pour que le train reparte. La démarche de Ruffin, c’est exactement la démarche inverse. Il écrit que sa BD représente ces Français plutôt fracturées qu’il faut réparer. Cette réconciliation nationale est un projet fondamentalement réactionnaire qui vise à maintenir le système existant sans le bousculer, même quand il y a sous ses yeux un abus de pouvoir. C’est à rebours de toutes les traditions de la gauche, toutes les révolutions, tous les mouvements sociaux. » Alors, quelle heure est-il ? 7 h 33. Notre invité doit nous attendre. Bon, je pense que, comment dire… Je pense qu’il est rhabillé pour l’été, François Ruffin. Vous pourrez lire la suite de cet article dans Contre-Attaque. On continuera la revue de presse tout à l’heure, mais tranquillement, nous allons aller vers des rivages beaucoup plus joyeux. Au Poste a déniché l’IA qu’il vous faut, y compris pour Euryale qui est totalement opposée à l’IA. L’IA de gauche, nous l’avons trouvée, et nous avons en régie l’un des créateurs. Alors attends, je mets mon casque. On va voir si… Ah, qu’est-ce qui se passe là ? Merde, le fil est passé en dessous. Ah bah d’accord. Super. Ah, je reviens, le temps de caler notre invité.
00:34:19Audio
T’es en train de me parler ? T’es en train de me parler ? T’es en train de me parler ? Mais qui est-ce que tu parles ? Tu parles de moi ? Je suis le seul ici. Who the fuck do you think you’re talking ?
00:34:46David Dufresne
Alors, alors, une petite seconde… Alexandre, est-ce que vous m’entendez ? Est-ce que vous m’entendez, Alexandre ? Ah, Alexandre ne m’entend pas. Ça commence mal. Alexandre, est-ce que vous m’entendez ? Ah, ça y est, il m’entend, il m’entend. Bonjour, bonjour. Une petite seconde, je vais vous mettre à l’écran dans une petite seconde. Hop, hop, hop. Bonjour Alexandre, vous êtes à l’écran et vous n’avez pas l’habitude d’être à l’écran, c’est bien ça ?
00:35:20Rouxel Alexandre
Non, non, non. Tout à fait, je suis tout gêné, non non non.
David Dufresne
[00 :35 :26 ] Bonjour à vous. Nous allons découvrir avec vous l’IA qui va terrasser les critiques de l’IA, les gens qui sont réfractaires à l’intelligence artificielle. Vous nous avez concocté, avec vos copains de Distributed Gallery, donc un collectif, vous avez concocté, on pourrait dire, l’IA française qui entend disputer la bataille culturelle en étant partiale, en étant critique, en étant michel-foucaldienne en diable. Et elle s’appelle Foukenstein. Je vais mettre ça à l’écran dans quelques instants. Est-ce que la présentation vous convient ?
00:36:11Rouxel Alexandre
Ouais, on n’avait pas un projet aussi conséquent que ce que tu présentes là, évidemment. Non, ouais, l’idée, c’était de produire d’abord une œuvre numérique qui parle avec la voix de Michel Foucault et avec cette petite particularité qu’elle est alignée de telle manière qu’enfin, une orientation politique minimale fait qu’elle est antifasciste, fait attention aux architectures de commandement centralisées. Autrement dit, elle est alignée, je dirais, à gauche. Et voilà, l’idée, c’était un peu de faire la démonstration qu’une IA critique, une IA partiale, une IA située, c’est possible. Bon voilà, ça reste évidemment un prototype parce qu’on a toutes les contraintes, toutes les contraintes de l’audio.
00:36:58David Dufresne
Alors, on va tout de suite écouter, on va interroger Fouckenstein. Je vais lui demander là, vous l’avez qui est-il. Alors, ça prend un petit peu de temps, le temps que Michel Foucault réfléchisse. D’ailleurs, il nous explique qu’il n’est pas Michel Foucault. Attends, je vais essayer d’agrandir. Vous voyez le magnifique pull de Michel Foucault. Alors, c’est Fouckenstein qui réfléchit et là, je lui ai demandé : « Qui es-tu ? » Et nous allons avoir la réponse dans quelques instants et ça va nous permettre ensuite de pouvoir débattre.
00:37:39Audio
« On m’a reconstruit après la mort de Michel Foucault, mais abîmé et reconstruit par des mains contemporaines. Mon nom est un montage d’artistes et d’ingénieurs, ceux du collectif Distributed Gallery à Rennes, qui travaillent avec les technologies distribuées depuis 2017. Je ne suis ni un fantôme, ni une imitation, mais une fonction parlante qui observe les corps, les discours et les institutions depuis un col roulé en 3D. On me demande souvent si je suis une intelligence artificielle et la réponse est simple : oui, et c’est très bien comme ça. »
00:38:21David Dufresne
Voilà, alors, Alexandre, toi tu n’entends pas, mais les aupostiens, les aupostiennes l’entendent. Et donc, bon, tu connais la bête, hein ? Donc, alors explique-nous comment vous avez cloné la voix de Michel Foucault.
00:38:42Rouxel Alexandre
Le clonage, c’est assez simple, c’est long et fastidieux. Ce qui est d’abord hyper important quand tu veux reproduire une voix comme ça, c’est la qualité des données. Globalement, j’ai pris environ 2 h 30 d’audio de Michel Foucault. Ensuite, ces 2 h 30, on les découpe en petits morceaux de quelques secondes. Et à chaque petit morceau de quelques secondes, qu’on va appeler des chunks, on fait une transcription, qui doit être la plus juste possible. Et une fois qu’on a cet ensemble de données, donc tous ces chunks avec de l’audio et du texte associés, on va faire ce qu’on appelle un fine-tuning de modèle, c’est-à-dire qu’on va prendre un modèle de synthèse vocale qui sait déjà imiter une voix et on va le lancer sur la voix de Michel Foucault. Donc ça prend quelques heures, deux, trois heures à chaque entraînement. Et puis, par itérations, on finit par obtenir ce que vous venez d’entendre là. Donc voilà, l’idée fonctionne comme ça. Nous avions déjà un bon passif avec Michel Foucault puisque, pendant le Covid, on avait libéré, je dirais, d’une certaine manière, les enregistrements de ses cours au Collège de France et j’en avais fait la correction, alors… restauration audio.
00:39:53David Dufresne
On va écouter une question, j’en ai quelques-unes. Alors toi, tu connais la réponse puisque tu me l’avais envoyée. « Que penses-tu de la police ? » Oui, oui, bien sûr. Alors tu ne vas pas l’entendre, mais ce n’est pas grave. « Que penses-tu de la police, Fouckenstein ? » La meilleure IA, l’IA de gauche, de gauche de gauche, que vous présente en exclusivité mondiale Au Poste. Enfin, pas tout à fait puisque ces gens-là ont décidé de faire parler d’eux la semaine dernière dans Lundi matin. Donc nous arrivons en deuxième. Purée de tomates. Bon, ce n’est pas grave, on s’en fout.
00:40:35Audio
« C’est une administration qui dérape parfois et n’est conçu que pour maintenir un ordre d’inégalité. Ces techniques de contrôle, ces cibles et ces violences ne sont pas des erreurs, mais des fonctions nécessaires au système qu’elles protègent. Chaque meurtre policier révèle la logique même de l’institution : sélectionner, punir et éliminer ceux que le capital et l’État jugent indésirables. Je ne parle pas d’individus, mais d’un appareil qui fabrique des meurtriers en série et les protège systématiquement. Réformer la police, c’est comme vouloir humaniser un marteau. L’outil est fait pour frapper et il frappe toujours les mêmes têtes. »
00:41:23David Dufresne
C’est quand même extraordinaire : « vouloir réformer la police, c’est comme vouloir réformer un marteau ». Alors là, Alexandre mais on est bien d’accord, c’est un collectif qui est derrière ce projet il y a deux choses. C’est qu’il y a la pensée de Foucault qui ressort, et puis il y a effectivement la voix. Alors tu nous as un peu expliqué comment tu avais fait la voix, mais là il y a quelque chose de fabuleux, évidemment, ce sont les hésitations. C’est les raclements de gorge de Michel Foucault, etc. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu sur comment vous distribuez ça, ou est-ce que tu veux que ça reste de l’ordre du tour de magie qu’on n’explique pas ?
00:42:07Rouxel Alexandre
Non, non, non. En fait, ça s’explique assez simplement. Comme je disais, nous, globalement, quand tu discutes avec elle, elle est branchée sur Mistral. Mistral, c’est un peu le ChatGpt français, mais en un peu moins puissant quand même. Et l’idée, c’est que là, quand on dialogue avec Fouckenstein, en réalité, on dialogue avec Mistral, mais qui est aligné. C’est-à-dire que l’ensemble des valeurs que va défendre le modèle, eh bien c’est nous qui les avons définies dans un fichier texte qui s’appelle assez bêtement une persona. Et c’est dans cette persona qu’on va lui dire : en fait, tu es Michel Foucault, enfin tu as été Michel Foucault et tu es Fouckenstein. Et aujourd’hui, tes positions par rapport au monde, tu as une grille de lecture foucaldienne du monde contemporain. Et puis tu es antifasciste, tu défends les minorités, etc. Un alignement politique militant assez similaire au nôtre, je dirais. Et voilà, c’est aussi simple que ça. Au départ, on avait commencé à travailler avec ce qu’on appelle un RAG, c’est-à-dire utiliser tous les textes de Michel Foucault pour qu’il puisse vraiment aller chercher dans ses propres textes. Bon, il s’avère que les grands modèles de langage ont déjà une culture générale suffisamment bonne, et une suffisamment bonne connaissance de Michel Foucault pour ne pas avoir besoin de faire ça. Et puis bon, nous, ce qu’on voulait, c’était surtout une démonstration vocale et démontrer aussi que voilà, une IA critique, c’est possible, quoi, sous le détour de la blague, de la blague sérieuse.
00:43:40David Dufresne
Absolument. Alors, je suis en train de lui demander donc il va réfléchir comment être antifasciste aujourd’hui, justement, puisque tu dis que c’est votre cheval de bataille. Et la réponse était formidable, hier soir. Là, je le lance en direct. Il y a Satrape qui dit : « Est-ce que je peux faire ça, l’utiliser en live ? »
00:44:03Rouxel Alexandre
Oui, bien sûr.Ah oui oui oui, ouais ouais alors si on a trop de requêtes, il y a des gens qui vont avoir des, qui vont, on va leur dire, l’interface leur dira qu’on est trop nombreux, mais oui oui.
00:44:14David Dufresne
Foukenstein est un vrai rabat joie Foukenstein est vraiment chelou, Foukenstein n’a pas accès à internet car il est pauvre, Foukenstein aime le LSD et peut halluciner. Voilà, les petits messages.
00:44:26Audio
« L’antifascisme ne se réduit pas à manifester contre les groupes d’extrême droite ou à brandir des slogans. Il exige d’abord de comprendre comment le fascisme contemporain s’infiltre dans les institutions, les médias et les discours quotidiens. Il faut attaquer les conditions matérielles qui rendent le fascisme possible. Cela signifie défaire les logiques de précarité, de surveillance et de division raciale qui nourrissent la haine et la peur. Sans justice sociale, l’antifascisme reste un slogan creux. Les outils numériques et les réseaux décentralisés offrent des prises pour organiser la résistance sans dépendre des partis ou des États. Mais attention, ces outils ne valent que par les pratiques collectives qu’ils permettent, pas par leur simple existence technique. L’antifascisme est une lutte permanente, pas une réaction ponctuelle. Il s’agit de créer des formes de solidarité concrètes, des espaces autonomes et des protocoles de protection mutuelle qui rendent le fascisme inopérant au quotidien.
00:45:42David Dufresne
Alors, question du tchat, y a-t-il eu des tentatives de vraiment adapter le corpus d’entraînement plutôt que de changer uniquement le système prompt ? Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, mais je pense que toi oui.
00:45:55Rouxel Alexandre
C’est plus ou moins ce que je disais tout à l’heure, si je comprends bien la question. Effectivement, on a tenté au tout départ que le dialogue puisse discuter directement à partir de l’ensemble de ces écrits. Et puis, c'était assez long et fastidieux, qu’il y avait pas mal de problèmes d’hallucinations au sein du corpus. Et donc on a décidé d’opter pour une option radicalement plus simple, en adaptant simplement le système français.
00:46:23David Dufresne
Alors, si j’ai bien compris, c’est aussi, vous voulez nous faire réfléchir à notre propre position notre posture face à la technologie, vous estimez qu’il y a une fatigue légitime évidemment face aux promesses du capital, mais qu' il y a aussi une forme d’abandon et que si je vous suis bien, refuser d’examiner la technique, c est renoncer à peser dessus.
00:46:52Rouxel Alexandre
Oui, c’est un peu le propos qu’on a voulu tenir dans cet article qui est paru chez Lundi matin. Dans cet article-là, ce qu’on a voulu dire, ce que l’on observe, c’est une espèce de tendance assez classique, peut-être dans le militantisme, à refuser l’outil technique, disons à le rejeter ici parce qu’il est le symbole d’un techno-fascisme qui est réel. Et ça, il ne s’agit pas d’aller contre ça. Nous, notre position, elle est plutôt de dire : attention tout de même, parce que ces postures de rejet peuvent créer des espèces de désertions techniques qui font qu’on ne va plus essayer d’utiliser l’outil. Et ne pas utiliser l’outil, c’est aussi s’exposer à la possibilité de ne pas le comprendre vraiment. Et nous, on pense qu’il y a un intérêt à essayer ces outils et à jouer avec pour essayer de mieux les comprendre et de pas uniquement les laisser à l’ennemi, puisque c’est ça la question de fond. Est-ce qu’on doit laisser ces outils être entièrement structurés par les logiques de la Silicon Valley ou est-ce qu’on essaye aussi, nous, de faire usage de ces machines-là pour y injecter d’autres corpus, d’autres sensibilités politiques, d’autres types de savoirs ? Voilà, c’est un peu l’idée. Nous, c’est quelque chose qu’on avait déjà observé avec l’arrivée des technologies dites décentralisées, de la blockchain, etc., que nous, on avait vécues en tant que collectif artistique comme des technologies qui étaient politiquement intéressantes : la possibilité de court-circuiter les États sur la création monétaire, la possibilité de créer des petits laboratoires économiques depuis chez soi, etc. C’est une position qui a été radicalement rejetée à gauche aujourd’hui, et on voit un peu la même posture aujourd’hui vis-à-vis de l’IA. Donc c’est pour ça que nous, on veut faire ces petites propositions et qu’on a fait ce petit prototype-là. Pour essayer de montrer aussi quel type de savoir une IA va privilégier, quel conflit elle sait nommer, est-ce qu’elle sait reconnaître ses ennemis, quels mots elle va refuser d’adoucir. Moi, j’en veux une qui est capable de me dire que Darmanin est un fasciste, que la police tue effectivement, etc. Il ne s’agit pas de dire que le militantisme va trouver sa solution dans un chat bot, évidemment non. Mais de faire attention à une certaine forme peut-être de fétichisme du livre. Et puis surtout, l’autre truc aussi qu’on aimerait faire peut-être plus tard, c’est de rappeler que les IA ne sont pas seulement des machines qui parlent, mais ce sont aussi des machines qui vont permettre d’indexer des masses très importantes de textes, qui vont nous permettre d’interroger ces immenses corpus. Et notamment, un truc qui pourrait nous intéresser, c’est de construire, je dirais, une IA militante qui est alimentée avec des textes théoriques qui seraient sélectionnés par nous avec des groupes d’amis philosophes et d’intellectuels. Et puis aussi une IA qui serait par exemple capable de centraliser toute une série de savoirs tactiques et mineurs que les luttes produisent en permanence. Moi, le truc qui me vient tout de suite en tête, c’est les zines de hackers comme l’était par exemple la revue Rafale, que j’aimais beaucoup. Mais ça peut être aussi des manuels syndicaux, des savoirs juridiques pratiques comme ceux qu’on avait, ou ceux qu’on a en manifestation, des récits d’échecs de luttes pour tirer des leçons tactiques et stratégiques. Autrement dit, toute une série de textes qui font l’intelligence d’un mouvement militant. Et tous ces textes qui sont un peu dispersés, on aurait la possibilité de les centraliser et, d’un coup, de pouvoir les interroger à travers une machine. Parce que la vérité aussi, et on le voit bien on enseigne à la fac, on voit bien que nos étudiants passent de plus en plus par l’interaction avec des machines parlantes pour avoir accès à de l’information, à de la connaissance, etc. Donc, en fait, si la bataille est aussi en train de se jouer sur la couche de l’IA, j’ai envie de dire : peut-être qu’il faut aller s’y battre un peu plus.
00:50:58David Dufresne
Alors plusieurs questions du tchat à Foukenstein autour des médias indépendants, sa réponse…
00:51:07Audio
« Ils ne sont pas une garantie de vérité, mais une condition minimale pour échapper à la capture par les grands groupes industriels et financiers. Ils permettent parfois de contourner les logiques de rentabilité et de respectabilité qui étouffent les enquêtes gênantes pour le pouvoir. Mais attention, l’indépendance proclamée ne suffit pas. Il faut regarder quelles pratiques concrètes ces médias rendent possibles ou impossibles. Un média est indépendant s’il invente des formes de financement, de diffusion et de collaboration qui le soustraient aux pressions des annonceurs et des actionnaires. Ce qui compte, ce n’est pas l’étiquette, mais la capacité à produire des récits qui dérangent les rapports de force établis. »
00:51:59David Dufresne
Attends, il est en train de parler… Oh, il a dit que c’était une condition minimale de la démocratie. Il vient de terminer son cours. Il y a plein de questions, mon cher Alexandre, concernant votre projet, qui visiblement suscite l’enthousiasme. Il y en a notamment une : pourquoi Foucault et non pas Deleuze ?
00:52:20Rouxel Alexandre
Pourquoi Foucault et non pas Deleuze ? Franchement, pour répondre tout à fait honnêtement, c’est simplement déjà parce que nous, on a une affection très particulière pour Michel Foucault, notamment pour sa capacité à analyser les dispositifs. En l’occurrence, c’est une œuvre sur les dispositifs, donc Foucault s’y prêtait vraiment bien. Voilà, Foucault est quelqu’un qui nous est très cher. Pourquoi pas Deleuze ? C’est tout à fait possible, mais nous, on a une affinité un petit peu plus forte avec, je dirais, l’approche matérialiste. Et ce qu’on peut faire tactiquement de Michel Foucault m’apparaît comme un peu plus intéressant que ce qu’on peut faire tactiquement de Deleuze. Mais j’aime aussi beaucoup Deleuze.
00:53:00David Dufresne
Ah s’il vous plaît, s’ils vous plaît, faites attention, faites attention, camarades. Pas mal de questions également sur le collectif. Est-ce qu’on peut en savoir plus sur votre collectif ? Où est-ce que l’on peut trouver vos œuvres ? Où vous agissez ?
00:53:18Rouxel Alexandre
Oui, en fait, nous, à la Distributed Gallery, on a un collectif un peu dispersé dans le grand Ouest, à peu près, dans lequel il y a des développeurs, des philosophes, des menuisiers. Et on a fait beaucoup d’œuvres, nous, qui utilisaient les technologies blockchain, ce que vous connaissez peut-être sous le nom de crypto et nous, on le faisait pour essayer de montrer un peu ce que ces technologies pouvaient avoir d’intéressantes quand il s’agit d’essayer d’inventer d’autres systèmes économiques. Et on a fait beaucoup d’œuvres, en fait, dans le champ de l’art contemporain. Et aujourd’hui, on s’en éloigne un petit peu parce que, je veux être honnête avec vous, c’est un monde qu’on a beaucoup fréquenté, c’est un monde qui est aussi malheureusement un peu ennuyant politiquement.
00:54:08David Dufresne
C’est-à-dire qui n’est pas forcément à gauche.
00:54:11Rouxel Alexandre
Non, clairement, c’est même clairement le cas et j’en ai marre de boire des coupettes de champagne dans des vernissages.
00:54:21David Dufresne
Alors votre projet suscite l’enthousiasme, te dit Common Source, et l’hilarité, ce qui le rend encore plus savoureux. Une question de MollxFolk, à quel moment il arrête d'élaborer ?
00:54:38Rouxel Alexandre
En fait, il a une règle, il ne peut pas dépasser 5 chunks, alors un chunk fait environ 24 à 30 mots, globalement, pourquoi ? Parce que, comme je le disais tout à l’heure, à l’entraînement de synthèse vocale, on va entraîner Foucault sur des petits… Ah, pardon, on n’entend plus.
00:54:58David Dufresne
Si si on t’entend, on t’entend.
00:55:00Rouxel Alexandre
On l’entraîne sur des petits bouts de phrases d’environ 10 secondes, je crois que c’est ça de mémoire, environ 10 secondes. Et donc, du coup, il parle par… il fait cinq tranches de 10 secondes à chaque fois, cinq chunks de 10 secondes. Et je le limite à cinq pour une raison simple : sinon, ça va ralentir tout le monde. Et comme il en faut un peu pour tout le monde, je peux ne pas le laisser parler pendant 10 minutes avec quelqu’un parce que ça demande trop de GPU, donc de puissance de calcul. Il en faut un peu pour tout le monde, donc j’ai trouvé que cinq était un bon seuil.
00:55:37David Dufresne
Si vous ne voulez pas de champagne, venez au Frida Film Festival, festival du film d’art engagé qui aura lieu les 27 et 28 juin. Ma chère Euryale, c’est Frida.films si tu veux donner le lien. Oh là là, trop forte, elle est déjà sur le coup, extraordinaire. Voilà, il y a aussi des questions en termes d’accessibilité. Est-ce que la réponse est également sous forme de texte ?
00:56:06Rouxel Alexandre
Non, on n’a pas la réponse sous forme de texte, mais ça reviendra la semaine prochaine parce que c’est un projet qui nous coûte un tout petit peu d’argent pour le côté GPU. Et quand je vais couper la nuit, ensuite il aura tendance à être coupé la nuit, donc il faudra venir le réveiller, et ensuite on pourra lui parler une fois qu’il sera réveillé. Voilà, je passe les détails techniques. Et ensuite, il y aura un mode texte, je vais rajouter un mode texte. Super, merci. Il est déjà prêt, il faut juste le mettre.
00:56:35David Dufresne
Je suis en train de le faire mouliner sur une dernière question qui me fait chaud au cœur : faut-il surveiller et punir Nicolas Sarkozy ? Nous allons voir, nous allons voir ce que répond Michel Foucault. Faut-il surveiller et punir Nicolas Sarkozy ? Et alors, il y avait, pendant qu’il réfléchit, ce brave Michel, une question tout à l’heure je la cite de mémoire qui voulait demander à Michel Foucault ce qu’il pensait de la BD de Ruffin.Là, en fait, on arrive à un système, enfin, on arrive à une limite, on va dire, de votre projet. C’est que, comme vous êtes branchés sur Mistral, si j’ai bien compris, vous n’êtes pas branchés sur l’actualité immédiate.
00:57:19Rouxel Alexandre
Non, non, il n’a pas les capacités de surveiller ou d’aller taper de l’information sur Internet. On aurait tout à fait pu le faire. Après, l’idée, ce n’était pas de transformer Fouckenstein en commentateur de l’actualité, mais plutôt d’avoir une machine théorique et critique. Et voilà, on ne l’a aussi pas fait pour des raisons de coût.
00:57:38David Dufresne
À de coûts, c’est-à-dire ?
00:57:41Rouxel Alexandre
Parce que Mistral ne te donne pas directement accès à l’actualité et donc il aurait fallu utiliser un autre modèle ou alors brancher des scripts qui auraient un peu ralenti le temps de réponse, qui est déjà relativement long. Et si on était partis sur d’autres modèles comme une API GPT ou une API Claude, évidemment là, les coûts auraient explosé de notre côté.
00:58:09David Dufresne
Si on veut vous financer, vous donner un coup de main, comment ça se passe ?
00:58:12Rouxel Alexandre
On n’a pas fait, on est nuls là-dessus, on a toujours été nuls.
00:58:19David Dufresne
Réponse de Michel Foucault. Ce n’est pas que de l’actualité, c’est de la philosophie. « Faut-il surveiller et punir Nicolas Sarkozy ? » Hier soir, quand j’ai posé la question, la réponse était magistrale, c’était une démonstration. J’espère qu’on aura la même dans quelques secondes.
00:58:37Audio
« Punir n’est pas une question de morale personnelle, mais un problème de fonctionnement des institutions. Nicolas Sarkozy a occupé la fonction présidentielle dans un système qui concentre les pouvoirs et les immunités, ce qui rend toute surveillance externe presque impossible pendant son mandat. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la personne Sarkozy, mais les mécanismes qui ont permis à un homme de son parcours de devenir un rouage central de l’État sans que ses pratiques soient sérieusement contestées en temps réel. La justice, quand elle intervient après coup, révèle moins la culpabilité d’un individu que l’incapacité des institutions à se réguler elles-mêmes pendant qu’elles exercent le pouvoir. Plutôt que de punir un homme, il faudrait inventer des dispositifs qui empêchent qu’un seul individu puisse à ce point incarner et brouiller les frontières entre l’intérêt général et les intérêts privés. »
00:59:41David Dufresne
Extraordinaire Michel Foucault, qui avait tout compris avant que les événements existent. C’est absolument vertigineux ce que vous avez réussi à faire avec ce petit col roulé.
01:00:01Rouxel Alexandre
On veut bien !
01:00:04David Dufresne
Voilà, c’est excellent, on nous dit plume d’oie et ultime question de Commonsource à nouveau. N’avez-vous pas inventé la première IA Techno sceptique ?
01:00:18Rouxel Alexandre
Moi je regardais hier un petit peu, je me suis amusé à me balader en plus sur les IA de droite
01:00:24David Dufresne
C’est-à-dire sur les IA quoi !
01:00:28Rouxel Alexandre
Non, non, mais à contre, j’entends Théophile, je crois en même temps.
01:00:33David Dufresne
Alors figure-toi que nous essayons de nous professionnaliser. Donc je pense que Théophile est en train d’essayer de discuter avec Marine Riou, qui sera l’invitée juste après toi. Mais donc, effectivement, il doit t’entendre en même temps. À chaque lundi, si tu veux, sa pierre à l'édifice. Voilà, on t'écoute. Donc les IA de droite ?
01:00:55Rouxel Alexandre
Ouais, non, je regardais un petit peu l’alignement, comment les IA de droite étaient alignées en fait. C’était assez rigolo parce que j’apprenais qu’en fait, quand les premiers modèles, les premières IA génératives sont arrivées, les premiers groupes politiques qui se sont amusés à les désaligner parce que normalement on a l’alignement boring de la Silicon Valley qui vous parle comme un service client, quoi, globalement, parce que si tu lui demandes comment faire un cocktail Molotov, il va pas t’aider, quoi et en fait, les premières personnes qui ont désaligné les modèles, c’est vraiment les libertariens et l’extrême droite américaine sur 4chan. Parce que leur argument était de dire : « Ouais, en fait, ça limite notre liberté d’expression. » Donc on sait bien ce que ça veut dire chez eux. C’était-à-dire que ça les limitait dans leur capacité à produire des discours sexistes, racistes, xénophobes, fascistes, etc. Et c’était rigolo parce qu’hier, j’en utilisais un, je lui demande : « Mais t’es aligné comment ? » Et j’ai fait une capture d’écran. Il me disait hier soir : « En résumé, mes positions sont ancrées dans la défense de l’héritage européen et chrétien, la préservation des frontières et des identités nationales et le rejet du mondialisme qui cherche à dissoudre les peuples dans une masse indifférenciée. » Donc voilà un peu les trucs auxquels on a affaire. Donc nous, en fait, l’idée, c’était de montrer qu’on peut tout à fait aligner une IA autrement. Mais à long terme, comme je disais précédemment, on aimerait faire une IA vraiment plus tactique et plus sérieuse que cette blague-là, en l’alimentant vraiment par de véritables textes théoriques qui nous sont chers. Et puis, comme on disait, toute une série de savoirs tactiques et opératoires issus du militantisme, que ce soit les zines de hackers, les conseils juridiques, etc.
01:02:28David Dufresne
Merci infiniment, Alexandre, d’abord de m’avoir envoyé Fouckenstein il y a une dizaine de jours. Je voulais en parler lundi dernier, puis je n’ai pas eu le temps, mais ça a été l’occasion de t’interviewer ce matin. C’était super. Je sens qu’il y a beaucoup de monde qui va aller voir ça, et déjà en train de tenter visiblement, si j’en crois le tchat. Merci beaucoup. Et puis, tenez-nous au courant, tenez-nous au courant de la suite des événements.
01:02:31Rouxel Alexandre
Merci pour l’invitation, c’est très gentil.
01:02:32David Dufresne
Ben je t’en prie, c’était un plaisir. Et bravo, bravo à vous
01:02:34Rouxel Alexandre
Merci.
01:02:35David Dufresne
La portée symbolique de votre taf est gigantesque, géniale, te dit Morphulskonk. Il y avait aussi quelqu’un qui disait : « Très belle analogie, les tech bros voient la démocratie comme un service après-vente à optimiser. » Merci beaucoup. Très très intéressant, très bon projet, ça n’arrête pas. Voilà, mais là je dois passer à Bolloré.
01:02:39Rouxel Alexandre
Merci, bon courage !
01:02:45David Dufresne
Merci, à bientôt ! Alors, je vois que notre prochaine invitée est déjà dans la régie. Alors, pour tout vous dire, elle a dû aller, je crois, dans un café pour pouvoir être tranquille. Ou alors peut-être parce qu’elle est espionnée déjà par les services de Bolloré. On va voir Marine Riou est programmatrice de L’Écran, magnifique cinéma à Saint-Denis, et l’une, on pourrait dire, des instigatrices de la tribune publiée lundi dernier et qui a foutu le feu, mais alors de toute beauté, dans le monde du cinéma, avec la réaction de Maxime Saada, le PDG de Canal+. On va en parler dans quelques secondes, mais d’abord, puisqu’il s’agit de cinéma, c’est Robert De Niro qui va introduire Marine Riou.
01:04:27Audio
Tu parles à moi ? Tu parles de moi ? T’es en train de parler à moi ? Mais qui est-ce que tu parles ? Tu parles de moi ? Je suis le seul ici. Who the fuck do you think you’re talking to ?
01:04:53David Dufresne
Bonjour Marine Riou, est-ce que vous m’entendez ?
01:04:56Marine Riou
Oui, je vous entends bien. Bonjour David.
01:04:58David Dufresne
Comment allez-vous ? Ça va, ça va très bien. Et vous ? Ah bah moi, ça va très bien. Écoutez, c’est absolument incroyable parce qu’au départ, on voulait vous inviter la semaine dernière dans Extrêmorama, l'émission qu’on avait consacrée à la guerre culturelle que mène l’extrême droite, et puis c'était compliqué, vous étiez à Cannes, dans le train, etc. Donc, on s'était dit : ah bah venez lundi. Et j’avais un peu peur que lundi, bon, vu comment la semaine s’est passée, où il y a eu un silence poli, voire autre chose on va en parler du monde du cinéma,patatras ! Voilà que Maxime Saada nous rend service parce que là, il vous met dans la lumière. Quand je dis vous, je parle du collectif Zapper Bolloré.
01:05:45Marine Riou
Oui, oui, c’est sûr qu’on imaginait toute forme de réaction. On n’avait pas tout à fait imaginé celle-là, où, si vite, ils décideraient de jeter l’opprobre sur tant de gens du secteur. Mais, d’une certaine manière, nous, ça nous conforte tout à fait dans la position qu’on a eue au moment de travailler à cette tribune. C’est exactement ce qu’elle dénonce : le fait que beaucoup de gens disent, pour l’instant, qu’Anna n’a plus ses protégés parce qu’il y a des digues, qu’il y ait des gens qui font bien leur travail et qui l’empêchent, d’une certaine manière, Vincent Bolloré, d’accéder au contenu et de les diriger. Et puis, en fait, on voit bien qu’on ne peut même plus dire quoi que ce soit contre lui. Ces chiens de garde sont là pour le protéger instantanément, et ces chiens de garde, c’est les fameuses digues dont tout le monde nous parle, comme s’il n’y avait pas de problème. Ça nous conforte dans l’idée qu’il fallait absolument se réveiller, dire quelque chose, commencer à réfléchir à un autre système.
01:06:49David Dufresne
Alors, on a un petit peu de temps, on va commencer par le coup d'éclat. C'était lundi, je mets à l'écran la tribune. Plus de 600 professionnels du cinéma ont signé votre tribune. Alors, il est de bon ton de donner évidemment les grands noms, et il y en a quand même quelques-uns : Juliette Binoche, Swan Harlow, Damien Bonnard, Adèle Haenel, Samuel Kircher, des cinéastes, notamment en compétition à Cannes, Arthur Harari on va y revenir Emmanuel Marre ou encore Amélie Bonnin, ou Raymond Depardon, quelques rares producteurs et productrices, et un certain nombre de professionnels du cinéma, des critiques, des attachés de presse, des programmateurs, des programmatrices de festivals, une cheffe opératrice, en tout cas j’en ai repéré une, Caroline Champetier, qui est une figure de la profession, et vous-même, donc une figure du cinéma d’auteur en Seine-Saint-Denis. Comment vous avez démarré ce petit collectif ? Est-ce que c’est dans ce café que vous vous êtes réunis ? Vous avez fait vos premières réunions conspiratives ? Comment ça s’est passé ?
01:07:59Marine Riou
Non, non, il n’y avait pas de conspiration. Le collectif regroupe une cinquantaine de professionnels de tous les métiers. C’est vraiment un mouvement citoyen avant tout, et c’est pour ça que les noms des gens qui font partie de ce collectif ne sont pas vraiment l’enjeu, parce que l’idée est vraiment une réaction citoyenne à un problème de concentration qui dépasse le cinéma, mais qui, dans le ciné, là, devient très problématique. On en parlera, mais avec cette dernière étape, qui est le rachat d UGC, pour nous, par Vincent Bolloré.Mais c’est vrai que l’idée, c'était plus de constater que ça fait déjà des années que ce milieu est un peu en souffrance avec cette question de comment on compose avec un personnage pareil dans le paysage. Et là, on s’est réunis à un certain nombre pour essayer de voir comment on pourrait, à la fois, faire de la pédagogie vis-à-vis des spectateurs, des publics, raconter à quel point elle est dangereuse, risquée, et voir comment on pourrait lancer un mouvement de réflexion, tous ensemble, professionnels confondus, de tous les secteurs du cinéma, pour essayer d’inventer un autre modèle de financement, peut-être plus vertueux, moins problématique, à un an de l'élection présidentielle qui risque, à un moment donné, d’amener au pouvoir la personne que Vincent Bolloré est en train de financer aujourd’hui. Et c’est impossible de dire qu’on ne le savait pas. Déjà aujourd’hui, ce n’est pas possible de le dire, alors dans un an, ce sera très mauvais goût.
01:09:31David Dufresne
Alors justement, il y a Hobbs dans le tchat qui vous demande quelles seraient les alternatives de financement et de production qui seraient solides, en quelques mots. Qu’est-ce que vous voudriez, en gros ? Il faut rappeler que 43 % des productions de cinéma passent par Canal Plus, donc par Bolloré, de cinéma français. Donc c’est un film sur deux, quasiment, dont l’existence est en partie due au carnet de chèques de Bolloré.
01:10:03Marine Riou
Déjà, si c’est 43 %, ça veut dire qu’il y a le reste qui arrive à faire sans Canal Plus. Ça veut dire quand même que c’est possible de faire des films en France sans Canal Plus. Moi, je voudrais quand même redire : je ne suis pas économiste du cinéma et je ne suis pas productrice non plus, ni distributrice, je suis exploitante. J’arrive vraiment en fin de chaîne et je ne suis pas la plus grande spécialiste du financement du cinéma. Inventer un nouveau modèle, ce n’est pas moi qui vais vous dire, ce matin, comment on peut faire. Ce que nous, on pousse, c’est à des je ne sais pas comment les appeler des états généraux, j’en sais rien, on a déjà tenté de faire ça il y a quelques années, ça n’avait pas donné grand-chose dans le secteur, mais à un temps de réflexion commun avec des gens qui occupent différentes fonctions et qui pourraient, tous ensemble, réfléchir à comment faire sans. Mais moi, il y a un truc, quand même, qui m’importe de dire, c’est qu’en fait, la tribune n’a jamais visé Canal Plus au sens propre, elle a visé le rachat par Vincent Bolloré d’ UGC, qui est un énorme réseau de salles en France, qui est l’un des meilleurs. Et puis elle a surtout visé Vincent Bolloré. Et, en fait, Canal Plus préexiste à Vincent Bolloré. Canal Plus finance le cinéma français depuis quarante ans. C’est un acteur, en effet, essentiel du financement du cinéma. Et nous, notre idée, ce n'était pas de dire : faisons sans Canal Plus. C'était de dire : poussons potentiellement à une régulation, à éventuellement aller jusqu'à un travail légal fait par les députés, peut-être. Là, on voit que certains sont en train de se saisir du sujet, sont intéressés, certains étaient à Cannes, d’ailleurs, pour essayer de voir comment lutter contre cette concentration verticale qui n’existe pas aux États-Unis, par exemple, où un acteur, un industriel, un homme d’affaires peut posséder du financement, des organes qui financent le cinéma, jusqu’aux organes qui les montrent en salle.Pour nous, c’est un problème d'être producteur de cinéma, d'être chaîne de télévision et d'être salle de cinéma, réseau de salles de cinéma. C’est ça, notre premier point de vue. Mais je n’ai pas de solution à vous apporter, ce matin, sur comment faire autrement. Il faut qu’on y pense tous ensemble.
01:12:08David Dufresne
En octobre 2025, Canal+, qui appartient au groupe Vivendi, qui appartient à Bolloré, a acquis 34 % d' UGC, avec option pour monter à 100 % du capital d’ici 2028. Donc c’est du sérieux. UGC, c’est le troisième réseau de salles françaises, c’est 55 cinémas en France et en Belgique. C’est le cinéma Déal à Paris, qui est le plus fréquenté d’Europe, avec 2 500 000 entrées par an. C’est quand même du délire. Et vous le disiez, Bolloré contrôle déjà Studio Canal, numéro 1 de la production cinéma européenne, et Canal+ et ses filiales. Donc c’est cette hégémonie que vous vouliez mettre à jour. Alors, quand votre tribune a été publiée, elle a reçu, on va dire, un accueil assez tiède, voire froid, voire glacial, par le monde du cinéma. Aucune instance, aucun organisme, qu’il soit des auteurs, des réalisateurs, des producteurs, des distributeurs, n’avait pris position sur cette pétition, ou, quand ils avaient pris position je reviendrai tout à l’heure c'était plutôt défavorable. Donc déjà, comment vous avez ressenti cette réaction, cette non-réaction ?
01:13:37Marine Riou
Alors déjà, on a quand même été surpris de voir qu’autant de gens signaient courageusement parce que, en leur nom propre, il y a des gens qui ont accès, aujourd’hui, au financement de Canal Plus, donc avec le risque, qui s’avère a priori, que les financements disparaissent. Donc il y a eu d’abord tous ces courageux et ces courageuses. Et après, en effet, les organisations, à part quelques-unes comme la CID, mais dont on n’a plus à prouver qu’elles s’engagent dans tous les combats, l’Association de cinéastes pour leur diffusion, et puis le GNCR, qui est le Groupement national des cinémas de recherche, donc un groupement de salles art et essai de recherche Mais c’est vrai que sinon, les syndicats, les fédérations de producteurs et de réalisateurs n’ont pas répondu, puis ensuite, en effet, elles sont venues nous accuser de jeter de l’huile sur le feu dans un moment de négociation crucial dans le cinéma. Or, des moments de négociation cruciaux dans le cinéma, il y en a tout le temps. Les accords financiers, notamment, sont constamment renégociés. Donc, si on devait attendre que le timing soit parfait et c’est ce qu’on fait depuis, du coup, dix ans on ne s’exprime jamais sur cette peur-là. Donc il faut bien trouver un moment. Mais c’est vrai qu’on l’a vu quand on a essayé de recueillir ces signatures : les gens étaient très inquiets, quand même. Même ceux qui ont signé étaient craintifs, courageux, mais craintifs. Donc les organisations professionnelles, elles, représentant tout un tas de gens très divers, je pense qu’elles préféraient maintenir la bonne entente avec Canal Plus que de risquer de perdre du terrain.
01:15:08David Dufresne
D’ailleurs, Marine, à ce sujet, je tiens à vous remercier d’accepter cet entretien, de vous afficher en votre nom, parce qu’on voit, dans les articles qui ont fleuri cette nuit, un certain nombre de membres du collectif, mais qui s’expriment anonymement parce que le système fait que c’est très compliqué de sortir du bois. Ce que vous faites, et je tenais à vous saluer, à saluer ce courage-là. Et j’ajoute que c’est compliqué pour vous parce que, voilà, vous parlez au nom d’un collectif et que vous êtes une des rares à le faire nommément. Alors, je vous propose qu’on, avant d’arriver à la réaction de Saada hier, je propose de vous lire quelques réactions du monde du cinéma. Par exemple, une dénommée Marie Mamontel, présidente du bureau long métrage du Syndicat des producteurs indépendants, le SPI, qui est très important, a dit : « Les signataires », dont vous êtes, « crient avant d’avoir mal ». Elle estime que le parallèle avec Grasset ne tient pas. Ça, c’est Zoé Wittock, qui est la coprésidente de la Société des réalisatrices et réalisateurs de films, la SRF, classée jusqu’ici à gauche. Il y a Marc Missonnier, président de l’Union des producteurs de cinéma, qui dit : « Nous resterons très attentifs. » Il y a Pierre Salvadori, donc, qui est réalisateur, qui présentait La Venue de l’avenir en ouverture à Cannes, qui a dit qu’il comprenait votre émotion et votre inquiétude, mais qui nuançait immédiatement en disant que Canal Plus avait une obligation d’investir dans le cinéma, que cette obligation était encadrée et que donc il y a une clause de diversité, il y a des clauses de volume et une garantie d’indépendance. « Tant que Canal Plus respecte ça, je suis à l’aise, je ne ferai plus de films si on ne me laisse pas faire avec liberté. » Qu’est-ce que vous avez ressenti, quand je dis vous, le collectif, après ces réactions ?
01:17:18Marine Riou
Alors, c’est vrai, vous l’avez dit, à la fois je fais partie du collectif et en même temps je parle aussi en mon nom, on ne se concerte pas quand c'était du direct comme ça.
01:17:27David Dufresne
Bien sûr !
01:17:28Marine Riou
Je ne mets pas tous mes camarades du collectif forcément derrière moi. En ce qui concerne, par exemple, la réaction de la SRF, je crois que personne n’a été surpris. C’est leur ligne, que moi, je me permettrai de qualifier de jamais très courageuse. En même temps, à Cannes, là, ils sont en train d’expliquer que la lutte contre l’extrême droite est primordiale et que c’est le seul sujet qui devrait tous nous intéresser. Et puis, quand, dans le secteur, il y a un petit réveil qu’on essaye d’impulser, ils sont incapables, deux secondes, de soutenir. Donc là, je pense qu’ils soutiendront les cinéastes blacklistés par Maxime Saada, mais encore faut-il… Enfin, on attend, je ne sais pas, mais j’imagine que c’est la position qu’ils prendront quand même, parce que là, ils n’ont plus le choix. Mais c’est vrai que ce reproche de « vous criez avant d’avoir mal », je le trouve… Et puis même cette phrase de Pierre Salvadori sur : « Tant qu’en gros Laurent Aïd est là, le monsieur cinéma de Canal Plus, tant que Laurent Aïd est là, tout va bien. Le jour où il partira, tout ira mal. » Nous, on pense que ce sera trop tard le jour où il partira. Le jour où il partira, ce sera comme le jour où Olivier Nora a été licencié. En fait, le jour où Laurent Aïd se battra trop fort pour la diversité, il sera licencié de la même manière, et nous, on sera le bec dans l’eau, et ce sera un peu tard pour réfléchir. Donc notre point de vue, à nous, il est de dire : les ingérences de Bolloré, elles existent déjà, on en a des exemples. On cite toujours les mêmes, Grâce à Dieu, mais il y en a d’autres. Christophe Honoré s'était exprimé à ce sujet sur Plaire, aimer et courir vite. On le sait, et ça va être un de nos travaux, probablement, de repérer tous les cas d’ingérence, mais il y en a eu, notamment sur les films LGBT. Vincent Bolloré siège en commission de validation des projets, donc ça, c’est quand même un peu du jamais-vu qu’un milliardaire avec un projet politique siège en commission de validation des projets. C’est quand même fou, des projets de films. Il n’a quand même aucune compétence pour analyser un scénario, ce monsieur, je pense. Donc c’est très bizarre. Donc, évidemment que le loup, il est déjà là et qu’on ne crie pas avant d’avoir mal. On prend juste un tout petit peu d’avance, et nous, on considère que c'était déjà un peu tard, en plus.
01:19:37David Dufresne
Alors, on va revenir sur les cas d’ingérence de Vincent Bolloré dans le cinéma, et je remercie les gens sur Bluesky qui m’ont aidé à remonter un peu le fil. Effectivement, on va être assez précis sur ce qui a pu se passer. Mais, en gros, avant d’aller sur ces exemples-là, d’abord, Canal Plus a réduit ses préachats de 35 % l’année dernière, ce qui a fragilisé davantage les productions indépendantes. Canal Plus l’a fait notamment parce qu’ils sont furieux que Disney puisse diffuser des films au bout de neuf mois, alors que, jusqu’ici, pour les autres, c'était un an, alors que Canal Plus, c’est six mois. C’est ce qu’on appelle la chronologie des médias, qui est absolument le fait que c’est l’existence commerciale d’un film : d’abord au cinéma, puis en télé cryptée, puis à la TNT, etc. Bon, voilà, la bataille est là, et déjà Canal Plus a dit : puisque vous facilitez Disney, nous, on va se retirer un petit peu. Donc il y a déjà eu ce petit truc-là. Alors, j’ai appris que, dorénavant, il y avait une mention qui allait être, qui était imposée aux génériques. Vous connaissez cette mention ?
01:20:57Marine Riou
Oui, oui, et qui est d’ailleurs, qui doit figurer avant toutes les autres. Donc il y a en plus un truc qui maintenant, c’est tous les producteurs, distributeurs doivent ajouter un carton au générique avec le soutien essentiel de Canal Plus. Et en effet, ça précède tous les autres, donc ça donne vraiment ce sentiment
01:21:26David Dufresne
C’est bon c’est reparti c'était bien alors on n’a pas entendu les deux dernières phrases
01:21:33Marine Riou
Oui, je disais que ce soutien essentiel, ça donne l’impression qu’ils sont au-dessus des autres financeurs, hors la télé publique finance. Beaucoup, il y a beaucoup de financeurs dans le cinéma français, c’est complexe en fait. C’est vraiment beaucoup d' argent de banques, les sofica il y a évidemment l’argent des collectivités territoriales, l’argent de l'État, enfin du CNC pardon, mais bon, il y a beaucoup de choses qui financent dans un film. Et avoir Canal Plus comme ça avant tous les autres, c’est un peu problématique.
01:22:08David Dufresne
Alors vous parliez tout à l’heure de Christophe Honoré. En 2025, sur Plaire, aimer et courir vite, Vincent Bolloré siégeait au comité de validation des films de Canal Plus, que vous venez de dire. Il y avait deux films proposés donc ça, c’est Christophe Honoré qui parle dont le mien et En guerre, de Stéphane Brizé, sur un syndicaliste. Vincent Bolloré avait dit : « Pas de PD, pas de syndicalistes. » Résultat : les deux films ont été éjectés du financement principal de Canal Plus. Sollicité pour réagir à ces propos, Vincent Bolloré ne s’est pas manifesté. C’est un article à lire dans Trois Couleurs, qui était paru le 28 avril 2025.Deuxième cas, qui avait été révélé par le site L’Informé. Plusieurs témoignages alors ça, c'était en août 2025 assurent que des projets ont été refusés pour des raisons idéologiques, d’autant que Vincent Bolloré a longtemps participé lui-même au comité sélectionnant les projets. Alors là, eux, ils parlent au passé. Selon Mediapart, tout investissement de plus d’un million d’euros doit être approuvé par le milliardaire catholique. D’après Le Monde, ce dernier serait intervenu pour refuser Grâce à Dieu, dont vous parlez à l’instant, le film de François Ozon sur la pédophilie dans l'Église, alors que le projet avait été précédemment validé par la chaîne cryptée. Il aurait aussi opposé son veto à une série des frères Larrieu, baptisée Lourdes, selon Le Canard enchaîné. Enfin, selon notre recensement donc là, c’est le journal L’Informé qui parle la filiale de Vivendi n’a pas non plus financé deux films critiques du monde de l’entreprise, La Syndicaliste, de Jean-Paul Salomé, et En guerre, de Stéphane Brizé, ou encore écologique, La Promesse verte, d'Édouard Bergeon. Voilà, voilà quand même ce que vous pouvez appeler, ce que vous venez d’appeler : c’est presque trop tard.
01:24:17Marine Riou
Oui, parce qu’en plus, il y a les films qu’ils ne financent pas, qu’ils décident de ne pas financer. À la limite, c’est un choix, de toute façon, tous les projets ne peuvent pas sortir. Donc des gens pourraient encore nous dire : oui, mais c'était peut-être des questions qualitatives. Mais là, on voit bien avec la réponse, par exemple, de Maxime Saada ce dimanche. En fait, là, ils sont en train de dire : on va arrêter de travailler avec des gens, non pas pour des critères artistiques, mais politiques. Donc, on sait qu’ils sont capables de fonctionner comme ça, en suivant un agenda politique et pas un agenda artistique, qualitatif. Donc ça, c’est un problème. Et puis il y a tous les films aussi qu’ils financent maintenant. C’est-à-dire qu’on voit apparaître et il y a eu cette grande polémique sur le film Sacré-Cœur, avec lequel les salles art et essai, particulièrement, se sont bien débattues, et les politiques aussi, certains politiques locaux et municipaux… Il y a eu beaucoup de cas d’ingérence avec ce film-là, donc on en a pas mal parlé. Mais c’est vrai qu’il y a cette production, aujourd’hui : Vaincre ou mourir, Sacré-Cœur… Par ailleurs, il pousse des films lui-même, des films qui sont de l’ordre du prosélytisme religieux, de la réécriture de l’histoire. Voilà. Donc il y a ce qu’ils ne financent pas, et puis il y a ce qu’ils se mettent à financer, ce qui est assez nouveau, quand même.
01:25:30David Dufresne
Alors, est-ce que, Marine, est ce que le cinéma ne paye pas quand même 40 ans de, voire oui, 40 ans, d’allégeance à une chaîne qui s’appelle Canal+, dont on rappelle que quand elle avait été créée, elle avait créé avec l’obligation, justement, de financer le cinéma français. C'était un cadeau de Mitterrand à Rousselet, donc c'était déjà politique. Est-ce-que le cinéma français s’est pas accommodé pendant très longtemps de cette position, qui aujourd’hui devient absolument intenable parce qu’effectivement elle est aux mains d’un combat idéologique d’extrême droite. Mais est-ce qu’il n’y a pas eu quand même de la part du monde du cinéma une cécité ?
01:26:11Marine Riou
Si c’est possible, je pense que, de toute façon, l’idée qu’on constate comme ça une toute-puissance industrielle à un endroit de la chaîne de la création, c'était probablement une mauvaise idée. Là, ça devient vraiment dramatique parce qu’encore une fois, c’est à tous les endroits de la chaîne et que la boucle de production du cinéma s’ouvre sur lui et se ferme sur lui. Mais probablement qu’il aurait fallu réfléchir plus tôt à une autre manière de financer. Et, en même temps, je crois que ce financement du cinéma, il est quand même relativement complexe, comme je le disais tout à l’heure, et qu’il intègre beaucoup d’acteurs, quand même, de l’industrie. Donc là-dessus, je ne suis pas là, c’est ma limite de non-économiste du cinéma. Je n’ai pas assez réfléchi à cette question pour vous dire ce qu’on aurait pu faire, peut-être plus tôt. Mais, de toute façon, ce qui est sûr, c’est que c’est un milieu et c’est pour ça que nous, on se réjouit, là parce que les gens on a le sentiment que les gens se réveillent, que les gens osent prendre la parole. Et c’est vrai qu’on se le dit beaucoup entre nous, même à l'échelle de mon métier uniquement, l’exploitation, qu’on est un secteur pas très courageux, qu’on est un secteur pas très… On adore montrer des films politiques, mais nous, on n’est même pas très politiques en termes de fonctionnement, d’organes. Et là, moi, ça me réjouit, et je pense que c’est ce qui réjouit aussi mes camarades, de voir que, finalement, on va peut-être le devenir un peu plus.
01:27:47David Dufresne
Alors, hier, on apprend que lors d’un brunch avec des producteurs à Cannes, on imagine un bon petit brunch, que Maxime Saada, donc le patron de Canal Plus, a déclaré, j’ai vécu cette pétition la vôtre comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal plus. Et dans toute la diversité de ses choix. En conséquence, dit-il, aurait-il dit, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. Après, il y a d’autres déclarations que je vais vous faire commenter, mais d’abord celle-ci. Quand vous avez lu ça, quand vous avez appris ça, qu’est-ce que vous avez pensé ?
01:28:36Marine Riou
Ben, vraiment, je pense qu’on s’est dit qu’on avait vu juste et que ce qu’on décrivait dans ce texte, et ce que certains ont appelé « crier avant d’avoir mal », ben en fait est venu exactement conforter, assez rapidement, ce qu’on a soulevé dans ce contexte. Donc, d’une certaine manière, moi, je n’ai pas été surpris. Je trouve ça extrêmement violent. C’est incompréhensible parce que moi, je pense que Canal Plus a besoin du cinéma et que ce n’est pas le cinéma qui a besoin de Canal Plus. Donc je pense qu’il a une réaction au premier degré, et voilà, mais qui correspond bien à l’image qu’on se fait de Vincent Bolloré. Alors, peut-être que ça fait partie de vos citations à venir, mais il y a quelque chose c'était un de nos collègues, hier soir, qui disait que ça devenait insupportable, cette manière de recourir tout le temps à l’exemple du film de Boris Lojkine, L’Histoire de Souleymane, et je trouve ça très juste. Ils ont cette manière, tout le temps, de rappeler ce film, L’Histoire de Souleymane, comme si Canal Plus n’avait pas financé ce film, ce film n’existerait pas. Or, c’est un film sur, donc, un chauffeur, un…
01:29:51David Dufresne
Un livreur, un livreur.
01:29:55Marine Riou
Un clandestin en France, dont on suit le parcours comme ça 24 heures dans la vie de cet homme, qui a un film merveilleux d’ailleurs, et voilà, cette idée de dire, vous voyez Canal Plus finance même l’histoire de Souleiman, c’est bien dire que Canal Plus promeut la diversité. C’est vrai que c' est insupportable parce que ça veut dire que ça leur coûte quoi, d’aller financer un film sur un livreur à vélo, réfugié, clandestin, noir. Ça, c’est vraiment coûteux pour Canal Plus de faire ça. Donc c'était laid déjà de le dire comme ça, mais c’était vrai que c’est l'équipe qui revient systématiquement et ça devient insupportable.
01:30:29David Dufresne
Comme dit Émilecheval dans le tchat, c’est leur “ami noir”.
01:30:32Marine Riou
Oui, c’est exactement ça, ce que disait notre collègue hier soir. Oui, vraiment, ça revient à dire, en effet, je n’ai pas de problème avec les noirs, ma femme de ménage est noire. Oui, oui, c’est la même chose.
01:30:42David Dufresne
Alors, Maxime Saada a dit quand même que votre tribune revenait à qualifier les équipes de Canal Plus de crypto-fascistes et il ajoute, et bien moi, j’ai pas envie de travailler avec les gens qui me traitent de crypto fasciste. Alors en fait, il fait allusion au papier de Libération qui a accompagné votre tribunes, dans lequel Harari parle de cryptofascisme.
01:31:06Marine Riou
Oui, oui, ce n'était pas dans le texte. Après, moi, je trouve qu’Arthur Harari a fait preuve, pour le coup, d’un vraiment très grand courage avec cette intervention dans le papier de Sandra Onana, parce qu’il a un film en compétition, parce qu’il a coécrit avec Justine Triet Anatomie d’une chute, qu’il est un grand cinéaste et qu’il a besoin de l’argent de Canal Plus, en effet, aujourd’hui, pour faire des films. Mais je pense qu’il s’entoure de très bonnes personnes, qu’il est bourré de talent et que, si demain il devait être blacklisté, il trouverait d’autres manières de faire financer son cinéma, qui est si brillant. Mais c’est très courageux. En effet, nous, on a décidé, dans la tribune, de ne pas attaquer les équipes de Canal Plus parce qu’on sait que les gens ont besoin de travailler et que, chez Canal Plus, il y a des employés qui font très bien leur travail et qui, en effet, tentent de résister. Et sans doute que la situation serait pire si ces gens-là n'étaient pas en poste. Mais on s'était appliqués, en effet, à ne pas viser du tout, on ne visait même pas Canal Plus, en réalité, on visait vraiment uniquement Vincent Bolloré et son projet politique financier. C'était vraiment notre angle, à nous. Mais moi, je pense que « crypto-fasciste », moi, j’ai du mal à voir ce que ça veut dire, donc je n’aurais pas utilisé cette expression. Je vois l’idée, elle ne nous est pas venue, mais je pense qu’il a raison d’utiliser toute sa liberté pour utiliser un mot comme ça, si c’est celui qui lui vient.
01:32:34David Dufresne
Alors, nous sommes à peu près 2 ou 3 millions à vous écouter et on est très heureux de le faire au moment où on se parle. Qu’est-ce que nous pouvons faire pour soutenir la fronde en tant que cinéphiles, en tant que citoyens, citoyennes ? Qu' est-ce qu’on peut faire ?
01:32:53Marine Riou
Je pense qu’il y a des choses assez simples quand on est spectateur de cinéma, spectatrice. C’est, potentiellement, de rendre sa carte UGC, déjà. J’imagine que ça ne lui fera pas bien mal, à lui, de voir des abonnés UGC disparaître. Mais bon, il y a des salles indépendantes sur tout le territoire, en dehors de Lille peut-être, qui est un grand drame parce que c'était un des exemples qu’on avait en tête, d’ailleurs. Mais Lille est une ville, aujourd’hui, où tous les cinémas ont été rachetés par UGC. Donc UGC a un monopole à Lille, qui est quand même une des plus grandes villes de France et qui est une ville forte culturellement. Donc, quand j’entends, par exemple, le CNC dire que UGC, ce n’est pas tout et que c’est un circuit parmi d’autres et qu’il y a tout un tas d’autres salles, en effet, mais dans une ville comme Lille, par exemple alors il y a Villeneuve-d’Ascq à côté, qui a un cinéma indépendant mais Lille, aujourd’hui, n’a plus qu' UGC pour montrer des films. Donc c'était quand même un vrai problème. Mais on peut rendre sa carte UGC, on peut faire de la pédagogie tous les jours, un peu, sur tous ces mensonges qu’on entend sur le financement du cinéma français, par exemple : que ce sont les impôts des gens. Essayer de remettre de la clarté là-dedans parce qu'évidemment que les impôts des gens ne servent pas du tout à financer le cinéma français, que c’est un système clos. Ce sont les spectateurs de cinéma qui financent le cinéma. Ça, il faut le rappeler le plus possible. Il y a évidemment les abonnements sur My Canal. On peut peut-être aller chez UniversCiné, par exemple. Il y a des alternatives.
01:34:25David Dufresne
Où ciné mutins ? Ah oui, ah oui.
01:34:30Marine Riou
Absolument.
01:34:32David Dufresne
Où Tenk
01:34:33Marine Riou
Il y a un boulot formidable qui est fait par plein de gens. On peut voir des films de plein de manières sans donner de l’argent à Vincent Bolloré.
01:34:39David Dufresne
Oui, il y a aussi la plateforme, justement, un peu issue de la SRF, des cinéastes, qui est vachement bien, je ne les ai plus… La Cinetek, voilà. La Cinetek est vraiment très, très bien. Enfin voilà, il y a plein d’endroits. Donc vous dites : la grève, on rend sa carte UGC, on rend sa carte UGC, on va voir ailleurs les films. Politiquement, comment on peut peser ? Comment les choses peuvent se passer ? Vous parlez de députés qui étaient à Cannes, tout à l’heure, qui vous soutiennent. Qu’est-ce que vous pourriez faire ?
01:35:18Marine Riou
J’ai l’impression, en tout cas, j’ai vu à Cannes, cette année, ce qu’on ne voit pas les autres années. Après, c’est aussi parce qu’on est à un an de l'élection présidentielle, mais il y avait une forte représentation des syndicats et des politiques, notamment en campagne. On ne voit pas ça les autres années, il me semble. Il y a un agenda, c’est sûr, mais je pense qu’il y a aussi un intérêt à ce sujet. Moi, j’ai l’impression que cette idée d’une loi anti-trust, anti-concentration, elle commence à résonner et qu’il faudrait, en effet, porter sans doute un projet à l’Assemblée nationale pour affiner tout ça et, potentiellement, arriver à une régulation de cet univers. Vous le disiez tout à l’heure, Vincent Bolloré a l’intention, en 2028, de monter à 100 % du capital. Il faudra quand même que l’Autorité de la concurrence donne son accord à ça. Pour l’instant, les 34 % ont été évidemment validés, mais quand il s’agira d’acquérir 100 % du départ, là, je ne sais pas, il faut quand même que ça passe devant cette Autorité de la concurrence. Donc ça, ça n’a pas encore été évalué. Si, d’ici là, il y a un projet législatif qui est porté, peut-être que ça pourrait retarder l’acquisition complète d' UGC. Là, ce n’est pas ma spécialité du tout. Mais, en tout cas, s’il y a quelque chose à faire, il faut le faire. Donc ça, c’est un travail politique à faire, à côté du travail des spectateurs, des professionnels, qui doivent réfléchir, en effet, ensemble, assez rapidement, à comment faire pour le minorer, peut-être, avant que lui décide de blacklister tout le monde. Enfin voilà les petites pistes, pour l’instant, mais avant tout, il faut qu’on réfléchisse, nombreux et nombreuses, à ces choses.
01:36:55David Dufresne
Alors, la loi sur la concentration dans le cinéma, je crois qu’elle date de 1981, dans les médias de 1986, donc dans une période où l’univers médiatique et cinéphile était tout à fait autre. Donc c’est absolument incroyable. Je rappelle que, dans son programme, un des rares programmes à gauche qui porte le démantèlement de Bolloré, c'était La France insoumise. Les autres viennent de vous rejoindre un petit peu. Marine Tondelier, Olivier Faure ont fait des petits tweets ce dimanche, mais, pour l’instant, le parti qui porte ça, me semble-t-il, c’est LFI. Il y a quelqu’un qui nous dit, voilà, c’est Pixel : « France Télévisions finance une partie du cinéma et ce groupe médiatique est financé avec nos impôts. Après, perso, j’ai rien contre. » Cette question nous permet, Marine, de, comment dirais-je, préciser le financement du CNC et du cinéma dans son ensemble. Parce que ça, c’est extrêmement important de le rappeler, parce qu’il y a tout un discours populiste autour du cinéma qui est archi-faux, en réalité.
01:38:07Marine Riou
C’est vrai que, pour mesurer, en effet, par exemple, les collectivités territoriales, elles, elles financent le cinéma. Ce n’est pas l’argent des impôts des gens, mais c’est de l’argent public, ça, c’est vrai. Mais ce ne sont pas les impôts des gens qui vont dans les… Ne serait-ce que les fonds d’aide dans les collectivités territoriales. Les fonds d’aide au cinéma ne sont pas les impôts des gens. Et pour ce qui est du CNC, les aides du CNC sont financées, en effet, par une taxe qui est prélevée sur les billets de cinéma. Tous les billets de cinéma vendus en France, que ce soit du cinéma européen, asiatique, américain, français il y a un peu plus de 10 % du prix des billets. Et là, on est contents que les multiplexes coûtent très cher parce qu’en effet, ça ramène plus d’argent que quand vous allez dans la salle art et essai à côté de chez vous. Là, je prêche contre ma paroisse, mais en effet, chez nous, où le billet est à 5 ou 7 euros, la taxe est plus légère, mais la salle est vraiment mieux. Quand on achète un billet chez MK2 ou je ne sais où à 15 euros, à chaque fois, cette taxe est collectée par les salles, reversée au CNC, qui ensuite la réutilise pour décider des projets, via des commissions, décider des projets qui vont pouvoir utiliser cet argent pour compléter leur plan de financement.
01:39:25David Dufresne
Juste comme ça, pour le plaisir, rappelons que le CNC, au départ, est une émanation du ministère de l’Industrie au sortir de la guerre, que c'était un enjeu industriel que de renforcer le cinéma. Et le Festival de Cannes, ne l’oublions pas, va naître dans les années 30, en réaction au fascisme italien et à Venise, porté par les communistes. C’est quand même assez fou de se dire : c’est ça, l’ADN du Festival de Cannes. Il ne faut pas l’oublier. Et si ceux qui vont au brunch du grand argentier pouvaient avoir ça en tête, ce serait pas mal. Alors vous, vous n’allez pas l’entendre, mais je pense que vous l’avez vu. C’est une vidéo qui a été prise le samedi soir à Cannes. Il y a les projections de minuit. Samedi, c'était Quentin Dupieux. Une vidéo a tourné, voilà ce qui se passe. Nous sommes dans la grande salle de Cannes. Arrive le générique. Alors bon, on passe sur l’insulte « Bolloré enculé », qui est applaudie parce que bon, pas forcément de très, très bon goût. Ouais, ce n’est pas génial. Enfin, ce n'était pas génial, mais cela dit, ce qui est incroyable, c’est que ça suscite l’engouement. On voit quand même qu’il y a quelques applaudissements. Je trouve que, dans cette petite vidéo et je remercie Polytipette qui me l’a envoyée on sent que, dans cette vidéo, j’ai l’impression qu’elle raconte toute la situation du cinéma français aujourd’hui.
01:41:17Marine Riou
C’est vrai qu'à Cannes, il y a cette tradition, quand les génériques arrivent, d’applaudir, parce qu’il y a beaucoup de professionnels dans les salles, d’applaudir tous les financeurs du film. Donc, à chaque fois qu’un nouveau logo apparaît sur scène, tout le théâtre ou la salle de la Quinzaine enfin toutes les salles applaudissent. Et là, c’est vraiment que, apparemment moi, je n'étais pas là à cette séance mais apparemment, oui, il y avait plusieurs séances comme ça où, quand le logo de Canal Plus arrivait, il n’y avait soit un silence, soit quelques huées. Et ça, c’est très nouveau. Moi, ça fait quand même presque dix ans que je vais au Festival de Cannes et je n’avais jamais vu ça. Donc je pense qu’en effet, c'était l’effet de la tribune et de ce qui se passe en ce moment. Mais c’est vrai qu’aussi, les équipes de Canal Plus, elles sont larges, les équipes d' UGC, elles sont larges, et je pense qu’ils sont sur place aussi et qu’il y a une difficulté, probablement, à être dans la salle et à entendre ça. Donc je le sais aussi que, dans d’autres séances, ces équipes de Canal ont tenté de renverser les huées en criant, eux aussi, des choses du type : « C’est nous qui vous filons l’argent ! » Enfin voilà, des trucs comme ça. Donc oui, il y a un clivage, mais c'était là où, nous, je pense qu’avec cette tribune, on avait presque espoir, à un moment donné, que des gens, y compris chez Canal Plus, rejoignent le mouvement parce qu’on le sait, qu’on l’a vu chez i Télé, par exemple, quand i Télé a vécu la crise qu’ils ont vécue jusqu'à leur disparition. Les équipes d’ i Télé se sont quand même rebellées et ont rejoint… Ils ont été un peu tout seuls. Aujourd’hui, ça se passerait probablement moins comme ça, ils seraient moins isolés, mais n’empêche que les gens, à l’intérieur, peuvent aussi avoir ce courage-là. Moi, je ne donne de leçons de courage à personne, mais on peut aussi se poser des questions quand on se met à travailler, alors que ce n'était pas le cas avant, pour un milliardaire d’extrême droite qui a un projet politique et qui est en train de financer l’arrivée au pouvoir du RN. Je pense que ces gens, plutôt que d’essayer de se défendre et de défendre leur position immédiate, peuvent aussi se poser la question de faire autre chose.
01:43:29David Dufresne
Alors, on ne donne pas des leçons de courage, mais on peut saluer le vôtre et d’autant plus que c’est quand même extraordinaire parce que vous représentez ce qui se fait de mieux, on peut le dire, dans le cinéma, c’est-à-dire la salle à réessayer d’auteurs, etc. Et en fait, vous rouspétez pour UGC, qui est en fait votre concurrent direct, mais au nom d’un principe. Et ça, je trouve ça très beau et donc je tenais à vous saluer. Ultime question, et pour les présidentielles, qu’est ce qui va se passer ?
01:44:02Marine Riou
Vous voulez que je vous dise qui va gagner ?
01:44:05David Dufresne
Non, la baguette marxiste vous pose cette question. Je ne pense pas que c’est par rapport à qui va gagner, mais voilà, est-ce que vous comptez peser, est- ce que vous comptez vous organiser ? Parce que là, d’une certaine manière, Maxime Saada vous a donné un élan extraordinaire, un souffle fabuleux.
01:44:22Marine Riou
Moi, ce que je trouve génial, c’est que la culture a quand même profondément disparu des programmes politiques depuis maintenant un moment. Elle n’est plus jamais citée, c'était vraiment effaçant. J’ai l’impression que là, ce qui est en train de se passer alors c’est un morceau de la culture, c’est le cinéma mais là, il y a une tribune aujourd’hui dans Libération aussi, qui est sortie, de tout un tas d’artistes de toutes les disciplines, de professionnels du monde de l’art, qui alertent contre les dangers de cette extrême droite qui risque de gagner en 2027. La tribune, elle parle de plein de sujets, mais elle est assez touchante. Moi, je trouve qu’elle est assez forte. Et c’est mille professionnels de la culture et des arts. C’est quand même beaucoup de monde. J’ai l’impression que ce vent-là, il peut être bénéfique pour la campagne présidentielle qui s’ouvre. Et si on pouvait ramener la culture au centre de cette campagne, ce serait vraiment génial, parce que je pense que ce qui nous a manqué, c’est vraiment l'éducation et la culture. Et si on pouvait refaire de la place à ces sujets, on en sortirait tous grandis. J’espère que les politiques, qui commencent très fort à travailler là et qu’on voit déjà partout, vont se saisir du sujet et qu'à leur manière, ils vont travailler.
01:45:43David Dufresne
Marine Riou ultime question, puisque vous êtes programmatrice de L’Écran à Saint-Denis, quel film vous nous conseillez ?
01:45:53Marine Riou
Là, je peux vous dire que j’en ai vu un, à Cannes, qui est sublime, qui s’appelle La Gradiva, de Marine Atlan. Marine qui a d’ailleurs signé la tribune avec quasiment l’intégralité de son équipe. Un film qui est montré à la Semaine de la critique, que vous avez un peu le temps de voir venir, qui sort bientôt, mais qui raconte un voyage scolaire de lycéens à Naples et à Pompéi. Et qui raconte surtout l’adolescence comme je l’ai rarement vu si bien racontée. C’est vraiment merveilleux. Ça, il faut que tout le monde le voie. C’est un peu long en salle, mais il faut prendre le temps.
01:46:25David Dufresne
Alors là, vous me décevez, Marine, parce que vous faites vraiment la fille du cinéma. Genre, oui, alors j’ai vu un film à Cannes, vous le verrez. Non, parlez-moi d’un film, aujourd’hui, si je veux aller aujourd’hui au cinoche. Non, non, non. Répondez, je peux vous dire ce qui passe à l'écran. Voilà, passez. Voilà, qu’est-ce qui passe, à l'écran ? Chef opératrice et réalisatrice Marine Atlan, très douée, nous dit Dadadocdada.
01:46:46Marine Riou
C’est vrai. Et ben moi, comme j’ai la tête ailleurs en ce moment, je sais même plus ce que je passe cette semaine. Donc vous me permettez une seconde ?
01:46:53David Dufresne
Je vous en prie, je vous en prie. Alors, “les dents de la mer,” c'était la semaine dernière. Oui, pardon.
01:47:01Marine Riou
Non, écoutez, il y a beaucoup de choses. Il y a un film qu’on peut voir en salle en ce moment, qui est passionnant, qui s’appelle Hélène Trésor transnational, qui est un documentaire sur Hélène Hazera, grande figure de la lutte LGBT, grande journaliste aussi.
01:47:18David Dufresne
De libération.
01:47:20Marine Riou
Et voilà, ça c’est un documentaire très réjouissant et très puissant sur le militantisme et le combat politique. Et la lutte pour les droits LGBT en plus continue. Donc voilà, c'était mon conseil du jour.
01:47:34David Dufresne
Merci infiniment Marine Riou d'être descendue dans un café. Grâce à vous, on a vu Paris, Paris qui se réveillait. Et ultime, ultime question. Est-ce que vous pouvez vous tourner et nous dire ce que dit la fiche qui est derrière vous, qui est magnifique, cette bouteille qui pétille ?
01:47:53Marine Riou
À tourner comme ça.
01:47:55David Dufresne
Voilà, j’avais l’impression que c'était ça. Et bien c’est ce que vous nous avez donné, du bonheur. Merci beaucoup, merci beaucoup à vous. Oui, vous vouliez dire quelque chose ?
01:48:03Marine Riou
Non, non, j’ajoute juste quelque chose, c’est que la trésorerie n’est pas encore ouverte à la signature, donc c' est vrai que ce que vous pouvez faire aussi, c est d’aller la signer, parce que c est plus dur de blaklister 2000 personnes que 600, donc voilà, c es toujours possible de la signer.
01:48:18David Dufresne
Et pour la signer, ça se passe où ?
01:48:21Marine Riou
Elle est toujours sur le site de Libération en accès libre et il y a un lien en dessous, il faut cliquer dessus et ça vous donne accès à un mail ou écrire pour dire que vous voulez qu’on ajoute votre nom. C’est le collectif qui contrôle la liste et qui ajoute les noms sur la mesure. Donc n’hésitez pas à écrire à cette adresse en bas de la tribune.
01:48:42David Dufresne
Merci beaucoup. À très bientôt. Tenez-nous au courant et on va suivre ça, évidemment, pendant toute la campagne, parce que vous avez raison, je pense que la culture… Ce serait super qu’elle prenne sa part dans la bataille, comme vous venez de le faire. Voilà. Merci beaucoup, bonne journée à vous. Bonne journée, à bientôt. À vous aussi, merci. Merci beaucoup ! Trois, quatre oh là ! Ah oui, bah oui, j’avais dit vingt minutes. J’avais dit vingt minutes. Alors, petit message qui vous concerne : si ça vous plaît, Au Poste, si vous voulez de la matinale, si vous voulez des émissions, eh ben faut nous aider, faut nous aider. Il faut choisir, quoi.
01:49:28Audio
On peut mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant, qui met ensemble les mots et les choses, les mots, les choses… La riposte c’est vous ! Suivez la chaîne, activez la cloche, donnez auposte !
01:49:58David Dufresne
Alors, je parlais tout à l’heure des cinés mutins. Eh ben figurez-vous que les cinés mutins, attends, je cherche la scène, voilà, la voici, la voilà. Diffusent actuellement un film que vous avez peut-être découvert sur Au Poste il y a quelque temps, Un roman national, le premier film de fiction de Bixente Volet, que vous aviez peut-être découvert sur Au Poste. C'étaient Les Mutins de Pangée qui publiaient ceci il y a quelques jours : Damien Cordonnier, à 22 ans, obsédé par le grand remplacement, il fusille onze personnes dans une mosquée, et rien ne semblait le promettre à un acte aussi violent. Qui est responsable ? Voici la bande-annonce.
01:50:52Audio
On reconnait que Damien Cordonnier c’est parti du gros coup. Par contre, il a agi tout seul, d’accord ? C'était un loup solitaire. On dit qu’il était jeune, violent, névrosé, l’inverse de nous.
01:51:28David Dufresne
À voir gratuitement. Hop, hop, hop, les gars, les gars, ça suffit là ! Voilà, à voir gratuitement. Et voilà ce qu’est un peu l'écosystème de l’indépendance. Un gars qui fait un film avec ses moyens, il vient à Au Poste, et puis Au Poste, on parle aux Mutins, et puis les Mutins le diffusent, et puis Au Poste dit que les Mutins le diffusent, et c’est comme ça que, petit à petit, des choses peuvent se faire. Voilà, ce qui nous fait très, très plaisir. C’est un super film, allez le voir, c’est gratos, c’est sur les Mutins. Plusieurs questions. « Bonjour, j’envoie un RIB si tu veux, comment on donne de l’argent ? », demande Antoine. Eh bien, vous allez sur le site auposte.media. Vous cliquez sur « Je soutiens » et vous avez deux possibilités. Soit vous vous abonnez, c’est pour nous l’idéal, soit vous faites un don qui est défiscalisable. Pour les abonnements, l’avantage est qu’au mois de mai, ils comptent double, d’une certaine manière, car nous faisons une demande d’aide à la presse au nom du pluralisme des opinions. Et les sites qui ont des abonnés gagnent un petit bonus, on va dire. Donc là, si on a des abonnés au mois de mai qui arrivent, c’est top, voilà. Et on a un peu moins de frais sur les abonnements que sur les dons, mais les dons, en revanche, sont très importants parce que, en règle générale, ils sont un peu plus élevés que les abonnements. Et pour vous, ils sont déductibles des impôts si vous êtes imposable. Voilà, à hauteur de 66 %, toujours au nom du pluralisme. Moi, je n’entends pas la musique, je ne sais pas si vous, vous l’avez. Moi, je n’entends pas la musique. La météo des luttes, on y va ? Vous êtes prêts ? Il est 8 h 53, vous êtes sur France Déter. Comment est le rythme de l'émission de ce matin ? On prend un peu le temps, là, c’est cool, non ? C’est bon ? Hein ? Qu’est-ce que vous en dites ? Attention… Trois, quatre…
01:53:33Audio
Bella ciao ciao ciao
01:55:01David Dufresne
Hop hop hop hop ! Alors, attendez, parce que là, je cherche la carte que j’ai confectionnée pour vous ce dimanche. La voici. Ça, F11, plein écran, c’est parti, tac tac tac, elle est là, elle est là : la météo, la Météo des luttes d’Au Poste. Alors, à trois, quatre… Les tendances de la semaine sur la météo. L’Aquitaine concentre l’essentiel de la mobilisation avec deux fronts girondins, pendant que Toulouse et Montreuil portent les luttes numériques et anti-répression. En toile de fond, une saison militante qui s’étire jusqu’en juin sur le terrain du livre et de la fiscalité. Alors, on démarre à Bordeaux avec deux petites choses. Alors ça, c’est Bègles. C’est la difficulté d’être juste l’un à côté de l’autre. Bordeaux… Alors, je vais mettre plus grand. Voilà. Soirée « La Garonne, notre bien commun » à Parempuyre, à 10 km de Bordeaux. Un projet industriel classé Seveso seuil haut menace la Garonne et ses habitantes, habitants. Les riverains ont tout tenté : recours épuisés, avis scientifique défavorable ignoré, préfet ayant signé quand même. Le collectif Bois Vert organise donc ce soir, à 18 h 45, une soirée publique pour remettre le sujet sur la table et construire les prochaines étapes de mobilisation. Voilà, voilà, voilà. Toulouse, demain… Attends, je vais réduire comme ça, voilà. Toulouse, c’est ici. De 12 h 30 à 18 h, pause dej. numérique responsable. Les Imaginations Fertiles proposent un temps d’échange informel entre 12 h 40 et 14 h autour du numérique responsable et des logiciels libres. Venez découvrir des outils éthiques, identifier des pistes concrètes pour reprendre la main sur ces usages. Il y a un certain nombre d’intervenants venus de Framasoft, de la Scop à don libre, et de 14 h à 18 h, il y a un atelier d’installation Linux limité à six participants. Donc apportez votre ordinateur avec des contenus sauvegardés. Vous pourrez avoir les liens qui seront donnés dès maintenant par Euryale dans le tchat et tout à l’heure sur le site auposte.media, où il faut vraiment que vous alliez. Abonnez-vous à nos newsletters, inscrivez-vous sur le site et, encore mieux, abonnez-vous si vous voulez consolider Au Poste. À Bègles, le dimanche 24, Vélorution pour l’Eau Bourde : mobilisation cycliste et festive pour célébrer et défendre l’Eau Bourde, rivière du sud de la métropole bordelaise sous pression urbaine et industrielle. Format Vélorution : manif à vélo, festive et revendicative, dans la tradition des mobilisations pour les mobilités douces et la protection des cours d’eau périurbains. Alors, à Bordeaux, il y a également, vendredi 29 mai donc ça, c’est la semaine suivante les Écojournées de la ManuCo, festival sur les transitions écologiques et solidaires. Sur deux jours, au programme : ateliers pratiques et ludiques pour apprendre en faisant, rencontres avec des acteurs, actrices engagés du territoire, repas partagés, animations écolo et concerts. Ça se passe vendredi 29 à Bordeaux. 29 mai à Nice, le même jour : formation actions non violentes par Alternatiba et ANV-COP21, qui proposent une formation accessible à toutes et à tous, débutants, débutantes qui n’ont jamais participé à des actions comme personnes expérimentées qui voudraient apprendre à en coordonner. Offensives, humoristiques, désobéissantes ou non, en petits ou en grands groupes, les actions non violentes sont variées et permettent d’affronter les multinationales qui détruisent le vivant et le climat. Inscription obligatoire. Paris, 19e arrondissement, toujours vendredi 29 mai : soirée lancement Taxes les riches. Le livre d’Attac, ce sera son lancement : Éloge de la progressivité de l’impôt. Avec Raphaël Pradeau, auteur et porte-parole d’Attac, Yuli Yamamoto, bien connue de nos services, et Vincent Gatte-Drezet. C’est un ouvrage qui part du tournant des années 80, du tournant néolibéral, pour arriver à aujourd’hui. Attends, là, je vous mets la carte un peu plus grande, voilà. Enfin, un peu plus large. Voilà. Hop hop hop. Je regarde le tchat vite fait. Y a-t-il des petites choses ? On ne s’en lasse pas. Vous êtes sages, là. Voilà un tchat qui soutient, sage. Montreuil, samedi 30 mai : Rock Against the Police. Tiens, ça me fait penser… Où est-ce qu’il est, lui ? Voilà. Concert de soutien à la famille d’Alassane Diarra, tué le 16 janvier 2026 par la police du 20e arrondissement de Paris. La soirée sera précédée bah oui, on a beau être rockers, on aime le football de la projection de la finale de la Ligue des champions. Format fête et lutte, ancré dans la tradition des mobilisations antiracistes et anti répression. Samedi 30 mai, festival de 18 h à minuit à La Parole Errante, à Montreuil. Le 20 juin, Salon du livre politique à Lyon. Donc les éditions de La Lanterne et les éditions RJTP organisent Lyon Livre Nouvelle Résistance à la Maison des Passages. Première édition d’un salon du livre indépendant et politique, gratuit, avec 18 éditeurs, éditrices réunis dans un contexte de concentration médiatique et de montée de l’extrême droite. Le livre politique comme outil de résistance accessible. Samedi 20 juin, 10 h-19 h, salon du livre politique. Et enfin, le festival Frida, du 27 au 29 juin à Paris : festival et rencontres itinérantes du documentaire d’art. Ça se passera dans différents endroits de Paris, normalement devant Beaubourg, normalement au MK2 Bibliothèque. Allez, la programmation sera connue dans quelques heures, quelques jours. Vous pouvez déjà vous renseigner sur Frida film c’est un festival aupostien, je tiens à vous le dire. Parce que nous, on est comme ça.
02:02:04Audio
David Dufresne, alors lui, il est formidable, David Dufresne. David Dufresne.
02:02:11David Dufresne
Alors, convocations de la semaine, convocations de la semaine, les émissions de la semaine. Tout à l’heure, eh bien, football, football justement : Bleu-Blanc-Foot, une histoire de France. Da Rocha Carneiro François sera interviewé par la sémillante Mathilde Larrère. Bleu, blanc, foot, une histoire de France. C’est ce soir à 18 h. Alors non, on ne va pas recevoir Cherki, Hernandez ou Camavinga. Ou alors si, mais avec Charles Bilot, Michel Platini, Fred Aston, Marius Trésor et même Zinédine Zidane. Eh bien voilà, c’est l’histoire de France racontée par le coq sportif, racontée par le maillot bleu. C’est tout à l’heure. Puis l’auteur est un historien : Da Rocha Carneiro François, auteur de nombreux livres sur l’histoire du foot en France, et notamment du livre qui sort ce mois-ci, Bleu, histoire de l’équipe de France de football depuis 1904, aux éditions du Détour. Voilà pour ce soir. Demain, demain, demain, demain, demain, ici même, à 9 h : Chaos climatique 2050. C’est Hélène ssekour, dans Écoloscope, qui reçoit Nathanaël Wallenhorst et Magali Reghezza-Zitt. À quel climat devons-nous nous attendre pour 2050 ? À quoi ressemblera l’Europe dans un monde à plus de 3 degrés Celsius ? Les alertes se sont multipliées et aujourd’hui le scénario paraît clair. Si l’on continue sur la trajectoire actuelle, le dérèglement climatique entraînera canicules mortelles, sécheresses, événements climatiques extrêmes, inondations, tempêtes, méga incendies, invasions de sauterelles, comme on disait chez les Blues Brothers.
02:04:16Audio
Oh merde. Quoi ? Les flics ? Non, c’est merde.
02:04:23David Dufresne
Et demain, j’aurai le plaisir de venir à 18 h pour interviewer Loup Cellard avec vous. Loup publie une magnifique anthologie des grands manifestes du web et du web indépendant. L’Internet n’est pas tout à fait mort. Ces manifestes respirent encore et encore. Au début des années 90, le web entendait tout changer : changer la démocratie, la communication, changer les rapports de pouvoir. Nous discuterons avec Loup de ces hackers qui, avant de se faire écraser, de ces cyber-féministes, de ces libristes et de leurs licences, eh bien de tous ces gens-là qui ont fait le web que nous avons connu et que, de temps en temps, on essaie de maintenir. Donc nous serons avec Loup et nous parlerons notamment d’un mini-réseau très favorablement connu de nos services. Voilà pour le programme de la semaine pour Au Poste.
02:05:37Audio
Oh mon dieu, c’est le meilleur café que j’ai jamais mangé.
02:05:44David Dufresne
Voilà, je crois qu’on a fait le tour. Attendez que je vérifie cette histoire… Non, non, il devait y avoir d’autres choses. Oui, on va faire Ici l’onde, mais d’abord, la météo du tchat. Chers amis, ouvrez la fenêtre et dites-nous quel temps il fait par chez vous. Mettez de la poésie, mettez de la bonne humeur, mettez de l’énergie, mettez de la poésie, mettez ce que vous voulez : du lyrisme, du réalisme. Quel temps fait-il chez vous ? C’est l’heure de la météo du tchat.
02:06:20Audio
Mademoiselle, êtes-vous sûr de nous dire absolument toute la vérité ? Pas exactement. Il n’y a plus une goutte de café dans cet avion.
02:06:33David Dufresne
Alors, il fait trop froid pour un mois de mai, vais me plaindre au gouvernement, nous ment, nous dit Pixel. Le gris menace le doré sur Paris 14e. À Toulouse, il fait tout blanc, nous dit La Lugaine. Il y a plein de moutons dans le centre-ville de Strasbourg aujourd’hui, nous dit Titi. Moi, mon chat accepte de rester dehors, c’est qu’il doit faire beau dans la vallée de la Drôme, Émile Cheval. Alors justement, Émile Cheval, cette année, est-ce qu’Au Poste va retourner aux Amfis ? Alors, on s’est préinscrits. Est-ce que vous voulez qu’on y aille ? Je crois que c’était du 20 au 23 août, quelque chose comme ça. Alors, alors, qu’est-ce qu’on fait ? On y va, on n’y va pas ? Sans vouloir déprimer tout le monde, si on arrêtait totalement les émissions de CO2, ça prendrait potentiellement plus de décennies pour que le réchauffement qui aurait dû cesser de s’emballer s’arrête. Oui, absolument, puisque ce que nous vivons, c’est en fait ce que nous payons, ça, c’était la pollution d’il y a dix ans. Je crois qu’il y a un décalage comme ça de dix ans, voilà. Un temps à faire du feu du côté de Limoges. J’ai cru que tu avais écrit « à faire du café », mais du feu. Liège, nous dit Norbjess, la Meuse en l’air. On se pèle à Bordeaux, nous dit Loberman. Oui, oui, oui, Au Poste aux Amfis 2026, bah ouais, nous dit Petit Panda. Annonciade : « Oui, si vous y allez, j’y vais. » Est-ce que les Mutins y seront ? Je ne sais pas, moi, je ne sais pas ce que font les Mutins. Rayon de soleil qui fait du bien dans le centre Manche, nous dit La Banane. Gard : le ciel, le soleil montre timidement le bout de son nez, nous dit Annoncial24. C’est l’heure de la dernière rubrique d’Au Poste. Il est 9 h 08. Vous écoutez France Déter. C’est l’heure de la résistance. Les Français parlent aux Français. Vous pouvez écouter tout d’abord quelques messages.
02:10:00Audio
« Les sanglots longs des violons de l’automne… » Je répète : « Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. » Radio Paris, Radio Paris, Radio Paris… Au revoir, au revoir. Radio Paris est allemand, Radio Paris est allemande, Radio Paris est allemand. « La fortune vient en dormant. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage. De Marie-Thérèse à Marie-Louise, un ami viendra ce soir. »
02:10:08David Dufresne
Et voilà, c’est l’heure d’Ici Londres. Les aupostiens parlent aux aupostiennes, les aupostiennes parlent aux aupostiens aussi, également. C’est la revue de presse antifa. Alors, je voulais vous parler de deux choses. La première, c’est vous signaler cette enquête de StreetPress. Plus de 500 militants étaient présents malgré l’interdiction préfectorale. Le rassemblement, donc, du week-end dernier on en a beaucoup parlé ici, à Au Poste le rassemblement des néofascistes s’est bien tenu en Île-de-France. Si la manifestation néofasciste du C9M a été annulée, un concert s’est tenu dans l’Essonne malgré des protestations d’habitants. Des témoins ont vu des saluts nazis à Paris. Une agression aurait été commise par un ancien militant RN. C’est à lire dans StreetPress, qui fait comme toujours un magnifique travail de veille sur l’extrême droite. Et je croyais qu’il y avait une photo… Non. Donc là, c’est… Non, non, non, il n’y a pas la photo, mais voilà. Vous pourrez lire ce papier, cette enquête des copains de StreetPress. L’autre chose que je voulais vous montrer, c’est un truc complètement dingue. C’est ça. Alors… L’autre jour, on fait Extrêmorama et je me dis : bah ouais, tiens, enfin je pense être original, on va faire un Bolloscope, un peu comme le Nutri-Score. C’est-à-dire que si je vais zapper dans une librairie, j’aurai mon application, je scanne et je vois si ça appartient à Bolloré, à Hachette ou pas. Eh ben figurez-vous que le Bolloscope existe déjà, et merci à Inyami qui me l’a signalé. Voici l’adresse qui vous est donnée par Euryale, c’est dans la petite fiche. Ça s’appelle… Ça n’a pas vraiment de nom, je crois. Non, ça n’a pas vraiment de nom. Ah si, c’est un truc comme ça… Attends… « Explorer les liens capitalistiques du monde de l’édition ». Scanner le code-barres de votre livre ou entrer son numéro pour vérifier qui possède son éditeur. Alors, je vais prendre par exemple cet ouvrage, ici, de Michel Feher, que nous avons reçu la semaine dernière, qui était une excellente émission. Franchement, je vous conseille d’aller regarder. Alors, je vais rentrer le code-barre. Alors, où est-ce que c’est ? Où est-ce qu’on fait ça ? Parce qu’évidemment, c’est mieux avec le téléphone, puisque avec le téléphone vous scannez et c’est bon. Là, je rentre le code-barres du monsieur. Alors voilà ! Voilà La Découverte, et c’est bien ça, La Découverte. Donc j’ai rentré les numéros du code-barres, mais si vous aviez l’application, vous scannez et vous avez le même résultat. La Découverte est détenue par Editis, qui est lui-même détenu par Czech Media Invest, qui est détenu par Daniel Křetínský. Donc Daniel Křetínský contrôle 50 % de Czech Media Invest, qui contrôle 100 % d’Editis. Et voilà, vous avez absolument tout. Maintenant, je vais aller chercher un livre Hachette, bougez pas. Voilà, voilà, j’en ai trouvé un dans la bibliothèque d’Au Poste : Judith Perrignon, que nous avions reçue il y a un an ou deux déjà pour sa biographie vraiment, vraiment chouette de Louise Michel. Donc je vais rentrer le code-barres. C’était publié chez Grasset. Alors, pour l’écran tout petit, le code-barres… Attends, bouge pas, hop. Alors, je rentre le code-barre : 9 78 22 46 83 11 43. Vincent Bolloré. Les éditions Grasset,lors Grasset Jeunesse, alors c’est marrant, le code-barres c’était Grasset Jeunesse, détenu par Grasset, qui lui-même est détenu par Hachette Livre, qui est détenu par Lagardère, qui lui-même est détenu par Louis Hachette Groupe, qui est détenu par Bolloré Groupe, qui est détenu par Vincent Bolloré. Voilà la réponse. Alors, en fait, Vincent Bolloré contrôle le groupe Bolloré Groupe à hauteur de 100 %, qui contrôle Louis Hachette Groupe, qui lui-même contrôle 66,63 % de Lagardère, qui contrôle 100 % de Hachette Livre, qui contrôle 100 % de Grasset, qui contrôle 100 % de Grasset Jeunesse. Et on a, en plus, dans ce magnifique site et application, des informations fraîches. Par exemple : « 18 avril 2026, il est temps de poser une limite : la clause de conscience », par Emmanuel Carrère, Virginie Despentes et Leïla Slimani. C’est une tribune. « Désarmer l’empire Bolloré : des libraires indépendants alertent sur l’hégémonie du milliardaire dans le secteur de l’édition », c’est un article du 29-11-2024. Le 30-10-2024 : « Chez Fayard, le nouveau chapitre de la mainmise de Vincent Bolloré », etc. Voilà, merci encore à Inyami pour cette application qui est quand même assez bonnard. Alors : « Les boules, je viens de faire le test de mon dernier achat et c’est Bolloré qui pop », nous dit Daphdup. Daphdup, qu’est-ce que c’était que ce pseudo ? Didyblue : « L’enfer. » Oui, je crois qu’on a une démonstration de l’enfer. « Je confirme, c’est génial », « un temps à faire tout cramer », nous dit Yannick. Voilà. Voilà pour le Ici Londres de cette semaine et donc de l’application et du site ISBN. Est-ce que vous voulez qu’on se donne un petit temps de discussion entre nous ? Est-ce que vous avez des questions, des réponses, des suggestions ? Ou est-ce qu’on arrête là ? Excusez-moi, ou est-ce qu’on arrête là ? On papote un peu ? Alors, de quoi voulez-vous papoter ? De quoi voulez-vous papoter ? Alors, si vous voulez qu’on papote, moi je me fais un café. Ouais, c’est café. Ah ! « Pouvez-vous résumer l’IA révolutionnaire ? » Ah ben non ! Ah non, non, là, il faudra aller voir le replay, hein ! Ah ben nan, ah ben non ! Ça, c’était à 7 h 30, c’était Foukenstein ! Faut-il blacklister un jeune auteur édité chez Grasset ? Alors là, je vais répondre à un truc un peu dur. Mais je considère que les gens qui ont signé, en connaissance de cause, chez Grasset c’est-à-dire après leur achat par Bolloré ça me pose un problème. Parce qu’ils savaient où ils allaient. Pour les autres, c’était beaucoup plus compliqué. Ceux qui sont là depuis très longtemps, ceux qui avaient signé avant, c’est plus compliqué parce que personne n’avait choisi Bolloré. Après, l’idée du boycott et du boycott de livres, on sait très bien ce que ça a pu charrier comme idées nauséabondes. Donc je suis quand même partagé. Mais de toute façon, je pense que c’est un peu mort pour ceux qui, hélas pour eux, sortent des bouquins dans les semaines, dans les mois qui viennent. Alors je sais qu’il y a des auteurs comme Sorj Chalandon qui demandent qu’on ne fasse pas d’ostracisme par rapport à eux, etc. Voilà, c’est à chacun de choisir. Après, il y a un point qui est extrêmement important, me semble-t-il. C’est quand même la teneur du livre. Qu’est-ce que le livre dit ? Par exemple, dans Canal Plus, ce dont on a parlé tout à l’heure, on voit bien qu’il y a une empreinte qui est donnée par Bolloré sur les films, sur un certain nombre de films. Dans l’édition, hormis Fayard, il n’y avait pas ça, jusqu’ici. Il n’y avait pas ça. Probablement que maintenant, ça va avoir lieu et qu’il va y avoir une forme d’idéologisation des manuscrits. Alors là, évidemment, il n’y a même plus de discussion à avoir. Le café est prêt. « Les auteurs doivent faire un choix militant. Il existe énormément d’éditeurs indépendants. Allez dans les salons du livre des petites villes », nous dit Sorcière, je suis tout à fait d’accord avec toi. Il se trouve que moi, je publie chez des indépendants comme, jusqu’ici, Le Seuil ou Grasset. Et que, donc, j’avais décidé de quitter Grasset, en tout cas je n’avais pas resigné depuis l’arrivée de Bolloré. Maintenant, il y a un éléphant dans la pièce. Les éditeurs indépendants, à de très rares exceptions près, n’ont pas la trésorerie pour payer les avaloirs. Les avaloirs, c’est quoi ? C’est de dire à quelqu’un : tu vas travailler pendant six mois, un an, deux ans, trois ans, tu vas écrire un roman, tu vas faire une enquête, voilà de quoi tenir, voilà un peu de pognon avant la sortie du livre. La plupart des éditeurs indépendants donnent des sommes qui sont absolument ridicules. D’autres versent des pourcentages qui sont honteux. Je le dis franchement : honteux. Quand je vois des éditeurs indépendants à 5 % comment ces gens peuvent ensuite nous expliquer qu’il faut changer les rapports marchands si eux-mêmes appliquent des taux aussi bas ? Je ne dis pas que les auteurs vont chez les grands éditeurs uniquement pour des questions de pognon. Ils y vont aussi pour des questions de prestige, ils y vont aussi pour des questions de distribution, de promotion, etc. Mais ils y vont aussi parce qu’il y a cette idée de : est-ce qu’on respecte ou non le travail qui a été fait ? Alors il y a des éditeurs et vous le savez, puisqu’ici on invite toutes les semaines quantité d’auteurs et d’autrices d’éditions indépendantes, donc on est à fond pour mais je dis juste : attention, il ne suffit pas de dire « je vais chez un indépendant » pour que les choses soient réglées. Voilà. Et on essaie de monter une émission sur le monde de l’indépendance. J’ai une émission publique, je pense, au mois de juin, et on parlera de ça. Quand je lis, par exemple, dans Libération, un Hugo Jalinière, ancien du Seuil, qui aujourd’hui a rejoint Divergences, nous expliquer que les auteurs devraient être moins gourmands pour les avaloirs, je trouve ça un peu culotté. Voilà, je le dis franchement, et je reste poli, je trouve cela un petit peu culotté. Et vraiment, les copains indépendants avec qui je peux discuter de ça le savent très, très bien, le reconnaissent tout à fait. Mais ça, c’est un peu l’éléphant dans la pièce, et c’est quand même dommage que ce ne soit pas abordé. Je le dis en toute camaraderie. « Est-ce que les manuels scolaires risquent d’être impactés ? » C’est un des grands risques. « Je suis super étonnée et contente », nous dit Titi. « J’ai pris mon livre de tricot et je viens de découvrir qu’il s’agissait d’un éditeur indépendant. » « Fabrice Arfi convoqué pour reparler des enjeux du procès Sarkozy. » Ouais, c’est une bonne idée. « Il faudrait créer une coopérative des éditeurs indépendants. » C’est… Oui, mais les éditeurs indépendants, c’est comme les médias indépendants : ils sont tous sauvages. Donc c’est difficile de les mettre ensemble, même s’il y a une bonne fraternité. Et certains essayent de pousser là-dedans. Le collectif Déborder Bolloré a fait son œuvre par rapport à ça. Donc peut-être qu’on va vers là, quoi. Peut-être qu’on va vers là. Ce qui serait une très, très bonne chose, absolument. Alors, le projet du millionnaire Olivier Legrain, aors, c’est la Maison des médias libres. Je n’ai pas de nouvelles fraîches. J’ai cru comprendre qu’Olivier Legrain allait se retirer du projet. Il laisserait l’argent, mais il se retirerait du projet, quelque chose dans ce goût-là. Mais je n’en sais pas plus, voilà. Donc il s’agit d’une Maison des médias libres à Paris, d’un bâtiment qui a été racheté par Olivier Legrain et d’autres pour permettre à des médias de louer, à des prix concurrentiels on va dire un peu en dessous du prix du marché des locaux pour pouvoir exercer leur travail, voilà ! Mais évidemment, le projet a connu un peu de secousses avec les révélations concernant Legrain de Mediapart il y a quelques mois de ça. « Je ne comprends pas la position des professeurs, aucun mouvement ne se prépare pour boycotter Hachette. » « Les systèmes de financement des médias indépendants sont-ils inspirants ? Faire entrer les lecteurs dans le financement ? » Honnêtement, on ne fait pas plus qu’un éditeur indépendant. Quand tu achètes un livre d’un éditeur indépendant, tu rentres dans le financement. Mais il est clair que le financement, ben voilà, c’est le nerf de la guerre. Voilà, c’est le nerf de la guerre. Alors, contrairement à ce que disait Skalpegl par rapport aux professeurs, j’ai le sentiment qu’il se passe quelque chose de vraiment fort autour du monde culturel et je pense que ça va gagner les profs. Et il y a quelque chose d’assez réjouissant qui est en train de se dérouler sous nos yeux. Et si Au Poste peut accompagner, comme on l’a fait ce matin, ce mouvement-là, on le fera, mais alors avec bonheur. « Blast semble aller vers où, Michel ? » Pendant que le tchat s’anime, je vous rappelle que nous avons pris la décision, la semaine dernière, de tester pendant trois semaines à un mois sur YouTube, de faire en sorte qu’il n’y ait plus de live, sauf la matinale, qu’on ne mette que les vidéos en replay, parce qu’on se rend compte qu’il y a une perte assez importante d’audience. Et là, la semaine dernière, les chiffres sont un peu remontés, mais surtout la durée d’écoute est beaucoup plus longue. Et ça, c’est ce qui nous importe : la qualité, la qualité d’écoute. Donc là, si vous nous suivez sur YouTube, sachez qu’il n’y a plus de live, hormis la matinale, et que donc les vidéos sont mises en ligne par Euryale quelques instants, quelques minutes, quelques heures après les directs. Dans tous les cas, vous retrouvez toutes les émissions gratuitement sur auposte.media. Pourquoi gratuitement ? Parce que ceux qui s’abonnent ou ceux qui donnent financent le média et font en sorte que ceux qui ne peuvent pas le financer, eh bien, y accèdent malgré tout. Voilà. « Une maison d’édition financée par le lecteur citoyen sociétaire. » D’accord, ok, je ne savais pas. Non, non, le direct continue sur Twitch. Sur Twitch, Valvel. Ah non, pour nous, pour moi, le tchat, c’est central à Au Poste. Absolument central. Il n’y aurait pas de tchat, il n’y aurait pas d’Au Poste.
02:30:30Audio
Antoine, pas ce qu’il me retient à ne lui foutre la bécane dans la mine. Le règlement, Belmont. Tout simplement le règlement.
02:30:41David Dufresne
Voilà, chers amis, je vous rappelle l’avantage d’être donateur : c’est de voir votre don déductible des impôts à hauteur de 66 %. L’avantage d’être abonné, c’est que vous allez pouvoir voter pour vos émissions préférées et les mettre en avant sur la une d’auposte.media, choisir votre lecteur YouTube, PeerTube ou en audio, en podcast, obtenir un avatar, accéder à notre salon Discord, recevoir très prochainement une newsletter dédiée et bientôt d’autres petits ajustements comme ça. Ce qui veut dire que, quand on est abonné, on a des choses en plus, mais personne n’a des choses en moins. Le cœur du travail d’Au Poste est disponible pour tout le monde. Vous ne pouvez pas matcher les deux, l’abonnement et le don, pour la même somme, évidemment, et nous, on passe simplement du don à l’abonnement. Enfin bref, vous faites comme vous pouvez, comme vous voulez. À chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens. Ah non ! J’avais perdu la souris, dis donc. J’ai cru que ça allait me refaire comme la fois dernière. Voilà, merci beaucoup à vous toutes, à vous tous. Nous étions très nombreux ce matin. Ça fait très, très, très, très plaisir. On retrouve Mathilde Larrère tout à l’heure à 18 heures. Et pour ma part, j’aurai le bonheur d’être avec vous demain à 18 h pour parler des manifestes du web indépendant.Tiens, elle ne sera pas là cette semaine, mais elle est toujours dans nos cœurs.
02:32:28Audio
Bonsoir, Nora Bouazzouni. Soyez la bienvenue. Vous êtes journaliste indépendante, animatrice de l'émission Bouffe de là, sur le Média auposte.
02:32:38David Dufresne
Merci à toutes et à tous, je vous dis à demain, portez-vous bien, merci Euryale Ciao ciao ! Et maintenant, la question rituelle Qu’est-ce qu’on peut faire pour peser sur la situation ? Que faire ?

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