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Zyed, Bouna, Clichy 2005 : « Il fallait sauver la police », Jean-Pierre Mignard, avocat des familles, dévoile les sales dessous de l’affaire

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis des libertés, amis du café, amis de Zyed et Bouna, amis de la justice, même quand elles passent pas. Bonsoir et bonsoir Jean Pierre Mignard, avocat, ô combien, comment je pourrais vous qualifier ? Comment aimeriez vous être qualifié, Jean Pierre Mignard ? Je ne sais pas.
Jean Pierre Mignard
Pas toujours identifiable, voilà, franc tireur et partisan, c'était chic pendant la guerre et c’est un signe de courage. Là, il n’y a pas d’occupation allemande, etc., donc j’hésite à prendre ce mot. Mais enfin, quelqu’un qui essaye de te libérer, un professionnel qui tente d'être libre.
David Dufresne
Pendant dix ans, vous avez défendu les familles de Zyed et Bouna. Nous sommes le 27 octobre 2025, il y a pratiquement 20 ans, jour pour jour et heure pour heure. Il s’est passé ce qu’il s'était passé, c’est à dire la mort de ces deux jeunes hommes et les brûlures immenses de Muhittin le troisième.
Jean Pierre Mignard
Vous pouvez dire les enfants. Pourquoi ? Parce que les policiers les appellent les enfants, c’est important pour la suite, car ils les appellent et cela apparaît dans la bande radio, ils disent les enfants donc ils les identifient comme des enfants. C’est très important car les reproches qui peuvent être faits par la suite sont de s'être conduit comme cela, vis à vis non pas de jeunes hommes, mais vis a vis d’enfants. Et de personnes qu’ils avaient identifiées comme des enfants, très important.
David Dufresne
Il y a des années, vous aviez sorti cet ouvrage que j’avais déjà écorné pour mon premier film, que j’ai relu avec tristesse, je dois dire, et émotion hier et ce matin. Ce livre là date de 2006, c’est juste après le fait que vous soyez désigné avec votre collaborateur de l'époque, Emmanuel Tordjman, par les familles. L’affaire Clichy, Morts pour Rien, que vous sortez, c’est un jeune journaliste du nom de Plenel Edwy qui vous interviewe. Et si vous voulez bien, je vais reprendre ce livre, comme s’il venait de sortir, parce qu’en fait vous racontez quasiment jour pour jour, et ensuite on basculera dans l’Affaire Judiciaire, dans l’enquête judiciaire. Mais d’abord, est ce que vous vous souvenez, le 27 octobre, il y a 20 ans, éventuellement ce que vous faisiez. Dans le livre, vous racontez que vous avez eu un appel le lendemain, le 28.
Jean Pierre Mignard
Je suis informé de l’affaire cliché, il y en a à mes yeux pour l’instant pas à l'époque encore une affaire et puis les affrontements, le début des affrontement, le 27, mais comme tout le monde. C’est seulement le lendemain que je reçois un appel téléphonique d’un journaliste qui me dit « Est ce que vous accepteriez de ce que quelqu’un proche des familles vous appelle ? » car il semble qu’on ne dise pas ce qui s’est passé, que ce soit caché, et des jeunes de la famille souhaitent avoir un avocat. Je dirais, oui, qu’il m’appelle, et c’est pour ça que c' est seulement le lendemain pour moi que commence l’affaire Clichy, le dossier de Zyed Bouna et Muhittin, car ils sont trois.
David Dufresne
Donc c’est le lendemain. Alors c' est important parce qu’on va voir que vous allez être l’objet, très rapidement, de campagnes, notamment orchestrées par Nicolas Sarkozy. Mais avant d’arriver à lui, on va se dérouler. Donc le 28, vous recevez un appel de Samir Mais, je crois, de Cessez le Feu, l’association d’un d’autres.
Jean Pierre Mignard
D’autres garçons proches de Samy Ami, mais ce n’est pas lui qui m’appellera, c’est un autre garçon. D’ailleurs il fait du cinéma maintenant.
David Dufresne
D’accord, qui sont de Clichy ?
Jean Pierre Mignard
Bien sûr. Et il vient de me voir, il vient me voir à mon cabinet, à l'époque, je dois être eu de la paix si je me trompe pas, il y a longtemps, donc voilà il vient de me voire, un très beau bureau, on a eu de la paie, bon mais moi j’ai l’habitude quand même, j’avais déjà approché la question des banlieues, j’avais déjà travaillé sur ce sujet, donc j'étais pas non seulement indifférent, mais je savais à peu près quel était le profil. Des jeunes gens qui pouvaient venir me voir.
David Dufresne
Dès le premier soir, à Clichy sous Bois, il y a ce qu’on appelle des émeutes. Plus tard, les renseignements généraux parleront à propos de tous les événements d’octobre et de novembre 2005 de soulèvement populaire des quartiers. C’est les renseignements généraux qui le diront. Mais ce soir là, ça reste, on va dire, dans ce presque du classique, c’est à dire des jeunes meurent dans les mains de la police, plus ou moins. Le quartier gronde. Mais on ne se doute pas qu’il va se passer trois semaines de révolte.
Jean Pierre Mignard
Néanmoins, il y a le lendemain, déjà, ou les lendemains, il y à une soirée d'émeutes toute la nuit. Et lorsque je me rends pour la première fois à Clichy, dans les deux, trois jours… Ouais, dans 2, 3 jours. D’ailleurs, je ne sais même pas très bien où se trouve Clichy sous bois. Je ne sais même pas quelle est la coloration politique de la municipalité. Je pense spontanément d’ailleurs que l'état de pauvreté de cette ville, qu’elle doit être communiste. En fait, elle est socialiste. Et je m’y rends et je découvre une ville, il y a une ou deux voitures qui fument, on sent qu’il y a eu des affrontements importants, d’ailleurs c’est étrange parce que comme il y à beaucoup de familles et de jeunes gens qui sont d’origine arabe ou africaine, comme j’ai fait un certain nombre de missions d’observation judiciaire ou humanitaire en Israël ou dans les territoires occupés, je me dis tiens je suis à Hébron.
David Dufresne
Je dois préciser pour ceux qui nous regardent et qui agissent là dans le chat qu' il se trouve que vous avez été l’avocat par la suite de Mediapart, que vous êtes un défenseur de la liberté d’informer et que votre critique des médias est d’autant plus intéressante à écouter que vous être de ce côté là de la barrière. Dans le livre on sent On sent poindre déjà une critique qui est faite, même si vous reconnaissez que certains journalistes vont faire leur travail. Mais là, je vous sens encore plus remonté
Jean Pierre Mignard
Je suis enseignant depuis 1993 à Sciences Po en droit de la communication des médias et à l'école des journalistes. J’en parle aussi en tant qu’enseignant. Me dis peut être d’ailleurs sur ce point en tant que… Qu’est ce qui se passe ? Pourquoi ce moment là peut être ce défaut de curiosité ou un problème de conformisme, je ne sais pas. Parce que vous voyez, il y a des problèmes de frontières de classe. Qui existent entre tous ces jeunes de cette cité et des journalistes, fût il bien inspiré, soucieux de déontologie humaniste ? C’est un vrai sujet. La communication n’est pas facile. Et moi, je l'éprouverai par la suite. Vous voyez, la sociologue s’est intéressée pour dire que la communication se heurte aussi à des frontières sociales.
David Dufresne
Il y a un autre mensonge, d’abord le premier mensonge c’est de ne pas parler de la présence des policiers et de la course aux poursuites, policiers qui sont armés, de flashball à l'époque, qui viennent de la BAC, etc. Il y a un deuxième mensonge qui va être répété et répété, c' est celui du cambriolage. Vous vous souvenez de ça ?
Jean Pierre Mignard
Oui, alors ça c’est vrai que c’est une personne, je crois, proche d’un chantier. Les gosses ce soir là jouaient au football, ils devaient rentrer chez eux. C'était un soir de ramadan. Donc ils devaient rentrer chez eux, ils prennent divers chemins et il y en a trois d’entre eux qui s’arrêtent dans un chantier, qui est un chantier de construction plutôt que du matériel lourd. On ne voit pas très bien ce qu’ils pouvaient faire, ni surtout voler. Et il y a quelqu’un qui appelle la police de Livry-Gargan. Parce qu’il n’y a pas de police, ça cliché. Il n’a que 100 000, il y a 20 000 jeunes de moins de 20 ans, ou moins de 25 ans à peu près. Mais il n’y a pas de policiers. Donc il fallait aller à Livry-Gargan à côté, qui appelle la police de Livry-Gargan, pour dire, je suis un peu étonné, il y a des choses Donc c’est là que la Livry-Gargan sonne l’alarme. Il ne faut pas oublier que nous sommes à quelques jours de la visite de Nicolas Sarkozy sur la dalle d’Argenteuil. On est à deux jours.
David Dufresne
Alors le Karcher c’est un autre jour, c'était à la Courneuve. Ah, c’est plus tard ? C'était avant. Mais la fameuse phrase, les racailles, c' est deux jours avant, sur la date d’Argenteuil.
Jean Pierre Mignard
Pas correctes, et puis surtout des mots qui ont été pris comme étant, je veux dire comme des encouragements à agir fortement, brusquement, brutalement. Bon, en fait, je pense que la police a été chauffée par ces propos. Donc il y a eu alors à ce moment là un débarquement de police, notamment du commissariat de Livry-Gargan et de la BAC, pour que l’on apprenne par la suite. Par l’examen des bandes radio, qu’il y avait entre les policiers qui étaient restés sur place dans leur bureau 17 policiers qui avaient été concernés par cette course poursuite entre ceux qui la menaient et ceux qui en étaient informés minute par minute. Or, pendant plusieurs jours, on dit non, c’est le cas de le dire, circulez, il n’y a rien à voir, il n’y a pas eu de course poursuite, qui est couverte par les autorités. Dont certains voyaient l'énormité du mensonge, car c’est un vrai mensonge. Certains, alors je pense que le mensonge de la direction départementale de la police de Seine Saint Denis est une évidence. Bien. Et puis ce mensonge est relayé par les autorités judiciaires et politiques qui ont peut être été abusées, trompées. Moi, je sais aussi de même source qu’elles ont été aussi informées qu’on leur avait menti. Et je pense que dans les coulisses de l’affaire Clichy, c’est comment les autorités politiques et judiciaires se disent comment va t on se dépêtrer d’un mensonge dont nous avons été l’objet, mais que nous avons couvert et dont nous ne voulons pas que la police supporte l’opprobre.
David Dufresne
Sauver l’honneur de la police. C’est ça l’affaire Clichy. Et c’est là où Nicolas Sarkozy intervient, page 17 dans votre livre, vous racontez une première rencontre que vous allez avoir le 3 novembre 2005, une semaine jour pour jour après le drame. À l’Hôtel Beauvau. Oui, c'était l’intérieur. Il était midi ce jour là, nous étions au ministère de l’Intérieur, Place Beauvau, à Paris. Nous accompagnons, écrivez vous, les familles qui sont reçues par le ministre Nicolas Sarkozy. Beaucoup de paroles et quelques informations, et surtout un long silence. Un silence interminable.
Jean Pierre Mignard
On se demande pourquoi on est là, mais à la fin on l’a compris. C’est qu’il y a le directeur de l’IGS qui est là et qui nous dit, Sarkozy nous dit alors maintenant écoutez ce qu’a voulu dire le directeur, c’est très important. Alors vous, les avocats de la défense, on n’est pas la défense puisque nous sommes des avocats, il n’y a toujours pas d’informations judiciaires, il n’y a rien. On va nous demander de payer beaucoup pour l’ouverture de l’information judiciaire parce qu’elle n’est pas requise, le procureur de la République. Il faut un peu détailler pour ceux qui ne connaissent pas le droit. D’accord. C’est à dire qu’on pense qu'à ce moment là, durant cette semaine, une information judiciaire aurait pu être ouverte à l’initiative du procureur de la République. Il le peut, il n’y en a pas. Donc il faut, pour qu’il y ait une information judiciaire, qu’un juge d’instruction soit désigné. Il faut que les familles déposent plainte avec la constitution du Parti civil. Donc il faudra la rédiger, la déposer. Il faut verser une consignation. Bon, et c’est là où nous avons dans ces quelques jours de cette semaine fatidique rencontre avec le directeur de l’IGS, c'était comme ça qu’on l’appelle.
David Dufresne
Aujourd’hui IGPN, à l'époque IGS.
Jean Pierre Mignard
Et aujourd’hui IGS, et à l'époque maintenant IGPN, et Sarkozy nous dit « écoutez bien ce que va vous dire le directeur ». Et le direct d’une voix blanche et embarrassée nous décrit ce que la bande son de toute façon révélait, et ce que d’autres policiers avaient examiné et disaient « voilà ce qui s’est passé ». Et c’est à dire une course poursuite, juste sur le site électrique, parce qu’il est jusqu'à proximité du site électrique. Il est à proximité, il jouxte le cimetière de Clichy, mais le cimentier de Clichy a déjà son entrée barrée par d’autres policiers. Donc il y a des policiers devant, il y à des policiers derrière. La course poursuite se fait à peu près sur un kilomètre près du stade de football de Livry-Gargan. Les gosses courent et se perdent. Et puisque vous parliez de cambriolage, un des premiers a dit qu’il n’y a pas eu d’infraction, c’est le procureur de la République.
David Dufresne
Mais à quel moment d’après vous, Nicolas Sarkozy, sait qu’il ment ?
Jean Pierre Mignard
Je ne peux pas malheureusement vous dire à quel moment il s’est, mais enfin il est ministre de l’Intérieur, donc il doit savoir en premier qu’un problème s' est posé, qu’en effet il y a une course poursuite. Enfin, il est un des premiers destinataires de l’exploitation de la bande sans, parce que les émeutes commencent à se généraliser, et donc il le sait très vite. Et sans doute qu’une des premières discussions qui doit avoir lieu, qui a lieu, c’est comment on s’en sort. Comment se dépêtrer du mensonge sans affronter la police, sans faire face à la police ? Comment on sauve la police de tout ça ? Et donc c’est dans ces circonstances qu’on va à Beauvau, et que d’une certaine manière, il nous donne même des conseils. Comment agir ? Merci, on sait, et qu’il me félicite. Il me dit merci pour ce que vous faites.
David Dufresne
En partie à cause du discours guerrier de Nicolas Sarkozy
Jean Pierre Mignard
. Exactement qui n'était pas le même que celui de Dominique De Villepin. Donc il y avait même une course poursuite cette fois ci entre le Premier ministre et le ministre, pour savoir qui va rencontrer les enfants, la famille des enfants. Je pense que c’est à la sous préfecture de Bondy. Bref, c'était assez ubuesque tout ça. Donc il y a une compétition politique qui se substitue à ça.
David Dufresne
C’est vrai que les paroles de Dominique De Villepin sont moins brutales, beaucoup moins brutales. Oui, enfin n’oublions pas maître, que Domine de Villepin va décréter l'État d’urgence, ce qui n’avait jamais été fait sur le sol métropolitain depuis la guerre d’Algérie, et que tout le monde autour de lui disait, ça ne sert à rien
Jean Pierre Mignard
Alors je pense qu’effectivement c'était le problème entre ces deux hommes, c’est qui va reprendre la main. C’est ça. Et donc Dominique Villepin décrète l'état d’urgence pour reprendre la main sur ce dossier et d’une certaine manière le soustraire à Nicolas Sarkozy. Donc enfin, le doyen des juges d’instruction de Bobigny est désigné au bout de huit jours, M. Gérons, et nous permet d’avoir accès au dossier. Mais là, nous savons qu’il y a une course poursuite. Entre des policiers du commissariat de Livry-Gargan et des policiers de la BAC. Et que je vous dis en tout ces 17 policiers qui sont directement ou indirectement concernés par cette poursuite. Donc l’affaire cliché, c’est d’abord ces deux morts, un grand brûlé, des enfants et un immense mensonge. Et un mensonge parce qu’il faut sauver la police du désespoir.
David Dufresne
, Du déshonneur au mensonge enfin, l’a sauvé, du déshonneur du mensonge, ça passe à un moment donné, alors c’est évidemment dérisoire par rapport à ce que vous venez de dire, mais sur le moment, j’imagine que vous, ça vous affecte, par une sorte de campagne contre vous, puisque, il faut le dire, vous êtes, je crois que vous étiez déjà à ce moment là, le parrain de deux enfants de Ségolène Royal, vous êtes proche de François Hollande, vous membre du parti, enfin en tout cas vous êtes compagnon de route du parti socialiste, et Sarkozy et Subir font le tour de la presse parisienne en disant vous savez, les gamins ils sont défendus par la gauche, c’est une affaire contre nous.
Jean Pierre Mignard
Oui, alors ça c’est vrai, si j’avais été défendu par la gauche, j’aurais été plus soutenu par de la gauche que je ne l’ai été. Je n’ai eu aucun soutien de la Gauche. Ça on va y venir tout à l’heure. Oui, enfin bon, je peux quand même le dire. Ah bien sûr. Mais c'était vrai que je suis le parrain des deux enfants de Ségolène Royal et de François Hollande. Donc ça, ça fait partie du petit discrédit habituel pour indiquer qu’il n’y a aucune volonté d’objectivité de ma part. Ce ne sont que des falsifications de faits. Ça m’a pas beaucoup impressionné, franchement. Mais j’ai compris que l’exécutif se rebeller contre ça et qu’il considérait qu’ils risquent gros et que la volonté d'élucidation de l’affaire qui appartenait et qui nous appartenaient, parce qu'à partir du moment où les enfants, les familles des enfants, avaient des avocats, c'était leur mettre à leur disposition des procédures qu’elles ignoraient, leur faire connaître leurs droits qu’elle ne connaissait pas. Et puis, c'était encourager les juges d’instruction à faire leur métier, ce que le doyen des juges de l’instruction a fait avec beaucoup d’entreprises.
David Dufresne
Alors justement, qu’est ce qui va se passer ensuite à partir de ce moment là, ça n’est pas dans votre livre puisque c’est avant, il y a juste le début, comment va se passer l’instruction ?
Jean Pierre Mignard
Entendu par d’abord l’IGS et puis sont entendus par le juge d’instruction, les policiers. Ils sont tous entendus sur commission obligatoire ou directement pour finalement que sur 17, deux sont mis en examen. Comment s’opère le choix, comment s’opère la sélection ? Je pense que sur la base des critères c'était deux, c’est plutôt cinq ou six, enfin c'étaient deux qui seront mises en examen, je dis qu’en droit français, c’est… Mais c’est une participation à la commission des indices graves de participation à La Commission d’une infraction. Donc les charges qui pèsent sur ces deux policiers sont considérées assez lourdes par le juge d’instruction pour qu’ils soient mis en examen. Le parquet ne bouge jamais sur ce point, il est toujours neutre. C’est le doyen des juges qui bougera seul jusqu’au jour où il sera remplacé par deux autres juges qui seront tout aussi déterminés que lui.
David Dufresne
C’est comme si on était en face d' un ennemi intérieur. Est ce que vous pensez que parce que c’est un ministre de l’Intérieur qui devient président de la République, au moment où l’instruction a lieu, vous pensez que ça a une incidence ? Imaginons qu’il ne soit pas devenu président de La République Sarkozy. Est ce que vous pensiez que la justice aurait été autre ? Ou fallait il aussi donner raison à celui qui devenait le président ?
Jean Pierre Mignard
Je pense qu’il a été très ferme, mais il n’y a pas besoin simplement d’un certain nombre de magistrats qui se prêtaient aisément à ce discours là, qui avait d’ailleurs une conception identique à lui. Je ne sais pas si on peut l’appeler sécuritaire, voire identitaire, je ne sais, mais qui participent de cela. Les magistrats du parquet, leurs paroles étaient libres, ils ont toujours requis contre nous. La présidente de la Chambre de l’Instruction de la Cour d’appel de Paris. Elle n’avait pas un pistolet sur la temple lorsqu’elle a rendu une décision qui était favorable à cette thèse. Là vous parlez de la décision de 2000.
David Dufresne
2011,un an. En disant, ça n’a pas eu lieu.
Jean Pierre Mignard
Voilà, et on va devant la Cour de cassation, et là les magistrats de la Cour d’assassinat sont en un arrêt mais d’une clarté limpide, qui dit mais dès lors que les policiers pensaient, en tout cas il faut savoir ce qu’ils savaient et ce qu’ils n’ont pas fait, il faut élucider cela, et les magistrates de la cour de cassations, c’est la chambre criminelle quand même, disent il faut que ce soit jugé, et ils renvoient cela devant la Cour d’appel.
David Dufresne
Attendez, on va y venir à la cour d’appel de Rennes, mais d’abord, j’aimerais savoir comment vivent les familles toute cette épreuve ?
Jean Pierre Mignard
Elles le vivent comme une épreuve parce que vous voyez bien que nous battons sur des questions de droit, sur des question de procédure, et puis à chaque fois qu’il y a des actes d’instruction, c’est une tempête médiatique, c' est très lourd, c est une épreuve pour elles, mais enfin elles restent très soudées et les quartiers restent soudés. Et puis nous sommes très soudés avec l’ensemble des jeunes, avec les familles, le maire de Clichy est toujours très présents, et c’est parce que nous avons été tous très soudés les uns aux autres que nous nous sommes tenus. Ça a été une épreuve pour moi, c'était pendant dix ans une véritable épreuve. Voilà, et donc on a tenu bon, on a tenu bon jusqu'à la fin. Il y a Rennes. Alors ensuite, la chambre, la criminelle, la cour de cassation, car c’est la loi, renvoie devant la cour d’appel de Rennes, la Chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes, qui prend un arrêt qui est très favorable à la thèse des familles et qui d’ailleurs est en coïncidence évidente avec l’arrêt de la chambres criminelles de la Cour de cassation
David Dufresne
Mais alors pourquoi justement ? Pourquoi ce dépaysement ? Qu’est ce qu’on vous a dit à l'époque ?
Jean Pierre Mignard
Le dépaysement, c’est pour nous sortir de la Seine Saint Denis. Oui, ça c' est la raison officieuse, mais la raison officielle, on vous dit quoi ?
David Dufresne
On vous dit que c' est pour la paix et la sérénité.
Jean Pierre Mignard
Oui, oui, bien non, on nous dit la même chose, on dit il faut, c’est pour la sérénité de la justice. Sans qu’on nous dise d’ailleurs en quoi, la justice n’a pas été sereine. À chaque fois qu’il y a eu des actes d’instruction à Paris ou à Bobigny et que le juge les entendait, enfin non, en temps des moulines, parce que malheureusement les deux autres télés décédées ne se passaient rien. C'était très calme. Les gens, il faut bien savoir que dès lors que la justice a été saisie, elle fonctionnait de manière honorable, avec les trois juges d’instruction de Bobines qui ont fonctionné, car elle a fonctionné de manière très honorable. Trading avec un gros travail mais franchement alors une fois ils ont même sorti je me souviens il y avait une reconstitution avec Poutine et des policiers alors il y avait je ne sais combien de cartes de police parce que s’attendaient ils sans doute à ce qu’il y ait des émeutes parce qu’ils avaient une reconstitution franchement il n’y a pas eu un chat dans les rues de Bobigny de Clichy sur bois ce jour là pourquoi mais parce que c'était naturel, c’est à dire que l’affaire n'était pas étouffée. Il y avait le doyen des juges, il y avait Muhittin il avait ses avocats, il n’y avait pas de raison. C’est un événement très intéressant, et à mon avis très inquiétant, de parcourir les rues avec des slogans enflammés. C’est à dire qu'à un moment donné, Muhittin le rescapé, celui qui est brièvement brûlé et qui est là, qui assiste à cette reconstitution, mais vraiment pousse des hurlements de rage quand il voit les policiers, car il découvre à ce moment là que les policiers de la BAC qui sont là pour assister à la reconstitution sont les mêmes que ceux qui depuis sa sortie le harcèlent. Sans arrêt lui demandent ses papiers.
David Dufresne
Dix ans plus tard. Voilà.
Jean Pierre Mignard
Bah pas tout à fait
David Dufresne
Pas tout à fait,un petit peu moins si, oui.
Jean Pierre Mignard
De non assistance à personne en danger.
David Dufresne
En fait, non.
Jean Pierre Mignard
Écoutez, non assistance à personnes en danger, sur ce point on aurait pu obtenir un compromis acceptable avec une justice qui aurait accepté de considérer cette affaire sur le strict plan du droit plutôt que d'être embarquée dans des problématiques de rapport de force politique ou idéologique. C'était déjà très gentil de notre part. C'était déjà constitutif, puisqu’on voit les deux enfants franchir le grillage et rentrer sur le site. Et un policier dit, mais on les voit, on ne donne pas cher de leur peau. Et ensuite, presque simultanément, les policiers entourent le site. Alors entoure le site, mais dans quelle perspective ? Est ce que c’est pour les prévenir que c’est dangereux ? En effet, il n’y a pas toutes les inscriptions, il y a même un verlan d’ailleurs, danger, danger de mort, etc. Donc, on peut dire qu’ils vont crier, faites attention, ne bougez pas, appelez les pompiers. Ils sont sur le degré d’aversion dans les banlieues, sont à un degré beaucoup plus faible que la police soit conduite. On n’attaque pas les pompiers comme ça dans les bandes. Ou même EDF, non pas du tout. Au contraire, les policiers ne font pas de bruit. Ils entourent, ils entourent le site. Et puis même devant le grand portail, pas de buis. Et Muhittin dira, on s’approchait du grand portail pour sortir. Et on entend des chiens. Car des chiens à bois, parce que des policiers se sont rapprochés du grand portail, se hissent à la hauteur du portail pour voir si on aperçoit les gosses.
David Dufresne
Vous avez notamment dit… Alors c’est en 2007. Oui, en 2007, c'était à Villiers-le-Bel. Toutes les professions ont une génétique, celle de la police est l’impunité. Et je vais essayer de retrouver, parce que j’avais noté..Après le procès de Rennes, puisqu’il y a finalement eu procès, on va donner la décision. Je viens d’en donner la décision, c' est une relaxe. C’est une relaxe ! Et vous dites, la parole de deux policiers blancs… Sur toute autre considération.
Jean Pierre Mignard
Des blancs, condamnés par un tribunal et relaxé par un tribunal blanc. C’est grave ce que je dis. Bien sûr. Non, c’est réel, c’est profond. Voilà, il y a d’autres blancs d’ailleurs qui ont pris des positions différentes. Les juges d’instruction de Bobigny, les trois étaient des blancs. Les magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation c'était des blanc. Les trois magistrats la Cour d’appel de Reine c'étaient des blanc, ils ont pris les positions différentes. C’est pour ça que c' est une affaire infiniment politique. C’est à dire que cette rupture au sein de la magistrature s’est faite entre ceux qui étaient à mon avis sur des positions dont même, peut être même qu’ils ignoraient, comme M. Jourdain faisait de la prose, ils ne savaient pas qu’il s'était allèrent à une décision de nature identitaire et sécuritaire, et d’autres qui rendaient une décision de droit. Donc la police s' est cassée, puisque l’IGS a bien fait son travail, et la magistrature s' est cassée en deux, ce qui en dit long sur le fait que cette affaire a pris une tournure, une ampleur, tout à fait gigantesque, accompagné de cela des émeutes pendant les trois semaines qui ont suivi, et qui était la réaction de jeunes dans les quartiers qui disaient mais il s’est passé à cliché ce qu’on a l’habitude, c’est à dire que quoi qu' on dise et quoi qu on fasse, c'était toujours la police qui a raison, envers et contre tous.
David Dufresne
On va prendre les minutes qui nous restent pour parler d’aujourd’hui, justement, mais d’abord, je termine. Il y a donc ces deux policiers un peu choisies au hasard sur les 17 qui étaient là ce jour là.
Jean Pierre Mignard
C'était quand même ceux qui suivaient le plus, qui connaissaient le mieux, dont les propos manifestaient le mieux, une intuition argumentée de ce que les gosses risquent leur vie sur ce site. Et qu'à ce moment là, ils devaient penser qu’il y a une chose, les prévenir, au lieu de vouloir les arrêter, les prévenir, pour qu’ils ne se mettent pas en danger. Ces policiers bénéficient donc d’un non lieu, vous l’avez dit, vous faites appel… Enfin non, ils ont bénéficié d’une relaxe. D’une relaxation, pardon. D’une relaxe ? Vous faites appel de ces relaxes ? Oui, mais c’est fini, les partis civiles n’ont pas de droit d’appel. On ne peut faire appel que devant la Chambre civile, où je ne veux pas rentrer dans le détail, les moyens de procédure sont très faibles, pour ne pas dire inexistants.
David Dufresne
C’est fini. Et là, à ce moment là, vous, épris de justice, homme de gauche…
Jean Pierre Mignard
Je me dis que la société française prend un mauvais tournant, un mauvais cours et je suis convaincu que cette affaire a marqué un tournant précisément dans la France actuelle, dans la France contemporaine. Voilà, c’est le premier acte d’un cours empoisonné. C’est cela l’affaire Clichy. Après on a eu toutes les difficultés dans les quartiers. C’est à dire que dans et déjà une partie de la police, relayée ici ou là quelquefois par la justice, avec des courants politiques français, considère que le danger dorénavant en France peut venir de là et qu’on peut faire fortune politique en désignant ce danger.
David Dufresne
J’aimerais citer Claude Dylan dont vous avez parlé, qui était le maire de Clichy, décédé depuis, peu à son âme, pédiatre de profession, qui parlait des enfants lui aussi.
Jean Pierre Mignard
À coucher, à parler, oui.
David Dufresne
Absolument et page 90, à l'époque, dans votre livre, vous le citiez, il était présent à un congrès du Parti Socialiste au Mans quelques semaines après. Il est reçu par innovation. Vous vous souvenez de cette phrase que vous dites, à voir toujours en tête, le retour à la normale, je n’en veux pas, c’est la normale qui n’est pas normale. C’est très juste cette phrase. C'était une phrase de Dylan qui était très juste. Mais on est en 2005 quand il dit ça. Et aujourd’hui alors ?
Jean Pierre Mignard
Aujourd’hui, comme le disent les édiles de Clichy, on a fait de l’urbanisme, on fait des constructions, c'était quelque chose quand même. Urbanisme à Clichy, dans le 15, quelque chose. En fait, mais comme le dit peut être le maire qui dit ça actuellement, j’entendais son adjoint ce matin, il disait, ce n’est pas d’urbain qu’on manque, qu’en manque d’humain. Il disait sur l’humain, ça n’a pas changé. La population est aussi pauvre. L’accès aux codes sociaux est aussi difficile, c’est à dire que la montagne est très escarpée pour qui peut arriver à se souhaiter sortir de ce gouffre de pauvreté et d’exclusion, où constamment de nouvelles émigrations se succèdent aux autres sans qu’on trouve le moyen de s’en sortir. Donc on a là un vrai sujet qui supposerait des moyens, mais ce n’est pas seulement des pierres, ce n’est pas des commissariats de police
David Dufresne
Par exemple, parlons de la police. Aujourd’hui, il y a un commissariat…
Jean Pierre Mignard
Oui, il y en a beaucoup, à l'époque, il n’y en avait aucun, il en y a peu. Mais simplement, il faudrait, par exemple, dans toutes les villes de banlieue, là où il y a des quartiers populaires, il faut toujours un référent éthique. Dans chaque commissariat, c’est un officier de police qui pourrait être joint par des jeunes, etc. Qui pourrait poser la question du comportement des forces de police. Ce serait pas un juge, ce serait pas quelqu’un d’autre, c’est un policier de police. Qui auraient effectivement un rôle de référents éthiques. Ce qui permettrait effectivement d’avoir un débat au sein des commissariats sur le comportement, sur le fonctionnement de la police.
David Dufresne
Que vous sentiez déjà en 2005 ?
Jean Pierre Mignard
Ah bah, bien sûr, ce que je vous ai dit sur les trois policiers de la BAC, qui continuent de harceler Muhittin Altun en lui demandant ses papiers, en sachant très bien que c'était un des trois gosses qu’il poursuivait lors du drame, c’est qu’y avait aucun repentir, y avait rien, c'était pour ça qu’ils eurent de rage. Et là, je me suis dit, c’est grave, quand même. Là, c’est grave.
David Dufresne
C’est grave, c’est dangereux. Alors, maître Mignard, il se trouve que par la suite, c’est la vie, vous vous êtes rapprochés d’Emmanuel Macron, ça va surprendre un certain nombre d’aupostiens et d’aupostiennes, vous avez même participé, je crois, à la rédaction des status d’En Marché.
Jean Pierre Mignard
La rumeur court encore. C’est une fausse rumeur, il faut y tordre le cou.
David Dufresne
Alors on lui tord le cou, bon bref, vous avez été proche de Macron, c’est votre droit le plus strict. Ce que je veux dire par là, c' est que vous avez été proches de gens de pouvoir. Est ce que vous aviez pu parler à ces gens là, quel que soit leur bord, et qu’est ce qu’ils vous disent ?
Jean Pierre Mignard
J’ai toujours parlé sur ce point. J'étais avec Ségolène Royal, lorsqu’elle s’est rendue à Clichy, bien avant, au moment de sa campagne. L’avant veille de Noël, j'étais avec François Hollande dans les rues de Clichy. Avec Macron, je lui ai parlé de Clichy. Même François Hollande, je l’ai emmené à Chichi quand même. On avait même rencontré la famille C’est une chose, mais ce qu’il font après ou ce qu’ils font faire ? Vous savez, la police est immense, les syndicats de police sont très puissants. Ils n’ont que de bonnes paroles, je ne doute pas de leur sincérité mais en fait ils sont très vite emportés par une espèce de physique sociale, de physique politique sur des choix de défense de qui ?
David Dufresne
L’ironie du sort fait qu’aujourd’hui, celui qui est derrière les barreaux, c’est Nicolas Sarkozy. Un écrivain, Nadir Dendoun, a écrit une tribune dans Libération il y a quelques jours intitulée « Sarkozy réclame la présomption d’innocence qu’il avait refusée à Zyed et Bouna ».
Jean Pierre Mignard
À qui d’ailleurs il n’a jamais été reproché aucune infraction sauf les premiers jours où l’on avait indiqué qu’il y avait des vols, ce n’est pas ce qu’il n’avait jamais existé. Qu’est ce que vous voulez ? C’est la vie, il faut être prudent, il ne faut pas s’aventurer. Ce qui peut être reproché, c’est un tel défaut d’empathie qui est lié je l’ai lié au début, qui est aussi lié à des questions de classe sociale, de division sociale. Quand on appartient pas à la même classe sociale, il faut un surcroît d’empathie pour comprendre ce qui se passe dans l’autre classe sociale. C’est vrai d’ailleurs de classe à classe. Il faut faire attention en plus de gens qui viennent d’ailleurs qui viennent du Sud, dont quelquefois la parole est assez confuse, ils ne maîtrisent pas toujours notre langue. C' est très très compliqué. Il faut un très grand effort. Il faut une très grande volonté. Si on ne fournit pas ce grand effort et cette très grande volonté, on ira d'échecs en échecs et de violences en violences.
David Dufresne
Dans votre livre de l'époque, quand vous parlez des rencontres à Beauvau avec Nicolas Sarkozy, vous parlez d’un homme de métal, qui est froid, qui ne laisse rien transparaître, à part la tension, mais qui n’est pas lié, si je vous ai bien lu, au fait qu’il a en face de lui les parents de Zyed et Bouna, mais parce qu’ils y a les émeutes qui sont en train de se passer. Et donc aujourd’hui cet homme qui a insulté les quartiers, les les racailles qui se retrouvent aujourd’hui en prison, qu’est ce que vous dites par rapport au long combat que vous avez mené ?
Jean Pierre Mignard
Je pense qu’en effet, une approche d’abord plus humaine, une meilleure connaissance sociale de ce qui se passait, et puis des enjeux surtout politiques pour la société française. Car en fait, le choix qu’a fait Nicolas Sarkozy, qui sont des choix d’identité nationale, son discours de Grenoble, ne l’amenait pas à une compassion, je ne sais pas, mais en tout cas d’avoir un grand projet pour les banlieues.
David Dufresne
Pourquoi, et ce sera la dernière question, pourquoi vous avez accepté de venir au poste, vous qui refusez, à part ce matin, vous étiez à France 5, vous m’avez vous dit, pourquoi vous aviez accepté d'être ici aujourd’hui ?
Jean Pierre Mignard
Ça me permettait en une heure d'être plus précis que les 10 minutes ou les 5 minutes qu’on me pouvait offrir ici ou là. Donc ça me permettait d’aller jusqu’au bout C’est le 20e anniversaire, je pense qu’après je ne ferai plus d'émissions sur Clichy, ce qui ne veut pas dire que j’abandonnerai ce combat de droit et ce combat humain et profondément politique, mais voilà, d’une certaine manière je vous l'éclore ainsi. Et parce que j’ai pris aussi de la distance pour dire pourquoi ça n’a pas fonctionné, parce qu’en fait, Il y a des “Bounas” dont la mort pouvait intéresser et on ne voulait pas donner tort à la police.
David Dufresne
Je vais vous “libérer”, si je puis me permettre, cette expression. On va faire une petite pause, je vais vous raccompagner parce que vous avez d’autres rendez vous.
Audio
Ce n’est en aucun cas un combat contre une religion. D’anecdotes, est elle vraie ou fausse ? Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques. Est ce que cette anecdote est vraie ou fausse ? En France, les CRS ne s’attaquent pas aux étudiants ou autres. Une anecdote. "Nous sommes… Et une gare, c’est un lieu où on croise. Les gens qui réussissent, c’est les gens qui ne sont rien". Ces mots sont inacceptables. Il y a des policiers violents, il y en a. Et là, vous avez les canards. Nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux
David Dufresne
La photo, j’ai fait la photo. Merci beaucoup. J’espère que l’entretien vous a plu. Merci, monsieur. Merci. Merci, maître Mignard. Merci pour cette belle émission. Merci à donnez vous, bien sûr. C’est trop bien.

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