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Jose Rexach

Journaliste

osé Rexach appartient à cette génération qui n’a pas attendu d’avoir la carte de presse plastifiée pour aller sur le terrain. Né en Espagne, grandi en France, il traverse les frontières très tôt, géographiques d’abord, sociales ensuite. À sept ans, il quitte Alicante pour s’installer en France. Plus tard, il enchaîne les petits boulots : hôtellerie, tourisme, traduction. Rien qui ressemble encore à une vocation. Plutôt une trajectoire ordinaire, celle d’un jeune adulte qui travaille, qui observe, qui encaisse.

Et puis quelque chose coince.Autour de lui, les crises s’accumulent : écologique, sociale, démocratique. Les infos défilent. Les indignations aussi. Mais entre le scroll et l’action, il y a un vide. José Rexach ne théorise pas d’abord : il ressent. Le décalage entre le confort relatif dans lequel il vit et la violence du monde qui l’entoure devient difficile à supporter. Ce n’est pas la misère spectaculaire qui le frappe, mais l’injustice diffuse, permanente, normalisée.Alors il bifurque en 2020, il fonde Humeco. Le nom dit l’essentiel : humain et écologie, indissociables. Pas un média hors-sol, pas une plateforme de commentaires tièdes. Humeco se veut un média de terrain, un média qui documente mais qui relie, qui informe mais qui propose des prises. Reportages, formats pédagogiques, mise en lumière d’initiatives locales : l’objectif est clair. Transformer l’attention en engagement. Sortir du like. Descendre dans la rue, rejoindre une collecte, comprendre une lutte, soutenir une association.

Il  se définit comme un journaliste de rue. L’expression n’est pas un slogan marketing. Elle correspond à une méthode : aller là où ça se passe, parler à celles et ceux qu’on n’invite pas sur les plateaux, prendre le temps. Dans les mobilisations écologistes, lors de manifestations, sur des terrains tendus comme Sainte-Soline, il filme, il raconte, il contextualise. Il ne se cache pas derrière une neutralité abstraite. Il assume une ligne : donner à voir les rapports de force, documenter les violences, rendre audibles les voix minorées.

Cela ne signifie pas qu’il renonce à l’exigence journalistique. Au contraire il revendique une forme de rigueur ancrée dans le réel, loin des commentaires à distance. Son travail l’amène à collaborer avec d’autres médias engagés, dont Blast, tout en poursuivant le développement d’Humeco. Le modèle est fragile, comme souvent dans la presse indépendante, il tient par une communauté, par une cohérence, par une énergie.

Chez lui, le journalisme n’est pas un commentaire du monde. C’est un outil, un levier, une manière d’habiter son époque sans s’en abstraire. On peut discuter la ligne, débattre des choix éditoriaux, questionner l’engagement. Mais on ne peut pas lui retirer cela : la cohérence entre ce qu’il raconte et la manière dont il se tient.

Au Poste l’a rencontré lors d’un Ciné-débat autour de Sainte-Soline en avril 2024 avec la projection du documentaire «Sainte-Soline: autopsie d’un carnage» 

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