Batelier du marais poitevin à quatorze ans, porte-parole de Bassines Non Merci à quarante. Entre les deux, Darmanin l’a baptisé « écoterroriste » et la justice l’a condamné : six mois de détention à domicile, bracelet au pied. Il en a fait une émission hebdomadaire, sur Au Poste.
Né en 1976 à Beauvais, dans une famille d'instituteurs picards, père adjoint au maire communiste de Méru. Il découvre le marais poitevin à cinq ans. À quatorze, il devient batelier et promène les touristes en barque. « C'est le métier de ma vie. »
Licence de biologie à l'université d'Amiens. Retour à 23 ans dans les Deux-Sèvres, objecteur de conscience au Parc naturel régional du Marais poitevin : projets pédagogiques, mise en place d'une zone Natura 2000. Il y mesure surtout le poids des lobbies agricoles sur l'institution. Il repart au terrain.
Printemps 2002 : il fonde avec des copains bateliers L'Evail, association de sauvegarde du marais. En 2017, avec une vingtaine d'organisations et des habitants, il lance Bassines Non Merci. Dix-neuf réserves de substitution sont alors autorisées sur le bassin Sèvre Niortaise-Mignon — seize après 2020. Novembre 2017, chaîne humaine à Amuré : 1 500 personnes. Le collectif impose le mot « méga-bassine » contre la novlangue des « réserves de substitution ». Le Guet devient le porte-voix.
Darmanin en fera un « écoterroriste ». Gardes à vue, perquisitions, une caméra de surveillance planquée près de la maison de son père, un traceur GPS sous son camion, interdiction de paraître à Sainte-Soline et Mauzé-sur-le-Mignon. Il dénonce un procès politique.
Le 6 mai 2026, la cour d'appel de Poitiers va au-delà des réquisitions : six mois de détention à domicile sous bracelet électronique, pour des faits d'octobre 2022. Le 1er juillet 2026, elle confirme six mois avec sursis pour « organisation d'une manifestation interdite », celle du 25 mars 2023. Pourvoi en cassation. Entre-temps, en décembre 2024, la cour administrative d'appel de Bordeaux jugeait illégale l'autorisation de quatre réserves — dont Sainte-Soline — faute de dérogation « espèces protégées » pour l'outarde canepetière.
Au Poste, il est un habitué. Première convocation le 20 mars 2023, « No Bassaran ! », avec la chercheuse Anne-Morwenn Pastier, à cinq jours de Sainte-Soline. Le 5 avril 2023, retour sur la répression avec Benoît Feuillu. Le 8 décembre 2023, état des lieux de la répression écolo, avec Pastier et Simon (Dernière Rénovation). Le 31 mars 2024, en direct de Melle, un an après : récits, témoignages, plainte collective contre Darmanin. Le 20 février 2025, au Festival Imprimé de Bordeaux, « L'éco-terrorisme n'existe pas », avec Lauren Boudard (Climax) et Antoine Chao, modération Sylvain Lapoix. Le 26 mars 2026, de nouveau depuis Melle, trois ans après. Le 11 mai 2026, cinq jours après sa condamnation.
Depuis septembre 2026, il n'est plus seulement gardé à vue : il anime « 6 Mois ferme », rendez-vous hebdomadaire où le condamné transforme sa peine en émission.