Mathilde Raguino
Mathilde Raguino est engagée dans les mouvements de jeunesse pour le climat, notamment au sein de Youth for Climate Paris. Issue de la génération mobilisée à la fin des années 2010 dans le sillage des grandes marches climatiques internationales, elle s’inscrit dans un militantisme qui articule écologie politique, justice sociale et défense des droits humains.
Son engagement se développe dans un contexte marqué par la montée des mobilisations étudiantes et lycéennes autour de l’urgence climatique et par la critique des politiques publiques jugées insuffisantes face aux dérèglements environnementaux.
Au sein de Youth for Climate, elle participe à l’organisation d’actions de sensibilisation, de manifestations et de débats publics consacrés aux conséquences sociales et écologiques du modèle économique dominant. Les militants de ce collectif défendent une approche de l’écologie dite « climatique et sociale », qui met en relation la crise environnementale avec les inégalités économiques, les politiques urbaines ou encore les questions migratoires et démocratiques.
Elle intervient notamment dans des discussions publiques consacrées aux effets des grands projets urbains et des événements internationaux sur les territoires et les populations locales. Lors d’une rencontre organisée en septembre 2024 autour d’un premier bilan critique des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, elle souligne les contradictions entre la communication officielle présentant ces Jeux comme « écologiques » et les impacts environnementaux réels : artificialisation des sols, construction d’infrastructures lourdes, utilisation massive de béton et multiplication des transports internationaux.
Dans ses prises de parole, elle met également en avant les conséquences sociales de ces grands projets. Elle évoque notamment les expulsions de populations précaires, la transformation rapide de certains quartiers populaires et les phénomènes de gentrification qui accompagnent souvent les grands événements sportifs. Elle insiste sur la nécessité d’intégrer les habitants et les associations locales dans les décisions d’aménagement urbain et de privilégier des politiques publiques centrées sur les besoins sociaux plutôt que sur la rentabilité ou l’image internationale des métropoles.
Son engagement s’inscrit aussi dans des luttes écologistes locales, par exemple contre l’artificialisation des terres ou la disparition d’espaces verts en milieu urbain. Elle évoque régulièrement les mobilisations menées autour des jardins ouvriers d’Aubervilliers, symbole pour de nombreux militants d’un conflit entre développement urbain, intérêts économiques et préservation des espaces cultivés.
Mathilde Raguino s’exprime également sur les enjeux de libertés publiques liés aux grands événements sportifs et aux dispositifs sécuritaires. Elle critique l’extension de la vidéosurveillance et l’expérimentation de technologies de surveillance dans l’espace public, qu’elle considère comme des outils susceptibles d’être réutilisés durablement pour contrôler les mouvements sociaux.
À travers son engagement, elle incarne une génération militante qui considère l’écologie comme un projet politique global, indissociable des luttes pour la justice sociale, la démocratie et les droits humains. Son action s’inscrit dans un réseau de collectifs associatifs et militants cherchant à construire des alternatives au modèle de développement actuel.
En septembre 2024 elle est venue Au Poste pour commenter le « bilan accablant » des Jeux olympiques de Paris 2024 en matière de greenwashing et de validisme.Pour elle «Les JO de Paris sont ceux de la gentrification. » Elle souligne comment les infrastructures des JO, notamment le village des médias à Saint-Denis, contribuent à l’exclusion des habitants locaux en provoquant une hausse des loyers et en transformant les quartiers populaires en zones inaccessibles pour les classes modestes.
Youth for Climate Paris
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Exclusion, greenwashing et validisme : le bilan accablant des Jeux de Paris 2024
Alors que les Jeux Paralympiques battent leur plein et que la trêve olympique décrétée par le monarque n’a toujours pas pris fin, nous retrouvons des militant.es qui se sont mobilisé.es avant et pendant ces grands jeux du cirque pour tirer un premier bilan écologique, social et politique.
