Sylvie Kimissa
Sylvie Kimissa travaille comme femme de chambre à l’hôtel Ibis Batignolles, dans le 17ᵉ arrondissement de Paris. Employée par un sous-traitant du groupe Accor, elle exerce un métier physiquement exigeant, souvent invisible, au cœur d’un secteur hôtelier où la sous-traitance fragilise les salariées. Originaire du Congo-Brazzaville, elle a suivi une formation en secrétariat avant de quitter son pays en 2009 pour chercher en Europe des perspectives économiques plus stables. Après un passage par l’Italie, elle s’installe en France. Les débuts sont marqués par la précarité administrative et professionnelle : petits emplois, démarches répétées pour régulariser sa situation, apprentissage des codes d’un nouveau pays.
En 2013, elle est recrutée à l’Ibis Batignolles. D’abord en contrat à durée déterminée, puis en CDI, elle découvre la réalité du nettoyage hôtelier en sous-traitance : chambres à enchaîner, cadence soutenue, rémunération calculée à la tâche, pression constante pour tenir les délais. Les journées commencent tôt et se terminent tard, avec des corps fatigués et peu de reconnaissance. Comme beaucoup de ses collègues, majoritairement des femmes immigrées, elle assume en parallèle des responsabilités familiales importantes.
À partir de 2019, les tensions autour des conditions de travail s’exacerbent. Les salariées dénoncent une charge de travail excessive et des rémunérations insuffisantes au regard de l’intensité des tâches demandées. En juillet, un mouvement de grève débute. Elle s’engage pleinement dans la mobilisation. Elle devient l’une des figures visibles du conflit, prenant la parole pour expliquer les revendications : réduction de la cadence, meilleure rémunération, paiement des heures réellement effectuées, amélioration des conditions de travail.
La grève s’inscrit dans la durée. Pendant vingt-deux mois, malgré les difficultés financières et la fatigue morale, le collectif tient. Le conflit dépasse progressivement le cadre de l’hôtel : il attire l’attention sur la sous-traitance dans l’hôtellerie et sur la situation des travailleuses les plus précaires du secteur. Soutenues par le syndicat CGT-HPE et par des comités de solidarité, les grévistes maintiennent la pression.
En mai 2021, un accord est signé avec l’employeur. Il prévoit des avancées salariales et organisationnelles significatives. Pour Sylvie Kimissa, cette issue marque une victoire collective, arrachée par la persévérance. Son parcours, de migrante en quête de stabilité à porte-voix d’une lutte sociale emblématique, illustre la capacité de salariées longtemps invisibilisées à s’organiser et à imposer leurs revendications dans un secteur structuré par la sous-traitance.
Elle participe avec des médias indépendants, des syndicats, des associations de défense des droits et mouvements citoyens au grand événement public du jeudi 27 juin 2024 Place de la République, à Paris pour défendre les Libertés face au RN retransmis par Auposte.
Dernières émissions

Libertés ! Ensemble, barrons la route au RN, ouvrons un espoir
Médias indépendants, syndicats, associations de défense des droits et mouvements citoyens, nous vous appelons à participer à un grand événement public le jeudi 27 juin à 18h, Place de la République, à Paris.