
Burger King, le procès de la CRS 43. Au premier jour, l'« effet tunnel »
À la barre, des CRS parlent de « rempart », d’« effet tunnel », de gestes dictés par la tension. Les faits, eux, sont précis : projections au sol, coups portés sur des manifestants à terre, silence après. Les excuses n’arrivent pas ; la violence est relativisée, normalisée, diluée dans le contexte. Ce que révèle le procès : la doctrine de maintien de l’ordre en actes et en personne. Et une chaîne hiérarchique qui transforme la brutalité en routine légitime. Notre illustratrice Ana Pich raconte.
1er décembre 2018, Paris, acte III des Gilets jaunes. Des dizaines de manifestants se réfugient dans un Burger King de l’avenue de Wagram, asphyxiées par les gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard, neuf CRS de la 43ème compagnie font irruption dans le fast-food. La suite est une scène de violence collective, filmée, documentée, et aujourd’hui jugée jusqu’à jeudi : 27 coups de matraque sur un manifestant à terre, des journalistes matraqués, des femmes et des hommes frappés sans sommation.
Les images sont accablantes. Les témoignages, glaçants. Sept ans après les faits, la justice se penche enfin sur le terrible événement. 7 ans de silence, 7 ans de réflexion. Au Poste met les grands moyens pour couvrir ce procès hors norme, celui du maintien de l’ordre dit à la française. Chaque matin, des premières auditions jusqu’aux plaidoiries, de lundi à vendredi, la dessinatrice-journaliste Ana Pich, bien connue de nos services, publie ses croquis de procès.
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