À l’Assemblée nationale, familles de victimes, parlementaires, avocats et magistrats se sont levés d’une seule voix contre la loi visant à instaurer une présomption de légitime défense au bénéfice des forces de l’ordre, qui, de facto, blinde les policiers après un tir mortel.
La rencontre avec Thomas Portes, Pouria Amirshahi, Elsa Faucillon, Samia El Khalfaoui, Amal Bentounsi, Assa Traoré et Margot Pugliese
Thomas Portes (LFI) alerte sur la tentative d'enterrer la pétition citoyenne en pleine trêve estivale : « Ce texte, il vient certes d'une niche des républicains, mais surtout il est issu du programme de Jean-Marie Le Pen. » Il vise Bruno Retailleau : « Si dans ce pays on avait plus d'Amal Bentounsi, de Samia El Khalfaoui, plus d'Assa Traoré et moins de Bruno Retailleau, ce pays se porterait bien mieux. »
Pouria Amirshahi (groupe Ecologistes) dénonce le basculement de la doctrine pénale : « On se sent libre quand on n'est pas surveillé. »
Elsa Faucillon (PC) dit sa « rage froide et infinie tristesse » face au vote.
Samia El Khalfaoui, de l'association SAVE, martèle : « Ce texte ne commence pas par une question, il commence par une réponse. » Et : « On demande aux familles la preuve d'une chose qu'on vient de rendre impossible à établir. » Elle annonce une marche nationale le 19 septembre et conclut : « Nous ne détournerons jamais le regard. »
Amal Bentounsi, dont le frère Amine a été tué d'une balle dans le dos en 2012, retrace la genèse du texte : « Le policier qui a tué Amine Bentounsi n'aurait jamais été condamné » si la loi avait existé alors.
Assa Traoré, du comité Adama, promet la résistance : « Cette loi ne passera pas. » Et : « Ce sont toujours les mêmes noms qui meurent, toujours les mêmes familles, toujours les mêmes quartiers. »
L'avocate Margot Pugliese (Flagrant déni) accuse le ministre de l'Intérieur : « Laurent Nuñez, pour faire passer ce texte, a besoin de mentir à tout le monde. » Et prévient : « On ne saura jamais ce qui s'est passé parce qu'on n'aura pas de caméras, on n'aura pas d'expertise, on n'aura rien. »
Amnesty International, la Ligue des droits de l'homme, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France rejoignent la mobilisation. Objectif commun : un million de signatures et un rassemblement le 19 septembre 2026.