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Dans son nouveau livre, « Le côté obscur de la force » (Flammarion), Vincent Nouzille révèle que des écoutes téléphoniques massives ont été décidées en secret pendant le mouvement des Gilets jaunes. Christophe Castaner dit avoir dû « taper du poing sur la table » pour forcer les services de renseignement à pratiquer ces écoutes à l'échelle industrielle (2000 Gilets Jaunes sous surveillance). Le livre affirme que cette surveillance n’a pas cessé depuis lors. Au contraire, elle s’est même élargie à d’autres mouvances, dont celles des écologistes.
Fruit de plus de deux années d’enquête, principalement au sein du ministère, Nouzille a recueilli plus de 200 interviews, à tous les niveaux, du bas jusqu’en haut de la hiérarchie, aux ministres successifs, qui lui ont fait des confidences inédites. De chapitre en chapitre, c'est un poudrière qui se profile. Si Vincent creuse le factuel et laisse l'analyse à d'autres, son livre permet de comprendre de l'intérieur comment marche l'Intérieur. Précieux. L'auteur est resté deux heures Au Poste.
“Au lendemain du troisième acte des Gilets Jaunes, le président dit “je ne veux plus voir ça”.” Ainsi commence le récit de Vincent Nouzille sur la dérive du ministère de l’Intérieur vers un ministère de la surveillance. Au lendemain du 1er décembre 2018 (acte III des Gilets Jaunes), trois décisions sont prises : moins de staticité et plus de contact dans le maintien de l’ordre, des interpellations massives, et “le troisième volet, le plus secret, est celui de la surveillance, à travers l’écoute, l’intrusion informatique et la géolocalisation.”
Chaque samedi, les demandes de mises sous surveillance pleuvent, et sont quasi-intégralement validées. Les personnes suivies pour “prévention des violences collectives” passent de 1.000 à 3.000, et sont géolocalisées pour être interpellées en amont des manifestations. L'une des sources de Vincent Nouzille affirme “les services de renseignement y ont pris goût et n'ont pas cessé depuis”. Avec beaucoup de ratés.
“A chaque fois qu’on a dit “il n’y a pas de faille,” on a découvert à posteriori qu’il y en avait” confie Vincent Nouzille. Si certains attentats sont déjoués, d’autres le sont par hasard, et non grâce à la DGSI, tandis que certains rapports sont antidatés pour couvrir les erreurs du service. “À chaque fois, ils tentent de corriger le tir mais toujours avec un temps de retard, et souvent après un drame”. Donnant les exemples de Mohammed Merah en 2012, et 11 ans plus tard, du meurtre du professeur Dominique Bernard à Arras, il rappelle que les deux criminels étaient suivis par les services de renseignement. Dans les deux cas, ils ont été présentés comme des “loups solitaires” : un “argumentaire mensonger” décrit Vincent Nouzille.
« Parler de loup solitaire permet d’excuser le service qui n’a pas vu venir le gars, en disant “il est solitaire, comment vouliez-vous qu’on le détecte ?” En l’occurrence, il y a un peu plus de gens qui ne sont pas commandités aujourd’hui, mais il n’y a aucun terroriste qui soit un loup solitaire. Il y a toujours un embrigadement, des contacts, une consultation internet, un contexte familial. »
“L’antiterrorisme a contaminé tout l’Etat” résume Vincent Nouzille, décrivant “un mélange des genres et des services” entre le service de renseignement territorial (RT) et les services anti-terroristes. Si pour le ministère et le préfet de police Laurent Nunez, il s’agit “du prix à payer”, le journaliste explique que “nous n’avons aucune garantie, parce que le contrôle des services de renseignement est quasiment inexistant en France. La commission chargée de filtrer les demandes d'écoute avalise 98% des demandes”, avouant elle-même “ne pas avoir les moyens de contrôler sérieusement les services de renseignement.”
« Didier Lallement me confie : "ce ministère a dérivé vers un modèle des pays autoritaires". [...] L'homme qui incarne le plus la ligne la plus dure du ministère me dit "maintenant c'est le ministère de la sécurité de l'Etat, moins que le ministère de la police et de la population." Avec l'intégration des gendarmes, la montée en puissance du renseignement, tous les uniformes sont là, et on a un ministère de l'Intérieur qui est devenu une forme de ministère de la sûreté de l'Etat, un peu sur le modèle des pays de l'Est, on pourrait dire la Stasi ou la Securitate. Il ne va pas jusque-là, mais on n'est pas loin de ça.»
Entre une surenchère des politiques, souvent peu compétents sur le sujet, l’écartement des juges au profit des préfets, les Jeux Olympiques qui vont démultiplier les moyens technologiques et sécuritaires ; à l’heure actuelle, aux yeux du journaliste, le débat sur ces libertés publiques a disparu de la scène publique.
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13 novembre. Chaque année, cette date fait resurgir la consternation, le chagrin et l’effroi ressentis au lendemain des attentats de 2015. Il a fallu attendre près de six ans pour que le 8 septembre 2021 s’ouvre le procès du 13-Novembre. Il a duré…
Littérature | Ils sont allés à la source judiciaire --- écoutes téléphoniques, photos, notes des services de renseignements français et rapports confidentiels belges --- pour écrire leur BD-enquête sur la cellule terroriste qui a organisé les assauts du Bataclan, des terrasses de cafés parisiens et devant le Stade de France, le 13 novembre 2015. Kévin Jackson est directeur d’études au Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT).

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Disclose est un média et une ONG de journalisme d’investigation.
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Environnement | Comment l'Etat s'organise face aux militants? Quelles sont les stratégies judiciaro-policières qui s'abattent plus que jamais sur les mouvements activistes. Pourquoi cette pluie de dissolution, amendes, intimidations, surveillance, procédures? Et comment y faire face, au-delà de la victoire récente des Soulèvements de la Terre devant le Conseil d'Etat.
Police | Pourquoi en France, les victimes de violences policières n'obtiennent‑elles presque jamais justice ? La question taraude depuis des années Anne-Sophie Simpère, ancienne chargée de plaidoyer à Amnesty International.
Rémy Buisine : "Est-ce que c'est un tabou de dire le terme violences policières ?" Emmanuel Macron : "Non, je peux vous dire 'il y a des violences policières' si ça vous fait plaisir que je le dise." #BrutMacron
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