
BRAV-M : de la répression à la terreur, l’arme politique du pouvoir. Causerie avec Lévy-Lajeunesse
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Lucas Lévy-Lajeunesse, membre de l’Observatoire parisien des libertés publiques, dissèque dans La police contre la démocratie (Éditions Textuel) cette unité qu’il juge, à raison, « antidémocratique ».
« La BRAV-M n’est pas là pour encadrer, elle est là pour punir. » Lucas Lévy-Lajeunesse ne tourne pas autour du pot. Face à David Dufresne, il décrit une police de répression totale, pensée pour dissuader la contestation par la violence et l’intimidation.
Son livre, « La police contre la démocratie » (Le Seuil), s’appuie sur des observations de terrain, des témoignages de policiers et des documents internes. Il retrace la naissance de la BRAV-M en 2019, dans un contexte où les violences policières explosent et où l’exécutif choisit d’afficher sa brutalité plutôt que de la masquer.
Une brigade conçue pour effrayer
« Dès sa création, la BRAV-M envoie un message : la police ne reculera pas. » Lucas Lévy-Lajeunesse revient sur les débuts de cette unité motorisée, qui rappelle les voltigeurs responsables de la mort de Malik Oussekine. Casques, cagoules, motos rugissantes, absence de matricules : tout est fait pour intimider.
« On pourrait penser que l’État cherche à cacher ses violences. Au contraire, il les met en scène. » Plutôt que d’apaiser les tensions, la BRAV-M est là pour frapper fort, marquer les esprits, et dissuader les futures mobilisations. « Ce n’est plus du maintien de l’ordre, c’est une armée contre le peuple », lâche Jackie Brand dans le tchat.
Une police hors de contrôle
Lucas détaille les spécificités de la BRAV-M : des policiers très jeunes, à peine formés, souvent issus des BAC, qui passent de la chasse aux délinquants à la traque des manifestants. Neuf jours de formation au maintien de l’ordre, contre plusieurs mois pour les CRS et les gendarmes mobiles.
« Ce sont des unités qui reçoivent des ordres flous et ont une autonomie tactique totale. On leur dit : ‘impactez les manifestants’, et ils traduisent ça par des charges, des coups, des interpellations violentes. »
L’absence de cadre clair transforme ces brigades en forces de répression politique, directement aux ordres du préfet. Pas de commandant sur place, pas de contre-pouvoirs internes, une impunité quasi totale. « Une milice gouvernementale qui échappe à tout contrôle démocratique », commente SalvaGraf dans le tchat.
Une stratégie de la terreur
Pourquoi avoir créé cette unité ultra-violente en plein débat sur les violences policières ? Lucas avance trois hypothèses :
- Une police-spectacle pour faire peur. « On envoie un message clair : manifester, c’est risquer des coups. »
- Un paratonnerre pour détourner l’attention. « On se focalise sur la BRAV-M et on oublie le reste de l’appareil répressif. »
- Une revendication autoritaire. « C’est un bras d’honneur à l’État de droit. On ne se cache plus. »
Dufresne rebondit : « Mais du coup, est-ce que documenter ces violences ne revient pas à faire leur jeu ? » Lucas reconnaît le dilemme. « Si on ne montre pas, ça continue en silence. Si on montre, on risque de normaliser la violence. » La seule solution : multiplier les recours, les plaintes, les dénonciations publiques pour compliquer la tâche des policiers violents. « Il faut refuser l’accoutumance. La répression est un scandale, pas une fatalité », insiste NicoLeRouge.
Une machine à casser les mobilisations
Lucas montre que la répression policière ne vise pas seulement les manifestants, mais toute la dynamique contestataire. « Quand chaque manif devient un champ de bataille, beaucoup de gens renoncent à y aller. C’est voulu. » Il rappelle que les interdictions de manifester explosent et que la peur devient une arme politique. Dufresne le pousse sur un autre terrain : « Et la technopolice dans tout ça ? »
« La répression physique est le bras armé d’un contrôle plus vaste : reconnaissance faciale, interdictions préventives, fichage de masse… Le vrai danger, c’est l’alliance entre police et surveillance totale. »
« Le techno-fascisme, c’est demain », alerte Matt Byrne.
Comment résister ?
Lucas termine sur un appel à l’action. « Il faut rejoindre des collectifs, multiplier les recours, se former à ses droits. L’État joue sur l’intimidation, il faut lui opposer de la détermination. » Dufresne conclut : « Donc la BRAV-M, c’est pas un accident, c’est un projet. » Lucas : « C’est une police contre la démocratie. » Le tchat salue : « Merci Lucas pour cette analyse essentielle ! » lance Karim, pendant que SalvaGraf ajoute : « À lire d’urgence ! »
Peut-on attaquer la BRAV-M en justice ?
Oui, mais c’est compliqué. Les policiers ne portent pas leur matricule (RIO), les procédures sont longues et rarement favorables aux victimes.
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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par la rédaction.
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Sources, liens & références
#AuPoste - s05-51 - 17 avril 2023 BRAV-M: le dossier noir avec Lucas Levy Lajeunesse & Nathalie Tehio
| Depuis quatre ans, l'Observatoire parisien des libertés publiques a suivi les néo-voltigeurs à la trace. En résulte une analyse fine et accablante: derrière son style puisant dans les répertoires de la chasse, du film d’action, du virilisme et de l’intimidation, la BRAV-M constitue le pire du modèle policier à venir.


Affaire Geneviève Legay
Cet article est lié à une ou plusieurs affaires judiciaires en cours.
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