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Comment filmer l’État, la politique et le pouvoir sans trembler — Stéphane Demoustier
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L’inconnu de la Grande Arche est une histoire vraie, et redoutable. En 1983, François Mitterrand lance un concours d’architecture pour le projet phare des « grands travaux » de sa présidence : la Grande Arche de la Défense, dans l’axe du grand Lenôtre, du Louvre à l’Arc de Triomphe. A la surprise générale, un architecte danois remporte le concours. L’inconnu débarque à Paris où il est propulsé à la tête de ce chantier pharaonique. C’est l’objet du film de Demoustier --- à qui l’on doit, entre autres, le formidable Borgo. Comment concilier argent, architecture et art (de la politique).
Entre un Mitterrand lâche, des conseillers courtisans, et des rivaux prêts à tout, L'inconnu de la Grande Arche détricote les (en)jeux du pouvoir.
La rencontre avec Stéphane Demoustier
Stéphane Demoustier rappelle que l’histoire se déroule dans «un monde qui s’est éteint», celui des années 80, marqué par un romantisme politique disparu et des moyens culturels «infinis» sous Mitterrand.
Il explique que Spreckelsen, architecte totalement inconnu, passe «de l’anonymat le plus complet à la gloire en rien de temps», devenant l’incarnation d’un destin foudroyant.
Le réalisateur assume mêler réel et fiction, affirmant : «toute œuvre, tout récit est une recréation», tout en respectant une éthique : «de pas diffamer».
Il raconte la résistance farouche de Spreckelsen face à l’informatique, disant qu’il «a peur que le dessin ou la construction soit formaté à cause de l’informatique».
Demoustier analyse la chute de l’architecte : «il est enfermé dans l’idée», incapable de réinventer son projet pour l’adapter au réel.
Sur la part de Mitterrand dans cet abandon, il confirme : «à un moment, Mitterrand abandonne Spreckelsen», tout en soulignant la complexité et la vision esthétique du Président.
Il décrit l’ambition technique folle du chantier, un «défi constructif inouïe», nécessitant les premiers usages massifs de l’informatique dans le bâtiment.
Le film montre aussi la brutalité du libéralisme incarnée par Le Loup, symbole d’un monde où existe «une brutalité, une violence dans les rapports».
Demoustier révèle les coulisses du tournage, notamment la scène majeure tournée sur les Champs-Élysées qui coûte «400 000 euros», une opération quasi militaire.
Il conclut sur la question politique au cœur du film : «on manque d’une vision commune», regrettant la disparition de «l’idéal européen» qui animait les années 80.
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