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Guerre à la guerre : France, complice de crimes de guerre
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International

Guerre à la guerre : France, complice de crimes de guerre

2 h 2724/05/2025
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Dépendance aux exportations d’armes et complicité de crimes de guerre : les dessous de la « souveraineté militaro-industrielle » française

« Le but, c’est de bloquer l’armement. D’arrêter d’être complices. » En ce soir de mai, la parole se libère, urgente, indignée. Dans une ambiance de salle militante où circulent les micros et les papiers de questions, une autre géopolitique se dessine : celle des résistances populaires face à l’industrie de guerre. Autour de la table, plusieurs voix, une même colère : la France alimente les conflits, notamment en Palestine, en armant Israël. Et il est temps d’en finir avec l’hypocrisie.

Le débat est précédé d'un extrait vidéo d'une enquête  sur le salon Milipol: « Depuis les années 2000, j’enquête sur le système sécuritaire tout en participant aux luttes sociales », confie Mathieu Rigouste . Ce fil rouge entre enquête et engagement déborde rapidement sur le business de la guerre, incarné par Milipol, salon mondial de la sécurité intérieure. Là, entre géants de l’armement comme Thalès et Airbus, c’est tout un écosystème de répression qui s’expose, financé et soutenu par le ministère de l’Intérieur. Une mécanique bien huilée de vitrines sécuritaires où les acheteurs sont aussi des dictateurs, des militaires ou des responsables de la surveillance de masse.

Stop Arming Israel : l’appel des syndicats palestiniens

C’est le collectif Stop Arming Israel qui entre en scène, né d’un appel clair : « Arrêtez d’armer Israël. » Daté du 16 octobre 2023, cet appel des syndicats palestiniens interpelle directement les travailleurs et syndicats français. Et des réponses arrivent. Grèves, blocages, coordination inédite entre syndicats locaux et activistes pro-palestiniens. « On se dit syndicaliste, et on alimente les bombes ? » interroge un militant de la CGT STMicroelectronics, venu d’Isère, la voix pleine de gravité.

Le collectif décrit les chaînes de production d’armement où la France est impliquée à toutes les étapes : fabrication, exportation, légitimation. Le lien est implacable : des usines hexagonales sortent des composants qui finissent dans les bombes larguées sur Gaza.

« Quand on bloque une usine, on se réapproprie une forme de souveraineté populaire »

Boussole Palestine, autre collectif présent, rappelle les mots d’ordre fondamentaux : la libération de la Palestine, le retour des réfugiés, la fin de l’apartheid. Mais ici, la discussion ne reste pas théorique. Elle devient action. Des grèves ont eu lieu. Des salariés ont débrayé. Des syndicalistes se sont affrontés à leur hiérarchie, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de complicité dans des crimes de guerre.

CGT STMicroelectronics : « Une grève contre le génocide »

C’est un moment fort de la table ronde. Un syndicaliste de la CGT, venu d’Isère, prend la parole avec calme, mais détermination. Il représente les travailleurs de STMicroelectronics, entreprise stratégique dans le domaine des composants électroniques, liée directement à la fabrication d’équipements à usage militaire.

Il raconte comment, en avril 2024, des salariés ont débrayé pour dénoncer la complicité de leur entreprise avec les crimes de guerre israéliens. Ils ont répondu à l’appel palestinien à cesser toute contribution à l’armement d’Israël. L’action, menée avec Urgence Palestine, portait un mot d’ordre fort : « Contre le génocide, contre l’armement du génocide. » Le syndicaliste souligne l’importance d’unir luttes sociales et anticoloniales, et appelle à politiser les lieux de travail pour refuser que la production française alimente la guerre.

« Le rôle de la France n’est pas neutre. Elle vend, elle négocie, elle conseille, elle entraîne même. » Le ton est sans détour. Il ne s’agit plus seulement de critiquer l’État d’Israël, mais bien de pointer la chaîne de responsabilité, où la France tient un rôle central et déterminant. Militaires, diplomates, industriels : tous cités tous dénoncés.

Une solidarité qui déborde les frontières

L’échange avec le public est nourri. Le tchat s’invite même par l’entremise d’un modérateur : « Faudrait une grève générale de l’armement ! », écrit Hakim. Un vœu radical, qui déclenche des hochements de tête approbateurs dans la salle. Une autre remarque, celle de Siham, est reprise par une intervenante : « On a plus peur de dire qu’on est solidaires de la Palestine. Le tabou est en train de tomber. » Et dans les applaudissements, cette phrase résonne fort.

Le débat n’élude rien. Ni la difficulté d’organiser dans les entreprises, ni les risques encourus, ni même les faiblesses du mouvement social à s’attaquer à son propre rôle dans la guerre. Mais il y a une fierté dans les voix. Celle d’avoir lancé un mouvement qui dépasse les frontières, les silences et les intimidations.

« Le lobby militaro-industriel français fonctionne en vase clos. Le briser, c’est aussi se libérer. »
Stop Arming Israël

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Pourquoi la France est-elle accusée de complicité de guerre par Stop Arming Israel ?

Parce que ses entreprises vendent des armes, équipements ou technologies militaires à Israël, alors même que ces équipements sont utilisés dans des attaques contre des civils palestiniens. Cette exportation continue, malgré les alertes internationales.

Que représente STMicroelectronics en France ?

L entreprise est un géant européen des semi-conducteurs STMicroelectronics (souvent abrégée ST) est une entreprise franco-italienne spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de semi-conducteurs. Créée en 1987 par la fusion de deux entités : la française Thomson Semiconducteurs et l’italienne SGS Microelettronica.Siège social à Genève, mais les centres de décision importants sont en France Crolles, et Rousset et en Italie.

Quel est le rôle de Stop Arming Israel ?

Stop Arming Israel est un collectif qui lutte contre la complicité militaire de la France avec Israël. Né en réponse à l’appel de syndicats palestiniens, il coordonne actions directes, blocages d’usines, et campagnes syndicales pour stopper la production et l’exportation d’armes utilisées contre Gaza. Il agit aux côtés de la CGT, Solidaires et Boussole Palestine, et dénonce le rôle central de l’industrie française dans les crimes de guerre.

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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par Rolland Grosso et la rédaction.

Transcription de l’émission

Intervenante
C’est une soirée Guerre à la guerre organisée de façon bénévole par des organisations collectives partie prenante de Guerre à la guerre qu’on va prendre le temps de vous représenter. Vous avez à côté de vous normalement tout un tas de petits papiers comme des tracts et un petit papier blanc dont je vais expliquer l’utilité un tout petit peu plus tard. Alors, le programme, je ne vais pas pouvoir vous donner des horaires fixes, j’ai essayé de vous donner des tranches horaires, mais en gros, on est parti pour une soirée en trois temps. J’ai plus de mains. Un premier temps où on réfléchit, probablement on s'énerve aussi. Un deuxième temps où l’on chiale, mais pas de tristesse. Enfin, ça dépend. Et un troisième temps où on danse. Et du coup, le premier temps, ça va être une espèce de giga table ronde divisée en trois temps que la camarade va vous présenter ensuite. Ensuite, il devait y avoir normalement un truc, et c’est là que j’ai eu une bonne et une mauvaise nouvelle. Est-ce que vous voulez que je commence par la bonne nouvelle ou la mauvaise nouvelle ? Ok, public très pessimiste, ça, pour la mauvaise nouvelle. Alors, la mauvaise nouvelle, c’est qu’on devait avoir la participation de l’humoriste Florence Mendes. Mais… Je sais que tout le monde est venu pour ça ici, en fait. Mais en fait, elle a un problème familial, elle ne peut pas venir. Et du coup, c’est une mauvaise nouvelle. Mais c’est aussi un peu une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu’on va avoir plus de temps pour les questions de la table ronde. De toute façon, on est déjà en retard. Voilà. Plus de temps pour réfléchir. Donc ça, c'était la première fois. Ça va durer à peu près une heure trente. On va dire qu'à 22 heures, on a à peu près fini, puis il y aura une performance artistique en soutien à la Palestine du collectif Artistes pour la Palestine. Ça va durer 15, 20 minutes. Et après, vous pourrez vaquer à vos occupations. Qui allait manger des frites au bar, qui allait boire un coup, mais surtout danser à partir de 23h sur le DJ set jusqu'à 1h ou 2h du matin, s’il vous plaît. Je regarde ce que j’ai encore à vous dire. Oui, j’avais encore à dire tout un tas de petits trucs organisationnels, logistico-politiques. Alors écoutez bien et ouvrez vos oreilles. Ici, nous sommes dans le chapiteau. De l’autre côté, c’est le bar, c’est aussi là où il y a des stands à manger, à boire, et c’est aussi là où il y aura les DJ sets. La table ronde et la performance vont se passer ici même. Et on vous redira quand vous aurez ramené. Deuxième chose, cette soirée, elle est à prix libre. Donc vous donnez ce que vous pouvez, ce que vous voulez. Tout l’argent récolté servira à éponger les frais de cette soirée et aussi à financer un peu le matos pour la coalition Guerre à la guerre. Ensuite, la table ronde va être filmée par Au Poste de David Dufresne qui n’est pas là mais qui va faire ça à distance, c’est pour ça que je suis masqué. Et seule la scène va être filmée, donc pas de panique pour vos jolis petits minois que je vois bien, gentiment. Dernière chose, on aura pendant toute la soirée des camarades qui seront visibles avec un gilet jaune qui feront de la veille anti-violence sexiste et sexuelle. Parce qu’on sait très bien que notre camp politique n’est pas immunisé par rapport à ça. Et du coup, ouais, les gilets jaunes. Voilà, du coup n’hésitez pas à les voir, à leur dire des choses. Si vous avez besoin, ils sont là, ils seront invisibles normalement. Dernier truc. Ça va, c’est trop long. Vous êtes toujours branchés. Super, non, mais ça va. Du coup, deux petits trucs pour la table ronde, pour que vous puissiez. Branchez vos cerveaux, donc vous avez des tracts à côté de vous, mais vous avez aussi un petit papier blanc et ce petit papier blanc il va servir pendant les différentes parties de la table ronde à écrire si vous en avez des questions on s’est dit que c'était pas toujours facile de prendre la parole devant un public pour poser sa question et que des fois on a une question et en fait on peut pas la poser bref donc vous allez pouvoir écrire vos questions quand vous voulez. Et à la fin de chaque partie de la table ronde, donc la première, la deuxième, la troisième, des camarades vont venir récolter vos petits papiers et les trier, et, je ne sais pas comment dire, suer à mort pour en faire une espèce de synthèse. Et ça nous permettra un petit peu d’orienter les questions. S’il y a 10 personnes qui se posent la question, peut-être que c’est une question intéressante. Voilà. Et du coup, la table ronde, elle va être agrémentée de petits extraits d’un film que vous avez peut-être vu. C’est « Nous sommes des champs de bataille » de Mathieu Rigouste. On va en diffuser trois petits extraits. Et sans plus tarder, je passe la parole à ma camarade qui va animer la table ronde. Merci et bonsoir.
Intervenante
Salut, bonsoir à toutes et tous, merci d’avoir fait le déplacement jusqu’ici. C’est trop bien, on est un peu en famille aussi, c’est cool. Tant mieux, parce que du coup, on va discuter de choses profondes avant de faire la fête. Pour vous présenter rapidement, laissant les gens s’installer au fur et à mesure, la coalition Guerre à la guerre. C’est une coalition d’organisations et d’individus qui voient l’urgence d’agir autour de la notion de la guerre et du militarisme, parce que non, ce n’est pas nul de spécialistes, ça concerne tout le monde. Voilà, donc ça tend à vouloir construire un antimilitarisme populaire. C’est des collectifs qui se battent contre les choses qu’on connaît déjà, parce qu’on parle des luttes de terrain, comme l’extrême droite, le racisme, la répression, le colonialisme et le patriarcat. Ouais ! Il y a les boussoles féministes en face, on les voit, ouais, ouais. Et il y a cette idée de rassembler autour de plus petits dénominateurs communs, malgré nos différences, parce qu’on n’est pas là pour… Polir toutes les différences et créer quelque chose de super carré, tout ça, tout ça. On essaie de construire quelque chose dans l’urgence, mais aussi dans la durée. Donc on n’est pas forcément d’accord sur des termes, les définitions de l’antimilitarisme par exemple ou d’autres problématiques, mais on est quand même bien d’accord que la tenue du salon du Bourget est problématique. On est quand même d’accord qu’il y a un problème à régler voilà donc on va parler de cette notion de guerre, on va essayer de trouver nos propres termes avec les expériences de personnes qui vont venir en parler depuis le terrain et aussi du militarisme et de l’antimilitarisme et comment ça se reproduit aussi dans nos propres luttes mais bon ça on va parler après. On va présenter un petit extrait du film de Mathieu Rigouste en attendant et puis on va passer au tableau rond. Voilà bienvenue à toutes et tous.

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